Centre de foresterie de l’Atlantique – une différence importante

Centre de foresterie de l’Atlantique – une différence importante
Service canadien des forêts
Centre de foresterie de l’Atlantique – une différence importante
Note d’impact no 59
Utilisation de saules indigènes pour la mise en valeur des sites
Le Canada compte 76 essences de saules indigènes réparties dans chaque région du pays. Le
saule est habituellement l’une des premières essences à apparaître après des perturbations et il
peut survivre sur des sites qui se révèlent souvent difficiles pour d’autres essences.
Malgré cette riche diversité de l’espèce et son importance écologique,
on s’est peu intéressé à nos saules indigènes comme ressource
possible pour la mise en valeur des terres suivant des perturbations
comme l’exploitation minière. Les recherches réalisées par M. Alex
Mosseler, Ph. D., du Service canadien des forêts, ont démontré que
deux espèces, le saule de l’intérieur (Salix interior) et le saule à tête
laineuse (Salix eriocephala), semblent bien adaptées pour les anciens
sites de mines de charbon très touchés. Le saule de l’intérieur peut
également être une essence utile pour la remise en état des sites
de sables bitumineux, car il s’agit d’un envahisseur naturel et d’un
colonisateur des résidus de sables bitumineux en Alberta.
La plupart des espèces de saules peuvent produire des racines à
partir de boutures de tiges dormantes. Un clone (plante avec la
même constitution génétique) peut être produit en prélevant plusieurs
boutures d’un seul plant. Ces clones peuvent ensuite être soumis à
des essais sur le terrain afin de déterminer comment ils réagissent aux
diverses conditions environnementales. Les chercheurs font des essais
sur la façon dont des végétaux qui proviennent d’environnements
différents se comportent lorsqu’ils poussent dans des conditions
similaires (un jardin commun). En 2005, M. Mosseler a réalisé au
Jardin botanique de Montréal des expériences en jardin commun
pour les saules.
Évaluation du rendement de végétaux provenant de populations
naturelles par rapport à des clones sélectionnés
En 2008, on a commencé à mener une série d’expériences sur le
terrain en jardin commun au site de déblais de la mine de charbon
de Salmon Harbour, près de Minto, au Nouveau-Brunswick. Le site
consiste principalement en du terrain de couverture de schiste qui a
récemment été nivelé et paysagé. La qualité du site est généralement
mauvaise, avec peu de matière organique, peu d’azote et des niveaux
d’acidité dont le pH varie entre 3,6 et 6,8. M. Mosseler a utilisé des
clones sélectionnés provenant des expériences antérieures menées au
Jardin botanique de Montréal, ainsi que des clones de sept espèces
de saules indigènes au Québec et en Ontario qui ont été recueillies
en 2008.
On a évalué la survie et la croissance des clones de saules
sélectionnés du Jardin botanique de Montréal et de ceux provenant
de populations naturelles. M. Mosseler a établi que les clones du
Jardin botanique de Montréal avaient un meilleur taux de survie
et plus de biomasse et produisaient plus de tiges par taillis que
les clones obtenus directement des populations naturelles sans
essais préalables sur le terrain. Cela démontre qu’en sélectionnant
de meilleurs clones, on peut rapidement améliorer le rendement, et
ce, même dans des conditions difficiles. Le saule de l’intérieur et le
saule à tête laineuse ont été ceux qui ont eu un meilleur taux de survie
et ont produit le plus de biomasse aérienne.
Évaluation du rendement du saule sur des sites perturbés
Le saule indigène présente un potentiel formidable pour la remise
en état de zones très touchées, comme des sites miniers. Le sol
des sites touchés, comme les sites de déblais miniers ou de sables
bitumineux, est souvent de mauvaise qualité (peu de matière organique
présente, acidité élevée, profil de sol rocheux et mince, faible activité
microbienne, etc.). Cependant, nos saules indigènes sont bien adaptés
pour coloniser ces sites perturbés.
Le saule de l’intérieur est un envahisseur naturel et un colonisateur des
résidus de sables bitumineux. Il a un système de racines latérales étalé
qui peut produire une colonie à plusieurs tiges par drageonnement,
de façon semblable au peuplier faux-tremble (Populus tremuloides).
De plus, ses racines peuvent aller chercher de l’eau profondément
dans le sol, ce qui fait de ce saule indigène à l’Amérique du Nord
une essence très recherchée pour la stabilisation du sol le long des
cours d’eau, sur les berges et dans les zones sujettes à l’érosion et
à l’inondation.
En plus des différences en ce qui concerne la survie et la production de
biomasse, M. Mosseler a remarqué des différences pour l’architecture
de la cime. Certains clones avaient un couvert beaucoup plus diffus,
ce qui pourrait offrir un couvert de protection ou une culture-abri
pendant des activités de remise en état des forêts.
M. Mosseler a également évalué le rendement du saule dans un sol très
acide, ce qui est souvent un problème pour la croissance des végétaux.
Dans des conditions de pH extrêmement faible, les métaux lourds
possiblement toxiques présents dans le sol deviennent plus solubles
et peuvent être absorbés par les végétaux, ce qui peut entraîner des
conditions toxiques pour les végétaux.
On a planté des saules sur un site argileux très acide (pH = 3,6) et
sur un site de morts-terrains de schiste neutre (pH = 6,8). L’analyse
foliaire a révélé que les saules qui ont poussé sur le site argileux
acide ont éliminé de 1,5 à 5 fois plus de magnésium, de manganèse,
de fer, d’aluminium et de soufre que ceux qui ont poussé sur le
site de morts-terrains de schiste au pH neutre. Malgré l’absorption
plus élevée de métaux des végétaux sur le site acide, les saules ont
poussé relativement bien et présentaient peu de toxicité. La capacité
des saules à éliminer ces métaux du sol variait selon les essences
et les clones.
Le saule indigène présente un potentiel formidable pour la remise
en état de sites perturbés. Le travail de recherche de M. Mosseler
démontre que l’on peut rapidement améliorer le rendement du saule
(survie, production de biomasse, tolérance à un faible pH, capacité
d’éliminer les métaux lourds, etc.) sur les sites touchés par une
sélection adéquate des clones.
La capacité de survie du saule et sa croissance varient selon les clones
et les sites, ce qui indique une génétique robuste par interaction avec
l’environnement. Cela démontre la possibilité de travailler avec nos
essences de saules indigènes afin de mettre au point des clones
qui conviennent à des usages bien précis. Cela donne également à
penser que nous devrions sérieusement songer à utiliser des saules
indigènes pour remettre en état des zones perturbées, comme les
sites de sables bitumineux ou de déblais miniers.
Pour de plus amples renseignements, communiquez avec :
M. Alex Mosseler, Ph. D.
Chercheur scientifique
Ressources naturelles Canada
Service canadien des forêts, Centre de foresterie de l’Atlantique
Case postale 4000
Fredericton (Nouveau-Brunswick) E3B 5P7
Téléphone : 506-452-3500
Courriel : Alex.Mosseler@Canada.ca
Note d’impact no 59
No de cat. Fo103-3/59-2015F-PDF (En ligne)
ISBN 978-0-660-03230-6
Also available in English under the title: Using native willows for site
reclamation
Pour obtenir des renseignements sur les droits de reproduction, veuillez
communiquer avec Ressources naturelles Canada à
nrcan.copyrightdroitdauteur.rncan@Canada.ca.
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre des
Ressources naturelles, 2015
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