Le compte d’épargne libre d’impôt Ottawa, Canada Le 24 février 2015

Le compte d’épargne libre d’impôt  Ottawa, Canada Le 24 février 2015
Le compte d’épargne libre d’impôt
Ottawa, Canada
Le 24 février 2015
www.pbo-dpb.gc.ca
Le compte d’épargne libre d’impôt
Le directeur parlementaire du budget (DPB) a pour mandat de présenter au Parlement une
analyse indépendante sur l’état des finances de la nation, sur le budget des dépenses du
gouvernement, ainsi que sur les tendances de l’économie nationale et, à la demande de tout
comité parlementaire ou de tout parlementaire, de faire une estimation des coûts de toute
proposition concernant des questions qui relèvent de la compétence du Parlement.
Produit par : Trevor Shaw*
__________________________________________________________________________________________
*L’auteur remercie ses collègues du DPB pour leurs conseils et leurs contributions. Pour de plus amples
renseignements, prière de communiquer avec Mostafa Askari (mostafa.askari@parl.gc.ca).
i
Le compte d’épargne libre d’impôt
Table des matières
Résumé ................................................................................................................................................... iii
Comment le CELI affectera le solde budgétaire du gouvernement? ......................................... iii
Qui en bénéficie? ....................................................................................................................... iii
Quelles seraient les conséquences si le plafond annuel du CELI était doublé? .......................... v
1
Introduction ................................................................................................................................. 2
2
Méthodologies et principales hypothèses .................................................................................... 2
Calculs des avantages fiscaux ..................................................................................................... 2
Hypothèse n° 1 – Rendement des investissements et nature des actifs .................................... 4
Hypothèse n° 2 – Taux d’utilisation ............................................................................................ 6
Hypothèse n° 3 – Taux d’imposition ........................................................................................... 8
Hypothèse n° 4 – Comportement induit et sources des cotisations .......................................... 9
Hypothèse n° 5 – Entité fiscale ................................................................................................. 10
Calculs des avantages liés aux transferts .................................................................................. 11
3
Incidences financières ................................................................................................................ 11
4
Analyse de répartition................................................................................................................ 14
Répartition selon le revenu ...................................................................................................... 14
Répartition selon la valeur nette .............................................................................................. 16
Répartition selon l’âge .............................................................................................................. 18
5
Analyse de scénarios .................................................................................................................. 21
Scénario des droits de cotisation .............................................................................................. 21
Scénario du plafond de cotisation de 100 000 $ au CELI .......................................................... 23
Scénario des taux d’utilisation .................................................................................................. 25
Scénarios des rendements ........................................................................................................ 26
Annexe A – Comparaisons internationales avec les comptes d’épargne libre d’impôt du Canada .......... 28
Annexe B - Transferts ............................................................................................................................. 30
Annexe C – Comparaison des estimations financières du DPB et de Finances Canada............................ 32
Annexe D – Classification des quintiles du revenu et du patrimoine financier ....................................... 33
ii
Le compte d’épargne libre d’impôt
programmes, qui progressent généralement en
parallèle avec le PIB et qui font l’objet d’un
examen parlementaire périodique. Comme
toutes les dépenses fiscales, le CELI ne fait pas
l’objet d’un examen périodique.
Résumé
Le programme Compte d’épargne libre d’impôt
(CELI) a débuté en 2009. Il profite aux cotisants
en excluant les revenus de placements tirés du
CELI des calculs de l’impôt sur le revenu et des
calculs des transferts fédéraux et provinciaux.
Selon les règles actuelles, les droits de
cotisation à un CELI s’accumulent tous les ans
pour les particuliers de 18 ans ou plus, de sorte
que le DPB prévoit que les droits de cotisation
passeront de 1 000 milliards de dollars en 2015
à 9 000 milliards de dollars en 2070.
Figure A-2
Incidence financière à long terme du CELI
% du PIB
2010
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
-0,3
-0,4
-0,4
-0,4
-0,2
-0,2
0,0
-0,1
-0,1
0,0
-0,2
-0,3
La majoration des droits de cotisation au CELI
élargit l’assiette libre d’impôt, ce qui alourdit
l’incidence financière du programme CELI
(exprimée comme proportion des budgets
fédéraux et provinciaux), en plus d’altérer la
distribution des avantages au profit des
ménages au revenu/patrimoine le plus élevé 1.
-0,2
-0,1
-0,3
-0,1
-0,4
-0,5
-0,2
Provinces
-0,2
Gouv. fédéral
-0,6
Comment le CELI affectera le solde budgétaire
du gouvernement?
Source :
En 2015, le DPB prévoit que l’incidence
financière du CELI sera de 1,3 milliard de
dollars, ce qui représente 0,06 % du produit
intérieur brut (PIB). Les deux tiers du coût, 860
millions de dollars, seront assumés par le
gouvernement fédéral, et tiers restant (430
millions de dollars), par les provinces
(figure-A-1).
Qui en bénéficie?
Le DPB estime que le programme CELI est dans
l’ensemble régressif. Il avantage surtout les
ménages âgés à revenu ou à patrimoine élevé.
Les gains liés au CELI pour les ménages à faible
revenu représentent de la moitié au quart de
la médiane de 2015 à 2080.
En 2015, le programme CELI est encore
relativement nouveau, et une large gamme de
ménages ont la capacité financière d’y cotiser.
C’est pourquoi les gains sont distribués de
manière relativement équilibrée entres les
groupes de revenu, d’autant plus que les
ménages à revenu faible à moyen touchent
une combinaison de gains d’impôt et de
transfert.
Figure A-1
Incidence financière à moyen terme du CELI
Millions de dollars
Total
Gouv. fédéral
Provinces
Source :
2015
1 280
860
430
2016
1 610
1 070
540
2017
1 920
1 280
640
2018
2 220
1 480
740
2019
2 520
1 670
840
2020
2 840
1 890
950
Directeur parlementaire du budget.
Le coût financier du CELI devrait décupler d’ici
2080, année où il représentera 0,57 % du PIB
(figure A-2). Cet effet de croissance contraste
avec celui de la plupart des dépenses de
1
Directeur parlementaire du budget.
En effet, selon les règles actuelles, les revenus
tirés du CELI sont exclus des calculs non
seulement de l’impôt sur le revenu mais aussi
des avantages et crédits fédéraux et
provinciaux fondés sur le revenu. Ce sont ces
Dollars constants de 2015.
iii
Le compte d’épargne libre d’impôt
gains de transfert progressifs qui compensent
les gains d’impôt régressifs en 2015.
Au-delà de la perspective des groupes de
revenu de la famille, le DPB estime par ailleurs
que les deux groupes particuliers qui seront de
plus en plus avantagés par l’accroissement des
droits de cotisation au CELI sont les Canadiens
âgés et les Canadiens nantis.
Cependant, la distribution des bénéfices du
CELI deviendra de plus en plus régressive à
mesure qu’augmenteront les droits de
cotisation. Ainsi, les gains des ménages à
revenu faible ou faible à moyen devraient
plafonner en 2040, tandis que le DPB estime
que les ménages à revenu élevé toucheront
des gains toujours plus élevés grâce à la
majoration annuelle des droits de cotisation
(figure A-3).
En effet, puisque les avantages du CELI sont
limités dans les faits par le plafond des droits
de cotisation, l’accroissement continu de ce
plafond – lié à l’âge du contribuable –
augmentera le potentiel de gains relatif.
Figure A-3
Le DPB estime que les ménages riches
pourront continuer de cotiser, mais que les
plafonds des droits de cotisation dépasseront
bientôt les actifs financiers de la plupart des
ménages dont le patrimoine financier est faible
à moyen. L’augmentation continue des limites
individuelles n’apporte donc aucun gain
supplémentaire pour ces groupes.
Avantages totaux du CELI : Groupes de revenu
% du revenu après impôt
2
1,8
Médian
1,6
Médian à
élevé
1,4
Élevé
Faible à
médian
1,2
1
Par conséquent, les avantages du CELI, qui
sont actuellement répartis également entre les
différents niveaux de patrimoine financier, se
déplaceront de plus en plus vers les plus
riches. Ainsi, d’ici 2060, les ménages à
patrimoine élevé devraient tirer du
programme CELI des gains deux fois plus
élevés que le ménage médian, et dix fois plus
élevés que les familles à patrimoine financier
faible (figure A-5).
0,8
0,6
0,4
Faible
0,2
0
2010
Source :
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
Directeur parlementaire du budget.
Les cotisants au revenu élevé touchent environ
un tiers des gains liés au CELI en 2015, et leur
portion du total ira grandissant (figure A-4).
Figure A-4
Portion des gains tirés des CELI, par groupe de
revenu
Pourcentage des gains totaux en dollars
Le plus faible
Médian
Le plus élevé
Source :
2015 2030 2045 2060 2075
3
2
2
2
2
12
11
11
11
11
23
23
22
22
21
28
29
28
28
28
34
36
37
38
39
Directeur parlementaire du budget
iv
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure A-5
Figure A-6
Avantages totaux du CELI : Groupes de
patrimoine
Avantages totaux du CELI : Groupes d’âge et
de revenu
% du revenu après impôt
% du revenu après impôt
45 ans et moins
2,5
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,05
0,19
0,26
0,25
0,21
0,12
0,56
0,81
0,86
0,84
Médian
0,25
1,19
1,72
1,77
1,72
0,19
0,88
1,34
1,42
1,44
Le plus élevé 0,11
0,60
1,01
1,13
1,20
Élevé
2
Médian à
élevé
1,5
Médian
1
Moyenne
Faible à
médian
0,5
Source :
2030
2040
2050
2060
2070
1,15
1,24
1,27
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,16
0,38
0,60
0,62
0,60
0,23
0,89
1,46
1,60
1,65
Médian
0,21
0,94
1,55
1,74
1,79
0,18
1,03
1,68
1,95
2,02
Le plus élevé 0,14
0,78
1,30
1,57
1,64
0
2020
0,75
46 ans et plus
Faible
2010
0,15
2080
Directeur parlementaire du budget
Le DPB estime par ailleurs que les gains
découlant du CELI, dans chaque groupe de
revenu, seront plus importants pour les
ménages âgés. C’est que les personnes âgées
possèdent habituellement un patrimoine plus
élevé que les jeunes, et que la limite des droits
de cotisation augmente en fonction de l’âge
(figure A-6).
Moyenne
Source :
N.B. :
0,17
0,86
1,41
1,63
1,70
Directeur parlementaire du budget.
Pondéré en fonction du nombre de personnes par
ménage. Dans une famille économique où il y a
plusieurs groupes d’âge, les personnes appartenant à
un groupe d’âge donné peuvent avoir des
comportements d’épargne et de placement de l’autre
groupe d’âge.
Quelles seraient les conséquences si le
plafond annuel du CELI était doublé?
Si le plafond annuel des cotisations était
doublé, passant de 5 500 $ à l’heure actuelle à
11 000 $, le coût à long terme du programme
augmenterait environ du tiers (figure A-7).
v
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure A-7
Figure A-8
Incidence financière supplémentaire à long
terme du CELI : Doublement du plafond
Répartition à long terme des gains selon la
valeur nette des ménages : Doublement du
plafond
Milliards de dollars, nominaux
Taux
d'augmentation
Source :
% du revenu après impôt
2020 2030 2040 2050 2060 2070 2080
0,5
2,8
6,3 10,6 14,7 20,1 25,9
0,2
1,4
3,2
5,4
7,6 10,3 13,4
0,7
4,2
9,5 16,0 22,3 30,4 39,3
Fédéral
Provincial
Total
4,5
Élevé
4
3,5
22%
36%
39%
38%
34%
30%
26%
3
Médian à élevé
2,5
Directeur parlementaire du budget.
Élevé - status
quo
2
Les résultats distributifs resteraient plutôt
régressifs selon le revenu, mais deviendraient
beaucoup plus régressifs selon le patrimoine.
Ainsi, les ménages au patrimoine élevé
verraient leur revenu après impôt augmenter
d’environ 4 % en 2060 (figure A-8). C’est deux
fois plus que si le plafond n’était pas doublé, et
dix fois plus que ce que gagneraient les
ménages à faible patrimoine selon les mêmes
règles.
1,5
Médian
1
Faible à
médian
0,5
Faible
0
2010
Source :
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
Directeur parlementaire du budget.
Encadré A-9
Principales définitions du CELI
Cotisations – montant versé dans un CELI pendant une année donnée.
Droits de cotisation – montant maximum cumulatif qui peut être versé dans un CELI. Inclut la hausse
annuelle des droits de cotisation de 5 500 $ et, le cas échéant, les droits de cotisation à un CELI
inutilisés de l’année précédente et les retraits effectués dans le CELI l’année précédente. Les revenus
de placements gagnés n’influent pas sur les droits de cotisation cumulatifs pour l’année en cours ou
les années futures.
Cotisations cumulatives – montants cumulatifs versés dans un CELI pendant la vie du cotisant, moins
les retraits.
Portefeuille – valeur marchande des actifs nets détenus dans un CELI. Représente les cotisations
cumulatives plus les revenus de placements accumulés moins les retraits.
Retraits – montants retirés d’un CELI.
vi
Le compte d’épargne libre d’impôt
l’impôt sur le revenu et des calculs des
transferts fondés sur le revenu.
1 Introduction
L’analyse porte sur les incidences financières
projetées du programme CELI ainsi que sur les
incidences distributives sur les ménages.
Calculs des avantages fiscaux
Les revenus fiscaux sont généralement
déterminés par la relation de base entre
l’assiette fiscale et le taux d’imposition.
