Cypripède blanc Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC Cypripedium candidum

Cypripède blanc Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC Cypripedium candidum
Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
Cypripède blanc
Cypripedium candidum
au Canada
MENACÉE
2014
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut
des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :
COSEPAC. 2014. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cypripède blanc (Cypripedium
candidum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 54 p.
(www.registrelep-sararegistry.gc.ca/default_f.cfm).
Rapport(s) précédent(s) :
COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le cypripède blanc (Cypripedium
candidum) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.
vii + 22 p. (www.registrelep.gc.ca/Status/Status_f.cfm).
BROWNELL, V.R. 1999. Rapport du COSEPAC sur la situation du cypripède blanc (Cypripedium candidum)
au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du cypripède blanc
(Cypripedium candidum) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au
Canada. Ottawa. Pages 1–22.
BROWNELL, V.R. 1981. COSEWIC status report on the Small White Lady's-slipper Cypripedium candidum in
Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 63 p.
Note de production :
Le COSEPAC remercie Catherine Foster d’avoir rédigé le rapport de situation sur le cypripède blanc
(Cypripedium candidum) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La
supervision et la révision du rapport ont été assurées par Jeannette Whitton et Bruce Bennett, coprésidents
du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.
Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : COSEWIC/[email protected]
http://www.cosepac.gc.ca
Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Small White Lady’s-slipper Cypripedium
candidum in Canada.
Illustration/photo de la couverture :
Cypripède blanc — Photo : Anne Worley.
Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2014.
No de catalogue CW69-14/203-2015F-PDF
ISBN 978-0-660-23206-5
COSEPAC
Sommaire de l’évaluation
Sommaire de l’évaluation – novembre 2014
Nom commun
Cypripède blanc
Nom scientifique
Cypripedium candidum
Statut
Menacée
Justification de la désignation
Cette orchidée est connue au Canada au Manitoba et en Ontario où elle pousse principalement dans des prairies
d’herbes hautes et des prairies mixtes. Ces sites nécessitent une gestion pour empêcher l’empiètement par la végétation
ligneuse et pour demeurer convenables pour l’orchidée. Des activités de recherche accrues ont permis de découvrir des
populations non connues auparavant au Manitoba, mais de nombreuses populations sont petites, et certaines sont
disparues au cours des dernières années. La découverte de populations additionnelles, une protection accrue de l’habitat
ainsi qu’une gestion active pour cette espèce ont mené à un changement de statut, passant d’espèce « en voie de
disparition » à espèce « menacée ». Étant donné que la croissance des individus est lente et qu’un champignon
partenaire est requis, l’espèce est particulièrement vulnérable aux disparitions locales. En plus de l’empiètement, l’espèce
est menacée par les espèces végétales envahissantes, la modification de l’hydrologie, le développement résidentiel et
commercial, l’entretien des bords de route et la collecte illégale.
Répartition
Manitoba, Ontario
Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1981. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en mai
2000. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en novembre 2014.
iii
COSEPAC
Résumé
Cypripède blanc
Cypripedium candidum
Description et importance de l’espèce sauvage
Le cypripède blanc est une orchidée vivace qui produit des clones. Chaque individu
produit une ou plusieurs tiges hautes d’environ 15 cm au moment de la floraison. Chaque
tige possède trois ou quatre feuilles simples alternes à base embrassante. Chaque tige
florifère porte généralement une fleur blanche en forme de petite poche, rappelant une
pantoufle. Au Canada, la floraison a lieu de la mi-mai à la mi-juin. Les fruits sont produits à
la fin de l’été et renferment de nombreuses graines minuscules.
Répartition
Actuellement, l’aire de répartition du cypripède blanc comprend 18 États et
2 provinces. Moins de 10 % de son aire mondiale se trouvent au Canada, et les
sous-populations existantes se situent dans le sud de l’Ontario et au Manitoba. Les
sous-populations du Manitoba se trouvent à environ 1 300 km de celles de l’Ontario. En
Ontario, les sous-populations sont également éloignées les unes des autres, la souspopulation du comté de Hastings étant située à environ 400 km des sous-populations de
l’île Walpole. Parmi les 39 sous-populations canadiennes connues, 22 sont considérées
comme existantes, et environ la moitié de celles-ci comprennent un faible nombre
d’individus matures.
Habitat
Au Canada, le cypripède blanc pousse généralement dans des fragments de prairies
reliques indigènes humides et calcaires, y compris les vestiges de prairie situés dans les
fossés qui bordent les routes et sont entourés de terres agricoles. Dans la plupart des
sites, il semble y avoir un certain suintement des eaux souterraines. Sur les crêtes et à
proximité des arbres ou des arbustes hauts, l’espèce privilégie les sites orientés vers le sud
ou l’ouest, puisqu’elle ne tolère pas l’ombre. La sous-population du comté de Hastings
pousse dans une tourbière minérotrophe.
iv
Biologie
Le cypripède blanc produit sa première feuille à l’âge d’environ 3 ans et fleurit pour la
première fois à l’âge de 12 ans ou plus. L’espèce est capable de demeurer en dormance
pendant des périodes prolongées, et son rhizome peut survivre sous terre pendant jusqu’à
6 ans, en attendant l’arrivée de conditions propices à la production des parties aériennes.
Au Manitoba, les gelées printanières tardives peuvent réduire la production de fruits de
telle sorte qu’elle ne représente que 1 ou 2 % de la production habituelle. Même si les
graines microscopiques peuvent être dispersées sur des milliers de kilomètres par le vent,
elles doivent s’associer avec des champignons terricoles précis qui fournissent les
éléments nutritifs nécessaires à la germination.
Taille et tendances des populations
Au Manitoba, il y a environ 22 000 individus matures (tiges florifères). En Ontario, on
trouve environ 536 individus matures dans la sous-population du comté de Hastings. On ne
dispose actuellement d’aucune donnée pour les sous-populations de l’île Walpole. Puisque
l’espèce peut demeurer en dormance sous terre durant de longues périodes et que le
nombre de tiges florifères varie d’un individu à l’autre, les estimations de l’abondance du
cypripède blanc comportent un degré élevé d’incertitude, et il est difficile d’évaluer les
tendances des populations.
Facteurs limitatifs et menaces
Les menaces les plus imminentes et les mieux connues pesant sur le cypripède blanc
sont associées à la destruction, à la dégradation et à la fragmentation de son habitat de
prairie. Parmi les facteurs naturels et anthropiques qui contribuent à la diminution continue
de la qualité et de la superficie de l’habitat, on compte l’empiètement des espèces
ligneuses, les espèces envahissantes et le développement urbain. Au Manitoba,
9 des 19 sous-populations existantes sont limitées aux prairies reliques subsistant en
bordure de routes. Dans ces milieux, les individus risquent d’être directement endommagés
par les activités comme le fauchage en période de floraison et de fructification, l’entretien
des clôtures et des câbles des services publics, l’application d’herbicides et le piétinement.
En outre, l’espèce est particulièrement vulnérable à la collecte illégale dans ces sites
facilement accessibles.
Les facteurs limitatifs naturels sont les quantités de lumière et d’eau disponibles, le
faible taux de survie des semis, la maturité tardive, le faible taux de reproduction sexuée, la
faible diversité génétique, la dépendance à l’égard de champignons terricoles et de
pollinisateurs spécifiques, la concurrence exercée par les espèces ligneuses et les
mauvaises herbes, le broutage, les gelées printanières tardives et l’hybridation.
L’hybridation de l’espèce avec le cypripède jaune a été observée dans toute l’aire nordaméricaine de celle-ci. Cependant, l’assimilation génétique du cypripède blanc par le
cypripède jaune ne semble pas imminente dans les endroits où le cypripède blanc est plus
abondant (ce qui est le cas dans la plupart des sous-populations canadiennes).
v
Protection, statuts et classements
Le cypripède blanc a été évalué pour la première fois par le COSEPAC en 1981 et a
alors été désigné « espèce en voie de disparition ». Ce statut a été réexaminé et confirmé
par le COSEPAC en avril 1999 et en mai 2000. Le statut a été réexaminé par le COSEPAC
en novembre 2014, et l’espèce a alors été désignée comme étant « menacée ». Le
cypripède blanc actuellement inscrit à titre d’espèce en voie de disparition dans l’annexe 1
de la Loi sur les espèces en péril du Canada. L’ébauche d’un programme de
rétablissement fédéral a été présentée à Environnement Canada en 2011, et celle-ci
comprend une proposition quant à l’habitat essentiel à désigner. Le cypripède blanc est
désigné « espèce en voie de disparition » sous les régimes de la Loi sur les espèces en
voie de disparition du Manitoba et de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition
de l’Ontario.
Les sous-populations de cypripède blanc se trouvent sur des terrains privés, des
terres provinciales ou des terres des Premières nations. La plupart des autres souspopulations ne sont pas protégées adéquatement, en raison d’un manque de
sensibilisation (souvent attribuable à des changements de propriétaires ou de
gestionnaires) ou d’un manque de renseignements et de ressources pour gérer l’habitat de
façon à favoriser le cypripède blanc.
vi
RÉSUMÉ TECHNIQUE
Cypripedium candidum
Cypripède blanc
Répartition au Canada : Manitoba, Ontario
Small White Lady’s-slipper
Données démographiques
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la Probablement plus de
population; indiquer si une méthode d’estimation de la durée d’une génération 12 ans
autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2008]
est utilisée)
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre d’individus
matures?
Il est impossible d’inférer des tendances à partir des données sur le nombre
de tiges, en partie parce que les individus peuvent demeurer en dormance
lorsque les conditions ne leur conviennent pas. En outre, on ne dispose
d’aucune donnée récente pour les sous-populations de l’île Walpole, et les
tendances de ces grandes sous-populations auraient une incidence sur la
tendance globale au Canada.
On ne sait pas
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur
[cinq ans ou deux générations].
Le suivi n’a pas été suffisamment systématique pour que la tendance puisse
être estimée.
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou
d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des
[dix dernières années ou trois dernières générations].
Inconnu
Projected Pourcentage [prévu ou présumé] de [réduction ou d’augmentation]
du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou
trois prochaines générations]..
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou
d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période
de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant
dans le futur.
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et
ont effectivement cessé?
Sans objet
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Les fluctuations quant au nombre de tiges florifères observées sont
communes, mais elles pourraient refléter des changements entre les
proportions d’individus en dormance, végétatifs et florifères ou encore des
incertitudes liées à l’estimation du nombre de tiges florifères.
Non
Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence
215 560 km²
Indice de zone d’occupation (IZO)
(Selon une grille à carrés de 2 km de côté)
164 km²
vii
La population totale est-elle gravement fragmentée?
L’habitat des sous-populations est fragmenté, en raison de la grande capacité
de dispersion des graines et de l’absence de différences génétiques détectées
entre les sous-populations du Manitoba et de l’Ontario, mais la population
canadienne n’est pas considérée comme gravement fragmentée.
Non
Nombre de localités*
22 à 40
Estimation fondée sur les différences de propriété de terres et les différences
possibles entre les pratiques de gestion des menaces principales (voir le
tableau 1 pour les sous-populations du Manitoba).
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?
Peut-être
La zone d’occurrence a diminué en Ontario, à cause de disparitions. La légère
augmentation observée au Manitoba est attribuable à l’intensification des
recherches plutôt qu’à l’établissement de nouvelles sous-populations.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone
d’occupation?
Oui
L’indice de zone d’occupation a diminué à cause de disparitions. Il semble
avoir augmenté, à cause de la découverte de nouvelles sous-populations, mais
il est probable que celles-ci ne sont pas des sous-populations nouvellement
établies et n’avaient simplement pas encore été découvertes.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations?
Oui
Dix-sept des 39 sous-populations connues ont disparu ou sont historiques. Les
sous-populations nouvellement découvertes au Manitoba semblent être
présentes depuis au moins dix ans, d’après la présence et l’abondance des
individus parvenus à maturité sexuelle.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?
Les sous-populations disparues constituaient des localités distinctes.
Oui
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue
ou la qualité] de l’habitat?
La qualité de l’habitat subit un déclin continu en l’absence de mesures de
gestion adéquates permettant d’éviter l’empiètement des plantes ligneuses.
Oui
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?
Non
Nombre d’individus matures (dans chaque sous-population présumée existante)
bre
Population
N d’individus
matures (tiges
florifères)
MANITOBA
Kleefeld
59
Réserve de prairie d’herbes longues
<16 899
Franklin ouest
52
viii
Franklin sud
24
Franklin est
8
Emerson
50
Carman
40
Tolstoi
301
Woodlands - fossé
129
Lac Francis/Manipogo
>138
St. Laurent
>308
Sentier Woodlands
211
St. Laurent nord-ouest
143
Sud de Brandon
<1200
Collines Brandon
<1000
Sud-est de Brandon
619
Sud-est des collines Brandon
384
Oak Lake
26
Rounthwaite
81
ONTARIO
Comté de Hastings
Environ 540
Première Nation de l’île Walpole (A)**
Inconnu
Première Nation de l’île Walpole (B)**
** > 14 000 touffes ont été signalées à l’île Walpole en 2003, selon
Environnement Canada (2014)
Inconnu
Total (incomplet, en raison du manque de données sur les grandes
sous­populations de l’île Walpole)
> 22 208
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 %
sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].
Aucune analyse
réalisée.
Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)
Empiètement des plantes ligneuses, espèces envahissantes, développement urbain, activités d’entretien des
emprises de routes et de services publics, collecte illégale et gelées printanières tardives. L’espèce s’hybride
parfois avec le cypripède jaune, mais des études préliminaires indiquent que ce phénomène a probablement
une faible incidence sur l’intégrité génétique du cypripède blanc.
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Situation des populations de l’extérieur?
Gravement en péril
dans plus de 50 % des
États américains
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Possible
ix
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Probablement
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus
immigrants?
Probablement au
Manitoba, mais peu
probable en Ontario
La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?
Probablement pas
Nature délicate de l’information sur l’espèce
L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate?
Oui
La récolte illégale et le piétinement par les amateurs d’orchidée constituent
des préoccupations.
Historique du statut
COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1981. Réexamen et confirmation du statut en
avril 1999 et en mai 2000. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2014.
Statut et justification de la désignation
Statut
Menacée
Code alphanumérique
L’espèce ne satisfait pas clairement au critère, mais
est désignée menacée pour les raisons suivantes :
faible IZO, disparitions connues de sous-populations,
déclin de la qualité de l’habitat et caractéristiques du
cycle vital.
Justification de la désignation
Cette orchidée est connue au Canada au Manitoba et en Ontario où elle pousse principalement dans des
prairies d’herbes hautes et des prairies mixtes. Ces sites nécessitent une gestion pour empêcher
l’empiètement par la végétation ligneuse et pour demeurer convenables pour l’orchidée. Des activités de
recherche accrues ont permis de découvrir des populations non connues auparavant au Manitoba, mais de
nombreuses populations sont petites, et certaines sont disparues au cours des dernières années. La
découverte de populations additionnelles, une protection accrue de l’habitat ainsi qu’une gestion active pour
cette espèce ont mené à un changement de statut, passant d’espèce « en voie de disparition » à espèce
« menacée ». Étant donné que la croissance des individus est lente et qu’un champignon partenaire est
requis, l’espèce est particulièrement vulnérable aux disparitions locales. En plus de l’empiètement, l’espèce
est menacée par les espèces végétales envahissantes, la modification de l’hydrologie, le développement
résidentiel et commercial, l’entretien des bords de route et la collecte illégale.
Applicabilité des critères
Critère A (déclin du nombre total d’individus matures)
Sans objet. Données insuffisantes pour que le déclin puisse être quantifié, particulièrement parce que la
situation des sous-populations de l’île Walpole est inconnue.
Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation)
Sans objet. Même si l’IZO est inférieure au seuil établi, il y a plus de 5 localités, la population n’est pas
considérée comme gravement fragmentée et il n’y a pa de fluctuation extrême.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin)
Sans objet. Le nombre d’individus matures dépasse les seuils établis.
x
Critère D (très petite population ou répartition restreinte)
Sans objet. Le nombre d’individus matures et l’IZO sont supérieurs aux seuils établis.
Critère E (Analyse quantitative)
Sans objet. Analyse non réalisée.
xi
PRÉFACE
Depuis la publication du rapport du COSEPAC précédent, l’intensification des
recherches a permis à la découverte de 11 sous-populations additionnelles au Manitoba,
mais n’a mené à aucun ajout à la répartition en Ontario. Le nombre de tiges observé et la
présence d’individus florifères dans ces sous-populations nouvellement répertoriées
semblent indiquer que celles-ci existent depuis un certain nombre d’années. Cependant, la
plupart de ces occurrences sont relativement petites et poussent en bordure de chemin, ce
qui les rend vulnérables aux menaces. Dans le cas des sous-populations déjà connues, les
estimations du nombre d’individus matures donnent à penser que certaines ont connu des
augmentations, alors que d’autres ont connu des déclins ou sont disparues; toutefois,
aucune tendance globale en matière d’effectif n’apparaît clairement. On ne dispose
d’aucune donnée récente pour les sous-populations de l’île Walpole. Dans une autre souspopulation existante d’Ontario (comté de Hastings), un plus grand nombre d’individus
matures a été recensé en 2011 (Brinker, 2011) qu’en 2003 (Solomon, 2003). Cette
différence pourrait en partie être attribuable aux méthodes de recensement utilisées. La
situation de la sous-population du comté de Norfolk est passée d’« existante » à
« historique » depuis la publication du rapport du COSEPAC précédent, car celle-ci n’a pas
été observée au cours des 20 dernières années. En 2012, le site a été envahi par des
plantes ligneuses et des plantes herbacées. La disparition des sous-populations
canadiennes se poursuit, et deux populations du Manitoba sont présumées disparues
depuis le dernier rapport. En outre, des réductions de l’abondance ont été observées dans
certaines grandes sous-populations bien connues. Aucun changement manifeste n’a été
observé quant aux menaces pesant sur le cypripède blanc, mais d’importants travaux de
recherche additionnels ont été réalisés pour caractériser l’ampleur et l’effet de l’hybridation
de l’espèce avec le cypripède jaune. Un programme de rétablissement national du
cypripède blanc, à l’état de proposition, a été affiché sur le registre de la LEP en
février 2014.
xii
HISTORIQUE DU COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en
1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale
des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC
(alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa
première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le
COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique
rigoureux et indépendant.
MANDAT DU COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sousespèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent
être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens,
poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.
COMPOSITION DU COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements
provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des
Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature),
de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du souscomité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de
situation des espèces candidates.
Espèce sauvage
DÉFINITIONS
(2014)
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de
plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène
du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au
moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont
pas renversés.
Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet
cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné
les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)**** Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer
l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition
de l’espèce.
*
Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
**
Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
***
Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****
Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****
Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.
Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.
Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat
du COSEPAC.
xiii
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Cypripède blanc
Cypripedium candidum
au Canada
2014
TABLE DES MATIÈRES
DESCRIPTION ET IMPORTANCE DE L’ESPÈCE SAUVAGE ........................................ 4
Nom et classification .................................................................................................... 4
Description morphologique .......................................................................................... 4
Structure spatiale et variabilité de la population .......................................................... 6
Unités désignables ...................................................................................................... 7
Importance de l’espèce................................................................................................ 8
RÉPARTITION ................................................................................................................ 9
Aire de répartition mondiale ......................................................................................... 9
Aire de répartition canadienne ................................................................................... 10
Zone d’occurrence et zone d’occupation ................................................................... 17
Activités de recherche ............................................................................................... 17
HABITAT........................................................................................................................ 18
Besoins en matière d’habitat ..................................................................................... 18
Tendances en matière d’habitat ................................................................................. 19
BIOLOGIE ..................................................................................................................... 20
Cycle vital et reproduction ......................................................................................... 21
Physiologie et adaptabilité ......................................................................................... 22
Dispersion.................................................................................................................. 23
Relations interspécifiques .......................................................................................... 24
TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS............................................................ 25
Activités et méthodes d’échantillonnage .................................................................... 25
Abondance ................................................................................................................ 26
Fluctuations et tendances .......................................................................................... 30
Immigration de source externe .................................................................................. 35
MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS ....................................................................... 35
Menaces causant la destruction, la dégradation et la fragmentation de l’habitat ....... 35
Autres menaces......................................................................................................... 39
Facteurs limitatifs ....................................................................................................... 40
Nombre de localités ................................................................................................... 41
PROTECTION, STATUTS ET CLASSEMENTS ............................................................ 42
Statuts et protection juridiques .................................................................................. 42
Statuts et classements non juridiques ....................................................................... 42
Protection et propriété de l’habitat ............................................................................. 43
REMERCIEMENTS ET EXPERTS CONTACTÉS ......................................................... 44
Experts contactés ...................................................................................................... 44
SOURCES D’INFORMATION ....................................................................................... 45
SOMMAIRE BIOGRAPHIQUE DE LA RÉDACTRICE DU RAPPORT .......................... 52
COLLECTIONS EXAMINÉES ....................................................................................... 52
Liste des figures
Figure 1. Cypripède blanc (Image gracieusement fournie par le Missouri Botanical
Garden; http://www.botanicus.org). ................................................................ 5
Figure 2. Aire de répartition mondiale du cypripède blanc (Sheviak, 2002). La carte
constitue une généralisation, et certaines régions d’États ou de provinces
peuvent avoir été ombragées pour représenter la répartition probable de
l’espèce, même si aucune occurrence n’a été signalée dans ces régions. Dans
certains cas, la présence dans un État ou une province est indiquée par un seul
point. .............................................................................................................. 9
Figure 3. Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc au
Manitoba. ......................................................................................................11
Figure 4. Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc en
Ontario. ........................................................................................................ 15
Figure 5. Tiges de cypripède blanc dénombrées dans les parcelles de suivi de la Réserve
de prairie d’herbes longues du Manitoba. Le symbole d’incendie indique les
brûlages dirigés, alors que le symbole d’éclair indique les feux de friche.
(Source : Borkowsky, comm. pers., 2012). .................................................. 32
Figure 6. Tiges de cypripède blanc dénombrées à Kleefeld, au Manitoba. (Source : MB
CDC, 2012). ................................................................................................. 33
Figure 7. Tiges de cypripède blanc dénombrées à Woodlands, au Manitoba, dans les
sous-populations 9 et 12. (Source : MB CDC, 2012). .................................. 34
Liste des tableaux
Tableau 1. Sous-populations de cypripède blanc au Manitoba. .................................... 12
Tableau 2. Sous-populations de cypripède blanc en Ontario. ....................................... 15
Tableau 3. Effectif des sous-populations de cypripède blanc du Manitoba. .................. 26
Tableau 4. Cotes de conservation attribuées au cypripède blanc (NatureServe, 2012). 43
Liste des annexes
Annexe 1. `Espèces en péril associées au cypripède blanc (MB CDC, 2010, Bowles,
2005). ......................................................................................................... 53
DESCRIPTION ET IMPORTANCE DE L’ESPÈCE SAUVAGE
Nom et classification
Nom scientifique : Cypripedium candidum Muhl. ex Willd.
Nom anglais : Small White Lady’s-slipper
Nom français : Cypripède blanc
Famille :Orchidacées (Orchidées)
Grand groupe végétal : Monocotylédones
Deux variétés du cypripède jaune (Cypripedium parviflorum var. pubescens et var.
makasin) pourraient s’hybrider avec le cypripède blanc au Canada (NatureServe, 2012).
Les hybrides issus de l’hybridation entre le cypripède blanc et le C. parviflorum var.
pubescens sont nommés C. x andrewsii nothovar favillianum, alors que ceux issus de
l’hybridation avec le C. parviflorum var. makasin sont nommés C. x andrewsii nothovar.
andrewsii. Toutefois, un continuum des phénotypes jaune et hybride a été observé dans les
sous-populations au Manitoba et en Ontario (Worley et al., 2009; Worley, comm. pers.,
2012). L’analyse de la variation génétique fondée sur le polymorphisme de longueur de
fragments amplifiés (AFLP) n’a révélé aucune distinction entre les variétés du
C. parviflorum, de sorte qu’il serait difficile d’appliquer les deux désignations d’hybrides
indiquées dans Sheviak (2002) dans les sous-populations du Manitoba et de l’Ontario
(Worley, comm. pers., 2012).
Description morphologique
Le cypripède blanc est une orchidée vivace qui forme des clones et produit des tiges
aériennes le long de ses rhizomes ramifiés (Curtis, 1954). Les tiges florifères atteignent
11 à 40 cm de hauteur (Sheviak, 2002). Au Manitoba et dans le comté de Hastings, en
Ontario, les individus florifères mesurent généralement environ 15 cm de hauteur
(Solomon, 2003; Borkowsky, comm. pers., 2012). Au Manitoba, les individus poussant en
présence d’une couche de chaume excessive (20 à 25 cm) atteignent au maximum
25 à 30 cm (Borkowsky, comm. pers., 2012). Un individu peut produire une seule tige
aérienne ou une touffe composée de nombreuses tiges aériennes au cours de la saison de
croissance, et chaque tige possède trois ou quatre feuilles simples alternes à base
embrassante. Il est à signaler que le terme « tige » est ici considéré comme synonyme des
termes « pousse » et « ramet », utilisés par plusieurs auteurs dans la littérature. Le terme
« touffe » est utilisé pour désigner ce que les chercheurs interprètent comme étant un
individu ou un genet (individu génétiquement distinct). Les feuilles sont longues de
7 à 20 cm et larges de 0,9 à 5,3 cm (Sheviak, 2002). Lorsque les conditions sont
défavorables, les individus (genets) peuvent demeurer sous terre durant une année ou plus
(Shefferson, 2006). Au cours d’une année où il produit des parties aériennes, un individu
peut produire seulement des tiges non florifères, une seule tige florifère ou encore
plusieurs tiges florifères (jusqu’à 60 tiges florifères observées au Wisconsin; Curtis, 1946).
Chaque tige porte généralement une seule fleur, ou rarement deux fleurs (figure 1). La fleur
comporte un labelle en forme de petite poche (1,7 à 2,7 cm de long) rappelant une
pantoufle, de couleur blanche et présentant des veines ou des taches violacées. Les
4
pétales et les sépales qui l’entourent sont tordus et verts à jaune brunâtre avec des stries
ou des taches violet rougeâtre. La période de floraison maximale dépend des conditions
météorologiques et des conditions du site, notamment les incendies récents et la
couverture de chaume. Au Canada, la floraison a lieu de la mi-mai à la mi-juin. Le fruit, une
capsule, est produit à la fin de l’été et renferme des milliers de graines microscopiques.
Figure 1. Cypripède blanc (Image gracieusement fournie par le Missouri Botanical Garden; http://www.botanicus.org).
Le cypripède blanc ressemble au cypripède jaune, espèce extrêmement variable,
mais est généralement plus petit. Selon Sheviak (2002), les fleurs du cypripède jaune
peuvent être jaune pâle à jaune foncé ou, très rarement, blanches. Les individus issus de
l’hybridation des deux espèces peuvent produire des fleurs de couleur crème, jaune ou
blanche. Les fleurs des hybrides et du cypripède jaune peuvent pâlir et devenir blanches
au fil de la période de floraison (Sheviak, 2002). Selon une étude génétique et
morphologique menée par Worley et al. (2009), la hauteur de la plante ainsi que la
grosseur et la couleur des fleurs peuvent aider à distinguer le cypripède blanc, le cypripède
jaune et les hybrides. Le cypripède blanc donne généralement la plante la plus courte et
5
les fleurs les plus petites et les plus blanches. Chez les hybrides, la hauteur de la plante, la
taille des fleurs et la couleur des fleurs sont généralement intermédiaires entre celles des
deux espèces. En outre, le staminode (étamine modifiée stérile) est elliptique chez le
cypripède blanc, alors qu’il est généralement lancéolé ou triangulaire chez le cypripède
jaune. On a observé un lien étroit entre le profil morphologique hybride et des indices
génétiques d’une origine hybride, mais certains individus présentant un profil
morphologique apparemment pur présentaient également des signes génétiques d’une
origine hybride (Worley et al., 2009). L’analyse d’échantillons provenant de quatre sites a
révélé que ces hybrides cryptiques auraient probablement été classés comme des
cypripèdes jaunes plutôt que comme des cypripèdes blancs d’après une identification
fondée sur les caractères morphologiques, mais on ignore si ces observations s’appliquent
de manière générale. Ces résultats donnent à penser que le rétrocroisement entre les
hybrides et le cypripède blanc et le cypripède jaune viennent complexifier l’identification sur
le terrain.
Structure spatiale et variabilité de la population
Selon de récentes études fondées sur la technique AFLP, il n’y a pas de variation
génétique entre les sous-populations de cypripède blanc du Manitoba et de l’Ontario, mais
des analyses d’autre échantillons et d’autres marqueurs devront être réalisées pour
confirmer ou infirmer ces résultats (Worley et al., 2009; Worley, comm. pers., 2012).
Au Michigan, la variation génétique entre les populations de cypripède blanc était
faible d’après une analyse de la variation alloenzymatique (Case, 1994). On a analysé
12 loci chez 107 individus provenant de 5 populations. La diversité génétique, mesurée
selon l’hétérozygotie attendue, était faible au niveau de l’espèce (5,4 %) et de la population
(5 %). Cependant, Case (1994) rapporte des résultats très différents obtenus dans le cadre
d’une analyse des allozymes réalisée à Brandon, au Manitoba (Actor, 1984), où le
cypripède blanc cohabite avec le cypripède jaune et leurs hybrides; les degrés
d’hétérozygotie attendus au niveau de la population étaient respectivement de 34 %, 37 %
et 37 %. De même, selon une analyse des isozymes de 21 loci réalisée par Klier et al.
(1991), les valeurs de l’hétérozygotie mesurées dans 5 populations mixtes d’Iowa étaient
beaucoup plus élevées (cypripède blanc = 15 % à 30 %, cypripède jaune = 28 % à 35 %,
hybrides = 31 % à 35 %) que celles mesurées dans 9 populations pures de cypripède blanc
(5 % à 11 %). Ces résultats donnent à penser que, dans les sites où les deux espèces
cohabitent, les niveaux faibles de flux génétique et l’introgression subséquente entraînent
une augmentation de l’hétérozygotie par rapport aux populations parentales pures.
Au Canada, le cypripède blanc cohabite généralement avec le cypripède jaune,
notamment dans toutes les sous-populations du Manitoba et la sous-population d’Ontario
pour lesquelles on dispose de données (MB CDC, 2010; Brinker, 2011; MB CDC, 2012).
Worley et al. (2009) ont prélevé 182 individus dans 4 sous-populations du Manitoba (nos 9,
10, 11 et 12), et les ont cotés en fonction de 8 caractères morphologiques et 1061 loci
d’AFLP, pour évaluer les différences entre le cypripède blanc, le cypripède jaune et les
hybrides soupçonnés. Parmi les 182 individus récoltés, 29 % possédaient une origine
mixte; il est toutefois à signaler que les auteurs ont intentionnellement récolté uniquement
6
des hybrides soupçonnés (d’après les caractères morphologiques), de sorte que leur
échantillon renfermait probablement une proportion d’hybrides accrue. Les résultats de
Worley et al. (2009) et d’autres chercheurs des États-Unis (Klier et al., 1991; Walsh, 2008)
montrent que le rétrocroisement et l’introgression entre le cypripède blanc et le cypripède
jaune sont bidirectionnels. Malgré les cas d’hybridation connus, les deux espèces semblent
maintenir leurs distinctions morphologiques, même dans les populations mixtes, mais les
mécanismes qui sous-tendent ce phénomène sont inconnus (Worley et al., 2009).
Unités désignables
Selon les évaluations précédentes, une seule unité désignable est reconnue pour le
cypripède blanc au Canada (Brownell, 1999, COSEWIC, 2000). Les sous-populations du
Manitoba se trouvent à plus de 1 300 km de celles d’Ontario et se situent dans des aires
écologiques distinctes. La plupart des sous-populations du Manitoba se trouvent dans la
même aire écologique du COSEPAC, celle des Prairies, mais certaines s’étendent plus
vers l’est et atteignent presque l’aire écologique Boréale. Les sous-populations d’Ontario
se situent dans l’aire écologique des Plaines des Grands Lacs, mais une vaste distance
sépare la sous-population de l’île Walpole et celle du comté de Hastings, qui se trouve près
de la limite de l’aire écologique Boréale.
Les lignes directrices du COSEPAC pour la définition des unités désignables sont
fondées sur deux critères : le caractère distinct ou l’importance au point de vue évolutif.
Dans le cas du cypripède blanc, trois unités pourraient être distinguées : les souspopulations du Manitoba (prairie) ainsi que les sous-populations de l’île Walpole (Plaines
des Grands Lacs) et la sous-population du comté de Hastings (Hastings), en Ontario.
La sous-population du comté de Hastings semble former l’entité la plus distincte.
Cette localité est celle qui se distingue le plus des autres sur le plan écologique, car elle se
trouve dans une tourbière minérotrophe calcaire dégagée située près de la limite de l’aire
écologique Boréale, à environ 400 km des autres sous-populations d’Ontario. Selon une
analyse de la variation des marqueurs AFLP, cette sous-population n’est pas distincte sur le
plan génétique, mais elle présente une plus grande variation que les autres souspopulations évaluées, ce qui pourrait refléter un plus long isolement. En outre, les individus
de ce site sont plus petits que ceux des autres sites, mais on ignore encore si ce
phénomène est attribuable à des facteurs génétiques et/ou environnementaux (Ford,
comm. pers., 2013). Ainsi, jusqu’à maintenant, on dispose de preuves indirectes quant au
caractère distinct de la sous-population de Hastings, soit les différences morphologiques
observées sur le terrain et l’isolement actuel de cette occurrence par rapport aux autres
sous-populations existantes. En Ontario, des mentions d’occurrences historiques indiquent
que la répartition de l’espèce se prolongeait de manière éparse plus loin vers l’est
qu’aujourd’hui.
Les sous-populations qui se trouvent dans les deux autres parties de l’aire de
répartition canadienne (Prairie, au Manitoba, et Plaines des Grands Lacs, en Ontario)
poussent dans des prairies; bien qu’elles soient largement éloignées au Canada, elles sont
reliées par l’entremise des prairies reliques fragmentées qui se trouvent dans les États
7
adjacents des États-Unis. Une analyse des marqueurs AFLP n’a révélé aucune différence
considérable entre ces régions au Canada (Ford, comm. pers., 2013), mais l’utilisation de
marqueurs additionnels pourrait permettre une analyse à une échelle plus fine que les
AFLP (Worley, comm. pers., 2014). Les populations des Prairies situées en Ontario et au
Manitoba pourraient être considérées comme des entités distinctes en raison de la
distance qui sépare ces régions au Canada. Cependant, cette séparation ne reflète pas un
isolement naturel des sous-populations et est plutôt le résultat d’expansions distinctes de
l’aire de répartition depuis les États-Unis jusqu’au Canada, cette aire étant auparavant
continue. Il n’existe aucune preuve directe d’un flux génétique continu entre ces régions au
Canada ou d’un flux indirect par l’entremise des populations des États-Unis. En outre, le
fait que les sous-populations occupent des aires écologiques nationales du COSEPAC
distinctes (Plaines des Grands Lacs et Prairies) renforce l’hypothèse de leur caractère
distinct. Cependant, une hétérogénéité considérable existe entre les aires écologiques, et,
bien que celles-ci soient largement distinctes, les milieux précis occupés par l’espèce dans
la prairie ou la savane sont semblables et partagent un certain nombre de caractéristiques
générales. Presque toutes les occurrences se trouvent dans des milieux dégagés, dans
des prairies à grandes graminées ou mixtes, et tous les sites présentent une nappe
phréatique de faible profondeur, particulièrement au printemps. Les caractéristiques
écologiques sont différentes d’un site à l’autre, mais celles-ci varient généralement de
manière continue le long de plusieurs axes environnementaux plutôt que de différer
nettement entre les sous-populations occupant des prairies en Ontario et au Manitoba.
L’importance au point de vue évolutif des trois entités décrites ci-dessus est
manifeste. On ne dispose actuellement d’aucune preuve indiquant des divergences
génétiques infraspécifiques marquées. Le contexte écologique varie considérablement d’un
site à l’autre, et il est probable que la population du comté de Hastings se situe à une
extrémité de cette plage de variation. De même, certaines caractéristiques de l’habitat
diffèrent entre les conditions médianes de la prairie en Ontario et au Manitoba. Néanmoins,
même si le contexte écologique de l’île Walpole diffère quelque peu de celui des
populations des prairies du Manitoba, ces sites s’inscrivent dans le continuum de
conditions dans lesquelles l’espèce a été observée à l’extérieur du Canada.
Les données dont on dispose semblent indiquer qu’une seule unité désignable devrait
actuellement être reconnue pour le cypripède blanc au Canada, mais l’acquisition de plus
de renseignements sur les profils pertinents de variation génétique et écologique pourrait
mener à la reconnaissance de multiples unités. Néanmoins, chacune des trois portions de
l’aire de répartition de l’espèce (et chacune des sous-populations de ces régions) présente
probablement une haute valeur de conservation pour la population canadienne totale.
Importance de l’espèce
Le cypripède blanc est une espèce indicatrice des prairies reliques indigènes, habitat
où elle cohabite avec d’autres espèces en péril au Canada. Elle atteint la limite nord de son
aire de répartition au Manitoba, où elle survit malgré les dommages couramment causés
par les gelées printanières tardives. Elle constitue un excellent exemple pour l’étude de
l’hybridation entre une espèce en péril et une espèce commune, particulièrement en ce qui
8
a trait aux modifications de l’habitat. Cette espèce rare est admirée par les amateurs
d’orchidées du Canada et d’ailleurs.
RÉPARTITION
Aire de répartition mondiale
Le cypripède blanc est une plante indigène de l’est de l’Amérique du Nord (figure 2).
Son aire de répartition actuelle s’étend dans 18 États et 2 provinces. Aux États-Unis,
l’espèce est considérée comme existante en Alabama, au Connecticut, au Dakota du Nord,
au Dakota du Sud, en Illinois, en Indiana, en Iowa, au Kentucky, au Maryland, au Michigan,
au Minnesota, au Missouri, au Nebraska, au New Jersey, dans l’État de New York, en Ohio,
en Virginie et au Wisconsin et comme disparue en Pennsylvanie (Butler, comm. pers.,
2012; NatureServe, 2012; Walz, comm. pers., 2012). Elle n’est plus considérée comme
disparue au New Jersey (Walz, comm. pers., 2012) et au Missouri (Butler, comm. pers.,
2012) comme l’a déjà indiqué Brownell (1999).
