Sommaire Projet de recherche sur la violence

Sommaire  Projet de recherche sur la violence
Sommaire
Projet de recherche sur la violence
faite aux femmes et la réaction du
système juridique de l’Î.-P.-É.
L’équipe de recherche sur la violence faite aux femmes et
le système juridique à l’ïle-duPrince-Édouard du Centre
Muriel McQueen Fergusson pour la recherche sur la
violence familiale
Mars 2004
Sommaire -violence faite aux femmes et système juridique de l’Î.-P.-É.
1
Projet de recherche sur la violence faite aux femmes et la réaction du
système de justice de l’Î.-P.-É.
Sommaire
En 1999, 21 femmes de l’Île, qui avaient été victimes de violence dans leur relation
intime, ont accepté de participer à un projet de recherche consacré à leur histoire et à
l’amélioration de la compréhension de l’impact de la réaction du système de justice sur
les femmes qui quittent une relation de violence. Depuis, les entrevues menées auprès de
ces femmes ont été transcrites et analysées et l’information recueillie a donné lieu à la
publication du présent rapport. Par ailleurs, nous avons également fait une revue de la
littérature existante sur la violence faite aux femmes en insistant plus particulièrement sur
les recherches et études effectuées à l’Île-du-Prince-Édouard. Le fruit de cette revue de la
littérature est également présenté dans le présent rapport.
Analyse des recherches
Ce rapport résume les résultats des entrevues menées auprès de 21 femmes de l’Î.-P.-É.
ayant été victimes de violence conjugale. Les entrevues, menées en 1999, relatent des
incidents de violence faite aux femmes et de réaction du système de justice sur une
période de 10 ans, soit de 1989 à 1999.
Les trois quarts des femmes interviewées pour cette étude avaient entre 25 et 45 ans. Dixneuf (19) femmes avaient été mariées à l’agresseur, une vivait en union de fait
(concubinage) et la dernière n’avait jamais habité avec l’agresseur. Les femmes étaient
restées dans la relation en moyenne pendant 15 ans. Au total, les femmes avaient 53
enfants et la plupart de ceux-ci avaient moins de 18 ans lorsque la relation de violence a
pris fin.
Les femmes ont décrit leur agresseur comme étant dominateur et manipulateur. Elles
étaient d’accord pour dire que leur agresseur n’assumait rarement la responsabilité de ses
gestes et qu’il jetait souvent le blâme sur la victime pour les actes de violence. Les
femmes étaient également d’accord pour affirmer que leur agresseur était habile à
manipuler le système de justice en leur faveur, en particulier les policiers et les juges.
Les participantes du projet ont signalé avoir été l’objet d’une gamme variée de
comportements violents, y compris de nature émotive, physique et sexuelle, les menaces,
le harcèlement sans relâche, la négligence, les dommages à la propriété, la violence à
l’égard des enfants et des animaux domestiques et les menaces de suicide. Le tiers des
femmes ont rapporté que l’alcool était un facteur dans la violence. Plusieurs ont indiqué
que l’agresseur a continué de les traquer, de les menacer et de les agresser une fois la
relation terminée.
Les femmes ont décrit comment elles avaient été affectées par la relation de violence.
Elles ont dit avoir été craintives et déprimées, incapables de fonctionner et peu d’estime
de soi. Une fois la relation terminée, les effets du traumatisme vécu ont persisté sous
Sommaire -violence faite aux femmes et système juridique de l’Î.-P.-É.
2
forme de rappels d’images (flashbacks) et de cauchemars récurrents. Les femmes ont
également décrit l’impact de la violence sur leurs enfants. Selon elles, les enfants avaient
des comportements agressifs et de colère, des troubles de sommeil, des difficultés à
l’école et un plus grand nombre de problèmes de santé.
Les femmes interviewées ont fait part de plusieurs obstacles qui font qu’il était difficile
pour elles de quitter ou de mettre fin à la relation de violence. Parmi ces obstacles, notons
la crainte de vengeance; l’incapacité de reconnaître l’abus; le manque de connaissances
au sujet des services et du soutien disponibles ou de l’accès à ces services; l’hésitation à
abandonner la relation; les pressions de la famille ou du clergé; un sentiment
d’impuissance; le manque de confiance dans le système de justice; l’insécurité financière
et l’inquiétude relative aux enfants.
