meilleur
Un café meilleur
Un café
un café meilleur
un café meilleur
1
2
un café meilleur
3
un café meilleur
L
e café ! Ce breuvage noir, doux et
amer se décline de l’expresso italien
serré et corsé à l’Americano long en
passant par le cappuccino, crémeux et
plein de douceur ; il en existe pour tous les
goûts et toutes les envies. Le café a une
place de choix chez EXKi car c’est un
plaisir convivial qui rassemble les amis.
Mais le café c’est surtout l’une des
boissons les plus consommées dans le
monde avec plus de cent mille tasses
bues chaque minute. Si pour beaucoup
d’entre nous il est presque devenu
indispensable chaque matin, les coulisses
du café sont souvent sombres. Depuis
2003, EXKi a décidé de servir un meilleur
café. Meilleur pour le client, mais aussi
pour le caféiculteur et pour la nature.
A travers ce livre, nous vous emmenons à
la découverte de la planète café, de
son système de production, de sa
culture et de ses habitants. Ainsi qu’à la
découverte de notre réflexion et de
notre démarche autour du café
Si vous souhaitez poursuivre la lecture de ce
livre chez vous, il est possible de télécharger
son contenu sur www.EXKi.com, où nous
nous ferons un plaisir de recueillir vos
remarques et recommandations.
Nous vous souhaitons d’ores et déjà une
agréable lecture et vous suggérons de
l’accompagner, pourquoi pas, d’un café.
Frédéric Rouvez et Nicolas Steisel
Co-fondateurs d’EXKi
4
un café meilleur
la boisson noire qui réveilla les lumières
un café meilleur
la boisson noire qui réveilla les lumières
5
La boisson noire
qui réveilla
les Lumières
Chaque seconde, 1684 tasses
de café sont bues dans le monde.
La seconde boisson la plus
consommée en France après l’eau
n’a pas toujours été si populaire.
Le Vieux Continent est relativement
novice en matière de café :
son arrivée en Europe remonte
au XVIIe siècle. Retour à l’époque
où le breuvage noir réveillait
les esprits des Lumières.
6
un café meilleur
L
’histoire du café est assez obscure,
du moins à ses débuts. Il serait
originaire de la région de Kaffa
en Ethiopie. La plante y est connue
depuis la préhistoire, mais ce n’est
qu’au VIe siècle qu’elle commence
son long voyage.
Entre le XIIe et le XVe siècle, le café se
répand d’abord au Yémen, puis dans le
reste du monde arabe. Le café y est alors
appelé «k’hawah» («revigorant») et se fait
connaître dans les monastères soufis.
Ce n’est qu’au XVe siècle qu’il se
développe réellement dans le reste
du monde arabe, lui permettant
alors l’accès aux routes marchandes qui
s’engouffrent en Europe par l’Italie.
Le café est rapporté par les marchands
vénitiens en provenance d’Egypte
aux premières heures du XVIIe siècle.
Dès 1615, il est bu régulièrement dans
la Cité des Doges au sein de Caffè.
Le Caffè Florian, fondé en 1720
et toujours en activité aujourd’hui,
en est l’un des meilleurs témoins.
À Rome, on conseille au Pape Clément
VIII d’interdire le café sous prétexte
qu’il représente une menace d’infidèles.
Après y avoir trempé ses lèvres, le Pape
baptise, au contraire, la boisson
qui devient vite une habitude au sein des
monastères : comme pour
la boisson noire qui réveillA les lumières
un café meilleur
les imams, le café permet aux moines
de veiller longtemps tout en gardant
l’esprit clair.
Dès le début du Siècle des Lumières (1715),
ce lieu devient très prisé :
on dit que Voltaire y consommait jusqu’à
douze tasses par jour.
Il faudra attendre 1644, année
de l’élection d’Innocent X au siège papal,
pour voir les premières balles
de café arriver sur le territoire français, une
initiative de l’aventurier et poète vénitien
Pietro della Valle qui le fait découvrir aux
Marseillais. Peu de temps après, les
ancêtres des calanques s’organisent et
importent leur propre café d’Egypte.
A Paris, le café arrive en 1669. Cette
année-là, l’ambassadeur de la Sublime
Porte (siège de l’Empire Ottoman),
Soliman Aga, rend visite à Louis XIV.
Reçu en grandes pompes, c’est lui
qui inspirera plus tard Molière et Lully dans
Le Bourgeois Gentilhomme,
et qui instaure la mode du café dans
la capitale française.
C’est proche du Pont-Neuf en 1672 qu’est
créé le premier café parisien
par un Arménien du nom de Pascal. Treize
ans plus tard, l’entrepreneur
ouvre un second café à Londres et,
en 1686, un autre Arménien,
Grégoire, révolutionne les habitudes avec
l’ouverture du café Procope.
Ce haut lieu de culture avant-gardiste
ouvre ses portes aux femmes et
repense la manière de filtrer le café.
L’arrivée du grain de café sur le futur
territoire de la Belgique se réalisera
à nouveau grâce à Louis XIV. En 1675,
le souverain français est au Château
de Freÿr, situé à moins de deux lieues
de Dinant, où ses troupes combattent.