Figure 2. Aire de répartition mondiale du cypripède blanc (Sheviak, 2002). La carte constitue une généralisation, et
certaines régions d’États ou de provinces peuvent avoir été ombragées pour représenter la répartition
probable de l’espèce, même si aucune occurrence n’a été signalée dans ces régions. Dans certains cas, la
présence dans un État ou une province est indiquée par un seul point.
9
Aire de répartition canadienne
Au Canada, on trouve des sous-populations existantes de cypripède blanc au
Manitoba et en Ontario. Moins de 10 % de l’aire de répartition totale de l’espèce se trouve
au Canada. L’espèce a probablement toujours été peu commune au Canada (Brownell,
1981), mais pourrait avoir été plus répandue dans les prairies du Manitoba avant
l’établissement des Européens (Punter, 1999). Les sous-populations du Manitoba se
trouvent à environ 1 300 km de celles de l’Ontario. Au Manitoba, la plupart des
sous-populations poussent dans l’aire écologique du COSEPAC des Prairies, mais
certaines s’étendent vers l’est jusque dans l’aire écologique Boréale. En Ontario, les
sous-populations poussent dans l’aire écologique des Plaines des Grands Lacs, mais une
d’elles se situe presque à la limite de l’aire écologique Boréale. D’après Vascan (2013),
l’espèce est indigène en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario.
Aux fins du présent rapport de situation, les sous-populations séparées par au moins
1 km sont considérées comme distinctes, conformément à la définition d’occurrence
d’élément de NatureServe (2002). Cette notion est équivalente au terme « site » utilisé
dans le rapport de situation du COSEPAC précédent sur le cypripède blanc (Brownell,
1999).
Saskatchewan
En Saskatchewan, l’espèce a été récoltée dans une région en 1895 (fig. 1). Les
indications sur la localité sont vagues, et le type d’habitat mentionné (près d’un ruisseau)
n’a pas fait l’objet de relevés (Keith, comm. pers., 2013). Selon le Saskatchewan
Conservation Data Centre, l’espèce est actuellement classée comme « possiblement
disparue » de la province. Le cypripède blanc n’a pas été signalé dans la province depuis
la récolte du premier spécimen, et aucun relevé visant l’espèce n’a été réalisé (Keith,
comm. pers., 2012). On ne dispose d’aucun renseignement sur ce spécimen; ainsi, aucune
autre supposition ne sera ici avancée quant à la présence possible de l’espèce dans cette
région.
Manitoba
Le cypripède blanc a été récolté pour la première fois au Manitoba en 1904. La
plupart des sous-populations existantes ont été découvertes à partir de 1980, en raison de
l’intensification des activités de recherche. Parmi les 28 sous-populations signalées,
19 sont considérées comme existantes (tableau 1); les autres sont considérées comme
disparues ou historiques. Les sous-populations disparues et historiques font en sorte que
l’aire de répartition a subi une légère contraction dans le nord-est du Manitoba (fig. 3).
L’aire de répartition connue s’est prolongée vers l’ouest et le sud depuis l’évaluation du
COSEPAC précédente, mais ce phénomène reflète probablement l’intensification des
activités de recherche plutôt qu’une réelle expansion de la répartition. Il est a signaler que
la mention du cypripède blanc pour les collines Pembina est erronée. Ni Scoggan (1957,
1978), ni Marshall (1989) n’a signalé l’espèce aux collines Pembina (Punter, 1999).
10
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
USA = États-Unis
Extant = Existante
Likely Extirpated = Probablement disparue
Historic = Historique
Figure 3. Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc au Manitoba.
11
Tableau 1. Sous-populations de cypripède blanc au Manitoba.
No
d’occ.
d’él.
Sous-population
Première
observatio
n
Dernière
observatio
n
Situation
Commentaires
1202
1. Kleefeld
1980
2012
Existante
En bordure d’une route provinciale. Une
seule localité.
4164
2. Réserve de prairie d’herbes
longues
1993
2012
Existante
Réserve et bordure de routes provinciales.
Le régime de gestion diffère d’un secteur à
l’autre de la réserve. La structure du
paysage est variable dans les sites en
bordure des routes. Au moins quatre
localités.
446
3. Franklin ouest
1999
2011
Existante
En bordure de routes provinciales. Deux
localités.
2311
4. Franklin sud
1999
2011
Existante
Propriété privée et bordure de routes
provinciales. Possiblement disparue de la
propriété privée, où le piétinement par le
bétail a été signalé. Quatre ou cinq
localités.
389
5. Franklin est
1999
2011
Existante
En bordure de routes provinciales. Peutêtre disparue d’une localité en bordure de
route. Une ou deux localités.
5540
6. Emerson
2001
2009
Existante
Prairie relique entre une route provinciale
et une voie ferrée. Une localité.
5539
7. Carman
2008
2012
Existante
En bordure d’une route provinciale. Une
localité.
5271
8. Tolstoi
2008
2012
Existante
Propriété privée. Prairie relique entourée
de terres agricoles. Une localité.
431
9. Woodlands - fossé
1966
2012
Existante
En bordure d’une route provinciale. Une
localité.
86
10. Lac Francis/Manipogo
1983
2012
Existante
Propriété privée (prairie relique soumise à
des brûlages et des activités de
débroussaillage périodiques et bordée par
des pâturages et un terrain de golf) et
emprise provinciale. Trois localités.
3748
11. St. Laurent
1995
2011
Existante
Propriété privée (prairie relique soumise à
un fauchage annuel jusqu’à sa vente
récente, avec une localité qui n’existe
peut-être plus) et bordure de route(s)
provinciale(s), qui n’existe peut-être plus.
Au moins une localité.
390
12. Sentier Woodlands
1998
2012
Existante
Propriété privée (en bordure de sentiers, le
long d’une ancienne voie ferrée). Les
activités de gestion et le paysage
environnant varient d’un site occupé à
l’autre. Au moins trois localités.
4868
13. St. Laurent nord-ouest
2005
2010
Existante
Propriété privée et emprise provinciale non
utilisée. Deux localités.
12
No
d’occ.
d’él.
Sous-population
Première
observatio
n
Dernière
observatio
n
Situation
Commentaires
4173
14. Sud de Brandon
1954
2012
Existante
Propriété privée, propriété provinciale
gérée par Conservation Manitoba, et en
bordure de routes provinciales.
Probablement disparue dans une partie de
la propriété privée et de certaines localités
de bordure de route. Cinq à onze localités.
3061
15. Collines Brandon
1993
2012
Existante
Propriété privée (entente de conservation
comprenant un pâturage, des brûlages,
des fauchages et des désherbages
périodiques) et en bordure de routes
provinciales. Au moins trois localités.
3156
16. Sud-est de Brandon
1997
2012
Existante
Propriété privée et bordure de
routes/emprises provinciales.
Potentiellement sept localités.
4959
17. Sud-est des collines
Brandon
2007
2012
Existante
Propriété privée et bordure de routes
provinciales. Trois ou quatre localités.
5305
18. Oak Lake
2008
2012
Existante
Prairie relique, entre une route fédérale et
une voie ferrée. Une localité.
6599
19. Rounthwaite
2011
2012
Existante
En bordure d’une route provinciale. Une
localité.
2039
20. Brandon - fossé
1997
1998
Disparue
En bordure d’une route provinciale.
Observée pour la dernière fois en 1998
(15 tiges, fleurs tuées par le gel). Aucun
individu trouvé en 2004, 2006, 2009 et
2012. L’habitat ne semble plus approprié.
2422
21. Brandon – rivière
Assiniboine
1994
1994
Disparue
Emplacement incertain. Observée pour la
dernière fois en 1994 (1 toge, site envahi
par les espèces ligneuses). Aucun individu
trouvé et absence de milieu propice dans
les localités potentielles visitées en 2006.
S/O
22. Région de Brandon nord
1993
Inconnue
Disparue
Espèce signalée en 1993 dans une région
aujourd’hui occupée par un lotissement
résidentiel et industriel.
S/O
23. Région de Brandon ouest
Inconnue
Inconnue
Disparue
Espèce signalée dans une région
aujourd’hui développée. Aucun individu
trouvé lors d’un relevé mené en 1996.
S/O
24. Région de Stonewall
1904
1904
Historique
Aucune donnée détaillée sur la localité.
Spécimen conservé dans l’herbier de la
University of Manitoba. Des relevés ont été
menés dans la région générale, mais
aucun individu n’a été trouvé. La région
devrait être revisitée. Des relevés doivent
être réalisés sur plusieurs années
consécutives, vu l’apparition sporadique de
petites populations.
13
No
d’occ.
d’él.
Sous-population
Première
observatio
n
Dernière
observatio
n
Situation
Commentaires
S/O
25. Région d’Inwood
1938
1938
Historique
Aucune donnée détaillée sur la localité.
Spécimen conservé dans l’herbier de la
University of Manitoba. Des relevés ont été
menés dans la région générale, mais
aucun individu n’a été trouvé. Cette région
est susceptible d’héberger l’espèce.
S/O
26. Région d’Aweme
1906
1907
Disparue
Signalée à moins de 16 km d’Aweme, mais
on ne dispose d’aucune donnée détaillée
sur la localité. Le CDC du Manitoba et
d’autres ont mené des recherches dans la
région à proximité d’Aweme, mais aucun
individu n’a été trouvé. La grande
sous­population des collines Brandon se
situe à environ 16 km d’Aweme et pourrait
correspondre à cette mention.
S/O
27. Treherne
1980
1980
Disparue
Une petite population a été observée le
long d’une emprise de route en 1980, mais
elle n’a pas été revue depuis.
S/O
28. Wawanesa
Inconnue
Inconnue
Disparue
Renseignements vagues sur la localité
(pâturage pour chevaux à l’ouest de
Wawanesa). La région a fait l’objet de
relevés en 1993 et 1998, mais aucun
individu n’a été trouvé, et le milieu ne
semblait pas en bon état.
Sources : Hohn, 1994; Parsons et al., 1994; Punter, 1999; MB CDC, 2012; Punter, comm. pers., 2012; Worley, comm.
o
pers., 2012; Murray, comm. pers., 2012; MB CDC, 2010; propriétaires/gestionnaires, comm. pers. Note: N d’occ. d’él =
numéro d’occurrence d’élément, d’après le CDC.
Ontario
En Ontario, le cypripède blanc a été récolté pour la première fois en 1903. Selon
Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) de l’Ontario (ON NHIC, 2012) aucune
nouvelle sous-populations n’a été signalée en Ontario depuis 1979. Onze sous-populations
ont été répertoriées en Ontario, dont cinq sont considérées comme disparues, trois, comme
historiques, et trois, comme existantes (tableau 2). Ainsi, la répartition de l’espèce en
Ontario a diminué (fig. 4). Une des trois sous-populations encore existantes en Ontario se
trouve dans une aire protégée provinciale. Les deux autres poussent sur des terres
appartenant à la Première Nation de l’île Walpole; le statut de ces sous-populations déjà
connues pourrait avoir changé, ou de nouvelles sous-populations pourraient avoir été
découvertes, mais on ne dispose pas de données récentes pour les terres appartenant à la
Première Nation de l’île Walpole
14
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Extant = Existante
Extirpated = Disparue
Historic = Historique
Figure 4. Emplacement général et situation des sous-populations de cypripède blanc en Ontario.
Tableau 2. Sous-populations de cypripède blanc en Ontario.
No
d’occ.
d’él.
Sous-population
Première
observation
Dernières
observations
Situation
Commentaires
5977
29. Comté de Hastings
1979
2012
Existante
Aire protégée. 150-200 tiges en
1979 et 1997, 638 tiges
(248 florifères) en 2003, nombre
total de tiges inconnu
(536 florifères) en 2011. Une
seule localité.
3276
30. Première Nation de l’île Walpole 1908
(A)
1997
Existante
Première Nation de l’île Walpole.
Aucune donnée récente.
Possiblement une localité.
15
No
d’occ.
d’él.
Sous-population
3280
Première
observation
Dernières
observations
Situation
Commentaires
31. Première Nation de l’île Walpole 1908
(B)
1990
Existante
Première Nation de l’île Walpole.
Aucune donnée récente.
Possiblement une localité.
3275
32. Première Nation de l’île Walpole 1908
(C)
1986
Historique
Première Nation de l’île Walpole.
Aucune donnée récente.
3281
33. Première Nation de l’île Walpole 1908
(D)
1986
Historique
Première Nation de l’île Walpole.
Aucune donnée récente.
5976
34. Première Nation de l’île Walpole 1908
(E)
1988
Historique
Première Nation de l’île Walpole.
Espèce non observée lors d’un
relevé mené en 1997. Aucune
donnée plus récente disponible.
3277
35. Norfolk County
1925
1993
Historique
Aire protégée provinciale. De
1984 à 1987, 141 à 37 tiges ont
été dénombrées. Dernière
observation (un seul individu) en
1993. Site envahi par des
espèces ligneuses et herbacées
en 2012.
3279
36. Point Edward
1905
1914
Disparue
Emplacement exact inconnu.
Spécimens conservés dans les
herbiers TRT et OAC. Selon
Brownell (1999), la région est
aujourd’hui fortement urbanisée.
3282
37. Port Elgin
1903
1903
Disparue
Emplacement exact inconnu.
Probablement terrain privé.
Spécimen conservé dans l’herbier
CAN. Selon Brownell (1999),
l’occurrence est presque
assurément disparue.
7414
38. Crystal Beach
Inconnue
Inconnue
Disparue
Emplacement exact inconnu.
Probablement terrain privé.
Occurrence mentionnée dans
Whiting et Catling. 1986. Orchids
of Ontario. p. 29. Selon Brownell
(1999), l’occurrence est
probablement disparue, car la
région est fortement aménagée.
92835
39. Bothwell
1924
1924
Disparue
Terre privée. Occurrence
mentionnée par Saunders dans
son article de 1926 paru dans le
Canadian Field-Naturalist
40(2):112-113. Selon Brownell
(1999), l’occurrence est presque
assurément disparue, car la
région est maintenant fortement
utilisée pour l’agriculture, et les
milieux naturels restants ont été
abondamment herborisés.
Sources : ON NHIC, 2012; Brinker, comm. pers., 2012; Brinker, 2011; Brownell, 1999.
16
Zone d’occurrence et zone d’occupation
La zone d’occurrence pour les sous-populations de cypripède blanc au Canada est
d’environ 215 560 km2.
L’indice de zone d’occurrence (IZO) a été calculé d’après une grille à mailles de 2 km
de côté. L’IZO total au Canada est de 164 km2; au Manitoba seulement, elle est de
144 km2. Cependant, il est important de signaler que la plupart des sous-populations du
Manitoba sont très petites et que la superficie réellement occupée est de moins de 2 km2.
En Ontario, l’IZO est de 20 km2, dont 16 km2 dans l’île Walpole, et 4 km2 dans le comté de
Hastings.
Activités de recherche
Le Centre de données sur la conservation (CDC) du Manitoba réalise des relevés
visant le cypripède blanc depuis la fin des années 1990 et consigne le nombre de sites
visités à la recherche de nouvelles sous-populations depuis le début des années 2000. Le
CDC du Manitoba a réalisé des relevés visant le cypripède blanc dans environ 165 sites
depuis la publication du rapport du COSEPAC précédent, en 1999. En plus des recherches
sur le terrain, plusieurs heures ont été consacrées à des discussions avec les propriétaires
fonciers, au sujet des sites qui pourraient être propices à l’espèce. Divers chercheurs,
consultants et autres personnes intéressées ont mené des relevés destinés à la
découverte de nouvelles sous-populations ou visant des sous-populations connues.
Certains résultats ont été présentés au CDC du Manitoba, mais les activités de recherche
ne sont généralement pas consignées.
On ignore quelle proportion de l’habitat potentiel a fait l’objet de recherches. On a
tenté de créer un modèle prédictif pour le Manitoba, au moyen des données SIG
existantes. Une nouvelle sous-population a été découverte en 2005 grâce à une analyse
fondée sur l’altitude, l’utilisation des terres, les données pédologiques, des photos
aériennes et des renseignements fournis par les propriétaires fonciers concernant
l’utilisation passée et actuelle des terres (Foster et Hamel, 2006). Collicutt et Morgan
(2010) n’ont pas réussi à trouver de caractéristiques géophysiques fortement associées à
la présence du cypripède blanc. Murray (2010) a ciblé les milieux pouvant convenir au
cypripède blanc, pour un total de 11 147 ha, dans le sud de la région des Lacs, au
Manitoba. Garner (2010) a également ciblé les milieux pouvant convenir à l’espèce au
Manitoba, pour un total de 727 ha, et a classé ces milieux selon leur probabilité d’héberger
l’espèce (136 ha faible, 423 ha modérée, 158 ha élevée, 10 ha très élevée). En 2010, le
CDC du Manitoba a visité 11 sites ciblés par ce dernier modèle, mais aucune nouvelle
sous-population n’a été découverte (Friesen et Murray, 2011).
Dans le cadre de la préparation du présent rapport de situation, C. Foster a réalisé
des relevés dans sept sous-populations, en plus de celles visitées par le CDC du Manitoba
et d’autres personnes. Une nouvelle sous-population a récemment été signalée au
Manitoba, mais cette mention n’a pas encore été confirmée (Ames, comm. pers., 2012).
Sam Brinker, du CIPN de l’Ontario, a réalisé des relevés dans la sous-population du comté
17
de Hastings, en Ontario, et a cherche l’occurrence du comté de Norfolk. La base de
données du CIPN de l’Ontario renferme deux mentions additionnelles de cypripède blanc.
Cependant, les renseignements sont insuffisants pour que ces mentions puissent être
confirmées, et celles-ci se trouvent à l’extérieur de l’aire de répartition connue de l’espèce;
elles ne sont donc pas considérées comme des occurrences d’élément (ON NHIC, 2012).
Le CIPN de l’Ontario ne consigne aucun autre renseignement sur les activités de
recherche visant le cypripède blanc. Le Walpole Island Heritage Centre assure le suivi des
sous-populations qui se trouvent sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole, mais
les données à cet égard ne sont pas disponibles actuellement.
HABITAT
Besoins en matière d’habitat
Au Canada, le cypripède blanc pousse généralement dans les prairies humides, mais
on le rencontre également dans une tourbière minérotrophe dans le comté de Hastings, en
Ontario. Au Manitoba, le cypripède blanc pousse dans des fragments de prairies reliques
indigènes humides et calcaires, y compris les vestiges de prairie situés dans les fossés qui
bordent les routes et sont entourés de terres agricoles. Dans la plupart des sites, il semble
y avoir un certain suintement des eaux souterraines. Ces sites sont souvent associés à de
petits peuplements de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) et présentent des
arbustes épars. En outre, ils sont parfois associés à des tourbières minérotrophes à carex
situées dans des terrains bas adjacents. Il est possible que le cypripède blanc ne soit pas
capable de pousser dans les tourbières minérotrophes très humides au Manitoba, en
raison des basses températures de l’eau au printemps (Punter, comm. pers., 2012). Le
relief est souvent légèrement ondulant et se compose de crêtes et de dépressions, et le
cypripède blanc préfère généralement les pentes des crêtes. En outre, dans certains sites,
l’espèce a tendance à pousser le long de la limite des arbres et des fourrés d’arbustes, ce
qui pourrait être lié à la couverture de neige et à la teneur en eau du sol au printemps.
