Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (ZPH 34) Sommaire

Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (ZPH 34) Sommaire
MPO - Sciences
Rapport sur l’état des stocks C3-62(1998)
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la
Nouvelle-Écosse (ZPH 34)
Renseignements de base
Sommaire
Le homard est un crustacé dont le squelette se trouve à l’extérieur du
corps (exosquelette); il doit s’en débarrasser pour grandir (processus
appelé mue). Les très jeunes homards muent de 3 à 4 fois par an,
augmentant leur poids de 50 % et leur longueur de 15 % à chaque mue.
Dans les eaux de la baie de Fundy, il faut aux homards 8 ans ou plus
pour atteindre la longueur de carapace (LC) réglementaire de 81 mm.
À cette taille, les homards pèsent 0,45 kg (l lb) et muent une fois par an.
Les gros homards muent moins souvent; ainsi, un homard de 1,4 kg
(3 lb) ne mue qu’une fois tous les 3 ou 4 ans environ. Le plus gros
homard signalé pesait 20 kg (44 lb) et aurait eu entre 40 et 65 ans.
•
Les débarquements demeurent élevés et
stables depuis la saison 1990-1991, mais
une plus grande proportion d’entre eux
est capturée au début de la saison, ce qui
reflète une augmentation de l’effort de
pêche réel.
Au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, les homards atteignent la
maturité entre 95 et 100 mm LC, à un poids moyen de 0,7 kg (1,5 lb).
Les femelles adultes s’accouplent après la mue, au milieu de l’été; l’été
suivant, elles produisent des œufs qu’elles gardent attachés sous leur
queue pendant 10 à 12 mois. Les œufs éclosent en juillet ou août. Les
larves vont alors passer de 30 à 60 jours à se nourrir et à grossir près
de la surface avant de se fixer au fond et d’y chercher abri. Pendant les
2 ou 3 premières années de sa vie, le homard demeure dans son abri ou
à proximité, évitant les petits poissons prédateurs. À mesure qu’il
grossit et court moins de risques de servir de proie, il se déplace
davantage, mais devient plus vulnérable en présence des casiers à
homards.
•
Les débarquements sont peut-être restés
élevés en partie à cause d’une
intensification de la pêche semihauturière. On manque de renseignements
sur la distribution spatiale des prises et de
l’effort en raison de la nature du système
de collecte de statistiques, qui ne
comprend que les ports de débarquement.
•
Les taux de prises et la distribution des
tailles dans la pêche côtière semblent
inchangés depuis la dernière décennie.
•
Les taux d’exploitation dans les eaux
côtières sont élevés et semblent stables,
mais plus de 70 % des débarquements
sont composés de nouvelles recrues qui ne
se sont pas encore reproduites.
•
Le nombre de homards de taille inférieure
à la taille réglementaire dans les casiers
Le homard vit le long des côtes, du sud du Labrador au Maryland, les
principales pêcheries se trouvant dans le golfe du Saint-Laurent et le
golfe du Maine. Bien qu’on le rencontre en plus grand nombre dans les
eaux côtières, on le trouve aussi dans les eaux chaudes et profondes du
golfe du Maine et le long de l’extrémité du plateau continental, près de
l’île de Sable, jusqu’au large de la Caroline du Nord. Le homard
entreprend des migrations saisonnières qui l’entraînent dans les eaux
peu profondes en été et profondes en hiver. Dans la plus grande partie
de son aire, ces mouvements se limitent à quelques kilomètres;
cependant, dans le golfe du Maine, les zones de pêche hauturière du
plateau néo-écossais et au large de la Nouvelle-Angleterre, le homard
peut entreprendre des migrations sur de longues distances, parfois des
dizaines et même des centaines de kilomètres. Les études de marquage
ont aussi montré qu’au moins une partie de ces homards revenaient
dans le même secteur chaque année.
Depuis peu de temps, on considère la population du golfe du Maine
comme une métapopulation, c’est-à-dire composée d’un certain nombre
de sous-populations liées de diverses façons par les déplacements des
larves et des adultes. Le nombre et la répartition de ces souspopulations demeurent inconnus.
Septembre 1998
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
dénote un recrutement qui demeure
apparemment élevé depuis la fin des
années 1980.
•
zone de pêche hauturière du homard, à 92 km
(50 milles marins) des côtes. Ces dernières
années, les débarquements des 977 titulaires
de permis ont dépassé les 10 000 t, ce qui
représente plus de 25 % de tous les
débarquements de homard au Canada.
