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Étude des groupements
aquatiques et des formations
tufeuses de la haute Cuisance
et de ses ruisseaux affluents
maison de l’environnement de Franche-Comté
7 rue Voirin - 25000 BESANCON
Tél.: 03 81 83 03 58 - Fax : 03 81 53 41 26
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www.cbnfc.org
Bailly G., 2012. Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux
affluents. Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional des Invertébrés /
Communauté des communes Arbois, Vignes et Villages, Pays de Louis Pasteur. 66 p.
Cliché de couverture : cascade des tufs, les Planches-près-Arbois, 39 (Bailly G., 2006)
Conservatoire
botanique national de
Observatoire
régional des
Franche-Comté
Invertébrés
Étude des groupements aquatiques
et des formations tufeuses de la haute
Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Février 2012
Inventaires de terrain : Gilles Bailly
Analyse des données : Gilles Bailly
Saisies des données : Stéphanie Bréda
Rédaction : Gilles Bailly
Mise en page : Lydia Grenier-Soliget
Relecture : Yorick Ferrez, François Dehondt
Contributions et avis : Yorick Ferrez, Pascal
Collin
Etude réalisée par le Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
pour le compte de la Communauté des
communes Arbois, Vignes et Villages, Pays
de Louis Pasteur
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Sommaire
Introduction
1
I Méthodologie
3
II Typologie des habitats
4
2.1 Synopsis des groupements végétaux décrits sur le réseau
hydrographique de la haute Cuisance
4
2.2 Présentation des habitats
6
2.2.1 Les formations algales
7
2.2.2 Les associations de bryophytes
11
2.2.3 Les associations de trachéophytes
33
III Organisation longitudinale de la haute Cuisance
55
IV Taxons remarquables
59
Conclusions
60
Bibliographie
63
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
I
ntroduction
Cette étude répond à une demande d’expertise
provenant de la Communauté de communes
« Arbois, Vignes et Villages, Pays de Louis
Pasteur » concernant les habitats aquatiques du
site Natura 2000 FR4301321 « Reculée des Planchesprès-Arbois ». En effet, si on dispose actuellement
d’une bonne connaissance des habitats terrestres
du site étayée par une cartographie (Bouard et
al., 2007), le rédacteur de l’étude soulignait les
difficultés d’identification des habitats associés aux
ruisseaux et aux milieux tufeux. La reconnaissance
de ces habitats, principalement définis par des
bryophytes, requiert une bonne connaissance de ce
groupe végétal, ainsi que des communautés qu’ils
constituent. Une étude des habitats aquatiques et
des formations tufeuses avait été précédemment
réalisée dans la haute vallée de la Seille (Bailly,
2005) par le Conservatoire, dans le cadre du
document d’objectifs du site Natura FR4301322
« Reculée de Baume-les-Messieurs » ; cette étude
s’était alors concentrée sur un échantillonnage
de huit tronçons, définis conjointement avec le
chargé de mission. L’étendue du site des Planches
étant plus restreinte (approximativement 5 km2,
relativement à 14 km2 pour la reculée de Baume)
et le linéaire de cours d’eau moins important, une
étude plus exhaustive du réseau hydrographique a
pu être menée, une attention particulière ayant été
portée sur l’organisation longitudinale amont-aval
des habitats aquatiques.
L’ensemble représente près d’une dizaine de
kilomètres de linéaire ; le bassin versant drainé
par ce réseau, au fonctionnement karstique, s’étend
largement sur l’extrémité septentrionale du plateau
lédonien, entre Ivory, Chilly-sur-Salin et Montrond
en étant délimité, à l’est, par la côte de Lheute (cf.
fig. 1).
Nous renvoyons à Degiorgi et al. (2007) pour
une analyse détaillée des caractéristiques de
l’hydrosystème. Cette étude, portant sur l’ensemble
du bassin de la Cuisance, fait apparaître un bilan
contrasté avec une partie amont s’arrêtant à Arbois
caractérisée par une assez bonne qualité biologique
et piscicole et une partie aval, altérée à très altérée par
des travaux de rectification, des charges trophiques
excessive et divers micropolluants. Le parcours
de la Cuisance dans le site Natura se situe dans la
zone à truite supérieure à moyenne. Les capacités
piscicoles de l’amont apparaissent bridées pour des
raisons en grande partie naturelles : d’une part,
assèchements estivaux de la source de la grande
Cuisance liés à la présence d’une succession de
siphons le long de son parcours karstique et, d’autre
part, habitabilité restreinte de la petite Cuisance et
de certains tronçons aval à cause de cimentations
tufeuses. La partie étudiée n’est pas totalement à
l’abri d’épisodes de surcharges trophiques en étiage
et de pollutions provenant d’apport locaux ou du
plateau (Mania, 2009).
L’étude concerne les cours d’eau suivants :
– la petite Cuisance, de sa source dans la reculée
du « Cul des Forges » à sa confluence avec la
grande Cuisance ;
– la grande Cuisance, de sa source aux grottes
des Planches, à sa confluence avec la petite
Cuisance ;
– la Cuisance jusqu’à son entrée dans Arbois ;
– une morte annexe de la Cuisance, située sur
le terrain de la pisciculture des « Truites du
Jura » ;
– le ruisseau du Grand Mont, principal affluent
de rive droite de la Cuisance dans le site ;
– le ruisseau du Vernois, petit affluent de rive
droite ;
– le ruisseau du Gravier, petit affluent de rive
gauche.
1
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Figure 1 : délimitation des sous-bassins versants. Extrait de Jaakko pöyry infra Beture-Cerec, 2006
2
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
M
éthodologie
Une première journée de reconnaissance de
l’ensemble du linéaire a été conduite en compagnie
du chargé de mission, Pascal Collin, le 14 juin 2011.
Par la suite, l’ensemble du linéaire a été, en grande
partie, visité à pied, par des prospections en amont
et en aval à partir de points d’arrêt, à l’exception
de quelques segments peu accessibles, escarpés,
urbanisés ou bordés de maisons individuelles. La
prospection du site s’est déroulée sur cinq jours et
demi entre le 30 juin et le 29 juillet. Le parcours
a été balisé par 83 points d’observations pour
lesquels ont été notés le type de végétation, le faciès
hydrologique (faciès lotique, lentique, mouille,
radier), la granulométrie du fond, la présence
éventuelle et la nature de formations tufeuses
(cônes, nassis1, cimentation des fonds).
La typologie des habitats s’appuie sur la
réalisation de 68 relevés phytosociologiques. Des
relevés provenant de l’expertise concernant la haute
Seille ont également été utilisés pour conforter
l’identification des syntaxons lors de la définition
des unités ; une classification automatique, portant
sur 155 relevés, a ainsi permis d’initier le travail de
typologie.
Des prélèvements sur les tufs et dans les
cimentations du chenal ont été également réalisées
pour l’identification sommaire de la flore microalgale.
Une fois la typologie établie, il a été possible de
proposer un découpage du réseau hydrographique
en un ensemble de tronçons, établis à partir de la
nature des habitats aquatiques peuplant le chenal
(cf. § 3).
1
Le terme « nassi » désigne en Franche-Comté les
cascatelles de travertin formant des seuils en travers de la
rivière. Ils sont formés par l’induration de sables, graviers,
galets ou blocs dans un ciment calcaire précipité (Guyonneau,
2006). Le terme « gour » désigne les cuvettes d’eau profonde
isolées délimitées par une succession de nassis.
3
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
T
ypologie des habitats
2.1 Synopsis des groupements végétaux décrits sur le réseau hydrographique
de la haute Cuisance2
Charetea fragilis F. Fukarek ex Krausch 1964
Nitelletalia flexilis W. Krause 1969
Nitellion syncarpo - tenuissimae Krause 1969
Nitelletum opacae Corillion 1957
Rhynchostegio riparioidis - Fontinalietea antipyreticae Philippi 56
Amblystegietalia riparii Philippi 1956
Rhynchostegion riparioidis Philippi 1956
Fontinaletum antipyreticae Kaiser 1926
Cinclidotion fontinaloidis Philippi 1956
Cinclidotetum aquatici Philippi 1956
Cinclidotetum fontinaloidis Gams 1927 ex von Hübschmann 1953
groupement à Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica
Potametea pectinati Klika in Klika et Novák 1941
Potametalia pectinati W.Koch 1926
Potamion pectinati (W.Koch) Libbert 1931
Zannichellietum palustris Lang 1967
Ranunculion aquatilis H. Passarge 1964
Callitricho - Ranunculetum trichophylli Soó 1949
Ranunculion fluitantis Neuhäusl 1959 nom. mut. propos. in Bardat et al. 2004
Ranunculetum fluitantis Allorge 1922
Montio fontanae - Cardaminetea amarae Braun-Blanq. et Tüxen ex Klika et Hadac 1944
Cardamino amarae - Chrysosplenietalia alternifolii Hinterlang 1992
Pellion endiviifoliae Bardat in Bardat et al. 2004 all. prov.
Cratoneuretum commutati (Gams 1927) Walther 1942
Riccardio pinguis - Eucladion verticillati Bardat in Bardat et al. 2004 all. prov.
Eucladietum verticillati Allorge 1922
groupement à Cratoneuron filicinum et Pellia endiviifolia
Montio fontanae - Cardaminetalia amarae Pawlowski in Pawlowski, Sokolowski et Wallisch 1928
Cratoneurion commutati W. Koch 1928
Brachythecio rivularis - Hygrohypnetum luridi G. Phil. 1965
Glycerio fluitantis - Nasturtietea officinalis Géhu et Géhu-Franck 1987
Nasturtio officinalis - Glycerietalia fluitantis Pignatti 1953
Apion nodiflori Segal in Westhoff et den Held 1969
Apietum nodiflori Braun-Blanq. ex Boer 1942
Veronico anagallidis-aquaticae - Sietum erecti (Philippi) H. Passarge 1982
Phragmito australis - Magnocaricetea elatae Klika in Klika et Novák 1941
Magnocaricetalia elatae Pignatti 1954
Caricion gracilis Neuhäusl 1959
Caricetum acutiformis Eggler 1933
2
Le Chantransieto – Phormidietum incrustantis Symoens 1957 serait à ajouter à ce synopsis mais la synsystématique des
communautés algales des eaux douces reste à établir.
4
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Filipendulo ulmariae - Convolvuletea sepium Géhu et Géhu-Franck 1987
Loto pedunculati - Filipenduletalia ulmariae H. Passarge 1978
Filipendulion ulmariae Segal ex Lohmeyer in Oberd. et al. 1967
Filipendulenion ulmariae Royer et al. 2006
Epilobio hirsuti - Equisetetum telmateiae B.Foucault ex Royer et al. 2006
Filipendulo ulmariae - Cirsietum oleracei Chouard 1926 nom. inval.
Petasito hybridi - Chaerophylletalia hirsuti Morariu 1967
Petasition officinalis Sill. 1933
Petasito hybridi - Phalaridetum arundinaceae (Schwickerath) Kopecky 1961
Galio aparines - Urticetea dioicae H. Passarge ex Kopecky 1969
Impatienti noli-tangere - Stachyetalia sylvaticae Boullet, Géhu et Rameau in Bardat et al. 2004
Impatienti noli-tangere - Stachyion sylvaticae Görs ex Mucina in Mucina, Grabherr et Ellmauer 1993
groupement à Mentha longifolia et Eupatorium cannabinum
Ctenidietea mollusci Grgic 1980
Ctenidietalia mollusci Hadac & Smarda in Klika & Hadac 1944
Ctenidion mollusci Stefureac 1941
groupement à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus
Pedinophyllo interrupti - Gymnostometum calcarei Philippi 1979
5
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
2.2 Présentation des habitats
6
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Les formations algales
L’expertise des habitats aquatiques et amphibies de la haute Cuisance s’est
concentrée sur les habitats définis par les bryophytes et les trachéophytes.
La végétation algale a été diversement traitée en fonction des compétences
disponibles : les charophytes ont été identifiées à l’espèce, les algues filamenteuses
ont été identifiées au niveau générique sur la base du Guide pratique de détermination
générique des algues macroscopiques d’eau douce (Rodriguez & Vergon, 1996) et
l’identification des cyanobactéries a été tentée à partir de l’ouvrage de Compère
(1986).
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Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Les encroûtements de cyanobactéries
Les formations dominées par les cyanobactéries et des diatomées jouent, comme pour la haute vallée
de la Seille, un rôle considérable dans la composition de l’ensemble des formations tufeuses, qu’elles soient
revêtues ou non de bryophytes ; les peuplements de cyanobactéries apparaissent sous forme de croûtes
noirâtres ou de pellicules noires d’aspect huileux, les diatomée formant des revêtements de couleur rousse.
Ces revêtements ont été observés, de manière constante, d’amont en aval, dans tous les tronçons à fond
cimenté. Dix-sept prélèvements par grattage au couteau ont fait l’objet d’identifications. Celles-ci révèlent
une combinaison taxonomique assez constante, composée :
– de cyanobactéries aux trichomes enveloppés d’une gaine, appartenant au genre Lyngbya s. l. (regroupant
les anciens genres Lyngbya et Phormidium). Ces organismes sont partiellement inclus dans la masse du
tuf et ont un trichome de 5 µ de diamètre. Une tentative d’identification au niveau spécifique amène
à Phormidium incrustatum (Nägeli) Gomont ex Gomont. Cette détermination est très plausible, dans la
mesure où il s’agit de l’espèce réputée la plus commune dans les formations tufeuses ;
– de cyanobactéries libres attribuables au genre Oscillatoria (mais qui pourrait correspondre, pro parte, à
des hormogonies issues de Phormidium) ;
– de cyanobactéries à trichomes très minces, de 2 µ de diamètres, également incluses dans le tuf,
assimilables au genre Leptolyngbya ;
– d’une algue au stade Chantransia (stade juvénile commun à trois genres : Audouinella, Batrachospermum
et Lemanea) ;
– de diatomées coloniales du genre Melosira accompagnées de nombreuses autres espèces de diatomées
libres.
Par ailleurs, dans la partie amont de la petite Cuisance, de larges gours isolés par des successions de
nassis, hébergent des floculations noirâtres dues à une grande Lyngbya, à trichomes larges de 20 µ, peutêtre rattachable à Lyngbya maxima Montagne.
La combinaison observée sur les tufs et les fonds cimentés de la Cuisance semble bien correspondre
au Chantransieto - Phormidietum incrustantis Symoens 1957. Cette association est listée, dans les Cahiers
d’habitats, dans les correspondances phytosociologiques de l’habitat 3260-4, rivières à Renoncules oligomésotrophes à méso-eutrophes, neutres à basiques. Cette intégration de formations micro-algales étend
sensiblement le contenu de l’habitat 3260 relativement à sa définition originale de l’Eur27 : « Water courses
of plain to montane levels, with submerged or floating vegetation of the Ranunculion fluitantis and CallitrichoBatrachion (low water level during summer) or aquatic mosses. ». Cette définition faisant actuellement référence
pour la délimitation de l’habitat, il paraît malaisé, en l’état actuel, d’appliquer l’extension proposée par les
Cahiers d’habitats.
Les formations d’algues filamenteuses
Concernant les algues filamenteuses, il a été noté :
– des formations d’eau calme, dominées par Rhizoclonium sp., algue verte flottante dans la masse d’eau,
formant de longues quenouilles vert jaune à toucher rêche, accompagnées de Microspora sp., Oedogonium
sp. et Spirogyra sp. Elles ont été observées ponctuellement, dans le bassin de la grande Cuisance en amont
de la pisciculture de la source et dans la morte qui borde le terrain de la pisciculture de la « Truite du
Jura ». La masse de ces formations est susceptible de fluctuer fortement en cours d’année avec un risque
de prolifération en période d’étiage. À l’époque des observations, vers la mi-juillet, l’extension en était
relativement limitée (15% de recouvrement) dans le bassin de la grotte, mais beaucoup plus importante
(90%) dans la partie la plus profonde de la morte de la pisciculture ;
– des faciès d’eau vive, à Vaucheria sp., algue brune filamenteuse, en nattes d’un vert vif brillant, au toucher
soyeux. Dans la Cuisance, au moment des observations, ces colonies ne formaient pas de groupements
indépendants, mais accompagnaient localement les formations de bryophytes. Certaines d’entre elles
semblent être des composants permanents des formations tufeuses. D’autres fluctuent fortement et
8
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
tendent à envahir périodiquement le chenal au détriment des bryophytes. De telles proliférations on été
observées entre le 30 juin et le 12 juillet 2011 en amont et en aval du seuil du Castel Damandre et entre
les deux piscicultures. Un fort étiage concentrant les charges trophiques associé à un passage du cours
d’eau en milieu éclairé expliquent partiellement ces phénomènes. Par la suite, de fortes précipitations
consécutives aux orages de la mi-juillet ont considérablement regonflé la rivière et éliminé les masses
algales si bien que les zones potentiellement sensibles des tronçons aval, prospectés postérieurement,
n’ont pas été détectées.
La formation charophytique à Nitella opaca
Nitelletum opacae Corillion 1957
(Code CORINE : 22.442 / Code Natura : 3140-2 / A3 / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie
Cette communauté de charophytes, paucispécifique à monospécifique, est dominée par Nitella opaca,
occasionnellement accompagnée, en Franche-Comté, de Chara globularis ou de Chara delicatula. Dans le
site, Nitella opaca forme des peuplements d’extension variable, généralement peu denses, composés d’axes
verticillés vert olivâtre à brunâtre, translucides et d’aspect fragile. Elle s’y développe en sous-étage et en
périphérie d’un groupement à Callitriche platycarpa (cf. infra).
Synécologie
Cette formation caractérise les eaux calmes, peu profondes, translucides, oligo-mésotrophes, neutres
à alcalines, reposant sur des sédiments fins. Jusqu’à présent, elle a été surtout observée dans les étangs
des seconds plateaux du Doubs (Schäfer-Guignier, 1994). Sa présence sur le site, à basse altitude, peut être
attribuée aux basses températures des eaux issues de la grande source de la Cuisance.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Les formations à characées sont souvent paucispécifiques et caractérisées par leur espèce dominante ;
la difficulté d’identification des groupements découle des difficultés pour la reconnaissance des taxons.
Nitella opaca est très proche de Nitella flexilis, plus commune, dont elle se distingue essentiellement par sa
dioécie. Dans le site, des prélèvements réalisés en 2010 et, à plusieurs reprises, en 2011 n’ont révélé que des
individus mâles.
Répartition et typicité du groupement
Il s’agit d’une formation rare en Franche-Comté. Dans le site, elle n’a été observée que dans le grand
bassin situé en amont de la pisciculture des grottes.
Intérêt de la phytocénose
Les formations de charophytes, dans leur ensemble, constituent des habitats d’intérêt communautaire,
localement renforcé par la rareté régionale de la formation à Nitella opaca.
