Canada Enquete longitudinale rationale sur les enfants et les jeunes

Canada Enquete longitudinale rationale sur les enfants et les jeunes
89-550-MPF
N° 89-550-MPF au catalogue, n 1
no. 1
c. 2
Enquete longitudinale rationale
sur les enfants et les jeunes
Developpement des ressources
humaines Canada
Human Resources
Development Canada
Statistique
Canada
Statistics
Canada
Canada
Des donnees sous plusieurs formes
Statistique Canada diffuse les donnees sous formes diverses. Outre les publications, des totalisations habituelles et
speciales sont offertes. Les donnees sont disponibles sur Internet, disque compact, disquette, imprime d'ordinateur,
microfiche et microfilm, et bande magnetique. Des cartes et d'autres documents de reference geographiques sont
disponibles pour certaines sortes de donnees. Lacces direct a des donnees agregees est possible par le truchement
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(403)
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1 800 363-7629
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ERRATA
Grandir au Canada
N° 89-550-MPF au catalogue, n° 1
Des corrections ont ete apportees aux pages suivantes dans l'article D'011 vient le
temperament difficile des enfants ? :
Les titres des graphiques 2, 3, 4 et 5 (pages 68 a 70) devraient se lire comme suit :
Graphique 2. Pourcentage d'augmentation (reduction) du risque de percevoir un
bebe de 3 a 11 mois comme etant difficile : facteurs lies a la famille
Graphique 3. Pourcentage d'augmentation (reduction) du risque de percevoir un
1)&6 de 3 a 11 mois comme etant difficile : caracteristiques des freres et soeurs
Graphique 4. Pourcentage d'augmentation (reduction) du risque de percevoir un
bebe de 12 a 23 mois comme etant difficile : facteurs lies a la famille
Graphique 5. Pourcentage d'augmentation (reduction) du risque de percevoir un
bebe de 24 a 36 mois comme etant difficile : facteurs lies a la famille
Aux pages 67, 68 et 69 dans le texte, les termes «probabilite. et «chances» doivent etre
remplaces par le terme approprie de «risque..
Grandir au Canada
Enquete longitudinale nationale
sur les enfants et les jeunes
Publication autorisee par le ministre responsable de Statistique Canada
© Ministre de l'Industrie, 1996
Tous droits reserves. II est interdit de reproduire ou de transmettre le contenu de la presente
publication, sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, enregistrement sur
support magnetique, reproduction electronique, mecanique, photographique, ou autre, ou de
l'emmagasiner dans un systeme de recouvrement, sans l'autorisation ecrite prealable des
Services de concession des droits de licence, Division du marketing, Statistique Canada,
Ottawa, Ontario, Canada K1 A OT6.
Novembre 1996
Prix : Canada : 25 $
Etats-Unis : 30 $ US
Autres pays : 35 $ US
N° 89-550-MPF au catalogue, n° 1
Periodicite : irregulier
ISSN 1205 6855
ISBN 0-660-95270-X
Ottawa
This publication is available in English upon request (Catalogue no. 89-550-MPE, no. 1).
Developpement des ressources humaines Canada
Statistique Canada
Note de reconnaissance
Le succes du systeme statistique du Canada repose sur un partenariat bien etabli entre
Statistique Canada et la population, les entreprises, les administrations canadiennes et les
autres organismes. Sans cette collaboration et cette bonne volonte, it serait impossible de
produire des statistiques precises et actuelles.
Donny es de catalogage avant publication (Canada)
Vedette principale au titre:
Grandir au Canada.
(Enquete longitudinale nationale sur les enfants
et les jeunes (Canada), 1205-6855; no 1)
Publ. en collab.: Developpement des ressources
humaines Canada.
Publ. aussi en anglais sous le titre: Growing up in
Canada.
ISBN 0-660-95270-X
CS89-550-MPF no 1
1. Enfants — Canada — Statistiques. I. Statistique
Canada. II. Canada. Developpement des ressources
humaines Canada.
HQ792.C2 G7614 1996
C96-988021-9
305.2'3'0971
Prologue
Faire en sorte que tous les enfants partent du bon pied dans Ia vie pour assurer leur bien-titre, leur sain
developpement et leur reussite dans notre societe en evolution, voila sOrement une aspiration que nous
partageons tous. Tous les jours, au Canada, des parents, des enseignants, des benevoles de Ia collectivite,
des fournisseurs de services et tous les paliers de gouvernement s'efforcent d'atteindre cet objectif.
Cependant, il y a encore beaucoup de choses que nous ignorons au sujet des enfants du Canada,
notamment Ia facon dont ils s'en sortent en cette époque de changements rapides. L1Enquete longitudinale
nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ), entreprise conjointement par Developpement des ressources
humaines Canada et Statistique Canada, represente une &ape importante pour nous aider a en apprendre
davantage sur le developpement actuel de nos enfants et sur ce que nous pouvons faire pour mieux les
preparer a affronter les defis de demain.
12ELNEJ est un programme de recherche a long terme qui suivra litteralement un vaste echantillon
d'enfants au fil de nombreuses annees, ce qui nous permettra de suivre egalement leur bien-titre et leur
developpement. Elle ameliorera du meme coup notre comprehension des facteurs qui menent a un
developpement positif, c'est-A-dire a requilibre, au bonheur, a Ia realisation des objectifs personnels et a
('acquisition continue du savoir qu'exigera I'avenir.
Quand on pense aux enfants du Canada, de nombreuses questions demeurent toutefois sans reponse.
Par exemple, combien d'entre eux risquent d'echouer a l'ecole ou dans d'autres domaines de la vie, et pourquoi ?
Quels peuvent etre les moments decisifs de leur vie ? Comment se fait-il que des enfants qui semblaient
voiles a l'echec reussissent a devenir des adultes productifs qui participent pleinement a Ia vie de Ia societe ?
Voila le genre de questions auxquelles I'ELNEJ fournira une amorce de reponse.
Ce rapport contient plusieurs des premieres analyses effectuees a partir des donnees de I'ELNEJ. On y
presente les observations et les conclusions d'etudes entreprises par divers specialistes en matiere de
developpement de ('enfant. Ces etudes temoignent de Ia richesse et de Ia diversite de Ia base de donnees
de l'enquete, dont le potentiel analytique croitra enormement au cours des annees a venir, alors que d'autres
cycles de l'enquete seront completes.
Nous esperons que I'ELNEJ deviendra pour vous une source precieuse de renseignements que vous
pourrez utiliser pour aider les enfants de votre entourage et de votre collectivite. Nous avons tous un role a
jouer dans Ia vie de nos enfants, et nous souhaitons que les recherches basees sur les donnees de l'enquete
puissent nous eclairer et nous inspirer, de fawn a ce que nous puissions jouer notre role de Ia meilleure
facon possible.
Mel Cappe
Sous-ministre
Developpement des ressources humaines Canada
4
Ivan P. Fel
Statisticien en chef du Cana
Table des matieres
Page
I:Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes : un element essentiel au
developpement d'une societe de l'apprentissage au Canada
7
Daniel P. Keating et J. Fraser Mustard
Apergu : Les enfants du Canada durant les annees 90
17
David P. Ross, Katherine Scott et Mark A. Kelly
53
Les debuts
Lynn McIntyre
D'ou vient le temperament difficile des enfants ?
65
Claude L. Normand, Mark Zoccolillo, Richard E. Tremblay, Lynn McIntyre, Bernard Boulerice,
Pierre McDuff, Daniel Perusse et Ronald G. Barr
Indicateurs de la performance en mathematiques dans les ecoles primaires du Canada
79
J. Douglas Willms
Glue savons-nous des enfants de families dirigees par une mere seule ? Questions et
reponses tirees de l'Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
95
Ellen L. Lipman, David R. Offord et Martin D. Dooley
Histoires de families reconstituees
105
David Cheal
Les pratiques parentales influencent bel et bien le developpement des enfants du Canada
117
Sarah Landy et Kwok Kwan Tam
Problemes affectifs et comportementaux
135
David R. Offord et Ellen L. Lipman
Les enfants du Canada deviennent-ils plus agressifs a l'approche de ('adolescence ?
145
Richard E. Tremblay, Bernard Boulerice, Philip W. Harden, Pierre McDuff, Daniel Perusse,
Robert 0. Pihl et Mark Zoccolillo
159
Conclusion
Allan R. Taylor
A propos des auteurs
163
Annexe technique
169
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
-
L'Enquete longitudinale nationale sur les
enfants et les jeunes : un element essentiel
au developpement d'une societe de
l'apprentissage au Canada
Daniel P Keating et J. Fraser Mustard
tissage a rage adulte, nous devons realiser des
etudes longitudinales. De plus, nous avons besoin
d'un systerne de donnees longitudinales pour
evaluer le degre d'utilite des interventions durant
l'enfance qui pourraient reduire les effets Mayorabies aux &apes ulterieures de la vie. Eimportance
de cette information est d'autant plus grande que
les changements sociaux et technologiques
surviennent rapidement.
Dans un precedent travail de recherche,' nous
avons determine deux enjeux majeurs auxquels
des pays comme le Canada font face en cette
periode de profonds changements sociaux et economiques : construire un nouveau type d'economie
qui engendre la sante a partir des idees; et, durant
une *lode de profonds changements economiques et de ressources moindres, maintenir un
environnement social sain qui soit le meilleur pour
le developpement humain. Un element cle de notre
capacite a relever ces deux defis consiste a nous
assurer que nos ressources humaines — la sante,
la capacite d'adaptation, les competences et le
bien-titre de la population — sont soutenues
adequatement.
Changement technologique, croissance
economique et societe
Les periodes de grand changement technologique
peuvent perturber la cohesion et la stabilite sociales, ce qui peut engendrer des effets negatifs sur
le developpement de ('enfant ainsi que sur la sante
et le bien-titre de la population. II semble que nous
vivions actuellement une grande revolution
technologique.
II existe maintenant des preuves substantielles
indiquant que Ia qualite de vie au cours de la petite
enfance a des effets a long terme sur le rendement
scolaire des personnes, sur leur comportement
l'age adulte ainsi que sur leurs risques de souffrir
de maladies chroniques a l'Age adulte.' ,2 De plus,
nous savons que la qualite du milieu social dans
lequel vivent et travaillent les personnes et les
families a une incidence marquee a toutes les &apes
du developpement. Ainsi, les facteurs qui influent
sur le developpement des competences et des
habiletes d'adaptation au cours de l'enfance, de
meme que leur lien avec la capacite d'apprentissage,
la sante et le bien-titre aux etapes ulterieures de Ia
vie, sont devenus un sujet important.
La revolution technologique actuelle pourrait
avoir sur les societes un effet aussi marque que
les precedentes, que ce soit sur les plans &onomique, politique ou social. S'il est difficile de prevoir
tous les effets des grands changements technologiques, on sait qu'ils touchent les marches du
travail, la securite d'emploi et la stabilite sociale.
Voici quelques caracteristiques de cette revolution,
ob Ia puce electronique cherche a supplanter le
neurone
: 3' 4
• Le remplacement des fonctions exigeant un
faible niveau intellectuel par des dispositifs
electroniques — les guichets automatiques, les
Pour mieux comprendre le reseau de relations
entre les evenements qui se produisent durant
l'enfance et l'etat de sante ou la capacite d'appren-
7
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
D'une part, nous pourrions ne pas disposer des
ressources humaines necessaires pour soutenir la
croissance economique future. D'autre part, nous
pourrions nous retrouver avec un fardeau social
alourdi, decoulant des problemes qui ont pris
naissance au debut du developpement; cela
entrainerait, au fil des annees, des couts multiples
pour les personnes et la societe. Nous en trouvons
un bon exemple dans ('apparition des comportements
agressifs et antisociaux; it est beaucoup plus facile
de prevenir ces comportements en intervenant au
debut du processus de developpement que
d'essayer d'y remedier par des mesures correctives
une fois le probleme decele. 5
robots autonomes, les «pilotes automatiques”
des avions commerciaux, les dispositifs de
securite, ('automatisation des services, la
fabrication automatisee et flexible, les systemes
d'information planetaires, etc. II en resulte des
changements au chapitre de la productivite, de
Ia nature du travail, des marches du travail et
de la securite d'emploi.
• La capacite de mettre instantanement d'enormes
masses de connaissances a Ia disposition des
personnes branchees sur des reseaux electroniques et la creation de reseaux pedagogiques
insensibles aux frontieres geopolitiques
existantes. Cela modifie notre fawn de concevoir
I'apprentissage, nos etablissements d'enseignement et le recyclage de la main-d'oeuvre.
Au-dela des considerations liees a reconomie,
nous devons nous preoccuper de maintenir des
societes homogenes et stables face aux changements technologiques et demographiques rapides.
Une societe a caractere civique est done essentielle
A la prosperite economique et a Ia transmission du
capital social de generation en generation.
• La possibilite d'interagir au moyen de reseaux
mondiaux pratiquement instantanes dans une
multitude de domaines, allant de reducation et
de la formation aux loisirs, aux marches financiers
et aux activites commerciales et militaires.
L'interaction dynamique, au fil des ans, entre
les innovations sociales et les innovations technoeconomiques constitue l'une des fonctions cies qui
oriente le developpement humain. 3 Le maintien de
niveaux eleves d'adaptation, de competences, de
sante et de bien-titre est essentiel pour s'assurer
que cette orientation soit positive plutot que
negative.
• La transmission pratiquement instantanee de
l'information a des personnes de toutes les
regions du monde par I'entremise des medias
d'information et d'autres institutions du «monde
de ('information”, qu'ils soient objectifs ou non.
Cela pourrait changer les valeurs, les croyances,
les cultures et les concepts de travail.
• La possibilite de mettre a contribution ('infrastructure de la technologie de l'information au
profit de la collaboration et de ('innovation, dans
le contexte d'une activite decentralisee; cela rend
possible ('examen de problemes scientifiques,
economiques et sociaux complexes.
Heureusement, aujourd'hui nous comprenons
suffisamment bien les facteurs determinants de la
sante, du developpement humain et de la croissance
economique, de sorte que nous pouvons mieux
aborder cette transition que par le passe.
