Manual 18137684

Manual 18137684
MPO Sciences
Rapport sur l’état des stocks C4-05 (1998)
15
16
18
19
17
21
20
22
Le homard des eaux côtières
du Québec
Résumé
•
Renseignements de base
Depuis le début des années 1990, les débarquements
de homard sont en baisse presque partout à l’échelle
de l’Atlantique. Au Québec, en 1997, les
débarquements étaient inférieurs de 31 % par
rapport au pic historique de 1992. L’envergure
spatiale de cette diminution ainsi que de
l’augmentation qu’il y a eu entre le milieu des années
1970 et le début des années 1990 laissent croire à
l’influence de variables communes affectant le
recrutement du homard à grande échelle. Il est
impossible cependant de prévoir si cette diminution
se poursuivra à plus long terme. L’approche de
conservation du homard est dictée par le rapport
qu’a déposé le CCRH en 1995 et qui recommandait
entre autres d’accroître la production d'oeufs. Suite
au rapport, le ministre des Pêches et des Océans a
exigé que la production d’oeufs par recrue soit
doublée d’ici quelques années dans tous les stocks de
l’Atlantique. Nous croyons cependant que cet objectif
ne devrait pas être considéré comme une fin en soi.
Une approche basée sur des points de référence
biologique devrait aussi être mise en oeuvre afin, par
exemple, de porter la taille minimale de capture audessus de la taille à la maturité sexuelle et de rebâtir
un cheptel de gros individus. Une telle stratégie
serait plus susceptible d’apporter des bénéfices réels
au chapitre de la conservation et équivaudrait dans
certains cas à tripler ou même quadrupler la
production d’oeufs par recrue actuelle.
Mars 1998
•
•
•
En 1997, les débarquements de homard au
Québec ont baissé de 23 % par rapport à
1996.
Aux
Îles-de-la-Madeleine,
la
diminution a été de 17 %, et de 41 % en
Gaspésie. Il est vraisemblable qu’il y ait eu
une diminution de la biomasse accessible à
la pêche, autre que celle due à
l’augmentation de la taille minimale.
Le niveau d’exploitation des stocks de
homard demeure très élevé et a augmenté en
1996. Le maintien de taux d’exploitation
aussi élevés est risqué.
On a demandé aux pêcheurs de soumettre un
plan de conservation visant à doubler, d’ici
quelques années, la production d’oeufs par
recrue. Les mesures le permettant incluent
une augmentation de la taille minimale de
capture à 82 mm ou 84 mm selon les
régions, ainsi que des combinaisons
d’augmentation de la taille minimale,
d’instauration d’une taille maximale et de
diminution de l’effort de pêche.
Il serait important de porter la taille
minimale de capture au-delà de la taille de
maturité sexuelle et de rebâtir un cheptel de
gros individus. Ceci permettra d’augmenter
le potentiel reproducteur en terme de
quantité et probablement aussi en terme de
qualité d’oeufs produits. Des mesures visant
à diminuer l’effort de pêche sont aussi
souhaitables, bien que l’effet de celles-ci
soit plus difficilement mesurable.
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
atteint la taille commerciale entre l’âge de 6
et 8 ans, après avoir mué de 15 à 20 fois.
Biologie
Le homard américain Homarus americanus
se distribue le long de la côte ouest de
l’Atlantique, du Labrador au Cap Hatteras.
Le
homard
adulte
fréquente
préférentiellement les substrats rocheux
présentant des abris, mais on le retrouve
aussi sur des substrats sableux ou même
vaseux. Les concentrations commerciales se
retrouvent généralement à des profondeurs
inférieures à 35 m. Une flottille hauturière
exploite cependant des concentrations de
homard se trouvant en bordure du plateau
Néo-écossais à des profondeurs pouvant
atteindre 450 m.
Gestion de la pêche
La gestion de la pêche au homard se fait par
un contrôle de l’effort de pêche. Le nombre
de permis ainsi que le nombre de casiers par
permis est limité. En 1997, 656 permis
étaient actifs dans les trois secteurs
maritimes du Québec, soit les Îles-de-laMadeleine (329 pêcheurs), la Gaspésie (226)
et la Côte-Nord (101). Les pêcheurs se
répartissent selon huit grandes zones de
pêche (zones 15 à 22) (Figure 1) et 38 souszones. La limite du nombre de casiers est de
250 pour la grande majorité des zones, à
l'exception des Îles-de-la-Madeleine et de
l'Île d'Anticosti où elle est de 300 casiers.
L’utilisation de casiers plus volumineux que
les casiers traditionnellement utilisés est
aussi
limitée
par
une
politique
d'équivalence, en vigueur depuis 1995 dans
chacune des zones, laquelle vise à freiner
l’augmentation de l’effort de pêche. Leur
nombre est limité à 175 ou 210 dans les
zones où respectivement 250 et 300 casiers
standards sont autorisés. Toutefois, aux Îlesde-la-Madeleine, leur utilisation a été
complètement interdite en 1997. Afin de
réduire la capture de homards de taille non
commerciale, l’utilisation d’évents d’échappement est obligatoire depuis 1994. La
pêche au homard est une pêche printanière
et la durée de la saison varie entre 9 et 12
semaines selon les zones. Le début de la
saison coïncide avec le départ des glaces et
se termine généralement avant la mue du
homard.
