N° 42 - AVRIL MAI 2016 (Format PDF)

N° 42 - AVRIL MAI 2016 (Format PDF)
L’intelligence artificielle
comme leitmotiv
Chercheur au laboratoire IRIDIA
(ULB), Mauro Birattari vient de
décrocher un ERC Consolidator
Grant en «swarm robotics».
De la beauté
du trypanosome
L’ULB lauréate au « FEI Image
Contest » ! Ou quand recherche
scientifique, technologie de pointe
et esthétisme se rencontrent…
BELGIQUE-BELGIE
P.P. - P.B.
1099 BRUXELLES X
bc1587
n° 42 - Esprit libre avr. > mai 2016
dossier
| AN
PÉRIODIQUE - PARAîT
5 FOIS PAR
ESPRITLIBRE
MAGAZINE DE L’UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES
1
Olivier Blin
Des ACTEs pour l’autisme
Loin des clichés, l’autisme se révèle
multiple. Mais une constante rapproche Un rhinocéros sort du bois.
Rencontre avec le nouveau
tous les profils : la difficulté de
communiquer, de saisir les subtilités du directeur du Théâtre de Poche
langage et des interactions sociales.
Crise des réfugiés
Dépasser
les frontières
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
3
dossier |
édito
Après les réformes,
une pause dans le définancement
des universités ?
04
04
En juin 2014, entre autres multiples démarches visant à sortir les universités
d’une situation financière plus que difficile, j’intitulais mon éditorial d’Esprit
libre : « Investir dans l’université : plus urgent que jamais ». J’invitais à cette
occasion chacun d’entre nous à revendiquer un refinancement des institutions
universitaires. Les élections venaient d’avoir lieu et les partis politiques
négociaient la formation des différents gouvernements.
Un mois plus tard, une majorité PS-cdH se formait à la Communauté française
et retenait, dans sa déclaration de politique communautaire, le principe d’un
refinancement de l’enseignement supérieur à hauteur d’une centaine de millions
d’euros sur la législature.
19
22
n° 42 - AVRil - mai 2016
04
C’est en effet depuis près de 20 ans que les universités n’ont cessé de voir
diminuer leur financement par tête d’étudiant (le principal critère de répartition
des ressources). Depuis 1998 et la « fermeture » de l’enveloppe de financement
des universités, c’est un définancement de plus de 20 % (à prix constants)
que l’on enregistre. En d’autres termes, il faudrait à tout le moins accroître le
montant de l’allocation des seules universités (je n’évoque pas ici les autres
types d’enseignement supérieur qui, certes, connaissent une dégradation moins
spectaculaire de leur situation financière sans que celle-ci soit pour autant
florissante) de 170 millions d’euros récurrents.
Crise des réfugiés
Dépasser les frontières
Crise de l’asile, crise de la politique
humanitaire de l’Europe. . . . . . . . . . . . . . . . 05
Migrant : de victime candide à perfide
envahisseur… La guerre des représentations. 07
Après l’accueil, l’intégration ! La recherche
face aux défis posés par la « crise des
migrants »...................................................... 08
Chaires Khaled al’As-ad : financées à l’ULB
pour des chercheurs réfugiés...................... 09
Aujourd’hui, un projet de décret du Ministre Jean-Claude Marcourt est sur le
point d’être soumis au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En régime,
l’enveloppe des universités pourrait se voir augmentée d’environ 29 millions, soit
75% du refinancement prévu pour l’enseignement supérieur.
Il n’échappera à personne qu’il y a de la marge avant d’atteindre le niveau de
financement par étudiant qui était celui des universités en 1998. Mais il n’y
aurait aucun sens à ne pas voir dans cette proposition de décret une prise de
conscience par le politique de la situation plus que délicate dans laquelle se
trouvent aujourd’hui les universités. Il nous reste à espérer que cette initiative
se traduise en une décision qui, si toutes les forces convergent dans un moment
de lucidité, constituerait le premier refinancement des universités depuis de
trop nombreuses années. Les recteurs ont d’ailleurs donné l’exemple de l’unité
indispensable à une position forte et convaincante. C’est à l’unanimité qu’ils
avaient, dès septembre de l’année dernière, défendu une proposition de réforme
du financement des universités.
23
Carte blanche - La psychologie sociale à l'assaut
des préjugés sur les réfugiés........................ 10
OMNIA : un regard jeune sur l’asile
et l’immigration.......................................... 11
Urgences Grèce : pour le droit à la santé.. . . . . . . . . 12
Étudier le phénomène religieux au Congo. . . . . . . 13
L’intelligence artificielle comme leitmotiv. 14
Poser des ACTEs pour l’autisme. . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
16
ulbcdaire : L’UNIF EN BRÈVES...
Quatre puits de géothermie forés
au campus du Solbosch. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Ainsi, les réformes de fond dont l’enseignement supérieur a fait l’objet ces
dernières années (ARES, Pôles, parcours de l’étudiant…) pourraient enfin se
voir soutenues par un refinancement, certes timide, mais significatif. Car en ces
moments sombres que traverse notre pays, il est plus que nécessaire de réinvestir
dans l’éducation et dans la compréhension de nos sociétés.
Alphabet de l’ARN : une révolution pour
l’étude du vivant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Un trypanosome comme vous n’en n’avez
jamais vu ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Clichés ! Instantanés de la recherche
à l’ULB. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
} Didier Viviers
Recteur
Cesar Beltran, du Campo au Campus. . . . . . . . 23
…il n’y aurait aucun sens à ne pas
voir dans cette proposition de
décret une prise de conscience par
le politique de la situation plus que
délicate dans laquelle se trouvent
aujourd’hui les universités.
Portrait : Olivier Blin
Un rhinocéros sort du bois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
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À voir, à faire à l’ULB… ou ailleurs
livres
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
dossier |
4
Crise des réfugiés
Dépasser
les frontières
La question migratoire
est multiple.
Elle commence dans la confusion des mots qui
peuvent la désigner, pour se déployer en une infinité
d’interrogations et de problématiques à laquelle les
pays européens ne semblent pas vraiment préparés.
Elle est tout d’abord vitale pour des milliers de
personnes – qu’elles soient désignées comme
« migrants », « réfugiés », « demandeurs d’asile »,
« exilés », etc. Hier les Bosniaques, aujourd’hui les
Syriens, Irakiens, Afghans… Elle nous interroge ensuite
– voire nous remet en question –, nous les pays «
accueillant » (sans « s »), et cela à plus d’un titre.
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
À la fois sur notre capacité et notre volonté à faire
face, de façon créative,
pragmatique,
intelligente,
coordonnée et
rapide à une
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
crise inédite. Ou pas... Mais aussi sur notre propre
identité et nos valeurs « communes ». Celles de
nos Déclarations avec un grand « D », de nos
constitutions et devises nationales (« Liberté,
égalité, fraternité » en tête) et européennes. De nos
valeurs citoyennes et démocratiques « ouvertes » et
« tolérantes ». Ou pas… De l’avenir de l’Europe aussi,
tout simplement, au vu des nombreuses dissensions
qui la menacent.
Ce spectre d’interrogations nous ébranle. Il explique
en partie les excès de certains, partisans des replis
et de réactions fortes, carrées, simplistes, tout
autant que la mollesse et l’inaction d’une bonne
partie des populations européennes, figées et
déboussolées face à la complexité de l’équation
inédite qui s’est imposée à leur quotidien. Il nous
oblige aussi, nous Européens, à réfléchir sans
faux-fuyants et de façon neuve, à cette question.
Analyses, pistes et événements à venir
présentés dans ce dossier.
l’asile,
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politique
crise de
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n
a
m
u
h
de l’Europe
Si l’Allemagne et la Suède, se sont montrées très ouvertes,
la Hongrie, la Slovaquie, la Tchéquie et la Pologne ont
rapidement décidé de fermer leurs frontières. Toutefois, il faut
aussi remarquer que deux des principaux pays d’accueil des
demandeurs d’asile en Europe, la France et le Royaume-Uni,
se sont aussi montrés très fermés bien que sans l’affirmer
fortement. Cette crise de l’asile se caractérise principalement
par une très grande mobilisation des peurs.
dossier |
5
Chiffres médiatisés
Cette discordance entre les chiffres grossièrement médiatisés
et la réalité des demandes enregistrées montre combien la
manipulation des chiffres peut servir à la construction d’un récit
politique construisant et mobilisant les peurs. La disparité entre
la réalité et certains discours est plus flagrante encore quand on
rapporte le nombre de demandeurs d’asile à la population locale.
Toujours, selon Eurostat, pour 100.000 habitants, la Hongrie a
accueilli 1799 demandeurs d’asile, la Suède 1667, l’Autriche 1027.
Si la moyenne européenne est de 260 demandeurs d’asile, ce
chiffre est de 114 en France, 60 au Royaume-Uni, 14 en Tchéquie,
13 en Slovénie, 6 en Roumanie et 3 en Croatie.
de l’actualité quotidienne avec
Depuis avril 2015, la question de l’asile et de la migration est au cœur
déplacées et les demandeurs
l’arrivée de demandeurs syriens. Pendant très longtemps, les personnes
conflit : au Liban (1,2 million),
d’asile se sont installées très majoritairement à proximité des lieux de
s d’asile a provoqué de manière
Jordanie (650.000), Turquie (2 millions). L’arrivée de ces demandeur
l’asile en Europe.
profonde et durable une véritable crise de la politique humanitaire de
Peurs
Ceci se marque en particulier par la mobilisation dans les
discours de certains politiques et de certains médias de
chiffres et d’expressions contribuant à entretenir une véritable
panique morale. Ainsi, il a souvent été dit et écrit qu’il s’agit
d’une arrivée « massive » de demandeurs d’asile que les
images et les vidéos tendaient à accréditer. Cependant, la
réalité est plus modeste ce qui démontre soit la mobilisation
d’une relative irrationalité soit d’une manipulation des chiffres
aux fins d’entretenir l’image des « vagues » de migrants, des
« hordes de barbares ». Eurostat a publié le 3 mars 2016, les
données des demandes d’asile introduites au sein de l’UE
en 2015. Au final, il y a eu 1.255.640 demandes. Si toutes les
personnes qui ont franchi les frontières n’ont pas introduit
de demande d’asile, on est bien loin des millions que de
nombreux médias citent encore aujourd’hui. Plus de 440.000
personnes ont demandé l’asile en Allemagne et plus de
174.000 en Hongrie. La Belgique en a accueilli 35.000, moins
qu’en 1999 et en 2000.
Eurosceptiques & extrême droite
S’il faut prendre au sérieux les peurs des Européens qui
voient dans ces demandeurs d’asile des rivaux potentiels sur
le marché de l’emploi ou des potentiels « profiteurs » de la
protection sociale européenne, il convient aussi d’analyser
comment cette crise de l’asile devient aussi un terrain idéal
pour les partis politiques eurosceptiques et ceux d’extrême
droite pour accroître leur force électorale. La performativité
du discours sur « l’afflux massif de demandeurs d’asile » a
réussi à en faire un phénomène plus important qu’il ne l’est.
Les partis populistes, d’extrême-droite et eurosceptiques
ont trouvé dans la crise de l’asile un argument essentiel à la
radicalisation de leurs discours et à la rentabilisation de leurs
campagnes électorales contre l’Europe et les gouvernements
en place.
Un débat passionnel
plus que rationnel
Mêmes les arguments instrumentaux traditionnels visant à justifier
le recours à l’immigration, comme la démographie et les besoins
de main-d’œuvre, ne trouvent plus d’échos auprès de certains
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
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dossier |
partis politiques et médias. Le rapport de l’OCDE de 2013 a mis
en exergue l’apport de l’immigration à la croissance en Europe. La
recherche Careers que le GERME a co-réalisé avec la KULeuven1 a
montré l’insertion sur le marché du travail des réfugiés à un niveau
égal à celui des autres étrangers en Belgique. La Banque nationale
a publié des données en mars 2016 prouvant que l’intégration des
réfugiés sur le marché du travail a un effet positif sur la croissance et
sur les finances publiques. De même, que cette présence de réfugiés
aura à terme un effet bénéfique sur la démographie belge, notamment
pour amortir les départs importants à la pension entre 2020 et 2040.
Mais tous ces arguments rationnels ne semblent pas rassurer la
population et réduire les discours de peur et de haine lorsqu’il s’agit
de qualifier les demandeurs d’asile à partir de leur religion.
1
} Andrea Rea,
Groupe de recherche sur les relations ethniques,
les migrations et l’égalité (GERME)
Ces photos et celles de la page 9 sont issues d’un travail intitulé Please
do not show my face (I’m tired I look older than I really am when I call my
family I tell that everything is fine) de l’artiste Giovanni Ambrosio, qui les
présentera à l’occasion de l’exposition « Coder et decoder la frontière » : «
[…] Ce n’est pas une série sur la migration, sur les migrants, sur Calais ou
Dunquerke, des choses, toutes, dont finalement je sais assez peu. Je voudrais
plutôt que ce soit une réflexion sur la notion du regard, sur ce que cela
pourrait vouloir dire connaître quelque chose, la raconter, la représenter
par la photographie, se référent au genre documentaire. […] »
Rea A.& Wets J. (Eds) The Long and winding Road to employment Analysis of the labour
market careers of asylum seekers and refugees in Belgium, Gent, Academia Press 2015.
Depuis mai 2015, la Commission européenne a essayé de proposer
un politique commune avec son programme de relocalisation de
160.000 demandeurs d’asile et la création de hotspots. Depuis lors,
les Conseils européens démontrent toujours plus l’impossibilité de
construire une réponse commune à l’urgence et conduit même à
remettre en cause le projet européen de l’espace de libre circulation
qu’est Schengen. Le dernier épisode qui consiste à externaliser l’asile
à la Turquie démontre que la politique humanitaire de l’Europe est
largement en crise, remettant même en cause les valeurs qui fondent
ce projet démocratique puisque ceci contrevient aux législations
européennes, à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme
et des libertés fondamentales, aux valeurs essentielles de solidarité
et d’humanité du projet européen.
Coder et décoder la frontière
Coder et décoder la frontière est un événement au croisement de la recherche, de l’art et de la pratique. Articulant une exposition
et un colloque international, cet événement accueillera à la Faculté d’Architecture, à la Faculté de Philosophie et Sciences sociales
de l’Université libre de Bruxelles et au siège de l’Organisation mondiale des douanes des chercheurs, des artistes et des experts
qui discuteront de la technologisation croissante du contrôle du franchissement des frontières des personnes, des marchandises
ou des capitaux. Il est organisé par la Faculté de Philosophie et Sciences sociales del’ULB, le réseau art/science antiAtlas des
frontières, en collaboration avec le GERME, le REPI et l’Institut de Recherche et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (UMR
7310, CNRS/Aix Marseille Université) et l’Organisation Mondiale des Douanes.
LES FRONTIÈRES
CODER DÉCODER international
Colloque
Du 13 au 15 avril 2016
n mondiale des douanes
REA - Design : Geluck-Suykens
Flagey
- www.antiatlas.net
: www.philoscsoc.ulb.be
INFO & PROGRAMME
en ligne
Entrée libre – Réservation
Espace Architecture
Ed. responsable : Andrea
Exposition
2016
Du 13 avril au 31 mai
& Partners
re - ULB - Organisatio
Faculté d’Architectu
17/03/16 10:10
affiche Coder décoder
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Conférence Internationale : les 13-14-15 Avril 2016.
Lieu : Faculté d'Architecture/Flagey - ULB – Organisation mondiale des douanes
Exposition : du 13 avril au 31 mai 2016.
Lieu : Espace architecture Flagey, rue du Belvédère, 21, 1050 Brussels
Programme et information : http://philoscsoc.ulb.be
DiasporaS et Inside Border/Migration Control
La migration est à l’agenda politique de manière continue depuis la dernière décennie. Elle constitue aussi un sujet
de recherche très important des sciences sociales et politiques. Le Groupe de recherche sur les relations Ethnique, les
Migrations et l’Egalité (GERME) a organisé deux événements à la fin de l’année 2015. En novembre, Martin Rosenfeld,
post-doc à Oxford dans le cadre d’un projet financé la Fondation Wiener-Anspach a organisé avec Oxford University une
conférence, DiasporaS, sur le rôle des diasporas en Afrique et dans le monde dans la construction des identités et dans
leur implication dans les mouvements migratoires contemporains. En décembre 2015, Federica Infantino, post-doc financé
par la Fondation Wiener Anspach auprès de Compass à l’université d’Oxford a organisé une conférence Inside Border/
Migration Control. Cette conférence a abordé la question du travail quotidien des agents qui contrôlent la frontière et les
pratiques de détention et d’expulsion des étrangers en Europe et aux États-Unis.