Louis XIV se retrouve face aux
ambassadeurs espagnols afin de signer le
Traité de Freÿr, rapidement connu sous le
nom de Traité du Café. Et pour cause : lors
de la signature, un ambassadeur turc, qui
ne voyageait jamais sans
une balle de café, proposa de déguster le
breuvage. C’est le premier recensement
d’un café bu sur le sol
qui deviendra la Belgique.
Depuis, la consommation de café
a explosé aux quatre coins du globe.
C’est, avec l’eau et le thé, la boisson
la plus bue dans le monde. Selon,
l’Organisation Internationale du Café
(OIC), le Belge consomme en moyenne
6,4 kg de café par an pour 5,4 kg au
Français. Loin des 27 kg que Voltaire
consommait chaque année … Mais la
comparaison s’arrêtera là quand on sait
que la torréfaction, les filtres et la quantité
de caféine étaient très différents à
l’époque.
la boisson noire qui réveilla les lumières
◊
« Noir comme le diable,
chaud comme l’enfer,
pur comme l’ange,
doux comme l’amant »
Charles-Maurice
de Talleyrand-Périgord
1785.
◊
7
8
un café meilleur
La production du café : une roulette russe?
La production
de café :
une “roulette
russe” ?
Les vraies préoccupations autour
du café concernent surtout, aujourd’hui,
la production. Selon les chiffres
donnés par Fairtrade Belgium,
la production mondiale a atteint
7,9 millions de tonnes en 2011.
Le café est devenu le produit agricole
tropical le plus valorisé et le plus
commercialisé autour du globe.
un café meilleur
La production du café : une roulette russe?
9
10
un café meilleur
La production du café : une roulette russe?
un café meilleur
A travers le monde, 125 millions de
personnes vivent de la production de
café. On dénombre plus de 70 pays
producteurs. En tête de ce classement,
quatre pays assurent 60 % de la
production mondiale de café : le Brésil,
le Vietnam, la Colombie et l’Indonésie.
particulièrement sur les effets
négatifs sur les plans économiques,
sociaux et environnementaux.
Quand les prix
du café dansent
Le café est un produit dont le prix
d’achat varie énormément. Le cours du
sac de café arabica (un sac = 60 kg) est
fixé à la bourse de New York. En 2004,
l’Organisation Internationale du Café
(OIC) se penchait sur les enseignements
à tirer de la crise mondiale du café
survenue au milieu des années 1990 :
une « relative rareté de l’offre due
essentiellement aux conditions
climatiques ». Pour les pays producteurs,
cette situation a engendré une « forte
augmentation des surfaces cultivées et
donc de la production qui a
sensiblement modifié la structure de
l’offre mondiale. Ce qui fut la cause de
l’effondrement des cours du café au
début des années 2000 : la crise du café
la plus grave en termes de revenus des
caféiculteurs ».
En 2003 déjà, la Secrétaire générale
adjointe à l’Organisation des Nations
Unies (ONU) déclarait devant
l’Assemblée générale que « la chute des
prix des produits de base comme le
café, qui s’établissent au tiers environ de
leur valeur du milieu des années 1990,
contribue à l’accroissement de la
pauvreté et entrave les efforts pour
atteindre les objectifs de
développement du millénaire ».
La production du café : une roulette russe?
La crise de 2002 à 2004
Les chiffres de l’Organisation
Internationale du Café (OIC) sont
clairs : « à la fin des années 1980 et
pendant une partie des années 1990,
les recettes tirées des exportations
par les pays producteurs de café
s’établissaient à environ 10-12
milliards de dollars US par an ; en
2003 elles ne se montent qu’à 5,5
milliards de dollars environ. »
Cette chute importante n’est
pas restée sans conséquences
pour les pays producteurs.
Les pays membres de l’OIC ont
présenté un rapport en insistant
D’abord, ces pays producteurs ont
dû faire face à une perte
importante d’emplois, car de
nombreux producteurs ont préféré
abandonner leurs exploitations suite
à la chute des prix, entraînant celle
des recettes fiscales et des recettes
d’exportation.
Les pays producteurs assistent, par
ailleurs, à une émigration de leurs
cultivateurs et à des exodes ruraux en
masse. Ces éléments provoquent des
réactions en chaîne qui mènent
à un accroissement de la pauvreté, à
une augmentation de la malnutrition
et à l’apparition de cultures illicites.
Enfin, la principale conséquence
de la crise de 2004, c’est
l’accélération de la déforestation,
plus particulièrement des zones
d’ombrage pour en exploiter le bois.
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un café meilleur
La production du café : une roulette russe?
un café meilleur
Zoom
sur la Bolivie
La volatilité de l’économie caféière est
toujours d’actualité. En avril 2011 par
exemple, le prix du sac s’envolait à
presque 300 dollars, alors qu’à l’inverse,
la courbe s’écrasait juste au-dessus de la
barre des 100 dollars fin novembre 2013.