Contrairement à de nombreux autres
programmes d’imposition, de transfert ou de
dépenses directes, les dépenses du
programme CELI, en vertu des règles actuelles,
devraient augmenter constamment en
pourcentage du produit intérieur brut (PIB)
pendant plusieurs décennies.
L’incidence financière de l’exonération fiscale
des CELI est évaluée en calculant l’assiette
libre d’impôt et le taux d’imposition
approximatif qui se serait appliqué autrement
à cette assiette libre d’impôt chaque année
(figure 2-1).
Le présent rapport présente des projections
financières à moyen et long terme afin
d’illustrer la dynamique de croissance du
programme CELI. Il se fonde sur les données
d’enquêtes canadiennes sur le patrimoine et
est cohérent avec les projections
démographiques et financières à long terme
présentées dans le Rapport sur la viabilité
financière de 2014 du directeur parlementaire
du budget (DPB) 1, 2.
Figure 2-1
Relation entre les revenus fiscaux, les taux
d’imposition et l’assiette fiscale
t = année d’imposition
Revenus fiscauxt = Taux d’impositiont x Assiette
fiscalet
Source :
Les incidences sur divers groupes de
contribuables sont présentées et ventilées
selon le revenu, la valeur nette et l’âge.
Comme pour toutes les projections à long
terme du DPB, les calculs sont incertains, mais
ils visent à illustrer l’évolution du programme
CELI si les règles du programme restent
inchangées. Une analyse est fournie selon
divers scénarios réglementaires ou
économiques.
Directeur parlementaire du budget.
L’assiette libre d’impôt du CELI grossit au fil
des cotisations des particuliers au CELI. Mais
contrairement à la plupart des autres
dépenses, dont l’assiette fiscale progresse
généralement en parallèle avec le PIB et la
démographie, l’assiette libre d’impôt du CELI
devrait augmenter constamment par rapport
au PIB. Il en est ainsi parce que la Loi de l’impôt
sur le revenu prévoit que les droits de
cotisation à un CELI augmenteront de 5 500 $
par année pour chaque Canadien âgé de
18 ans ou plus 3, 4.
2 Méthodologies et principales
hypothèses
Le principal avantage pour les cotisants à un
CELI est l’exclusion des revenus de placements
tirés des actifs dans le CELI des calculs de
1
3
Pour une autre estimation, voir : K. Milligan, Policy Forum: The
Tax-Free Savings Account – Introduction and Simulations of
Potential Revenue Costs, Revue fiscale canadienne, 2012, 60:2,
355-360.
2
http://www.pbo-dpb.gc.ca/files/files/FSR_2014_FR.pdf,
consulté en décembre 2014.
http://laws.justice.gc.ca/PDF/I-3.3.pdf, consulté en
décembre 2014.
4
Les droits de cotisation annuels à un CELI sont majorés afin de
tenir compte de l’inflation. De 2009 à 2012, ce montant était de
5 000 $. En 2013, ce montant a été porté à son niveau actuel de
5 500 $.
2
Le compte d’épargne libre d’impôt
ans indéfiniment, comme l’indiquent les
barres en gris dans la figure 2-2. 7
La croissance de l’assiette libre d’impôt –
essentiellement les cotisations aux CELI – est
limitée par un ou plusieurs facteurs 5 :
(iii) Âge. Les particuliers peuvent accumuler
des droits de cotisation à un CELI tous les
ans à partir du moment où ils deviennent
adultes (à partir de 18 ans). Avec le
temps, de plus en plus de Canadiens
verront leurs cotisations limitées par les
aspects du CELI liés à l’âge plutôt que par
la date de création du CELI. Une personne
de 38 ans aura 100 000 $ de droits de
cotisation à un CELI en 2060, tandis
qu’une autre âgée de 68 ans en aura
250 000 $ (figure 2-2).
(i) Patrimoine financier (valeur nette). Les
données du fichier de microdonnées à
grande diffusion de l’Enquête sur la
sécurité financière (ESF) de Statistique
Canada constituent la microbase des
estimations du patrimoine effectuées par
le DPB. L’ESF fournit un échantillon
détaillé et représentatif du revenu, des
dépenses, des avoirs, des dettes et de la
démographie des ménages. Parce que
l’ESF sous-estime généralement les avoirs
financiers comparativement aux Comptes
financiers et du patrimoine du Système
des comptes nationaux, les avoirs
financiers des ménages sont
uniformément mis à l’échelle des
agrégats des comptes nationaux 6. Le DPB
suppose que les particuliers transfèrent
les avoirs financiers imposables
admissibles (tels que l’argent comptant,
les dépôts, les obligations, les actions et
les fonds communs de placement) dans
un CELI jusqu’à ce que leur patrimoine
financier soit épuisé, ou que leurs
cotisations soient limitées par le plafond
des droits de cotisation.
(iv) Participation. Malgré un traitement fiscal
préférentiel, des liquidités élevées et un
fardeau de conformité relativement léger,
certaines personnes ne participeront
probablement pas au programme CELI. Ce
phénomène est observé dans les
déclarations CELI récentes, les tendances
à long terme des régimes enregistrés
d'épargne-retraite (REER) et l’expérience
dans d’autres pays.
(ii) Temps. Le CELI a été établi en 2009. Les
Canadiens ont obtenu des droits de
cotisation plafonnés à 5 000 $ par année.
Les droits de cotisation totaux pour la
plupart des Canadiens sont de 36 500 $
en 2015. Ce plafond augmentera tous les
5
À moyen terme, on suppose que les cotisations constituent la
plus grande partie des portefeuilles CELI. Les revenus de
placements deviennent capitalisés, non seulement sur le
principal investi, mais aussi sur les revenus de placements
antérieurs. Les revenus de placements accumulés ne sont pas
plafonnés et, dans certains cas, ils peuvent dépasser largement
les cotisations. Toutes les estimations du DPB se fondent sur des
taux de rendement composés, aux taux indiqués à la page 3.
6
http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurv
ey&lang=fr&db=imdb&adm=8&dis=2&SDDS=2620, consulté en
décembre 2014.
7
3
Indexés à partir de 2009.
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 2-2
Figure 2-3
Droits de cotisation à un CELI par personne
Relation entre les revenus de placements, le
taux de rendement et les avoirs investis
Milliers de dollars, indexés à partir de 2009
t = année d’imposition
400
350
300
Assiette fiscalet = Revenus de placementst =
Taux de rendementt x Avoirs investist-1
Limite d’âge : 68
ans
250
Source :
200
150
Afin d’estimer la valeur de l’exonération
d’impôt annuelle, il faut évaluer le rendement
annuel des avoirs détenus dans les CELI.
Limite d’âge : 38
ans
100
Directeur parlementaire du budget.
50
0
2010
Source :
Note:
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
Malgré la relation étroite entre les avoirs
investis et les revenus de placements, aucune
source de données publique ne fournit un
portrait complet et détaillé de plus qu’une des
variables indiquées dans la figure 2-3.
Directeur parlementaire du budget.
La figure 2-2 montre qu’une personne âgée de 38 ans
en 2009 à 5 000 $ de droits de cotisation à un CELI,
une personne âgée de 38 ans en 2029 en aura
100 000 $ et une personne âgée de 38 ans en 2049 en
aura 100 000 $ (tous les montants sont indexés à
partir de 2009).
Les revenus de placements pour une année
donnée sont observables à partir des
déclarations T1 à l’Agence du revenu du
Canada (ARC). Mais ces déclarations ne
décrivent ni le taux de rendement ni la valeur
des avoirs investis. Cela pose problème pour
les analyses du présent rapport, parce que
l’exonération d’impôt relative au CELI dépend
de la taille des cotisations cumulatives, un
stock non observé (ou l’accumulation de flux
annuels). L’ARC publie des données financières
globales sur le CELI, obtenues à l’aide des
déclarations CELI, mais ces renseignements ne
sont pas assez précis pour permettre une
analyse financière et distributive détaillée du
CELI.
Le DPB estime les tendances à long terme de
l’assiette libre d’impôt des CELI, en tenant
compte de ces facteurs et de quelques
hypothèses clés.
Hypothèse n° 1 – Rendement des
investissements et nature des actifs
Comme le montre la figure 2-1, le manque à
gagner fiscal peut être estimé à l’aide du taux
d’imposition et de l’assiette fiscale. Au Canada,
l’assiette fiscale pour l’épargne et les
placements correspond aux revenus de
placements, un flux annuel 8. Le flux des
revenus de placements pour une année
d’imposition donnée est égal au taux de
rendement multiplié par la valeur marchande
des avoirs investis (figure 2-3).
Le DPB utilise plutôt les données sur le
patrimoine tirées de l’Enquête sur la sécurité
financière et suppose que le rendement à long
terme des portefeuilles CELI s’aligne sur les
projections du Régime de pensions du Canada
(figure 2-4). Les projections du taux de
rendement se fondent sur l’estimation du taux
d’intérêt neutre de la Banque du Canada et les
estimations des primes de risque pour des
classes d’actifs établies par le Bureau de
8
Les taux d’imposition varient selon le type de revenu de
placements : intérêts, dividendes et gains en capital. Une
approche semblable peut être prise pour évaluer l’incidence
fiscale de chaque type de revenu de placements.
4
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 2-5
l’actuaire en chef du Canada pour le Régime de
pensions du Canada 9, 10.
Avoirs financiers projetés des ménages
Avoirs financiers, milliards de dollars (gauche)
Avoirs au PIB, indice de croissance : année 2008=1 (droite)
Figure 2-4
Hypothèses concernant le rendement
25
1,3
Taux par année
Taux d’intérêt neutre
plus : terme/prime de risque
moins : dépenses
Actions et
fonds
Placements à
court terme communs de
placement
3,5%
3,5%
3,5%
0
-0,9%
2,2%
0,4%
0%
0,8%
Taux de rendement annuel net
3,1%
20
Obligations
négociables
2,6%
Avoirs au PIB,
cohorte et
vieillissement
1,2
1,1
Avoirs au PIB,
cohorte
seulement
15
1,0
10
4,9%
Avoirs nominaux,
cohorte et
vieillissement
5
Sources : Directeur parlementaire du budget; Bureau de
l’actuaire en chef du Canada; Banque du Canada.
Nota :
Les chiffres nominaux correspondent à la somme des
hypothèses sur les rendements réels fournies par
l’actuaire en chef et des projections à long terme de
l’inflation du DPB, moins les dépenses.
0,9
Avoirs nominaux,
cohorte
seulement
0,8
0
0,7
2010
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
Sources : Directeur parlementaire du budget; Enquête sur la
sécurité financière, Système des comptes nationaux.
La ventilation des revenus sous forme de
dividendes, d’intérêts et de gains en capital est
pondérée pour chaque ménage et pour la
classe d’actifs correspondante d’après les
statistiques des T1 de l’ARC, la BD/MSPS et
l’Enquête sur la sécurité financière. Le DPB
suppose que 20 % des gains en capital sont
réalisés chaque année 11.
Le DPB suppose que les avoirs financiers
totaux progressent au même rythme que le PIB
nominal, sauf pour des raisons d’ordre
démographique (figure 2-5). Les effets de
l’évolution du patrimoine au cours du cycle de
vie sont pris en considération en utilisant les
projections démographiques à long terme de
Statistique Canada et les données sur l’âge et
le patrimoine des cohortes tirées de l’Enquête
sur la sécurité financière. La répartition des
avoirs financiers au niveau des ménages
dépend de facteurs démographiques et
économiques, y compris la composition des
portefeuilles de placements.
L’exactitude des hypothèses concernant le
rendement est particulièrement cruciale à long
terme, parce que les coûts financiers sont
sensibles aux rendements composés. Une
analyse de sensibilité est fournie dans la
section 5 du présent rapport.
La composition des portefeuilles de
placements varie selon le ménage, de sorte
que l’estimation des taux de rendement pour
certaines classes d’actifs permet d’obtenir une
estimation à long terme plus précise des
avantages du CELI du point de vue de l’impôt
et des transferts. Pour chaque ménage estimé
dans le présent rapport, la composition du
portefeuille CELI est réputée identique à celle
observée dans les comptes de placements non
9
http://www.bankofcanada.ca/wpcontent/uploads/2014/09/dp2014-5.pdf, consulté en
janvier 2015.
10
http://www.osfi-bsif.gc.ca/fra/oca-bac/ar-ra/cpprpc/pages/cpp26.aspx#Toc-tbl23, consulté en août 2014.
11
Pour les avoirs investis au temps t, les gains en capital
cumulatifs réalisés convergent vers 1 à mesure que le temps
s’approche de l’infini. La réalisation des gains en capital suit la
formule : 1 – (1-taux de réalisation)^(t-1).
5
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 2-7
enregistrés de l’Enquête sur la sécurité
financière.
Rendement prévu des actifs des CELI, selon la
valeur nette des ménages
Figure 2-6
Pourcentage de rendement annuel
Bilan des ménages : Composition selon la
valeur nette
Groupe de
patrimoine
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Pourcentage des avoirs financiers totaux
100%
Épargne et
placements
enregistrés
80%
60%
40%
Fonds
communs de
placement,
obligations et
actions
Épargne
20%
0%
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Rendement
prévu
1,0%
0,2%
0,9%
1,9%
1,8%
1,6%
2,1%
2,8%
3,2%
4,5%
Sources : Directeur parlementaire du budget; Enquête sur la
sécurité financière de Statistique Canada; Bureau de
l’actuaire en chef du Canada.
10
Sources : Directeur parlementaire du budget; Enquête sur la
sécurité financière de Statistique Canada.