Developpement des habiletes durant
I'enfance et resultats ulterieurs
Comprendre et relever les deft sociaux
et economiques
Comme it a ete question, une des ressources dont
nous disposons est le nouveau cadre conceptuel,
qui peut englober ('ensemble des &apes du developpement humain : les mecanismes biologiques
et comportementaux individuels, les repercussions
longitudinales de la mise en oeuvre de ces mecanismes dans divers milieux sociaux, les modeles
de population decoulant de ces cheminements de
vie particuliers, les effets sur la sante et le bienetre et ('incidence de revolution des structures
sociales et economiques sur ces indicateurs de la
population et sur les fonctions societales.
En cette periode d'evolution rapide, it importe de
reconnaitre rinterdependance du developpement
economique et du developpement social. Les
nouvelles economies qui connaitront du succes
attacheront une grande importance a Ia connaissance et ('innovation, lesquelles dependent des
ressources humaines de la societe. II faut investir
a toutes les etapes du developpement humain, et
plus particulierement au cours des premieres
annees de vie, faute de quoi la prosperite economique future sera doublement mise en peril.
8
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Des preuves recentes indiquent que certaines
societes ont de Ia difficulte a s'adapter aux
changements socioeconomiques actuels. Un des
besoins importants consiste a suivre les effets de
ces changements sur les enfants pour evaluer la
capacite d'une societe a faire face au changement.
Les problemes de sante mentale chez les enfants
et la proportion d'enfants qui font leur entrée dans
le systerne scolai re sans pouvoir s'y adapter
(certains d'entre eux devenant memo antisociaux)
font foi des effets des carences observees durant
l'enfance. Une etude longitudinale pourrait aider
determiner les indices du developpement humain
qui, a long terme, sont les plus susceptibles d'avoir
des consequences nefastes sur le developpement.
Competences, habiletes d'adaptation et
sante
La mesure dans laquelle les personnes reussissent
a bien reagir aux stimuli de leurs milieux de vie et
de travail semble constituer un facteur important
qui influe sur la vulnerabilite a plusieurs problemes
de sante (allant des problemes cardiovasculaires
au suicide et aux accidents). Les competences et
les habiletes d'adaptation des personnes sont [lees
au developpement du cortex cerebral durant Ia
petite enfance. 6 En outre, nous comprenons mieux
aujourd'hui le cerveau et les mecanismes
biologiques qui ont un effet sur le developpement
et la manifestation des maladies a l'age adulte.
De ce nouveau cadre de comprehension
emergent des progres dans Ia connaissance des
facteurs a I'origine des gradients de la sante selon
le revenu et la classe sociale. Ces differences
apparaissent comme des gradients dans lesquels
les personnes aux niveaux socioeconomiques plus
faibles demontrent des niveaux eleves de manifestation des maladies.
Deux secteurs de recherche enrichissent notre
comprehension de ces mecanismes biologiques.
Le premier est celui de la recherche on neurosciences, qui permet de mieux saisir la fawn dont
les milliards de neurones du cortex cerebral se
differencient et developpent leurs fonctions
specialisees au cours de l'enfance. 6 Puisque cette
partie du cerveau et ses etroites connexions sont
des elements cies de la sensation, de la capacite
cognitive, du comportement, des competences et
des habiletes d'adaptation, son developpement
durant l'enfance influe considerablement sur le bon
fonctionnement aux etapes ulterieures de la vie.
La capacite des neurones de se differencier et
de developper leurs fonctions specialisees depend
de la qualite et de la quantite de Ia stimulation recue
par les neurones non differencies pendant les
*lodes critiques, ce qui determine bon nombre
des caracteristiques de base des neurones pour
les etapes ulterieures de la vie. Ces neurones
accomplissent I'essentiel de leur differenciation de
base pendant le developpement du cerveau, aux
derniers stades de la vie uterine et durant les
premieres annees de la vie. II semble difficile de
remedier, aux etapes ulterieures de la vie, aux
lacunes de la fonction neurale resultant d'une pietre
stimulation durant l'enfance.
Le tableau 1 resume les principaux resultats des
recherches en neurosciences. La qualite des milieux
sociaux ou grandissent les enfants, notamment en
ce qui a trait aux interactions avec les pairs et les
adultes, influe fortement sur la qualite de la stimulation durant l'enfance et, par consequent, sur les competences et les habiletes d'adaptation par la suite.
Tableau 1. Les neurosciences et les enfants
Le developpement du cerveau avant l'age de 1 an est plus rapide et plus pousse qu'on ne le croyait.
Le developpement du cerveau est plus vulnerable qu'on le croit aux incidences environnementales.
Les effets de l'environnement dans les premieres annees de Ia vie sont persistants.
L'environnement influe sur le nombre de neurones du cerveau et sur la fawn dont ils sont
«interconnectes”.
• Nous avons maintenant des preuves de l'effet nefaste du stress dans les premieres annees de la vie
sur le developpement et le fonctionnement du cerveau.
•
•
•
•
Source : Mustard, E «Technology, information and the evolution of social policy: the chips for neurons revolution and socio-economic
change' dans Policy Frameworks for a Knowledge Economy, publie sous la direction de T J. Courchene, Bell Canada Papers on
Economic and Public, Kingston, John Deutsch Institute for the Study of Economic Policy, 1996.
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Le deuxieme element de preuve provient de
notre meilleure comprehension des effets des
reactions de l'individu aux stimuli sur les
mecanismes biologiques du corps. Ces stimuli ont
un effet considerable sur les mecanismes endocriniens du corps, comme le syndrome de combat
ou de fuite. 7
Les hormones liberties en reaction a un
stimulus, et plus particulierement les sterdides,
affectent d'autres systernes du corps, generalement
en inhibant leur fonction. Parmi les systernes
qu'inhibent les steroIdes, on retrouve le systerne
immunitaire, qui fait partie du systerne de defense
de rhote. Chez les animaux qui ne reagissent pas
bien aux stimuli, le niveau hormonal ne revient pas
rapidement au niveau observe au repos. Une
mauvaise reaction aux stimuli peut entrainer le
maintien de niveaux eleves de sterdides pendant
de plus longues periodes, ce qui merle a l'affaiblissement du systeme de defense de rhote et d'autres
fonctions corporelles et, par consequent, augmente
Ia vulnerabilite a la manifestation des maladies.
Les observations les plus recentes ont
debouche sur une meilleure comprehension du
reseau de relations entre ('esprit et le corps. Cela
permet de saisir la facon dont le developpement
des competences et des habiletes d'adaptation
durant l'enfance peut influer sur une grande variete
de causes de deces a rage adulte, notamment les
suicides, les accidents, certains cancers et les
maladies cardiovasculaires.
Competences, habiletes d'adaptation et
societe de I'apprentissage
Au fur et a mesure que s'est enrichie notre
connaissance du developpement du cortex cerebral
durant l'enfance, nous avons compris plus
clairement le reseau de relations entre ('experience
de Ia petite enfance et l'apprentissage a recole et
a rage adulte. Encore une fois, comme c'est le cas
pour la sante, les caracteristiques cognitives et
comportementales sont elles aussi influencees par
les conditions de vie durant l'enfance.
Les gradients socioeconomiques de l'apprentissage et de la capacite cognitive chez les
populations sont comparables a ceux de la sante.
Dans certains pays, ils ont peu d'effet, tandis que
dans d'autres, leur effet est prononce. Par exemple,
des tests internationaux en sciences et en
mathematiques4 ont mis en evidence un tres faible
gradient social chez les etudiants japonais et un
gradient fres fort chez les etudiants americains,
lorsqu'on prend en compte la classification de
l'emploi du pere (qui constitue une mesure brute
du statut socioeconomique).
Devant ('accumulation des preuves selon
lesquelles Ia petite enfance influe de facon
marquee sur nos competences, nos habiletes
d'adaptation, notre sante et notre bien-titre a l'age
adulte, it faut se poser une question importante :
que pouvons-nous faire, s'il est possible de faire
quoi que ce soit, pour reduire les risques de
problemes de developpement dans les milieux
familiaux et sociaux inadequats ?
La vigueur des debats entourant les facteurs
genetiques par opposition aux facteurs sociaux et
de ceux entourant ('experience dans les garderies
et a la prematernelle montre bien que la question
donne lieu a une guerre d'ideologies. La preuve
concernant les milieux sociaux provient de deux
champs d'enquete sur les conditions de vie durant
l'enfance et les evenements qui surviennent aux
etapes ulterieures de la vie.
Le premier ensemble de preuves est tire
d'etudes sur divers animaux, allant des rats aux
primates non humains. II est possible, dans le cadre
de telles etudes, d'etudier des cycles de vie
complets, ce qui n'est pas le cas lorsque les etudes
portent sur des sujets humains. La preuve bite
des etudes sur les animaux montre fres clairement
que les conditions de vie durant l'enfance ont une
incidence considerable sur le developpement du
cortex cerebral et sur son fonctionnement aux
&apes ulterieures de la vie.
Dans le cas des macaques rhesus, on a
constate que lorsqu'on ne prend pas bien soin des
membres du groupe vulnerable sur le plan
genetique, ceux-ci n'obtiennent pas de bons
resultats en ce qui a trait a leur developpement
ulterieur et a leurs habiletes d'adaptation a l'age
adulte. Lorsque confrontes a un stimulus, ils
secretent une grande quantite d'hormones relives
au stress, et le niveau de ces hormones ne revient
pas rapidement a celui observe au repos. Par
contre, les membres du groupe vulnerable sur le
plan genetique mais qui ont beneficie de bons soins
dans leur jeune age obtiennent de bons resultats
et deviennent souvent des meneurs. Lorsqu'ils sont
soumis a un stimulus, ces animaux secretent une
quantite d'hormones rel lees au stress aussi
EnquOte longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
importante que les membres du groupe dont on
n'a pas bien pris soin, mais leur niveau hormonal
revient rapidement a celui observe au repos.
rapporte au moins sept dollars. L.:etude, qui
corrobore les resultats des etudes sur les animaux,
montre que la qualite du developpement durant la
petite enfance a des effets a long terme, jusque
dans la vie adulte. En outre, elle revele que les
reseaux de soutien social mis a la disposition des
enfants durant la petite enfance sont utiles pour
prevenir ('apparition ulterieure de certains
problemes.
Meme si le facteur genetique est important, Ia
facon dont on prend soin des personnes et les
influences sociales pendant la petite enfance
semblent revetir encore plus d'importance face au
developpement des competences et des habiletes
d'adaptation de merne qu'a la vulnerabilite aux
evenements qui surviennent plus tard dans la vie. 8-"
D'apres les connaissances les plus recentes
sur Ia facon dont le cortex cerebral se developpe,
it existe des raisons de penser que les resultats de
la High Scope Study auraient ete meilleurs si
('intervention avait commence plus tot. Certaines
observations ont ete faites sur des interventions
qui ont lieu durant les deux premieres annees de
la vie ainsi que sur les effets sur le developpement
a rage de 2 ans. 14 A la naissance, un groupe
d'enfants jamaYcains a risque eleve ont ete repartis
au hasard en quatre groupes (aucune intervention,
bonne alimentation, stimulation, stimulation et
bonne alimentation) et ont ete observes jusqu'a
rage de 2 ans.
En raison des difficultes que pose retude de
notre propre espece, la preuve tiree des etudes de
respece humaine est incomplete et moins substantielle que celle decoulant des etudes sur les
primates. Letude intitulee High Scope Study, d'une
grande importance malgre sa faible envergure, a
illustre les effets a long terme des evenements qui
surviennent durant la petite enfance. 12,13
Des enfants ayant entre 3 et 6 ans et vivant
dans des milieux sociaux pauvres ont ete choisis
au hasard pour faire partie de groupes d'intervention et de non-intervention. Les enfants du
groupe d'intervention beneficiaient d'un “parent ou
enseignant remplacanto cinq jours par semaine, en
groupes de cinq ou six. L'intervention «prescolairen
prenait fin a six ans.
Au terme de cette periode, les membres du
groupe qui avaient rect., stimulation et bonne
alimentation avaient atteint le merne niveau de
developpement que les enfants du groupe normal.
Chez les membres des groupes qui avaient
beneficie soit de la stimulation, soit d'une bonne
alimentation, le niveau de developpement a ('age
de 2 ans equivalait a 50 % du niveau observe
aupres du groupe temoin. Malheureusement, on
n'a pas etudie reffet de ces interventions en bas
age aupres d'enfants a risque sur les etapes
ulterieures du developpement et sur les risques
pour la sante a rage adulte, bien que des etudes a
ce sujet soient toutefois en cours.
On n'a pas constate d'amelioration considerable du 01 chez les enfants du groupe d'intervention par rapport a ceux du groupe de nonintervention. Toutefois, plus tard dans la vie, on a
observe chez les enfants du groupe d'intervention
un plus grand nombre de personnes scolarisees,
un taux de grossesses a ('adolescence inferieur de
40 %, des mariages plus stables, une meilleure
reussite professionnelle et une plus faible
proportion de criminels et de consommation de
drogues. On a reetudie les membres des groupes
vers la fin de leur vingtaine. Une fois de plus, les
resultats des membres du groupe d'intervention
etaient sensiblement meilleurs que ceux des
membres de l'autre groupe. Aspect important : on
observait beaucoup moins de problemes de sante
mentale chez les membres du groupe d'intervention.
Des etudes par observation ont donne des
resultats comparables a ceux des etudes par
intervention. L'observation realisee par Werner 15
aupres d'un groupe d'enfants nes sur rile de Kauai,
dans les annees 1950, a montre que les enfants
issus de milieux socioeconomiques pauvres mais
qui ont pu beneficier d'interactions positives avec
des «parents ou grands-parents remplacantso ont
beaucoup mieux reussi plus tard dans la vie que
les enfants qui n'avaient pu profiter du soutien des
adultes. Comme c'etait le cas avec les macaques
rhesus, cela demontre que le soutien des adultes
aupres des enfants peut provenir d'une personne
autre qu'un parent biologique.
