février 2010

février 2010
ESPRIT
LIBRE
BELGIQUE-BELGIE
P.P. - P.B.
1099 BRUXELLES X
BC1587
N° 11 - FÉVRIER 2010
PÉRIODIQUE - PARAÎT 5 FOIS PAR AN
M A G A Z I N E D E L’ U N I V E R S I T É L I B R E D E B R U X E L L E S
SANTÉ & RECHERCHE
DE POINTE
Sur la voie
du médicament
Étudiants
en mouvement !
L’HÉTÉROSEXUALITÉ
DÉVOILÉE
Une expo fait son
coming-out
TOUR
TOUR D’HORIZON
D’HORIZON
D’ESCAPADES
D’ESCAPADES STUDIEUSES
STUDIEUSES
LE CHERCHEUR
EN DROIT
Un acteur en mutation
GEORGES
VERHAEGEN
Avoir 20 ans,
avec UNICA
IMPLIQUEZ-VOUS DANS LA FONDATION ULB
ET DANS L’AVENIR DE LA RECHERCHE :
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édito
En mouvement…
et en réseau !
100 000 : c’est le nombre auquel on vous estime, vous les ‘Anciens’ de l’ULB,
les Alumni toujours bien vivants, encore proches de votre Université ou plus
ou moins éloignés parfois, par la distance, ou par le temps qui a passé !
À l’heure des réseaux sociaux, des Facebook, Linkedin et autres Plaxo, il était
impensable que nous ne cherchions pas à vous, à nous retrouver. Le mouvement est lancé, en cette année du 175e où brillera notamment une Nuit des
lumières festive à souhait où nous espérons vous compter toujours plus
nombreux(1) !
Un portail intitulé www.monulb.be(2) a donc été créé. L’idée n’est évidemment
pas de nous compter pour le simple plaisir d’atteindre les hypothétiques
100.000 inscriptions en tant qu’Anciens sur notre (votre) site. Elle est plutôt
de nous relier, de tisser ou retisser des liens d’amitié, des liens de valeurs
et d’idées, mais aussi – pourquoi pas – des liens professionnels appelés à
s’épanouir mieux encore au travers de ce nouveau réseau.
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N° 11 - FÉVRIER 2010
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Voyage en Roumanie et Moldavie
Un séminaire hors des sentiers battus
Est-ce que cela remplacera les associations post-facultaires, UAE et autres ?
Nullement ! Le statut d'alumni n'empêche personne, moyennant cotisation ou
non, de se faire membre de son association postfacultaire, de l’UAE, de
l’Extension, du Cepulb ou de tout autre mouvement associatif proche de
l’ULB. D’ailleurs, le portail alumni sera également une vitrine pour ces associations.
.......
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Nuages bas sur le Climat
Huit étudiants
au sommet de Copenhague . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 07
La Faculté des Sciences appliquées,
pionnière des échanges internationaux
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Elles ont rêvé New York…
Un jeu de rôle grandeur nature, à l’ONU . . . . . 10
Je profite de cet appel à tous nos Anciens pour rappeler la création de la «Fondation ULB» d'utilité publique. Elle a pour but la collecte de fonds au profit
de la recherche à l’ULB, toutes disciplines confondues. Toute information utile
peut être obtenue sur le site Web de la Fondation(3).
Aller voir ailleurs ?
Quelques exemples… parmi d’autres
Ce numéro d’Esprit Libre vous invite à découvrir des étudiants… en mouvement,
qui contribuent, par leurs activités, au rayonnement de notre Institution. L’ULB
et sa Fondation encouragent vivement tous les Alumni et les amis de l’Université à également rester en mouvement, en soutenant leur Université.
..........
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Sur la voie du médicament… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Sciences humaines
La cité des chercheurs
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> Philippe Vincke,
ÉTUDIANTS EN MOUVEMENT !
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ULBcdaire : L’UNIF EN BRÈVES...
Recteur de l'ULB
L’hétérosexualité
fait son coming-out
.....................................
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(1)
La Nuit des Lumières : http://www.ulb175.be
1910 – Making off
(2)
Il est possible que vous ayez encore des difficultés avec l'ergonomie du portail ou des questions
d'ordres divers. Le service d'assistance alumnidesk@ulb.ac.be est là pour recevoir vos questions et
commentaires et vous répondre dans les meilleurs délais possibles.
(3)
Fondation ULB : www.fondation-ulb.org / contact@fondation-ulb.org.
Numéro de compte de la Fondation ULB : 363 – 0429243 - 58
Étudiants socialistes unifiés à l’ULB
Georgette Smolski raconte
la résistance sous l’occupation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Fonds Erasme :
investir dans l’humain
................................
Georges Verhaegen
Avoir 20 ans, avec UNICA
Ce numéro d’Esprit Libre vous invite
à découvrir des étudiants… en mouvement, qui contribuent, par leurs
activités, au rayonnement de notre
Institution.
Le chercheur en Droit :
un acteur en mutation !
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Dialogues Université-Entreprise
Quels modèles pour la valorisation
de la recherche ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
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À VOIR, À FAIRE À L’ULB… OU AILLEURS
LIVRES
APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
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Étudiants
en mouvement !
Tour d’horizon
d’escapades studieuses
L’Université peut vous mener au bout du monde… C’est bien connu et une rubrique récurrente de ce magazine vous en fait régulièrement la preuve. Mais
avant même l’obtention du diplôme, les étudiants ont souvent l’opportunité
d’aller voir ailleurs, de sortir de l’enceinte de leur campus : pour accomplir une
partie de leur cursus, pour effectuer un stage, pour un projet qui s’inscrit dans
un cours en particulier, pour participer à un événement international extraordinaire… Petit tour d’horizon dans ce dossier.
Photo : discussion avec Catalin Avramescu, conseiller du Président roumain Traian Basescu.
Un séminaire hors
des sentiers battus
http://roumaniemoldavie-ulb-2009.
blogspace.be
Dans le cadre du « Séminaire sur les
régimes politiques d’Europe Centrale et
Orientale » animé par le Prof. De Waele,
des étudiants de Master en Science
politique se sont rendus une semaine en
Roumanie et en Moldavie en novembre
dernier. Il y a quelques mois, des
étudiants de l’Université de Wroclaw
étaient venus confronter leurs points de
vue sur l’évolution de la Pologne. Point
commun de ces initiatives : la volonté
partagée des étudiants et du professeur
de sortir des sentiers battus.
Visite du parlement roumain, Casa Poporolui.
Le groupe des étudiants, emmenés par le prof. Jean-Michel De Waele.
C’est une façon peu banale d’aborder une matière riche et
complexe que de permettre aux étudiants de se confronter au
terrain. Le Prof. Jean-Michel De Waele a décidé d'exploiter la
motivation de ses étudiants en leur faisant découvrir Bucarest
et Chisinau, où il est actif depuis plus de 15 ans. Son engagement dans de nombreux projets et travaux en sciences politiques
sur les pays d’Europe orientale a récemment été honoré, au
travers d’un titre de Docteur Honoris Causa qu'il s’est vu
remettre par l’Université de Bucarest en octobre 2009.
L’équipée, en visite à la Commission électorale centrale en Moldavie.
UNE AVENTURE HUMAINE
Pour les étudiants ayant participé à l’aventure, au-delà de la
découverte des spécificités de la politique roumaine et moldave, il s'agit d'une expérience humaine riche en échanges,
dans tous les sens du terme. Jean-Michel De Waele estime
qu'une relation étudiant-professeur a bien plus de potentiel
pédagogique que ce qu'on exploite dans les auditoires : on
sous-estime l'importance de nouer un vrai contact, on ne met
pas assez l'accent sur ce que chacun peut apporter. Et c’est
avec fierté qu'il a observé l'intérêt et la motivation de ses
étudiants. Ils ont saisi les occasions présentées pour approfondir leurs connaissances et satisfaire leur curiosité.
Ce genre de pédagogie suscite un effort considérable, confie-t-il,
car il est difficile de le mettre en pratique. Mais les résultats
dépassent ses espérances et il compte continuer sur sa lancée
en repartant en Pologne avec des étudiants au mois de mai,
pour les Journées de l’Europe. Quant à l'aventure roumaine et
moldave, elle devrait connaître un nouvel épisode avec de
nouveaux étudiants dès septembre prochain. Un projet de
master européen sur l'Europe centrale et la Russie est d’ailleurs
en cours de préparation pour la rentrée académique 2010. Il
s’agit d’un projet commun entre l'ULB, l’Université de Wroclaw
et l’Université de Bucarest.
En savoir
plus :
UN BLOG
Les témoignages que les étudiants ont laissés sur le blog qu’ils
ont alimenté durant toute leur mission reflètent leurs impressions. Dès l’arrivée à Bucarest, les préjugés du départ ont été
mis à mal: « Nous nous imaginions une ville dont les disparités
économiques et sociales seraient fort visibles, avec des différences de développement par rapport aux grandes capitales qui
nous sont familières [...] Nous avons surtout remarqué les
grands contrastes qui sont omniprésents. En effet, passé et
présent s'imbriquent : les églises orthodoxes du XVIIIe siècle
côtoient les tours bardées d'écrans publicitaires au milieu d'un
champ d'énormes bâtiments issus du régime communiste ; les
boulevards à 5 bandes croisent des petites rues, les trolleybus
partagent le réseau de transports en commun avec des bus
modernes. La visibilité des disparités auxquelles on s'attendait
n’est en fait pas si forte ». Mais les étudiants s’accordent sur le
fait que Bucarest n'est pas représentative de la Roumanie et
qu’ils ne peuvent pas juger de l'état du pays en général. « La
découverte du deuxième plus grand bâtiment du monde – le
premier étant le Pentagone – restera l’événement de notre dernière journée sur le sol roumain. En effet, la démesure du bâtiESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
Voyage en Roumanie
et Moldavie
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APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
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ment a de quoi laisser bouche bée. Il faut avouer que le sentiment prédominant fut l’incompréhension devant une telle
construction qui est clairement l’œuvre d’un mégalomane ». Aux
antipodes, la visite du quartier Botanica, dans la banlieue de la
capitale a suscité quelques réflexions : « Nous avons finalement
été confrontés à la vision d’une Roumanie bien pauvre soulignant des disparités économiques et sociales importantes […]
Botanica est un quartier marqué par l'architecture soviétique. »
ROUMANIE ET MOLDAVIE AUX ANTIPODES
En arrivant en Moldavie, ils ont été particulièrement frappés
par l’empreinte soviétique d’un pays qui échappe au temps.
Les contrôles aux frontières, l’omniprésence de policiers dans
les rues, les affichages de propagande et la publicité pour de
grandes marques ont marqué les esprits. Les étudiants ont
également été confrontés à une réalité poignante : malgré leur
proximité, malgré leur histoire commune, la Roumanie et la
Moldavie sont aux antipodes.
L’expérience européenne de la Roumanie a engendré un euroscepticisme assez marqué : l’intégration est trop coûteuse au
vu des bénéfices actuels. Malgré cela, les affiches de propagande de l’Etat moldave reflètent l’espoir d’un avenir plus
clément, induisant une entrée prochaine de la Moldavie dans
l’Union. Les étudiants ont vu dans ce message une volonté de
l’Etat de faire oublier la misère du présent alors que cette « prochaine entrée » est fort lointaine, voire utopique. Les questions
de leurs homologues moldaves soulevaient la même problématique : beaucoup d’espoirs reposent sur l'intégration dans l'UE.
RESSENTI
Au travers de diverses rencontres, les étudiants se sont aperçus qu’il y avait une grande différence entre les jeunes qui ont
pu aller en Europe occidentale et ceux qui sont restés dans
leurs pays – ce qui correspond généralement à différentes
classes sociales – et qu’il y avait en Moldavie une sorte de
peur du régime, difficile à définir mais palpable, que les étudiants ont interprété non pas comme une peur de représailles
mais comme une culture de la peur qui pèse de façon latente.
Il s’agit d’une aventure humaine
qui donne une nouvelle dimension
au parcours universitaire traditionnel
des étudiants
Un marché aux puces; une petite escapade hors du cadre des rencontres plus officielles...
Les préjugés liés à la politique et en particulier en rapport à la
corruption ont quant à eux été confirmés de façon plus ou
moins directe par les intervenants que les étudiants ont
rencontrés durant leur séjour. « La vice-doyenne de la Faculté
de Sciences politiques, Alexandra Ionescu et le professeur
Barbu, président de la chaire de Sciences politiques, nous ont
illustré longuement et sans détour l’état du système politique
en Roumanie, qui, il faut le dire, nous a laissés abasourdis, car
nous avons pu confronter nos connaissances théoriques
avec une réalité politique à laquelle nous ne nous attendions
pas tous. » Il semble que personne ne soutienne ce genre de
pratiques mais qu'ils vivent avec, faute de mieux.
« Nous avons également eu la visite du journaliste de la
chaîne publique roumaine, Luca Niculescu, qui nous a proposé une table ronde […] sur la situation des médias en cette
période de campagne électorale […]Il était interpellant de
l’entendre nous décrire l’absence d’un débat de fond et la
prédominance des apparences au dépens des idées. » Le
sérieux des campagnes est remis en cause par les étudiants
qui déplorent la tradition des attaques ad hominem.
PARTICIPATION À DES COURS
Les étudiants ont assisté à différents cours sur la situation politique actuelle de la république de Moldavie, la situation des
affaires étrangères de la Roumanie sous le régime communiste, l’analyse des partis politiques roumains et leur évolution depuis les années 90, qui leur ont permis de découvrir par
exemple, que tous les partis doivent constituer une coalition
pour avoir une chance de contrebalancer le parti communiste.
Il était intéressant de voir que tous les partis intègrent la question de L'UE dans leur programme, mais pour des raisons différentes : alors que certains veulent donner de la force à la
Russie, se rapprocher des puissances d'Europe Occidentale, le
parti communiste le fait dans un but clairement électoral.
ROMS : UN CAS D’ÉCOLE
Dans le cadre très particulier du quartier Botanica à Bucarest,
les étudiants ont abordé la problématique des Roms dans une
école accueillant aussi bien les enfants roms que les enfants
roumains. «Il faut noter qu’en Roumanie des écoles “mixtes”
de ce genre ne sont pas fréquentes et les ségrégations envers
l’ethnie Rom sont encore généralisées dans le pays. Nous avons
alors pu écouter l’équipe pédagogique, composée de Roms et
de non-Roms, présenter l’école et la situation globale de l’éducation en Roumanie. Leur vision est certes assez dramatique
mais leur engagement et des résultats encourageants les poussent à continuer dans cette voie […] Et alors que l'ONG dédiée à
la défense des droits civils des Roms expliquait sa tâche, nous
avons alors pu réaliser les difficultés auxquelles sont confrontés
ces travailleurs au quotidien. Le fait que la majorité des membres
de l’ONG soit issue de la communauté Rom était plutôt frappant.
Néanmoins leur détermination laisse entrevoir une évolution
optimiste dans le sens où c’est une des seules preuves de
l’existence d’une société civile que nous ayons pu voir.»
Bien plus qu’un voyage d’étude, il s’agit d’une aventure humaine
qui donne une nouvelle dimension au parcours universitaire
traditionnel des étudiants. Gageons que la réussite de ce projet
inspirera de nouvelles initiatives.
> Maud Rouillé
Nuages bas sur le Climat
Huit étudiants au sommet
de Copenhague
Tout le monde se souviendra du sommet de décembre à Copenhague sur le climat,
tant les commentaires pré- et post-conférence ont été abondants dans la presse
et au sein de la société civile, politique et scientifique. Huit étudiants de l’ULB du
Master de l’Institut de gestion de l’environnement et de l’aménagement du territoire
ont eu l’opportunité de vivre cet épisode de très près.
Le projet est né à la sortie de l’examen « Changements climatiques » en juin dernier, d'une proposition du professeur
Etienne Hannon, co-titulaire du cours et expert au sein du Service des changements climatiques de la DG Environnement du
SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement. Il nous a en effet fait part de la tradition bien ancrée dans la délégation belge d’accueillir des délégués
« jeunes » pour leur permettre d’assister aux conférences
UNFCCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques). Une délégation étudiante s’est ainsi spontanément formée. Sept d’entre nous ont suivi ou suivent
actuellement le Master en sciences et gestion de l’environnement proposé par l’IGEAT (Institut de gestion de l’environnement et de l’aménagement du territoire) et le dernier est
diplômé en bio-ingénierie section Environnement.
Animés par la même volonté de mettre en pratique les connaissances acquises sur les bancs de l’auditoire, nous nous
sommes lancés dans cette aventure avec beaucoup d’enthousiasme. Même si par la suite, cet enthousiasme a été soumis à
rude épreuve en raison des conclusions décevantes de la conférence. Toutefois, cette expérience nous a permis de nous
confronter à la complexité des négociations internationales et
notamment à la difficulté de concilier les intérêts de chaque
partie en une vision commune favorable à l’humanité toute entière.
EFFERVESCENCE, PUIS DÉSARROI
Croiser Angela Merkel ou Hugo Chavez et, quelques instants
après, voir déambuler deux arbres en latex dans les couloirs du
Bella Center, côtoyer en un même lieu un ensemble hétérogène
d’ONG, de délégués officiels, de journalistes ou de lobbies est à
la fois marquant et déroutant. L’effervescence du début a petit à
petit laissé place à la crainte d’une issue peu favorable. Les deux
derniers jours, alors que les négociations s'enlisaient, les ONG
pour la plupart ont été laissées à l'extérieur. Le hall qui leur était
attribué était quasiment désert, les side events se voyaient annulés les uns après les autres, faute de participants... et d'orateurs... Dans le reste du Bella Center, seuls les journalistes et les
délégués officiels eurent le privilège de voir le naufrage des espérances; le discours, applaudi poliment, récité le visage grave et
contrit par un Obama venant donner le coup de grâce aux négociations officielles, acheva de plomber l'ambiance. Dehors il avait
neigé, les chefs d’État et de gouvernement étaient repartis comme
ils étaient venus…
UN « APRÈS COPENHAGUE » À L’ULB
L’ampleur de la tâche restant à accomplir n’a en rien érodé l’envie de membres de notre groupe de consacrer leur vie professionnelle à la cause environnementale, au contraire... D’ailleurs,
le projet du groupe ne s’arrête pas là : une conférence destinée
aux étudiants de l’ULB sera organisée prochainement: elle por-
Anne Bocquet, Irene Mangion, Valentine Van Gameren, Bruno Erken, Gaëtan Masson, Stéphane Pire,
Martin van Damme et Philippe Verbeeck étaient en délégation à Copenhague.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
07
APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
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En savoir plus ?
Conférence ULB/IGEAT
« Copenhague :
coup dans l’eau
ou coup d’envoi? »
12 février 2010
▼
Un blog alimenté par
les étudiants et publié
sur les pages du Soir.be
a conté au jour le jour
la négociation de
Copenhague :
http://blogs.lesoir.be/
empreinte-eco/
L’ULB est un des 16 membres fondateurs de TIME
(Top Industrial Managers for
Europe) avec l’École centrale de Paris. Les autres
partenaires fondateurs sont
des écoles d’ingénieurs allemandes (Aachen, Nürnberg, München, Stuttgart),
l’Université technique du
Danemark (DTU), des écoles
d'ingénieurs espagnoles
(Barcelone et 2 écoles de
Madrid), l’Ecole Polytechnique d'Athènes, les Écoles
polytechniques de Milan et
de Turin, l’École d’ingénieurs d’Eindhoven, l’Institut technique de Lisbonne
et l’Université royale de
technologie à Stockholm.