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
International
Workshop
L
MIGRATION CONTRO
INSIDE BORDER /
11th December 2015
9.00 am - 6.00 pm
(free) on :
Information & registration
ents.html
http://germe.ulb.ac.be/ev
InsƟtut de Sociologie
th
(15 oor)
ROOM HENRI JANNE
Avenue Jeanne, 44
1050 Brussels
dossier |
7
Migrant
de victime candide
à perfide envahisseur…
L’arrivée, qualifiée de « massive », sur le territoire européen de
demandeurs d’asile, en particulier Syriens et Iraquiens, a suscité
une attention intense dans les sphères publiques européennes à
partir de 2015. Comme toute crise sociétale, celle « des migrants »
mobilise des représentations. Celles-ci méritent une attention
soutenue car elles constituent le cadre symbolique à partir duquel
les Européen.ne.s forment leurs opinions et attitudes à l’égard du
phénomène concerné et des protagonistes qui y sont impliqués, et
inspirent donc des comportements et prises de position.
La guerre
des représentations
Celles-ci sont très contrastées : aux
mouvements forts de solidarité et
d’entraide envers « les réfugiés » tels qu’ils
se sont manifestés au Parc Maximilien,
répondent des réactions xénophobes,
particulièrement « décomplexées » sur les
réseaux sociaux.
Catégorisation morale des migrants
Ces représentations sont structurées par de
multiples dimensions, mais l’une d’entre
elles semble jouer un rôle crucial dans la
« guerre de représentations » qui soustend cette crise : la catégorisation morale
des migrants. Selon les psychologues
sociaux Gray et Wegner1, pour qu’un
acte soit jugé moral (ou immoral), il faut
pouvoir distinguer un agent et un patient
moral. L’agent est celle ou celui qui pose
l’acte. Si cet acte est positif, l’agent sera
perçu comme un bienfaiteur, ou comme
un malfaiteur s’il est négatif. Le patient
est celui ou celle qui subit (victime) ou
profite (bénéficiaire) de cet acte. Les agents
peuvent être félicités ou blâmés pour
leurs actes, alors que l’on se focalise sur
la souffrance ou le plaisir ressentis par le
patient moral. Or, un individu (ou un groupe
social) ne peut être perçu simultanément
comme agent et comme patient moral :
c’est l’un ou l’autre.
1
Gray, K., & Wegner, D. A. (2009). Moral Typecasting:
Divergent Perceptions of Moral Agents and
Moral Patients. Journal of Personality and Social
Psychology, 96(3), 505 520.
Dessins de presse sous la loupe
Une analyse rapide des représentations
des migrants, par exemple à travers
les dessins de presse, montre que la
catégorisation morale est fortement
mobilisée. D’un côté, l’arrivée des migrants
est représentée comme une vague
irrésistible rompant toutes les digues ;
on les accuse de mentir, voire de nourrir
des intentions malveillantes à l’égard
des pays hôtes, d’abuser de l’hospitalité
en refusant les nourritures locales, ou
en harcelant les femmes européennes.
Marine Le Pen a ainsi déclaré : « Il n’y a
parmi les migrants qu’une ultra minorité
de réfugiés politiques » ; elle a insisté
sur la surreprésentation des hommes,
et comparé leur arrivée aux invasions
barbares. De l’autre, on les décrit comme
des victimes en situation passive. Le slogan
« Nous ne sommes pas dangereux, nous
sommes en danger », brandi à travers
l’Europe lors de manifestations de soutien
aux migrants, l’illustre clairement. Les
agents moraux négatifs incriminés sont
multiples : Daech, le gouvernement syrien,
les Européens/Occidentaux, les passeurs
ou les pays arabes, etc. D’autres ancrages
historiques sont alors mobilisés : la
Shoah, des crises humanitaires passées
(Sahel), ou encore des images bibliques
comparant les migrants aux Hébreux fuyant
l’Egypte, ou à Marie et Joseph cherchant
refuge. Les migrants sont alors davantage
individualisés. L’impact important de
l’image du corps sans vie du petit Aylan
semble obéir à cette logique.
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
« Agents » ou « patients »
Selon qu’elles dépeignent les migrants comme des agents ou comme des patients
moraux, ces représentations suscitent des réactions émotionnelles différentes.
L’image du tsunami migratoire, ou celle du faux réfugié djihadiste, peuvent induire
un sentiment de menace. Focalisé sur le groupe d’appartenance, ce sentiment inspire
le repli ou le rejet. Au contraire, l’image de la victime désemparée peut susciter la
sympathie, la compassion ou la pitié (lorsque l’agent persécuteur est une autre
personne ou un autre groupe) et inspirer des actes d’aide ou de soutien.
Mais cette image peut aussi inspirer la culpabilité ou la honte lorsque le groupe
d’appartenance est présenté comme l’agent responsable, menant respectivement
à des comportements de réparation, ou au contraire à l’évitement.
Les illustrations de cet article sont extraites de plusieurs journaux parus ces derniers mois.
dossier |
8
« Persécuteurs » & « victimes »
La guerre des représentations des migrants semble ainsi se structurer autour d’une
opposition entre deux catégorisations morales : le persécuteur (agent moral négatif)
et la victime (patient négatif). Le modèle prévoit pourtant 4 catégories morales.
La figure du bénéficiaire (patient positif) est parfois mobilisée afin de dénoncer les
privilèges indus dont profiteraient les migrants, ou pour souligner la mansuétude
des Européens. Par contre, la figure du migrant bienfaiteur (agent positif) semble très
rare. Reste à s’interroger sur les conséquences, tant pour les migrants que pour leurs
hôtes, d’un tel appauvrissement des représentations. L’épaisseur psychologique
de milliers d’êtres humains est ainsi réduite à une opposition binaire, les cantonnant
dans des rôles sociaux qu’ils/elles n’ont pas choisis et dont il leur sera difficile
de sortir.
} Laurent Licata,
Centre de recherche en psychologie sociale et interculturelle, ULB.
Après l’accueil, l’intégration !
La recherche face aux défis posés par la « crise des migrants »
En Belgique, le nombre de réfugiés venant de Syrie et d’Irak est passé de 2985 en 2014 à 14212
en 2015 (CGRA, novembre 2015). Au total, ce sont 17212 demandes qui ont été enregistrées
en Belgique en 2014 et 35476 en 2015 (CGRA, décembre 2015). Dans la mesure où la simple
question de leur accueil a fracturé la société belge entre sentiment de menace identitaire et
économique, d’une part, et élan de solidarité sans précédent à l’égard des migrants de l’autre,
l’intégration de ces minorités apparaît comme le prochain défi posé à la société belge.
Face à cette problématique sociale, le
Centre de recherche en psychologie
sociale et Interculturelle (CRePSI) de l’ULB,
par l’intermédiaire d’Antoine Roblain,
Bachar Malki, Assaad Azzi et Laurent
Licata, a développé un projet de recherche
s’intéressant à la manière dont les réfugiés
appréhendent leur intégration au sein de la
société belge et aux facteurs susceptibles
d’influencer ce processus d’intégration.
Regard du réfugié sur son intégration
À cet égard, le projet a décidé de se
pencher sur plusieurs facteurs clefs.
Premièrement, cette période de « crise
migratoire » a vu le monde politique,
médiatique et civil s’emparer de cette
problématique et disséminer au sein de
l’espace public une multitude de messages
empreints soit de peur, voire même de
haine, soit, au contraire, d’empathie et
d’humanisme. Dans ce contexte et selon
l’idée que les déterminants de l’intégration
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
des réfugiés trouvent également leur
origine dans la relation entretenue avec
la société d’accueil, le projet a pour
objectif de comprendre la manière dont
ces messages sont perçus par les réfugiés
ainsi que leur impact sur les processus
d’intégration.
Encadrement psychologique
Deuxièmement, la dimension du
traumatisme psychologique et de la
gestion des événements douloureux vécus
tant aux pays d’origine que durant leur
parcours migratoire s’impose comme une
problématique essentielle dans l’approche
des processus psychosociaux des réfugiés.
Le projet pose à cet égard la question du
type d’encadrement psychologique à offrir
à ces populations et de l’influence de l’état
de santé mentale des demandeurs d’asile
sur leur manière d’entrevoir les relations
avec la société d’accueil.
Genre
Enfin, le projet développé par le CRePSI
porte également un intérêt particulier à
la question du genre. Souvent éludées
dans la littérature sur les migrations et
l’intégration des immigrés, les différences
de genre apparaissent d’autant plus
importantes à prendre en considération
que certains politiques, à l’image de
David Cameron, ont récemment pointé
du doigt les problèmes d’intégration que
poseraient spécifiquement les femmes
issues de l’immigration et suggéré la mise
en place de solutions parfois radicales à
leur encontre.
Premier bilan
Une première étude liée à ce projet de
recherche a déjà vu le jour. Menée entre
octobre et décembre 2015 auprès de 103
hommes demandeurs d’asile syriens et
irakiens, cette enquête par questionnaire
avait pour objectif de mettre en évidence
Suite à cette première
enquête dont les
conclusions ont
récemment été soumises
à publication, une
nouvelle étude basée
sur des entretiens
devrait prochainement
voir le jour et permettre
d’investiguer notamment
les différences de genre
et la question du bienêtre psychologique.
Persuadé de l’importance de l’interdisciplinarité dans de tels
projets et dans la lignée de l’ARC coordonnée par Andrea Rea
« Sous le signe du mérite et de la conformité culturelle », le
CRePSI reste désireux d’établir de nouvelles collaborations
dépassant les frontières facultaires et disciplinaires
} Antoine Roblain & Bachar Malki,
Centre de recherche en psychologie sociale et interculturelle
(CRePSI) de l’ULB
Contact : aroblain@ulb.ac.be et bmalki@ulb.ac.be).
© Giovanni Ambrosio
la manière dont ceux-ci envisagent leur future intégration
socioculturelle ainsi que les facteurs pouvant influencer ces
intentions. Les résultats ont tout d’abord montré que ces
demandeurs d’asile ont une volonté d’adopter la culture, les
normes et valeurs belges, de participer activement à la société
belge, tout en maintenant leur culture d’origine. Les résultats
ont également mis en évidence le rôle singulier des perceptions
des attentes des Belges. Plus les demandeurs d’asile avaient
l’impression que la société belge souhaite qu’ils maintiennent
leur culture d’origine ou qu’ils adoptent la culture d’accueil, plus
ils étaient enclins à répondre à ces attentes et donc à vouloir
respectivement maintenir leur culture ou adopter celle du pays
d’accueil. Au vu de ces
résultats, qui montrent
que les demandeurs
d’asile tendent à adopter
spontanément les
standards culturels de
leur pays d’accueil, il
y a lieu de s’interroger
sur la pertinence
d’introduire des
parcours d’intégration
obligatoires, comme
c’est le cas dans un
nombre croissant de
pays européens, y
compris en Belgique.
dossier |
9
Chaires Khaled al’As-ad :
financées à l’ULB
pour des chercheurs
réfugiés
Nous vous en parlions dans le numéro d’Esprit libre
précédent : dès le début de la vague de réfugiés, l’Université
s’est mobilisée pour la cause de ces personnes en
provenance du Proche et du Moyen Orient (principalement
l’Irak et la Syrie). Parmi les différentes initiatives entreprises,
l’ULB a ouvert dix chaires d’accueil post-doctorales qui
portent le nom de Khaled al’As-ad.
D’un an renouvelables, celles-ci permettront à des
chercheurs et enseignants ayant obtenu le statut de réfugiés
dans un pays de l’UE, de poursuivre leur recherche à l’ULB. La
clôture à l’appel des candidatures au 15 février a permis de
retenir 17 candidatures éligibles sur les 35 prises de contact
initiales. Parmi les dossiers, 11 le sont dans le domaine
des sciences humaines et sociales, 4 dans le domaine des
sciences et techniques et 2 dans le domaine des sciences
de la vie. Trois sont portés par des femmes et 15 candidats
sont d’origine syrienne. Un tiers des réfugiés sont issus de
la dernière vaque migratoire et la majorité ont entre 30 et
40 ans. Les projets ont été classés afin de permettre à 10
candidats (dont deux candidates) de pouvoir bénéficier de
leur bourse dès que possible.
Pour mener ce projet à bien, l’ULB a mobilisé plus de 500
000 euros sur ses fonds propres et a lancé un appel à dons.
Afin de permettre au plus grand nombre de ces hommes
et femmes de stabiliser leur situation pour deux ans, vous
pouvez aider l’Université en soutenant cette opération.
Soutenez-les !
Tout don d’un montant minimum de 40 euros fera l’objet
d’une exonération fiscale.
Les dons peuvent être versés sur le compte BE79 2100
4294 0033 - Code BIC GEBABEBB – avec la communication
5D00.Y.000011 - Don solidarité universitaire réfugiés
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
dossier |
10
La
psychologie
sociale
à l'assaut
des
préjugés
sur les
réfugiés
carte
blanche
Cette carte blanche a été signée par plusieurs
professeurs de psychologie sociale belges et
publiée dans le Soir du 22 décembre 2015. Retrouvez
la également sur le blog – Homo Sociabilis –
avec d’autres textes proposés par le Centre de
psychologie sociale et interculturelle de l’ULB :
http://homosociabilis.blogspot.be/
Par son importance, l’afflux des réfugiés
interpelle notre société car il questionne nos
modes de cohésion sociale et d’entraide.
Comment optimiser un ‘vivre-ensemble’ quand
le terrain se montre propice aux malentendus
et aux conflits? La situation engendre une
foule d’émotions chez nos compatriotes. Ces
sentiments sont humains! Mais quels en sont les
antécédents et sur quoi débouchent-ils ? Depuis
plus de 70 ans, la psychologie sociale étudie
la question des relations parfois tumultueuses
entre les groupes. Il s'agit de cerner à la fois
les facteurs qui alimentent le rejet de l’autre
et ceux qui contribuent à une vie sociale plus
harmonieuse. Sur base de ces connaissances,
quel diagnostic peut-on tirer et quelles voies
d’action s’offrent à nous ?
Le contact pour réduire les
stéréotypes et les préjugés
La psychologie sociale pointe aussi diverses
mesures pour surmonter les préjugés et
promouvoir des relations harmonieuses
entre des populations d’origines différentes.
Le facteur le plus efficace est le contact.
D'innombrables études attestent l’efficacité du
contact entre les membres de communautés
culturelles, ethniques ou religieuses différentes
comme levier pour accroître la compréhension
réciproque. La quantité et la qualité des contacts
ont un impact positif incontestable sur la
réduction des préjugés, d’autant plus que les
Du désarroi à la déshumanisation
autorités soutiennent la démarche. Des rapports
Face au spectacle des réfugiés, le désarroi est
interpersonnels positifs entre individus qui ne
souvent de mise. Et pour cause ! Qui supporte de se connaissent pas au départ, parfois même
voir des gens désorientés et démunis vivre sur la indirectement, par l’intermédiaire de proches, ont
voie publique dans des conditions déplorables,
la propriété de se généraliser à l’ensemble des
attendre un temps indu qu’on examine leur
membres du groupe. Ces contacts bousculent
dossier, se voir privés de liberté, occuper des
les idées reçues. On y découvre des choses
logements insalubres? La sympathie, voire la
insoupçonnées, et en particulier de nombreuses
pitié, va-t-elle bénéficier aux réfugiés? Les travaux similitudes. Ce faisant, on ‘humanise’ et on ouvre
scientifiques suggèrent l’inverse. Confrontés
la porte à un élan d’aide plus massif. Du coup,
au sort peu enviable d’autrui, les êtres humains
la politique consistant à regrouper en masse
éprouvent le désagréable sentiment de leur
les arrivants dans des casernes ou maisons de
impuissance. Pour y échapper, on condamne
repos, si elle a sa logique organisationnelle, n’est
les victimes. On se dit qu’au fond, elles
pas optimale si l’on entend estomper la méfiance
méritent leur sort. Cette mise à distance nourrit
et le rejet. Des données scientifiques éprouvées
la déshumanisation. Et ce n’est pas la photo
nous encouragent à bien plus d’audace. Des
tragique d’un enfant échoué sur une plage qui
petits groupes, quelques familles tout au plus,
enrayera ce penchant. Une solution évidente est
devraient rejoindre des communautés où la
de ne plus infliger aux réfugiés des conditions
diversité est aujourd’hui peu présente et où l’on
dramatiques, de leur offrir des places d’accueil
est susceptible de se mobiliser pour accueillir
décentes, et d'opter pour un traitement humain
dignement les nouveaux arrivants. On réaliserait
et rapide des dossiers. L’enfermement est à
une opération ‘gagnant-gagnant’ qui va bien auproscrire car il affecte les personnes autant qu’il
delà de l’érosion des préjugés. Ainsi, un surcroît
alimente le rejet. De manière générale, il faut
de population dans certaines zones délaissées a
faciliter l’insertion rapide des réfugiés.
des retombées positives sur les plans scolaires
ou économiques.
