Cahier technique n 206 ° Les économies d’énergie

Cahier technique n 206 ° Les économies d’énergie
Collection Technique ..........................................................................
Cahier technique n° 206
Les économies d’énergie
dans le bâtiment
N. Chaumier
Les Cahiers Techniques constituent une collection d’une centaine de titres
édités à l’intention des ingénieurs et techniciens qui recherchent une
information plus approfondie, complémentaire à celle des guides, catalogues
et notices techniques.
Les Cahiers Techniques apportent des connaissances sur les nouvelles
techniques et technologies électrotechniques et électroniques. Ils permettent
également de mieux comprendre les phénomènes rencontrés dans les
installations, les systèmes et les équipements.
Chaque Cahier Technique traite en profondeur un thème précis dans les
domaines des réseaux électriques, protections, contrôle-commande et des
automatismes industriels.
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Rubrique : Le rendez-vous des experts
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« Extrait du Cahier Technique Schneider Electric n° (à préciser) ».
n° 206
Les économies d’énergie
dans le bâtiment
Nicolas CHAUMIER
Ingénieur diplômé de l’école centrale de Paris (1974).
Après un premier emploi dans la recherche nucléaire, il travaille dans
la recherche et le développement pour des matériels haute tension,
puis en tant que responsable des services R et D au sein d’une
entreprise française d’équipements de chauffage. Il participe à
l’élaboration des normes thermiques dans le cadre de la Commission
Européenne.
En 1988, il rejoint Schneider Electric pour négocier et exécuter des
contrats internationaux. Il crée et anime des formations sur les
réseaux électriques et la conduite des affaires.
Actuellement, il participe au développement des activités
commerciales dans plusieurs pays en s’appuyant sur la
connaissance des besoins des clients.
CT 206 édition mai 2003
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.2
Les économies d’énergie
dans le bâtiment
Quel que soit le bâtiment à construire ou à gérer, des solutions pour la
maîtrise de la consommation d’énergie doivent être recherchées. Ceci est
vrai, dans le monde entier, pour tous les types de bâtiments : industriels,
tertiaires ou résidentiels.
Avant de concevoir ou d’améliorer un bâtiment, et particulièrement son
installation électrique, il est indispensable d’étudier ses besoins
énergétiques et les sources disponibles, et de rechercher la meilleure
adéquation des systèmes de gestion, des réseaux de distribution et des
équipements consommateurs en tenant compte des impératifs
d’exploitation.
Ce Cahier Technique présente une méthodologie pour conduire
efficacement toute étude préalable. Pour cela l’auteur explore tous les
éléments contributifs aux économies d’énergie qui, selon l’installation
concernée, seront ou non à retenir.
Sommaire
1 Introduction
1.1 Les acteurs
1.2 Les besoins
p. 4
p. 4
2 Inventorier les consommations et
les sources d’énergie disponibles
2.1 Les consommations d’énergie
p. 5
2.2 Les sources d’énergie
p. 6
3 Réduire les coûts énergétiques
3.1 Analyse des factures d’énergie
p. 8
3.2 Utilisation du contrat existant
3.3 Renégociation du contrat
p. 8
p. 8
4 Réduire la consommation d’énergie
5 Etudes de cas
4.1 Economie sur le système de CVC
p. 10
4.2 Economie sur l’eau chaude sanitaire
p. 15
4.3 Economie sur l’éclairage
4.4 Réduction des pertes d’énergie électrique
p. 16
p. 17
4.5 Autres économies
4.6 Avantages d’une bonne maintenance
p. 19
p. 19
4.7 Importance du comptage
4.8 La démarche d’audit énergétique
p. 20
p. 20
5.1 Optimisation de la facture d’énergie d’un hôpital
p. 21
5.2 Installation de ventilation avec variateur de vitesse
p. 21
6 Conclusion
p. 23
Annexe : la cogénération
p. 24
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.3
1 Introduction
Il convient tout d’abord d’identifier tous les
acteurs concernés par le bâtiment à étudier,
et leurs besoins en relation avec la gestion de
l’énergie.
Les principaux sont :
c l’exploitant, qui peut être l’occupant du
bâtiment, ou une compagnie d’exploitation
déléguée,
c le maître d’ouvrage, propriétaire du bâtiment,
soit pour l’occuper lui même, soit à titre
d’investisseur,
c le maître d’œuvre : architecte ou bureau d’études
responsable de la construction du bâtiment,
c les fournisseurs, notamment les fournisseurs
d’énergie (régie d’électricité, distributeurs de fuel
et de gaz…),
c les autorités de régulation compétentes pour le
bâtiment considéré.
Les besoins des exploitants
Tous les exploitants, industriels et commerciaux,
ont l’impérieuse nécessité de proposer des
produits ou des services à des prix compétitifs.
Le premier objectif d’un exploitant est donc,
avant tout, de réduire sa facture d’énergie par un
meilleur tarif, par la réduction de la consommation
d’énergie, et par les aides publiques à la
réduction de consommation d’énergie. Et ceci
tout en assurant le bon fonctionnement de tous
les services nécessaires à l’activité pratiquée et
au confort des personnes qui occupent le
bâtiment, employés et visiteurs.
Les besoins des autorités de régulation
Les différents organismes officiels ayant autorité
dans la conception des bâtiments sont chargés
par les Etats de mettre en œuvre une politique
générale de l’énergie dont les objectifs
principaux sont notamment :
c assurer la gestion à long terme des
approvisionnements nationaux en énergie, avec
le souci d’une meilleure indépendance
énergétique ;
c assurer une cohérence avec la considération
globale des aspects environnementaux :
réchauffement climatique, émission de CO2 dans
l’atmosphère, émission de chaleur, émission de
produits polluants ;
c rendre compatible le développement
économique avec le maintien des conditions
environnementales qui le rendent possible
(« développement durable ») ;
c promouvoir et appliquer les conventions
internationales relatives à l’énergie et à
l’environnement.
Dans certains cas, les différents acteurs ont des
intérêts directs apparemment opposés ; par
exemple, installer un système de chauffage
performant plus cher à l’achat est une charge
supplémentaire pour l’investisseur, mais est une
économie pour l’exploitant. Dans d’autres cas,
un même acteur peut avoir deux rôles
simultanés (cas de l’occupant propriétaire).
D’où la nécessité d’une démarche globale,
tenant compte aussi bien des coûts de l’énergie
que des coûts d’installation et de ceux de la
maintenance des équipements.
Tout ceci avec une exigence fondamentale : ne
pas réduire la capacité de production ni le
niveau de confort du bâtiment.
1.1 Les acteurs
1.2 Les besoins
Les besoins des maîtres d’ouvrage
c obtenir la conformité aux règlements
énergétiques en vigueur,
c bénéficier des aides accordées pour la mise
en place de systèmes économisant l’énergie,
c augmenter et maintenir la valeur immobilière
de leur bien.
Les besoins des maîtres d’œuvre
c être compétitif en prestations et en coût au
moment de la sélection,
c tenir le budget pendant la réalisation.
Les besoins des fournisseurs d’énergie
c optimiser le fonctionnement de leur réseau,
c maîtriser les pics de demande d’énergie sans
surdimensionner les installations.
Et, dans le cas particulier de l’énergie
électrique :
c maîtriser l’énergie réactive,
c maîtriser la qualité de l’énergie (réduire les
fluctuations de tension, les coupures, les
harmoniques…).
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.4
2 Inventorier les consommations et les sources d’énergie disponibles
2.1 Les consommations d’énergie
Nous faisons tout d’abord l’inventaire des
consommations d’énergie, de tous types, qui ont
lieu dans l’utilisation quotidienne du bâtiment
pour remplir les fonctions attendues.
Le process industriel ou commercial qui
occupe le bâtiment
Le « process » est l’ensemble de l’installation
directement nécessaire à l’activité
professionnelle des occupants du bâtiment.
Il comprend :
c pour une usine ou un bâtiment commercial,
les machines de production industrielle,
les systèmes d ’information, les installations de
manipulation et de stockage des matériaux et
des produits (réfrigération des produits
alimentaires, par exemple), les réseaux de
fluides spécifiques (air comprimé, vapeur)
nécessaires à la production…
c pour un immeuble du tertiaire, les systèmes
informatiques et les équipements spécifiques (de
laboratoires, de recherche…).
Les consommations des process sont
d ’importance majeure. Elles représentent en
général la plus grosse dépense d’énergie (sauf,
par exemple, dans les immeubles de bureaux).
aInformatique
8%
Selon l’activité considérée (usine de montage
automobile, atelier textile, immeubles
administratifs, grandes surfaces commerciales…),
la quantité d’énergie consommée et le profil de
consommation du process sont très divers. C’est
pourquoi toute étude d’économie d’énergie doit
être conduite en considérant le process dans
son ensemble pour bien conserver, voire
améliorer, les caractéristiques de production
(capacité, fiabilité…).
Les systèmes de confort et utilités du
bâtiment
Sont inclus dans cette catégorie, tous les
systèmes usuellement rencontrés dans un
bâtiment qui sont indépendants de son utilisation
professionnelle. Ce sont tous les systèmes de
chauffage, climatisation, ventilation, distribution
d’eau chaude sanitaire, éclairage, communication,
sécurité, distribution de fluides divers (notamment
air comprimé), et les systèmes mécaniques
(ascenseurs, élévateurs, escaliers roulants).