+
18h-21h
Auditoire Chavanne
(UD2.120)
SORTIR DE LA SPHÈRE ACADÉMIQUE
L’IGEAT et la Faculté des Sciences de l’ULB ont très vite compris l’intérêt de la
démarche et l’ont démontré en soutenant activement le projet, notamment en
accordant une partie du financement, le ministre Magnette ayant lui aussi offert
un support financier. L’implication d’Etienne Hannon, de Tom Bauler et d’Edwin
Zaccaï, tous trois professeurs à l’ULB, a été déterminante. Selon Etienne Hannon,
l’intérêt pédagogique est évident : la participation à ce sommet permet de sortir de la sphère académique et d'être confronté aux réalités d'une négociation
mêlant une série d'enjeux, débordant largement du domaine strict de la gestion
environnementale. Cela permet aussi de cerner les limites de la contribution de
la science au processus décisionnel… Edwin Zaccaï évoque également le côté
stimulant pour les professeurs de montrer la pratique de certaines matières
enseignées. Tom Bauler, quant à lui, souligne, entre autres, l’importance de ce
type d’initiatives pour apprendre la gestion de projets : répartition des tâches,
respect des échéances, valorisation du projet, obtention d’un financement…
L’IGEAT devrait d’ailleurs dans un futur proche lancer les démarches pour obtenir
le statut d’observateur aux conférences de l’UNFCCC. Ce statut permettrait à
d’autres étudiants d’assister aux négociations et ce de manière plus récurrente
et pourrait inciter l’ULB à offrir son soutien à long terme.
On observe un intérêt croissant de la part des jeunes pour la protection de
l’environnement, comme le montre l’engouement pour les formations dans ce
domaine dispensées à l’ULB. Toutefois, il est également important d’intégrer de
plus en plus ce type de matières à d’autres apprentissages comme le droit,
l’économie ou les sciences politiques ; l’environnement en a besoin. Il est
certain que la clé, tant pour les questions environnementales que pour bien
d’autres enjeux, se trouve dans l’éducation. C’est en effet dès le plus jeune âge
que notre mode de vie et nos valeurs se construisent.
> Le groupe CLIM8-ULB-IGEAT :
Anne Bocquet, Irene Mangion, Valentine Van Gameren, Bruno Erken,
Gaëtan Masson, Stéphane Pire, Martin van Damme et Philippe Verbeeck.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
▼
Les deux derniers jours, alors que les négociations
s'enlisaient, les ONG pour la plupart ont été laissées
à l'extérieur. No comment…
tera sur l’après Copenhague, tout en revenant sur les faits marquants des dernières négociations. Des professeurs de l’ULB et des intervenants extérieurs seront
appelés à s’exprimer sur le sujet et à débattre avec les étudiants.
L’association TIME
Trois Erasmus Mundus
External Cooperation
Window (EM EWC)
pour Polytechnique
La Faculté des Sciences
appliquées, déjà partenaire
du projet Eubranex (Brésil),
est partenaire depuis cette
année de deux nouveaux
programmes EM EWC:
WILLPower (Inde) et
TANDEM (Chine). Le projet
WILLPower (Window India
Learning Link Power), coordonné par l’École centrale
de Nantes, rassemble 7
partenaires indiens et 11
partenaires européens.
TANDEM (Top Academic
Network for Developing
Exchange & Mobility),
coordonné par l’École
centrale de Paris, rassemble
9 partenaires chinois et 12
partenaires européens. Les
programme « Erasmus
Mundus External Cooperation Window » sont centrés
sur la mobilité des étudiants, des doctorants,
de post-doctorants et de
professeurs. Signalons que
tous les partenaires européens de ces 3 EM ECW
sont membres de TIME.
▼
▼
Signature de la Charte de l’Association par
le recteur Philippe Vincke, pour l’ULB, lors
de la cérémonie anniversaire.
La Faculté des
Sciences appliquées,
pionnière des échanges internationaux
En 1989 naissait l’association TIME (Top Industrial Managers for
Europe), avec l’objectif d’internationaliser la formation des ingénieurs.
Parmi ses fondateurs : la Faculté des Sciences appliquées de l’ULB et
l’École centrale de Paris. Cette dernière a organisé, cet automne, la
célébration du 20e anniversaire au cours de laquelle un hommage a
été rendu à vingt personnalités – dont trois de l’ULB – pour leur action
au sein de l’Association. Parmi elles, Guy Warzée, qui se souvient …
Esprit libre : comment est
née l’aventure ‘TIME’ ?
Guy Warzée : L'histoire de
TIME commence alors que
Jean-Louis Van Eck est président de notre Faculté des
Sciences appliquées. Au
début de sa carrière, il a été
ingénieur conseil auprès de
la SAIT Electronics (société
belge implantée dans la Région bruxelloise) où il a noué
des contacts avec un des
directeurs, Mr. Dupont, ingénieur diplômé de l'École centrale de Paris (ECP).
Au début de 1988, celui-ci
contacte le professeur Van
Eck pour lui demander si la
Faculté serait intéressée à
établir un accord de double
diplôme avec l’ECP. Bien que
cette idée soit totalement
nouvelle dans le monde académique, la Faculté est immédiatement convaincue de
l'intérêt d'un tel accord avec
Jean-Louis Van Eck
une des meilleures écoles
d'ingénieurs de France.
En juin de la même année,
l'accord est finalisé lors
d'une visite à l’ULB de Daniel
Gourisse, Directeur de l’ECP.
Esprit libre : Quel était le
contenu de cette convention ?
Guy Warzée : La convention
de double diplôme prévoyait
que nos meilleurs étudiants de
2e candidature pouvaient partir à l'ECP suivre les 3e et 4e années d'études, revenir ensuite
à l'ULB en 5e année et obtenir,
à l'issue de ce cursus, les diplômes des deux institutions.
Esprit libre : Et comment
l’ULB est-elle devenue membre de l’association TIME ?
Guy Warzée : Comme nos
étudiants ont obtenu immédiatement d'excellents résultats académiques à l'ECP,
c'est tout naturellement que
Robert Poncelet
cette dernière nous a proposé, en 1989, d'être associés à la fondation d'un
réseau européen regroupant
les meilleures écoles d'ingénieurs. Et cela afin d'y développer l'internationalisation
des formations par des périodes d'études de longue
durée (en général 2 ans) à
l'étranger et de promouvoir
les doubles diplômes.
Esprit libre : De combien de
membres TIME est-elle composée ?
Guy Warzée : Depuis 1989,
l’association s'est fortement
développée puisqu'elle
compte actuellement 55
membres de 21 pays différents. En 2003, elle a accueilli
le premier membre non européen, le Brésil, et par la suite,
d'autres membres du Japon et
de Chine. Au niveau belge, la
Guy Warzée
Faculté polytechnique de
Mons est devenue membre en
1993, l'UCL en 1994, l'ULg en
1996 et finalement la VUB en
2005. Actuellement, près de
2 500 étudiants ont obtenu un
double diplôme dans le cadre
d'une des 250 conventions
bilatérales.
Esprit libre : Avec quelles
institutions la Faculté a-t-elle
des conventions de double
diplôme ?
Guy Warzée : L'École centrale de Paris reste notre partenaire privilégié puisque
nous y avons déjà envoyé
plus de 50 étudiants qui ont
tous obtenu d'excellents résultats académiques, voire la
1re place de la promotion.
Mais nous avons aussi des
conventions avec l’École centrale de Lille (ECLi), l’École
centrale de Nantes (ECN),
l’École supérieure d'électricité (SUPELEC), Politecnico di
Milano, l’Universitad Politècnica de Madrid (UPM-ETSII),
l’Universidad Politècnica de
Catalunya (UPC-ETSEIB Barcelona), l’Universidad Politècnica de Valencia (UPV-ETSII),
l’École nationale supérieure
de l'aéronautique et de l'espace (SUPAERO - Toulouse)
et également, de manière
similaire, avec la VUB.
Au total, depuis la création de
l'Association, 38 étudiants
étrangers sont venus à l'ULB
et nous en avons envoyé plus
de 75 à l'étranger.
APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
09
L’accord de collaboration entre les partenaires du projet Tandem a été établi à Paris
les 15 et 16 octobre 2019
> Isabelle Pollet
Plus d’information
+
Sur l’association TIME :
http://www.time-association.org
Sur le détail des conventions
et le déroulement des études :
http://www.ulb.ac.be/polytech/faculte/
etudes/echanges/doublesdiplomes.html.
Lors de la célébration anniversaire, 3 distinctions ont été attribuées à l'ULB en les personnes de Jean-Louis Van Eck, Robert Poncelet et Guy Warzée (anciens doyens de la Faculté et représentants de l'ULB auprès de TIME). L'ULB est très active depuis la création de TIME puisque elle y est membre de l'Advisory Committee (l'équivalent du Bureau) et de l'Admission Committee.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
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Elles ont rêvé New York…
Un jeu de rôle grandeur nature, à l’ONU
Elles sont trois: Nora, Émilie et Tihana. Trois étudiantes qui, depuis des mois se démènent
pour partir à New York avec une douzaine de coreligionnaires. Non pas en voyage culturel
mais pour y représenter… le Sénégal à l’ONU! Enfin, tout cela est bien évidemment «pour de
faux»: il s’agira d’une simulation «grandeur nature» de négociations des Nations-unies. Un
projet qui réunit des étudiants de Sciences po et de Droit.
A La Haye en 2009…
A New York cette année,
où une partie des rencontres
auront lieu au sein même
de l’ONU.
Les «jeux de rôles» sont à la mode. Ils font le bonheur des ados
et des jeunes adultes, essentiellement dans le domaine des
loisirs. Mais l’enseignement aussi peut y trouver son compte,
le jeu de rôle pouvant devenir un redoutable outil pédagogique.
Pour preuve : le succès du fameux Concours de procès simulé
en droit international Charles-Rousseau; un concours francophone ouvert aux étudiants d’universités de tous pays, et
destiné à développer la connaissance et la maîtrise du droit
international public. La 25e édition était organisée en mai 2009
à l’ULB par la Faculté de Droit et le Centre de droit international.
L’équipe de notre Université s’y est distinguée (comme souvent
d’ailleurs) en s’octroyant le prix du meilleur mémoire écrit et les
quatre premiers prix individuels de plaidoirie.
Autre exemple : les Student conferences, organisées tous les
deux ans depuis 2002, dans le cadre du réseau Unica, pour
aborder des thèmes-clé propres à l’Union européenne. Là encore, le jeu de rôle peut être utilisé : des étudiants se glisseront
dans la peau de journalistes, de représentants politiques, ou
tout simplement de président de séance de tel ou tel groupe de
réflexion. La prochaine conférence à laquelle l’ULB participera,
se déroulera à Rome en septembre prochain.
DU CHÂTEAU DE LA SOLITUDE À L’ONU
Plus récemment, des étudiants de Master suivant le cours de
« gouvernance globale » de Jean-Frédéric Morin, ont été amenés
à poursuivre des négociations lors d’une fausse conférence
ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, au
Château de la Solitude. C’est dans le même esprit que Nora
Yahiaoui, Émilie Taton et Tihana Vujatovic ont choisi de participer aux simulations de l’ONU organisées chaque année dans
48 pays et qui rassemblent au total quelque 90.000 participants à travers le monde. La négociation de New York (NMUN)
réunira en mars prochain environ 4.000 délégués, dont une
quinzaine de notre université. « Déjà l’an dernier, certains
d’entre nous issus de Science po et de Droit avaient participé
à ce type de rencontres (celle d’Harvard), à La Haye. Ce sont
des étudiants qui en avaient d’ailleurs suggéré l’idée. Chez
nous, on est moins habitués à ce genre d’événements ; c’est
plus typique du monde anglo-saxon où ce type d’initiative est
réellement intégré dans les cursus et où les profs coachent
leurs élèves au maximum » explique Tihana.
Nora, Émilie et Tihana ont donc voulu réitérer leur expérience
cette année et le professeur Morin les y a encouragées, tout en
leur laissant mettre le projet sur pied. Elles ont dès lors lancé
un appel via les réseaux sociaux, les valves, etc. pour trouver
d’autres étudiants intéressés, motivés et qui parlaient suffisamment bien l’anglais pour pouvoir participer aux discussions
sur place. Elles ont donc tout simplement fait passer une
entrevue à tous les candidats (une trentaine), pour en retenir
une quinzaine. « Notre expérience à La Haye nous a permis de
cerner au mieux les qualités dont on a besoin dans ce genre
d’exercice », précise Nora. La plupart des participants viennent
des États-Unis et ils prennent les choses très au sérieux, tout
comme les Sud-américains aussi ! Nous sommes les représentants d’un pays – le Sénégal – et nous devons pouvoir participer
à toutes les discussions en défendant un point de vue qui colle
réellement à la réalité de ce pays. » Nos étudiants devraient
d’ailleurs rencontrer la vraie délégation du Sénégal et peut-être
aussi la belge à l’ONU, lors de leur séjour.
COULISSES
Chaque délégation doit envoyer à l’avance les positions qu’elle
défendra sur chaque thème abordé. Le travail a donc été réparti
entre tous les étudiants. Sur place, il s’agira de défendre ces positions dans le cadre de négociations sur des thématiques d’actualité ou des enjeux sociétaux et cela dans plusieurs instances.
«Notre délégation participera à huit comités. Les thèmes abordés seront par exemple les nouvelles technologies au service
des PVD, comment aider les PVD dans la crise financière ?, Quel
rôle pour les femmes dans les processus de paix ? Etc.» explique
Émilie, qui participera au comité abordant ce dernier thème.
Seule autre université belge à participer au NMUN : St-Louis,
avec laquelle nos étudiants vont d’ailleurs, s’entraîner, et qui
représentera le Tchad. « En fait, on s’est rendu compte l’an
dernier que la plupart des avancées dans les négociations se
faisaient dans les coulisses, à la caféteria… et même dans les
toilettes ! » souligne Tihana, en souriant. Ce projet, il leur a
aussi fallu le financer. Elles l’ont défendu et obtenu un soutien non négligeable de l'ULB ( BRIC, rectorat, département
de Science politique) ainsi que du département des Relations
extérieures du ministère de Bruxelles-Capitale. Le départ est
prévu en mars. Le groupe des 15 sera accompagné d’Alexis
Carles, doctorant. On leur souhaite une seule chose : défendre au mieux les couleurs du Sénégal !
> Alain Dauchot
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
Quelques exemples… parmi d’autres
Projets ponctuels inscrits dans l’actualité et menés hors de nos frontières, ou accords de
collaboration permettant aux étudiants de développer dans la durée une partie de leur
cursus hors des murs de nos campus... Les exemples ne manquent pas. En voici quelquesuns, à titre illustratif.
✂
NORD-SUD :
DE LA THÉORIE AU TERRAIN AVEC LA CODEPO
Depuis maintenant 3 ans, la Codepo (Cellule de coopération
au développement de la Faculté des Sciences appliquées)
propose des projets en 1re année de Master, des mémoires et
des thèses, en partenariat avec un pays du Sud. Le projet
MA1 regroupe une équipe de 6 à 7 étudiants ingénieurs et
bio-ingénieurs confrontés à une problématique posée par un
pays du Sud. Ces étudiants réalisent d'abord un prototype à
l'ULB en tenant compte des réalités du pays du Sud et sont
encadrés par des membres de la Cellule. Ils partent ensuite,
en juillet, au Sud pour réaliser un prototype sur place en collaboration avec une équipe locale. Une étudiante, Caroline
Heilporn (voir aussi p. 15), s'est particulièrement distinguée
cette année par son mémoire (relatif au séchage solaire du
poisson au Mali) réalisé au sein du service TIPS.
En savoir plus : http://codepo.ulb.ac.be/
Dès 2007, un projet « séchage de tomates » au Mali était au cœur des préoccupations de nombreux étudiants de Sciences appliquées, avec notamment
la conception et l’installation d’une unité de séchage composée de 8 fours à
Bandiagara. Photos : à l’ULB… et plus tard, sur le terrain.
UNIVERSITÉ LIBRE… DE LA MÉDITERRANÉE
Il existe de nombreuses universités d’été proposées chaque
année. En juillet dernier, l’ULB participait à l’Université libre
de la Méditerranée (ULM) organisée par le réseau euro-méditerranéen des universitaires (REMU) et accueillie par l’université Hassan II de Mohammedia à Casablanca. Le thème
principal était : « La Méditerranée, un espace de paix : à
quelles conditions ? ». Elle rassemblait une centaine d’étudiants du pourtour méditerranéen et de quelques pays plus
nordiques comme la Belgique, l’Allemagne et l’Autriche.
Accompagnés de quelques-uns de leurs professeurs, ils ont
débattu de grandes questions politiques méditerranéennes.
La délégation de l’ULB était composée notamment d’étudiants en Infocom et d’étudiants en études européennes.
ARTS DU SPECTACLE, VISION EUROPÉENNE
La finalité «spectacle vivant» du Master en Arts du spectacle
bénéficie de l'apport d'équipes scientifiques de niveau mondial. L'option Erasmus Mundus constitue un programme d'excellence sélectionné par l'Union européenne et doté de bourses
favorisant les échanges avec les pays non européens. Le cursus
comprend une première année dans une des 7 universités du
consortium et une deuxième année répartie en un à deux séjours orientés dans une ou deux autres universités du consortium. La finalité européenne en spectacle vivant et l’option
Erasmus Mundus offrent des spécialisations internationales de
6 à 12 mois dans un réseau de douze universités européennes.
En savoir plus : www.ulb.ac.be/enseignements
BIO-GLUE À BOSTON
Cette année, ce ne sont pas moins de 112 équipes qui se sont
affrontées, du 30 octobre au 2 novembre dernier, au MIT de
Boston. L’équipe ULB-Brussels a défendu haut la main et pour
la première fois les couleurs de l’ULB lors de ce prestigieux
concours international de biologie synthétique iGEM (International Genetically Engineered Machine). L’équipe de de la Faculté des Sciences et des Sciences appliquées était composée
d’étudiants en biologie, en bio-ingénieur, ainsi qu’en bioinformatique encadrés par des chercheurs (professeur de l’ULB et
doctorants). Elle avait choisi de marier écologie et industrie en
créant une bio-glue naturelle à partir d’une bactérie. Elle a reçu
le prix de la meilleure « BioBrick » naturelle, pour ce projet.
IEE : ERASMUS MUNDUS GLORIOSUS !
La candidature Erasmus Mundus de doctorat conjoint sur la « Globalisation, l'Europe et le multilatéralisme » (EMJD-GEM), initié par
l'Institut d'études européennes de l'ULB a été récemment validée par la Commission européenne. L'EMJD (Erasmus Mundus Joint Doctoral) est un programme de coopération de l'enseignement supérieur visant à soutenir la mobilité des universitaires et des doctorants
à l'échelle internationale. Ce doctorat, le premier bénéficiant d'un Erasmus Mundus, sera piloté par un consortium regroupant des
universités phares des quatre coins du monde. Outre l'IEE, qui coordonne le projet, les universités de Warwick (Royaume-Uni), Genève (Suisse), LUISS (Italie), Fudan (Chine), Waseda (Japon), Boston (États-Unis), ITAM (Mexique) et l'UNU-cris (Belgique) offriront
ensemble un programme de formation et de recherche d'exception.