Menaces et conseil de gestion
L’effectif des populations de Nitella opaca, dans le bassin des grottes, semble être l’objet de fluctuations
inter-annuelles et intra-annuelles importantes dans les causes n’ont pas été analysées. L’espèce pourrait
être mise en danger par une eutrophisation des eaux en période d’étiage qui induirait une prolifération
d’algues filamenteuses, déjà présentes dans la pièce d’eau, ou du callitriche à fruits plats, ce dernier y étant
déjà très abondant.
3
La lettre A ou H, placée à la suite du code CORINE ou Natura désigne le caractère aquatique ou humide de l’habitat,
suivant Ferrez et al., 2011. La désignation des habitats humides (H) répond à la liste de l’annexe 2.2 de l’arrêté du 24 juin 2008
« précisant les critères de définition et de délimitation des zones humides en applicationdes articles L.241-7-1 et R.211-108 du Code
de l’Environnement ».
9
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Bibliographie
Corillion, 1957.
Schäfer-Guignier, 1994.
Relevé : Cuisance_2011_041_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, 325 m.
hel – surf. : 200 m2, rec. : 7%, h. moy. : 0,4 m
Espèces des Glycerio fluitantis - Nasturtietea officinalis : Berula erecta 1, Nasturtium officinale 1, Veronica
anagallis-aquatica 1
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae : Phalaris arundinacea +
hyrs – surf. : 200 m2, rec. : 60%, h. moy. : 0,3 m
Espèces des Potametea pectinati : Callitriche platycarpa 4
k – surf. : 200 m2, rec. : 2%, h. moy. : 0,1 m
Espèces des Charetea fragilis : Nitella opaca 1
al – surf. : 200 m2, rec. : 15%
G. Bailly
Rhizoclonium sp. 2, Microspora sp. +, Oedogonium sp. +, Spirogyra sp. +
Photo n° 1 : Nitella opaca (Bruz.) Ag., pieds mâles
10
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Les associations de bryophytes
11
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association muscinale aquatique rhéophile des eaux oxygénées calcaires
à Clinclidotus aquaticus.
Cinclidotetum aquatici Philippi 1956
(CC : 24.4 / Natura 2000 : 3260-4 / A)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 1)
Cette association composée de bryophytes aquatiques et amphibies se signale par les chevelus noirs
du cinclidote aquatique, reconnaissable à ses épais rameaux densément garnis de feuilles allongées et
falciformes. La formation peut être diversement recouvrante et masquer complètement le fond du chenal
dans les conditions les plus favorables ou s’implanter de manière beaucoup plus éparse. Dans les secteurs
les plus incrustants, il arrive que les rameaux du cinclidote apparaissent engainés de spectaculaires dépôts
de tufs d’où n’émergent que quelques extrémités vivantes. Le noyau du groupement est principalement
composé de l’espèce caractéristique Cinclidotus aquaticus, régulièrement accompagnée par Platyhypnidium
riparioides. Dans d’autres cours d’eau du massif jurassien (le Dessoubre, la Bienne), la combinaison
caractéristique est renforcée par la contribution de Cinclidotus riparius, espèce rare en Franche-Comté,
absente de la vallée de la Cuisance.
Synécologie
L’association est surtout caractéristique des exurgences et résurgences dans lesquelles elle est
régulièrement présente. Elle recherche les eaux vives, très oxygénées, carbonatées, coulant sur des fonds
pierreux. Quoiqu’essentiellement lié à des eaux mésotrophes de tête de bassin, le groupement est susceptible
de supporter une certaine charge trophique : on peut l’observer dans la basse vallée de la Loue où il se
cantonne au sommet des barrages. L’association se décline en plusieurs sous-unités :
– sous-unité à Eurhynchium pumilum et Thamnobryum alopecurum : Eurhynchium pumilum caractérise les
sites forestiers très ombragés. Cette sous-unité se développe au débouché de la grande source de la
Cuisance, dans un contexte très confiné, dominé par les hautes falaises de la reculée. Elle colonise un
ensemble de dalles périodiquement inondées et la partie aspergée d’un grand chaos de blocs rocheux ;
– sous-unité typique à Rhynchostegium riparioides : elle caractérise les têtes de bassin en situation
ombragée et se développe dans les parties amont des tronçons A, C, E et F, dans les deux Cuisance, le
ruisseau du Grand Mont et le ruisseau du Vernois. La grande Cuisance se distingue par la présence,
dans l’association, de Chyloscyphus polyanthos qui peuple préférentiellement les cuvettes du chenal ;
– sous-unité à Fontinalis antipyretica : unité plus photophile et moins rhéophile, succédant assez
rapidement à la précédente dès l’ouverture des reculées.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Sous réserve de savoir identifier les bryophytes aquatiques, l’identification de cette association, bien
caractérisée, est assez aisée. Vers l’aval, le Cinclidotetum aquatici cède la place à une unité moins rhéophile, le
groupement à Pellia enviifolia et Fontinalis antipyretica ; des transitions existent entre les deux groupements
dans lesquelles Cinclidotus aquaticus réapparaît de manière très disséminée. Il existe également des termes
de transition avec le Cinclidotetum fontinaloides (cf. infra). Dans les passages très peu profonds aux eaux
modérémenr rapides, le fond du chenal peut être colonisé par d’amples peuplements de Pellia endiviifolia, le
Cinclidotetum aquatici cédant la place au groupement à Cratoneuron filicinium et Pellia endiviifolia.
Répartition et typicité du groupement
Dans la haute vallée de la Cuisance, l’extension du Cinclidotetum aquatici délimite les tronçons A et C,
correspondant aux parties apicales des deux Cuisance. L’association est également présente aux sources
du ruisseau du Grand Mont et du ruisseau du Vernois. Sa typicité est jugée globalement bonne sur le site,
mais elle peut être dégradée temporairement, dans certains secteurs, en période d’étiage, à la suite de
proliférations algales.
12
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Intérêt de la phytocénose
Les groupement du Cinclidotion fontinaloides Philippi 1956 ne sont pas listés dans les Cahiers d’habitats
(Bensettiti et al., 2002), ce qui apparaît peu cohérent avec le fait que d’autres alliances proches (Plathypnidion
rusciformis Philippi 1956, Fontinalion antipyreticae Koch 1936) y soient explicitement citées. Ce problème
avait déjà été soulevé lors de l’expertise sur la haute Seille (Bailly, 2005). Cependant, le référentiel Eur
27 (European Commission, 2007) fait officiellement référence en matière de définition des habitats de la
Directive. La définition de l’habitat 3260 est la suivante : « Water courses of plain to montane levels, with
submerged or floating vegetation of the Ranunculion fluitantis and Callitricho-Batrachion (low water level during
summer) or aquatic mosses. ». Elle permet d’inclure l’ensemble des communautés bryologiques associées
aux eaux courantes. Le Cinclidotetum aquatici est, en conséquence, un habitat relevant de l’annexe I de la
directive. Il participe également à l’habitabilité des cours d’eau en constituant un support d’accueil pour la
faune invertébrée.
Menaces et conseil de gestion
L’habitat est capable de supporter des périodes d’assec assez prolongées, sous réserve du maintien
d’un certain niveau d’humidité ambiante, ce qui est le cas dans les secteurs forestiers encaissés. Des
perturbations importantes du régime hydrique pourrait le faire régresser dans les secteurs les plus exposés.
Des régressions sont également possibles à la suite d’une concurrence par des proliférations d’algues
filamenteuses suite à des concentrations de nutriments durant les étiages.
Bibliographie
Bailly, 2005
Bailly & Babski, 2008.
Collaud, 2011
European Commission, 2007.
Philippi, 1956
Vuillemenot & Hans, 2006.
Cuis036
Cuis037
Cuis009
Cuis073
Cuis025
Cuis088
Cuis038
Cuis029
Cuis054
Cuis044
Cuis040
surface (m2)
Cuis035
Tableau n° 1 : Cinclidotetum aquatici
2
3
20
20
15
50
15
40
60
40
30
30
% recouvr. hyrs
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
5
–
% recouvr. m1
70
90
30
100
60
10
40
50
10
40
20
65
% recouvr. al
–
–
–
–
–
2
–
1
5
1
90
–
haut. moy. hyrs
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
0,15
–
haut. moy. m1 0,01 0,005 0,01 0,02 0,02 0,05 0,02 0,02 0,10 0,05 0,07 0,02
m1
al
haut. moy. al
–
–
–
–
–
0,02
–
–
nb taxons
4
5
6
3
3
5
4
5
8
4
5
5
2
2
.
.
.
3
1
.
.
.
3
2
.
.
+
3
3
.
.
+
3
2
.
.
.
2
1
.
.
.
1
2
2
.
.
3
.
2
.
.
1
1
.
2
.
2
.
2
2
.
2
.
r
1
.
3
.
r
3
.
V
IV
III
II
I
0,05 0,07 0,03
–
Espèces des Platyhypnidio riparioidis Fontinalietea antipyreticae
Cinclidotus aquaticus
Platyhypnidium riparioides
Chiloscyphus polyanthos
Fontinalis antipyretica
Fissidens crassipes var. rufipes
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Cratoneuron filicinum
Pellia endiviifolia
Espèces des Neckeretea complanatae
Eurhynchium pumilum
Thamnobryum alopecurum
.
.
.
.
.
.
.
.
1
.
r
2
+
.
1
r
r
+
.
.
.
.
r
r
III
II
4
2
4
1
+
1
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
II
II
Vaucheria sp.
.
.
.
.
.
1
.
r
.
1
5
.
II
13
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Localisation des relevés :
Cuis035, Cuisance_2011_035_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, Grande source de la Cuisance, 450 m ;
Cuis036, Cuisance_2011_036_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, Grande source de la Cuisance, 450 m ;
Cuis037, Cuisance_2011_037_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, Grande source de la Cuisance, 395 m ;
Cuis009, Cuisance_2011_009_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Arbois, Cul des Forges, 395 m ;
Cuis073, Cuisance_2011_073_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Cul du Bray, 400 m ;
Cuis025, Cuisance_2011_025_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m ;
Cuis088, Cuisance_2011_088_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Le Vernois, 330 m ;
Cuis038, Cuisance_2011_038_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, Grande source de la Cuisance, 380 m ;
Cuis029, Cuisance_2011_029_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 345 m ;
Cuis054, Cuisance_2011_054_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Les Planches-près-Arbois, 320 m ;
Cuis044, Cuisance_2011_044_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, 0 m ;
Cuis040, Cuisance_2011_040_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, 325 m.
G. Bailly
Taxons présents une seule fois :
al, Rhizoclonium sp. , Cuis029 (2) ; al, Melosira sp., Cuis029 (+) ; al, Microspora sp., Cuis029 (+) ; hyrs, Callitriche platycarpa, Cuis044
(2) ; m1, Brachythecium rivulare, Cuis037 (+) ; m1, Fissidens gracilifolius, Cuis036 (+).
Photo n° 2 : Cinclidotus aquaticus (Hedw.) Bruch & Schimp.
14
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
L’association muscinale aquatique des eaux carbonatées peu profondes à
Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica
Groupement à Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica prov.
(CC : 24.4 / Natura 2000 : 3260-4 / A)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 2)
Cette communauté de bryophytes aquatiques est dominée par les chevelus vert foncé de la fontinale
associés aux thalles vert brillant, prostrés sur le fond, de la pellie. L’hépatique à feuilles Chiloscyphus
polyanthos vient s’ajouter à la combinaison dans la grande Cuisance, ainsi qu’en aval de la confluence des
deux Cuisance.
Synécologie
Ce groupement succède, vers l’aval, au Cinclidotetum aquatici dans des eaux moins oxygénées. Il
caractérise des eaux claires, carbonatées, peu à modérément profondes, de 20 à 60 cm de profondeur,
coulant dans des secteurs de radiers ou de chenal à vitesse modérée.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Cette combinaison ne semble pas avoir été décrite antérieurement ; elle est largement développée dans la
Cuisance amont ; elle montre quelques affinités avec le Leptodictyo riparii - Fissidentetum crassipedis Philippi
1956, déjà décrit dans la haute Seille (Bailly, 2005), mais s’en éloigne par la constance de Pellia endiviifolia,
la rareté de Fissidens crassipes et l’absence d’Amblystegium riparium. Certains relevés (colonne 1 et 2), avec
la réapparition de quelques touffes de Cinclidotus aquaticus à la faveur d’un seuil font la transition avec le
Cinclidotetum aquatici. Dans l’ensemble, cette communauté est aisément reconnaissable.
Répartition et typicité du groupement
Ce groupement caractérise le tronçon B (moitié aval de la petite Cuisance) et s’observe à partir du tronçon
D, en aval des Planches-sur-Arbois, jusqu’à la sortie du site, en amont d’Arbois. Il se raréfie néanmoins
dans le tronçon I. Sa typicité est bonne en amont, moyenne dans le tronçon I, voire localement mauvaise
quand il est remplacé par le Fontinaletum antipyreticae.
Intérêt de la phytocénose
Cette communauté de bryophytes aquatiques est, au même titre que la précédente, un habitat d’intérêt
communautaire. Elle participe, par ailleurs, à l’habitabilité du cours d’eau pour la faune d’invertébrés. Son
rôle est sans doute plus particulièrement important dans les secteurs où les fonds sont très cimentés par
des dépôts tufeux.
Menaces et conseil de gestion
Étant donné la sensibilité à la dessiccation de Pellia endiviifolia, des assecs de trop longue durée sont
susceptibles de réduire l’extension du groupement au profit d’un groupement plus banal à fontinale. Une
eutrophisation importante s’accompagnant de proliférations algales est également susceptible d’altérer
l’habitat. Le maintien de cordons ripicoles boisés et de lisières de hautes herbes sont des facteurs contribuant
à abaisser les charges trophiques arrivant à la rivière. Globalement, la préservation de la qualité des habitats
aquatiques passe par la limitation des amendements agricoles dans la vallée et sur l’ensemble du bassin
versant.
Bibliographie
Bailly, 2005
Philippi, 1956
15
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Cuis033
Cuis046
Cuis004
Cuis061
Cuis097
Cuis092
Tableau n° 2 : Groupement à Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica prov.
surface (m2)
50
100 100 100
40
25
% recouvr. m1
30
20
40
40
60
30
% recouvr. hel
2
–
–
–
–
–
% recouvr. al
–
40
–
–
–
–
haut. moy. m1 0,05 0,02 0,05 0,10 0,02 0,05
haut. moy. hel
nb taxons
m1
Espèces des Platyhypnidio riparioidis - Fontinalietea antipyreticae
Fontinalis antipyretica
Chiloscyphus polyanthos
Fissidens crassipes var. rufipes
Platyhypnidium riparioides
Cinclidotus aquaticus
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Pellia endiviifolia
Palustriella commutata f. submergée
Marchantia polymorpha subsp. polymorpha
0,7
–
–
–
–
–
6
5
3
5
3
5
2
2
.
.
+
1
2
.
.
+
3
2
.
.
.
3
.
.
+
.
2
.
+
.
.
2
.
1
1
.
V
III
II
II
II
2
.
+
2
.
.
2
.
.
+
+
+
3
.
.
+
3
.
V
II
II
Localisation des relevés :
Cuis092, Cuisance_2011_092_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Arbois, Le Dérochoir, 310 m ;
Cuis097, Cuisance_2011_097_GB : Gilles Bailly, 29/07/11, Arbois, 305 m ;
Cuis061, Cuisance_2011_061_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Mesnay, La Bise, 320 m ;
Cuis004, Cuisance_2011_004_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 330 m ;
Cuis046, Cuisance_2011_046_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, 330 m ;
Cuis033, Cuisance_2011_033_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 340 m ;
Taxons présents une seule fois :
al, cf. Phormidium incrustatum, Cuis097 (3) ; hel, Phalaris arundinacea, Cuis092 (1).
16
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
L’association muscinale aquatique ubiquiste à Fontinalis antipyretica
et Amblystegium riparium
Fontinaletum antipyreticae Kaiser 1926
(CC : 24.4 / Natura 2000 : 3260-4 / A)
Composition floristique et physionomie
Il s’agit d’un groupement paucispécifique à monospécifique, principalement composé de Fontinalis
antipyretica, éventuellement accompagnée de bryophytes aquatiques à large amplitude écologique, comme
Amblystegium riparium.
Synécologie
Le Fontinaletum antipyreticae est un groupement faiblement caractérisé, à caractère ubiquiste, associé
aux eaux peu rapides ou stagnantes, indifférent à la minéralité de l’eau et susceptible de supporter des
charges trophique assez élevées.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Cette communauté de structure très simple est aisée à identifier.
Répartition et typicité du groupement
Cet habitat est un habitat banal, répandu dans la plupart des cours d’eau de Franche-Comté. Dans
le site, il a été observé dans le tronçon aval I, sur le radier du pont de Mesnay, où il s’intercale dans une
séquence normalement caractérisée par le groupement précédent. Cette substitution dénote une altération
localisée de la qualité trophique du cours d’eau. Une telle altération a été également constatée en amont, au
passage de la Cuisance dans le village des Planches-près-Arbois, avec un remplacement du groupement à
pellie et fontinale par une population monospécifique de fontinale. On considère donc que la présence de
ce groupement dans le site doit être associé à un diagnostic de mauvaise typicité.
Intérêt de la phytocénose
C’est également un habitat d’intérêt communautaire et il contribue à l’habitabilité de la rivière pour la
faune invertébrée.
Menaces et conseil de gestion
Il est souhaitable de rétablir la qualité trophique des secteurs où apparaît cet habitat afin de restituer
l’association plus typique à pellie et fontinale.
Bibliographie
Bardat & Hauguel, 2002.
Vuillemenot & Hans, 2006.
Relevé : Cuisance_2011_098_GB : Gilles Bailly, 29/07/11, Arbois, 305 m.
m1 — surf. : 50 m2, rec. : 15%, h. moy. : 0,05 m
Espèces des Platyhypnidio riparioidis - Fontinalietea antipyreticae : Fontinalis antipyretica 2, Amblystegium
riparium 2.
17
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association muscinale hygrophile à cinclidote des fontaines
Cinclidotetum fontinaloidis Gams 1927 ex von Hübschmann 1953
(CC : 24.4 / Natura 2000 : 3260-4 / A)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 3)
Cette association forme des revêtements plus ou moins cohérents sur les berges rocheuses mais elle
peut se développer de manière discontinue quand elle est implantée sur les racines des arbres ripicoles.
Elle est caractérisée par les mèches noirâtres et ternes de Cinclidotus fontinaloides alternant avec les touffes
brillantes de Brachythecium rivulare et les colonies vert sombre de Thamnobryum alopecurum.