Hypothèse n° 2 – Taux d’utilisation
En règle générale, les ménages nantis
investissent une plus grande proportion de
leurs avoirs financiers dans des actions, des
obligations et des fonds communs de
placement, et ils ont relativement moins
d’argent comptant et de dépôts bancaires. Les
taux de rendement moyens sont donc plus
élevés pour les ménages ayant une valeur
nette plus élevée (figure 2-7).
En règle générale, le DPB suppose que les
ménages transfèrent des avoirs imposables
dans des CELI non imposables jusqu’à ce que
les règles du CELI les empêchent d’en
transférer davantage ou que leurs avoirs
financiers disponibles sont épuisés. Si la
rationalité était parfaite, tous les ménages
maximiseraient les gains d’impôt et de
transfert liés au CELI, en tenant compte des
coûts d’opportunité (p. ex. le temps et l’effort
nécessaires pour comprendre le programme
CELI et s’y inscrire, et les éventuelles liquidités
excédentaires dans les comptes imposables).
Mais l’administration du CELI depuis six ans au
Canada et l’expérience concernant l’autre
grand programme de placement fiscalement
avantageux (le programme REER) ont révélé
que tous les ménages admissibles ne
participent pas au CELI et que tous les
participants ne maximisent pas les
cotisations 12, 13, 14.
12
Tableaux 111-0039 et 111-0040 du CANSIM,
http://www5.statcan.gc.ca/olccel/olc.action?ObjId=17C0011&ObjType=22&lang=fr&limit=0.
13
https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/atta
6
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 2-8
Les raisons de ce comportement pourraient
inclure la méconnaissance des comptes à
régime fiscal préférentiel, une mauvaise
compréhension de l’admissibilité ou la
réticence à participer. Les recherches de tiers
confirment que certains groupes de
participants admissibles méconnaissent les
particularités du CELI, en général 15.
Utilisation des REER
Pourcentage de la population
Placements
enregistrés /
Revenu total P(REER et/ou
du particulier
FERR > 0) Placements totaux si
REER et/ou FERR >0
$0-20,000
26%
73%
$20-40,000
54%
69%
$40-60,000
68%
78%
$60-80,000
81%
63%
$80,000 ou plus
90%
65%
Total
58%
70%
Du point de vue financier, lorsque des
particuliers admissibles n’utilisent pas tous
leurs droits de cotisation à un CELI, l’incidence
financière du programme diminuera et il
faudrait en tenir compte dans les projections
de coût de pratique exemplaire.
Sources : Directeur parlementaire du budget; Enquête sur la
sécurité financière de Statistique Canada et tableaux
111-0039 et 111-0040 du CANSIM.
Les données de Statistique Canada semblent
indiquer que toutes les personnes admissibles
n’utilisent pas pleinement les comptes à
régime fiscal préférentiel 16. Environ 58 % des
ménages ont des comptes de REER ou de fonds
enregistré de revenu de retraite (FERR) d’une
valeur marchande nette positive. De nombreux
titulaires de comptes enregistrés détiennent
une partie de leur patrimoine financier investi
dans des comptes de placement ou d’épargne
imposables. En moyenne, chez les titulaires de
REER, 70 % des avoirs investis (sans compter
les dépôts bancaires) sont détenus dans des
comptes enregistrés.
Comme le taux d’utilisation à long terme des
CELI n’est pas une variable observable, le DPB
doit recourir à une hypothèse de travail. Il
fonde celle-ci sur le taux d’utilisation récente
des CELI, sur l’utilisation des REER par les
différents groupes de revenu et d’âge, et sur
les taux d’utilisation observés dans les autres
pays offrant des comptes d’épargne exempts
d’impôt. On présume que les taux d’utilisation
des REER donnent une bonne idée du taux
d’utilisation à long terme des CELI, puisque les
investissements permissibles dans les CELI sont
habituellement les mêmes que dans les REER,
et que les avantages fiscaux nets sont
similaires pour la plupart des personnes. Ces
ratios s’appliquent à toutes les classes d’actif, y
compris les dépôts bancaires.
Les taux d’utilisation du REER sont considérés
comme un bon indicateur des taux d’utilisation
à long terme du CELI parce que les placements
permis dans un CELI sont généralement les
mêmes que dans un REER et que les avantages
fiscaux nets sont semblables pour la plupart
des particuliers 17.
chment_data/file/348071/Full_Statistics_Release_August_2014.
pdf, consulté en décembre 2014.
14
http://www.cra-arc.gc.ca/gncy/stts/tfsa-celi/2012/menufra.html, consulté en décembre 2014.
15
http://nouvelles.bmo.com/press-releases/le-sondage-annuelde-bmo-sur-le-celi-revele-que-le-tsx-bmo201312190918655002.
16
Enquête sur la sécurité financière et tableaux 111-0039 et
111-0040 du CANSIM.
17
Les placements admissibles dans un CELI comprennent :
l’argent comptant, les fonds communs de placement, les valeurs
mobilières cotées à une bourse de valeur désignée, les certificats
de placement garantis (CPG), les obligations, et certaines actions
de sociétés exploitant une petite entreprise. http://www.cra-
7
Le compte d’épargne libre d’impôt
d’utilisation du programme CELI observés
jusqu’en 2013 19, 20.
Il y a cependant des différences clés entre le
CELI et le REER qui pourraient influer sur les
taux d’adoption.
Figure 2-9
Taux d’utilisation à long terme des CELI
Le traitement fiscal au moment de la cotisation
et du retrait varie selon le programme, et les
gains relatifs sont assujettis aux taux effectifs
marginaux d’imposition respectifs qui
s’appliquent au moment de la cotisation et du
retrait. Le prépaiement de l’impôt (c.-à-d. CELI)
est avantageux pour les contribuables qui
prévoient que les taux effectifs marginaux
d’imposition augmenteront avec le temps,
tandis que le report de l’impôt (c.-à-d. REER)
est préférable pour ceux qui s’attendent à
payer des taux d’imposition plus bas à l’avenir.
Pourcentage de la population
Groupe de revenu
(milliers de dollars)
18-25
Source :
Groupe d’âge
26-45
46-65
66+
0-20
23%
29%
26%
13%
20-40
54%
59%
53%
37%
40-60
71%
84%
72%
50%
60-80
82%
89%
86%
66%
80+
89%
93%
93%
82%
Directeur parlementaire du budget.
Les données d’autres pays qui offrent des
comptes libres d’impôt semblables au
CELI, notamment le Royaume-Uni et les
États-Unis, montrent que tous les particuliers
admissibles ne contribuent pas à des comptes
libres d’impôt, même lorsqu’ils ont des actifs
financiers liquides qu’ils pourraient placer dans
ces comptes 21, 22.
Le CELI procure des avantages fiscaux directs
et immédiats, et le traitement fiscal des
cotisations et des retraits est relativement
simple 18. Cette différence ne devrait pas
influer sur la propension globale à utiliser un
programme à régime fiscal préférentiel plutôt
qu’un autre, même si elle influencera
certainement le choix pour certains
particuliers.
Les incidences fiscales et distributives sont
sensibles à l’hypothèse du DPB sur l’utilisation,
de sorte qu’une analyse de sensibilité est
fournie à la page 25.
En outre, par rapport aux REER, les retraits
d’un CELI ont un traitement fiscal plus liquide
que l’épargne dans un REER (sur laquelle il faut
payer l’impôt reporté). L’avantage de liquidité
pourrait aussi entraîner des taux de
participation relative plus élevés dans le CELI à
long terme.
Hypothèse n° 3 – Taux d’imposition
Les taux effectifs marginaux d’imposition sur
les revenus de placements sont estimés au
niveau fédéral et au niveau provincial pour
l’année d’imposition 2014. Le DPB utilise la
Base de données et Modèle de simulation de
politiques sociales (BD/MSPS) de Statistique
Canada pour estimer les taux effectifs
marginaux d’imposition des revenus sous
forme de dividendes, d’intérêts et de gains en
Les hypothèses du DPB sur l’utilisation sont
corroborées dans la mesure du possible par
des données d’autres pays et les taux
19
Voir l’annexe A pour une analyse détaillée de comparateurs
internationaux.
20
http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001x/2008102/article/10520-fra.htm, consulté en décembre 2014.
21
Voir l’annexe A pour une analyse détaillée de comparateurs
internationaux.
22
M. Donnelly et A. Young, Policy Forum: Tax-Free Savings
Accounts – A Cautionary Tale from the UK Experience, Revue
fiscal canadienne, 2012, 60:2, 361-374.
arc.gc.ca/F/pub/tg/rc4466/rc4466-f.html, consulté en
juillet 2014.
18
Pour certains, le CELI offre d’autres avantages indirects en
réduisant leur revenu personnel imposable pris en considération
dans les programmes fondés sur le revenu tels que la prestation
fiscale canadienne pour enfants, le crédit pour TPS, le crédit en
raison de l’âge, et les prestations de la Sécurité de la vieillesse et
du Supplément de revenu garanti.
8
Le compte d’épargne libre d’impôt
influerait sur l’incidence financière et pourrait
aussi modifier les effets distributifs de la
dépense fiscale.
capital des ménages pour un éventail de
groupes de revenu 23. Les taux sont appliqués
aux ménages en fonction des revenus déclarés
dans l’Enquête sur la sécurité financière. Les
taux d’imposition respectifs, lorsqu’ils sont
appliqués globalement aux revenus de
placements obtenus dans un CELI, constituent
le manque à gagner sur les revenus de
placements qui seraient imposables
autrement. Le DPB suppose que les taux pour
chaque groupe de revenu estimés pour l’année
d’imposition 2014 restent constants pour
chaque groupe avec le temps 24.
De nombreuses recherches économiques
empiriques ont exploré l’effet de la politique
publique, en particulier les taux d’imposition,
sur la propension des particuliers à épargner.
Les conclusions sont contrastées.
L’Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE) a conclu
dans un examen international des comptes à
régime fiscal préférentiel que le traitement
fiscal peut inciter à l’épargne 26. L’effet est le
plus marqué pour les particuliers à revenu
moyen et le moins marqué pour les particuliers
à faible revenu, même si l’étude reconnaît que
la plupart des comptes à régime fiscal
préférentiel sont utilisés par des contribuables
à revenu élevé.
Hypothèse n° 4 – Comportement induit et
sources des cotisations
Le DPB suppose que les particuliers ne
convertissent pas leur consommation, leurs
REER ou leur patrimoine non financier actuels
en des actifs admissibles au CELI, en réponse
au CELI. Il suppose que toutes les cotisations
potentielles au CELI correspondent au
patrimoine financier imposable actuel et futur.
Inversement, Bernheim a effectué en 2002 un
examen international semblable des effets
comportementaux de l’imposition sur
l’épargne et conclu que, «malgré les études
volumineuses sur l’imposition et l’épargne, il y
avait peu de consensus en la matière» 27.
Un objectif déclaré du programme CELI est de
bonifier les incitatifs à l’épargne 25. Il devrait
s’ensuivre non seulement que les particuliers
redirigent vers les CELI des actifs financiers
imposables détenus dans des comptes
imposables, mais aussi qu’ils accroissent leurs
taux d’épargne (diminuent la consommation
actuelle et future) en réponse aux incitatifs du
CELI. Un comportement d’épargne induit
Cette conclusion visait un ensemble varié
d’études effectuées dans plusieurs économies
développées, mais elle est conforme aux
résultats généralement contrastés de la
recherche appliquée dans le contexte
canadien. La plupart des recherches sur
l’épargne et la politique fiscale au Canada ont
porté sur le programme REER, qui existe
depuis 1957.
23
L’augmentation/la diminution marginale du revenu imposable
ont été portés aux intérêts et autres revenus de placement,
plutôt qu’aux dividendes. À cause des crédits d’impôt pour
dividendes, les taux effectifs d’imposition des dividendes sont un
peu plus bas que ceux des intérêts, mais ce traitement ne
devrait pas influer de manière notable sur les estimations
fournies dans le présent rapport.
24
Étant donné la structure progressive des taux de l’impôt sur le
revenu au Canada, la croissance du revenu réel a tendance à
pousser les revenus vers des tranches d’imposition plus élevées
avec le temps, ce qui ferait monter les taux effectifs marginaux
d’imposition des Canadiens, en moyenne. Le DPB suppose que
les taux effectifs marginaux sont maintenus constants pour
chaque groupe de revenu avec le temps, quelle que soit la
croissance des autres sources de revenu. Cette approche est
généralement conforme à celle du Rapport sur la viabilité
financière du DPB.
25
Budget de 2009.
L’incidence de la politique fiscale sur le
comportement d’épargne dans le contexte
canadien est également ambiguë. Carroll et
26
Organisation de coopération et de développement
économiques. Encourager l’épargne grâce à des comptes à
régime fiscal préférentiel,
http://browse.oecdbookshop.org/oecd/pdfs/product/2307021e.
pdf, consulté en décembre 2014.
27
B.D. Bernheim, Taxation and Saving, Handbook of Public
Economics, 2002, édition 1, 3(18).
9
Le compte d’épargne libre d’impôt
liquidité ou qui s’attendent à une hausse des
taux effectifs marginaux d’imposition peuvent
préférer les CELI aux REER, ce qui entraîne une
diversion de l’épargne et des placements entre
les comptes. Mais les deux programmes
offrent un statut fiscal préférentiel, et le DPB
suppose dans le présent rapport que l’échange
des actifs entre les deux programmes n’a
aucune incidence financière nette 33.
