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SCCS
CSAS
Secrétariat canadien de consultation scientifique Canadian Science Advisory Secretariat
Série des compte rendus 2002/033
Proceedings Series 2002/033
Atelier national sur les points de référence
concernant les gadidés
Ottawa, 5-8 novembre 2002
Denis Rivard et Jake Rice, Coprésidents
Pêches et Océans Canada
200, rue Kent
Ottawa (Ontario)
K1A 0E6
Février 2003
© Sa majesté la Reine, Chef du Canada, 2002
© Her Majesty the Queen in Right of Canada, 2002
ISSN 1701-1280
www.dfo-mpo.gc.ca/csas/
Atelier national sur les points de référence
concernant les gadidés
Ottawa, 5-8 novembre 2002
Denis Rivard et Jake Rice, Coprésidents
Pêches et Océans Canada
200, rue Kent
Ottawa (Ontario)
K1A 0E6
Février 2003
Table des matières
Résumé ------------------------------------------------------------------------------------------------------- 1
Introduction ------------------------------------------------------------------------------------------------- 3
Points de référence limites BSR---------------------------------------------------------------------- 4
Temps requis pour reconstitution ------------------------------------------------------------------- 6
Incertitude et évaluation du risque ------------------------------------------------------------------ 7
Stratégies de récolte ------------------------------------------------------------------------------------- 8
Zones repères de gestion des pêches -------------------------------------------------------------- 8
Règles décisionnelles relatives aux zones repères – Application de l’approche de
précaution -------------------------------------------------------------------------------------------------- 9
Considérations entourant la réouverture d’une pêche fermée -------------------------------10
Discussion --------------------------------------------------------------------------------------------------10
Annexe I : Liste des participants --------------------------------------------------------------------14
Annexe II : Cadre de référence-----------------------------------------------------------------------15
Annexe III : Ordre du jour : ----------------------------------------------------------------------------16
Résumé
Cet atelier national, organisé conjointement par les secteurs des Sciences et de la Gestion des
pêches du ministère des Pêches et des Océans, a réuni quelque 35 participants provenant de
diverses régions du pays, dont quatre représentaient le Conseil pour la conservation des
ressources halieutiques (CCRH).
Les participants ont examiné trois aspects touchant l’approche de précaution (AP) : 1) la définition des
points de référence limites; 2) la ligne de conduite à suivre pour la prise en compte des incertitudes dans un
contexte de gestion du risque; 3) les stratégies de récolte correspondant à l’approche de précaution.
Les discussions ont surtout porté sur trois stocks de morue : la morue du Nord; la morue du nord du golfe du
Saint-Laurent; la morue du sud du golfe du Saint-Laurent. L’expression « préjudice grave » a été définie
comme étant une productivité amoindrie du stock (exemple : une surpêche du potentiel reproducteur). Cinq
méthodes ont servi à estimer la biomasse du stock reproducteur (BSR) associée à une diminution du
recrutement.
On a établi des points de référence limites pour deux stocks du Golfe, et déterminé provisoirement un
niveau repère pour le troisième stock. Les estimations obtenues à l’aide de ces méthodes convergent à
80 000 t pour la BSR de la morue du sud du Golfe. Les résultats étaient plus dispersés dans le cas de la
morue du nord du Golfe, pour laquelle on a adopté une limite provisoire de 200 000 t. Les participants ont
reconnu le caractère limité des observations dans la fourchette des 100 000-200 000 t, et qu’on ne pourra
vraisemblablement pas raffiner cette estimation avant de recueillir davantage d’observations sur les
populations se situant bien à l’intérieur de cette fourchette. Selon les données actuelles, la limite de
conservation de la biomasse est certainement supérieure à 100 000 t, mais elle pourrait se révéler inférieure
à 200 000 t. Une fois que la BSR sera solidement retournée dans la plage des 100 000-200 000 t et qu’on
aura évalué la productivité du stock dans cet éventail, de nouvelles analyses pourraient révéler si le stock a
quitté la fourchette de productivité amoindrie avant que la BSR n’ait atteint 200 000 t. Pour ce qui est de la
morue du Nord, on a, en raison de la variabilité des estimations, établi un niveau repère de 150 000 t, en
convenant de calculer la limite de conservation (que l’on estime certainement plus élevée) une fois que la
BSR atteindra 150 000 t. L’actuelle biomasse reproductrice est bien inférieure à la limite provisoire pour la
morue du nord du Golfe et la morue du Nord; quand à la morue du sud du Golfe, la BSR est tout près de la
limite.
En ce qui concerne les incertitudes et le risque, il a été convenu d’évaluer le statut actuel des stocks par
rapport aux limites dans un contexte de risque. En particulier, on a convenu d’éviter les limites ci-dessus
avec une grande probabilité (p. ex. 95 % ou plus). Chaque fois que ce sera possible, les rapports sur l’état
des stocks évalueront la probabilité que la biomasse reproductrice ait atteint la limite ou se situe endessous.
Comme pour la morue du nord du Golfe, malgré le caractère limité des observations visant la morue du
Nord dans un large éventail de biomasses (entre 150 000 t et 800 000 t), il sera de plus en plus instructif de
réanalyser périodiquement les données sur le stock/recrutement pour voir à quel point la limite de
conservation convenant à ce stock dépasse réellement 150 000 t. On a également reconnu qu’il fallait
répartir la BSR parmi les frayères traditionnelles du nord-est de la plate-forme de Terre-Neuve, et qu’un
échec de la reproduction dans les principales frayères historiques serait également considéré comme une
preuve de productivité amoindrie.
Plus le stock approchera la limite de conservation, plus il sera important pour les gestionnaires de la
ressource de stopper le déclin et de reconstituer la biomasse reproductrice. Dans le même esprit, advenant
qu’un stock tombe sous la limite, il faudra que les gestionnaires donnent la priorité absolue à la
reconstitution de la biomasse reproductrice. Dans de telles circonstances, une exploitation du stock serait
considérée comme préjudiciable à la ressource.