Synécologie
Le Cinclidotetum fontinaloidis se développe sur les berges des ruisseaux et des rivières, indifféremment
sur les blocs, les pierres calcaires et les racines des arbres. On l’observe également sur les blocs et les grosses
pierres qui émergent du chenal des petits cours d’eau. Il occupe typiquement l’espace situé entre le niveau
des hautes et des moyennes eaux. Il recherche les eaux carbonatées, mais semble indifférent à la charge
trophique. Diverses sous-unités peuvent être distinguées :
– sous-unité à Eurhynchium pumilum et Thamnobryum alopecurum : homologue de celle reconnue pour le
Cinclidotetum aquatici, elle est la marque de sites forestiers très confinés. Elle a été observée dans le fond
de la reculée du Cul des Forges, sur un chaos de blocs aspergé par un évent temporaire situé au-dessus
de la petite source et en aval de celle-ci ;
– sous-unité à Thamnobryum alopecurum : forme fréquente de l’association en milieu ombragé, dans un
contexte forestier ou protégé par un cordon boisé ripicole ;
– sous-unité sans Thamnobryum alopecurum, à caractère plus héliophile.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Le Cinclidotetum fontinaloides se distingue bien, dans la plupart des cas, du Cinclidotetum aquatici, ce
dernier ayant un caractère plus nettement aquatique. Il peut néanmoins y avoir des termes de passage au
niveau des sources (colonnes 5 et 6) où les deux cinclidotes se côtoient.
Répartition et typicité du groupement
L’association a surtout été relevée dans la partie amont du site, mais elle sans doute présente, de manière
éparse, tout au long des berges basses de la Cuisance.
Intérêt de la phytocénose
Il s’agit d’un habitat d’intérêt communautaire.
Menaces et conseil de gestion
Cet habitat, capable de supporter des périodes d’émersion prolongées, ne semble pas encourir de menace
particulière sur le site si ce n’est la concurrence d’espèces invasives (Reynoutria) installées sur les rives à la
faveur de perturbations engendrées par des aménagements.
Bibliographie
Bailly, 2005
Bailly & Babski, 2008.
Vuillemenot & Hans, 2006.
18
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Cuis008
Cuis011
Cuis027
Cuis087
Cuis072
Cuis039
Cuis030
Tableau n° 3 : Cinclidotetum fontinaloidis
surface m1 (m2)
5
2
0,6
20
15
2
10
% recouvr. m1
80
95
80
80
60
60
70
haut. moy. m1 0,03 0,01 0,20 0,02 0,02 0,02 0,02
nb taxons
m1
Espèces des Platyhypnidio riparioidis - Fontinalietea antipyreticae
Cinclidotus fontinaloides
Cinclidotus aquaticus
Platyhypnidium riparioides
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Brachythecium rivulare
Cratoneuron filicinum
Espèces des Neckeretea complanatae
Thamnobryum alopecurum
Eurhynchium pumilum
6
6
3
5
5
5
9
2
.
.
1
.
.
2
.
.
2
.
2
1
1
1
3
3
.
4
.
.
V
II
II
1
.
4
.
4
.
4
.
4
+
1
2
1
r
V
III
5
1
3
+
2
.
2
.
.
.
+
.
.
.
IV
II
Localisation des relevés :
Cuis008, Cuisance_2011_008_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Arbois, Cul des Forges, 400 m ;
Cuis011, Cuisance_2011_011_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Arbois, Cul des Forges, 385 m ;
Cuis027, Cuisance_2011_027_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, 350 m ;
Cuis087, Cuisance_2011_087_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Le Vernois, 355 m ;
Cuis072, Cuisance_2011_072_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Cul du Bray, 410 m ;
Cuis039, Cuisance_2011_039_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, Grande source de la Cuisance, 380 m ;
Cuis030, Cuisance_2011_030_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 345 m.
Taxons présents une seule fois :
m1, Plagiomnium undulatum, Cuis008 (+) ; m1, Anomodon viticulosus, Cuis087 (+) ; m1, Brachythecium rutabulum, Cuis011 (+) ; m1,
Bryum capillare, Cuis030 (+) ; m1, Cirriphyllum crassinervium, Cuis008 (+) ; m1, Didymodon sinuosus, Cuis011 (+) ; m1, Didymodon
spadiceus, Cuis030 (+) ; m1, Homalia trichomanoides, Cuis030 (r) ; m1, Leskea polycarpa, Cuis030 (r) ; m1, Orthotrichum affine var.
fastigiatum, Cuis030 (r) ; m1, Pylaisiella polyantha, Cuis030 (r).
19
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association muscinale hygrophile amphibie de bas de berge
à Cratoneuron filicinum et Pellia endiviifolia
Groupement à Pellia endiviifolia et Cratoneuron filicinum Bailly 2005 nom. inval.
(CC : 54.122 / Natura 2000 : 7220-1* p.p./ H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 4)
Cette communauté se caractérise par une physionomie assez constante, dominée par les thalles prostrés
d’un vert brillant de Pellia endiviifolia, contrastant avec les tiges érigées et pennées de Cratoneuron filicinum.
Le noyau de l’association est composé de ces deux espèces auxquelles s’associe fréquemment Brachythecium
rivulare qui reste toujours disséminé. Fissidens crassipes var. rufipes définit une sous-unité plus hygrophile
dans laquelle il peut être abondant. Conocephalum conicum, moins fréquent, peut parfois former des faciès
atypiques (dernière colonne). Le tableau 4 combine des relevés provenant de la haute Seille et de la haute
Cuisance afin de mieux appréhender la composition du groupement.
Synécologie
Il s’agit d’une communauté amphibie, des eaux carbonatées à neutro-alcalines, qui forme souvent un
feston d’une dizaine de centimètres de hauteur sur les bas de berges des ruisseaux ou rivières, au ras de
la zone de moyennes eaux, sur des substrats grossiers, parois, maçonneries, tufs, pierres ou graviers. Le
groupement peut s’étendre horizontalement autour des sources ou sur les banquettes alluviales situées au
ras de l’eau ; il peut parfois envahir le chenal lorsque la lame d’eau est très peu profonde et modérément
rapide.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Cette combinaison a été définie pour la première fois à l’occasion de l’étude des groupements aquatiques
et des formations tufeuses de la Haute-Seille (Bailly, 2005). Le travail sur la Cuisance a permis d’en épurer
la définition en réaffectant certains relevés à d’autres syntaxons. Dans l’ensemble, ce syntaxon est facile à
identifier mais étant donné sa situation, il est à l’interface de plusieurs groupements :
– dans la Seille, la sous-unité à Fissidens crassipes var. rufipes assure la transition avec le Leptodictyo riparii Fissidentetum crassipedis, groupement aquatique de fond de chenal ; dans la Cuisance, le groupement est
au contact du Cinclodetum aquatici ou du groupement à Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica, des
termes de passage existant entre ces diverses communautés ;
– sur les blocs émergeant du chenal, les nassis ou les parois tufeuses plongeant dans la rivière, le
groupement cède la place, vers le haut, aux faciès les plus humides du Brachythecio - Hygrohypnetum,
dominés par Conocephalum conicum et Didymodon spadiceus ou au groupement de paroi humide à
Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus.
Répartition et typicité du groupement
Le groupement est fréquent dans la partie amont du site et au pied des grands édifices tufeux, jusqu’au
seuil du Dérochoir ; il est présent jusqu’en aval, mais de manière plus disséminée, parfois réduit à des
peuplements basaux de Pellia endiviifolia. Sa typicité est bonne dans l’ensemble du site.
Intérêt de la phytocénose
Comme cela avait déjà été soulevé à l’occasion de l’étude de la haute Seille (Bailly, 2005), le statut de
ce groupement reste ambigu relativement à l’habitat 7220 de la directive Habitats. La fiche 7220-1 des
Cahiers d’habitats cite, dans le paragraphe variabilité : « les groupements de sources et de petits cours d’eau,
aux eaux neutres à carbonatées, à débit soutenu, physionomiquement dominés par les hépatiques à thalle comme
Pellia endiviifolia et Conocephalum conicum [Pellion endiviifoliae] ». Cette définition correspond bien
au groupement à Pellia endiviifolia et Cratoneuron filicinum ; néanmoins l’Eur 27 est plus restrictif quant
à sa définition de l’habitat en précisant « Hard water springs with active formation of travertine or tufa ». Le
20
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
groupement n’est pas toujours associé à des tufs actifs. Le référentiel Eur27 faisant officiellement référence,
on considérera ce groupement comme relevant de la directive Habitats et d’intérêt prioritaire lorsqu’il sera
effectivement associé à des édifices tufeux (cônes, nassis). Dans les autres cas, l’habitat est à considérer
comme d’intérêt régional. Il s’inscrit, par ailleurs, dans un ensemble d’habitats humides relevant de la loi
sur l’eau.
Menaces et conseil de gestion
En situation ripicole, l’habitat peut être menacé par des interventions sur le cours de la rivière, des
aménagements des berges et par une eutrophisation excessive conduisant à des proliférations algales.
Lorsqu’il associé à des cônes tufeux, il peut être menacé, avec l’ensemble de la formation, par des altération
du régime hydrique. Concernant les tufs, on évitera d’accentuer la variabilité temporelle du régime hydrique
par des aménagements situés en amont.
Bibliographie
Bailly, 2005
Bensettiti et al., 2002
European Commission, 2007.
Tableau n° 4 : Groupement à Pellia endiviifolia et Cratoneuron filicinum
Localisation des relevés :
Seille0039, Seille_2005_333 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 305 m ;
Seille0034, Seille_2005_316 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 307 m ;
Seille0101, Seille_2005_841 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Seille0022, Seille_2005_243 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 320 m ;
Seille0017, Seille_2005_223 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 320 m ;
Seille0099, Seille_2005_827 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Seille0035, Seille_2005_321 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 307 m ;
Seille0104, Seille_2005_855 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Cuis002, Cuisance_2011_002_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 330 m ;
Seille0103, Seille_2005_852 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Cuis010, Cuisance_2011_010_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Arbois, Cul des Forges, 395 m ;
Seille0026, Seille_2005_253 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 320 m ;
Seille0051, Seille_2005_425 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Sous la Baume, 295 m ;
Seille0085, Seille_2005_721 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Les Sauges, 307 m ;
Seille0081, Seille_2005_712 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Les Sauges, 307 m ;
Seille0089, Seille_2005_741 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Les Sauges, 307 m ;
Seille0078, Seille_2005_622 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Les Sauges, 330 m ;
Cuis074, Cuisance_2011_074_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Cul du Bray, 395 m.
Cuis026, Cuisance_2011_026_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, 350 m ;
Seille0038, Seille_2005_332 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 305 m ;
Seille0043, Seille_2005_344 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 305 m ;
Seille0033, Seille_2005_313 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 307 m ;
Cuis090, Cuisance_2011_090_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Arbois, Le Dérochoir, 315 m ;
Cuis022, Cuisance_2011_022_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m ;
Taxons présents une seule fois :
al, Zygnema sp., Seille0026 ; h1, Festuca gigantea, Seille0085 (1) ; h1, Brachypodium sylvaticum subsp. sylvaticum, Seille0085 (2) ; h1,
Phyllitis scolopendrium, Cuis022 (1) ; h1, Dactylis glomerata subsp. glomerata, Seille0101 (1) ; h1, Cystopteris fragilis, Cuis022 (+) ; h1,
Deschampsia cespitosa, Cuis002 (1) ; h1, Mentha longifolia, Cuis002 (+) ; h1, Gymnocarpium robertianum, Cuis022 (+) ; m1, Plagiomnium undulatum, Cuis010 (2) ; m1, Hygrohypnum luridum, Seille0103 (1) ; m1, Palustriella commutata, Cuis002 (1) ; m1, Fontinalis
antipyretica, Seille0051 (1) ; m1, Marchantia polymorpha subsp. polymorpha, Cuis002 (1) ; m1, Ptychostomum pallescens, Seille0022
(1) ; m1, Calliergonella cuspidata, Seille0085 (+) ; m1, Cinclidotus aquaticus, Cuis074 (+) ; m1, Cinclidotus fontinaloides, Seille0081
(+) ; m1, Dichodontium pellucidum, Cuis002 (+) ; m1, Gymnostomum calcareum, Seille0034 (+).
21
22
al
h1
m1
Seille0022
Seille0101
Seille0034
Seille0039
.
.
.
Lyngbya sp. pl. (dont Phormidium incrustatum)
Vaucheria sp.
Melosira sp.
.
.
.
.
1
.
4
.
.
.
.
.
.
1
.
.
.
.
.
.
.
3
+
.
.
.
3
1
+
.
.
Agrostis stolonifera
Geranium robertianum subsp. robertianum
Lamium galeobdolon subsp. montanum
1
3
.
.
.
.
.
7
–
–
80
–
70
1
3
+
.
.
.
.
7
nb taxons
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Pellia endiviifolia
Cratoneuron filicinum
Brachythecium rivulare
Conocephalum conicum
Philonotis calcarea
Dichodontium pellucidum
Didymodon spadiceus
Espèces des Platyhypnidio riparioidis Fontinalietea antipyreticae
Fissidens crassipes var. rufipes
Jungermannia atrovirens f. aquatique
Amblystegium riparium
Platyhypnidium riparioides
Cinclidotus danubicus
Espèces des Ctenidietea mollusci
Plagiomnium rostratum
Fissidens gracilifolius
Eurhynchium hians
Autres espèces
Pohlia melanodon
Thamnobryum alopecurum
Ptychostomum pallescens
–
–
–
% recouvr. al
haut. moy. h1
–
% recouvr. h1
haut. moy. m1
95
% recouvr. m1
.
.
.
+
.
.
.
.
.
+
.
.
3
.
.
+
.
3
1
+
.
.
.
+
9
–
–
–
5
70
.
.
.
+
.
.
.
.
1
.
+
.
2
.
.
.
.
2
.
.
+
+
.
.
7
–
–
–
1
20
surface (m2) 0,09 0,12 0,19 0,5
Seille0104
Seille0035
Seille0099
Seille0017
4
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
2
.
.
.
.
3
.
.
+
.
.
.
4
–
–
75
–
50
2
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
2
.
+
.
.
3
.
+
+
.
.
.
6
–
–
15
–
50
2
.
.
.
.
.
+
.
.
.
.
.
2
1
.
.
2
3
.
.
.
.
.
.
6
–
–
15
–
65
3
+
.
.
.
.
+
.
.
.
.
.
2
.
+
+
.
4
+
.
.
.
.
.
8
–
–
30
–
65
0,5 0,28 0,23 0,12
Cuis002
.
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
.
2
1
.
.
.
3
3
+
1
.
+
1
13
0,10
0,005
–
3
90
3
Seille0103
.
+
.
+
+
.
1
.
.
+
.
.
1
.
2
.
.
2
+
+
+
.
.
.
12
–
–
1
1
50
2
Cuis010
.
1
.
.
.
.
.
r
.
2
.
3
1
.
.
.
.
2
3
r
.
.
.
.
9
–
0,01
3
–
90
2
Seille0078
Seille0089
Seille0081
Seille0085
Seille0051
Seille0026
3
x
.
.
.
.
+
.
.
.
1
.
+
.
.
.
.
4
.
+
.
.
.
.
8
–
–
25
–
75
2
.
.
1
+
.
.
.
.
+
2
.
+
.
.
.
+
2
3
.
.
.
.
.
10
–
–
15
5
70
.
+
.
+
+
.
.
.
.
+
.
1
+
.
.
.
.
4
1
1
+
+
.
.
14
–
–
1
20
70
.
+
.
+
.
+
.
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
4
2
1
+
+
.
.
10
–
–
1
1
90
.
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
4
+
+
.
+
.
.
5
–
–
–
1
70
.
.
.
.
.
.
.
+
.
.
.
+
.
.
.
+
.
4
3
+
.
.
.
.
6
–
–
–
–
90
0,15 1,25 0,64 0,3 0,63 0,3
Cuis074
3
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
+
.
4
2
.
.
.
.
.
5
–
–
30
–
70
15
Cuis026
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
+
.
.
1
.
3
4
.
.
.
.
.
4
–
0,01
–
–
95
1,6
Seille0038
+
+
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
1
+
.
.
4
+
.
.
.
.
.
6
–
–
2
–
80
2
Seille0043
1
.
x
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
1
.
.
.
5
.
.
.
.
.
.
4
–
–
3
–
95
–
Seille0033
1
.
x
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
3
.
.
.
4
.
.
.
.
.
.
4
–
–
10
–
85
2
Cuis090
–
5
95
1,5
Cuis022
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
+
.
.
.
5
2
.
2
.
.
.
4
–
.
.
.
.
.
+
.
.
.
.
1
.
.
.
.
.
.
1
+
+
5
.
.
.
9
0,20
0,01 0,01
–
–
85
2
III
II
I
II
I
I
II
I
I
II
I
I
IV
II
I
I
I
V
IV
III
II
I
I
I
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
L’association muscinale mésohygrophile basophile à Brachythecium rivulare
et Conocephalum conicum
Brachythecio rivularis - Hygrohypnetum luridi Philippi 1965
(CC : 54.12 / Natura 2000 : 7220-1* p.p./ H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 5)
Le noyau floristique de cette association est formé par Brachythecium rivulare, une mousse pleurocarpe
d’un vert clair brillant et Conocephalum conicum, une grande hépatique à thalle d’un vert vif et luisant.
L’aspect du groupement, habituellement assez recouvrant, varie beaucoup selon la dominance de l’un ou
l’autre des deux composants. Une autre grande hépatique à thalle, Marchantia polymorpha subsp. polymorpha,
peut occasionnellement y former des faciès. Le tableau 5 synthétise un ensemble de relevés réalisé sur
la Seille et la Cuisance. Le syntaxon décrit dans les deux sites correspond à une variante à Didymodon
spadiceus, déjà mentionnée par les auteurs (Marstaller, 1985, 1987). Le Brachythecietum rivularis Walther
1969 précédemment décrit dans la vallée de la haute Seille (Bailly, 2005) correspond au même syntaxon et
est traité comme un synonyme du Brachythecio - Hygrohypnetum par Marstaller (1987).
Synécologie
Dans la vallée de la Cuisance, l’association se développe essentiellement sur les formations tufeuses
humides, cônes ou nassis, les basses berges ou les blocs émergeant du chenal, au-dessus du niveau des
moyennes eaux.
Difficultés d’identification et risques de confusion
L’association est assez polymorphe et au contact de plusieurs autres communautés :
– au plus près de l’eau, elle surmonte le groupement à Cratoneuron ficilicinum et Pellia endiviifolia ; la
transition est habituellement assurée par un faciès du Brachythecio - Hygrohypnetum luridi plus hygrophile,
dominé par Conocephalum conicum et dans lequel Cratoneuron filicinum et Pellia endiviifolia apparaissent
de manière éparse ;
– en remontant la berge, le groupement peut laisser la place à un groupement plus mésophile du
Thamnietum alopecuri (Gams 27) Philippi 1965, précédemment décrit dans la vallée de la Seille ;
– sur les parois verticales humides et dans les cavités des cônes tufeux, l’association peut être remplacée
par une formation pionnière à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus.