11
APPRENTISSAGES EX-CATHEDRA, ETC. |
Aller voir ailleurs ?
SANTÉ & RECHERCHE DE POINTE |
12
Découvrez tous les portraits de
la « Relève 2009 » sur le Web :
www.ulb.ac.be//rech/chercheurs
+
Les mini-comprimés flottants, Jonathan Goole en est devenu
un spécialiste. Nommé premier assistant au sein de l’Institut
de pharmacie de l’ULB cette année, il a fait de ces « minicomprimés flottants » son sujet de mémoire, puis de thèse
de doctorat. Un fil conducteur dans ses travaux d’hier et
d’aujourd’hui, qui est aussi une compétence de l’Institut de
pharmacie : améliorer l’efficacité d’un médicament en jouant
sur ses modes d’administration.
MINI-COMPRIMÉS FLOTTANTS
À LIBÉRATION PROLONGÉE…
Sur la voie du
médicament…
Alors que l’actualité nous montre que la
tique – bien connue des promeneurs –
pourrait aider à contrer la thrombose
veineuse (voir encadré), Esprit libre est
allé à la rencontre de chercheurs qui
viennent d’être nommés à l’ULB.
Chercheur qualifié du FNRS, premier
assistant ou chargé de cours, ils ont tous
trois un point commun : ils s’intéressent au chemin souvent complexe de la
molécule au médicament.
Les médicaments sous forme de comprimés à avaler, nous
les connaissons tous. Pourtant, aussi « communs » qu’ils
soient, ils présentent leur limite liée à l’importante variabilité
du système gastro-intestinal : une vidange gastrique précoce
risque de réduire les effets thérapeutiques du médicament.
Au sein du Laboratoire de pharmacie galénique et biopharmacie (ULBGL), Jonathan Goole a développé une des solutions
possibles : les mini-comprimés flottants à libération prolongée,
c’est-à-dire des mini-comprimés capables de flotter dans
l’estomac pendant une période de temps prolongée tout en
assurant la délivrance progressive du principe actif. « Déjà
validés chez l’humain, ces mini-comprimés mis au point à l’ULB
devraient être testés prochainement sur modèle porcin breveté,
en collaboration avec l’Université de Purdue (Indiana, USA) où
j’ai réalisé mon post-doctorat », signale Jonathan Goole.
Autre piste à l’étude, celle de l’administration orale d’anticorps
monoclonaux et de peptides à usage thérapeutique, utilisés
notamment en cas de traitement anti-tumoral. A l’heure
actuelle, ils n’existent que sous forme injectable, entraînant
hospitalisation, traitement souvent douloureux et contraignant,
etc. En apparence plus « conviviale » – le patient peut
l’administrer lui-même –, la formule orale constitue pourtant
aujourd’hui un véritable défi scientifique et technologique, lié
en particulier à la complexité de la physiologie du système
gastro-intestinal. Des chercheurs – parmi lesquels ceux de
l’Institut de pharmacie – tentent de le relever.
RÉSISTANCE AUX ANTIBIOTIQUES
De défi, il en est également question avec BioFiNa, un projet
mené dans le cadre du pôle de compétitivité wallon BioWin
et auquel participe le Laboratoire de pharmacie galénique de
l’ULB. Le projet BioFiNa s’intéresse aux infections respiratoires
résistantes. Les bactéries responsables d’infections respiratoires chroniques développent divers mécanismes de résistance aux antibiotiques, parmi lesquels la formation d’un
biofilm bactérien qui protège les bactéries de l’effet des
antibiotiques. Ce biofilm responsable d’une mortalité élevée,
existe notamment dans le cas de l’infection respiratoire
chronique par Psudomonas aeruginosa, qui touche les
patients atteints de mucoviscidose.
« Nous tentons de comprendre
le mécanisme de résistance
observé chez les patients
atteints de mucoviscidose et
d’y trouver des parades. Parmi
ces parades, nous étudions la
mise au point d’un médicament
sous forme inhalée efficace et
ciblée »
Jonathan Goole
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
Caroline Stévigny
La résistance aux antibiotiques, le thème intéresse aussi le Laboratoire de pharmacognosie, de bromatologie et de nutrition humaine de l’Institut de pharmacie.
Au sein de ce laboratoire où Caroline Stévigny a été nommée chargée de cours
cet automne, le doctorant Philippe Okusa travaille sur un screening biologique :
il cherche dans des plantes congolaises des substances qui auraient la capacité
de contrer la résistance aux antibiotiques. Philippe Okusa s’intéresse plus particulièrement à Cordia gilletii, une plante qui est utilisée en médecine traditionnelle
en République démocratique du Congo : elle aiderait à combattre entre autres
les maladies infectieuses. Des extraits provenant des épuisements successifs de
la poudre des racines de cette plante ont d’ores et déjà été étudiés à l’ULB :
deux d’entre eux semblent prometteurs, le chercheur travaille désormais à isoler
et à tester leurs différents composés.
RÉSISTANCE AUX CHIMIOTHÉRAPIES
Autre chercheur, autre laboratoire mais intérêts de recherche proches avec Cédric
Govaerts, du service Structure et Fonction des membranes biologiques de la Faculté des Sciences. Chercheur qualifié FNRS depuis cette année, Cédric Govaerts
s’intéresse aux protéines membranaires qui jouent un rôle pharmacologique crucial : aujourd’hui, la grande majorité des médicaments disponibles sur le marché
les prennent pour cible directe. Ces protéines se logent au sein de la membrane
qui entoure chacune des cellules qui composent notre organisme ; cette membrane forme une véritable barrière physique qui maintient les composants cellulaires en place et les protéines membranaires permettent alors à la cellule
d’interagir avec l’extérieur que ce soit pour capter des nutriments, secréter des
molécules ou encore réagir à un stimulus hormonal. Par leur capacité à interagir
avec leur environnement, ces protéines jouent un rôle déterminant dans le bon
fonctionnement de nos systèmes sensoriels, hormonaux, neurologiques, etc.
Cédric Govaerts étudie les mécanismes moléculaires qui régissent le fonctionnement de certaines de ces protéines membranaires, il s’intéresse en particulier
aux transporteurs impliqués dans la résistance aux chimiothérapies, comme il le
précise : « En situation normale, ces transporteurs permettent à la cellule d’expulser
des composés nocifs mais dans plusieurs types de cancers, ces protéines sont
détournées de leur rôle normal et rejettent le médicament antitumoral : elles peuvent être responsables de l’échec des chimiothérapies ». Le chercheur tente de
comprendre et de déjouer le mécanisme de reconnaissance qui conduit in fine
à une tumeur résistante.
> Nathalie Gobbe
« En situation normale, ces
transporteurs permettent à la
cellule d’expulser des composés nocifs mais dans plusieurs
types de cancers, ces protéines
sont détournées de leur rôle
normal et rejettent le médicament antitumoral »
Cédric Govaerts
*
À partir de salive
de tiques…
Pour mener à bien son « repas sanguin »,
la tique a sélectionné au cours de
l’évolution, des mécanismes qui lui
permettent de contourner les défenses
de ses hôtes : au site de morsure, sa
salive déverse un ensemble de molécules originales bloquant les mécanismes de défenses de l’hôte. Depuis
plusieurs années, l’équipe d’Edmond
Godfroid étudie à l’échelle de la molécule les relations entre la tique et son
hôte. Le laboratoire de l’Institut de
biologie et de médecine moléculaires
(Faculté des Sciences) a identifié, isolé
et caractérisé à partir de la salive de
tiques des molécules ayant des propriétés anticoagulantes et anti-inflammatoires. Parmi ces molécules, une
d’entre elles a des propriétés antithrombotiques remarquables, comme le
montrent les chercheurs dans un article
du Journal of Experimental Medicine
paru fin 2009. Cette petite protéine,
appelée Ir-CPI, a en effet la propriété
d’empêcher la formation d’un « thrombus » sans pour autant déséquilibrer la
balance de la coagulation.
De nombreux anticoagulants existent
actuellement sur le marché et permettent de réduire les effets de la maladie
thromboembolique sur la santé. Cependant, la plupart des médicaments
disponibles sont associés à des effets
secondaires majeurs et rendent difficiles
leur utilisation journalière. Le monde
médical est dès lors confronté à un
véritable challenge : découvrir des molécules ayant une fenêtre thérapeutique
suffisamment large pour prévenir les
accidents thrombotiques et éviter les
accidents hémorragiques. La protéine
Ir-CPI semble appartenir à cette classe
de molécules.
Pour devenir un médicament administrable aux patients, la molécule Ir-CPI
doit encore être évaluée sur le plan de
la clinique humaine. Pour mener à bien
cette nouvelle étape, une spin-off –
Bioxodes – est en création.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
SANTÉ & RECHERCHE DE POINTE |
La résistance aux antibiotiques :
le thème intéresse aussi le Laboratoire de pharmacognosie,
de bromatologie et de nutrition
humaine de l’Institut de pharmacie.
13
FESTIVAL DES DOCTORANTS |
14
Sciences humaines
La cité des
chercheurs
Du 5 au 21 mars se tient à Bruxelles le
festival transfrontalier et interuniversitaire
« Jeunes chercheurs dans la Cité »,
avant de gagner Lille au mois de mai.
L’affiche du Festival, avec « quatre garçons toujours dans le vent »…
Pourquoi aujourd’hui faire de la recherche en sciences humaines ? La question, volontiers provocante, en fera sourire
certains, s’indigner d’autres et laissera perplexe bon nombre.
Et c’est sans doute à ceux-là que s’adresse en premier le
festival des doctorants en sciences humaines : Jeunes chercheurs dans la Cité.
2e ÉDITION
L’initiative, soutenue par le Collège doctoral européen LilleNord-Pas-de-Calais, en est à sa deuxième édition, selon un
modèle fort simple : des doctorants du Nord de la France et
de Belgique francophone proposent ensemble des conférences autour de la littérature, l’art, la mémoire, l’identité,
l’éducation, la religion, l’histoire, l’archéologie, la danse, le
théâtre, etc. Programmées alternativement à Bruxelles, du 5
au 21 mars et à Lille, du 14 au 30 mai, les conférences se
donnent à deux voix, associant un chercheur français et un
chercheur belge qui font découvrir le contenu de leurs recherches à un public non spécialisé. « L’objectif est aussi
qu’en préparant ces conférences, les chercheurs belges et
français apprennent à se connaître et, comme c’est déjà le cas
pour plusieurs d’entre eux, nouent une collaboration scientifique à plus long terme », souligne Noémie Goldman, membre
du comité d’organisation.
Au pilotage
*
Interuniversitaire et transfrontalier, le
projet Jeunes chercheurs dans la Cité
est organisé intégralement par des
doctorants. Réalisant toutes deux une
thèse à l’ULB, Noémie Goldman et
Aline Wiame sont les deux membres
belges du comité d’organisation.
Noémie Goldman
Aline Wiame
Esprit libre : Pourquoi avoir
rejoint le Comité d’organisation des Jeunes chercheurs
dans la cité ?
Noémie Goldman : J’ai participé en tant que conférencière lors de l’édition passée.
Cette expérience m’a fortement marquée et m’a encouragée à poursuivre le projet.
Aline Wiame : Comme Noémie, j’ai été très enthousiasmée par le projet et le
contact avec un public nonacadémique lors de la première édition. En rejoignant
le comité d’organisation,
notre objectif était de donner plus d’ampleur et de visibilité au festival, qui le
mérite largement !
Esprit libre : Vous êtes en
deuxième année de doctorat.
Sur quoi porte votre thèse ?
TOUCHER LE GRAND PUBLIC
« Le projet ‘Jeunes chercheurs dans la cité’ est destiné au grand
public : nous voulons lui montrer à quoi sert la recherche en
sciences humaines et comment elle s’intègre dans la vie de la
cité. Pour cette 2e édition, nous avons choisi d’aller dans différents lieux de Bruxelles afin de toucher des publics diversifiés »,
explique Aline Wiame, également membre du comité. Le
temps de trois week-ends de mars, les jeunes chercheurs
prendront donc leurs quartiers à la Bibliothèque Montjoie
(Uccle), à l’Institut Fernand Cocq (Ixelles), à l’Espace Senghor
(Etterbeek) et à la Maison du Livre (Saint-Gilles).
CONFÉRENCES & TABLES RONDES
Neuf conférences ou tables rondes sont programmées :
« Art et société : vers de nouveaux enjeux ? »; « Education :
comment et pourquoi apprendre ? »; « Archéologie : fragments du quotidien »; « Arts plastiques : choses dites,
choses tues »; « Contre la voix du maître : l’écriture des minorités à l’ère postcoloniale »; « Quand corps et pensée entrent en scène »; « La littérature d’Europe de l’Est, du vécu à
la fiction »; « Philosophie, messianisme et ésotérisme »;
« Mémoire et identité : philosophie, médias, histoire ».
> Nathalie Gobbe
Noémie Goldman : Je travaille
sur les relations tissées entre
le monde politique et le milieu des avant-gardes de la
fin du XIXe siècle à Bruxelles,
et tout particulièrement sur
le rôle joué par Octave Maus,
avocat et organisateur d'expositions, dans le rapprochement de ces deux sphères.
Aline Wiame : Je réalise une
thèse de philosophie sur la
défiguration dans le théâtre
du vingtième siècle. Un tel
sujet m’incite à examiner les
liens entre théâtre, construction de la subjectivité et élaboration de la pensée, et ce à
travers les grands bouleversements du siècle dernier.
Esprit libre : Et dites-nous, à
quoi sert votre recherche ?
Noémie Goldman : Mes recherches participent à une
+
meilleure compréhension de
l’histoire de l’identité culturelle belge. Mon analyse encourage une réflexion sur le
monde culturel actuel, car
elle induit une comparaison
à travers les époques et permet de poser un regard neuf
sur nos propres comportements face à l’art et à la
culture.
Aline Wiame : Le vingtième
siècle a vu apparaître des
modifications considérables
dans les représentations que
nous nous donnons de
nous-mêmes, de notre
rapport au monde et à
l’histoire. Mettant en scène
la complexité de l’humain,
le théâtre pose un regard
original sur ces changements
dont nous ne faisons que
commencer à mesurer l’ampleur.
En savoir plus : http://jcc2010.wordpress.com
*
Retrouvez toute
l’actualité universitaire
au quotidien sur ACT’ULB
www.ulbruxelles.be/actulb
L’ULB et Cambridge
se sont dits oui
L’ULB a conclu un « partenariat privilégié »
avec la prestigieuse Université de Cambridge. Alison Richard, vice-chancelor
de l’Université de Cambridge a tenu à
souligner que son Université était fort
sollicitée et qu’elle n’avait pas l’habitude de signer de tels accords. L’exception est donc donnée à l’ULB en raison
des nombreuses collaborations déjà
existantes entre les deux institutions. Le
partenariat privilégié facilitera le
développement de nouveaux projets
communs et l’intensification des
échanges de doctorants, post-doctorants,
chercheurs et professeurs.
Vous avez dit séduction ?
Petit clin d’œil à « Pas ce soir chéri(e) »,
l’exposition « Vous avez dit séduction ? »
présentait une collection de publicités
et de sous-vêtements, du 19 janvier au
4 février dans la Galerie de la Bibliothèque des sciences humaines. C’est en
1996 que le groupe de grande distribution GIB, aujourd'hui dissout, décide de
confier ses archives à l'ULB, plus précisément au Service des Archives. Ce
fonds contient, outre de nombreux documents administratifs, une importante
collection de publicités ainsi qu’une
imposante bibliothèque consacrée à
la grande distribution. Il regroupe les
archives de différentes enseignes:
Grand Bazar, Au Bon Marché,
À l’Innovation, Sarma, etc.
À la recherche
de météorites
Un important programme de collaboration a débuté entre l’ULB, la VUB et la
National Institute of Polar Research
(NIPR) au travers d'une expédition
belgo-nipponne vers l’Antarctique : les
chercheurs vont explorer une région de
l’Antarctique à la recherche de météorites. Les météorites témoignent de la
naissance du système solaire il y a environ 4,56 milliards d'années et permettent de reconstituer les premiers stades
d'évolution des planètes. Ce projet est
mené en partenariat avec l'Antarctic
Meteorite Research Center – Hideyasu
Kojima – du National Institute of Polar
Research du Japon, dans le cadre de
l’expédition JARE 51 (2009-2010). Une
seconde expédition est prévue en 2012.
Caroline Heilporn, tout juste issue de la
promotion 2008-2009 des ingénieurs en
chimie et bio-industries de l'ULB est la
lauréate du Prix IsF-Philippe Carlier pour
son travail de fin d'études sur le séchage
solaire de poisson en lit fixe. L'objectif
du mémoire de Caroline Heilporn était
de développer une méthode d'utilisation
rationnelle de ces séchoirs et de la tester. Ce travail s'est prolongé par une action concrète sur le terrain par le biais
d'un stage et a été finalisé par l'élaboration de manuels d'utilisation clairs des
séchoirs. Ce mémoire constitue une véritable avancée de la filière poisson au
Mali en démontrant les véritables enjeux
liés aux projets de coopération au développement, tant du point de vue de la recherche, du développement durable que
d'un point de vue humain.
Tunisie : un appel pour
les droits de l’homme
Deux projets ULB
lauréats à la
Start Academy
Deux équipes de l’ULB ont été primées
à la Start Academy for young entrepreneurs. La « DGU Entertainment » a remporté le Prix du projet le plus innovant
et le Prix spécial de la Région de
Bruxelles-Capitale. Son projet remet en
question la méthodologie traditionnelle
de développement des MMOs (Massively Multiplayer Online Game, autrement
dit des jeux vidéo faisant participer un
très grand nombre de joueurs simultanément par le biais d'internet) et propose
une nouvelle technique de développement inspirée des wiki et autres plateformes online faisant appel à la
contribution massive de volontaires. La
PME « Dream Day », qui a pour vocation
l’organisation de mariages afin de guider
les futurs mariés des faire-part jusqu’à
la lune de miel, a quant à elle décroché
le Prix de la meilleure présentation
orale.
L’ULB est extrêmement préoccupée par
les informations reçues concernant la
pression que subissent les défenseurs
tunisiens des droits humains. Maître
Radhia Nasraoui, Docteur Honoris Causa
de notre Université en 2005, fait partie
des ces personnes ayant à subir de
telles pressions. L'ULB a appellé à lever
toutes les restrictions qui pèsent sur les
défenseurs des droits humains, et les
autorités de l'Université ont envoyé une
lettre en ce sens au président tunisien,
Zine El Abidine Ben Ali. Une copie de
cette lettre ainsi qu'un mot d'encouragement ont été envoyés au domicile de Radhia Nasraoui. Une copie de cette lettre
a également été envoyée à diverses autorités belges et tunisiennes.
Franc succès pour la pièce « 1834 » marquant
le 175e anniversaire de l’Université, et qui s’est
jouée au Palais des beaux-arts, le 16 novembre
dernier. Sur cette photo de Mathieu Bauwens :
Dominique Jonckheere, auteur de la pièce, en
répétition avec ses acteurs.
15
L’UNIF EN BRÈVES… |
ULBcdaire
Une ingénieure
au cœur du Mali
L’UNIF EN BRÈVES… |
16
Sexe et Normes
À l’occasion du 75e anniversaire de
l’Ecole des Sciences criminologiques
Léon Cornil et du 175e anniversaire de
l’ULB, un colloque sera organisé le 26
février sur le thème « Sexe et Normes ».
