RAPPORT SUR L’ÉTAT DES STOCKS RÉGION LAURENTIENNE

RAPPORT SUR L’ÉTAT DES STOCKS RÉGION LAURENTIENNE
RAPPORT SUR L’ÉTAT DES STOCKS
RÉGION LAURENTIENNE
Institut Maurice-Lamontagne
C.P. 1000, Mont-Joli, Québec, G5H 3Z4, CANADA
MPO, Pêches de l'Atlantique, Rapport sur l'état des stocks C4-01
Février 1997
CRABE DES NEIGES DE L’ESTUAIRE ET DU
NORD DU GOLFE DU SAINT-LAURENT
(ZONES 13 À 17)
Résumé:
La pêche commerciale au crabe des neiges a
réellement commencé dans l’Estuaire et le nord du
Golfe du Saint-Laurent à la fin des années 1970.
La région (ou le nord du Golfe) est divisée en 5
zones de gestion (13 à 17 d’est en ouest). La
gestion par TAC y a été introduite graduellement
entre 1985 et 1994. La pêche ne vise que les mâles
de taille plus grande que 95 cm de largeur de
carapace.
Le recrutement chez le crabe des neiges varie
selon un cycle intrinsèque sur une période
d’environ 8 ans. En général, 3 années (creux de
recrutement) de faible recrutement suivent 5
années de recrutement moyen à fort (vague de
recrutement).
Les mâles atteignent la taille
commerciale vers l’âge de neuf ans. Les classes
d’âge de 1985-1987, qui sont présentement
exploitées, appartiennent à un creux de
recrutement. La biomasse, et par conséquent les
prises et les rendements ont donc diminué par
rapport aux valeurs atteintes entre 1991 et 1995
lors du passage de la vague de recrutement
précédente. Cette situation devrait durer jusqu’en
1998-1999, alors que les classes d’âge 1988-1992
qui forment la vague de recrutement suivante vont
devenir pleinement recrutées à la pêche.
Région Laurentienne
Crabe des neiges
APERÇU SUR LE CRABE
Contexte biologique
Le crabe des neiges (Chionoecetes opilio)
est un crustacé qui affectionne les eaux
salées à moins de 3 o C. Comme pour tous
les crustacés, la croissance en taille du
crabe des neiges est discontinue et se fait à
la faveur d’une mue au cours de laquelle un
individu se dépouille de sa vieille carapace
et se gonfle d’eau afin de donner du volume
à sa nouvelle carapace. La mesure de
référence utilisée tout au long de ce
document pour décrire la taille du crabe des
neiges est la largeur de carapace, que l’on
mesure en millimètres. En général, les
crabes des neiges dont la taille dépasse
30 mm muent annuellement, la mue ayant
lieu de décembre à avril pour les femelles
et d’avril à juin pour les mâles.
Immédiatement après la mue, le crabe des
neiges a une carapace très molle et est
vulnérable aux prédateurs et à la
manipulation. Après la mue annuelle, il
faut de 3 à 6 mois pour que la carapace
d’un crabe des neiges durcisse et que son
contenu en eau diminue et soit en bonne
partie remplacé par de la chair. Les crabes
des neiges récemment mués sont appelés
« crabes blancs » en raison de la couleur
blanche immaculée de leur surface ventrale.
Chez les deux sexes du crabe des neiges, la
croissance cesse définitivement suite à une
mue dite « terminale ». La taille définitive
des femelles varie entre 36 et 92 mm alors
que celle des mâles varie entre 40 et
165 mm. Ce ne sont donc pas tous les
mâles d’une population qui atteignent la
taille légale de 95 mm. Parmi les mâles de
2
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
plus de 40 mm, ceux n’ayant pas encore
effectué leur mue terminale se reconnaissent à
leurs pinces proportionnellement plus
petites et sont appelés « adolescents », alors
que ceux ayant effectué leur mue terminale
se
reconnaissent
à
leurs
pinces
proportionnellement plus grosses et sont
appelés « adultes ». Les femelles et les
mâles ne vivent guère plus de 5 ans après
leur mue terminale, et dès la quatrième
année, leur apparence et leur condition
physiologique
se
détériorent
assez
rapidement.
Chez
les
mâles,
cette
détérioration
est
accompagnée
de
changements de distribution spatiale, les
vieux ayant tendance à se concentrer à
faible profondeur ou à d’autres sites
marginaux. Elle entraîne également une
diminution de la capturabilité en raison
d’une mobilité amoindrie. Compte tenu de
ce vieillissement et du délai initial pour le
durcissement de la carapace et le
remplissage en chair après la mue, les mâles
de taille légale ne sont pleinement
disponibles à la pêche que pendant une
période d’environ trois ans après la mue
terminale.
Les femelles du crabe des neiges
s’accouplent à la fin de l’hiver ou au
printemps et portent subséquemment leurs
oeufs sous leur abdomen pendant environ
un ou deux ans, selon la température
environnante.
Les larves éclosent au
printemps et séjournent de 3 à 5 mois dans
le plancton, puis se métamorphosent en
petits crabes et s’établissent au fond à
l’automne. Il faut compter au moins 9 ans
depuis l’éclosion de la larve pour qu’un
crabe mâle atteigne la taille légale de
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
95 mm.
Comme la mue a lieu au
printemps, les mâles de qualité disponibles
aux pêches printanières ont donc au moins
10 ans, alors que ceux disponibles aux
pêches automnales peuvent n’être âgés que
de 9 ans.
Les populations de crabe des neiges de
l’Estuaire et du nord-ouest du golfe du
Saint-Laurent montrent des fluctuations en
abondance qui suggèrent la présence d'un
cycle d’environ 8 ans. Au cours de chaque
cycle se succèdent au moins 3 classes d’âge
consécutives
de
faible
importance,
désignées
collectivement
« creux
de
recrutement », et au plus 5 classes d’âge
consécutives d’importance modérée à forte,
désignées collectivement
« vague
de
recrutement ». La distribution de taille des
crabes, observée dans la baie SainteMarguerite (près de Sept-Îles) lors de
relevés de recherche, illustre bien le
passage des vagues et des creux de
recrutement (Figure 1). La baie SainteMarguerite est jugée représentative de la
situation dans le nord du Golfe.
Dans l’Estuaire et le nord-ouest du golfe
du Saint-Laurent, les classes d’âge de
1985 à 1987 forment un creux de
recrutement et celles de 1988 à 1992
forment une vague de recrutement. Dans
les évaluations précédentes de l’état des
populations du crabe des neiges, il était
prédit que le creux de recrutement formé
des classes d’âge 1985-87 entraînerait de
1995 à 1997 et peut-être jusqu’en 1998:
•
d’abord,
de
1995
à
1996
vieillissement
généralisé
de
population de mâles de taille légale;
Février 1997
un
la
•
par la suite, une diminution des nombres
et de la taille moyenne des mâles
disponibles
à
la
pêche
et,
conséquemment, une baisse importante
des prises par unité d’effort;
•
et enfin, une augmentation graduelle du
pourcentage de crabes blancs dans les
captures en mer, en raison de la
diminution de la biomasse exploitable
des mâles à carapace dure et de l’arrivée
à la taille légale des deux premières
cohortes de la vague de recrutement
formée des classes d’âge 1988-92.