Répartition et typicité du groupement
Le Brachythecio - Hygrohypnetum est principalement présent dans la partie amont du site, dans les
secteurs riches en nassis (tronçons A et B) et à proximité des grands édifices tufeux (cascade des tufs, seuil
du Castel Damandre, seuil du Dérochoir). Sa typicité est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Comme pour le syntaxon précédent, on considérera ce groupement comme d’intérêt prioritaire lorsqu’il
sera associé à une formation tufeuse ; dans tous les cas, il relève de la loi sur l’eau.
Menaces et conseil de gestion
Les altérations du régime hydrique peuvent menacer l’intégrité des formation tufeuses, on évitera d’en
accentuer la variabilité temporelle par des aménagements en amont.
23
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Bibliographie
Bailly, 2005
Marstaller, 1985.
Philippi, 1987.
m1
h1
al
24
Seille0105
Seille0004
Seille0006
Cuis024
Seille0008
Seille0097
Cuis094
Seille0003
Seille0092
Seille0091
Seille0009
Seille0102
Seille0096
Tableau n° 5 : Brachythecio rivularis - Hygrohypnetum luridi
surface (m2)
1,5
0,8
0,5
2,0
5,0
0,5
1,4
2,0
2,7
1,3
1,5
0,5
2,5
% recouvr. m1
99
100
75
70
90
95
100
80
95
99
70
80
30
% recouvr. h1
–
1
–
–
10
5
10
25
10
15
1
5
–
% recouvr. al
–
–
10
3
–
3
1
–
1
–
20
2
3
haut. moy. m1
–
–
–
–
0,01
–
–
0,005
–
–
–
–
–
haut. moy. h1
–
–
–
–
0,15
–
–
0,10
–
–
–
–
–
nb taxons
6
11
6
7
9
11
14
16
16
14
23
20
15
5
1
.
.
.
.
+
4
+
.
.
.
.
3
2
3
.
.
.
.
.
2
2
+
.
.
.
.
3
3
.
r
.
3
.
5
+
1
.
.
1
.
2
+
5
.
.
.
.
2
1
4
+
r
.
.
+
2
4
+
+
.
.
4
+
3
.
.
.
.
+
2
2
1
+
.
1
.
2
3
+
1
+
.
1
2
.
+
+
.
.
V
V
IV
III
II
II
II
+
.
.
.
+
.
+
+
1
+
.
.
2
1
.
.
.
.
.
.
.
+
.
.
+
+
.
.
+
.
.
.
.
.
1
+
.
.
.
.
.
1
.
.
1
.
.
.
.
+
.
.
III
III
I
I
1
.
.
.
+
.
3
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
r
.
.
.
+
.
.
1
.
2
1
1
2
+
.
1
+
+
III
III
I
Espèces des Montio fontanae Cardaminetea amarae
Brachythecium rivulare
Didymodon spadiceus
Conocephalum conicum
Cratoneuron filicinum
Pellia endiviifolia
Marchantia polymorpha subsp. polymorpha
Dichodontium pellucidum
Espèces des Ctenidietea mollusci
Fissidens gracilifolius
Plagiomnium rostratum
Jungermannia atrovirens
Gymnostomum calcareum
Espèces des Barbuletea unguiculatae
Pohlia melanodon
Dicranella varia
Bryum argenteum
Espèces des Platyhypnidio riparioidis Fontinalietea antipyreticae
Fissidens crassipes var. rufipes
Amblystegium riparium
Platyhypnidium riparioides
Autres espèces
Rhizomnium punctatum
Ptychostomum pallescens
Thamnobryum alopecurum
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
1
+
+
+
.
1
2
1
I
II
II
.
.
1
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
1
.
+
.
+
r
.
.
.
.
.
+
.
.
+
2
.
.
+
.
.
+
.
II
II
II
Geranium robertianum subsp. robertianum
Agrostis stolonifera
Brachypodium sylvaticum subsp. sylvaticum
Phyllitis scolopendrium
Epilobium montanum
Cardamine impatiens
Salix caprea
Hedera helix subsp. helix
Deschampsia cespitosa
.
.
.
.
.
.
.
.
.
+
.
+
.
+
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
2
.
.
.
.
1
.
.
+
1
.
.
.
.
.
.
.
.
+
2
.
.
.
.
+
.
.
3
.
+
.
.
+
+
.
+
.
.
.
.
.
.
.
1
.
.
1
1
+
+
.
.
.
.
.
.
.
.
+
.
.
.
+
.
.
+
+
.
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
.
.
II
II
II
II
II
I
I
I
I
Lyngbya sp.
Vaucheria sp.
Melosira sp.
Nostoc sp.
.
.
.
.
.
.
.
.
1
.
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
1
+
.
.
.
+
.
.
.
.
.
.
x
.
.
+
.
.
.
.
2
2
x
+
+
+
.
.
1
.
x
.
III
II
I
I
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Localisation des relevés :
Seille0096, Seille_2005_824 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Seille0105, Seille_2005_856 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Seille0004, Seille_2005_121 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Cirque de Baume, 335 m ;
Seille0006, Seille_2005_123 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Cirque de Baume, 335 m ;
Cuis024, Cuisance_2011_024_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m ;
Seille0008, Seille_2005_131 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Cirque de Baume, 340 m ;
Seille0097, Seille_2005_825 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Cuis094, Cuisance_2011_094_GB : Gilles Bailly, 29/07/11, Mesnay, 310 m ;
Seille0003, Seille_2005_113 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Cirque de Baume, 375 m ;
Seille0092, Seille_2005_812 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Seille0091, Seille_2005_811 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Seille0009, Seille_2005_132 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Cirque de Baume, 340 m ;
Seille0102, Seille_2005_851 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Taxons présents une seule fois :
al, Cladophora sp., Seille0091 ; al, Gomphoneis sp., Seille0102 (+) ; al, Spirogyra sp., Seille0091 (+) ; h1, Lamium galeobdolon subsp.
montanum, Seille0009 (1) ; h1, Acer pseudoplatanus, Cuis024 (+) ; h1, Fraxinus excelsior, Seille0097 (+) ; h1, Brachypodium sylvaticum, Cuis094 (+) ; h1, Festuca gigantea, Seille0092 (+) ; h1, Mycelis muralis, Seille0003 (+) ; h1, Epilobium parviflorum, Cuis094 (+) ;
h1, Corylus avellana, Cuis094 (+) ; h1, Eupatorium cannabinum, Seille0003 (+) ; h1, Petasites hybridus, Seille0091 (+) ; h1, Urtica
dioica, Seille0092 (+) ; h1, Dactylis glomerata subsp. glomerata, Seille0092 (+) ; h1, Lolium perenne, Seille0009 (+) ; h1, Taraxacum
officinale, Cuis024 (+) ; h1, Campanula rotundifolia, Seille0003 (+) ; h1, Mentha longifolia, Seille0097 (+) ; h1, Impatiens balfouri,
Seille0092 (+) ; h1, Polystichum aculeatum, Seille0092 (+) ; m1, Philonotis calcarea, Seille0008 (+) ; m1, Plagiomnium undulatum,
Seille0097 (+) ; m1, Ptychostomum pseudotriquetrum, Seille0009 (+) ; m1, Fissidens taxifolius, Seille0003 (+) ; m1, Physcomitrium
pyriforme, Seille0091 (+) ; m1, Eurhynchium pumilum, Cuis094 (r).
3
1
2
G. Bailly
4
Photo n° 3 : grosses marches du tuf en amont de la cascade des tufs ; 1 : revêtements de cyanobactéries (cf.
Chantransietio - Phormidietum) ; 2 : Brachytecio - Hygrohypnetum luridi ; 3 : groupement à Cratoneuron filicinum et Pellia
endiviifolia ; 4 : groupement à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus
25
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association muscinale de sources et suintements incrustants à Palustriella
commutata et la formation des tufs ruisselants à Rhynchostegium riparioides
Cratoneuretum commutati (Gams 1927) Walther 1942 ; groupement à
Cratoneuron filicinum et Rhynchostegium riparioides
(CC : 54.12 / Natura 2000 : 7220-1* / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 6)
Cette association très spécialisée est principalement définie par son espèce dominante, Palustriella
commutata, développée en colonies vert doré à vert bronze, occasionnellement accompagnée de Cratoneuron
filicinum, Philonotis calcarea, Pellia endiviifolia, Brachythecium rivularis ou de Ptychostomum pseudotriquetrum. À
côté de ce groupement typique, il se développe souvent une formation affine dominée par Rhynchostegium
riparioides (colonnes 6 et 7) qui colonise les zones les plus ruisselantes des édifices tufeux.
Synécologie
Le Cratoneuretum commutait est l’association typique des tufs suintants ou ruisselants et caractérise les
aires où le dépôt est le plus actif.
Difficultés d’identification et risques de confusion
L’idenfication de ce groupement ne pose généralement pas de problèmes.
Répartition et typicité du groupement
L’association a été observée au niveau des grands cônes tufeux de la cascade des tufs, du seuil du Castel
Damandre et dans la partie amont du ruisseau du Mont, sur des tufs en marche d’escalier. Dans tous ces
sites, l’habitat n’est jamais très étendu et occupe des surfaces comprises entre 2 et 15 m2 ; on l’observe aussi
très ponctuellement sur quelques gros nassis. Sa typicité est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Il s’agit d’un habitat d’intérêt communautaire, prioritaire ; le statut du groupement à Cratoneuron filicinum
et Rhynchostegium riparioides n’est pas strictement défini, mais il fait partie des mêmes complexes tufeux. Ce
groupement relève également de la loi sur l’eau.
Menaces et conseil de gestion
Les altérations du régime hydrique peuvent menacer l’intégrité des formation tufeuses, on évitera d’en
accentuer la variabilité temporelle par des aménagements en amont. L’eutrophisation excessive du cours
d’eau peut amener la prolifération d’algues brunes du genre Vaucheria, déjà présentes de manière éparse
sur les tufs humides, au détriment des autres communautés végétales.
Bibliographie
Bailly, 2005
Philippi, 1965
26
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
h1
al
15
5
2
10
9
2
15
70
85
40
90
98
% recouvr. al
60
60
30
5
5
–
2
% recouvr. h1
3
10
–
–
30
30
–
à
Cuis017
3
0,040 0,020 0,030 0,010 0,005
haut. moy. h1
–
haut. moy. al
–
nb taxons
5
11
5
4
3
1
.
.
.
2
2
+
1
.
4
.
.
1
.
.
.
Agrostis stolonifera
1
Vaucheria sp.
Lyngbya sp.
3
3
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Palustriella commutata
Brachythecium rivulare
Cratoneuron filicinum
Pellia endiviifolia
Marchantia polymorpha subsp. polymorpha
Espèce des Platyhypnidio riparioidis - Fontinalietea antipyreticae
Platyhypnidium riparioides
Cuis021
groupement
40
–
Cuis034
;
surface (m2)
–
Cuis020
1942
% recouvr. m1
haut. moy. m1 0,020
m1
Walther
Cuis075
1927)
Cuis077
(Gams
Cuis005
Tableau n° 6 : Cratoneuretum commutati
Cratoneuron filicinum et Rhynchostegium riparioides
–
–
0,200 0,200
0,001 0,010 0,030 0,020
–
–
0,002
8
10
6
4
+
.
.
.
3
2
.
+
.
+
.
2
.
r
.
1
+
.
+
V
IV
III
III
II
+
2
2
4
5
IV
2
.
.
3
3
.
III
1
4
1
3
2
.
2
.
.
.
+
.
V
III
Localisation des relevés :
Cuis005, Cuisance_2011_005_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 330 m ;
Cuis077, Cuisance_2011_077_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Grand Mont, 365 m ;
Cuis075, Cuisance_2011_075_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Cul du Bray, 390 m ;
Cuis020, Cuisance_2011_020_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m ;
Cuis034, Cuisance_2011_034_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 340 m ;
Cuis021, Cuisance_2011_021_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m ;
Cuis017, Cuisance_2011_017_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m.
Taxons présents une seule fois :
h1, Epilobium parviflorum, Cuis077 (+) ; h1, Eupatorium cannabinum, Cuis034 (+) ; h1, Brachypodium sylvaticum, Cuis077 (2) ; h1,
Veronica anagallis-aquatica, Cuis034 (1) ; h1, Galium palustre, Cuis021 (2) ; h1, Geranium robertianum, Cuis077 (+) ; m1, Plagiomnium
undulatum, Cuis021 (1) ; m1, Conocephalum conicum, Cuis017 (+) ; m1, Conocephalum salebrosum, Cuis021 (+) ; m1, Ptychostomum
pseudotriquetrum, Cuis077 (r) ; m1, Calliergonella cuspidata, Cuis021 (1) ; m1, Plagiomnium rostratum, Cuis021 (1).
27
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association muscinale des parois calcaires suintantes à Eucladium verticillatum
Eucladietum verticillati Allorge 1922
(CC : 54.12 / Natura 2000 : 7220-1* / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie
C’est une communauté spécialisée, paucispécifique à monospécifique, caractérisée par les fines
moquettes d’un vert terne d’Eucladium verticillatum, habituellement enchâssées dans des gangues de
carbonates, parois accompagné de quelques brins de Palustriella commutata, Ptychostomum pseudotriquetrum
ou de Pellia endiviifolia.
Synécologie
Cette association jouxte fréquemment le Cratoneuretum commutati sur les grands édifices tufeux où elle
colonise les secteurs abrités, moins ruisselants et moins actifs. Elle se développe typiquement sur les parois
verticales surmontées de surplombs ruisselants ou au fond d’infractuosités, dans les cavernes du tuf. On la
trouve également sur le plafond de certaines balmes, où elle colonise les joints humides.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Il existe d’autres communautés bryophytes de parois humides, dominées par de petites mousses
acrocarpes assez semblables à Eucladium verticillatum, non retenues par la Directive Habitats. L’identification
correcte du groupement passe par l’identification de son espèce caractéristique.
Répartition et typicité du groupement
Cette association n’a été observée qu’une seule fois dans le site, sur le plafond du porche creusé dans la
tufière de la cascade des tufs. Sa typicité est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Il s’agit d’un habitat d’intérêt communautaire, prioritaire, relevant également de la loi sur l’eau.
Menaces et conseil de gestion
Les altérations du régime hydrique peuvent menacer l’intégrité des formation tufeuses ; on évitera d’en
accentuer la variabilité temporelle par des aménagements en amont.
Bibliographie
Bailly & Babski, 2008.
Relevé : Cuisance_2011_016_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 360 m.
m1 — surf. : 4 m2, rec. : 90%, h. moy. : 0,05 m
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae : Eucladium verticillatum 5, Conocephalum conicum 1
Espèces des Ctenidietea mollusci : Gymnostomum calcareum 1
h1 — surf. : 4 m2, rec. : 2%, h. moy. : 0,15 m
28
Cystopteris fragilis +, Mycelis muralis +, Phyllitis scolopendrium +
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
L’association muscinale des parois humides de cônes tufeux et de nassis à
Gymnostomum calcareum, Fissidens gracilifolius et Didymodon spadiceus
Le groupement à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus
(CC : 54.12 / Natura 2000 : 7220* / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 7)
L’analyse globale des données recueillies dans les hautes vallées de la Seille et de la Cuisance a permis
de reconsidérer certains groupements et de mettre en évidence certains combinaisons nouvelles. Le
groupement à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus revêt la forme d’un gazon extrêmement ras,
de quelques millimètres de hauteur, formé par Gymnostomum calcareum, mêlé aux fins peuplements de
Fissidens gracilifolius ; de petites hépatiques à feuilles, Leiocolea collaris et Jungermannnia atrovirens complètent
l’ensemble caractéristique. À ces espèces saxicoles pionnières vient s’ajouter un lot d’espèces issues
des formations tufeuses : Didymodon spadiceus, Pellia endiviifolia, Conocephalum conicum et Brachythecium
rivularis.
Synécologie
Ce groupement se développe sur les flancs inclinés du côté aval des gros nassis et sur les parois abritées
des grands cônes tufeux.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Ce groupement est en relation étroite avec le Brachythecio - Hygrohypnetum, avec lequel il partage
un contingent d’espèces ; on peut considérer qu’il en constitue un stade pionnier, là où les contraintes
topographiques (verticalité du support) ou l’érosion répétée du substrat entravent l’implantation des
grandes bryophytes. Cette communauté se reconnaît à sa structure plus hétérogène composée de plages de
petites espèces pionnières interrompues par les touffes du Didymodon spadiceus ou les thalles de Pellia et de
Conocephalum. Sur les parois, murettes ou formation tufeuse, plongeant dans le chenal, elle peut surmonter
le groupement à Cratoneuron filicinum et Pellia endiviifolia.
Répartition et typicité du groupement
Le groupement a été observé sur les complexes de nassis en amont et en aval de la cascade des tufs et
dans les parties abritées du cône de la cascade. Il est probablement présent sur les autres grands complexes
tufeux (seuil du Castel Damandre, seuil du Dérochoir). Sa typicité est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Bien que relevant plutôt des formations de rochers et parois calcaires de la classe des Ctenidietea mollusci
Grgic 1980, le groupement à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus fait partie intégrante, dans la
plupart des cas, des formations tufeuses dont il caractérise les parties subverticales, abritées et peu actives.
À ce titre, il est cohérent de l’intégrer à l’habitat prioritaire 7220*– sources pétrifiantes avec formation de
travertins (Cratoneurion). Dans les autres situations, en dehors des complexes tufeux, son intérêt est plutôt
de niveau régional. Il relève, par ailleurs, de la loi sur l’eau lorsqu’il est en relation avec un cours d’eau.
Menaces et conseil de gestion
Les altérations du régime hydrique peuvent menacer l’intégrité des formation tufeuses ; on évitera d’en
accentuer la variabilité temporelle par des aménagements en amont.
Bibliographie
Bailly, 2005.
29
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
h1
al
Seille0029
1,5
0,4 0,45 0,3
90
70
85
80
98
–
2
2
–
–
–
1
–
1
–
15
% recouvr. h1
2
–
% recouvr. al
–
100
–
–
0,005 0,01
100
–
10 3,00
–
–
Seille0011
Cuis015
4
98
75
Seille0025
Cuis018
0,8
4
75
Seille0016
Seille0098
1,13 0,13
surface (m2)
% recouvr. m1
haut. moy. m1 0,002
m1
Seille0093
Cuis014
Tableau n° 7 : Le groupement à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus
–
–
haut. moy. h1
0,1
–
–
0,15
0,1
–
–
–
–
nb taxons
12
12
13
16
15
9
9
11
9
3
2
.
+
.
.
4
+
+
.
+
+
1
3
+
+
3
1
+
r
.
.
+
.
2
2
.
r
.
.
4
2
+
.
.
.
2
1
.
+
.
.
2
+
+
.
.
.
1
+
+
.
.
.
V
V
III
III
II
II
.
r
3
1
+
.
.
1
1
.
1
.
1
+
.
+
4
2
+
.
2
.
2
3
r
2
1
.
.