Les femelles atteignent la maturité sexuelle
autour
de
79 mm
(longueur
du
céphalothorax) dans la partie sud des Îlesde-la-Madeleine et autour de 84 mm dans la
partie nord des Îles et en Gaspésie. Les
femelles suivent généralement un cycle de
reproduction de deux ans, les années de
ponte alternant avec les années de mue. Une
femelle pondant pour la première fois peut
produire tout près de 8 000 oeufs tandis
qu’une femelle de 125 mm (jumbo) peut
pondre jusqu’à 35 000 oeufs. Une fois
pondus, les oeufs se fixent sur les pattes
natatoires de la femelle et y demeurent de 9
à 12 mois, avant d’éclore sous forme de
larve pélagique l’été suivant. La larve
demeure dans le plancton pour une période
de temps pouvant varier de 3 à 10 semaines,
selon la température. Une fois parvenue au
stade 4 de son développement, soit après la
métamorphose, la postlarve quitte les eaux
de surface pour s’établir sur le fond. Au
cours des premières années de leur vie
benthique, c'est-à-dire jusqu’à ce qu’ils aient
atteint une taille d’environ 40 mm, les
homards mènent une existence cryptique et
se
concentrent
dans
des
habitats
structurellement hétérogènes, offrant de
nombreux espaces interstitiels pour s’abriter.
Dans les eaux côtières du Québec, le homard
-2-
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
52 °
15A
C ô te -N o rd
15B
18H
18E
18F
18G
18D
L a titu d e
50 °
A
18C
17A
19A
18B
n
ti
co
st
19B
16
i
18A
G a s p é s ie
21A
21B
19C
17B
20A
20B
T e r r e -N e u v e
48 °
22
N ouveauB r u n s w ic k
70 °
68 °
66 °
64 °
62 °
60 °
58 °
56 °
L o n g it u d e
Figure 1. Zones de pêche au homard au Québec.
La pêche du homard est aussi soumise à une
réglementation concernant la taille minimale
de capture et le rejet de femelles oeuvées,
qui a pour objectif la conservation de la
ressource, via le maintien de la production
d'oeufs. L'instauration de la taille minimale
de capture de 76 mm a été réalisée au
Québec en 1957, passant progressivement de
64 mm à 76 mm entre 1953 et 1957. En
1997, la taille minimale de capture a été
augmentée à 77 mm aux Îles-de-laMadeleine (zone 22) et à 78 mm en
Gaspésie (zones 19, 20AB et 21AB). Ces
augmentations font partie de plans de
conservation élaborés par les associations de
pêcheurs suite aux recommandations du
CCRH (Conseil pour la conservation des
ressources halieutiques) (CCRH 1995). Les
pêcheurs visent à porter la taille minimale de
capture à 84 mm d’ici 2004. Le marquage de
femelles oeuvées (v-notch) se fait sur une
base volontaire dans certains secteurs du sud
de la Gaspésie. Depuis 1994, les femelles
présentant ce type de marque au telson
doivent obligatoirement être remises à l’eau.
Approche de conservation
L’approche de conservation du homard pour
tous les stocks de l’Atlantique canadien est
dictée par le rapport qu’a déposé le CCRH
en novembre 1995, qui renforçait le constat
de surexploitation fait par les scientifiques
depuis de nombreuses années. Dans son
rapport, le CCRH présente une définition de
la conservation, un énoncé d’objectifs ainsi
qu’une série de mesures de conservation
pouvant être utilisées pour atteindre certains
objectifs particuliers. Un des objectifs
généraux de conservation vise à maintenir
les stocks à un niveau optimal pour toute la
gamme de conditions environnementales
susceptibles d’être rencontrées, et ce par le
maintien d’une biomasse de géniteurs
permettant une production forte et continue
de juvéniles. Les mesures de conservation
-3-
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
production d’oeufs par recrue plus adapté à
la situation canadienne et ont discuté aussi
des paramètres à inclure dans le modèle.
Malgré que l’on ait pu améliorer
considérablement le modèle de calcul, les
scientifiques n’ont pas été en mesure de
définir avec certitude les caractéristiques
d’une population vierge.
Beaucoup
d’incertitudes persistent quant à la
croissance (fréquence et accroissement à la
mue), la fréquence des pontes et la mortalité
naturelle des grosses femelles (5 pouces et
plus de longueur de carapace). Et selon les
valeurs que l’on insère dans le modèle de
calcul, on obtient différents résultats. Cette
situation fait que l’on ne peut pas estimer
adéquatement si l’on est au-dessus ou audessous de la barre du 5 %. C’est en raison
de cette incertitude que la cible du 5 % n’a
pas été retenue par le Ministre.
proposées visent donc à accroître la
production d’oeufs, à réduire le taux
d’exploitation et l’effort de pêche réel ainsi
qu’à améliorer la structure des stocks.
L’argumentation du CCRH est basée sur le
concept de rendement en oeufs par recrue,
qui est une mesure relative du potentiel
reproducteur d’une population. Le CCRH a
jugé que le niveau de production d’oeufs par
recrue était présentement trop faible et a
recommandé que ce niveau soit porté à 5 %
de celui d’un stock non pêché et ce, dans
tous les stocks de homard de l’Atlantique
canadien.
Il avait été prévu que la mise en oeuvre des
recommandations contenues dans ce rapport
se fasse par les pêcheurs eux-mêmes, par le
truchement de leurs associations qui
devaient choisir, en collaboration avec le
MPO, les mesures de gestion qu’ils
appliqueraient dans leur zone de pêche.