Selon un producteur agricole de la région, l’espèce pousse « là où la neige est épaisse et
le gazon pousse mal » (Punter, comm. pers., 2012). Sur les crêtes et à proximité des
arbres ou des arbustes hauts, l’espèce privilégie les sites orientés vers le sud ou l’ouest,
puisqu’elle ne tolère pas l’ombre. Au Manitoba, les sols des sites hébergeant le cypripède
blanc sont des loams sableux ou des loams sur till fortement à modérément calcaires issus
de roche du Paléozoïque ou du Mésozoïque (mais l’espèce peut aussi pousser sur le
limon, les loams argileux à sableux fins ou les loams graveleux à sableux fins). Le drainage
varie de modéré à imparfait (mais le sol peut également être légèrement mal drainé ou
relativement bien drainé) (MB CDC, 2010; Punter, comm. pers., 2012).
Dans la strate arbustive, on retrouve la potentille frutescente (Dasiphora fruticosa), le
chalef argenté (Elaeagnus commutata), le rosier aciculaire (Rosa acicularis), la symphorine
de l’Ouest (Symphoricarpos occidentalis) et des saules (Salix spp.). La strate herbacée se
caractérise souvent par des espèces idicatrices des sols calcaires et de la prairie indigène,
notamment l’hypoxis hirsute (Hypoxis hirsuta), pédiculaire du Canada (Pedicularis
canadensis), des zizias (Zizia spp.), la parnassie des marais (Parnassia palustris), le grémil
18
blanchâtre (Lithospermum canescens), la bermudienne montagnarde (Sisyrinchium
montanum), le barbon de Gérard (Andropogon gerardii), le faux-sorgho penché
(Sorghastrum nutans), des carex (Carex spp.) et des prêles (Equisetum spp.). Le cypripède
jaune et les hybrides issus du croisement de cette espèce avec le cypripède blanc se
rencontrent généralement à l’intérieur ou à proximité des sites hébergeant le cypripède
blanc. Les espèces envahissantes associées au cypripède blanc sont notamment le brome
inerme (Bromus inermis), l’euphorbe ésule (Euphorbia esula), le pissenlit officinal
(Taraxacum officinale) et le chardon des champs (Cirsium arvense).
En Ontario, la sous-population du comté de Hastings pousse dans une tourbière
minérotrophe calcaire dégagée entourée d’un peuplement de thuya occidental (Thuja
occidentalis) et de mélèze laricin (Larix laricina). Ce site est un point d’émergence des eaux
souterraines caractérisée par une nappe phréatique de faible profondeur et des sols
organiques. Les zones dégagées sont dominées par des mousses, des carex et des
plantes herbacées caractéristiques des sols très calcaires. Les renseignements relatifs sur
les végétaux associés à ce site ont été fournis par Brownell (1981).Ces zones sont
séparées par buttes recouvertes d’arbustes, des îles arborées et des fosses de marne.
Comme dans son habitat prairial, le cypripède blanc est souvent étroitement associé avec
la limite des arbres et des arbustes, notamment la potentille frutescente (Imrie et al., 2005;
Brinker, 2011).
En Ontario, les autres sous-populations se trouvent sur les terres de la Première
Nation de l’île Walpole et poussent dans des écosystèmes de prairie à herbes hautes et de
savane à chêne. Les savanes sont décrites comme des milieux de transition entre la prairie
et la forêt. Les communautés végétales de prairie et de savane sont classées « S1 » en
Ontario. Dans ces sites, les précipitations abondantes, combinées à une nappe phréatique
peu profonde accélèrent l’empiètement des espèces ligneuses. Cependant, la plupart des
prairies ont fait l’objet de brûlages réguliers et sont en excellente condition (Bowles, 2005).
Les individus associés à ces sites sont fournis par Brownell (1981).
La liste des espèces en péril associées au cypripède blanc est fournie à l’annexe 1.
Tendances en matière d’habitat
La destruction des prairies indigènes causée par l’agriculture, le développement et la
succession naturelle a entraîné une diminution considérable de la superficie des milieux
susceptibles d’héberger le cypripède blanc au Canada (Brownell, 1981; Brownell, 1999;
Samson et al., 2004; Bowles, 2005; Koper et al., 2010). Au Manitoba, plus de 99 % de l’aire
historique des prairies à grandes graminées ont été convertis et sont maintenant occupés
par d’autres types de milieux, généralement des terres agricoles (Samson et Knopf,1994,
cité dans Koper et al., 2010). Koper et al. (2010) ont réalisé de nouveaux relevés dans des
parcelles de prairies à grandes graminées reliques qui avaient déjà été visitées en
1987-1988 et ont constaté que, en 2006, 37 % des 65 parcelles avaient été converties en
habitat non prairial ou étaient gravement dégradés par des espèces envahissantes. Les
diminutions de la superficie et de la qualité étaient plus prononcées dans le cas des petites
parcelles (< 21 ha). En outre, ils ont revisité 61 parcelles additionnelles, dont
19
18 sélectionnées en fonction de la présence de plantes des prairies rares, y compris le
cypripède blanc; 66 % des 111 parcelles visitées par Koper et al. (2010) avaient une
superficie inférieure à 21 ha. Selon ces auteurs, les données sur les changements
survenant au fil du temps et les observations quant aux effets de la structure morcelée d’un
habitat semblent indiquer qu’il est probable que la plupart des prairies nordiques à grandes
graminées du Manitoba ne sont pas autonomes ou qu’il est peu probable qu’elles
persistent avec le temps. Les espèces envahissantes, la succession naturelle et la
conversion de terres pour l’agriculture continuent de causer la disparition de petites
parcelles de milieux propices à l’espèce. L’empiètement des espèces ligneuses observé
par Foster (2008) dans la sous-population du sentier Woodlands de 2005 à 2007 illustre ce
phénomène.
En Ontario, il subsiste moins de 1 % des prairies qui existaient avant l’arrivée des
colons européens (Bowles, 2005). Une des plus vastes prairies reliques se trouve sur les
terres de la Première Nation de l’île Walpole, où la superficie de prairie a diminué d’environ
36 % au cours des 25 dernières années. En outre, la demande pour la construction
d’infrastructures et d’habitations continue d’augmenter dans la Première Nation de l’île
Walpole (Bowles, 2005). Brownell (1984) a examiné des photos aériennes de 1945 qui
montrent que la zone occupée par la sous-population du comté de Norfolk était dépourvue
d’arbres à cette époque. D’après R. Landon, il semble que le marais à quenouilles et à
carex situé à proximité faisait l’objet d’un brûlage chaque mois de mars et était fauché par
les producteurs agricoles de la région jusque dans les années 1930. Le cypripède blanc
était présent dans la zone dégagée qui bordait le boisé de thuyas et le marais ainsi qu’en
bordure d’un ruisseau nommé « Hellmer » par les habitants de la région. En 1984, la zone
adjacente au marais était devenue occupée par un fourré de sumac à vernis, et la zone
dégagée au nord (où on trouvait uniquement des hybrides) était devenue occupée par une
forêt mixte et un champ abandonné.
On ignore les tendances en matière d’habitat pour la sous-population du comté de
Hastings.
BIOLOGIE
L’information sur la biologie du cypripède blanc présentée dans la présente section
provient en grande partie de recherches menées aux États-Unis. Le cypripède blanc atteint
la limite de son aire de répartition au Canada et pourrait y être confronté à des difficultés
additionnelles. Par exemple, la durée d’une génération pourrait augmenter vers la limite
nord de l’aire de répartition, où il est peu probable que les conditions soient propices durant
plusieurs années consécutives. Selon Curtis (1943), les taux de reproduction des espèces
du genre Cypripedium sont plus élevés vers le centre de leurs aires de répartition. De
même, selon Falb et Leopold (1993), le cypripède blanc arbore des fleurs plus petites et
produit moins de fleurs et de fruits dans l’état de New York que dans la partie centrale de
son aire, qui se trouve au Wisconsin, en Illinois et en Iowa.
20
Cycle vital et reproduction
Curtis (1943) a étudié la germination naturelle et le développement des semis chez
les espèces du genre Cypripedium aux États-Unis. Les premiers stades du développement
des semis du cypripède blanc ont été observés à des profondeurs allant de trois à cinq
centimètres. Selon le chercheur, plusieurs années pourraient être nécessaires avant que
les graines atteignent ces profondeurs, grâce à l’action naturelle de la pluie et de la fonte
des neiges. Il est également possible qu’une certaine période de temps soit nécessaire
pour qu’une couche de sol d’une épaisseur convenable s’accumule sur les graines. Chez
les espèces du genre Cypripedium, le tégument des graines est résistant à l’humidité, et la
longévité des graines est d’au moins huit ans en conditions artificielles d’entreposage à
sec. Au cours d’une période de 4 ans, seulement 14 semis ont été trouvés dans 2 grandes
colonies de cypripède blanc du centre du Wisconsin (comptant respectivement 5 500 et
1 500 tiges), malgré les recherches intensives qui y ont été réalisées. D’après des
observations sur le terrain et le taux de croissance connu des espèces du genre
Cypripedium, on estime qu’un semis de cypripède blanc fleurit pour la première fois
12 années ou plus après sa germination (Curtis, 1943).
Curtis (1954) a consigné durant plus de vingt ans la production de fleurs des espèces
du genre Cypripedium aux États-Unis. En conditions favorables, les boutons floraux
commencent à se former à la fin de l’été de l’année précédant la floraison. Selon ses
observations réalisées de 1933-1952 dans une colonie située dans la partie centrale de
l’aire de l’espèce, au Wisconsin, la production de fleurs du cypripède blanc variait d’une
année à l’autre, et 33 % à 78 % des tiges ont fleuri. Selon Falb et Leopold (1993), la
production de fleurs était de 36,5 % en périphérie de l’aire de répartition, dans l’État de
New York, de 1989 à 1990. Shefferson et Simms (2007) ont observé un taux de floraison
de 47 % de 2000 à 2005 en Illinois, près de la partie centrale de l’aire de l’espèce. D’après
des données recueillies au Manitoba, le taux de floraison est en moyenne supérieur à 50 %
(MB CDC, 2010). Cependant, il pourrait s’agir d’une surestimation, car les relevés sont
souvent axés sur les tiges florifères. Lorsque les individus sont au stade végétatif (non
florifère), il peut être difficile de les repérer les parmi la couverture de chaume, et il est
impossible de distinguer le cypripède blanc du cypripède jaune et des hybrides sur le
terrain. D’après des relevés détaillés réalisés dans la sous-population du comté de
Hastings, en Ontario, le taux de floraison y est de 40 % (Solomon 2003; Imrie et al. 2005).
Si une fleur parvient à survivre et est pollinisée, elle produit une capsule renfermant
des milliers de graines microscopiques qui sont dispersées par le vent à la fin de l’été.
Comme la production de fleurs, la production de fruits peut varier d’une année à l’autre.
Selon Curtis (1954), la production moyenne de fruits (fruits/tige) du cypripède blanc variait
de 5 % à 27 % au Wisconsin de 1938 à 1941. Falb et Leopold (1993) ont observé un taux
de production de fruits de 12 % dans l’État de New York de 1986 à 1990, alors que
Shefferson et Simms (2007) ont observé un taux de 10 % en Illinois de 2000 à 2005. La
production de fruits n’a généralement pas été consignée dans les sous-populations
canadiennes. Au Manitoba, les gelées printanières tardives entraînent une diminution de
1 ou 2 % de la production de fruits par rapport au nombre total de tiges florifères (Punter,
1999). Quatre-cents individus ont été examinés en 1979 dans la sous-population de la
21
Première Nation de l’île Walpole, et des grains de pollen avaient été déposés sur le
stigmate chez 23 % d’entre eux (Brownell, 1981). Selon Flab et Leopold (1983), la
production de fruits du cypripède blanc est généralement faible comparativement à celle
d’autres orchidées, qui peuvent produire deux fois autant de capsules, voire plus.
En outre, le cypripède blanc se reproduit par voie végétative, par des bourgeons
produits sur les rhizomes de deux ou trois ans, qui donnent des tiges additionnelles et
entraînent ainsi une hausse des ressources nécessaires à la plante (Curtis, 1943). Selon
Curtis (1954), les plantes du genre Cypripedium peuvent potentiellement être
« immortelles ». L’âge moyen des individus matures est inconnu, de sorte qu’il est
impossible d’évaluer la durée d’une génération. Cependant, celle-ci est probablement bien
supérieure à 12 ans, si on se fie au temps que met un individu pour produire sa première
fleur (Curtis, 1954).
Physiologie et adaptabilité
On pense que la faible hauteur des précipitations limite la répartition vers l’ouest du
cypripède blanc (Bowles, 1983). Les graines ont besoin d’un apport en eau constant pour
germer (Curtis, 1943). En outre, l’espèce dépendrait d’une nappe phréatique peu profonde
pour sa survie à long terme (Falb et Leopold, 1993). Les préférences en matière d’habitat
de l’espèce au Canada donnent à penser que le cypripède blanc est adapté aux microsites
où l’eau souterraine est en mouvement. En outre, l’espèce est intolérante à l’ombre
(Brownell, 1981). Selon Falb et Leopold (1993), les individus florifères comportant plusieurs
tiges sont exposés à un rayonnement solaire considérablement plus élevé (environ deux
fois plus élevé) que les individus non florifères ne comportant qu’une seule tige. La
perturbation de l’habitat est nécessaire à la survie à long terme du cypripède blanc,
notamment des brûlages ou des fauchages réalisés à des moments opportuns, pour
empêcher l’empiètement des espèces ligneuses. En l’absence de telles perturbations, le
cypripède blanc peut être supplanté par les végétaux empiétant sur son habitat (Curtis,
1946; Brownell, 1981).
Le cypripède blanc est sensible aux gelées printanières tardives, car il apparaît et
fleurit relativement tôt au printemps. Des feuilles et des fleurs endommagées par le gel sont
fréquemment observées dans les sous-populations du Manitoba, et ces dommages ont une
incidence sur la capacité photosynthétique et la production de graines des individus (MB
CDC, 2010, Punter, 1999).
Le cypripède blanc peut demeurer en dormance durant de longues périodes durant
lesquelles les rhizomes survivent sous terre et attendent l’arrivée de conditions propices
pour produire des parties aériennes (Curtis, 1943; Falb et Leopold, 1993; Shefferson, 2006;
Shefferson et Simms, 2007). Dans le cadre d’une étude de 11 ans menée en Illinois, une
période de dormance de jusqu’à 6 ans a été observée chez le cypripède blanc, et au moins
40 % des individus étaient en dormance durant cette période (Shefferson, 2006). On ignore
dans quelle mesure la dormance est utilisée comme mécanisme d’adaptation chez le
cypripède blanc au Canada. La comparaison des fluctuations observées quant aux
données recueillies dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba (Borkowsky,
comm. pers., 2012), et des données climatiques (Agriculture and Agri-Food Canada, 2012)
22
donne à penser que la dormance pourrait être liée à des faibles températures printanières
ou à des conditions sèches.
De Pauw et Remphry (1993) ont réalisé des essais de germination in vitro de graines
de cypripède blanc récoltées dans deux sites au Manitoba. Après une période de
20 semaines, le taux de germination le plus élevé (près de 50 % des graines inoculées) a
été observé pour les graines récoltées 8 semaines après la pollinisation. L’exposition des
graines au froid (4 °C) durant deux semaines a entraîné seulement une légère
augmentation du taux de germination.
A. Anderson, de l’Université de Guelph, a réussi à multiplier le cypripède blanc au
moyen de graines récoltées dans deux sous-populations d’Ontario. Trois individus issus de
graines provenant de la sous-population du comté de Norfolk (Anderson, 1993, cité dans
Brownell, 1999) survivent actuellement dans son jardin, comme il est mentionné dans le
rapport du COSEPAC précédent (Brownell, 1999). Un individu issu d’une graine récoltée
dans la sous-population de la Première Nation de l’île Walpole a fleuri en neuf ans
(Anderson, comm. pers., 1997, cité dans Brownell, 1999). Plus récemment, Environnement
Canada a accordé un permis pour la récolte de capsules, en vue de l’étude de la viabilité
des graines, des conditions nécessaires à la germination et des taux de germination ainsi
que la possible production de semis destinés à la restauration des sites protégés, dans la
Première Nation de l’île Walpole (Environment Canada, 2008a).
Des tentatives de transplantation d’individus matures ont été réalisées récemment. À
l’automne 2011, le CDC du Manitoba a prélevé 126 tiges de cypripède blanc (environ
20 individus) dans la sous-population du fossé de Woodlands (no 9) et les a transplantés
dans la sous-population du sentier Woodlands (no 12), en vue de déterminer si l’espèce
pouvait être transplantée (Murray, comm. pers., 2012). Le nombre de tiges des individus
transplantés est passé de 126 en 2011 à 160 en 2012. Toutefois, il faut continuer le suivi
pour déterminer le succès à long terme de cette transplantation. Un autre permis a été
délivré pour la transplantation de certains individus poussant dans un terrain à bâtir jusqu’à
un site protégé, dans l’île Walpole (Environment Canada, 2009), mais les résultats de cette
activité sont inconnus.
Dispersion
Les capsules du cypripède blanc renferment des milliers de graines microscopiques,
ce qui est caractéristique des orchidées en général (Curtis, 1954). Les graines des
orchidées sont transportées par le vent et peuvent ainsi être dispersées sur des milliers de
kilomètres (Jersakova et Malinova, 2007). Toutefois, il faut qu’elles parviennent à un milieu
dont les conditions leur conviennent ainsi qu’au champignon dont elles ont besoin pour
germer. En outre, les taux de survie des semis et de fructification sont généralement
faibles. Ainsi, le principal mode de croissance de la population repose sur la multiplication
végétative des individus à l’échelle locale. Pour parvenir à établir une nouvelle
sous-population, une graine devrait d’abord voyager à travers l’habitat fragmenté de
l’espèce jusqu’à un site propice qui répondrait à ses multiples besoins durant les
nombreuses années qu’elle mettrait avant de devenir un individu mature. Ainsi, les sous-
23
populations sont souvent séparées par de vastes superficies de milieux non propices à
l’espèce. Cependant, vu la grande capacité de dispersion des graines et l’absence de
divergence génétique détectée entre les sous-populations du Manitoba et de l’Ontario, la
population canadienne n’est pas considérée comme gravement fragmentée.
Relations interspécifiques
Les graines du cypripède blanc sont dépourvues d’albumen, tissu de réserve
nécessaire à la germination; un champignon mycorhizien spécifique est donc requis pour le
développement des semis et pourrait être nécessaire aux individus adultes, durant leurs
périodes de dormance (Shefferson, 2006; Curtis, 1943). Une espèce du genre Moniliopsis
a été isolée de racines de cypripède blanc prélevées près de Tolstoi, au Manitoba
(sous-population no 2) (Zelmer, 1994). Les champignons observés en association avec le
cypripède blanc en Illinois et au Kentucky appartenaient aux groupes des Tulasnellaceae et
des Thelephoraceae ainsi qu’au genre Phialophora (Shefferson et al., 2005). En outre, le
Rhizoctonia subtilis a été isolé chez le cypripède blanc (Curtis, 1939, cité dans Zelmer,
1994).
