Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton MPO – Sciences

Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton MPO – Sciences
Fisheries
and Oceans
Pêches
et Océans
Région de gestion des pêches du Golfe
MPO – Sciences
Rapport sur l’état des stocks C3-64(2000)
Crabe des neiges de l’ouest du
Cap-Breton
Renseignements de base
Le crabe des neiges (Chionoecetes opilio) est un crustacé,
comme le homard et la crevette; son corps plat, presque
circulaire, est doté de cinq paires de longues pattes. Il se
défait périodiquement de sa carapace dure. Ce processus
est connu sous le nom de mue. Après la mue, le crabe
conserve une carapace molle pendant un certain temps; un
crabe à carapace molle est ainsi désigné en fonction de la
dureté de sa carapace (< 68 unités de duromètre). Le terme
crabe blanc désigne à la fois les crabes à carapace molle
qui viennent de muer et les crabes propres à carapace dure
(catégories 1 et 2).
Contrairement au homard, le crabe des neiges ne continue
pas à muer toute sa vie. La femelle cesse de grandir après
la mue dans laquelle elle acquiert un large abdomen, qui
lui servira à porter ses oeufs. Sa carapace mesure alors
moins de 95 mm de largeur. Le crabe mâle cesse de
grandir après la mue dans laquelle il acquiert des pinces
relativement grosses et qui peut survenir dès que sa
carapace atteint une largeur de 40 mm. La femelle produit
des oeufs qu’elle porte sous son abdomen pendant environ
deux ans. Les oeufs éclosent habituellement à la fin du
printemps ou au début de l’été et les minuscules larves
peuvent passer de douze à quinze semaines à dériver
librement dans la colonne d’eau avant de se fixer au fond.
Il faudra ensuite au moins huit à neuf ans avant que le
crabe des neiges mâle atteigne la taille réglementaire.
La pêche du crabe des neiges dans l’ouest du Cap-Breton
a commencé à la fin des années 1970. Il y a actuellement
deux zones de pêche, soit les zones 18 et 19. Elles font
partie d’une plus grande unité biologique désignée zone 12
+E et zone 18,19+F.
Février 2000
Zones de gestion du crabe des neiges dans l’ouest
du Cap-Breton.
La largeur minimale réglementaire de la carapace est de
95 mm; par ailleurs, l’industrie ne garde pas les crabes
femelles. La pêche est pratiquée au moyen de casiers
appâtés en fil de fer ou en acier tubulaire, essentiellement
sur des fonds de vase ou de sable vaseux, à des
températures qui oscillent entre -0,5 °C et 4,5 °C, et à des
profondeurs variant entre 50 et 280 m. Elle a lieu à la fin
de l’été dans les zones 18 et 19. On ne récolte ni les crabes
à carapace molle, ni les crabes blancs.
La gestion des pêches considérées ici est fondée
strictement sur des quotas et sur des mesures de limitation
de l’effort (nombre de permis, nombre de casiers et durée
de la saison). En 1999, les débarquements de la zone 18 se
sont chiffrés à 407 t (quota de 408 t) et ceux de la zone 19 à
1 979 t (quota de 1 986 t). Aucun permis temporaire n’a été
octroyé en 1999.
Région de gestion des pêches du Golfe
Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton
Sommaire
La pêche
Zone 18
Zones 18 et 19, ouest du Cap-Breton Les lieux de pêche situés le long de la côte
ouest de l’île du Cap-Breton ont d’abord été
fréquentés par un groupe de pêcheurs de
Chéticamp. Par la suite, des pêcheurs du
Québec et du Nouveau-Brunswick sont
venus y pêcher sporadiquement. Lorsque la
valeur commerciale du crabe des neiges a
augmenté à la fin des années 1970, la pêche
a connu une expansion graduelle dans tous
les lieux de pêche de la côte ouest de l’île du
Cap-Breton.
•
•
•
•
•
•
•
La zone de gestion ne reflète pas la
répartition biologique de la ressource.
Les PUE moyennes (35 kg/casier levé)
en 1999 ont été les plus élevées depuis
1994 (59 kg/casier levé).
Le quota (408 t) a été capturé pour la
première fois depuis 1996.
Les prises se composaient de 85 % de
nouveaux crabes à carapace dure.
Le pourcentage moyen de crabes à
carapace molle était faible (3 %).
La biomasse exploitable prévue pour
2000 est de 593 t et le recrutement est
incertain en raison des migrations du
crabe.
La pêche à des niveaux comparables à
ceux des années précédentes ne devrait
pas aboutir à une diminution générale du
stock.
C’est en 1979 que 14 bateaux côtiers
exploitant des permis de pêche exploratoire
ont pêché pour la première fois dans la
zone 18, avec une limite de 30 casiers par
permis. En 1984, la zone 18 a été réservée
exclusivement aux pêcheurs côtiers. Le
quota global, qui avait été fixé à l’origine à
835 t en 1981, a été réduit à 626 t en 1986,
puis a été haussé à 674 t en 1988, niveau
auquel il est demeuré jusqu’en 1990. Au
printemps de 1991, un quota de 200 t a été
établi pour la promotion d’une pêche
printanière dans cette zone. Plus tard dans
l’année, un quota de 674 t a été fixé pour la
pêche d’automne de 1991 et la pêche
printanière de 1992. Le quota a été
augmenté à 749 t pour 1992-1993 et a été
maintenu à ce niveau pour 1993-1994 et
1994-1995. Depuis 1992-1993, 30 pêcheurs
participent à cette pêche. En 1995, le quota
était de 705 t, dont 109 t allouées à
30 permis temporaires. En 1996, aucun
permis temporaire n’a été délivré et un quota
de 340 t a été accordé aux 30 pêcheurs. En
1997, le quota a été établi à 580 t et les
débarquements ont atteint 406 t, soit 70 %
du quota total. En 1998, les débarquements
étaient de 289 t, soit à nouveau 70 % du
quota total (411 t). En 1999, le quota (408 t)
a été atteint pour la première fois depuis
1996.
Zone 19
•
•
•
•
•
•
La zone de gestion ne reflète pas la
répartition biologique de la ressource.
Le quota de 1999 (1 986 t) a été capturé
après cinq semaines seulement.
Les prises moyennes par casier étaient
de 104 kg.
Le pourcentage moyen de crabes à
carapace molle était faible (4 %).
La biomasse exploitable prévue pour
2000 est de 5 350 t.
La pêche à des niveaux comparables à
ceux des années précédentes ne devrait
pas aboutir à une diminution générale du
stock.
2
Région de gestion des pêches du Golfe
Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton
Quota (t) et débarquements (t) dans la zone 18
Quota (t) et débarquements (t) de la zone 19
Moy.
1990-94
1995
1996
1997
1998
1999
Quota
759
705
340
580
411
408
Débarquements
748
693
306
406
289
PUE
51,7
33,5
21,2
18,1
18,0
Crabes à
carapace molle
(%)
10,4
8,2
20,5
13,1
17,1
Moy.
1990-94
1995
Quota
1 546
1 575 1 343 1 386
1 991 1 986
407
Débarquements
1 540
1 575 1 343 1 386
1 988 1 979
34,5
PUE
77,0
63,4
54,6
63,2
63,7
103,7
3,2
Crabes à
carapace molle
(%)
7,7
3,5
10,8
10,7
11,2
4,1
Débarquements (t) de la zone 18
1996
1997
1998
1999
Débarquements (t) dans la zone 19
900
2500
700
Débarquements (t)
Débarquements (t)
800
600
500
400
300
200
2000
1500
1000
500
100
0
0
1979
1979
1983
1987
1991
1995
1983
1987
1991
1995
1999
1999
En 1978, on a créé la zone 19, qui a été
réservée exclusivement aux pêcheurs côtiers
utilisant des bateaux de moins de 13,7 m
(45 pieds) de longueur. Les débarquements,
réglementés au moyen de quotas, ont fluctué
entre 900 t et 1 390 t, de 1979 à 1991. De
1992 à 1994, le quota était fixé à 1 686 t. En
1995,
74 pêcheurs
permanents
et
37 pêcheurs temporaires ont participé à cette
pêche, pour laquelle le quota global était de
1 575 t.
Depuis 1996, les 37 permis
temporaires sont devenus permanents. En
1996, un quota de 1 343 t a été attribué aux
111 titulaires de permis permanent. En
1997, le quota a été fixé à 1 386 t et en 1998
il est monté à 1 991 t (débarquements de
1 988 t). En 1999, le quota (1 986 t), qui a
été atteint, avait été établi au même niveau
que depuis 1997 (63 % de la biomasse
exploitable).
En 1999, le pourcentage de crabes à
carapace molle a notablement diminué dans
les deux zones comparativement à l’année
précédente. Cela a été dû en partie à
l’amélioration des engins de pêche, en
l’occurrence à l’utilisation de casiers
coniques hauts, et au fait que les pêcheurs
ont évité les zones de fortes concentrations
de crabes à carapace molle. Le pourcentage
de ces crabes dans les zone 18 et 19 était de
3,2 % et 4,1 %, respectivement.
% de crabes à caparace molle
Pourcentage de crabes à carapace molle
dans les zones 18 et 19
30
Zone 19
20
15
10
5
0
1989
3
Zone 18
25
1991
1993
1995
1997
1999
Région de gestion des pêches du Golfe
Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton
On a estimé la condition de la carapace
d’après des échantillons prélevés en mer
durant la pêche de 1999. Dans toutes les
zones, les prises étaient constituées en
majorité de crabes à carapace de catégorie 3.
taille réglementaire), tout de suite après la
pêche, ainsi qu’une estimation des crabes
mâles adultes à carapace molle de plus de
95 mm qui seront des nouvelles recrues
l’année suivante. La méthode repose sur
l’hypothèse qu’il n’y a pas de mortalité
naturelle ni mouvement entre le moment du
relevé et le début de la pêche, neuf mois
plus tard, sauf pour les très vieux crabes.
L’abondance des petits crabes ou prérecrues
est également estimée.
Condition de la carapace des crabes adultes de
taille commerciale dans les prises (%)
Catégorie
Description
18
19
1-2
Crabe blanc
6,7
4,5
3
Intermédiaire
78,6
85,5
4
Vieux crabe
13,2
9,5
5
Très vieux
crabe
1,5
0,5
L’évaluation du stock dans les zones 18 et
19 a été fondée sur le relevé au chalut de
1999. Comme la biomasse est concentrée
entre les zones 12, 18 et 19, la migration
saisonnière du crabe vers la zone 19 a un
effet positif sur le niveau de biomasse dans
cette zone.
État de la ressource
On s’est fondé sur les données des journaux
de bord pour établir la répartition générale
de l’effort de pêche par section (5 minutes
de longitude par 5 minutes de latitude). Dans
la zone 18, les PUE moyennes sont passées
de 18,0 kg/casier levé en 1998 à
34,5 kg/casier levé en 1999. Dans la zone
19, les PUE moyennes (103,7 kg/casier levé)
ont augmenté considérablement par rapport
à 1998 (63,7 kg/casier levé).
Estimations de la biomasse exploitable (t) dans
l’ouest du Cap-Breton (zones 18 et 19) (intervalles
de confiance de 95 %)
Année
18
1992
-
1993
1994
1995
1996
1997
Zon e 18
1998
PUE (kg/casier levé)
5 500
(± 36 %)
PU E (kg par casier levé) dans les zones 18
et 19
1 300
5 200
(± 92 %)
(± 42 %)
1 300
2 300
(± 83 %)
(± 27 %)
1 200
2 600
(± 89 %)
(± 40 %)
600
1 800
(± 39 %)
(± 21 %)
1 000
2 200
(± 54 %)
(± 27 %)
-
Zon e 19
120
19
3 160
(± 24 %)
100
1999
80
-
3 150
(± 35 %)
60
2000
40
590
(± 72 %)
5 350
(± 30 %)
- Pas de relevé.
20
0
1984
1987
1990
1993
1996
1999
Zone 18
L’évaluation de l’état du stock est fondée
sur un relevé au chalut qui donne une
estimation de la biomasse exploitable
(crabes mâles adultes à carapace dure de
Il ressort du relevé de 1999 que la biomasse
exploitable est de 593 t; en l’absence
présumée de grande migration, ce crabe
devrait être disponible pour la pêche de
4
Région de gestion des pêches du Golfe
Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton
2000. On a aussi observé la plus forte
augmentation de crabes adolescents depuis
le début de cette pêche.
Zone 19
D’après le relevé, la biomasse exploitable se
chiffre à 5 350 t, qui serait disponibles pour
la pêche de 2000, ce qui représente une
augmentation de 70 % par rapport à l’année
précédente. Environ 30 % de cette biomasse
est composée de nouvelles recrues.
Contours de densités
adolescents ≥ 56 mm LC
Contours de densités projetés des mâles
adultes ≥ 95 mm LC
5
projetés
des
mâles
Région de gestion des pêches du Golfe
Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton
Répartition des fréquences de tailles (nombre par km2) des mâles capturés lors des relevés au chalut dans la
zone 18 après la saison de pêche
750
625
750
625
1990
500
375
500
375
250
125
250
125
0
0
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
750
750
625
1991
1996
625
500
375
250
125
500
375
250
125
0
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
750
625
1992
500
375
250
125
0
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
750
625
1993
500
375
Densité (nombre/km2)
0
Densité (nombre/km2)
1995
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
750
625
1997
500
375
Pas de relevé
250
125
0
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
750
625
1998
500
375
Pas de relevé
250
125
250
125
0
0
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92
101 110 119 128 137
100 0
875
750
625
750
625
1994
500
375
250
125
0
1999
500
375
250
125
0
11
20
29
38
47
56
65
74
83
11
92 101 110 119 128 137
Crabes adultes
20
29
38
47
56
65
74
83
92 101 110 119 128 137
Crabes adolescents
Répartition des fréquences de tailles (nombre par km2) des mâles capturés lors des relevés au chalut dans la
zone 19 après la saison de pêche
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
1990
11
20
29
38
47
56
65
74
83
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
11
11
20
29
38
47
56
65
74
83
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
11
20
29
38
47
56
65
74
83
20
29
38
47
56
65
74
83
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
20
29
38
47
56
65
74
83
47
56
65
74
83
20
29
38
47
56
65
74
83
20
29
38
47
56
65
74
83
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
20
29
38
47
56
65
74
83
10 00
92 5
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
Crabes adultes
20
29
38
47
56
Crabes adolescents
a
6
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
1999
11
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
1998
11
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
1997
11
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
1994
11
38
1996
11
1993
11
29
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
1992
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
20
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
1991
75 0
62 5
50 0
37 5
25 0
12 5
0
1995
65
74
83
92 10 1 11 0 11 9 12 8 13 7
Région de gestion des pêches du Golfe
Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton
Le taux d’exploitation dans la zone 19 s’est
maintenu à 63 % en 1999. Il est à noter que
l’immigration et l’émigration des crabes
dans ces zones influent sur le taux
d’exploitation dans les zones 18 et 19.
L’étendue et l’intensité de l’échantillonnage
pratiqué lors du relevé ont augmenté au fil
du temps, sans qu’on en connaisse encore
les répercussions. On s’est inquiété de ce
que le modèle à stations fixes puisse être
touché par un épuisement localisé de la
ressource, ce qui se traduirait par une sousestimation de l’abondance. L’importance de
cette source d’erreur dépendrait de la façon
dont le crabe s’est redistribué entre les
relevés.
Taux d’exploitation (%) dans les zones 18 et 19
Année
Zone 18
Zone 19
1993
58
32
1994
58
73
1995
58
61
1996
53
74
1997
42
63
1998
-
63
1999
-
63
Il est possible qu’il y ait une migration
saisonnière du crabe (surtout chez les
crabes adultes de taille commerciale qui
viennent juste de muer) entre le moment du
relevé au chalut et le début de la saison de
pêche suivante. Cette migration est
particulièrement apparente dans les petites
zones. Une autre source d’incertitude réside
dans la migration des crabes adultes de taille
commerciale lorsque la biomasse augmente
ou diminue. Lorsque la biomasse augmente,
le crabe a tendance à se propager sur une
plus grande surface. Au contraire, lorsque la
biomasse diminue, le crabe a tendance à se
concentrer sur une petite surface. On tient
pour acquis qu’il y a une migration du crabe
entre les zones 12, 18 et 19, mais elle n’est
pas explicitement prise en compte dans
l’évaluation.
Sources d’incertitude
Les lacunes dans les connaissances sur la
croissance des prérecrues sont une source
d'incertitude dans cette évaluation. On ne
sait pas très bien à quelle taille survient le
saut de mue et quelles sont les causes de ce
dernier. Par conséquent, il y a lieu
d’interpréter prudemment les prévisions
concernant le moment de l’arrivée du
prochain recrutement à la pêche.
La classification de la carapace durant le
relevé au chalut constitue une autre source
d’incertitude. La biomasse exploitable
représente le recrutement à la pêche
(conditions de carapace 1 et 2) et la
biomasse résiduelle (conditions de carapace
3, 4 et 5). L’incertitude quant à la condition
de la carapace peut se traduire par une
surestimation de la biomasse du recrutement
à la pêche. Enfin, on tient pour acquis que
l’engin de pêche du relevé capture 100
pourcent des crabes > 50 mm, mais il est
peu probable que cela soit toujours le cas et,
par conséquent, le relevé tendrait à sousestimer l’abondance et à surestimer le taux
d’exploitation.
On a également tenu pour acquis que la
mortalité naturelle des crabes adultes était
négligeable. On sait que les crabes à vieille
carapace
(catégorie
5)
meurent
certainement, mais on ignore l’ampleur de
cette mortalité selon la condition de la
carapace.
Considérations relatives à
l’écosystème
Le crabe des neiges préfère les eaux à
basses températures. Les eaux de fond
dans le sud du Golfe ont été en général plus
7
Région de gestion des pêches du Golfe
Crabe des neiges de l’ouest du Cap-Breton
froides que la moyenne à long terme depuis
la fin des années 1980. C’est en 1995 et
1996 qu’on a observé la plus vaste étendue
d’eaux de fond ayant des températures de
moins de zéro, depuis qu’on a commencé à
mesurer ce paramètre en 1971. Dans le sud
du Golfe, la température prédominante de
l’eau entre 50 et 150 m de profondeur a été
inférieure à la normale depuis le milieu
jusqu’à la fin des années 1980. La superficie
des eaux de fond dont les températures
variaient entre -1 et 3 degrés Celsius sert
d’indice de l’habitat du crabe des neiges. Cet
indice a été élevé depuis la fin des années
1980 jusqu’en 1998. Il a diminué en 1999,
pour se situer juste en dessous de la
moyenne à long terme.
Dans la zone 19, il n’y a pas de raison de
changer le niveau d’exploitation pour la
saison de pêche de 2000. Nous sommes dans
une phase de bon recrutement à la pêche.
Toutefois, la forte densité de crabes de taille
commerciale et de prérecrues dans la zone
12, adjacente aux zones 18 et 19, pourrait
influer sur le niveau de biomasse exploitable
et de recrutement à la pêche dans la zone 19
pour les prochaines années.
Considérations de gestion
Les zones de gestion ne sont pas fondées sur
la biologie des stocks et la migration du
crabe entre le moment du relevé et la pêche
pourrait modifier la biomasse exploitable
dans ces petites zones. Il y aurait lieu
d’éviter la pêche là où les crabes à carapace
molle sont en forte concentration pour
réduire la mortalité parmi les futures
recrues.
Indice de l’habitat du crabe des neiges
sur les fonds des Îles-de-la-Madeleine
60
3
2
Surface (X 10 km )
56
52
Il est difficile de suggérer une bonne
stratégie de pêche à long terme, parce que
l’essentiel de la pêche dans la zone 18 se
concentre sur environ un quart de la surface
de la zone et qu’on soupçonne qu’il existe
une forte migration saisonnière vers les eaux
plus profondes (zone 19).
48
44
1970
1975
1980
1985
1990
1995
2000
Année
Perspectives
L’application du protocole concernant le
crabe à carapace molle depuis 1997 a été
couronnée de succès et la collaboration des
pêcheurs a été bonne.
Dans la zone 18, la projection de biomasse
pour 2000 est provisoire en raison de
l’immigration et de l’émigration dans cette
zone. Il y a au sein de la zone une forte
concentration de crabes adolescents qui ne
contribueront pas nécessairement à la
biomasse commerciale dans l’avenir. Nous
examinerons toute l’unité de stock
biologique l’an prochain. Il serait prudent de
fermer la pêche dès que les prises de crabes
à carapace molle sont supérieures à 20 %,
afin de continuer à protéger le recrutement
futur à la pêche.
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renseignements,
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avec :
plus
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Bureau du processus consultatif régional des
provinces Maritimes
Ministère des Pêches et des Océans
C.P. 1006, Succ. B203
Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
Canada B2Y 4A2
Téléphone : 902-426-7070
Courriel : myrav@mar.dfo-mpo.gc.ca
Pierre DeGrâce
Direction des sciences
Min. des Pêches et des Océans
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du Golfe
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Fax : (506) 851-3062
Courriel : degracep@mar.dfo-
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ou avec :
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Mikio Moriyasu
Direction des sciences
Min. des Pêches et des Océans
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du Golfe
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La présente publication doit être
citée comme suit :
Tél : (506) 851-6135
Fax : (506) 851-3062
Courriel : moriyasum@mar.dfo-
MPO, 2000. Crabe des neiges de l’ouest du
Cap-Breton. MPO – Sciences,
Rapport sur l’état des stocks C3-64
(2000).
mpo.gc.ca
Références
DeGrâce, P., M. Hébert, E. Wade, A. Hébert,
D. Giard, T. Surette, M. Biron and M.
Moriyasu. 2000. Assessment of the 1999
Snow crab (Chionoecetes opilio) fisheries
off western Cape Breton (Areas 18 and
19). MPO – Secr. can. pour l’éval. des
stocks, doc. de rech. 2000/015.
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