Nos valeurs et nos ressources !
De l’anxiété au rejet
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
objectif crucial mais elle ne peut se satisfaire
d’une prise de position défensive face
à d’éventuels bénéficiaires.
D’autres sentiments se font jour, à savoir
l’anxiété et la peur, voire la colère et le mépris.
Ces réactions, bien connues des chercheurs,
découlent de l’impression que nos valeurs autant
que nos ressources matérielles et financières
seront mises à mal. Toutefois, l'appui sur des
stéréotypes aussi désobligeants qu’erronés
ne peut qu'alimenter les méprises et les peurs.
En réalité, les aspirations et les modes de vie
des uns et des autres ne sont ni incompatibles
ni immuables. Les recherches prouvent les
ressorts des sociétés humaines. Certes, des
adaptations seront à attendre de part et d’autre
mais une dynamique nouvelle est le plus
souvent au rendez-vous, gage d’enrichissement
intellectuel, culturel, et économique. Sur le plan
des ressources, l’idée que les moyens actuels
mis au service de notre système de solidarité
seront dilapidés par des profiteurs ne résiste pas
à l’analyse. Certes, la lutte contre la précarisation
des moyens dédiés à la solidarité reste un
Face aux stéréotypes, bien des émotions
déplaisantes s’emparent de la société d’accueil
et conduisent à la méfiance. Des dizaines
d’années de recherche ne convaincront sans
doute pas les plus réfractaires, mais pour les
nombreux autres, qui hésitent et s’interrogent,
les données de la psychologie sociale sont
informatives et encourageantes. Le soupçon
et le repli génèrent plus de problèmes que de
solutions. A l’inverse, la confiance et l’ouverture
permettent l'enrichissement de la rencontre et
l'accès à des solutions nouvelles.
} Assaad Azzi, Université libre de Bruxelles
Benoît Dardenne, Université de Liège • Stéphanie
Demoulin, Université catholique de Louvain
• Rafaelle Dumas, Université catholique de
Louvain • Ginette Herman, Université catholique
de Louvain • Olivier Klein, Université libre de
Bruxelles • Laurent Licata, Université libre
de Bruxelles • Vincent Yzerbyt, Université
catholique de Louvain
Retrouvez OMNIA sur le Web :
OMNIA :
•
Le blog... http://eumigrationlawblog.eu/
dossier |
11
Le cycle de conférences et les cours d'été...
http://odysseus-network.eu/
Les 16e cours d'été en droit et politique de
l’immigration et de l’asile de l’Union européenne,
organisés par le réseau Odysseus, auront pour
thème la solidarité entre les États membres de
l'Union européenne. Ils accueilleront des réfugiés
formés sur les thèmes de l'immigration et de
l'asile afin qu'ils puissent poursuivre leurs études
interrompues par leur fuite.
•
un regard jeune
sur l’asile
et l’immigration
Pour soutenir cette initiative, rendez-vous sur :
http://gogetfunding.com/scholarships-for-refugees
Né en septembre
2015 à l'initiative de
Philippe De Bruycker
de l'Institut d'Études
européennes (IEE),
le projet OMNIA
vise à promouvoir
la recherche de
jeunes chercheurs
en matière de droit
européen
sur l'immigration
et l'asile.
La crise migratoire que connaît l'Europe nous
questionne sur les fondements politiques,
éthiques et juridiques qui la constituent.
D'un point de vue législatif, le droit d'accès
au territoire européen, le droit à la protection
européenne ou encore la remise en cause des
accords de Schengen font débat.
Depuis 1999, le réseau Odysseus étudie
les droits européens en matière d'asile et
d'immigration à l'aide d'une quarantaine
d'experts issus de tous les pays de l'Union
européenne.
Cette année, le projet OMNIA permet au réseau
de s'agrandir et de se diversifier à l'aide de
quarante jeunes chercheurs, doctorants et
professeurs supplémentaires, répartis dans les
pays de l'U.E. Une diversité enrichissante pour
l'analyse des législations européennes.
Les Missions d'OMNIA
C'est à l'initiative de Philippe De Bruycker de
l'Institut d'Études européennes (IEE) et grâce
au fond européen Jean Monnet, promouvant
l'excellence en matière d'enseignement et
de recherche dans les études européennes,
qu' OMNIA a pu se constituer en septembre
2015. Ce projet valorise le travail de jeunes
chercheurs issus des 28 États membres.
L'objectif est aussi de développer les
recherches sur l'immigration et l'asile dans
certains pays (Roumanie, Pays Baltes, Bulgarie)
où elles ne sont qu'à leurs balbutiements.
Les recherches et projets menés par OMNIA
sont variés et se développent sur différents
fronts.
D'abord, il y a eu la création d'un blog :
EU Immigration and Asylum Law and
Policy. Il permet aux chercheurs, jeunes ou
expérimentés, de publier leurs travaux sur
les questions d'immigration et de frontières
en Europe. Il vise à favoriser la discussion en
fournissant des analyses avant tout juridiques.
Ensuite, un cycle de conférences sera organisé
chaque année sur un thème changeant tous les
trois ans. Pour son lancement, OMNIA a choisi
d'aborder la question de la solidarité entre
les États membres de l'Union européenne.
« Searching for Solidarity in EU Asylum and
Border Policies », qui a eu lieu les 26 et 27
février, a réuni des académiques, des juristes
et des fonctionnaires européens. Pour David
Watt, responsable de l'implémentation du
projet OMNIA, ce sujet omniprésent dans les
médias était une évidence qu'il fallait aborder
avec toutes les personnes concernées. Un livre
reprenant les développements détaillés de ce
premier séminaire sera publié cet automne.
Un autre pan du projet est la constitution
d'une base de données à l'intention des
jeunes membres du réseau. Elle mettra à leur
disposition une bibliographie détaillée ainsi
qu'un grand nombre d'informations sur les
événements touchant à l'immigration et à
l'asile.
OMNIA, c'est aussi un prix : l'Odysseus Young
Researchers Prize qui récompensera un jeune
chercheur pour ses travaux publiés sur le sujet
ainsi que pour la meilleure monographie.
Enfin, trois modules de e-learning seront
proposés aux chercheurs mais aussi aux
praticiens travaillant dans le domaine de
l'immigration et de l'asile, afin d'approfondir
et actualiser leurs connaissances sur les
législations européennes.
Une influence politique ?
Vous l'aurez compris, le but d'OMNIA est
essentiellement porté sur la recherche
académique. Pourtant, ses fondateurs
espèrent aussi que leurs travaux et leur
diffusion auront un impact sur l'opinion
publique et les décideurs politiques. « Nous
ne voulons pas faire de lobbying mais enrichir
le débat est un de nos objectifs » admet
David Watt. Pour cela, OMNIA compte sur la
légitimité de ses experts pour multiplier les
passages médiatiques et les expertises pour le
Parlement européen.
} Mathieu Léonard
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| solidarité |
12
Pour le droit à la santé
À l’initiative du CHU Saint-Pierre, et en collaboration avec l’Hôpital académique Erasme,
Médecins du Monde et une série d’hôpitaux partenaires, une campagne est lancée, sous
l’égide de la Faculté de Médecine de l’ULB, pour le respect du droit à la santé en Grèce.
En Grèce, dans le berceau de la civilisation européenne, 2,5 millions
de citoyens n’ont plus accès aux soins de santé. La mortalité infantile
y a doublé en trois ans. Une situation incroyable au sein de notre
Europe moderne dont un des piliers est la sécurité sociale et l’accès aux
soins pour tous. Avec l’appui du recteur de l’ULB, Didier Viviers et du
bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, plusieurs hôpitaux ont décidé
de se mobiliser. L’objectif : informer sur la situation sanitaire de la Grèce,
conscientiser la population belge sur la déstructuration du système de
santé, récolter des fonds pour financer des projets concrets sur place et
créer un réseau de solidarité avec les médecins grecs.
Aider les personnes
Trois premiers projets concrets sont proposés dans le cadre de cette
campagne : le premier vise à soutenir la nouvelle polyclinique de
Médecins du Monde qui s’ouvre au Pirée avec l’objectif de soigner
gratuitement toutes les personnes vulnérables et d’accompagner tout
particulièrement les dépressions. Au-delà de la difficulté d’accéder à
des soins de qualité, de la perte de leur logement pour certains, c’est
même la nourriture qui vient à manquer : Médecins du Monde prévoit
aussi la distribution de colis alimentaires mensuels pour les plus
démunis.
Soutenir les structures
Expo/vente d’œuvres & concert caritatifs
De nombreux événements sont organisés dans le cadre de cette
campagne, mais deux d’entre eux méritent qu’on s’y attarde.
Le premier est une exposition/vente de « 450 œuvres à acquérir pour
la Grèce » qui réunira, à la salle Allende, en mai et juin. 155 artistes ont
accepté de céder jusqu’à 3 œuvres pour soutenir cette campagne de
solidarité.
Le deuxième est le concert de clôture de la campagne, suivi d’un
cocktail dînatoire, qui se tiendra au Palais des Beaux-arts de Bruxelles
le 20 juin prochain. L’intégralité des fonds récoltés par la vente des
places serviront à financer directement les projets médicaux soutenus
par la campagne Urgences Grèce.
Nous vous remercions d’avance pour votre participation et votre
générosité !
} Isabelle Pollet
Le deuxième projet porté par la Fondation CHU Saint-Pierre concerne
surtout le Nord de l’île d’Eubée, grande île de la mer Egée, à 150 km
d’Athènes. Eubée, longue de 180 kms compte plus de 200.000
habitants qui n’accèdent presque plus aux soins de santé. La
première étape consistera à équiper huit dispensaires et un centre
de santé et à les fournir en médicaments indispensables. L’objectif
est également de faire rouler dans cette région un bus médicalisé
avec des équipements mobiles (échographes, biologie basique, ECG,
spirométrie, etc.) pour permettre aux personnes les plus fragilisées et/
ou les plus isolées de bénéficier de soins préventifs et curatifs.
La crise sanitaire grecque en chiffres
• Augmentation de la mortalité infantile de 51 % en 3 ans, des petits poids
à la naissance de 16 %, de la mortalité néonatale de 32 % (2008-2011) ;
• Diminution de plusieurs couvertures vaccinales (d’où éviction scolaire) ;
• Diminution de 50 % des dépenses totales du Ministère de la santé
depuis 2008 ;
• 25% des Grecs n’ont plus de couverture santé
Centre de néonatalogie
Exposition/vente « 450 œuvres à acquérir pour la Grèce »
Campus du Solbosch - Salle Allende du 19 mai au 25 juin 2016
Vernissage le 18 mai dès 18h, en présence des artistes
Plus d’info sur l’exposition et les artistes présents sur www.ulb.ac.be/culture
Le troisième et dernier projet porté par Erasme Coopération vise à
soutenir les enfants atteints de maladie sévère dans les hôpitaux de
l’Université de Thessalonique. D’une part, par l’achat de couveuses
pour les deux centres de néonatologie qui accueillent les grands
prématurés de toute la région de Thessalonique. D’autre part, par
l’achat de réactifs pour le laboratoire du département de Pédiatrie
de l’hôpital Hippocrate. Yvon Englert, pilote du projet, souligne son
rôle essentiel car « il s’agit du seul programme de transplantation
pédiatrique de foie et de rein sur l’ensemble du territoire grec, ainsi
que pour les examens et le suivi thérapeutique des enfants atteints
de cancers et/ou d’immunodéficiences ».
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
En savoir plus sur Urgences
Grèce : www.UrgencesGrece.eu
Signez-y la pétition, faites-y un
don et réservez vos places pour
le concert du 20 juin à Bozar
Du 7 au 12 février, une mission officielle de l'ULB s'est rendue à Kinshasa pour
souligner officiellement l'importance qu'occupe aujourd'hui le Congo dans les
activités de coopération au développement de l'ULB et plus spécifiquement
dans les domaines de la médecine, de l'architecture et de l'étude des religions.
I Coopération |
13
Étudier le
phénomène
religieux
au Congo
Parmi les moments forts de cette mission, on retiendra notamment
une intéressante table ronde intitulée « Enseigner le fait religieux
dans un contexte multiconfessionnel, RDC/Belgique » qui réunissait
des professeurs attachés au Centre interdisciplinaire d'étude des
religions et de la laïcité (CIERL) de l'ULB et de nombreux chercheurs
congolais issus entre autres de l'Université de Kinshasa (UNIKIN), de
l'Université pédagogique nationale (UPN) et de divers établissements
d'enseignement supérieur de la capitale congolaise.
Effervescence religieuse
La table ronde a bien mis en évidence les interrogations communes
sur l'effervescence religieuse qui caractérise la RDC ainsi que la
collaboration que le CIERL pourrait développer avec les partenaires
congolais dans le développement de structures dédiées à l'étude
scientifique et l'enseignement du fait religieux. À cet effet, un
partenariat est envisagé avec l'Observatoire interdisciplinaire du
religieux en RDC coordonné par le professeur Gaston Mwene Batende.
Cette table ronde a été suivie d'une grande conférence des
professeurs Hervé Hasquin, Baudouin Decharneux et Jean-Philippe
Aide aux victimes de violences
sexuelles dans l'Est du Congo:
l'action conjointe ULB-Coopération
et Erasme-Coopération
La mission institutionnelle de l'ULB au Congo aura également été
l'occasion pour ULB-Coopération, l’ONG de l’ULB, de mettre en
évidence l'importance de ses réalisations tant dans la gestion des
territoires et des ressources qu'en santé à travers plusieurs rencontres
entre membres de la délégation ULB, acteurs de terrain
et responsables politiques congolais.
Agir sur une dizaine de zones de santé
Les synergies dans l'Est du Congo entre « ULB-Coopération » et la
cellule de coopération de l'Hôpital Erasme « Erasme-Coopération »,
sont apparues comme un atout majeur. L'excellente évaluation par
Schreiber, intitulée « Construire la laïcité dans un pays en voie de
développement : enjeux politiques et sociaux ». Organisée par la
Maison de la laïcité de Kinshasa (MLK) et Kathryn Brahy, déléguée
Wallonie-Bruxelles international (WBI) à Kinshasa, elle fut suivie d'un
débat très riche sur l'évolution de la laïcité au Congo.
Une mission mutlidisciplinaire
La mission de l'ULB au Congo était conduite par le vice-recteur aux
Relations internationales, Serge Jaumain et comprenait les professeurs
Yvon Englert (Erasme Coopération et Faculté de Médecine), Mondher
El Jaziri (ULB-Coopération et Faculté des Sciences), Jean-Philippe
Schreiber, Baudouin Decharneux, Astrid de Hontheim (Faculté de
Philosophie et Sciences sociales), Yves Robert et Jean-Louis Genard
(Faculté d'Architecture), Philippe Corten (Faculté de Médecine) ainsi
que Thierry Walravens (administrateur d'Erasme Coopération), Alain
Wodon (directeur général d'ULB-Coopération) et Gaëlle Ducarme
(ULB-Service international). La mission a également profité de la
présence d'Hervé Hasquin, secrétaire perpétuel de l'Académie royale
de Belgique.
les services de l'Union européenne du projet « Amélioration des
soins de santé aux victimes de violences sexuelles dans l'Est de la
RDC - formations cliniques des prestataires de soin », a permis de
décrocher un important cofinancement européen (14 millions d'euros)
pour étendre les activités de formation et agir sur la qualité des soins
au niveau de l'hôpital provincial et de neuf zones de santé. Dans
ce contexte, l'importance du Master en gestion du stress porté par
Philippe Corten a aussi été souligné.