Le cypripède blanc dépend de certains insectes spécifiques pour sa pollinisation, et la
forme de ses fleurs favorise la pollinisation croisée. Selon Catling et Knerer (1980), qui ont
mené une étude dans la sous-population de la Première Nation de l’île Walpole, en
Ontario, les abeilles de la famille des Andrenidés et du groupe des Halictinés mesurant
6 ou 7 mm de long étaient les plus importants pollinisateurs du cypripède blanc. L’Andrena
ziziae et l’Halictus confusus étaient parmi les abeilles les plus communes. Parmi les
insectes observés à l’intérieur des fleurs du cypripède blanc cypripède blanc ou associés à
du pollen de l’espèce, on compte l’Andrena ziziae, une espèce du genre Spechodes, une
espèce du genre Nomada, un coléoptère (Elateridae), un hyménoptère parasite
(Chalcididae), l’Augochlorella striata, l’Halictus (Seladonia) confusus, le Dialictus rohweri, le
D. atlanticus et le D. pilosus.
Le cypripède blanc ne produit pas de nectar comme récompense pour les insectes qui
visitent ses fleurs. Les abeilles pollinisatrices observées par Catling et Knerer (1980) sont
généralistes et ont également été observées sur les fleurs de nombreuses autres espèces
qui ne produisent pas de nectar. En outre, les abeilles du groupe des Halictinés ont un
cycle de vie plus long que celui des abeilles de la famille des Andrenidés et ont besoin
d’autres plantes qui fleurissent en dehors de la période de floraison du cypripède blanc.
Ainsi, la reproduction sexuée du cypripède blanc pourrait dépendre de la présence d’une
diversité d’espèces dont la floraison s’échelonne tout au long de la saison de croissance.
Selon plusieurs études, la diversité des pollinisateurs diminue en raison de la fragmentation
des milieux naturels (voir Ouborg et al., 2006).Ainsi, le faible taux de fructification du
cypripède blanc pourrait être en partie attribuable au caractère fragmenté de l’habitat qui lui
est propice.
24
Il existe également des relations interspécifiques qui sont négatives pour le cypripède
blanc, comme la concurrence exercée par les espèces ligneuses qui empiètent sur son
habitat et par les espèces envahissantes. Le broutage des feuilles de cypripède blanc est
courant (MB CDC, 2010) et pourrait entraîner une diminution de la production de fruits.
Falb et Leopold (1993) ont observé des feuilles de cypripède blanc broutées, présumément
par des lapins. En outre, l’hybridation avec le cypripède jaune pourrait avoir un effet négatif
sur l’intégrité génétique du cypripède blanc et risque de réduire le nombre de descendants
issus de la reproduction intraspécifique (voir la section « Facteurs limitatifs »).
TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS
Activités et méthodes d’échantillonnage
Des méthodes extrêmement variées ont été utilisées durant les relevés visant
l’espèce. D’après les lignes directrices de l’UICN (IUCN, 2010), les unités capables de
reproduction végétative et les unités capables de reproduction sexuée formant un clone
doivent être dénombrées pour l’évaluation du nombre d’individus matures. Cependant, ces
données n’ont généralement pas été recueillies pour l’espèce. Il est souvent difficile de
délimiter les individus, puisque l’espèce produit des clones, de sorte que l’évaluation du
nombre d’individus génétiquement distincts comporte un grand degré d’incertitude. Il est
encore plus complexe de déterminer si un segment d’un individu génétique est capable de
reproduction végétative. Dans certains cas, l’effectif a été évalué d’après des
dénombrements détaillés des tiges florifères et des tiges non florifères par touffe (individu
génétiquement distinct estimé), alors que dans d’autres cas il a été évalué d’après des
estimations approximatives du nombre de tiges florifères visibles. C’est généralement le
nombre de tiges florifères qui est consigné, car la présence de fleurs est nécessaire pour
que le cypripède blanc puisse être distingué du cypripède jaune et de leurs hybrides.
Même lorsque les individus sont en fleur, l’identification du cypripède blanc et de ses
hybrides comporte un degré élevé d’incertitude (MB CDC, 2010). En outre, les gelées
printanières sont courantes et causent le brunissement et le flétrissement des fleurs. Ainsi,
l’évaluation des effectifs comporte un degré d’incertitude encore plus élevé les années où
des gelées surviennent. Même dans les cas où des méthodes semblables sont utilisées, le
degré d’intensité des recherches et le moment où les relevés sont réalisés peuvent
entraîner des différences considérables, car la période de floraison dure généralement
moins de deux semaines. Par exemple, en 2012, le CDC du Manitoba (2012) a dénombré
250 tiges florifères le 30 mai dans un site de la sous-population no 16, alors que Krindle
(comm. pers., 2012) y a dénombré 619 tiges florifères le 1er juin. Beaucoup des données
présentées sont fondées sur des estimations ponctuelles, de sorte qu’il est impossible
d’évaluer l’erreur ou la fluctuation prévus entre les dénombrements d’un site à l’autre et
d’une année à l’autre. De même, on ignore quelle est la fluctuation prévue du nombre de
tiges florifères d’une année à l’autre en fonction de la fluctuation des conditions
environnementales.
25
Aux fins du présent rapport de situation, le nombre total de tiges et le nombre de tiges
florifères sont utilisés comme mesures estimatives de l’abondance. Les estimations ne
comprennent pas les individus non florifères dont l’identité n’a pas pu être confirmée, ni les
individus florifères dont l’identité était incertaine (hybrides soupçonnés). Le nombre de tiges
florifères est utilisé comme indicateur du nombre d’individus matures. Les tiges qui
n’étaient pas encore en pleine floraison mais poussaient parmi d’autres tiges de cypripède
blanc ont été incluses dans le nombre de tiges florifères. Les fleurs avortées ont été
exclues.
En outre, il est à signaler que le cypripède blanc fleurit pour la première fois à l’âge
d’environ 12 ans ou plus (Curtis, 1954), de sorte que le nombre de tiges constitue
probablement une sous-estimation de l’effectif total. De plus, la capacité de l’espèce de
demeurer en dormance pendant une année ou plus peut causer une sous-estimation de la
taille de la population, et on peut inférer qu’elle cause des fluctuations.
Abondance
Il est impossible d’estimer le nombre total actuel d’individus matures au Canada, car
on ne dispose pas de données récentes pour les sous-populations de la Première Nation
de l’île Walpole. Au Manitoba, il y a environ 22 000 individus matures, d’après les
estimations récentes du nombre de tiges florifères. Le tableau 3 renferme l’effectif estimatif
et des commentaires pour les 19 sous-populations existantes du Manitoba. En Ontario,
536 tiges florifères ont été dénombrées dans la sous-population du comté de Hastings en
2011 (tableau 2). Un permis autorisant un recensement visant le cypripède blanc sur les
terres de la Première Nation de l’île Walpole a été délivré pour la période 2008-2010
(Environment Canada, 2008a), mais on ignore si le recensement a été réalisé et, le cas
échéant, son résultat. Selon Bowles (2005), moins de 10 % de la population canadienne de
l’espèce pousse sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole. Toutefois, d’après le
programme de rétablissement du cypripède blanc, on y trouvait plus de 14 000 touffes
(individus/genets) en 2003 (Environment Canada, 2014), ce qui signifierait que près de
50 % de la population canadienne totale pourrait se trouver sur ces terres. Il est
actuellement impossible de lever l’incertitude à cet égard.
Tableau 3. Effectif des sous-populations de cypripède blanc du Manitoba.
Sous-population
Première
obs.
Estimation la plus
récente du nombre
total de tiges /
nombre de tiges
florifères (année)
Commentaires et tendances
1. Kleefeld
1980
152/59 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 681/318
(1986), 683/293 (1987), 568/394 (1988),
552/135 (1989), 593/223 (1990), 507/?
(1992), 598/? (1996), 600/? (1997), 522/391
(1998), 373/156 (1999), 279/193 (2000),
250/175 (2001), 264/188 (2003), 340/175
(2004), 266/139 (2009), 152/59 (2012).
26
bre
Sous-population
Première
obs.
Estimation la plus
récente du nombre
total de tiges /
nombre de tiges
florifères (année)
Commentaires et tendances
2. Réserve de prairie d’herbes
longues
1993
<34 491/<16 899
(2012)
Probablement inférieur à l’effectif de 1997
(34 491 tiges), d’après des parcelles de suivi.
3. Franklin ouest
1999
67/52 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : ?/47 (1999),
?/20-30 (2000), 111/66 (2006), 187/63 (2008),
31/17 (2009), 97/82 (2010), 67/52 (2012).
4. Franklin sud
1999
38/24 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 82/35
(1999), 74/57 (2000), 10/3 (2001), 0 – trop tôt
(2006), 12/11 (2008), 17/10 (2009), 22/19
(2010), 38/24 (2012).
5. Franklin est
1999
18/8 (2011)
Dernière mention en 2000 à l’endroit
précédemment cartographié. Incertitude
quant à la nature pure ou hybride des
individus observés en 2006. Uniquement le
cypripède jaune a été observé en 2011 à
l’endroit précédemment cartographié.
Cependant, un nouveau site occupé a été
découvert à un peu plus de 1 km de cet
bre
endroit en 2011. N total de tiges/tiges
florifères : 55/47 (1999), ?/8 (2000), 18/8
(2012).
6. Emerson
2001
72/50 (2009)
N total de tiges/tiges florifères : 39/29
(2001), 0 (2002), 0 (2003), 72/50 (2009).
Cypripède jaune plus abondant.
7. Carman
2008
40?/40? (2012)
Sous-population découverte depuis
relativement peu de temps, données
bre
déficitaires. N total de tiges/tiges florifères :
? (2008), 0 - hybrides seulement (2010), ?/23
(2011), ?/40 (2012). Un certain degré
d’incertitude est associé à l’effectif de 40
signalé en 2012 par un citoyen connaissant
bien l’emplacement des individus observés
les années précédentes. D’autres chercheurs
ont visité ce site la même journée et la
journée suivante et n’ont pas confirmé la
présence du cypripède blanc. Le cypripède
jaune et les hybrides sont beaucoup plus
abondants, et une gelée printanière tardive a
endommagé les fleurs.
8. Tolstoi
2008
462/301 (2012)
Sous-population découverte depuis
relativement peu de temps, données
déficitaires. Environ 68 individus – 47 portant
des boutons floraux et 10 portant des fleurs
(10 juin 2008), env. 240 individus en fleurs
(20 juin 2008), env. 150 tiges, dont env. la
moitié en fleurs (2009), env. 106 individus 462 tiges/301 tiges florifères (2012).
27
bre
bre
bre
Sous-population
Première
obs.
Estimation la plus
récente du nombre
total de tiges /
nombre de tiges
florifères (année)
Commentaires et tendances
9. Woodlands – fossé
1966
214/129 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 66/43
(1993), env. 200 touffes, avec en moyenne
3 tiges par touffe (1997), 78/34 (1998), 57/?
(1999), 72/53 (2000), 128/99 (2001), 338/243
(2005), 267/153 (2007), 629/352 (2008),
228/164 plus 60 tiges, y compris des hybrides
(2009), <100/17 (2010), 571/382 (2011),
214/129 (2012). NOTE : 126 tiges ont été
prélevées en 2011 pour une expérience de
transplantation (vers la sous-population
o
n 12). Le nombre de tiges restantes est
passé de 445 en 2011 à 214 en 2012.
10. Lac Francis/Manipogo
1983
>200/>138 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 159/28
(1993), 80/29 (1998) 26/14 (2003), ?/10-15
mais dénombrement effectué après la date
optimale (2010), 249/191 (2012).
11. St. Laurent
1995
1375/>308 (2009)
Sous-population fragmentée constituée de
plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué
pour la population en entier aucune des
années. Certains dénombrements des tiges
présentés ci-dessous ne comprennent peutbre
être pas toutes les parcelles occupées. N
total de tiges/tiges florifères : 1677/615
(1998), 1776/973 (1999), >3085-3485/>26303030 (2001), >3000/? (2005), 1375/>308
(2009). Note : l’estimation de 2009 ne
comprend pas toutes les parcelles occupées.
12. Sentier Woodlands
1998
319/211 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 166/158
(1999), 161/75 (2000), >266/168 (2005), pas
de dénombre effectué car la floraison était
terminée, mais effectif manifestement
inférieur à celui de 2005 (2007), >176/48
(2008), >146/22 (2009), 27/19 (2010), 45/25
(2011), 319/211 (2012). NOTE : 126 tiges ont
été transplantées dans cette sous-population
o
en 2011 (depuis la sous-population n 9). Le
nombre de tiges non transplantées est passé
de 45 en 2011 à 159 en 2012. Le nombre de
tiges transplantées est passé de 126 en 2011
à 160 en 2012.
13. St. Laurent nord-ouest
2005
>287/143 (2010)
N total de tiges/tiges florifères : 1938/1413
(2005), >287/143 (2010). Note : les tiges
visibles n’ont pas toutes été dénombrées en
2010.
28
bre
bre
bre
bre
Sous-population
Première
obs.
Estimation la plus
récente du nombre
total de tiges /
nombre de tiges
florifères (année)
Commentaires et tendances
14. Sud de Brandon
1954
>1200/<1200
(2011/2012)
Sous-population fragmentée constituée de
plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué
pour la population en entier aucune des
années. Des déclins et des disparitions ont
été constatés dans certaines parcelles, et des
augmentations et des apparitions ont été
observées dans d’autres. Dans l’ensemble,
aucune tendance importante quant à
l’abondance, mais le nombre de parcelles
occupées et/ou la zone d’occupation
pourraient être en déclin.
15. Collines Brandon
1993
milliers/<milliers(2010)
Sous-population fragmentée constituée de
plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué
pour la population en entier aucune des
années. Aucune tendance importante
manifeste quant à l’abondance.
16. Sud-est de Brandon
1997
>619/619 (2012)
Sous-population fragmentée constituée de
plusieurs parcelles. L’effectif n’a été évalué
pour la population en entier aucune des
années. Aucune tendance importante
manifeste quant à l’abondance, mais nombre
de parcelles occupées et/ou zone
d’occupation peut-être en déclin.
17. Sud-est des collines
Brandon
2007
504/384 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 83/? (2007),
>600/? (2008), >762/>398 (2011), 504/384
(2012).
18. Oak Lake
2008
74/26 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 20/? –
graves dommages par le gel (2009), 189/141
(2010), 309-329/279 (2011), 74/26 (2012).
19. Rounthwaite
2011
81/27 (2012)
N total de tiges/tiges florifères : 60/46
(2011), 81/27 (2012).
bre
bre
bre
Sources : MB CDC, 2012; Worley, comm. pers., 2012; Krindle, comm. pers., 2012; Ames, comm. pers., 2012; Borkowsky,
comm. pers., 2012; MB CDC, 2010; Punter, 1999.
29
Fluctuations et tendances
Dans le rapport du COSEPAC précédent, préparé en 1999, on indique que le nombre
de tiges florifère est évalué à 36 260 au Manitoba, d’après des données recueillies du
début des années 1980 à 1997 (Brownell, 1999). Selon le supplément (mise à jour)
préparé pour le Manitoba (Punter, 1999), le nombre de tiges a été évalué à 42 879 (dont
21 629 florifères) dans le cadre des relevés réalisés en 1997 et 1998. Le nombre de tiges
est actuellement évalué à 42 000 (dont 22 000 florifères) au Manitoba. Toutefois, cette
estimation comporte un degré élevé d’incertitude. Aucun relevé n’a récemment été réalisé
dans la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, qui comprend environ 80 % de
la population de cette province. Si on ne tient pas compte de l’incertitude quant à l’effectif
de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba et des sous-populations
découvertes depuis 1998, l’abondance a diminué de 67 %, et le nombre de tiges est passé
de 8388 (4 721 florifères) à 5 760 (4 037 florifères).
On ne dispose pas de suffisamment de données pour déterminer les tendances en
matière d’effectif pour le cypripède blanc en Ontario. D’après le rapport du COSEPAC
précédent, le nombre de tiges est évalué à 6 450 en Ontario, et celles-ci sont réparties
entre 1 400 touffes (Brownell, 1999). Le nombre d’individus a été évalué à plus de 140 000
sur les terres de la Première Nation de l’île Walpole, raison pour laquelle un permis a été
délivré pour le dénombrement en 2009 (Environment Canada, 2009); toutefois, il pourrait
s’agir d’une erreur, car cette estimation ne correspond à aucune des estimations
précédentes, dont une estimation inférieure à 14 000 touffes réalisée en 2003
(Environment Canada, 2014). Les termes « individu », « touffe » et « plante » n’ont pas été
définis dans les sources précédentes, de sorte qu’il est difficile d’établir des comparaisons.
L’effectif rapporté pour la sous-population du comté de Hastings a augmenté depuis la
publication du rapport précédent (tableau 2), mais cette différence pourrait être attribuable
à des différences entre les méthodes de relevé.
Il est courant de constater des fluctuations entre les effectifs signalés pour une même
sous-population. Ces fluctuations peuvent être attribuables à des fluctuations réelles du
nombre d’individus florifères associées à la mortalité ou à des fluctuations apparentes
associées à la dormance et à des diminutions du taux de floraison. En outre, des
fluctuations apparentes peuvent découler de différences entre les activités de recherche et
les méthodes de consignation des données. Les fluctuations, les méthodes fluctuantes et
les écarts temporels entre les relevés font en sorte qu’il est difficile de détecter les
tendances des sous-populations. Le tableau 3 présente les estimations pour toutes les
années où des relevés ont été réalisés au Manitoba. Dans le cas de certaines
sous-populations, l’effectif signalé est aujourd’hui plus élevé qu’au moment de la
découverte, mais des déclins sont observés dans le cas d’autres sous-populations. Dans
l’ensemble, les sous-populations présentant des signes de hausse sont moins nombreuses
que celles présentant des signes de déclin. Toutefois, on dispose de suffisamment de
données pour réellement déterminer des tendances dans le cas de peu de souspopulations.
30
Au Manitoba, un suivi annuel visant le cypripède blanc est réalisé dans la Réserve de
prairie d’herbes longues (sous-population no 2) depuis 1997, et celui-ci repose sur des
activités de recherche et des méthodes uniformes ainsi que des parcelles représentatives
(Borkowsky, comm. pers., 2012). Des fluctuations y ont été couramment observées,
comme dans le cas des autres sous-populations (fig. 5). Les causes de ces fluctuations
sont inconnues, mais elles pourraient être liées aux conditions météorologiques, aux
activités de gestion ou à des interactions entre ces deux facteurs. Par exemple, les
diminutions de l’abondance observées en 2009 étaient associées à des températures
printanières plus basses que la normale (Agriculture and Agri-Food Canada, 2012), alors
que les hausses observées en 2010 étaient associées à des précipitations et des
températures supérieures à la normale à la fin de la saison de croissance de 2009 et au
printemps 2010. Les diminutions observées en 2012 étaient associées avec des conditions
inhabituellement sèches et chaudes à la fin de l’été 2011 et durant l’hiver et le
printemps 2012.