Il est donc très difficile pour les petits
producteurs de prévoir leurs marges et
de s’assurer une rémunération
constante. Ceci est d’autant plus vrai
que nombreux sont les producteurs
locaux qui manquent de connaissances
dans de tels domaines.
Pour aider les petits producteurs à
produire en quantités suffisantes pour
subsister, de plus en plus de coopératives
ont vu le jour, soit des entités qui par
nature tentent de servir au mieux les
intérêts économiques de leurs
adhérents. Elles permettent ainsi aux
producteurs de centraliser leurs moyens
de productions et donc de réduire
efficacement leurs coûts de production.
Les coopératives se sont surtout
développées dans les plus petits pays
producteurs de café comme la Bolivie.
On compte aujourd’hui 56 pays
producteurs de café dans le monde.
La Bolivie se classe seulement trentième
pays producteur alors qu’elle réunit
d’excellentes conditions pour produire
un café de qualité : un terrain
montagneux et un climat chaud et
humide. C’est particulièrement vrai dans
la province de Caranavi (située dans
la région des Yungas) d’où proviennent
90 % de la production nationale
de café. Trente mille familles vivent
de la production de café et l’économie
de cette région dépend entièrement
de la filière caféière.
La Bolivie produit surtout un café de type
arabica, qui correspond mieux au climat
andin et tropical du pays.
La production du café : une roulette russe?
Malgré des conditions idéales pour
produire du café, le petit pays andin
peine à faire grimper ses stocks. Le pays
d’Evo Morales a réduit de moitié son
exportation de sacs de café, passant de
124 000 sacs par an en 2007 à 60 000 en
2014. Cette chute vertigineuse s’explique
notamment par une série d’obstacles
auxquels font face les petits producteurs
(cfr infra).
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14
un café meilleur
les obstacles de la production
Le café en Bolivie :
les obstacles
à la production
un café meilleur
les obstacles de la production
La consommation de café à travers
le monde est en augmentation.
L’Organisation Internationale
du Café (OIC), observe une hausse
de 2,3% entre 2011 et 2014,
avec une très forte demande dans
les marchés traditionnels tels que
les Etats-Unis, l’Europe, le Japon,
le Canada et surtout les pays
nordiques. Si la demande
est en augmentation, pourquoi
la production bolivienne de café
diminue-t-elle ?
15
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un café meilleur
les obstacles de la production
Les producteurs boliviens de café font
aujourd’hui face à une série d’obstacles
qui empêche une production efficace
et durable des grains de café. Un
premier obstacle concerne l’aspect
logistique de la production. La culture
du café est encore complètement
artisanale (surtout en Bolivie) et
pratiquement laissée-pour-compte par
les autorités. Les producteurs de la
province de Caranavi, subissent donc
lourdement le manque d’investissement
public. Pour Claire Stœckel, responsable
des partenariats de SOS Faim en Bolivie
et au Pérou, « il faut que le
gouvernement bolivien apporte sa part
de financement. C’est un pays en
développement avec des indicateurs
macro-économiques en hausse, qui est
donc en possession de fonds. Mais il faut
pouvoir gérer ces fonds correctement
afin que les petits producteurs puissent
eux aussi profiter de cette manne
financière ». SOS Faim est une ONG
belge qui travaille principalement au
soutien de l’agriculture familiale. « SOS
Faim soutient en Bolivie une institution de
financement, nommée FinCafe, créée
pour les petits producteurs de café par
les petits producteurs de café, de leur
propre initiative ».
Certaines pistes de changements
explorées depuis quelques années par
les autorités boliviennes méritent d’être
soulignées. Ainsi, Reynaldo Yujra
Segales, ancien directeur de l’ASFI
(Autorité de supervision du système
financier en Bolivie), expliquait lors d’une
interview que « le secteur rural a été un
des secteurs les plus oubliés. Les
gouvernements d’avant 2005
attachaient plus d’importance au
développement urbain. Cela a creusé
des inégalités entre les principales villes
du pays, et plus encore entre les centres
urbains et les zones rurales. Le système
économique des gouvernements
précédents favorisait les activités de
commerce, de service, et de manière
générale les activités économiques en
zone urbaine. Les organisations
financières ne se risquaient pas en zone
rurale, où les investissements ne sont pas
directement rentables. La nouvelle loi
bancaire veillera à ce que les institutions
financières consacrent un quota de
financement au secteur rural ».
Malgré les efforts consentis par les
coopératives, les ONG et les partenaires
techniques et financiers présents sur
place, Claire Stœckel ne peut que
constater la baisse de productivité des
caféiers boliviens. « Aujourd’hui, les
producteurs n’arrivent pas à honorer les
commandes qu’ils reçoivent de grandes
sociétés. Il y a plusieurs raisons à cette
chute de la production. »
un café meilleur
Renouveler les plants :
un investissement
amer mais nécessaire
Le plant de café nécessite humidité
et chaleur pour se développer correctement. S’il n’est pas taillé (ce qui est
presque toujours le cas pour les pieds
qui sont cultivés), le caféier peut
atteindre plus de 6 m. Cependant, afin
d’être rentables et d’assurer une
production de qualité, ces pieds de café
doivent être renouvelés environ tous les
quarts de siècle. Sans renouvellement,
la quantité et la qualité du café diminuent, entraînant les producteurs dans
une baisse de revenus, un piège qui
a déjà fait chuter des caféiculteurs.
