Des volontaires pour la flore des villages Elodie TEXIER ( Stantari # 28 - février

Des volontaires pour la flore des villages Elodie TEXIER ( Stantari # 28 - février
Natura
Un escalier envahi par l’oxalis pied-de-chèvre
(Oxalis pes-caprae).
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Cliché C. Breton
Stantari #28
Des volontaires pour ODÀRUHGHVYLOODJHV
février-avril 2012
Nature
par Élodie Texier
Vous les connaissez, car elles vivent à votre porte. Ces petites touches vertes
colonisent vos terrasses et vos escaliers. Parfois elles vous agacent et pourtant
certains s’y intéressent, alors : pourquoi ne pas les y aider ?
Une étude menée dans soixante villages au printemps 
a ainsi comptabilisé, le long des trottoirs, sur les murs, dans
les friches et sur la place centrale des villages, 255 espèces
sauvages différentes, soit plus de 10 % des espèces de végétaux
supérieurs présentes en Corse. Une vingtaine d’espèces sont
très fréquentes : elles se trouvent dans près de la moitié des
villages. En revanche, 53 espèces n’ont été vues que dans un
seul village. 79 plantes portent au moins un nom corse, soit
plus de 30 %.
La plus commune est sans conteste la pariétaire (Parietaria
judaica), vue dans 50 villages. Suivent la capselle bourseà-pasteur (Capsella bursa-pastoris), le nombril de Vénus
(Umbilicus rupestris), l’orge des rats (Hordeum murinum) et
le gaillet gratteron (Galium aparine), tous présents dans au
moins 40 villages. En moyenne, 35 espèces ont été observées
par commune. Aux extrêmes : 16 espèces trouvées à Sartène,
et 60 à Santa-Maria-Siché. Cette importante différence tient
notamment à la végétalisation de la place centrale du village.
Celle de Sartène est pavée, celle de Santa-Maria-Siché
est en herbe, permettant à la végétation de se développer.
Parmi les belles surprises, une scrophulaire endémique peu
fréquente disséminée dans le cœur du village de Zonza : la
La pariétaire (Parietaria judaica).
février-avril 2012
Stantari #28
Souvent noyés dans la verdure du maquis qui les entoure, les
villages corses sont, intra muros, riches d’espèces de plantes
sauvages, plus ou moins communes. Sur les murs, perçant
le bitume ou profitant d’espaces délaissés, la flore sauvage se
développe (si on la laisse faire) et complète les touches de vert
apportées volontairement : potagers, arbres d’ornement et
autres jardinières.
Un habitant de Balogna, Gabriel Chapuis, professeur
honoraire, a même créé un site internet dédié à sa commune ;
il y présente une centaine de plantes sauvages poussant tout
au long des quatre saisons dans le village (www.balogna.
sitew.com).
Cliché G. Paradis
S
Élodie Texier a effectué un stage pour le Muséum
national d’histoire naturelle de Paris dans le cadre
du Master 2 “expertise faune-flore” du MNHN et de
l’université Paris VI. Elle travaille actuellement à la DREAL
de Corse et est membre de l’association U Cardu
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Source MNHN
Natura
La flore des villages
Présence
28
24
27
25
27
21
19
17
17
10
7
2
2
Genre
Reichardia
Plantago
Papaver
Taraxacum
Sonchus
Sonchus
Urtica
Allium
Foeniculum
Hypochaeris
Daucus
Asparagus
Borago
Espèce
picroides
lanceolata
rhoeas
sp.
asper
oleraceus
atrovirens
triquetrum
vulgare
radiata
carota
acutifolius
officinalis
Nom français
Cousteline
Plantain lancéolé
Coquelicot
Pissenlit
Laiteron rude
Laiteron potager
Ortie noirâtre
Aïl triquètre
Fenouil
Porcelle enracinée
Carotte
Asperge à feuilles aiguës
Bourrache officinale
Nom Corse
latarella
arecha capruna
papavaru
radichu
lattarone
lattarone
urtica corsa
sambula
finocchiu
arba purcina
pastinacciu
sparagu
burrascia
Famille
Asteraceae
Plantaginaceae
Papaveraceae
Asteraceae
Asteraceae
Asteraceae
Urticaceae
Alliaceae
Apiaceae
Asteraceae
Apiaceae
Liliaceae
Boraginaceae
Les espèces trouvées entrant dans la composition de la soupe d’herbes corse.
scrophulaire à trois folioles et un fossé riche de quatre espèces
de coquelicots différentes à Patrimonio (Papaver somniferum,
P. hybridum, P. rhoeas et P. dubium).
dépollution, réduction des îlots de chaleur, bien-être et parfois
même alimentation ou encore médecine traditionnelle. Ce
sont des ‘‘services écosystémiques” économiques et culturels
rendus gratuitement par la biodiversité. Ainsi, treize plantes
sauvages entrent dans la composition de la traditionnelle
soupe d’herbes ; la plupart sont fréquentes (dans plus d’un
quart des villages). L’inventaire étant réalisé au printemps –
quand les jeunes pousses sont encore tendres –, il n’est pas si
étonnant de les trouver à proximité des cuisines !
