AU COMMENT CANADA MONTAGNES

AU COMMENT CANADA MONTAGNES
COMMENT COMBATTRE
LES CRIQUETS
[Sauterelles] AU CANADA
À L'EST DES
MONTAGNES ROCHEUSES
6.3S-T2.
Par Norman Criddle
MINISTERE FEDERAL DE L'AGRICULTURE
CANADA
BULLETIN No
Traduit
a>i
143— NOUVELLE SÉRIE
Bureau de iraduetion du Ministère
Publié par ordre de l'Hon. Robert Weir, Ministre de l'Agriculture, Ottawa, 1931
DIVISION
DE L'ENTOMOLOGIE
Entomologiste du Dominion
Arthur Gibson
Entomologiste adjoint du Dominion
J. M. Swaine
Service des insectes de forêts
J. M. Swaine
Chef du service de la suppression des insectes étrangers. L. S. McLaine
Chef du service de l'entomologie systématique
J. H. McDunnough
,
Chef du service des insectes nuisibles aux plantes des
champs
H. G. Crawford
et des jardins
LABORATOIRES
Annapolis Royal, N.-E.. Recherches sur les insecticides;
Recherches sur les insectes qui
Fredericton, N.-B
ture; R. P. Gorham, préposé.
Recherches sur les insecticides;
Recherches sur les insectes qui
Arthur Kelsall, préposé.
nuisent aux plantes de grande cul-
G. P. Walker, préposé.
nuisent aux forêts;
R. E. Balch,
préposé.
Hemmingford, Que
Recherches sur
les insectes
qui nuisent aux fruits;
C. E. Petch,
préposé.
District
d'Ottawa
Recherches sur
nuisent aux forêts;
les insectes qui
J. J.
De
Gryse,
préposé.
Recherches sur
les insectes qui nuisent aux légumes; A. G. Dustan,
préposé.
Etude sur les insectes destructeurs; C. R. Twinn, préposé.
Ont
Ont
Belleville,
Vineland,
Recherches sur
Recherches sur
les parasites;
A. B. Baird, préposé.
les insectes qui nuisent
aux
fruits;
W.
A. Ross, pré-
posé.
Ont
Strathroy,
Chatham, Ont
Treesbank,
Man
Recherches sur les insectes qui nuisent aux plantes de grande culture; H. F. Hudson, préposé.
Recherches sur les insectes qui nuisent aux plantes de grande culture; G. M. Stirret't, préposé.
Recherches sur les insectes qui nuisent aux plantes de grande culture;
Norman
Criddle, préposé.
Kaml&ops, C.-B
Recherches sur les insectes qui nuisent aux arbres de forêts et
d'ombrage; K. E. Stewart, préposé.
Recherches sur les insectes qui nuisent aux plantes de grande culture; K. M. King, préposé.
Recherches sur les insectes qui nuisent aux plantes de grande culture; H. L. Seamans, préposé.
Recherches sur les insectes qui nuisent aux plantes de grande culture et aux fruits; R. Glendenning, préposé.
Recherches sur les insectes qui nuisent aux bestiaux; Eric Hearle,
Vernon,
Recherches sur
Indien Head, Sask
Saskatoon, Sask
Lethbridge, Alta
Agassiz,
C.-B
préposé.
C.-B
les insectes qui
nuisent aux forêts; Ralph Hopping,
préposé.
Victoria,
C.-B
Recherches sur les insectes qui nuisent aux fruits et aux plantes de
grande culture; E. R. Buckell, préposé.
W. Downes,
Recherches sur les insectes qui nuisent aux fruits;
préposé.
STATIONS D'INSPECTION DE VÉGÉTAUX
Halifax, N.-E
Saint-John, N.-B
Montréal, Que
Toronto, Ont
Niagara Falls, Ont
Windsor, Ont
TV innipeg,
Man
Estevan, Sask
Vancouver, C.-B
K. Gibson, préposé.
Finnamore, préposé.
W. St. G. Ryan, préposé.
A.
V
W.
A. Fowler, préposé.
Sheppard, préposé.
C. S. Thompson, préposé.
C. A. S. Smith, préposé.
P. C. Brown, préposé.
W. H. Lyne, collaborateur, préposé.
R W.
(BULLETIN ENTOMOLOGIQUE N°
31)
TABLE DES MATIERES
PARTIE
I
Page
Exposé sommaire des moyens
répressifs
Introduction
Espèces de criquets qui infestent
Habitudes des criquets
le
dist
adoptés contre
les criquets
rid
Ponte
Migration
Criquets de foin d'automne
Moyens
et
du commencement du printemps
répressifs
2
3
3
4
5
6
7
7
Destruction des œufs
7
Labour
Façons culturales
7
8
8
8
8
8
8
9
9
9
Précautions à prendre
Bandes de garde
Epoque des semailles
Labour de printemps
Brûlage
Attaque des récoltes semées en automne
Destruction des larves et des insectes parfaits
Appâts
empoisonnés
Organisation
Grillons des champs ou cri-cri
Comment prévoir les invasions de criquets
Moyens
répressifs naturels
11
11
12
12
PARTIE II— TECHNIQUE
Clef aux larves de la première phase
Clef pour l'identification des criquets adultes
Notes sur les espèces individuelles
Camnula pellucida Scud, criquet à ailes claires
Melanoplus mexicanus Saus., petit criquet voyageur
Melanoplus bruneri Scud., criquet de Bruner
Melanoplus femur-rubrum DeG., criquet à pattes rouges
Melanoplus bivittatus Say, criquet à deux raies
Melanoplus conjusus Scud., criquet mineur
Melanoplus packardi Scud., criquet de Packard
Melanoplus dawsoni Scud., criquet de Dawson
Dissostiera carolina L., criquet de la Caroline
14
14
17
17
17
18
Î8
18
19
19
19
20
VIGNETTES
— Criquets
adultes. Vignette supérieure, criquets à ailes claires; figure du
criquet voyageur; figure inférieure, criquet à deux raies.
Tous de grosseur naturelle. (Original)
(A) L'insecte perce un trou avant de pondre;
Figure 2 Petit criquet voyageur.
(B) ponte; (C) sacs d'œufs; (D) sac d'œufs ouvert faisant voir les œufs
à l'intérieur; (E) œufs séparés. Tous de grosseur naturelle. (Original)..
Planche 1 Figures 1-6. Première mue de Camnula pellucida Scud., Melanoplus
mexicanus Saus., M. bivittatus Say, M. conjusus Scud., M. fémur rubrum
DeG., et M. packardi Scud. (Tous fortement grossis)
Planche 2 Figures 1-4. Quatrième mue de Camnula pellucida Soud., M. mexicanus
Saus.. M. femur-rubrum DeG., et M. bivittatus Say. Tous grossis. (Original)
Figure
1
milieu,
petit
—
—
—
22726-1
4
5
15
16
—
Exposé sommaire des moyens répressifs contre
les
criquets (sauterelles)
Les invasions de criquets (ordinairement connus sous le nom de sauterelles)
généralement au cours ou à la suite d'une sécheresse anormale.
Chaque criquet femelle pond au moins 100 œufs; un seul couple de criquets
établis sur une verge carrée de terre en automne peut donc peupler cette étendue
d'une centaine ou plus de larves au printemps suivant.
Les cultivateurs feront
donc bien de voir s'il y a beaucoup de criquets dans leurs champs pour se préparer
au danger qui peut en résulter. S'ils trouvent des œufs en nombres suffisants pour
qu'une invasion soit à craindre, qu'ils fassent des efforts pour les réduire au moyen
(1) d'un labour profond, à tranches bien retournées, (2) d'un disquage ou d'un
scarifiage peu profond en automne.
Le premier de ces moyens empêche la majorité des larves de remonter à la
surface; le deuxième expose un grand nombre d'œufs aux intempéries qui les détruisent. Voir page 7.
Surveillez pour voir si les jeunes criquets ou "m^mphes" font leur apparition
en mai ou au commencement de juin. Lorsqu'ils sont présents en grand nombre,
employez les moyens répressifs que voici:
(1) Epandez parmi les jeunes criquets des appâts empoisonnés suivant les instructions données à la page 10, à condition que la température ne soit pas inféLe succès dans l'application des appâts emrieure à 68° F ni supérieure à 90° F.
poisonnés dépend de la température. Il ne faut jamais épandre des appâts les
jours froids ou sombres.
(2) Empêchez les jeunes criquets de venir des étendues voisines en ouvrant à
Obligez les insectes à se rendre au centre des
la charrue des bandes de garde.
champs en chaume en labourant vers l'intérieur et en épandant du poison sur les
bandes du centre. Voir page 8.
(3) Eparpillez de la paille où les criquets nouvellement éclos viendront dorse produisent
mir, et brûlez cette paille le soir.