La fréquence des tailles dans les zones de
pêche semi-hauturière comme le banc
German reflète une moindre proportion de
femelles à maturité; les taux d’exploitation
dans ces zones semblent aussi élevés que
dans les eaux côtières.
•
Depuis le début de la pêche semihauturière, à la fin des années 1970, le
nombre d’oeufs par recrue a diminué de 2
à 8 fois dans l’ensemble de la ZPH 34.
•
Les résultats de l’analyse des oeufs par
recrue confirment que le stock fait l’objet
d’une surpêche des recrues; un
accroissement de la production d’oeufs
contribuerait à maintenir le recrutement.
Avant le milieu des années 1970, les lieux de
pêche
du
homard
se
limitaient
essentiellement aux profondeurs inférieures à
30 brasses. Les bateaux de pêche côtière
commencèrent ensuite à explorer les fonds de
pêche un peu plus éloignés de la côte, si bien
qu’au milieu de la décennie ils pêchaient sur le
banc de Brown et sur le banc German. La
pêche dans ces eaux plus profondes, appelée
pêche semi-hauturière a continué de prendre
de l’expansion, certains pêcheurs s’y
consacrant pendant toute la saison, d’autres la
pratiquant une partie de la saison, en se
rapprochant de la zone côtière au fur et à
mesure que les taux de prises y augmentaient.
L’effort de pêche semi-hauturière n’a cessé de
s’accroître; il représentait environ 10 % des
débarquements en 1992-1993 (Duggan et
Pezzack, 1995), proportion qui est peut-être
passée maintenant à plus de 25 %.
La pêche
Le régime de gestion repose sur la pêche
restreinte et sur la limitation de l’effort :
Saison :
du dernier lundi de novembre au
31 mai
Taille minimale : 81 mm de LC
Nbre max. de
casiers :
375, du début de la saison au
31 mars
400, du 1er avril au 31 mai
bre
N de permis : Catégorie A (temps plein) : 968
Catégorie B (temps partiel) : 5
Partenariats : 2
La ZPH 34, située dans le sud-ouest de la
Nouvelle-Écosse, est une des zones de pêche
du homard les plus productives du monde.
Elle va du Digby Neck à la baie Barrington et
couvre une superficie totale de 21 000 km2.
C’est une région de grande diversité, où la
pêche a lieu aussi bien dans les eaux peu
profondes situées près de la côte que dans les
eaux profondes se trouvant juste en deçà de la
Répartition de la pêche semi-hauturière et de la
pêche hauturière à leurs débuts, au milieu des
années 1970
2
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
de la pêche dans une partie du stock qui était
inexploitée auparavant, et qui a pu constituer
une source de recrutement et une réserve en
périodes de faibles recrues.
En novembre 1995, le Conseil pour la
conservation des ressources halieutiques
(CCRH) a présenté une révision de l’état de la
conservation dans la pêche du homard de
l’Atlantique. Dans son rapport (CCRH,
1995), il concluait que les pêches actuelles se
pratiquaient à des taux d’exploitation élevés,
qu’elles portaient surtout sur des homards
immatures et qu’elles ne permettaient pas une
production d’oeufs adéquate. Le CCRH
recommandait la mise en place d’un nouveau
cadre de conservation visant à créer sept
unités de conservation (aires de production du
homard), au sein desquelles des mesures
seraient adoptées pour accroître la production
d’oeufs. Le CCRH préconisait aussi un
objectif de production d’oeufs par recrue
(O/R) équivalant à 5 % de cette production
Zones de pêche semi-hauturière, d’après les
renseignements provenant des pêcheurs, des agents
des pêches et des patrouilles aériennes en 19961997.
La pêche semi-hauturière soulève certaines
inquiétudes, car elle représente une expansion
Débarquements de homard de la ZPH 34 (tonnes métriques)
moyennes sur 10 ans
1991-92
1992-93
1993-94
1994-95
1995-96
1996-97*
61-70
71-80
81-90
8 876
8 919
10 308
9 646
10 263
10 415
3 231
3 575
7 734
*chiffres préliminaires
Débarquements dans la ZPH 34 et la ZPH 41 (zone de pêche hauturière) de 1895 à 1997
3
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
dans une population inexploitée. À noter que
la ZPH 34 est une grande composante de
l’APH du golfe du Maine, qui comprend les
ZPH 34 à 38 et certaines parties de la ZPH
41.