Lorsqu’un plant de café est remplacé,
il faut compter trois ans sans aucun
revenu pour ce plant : un pied de café
met trois ans pour que sa première
floraison voie le jour. Claire Stœckel
et César Soto, responsable de l’antenne
de SOS Faim en Bolivie, expliquent que
tout ce travail de renouvellement
est très compliqué à mettre en place.
« Surtout qu’il faut le coupler au fait
que les producteurs ici font de la
monoculture de café, ce qui n’est pas
bon car, avec le temps, cela affaiblit
les sols et réduit donc encore la productivité des pieds de café », ajoute César.
les obstacles de la production
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un café meilleur
les obstacles de la production
un café meilleur
La fuite
des campagnes
Un facteur supplémentaire de la baisse
de production de café en Bolivie est
l’arrivée de dynamiques nouvelles et
l’augmentation de la population. La
population urbaine est passée de 26 %
de la population totale bolivienne en
1950 à 60 % en 2015. Cet exode rural
massif s’explique notamment par une
agriculture traditionnelle peu
compétitive, le morcellement des terres,
les crises environnementales et le désir
de modernité des jeunes. Ce dernier
point est particulièrement inquiétant. Les
jeunes quittent l’exploitation familiale en
quête d’un avenir meilleur, mais
l’agriculture rurale bolivienne n’a pas
encore atteint un niveau de
mécanisation suffisant pour pouvoir se
passer de mains ouvrières.
L’impact du
changement climatique
Un autre obstacle majeur à la
production de café en Bolivie serait
vraisemblablement dû aux effets du
changement climatique. Claire Stœckel
évoque « des phénomènes qui ne sont
pas communs ». Outre la tombée de
pluies intempestives, les producteurs
boliviens voient apparaître des parasites
et des maladies qui n’existaient pas
auparavant.
Si la rouille est le parasite le plus commun
et le plus destructeur des plants de café
en Amérique Centrale et du Sud,
2015 a vu l’apparition d’une nouvelle
maladie : Ojo de Gallo (que l’on
traduirait littéralement par « œil de
poule »). Couplée à la rouille, aux pluies
torrentielles et aux inondations causées
par El Niňo (courant équatorial chaud
du Pacifique), Ojo de Gallo a dévasté
la production bolivienne. Notamment
dans la province de Caranavi, qui
rassemble 90 % de la production de café
en Bolivie. La municipalité de cette
province a même décrété l’état de
désastre phytosanitaire. 2015 se voit ainsi
décerner le triste titre d’année la plus
calamiteuse et la plus faible en termes
de production. La fédération des
producteurs de café de Bolivie
(FECAFEB) estime les pertes à 60 %
de la production dans son ensemble.
Les perspectives d’avenir pour les
communautés rurales doivent
s’améliorer si l’on ne veut pas assister à
une désertion complète de ce milieu en
Bolivie. Et lorsque l’on observe la
pyramide des âges et les prévisions pour
le pays andin, les tranches d’âges les
plus jeunes sont en augmentation. Mais
qui peut dire que cette nouvelle
génération souhaitera un jour reprendre
l’exploitation de ses parents ? Il faut
donc changer les conditions de
production le plus rapidement possible
en Bolivie.
19
les obstacles de la production
Pyramide des ages 2020
Bolivie
1915
Hommes
Femmes
1920
8%
6%
4%
2%
2%
4%
1925
1930
1935
1940
1945
1950
1955
1960
1965
1970
1975
1980
1985
1990
1995
2000
2005
2010
2015
2020
Perspective monde - US Census Bureau, International Data
6%
8%
20
un café meilleur
comment soutenir la production bolivienne ?
Comment soutenir
la production
bolivienne
de café ?
Si les producteurs boliviens se battent
au quotidien contre les différents obstacles
qui freinent leur production, le principal
nerf de la guerre reste l’argent. Face
à la volatilité des prix du café et au manque
d’investissement de la part de leur propre
gouvernement, les caféiculteurs n’ont
pas énormément d’alternatives.
Une réponse efficace, mentionnée pour
la première fois dans les années 1980,
est celle du commerce équitable
( fairtrade en anglais).
un café meilleur
comment soutenir la production bolivienne ?
21
22
un café meilleur
Le fairtrade
c’est quoi ?
Il n’existe pas aujourd’hui de définition
juridique du commerce équitable, mais
les différentes organisations
internationales ont fait une proposition
en 2001 (connue sous le nom de
Consensus Fine) :
« Le commerce équitable est un
partenariat commercial fondé sur le
dialogue, la transparence et le respect,
dont l’objectif est de parvenir à une plus
grande équité dans le commerce
mondial. Il contribue au développement
durable en offrant de meilleures
conditions commerciales et en
garantissant les droits des producteurs et
des travailleurs marginalisés, tout
particulièrement au Sud de la planète.