.
4
1
.
.
.
4
1
+
+
.
2
2
.
.
.
IV
IV
IV
IV
II
.
.
+
.
.
.
.
.
.
.
2
1
1
2
1
+
1
1
III
III
1
.
1
+
+
+
+
.
1
.
.
.
.
.
.
.
.
.
III
II
Phyllitis scolopendrium
+
.
.
+
+
.
.
.
.
II
Lyngbya sp.
Nostoc sp.
.
.
5
.
.
.
.
+
.
.
2
+
1
.
1
.
.
.
III
II
Espèces des Ctenidietea mollusci
Fissidens gracilifolius
Gymnostomum calcareum
Leiocolea collaris
Jungermannia atrovirens
Eurhynchium hians
Mnium stellare
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Didymodon spadiceus
Pellia endiviifolia
Conocephalum conicum
Brachythecium rivulare
Dichodontium pellucidum
Espèces des Barbuletea unguiculatae
Dicranella varia
Pohlia melanodon
Autres espèces
Thamnobryum alopecurum
Rhizomnium punctatum
Localisation des relevés :
Cuis014, Cuisance_2011_014_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 365 m ;
Seille0093, Seille_2005_813 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Seille0098, Seille_2005_826 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Grange Perrot, 295 m ;
Cuis018, Cuisance_2011_018_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m ;
Cuis015, Cuisance_2011_015_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 365 m ;
Seille0029, Seille_2005_257 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 320 m ;
Seille0016, Seille_2005_222 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 320 m ;
Seille0025, Seille_2005_252 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 320 m ;
Seille0011, Seille_2005_211 : Gilles Bailly, 10/2005, Baume-les-Messieurs, Champ du Bri, 320 m.
Taxons présents une seule fois :
al, Melosira sp., Seille0016, h1, Mycelis muralis, Cuis015 (1) ; h1, Brachypodium sylvaticum, Cuis015 (+) ; h1, Festuca gigantea,
Cuis015 (+) ; h1, Geranium robertianum subsp. robertianum, Seille0011 (+) ; h1, Roegneria canina subsp. canina, Cuis015 (+) ; h1,
Agrostis stolonifera, Cuis018 (1) ; h1, Cystopteris fragilis, Cuis014 (1) ; h1, Geranium robertianum, Cuis015 (1) ; m1, Pohlia wahlenbergii, Cuis018 (2) ; m1, Cratoneuron filicinum, Cuis018 (+) ; m1, Plagiomnium undulatum, Cuis018 (+) ; m1, Fissidens crassipes
var. rufipes, Seille0011 (2) ; m1, Mnium marginatum, Seille0098 (1) ; m1, Plagiomnium rostratum, Cuis018 (1) ; m1, Anomodon
viticulosus, Seille0098 (+) ; m1, Didymodon fallax, Seille0093 (+) ; m1, Eurhynchium pumilum, Cuis014 (+) ; m1, Fissidens taxifolius,
Seille0025 (+) ; m1, Marchantia polymorpha subsp. polymorpha, Cuis014 (+).
30
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
L’association muscinale des parois de tuf fossile à Gymnostomum calcareum
et Jungermannia atrovirens
Pedinophyllo interrupti – Gymnostometum calcarei Philippi 1979
(Code CORINE : 62.5)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 8)
Cette communauté muscinale se présente sur la forme d’un gazon extrêmement ras (1-2 mm) d’un vert
foncé, nettement dominé par Gymnostomum calcareum, piqueté par les axes feuillés de petites hépatiques,
Jungermannia atrovirens et Leiocolea collaris et par les fines tiges de Fissidens gracilifolius. Relativement au
groupement précédent, les espèces du tuf sont absentes ou restent très disséminées. Malgré l’absence de
Pedinophyllum interruptum, les observations de la Cuisance montrent beaucoup de similitudes avec certains
des relevés de Vadam (1983) identifiés au Pedinophyllo interrupti - Gymnostometum calcarei Philippi 1979.
Synécologie
Il s’agit d’une formation saxicole, peuplant localement les parois verticales fraîches des parties inactives,
plus ou moins « fossiles » des grands cônes tufeux ; il s’agit souvent de surfaces très régulières dégagées
par des extractions anciennes de travertin ou régularisées par des aménagements.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Ce groupement est proche du précédent mais s’en distingue nettement par l’absence ou la rareté des
espèces des tufs humides.
Répartition et typicité du groupement
L’association, toujours d’extension très restreinte (1 à 2 m2), s’observe en bordure des grands cônes tufeux
du site (cascade des Tufs, seuil du Castel Damandre et seuil du Dérochoir). Sa typicité est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Ce type de formation de paroi, dominée par les bryophytes, n’est pas citée dans la directive Habitats.
Son intérêt est surtout régional ; néanmoins, lorsqu’il est présent sur une formation tufeuse, il est cohérent
de l’interpréter comme une composante d’un ensemble d’intérêt communautaire.
Menaces et conseil de gestion
Cette communauté ne semble pas menacée en elle-même ; les menaces et les conseils émis à propos des
formations tufeuses sont applicables lorsque l’association est une composante d’un cône tufeux.
Bibliographie
Bailly, 2005.
Marstaller, 1985.
Vadam, 1983.
31
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Cuis007
Cuis023
Cuis091
Tableau n° 8 : Pedinophyllo interrupti - Gymnostometum calcarei Philippi 1979
surface (m2)
1,5
1
2
% recouvr. m1
70
98
75
% recouvr. h1
–
–
7
% recouvr. al
1
–
30
haut. moy. m1 0,002 0,002 0,002
m1
haut. moy. h1
–
–
0,15
nb taxons
6
9
14
4
1
1
.
.
.
.
.
4
+
1
+
2
2
1
+
4
2
.
1
.
.
.
.
.
.
.
.
1
1
2
+
1
.
.
.
Espèces des Ctenidietea mollusci
Gymnostomum calcareum
Jungermannia atrovirens
Fissidens gracilifolius
Fissidens dubius
Leiocolea collaris
Ctenidium molluscum
Eurhynchium hians
Plagiomnium rostratum
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Eucladium verticillatum
Pellia endiviifolia
Autres espèces
Brachythecium rutabulum
Thamnobryum alopecurum
Localisation des relevés :
Cuis091, Cuisance_2011_091_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Arbois, Le Dérochoir, 315 m ;
Cuis023, Cuisance_2011_023_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Cascade des Tufs, 350 m ;
Cuis007, Cuisance_2011_007_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 330 m.
Taxons présents une seule fois :
al, cf. Phormidium incrustatum, Cuis007 (3) ; h1, Brachypodium sylvaticum, Cuis007 (1) ; h1, Mycelis muralis, Cuis007 (1) ; h1,
Taraxacum officinale, Cuis007 (+) ; h1, Asplenium trichomanes subsp. pachyrachis, Cuis007 (1) ; h1, Gymnocarpium robertianum,
Cuis007) (+) ; h1, Arabis alpina, Cuis007 (1) ; h1, Geranium robertianum, Cuis007 (+).
32
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Les associations de trachéophytes
33
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association aquatique d’eaux vives à Renoncule flottante
Ranunculetum fluitantis Allorge 1922
(CC : 24.43 /Natura 2000 : 3260-4 / A / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 9)
Cette association se présente sous la forme d’un ample herbier aquatique caractérisé par les longues
traînes vertes immergées de la renoncule flottante, occupant toute l’épaisseur de la lame d’eau et
ponctuées d’un essaim de fleurs blanches s’épanouissant en surface. Il s’agit d’un groupement spécialisé
et paucispécifique ; dans la Cuisance, la renoncule est régulièrement accompagné d’une seule espèce
vasculaire, le callitriche à fruits plats (Callitriche platycarpa). La strate musicale, plus proche du fond, est
diversement développée, sa composition rappelant celle des herbiers à fontinale connexes.
Synécologie
L’association caractérise des eaux courantes modérément rapides, oxygénées, peu à modérément
profondes (de quelques décimètres à plus d’un mètre), peu minéralisées à carbonatées, mésotrophes à
méso-oligotrophes. C’est, par ailleurs, une formation plutôt héliophile qui cède la place aux herbiers à
fontinale dans les secteurs ombragés.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Les difficultés rencontrées pour le diagnostic correct de cet habitat découlent de la difficulté
d’identification de son espèce caractéristique. D’après Tison (com. pers.), la plupart des populations
identifiées à R. fluitans dans l’ensemble du bassin du Rhône correspondraient, en fait, au taxon d’origine
hybride R. penicillatus (R. fluitans x peltatus), taxon réputé plus tolérant à l’eutrophisation que R. fluitans. Les
communautés dominées par ce taxon relèveraient alors du Ranunculetum penicillati T.Müll. ex H.Passarge
1992. En l’état actuel, il semblerait que R. fluitans soit rare dans le massif jurassien (une seule station avérée,
dans la Loue, à Chenecey-Buillon). Il en découle la rareté du Ranunculetum fluitantis et un intérêt accru des
nouvelles observations réalisées sur la Cuisance.
Répartition et typicité du groupement
L’herbier à renoncule flottante s’observe à partir du tronçon où la rivière atteint un calibre suffisant, au
sortir des Planches-près-Arbois, 250 mètres à peu près après la confluence des deux Cuisance. Cet habitat
caractérise l’ensemble du tronçon D, où il se développe à la faveur des faciès suffisamment éclairés, aux
endroits où le boisement ripicole s’entrouvre au moins sur l’une des rives. Il semble ne pas apprécier les
fonds fortement cimentés car il disparaît ou se raréfie considérablement dès le tronçon H. Dans le tronçon
D, il alterne avec le groupement à Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica, plus sciaphile. Sa typicité dans
le site est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Il s’agit d’un habitat d’intérêt communautaire ; son intérêt, relativement à d’autres habitats relevant du
même code Natura, est rehaussé par son caractère mésotrophe à méso-oligrotrophe.
Menaces et conseil de gestion
Habitat sensible aux atteintes portant sur la morphologie du cours d’eau et la qualité chimique des eaux.
Sur le site, dans le tronçon concerné, il ne semble pas que des aménagements du profil soient à craindre. Le
maintien de la qualité des eaux passe par un contrôle des effluents, la partie concernée étant relativement
peu urbanisée. Il existe, par contre, des possibilités d’eutrophisation par les apports locaux de fertilisant
(lisiers) dans les espaces cultivés de la vallée. étant donné le caractère karstique de l’ensemble, la qualité du
cours d’eau est plus largement tributaire des pratiques culturales sur la partie amont du bassin versant.
34
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Bibliographie
Ferrez et al., 2011.
Vuillemenot & Hans, 2006.
surface (m2)
100 100
% recouvr. hylf
–
1
% recouvr. hyrs
15
15
% recouvr. m1
30
2
% recouvr. al
5
–
0,6
0,5
haut. moy. hyrs
haut. moy. m1
0,1 0,07
haut. moy. al 0,05
nb taxons
hylf
hyrs
m1
al
Espèces des Lemnetea minoris
Espèces des Potametea pectinati
Cuis062
Cuis057
Tableau n° 9 : Ranunculetum fluitantis
–
5
5
Lemna minor
.
r
Ranunculus fluitans
Callitriche platycarpa
2
r
2
+
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Pellia endiviifolia
Espèces des Platyhypnidio riparioidis - Fontinalietea antipyreticae
Fontinalis antipyretica
Amblystegium riparium
.
r
3
1
r
.
Vaucheria sp.
2
.
Localisation des relevés :
Cuis057, Cuisance_2011_057_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Les Planches-près-Arbois, 320 m ;
Cuis062, Cuisance_2011_062_GB : Gilles Bailly, 30/07/11, Mesnay, La Bise, 320 m.
35
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association aquatique d’eau calme peu profonde à Zannichellie des marais
Zannichellietum palustris Lang 1967
(CC : 22.422 / Natura 2000 : 3150-1 / A / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie
Cette association revêt la forme d’un court gazon aquatique formé par les feuilles filiformes de la
zannichellie ; c’est une communauté habituellement paucispécifique à monospécique dans laquelle l’espèce
caractéristique est accompagnée, localement, du callitriche à fruits plats.
Synécologie
Cette communauté se développe dans des eaux calmes, plutôt limpides, alcalines, sous une mince lame
d’eau (un à quelques décimètres) et sur des sédiments fins, minéraux ou organiques. Elle supporte une
émersion estivale et des amplitudes thermiques importantes et est tolérante relativement à l’eutrophisation
(Mériaux, 1977).
Difficultés d’identification et risques de confusion
Lorsque la plante est stérile, des erreurs d’identification peuvent amener à des confusions avec d’autres
associations dominées par des petites potamots à feuilles filiformes (Potametum pectinati Carstensen 1955,
Potametum berchtoldii (H.Passarge) Schaminée et al. 1995…)
Répartition et typicité du groupement
L’association n’a été observée qu’en un seul endroit du site, en bordure de la morte qui traverse les
terrains de la pisciculture des « Truites du Jura ». Sa typicité est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Il s’agit d’un habitat d’intérêt communautaire. Il est, par ailleurs, rare, avec une répartition très
disséminée, aux échelons régional et national.
Menaces et conseil de gestion
Communauté à caractère pionnier potentiellement menacée, sur le long terme, par l’atterrissement du
plan d’eau et l’extension des formations d’hélophytes ; elle pourrait être également mise en danger par une
eutrophisation excessive qui conduirait à une prolifération des algues filamenteuses dont les peuplements,
dominés par Rhizoclonium sp., sont déjà très abondants en période estivale dans la morte. Dans l’immédiat,
des interventions de curage sur la morte ne semblent pas devoir s’imposer ; l’équilibre trophique dépend,
en première approche, de la gestion des résidus de la pisciculture et, sur un plan plus général, de l’équilibre
trophique général du bassin.
Bibliographie
Ferrez et al., 2011.
Vuillemenot & Hans, 2006.
Mériaux, 1977.
36
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Relevé : Cuisance_2011_053_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Les Planches-près-Arbois, 320 m.
hel – surf. : 200 m2, rec. : 1%, h. moy. : 0,07 m
Espèces des Glycerio fluitantis - Nasturtietea officinalis : Veronica anagallis-aquatica r
hylf – surf. : 200 m2, rec. : 1%
Espèces des Lemnetea minoris : Lemna minor 1
hyrs – surf. : 200 m2, rec. : 35%, h. moy. : 0,1 m
Espèces des Potametea pectinati : Zannichellia palustris subsp. palustris 3, Callitriche platycarpa +
al – surf. : 200 m2, rec. : 10%, h. moy. : 0,1 m
Rhizoclonium sp. 2, Melosira sp. +, Microspora sp. +
37
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Le groupement à Callitriche à fruits plats
Callitricho - Ranunculetum trichophylli Soó 1949
(CC : 22.432 / A)
Composition floristique et physionomie
Cette communauté aquatique correspond au groupement à Callitriche platycarpa Kütz fo. typica décrit
par Mériaux (1984). De caractère fragmentaire dans le site, elle pourrait être rattachée alternativement, soit
au Callitrichetum obtusangulae P. Seibert 1962, plutôt lié aux eaux courantes, soit au Callitricho - Ranunculetum
trichophylli Soó 1949 des eaux lentes. Le contexte écologique (grand bassin d’eau peu profonde) incite à
retenir la seconde proposition.
Synécologie
Cette formation colonise les eaux calmes, modérément profondes, des anses et des bras morts des
rivières encore connectés au chenal ou dans lesquels persiste un renouvellement phréatique des eaux. Elle
peuple des eaux minéralisées à caractère méso-eutrophe à eutrophe et tolère un certain niveau de pollution
par les nitrates et les orthophosphates.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Les difficultés d’identification de l’habitat sont liées aux difficultés de détermination des callitriches en
général. Il existe d’autres communautés de callitriches associées à des eaux différentes par leur minéralisé
et leur charge trophique.
Répartition et typicité du groupement
Sur le site, la formation à callitriche à fruits plats n’a été observé qu’au niveau du grand bassin de la
grotte des planches, où elle se superpose à des communautés d’hélophytes (Veronico anagallidis-aquaticae Sietum erecti) et d’algues (Nitelletum opacae) décrits par ailleurs. En dépit de son caractère fragmentaire et en
l’absence d’atteintes détectées, la typicité du groupement a été jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Cette formation n’est assimilée à un habitat d’intérêt communautaire (code 3260-6) que lorsqu’elle
fait partie d’un ensemble de bras morts en système alluvial, ce qui ne correspond pas au contexte local ;
relativement répandue, son intérêt régional semble modeste, mais, d’après Mériaux & Verdevoye (1983), elle
contribuerait significativement à l’habitabilité des plan d’eau pour la microfaune aquatique.
Menaces et conseil de gestion
L’habitat est menacé, à long terme, par l’atterrissement du bassin qui tend à se combler et pour lequel
des interventions de curage très espacées et contrôlées pourraient être envisagées ; une hypertrophisation
des eaux qui conduiraient à une prolifération des peuplements d’algues filamenteuses déjà présentes
(principalement Rhizoclonium sp.) semble peu envisageable étant donné la situation du site en tête de
réseau.
Bibliographie
Ferrez et al., 2011.
Mériaux, 1984.
Mériaux & Verdevoye, 1983.
Vuillemenot & Hans, 2006.
38
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Relevé : Cuisance_2011_041_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, 325 m.
hel — surf. : 200 m2, rec. : 7%, h. moy. : 0,4 m
Espèces des Glycerio fluitantis - Nasturtietea officinalis : Berula erecta 1, Nasturtium officinale 1, Veronica
anagallis-aquatica 1
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae : Phalaris arundinacea +
hyrs — surf. : 200 m2, rec. : 60%, h. moy. : 0,3 m
Espèces des Potametea pectinati : Callitriche platycarpa 4
k — surf. : 200 m2, rec. : 2%, h. moy. : 0,1 m
Espèces des Charetea fragilis : Nitella opaca 1
al — surf. : 200 m2, rec. : 15%
Rhizoclonium sp. 2, Microspora sp. +, Oedogonium sp. +, Spirogyra sp.+
39
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’association de petits hélophytes de sources et de ruisselets à ache nodiflore
et cresson de fontaine
Apietum nodiflori Braun-Blanq. ex Boer 1942
(CC : 53.14 / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 10)
Ces communautés présentent l’aspect très caractéristique des « cressonnières », à savoir une formation
très dense composée de petits hélophytes à feuilles découpées et à axes turgides. Les espèces les plus
caractéristiques et structurantes sont Helosciadium nodiflorum, Berula erecta et Nasturtium officinale, le
cresson de fontaine. Elles sont fréquemment accompagnées de Veronica anagallis-aquatica, V. beccabunga,
Mentha aquatique, M. longifolia et Phalaris arundinacea. La discrimination entre les deux associations de
l’Apietum nodiflori et du Nasturtietum officinalis est peu évidente et ne fait pas l’unanimité, certains auteurs
considérant que les formations dominées par le cresson (première colonne du tableau 10) ne constitueraient
que de simples faciès de l’Apietum nodiflori. À propos des variations du groupement, on notera également,
à côté de formes typiques (colonne 2), des formations plus fermées accueillant des espèces de roselière et
de mégaphorbiaies (colonne 4).