Depuis le dépôt du rapport, les associations
de pêcheurs de la Gaspésie et des Îles-de-laMadeleine ont mis sur pied des plans de
conservation dont le but était d’atteindre, sur
une période d’environ 8 ans, l’objectif de
production d’oeufs par recrue de 5 % d’un
stock vierge. Toutefois, devant la lenteur de
la majorité des associations de pêcheurs des
provinces de l’Atlantique à réagir au rapport
du CCRH, le Ministre canadien des Pêches
et des Océans a exigé de chaque association
de pêcheurs, qu’un plan de conservation lui
soit soumis avant le début de la saison de
pêche 1998. Le Ministre a cependant
modifié l’objectif et demande présentement
à ce que la production d’oeufs par recrue
soit doublée d’ici 2-3 ans.
Les bénéfices que l’application obligatoire
du concept de doublage de la production
d’oeufs par recrue entraînera sur la
conservation des stocks de homard seront
variables et seront fonction du niveau de
production où l’on se situe présentement.
Ainsi, il sera beaucoup plus facile de
doubler la production d’oeufs par recrue
dans un stock dont le niveau est très faible
que dans un stock où le niveau est beaucoup
plus élevé. Ainsi, dans les zones où la
production d’oeufs est présentement très
faible, l’atteinte de cet objectif pourrait
n’apporter que très peu de bénéfices au
chapitre de la conservation. L’objectif de
doublage de la production d’oeuf par recrue
devrait donc être considéré comme
intérimaire et non final. Une stratégie de
conservation basée sur des points de
référence biologique serait plus susceptible
d’apporter des bénéfices réels.
Lorsque le CCRH a proposé l’objectif de
5 % de production d’un stock vierge, il
s’était basé sur des chiffres préliminaires
fournis par les scientifiques qui provenaient
d’un modèle de calcul élaboré aux ÉtatsUnis. Au cours des deux dernières années,
les scientifiques se sont penchés sur
l’élaboration d’un modèle de calcul de la
Une approche visant à fixer la taille
minimale de capture au-dessus de la taille à
la maturité sexuelle ainsi que la
reconstruction d’un cheptel de gros
individus aurait des retombées certaines sur
-4-
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
l’amélioration du potentiel reproducteur en
terme de quantité d’oeufs produits et
probablement aussi en terme de qualité. Une
telle stratégie équivaudrait dans certains
endroits à tripler ou même quadrupler la
production d’oeufs actuelle.
ayant affecté le recrutement du homard à
grande échelle.
Îles-de-la-Madeleine (zone 22)
Débarquements
En 1997, aux Îles-de-la-Madeleine, les
débarquements de homard ont atteint
État des stocks en 1997
En 1997, les débarquements de homard au
Québec ont baissé de 23 % par rapport à
1996. Ils ont atteint 2 685 t comparativement
à 3 503 t en 1996 (Figure 2, Tableau 1). En
1997, 69 % des captures du Québec
provenaient des Îles-de-la-Madeleine (zone
22), 24 % provenaient de la Gaspésie (zones
19, 20 et 21) et 8 % de la Côte-Nord (zones
15, 16 et 18) et de l'Île d'Anticosti (zone 17).
Depuis le début des années 1990, les
débarquements sont en baisse partout à
l’échelle de l’Atlantique. En 1997, les
débarquements canadiens ont atteint quelque
37 000 t
(données
préliminaires)
comparativement à environ 46 000 t en
1990. Au Québec, les débarquements ont
baissé de 31 % par rapport au pic historique
de 1992. L’envergure spatiale de cette
diminution ainsi que de l’augmentation qu’il
y a eu entre le milieu des années 1970 et le
début des années 1990 presque partout le
long de la côte Atlantique canadienne laisse
croire à l'influence de variables communes
Débarquements (t)
4000
1991
32
12
76
12
17
621
64
2 642
1992
37
16
98
5
18
797
58
2 806
1993
26
14
108
12
25
751
59
2 593
1994
8
10
143
8
25
730
51
2 007
1995
12
12
137
17
40
985
46
2 142
1996
14
18
155
6
36
1016
39
2 219
3000
2000
1000
0
45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95
Années
Figure 2. Débarquements (t) de homard au
Québec de 1945-1997.
1 842 t. Ceci représente une baisse de 17 %
par rapport à 1996. Les débarquements du
côté sud des Îles (Old Harry à HavreAubert) ont atteint 1 303 t contre 539 t au
nord (Bassin à Grosse Île), ce qui est
inférieur de 12 % au sud et de 27 % au nord
par rapport à 1996.
Tableau 1. Débarquements (t) de homard au
Québec par zone de pêche.
Zone 15
Zone 16
Zone 17
Zone 18
Zone 19
Zone 20
Zone 21
Zone 22
Québec
Îles-de-la-Madeleine
Gaspésie
Côte-Nord
1997*
24
13
165
2
21
585
33
1 842
TOTAL 3 476 3 835 3 588 2 982 3 391 3 503 2 685
* données préliminaires
-5-
Du côté sud des Îles-de-la-Madeleine, la
saison de pêche au homard de 1997 s’est
déroulée
dans
des
conditions
météorologiques et climatiques marquées
d’aucun événement défavorable majeur. La
température de l’eau enregistrée sur les
fonds de pêche (environ 10 m de
profondeur) à l’ouverture de la saison était
autour de 2oC, ce qui est semblable à ce qui
a été observé au cours des deux années
précédentes. Selon les observations faites
auprès des pêcheurs-repères, l’effort de
pêche déployé au cours des trois premières
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
une baisse de 21 % par rapport à 1996
(Figure 3). Il s’agit du plus bas niveau
observé depuis 1990. La diminution a été
beaucoup plus importante du côté nord
(40 %) que du côté sud (5 %). En milieu de
saison, les PUE sont passées à 0,71
homard/casier, soit 16 % de plus que celles
de l’an dernier à pareille date. Les PUE de
milieu de saison sont plus faibles que ce qui
avait été enregistré au cours des années
1990, 1991 et 1992, alors que l’abondance
de homard était vraisemblablement à un
niveau parmi les plus élevés, ce qui avait
permis aux pêcheurs de maintenir des taux
de capture élevés pour plus longtemps. En
fin de saison de pêche, les PUE étaient
équivalentes à celles de 1996, soit de 0,35
homard par casier. Les indices d’abondance
obtenus du programme pêcheurs-repères
indiquent en gros les mêmes tendances que
ce qui a été vu avec les données
d’échantillonnage commercial. Il y a eu une
baisse dans les taux de capture pour
l’ensemble des Îles, de l’ordre de 16 %. La
moyenne saisonnière est passée de 0,50 en
1996 à 0,42 kg/casier en 1997. Cependant,
la diminution du côté nord a été plus
importante que du côté sud (23 % et 7 %
semaines de la saison était près du
maximum potentiel et était supérieur de 5 %
pour l’ensemble de la saison par rapport à
1996. En 1997, 52 % des débarquements
étaient effectués après la troisième semaine
de pêche, comparativement à 56 % en 1996.