Pour ce qui est de l’établissement de stratégies de récolte tenant compte de l’approche de précaution, il a
été convenu que de telles stratégies supposent une réduction progressive de la pêche si le stock se déplace
dans un territoire moins productif. Il faudrait établir à cette fin des repères de gestion, basés sur les
caractéristiques de productivité des stocks.
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Lorsqu’un stock est en déclin, il faudrait prendre des mesures de gestion dès que la probabilité d’atteindre le
point de référence limite est encore relativement faible; en outre, la mortalité par pêche devrait être déjà
faible lorsque la biomasse s’approche de la limite.
Les limites seront revues périodiquement à mesure que le corpus de données s’enrichira. On suggère
d’évaluer les limites à intervalles de cinq ans.
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Introduction
Du 5 au 8 novembre 2002, un atelier national a eu lieu à Ottawa, en vue d’établir des points de
référence pour la morue et les espèces apparentées. Organisé conjointement par les secteurs
des Sciences et de la Gestion des pêches du ministère des Pêches et des Océans, cet atelier a
réuni quelque 35 personnes provenant de diverses régions du pays, dont quatre représentaient le
Conseil pour la conservation des ressources halieutiques.
L’ordre du jour s’articulait autour de trois objectifs : 1) définir et établir des points de référence
limites; 2) proposer une ligne de conduite pour la prise en compte de l’incertitude dans un
contexte de gestion du risque; 3) discuter de stratégies de récolte qui soient conformes à une
approche de précaution. Pour mieux orienter les travaux et discussions préparatoires et pouvoir
cheminer concrètement, on avait inscrit cinq stocks au programme des discussions : 1) la morue
du Nord, 2) la morue du nord du golfe du Saint-Laurent, 3) la morue du sud du golfe du
Saint-Laurent, 4) la morue du Pacifique et 5) le merlu du Pacifique.
Après avoir examiné les séries de données, on a décidé de retenir les stocks de morue de
l’Atlantique pour l’établissement de points limites. Dans le cas de la morue du Pacifique, les
évaluations étaient compliquées par l’utilisation d’une relation stock-recrutement pour les
reconstructions démographiques; quant au merlu du Pacifique, la dynamique du recrutement se
révèle fort incertaine, étant caractérisée par quelques poussées occasionnelles de classes d’âge
très fortes, entourées de périodes anémiques. On a donc convenu d’élaborer et de mettre à
l’essai un gabarit pour les trois premiers stocks, qui se prêtaient davantage à l’établissement de
méthodes générales pour la fixation des points de référence.
Le Cadre fédéral pour l’approche de précaution (AP), mis sur pied par le Bureau du Conseil privé,
assujettit l’activité fédérale à une démarche de prudence interdisciplinaire (santé, ressources
naturelles, etc.). L’AP constitue un volet spécial de la gestion du risque, déclenché par trois
conditions prédéterminées :
1) Il faut prendre une décision ou une mesure.
2) Il y a un risque de préjudice grave ou irréversible.
3) Il y a une forte incertitude scientifique.
Dans le contexte des pêches, l’application du principe de précaution est habituellement
déclenchée par l’existence d’un risque de préjudice grave plutôt que par la présence d’un risque
avéré d’irréversibilité, le risque de préjudice étant généralement mesuré sous forme de surpêche
(forte mortalité par pêche) et d’effets sur la biomasse reproductrice de l’espèce concernée. Le
préjudice peut également toucher d’autres propriétés de l’espèce (p. ex. épuisement localisé de
certaines composantes ou altération d’éléments de l’écosystème), mais les participants n’ont eu
le temps que d’aborder la biomasse et le taux d’exploitation de l’espèce visée.
On a proposé « productivité amoindrie » comme définition adéquate pour « préjudice grave ».
Cela permet de fixer les limites de conservation en corrélation directe avec le risque de
productivité amoindrie. Chez les populations de poisson, la baisse de productivité est reliée à la
capacité reproductive du stock. Une productivité amoindrie peut être imputable à divers facteurs :
ralentissement de la croissance corporelle, modification du calendrier de maturation, hausse de
la mortalité naturelle, faible recrutement. En ce qui touche les limites de conservation, on s’est
tout d’abord intéressé au processus de recrutement. Dans ce cas, la baisse de productivité est
causée par le fait que la biomasse reproductrice chute à un niveau si bas qu’il fait diminuer la
probabilité de bon recrutement, ou augmenter la probabilité de faible recrutement. L’une et l’autre
situations peuvent être considérées comme une preuve concluante de préjudice grave. Les
règles décisionnelles devraient incorporer des points de référence limites, et préciser les mesures
à prendre lorsqu’on approche ou dépasse ces points. La société détermine le niveau de risque
tolérable, et il faut quantifier le risque à l’aide des « meilleures pratiques » de la science. On peut
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décider sur qui repose le fardeau de la preuve, et la situation sera évaluée au cas par cas. Dans
le contexte du MPO, le fardeau de prouver qu’il y a préjudice peut reposer sur le secteur des
Sciences, puisque le MPO a les connaissances nécessaires pour évaluer le préjudice. Les limites
de conservation doivent également être choisies par des experts techniques, à la lumière des
meilleures données scientifiques disponibles. Dans les deux cas, les initiatives sont dirigées par
des experts techniques du MPO en sciences et en gestion, mais elles devraient aussi tenir
compte de connaissances complémentaires à celles des spécialistes du MPO.
Les points de référence limites sont souvent fixés en fonction de la mortalité par pêche (F) et de
la biomasse du stock reproducteur (BSR), et les participants se sont concentrés sur les méthodes
faisant appel à ces paramètres. Les points de référence limites délimitent des zones par rapport
aux facteurs F et BSR. Des règles décisionnelles indiquent la nature de la mesure de gestion qui
s’impose dans chaque zone. Dans les règles décisionnelles, les points de référence limites pour
F visent généralement un non-dépassement des taux d’exploitation associés au rendement
durable maximum. Par conséquent, les participants à l’atelier ont mis l’accent sur les points de
référence limites de conservation pour BSR.