Summers ont conclu que la politique publique
a eu historiquement un effet sur le
comportement d’épargne, tandis que Milligan
a constaté que «les taux marginaux
d’imposition influent sur la décision de
participer aux REER, mais que cette influence
est relativement faible» 28, 29. Inversement,
Burbridge et al. ont déterminé que le
traitement fiscal du programme REER ne
pouvait pas expliquer les différences entre les
taux d’épargne aux États-Unis et au Canada 30.
En résumé, le DPB suppose que les particuliers
ne convertissent pas leur consommation, leurs
REER ou leur patrimoine non financier en des
actifs admissibles au CELI, en réponse au CELI.
Toutes les cotisations potentielles au CELI
correspondent au patrimoine financier
imposable actuel et futur.
Dans son examen approfondi, Bernheim a
conclu que les recherches sur l’épargne et
l’imposition révèlent généralement que
«l’élasticité des intérêts de l’épargne est faible
et que les ménages ne modifient pas beaucoup
leur comportement en réaction directe à des
incitatifs fiscaux ciblés visant à encourager
l’épargne» 31. Par conséquent, le DPB suppose
dans le présent rapport que le statut fiscal du
CELI n’incite pas à épargner davantage. Les
cotisations aux CELI dans les estimations du
présent rapport résultent uniquement de
l’épargne redirigée des comptes de placement
et d’épargne imposables vers les CELI à régime
fiscal préférentiel 32.
Hypothèse n° 5 – Entité fiscale
Le présent rapport examine les incidences sur
le revenu, l’épargne et le patrimoine de la
famille économique, plutôt que du particulier.
Bien que les règles du CELI s’appliquent aux
particuliers, les époux ou les conjoints de fait
peuvent détenir séparément un CELI. Des
fonds peuvent être donnés à l’époux ou au
conjoint de fait pour être investis dans un CELI
et les actifs détenus dans un CELI peuvent
généralement être transférés à l’époux ou au
conjoint de fait au décès 34. Pour ces raisons, le
DPB considère la famille économique, plutôt
que le particulier, comme le niveau le plus
crédible pour l’analyse financière du CELI. Ce
niveau d’analyse est identique à celui de
l’Enquête sur la sécurité financière.
De plus, en raison de la similitude des gains
d’impôt en valeur actualisée nette pour les
CELI et les REER, le DPB ne tente pas de
modéliser l’incidence financière de l’épargne
transférée entre les REER et les CELI. Les
particuliers ayant une forte préférence pour la
28
C. Carroll et L.H. Summers, Why Have Private Saving Rates in
the United States and Canada Diverged?, Journal of Monetary
Economics, vol. 20, n° 2, p. 249-279 (septembre 1987),
http://www.nber.org/papers/w2319.pdf.
29
Kevin Milligan, « Tax-Preferred Savings Accounts and Marginal
Tax Rates: Evidence on RRSP Participation », Revue canadienne
d’économique, 35 n° 3 (août 2002), 436-456.
30
J. Burbidge, D. Fretz et M.R. Veall, Canadian and American
Saving Rates and the Role of RRSPs, Analyse de politiques, 24(2),
1998, http://qed.econ.queensu.ca/pub/cpp/June1998/Burb.pdf.
31
B.D. Bernheim, Taxation and Saving. Handbook of Public
Economics, 2002, édition 1, volume 3, chapitre 18.
32
Une partie de l’épargne peut aussi être réorientée des REER
aux CELI, en particulier chez les particuliers qui ont une forte
préférence pour la liquidité. Mais les deux programmes offrent
un statut fiscal préférentiel, et le DPB suppose dans le présent
rapport qu’il n’y a aucune incidence fiscale nette.
33
Du point de vue de la politique fiscale fédérale, le
gouvernement sera indifférent aux dépenses fiscales dans les
CELI et les REER si les taux de rendement réalisés par les
ménages sont égaux au taux de la dette fédérale portant intérêt.
Mais si les ménages obtiennent des rendements supérieurs
(inférieurs) au taux d’intérêt effectif du gouvernement sur la
dette, les REER auront un coût fiscal en valeur actualisée
inférieur (supérieur) à celui des CELI, toute chose étant égale par
ailleurs. Cet effet financier potentiel n’est pas estimé ni pris en
considération dans le présent rapport.
34
http://www.cra-arc.gc.ca/F/pub/tg/rc4466/rc4466-13-11f.pdf.
10
Le compte d’épargne libre d’impôt
par le DPB en se fondant sur le fichier de
microdonnées à grande diffusion de l’Enquête
sur la sécurité financière de Statistique
Canada.
Calculs des avantages liés aux transferts
L’exonération du CELI touche non seulement
l’impôt à payer mais aussi les transferts et les
prestations fondés sur le revenu 35. Presque
tous les titulaires de CELI profitent de l’impôt
sur le revenu fédéral et provincial moins élevé,
et cet avantage représente presque tout le
coût financier du programme.
3 Incidences financières
Le principal avantage d’un CELI est que le
titulaire du compte peut obtenir un revenu
libre d’impôt sur les cotisations dans ce
compte. Le CELI crée une incidence financière
pour le gouvernement, en raison : (i) du
manque à gagner fiscal, mesuré par l’impôt
fédéral et provincial qui auraient été perçus
autrement sur le revenu obtenu dans les CELI
si les actifs étaient détenus dans un compte
d’épargne ou de placement ordinaire
imposable et (ii) des avantages
supplémentaires qui sont payés, tels que
mesurés par les transferts fédéraux et
provinciaux supplémentaires payés du fait que
le revenu obtenu dans les CELI n’est pas
compris dans les calculs des transferts fondés
sur le revenu.
Mais environ le tiers du coût financier total est
lié aux avantages secondaires que présente le
CELI pour des transferts fondés sur le revenu
comme la Sécurité de la vieillesse (SV), le
Supplément de revenu garanti (SRG),
l’assurance-emploi (AE) ou d’autres prestations
et crédits fédéraux et provinciaux. Parce que
l’impôt est prépayé dans un CELI, ce qui n’est
pas le cas de presque toutes les autres formes
de revenu, les retraits de revenus de
placements ou du capital d’un CELI ne sont pas
inclus dans les calculs des prestations et crédits
fédéraux et provinciaux fondés sur le revenu.
Selon les circonstances individuelles, cet effet
peut réduire ou éliminer les récupérations du
SRG ou de la SV. Pour de nombreux Canadiens
âgés à faible revenu, les gains que procure le
CELI pour des transferts comme la SRG
peuvent être égaux ou supérieurs aux
économies d’impôt.
L’incidence financière totale estimée du CELI
est de 1,3 milliard de dollars en 2015. Ce coût
est partagé par les provinces qui ont adopté la
définition fédérale du revenu imposable.
L’incidence financière du CELI en 2015 sur le
gouvernement fédéral représente environ les
deux tiers du total, soit 860 millions de dollars.
Le tiers restant, soit 430 millions de dollars,
représente l’incidence financière assumée par
les provinces (figure 3-1).
Le DPB estime les avantages indirects en
mesurant la sensibilité de tous les transferts et
impôts fédéraux et provinciaux aux variations
des revenus de placement. Les élasticités des
revenus de placements pour l’impôt fédéral
sur le revenu, l’impôt provincial sur le revenu
et toutes les prestations de fédéraux et
provinciaux sont calculées dans la Base de
données et Modèle de simulation de politiques
sociales (BD/MSPS) de Statistique Canada. La
relation entre le gain d’impôt et le gain de
transfert a été estimée pour divers revenus et
âges des ménages. Ces taux d’élasticité ont été
appliqués aux estimations des avantages
fiscaux obtenues dans le modèle du CELI établi
L’assiette libre d’impôt du CELI devrait
augmenter, tout comme le coût financier pour
les gouvernements – d’environ 15 % par année
à moyen terme. Le DPB prévoit une incidence
financière totale de 2,8 milliards de dollars
d’ici 2020 (1,9 milliards de dollars pour le
gouvernement fédéral et 950 millions de
dollars pour les provinces).
Ces estimations tiennent compte de
l’incidence financière de la réduction des
revenus fiscaux ainsi que de la hausse des
35
Voir l’annexe B pour une analyse des programmes de transfert
les plus touchés.
11
Le compte d’épargne libre d’impôt
Canadiens admissibles 37. D’ici 2070, les droits
de cotisation à un CELI auront décuplé et se
chiffreront à environ 9 000 milliards de dollars
indexés à l’inflation.
transferts fédéraux et provinciaux dans les
programmes fondés sur le revenu (p. ex.
Supplément de revenu garanti, Sécurité de la
vieillesse et l’assurance-emploi). En moyenne,
environ les deux tiers des avantages des CELI
proviennent d’une diminution de l’impôt sur le
revenu, et le reste découle des paiements de
transfert plus élevés pour les programmes
fondés sur le revenu.
Dans les faits, relativement peu de particuliers
ont l’intention de maximiser constamment
leurs droits de cotisation à un CELI, mais le DPB
prévoit que les coûts du programme CELI
augmenteront d’environ dix fois d’ici 2080 (en
pourcentage du PIB).
Figure 3-1
Incidence financière du CELI à moyen terme
L’incidence financière du CELI en 2014 est
d’environ 0,06 % du PIB, et ce taux devrait
monter et se situer à environ 0,57 % d’ici
2080 38.
Milliards de dollars
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
0,0
-0,5
-0,2
-0,4
-0,5
-0,2
-0,7
-0,9
-0,2
-1,1
-1,3
-0,3
-1,0
-1,7
-0,4
Figure 3-2
-1,9
Incidence financière du CELI à long terme
-0,5
-1,5
% du PIB
-0,6
-0,7
-2,0
-2,5
-1,5
2010
-0,8
Provincial
2030
2040
2050
2060
2070
2080
-0,3
-0,4
-0,4
-0,4
-0,2
-0,2
-0,1
-1,0
-0,1
Gouvernement fédéral
0,0
-0,2
-0,3
-3,0
Source :
2020
0,0
-0,2
Directeur parlementaire du budget.
-0,1
-0,3
Le programme CELI contraste avec la plupart
des autres dépenses, qui progressent
généralement en parallèle avec la croissance
du PIB par habitant et la démographie. Le
principal facteur de la croissance des coûts du
CELI est plutôt la croissance continue de
l’assiette libre d’impôt – qui peut atteindre
jusqu’à 5 500 $ par personne, chaque année 36.
-0,1
-0,4
-0,5
-0,2
Provincial
-0,2
Gouv. fédéral
-0,6
Source :
Directeur parlementaire du budget.
Cette incidence financière totale à long terme
est à peu près proportionnelle à l’incidence
financière fédérale actuelle des REER, qui
arrivent actuellement au troisième rang, en
importance, parmi les 130 dépenses fiscales
fédérales (figure 3-3).
En 2015, les droits de cotisation cumulatifs à
un CELI pour la plupart des particuliers sont de
36 500 $, ce qui représente des droits de
cotisation potentiels totaux d’environ
1 000 milliards de dollars pour tous les
37
Les personnes âgées de moins de 18 ans en 2009 auront des
droits de cotisation inférieurs à 36 500 $. Leurs droits de
cotisation auront commencé ou commenceront dans l’année
d’imposition de leur 18e anniversaire.
38
Gouvernement fédéral : 77 milliards de dollars (0,37 % du PIB);
provinces : 39 milliards de dollars (0,19 % du PIB).
36
Le montant annuel de la hausse des droits de cotisation à un
CELI est indexé pour tenir compte de l’inflation. De 2009 à 2012,
ce montant était de 5 000 $. En 2013, il a été porté à son niveau
actuel de 5 500 $.
12
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 3-3
Encadré 3-4
Dépenses fiscales fédérales se rapportant à
l’impôt sur le revenu des particuliers
Traitement des revenus de placement au
Canada
% du PIB
1,8
Les revenus sous forme d’intérêts, de
dividendes ou de gains en capital sont
déclarés sur la déclaration de revenu
standard et ils sont imposés un peu comme
le revenu d’emploi ou les prestations du
Régime de pensions du Canada (RPC).
Comme le revenu d’emploi, les prestations
du RPC et d’autres types de revenu, ces
montants sont inclus dans le revenu total
d’un particulier. Ce revenu total, moins les
déductions, constitue le revenu imposable.
Le revenu imposable est imposé aux taux
indiqués dans l’annexe fédérale 1 et dans
les formulaires fiscaux provinciaux
correspondants. Les revenus de placements
sont pris en considération dans le calcul des
prestations fédérales et provinciales
fondées sur le revenu.
Montant personnel de base = 1,7 % du PIB
1,5
1,2
0,9
0,6
Régimes de pension agréés 1,0 % du PIB
REER = 0,7 % du PIB
CELI en 2080 = 0,4 % du PIB
0,3
CELI en 2015 = 0,04 % du PIB
0
Sources : Directeur parlementaire du budget; Finances
Canada : Dépenses fiscales et évaluations.
Contrairement aux programmes de dépenses
et aux programmes de transferts directs, les
programmes considérés comme des dépenses
fiscales ne font pas l’objet d’un examen
périodique et les parlementaires n’ont pas
l’obligation d’approuver les dépenses
annuelles 39. Par conséquent, le programme
CELI voir sa croissance se multiplier par dix,
selon les règles actuelles, sans examen
parlementaire planifié ni approbation des
dépenses fiscales et sans évaluation des
progrès par rapport aux objectifs de politique
du programme.