On reconnait de plus en plus souvent que
plusieurs des problemes de sante mentale chez
les jeunes sont relies a des difficultes eprouvees
dans Ia petite enfance. D'apres cette etude, on a
calcule que chaque dollar investi dans les
interventions aupres des enfants de 3 a 6 ans a
1.1
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
L'ELNEJ et Ia societe de l'apprentissage
L'ELNEJ peut fournir a ce sujet des renseignements nouveaux importants, de deux fawns.
Premierement, elle donne, a l'echelle de Ia
population, un «instantane» clair et raisonnablement complet de la mesure dans laquelle les
enfants reussissent a se developper dans leurs
premieres annees, ainsi qu'un «instantane ,) des
ressources dont disposent la famille et la collectivite
pour prendre soin des enfants aux etapes cruciales
de leur developpement. Les travaux de recherche
empiriques de ce volume, prepares a partir des
donnees du Cycle 1 de I'ELNEJ, offrent un bon
apergu initial de la valeur de cette base de donnees.
Toutefois, en plus du nouveau cadre de comprehension, nous avons besoin de renseignements
fiables sur la mesure dans laquelle Ia population
reussit a s'adapter au fur et a mesure que se met
en place ce nouveau pan d'histoire. L'Enquete
longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
(ELNEJ) constitue une nouvelle initiative importante
susceptible de combler les enormes lacunes en
matiere d'information qui nous empechent de
relever efficacement les doffs dont it est ici question.
II importe de comprendre la nature et I'ampleur des
lacunes sur le plan de l'information que I'ELNEJ
est censee combler. Au fur et a mesure que nous
avancons en cette periode d'evolution rapide, nous
devrons nous engager dans un processus
d'apprentissage continu pour determiner la ligne
de conduite a adopter afin de favoriser le
developpement des ressources humaines.
La deuxierne contribution, encore plus
precieuse, resultera de notre capacite de cerner,
aux cycles ulterieurs de l'ELNEJ, les consequences
des etapes du developpement dans les premieres
annees de vie. On ne saurait surestimer la quantite
et !Importance des renseignements que procureront ces etudes de suivi. Merle si nous saisissons
beaucoup mieux les mecanismes fondamentaux
du developpement en bas age, it nous est
actuellement impossible d'evaluer avec precision
ces repercussions au niveau de la population. De
plus, faute de suivi des modeles, nous ne pouvons
determiner si nous relevons bien ou mal les defis
de plus en plus importants qu'apportent les
changements sociaux et economiques rapides.
Certaines des conditions essentielles
redification d'une societe de l'apprentissage ont
ete mentionnees dans un document precedent, 3
ou it etait question du role cle que joue le
developpement dans les premieres annees de la
vie au regard du soutien des ressources humaines,
de ('importance du suivi et de la comprehension
du developpement humain a l'echelle des populations ainsi que du lien entre l'information a l'echelle
de la population et les mesures prises par les
collectivites. Si elle atteint ('ensemble de ses
objectifs, l'ELNEJ peut fournir un soutien essentiel
a chacune de ces composantes cies d'une societe
de l'apprentissage.
Observation du developpement humain au
sein de la population
Les societes ont besoin de renseignements
utilisables sur la mesure dans laquelle la population
reussit de merne que sur les aspects qui posent
probleme. II faut observer la situation a divers
niveaux (national, provincial, communautaire), car
des modeles importants se degagent a chacun de
ces niveaux. Pour etre efficace, un systeme doit
d'abord reposer sur un cadre national; c'est
precisement ce que I'ELNEJ peut fournir.
Periodes critiques du developpement
dans les premieres annees de la vie
Parce que les families ayant de jeunes enfants sont
particulierement vulnerables dans les periodes ou
se produisent des changements rapides sur les
plans social et economique, nous devons tenir
compte de ces *lodes critiques ou delicates dans
les premieres annees de Ia vie. Dans la mesure
sou les changements sociaux, economiques et
demographiques augmentent les facteurs de
risque, particulierement pour les jeunes enfants,
leurs consequences a long terme sur les ressources humaines de Ia population pourraient etre
graves et tits couteuses sous les aspects humain
et economique.
Nous devons nous livrer a diverses comparaisons importantes pour tirer lecon de notre
experience collective. Pour un indicateur donne,
est-ce que nous reussissons mieux ou moins bien
que l'annee derniere ou qu'il y a cinq ans ? Est-ce
qu'il y a des regions ou des collectivites qui relevent
mieux ces defis que d'autres ? 06 apparaissent
les problemes les plus importants pour les enfants
et les jeunes ? Quelles sont les repercussions a
plus long terme de ces problemes sur leur sante et
12
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
leurs competences ? Pour repondre a toutes ces
questions, it faut disposer d'estimations concernant
('ensemble de Ia population et avoir la capacite
d'observer le cheminement des personnes au
chapitre du developpement. L'ELNEJ presente un
potentiel unique en ce qu'elle peut repondre a cette
double exigence, cruciale pour l'observation du
developpement des ressources humaines.
A mettre en action pour modifier le systerne, it faut
porter attention aux facteurs sous-jacents
possibles. Un des atouts particuliers de I'ELNEJ
tient au fait qu'elle englobe un nombre appreciable
d'indicateurs lies aux mecanismes de developpement, comme la composition de la famille, le
bien-titre de la famille relativement a l'emploi et
l'economie, les pratiques parentales et les
ressources de Ia collectivite. L'inclusion de ces
variables et le suivi longitudinal des personnes nous
permettront a I'avenir d'elaborer certains modeles
causals susceptibles de deboucher sur une
prevention et une intervention efficaces aux niveaux
personnel, familial et communautaire. Plusieurs
travaux de recherche de ce rapport initial sur le
Cycle 1 de I'ELNEJ font Mat de la valeur de cette
approche et mettent en evidence les vastes
possibilites de l'enquete qui, dans ses cycles
ulterieurs, entrera dans la phase longitudinale.
Af in de mettre efficacement a contribution ces
connaissances, une societe capable d'adaptation
devra creer des reseaux dans le cadre de ces
multiples activites d'observation. Au fur et a mesure
que nous progresserons, it importera de faire appel
A I'ELNEJ pour etablir des liens entre les indicateurs
provinciaux, regionaux et communautaires du sain
developpement des enfants et des jeunes afin qu'il
soit possible d'edifier le genre de systerne
d'information dont les collectivites auront besoin
pour determiner dans quelle mesure elles
reussissent.
Soutien accorde a ('action communautaire
et aux liens dans les collectivites
II est interessant de remarquer le vif interet que
suscitent les indicateurs financiers et economiques
ainsi que leurs fluctuations au fil du temps. Tout
aussi interessant est le role que ces renseignements jouent dans la prise de decisions sociales. II
deviendra de plus en plus risque de prendre de
telles decisions en ('absence d'indicateurs aussi
fiables concernant les ressources humaines
l'echelle de la population, notamment parce que la
qualite de la population a un effet marque sur la
croissance economique.
Les collectivites devront participer a la recherche de solutions locales aux doffs cernes, cela pour
plusieurs raisons : les problemes varient selon les
collectivites, les solutions locales supposent la participation de segments plus varies de la population,
ce qui est le propre d'une societe a caractere civique, et les ressources budgetaires devront provenir
de diverses sources, pas seulement du gouvernement.
Les initiatives communautaires doivent pouvoir
s'appuyer les unes sur les autres plutot que d'exiger
un nouveau depart a chaque fois. A cet egard, le
gouvernement peut jouer un role de premier plan
en reservant des espaces publics sur ('autoroute
de ('information pour rendre possible les echanges
de renseignements au sein des collectivites et entre
celles-ci. Nous devons appliquer les notions
d'amelioration continue et de diffusion des
meilleures pratiques, comme on le fait dans le
secteur des entreprises.
En plus de l'observation, nous devons mener
des recherches continues en vue d'elaborer un
modele des indicateurs des resultats de la
population, et les mecanismes et cheminements
du developpement sur lesquels ils reposent. Par
exemple, nous savons que la valeur des gradients
lies a Ia classe sociale constitue un indicateur
important de la sante de la population.' Des
modeles comparables semblent etre obten us
relativement aux competences de la population
mesurees d'apres le rendement scolaire. II importe
de se rendre compte qu'au vu des gradients, ces
questions concernent egalement la classe
moyenne; it ne s'agit pas simplement d'une
question de pauvrete.
Cependant, toute cette activite d'apprentissage
l'echelle de Ia collectivite doit reposer sur des
renseignements fiables qui permettront de juger de
l'efficacite des solutions par des comparaisons sur
deux plans, c'est-a-dire dans le temps et selon les
differentes collectivites. L'ELNEJ fournit un cadre
de travail principal pour ce genre d'activites.
a
Pour bien comprendre les facteurs a l'origine
des gradients de la classe sociale, pour en
connaitre la source et pour determiner les leviers
13
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
quelle mesure nous reussissons et si nos tentatives
d'amelioration sont couronnees de succes.
LELNEJ est porteuse de grandes promesses en
ce qui a trait a la realisation de cette premiere &ape.
Est-ce que les societes peuvent apprendre
a s'adapter ?
Une tache d'envergure consistera a mettre en place
des mecanismes pour observer les resultats
importants sur le plan du developpement humain
et pour integrer les connaissances ainsi acquises
dans les politiques et la planification, a la fois dans
le secteur public et dans le secteur prive. Aucun
gouvernement ni aucune entreprise modernes ne
prendraient de decisions definitives en ('absence
de renseignements d'ordre economique, et la
plupart des nouvelles initiatives visant a changer
le monde materiel exigent une evaluation des
incidences environnementales. Toutefois, dans le
passe, les mecanismes de suivi necessaires
n'etaient pas en place pour les indicateurs du
developpement humain. Le principal interet de
I'ELNEJ est lie au fait qu'elle peut combler
I'essentiel cette lacune et servir de tremplin et de
catalyseur pour d'autres initiatives qui permettront
ensemble d'edifier le systerne d'information dont
nous avons besoin.
Bibliographie
1. Keating, D. P. et J. F. Mustard. «Social
economic factors and human development"
dans Family security in insecure times, publie
sous la direction de D. Ross, vol. 1, Ottawa,
National Forum on Family Security, 1993,
p. 87-105.
Toutefois, nous n'avons pas a batir un tel
reseau d'information a partir de zero. Certains
elements de ce reseau existent déjà; tl suffira de
peu de ressources pour en multiplier la force, ce
qui supposera une coordination amelioree et
continue. Un projet de premiere importance pour
une society de l'apprentissage consistera a creer
et a maintenir des possibilites de developpement
des connaissances aux niveaux de la collectivite
et de la society. A cette fin, it faudra concevoir les
meilleurs soutiens possible sur les plans technique
et social.
2.
Frank, J. F et J. F. Mustard. «The determinants
of health from a historical perspective" dans
Daedalus, vol. 123,1994, p. 1-19.
3.
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information age" dans Changing Maps:
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sous la direction de S. A. Rosell, Ottawa,
Carleton University Press, 1995, p. 205-229.
4.
Mustard, F «Technology, information and the
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revolution and socio-economic change" dans
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Policy, publie sous la direction de T. J.
Courchene, Kingston, John Deutsch Institute
for the Study of Economic Policy, 1996, p. 187216.
5. Tremblay, R. E. et W. M. Craig. «Developmental
crime prevention" dans Building a Safer
Pour ce qui est des enfants d'age scolaire et
prescolaire, il est evident que de nombreuses
caracteristiques de l'environnement social doivent
etre ameliorees pour obtenir des resultats optimaux
en matiere de developpement. A l'heure des
changements sociaux rapides, it serait imprudent
de presumer que ces tendances deboucheront
d'elles-memes sur des resultats positifs, sans que
nous ayons a deployer d'efforts volontaires. On
notera plus particulierement que les facteurs de
stress d'ordre social et economique auxquels sont
soumises bon nombre de families, surtout celles
ayant de jeunes enfants, ont une incidence negative
sur la capacite de ces families de satisfaire aux
principaux besoins en matiere de developpement.
Une etape essentielle de rectification d'une society
de l'apprentissage consiste a determiner dans
Society: Strategic Approaches to Crime
Prevention, publie sous la direction de M.Tonry
et D. P. Farrington, Chicago, University of
Chicago Press.
6. Cynader, M. «Mechanisms of brain
development and their role in health and wellbeing" dans Daedalus, vol. 123, p. 155-165.
7.
Evans, R. G., M. Hodge et I. B. Pless. «If not
genetics, then what? Biological pathways and
population health" dans Why Are Some People
Healthy And Others Not?, publie sous la direction
de R. G. Evans, M. L. Barer et T. R. Marmor,
Hawthorne, de Gruyter, 1994, p. 161-188.
14
Enguete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
12. Weikart, D. P., J. R. Berrueta-Clement,
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8. Coe, C. L. “Psychosocial factors and immunity
in nonhuman primates: a review)) dans
Psychosomatic Medicine, vol. 55, 1993,
p. 298-308.
Changed Lives: The Effects of the Perry
Preschool Program on Youths Through Age 19,
Ypsilanti, High Scope Press, 1984.
9.
Kolb, B. «Brain development, plasticity, and
behavior» dans American Psychologist, vol. 44,
1989, p. 1203-1212.
13. Weikart, D. P, L. Schweinhart et H. V. Barnes.
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Preschool Study Through Age 27, Ypsilanti,
High Scope Press, 1993.
10. Sapolsky, R. Stress, the Aging Brain, and the
Mechanisms of Neuron Death, Cambridge, MIT
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14. Grantham-McGregor, S. M., C. A. Powell, S. P.
Walker et J. H. Himes. «Nutritional supplementation, psychosocial stimulation and mental
development of stunted children: the Jamaican
study» dans Lancet, vol. 338, 1991, p. 1-5.
CIBA Foundation Symposium, Chichester,
Wiley, 1991.
15. Werner, E. E. et R. S. Smith. Overcoming the
11. Suomi, S. «Early stress and adult emotional
reactivity in rhesus monkeys» dans The
Odds: High-risk Children from Birth to
Adulthood, Ithaca, Cornell University Press,
1992.