Rencontres & perspectives
Yvon Englert et Thierry Walravens (Erasme Coopération) ainsi qu'Alain
Wodon, Jean-Bosco Kahindo et Serge Ngaïma (ULB-Coopération) ont
notamment profité de la mission de l'ULB pour rencontrer le ministre
congolais de la Santé publique, Felix Kabange Numbi Mukwanpa, le
ministre de l'Enseignement supérieur Théophile Mbemba Fundu di
Luyindu, le ministre de la Recherche scientifique (Daniel Madimba
Kalonji) et le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Prévoyance
sociale (Willy Makiashi), ainsi que les représentants locaux de l'Union
européenne et de la banque mondiale. Ces échanges ont permis de
mettre en évidence l'investissement de l'ULB dans les domaines de la
formation des prestataires de soin, de l'organisation des services de
soins et du financement du système de santé. De belles perspectives
de développement en vue
Infos : www.ulb-cooperation.org
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| PRIX & DISTINCTION |
14
L’intelligence
artificielle
comme leitmotiv
Chercheur au laboratoire IRIDIA (École Polytechnique - ULB),
Mauro Birattari vient de décrocher un ERC Consolidator Grant
en «swarm robotics». Portrait d’un chercheur distingué, qui
rêve de robots intelligents.
Recevoir un Consolidator Grant du Conseil européen de la
recherche (ERC), bourse très prestigieuse, est un moment intense
dans la vie d’un chercheur. Et c’est ce que vient de connaître
Mauro Birattari, qui travaille au sein du laboratoire IRIDIA (Institut
de Recherches Interdisciplinaires et de Développements en
Intelligence Artificielle), Ecole Polytechnique de Bruxelles, depuis
1996. C’est la deuxième fois que le labo IRIDIA décroche cette
bourse.
« Pour être plus concret, cela pourrait se traduire par : le robot
doit aller chercher de l’eau avant d’éteindre l’incendie»,
explique Mauro Birattari. «On peut donc facilement imaginer
les nombreuses applications que notre travail implique mais
ce qui est important pour nous, ce sont les relations temporelles
et organisationnelles entre les robots. Il y a une abstraction
des tâches dans notre recherche, tout en gardant la complexité
du réel ».
« Marco Dorigo, mon directeur actuel et désormais ami, l’avait
reçu en 2010 », se souvient Mauro Birattari. « Nous sommes
très fiers de pouvoir bénéficier de ce type de financement : cela
démontre le niveau et la qualité internationale de nos études
scientifiques. Nous ne devons cependant pas nous reposer làdessus car le plus compliqué est d’avoir une continuité dans
les résultats. La robotique nécessite des travaux intenses et
répétitifs en laboratoire, et donc en groupe ».
Une carrière à l’ULB
« J’ai toujours été fasciné par tout ce qui tourne autour de
l’intelligence artificielle, lance le chercheur FNRS. Le système
d’autonomie des décisions (le machine learning)
a été le fil rouge de toute ma carrière ».
Développer des robots intelligents
Mauro Birattari et son équipe vont maintenant s’attaquer à la «
swarm robotics » (ou robotique en essaim). « Cela consiste à
mettre au point des robots intelligents et à les faire collaborer
dans la réalisation de tâches complexes », précise le chercheur.
« Notre objectif est de développer un nouvel outil capable
de déterminer lui-même tous les paramètres informatiques
nécessaires pour créer des robots intelligents. Ils devront
d’abord définir un langage commun avec la machine, qui lui
permettra de comprendre le problème posé ».
Pour cela, les chercheurs multiplient les expériences et
essais avec les TAM (Task Abstraction Module) et des robots
de quelques centimètres dans un parcours délimité par des
planches de bois au sein d’un labo situé sur le campus du
Solbosch. Les robots vont ainsi s’organiser entre eux pour
accomplir certaines tâches (exemple : la tâche B va être
effectuée seulement si la tâche A l’a été auparavant).
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
Après plusieurs années à l’Ecole polytechnique de Milan et une
autre à Lugano, Mauro Birattari intègre IRIDIA, d’abord comme
étudiant (« Gianluca Bontempi et Hugues Bersini étaient alors
mes superviseurs ») et ensuite comme chercheur.
C’est en 2000 que Mauro Birattari s’intéresse à l'analyse
théorique d'un algorithme d'optimisation imaginé par Marco
Dorigo. Cette recherche le conduira en Suède et en Allemagne,
avant un retour en Belgique. « Marco Dorigo était à la tête d’un
projet européen d’envergure. Les résultats de cette recherche sur
la mise au point de paramètres d’algorithmes d’optimisation ont
eu un impact considérable sur la littérature ».
Depuis plusieurs années maintenant, Mauro Birattari s’intéresse
plus particulièrement aux algorithmes de commandes des
robots, une passion qu’il peut assouvir à l’ULB. « Un de mes
étudiants travaille actuellement sur la thématique du design
automatique, se réjouit le chercheur. L’environnement d’IRIDIA
est fantastique et les relations avec mes collègues également.
Il y a ici un grand esprit de coopération : c’est indispensable pour
atteindre des objectifs importants ».
} Damiano Di Stazio
15
Les troubles du spectre autistique,
regroupés sous le vocable globalisant
d’autisme, peuvent recouvrir des réalités
bien différentes, avec, toutefois, comme
point commun d’importants troubles dans
la communication et l’interaction avec
autrui. Afin de mieux cerner la nature et
l’origine de ces difficultés, le centre de
recherche ACTE (Autisme en
Contexte : Théorie et Expérience)
a été créé à l’ULB, en 2015.
Le grand public a bien souvent une représentation très
stéréotypée des personnes avec autisme : entre un enfant
présentant un retard mental et fuyant tout contact, et le
professeur de mathématique surdoué, il existe pourtant
tout un panel de profils. Néanmoins, une constante les relie,
et dont la variation est tout aussi importante : la difficulté
de communiquer, de saisir les subtilités du langage et des
interactions sociales.
Langage difficile…
La volonté de mieux comprendre ces aspects de l’autisme est
à la base de la création du groupe ACTE, qui réunit plusieurs
axes de recherches, comme l’explique le directeur du projet,
Mikhail Kissine, professeur de linguistique en Faculté de Lettres,
Traduction et Communication : « Un premier volet cherche
à mieux comprendre pourquoi, chez un nombre important
d’enfants avec autisme, le langage n’émerge jamais ou avec un
retard considérable. L’objectif est, notamment, d’investiguer les
mécanismes d’apprentissage de mots à l’aide d’un écran tactile
qui nous permet d’observer la trajectoire du regard de l’enfant ».
Un second volet se focalise sur le défi de taille que représente,
pour les personnes avec autisme, la gestion de conversations
quotidiennes. L’équipe allie différentes méthodes, allant
d’observations externes et objectives à des évaluations plus
subjectives et introspectives ; les chercheurs espèrent, de cette
façon, contribuer à développer des outils d'intervention et de
prise en charge adaptées.
Bilingue ou non ?
Un troisième volet aborde les liens entre les troubles de
l’attention et l’autisme en utilisant des techniques d’imagerie
cérébrale. Plus original encore, l’équipe s’est intéressée à la
proportion de garçons et de filles sur le spectre autistique : 3 à 4
garçons pour 1 fille. « Il existe différentes pistes pour expliquer
ce déséquilibre, comme, par exemple, que les filles avec
autisme gèrent leurs symptômes de façon différente, qui les
rend plus difficiles à détecter, tant pour les proches que pour les
professionnels ».
| Santé & société |
Poser
des ACTEs
pour
l’autisme
Chaussettes bleues: un pas vers l’autisme ?
Le samedi 2 avril avait lieu la journée mondiale de l’autisme. L’occasion qu’a
saisie une plateforme citoyenne composée de bénévoles, parents, aidants
proches et personnes avec autisme pour organiser des actions. « L’objectif
est d’informer le grand public, qui a encore parfois une vision stéréotypée
du spectre des troubles autistiques », explique Gaétane Deliens, chercheuse
au sein du groupe ACTE. Pour ce faire, un stand d’information a été installé
au Bois de la Cambre, à Bruxelles ; les passants ont été invités à faire
connaissance avec la réalité de l’autisme et à manifester leur soutien
en apportant des chaussettes bleues, couleur symbole de la maladie…
Par ailleurs, dans le cadre de cette journée de sensibilisation à l’autisme,
la façade du bâtiment S était symboliquement éclairée en bleu.
Plus d’infos : www.acte.ulb.be
Le bilinguisme est un autre facteur intéressant, selon Mikhail
Kissine : « Faut-il privilégier, pour l’enfant avec autisme, une
seule langue, comme on le recommande souvent ? Il est
également possible qu’un environnement bilingue puisse aider
l’enfant à être plus souple sur le plan cognitif, pour naviguer
entre des réalités et des mécanismes linguistiques différents.
Nous cherchons à répondre à cette question, entre autres,
au sein d’un projet mené en commun avec l’Université de
Cambridge », conclut le chercheur.
Troubles du sommeil
Gaétane Deliens, chercheuse postdoctorale, cherche à jeter
un pont entre les troubles du sommeil et l’acquisition du
langage chez les enfants avec autisme. « Le sommeil favorise la
consolidation de mots nouvellement appris et leur intégration
au sein du lexique. La quantité de nouveaux mots intégrés avec
succès est corrélée avec un certain type d’ondes cérébrales
enregistrées pendant le sommeil. Or, une grande proportion
d’enfants avec autisme connaissent des troubles du sommeil,
dont, justement, au niveau de ces ondes impliquées dans
l’apprentissage du langage. Je voudrais mettre en lien la
façon dont un enfant avec autisme dort la nuit avec son profil
langagier ».
Une priorité du groupe ACTE est donc de rendre compte de
la diversité inhérente à l’autisme ; c’est pourquoi ils sont
à la recherche du plus grand nombre possible d’enfants,
d’adolescents et d’adultes pour participer à leurs études.
} Carine Maillard
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| brèves I
16
ULBcdaire
Retrouvez toute l’actualité universitaire au quotidien sur
www.ULB.be
Un soutien touchant de nos partenaires
Suite aux événements atroces du 22 mars qui ont déchiré de nombreuses familles et constitué
un choc pour toute la population, les autorités de l’ULB ont reçu un nombre impressionnant de
témoignages de solidarité, d’empathie et de soutien de partenaires, parfois géographiquement
très éloignés. Des lettres souvent très émouvantes ont été envoyées par les autorités de
nombreuses institutions de par le monde à l’image du message posté au lendemain des
attentats par Guy Breton, le Recteur de notre partenaire privilégié l’Université de Montréal
« Hier notre cœur était avec nos partenaires de l’ULB, avec les nombreux Belges qui étudient et
travaillent à l’UdeM, avec ceux qui vivent à Montréal et avec toutes les victimes du terrorisme,
partout dans le monde (…) Hier, l’Université « libre » de Bruxelles, notre partenaire, notre amie,
n’a jamais aussi bien porté son nom : un espace de liberté et d’ouverture dans un monde
habité par une peur inédite ». Dans cette période douloureuse, ces multiples et touchants
messages envoyés des quatre coins du monde ont témoigné à leur façon de la qualité et de
l’intensité des liens que nous avons tissés avec de nombreux partenaires.
Nos abeilles bruxelloises
Bruxelles apparaît comme une des capitales les plus vertes d'Europe. La Région
comprend donc une biodiversité riche notamment du point de vue des pollinisateurs.
En 2015, une étude réalisée par Timothée Petel, Romain Alaerts, Grégoire Noël et
Eponine Sels sous la direction de Nicolas Vereecken, Ecologie du paysage et Systèmes
de production végétale, Ecole interfacultaire de bioingénieurs a fait le recensement
des espèces d'abeilles sauvages des potagers urbains et des réserves naturelles
de la Région. Concrètement, l'échantillonnage s'est effectué dans 10 potagers et 7
réserves naturelles selon un protocole standardisé. En 4 mois, 3811 abeilles sauvages
appartenant à 92 espèces ont été récoltées.
Cela représente à peu près 24 % de l'ensemble
des espèces présentes sur le territoire national.
Il ressort de ces analyses que la structure
des communautés dans les potagers et les
réserves naturelles est similaire. Cette recherche
s'inscrit dans un projet plus global, s'étalant sur
plusieurs années visant à étudier la structure des
communautés d'abeilles sauvages présentes
dans la Région de Bruxelles-Capitale.
L'ULB a son FabLab
Issu d'un programme académique populaire au MIT
appelé "How to make almost Anything", les FabLabs
(contraction de Fabrication Laboratory) constituent
un réseau mondial d'ateliers locaux "open source"
s'inscrivant dans une nouvelle révolution industrielle.
C'est dans cette démarche que s'inscrit le FabLab
de l'ULB. La philosophie de ces lieux est de rendre
facilement accessible au plus grand nombre une
série de machines de production numérique indispensables à la réalisation d'un projet:
imprimantes 3D, découpeuse laser, CNC... Une première version du projet de l'ULB, en
collaboration avec Bruxelles Formation, est née en 2013 sous la forme d'un FabLab mobile.
Enseignants et étudiants de la Faculté d'Architecture La Cambre-Horta sont allés à la rencontre
du grand public, des écoles et des musées pour tester et promouvoir ces nouveaux outils de
production. Une deuxième version, installée dans des locaux de la Faculté d'Architecture (site
Flagey) et inaugurée le 4 février, est aujourd'hui opérationnelle et s'ouvre à tous !
Plus d'information: www.fablab-ulb.be
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
« Game of
Drones »
Pour la 10e édition
de la fête des projets
de BA1 de l’École
polytechnique de
Bruxelles (ULB), les
étudiants de 1re année
(BA1), encadrés par
leurs aînés de 4e A1), se
sont lancés cette année
dans la conception et la
fabrication de drones,
capables de réaliser, en
propulsion tout-électrique (zéro émission
et niveau de bruit réduit), un vol vertical
puis un vol stationnaire pendant 15’’ et
enfin le retour au sol. Le drone doit, en
outre, être capable de transporter une
charge utile de quelques dizaines de
grammes. Cet exercice s'inscrit dans le
cadre d’une vaste réforme pédagogique
« apprentissage par projets » entreprise
par l'École polytechnique il y a quelques
années.
Du bio et du local
à Erasme
Un marché bio et local s'est installé tous
les mardis du mois de mars de 12h à 16h
sur la place facultaire du campus Erasme;
une occasion pour les étudiants et le
personnel de l'ULB de se ravitailler en
produits bio, locaux et de saison. Si le
succès est au rendez-vous, le marché
se tiendra toute l'année académique.
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Urgences Grèce
… et vous
Vous pouvez vous aussi
contribuer à alimenter un réseau
de solidarité avec les médecins
grecs ! Trois projets concrets
vous sont proposés dans le
cadre de la campagne « Urgences Grèce » (voir
p. 12): au Pirée, en Eubée et à Thessalonique.
Découvrez-les et soutenez le projet : vous avez
la possibilité de signer une pétition en ligne et de
soutenir financièrement ces projets.