Selon le type, la superficie, la destination,
l’occupation humaine et le standard de confort
du bâtiment, les profils de consommation
d’énergie sont très différents (cf. fig.1 ).
bAutres
3%
Cuisson
6%
Eclairage
24 %
Autres
7%
Eclairage
32 %
Réfrigération
des aliments
28 %
Ventilation
11 %
Ventilation
9%
Climatisation
54 %
Chauffage
18 %
Fig. 1 : répartition des consommations annuelles d’énergie,
a] dans un immeuble de bureaux en Asie du Sud-Est, b] dans un hypermarché en Europe Occidentale.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.5
2.2 Les sources d’énergie
Pour couvrir les consommations d’énergie
précédemment citées, il est possible d’utiliser
toute la palette des sources d’énergie détaillée
ci-après (cf. fig. 2 ).
Energies
distribuées :
c électricité,
c chaleur,
c gaz naturel,
...
Energies
gratuites :
c solaire,
c éolienne,
c géothermie,
...
Energies
stockées :
c charbon,
c fioul,
c gaz liquéfié,
...
G
Source autonome
de bois par exemple. La facturation est faite sur
le comptage volumétrique et le différentiel de
température.
Fourniture de combustibles stockés
En dehors des réseaux raccordés, l’énergie peut
aussi être livrée sous forme de combustible
stocké sur le site. Il s’agit généralement de gaz
de pétrole liquéfié (propane, butane) ou de fioul
domestique ou lourd, sans oublier le charbon qui
dans beaucoup de pays tient une place
importante, et le bois quand il est disponible
localement, qui fait l’objet d’applications de
technologie récente.
Ces combustibles peuvent être utilisés dans les
chaudières pour le chauffage, la production
d’eau chaude sanitaire, d’eau chaude ou de
vapeur à usage industriel, et pour l’entraînement
des générateurs électriques locaux.
L’utilisation de combustibles stockés sur le site
permet une autonomie (partielle ou totale) face
aux interruptions de service des réseaux
extérieurs.
Fig. 2 : les différentes sources d’énergie.
Alimentation par des réseaux extérieurs
L’énergie est habituellement amenée au
bâtiment par des réseaux publics de distribution
d’électricité, de gaz naturel, et de chauffage
urbain. D’autres types de réseaux publics de
distribution peuvent être rencontrés, mais de
façon beaucoup plus anecdotique : vapeur, air
comprimé, combustible divers, eau glacée…
Ces fournitures d’énergie font l’objet de contrats
d’abonnement entre les fournisseurs (publics ou
privés, en situation de monopole ou non) et les
clients occupant le bâtiment.
L’énergie sous la forme électrique a une
importance particulière, en ceci qu’elle est
pratiquement obligatoire pour toutes les
utilisations et tous les bâtiments. A part certains
cas marginaux d’installations isolées (mines,
sites pétroliers), rares sont les installations en
autonomie complète. Il y a donc toujours au
moins un raccordement au réseau électrique.
Le réseau de gaz naturel est en général utilisé
pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la
cuisine, quelquefois le process. La facturation
est basée sur le comptage volumétrique (avec
équivalence en énergie).
Il existe parfois un réseau public de distribution
d’eau chaude généralement destiné au
chauffage des bâtiments. Le cas se rencontre
fréquemment dans les grands centres urbains
(régie municipale disposant de chaufferies, par
exemple en relation avec l’incinération des
ordures ménagères), dans certains pays à
tradition étatique, et plus récemment dans des
zones semi-rurales, pour exploiter des déchets
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.6
Sources autonomes d’électricité
Il est souvent indispensable, en fonction des
conditions locales d’environnement, de se doter
de moyens autonomes de production d’énergie
électrique. En effet, dans de nombreux pays la
distribution d’électricité ne présente pas une
fiabilité suffisante : des interruptions de service
trop fréquentes et trop prolongées empêchent la
continuité normale de toute activité industrielle
ou commerciale. C’est pourquoi, par exemple,
les supermarchés des pays d’Amérique Latine
sont fréquemment équipés d’une production
autonome de 100% de la puissance nécessaire.
Cependant, même dans les zones
d’approvisionnement le plus sûr, certaines
activités comportant des exigences de sécurité
doivent être protégées contre toute interruption,
même rare. C’est ainsi que les hôpitaux, partout
dans le monde, sont équipés d’une production
autonome suffisante pour assurer le
fonctionnement sans interruption des
installations vitales.
De plus, disposer d’une source autonome est la
base d’une gestion de l’énergie ; elle permet de
choisir la source d’énergie préférentielle, en
fonction du moment de la journée, de la
puissance appelée instantanée, et du tarif
horaire de la source externe.
c Groupes électrogènes d’appoint ou de sécurité
Ces groupes utilisent généralement un
combustible stocké. En général, l’énergie est
produite en basse tension, et la sortie de
l’alternateur est raccordée au réseau électrique
interne. Selon les cas, le groupe et le réseau
extérieur peuvent fonctionner en parallèle, ou
seulement séparément.
c ASI – Alimentation Sans Interruption –
électronique communément appelée
« onduleur »
De nombreuses installations comportent des
ASI. Ces dispositifs électroniques de puissance
permettent de reconstituer un courant alternatif à
partir de l’énergie stockée dans des batteries
d’accumulateurs électriques, ceci afin de
maintenir sans interruption l’alimentation des
récepteurs critiques ou vitaux (système de
traitement des données, bloc opératoire dans un
hôpital…).
c Cogénération
La cogénération est une technique qui permet la
production combinée de chaleur ou d’électricité
en un seul procédé, avec pour résultat une
réduction des pertes thermiques. Différents
modèles de cogénération peuvent être utilisés :
v la production de chaleur (ou vapeur)
nécessaire au process est disponible pour
produire de l’énergie électrique,
v le process crée des sous-produits (déchets de
bois ou de carton…) dont la combustion permet
la production d’énergie électrique et de chaleur.
La cogénération est plus détaillée en annexe.
Les « énergies gratuites »
Sous cette appellation sont réunies les sources
énergétiques non facturées.
c Le rayonnement solaire
v Des capteurs solaires sont utilisés depuis
plusieurs décennies, y compris dans les pays au
climat froid (Scandinavie). Ils absorbent le
rayonnement solaire et le transforment en
énergie thermique. L’utilisation principale de
cette énergie, via un fluide caloporteur, est le
chauffage et la production d’eau chaude
sanitaire.
v Les cellules photovoltaïques, de techniques
plus récentes, transforment l’énergie lumineuse
en électricité. De puissance plus petite que les
capteurs thermiques, leur emploi est souvent
réservé à l’alimentation d’habitats ou
d’équipements isolés (relais hertziens,
lampadaires…).
L’énergie recueillie par ces capteurs dépend
essentiellement des conditions météorologiques :
sa substitution à 100 % par une autre source est
généralement indispensable.
c Géothermie et pompes à chaleur
L’énergie thermique recueillie dans le sous-sol et
les nappes d’eau (géothermie) ou dans l’air
extérieur par les pompes à chaleur est aussi
gratuite.
Nota : une pompe à chaleur est un équipement
thermo-dynamique ayant pour fonction de
transférer l’énergie calorifique d’un fluide (air ou
eau) à un autre fluide (air ou eau).
c Energie éolienne
L’énergie mécanique du vent, par l’intermédiaire
d’une hélice, entraîne un alternateur.
Des producteurs d’électricité exploitent des
installations récentes (fermes d’éoliennes) qui
délivrent plusieurs mégawatts. Mais il existe
aussi des installations privées de quelques
kilowatts pour alimenter des bâtiments isolés
(exploitations agricoles, hôtels).
Sauf les énergies gratuites, les différentes
sources donnent lieu à des factures de la part
des fournisseurs (d’électricité, de chauffage
urbain, de combustible).
L’analyse de l’ensemble de ces factures est la
première démarche conduisant à des réductions
des coûts énergétiques pour l’exploitant
(cf. fig. 3 ).
Faire le bilan
des consommations et
des sources d'énergie
Optimiser
les coûts d'énergie
Réduire
les consommations
Economies
£
€
$
Fig. 3 : démarche générale de maîtrise énergétique.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.7
3 Réduire les coûts énergétiques
Comme il a été dit plus haut, la motivation
première des décideurs pour s’intéresser aux
solutions de maîtrise énergétique est l’efficacité
économique. Le gestionnaire d’un bâtiment, par
exemple, pour décider d’un investissement en
travaux d’amélioration, doit être convaincu du
résultat immédiat de cette opération, et d’un
temps acceptable de retour sur investissement
(dans la plupart des cas de 2 à 5 ans).
L’économie en terme de coûts étant donc le
souci prépondérant, il est très intéressant de
chercher à optimiser l’utilisation des contrats de
fourniture d’énergie, avant même d’envisager
des modifications techniques qui aient pour effet
une réduction des consommations physiques.
Il s’agit donc de chercher à dépenser moins
d’argent, avant de chercher à utiliser moins de
kilowatts-heures.
3.1 Analyse des factures d’énergie
Dans cette approche exclusivement financière,
il est possible de s’intéresser essentiellement à
la fourniture d’énergie électrique, mais en regard
de celle des autres énergies. Celle-ci se fait dans
le cadre d’un contrat avec un fournisseur dont le
profil, selon le pays, peut être très variable :
entreprise nationale, régie de distribution publique,
mixte ou privée, société de négoce et de service
en position concurrentielle ou de monopole.