Les brûlages dirigés et les incendies sont relativement fréquents dans la Réserve de
prairie d’herbes longues du Manitoba. Les brûlages sont réalisés pour réduire
l’accumulation excessive de chaume et l’empiètement des espèces ligneuses, mais les
incendies intenses risquent d’endommager les rhizomes des individus de l’espèce (Worley,
comm. pers., 2012). En outre, les incendies pourraient contribuer à une floraison précoce,
ce qui rend l’espèce plus vulnérable aux gelées printanières. En 2012, la diminution la plus
marquée a été observée dans la parcelle A. Les conditions sèches, combinées à un
incendie intense pourraient avoir contribué à la floraison précoce des individus de l’espèce,
qui ont été gravement endommagés par le gel à la fin mai. La variabilité de l’intensité des
incendies à travers le paysage pourrait être en partie responsable des différences
observées d’une parcelle à l’autre. Avant 1997, le nombre de tiges aurait augmenté dans la
Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, en raison d’un certain nombre de
facteurs, dont les conditions météorologiques, les activités de gestion et l’amélioration de
l’efficacité des activités de dénombrement (Borkowsky, comm. pers., 2012). Les
interactions entre les fluctuations des conditions météorologiques et les activités de gestion
sont complexes, et leurs effets sur le cypripède blanc sont actuellement inconnus.
La sous-population de Kleefeld (no 1) a fait l’objet de mesures de suivi assez
régulières et uniformes depuis 1986, et elle semble être en baisse (fig. 6). Certaines parties
de cette sous-population ont été endommagées par des véhicules récréatifs en 2008. De
plus, de vastes superficies ont été endommagées dans cette région par des activités
d’entretien de clôtures en septembre 1998, et plus de 10 % des tiges y ont été déterrées en
1997 (Punter, 1999; MB CDC, 2010). L’effectif estimatif ne s’est jamais rétabli à son niveau
d’avant les perturbations dans cette sous-population.
Des fluctuations et des tendances intéressantes ont été observées dans les deux
sous-populations de Woodlands (nos 9 et 12), mais celles-ci n’ont pas fait l’objet de relevés
aussi constants que les précédentes. La sous-population du fossé de Woodlands (no 9)
semble avoir subi des fluctuations, mais, globalement, son effectif est demeuré stable ou a
augmenté au cours des 15 dernières années (fig. 7). Malgré le prélèvement de 126 tiges
en 2011, pour une expérience de transplantation, l’effectif de 2012 était plus élevé que la
31
plupart des effectifs précédents. Dans cette sous-population, les zones où les fauchages
sont réalisés tard dans la saison et peuvent contribuer à la dispersion des graines
présentent une abondance élevée, alors que dans les zones où les fauchages sont réalisés
tôt dans la saison, les fleurs risquent d’être fauchées (Proctor, comm. pers., 2008; MB
CDC, 2010). À l’inverse, la sous-population du sentier Woodlands (no 12) est en baisse
depuis 2005, en raison de l’empiètement des espèces ligneuses et de l’accumulation de
chaume (Foster, 2008; Krause Danielsen et Friesen, 2009). Les activités de gestion
récentes (élimination des espèces ligneuses en 2010 et brûlage printanier en 2011)
pourraient être en partie responsables de l’importante augmentation observée en 2012. En
excluant les individus transplantés (qui provenaient de la sous-population du fossé, no 9), le
nombre de tiges de la sous-population no 12 est passé de 42 en 2011 à 159 en 2012. Cette
augmentation fait en sorte que l’effectif atteint presque de nouveau son niveau de 1999 et
2000. En incluant les individus transplantés, l’effectif de 2012 est le plus élevé jamais
observé pour cette sous-population.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Plot A (limited grazing) = Parcelle A (pâturage limité)
Plot B = Parcelle B
Plot C = Parcelle C
Plot D = Parcelle D
Stem Count = Nbre de tiges
Year = Année
Figure 5. Tiges de cypripède blanc dénombrées dans les parcelles de suivi de la Réserve de prairie d’herbes longues
du Manitoba. Le symbole d’incendie indique les brûlages dirigés, alors que le symbole d’éclair indique les feux
de friche. (Source : Borkowsky, comm. pers., 2012).
32
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Stems dug up = Tiges déterrées
Site damage = 0Site endommagé
bre
Stem count = N de tiges
Year = Année
Figure 6. Tiges de cypripède blanc dénombrées à Kleefeld, au Manitoba. (Source : MB CDC, 2012).
33
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
o
Sub-population #9 = Sous-population n 9
o
Sub-population #12 = Sous-population n 12
o
o
126 stems transplanted from #9 to #12 = 126 tiges de la n 9 transplantées dans la n 12
bre
Stem count = N de tiges
Year = Année
Figure 7. Tiges de cypripède blanc dénombrées à Woodlands, au Manitoba, dans les sous-populations 9 et 12.
(Source : MB CDC, 2012).
La sous-population de St. Laurent (no 11) a connu une hausse grâce aux fauchages
automnaux réguliers. Ces fauchages ont été interrompus depuis que le site a changé de
propriétaire, ce qui semble avoir causé une diminution de l’abondance (Roberts, comm.
pers., 2012). Cependant, un incendie accidentel a touché toute la région en 2012, ce qui
pourrait permettre des hausses de l’abondance.
En plus des estimations de l’effectif, les observations quant aux superficies occupées
et aux disparitions peuvent indiquer des tendances dans l’abondance. Par exemple, les
sous-populations no 14 et 16 (Brandon) se composent de plusieurs parcelles occupées.
Certaines parcelles semblent s’étendre, alors que d’autres semblent disparaître. Les
superficies occupées par les sous-populations de cypripède blanc semblent demeurer plus
stables au fil du temps que les effectifs estimés (MB CDC, 2010). Il semble que les souspopulations récemment découvertes existaient déjà depuis un certain nombre d’années,
étant donné le nombre de tiges qu’elles contiennent et la présence d’individus florifères.
Ainsi, elles ne constituent pas de nouveaux sites où s’est établie l’espèce.
34
Immigration de source externe
La dispersion sur de longues distances de graines provenant des États-Unis jusqu’au
Canada est possible. Des individus immigrants seraient probablement adaptés pour
survivre au Canada. De petites parcelles d’habitat propice pourraient être disponibles au
Manitoba, mais l’établissement de l’espèce dépend de la présence de champignons
symbiotiques spécifiques ainsi que des conditions environnementales dont l’espèce a
besoin pour survivre jusqu’à la maturité. Il n’y a probablement pas d’habitat propice
disponible dans le sud de l’Ontario, puisque le paysage y est principalement agricole et que
très peu de sites conviendraient à la colonisation de l’espèce (Oldham, comm. pers., 2013).
Le statut du cypripède blanc dans les États limitrophes est le suivant : Dakota du Nord –
S2S3, Minnesota – S3, Michigan – S2. Au Minnesota, l’espèce est présente dans le comté
de Kittson (USDA 2012), dont la frontière se trouve à moins de 10 km de la Réserve de
prairie d’herbes longues. Au Michigan, l’espèce pousse dans le comté de St. Clair, qui
borde les sous-populations de la Première Nation de l’île Walpole, en Ontario (USDA,
2012). Les sous-populations de la Première Nation de l’île Walpole se trouvent à moins de
5 km de la frontière du comté de St. Clair.
MENACES ET FACTEURS LIMITATIFS
Menaces causant la destruction, la dégradation et la fragmentation de l’habitat
Les menaces les plus imminentes et les mieux connues pesant sur le cypripède blanc
en Amérique du Nord sont associées à la destruction, à la dégradation et à la
fragmentation de son habitat (Brownell, 1981). Un certain nombre de facteurs naturels et
anthropiques contribuent à la diminution continue de la qualité et de la superficie de
l’habitat propice au Canada, comme l’indiquent les paragraphes qui suivent. Des pratiques
de gestion bénéfiques de l’habitat pourraient permettre, dans l’avenir, la restauration d’une
certaine partie de l’habitat ayant subi des dégradations naturelles. Toutefois, l’habitat a été
fragmenté et détruit à grande échelle par les activités humaines, et ces dommages sont
pour la plupart irréversibles.
Empiètement des espèces ligneuses et accumulation excessive de chaume (UICN :
modifications des systèmes naturels – suppression des incendies, autres modifications
de l’écosystème)
L’habitat du cypripède blanc est de plus en plus dégradé par l’empiètement des
espèces ligneuses et l’accumulation excessive de chaume, en l’absence de perturbations
historiques, comme les incendies et le broutage. L’empiètement des espèces ligneuses et
l’accumulation excessive de chaume sont les deux menaces les plus couramment
signalées dans les sous-populations canadiennes (Brownell, 1981; Brownell, 1999; Punter,
1999; MB CDC, 2010). Le cypripède blanc est limité par les quantités de lumière et d’eau
disponibles, qui diminuent avec l’augmentation de l’empiètement des espèces ligneuses.
Selon Curtis (1946), il est essentiel de limiter les arbustes concurrents pour que les
populations de cypripède blanc se maintiennent ou augmentent. L’accumulation de chaume
35
est associée à une diminution de la qualité de l’ensoleillement et de la quantité de lumière
ainsi qu’à une hausse de la variation des températures à la surface du sol (Facelli et
Pickett, 1991; Sletvold et al., 2010).
Lorsqu’ils sont réalisés à des moments propices, les brûlages, le pâturage et les
fauchages aident à réduire l’empiètement des espèces ligneuses et l’accumulation de
chaume, et ces activités ont été associées à des sous-populations stables ou en hausse,
comme celles de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba (2), du fossé de
Woodlands (9), du lac Francis (10), de St. Laurent (11), du sentier Woodlands (12, avant
2005), des collines Brandon (15) et de la Première Nation de l’île Walpole (Brownell, 1999;
MB CDC, 2010; Worley, comm. pers., 2012).
Il est difficile de démontrer de manière empirique les liens de causalité unissant
l’empiètement et l’accumulation de chaume avec les déclins des sous-populations
canadiennes de cypripède blanc, en raison de la complexité du cycle vital de l’espèce et de
la difficulté de dégager des tendances à partir des données récoltées. Dans la Réserve de
prairie d’herbes longues du Manitoba, une des parcelles ayant fait l’objet d’un suivi annuel
(D, fig. 5) n’a pas subi de brûlage depuis 2001. Cette absence de brûlage a été associée à
une accumulation excessive de chaume (25 à 30 cm) et à une diminution du nombre de
tiges depuis 2004 (C. Borkowsky, comm. pers., 2012). Deux parcelles qui sont situées à
proximité et ont subi des brûlages (B et C, fig. 5) présentaient un effectif semblable à celui
de la parcelle non brûlée au début de la période de suivi, en 1997. L’effectif des parcelles
brûlées a connu des hausses et des baisses, mais demeure globalement plus élevé que
celui de la parcelle non brûlée. En 2010, année où les conditions ont été propices à
l’espèce, 138 et 125 tiges ont été dénombrées dans les parcelles brûlées, alors que
seulement 10 toges ont été dénombrées dans la parcelle non brûlée. Des diminutions de
l’abondance ont été observées en association avec l’empiètement des espèces ligneuses
et l’accumulation de chaume dans la sous-population du sentier Woodlands (12) (voir la
section « Fluctuations et tendances »).
Toutefois, une certaine couverture de chaume peut être bénéfique pour le cypripède
blanc. Selon Correll (1950), cité par Brownell (1981), le cypripède blanc préfère une
couche de litière assez épaisse. Au Manitoba, l’effet isolant du chaume pourrait protéger
les individus des gelées printanières tardives, en retardant la croissance des pousses et la
floraison au début du printemps. Par exemple, la floraison survient plus tard dans la souspopulation de St. Laurent nord-ouest (13), où une très épaisse couche de chaume a été
signalée, que dans la sous-population de St. Laurent (11), qui se trouve à moins de 2 km
mais fait l’objet d’un fauchage régulier (MB CDC, 2010). De même, dans la Réserve de
prairie d’herbes longues du Manitoba, la floraison survient plus tôt dans la parcelle non
brûlée que dans les autres parcelles (Borkowsky, comm. pers., 2012). En outre, le chaume
laissé en place après les fauchages a été signalé comme une menace dans les
sous-populations situées en bordure des chemins (MB CDC, 2010). Toutefois,
d’importantes accumulations de chaume ont été observées dans la sous-population du
fossé de Woodlands (9), qui semble être stable ou en hausse.
36
En Ontario, la sous-population du comté de Norfolk a connu un déclin (peut-être au
point où elle est disparue) associé à la succession végétale et l’augmentation de la
présence d’espèces ligneuses (Brownell, 1981; Brownell, 1984; Brownell, 1999; Brinker,
2011). En outre, un changement manifeste de la succession dans les milieux dégagés a
été signalé en 2008, dans la sous-population du comté de Hastings (Brdar, comm. pers.,
2011). Selon une étude réalisée en 2003 dans cette sous-population, les petits arbustes ne
semblaient pas avoir d’incidence sur la quantité de lumière atteignant les individus de
l’espèce, mais, dans le cas des arbustes hauts, les individus de l’espèce poussaient
généralement du côté sud-ouest de ceux-ci. Selon Solomon (2003), l’empiètement des
arbustes hauts aurait probablement des répercussions sur l’espèce dans les tourbières
minérotrophes, mais la succession y est extrêmement lente. Des informations
anecdotiques semblent indiquer que l’augmentation des végétaux ligneux constitue une
menace possible, particulièrement dans la partie nord du site (Brdar, comm. pers., 2013).
Cependant, Imrie et al. (2005) n’ont constaté aucun effet négatif apparent de l’empiètement
des espèces ligneuses dans cette sous-population de cypripède blanc. En outre, le nombre
de tiges observé lors du dernier relevé était plus élevé que lors des dénombrements
précédents (Brinker, 2011), mais on ignore si ce phénomène reflète une tendance actuelle.
Espèces envahissantes
Les espèces envahissantes constituent une menace pesant sur la plupart des
sous-populations canadiennes (Punter, 1999; MB CDC, 2010). Au Manitoba, 9 des
19 sous-populations existantes sont limitées aux prairies reliques subsistant en bordure
des chemins, qui sont particulièrement vulnérables à la propagation d’espèces
envahissantes associée aux activités humaines. Près de Brandon, au Manitoba, plusieurs
sous-populations situées en bordure de chemins où le brome inerme (Bromus inermis)
forme des populations denses sont disparues (20) ou ont subi un déclin de leur superficie
(certaines parties des sous-populations 14 et 16). La présence de l’euphorbe ésule
(Euphorbia esula), espèce très envahissante, constitue une préoccupation dans les sites
où elle pousse en association avec le cypripède blanc, dans l’ouest du Manitoba (Brandon
et Carman). Cette espèce préfère probablement les microsites plus secs que ceux où
pousse le cypripède blanc, mais elle pourrait avoir une incidence sur la diversité des
espèces nécessaires pour attirer les pollinisateurs du cypripède blanc.
Développement résidentiel et commercial : habitations et zones urbaines
Le développement urbain constitue une menace constante, mais moins répandue que
les précédentes, et il risque d’engendrer d’autres menaces, comme la propagation
d’espèces envahissantes, le piétinement, la collecte illégale, l’entretien des emprises de
services publics et la modification du régime hydrologique. Dans la région de Brandon, le
développement routier, résidentiel et industriel a entraîné la disparition du cypripède blanc
dans plusieurs secteurs (sous-populations 22 et 23 et certaines parties de la souspopulation 14). D’autres activités de développement prévues pourraient constituer des
menaces supplémentaires pour le cypripède blanc dans le sud de Brandon (MMM Group,
2012). En Ontario, la demande pour la construction d’infrastructures et d’habitations
continue d’augmenter dans la Première Nation de l’île Walpole (Bowles, 2005). Un permis
a récemment été accordé pour la transplantation de certains individus de l’espèce depuis
37
un terrain à bâtir jusqu’à un site protégé sur les terres de la Première Nation de l’île
Walpole (Environment Canada, 2009).
Modification du régime hydrologique (UICN : modifications des systèmes naturels –
gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages)
La modification du régime hydrologique, d’origine naturelle ou humaine, constitue une
menace pour le cypripède blanc. Dans la Réserve de prairie d’herbes longues du
Manitoba, un milieu humide s’est étendu jusque dans une zone hébergeant l’espèce, à
cause d’un barrage de castor, et une diminution considérable de l’effectif y est observée
depuis la fin des années 1990 (Borkowsky, comm. pers., 2012). De plus, des modifications
du niveau d’eau pourraient être en partie responsables de l’empiètement d’espèces
ligneuses dans l’habitat du cypripède blanc, dans la sous-population du comté de Norfolk,
en Ontario (Brownell, 1999). Le pH de l’eau et les charges en sédiments pourraient avoir
subi des modifications dans cette région, en raison de la présence d’une écloserie en
amont (Brownell, 1984). Dans le sud de Brandon, au Manitoba, le développement
résidentiel a récemment modifié le régime hydrologique dans une zone occupée par le
cypripède blanc (Greenall, comm. pers., 2011). Le nombre de tiges dénombrées semble
avoir augmenté dans cette zone, mais ce pourrait être attribuable à des différences entre
les méthodes de dénombrement employées. En outre, d’autres activités de développement
sont prévues à proximité (MMM Group, 2012). On ignore quels seraient les effets d’un
développement additionnel sur le régime hydrologique et sur le cypripède blanc.
Entretien des emprises de routes et des emprises de services publics (UICN : corridors
de transport et de service – routes et voies ferrées)
Les activités de fauchage réalisées le pic de floraison risquent d’éliminer les fleurs et
de nuire au taux de reproduction sexuée dans les sous-populations situées en bordure de
routes. Dans la sous-population du fossé de Woodlands (9), l’abondance est plus faible
dans les zones où les fauchages sont réalisés tôt dans la saison (voir la section
« Fluctuations et tendances »). À l’inverse, les fauchages réalisés durant l’automne dans
une partie de la sous-population des collines Brandon (15) semblent avoir entraîné une
hausse marquée de la densité de l’espèce dans cette zone, peut-être grâce à la dispersion
des graines (Worley, comm. pers., 2012). Les activités d’entretien des fossés, notamment
le dragage, risquent de modifier le régime hydrologique et d’endommager les individus de
l’espèce et leur habitat.
L’entretien des clôtures et des câbles des services publics le long des routes a
également été signalé comme une menace pour l’espèce (Punter, 1999; MB CDC, 2010).
Les activités d’entretien des clôtures ont causé des dommages considérables dans la
sous-population de Kleefeld (1) en 1998. Comme il est indiqué dans la section
« Fluctuations et tendances », l’effectif ne s’est jamais rétabli à son niveau d’avant les
perturbations. L’installation de câbles des services publics pourrait avoir eu des
répercussions sur la sous-population du fossé de Woodlands (9) (Punter, 1999), mais
l’abondance de celle-ci semble stable ou en hausse depuis (MB CDC, 2012).
38
Herbicides et pesticides
L’application d’herbicides a laissé des signes visibles dans deux sous-populations
situées en bordure de routes, au Manitoba. Dans la sous-population de Kleefeld (1),
quelques individus de l’espèce étaient bruns et flétris après avoir été aspergés en 2004.
Dans l’autre sous-population (17), l’herbicide utilisé était probablement conçu pour lutter
contre les mauvaises à feuilles larges, car les individus de l’espèce ne semblaient pas avoir
été endommagés. Bien que ces herbicides aient eu des effets directs minimes, ils
pourraient également avoir des effets indirects, car le cypripède blanc dépend d’autres
espèces pour attirer les pollinisateurs. On ignore quels sont les effets des herbicides sur les
champignons dont dépend le cypripède blanc.