La stratégie de poursuite des pêcheurs
exercée
dans
des
conditions
météorologiques et climatiques favorables
permet d’exploiter la ressource très
rapidement. Du côté nord des Îles, les
rapports des pêcheurs-repères indiquent que
l’effort de pêche déployé en début de saison
était aussi élevé qu’en 1996 et près du
maximum possible. Pour 1997, nous
n’avons pas de données de température sur
les fonds de pêche du côté nord des Îles qui
auraient permis de juger des conditions
générales de capturabilité du homard.
L’augmentation de la taille minimale de
capture de 1 mm (76 à 77 mm) ne peut
expliquer à elle seule la baisse des captures
observée en 1997. L’examen de la
composition des captures en 1996 avait
révélé que les homards dont la taille se
situait entre 76 et 77 mm constituaient
environ 4 % des captures du côté sud. Ils ne
représentaient cependant que 2 % des
captures du côté nord. La baisse des
débarquements pourrait être attribuable à
une diminution de la ressource car il semble
peu probable que des événements
climatiques aient pu affecter négativement la
capturabilité du homard, du moins en ce qui
concerne le côté sud des Îles.
début
milieu
PUE (nombre/casier)
2,0
Indices d’abondance
Un indice de l’abondance du homard de
taille commerciale (≥ 76 mm avant 1997 et
≥ 77 mm en 1997) est obtenu à partir des
prises par unité d’effort (PUE) provenant de
l’échantillonnage en mer de la pêche
commerciale, réalisé par le MPO depuis
1985. En 1997, les PUE (nombre de homard
par casier) enregistrées en début de saison
étaient de 1,3 en moyenne, ce qui représente
fin
1,5
1,0
0,5
0,0
85 86 87
88 89 90
91 92
93 94 95
96 97
Années
Figure 3. Prises par unité d’effort (PUE) en
nombre de homards par casier en début,
milieu et fin de pêche aux Îles-de-laMadeleine de 1985 à 1997 . Homards de taille
commerciale (≥76 mm avant 1997 et ≥77 mm en
1997).
-6-
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
des Océans, de resserrer les mesures de
conservation des stocks de homard est
entièrement justifiée.
respectivement). En 1997, huit pêcheurs ont
participé au programme.
Niveau d’exploitation
En 1996, on avait fait la remarque que
depuis 1985, on observait une diminution de
la taille moyenne des homards capturés
(≥ 76 mm) et que l’écart des tailles entre le
côté nord de l’archipel - jadis réputé comme
ayant de plus gros homards - et le côté sud,
tendait à diminuer. On avait d’ailleurs noté
une faible abondance de gros homards alors
que ceux-ci représentaient moins de 1 % des
débarquements. Les observations faites en
1997 ne montrent aucun changement par
rapport à ce qui a été décrit l’an dernier. Ces
indices reflètent des taux d’exploitation
élevés. Les taux d’exploitation calculés pour
l’année 1996 (74 % au sud et 64 % au nord)
étaient plus élevés que ceux calculés pour
1995 (70 % au sud et 54 % au nord).
Perspectives pour 1998
L'abondance des homards dont la taille est
inférieure à la taille commerciale
(prérecrues) peut constituer un indice de la
quantité de homards qui s'apprêtent à entrer
dans la pêche au cours des prochaines
années. L’abondance de ces prérecrues
observée au cours de l'échantillonnage en
mer était plus élevée en 1997 qu’en 1996 du
côté sud des Îles-de-la-Madeleine, mais
moins élevée du côté nord. Dans ce dernier
cas, lorsqu’on inclut les homards dont la
taille se situe entre 76 et 77 mm, soit ceux
remis à l’eau en 1997, on atteint un niveau
d’abondance équivalent à celui des 4
dernières années. Il est évident que depuis
que la réglementation sur les évents
d'échappement est entrée en vigueur en
1994, le nombre de prérecrues dans les
casiers a diminué de façon significative et
pour l’instant, nous ne savons pas
exactement quelle valeur prédictive accorder
à ces données. Par ailleurs, l’expérience
portant sur l’obstruction des évents
d’échappement n’a pas été réalisée
adéquatement en 1997, si bien qu’il n’est
pas possible de tirer un indice fiable de ces
données.