15
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Apergu : Les enfants du Canada durant les
armies 90
David P Ross, Katherine Scott et Mark A. Kelly
1. Introduction
Si le developpement de l'enfant etait une
science physique — ce qui n'est certainement pas
le cas —, nous pourrions alors mener des
experiences en laboratoire, dans des conditions
rigoureusement controlees; autrement dit, nous
pourrions voir directement a rinterieur de la «boite
noire.. Dans le cas des plantes, par exemple, nous
pouvons determiner ce qui contribue a une bonne
croissance : choisir differentes semences, les
semer dans des sols differents, varier I'apport en
elements nutritifs, en eau et en ensoleillement,
controler le degre de purete de ('air et ainsi de suite,
puis mesurer la croissance chaque jour. Si les
enfants etaient comme des plantes, nous pourrions
faire la merne chose. Nous pourrions modifier la
fagon dont les parents elevent leurs enfants, le
mode de garde, ('alimentation, le revenu familial,
la securite du voisinage, le nombre d'amis, etc.
Nous pourrions mesurer le developpement de
l'enfant cheque semaine et ainsi determiner le
mieux possible dans quelle mesure differents
facteurs influent sur ce developpement.
Cependant, de tels laboratoires n'existent pas. La
meilleure technique dont nous disposons est de
mener des etudes completes et globales qui
suivent le developpement d'un enfant depuis sa
conception jusqu'a rage adulte. C'est ce qu'on
appelle les enquetes et les etudes longitudinales.
Sans vouloir nier ('importance du patrimoine
genetique, it faut reconnaitre que le bien-titre des
enfants depend fortement du milieu dans lequel
ils vivent. On remarque que les enfants en bonne
sante sont le plus souvent issus de families en
bonne sante, elles-memes regroupees dans des
collectivites ou regne un climat favorable.
Cependant, meme si on s'entend sur ('importance
des experiences vecues par l'enfant dans son
milieu de vie, it reste encore beaucoup a apprendre
sur la fagon precise dont ('environnement influe
sur le developpement de l'enfant; par exemple, de
quelle fagon le revenu familial et les pratiques
parentales influent-ils sur sa maturite au moment
d'entrer a recole et sur son rendement scolaire ?
Dans quelle mesure le mode de garde ou la
securite du quartier influent-ils sur les relations
qu'un enfant entretient avec ses pairs ou sur son
developpement physique ?
Pour mieux illustrer le phenomene, nous
comparons le processus du developpement chez
l'enfant a une <, boite noire. : nous voyons l'enfant
et son environnement a leur entree dans la boite
noire, puis nous ne les revoyons qu'a la sortie,
transformes. Nous savons que des interactions se
produisent a rinterieur, mais it nous est impossible
d'observer directement ce qui s'y passe. Cette
difficulte de voir a rinterieur de la boite reflete
surtout la fres grande variabilite du processus de
developpement chez l'enfant et sa profonde
complexite. Les facteurs qui influent sur le
developpement de l'enfant sont si nombreux et les
enfants different a un point tel qu'iI est difficile
d'isoler ['incidence d'un facteur ou d'une influence
en particulier.
Jamais une enquete aussi complete et globale
n'avait ete realisee au Canada. Certes, quelques
etudes regionales et locales ont ete menees pour
tenter de determiner les effets d'un ou plusieurs
facteurs sur certains resultats observes chez les
enfants. Cependant, jusqu'a maintenant, aucune
etude nationale n'avait examine la presque totalite
de ('environnement de l'enfant, pour determiner
comment celui-ci influait sur un &entail de
resultats suffisamment large pour englober ce que
17
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Le present travail de recherche donne une vue
d'ensemble des premieres donnees diffusees de
I'ELNEJ. Precisons toutefois que ces donnees
portent sur une *lode bien precise — 19941995* — et qu'elles ont donc un caractere
ponctuel. Les donnees diffusees dans cette
publication constituent des donnees reperes qui
brossent un tableau detaille du stade du
developpement et de l'environnement de ('enfant
en 1994-1995. Cette information, bien que fort
utile, ne suffit pas a produire le “video» longitudinal
dont nous avons besoin pour determiner comment
certains facteurs environnementaux influent sur les
enfants au fil des ans. Les donnees ponctuelles
peuvent etre utilisees pour examiner les liens entre
des facteurs environnementaux actuels et
certaines caracteristiques et comportements des
enfants et des families; cependant, nous devrons
attendre les resultats des cycles subsequents de
['enquete pour savoir comment les facteurs
environnementaux actuels influeront sur les
enfants au fur et a mesure que ceux-ci grandiront.
l'on considere habituellement comme le
“developpement de ['enfant..
Aujourd'hui, l'Enquete longitudinale nationale
sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) vient
ameliorer grandement cette situation. Cette etude
ambitieuse, lancee par le gouvernement federal,
augmente considerablement notre comprehension
du developpement de l'enfant. En effet, I'ELNEJ
offre une occasion unique d'etudier revolution des
enfants, de Ia petite enfance jusqu'a ['age adulte.
Lorsque nous disposerons de donnees couvrant
plusieurs annees, ['enquete promettra d'être fort
utile pour expliquer les processus qui se deroulent
dans Ia «boite noire. du developpement de
l'enfant.
L'importance de ces travaux va au-dela de
('application theorique. A titre d'exemple, le fait de
grandir au sein de families dont la structure ne
cesse de changer ainsi que le degre d'insecurite
economique croissant auquel sont exposees les
families ont pour effet de compromettre de plus
en plus les possibilites qui s'offrent a un enfant au
cours de sa vie. C'est pourquoi ii importe de mieux
comprendre le developpement de l'enfant, pour
pouvoir elaborer des strategies axees sur les
enfants et les families qui en ont le plus besoin et
pour creer un milieu de vie plus sain pour tous les
enfants.
En consequence, ce n'est que plus tard que
nous pourrons tirer pleinement profit de cette
enquete, lorsque les cycles futurs de I'ELNEJ
seront completes. Nous aurons alors une meilleure
comprehension des processus biologiques,
cognitifs et socioeconomiques qui interviennent
dans le sain developpement d'un enfant. Nous
serons egalement mieux renseignes sur les
facteurs de risque durant renfance qui augmentent
la probabilite de resultats negatifs chez les enfants
et les jeunes, ainsi que sur les facteurs de
protection ou de prevention — individuels,
familiaux ou communautaires — qui menent a des
resultats positifs, par exemple rachevement des
etudes.
L'ELNEJ a etudie un echantillon representatif
d'enfants provenant de tous les coins du pays. Non
seulement ('information de base recueillie dans le
cadre de cette enquete permet-elle d'etablir un
portrait exceptionnellement detaille des enfants
studies et de leur milieu de vie (comme l'indiquent
les travaux de recherche de cette publication); mais
dans bien des cas, elle fournit pour la premiere
fois des donnees sur des facteurs environnementaux dont ('influence sur le developpement de
l'enfant est largement reconnue. L'enquete
presente egalement des donnees sur des resultats
observes, c'est-a-dire des facteurs grace auxquels
nous pouvons suivre les progres des enfants du
Canada; pensons entre autres au bien-etre
physique, social et emotionnel des enfants, a leur
comportement et a leur apprentissage. 1 Au fil des
ans, cet eventail d'information nous aidera a mieux
comprendre ce qui se passe a rinterieur de la
“boite noire., en precisant les liens qui existent
entre les “intrants» environnementaux et
revolution des resultats observes chez l'enfant.
Au total, des donnees ont ete recueillies
aupres de 22 831 enfants de 0 a 11 ans. Les
enfants vivant en etablissements depuis plus de
six mois (hopital, etablissements de l'aide sociale
I'enfance) et les enfants autochtones vivant sur
les reserves ont ete exclus de rechantillon.
Certains enfants autochtones vivant hors reserve,
dans les provinces, ont ete inclus dans
rechantillon. Bien que des renseignements aient
ete recueillis au Yukon et dans les Territoires du
Nord-Ouest, ils ne sont pas inclus dans cette
premiere vague de diffusion des donnees.
a
* Les donnees du premier cycle de l'ELNEJ ont ete recueillies entre
l'automne 1994 et le printemps 1995.
18
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Le résumé qui suit se divise en trois sections.
La premiere section brosse un profil des enfants
du Canada en 1994-1995: qui sont-ils, ou viventils et comment se portent-ils ? La deuxieme section
jette un regard sur la situation des families
canadiennes et sur la dynamique de la vie familiale.
Ces deux sections presentent des donnees transversales ou, en d'autres mots, des observations
ponctuelles.
Dans chacun des menages vises par
l'enquete, Statistique Canada a interroge la
personne qui connait le mieux l'enfant (PCM) pour
recueillir des renseignements sur les enfants ages
de 0 a 11 ans et leurs families. On a demande aux
enfants les plus ages de l'enquete, soit ceux de
10 et 11 ans, de remplir un questionnaire sur leurs
experiences et leurs opinions. Les enseignants et
les directeurs d'ecole ont egalement ete mis a
contribution. Sauf de rares exceptions —
seulement 0,5 % des cas — la PCM est un parent
(incluant les mores et les pores biologiques et
adoptifs, ainsi que les mores et les Ores de
families d'accueil et les beaux-parents).l
Dans la conclusion, nous explorons brievement les possibilites d'application des resultats de
I'ELNEJ en etablissant des liens entre des
variables environnementales choisies, comme le
revenu familial, et des resultats observes chez
l'enfant, comme son developpement social et
moteur. Bien que ces croisements de donnees
n'etablissent pas de relations de cause a effet entre
un facteur et un autre, ils laissent neanmoins
entrevoir ce que pourraient etre les meilleurs
champs de recherche a explorer pour mieux
comprendre la complexite du developpement de
l'enfant. Certains de ces champs sont examines
plus en detail dans les travaux de recherche qui
suivent.
Les resultats complets du premier cycle seront
diffuses en deux phases. La presente publication
est basee sur les resultats de la premiere phase.
L'information diffusee porte notamment sur le
temperament de l'enfant, son comportement et sa
maturite au moment d'entrer a l'ecole, ainsi que
sur certaines donnees sociodemographiques de
base sur les enfants et leurs families et sur un
certain nombre d'indicateurs qui mesurent le
fonctionnement de la famille. Les resultats de la
deuxieme phase seront diffuses a une date
ulterieure.t
2. Un portrait des enfants et des
families du Canada en
1994-1995
Au cours des cycles subsequents de I'ELNEJ,
nous obtiendrons des donnees sur la facon dont
les enfants observes evoluent tout au long de leur
enfance et durant leur adolescence. En effet, le
merne echantillon d'enfants sera interroge tous les
deux ans jusqu'a l'age adulte. De plus, de
nouveaux bebes viendront s'ajouter a rechantillon
de l'enquete durant le deuxieme cycle et les cycles
subsequents, ce qui permettra une analyse
transversale continue qui s'ajoutera a la recherche
longitudinale principale.
Les enfants du Canada : Qui sont-ils ?
Une profonde diversite caracterise les enfants du
Canada. Ceux-ci different quanta leur origine
ethnique, a leur religion et a leur milieu linguistique;
les families et les menages au sein desquels vivent
ces enfants different eux aussi considerablement,
de merne que les ressources sociales et
economiques dont disposent ces families. En cette
fin de vingtieme siècle, la vie des enfants au
Canada n'a jamais ete si complexe et les
possibilites qui s'off rent a bon nombre d'entre eux
n'ont jamais ete aussi incertaines.
t Dans le present travail, nous remplacons l'expression PCM par
le mot oparenk de maniere a utiliser un terme familier et plus
facile a comprendre. On Evite ainsi toute confusion qui pourrait
resulter de l'utilisation de l'expression oPCM),. De plus, &ant
donne que pour 99,5 % des enfants sondes, la personne qui
connait le mieux l'enfant (le repondant) est un parent, cette
substitution n'introduit qu'une distorsion negligeable dans les
statistiques de l'enquete. La majorite des repondants parmi les
parents etaient des mores, lesquelles ont complete le
questionnaire dans 89,9 % des cas; pour 9,5% des enfants, le
repondant Otait le pere. Dans seulement 0,5 % des cas, la PCM
n'etait ni la mere, ni le Ore.
Nombre d'enfants
En 1994-1995, 4,67 millions d'enfants, depuis les
nouveau-nes (0 an) jusqu'aux enfants ages de
11 ans, vivaient au Canada — 51,1 % etaient des
garcons et 48,9 %, des filles. Les enfants de ce
groupe d'age formaient alors 16 % de la population
totale du Canada. Depuis le sommet de ('explosion
t Les donnees de la deuxieme phase du Cycle 1 de l'ELNEJ
porteront entre autres sur la sante, ('alphabetisation, les activites,
la famille et les antecedents de garde legale des enfants sondes.
Seront egalement publiees les reponses au questionnaire rempli
par les enseignants et les directeurs, ainsi que d'autres
renseignements sur les quartiers dans lesquels vivent les enfants.
L'enquete complete monde aupres des enfants de 10 et 11 ans
sera egalement disponible a cette date.
19
Enquete longitudinale rationale sur Ies enfants et Ies jeunes
demographique, atteint it y a maintenant 35 ans,
le taux de fecondite n'a cesse de diminuer au
Canada, passant de 3,9 enfants par femme en
1960 a un creux de 1,6 en 1987. Depuis, le taux
de fecondite total a augmente pour atteindre 1,7
en 1992, soit l'annee oil le groupe le plus nombreux
de baby-boomers a atteint ['age de fecondite
maximale. Cependant, l'effet escompte de
l'explosion demographique ne s'est pas materialise
comme prevu.2 Le graphique 2.1 illustre la baisse
soutenue de la population des enfants du Canada
au fil des ans. 3.4
Graphique 2.1
Population des enfants de 0 a 11 ans en
pourcentage de la population totale,
1961-1994
La vie en milieu urbain
Pourcentage
30
25
20
15
1961
1971
1981
Comme l'indique le tableau 2.1, le pourcentage
de Ia population represents par les enfants variait
selon Ia province, allant d'un minimum de 15,1 %
au Quebec a un maximum de 18,1 % en Alberta.