Agir : www.urgencesgrece.eu
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1
Quand Assayas
refait son cinéma
Un important concours sur le thème
de la cybersécurité a rassemblé les
8, 9 et 17 mars dernier près de 300
étudiants provenant de toutes les
Dans le cadre de la quatrième Master Class de
universités belges francophones et
la Fondation Emile Bernheim, l’Université libre
néerlandophones. Le concours a été
de Bruxelles a accueilli le réalisateur français
remporté par une équipe composée de
Olivier Assayas. La Master Class Bernheim s’est trois étudiants de l'ULB (Charles Hubain,
tenue les 4, 5, 18 et 19 Mars 2016 : elle visait à
Romain Fontaine et Nikita Marchant)
offrir aux étudiants un éclairage artistique et
et d'un étudiant de la Haute École
culturel international de haut niveau au travers
économique et technique. Ces étudiants
d’une rencontre pédagogique privilégiée avec
sont de plus membres du hackerspace
un cinéaste de renommée mondiale. Elle était
de l'ULB (https://urlab.be). Lors de ce
exclusivement destinée aux étudiants du
concours, les étudiants sont invités à
Master en Arts du spectacle, écriture et analyse résoudre des problèmes complexes
cinématographiques. Olivier Assayas a consacré basés sur la cryptographie, la rétrola Master Class Bernheim 2016 à l’évocation
ingénierie, la sécurité des réseaux et des
Sous l'égide du Bureau régional pour l'Europe de
communications, les applications web et
l'OMS, l'enquête HBSC internationale se penche sur de son parcours et ce y compris son travail de
mobiles ...
les comportements de santé et leurs déterminants, critique, de scénariste et de réalisateur.
chez les jeunes. Pas moins de 42 pays ou régions
ont participé à l'enquête 2014 dont les résultats
viennent d'être présentés à Bruxelles. Le Service
d'Information Promotion Education Santé (SIPES)
de l'Ecole de Santé publique a mené l'étude parmi
Dans le cadre de la campagne « Solidarité avec les réfugiés »
les jeunes scolarisés en fin de primaire et dans
lancée par l'ULB, le Réseau Académique Odysseus a pour projet
le secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles
d'offrir à une vingtaine d'étudiant.e.s réfugié.e.s la possibilité de
(FWB). Le Sipes observe une évolution favorable de suivre son prochain cours d'été « Droit et politique de l'immigration
certains comportements mais il pointe également
et de l'asile de l'Union européenne » dont la 16e édition se tiendra
de fortes inégalités sociales de santé. « De
à Bruxelles du 4 au 15 juillet 2016. Odysseus veut offrir à des
nombreux indicateurs relevés dans cette enquête
étudiants réfugiés l'opportunité de continuer leur éducation et
varient selon le niveau d'aisance matérielle, avec
d'acquérir une connaissance en droit européen de l'immigration
une situation plus défavorable chez les jeunes
et de l'asile ainsi que de découvrir la capitale de l'Europe et ses
vivant dans des familles matériellement moins
institutions. Le cours d'été étant entièrement auto-financé, mais le réseau
favorisées », soulignent les chercheurs du Sipes
ayant besoin de soutien pour mener à bien ce projet, a lancé une campagne de
qui prônent un besoin d'actions spécifiques, là
crowdfunding. Nous faisons appel à votre générosité afin de couvrir les frais de voyage et
où les inégalités sont surtout marquées, comme
de subsistance à Bruxelles ainsi qu'une partie des droits d'inscription, ce qui représente
la déclaration de symptômes somatiques ou
environ 1500€ par personne. Toute donation est la bienvenue, et les personnes qui font un
psychologiques, le sentiment de bonheur, le temps don de 40€ ou plus seront invités à rencontrer les étudiants réfugiés lors d'un événement
passé devant la télévision, les connaissances
organisé pendant le cours d'été.
des modes de transmission du VIH ou encore les
Contact : odysseusomnia@ulb.ac.be. Pour faire un don, rendez-vous sur la page suivante :
difficultés d'endormissement.
http://gogetfunding.com/scholarships-for-refugees/
15/02/16 11:26
affiche Urgences
Cybersecurity
Challenge :
3 lauréats de l'ULB
| brèves I
S T O P
Santé des jeunes
& inégalités sociales
Soutenez un.e étudiant.e réfugié.e
Le coup de plume
Cécile Bertrand
Neuroscience : l'effet "cocktail party"
Lorsque vous êtes dans un cocktail et que quelqu'un vous parle, vous êtes normalement
capable d'isoler la voix de votre interlocuteur du bruit environnant et pouvez ainsi
suivre et comprendre son discours... Les mécanismes cérébraux qui permettent à l'être
humain d'effectuer cette tâche sont au centre de l'étude qu’a publié en février, l'Unité
de Magnétoencéphalographie (MEG) du Laboratoire de cartographie fonctionnelle du
cerveau, au sein de l'ULB Neuroscience Institute, UNI. Emmenés par Marc Vander Ghinst
et Xavier De Tiège, les chercheurs ont montré que les régions auditives ont une activité
qui suit de manière préférentielle les fluctuations de la voix d'intérêt. Ce suivi s'est avéré
d'autant plus marqué au niveau des régions auditives de l'hémisphère gauche que le
niveau du bruit de fond augmente. Publiés dans le Journal of Neuroscience, ces résultats
aideront à mieux comprendre les troubles auditifs centraux qui touchent 2 à 10% des
enfants et jeunes adultes et qui sont caractérisés par une altération de la perception du
langage dans le bruit.
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
Quatre puits
de géothermie
forés
au campus
du Solbosch
C’est au Laboratoire de GéoMécanique (LGM)
du Département BATir que les professeurs
Bertrand François et Pierre Gerard développent
une véritable expertise en géothermie. Pour
approfondir leurs travaux, ils viennent d’installer
quatre sondes géothermiques en système fermé
(voir encadré) sur le campus du Solbosch,
entre les bâtiments O, E1 et C. Equipées en
fibres optiques afin de mesurer le profil de
température dans le terrain, ces sondes allant
de 85 à 95 m de profondeur permettent de
collecter des données précieuses à l’avancée
des recherches du LGM. Dans un premier temps
à caractère expérimental, elles pourront à terme
contribuer à la climatisation en air chaud ou
froid d’un bâtiment du campus.
GéoTherWal
Depuis 2012, la Région wallonne finance
ce projet de recherche en vue de soutenir
le développement de la géothermie sur son
territoire. Le consortium rassemble deux
laboratoires universitaires - ArGEnCo (ULg),
promoteur du projet et le LGM (ULB) ainsi
que des partenaires industriels - OREX,
spécialisée dans le forage et Geolys, société
experte en dimensionnement des sondes.
C’est en tant que partenaire de ce programme
wallon et grâce à l’appui logistique du
département des Infrastructures de l’ULB
que le laboratoire LGM a pu forer quatre puits
en octobre 2015. De manière innovante,
ces sondes sont instrumentées avec des
fibres optiques pour mesurer en temps réel
l’évolution de la température tout le long des
puits durant l’activation des sondes. « Les
données géothermiques recueillies grâce aux
expérimentations in situ contribuent à affiner
les modèles théoriques permettant de prédire la
quantité de chaleur qui peut être extraite dans
le sous-sol en un temps donné et d’optimiser
le placement des sondes les unes par rapport
aux autres », explique le professeur Bertrand
François, responsable du projet.
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
Quatre sondes envoyées
à près de cent mètres de
profondeur sous le sol du
campus du Solbosch…
Objectif ?
Récolter des informations
relatives à la géothermie.
Si il s’agit bel et bien d’une
expérience menée par le
Laboratoire de Géomécanique,
elle pourrait, à terme, contribuer
à la climatisation d’un bâtiment
du campus. Explications.
BruGeoTherMap
Le Laboratoire de GéoMécanique vient
également d’obtenir un financement FEDER
de la Région Bruxelles-Capitale. Ce projet
d’un million d’euros pour 4 ans réunit sous
la coordination du LGM différents acteurs
bruxellois du domaine de la géothermie :
la VUB (Hydraulic Engineering Department),
le Service géologique de Belgique (SGB),
Bruxelles-Environnement (IBGE) et le Centre
scientifique et technique de la construction
(CSTC). L’objectif dans un premier temps
est que les partenaires puissent mettre en
commun leurs données pour une meilleure
connaissance du sous-sol bruxellois.
Informer et rassurer
À terme, une cartographie du potentiel
géothermique de la Région bruxelloise
devrait permettre aux citoyens comme
aux professionnels d'estimer plus facilement
le potentiel géothermique du sous-sol en
fonction de la profondeur du forage.
La diffusion de cette information facilitera
également la mise en œuvre d’importants
projets de géothermie qui à ce jour restent
trop souvent bloqués car les investisseurs
manquent d’informations consolidées sur
le potentiel d’une zone. Un site web sera
prochainement développé pour mettre à
disposition toute cette connaissance et
sensibiliser le monde professionnel aux
bonnes pratiques de la géothermie à Bruxelles.
Au sein de ce consortium, l’équipe du LGM
bénéficiant déjà de quatre puits s’attachera,
grâce à des tests in situ, à « analyser la
conductivité du sol bruxellois, à étudier
l’efficacité du système géothermique et à
modéliser la capacité thermique d’un sol
à se régénérer ou à s’épuiser »,
précise le Professeur Pierre Gerard.
} Sibylle Rocher-Barrat
Forage d’un puits géothermique
à l’ULB dans le cadre du projet
GéoTherWal (octobre 2015)
I Recherche & développement dossier
durable |
18
Qu’est qu’une sonde géothermique
verticale à boucle fermée ?
Un système fermé est constitué d’une boucle
de tuyau installé dans un forage vertical (par
opposition aux systèmes horizontaux) dans
lequel on fait circuler de l’eau. En parcourant
la sonde, l’eau capte la chaleur ou la fraîcheur
du sol, selon les besoins de la saison et la
température de l’eau injectée. L’énergie du sol
est ensuite récupérée par la pompe à chaleur qui
va alimenter le bâtiment. Il convient de distinguer
cette méthode du système ouvert qui puise l'eau
souterraine d'une nappe phréatique pour en
extraire la chaleur via une pompe à chaleur.
L’ULB un living laboratory
pour le développement durable?
Comme le souligne Alexandra Demoustiez (Service
environnement & Mobilité ULB), « ce projet
de géothermie s’intègre parfaitement dans la
dynamique environnementale de l’ULB et dans
sa volonté de faire des campus, des laboratoires
de vie, d’apprentissage, des lieux de création et
des espaces de recherche appliquée pour des
technologies innovantes. Redéfini comme l’un
des objectifs prioritaires de son engagement
environnemental, ce projet de géothermie ouvre la
voie à ce que seront nos campus de demain ! »
| Santé |
19
Alphabet
de
l’ARN
:
une révolution pour
l’étude du vivant
Des chercheurs de l’U-CRC, emmenés par le
Professeur Fuks, viennent de découvrir le rôle
d’une lettre de l’ARN (hmC), qui pourrait jouer
un rôle capital dans la compréhension de
certaines maladies comme le cancer.
Pour la première fois, le Laboratoire d’Épigénétique du cancer
(Faculté de Médecine) et l’ULB-Cancer Research Center (U-CRC)
ont découvert le rôle essentiel de l’hydroxyméthylation (hmC),
une des lettres de l’ARN. Cette découverte publiée dans la
célèbre revue Science pourrait nous aider à mieux comprendre
certaines maladies comme le cancer.
« à côté de l’ADN et de ses 4 lettres/nucléotides, l’ARN
représente l’autre molécule de la vie », lance François Fuks,
directeur du Laboratoire d’Epigénétique du cancer et de
l’U-CRC. « Depuis plusieurs années, un changement de
paradigme est en cours : cela implique que l’ARN est tout aussi
important que l’ADN pour appréhender le livre de la vie et
expliquer plusieurs de ses mystères ».
F o c u s s u r l ’ ARN
L’alphabet complexe de l’ARN (ou épigénétique de l’ARN)
devient, dans ce contexte, une toute nouvelle voie de
recherche. Tout comme pour l’ADN et outre les 4 lettres bien
connues (A, U, G, C), des lettres additionnelles habillent
chimiquement l’ARN. C’est le cas de la lettre hmC découverte
par l’ équipe de François Fuks, en collaboration avec les
équipes de Véronique Kruys et Cyril Gueydan (Laboratoire de
biologie moléculaire du gène - Faculté des Sciences).
« En utilisant un des organismes modèles les plus courants en
biologie, la mouche du vinaigre, nous avons montré qu’hmC
favorise la traduction des ARN en protéines », précise le
chercheur. Une avancée qui a pu voir le jour notamment grâce à
la plateforme de séquençage à haut débit de l’ULB, EPICS.
Plateforme unique en Belgique
« L’établissement d’une nouvelle technologie de séquençage à
haut débit, nous a permis d’établir la cartographie épigénétique
complète de la marque hmC », poursuit François Fuks, avant de
présenter sa plateforme EPICS.
« L’objectif de notre plateforme de séquençage dédiée à
l’épigénomique est d’apporter un service complet et à la pointe
pour l’épigénomique, et son analyse bioinformatique ».
Le secteur des nouvelles technologies de séquençage étant
en constante évolution, il est indispensable de s’adapter et
surtout d’anticiper les avancées et les changements : un défi
brillamment relevé par l’ULB dans le cadre de l’épigénomique,
selon François Fuks.
« Contrairement à d’autres plateformes, nous avons pris
le pari il y a quelques années de nous recentrer, de nous
spécialiser pour être plus efficace et performant : nous sommes
la seule plateforme en Belgique spécifiquement dédiée à
l’épigénomique », poursuit le chercheur.
« De nos jours, il n’est plus seulement fondamental d’acquérir
les machines, qui deviennent de moins en moins coûteuses.
L’important est de mettre le focus sur les applications concrètes
et donc, sur les expertises. Grâce à notre positionnement et nos
ressources, nous pensons devenir un des acteurs phares de
l’épigénomique en Europe ».
Mieux comprendre le cancer
Le récent papier publié dans Science va d’ailleurs dans ce
sens, car François Fuks et ses collègues ont démontré un rôle
essentiel d’hmC au cours du développement : les mouches
meurent si la production d’hmC est entravée.
« Ces découvertes devraient non seulement ouvrir un nouveau
chapitre des connaissances sur la compréhension du vivant,
mais elles devraient également apporter des retombées
considérables pour notre compréhension de maladies telles
que le cancer », explique François Fuks.
« Et cela ouvre des portes pour d’autres recherches et
découvertes : nos équipes travaillent actuellement sur un
projet lié au cancer du sein et financé par le Télévie. Nous
allons tenter de comprendre si l’épigénétique de l’ARN est
altérée dans le cancer du sein. Nous espérons que nos récentes
découvertes pourront s’appliquer à tous les types de cancer ».
} Damiano Di Stazio
En savoir plus :
EPICS, → http://epics.ulb.be
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| l'image |
20
Un
trypanosome
comme vous
n’en n’avez
jamais vu !
Chaque année, le FEI Image Contest invite
les chercheurs qui travaillent avec leurs
instruments de pointe à soumettre leurs
meilleures images. Pour la première
fois, c’est une équipe belge qui est
récompensée :
le Laboratoire de Parasitologie
moléculaire de l’ULB – Center for
Microscopy and Molecular Imaging
(CMMI) avec David Perez-Morga,
Daniel Monteyne et Marjorie Vermeersch.
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| l'image |
21
L’image lauréate est celle d’un trypanosome,
responsable de la maladie du sommeil chez
l’homme. Le Laboratoire de Parasitologie
moléculaire de la Faculté des Sciences a
découvert le mécanisme par lequel ce parasite
vainc l’immunité innée humaine et longuement
étudié la « course aux armements » moléculaires
entre les humains et les trypanosomes, pointant
l’importance dans l’évolution humaine, de la
résistance à ces parasites.
Prise au microscope électronique à balayage,
l’image lauréate démontre que recherche
scientifique, technologie de pointe et esthétisme
peuvent se rencontrer. Un bel exemple aussi de
communication scientifique vers le grand public.
} Nathalie Gobbe
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| Sensibilisation |
22
Des passants
donnent leur vision
de la recherche,
des chercheurs
réagissent dans
le webdocumentaire
« Clichés ! Instantanés
de la recherche à l’ULB ».
Un nouvel outil de
communication
scientifique auquel
ont notamment participé
David Domingo,
Célia Sapart et Pierre
Smeesters.
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David Domingo
« Cette approche qui donne la parole aux gens
de la rue, je ne l’aurais certainement pas connue
en Australie », confie Pierre Smeesters, revenu à
Bruxelles après quatre années à l’Université de
Pierre Smeeters
Melbourne, « Les chercheurs australiens sont
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public
participer à l’information et l’éducation du grand
Célia Sapart
Rôle des chercheurs
Célia Sapart fait partie de ces « pratiquants » de la communication
scientifique. Chercheuse en glaciologie, elle étudie les gaz à effet
de serre, notamment les émissions de méthane. « Je travaille
sur des questions environnementales ; des choix de société
doivent être posés, c’est important d’informer le grand public.
Je suis habituée à donner des exposés dans les écoles ; je tiens
toujours des blogs comme journaux de bord quand je pars en
mission pour partager avec le grand public ce que nous vivons.
Une équipe de télévision suisse a consacré un reportage à notre
dernière
expédition : j’ai longuement réfléchi parce que ça signifiait
e, ce n’est pas
« Lorsqu’un chercheur publie un article scientifiqu
de livrer un peu de sa personnalité à une caméra, de réussir à
faire
pour
aussi
seulement pour sa carrière ou pour ses pairs mais
simplifier certains messages, de prendre le temps de filmer et de
savoir avec le
avancer la société. C’est important de partager ce
raconter
, etc. Finalement, je suis heureuse d’avoir accepté : sur
sont conscients.
plus grand nombre ; beaucoup de chercheurs en
de belles images de glaces et d’ours polaires, les journalistes ont
en
s
courte
tions
Nous les aidons d’ailleurs en organisant des forma
réussi à expliquer notre recherche et à sensibiliser aux questions
sociaux ont en effet
communication scientifique. Le web, les réseaux
climatiq
ues actuelles. C’est cela aussi notre rôle de chercheur ».
ve également pour
rendu la communication plus accessible, plus intuiti
anéité
spont
peu la
les chercheurs ; toutefois, il faut parfois freiner un
quel est mon objectif
:
rroger
s’inte
de
temps
le
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prend
et
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numé
? Comment puis-je leur
en communiquant ? Qui sont mes interlocuteurs
} Nathalie Gobbe
ngo.