Synécologie
Habitat peuplant les eaux claires peu profondes (5-10 cm), fortement minéralisées, à courant faible,
dans les cours d’eau de faible gabarit, sources, ruisselets, fossés, ruisseaux, bordures de rivières, sur des
substrats minéraux de granulométrie variable, graveleux à limoneux.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Au-delà du débat concernant l’autonomie du Nasturtietum officinalis, il s’agit d’habitats faciles à identifier
par leur physionomie caractéristique et leur composition. Dans les eaux plus stagnantes sur substrat vaseux,
les groupements à ache et cresson sont remplacés par un syntaxon affine, mais bien distinct, le Veronico
anagallidis-aquaticae - Sietum erecti.
Répartition et typicité du groupement
L’habitat est bien représenté sur le site et il est observable en plusieurs endroits :
– dans le tronçon C, sous une forme très typique, à proximité des bâtiments de la grotte, tout au long
d’un ruisselet parallèle à la Cuisance, se déversant dans le bassin et alimenté par une source froide
permanente ;
– dans le tronçon D, sous une forme également typique, en aval du moulin de la Bise, sur les bords de
la Cuisance, sur des sédiments sableux à l’entrée d’un méandre ;
– sur une bonne partie du ruisseau du Vernois, sous une forme à Veronica beccabunga et Glyceria plicata
(non relevée) ;
– à l’une des sources du ruisseau du Gravier, sous un faciès à Nasturtium officinale ;
– plus en aval du ruisseau du Gravier, sous la forme d’un long linéaire le long de la route, avec une
structure plus fermée dominée par Sparganium erectum subsp. neglectum, Phalaris arundinacea, Mentha
longifolia et Epilobium hirsutum, correspondant, selon Mériaux (1984), à des eaux plus lentes et plus
eutrophes.
La typicité est globalement bonne, alors qu’elle est moyenne pour les formations en voie de fermeture,
dominées par le rubanier et la menthe à longues feuilles.
40
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
Intérêt de la phytocénose
Ces habitats ne sont pas cités dans la directive Habitats, mais ils relèvent de la loi sur l’eau et présentent
un intérêt régional associé à leur écologie particulière et à leur caractère ponctuel et très disséminé. Ce sont
également des habitats importants pour l’hébergement de la microfaune.
Menaces et conseil de gestion
L’habitat semble plus sensible aux qualités morphologiques du cours d’eau qu’à ses caractéristiques
chimiques. Les menaces à long terme concernent l’atterrissement du biotope et son envahissement par
des formations de roselière ; les menaces à court terme proviennent des altérations physiques du chenal
à la suite de curages, recalibrages ou piétinement par les troupeaux dans les parcelles pâturées. Il est
recommandé, si l’on doit intervenir pour contrecarrer l’atterrissement et le colmatage des biotopes, de
procéder par petits tronçons de manière à faciliter une reconstitution de l’habitat.
Bibliographie
Catteau et al., 2009
Ferrez et al., 2011.
Mériaux, 1984.
Vuillemenot & Hans, 2006.
Cuis060
Cuis070
Cuis042
Cuis071
Tableau n° 10 : Apietum nodiflori
surface (m2)
30
30
30
30
% recouvr. hel
90
80
100 100
% recouvr. m1
–
50
–
–
% recouvr. al
1
–
–
–
haut. moy. hel 0,40 0,40 0,30 1,30
haut. moy. m1
–
0,03
–
–
–
–
–
9
4
10
9
4
+
3
3
5
+
2
.
3
.
2
.
1
.
.
.
.
.
.
+
.
3
.
.
haut. moy. al 0,02
nb taxons
hel
m1
Espèces de l'Apion nodiflori
Helosciadium nodiflorum
Berula erecta
Espèces des Glycerio fluitantis - Nasturtietea officinalis
Nasturtium officinale
Sparganium erectum subsp. neglectum
Veronica beccabunga
Veronica anagallis-aquatica subsp. aquatica
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae
Mentha longifolia
Phalaris arundinacea
Mentha aquatica
Solanum dulcamara
Autres espèces
Epilobium hirsutum
Myosotis scorpioides
Potentilla reptans
Polygonum persicaria
Rubus caesius
Caltha palustris
Scrophularia auriculata
Epilobium parviflorum
2
.
.
.
.
.
.
.
+
+
+
+
2
3
2
.
+
.
.
.
.
+
r
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
+
.
+
.
.
.
+
1
+
+
.
+
.
.
.
Fontinalis antipyretica
.
3
.
.
Batrachospermum sp.
+
.
.
.
al
41
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Localisation des relevés :
Cuis071, Cuisance_2011_071_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Mesnay, La Bise, 320 m ;
Cuis042, Cuisance_2011_042_GB : Gilles Bailly, 12/07/11, Les Planches-près-Arbois, 330 m ;
Cuis070, Cuisance_2011_070_GB : Gilles Bailly, 30/07/11, Mesnay, Le Vernois, 320 m ;
Cuis060, Cuisance_2011_060_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Mesnay, La Bise, 320 m.
42
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
L’association de petits hélophytes des berges vaseuses à Véronique mouron
d’eau
Veronico anagallidis-aquaticae - Sietum erecti (Philippi) H. Passarge 1982
(CC : 53.14 / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie
Communauté composée, comme la précédente, de petits hélophytes à axes turgides, d’allure toutefois
moins élevée et moins dense. Le noyau de l’association est formé par la co-occurrence de la véronique
mouron d’eau et de la berle dressée auxquelles de joignent des espèces de roselières parmi lesquelles Mentha
aquatica, Phalaris arundincea et Equisetum fluviatile, qui soulignent la tonalité palustre du groupement.
Synécologie
Habitat colonisant les eaux calmes peu profondes, sur substrat vaseux, capable de supporter des périodes
d’exondation estivales, peuplant les mares et les berges en pente douce des mortes.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Ce groupement présente des affinités avec l’Apietum nodiflori, mais il s’en distingue aisément par son
écologie et sa composition floristique.
Répartition et typicité du groupement
Cet habitat, associé à des eaux stagnantes est, en conséquence, très peu répandu sur le site ; il a été
principalement observé dans le bras mort de la Cuisance qui traverse le terrain de la pisciculture des
« Truites du Jura ». Le groupement est également présent, mais de manière plus diffuse, dans le bassin
situé en aval des grottes (cf. relevé illustrant le Callitricho - Ranunculetum trichophylli). Il apparaît localement
appauvri (absence de Rorippa amphibia et d’Oenanthe fistulosa) par rapport aux relevés de Vuillemenot &
Hans (2006), réalisés dans les basses vallées du Doubs et de la Loue, mais, aucune altération particulière
n’ayant été constatée, on peut considérer sa typicité comme bonne.
Intérêt de la phytocénose
Habitat non cité dans la directive Habitats relevant de la loi sur l’eau et présentant un intérêt régional par
sa relation à l’écosystème aquatique et son caractère ponctuel et disséminé. Participe, comme le précédent,
à l’habitabilité du milieu aquatique pour la microfaune.
Menaces et conseil de gestion
Cet habitat ne semble pas encourir de menaces particulières, à moyen terme, sur le site
Bibliographie
Ferrez et al., 2011.
Vuillemenot & Hans, 2006.
43
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Relevé : Cuisance_2011_050_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Les Planches-près-Arbois, 320 m.
hylf — surf. : 50 m2, rec. : 10%
Espèces des Lemnetea minoris : Lemna minor 2
hel — surf. : 50 m2, rec. : 30%, h. moy. : 0,3 m
Espèces des Glycerio fluitantis - Nasturtietea officinalis : Veronica anagallis-aquatica 3, Berula erecta r
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae : Equisetum fluviatile 2, Phalaris arundinacea 1
hyrs — surf. : 50 m2
Espèces des Potametea pectinati : Zannichellia palustris subsp. palustris r
al — surf. : 50 m2, rec. : 90%, h. moy. : 0,3 m
Rhizoclonium sp. 5
44
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
La cariçaie à laîche à angles aigüs
Caricetum acutiformis Eggler 1933
(CC : 53.2122 / H)
Composition floristique et physionomie
Il s’agit d’une grande cariçaie, haute d’à peu près 1,20 mètre, largement dominée par Carex acutiformis,
accompagné d’un lot d’espèce de roselières (Lythrum salicaria, Solanum dulcamara, Mentha aquatica…) et de
mégaphorbiaies (Filipendula ulmaria, Calystegia sepium…)
Synécologie
Cette association se développe sur les sols engorgés, dans des stations méso-eutrophes à eutrophes sur
une large gamme de substrats en divers contextes humides, en stations généralement bien éclairées : anses
et bras-morts de rivières, bordures de mares, d’étangs ou de lacs, dépressions humides au sein de prairies
alluviales, ourlets humides de bois marécageux…
Difficultés d’identification et risques de confusion
On note beaucoup de similitudes floristiques entre le Caricetum acutiformis et le Caricetum gracilis Almquist
1929, la discrimination entre les deux associations se faisant surtout d’après leur espèce dominante.
Répartition et typicité du groupement
Les cariçaies et les roselières sont rares sur le site ; la cariçaie à Carex acutiformis n’a été observée qu’un
en seul point, le long de la morte qui borde le terrain de la pisciculture des « Truites du Jura ». La formation
est peu étendue et très linéaire, sa typicité est jugée moyenne.
Intérêt de la phytocénose
Cette formation n’est pas retenue par la directive Habitats ; elle relève néanmoins de la loi sur l’eau.
Son intérêt est surtout fonctionnel, dans la mesure où elle participe à la diversité structurale des milieux
humides.
Menaces et conseil de gestion
L’habitat n’occupe qu’un linéaire très restreint et relictuel sur l’ensemble du site ; on peut recommander
la préservation d’une bande de cariçaie et de mégaphorbiaie plus large avec des interventions de fauche
moins régulières.
Bibliographie
Ferrez et al., 2011.
Vuillemenot & Hans, 2006.
45
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Relevé : Cuisance_2011_051_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Les Planches-près-Arbois, 320 m.
h1 — surf. : 40 m2, rec. : 80%, h. moy. : 1,2 m
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae : Carex acutiformis 5, Lythrum salicaria 2, Mentha
aquatica 2, Phalaris arundinacea 2, Solanum dulcamara +
Espèces des Filipendulo ulmariae - Convolvuletea sepium : Calystegia sepium +, Epilobium hirsutum +,
Filipendula ulmaria +
Espèces des Agrostietea stoloniferae : Epilobium parviflorum 1, Lysimachia nummularia 1, Rumex
conglomeratus 1, Potentilla reptans +, Ranunculus repens +
Autres espèces : Berula erecta 1, Caltha palustris +, Salix caprea +, Salix cinerea +, Equisetum arvense +
46
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
La mégaphorbiaie ripicole à Mentha longifolia et Eupatorium cannabinum
Groupement à Mentha longifolia et Eupatorium cannabinum
Galio aparines - Urticetea dioicae H. Passarge ex Kopecky 1969, Impatienti
noli-tangere - Stachyion sylvaticae Görs ex Mucina in Mucina, Grabherr et
Ellmauer 1993
(CC : 37 / Natura 2000 : 6430 / H)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 11)
Cette communauté revêt l’aspect d’une petite mégaphorbiaie, haute d’un mètre à un mètre cinquante,
largement dominée par la menthe à longues feuilles accompagnée de l’eupatoire chanvrine et de la ronce
bleue ; le noyau du groupement est composé d’un lot d’espèces des ourlets humides nitrophiles associé
à un lot d’espèces de mégaphorbiaie et d’espèces prairiales. L’ensemble présente le profil d’un ourlet et
se rapproche du Festuco giganteae - Brachypodietum sylvatici B.Foucault et Frileux 1983, avec, toutefois, un
caractère plus héliophile ; il montre également quelques affinités avec la mégaphorbiaie eutrophe de
l’Epilobio hirsuti - Filipenduletum ulmariae Niemann, Heinrich et Hilbig 1973.
Synécologie
Dans la partie amont de la petite Cuisance (tronçon B), la formation à Mentha longifolia colonise des
plages de dépôts alluvionnaires limono-sableux formant de petites avancées en bas de berge ou des îlots
en travers du chenal, en situation mi-ombragée par la présence d’un cordon boisé ripicole ou de bosquets
arborescents. Plus en aval (tronçon D), vers le Vernois, la formation forme une liséré plus ou moins continu,
en contexte prairial, le long des berges la Cuisance et du ruisseau du Vernois. À partir du tronçon D, sur
les dépôts alluviaux fréquemment inondés de la Cuisance, le groupement à Mentha longifolia est relayé par
le Petasito - Phalaridetum.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Cette combinaison est nouvelle pour la région ; un échantillonnage plus large, sur d’autres sites, serait
nécessaire pour juger de sa cohérence. Relativement au synopsis régional, elle se situe entre les ourlets
eutrophes des Galio - Urticetea et les mégaphorbiaies eutrophes des Filipendulo ulmariae - Convolvuletea
sepium, avec des affinités plus fortes pour la première classe.
Répartition et typicité du groupement
La mégaphorbiaie à Mentha longifolia apparaît dès l’amont de la petite Cuisance, vers les Champs du
Toux, et a été notée jusqu’au Vernois ; elle est potentiellement présente en aval. Sa typicité peut être estimée
bonne en amont et moyenne en aval où elle est réduite à un liséré ripicole.
Intérêt de la phytocénose
Quelle que soit sont interprétation, cette communauté répond au code CORINE 37 et au code Natura
6430 (mégaphorbiaies hydrophiles planitiaires et des étages montagnard à alpin). Ces habitats sont inclus
dans la directive lorsqu’ils constituent des cordons linéaires juxtaposé à des milieux forestiers ou à des
milieux aquatiques, les deux cas se présentant sur le site. Par ailleurs, la formation relève de la loi sur l’eau.
Elle joue un rôle fonctionnel comme filtre des charges trophiques et participe à la diversité structurale des
zones humides. Elle présente également un intérêt en faveur de l’entomofaune.
Menaces et conseil de gestion
L’habitat est surtout menacé, comme la plupart des mégaphorbiaies collinéennes, par la réduction de
sa surface à des linéaires relictuels ; le maintien d’un cordon ripicole plus large par des interventions de
fauche plus espacées est préconisé.
47
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Bibliographie
Ferrez et al., 2011.
Cuis003
surface (m2)
Cuis031
Tableau n° 11 : Groupement à Mentha longifolia et Eupatorium cannabinum
25
30
% recouvr. h1 100 100
% recouvr. m1
1
1
haut. moy. h1 1,5 0,7
nb taxons
h1
m1
Espèces des Galio aparines - Urticetea dioicae
Rubus caesius
Brachypodium sylvaticum
Festuca gigantea
Roegneria canina subsp. canina
Stachys sylvatica
Espèces des Arrhenatheretea elatioris
Dactylis glomerata
Poa trivialis
Arrhenatherum elatius subsp. elatius
Taraxacum officinale
Espèces des Filipendulo ulmariae - Convolvuletea sepium
Deschampsia cespitosa
Eupatorium cannabinum
Urtica dioica
Espèces des Agrostietea stoloniferae
Agrostis stolonifera
Epilobium parviflorum
Potentilla reptans
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae
Mentha longifolia
Solanum dulcamara
Autres espèces
Galium mollugo subsp. erectum
Helleborus foetidus
Origanum vulgare
Salix caprea
Juglans regia
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Brachythecium rivulare
Autres espèces
Calliergonella cuspidata
18
17
2
3
2
1
.
2
+
+
1
+
1
2
+
.
2
+
.
+
2
3
1
2
1
.
1
+
+
3
.
.
4
+
5
.
1
+
.
.
.
.
.
+
+
+
+
+
.
+
Localisation des relevés :
Cuis031, Cuisance_2011_031_GB : Gilles Bailly, 01/07/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 345 m ;
Cuis003, Cuisance_2011_003_GB : Gilles Bailly, 30/06/11, Les Planches-près-Arbois, Champs du Toux, 330 m.
48
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
La mégaphorbiaie alluviale à baldingère et grand pétasite
Petasito hybridi - Phalaridetum arundinaceae (Schwickerath) Kopecky 1961
(CC : 37.714 / Natura 2000 : 6430-3 / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie (tableau n° 12)
Ce groupement est facilement identifiable par sa physionomie, dominée par les hautes et larges feuilles
arrondies du grand pétasite, juxtaposées aux colonies graminéennes de la baldingère. Le noyau floristique
est formé d’un lot d’espèces caractérisant les mégaphorbiaies nitrophiles (Petasitus hybridus, Urtica dioica,
Eupatorium cannabinum) associé à un contingent d’espèces issues des ourlets nitrophiles (Rubus caesius,
Brachypodium sylvaticum) et des roselières (Phalaris arundinacea, Mentha longifolia). L’association étant rare sur
la Cuisance amont, le seul relevé représentatif du site est publié conjointement avec deux relevés réalisés
sur la Seille de manière à rendre compte de sa composition dans le contexte des reculées jurassiennes.
Synécologie
Le Petasito - Phalaridetum est une formation pionnière, plutôt héliophile, colonisant les îlots et les pieds
de berge reposant sur des sédiments récents, sablo-graveleux, régulièrement inondés et remaniés, déposés
par des ruisseaux ou des rivières à courant rapide.
Difficultés d’identification et risques de confusion
L’identification de cet habitat sur le site ne pose pas de problème particulier mais le groupement
n’acquiert sa cohérence qu’en aval, à partir du moulin de la Bise ; au niveau des Planches-près-Arbois, il est
préfiguré par des peuplements épars de grand pétasite qui ne forment pas de groupements bien constitués.
On peut estimer que le Phalarido - Petasitetum relaie la mégaphorbiaie à Mentha longifolia vers l’aval lorsque
la rivière atteint un certain débit, en occupant les dépôt alluvionnaires soumis à des flux plus violents.
Répartition et typicité du groupement
Le Petasito - Phalaridetum est répandu dans le massif jurassien, quoique de manière disséminée ; il a déjà
été observé tout au long du Doubs, de la Loue, du Dessoubre… La Cuisance restant une rivière de petit
calibre dans le site d’étude, l’association n’y est représentée que très ponctuellement, principalement sur
des plages alluvionnaires en aval de barrages de moulins. Sa typicité est jugée bonne.
Intérêt de la phytocénose
Il s’agit d’un habitat d’intérêt communautaire et relevant de la loi sur l’eau. Son intérêt floristique est
modeste, mais il joue un rôle important dans l’hydro-dynamique des cours d’eau en fixant les sédiments et
en initiant la construction d’îlots et de grèves.