C’est la peur pour elle-même et pour leurs enfants qui a incité beaucoup des femmes à
mettre fin à la relation de violence. Pour d’autres, c’est une marque de sympathie ou de
soutien de la part d’un conseiller ou d’un proche. La plupart des femmes étaient d’accord
pour dire qu’elles auraient été incapables de mettre fin à la relation de violence si elles
n’avaient pas reçu d’aide.
Toutes les femmes interviewées pour cette étude ont signalé avoir eu des difficultés
financières une fois la relation terminée. Dans certains cas, les femmes n’avaient aucun
revenu ni soutien financier et ont dû faire une demande d’aide financière. Dans d’autres
cas, les femmes ont demandé à leur agresseur de leur verser une pension alimentaire pour
enfants, une entente de règlement ou une indemnité d’entretien, ce qui a souvent
exacerbé leur difficulté financière en raison du fardeau accru des frais d’avocat et de la
cour. Plusieurs d’entre elles ont indiqué qu’elles avaient décidé de ne pas demander de
règlement ou de paiement de soutien parce qu’elles n’avaient pas les moyens de payer les
frais d’avocat.
On a demandé aux femmes d’évaluer les services sociaux et juridiques auxquels elles
avaient eu accès. Malgré l’efficacité et l’utilité signalée pour de nombreux aspects des
services examinés, beaucoup d’entre elles étaient d’avis que les systèmes social et de
justice appuyaient généralement l’agresseur et favorisaient la revictimisation des
victimes. Les femmes interviewées pour cette étude ont suggéré plusieurs améliorations à
la réaction du système aux cas de violence faite aux femmes. Leurs suggestions portaient
le plus souvent sur la mise en place de services coordonnés pour les victimes et leurs
enfants; l’amélioration de l’application des ordonnances émises; l’uniformisation de la
réaction de la police; la création d’une aide financière pour les victimes ainsi que
l’amélioration de l’accès à l’aide juridique et aux avocats spécialisés en droit familial.
Cette recherche est représentative des femmes de l’Î.-P.-É. qui ont fait l’expérience de la
violence dans une relation. Sa valeur réside dans les récits percutants des femmes et dans
ce que ces récits nous apprennent au sujet de leur expérience avec le système de justice.
L’étude fournit des données de base sur la violence faite aux femmes et sur la réaction du
système sur une période de 10 ans, soit de 1989 à 1999. Les thèmes suivants ressortent
des récits des femmes :
Sommaire -violence faite aux femmes et système juridique de l’Î.-P.-É.
3
•
Bien qu’il ait été impossible de tracer un portrait clair de la victime typique à
partir des entrevues menées pour cette étude, les femmes ont toutes décrit les
agresseurs comme étant dominateurs, manipulateurs et refusant d’assumer la
responsabilité de leurs actions.
•
Les femmes ont décrit une gamme de comportements violents qui
systématiquement réduisaient leur estime de soi et confiance en soi. Lorsqu’elles
ont enfin mis fin à la relation, les effets de la violence ont persisté. Les femmes
estimaient également que la violence au foyer avait eu des conséquences
négatives sur leurs enfants.
•
Malgré les nombreux obstacles à leur départ, les femmes ont signalé que la peur
pour leur propre vie et pour celle de leurs enfants est souvent ce qui leur a permis
de se sortir de leur relation de violence.
•
La plupart des femmes étaient d’accord qu’elles auraient été incapables de quitter
si elles n’avaient pas reçu d’aide. Les interventions signalées comme ayant été
systématiquement utiles sont celles de la Transition House Association
(Association des maisons de transition); de Victim Services (Service d’aide aux
victimes); des médecins; des conseillers; du Rape and Sexual Assault Crisis
Centre (Centre détresse-secours en cas de viols et d’agressions sexuelles); de la
Community Legal Information Association (Association communautaire
d’information juridique); du Lawyer Referral Service (Service d’acheminement
vers un avocat) et du Women=s Network (Réseau des femmes). Les interventions
pas toujours jugées utiles ou jugées systématiquement moins utiles comprenaient
celles de la police, des Services de protection de l’enfance, du clergé, des
tribunaux, des avocats, de l’aide financière, de l’aide juridique et du Programme
d’application des pensions alimentaires et des ordonnances de garde
(Maintenance Enforcement Program).