Les organisations du commerce
équitable (soutenues par les
consommateurs) s’engagent activement
à soutenir les producteurs, à sensibiliser
l’opinion et à mener campagne en
faveur de changements dans les règles
et pratiques du commerce international
conventionnel. »
comment soutenir la production bolivienne ?
un café meilleur
comment soutenir la production bolivienne ?
Face à ce manque d’argent, les
associations du commerce équitable
(Fairtrade Belgium, Max Havelaar
France, Fairtrade Italia, Fairtrade
Lëtzebuerg) suivent une idée : celle de
« Trade, not aid! » (« Du commerce, pas
de la charité »). Pour Lily Deforce,
directrice de Fairtrade Belgium, c’est un
principe essentiel toujours à la base de
leur travail aujourd’hui : « Si on ne peut
pas changer la façon dont le monde fait
du commerce, on ne pourra pas
changer les choses pour les petits
producteurs. La charité peut continuer
indéfiniment… Ce que veulent les
producteurs, c’est un prix décent pour
un produit de qualité. »
Fairtrade international joue deux rôles
principaux : « Le fer de lance de
Fairtrade, c’est d’abord d’engager le
grand public, afin qu’il connaisse le
commerce équitable et son
fonctionnement. Ensuite, c’est la
réalisation de partenariats avec des
entreprises sensibles au développement
durable et au commerce équitable ».
Concrètement, pour le producteur,
le prix minimum est de 140 dollars US
pour un quintal (soit 100 livres ou environ
45 kg) de grains de café arabica.
Là où ce système est efficace, c’est si le
prix du marché baisse sous 140 dollars,
le prix de la transaction reste alors fixé
à 140 dollars par quintal. Le prix
minimum est aussi revu à la hausse
(30 dollars par quintal) s’il s’agit de café
issu de l’agriculture biologique. Quant
à la coopérative, celle-ci reçoit une
prime complémentaire de 20 dollars
par quintal à dépenser à des fins utiles :
au bénéfice de la communauté
(par exemple dans l’enseignement),
dans des projets environnementaux,
notamment la conversion à l’agriculture
biologique ou encore dans des projets
d’amélioration de la qualité du café.
Dans les faits, 25 % du montant
des primes sont investis dans des
programmes d’amélioration de qualité
et de productivité.
À partir de 1997, Fairtrade International
voit le jour avec pour objectif un label
commun à travers le monde et un même
cahier de charges pour tous les pays.
Bien que Lily Deforce n’aime pas ce mot,
elle doit avouer que Fairtrade s’est
construit comme une multinationale
pour pouvoir être plus efficace partout
dans le monde.
L’idée du commerce équitable est
relativement simple :
Un premier aspect écologique, qui
consiste en un cahier de charges que les
producteurs doivent respecter. Ce
cahier intègre le traitement des déchets
et des champs, l’interdiction d’utiliser
des herbicides et la mise en avant d’une
agriculture biologique. Fairtrade
organise donc des formations sur cet
aspect pour les producteurs souhaitant
être labellisés. Le second est quant à lui
social et concerne les conditions de vie,
de rémunération et surtout de travail des
différents producteurs travaillant pour
une coopérative. Enfin, vient l’aspect
économique, qui s’intéresse davantage
à la relation entre les coopératives de
café et les importateurs comme
Coffeeteam. Cet aspect économique
assure un prix minimum pour les
producteurs et une prime pour la
coopérative.
Le graphique à la page suivante
représente bien la volatilité extrême du
cours du café et montre que le plancher
de 140 dollars a été souvent utile.
23
24
un café meilleur
comment soutenir la production bolivienne ?
un café meilleur
La volatilité des prix du café nécessite
donc la mise en place d’un système de
prix minimum. Cette alternative
économique permet aux producteurs
de ne pas essuyer les pertes dues aux
fluctuations du marché sur lesquelles ils
n’ont aucun pouvoir. Pour Nicolas Steisel,
co-fondateur et CEO d’EXKi, ce système
offre « une réponse efficace et adéquate
pour un million de petits producteurs et
leurs familles. Car il est particulièrement
injuste que la volatilité des cours
provoquée par les spéculateurs inflige
de graves dommages à tous ceux qui
sont activement concernés par le café :
producteurs, transformateurs,
exportateurs et importateurs,
torréfacteurs et distributeurs ».
Depuis Avril 2011, le prix miniumum garanti pour
un café bio et faitrade est de $ 190 par 100lb :
$140 + $20 de prime fairtrade + $30 de prime bio.
En 2004, EXKi décide de s’approvisionner
exclusivement en café issu du
commerce équitable et, dès 2012,
le café chez EXKi reçoit le label bio.
En 2015, EXKi s’approvisionne pour moitié
dans la région de Caranavi en Bolivie
(hémisphère sud) et pour moitié dans
la région du Chiapas au Mexique
(hémisphère nord).
comment soutenir la production bolivienne ?