Il s’agira d’examiner sous un angle
critique les modes de fabrication des
normes et des régulations, de manière à
envisager comment le système de justice
pénale traite du sexe et des sexualités
comme objets et dans quelle mesure,
par quels biais et avec quels effets, cette
« explosion discursive » structure les
mouvements de criminalisation dans nos
sociétés modernes. Cette manifestation
s’inscrit dans le cadre du projet inter-facultaire « Normes, Genre et Sexualités ».
Le coup de plume - Cécile Bertrand
gouverne le comportement des atomes
et des photons. COMPAS vise à analyser
les implications de ces effets quantiques
sur la notion même d'information à
l'échelle atomique et sur la notion
concomitante de « calcul quantique ».
Digithèques : nouvelles
mises en ligne
À l'occasion du 175e anniversaire de
l'ULB, deux nouvelles digithèques
viennent d'être mises en ligne: La Digithèque « Histoire de l'ULB » reprend une
partie importante des ouvrages et articles
publiés tout au long des 175 ans de
l'histoire de l'ULB. Vous y trouverez
aussi un historique de l'ULB, des biographies et une chronologie liée aux
ouvrages. La Digithèque « Libre examen »
propose un parcours au travers des
multiples facettes du libre examen.
Vous y trouverez des livres numérisés,
une réflexion sur l'histoire du libre
examen, ainsi qu'une présentation
historique du corpus numérisé. Pour
plus d'informations, consultez le blog
des Archives et Bibliothèques de l'ULB.
Biodiversité : Guinée
équatoriale en ligne
GBIF est une initiative internationale
visant à rendre les données en biodiversité accessibles à toutes et tous. Son
but est de stimuler la recherche scientifique, de favoriser la conservation de la
biodiversité et le développement durable.
Dans ce cadre, l'équipe ULB de la Belgian
Biodiversity Platform a publié sur le GBIF
la partie des collections de l'Herbarium
de l'ULB relative à la Guinée équatoriale.
Par ailleurs, l'équipe ULB a tout récemment inauguré le « Belgian Data Portal »
où toutes les données relatives à la
biodiversité en Belgique fournies au
GBIF sont référencées.
Sir Gurdon, le recteur de l’ULB, Philippe
Vincke et le parrain, Eric Bellefroid.
Infos : www.ulb175.be
Un prix à Valerio Lucidi
Le Fonds Carine Vyghen pour le don
d'organes a pour but de favoriser la
prise de conscience du grand public au
sujet du don d'organes, de tissus et de
sang ou de moelle osseuse. Créé en
hommage à Carine Vyghen, décédée
inopinément d’une hémorragie méningée
à l’âge de 49 ans, ce Fonds est soutenu
par l'ULB, l'Hôpital Erasme et l'UAE.
Parmi ses missions se trouve, cette
année, l’attribution d'un prix destiné à
encourager un chercheur ou un médecin
qui s’est consacré en 2009 soit à la recherche en matière de transplantation,
soit à la chirurgie de transplantation
d’organes. Ce prix vient d'être attribué à
Valerio Lucidi, chef de clinique adjoint
dans la clinique chirurgicale de transplantation abdominale, du Service de
chirurgie digestive de l'Hôpital Érasme.
Compas : 7e PCRD
Le Centre for Quantum Information and
Communication (QuIC, ULB) – Nicolas
Cerf – coordonne le projet européen
COMPAS. Dix équipes universitaires
sont réunies dans ce projet financé par
le 7e PCRD. Objectif de COMPAS ? Explorer le traitement d'information lorsqu'on
utilise un support infinitésimal pour
porter les bits d'information. À cette
échelle, la nature se comporte de façon
très différente de ce à quoi nous
sommes habitués à notre échelle
macroscopique : la physique quantique
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
Nicolas Verlaine, responsable du Fonds Carine Vyghen, Jacques Brotchi, Hôpital ErasmeULB et président du jury du Prix, ainsi que
Sylvain Meuris, doyen de la Faculté de Médecine, entourant le lauréat, Valerio Lucidi, chef
de clinique adjoint dans la clinique chirurgicale
de transplantation abdominale, du Service de
chirurgie digestive de l'Hôpital Érasme.
Sir John B. Gurdon,
DHC en Sciences
de l’ULB-VUB
Les Facultés des Sciences de l'ULB et
de la VUB ont remis coinjointement le
9 décembre dernier, les insignes de
Docteur Honoris Causa au Professeur
John B. Gurdon de l'Université de Cambridge (et du Gurdon Institute). Mondialement reconnu pour ses recherches
pionnières sur la transplantation nucléaire et le clonage, sa carrière reflète
un dynamisme incessant, récompensé
tout récemment par le Prix Lasker.
Première mondiale
à Erasme
En novembre dernier, l'hôpital Erasme et
l'hôpital Ambroise Paré étaient heureux
d'annoncer la naissance d'un second enfant issu d'une greffe d'ovaire dans le
cadre du programme de préservation de
la fertilité avant traitement anticancéreux,
programme mené au laboratoire de recherche en reproduction humaine de
l'ULB-Hôpital Erasme. C'est la première
fois au monde qu'une même greffe
d'ovaire permet la naissance successive
de deux enfants chez la même patiente.
Comme on dit dans ces circonstances, la
mère et l'enfant se portent bien.
Jean Nève (Institut de Pharmacie), font
partie des heureux promus de l’année
2009.
ERC Advanced Grant
à Dorigo
Prix prestigieux décerné par le Conseil
européen de la recherche à des chercheurs reconnus comme leaders dans
leur discipline, l’ERC Advanced Grant
vise à encourager la prise de risque et
l’interdisciplinarité dans la recherche.
Marco Dorigo, directeur de recherche au
sein de l’Institut de recherches interdisciplinaires et de développements en
intelligence artificielle (IRIDIA) de la
Faculté des Sciences appliquées, vient
de décrocher ce prix pour son projet
« Engineering Swarm Intelligence
Systems - E-SWARM » qui concerne
l’intelligence « en essaim ».
En collaboration avec le FNRS et le
Fonds Wetenschappelijk Onderzoek, la
firme de conseil en gestion McKinsey &
Company a décerné le 20 octobre dernier deux prix de 5000 euros récompensant l’excellence des doctorants. Côté
Communauté française, le lauréat est
Basile Stamatopoulos, docteur en
sciences biomédicales et pharmaceutiques, chargé de recherche FNRS à l’ULB,
pour son travail sur la leucémie lymphoïde
chronique effectué à l’Institut Bordet.
■
François de Callataÿ, professeur à la
Faculté de Philosophie et Lettres de l’ULB,
a été élu membre-correspondant de la
prestigieuse Académie des Inscriptions
et Belles-Lettres.
■
Axel Cleeremans, directeur de recherches du FNRS et professeur de psychologie cognitive à l'ULB, a été nommé « Field
Chief Editor » d'une nouvelle revue en
ligne intitulée « Frontiers in Psychology »,
publiant des articles de recherche en
open access.
■
Prix EMBO pour Blanpain
Chercheur FNRS à l'Institut de recherche
interdisciplinaire en biologie humaine
et moléculaire (IRIBHM) de la Faculté de
Médecine de l'ULB, Cédric Blanpain a reçu
de l'European Molecular Biology Organization, le prix de l’« EMBO Young Investigator Programme 2009 », décerné chaque
année à des jeunes chercheurs européens pour leur excellence scientifique.
Marc Henneaux, prof. de physique
théorique à l’ULB, directeur des Instituts
internationaux de physique chimie Solvay
a reçu le Prix Humboldt de la Recherche,
qui récompense chaque année des scientifiques de haut niveau se distinguant
notamment par la qualité de leurs travaux.
■
Mathias Dewatripont, professeur
d’économie à l'ULB et vice-président de
la Solvay Brussels School of Economics
and Management, a été élu fin novembre
membre honoraire de l’American Academy
of Arts and Sciences.
■
Autres hommages, prix
et nominations…
Albert Leduc a été élu président d’honneur de l’European Society of Lymphology.
Cette élection constitue une reconnaissance des recherches en lymphologie
menées par celui qui fut professeur à
l’ULB et président de l’Institut des
sciences de la motricité.
■
Myrielle Mathieu, assistante au Laboratoire de physiologie de la Faculté de
Médecine de l'ULB a reçu le 16 octobre
dernier le Prix Jacqueline Bernheim de la
Fondation pour la chirurgie cardiaque.
■
L’Académie royale de médecine de Belgique a élevé au grade de membre « titulaire » cinq de ses « ordinaires ».
Françoise Meunier (Ancienne chercheuse
de l’Institut Bordet et actuelle directrice
de l’Organisation européenne pour la
recherche et le traitement du cancer) et
■
Jean-Philippe Schreiber, ancien directeur du Centre interdisciplinaire d’étude
des religions et de la laïcité (CIERL), a été
nommé en décembre, par le gouvernement fédéral, membre du Comité de
pilotage des Assises de l'interculturalité,
qui ont entre autres pour mission de
réfléchir à la place des convictions dans
l’espace public. Au sein du Comité, il
présidera la Commission Enseignement.
Il a également été nommé membre du
Conseil de la mémoire institué récemment
et dont il assurera la vice-présidence.
■
Le Président de l’Université Jean-Louis
Vanherweghem a été désigné comme
membre effectif avec voix consultative
du Comité consultatif de Bioéthique
pour un mandat de quatre ans en tant
■
que membre représentant le ministre
fédéral ayant la Politique scientifique
dans ses attributions.
Les prix La Recherche 2009 ont récemment été décernés. Parmi les lauréats
figure un chercheur de l’ULB : Thomas
Erneux, du Département Optique nonlinéaire théorique de la Faculté des
Sciences. Il a reçu le Prix Mention
Sciences de la communication et technologies de l'information pour son étude
sur « Contrôle, retard et oscillations ».
■
Cécile Moucheron ( Faculté des
Sciences) et Benoît Haut ( Faculté des
Sciences appliquées) se sont vu remettre le prix pédagogie Socrate par le recteur Philippe Vincke lors de la cérémonie
des vœux de l'Université le 4 janvier.
■
Co-directeur du Centre européen de recherche en microfinance de l’ULB, Marek
Hudon a reçu le 6 janvier le Prix Joseph
Merlot-Joseph Leclercq 2009 pour sa
thèse de doctorat en sciences de gestion
intitulée « Ethics and Public Policy in
Microfinance ». Une thèse qui lui a valu
le Premier Prix de recherche Institut CEDIMES quelques semaines auparavant.
■
Renaud Beauwens (Laboratoire de
physiologie cellulaire et moléculaire –
Faculté de Médecine) a reçu le Prix
Crawhez contre la mucoviscidose accordé
par la Fondation Roi Baudouin. Ce Prix lui
a été décerné pour le projet de recherche
« The critical role of DUOX1 stimulation
in increasing sodium reabsorption by
the bronchiolar epithelium in the pathophysiology of Cystic Fibrosis ».
■
Daniel Demaiffe (Département des
Sciences de le Terre et de l’Environnement – Faculté des Sciences) a été élu
directeur (pour 2010) de la Classe des
Sciences techniques de l’Académie
royale des Sciences d’Outre-Mer (ARSOM).
■
Willy Malaisse a été élu au mandat de
2e vice-président de l’Académie royale
de médecine de Belgique. Il poursuit au
Laboratoire de chirurgie expérimentale
et au Laboratoire d’hormonologie expérimentale de la Faculté de Médecine
ses travaux de recherche concernant
principalement la physiologie et la pathologie des cellules productrices d’insuline.
■
Xavier De Deken (IRIBHM – Faculté de
Médecine) a reçu un prix au près du
Belgium Thyroid Club de 5000 Euro pour
son travail accompli depuis une dizaine
d’années dans ce domaine.
■
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
L’UNIF EN BRÈVES… |
17
Photo : J.-D. Burton
L’hétérosexualité
En savoir plus ?
+
www.expopascesoir.be
www.ulb175.be
fait son coming-out
L’exposition Pas ce Soir Chéri(e) ? ne fait pas dans l’érotisme. Le projet repose sur une
démarche scientifique analysant l’histoire de la sexualité depuis le XIXe siècle. Trois ans
de travail ont été nécessaires pour réunir les informations éparses, problématiser et
nuancer, exploiter les fonds oubliés et construire une exposition questionnant l’hétérosexualité conjugale « sans histoire ». Une première.
Adélaïde est une jeune bourgeoise un peu fleur bleue qui nourrit sa curiosité quant
à la sexualité dans des romans promettant douce passion et tendre volupté.
Lorsqu’elle épouse Rodolphe, elle ne s’attend pas à ce que ses pratiques aillent
à l’encontre des principes du confessionnal. Entre devoirs d’épouse et droits du
mari, Adélaïde ne parvient pas à se soustraire à ces actes contre-nature. Elle va
de surprise en consternation en découvrant qu’elle a contracté la syphilis et que
son mari fréquente les maisons closes.
En pratique
L’exposition « Pas ce soir chéri(e) ? »
a lieu du 21 janvier au 30 mai 2010
dans le Grand Hall de
l’Université libre de Bruxelles
Bâtiment A, Campus du Solbosch
50, Avenue F. Roosevelt - 1050 Bruxelles
MODÈLES & CONDUITES
Adélaïde et Rodolphe font partie de la « famille modèle », témoin des enjeux de
la sexualité des XIXe et XXe siècles. L’arbre généalogique entraîne une succession
chronologique d’histoires individuelles constituant un tissu d’expériences heureuses ou douloureuses, faites de désirs et de plaisirs, de soumission ou de résistance aux contraintes, de choix personnels et d’interrogations. L’exposition
s’ouvre alors en posant la problématique abordée : quelle est l’emprise réelle des
modèles sur les conduites ?
Ouverture:
Du lundi au samedi de 10 à 17h
Nocturne tous les mercredis jusqu'à 21h
Fermé les dimanches et jours fériés
Prix d’entrée : 5€
Tarif réduit : 3€ - ULB : gratuit
Classes: 25€ (guide compris)
Les pratiques hétérosexuelles ne se laissent que deviner : l’historien est confronté
au domaine privé et au caractère intime de celles-ci. Cependant, il peut reconstruire un contexte d’étude en explorant les enjeux de la régulation de la sexualité, ses paradoxes, ses lieux de résistance et de revendications.
Renseignements au 02 650 25 22
En marge de l’expo :
événements
▼
▼
NORMALITÉS & TRANSGRESSIONS
Colloque « Sexe et Normes »
26 février 2010
Pour le 75e anniversaire de l’École des
sciences criminologiques Léon Cornil et
dans le cadre du projet interfacultaire
« Normes, Genres et Sexualités »
La transgression au féminin
11 mars 2010
10-12h : projection du film « Romance
X » de Catherine Breillat & table ronde
▼
Pas ce soir Chéri(e)? met en avant les discours et la politisation de la sexualité, de
façon chronologique. Le XIXe siècle, plaque tournante de la sexualité, est illustré
par les cadres contraignants de la religion, de la médecine et du droit. Le XXe siècle, plus politique, se concentre sur la régulation de la prostitution, sur les maladies, sur l’eugénisme, les politiques natalistes, la régulation de la contraception.
Un zoom sur l’époque coloniale révèle la volonté des États de réguler des « pratiques exotiques », entre fascination et peur de l’Autre.
Alors que Mai 68 est associé de façon quasi mythique à la libération sexuelle,
l’exposition démontre que, dès les années 50, contestations et mutations viennent
défier virginité sacrée et enseignement unisexe.
Conférence Stuart Kirk
15 mars 2010
(Prof. of Social Welfare, UCLA School of
Public Affairs) – « The Diagnostic and
Statistical Manual (DSM) and the Illusion
of Progress in Psychiatric Diagnosis »
▼
DISCOURS & POLITIQUES
Colloque international multidisciplinaire
du 25 au 27 mars 2010
« Comment l’État fait-il notre lit ? La
régulation des sexualités en Europe »
▼
ULB, 175e ANNÉE |
18
Colloque « Pratiques de l’intime :
écrire, filmer, commenter la sexualité au
féminin »
5, 6 & 7 mai 2010
Du phallus en ivoire au matériel de médecine contraceptive, en passant par l’iconographie d’époque, une série d’objets oubliés viennent raviver les discours et
mettre en perspective la complexité d’une sexualité silencieuse.
Lors de son parcours à travers l’histoire de sa sexualité, le visiteur est amené à
s’interroger sur la notion de normalité et sa transgression, sur l’aboutissement
des révolutions sexuelles et l’impératif de performance. Plusieurs niveaux de lecture lui laissent le loisir de satisfaire sa curiosité en fonction de ses intérêts. Pas
ce soir Chéri(e) ? fournit des outils stimulants et ouvre la porte sur un domaine de
recherche prometteur. Attention, l’hétérosexualité conjugale sort du placard…
> Maud Rouillé
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
1
19
ULB, 175e ANNÉE |
1910 :
Making off
Trois ans de travail ont été nécessaires
à la réalisation de Bruxelles 1910,
l’Exposition universelle retrouvée.
Résultat de la combinaison inédite des
recherches d’historiens et d’ingénieurs
de l’ULB, l’Exposition universelle
de 1910 renaît, en « prêt à toucher »,
grâce aux ateliers 3D conçus par les
ingénieurs du LISA(*) et les étudiants
de Master en Sciences appliquées et
en Histoire. Un projet original que
l’Extension de l’ULB a choisi de soutenir
dans le cadre du 175e anniversaire.
2
(*)
LISA : Laboratory of Image
Synthesis and Analysis
1
Incrustation de votre photo
dans une carte postale
d’époque grâce à la technique
du « green screen ».
3
2
Réalisation de la maquette (en
plâtre coloré) obtenue sur une
imprimante 3D de la société
SIRRIS, à partir du modèle 3D
de la maison Delune.
La découverte inattendue de cette fructueuse collaboration ? Le
manque de fiabilité des sources historiques. Plans « officiels »
– mais pourtant divergents –, cartes postales maquillées, vues
panoramiques imaginaires et, à l’inverse, malgré la pléthore
de sources, des aspects de l’exposition qui restent mystérieux
ou viennent seulement d’être éclaircis. Comme le dit Manuel
Couvreur (Faculté de Philosophie et Lettres), il était aisé de se
laisser abuser.
3
Livre tactile - album d’images
d’époque, fixes et animées.
SCRIPT
Au fur et à mesure, ces décalages ont amené à construire l’exposition de manière à orienter la réflexion du visiteur sur la
notion même de source. Accompagnées de leurs fiches techniques, les animations didactiques et amusantes qui constituent l’exposition sont conçues notamment pour mettre en
évidence les malfaçons, plus ou moins évidentes et admirer les
apports de la Technologie à l’Histoire : jeu des sept erreurs dans
des cartes postales truquées, puzzle vidéo, visite en 3D du
site, table multi-touch… Une centaine de documents originaux
y sont systématiquement articulés vers leur usage en 3D.
Bruxelles 1910,
l’Exposition universelle
retrouvée
Du 5/2 au 3/4 2010
Salle Allende – Campus du Solbosch
Ouverture:
Du lundi au samedi de 11h à 16h
Gratuit.