Le taux de natalite plus faible au Quebec explique
en partie les politiques provinciales mises en place
pour favoriser Ia natalite. Depuis 1987, le Quebec
a en effet annonce ['introduction de differentes
mesures, dont des encouragements financiers et
d'autres mecanismes de soutien, pour inciter les
families a avoir plus d'enfants. Le nombre total de
naissances au Quebec a alors augmente : le taux
de natalite est passé de 1,4 en 1987 a 1,65 en
1992. Toutefois, le taux de natalite au Quebec est
demeure inferieur a la moyenne canadienne. 2
1991-1994
Source : Bureau federal de la statistique, Recensement
du Canada de 1961, population; Statistique
Canada, Recensement du Canada de 1971,
population, caracteristiques genet -ales;
Statistique Canada, Recensement du Canada
de 1981, population, age, sexe et &at
matrimonial; Statistique Canada,
Recensement du Canada de 1991, age, sexe
et etat matrimonial; Statistique Canada,
Recensement du Canada, statistiques
demographiques annuelles, 1994.
Aujourd'hui, la plupart des enfants du Canada
vivent en milieu urbain. En effet, dans I'ELNEJ,
82,1 % des enfants Ages de 0 a 11 ans vivaient
en milieu urbain, dont presque la moitie residaient
dans des villes de 500 000 habitants et plus.
Seulement 17,9 % des enfants Ages de 0 a 11 ans
vivaient en region rurale. Ce deplacement vers les
villes temoigne d'une tendance observee dans le
monde entier, les societes ayant delaisse, au cours
du vingtierne siècle, les economies agricoles au
profit d'economies industrielles. Les families ont
migre vers les villes dans l'espoir de profiter des
nouvelles possibilites economiques. En
consequence, au Canada, moins d'enfants vivent
aujourd'hui sur des fermes ou dans de petites
communautes rurales.
Au Canada, le pourcentage de Ia population
vivant en milieu urbain a progresse lentement
depuis le debut des annees 60, passant de 70 %
en 1961 a 77 % en 1991. Cette augmentation peut
Tableau 2.1. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon la province, 1994
Province
Terre-Neuve
Ile-du-Prince-Edouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
Canada
Enfants
(0 a 11 ans)
89 500
23 200
144 700
115 900
1 099 000
1 777 500
183 300
176 400
489 600
574 200
4 673 400
Population
totale
7
10
1
1
2
3
29
581
132
928
754
280
940
122
003
709
627
176
800
400
100
400
200
000
400
300
500
400
600
Pourcentage de
la population
15,4
17,5
15,6
15,4
15,1
16,2
16,3
17,6
18,1
15,8
16,0
Source : ELNEJ (pour le nombre d'enfants de 0 a 11 ans) et Statistique Canada, Statistiques demographiques annuelles, 1994 (pour la population totale par province).
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
paraitre modeste, mais elle peut varier grandement
selon les regions. Ainsi, le nombre de personnes
vivant en region rurale est beaucoup plus eleve
dans les provinces maritimes. En 1991, par
exemple, 60 % des habitants de l'ile-du-PrinceEdouard residaient en milieu rural, tout comme
52 % de la population du Nouveau-Brunswick et
46 % de celles de la Nouvelle-Ecosse et de TerreNeuve. Dans cette derniere province, la proportion
a merne augmente de 1981 a 1991, passant de
41 % a 46 %. En 1991, les deux autres provinces
dont la population rurale etait superieure a la
moyenne nationale (23 %) etaient la Saskatchewan et le Manitoba, avec des proportions
respectives de 37 % et 28 %. Cependant, un faible
pourcentage seulement des personnes et des
families qui habitaient en region rurale vivaient en
fait sur une ferme (3 %). 3
La vision idyllique que nous avions des petites
communautes tits unies ne reflete plus la [tante
canadienne. La plupart des enfants vivent
aujourd'hui dans de grands centres urbains.
Certes, la vie en milieu urbain presente de nombreux avantages, dont l'acces a une plus grande
diversite culturelle et a un eventail plus large de
services sociaux et de sante. Autre aspect
important, les activites economiques et la creation
d'emplois sont aujourd'hui concentrees dans les
centres urbains. Cependant, Ia vie en milieu urbain
est egalement associee a des families moins
nombreuses, a des taux de divorce plus eleves, a
une mobilite sociale et economique ainsi qu'a une
diminution du sentiment d'appartenance a la
communaute. Aujourd'hui, la vie urbaine offre au
moins autant de defis que de possibilites pour les
enfants et les families qui y vivent.
La diversite ethnique et raciale
La plupart des enfants du Canada nes durant les
annees 90 grandiront dans des centres urbains
aux profils ethnique et racial varies. II y a 25 ans,
la majorite des Canadiens etaient d'ascendance
britannique ou frangaise; les Allemands, les
Italiens et les Ukrainiens formaient les autres
groupes ethniques les plus nombreux. 4 Depuis, le
paysage culturel a change. Bien que les Canadiens
d'ascendances britannique et frangaise demeurent
en majorite, le Canada est aujourd'hui le pays d'un
nombre beaucoup plus eleve de personnes
provenant de tous les coins du monde.
Le tableau 2.2 presente des donnees
detainees sur la diversite raciale et ethnique des
enfants du Canada, de Ia naissance a 11 ans. Ces
donnees incluent les enfants dont les parents ont
indique un seul pays ou une seule region d'origine
ethnique et ceux qui en ont indique plusieurs; c'est
ce qui explique que la somme des pourcentages
indiques dans ce tableau est superieure a 100 %.
Selon l'ELNEJ, 51,9 % des repondants ont
declare etre d'ascendance canadienne. Le
deuxierne groupe le plus nombreux est celui des
enfants dont les parents ont indique l'Angieterre,
l'Ecosse et l'Irlande comme etant au moins un de
leur pays d'origine, suivi des enfants dont les
parents se disent d'ascendance frangaise, puis de
ceux d'ascendance europeenne. Les parents de
3,2 % des enfants vivant au Canada ont des
ancetres nes en Chine et en Asie du sud, et 1,4 %
ont indique des origines noires ou africaines.
Tableau 2.2. Origine ethnique des enfants (0 a 11 ans), 1994-1995
Repondants avant mentionne cette origine ethnique°
Origine ethnique
(%
)
51,9
35,3
27,4
25,1
4,3
3,2
1,4
18,1
Canadienne
Britannique ,
Frangaise
Europeennec
Amerindienne
Chinoise ou Sud Asiatique
Noire ou Africaine
Autre
Remarque : Les origines ethniques de l'enfant sont &Wes d'apres la reponse donee par la PCM.
a Le total sera superieur a 100 % car certains repondants peuvent declarer plus dune origine ethnique.
° lnclut les origines anglaise, Ecossaise et irlandaise.
° Inclut les origines hollandaise, allemande, italienne, juive, polonaise, portugaise et ukrainienne.
Source : ELNEJ
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
indique l'anglais comme langue maternelle —
c'est-à-dire la langue apprise par ('enfant a la
maison et encore comprise. Le francais etait la
langue maternelle de 22,2 % des enfants, dont la
majorite vivaient au Quebec. Les autres ont indique
une combinaison de l'anglais et du francais (moins
de 1 %) ou une autre langue (7 %). Parmi les
autres langues, le chinois, le polonais et l'espagnol
etaient les plus repandues.
Parmi les repondants, 4,3 % ont indique des
origines autochtones. Cependant, comme les
enfants et les families autochtones vivant dans les
reserves n'ont pas participe a l'enquete, et comme
les enfants vivant dans les Territoires du NordOuest et le Yukon ont ete exclus de la presente
diffusion de donnees, cette estimation est basee
sur les enfants et les families autochtones vivant
hors-reserve, incluant les Indiens inscrits et non
inscrits, les Metis et les Inuit.
Certains enfants du Canada parlent
aujourd'hui plusieurs langues. Comme ('indique le
graphique 2.2, 15,1 % des enfants du Canada
parlaient couramment deux langues et 1,2 %
parlaient trois langues ou plus. Parmi ceux qui
parlaient deux langues, la moitie parlaient l'anglais
et le francais et l'autre moitie parlaient l'anglais ou
le francais et une autre langue.
Ce pourcentage d'enfants parmi la population
autochtone retient ('attention; les enfants
representent en effet une proportion beaucoup plus
grande des communautes autochtones que des
communautes non autochtones. La population de
jeunes est particulierement elevee parmi les
communautes inuit et les Indiens inscrits vivant
dans les reserves. En 1986 et en 1991, par
exemple, pres de 40 % des habitants de ces
communautes etaient ages de moins de 15 ans et
six sur dix avaient moins de 25 ans. 5
Les enfants du Canada :
Comment se portent-ils?
Langue
Voici la situation des enfants du Canada en 19941995 : ils formaient un segment plus petit de la
societe canadienne qu'il y a 35 ans, ils vivaient
pour la plupart en milieu urbain, ils etaient issus
La diversite culturelle au Canada se traduit par
une diversite linguistique croissante chez nos
enfants. En 1994-1995, 68,6 % des enfants ont
Graphique 2.2
Repartition des enfants de 0 a 11 ans selon la langue ',wide, 1994-1995
Nombre d'enfants de 0 a 11 ans
4 673 000 a
100 %
Trois langues ou plus
54 000
1,2 %
Deux langues
691 000
15,1 %
Une langue
3 853 000
83,8 %
1
Anglais ou francais et une autre langue
350 000 b
7,6 %
Anglais et frangais
338 000
7,4 %
Anglais
2 839 000
61,7 %
Francais
934 000
20,3 %
Autre langue
80 000
1,7 %
a Inclut 75 000 enfants (1,6 %) pour lesquels on ne dispose d'aucun renseignement sur la langue dans laquelle /'enfant est capable de converser.
b
Sont exclus 3 000 enfants (0,1 %) qui parlent deux langues qui ne sont ni le francais ni i'anglais.
Source : ELNEJ
22
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Environ 9,7 % des bebes de rechantillon de
l'ELNEJ sont nes prematurement.§ (Selon Ia
definition utilisee pour l'enquete, une grossesse
normale est celle qui se termine entre 259 et
293 jours; les bebes nes avant 259 jours sont dits
prematures.) La proportion de bebes de faible
poids a la naissance (5,7 %) etait inferieure au taux
de prematurite (9,7 %). Ce chiffre concorde avec
les rapports anterieurs sur le faible poids a la
naissance, dont ('incidence s'est maintenue autour
de 6 `)/0 au cours des 20 dernieres annees.
d'une variete impressionnante de milieux
ethniques et raciaux et ils parlaient de nombreuses
langues differentes. Ces faits tracent un portrait
des enfants du Canada. Cependant, Ia question
plus importante consiste a savoir comment ces
enfants se portent, question a laquelle I'ELNEJ
apporte quelques reponses. Pour Ia premiere fois,
un echantillon national d'enfants et de families ont
ete interroges pour qu'on puisse evaluer leur bienetre social, physique et economique.
Dans . ('ensemble, nous constatons que les
enfants du Canada sont en bonne sante, a la fois
sur les plans physique, affectif et social.
Cependant, les moyennes dissimulent presque
toujours des disparites, et les resultats de l'enquete
nous indiquent qu'un certain nombre d'enfants
eprouvaient des difficultes. Or, si ces difficultes (ou
resultats moins positifs) sont negligees, elles
risquent d'entrainer une deterioration de l'etat de
sante, un rendement scolaire moindre, des
relations sociales insatisfaisantes et, en bout de
ligne, de faibles possibilites sur le marche du
travail.
Les enfants de faible poids a la naissance —
ceux pesant moins de 2 500 grammes ou 5,5 livres
— presentent des risques accrus de problemes
de sante. Ils sont plus susceptibles de mourir
durant la petite enfance — pros des deux tiers des
cas de mortalite infantile sont causes par un faible
poids a la naissance. 6 De plus, les bebes de faible
poids a la naissance et qui vivent au-dela de la
petite enfance sont beaucoup plus susceptibles
de souffrir de troubles de developpement et de
problemes respiratoires. 7 Bien que le nombre de
'Aloes de faible poids a la naissance soit
relativement faible au Canada, it demeure un
indicateur important de l'etat de sante de l'enfant
et de ('importance que nous, en tant que societe,
accordons a la sante de la mere et de l'enfant.
Etat de sante des nouveau - nes
Un bon depart dans la vie est essentiel pour la
sante et le bien-titre a long terme de Ia personne.
Des etudes ont demontre a plusieurs reprises les
graves consequences d'un mauvais etat de sante
A la naissance. Ainsi, it existe un lien bien etabli
entre d'importants indicateurs de la sante a la
naissance, comme le faible poids a Ia naissance
(FPN) et la prematurite, et les problemes de sante
et problemes sociaux qui se manifestent plus tard
durant la vie.
Certains facteurs ont ete associes plus
particulierement a une incidence accrue de faible
poids a la naissance; citons entre autres le faible
Les donnees sur la sante des nouveau-nes, incluant le faible
poids a la naissance et la prematurite, ont ete obtenues des
reponses fournies par les mores et Ores biologiques des enfants
ages de 0 a 3 ans.
Tableau 2.3. Repartition des enfants (0 a 3 ans) selon le poids a la naissance, le revenu familial et
la consommation de tabac par la mere durant la grossesse, 1994-1995
Normal (> 2 500 g)
(%)
FPN (< 2 500 g)
(%)
93,5
93,7
95,8
6,5
6,3
4,2
92,2
94,8
7,8M
5,2
Revenu familial (milliers)'
< 30 000 $
30 000 a 60 000 $
> 60 000 $
Consommation de tabac durant la grossesse°
A fume
N'a pas fume
° Repartition des enfants de 0 a 3 ans selon le revenu familial.
° Repartition des enfants de 0 a 2 ans selon la consommation de tabac durant la grossesse.
M Estimation moins fiable a cause de la forte variabilite d'achantillonnage .