Les points de référence sont particuliers au régime de productivité concerné. Même si, dans cas
de F, il est particulièrement important d’évaluer le point de référence limite en regard du régime
de productivité qui a cours, afin de s’assurer que le taux d’exploitation concorde avec la
production, il en va tout autrement lorsqu’il faut considérer les implications du régime pour les
points de référence de BSR. La limite de conservation de la BSR pour un régime de faible
productivité sera vraisemblablement inférieure à celle d’un régime hautement productif. Un
abaissement du point de référence BSR, permettant à la biomasse de décliner à ces niveaux
inférieurs, pourrait empêcher une reconstitution subséquente du stock, même avec un regain de
productivité. Même en présence d’une relation inverse (où la limite de biomasse adéquate pour
un régime de faible productivité serait supérieure à celle d’un régime de forte productivité), le
stock aurait encore de la difficulté à se reconstituer après avoir atteint le point de référence
inférieur, et il demeurerait dans un état de productivité amoindrie durant un certain nombre
d’années. À tout événement, la fixation de points de référence propres au régime exigerait
l’existence de données fiables à la fois sur les régimes qui ont eu cours durant toute la série
chronologique historique et sur les régimes qui devraient se produire durant chacune des années
pour lesquelles des avis de gestion seront formulés à l’avenir au moyen des points de référence
propres au régime. De telles informations n’existent pas à l’heure actuelle, et on ne prévoit pas
en obtenir à moyen terme. Pour estimer les points de référence, nous avons donc simplement
utilisé toutes les données disponibles sur les stocks et le recrutement, ce qui nous a donné un
solide estimateur de la biomasse globale sous laquelle la productivité est amoindrie, quel que soit
le régime environnemental.
Points de référence limites BSR
Pour établir des limites de conservation, il faut deux ingrédients de base: un exposé biologique
de ce qui caractérise la limite, et une méthode de calcul permettant d’opérationnaliser cet
exposé. Diverses techniques ont été employées pour fixer de possibles points de référence
limites. Chacune de ces techniques peut avoir une certaine utilité, et chacune peut également
être critiquée dans au moins certains types d’applications. Étant donné la nature des données et
la diversité des hypothèses formulées par chaque méthode, il peut y avoir des différences
substantielles entre les résultats engendrés par chacune. Dans chaque application, l’expérience
des responsables, leur jugement et une connaissance des particularités du stock constituent des
pièces importantes de l’assise scientifique devant sous-tendre le processus de détermination des
points de référence.
Le groupe de travail a considéré trois exposés biologiques caractérisant la limite: un exposé sur
la biomasse historique à partir de laquelle une reconstitution a été observée, et deux exposés
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associés à l’identification d’une biomasse sous laquelle le recrutement sera vraisemblablement
faible:
1. La limite Brecover est le point en dessous duquel la BSR ne devrait pas entamer de rapide
reconstitution après l’arrêt de la mortalité par pêche, ou sous lequel on ignore la dynamique
du stock. Au point Brecover, la BSR se reconstituera si les conditions sont moyennes ou
favorables. Cependant, quand la BSR se situe autour de Brecover, rien ne garantit que le stock
se reconstituera en régime de productivité non favorable.
2. La limite Sb50/90 est le point sous lequel la population est peu susceptible d’engendrer un
recrutement moyen quand les conditions de survie sont bonnes durant les premiers stades
du cycle évolutif.
3. La limite SR50 représente la BSR où la population ne réussit pas, en moyenne, à produire la
moitié du maximum possible.
Pour les stocks de gadidés à l’étude, on a retenu cinq méthodes de calcul pour établir les points
de référence limites au sujet de la BSR, soit une méthode pour chacun des exposés 1) et 2) cidessus et trois méthodes pour l’exposé 3), correspondant à trois approches de détermination de
la relation stock-recrutement (S-R) :
1) Brecover : la plus faible biomasse historique à partir de laquelle le stock s’est reconstitué
facilement.
2) Sb50/90 : la BSR correspondant à l’intersection entre le 50e percentile des observations de
recrutement et la ligne de remplacement pour laquelle 10 % des points S-R sont situés
au-dessus de la ligne.
3) BH50 : la BSR où le recrutement moyen prévu correspond à la moitié du recrutement
maximum prédit par la supposition d’une relation stock-recrutement Beverton-Holt (c.-àd. le recrutement correspondant à 50 % de la valeur de l’asymptote).
4) RK50 : la BSR inférieure où le recrutement moyen prévu correspond à la moitié du
recrutement maximum prédit par la supposition d’une relation stock-recrutement de type
Ricker (c.-à-d. le recrutement équivalant à 50 % de la valeur du sommet du dôme).
5) NP50 : estimation de la plus faible BSR où le recrutement médian prévu correspond à la
moitié du recrutement maximum calculé par une analyse non paramétrique (c.-à-d. le
recrutement équivalant à 50 % du plus haut recrutement médian atteignable par toute
BSR à l’intérieur de l’éventail des observations historiques).
Après avoir vérifié individuellement les diverses valeurs Blim possibles, on pourrait comparer
celles qui auront été retenues pour avoir une idée de la certitude des avis formulés. Une
agglutination dans une région en particulier conférerait un certain sentiment de confiance. Si les
valeurs s’agglutinent en deux grappes, il faudrait invoquer des arguments secondaires pour
privilégier une grappe. Si les valeurs pour Blim se disséminent dans une vaste fourchette (par
rapport aux incertitudes individuelles), les données sembleront alors peu révélatrices quant au
degré de dépendance du recrutement sur la BSR. De nouvelles analyses ou simulations
pourraient mieux éclairer les relations, mais il faudra probablement obtenir davantage de
données sur la productivité du stock dans une vaste gamme de BSR et de conditions
environnementales. Dans de tels cas, les principes de gestion du risque nous inciteraient à
conserver la BSR au-dessus de toutes les valeurs candidates plausibles Blim, jusqu’à ce qu’il soit
possible de mieux estimer Blim.