25
26
un café meilleur
La naissance
d’un premier projet :
Santiago II
En 2011, Nicolas Steisel et Paqui Ortiz
(EXKi), Michel Liégeois (Café Liégeois),
Gregory Dupuis (Coffeeteam) et Johan
Declercq (Fairtrade) se rendent dans la
province de Caranavi, en Bolivie, à la
rencontre des responsables de cinq
coopératives productrices de café
certifiées bio et fairtrade. Grégory
Dupuis revient sur les prémices de ce
voyage : « L’idée était de voir si on
pouvait trouver un projet qui sortait un
peu de l’ordinaire. C’est comme ça
qu’est venue l’idée de la Bolivie. J’avais
vraiment été touché par le pays et par
les gens. Nicolas aussi était très motivé
parce qu’il y avait déjà passé du temps.
On est donc allé sur place, voir quel
projet mettre en place ». Les visites de
coopératives se multiplient et les quatre
compères se décident finalement pour
comment soutenir la production bolivienne ?
« une toute petite coopérative qui
n’avait vraiment pas l’air de s’en sortir,
Santiago II », se souvient Gregory Dupuis.
« La vraie question était de savoir ce
qu’on allait faire. C’était une situation
assez cocasse parce qu’on leur a posé
directement la question : qu’est-ce que
vous voudriez ? », poursuit le gérant de
Coffeeteam. Face aux réponses
matérielles des producteurs (tel tracteur,
telle machine, etc…) l’équipe sur place
se sent un peu désemparée : « Leur offrir
un café meilleur
comment soutenir la production bolivienne ?
un bulldozer leur aurait été certes utile
mais on ne voyait pas vraiment de
durabilité, de pérennité dans ce projet ».
À force de discussions et de réflexions,
l’équipe en visite s’interroge alors sur les
problèmes structurels de la Bolivie, sur
ses difficultés de production et
d’organisation : « Notre constat de
départ était de dire que ces producteurs
produisent assez peu. Du coup, on s’est
intéressé à la possibilité pour eux
d’augmenter leur capacité de
production. S’ils produisent plus, il y aura
plus de revenus, et s’ils ont plus de
revenus, ils pourront mieux se structurer
et s’organiser. Ce pourrait donc être le
point de départ de quelque chose
d’intéressant pour eux à long terme », se
souvient Gregory Dupuis. L’équipe
décide alors de retourner à la base du
café en mettant en place une pépinière.
Avec comme objectif de permettre à
ces producteurs d’avoir les plants de
café les plus indiqués quant au climat, à
l’altitude et au sol sur lesquels ils
pousseraient. Après une première
analyse du sol, l’équipe se procure des
graines idéales qui pourraient se
développer dans la pépinière avant
d’être déplacées dans la plantation.
L’objectif est double : rénover la
plantation et étendre les cultures.
La FECAFEB (Fédération des Producteurs
de Café de Bolivie) est l’entité sur place
qui se charge de contrôler la bonne
exécution du projet. L’idée était que
cette fédération agisse comme
interface entre l’équipe ayant participé
au voyage et la coopérative de
producteurs de café. Le projet se met
très bien en place : l’endroit pour la
plantation, l’achat de matériel et de
semences, tout se déroule à merveille.
Malheureusement, le plan ne fonctionne
pas comme prévu. Les deux personnes
ressources de la FECAFEB quittent leur
poste et l’équipe belge se retrouve
orpheline, sans intermédiaire sur place
pour contrôler la bonne exécution du
projet. Pour Gregory Dupuis, « c’est à ce
moment-là que le projet a commencé à
péricliter ».
Le projet Santiago II voit le jour et prévoit
de co-financer le renouvellement de la
pépinière de cette coopérative. Mais aussi
de former un jeune agronome afin
d’améliorer le rendement des plants tout
en conservant la garantie d’un café
d’une très grande qualité. Comment
financer un tel projet ? Coffeeteam, Café
Liégeois et EXKi ont pris le parti d’assurer le
doublement de la prime Fairtrade pour les
quantités de café vendues sur une
période de six mois (du 1er octobre 2012
au 31 mars 2013) dans l’ensemble des
restaurants du réseau EXKi.
Ce dessein, plus que prometteur, n’aura
malheureusement pas survécu
aux différents aléas survenus.
Comme l’expliquait Grégory Dupuis,
l’enterrement de ce projet est surtout
dû au manque de gestion sur place.
Ces différents éléments ont conduit
à son échec et inévitablement à la fin
du partenariat avec la coopérative
Santiago II.
EXKi et ses partenaires ne baissent pas
les bras pour autant…
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un café meilleur
Une fois
mais pas deux :
projet
de formation
des producteurs
comment soutenir la production bolivienne ?
En mai 2015, les associés de 2011
remettent le couvert : « c’était la
troisième fois que j’allais en Bolivie. Si le
pays continue dans ce sens, sa
production de café, sera bientôt nulle »
analyse Gregory Dupuis. En effet,
comme nous l’avons mentionné plus
haut, entre 2007 et 2014, le pays d’Evo
Morales a baissé de moitié ses
exportations de café même si, comme
le souligne Michel Liégeois, il ne faut pas
oublier la consommation locale.
un café meilleur
comment soutenir la production bolivienne ?