Source : ELNEJ
23
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Pour evaluer le temp6rament de ('enfant, les
parents d'enfants ages de 0 a 3 ans ont repondu
a un certain nombre de questions sur l'humeur
generale de ('enfant. Ces questions forment
differentes echelles du temperament. Chaque
echelle est construite a partir des resultats obtenus
A une serie de questions precises resumant des
comportements, des experiences ou des
impressions.
revenu et la consommation de tabac par la mere
durant Ia grossesse. Les resultats de I'ELNEJ
corroborent ces associations, comme ('indique le
tableau 2.3. (Pour une discussion plus approfondie
sur la sante de la mere avant Ia naissance,
consulter Ia section 3.3 et le travail de recherche
de McIntyre dans cette publication.)
Dans ('ensemble, la majorite des bebes du
Canada etaient en fres bonne sante; les parents
interroges ont indique que 68,8 % de leurs enfants
etaient en excellente sante a la naissance, 19,4
en tres bonne sante et 7,3 % en bonne sante.
Seulement 4,5 % des MIAs etaient consideres
comme ayant une sante passable ou mauvaise a
Ia naissance.**
Aux fins du present résumé, nous examinerons
l'echelle du temperament difficile pour les enfants
de 1 a 2 ans. Les parents devaient repondre a des
questions comme : dans quelle mesure vous estil facile ou difficile de calmer votre enfant lorsqu'il
est contrarie ? En moyenne, combien de fois par
jour votre enfant devient-il agite et irritable ? Dans
quelle mesure votre enfant sourit-il ou fait-il des
sons joyeux ? Le resultat final sur l'echelle du
temperament difficile a tits determine en faisant Ia
somme des resultats obtenus a chaque question;
dans le cas present, le resultat final attribue a
chaque enfant etait etabli sur 50. II est important
de se rappeler qu'un resultat eleve indique une
tendance vers un temperament difficile; it ne
signifie pas que ('enfant en question est agite ou
indiscipline.
Temperament
Bien que la sante physique soit une des mesures
les plus evidentes du bien-titre de ('enfant, durant
les premieres annees de vie le temperament
constitue egalement un aspect important de son
developpement. Lorsque des parents echangent
des anecdotes sur le comportement de leurs
enfants au fameux stade des codeux ans”, ils font
en fait reference a Ia difficulte que semblent
eprouver leurs enfants a s'adapter au changement
ou tout simplement a ('existence meme. Le fait
d'être un enfant au temperament particulierement
difficile peut constituer un indicateur important et
precoce des problemes auxquels ('enfant risque
d'être confronts plus tard. 8
Selon l'echelle du temperament difficile, les
parents devaient aussi evaluer le degre de difficulte
general que leur enfant presenterait pour la
moyenne des parents. Le graphique 2.3 presente
Ia repartition des enfants selon les resultats sur
l'echelle du temperament difficile.
• La question sur la sante du We a la naissance a ete posEe aux
meres ou aux pEres biologiques des enfants de moins de 2 ans.
Graphique 2.3
Repartition des enfants de 1 a 2 ans selon rechelle du temperament difficile, 1994-1995
Pourcentage
6
5
4
3
2
0
0 2 4
6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50
difficile
facile
Source : ELNEJ
24
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
babe pouvait suivre le deplacement lateral d'un
objet. Les parents d'enfants plus ages ont eu
repondre a des questions sur Ia parole et
I'apprentissage de la proprete. Les resultats
obtenus ont ete regroupes en une seule echelle,
selon laquelle un resultat de 100 indique un
developpement normal. Les enfants dont le resultat
se situait a 15 points au-dessus ou en-dessous
de 100 etaient consideres comme ayant un
developpement moteur, social et cognitif normal.
Les enfants ayant obtenu un resultat inferieur
85 points etaient consideres comme presentant
des symptornes d'un retard de developpement,
alors que ceux ayant obtenu plus de 115 points
etaient consideres avances au plan du
developpement.
Comme on peut le constater, le schema de
reponses ressemble beaucoup a une courbe en
cloche, c'est-a-dire une courbe classique ou
criormale» (comme celle que l'on obtient habituellement dans un graphique illustrant la taille et le
poids des enfants, ou l'on observe quelques
valeurs elevees et faibles mais oit la plupart sont
regroupees autour de la moyenne). La distribution
illustree par le graphique, qui presente un biais
vers la gauche, indique que la grande majorite des
enfants tendaient plutot a avoir un temperament
facile que difficile.
Cependant, ('examen de la distribution des
resultats selon une echelle dorm& ne constitue
que la premiere etape du processus pour
comprendre un comportement ou un concept
particulier comme le temperament. Les resultats
obtenus soulevent en effet diverses questions qui
alimentent la discussion sur le temperament — par
exemple, quels sont les traits qui caracterisent les
enfants ayant des resultats eleves ou bas ? Ces
types de questions seront examines plus en detail
dans les autres travaux de cette publication (pour
une discussion sur le temperament, voir
notamment le travail de recherche de Normand et
autres dans la presente publication). Lorsque les
cycles ulterieurs de I'ELNEJ auront ete completes,
nous pourrons alors en apprendre davantage sur
('influence du temperament sur le developpement
de l'enfant au fil du temps.
Les resultats de I'ELNEJ demontrent que, de
la naissance a 3 ans, un nombre egal de garcons
et de filles se situaient dans la bande du
“developpement normal". Cependant, une
proportion plus elevee de filles que de garcons
etaient considerees avancees, les proportions
etant de 18,0 % contre 11,3 %. Le contraire a Me
observe dans le cas des retards de developpement; ainsi, de l'avis des parents, plus de garcons
que de filles souffraient de retards de developpement. Lorsque nous tentons de trouver des
explications possibles au retard de developpement
moteur et social, le faible poids a la naissance
apparait comme une cause probable. Les resultats
de I'ELNEJ presentes au tableau 2.4 indiquent en
effet que la probabilite de souffrir de retard de
developpement est plus de deux fois plus elevee
chez les babes de faible poids a la naissance.
Developpement moteur et social
Le developpement moteur et social (DMS) des
jeunes enfants a aussi ete mesure a l'aide d'une
echelle; pour ce faire, on a utilise une serie de
questions evaluant differents aspects du developpement moteur, social et cognitif de l'enfant, de la
naissance a 3 ans (les questions variaient selon
l'age de ('enfant). Par exemple, les parents de
nouveau-nes (0 a 3 mois) devaient indiquer si leur
Comportement
Les trois mesures citees auparavant evaluaient
principalement la situation des plus jeunes enfants
du Canada; examinons maintenant les mesures
du bien-etre pour les enfants plus ages de I'ELNEJ.
Tableau 2.4. Repartition des enfants (0 a 3 ans) selon le developpement moteur et social et le
poids a Ia naissance, 1994-1995
Resultats observes
chez l'enfant
Poids normal a Ia naissance (> 2 500 g)
(%)
DMS (0 a 3 ans)
developpement avance
developpement normal
retard de developpement
Faible poids a Ia naissance (< 2 500 g)
(%)
14,9
71,5
13,5
Estimation moms fiable a cause de la forte variability dhchantillonnage.
Source : ELNEJ
25
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
10,5m
58,5
31,0
La presente section et les deux autres qui suivent
portent sur certaines mesures du comportement,
du rendement scolaire et des relations avec Ia
famille et les amis.
Graphique 2.4
Repartition des enfants de 2 a 3 ans selon
l'echelle de la peur de ['abandon de l'enfant,
1994-1995
Pourcentage
20
La prevalence des troubles de comportement
chez les enfants a fait ('objet de nombreuses
etudes. Les conclusions de l'une d'entre elles,
menee en Ontario, indiquent qu'environ un enfant
sur six souffre de problemes de comportement tels
des troubles des conduites et l'hyperactivit6. 9
L'ELNEJ fournit le premier instantane de cet
important aspect du developpement de l'enfant.
Au fur et A mesure que seront completes les cycles
subsequents de ('ELNEJ, nous pourrons
determiner l'ampleur et la persistance des
problemes de comportement chez les enfants du
Canada et voir si — et dans quelle mesure — ces
problemes influent sur le developpement a long
terme de l'enfant.
15
10
1
1
0
2
pas anxieux
3
4
5
6
7
tres anxieux
Source : ELNEJ
aux parents si leurs enfants (de 4 a 11 ans) se
bagarraient ou detruisaient des choses qui leur
appartenaient. En reponse a Ia premiere question,
les parents ont repondu que deux tiers des enfants
de cet age ne se bagarraient jamais; presque le
tiers se bagarraient quelquefois avec d'autres
enfants et seulement un sur 25 se bagarrait
souvent.
L'ELNEJ inclut un certain nombre d'echelles
du comportement, comme celle sur le temperament,
qui s'appliquent aux divers groupes d'Age.tt (Les
enfants Ages de 10 et 11 ans ont complete des
questionnaires distincts sur leur comportement; les
conclusions de cette evaluation sont indiquees plus
loin. Voir egalement le travail de recherche d'Offord
et Lipman dans la meme publication.)
Les resultats combines de ces questions sont
illustres au graphique 2.5. Ce graphique revele
un biais marque vers la non-agressivite; les parents
du groupe le plus nombreux d'enfants (44,6 %) ont
indique un resultat de zero, cela signifiant que leurs
enfants n'avaient pas de comportements
physiques agressifs. Mais it ne faut pas en conclure
que l'agressivite physique ne constitue pas un
probleme. En raison des problemes a long terme
auxquels font face les enfants agressifs eta cause
de l'incidence de leur comportement sur les enfants
qu'ils malmenent, il sera important de suivre ces
enfants lors des cycles subsequents de ('ELNEJ.
Une meilleure vision a l'interieur de la “boite noire) ,
nous aidera a determiner les facteurs associees
l'agressivite durant l'enfance, ce qui nous
permettra en retour d'elaborer de meilleures
strategies pour reduire les comportements
agressifs.
La peur de l'abandon est un des aspects du
comportement qui a 6t6 evalue chez les enfants
de 2 et 3 ans. Pour evaluer cet aspect, les parents
devaient par exemple indiquer si leur enfant
s'accrochait aux adultes ou presentait d'autres
signes de dependance. Les resultats aux questions
de l'echelle de la peur de l'abandon ont ete
additionnes. La distribution des resultats compiles,
illustree au graphique 2.4, montre que la plupart
des enfants eprouvaient peu d'anxiete a cet egard.
Un aspect important du comportement des
enfants plus vieux (4 a 11 ans) concerne le niveau
d'agressivite physique (voir le travail de recherche
de Tremblay). Pour imputer des resultats sur
l'echelle de l'agressivite physique, on a demande
tt Les comportements suivants ont ete mesures chez les enfants de
4 a 11 ans : troubles des conduites, hyperactivite, troubles
affectifs, anxiate, agressivite indirecte, inattention et comportement prosocial. La plupart des comportements mesures chez les
enfants de 2 a 3 ans sont les mames que ceux mesures chez les
enfants de 4 a 11 ans; la peur de l'abandon et l'opposition ont
toutefois ete ajoutes, alors que l'agressivite indirecte et certain
aspects des troubles des conduites n'ont pas eta mesures. Enfin,
les parents des enfants de 10 a 11 ans ont eu a repondre a des
questions sur les comportements de prise de risques de leurs
enfants.
Scolarite
Experiences scolaires
Leducation est un autre domaine auquel les parents,
les entreprises, les medias et les gouvernements
accordent une grande attention, notamment en
raison de la nature globale et hautement competitive
26
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Les enseignants ont aussi ete interroges pour
permettre de recueillir plus de renseignements sur
leurs methodes d'enseignement ainsi que le
rendement scolaire de l'enfant, son comportement
l'ecole et la participation des parents a reducation
des enfants. D'autres donnees sur reducation nous
proviendront des reponses des enfants de 10 et
11 ans sur la perception qu'ils ont de l'ecole; nous
obtiendrons aussi des donnees des directeurs
d'ecole sur les etudiants et les caracteristiques de
leur ecole. Cette information sera disponible durant
la deuxierne vague de diffusion de donnees.
Graphique 2.5
Repartition des enfants de 4 ail ans selon
l'echelle de I'agressivite physique de l'enfant,
1994-1995
a
Pourcentage
50
40
30
20
10
I
Infirm
Maturite de l'enfant au moment d'entrer a l'ecole
ram —
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
pas agressifs
fres agressifs
La maturite de l'enfant au moment d'entrer a l'ecole
est une composante importante du rendement
scolaire. Les recherches demontrent que les
enfants qui reussissent bien a l'ecole sont souvent
ceux qui arrivent a l'ecole prets a apprendre. Ces
enfants ont déjà ete inities aux livres et aux chiffres
ainsi qu'aux techniques de resolution de
problemes, et ils ont acquis les aptitudes sociales
necessaires pour fonctionner en groupe. Tous ces
facteurs forment une base sur laquelle l'enseignant
peut s'appuyer pour aider l'enfant a exploiter
pleinement ses aptitudes scolaires. Bref, sur le plan
scolaire, les enfants qui ont acquis certaines bases
et qui ont une attitude positive face a
l'apprentissage reussiront mieux a long terme.
Voila precisement pourquoi les chercheurs
accordent une telle importance aux programmes
prescolaires : ils augmentent les chances de
l'enfant de reussir a l'ecole et ils permettent d'eviter
des problemes susceptibles de necessiter des
interventions coateuses et de reduire les
possibilites futures qui s'offriront a l'enfant. 12
Source : ELNEJ
de notre economie "de 'Information. — sans cesse
en evolution — ainsi que des connaissances et des
competences qu'elle exige. Nous nous sommes donc
interesses au systerne scolaire et au rendement
scolaire des enfants du Canada.
L'ELNEJ fournit certaines donnees de base sur
les experiences vecues par les enfants a l'ecole.'°
Des donnees de base ont ainsi ete compilees sur
le niveau scolaire de l'enfant, le type d'ecole et la
langue d'enseignement. Une autre serie de
questions portaient sur les aspects suivants :
l'enfant a-t-il hate d'aller a l'ecole ? Les parents
accordent-ils beaucoup d'importance aux notes ?