Autres menaces
Piétinement (UICN : intrusions et perturbations humaines – activités récréatives)
Il a été signalé que les véhicules récréatifs constituaient une menace pour l’espèce
dans plusieurs sous-populations (MB CDC, 2010). Dans la sous-population de Kleefeld (1),
les deux plus grandes parcelles ont été détruites en 2008. En outre, le piétinement
d’individus de l’espèce par des amateurs de nature et des biologistes a été observé dans la
sous-population du comté de Hastings, en Ontario (Brdar, comm. pers., 2008); toutefois,
l’effectif de cette sous-population est en hausse (tableau 2). Les travaux de terrain ont été
annulés en 2011 dans les sous-populations de la Première Nation de l’île Walpole, car le
temps était très humide, et on craignait que le piétinement cause des dommages (Jacobs,
comm. pers., 2011).
Collecte illégale (UICN : utilisation des ressources biologiques – cueillette de plantes
terrestres)
Des trous ont été observés à des endroits où des individus de l’espèce avaient déjà
été signalés ont été observés de manière répétée dans de nombreuses sous-populations,
particulièrement celles situées en bordure de routes (1, 11, 12, 14 et 16; MB CDC, 2010).
Dans la sous-population de Kleefeld (1), environ 75 à 100 des 600 tiges ont été déterrées
en 1997. Dans la sous-population de St. Laurent (11), quatre des neuf touffes ont été
déterrées environ une journée après la première observation. Le prélèvement d’individus
de l’espèce a également été signalé en 1988 et 1997 sur les terres de la Première Nation
de l’île Walpole (Brownell, 1999).
Les changements de propriétaires ou de gestionnaires et le manque de sensibilisation
engendrent souvent des menaces directes et indirectes pour les individus de l’espèce ainsi
que des menaces indirectes associées à la dégradation de l’habitat. On a fourni à certaines
municipalités rurales responsables de l’entretien des bords de routes (sous-populations 2,
3, 4, 5 et 9) des cartes indiquant les sites occupés par l’espèce ainsi que des
recommandations concernant les activités de gestion (Foster, 2008). Toutefois,
changements de propriétaires ou de gestionnaires et la faible sensibilisation demeurent un
enjeu continu.
39
Facteurs limitatifs
L’espèce est limitée par ses besoins précis, mentionnés dans les sections « Habitat »
et « Biologie », ci-dessus, mais également par les répercussions associées aux gelées
survenant durant la période de floraison et par l’hybridation avec le cypripède jaune.
Vulnérabilité aux gelées tardives
Le gel est un facteur limitatif naturel pour le cypripède à la limite nord de son aire de
répartition, au Canada, particulièrement au Manitoba. Les individus de l’espèce
endommagés par le gel ont été signalés en 1993, 1998, 2009 et 2012. Après une gelée en
1993, moins de 1 % des fleurs dans 10 sous-populations visitées ont produit des fruits.
Après une gelée en 1998, aucune des sous-populations visitées n’a produit de fruits, sauf
une, soit celle de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, où seulement 2 %
des fleurs ont donné des fruits (Punter, 1999). En 2009, des fleurs endommagées par le
gel ont été signalées dans toutes les régions du Manitoba où le cypripède blanc a déjà été
signalé (MB CDC, 2010). En 2012, la floraison du cypripède blanc a été plus hâtive que la
normale, en raison d’un printemps précoce et chaud, mais une gelée est survenue à la fin
mai. Dans plusieurs des sites visités en 2012, toutes les fleurs étaient gravement
endommagées par le gel et n’ont probablement produit aucune graine (Borkowsky, comm.
pers., 2012; MB CDC, 2012; Worley, comm. pers., 2012) On ignore dans quelle mesure le
changement climatique aura une incidence sur la gravité des gelées printanières tardives
et sur le moment où elles surviennent.
Hybridation
L’hybridation avec le cypripède jaune est souvent mentionnée comme une menace
pour l’intégrité génétique du cypripède blanc dans les sous-populations canadiennes
(Brownell, 1999; Punter, 1999; MB CDC, 2010). Les possibilités d’hybridation sont
répandues, et des cas d’hybridation ont été signalés dans toutes les sous-populations du
Manitoba, dans les sous-populations du comté de Hastings et du comté de Norfolk, en
Ontario, et dans la Première Nation de l’île Walpole (Brownell, 1984; MB CDC, 2010;
Brinker, 2011; MB CDC, 2012; ON NHIC, 2012).
Worley et al. (2009) estiment que l’assimilation génétique du cypripède blanc par le
cypripède jaune ne semble pas imminente, d’après une étude menée dans quatre
sous-populations du Manitoba (9, 10, 11 et 12). Des analyses génétiques et
morphologiques ont montré que les deux populations parentales demeurent distinctes sur
le plan génétique en sympatrie et qu’il est possible de reconnaître les hybrides d’après
leurs caractères morphologiques. Cependant, des signes génétiques d’une origine hybride
ont été observés chez certains individus jugés purs d’après leurs caractères
morphologiques (Worley et al., 2009). Ces résultats donnent à penser que les espèces
parentales sont capables de persister malgré les possibilités d’hybridation, mais les
mécanismes permettant le maintien de l’intégrité génétique sont inconnus (Worley et al.
2009). Dans ces sous-populations, l’abondance locale élevée du cypripède blanc pourrait
40
réduire sa vulnérabilité au flux génétique provenant du cypripède jaune. Cependant, dans
plusieurs régions du Manitoba, le cypripède jaune est beaucoup plus abondant que le
cypripède blanc (sous-populations 36 et 7 et certaines parties des sous-populations 14, 16
et 17). Aucun de ces sites n’a fait l’objet d’une analyse génétique jusqu’à maintenant.
On attend bientôt les résultats pour d’autres sous-populations du Manitoba et de
l’Ontario. Selon Worley et al. (2009), il faut comparer les besoins écologiques des hybrides
et des espèces parentales ainsi que leurs fécondités relatives pour pouvoir déterminer si
l’assimilation génétique risque de causer la disparition du cypripède blanc au Canada. Plus
récemment, plusieurs indicateurs du succès de la reproduction ont été évalués chez les
deux espèces parentales et chez les hybrides, y compris la viabilité du pollen, le taux de
mise à fruit ainsi que la production d’ovules et de graines matures. Le cypripède blanc a
présenté les mesures les plus faibles pour tous ces indicateurs, alors que le cypripède
jaune a présenté les valeurs les plus élevées, les hybrides étant intermédiaires (Worley,
comm. pers., 2012).
Walsh (2008) a réalisé des analyses des séquences ITS (espaceurs internes
transcrits de l’ADN ribosomal nucléaire) en Ohio, dans une réserve faunique où on croyait
que le cypripède jaune était disparu d’un site hébergeant aujourd’hui une grande
sous-population de cypripède blanc (environ 6000) et d’hybrides. Selon lui, des épisodes
d’hybridation (submersion génétique ou compétition avec les hybrides) pourraient avoir
joué un rôle dans la disparition du cypripède jaune, et aucune preuve ne semble indiquer
que la présence d’hybrides a eu des effets négatifs sur la vaste sous-population de
cypripède blanc dans la réserve faunique.
Au Canada, la menace potentielle associée à l’hybridation peut différer d’une
sous-population à l’autre, selon l’abondance locale relative du cypripède blanc par rapport
à celle du cypripède jaune. Actuellement, dans la plupart des sous-populations, le
cypripède blanc est plus abondant à l’échelle locale que le cypripède jaune. Toutefois,
l’empiètement de la végétation pourrait favoriser le cypripède jaune, qui est plus tolérant à
l’ombre, ce qui pourrait avoir une incidence sur la direction et l’importance du flux
génétique.
Nombre de localités
Les menaces associées à la destruction et à la dégradation de l’habitat constituent
probablement les menaces plausibles les plus graves. Cependant, le type de menace
susceptible d’avoir les plus grandes répercussions sur chaque sous-population est inconnu
et dépendra au final du contexte du paysage et de la gestion de chacune. Il est peu
probable que de multiples sous-populations soient touchées simultanément par les
menaces plausibles, comme l’empiètement des espèces ligneuses et les espèces
envahissantes, car les activités de gestion (y compris les brûlages) ont une incidence sur
ces menaces. Les facteurs qui ont une incidence sur ces menaces, notamment les
pratiques de gestion des terres et les processus ayant cours à l’échelle du paysage,
interviennent à petite échelle et varient d’une sous-population à l’autre. Ainsi, au Manitoba,
il y aurait au moins 19 localités, soit une pour chaque sous-population existante. Les
41
sous-populations qui comprennent des parcelles dont l’utilisation des terres ou la gestion
diffèrent pourraient être subdivisées en localités additionnelles. Par exemple, certaines
sous-populations sont réparties sur des terrains privés appartenant à divers propriétaires,
et certaines sous-populations des bords de routes sont adjacentes à des terrains
présentant des régimes d’utilisation ou de gestion divers. Il pourrait y avoir plus de
50 localités. Cependant, la présence de l’espèce dans certaines localités faisant partie de
sous-populations n’a pas été confirmée depuis plusieurs années, et ces localités pourraient
être disparues. En Ontario, on compte deux ou trois localités : une dans le comté de
Hastings, et une ou deux dans l’île Walpole. Les menaces n’ont pas été évaluées
récemment dans l’île Walpole, de sorte qu’on ne sait pas avec certitude quelle est la
menace la plus imminente pour les deux sous-populations. Le nombre potentiel de localités
pour chaque sous-population est indiqué dans les tableaux 1 et 2.
PROTECTION, STATUTS ET CLASSEMENTS
Statuts et protection juridiques
Le cypripède blanc a été évalué pour la première fois par le COSEPAC en 1981 et a
alors été désigné « espèce en voie de disparition ». Le statut de l’espèce a été réexaminé
et confirmé par le COSEPAC en avril 1999 et en mai 2000 (COSEWIC, 2000). Le statut a
de nouveau été examiné par le COSEPAC en novembre 2014, et l’espèce a alors été
désignée comme étant « menacée ». Le cypripède blanc actuellement inscrit à titre
d’espèce en voie de disparition dans l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du
Canada. Une ébauche de programme de rétablissement national renfermant une
proposition quant à l’habitat essentiel de l’espèce a été présentée à Environnement
Canada en 2011. En outre, le cypripède blanc est désigné « espèce en voie de
disparition » en vertu de l’Endangered Species Act du Manitoba (Manitoba Conservation,
2012) et la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario (Ontario Ministry
of Natural Resources, 2012). Aux termes de ces lois provinciales, il est illégal
d’endommager les individus de l’espèce ou leur habitat. En outre, étant une orchidée,
l’espèce est inscrite à l’annexe 2 de la CITES (Convention sur le commerce international
des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) (UNEP-WCMC, 2011).
L’espèce ne figure pas dans la liste de la Endangered Species Act des États-Unis
(USFWS, 2012).
Statuts et classements non juridiques
Le cypripède blanc n’a pas encore été évalué dans le cadre des activités
d’établissement de la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union internationale
pour la conservation de la nature) (IUCN, 2012). Les cotes de conservation mondiale,
nationales et infranationales attribuées à l’espèce par le réseau NatureServe sont
présentées dans le tableau 4 (voir aussi fig. 2). L’espèce a été cotée G4 à l’échelle
mondiale, N4 à l’échelle nationale aux États-Unis et N2 à l’échelle nationale au Canada. À
titre d’espèce désignée « en voie de disparition » par le COSEPAC, l’espèce est
automatiquement jugée « en péril » (1) à l’échelle provinciale et nationale aux fins de la
classification de la situation générale des espèces (CESCC, 2011).
42
Tableau 4. Cotes de conservation attribuées au cypripède blanc (NatureServe, 2012).
Région
Classement de
NatureServe
Rang de conservation
Échelle mondiale
G4
Apparemment non en péril
Canada
N2
En péril
États-Unis
N4
Apparemment non en péril
Manitoba
S2
En péril
Ontario
S1
Gravement en péril
Saskatchewan
SH
Peut-être disparue
Pennsylvanie
SX
Disparue
Alabama, Kentucky, Maryland, Missouri, Nebraska,
New Jersey, New York, Ohio, Dakota du Sud, Virginie
S1
Gravement en péril
Illinois, Indiana, Michigan
S2
En péril
Dakota du Nord
S2S3
Iowa, Minnesota, Wisconsin
S3
En péril-Vulnérable
Vulnérable
Protection et propriété de l’habitat
Toutes les sous-populations de cypripède blanc se trouvent sur des terrains privés,
des terres provinciales ou des terres des Premières nations (tableaux 1 et 2). Au Manitoba,
9 des 19 sous-populations sont limitées à des bords de route qui appartiennent à la
province mais sont gérés par les municipalités rurales. Une sous-population (18) pousse
dans un site adjacent à la route Transcanadienne, au Manitoba, mais on ignore exactement
si les individus de l’espèce se trouvent sur un terrain privé ou sur les terres de la Couronne
(Murray, comm. pers., 2012). Au Manitoba, la plus grande sous-population se trouve dans
la Réserve de prairie d’herbes longues, qui fait l’objet de mesures de gestion visant
plusieurs espèces rares, y compris le cypripède blanc. Les propriétés qui hébergent le
cypripède blanc appartiennent à la Manitoba Habitat Heritage Corporation et à
Conservation de la nature Canada (Borkowsky, comm. pers., 2012). La sous-population
des collines Brandon (15), actuellement la deuxième en importance au Manitoba, est
protégée par une entente de conservation conclue avec le propriétaire d’un terrain privé et
la Manitoba Habitat Heritage Corporation. Depuis des générations, le propriétaire de ce
terrain applique des mesures de gestion visant le cypripède blanc, et cette souspopulations est une des plus en santé au Manitoba. Une petite portion d’une des souspopulations de Brandon se trouve sur un terrain qui appartient et est géré par Conservation
Manitoba; toutefois, des diminutions de l’abondance y sont signalées depuis 1998, peutêtre à cause de l’empiètement des espèces ligneuses et des mauvaises herbes
envahissantes (MB CDC, 2010). Les autres sous-populations du Manitoba ne sont pas
43
protégées ou font l’objet d’une protection minime, en raison d’un manque de sensibilisation
(souvent attribuable à des changements de propriétaires ou de gestionnaires) ou d’un
manque de connaissances et de ressources pour gérer l’habitat de façon à favoriser le
cypripède blanc.
La sous-population du comté de Hastings, en Ontario, se situe dans une aire protégée
aux termes de la Loi de 2006 sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation de
l’Ontario. Parcs Ontario et d’autres organisations en assurent le suivi. En Ontario, toutes
les autres sous-populations se trouvent sur les terres de la Première Nation de l’île
Walpole. En 2001, le conseil de bande de la Première Nation de l’île Walpole et
Environnement Canada ont conclu une entente de conservation et de rétablissement qui
comprend la préparation d’un programme de rétablissement plurispécifique des
écosystèmes de l’île Walpole. En 2005, une autre entente a été signée; celle-ci précise les
activités de rétablissement visant les espèces en péril qui doivent être menées par la
Première Nation de l’île Walpole et par Environnement Canada (Bowles, 2005).
REMERCIEMENTS ET EXPERTS CONTACTÉS
La rédactrice remercie chaleureusement Sam Brinker, qui a mené des travaux de
terrain en Ontario pour la préparation du présent rapport. Elle remercie également Clint
Jacobs et Jane Bowles, qui avaient accepté de réaliser des travaux de terrain sur les terres
de la Première Nation de l’île Walpole en 2011, bien que le temps humide ait empêché
ceux-ci, en raison des risques associés au piétinement. Merci aussi à Jeff Anderson,
Marusia Foster et Bob Foster, pour leur précieuse aide sur le terrain au Manitoba, en vue
de la préparation du présent rapport. Merci à Vivian Brownell, qui a rédigé le premier
rapport du COSEPAC sur l’espèce (Brownell, 1981) ainsi que le rapport précédent
(Brownell, 1999). La rédactrice remercie Liz Punter, qui a rédigé le supplément (Punter,
1999) et a récolté et communiqué des renseignements sur le cypripède blanc au Manitoba.
Le financement nécessaire à l’élaboration du présent rapport a été fourni par
Environnement Canada, par l’entremise du COSEPAC. Des remerciements spéciaux sont
adressés aux propriétaires fonciers qui ont autorisé l’accès à leur propriété et ont fourni des
renseignements au fil des années. Merci à toutes les autres personnes, nommées
ci-dessous, qui ont fourni des renseignements à la rédactrice.
Experts contactés
Austen, M. Service canadien de la faune, Direction générale de l’intendance
environnementale, Environnement Canada, Toronto (Ontario).
Borkowsky, C. Biologiste, Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba, Critical
Wildlife Habitat Program, Winnipeg (Manitoba).
Bowles, J. Membre du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du
COSEPAC et conservateur, University of Western Ontario, London (Ontario).
Brdar, C. Écologiste, Parcs Ontario, Kingston (Ontario).
44
Brinker, S. Botaniste chargé de projet, Centre d’information sur le patrimoine naturel de
l’Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).
Brownell, V. Biologiste principal, Direction des espèces en péril, ministère des
Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).
Ford, B. Professeur, Sciences biologiques, University of Manitoba, Winnipeg
(Manitoba).
Jacobs, C. Walpole Island First Nation Heritage Centre, Wallaceburg (Ontario).
Jones, N. Chargé de projets scientifiques et coordonnateur des CTA, Secrétariat du
COSEPAC, Environnement Canada, Gatineau (Québec).
Keith, J. Coordonnateur, Saskatchewan Conservation Data Centre, Regina
(Saskatchewan).
Krause Danielsen, A. Regional Wildlife Biologist, Manitoba Conservation, Brandon
(Manitoba).
Murray, C. et C. Friesen, Manitoba Conservation Data Centre, Wildlife and Ecosystem
Protection Branch, Manitoba Conservation, Winnipeg (Manitoba).
Punter, C. E. Conservatrice adjointe, herbier de l’University of Manitoba (WIN),
Winnipeg (Manitoba).
Roberts, D. Wildlife Lands and Habitat Specialist, Manitoba Conservation, Gimli
(Manitoba).
Schnobb, S. Adjointe administrative, Secrétariat du COSEPAC, Environnement
Canada, Gatineau (Québec).
Timm, K. Agent de projet scientifique, Secrétariat du COSEPAC, Environnement
Canada, Gatineau (Québec).
Wayland, M. Unité de rétablissement des espèces en péril, Service canadien de la
faune, Direction générale de l’intendance environnementale, Environnement
Canada, Saskatoon (Saskatchewan).
Whitton, J. Coprésidente, Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du
COSEPAC, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique).
Worley, A. Professeure agrégée, Sciences biologiques, University of Manitoba,
Winnipeg (Manitoba).
Wu, J. Secrétariat du COSEPAC, Environnement Canada, Gatineau (Québec).
SOURCES D’INFORMATION
Actor, G. F. 1984. Natural hybridization of Cypripedium candidum and C. calceolus.
mémoire de maîtrise, University of North Dakota, Grand Forks.
45
Agriculture and Agri-Food Canada. 2012. Map Archive. Disponible à l’adresse :
http://www4.agr.gc.ca (consulté en octobre 2012). (Également disponible en
français : Agriculture et Agroalimentaire Canada. 2012. Archive des cartes.)
Ames, D. 2012. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
novembre 2012. Président, Native Orchid Conservation Inc., Winnipeg, Manitoba.