Les intérêts, les dividendes et les gains en
capital réalisés sur les actifs de placement
détenus dans un CELI ne sont pas déclarés
dans la déclaration de revenu. Le revenu
obtenu dans un CELI n’est pas inclus dans le
revenu imposable et n’est pas pris en
considération dans le calcul des prestations
fédérales et provinciales fondées sur le
revenu. Le revenu dans un CELI n’est pas
assujetti à l’impôt et n’a aucune incidence
sur les transferts.
39
http://www.pbodpb.gc.ca/files/files/Publications/Tax_Expenditures_Note_FR.pd
f, consulté en décembre 2014.
13
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 4-2
4 Analyse de répartition
Avantages totaux du CELI : Groupes de revenu
Répartition selon le revenu
% du revenu après impôt
En 2015, les avantages du CELI sont équilibrés,
les ménages à revenu moyen réalisant les gains
les plus importants, tandis que les ménages à
faible revenu ou à revenu élevé obtiennent des
avantages comparables (figure 4-1).
2
1,8
Faible à
médian
1
Avantages totaux du CELI : Groupes de revenu
0,6
% du revenu après impôt
0,4
Le plus élevé
2015 2030 2045 2060 2075
0,11 0,31 0,48 0,49 0,47
0,18 0,75 1,20 1,31 1,33
0,23 1,04 1,61 1,75 1,77
0,19 0,96 1,53 1,71 1,76
0,13 0,70 1,16 1,36 1,44
Moyenne
0,16
Source :
Élevé
1,2
0,8
Médian
Médian à
élevé
1,4
Figure 4-1
Le plus faible
Médian
1,6
0,81
1,30
1,46
Faible
0,2
0
2010
Source :
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
Directeur parlementaire du budget.
La répartition relativement équilibrée des
avantages entre les ménages à revenu faible
ou moyen jusqu’aux ménages à revenu élevé
s’explique par deux types de gains qui se
compensent selon le groupe de revenu. Les
gains d’impôt augmentent généralement avec
le revenu et sont généralement obtenus par
les ménages à revenu moyen ou élevé (figure
4-3). Les gains de transfert que permet le CELI
sur les transferts fédéraux et provinciaux
fondés sur le revenu diminuent principalement
avec le revenu et sont généralement obtenus
par les ménages à revenu faible ou moyen
(figure 4-4).
1,51
Directeur parlementaire du budget.
Cet effet est attribuable aux importants gains
de transfert, qui s’ajoutent aux économies
d’impôt directes sur les revenus de placements
dans les CELI pour les ménages à faible revenu
et à revenu moyen. Contrairement aux revenus
d’emploi, de placements et de pension (y
compris les REER), le revenu obtenu dans un
CELI ou retiré d’un CELI n’est pas inclus dans le
revenu lors du calcul des prestations fédérales
fondées sur le revenu. Les gains de transfert
favorisent surtout les ménages à faible revenu
et à revenu moyen.
Figure 4-3
Avantages fiscaux du CELI : Groupes de
revenu
Avec le temps, la répartition des avantages du
CELI devrait devenir régressive selon le revenu.
La croissance continue des droits de cotisation
à un CELI profitera de plus en plus aux
ménages à revenu élevé, et les ménages à
faible revenu obtiendront les plus faibles gains
relatifs (figure 4-2).
% du revenu après impôt
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,05
0,14
0,21
0,21
0,20
0,08
0,35
0,54
0,58
0,59
Médian
0,15
0,68
1,07
1,17
1,19
0,15
0,76
1,22
1,37
1,42
Le plus élevé 0,12
0,67
1,12
1,31
1,38
Moyenne
Source :
14
0,12
0,63
1,02
1,15
Directeur parlementaire du budget.
1,20
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 4-4
Figure 4-5
Avantages du CELI pour les transferts :
Groupes de revenu
Gains liés au CELI par groupe de revenu : 2015
% du revenu après impôt
% du revenu après impôt
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,07
0,17
0,27
0,28
0,27
0,10
0,41
0,66
0,73
0,75
Médian
0,08
0,36
0,54
0,58
0,57
0,04
0,19
0,30
0,34
0,34
Le plus élevé 0,00
0,03
0,04
0,05
0,06
Source :
0,04
0,18
0,28
0,31
0,10
Gains de transfert
Moyenne
0,12
0,31
Directeur parlementaire du budget.
0,18
0,23
0,08
0,11
0,06
Faible
0,04
Faible à
médian
Médian
Médian à
élevé
0,19
0,02
Élevé
0,00
La figure 4-5 illustre l’ampleur et la nature des
avantages du CELI dans l’année d’imposition
2015. La taille du cercle et le texte qui
l’accompagne illustrent les avantages totaux
du CELI en pourcentage du revenu après
impôt. L’emplacement du cercle indique la
nature des avantages selon que les gains
touchent à l’impôt ou aux transferts. Les
cercles le plus à droite sur l’axe des x indiquent
des gains d’impôt plus importants, tandis que
ceux qui se trouvent le plus haut le long de
l’axe des y indiquent des gains de transfert
plus importants. Le CELI profite surtout aux
ménages à faible revenu grâce aux gains de
transfert (avantages totaux 0,11 = 0, 07
transferts + 0,05 impôts). Les gains des
ménages à revenu élevé découlent presque
exclusivement des économies d’impôt
(avantages totaux 0,13 = 0,00 transferts + 0,12
impôts).
0,00
0,05
0,13
0,10
0,15
0,20
Gains d'impôt
Source :
Directeur parlementaire du budget.
Malgré la croissance rapide de l’incidence
financière du programme CELI, la nature et la
répartition des gains demeurent assez
semblables au fil du temps (figure 4-6). Mais
les gains se déplacent légèrement des
ménages à faible revenu vers les ménages à
revenu élevé entre 2015 et 2060. Tout au long
de cette période, les gains devraient se répartir
assez uniformément entre l’impôt et les
transferts, les gains d’impôt représentant
environ 80 % de l’incidence financière totale.
15
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 4-6
Figure 4-8
Gains liés au CELI par groupe de revenu : 2015
et 2060
Portion des avantages des CELI, par groupe de
revenu
% du revenu après impôt
Pourcentage des gains totaux en dollars
0,9
Le plus faible
0,8
1,31
Gains de transfert
0,7
0,6
Faible à
médian
0,5
Faible
0,4
0,3
Médian
1,75
Médian
2060
Le plus élevé
1,71
Médian
à élevé
0,49
Source :
0,2
0,1
Élevé
2015
0,0
0,0
0,5
1,5
Pour tous les groupes de revenu, la
prépondérance des gains favorise les 40 % des
ménages dont les revenus sont les plus élevés;
surtout ceux de la tranche des 20 % dont la
valeur nette est la plus élevée (voir
l’encadré 4-9 pour une illustration de la
corrélation entre le patrimoine et le revenu).
2,0
Gains d’impôt
Source :
Directeur parlementaire du budget.
Figure 4-7
Avantages totaux des CELI : Groupes de
revenu
Les avantages du CELI pour chaque groupe de
patrimoine plafonnent lorsque les actifs
financiers totaux disponibles pour investir dans
le CELI sont épuisés 40. Avec le temps, un
pourcentage de plus en plus faible de la
population profitera des hausses continues des
droits de cotisation à un CELI
(figures 4-10 et 4-11).
Milliards de dollars, nominaux
Le plus élevé
2015 2030 2045 2060 2075
0,0
0,2
0,5
1,0
1,6
0,2
1,1
3,1
5,8
10,3
0,3
2,3
6,2
11,7 20,4
0,4
3,0
8,0
15,2 27,1
0,4
3,7
10,4 20,5 37,7
Total
1,3
Le plus faible
Médian
Source:
10,4
28,3
Directeur parlementaire du budget.
Répartition selon la valeur nette
1,36
1,0
2015 2030 2045 2060 2075
3
2
2
2
2
12
11
11
11
11
23
23
22
22
21
28
29
28
28
28
34
36
37
38
39
54,1
97,1
Directeur parlementaire du budget.
40
Les groupes de patrimoine sont classés selon la valeur nette
des ménages, qui inclut le capital non financier tel que
l’habitation et l’ensemble du passif financier. Seuls les actifs
financiers sont considérés admissibles pour les cotisations au
CELI. Si les ménages liquident du capital non financier pour
investir dans des actifs admissibles au CELI, les gains seront plus
élevés que ce qui est estimé dans le présent rapport.
16
Le compte d’épargne libre d’impôt
Encadré 4-9
Figure 4-10
Corrélation entre le patrimoine et le revenu
Avantages totaux des CELI : Groupes de
patrimoine
Le patrimoine financier des ménages a une
corrélation positive avec le revenu des ménages.
% du revenu après impôt
Le plus élevé
2015 2030 2045 2060 2075
0,08 0,22 0,27 0,23 0,19
0,16 0,62 0,88 0,88 0,83
0,17 0,76 1,15 1,17 1,11
0,17 0,88 1,42 1,53 1,52
0,18 1,00 1,71 2,11 2,32
Moyenne
0,16
Le plus faible
Rang des ménages (deux axes)
Revenu
Le plus élevé
Médian
Source :
Patrimone
1,30
1,46
1,51
Directeur parlementaire du budget.
Il est plutôt rare d’évaluer la politique fiscale et
la politique des transferts en fonction du
patrimoine. Le patrimoine est moins souvent
documenté dans les statistiques financières sur
les ménages et les données économiques et il
n’est habituellement pas déclaré dans les
déclarations de revenu ou les demandes de
paiement de transfert. Par conséquent, dans
de nombreux types d’analyse, il n’y a pas
souvent d’analyse de la répartition du
patrimoine. Mais parce que les avantages du
CELI et la participation au CELI dépendent
principalement des contraintes financières et
de la disponibilité des actifs financiers, le
patrimoine des ménages joue un rôle crucial
dans les aspects pratiques de la participation
du CELI et des avantages effectifs de ce
programme. Le DPB présente son analyse de
répartition dans ce contexte.
Le plus faible
Le plus faible
0,81
Le plus élevé
Source : Bureau du directeur parlementaire du budget; fichier
de microdonnées à grande diffusion de l’Enquête sur la sécurité
financière.
Bien que ces facteurs soient statistiquement reliés,
il est important pour interpréter les résultats du
présent rapport de se rappeler la distinction entre
le revenu (un flux annuel) et le patrimoine (un
stock, généralement constitué grâce à l’épargne
accumulée tout au long de la vie ou par héritage).
Afin d’illustrer cette distinction, voici deux
exemples hypothétiques :
Ménage A : revenu élevé, faible patrimoine
o Deux médecins, âgés de 32 ans.
o Revenu avant impôt et transferts :
400 000 $
o Placements : 200 000 $
o Dettes d’études : 300 000 $
o Valeur nette : -100 000 $
Ménage B : revenu modeste, patrimoine élevé
o Deux retraités, âgés de 71 ans.
o Revenu avant impôts et transferts :
35 000 $
o Pension privée : 1 million de dollars
o Dette : 0 $
o Valeur nette : 1 million de dollars
17
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 4-11
Figure 4-12
Avantages totaux des CELI : Groupes de
patrimoine
Gains d’impôt liés au CELI : Groupes de
patrimoine
% du revenu après impôt
% du revenu après impôt
2,5
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,05
0,14
0,16
0,14
0,11
0,10
0,39
0,54
0,54
0,50
Médian
0,12
0,53
0,80
0,81
0,77
0,14
0,70
1,12
1,19
1,17
Le plus élevé 0,15
0,87
1,47
1,81
1,99
Élevé
2
Médian à
élevé
1,5
Médian
1
Moyenne
Faible à
médian
0,5
Source :
0,12
0,63
1,02
1,15
1,20
Directeur parlementaire du budget.
Faible
Figure 4-13
0
2010
Source :
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
Gains de transfert liés au CELI : Groupes de
patrimoine
Directeur parlementaire du budget.
% du revenu après impôt
Les gains d’impôt du CELI sont très régressifs
lorsqu’on les ventile selon le patrimoine
(figure 4-12). En effet, lorsque la ventilation est
faite plutôt selon les groupes de revenu, les
gains de transfert ont un effet redistributif.
Mais quand les cotisants sont regroupés selon
le patrimoine, les gains de transfert sont
répartis uniformément entre les ménages,
depuis ceux qui ont un patrimoine faible à
moyen jusqu’à ceux à patrimoine élevé
(figure 4-13).
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,03
0,09
0,11
0,09
0,07
0,06
0,23
0,34
0,34
0,32
Médian
0,05
0,23
0,35
0,36
0,34
0,04
0,19
0,30
0,34
0,35
Le plus élevé 0,02
0,14
0,24
0,30
0,33
Moyenne
Source :
0,04
0,18
0,28
0,31
0,31
Directeur parlementaire du budget.
Répartition selon l’âge
Comme le patrimoine, l’âge des membres du
ménage influe sur les avantages du CELI. Le
DPB évalue que les gains liés au CELI seront
plus élevés pour les ménages âgés que pour les
jeunes ménages, toute chose étant égale par
ailleurs.
Les ménages à patrimoine faible touchent
actuellement des gains d’impôt et de transfert
plus faibles que le ménage médian, et cette
disparité se creusera à long terme.
Plusieurs facteurs expliquent ce résultat :
- Les ménages âgés ont une valeur nette
plus élevée et sont plus enclins à
participer à des programmes d’épargne à
régime fiscal préférentiel.
18
Le compte d’épargne libre d’impôt
-
-
Figure 4-14
Il est plus probable que les ménages
âgés profitent des deux types
d’avantages du CELI : économies d’impôt
sur les revenus de placements et gains
de transfert, du fait que les revenus de
placements ne sont pas pris en
considération dans le calcul des
transferts fondés sur le revenu (p. ex.