Domi
David
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soulig
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expliquer mes reche
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
Webdocumentaire Clichés ! Instantanés de la recherche à l’ULB
À découvrir sur http://cliches.ulb.ac.be
Une initiative du service Communication Recherche,
avec la collaboration des chercheurs et chercheuses
Julie Allard, Cédric Blanpain, Estelle Cantillon, Emilie Caspar,
Barbara Clerbaux, Christophe Delaere, David Domingo,
Marco Dorigo, Michael Ghyoot, Mathieu Parenti, Célia Sapart,
Pierre Smeesters, Alex Tremblay-Lamarche et Sophie Van Eck.
| Nos étudiants sont étonnants ! |
23
Cesar
Beltran
Du campo
au campus
Il a renoncé à un contrat avec l’Inter de Milan pour venir étudier les sciences politiques
et économiques à l’ULB. D’origine italo-colombienne, Cesar Beltran est un étudiant de
BA très impliqué. Portrait d’un jeune passionné de foot, de politique et de coopération
qui n’aura pas attendu la fin de ses études pour s’investir et œuvrer pour la paix.
Il aime saisir les opportunités et veille à
s’investir à fond. Il sait ce qu’il veut et n’hésite
pas à renoncer quand il s’agit de poser un
choix décisif pour son avenir. Il aurait pu
suivre son cursus à Milan et jouer en équipe
primavera à l’Inter, mais il avait déjà entamé
les démarches pour venir étudier à Bruxelles,
au plus près des institutions européennes,
« là où les décisions se prennent ». Et dans
une université dont il apprécie l’ouverture aux
étudiants étrangers et la renommée.
De l’audace
« L’idée de jouer dans un grand club est
très belle, mais assez incertaine. J’aurais
pu étudier à Milan mais je n’aurai pas pu
vivre ce que je vis à l’ULB ! J’ai choisi de
privilégier mes études, pas de regret donc ! »
À son arrivée en Belgique, il n’a pas manqué
d’audace pour trouver un club, n’hésitant
pas à se présenter à l’accueil du Sporting
d’Anderlecht avec la carte de visite d’un
sélectionneur rencontré précédemment. Il a
touché à beaucoup de postes dans différents
clubs colombiens, italiens et belges et
fait aujourd’hui partie du club de Tubize.
À l’arrêt pour cause de blessure, il attend
avec impatience de pouvoir rechausser ses
crampons.
Impliqué sur plusieurs terrains…
On se demande tout de même où il ira trouver
le temps de s’entrainer plusieurs fois par
semaine ! Car César Beltran est un étudiant
très investi à l’ULB. Il est en 2e année de BA
en Sciences politiques, une matière qui est
presque une spécialité familiale, puisque
sa mère a été en son temps collaboratrice
d’un sénateur colombien et que son frère
a fait ce choix d’études avant lui. Et depuis
septembre, il s’est lancé en parallèle dans
les sciences économiques (sans doute son
père, spécialiste en audit et ancien dirigeant
de la Banque nationale de Colombie, lui
a-t-il transmis le gène de l’économie). En
plus de ce double cursus, il est membre
de la commission des Affaires sociales de
l’ULB où il aide les étudiants dans le besoin,
et président du très actif Cercle latinoaméricain et hispanophone. Et avec un ami
étudiant en Droit, il planche actuellement
sur le lancement d’UNivent, « le melting
pot des events estudiantins belges1 » ,
une plateforme événementielle destinée à
rassembler les étudiants autour de centres
d’intérêts communs. « Tout est une question
d’organisation ! », lance avec un grand sourire
l’étudiant motivé qui se tient à un programme
quotidien pour pouvoir mener de front toutes
ses activités.
César Beltran continue par ailleurs de
s’impliquer dans l’association de coopération
au développement qu’il a créée avec son
frère en Italie : grâce aux TIC et à la vocation
internationale de l’association, il peut
continuer à faire vivre Ruana (ainsi appellet-on le poncho traditionnel colombien)
depuis la Belgique. Sensible à la cause
des « sans-terre » et à la situation politique
fragile de son pays d’origine, Cesar Beltran
trouve très important, en tant que jeune,
de s’engager pour une cause. Pour lui, le
processus de paix en Colombie passe par la
promotion de l’éducation, de la culture et par
la reconversion des paysans dont les terres
ont été confisquées.
Un parcours, des perspectives
C’est d’abord un voyage en Europe, de
Madrid à Rome en passant par Paris, qui
a amené les Beltran de l’autre côté de
l’Atlantique. Puis le nouvel emploi paternel
qui a fixé la famille en Italie. Cesar Beltran
avait 12 ans quand il est arrivé à Lodi en
Lombardie avec son frère, suite à la décision
de ses parents de quitter la Colombie.
Habitué au changement de pays et attiré par
les opportunités éducatives, académiques
et professionnelles offertes par la Belgique,
il s’est dit : « Pourquoi ne pas approfondir ce
profil multiculturel en allant y étudier ? ».
Cesar Beltran ne sait pas encore précisément
ce qu’il fera une fois ses diplômes en
poche : travailler pour une organisation
internationale dans le domaine économique,
à la Commission européenne dans le cadre
d’un partenariat avec la Colombie, comme
indépendant ou dans la recherche ? Avant
cela, il devra choisir des mineures, comme
de nouvelles cordes à son arc. « La suite de
mes études m’éclairera sur ce choix », dit-il,
confiant. Il a encore le temps de voir venir,
un temps précieux qu’il met déjà à profit
« pour se préparer à être très compétent
dans [son] domaine ». S’il n’envisage pas de
carrière footballistique professionnelle, il ne
se ferme aucune porte. Ses études sont sa
priorité.
} Amélie Dogot
1
http://bestunilife.com
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| portrait |
24
Du campus du Solbosch au bois de la Cambre, quelques
centaines de mètres à vol d’oiseau. En lisière du bois,
des planches et un foyer chaleureux ont pris racine
au milieu des arbres depuis 50 ans. Rencontre avec
le nouveau directeur du Théâtre de Poche, Olivier
Blin, prêt à insuffler une nouvelle énergie créatrice, à
renouveler la sève d’un lieu culturel engagé, ouvert sur
le monde et ancré dans l’actualité comme peu d’autres.
Olivier
Blin
Un rhinocéros sort du bois
Esprit libre : Vous êtes diplômé de l’ULB. Quel a été votre
parcours étudiant ?
Olivier Blin : J’ai fait des études de journalisme il y a 30
ans. J’ai commencé à travailler dans la presse pendant 3
ans, puis dans la coopération au développement par le
biais du théâtre. De ma formation en journalisme, il me
reste un goût assez prononcé pour l’actualité, nationale
et internationale, et les problèmes de société. J’apprécie
particulièrement voir les spectacles que j’ai créés –
depuis une quinzaine d’années, d’abord via La charge du
rhinocéros, puis ceux qui viendront dans les prochaines
saisons du Théâtre de Poche – dans les pages « Société »
des quotidiens, qu’ils donnent lieu à des débats dans les
médias en dehors de leurs aspects strictement artistiques.
On retrouve aussi un peu de ma fibre journalistique dans
le fait que ces spectacles tels que Un fou noir au pays des
Blancs de Pie Tshibanda (2400 représentations dans 20
pays, NDLR) ou Porteur d’eau de Denis Laujol sont issus
de témoignages, de récits de vie de personnes capables
de porter cette parole sur une scène.
rapports Nord-Sud. J’ai établi des ponts avec de nombreux
artistes du Sud. En Haïti notamment, où j’ai contribué en
2003 à la création du festival Quatre chemins : ce festival
s’est bien développé depuis, générant espoir, formation,
prise de conscience et ouvrant une tribune dans un pays
politiquement très complexe. Au Burkina Faso également,
où je produis les spectacles d’Étienne Minougnou, directeur
de ce fabuleux festival que sont les Récréâtrales. Ce goût du
voyage en dehors de l’Europe, de la rencontre avec l’Autre,
me vient de l’université, à tout le moins de l’autonomie et
de la liberté qu’elle permet. Elle a aussi flatté mon sens de
la fête, et c’est une dimension importante aussi au théâtre
de Poche : le premier acte de chaque saison début de saison
est traditionnellement une grande fête. Le bar, le feu ouvert,
les braséros à l’extérieur contribuent à la convivialité et à cet
esprit festif. On s’ouvre aussi à d’autres activités comme le
cinéma documentaire avec le Ciné-club des Libertés.
Un théâtre est un espace de rencontre mais selon moi,
pas seulement un espace de discussion post-spectacle :
c’est un lieu de vie.
Esprit libre : Quels souvenirs gardez-vous de vos années
à l’ULB ?
Olivier Blin : Ce sont des années de liberté ! Je n’étais
pas un élève très assidu… Mon rythme universitaire était
très séquencé : des fêtes, un peu d’étude et beaucoup de
séjours à l’étranger. Je retiens surtout de ces quatre années
les voyages que j’ai pu faire et qui ont été très formatifs.
Le théâtre que je propose aujourd’hui est très ancré dans les
Esprit libre : Vous êtes passé du journalisme au théâtre,
côté création, par le biais de la coopération.
Olivier Blin : J’ai travaillé pour des programmes de la
Commission européenne en Bosnie, en Croatie puis en
Slovénie où on amenait de la nourriture dans les camps de
réfugiés. J’ai 23, 24 ans à l’époque, et cela m’a marqué de
voir une nouvelle génération y naître. Un prof de français de
l’Université de Split m’a fait remarquer qu’on n’envoyait pas
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
de culture dans ces camps. Je me suis dit : « Ça, je peux
faire ! ». La coopération artistique me parlait beaucoup plus
que la logistique. Mon premier acte de décentralisation,
ma première organisation de tournée, c’était avec un
spectacle de la compagnie Point Zéro, Yvonne, princesse
de Bourgogne, du Polonais Witold Gombrowicz : 20
représentations dans des conditions invraisemblables.
C’était du théâtre comme j’aime qu’il soit : un théâtre
d’utilité publique. De retour à Bruxelles, de manière fortuite,
je me suis retrouvé dans un bistrot à parler de ça avec
Roland Mahauden qui était à la tête du Poche à l’époque :
nous partagions le même questionnement politique. À cette
période, je fréquentais le Poche comme spectateur et je
m’y sentais très à l’aise. On pouvait y aller sans grande
connaissance des codes théâtraux, et c’est toujours le cas
aujourd’hui.
t
t
Esprit libre : Vous venez récemment d’être nommé directeur
au Théâtre de Poche mais vous collaboriez déjà avec le
théâtre depuis longtemps.
Olivier Blin : J’ai travaillé 10 ans avec le Poche, jusqu’en
2003, puis j’ai créé La Charge du Rhinocéros sur le socle
des rapports Nord-Sud. Initialement dédiée à la coopération
artistique, l’ASBL a pris un nouveau virage, ajoutant la
production et la diffusion de spectacles à son objet initial.
Je pose des choix artistiques depuis 25 ans; ma candidature
au Poche était donc quelque chose d’assez naturel.
Esprit libre : Comment définirez-vous l’identité toute
particulière du Poche ? Un théâtre ancré dans les grands
débats de société et engagé en faveur de la défense
des libertés et des droits humains et les combats sociopolitiques ?
Olivier Blin : C’est tout cela à la fois, et pour moi, c’est un
théâtre ancré dans l’ici et maintenant, qui parle de ce qui
nous entoure, et dont le point de vue est d’une manière
systématique résolument progressiste.
Esprit libre : Vous défendez l’idée d’un théâtre facteur de
cohésion sociale mais aussi vecteur de changement. Cet
engagement passe par la création et la programmation.
Mais pas strictement, selon vous ?
Olivier Blin : Quand je vais voir une pièce, elle me met
dans un état d’émotions particulier. Dans le quart d’heure
suivant la fin du spectacle, on peut capitaliser cette
émotion, en donnant des informations, en discutant. On
peut faire évoluer une pensée. Au théâtre, on peut très
bien rentrer blanc et sortir gris. Avant, on se rencontrait
dans les églises… et les bistrots. Aujourd’hui, les églises
ont moins la cote ; les théâtres les ont remplacées comme
lieu de rencontres et d’échanges. Je pense aussi qu’un
théâtre doit sortir de son lieu : le Poche va être amené à
se décentraliser, à tourner en Fédération Wallonie-Bruxelles,
mais aussi en Europe et ailleurs. Je vais veiller à inclure
dans la programmation des formes légères, sans impératifs
techniques trop lourds, et donc susceptibles d’aller vers
l’Autre.
| portrait |
25
On peut faire évoluer une
pensée. Au théâtre, on peut
très bien rentrer blanc et sortir
gris. Avant, on se rencontrait
dans les églises… et les bistrots.
Aujourd’hui, les églises ont
moins la cote ; les théâtres les
ont remplacées comme lieu de
rencontres et d’échanges
Esprit libre : Avec la proximité géographique et idéologique,
les étudiants de l’ULB sont-ils nombreux à fréquenter le
Poche ?
Olivier Blin : Ils le sont de diverses façons. Des appels du
pied sont faits via les cercles, offrant la possibilité d’aller
voir les pièces avec un tarif « groupe » accessible aux
jeunes. Beaucoup d’étudiants se positionnent à l’égard du
théâtre comme ils se positionnent à l’égard du cinéma.
Ils se disent : « Tiens, il est 19h30, si on allait au Théâtre
de Poche ? On traverse le bois et on y est, ma chérie ! »
Il y a beaucoup d’étudiants car il y a quand même une
programmation destinée aux 16-30 ans, entre autres. Mon
premier choc théâtral, je l’ai eu comme ça, à 16 ans, en
traversant le bois. La pièce s’appelait Un certain Plume
d’Henri Michaux. C’est Philippe Geluck, sortant de l’INSAS,
qui jouait ce rôle. Culturellement, je suis né loin du théâtre
et de ses codes. Comment ce spectacle est-il venu à moi ?
J’étais assis au premier rang et j’ai vu le travail. J’ai compris
que ce n’est pas un truc qui naît facilement. J’ai vu un
acteur d’une grande intelligence chercher, transpirer. Pour
la première fois, j’ai vu quelqu’un qui me parlait au théâtre.
Je n’avais pas ressenti ça avec les pièces que mes profs
m’emmenaient voir. Ce n’est pas le répertoire classique,
vers lequel j’ai été beaucoup plus tard, qui a induit un
rapport d’amour. C’est un acteur, une œuvre, qui m’a parlé
directement, parce qu’elle parlait la même langue que moi.
C’était… au théâtre de Poche, il n’y a pas de hasard !
} Amélie Dogot
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| agenda |
À voir,
à faire
à l’ULB...
ou ailleurs
activités de l’ULB
Retrouvez toutes les
ique sur :
on
dans l’agenda électr
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tils
www.ulb.be/ou
www.ulb.be/bourseshessel
Bourses stéphane hessel
étudiants :
l’ulB
soutient
votre
engagement !
développement duraBle
société
Les 10 Km de l'ULB
ULB Sports, en collaboration avec le Cercle des
Sciences, organise la 5e édition des 10 Km de
l'ULB le dimanche 17 avril 2016. Au-delà de
l'aspect sportif, rappelons que cette course
philanthropique permet de soutenir la recherche
scientifique à l'Université. Depuis sa création,
plus de 30.000€ ont pu être attribués pour
différents projets au sein de notre institution.
En parallèle, l'ULB accueille la Fédération de
course d'orientation qui proposera une course
officielle spécialement ouverte à tous les
débutants, ainsi que la possibilité de participer à
une initiation sur le Solbosch.
→ Infos : www.10kmulb.org!
TRIBU E
N S
www.ULB.be
DE L’ULB
Un point de vue,
un débat
60 ANS APR
LES TRAITÉ ÈS
DE
ROME, L’EUSRO
PE
FACE AUX CRI
SES
MARTIN
SCHULZ
PRÉSIDENT DU
PARLEMENT EUROPÉEN
En partenariat
avec
LE MARDI 19
AVRIL 2016
À 20H - ENTRÉE
GRATUITE
ULB - Campus
du Solbosch
Bâtiment K Amphithéâtre
Henri La Fontaine
Plus d’infos
: www.TribunesULB.be
L’Europe face aux crises
culture
vous avez un projet
innovant et original ?
vous avez un but social,
citoyen ou engagé ?
vous rassemblez des
étudiants de diverses
facultés et ne cherchez
pas de but lucratif ?
les Bourses stéphane hessel
de l’ulB peuvent vous financer
jusqu’à 5.000€
lancez-vous et envoyez votre
formulaire au vice-rectorat
aux affaires étudiantes avant
le 30 avril 2016.
Infos et formulaires en ligne via :
www.ulb.be/bourseshessel
ulb Hessel.indd 1
12/11/15 17:21
Bourses
Stephane Hessel :
étudiants, à vos
projets !
Vous avez un projet innovant
et original ? Vous avez un but
social, un intérêt culturel ? Un
objectif de développement
durable ou de de coopération ?
Bref un projet citoyen ou
engagé ? Vous rassemblez
des étudiants de diverses
facultés et ne cherchez pas
de but lucratif ? La bourse à
projets sociaux et citoyens
Stephane Hessel peut vous
aider. Si vous êtes sélectionnés
par le Jury, vous pourrez être
subsidiés jusqu'à 5.000 euros
via la commission des Affaires
sociales étudiantes. Inscription
en ligne pour le 30 avril 2016.
Le dossier complet devra être
remis pour le 30 mai 2016.
→ Infos : www.ulb.ac.be/dscu/
affairesetudiantes/bourse.html
Les Tribunes de l’ULB vous invitent à écouter et à
débattre avec Martin Schulz, président du Parlement
européen, sur l’avenir européen. Anne Weyembergh,
présidente de l'Institut des Études européennes (IEE),
présentera et assurera l'animation du débat. L'inscription
est obligatoire pour cette Tribune. Merci de confirmer
votre participation avant le vendredi 15 avril 2016 via le
formulaire en ligne.
→ Infos : www.ulb.be/events/tribune
Le Théâtre Ouvert de Bruxelles
a 10 ans!
Le Festival Théâtre ouvert de Bruxelles (TOB) organisé par le
Cercle OPAC et hébergé par l'ULB propose chaque année de
mettre en avant la production théâtrale et scénique étudiante.
Le principe est simple : un festival culturel d'étudiants, organisé
par des étudiants, pour le grand public. L'édition 2016 du TOB - qui fête ses
10 ans! - a lieu jusqu'au 16 avril sur le campus du Solbosch. Au cours de ces
dix ans d'existence, le festival a intégré à sa programmation des productions
universitaires de toute la Belgique francophone. Fidèle à sa mission d'accès
de tous à une culture la plus variée possible, le festival s'accompagne de
soirées thématiques intégralement gratuites.
→ Infos : www.cercleopac.be
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
solidarité
coopération au développe
ment
printemps
26
Futurs étudiants ?...
ou futurs Masters
& doctorants ?
La prochaine édition de notre
Soirée d'Information sur
les Masters et Doctorats se
déroulera le vendredi 29 avril
2016. Le lendemain, le 30 avril,
parents et futurs étudiants
pourront quant à eux assister
à la Matinée d'information qui
permet d’avoir des réponses
précises sur toutes les
questions que l’on se pose à
l’aube d’entamer des études
universitaires et bien sûr sur les
spécificités de l’ULB.
→ Infos :
http://www.ulb.ac.be/SIMA/
Et si on osait
la paix ?
ULB Culture accueille, jusqu’au 23 avril à la salle
Allende, l'exposition « Et si on osait la paix ? » Le
pacifisme en Belgique d'hier à aujourd'hui » conçue
par l'Institut d'histoire ouvrière, économique et
sociale (IHOES) et le Mundaneum. Elle met en
lumière l'histoire trop peu connue des mouvements
pour la paix en Belgique, du XIXe siècle à nos
jours ; car depuis le XIXe siècle, nombreux sont
celles et ceux qui osent la paix et la défendent ;
ce qui pour d'autres reste un espoir chimérique.
L'exposition est construite autour de trois thèmes
principaux : Bâtir la paix, Agir par la non-violence et
Dénoncer la guerre. Ce parcours historique retrace
et contextualise les divers courants pacifistes d'hier
et d'aujourd'hui. Un espace interactif, élaboré par
un groupe de citoyens, est réservé à l'interpellation
citoyenne et à la réflexion critique. Il met en
évidence la complexité de certaines questions liées
à la paix et invite les visiteurs à poursuivre leurs
interrogations.
→ En pratique : jusqu’au 23 avril 2016.
Salle Allende, campus du Solbosch (bât F1),
22-24, av. Paul Héger, 1050 Bruxelles.
Bientôt DHC
de l’ULB…
L’Université libre de Bruxelles
et ses facultés honoreront
plusieurs personnalités qui
se sont distinguées dans leurs
domaines respectifs par leur
créativité, leur innovation,
leur imagination. Vous êtes
cordialement invités à assister
à la cérémonie de remise du
titre de Docteur honoris causa
qui aura lieu à l’amphithéâtre
Janson, le 19 mai prochain,
à 16h30.
→ Infos à venir, sur :
www.ulb.be
| agenda |
27
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Santé publique :
université du
printemps
Campagne Urgences Grèce :
450 œuvres à acquérir !
Dans le cadre de la campagne « Urgences Grèce » (voir p.12),
l'ULB a lancé un appel à projets, en vue d'une expositionvente exceptionnelle. Plus de 150 artistes exposeront à la
Salle Allende (campus du Solbosch) du 18 mai au 25 juin.
Quelque 450 œuvres variées seront vendues au profit de
cette action de solidarité. Venez les découvrir !
→ Infos à venir, sur : www.ulb.be/culture
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ANNONCE
5 Universités en santé
avancer les idées !
n de la santé pour faire
publique et en promotio – Tunis – PorT-au-Prince
Besançon – Bruxelle
s – Dakar
Les questions des
relations interprofessionnelles, des partenariats en santé, des
approches globales de la santé nécessitent des développements
multidisciplinaires et des contextualisations tant locales que
transnationales. Elles relèvent de la promotion de la santé et de la
prévention, mais aussi de l’accès équitable à des soins de qualité dans
une vision holistique du patient et des problèmes de santé.
Dans le but d’apporter de nouveaux éclairages sur ces questions,
du 17 au 20 mai 2016 se tiendra à Bruxelles la 4e Université de
printemps francophone en santé publique. Cette Université sera
organisée dans le cadre d’un partenariat entre l’École de Santé publique
et le Pôle Santé de l’Université libre de Bruxelles, le partenariat G3
et l’asbl Éduca Santé. Cette initiative est soutenue par le réseau des
universités sœurs de Besançon, Dakar, Tunis et Port au Prince et
associera dans la mesure du possible, des partenaires spécifiques
à certains modules de formation.
→ Infos : www.ulb.ac.be/esp/univprintemps
« Biomimétisme... quand le génie
de la nature nous inspire »
Le Centre de culture scientifique (CCS) de l'ULB (Charleroi) accueille jusqu'au 5 juin, à
Parentville, l'exposition de la Maison de la Sciences de l'ULg « Biomimétisme... quand
le génie de la nature nous inspire ». En observant la nature, les scientifiques ont en effet
compris qu'il était possible d'exploiter les solutions astucieuses, souvent inattendues,
qui ont émergé chez les êtres vivants pour répondre efficacement, économiquement et
durablement à leurs besoins. Confronté à un problème, le métier du « biomiméticien » est
de chercher comment imiter les solutions qui se sont développées dans des organismes
confrontés à une problématique similaire. À travers cette exposition, les visiteurs pourront
découvrir une grande variété de thèmes - déplacement dans un fluide, aérodynamisme,
ventilation stimulée, production d'énergie, conception de matériaux, coloration sans
pigment, etc. - et découvrir les solutions biomimétiques actuelles ou en cours de
développement.
→ En pratique : jusqu'au 5 juin 2016. Centre de culture scientifique - ULB - Campus de
Parentville, rue de Villers 227 - 6010 Charleroi. Tél.: 071 600 300 - e-mail: ccs@ulb.ac.be
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
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→ Publications scientifiques DI-FUSION : http://difusion.ulb.be/
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UBUM
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→ Les livres à l’ULB : www.ulb.be/ulb/actualite/livres
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www.editions-universite-bruxelles
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2015
42
ISBN 978-2-8004-1579-6
42
2 0 1 5
des sciences
XVIIIe siècle consacré à l’écriture
Ce numéro des Études du
et de mise en ordre
repérage, de description
n, de représ’attache aux modalités de
aux techniques d’argumentatio
des productions de la nature,
échanges entre
ent des connaissances, aux
et de transsentation et d’ordonnancem
de transmission, de diffusion
textes et images, aux stratégies
à une connaissande la nature qui aspirent
– et recoufert des savoirs. Les sciences
plutôt qu’à un savoir mathématisé – sont plus
ce empirique du monde –
qu’aux pratiques expérimentales
plutôt
–
dans
l’observation
à
rent
dans les contributions rassemblées
particulièrement convoquées
premier est consacré
en deux grands volets. Le
« images,
les
ce volume qui s’organise
sur
», le deuxième met l’accent
aux « Notes, récits, discours
de l’iconographie
», notamment sur le rôle
les figures et les substituts
les discours savants.
dans ses interactions avec
ÉCRIRE LES SCIENCE S
| livres |
Plus d'infos sur nos nouveautés
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Lumumba
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Figure centrale de
Grammaire et…
mathématisé - et recourent à
l'indépendance du Congo,
grammaire
l'observation - plutôt qu'aux
Patrice Lumumba meurt dans
Au portail royal de la cathédrale pratiques expérimentales des conditions tragiques
sont plus particulièrement
de Chartres, une statue
Comprendre la Pologne qui polarisèrent l'attention
convoquées dans les
représente parmi les Arts
internationale. Il fut célébré
Après avoir disparu des
contributions rassemblées dans
Libéraux la grammaire sous les
comme héros et martyr à
radars médiatiques durant
ce volume qui s'organise en
traits d'une marâtre menaçant
travers le monde, notamment
des années, la Pologne a fait
deux grands volets.
de la férule deux enfants
par Sartre, Césaire, Sékou
une réapparition médiatique
Le premier est consacré aux
terrorisés. Des centaines de
Touré ou Che Guevara.
spectaculaire : l'arrivée au
« Notes, récits, discours »,
manuels scolaires, depuis
Réhabilité sous Mobutu comme
pouvoir d'un gouvernement
le deuxième met l'accent sur
Lhomond (1780) jusqu'à
héros national, il fut remis à
nationaliste-conservateur
les « images, les figures et les
Grevisse (1980), n'ont pas
l'honneur par Laurent-Désiré
remettant en cause les
substituts », notamment sur le
vraiment
cassé
cette
image
et Joseph Kabila, une étrange
« valeurs européennes » et
rôle de l'iconographie dans ses
rébarbative. Et si le branlant
continuité qui pose question.
l'équilibre des pouvoirs montre
interactions avec les discours
échafaudage
de
natures
et
Le recensement et l'analyse
la complexité du cheminement
savants.
de
fonctions
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rien
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La
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apportent un éclairage original
européenne. La Pologne
Etudes sur le XVIIIe siècle,
enseignée
dans
les
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de
sur le processus d'élévation
Éditions de l'Université de
avait, entre autres, le mieux
culture
française
beaucoup
au rang d'icône de ce leader
Bruxelles, 2015, 212 pages.
résisté à la crise financière et
trop
tôt...
et
pas
assez
tard.
politique commémoré dans
semblait amener à jouer un
La
religion
de
l'orthographe
Etudes
son pays comme à l'étranger,
africaines
rôle majeur dans le processus
a irrémédiablement perverti
autrefois comme à présent.
de construction européenne.
la réflexion linguistique en
Ces variations numismatiques
L'ouvrage tente d'expliquer les
même temps qu'elle étouffait
Le microet philatéliques témoignent
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ces supports figuratifs pour
après la chute du communisme. l'analyse de la propagande et
pourtant qu'un pas. Ce petit
Son originalité est de donner
livre le démontre en renversant
de l'imaginaire national - quitte
la parole exclusivement aux
à l'issue d'une démarche
à ce que cet imaginaire prenne
chercheurs polonais pour parler les contours d'un continent
simplificatrice les épouvantails
Microaux lecteurs francophones de
traditionnels
de
la
conjugaison
crédit &
- ou, plus universellement
leur pays.
et de l'accord du participe
encore, pour l'étude de
inégalités de genre
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l'hagiographie des libérateurs.
« Le micro-crédit pour les
→
Comprendre la Pologne.
→
pauvres », notamment les
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Patrice Lumumba. La
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institutions, Paczesniak Anna,
fabrication d'un héros
institutions de microfinance
Académie royale de Belgique,
De Waele Jean-Michel, Editions
panafricain, Petit Pierre,
de ces dix dernières années.
2016, 124 pages.
L'Harmattan, 2016, 290 pages.
Académie royale de Belgique,
À travers une étude de cas de
2016, 142 pages.
femmes chefs de ménage au
Anna Pacześ
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Rwanda, ce livre démontre
les raisons pour lesquelles le
micro-crédit est inaccessible à
la plupart des femmes pauvres.
Étudier un projet générateur
de revenus, effectuer les
démarches administratives
dans une institution financière,
etc. nécessite un certain
niveau de scolarisation ou
d'expérience. Outre la mise
en lumière de ces difficultés
d'accès au micro-crédit et de
leurs conséquences en termes
de pauvreté, cet ouvrage se
veut le premier à étudier le
statut des Rwandaises au
fil des temps historiques
et politiques, dans un pays
champion de la parité hommes
femmes depuis plusieurs
années déjà.
→
Le micro-crédit à l'épreuve
des inégalités de genre. La
persistance de la pauvreté
au Rwanda post-génocide,
Uwizeyimana Emeline, Éditions
L'Harmattan, 2016, 308 pages.
La science parle
à la musique
Octave, quinte, quarte, tierce,
ton, demi-ton, comma, accord,
bémol, dièse, armure, tonalité,
mode, tempérament : tous
ces éléments du solfège ont
une définition mathématique
précise que ce livre propose de
décrypter. Le fonctionnement
physique des instruments
de musique y est également
analysé pour expliquer leurs
timbres. Sur un ton résolument
pédagogique, l'auteur propose
un voyage passionnant à
la frontière entre science et
musique.
→
Des chiffres et des notes.
Quand la science parle à la
musique, Migeot Jean-Louis,
Transversale, Académie royale
de Belgique, 2015.
Wallace, plus
Darwiniste que Darwin
Alfred Russel Wallace (18231913) est l'un des plus
grands naturalistes du XIXe
siècle. Autodidacte génial,
co-inventeur de la théorie de
l'évolution, explorateur de
régions inconnues d'Amazonie
et de l'archipel malais, père de
la biogéographie, écologiste
avant l'heure mais aussi
socialiste, anticapitaliste,
antimilitariste, féministe
et donc « politiquement
incorrect » dans l'Angleterre
victorienne. Wallace est
déiste et spiritualiste : il croit
à l'existence d'un monde
des esprits, à l'existence
d'un pouvoir organisateur
surnaturel, aux fantômes
et en cela, aussi, il est
« politiquement incorrect »
pour ses collègues et amis
comme Huxley, Hooker, Darwin
qui cherchent à dégager la
science de toute contrainte
philosophique ou religieuse
et à la fonder sur des bases
rationnelles. Wallace est un
personnage fascinant sur le
plan scientifique et personnel.
Sa vie est un vrai roman !
→
Alfred Russel Wallace, plus
Darwiniste que Darwin mais
politiquement moins correct,
Reisse Jacques, Académie
royale de Belgique, 2016, 360
pages.
la région autonome chinoise
du Xinjiang, sont en effet
apparus du jour au lendemain
au coeur de l'Eurasie. Cette
transformation complète de
l'Asie centrale a ouvert à la
Chine des perspectives et
des opportunités nouvelles
en matière politique
et commerciale. Mais
parallèlement, elle a aussi
engendré des menaces et des
défis inédits pour le pouvoir
chinois, particulièrement
au regard de la sécurité de
sa région turcophone et
musulmane du Xinjiang.
Confronté à ce nouveau
contexte, Pékin a rapidement
dû adapter sa politique
interne mais aussi définir
puis mettre en place une
politique étrangère originale à
destination de ses nouveaux
voisins centre-asiatiques. Cet
ouvrage s'attache à décrire
et à analyser cette politique
étrangère, c'est-à-dire à en
exposer et à en expliquer les
déterminants, les objectifs, le
cours et les variations et enfin
les réalisations.
→
L'Occident de la Chine. Pékin
Au prisme du jeu
et la nouvelle Asie centrale
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(1991-2001),
Thierry,
cepts, pratiqueKellner
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Presses Universitaires de
S
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France,
2015,
622
pages.
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telle approche fondée sur le
jeu - chercheur, professionnel
ou étudiant -, l'ouvrage
apporte des ressources pour
enrichir la réflexion, recouper
avec d'autres pratiques et
perspectives du jeu, aider à se
faire une vue d'ensemble. À
un public plus large, intrigué
par l'omniprésence et le
caractère à la fois éclairant
et fuyant de la notion de jeu,
l'ouvrage offre un parcours de
découverte riche en surprise
et de multiples occasions de
réflexion.
→
Au prisme du jeu, ZaccaïReyners Nathalie, Mermet
Laurent, Colloque de cerisy,
Éditions Hermann, 2015, 334
pages.
| livres |
29
Communiqué de presse
Collection Colloque de cerisy
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leurs fondements, de
contextes, de leurs enjeux, de
de ces usages du jeu, de leurs
leur portée.
le jeu – chercheur,
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éclairant et fuyant de la notion
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Cet ouvrage facilite la
compréhension de la loi
du 15 juin 1935 concernant
l'emploi des langues en
matière judiciaire et guide
les juristes à travers les 150
innombrables 150 subtilités
des législations linguistiques.
À jour au 15 janvier 2015,
il intègre les adaptations
ur au Cesco (Centre des
eur à AgroParisTech et cherche
Laurent Mermet est profess
l à Paris.
C
al d’Histoire Nature
C
Muséum Nation
législatives
récentes
issues
de
sciences de la conservation) du
Recherche Scientifique à
la
de
chercheure qualifiée au Fonds
Nathalie Zaccaï-Reyners est
334 pages - 15x23 cm - 25 €
es.
la
loi
du
19
juillet
2012
portant
l’Université Libre de Bruxell
2015
réforme de l'arrondissement
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Au prisme
du: 12 jeu
ISBN : 978 2 7056 9061 8
judiciaire de Bruxelles, et
En sciences sociales comme
fournit une analyse exhaustive
dans buteurs
de multiples
contextes
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professionnels, les usages de
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méthodes fondées sur le jeu
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sciences et des arts
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qui utilisent
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Tél : 01 45 57 57 86 – Courr
ermann.fr
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extraordinairement
divers. Cet
bruxelloises,
qu'il
s'agisse
Assistance du service de presse
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ouvrage, issu d'un colloque
juridictions de fond ou de la
tenu à Cerisy en 2013,
Cour constitutionnelle.
rassemble des contributions
→
qui donnent à voir et à penser
L'emploi des langues en
toute la richesse de ces usages matière judiciaire dans
du jeu, de leurs contextes,
l'arrondissement de
de leurs enjeux, de leurs
Bruxelles, Gosselin Frédéric,
fondements, de leur portée.
Wolters Kluwer, 2015.
Au spécialiste de telle ou
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R Marie-Anne, FRIEDRICH
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MERMET Laurent, RICHAR
Rachel, CHAUMONT Jean-Mich
IER Julien, MARQUIS Nicolas,
BLANC Adrien, BRAHY
KAPP Sébastien, LANGUM
David, HAMAYON Roberte,
GOULET Olivier, GOUTX
Nathalie
S
Audrey, ZACCAÏ-REYNER
L'Occident de la Chine
La disparition de l'URSS en
1991 a totalement bouleversé
l'environnement régional
de la République populaire
de Chine, le long de sa
frontière du nord-ouest. Cinq
nouveaux États, contigus à
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
| livres |
30
impressionnant d'œuvres
artistiques complexes.
L'infanticide maternel, cet acte
incompréhensible en soi, a
toujours fasciné et répugné à
la fois, poussant la médecine
à expliquer ces actes par
des pathologies aux noms
impressionnants tels que le
« syndrome de Munchhausen
par procuration » ou la
« psychose postpartum ».
D'un point de vue artistique,
le motif connaît, du moins
depuis la Médée d'Euripide,
une longue tradition qui
s'inscrit dans la littérature
mondiale, mais aussi dans
le théâtre, le cinéma ou les
arts plastiques. Tantôt furies,
tantôt sorcières, ces mères
monstrueuses continuentelles à être considérées
comme des êtres contre
nature ou la description de
ces femmes, de leurs actes et
motivations présumées a-t-elle
changé au travers les siècles,
reflétant les changements des
représentations féminines ou
encore le traitement de faits
d'actualité ?
→
M comme mère, M comme
monstre, Andrin Muriel,
Loriaux Stéphanie, Obst
Barbara, Sextant, Éditions de
l'Université de Bruxelles, 2016,
140 pages.
Grand angle Nouria Ouali
Les rapports de domination au sein du mouvement des femmes
à Bruxelles: critiques et résistances des féministes minoritaires
Lucile Ruault
La force de l’âge du sexe faible.
Gynécologie médicale et construction d’une vie féminine
Jonathan Fernandez
Spécisme, sexisme et racisme.
Idéologie naturaliste et mécanismes discriminatoires
Salima Amari
Certaines lesbiennes demeurent des femmes
Champ libre Francis Dupuis-Déri
La banalité du mâle. Louis Althusser a tué sa conjointe,
Hélène Rytmann-Legotien, qui voulait le quitter
Parcours Raewyn Connell, sociologue et militante féministe.
Des rivages du Pacifique: politiques du genre et connaissance
Entretien réalisé par Hélène Martin
Comptes rendus Edmée Ollagnier, Marianne Modak, Martine Chaponnière,
Farinaz Fassa, Silvia Ricci Lempen, Ginevra Conti Odorisio,
Joy Charnley
Collectifs Margot Marchel, Joëlle Rebetez et Irina Inostroza
Gendering: le genre en mouvement
Hommage Sylvia Duverger
Simone Iff : Du protestantisme au féminisme (1924-2014)
ISSN 0248-4951
UXELLES
NIVERSITE DE BR
E D I T I O N S D E L’ U
Imbrication des rapports de pouvoir
Recherches féministes sur l’imbrication des rapports de pouvoir:
une contribution à la décolonisation des savoirs
N O U V E L L E S
Q U E S T I O N S
FÉMINISTES
Revue internationale francophone
IMBRICATION DES
RAPPORTS DE
POUVOIR
Vol. 34, N° 1 / 2015
NOUVELLES QUESTIONS FÉMINISTES
Volume 34, numéro 1 / 2015
Imbrication des rapports de pouvoir
Édito Hélène Martin et Patricia Roux
ANTIPODES
Pourquoi les Chinois
persistent-ils à donner à leur
écriture un statut particulier,
et ceci en dépit des avancées
de la linguistique moderne,
qui tendent à réduire cette
spécificité ? Quelle place
occupa cette technique - ou cet
art - dans la constitution et le
développement d'une culture
qui se définit en grande partie
comme « lettrée » ? Comment
s'articulent la froide pratique
du pouvoir et la puissance de
l'expression artistique dans
la constitution de ce que le
sinologue Jean-Marie Simonet
propose d'appeler « la galaxie
de l'écriture chinoise » ? Enfin,
quel rôle jouent les « signes
iconiques » dans les pratiques
de déchiffrement du monde ?
Ces questions, et d'autres
encore, sont abordées dans
ce court essai, extrêmement
pédagogique, abondement
illustré et agrémenté
d'un glossaire. Une belle
introduction à un système
d'écriture complexe mais
passionnant.
→
Puissance et pouvoirs de
l'écriture chinoise, Lauwaert
Françoise, Académie Royale de
Belgique, 2015, 124 pages.
NOUVELLES QUESTIONS FÉMINISTES
Écriture chinoise
ANTIPODES
NQF - Vol. 34, N° 1 / 2015
2015 - 32
M comme mère,
M comme monstre
monstre
INAIRE SUR LE
DE RECHERCHE INTERDISCIPL
REVUE DE LA STRUCTURE
SEXUALITE (STRIGES)
GENRE, L’EGALITE ET LA
www.editions-universite-bruxelles.be
M comme mère, M comme
de la
des mères a suscité l’intérêt
De tout temps, la monstruosité
débats éthiques, des déchaînements
société. Déclenchant les
à l’origine d’un nombre impressionnant
acte
médiatiques, elle est aussi
L’infanticide maternel, cet
d’œuvres artistiques complexes.
à la fois,
a toujours fasciné et répugné
incompréhensible en soi,
ces actes par des pathologies
de
poussant la médecine à expliquer
tels que le « syndrome
».
aux noms impressionnants
» ou la « psychose postpartum
Munchhausen par procuration
depuis la
le motif connaît, du moins
artistique,
vue
de
point
la
D’un
tradition qui s’inscrit dans
Médée d’Euripide, une longue
ou les
aussi dans le théâtre, le cinéma
littérature mondiale, mais
mères
ces
sorcières,
furies, tantôt
des
arts plastiques. Tantôt
à être considérées comme
monstrueuses continuent-elles
ces femmes, de leurs actes
de
description
la
ou
êtres contre nature
les siècles,
a-t-elle changé au travers
ou
et motivations présumées
des représentations féminines
reflétant les changements
d’actualité ?
encore le traitement de faits
2015 - 32
M comme mère,
M comme monstre
M comme mère, M
comme monstre
De tout temps, la monstruosité
des mères a suscité l'intérêt
de la société. Déclenchant
les débats éthiques,
des déchaînements
médiatiques, elle est aussi
à l'origine d'un nombre
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
Imbrication des
rapports de pouvoir
Avec ce numéro, Nouvelles
Questions Féministes propose
cinq traductions originales,
dans le but de faire connaître
des analyses féministes jugées
importantes mais qui sont mal
diffusées dans la littérature
francophone actuelle. Traitant
de thématiques différentes,
les quatre articles choisis pour
le Grand angle sont reliés par
la volonté de leurs auteures
d'expérimenter de nouveaux
outils pour comprendre les
transformations induites,
d'une part, par la montée du
néo-libéralisme et les limites
des politiques féministes
mainstream visant à y faire
face, et, d'autre part, par la
sophistication croissante de
l'analyse féministe elle-même,
nourrie par (et nourrissant) des
courants de pensée voisins tels
que les études postcoloniales
et les Queer Studies. Ce faisant,
ils montrent, chacun à leur
manière, les liens qui unissent
action et pensée féministes, et
plaident pour le renforcement
aussi bien du statut des
femmes que des analyses
intégrant une perspective de
genre au sein des instances
de décision politiques,
économiques et académiques.
→
Imbrication des rapports
de pouvoir, Mahfoudh Amel,
Delphy Christine, Roux Patricia,
Hertz Ellen, Éditions Antipodes,
2015, 160 pages.
des consensus parlementaires.
Grâce à une comparaison
originale avec la Chambre des
représentants américaine,
l'auteure dévoile les secrets de
fabrication de ces compromis.
→
Des illusions perdues ? Du
compromis au consensus au
Parlement européen et à la
Chambre des représentants
américaine, Bendjaballah
Selma, Etudes européennes,
Éditions de l'Université de
Bruxelles, 2016, 172 pages.
Témoignages écrits
de la Shoah
Du compromis
au consensus
Dans un contexte de crise
financière et économique,
les élections européennes
de juin 2014 ont exacerbé la
désaffection des citoyens à
l'égard de l'Union européenne
telle qu'elle s'est construite
jusqu'ici. Le constat n'est pas
neuf mais l'entrée en nombre
des formations eurosceptiques
à Strasbourg en juin
2014 constitue une étape
symbolique supplémentaire
dans le processus. La
représentativité des élus
est ainsi de plus en plus
essentielle à la structuration
de l'Union européenne comme
espace politique autonome.
Elle justifie l'analyse des
pratiques individuelles des
parlementaires européens.
Le présent ouvrage entend
répondre à cet impératif en
analysant le thème de la
formation des compromis et
Un récit cohérent et ingénieux
qui éclaire la nature et la
signification de la littérature
des survivants par une analyse
nouvelle et totalisante. Une
analyse d'œuvres d'art,
de musiques, de films, de
photographies, qui aide à
comprendre toutes les formes
de témoignages. Cet ouvrage
étudie, avec une attention
méthodique, les textes
publiés et les replace dans
leur contexte d'écriture et de
publication. Il développe ainsi
la pleine faculté de remémorer
la réalité de l'expérience
concentrationnaire, de
renvoyer l'écho assourdi des
cris et des espoirs des victimes
et de mesurer l'impact qu'un
vécu aussi cruel a exercé sur
le public de l'après-guerre et
produit encore de nos jours.
→
Les témoignages écrits de
la Shoah, Goldschläger Alain,
Lemaire Jacques Ch., Éditions
Racines, 2016, 320 pages.
La crise de vingt ans, 1919-1939. Une
introduction à l'étude des relations
internationales, Carr E. H. , UBlire, Éditions
de l'Université de Bruxelles, 2015, 352
pages.
Politique des limites, limites de la
politique. La place du droit dans la
pensée de Hannah Arendt, Lefebve
Vincent, Philosophie politique : généalogies
et actualités , Éditions de l'Université de
Bruxelles, 2016, 288 pages.
Giordano Bruno. Une philosophie des
liens et de la relation, Del Prete Antonella,
Berns Thomas, Philosophie politique:
généalogies et actualités, Éditions de
l'Université de Bruxelles, 2016, 168 pages.
IFRS: 500 multiple choice questions.
Question and suggested solutions,
Longerstaey Philippe, Stempnierwsky Yvan,
Wolters Kluwer, 2015, 364 pages.
The Politics of Party Leadership,
Cross William, Pilet Jean-Benoit, Oxford
University Press, 2016.
Faces on the Ballot. The Personalization
of Electoral Systems in Europe, Renwick
Alan, Pilet Jean-Benoit, Oxford University
Press, 2016, 352 pages.
Interregionalism and the European
Union. A Post-Revisionist Approach to
Europe's Place in a Changing World, Telo
Mario, Fawcett Louise, Ponjaert Frederic,
Éditions Ashgate, 2015, 486 pages.
espritLIBRE
MAGAZINE DE L’UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES
l’intelligence artificielle
comme leitmotiv
Chercheur au laboratoire IRIDIA
(ULB), Mauro Birattari vient de
décrocher un ERC Consolidator
Grant en «swarm robotics».
de la beauté
du trypanosome
L’ULB lauréate au « FEI Image
Contest » ! Ou quand recherche
scientifique, technologie de pointe
et esthétisme se rencontrent…
olivier blin
crise des réfugiés
dépasser
les frontières
The European Union and Japan, Bacon
Paul, Mayer Hartmut, Éditions Ashgate,
2015, 298 pages.
Political Science in Motion, Coman
Ramona, Morin Jean-Frédéric, Science
politique, Éditions de l'Université de
Bruxelles, 2016, 208 pages.
The Dimensions of Difference, Godart
Caroline, Rowman and Littlefield, 2016, 176
pages.
How Germany Unified and the EU
Enlarged, Tereza Novotná, Palgrave
Macmillan, 2016.
Le grand Temple de la rue du Persil à
Bruxelles, Pecheur Barbara, Warmenbol
Eugène, Timperman, 2016, 169 pages.
Simon Leys, Navigateur entre les
mondes, Philippe Paquet, Gallimard, 2016,
670 pages.
1
des actes pour l’autisme
Loin des clichés, l’autisme se révèle
multiple. Mais une constante rapproche Un rhinocéros sort du bois.
Rencontre avec le nouveau
tous les profils : la difficulté de
communiquer, de saisir les subtilités du directeur du Théâtre de Poche
langage et des interactions sociales.
The European External Action Service
and National Foreign Ministries, Balfour
Rosa, Carta Caterina, Raik Kristi, Éditions
Ashgate, 2015, 258 pages.
Religion and Politics in the European
Union. The Secular Canopy, Foret
François, Cambridge University Press, 2015,
338 pages.
BELGIQUE-BELGIE
P.P. - P.B.
1099 BRUXELLES X
Bc1587
n° 42 - Esprit librE avr. > mai 2016
dossier
| an
pÉriODiQUE - paraît
5 FOis par
À
signaler
esprit libre | AVR. - MAI 2016 | N°42
Périodique d’intérêt général
PÉRIODIQUE - PARAîT 5 FOIS PAR AN
N° d’agréation P201028
Campus du Solbosch CP 130
50, av. F.D. Roosevelt
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Éditeur responsable :
Anne Lentiez,
Département
des relations extérieures
Rédacteur en chef :
Alain Dauchot
Rédacteur en chef adjoint :
Isabelle Pollet
Comité de rédaction :
Alain Dauchot,
Nathalie Gobbe,
Anne Lentiez,
Isabelle Pollet,
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Avec la participation
pour ce numéro de :
Amélie Dogot,
Damiano Di Stazio,
Mathieu Léonard,
Laurent Licata,
Carine Maillard,
Bachar Malki,
Andrea Rea,
Antoine Roblain,
Sibylle Rocher-Barrat,
Teresa Sdralevich
Secrétariat :
Christel Lejeune
Contact rédaction :
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Esprit libre sur le Web :
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matinée
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6, de 9h à
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samedi 30olbosch - Bâtiment K
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Campus d
50 Bruxell
yl, 87a – 10
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