Le homard des Îles-de-la-Madeleine est
fortement
exploité
et
le
niveau
d’exploitation a augmenté au cours des 15
dernières années, notamment avec les
changements technologiques et stratégiques
apportés au fil des ans. La capacité et
l’efficacité élevées qui caractérisent
présentement la pêche au homard,
permettent certainement aux pêcheurs de
prélever une plus grande proportion du
recrutement qu’auparavant. L’exploitation
de territoires qui auraient pu à l’époque
servir de refuges, la modification des casiers
permettant de cibler davantage les plus gros
homards ainsi que la stratégie de poursuite
adoptée par les pêcheurs sont tous des
éléments contribuant à augmenter le taux
d’exploitation du stock. Une telle
augmentation de la capacité de pêche
pourrait masquer une diminution de
l’abondance du stock. Le maintien de taux
d’exploitation élevés est risqué et pourrait
mener à une surpêche du recrutement, ce qui
mettrait le stock en péril. L’obligation faite
aux pêcheurs, par le Ministre des Pêches et
Le relevé de l’abondance du homard qui a été
réalisé au large de Grande-Entrée en 1997 à
l’aide d’un chalut de fond de type Nephrops a
montré que les homards de taille
commerciale, soit ceux qui seront disponibles
à la pêche en 1998, étaient plus nombreux
qu’en 1996. On se rappelle que l’an dernier,
cette classe de homards avait montré une
diminution par rapport à 1995, ce qui s’est
reflété jusqu’à un certain point dans les
débarquements de 1997. La série de données
est encore courte pour juger de son potentiel
prédictif.
-7-
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
Gaspésie (zones 19,20AB, 21AB)
des
1 000 t
(1 072
et
1 089
t
respectivement). On se rappelle que les
débarquements ont augmenté de 33 % entre
1994 et 1995. En 1995 et 1996, on a eu des
années record de prises en Gaspésie.
Débarquements
En 1997, en Gaspésie, les débarquements de
homard ont atteint 645 t, ce qui représente
une diminution de 41 % par rapport à ce
qu’ils étaient en 1996 (Figure 4, Tableau 1).
Dans les zones 20A (Cap Gaspé à Chandler)
et 20B (Chandler à Bonaventure), qui
représentent 92 % des débarquements totaux
de la Gaspésie, les débarquements ont atteint
respectivement 347 et 244 t en 1997, ce qui
représente des diminutions de 47 % et 33 %
par rapport à 1996. Dans la zone 19, les
débarquements (21 t) ont diminué de 41 %.
Indices d’abondance
En 1997, les PUE de homards commerciaux
(≥ 78 mm) observées en début de saison de
pêche étaient de 0,62 homard/casier, soit 2,2
fois moins élevées qu’en 1996 (Figure 5).
Ces
données
tiennent
compte
de
l’augmentation de la taille commerciale de
2 mm. En milieu de saison de pêche 1997,
les PUE étaient encore plus faibles qu’en
début de saison, soit 0,39 homard /casier,
comparativement à 0,96 homard/casier en
1996. Les PUE de la fin de la saison étaient
de 0,38 homard/casier. Elles étaient un peu
plus élevés qu’au cours des dernières
années, suggérant une déplétion de biomasse
par la pêche peut-être moins forte que par
les années passées.
Débarquements (t)
1000
Gaspésie
Zone 20
Zone 21
Zone 19
500
0
45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95
Années
début
Figure 4. Débarquements (t) de homard en
Gaspésie de 1945-1997.
milieu
PUE (nombre/casier)
1,5
Dans les zones 21A et 21B, la diminution a
été de 5 % et de 34 % respectivement. Dans
chacune de ces zones, les débarquements
étaient de 23 t et 9 t en 1997. Dans la zone
21B, une pêche effectuée au cours de
l’automne 1996 (permis à la bande Mi’gmaq
de Listuguj) aurait prélevé entre 3 et 10 t de
homard.
fin
1,0
0,5
0,0
86
87
88
89
90
91
92
93
94
95
96
97
Années
Figure 5. Prises par unité d’effort (PUE) en
nombre de homards par casier en début,
milieu et fin de pêche en Gaspésie de 1986 à
1997 . Homards de taille commerciale (≥76 mm
avant 1997 et ≥78 mm en 1997).
Le niveau des débarquements observé en
1997 est semblable à ce qui avait déjà été
observé au cours des années 1980, exception
faite du pic de 1983 où l’on avait enregistré
des débarquements de 819 t. C’est à partir
de 1990 que les débarquements ont
augmenté régulièrement, jusqu’au pic de
1995 et 1996, où l’on franchissait la barre
Les PUE des pêcheurs-repères des zones
20A, 20B et 21AB ont toutes diminué en
1997. C’est dans la zone 20A que la
-8-
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
direction des vents, la couverture de glace,
la condition du homard en début de saison et
l’incidence de mue du homard en 1996 ont
aussi été examinés et laissent voir qu’ils ne
peuvent à eux seuls expliquer la situation
observée en 1997. D’un autre côté, l’impact
de facteurs telle l’abondance de capelan n’a
cependant pas pu être déterminé. Une
analyse de l’évolution des taux de capture
enregistrés auprès des pêcheurs-repères a été
réalisée et montre que le profil observé en
1997 par rapport à 1996 ne peut résulter
uniquement d’une diminution de la
capturabilité. Il est vraisemblable qu’il y ait
eu aussi une diminution de la biomasse
accessible à la pêche, autre que celle
occasionnée par l’augmentation de la taille
minimale.
diminution a été la plus marquée alors que
les PUE moyennes pour la saison sont
passées de 0,43 kg/casier à 0,22 kg /casier,
soit une diminution de 49 %. Dans la zone
20B, les PUE moyennes étaient aussi à 0,22
kg/casier en 1997, ce qui représente une
diminution de 37 % par rapport à 1996.