(4) Surveillez pour voir si le blé ou le seigle d'hiver sont envahis et empoisonnez les criquets qui les attaquent.
Les criquets ne déposent pas leurs œufs dans une jachère d'été propre ou dans
un champ nouvellement labouré mais ils peuvent pondre dans une récolte de blé
ou de seigle d'hiver. Leurs endroits favoris pour la ponte sont les chaumes, les
fermes abandonnées, les talus de chemins de fer et les pâturages broutés trop ras.
Surveillez bien tous ces endroits et prenez des mesures pour détruire les œufs lorsqu'ils sont
abondants.
districts, et spécialement sur les prairies, les criquets parcourent
de longues distances au vol; il peut se faire que des fermes qui en sont indemnes
au printemps deviennent très envahies par la suite. Il faut surveiller de près ces
invasions et prendre des mesures pour les combattre lorsqu'elles ont lieu.
Si vous avez des doutes au sujet des moyens à prendre pour combattre les criquets, écrivez au laboratoire d'entomologie le plus rapproché ou au Collège d'Agriculture pour demander des conseils. Les préposés à ces stations sont toujours heureux de vous venir en aide.
Dans bien des
Comment
combattre les criquets (sauterelles) au
Canada à Test des Montagnes Rocheuses
Par Norman Cbtodle, Laboratoire d'entomologie, Trccsbank, Manitoba.
PARTIE
I
INTRODUCTION
Depuis que Alexander Henry a noté dans son journal en Tan 1800 qu'il
avait vu des criquets (l'insecte généralement désigné, mais à tort, par le nom
de "sauterelle") en couches de plusieurs pouces d'épaisseur sur les rives du lac
Winnipeg. les invasions de criquets au Canada se sont produites de façon presque
périodique jusqu'à nos jours. On a vu dans le passé les provinces des Prairies
Des invasions moins
envahies par des hordes innombrables de ces insectes.
nombreuses se sont produites depuis, et ii y a eu même des années où les criquets
faisaient remarquer par leur absence; mais on peut compter que les mêmes
Il y aura des périodes où le cultivateur
fluctuations se produiront à l'avenir.
se verra obligé de déployer tous ses efforts pour protéger ses récoltes contre ces
insectes voraees; il y en aura d'autres, de plus longue durée, où il sera entièrement à l'abri de leurs attaques.
se
Les invasions de criquets sont généralement moins abondantes et moins
graves dans l'Est du Canada que dans les provinces des Prairies, et cependant
ces insectes ont fait leur apparition en grand nombre dans l'Ontario et le Québec
en ces dernières années et les autres provinces n'ont pas été non plus à l'abri
de leurs déprédations. On connaît les dégâts que causent ces insectes dans les
récoltes des champs et des jardins; ils s'attaquent même aux arbres fruitiers
dans les régions à fruits et ils ont parfois sérieusement endommagé des jeunes
pommiers en en rongeant l'écorce. Mais si les dommages causés dans l'Est du
Canada sont plus variés, les moyens répressifs sont les mêmes dans toutes les
Ils comportent surtout l'emploi d'appâts empoisonnés, dont
parties du pays.
l'utilité dépasse de beaucoup celle de tous les autres moyens répressifs.
Comme la lutte contre les criquets en Colombie-Britannique présente des
problèmes inconnus aux autres parties du pays, et comme ces problèmes ont
déjà été traités dans le bulletin n° 39, nouvelle série, intitulée: "Les Sauterelles
en Colombie-Britannique", Ministère de l'Agriculture, Ottawa, (Bulletin Entomologique n° 26), nous n'y reviendons pas dans cette publication.
On emploie le terme "larve" ou '•'nymphe" pour désigner l'insecte non parfait et le distinguer
du criquet
parfait, ailé.
ESPÈCES DE CRIQUETS COMPRIS?^ DANS LES INVASIONS
Toute espèce de criquet peut devenir nuisible lorsqu'elle est présente en
suffisant, mais en général les espèces destructives sont relativement peu
nombreuses; il n'y en a habituellement que quatre ou cinq, savoir: le petit criquet voyageur {Melanoplus mexicanus Saus.), le criquet à pattes rouges (Mêlanoplus jemur-rubrum DeG), le criquet à deux raies {Melanoplus bivittatus Say),
et le criquet à ailes claires ou criquet des talus de chemins {Camnula pellucida
Il y a, outre celles-là, une douzaine d'autres espèces qui font leur
Scud.).
nombre
3
22726—2
nombre plus ou moins nuisible; ce sont le criquet à ailes étroites
(Melanoplus angustipennis Dodge), le criquet de Brimer {Melanoplus bruneri
Scud.), le criquet mineur {Melanoplus conjusus Scud.) et le criquet de la CaroLa plupart de ces criquets ont des habitudes
line {Dissostiera carolina L.).
très semblables et il ne sera donc pas nécessaire de les traiter séparément.
apparition en
—
1.
Criquets adultes. Figure du
haut: criquet à ailes claires; figure
du milieu, petit criquet voyageur;
figure du bas, criquet à deux raies.
Tous de grosseur naturelle. (Ori-
Fig.
ginal).
HABITUDES DES CRIQUETS
Tous
dont nous parlons ici éclosent des œufs qui ont été déposés
Leur apparition au printemps dépend de la
température, mais dans les conditions moyennes on peut compter que quelquesuns sortiront au commencement de mai tandis que d'autres ne le feront qu'à la
mi-juin.
La chaleur facilite leur sortie et leur développement; le froid les
dans
les criquets
la terre l'année précédente.
retarde.
Tandis que la "larve rampante", nouvellement éclose, monte à la surface,
que l'on appelle la mue natale et laisse près de son trou de sortie
une peau blanche recroquevillée. C'était avant cela un objet tout à fait impuissant, incapable même de se tenir debout, mais immédiatement après elle prend
toute l'apparence d'un criquet en miniature, sans ailes, sauf cette exception que
sa couleur est pâle et qu'elle prend toute sa couleur au bout d'une heure environ.
Nous avons alors la "nymphe", ou jeune criquet.
La nymphe se cherche une situation ensoleillée, abritée, où elle se chauffe
au soleil et passe par le développement nécessaire pour prendre place à côté de
Elle ne commence généralement à manger que le lenses compagnes affamées.
demain et ne consomme d'abord qu'une faible quantité de nourriture. Deux
activités dominent maintenant la vie de l'insecte, savoir, se nourrir et se chauffer
au soleil. Le matin, lorsque les rayons du soleil commencent à réchauffer l'atmosphère, la nymphe sort de l'abri qu'elle occupait pendant la nuit et rejoint ses
compagnes dans un lieu ensoleillé, où elles se groupent toutes ensemble, en une
elle subit ce
la dimension est réglée par le nombre de nymphes présentes dans le
voisinage. Elles y restent jusqu'à ce que la température atteigne environ 65° F.
à l'ombre, puis elles s'éparpillent en quête de nourriture. Ce n'est cependant que
lorsque la température atteint environ 78° F., que les nymphes mangent à leur
pleine capacité.
La nymphe grossit *à mesure qu'elle se nourrit, et comme la peau ne se développe pas avec l'insecte, elle doit la rejeter par un procédé (pie l'on appelle la
mue. Pour cela, la nymphe se suspend, la tête en bas, attachée par les pattes à
quelque appui et sort lentement de sa vieille enveloppe. Tous nos criquets les
plus nuisibles muent en moyenne cinq fois au cours de leur développement et ces
phases de la croissance peuvent être reconnues par certaines modifications de
structure, dont les plus importantes sont le nombre croissant de segments dans
Par
les antennes et le développement des moignons alaires (ailes naissantes).
exemple, dans les antennes, sauf quelques variations, le nombre de segments est
porté de 13 à 17, 20, 22 et 24, tandis que dans les deux dernières phases imparfaites, après la deuxième mue, les moignons alaires sont tournes vers le haut.
Dans la première de ces phases, ils se rencontrent sur le dos près de leurs pointes;
dans la deuxième, ils sont couchés le long du dos dans une position presque horizontale. Après cette phase, la nymphe subit encore une autre mue, par laquelle
elle acquiert des ailes complètement développées et devient un criquet adulte
masse dont
ou parfait. L'insecte commence alors à s'intéresser à d'autres choses. Il mange
encore avec voracité, mais il a maintenant la responsabilité de pourvoir à la
multiplication de son espèce, et c'est alors que se produisent l'accouplement, la
ponte et la migration. La phase parfaite se produit généralement vers la mijuillet, mais la date varie avec les espèces et avec l'époque de l'éclosion.
Dans
les conditions ordinaires de température, 40 jours environ sont nécessaires pour le
développement à partir de l'éclosion jusqu'à la phase adulte et il s'écoule environ
trois semaines de plus avant que la ponte ne commence.
—
Ponte. Le procédé de la ponte est le même pour tous nos criquets communs,
mais tous ne choisissent pas le même endroit pour y déposer leurs œufs, il s'en
faut de beaucoup. Il est nécessaire sous ce rapport de connaître l'espèce de
criquet a laquelle on a affaire. En règle générale, on peut dire que le criquet à
ailes claires dépose ses œufs dans les gazons comme les talus herbeux des che-
Fig.
—
2.
Petit criquet voyageur.
(À) Perforation préparatoire
à la ponte; (B) ponte; (C) coque d'œufs; (D) coque d'œufs
ouverte faisant voir les œufs qu'elle renferme: (E) œufs séparés. Tous de grosseur naturelle.
(Original).
mins, les pâturages et les prés; rarement dans les chaumes propres. Toutes les
autres espèces dont nous parlons dans cet ouvrage déposent leurs œufs dans des
endroits nus, mais surtout dans les chaumes et les vieux champs abandonnés. Les
criquets qui appartiennent à ce dernier groupe ne pondent jamais leurs œufs dans
22726—21
6
les touffes d'herbe, mais ils peuvent les déposer autour de ces touffes, dans des
espaces dépourvus de végétation. Un champ où l'herbe est rare et éparpillée,
comme un pâturage brouté à ras, peut recevoir beaucoup d'œufs. Par contre,
une terre qui vient d'être labourée n'est jamais utilisée pour la ponte, pas plus
qu'une jachère d'été propre, mais un champ de maïs ou de pommes de terre peut
parfois être assez fortement infesté d'œufs.
Les œufs sont pondus dans la terre, dans une coque ou capsule allongée dont
Le nombre d'œufs par coque varie d'environ
le col arrive très près de la surface.
10 à 34 dans les petites espèces, comme le petit criquet voyageur et le criquet à
ailes claires; il peut dépasser la centaine dans le cas du criquet à deux raies.
Plusieurs coques d'œufs sont déposées au cours d'une saison; le nombre exact
dépend quelque peu de la température. Le nombre moyen d'œufs pondus par le
petit criquet voyageur, le criquet à pattes rouges et le criquet à ailes claires est
d'environ 150 et il est d'environ 200 pour les criquets à deux raies et de Caroline.
En automne, les coques d'œufs entourent généralement étroitement les œufs,
mais à mesure que les œufs se gonflent par suite du développement des larves
qu'ils renferment, ils fendent la couverture, si bien qu'au printemps ces coques
sont souvent très divisées.
Pour pondre ses œufs, le criquet femelle insère son abdomen sur toute sa
longueur dans la terre; il peut essayer plusieurs endroits avant d'en trouver un
qui lui convient. Lorsque les conditions lui plaisent, il dépose son paquet d'œufs,
recouvre le trou avec son abdomen ou ses pattes postérieures puis s'en va. Plus
tard dans la saison il pond un autre lot d'œufs, puis plus tard encore un troisième,
un quatrième ou un cinquième, jusqu'à épuisement de sa faculté de reproduction,
si la saison est favorable, après quoi il meurt de vieillesse.
Migration.
—La migration des criquets adultes, spécialement dans l'Ouest du
Canada, peut exercer un
important sur l'invasion l'année suivante et doit
Les vols de criquets peuvent aussi se
produire d'une région à l'autre, et les champs qui n'avaient pas été attaqués
jusque-là peuvent ainsi devenir fortement infestés.
Ce n'est pas toujours le
manque de nourriture qui est la cause de ces migrations. Nous avons vu des
myriades de criquets quitter des conditions d'abondance pour se transporter sur
des herbages beaucoup moins plantureux.
Les vols au commencement de la
saison se produisent du reste presque tous les jours, allant et revenant d'un lieu
à une autre pendant plusieurs jours, suivant la force et la direction des vents.
Quelques-uns de ces vols sont très bas; d'autres sont si élevés dans les cieux que
l'on ne peut voir les insectes qu'avec l'aide de jumelles.
A mesure que la saison s'avance et que l'époque de la ponte arrive, les
migrations deviennent de moins en moins fréquentes; lorsque les criquets deviennent abondants dans une localité, on peut compter qu'ils pondront leurs
œufs dans le voisinage. Il faut noter avec soin les endroits de ce genre et
rechercher les œufs plus tard dans la saison. Le cultivateur peut ainsi connaître
le danger qui le menace et faire ses préparatifs en conséquence.
Les migrations
de fin-saison ont généralement la ponte pour objet, car les criquets cherchent
alors des champs qui offrent les conditions désirées pour la ponte. Cette actieffet
être surveillée avec soin à cause de cela.
vité se remarque surtout chez le criquet à ailes claires, qui déserte les champs
Les
cultivés au moment de la ponte et se rassemble sur une pièce de gazon.
mâles arrivent les premiers et sont bientôt suivis par les femelles. Si les insectes
pullulent, l'herbe est bientôt rasée jusqu'à terre et l'étendue prend une apparence
C'est là un signe infaillible que c'est un champ d'œufs, même
après que les criquets sont morts.
Sur les prairies, le chiendent de l'Ouest,
Agropyron Smithii, Rydb., qui a une pousse touffue, fournit des endroits spécialement attrayants; ailleurs, les criquets peuvent choisir le pâturin ou l'une
ou l'autre des graminées qui poussent en touffes.
Un autre fait intéressant au sujet du criquet à ailes claires, c'est qu'il
exhibe une tendance marquée à changer d'endroits de ponte; c'est pour cela
laide et stérile.
—
que l'on trouve rarement les œufs doux années de suite au morne endroit. Cette
habitude a été notée également chez le petit criquet voyageur, mais elle est
beaucoup moins prononcée dans cette espèce, sans doute parce que cette espèce
a des habitudes de ponte moins restreintes.
Les nymphes (jeunes criquets sans ailes) émigrent aussi, mais plutôt pour
découvrir de nouveaux pâturages que pour toute autre raison. Il n'en est pas
toujours ainsi cependant, car il y a des occasions où de grandes migrations se
produisent pendant lesquelles les jeunes criquets dune étendue considérable marchent tous ensemble dans une même direction, en passant pardessus des champs
qui cependant offrent une nourriture qui n'est pas à dédaigner. Ces migrations,
qui ne sont pas faites en quête de nourriture, sont généralement observées dans
les dernières phases du développement et elles sont généralement restreintes au
petit criquet voyageur et à quelques espèces étroitement apparentées à celui-ci.
CRIQUETS DE FIN D'AUTOMNE ET DU
COMMENCEMENT
DU PRINTEMPS
y a plusieurs espèces de criquets qui éclosent des œufs vers la fin de
qui hivernent sous une forme partiellement développée.
On peut les
voir dès que la fonte des neiges expose la terre. On les reconnaît à ce moment
par leur grosseur et aussi par le fait que les moignons alaires sont tournés vers
le haut.
La plupart de ces criquets, du reste, se mettent à voler avant que les
espèces réellement importantes aient éclos. Les plus communes de ces espèces
Il
l'été
et
hâtives sont le criquet printanier à ailes claires {Psoloessa delicatula Scud.), le
criquet printanier du nord (Arphia frigida Scud.), et le criquet à pattes de
corail (Xanthippus corallipes latefasciatus Scud.).
Ce sont ces criquets qui
donnent généralement naissance à cette idée erronée que les œufs des espèces
les plus nuisibles éclosent en automne ou du moins extrêmement tôt au printemps. Le criquet printanier, à ailes claires, a souvent été confondu avec le
criquet ordinaire, à ailes claires, qui éclot rarement avant le milieu de mai. Ces
insectes peuvent parfois causer quelques dégâts au blé ou au seigle d'automne,
mais en général leurs activités n'ont rien d'alarmant.
MOYENS RÉPRESSIFS
Les moyens à prendre pour combattre les criquets dépendent, jusqu'à un
Il s'agit surtout de détruire
certain point, de l'espèce à laquelle on a affaire.
les œufs ainsi que les premières invasions de nymphes (jeunes criquets) venant
Si l'insecte en question est le criquet à ailes claires,
des étendues voisines.
alors il suffit, pour commencer, de surveiller les herbages voisins; s'il s'agit au
contraire du petit criquet voyageur, alors il faut donner une attention spéciale
aux chaumes, aux fermes abandonnées,
et à
un moindre degré aux
prés.
On
voit donc qu'une des premières considérations dans la lutte contre les criquets
au début est de savoir nettement l'espèce de criquet qu'il faut combattre. Tout
en reconnaissant que les moyens à employer pour détruire ces insectes dépendent
jusqu'à un certain point de l'espèce qui est présente et des conditions dans
lesquelles se produit l'invasion, on peut cependant en faire l'exposé suivant:
DESTRUCTION DES ŒUFS
—
Labour. La terre que l'on sait être infestée d'œufs de criquets devrait être
labourée à une profondeur d'au moins six pouces et les tranches de terre retournées à plat. Lorsqu'on prend ces précautions un grand nombre des larves qui
éclosent ne parviennent pas à atteindre la surface, tandis que si la tranche de
terre est simplement retournée sur le can, un grand nombre d'entre elles s'échappent.
Dans tous les cas, il est utile de herser la terre après l'avoir labourée,
et si le labour est effectué au printemps, il devrait être roulé.
—
8
Nous avons constaté dans
des
expériences
que
les
larves
nouvellement
écloses passent rapidement à travers un labour peu profond ou mal tassé,
qu'un certain nombre d'entre elles le font même lorsque le travail est exécuté
Le labour n'est donc pas un moyen infaillible
la meilleure façon possible.
débarrasser la terre des criquets, mais c'est un auxiliaire important contre
et
de
de
la
multiplication de ces insectes.
—
Les scarifiages, ou pseudo-labours, avec une herse à disques
Scarifiages.
ou un cultivateur, sont parfois très utiles pour détruire les œufs mais leur
utilité dépend beaucoup des conditions de température qui régent alors.
Quoi
qu'il en soit, les scarifiages devraient toujours être faits aussitôt que possible
en automne ou dès que le plus grand nombre des œufs ont été pondus, ce qui est
généralement vers la mi-septembre. L'idée est d'exposer les œufs aux vicissitudes de la température, et spécialement au soleil, qui les détruit en les séchant.
Les façons culturales de printemps n'ont que peu ou point d'utilité. Il ne faut
pas oublier en cultivant que les œufs des criquets ne sont jamais enfouis à une
profondeur plus grande qu'un pouce au-dessous de la surface et qu'il suffit par
conséquent d'un scarifiage peu profond pour les exposer.
PRÉCAUTIONS À PRENDRE
Lorsque l'on sait que les criquets menacent d'exercer leurs ravages dans
certains districts, on peut se préparer à les recevoir ou à prendre des mesures
pour contrecarrer leurs activités néfastes.
Voici des précautions qui peuvent
être utiles sous ce rapport:
—
Lorsqu'un champ de grain se trouve à côté d'un champ
envahi de jeunes criquets, c'est souvent un avantage que de
labourer une bande entre les deux pour servir de barrière. On retarde ainsi de
plusieurs jours la marche des insectes et si l'on a soin d'ouvrir à la charrue une
tranche large et profonde du côté d'où viennent les insectes, ils y sont arrêtés
temporairement et on a ainsi un endroit commode pour les détruire avec des
appâts empoisonnés.
Bandes de garde.
que
l'on sait être
Un
autre
moyen
qui peut être
recommandé
est
de labourer
les
champs
in-
festés à partir de l'extérieur et de refouler ainsi graduellement les jeunes criquets
vers le centre ou vers des bandes centrales. Ensuite, lorsqu'il ne reste plus au
centre que des bandes non labourées d'environ 20 pieds de large on y répand
de l'appât empoisonné. On fera bien d'éviter de trop rétrécir ces bandes pendant
la chaleur de la journée; il faut plutôt compléter le labour par un temps frais
ou vers la fin de l'après-midi. Il faut en outre épandre l'appât empoisonné dès
que les jeunes criquets deviennent actifs, c'est-à-dire lorsque la température
atteint environ 68° F., à l'ombre. Si l'on retardait trop, ils pourraient quitter
les bandes non labourées et envahir les champs voisins.
Epoque
des semailles.
ques des criquets que
avancée.
le
—Le
grain que Ton sème tôt résiste mieux aux attagrain semé tard, parce que sa végétation est plus
—
faut avoir soin d'éviter de semer des récoltes sur
imprégné d'œufs de criquets. Aucune
récolte n'est à l'abri des attaques de ces insectes, et lorsque les œufs éclosent
sur toute l'étendue d'un champ, il est très difficile et très coûteux de sauver la
Labour de printemps.
un labour de printemps que
Il
l'on sait être
récolte.
—
Les jeunes criquets recherchent toujours un abri pour y passer la
labour grossièrement exécuté leur fournit cet abri, de même que les
mauvaises herbes. S'il n'y a pas d'abri dans le champ de grain, les insectes se
retirent pendant la nuit aux bords du champ, où ils se rassemblent dans l'herbe
ou parmi les mauvaises herbes, mais s'il existe des refuges semblables dans les
champs, alors rien ne s'oppose à leur marche. C'est surtout à cause du besoin
Le
nuit.
jeu.
Un
—
9
qu'ils éprouvent de s'abriter que leur invasion dans un champ est si inégale.
On
a pensé à épandre de petites quantités de paille près des endroits où les insectes
se nourrissent pour qu'ils se rassemblent dans cette paille le soir, où ils y restent
jusqu'au matin suivant. On brûle alors cette paille le soir, de préférence lorsque
On peut aussi brûler les talus des chemins lorsque les larves
le vent souffle.
sortent des œufs et avant qu'elles envahissent les champs de grain voisins.
—
Attaque des réeoltcs semées en automne. Le blé et le seigle d'hiver sont
exposés à être gravement attaqués par les criquets adultes et il est donc nécessaire de se préparer à ces invasions et de détruire les insectes lorsqu'elles se
produisent. On peut le faire au moyen d'appâts empoisonnés. Ces récoltes sont
exposées à un autre danger lorsque les criquets y pondent leurs œufs; les jeunes
nymphes qui en sortent attaquent les récoltes le printemps suivant. C'est pourquoi il est doublement important d'empoisonner les insectes adultes en automne.
DESTRUCTION DES NYMPHES ET DES CRIQUETS ADULTES
Appâts empoisonnés --De tous les moyens employés pour détruire les criquets, les appâts empoisonnés sont de beaucoup les plus utiles. Un certain nombre d'appâts ont été imaginés et plusieurs sont recommandés dans différentes
parties de l'Amérique du Nord, mais nous avons constaté en ces dernières années
que l'époque où les appâts sont appliqués a plus d'importance que leur composition, et que le succès ou l'insuccès dans l'emploi des appâts est surtout une
question de température.
Voici la composition d'un appât empoisonné qui a été fort employé au
les invasions de criquets de 1919-23:
Manitoba pendant
Son
Sciure de bois
Arsenic blanc ou Vert de paris
Sel
Eau, environ
50 livres
"
50
"
4
"
2
10 gallons
Les quatre premiers ingrédients sont mélangés ensemble puis on ajoute l'eau.
brasse ensuite le tout jusqu'à ce que le mélange soit parfait. L'appât est
alors prêt à être employé.
Il faut qu'il soit assez sec pour s'émietter entre les
mains et la quantité d'eau employée dépend de l'humidité de la sciure de bois.
On peut rendre cet appât un peu plus appétissant en y ajoutant une pinte de
mélasse bon marché ou cinq onces d'acétate d'amyle. On peut ajouter soit l'un,
soit l'autre
la mélasse ou l'acétate
mais non les deux ensemble. Ces suppléments sont surtout utiles lorsque les conditions de température ne sont pas
favorables, par exemple lorsque le ciel est couvert ou que la température est
fraîche et qu'il faut une attraction spéciale pour stimuler l'appétit des criquets.
Le sel, qui est un apéritif et qui est utile à ce titre dans presque tous les pays,
perd sa valeur lorsque l'on se sert d'eau salée ou alcaline et dans ces circonstances, l'un des deux ingrédients mentionnés ci-dessus pourrait être employé
avantageusement à la place du sel. L'eau attire beaucoup les insectes, spécialement par un temps sec et chaud et c'est pourquoi on ne saurait trop insister
sur le fait qu'il est important d'appliquer l'appât lorsqu'il est humide. Il faut
tenir compte du fait que les criquets boivent aussi bien qu'ils mangent et qu'ils
ne sont pas friands d'aliments secs. Nous recommandons l'arsenic blanc dans
les grandes campagnes de destruction parce qu'il est bon marché et que l'on peut
se le procurer en grandes quantités, mais l'on emploie depuis quelque temps un
autre poison qui sera peut-être plus économique que l'arsenic. C'est l'arsénite
de sodium. Il est préparé sous une forme liquide, ce qui facilite le mélange de
l'appât et supprime le danger que présente l'aspiration d'une poussière empoiOn peut remplacer
sonnée.
C'est un poison qui tue aussi plus rapidement.
l'arsenic blanc par l'arsénite de sodium, que l'on emploie à raison d'une chopine
On
—
—
—
10
pour quarante
livres
du
véhicule,
servir d'arséniate de calcium
se procurer d'autres poisons.
pour
comme
les
le son ou la sciure de bois.
invasions locales et lorsqu'il est
On
peut se
de
difficile
Une autre substance qui promet d'améliorer nos appâts à criquets est ce
que l'on appelle la drêche séchée de brasserie. C'est le résidu de l'orge employée
dans la brasserie. Cette substance paraît exercer beaucoup d'attrait sur les
insectes dans toutes les phases de leur développement. Elle fut essayée d'abord
à notre laboratoire de Lethbridge il y a plusieurs années, mais fut mise de côté
à cause de son coût relativement élevé. Elle coûte moins cher aujourd'hui et
quelques expériences faites par le professeur G. J. Spencer et M. E. R. Buckwell
en Colombie-Britannique indiquent que l'on peut aujourd'hui l'employer très
utilement à la place du son et de la sciure de bois ou en mélange avec ces
derniers.
Les criquets ne consomment pas aussi avidement la sciure de bois que le son,
la sciure de bois est bon marché et se mélange mieux.
On peut aussi répandre d'une façon plus régulière; lorsqu'on se sert de son on en perd souvent en
répandant en couche trop épaisse. Si l'on n'a pas de sciure de bois, on peut se
servir de son seul ou employer la sciure en plus petites quantités.
Un appât qui s'est fait une grande réputation au Manitoba pendant la campagne contre les criquets de 1900-03, et qui a été depuis employé avec succès
dans d'autres parties du monde, est celui que l'on appelle le mélange Criddle.
On le prépare de la façon suivante:
mais
Crottins de cheval
Arsenic blanc ou vert de Paris
Sel
25 livres
1
£
livre
"
Eau pour humecter.
De même que pour les autres appâts, l'eau est ajoutée après que les trois
premiers ingrédients ont été parfaitement mélangés. Cet appât n'est pas pratique
pour les stations centrales de mélange, mais il se recommande aux cultivateurs
qui demeurent à quelque distance de ces stations. L'avantage principal de cet
appât c'est qu'il est bon marché, et c'est aussi, sous tous les autres rapports, un
appât très efficace.
Nous avons vu plus haut que le succès des applications d'appâts empoisonnés dépend, dans une large mesure, du temps qu'il fait et surtout de la température. Il faut choisir une journée ensoleillée, mais il faut surtout que la température ne soit pas inférieure à 68° F., à l'ombre lorsqu'on applique l'appât et
La
qu'elle promette de monter encore plus haut au cours de l'heure suivante.
température à laquelle les criquets mangent avec le plus d'avidité est entre 75° F.
et 85° F.; ils cessent de manger lorsque le thermomètre dépasse 95° F. ou tombe
au-dessous de G5° F. Le secret du succès dans l'empoisonnement des criquets
est donc d'épandre l'appât au moment où les insectes ont le plus d'appétit, et ce
moment, comme nous venons de le voir, est lorsque la température est d'environ
75° F. à l'ombre. Lorsqu'on applique l'appât à ce moment on peut être sûr
qu'il est frais et humide, et c'est dans cet état qu'il est le plus apprécié par les
criquets; il en résulte un maximum de destruction pour les frais et la maind'œuvre nécessités.
Il faut avoir soin d'épandre très finement l'appât empoisonné; 25 livres
On le met parmi les
suffisent pour couvrir approximativement quatre acres.
criquets pour qu'ils puissent commencer à en manger dès qu'il tombe sur la terre.
L'emploi d'un véhicule s'impose afin de pouvoir couvrir rapidement le terrain.
On peut utiliser n'importe quel moyen pour cela, depuis une voiture attelée à
un cheval jusqu'à une automobile; l'appât peut être épandu à la volée, à la main,
ou à l'aide d'un outil commode comme une truelle ou même une épandeuse
mécanique. Disons cependant que cette dernière n'a pas donné de très bons
La précaution qui importe le plus lorsqu'on épand de l'appât, c'est
résultats.
de l'éparpiller finement et de le mettre là où il peut être consommé immédiatement par les criquets.
.
11
C'est avant qu'ils prennent leurs ailes que les criquets sont détruits le plus
facilement; cependant, il- mangent de l'appât empoisonné à n'importe quelle
phase de leur développement; en réalité, ils sont peut-être empoisonnés plus vite
lorsqu'ils sont gros que lorsqu'ils sont plus petite parce qu'ils consomment une
quantité proportionnellement plus forte d'appât.
// faut bien se garder de laisser les ustensiles dans lesquels le mélange a été
Cette règle s'applique également auti
fait ù la porter des bestiaux <h la ferme.
surs dans lesquels on transporte l'appât. Il est toujours à craindre que les bestiaux ne soient empoisonnés lorsque l'appât est épandu en mottes au lieu d'être
Les bestiaux qui reçoivent une bonne portion de sel sont
finement éparpillé.
moins tentés de consommer de l'appât contenant du sel. Il faut aussi éviter,
lorsqu'on mélange de l'appât, d< respirer de la poussière empoisonnée par la
bouche ou par le nez. Il faut pour cria recouvrir ces organes d'un linge ou porter
un masqui
Dans le cas de grandes invasions de criquets, il est essentiel d'organiser des
stations de mélange à des points centraux.
Le mélange à la machine est plus
rapide et plus efficace que le mélange à la main. On a imaginé plusieurs types de
machines à mélanger, dont quelques-unes sont brevetées. Elles sont généralement
de forme cylindrique et consistent en un tambour fixe ou tournant. Dans le
premier type, quelques barres de fer rond tournent en dedans du tambour; dans
le dernier les barres sont fixes.
Les machines sont conduites par de petits moteurs
à gazoline.
Les "hopperdozers" et les autres appareils mécaniques ont tous été remplacés
appâts empoisonnés, plus pratiques et plus efficaces; on peut en dire autant
des gaz empoisonnés, des pulvérisations d'huile et des lance-flammes.
On est
toujours porté pendant une épidémie de criquets à essayer un moyen répressif que
l'on croit nouveau, et il y a toujours un membre ingénieux du groupement qui
cherche à faire preuve de son aptitude pour la mécanique, mais l'expérience a
démontré que ces innovations ont rarement une valeur pratique, si elles en ont
jamais, et il semble qu'il soit plus sage de se borner aux méthodes qui se sont
montrées utiles et à laisser aux experts le soin d'imaginer quelque chose de
mieux.
ORGANISATION
par
les
Les invasions locales de criquets peuvent facilement être enrayées par les
cultivateurs intéressés, mais les grandes invasions exigent une organisation efficace
et des agences centrales pour l'achat des ingrédients. Une surveillance est nécessaire dans ce cas, et il ne semble pas que l'on puisse entreprendre la lutte à
l'heure actuelle sans l'aide municipale ou l'aide du gouvernement.
Ceci est
presque indispensable pour que l'on soit sûr d'avoir les ingrédients nécessaires et
pour assurer l'uniformité d'action. Sans cette aide, il se produit inévitablement
de fortes pertes.
GRILLONS DES CHAMPS OU CRI-CRI
Le
grillon noir ordinaire des
champs {Gryllus
assimilis Fab.)
se rencontre
dans la plupart des régions habitées au Canada. Il ne cause en général que peu
de dégâts mais il devient parfois très abondant et il arrive alors que les insectes
abîment beaucoup les épis de graines de lin.
Le grillon dépose ses œufs, un par un, dans la terre, au moyen d'un long
Ces œufs sont petits, cylindriques, polis. Les
oviscapte, en forme de lance.
petits grillons en sortent au printemps et deviennent des insectes parfaits après
avoir passé par six ou sept mues. C'est dans leur phase adulte qu'ils abîment le
plus rarement, d'autres plantes.
C'est toujours pendant une sécheresse que les grillons causent le plus de
dégâts et l'on croit que les insectes attaquent les épis de lin surtout afin de se
procurer de l'humidité. On peut les détruire au moyen d'un appât empoisonné
lin, et,
12
son, d'arsenic blanc et d'eau, dans les mêmes proportions que pour
l'appât à criquets. On éparpille cet appât sur l'étendue infestée vers la fin de
l'après-midi, car les grillons se nourrissent le soir et la nuit.
Les grillons ont également l'habitude de se rassembler sur les gerbes et les
moyettes de grain où ils causent beaucoup d'ennui, de concert avec les criquets,
en rongeant à travers les bandes de ficelle. Aujourd'hui, la plupart des ficelles
employées sont traitées par une substance qui repousse les insectes, mais comme
ces substances ne fournissent pas toujours la protection nécessaire, il paraît
parfois utile d'employer un traitement sur la ferme.
Les expériences que nous
avons faites il y a quelques années indiquent que l'on peut obtenir l'immunité
nécessaire en saturant parfaitement la ficelle avec de la fumée de bois. On peut
le faire dans un fumoir ou dans une grosse boîte étanche, de la même façon que
composé de
pour fumer
les
jambons.
COMMENT PRÉVOIR
LES INVASIONS DE CRIQUETS
Tous nos criquets nuisibles sont indigènes au Canada mais il arrive parfois
que ceux qui sont produits dans un territoire adjacent envahissent notre pays,
et c'est pourquoi il n'est pas toujours possible de prédire exactement où et quand
des invasions se produiront. Cependant, comme les invasions les plus graves
viennent des œufs qui ont été pondus dans le voisinage l'année précédente, la
présence des insectes parfaits qui pondent des œufs devrait fournir une bonne
indication du danger qui menace.
Comme principe général, disons que lorsque le nombre de criquets dans un
champ dépasse un par verge carrée, on peut craindre une invasion, et dans ces
circonstances, on fera bien de consulter l'entomologiste le plus proche pour avoir
des conseils.
MOYENS RÉPRESSIFS NATURELS
En consultant les relevés météorologiques, nous trouvons qu'en des temps
récents toutes les invasions de criquets ont été précédées d'une sécheresse anormale, mais si la sécheresse encourage les insectes à se multiplier, elle n'est nullement essentielle à cette multiplication. En fait, les criquets continuent souvent
Cependant, si les
à se multiplier, même lorsqu'il pleut plus que d'habitude.
invasions de criquets sont souvent engendrées par la sécheresse, un fait intéressant à noter c'est que leur déclin peut aussi être provoqué par des conditions
semblables.
Cette anomalie apparente s'explique par le fait que les ennemis
naturels doivent nécessairement être rares au commencement d'une invasion de
criquets mais qu'ils se multiplient à la longue et qu'ils finissent par maîtriser les
criquets, même lorsque les conditions de climat sont favorables à la multiplicaIl est à noter également que l'abondance entraîne un
tion de ces derniers.
contact intime et que le contact intime est un des aides les plus importants dans
propagation des maladies.
Les facteurs météorologiques, et surtout la pluie et la température, jouent
un rôle important en réglant le nombre d'œufs pondus par les criquets. Les
périodes pluvieuses et froides prolongées non seulement détruisent un grand
nombre d'insectes mais en affaiblissent beaucoup d'autres et les rendent ainsi
la
plus sensibles aux maladies.
De temps à autre, une période de température tout à fait anormale détruit
un nombre énorme des nymphes nouvellement écloses, mais ces circonstances se
produisent rarement. Elles sont provoquées par une température printanière
chaude, hâtive, qui fait que les criquets éclosent avant leur temps habituel. Ces
conditions de chaleur hâtive, suivies par une période de pluie froide, fournissent
une combinaison de conditions défavorables auxquelles les insectes ne peuvent
13
résister, mais ers catastrophes sont rares, et nous avons vu du reste des nymphes
survivre à une tempête de neige accompagnée d'une forte gelée.
Les ennemis naturels des criquets sont nombreux et ils réduisent invariablement avec le temps nombre de leurs hôtes à un point où ceux-ci deviennent à
peu près inoffensifs. Un très grand nombre de nos oiseaux se nourrissent plus
ou moins régulièrement de criquets et quelques espèces, comme la gelinotte à
queue pointue voient leur population augmenter ou diminuer proportionnellement au nombre des criquets présents. Parmi les ennemis les plus importants
des criquets, les mouettes sont au premier rang, et on a vu ces superbes oiseaux
jouer un rôle important dans la destruction locale des criquets. Cependant, s'il
est vrai que les oiseaux sont des alliés utiles dans cette œuvre de destruction on
ne peut compter sur eux pour enrayer des invasions sérieuses; aussi, lorsque de
telles invasions ont lieu, faut-il avoir recours à des alliés plus petits mais plus
sûrs.
Ce sont certains insectes comme les bombyles, les sarcophages, les mouches tachinidées, les cantharides et les percosies. Beaucoup de ces insectes sont
habituellement présents, mais en général une ou deux espèces finissent à la longue
par dépasser les autres en importance et réduisent ainsi la population des criquets à un nombre insignifiant.
Deux insectes se sont montrés particulièrement utiles dans la répression
des invasions de criquets, au cours des expériences que nous avons faites. Ce
sont le sarcophage de Kelly (Sarcophaga Kellyi Aid.) et le bombyle commun
(Systoechus vulgaris Loew). Le premier attaque les criquets en vie sur lesquels
il dépose ses larves;
le dernier détruit les masses d'œufs; la larve blanche,
curieusement ridée, que l'on trouve parfois parmi les œufs est la forme imparfaite de cette mouche.
D'autres insectes ennemis des criquets sont le sarcophage de Hunter (Sarcophage hunteri Aid.), le bombyle pâle (Systoechus solitus
Walk.), plusieurs cantharides ou épicautes, notamment la cantharide pâle (Epicauta sericans Say) la cantharide noire (E. pennsylvanica DeG.) la cantharide
gris-cendré (Microbasis unicolor Kby.), la cantharide des prairies (M. subglabra
Fall), la petite cantharide bleue
(Lytta sphaericollis Say)
la grosse percosie
{Percosia obesa Say) et plusieurs autres.
La mite rouge du criquet que l'on trouve sur les ailes des criquets est souvent très abondante; c'est un insecte qui joue sans doute un rôle utile en affaiblissant ses hôtes, mais il est rare qu'il les tue, et nous sommes portés à croire
que l'on a exagéré l'importance de cet insecte. C'est également un ennemi des
œufs des criquets.
Les maladies cryptogamiques et bactériennes ont également une part importante dans la destruction des criquets, mais leur propagation dépend surtout
des conditions de la température et c'est pourquoi l'on ne peut compter sur elles
comme sur les parasites. Quoi qu'il en soit, les maladies jouent souvent un rôle
très important dans la suppression des criquets.
,
,
—
14
PARTIE
II
(Partie technique pour l'usage des organisateurs des
campagnes de
lutte)
Dans la lutte contre les criquets il est important de reconnaître les différentes espèces, non seulement dans la phase parfaite mais également dans les
différentes formes imparfaites. On sait en effet que les insectes en question ont
parfois des habitudes très différentes et qu'il faut employer par conséquent différentes méthodes pour les combattre. C'est pour aider à faire ces déterminations
que nous avons préparé les descriptions suivantes. Elles sont nécessairement
quelque peu technique et destinées principalement aux agents qui sont chargés
des opérations. Ils pourront les interpréter et passer les renseignements aux intéressés.
CLEF POUR LES NYMPHES
(Jeunes criquets, sans
ailes)
Nous avons cherché par cette clef à faire ressortir les différences les plus
frappantes entre les nymphes de nos criquets nuisibles ordinaires. Il faut s'en
servir en consultant les vignettes.
Il ne faut pas croire que cette clef sépare les espèces nommées de toutes
les autres que Ton peut rencontrer, mais elle les sépare de toutes les espèces
abondantes et c'est pourquoi elle devrait être employée pour les masses plutôt
que pour les individus présents en nombres relativement restreints. Un criquet
de la première phase peut être reconnu comme tel par ses 13 antennes segmentées; dans la phase suivante il a 17 segments et dans la troisième 20.
Dans la
quatrième phase, les moignons alaires sont tournés vers le haut et se rencontrent
près des pointes; dans la dernière phase de nymphe ils sont presque horizontaux.
Pour se renseigner sur les phases ou métamorphoses plus tardives, on fera
bien de consulter les notes se rapportant aux espèces individuelles. Dans chaque
cas, les descriptions qui suivent se rapportent à des insectes vivants ou qui viennent d'être tués.
1.
Tête à fovéoles ou fossettes distinctes en face des yeux; couleur blanc et noir
Camnula pellucida
bien tranché
2
Tête sans fovéoles; contraste de couleurs moins marqué (Melanoplus)
3
Brun, vert ou grisâtre, sans marques blanches
4
Noir obscur et brun, avec marques blanches
Fémur postérieur obscurément tacheté et avec une bande basale, longitudinale
M. bivittatus
médiane, noire
Fémur postérieur portant des taches plus visibles, sans bande noire de
M. packardi
base
Fémur postérieur à grandes bandes noires et blanches sur les rebords supé.
2.
3.
4.
rieurs
.
5
^
postérieur à rebords supérieurs complètement pâles. .M. femur-rubrum
Tête à bande blanche courbée par-dessous, yeux s'étendant étroitement à
M. confusus
travers les lobes latéraux du pronotum
M. mexicanus
Tête sans bande blanche courbée
Fémur
5.
CLEF POUR L'IDENTIFICATION DES CRIQUETS ADULTES
Dans leur phase adulte ou parfaite, on peut identifier nos criquets les plus
nuisibles au moyen de la clef suivante:
1.
Tête à fovéoles au-dessus des yeux,
ailes extérieures
cés et de barres brisées
2.
Tête sans fovéoles (Melanoplus)
Ailes tachetées dans la région médiane
Ailes non tachetées
marquées de points fon-
Camnula
pellucida
2
3
5
15
Planche
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
—Première mue
—Première mue
3 —Première mue
—Première mue
Première mue
—
6
1
2
4
5
— Première
de
de
de
de
de
de
1
Camnula pcllucida Scud.
Melanoplus
Melanoplus
Melanoplus
Melanoplus
Melanoplus
mexicanus Saus.
bivittatus Sa.v.
confusus Scud.
femur-rubrum DeG.
packardi Scud.
mue
Toutes très grossies (Original).
16
Planche
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
mue de
—Quatrième
Quatrième mue de
—Quatrième
mue de
—
—Quatrième mue, de
2
Camnula pellucida Scud.
Melanoplus mexicana Saus.
Melanoplus femur-rubrum DeG.
Melanoplus bivittatus Say.
Toutes grossies (Original).
17
3.
4.
à pointe pâle OU couvertes obscurément de teintes foncées à la
M. confusus
pointe
4
Palpes à pointe largement foncées
Fémur postérieur généralement recouvert d'une bande obscure sur la face
extérieure ainsi que sur le rebord supérieur extérieur.
.M. mexicanus
Fémur postérieur recouvert de noir sur la face extérieure, jamais bandé, reM. jemur-rubrum
bord supérieur extérieur presque toujours pâle
M.bivittatus
Fémur postérieur avec une raie noire
M.packardi
Fémur postérieur sans raie noire
Palpes
.
5.
.
NOTES SUR LES ESPÈCES INDIVIDUELLES
Criquet à ailes claires.
Camnula
pellucida Scud.
Au
point de vue de la structure, cette espèce doit être séparée de celles du
genre Melanoplus par les fovéoles au-dessus des yeux, lesquelles font entièrement
défaut dans ces dernières, mais il n'en est pas ainsi de tous les autres criquets
dont quelques-uns possèdent ces caractères. On peut la reconnaître dans la première métamorphose en se rapportant à la vignette, mais après cette phase les
couleurs qui font contraste disparaissent et l'insecte prend une couleur noire ou
brune, assez terne, avec des marques obscures; ces dernières se composent d'une
petite marque blanche sur le milieu des lobes latéraux du pronotum et d'une
série de marques pâles, une par segment, sur les côtés de l'abdomen. Les fémurs
postérieurs sont bandés assez obscurément de deux barres pâles, obliques.
On peut identifier l'insecte parfait par les élytres ou ailes extérieures, qui
sont marqués de points noirâtres, gros et petits, tandis que les ailes intérieures
sont presque transparentes, avec seulement une légère indication de jaune. Dans
cette phase on pourrait prendre l'espèce pour YEncovtolophus costalis Scud., mais
dans cette dernière les élytres sont barrés plus solidement et les ailes intérieures
sont noirâtres sur l'extérieur; les tibias postérieurs sont bleus au lieu d'être
jaunes.
Le criquet à ailes claires se rencontre dans toutes les parties agricoles du
Canada. Il se nourrit dans les prés et se répand de là aux plantes cultivées où
dégâts.
Il dépose ses œufs parmi les racines des
il cause parfois d'immenses
touffes d'herbe, de mauvaises herbes, etc., ou même autour des pierres. Ses œufs
sont d'une couleur crème, pâle, avec raies et nuances brunes; les parties qui touchent à un autre œuf sont les plus pâles; la surface est sillonnée de sillons profonds et rapprochés (réticulés), ressemblant à de grossières perforations. La coque
des œufs est d'abord petite et les œufs y sont étroitement tassés, mais à mesure
que les embryons se développent, les œufs se gonflent, de sorte que les coques se
fendent ou s'ouvrent souvent au printemps avant l'éclosion. A ce moment les
œufs sont jaune d'argile, avec raies et teintes brunes.
—
On
Petit criquet voyageur (Melanoplus mexicanus Saus.) {atlanis Riïey).
peut reconnaître cette espèce dans toutes ses phases imparfaites par la marque
orange ou jaune allongée, près du milieu des lobes latéraux du pronotum. Les
nymphes de première métamorphose sont généralement noir terne et portent des
marques et teintes pâles. Dans les dernières phases, elles présentent des couleurs
noir et orange qui se font contraste. La vignette indique l'arrangement général
des couleurs.
L'espèce la plus proche parente de celle-ci est M. bruneri Scud., qui lui ressemble beaucoup; cependant, cette dernière est généralement plus foncée et les
régions pâles sont plus divisées. Les adultes de l'espèce M. mexicanus ressemblent beaucoup à plusieurs autres et il est difficile d'identifier les femelles. On
peut facilement reconnaître les mâles en examinant la plaque sous-génitale dont
la pointe, dans cette espèce, est visiblement échancrée, tandis que les cerques
sont larges. Outre ces caractères, les mâles de cet insecte et de l'espèce bruneri
18
portant une protubérance distincte entre les pattes du milieu, qui n'existe pas
chez aucun autre criquet. La seule autre espèce qui présente une échancrure
visible à l'extrémité anale est M. angustipennis, mais dans cet insecte les cerques
sont élargis en forme de cuiller et il n'y a pas de protubérance entre les pattes du
milieu.
On a aujourd'hui relié cette espèce d'une façon assez précise au criquet
destructeur des Montagnes Rocheuses, car on croit que ce dernier nest qu'une
phase à longues ailes de mexicanus. On ne sait pas à quoi attribuer ce changement des ailes normales aux longues ailes, mais il est probable que l'aridité est
un facteur important dans cette transformation. Un fait significatif, c'est que
les formes à longues ailes ne se rencontrent que dans la moitié ouest du continent; on n'en voit pas du tout dans l'Est du Canada. C'est aller à l'encontre de
la théorie qui veut que les conditions de surpeuplement soient les seules responsables de ce changement.
Cet insecte était autrefois connu sous le nom de Melanoplus atlanis Riley
et le criquet des Montagnes Rocheuses sous le nom de M. spretus Walsh.
Il se
rencontre de l'Atlantique au Pacifique.
—
Criquet de Bruner, Melanoplus bruneri Scud. Les nymphes de cette espèce
ressemblent beaucoup à celles du mexicanus mais elles sont généralement plus
foncées et portent des marques pâles plus restreintes et moins contiguës.
Les
insectes parfaits ressemblent également à cette dernière espèce, mais ils sont
habituellement plus bruns. On peut reconnaître les mâles par le prolongement
de l'extrémité abdominale.
Ce criquet fréquente plus les régions semi-boisées ou broussailleuses que le
mexicanus et il est plus abondant dans les districts du nord, comme celui de
Rivière la Paix, où il remplace plus ou moins le petit criquet voyageur et où il
peut devenir un fléau de grande importance.
—
Criquet à pattes rouges, Melanoplus jemur-rubrum DeG. La nymphe de
ce criquet a une couleur plutôt frappante; le fond est vert ou jaune et les marques noires sont fortes. Dans la première mue, la face extérieure de chaque
fémur postérieur est presque entièrement noire; dans les dernières phases le noir
ne couvre plus que les deux tiers supérieurs. Cet insecte est très semblable à
quelques-unes des formes plus foncées de bivittatus, mais les nymphes de cette
dernière espèce sont en moyenne plus pâles. Il serait impossible de le confondre
avec une autre espèce connue.
de cette espèce ressemble au mexicanus. On
mâles par la forme de la plaque sous-génitale
qui est beaucoup plus arrondie, ou en forme de massue, et n'a pas d'échancrure
terminale. Les cerques vont en s'effilant vers l'apex et la protubérance entre les
pattes du milieu est absente également dans le femur-rubrum. Il est beaucoup
plus difficile de distinguer les femelles; elles sont plus vertes ou plus gris d'ardoise
sur les côtés, les élytres sont moins tachetés et les surfaces ventrales sont d'un
jaune plus clair. De même, les fémurs postérieurs ne sont jamais barrés sur la
face extérieure, quoiqu'ils puissent être recouverts de noir. Le rebord extérieur
supérieur est presque toujours pâle, tandis que dans le mexicanus il porte des
barres foncées, plus ou moins distinctes.
Le criquet à pattes rouges fait son apparition au printemps huit à quinze
jours plus tard que le mexicanus) il met plus de temps également à devenir un
Il fréquente des endroits plus bas et plus humides que cette
insecte parfait.
dernière espèce et c'est pour cela qu'il est moins répandu. Il n'a jamais été un
fléau sérieux dans les provinces des Prairies mais il arrive parfois que dans l'Est
du Canada il cause des dégâts qui le mettent au même rang que le petit criquet
Par contre,
l'insecte parfait
peut immédiatement distinguer
voyageur comme insecte
les
nuisible.
—
Cet insecte est tout
Criquet à deux raies, Melanoplus bivittatus Say.
d'abord une petite nymphe, généralement d'une couleur brun terne, obscure. Il
19
prend plus tard des tons plus brillants el ressemble beaucoup au jcmur-rubrum
dans ses phases plus foncées. Il a en général une couleur crème ou verte et porte
quelques marques et taches noirâtres et toujours (sauf dans la première mue)
les deux tiers supérieurs de la face extérieure des fémurs postérieurs sont noirs.
Les
L'insecte parfait esl l'un de nos plus grands criquets à ailes claires.
raies pâles, le long des côtés du disque pronotal, s'étendant le long des clytres et
les pattes rayées de noir permettent de distinguer immédiatement ce criquet des
autre- espèces que l'on rencontre au Canada.
Cet insecte habite principalement les terres basses et les endroits envahis
par les mauvaises herbes et les broussailles. Il n'a jamais été un fléau sérieux
Ce
au Canada bien qu'il prélève une taxe annuelle sur de grandes étendues.
criquet pond une masse de 40 à 108 œufs par coque et deux coques ou plus au
cours d'une saison.
Les œufs sont brun-orange foncé, semi-polis et largement
mais finement réticulés.
—
Criquet mineur. Mi lanoplus confusus Scud. On peut reconnaître les premières phases de cet insecte en se rapportant à la clef et à la vignette. La
ligne blanche en courbe, ou le croissant, s'étendant à partir des joues à travers
les lobes latéraux, le distingue du mexicanus mais pas de plusieurs autres des
espèces moins importantes de criquets. Chose étrange, les adultes sont les seules
de nos espèces qui ont des palpes à pointes pâles. Les tibias postérieurs sont
presque toujours bleus.
Ce criquet est l'un des premiers à éclore des œufs au printemps; c'est aussi
Son habitat est restreint, car il se borne généle premier à prendre ses ailes.
ralement à la lisière des bois ou au voisinage d'arbrisseaux ou d'herbes élevées.
Ce n'est pas un insecte d'une très grande importance économique et on ne le
rencontre que dans l'Ouest du Canada.
—
Criquet de Packard, Melanoplus packardi Scud. Les insectes imparfaits
de cette espèce sont souvent de couleur verte ou jaune pâle et dans certaines de
ses formes cette espèce ressemble à l'espèce angustipennis de si près qu'il est
difficile de les distinguer l'une de l'autre. Les marques sont plus prononcées sur
un spécimen ordinaire de cette dernière espèce et les fémurs postérieurs portent
des barres distinctes; tandis que dans la première les fémurs sont tachetés.
Dans la phase adulte, le criquet de Packard est un grand insecte que l'on est
plus porté à confondre avec le criquet à deux raies qu'avec aucune autre espèce;
les raies pâles sur le disque pronotal sont larges et distinctes mais ne s'étendent
pas jusqu'aux élytres, ce qui le distingue immédiatement de l'espèce bivittatus;
en outre, les fémurs postérieurs dans le criquet de Packard ne portent pas de
marques proéminentes tandis que dans l'espèce bivittatus ils sont rayés de noir.
En Colombie-Britannique le criquet de Packard peut porter des marques plus
foncées et la description qui précède ne s'appliquerait pas à ces individus. Cet
insecte vit principalement sur les plateaux plus sablonneux de l'Ouest du Canada
et ce n'est que dans ces endroits qu'il cause des ravages.
—
Criquet de Davvson, Melanoplus daivsoni Scud. C'est là un criquet assez
commun, que l'on rencontre dans les districts semi-boisés. Les nymphes de première mue sont très petites et délicates pour le genre, et leur apparence semitransparente, jointe à leur vêtement noir et orange, leur donne une combinaison
de caractères qu'on ne trouve dans aucune autre espèce. L'insecte parfait est
d'une grosseur au-dessous de la moyenne et la majorité ont des ailes avortées.
Ce criquet n'a pas beaucoup d'importance pour le cultivateur en général
nous ne le citons ici que parce que l'apparence peu ordinaire de sa nymphe
pourrait attirer l'attention et susciter des questions relativement à son identité.
Il ne se trouve que dans la partie ouest de ce continent.
et
—
Criquet de la Caroline, Dissostiera carolina L. Les nymphes de première
de cette espèce ont une couleur crème et des marques noires ou brunes, le
tiers basai inférieur des fémurs postérieurs est noir luisant.
Nous ne connais-
mue
20
sons pas de traits qui permettent de distinguer cette nymphe de celles des différents autres genres comme le Spharagemon, mais à chaque mue subséquente
elle ressemble de plus en plus à l'insecte parfait et devient plus facile à reconLes adultes sont parmi les plus gros de nos criquets et leurs ailes inténaître.
rieures noires, garnies de jaune, fournissent une marque facile d'identification.
Le criquet de la Caroline ne se rencontre qu'en certains endroits nus, comme
Il se voit difficilement
les talus de chemins, les jardins et des lieux semblables.
au repos mais il est très apparent lorsqu'il vole. Il a parfois causé des dégâts
considérables aux plantules de choux, de radis, de navets, etc. Il est facilement
Il est très répandu au Canada, depuis la
attiré par les appâts empoisonnés.
Nouvelle-Ecosse jusqu'en Saskatchewan.
—
LISTE DES PUBLICATIONS
On peut se procurer gratuitement les publications suivantes qui traitent
des insectes, en s'adressant au Bureau des Publications, Ministère Fédéral de
Ottawa:
l'Agriculture,
Moyens de combattre
Les chenilles à
Les
altises et les
la
pyrale européenne du maïs
C.P.L.
tente
Cire.
moyens de
La punaise Chinch dans
les détruire
Cire.
l'Ontario
Les insectes ordinaires du jardin et
L'hémérocampe à marques blanches,
Cire.
les
moyens de
les détruire
ses habitudes et les
moyens de
Cire.
la
Cire.
Le
du
thrips
les
invasions des insectes qui rongent l'écorce en C.-B...Circ.
poirier
Les vers de
la
Les vers de
la
3ul.
pomme
pomme
et les
moyens de
les détruire
16
N° 1
N° 2
N° 3
N° 9
com-
battre
Moyens de combattre
N°
en Nouvelle-Ecosse
en Nouvelle-Ecosse
Bul.
Bul.
N°
N°
N°
N°
N°
15
N°
10
11
15
16
17
NOUVELLE SÉRIE
L'enrouleuse des feuilles des arbres fruitiers et les
Comment
moyens de
la détruire
en C.-^B.Circ.
prévenir les invasions du ver gris pâle de l'Ouest dans les Provinces
N°
N°
Moyens de détruire la chenille à tente des forêts dans les Provinces des Prairies. Cire. N°
La mouche de la pomme et les moyens de la détruire dans le Québec
Cire. N°
Le charançon du pommier et les moyens de le détruire dans le Québec
Cire. N°
Deux kermès du verger, le kermès San José et le kermès coquille d'huître
Cire. N°
La mite cantharide du pommier et du poirier
Cire. N°
La teigne orientale de la pêche dans l'Ontario
Cire. N°
Comment combattre les moustiques au Canada
Cire. N°
Le ver rongeur à tête ronde du pommier et moyens de le détruire
Cire. N°
Le kermès Lecanium
Cire. N°
Le coupe-bouton du fraisier
Feuil. N°
La mouche à scie de la tige du blé de l'Ouest et les moyens de la détruire
Feuil. N°
Instructions sur la façon de recueillir et de conserver les insectes
Feuil. N°
Insectes nuisibles aux arbres d'ornement sur les prairies canadiennes
Feuil. N°
Moyens de combattre le rongeur de l'écorce de l'épinette dans l'Est du Canada. .Feuil. N°
Comment se protéger contre les moustiques, les mouches noires et les fléaux
La
des Prairies
Cire.
12
chenille à toile de la betterave
Cire.
14
semblables dans
La
psylle
Le ver
L'altise
du
gris
la
poirier et
forêt
Feuil.
moyens de
à dos rouge dans
la détruire
les Prairies et
du chou en Colombie-Britannique
détruire
le
moyens de
la détruire
Le perceur du cèdre de l'Ouest
La légionnaire
Insectes qui nuisent aux fleurs et
moyens de
Insectes nuisibles aux habitations et
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37
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73
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5
6
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55
N° 66
Feuil. N° 69
Feuil. N° 80
Feuil. N° 94
Feuil.
moyens de
et
N°
19
28
les détruire
moyens de
les
combattre
Feuil.
N°1C2
Bul.
N°
Bul.
N°112
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IMPRIME PAR
F. A.
ACLANO, IMPRIMEUR DU ROI
OTTAWA, CANADA
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