Les parents ont-ils de grandes attentes envers les
etudes de leurs enfants ?" Selon les resultats
obtenus des parents, 70,0 % des enfants ages de
4 a 11 avaient presque toujours hate d'aller
l'ecole, 16,8 % avaient souvent hate et seulement
13,2 % n'avaient que parfois, rarement ou jamais
hate d'y alien
Pour mesurer le degre de maturite des enfants
de 4 et 5 ans au moment d'entrer a l'ecole, un
intervieweur de ('ELNEJ a fait passer a domicile
un test de vocabulaire aux enfants de ce groupe
d'age. En francais, jl s'agissait de l'Echelle de
vocabulaire en images Peabody (EVIP). En
anglais, it s'agissait du Peabody PictureVocabulary
Test – Revised (PPVT). (Consulter ('Annexe
technique a la fin de cette publication pour des
renseignements sur les tests EVIP/PPVT.) Ces
tests de vocabulaire fournissent une estimation des
aptitudes verbales de l'enfant. L'enfant doit
regarder des images presentees sur un chevalet
et designer celle qui correspond au mot lu par
I'intervieweur. Comme pour le developpement
D'autres aspects lies a l'ecole ont aussi ete
examines dans le cadre de ('ELNEJ, notamment
l'absenteisme, les problemes de comportement a
l'ecole, 'Incidence de sauter ou de redoubler une
armee, la participation a des programmes
d'education specialisee et l'enseignement dirige
recu a l'exterieur de l'ecole. La performance en
mathematiques des eleves de 2°, 4° et 613 annees
a aussi ete evaluee. (Le travail de recherche de
Willms presente une analyse plus detainee des
resultats en mathematiques obtenus dans le cadre
de ('ELNEJ.)
27
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
moteur et social, un score de 100 indique un
developpement normal. Les enfants ayant obtenu
un score se situant a 15 points au-dessous ou audessus de 100 etaient consideres comme ayant
un developpement normal. Les enfants ayant
obtenu un score inferieur a 85 points etaient
consideres comme presentant un retard de
developpement au plan verbal, alors que ceux
ayant obtenu un score superieur a 115 points
etaient consideres avances sur le plan verbal.
Les questions de cette section, adressees aux
parents, avaient pour but d'obtenir des informations
sur la facon dont leur enfant (age de 4 a 11 ans)
s'entendait avec ses parents, ses freres et sceurs,
ses ami(e)s, ses professeurs et les autres enfants
de la classe. Les enfants ages de 10 et 11 ans ont
repondu eux aussi a Ia merne serie de questions;
leurs resultats sont presentes a la section
«Relations".
Nous avons ainsi appris des parents que la
plupart des enfants ages de 6 a 11 ans — pits de
la moitie — avaient deux ou trois bons amis;
presque le tiers en avaient quatre ou cinq et 10,1 %
seulement n'avaient qu'un seul ami ou n'en avaient
pas du tout. Ces resultats valaient autant pour les
garcons que pour les filles. Lorsqu'on examine
maintenant les relations avec les freres et sceurs,
les parents ont indique que 27,0 % des enfants
ages de 4 a 11 ans s'entendaient tres bien avec
leurs freres et sceurs, 33,2 % assez bien et 33,4 cY0
passablement bien. Selon les parents, seulement
6,4 % des enfants ne s'entendaient pas avec leurs
freres et sceurs.
Les resultats n'indiquaient aucune difference
significative entre les garcons et les filles pour cette
mesure de la maturite au moment d'entrer a l'ecole.
On a toutefois note des differences selon le niveau
de scolarite des parents. Ainsi, le tableau 2.5
montre que les enfants qui vivaient avec un ou
deux parents plus instruits etaient plus susceptibles
d'obtenir des scores eleves aux tests EVIP/PPVT
que les enfants qui vivaient avec un ou deux
parents qui n'avaient pas termine leurs etudes
secondaires.
Relations avec autrui
Bon nombre des conclusions de I'ELNEJ portent
sur les problemes potentiels auxquels pourraient
faire face les enfants du Canada. Les echelles de
comportement examinent pour Ia plupart
('incidence des problemes de comportement. A
('oppose, les questions sur les relations avec autrui
mettent ('accent sur les facteurs susceptibles
d'attenuer les effets negatifs qui pourraient resulter
d'experiences difficiles ou de problemes de
comportement, ce qui pourrait avoir des incidences
nefastes a long terme sur ('enfant. La force et la
qualite des relations qu'un enfant entretient avec
les autres se sont averees un important facteur
de prevention. 13
Certaines questions sur la qualite des relations
avec autrui ont ate resurnees en une seule echelle
qui va de 0 a 16, un resultat Oleve indiquant de
pietres relations. La repartition des enfants,
illustree au graphique 2.6, montre que la tres
grande majorite eprouvaient peu ou pas de
problemes sur le plan des relations.
Garde des enfants
Larrivee des femmes sur le marche du travail
constitue un des changements les plus radicaux
survenus au Canada au cours des 30 dernieres
annees. Cela a eu pour effet de modifier considera-
Tableau 2.5. Repartition des enfants (4 a 5 ans) selon la maturite de ('enfant au moment de
commencer l'ecolea et le niveau de scolarite des parentsb, 1994-1995
Resultats observes
chez ('enfant
EVIP/PPVT (4 A 5 ans)
developpement avance
developpement normal
retard de developpement
Pas de dipleme
d'etudes
secondaires
(%)
Diplome
d'etudes
secondaires
(%)
7,6m
57,4
35,0
Diplome de sciences
commerciales
ou d'administration
(%)
10,4m
73,1
16,6
12,0m
72,6
15,4
m Estimations moms fiables a cause de la forte variabilite d'echantillonnage (effectif non pondere de Pechantillon = 21, 60 et 68 respectivement).
b Mesure d'apres Itchelle de vocabulaire en images Peabody (EVIP) (Peabody Picture Vocabulary Test (PPVT)).
b Fonde sur celui du parent qui a atteint le plus haut niveau de scolarite (pour les families biparentales).
Source : ELNEJ
28:
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Diplome
universitaire
ou collegial
(%)
22,5
66,0
11,6m
Graphique 2.6
Le tableau 2.6# illustre la repartition des
enfants qui avaient recours aux differents modes
de garde, selon le type de service. La plus forte
proportion (34,2 %) des enfants etaient gardes a
l'exterieur de leur domicile, dans Ia maison d'une
personne non apparentee. Une proportion presque
egale d'enfants etaient gardes par un membre de
Ia famille comme la grand-mere (21,4 %) ou par
des educateurs dans un centre organise (15,7 %).
Quatorze pour cent etaient gardes dans leur
domicile par une personne non apparentee,
comme une gardienne d'enfants. Enfin, 2,5 % des
enfants, en general des enfants plus vieux, etaient
laisses sous la garde d'un frere ou d'une sceur plus
age ou restaient seuls a la maison. Parmi les 1,5
million d'enfants gardes par des personnes non
apparentees, 26,9 % frequentaient des etablissements.
Repartition des enfants de 4 a 11 ans
selon l'echelle des relations de ('enfant avec
autrui, 1994-1995
Pourcentage
25
20
15
10
5
0
0
1111
2
II
ird _
6
8
4
pas de problerne
de relation
10 12 14 16
problernes de
relation
Source : ELNEJ
Le tableau 2.7 illustre le nombre d'heures
pendant lesquelles les enfants du Canada se sont
fait garder, selon leur principal mode de garde. Le
schema global semble indiquer que les enfants
passaient soit peu de temps, soit beaucoup de
temps en services de garde et qu'un nombre
moindre se situait dans la moyenne. Ainsi, des
proportions a peu pros equivalentes d'enfants
passaient moins de 10 heures, entre 10 et
19 heures et plus de 40 heures par semaine sous
la garde d'une personne autre que les parents.
En moyenne, les enfants se faisaient garder
21,2 heures par semaine, selon leur principal mode
de garde.
blement ('organisation de la vie familiale, les
parents au travail devant trouver de nouvelles
modalites de garde pour leurs enfants. Comme
un tres grand nombre d'enfants passent
aujourd'hui passablement de temps en services
de garde de tous genres, Ia disponibilite et la
qualite des soins qui y sont offerts revetent une
importance croissante pour Ia comprehension et
la promotion du developpement sain de ('enfant.
L'ELNEJ fournit quelques donnees de base sur les
modalites de garde des enfants du Canada.
En 1994-1995, 32,4 % des enfants ages de 0
a 11 ans (1,5 million d'enfants) etaient gardes par
des personnes autres que les parents, pendant
que leurs parents etaient au travail ou aux etudes.
Parmi les enfants qui n'utilisaient pas de mode de
garde au moment de l'enquete, 39,6 % — soit un
million — avaient déjà eu recours a ce type de
services.
Pour les jeunes enfants, la stabilite est un des
aspects les plus importants de la qualite du mode
de garde. Le fait de changer constamment de
H A cause d'un probleme dans la conception du questionnaire pour
le Cycle 1, la proportion d'enfants qui se gardent seuls est sousestimEe.
Tableau 2.6. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon les modalites de garde (autre que Ore et
mere), 1994-1995
%)
Mode de garde principal
Au domicile d'une personne non apparentee (service de garde non *temente)
Membre de la famille (autre que pere ou mere), au domicile de ('enfant ou d'une autre personne
Garderie (service de garde *temente)
Au domicile de ('enfant, par une personne non apparentee (service de garde non *temente)
Au domicile d'une personne non apparentee (service de garde *temente)
Service de garde parascolaire (*temente)
Par un frere ou une soeur, ou reste seul
Autre
"Estimation moins Liable
Source : ELNEJ
a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
29
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
34,2
21,4
15,7
14,2
7,2
4,0
2,5
0,7M
Tableau 2.7. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon les modalite de garde (autre que Ore ou
mere) et le nombre d'heures de garde, 1994-1995
Nombre d'heures de garde selon le mode de garde principal
< 10 heures
10-19 heures
20-29 heures
30-39 heures
2 40
Total
Ok
Mode de garde principal
Au domicile d'une personne non apparentee
(service de garde non reglemente)
Membre de la famille (autre que Ore ou
mere, au domicile de ('enfant ou d'une
autre personne)
Garderie (service de garde reglemente)
Au domicile de l'enfant, par une personne
non apparentee (service de garde non
reglemente)
Au domicile d'une personne non apparentee
(service de garde reglemente)
Service de garde parascolaire (reglemente)
Par un frere ou une soeur, ou reste seul
Autre
Total
0/0
28,6
24,3
17,0
11,8
18,4
100,0
28,5
16,3
24,0
21,4
15,3
15,4
11,3
18,1
20,9
28,8
100,0
100,0
25,3
23,8
17,5
9,9
23,5
100,0
16,3
45,5
64,4
21,0
39,4
29,4M
21,9
12,0m
15,1M
25,7 u
100,0
100,0
27,0
24,1
16,2
12,1
20,6
100,0
"'Estimation moins liable a cause de la forte variabilite d'echantillonnage
u Estimations trop peu fiables pour etre publiees.
Source : ELNEJ
Le tableau 2.8 presente les motifs les plus
souvent invoques pour expliquer le changement
du mode de garde. Dans pres du tiers des cas, la
principale raison citee etait que le (la) gardien(ne)
ou le service de garde n'etait plus disponible. Parmi
les autres raisons indiquees, mentionnons
l'insatisfaction a regard du (de la) gardien(ne) ou
du service de garde, un demenagement de Ia
famille ou des changements dans la situation de
garde legale de l'enfant, ainsi que revolution des
besoins de l'enfant. Dans certains cas, le changement s'est produit a la suite de la disponibilite d'un
mode de garde preferable, par exemple d'une
place dans un service de garde subventionne.
formule de garde perturbe les enfants, qui ont
besoin de temps pour s'adapter a un nouveau
milieu. Une relation de longue duree avec un(e)
gardien(ne) constitue un facteur important qui
favorise le developpement positif de l'enfant.
Pour Ia plupart des enfants, les modes de
garde principaux sont demeures passablement
stables. En 1994-1995, plus des trois quarts
(77,0 %) n'avaient subi aucun changement au
cours des 12 mois precedents, alors que 15,8 %
avaient vecu un changement, 4,3 %, deux
changements et 2,9 %, trois changements ou plus.
Tableau 2.8
Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon la raison du changement de mode de
garde, 1994-1995
Nbre d'enfants
Raison du changement de mode de garde'
Gardien(ne) ou service de garde plus disponible
Demenagement de la famille, changement de la situation professionnelle
des parents ou changement de disposition de garde legale
Insatisfaction a regard du (de la) gardien(ne) ou du service de garde
Disponibilite d'un meilleur mode de garde
Evolution des besoins de l'enfant
Autre
Total
98 100
30,5
40 700
36 000
35 200
30 200
82 200
322 400
12,3
11,2
11,0
9,4
25,6
100.0
a Inclut les enfants dont les parents n'ont donne qu'une seule raison (92 %) pour expliquer le changement de mode de mode de garde. Les
estimations concernant les enfants dont les parents ont donne plus d'une raison (8%) pour expliquer le changement de mode de garde sont
trop peu fiables pour etre presentees.
Source : ELNEJ
30
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Les enfants du Canada : Que disent
les enfants de 10 et 11 ans ?
Graphique 2.7
Repartition des enfants de 10 a 11 ans selon
revaluation par l'enfant du rejet par ses
parents, 1994-1995
Particularite unique a ('ELNEJ, les enfants plus
ages ont aussi ete appeles a remplir un
questionnaire portant sur differents aspects de leur
vie, notamment leurs experiences a recole, la
facon dont ils percoivent leurs relations avec leurs
parents et leur consommation de drogue et
d'alcool. Comme des renseignements similaires
ont ete recueillis aupres des parents et des
enseignants, it sera possible d'etablir des
comparaisons entre les reponses obtenues.