Dans ces conditions, la variété des types de
contrats est grande, et l’éventail de choix
s’élargit quand la puissance demandée pour le
site augmente. Dans bon nombre de pays dont
le secteur électrique est en voie de privatisation,
les consommateurs ont accès à un marché
concurrentiel quand leur besoin dépasse un
seuil dit « d’éligibilité ».
Une facture d’électricité comporte en générale
les postes suivants :
c des charges fixes : abonnement et autres
(entretien, services…) ;
c des charges variables correspondant :
v à la fourniture de l’énergie relevée par
comptage ; coût qui peut être plus ou moins
complexe et comporter plusieurs tarifs ;
v à la puissance maximale atteinte ou souscrite :
- puissance active en kW ou puissance
apparente en kVA intégrant la puissance
réactive,
- en valeur instantanée ou en valeur moyenne
sur un intervalle de temps.
Il peut y avoir un ou plusieurs comptes selon
l’heure ou la période ; il peut aussi s’agir d’une
pénalité pour dépassement d’un seuil convenu ;
v à l’énergie réactive consommée, et comptée
en général au-dessus d’un seuil toléré ;
v à d’autres charges et services variables ;
c des taxes.
Selon le pays, la facture d’électricité peut donc
être compliquée voire extrêmement compliquée.
Il est donc essentiel de comprendre son calcul,
et de bien connaître les besoins d’énergie
électrique du bâtiment, pour définir des axes
d’amélioration. Le premier axe d’amélioration est
la meilleure utilisation du contrat existant, le
second est de renégocier ce contrat avec son
fournisseur.
3.2 Utilisation du contrat existant
Plusieurs approches sont possibles pour bien
exploiter un contrat de fourniture d’énergie
électrique existant.
c Limiter la puissance appelée sur le réseau de
distribution en utilisant les sources internes
existantes et disponibles (groupes
électrogènes). Ceci permet de ne pas
surdimensionner le contrat d’abonnement, ou de
ne pas dépasser la limite du contrat, d’où une
réduction des coûts globaux d’énergie. Pour
estimer le bilan économique il convient donc de
connaître aussi le coût de l’énergie de
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.8
substitution, par exemple le rendement des
groupes et le prix du combustible consommé.
Il est évident que cette substitution de l’énergie
électrique fournie par un distributeur par de
l’énergie produite sur le site sera plus
intéressante dans les périodes les plus chères
(heures de pointe) selon le contrat. Cet avantage
économique lié à la mise en œuvre d’une source
interne, est indissociable d’un autre avantage
très important : la possibilité de faire face à une
interruption de la fourniture extérieure, et de
maintenir les services essentiels.
c Optimiser l’énergie réactive, en installant un
dispositif de compensation afin de supprimer les
pénalités facturées (ce qui a aussi pour effet de
réduire les pertes d’énergie active).
c Déplacer les consommations vers les périodes
tarifaires les moins coûteuses, quand c’est
possible. Certaines consommations d’énergie
peuvent être différées sans entraver la
productivité ni nuire au confort des occupants,
par une gestion des récepteurs à l’aide d’un
système automatique de commande.
Couramment, cette solution est appliquée pour
la production d’eau chaude sanitaire avec les
chauffe-eau à accumulation (ballons d’eau
chaude) ainsi que pour les systèmes de
chauffage électrique à accumulation.
Une autre application : dans certains pays, des
volumes importants de glace formés pendant les
heures à faible tarif sont utilisés par des
systèmes de réfrigération pour l’air conditionné.
Dans tous les cas, sauf s’il s’agit d’un simple
délestage rendant impossible temporairement
une opération ou un service, l’installation devra
être conçue pour permettre ce type de
fonctionnement.
3.3 Renégociation du contrat
Si l’utilisation du contrat de fourniture d’énergie
électrique existant est déjà optimisée, il est
toujours possible de négocier sa modification :
par exemple d’adapter la puissance souscrite à
l’activité du bâtiment (juste quantité d’énergie
nécessaire et répartition dans le temps).
Il va de soi que plus le consommateur est
important, plus le fournisseur sera flexible,
même s’il est en position de monopole : les
distributeurs ont aussi leurs difficultés dans la
gestion de leurs ressources en énergie.
Cette négociation est bien sûr facilitée, si la
fourniture d’énergie est en situation
concurrentielle. Les impératifs des différents
fournisseurs ne sont pas les mêmes, aussi leurs
propositions peuvent donc être diversifiées, et
permettre des adaptations aux besoins
particuliers du client.
Dans certains pays, il est possible de passer un
contrat unique avec un fournisseur d’énergie,
pour l’alimentation de plusieurs établissements
gérés par une même compagnie, ou par un
groupement d’intérêt de compagnies
indépendantes. Les sites concernés ne sont pas
forcément dans une même zone géographique :
ils peuvent être dans des régions différentes
d’un même pays voire, si les acteurs concernés
sont internationaux, dans différents pays. Ces
contrats « multisites» permettent d’optimiser la
gestion de l’énergie électrique avec plus de
latitude, à condition d’en maîtriser la complexité.
Il est parfois possible de faire appel à plusieurs
fournisseurs d’énergie selon le besoin. Dans
certains pays, les fournisseurs et les principaux
acheteurs peuvent être mis en relation par des
« Bourses de l’énergie », pour ensuite négocier
en direct sur des quantités d’énergie à fournir au
jour le jour. L’accession à ce marché, qui permet
d’obtenir le meilleur prix à tout moment, est bien
sûr réservé aux clients les plus importants.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.9
4 Réduire la consommation d’énergie
L’économie en terme de coûts étant le souci
prépondérant des exploitants, la première
approche, objet du précédent chapitre, est
d’essayer de payer moins cher une même
quantité d’énergie. Cette approche est la plus
facile, car elle ne nécessite pas de changer
profondément les comportements ou les
installations.
La démarche de réduction des coûts
énergétiques impose de passer à l’étape
suivante : s’efforcer d’utiliser une moindre
quantité d’énergie pour le même résultat.
Réduire les consommations est aussi fortement
encouragé par les besoins des autorités de
régulation (cf. chapitre 1).
Cela implique de modifier techniquement la
conception du bâtiment à construire, ou pour les
bâtiments existants, de concevoir et de réaliser
des travaux d’amélioration, d’adapter de
nouveaux systèmes, voire de faire évoluer les
procédures et les comportements des
utilisateurs. En dehors du process, il s’agit de
réduire l’énergie consommée par les systèmes
fonctionnels du bâtiment (à capacité de
production égale et à confort égal) présentés
dans les sous-chapitres suivants.
Il faut cependant souligner que cette démarche
concourt à améliorer et moderniser l’outil de
production (apports de solutions nouvelles à la
fois en performance et en qualité) : elle satisfait
donc aussi à une nécessité professionnelle.
Le plus souvent, pour un bâtiment abritant un
process industriel, le gisement principal
d’économie se trouve dans l’outil de production
qu’il faut donc étudier avec les spécialistes du
métier considéré.
4.1 Economie sur le système de CVC
CVC désigne chez les professionnels les
fonctions de Chauffage, Ventilation, Climatisation.
Les systèmes de CVC ont pour fonction
d’adapter la température intérieure et l’air
ambiant aux normes de confort. Mais il est à
noter que la diversité des climats dans le monde
conduit à des situations différentes :
c dans les pays à climat équatorial ou tropical, le
confort consiste à réfrigérer les bâtiments,
c dans les pays à climat tempéré, océanique ou
continental, le chauffage est indispensable en
hiver, la climatisation est utile en été et parfois
indispensable.
Dans beaucoup de bâtiments, la CVC est le
premier ou le deuxième poste de dépense
d’énergie.
Le chauffage
Les systèmes de chauffage sont utilisés depuis
toujours quand la température extérieure
descend au-dessous d’un seuil de confort
(notion très relative dans le temps et dans
l’espace). La plupart des pays d’Afrique, d’Asie
du Sud et d’Amérique Latine n’utilisent aucun
chauffage.
Le choix du mode de chauffage et de sa source
d’énergie, qui doit être fait dès le début de la
conception d’un bâtiment, est du ressort des
spécialistes, architectes et thermiciens.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.10
Dans tous les cas, la recherche d’économie
passe par les actions suivantes :
c Limiter les pertes thermiques du bâtiment
Selon le niveau et la variation de la température
extérieure ce sont les systèmes de chauffage ou
de réfrigération (climatisation) qui maintiennent
la température intérieure dans la plage de
confort (typiquement de 18 à 22 °C). En régime
constant ces systèmes apportent ou retirent
exactement la chaleur nécessaire pour
compenser les pertes thermiques du bâtiment
(cf. fig. 4 page suivante).
La première démarche est de minimiser ces
pertes. Pour cela il est possible de :
v concevoir les parois extérieures limitant la
conduction thermique, et les dissipations par
rayonnement,
v isoler également la toiture,
v utiliser des vitrages et des fermetures à
isolation thermique (fenêtres à double vitrage,
portes isolées),
v traiter les ponts thermiques (encadrements
des ouvertures, structures porteuses telles que
piliers ou poutres…),
v prévoir des occultations (volets) pour diminuer
les pertes par les ouvertures,
v adapter des dispositifs pare-soleil pour éviter le
rayonnement solaire quand il s’agit de refroidir.
0 °C
20 °C
40 °C
20 °C
Climatisation
Process
Energie
électrique
Process
Energie non
électrique
Energie
électrique
Energie non
électrique
Pertes thermiques
Fig. 4 : flux énergétiques dans le bâtiment.
Toutes ces actions sont plus aisées lorsqu’elles
sont engagées dès la conception d’un bâtiment
neuf, et donc moins coûteuses que pour des
bâtiments existants sur lesquels les travaux
d’isolation ou de rénovation sont contraignants.
Des solutions moins onéreuses peuvent
cependant être appliquées aux bâtiments
existants notamment en réduisant les entrées d’air
extérieur occasionnées par l’ouverture des portes
et des fenêtres ou en réalisant un sas d’entrée.
Dans tous les bâtiments, des interventions sur la
conduite du chauffage permettent aussi des
économies :
c Empêcher l’utilisation simultanée du chauffage
et de la climatisation
c Eviter tout usage abusif du chauffage :
v Dans tous les bâtiments où se pratiquent des
activités commerciales, industrielles ou
administratives, une température de 20 °C à
22 °C ne devraient pas être dépassée en
période de chauffage. Dans les hôpitaux et
centres de santé les températures de consigne
sont nécessairement plus élevées ; au contraire,
les gymnases et salles de sport admettent des
ambiances plus froides.
v Empêcher ou limiter l’ouverture des fenêtres
(en période de froidure comme de fortes
chaleurs), ou asservir les systèmes individuels
de chauffage (et de réfrigération) à la fermeture
des fenêtres.
v Ne pas chauffer, ou éventuellement ne
maintenir qu’hors gel, les locaux inoccupés ou
partiellement occupés (stocks, locaux techniques).
Pour les bureaux individuels, les chambres, etc.,
il est possible de commander le fonctionnement
du chauffage local, ou l’ouverture d’un volet d’air,
par un détecteur de présence.
c Optimiser le rendement des générateurs de
chaleur
Un système de chauffage peut être individuel ou
centralisé.
v Un système individuel fait généralement appel
à des radiateurs électriques (convecteur, radiant
ou soufflant) qui chauffent séparément chaque
volume du bâtiment (bureaux, chambres, parties
communes). Cependant, bien que le rendement
d’un radiateur électrique soit de 100 % (toute
l’énergie utilisée est transformée en chaleur
dans le bâtiment), ce mode de chauffage est
rarement le plus économique. Pour être
performant, il doit être contrôlé de manière à
interrompre le chauffage dès qu’un local n’est
pas utilisé.
v Un système centralisé comprend un générateur
de chaleur et un circuit de distribution. Lorsque
la chaleur est achetée à un fournisseur, l’énergie
est livrée par des canalisations d’eau chaude et
un comptage thermique permet la facturation.
Dans les autres cas, l’énergie calorifique est
générée dans une chaudière située dans le
bâtiment. Pour avoir un bon rendement, une
chaudière doit être de conception récente,
réglée et entretenue par un personnel qualifié.
Son rendement peut être suivi, quelque soit le
combustible, par la surveillance du taux de CO2
et de la température des fumées.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.11
c Utiliser des pompes à chaleur
Seule ou en combinaison avec une chaudière, il
est possible d’utiliser une pompe à chaleur dont
le type dépend de la source de chaleur.
v La source de chaleur peut être l’air extérieur,
mais alors la pompe ne peut pas être utilisée
efficacement au-dessous d’une limite de
température, à cause du givrage. Les pompes à
chaleur « air-eau » ou « air-air » sont donc
surtout utilisées en demi-saison, la chaudière
prenant la relève pendant les plus grands froids.
v La source de chaleur peut aussi être de l’eau
souterraine quand elle est disponible (cf. fig. 5 ),
ou le sous-sol. Les pompes à chaleur sont alors
du type « eau-eau » et présentent une plus
grande plage d’utilisation, n’étant pas limitée par
la température extérieure.
Nota : Le rendement d’une pompe à chaleur est
mesuré par son coefficient de performance (COP),
qui est le ratio de l’énergie thermique délivrée
dans des conditions de température spécifiées,
sur l’énergie électrique consommée par le
compresseur (et le ventilateur éventuellement).
Le COP d’une pompe à chaleur « air-eau »
atteint 2 à 3,5 selon la température de l’air.
Une pompe à chaleur « eau-eau » atteint un
COP de 3 à 5.
c Utiliser un chauffage solaire
Cette solution présente deux difficultés : elle
nécessite une bonne exposition (orientation)
pour l’installation de capteurs solaires, et la
disponibilité de la chaleur est par nature sujette
aux variations météorologiques. Elle ne peut être
qu’un appoint thermique.
c Optimiser les circuits caloporteurs
Lorsque l’énergie thermique est distribuée vers les
différents locaux par un circuit d’eau ou d’air, dans
le cas d’un système de chauffage centralisé, pour
économiser l’énergie il convient aussi de réduire
la déperdition thermique le long des canalisations.
L’isolation des tuyaux d’eau ou des conduites d’air
est indispensable, surtout dans les zones non
chauffées (gaines, chaufferie, locaux techniques).
Il faut aussi réduire la consommation électrique
des pompes ou des ventilateurs en adaptant des
variateurs de vitesse, qui assureront la propulsion
juste nécessaire au besoin à couvrir.
c Optimiser le contrôle du chauffage
Le système de contrôle du chauffage doit assurer
le confort des utilisateurs avec une consommation
minimale d’énergie (cf. fig. 6 page suivante).
En régime normal, tous les locaux effectivement
utilisés doivent être à la température de confort.
Pendant les périodes de non-utilisation (nuit, fins
de semaines, vacances), la température peut
être abaissée de plusieurs degrés.
En permanence, le maintien d’une température
minimale « hors gel » est nécessaire pour ne
pas dégrader les locaux et le matériel contenu.
Cette optimisation nécessite une programmation
qui doit tenir compte :
v De l’inertie thermique du bâtiment. Ainsi, le
chauffage doit être remis en service quelques
heures avant l’arrivée des occupants ; de même
son interruption peut être commandée avant leur
départ. Il est très intéressant de régler ces
périodes au plus juste, en admettant une légère
baisse transitoire du confort.
v De l’occupation des locaux avec la possibilité
de régler indépendamment la température des
différentes parties du bâtiment, de façon à ne
pas chauffer un local inutilisé ou utilisé de façon
intermittente.
v Du climat extérieur (température extérieure,
vent, ensoleillement) de façon à estimer la
déperdition thermique du bâtiment.
Circuit de chauffage
(radiateur, serpentin…) Circuit d'eau Circuit à fluide réfrigérant
secondaire
Détendeur
Condenseur
Evaporateur
Compresseur
Circulation d'eau
souterraine
Fig. 5 : pompe à chaleur « eau-eau ».
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.12
Circuit d'eau
primaire
Automate de gestion
Sonde θ
extérieure
Thermostat
d'ambiance
Convecteur
Capteurs θ intérieurs
Radiateurs
Variateur
de vitesse
Pompe de
circulation
Chaudière
Capteur θ
Fig. 6 : circuit caloporteur à eau.
v Des « apports gratuits » que constituent le
rayonnement solaire, le métabolisme des
personnes présentes (environ 75 W /personne),
ainsi que de la chaleur générée par les process
(cuisine par exemple) et par l’éclairage intérieur.
Ces apports gratuits sont pris en compte par les
thermostats d’ambiance intérieure.
Enfin, pour un meilleur confort des utilisateurs, il
est souhaitable de régler individuellement la
température de consigne de chaque bureau.
L’ajustement est réalisé par une vanne
thermostatique commandant un radiateur à eau,
ou par un volet commandant l’arrivée d’air.
La réfrigération de l’air ambiant
(« climatisation » ou « air conditionné »)
Elle est nécessaire dans les pays à climat
chaud, et est de plus en plus utilisée dans les
régions tempérées pendant les périodes
estivales. C’est un élément de confort important,
souvent incontournable, ainsi qu’un poste
important de dépense en énergie électrique
dans le bâtiment.
Deux types d’installation sont possibles : des
unités individuelles pour chaque partie du
bâtiment (bureau, chambre…), ou un système
centralisé comprenant une batterie de groupes
générateurs de froid et un circuit de distribution
de froid par air ou par eau.
Dans les deux cas, le fonctionnement de base
est le même : un circuit frigorifique comportant
un compresseur absorbe la chaleur de l’air
intérieur et la rejette à l’extérieur (cf. fig. 7 ).
Pour économiser l’énergie consommée par une
climatisation, la plupart des solutions exposées
précédemment pour le chauffage sont
applicables. Toutefois il faut souligner :
c qu’il est préférable d’avoir une température de
consigne de l’ordre de 25 °C, qui est tout à fait
compatible avec le confort et l’efficacité ;
c que les systèmes frigorifiques nécessitent une
maintenance régulière. En effet, toute fuite de
fluide frigorifique a pour effet de faire chuter
fortement le rendement de l’unité. De même, la
propreté des échangeurs influe beaucoup sur
leur efficacité ;
Régulation
Détendeur
Sondes de température
Ventilateur
Condenseur
Ventilateur
VVD
Evaporateur
Compresseur
Fig. 7 : circuit frigorifique de climatisation.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.13
c que les nouveaux systèmes présentent
généralement un rendement optimal, car leurs
paramètres internes (pression, vitesse…)
s’adaptent automatiquement au besoin thermique
instantané.
Il est à noter que, contrairement au chauffage,
il n’y a pas d’apport gratuit pour la réfrigération et
que tout dégagement d’énergie calorifique (par
exemple par des lampes à incandescence) dans
un bâtiment réfrigéré augmente la dépense en
énergie absorbée par le compresseur (cf. fig. 8 ).
Le renouvellement de l’air ambiant
Il s’agit d’extraire l’air intérieur, vicié par l’activité
et la fréquentation du bâtiment, et de le remplacer
par la même quantité d’air extérieur « frais ».
Cette fonction est liée au chauffage et à la
climatisation, car :
c le système de distribution d’air est souvent
utilisé pour adapter la température,
c le volume d’air extérieur injecté doit être amené
à la température de consigne, et ce besoin
thermique s’ajoute aux déperditions du bâtiment.
C’est un poste important de la consommation
d’énergie (cf. fig. 9 ). Pour le réduire différents
moyens sont envisageables.
c L’asservissement de l’extraction d’air
Une ambiance confortable pour les personnes
occupant le bâtiment nécessite un système de
renouvellement d’air, car :
v la température et le taux d’humidité doivent
rester dans les limites spécifiées,
v la concentration de polluants de quelque
nature que ce soit (produits par l’activité
industrielle des occupants du bâtiment) doit
rester acceptable,
v le dioxyde de carbone (notamment produit par
la respiration des personnes présentes) doit être
extrait du bâtiment.
C’est pourquoi les systèmes de renouvellement
d’air sont obligatoires et que leur fonctionnement
a d’autant plus d’importance pour la sécurité et le
confort, que le nombre de personnes présentes
est grand.
Tous les bâtiments ont donc un système de
renouvellement d’air pour toutes les pièces du
bâtiment. Ce sont généralement des systèmes
c En demi saison
Période sans chauffage ni climatisation,
la dépense énergétique est de 100 W.
c En période de chauffage
Le dégagement calorifique, pris en compte par
le thermostat, réduit la consommation du
chauffage et le coût résultant de l’éclairage
est nul.
c En période de climatisation
A la consommation de l’éclairage (100 W)
s’ajoute la consommation du compresseur
(30 % typiquement) nécessaire à l’évacuation
de cette chaleur. La dépense totale est alors
de 100 + 30 = 130 W.
Fig. 8 : influence des apports gratuits : exemple simple
d’une lampe à incandescence de 100 W.
Le système existant comportait un caisson de
traitement d’air et 2 moteurs (extraction et
soufflage) de 16 kW à 1400 tours / min.
De façon à réduire le débit d’air extrait et
insufflé pendant les heures de faible occupation
des chambres, la solution a consisté à équiper
de variateurs de vitesse les 2 moteurs, et de
les piloter par un programmateur horaire.
Coût de l’installation : 5000 €
Economie annuelle : 22 % de la ventilation
soit 1900 €
Temps de retour de l’investissement : 2,6 ans
Fig. 9 : exemple d’économie réalisée avec la
modification de l’installation de ventilation des chambres
dans un grand hôtel (source Schneider Electric).
centralisés comportant une unité de traitement
d’air et un réseau de canalisations. En règle
générale, ces systèmes sont étudiés pour
remplir leur fonction avec une occupation
maximale des locaux (personnel habituel et
visiteurs occasionnels). Or, en occupation
normale, ce surdimensionnement du débit d’air
est un important gaspillage d’énergie. Réguler le
débit d’air extrait selon la concentration de CO2
dans l’espace intérieur permet d’adapter la
fonction du système à la demande. Avec plusieurs
détecteurs de taux de CO2, il est possible
d’ajuster les débits par zones (cf. fig. 10 ).
Ventilateur
d'extraction
Gaine d'extraction
M
M
Capteurs de CO2
Fig. 10 : ventilation contrôlée par le taux de CO2 .
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.14
M
VVD
Système de contrôle
Remarque : Dans un parking, c’est le taux de
monoxyde de carbone (CO) émis par les
véhicules qui doit être contrôlé et une économie
substantielle est aussi réalisable en adaptant le
débit de la ventilation au besoin réel.
c La ventilation mécanique à récupération de
chaleur
En période de chauffage et / ou de réfrigération,
le renouvellement de l’air intérieur conduit à
rejeter à l’extérieur de l’air à 20 °C, pour le
remplacer par de l’air à 0 °C qu’il faut chauffer
(ou à 40 °C qu’il faut réfrigérer). Pour réduire
cette perte d’énergie, un échangeur à contrecourant entre l’entrée et la sortie d’air peut être
installé. Il transfère l’énergie du flux le plus
chaud vers le flux le plus froid.
L’économie réalisable est importante, mais ce
fonctionnement doit être prévu dès la conception
du bâtiment, par exemple pour la disposition des
conduits.
4.2 Economie sur l’eau chaude sanitaire
Il faut distinguer l’eau chaude nécessaire à un
process de l’eau chaude sanitaire.
L’eau chaude qui entre, en plus ou moins grande
quantité, dans un process de production fait
généralement l’objet d’un traitement spécifique
(voir § Cogénération en annexe).
L’eau chaude sanitaire (ECS) utilisée le plus
souvent pour les besoins d’hygiène, mais aussi
pour des fonctions particulières, par exemple
pour une cuisine ou un bar, ainsi qu’au nettoyage
des locaux, est un service du bâtiment.
Pour économiser l’énergie utilisée pour la
production d’eau chaude, plusieurs solutions
sont possibles, voire cumulatives.
Mesurer les consommations d’eau chaude
(volumes consommés), par zone du bâtiment,
par service… afin de localiser les consommations
anormales, de responsabiliser les utilisateurs, et
éventuellement de leur imputer la dépense.
Détecter et supprimer les fuites d’eau chaude
Une fuite d’eau chaude, même minime, parce
qu’elle a lieu en permanence, représente un
volume important comparé aux quantités
utilisées. Relativement à la consommation
d’énergie utile, le gaspillage peut donc être
considérable. Il convient donc d’assurer un bon
entretien de la robinetterie.
Eviter les consommations inutiles
Choisir une robinetterie à détecteur de présence
ou à arrêt automatique, ou des dispositifs
sanitaires économes en eau.
Optimiser la température de consigne du
système de production
Pour une utilisation sanitaire, la température ne
devrait pas être supérieure à 55 °C, mais le
confort des personnes est assuré avec 45 °C.
Prévoir et optimiser une boucle de circulation
Il y a une distance à ne pas dépasser entre la
production et l’utilisation, de l’ordre d’une dizaine
de mètres, faute de quoi l’eau coule froide trop
longtemps. Outre que le consommateur perçoit un
défaut de confort, le volume d’eau chaude
effectivement consommé est la quantité totale
puisée : la majeure partie de l’énergie est perdue
(elle sert à réchauffer le tuyau à chaque usage).
Pratiquement :
c dans les installations non résidentielles, il faut
prévoir une production répartie (chauffe-eau à
moins de 10 m de chaque point d’utilisation) ;
c dans les bâtiments où il y a beaucoup de points
d’utilisation (hôtel par exemple), une boucle est
prévue dans laquelle l’eau chaude circule à
proximité immédiate des utilisations. Ses tuyaux
doivent être isolés efficacement et le débit de la
pompe de circulation adapté de façon à obtenir
au retour une température juste suffisante (40 °C)
en l’absence de tout puisage. Pour cela, une
commande de la pompe par variateur de vitesse
est intéressante. Enfin, il est aussi possible, en
fonction du profil de la courbe d’utilisation,
d’arrêter la circulation quand le besoin d’eau
chaude est statistiquement improbable.
Utiliser une pompe à chaleur dédiée à l’ECS
Il existe des unités de production d’eau chaude
sanitaire à partir d’une pompe à chaleur, la
source de chaleur étant soit l’air extérieur, soit
l’air ambiant du local technique dédié au
chauffage. Cette solution présente l’intérêt de
pouvoir fonctionner toute l’année. Elle est
particulièrement intéressante dans les pays à
climat chaud, où elle assure une économie de
60 % par rapport à un chauffe-eau électrique
direct. Dans les pays ayant une saison froide, un
appoint par résistance est nécessaire.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.15
4.3 Economie sur l’éclairage
L’éclairage est dans tous les bâtiments une
prestation incontournable : il contribue à assurer
la sécurité, le confort des occupants et la
productivité des activités.
C’est un poste souvent très important de
dépense d’énergie, et parfois le premier.
Les principales approches d’économie d’énergie
pour cette prestation sont les suivantes.
Réduire la puissance installée
Utiliser des lampes de conception récente, qui à
flux lumineux égal ont une puissance nominale
fortement diminuée, notamment les lampes fluocompactes (- 70 % par rapport aux lampes à
incandescence), les tubes fluorescents récents
de petit diamètre (- 30 % par rapport aux tubes
classiques) ; utiliser des lampes à ballast
électronique (- 20 % par rapport aux ballast
ferromagnétiques).
Utiliser des luminaires de conception récente,
dont l’optique utilise au mieux le flux lumineux
émis par les lampes.
L’économie sur la facture de consommation
électrique est alors doublée d’une économie sur
la durée de vie et la maintenance par la
simplification qu’offre le matériel performant.
Le confort visuel est également amélioré.
Supprimer les allumages inutiles
c En fonction du niveau d’éclairement naturel
v Dans un bâtiment, les zones situées près des
fenêtres extérieures nécessitent moins d’apport
lumineux que les zones intérieures. Tenir
compte de cette remarque de bon sens permet
d’économiser une proportion de l’énergie
consommée, variable selon l’éclairement naturel
intérieur pendant les heures de jour. Eclairement
qu’il faut évidemment compléter lors des heures
de service quand la nuit est tombée. Cette
fonction peut être assurée par un dispositif de
commande de l’éclairage intégrant une mesure
d’éclairement ou par des gradateurs insérés
dans les luminaires qui font varier
automatiquement le flux émis en fonction de la
lumière extérieure (cf. fig. 11 ).
v A l’extérieur, il est aussi possible de réduire
l’éclairage (parkings, allées, accès) aux heures
les plus sombres. Cependant, comme dans la
pénombre (au crépuscule) l’œil a besoin de plus
d’éclairage artificiel que dans la nuit noire, il est
judicieux de prévoir un détecteur de niveau
d’éclairement et une horloge assurant la
diminution progressive de la tension
d’alimentation des sources lumineuses.
c En fonction de la présence des occupants
Sauf un éclairage minimum de sécurité, il ne faut
pas éclairer en permanence des zones non
occupées ou occupées par intermittence. Sont
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.16
Remplacement de l’allumage permanent par
allumage automatique sur détection de
présence, et utilisation d’un interrupteur horaire
programmable :
c Les détecteurs utilisés ont un rayon de
détection de 12 m, et commandent jusqu’à
500 VA de tubes fluorescents ou lampes
fluocompactes. Ils sont installés en plafond tous
les 20 m de façon à assurer le recouvrement
des zones de détection.
c L’interrupteur horaire commande le
fonctionnement suivant : aux heures de
passage intensif, 50 % des lampes sont
allumées en permanence, et 50 % s’allument au
passage d’une personne. Aux heures creuses,
50 % sont éteintes et 50 % s’allument au
passage d’une personne.
Coût de l’installation : 2 000 €
Economie annuelle : 50 % de l’éclairage des
couloirs soit 1 200 €
Temps de retour de l’investissement : 1,7 an
Nota : un éclairage de sécurité est déjà en
place.
Fig. 11 : modification de l’installation d’éclairage des
couloirs d’un grand hôtel (source Schneider Electric).
notamment concernés les couloirs, escaliers et
paliers qui ne sont que des lieux de passage et
les entrepôts et locaux techniques sans
présence humaine permanente.
La minuterie classique est déjà une source
d’économie importante.
Pour plus de performance et de confort, il existe
des détecteurs de présence, qui sont même
intégrables dans les luminaires : lorsqu’ils
identifient un mouvement, ils commandent
l’éclairage des lampes situées à proximité qui
restent allumées tant que le mouvement est
détecté. En l’absence de mouvement, les
lampes s’éteignent après un temps réglable
(quelques secondes à quelques minutes).
Concevoir un système automatisé de gestion
de l’éclairage
Des systèmes automatisés communiquant avec
les différents organes (luminaires, interrupteurs,
détecteurs, appareils de mesure) permettent de
commander des éclairages séparément, par
zone géographique, par type de point lumineux,
par fonction et individuellement. Ces systèmes
sont paramétrables, reconfigurables et flexibles.
L’économie d’énergie qu’ils permettent est
maximale, tout en assurant le confort parfait de
l’utilisateur.
4.4 Réduction des pertes d’énergie électrique
Le réseau électrique lui-même consomme
toujours de l’énergie. De plus s’il n’est pas
convenablement conçu et adapté aux besoin
des utilisateurs, le réseau est une cause de
gaspillage d’énergie et en même temps ne
donne pas toute satisfaction en terme de qualité
et de disponibilité d’énergie.
Amélioration du facteur de puissance
L’énergie réactive est consommée dans le circuit
magnétique des charges telles les moteurs et
par les éclairages fluorescents non compensés.
En l’absence de correction, le courant circulant
dans les conducteurs est augmenté, pour une
même énergie active utilisée. Un ensemble
important de ces charges selfiques implique un
avec P = P1 + P2 = 550 kW
et Q = Q1 + Q2 = 440 kVAR soit S = 704 kVA.
Le nouveau facteur de puissance est
cos ϕ = P / S = 0,78.
630 kVA
450 kW
cos ϕ 0,8
Q
100 kW
cos ϕ 0,7
Le constat
La puissance du transformateur existant est
insuffisante pour alimenter cet ensemble de charges.
200 kvar
Puissance apparente
nominale du transformateur
S2
S
S1
déphasage entre l’intensité et la tension dans
l’installation électrique du site. Le cosinus de
l’angle de ce déphasage est appelé facteur de
puissance : cos ϕ = FP.
Pour cos ϕ = 1, l’intensité et la tension sont en
phase et l’intensité est minimale ; plus l’écart est
important avec cette valeur idéale, plus le fonctionnement est dégradé, avec pour conséquences :
c une surintensité sur le réseau électrique du
site, ainsi que sur le réseau public d’alimentation,
c des pertes supplémentaires par effet Joule sur
tout le réseau,
c une surcharge et un échauffement des
transformateurs et une limitation de la puissance
active disponible (cf. fig. 12 ),
Q2
S = P 2 + Q 2 < 630 kVA donc :
Condensateurs
P2
Q1
Sc
La solution : compenser l’énergie réactive.
Définition de la batterie de condensateurs, pour
cela la puissance réactive corrigée doit permettre
l’inégalité :
Qc
P1
P
Le besoin
Ajouter dans une installation industrielle existante
comportant un transformateur de puissance
Sn = 630 kVA, pour alimenter un ensemble de
charges de puissance active P = 450 kW avec un
cos ϕ = 0,8, une charge de puissance
P2 = 100 kW avec cos ϕ = 0,7.
Vérification préalable
La puissance apparente consommée est :
S1 = P1 / cos ϕ = 450 / 0,8 = 563 kVA
et la puissance réactive est :
Q1 = S12 − P12 = 338 kVAR .
La puissance apparente de la charge
supplémentaire est :
S2 = P2 / cos ϕ = 100 / 0,7 = 143 kVA
sa puissance réactive est :
Q2 = S22 − P22 = 102 kVAR .
La puissance apparente totale à fournir par le
transformateur est S = P 2 + Q 2
Qmax = S 2 − P 2 = 630 2 − 550 2 = 307 kVAR
Il faut donc prévoir au minimum :
Q - Qmax = 440 - 307 = 133 kVAR qui donne un
cos ϕ minimum = P / S = 550 / 630 = 0,873
Un banc de condensateurs de 200 kVAR est
installé, d’où : Q = 440 - 200 = 240 kVAR et
S = P 2 + Q 2 = 550 2 + 240 2 = 600 kVA
avec un cos ϕ = P / S = 550 / 600 = 0,917.
Ceci pour un coût de 12 000 € (banc de
condensateurs automatisé).
Avantages
c Des économies
v d’énergie active correspondant à l’échauffement
des circuits : 3 000 kWh / an soit 200 € / an,
v sur la puissance maximale appelée (en kVA) :
2 500 € / an,
v par suppression de 7 000 € / an de pénalités
(arrêt de la consommation de 250 000 kVARh / an).
c Le changement du transformateur par un plus
puissant n’est pas nécessaire : une réserve de
puissance est encore disponible.
c Le fonctionnement de ce transformateur dans de
meilleures conditions dont la durée de vie sera
plus longue.
c Un temps de retour sur investissement court :
1,3 an.
Fig. 12 : extension d’un réseau industriel avec compensation d’énergie réactive (source Schneider Electric).
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.17
c une chute de tension en bout de ligne, qui peut
induire un fonctionnement anormal de certains
récepteurs sensibles,
c dans de nombreux cas, une pénalité financière
facturée par le distributeur d’énergie (dont les
installations, elles aussi, sont surchargées par
l’énergie réactive consommée par leurs clients),
pénalité dont les modalités de calcul sont
variables selon le pays et le distributeur.
La solution à ce problème est d’installer des
générateurs d’énergie réactive (des
condensateurs) soit au plus près des charges
qui la consomment (compensation locale), soit
dans des points choisis du réseau électrique
(compensation centrale).
La compensation est faite sur la partie basse
tension du réseau électrique et parfois, dans le
cas d’installations plus puissantes, sur la partie
moyenne tension.
Une compensation correcte permet de maintenir
le fonctionnement d’une installation à un facteur
de puissance supérieur à 0,93 qui est considéré
comme satisfaisant.
Mais une installation ne fonctionne pas en
permanence dans la même configuration : des
circuits sont commutés, des charges sont mises
en service ou hors service, des moteurs
démarrent et s’arrêtent. Et il n’est pas souhaitable
de laisser connectée en permanence la
compensation calculée pour la charge maximale,
car il y a un risque de « surcompensation » avec
des surtensions nuisibles à l’installation et aux
équipements. En pratique, une compensation
optimale peut être réalisée avec des
condensateurs groupés en « gradins », chaque
gradin étant connecté au circuit électrique par un
contacteur piloté par un régulateur assujetti au
facteur de puissance mesuré.
Réduction du taux d’harmoniques
Des « harmoniques » (courants ou tensions de
fréquence multiple de la fréquence de
fonctionnement 50 ou 60 Hz) sont générés par
certains récepteurs dits « non linéaires »,
notamment ceux qui comportent de
l’électronique : appareils ménagers, ordinateurs,
onduleurs, variateurs de vitesse… Ils se
superposent au courant ou à la tension du
réseau électrique.
Ces harmoniques, renvoyés en amont sur le
réseau, constituent une pollution pour tous les
autres récepteurs dont certains sont très
sensibles. De plus ils sont aussi la cause de
pertes d’énergie par effet Joule, qui peuvent
couramment atteindre 10 % dans les
conducteurs, les transformateurs et tous les
récepteurs.
Préserver la qualité de l’énergie électrique
(forme d’onde, fréquence…) oblige à réduire ou
éliminer ces harmoniques, et pour cela à mettre
en place des filtres anti-harmoniques adaptés au
réseau et aux récepteurs du bâtiment dont la
conception nécessite des études très spécialisées.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.18
Dans des cas industriels très spécifiques (fours
de métallurgie, machine à souder) les filtres sont
insuffisants, c’est le réseau électrique qui doit
être initialement conçu pour cette utilisation.
Réduction des pertes thermiques sur le
réseau électrique
Ces pertes sont produites par le passage du
courant dans toutes les parties du réseau
électrique du bâtiment (effet Joule).
Le remplacement d’anciens appareils ou
équipements par d’autres matériels récents
permet de réduire de manière significative ces
pertes :
c les transformateurs de distribution (jusqu’à
3 MVA)
Les évolutions technologiques des matériaux et
en particulier des tôles magnétiques permettent
une réduction des pertes à vide de 15 à 20 %
quelque soit le type de transformateur, immergé
ou sec.
c les tableaux et coffrets électriques
C’est une recherche sur leurs architectures de
répartition qui a permis de réduire les longueurs
des conducteurs d’environ 40 % dans les
tableaux généraux basse tension - TGBT - et
ainsi leurs pertes par effet Joule d’environ 30 %
(cf. fig. 13 page suivante). A cette économie
d’énergie doit être ajoutée celle réalisable par le
choix des appareils qui y sont intégrés.
C’est le cas notamment des contacteurs,
souvent en nombre dans les automatismes par
exemple, alors que la consommation d’un ancien
ensemble contacteur-disjoncteur d’un départ
moteur de calibre 20 A « modèle D »
consommait en maintien 20 W, un « modèle U »
(marque Telemecanique) ne demande que 7 W.
De telles réductions peuvent également éviter de
climatiser le local électrique.
c les ASI (Alimentation Sans Interruption)
Le rendement des onduleurs varie selon les
caractéristiques de la charge alimentée (facteur
de puissance notamment) et les technologies
récentes ont permis une amélioration importante
du rendement des onduleurs d’autant plus
intéressante que le facteur de puissance est
élevé : de l’ordre de 10 à 15 % par rapport aux
systèmes plus anciens. En fonction de la
puissance du réseau secouru, il est donc
possible de réaliser une économie appréciable
en remplaçant des onduleurs anciens.
En 1980
Longueur moyenne des liaisons
dans un TGBT : 50 cm
1
2
3
En 2000
Longueur moyenne des liaisons
dans un TGBT : 5 cm
4
1
2
3
4
Arrivée
Arrivée
1
2
3
4
Départ
Départ
Fig. 13 : évolution de l’architecture d’un tableau électrique entre 1980 et 2000 (source Merlin Gerin Alpes).
4.5 Autres économies
Economies sur les fluides
Les systèmes de production et de distribution
d’air comprimé, comme de vapeur,
essentiellement développés pour les besoins
des process, sont des gisements très importants
d’économie d’énergie.
La distribution d’eau peut faire aussi l’objet de
mesure d’économie, surtout lorsque la hauteur
d’un bâtiment est importante, et rend nécessaire
des pompes qui assurent une pression
d’utilisation convenable.
La distribution économique de ces fluides obéit
aux mêmes règles :
c adaptation de la pression de consigne au
niveau strictement nécessaire au bon
fonctionnement,
c réglage automatique du régime des pompes à
la demande, et diminution du nombre de
démarrages avec l’emploi de variateurs de
vitesse sur les moteurs des pompes,
c détection et élimination de toute fuite qui ferait
fonctionner inutilement les pompes,
c arrêt des pompes pendant les périodes de
non-occupation.
Economie sur le fonctionnement des
systèmes mécaniques
Les ascenseurs, élévateurs, escaliers roulants et
systèmes de manutention sont mus par des
moteurs électriques avec un grand nombre de
démarrages et des variations importantes de
charge.
Là encore, des économies d’énergie sont
réalisables par une maintenance sérieuse
effectuée par des professionnels, complétée de
contrôles réguliers (les dérives de consommation
sont souvent annonciatrices de panne).
La commande des moteurs par des variateurs
de vitesse, outre les réductions de
consommation, offre une plus grande souplesse
de fonctionnement.
4.6 Avantages d’une bonne maintenance
La plupart des systèmes de confort et utilités du
bâtiment doivent bénéficier de nos jours d’une
maintenance périodique préventive pour les
mêmes raisons (concurrence accrue et délais
réduits) que les process. Elle peut aussi être
complétée par un contrôle continu de l’état des
systèmes. Par exemple, lorsqu’un simple moteur
électrique commence à avoir un fonctionnement
anormal à cause d’un défaut de fabrication, d’un
dépassement de ses conditions normales de
fonctionnement ou d’usure, cela se traduit
presque toujours par des échauffements
anormaux, un ralentissement, une baisse de son
facteur de puissance et une surconsommation.
Ce défaut aboutit plus ou moins rapidement à
une interruption de service, et pendant tout le
temps où le défaut n’est pas détecté et corrigé,
la consommation reste excessive.
Ainsi, la maintenance limite le nombre et la
durée des interruptions de service, et elle permet
de maintenir le rendement des différents
équipements dans les plages nominales.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.19
4.7 Importance du comptage
Il en est de même dans tous les bâtiments à
usage collectif : les comportements individuels et
les consommations changent selon que les
charges d’un service commun sont réparties ou
sont affectées suivant des relevés de
consommation individuelle.
Cela peut paraître une évidence, mais l’une des
plus importantes sources d’économie est le
comportement des personnes. Il est donc
nécessaire, pour une organisation qui a des
objectifs de réduction des coûts, de
responsabiliser tous ses services sur les
économies réalisables.
L’installation et le relevé de compteurs d’énergie
divisionnaires judicieusement placés avec, ou
non, l’affectation des coûts réels (par service,
par atelier, par étage, par système fonctionnel),
qui sensibilise les personnes concernées, est la
première étape. Ces compteurs peuvent en
même temps mesurer l’énergie réactive, les
chutes de tension, les courants harmoniques. Un
dispositif (automate ou ordinateur) peut être
dédié à la centralisation des mesures et à
l’établissement d’outils de gestion.
La seconde étape est dans l’analyse et la
comparaison des consommations qui mettent en
évidence les actions correctrices locales à
entreprendre.
Ce comptage peut être complété, pour le
chauffage (et la climatisation), par un comptage
d’énergie thermique et/ou par des relevés de
température pour vérifier ou modifier des
consignes données.
4.8 La démarche d’audit énergétique
Voici la démarche (cf. fig. 14 ) que devrait suivre
une entreprise quand elle exprime le souci de
maîtriser l’énergie consommée dans son
bâtiment :
v en connaissant la répartition des consommations
énergétiques du bâtiment par fonction, par
secteur, par étage… notamment avec les
comptages partiels, s’ils existent. Tous les types
d’énergie sont à prendre en compte additivement ;
v en disposant de modèles de référence
représentatifs de l’activité et du type de bâtiment.
c Selon le niveau de connaissance acquis,
effectuer, si nécessaire, de nouvelles mesures.
Par exemple, en installant des dispositifs de
sous-comptage d’énergie, en nombre suffisant,
aux points de répartition des réseaux, pour
l’électricité et éventuellement pour les autres
énergies (gaz, fioul), pour l’eau chaude, l’air
comprimé, …
c Comparer les consommations mesurées par
fonction avec les valeurs de référence des
modèles permet d’identifier les fonctions les
moins performantes (équipement rudimentaire
ou obsolète, gestion ou organisation perfectible).
c Bâtir et chiffrer des avant-projets de travaux
d’amélioration susceptibles de procurer les
économies les plus importantes, puis sélectionner
un ou des projets étudiés, en fonction de leur
efficacité et des retours sur investissement.
Rassembler les informations
Effectuer
des mesures complémentaires
Identifier
les gisements d'économie
Etablir un projet chiffré
de modifications
Réaliser les travaux
Suivre les consommations
et vérifier les résultats
Fig. 14 : la démarche de réduction des
consommations d’énergie.
c Réaliser les modifications matérielles et
organisationnelles. En particulier former et
informer les utilisateurs, promouvoir les
nouveaux comportements.
Une mesure des nouvelles consommations
partielles permet d’apprécier la pertinence des
solutions mises en œuvre. Toutefois l’impact des
travaux effectués doit être estimé avec
réalisme : il faut, par exemple, tenir compte des
variations climatiques, du niveau d’activité et de
la fréquentation du bâtiment, du nombre de jours
travaillés, …
c Faire le bilan : le total des énergies consommées
donne un premier résultat de cette démarche.
A partir de ces résultats, envisager d’autres
projets d’économie d’énergie.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.20
5 Etudes de cas
5.1 Optimisation de la facture d’énergie d’un hôpital
Cet hôpital, situé dans un pays d’Amérique
Latine, cherchait à réduire ses dépenses
d’électricité.
Dans le cas d’une structure de santé, la
continuité de fourniture est évidemment une
exigence majeure ; il existait donc une
installation de trois groupes électrogènes utilisés
pour faire face aux interruptions d’alimentation.
L’examen des factures d’électricité mettait en
évidence :
c un très important surcoût correspondant à la
puissance appelée dans les périodes « heures
de pointe » définies par la régie,
c des pénalités pour consommation excessive
d’énergie réactive.
Charges fixes
Autres charges
Energie
Demande maximale
Demande heures de pointe
Pénalité FP
Fonctionnement des groupes
Avant
US$
13
1 092
121 768
17 600
49 308
1 525
191 306
La solution proposée, et qui a été mise en
œuvre, comprend :
c une installation d’un système de contrôle
automatique pour l’exploitation des trois
générateurs existants,
c une installation de batteries de condensateurs
pour la compensation d’énergie réactive,
c un dispositif de contrôle de la demande
d’énergie électrique.
Le comparatif des factures avant et après la
modification a mis en évidence une économie
globale de 17 % (cf. fig. 15 ).
Compte tenu du prix des travaux effectués, le
délai de retour sur investissement a été estimé à
2,6 ans.
Après
US$
13
1 092
111 296
15 840
0
0
30 583
158 824
Economie
US$
0
0
10 472
1 760
49 308
1 525
-30 583
32 482
%
0
0
9
10
100
100
17
Fig. 15 : comparatif des factures de fourniture d’électricité d’un hôpital, avant et après modifications.
5.2 Installation de ventilation avec variateur de vitesse
Dans la grande majorité des installations de
ventilation, le ventilateur est mu par un moteur
connecté directement au réseau. Le moteur ne
peut donc tourner qu’à sa vitesse nominale.
Le débit d’air circulant dans les canalisations
est adapté en amont ou en aval du ventilateur
à l’aide de ventelles ou volets dont l’inclinaison
déterminera la section de passage et le débit.
L’installation d’un variateur de vitesse permet
d’éliminer les ventelles, le débit d’air étant réglé
uniquement par la vitesse de rotation du
moteur. Les avantages sont nombreux
(cf. fig. 16 ) :
c le démarrage se fait progressivement, sans
pointe de courant, avec un bruit réduit, sans
échauffement du moteur ;
c le facteur de puissance est nettement
amélioré, au démarrage et en régime établi ;
c la durée de vie du moteur est allongée ;
Puissance consommée (%)
100
80
60
40
20
0
20
Débit
(%)
30
40
50
60
70
80
90
100
Réglage par ventelles au refoulement
Réglage par ventelles à l'aspiration
Réglage par vitesse variable
Fig. 16 : courbes débit – puissance d’un ventilateur.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.21
c l’économie d’énergie est importante : en effet,
à partir d’un point de fonctionnement nominal à
débit maximal, le comportement du système est
très différent avec ou sans variateur (voir courbe
débit – puissance du ventilateur) ; ainsi, pour un
débit égal à 80 % du débit nominal, la réduction
de puissance consommée est de 3 % sans
variateur, et 50 % avec variateur ;
c enfin, avec les variateurs modernes équipés de
filtrage les réjections de courants harmoniques
sur le réseau amont ne sont plus à craindre.
Des logiciels de calcul permettent d’évaluer
précisément l’économie réalisée et le retour sur
investissement.
Energie active (kWh / an)
Energie réactive (kVARh / an)
Sans
variateur
126 600
78 450
Ainsi, pour un ventilateur mu par un moteur de
20 kW, ayant un régime de fonctionnement
journalier comprenant :
v 2 h à 100 % du débit,
v 6 h à 80 %,
v 4 h à 50 %,
v 12 h à 20 %,
l’adaptation d’un variateur de vitesse et la
suppression des ventelles de réglage au
refoulement réduisent notablement les
consommations (cf. fig. 17 ).
Le retour sur investissement est de l’ordre de
6 mois.
Avec
variateur
55 700
0
Economies
réalisées
70 900
78 450
Fig. 17 : économies réalisables par l’utilisation d’un variateur de vitesse pour une ventilation
(Référence du variateur : ALTIVAR-Telemecanique ATV58HD28N4, avec inductance de ligne incorporée,
source Schneider Electric).
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.22
6 Conclusion
La maîtrise de la consommation d’énergie est
depuis longtemps un souci majeur pour
beaucoup de pays -même ceux qui n’ont pas
signé le protocole de Kyoto- par souci d’équilibre
budgétaire et par crainte de pénuries qui
peuvent être dues notamment :
c à un parc de centrales de production électrique
opérationnelles insuffisant,
c à un réseau de transport d’énergie électrique
obsolète ou inefficace.
Cette préoccupation, au niveau mondial, n’a
cessé de se renforcer dans les dernières années
et tout indique qu’il en sera encore longtemps
ainsi.
D’autre part, pour réduire les émissions de CO2
et le réchauffement de l’atmosphère, certains
états ont lancé des actions qui, selon toute
vraisemblance, seront prolongées à long terme
et étendues à d’autres pays. La pression et les
incitations ne feront qu’augmenter dans les
prochaines décennies dans beaucoup de pays.
Les utilisateurs, quant à eux, exigent de
préserver et d’améliorer le bon fonctionnement
de leur outil de travail et le niveau de confort de
leurs bâtiments, tout en se conformant aux
réglementations nationales, et en maîtrisant les
charges de leur consommation d’énergie.
Les acteurs professionnels du domaine de la
distribution et de la gestion de l’énergie (bureaux
d’études, installateurs, entreprises de service)
sont donc les premiers concernés : ils doivent
développer et mettre à disposition de leurs
clients les solutions les plus innovantes, tant lors
de travaux d’amélioration que lors de la
conception de nouveaux immeubles.
Pour cela, les constructeurs les plus avancés de
matériel électrotechnique, comme Schneider
Electric, mettent au point des gammes
d’appareils intégrant intelligence et
communication, aptes à remplir les fonctions
nécessaires.
Enfin, dans une démarche de recherche
d’économie d’énergie d’un bâtiment, un audit
énergétique pertinent est une étape
indispensable pour aboutir à une optimisation
réelle des consommations.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.23
Annexe : la cogénération
La cogénération est définie comme la génération
associée d’énergie électrique et thermique à
partir de la même source de combustible.
Il faut distinguer deux concepts différents de
cogénération : cycle amont et cycle aval.
Le but premier est la génération d’énergie
électrique, la vapeur ou l’eau chaude sont
utilisées comme sous-produit dans le process.
Exemple : les papeteries, qui nécessitent de
l’énergie électrique, de la vapeur et de l’eau
chaude dans leur process.
Trois applications courantes :
c Turbine à vapeur : un combustible est brûlé
pour produire de la vapeur à haute pression qui
entraîne un turbo-alternateur, l’échappement de
la turbine est utilisé sous forme de vapeur à
pression réduite ou d’eau chaude.
c Turbine à gaz : une turbine à gaz est utilisée
pour produire de l’électricité, les gaz
d’échappement (à environ 500 °C) sont dirigés
vers un récupérateur de chaleur qui produit de la
vapeur ou de l’eau chaude utilisée dans le
process (cf. fig. 18 ). Ce procédé est utilisé dans
différentes industries, ainsi que dans les
hôpitaux, les aéroports…
Cycle amont
c Moteur diesel : un moteur diesel entraîne un
alternateur, le circuit de refroidissement du
moteur sert à produire de l’eau chaude pour le
chauffage, par exemple l’eau d’une piscine.
Gaz d'échappement
Circulation d'eau
Energie
électrique
Récupérateur de chaleur
Combustible
Moteur ou turbine
Alternateur
Système de contrôle
Fig. 18 : cogénération : cycle amont.
Cycle aval
La chaleur ou les gaz chauds, sous-produits
d’un process de fabrication, sont utilisés pour la
génération d’énergie électrique.
Les exemples, moins nombreux, concernent
l’industrie lourde (fours d’aciérie notamment).
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.24
Les gaz chauds rejetés sont utilisés pour
produire de la vapeur qui alimente une turbine
entraînant un alternateur (cf. fig. 19 page
suivante). Couramment, l’électricité ainsi
produite est vendue au distributeur local.
Gaz d'échappement
Gaz chauds
Energie
électrique
Récupérateur de chaleur
Vapeur
Process
Turbine
Alternateur
Fig. 19 : cogénération : cycle aval.
Avantage
Un système de cogénération a un meilleur
rendement global sur le combustible que des
systèmes séparés, avec couramment jusqu’à
30 % d’économie (cf. fig. 20 ).
Une grande variété de combustibles peuvent
être utilisés : gaz naturel, fioul, charbon, bois,
déchets agricoles (biomasse), ordures
ménagères.
Cogénération :
Système conventionnel séparé :
Rendement du
générateur : 35 % 100 Générateur
35
Rendement de
l'ensemble : 85 %
Générateur
35
Chaudière
50
100
Perte
Perte
65
Rendement de la
chaudière : 90 %
55 Générateur
Perte
50
15
5
Economie sur le combustible : 155 - 100 = 35 %
155
70
Fig. 20 : bilan énergétique cogénération.
Cahier Technique Schneider Electric n° 206 / p.25
XXXXX
Direction Scientifique et Technique,
Service Communication Technique
F-38050 Grenoble cedex 9
Télécopie : 33 (0)4 76 57 98 60
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