Nocturne le 6/3 de 11h à 1h du matin
www.expo1910.be
www.ulb175.be
*
infos
pratiques
Grâce à ce travail en équipe, les aberrations en tous genres ont
été mises au jour lors de la modélisation du site en 3D et des
transpositions à l’échelle, lorsque Nadine Warzée (Faculté de
Sciences appliquées) s’est aperçue, entre autres, que les dimensions au sol ne correspondaient pas à celles des pavillons,
que certaines juxtapositions de bâtiments étaient fantaisistes,
etc.
EFFETS SPÉCIAUX
ABSOLUMENT INÉDIT
Plus de 1400 cartes postales de l’exposition ont été éditées.
Pour permettre au visiteur de les visualiser sans les détériorer,
un livre virtuel ainsi qu’un livre tactile permettent de feuilleter
des albums d’images d’époque, fixes et animées. Une table
du temps propose plusieurs visions de l’évolution du site du
Solbosch depuis le Moyen-âge au XIXe siècle ou encore l’implantation chronologique des bâtiments de l’ULB. Toutes ces
recherches constituent la première histoire complète de l’évolution du site. Sur un plan plus ludique, des maquettes des
pavillons à réaliser en carton seront téléchargeables en ligne,
de même que… votre propre photo incrustée dans une carte
postale d’époque grâce à la technique du « green screen » !
Dialogue entre la technique et l’histoire, le parcours proposé
dévoile bien des aspects de cette exposition « oubliée ». Il nous
parle des mentalités, des transports et de l’urbanisation grâce
à des films d’époque (tram, incendie et dirigeable). Il nous
raconte la montée des nationalismes alors que l’idéologie officielle prône encore une solidarité internationale… teintée de
sexisme et d’exotisme stéréotypés par des pavillons tels le
Palais des travaux féminins ou le Village sénégalais.
Cent ans plus tard, touchez du doigt l’Exposition universelle
de 1910 !
> Anne-Sophie Devriese
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
Étudiants socialistes
unifiés à l’ULB
Georgette Smolski raconte
la résistance sous l’occupation
Historienne de formation, Georgette Smolski a
mené une existence d’enseignante dans le secondaire, doublée d’engagements citoyens divers.
A 90 ans, elle se souvient de l’Université et de
ceux qui, dans le cadre des Étudiants socialistes
unifiés, se sont engagés dans la Résistance. Un
travail pour la mémoire, qui sort actuellement
sous forme de livre. Elle évoque aussi pour nous
d’autres moments forts de son parcours.
Photo : Alain Dauchot
Je n’ai pas voulu écrire
une histoire des ESU,
juste poser quelques jalons
de leur combat et raviver
leur mémoire
1937 à l’ULB.
Parmi les étudiants socialistes unifiés, de futurs résistants.
Si vous rencontrez Georgette Smolski, vous l’imagineriez volontiers enfourcher sa bicyclette pour affronter la côte pentue qui mène à sa maison.
A 90 printemps, elle exhale toujours autour d’elle un souffle revigorant,
qui fleure bon la force de caractère et l’optimisme. La bicyclette, elle fut
dans sa vie une compagne synonyme de liberté et de résistance : c’était
durant la seconde guerre mondiale. Georgette et quelques camarades rassemblés au sein des Étudiants socialistes unifiés de l’ULB luttèrent contre
l’occupant allemand. Georgette joua notamment le rôle de pourvoyeuse
de courrier, en zigzagant dans les rues de Bruxelles sur son deux roues.
Son propre parcours, il apparaît à peine en filigrane du livre, préfacé par
José Gotovitch, qui paraît ces jours-ci aux éditions du CArCoB-Archives
communistes. Car c’est avec beaucoup de modestie et de retenue qu’elle
conte sa propre implication dans la résistance. Elle a préféré, au travers
de ces pages, se consacrer à la mémoire des professeurs et des élèves
résistants qu’elle a côtoyés.
1937
▼
MÉMOIRE D’ANCIEN & RÉSISTANCE |
20
LES ULBISTES DANS LA TOURMENTE
Du 9 décembre au 20 janvier, la Bibliothèque des Sciences humaines présentait une exposition réalisée par les
Archives. Cette exposition (qui complétait celle consacrée à la Faculté de Médecine sous l’occupation) présentait de
nombreux documents (issus de divers
fonds) relatifs à des membres de la
communauté qui ont vécu les temps de
tourmente de la guerre.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
Entrée à l’ULB en 1937 avec l’intention de devenir journaliste, Georgette
y suit les cours d’Histoire. Elle se souvient avec amusement du jour où
elle y reviendra, en 1947, pour un reportage sur la venue de W. Churchill,
reçu dans le grand hall de l’ULB. Elle effectue également un retour sur les
bancs universitaires dans les années 70-80, à l’occasion d’un séminaire
donné par le professeur Devleeschouwer à destination des professeurs
du secondaire.
1940, UNE RÉUNION PIONNIÈRE
En 1940, Georgette participe à la réunion des Étudiants socialistes unifiés
de Bruxelles décidés à résister à l’occupant et propose d’unir les forces
des jeunes communistes aux socialistes. Tentative qui aboutit à un échec…
Mais elle ne baisse pas les bras et poursuit par ailleurs seule son mémoire – son prof. M. Huisman étant suspendu et son assistant, Jean de
Sturler, parti en Grande-Bretagne –, consacré à la draperie limbourgeoise
au XVIIIe siècle. Sa mère, dès juillet 41, cachera à sa demande, un dirigeant communiste belge chez eux.
PARCOURS TRAGIQUES
Georgette Smolski fait partie des résistants qui ont reçu la médaille Verhaegen de l'ULB en 1945.Survivante, elle pense surtout à ses condisciples, à ces jeunes résistants morts trop jeunes ou qui, trop modestes,
n’ont pas laissé de récits de leurs actes. Elle a donc pris la plume pour
narrer le parcours d’une dizaine d’entre eux, des professeurs (socialistes
et libéraux) et des étudiants qu’elle a connus : le professeur Henri Laurent, le docteur Camille Hennebert et ses proches, l’avocat Eugène Soudan, Robert Lejour, et des étudiants ESU : Jacques Leten, Janine
Goldsobel, Pierre Laisnez, Malela Boute, Jean Evaldre et Jean Dubois.
Beaucoup d’entre eux connaîtront une fin tragique, exécutés ou déportés.
« Je n’ai pas voulu écrire une histoire des ESU, dit-elle. Juste poser
quelques jalons de leur combat et raviver leur mémoire », ce qu’elle a fait
en leur rendant figure humaine.
Si les jeunes sont moins altruistes que les
groupes que j’ai fréquentés, cela ne veut pas
dire qu’il n’y en a plus, des jeunes engagés !
VALEURS
Communiste, Georgette le sera intensément. Mais dit-elle, elle ne sera
heureusement jamais considérée comme « stalinienne » ; on la verra plutôt comme très ouverte, ou romantique ; voire naïve selon certains, un jugement qui la fait encore sourire aujourd’hui !
Engagée, elle le fut très tôt. Elle fit du scoutisme (chez les Guides neutres) où elle manifesta, à quinze ans, son indépendance d’esprit en refusant de prêter serment au roi Léopold, étant républicaine, ce qui lui valu
de ne pas être nommée chef de patrouille. « Dans ma vie, j’ai parfois fait
des choix difficiles… » dit-elle, toujours sourire en coin. Très tôt aussi, elle
manifesta ce caractère ouvert et enthousiaste. Une nature généreuse et
optimiste comme ne manquèrent pas de le souligner ses professeurs à
17 ans, lorsqu’elle quitta l’école Decroly.
L’ULB, UNE AFFAIRE
DE FAMILLE…
*
Les liens de Georgette Smolski avec notre
Université remontent à l’histoire de ses
parents. On voit sur cette photo (dernier
rang, au milieu) la mère et le père de
Georgette : Germaine Geelens et Jurgis
Smalstys. Patriote litunanien, étudiant
en droit à St-Petersbourg et socialiste,
celui-ci avait participé à la révolution russe
de 1905 avant de venir en Belgique après
s’être évadé des prisons tsaristes. Quant
à Germaine, diplômée de l’École normale
d’Arlon, elle enseignera à l’école Decroly,
où Georgette suivra sa scolarité.
Ils sont photographiés ici à l’ULB, avec
le professeur De Greef, à l’occasion de
leur promotion en 1913. Georgette fera
également ses études à l’ULB. Elle sera
licenciée en Histoire en 1941. Suivront
ensuite sur ses traces, son fils, Michel
Majoros, licencié en Histoire. Quant à
l’un de ses petits-enfants, il a choisi la
VUB pour devenir ingénieur. Et, il va
sans dire que Georgette rêve de voir ses
petits-enfants rejoindre un jour les
enceintes de notre université !
Georgette (Jurgita) Smolski a consacré un
livre au parcours peu ordinaire de son
père, qui rentré en Lituanie, contribuera
à l’établissement de lycées laïques mais
sera condamné et assassiné par les nationalistes (« Un destin lituanien », paru
en 2001 aux éditions L’Harmattan).
Pour venir en aide à des étudiants lituaniens et en souvenir de ses parents, elle
créera dans les années 90 un fonds qui,
avant même la création des programmes
Erasmus permettra à des étudiants de
suivre une partie de leur formation chez
nous.
A peine pensionnée de l’enseignement, elle s’engagera d’ailleurs dans
du bénévolat en tant que conseillère laïque du CAL affectée à la clinique
César de Paepe, puis dans des homes pour seniors.
Et l’actualité, l’engagement des jeunes, comment les voit-elle ? « J’ai
l’impression d’un certain déclin. Les jeunes sont moins altruistes que les
groupes que j’ai fréquentés, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a
plus, des jeunes engagés ! Pour ma part, nous avons eu le choix plus facile, le contexte nous a obligés à nous positionner. Aujourd’hui, on voit
des signes de populisme et d’extrême-droite se réaffirmer ; il faut continuer à faire passer les messages de résistance auprès des jeunes. »
« La mort des camarades est associée à l’espoir » : c’est sur ces paroles
de Max-Pol Fouchet que se clôture l’opuscule « Engagés volontaires ».
« J’ai toujours de l’espérance, insiste-telle. Les idées utopiques reviendront toujours ; en tenant compte de l’expérience du passé. »
Livre
Engagés volontaires.
Dix Ulbistes dans notre
mémoire, Georgette Smolski,
Éditions CArCoB-Archives
communistes, 64 pages,
février 2010.
Sur la couverture du livre,
la figure du résistant,
interprétée par le sculpteur
Idel Ianchelevici (le titre
de cette œuvre étant « Hommage
au prisonnier politique »).
> Alain Dauchot
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
MÉMOIRE D’ANCIEN & RÉSISTANCE |
C’est dans cette Belgique occupée qu’elle s’investit personnellement dans
la résistance, en jouant les «courrières», à vélo ou à pied. Il lui est alors formellement interdit de voir ses amis ESU, sécurité oblige. Rassembler ses
propres souvenirs et les croiser avec les sources historiques, comme l’a fait
Georgette Smolski ces 3 dernières années, c’est en quelque sorte reconstituer un puzzle qui a toujours existé, mais en pièces plus ou moins détachées. Un travail bien utile aussi pour appréhender notre propre histoire
universitaire en ces temps pour le moins troublés de la guerre. Témoigner,
est-ce important? «Je ne suis évidemment pas impartiale» dit-elle. Plutôt
timide de nature («Les apparences sont trompeuses!» ajoute-t-elle), elle se
force pourtant depuis longtemps à participer à des colloques ou conférences.
▼
21
MÉCÉNAT & RECHERCHE |
22
Fonds Erasme :
investir dans l’humain
Depuis sa création en 1982, le Fonds Erasme vise à offrir, grâce au mécénat, des
mandats de recherche pour de jeunes cliniciens en formation spécialisée. Fin 2009,
le Fonds Erasme décernait son 300e mandat de recherche...
Ils sont treize. Treize cliniciens en formation spécialisée à avoir décroché une bourse de recherche du Fonds Erasme pour
l’année académique 2009-2010. Grâce à ce soutien (45.000 euros), ces lauréats sélectionnés par un conseil scientifique indépendant vont poursuivre leur recherche qui aboutira pour la plupart à la défense d’une thèse de doctorat. Menées dans
un laboratoire de l’Université sous la direction d’un promoteur médecin à l’Hôpital Erasme, leurs recherches touchent différents secteurs des sciences médicales. Rapide panorama…
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Beatriz
Alvaro Mercadal
Sophie
Tsepelidis
Eric
Trepo
Nicky
D’Haen
Raphaël
Marechal
Thomas
Baudoux
Lidia
Ghisdal
Anne
Lemy
FERTILITÉ
CANCER
MALADIE RÉNALE
Beatriz Alvaro Mercadal étudie l’insuffisance ovarienne prématurée – entendez,
l’arrêt du fonctionnement des ovaires
avant l’âge de 40 ans qui concerne une
femme sur cent et est lié, estime-t-on,
dans environ 40 % des cas à des
causes génétiques. La chercheuse propose d’identifier des gènes responsables
de l’insuffisance ovarienne et d’évaluer
des marqueurs de la réserve ovarienne.
La cirrhose et le cancer du foie sont
deux des premières causes de mortalité
en Europe. Les deux causes principales
en sont le virus de l’hépatite C et
l’alcoolisme ; cependant, on note que
seuls 20 % des sujets atteints d’une
hépatite C et 10 % des sujets éthyliques
développent effectivement une cirrhose
du foie : des facteurs génétiques expliquent cette variabilité. Eric Trepo étudie
le rôle des facteurs génétiques dans
l’évolution de la fibrose des hépathopathies chroniques alcooliques et virales C.
Autre sujet de recherche, celui exploré
par Thomas Baudoux. Identifiée à l’Hôpital Erasme, la néphropathie dite « aux
plantes chinoises » est une maladie
rénale qui provoque une insuffisance
rénale chronique nécessitant le recours
à la dialyse et/ou à la transplantation
rénale. La substance toxique est l’acide
aristolochique qui provoque une fibrose
rénale irréversible et est cancérigène
pour les voies urinaires. Le chercheur
développe un modèle de la maladie
humaine afin d’approfondir nos
connaissances quant aux mécanismes
de la fibrose rénale consécutive à l’intoxication aux acides aristolochiques.
Après transplantation rénale, un rejet
aigu de la greffe survient chez 15 à 20%
des patients. Des facteurs génétiques
sont susceptibles d’être impliqués dans
ce processus de rejet.
Dans le même Service, Sophie Tsepelidis évalue les techniques de cryo-préservation ovarienne. La congélation des
ovaires s’annonce comme une technique
prometteuse pour préserver la fertilité
de jeunes patientes confrontées à un
traitement anti-cancéreux toxique pour
les ovaires et pouvant entraîner une
stérilité. La chercheuse étudie des techniques alternatives de congélation pour
mieux préserver le tissu ovarien en
particulier le cortex des ovaires.
Nicky D’Haene s’intéresse quant à elle
à l’angiogenèse, élément essentiel de
l’agressivité des cancers puisque sans
cette vascularisation, la tumeur ne pourrait pas se développer. La chercheuse
étudie l’implication des galectines -1 et
-3 dans l’angiogenèse en général et
dans les lymphomes en particulier.
Raphaël Marechal s’interroge sur les
facteurs prédictifs et pronostiques du
cancer pancréatique qui, rappelons-le,
représente la 5e cause de décès par
cancer dans les pays occidentaux. Son
mauvais pronostic est dû en partie à
l’absence de facteur de risque spécifique interdisant une prévention efficace, à un diagnostic tardif en raison
de signes cliniques longtemps absents
ou non spécifiques et à une invasion
tumorale rapide.
Lidia Ghisdal observe le génome complet des patients receveurs de greffe
rénale pour analyser la contribution de
leur patrimoine génétique au rejet
éventuel.
Anne Lemy quant à elle s’intéresse aussi
au rejet de greffe rénale mais étudie en
particulier les antigènes MICA contre
lesquels les patients peuvent produire
des anticorps, entraînant le rejet du
greffon.
Ils sont treize. Treize cliniciens en formation spécialisée à avoir décroché une bourse de recherche du Fonds
Erasme pour l’année académique 2009-2010. PHOTO : JEAN JOTTARD.
*
Conventions
de recherche
soutenues
Pour plus d’informations :
www.fondserasme.be
fonds.erasme@ulb.ac.be - Tél. 02 555 43 59
Compte :
IBAN : BE45 676 090 222 389 - BIC : DEGRBEBB
Au-delà de 30 euros et en mentionnant la communication « DON »
une attestation pour la déductibilité fiscale est émise.
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Julie
Smet
Leila
Amininejad
Chantal
Dedobbeleer
Céline
Dreyfuss
Fabio
Taccone
COQUELUCHE
PATHOLOGIE CARDIAQUE
Autre thème de recherche pour Julie
Smet qui analyse la mémoire immunitaire induite par le microbe de la coqueluche. La coqueluche – dont le
microbe Bordetella Pertusis a été identifié par Jules Bordet dans les laboratoires de l’ULB – est en recrudescence
depuis la fin des années 80, y compris
dans les pays développés et malgré
une vaccination à large échelle. Cette
recrudescence est sans doute liée à une
perte progressive de l’immunité induite
par la vaccination ; mais aujourd’hui, on
ne connait pas la durée de la mémoire
immunitaire induite par ces vaccins.
La contraction du muscle cardiaque
comporte un mouvement de torsion qui
est altéré dans de nombreuses pathologies cardiaques, tant les valvulopathies
que le rejet aigu du greffon après transplantation du cœur. L’altération de ce
mouvement de torsion pourrait même
précéder l’anomalie de la fonction cardiaque proprement dite. Chantal
Dedobbeleer essaie de comprendre
cette anomalie de la torsion.
MALADIE DIGESTIVE
La maladie de Crohn est une maladie
fréquente du tube digestif. Différents
gènes de susceptibilité à cette maladie
ont été découverts. Certains pourraient
être communs avec les gènes qui codent pour la granulomatose septique
chronique, une autre maladie héréditaire mais fort rare. Leila Amininejad
tente d’établir une cartographie de ces
gènes et de tester leur association
avec la maladie de Crohn.
Céline Dreyfuss s’intéresse à l’effet des
polluants de l’air sur la santé et en
particulier à leur relation avec les cardiopathies et les accidents vasculaires.
Son étude devrait permettre de répondre
à des questions-clefs telles que : quel
est l’effet de la pollution sur la rigidité
artérielle ? Ces effets seraient-ils secondaires à une dysfonction de l’endothelium ? Quels sont les mécanismes
responsables de cette dysfonction ?
SEPSIS
Enfin, terminons ce rapide panorama
avec la recherche que mène Fabio Taccone dans le sepsis, terme qui indique
une infection grave qui nécessite une
prise en charge du patient au service
des soins intensifs. Le sepsis est notamment caractérisé par l’atteinte de la
fonction de plusieurs organes même à
distance de l’infection. Le cerveau peut
ainsi être touché. Fabio Taccone étudie
les anomalies de la perfusion cérébrale
au cours d’infections graves.
