Canadian Stock Assessment ... Proceedings Series 98/13

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Canadian Stock Assessment
Proceedings Series 98/13
Évaluation des stocks canadien
Séries des comptes rendus 98/13
Compte rendu de la réunion du Processus consultatif régional
concernant l’inconnu du Mackenzie
Auteur : Susan E. Cosens
Ministère des Pêches et des Océans
Institut des eaux douces
501, University Crescent, Winnipeg (Manitoba)
R3T 2N6
Le 28 juillet 1998
Introduction
Le président de la réunion brosse un tableau du Processus consultatif régional
(PCR). Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a préparé une ébauche de
Rapport sur l’état des stocks (RES) et l’a présenté pour examen, avec des documents
de référence, au Comité mixte de gestion des pêches, au Conseil des ressources
renouvelables des Gwich’in et au Conseil des ressources renouvelables du Sahtu avant
la réunion. La réunion est tenue pour discuter des commentaires des examinateurs et
des documents de référence et réviser le RES. Le RES sera ensuite soumis aux
Conseils pour examen final. On apportera ensuite au RES des modifications finales, et
il sera soumis au directeur des Sciences de la Région du Centre et de l’Arctique pour
approbation. Une fois signé par ce dernier, le RES sera présenté au Secrétariat
canadien pour l’évaluation des stocks (SCES) à Ottawa, puis intégré au site Web du
Secrétariat.
L’ordre du jour de la réunion apparaît à l’Annexe 1. Les participants (Annexe 2)
sont des représentants du ministère des Pêches et des Océans (MPO), du Comité
mixte de gestion des pêches (CMGP) et du Conseil des ressources renouvelables des
Gwich’in (CRRG). Deux représentants du CRRG participent aussi à la réunion par
téléphone depuis Inuvik (T. N.-O.). Le Conseil des ressources renouvelables du Sahtu
(CRRS) a examiné la première version du RES et fourni des commentaires avant la
réunion du PCR.
Délimitation des stocks, migration et cycle vital
La description de l’espèce présentée dans la section « Renseignements de
base » est examinée. Une erreur de citation est notée, et on suggère d’indiquer la
distribution de l’espèce en Eurasie et dans l’ensemble de l’Amérique du Nord.
Le rapport faisant état des connaissances traditionnelles des Gwich’in n’était pas
mentionné. Les membres discutent de l’utilisation des connaissances traditionnelles et
s'entendent pour dire qu’elles doivent être intégrées le plus possible dans le RES. On
convient aussi d’inclure les noms autochtones de l’inconnu dans la description de
l’espèce présentée dans la section « Renseignements de base ».
Les délégués discutent de la possibilité d’inclure une section intitulée « Opinions
des pêcheurs », et de son rapport avec les connaissances traditionnelles et
conviennent d'inclure une telle section. Cependant, étant donné que les connaissances
traditionnelles ont trait à la biologie générale plutôt qu’aux questions relatives aux
captures, elles devraient être intégrées dans le corps principal du RES.
Patrice Simon et Ian MacDonald, du CRRG, se sont joints à la réunion par
téléphone pour le reste de la séance du matin.
On examine alors la question du nombre de stocks d’inconnu dans le cours
inférieur du Mackenzie. Il semble que les stocks anadromes du bas Mackenzie sont
ceux de la rivière Peel et de la rivière Arctic Red. Après discussion, on conclut que
l’inconnu de la région des Ramparts constitue un stock au sein duquel on observe deux
stratégies de cycle vital : une partie de ce stock demeurerait toujours en eau douce et
l’autre serait anadrome, le premier groupe étant de plus en plus nombreux vers l’amont.
Les coûts énergétiques de la migration s’accroissent plus les poissons sont loin en
amont, de sorte que l’anadromie y serait moins fréquente. Un quatrième stock est
probablement présent dans la région de Fort Simpson; il s’agirait probablement d’un
stock dulcicole.
On discute de l’anadromie dans le contexte du delta du Mackenzie. Les poissons
qui migrent dans les régions côtières ne se trouvent pas nécessairement dans des
eaux très salées parce que le panache d’eau douce du Mackenzie s’étend dans la mer
de Beaufort. L’analyse du strontium devrait montrer l’existence de pics de strontium liés
au temps passé dans les eaux marines. Un poisson qui migre dans le delta ne devrait
pas renfermer nécessairement de fortes concentrations de strontium, mais il serait
néanmoins considéré comme anadrome. De fortes concentrations de strontium
impliquent l’anadromie, mais les eaux de la région du delta tendent à être saumâtres.
De petits pics bien marqués de strontium sont généralement observés chez les
poissons échantillonnés dans cette région. Les mâles se tiennent plutôt dans la partie
intérieure du delta et ont peut-être besoin de moins d’énergie que les femelles.
Les délégués examinent les données de marquage concernant les
déplacements des poissons en rapport avec les frontières des territoires visés par les
revendications. Le radio-marquage a montré que l’inconnu de l’Arctic Red est
anadrome. Le marquage des inconnus de la région de Fort Simpson au moyen de
marques Floy a révélé l’existence de déplacements locaux. Des inconnus marqués de
la même façon dans le delta ont été capturés à Fort Good Hope et à Norman Wells.
Ces poissons appartiendraient au stock des Ramparts. Il faudrait localiser les frayères
des inconnus trouvés autour des Ramparts.
En rapport avec l’identification des stocks, on ne sait rien sur la fidélité des
poissons aux frayères. On sait que les frayères sont fréquentées année après année,
mais le degré de fidélité des individus est inconnu. On ne connaît pas non plus la
fréquence de fraye.
Certains indices laissent penser que des adultes non géniteurs peuvent
demeurer le long de la côte durant deux étés. Les poissons peuvent recourir à diverses
stratégies de reproduction, certains se reproduisant plus fréquemment que d’autres ou
à des intervalles irréguliers.
Les membres discutent de l’inconnu du lac Campbell. Ce stock n’occupe pas
une place importante dans les travaux du PCR et n’est pas considéré dans le RES,
mais il intéresse à la fois le CMGP et le CRRG. Les taux de strontium laissent
supposer que ce stock ne serait pas anadrome, mais certains participants pensent que
les poissons de ce stock pourraient migrer dans le delta. Le CRRG finance une étude
visant à identifier les inconnus du lac Campbell et à décrire leur distribution et leurs
déplacements dans le lac. Des inconnus ont été marqués avec des marques Floy en
vue d'une estimation de la taille du stock et d'une étude sur les déplacements des
individus. Des analyses complémentaires du strontium pourraient être effectuées sur
des échantillons de poissons morts.
Un participant indique que, dans les études au moyen de marques Floy, on
devrait signaler le stade de développement des poissons marqués, étant donné qu’un
jeune poisson qui n’est pas anadrome pourrait tout de même appartenir à une
population anadrome. On signale aussi que les jeunes poissons d’un stock anadrome
auraient peu de chances d’être capturés en amont parce qu’ils se trouveraient déjà
dans le delta. Des juvéniles ont été repérés dans le delta (données inédites de Hecky,
MPO). Dans le territoire des Inuvialuit (TI), les pêcheurs récolteraient des poissons
vivant le long de la côte; ainsi une bonne partie des prises côtières pourraient être
constituées de poissons immatures.
Rivière Arctic Red : Les poissons qui remontent l'Arctic Red pour y frayer
seraient capturés durant leur migration dans les territoires des Inuvialuit et des
Gwich’in, mais pas dans le Sahtu. Les données de marquage au moyen de marques
Floy montrent que les poissons de cette rivière font l'aller-retour des parties est et
centrale du delta, vers Tuktoyaktuk. Les résultats des études de radio-marquage sont
déroutants parce que la moitié des poissons marqués dans l’Arctic Red sont passés de
l’embouchure de cette rivière au cours principal du Mackenzie dans la région du Sahtu.
Cela laisse penser que le stock de l’Arctic Red n’est pas homogène. On se demande si
ce déplacement consistait en une dérive passive (par suite de la récupération
post-marquage) ou s’il était actif. Cette dernière hypothèse est jugée probable parce
que les poissons se dirigeaient vers l’amont et devaient donc nager activement.
Certains participants jugent possible que des poissons de l’Arctic Red migrent
vers Fort Good Hope, mais d’autres hypothèses sont avancées. Une des propositions
prend en considération le fait que l’inconnu est un poisson qui vit en banc. Pour le
marquage, on extrait les poissons de leur banc et quand ils sont remis à l’eau, ils
peuvent se joindre à n’importe quel banc des environs. Le marquage a été réalisé près
de l’embouchure de l’Arctic Red, et les poissons qui se dirigent vers Fort Good Hope
passent non loin de là. Les poissons marqués peuvent ainsi tout aussi bien se joindre à
un banc de l’Arctic Red qu’à un banc de Fort Good Hope. Il est aussi possible que les
bancs d’inconnus qui se dirigent vers Fort Good Hope puissent remonter l’Arctic Red
sur une certaine distance, puis reprendre leur migration vers l’amont dans le
Mackenzie. Ainsi, des poissons se dirigeant vers Fort Good Hope pourraient être
marqués dans l’Arctic Red.
Rivière Peel : Les inconnus adultes non géniteurs et les juvéniles de cette
rivière sont présents dans l’ouest du delta et le long de la côte jusqu’à la pointe
Shingle. On capture à la pointe Shingle des non-géniteurs, et à Aklavik et Fort
MacPherson, des géniteurs en montaison et des géniteurs qui ont frayé en dévalaison.
Ce stock est exploité tant par les Inuvialuit que par les Gwich’in. Aucune donnée ne
laisse croire que ces inconnus migrent vers le territoire du Sahtu. Il est remarquable
que la pêche vise les géniteurs avant et après la fraye durant leur montaison et leur
dévalaison. Les participants notent qu’il faudrait préciser dans les « Considérations
pour la gestion » que les inconnus de la Peel pourraient être considérés comme faisant
l’objet d’une pêche visant un seul stock tandis que la pêche effectuée le long de la
partie est du delta semble être une pêche mixte.
Cours principal/Fort Good Hope : Ces poissons, qui constituent le stock des
Ramparts, sont capturés dans les trois territoires : en tant que non-géniteurs dans le
delta jusque dans la péninsule de Tuktoyaktuk, et comme migrants, durant leur
montaison et leur dévalaison, par les Inuvialuit et les Gwich’in et dans le territoire du
Sahtu. Les données de capture laissent penser que des poissons en montaison et en
dévalaison sont capturés. Les prises atteignent des maximums en juillet (montaison) et
en octobre (dévalaison post-fraye).
Les relations entre les stocks sont encore difficiles à établir. Les zones de fraye
définissent les stocks, mais nous ne savons pas encore où se trouvent les frayères des
poissons du cours principal du Mackenzie. On indique que, même si la pêche ne
constitue probablement pas une menace, l’utilisation par l’inconnu de petites frayères
isolées pourrait l’exposer à certains dangers, comme l’exploitation forestière.
Les Gwich’in proposent de chercher les frayères de la Peel. On souligne que la
coupe de bois ne sera probablement pas pratiquée à grande échelle dans cette région
et que les frayères se trouvent loin des communautés. On fait aussi remarquer que
deux stocks sur trois pourraient frayer dans le territoire des Gwich’in et qu’il serait bon
de réaliser une étude visant à repérer les habitats critiques pour la fraye dans ce
territoire.
Les membres poursuivent le débat sur les frayères. L’inconnu fraye à l’époque
de l’englacement, et l’eau se clarifie une fois la glace formée de sorte que
l’envasement est peu important durant la période d’incubation. L’inconnu et l’omble
chevalier semblent fréquenter pour la fraye des types de rivière différents. Les jeunes
inconnus pourraient être entraînés vers l’aval dans des zones d’alimentation plutôt que
d’y parvenir de façon active. Peu de travaux de recherche ont été réalisés, même dans
le fleuve Yukon, sur les premiers stades de développement de l’inconnu.
On entend ensuite les commentaires adressés par téléphone par les
représentants des Gwich’in, qui signalent d’abord que les documents auraient dû être
distribués plus tôt; ils auraient ainsi eu plus de temps pour les examiner avant la
réunion. Ils sont cependant satisfaits du processus et croient qu’il permettra de faire la
synthèse des connaissances sur les stocks et favorisera l’analyse des informations
recueillies dans le passé. Par exemple, une étude sur l’inconnu du ruisseau Campbell a
été réalisée en 1983, mais on n’en a publié que les données brutes. Si nous pouvons
utiliser le processus pour encourager le personnel à examiner les données passées et
à les publier, nous aurons fait œuvre utile.
On signale que l’inconnu est capturé dans des pêches plurispécifiques, et que
les proportions des inconnus de ces prises pourraient être analysées. On trouve dans
Holland et al. (inédit b, mentionné clairement dans le RES) des données sur les pêches
plurispécifiques impliquant l’inconnu.
On présente les objectifs de l’étude de la Peel, soit 1) localiser les frayères et 2)
inventorier les prises des pêcheurs locaux, en prenant notamment des données sur la
maturité des poissons et les périodes de migration.
Les représentants des Gwich’in demandent si le questionnaire qui a été utilisé
comme document de référence est utile pour recueillir des informations auprès des
pêcheurs. On convient que c’est là un moyen utile pour incorporer les connaissances
traditionnelles dans le RES et que l’utilisation de ce questionnaire confirme l’intérêt du
MPO pour ces dernières.
Que sait-on de la vulnérabilité de l’inconnu aux altérations du niveau des eaux,
de la température et du climat? Un des participants indique que la température de l’eau
joue probablement un rôle important dans le développement des oeufs et que les
variations de température peuvent influer sur l’éclosabilité et la survie. On souligne que
la durée de développement des oeufs est fonction de la durée d’englacement des
cours d’eau et qu’elle varie ainsi d’une rivière à l’autre. Les rivières qui se trouvent plus
loin à l’intérieur des terres ont des périodes d’englacement plus courtes, et les oeufs s’y
développent plus rapidement.
Les représentants des Gwich’in indiquent que certains Anciens pensent que
l’englacement se produit plus tôt et que la glace est plus mince que par le passé.
Quelles en sont les implications pour l’inconnu? On se demande si ces observations
doivent entrer dans le RES, mais on convient qu’elles devraient être documentées et
confirmées avant d’y figurer. On avance l’hypothèse que les stocks pourraient ne pas
être interchangeables si le développement des oeufs est adapté aux profils
d’englacement, qui varient d’une rivière à l’autre; p. ex. celui de l’Arctic Red diffère de
celui du cours principal du Mackenzie. On est en train de préparer un rapport sur un
atelier concernant les connaissances traditionnelles, et il pourrait y être question de ces
observations. L’altération des régimes de température pourrait avoir un impact notable
sur le développement des oeufs d’inconnu, mais il est trop tôt pour dire si ces régimes
ont changé de façon marquée.
Les représentants des Gwich’in indiquent que l’étude de la Peel recueillera des
informations qui pourront être utilisées dans les évaluations futures.
Il est entendu que le RES mentionnera la pollution comme menace possible.
La nécessité d’inclure les connaissances traditionnelles est soulevée de
nouveau. On mentionne que les Anciens signalent l'existence de deux types d’inconnu
(petit et gros), et il est établi que les pêcheurs doivent probablement identifier
correctement les espèces. Un participant demande si ces types ne pourraient pas
correspondre à des stades de développement différents, étant donné que l’apparence
d’un jeune poisson peut être très différente de celle d’un poisson âgé. Les
représentants des Gwich’in indiquent que cette question pourrait être considérée dans
le cadre de leur étude. Le représentant du CMGP suggère qu’on signale cette
observation dans le RES en mentionnant que différentes formes ont été observées
sans qu’on soit fixé sur leur statut. On devrait aussi indiquer que l’étude de la Peel se
penchera sur cette question. (Remarque : Les représentants des Gwich’in ont, après la
réunion, déterminé que le sruh tsal correspond au small coney, soit au cisco, et que le
sruh choo correspond au large coney, soit à l’inconnu.)
On soulève la question des zones de gestion utilisées dans la pêche
commerciale. M. Treble (MPO) a examiné ces zones et a conclu qu’elles n’étaient pas
très utiles pour la gestion de l’inconnu. Un représentant des Gwich’in rappelle
l’historique de ces zones de gestion : ces zones ont été utilisées à des fins
administratives et ont servi, quand ont débuté les pêches commerciales, à les séparer
des pêches de subsistance. Ces zones de gestion n’ont aucun rapport avec la biologie
de l’inconnu. Ce point devrait être mentionné dans le RES.
Le mode de consignation des prises commerciales est examiné. Il est décidé de
n'inscrire que les prises commerciales totales, puisque les zones de gestion ne
coïncident pas avec les frontières des stocks, et que le fait d’indiquer les prises par
zone ne serait pas utile pour évaluer l’impact de la pêche commerciale sur les stocks.
Diverses questions sont ensuite abordées, comme l’utilisation de noms
autochtones dans le RES, la manière de décrire la maturité sexuelle dans le RES et la
signification d’« anadromie ». On indique que les inconnus marins et dulcicoles ont des
capacités d’acclimatation à l’eau salée différentes, et que les inconnus anadromes
peuvent tolérer des salinités plus élevées que les inconnus non anadromes. Il est
convenu que le RES doit traiter des conséquences du chevauchement spatio-temporel
des pêches (commerciale et de subsistance) et des migrations de l’inconnu vers et
depuis le delta.
Les représentants du MPO posent des questions concernant la manière dont les
données sur les prises des pêches de subsistance sont recueillies. Les Conseils
pourraient avoir dans leurs archives des données plus détaillées que celles qui ont été
soumises pour la préparation du RES. L’appariement des noms de lieu avec les
masses d’eau, par exemple, peut parfois être réalisé. Il serait utile de préciser les
endroits où les prises sont effectuées. Par exemple, déplacer un lieu de pêche de 100
mètres vers l’aval près de l’embouchure de l’Arctic Red pourrait faire qu’on passe d’une
pêche monostock à une pêche mixte. On reconnaît qu’une telle précision ne pourrait
pas être atteinte maintenant, mais il est recommandé d’améliorer dans la mesure du
possible la collecte future de données, particulièrement dans l’Arctic Red, où plusieurs
stocks peuvent être présents près de l’embouchure.
Plusieurs communautés exploitent le poisson de l’Arctic Red quand il est en
montaison. On se demande si les prises des pêches de subsistance sont signalées par
zone de pêche ou par communauté. Les représentants des Gwich’in indiquent qu’ils
peuvent probablement signaler les prises par zone de pêche. Un autre participant juge
qu’on pourrait rencontrer une certaine résistance si on demande des données
géographiques plus précises parce que la confidentialité des pêcheurs pourrait être
minée si la résolution est trop fine. On suggère qu’à l’avenir, les enquêteurs pourraient
mieux faire la distribution entre l’Arctic Red et le Mackenzie comme lieux de pêche.
Cela permettrait de préciser si les pêcheurs se trouvent à l’embouchure de l’Arctic Red
et s’ils exploitent un seul stock ou plusieurs stocks.
On s'interroge sur l'inscription des données de capture d’Inuvik et d’Aklavik. Les
deux communautés comprennent des bénéficiaires des ententes des Gwich’in et des
Inuvialuit. Il est nécessaire de préciser si les données de capture sont rapportées selon
le groupe de bénéficiaires ou simplement par communauté. Les Gwich’in ont
commencé à fournir leurs données de capture en 1995. Depuis, les données de
capture des bénéficiaires ont été compilées séparément par chacun des Conseils. Quel
que soit l’endroit où pêchent les Gwich’in, les lieux de pêche et les prises sont notés.
Les données de certains non-bénéficiaires qui ne sont pas Inuvialuit sont intégrées
mais peuvent être isolées. Depuis 1995, on additionne les prises des pêches de
subsistance des deux territoires. Ce point est important parce que les prises des
Inuvialuit semblent avoir chuté ces dernières années; en fait, il s’agit là d’une fausse
impression liée à la manière dont les données sont présentées.
On peut se demander si les Sahtu, par exemple ceux de Fort MacPherson,
pêchent dans un autres territoire que le leur. Selon les représentants des Gwich’in,
c'est bien le cas, et il pourrait être difficile de faire un lien entre les captures et les
stades de développement et les migrations des poissons.
Les représentants des Gwich’in font des commentaires concernant la pêche et
les statistiques de capture. On discute de la taille à laquelle l’inconnu est recruté dans
la pêche et de la vulnérabilité des femelles à la surpêche du potentiel géniteur. Les
femelles atteignent la maturité à un âge plus avancé et à une plus grande taille que les
mâles. On souligne que certaines pêches prélèvent des géniteurs et d’autres des
immatures, de sorte qu’il est difficile de faire des généralisations.
On suggère de reformuler la section sur la fraye. Les inconnus présents le long
de la côte ne sont pas des géniteurs, et la probabilité de capturer des géniteurs de
l’année s’accroît à mesure qu'on remonte les cours d'eau. Par exemple, les
échantillons du port de Tuktoyaktuk sont constitués d’immatures et d’adultes non
géniteurs. On devrait faire mention du rapport sur les connaissances traditionnelles des
Gwich’in.
Statistiques de capture
Comme on n’a pas intégré de tableaux dans l’ébauche du RES, le débat porte
d’abord sur la manière dont les statistiques des pêches de subsistance devraient être
présentées. Il est décidé d’utiliser les données du territoire des Gwich’in telles qu’elles
sont soumises, en donnant les détails sur les prises par mois et par communauté. Il est
convenu de présenter les données du territoire des Inuvialuit sous la forme d’un tableau
des prises annuelles par communauté et d’une figure montrant les prises mensuelles
effectuées dans ce territoire. (Durant la préparation du RES, on a établi qu'il faudrait
réorganiser passablement les données du territoire des Inuvialuit pour présenter un
tableau des prises mensuelles. On a décidé de présenter plutôt les tendances
générales.) Les prises commerciales seront indiquées sous la forme d’un total régional
parce que les zones de gestion ne recoupent pas du tout les frontières des stocks.
Le MPO dispose de quelques données de capture pour le territoire du Sahtu,
mais d’aucune donnée pour la région du Deh Cho. Le délégué du CMGP demande le
poids total des prises commerciales. Le poids moyen des poissons capturés dans la
Arctic Red peut être utilisé à cette fin par multiplication par le nombre total de poissons;
en multipliant le poids total par le prix à la livre, on peut estimer la valeur économique
de cette pêche.
État de la ressource
Certains formulent des commentaires sur les données de croissance, et on
remarque que les femelles de l’Arctic Red croissent plus rapidement que les mâles.
Après discussion sur les analyses du strontium, on conclut que tous les inconnus
capturés dans le port de Tuktoyaktuk étaient anadromes. Ceux de la pointe Shingle et
des rivières Arctic Red et Peel ont aussi montré des signes d’anadromie.
Pour la plupart des stocks, on ne dispose pas de courbes des captures ni
d’estimations de la mortalité. Des données existent dans le cas de l’Arctic Red, mais
elles ne sont pas traitées. Dans le cas du Horseshoe Bend, les données indiquent que
la mortalité par pêche est faible (0,22 à 0,30, ce qui est relativement faible pour le
poisson). On discute de la pertinence de signaler la mortalité instantanée (Z) ou la
mortalité annuelle (A), et on décide d’utiliser les deux. Les pêcheurs comprendront
probablement mieux le paramètre A, mais les scientifiques vont utiliser le paramètre Z.
Il apparaît qu’un stock donné peut faire l’objet de plusieurs pêches durant sa
migration annuelle. Cette observation devrait être intégrée aux considérations pour la
gestion.
On discute de la manière dont certaines idées sont formulées dans le RES.
Nous avons fait des progrès en matière de gestion par stock. Nous avons des données
sur la structure des stocks, de sorte que nous pouvons affirmer que les inconnus des
parties est et ouest du delta sont des stocks distincts ou des complexes de stocks; la
gestion devrait refléter cette structure. On propose aussi de gérer la zone de l’Arctic
Red comme une zone terminale pour les inconnus migrateurs. Les inconnus
fréquentant la partie est du delta semblent appartenir à deux stocks, mais les poissons
qui frayent dans l’Arctic Red pourrait être gérés comme un seul stock.
Les inconnus du lac Campbell pourraient constituer un stock distinct; les
gestionnaires devraient collaborer avec les pêcheurs locaux pour repérer les
emplacements possibles des stocks lacustres. On devrait repérer aussi les habitats
critiques (frayères, alevinières et aires d’hivernage).
Perspectives
Le CRRG est en train de mettre en œuvre une étude sur le lac Campbell qui se
penchera sur les frayères, l’utilisation de l’habitat et l'unicité de ce stock. Kim Howland
étudie les différences génétiques au plan physiologique (tolérance à la salinité,
développement des oeufs) et biochimique entre les stocks anadromes et non
anadromes (dulcicoles).
Il est convenu que la section des renseignements de base doit mentionner que
le RES sert à l'élaboration du Plan intégré de gestion des pêches par le MPO, le
CMGP, le CRRG et le CRRS.
Le calendrier d’examen et de signature est le suivant. Le RES et le compte
rendu de la réunion seront présentés aux Conseils pour examen pour la fin de juillet.
Les examinateurs devront faire connaître leurs commentaires au plus tard à la mi-août.
Les documents finaux seront signés par le directeur général à la fin d’août, puis
envoyés immédiatement au Secrétariat pour l’évaluation des stocks du MPO, à Ottawa.
Annexe 1. Ordre du jour de la réunion du PCR concernant l’inconnu du
Mackenzie
18 juin 1998
North Board Room, Institut des eaux douces, Winnipeg (Man.)
9 h 00 - 9 h 30
Remarques introductives comprenant une description du
Processus consultatif régional
9 h 30 - 12 h 00
Examen de la documentation sur la délimitation des stocks, la
migration et le cycle vital
13 h 00 - 15 h 00
Examen de la pêche et des statistiques de capture
15 h 15 - 17 h 00
Examen de l’état de la ressource, des perspectives et des
considérations pour la gestion
Annexe 2. Participants à la réunion du PCR concernant l’inconnu du Mackenzie
B. Ayles - Comité mixte de gestion des pêches, Territoire des Inuvialuit
S. Cosens (présidente) - Ministère des Pêches et des Océans, Région du Centre et de
l’Arctique
C. Day - Ministère des Pêches et des Océans, Région du Centre et de l’Arctique
K. Howland - Université de l’Alberta
I. Macdonald - Conseil des ressources renouvelables des Gwich’in, Territoire des
Gwich’in
R. Peet - Conseil des ressources renouvelables des Gwich’in, Territoire des Gwich’in
P. Simon - Conseil des ressources renouvelables des Gwich’in, Territoire des Gwich’in
R. Tallman - Ministère des Pêches et des Océans, Région du Centre et de l’Arctique
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