L’application de ces méthodes aux trois stocks a donné, en ce qui concerne la BSR limite, des
valeurs relativement homogènes pour la morue du sud du Golfe (figure 1), mais largement
variables pour la morue du nord du Golfe (figure 2) et la morue du Nord (figure 3). Pour la morue
du nord du Golfe et la morue du Nord, le point de référence SR50 était très sensible à la méthode
de calcul employée pour la relation stock-recrutement, ce qui met en doute les résultats obtenus.
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En outre, dans le cas de la morue du Nord, les résultats semblent très influencés par le
recrutement exceptionnellement élevé des premières années.
Nous disposons de critères de validité de l’ajustement et d’analyses résiduelles, pour les
fonctions stock-recrutement et les facteurs de lissage. Dans les cas examinés, les limites basées
sur BH50 et RK50 n’étaient pas toujours robustes en regard de l’incertitude des données. Un
examen rapide des ajustements révèle que certains ajustements des fonctions S-R sous-jacentes
aux observations des stocks et du recrutement n’étaient pas statistiquement significatifs. Un
rééchantillonnage des données stock-recrutement ou des résidus de l’ajustement aux données
pourrait produire des distributions de probabilité pour les paramètres des courbes S-R. On
pourrait traiter de la même façon l’indice non paramétrique NP50. La méthode de Serebreyakov
présente une robustesse face à l’incertitude du modèle (puisqu’elle n’exige pas l’ajustement d’un
modèle), et elle cadrait bien avec l’ensemble des trois stocks examinés, c’est-à-dire qu’elle
donnait des estimations raisonnables par rapport aux BSR historiques et à la productivité. Une
non-stationnarité des données S-R imputable aux régimes environnementaux occasionnerait des
problèmes pour toutes les méthodes, par exemple si tous les points situés au-dessus de la ligne
d’une reconstitution à 90 % provenaient d’un régime antérieur.
Pour la morue du sud du Golfe, la meilleure estimation du point de référence limite était une BSR
de 80 000 t. Pour la morue du nord du Golfe, cette limite était estimée à 200 000 t. Cependant,
étant donné la pauvreté des données sur les recrutements prévus dans la gamme des 100 000200 000 t (puisque le stock a traversé très rapidement cette fourchette), cette estimation de
200 000 t demeure temporaire et pourrait être révisée à la baisse lorsqu’on acquerra de
nouvelles données. Cependant, d’ici à ce que le stock se soit bien rétabli dans la fourchette des
100 000-200 000 t, on ne pourra vraisemblablement pas définir plus précisément la valeur. En ce
qui touche la morue du Nord, il a été impossible de fixer avec précision une limite, en partie parce
que les données historiques S-R ne permettent pas de définir avec précision les pics de BH50 et
RK50. Cependant, on reconnaît que la limite de conservation doit être supérieure à 300 000 t.
Quand la BSR approchera les 150 000 t, on pourra alors examiner les données et tenter de voir
si elles s’avèrent plus révélatrices quant à la limite de conservation appropriée (compte tenu de
toutes les connaissances accumulées jusqu’alors).
Temps requis pour reconstitution
Le « temps requis pour reconstitution » n’a pas été retenu comme mesure primaire de préjudice
grave, puisqu’il est fortement influencé par les variations de productivité globale et par ce qu’on
entend par « état reconstitué ». On le considère toutefois comme une façon de contrevalider les
résultats des cinq autres méthodes employées. Dans ce contexte, on estime qu’un intervalle de
deux générations représente une période de reconstitution raisonnable, l’application des mesures
correctrices (réductions de TAC, gestion spatiale, etc.) étant suivie d’une rapide réaction
démographique positive. Les rythmes de reconstitution ont été déterminés au moyen de
projections démographiques qui, eu égard aux limites de conservation, devaient logiquement
intégrer une relation stock-recrutement.
On a présenté trois estimations du temps requis pour une reconstitution effectuées au moyen de
modèles différents, qui ont tous fait appel à des relations stock-recrutement non paramétriques.
Ces estimations sont généralement compensatrices en situation de faible biomasse, puisque ces
modèles ne comprennent pas un passage par l’origine. Dans une simulation concernant la morue
du nord du Golfe, la reconstitution était piégée dans un régime de faible productivité
(recrutement).
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Incertitude et évaluation du risque
Les « évaluations du risque » et les « tampons » sont à la fois des moyens de prendre en compte
les incertitudes inhérentes aux évaluations de stock et aux systèmes de gestion des stocks, un
élément essentiel d’une saine gestion du risque et un aspect clé de l’approche de précaution. Les
tampons ont pour effet d’assurer la prise de mesures de conservation avant l’atteinte de la limite.
On compare l’efficacité relative des diverses mesures de gestion possibles en comparant l’état
résultant de la ressource par rapport au point de référence. Il est donc pertinent d’avoir une
incertitude à la fois dans l’estimation de l’état de ressource et dans l’estimation du point de
référence.
Comme l’illustre la démarche employée ici pour estimer Blim, la détermination des points de
référence nécessite normalement une comparaison entre les résultats produits par divers
modèles, une connaissance de la situation propre au stock et une dose de jugement. En outre,
comme les modèles décrivant la dynamique de la productivité expliquent rarement de façon
convaincante la variation entre les observations, il faut considérer plusieurs modèles concurrents.
Dans un tel cas, la principale incertitude est celle relative au jugement porté sur les lacunes des
modèles, et il n’est pas particulièrement utile d’avoir une estimation sur l’incertitude découlant de
l’un ou l’autre modèle. L’incertitude de l’estimation s’exprime plutôt entièrement dans les
utilisations que l’on fait des points de référence à des fins de gestion du risque, une fois qu’ils ont
été choisis. Par conséquent, les points de référence sont considérés comme des constantes
prescrites, basées sur la prise en compte et l’évaluation raisonnée d’une diversité de techniques
concurrentes.