Menaces et conseil de gestion
Intimement associé à la dynamique de la rivière, cet habitat peut régresser à la suite de calibrations et
d’enrochements. Les enrochements de berges peuvent favoriser la pénétration d’espèces invasives, comme
Reynoutria japonica, ainsi qu’on peut le constater en aval du site à l’entrée d’Artois.
Bibliographie
Bailly & Babski, 2008.
Ferrez et al., 2011.
Vuillemenot & Hans, 2006.
49
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Cuis107
Seille0084
Seille0088
Tableau n° 12 : Petasito hybridi - Phalaridetum arundinaceae
50
20
12
% recouvr. hel
90
100
60
haut. moy. hel
1,2
–
–
nb taxons
14
9
6
4
2
+
.
5
+
.
+
5
+
.
.
+
+
.
.
+
+
+
.
1
+
.
+
2
2
+
+
+
.
.
+
.
+
.
+
+
.
.
2
2
1
+
.
.
.
.
.
.
.
.
2
+
.
.
.
.
surface (m2)
hel
m1
Espèces des Filipendulo ulmariae - Convolvuletea sepium
Petasites hybridus
Urtica dioica
Deschampsia cespitosa
Eupatorium cannabinum
Espèces des Galio aparines - Urticetea dioicae
Rubus caesius
Brachypodium sylvaticum
Festuca gigantea
Glechoma hederacea
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae
Phalaris arundinacea
Mentha longifolia
Autres espèces
Galium aparine subsp. aparine
Agrostis stolonifera
Pimpinella major subsp. major
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae
Cratoneuron filicinum
Pellia endiviifolia
Brachythecium rivulare
Conocephalum conicum
Espèces des Platyhypnidio riparioidis - Fontinalietea antipyreticae
Fontinalis antipyretica
Cinclidotus aquaticus
Localisation des relevés :
Cuis107, Cuisance_2011_107_GB : Gilles Bailly, 29/07/11, Mesnay, La Bise , 320 m ;
Seille0084, Seille_2005_718 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Les Sauges, 307 m ;
Seille0088, Seille_2005_733 : Gilles Bailly, 10/2005, Blois-sur-Seille, Les Sauges, 307 m.
50
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
La mégaphorbiaie ripicole eutrophe à scirpe des bois
Filipendulo ulmariae - Cirsietum oleracei Chouard 1926 nom. inval.
(CC : 37.1 / Natura 2000 : 6430-1 / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie
Cette unité se présente sous la forme d’une mégaphorbiaie de hauteur moyenne (60 cm) dominée par
le scirpe des bois, accompagné de la reine des prés, du liseron des haies et de l’ortie dioïque. Elle accueille
également un lot d’espèces des cariçaies et des prairies humides.
Synécologie
La mégaphorbiaie à scirpe des bois a été relevée sur une des rives en pente douce de la morte qui borde
les terrains de la pisciculture des « Truites du Jura », en continuité avec la cariçaie à Carex acutiformis (cf.
supra), en surplomb de l’association à Zannichellia palustris.
Difficultés d’identification et risques de confusion
Les formations dominées par le scirpe des bois posent fréquemment des problèmes d’identification ;
c’est le cas pour cette combinaison, observée une seule fois sur le site, que l’on peut rapprocher, néanmoins,
d’une forme peu typique du Filipendulo - Cirsietum oleracei, mégaphorbiaie neutrophile méso-eutrophe, déjà
observée en moyenne vallée de la Saône, en vallée de l’Ognon, en basse vallée de la Loue et sur certains
de ses affluents. La présence conjointe dans le combinaison de Scirpus sylvaticus et de Juncus acutiflorus,
espèces de milieu plutôt méso-oligotrophe, suggère une altération par eutrophisation d’un groupement
initial plus intéressant.
Répartition et typicité du groupement
Groupement disséminé en Franche-Comté, souvent linéaire, rare sur le site étudié, observé une seule fois
et réduit, dans le site, à un linéaire relictuel. Sa typicité est jugé mauvaise, la formation étant partiellement
dégradée par des remaniement de la berge et très vraisemblablement eutrophisée.
Intérêt de la phytocénose
Cette mégaphorbiaie étant en situation de lisière ripicole, elle correspond à un habitat de l’annexe I de la
Directive et relève, par ailleurs, de la loi sur l’eau. Elle présente également un intérêt pour l’entomofaune.
Menaces et conseil de gestion
Il est souhaitable de préserver, sur la bordure ouverte de la morte, une ceinture plus cohérente de
cariçaie et de mégaphorbiaie en espaçant les interventions de fauche sur une largeur d’un à deux mètres.
Bibliographie
Collaud & Vuillemenot, 2010.
Ferrez et al., 2011.
Vuillemenot & Hans, 2006.
51
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Relevé : Cuisance_2011_052_GB : Gilles Bailly, 20/07/11, Les Planches-près-Arbois, 320 m.
h1 — surf. : 20 m2, rec. : 100%, h. moy. : 0,6 m
Espèces des Filipendulo ulmariae - Convolvuletea sepium : Scirpus sylvaticus 4, Calystegia sepium 2,
Filipendula ulmaria 2, Urtica dioica 2
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae : Lythrum salicaria 2, Mentha aquatica 2, Phalaris
arundinacea 1, Solanum dulcamara 1
Espèces des Agrostietea stoloniferae : Agrostis stolonifera 1, Epilobium parviflorum 1, Potentilla reptans 1,
Juncus inflexus +
Autres espèces : Festuca pratensis +, Holcus lanatus +, Taraxacum officinale +, Equisetum arvense +, Rumex
sanguineus +, Juncus acutiflorus +, Reynoutria japonica +
52
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
La mégaphorbiaie marnicole à Épilobe hérissée et Grande prêle
Epilobio hirsuti - Equisetetum telmateiae B. Foucault ex Royer et al. 2006
(CC : 37.1 / Natura 2000 : 6430-1 / H / ZNIEFF)
Composition floristique et physionomie
Cette mégaphorbiaie se présente sous l’aspect d’une formation dense de près d’un mètre de haut dont
l’aspect caractéristique provient de la dominance de la prêle géante ; celle-ci est accompagnée d’un noyau
d’espèces des mégaphorbiaies eutrophes (Epilobium hirsutum, Calystegium septum), d’un lot d’espèces de
roselières (Mentha longifolia, Phalaris arundinacea), d’ourlets nitrophiles (Rubus caesius, Glechoma hederacea) et
de prairies.
Synécologie
D’après Royer et al. (2006), il s’agit d’une formation liée à des substrats alcalins, à texture très fine,
surtout de type marneux, frais à humides ou même suintants. Dans le site étudié, cette association se
développe sur l’une des rives du ruisseau du Mont, dans sa partie médiane, le long d’un chenal incrusté
de dépôts tufeux, sur un substrat d’origine colluvial reposant sur des formations imperméables du Trias,
probablement marneuses.
Difficultés d’identification et risques de confusion
L’identification de cette mégaphorbiaie bien caractérisée sur les plans floristiques et écologiques ne pose
pas de problème.
Répartition et typicité du groupement
Dans le massif jurassien, cette association n’a été décrite, jusqu’à présent que dans la vallée du Dessoubre
et les gorges du Doubs ; elle est probablement plus répandue mais de manière toujours très ponctuelle. Elle
paraît souvent associée à des milieux humides (bas-marais, tufs) d’interêt patrimonial. Elle est rare dans
le site, limitée en un secteur du ruisseau du Mont. La composition floristique, avec l’abondance du liseron
des haies, de la ronce bleu et de l’ortie dioïque, dénote une eutrophisation assez sensible et sa typicité est
estimée moyenne.
Intérêt de la phytocénose
Cette mégaphorbiaie étant en situation de lisière ripicole, elle correspond à un habitat de l’annexe I de la
Directive et relève, par ailleurs de la loi sur l’eau. Elle présente également un intérêt pour l’entomofaune.
Menaces et conseil de gestion
Il serait souhaitable de maintenir ou de renforcer la cohérence de cette formation par des fauches
limitées et espacées dans le temps ; il serait également nécessaire de limiter les apports de fumure en
proximité du cours d’eau.
Bibliographie
Bailly & Babski, 2008.
Collaud, 2011.
Ferrez et al., 2011.
Royer et al., 2006.
53
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
Relevé : Cuisance_2011_081_GB : Gilles Bailly, 28/07/11, Mesnay, Grand Mont, 345 m.
h1 — surf. : 20 m2, rec. : 100%, h. moy. : 0,75 m
Espèces des Filipendulo ulmariae - Convolvuletea sepium : Equisetum telmateia 4, Calystegia sepium 2,
Epilobium hirsutum 2, Urtica dioica 1, Deschampsia cespitosa +, Eupatorium cannabinum +, Scirpus
sylvaticus r
Espèces des Arrhenatheretea elatioris : Arrhenatherum elatius subsp. elatius 1, Holcus lanatus 1, Dactylis
glomerata +, Taraxacum officinale r
Espèces des Agrostietea stoloniferae : Lysimachia nummularia 1, Carex hirta +, Potentilla reptans +
Espèces des Galio aparines - Urticetea dioicae : Rubus caesius 2, Glechoma hederacea +
Espèces des Phragmito australis - Magnocaricetea elatae : Mentha longifolia 3, Phalaris arundinacea 2
Autres espèces : Viburnum opulus 2, Euonymus europaeus +, Lathyrus pratensis subsp. pratensis +, Torilis
japonica +, Geranium robertianum r
m1 — surf. : 20 m2, rec. : 1%, h. moy. : 0,02 m
Espèces des Montio fontanae - Cardaminetea amarae : Brachythecium rivulare +, Palustriella commutata +,
Pellia endiviifolia +
54
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
O
rganisation longitudinale
de la haute Cuisance
I
H4
H
H3
H2
F1
ea
G2
E4
E2
E3
ru
iss
d
eau
E1
ont
dM
ran
uG
E5
s
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G1
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ea
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rav
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F2
G
E
Ve
rn
oi
s
F
du
H1
u
seuil du
Dérochoir
D
grande Cuisance
C3
tronçons avec formations tufeuses
et fonds cimentés
localisation des points d'observations
et des relevés phytosociologiques
B1
t
ite
Cu
ce
an
is
A4
C1
B
seuil du
B2
Castel Damandre
pe
C
C2
B3
cascade
des tufs
A3
A
A2
A1
Figure 2 : carte schématique des tronçons de la haute Cuisance définis d’après les associations végétales aquatiques
du chenal
55
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
L’organisation du réseau de la haute Cuisance
révèle des structures bien définies, illustrées par la
figure 2. Huit tronçons peuvent être distingués :
– tronçon A : de la source de la petite Cuisance
aux Champs du Toux : cette unité est globalement
caractérisée par le développement, dans le
chenal, de l’association bryologique rhéophile du
Cinclidotetum aquatici. Les fonds sont rapidement
cimentés et le tronçon est caractérisé par un riche
ensemble de formations tufeuses, comptant de
nombreux nassis et le cône de la cascade des tufs.
Le parcours de la Cuisance reste forestier jusqu’à
la cascade puis se déroule à l’interface forêtprairie, avec toutefois un ombrage important
assuré par un cordon boisé à peu près continu.
Le chenal, peu profond, rapide et ombragé
accueille essentiellement des formations de
bryophytes et de cyanobactéries. Ce tronçon
peut être subdivisé en 4 sous-tronçons :
• A1 : secteur forestier très confiné, à forte
pente, développé sur un chaos de gros blocs,
puis sur des fonds pierreux non cimentés.
Les premières communautés hygrophiles
apparaissent en amont de la retenue de la
conduite forcée, au niveau d’une exurgence
inactive au moment de la prospection. Son
fonctionnement périodique est révélé par
la présence du Cinclidotetum fontinaloidis
sous une variante à Eurhynchium pumilum
qui dénote le caractère très confiné du
site. En contrebas, sous la retenue de la
conduite, la tête du ruisseau accueille
les premières formations aquatiques du
Cinclidotetum aquatici, sous une forme
sciaphile à Rhynchostegium riparioides. Les
marges de l’écoulement sont colonisées
par le groupement amphibie à Cratoneuron
filicinum et Pellia endiviifolia ;
• A2 : parcours forestier à faible pente, à
caractère très encroûtant et fonds cimentés,
composé d’une série de larges gours
séparées par de longs nassis espacés de 5 à
20 mètres. Il présente très peu de formations
bryophytiques, celles-ci réduites à des
peuplements épars de Cratoneuron filicinum et
Pellia endiviifolia ; pour l’essentiel, il est occupé
par des peuplements de cyanobactéries à cf.
Phormidium incrustatum. Des peuplements
de Vaucheria sp. et de diatomées occupent
les rebords des nassis. Des floculations
cyanobactériennes à Lyngbya cf. major se
rencontrent dans les plus grandes vasques.
56
• A3 : séries de barrages tufeux, dans la zone
d’accélération du cours d’eau, en amont
de la cascade des tufs, peuplés par des
formations bryophytiques du Brachythecio Hygrohypnetum luridi et par le groupement
à Gymnostomum calcareum et Didymodon
spadiceus, puis cône tufeux de la cascade,
peuplé par un riche ensemble d’associations
algales et bryologiques : formation à cf.
Phormidium incrustatum sur l’ensemble de
la structure, peuplements de Vaucheria sp.
dans les zones ruisselantes, Cratoneuretum
commutati dans les zones incrustantes les plus
actives, Eucladietum verticillati sur le plafond
des cavités, Brachythecio - Hygrohypnetum
luridi sur les parties sub-horizontales,
groupement à Cratoneuron filicinum et Pellia
endiviifolia au ras de l’eau, associations
saxicoles
à
Gymnostomum
calcareum
et Didymodon spadiceus et Pedinophyllo
interrupti  - Gymnostometum calcarei sur les
flancs abrités du cone (voir figure 4) ;
• A4 : en aval de la cascade des tufs, fond
fortement cimenté à structure irrégulière,
formée de nappes bosselées anastomosées.
Bonne représentation du Cinclidotetum
aquatici dans les faciès lotiques du chenal,
interrompue, vers l’aval, par des faciès
lentiques composés de gours peu profonds,
peu végétalisés, accueillant des floculations
de cyanobactéries (Lyngbya cf. major).
Brachythecio - Hygrohypnetum luridi sur le
dessus des nassis, Cinclidotetum fontinaloidis
sur les berges, groupement à Cratoneuron
filicinum et Pellia endiviifolia au contact de
l’eau.
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
formations à cyanobactéries et diatomées
(cf. Chantransieto - Phormidietum)
Brachythecio - Hygrohypnetum luridi
gpt à Gymnostomum calcareum
et Didymodon spadiceus
Cinclodotetum aquatici (amont)
ou gpt à Pellia endiviifolia et Fontinalis (aval)
nassi
formations à cyanobactéries et diatomées
(cf. Chantransieto - Phormidietum)
Petite Cuisance, coupe longitudinale du chenal
Cinclodotetum fontinaloidis
gpt à Cratoneuron filicinum
et Pellia endiviifolia
Cinclodotetum aquatici (amont)
ou gpt à Pellia endiviifolia et Fontinalis (aval)
chenal cimenté en bourrelets
formations à cyanobactéries et diatomées
(cf. Chantransieto - Phormidietum)
Petite Cuisance, coupe transversale du chenal
Figure 3 : situation des principaux syntaxons dans la petite Cuisance ; le schéma est le même pour la grande
Cuisance à l’exception des fonds cimentés et des formations tufeuses qui sont absents.
– tronçon B, des Champs du Toux jusqu’à la
confluence avec la grande Cuisance : cette unité se
distingue par le remplacement du Cinclidotetum
aquatici par une association à Pellia endiviifolia
et Fontinalis antipyretica, caractérisant des eaux
carbonatées peu profondes, mais moins rapides
et moins bien oxygénées. La petite Cuisance
coule dans un contexte de milieux ouverts,
abritée toutefois par un cordon arborescent assez
continu sur des fonds plus ou moins colmatés ;
trois subdivisions :
• B1 : jusqu’au cône tufeux du Castel
Damandre : structure du chenal semblable
à celle du tronçon précédent, avec un fond
fortement cimenté-bosselé et des successions
de nassis et de gours à cyanobactéries ; faciès
lotiques et radiers peuplés par l’association à
Pellia et Fontinalis, groupement à Cratoneuron
filicinum et Pellia endiviifolia sur les berges ;
cône tufeux du Castel Damandre avec
Cratoneuretum commutati, Brachythecio Hygrohypnetum luridi, Pedinophyllo interrupti –
Gymnostometum calcarei sur les parois abritées
de tuf fossile ;
• B2 : du Castel Damandre jusqu’à la
traversée du village des Planches-prèsArbois : fonds moins encroûtés, laissant
apparaître les pierres, mais plus ou moins
cimentés et nassis plus épars. Groupement
à Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica
répandu, mais avec des altération locales :
prolifération algales temporaires au niveau
du Castel Damandre et appauvrissement du
groupement à l’entrée du village ;
• B3 : grand ensemble encroûté formant une
marche d’à peu près deux mètres de hauteur
juste en amont de la confluence avec la
grande Cuisance.
57
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
– tronçon C : de la grande source de la Cuisance
jusqu’à l’aval des Planches-près-Arbois. Ce
tronçon est l’homologue du tronçon A pour
la grande Cuisance, mais il s’en distingue
par l’absence de formations tufeuses et de
cimentation du chenal. Il est, comme le tronçon
A, caractérisé par l’association rhéophile du
Cinclidotetum aquatici. On peut y reconnaître
trois sous-unités :
• C1 : exurgence de la grande source, à sec
le jour de la prospection, débouchant sur
un fond de dalles calcaires précédant un
grand chaos de blocs ; secteur forestier très
encaissé, surplombé par les falaises de la
reculée, à caractère très confiné, caractérisé
par une sous-unité à Eurhynchium pumilum
du Cinclidotetum aquatici ;
• C2 : du chaos de blocs jusqu’au parking de la
grotte : passage à un chenal pierreux à pente
modérée ; situation confinée caractérisée
par la sous-unité typique, à Rhynchostegium
riparioides, du Cinclidotetum aquatici ;
association du Cinclidotetum fontinaloidis sur
les blocs émergents ;
• C3, du parking de la grotte jusqu’en aval de
la confluence avec la petite Cuisance : passage
de la rivière en milieu ouvert avec, toutefois,
maintien d’un cordon boisé plus ou moins
continu ; chenal caractérisé par la sous-unité
à Fontinalis antipyretica du Cinclidotetum
aquatici à caractère plus héliophile. Petite
source permanente donnant naissance
à un ruisselet coulant parallèlement à la
Cuisance, hébergeant une communauté
de l’Apietum nodiflori et se déversant dans
un large bassin principalement colonisé
par une formation à Callitriche platycarpa
(Callitricho - Ranunculetum trichophylli) et
un peuplement de Nitella opaca (Nitelletum
opaque). Le tronçon inclut également la morte
de la seconde pisciculture caractérisée par
des formations d’eau calme à caractère plus
ou moins eutrophe : formation d’algues
filamenteuses à Rhizoclonium sp., formation
d’eau peu profonde à Zannichellia palustris
(Zannichellietum
palustris),
groupement
de petits hélophytes du Veronico - Sietum.
Proliférations de Vaucheria sp. durant l’assec
de la première quinzaine de juillet dans
le chenal de la Cuisance entre les deux
piscicultures.
– tronçon D : de l’aval des Planches-près-Arbois
jusqu’à la confluence avec le ruisseau du Gravier.
À partir de la confluence, la Cuisance acquiert
un volume et une régularité favorables à l’accueil
58
d’herbiers de trachéophytes. La rivière coule en
milieux ouverts mais reste abritée par un cordon
arborescent plus ou moins continu. Le tronçon
est caractérisé par l’alternance de l’association
du Ranunculetum fluitantis, dans les passages
éclairés, dans des eaux lentes ou modérément
rapides, et du groupement à Pellia endiviifolia et
Fontinalis antipyretica, dans les faciès lotiques
ombragés Les faciès lentiques ombragés sont,
quant à eux, peu végétalisés. Présence éparse
du groupement de bas de berge à Cratoneuron
filicinum et Pellia endiviifolia, de l’Apietum nodiflori
et du Petasito - Phalaridetum. L’influence des eaux
de la grande Cuisance semble prédominer dans
la mesure, où ce tronçon n’accueille aucune
formation tufeuse et que le chenal n’est pas
cimenté.
– Tronçon E : le ruisseau du Grand Mont. Ce
tronçon est caractérisé par la prédominance des
formations tufeuses dans sa moitié amont et une
faible végétalisation du chenal dans sa moitié
aval. On peut y reconnaître cinq sous-unités :
• E1 : exurgence temporaire en milieu boisé,
caractérisée par le Cinclidotetum fontinaloidis.
Un peu en aval, la partie permanente du
ruisseau héberge le Cinclidotetum aquatici
dans sa sous-unité hygrosciaphile à
Rhynchostegium riparioides. Le chenal est
caillouteux et non cimenté ;
• E2 : le ruisseau passe rapidement à un
parcours très incrusté, initié par une zone
de pente modérée composé de larges
marches de tuf friables, hébergeant, dans
le chenal, le groupement à Cratoneuron
filicinum et Pellia endiviifolia. Une rupture
de pente (10°) permet la formation d’une
série de grosses marches, dominées par
les formations cyanobactériennes à cf.
Phormidium incrustatum, accompagnées des
formations du Cratoneuretum commutati. La
pente s’accentue encore en aval (16°) et le
chenal se resserre en une série de petites
marches tufeuses principalement colonisées
par les cyanobactéries ;
• E3 : secteur en faible pente ; fond pierreux
colmaté avec croûtes de cyanobactéries
et peuplements épars de Pellia endiviifolia.
Développement
d’une
mégaphorbiaie
linéaire de l’Epilobio - Equisetetum à l’interface
rivière-prairie ;
• E4 : secteur en pente modéré (5°) marqué
par la réapparition de larges marches de tuf
dominées par les cyanobactéries ;
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
• E5 : dans la moitié aval, secteur peu pentu,
avec un chenal peu profond, aux eaux lentes,
non ou modérément cimenté, faiblement
végétalisé par des pellicules grisâtres de
cyanobactéries et des peuplements épars de
Pellia endiviifolia. Linéaire de mégaphorbiaie
ripicole à Mentha longifolia au débouché
du bois dans la traversée des pâtures du
Vernois.
– Tronçon F, le ruisseau du Vernois : source et
parcours forestier caractérisé par les associations
rhéophiles du Cinclidotetum fontinaloidis et
du Cinclidotetum aquatici ; dans les pâtures
du Vernois, chenal colonisé par l’association
de l’Apietum nodiflori, bordée d’un linéaire de
mégaphorbiaie à Mentha longifolia.
– Tronçon G, le ruisseau du Gravier : Apietum
nodifolori bien développé dans le parcours
éclairé du ruisseau, avec un faciès à Nasturtium
officinale au niveau d’une des sources, passant,
en aval, à un faciès plus fermé dominé par
Sparganium erectum subsp. neglectum. Plus en aval,
appauvrissement de la végétation aquatique par
le passage sous un linéaire arborescent dense ;
quelques peuplements de Pellia enviifolia sur des
encroûtements tufeux.
– Tronçon H, la Cuisance, de la confluence du
ruisseau du Gravier à l’entrée de Mesnay : à
partir de la confluence de ruisseau du Gravier, le
fond redevient très cimenté sous la forme de gros
bourrelets tufeux, revêtus de pellicules noires
et rousses de cyanobactéries et de diatomées.
Cette cimentation du fond semble défavorable
au Ranunculetum fluitantis qui disparaît ; le
groupement à Pellia endiviifolia et Fontinalis
antipyretica caractérise les faciès rapides du
chenal. Quatre sous-unités :
• H1, en amont du seuil du Dérochoir : fond
cimenté à formation de cyanobactéries
(cf. Phormidium incrustatum) associées à
Chantransia sp. et à des diatomées (Melosira
sp.) ;
• H2, seuil du Dérochoir : cône tufeux en
rive droite, principalement peuplé de
cyanobactéries ; groupement à Cratoneuron
filicinum et Pellia endiviifolia au ras de l’eau,
Brachythecio - Hygrohypnetum sur les blocs
émergés, Pedinophyllo - Gymnostometum sur
les parois de tuf fossile ;
• H3, du seuil du Dérochoir jusqu’à l’aval de
l’ancienne cartonnerie de Mesnay : chenal
cimenté ; radier et faciès lotiques occupés par
le groupement aquatique à Pellia endiviifolia
et Fontinalis antipyretica ;
• H4, de l’ancienne cartonnerie au pont de
Mesnay : secteur dominé par un faciès
lentique profond peu végétalisé, à fond
cimenté par de gros bourrelets tufeux à
cyanobactéries et diatomées. Vers l’aval,
retour à un faciès lotique caractérisé par
le groupement à Pellia et Fontinalis sur des
fonds toujours très cimentés.
– Tronçon I : secteur de morphologie semblable
au précédent, avec la dominance de faciès
lentiques très cimentés sous forme de gros
bourrelets revêtus de croûtes cyanobactériennes.
Chenal peu végétalisé ; présence sporadique
du groupement à Pellia enviifolia et Fontinalis
antipyretica ou de simples peuplement de Pellia à
la faveur de quelques radiers. En amont du pont
de Mesnay, altération locale du groupement
à Pellia et Fontinalis qui cède la place à une
communauté plus ubiquiste à Amblystegium
riparium et Fontinalis antipyretica.
T
axons remarquables
Le patrimoine végétal du site est bien connu et
s’avère remarquable avec une douzaine d’espèces
protégées au niveau régional, la plus emblématique
étant le saxifrage du Groenland (Saxifraga rosacea
Moench subsp. sponhemica (C.C.Gmel.) D.A.Webb),
plante caractéristique des reculées jurassiennes.
La prospection du réseau hydrographique n’ajoute
que peu d’espèces patrimoniales à cette liste. On
insistera néanmoins sur l’identification dans le site
de la renoncule flottante (Ranunculus fluitans Lam.) :
le statut régional de ce taxon reste à définir, car il
a été très généralement confondu avec Ranunculus
penicillatus (Dumort.) Bab., répandu dans les cours
d’eau eutrophes. En l’état actuel des connaissances,
deux stations seulement de R. fluitans ont été
identifiées en Franche-Comté, la première dans
la Loue, à Chenecey-Buillon, la seconde dans la
Cuisance, à l’occasion de la présente étude. Des
recherches de ce taxon, réputé plus oligo-mésotrophe
que R. penicillatus, seraient nécessaires pour statuer
sur sa rareté et sa valeur patrimoniale.
L’expertise
des
associations
muscinales
aquatiques a permis d’observer Eurhynchium
pumilum (Wilson) Schimp., très petite espèce
pleurocarpe, associée au biotopes forestiers très
ombragés, et qui contribue, dans le site, à la
59
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
caractérisation de l’ambiance très confinée des
sources des deux Cuisance. Ce taxon, assez rare
en Franche-Comté, est cité dans la Liste Rouge des
bryophytes de Franche-Comté (Bailly et al., 2009)
dans la catégorie quasi menacée (NT).
C
onclusions
2
1
7
3
6
4
5
gour
G. Bailly
nassi
1
Photo n° 4 :
cascade des tufs, situation des communautés végétales peuplant le cône tufeux :
– 1 : formation à cyanobactéries (cf. Chantransieto - Phormidietum), plages noires ;
– 2 : Cratoneuretum commutati, zones suintantes de tuf actif ;
– 3 : Eucladium verticillati, plafonds des cavités, joints suintants ;
– 4 : Brachythecio rivulare - Hygrohypnetum luridi, blocs émergents et surfaces sub-horizontales ;
– 5 : gpt à Cratoneuron filicinum et Pellia endiviifolia, bases des parois au ras de l’eau ;
– 6 : gpt à Gymnostomum calcareum et Didymodon spadiceus, parois humides abritées :
– 7 : Pedinophyllo interrupti - Gymnostometum calcarei, parois de tuf fossile.
L’expertise des habitats aquatiques et des
formations tufeuses de la haute Cuisance a permis
de recenser plus d’une vingtaine de syntaxons, dont
dix associations dominées par des trachéophytes,
dix associations de bryophytes, une formation de
charophytes et une formation micro-algale assimilée
au Chantransieto - Phormidietum incrustantis Symoens
1957.
Les habitats des formations tufeuses on été
précisés. Trois associations directement liées
au tuf actif sont identifiées : le Cratoneuretum
commutati (Gams 1927) Walther 1942, l’Eucladietum
60
verticillati Allorge 1922 et le Brachythecio rivularis Hygrohypnetum luridi Philippi 1965. L’association
la plus typique des tufs actifs est le Cratoneuretum
commutait. Elle n’occupe jamais des surfaces très
étendues et est disséminée en petites plages sur
les grands cônes tufeux, les dépôts en marches
d’escalier du ruisseau du Grand Mont et, plus
ponctuellement, sur les grands nassis de la petite
Cuisance. L’Eucladium verticillati n’a été observé
que dans une cavité de la cascade des tufs. Le
Brachythecio – Hygrohypnetum est assez répandu sur
les surfaces subhorizontales des cônes tufeux, des
nassis et sur les blocs émergents du chenal. Deux
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
groupement saxicoles (groupement à Gymnostomum
calcareum et Didymodon spadiceus et le Pedinophyllo
interrupti - Gymnostometum calcarei Philippi 1979)
apparaissent moins strictement associés aux tufs
actifs mais contribuent à la diversité des cônes et
des grands nassis en colonisant les parois humides.
Le groupement amphibie à Cratoneuron filicinum et
Pellia endiviifolia s’implante dans les partie basses
des cônes, au contact de l’eau, et en bordure des
nassis. Un grand cône comme la cascade des tufs
est ainsi composé d’une mosaïque d’une demidouzaine d’habitats bryologiques élémentaires et
il importe, pour la gestion, de considérer l’entité
globale (cf. photo n° 4). Toutes les formations
tufeuses sont colonisées, parfois exclusivement,
par des peuplements de cyanobactéries associées
à d’autres micro-algues (Chantransia sp., diatomées)
qu’on assimile au Chantransieto - Phormidietum
incrustantis Symoens 1957. L’ensemble des édifices
tufeux présentant des zones de dépôts actifs
relèvent de la directive Habitats et sont des habitats
prioritaires. Ces formations sont présentes sur
la petite Cuisance, le ruisseau du Grand Mont, le
ruisseau du Gravier et sur la Cuisance aval, à partir
de l’embouchure du ruisseau du Gravier ; la grande
Cuisance et le cours moyen de la Cuisance, jusqu’au
ruisseau du Gravier ne produisent pas de dépôts
tufeux. Les syntaxons observés sont semblables
à ceux relevés antérieurement dans la vallée de la
Seille.
Trois
associations
aquatiques
peuplent
principalement le fond du chenal du réseau
étudié : le Cinclidotetum aquatici Philippi 1956,
un groupement à Pellia endiviifolia et Fontinalis
antipyretica et le Ranunculetum fluitantis Allorge
1922. Le Cinclidotetum aquatici caractéristique les
têtes de bassin à eaux carbonatées rapides et
oxygénées : petite Cuisance, grande Cuisance, partie
apicale du ruisseau du Grand Mont et du ruisseau
du Vernois. Il subit des altérations temporaires
(prolifération de Vaucheria sp.) en période d’assec
au niveau des deux piscicultures. Le groupement à
Pellia endiviifolia et Fontinalis antipyretica remplace le
Cinclidotetum aquatici dans la partie moyenne de la
petite Cuisance et en aval des Planches-près-Arbois,
après la confluence des deux Cuisance. Il s’observe
jusqu’à la sortie du site. Il subit des dégradations
locales dans la partie amont du réseau (en aval du
seuil du Castel Damandre, au passage du village
des Planches). Il devient plus sporadique et son
altération plus marquée dans le dernier tronçon, en
amont du pont de Mesnay. Le Ranunculetum fluitantis
apparaît en aval des Planches et a été régulièrement
observé jusqu’à la confluence du ruisseau du
Gravier. En aval, les fonds très cimentés paraissent
défavorables à son implantation. Plutôt photophile,
cette association cède la place, dans les passages
ombragés, au groupement bryophytique à pellie
et fontinale. Ces trois groupements relèvent de la
directive Habitats et sont d’intérêt communautaire.
Les deux groupements bryophytiques paraissent
indifférents au colmatage des fonds puisqu’ils se
retrouvent aussi bien dans les tronçons à chenal
cimenté ou à chenal libre contrairement au
Ranunculetum.
Deux groupements s’observent de manière plus
éparse en bordure des cours d’eau : le Cinclidotetum
fontinaloidis Gams 1927 ex von Hübschmann 1953
et le groupement à Pellia endiviifolia et Cratoneuron
filicinum Bailly 2005 nom. inval.
Contrairement aux communautés du tuf,
les associations peuplant le chenal diffèrent
sensiblement entre la Cuisance et la Seille. La
principale association aquatique décrite dans la
haute Seille est le Leptodictyo riparii - Fissidentetum
crassipedis Philippi 1956, à caractère moins rhéophile
et plus eutrophe que le Cinclidotetum aquatici.
Relativement à la haute Seille, la haute vallée de la
Cuisance apparaît caractérisée par des faciès plus
dynamiques et plus diversifiés.
Le statut des fonds cimentés colonisés
uniquement par des formations de cyanobactéries
et de diatomées est plus ambigu : ces incrustations
supportent les mêmes communautés microalgales que les tufs. Néanmoins, le Chantransieto Phormidietum figure dans la fiche des Cahiers
d’habitats consacré à l’habitat 3260, ce qui inciterait à
le classer parmi les habitats d’intérêt communautaire.
Cependant, il s’éloigne, par sa structure et sa
composition, de la définition de la typologie Eur 27.
En cas de contestation du classement de l’habitat,
sa citation dans le fiche du Cahier d’habitats ne
pourrait, en l’état, prévaloir. Par ailleurs, il serait
plus cohérent de ranger ces formations sous l’habitat
7220* étant donné l’évidente parenté et la continuité
avec les formations de tuf émergées.
Les communautés amphibies d’hélophytes sont
peu développées, l’association la plus répandue et la
plus caractéristique du site étant l’Apietum nodiflori
Braun-Blanq. ex Boer 1942. Les roselières, cariçaies
et mégaphorbiaies sont très réduites et souvent
relictuelles. Elles mériteraient d’être préservées et
étendues en situation ripicole.
Globalement, la nature des communautés
végétales recensées confirme la bonne qualité du
réseau hydrographique amont. Les bryophytes
sont réputées modérément sensibles aux polluants
et aux charges trophiques, mais elles renseignent
sur la qualité physique du milieu et sur la nature
des hydrofaciès. Le site se caractérise par le
développement important de faciès nettement à
modérément rhéophiles. En ce qui concerne les
61
Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des Invertébrés
herbiers de trachéophytes, le développement du
Ranunculetum fluitantis dans le tronçon D indique un
système encore peu eutrophisé. Le tronçon I, entre
le pont de Mesnay et l’entrée d’Artois revèle, par
contre, un début de simplification et de dégradation
du cours d’eau.
Le tableau de synthèse hiérarchisant les
habitats en fonction des enjeux de préservation
(Collin et al., 2010) montre que l’ensemble cumulé
formé par les communautés du tuf, les ruisseaux
et les groupements amphibies représente 1% ou
moins de l’ensemble de la surface du site. Il s’agit
néanmoins d’un axe très intégrateur qui constitue,
en quelque sorte, l’épine dorsale du site et contribue
fondamentalement à son attrait et à sa réputation.
62
Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents
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Titre de l’étude : Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et
de ses ruisseaux affluents.
Auteur : Gilles Bailly
Année : 2012
Réalisation : Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional des
Invertébrés
Organismes financeurs : Communauté des communes Arbois, Vignes et Villages, Pays de Louis
Pasteur
Champ géographique : Jura, Vignoble, reculées jurassiennes, reculée des Planches-près-Arbois,
communes des Planches-près-Arbois, de Mesnay et d’Arbois .
Mots-clés : reculée des Planches-près-Arbois, Natura 2000, macrophytes aquatiques, bryophytes, tuf,
Cratoneurion commutati, Cinclidotion fontinaloides.
Résumé : L’étude des habitats aquatiques et des formations tufeuses de la haute Cuisance et de ses
affluents, dans le site Natura 2000 FR4301321 « Reculée des Planches-près-Arbois » a permis l’identification
d’une vingtaine de syntaxons associés à l’hydrosystème. Le site accueille un riche ensemble de formations
tufeuses, d’intérêt prioritaire, dont les associations les plus caractéristiques sont le Cratoneuretum commutati
(Gams 1927) Walther 1942, l’Eucladietum verticillati Allorge 1922 et le Brachythecio rivularis - Hygrohypnetum
luridi Philippi 1965, mais les cônes tufeux les plus complexes peuvent héberger une mosaïque d’au moins six
associations muscinales différentes. Concernant les formations aquatiques, la partie amont du réseau est
caractérisée par l’association rhéophile du Cinclidotetum aquatici Philippi 1956, tandis qu’en aval alternent
le Ranunculetum fluitantis Allorge 1922 dans les secteurs éclairés et une association bryophytique à Pellia
endiviifolia et Fontinalis antipyretica dans les passages ombragés.
Référence du document : Bailly G., 2012. Étude des groupements aquatiques et des formations tufeuses de la
haute Cuisance et de ses ruisseaux affluents. Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire
régional des Invertébrés / Communauté des communes Arbois, Vignes et Villages, Pays de Louis Pasteur.
66 p.
Cliché de couverture : cascade des tufs, les Planches-près-Arbois, 39 (Bailly G., 2006)