La nature des cycles de recrutement et
les préoccupations de conservation
La principale piste privilégiée pour
expliquer les cycles d’abondance est un
changement périodique du taux de survie
des individus appartenant aux premiers
stades benthiques, c’est-à-dire les crabes
ayant de 3 à environ 20 mm, en raison
d’une forte compétition pour l’espace et la
nourriture dans l’habitat restreint des jeunes
crabes des neiges. En effet, l’établissement
des jeunes crabes après l’étape de la vie
larvaire se fait principalement sur des fonds
spécifiques situés à des profondeurs
intermédiaires (40-80 mètres), d’où ils ne
se disperseront définitivement qu’à l’âge de
5 ans environ.
Selon l’hypothèse en
vigueur, les « pouponnières » seraient
saturées par l’arrivée de jeunes crabes des
neiges appartenant à des classes d’âges
successives, au point où l’établissement et
la survie de nouveaux arrivants sont
compromis
jusqu’à
ce
que
les
« pouponnières » ne soient en grande partie
délaissées, quand les crabes des neiges
3
Région Laurentienne
Crabe des neiges
approchent de l’âge de
commencent à se distribuer
beaucoup plus vaste occupé
Le principal facteur de
nouveaux arrivants serait le
un
travail
récent
en
l’importance en nature.
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
cinq ans et
sur le territoire
par les adultes.
mortalité des
cannibalisme et
a
démontré
L’attention des biologistes se porte
néanmoins aussi sur l’importance et
l’impact des variations d’abondance et de
qualité des femelles au cours d’un cycle
d’abondance.
Il a été démontré qu’en
fonction du passage des vagues et des creux
de recrutement, le nombre de femelles
libérant des larves sur un territoire donné
varie au cours des années par un facteur
d’environ 10. De plus, la population de
femelles adultes est dominée tantôt par des
primipares (première ponte) et tantôt par
des multipares (deuxième ou troisième
ponte), caractérisées par des fécondités et
des comportements très différents. Il n’est
pas interdit de penser que les fluctuations
importantes dans la production d’oeufs et
de larves, surtout dans les plus grosses
populations
de
crabes
des
neiges,
contribuent dans une certaine mesure à
entretenir les cycles d’abondance ou à les
induire dans les populations limitrophes.
Les cycles d’abondance causent également
des variations importantes du nombre ainsi
que de la taille des mâles, la population de
mâles adultes étant dominée numériquement
tantôt par de petits mâles et tantôt par de
grands mâles.
Puisque les femelles
recrutent à l’état adulte sur une gamme
étroite de tailles et d’âges (en moyenne, à
4
l’âge de 6 ans) alors que les mâles
atteignent l’état adulte sur une gamme
étendue de tailles et à un âge moyen
nettement plus élevé (8 ans), les cycles
d’abondance
causent
des
variations
importantes dans le rapport d’abondance
des sexes. Ainsi, depuis deux années, les
femelles adultes recrutent massivement aux
populations alors que l’abondance des
grands mâles adultes décline (Figure 1).
Bien que la pêche ne soit pas responsable
des cycles d’abondance, elle pourrait
contribuer à les modifier - possiblement de
manière néfaste - en diminuant le potentiel
reproducteur des femelles. De fait, la pêche
enlève sélectivement les grands mâles d’une
population et accentue les variations
naturelles du rapport des sexes en faveur
d’une dominance par les femelles. Or, dans
un à deux ans, quand les femelles
primipares recrutées massivement en 1996
et 1997 se reproduiront à nouveau comme
multipares, l’abondance des mâles adultes
de grande taille, qu’elles rechercheraient
comme parternaires, aura atteint des valeurs
minimales. Il est probable que s’il y a
pénurie de grands mâles adultes, la
production d’oeufs et de larves se trouvera
grandement réduite, avec des conséquences
difficiles à prévoir pour l’instant.
On
notera que des travaux importants sont en
cours et qu’on trouvera une discussion plus
détaillée
ainsi
que
des
résultats
préliminaires sur cette question dans le
rapport complémentaire rédigé par SainteMarie et Sévigny (en préparation).
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
Mâles
Femelles
6
6
1991
N=2673
5
4
4
89
3
89
3
2
88
87
86
85
84
2
83
1
88
87
86
85 84
1
0
0
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
6
2.0
2.2
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
6
1992
N=1909
5
2.0
2.2
1992
N=1689
5
4
4
89
3
90
2
Indice d'abondance (millions d'individus)
1991
N=2031
5
89
3
88
87
86
90
2
85 84
1
88
87
86 85
1
0
0
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
91
6
6.4
2.0
2.2
89
87
1.6
1.8
90
89
88
2
86 85
1
2.0
2.2
1993
N=4088
3
88
2
1.4
91
4
90
1.2
5
4
3
1.0
6
1993
N=4518
6.4
5
0.8
87
86
1
0
0
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
91
6
5
90
4
3
2.0
2.2
1.0
1.2
6
1994
N=5725
89
0.8
1.4
1.6
1.8
91
5
2.0
2.2
1994
N=4414
90
4
92
3
88
2
89
92
88
2
87 86
87
1
1
0
0
0.8
1.0
1.2
1.4
92
6
9.2
1.6
1.8
91
7.8
5
2.0
2.2
1.0
1.2
1.4
92
6
1995
N=5285
90
0.8
91
8.6
1.6
90
9.2
2.0
2.2
1995
N=5326
89
5
4
1.8
4
89
3
2
93
3
88
2
88 87
1
93
1
0
0
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
6
2.0
2.2
4
92
3
1.2
4
92
3
90
2
94
1.4
1.6
1.8
91
93
2.0
2.2
1996
N=3283
5
91
93
1
1.0
6
1996
N=3706
5
0.8
90
89
2
89 88
94
1
0
0
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
2.0
2.2
0.8
1.0
1.2
1.4
1.6
1.8
2.0
2.2
Log10 (Largeur de carapace, mm)
Figure 1. Structure de taille des crabes des neiges capturés dans la baie Sainte-Marguerite lors
des relevés de recherche de 1991-96. Le gris correspond aux mâles immatures et adolescents et
aux femelles immatures et prépubères. Le noir correspond aux mâles et femelles adultes. L’axe
horizontal représente la taille et l’axe vertical l’abondance des crabes. L’année de naissance des
crabes apparaît au dessus de chacun des modes (pics). La ligne brisée verticale représente la
taille légale de 95 mm.
Février 1997
5
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
QUEBEC
13
14
16
15
17
T.N.
Figure 2. Zones de gestion du crabe des neiges dans le nord du golfe Saint-Laurent.
LA PÊCHE
Localisation et contexte historique
Les stocks de crabe des neiges de l'Estuaire
et du nord du Golfe sont sous la
responsabilité du MPO depuis 1983. Le
territoire est divisé en 5 zones de gestion
(Figure 2), qui peuvent être regroupées en
trois grandes régions géographiques: la
Haute Côte-Nord (zone 17) comprenant
l’Estuaire, la Moyenne Côte-Nord (zones 16
et 15) et la Basse Côte-Nord (zones 14 et
13).
Le crabe des neiges est pêché à l'aide de
casiers appâtés dont les modèles en acier de
type conique, comme le casier japonais de
1,2 m de diamètre à la base, sont les plus
répandus. Depuis 1990 dans l’Estuaire et
6
sur la Moyenne Côte-Nord, la pêche débute
au départ des glaces (mars-avril) et se
termine généralement après 10 à 14
semaines d'activités (juin-juillet). Sur la
Basse Côte-Nord, le début de la pêche est
souvent retardé par la disparition tardive
des glaces et la saison ne débute
généralement pas avant juin pour se
terminer à l'automne en octobre-novembre.
La pêche au crabe des neiges dans l'Estuaire
et le nord du golfe du Saint-Laurent a
débuté à la fin des années 1960. Des
bateaux du Québec et du NouveauBrunswick rapportaient des captures autour
de 1 000 t en provenance du secteur de
Port-Cartier sur la Moyenne Côte-Nord de
1968 à 1971. Une pêche côtière restreinte a
été pratiquée par la suite avec des
débarquements de l'ordre de 200-300 t
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
De 1987 à 1989, les débarquements sur
l’ensemble du territoire de l’Estuaire et du
nord du golfe du Saint-Laurent chutaient de
5 255 t à 2 622 t (Figure 3).
Cette
diminution
des
débarquements
s’accompagna de baisses marquées des
prises par unité d’effort et de captures de
plus en plus importantes de crabes blancs
qui étaient des conséquences directes du
passage d’un creux de recrutement centré
sur les classes d’âge de 1977 à 1979. À
compter de 1990-91, le problème du crabe
blanc se résorba, les prises par unité
d’effort augmentèrent et les débarquements
s’élevèrent jusqu’à atteindre un record de
7 245 t en 1995, suite au passage de la
vague de recrutement formée des classes
d’âge 1980-84. Les débarquements ont
chuté quelque peu en 1996 (6 718 t, en date
du 6 décembre), principalement en raison
de la baisse du total admissible des captures
dans les zones 16 et 17.
Les principaux indices provenant des
saisons de pêche de 1989 à 1996, soit les
débarquements, l’effort de pêche et les
prises par unité d’effort (PUE), ont été
remis à jour à partir des bases de données
statistiques finales afin de mieux réfléter
les résultats de la pêche pour chacune de
ces années. En ce qui conerne les PUE, un
examen plus détaillé des pratiques de pêche
de ces huit dernières années a montré que,
Février 1997
depuis 2 ans, la proportion des casiers
immergés durant des périodes plus longues
DÉBARQUEMENTS (t)
annuellement jusqu'à la fin des années
1970. La pêche a connu un essor marqué
de 1979 à 1985, alors que le nombre de
participants,
l’effort,
l’étendue
géographique
et
les
débarquements
augmentaient considérablement.
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
7000
ZONE 17
6000
5000
4000
ZONE 16
3000
2000
ZONE 15
ZONE 14
ZONE 13
1000
0
19 19 19 19 19 19 19 19 19
80 82 84 86 88 90 92 94 96
ANNÉE
Figure 3. Débarquements de crabe des neiges
dans le nord du golfe Saint-Laurent.
qu’une journée (jusqu’à plus de 3 jours)
était en hausse constante dans la plupart des
zones. Puisque le rendement d’un casier
croît
normalement
avec
la
durée
d’immersion, à moins qu’il y ait saturation,
ce comportement causera une surestimation
des PUE calculées à partir des données de
pêche parce que l’unité d’effort correspond
à une levée de casier sans égard à la durée
d’immersion. En effet, il n’est pas encore
possible de standardiser les prises par unité
d’effort des divers casiers en fonction de la
durée d’immersion, parce que les captures
ne croissent pas proportionnellement à la
durée d’immersion en raison de facteurs
complexes et variables dans le temps et
l’espace, comme l’épuisement des appâts,
les niveaux d’abondance de la ressource ou
la saturation des casiers. À titre d’exemple,
en 1996 les rendements des casiers ayant
pêché plus de 3 jours étaient en moyenne de
5 % (zone 17) à 22 % (zone 14) plus élevés
7
Région Laurentienne
Crabe des neiges
que ceux des casiers ayant pêché 1 seul
jour. Il est donc vraisemblable que, dans la
plupart des zones, les PUE calculées pour
1995 et surtout pour 1996 soient
surévaluées par rapport aux PUE calculées
pour la période précédant 1995. On a
constaté également qu’un casier de plus
grand volume, le casier conique de 2 mètres
de diamètre à la base, gagne en popularité
depuis 1994 dans les zones 16 et 17.
La gestion de la pêche
La pêche a été initialement gérée par un
contrôle d’effort, mais entre 1985 et 1994,
un total admissible des captures (TAC) fut
graduellement introduit dans chacune des
zones. Le nombre de casiers autorisés par
permis est limité à 150 casiers japonais,
mais une équivalence de 1 casier régulier
(volume maximum de 2,1 m 3 ) pour 2 casiers
japonais (volume maximum de 0,44 m 3 )
peut être utilisée par les pêcheurs.
Comme partout ailleurs au Canada, la taille
légale minimale est fixée à 95 mm et il est
interdit de débarquer les femelles. Depuis
1985, le dépassement du seuil de 20 % de
crabe blanc dans les captures en mer
entraîne automatiquement la fermeture de la
pêche dans la zone concernée, afin de
minimiser la mortalité de ces crabes très
fragiles. En fait, des données récentes
montrent que les crabes blancs résistent
bien aux opérations de pêche s’ils sont
manipulés avec soin, surtout l’été quand la
mortalité due à la pêche peut être très
élevée.
8
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
CRABE DES NEIGES DE
L’ESTUAIRE (ZONE 17)
Il y a 22 détenteurs de permis actifs dans la
zone 17. Le premier total admissible de
captures a été fixé en 1992 à 1 300 t. En
1996, la pêche a débuté le 1er avril pour se
terminer le 31 juillet. Le contingent global
de 1 547 t en 1996, soit 1 462 t pour les
pêcheurs réguliers et 85 t en allocations
spéciales, a représenté une réduction de
15 % par rapport à celui de 1995 et en date
du 18 décembre 1996, il manquait 45 t au
débarquement pour que le TAC soit atteint.
État de la ressource en 1996
Le rendement moyen des casiers a continué
sa chute sur les deux rives en 1996. La
PUE moyenne accuse une réduction globale
de 14 % pour toute la zone par rapport à
1995. La diminution des rendements a été
plus forte sur la rive nord (12,0 %) que sur
la rive sud (4,1 %) (Tableau 1). Bien que
l’effort de pêche total exercé sur toute la
zone n’ait diminué que très légèrement
(1 %) par rapport à 1995, la distribution de
l’effort entre les deux rives a changé
complètement. En effet, les débarquements
en provenance de la rive nord ont diminué
de 44 % en 1996 (807 t) par rapport à 1995
(1 455 t), alors que la contribution de la
rive sud a été une fois et demie plus élevée
qu’en 1995 (694 t par rapport à 283 t).
Puisque
les
débarquements
annuels
provenant de la rive sud depuis 1990
s’élevaient en moyenne à 480 t, on peut
conclure que la rive sud avait été
faiblement exploitée en 1995 et que la
contribution exceptionnelle de cette rive
aux débarquements en 1996 est la
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
Tableau 1. Prises et efforts dans la zone 17.
1983 à 19894
Année
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
5
15475
-
-
-
1 300
1 300
1 820
Prises1
1 022
910
1 562
1 289
1 305
1 788
1 774
1503
Effort2
121,8
137,9
173,6
107,4
90,6
124,2
155,6
153,4
Rive Nord
8,4
7,7
10,0
12,4
15,2
15,7
11,7
10,3
Rive Sud
7,4
5,3
7,8
11,5
13,2
11,4
9,7
9,3
TAC
PUE3:
!
"
# $
%
& conséquence
d’une
augmentation
considérable de la mortalité par la pêche de
1995 à 1996.
La condition des crabes des neiges de taille
légale sur les fonds durant la pêche est
restée similaire à celle de 1995 (Tableau 2).
Le pourcentage de crabes récemment mués
(états de carapace 1 et 2) a légèrement
augmenté, soit 10,1 % en 1996 par rapport
à 7,9 % en 1995, et à l’opposé, le
pourcentage de vieux crabes (états de
carapace 4 et 5) a légèrement diminué, soit
21,6 % en 1996 par rapport à 30,8 % en
1995. Ces résultats laissent croire à une
régression de la fraction âgée de la
Tableau 2. Représentation (%) des états de
carapace dans la Zone 17
ÉTAT DE
CARAPACE
1995
MER
1996
QUAI
MER
QUAI
1
0,3
0,1
1,1
1,1
2
7,6
29,9
9,0
42,3
3
61,3
48,5
68,3
34,0
4
29,2
20,3
20,4
22,1
5
1,6
1,2
1,2
0,5
Février 1997
1 820
population, suite à la mortalité naturelle des
mâles les plus vieux et à l’épuisement par la
pêche de la biomasse résiduelle de crabes
présents sur les fonds de pêche.
Le pourcentage de crabes adolescents dans
les prises en mer est passé de 6 % en 1995 à
9 % en 1996. Toutefois, la proportion
d’adolescents de taille légale s’est
maintenue à un niveau très faible (5 %),
comparable à celui de 1994-95 et qui est
très inférieur aux valeurs de 12-18 %
enregistrées en 1992-93 alors que la
biomasse exploitable était en nette
progression.
La largeur de carapace
moyenne des crabes des neiges mâles dans
les échantillons en mer, qui était passée
graduellement de 102,2 mm en 1989 à
115,7 mm en 1994, avant de diminuer à
113,4 mm en 1995, a poursuivi sa chute en
1996 et se situe maintenant à 111,3 mm. À
l’opposé, la taille moyenne des mâles
débarqués a augmenté passant de 115,3 mm
en 1995 à 117,8 mm en 1996.
Le relevé de recherche réalisé à l'aide d'un
chalut à perche sur la rive nord de l'Estuaire
dans la zone 17, entre la fin de juillet et le
9
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
adolescents de 62-78 mm (ADO -2 ) en 1995
s’est poursuivie en 1996.
INDICE D'ABONDANCE
50
40
LP (+0)
30
20
R (- 0)
ADO (- 1)
10
ADO (- 2)
0
1992
1993
1994
1995
1996
ANNÉE
Figure 4. Abondance des crabes des neiges
mâles capturés dans les relevés de recherche
dans l’Estuaire entre 1992 et 1996. LP( + 0):
mâles laissés par la pêche dans l’année du
relevé; R( - 0): mâles recrutés à la pêche;
ADO( 1): mâles adolescents de 78 à 95 mm;
ADO( 2) mâles adolescents de 62 à 78 mm.
début d’août 1996, alors que la pêche était à
toutes fins utiles terminée, confirme les
tendances perçues dans la pêche et celles
montrées dans les relevés antérieurs.
L’abondance des mâles laissés par la pêche
(LP) et des mâles recrutés à la pêche (R),
déjà en baisse depuis 1993, a continué de
chuter en 1996 (Figure 4). Par contre, les
mâles adolescents de 78 à 95 mm (ADO -1 ),
dont l’abondance était à la baisse depuis
1992, sont presque 4 fois plus nombreux en
1996 qu’en 1995. Ceux-ci atteindront la
taille légale en 1997, mais ne seront
pleinement disponibles à la pêche qu’en
1998.
Cependant, comme ils sont
relativement abondants par rapport au total
des recrutés à la pêche et des laissés par la
pêche en 1996, on peut anticiper des
problèmes de crabe blanc en 1997. La
tendance à la hausse perçue chez les mâles
10
Le groupe des crabes laissés par la pêche,
composé en majorité de mâles adultes, et
sur lesquels va reposer essentiellement la
récolte de 1997, vu la faiblesse du
recrutement en 1996, a diminué de 30 %
par rapport à 1995. Les mâles recrutés à la
pêche sont 5 fois moins abondants en 1996
qu’en 1993 et ont atteint leur plus bas
niveau depuis 5 ans. Les résultats du relevé
montrent une chute de la taille moyenne des
mâles adolescents et adultes qui ont atteint
la taille commerciale depuis peu.
Un premier relevé postsaison réalisé à
l’aide de casiers par les pêcheurs de crabe
de la zone 17 a été effectué en même temps
et sur les mêmes lieux que le relevé au
chalut de 1996. L’abondance des recrues et
des mâles laissés par la pêche dans les
casiers était très faible, soit de l’ordre de
3 kg/casier. En règle générale, les PUE
étaient presque nulles sur le territoire situé
à l’est de Baie-Comeau et augmentaient
légèrement vers l’ouest. Cette observation
est conforme au déroulement de la pêche
commerciale, les pêcheurs de la région de
Baie-Comeau ayant rapporté des taux de
captures très faibles dans ce secteur de la
Côte-Nord. La taille moyenne des mâles
capturés en mer (103,7 mm) était beaucoup
plus faible que dans la pêche (111,3 mm) et
le pourcentage des adolescents sous-légaux
et légaux était légèrement plus élevé
(12,5 %) que dans la pêche. La condition
des crabes était similaire à celle trouvée
dans le relevé au chalut, mais l’abondance
relative des crabes récemment mués (états 1
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
et 2) représentait un niveau trois fois plus
élevé (32,9 %) que dans la pêche (10,1 %).
Le nombre de crabes plus vieux (états 3, 4
et 5) paraissait aussi légèrement (10 %)
plus élevé.
Perspectives pour la zone 17 en 1997
Les effets négatifs sur la pêche du passage
du creux de recrutement formé des classes
d’âge 1985-87 se font sentir de plus en plus
durement dans la zone 17, tel que montré
par le fléchissement continu des PUE
depuis 1995 et les changements importants
dans la distribution de l’effort de pêche au
cours des deux dernières années.
Les
perspectives à court terme ne sont pas
bonnes pour cette zone et on anticipe une
chute importante des prises par unité
d’effort en 1997. En effet, la biomasse
exploitable après la saison de pêche 1996 a
baissé de 30 % sur la rive nord, d’où
proviennent généralement les deux tiers des
débarquements, et est composée à 32 % de
vieux crabes dont certains mourront durant
l’hiver ou seront peu capturables l’an
prochain. Les fortes pressions de pêche
supportées par la rive nord en 1995 et par la
rive sud en 1996 auront fait diminuer
considérablement la biomasse résiduelle
disponible sur l’ensemble du territoire.
Selon toute vraisemblance, les prises par
unité d’effort continueront à diminuer et
atteindront en 1997 des valeurs faibles
semblables à celles enregistrées à la fin des
années 1980.
Des problèmes de crabe blanc sont prévus
en 1997 et probablement en 1998 quand les
deux premières cohortes de la vague de
recrutement formée des classes d’âge 1988Février 1997
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
1992 atteindront la taille légale. Malgré
une reprise certaine du recrutement à la
taille commerciale dès 1997, la biomasse
exploitable restera faible jusqu’en 1998,
l’abondance des prérecrues (ADO-1 ) en
1996 n’étant pas suffisamment élevée pour
contrebalancer le déclin observé de la
biomasse. Il est donc très probable que la
reprise attendue ne soit perceptible qu’à
partir de 1999. La taille moyenne des
mâles devrait diminuer en 1997-98, avant
d’amorcer une légère remontée en 1999.
Pour maintenir un taux d’exploitation à peu
près comparable à celui de 1996, qui est
évalué à environ 45-50 % de la biomasse
exploitable sur la rive nord de l’Estuaire,
les captures en 1997 devraient être
diminuées d’environ 30 % conformément à
la diminution de l’abondance des crabes
exploitables mesurée par les relevés au
chalut de 1995 à 1996.
CRABE DES NEIGES DE LA
MOYENNE CÔTE-NORD (ZONES
16 ET 15)
Il y a 36 et 8 permis réguliers actifs dans
les zones 16 et 15, respectivement. Le total
admissible des captures dans la zone 16,
établi pour la première fois en 1992, a été
abaissé de 15 % en 1996 et se situe
maintenant à 3 090 t. Celui de la zone 15,
établi pour la première fois en 1994, est
resté inchangé et se situe toujours à 435 t
en 1996. La pêche en 1996 s’est déroulée
du 15 avril au 31 juillet dans la zone 16 et
du 15 mai au 15 septembre dans la zone 15.
Des allocations spéciales de 177 t et de
25 t, incluses dans les contingents globaux,
11
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
Tableau 3. Prises et effort de pêche dans les Zones 16 et 15
1983 à 19894
Année
T AC
PU E
3
1992
1993
1996
7
3 0907
435
435
435
2 934
4 034
4 065
3 520
159,2
148,2
199,7
189,9
169,2
14,1
17,4
18,4
21,5
19,8
20,9
12,4
18,2
22,0
23,3
19,7
21,7
18,5
15,2
18,7
17,4
19,9
18,5
19,9
21,2
6,1
14,0
13,6
15,2
20,1
25,5
24,1
2 368
2 596
2 596
–
–
–
–
–
2 093
3 274
2 692
2 897
249,1
264,0
161,2
16 Ou est
6,0
8,9
16 C en t re
7,7
6
-
1
2
16 Est
10,1
z o n e 15
' !
"
# $
%
!
( )
*
+ ,
% -
)
& ont été données à des non-crabiers dans les
zones 16 et 15, respectivement.
Les
contingents ont été atteints dans les deux
zones en 1996.
État de la ressource en 1996
Tout comme en 1995, les tendances
montrées par les données de la pêche ne
sont pas uniformes sur l’ensemble du
territoire; toutefois, on remarque presque
partout des signes évidents de plafonnement
et d’essoufflement des principaux indices
d’abondance.
Les PUE ont fléchi
légèrement dans le centre de la zone 16
(Rivière-au-Tonnerre) et dans la zone 15,
passant respectivement de 21,7 à 18,5 kg/c.
japonais et de 25,5 à 24,1 kg/c. japonais de
1995 à 1996 (Tableau 3). Par ailleurs, les
PUE ont chuté rapidement à partir de la fin
mai dans l’ouest de la zone 16 (Pointe-desMonts à Rivière-au-Tonnerre exclue)
passant d’environ 25 kg/c. japonais à
13 kg/c. japonais au début juillet, et une
12
1995
2 500
z o n e 15
Ef f o rt
1991
-
z o n e 16
Pri se s
1990
5
1994
3 636 3 636
chute de 16 % des captures a été enrégistrée
dans ce secteur en 1996 par rapport à 1995.
Seul l’est de la zone 16 ne montre encore
aucun signe de fléchissement, mais des
temps
d’immersion
plus
longs
et
l’utilisation de casiers à plus fort volume
depuis 1994 dans cette région ont pu aider à
maintenir les rendements à des niveaux
apparemment très élevés.
L’examen de la condition des mâles de
taille commerciale pêchés en mer montre
une stabilisation ou encore une régression
de l’abondance relative des vieux crabes
dans les deux zones (Tableau 4), indiquant
un arrêt du vieillissement de la population
en 1996. Bien que l’abondance des vieux
crabes (états 4 et 5) soit restée
approximativement au même niveau qu’en
1995 dans la zone 16 (21,5 % par rapport à
20,8 %), celle-ci a chuté de moitié dans la
zone 15, passant de 17,4 % en 1995 à 7,4 %
en 1996. À l’opposé, les crabes récemment
mués (états 1 et 2) étaient respectivement 4
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
Tableau 4. Représentation (%) des états de
carapace dans les zones 16 et 15
Zone 16
ÉTAT DE
CARAPACE
1995
MER
1996
QUAI
MER
QUAI
1
0,9
0,3
0,8
0,3
2
6,0
2,5
25,4
32,0
3
72,3
48,6
52,3
58,0
4
19,3
48,2
19,0
9,7
5
1,5
0,4
2,5
0
Zone 15
ÉTAT DE
CARAPACE
1995
MER
1996
QUAI
MER
QUAI
1
1,5
0
0,9
0,3
2
16,7
8,7
41,2
48,2
3
64,4
56,6
50,5
50,9
4
15,8
33,0
7,2
0,6
5
1,6
1,7
0,2
0
fois et 2 fois plus nombreux dans les zones
16 et 15 en 1996.
Le pourcentage d’adolescents sous-légaux
et légaux capturés en mer a légèrement
augmenté dans les 2 zones en 1996. La
taille moyenne des captures en mer s’est
stabilisée à 111,2 mm dans la zone 16 alors
qu’elle augmentait au débarquement passant
de 113,3 à 115,4 mm. Elle a augmenté à la
fois en mer (105,7 à 108,4 mm) et au
débarquement (109,6 à 110,4 mm) entre
1995 et 1996 dans la zone 15.