Une biodiversité commune, utile et informative
Cette biodiversité commune est informative et utile. La flore
urbaine, à travers les services écologiques rendus par les espaces
verts (au sens large), améliore la qualité de vie des habitants :
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février-avril 2012
Centrante rouge (Centranthus ruber) échappé
d’un jardin et ayant colonisé un mur.
Cliché G. Paradis
Cliché É. Texier
Stantari #28
Un mur à Corte, recouvert de lierre (Hedera helix),
nombrils de vénus (Umbilicus rupestris), gaillets
gratterons (Galium aparine) et orties noirâtres
(Urtica artrovirens).
La flore des villages
Nature
Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris) et le coquelicot
(Papaver rhoeas) sont également consommés en salade.
Les plantes étaient aussi utilisées pour d’autres usages, en
particulier médicinal et vétérinaire. On observera que toutes
ces plantes “utiles” portent un nom corse.
Endémiques, naturalisées et envahissantes
Les zones des villages sont souvent riches en biodiversité car
certaines espèces “profitent” des déplacements et des activités
des humains pour se faire transporter et s’ajouter aux plantes
locales qu’on appelle indigènes. Les plantes naturalisées sont
des espèces exotiques (c’est-à-dire “venues d’ailleurs”) qui
sont capables de vivre et de se reproduire sur le sol corse.
Les invasives sont des naturalisées qui sont si bien adaptées
à leur nouvel environnement qu’elles vont “prendre la place”
d’espèces locales et “envahir” le milieu au détriment des
espèces autochtones.
Ainsi, les griffes de sorcière (Carpobrotus sp.), originaires
d’Afrique du Sud, recouvrent les dunes et le littoral corse,
mais se retrouvent aussi dans les jardins où leur croissance
rapide et leurs grosses fleurs colorées sont très appréciées
des jardiniers. En Corse, les Carpobrotus ont été introduits
sur le littoral, dans la deuxième moitié du e siècle,
d’abord autour des phares et sur les fortins, comme plantes
ornementales, puis pour cicatriser les talus. La limite entre les
espèces naturalisées et invasives n’est pas toujours très nette
et peut évoluer avec le temps.
Les espèces exotiques sont introduites volontairement
(horticulture) ou non (terre de travaux, semelles…). Si
chacun d’entre nous était capable de connaître la flore
urbaine et de suivre son évolution, nous pourrions identifier
rapidement les plantes envahissantes et envisager des
campagnes d’éradication avant qu’il ne soit trop tard…
Percevoir dans un écosystème les modifications dues à ces
espèces agressives est aussi un moyen de se rendre compte
des conséquences de ses achats ou de l’importation d’espèces
exotiques à l’occasion d’un voyage. Ces souvenirs, aussi beaux
soient-ils, peuvent devenir des invasives et aussi constituer
de possibles réservoirs de parasites et de pathogènes pour la
flore locale.
Cette situation est d’autant plus problématique que la Corse
est une île et que de nombreuses espèces indigènes ne vivent
qu’en Corse (les endémiques). D’ailleurs, parmi les espèces
février-avril 2012
Stantari #28
Cliché C. Breton
Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).
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Natura
La flore des villages
observées dans les villages, six plantes sont des endémiques
– dont la plus commune est l’ortie noirâtre, recensée dans
19 villages – et quatorze espèces sont naturalisées ou envahissantes, dont le genre Erigeron qui comporte trois espèces
invasives.
Stantari #28
Connaître et suivre la flore des villages aurait donc un intérêt
scientifique certain, en constatant la présence et l’évolution
des espèces endémiques, naturalisées et envahissantes. Par
ailleurs, conduites sur plusieurs années, ces observations permettraient de détecter les effets du réchauffement climatique
ou d’une autre influence (urbanisation, tourisme…).
Une récente étude menée par D. Jeanmonod, A. Schlüssel
et J. Gamisans a montré, en analysant les données de Flora
corsica, que les plantes des milieux anthropisés ont subi les
plus nombreuses disparitions d’espèces : 22,2 % des espèces
disparues sont des espèces rudérales (des bords des routes
et chemins, entre autres), 20,2 % des plantes des cultures,
soit un total de 40,4 %, bien supérieur à l’ensemble des
plantes indigènes qui ont un taux de disparition de 16,6 %.