Supplément de revenu garanti, Sécurité
de la vieillesse et assurance-emploi).
Les cotisations au CELI sont reliées
directement à l’âge. Indexés à partir de
2009, une personne de 38 ans aura
100 000 $ de droits de cotisation à un
CELI en 2060, tandis qu’une personne de
68 ans en aura 250 000 $ 41.
Avantages totaux du CELI : Groupes de revenu
et d’âge
% du revenu après impôt
45 ans et moins
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,05
0,19
0,26
0,25
0,21
0,12
0,56
0,81
0,86
0,84
Médian
0,25
1,19
1,72
1,77
1,72
0,19
0,88
1,34
1,42
1,44
Le plus élevé 0,11
0,60
1,01
1,13
1,20
Moyenne
0,15
0,75
1,15
1,24
1,27
46 ans et plus
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,16
0,38
0,60
0,62
0,60
0,23
0,89
1,46
1,60
1,65
Médian
0,21
0,94
1,55
1,74
1,79
0,18
1,03
1,68
1,95
2,02
Le plus élevé 0,14
0,78
1,30
1,57
1,64
L’écart des gains liés au CELI entre les jeunes et
les personnes âgées est le plus prononcé en
2015 pour les ménages à faible revenu. En
effet, les gains sont trois fois plus élevés pour
ceux de 46 ans ou plus par rapport à ceux de
45 ans ou moins (figure 4-14) 42.
Moyenne
Source :
Nota :
Pour les 40 % des ménages dont les revenus
sont les plus faibles, les ménages âgés
obtiennent des gains d’impôt semblables, mais
des gains de transfert beaucoup plus élevés.
L’écart s’explique principalement par
l’exclusion des revenus de placements dans le
CELI dans le calcul des prestations aux aînés
fondées sur le revenu – la récupération du SRG
et de la SV.
0,17
0,86
1,41
1,63
1,70
Directeur parlementaire du budget.
Pondéré en fonction du nombre de personnes par
ménage. Dans une famille économique où il y a
plusieurs groupes d’âge, les personnes appartenant à
un groupe d’âge donné peuvent avoir des
comportements d’épargne et de placement de l’autre
groupe d’âge.
Inversement, pour les ménages à revenu plus
élevé, les jeunes ménages ont plus tendance à
obtenir des gains d’impôt légèrement plus
faibles, mais des gains de transfert plus élevés
(p. ex. les prestations fédérales et provinciales
aux familles) que pour les ménages âgés.
Cette disparité selon l’âge s’accentue avec le
temps. À long terme, le CELI avantage de plus
en plus les ménages nantis âgés par rapport
aux jeunes ménages ayant un revenu
autrement comparable (figure 4-15).
41
Calculé comme les droits de cotisation annuels au CELI,
multipliés par le nombre d’années au-dessus de 18 ans : 5 000 $
x (38 -18) = 100 000 $ et 5 000 x (68 -18) = 250 000 $.
42
Toutes les estimations dans cette section tiennent compte de
l’incidence des exonérations d’impôt fédérales et provinciales
sur les gains d’impôt des ménages, sauf indication contraire.
19
Le compte d’épargne libre d’impôt
groupes de revenu des personnes de 46 ans ou
plus. L’admissibilité d’un ou plusieurs membres
du ménage au SRG, à la SV ou à d’autres
programmes de transfert procure des
avantages indirects en plus des économies
d’impôt directes, ce qui entraîne des effets
relativement plus progressifs 43, 44, 45. Même
parmi les 20 % des ménages les plus riches, les
gains devraient favoriser les ménages âgés –
parce qu’ils ont de plus en plus accès aux
transferts à court terme. Cet effet s’ajoute à
l’accès à des droits de cotisation au CELI plus
élevés à long terme (figure 4-16).
Figure 4-15
Avantages totaux du CELI : Groupes de revenu
et d’âge en 2060
% du revenu après impôt
45 et moins – lignes
46 et plus – pointillés
1,2
Gains de transfert
1,0
Faible à
médian
0,8
0,6
Médian
0,4
Médian à
élevé
Faible
0,2
Essentiellement, le programme CELI procure
des gains fiscaux plus élevés aux ménages âgés
et nantis. Mais un ménage en 2015, obtient
des avantages très différents d’un ménage
autrement identique en 2060 (si la
démographie, le patrimoine et le revenu
restent constants), en raison de la dynamique
de croissance des droits de cotisation à un
CELI.
Élevé
0,0
0,0
0,5
1,0
1,5
2,0
Gains d’impôt
Source :
Nota :
Directeur parlementaire du budget.
Pondéré en fonction du nombre de personnes par
ménage. Dans une famille économique où il y a
plusieurs groupes d’âge, les personnes appartenant à
un groupe d’âge donné peuvent avoir des
comportements d’épargne et de placement de l’autre
groupe d’âge.
Aux gains d’impôt élevés s’ajoutent des gains
de transfert plus élevés. La ventilation des
gains selon l’âge permet aussi d’illustrer les
incidences distributives des gains de transfert.
Contrastant avec la répartition généralement
équilibrée selon le revenu dans la population
en général, le programme CELI a et continuera
d’avoir des effets de plus en plus régressifs
pour les Canadiens âgés de 45 ans ou moins.
43
Le taux de rendement est un autre facteur important des
revenus de placements. Mais la disparité des taux de rendement
dans les classes d’actifs devrait être moins prononcée que la
disparité du patrimoine financier. L’analyse du DPB tient compte
des écarts de taux de rendement prévus à long terme pour
divers types d’actifs, ainsi que du poids respectif de chaque actif
dans les portefeuilles de placement simulés.
44
Les taux d’utilisation du CELI sont estimés en se fondant sur les
comportements d’épargne et de placement observés pour les
comptes REER. L’utilisation des REER a tendance à augmenter
avec la richesse, de sorte que l’utilisation du CELI plus élevée
supposée pour les ménages nantis explique en partie l’écart
entre les ménages selon que le patrimoine est élevé ou faible.
Cet effet est le plus prononcé en 2009 et 2010. À moyen et long
terme, les écarts des taux d’utilisation supposés ont un effet de
moins en moins grand sur les résultats distributifs. La section 5,
page 25 présente une analyse plus détaillée des hypothèses
concernant les taux d’utilisation du CELI.
45
L’âge moyen, à cette fin, est défini comme l’âge moyen des
deux personnes les plus âgées dans un ménage. Pour les
ménages d’une personne, l’âge de la personne est considéré
comme l’âge moyen du ménage.
Les jeunes ménages ne sont généralement pas
admissibles à un grand nombre des avantages
progressifs indirects du programme CELI, à
savoir le Supplément de revenu garanti et la
Sécurité de la vieillesse.
Les ménages à faible revenu de 45 ans ou
moins ont un accès plus limité aux prestations
et aux crédits fédéraux. Les gains proviennent
donc principalement des économies d’impôt,
qui augmentent avec le revenu.
En comparaison, les avantages du programme
CELI sont répartis plus également entre les
20
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 4-16
5 Analyse de scénarios
Avantages totaux du CELI : Groupes de
patrimoine et groupes d’âge
Une analyse de scénarios est fournie afin
d’illustrer la sensibilité des résultats aux
hypothèses clés et aux éléments de conception
du programme. Toutes les données,
méthodologies et hypothèses sont identiques
au scénario de référence, sauf indication
contraire.
% du revenu après impôt
45 ans et moins
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,09
0,24
0,28
0,25
0,20
0,16
0,65
0,89
0,88
0,83
Médian
0,16
0,80
1,21
1,25
1,23
0,18
1,00
1,65
1,80
1,88
Le plus élevé 0,15
0,87
1,50
1,78
1,99
Moyenne
0,15
0,75
1,15
1,24
Scénario des droits de cotisation
Les droits de cotisation totaux constituent le
principal outil réglementaire pour limiter la
taille du programme CELI et l’accès à celui-ci.
Tel que stipulé dans la Loi de l’impôt sur le
revenu, les droits de cotisation à un CELI
augmentent tous les ans d’environ 5 500 $
(montant indexé). Les droits sont aussi
assujettis à un critère d’âge – une personne
peut cotiser jusqu’à 5 500 $ par année à partir
de 18 ans.
1,27
46 ans et plus
2015 2030 2045 2060 2075
Le plus faible 0,07
0,18
0,24
0,20
0,15
0,15
0,55
0,86
0,88
0,83
Médian
0,17
0,70
1,08
1,07
0,96
0,17
0,80
1,28
1,36
1,29
Le plus élevé 0,19
1,04
1,77
2,20
2,41
Moyenne
Source :
0,17
0,86
1,41
1,63
1,70
Afin d’illustrer l’effet fiscal et distributif de
cette hausse graduelle des droits de cotisation,
le DPB estime les coûts de programme et les
incidences distributives dans deux scénarios de
majoration du plafond de cotisation. Il suppose
que chaque scénario prend effet dans l’année
d’imposition 2016.
Directeur parlementaire du budget.
Le premier scénario du DPB suppose que le
plafond annuel CELI est doublé, passant de
5 500 $ à l’heure actuelle à 11 000 $. Ce
montant serait indexé à l’inflation, comme l’est
actuellement le plafond de 5 500 $ 46.
Si ce plafond était porté à 11 000 $ en 2016, le
coût financier à long terme du programme CELI
augmenterait d’environ 70 millions de dollars
en 2016 et il atteindrait environ 680 millions
de dollars en 2020.
46
Les droits de cotisation annuels à un CELI sont majorés afin de
tenir compte de l’inflation. De 2009 à 2012, ce montant était de
5 000 $. En 2013, il a été porté à son niveau actuel de 5 500 $.
21
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 5-1
Figure 5-3
Incidence financière supplémentaire à moyen
terme du CELI : Droits de cotisation doublés
Répartition à long terme des gains selon le
revenu des ménages : Droits de cotisation
doublés, année d’imposition 2060
Millions de dollars, nominaux
% du revenu après impôt
2016
2017
2018
2019
2020
50
170
250
350
450
20
80
130
180
230
70
250
380
520
680
Fédéral
Provincial
Total
1,6
1,4
2,18
Source :
4%
12%
15%
19%
Gains de transfert
1,2
Taux
d'augmentation
21%
Directeur parlementaire du budget.
1,0
Faible à
médian
0,8
Faible
0,6
0,2
Élevé
0,0
0,0
0,5
Source :
Incidence financière supplémentaire à long
terme du CELI : Droits de cotisation doublés
Figure 5-4
Milliards de dollars, nominaux
Taux
d'augmentation
Source :
1,0
1,5
2,70
2,26
2,0
2,5
3,0
Gains d’impôt
Figure 5-2
Fédéral
Provincial
Total
Médian
à élevé
0,80
0,4
À long terme, les incidences financières du
changement augmenteraient du tiers environ
le coût total du programme CELI (figure 5-2).
2,84
Médian
2020 2030 2040 2050 2060
0,5 2,8 6,3 10,6 14,7
0,2 1,4 3,2 5,4 7,6
0,7 4,2 9,5 16,0 22,3
2070
20,1
10,3
30,4
Directeur parlementaire du budget.
Répartition à long terme des gains selon le
revenu des ménages : Droits de cotisation
doublés
2080
25,9
13,4
39,3
% du revenu après impôt
2015 2030
2045 2060 2075
Le plus faible 0,11 0,48 0,79
0,80 0,74
0,18 1,20 2,03
2,18 2,20
Médian
0,23 1,58 2,58
2,84 2,90
0,19 1,44 2,42
2,70 2,76
Le plus élevé 0,13 1,09 1,92
2,26 2,39
21% 36% 39% 38% 34% 30% 26%
Directeur parlementaire du budget.
Avec le temps, une proportion de plus en plus
faible des ménages aurait des actifs financiers
imposables disponibles pour cotiser à un CELI,
ce qui devrait limiter à long terme
l’augmentation potentielle des cotisations 47.
Moyenne
Source :
0,16
1,24
2,11
2,39
2,46
Directeur parlementaire du budget.
Toutefois, une majoration des droits de
cotisation annuels profiterait surtout aux 20 %
des ménages les plus nantis (figure 5-5).
En 2045, l’avantage moyen du CELI pour ces
ménages représenterait 3,0 % du revenu net,
au lieu de 1,7 % dans le scénario de référence.
À titre de comparaison, l’avantage moyen du
CELI pour les ménages moyennement riches
augmenterait d’environ 0,5 point de
pourcentage, passant de 1,2 à 1,7 % du revenu
net.
La hausse des droits de cotisation à un CELI ne
devrait pas modifier de manière notable le
profil distributif du programme, tel que
mesuré par le revenu. Les résultats à long
terme sont un peu régressifs, les groupes de
revenu moyen et moyen à élevé obtenant les
gains les plus importants (figures 5-3 et 5-4).
47
Ce résultat repose sur l’hypothèse que les taux de
participation ne changent pas même si les droits de cotisation
annuels sont plus élevés. Si des ménages qui ne participent pas
au CELI lorsque les droits de cotisation sont de 5 500 $ étaient
incités à le faire si les droits annuels étaient majorés, l’incidence
financière serait plus élevée que les estimations du DPB.
22
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 5-5
Figure 5-7
Répartition à long terme des gains selon la
valeur nette des ménages
Répartition à long terme des gains selon la
valeur nette des ménages et l’âge
% du revenu après impôt
% du revenu après impôt
45 ans et moins
4,5
2015
2030
2045
2060
2075
Le plus faible 0,09
0,29
0,34
0,29
0,23
0,16
0,91
1,25
1,28
1,23
Médian
0,16
1,16
1,84
1,90
1,87
0,18
1,52
2,64
2,90
2,99
Le plus élevé 0,15
1,42
2,61
3,08
3,40
Élevé
4
3,5
3
Médian à élevé
2,5
Élevé - status
quo
2
1,5
Moyenne
Médian
1
Faible à
médian
0,5
Faible
Source :
2020
2030
2040
2050
2060
2070
2080
Ce scénario avantagerait aussi les Canadiens
âgés. En 2080, les ménages les plus nantis, de
46 ans ou plus obtiendraient des gains presque
deux fois plus élevés que ceux qu’ils pourraient
obtenir selon les règles du programme
existantes.
Moyenne
Source :
% du revenu après impôt
Source :
46 ans et plus
Référence Doublé
0,60
1,00
1,46
2,50
1,55
2,57
1,68
2,75
1,30
2,16
2,00
0,17
1,35
2,35
2,71
2,80
Directeur parlementaire du budget.
Le DPB s’est aussi penché sur un scénario
supposant que le plafond de cotisation au CELI
soit définitivement fixé à 100 000 $ en 2016,
sans majoration annuelle subséquente 48. Ce
scénario permet d’illustrer les effets
distributifs et fiscaux de l’augmentation
annuelle des droits de cotisation, ainsi que la
dynamique qui découle de l’accroissement des
droits en fonction de l’âge du contribuable
après 18 ans.
Scénario de référence vs droits de cotisation
doublés : Écarts des gains relatifs selon le
revenu des ménages, année d’imposition
2045
Écart
0,13
0,52
0,88
0,68
0,63
1,96
Scénario du plafond de cotisation de
100 000 $ au CELI
Figure 5-6
45 ans et moins
1,80
46 ans et plus
Directeur parlementaire du budget.
Référence Doublé
Le plus faible
0,26
0,39
0,81
1,33
Médian
1,72
2,60
1,34
2,02
Le plus élevé
1,01
1,63
1,11
2015
2030
2045
2060
2075
Le plus faible 0,07
0,20
0,25
0,22
0,18
0,15
0,74
1,22
1,27
1,22
Médian
0,17
0,99
1,58
1,53
1,34
0,17
1,23
2,08
2,18
2,05
Le plus élevé 0,19
1,71
3,08
3,80
4,13
0
2010
0,15
Écart
0,40
1,04
1,02
1,07
0,86
Ce scénario aurait pour effet immédiat de
doubler le coût du programme CELI, qui
passerait à quelque 2,9 milliards de dollars
en 2016 (figures 5-8 et 5-9). On prévoit en
effet que les participants admissibles
cotiseraient immédiatement jusqu’à la
nouvelle limite, soit une somme de quelque
60 000 $. On présume que les taux d’utilisation
seraient identiques à ceux du scénario de
référence.
Directeur parlementaire du budget.
48
23
Ce seuil de 100 000 $ serait toutefois indexé à l’inflation.
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 5-8
Figure 5-10
Incidence financière à moyen terme : Plafond
de 100 000 $
Incidence financière à long terme : Plafond de
100 000 $
% du PIB
% du PIB
0,6
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
0,0
-0,2
-0,4
-0,2
-1,0
-0,6
-0,3
-0,8
-0,4
0,5
-1,1
-0,5
-2,6
-2,8
-3,0
-3,2
-2,0
-3,3
0,3
Plafond
0,2
-3,0
-1,3
-1,4
-4,0
-5,0
Provincial
-1,5
0,1
-1,6
-1,7
0
2010
Fédéral
Source :
-6,0
Source :
Référence
0,4
Incidence financière supplémentaire à moyen
terme : Plafond de 100 000 $
2050
2060
Directeur parlementaire du budget.
Milliards de dollars, nominaux
2016 2017 2018 2019 2020
1 400 1 420 1 380 1 310 1 250
710 720 700 670 640
2 110 2 140 2 080 1 990 1 900
Taux
d'augmentation
Source :
121% 102%
85%
71%
2020 2030 2040 2050 2060
1,3
0,2 -3,0 -8,0 -12,6
0,6
0,1 -1,5 -4,0 -6,3
1,9
0,4 -4,5 -12,0 -18,9
Fédéral
Provincial
Total
Millions de dollars, nominaux
Source :
2040
Incidence financière supplémentaire à long
terme : Plafond de 100 000 $
Figure 5-9
Taux
d'augmentation
2030
Figure 5-11
Directeur parlementaire du budget.
Fédéral
Provincial
Total
2020
60%
60%
2070
-20,1
-10,1
-30,2
2080
-31,0
-15,6
-46,6
3% -18% -28% -29% -30% -31%
Directeur parlementaire du budget.
Selon ce scénario, le profil distributif des gains
d’impôt et de transfert, qu’il soit calculé en
fonction du revenu ou du patrimoine, resterait
pratiquement inchangé à long terme. Pour
tous les groupes, les gains seraient toutefois
relativement plus faibles que selon le scénario
de référence, vu la diminution des droits de
cotisation que connaîtraient de nombreux
ménages.
Directeur parlementaire du budget.
Cependant, à long terme, les coûts du
programme CELI augmenteraient plus
lentement sous ce scénario que sous celui du
statu quo. Ainsi, d’ici 2030, les coûts du
programme CELI plafonné à 100 000 $ (indexés
à l’inflation) seraient environ équivalents à
ceux du scénario de référence, le DPB prévoit
que l’incidence financière y serait d’environ 30
% inférieure (figures 5-9 et 5-10).
24
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 5-12
Figure 5-13
Incidence sur les gains selon le patrimoine :
Plafond de 100 000 $, année d’imposition
2060
Incidence distributive selon l’âge et le
revenu : Plafond de 100 000 $
% du revenu après impôt
% du revenu après impôt
45 ans ou moins
1,96
Le plus élevé
2015
2030
2045
2060
2075
0,06
0,23
0,23
0,22
0,20
0,16
0,71
0,82
0,86
0,87
0,33
1,25
1,43
1,51
1,53
0,26
1,06
1,26
1,37
1,45
0,16
0,83
1,08
1,22
1,34
Élevé
Moyenne
0,21
0,5
Le plus faible
0,4
Gains de transfert
0,4
Médian
Faible à
médian
0,3
0,3
0,95
Médian Médian
à élevé
0,56
0,2
1,35
0,92
1,12
1,22
1,30
0,2
0,1
46 ans ou plus
Faible
0,14
0,1
0,5
1,0
1,5
2,0
2,5
Moyenne
0,20
Médian
Gains d’impôt
Source :
Le plus élevé
Le plus faible
0,0
0,0
2015
2030
2045
2060
2075
0,18
0,45
0,47
0,47
0,45
0,26
1,03
1,14
1,21
1,23
0,23
1,03
1,21
1,33
1,37
0,20
1,08
1,29
1,46
1,51
0,17
0,93
1,18
1,38
1,46
Directeur parlementaire du budget.
Par contre, la distribution des avantages
relatifs selon l’âge serait plus équilibrée sous
ce scénario. En effet, la suppression de la
corrélation entre les droits de cotisation et
l’âge se traduirait par une répartition à peu
près proportionnelle des gains entre les 45 ans
ou moins et les 46 ans ou plus.
Source :
0,97
1,16
1,31
1,36
Directeur parlementaire du budget.
Scénario des taux d’utilisation
L’expérience canadienne des comptes à régime
fiscal préférentiel tels que les REER semble
indiquer que tous les particuliers admissibles
n’emploient pas pleinement les comptes à
régime fiscal préférentiel pour l’ensemble de
l’épargne et des placements.
Comme le taux d’utilisation à long terme des
CELI n’est pas une variable observable, le DPB
doit recourir à une hypothèse de travail. Il
fonde celle-ci sur le taux d’utilisation récente
des CELI, sur l’utilisation des REER par les
différents groupes de revenu et d’âge, et sur
les taux d’utilisation observés dans les autres
pays offrant des comptes d’épargne exempts
d’impôt. On présume que les taux d’utilisation
des REER donnent une bonne idée du taux
d’utilisation à long terme des CELI, puisque les
investissements permissibles dans les CELI sont
habituellement les mêmes que dans les REER,
et que les avantages fiscaux nets sont
similaires pour la plupart des personnes.
25
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 5-15
Mais si ces hypothèses sont modifiées et que
l’on suppose que les particuliers limiteront le
plus possible l’impôt à payer, les coûts projetés
du programme CELI augmenteraient d’environ
25 % par rapport aux projections du scénario
de référence du présent rapport (figure 5-14).
Taux d’utilisation à long terme des CELI
Pourcentage de la population admissible
Groupe de revenu
(milliers de dollars)
Figure 5-14
Incidence financière : Utilisation plus élevée
du CELI
% du PIB
Source :
2010
2020
2030
2040
2050
2060
2070
-0,6
29%
26%
13%
54%
59%
53%
37%
40-60
71%
84%
72%
50%
60-80
82%
89%
86%
66%
80+
89%
93%
93%
82%
Directeur parlementaire du budget.
% du revenu après impôt
Provincial (référence)
3,0
Fédéral (référence)
2,5
Provincial (utilisation maximale)
Faible à
médian
Faible
Gains de transfert
Fédéral (utilisation maximale)
-1,4
Source :
23%
Incidence distributive : Hypothèse d’une
utilisation plus élevée du CELI, année
d’imposition 2060
-0,4
-1,2
0-20
20-40
Figure 5-16
-0,2
-1,0
66+
2080
0,0
-0,8
Groupe d’âge
26-45
46-65
18-25
Directeur parlementaire du budget.
Le DPB évalue que les taux d’utilisation
augmentent généralement en fonction du
revenu, de l’âge et de la richesse. Supposer la
participation complète des particuliers
admissibles a tendance à accroître la
participation (et les gains relatifs) des cohortes
à faible revenu et jeunes. Par conséquent, si
l’utilisation selon les divers groupes de revenu
est plus élevée et plus uniforme que celle
projetée dans le scénario de référence du DPB,
les groupes de revenu faible à moyen
obtiendraient les gains relatifs les plus élevés,
toute chose étant égale par ailleurs
(figure 5-15).
2,0
1,5
1,0
Médian
Faible
0,5
Faible à
médian
0,0
0,0
0,5
Médian
High
Élevé
Élevé
1,0
Médian
à élevé
1,5
2,0
2,5
3,0
Gains d’impôt
Source :
Directeur parlementaire du budget.
Ce scénario vise à illustrer la sensibilité aux
principales hypothèses. Il représente une
estimation maximale de l’hypothèse
d’utilisation du CELI employée tout au long du
présent rapport plutôt qu’un scénario tout
aussi probable. En pratique, le DPB évalue que
les taux d’utilisation peuvent dévier au-dessus
qu’au-dessous du taux de référence avec une
égale probabilité.
Scénarios des rendements
Tel qu’indiqué dans les figures 2-1 et 2-3, le
taux de rendement annuel joue un rôle clé
(ainsi que la valeur marchande des actifs
investis) pour déterminer le montant annuel
26
Le compte d’épargne libre d’impôt
Figure 5-18
des revenus de placements dans un CELI
exonéré d’impôt.
Incidence financière : Scénarios de sensibilité
aux taux d’intérêt
Les projections des taux de rendement se
fondent sur l’estimation du taux d’intérêt
neutre de la Banque du Canada et les
estimations des primes de risque pour des
classes d’actifs établies par le Bureau de
l’actuaire en chef du Canada pour le Régime de
pensions du Canada.
% du PIB
2010
2040
2050
2060
2070
2080
100 points audessous
-1,0
-1,5
Référence
-2,0
-2,5
-3,0
100 points audessus
-3,5
-4,0
Source :
Figure 5-17
Directeur parlementaire du budget.
Même si l’ampleur relative des gains est
sensible aux prévisions de taux d’intérêt, les
résultats distributifs du CELI ne sont pas
vraiment touchés (figure 5-19). Quelle que soit
l’hypothèse des taux d’intérêt, le CELI a des
résultats un peu régressifs, les ménages à
revenu moyen obtenant les gains les plus
élevés.
Incidence financière totale : Scénarios de
sensibilité des taux d’intérêt
Milliards de dollars, nominaux
Source :
2030
-0,5
L’analyse de la sensibilité des résultats à ces
hypothèses est illustrée par des scénarios de
rechange où les taux d’intérêt sont modélisés à
100 points de base, soit 1 %, au-dessus ou
au-dessous du scénario de référence.
-100 points
Référence
+100 points
2020
0,0
Taux naturel
2010 2020 2030 2040 2050 2060 2070 2080
2,5%
0,0
1,6
6,1
12,4
20,2
29,3
42,1
57,4
3,5%
0,1
3,0
11,3
23,5
39,9
59,9
89,5 127,6
4,5%
0,1
4,5
17,5
37,9
67,7 108,5 172,7 262,1
Directeur parlementaire du budget.
Si les taux se situent à 100 points au-dessous
(au-dessus) de l’hypothèse du PIB, l’incidence
financière du CELI diminuera d’environ la
moitié (doublera) à long terme. Les
figures 5-17 et 5-18 montrent l’incidence
financière fédérale et provinciale combinée en
pourcentage du PIB nominal pour chaque
scénario des taux d’intérêt.
Figure 5-19
Incidence sur les gains : Scénarios de
sensibilité des taux d’intérêt, année
d’imposition 2060
% du revenu après impôt
1,8
1,6
Gains de transfert
3,61
1,2
1,0
0,8
1,46
0,6
Référence
3,42
1,96
1,04
0,4
1,88
0,2
-100
points
0,0
0,0
Source :
27
+100 points
2,69
1,4
0,5
1,50
1,20
1,0
2,0
1,5
Gains d’impôt
2,66
2,5
Directeur parlementaire du budget.