Trois relevés de recherche ont été réalisés
en 1996 dans cette région. Le suivi de la
population de crabe des neiges de la baie
Sainte-Marguerite s’est poursuivi en 1996
par une mission de plongée sous-marine en
Février 1997
mars et par un relevé au chalut à perche en
avril-mai.
Une importante remontée à
faible profondeur des gros mâles adultes
d’états de carapace 4 et 5 a été décelée, ces
derniers s’étant agrégés pour accoupler les
abondantes femelles primipares. En raison
de cette remontée, en avril-mai les gros
mâles adultes à vieille carapace étaient peu
représentés sur les fonds pêchés.
Par
ailleurs, le relevé au chalut à perche indique
une progression régulière des classes d’âge
1988 à 1992 et la disparition presque
complète des mâles adolescents de plus de
90 mm (Figure 1). Le recrutement anticipé
à la taille adulte sera très faible au
printemps de 1997 et en hausse en 1998,
mais il faudra attendre 1999 avant que la
biomasse exploitable ne commence à
marquer une progression. Un relevé au
chalut à perche a été réalisé du 20 au 28
juillet dans la région de Natashquan. La
structure de taille des mâles capturés
ressemblait à celle de la baie SainteMarguerite et de l’Estuaire, mais montrait
un gradient décroissant dans la force des
classes d’âge 1986 à 1989.
Pour la troisième année consécutive, un
relevé automnal (postsaison) effectué à
l’aide de casiers a été réalisé dans la zone
16 en 1996 par les pêcheurs. Une synthèse
des résultats des 3 années montre une baisse
régulière de l’abondance relative des crabes
récemment mués (états 1 et 2) depuis 1994
au profit des mâles plus vieux (états 3, 4 et
5) laissés par la pêche (Figure 5).
L’importance des crabes nouvellement
recrutés (R) est passée de 40 % en 1994 à
10 % en 1996, alors que celle des mâles
plus vieux (LP) a crû de 40 % durant la
13
Région Laurentienne
Crabe des neiges
Pourcentage
100
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
A
+
LP(
0)
R(-0) ADO( 1)
ADU<95
80
60
40
20
PUE (kg/casier)
0
40
B
1994
1996
+
LP(
0)
R(-0)
ADO( 1)
ADU<95
PUE Pêche
30
20
10
0
1994
100
Pourcentage
1995
1995
1996
C
État 1+2
État 3
État 4+5
80
60
40
20
0
1994
1995
1996
Figure 5. Résultats des relevés postsaisons
réalisés dans la zone 16 depuis 1994. (A)
Représentation des différents groupes de
mâles: LP( + 0): laissés par la pêche; R( - 0)
recrutés à la pêche; ADO( - 1): mâles
adolescents de 78 à 95 mm; ADU<95: mâles
adultes de moins de 95 mm. (B) Rendements
des casiers durant les relevés selon les
différents groupes de mâles et rendement de
la pêche commerciale (PUE Pêche) durant
la même année.
(C) Condition de la
carapace des crabes.
même période. Les PUE ont légèrement
diminué entre 1994 et 1995, passant
d’environ 36 à 31 kg/casier, mais ils ont
chuté de la moitié en 1996 par rapport à
1995 pour atteindre 14 kg/casier.
Les
captures automnales comprenaient 46 % de
vieux crabes (états 4 et 5) en 1996.
Le
décalage
dans
l’abondance,
la
disponibilité et la condition de la ressource
perçu entre l’Est et l’Ouest du territoire en
1995 semble s’être résorbé en 1996. D’une
part, les PUE ont diminué de chaque côté
du territoire et auraient probablement chuté
14
sur l’ensemble du territoire si la durée du
temps d’immersion des casiers n’avait été
généralement allongée afin d’augmenter les
captures.
D’autre part, les relevés
automnaux par casiers réalisés depuis 1994
dans la zone 16 contrastent avec les
résultats de la pêche et montrent que le
vieillissement de la population commerciale
s’est encore accentué en 1996.
La
contradiction apparente entre ces deux
sources d’informations pourrait s’expliquer
par une pêche sélective en faveur des mâles
d’états de carapace 2 et 3, évidente dans le
Tableau 4, ou par la non-disponibilité des
mâles à vieille carapace au début de la
saison de pêche alors qu’ils étaient à faible
profondeur en association avec les
abondantes femelles primipares.
Si les
résultats du relevé postsaison 1996 sont
représentatifs de la situation réelle, la
proportion de vieux mâles (états 3+, 4 et 5)
qui composeront la biomasse disponible en
1997 dans cette zone dépassera les 90 %.
Le niveau et la condition de la ressource
qui sera disponible dans la zone 15 en 1997
sont incertains, mais le plafonnement des
rendements et la condition des mâles
capturés durant la pêche semblent indiquer
un scénario analogue à celui de la zone 16.
Perspectives pour 1997
Les effets sur la pêche du creux de
recrutement formé par les classes d’âge
1985-87 sont maintenant perceptibles
partout dans cette région et on prévoit que
la situation de la pêche se détériorera de
façon notable en 1997 en raison d’un:
•
Vieillissement accentué et généralisé de
la biomasse de crabes de taille
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
•
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
commerciale laissés sur le fond après la
pêche de 1996;
et de 71 t dans la zone 13 restait encore à
capturer en date du 18 décembre 1996.
Faible recrutement, qui en 1996
atteignait son plus bas niveau depuis le
début des années 1990, comme le
confirment les différents relevés.
État de la ressource en 1996
De toute évidence les PUE diminueront
fortement sur tout le territoire en 1997 et
les crabes capturés seront soit de bonne
taille mais de mauvaise qualité ou petits et
récemment mués. Des problèmes de crabe
blanc surgiront en 1997 et 1998, avec
l’arrivée à la taille légale des classes d’âge
1988 et 1989. On peut également s’attendre
à un déplacement de l’effort vers l’est, où
les PUE semblent s’être maintenues. Une
solide reprise est attendue pour 1999.
CRABE DES NEIGES DE LA
BASSE CÔTE-NORD (ZONES 14
ET 13)
Il y a 21 et 49 permis actifs dans les zones
14 et 13, respectivement. Un total
admissible des captures est établi depuis
1986 dans les zones 14 et 13 (Tableau 5).
En 1996, les TAC s’élevaient à 576 t et à 1
241 t dans les zones 14 et 13, soit des
augmentations
de
10 %
et
40 %
respectivement par rapport à 1995. En
1996, la pêche s’est déroulée du 30 juin au
9 octobre dans la zone 14 et jusqu’au 20
octobre dans la zone 13. Des allocations
spéciales de 33 t dans la zone 14 et de 130 t
dans la zone 13 ont été données à des noncrabiers du Québec et de Terre-Neuve. Un
solde de contingent de 3 t dans la zone 14
Février 1997
Après une augmentation régulière et assez
forte des PUE de 1992 à 1994 dans la
zone 14, la progression a été faible de 1994
à 1996 et semble avoir plafonné autour de
11,9 kg/c. japonais (Tableau 5). Toutefois,
une analyse détaillée des techniques de
pêche depuis 1989 a montré que le temps
d’immersion des casiers est en hausse
depuis 1992, et ce particulièrement depuis
deux ans. Soixante dix-sept pour-cent des
casiers mouillés en 1996 ont pêché au
moins 2 jours et 54 % plus de 3 jours. En
1996, les rendements des casiers japonais
immergés 3 jours et plus étaient de 22,5 %
plus élevés, en moyenne, que les
rendements des mêmes casiers pêchés
pendant seulement 1 jour.
L’effet
inflationnaire sur les PUE d’une pratique de
pêche impliquant des mouillages de plus
longue durée aura donc été particulièrement
marqué dans la zone 14. La taille des
crabes capturés dans la zone 14 a
légèrement augmenté en 1996 passant de
102,9 à 103,1 mm en mer et de 107,7 à
109,3 mm
au
débarquement.
Le
pourcentage d’adolescents sous-légaux et
légaux capturés en mer a aussi légèrement
augmenté passant de 4 à 5 %. La condition
des crabes capturés en mer s’est nettement
améliorée en 1996 dans la zone 14, les
crabes récemment mués (états 1 et 2)
représentant 32,5 % des mâles dans les
casiers par rapport à 7,8 % en 1995
(Tableau 6).
15
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
Tableau 5. Prises et effort de pêche dans les zones 14 et 13
1983 à 19894
Année
TAC:
PUE3
1994
1995
1996
381
524
6,7
1992
5767
889
889
889
889
12417
489
380
1 086
1 381
1 408
1 743
76,1
116,4
53,5
193,9
212,5
154,7
281,1
5,2
4,3
4,8
7,3
9,7
11,2
11,6
11,9
5,7
3,9
3,1
5,3
4,2
4,5
8,0
5,1
667
381
381
381
zone 13
1 642
889
889
1 428
312
165,6
Zone 14
Zone 13
2
' !
"
. + / ,
( )
%
# $
!
( / ,
)
& Une importante chute des PUE de 36 % a
été notée dans la zone 13 en 1996, la PUE
moyenne passant de 8,0 kg/c. japonais en
1995 à 5,1 kg/c. japonais en 1996. Qui plus
est, les PUE ont décru régulièrement tout au
long de la saison de pêche, de
10 kg/c. japonais à environ 3,7 kg/c.
japonais, ce qui suggère que la ressource a
été très entamée.
La taille des crabes
capturés en mer et débarqués a aussi
diminué, passant de 95,8 à 94,8 mm en mer
et de 101,9 à 101,5 mm au débarquement.
Par ailleurs, le pourcentage d’adolescents
sous-légaux et légaux a fortement augmenté
dans les captures en mer et est passé de 3 %
en 1995 à 9 % en 1996. La condition des
crabes capturés en mer s’est aussi nettement
améliorée dans la zone 13 et les crabes
récemment mués (états 1 et 2) sont passés
de 8,6 % en 1995 à 42,3 % en 1996.
Un premier relevé postsaison à l’aide de
casiers a été réalisé par les pêcheurs de la
zone 14 en octobre 1996. Les résultats
montrent un gradient décroissant de l’ouest
vers l’est dans l’abondance, les PUE et la
16
1991
zone 14
Prises1
Effort
1990
5
1993
524
taille des mâles à carapace dure composant
la biomasse de crabes présents sur les fonds
à la fin de la pêche. La taille des mâles
capturés (97,3 mm) était inférieure à celle
provenant de la pêche (103,1 mm). Fait
intéressant, le pourcentage d’adolescents
capturés était très élevé et de l’ordre de
16 %.
Les
prises
comprenaient
essentiellement des mâles à carapace propre
et dure (état 2) et terne et dure (état 3) et la
PUE moyenne s’élevait à 7,2 crabes/casier
(soit environ 3,5 kg/casier) pour les crabes
de taille commerciale.
Perspectives pour 1997
Comme les pêcheurs des zones 14 et 13
sont actifs l’automne et exploitent une
partie du recrutement de l’année courante,
les fortes pressions de pêche exercées
dans
cette
région
en
1996,
particulèrement dans la zone 13, auront
beaucoup diminué la biomasse résiduelle
de crabe qui sera disponible en 1997. On
se rappellera que les résultats des relevés
de recherche fragmentaires réalisés en
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
Zone 14
ÉTAT DE
CARAPACE
1995
MER
1996
QUAI
MER
QUAI
1
1,7
0
5,4
0,5
2
6,1
0
27,1
43,3
3
84,5
83,4
61,3
55,7
4
7,6
16,6
5,9
0,5
5
0,1
0
0,3
0
Zone 13
ÉTAT DE
CARAPACE
1995
MER
1996
QUAI
MER
QUAI
1
3,6
0
16,3
0
2
5,0
10,1
26,0
53,7
3
89,9
88,6
54,1
45,7
4
1,5
1,3
3,4
0,5
5
0
0
0,2
0
1994-95 sur ce grand territoire montraient
que le nombre de crabes qui atteindraient
la taille légale de 1997 jusqu’en 1999
serait probablement très faible. Les PUE
devraient chuter dès 1997 dans la zone 14
et poursuivre leur chute dans la zone 13,
les baisses étant plus marquées à l’est
qu’à l’ouest du territoire.
RECOMMANDATION
GÉNÉRALE
Les relevés de recherche scientifiques, les
relevés postsaison par les pêcheurs et les
données de la pêche de l’année 1996
concordent à montrer que la biomasse
exploitable de crabe des neiges des zones
13, 16 et 17 a décliné de façon marquée,
Février 1997
alors que la biomasse exploitable des zones
14 et 15 a atteint son apogée et a
probablement amorcé un déclin. La seule
note discordante dans ce tableau, à savoir la
tendance légèrement à la hausse des PUE
commerciales en 1996 dans la zone 14 doit
être considérée avec circonspection, les
données de pêche indiquant en effet une
augmentation importante de la durée
moyenne des temps d’immersion, ce qui a
sans doute contribué à une inflation
articielle des rendements.
La biomasse abondante dont a bénéficié
l’industrie au cours de la période 1992-95 a
été formée par le passage de la vague de
recrutement comprenant les classes d’âge
1981-84. Le passage de cette vague de
recrutement s’est fait sentir de façon
synchronisée dans toutes les zones
concernées,
comme
en
témoigne
35
30
% TOTAL D'ADOLESCENTS
Tableau 6. Représentation (%) des états de
carapace dans les zones 14 et 13
ZONE 17
ZONE 16
ZONE 15
ZONE 13+14
25
20
15
10
5
0
1989 1990 1991 1992 1993
1994 1995 1996
ANNÉE
Figure 6. Abondance des mâles adolescents
sous-légaux et légaux dans les échantillons en
mer dans chacune des zones depuis 1989.
17
Région Laurentienne
Crabe des neiges
l’augmentation simultanée de la proportion
des mâles adolescents dans les pêcheries
commerciales en 1992 et 1993 (Figure 6).
Ces adolescents, pour la plupart de taille
légale, en muant au stade adulte une année
plus tard et en devenant disponibles à la
pêche deux années plus tard, ont contribué
par leur grande taille et biomasse
individuelle à soutenir les pêcheries
jusqu’en 1995. Cependant, le creux de
recrutement formée des classes d’âge 198587 a entraîné une baisse importante et
simultanée dans toutes les zones de la
proportion d’adolescents dans les prises
commerciales,
qui
sont
maintenant
représentés
principalement
par
des
adolescents de taille sous-légale.
Cette
baisse de la proportion des adolescents dans
les pêcheries commerciales témoigne d’une
diminution marquée du recrutement à la
taille légale, tel que confirmé par tous les
relevés scientifiques et postsaison des
pêcheurs.
La diminution amorcée des
nombres de mâles adultes disponibles à la
pêche sera amplifiée par une diminution de
leur taille, les deux facteurs se conjuguant
pour amener une baisse importante de la
biomasse exploitable.
Les grandes tendances démographiques des
populations de crabe des neiges semblent à
peu près homogènes d’une zone à l’autre,
ce qui veut dire qu’elles ne sont
probablement pas indépendantes les unes
des autres ou qu’elles sont influencées par
des facteurs environnementaux communs,
tel
qu’expliqué
dans
des
rapports
précédents. De même, un gradient ouest-est
de productivité décroissante des populations
de crabe des neiges a déjà été mis en
18
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
évidence par un examen des indices
d’abondance, tirés de la pêche et des
relevés de recherche, et de la structure de
taille des crabes capturés. Ainsi, on devrait
s’attendre à des performances moins
intéressantes pour les pêcheurs de l’est par
rapport à ceux de l’ouest du territoire, ce
qui n’est pas toujours le cas.
Les
divergences
observées
dans
les
performances des pêcheries des différentes
zones, et en particulier la résilience en
apparence plus grande des zones 15 et 14 au
passage du creux de recrutement formé des
classes d’âge 1985-87, s’expliqueraient
principalement par des taux d’exploitation
différents.
Puisque selon toute vraisemblance la
biomasse exploitable décline maintenant
dans toutes les zones de pêche, la situation
empirant généralement de l’ouest vers l’est
à l’exception possible d’un territoire centré
sur la zone 15, et que les populations de
crabe des neiges des différentes zones sont
plus ou moins inter-dépendantes ou
soumises
à
des
contraintes
environnementales communes, il paraît
opportun de faire une recommandation
générale applicable à la grandeur du
territoire comprenant les zones 13 à 17.
Compte tenu des inquiétudes persistantes
quant au maintien du potentiel reproducteur
des femelles pour les deux années à venir, il
est recommandé de baisser fortement le
total admissible des captures dans toutes les
zones. Cette mesure vise à préserver des
mâles adultes de grande taille pour assurer
la fécondation des femelles multipares. La
réduction de - 30% des captures estimée
dans la zone 17 dans le but de maintenir le
Février 1997
Région Laurentienne
Crabe des neiges
taux d’exploitation au même niveau en
1997 que 1996 pourrait s’appliquer à toutes
les zones de la côte nord (13 à 17).
Cependant, compte tenu du gradient de
productivité d’ouest en est, et de
l’exploitation intense dans la zone 13 en
1996, une réduction plus importante des
prises dans la zone 13 serait nécessaire pour
y
maintenir
le
taux
d’exploitation
approximativement constant. Par contre,
dans les zones 15 et 14, l’exploitation serait
moins intense que dans les autres zones et
une réduction moins importante des prises
pourrait permettre d’atteindre le même
objectif. Dans tous les cas, il est important
de noter que le maintien des taux
d’exploitation au même niveau en 1997
qu’en 1996 n’arrêtera pas le déclin de la
population de grands mâles adultes. Ce
maintien préviendra tout au plus une
accélération de ce déclin.
MESURES DE CONSERVATION
Trois recommandations principales des
rapports 1995 et 1996 sur l’état des
populations de crabe des neiges de
l’estuaire et du nord du golfe du SaintLaurent sont ici brièvement réitérées:
1. Les mâles adolescents ne devraient pas
être débarqués, car en muant ils
atteignent une taille et un poids
beaucoup plus grands et peuvent ainsi
contribuer à amortir l’effet, et assurer
une reprise plus rapide après le passage
d’un
creux
de
recrutement.
L’exploitation des mâles seulement
après leur mue terminale augmente leurs
chances de participer à la reproduction
Février 1997
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
et permet de maximiser le rendement par
recrue. Pour l’ensemble du territoire
concerné, il y aura une augmentation
importante du pourcentage des mâles
adolescents représentés dans les prises
au cours des prochaines années, en
raison de l’arrivée de la vague de
recrutement formée des classes d’âge
1988-92.
2. Évidemment, en vue de préserver et, le
cas échéant, de reconstituer le plus
rapidement possible une importante
biomasse
exploitable,
on
devra
continuer à protéger les crabes blancs.
En 1997, la remise à l’eau des crabes
blancs sera autorisée sur l’ensemble du
territoire.
Cette
mesure
sera
doublement
bénéfique,
puisqu’elle
permettra également de préserver la
plupart des mâles adolescents, ceux-ci
muant au printemps. Cette mesure sera
particulièrement d’actualité au cours des
saisons de pêche 1997 et 1998, qui
seront ponctuées par la présence de
crabes blancs.
3. L’exploitation des mâles à vieille
carapace peut également contribuer à
amortir
l’effet
d’un
creux
de
recrutement, tout en maximisant le
rendement par recrue. En effet, les
mâles à vieille carapace mourront
naturellement à très court terme s’ils ne
sont pas prélevés, alors que les mâles à
carapace propre peuvent demeurer
disponibles à la pêche pendant 2-3
années encore, bien que leur apparence
et leur condition se dégraderont. Cette
recommandation sera moins d’actualité
19
Région Laurentienne
Crabe des neiges
dans les années à venir, en raison d’un
rajeunissement marqué de la fraction des
populations composée d’individus de
taille légale.
MPO, Pêches de l'Atlantique
Rapport sur l'état des stocks C4-01
Bernard Sainte-Marie
Tel: (418) 775-0617
Fax: (418) 775-0740
Courrier électronique:
B_STEMARIE@QC.DFO.CA
Pour en savoir plus:
Dufour, R., 1995. Le crabe des neiges de
l'estuaire et du nord du Golfe du SaintLaurent: État des populations en 1994.
MPO Pêches de l'Atlantique, Document
de recherche no 95/96.
Sainte-Marie, B. et J.-M. Sévigny. 1997.
En prép. Le potentiel reproducteur du
crabe des neiges est-il protégé
intégralement par les mesures de
conservation actuelles?
Sainte-Marie, B., J.-M. Sévigny, B.D.
Smith et G.A. Lovrich. 1996.
Recruitment variability in snow crab
Chionoecetes opilio: pattern, possible
causes, and implications for fishery
management. In: International
Symposium of biology, management
and economics of crabs from high
latitude habitats. Lowell Wakefield
Fisheries Symposium Series, Alaska
Sea Grant College Program Report 9602, p. 451-478.
Préparé par:
Réjean Dufour
Tel: (418) 775-0623
Fax: (418) 775-0740
Courrier électronique:
R_DUFOUR@QC.DFO.CA
20
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0
1
Février 1997
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