Les auteurs ne proposent pas d’explication, mais ce résultat
interpelle sur les raisons de ces disparitions et sur leurs
conséquences.
20
L’indicateur oiseau commun (STI), construit à partir
des données du STOC pour la France, a été retenu par
la Communauté européenne parmi douze indicateurs
majeurs de développement durable. Outre la dynamique
du taxon, ces données permettent d’identifier les pressions
anthropiques sur lesquelles nous pourrions (devrions) agir :
par exemple, conditionner les financements de la politique
agricole commune à des objectifs de résultats en faveur de la
biodiversité. Par suite d’une réalité complexe, les indicateurs
constituent des synthèses scientifiques compréhensibles
par le grand public et les décideurs. Ces informations
n’existeraient pas sans les milliers d’observations fournies
par des ornithologues bénévoles (plus de 1 000 personnes en
). Depuis quelques années, les programmes de sciences
participatives se développent, en particulier grâce à la plateforme nationale des programmes de sciences citoyennes
(vigienature.mnhn.fr) du Muséum national d’histoire
naturelle. Ils contribuent, aujourd’hui, à l’étude et au suivi de
plus en plus de taxons (papillons, flore…).
Source MNHN
Le coquelicot (Papaver rhoeas).
Cliché C. Breton
programmes de suivi, dit de “sciences participatives”. Une
première expérience d’envergure nationale a été tentée avec
les oiseaux : il s’agit du suivi temporel des oiseaux communs
(STOC). Ce programme de sciences citoyennes consiste
en une collaboration entre une équipe de chercheurs et un
réseau d’observateurs volontaires. Ces derniers appliquent
un protocole simple, précis et standardisé de collecte régulière de données. Le programme STOC étudie 175 oiseaux
communs sur le territoire français métropolitain depuis plus
de 25 ans. Il a permis de constater et de chiffrer la diminution
du nombre d’oiseaux en France depuis 20 ans, particulièrement celle des oiseaux agricoles et forestiers
Les leçons des sciences participatives :
le cas du STOC
Afin d’alimenter leurs travaux en données naturalistes, les
chercheurs se sont associés à des bénévoles dans le cadre de
février-avril 2012
Représentation des indicateurs habitats issus du STOC CRBPO,
MNHN.
La flore des villages
Nature
Nathalie Machon : chercheur à la recherche de volontaires
Une observatrice en marche vers
une placette Vigie-flore près
de Casaglione.
telles modifications dans leurs pratiques.
Les suivis de la biodiversité ont pour objet
de répondre à ce type de questions.
Pourquoi faire appel au grand public
dans vos travaux ?
Les équipes de recherche n’ont pas les
moyens d’opérer seules ces suivis, faute
de personnel et de ressources financières
suffisantes. Nous nous tournons donc vers
les citoyens de bonne volonté pour nous
aider dans nos programmes. Selon le cas,
Lamier à feuilles embrassantes (Lamium amplexicaule)
sur un vieux mur.
nous faisons appel à des personnes plus ou
moins compétentes sur le plan naturaliste :
“Vigie-flore” s’adresse à des botanistes
bénévoles, “sauvages de ma rue” est fait
pour un public totalement néophyte. Mais
les projets ne consistent pas à “se servir”
des bénévoles uniquement comme des
pourvoyeurs de données. En contrepartie,
nous apportons de l’information aux observateurs et sommes très à l’écoute de leurs
demandes afin de pouvoir satisfaire leur
curiosité.
Avec le projet “sauvages de ma rue” nous
avons trois objectifs : 1° un objectif scientifique auquel nous répondons par l’analyse
des données ; 2° (re)connecter les citadins
avec la nature ; et 3° relier les citoyens
avec le monde des scientifiques.
Quels sont les résultats obtenus
et attendus ?
Les projets qui concernent la flore sont très
récents. Ils n’ont pas encore permis, comme
pour les oiseaux, de fournir des indicateurs
de la qualité de la biodiversité sur l’ensemble du territoire français. Les premiers
résultats qui arrivent donnent une idée de
la répartition des espèces les plus communes. En croisant les données avec des
données cartographiques, on a pu montrer
des relations entre qualité des communautés végétales et utilisation des sols ou fragmentation des habitats. On a également pu
aider des industriels à évaluer la sensibilité
de sites de chantiers potentiels en fonction
des types d’habitats visés (milieux plus ou
moins anthropisés).