Anderson, A. 1993. Micropropogation of the Small White Ladies Slipper from Turkey
Point. Interim Report. Ontario Ministry of Natural Resources, Simcoe District.
Anderson, A. comm. pers. 1997. Correspondance avec Brownell V. R., University of
Guelph, Guelph, Ontario.
Borkowsky, C. comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
octobre 2012, 2011 et 2010, biologiste, Manitoba Tall Grass Prairie Preserve.
Bowles, J. 2005. Walpole Island Ecosystem Recovery Strategy [Draft]. Prepared for
Walpole Island Heritage Centre, Environment Canada, and The Walpole Island
Recovery Team. 28 pp. plus appendices.
Bowles, M.L. 1983. The tallgrass prairie orchids Platanthera leucophaea (Nutt.) Lindl.
and Cypripedium candidum Muhl. ex Willd.: some aspects of their status, biology,
ecology, and implications towards management. Natural Areas Journal 3(4):14-37.
Brdar, C. comm. pers. 2011. Correspondance par courriel et par téléphone adressée à
C. Foster, 2010 et 2011, écologiste, Parcs Ontario.
Brinker, S. 2011. Summary of 2011 Ontario Field Surveys for Small White Lady’sslipper (Cypripedium candidum), October 27, 2011.
Brinker, S. comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
octobre 2012, botaniste chargé de projet, Centre d’information sur le patrimoine
naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough, Ontario.
Brownell, V.R. 1981. Status report on the Small White Lady’s-Slipper Cypripedium
candidum in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada.
Ottawa, Ontario. 47 pp. plus appendices.
Brownell, V.R. 1984. An Inventory and Assessment of the Small White Lady’s-slipper
and its Hybrids at Turkey Point Provincial Park. Prepared for Ontario Ministry of
Natural Resources, London, ON. 34 pp.
Brownell, V.R. 1999. Update COSEWIC status report on the small white lady’s-slipper
Cypripedium candidum in Canada, in COSEWIC assessment and update status
report on the small white lady’s-slipper Cypripedium candidum in Canada.
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 1-20 pp.
Butler, D. 2012. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
octobre 2012, Heritage coordinator, Missouri Department of Conservation.
46
Canadian Endangered Species Conservation Council (CESCC). 2011. Wild Species
2010: The General Status of Species in Canada. National General Status Working
Group: 302 pp. (Également disponible en français : Conseil canadien pour la
conservation des espèces en péril (CCCEP). 2011. Espèces sauvages 2010 : la
situation générale des espèces au Canada. Groupe de travail national sur la
situation générale : 323 p.).
Case, M. A. 1994. Extensive variation in the levels of genetic diversity and degree of
relatedness among five species of Cypripedium (Orchidaceae). American Journal of
Botany 81(2): 175-184.
Catling, P. et G. Knerer. 1980. Pollination of the Small White Lady’s-slipper
(Cypripedium candidum) in Lambton County, Southern Ontario. Canadian FieldNaturalist 94: 435-438.
Collicutt, D. et J. Morgan. 2010. Developing predictive models for endangered native
prairie plant species: Small White Lady’s-slipper (Cypripedium candidum), Western
Prairie Fringed Orchid (Platanthera praeclara) and Western Silvery Aster
(Symphyotrichum sericeum). In Proceedings of the 22nd North American Prairie
Conference. Tall Grass Prairie Centre, University of Iowa, Cedar falls, Iowa.
Correll, D.S. 1950. Native Orchids of North America north of Mexico. Chronica Botanica
Co., Waltham, Massachusetts. 39 pp.
COSEWIC (2000). COSEWIC assessment and update status report on the small white
lady’s-slipper Cypripedium candidum in Canada. Committee on the Status of
Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. vi + 20 pp.
(www.sararegistry.qc.ca/status/status_e.cfm)
Curtis, J.T. 1939. The relation of specificity of orchid mycorrhizal fungi to the problem of
symbiosis. Amer. J. Bot. 26:390-399.
Curtis, J.T. 1943. Germination and seedling development in five species of Cypripedium
L. American Journal of Botany 30:199-206.
Curtis, J.T. 1946. Use of Mowing in Management of White Ladyslipper. Journal of
Wildlife Management 10(4): 303-308.
Curtis, J.T. 1954. Annual Fluctuation in Rate of Flower Production by Native
Cypripediums During Two Decades. Torrey Botanical Society 81(4): 340-352.
De Pauw, M.A. et W.R. Remphry. 1993. In vitro germination of three Cypripedium spp.
in relation to time of seed collection, media, and cold treatment. Canadian Journal of
Botany 71: 879-885.
De Pauw, M.A., W.R. Remphry et C.E. Palmer. 1995. The Cytokinin Preference for and
Protocorm Growth of Cypripedium candidum. Annals of Botany 75:267-275.
Environment Canada. 2008a. Permit no. SARA-OR-2008-0085. Species at Risk Act
Public Registry. Disponible à l’adresse : http://www.sararegistry.ca (consulté en
novembre 2012). (Également disponible en français : Environnement Canada.
2008a. SARA-OR-2008-0085. Registre public des espèces en péril.)
47
Environment Canada. 2008b. Permit no. SARA-OR-2008-0088. Species at Risk Act
Public Registry. Disponible à l’adresse : http://www.sararegistry.ca (consulté en
novembre 2012). (Également disponible en français : Environnement Canada.
2008b. SARA-OR-2008-0088. Registre public des espèces en péril.)
Environment Canada. 2009. Permit no. SARA-OR-2009-0019. Species at Risk Act
Public Registry. Disponible à l’adresse : http://www.sararegistry.ca (consulté en
novembre 2012).
Environment Canada. 2014. Recovery Strategy for the Small White Lady’s-slipper
(Cypripedium candidum) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series.
Environment Canada, Ottawa. v + 30 pp. (Également disponible en français :
Environnement Canada. 2014. Programme de rétablissement du cypripède blanc
(Cypripedium candidum) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la
Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa. v + 33 p.)
Facelli, J.M. et Pickett, S.T.A., 1991. Plant litter: light interception and effects of an
oldfield plant community. Ecology 72, 1024–1031.
Falb, Diana L. et Leopold Donald J. 1993. Population dynamics of Cypripedium
candidum Muhl. ex Willd., Small White Ladyslipper, in a western New York fen.
Natural Areas Journal 13:76–86.
Ford, B. pers. com. 2013. Correspondance par courriel adressée à C. Foster et
J. Whitton, octobre 2013, professeur, Biological Sciences, University of Manitoba.
Winnipeg, Manitoba.
Foster, C. 2008. Rare Plant Surveys and Stewardship Activities by the Manitoba
Conservation Data Centre, 2007. MS Report 08-01. Manitoba Conservation Data
Centre, Winnipeg, Manitoba. 35 pp.
Foster, C. et C. Hamel. 2006. Rare Species Surveys of the Manitoba Conservation Data
Centre, 2005. MS Report 06-01. Manitoba Conservation Data Centre, Winnipeg,
Manitoba. 43 pp.
Friesen, C. et C. Murray. 2011. Rare Species Surveys and Stewardship Activities by the
Manitoba Conservation Data Centre, 2010. Report No. 2010-01. Manitoba
Conservation Data Centre, Winnipeg, Manitoba. 24 pp.
Garner, S. 2010. Predictive Model for the Habitat of the Small White Lady’s-Slipper: An
endangered plant species in Manitoba. Thesis Project prepared for Manitoba
Conservation Wildlife and Ecosystem Protection Branch Conservation Data Centre.
30 pp.
Greenall, J. comm. pers. 2011. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
février 2011, Senior Policy Analyst, Conservation Manitoba.
Hohn, S.L. 1994. An update on small white lady’s-slippers in the Brandon area.
Manitoba Natural Resources. Unpublished.
Imrie, A.L., R. Clavering et C.L. Brdar. 2005. Small White Lady’s-slipper: Impacts of Fen
Succession. Ontario Parks, Southeastern Zone, Ministry of Natural Resources,
Kingston. Unpublished report.
48
IUCN 2012. The IUCN Red List of Threatened Species. Version 2012.2. Disponible à
l’adresse : http://www.iucnredlist.org (consulté en novembre 2012).
Jacobs, C. comm. pers. 2011. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
mai 2011, Walpole Island First Nation Heritage Centre, Wallaceburg, Ontario.
Jersakova, J. and T. Malinova. 2007. Spatial aspects of seed dispersal and seedling
recruitment in orchids. New Phytologist 176: 237-241.
Keith, J. comm. pers. 2013. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
août 2013, coordonnateur, Saskatchewan Conservation Data Centre, Regina,
Saskatchewan.
Keith, J. comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
octobre 2012, coordonnateur, Saskatchewan Conservation Data Centre, Regina,
Saskatchewan.
Klier, K., M. J. Leoschke et J. F. Wendel. 1991. Hybridization and Introgression in White
and Yellow Ladyslipper Orchids (Cypripedium candidum and C. pubescens) Journal
of Heredity 82:305-318.
Koper, N., K.E. Mozel et D.C. Henderson. 2010. Recent declines in northern tall grass
prairies and effects of patch structure on community persistence. Biological
Conservation 143: 220-229.
Krause, Danielsen, A. et C. Friesen. 2009. Rare Plant Surveys and Stewardship
Activities by the Manitoba Conservation Data Centre, 2008. Report No. 2008-04.
Manitoba Conservation Data Centre, Winnipeg, Manitoba. 31 pp.
Krindle, J. 2012. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
septembre 2012, consultant, Winnipeg, Manitoba.
Manitoba Conservation. 2012. Species Listed under the Manitoba Endangered Species
Act. Disponible à l’adresse :
http://www.gov.mb.ca/conservation/wildlife/sar/index.html Accessed (November
2012).
Marshall, H.H. 1989. Pembina Hills Flora. Morden and District Museum, Morden,
Manitoba.
MB CDC (Manitoba Conservation Data Centre). 2010. Element Occurrence database
query. Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Manitoba Conservation, Winnipeg,
Manitoba.
MB CDC (Manitoba Conservation Data Centre). 2012. Element Occurrence database
query. Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Manitoba Conservation, Winnipeg,
Manitoba.
MMM Group. 2012. Draft Brandon and Area Planning District Development Plan. .Pp.
102 plus maps. Accessed November 13, 2012.
Murray, C. 2010. Element Distribution Model for Small White Lady Slipper (Cypripedium
candidum) in the Manitoba Interlake. Manitoba Conservation Data Centre, Winnipeg,
Manitoba. 16 pp.
49
Murray, C. 2012. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
novembre 2012, Assistant Project Botanist, Manitoba Conservation Data centre,
Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Manitoba Conservation, Winnipeg,
Manitoba.
NatureServe. 2002. Element Occurrence Data Standard. NatureServe. Arlington,
Virginia. 201 pp.
NatureServe. 2012. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application
Web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. Disponible à l’adresse :
http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 13 septembre 2012 ).
ON NHIC (Ontario Natural Heritage Information Centre). 2012. Element Occurrence
database query. Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario.
Ontario Ministry of Natural Resources. 2012. Species at Risk in Ontario (SARO) List.
Disponible à l’adresse :
http://www.mnr.gov.on.ca/en/Business/Species/2ColumnSubPage/276722.html
(consulté en novembre 2012). (Également disponible en français : Ontario, Ministère
des Richesses naturelles. 2012. Liste des espèces en péril en Ontario.
http://www.ontario.ca/fr/environnement-et-energie/liste-des-especes-en-peril-enontario.)
Ouborg N.J, P. Vergeer et C. Mix. 2006. The rough edges of the conservation genetics
paradigm in plants. Journal of Ecology 94: 1233-1248.
Proctor, D. 2008. Correspondance par téléphone avec C. Foster, février 2008, Public
Works Foreman, Rural Municipality of Woodlands, Manitoba.
Parsons, R.J., S.L. Hohn, S.K. Davis, H. Neal et R.M. Buck. 1994. 1993 Survey of Small
White Lady’s-slipper (Cypripedium candidum). Manitoba Ministry of Natural
Resources, Winnipeg. 24 pp.
Punter, C. E. 2012. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
2012 et 2011, conservateur adjoint, University of Manitoba Herbarium (WIN),
Winnipeg, Manitoba.
Punter, C.E. 1999. Update supplement for Manitoba populations of Small White Lady’sslipper. (Cypripedium candidum). Manitoba Conservation Data Centre, Winnipeg,
Manitoba. 11 pp.
Roberts, D. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
octobre 2012, Wildlife Lands and Habitat Specialist, Manitoba Conservation, Gimli,
Manitoba.
Samson, F.B. et F.L. Knopf. 1994. Prairie conservation in North America. Bioscience
44: 418–421.
Samson, F.B., F.L. Knopf et W. Ostlie. 2004. Great Plains Ecosystems: Past, Present,
and Future. Wildlife Society Bulletin 32, 6–15.
Scoggan, H. J. 1957. Flora of Manitoba. National Museum of Canada. Bulletin No. 140.
50
Scoggan, H. J. 1978. Flora of Canada. National Museums of Canada, Publications in
Botany, No. 7(1-4).
Shefferson, R.P. 2006. Survival costs of adult dormancy and the confounding influence
of size in lady’s slipper orchids, genus Cypripedium. Oikos 115:253-262.
Shefferson, R.P. et E.L. Simms. 2007. Costs and benefits of fruiting to future
reproduction in two dormancy-prone orchids. Journal of Ecology 95:865-875.
Shefferson, R.P., M. Weiss, T. Kull et D.L. Taylor. 2005. High specificity generally
characterizes mycorrhizal association in rare lady’s slipper orchids, genus
Cypripedium. Molecular Ecology 14:613-626.
Sheviak, C.J. 2002. Cypripedium. In Flora of North America North of Mexico. Vol. 26.
Magnoliophyta: Liliidae: Liliales and Orchidales. Edited by Flora of North America
Editorial Committee. Oxford University Press, New York, N.Y. pp. 499-507.
Sletvold, Nina, Dag-Inge Øien et Asbjørn Moen. 2010. Long-term influence of mowing
on population dynamics in the rare orchid Dactylorhiza lapponica: The importance of
recruitment and seed production. Biological Conservation 143: 747-755.
Solomon, L. 2003. Small White Lady’s Slipper: Inventory and Assessment. Ontario
Parks. 8 pp. plus appendices.
UNEP-WCMC (Comps.) 2011. Checklist of CITES species (CD-ROM). CITES
Secretariat, Geneva, Switzerland et UNEP-WCMC, Cambridge, United Kingdom.
Disponible à l’adresse :
http://www.cites.org/eng/resources/pub/checklist11/index.html (Accessed November
2012). (Également disponible en français : PNUE-WCMC (Comps.) 2011. Liste des
espèces CITES (CD-ROM). Secrétariat CITES, Genève (Suisse) et PNUE-WCMC,
Cambridge (R.-U.). Available at http://checklist.cites.org/#/fr.)
USDA (United States Department of Agriculture). 2012. Plants Database. Natural
Resource Conservation Services, United States Department of Agriculture.
Disponible à l’adresse : http://www.plants.usda.gov (consulté en novembre 2012).
USFWS (United States Fish and Wildlife Service). 2012. Endangered Species program
website, United States Fish and Wildlife Service. Disponible à l’adresse :
www.fws.gov/endangered (consulté en novembre 2012).
VASCAN. 2013. Brouillet, L., F. Coursol, M. Favreau, M. Anions, P. Bélisle et
P. Desmet. 2010+ VASCAN, the Database of Vascular Plants of Canada. Disponible
à l’adresse : http://data.canadensys.net/vascan/taxon/6856?lang=en (consulté en
août 2013). (Également disponible en français : VASCAN. 2013. Brouillet, L., F.
Coursol, M. Favreau, M. Anions, P. Bélisle & P. Desmet. 2010+ VASCAN, Base de
données des plantes vasculaires du Canada.
http://data.canadensys.net/vascan/taxon/6856?lang=fr.)
Walsh, R.P. 2008. Examining Cypripedium candidum (Orchidaceae) hybridization in a
prairie/woodland ecotone. M.Sc. Thesis, Bowling Green State University. 36 pp.
Walz, K. 2012. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
octobre 2012, écologiste, Natural heritage Program, New Jersey.
51
Worley, A. 2012. comm. pers. Correspondance par courriel adressée à C. Foster,
novembre 2012, Associate Professor, Biological Sciences, University of Manitoba.
Winnipeg, Manitoba.
Worley, A.C., L. Sawich, H. Ghazvini et B. A. Ford. 2009. Hybridization and
introgression between a rare and a common lady’s slipper orchid, Cypripedium
candidum and C. parviflorum (Orchidaceae). Botany 87: 1054-1065.
Zelmer, C.D. 1994. Interactions between northern terrestrial orchids and fungi in nature.
Mémoire de maîtrise, University of Alberta, Edmonton, Alberta. Pp. 173.
SOMMAIRE BIOGRAPHIQUE DE LA RÉDACTRICE DU RAPPORT
Catherine Foster a obtenu une maîtrise du Département de botanique de l’University
of Manitoba. Elle a travaillé dans le domaine des espèces en péril au Manitoba
Conservation Data Centre de 2003 à 2007 et à Parcs Canada de 2007 à 2012. Elle a fourni
des renseignements pour la préparation d’un certain nombre de rapports de situation du
COSEPAC et de programmes de rétablissement fédéraux. Elle a rédigé l’ébauche du
Programme de rétablissement du cypripède blanc en 2010, qui est actuellement en cours
de révision par Environnement Canada.
COLLECTIONS EXAMINÉES
Aucun spécimen d’herbier n’a été examiné pour la préparation du présent rapport.
52
Annexe 1. Espèces en péril associées au cypripède blanc (MB CDC, 2010,
Bowles, 2005).
Espèce
Statut selon la LEP
Plantes vasculaires
Rosier sétigère (Rosa setigera)
Préoccupante
Alétris farineux (Aletris farinosa)
Menacée
Ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata)
Menacée
Liatris à épi (Liatris spicata)
En voie de disparition
Platanthère blanchâtre de l’Est (Platanthera leucophaea)
En voie de disparition
Gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri)
Gérardie de Skinner (A. skinneriana)
En voie de disparition
En voie de disparition
Polygale incarnat (Polygala incarnata)
En voie de disparition
Verge d’or de Riddell (Solidago riddellii)
Préoccupante
Gérardie rude (A. aspera)
En voie de disparition
Verge d’or voyante (Solidago speciosa)
En voie de disparition
Platanthère blanchâtre de l’Ouest (Platanthera praeclara)
En voie de disparition
Gentiane blanche (Gentiana alba)
En voie de disparition
Aster très élevé (Symphyotrichum praealtum)
Menacée
Invertébrés
Hespérie du Dakota (Hesperia dacotae)
Menacée
Monarque (Danaus plexippus)
Préoccupante
Hespérie de Poweshiek (Oarisma poweshiek)
Menacée
Oiseaux
Bruant de Henslow (Ammodramus henslowii)
Colin de Virginie (Colinus virginianus)
En voie de disparition
En voie de disparition
Pipit de Sprague (Anthus spragueii)
Menacée
53
Espèce
Statut selon la LEP
Reptiles
Tortue ponctuée (Clemmys guttata)
En voie de disparition
Couleuvre à petite tête (Thamnophis butler)
En voie de disparition
54
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Related manuals

Download PDF

advertisement