Normalement, les évaluations périodiques servent à déterminer l’état actuel d’un stock en regard
des points de référence, et ce d’une manière probabiliste ou fondée sur le risque. Habituellement,
les incertitudes inhérentes à de telles évaluations sont imputables à des incertitudes d’estimation
ou à des erreurs aléatoires dans les données, et non pas à une mauvaise spécification du
modèle ou à des erreurs systématiques dans les données. Selon le cadre temporel d’évaluation
du risque, il peut ou non y avoir incertitude quant aux états futurs de la nature, p. ex. le
recrutement ou la croissance corporelle. L’expérience accumulée jusqu’à maintenant et diverses
études de simulation nous apprennent qu’on sous-estime généralement l’incertitude entourant les
projections à plus long terme.
On dispose déjà d’évaluations explicites du risque pour de nombreux stocks. Souvent, on peut
exprimer le risque sous forme de probabilité que la biomasse reproductrice chute en dessous
d’une valeur prescrite ou continue de décliner, pour divers scénarios de capture. Quand on
dispose d’évaluations du risque, on peut obtenir directement l’effet « tampon » en pratiquant une
gestion fondée sur l’aversion au risque au sujet de la limite de conservation, au lieu d’élaborer
concrètement des tampons explicites. Le MPO ne s’est actuellement pas doté de politique sur le
degré d’aversion au risque à respecter, mais des tolérances de 5 % ou 10 % sont appliquées
ailleurs.
Même si l’estimation statistique de l’incertitude est un outil important, il est impossible de
quantifier toutes les sortes d’incertitude. Il faut donc garder à l’esprit cette mise en garde
lorsqu’on examine les résultats; autrement dit, les risques réels associés aux choix de gestion
seront immanquablement plus élevés que les risques calculés par les analyses quantitatives.
Dans toute la mesure du possible, la méthode employée pour calculer l’incertitude de l’estimation
ne doit postuler que peu d’hypothèses sur la distribution des erreurs spécifiques, ou bien opposer
une solide robustesse face à cette spécification.
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Stratégies de récolte
Dans la conception des stratégies de récolte, il faut s’assurer de pouvoir gérer et conserver à un
très faible niveau le risque qu’un stock atteigne sa limite de conservation. Autrement dit, il faut
voir à éviter les limites de conservation des BSR avec un fort degré de probabilité. Les stratégies
de récolte visent également à préserver la productivité de la ressource en tenant F à un niveau
modéré. Considérant le caractère limité de la ressource halieutique exploitable, il est essentiel de
définir clairement les niveaux d’exploitation ainsi que les règles décisionnelles. Si l’on y arrive et
que les règles sont bien observées, alors la probabilité est très élevée que le stock augmente audelà de la limite de conservation.
Dans la formulation des règles décisionnelles, il peut s’avérer nécessaire de considérer les
aspects sociaux et économiques, en plus du volet conservation comme tel. Voici les facteurs
importants qui influent sur les mesures de gestion et/ou de contrôle des activités de récolte :
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état et productivité du stock
capacité relative de la flottille
structure économique de la flottille (dette, incitations structurelles comme l’admissibilité à
l’assurance-emploi, analyse coûts/revenus, etc.)
relation entre le nombre de bateaux/pêcheurs/lieux de débarquement et l’intensité de la
vérification (agents des pêches et équipement, Programme de surveillance à quai,
observateurs)
coûts de la gestion et de la vérification des opérations de pêche par rapport à la valeur
au débarquement
type de gestion des pêches (quotas transférables individuels ou quotas individuels ou
pêche concurrentielle)
éthique de conservation de la flotte
volumes de poisson nécessaires pour satisfaire les besoins en prises accessoires des
autres pêches
quantités nécessaires pour satisfaire aux droits et/ou aux besoins des autochtones
(pêches alimentaires, accès commercial)
quantités nécessaires pour satisfaire aux besoins de surveillance scientifique.
Selon une méthode conceptuelle mise au point par le secteur de la Gestion des pêches, les
caractéristiques des flottilles de pêche se prêtent davantage à une réduction échelonnée des
quotas de pêche qu’à une réduction constante ou linéaire, quand on approche de la limite de
conservation.
Zones repères de gestion des pêches
Du point de vue de l’accès, il est utile de définir des zones repères de gestion pour certaines
pêches, ce qui permet de formuler des règles décisionnelles claires, décrivant la façon dont les
quantités de poisson disponibles peuvent combler divers besoins. Par exemple, le barème
suivant s’échelonne entre une interdiction de pêche et la pratique d’une pleine pêche
commerciale :
Zone de surveillance – bien en-dessous de la limite de conservation
• Mortalité par pêche strictement limitée aux activités approuvées de surveillance
scientifique. La mortalité par pêche sera relativement constante, à un niveau
extrêmement faible. Aucun volume important de prises accessoires ne sera
permis pour les autres pêches.
Zone de prises accessoires accidentelles – sous la limite de conservation
• Mortalité par pêche supplémentaire limitée aux prises accidentelles, pour
permettre la pratique d’autres pêches dirigées lorsque les captures accessoires
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sont peu importantes et qu’on a pris toutes les mesures raisonnables pour
réduire ces dernières.
•
La mortalité par pêche sera variable, depuis un plafond jusqu’à un niveau très
faible.
Zone de prises accessoires
• Mortalité par pêche supplémentaire limitée aux prises accessoires normalement
effectuées dans d’autres pêches dirigées, sans plafond précis.
•
La mortalité par pêche est faible, et les prises varient selon la biomasse du
stock visé et la biomasse des stocks des espèces à pêche dirigée.
Zone de pêche normale
• La mortalité par pêche supplémentaire dépend de la pratique de pêches
commerciales/sportives, elle est limitée par un TAC et définie par les
caractéristiques ci-dessus.
