K2/100 Review from Radio-Ref Magazine (In French)

K2/100 Review from Radio-Ref Magazine (In French)
Un transceiver pas comme les autres :
le K2 de Elecraft
Luc Favre F6HJO
Eh oui ! Il est toujours possible de nos jours de construire son propre transceiver,
qui plus est de très haute qualité. Depuis quelque temps déjà, certaines revues ont parlé du K2,
émetteur-récepteur en kit (et en kit seulement) produit par une petite société californienne,
Elecraft. De plus en plus répandu aux Etats-Unis, en Allemagne et en Angleterre,
mais beaucoup moins en France, ce kit allie la simplicité de montage à la puissance des produits
les plus sophistiqués que l’on connaît aujourd’hui. Souvent présenté comme un appareil QRP,
le K2 ne l’est que par sa puissance de sortie, 10 à 15 W dans sa version de base.
Mais il n’a rien à envier aux grands. Aux Etats-Unis se produit à l’heure actuelle un phénomène affectif
autour du K2, et posséder ou utiliser cet appareil relève tout autant de la technique que d’un art de vivre.
Voyons donc cet appareil, de plus près.
Le K2, vue extérieure
Tout ce matériel tient dans le coffret
d’origine. Les modules sont enfichables, sans câblage volant. Le PA, lui,
remplace le couvercle de la version
QRP. Le matériel livré est de première
qualité. Le K2 a aussi été pensé pour le
portable sac à dos : son poids bien sûr,
mais aussi sa consommation très faible ;
les relais, par exemple, sont des bistables, avec une consommation négligeable ; l’affichage peut aussi être éteint
ou réduit au minimum, toujours dans
un souci d’économie.
Le schéma de principe est simple (voir
fig.1) : filtres passe-bas et filtres de
bande, commutation émission-réception à diodes, préamplificateur ou atténuateur insérables, VFO à PLL, simple
changement de fréquence vers une FI
à 4915 kHz d’où est dérivée le CAG,
filtres à quartz réglables, antiparasite,
détecteur de produit puis le cas
échéant filtre BF actif. Cette simplicité,
et aussi la volonté de ne pas avoir un
RX sans trou, a un
i m m e n s e
avantage : absence
totale d’oiseaux (le
seul connu, faible,
discernable seulement en l’absence
de l’antenne, est
sur 7000 kHz, et
l’on s’en sert pour
les réglages !), une
dynamique et une
sensibilité de réception rares (voir
tableau 1). Autre aspect positif : cette
réalisation présente certainement un
excellent rapport qualité/prix.
Ecoutons aussi les expériences faites
par F5FLN : « Le K2 incorpore dans ses
menus la possibilité d’afficher 3 fréquences pour transverter (50 MHz,
144 MHz et 432 MHz). J’utilise le K2
comme FI pour mes transverters VHF
et UHF. Moyennant quelques aménagements pour les télécommandes, le
K2 est réellement bien adapté à ce type
d’usage. »
Toutes ces fonctions sont supervisées
par un PIC qui s’endort entre chaque
sollicitation, dans le souci d’éviter les
bruits inhérents à ce genre de dispositif. Ce PIC permet aussi de régler largeur et centrage des filtres à quartz, de
fournir un générateur de traits et de
points, de mémoriser tous les paramètres bande par bande (filtres, mode,
fréquence, réglages d’antenne etc.).
Construction et réglages
Comme indiqué ci-dessus, le K2 n’existe qu’en kit, et le marché de seconde
main ne semble pas très actif pour cet
appareil : il est inexistant. Il faut donc
construire soi-même. Disons-le tout de
suite : si l’appareil est sophistiqué, il
n’est pas nécessaire d’avoir de profondes connaissances techniques1 pour
en réussir le montage. Il est par contre
absolument nécessaire d’être très rigoureux, de suivre les instructions à la
lettre et de savoir souder. A ce sujet, il
n’est pas inutile d’avoir une station ther-
1
L’auteur a bien fait des études d’électronique, mais c’était en 1962. Depuis,
il a surtout fait autre chose !
NOVEMBRE 2002
Le K2 n’est pas un produit de marketing ; il a été conçu par une équipe de
terrain. Tout en lui est donc pensé pour
l’utilisation : même s’il est géré par des
microprocesseurs PIC, seuls ses
réglages de base s’y trouvent ; il n’est
pas nécessaire de dérouler le troisième
sous-menu, dont on aura oublié l’accès,
pour régler la puissance de sortie, le
type de CAG ou la vitesse de manipulation, contrairement à bien d’autres
constructions.
Extérieurement, le K2 est petit, mais
sans exagération. On peut donc y travailler sans problème, d’autant plus
qu’il ne met en œuvre aucun composant de surface. En version de base, le
K2 ne travaille qu’en CW avec 10 à
15 W, de 10 à 80 m, avec manipulateur
électronique intégré, filtres FI à quartz
réglables ; puis viennent les ajouts possibles, notamment :
• module SSB,
• extension 160 m et entrée réception
séparée,
• noise blanker,
• filtre BF et horloge,
• boîte d’accord 10-160 m,
• interface RS232,
• PA 100 W.
25
RADIO-REF 749
Un transceiver fait
par des OM pour des OM
K EY
T-R
Comm on
SYN TH.
T-R
R X AN T.
SWITC H
Transm it
AT TEN.
AN D
PREAMP
NOVEMBRE 2002
BAN DPASS
F ILT ER S
figure 1
RADIO-REF 749
26
R ec eive
VC O
RCV
M IXER
O pt ion
DRIVER
RX A NT.
NO ISE
BLA NKER
BU FFER
Schéma de principe du K2
C onne ctor
1ST I.F.
AM P
POW ER
AMP
(10 W)
I. F. OUT
XM IT
MIXER
T- R
T- R
ON /O F F
AF
O UT
PRO D.
DET EC TOR
2N D I.F.
AMP
AGC
ANT.
1 2V DC
Rev. A 11-30-97
K 2 M A IN P C B B L OC K D IA G R A M
BF O
BAL .
MO D .
T- R
W. Bu rd ic k/E. Swar tz
E le C ra f t
M IC
AF
C RYS TAL
FILT ERS
LO W-PASS
F ILT ERS
12V
après avoir en avoir réalisé 53 (pour
tous les modules), nul doute que vous
serez passé maître en cet art délicat.
Le kit est fourni avec un manuel (en
anglais3) de construction, de réglage et
d’utilisation très complet. Des photos
présentent les composants, pour facili-
Générales
Dimensions : 20x21 cm
Poids : 1,5 kg (modèle de base)
Alimentation : 8,5-15 V, protégée contre inversion de
polarité et surintensité
Consommation
Réception : 100-140 mA (pos. économique), 150-250 mA
(pos. normale)
Emission : 1,8-2 A pour 10 W HF ; limite programmable
Contrôle de fréquence : VCO à PLL (9 bandes de 6,7 à
24 MHz) ; incrémentation fine par conversion digitale/
analogique
Bandes de fréquence : 1,8-2,0 (option) ;3,5-4,0 ;7,0-7,3 ;
10,0-10,2 ;14-14,5 :18-18,2 ; 21,0-21,6 ;24,8-25.0 ;28-28,8
VFO
Stabilité : <100 Hz (25°C)
Précision : +/- 30 Hz (sur 500 kHz) après calibration
Résolution : 10 Hz
Pas : 10, 50, 100 ou 1000 Hz
Mémoires : 20
RIT/XIT : +/- 0,6 ou +/- 1,2 kHz, pas de 10 Hz
Emetteur
Puissance (HF) : 0,5-10 W (pas de 0,1 W)
Emissions parasites : –40 dB ou plus à 10 W
Harmoniques : –45 db ou plus à 10 W
Impédance de sortie : 50 Ohms, ROS= 2:1 ; tolérance aux
ROS élevés
Délai E/T : 10 ms-2 sec, ajustable
Manipulation extérieure : 70 mots/m
Moniteur CW : 400-800 Hz (pas de 10 Hz)
Décalage CW : 400-800 Hz (selon tonalité)
Manipulateur
Modes : iambique a et b
Vitesse : 9-50 mots/m
Mémoires de message : 9 de 153 octets chacune
Gestion de messages : chaînage à 1 niveau, autorépétition
(0-255 s)
Récepteur (voir aussi le tableau 1 comparatif)
Sélectivité
CW : filtre à quartz en échelle, 7 pôles variable, 2002000 Hz
SSB : filtre à quartz en échelle, 7 pôles fixe, 2,4 kHz
Puissance BF : 1 W/4 ohms
Haut-parleur : interne 4 ohms/3 W ; prise arrière
Casque : 4-32 ohms, stéréo ou mono
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Tableau 2 : Comparaison du RX
de quelques transceivers
Transceiver
MDS
IMD3
Ip3
Ip2
K2
-131/-138 97/98
+21,6/+6,9 +76/+75
FT1000MP -128/-135 97/94
+15/+5
+86/+88
Omni6+
-133
97
+12
+58
IC756PRO -128/-136/ 95/92/88 +15,5/+4,3/ +64/+63/
-140
-6,9
+43
TS870
-129/-139 97/95
+16/+4
+63/+63
IC706MKIIG -136/-142 89/86
-1,3/-11 +36,4+38,5
BDR Bruit phase
136/128
-120
142/137
-118
123 (lb)
-117
127/125/
-130
120
127/123
-118
122(lb)/
-118
120(lb)
TS50
-132/-139 90/88
+3/-7
+67/+75
136/128
-115
Sources : ARRL, QST Rig Reviews (K2, 3/00 ; FT1000MP, 4/96 ; Omni6+, 11/97 ; IC756
PRO, 6/00 ; TS870; 2/96 ; IC706MKII, 7/99 : TS-50, 9/93.)
NOTES
Mesures effectuées à 14 MHz, CW 500 Hz, sans AGC
XX/YY : sans/avec préampli
(L’IC-756 PRO a deux préamplificateurs de gain différent : sans préampli/préampli1/préampli2)
Lb : test à la limite du bruit (1dB)
MDS : signal minimum discernable (niveau du signal égal au niveau
du bruit : S+B/B = 3db) ; fortes valeurs négatives en général recherchées, mais trop de sensibilité peut réduire la dynamique en présence de signaux forts et abaisser le point Ip3. Avec préampli, des
valeurs de –134 dBm ou plus sont tout à fait appropriées aux bandes
HF, le bruit de bande étant supérieur à ce chiffre (les bandes basses
requièrent une sensibilité moindre, vu les bruits atmosphériques).
IMD3 : gamme dynamique IMD de 3ème ordre 2 tons (écart 20 kHz).
Cette mesure simule comment le RX génère des signaux parasites
au-dessus de son seuil de sensibilité en présence de plusieurs signaux
puissants proches (Dr(IM3) = 2/3 IP3 – MDS). On privilégiera les
fortes valeurs. Sans préampli, un IMD3 de +95 dBm ou plus est considéré comme excellent.
Ip3 : point d’interception de 3ème ordre 2 tons (écart 20 kHz). Cette
mesure montre aussi le comportement du RX en présence de plusieurs signaux puissants proches. Sans préampli, un Ip3 de +15 dBm
est très bon, +20 dBm et plus est excellent. NB: une faible sensibilité
peut artificiellement augmenter l’Ip3 mesuré (voir ci-dessus IMD3).
Ip2 : point d’interception de 2ème ordre (addition de 2 fréquences
8020 kHz, 6000 kHz). Cette mesure montre la qualité des filtres d’entrée du récepteur en présence de deux signaux puissants loin de la
bande utilisée (tels les signaux de radiodiffusion sur 8 et 6 MHz provoquant des oiseaux sur 14 MHz). Privilégier les valeurs fortes. Sans
préampli, un Ip2 de 55dBm est correct et 70 dBm ou plus est excellent
(Voir IC706 !).
BDR : dynamique de blocage (écart 20 kHz). Cette mesure indique
le moment où la sensibilité du RX commence à décroître en présence de forts signaux voisins. Une valeur supérieure à 120 dB est bonne;
plus de 130 dB est considéré comme excellent.
Bruit de phase : il s’agit du « souffle » fabriqué par le synthétiseur
au voisinage de sa fréquence principale. Valeur lue sur les graphiques
d’essai (ARRL) à +10 kHz de la porteuse. Les valeurs indiquées sont
celles de la plus mauvaise bande. Les fortes valeurs négatives sont les
meilleures. Un bruit de phase élevé contribue à une médiocre dynamique de blocage (désensibilisation au voisinage de signaux forts).
Les bonnes valeurs sont : -120 dBc ou mieux à +10 kHz.
Ce sujet semble tant répugner certains aux Etats-Unis qu’Elecraft peut recommander un OM qui s’est spécialisé dans cette opération !
Ce manuel et bien d’autres documents sont récupérables en format PDF depuis le site Internet d’Elecraft (www.elecraft.com). Il est rédigé en anglais, mais il existe aussi une version allemande et une autre en espagnol. L’auteur songe de temps en temps à en confectionner une version française, mais il ne semble pas que
le besoin s’en soit fait sentir jusqu’à aujourd’hui. Dernière heure : l’YL de F5SBP a réalisé, à usage privé, une traduction manuscrite du manuel de montage.
3
NOVEMBRE 2002
Tableau 1 : Spécifications du K2
ter l’inventaire. Les réglages sont
simples et facilités par un fréquencemètre et un voltmètre incorporés.
Néanmoins, un contrôleur universel, de
préférence digital, me semble sinon
indispensable du moins très utile.
Ajoutons les tournevis et autres pinces.
27
RADIO-REF 749
mostatée et protégée contre les
décharges statiques ainsi que d’utiliser
un bracelet (que vous pouvez bricoler
aisément à l’aide d’une tresse aplatie)
et un tapis, antistatiques. Evoquons
aussi la confection des tores qui est une
opération réclamant du doigté2. Mais
On commencera par l’inventaire, opération souvent perçue comme ennuyeuse, mais néanmoins indispensable, ne
serait-ce que pour se familiariser avec
les composants. Le montage et les
réglages se font ensuite en suivant scrupuleusement4 le manuel. On procède
par étapes, et on ne passe à la suivante
que si les tests ont été réussis. Cette
façon de faire permet de ne pas accumuler les anomalies en fin de montage. En travaillant ainsi, le succès est assuré. La question de savoir s’il est préférable, en cas de montage de plusieurs
modules, de procéder en une fois ou de
les traiter les uns après les autres semble
diviser les constructeurs. Elecraft
recommande la seconde voie, toujours
dans le souci de cerner les étapes
défectueuses.
Si, contre toute attente, des difficultés
surgissaient, le manuel fournit une
méthodologie de suivi du signal très
complète. Sinon, il y a encore la possibilité d’adresser un SOS sur le réflecteur Elecraft5 qui prodigue d’excellents
conseils, ou de s’adresser par courriel
(e-mail) directement aux constructeurs
qui répondent sous des délais très
courts.
Le temps de construction dépendra de
votre habileté. Il faut compter
40 heures pour la version de base, au
moins autant pour le PA de 100 W et
moins pour les modules plus petits.
Comment se procurer
le K2 ?
D’abord, il faut savoir que le K2 est un
kit, et qu’à ce titre il n’a pas besoin d’homologation. Par ailleurs, les douanes de
l’Union européenne ont exempté cet
appareil de frais de douane, dans un
Le K2, vue intérieure
premier temps pour une période de
5 ans. Plusieurs méthodes : vous commandez directement à Elecraft aux USA
qui livre très rapidement ; le paiement
par carte bancaire est le plus aisé.
Ensuite, à la réception, c’est la loterie :
soit vous payez la TVA, soit le colis
passe inaperçu. Pour la douane, théoriquement il n’y a pas de problème,
mais il semblerait que tous les fonctionnaires ne connaissent pas l’exemption en question. Donc préparez-vous6.
On peut aussi transiter par un revendeur allemand7, récemment reconnu
par Elecraft. Même si cet intermédiaire
se rémunère au passage, fort discrètement semble-t-il, cette voie est certainement la plus simple car elle résout les
problèmes de douane à coup sûr et
vous fait profiter d’une TVA légèrement
inférieure. Pour les prix aux USA, voir
le tableau 3.
Pour en savoir plus
On peut évaluer le « parc » français de
K2 à une vingtaine d’appareils. Cette
faiblesse numérique explique son peu
de notoriété en France. Ainsi, pour en
savoir plus, la meilleure source reste
encore le site web d’Elecraft, véritable
mine de renseignements en tous
genres ; les articles dans la presse spécialisée8, votre serviteur9 et les autres
« heureux » possesseurs de K210.
Tableau 3 :
les prix aux USA
K2 de base...................................................599 $
Module SSB ....................................................89 $
Module 160 m et ant. RX ..............35 $
Filtre BF ..............................................................69 $
Noise blanker ..............................................35 $
Boîte d’accord interne .................149 $
Interface 232 ...............................................89 $
NOVEMBRE 2002
PA 100 Watts ............................................359 $
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Le K2 ouvert, avec son PA de 100 watts
4
Votre serviteur a passé près de deux jours à chercher pourquoi l’interface RS232 du PA 100 W ne fonctionnait pas. Il a même changé deux fois d’ordinateur,
refait un câble, etc. sans succès. En fait, il avait omis une opération d’initialisation de l’interface, bien décrite pourtant dans le manuel. Cette initialisation a
pris 3 secondes…et l’interface a fonctionné !
5
Ce réflecteur à accès libre est surtout fréquenté par des Nord-Américains, quelques Anglais et Allemands. Il est très bavard, mais sa surveillance est fort
recommandable, car les ingénieurs d’Elecraft y interviennent régulièrement, soit, le plus souvent, pour y dispenser des conseils, soit, moins fréquemment,
pour y faire des annonces « technico-commerciales ».
6
Le site d’Elecraft indique le numéro et l’origine de cette disposition, mais en allemand !
7
Voir le site d’Elecraft
8
Par exemple QST, 3/2000 ; CQ DL, 1/2001 ; Old Man, 9/2002 ; QEX, 10/2002.
9
Uniquement via f6hjo@ref-union.org ou par courrier (cf. nomenclature)
10
F5BEG, F5CBQ, F5SBP, F5FLN, F5FNY, F5SBP, F6DRO, F6ETI, F6FTB, F6GKQ, F6HJO, F9OJ et les autres…
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