Dans la zone 21A et 21B (combinées), les
PUE moyennes se situaient à 0,14 kg/casier
en 1997, soit une baisse de 18 % par rapport
à l’an dernier.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la
baisse des captures et des taux de capture
observée en 1997. L’augmentation de la
taille minimale de capture constitue un
premier facteur ayant pu affecter les
débarquements. On a calculé qu’en 1996, la
fraction des débarquements constituée de
homards dont la taille se situait entre 76 et
78 mm était de 15 % en poids et près de
20 % en nombre. Cette biomasse sera
toutefois accessible en 1998. Un effort de
pêche moins élevé en 1997 pourrait
expliquer une mince partie de la diminution.
Selon les informations obtenues des
pêcheurs-repères, l’effort de pêche déployé
en 1997 aurait été de 4 % inférieur à celui
déployé en 1996. Un sondage mené auprès
des pêcheurs au cours de l’été et de
l’automne 1997 a révélé que pour la majeure
partie de ceux-ci, la diminution des
débarquements serait attribuable à des
conditions environnementales défavorables
plutôt qu’à une diminution de la ressource.
Une analyse exhaustive des facteurs
potentiellement
responsables
de
la
diminution a été réalisée. L’analyse des
données de température provenant des
thermographes installés sur les casiers de
certains pêcheurs-repères a révélé que la
saison de pêche 1997 avait été aussi chaude
que celle des 2 années précédentes, et que la
capturabilité du homard n’aurait pu
vraisemblablement être affectée par ce
facteur et ce, même en début de saison.
D’autres facteurs tels que la vitesse et la
Composition des captures
On avait observé l’an dernier que la taille
moyenne des homards capturés en début et
milieu de pêche avait eu tendance à
diminuer depuis 1993, reflétant une situation
de taux d’exploitation élevé et de grande
dépendance du succès de la pêche sur le
recrutement annuel. Le taux d’exploitation
calculé en 1996 était
de 84 %
comparativement à 71 % en 1995. Il n’est
donc pas étonnant de constater que
l’augmentation de la taille minimale de
2 mm mise en place en 1997 ait eu un effet
visible sur la taille moyenne des homards
débarqués. En effet, elle a augmenté de
1,1 mm, 1,7 mm et de 2,8 mm en début,
milieu et fin de la saison respectivement, par
rapport à 1996. Ceci est un effet positif qui
vient renverser la tendance observée depuis
1993. De façon générale, le niveau
d’exploitation du homard en Gaspésie est
très élevé et l’obligation de resserrer les
mesures de conservation est justifiée.
Un échantillonnage en mer mené pour la
première fois en 1997 dans la zone 21 a
révélé des différences dans les taux de
capture ainsi que dans la composition de
-9-
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
les
faire
augmenter
considérablement.
celles-ci, comparativement aux autres
secteurs de la Gaspésie. Le pourcentage de
femelles oeuvées était beaucoup plus élevé,
atteignant 32 % en milieu de saison. De
plus, la taille moyenne des homards capturés
a augmenté en fin de saison attaignant
88,9 mm, ce qui est plus élevé que ce qui a été
observé dans la zone 20 à pareille date
(84,1 mm). Ceci suggère que vers la fin de la
saison de pêche, il y aurait une migration de
homards de taille relativement grande dans
cette zone, et qui d’ailleurs aurait aussi
contribué à l’augmentation des taux de
capture observée en fin de saison. En effet, ils
sont passés de 0,22 à 0,37 homard/casier entre
le milieu et la fin de la saison.
de
poids
Anticosti (zone 17) et Côte Nord (zones 15,
16, 18)
Les captures réalisées autour de l’Île
d’Anticosti (essentiellement du côté est)
étaient de 165 t en 1997, comparativement à
155 t en 1996. C’est un des rares endroits au
Québec où les captures n’ont pas diminué.
La population de homard de l’Île d’Anticosti
(zone 17) a été échantillonnée en mer en
1997, en milieu et fin de saison de pêche.
Les PUE rapportées en nombre de homards
par casier étaient nettement plus élevées que
partout ailleurs (1,62 et 0,75 homards/casier
en milieu et fin de pêche respectivement).
Par ailleurs, les homards capturés étaient
beaucoup plus gros que ce qui est
habituellement rencontré ailleurs (94,1 et
94,7 mm en milieu et fin de pêche). La
structure démographique caractérisée par la
présence de plusieurs classes de mue,
indique
un
taux
d’exploitation
vraisemblablement beaucoup plus faible que
celui observé en Gaspésie et aux Îles-de-laMadeleine.
Perspectives pour 1998
L'abondance des homards dont la taille se
situe sous la taille commerciale (prérecrues)
peut constituer un indice de la quantité de
homards qui s'apprête à entrer dans la pêche
au cours des prochaines années. En fin de
saison 1996, la quantité de prérecrues dans
les casiers était très élevée, laissant présager
une année avec des débarquements très
élevés. Ce ne fut pas le cas. En 1997, à la fin
de la saison de pêche, la quantité de
prérecrues (72-76 mm ou 72-78 mm) était
plus faible qu’en 1996. Il est difficile
d’interpréter ces données. Peut-être en fait
que la quantité de prérecrues observée
dépend du niveau d’exploitation qu’il y a eu
au cours de la saison. Ainsi, durant une
année
d’exploitation
intensive,
on
retrouverait une grande quantité de
prérecrues en fin de saison, alors que si
l’intensité de l’exploitation était plus faible,
on retrouverait encore des homards
commerciaux et relativement moins de
prérecrues. Il est certain que les homards qui
ont été remis à l’eau en 1997 contribueront
davantage aux débarquements en 1998,
puisque la plupart d’entre eux auront
effectué une mue additionnelle contribuant à
Les débarquements enregistrés dans la
zone 15 en 1997 étaient beaucoup plus
élevés qu’en 1996, 24 t vs 14 t. Dans la zone
16, on a enregistré des débarquements de
13 t comparativement à 18 t en 1996 alors
que dans la zone 18, seulement 2 t ont été
enregistrées. Un échantillonnage en mer est
réalisé dans les zones 15 et 16 depuis 1993.