Les débarquements sont depuis demeurés
élevés dans la ZPH 34 et dans le reste du
golfe du Maine (ZPH 35-41, Maine, New
Hampshire et Massachusetts). En 1996-1997,
ils atteignaient 10 415 t, et étaient les
deuxièmes du siècle en importance,
représentant 2,8 fois la moyenne de la période
1971–1980.
Bien que de façon générale l’industrie ait
reconnu la nécessité d’un changement, elle ne
s’est pas ralliée à l’objectif fixé par le CCRH
et il a été décidé de viser un doublement de la
production O/R. En décembre 1997, le
ministre donnait pour directive aux pêcheurs
de homard de l’Atlantique de mettre en
oeuvre de nouvelles mesures de conservation
qui permettraient de doubler en quatre ans la
production O/R actuelle.
S’ils sont restés élevés depuis le sommet
atteint en 1990-1991, les débarquements ont
été capturés en proportion croissante dans la
première moitié de la saison; cela pourrait
dénoter une plus grande efficacité des
pêcheurs et une hausse de l’effort en
automne.
La pêche commerciale du homard a
commencé au milieu des années 1800; à la fin
des années 1890, ses débarquements
dépassaient les 12 000 t. Ceux-ci diminuèrent
ensuite, pour tomber à 1 700 t en 1920. Dès
1872, on s’était inquiété (Venning, 1873)
d’une baisse observée pour la première fois
dans la taille moyenne du homard. Au cours
des 50 années qui suivirent, de nombreuses
commissions gouvernementales se penchèrent
sur la question et recommandèrent des
changements à la réglementation afin
d’enrayer cette baisse et de protéger la pêche
(DeWolf, 1994). Les débarquements restèrent
faibles (1 500-2 500 t) du début des années
1920 au milieu des années 1940. Ils connurent
une hausse en 1946, après la guerre, pour se
maintenir entre 2 200 et 4 500 t jusqu’au
début des années 1980. Ils augmentèrent
pendant toute la décennie 1980, grâce à un
accroissement de l’effort de pêche et à une
poussée générale du recrutement en
l’atlantique ouest, atteignant un sommet de
11 000 t au cours de la saison 1990-1991.
Cette poussée de recrutement, a été très
probablement due pour l’essentiel à des
conditions environnementales.
Débarquements d’automne et de printemps
70 %
60 %
50 %
40 %
%
30 %
20 %
% automne
% printemps
10 %
92-93
93-94
91-92
89-90
87-88
85-86
83-84
81-82
0%
Pourcentage des débarquements d’automne et de
printemps dans la ZPH 34
On compare les débarquements récents sur
une base saisonnière, car cela correspond
mieux au cycle biologique du homard et à la
pêche. Les homards rallient le groupe de
première mue du stock exploitable en été et
composent l’essentiel des prises de l’automne
et du printemps suivants.
Les débarquements sont enregistrés par port
de débarquement, sans indication sur le lieu
réel de pêche. On ne dispose donc pas de
renseignements fiables sur les débarquements
en provenance de la zone de pêche semihauturière. L’absence de données sur la
provenance des prises est dangereuse, car elle
4
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
1 400 000
rend impossible une évaluation complète de la
pêche.
1 200 000
1983-1984
1 000 000
800 000
600 000
400 000
200 000
État de la ressource
149
158
146
149
152
155
143
143
146
152
140
140
131
137
134
137
122
128
125
119
107
116
113
110
98
104
95
101
83
92
89
86
71
74
80
77
62
68
65
59
53
50
56
0
1 400 000
1 200 000
1988-1989
1 000 000
L’évaluation de l’état de la ressource repose
sur un examen des tendances des
débarquements, des fréquences de tailles dans
les
prises
commerciales,
des
taux
d’exploitation et des tendances des taux de
prises (PUE), consignés dans les journaux de
bord tenus volontairement par les pêcheurs.
800 000
600 000
400 000
200 000
155
158
146
149
152
155
158
146
149
152
155
158
134
131
128
122
125
119
113
107
116
110
104
98
95
101
83
92
89
86
71
77
80
74
68
65
62
59
56
53
50
0
1 400 000
1 200 000
1991-1992
1 000 000
800 000
600 000
400 000
200 000
137
140
143
140
143
134
137
131
128
125
119
122
110
107
116
113
104
98
95
101
89
92
134
131
128
125
119
122
107
116
113
110
104
98
95
101
92
Taille minimale : 83
81 mm
86
1994-1995
89
83
74
71
77
80
68
65
62
86
77
80
71
74
68
65
62
50
56
59
59
53
50
56
Nombre de
homards capturés
On procède à un échantillonnage en mer
dans les grands ports de la ZPH 34 depuis
plus de 20 ans. Les échantillons sont
habituellement prélevés dans la deuxième et la
troisième ainsi que dans les deux dernières
semaines de la saison. Le degré
d’échantillonnage a varié au fils des ans; il
était au plus bas vers le milieu des années
1990, pendant lesquelles seulement trois ports
ont fait l’objet d’un échantillonnage au
printemps. Il a été accru dans la saison 19971998, lorsqu’on a décidé de prélever des
échantillons mensuels dans un corridor allant
de la baie Lobster à la limite de la zone de
pêche hauturière. D’autres échantillons ont
été prélevés en haute mer dans les secteurs
adjacents à la ZPH 41. Enfin, on a également
recueilli des échantillons en automne et au
printemps à Port Maitland et au sud de l’île
Cape Sable.
53
0
1 600 000
1 400 000
1 200 000
1 000 000
800 000
600 000
400 000
200 000
0
LC
Nombre relatif de homards débarqués, selon la
taille, par les pêcheurs côtiers de la ZPH 34
Avant 1997, les éléments spatio-temporels
nécessaires
étaient
absents
de
l’échantillonnage;
même
avec
les
améliorations apportées en 1997-1998,
l’échantillonnage ne porte que sur une partie
de la pêche. Les scientifiques sont donc
incapables
actuellement
de
décrire
entièrement les changements survenant dans
la distribution des tailles pour l’ensemble de
la ZPH 34.
L’examen des fréquences de tailles dans les
débarquements de la pêche côtière des années
1980 révèle qu’une poussée de recrutement
est à l’origine de la hausse des
débarquements. Le nombre de prérecrues a
augmenté pendant toute la décennie 1980,
même avec l’introduction progressive des
orifices d’évasion, qui permettent au petit
homard de taille non réglementaire de
s’échapper.
La fréquence des tailles parmi les prises
varie le long de la côte, en fonction de la
profondeur, de la distance de la côte et de la
saison. Pour utiliser
des méthodes
d’évaluation fondées sur la longueur, il faut
connaître la structure de tailles globale, ce qui
est impossible sans information sur les
tendances spatio-temporelles des tailles et des
débarquements.
Entre 1983 et 1995, une proportion forte
(70 %) mais stable des prises de la pêche
côtière provenait du groupe de première mue
(femelles de 81 à 92 mm). Le pourcentage de
5
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
prises provenant du groupe de première mue
est plus élevé dans la pêche semi-hauturière et
hauturière, quoique sur le banc German il soit
comparable à celui de la pêche côtière.
pêche hauturière depuis le début de cette
pêche, en 1972 (MPO, 1997).
4%
3%
2%
1%
200
190
180
170
160
150
140
130
Longueur de carapace (mm)
0,2
Changement dans la fréquence des tailles
(longueur de carapace, en mm) entre 1981 et 1998
sur le banc German
0
1982
120
0,3
110
0%
0,4
0,1
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
0,9
Proportion de femelles dans
le groupe de 1re mue
5%
90
0,5
6%
100
0,6
1981
1994
1998
7%
80
0,7
8%
70
0,8
Banc German
9%
50
Proportion de femelles dans
le groupe de 1 re mue
1
0,9
10 %
60
% de prises selon la fréquence de tailles
Région des Maritimes
0,8
0,7
Les données sur les taux de prises (kg/casier
levé) provenant des journaux de bord tenus
volontairement ne révèlent pas de changement
constant au cours de la dernière décennie.
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
Bassin
Crowell
4
Proportion de femelles du groupe de première mue
(81-92 mm) débarquées dans la ZPH 34 et
proportion de femelles du groupe de première mue
dans des échantillons prélevés en mer dans certains
secteurs en 1997-1998
Semaine 1
Semaine 4
PUE (kg/CL)
3
Le banc German est un des premiers lieux de
pêche semi-hauturière à avoir été exploité; il
demeure un fond de pêche important. Les
données sur la taille sont limitées en ce qui
concerne ce banc, mais des comparaisons
entre un échantillon prélevé en 1981 et des
échantillons de 1991 et 1998 dénotent
apparemment un changement important dans
la structure des tailles; on est en effet passé
d’une fréquence de tailles multi-cohortes
dominée par les homards adultes à une pêche
axée sur les recrues, dont 70 % des prises
proviennent du groupe de première mue. Le
taux d’exploitation actuel dans cette partie du
stock est égal ou supérieur à celui de la pêche
côtière. La diminution des homards de taille
adulte a eu des effets importants sur la
production d’oeufs et les estimations d’O/R.
En revanche, la fréquence de tailles a été
relativement stable sur les divers lieux de
2
96-97
95-96
94-95
93-94
0
92-93
1
91-92
Hors du
Banc
German
90-91
Banc
German
89-90
Hors de
la baie
Lobster
88-89
Baie
Lobster
Débarquements (kg) par casier levé la première
semaine et la quatrième semaine
Prises quotidiennes par casier levé chez les pêcheurs de
la coopérative de Port Maitland
6
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
Les tendances des prises et des PUE sont
comparables dans toutes les parties de la
ZPH 34. Les débarquements et les PUE sont
élevés au début de la saison, puis fléchissent
nettement dans les deux à trois premières
semaines, durant lesquelles entre 30 et 50 %
des prises totales de la saison sont capturées.
Comme pendant cette période la température
chute également, une partie de la baisse des
PUE peut être liée à une moindre
capturabilité. Les taux de prises demeurent
faibles en hiver et augmentent à nouveau au
printemps.
impossible de combiner les données sur les
tailles dans les zones de pêche semi-hauturière
et côtière, ce qui est nécessaire pour estimer
le taux d’exploitation global dans la ZPH 34.
Par conséquent, on présente des estimations
distinctes pour la zone de pêche côtière, pour
la partie de la zone de pêche semi-hauturière
que constitue le banc German et pour les eaux
plus profondes de la zone de pêche semihauturière. On fournit également le taux
d’exploitation pour la partie de la ZPH 41
(zone de pêche hauturière) se trouvant sur le
plateau néo-écossais.
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Baie Lobster
1996-97
1997-98
Taux d’exploitation
26 mai
11 mai
11 avril
26 avril
27 mars
26 févr.
12 mars
11 févr.
27 janv.
12 janv.
13 déc.
28 déc.
Zone
de pêche
28 nov.
Temperature (degrés Celsius)
Région des Maritimes
Températures de l’eau dans la baie Lobster
On a utilisé l’analyse par cohorte de longueur
(LCA) pour estimer le taux d’exploitation.
Les résultats obtenus étaient généralement
inférieurs à ceux des évaluations antérieures
(CCRH, 1995 : entre 60 et 80 %), puisqu’ils
sont de l’ordre de 50 à 64 %.
Estimations
du taux
d’exploitation
(%) en 1996
côtière
70
semi-hauturière
banc German
semi-hauturière
hors du banc
German
hauturière
plateau néoécossais
(ZPH 41)
45
pas
disponible
20
Estimations du
taux
d’exploitation
(%) en 1998
55
(entre 50 et 64)
66
30
20
Les taux d’exploitation dans la zone côtière
sont demeurés relativement constants dans les
années 1980 et 1990, malgré une hausse de
l’abondance et le déplacement d’une partie de
l’effort de pêche vers la zone de pêche semihauturière.
En
revanche,
les
taux
d’exploitation de la pêche semi-hauturière,
sont passés de pratiquement zéro dans les
années 1970 à des niveaux comparables à
ceux de la zone côtière sur le banc German et
à 30 % dans les eaux plus profondes de la
ZPH.
La LCA a initialement été conçue pour les
évaluations du poisson de fond, mais elle a été
adaptée au homard américain (Cadrin et
Estrella, 1996). Elle fait appel à la fréquence
de tailles et à des données sur la croissance.
On l’avait déjà utilisée pour l’évaluation de
1996 dans la ZPH 34, mais, depuis,
l’acquisition de meilleurs renseignements sur
la croissance a abouti à des estimations plus
basses pour les eaux côtières, tandis que de
nouvelles données sur la taille se sont
traduites par des estimations plus élevées
pour la zone de pêche semi-hauturière.
Incertitudes
Les renseignements spatiaux (sur le lieu) et
temporels
(sur
le
moment)
des
débarquements sont essentiels à l’évaluation
En raison du manque de renseignements sur la
répartition des prises au sein de la ZPH, il est
7
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
des stocks. Or, on ne sait rien de la répartition
des débarquements et du moment où ils sont
capturés dans la zone considérée, ce qui rend
difficile l’étude des changements des
habitudes de pêche et l’évaluation des taux
d’exploitation globaux. Comme la proportion
relative des débarquements de la pêche semihauturière est inconnue, il est impossible
d’estimer les taux d’exploitation globaux.
d’échantillonnage en mer peut être insuffisant
pour refléter les changements dans le taux
d’exploitation.
La LCA est fondée sur certaines hypothèses
de recrutement stables et de taux
d’exploitation, qui ne sont peut-être pas
valables pour toutes les années ou tous les
secteurs. Par ailleurs, il y a lieu d’examiner le
traitement que réserve cette méthode aux
parties protégées de la population, comme les
femelles oeuvées.
L’intégration de ces
dernières pourrait réduire légèrement les
estimations des taux d’exploitation actuels.
Il importe de comprendre la nature de la
structure du stock pour bien évaluer les
besoins en matière de conservation dans les
différents secteurs et prédire les effets
bénéfiques de tout changement. Les liens
entre la pêche côtière, la pêche semihauturière et la pêche hauturière sont
essentiels dans la gestion de ces pêches. On
ne connaît pas encore très bien les relations
existant entre les diverses parties du golfe du
Maine, mais il est possible que nous ayons
affaire à une métapopulation et à de
nombreuses sous-populations, qui sont à
divers degrés indépendantes mais qui
échangent des larves et des homards adultes
avec les stocks adjacents. L’importance de cet
échange variera sur une échelle spatiale, voire
temporelle. À noter que ces sous-populations
ne
correspondent
pas
aux
limites
internationales ou à celles qui sont établies
pour la gestion.
L’analyse de la production actuelle d’oeufs
par recrue (O/R) et des avantages des divers
scénarios de gestion est fondée sur un modèle
O/R amélioré, élaboré depuis l’étude réalisée
par le CCRH (CCRH, 1995). Certaines
incertitudes demeurent dans l’application du
modèle :
1. Plus faibles taux d’exploitation obtenus
avec la LCA. Ces nouvelles estimations sont
incertaines et risquent d’aboutir à une
surestimation des avantages provenant de
certaines mesures de conservation des stocks.
C’est pourquoi on a ajouté des séquences
d’utilisation du modèle qui font appel à un
taux d’exploitation plus élevé.
L’utilisation de la LCA dans la présente
évaluation représente l’introduction d’une
nouvelle méthode d’évaluation des stocks
canadiens de homard. L’expérience de
l’emploi de cette méthode est limitée et on
s’efforce actuellement d’éliminer un bon
nombre des incertitudes associées à cette
forme d’évaluation. La méthode en question
aboutit à des estimations du taux
d’exploitation inférieures aux précédentes. Le
modèle repose sur des estimations précises de
la croissance et de la structure de tailles
établies d’après les échantillons prélevés en
mer.
Or,
le
programme
actuel
2. Échelles temporelles pertinentes à la
mesure de l’augmentation des oeufs par
recrue (O/R) resultant d’une mesure donnee
de conservation. Par exemple, une mesure
comme l’adoption d’une taille maximale ne
permet d’atteindre toute l’augmentation de
production O/R escomptée que dans un délai
pouvant aller jusqu’à 40 ans après son
adoption.
8
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
Perspectives
entre 682 et 1 322 oeufs par recrue. On ne
peut déterminer la production O/R globale de
la ZPH 34 faute de renseignements sur les
tailles relatives du secteur côtier et des eaux
de pêche semi-hauturière, les débarquements
n’étant pas consignés en fonction des lieux de
pêche.
Pour l’essentiel, les débarquements sont
demeurés élevés et stables depuis 1991, et il
n’y a pas d’indice de déclin immédiat du
recrutement dans les eaux côtières. Les
captures surviennent toutefois plus tôt dans la
saison, ce qui permet de croire à une hausse
de l’effort réel. Dans ces eaux, les taux
d’exploitation sont élevés, malgré le
déplacement d’une partie de l’effort de pêche
vers la zone de pêche semi-hauturière, où le
maintien de forts niveaux de pêche a fait
réduire l’abondance des homards adultes sur
le banc German. Cette réduction a pu
entraîner une diminution de 10 à 50 % de la
production
d’oeufs
par
recrue
comparativement aux niveaux antérieurs à
cette forte exploitation. La tendance générale
à la baisse des O/R a grandement augmenté
les risques de surpêche des recrues.
Aux faibles valeurs O/R est associé un plus
grand risque de piètre recrutement à long
terme. Autrefois, le secteur de pêche semihauturière de la zone était inexploité et sa
production O/R élevée a pu servir à
contrecarrer des taux d’exploitation élevés et
une faible production O/R dans les eaux
côtières. Les modèles révèlent que la
contribution d’une petite partie de la
population qui fait l’objet d’une faible
exploitation et fournit des recrues à une plus
grande portion de la population peut servir à
stabiliser cette dernière même lorsqu’elle est
assujettie à une très forte exploitation.
Toutefois, si les deux composantes sont
fortement exploitées, il peut en résulter un
effondrement de la population.
Considérations de gestion
Des consultations sont en cours avec les
pêcheurs de homard de la ZPH 34 depuis la
parution du rapport du CCRH, en octobre
1995; elles font ou ont fait appel à l’envoi
direct de documents explicatifs, à des
réunions communautaires, à des débats dans
le cadre des réunions ordinaires du Comité
consultatif du homard et à deux ateliers. Les
pêcheurs préparent actuellement leur réponse
à la directive donnée par le ministre en
décembre 1997, visant l’adoption, en automne
1998, de nouvelles mesures de conservation
destinées à doubler la production O/R.
La stabilité des débarquements dans le golfe
du Maine est vraisemblablement due en partie
au fait qu’un segment de la population de
homards adultes n’est pas exploitée et sert de
stock reproducteur et de protection contre les
changements dans l’effort et les conditions
climatiques.
Si la diminution du nombre de homards de
taille adulte observée sur le banc German est
représentative de ce qui s’est produit dans la
majeure partie du secteur de pêche semihauturière, cela signifie que la production O/R
de la ZPH 34 est tombée à 10-50 % de ce
qu’elle était dans les années 1970. Si le niveau
d’exploitation actuel est maintenu, d’autres
diminutions
de
la
production
O/R
accroîtraient vraisemblablement le risque, qui
est déjà trop grand.
Les estimations d’oeufs par recrue sont
fondées sur des versions récentes du modèle
O/R Idoine-Rago (anonyme, 1996) et sur les
estimations du taux d’exploitation établies
d’après la LCA.
En ce qui concerne les eaux côtières et le
banc German, la production O/R se situe
9
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
Production O/R actuelle : 682-1332
% d’augmentation O/R
140 %
LC à maturité (50 %) = 97 mm
a tenu pour acquis que 50 % des femelles
oeuvées capturées seraient ainsi marquées.
Or, d’après les renseignements actuels fondés
sur l’échantillonnage en mer, les femelles
oeuvées ne seraient pas pleinement
accessibles à la capture pendant la saison de
pêche et ne représenteraient que 30 % des
prises de femelles non oeuvées.
Faible exploitation 50 %
Forte exploitation 64 %
120 %
100 %
80 %
60 %
40 %
20 %
88mm
86 mm - encoche en V
50%
86 mm
Max.=133 mm
86 mm
Max.=127mm
86 mm
83 mm = encoche en V
50 %
83 mm
Max.=127 mm
83 mm
Encoche en V - 50 %
0%
Pour obtenir de
renseignements,
communiquer
avec :
Pourcentage d’augmentation de la production O/R
correspondant à des combinaisons d’augmentation
du marquage par encoche en V et des tailles
minimale et maximale chez les femelles
plus
amples
Douglas S. Pezzack
Division des invertébrés
Ministère des Pêches et des
Océans
Institut océanographique de
Bedford
C. P. 1006
Dartmouth (N.-É.) B2Y 4A2
Tél. : (902) 426-2099
Fax : (902) 426-1862
Courriel :
PezzackD@mar.dfompo.gc.ca
Les options qui s’offrent pour doubler la
production
d’oeufs
comprennent
des
combinaisons de marquage par encoche en V
et une réglementation imposant des tailles
minimale et maximale à la récolte.
L’augmentation combinée des tailles minimale
et maximale permet à un plus grand nombre
de homards d’atteindre la maturité et de se
reproduire, tout en créant un groupe de gros
homards qui peut servir de réserve en période
de survie larvaire inférieure à la moyenne.
Une taille maximale appliquée uniquement
aux femelles se traduira par une légère baisse
du rendement, mais l’augmentation de la taille
minimale occasionnera une hausse du
rendement. Il se peut que l’exclusion des
mâles de cette forme de protection ait des
répercussions à long terme sur la
reproduction, mais on ne croit pas que cela
sera le cas en raison de la croissance plus
rapide des mâles et de leur capacité à
s’accoupler avec diverses femelles; toutefois,
de plus amples études seront nécessaires
pour le confirmer.
Références
Pour que le marquage en V devienne une
mesure de conservation, il faudrait qu’il soit
adopté dans la totalité de la ZPH. Dans
l’estimation des avantages de cette mesure, on
Anonyme 1996. 22nd Northeast Regional
Stock Assessment Workshop (22nd
SAW). 1996 Northeast Fisheries Science
Center Reference Document 96-13.
ou avec :
10
David R. Duggan
Division des invertébrés
Ministère des Pêches et des
Océans
Institut océanographique de
Bedford
C. P. 1006
Dartmouth (N.-É.) B2Y 4A2
Tél. : (902) 426-6183
Fax : (902) 426-1862
Courriel :
DugganD@mar.dfompo.gc.ca
Région des Maritimes
Homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse
Cadrin, S. and B. Estrella 1996 LengthCohort Analysis of U.S. American
Lobster Stocks. Northeast Fisheries
Science Center Reference Document 9615, 26.
On peut se procurer des exemplaires du rapport
à l’adresse suivante :
Processus consultatif régional des Maritimes
Ministère des Pêches et des Océans
C.P. 1006, succursale B203
Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
CANADA B2Y 4A2
Téléphone : 902-426-7070
C. élec : myrav@mar.dfo-mpo.gc.ca
DeWolf, A. G. 1974. The lobster fishery of
the maritime provinces: economic effects
of regulations. Bull. du Cons. des
pêcheries du Canada 187 : 59 p.
Adresse Internet: http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas
ISSN : 1480-4921
Duggan, D. R. and D. S. Pezzack 1995. The
Midshore
Lobster
Fishery
Off
Southwestern Nova Scotia: Inception,
Development and Current Status. MPO Doc. de rech. sur les pêches dans
l’Atlant. 95/46 : 38 p.
English version is available on request at the
above address.
CCRH, 1995. Un cadre pour la conservation
des stocks du homard de l’Atlantique.
CCRH95.R.1.
Ministre
des
Approvisionnements et Services Canada,
no de cat. FS23-278/1995F.
La présente publication doit être citée
comme suit :
MPO, 1998. Homard du sud-ouest de la
Nouvelle-Écosse (ZPH 34). MPO Sciences, Rapp. sur l’état des stocks. C362(1998).
Pezzack, D.S., P. Lawton, D.R. Duggan,
D.A. Robichaud, M.B. Strong, and I.M.
Gutt. 1998. The American Lobster,
Homarus americanus, fishery off of
Southwestern Nova Scotia (Lobster
Fishing Areas 34). MPO, Secr. can. pour
l’éval. des stocks. Doc. de rech. 98/74.
MPO 1996. Homard de la ZPH 34. S.-O. de
la
Nouvelle-Écosse.
Pêches
de
l’Atlantique, Rapp. sur l’état des stocks
96/118F : 4 p.
MPO 1997. Homard de haute mer de la
ZPH 41. MPO - Sciences, Rapp. sur
l’état des stocks C3-14 : 6 p.
Venning, W. H. 1873. Annual report of the
Department of Marine and Fisheries.
Append. N.
11
Erratum
Veuillez prendre note des corrections à
apporter à certaines références dans les
Rapports sur l’état des stocks :
Référence actuelle
Pezzack, D.S., P. Lawton, D.R. Duggan,
D.A. Robichaud, M.B. Strong, and I.M.
Gutt. 1998. The American Lobster,
Homarus americanus, fishery off of
Southwestern Nova Scotia (Lobster
Fishing Areas 34). MPO, Secr. Can.
pour l’éval. des stocks. Doc. de rech.
98/74.
Correction
Le numéro du document devrait être 99/32.
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Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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