3,0
3,5
Le compte d’épargne libre d’impôt
Annexe A – Comparaisons internationales avec les comptes d’épargne libre d’impôt du
Canada
Royaume-Uni – Comptes d’épargne
individuels (Individual Savings Accounts - ISA)
États-Unis – Comptes de retraite individuels
Roth (Roth Individual Retirement
Arrangements ou Roth IRA)
En 1999, le Royaume-Uni a introduit les
comptes d’épargne individuels (ISA) en 1999,
qui remplaçaient les mécanismes libres
d’impôt antérieurs. Comme dans le
programme CELI du Canada, les revenus de
placements dans un ISA sont exonérés d’impôt
et les particuliers peuvent encaisser leurs
placements en tout temps, sans période
fermée. Les cotisations annuelles sont
plafonnées à 11 880 livres pour les personnes
de moins de 50 ans et à 15 000 livres pour les
personnes de 50 ans ou plus. Les droits de
cotisation s’accumulent avec le temps.
Les États-Unis offrent deux programmes
d’épargne-retraite à régime fiscal préférentiel,
l’IRA et le Roth IRA, dont les caractéristiques
de traitement fiscal ressemble à celui des
programmes REER et CELI du Canada. Comme
les REER au Canada, les cotisations dans un IRA
classique sont déductibles d’impôt et les
revenus et les gains ne sont pas imposés avant
la distribution 55. Les Roth IRA, établis en 1998,
ressemblent au CELI, dans la mesure où les
cotisations ne sont pas déduites, mais les
revenus sont exonérés d’impôt et peuvent être
retirés sans être assujettis à l’impôt 56.
Contrairement au CELI, les personnes à revenu
élevé ne peuvent pas cotiser à un Roth IRA57.
En 2013, le gouvernement britannique estimait
que 443 milliards de livres d’argent comptant
et d’actions étaient détenus dans les ISA, ce
qui représentait un manque à gagner fiscal de
1,9 milliard de livres pour le Trésor pour
l’exercice 2012-2013 50,51.
D’après les dernières estimations du
Congressional Budget Office (bureau du
Budget du Congrès américain), 4 % des
travailleurs américains ont un compte Roth
IRA, la participation augmentant avec l’âge et
le revenu 58.
On estime que 23 millions d’adultes
détiennent un ISA, soit environ la moitié de la
population adulte admissible 52, 53. La taille du
portefeuille ISA a tendance à augmenter avec
l’âge et le revenu. Les personnes de 65 ans ou
plus détiennent deux fois plus d’actifs dans des
ISA que la moyenne nationale et ceux qui
gagnent plus de 150 000 livres épargnent dans
les ISA trois fois plus que la moyenne
nationale 54.
Japon – Compte d’épargne individuel nippon
(Nippon Individual Savings Account - NiSA)
Le Japon a établi récemment un programme
d’épargne libre d’impôt inspiré du programme
ISA britannique et appelé Nippon Individual
Savings Account (NiSA) 59. Des placements
exonérés d’impôt peuvent être effectués par
l’entremise du NISA pendant un maximum de
50
https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/att
achment_data/file/305285/statistics.pdf.
51
https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/att
achment_data/file/302317/20140109_expenditure_reliefs_v0.4
published.pdf.
52
https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/att
achment_data/file/305285/statistics.pdf.
53
http://www.ons.gov.uk/ons/publications/re-referencetables.html?edition=tcm %3A77-319259.
54
https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/att
achment_data/file/305285/statistics.pdf.
55
http://www.irs.gov/Retirement-Plans/Traditional-IRAs,
consulté en juillet 2014.
56
http://www.irs.gov/Retirement-Plans/Roth-IRAs.
57
http://www.irs.gov/Retirement-Plans/Plan-Participant,Employee/Amount-of-Roth-IRA-Contributions-That-You-CanMake-for-2014.
58
Les cotisations moyennes à un Roth IRA augmentent jusqu’à
l’âge de 70 ans et elles diminuent par la suite.
59
http://www.jsda.or.jp/en/newsroom/others/files/NISA.pdf.
28
Le compte d’épargne libre d’impôt
5 ans, à partir de 2014, et les cotisations
annuelles sont plafonnées à 1 million de yens
(environ 50 000 CAD). Les cotisations totales
seront plafonnées à 5 millions de yens par
personne. D’ici janvier 2014, on estime que
5,6 millions de comptes NISA avaient été
ouverts dans les sociétés de courtage et les
banques.
29
Le compte d’épargne libre d’impôt
Annexe B - Transferts
pension de base suffisant 60. Les aînés qui ont
un revenu relativement élevé peuvent
demander les prestations de SV, mais ils
devront peut-être rembourser une partie ou
l’ensemble des prestations reçues en payant
un impôt de récupération de la SV. En 2013, les
aînés ont dû payer un impôt de récupération
de la SV de 15 % sur les revenus au-dessus de
70 954 $. L’impôt de récupération de la SV
s’appliquait à tous les revenus jusqu’à un
plafond de 114 793 $ ou jusqu’à ce que toutes
les prestations de SV soient recouvrées en
entier 61. Le montant recouvré est divisé en
mensualités et déduit des paiements mensuels
de SV.
Le CELI procure deux types d’avantages
fiscaux. Les deux proviennent d’une réduction
du revenu imposable parce que le revenu des
actifs déposés dans un CELI est exonéré
d’impôt. Le principal avantage du CELI est que
les revenus de placements dans un CELI ne
sont pas imposés – l’impôt fédéral et provincial
sur le revenu que les Canadiens doivent payer
diminuera, toute chose étant égale par
ailleurs. Presque tous les titulaires de CELI
profitent de cette baisse de l’impôt à payer, et
l’exonération fiscale des revenus de
placements du CELI représente environ 75 %
du coût financier total du programme.
Des avantages secondaires du CELI existent
pour les Canadiens admissibles aux transferts
fondés sur le revenu comme la Sécurité de la
vieillesse, le Supplément de revenu garanti ou
d’autres prestations et crédits fédéraux et
provinciaux. Pour certains Canadiens
admissibles au SRG, l’effet après impôt du CELI
sur des transferts comme le SRG peut être égal
ou supérieur à l’économie d’impôt. Non
seulement les avantages indirects du CELI
accroissent le coût financier total du
programme d’environ 25 % mais ils déplacent
généralement la répartition des gains vers les
ménages âgés à faible revenu.
Par conséquent, les Canadiens admissibles à la
SV qui ont des revenus de placements
imposables peuvent avoir intérêt à transférer
des placements imposables dans un CELI, non
seulement pour économiser de l’impôt mais
aussi pour être moins exposés à l’impôt de
récupération de la SV. Du point de vue du
gouvernement fédéral cet effet indirect du
programme CELI devrait entraîner une
dépense fiscale nette annuelle d’environ 2 %
des coûts totaux.
Supplément de revenu garanti
Sécurité de la vieillesse
En plus de la SV, le SRG cible les aînés à faible
revenu en offrant des prestations de pension
supplémentaires fondées sur un faible revenu.
Pour recevoir des prestations de SRG, une
personne qui touche une pension de SV doit
avoir un revenu inférieur au seuil de faible
revenu applicable 62.
Le programme de Sécurité de la vieillesse (SV)
vise à fournir une pension de base aux
Canadiens de 65 ans ou plus. Les aînés
admissibles à la SV peuvent toucher des
revenus d’autres sources, comme l’emploi, le
Régime de pensions du Canada et le Régime
des rentes du Québec (RPC/RRQ), les régimes
enregistrés d’épargne-retraite (REER), d’autres
régimes de pension ou les retraits d’un CELI.
60
Emploi et Développement social Canada, Évaluation
sommative du programme de Sécurité de la vieillesse, avril 2012,
http://publications.gc.ca/collections/collection_2012/rhdcchrsdc/HS28-203-2012-fra.pdf, consulté en décembre 2014.
Étant donné son objectif déclaré de fournir
une pension de base, le programme SV se
fonde sur le revenu pour cibler les prestations
vers ceux qui n’obtiennent pas un revenu de
61
http://www.servicecanada.gc.ca/fra/services/pensions/sv/pensi
on/impot-recuperation.shtml.
62
Le montant du Supplément de revenu garanti (SRG) dépend de
l’état matrimonial et du revenu de l’année précédente (ou, dans
le cas d’un couple, du revenu combiné). Contrairement à la
30
Le compte d’épargne libre d’impôt
Depuis octobre 2014, une personne qui ne
touche aucun revenu avant les transferts
fédéraux a droit à des prestations de SRG de
764,40 $ par mois, non imposables. Ce
montant est réduit de 1 $ par tranche de 25 $
de revenu annuel, jusqu’au plafond de revenu
du SRG de 17 088 $ 63.
Lorsque des particuliers ont un faible revenu
du marché, composé fortement du revenu tiré
de l’épargne investie, le CELI permet de
réduire le revenu imposable en deçà du seuil
du SRG, ou d’augmenter les prestations
mensuelles de SRG. L’effet sur les finances
fédérales est considérable, soit environ 15 %
du coût financier total du programme CELI.
Autres prestations et crédits provinciaux et
fédéraux
Les effets du CELI sur d’autres prestations et
crédits fondés sur le revenu au niveau fédéral
et provincial sont un peu semblables aux effets
sur la SV/SRG. Le revenu gagné dans un CELI,
qui serait autrement imposable, réduit le
revenu sur lequel se fondent les prestations, ce
qui accroît les coûts pour le gouvernement
fédéral.
Tous les effets des transferts et des prestations
sont inclus dans les estimations du DPB.
pension de base de la SV, les prestations de SRG ne sont pas
imposables.
63
Les prestations de SRG dépassent les prestations mensuelles
imposables de SV de 563,74 $.
31
Le compte d’épargne libre d’impôt
Annexe C – Comparaison des estimations financières du DPB et de Finances Canada
Les estimations du DPB pour les années
antérieures et celles fournies par Finances
Canada sont assez similaires (figure C-1). Les
estimations du DPB se situent dans une
fourchette de 5 % par rapport aux totaux de
Finances Canada pour les quatre années
estimées. Les méthodes employées pour
calculer chaque estimation diffèrent, tout
comme l’objectif visé de chaque rapport. Les
chiffres devraient donc être interprétés en
conséquence.
financier pour une année d’imposition
antérieure. Afin de maintenir l’uniformité et la
simplicité, des hypothèses identiques sont
employées pour les années antérieures et pour
les projections et elles sont décrites dans la
section 2 du présent rapport. Le DPB reconnaît
que le rendement d’une année donnée peut
être très différent de la moyenne à long terme
et fait donc une mise en garde concernant les
estimations de coût des années antérieures.
Finances Canada déclare tous les ans le coût
financier annuel du programme CELI dans
Dépenses fiscales et évaluations. Il fournit des
estimations pour les années d’imposition
récentes, ainsi qu’une projection pour l’année
suivante. Mais il ne fournit pas de projections à
moyen ou à long terme. La méthode employée
par Finances Canada pour estimer les coûts
récents du programme CELI diffère de
l’approche employée dans le présent rapport.
Finances Canada utilise des estimations du
rendement des revenus de placements
accumulés dans les CELI pour une année
d’imposition donnée. Les rendements varient
selon le rendement du marché, et l’écart peut
être considérable d’une année à l’autre.
Estimations de l’incidence financière à moyen
terme du CELI : DPB et Finances Canada
Figure C-1
Millions de dollars
2010 2011 2012 2013 2014
DPB
65
195
350
495
650
Finances
165
160
295
410 S.O.
Sources : Directeur parlementaire du budget, Finances
Canada : Dépenses fiscales et évaluations.
Dans Dépenses fiscales et évaluations 2012,
Finances Canada évalue que « d’ici la fin de
2011 [troisième année d’existence du
programme], environ 8,2 millions de Canadiens
avaient ouvert un CELI, et les actifs financiers
détenus dans les CELI étaient évalués à plus de
62 milliards de dollars ». Les données de
l’Agence du revenu du Canada sur le CELI
semblent indiquer que les actifs sont montés à
118 milliards de dollars en 2013. Les
estimations de la valeur des actifs du CELI
selon le DPB correspondent à ces montants.
Le présent rapport vise à fournir des
estimations à moyen et long terme du coût
financier du programme CELI. Les estimations
rétrospectives du DPB visent à donner une
indication des tendances globales, plutôt qu’à
fournir une estimation descriptive du coût
32
Le compte d’épargne libre d’impôt
Annexe D – Classification des quintiles du revenu et du patrimoine financier
Pour définir les catégories de revenu et de
patrimoine financier (figure D-1), le DPB a
segmenté les données de l’Enquête sur la
sécurité financière (revenu annuel après impôt
et valeur nette des familles économiques) 64.
Figure D-1
Classification des quintiles du revenu et du
patrimoine, année d’imposition 2005
Dollars
Faible
Médian
Éleve
Revenu
Min
Max
- 19 300
19 300 32 175
32 175 48 000
48 000 72 300
72 300
-
Patrimoine
Min
Max
- 10 850
10,850
90 000
90,000 243 350
243,350 550 050
550,050
-
Source : Directeur parlementaire du budget; Statistique Canada.
64
Les micro-données de l’Enquête sur la sécurité financière
portent sur l’année d’imposition de 2005, ce dont tiennent
comptent les classifications.
33
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