•
Au-dessus de ce point, la mortalité par pêche serait tenue à un niveau modéré
et l’on pourrait adopter une approche graduelle pour modifier les TAC.
Règles décisionnelles relatives aux zones repères – Application de l’approche de précaution
Le passage de l’une à l’autre des zones-repères ci-dessus suppose la mise en place d’une
importante série de mesures de gestion des pêches visant à modifier la mortalité par pêche du
stock et à créer un important point d’inflexion dans la relation captures/biomasse. Tout
mouvement inter-zones doit être guidé par une série prédéterminée de décisions, pouvant être
formulées pour chaque stock en particulier. On propose d’asseoir ces zones et les points
d’inflexion sur le statut des stocks et le régime de productivité, sur les paramètres susmentionnés
de contrôle des prises et sur les cibles visées par les pêches.
Quelques caractéristiques du statut des stocks :
• Abondance
• BSR
• Taux de mortalité
Quelques caractéristiques du régime de productivité :
• Recrutement
• Taux de croissance
• Indice de condition
• Âge à la maturité
• Répartition géographique
Quelques caractéristiques des règles décisionnelles :
• Les taux de capture doivent augmenter plus lentement qu’ils ne déclinent.
• Pour hausser les prises au-delà d’un point d’inflexion, il faut démontrer que le
statut du stock et le régime de productivité sont tous deux positifs.
• Les règles décisionnelles doivent reposer sur l’atteinte d’objectifs prédéterminés.
• En situation de faible biomasse reproductrice, tenir la mortalité par pêche à un
niveau modéré et promouvoir la reconstitution.
Ce cadre a été discuté dans un sous-groupe, mais les participants n’ont pas fixé de seuils
d’action précis (repères de gestion) au sujet des trois stocks de morue discutés. On a abordé le
cadre conceptuel, et fixé des pistes d’action à approfondir. En général, il est impossible de fixer
des règles fermes et définitives de contrôle des prises sans consulter les parties prenantes.
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Considérations entourant la réouverture d’une pêche fermée
Il a été convenu d’appliquer les mêmes critères à la réouverture d’une pêche qu’à sa fermeture.
On n’a pas proposé de fixer une hystérèse explicite (point de référence pour l’ouverture supérieur
à celui déclenchant la fermeture). Cependant, on a souligné qu’une modification des facteurs
touchant la production, spécialement le recrutement, pourrait introduire une hystérèse.
Les discussions ont surtout porté sur l’imposition d’une limite basée sur la BSR, mais si l’on
obtenait un paramètre plus révélateur, il faudrait l’appliquer. De tels paramètres, par exemple le
potentiel reproducteur, pourraient fort bien faire émerger une hystérèse quant à la biomasse.
Autrement dit, advenant qu’un régime ait changé durant ou après le déclenchement d’une
fermeture, une biomasse plus abondante pourrait s’avérer nécessaire à la production du même
potentiel reproducteur. D’autres paramètres (taille, structure par âge du stock, taux de
maturation) constituent de bons candidats comme facteurs dépendant du régime. En outre, une
modification des taux de croissance ou des taux de mortalité naturelle pourrait également affecter
le délai de reconstitution, ce qui pourrait modifier les taux de mortalité par pêche dans un cadre
de gestion du risque.
Étant donné la difficulté de prédire la durée d’un régime, on peut avoir de la difficulté à définir
précisément ce qu’on entend par état reconstitué. La direction de la trajectoire du stock pourrait à
elle seule être utile. Cependant, des études menées pour d’autres stocks (Conseil international
pour l'exploration de la mer) laissent croire que la présence d’incertitudes de gestion ou une
« erreur d’application » pourraient constituer des obstacles critiques à la reconstitution. Il faudrait
quantifier ces risques chaque fois que l’on envisage de réouvrir une pêche.
Enfin, on a souligné que la stratégie de pêche devrait être conçue de façon telle que les pratiques
de pêche ne puissent prolonger ni exacerber un régime non productif. En outre, tout changement
dans la structure ou dans la dynamique du stock en période de faible abondance pourrait faire en
sorte que le délai de reconstitution soit beaucoup plus long que la période de baisse de la
productivité.
Discussion
Même si une vaste amplitude de BSR peut occasionner un faible recrutement, la probabilité de
faible recrutement s’accroît substantiellement avec la diminution de la BSR pour tous les stocks
étudiés, sauf le merlu du Pacifique, pour lequel aucune tendance en ce sens n’a été observée.
Pour les trois stocks étudiés en détail, il faudrait maintenir la BSR à des niveaux beaucoup plus
élevés qu’actuellement, pour que la probabilité de faible recrutement demeure basse.
Idéalement, il faudrait comparer d’un stock à l’autre les points de référence limites, pour en
évaluer la conformité avec la dynamique du stock. Les limites devraient « cadrer » adéquatement
(présenter une certaine cohésion d’un stock à l’autre compte tenu de leur productivité) et être
robustes (insensibles à de légères modifications dans les données d’entrée). À l’heure actuelle,
cependant, nous avons peu d’expérience dans l’exécution de telles comparaisons (métaanalyses). Néanmoins, pour les trois stocks examinés, la limite Sb50/90 était raisonnablement bien
cadrée d’un stock à l’autre. Le cadrage de Brecover est moins satisfaisait, peut-être parce que les
limites basées sur cette méthode étaient influencées par le degré auquel les reconstitutions
antérieures résultaient de circonstances particulières. Il en va de même pour RK50, BH50 et NP50,
où les comparaisons inter-stocks étaient compliquées par la grande hétérogénéité de l’évaluation
de l’ajustement (voir ci-dessus).
En résumé, cinq méthodes ont été retenues pour définir les points de référence limites de ces
stocks. Une des cinq méthodes repose sur le plancher historique de la biomasse à partir duquel
on a déjà observé une reconstitution. Les quatre autres méthodes cherchent à déterminer le
Page 10
niveau de BSR sous lequel le recrutement est susceptible d’être faible. Une autre méthode,
fondée sur le délai de reconstitution, a été proposée comme mécanisme de validation des
résultats. Étant donné la nature des données et les hypothèses des méthodes, ces dernières
peuvent générer des résultats extrêmement variables pour un stock donné. Voici quelles étaient
les meilleures estimations de la limite de la biomasse reproductrice pour les trois stocks à
l’étude :
•
Les valeurs étaient relativement semblables pour la morue du sud du Golfe, mais elles
s’avéraient plus variables pour la morue du Nord et de la morue du nord du Golfe. En ce qui
touche la morue du sud du Golfe, la meilleure estimation de la limite était une BSR de
80 000 t. Pour la morue du nord du Golfe, on évaluait cette limite à 200 000 t, en
reconnaissant la faiblesse des données pour la fourchette des 100 000-200 000 t.
Cependant, d’ici à ce que le stock soit demeuré pendant au moins quelques années bien à
l’intérieur de cette fourchette, il sera impossible d’évaluer quelle BSR suffirait à garder peu
élevé le risque de faible recrutement. Une fois que la BSR sera solidement retournée dans
l’éventail des 100 000-200 000 t et qu’on aura estimé la productivité du stock à ces
biomasses, de nouvelles analyses pourraient indiquer si le stock était sorti de la plage de
productivité amoindrie avant que la BSR ait atteint les 200 000 t.
•
Pour la morue du Nord, il a été impossible de fixer une limite pour la BSR. Cependant, il est
clair que la limite associée à un recrutement amoindri serait supérieure à 300 000 t. En outre,
les regroupements de géniteurs devraient être largement répartis dans la zone hauturière
avant qu’il ne soit probable que le recrutement cesse d’être affecté. Lorsque la BSR
approchera les 150 000 t, on pourra alors réexaminer les données et revoir le jugement porté
à savoir si elles sont suffisamment révélatrices pour étayer la fixation d’une limite de
conservation. Dans la négative, on disposerait à tout le moins d’assez d’informations pour
fixer une nouvelle cible de BSR repère, tout en veillant à recueillir de nouvelles données sur
la dynamique de la productivité des stocks.
•
Ces méthodes ont généralement été jugées appropriées à l’égard de tous les stocks pour
lesquels on dispose de séries chronologiques sur le stock et le recrutement. Même si
certains stocks peuvent présenter les types de difficultés caractérisant la morue du nord du
Golfe (vaste plage de BSR dont on connaît peu la productivité potentielle) et le merlu du
Pacifique (séries chronologiques dominées par un très petit nombre de recrutements très
élevés), ces méthodes permettent à tout le moins d’explorer les limites des BSR pour
beaucoup d’autres stocks.
•
On réexaminera périodiquement ces limites à mesure qu’augmentera le corpus de données.
On propose de réévaluer ces limites à intervalles de cinq ans.
La fixation de points de référence limites concernant la biomasse et la mortalité par pêche ne
suffisent peut-être pas à appliquer adéquatement un cadre de précaution. Lorsqu’il s’agit d’établir
s’il y a préjudice grave, il faut considérer d’autres aspects, même non quantitatifs, notamment la
perte de composantes reproductrices, la structure par âge, la production et la diversité génétique.
On recommande d’évaluer ces facteurs au cas par cas, d’ici à ce qu’ils puissent être évalués
systématiquement.
La figure 4 illustre la relation entre les points de référence limites pour la gestion des pêches et
les points de référence associés aux mesures visant les espèces en péril. Ces données
proviennent d’un rapport de la FAO sur la CITES (Convention sur le commerce international des
espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) auquel J. Pope et J. Rice ont
contribué, et qui place les points de référence limites dans un contexte élargi de gestion du risque
(FAO Fisheries Circular 954, 2000). Soulignons que les points de référence limites pour la
gestion des pêches sont de plusieurs ordres de grandeur supérieurs à la biomasse associée aux
espèces menacées ou en danger de disparition.
Page 11
Recrues (millions)
BH50
Sb50/90
350
RK50
300
Brecovery
Np50
250
200
150
100
50
0
0
100
200
300
400
500
BSR (milliers de tonnes)
Figure 1: Points de référence limites pour la morue du sud du Golfe (4TVn)
Recrues (milliers)
250000
BH50
Sb50/90
Brecovery
RK50
NP50
200000
150000
100000
50000
0
0
100000
200000
300000
400000
500000
BSR (t)
Figure 2: Points de référence limites pour la morue du nord du Golfe (3Pn4RS)
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Recrues (milliers)
Brecovery
Sb50/90
1500000
BH50
NP50
RK50
1000000
500000
0
0
500000
1000000
1500000
2000000
2500000
BSR (tonnes)
Figure 3: Points de référence limites pour la morue du Nord (2J3KL)
Figure 4: Points de référence dans le contexte d’une gestion prudente et de la CITES. Les points de
référence limites des BSR se situent à la bifurcation entre une gestion fonctionnelle et une gestion de crise
des pêches. Pour plus d’information sur l’application de la CITES dans le contexte canadien, se reporter au
document du CSEMDC. (Figure tirée de FAO Fisheries Circular 954, 2000)
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Annexe I : Liste des participants
Atelier national sur les points de référence concernant les gadidés
Participants :
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
21.
22.
23.
24.
25.
26.
27.
28.
29.
30.
31.
32.
33.
Annand, Chris – MPO Maritimes – GP
Bevan, David – MPO RCN – GP *
Cadigan, Noel – MPO Terre-Neuve - Sciences
Castonguay, Martin – MPO Québec - Sciences
Chapman, Bruce – CCRH
Chouinard, Ghislain –MPO Golfe Sciences
de March, Larry –MPO C&A - GP
Duplisea, Daniel –MPO Québec - Sciences
Fréchet, Alain –MPO Québec - Sciences
Fu, Caihong –MPO Pacifique - Sciences
Gavaris, Stratis –MPO Maritimes - Sciences
Gillis, Dave –MPO RCN - Sciences
Hébert, Réjean –MPO Golfe - GP
Kristmanson, James –MPO RCN - Sciences
Labonté, Serge –MPO RCN – Sciences *
Lane, Dan –CCRH Université d’Ottawa
Lilly, George –MPO Terre-Neuve - Sciences
MacDonald, Al –MPO Pacifique - GP
Maguire, Jean-Jacques –CCRH
Mashal, O’Bai –MPO RCN – Sciences *
McQuinn, Ian –MPO Québec - Sciences
Mohn, Bob –MPO Maritimes - Sciences
O’Boyle, Bob –MPO Maritimes - Sciences
Perry, Jaqueline –MPO Terre-Neuve - GP
Pope, John –CCRH
Rice, Jake –MPO RCN - Sciences
Rivard, Denis –MPO RCN - Sciences
Russell, Roy –MPO Terre-Neuve - GP
Shelton, Peter –MPO Terre-Neuve - Sciences
Sinclair, Alan –MPO Pacifique - Sciences
Vermette, Michel –MPO GP
Vienneau, Rhéal –MPO Golfe – GP
Watson-Wright, Wendy, MPO NCR - SMA Sciences *
* Présence partielle
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Annexe II : Cadre de référence
Atelier national sur les points de référence concernant les gadidés
Ottawa, 5 au 8 novembre (jusqu’à midi) 2002
Comité directeur :
G. Chouinard, S. Gosselin, J. Kristmanson, B. O’Boyle, J. Rice, D. Rivard, P. Shelton, A.
Sinclair, M. Vermette
Endroit : Hôtel Lord Elgin, Ottawa
Modalités :
Deux ateliers parallèles :
ƒ un atelier dirigé par la Gestion des pêches sur les points de référence et les règles
décisionnelles en matière de gestion;
ƒ un atelier dirigé par le secteur des Sciences sur les points de référence pour la
conservation et sur la prise en compte des incertitudes et du risque.
Séances inaugurales conjointes : sur le(s) cadre(s) et les données.
Séances séparées : style de travail, méthodes d’analyse, estimation des valeurs
candidates pour les points de référence.
Séance conjointe de mi-parcours sur les progrès réalisés et les problèmes rencontrés.
Séance de clôture conjointe sur les résultats obtenus.
Points de mire :
Au sujet des gadidés :
o Principaux stocks : morue du Nord, morue du nord du Golfe et du sud du Golfe,
merlu du Pacifique, morue du Pacifique.
o Autres stocks de gadidés, selon les participants (à déterminer)
Au sujet des approches méthodologiques :
o Nécessité d’asseoir sur une assise analytique systématique la détermination des
points de référence pour la conservation et la quantification de l’incertitude.
o Nécessité de baser les méthodes d’analyse sur des fondements biologiques et
statistiques.
o Nécessité de fixer des orientations claires sur les liens unissant les traitements
analytiques de l’incertitude aux règles décisionnelles pour assurer la prise de
décisions basées sur une aversion au risque, que ce soit par l’utilisation de
points de référence « tampons/approche de précaution » ou par d’autres
mécanismes.
o Il faudrait avoir un énoncé clair concernant les (éventuelles) limites sur la
généralité des bases d’analyse, et sur la conduite à suivre pour les cas qui
débordent les limites générales.
Au sujet des points de référence :
o Nécessité de produire des points de référence candidats pour la conservation de
tous les principaux stocks, et pour le plus grand nombre possible d’autres stocks
compte tenu du temps disponible.
o Il serait bon de proposer des points de référence candidats et des règles
décisionnelles pour la gestion.
Page 15
Annexe III : Ordre du jour :
Journée 1 :
Revue des principaux concepts sous-tendant les points de référence limites :
(Shelton, Rice, Cadigan, Gavaris, Mohn)
Point de référence limite pour la conservation (point de préjudice grave)
Évitement avec « forte probabilité »
« Actualité » des points de référence (BSR, F, possibilité d’autres points,
reconnaissance du besoin d’homogénéité).
Revue des concepts-clés de l’incertitude
Quelles sources d’incertitude doivent être considérées? (Défalquer
l’incertitude des résultats des évaluations, ou bâtir l’incertitude à partir de
ses composantes)
Rôle de l’incertitude et de la gestion du risque (approches déclenchant la
prise de mesure avant l’atteinte de la limite de conservation)
Expérience jusqu’à maintenant :
Morue de 4X et aiglefin (O’Boyle et Lane)
Cadre scientifique – pour chaque stock clé :
(Chouinard, Fréchet, Fu, Shelton, Sinclair)
Données-clés (recrutement, BSR, tendances des captures, schémas RBSR
Point de vue de l’évaluateur sur les limites de conservation, sources et
ampleurs des incertitudes-clés, définition de productivité « amoindrie ».
Cadre de gestion – pour chaque stock-clé, le point de vue du gestionnaire sur :
(Vermette et coll.)
Points de référence cibles pour la gestion
Règles décisionnelles (ou pour le contrôle des prises)
Repères de gestion [p. ex. dans le contexte de l’approche en escalier]
Tolérances au risque
Journée 2 :
Séances de travail distinctes du secteur des Sciences et de celui de la
Gestion des pêches
Journée 3 :
Matinée : séance conjointe – rapport d’avancement
Après-midi : séance de travail suivie d’une plénière sur :
l’approche de précaution et le cadre de gestion pour les stocks clés;
(Chouinard, Fréchet, Shelton, Sinclair)
l’approche de précaution et le cadre de gestion pour les autres stocks
(participants choisis).
Journée 4 :
Matinée (seulement) : séance récapitulative
Principes et méthodes pour :
L’établissement des limites de conservation
La quantification de l’incertitude et du risque
La gestion du risque – gestion explicite vs tampons ou points de
précaution
Établissement de cibles de gestion
Application de règles décisionnelles formelles
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Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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