•
Les femmes qui avaient intenté des poursuites étaient d’accord que les poursuites
avaient été très efficaces pour mettre fin à la poursuite de la violence.
•
Beaucoup de femmes estimaient que les ordonnances de non-communication à
l’endroit des conjoints violents ne sont pas efficaces parce qu’elles étaient
rarement appliquées.
•
Les femmes ont suggéré de nombreuses améliorations à la réaction du système
aux cas de violence faite aux femmes. En ce qui concerne le système de justice en
général, les suggestions les plus fréquentes visaient l’amélioration de l’accès à
l’aide juridique et à des avocats en droit familial; l’application des ordonnances
de non-communication et de soutien à l’endroit des conjoints violents;
l’amélioration de l’uniformité de la réaction policière; la mise en place d’un
soutien financier pour les victimes de violence familiale; la création d’un plus
Sommaire -violence faite aux femmes et système juridique de l’Î.-P.-É.
4
grand nombre de groupes d’entraide et de services de counseling abordables pour
les victimes et leurs enfants et enfin, l’éducation du public sur la question de la
violence familiale et de la violence faite aux femmes.
La violence faite aux femmes et le système de justice : revue de la littérature
Notre revue de la littérature a révélé une corrélation entre les expériences des femmes de
l’Î.-P.-É. et les expériences des femmes de l’extérieur de l’Île. Notamment, tant la
présente étude que d’autres recherches indiquent que les femmes qui ont connu la
violence dans leur relation continuent souvent de craindre pour leur sécurité, même après
avoir quitté le milieu violent (DeMaris et Swinford, 1996). De plus, les résultats de notre
recherche sont conformes à d’autres recherches qui indiquent une escalade probable des
incidents de violence dans le temps (Fitzgerald, 1999).
L’isolement rural de bien des femmes à l’Île et les répercussions de la violence familiale
sur les victimes créent une population qui a des besoins spéciaux par rapport à l’accès au
système de justice. Notre revue des recherches effectuées à l’Île, au cours des deux
dernières décennies, révèle que les femmes de l’Île qui quittent une relation de violence
ont des besoins nombreux auxquels le système de justice actuel ne répond pas. Les
recommandations issues des enquêtes sont extrêmement semblables peu importe le but
des études ou la période pendant laquelle les projets se sont déroulés. Par exemple, les
organismes qui se portent à la défense des femmes victimes de violence suggèrent, depuis
des années, que l’on verse une aide financière aux victimes pour les services d’aide
juridique (Reddin, 1987; McQuaid, 1991; Bradford, 1998; Nicholson, 2000; Bradford,
2001). Sauf pour quelques exceptions à l’Île-du-Prince-Édouard, notamment la mise sur
pied de Victim Services (Service d’aide aux victimes), on s’est évertué à faire des
recommandations qui ont donné peu de résultats.
Autre documentation
Nous avons préparé une série de dépliants d’une ou deux pages qui font un lien entre les
récits des femmes de l’Île ayant participé à ce projet et les recherches et l’information
existantes sur la violence faite aux femmes. Ces dépliants portent sur les sujets suivants
notamment :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Relation entre la violence faite aux animaux et la violence familiale
Violence familiale et consommation abusive d’alcool et de drogues
Violence familiale et grossesse
Répercussions sur les enfants exposés à la violence faite aux femmes
Formes de violence faite aux femmes
Violence émotive ou psychologique
Exploitation financière
Profil de l’agresseur
Relation entre la violence faite aux enfants et la violence faite aux femmes
Le cycle continu
Sommaire -violence faite aux femmes et système juridique de l’Î.-P.-É.
5
•
•
•
La violence physique
La violence sexuelle
L’isolement
Les dépliants contiennent des statistiques et de l’information sur les recherches effectuées
par d’autres sources et dont il est question dans les récits des femmes de l’Île. La
documentation est disponible en anglais et en français dans le site Web du projet à
l’adresse http://www.isn.net/~tha/womanabuseresearch.
Ce résumé est également offert en anglais et en français dans le site Web du projet.
Sommaire -violence faite aux femmes et système juridique de l’Î.-P.-É.
6
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Related manuals

Download PDF

advertising