Après l’échec de Santiago II, une
réflexion s’impose : Est-ce une bonne
idée de refaire un projet avec cette
coopérative ? Comment EXKi,
Coffeteam et Café Liégeois peuvent
relancer un projet solide ? La réponse
ne se fait pas attendre : le plus important
est d’avoir quelqu’un qui est en
permanence sur le terrain. A partir
de ce pré-requis, l’équipe se demande
comment intégrer un projet existant.
C’est la rencontre avec l’un des
membres de l’AOPEB (Association des
Organisations de Producteurs
biologiques de Bolivie) qui évoque alors
un projet en train de se mettre en place
avec l’ONG SOS Faim : une sorte d’école
du café. « C’est quelque chose qui nous
a directement intéressés. Ça rejoint ce
qu’on souhaitait faire à la base : mieux
produire du café en Bolivie et surtout
pérenniser la production. Dès lors,
apprendre aux gens à bien le faire
semblait constituer la solution idéale »
explique le gérant de Coffeeteam.
théoriques sont ensuite suivis d’une
formation pratique. Le but étant d’arriver
à un rendement maximum des
exploitations de café dès 2017 de
manière agro-écologique. Des
rendements meilleurs et donc de
meilleurs revenus motivant les jeunes de
la région à ne pas partir en ville, mais à
faire perdurer l’exploitation familiale.
Comme le précise Gregory Dupuis, « il y
a beaucoup de jeunes sur place, mais
c’est vrai qu’aujourd’hui, les perspectives
d’avenir ne sont pas très réjouissantes. Ici
en Europe, un jeune qui décide de
travailler convenablement a toutes les
chances de s’en sortir. En Bolivie, un
jeune n’est pas sûr de s’en sortir, même
s’il est intelligent et volontaire ».
SOS Faim est une ONG belge de développement, active depuis 1964 dans la
lutte contre la faim et la pauvreté en
milieu rural en Afrique et en Amérique
latine. Leur objectif ? Soutenir l’agriculture
familiale, entre autres, par le renforcement des capacités des paysans du Sud
en leur apportant une aide technique,
organisationnelle et financière afin qu’ils
améliorent eux-mêmes leur situation de
façon durable et qu’au final, ils deviennent autonomes. Pour ce faire, ils ont
noué un partenariat avec l’Association
des Organisation des Producteurs
Biologique de Bolivie (AOPEB).
Le projet développé par l’AOPEB et SOS
Faim sélectionne 49 jeunes issus des
coopératives et les forme à travers huit
modules de cours théoriques de gestion
de coopérative, d’économie solidaire et
de tout ce qui est lié à la gestion d’une
exploitation agricole. Ces cours
Naît alors l’idée
d’un concours qui
pousserait à
motiver et
récompenser ces
jeunes qui suivent
les formations.
« Essayons
d’identifier des
jeunes travailleurs
doués et de leur
donner un coup
de main. Car c’est peut-être de cela
qu’ils ont besoin pour franchir ce cap »,
poursuit Gregory Dupuis. Aujourd’hui,
l’accord de principe de SOS Faim et de
l’AOPEB est réalisé. Reste à finaliser le
dossier et concrétiser le projet. « Ce
concours va renforcer notre programme
de formation. Il sera ouvert aux 49
producteurs du programme, pour
essayer de les motiver à travailler dans
leurs parcelles, pour qu’ils soient
impliqués et qu’ils puissent, à leur tour,
impliquer leur coopérative. Les gagnants
seront récompensés par un montant à
investir dans leur exploitation », explique
Claire Stœckel de SOS Faim.
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un café meilleur
Dans les faits, « ce premier concours, en
partenariat avec EXKi, sera lancé début
2016, avec une période de six mois afin
de déterminer son impact. », poursuit
Claire Stœckel. Avec l’espoir que ce
projet pilote puisse se développer aux
autres coopératives de la province de
Caranavi. « Souvent le hic avec ce genre
de projet, c’est que sur le papier c’est
super, mais les producteurs ont besoin
de voir l’impact concret d’un tel projet.
Ce n’est pas suffisant d’encourager les
producteurs », met en garde la
correspondante de SOS Faim en Bolivie.
La difficulté est de faire comprendre aux
producteurs que la formation et le
lancement de nouvelles parcelles
gérées de manière agro-écologique
sont un investissement pour le futur.
« C’est sûr que c’est un défi, parce que
les producteurs les plus pauvres ont
tellement de soucis à très court-terme
qu’ils ne parviennent pas à se projeter
trois ans plus loin », explique Claire
Stœckel. Car, comme le défend César
Soto, l’un des partenaires de SOS Faim
sur le terrain, un producteur de café
gagne en moyenne entre 2000 et 3000
dollars par an. Ce qui peut en partie
expliquer le scepticisme de certains
producteurs à l’idée d’investir pour le
long terme.