De manière générale, les taux de capture
diminuent à mesure que l'on se rapproche de
la limite nordique de distribution du homard.
Les taux de capture obtenus sur la Côte-Nord
sont nettement inférieurs à ceux observés
dans les autres régions. Ils se comparent à
ceux obtenus en fin de saison en Gaspésie ou
aux Îles-de-la-Madeleine. Les PUE des
homards de taille commerciale en début,
milieu et fin de saison de pêche de 1997
étaient respectivement de 0,39, 0,44 et de
- 10 -
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
0,23 homard/casier. Des taux de capture plus
élevés en début de saison de pêche, suivis
d’une diminution en milieu de saison avaient
caractérisé les saisons de pêche 1995 et 1996.
L’an dernier, on avait noté une diminution de
la taille moyenne des homards capturés entre
1993 et 1996. En 1997, la taille moyenne des
homards capturés était encore plus petite,
renforçant l’idée d’une augmentation du taux
d’exploitation. Nous n’avons pas de données
sur la taille à la maturité sexuelle des homards
de ce secteur. Dans cette région baignée par
des eaux relativement plus froides qu’en
Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, on
pourrait s’attendre à ce que la maturité
sexuelle soit atteinte à une plus grande taille.
Le cas échéant, la taille minimale de capture
de 76 mm pourrait ne pas être suffisante pour
assurer une production d’oeufs par recrue
adéquate.
Les mêmes problèmes de
conservation que ceux observés dans les
secteurs plus étudiés de la Gaspésie et des
Îles-de-la-Madeleine sont susceptibles d’être
rencontrés aussi sur la Côte-Nord.
risques sera publiée ultérieurement. Les
données nécessaires pour calculer la
production d’oeufs par recrue ne sont pas
disponibles pour les secteurs de la Côte
Nord et de l’Île d’Anticosti. Cependant, on
peut présumer qu’au mieux, la situation
observée sur la Côte Nord pourrait
ressembler à celle de la Gaspésie. Pour l’Île
d’Anticosti, on peut présumer que la
production d’oeufs est beaucoup plus élevée
que partout ailleurs. Dans ce cas précis, des
mesures de conservation additionnelles
auraient une valeur préventive beaucoup
plus que curative.
Îles-de-la-Madeleine
Jusqu’à présent, l’augmentation de la taille
minimale de capture de 1 mm aurait permis
d’accroître la production d’oeufs d’environ
1,06 fois par rapport au niveau calculé pour
une taille minimale de 76 mm. On a calculé
qu’avant l’augmentation de la taille
minimale de capture de 1 mm, la production
d’oeufs par recrue se situait en moyenne à
3 636 ±1 199 oeufs du côté sud et à 3 418
±1 097 oeufs du côté nord. Il n’y a pas de
différence significative dans le niveau de
production d’oeufs initial entre les deux
versants des Îles. Bien que la taille à
maturité sexuelle soit plus élevée du côté
nord (84 mm) que du côté sud (79 mm), le
fait que le taux d’exploitation soit plus faible
du côté nord permet d’avoir un niveau de
production d’oeufs équivalent à celui du
côté sud.
Mesures de conservation
Le Ministre des Pêches et des Océans a
exigé de chaque association de pêcheurs,
qu’un plan de conservation lui soit soumis
avant le début de la saison de pêche 1998,
contenant des mesures qui permettront de
doubler la production d’oeufs par recrue. Le
niveau actuel de production d’oeufs par
recrue ainsi que l’efficacité de différentes
mesures de gestion prises seules ou en
combinaison ont été évalués. Le modèle de
calcul qui a été utilisé est plus exact que
celui utilisé antérieurement et de plus, il
permet de tenir compte des incertitudes que
l’on a sur les données qui entrent dans le
modèle. Ceci nous amènera à donner un
intervalle de confiance aux résultats et
déterminer les risques de gestion c'est-à-dire
la probabilité qu’une mesure de gestion
donnée nous permette d’atteindre ou non
l’objectif de gestion fixé. Cette analyse de
Les mesures de gestion permettant de
doubler cette production sont présentées au
Tableau 2. Les mesures affectant
uniquement la taille minimale de capture ont
un effet similaire des deux côtés des Îles et
une augmentation de la taille minimale à
84 mm permet de doubler la production.
L’instauration d’une taille maximale de
capture de 127 mm (5 pouces) ou 121 mm
(4 ¾ pouces) et le marquage de femelles
oeuvées (v-notch, 10 %) sont efficaces
- 11 -
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
Tableau 2. Nombre de fois que la production d’oeufs par recrue sera augmentée par rapport au
niveau de 1996 (taille minimale de capture de 76 mm) par l’application de différentes mesures
de gestion.
Augmentation de la taille minimale de capture
Îles sud
Îles nord
Gaspésie
taille minimale
Îles sud
Îles nord
Gaspésie
Taille min
Taille max
↓mortal.
V-notch
Îles sud
Îles Nord
Gaspésie
76 mm
77 mm
78 mm
80 mm
82 mm
84 mm
1,0
1,0
1,0
1,06
1,06
1,15
1,14
1,20
1,41
1,38
1,59
1,79
1,72
2,24
2,24
2,16
3,12
Réduction de la mortalité par la pêche
de 10 % du niveau initial
78 mm
80 mm
82 mm
1,34
1,38
1,47
1,61
1,64
1,90
Réduction de la mortalité par la pêche
de 20 % du niveau initial
78 mm
80 mm
82 mm
1,60
1,72
1,86
1,99
2,0
2,61
1,89
2,0
2,37
2,29
2,39
3,11
Mesures combinées taille minimale, taille maximale,
réduction de la mortalité par la pêche et marquage des femelles oeuvées (v-notch)
78
78
78
78
80
80
80
82
127
127
121
121
127
127
127
127
10 %
10 %
10 %
10 %
10 %
10 %
10 %
1,9
1,68
1,74
2,45
2,17
2,33
3,0
2,22
2,56
2,41
3,05
3,49
2,33
2,92
3,57
2,95
1,72
1,57
2,41
2,18
1,80
2,54
lorsque combinés à des mesures de
réduction de la mortalité par la pêche ou
d’augmentation de la taille minimale de
capture. L’effet de ces mesures est
davantage marqué du côté nord, en raison de
taux d’exploitation moins élevés, ce qui
permet à plus de femelles d’atteindre ces
tailles et de bénéficier de cette mesure de
protection.
84
127
3,68
3,77
3,6
de-la-Madeleine. L’augmentation de la taille
minimale de capture à 78 mm a permis
d’augmenter la production de 1,20 fois. La
prochaine augmentation de 2 mm prévue en
1999 contribuera à augmenter la production
de 1,60 fois. En raison d’un niveau initial
d’oeufs par recrue relativement plus faible,
doubler la production d’oeufs en Gaspésie
sera donc plus facile qu’aux Îles-de-laMadeleine, mais n’apportera probablement
pas autant de bénéfices au chapitre de la
conservation. Si l’on opte pour une approche
qui a un fondement biologique et que l’on
cherche à fixer la taille minimale de capture
au-delà de la taille à la maturité sexuelle, on
se rend compte qu’il faudrait au minimum
tripler la production d’oeufs, si ce n’est la
quadrupler.
Gaspésie
En raison d’un taux d’exploitation élevé et
d’une taille à la maturité sexuelle élevée, la
production d’oeufs calculée en Gaspésie est
beaucoup plus faible que celle calculée pour
les Îles-de-la-Madeleine. La production
d’oeufs par
recrue
estimée
avant
l’augmentation de la taille de 2 mm était en
moyenne de 1 355 ± 544 oeufs. C’est
presque trois fois moins élevé qu’aux Îles-
- 12 -
Région Laurentienne
Le homard des eaux côtières du Québec
Conclusion
La diminution de la mortalité par la pêche
passe par une diminution de l’effort de
pêche: diminution du nombre de permis,
diminution du nombre de casiers ou de la
saison de pêche. Pour réduire la mortalité
par la pêche de 10 %, il faudrait
théoriquement réduire l’effort dans les
mêmes proportions. En pratique toutefois, la
réduction de la mortalité pourrait ne pas être
atteinte due à la capacité qu'ont les pêcheurs
de compenser la réduction d'effort en
augmentant leur efficacité de pêche. Par
ailleurs, la réduction de la saison de pêche,
amènera des résultats variables et qui seront
dépendants des changements saisonniers
dans la capturabilité du homard. Cette
capturabilité est déterminée par de
nombreux facteurs, dont notamment les
conditions environnementales et la stratégie
de capture exercée par le pêcheur (pêche de
poursuite ou d’interception). Ainsi, couper
une semaine en début de pêche aura plus
d'impact sur la réduction de la mortalité que
si l'on coupe une semaine en fin de saison de
pêche.
recrutées à la pêche. En conséquence, la
pêche sera moins dépendante du recrutement
annuel.
Pour en savoir plus:
Gendron, L. 1997. Le homard des eaux
côtières du Québec. MPO Pêches de
l'Atlantique. Rapport sur l'état des
stocks. C4-05.
Gendron, L. 1996. État des stocks de
homard des côtes du Québec en 1995 et
analyse des mesures de conservation.
MPO Pêches des l’Atlantique.
Document de recherche 96/123. 55 p.
CCRH, 1995. Un cadre pour la conservation
des stocks de homard de l’Atlantique.
53 p. + annexes.
Préparé par:
Louise Gendron
Tél.: (418)775-0618
Fax. : (418)775-0542
Courrier électronique: gendronl@dfo-mpo.gc.ca
L’instauration de mesures de conservation
additionnelles
diminuera
la
fraction
exploitable de la ressource. En conséquence,
les captures seront moins élevées en terme
de nombre d’individus. Cependant, une
augmentation de la taille minimale de
capture permettra de diminuer la surpêche
de la croissance. Les individus qui seront
remis à l’eau et qui auront survécu jusqu’à la
prochaine année (85-90 % de ceux-ci)
auront presque doublé leur poids. Cette
mesure entraînera un gain net au niveau du
rendement de ces individus dans la pêche.
Par ailleurs, une diminution de la mortalité
par la pêche sur la fraction exploitable
permettra à plus d’individus de réaliser leur
plein potentiel de croissance, ce qui aura pour
effet de générer une structure démographique
caractérisée par plus de gros individus et
moins centrée sur les tailles nouvellement
! "#$ %&'
( )*+
,-
)). '/'01
- ! - -- 2
3
- 13 -
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising