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Texte de Martin Mees, élève de réthorique de l'Athénée Royal d'Auderghem, Bruxelles
"Quelle science pour notre Terre?"
La science ! D’aucuns affirmeraient qu’elle représente le progrès, le phare qui guide notre monde. En
cette époque menacée par les dangers écologiques et par la montée des intégrismes, la Terre a plus que jamais besoin
de cette lueur. On ne peut néanmoins oublier les aspects négatifs que comportent les progrès scientifiques doublés
d’avancées technologiques mal maîtrisées. C’est sans doute en la nature humaine que réside la solution. Qui plus que
l’homme est à même de repenser le monde ? La science pourrait devenir l’instrument qui nous sauverait des périls
actuels, nous et notre Terre, si elle se concentrait à nouveau sur l’humain et plus particulièrement sur deux de ses
aspects : la nature de l’homme et ses limites.
D’abord, par leur nature profonde, les êtres humains sont incapables d’une totale impartialité et d’une
totale objectivité malgré leurs nombreux efforts. Nous ne sommes pas des machines. Et tenter de l’être ne pourrait que
nous nuire car nous renierions notre essence même d’individus ainsi que notre plus grande force, celle de notre
potentiel imaginatif. À l’instar des hommes, la science, pour atteindre ses objectifs, a grand besoin de sortir de ses
frontières strictement rationnelles et parfois réductrices, et de dépasser ses centres d’intérêts habituels pour les placer
dans un contexte plus humain où la raison se mêle à l’imagination et à la créativité. La raison doit limiter la raison. Dans
un espace restreint et étriqué, toute chose se sclérose et s’en va vers sa mort. Or il est vital aujourd’hui d’innover, de
créer pour nous sauver de cette impasse écologique vers laquelle nous avançons à grands pas. Peut-être la science
doit-elle être ressentie, les mondes de l’affect et de l’intellect mélangés, superposés, renforcés l’un par l’autre. Car les
inventeurs sont de cette race d’artistes à l’imagination débordante, qui saisissent notre monde de leur pinceau…Car
les scientifiques sont les héritiers d’Aristote, éclairé parmi les éclairés de ce feu qu’est la science…
Sans doute la science doit-elle également renouer avec la notion d’« humanisme », avant qu’il n’ait totalement déserté
le XXIe siècle. Où donc s’en est allée cette idée de l’humain polyvalent, comme le concevait Léonard de Vinci ? Cet idéal
qui nous plaçait au carrefour des pensées, entre lettres, philosophie, art et sciences qui fondamentalement ne forment
qu’une seule entité, le savoir par excellence, au sens étymologique du mot « science ». Si un progrès peut apparaître,
c’est à l’intersection des domaines, là où naît le génie humain. C’est à la croisée des chemins que s’obtient le juste
milieu. Ni la lumière aveuglante d’un jour écrasant de vérités, ni l’opacité d’une nuit où passions et doutes atteignent
leur comble, mais l’aube ou le crépuscule : l’heure des monarques.
La Science s’étant rendue responsable du monde, ô tâche ardue, la plus large des ouvertures d’esprit lui incombe à
elle et à ses disciples. C’est toutes les sagesses qu’il faut mettre en œuvre pour sculpter l’avenir.
Ensuite, gardons la conscience de nos limites. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »
comme le disait si justement Rabelais. Les hommes sont loin d’être parfaits et infaillibles. La science qu’ils ont
développée est donc à leur image et doit être remise en question. Les vérités enseignées à coups de théorèmes et de
démonstrations peuvent être relativisées. Qui peut se targuer de connaître la Vérité ? Qui peut prétendre avoir toutes
les réponses ? Certains me répliqueront « la science ! » avec foi, en affirmant que tout ce qu’on ne connaît pas encore,
la science le découvrira un jour. Nul ne peut contester l’importance des découvertes scientifiques, ni le bienfait qu’elles
ont engendré. Mais nul ne peut cependant nier certaines dérives, dont la bombe atomique fut le paroxysme, qui
risquent de dévorer le monde. Attention au péché d’hybris qui nous guette! Puisse cette envie que nous avons de
disséquer l’Univers ne pas causer notre perte! Rien n’est sûr de ce que nous croyons comprendre et toute
appréhension de la réalité ne saurait être que temporaire.
Pour conclure, je ne dénigre en aucun cas l’apport que fut, est et sera la science pour les hommes. Elle a
ouvert des portes et contribué à construire la société dans laquelle nous vivons. Mais pour le futur de notre Terre, la
science devrait intégrer un subtil alliage d’innovations et de limites. Pour reprendre Protagoras d’Abdère, « L’homme
est la mesure de toutes choses ». Et pour cette science en pleine expansion, les paroles du sage semblent résonner à
travers les âges, depuis la si moderne Grèce antique…
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