Ce projet pilote est sur les rails. Le rendezvous est donc fixé en septembre 2016
pour faire le point et remettre les prix aux
producteurs qui se seront le plus investis
dans le projet.
comment soutenir la production bolivienne ?
un café meilleur
L’Aventure avec un grand A
Michel Liégeois se souvient de ce
premier voyage de 2011, avec EXKi et
Coffeeteam à la découverte de
Santiago II, comme d’une aventure
de longue haleine. « On n’arrive pas
dans cette coopérative facilement.
C’est une chose de poser le pied en
Bolivie, mais pour arriver chez les
producteurs, il ne faut pas 12 heures
ou 24 heures mais facilement 48
heures. Car une fois arrivés à La Paz,
nous avons encore voyagé une
journée complète pour se retrouver
dans la province de Caranavi. De là,
encore 4 heures de route pour
rejoindre Santiago II. Mais ça, c’est si
les routes sont sèches. La dernière
fois que nous nous y sommes rendus,
il avait tellement plu que des torrents
barraient la route. On était obligé
d’attendre que le niveau baisse pour
comment soutenir la production bolivienne ?
pouvoir passer. C’est la « route de la
mort », nous avons dû passer par là
pour nous rendre à la coopérative,
mais c’est aussi la seule route que les
camions empruntent pour en sortir.
Heureusement, ils l’ont fermée depuis
et ils ont investi dans une route
parallèle mais c’est quand même
très dangereux! Quand je dis que
c’est l’aventure avec un grand A... ».
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un café meilleur
devenir acteur du café !
un café meilleur
devenir acteur du café !
quant à la nécessité de changer
rapidement les choses. Mais si les
équipes sur place mettent en place des
projets concrets, avec l’appui de
structures comme EXKi et ses
partenaires, ce n’est qu’un début. Pour
Michel Liégeois, « lorsqu’on explique au
client qu’on propose désormais un café
issu du commerce équitable et de
l’agriculture biologique, ils nous disent
tous que c’est génial. Mais je ne pense
pas que l’ensemble de la population soit
prête à passer au café issu du
commerce équitable. Il y aura toujours
une réalité économique : le café
fairtrade est effectivement plus cher.
C’est le triste constat que font les
industriels : se dire que si ce n’est pas moi
qui réalise la vente, c’est mon
concurrent car il sera moins cher. C’est
une vraie question, très compliquée.
Donc, aujourd’hui, la réalité c’est que
ceux qui font le fairtrade, ce ne sont pas
les clients, ou pas encore du moins, mais
c’est l’entreprise. Pour prendre le cas
d’EXKi, c’est l’entreprise qui décide de
vendre du café issu du commerce
équitable, et ce en sacrifiant une partie
de sa marge au profit des petits
producteurs ».
Car ce ne sont pas juste quelques
associations sur place qui pourront
changer rapidement la donne…
Comme le rappelle Gregory Dupuis,
la double labellisation fairtrade
et biologique est la meilleure : « C’est la
seule certification qui permet de faire
une différence au niveau social
et environnemental »
Devenir
un acteur
du café !
À travers ce livre, nous avons passé en
revue les différents aspects de la
production de café dans le monde : la
demande en constante augmentation
des pays consommateurs, mais aussi et
surtout les obstacles structurels,
financiers et climatiques auxquels
doivent faire face les petits producteurs
de café sur le terrain. Nous avons ainsi
épinglé le manque criant
d’investissement de la part du
gouvernement bolivien, les difficultés
liées à l’apparition et au renforcement
de maladies telles que Ojo de Gallo ou
la rouille, surtout dus au changement
climatique. Sans oublier les problèmes
sociaux que génèrent ces difficultés,
notamment la désertification des
campagnes par les jeunes, par exemple.
Face à ces réalités, les différentes
personnes interviewées sont unanimes
Dès lors, si certains industriels et
distributeurs de café ont décidé de
changer les choses en Bolivie, c’est aussi
au consommateur de café de se poser
les bonnes questions. Il est certes difficile
de se positionner en étant à l’autre bout
du monde et loin de ces réalités, mais
quand on entre dans un café ou dans
un supermarché pour en acheter, ne
vaut-il pas la peine de s’arrêter un instant
et de se demander si le produit
qu’on achète améliore le quotidien de
certaines personnes ?
« Et vous ? Êtes-vous consommateur ou
consommacteur ? », demande Fairtrade
Belgium. Vous pouvez déjà agir à titre
privé, car c’est par la somme de tous
les efforts individuels que nous verrons
un changement apparaître un jour
dans la production de café.
Alors, rejoignez-nous !
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un café meilleur
remerciements
Un café meilleur
EXKi
Janvier 2016
Nous tenons à remercier tout particulièrement
Lili Deforce (Fairtrade Belgium),
Claire Stoeckel (SOS Faim),
Gregory Dupuis (Coffeeteam),
Michel Liégeois (Café Liégeois)
Nicolas Steisel et Ieva Vaicyte
pour l'aide précieuse qu'ils ont apporté
à la réalisation de ce livre.
Réalisation graphique et mise en page :
mpointproduction.be
Illustrations :
Cartoon Base
un café meilleur
la boisson noire qui réveilla les lumières
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meilleur
Un café meilleur
Un café
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