dossier batiment basse energie

dossier batiment basse energie
L’empreinte n° 70
15
le cahier de L’empreinte
Détails
Dossier
Les bâtiments «basse énergie»
16
17
19
20
21
22
Le secteur du bâtiment se mobilise
Europe, un rêve d’unisson
CSTB, la «basse énergie» à la française
Fribourg, ville pionnière
Parole de conseil régional
Une opération de rénovation
urbaine exemplaire à Mulhouse
DOSSIER
Les bâtiments
«basse énergie»
Consacrées aux bâtiments « basse énergie » et aux énergies renouvelables,
les deuxièmes rencontres Énergivie se sont déroulées les 27, 28 et 29 mars dernier
avec un mot d’ordre : « Oui à l’efficacité énergétique. » Initiées par la Région Alsace
et par l’Ademe, elles reçoivent le soutien de l’Union européenne et du CSTB.
En France, le grand public s’intéresse tout à coup massivement aux questions
écologiques. Mais les solutions techniques et économiques sont-elles au rendezvous des attentes tant des maîtres d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre que des
usagers ? L’Empreinte était présente à ces rencontres. Elle fait le point sur
les bâtiments basse énergie construits ici et ailleurs.
Dossier réalisé par Philippe François
RÉGLEMENTATION THERMIQUE
Le secteur du bâtiment se mobilise
Limiter l’accroissement de la production
de gaz à effet de serre
supposerait que les États-Unis réduisent notamment par onze
leurs émissions de dioxyde de
carbone, la France par quatre.
C’est l’origine de ce qu’on appelle le facteur 4, clé de tous les projets visant à réduire les émissions
de gaz à effet de serre.
Le bâtiment basse énergie s’inscrit
dans ce contexte ambitieux et pourtant incontournable. Nous en avons
tous conscience aujourd’hui : les
ressources énergétiques de la planète sont limitées. Les prévisions les
plus optimistes laissent envisager
cinquante à soixante-dix années de
réserve, mais rien n’est vérifié. Surtout, nous savons que l’extraction
des énergies fossiles sera de plus en
plus difficile et de fait plus coûteuse
(forage en mer, extraction en zone
polaire) à mesure que nous approcherons de l’épuisement des ressources. Il faut donc, coûte que co-
ûte, réduire la demande en pétrole,
en charbon, en gaz. Une évolution
qui suppose évidemment de valoriser les énergies renouvelables, voire l’offre d’énergie non fossile (fission, fusion), mais qui exige aussi de
vaincre l’inertie des mentalités.
L’évolution de la réglementation thermique française applicable à la
construction va dans ce sens.
Nos voisins européens :
un exemple à suivre
Car les deux secteurs qui « dérapent » sont les transports et le bâtiment, l’industrie et l’agriculture,
respectivement troisième et quatrième émetteurs de gaz à effets de
serre, tendant plutôt à se stabiliser.
Or l’augmentation des émissions
liées au bâtiment n’est pas une
fatalité. Des expériences menées
dans des pays voisins du nôtre montrent qu’il est techniquement possible de diviser au moins par deux
les niveaux de consommation pour
les constructions neuves, et par
Photo: DR
16
Les maîtres d’ouvrage publics montrent de plus en plus un réel intérêt pour
le bâtiment basse énergie. Un exemple ici, avec l’utilisation de capteurs solaires
thermiques sur le toit de la piscine d’Ungersheim en Alsace.
quatre pour les bâtiments rénovés
par rapport aux consommations actuelles.
La directive européenne imposant
désormais l’affichage de l’« étiquette
énergétique » d’un bâtiment lors
d’une transaction, la performance
énergétique pourrait devenir un
argument de vente ou de sélection
pour l’offre locative. Le sujet intéresse jusqu’aux maîtres d’ouvrage
privés, de plus en plus conscients,
comme les maîtres d’ouvrage
publics, de la nécessité de baisser
le niveau des charges locatives. Dans
ce contexte, les logements « basse
énergie» sont, plus que jamais, une
clé pour l’avenir.
L’empreinte n° 70
EUROPE
17
Un rêve d’unisson
En Allemagne,
les bâtiments très basse énergie peuvent
consommer jusqu’à dix fois moins
d’énergie pour le chauffage que
ceux que l’on construit en France.
La norme Passivhaus, en vigueur
en Allemagne et en Autriche,
s’applique à partir d’une consommation chauffage + ECS + ventilation inférieure à 30 kWh/m2/an.