Pour le programme sur la flore des trottoirs,
outre son objectif pédagogique, nous espérons décrire les liens entre les structures
urbaines ou le mode de gestion appliqué et
la qualité des communautés végétales. Une
phase d’évaluation de la qualité des données est en cours afin de prendre en compte
les erreurs commises par des bénévoles plus
ou moins habitués à observer et reconnaître
des objets naturels. Avec ce projet, nous
voulons donner aux collectivités territoriales des directives pour mettre en œuvre
les méthodes de gestion qui préserveront
au mieux la biodiversité.
février-avril 2012
#28
Stantari #23
Cliché G. Paradis
Pourquoi suivre l’évolution
de la biodiversité ?
On sait de façon plus ou moins diffuse que
des espèces sont en train de disparaître
(tigre, ours, etc.). On se rend compte aussi,
en comparant quelles espèces on pouvait
facilement observer quand on était petit
et celles qu’on voit maintenant, que même
la nature qui nous environne s’appauvrit
(beaucoup de batraciens disparaissent, par
exemple).
Le but de mon travail est de quantifier
cette tendance pour essayer de la relier à
des phénomènes de plus ou moins grande
ampleur (gestion locale ou changements
climatiques, par exemple). Dans les villes,
les espèces végétales peuplent de nombreux microhabitats : les pieds des arbres,
les pelouses, les friches… Certaines villes
ont abandonné l’utilisation des produits
phytosanitaires (herbicides, insecticides,
etc.) ou opèrent la gestion différenciée de
leurs espaces verts ; elles ont donc besoin
de savoir quelles sont les retombées de
Cliché J. Gauthier
Professeur d’écologie au Muséum national
d’histoire naturelle, à Paris, ses travaux
portent sur les moyens de concilier activités
humaines et préservation de la biodiversité.
21
Natura
La flore des villages
Cliché G. Paradis
Fumeterre grimpante (Fumaria capreolata).
Les sciences participatives appliquées
à la botanique : Vigie-flore
Revenons aux plantes. Le programme Vigie-flore est
beaucoup plus récent que le STOC (il a démarré en ).
Son objectif est de suivre l’évolution de l’abondance des
espèces végétales les plus communes en France. Pour cela,
l’équipe du professeur Nathalie Machon du laboratoire
conservation des espèces, restauration et suivi des populations
du MNHN, à Paris, a établi un protocole d’échantillonnage
pour des botanistes et a testé sa faisabilité pendant cinq ans
en Île-de-France. Il s’agit d’inventorier chaque année 4 à
8 placettes de 10 m2 situées de façon systématique dans des
mailles de 1 km2.
En Corse, il y a 85 mailles (une tous les 10 km). En moyenne,
il faut, pour un botaniste expérimenté, une journée pour
inventorier une maille. Les observateurs saisissent ensuite
leurs données sur Internet grâce à un logiciel très convivial et
alimentent la base de données générale des chercheurs : nom
et abondance des espèces, habitat, qualité du sol, exposition,
etc. Ces données sont à la disposition des instances qui en font
la demande, en particulier les régions ou les conservatoires
botaniques nationaux, afin de contribuer à la connaissance du
territoire et à sa bonne gestion.
Récoltés par une petite dizaine d’observateurs bénévoles, les
premiers résultats en Corse datent de . Leur analyse a
permis d’envisager des adaptations du protocole national
au contexte local, en particulier sur l’accessibilité des sites
à inventorier, souvent impraticables en raison d’une forte
pente ou de la densité du maquis.
Les espèces les plus fréquemment rencontrées en avril et mai 2011 dans 60 villages corses.
* Euryméditerranéen : aire centrée sur les côtes méditerranéennes mais se prolongeant vers le nord et l’est (aire de la vigne) ;
* Sténoméditerranéen : aire limitée aux côtes méditerranéennes (de Gibraltar à la mer Noire).
Genre
Espèce
Nom français
Nom corse
Origine
50
Parietaria
judaica
Pariétaire judaique
Vitriolu
Euryméditerranéen*
48
Umbilicus
rupestris
Nombril de Vénus
Conca
Méditerranéo-Atlantique
46
Capsella
bursa-pastoris
Capselle bourse-à-Pasteur
40
Galium
aparine
Gaillet gratteron
40
Hordeum
murinum
Orge des rats
38
Stellaria
media
Mouron des oiseaux
37
Geranium
molle
Géranium mou
36
Fumaria
capreolata
Fumeterre grimpante
35
Senecio
vulgaris
Séneçon commun
35
Cerastium
glomeratum
Céraiste aggloméré
31
Euphorbia
peplus
Petite ésule ronde
28
Reichardia
picroides
Cousteline
Latarella
Sténoméditerranéen*
28
Avena
barbata
Avoine barbue
Lacianella
Méditerranéen
Stantari #28
27
Geranium
robertianum
Géranium herbe à Robert
Furchetta
Eurasiatique
27
Medicago
polymorpha
Luzerne polymorphe
27
Carduus
pycnocephalus
Cardon à tête dense
Cardu
Méditerranéen
27
Sonchus
asper
Laiteron rude
Lattarone
Eurasiatique
27
Papaver
rhoeas
Coquelicot
Papavaru
Euryméditerranéen
22
février-avril 2012
Cosmopolite
Caglialatte
Eurasiatique
Lattaghonu
Cosmopolite
Euryméditerranéen
Cosmopolite
Euryméditerranéen
Sinecciu
Cosmopolite
Euryméditerranéen
Eurosibérien
Euryméditerranéen
Source MNHN
Nombre de villages
où cette espèce
a été observée
La flore des villages
Nature
En haut : le quadrat d’1 m sur 1 m, outil (bricolé) des observateurs
pour inventorier les placettes.
En bas : maillage Vigie-flore en Corse autour d’Ajaccio. En noir, la
maille de Cauro 1 100-70 (extrait du site internet Vigie-flore).
Cliché É. Texier
Issus de l’exploration de 10 mailles et 18 placettes, les
données analysées montrent que la flore commune corse
(155 espèces différentes inventoriées) est très différente de
celle du continent : seule une espèce est commune dans le top
20 : le plantain lancéolé. Il faudra attendre d’avoir les résultats
sur quelques mailles de plus (et pendant plusieurs années)
pour véritablement constater d’éventuelles modifications
d’abondance et tenter de les expliquer.
Un projet à construire en Corse,
la flore des villages
Si vous êtes botaniste et intéressé(e) : faites-vous connaître
et rejoignez les volontaires pour fournir des données aux
organismes de recherche. L’association de botanistes U Cardu
(u-cardu.blogspot.com) prendra en charge, à partir de 2012,
l’animation régionale de Vigie-flore. Elle accueillera anciens
et nouveaux “vigie-floristes” durant toute la saison 2012,
en avril et mai (un peu plus tard pour les mailles situées en
altitude).
Deux projets de sciences participatives étudiant la flore de
France :
s 6IGIEmORE est un observatoire des plantes communes.
Les botanistes volontaires participent à un programme dont
le but est de suivre l’évolution de l’abondance des espèces
végétales les plus communes en France (www.vigie-flore.fr).
s ,ES SAUVAGES DE MA RUE, permet aux citadins de reconnaître les plantes sauvages qui poussent dans les rues de
leur quartier (http://sauvagesdemarue.mnhn.fr).
,ES AUTRES PROGRAMMES DE 6IGIE.ATURE SONT ICI http://vigienature.mnhn.fr
la sensibilisation du public aux problèmes environnementaux.
Adapté à la flore des villages corses, il permettrait l’initiation
à la botanique d’un large public qui ferait son apprentissage
avec des espèces ‘‘autour de chez lui”, véritable patrimoine
naturel de son village. À moyen terme, c’est de la création
d’un vivier de nouveaux botanistes et de l’amélioration de
la connaissance de la biodiversité végétale de la Corse qu’il
s’agit. Pour cela, il reste à convaincre les collectivités locales
de l’intérêt de ces données : peut-être fourniront-elles aux
chercheurs les moyens d’analyser ces informations et de
définir les meilleures façons de gérer efficacement ce précieux
patrimoine naturel.
*
B
tJ D., S A. & G J.,  - “Analyse de
la flore corse : aspects biologiques” - Candollea 66(1): 5-25 .
tJ D. & G J.,  - Flora corsica, Édisud.
tPNR de Corse,  (1re édition en ), Arburi, arbe, arbigliule :
savoirs populaires sur les plantes de Corse, Edition Parc naturel régional
de la Corse, 304 p
tS    : www.stantari.net/Dossiers/
Envahissantes.
février-avril 2012
Stantari #28
Participez !
Source MNHN
Dédié lui aussi à la flore, Les sauvages de ma rue est le dernierné des programmes de Vigie-Nature. Il est demandé au
grand public, c’est-à-dire à une population ne possédant pas
forcément les bases de la botanique, d’identifier les plantes
des rues des villes et villages à l’aide d’outils adaptés (un livretguide pédagogique et un site internet). Un tel programme a
un double objectif : la récolte de données, bien sûr, mais aussi
23
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Thank you for your participation!

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