MPO - Sciences Région des Maritimes Rapport sur l’état des stocks C3-37

MPO - Sciences Région des Maritimes Rapport sur l’état des stocks C3-37
Région des Maritimes
Quahog nordique du plateau
néo-écossais
Renseignements de base
Le quahog nordique (Arctica islandica) est un gros mollusque
bivalve (10-13 cm) de la zone intratidale, doté d’une robuste
coquille ovoïde, dont la couleur varie du jaune-havane au noir et
fonce apparemment avec l’âge. Il ressemble à la palourde
américaine, dont il se distingue toutefois par sa charnière et par
diverses caractéristiques de l’intérieur de sa coquille.
MPO - Sciences
Rapport sur l’état des stocks C3-37 (1998)
Em p la c e m e nts d e c la re s d e s
g ise m e n ts d e q u a h o g n o rd iq u e
Sommaire
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Le quahog nordique est présent dans l’est de l’Amérique du Nord
depuis l’Arctique jusqu’au cap Hatteras, en Caroline du Nord, et
en Europe depuis l’Arctique jusqu’à la baie de Cadix, en Espagne.
On le trouve également en Islande, dans les îles Britanniques et
dans les îles Féroé.
C’est sur les fonds vaseux et sablonneux, où il s’enfouit à un
maximum de 12 mm de la surface, que le quahog nordique est le
plus abondant. Il est moins présent sur les fonds d’argile et de
gravier. On le trouve à des profondeurs de 4 à 256 m (plus
profondément dans la partie sud de son aire de distribution), mais
on en a récolté des spécimens vivants à la drague à des
profondeurs atteignant 482 m.
Trois détenteurs de permis pratiquent la pêche du quahog
nordique dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Ce mollusque
est capturé à la drague hydraulique. Les animaux de 45 à 60 mm
sont vendus entiers sur le marché américain, comme produit de
substitution à la palourde américaine.
Le quahog nordique est un bivalve à grande longévité et faible
croissance. Le plus vieux spécimen dont on a établi l’âge avait 221
ans. La maturité sexuelle survient en moyenne chez ce quahog à
treize ans, mais elle peut se produire dès cinq ans. La taille
moyenne à maturité est de 48 mm. En Nouvelle-Écosse, la
reproduction semble avoir lieu à longueur d’année, mais atteint
son plus fort entre juillet et septembre.
Dans le secteur de Scotia-Fundy en Nouvelle-Écosse, l’espèce est
surtout abondante dans les ports côtiers et les baies du sud-ouest
de la province, dans l’embouchure de la baie de Fundy et sur les
bancs du large, en particulier les bancs de l’île de Sable et
Western. On la trouve aussi, en moins grand nombre, dans les
régions sablonneuses de l’ensemble de la province.
Juin 1998
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Les titulaires de permis de pêche de palourdes et
quahogs de la Nouvelle-Écosse ont déclaré 142 t
de prises de quahog nordique en 1996.
De 1980 à 1983, les relevés effectués par le
MPO sur 12 des principaux bancs du plateau
néo-écossais chiffraient à 676 000 t le stock
minimal exploitable. Dans la zone côtière allant
de la baie Sainte-Marie à la baie St. Margaret’s,
les relevés chiffraient à 56 833 t les gisements
de quahog nordique de densité commerciale.
En 1997, dans le cadre d’un relevé financé par
l’industrie, on a évalué pour la première fois le
gisement de la baie Sainte-Marie et chiffré sa
biomasse exploitable à 45 233 t.
Il existe une importante biomasse exploitable de
plus vieux et de plus gros quahogs nordiques.
Les poussées de recrutement sont rares et
alimentent la pêche pendant les années de faible
recrutement.
En raison du très faible taux de croissance du
quahog nordique, la viabilité de la gestion de la
ressource repose sur des taux d’exploitation peu
élevés (3 %).
Un nouveau plan de pêche locale devrait
comporter les éléments suivants : 1) gestion
gisement par gisement; 2) exclusion d’une partie
de chaque gisement de la récolte; 3) exploitation
systématique par bandes et 4) taille minimale.
Région des Maritimes
Quahog nordique du plateau néo-écossais
La pêche
la
palourde
américaine
(Mercenaria
mercenaria) qui est davantage recherchée
sur le marché des mollusques vivants. Ces
quahogs
sont
appelés
localement
« mahoganies ». Les plus gros quahogs ne
sont pas récoltés. On réexamine actuellement
le plan de pêche. Le gisement de la baie
Sainte-Marie est considéré comme un stock
de pêche distinct, pour lequel un plan de
gestion séparé sera établi.
Débarquements (tonnes)
1991
1992
1993
1994
1995
1996
17,9
29,1
11,2
29,6
78,8
142,0
La pêche du quahog nordique sur le plateau
néo-écossais est pratiquée le long de la côte
sud-ouest de la Nouvelle-Écosse par les
titulaires de permis de pêche côtière des
palourdes, qui récoltent à la fois le quahog
nordique, la mactre de Stimpson, le pitot,
axant leur effort sur l’espèce en demande
selon la période. Ces pêcheurs ciblent le
quahog nordique depuis quelques années.
Par ailleurs, les pêcheurs de palourde de
haute mer ont aussi le droit de capturer des
prises accessoires de quahog nordique, mais
pour le moment ils n’en débarquent pas.
État de la ressource
Entre 1980 et 1983, le ministère des Pêches
et des Océans a effectué des relevés à la
drague hydraulique sur douze des principaux
bancs du plateau néo-écossais ainsi que dans
la zone côtière allant de la baie Sainte-Marie
à la baie St. Margaret’s, afin d’évaluer la
biomasse du stock de quahog nordique, de
mactre de Stimpson et d’autres mollusques
du large de la Nouvelle-Écosse.
La pêche des palourdes est gérée comme une
pêche restreinte, pour laquelle trois permis
ont été délivrés.
La pêche côtière est
pratiquée dans la zone de 12 milles, mais est
limitée aux eaux situées au-delà de l’inter
fauces terrae, à des profondeurs supérieures à
dix brasses. Elle n’est pas assujettie à une
taille minimale ou à un total autorisé de
captures. Les débarquements font l’objet d’un
contrôle continu destiné à détecter la présence
de toxines.
On a estimé le stock actuel de quahog
nordique à au moins 956 000 t (densité
commerciale de 676 000 t) sur les bancs du
large examinés. On a aussi signalé la
présence du quahog nordique sur le banc
Georges.
Dans la zone côtière, les relevés ont chiffré à
un total de 56 833 t les densités
commerciales de quahog nordique.
En
raison de difficultés rencontrées dans
l’utilisation du matériel à certains endroits, il
n’a pas été possible d’obtenir des estimations
précises. En 1997, un relevé financé par
l’industrie et réalisé avec des engins de
récolte commerciaux a été effectué dans un
gisement découvert précédemment dans la
baie Sainte-Marie. En raison de la haute
densités des quahogs, les traits ont été
extrêmement courts, ne durant pas plus de
trois minutes. Il a été difficile de déterminer
la distance réelle de trait à chaque mouillage
La pêche hauturière, pratiquée au-delà de la
zone de 12 milles, est assujettie à un total
autorisé de captures (TAC) de 30 000 t de
mactres de Stimpson et à une limite de 10 %
de prises accessoires de quahog nordique.
Comme la pêche côtière, elle doit se
pratiquer à la drague hydraulique.
Les pêcheurs côtiers commercialisent
actuellement les petits quahogs nordiques
(45-60 mm) comme produit de substitution à
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Région des Maritimes
Quahog nordique du plateau néo-écossais
d’engin en raison de la précision limitée du
système de positionnement global utilisé dans
le relevé. On a estimé la biomasse totale à
59 504 t (limites de 95 %; 49 356; 70 898),
après correction en fonction des variations
dans le positionnement du matériel et d’un
phénomène de marée. La biomasse
exploitable du gisement, fondée sur une taille
minimale de 62 mm, a été estimée à 45 233 t
(limites de 95 %; 37 017; 53 174). Un
modèle spatial a aussi été appliqué aux
données, mais le profil spatial était peu
marqué et les estimations connexes ne
différaient pas beaucoup de celles indiquées
ci-dessus. Il conviendrait d’effectuer de
nouveaux levés au moyen d’engins
commerciaux plus efficaces sur les lieux déjà
étudiés en vue d’obtenir des estimations de
biomasse plus précises pour la pêche
actuelle.
Perspectives
Il existe une grande biomasse exploitable de
gros et vieux quahogs nordiques. Comme le
marché destine ces derniers aux chaudrées et
à d’autres formes de transformation, il ne
serait pas rationnel de les exploiter sans
disposer d’usines de transformation dans la
région. L’industrie s’est récemment montrée
intéressée à ouvrir localement une telle usine.
Le très faible taux de croissance de l’espèce
signifie qu’une gestion durable passe par
des taux d’exploitation peu élevés. En raison
de la rareté des poussées de recrutement
observée dans la pêche aux États-Unis, ces
dernières doivent continuer à alimenter la
pêche pendant les années de faible
recrutement. Tout nouveau plan de gestion
de la pêche locale devrait faire appel à la
gestion gisement par gisement et à
l’exclusion d’une partie de chaque gisement
de la récolte, pour préserver une biomasse de
reproducteurs. De plus, la récolte
systématique par bandes pourrait être
favorable au recrutement. Enfin, il
conviendrait de fixer une taille minimale pour
empêcher la récolte d’animaux qui ne se sont
pas encore reproduits. Les nouveaux
gisements repérés dans la pêche exploratoire
devraient être évalués dès que possible.
Les taux de prises de la pêche côtière
peuvent être supérieurs à 3 t par jour, mais
sont habituellement déterminés par la
quantité de quahogs que les pêcheurs
estiment pouvoir vendre. Les bateaux
effectuent un peu de pêche exploratoire,
quoique la plupart des débarquements
proviennent du large de Lockeport et de
Liverpool, sur la côte sud de la NouvelleÉcosse.
D’après les données concernant les stocks
américains, le recrutement est variable et
comporte rarement de fortes classes d’âge.
Le plan de gestion actuel préconise un très
faible taux d’exploitation (3 %), qui,
théoriquement, permettra aux fortes classes
d’âge de continuer à alimenter la pêche
pendant les périodes de bas recrutement. Les
estimations de mortalité naturelle des adultes
varient de 0,01 à 0,04. On croit que la
mortalité parmi les quahogs juvéniles qui
viennent de s’implanter au fond est élevée,
les crabes et les poissons de fond étant leurs
principaux prédateurs.
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Région des Maritimes
Pour obtenir de
renseignements,
Quahog nordique du plateau néo-écossais
plus
amples
On peut se procurer des exemplaires du
rapport à l’adresse suivante :
Processus consultatif régional des Maritimes
Ministère des Pêches et des Océans
C.P. 1006, succursale B105
Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
CANADA B2Y 4A2
Téléphone : 902-426-7070
C. élec : myrav@mar.dfo-mpo.gc.ca
communiquer R.E. (Ron) Duggan
avec :
Min. des Pêches et des
Océans
Direction des sciences
Division des invertébrés
C.P. 550
Halifax (Nouvelle-Écosse)
B3J 2S7
Adresse Internet: http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas
Tél. : (902) 426-8039
Fax : (902) 426-1862
ISSN : 1480 - 4921
Courriel : Dugganr@mar.dfompo.gc.ca
An english version is available on request at the
above address.
Références
Bousfield. E. L. 1960. Canadian Atlantic
Seashells, Imprimeur de la Reine, Ottawa.
72 p.
La présente publication doit être citée
comme suit :
Rowell, T. W., and D. R. Chaisson. 1983.
Distribution and abundance of the Ocean
Quahaug
(Arctica islandica)
and
Stimpson’s Surf Clam (Spisula polynyma)
Resource on the Scotian Shelf. Rapp. can.
à l’ind. sur les sciences halieut. et aquat.
No 142: 69 p.
MPO 1998. Quahog nordique du plateau
néo-écossais. MPO - Sciences, Rapp. sur
l’état des stocks C3 - 37(1998).
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