La réglementation thermique de
2005, quant à elle, fixe un seuil à
70 kWh/m2/an pour l’habitat individuel et 60 kWh/m2/an pour l’habitat
collectif.
En Belgique, la «maison passive » consiste à créer un bâtiment
où le confort est excellent hiver
comme été, sans système de chauffage conventionnel. Une « maison
passive » reste une maison clas-
Photo: PHP vzw
À Heusden-Zolder, en Belgique, l’architecte Eric Ubachs
a choisi pour cette habitation, construite en 2004,
une ossature en bois.
sique, à ceci près qu’elle consomme
90 % d’énergie en moins, soit
15 kWh/m2/an pour le chauffage et
120 kWh/m2/an en consommation
totale d’énergie primaire. Un exemple de « maison passive » est visible
à Darmstadt-Kranichstein sous la
forme d’un petit habitat collectif qui
se distingue par une isolation
maximale, un triple-vitrage, une
construction étanche, l’utilisation
rationnelle du soleil, une ventilation
de confort, un électroménager efficace et des énergies alternatives.
La qualité architecturale de ce
bâtiment élevé dès 1991 et le
caractère accessible à tous de
l’investissement (rentabilité immédiate) en font un modèle déclinable dans un très large éventail de
configurations.
Au Danemark, la réglementation thermique 2005 fixe le seuil
maximal à 60 kWh/m2/an (avec ventilation naturelle) pour l’habitat
individuel, à 60kWh/m2/an (avec ventilation mécanique) pour l’habitat
collectif. Comme en Suisse et en
Allemagne, le label « basse énergie »
abaisse le seuil de la consommation
chauffage + ECS + ventilation à
30kWh/m2/an dans l’habitat collectif
Cette maison, signée Equilibrium-team pour l’architecture
et Cuyvers pour la maîtrise d’ouvrage, se trouve à Bocholt
en Belgique.
et individuel. Une politique active est
menée dans le domaine de l’efficacité énergétique des bâtiments : la
surface chauffée augmente et la
consommation diminue. Une expérience de certification a eu lieu en
1997, et une marque est applicable
cette année. Cette nouvelle étape
dans la valorisation des bâtiments
basse énergie s’inscrit dans un
cadre réglementaire déjà très
rigoureux pour le bâtiment, avec un
permis de construire complété d’un
permis d’utilisation également soumis au respect de certaines règles.
En Suisse, en l’absence de
norme énergétique uniforme pour
tout le pays, le label Minergie® propose des solutions standards par
type de bâtiment pour améliorer
leur performance énergétique. Il
favorise les bâtiments aux formes
ramassées car les clés en sont l’isolation thermique et l’isolation à
l’air de l’enveloppe, une ventilation
Photo: Ministry of Transport and Energy/Danish Energy Authority
Est-ce en raison de sa
massive production
énergétique ou de
prix de l’énergie attractifs, la
France ne tient pas la tête du peloton « basse énergie ». Elle doit
céder cette position à ses voisins
de l’Est et du Nord, manifestement plus avancés dans ce
domaine, manifestement moins
gâtés par le climat également.
En Allemagne, par exemple, les premières réalisations basse énergie
datent des années 1980. La construction basse énergie tend même
à devenir, dans certains Länder, la
norme officielle en matière de qualité thermique.
L’ancien n’est pas négligé, puisque
l’Allemagne a d’ores et déjà rénové
depuis 2000 quelque 300 000 logements, soit autant d’habitations
dont la consommation – ECS +
chauffage – annuelle est inférieure
à 50 kWh/m2/an.
Photo: PHP vzw
Le cadre de l’Union européenne ne suffit pas à harmoniser les politiques de protection
de l’environnement associées au bâtiment. Les choses se complexifient quand,
aux réglementations thermiques nationales, viennent s’ajouter des labels ou certifications
« maison » volontairement plus exigeants. Alors que les pays du nord et de l’est de l’Europe
adoptent des attitudes radicales et jouent les pionniers, la France avance… prudemment.
Au Danemark, la réglementation thermique fixe le seuil maximal
à 60kWh/m2/an pour l’habitat collectif.
DOSSIER
18
Pour répondre au label suisse
Minergie®,
les constructions ne doivent
pas dépasser 42kWh/m2/an
pour le chauffage, l’ECS
et le renouvellement de l’air.
Cette maison de 268m2, bâtie en Suisse
par les architectes Nicolas Boni et
Larissa Monti, est chauffée à 84% au
bois et à 16% en solaire thermique.
tées – pour le chauffage, l’ECS,
la climatisation et le renouvellement de l’air. Un nouveau label
Minergie-P® « très basse énergie »
durcit ces exigences avec un seuil
de 30 kWh/m2/an maximum pour
les habitations neuves.
Photo: Minergie
En France, la nouvelle régle-
mécanique contrôlée, des consommations énergétiques limitées et
des surcoûts ne pouvant dépasser
10 %. Les constructions réalisées
suivant le label Minergie® ne doivent
pas dépasser 42 kWh/m2/an –
80 kWh/m2/an pour les habitations antérieures à 1990 réhabili-
mentation thermique 2005, applicable à compter du 1er septembre
2006 aux constructions neuves et
– sous certaines conditions – aux
grosses réhabilitations, a pour objectif de diminuer de 15 % les seuils
fixés par la RT2000. L’objectif étant
d’atteindre 40 % de réduction des
CONSOMMATION D’ÉNERGIE (en kWh/m2/an) EN FRANCE
Secteur
Usage
Bâtiments <1975
Bâtiments neufs
Ensemble actuel
Chauffage
328
80 à 100
210
ECS
36
40
37,5
Chauffage
209
155
196
ECS
19
40
29
Résidentiel
Tertiaire
Sources : observatoire de l’énergie, Insee.
consommations par voie réglementaire d’ici à 2020. La RT2005
stipule que la consommation
d’énergie primaire doit être inférieure à une valeur référence exprimée en kWh ep/m2/an. Elle valorise
le recours aux énergies renouvelables et, pour la première fois, les
consommations liées à la climatisation sont prises en compte dans
le calcul du C, en plus de la production de chauffage et d’ECS.
Parallèlement, des labels ayant de
plus fortes exigences que la RT en vigueur sont apparus dès 2003. Les
labels HPE 2000 (haute performance
énergétique) et THPE 2000 (très
haute performance énergétique)
offrent des performances respectives de -8 % et -15 % par rapport à la
RT 2000. Ils devraient voir leur nouveau millésime 2005 décrit par voie
réglementaire incessamment.
Aux côtés de la réglementation, la
très forte dynamique insufflée par
la démarche HQE® débouche aujourd’hui sur des projets de certification
et des travaux normatifs de taille :
norme prNF P 01-020-1 « Qualité
environnementale des produits de
construction et des bâtiments » et
projet de normalisation ISO/TC59/
SC17 sur le « Développement durable dans la construction ».
L’empreinte n° 70
OPÉRATION PILOTE
19
Logirep
Engagé dans la démarche d’économie
d’énergie, le Centre
scientifique et technique du bâtiment (CSTB) s’attache à améliorer l’efficacité énergétique de
tous les bâtiments – résidentiels,
tertiaires, neufs et existants.
L’architecture bioclimatique figure en
bonne place parmi les solutions
préconisées, mais aussi l’isolation,
l’éclairage naturel, le recours aux
énergies renouvelables comme la
géothermie, la biomasse, le bois…
Cette politique d’ensemble n’exclut
pas les opérations expérimentales.
Le CSTB, Logirep et BASF sont ainsi
associés, sur la commune de Fontenay-sous-Bois (94), à une opération
de réhabilition d’une demeure
bourgeoise en logements sociaux.
Objectifs : la rendre efficiente en termes d’économie d’énergie et de rejet de gaz à effet de serre, favoriser la
mixité sociale dans le respect du caractère architectural, et, pour le
bailleur, garantir la solvabilité des locataires et préserver le patrimoine.
L’ambition en termes d’énergie est
élevée : passer, pour l’énergie primaire (chauffage et ventilation), sous
la barre des 50 kWh/m2/an contre…
400 kWh/m2/an avant rénovation.
Pour s’assurer que les performances
effectives seront conformes aux attentes, le CSTB vérifie, mesures à
l’appui, la réalité des améliorations
apportées. Des outils spécifiques ont
ainsi été mis en place pour assurer
ce contrôle : évaluation des matériaux innovants d’une part,
évaluation des performances réellement obtenues d’autre part. Précisons que les contraintes, au-delà même de la performance, étaient multiples : complexité technique,
bâtiment protégé (construction à
l’identique avec obligation de conserver les hautes dimensions des fenêtres), projet pilote.
Vérifier les performances
Les objectifs du CSTB – assurer à la
fois le confort global, la sécurité, la
maîtrise des coûts de fonctionnement et le respect de l’environne-
Photo: Jacques Rostang/Logirep
La « basse énergie » à la française
Une ambition élevée pour le CSTB qui s’est attaché à transformer
une demeure bourgeoise à Fontenay-sous-Bois (ici dans son état initial) en
logements sociaux, tout en respectant un certain nombre de contraintes.
ment – sont ambitieux. Tout au long
du projet de construction et de réhabilitation, des procédures d’assurance qualité partagées par tous
les acteurs ont été mises en place.
Avec, entre autres, un « plan de
commissionnement », c’est-à-dire
une liste de tâches à chaque phase
du projet permettant de vérifier la
performance, et un outil de gestion
du processus contrôlant la circulation de l’information.
« Le bâtiment de Fontenay-sous-Bois
est une opération expérimentale
sous surveillance », explique Mireille
Jandon, ingénieur du CSTB, en rappelant que deux appréciations techniques d’expérimentation (ATEx) ont
été délivrées pour ce chantier, l’une
sur le système d’isolation thermique
extérieure, l’autre sur les produits à
changement de phase. « Après livraison prévue cet automne, les
consommations d’énergie seront
mesurées pendant deux ans pour
contrôler le respect des objectifs annoncés. Une équipe de sociologues
vérifiera dans le même temps que le
confort du bâtiment corresponde
bien aux attentes des locataires. »
Le concept appliqué à
la rénovation de Fontenaysous-Bois repose sur
l’association d’innovations
techniques en matière
de performance énergétique
et de matériaux et méthodes
plus traditionnels mais
tout aussi respectueux de
l’environnement.
DOSSIER
ÉNERGIES RENOUVELABLES
20
Fribourg, ville pionnière
Le Fribourg suisse ne doit pas faire ombrage au Fribourg allemand.
Car cette ville d’outre-Rhin se veut exemplaire en matière d’économie d’énergie
dans le bâtiment, bureaux et logements confondus. Tour de pistes… à suivre.
Avec les pays scandinaves, l’Allemagne
compte parmi les
pays pionniers en matière de
construction basse énergie –
localement « niedrig-EnergieHaus ». Les différents acteurs de la
construction ont intégré ces exigences et ces pratiques, avec, également, des opérations d’avant-garde comme on peut le vérifier sur la
commune de Fribourg-en-Brisgau,
entre Forêt-Noire et vallée du Rhin,
pionnière en matière d’énergies renouvelables.
Température maîtrisée
encore un système de récupération
de l’eau chaude auprès de l’hôpital
voisin. Le surcoût de l’investissement s’élève à 780 euros par mètre
carré.
Éviter les ponts
thermiques
Au sud de la ville, on relève une opération de réhabilitation menée sur
deux barres de logements à vocation sociale. Deux bâtiments pour
deux objectifs thermiques : l’un de
60 kWh/m2 à partir d’une VMC, l’autre de 40 kWh/m2 avec une ventilation double flux. Les deux bâtiments
ont été isolés par l’extérieur et les
balcons totalement repensés pour
éviter les ponts thermiques. Coût de
la réhabilitation : 1 050 euros/m2
pour l’un, 900 euros/m2 pour l’autre. Les prix sont donnés à titre indicatif car il est très difficile de faire
des comparaisons économiques
entre des pays différents.
Le quartier Vauban – 6 000 habitants vivant pratiquement sans
automobile – est bien sûr l’autre
projet phare de la ville de Fribourg.
On y trouve différents programmes
de bâtiments tertiaires, d’habitat
collectif et même individuel, dont
les traits communs sont l’audace
architecturale et, bien sûr, l’efficacité énergétique.
En dresser la liste dépasserait
largement les limites de cette rubrique, mais il est difficile de résister à l’envie de citer ce petit immeuble collectif où le coût de la facture d’électricité pour un appartement d’une surface de 90 m2 n’excède pas 116 euros… par an. Au
menu, orientation au sud de la façade principale, isolation thermique par laine de roche (35 cm en
façade, 40 cm sur le toit), triple
vitrage, ventilation double flux,
gains internes par utilisation de la
chaleur humaine.
Photo: Alex Müller-Clemm
Photo: Alex Müller-Clemm
Elle est également à l’avant-garde
dans le domaine des transports,
20 % des déplacements se faisant
en vélo. Plusieurs opérations architecturales – et même urbanistiques – y retiennent l’attention.
À tout seigneur tout honneur, il y a
d’abord le Solar Info Center, centre
d’exposition, d’information et de
vente d’équipements solaires, où
travaillent quelque 120 personnes.
Plusieurs entreprises locataires se
partagent les locaux dépourvus de
toute climatisation malgré le volume et les grandes surfaces vitrées.
Le secret : une isolation par l’extérieur, des vitrages high-tech, une
grande étanchéité à l’air et un filtrage efficace du rayonnement solaire avec un système d’occultation
par stores extérieurs. Le principe
est d’éviter que la température du
bâtiment ne s’élève à l’excès sous
l’effet de l’ensoleillement, grâce
aussi à un système d’absorption de
chaleur en journée et de restitution
la nuit. En complément, une solution technique inédite est mise en
œuvre, avec un système de climatisation solaire à base de Silicagel.
D’autres solutions spécifiques y
sont associées, avec des panneaux
solaires en façade et en toiture, ou
Dans ce petit immeuble collectif, la facture d’électricité n’excède pas 116 euros par an pour
un appartement de 90 m2, grâce, en particulier, à une orientation au sud de la façade principale…
… Et aussi à une production d’appoint par des panneaux
photovoltaïques placés ici en ombrière du dernier niveau.
L’empreinte n°70
FRANCHE-COMTÉ
21
Parole de conseil régional
Photo: Andreas Delleske
Antoinette Gillet, présidente du conseil régional
de Franche-Comté, était présente au colloque
« La basse et très basse énergie dans l’habitat
neuf et rénové », organisé à Strasbourg les 28 et
29 mars dernier. La Région, aux côtés de l’Alsace
et du Languedoc-Roussillon, compte parmi
les dix fondateurs de l’association Effinergie
(cf. infra). Extraits de son intervention
emblématique du rôle actif de la Région
en matière de préservation de l’environnement.
Photo: Solar Info Center
Caserne française jusqu’en 1992, le quartier Vauban est devenu propriété
de la ville de Fribourg-en-Brisgau, afin d’en faire un quartier pilote
en matière d’écologie. Il est prévu d’y accueillir 6 000 habitants.
«
Avec le facteur transport,
l’organisation des villes
et la localisation du logement
contribueront à la lutte contre
les émissions de gaz à effet de
serre. Les solutions pour la maison basse énergie existent ; elles sont à portée de main. […]
Dans le bâtiment, les choses sont
plus difficiles que dans l’industrie
car ce secteur engage une multiplicité d’acteurs, parmi lesquels le
particulier auprès duquel un travail
de responsabilisation doit être mené. Un gros travail est également à
prévoir auprès des architectes pour
les aider à se former aux nouvelles
techniques, par exemple, sous forme de formation continue. In-
contestablement, l’époque de la
seule geste architecturale est révolue. […] Dans le tertiaire, le comportement devient un élément clé
des bâtiments basse énergie (on
passe facilement de 30 kWh/m2 à
50 kWh/m2 par simple négligence).
Les métiers doivent également évoluer pour maîtriser davantage les
aspects connexes, et la nomenclature des métiers elle-même doit
s’attendre à une évolution, sans révolution. Le jeu en vaut la chandelle : l’économie d’énergie, c’est
25 000 emplois qui seront créés à
terme dans le bâtiment, et l’intérêt
manifesté par la maîtrise d’ouvrage
privée atteste que les perspectives
de rentabilité sont là. »
Malgré le volume et les grandes surfaces vitrées, le Solar Info Center
de Fribourg-en-Brisgau n’est pourvu d’aucune climatisation.
UNE ASSOCIATION
POUR UN LABEL
Photo: Solar Info Center
Dans un contexte où le secteur du bâtiment représente
46% des consommations d’énergie et contribue à hauteur de 25%
aux émissions de CO2, l’association Effinergie est née le 16mai 2006
d’une dizaine de parents connus* pour développer la construction
basse énergie en France et lancer un label national exemplaire.
Elle s’est fixé comme objectif de définir un référentiel avant la fin 2006
pour mettre en place une certification en 2007 sur le modèle du label
Minergie® en Suisse ou de Passivhaus en Allemagne. Effinergie
ambitionne un seuil de 50kWh/m2 en moyenne nationale, variable selon
les régions et les types de bâtiments, quand la RT 2005 prévoit un seuil
de 85kWh/m2/an. Ce projet a été sélectionné dans le cadre d’un appel
à propositions du Prébat.
Pas de climatisation mais une isolation par l’extérieur, des vitrages hightech et un filtrage efficace du rayonnement solaire, entre autres, apportent
beaucoup de confort aux «locataires» du Solar Info Center.
* Les dix membres fondateurs de l’association Effinergie sont la Région LanguedocRoussillon, le Cefiim, la Région Franche-Comté et Ajena, la Région Alsace,
Rhônalpenergie-environnement, le collectif Isolons la terre contre le CO2, le
groupe Banque Populaire, la Caisse des dépôts et consignation, le CSTB.
DOSSIER
MULHOUSE
22
Une opération de rénovation
urbaine exemplaire
Photo: MGD architecture
Photo: MGD architecture
Certaines initiatives menées en France méritent une large publicité justifiée par
l’engagement et l’audace des acteurs. C’est le cas de cette rénovation lourde menée
au cœur de la ville de Mulhouse, avec des performances énergétiques remarquables.
Projection de l’état terminé d’un immeuble en cours de réhabilitation
à Mulhouse. Les travaux de diminution de la consommation d’énergie ont
été financés à hauteur de 50 % par la Région.
L’opération de réhabilitation a été menée dans le cadre du
programme Énergivie. Son objectif : construire des bâtiments basse énergie
en milieu urbain.
Mulhouse a récemment mené unevaste opération de réhabilitation dans ses anciens
quartiers. Construit entre 1850
et 1910, essentiellement composé de maisons de ville et
classé zone urbaine sensible,
le secteur se caractérisait par
des sanitaires médiocres, un
confort de faible niveau, une
végétation quasi absente, et
pourtant un coût financier élevé du fait d’un marché locatif
tendu. Les situations de
copropriété et d’indivision compliquaient cette intervention avec,
en prime, la crainte d’une « ghettoïsation » héritée d’une difficulté
des différentes communautés à vivre ensemble. L’objectif était clairement de changer l’image du
quartier, et surtout de rénover le
bâti pour aboutir à une qualité proche de celle du neuf, en vue de
restaurer la mixité.
La Serm, société d’économie mixte, aménageur, et l’agence
priétaire était obligé de respecter
les règles imposées dans le cadre
de l’opération (loi Malraux).
L’objectif « thermique » de l’opération était d’abaisser la consommation énergétique pour le
chauffage à moins de 50 kWh/
m2/an. Le surcoût lié à la rénovation « basse énergie » a été
partiellement absorbé grâce à
la Région et à l’Ademe qui pouvaient en prendre jusqu’à 60 % à
leur charge.
Précisons que la démarche a été
menée dans le cadre du programme Énergivie, dont l’objectif
est de faire apparaître des bâtiments basse énergie en milieu urbain. Énergivie a ainsi travaillé
avec Énertech pour évaluer les
travaux nécessaires pour passer à
moins de 50 kWh/m2/an en consommation d’énergie primaire
pour le chauffage, contre… 300 à
400kWh/m2/an à la base. Sous l’effet des contraintes imposées par
l’encombrement extérieur et par
les architectes des Bâtiments de
locale de maîtrise de l’énergie de
Mulhouse ont été les principaux
acteurs de cette opération, sans
oublier la Région, qui a financé
environ 50 % des travaux de diminution de la consommation
d’énergie.
Des diagnostics effectués entre
2002 et 2004 ont amené la Serm à
intervenir à plusieurs niveaux, via
le pilotage de différents aspects
liés à la zone de protection du patrimoine architectural, urbain, paysager (ZPPAUP) et à la ZAC de restauration urbaine, via des aides
aux propriétaires, via enfin la
création et l’amélioration des
espaces publics.
Des obligations
pour les propriétaires
Cette démarche a pour principe
fondateur de déclarer d’utilité publique les travaux sur les immeubles, mesure qui a eu pour effet
d’obliger les propriétaires à effectuer les travaux: pour obtenir le bénéfice de la défiscalisation, le pro-
France, les choix techniques se
sont portés sur des chaudières
collectives gaz à condensation (ou
toute solution utilisant une énergie renouvelable), l’isolation intérieure avec celle des planchers
rez-de-chaussée et des combles,
des fenêtres triple vitrage (verre sélectif et argon), une VMC double
flux, des chauffe-eau solaires. Des
actions complémentaires ont été
menées pour réduire la consommation d’électricité et d’eau.
À ce jour, sur les seize bâtiments
achetés par la Serm, six totalement
réhabilités sont vendus, soit autant
d’illustrations concrètes d’une volonté ambitieuse : faire apparaître
des constructions basse énergie
dans l’habitat urbain existant.
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertisement