Manual 18137676

Manual 18137676
 MPO Sciences
Rapport sur l’état des stocks C4-04 (1998)
Crabe épineux de l'estuaire et
du golfe du Saint-Laurent
Renseignements de base
Le crabe épineux n’est pas pêché commercialement
sur nos côtes, quoiqu’il soit apparenté à certaines
espèces pêchées dans le nord et le sud du Pacifique.
Des demandes régulières de renseignements nous ont
incités à mettre à jour nos connaissances sur la
biologie et les perspectives d’exploitation de cette
espèce dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.
Résumé
•
•
•
Dans l’écosystème du Saint-Laurent, le
crabe
épineux
affectionne
particulièrement les fonds de sable et de
vase qui tapissent les grands chenaux
(Laurentien, Esquiman et JacquesCartier). On le retrouve généralement
aux profondeurs supérieures à 300 m où
les températures sont plus grandes que 0
°C.
C’est une espèce peu féconde dont
l’abondance n’apparaît pas très élevée
dans le golfe. Il peut être transformé en
usine de la même façon et avec le même
équipement que le crabe des neiges. Sa
chair, de belle apparence, est toutefois
plus salée et plus ferme.
Des mesures de conservation spécifiques
sont suggérées dans l’éventualité d’un
début d’exploitation.
Août 1998
Contexte
Plusieurs personnes seront surprises d’apprendre qu’une espèce de crabe étroitement
apparentée à la famille des crabes royaux
(king crabs) pêchés sur les côtes de l’Alaska
vit de ce côté-ci de l’Atlantique. En effet, le
crabe épineux, Lithodes maia, fréquente les
fonds marins de la côte est canadienne où il
fait régulièrement partie des captures
accidentelles des pêcheurs de crabe des
neiges, de crevette nordique, de sébaste et de
poissons de fond. Ce crabe peut atteindre
une taille similaire à celle du crabe des
neiges.
Des demandes de renseignements sur cette
espèce affluent régulièrement et nous avons
cru bon de faire une revue de nos
connaissances actuelles sur la biologie et sur
les perspectives d’exploitation de cette
espèce dans l’estuaire et le golfe du SaintLaurent.
Une bonne part de nos connaissances sur
cette espèce dans le golfe du Saint-Laurent
proviennent de deux rapports produits en
1983 et 1988 pour le Ministère des Pêches et
des Océans. Le présent document s’inspire
des résultats de ces deux rapports, des
données de captures accidentelles provenant
des relevés de recherche sur les poissons de
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Crabe épineux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
fond dans le golfe et des informations
publiées sur des espèces apparentées
pêchées dans le Pacifique nord et ailleurs
dans le monde.
Aperçu de la biologie
Description de l’espèce
Le crabe épineux, Lithodes maia (Linné,
1758), fait partie de la famille des
Lithodidés, caractérisés par une carapace en
forme de poire couverte d’épines robustes,
présentes également sur les pattes.
L’abdomen, replié sous la carapace, est
formé
de
plaques
calcifiées
dont
l’alignement est symétrique chez les mâles
mais fortement asymétrique chez les
femelles (Figure 1). Comme tous les crabes,
il possède cinq paires de pattes, la cinquième
étant atrophiée et cachée sous la carapace.
Sa croissance s’effectue par mues dont la
fréquence diminue avec l’âge.
Figure 1. Morphologie de l’abdomen d’un
crabe épineux mâle (à gauche) et femelle (à
droite). L’abdomen est replié sous la carapace et la flèche montre sa position par
rapport aux autres structures externes
apparentes chez un mâle.
profonde (supérieure à 800 m) le long du
talus continental, sont les deux seuls
représentants connus de la famille des
Lithodidés dans
le nord-ouest
de
l’Atlantique.
On connaît encore peu de choses de sa
biologie et de son écologie, puisqu’il vit en
grande profondeur et n’a encore jamais fait
l’objet d’une pêche commerciale dirigée.
Les plus gros mâles capturés atteignent une
taille d’environ 114 mm de longueur de
carapace (LO), soit de l'orbite de l’oeil
jusqu’au centre de la partie arrière du
céphalothorax (partie antérieure du corps
formée de la tête et du thorax soudés), pour
un poids de 1,075 kg. La taille maximale des
femelles n’a jamais dépassé 93 mm (LO)
pour un poids de 0,429 kg.
Dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent,
sa répartition est généralement restreinte aux
grands chenaux. Les relevés de recherche
effectués pour les poissons de fond en hiver
sur le Gadus Atlantica de 1987 à 1994, et en
été sur le Lady Hammond de 1987 à 1990,
montrent que la majorité des captures sont
localisées à l’intérieur des chenaux
Laurentien, Esquiman et Jacques-Cartier
dans l’écosystème du Saint-Laurent (Figure
2). La profondeur des stations où on a
capturé au moins un crabe variait de 110 à
525 m. Les températures de fond
enregistrées lors de ces relevés fluctuaient
entre 0 et 9,3 °C. Les stations où on a
capturé plus de 10 spécimens ne
représentaient que 4 % du total de celles où
la présence de l’espèce a été signalée, et la
majorité se trouvaient à des profondeurs
supérieures à 300 m. Toutefois, les relevés
de recherche pour les poissons de fond ne
donnent pas de bons indices de l’abondance
absolue des crustacés benthiques comme le
Distribution et habitat
La présence du crabe épineux a été signalée
dans les eaux de l’Atlantique nord-ouest du
Groenland jusqu’au New Jersey (É.-U.). Il
affectionne particulièrement les fonds
composés de sable et de vase, à des
profondeurs entre 65 et 790 m. Lithodes
maia et Noelithodes grimaldii, une espèce
de plus grande taille vivant en eau très
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Crabe épineux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
crabe épineux. En effet, ces relevés utilisent
des chaluts de fond de grandes dimensions,
munis de gros rouleaux sur le ventre,
lesquels ne retiennent probablement pas tous
les crabes rencontrés. Cependant, comme
ces relevés couvrent une grande partie de
l’estuaire et du golfe, les captures
accessoires de crabe épineux nous
permettent de mieux connaître la
distribution de l’espèce sur le territoire mais
ne constituent pas en soi un indice fiable de
leur abondance.
L’information
obtenue
de
pêches
expérimentales montre un patron de
distribution similaire à celui provenant des
relevés de poissons de fond. Au sud
d’Anticosti, il forme des agrégations
localisées généralement à des profondeurs
de plus de 300 m, sauf sur les fonds de sable
où on peut le retrouver en moins grande
profondeur. Les juvéniles sont plus
abondants entre 160 et 300 m sur les fonds
couverts de sédiments plus grossiers que
ceux trouvés dans le reste de l’aire
inventoriée. Aucune capture de femelle
mature n’a été rapportée à moins de 300 m
dans ce secteur. Le long du versant nord de
la Gaspésie, les captures se répartissent
selon deux couches de profondeur, soit entre
100 et 160 m et aux profondeurs supérieures
à 330 m. Aucun crabe épineux n’a été
capturé dans les deux secteurs lorsque la
température de fond était inférieure à 2 °C.
Le rapport des sexes de 4 mâles pour 1
femelle enregistré dans les captures
effectuées au sud d’Anticosti semble
indiquer que les mâles sont plus abondants
et atteignent une plus grande taille que les
femelles dans cette partie du golfe.
Figure 2. Stations où des captures de crabe
épineux ont été rapportées. Les données
proviennent des relevés de poissons de fond
effectués de l’embouchure du golfe du SaintLaurent jusqu’à l’estuaire de 1987 à 1994. Le
relevé effectué sur le Gadus Atlantica avait
lieu en janvier et la couverture de l'ouest du
golfe était limitée par le couvert de glace.
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Reproduction et cycle vital
La taille à laquelle 50 % des crabes
atteignent la maturité sexuelle a été estimée
à 98,6 mm de largeur de carapace LC (environ 85 mm LO) pour les mâles et à moins de
65 mm LC (environ 60 mm LO) pour les
femelles du sud d’Anticosti. Les femelles
portaient entre 1500 et 4900 oeufs de
2,55 mm de diamètre à un stade de
développement avancé. Un diamètre de 2,1
mm pour les oeufs est aussi rapporté dans la
littérature. La plus petite femelle mature
rencontrée mesurait 37 mm LO. À leur
éclosion, les jeunes crabes sont sous forme
de larves très différentes des adultes. Durant
les premiers mois de leur vie, ces larves font
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Crabe épineux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
partie du plancton et nagent dans les eaux de
surface où elles s’alimentent. Durant cette
période, elles passent par trois formes très
différentes qu’on appelle Zoés I et II et
Glaucothoé avant de prendre leur forme
adulte, de migrer sur le fond et
d’entreprendre leur vie en grande
profondeur.
forte exploitation des mâles.
Le crabe épineux est une espèce peu féconde
qui s’apparente au crabe royal écarlate qui
vit en eau profonde (380-1125 m) dans le
Pacifique nord (Tableau 1). Les femelles de
ces deux espèces pondent de gros oeufs en
nombre relativement faible. À l’opposé, les
femelles d’espèces apparentées vivant en
eaux moins profondes dans le Pacifique nord
comme le crabe royal rouge et le crabe royal
bleu sont plus fécondes. Elles pondent des
oeufs plus petits, qu’elles portent sous
l’abdomen en plus grand nombre. Les
femelles de cette grande famille de crabe ne
possèdent pas de spermathèque (pochette
interne spécialisée dans l’entreposage du
sperme) comme chez le crabe des neiges, ce
qui limite la disponibilité de sperme pour
féconder les oeufs des femelles lors d’une
Lithodes maia et Lithodes couesi possèdent
des caractéristiques propres aux crabes de
grandes profondeurs comme une couleur
rouge vif, de longues pattes, et une chambre
branchiale bien développée, mais elles
semblent différer au moins sur un point : les
femelles L. couesi pourraient atteindre une
taille plus grande que celle des femelles
L. maia; la plus grande femelle L. maia
capturée dans le nord-ouest du golfe ne
dépassait pas 101 mm LC (environ 93,4 mm
LO) alors qu’elles peuvent atteindre plus de
120 mm LO chez L. couesi dans le Pacifique
nord.
Les équations suivantes ont été utilisées
pour convertir les largeurs de carapace (LC)
en longueurs de carapace (LO) le cas
échéant :
Crabe épineux : LO=0,49+0,92 LC
Crabe des neiges : LO=3,4+0,96 LC
Exploitation
Des 79 espèces de crabe appartenant à la
Tableau 1. Comparaison de certaines caractéristiques biologiques des crabes de grandes
profondeurs: le crabe épineux (Lithodes maia) et le crabe royal écarlate (Lithodes couesi), et
d’eau moins profonde: les crabes royaux rouge (Paralithodes camtschaticus) et bleu
(Paralithodes platypus). Le crabe des neiges, Chionoecetes opilio, n’appartient pas à la même
famille de crabe et est présenté seulement à titre de comparaison. Adapté de Gagnon et
Hovington 1983.
Crabe
Crabe royal
Crabe royal
Crabe royal
Crabe des
épineux
écarlate
rouge
bleu
neiges
Taille(LO) à 50 %
de maturité:
mâles
femelles
85,0
60,0
91,4
80,2
102,8
101,9
-
40,4
51,4
1,500-4,900
2,500-5,500
25,000-390,000
50,000-300,000
12,000-140,000
2,1-2,6
2,3
1,0
≤ 1,0
0,6-0,8
Fécondité:
Nb oeufs/femelle
Diamètre des oeufs
LO : longueur de la carapace à partir de l’orbite de l’oeil jusqu’au centre de la partie arrière du céphalothorax.
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Crabe épineux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
soit relativement faible dans le golfe malgré
ces problèmes de capturabilité, ce qui
pourrait être étroitement relié à sa faible
fécondité et à sa distribution inégale sur les
fonds.
famille des Lithodidés répertoriées à travers
le monde, seules quelques-unes font l’objet
d’une pêche commerciale dirigée, dont
Paralithodes camtschaticus, Paralithodes
platypus, Lithodes aequispina et Lithodes
couesi dans le Pacifique nord, et Lithodes
antarctica et Lithodes santolla, en Argentine
et au Chili. Le manque d’intérêt commercial
porté à cette grande famille de crabes est
intrigant. Toutefois, 22 des 79 espèces
connues ont été répertoriées seulement
depuis les années 1970.
Le crabe épineux peut être transformé en
usine de la même façon que le crabe des
neiges et avec le même équipement. Seule la
présence d’épines robustes sur sa carapace
peut causer des ennuis mineurs lors de sa
manipulation et de son décorticage. Le
rendement en chair obtenu en usine lors des
essais de décorticage coordonnés par la
compagnie Biorex a atteint 26 %
indépendamment de la taille des crabes
soumis aux tests, et se compare
avantageusement avec celui du crabe des
neiges qui est généralement de 20 à 30 %
dans les usines de l’est canadien. En outre,
sa chair est plus salée et plus ferme que celle
du crabe des neiges et a bonne apparence,
surtout au niveau des pattes.
L’abondance du crabe épineux n’apparaît
pas très élevée dans le golfe. Les pêches
d’exploration effectuées depuis le début des
années 1980 dans le nord du golfe n’ont
rapporté que des rendements très faibles,
généralement de l’ordre de deux à trois
crabes épineux par casier en moyenne. Ces
rendements apparaissent très faibles,
particulièrement
pour
un
début
d’exploitation sur une biomasse vierge. Les
rendements en début d’exploitation de deux
espèces apparentées, soit Lithodes santolla
dans le chenal Beagle en Argentine (1975)
et Paralithodescamtschaticus près de
Kodiak (1973) et à Norton Sound (1977) en
Alaska étaient de 11,5, 22,0 et 36,0 crabes
par casier respectivement.
Contexte de développement
Le développement de nouvelles pêcheries
basées sur des espèces marines sousutilisées commande une approche prudente.
Ces nouvelles espèces, dont fait partie le
crabe épineux, sont souvent mal ou peu
connues et on ne dispose la plupart du temps
que d’informations partielles sur la
distribution des animaux ou des plantes,
ainsi que sur leur biologie et leur écologie.
D’autre part, les relations entre les
communautés biologiques et leur habitat
sont parfois délicates et il convient
également d’assurer leur protection en
minimisant l’impact de nouveaux engins ou
de nouvelles activités de pêche sur l’habitat.
Par ailleurs, des problèmes ont été mis en
évidence quant à la conservation de l’appât,
qui disparaît rapidement (en moins de
2,5 heures dans certains cas) à ces grandes
profondeurs, dû à la forte abondance
d’organismes nécrophages (amphipodes et
myxines). Plusieurs essais pour développer
un contenant plus efficace pour la protection
de l’appât n’ont pas porté fruit jusqu’à
maintenant et le développement d’une
pêcherie utilisant des casiers pour capturer
cette espèce devra résoudre ce problème
majeur avant de pouvoir escompter de
meilleurs rendements de pêche. De forts
courants ont aussi influencé les captures au
nord de la péninsule gaspésienne. Il est
probable que l’abondance du crabe épineux
Les pressions grandissantes du milieu des
pêches pour l’exploitation de nouvelles
ressources
combinées
à
l’absence
d’information
biologique
peuvent
compromettre gravement le développement
rationnel de la pêcherie. Une exploitation
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Crabe épineux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
éventualité se présentait et qu’on veuille en
tirer profit, on recommande de:
soutenable pourra être obtenue à long terme
en s’assurant que le niveau de prélèvement
aussi bien que la capacité de récolte sont en
équilibre avec la production du stock. Le
développement des nouvelles pêcheries
devra donc être bien encadré de façon à
assurer la conservation de la ressource tout
en permettant l’acquisition des informations
nécessaires pour évaluer l’état des
populations, l’impact des pratiques de pêche
ou les stratégies de conservation et de
récolte à préconiser.
Mesures de conservation
Limiter l’effort de pêche:
Le contrôle de l’effort de pêche est utilisé
pour limiter l’accès à la ressource et ainsi
contrôler la pression d’exploitation que le
stock subit. Il s’agit du principal outil qu’on
peut utiliser pour assurer le développement
du potentiel de pêche en fonction de la
capacité de la ressource à soutenir
l’exploitation. Les moyens utilisés pour
contrôler l’effort de pêche sont nombreux et
diversifiés: limitation du nombre de permis
de pêche donc du nombre d’unités de pêche
actives, limitation de l’engin utilisé comme
le nombre et la dimension des casiers,
limitation du nombre de jours de pêche par
l’imposition d’une saison où les activités
sont permises, répartition spatiale de l’effort
de pêche en limitant le nombre d’unités de
pêche par secteur pour éviter les effets
locaux d’une surexploitation. Ces moyens
sont déjà utilisés pour gérer les pêches
commerciales bien établies et dans le cas des
pêches en développement, l’effort de pêche
doit être d’abord fixé au niveau minimal qui
permette le développement de la pêche. Par
la suite, le niveau d’effort peut être
augmenté en fonction des succès rencontrés
et de la réponse de la population à
l’exploitation.
Dans le cas du crabe épineux, pour lequel
seulement des informations partielles sont
disponibles, la gestion du développement
d’une nouvelle pêcherie devrait être de type
itératif, soit un début d’exploitation prudent
et basé sur les meilleures informations
disponibles sur la biologie de la ressource,
les marchés potentiels, et le contexte socioéconomique. L’approche devrait être par la
suite adaptative et évoluer en fonction de
l’acquisition des nouvelles connaissances.
Un développement planifié par étape
permettrait d’évaluer à la fin de chacune, les
données accumulées au
cours
de
l’expérience, que ce soit au niveau
biologique, technologique ou économique.
Cette approche prudente, par étape, devrait
permettre d’assurer la conservation de la
ressource et la résilience des populations en
protégeant le potentiel de croissance et le
potentiel reproducteur de l’espèce, de même
que l’habitat et les communautés qui y sont
associés.