Grâce au mécénat privé, le Fonds
Erasme apporte à la recherche médicale chaque année, plus d’un million
d’euros, sous forme de bourses de
recherche à de jeunes cliniciens mais
aussi de conventions de recherche
avec des laboratoires de l’Hôpital
Erasme. Ainsi, il finance pour les
deux ans à venir, un nouveau programme piloté par le Service de génétique qui devrait permettre
l’identification et la validation de biomarqueurs pour l’optimalisation de
l’immunosuppression en transplantation d’organes solides. Soutenu à
hauteur de 550.000 euros pour deux
ans, ce projet s’inscrit dans la continuité d’un vaste programme mené
avec le soutien du Fonds Erasme, par
un consortium de quatre services de
l’Hôpital Erasme (Génétique, Gastroentérologie, Neurologie, Gynécologie) :
dédié à la génomique, ce projet a
permis d’installer une plate-forme de
génotypage et de séquençage pleinement opérationnelle et de constituer,
dans chacun des services, des cohortes de patients et de banques
d’ADN, qui constituent autant d’outils
précieux pour identifier les gènes impliqués dans un large éventail de maladies. Des avancées ont ainsi été
réalisées dans la compréhension des
bases moléculaires de pathologies
aussi différentes que les maladies inflammatoires de l’intestin et du foie,
les épilepsies familiales, des formes
héréditaires de microcéphalies, le
syndrome d’hyperstimulation ovarienne, les causes d’hyper- et d’hypothyroïdie…
Le Fonds Erasme finance par ailleurs
des Conventions de recherche
dédiées, en réponse à des mécènes
qui souhaitent voir affecter leurs
dons à un domaine particulier de la
recherche médicale. Trois conventions
sont en cours : elles concernent la
gastro-entérologie, la sclérose en
plaques et les maladies orphelines.
> Nathalie Gobbe
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
MÉCÉNAT & RECHERCHE |
23
Georges Verhaegen
Avoir 20 ans, avec UNICA
Rencontre avec Georges Verhaegen, ancien recteur de l’ULB et
président fondateur du réseau des universités des capitales européennes – UNICA – ; réseau qui fête en janvier 2010 ses 20 ans.
Esprit libre : L’ouverture au
monde, la diversité des
cultures, vous y êtes habitué
depuis l’enfance…
Georges Verhaegen : Assurément puisque, suite à la nomination de mon père comme
représentant belge à l’OACI1,
toute la famille embarque
pour le Canada où je passerai
10 années, de 8 à 18 ans.
Mon parcours primaire et
secondaire me conduira dans
des écoles anglophones à
Montréal et à Ottawa, et je
resterai seul la dernière
année, mes parents étant
rentrés au pays, pour terminer
mon « senior matriculation »
à Ottawa, à Ashbury College.
Esprit libre : Vous revenez
ensuite en Belgique pour vos
études supérieures en chimie.
À quel moment s’amorce le
grand tournant vers la
recherche ?
Georges Verhaegen : En
première licence, je prends
conscience que mes études
et l’investigation scientifique
me plaisent beaucoup. Je suis
diplômé en 1959 et mon
directeur de mémoire,
P. Goldfinger, me propose de
m’engager dans un doctorat.
Mes travaux seront consacrés
à la chimie des hautes températures par spectrométrie
de masse. Le sujet me plonge
au croisement de la chimie et
de la physique.
Esprit libre : Le virus international refait surface !
Georges Verhaegen : Oui,
mais dans un périmètre de
voisinage, du moins pendant
les premières années ! Après
un an de mandat d’aspirant à
l’IRSIA de 1959 à 1960, et
d’assistant de 1960 à 1964,
je défends ma thèse en 1965
et j’entre au FNRS. J’intercale,
dans ce cheminement, grâce
à une bourse OTAN et CNRS,
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
un séjour d’un an au Centre
de mécanique ondulatoire
appliquée, dépendant du
CNRS, auprès du Prof. R. Daudel et du Dr. C. Moser. J’aurai
ensuite l’opportunité d’élargir
mon champ de collaboration
à la Sorbonne et à Oxford.
Esprit libre : En 1970 vous êtes
nommé chercheur qualifié du
FNRS mais la destinée vous
amène à un réaiguillage
inattendu, du moins dès ce
moment.
Georges Verhaegen : Oui, mon
patron Goldfinger décède et
Réginald Colin et moi lui succédons en 1971. Je suis alors
le cursus classique du professorat et suis nommé professeur ordinaire en 1979.
Esprit libre : Vous ne délaissez pas la recherche,
évidemment !
Georges Verhaegen : Non,
je poursuis mes travaux en
chimie quantique et spectroscopie théorique, et je me
consacre tout particulièrement
aux calculs ab initio (sans
paramètre, pour coller d’emblée à l’expérience). Je serai
membre fondateur du Centre
européen du calcul atomique
et moléculaire, centre d’excellence, de 1979 à 1985, et
de la Commission « Superordinateur » du FNRS. Mes
cours porteront aussi sur la
structure des molécules.
Esprit libre : Un autre aspect
de la vie universitaire va susciter de plus en plus votre
intérêt, au point d’ailleurs de
constituer les fondements
d’une véritable expertise.
Georges Verhaegen : En effet,
des responsabilités institutionnelles facultaires d’abord
– je deviens président du Département de Chimie puis de
la Faculté des Sciences en
1978 –, universitaires ensuite
– membre du Conseil d’Administration – me convainquent
de l’importance de la gouvernance et du management de
l’université. Je serai recteur
de l’ULB de 1986 à 1990, et
après, je mettrai cette expérience au service d’autres
universités. Je suis encore,
aujourd’hui, très impliqué
dans des activités d’évaluation et de conseils.
Esprit libre : Revenons au
rectorat et à ses principaux
acquis, à votre estime ?
Georges Verhaegen : J’ai
âprement négocié l’acquisition
du premier superordinateur
en Belgique, installé à l’ULB,
et mis au service de l’ensemble des universités de la
Communauté française grâce
à un programme spécial du
FNRS. J’ai, par ailleurs, créé
le Bureau du Conseil de la
Recherche et mis en œuvre
un regroupement de tous les
crédits de recherche accompagné d’un système d’appels
à propositions, ce qui permettait d’opérer des choix
stratégiques (pour une enveloppe équivalent à 2,5 millions d’euros !). Enfin avec
mon collègue Gilbert De Busscher nous avons initié un
programme de formation2
destiné à des élèves du
secondaire dans des écoles
dites défavorisées afin de les
préparer à un cursus universitaire – ce programme important, initialement subsidié
par le rectorat, a depuis été
repris et développé par la
Région bruxelloise.
Esprit libre : Vous avez aussi
favorisé la dimension européenne de notre Alma Mater.
Georges Verhaegen : J’ai
stimulé la réflexion interne
sur le rôle et la place de
l’université en Europe et à
Bruxelles, et ai pu tirer parti
▼
PORTRAIT |
24
Georges Verhaegen
« …dans le contexte
du début des
années 90, les
premières actions
de coopération
universitaires européennes se mettent
en place : les programmes de mobilité entre universités
(ERASMUS) ou
avec l’entreprise
(COMETT), les premières ébauches de
collaborations dans
l’enseignement.
UNICA fut un des 3
ou 4 forums de ce
genre existant à
l’époque en
Europe. »
de notre échange d’idées
avec mes collègues dans ces
groupes de travail. La clé de
voûte de notre réflexion
commune revenait à identifier
une spécificité de l’ULB – sa
1
Organisation de l’Aviation Civile
Internationale.
2
Ce programme de tutorat a reçu depuis une reconnaissance de l’Unesco
avec le Prix Comenius.
position au cœur de l’Europe
et son know-how en études
européennes notamment –
à promouvoir pour renforcer
notre visibilité et nouer des
alliances.
Esprit libre : Le brainstorming
a été fructueux et a abouti à
UNICA ?
Georges Verhaegen : Nous
avons conçu le projet d’un réseau rassemblant des universités de capitales européennes à quelques-uns3. Il faut
se resituer dans le contexte
du début des années 90. Les
premières actions de coopération universitaires européennes se mettent en place :
les programmes de mobilité
entre universités (ERASMUS) ou
avec l’entreprise (COMETT),
les premières ébauches de
collaborations dans l’enseignement. UNICA fut un des 3
ou 4 forums de ce genre existant à l’époque en Europe,
comme outil de dialogue politique mettant en contact les
leaders des universités sur
des questions institutionnelles, mais aussi d’interface
pour les administratifs ou
experts académiques sur des
problématiques urbaines.
Nous avons, au fil du temps,
décroché un statut d’observateur des politiques et programmes européens à la
Commission européenne.
Dépassant le cadre de la
CRE de l’époque, j’ai invité à
l’ULB des recteurs européens
et américains pour un séminaire sur le dialogue transatlantique.
Esprit libre : D’autres acquis ?
Georges Verhaegen : L’intégration du programme
ERASMUS au sein de l’ULB
en 1988 et l’atout du réseau
UNICA pour développer une
dynamique de mobilité
d’étudiants. Nos partenaires
importants au cours des
années 90 étaient toutes des
universités UNICA.
Esprit libre : Aujourd’hui, à la
retraite depuis 2002, vous
êtes toujours actif dans le
volet « gestion institutionnelle ».
Georges Verhaegen : J’ai
commencé en 1993 à m’impliquer dans l’évaluation
d’universités pour la Banque
Mondiale, au Sénégal, au
Bénin, et plus tard au Yemen.
Toujours pour la Banque
Mondiale, je me suis occupé
pendant quelques années
d’un projet d’université virtuelle africaine. J’ai également
été chargé par la Commission
européenne d’apprécier la
pertinence et le mode opératoire en vue de créer une Université de l’Océan Indien. De
1992 à 1998, j’ai fait partie
du groupe de conseillers internationaux sur la politique
internationale de l’Université
de New York.
J’ai effectué, et effectue encore, pour la CRE (Conférence
des recteurs européens)
d’abord et pour l’EUA (European University Association)
ensuite, des évaluations portant sur la gouvernance des
universités aux quatre coins
de l’Europe, ainsi qu’au Brésil
et en Afrique du Sud. Par ailleurs, je donne tous les ans
un séminaire de formation
aux universités s’inscrivant à
une évaluation par l’EUA.
« …nos valeurs
induisent une
fidélisation à notre
Alma Mater basée
sur une force
morale, bagage
pour la vie. »
Georges Verhaegen : L’ULB
est une bonne université,
pour deux raisons : notre
mode de sélection et de promotion du personnel par voie
de concours est impeccable,
par rapport aux méthodologies
que je constate ailleurs, ce
qui garantit la qualité de notre
Université à l’avenir. La seconde raison tient à notre
spécificité : nos valeurs induisent une fidélisation à
notre Alma Mater basée sur
une force morale, bagage pour
la vie. Nos faiblesses sont le
revers de nos atouts : un individualisme opiniâtre, qui
quelquefois nous empêche
de poursuivre des buts
communs. Toutefois cette
volonté d’autonomie est institutionnelle aussi et s’avère
une voie fondamentale pour
compenser notre manque de
financement chronique.
Esprit libre : Le libre-examen
vous paraît donc toujours un
« argument de vente » ?
Georges Verhaegen : Le libre
examen pour moi « c’est
avant tout ne pas me dire
comment je suis obligé de
penser ». Je crois que cela
correspond assez bien à
l’aspiration des jeunes
d’aujourd’hui quoique la
montée des religions et des
intégrismes y soit un frein
auquel il faudrait apporter
toute l’attention requise…
> Chantal Zoller
Esprit libre : Vos analyses du
fonctionnement d’un grand
nombre d’universités à travers le monde vous ont-elles
rendu sévère ou élogieux visà-vis de votre Alma Mater ?
3
Georges Verhaegen, celui qu’il considérait comme son conseiller particulier
Claude Truffin, Chantal Zoller, et Pierre
Demaret.
Georges Verhaegen avec Armand de decker, lors de l’hommage à André Jaumotte, en novembre 2006, à l’occasion d’une soirée organisée par le CEMUBAC
et l'Union des anciens étudiants célébrant les 70 ans de présence en Afrique
centrale du CEMUBAC.
▼
Esprit libre : Vous vous êtes
aussi investi dans la coopération au développement.
Georges Verhaegen : Oui,
André Jaumotte m’a demandé
de prendre la présidence du
CEMUBAC, ONG active en
matière de soins de santé,
de recherche et de formation
(uniquement en République
Démocratique du Congo aujourd’hui).
25
PORTRAIT |
Esprit libre : Le travail du CEMUBAC a du s’adapter suite
à la situation très critique
dans cette partie du continent.
Georges Verhaegen : Traditionnellement, le CEMUBAC
gérait des zones de santé dans
l’Est du Congo. Les événements l’ont obligé à se replier
en partie pour faire place à de
la médecine d’urgence. Le
CEMUBAC s’est alors reconverti
en partie vers une politique
de soutien à l’organisation
de la médecine congolaise et
bénéficie actuellement d’un
contrat de la Banque Mondiale qui couvre le système
de santé central et provincial.
En fait, nous perdons, ce faisant, peut-être une certaine
visibilité mais par contre notre
travail en profondeur avec la
collaboration de médecins
congolais, que nous avons
formés à la problématique de
la santé publique, s’avère
extraordinairement utile.
La manière dont l’aide aux PED
est organisée en Belgique a
fait l’objet aussi d’un changement radical. Auparavant on
disposait de la quasi-totalité
des fonds. Pour l’heure, les
ONG doivent avancer 20 %
comme « matching funds »
pour décrocher les contrats,
ce qui met notre budget en
difficulté malgré que le CEMUBAC n’emploie que 2,5 ETP
rémunérés, le reste étant
couvert par du bénévolat,
venant notamment de l’ULB.
Le chercheur en Droit :
un acteur en mutation !
▼
▼
Julie Allard
Anne Lagerwall
Ludovic Hennebel
JULIE ALLARD
revue Esprit. En raison de son expertise
sur la fonction de juger, Julie Allard est
régulièrement sollicitée pour participer,
à l’étranger, à la formation des
magistrats. En 2009, elle est intervenue,
à Madrid, sur le thème de l’éthique des
juges, à Ottawa, sur la mondialisation,
et à Paris, sur le modèle néolibéral de
justice.
À l’avenir, elle aimerait développer une
perspective plus historique et étudier
la manière dont l’utilisation de la force
militaire était perçue, à la fois par les
États et par les auteurs de doctrine,
aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette étude
présenterait le double intérêt de mieux
comprendre le système de sécurité
collective contemporaine et d’offrir une
grille d’analyse plus théorique sur les
rapports entre l’émergence du droit
international et l’interdiction du recours
à la force.
Après une licence en philosophie à
l’ULB et deux spécialisations à Bruxelles
et à Caen, Julie Allard a consacré sa
thèse de doctorat aux représentations
philosophiques du jugement judiciaire
(actuellement en cours de publication
aux Presses universitaires de France).
Son objectif, en faisant dialoguer droit
et philosophie, était d’interroger le
pouvoir reconnu aux magistrats, le
type de raisonnement auquel ils ont
recours et la légitimité de leur action.
Depuis, elle travaille entre autres sur
la mondialisation du droit et son
impact sur la fonction des juges.
Chercheur qualifié du FNRS depuis
2008, elle est rattachée au Centre
Perelman de philosophie du droit à
l’ULB et chercheur associé à l’Institut
des hautes études sur la justice de
Paris, où elle a eu l’occasion de
travailler sur le dialogue des juges.
Elle a publié avec Antoine Garapon un
essai sur le thème des mutations
contemporaines de la fonction de
juger. Tous deux codirigent, avec
Justine Lacroix (Centre de théorie
politique, ULB), une recherche sur le
thème de l’ « anti-juridisme », qui
désigne l’ensemble des critiques et
des résistances à « l’empire du droit »
qui se déploie aujourd’hui, thème qui
fait l’objet d’un séminaire bimensuel
de deux ans à Paris, parrainé par la
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
ANNE LAGERWALL
Anne Lagerwall se distingue durant
ses études de droit en faisant partie
de l’équipe de l’ULB qui remporte le
premier prix au Concours de plaidoirie
en droit international Charles Rousseau. Cette expérience la conforte dans
son inclination pour cette discipline juridique. Elle s’engage dans un doctorat
portant sur la maxime « ex injuria jus
non oritur » qui tend à explorer les
rapports parfois ambigus entre la légalité et l’effectivité de certaines situations (guerre en Irak en 2003 ou
indépendance du Kosovo pour ne
citer que deux exemples). Son séjour
doctoral comme Visiting Fellow à
l’Université de Cambridge, dans
l’équipe du professeur James Crawford
du Lauterpacht Centre for International
Law lui a permis de tisser des relations
professionnelles denses avec des
pairs de Vienne, Berlin, Florence et
Pérouse.
LUDOVIC HENNEBEL
Il est titulaire d’un doctorat en droit de
l’ULB, d’un LL.M sur les Droits de
l’homme de l’Université de Leicester et
du très compétitif diplôme de l’Institut
René Cassin. Chercheur qualifié au
Centre Perelman de philosophie du
droit, ses recherches portent sur le
droit international des droits de
l’homme, le contentieux transnational
et le droit global. En 2007, il publie
chez Bruylant deux monographies sur
la Convention américaine des droits de
l’homme d’une part et sur le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques d’autre part. Un séjour de
recherche à la Faculté de Droit de
l’Université de New York dans l’équipe
du professeur Ph. Alston, au sein du
Hauser Global Law Program lui a
PHOTOS : JEAN JOTTARD
Dans le cadre des 175 ans de l’ULB, la Faculté de Droit s’est lancé un défi : dégager un
fil rouge qui permette de mutualiser un maximum de compétences scientifiques internes
et de conduire à un vaste projet de recherche commun. Le thème retenu ? « Le Juge : un
acteur en mutation ». Il constitue, c’est indéniable, un programme prometteur et pour
le progrès de la recherche, et pour le processus d’intégration facultaire.
Rencontre avec quatre jeunes académiques, récemment promus à titre définitif, et qui
vont s’investir dans cette recherche plurielle associant diverses disciplines juridiques :
Julie Allard, Anne Lagerwall, Hakim Boularbah et Ludovic Hennebel.
▼
RECHERCHE & EXPERTISE |
26
Le projet de recherche intitulé « Le juge : un acteur en mutation » devrait se décliner autour de quatre dimensions qui distinguent l’action du juge, interconnectées entre elles :
Cet ambitieux projet
devrait en tous les
cas permettre à tous
les chercheurs
concernés de la
Faculté de contribuer
au progrès des
connaissances sur
une thématique
citoyenne.
le juge actif et sommé d’être efficace, volet qui confrontera aux exigences découlant du principe d’indépendance des magistrats les nouvelles formes de
contrôle d’efficacité et notamment le modèle managérial de la justice étudié par
Julie Allard avec les magistrats de l’ENM ;
le juge activé par la société civile, par l’État ou par d’autres institutions. Instrumentalisation du juge à des fins stratégiques, individuelle ou collective, pour
donner la parole à la société civile ou au contraire pour la limiter ! Thème qui
rejoint aussi les préoccupations de Ludovic Hennebel sur le contentieux transnational des droits de l’homme et d’Arnaud Nuyts sur la problématique de la
stratégie judiciaire ;
le juge interactif qui visera à éclairer la relation entre les juges et le rôle du dialogue dans les nouveaux raisonnements de certaines juridictions. Julie Allard et
Johanne Poirier tenteront de répondre aux questions suscitées par cette interrelation (acceptable ?, illégitime ?, cachée ?, etc.) Ce volet n’éludera pas la mise en
concurrence des juges, qui peut faire partie de la stratégie des parties ou de la
société civile ;
le juge activiste qui donnera notamment l’occasion de se pencher sur le travail
des tribunaux pénaux internationaux, sur les évolutions jurisprudentielles résultant de la volonté des juges et sur les modes de légitimation de ces évolutions.
L’action du juge, au travers de ces quatre balises sera évaluée transversalement
dans les domaines du contentieux judiciaire et administratif, du droit pénal international et du droit constitutionnel.
▼
Hakim Boularbah
permis de travailler et de publier sur
l’exceptionnalisme américain et les
droits de l’homme, sur le terrorisme
dans l’État de droit, et sur le particularisme interaméricain des droits de
l’homme. En tant que chercheur qualifié
au FNRS, il poursuit ses recherches sur
l'émergence d’un droit transnational
des droits de l’homme, la justice globale et les conceptions non-européennes des droits de l’homme.
Ludovic Hennebel a été chercheur invité auprès de la Cour interaméricaine
des droits de l'homme (San José,
Costa Rica), durant une année en
2003. Il s’implique par ailleurs, en tant
que chercheur et promoteur, dans
plusieurs programmes de recherche
internationaux en partenariat avec des
universités telles que l’Université de
Paris I, l’Université de Vienne, l’Université de New York ou encore le Collège
de France, et coordonne des programmes de formation de magistrats
étrangers sur les droits de l’homme
en particulier.
HAKIM BOULARBAH
Hakim Boularbah ne choisit pas la facilité, au terme de ses études de droit à
l’ULB, en s’engageant, en parallèle,
dans la recherche à temps partiel et au
barreau ! Aujourd’hui, avec le recul, il
estime qu’il est préférable d’inverser
les deux étapes et de réaliser une
thèse dans un premier temps avant de
s’investir ensuite dans une carrière
d’avocat. Avoir les deux expériences à
son arc s’avère des plus enrichissants :
« on découvre dans la doctrine des
lacunes dont on n’aurait pas fait le
constat en étant uniquement
chercheur » !
En 1999, son étude consacrée « au rôle
respectif du juge et des parties dans
l’allégation des faits et la détermination
de la règle de droit applicable au litige »
a été récompensée par le prix Simone
David-Constant. La qualité de ses travaux est à nouveau reconnue, en
2006, avec le Prix McKinsey/FNRS. En
2007, il termine sa thèse sur les procédures unilatérales en droit belge et européen qui se voit récompensée par le
prix Alice Seghers. Directeur de l’Unité
de droit judiciaire (www.procedurecivile.be), ses recherches actuelles
comportent un volet national et un
volet international et s’inscrivent
autour de deux axes majeurs : les
questions d’accès, d’organisation et
d’efficacité de la justice. Il travaille,
notamment pour le gouvernement fédéral, sur les « class actions » et les
problèmes procéduraux qu’elles suscitent. Les réformes législatives de 2007
qui ont profondément modifié le rôle
du juge dans le déroulement de la
procédure civile ont fait l’objet de deux
colloques dirigés par H. Boularbah qui
ont attiré une large audience (près de
1250 participants pour l’un des deux !)
L’analyse de l’affaire Fortis fera, en 2010,
l’objet d’une série de conférences qui
porteront notamment sur le management de la justice, sur la fonction
politique du juge, et les rôles respectifs
des différents acteurs du procès.
Au plan international, c’est le développement du droit judiciaire européen
qui retient son attention. Ses travaux
avec le professeur Arnaud Nuyts,
directeur de l’Unité de droit international
privé (www.dipulb.be), leur ont valu
d’être sélectionnés, à quatre reprises,
pour un financement de la Commission
européenne dans le cadre de la
coopération judiciaire civile. Deux jeunes
chercheuses les épaulent : Natalia Kapetanaki qui étudie le droit de la propriété intellectuelle sous l’angle du
droit de la concurrence et Malgorzata
Posnow-Wurm dans le domaine de la
protection des consommateurs.
> Chantal Zoller
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
RECHERCHE & EXPERTISE |
27
Actif, activé, interactif, activiste… le juge en mutation !
INNOVATION & BREVETS |
28
Dialogues
Université-Entreprise
Quels modèles pour la valorisation
de la recherche ?
*
Bruno
van Pottelsberghe,
adjoint
du président
et conseiller
du recteur pour
la valorisation de
la recherche.
Esprit libre : On associe volontiers les relations « Université-Entreprise » à la
valorisation de la recherche.
Qu’entend-on par là ?
Bruno van Pottelsberghe :
Valoriser économiquement les
inventions universitaires signifie d’abord protéger les inventions elles-mêmes en prenant
des brevets; ensuite, valoriser
ces inventions soit en cédant
une licence à une entreprise
existante, soit en créant une
nouvelle entreprise (une spinoff) qui mettra sur le marché
un nouveau produit ou un
nouveau service.
Esprit libre : Le professeur
Veugelers (KUL) a présenté
lors du colloque « UniversitéEntreprise » un survol
d’études empiriques sur la
problématique de la valorisation dans les universités...
Bruno van Pottelsberghe :
Reinhilde Veugelers souligne
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
En décembre, en l’honneur du
Baron Jaumotte et à l’initiative
des Professeurs Thys-Clément et
Dewatripont, l’ULB accueillait le
colloque « Université-Entreprise ».
Évocation avec l’économiste
Bruno van Pottelsberghe.
l’importance à la fois de la
proximité et d’une masse critique pour bien mener le processus de valorisation en
université. Toutefois, il est difficile de définir cette masse
critique : à partir de combien
de dépôts de brevets et de
créations de spin-off atteinton ce seuil ? Reinhilde souligne aussi qu’il est plus
efficace de participer au capital de la nouvelle société que
de lui concéder une licence.
Je ne partage toutefois pas cet
avis. Selon moi, l’octroi d’une
licence est plus simple à gérer
et donne un retour financier
s’il y a succès commercial.
C’est d’ailleurs vers cette formule que plusieurs grandes
universités européennes
s’orientent. Participer au capital requiert en effet des compétences pointues, une
expérience substantielle et un
suivi constant ; il est par ailleurs impossible de savoir
quand et combien cet investissement rapportera ; et
enfin, vu les augmentations
de capital, le risque est grand
de voir une dilution progressive du rôle de l’université.
Esprit libre : Où en est la
valorisation de la recherche
à l’ULB ?
Bruno van Pottelsberghe :
De 2 à 3 brevets déposés par
an au milieu des années 90,
nous sommes aujourd’hui
passés à une vingtaine de
brevets chaque année. Notre
portefeuille est assez restreint
puisqu’il dépasse à peine la
centaine de brevets actifs
mais il est de qualité puisqu’il
présente un haut pourcentage
de brevets valorisés, c’est-àdire cédés ou licenciés.
La création d’entreprises est
également en augmentation :
d’1 spin-off par an il y a 15
ans, nous sommes aujourd’hui arrivés à une
moyenne annuelle de 3 à 4
spin-offs, soit en 2009, un
total de 24 spin-offs. Ici aussi,
le nombre total n’est pas le
plus élevé des universités
belges mais il s’explique notamment par notre définition
très restrictive d’une spin-off :
une entreprise dont la création se base sur du capital intellectuel de l’Université et au
travers de laquelle il y a transfert de technologie.
Esprit libre : La valorisation
est entrée dans la culture
académique ?
Bruno van Pottelsberghe :
Pas encore à l’ULB, du moins
pas autant que dans les
grandes universités européennes. Elle a pourtant intérêt à s’y engager puisque lors
du colloque, le professeur
Lissoni de l’Universita di
Brescia a montré qu’il existe
un cercle vertueux entre dépôts de brevets et publica-
INNOVATION & BREVETS |
29
Créée en novembre 2001, Delphi
Genetics développe des solutions
génétiques originales et des services
pour les entreprises et les centres de
recherche. Delphi Genetics possède
en particulier une expertise importante
dans le domaine des processus de
clonage d'ADN.
L’Innovation
ouverte se nourrit
de la collaboration
Recherche/Entreprise.
Le principe est de ne
plus se baser uniquement sur sa propre
recherche pour innover et de «sortir» les
innovations internes
non exploitées sous
forme de brevets,
spin-out, etc.
tions : les chercheurs qui
prennent beaucoup de brevets sont aussi des « star
scientists », c’est-à-dire des
chercheurs qui publient en
quantité et en qualité. Il est
logique que ce soit surtout
une recherche de qualité qui
donne lieu à des transferts de
connaissance… Le débat sur
le seuil versus la proximité
devra être résolu à l’ULB, soit
via une centralisation des offices de transfert de connaissance (le modèle français)
quelque part en Wallonie,
soit via une différenciation
des activités de l’interface
vers la gestion des contrats
de recherche industrie-université (le modèle de la KUL).
Esprit libre : Lors du
colloque, on a aussi parlé
d’Open Innovation…
Bruno van Pottelsberghe :
En effet, l’Innovation ouverte
se nourrit de la collaboration
Recherche/Entreprise. Le
principe est de ne plus se
baser uniquement sur sa propre recherche pour innover et
de « sortir » les innovations
internes non exploitées sous
forme de brevets, spin-out,
etc. La réalité des TIC avec
Nokia ou celle du secteur
pharmaceutique, présentées
au colloque par Erkki Ormala,
le Professeur Michel Goldman et Jean Stéphenne, rendent la gestion de propriété
intellectuelle plus complexe
que dans le passé ; tous plaident pour la construction rapide d’un modèle solide.
Esprit libre : L’Europe
est-elle à la traîne ?
Bruno van Pottelsberghe :
Aujourd’hui, un brevet européen doit être géré dans
chaque pays, ce qui entraîne
des frais de traduction élevés
et une complexité administrative souvent dissuasive.
Par conséquent, les preneurs
de brevet se limitent souvent
aux États-Unis, puis viennent
éventuellement en Europe.
Dans une récente étude avec
Jérôme Danguy, chercheur
FNRS du centre ECARES*,
nous avons calculé l’impact
du passage au brevet communautaire : si les juristes,
conseillers en brevet et traducteurs perdraient plusieurs
centaines de millions d’euros, en revanche, ces montants seraient redistribués
entre les entreprises, le nonmarchand et l’Office européen des brevets. Le système
de brevet européen ne fonctionne pas ; or, les régimes
de propriété intellectuelle
constituent un facteur important pour la croissance et la
compétitivité dans une économie basée sur la connaissance.
> Nathalie Gobbe
À lire
Bruno van Pottelsberghe,
Lost property : The European patent
system and why it doesn’t work,
Bruegel Blueprint 9,
ISBN : 978-9-078910-12-1
* ECARES : European Center for
Advanced Research in Economics
and Statistics.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
ÉPINGLÉ POUR VOUS |
30
À voir,
à faire
Ingénieux : ça marche !
Quand on parle de technologie, on
pense souvent « high-tech » : iPods, ordinateurs, GPS, etc. Les technologies
sont pourtant bien plus que cela. De la
réalité virtuelle aux nanotechnologies,
en passant par la construction des tunnels ou des robots, venez découvrir et
comprendre les prouesses technologiques d'aujourd'hui grâce à « Ingénieux, ça marche ! », une exposition
conçue par la Faculté des Sciences appliquées de l'ULB au Centre de culture
scientifique de l'ULB Parentville.
à l’ULB…
ou ailleurs
*
Retrouvez toutes
les activités de l’ULB
dans l’agenda
électronique sur :
www.ulbruxelles.be/outils/agenda/
Jusqu’au 19 février.
Wallerstein à Cultures
d’Europe
La médecine
traditionnelle chinoise
Immanuel Wallerstein sera l’invité de
Cultures d’Europe le 4 mars prochain.
La conférence « Crise mondiale politicoéconomique : quels sont nos choix ? »
aura lieu à l’auditoire P-E Janson à 20h
à l’ULB. Sociologue américain, Senior
research scholar à l’Université de Yale et
Docteur honoris Causa de l’ULB (1996),
Immanuel Wallerstein écrit dans trois
domaines d’analyse du système mondial moderne : la crise contemporaine
de l’économie capitaliste mondiale, le
développement historique du système
mondial moderne et les structures du
savoir.
L’exposition « La Médecine traditionnelle chinoise » toujours visible au
Musée de la médecine vous emmène
au cœur de conceptions encore mal
connues : l’harmonisation des
contraires comme pour le Yin et le Yang,
les jeux de correspondances entre les
cinq éléments, la préservation de l’équilibre énergétique, etc. Par le prisme
d’estampes, de livres, de photographies, grâce à la reconstitution d’une
pharmacie traditionnelle, à la présentation des vertus des plantes, à l’originalité
de la « trousse » médicale, la Médecine
traditionnelle chinoise nous dévoile les
différentes facettes de son évolution :
philosophiques, symboliques et pratiques. Depuis les règles de prévention
jusqu’au volet thérapeutique, le patrimoine du Musée de Médecine traditionnel de Suzhou, présenté pour la
première fois en Belgique, dresse un
portrait unique de ce volet important de
l’histoire de la Chine.
Infos : http://www.ulb.ac.be/cultureeurope/culture-europe.html
PHOTO : SÉBASTIEN BOUSSOIS
Palestinisraël
Du 18 au 26 février 2010, l’exposition
« Palestinisraël. Voyage en pays
inconnu » mettra en scène une centaine
de photographies témoignant de la vie
commune des habitants de la « Terre
Sainte » sous un angle philosophique.
Car ce sont des hommes avant tout,
acteurs d’une culture, de traditions et
d’un quotidien reflété dans des situations cocasses ou dramatiques.
Le photographe, Sébastien Boussois,
présentera également son livre à cette
occasion. ULB Culture, en partenariat
avec le Chaire Bernheim Paix et
Citoyenneté.
ULB-Foyer culturel
Campus du Solbosch (F1)
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
175e ! et
Bon Anniversaire ULB !
Les Archives et Bibliothèques vous
convient à un voyage dans le temps…
dans l’histoire de l’Université. En trois
vagues successives, vous (re)découvrirez les étudiants et les bâtiments, les
personnages marquants de l’histoire
de l’Université et le Librex’ et enfin le
passé et l’avenir des Archives et Bibliothèques. Très peu d'archives des débuts de l'Université sont parvenues
jusqu'à nous... Pour la période 18341924, seul subsiste un petit mètre
d'archives, hormis les procès-verbaux
du Conseil d'administration dont les
Archives détiennent la collection complète. La première des expositions
illustre la période de la création de
l'Université, 1834-1860.
Jusqu’au 30 juin.
Galerie de la Bibliothèque des sciences
humaines. Du lundi au vendredi,
de 9h à 12h.
Infos : Pascale Delbarre
Pascale.Delbarre@ulb.ac.be
Jusqu’au 19 février.
Dans le cadre du cycle organisé par
la Faculté des Sciences sociales et
politiques – Solvay Brussels School of
Economics and Management, deux
grandes conférences viendront ponctuer
ce début d’année. Le 18 février 2010 à
18h à la Salle Dupréel, Ulf Hannerz
(Emeritus professor of social anthropology, Stockholm University, honorary
doctor at The Faculty of Social Sciences
University of Oslo) développera le
thème de “Geocultural Scenarios. Towards an emergent cosmopolitan collective consciousness ?”.
Le 16 mars 2010 à 20h à la Salle Dupréel, Rick Fantasia (Director of the
Kahn Liberal Arts Institute and Professor
of Sociology Smith College Northampton)
abordera “La question syndicale aux
Etats-Unis”. Le cycle des grandes conférences est un événement du 175e anniversaire de l’Université.
Mais aussi…
10/02/2010 & semaine de Carnaval
Journée portes ouvertes à l'ULB
Organisée par le service InfOR-études
Sur tous les Campus de l'ULB
du 15 au 19 février : semaine de cours
ouverts à l'ULB (cours accessibles)
Du 04/03 au 08/03/2010
Foire du livre
Comme l’année dernière, l’ULB sera présente à la
foire du livre sur un stand spécifique.
Du 11/03 au 12/03/2010
Colloque « S'opposer politiquement en Russie
aujourd'hui, diversité des formes et des pratiques »
Organisé par le CEVIPOL de l'ULB
Infos : amerlin@ulb.ac.be et lbrenez@ulb.ac.be
05/03/2010
Sharko & co
pour CAP48
Suite au succès de l’édition 2007,
le Cercle Solvay vous invite le 14 mars
prochain à 19h30 au Janson pour un
doublé musique/action solidaire.
A l’affiche : le groupe pop rock belge
Sharko et le groupe pop français Tahiti
80. L’intégralité des bénéfices sera
reversée à l’association caritative de la
RTBF, CAP48. L'action de CAP48 vise à
placer les questions liées au handicap
au cœur des préoccupations sociétales.
Préventes à la Fnac et sur Ticketnet.be
Infos : www.myspace.com/concertcap48
Nuit des musées
Midis Musicaux
Durant l'année académique, ULB Culture
propose sur ses campus du Solbosch et
d’Erasme des midis musicaux emprunts
de découverte et de convivialité, en
collaboration avec le Conservatoire
royal de Bruxelles. La programmation,
essentiellement classique et jazz, se
veut accessible au plus grand nombre et
est ouverte à la communauté universitaire, mais aussi à toute personne intéressée par la musique. Trois quarts
d’heure de pause musicale pour tous,
de 12h30 à 13h15. L’accès aux concerts
est gratuit pour les membres de la communauté universitaire.
Prochaines dates : 16/03 au Musée de
la Médecine à Erasme – 27/04 et 4/05
à la salle Delvaux au Solbosch.
Pour la troisième année consécutive, le
Conseil bruxellois des musées organise,
à l’instar de nombreuses autres villes,
une folle Nuit des Musées. En 2010, le
Réseau des Musées de l’ULB se joint à
l’aventure. Le samedi 6 mars, de 19h à
1h, trois musées et expositions ouvriront
leurs portes et seront animés par des
étudiants de l’Académie royale des
Beaux-arts, de l’Institut Bischoffsheim
et de l’ULB. L’avenue Héger bénéficiera
d’un éclairage particulier. À découvrir,
Salle Allende, des visites guidées en
français et en néerlandais de l’exposition
Bruxelles 1910. L’exposition universelle
retrouvée. À 19.00, 20.00, 21.00 et
22.00, au Muséum de Zoologie et
d’Anthropologie, les participants à
l’atelier Fabriquez vos accessoires de
mode (projet de l’Institut Bisschoffsheim)
s’inspireront des quelque 3.000 spécimens zoologiques pour créer des
broches originales. Enfin dans le Grand
Hall des Marbres de l’ULB, l’exposition
Pas ce soir Chéri(e)? sera incontournable.
Si tu aimes les maths
Etudes de Mathématiques, carrières, débouchés
Organisé par l’Unité de Recherches pour l’Enseignement des Mathématiques, Faculté des Sciences
ULB, Campus de la Plaine, Forum, de 14h à 17h
Infos : www.ulb.ac.be/sciences/urem/
Du 11/03/2010 à mai 2010
Biennale « Photographie & architecture »
Thème : Les espaces de célébration
Organisée par l’ISACF La Cambre
Infos : http://biphot.lacambre-archi.be
19/03/2010
Conférence « Émotions et raison: apprendre à
vivre ensemble »
Par David Servan-Schreiber, psychiatre et neuroscientifique, dans le cadre du 175e anniversaire
de l’ULB.
Du 22/03 au 28/03/2010
Printemps des sciences ‘Sciences en Vies’
Ateliers scientifiques, exposition, projections de
films, conférences...
Essentiellement à l'ULB et Palais des Académies
Infos : http://www.ulb.ac.be/inforsciences
Du 29/03 au 26/06/2010
Exposition « Chemins de la mémoire –ScULBtures »
Organisée par la Bibliothèque des Sciences
humaines de l’ULB dans le cadre du 175e anniversaire de l’ULB
30/03/2010
Soirée d'information sur les Masters et Doctorat
(SIMA)
Organisée par le service InfOR-études ULB, Campus
du Solbosch, Institut de Sociologie, Auditoire
Dupréel, avenue Jeanne 44, 1050 Bruxelles
de 18h à 21h
22/04/2010
Forum emploi
Dans le cadre du projet ProDoc, des forums emploi
sont organisés, qui permettront aux doctorants et
docteurs de rencontrer le monde non académique
et de futurs employeurs potentiels.
Lieu : Charleroi.
Infos : sebastien.kapp@ulb.ac.be
24/04/2010
Colloque « Raison et émotion »
Organisée par la Faculté des Sciences psychologiques et de l’Education de l’ULB dans le cadre
du 175e anniversaire de l’ULB
Les 26, 27, 28/04/2010
Colloque «Migrations, pluralisation et ethnicisation
des sociétés contemporaines »
Nouvelles perspectives empiriques et théoriques
Colloque dans le cadre des activités du GT 18 :
« Ethnicité, migrations et citoyenneté »
de l’AISLF 2010, Bruxelles
Infos : METICES-GERME, ibussoli@ulb.ac.be
31
ÉPINGLÉ POUR VOUS |
Ulf Hannerz &
Rick Fantasia
LIVRES |
32
Livres
Nous ont
également été
signalés :
Le pèlerin de Babylone
Le récit de Daryosh s'engage
au départ d'une caravane
entre Babylone et Jérusalem,
à la fin de l'époque perse
achéménide. Le changement
des temps, la traversée des
grands espaces et les regroupements des caravaniers ou
des commerçants donnent
l'occasion à ce jeune Hébreu
formé à l'étude des textes
judéens anciens d'interroger
les cultures grecques, perses,
achémides... Son regard
étonné et sensible nous
amène à l'enseignement de
vrais mystères par les observations simples des détails
familiers, autant que par les
commentaires érudits. Au
cours de ses aventures tumultueuses, les épreuves qui
se présentent à lui sont autant des questions face auxquelles il ne cesse d'éprouver
l'enseignement de ses
maîtres.
Le libre examen : la vie d’un
principe. Université libre de
Bruxelles, 1834-1964,
Daled Pierre F., Espaces de
libertés, 2009, 156 pages.
Mange ! L’impératif français,
du mythe à la réalité,
Englebert Annick, Éditions de
l’Université de Bruxelles, 2009,
160 pages.
L’islam à Bruxelles,
Torrekens Corinne, Éditions de
l’Université de Bruxelles, 2009,
202 pages.
A la recherche d’une modernité
civique. La société urbaine des
Pays-Bas au bas moyen âge,
Boone Marc, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2010,
196 pages.
Henri Storck, le cinéma belge
et l’Occupation,
Benvindo Bruno, Éditions de
l’Université de Bruxelles, 2010.
Relations internationales.
Une perspective européenne,
Telo Mario, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2010,
240 pages.
Les salariés à l’épreuve de la
flexibilité,
Martinez Esteban, Éditions de
l’Université de Bruxelles, 2010,
256 pages.
La production des espaces
économiques,
Vandermotten Chritian, Marissal Pierre , Van Hamme Gilles,
(2 vol.) Éditions de l’Université
de Bruxelles, 2010.
L’intelligence du caché.
Un regard lucide sur la FrancMaçonnique,
Hubert José, Maison de vie
éditeur, 2009, 104 pages.
Faire fortune en Afrique,
Rubbers Benjamin, Éditions
Karthla, 2009.
Ethno-anthropologie du
karaoké,
Anciaux Alain, Édition L’Harmattan, 2009, 232 pages.
Le discours et la langue,
Rosier Laurence, Éditions
E.M.E. et InterCommunications
sprl, 2009.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
Les trois rêves
du Mandarin
Faire s'entrecroiser la thématique du rêve, omniprésente
dans la littérature et l'art
chinois, et celle de la culture
matérielle de la fin des Ming
et du début des Qing, une
époque particulièrement
riche et complexe, tel est le
défi tenté par cet ouvrage. Il
croque un portrait poétique
de la vie du lettré chinois,
évoque sa formation, ses
rêves et ses aspirations, mais
aussi les liens qui l'unissent
à ses ancêtres et à ses maîtres. Bronzes, jades, porcelaines et céramiques
contribuent ainsi à tracer
le décor d'une élégante simplicité dans lequel s'est déployée l'activité créatrice de
ceux qui donnèrent ses plus
grands chefs-d’œuvre à l'art
de l'encre et du pinceau.
Les trois rêves du Mandarin,
Lauwaert Françoise, Jianjun Ge,
Monnet Nathalie, Levi Jean, Goormaghtigh Georges, ter Haar Barend,
Fonds Mercator, 2009, 232 pages.
Le pèlerin de Babylone, Chopineau
Jacques, E.M.E. Romans, 2009, 258
pages.
Albert Claude
L'ouvrage relate la vie de ce
savant, dont les découvertes
sur la structure de la cellule
ont été récompensées par un
Prix Nobel de Physiologie et
Médecine en 1974. En tant
que directeur scientifique de
l'Institut Bordet, Albert
Claude créera les structures
médico-administratives indispensables à un centre du
cancer, multidisciplinaire et
de qualité. L’auteur s'est initié aux techniques de microscopie électronique dans le
laboratoire d’Albert Claude.
Cette collaboration scientifique s'est accompagnée de
relations amicales entretenues jusqu'à sa disparition,
en 1983.
Le destin extraordinaire d'Albert
Claude (1898-1983), Gompel
Claude, Éditions Connaissances et
savoirs, 2009, 176 pages.
Belle Angélique
Les extraordinaires collections
d'objets d'histoire naturelle,
surtout de plantes vivantes,
réunies en 1797-1798 aux
Antilles par le capitaine
Nicolas Baudin lui ont valu la
reconnaissance des savants
et l’admiration du public.
Pendant tout son voyage,
Baudin avait tenu le « Journal
de La Belle Angélique », qui,
à son retour avait été préservé dans les archives du
Muséum de Paris. Michel
Jangoux exhume ce journal
inédit en le transcrivant intégralement. Il commente et
encadre historiquement un
texte vivant, enrichi de magnifiques aquarelles et dessins à l’encre. Il présente les
éléments qui ont déterminé
la réalisation du voyage et
éclaire les conséquences de
ce périple tant pour Baudin
lui-même que pour le
Muséum national d'histoire
naturelle.
Journal Du Voyage Aux Antilles De
La Belle Angélique (1796 - 1798),
Baudin Nicolas, Édition établie
et commentée par Jangoux Michel,
Collection Imago Mundi, Presses
de l’Université Paris-Sorbonne,
Académie royale de Belgique,
2009, 520 pages.
La bioéthique…
Les questions d’éthique appliquée sont devenues incontournables dans nos sociétés
pluralistes. Aussi, ce 74e volume de La Pensée et les
Hommes se penche sur un de
ses domaines majeurs : la
bioéthique. À partir de cas
concrets et d’expériences de
terrain, des contributions pluridisciplinaires (médecine,
psychiatrie, droit, philosophie…) abordent différentes
questions éthiques d’actualité suscitées par l'application des techno-sciences
biomédicales : que désigne
« bio » dans bioéthique ? Que
peut le droit face aux dilemmes bioéthiques ? Y a-t-il
des théories éthiques plus
pertinentes que d’autres en
médecine ? Le principe de
précaution doit-il toujours
être appliqué ? Que vise un
« corps statistique » ? Peut-on
et doit-on désormais « améliorer » l’être humain grâce
aux techno-sciences ?
Réflexions sur la bioéthique,
Daled F., Lemaire Jacques Ch.,
Éditions Espace de Libertés, 2009,
198 pages.
…la bioéthique
La naissance d'Amandine,
l'affaire Perruche, la vache
folle, la brebis Dolly... La bioéthique est pour l'homme de la
rue un ensemble de noms
propres, d’« affaires », de miracles de la science et de catastrophes sanitaires. Mais
ce sont aussi des lois, des
avis de comités d'éthique,
des directives européennes,
autrement dit, du discours
normatif. La bioéthique s'ap-
plique à une grande variété
de domaines, elle porte tant
sur la sphère privée et individuelle que sur la sphère publique et collective, et elle
touche de manière égale le
présent et le futur de l'humain
et de la planète. Cet ouvrage
aborde les thèmes de l'expérimentation humaine, du
diagnostic préimplantatoire et
de la détermination de la
mort, mais aussi des sujets
moins connus, comme celui
des nanosciences ou de la réception de la bioéthique en
Asie.
La bioéthique, Pinsart Marie-Geneviève, Le Cavalier Bleu éditions,
2009, 128 pages.
Bruxelles et
ses photographes
« L'image de la ville » fait dialoguer l'évolution de l'urbanité bruxelloise et l'histoire
de la photographie, pose un
nouveau regard sur cette capitale que l'on a trop souvent
jugée sur ses dehors d'éternel chantier. En démontrant
l'interaction de sa naissance
et celle, pratiquement
contemporaine, de la photographie, Danielle Leenaerts
nous révèle combien les
grands travaux urbanistiques, la modernisation de
la ville, sont vite apparus
comme autant de sujets
d'inspiration. La photographie a contribué au façonnement d'un imaginaire, à la
création d'une « poétique »
de la ville. Un Bruxelles démultiplié par la qualité des
regards, comme le dit l'auteur, lesquels doivent très
certainement à cet outil moderne les plus belles pages
d'un long récit urbain.
L'Image de la ville. Bruxelles et ses
photographes, Leenaerts Danielle,
Collection Lieux de mémoire, CFCÉditions, 2009, 182 pages.
Science et
communication
Une frustration croissante
du public européen accompagne les avancées de la
science et de la technique
car elles ne sont ni partagées
ni débattues mais bien souvent imposées. Le nucléaire
se gère par manifestations,
les OGM par fauchages et le
clonage thérapeutique par
erreurs. Cette situation handicape fortement les relations science-société et
l'appropriation des avancées
technoscientifiques par un
public souhaitant être davantage consulté et impliqué.
L’ouvrage propose quelques
pistes, comme l’institutionnalisation de la pratique des
conférences de citoyens sous
forme de « jury d'assises »
pour la science ; une procédure jugée efficace en
termes de communication et
de décision politique lors de
controverses technoscientifiques. Combiné au principe
de précaution, le jury d’assises constituerait, selon
l’auteur, une réponse réaliste
à l'impuissance de notre
société à contrôler le cours
du développement technoscientifique.
Science et communication : pour le
meilleur ou pour le pire ?, Claessens
Michel, Quae, 2009, 174 pages.
Réforme au Congo
Cet ouvrage collectif analyse
de manière critique les efforts
menés pour la réhabilitation
de l’État congolais depuis la
transition politique. Toutefois, malgré les financements,
la compétence des experts
et la volonté de changement
des dirigeants, la crise est
implantée. Elle est complexe
sur le plan social et le monde
politique y est totalement
enlisé. S'il est difficile de
savoir par où commencer, il
est financièrement impossible de répondre simultanément à l'ensemble des
besoins. Le constat est le
suivant : « nous avons identifié les problèmes, nous en
connaissons les causes et les
solutions... mais les choses
vont de mal en pis ». Cet
échec est partagé par la
communauté internationale,
faute d'accord sur un schéma
directeur, et par les autorités
congolaises, qui s'accommodent d'une situation de statu
quo.
Réforme au Congo (RDC). Attentes
et désillusions,
Trefon Théodore, Éditions L'Harmattan, 2009, 290 pages.
L’Évolution aujourd'hui
En l’année anniversaire
(2009) de la naissance de
Darwin, de la publication de
la Philosophie zoologique de
Lamarck (1809) mais aussi
de la publication de L'origine
des espèces de Darwin
(1859), cet ouvrage présente
l'originalité de traiter de
l'évolutionnisme en biologie
mais aussi en linguistique et
en psychologie. Il fait une
large place à un examen critique des raisons pour lesquelles l'évolutionnisme et le
modèle explicatif fondé sur
la sélection naturelle ont toujours été contestés par certains milieux et ceci malgré
des preuves indiscutables
basées sur l'observation du
monde vivant. Plusieurs chapitres de l'ouvrage visent à
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
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cerner les raisons des résurgences périodiques de telles
attitudes et comparent des
analyses menées par des historiens, des philosophes des
sciences ou encore des théologiens.
L'Évolution aujourd'hui, à la croisée de la biologie et des sciences
humaines, (Actes du colloque du
29 au 31 janvier 2009), Arnould J.,
de Bont R., Hasquin H., Jucquois
G., Klinkenberg J.M., Lambert D.,
Lecourt D., Morange M., Parot F.,
Rastier F., Reisse J., Richelle M.,
Thierry B., Vandenhaute J., Mémoires de la Classe des Sciences,
Académie royale de Belgique, 2009,
357 pages.
Chinoiseries & anciens
Pays-Bas
L'histoire de la chinoiserie
est celle de l’ambition économique des Compagnies des
Indes orientales qui donnèrent une nouvelle extension
maritime aux anciennes
routes de la soie afin de profiter du commerce avec l’Extrême-Orient. Ainsi, une foule
de produits de luxe développa un goût chinois et à la
chinoiserie dans l’Europe des
Lumières du XVIIIe siècle.
L'influence de la Chine s'est
trouvée en phase avec les
grandes tendances du goût
de l’époque, proposant un
système alternatif au système classique. L’ouvrage
étudie les vecteurs de transmission de cette séduction
chinoise ainsi que l'appréciation de la manière dont ces
agents ont contribué à « colorer » les éléments transmis.
Il attire, d'autre part, l'attention sur l'intérêt et la qualité,
souvent mésestimés, des
« chinoiseries » réalisées
dans nos régions.
Formes et figures du goût chinois
dans les anciens Pays-Bas,
D'Hainaut-Zveny Brigitte, Marx
Jacques, Etudes sur le XVIIIe siècle,
Éditions de l'Université de
Bruxelles, 2009, 248 pages.
ESPRIT LIBRE | FÉVRIER 2010 | N° 11
Contrôle des
concentrations
L'instauration d'un contrôle
communautaire des concentrations a marqué la mise en
place d’un contrôle préventif,
d’un contrôle unique et de
règles claires permettant aux
entreprises d'anticiper sur
leurs opérations. La pratique
a toutefois laissé apparaître
de nombreuses imperfections. La critique a porté sur
le caractère trop juridique de
l'approche mais aussi, et paradoxalement, trop d'opérations étaient laissées à
l'aventure des pluri-contrôles
nationaux. Critique enfin sur
la complexité d'un contrôle
initialement voulu clair et
simple. Depuis 2004, on
assiste à une tentative de
remédier aux différentes
imperfections : amélioration
des procédures, changement
dans les critères du contrôle
de compatibilité, prise en
compte de nouvelles approches des restrictions de
concurrence. Les règles du
contrôle renouvelé offrent
aux entreprises de nouvelles
perspectives, sous le
contrôle du juge.
Contrôle des concentrations,
Commentaire J. Mégret, Berlin
Dominique, Éditions de l'Université
de Bruxelles, 2009, 660 pages.
Bruxelles néoclassique
L'architecture néoclassique
est omniprésente à Bruxelles.
Quiconque parcourt la ville la
côtoie en permanence. Ces
édifices, rues, places et quartiers sont le fruit d'une vaste
politique d'embellissement
qui a bouleversé la physionomie de la ville et transformé
les pratiques des citadins au
tournant des XVIIIe et XIXe
siècles. Christophe Loir nous
restitue la modernité des
ensembles néoclassiques
bruxellois édifiés entre 1775
et 1840. Cet ouvrage de référence retrace, par le biais de
promenades – une pratique
dont le développement est
contemporain de ces réalisations architecturales –, la
modernité de ce patrimoine
architectural remarquable.
Il témoigne ainsi de la mutation de l’espace urbain au
tournant des temps modernes
et de l’époque contemporaine.
bien en étroite corrélation
avec celle du féminin. Ce volume, en dénaturalisant les
catégories sociales, éclaire le
caractère contingent, quotidiennement réinventé de ce
qui apparaît évident : être
une femme ou un homme.
Masculinités, Ouvrage collectif
coordonné par Benvindo Bruno,
revue Sextant, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2009, 368 pages.
Bruxelles néoclassique. Mutation
d'un espace urbain (1775-1840),
Loir Christophe, CFC-Éditions,
2009, 312 pages.
Sensibilités
pragmatiques
Masculinités
Pour se tenir à la hauteur de
l’évolution de l’État et de ses
formes d’intervention, les
sciences sociales et politiques
revisitent en profondeur leurs
outils d'analyse. Cet ouvrage
propose un ensemble d'enquêtes minutieuses qui portent un regard renouvelé sur
l'action publique s'inspirant
d'un «tournant pragmatique»
des sciences sociales.
L'ouvrage présente des travaux qui partagent une certaine sensibilité théorique
et méthodologique. Cette
« sensibilité pragmatique »
se caractérise par une envie
commune de décrire finement les transformations que
subit l'action publique, en
adoptant les outils et les
concepts susceptibles de
prendre au sérieux ce qui
change et ce qui fait changer.
Les articles révèlent l'action
publique dans toute son
épaisseur et sa dynamique.
L'analyse de l'action publique devient celle du politique en action dans ses
efforts matériels, discursifs
et conventionnels, pour composer un monde commun.
« Un homme n'aurait pas
idée d'écrire un livre sur la situation singulière qu'occupent dans l'humanité les
mâles », affirmait, en 1949,
Simone de Beauvoir. Les profondes mutations qui ont affecté le genre et la sexualité
ces dernières décennies l’ont
pourtant fait mentir. Ce volume entend faire écho à l’extraordinaire essor des études
sur les hommes en tant
qu'êtres sexués, en présentant vingt-cinq contributions
multidisciplinaires sur les expériences et les idéologies
de la virilité à l'époque
contemporaine. La construction du masculin ne s'opère
jamais en vase clos, mais
Sensibilités pragmatiques,
Cantelli Fabrizio, Roca i Escoda
Marta, Stavo-Debauge Joan,
Pattaroni Luca, P.I.E. Peter Lang,
2009, 444 pages.
PÉRIODIQUE D'INTÉRÊT GÉNÉRAL
PÉRIODIQUE - PARAÎT 5 FOIS PAR AN
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175 ans d’Esprit libre,
ça se fête ! Plus d’infos sur www.ulb175.be
du 16/02/2010 au 19/02/2010
Pas ce soir Chéri(e) ?
Bruxelles 1910 l’Exposition
universelle retrouvée
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¡ Libertad ! Films
du 05/02/2010 au 03/04/2010
du 21/01/2010 au 30/05/2010
le 07/05/2010
Nuit des lumières
Nacht van de Verlichting
Le vendredi 7 mai, au Palais de congrès, participez
au grand banquet de clôture du 175e anniversaire de
l’ULB et de la VUB.
Entre 18h et 5 h du matin : banquet, troupe de théâtre,
estafette géante, performances lumineuses d’Horta
et La Cambre, concours et Rock place des palais,
concerts gratuits et feu d’artifice…
Votre table sur www.nuitdeslumieres.be
Infos : www.ulb175.be
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