Encourager l’utilisation de casiers pour la
capture:
Les casiers sont très sélectifs lorsqu’utilisés
de concert avec un maillage approprié. Ils
sont faciles d’utilisation et peuvent être
employés même lorsque le relief est très
accidenté sans altérer les fonds outre
mesure. Le nombre de casiers utilisés peut
être ajusté de façon à adapter l’effort de
pêche à la biomasse présente. Le crabe
épineux est une espèce peu productive et son
habitat en eau profonde et éloigné des côtes
Les faibles rendements obtenus jusqu’ici à
l’aide de casiers durant les campagnes de
prospection du crabe épineux laissent
présager une biomasse de départ insuffisante
pour assurer la viabilité à long terme d’une
pêcherie axée uniquement sur cette espèce.
Même si les perspectives d’une exploitation
dirigée sont faibles, il demeure néanmoins
possible que des concentrations intéressantes
puissent être présentes dans des secteurs
restreints ou encore inexplorés. Si cette
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Région Laurentienne
Crabe épineux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
of King crabs : an overview of identity
and distribution-with illustrated
diagnostic keys to the genera of the
Lithodidae and to the species of
Lithodes. Proceedings of the
International King crab Symposium.
Lowell Wakefield Fisheries
Symposium Series. Alaska Sea Grant
Report No. 85-12.
engendrera
des
coûts
d’opération
supplémentaires à celui de la pêche au crabe
des neiges. L’utilisation de casiers comme
engin de pêche devrait permettre d’optimiser
les rendements tout en minimisant les coûts
d’opération.
Instaurer une taille minimale de capture:
La mise en place d’une réglementation
introduisant une taille minimale lors de
l’exploitation permettrait de protéger les
petits individus qui, en grandissant,
augmenteront le rendement par recrue. De
plus, un certain nombre de géniteurs peuvent
être ainsi protégés et augmenter le potentiel
de fécondité de la population. Toutefois,
dans la mesure du possible, la taille
minimale de capture devrait être supérieure
à 85 mm (LO) ou 99 mm (LC), soit la taille
à 50 % de maturité des mâles. Plusieurs
femelles en état de se reproduire seraient
ainsi protégées puisqu’elles deviennent
matures à une taille beaucoup plus petite.
Gagnon, M. et L. Hovington 1983.
L’évaluation du potentiel commercial
et contribution à la biologie du crabe
épineux (Lithodes maia) du golfe du
Saint-Laurent. Rapport d’étude de
Biorex B.C. inc. au ministère des
Pêches et Océans du Canada, Région
du Québec.
Gagnon, M. et L. Hovington 1988. Pêche
exploratoire au crabe des neiges, au
crabe épineux et à la crevette nordique
le long du versant nord de la péninsule
Gaspésienne. Rapport d’étude de
Biorex B.C. inc. au ministère des
Pêches et Océans du Canada, Région
du Québec.
Outils de gestion
Encourager l’utilisation de journaux de
bord : Quel que soit le genre d’interventions envisagées, qu’elles soient du type
prospection, pêche accessoire ou pêche
dirigée, l’utilisation d’un journal de bord
pour la collecte d’informations sur le
positionnement, l’effort de pêche et les
captures devrait être obligatoire dès le début
de l'exploitation. Les populations dites
«vierges» ou exemptes de pêche possèdent
des caractéristiques spécifiques qui diffèrent
très souvent des populations pêchées. Les
effets de la pêche sur une ressource peuvent
être généralement
mieux interprétés
lorsqu’on possède des informations sur les
rendements et le type de capture présent en
début d’exploitation.
Somerton, D. E. 1981. Contribution to the
life history of the deep sea king crab,
Lithodes couesi, in the Gulf of Alaska.
Fishery Bulletin 79 : 259-269.
Savard, L. 1997. Réflexions pour une
approche prudente du développement
de nouvelles pêches. Dans: Compte
rendu, Atelier sur le développement
durable de l’oursin vert, 27 et 28 mars
1996, Grande-Rivière. Gouvernement
du Québec, Ministère de l’Agriculture,
des Pêcheries et de l’Alimentation,
Direction générale des pêches et de
l’aquiculture commerciale. 159 p.
Pour en savoir plus:
Dawson, E. W. and J. C. Yaldwyn 1985.
King crabs of the world or the world
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Région Laurentienne
Crabe épineux de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent
Préparé par:
Réjean Dufour
Tél. (418)775-0623
Fax.
(418)775-0740
Courrier électronique: dufourr@dfo-mpo.gc.ca
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