Pourcentage
15
10
Ill~n n ~~_
0
6
8 10 12 14 16 18
acceptation par
les parents
rejet par
les parents
0
Perception des relations avec les parents
Durant la premiere phase de diffusion des donnees
de ('ELNEJ, les resultats de trois sections du
questionnaire destine aux jeunes de 10 et 11 ans
sont diffusees : perception des relations avec les
parents, comportement et relations. Pour revaluation du premier sujet, soit la perception des
relations avec les parents, des questions precises
ont ete posses puis combinees en trois echelles
pour tenter de mesurer comment l'enfant percoit
ses relations avec ses parents. La premiere de
ces echelles, rechelle du rejet parental, a ete
etablie a partir de questions du genre : «Est-ce
que tes parents to harcelent a propos de petites
choses ou ,, Est-ce qu'ils appliquent les
reglements qu'ils ont etablis seulement quand ca
leur convient
2
4
Source : ELNEJ
pensent de leur comportement. Les recherches
montrent que le comportement prosocial est un
important trait de personnalite qui favorise l'estime
de soi et qui aide les enfants a faire face aux
changements dans leur vie. 14 Cette echelle se base
sur les reponses obtenues des jeunes de 10 et 11
ans a des questions comme : es-tu serviable et
aimable envers les autres ? Temoignes-tu de la
sympathie envers quelqu'un qui a commis une
erreur ? Offres-tu d'aider a nettoyer un degat fait
par quelqu'un d'autre ?
Lechelle du comportement prosocial est
presentee au graphique 2.8; le biais important vers
la droite laisse fortement croire que la plupart des
enfants se preoccupaient des autres. Moins de
Lechelle du rejet parental a ete construite
partir des reponses obtenues a ces questions; les
resultats sont presentes au graphique 2.7. Le biais
vers la gauche dans la distribution porte a croire
que peu d'enfants percevaient leurs relations avec
leurs parents comme negatives ou hostiles.
Graphique 2.8
Repartition des enfants de 10 ail ans selon
revaluation par l'enfant de son comportement
prosocial, 1994-1995
Comportement
Pourcentage
12
Le questionnaire sur le comportement pour les
enfants ages de 10 et 11 ans reprend les mernes
questions que celles posses aux parents.
L'information recueillie porte sur les comportements suivants : troubles des conduites, hyperactivite, agressivite physique, agressivite indirecte,
trouble affectif, dommages a la prophet& prise de
risques et comportement prosocial.
10
8
6
4
2
0
0 2 4 6 8 10 12 4 6 8 20
comportement
antisocial
Nous avons choisi d'examiner ici rechelle du
comportement prosocial pour essayer de mieux
comprendre ce que les jeunes de 10 et 11 ans
Source : ELNEJ
31
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
comportement
prosocial
10 % d'entre eux ont en effet obtenu des resultats
inferieurs a 10, lesquels temoignent d'une attitude
plus «antisociale» que celle de Ia grande majorite
des enfants de cet age.
Lorsque nous comparons les reponses des
parents et celles des enfants a la question : « Estce que votre enfant/tu s'entend/t'entends bien avec
les autres enfants ?», des differences ressortent
aussi. Selon les parents des enfants de 10 et 11
ans, 56,7 % des enfants s'entendaient tres bien
avec leurs pairs et 30,6 % s'entendaient assez
bien. Inversement, 30,4 % des enfants ont indique
s'entendre tres bien avec leurs amis, contre 48,4 %
qui disaient s'entendre assez bien. Enfin, 4,2 %
des enfants ont reconnu s'entendre pas tres bien
ou pas bien du tout avec leurs pairs, comparativement a un pourcentage de 1,3 % selon les
parents.§§
Par ailleurs, les reponses des enfants
demontraient que ceux-ci se souciaient davantage
des autres que semblaient le croire leurs parents.
Ainsi, lorsque nous comparons les reponses des
enfants et des parents a la question : «Quand
(votre enfant/je) joue avec d'autres, il/rinvite les
personnes qui regardent a prendre part au jeu»,
44,9 % des enfants ages de 10 et 11 ans ont
repondu le faire souvent, comparativement
seulement 32,1 % des parents appeles a evaluer
leurs enfants de 10 a 11 ans selon cet aspect. Les
resultats des enfants et des parents concordaient
toutefois sur un point de vue : dans les deux
groupes, environ 10 % ont repondu «jamais»
cette question.
3. Un portrait des families du
Canada en 1994-1995
Les enfants du Canada : Dans quels types de
families vivent-ils ?
Relations avec les pairs
L'ELNEJ revele que les enfants du Canada se
portaient dans ('ensemble assez bien. Bien silk, it
existe des groupes d'enfants qui continuaient
d'eprouver des difficultes et qui risquaient par
consequent d'eprouver des problemes ou de ne
pas s'epanouir pleinement a long terme. Ceci nous
ramene a nouveau au concept de Ia «boite noire»,
par lequel nous tentons de savoir comment
certains facteurs et certaines conditions interagissent pour produire des resultats particuliers
sur le developpement de l'enfant. Pourquoi certains
enfants reussissent-ils mieux que d'autres ?
Les jeunes ages de 10 et 11 ans ont egalement
ete interroges sur leurs relations avec les autres,
en parallele aux questions posses aux parents.
Par exemple, les enfants ont eu a evaluer la qualite
de leurs relations avec les autres (incluant amis,
parents et titres et sceurs), ainsi qu'a indiquer le
nombre d'amis intimes qu'ils avaient et s'ils avaient
un(e) confident(e). Les resultats pour l'echelle des
relations avec les pairs, presentes au graphique
2.9, indiquent que Ia plupart des enfants de 10 et
11 ans estimaient bien s'entendre avec leurs amis.
Graphique 2.9
Pour mieux comprendre les interactions
complexes qui se produisent a l'interieur de la
«boite noire» et qui influent sur le developpement,
I'ELNEJ a recueilli des donnees exhaustives sur
deux des environnements les plus importants de
l'enfant : Ia famille et l'ecole. L'information sur les
families canadiennes diffusee durant la premiere
phase de I'ELNEJ est presentee ci-apres, dans ce
bref portrait des families canadiennes. 15
Repartition des enfants de 10 a 11 ans selon
revaluation par l'enfant de ses relations avec
les pairs, 1994-1995
Pourcentage
20
.
15
--,
10
,
.
I
1
'1
1
1
■
I
!
,
i
1
' II
,
0
1
WI
._ .
5
i
...,
I
,
',
ij ri
2
4
6
0
ne s'entend pas
avec ses pairs
1
8
1'
' 1
, 1
10
L.
1
—
.:
.
.
Types de famille
,
,
Le graphique 3.1 revele qu'au Canada, 84,2 % des
enfants ages de 0 a 11 ans vivaient dans une
famille biparentale, 15,7 % vivaient dans une
2
4 16
s'entend bien
avec ses pairs
Source : ELNEJ
Cede estimation restrictive est moms liable a cause de la forte
variabilite d'Echantillonnage.
32
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 3.1
Repartition des enfants de 0 a 11 ans selon le type de famille, 1994-1995
Nombre d'enfants de 0 a 11 ans
4 673 000
100 %
Enfants avec deux parents
3 934 000
84,2 %
Enfants avec un seul parent
734 000
15,7%
Avec la mere uniquement
681 000
14,6%
Avec les deux parents biologiquesa
3 678 000
78,7 %
Enfants avec une personne
autre qu'un parent
Moins de 1 %
Avec le pere uniquement
53 000
1,1 %
Avec un parent biologique et un beau-parent
200 000
4,3
Avec une autreb famille biparentale
55 000
1,2 %
a Inclut 182 000 enfants vivant avec des freres ou soeurs par alliance.
b Inclut les enfants qui vivent avec deux parents adoptifs, avec un parent biologique et un parent adoptif, avec deux parents de famille d'accueil,
avec deux beaux-parents ou avec un parent adoptif et un beau-parent.
Source : ELNEJ
enfants de ce dernier). Cependant, pour la plus
forte proportion de ces enfants (51,3 %), la famille
reconstituee se composait d'une mere, d'un pere
et des enfants de la mere issus de relation(s)
precedente(s) et de Ia presente relation (mais
aucun des enfants du Ore). A l'oppose, seulement
3,4 %ttt des enfants vivaient avec leur pare
biologique et une belle-mere (mais aucun des
enfants de cette derniere). (Voir le travail de
recherche de Cheal sur les families reconstituees
dans cette publication.)
famille monoparentale et moins que 1,0 % vivaient
avec une personne autre qu'un parent —
habituellement un autre membre de la famille ou
un tuteur. Parmi les enfants vivant avec un seul
parent, Ia grande majorite (92,8 %) vivaient avec
leur mere. Une des conclusions les plus frappantes
de l'enquete est sans doute la suivante : de tous
les enfants ages de 0 a 11 ans, 78,7 % vivaient
avec leurs parents biologiques au sein de families
biparentales.
A la suite de l'accroissement du taux de
divorce au cours des dernieres decennies,
davantage d'enfants vivent aujourd'hui avec des
beaux-parents.*** Lenquete revele que 8,6 % des
enfants vivaient dans des families reconstituees
dont la composition, comme l'indique le graphique
3.2, variait considerablement selon les enfants
vivant dans la famille. Le graphique indique ainsi
que 25,6 % des enfants de families reconstituees
vivaient avec leur mere biologique et ses enfants
ainsi qu'avec un beau-pere (mais aucun des
II est important de se rappeler que ces
donnees ont un caractere ponctuel. En 1994-1995,
24,3 % des enfants du Canada ages de 0 a 11
ans vivaient avec un seul parent (15,7 %) ou
vivaient au sein d'une famille reconstituee (8,6 %).
Cependant, it est probable qu'un grand nombre
des enfants plus jeunes vises par l'enquete feront
face, a une *lode quelconque dans l'avenir, a la
separation ou au divorce de leurs parents. Par
consequent, plusieurs de ces enfants vivront
quelque temps dans une famille monoparentale
ou une famille reconstituee. Selon une etude, le
Selon la definition de Statistique Canada, ofamille reconstituee»
fait reference a un couple avec enfants, merle ou vivant en union
fibre, oil au moms un des enfants est le beau-fits ou la belle-fifie
d'au moms un des parents.
tit Cette estimation restrictive est moms fiable a cause de la forte
variability d'echantillonnage.
33
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
qu'elle nous permettra de suivre le passage des
enfants d'un type de famille a un autre, et ainsi de
commencer a comprendre les effets de ces
transitions sur le developpement de ('enfant.
Graphique 3.2
Repartition des enfants de 0 a 11 ans selon le
type de famille reconstitude, 1994-1995
51,3%
Envisagees de facon ponctuelle, ces statistiques
presentent une vue instantanee des types de families
dans lesquelles vivent les enfants. Le resultat qui se
demarque particulierement est la proportion des
enfants ages de 0 a 11 ans qui vivaient avec un seul
parent. Le tableau 3.1 montre que ce groupe s'est
elargi considerablement au cours des 30 dernieres
annees : en 1961, 11 `)/0 des families avec enfants
etaient dirigees par un seul parent, comparativement
a 20 % en 1991. Parallelement, le pourcentage de
families biparentales est passé de 89 % a 80 `)/0
durant la mOme periode. 17 I.:incidence de cette
importante transition dans la structure de la famille
souleve aujourd'hui de nombreuses questions
sociales et economiques.
3,4 %
3,9%
4,6 %
25,6 %
11,2 %
ED A elle et a eux : Enfant(s) biologique(s) ou adopte(s) de la
VIII I A elle :
1:2 Alui et a eux :
Alui, a elle et
a eux :
Alui et a elle :
Alui :
mere et au moins un enfant biologique ou
adopts du Ore et de la mere.
Enfant(s) biologique(s) ou adopte(s) de
la mere uniquement.
Enfant(s) biologique(s) ou adopte(s) du
Ore et au moins un enfant biologique ou
adopts des deux parents.
Au moins un enfant biologique ou adopts
de la mere, au moins un enfant
biologique ou adopts du pere, et au moil's
un enfant biologique ou adopts des deux
parents.
Au moins un enfant biologique ou adopts
de la mere, au moins un enfant
biologique ou adopts du Ore, et aucun
enfant biologique ou adopts des deux
parents.
Enfant(s) biologique(s) ou adopte(s) du
pere uniquement.
Nombre de freres et sceurs
Lautre dimension de la vie de famille mise en relief
par ('ELNEJ concerne le nombre de freres et
sceurs. II y a lieu de noter que, comme l'enquete
porte principalement sur les jeunes families, bon
nombre de ces families seront plus nombreuses
si les parents decident d'avoir d'autres enfants.
Par consequent, bien que ('information presentee
ici soit exacte quant au nombre de freres et sceurs
actuellement presents dans chaque ménage en
1994-1995, les donnees ne brossent pas
necessairement un tableau exact de la taille de la
famille type des annees 90.
Source : ELNEJ
nombre d'enfants touches par la rupture d'un
mariage a triple au cours des 20 dernieres annees;
alors que 8 % des enfants du Canada nes au debut
des annees 60 ont vecu la separation de leurs
parents avant ('age de six ans, la proportion
atteignait 18 % chez les enfants nes au debut des
annees 80. 16 La grande valeur de ('ELNEJ est
Le graphique 3.3 presente le nombre de freres
et sceurs - ages entre 0 et 18 ans - dans les
families des enfants. La plus forte proportion des
enfants (46,4 `)/0) n'avaient qu'un autre frere ou
sceur. Au moment de l'enquete, un autre 19,4 %
Tableau 3.1. Families avec enfants, 1961-1991
Armee
1961
1966
1971
1976
1981
1986
1991
% de families dirigees
par une mere seule
% de families dirigees
par un Ore seul
(0/0 )
(% )
9,0
9,0
10,4
11,6
13,7
15,5
16,5
2,5
2,2
2,8
2,4
2,9
3,3
3,5
% de families
monoparentales
(%)
% de families
biparentales
11,4
11,2
13,2
14,0
16,6
18,8
20,0
88,6
88,8
86,8
86,0
83,4
81,2
80,0
Source : Statistique Canada, Les families monoparentales au Canada, 1992
34
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
(T )
Auparavant, le nombre de naissances par
femme Malt eleve, en partie parce qu'un grand
nombre d'enfants mouraient en bas age. Les
families de l'epoque avaient egalement besoin du
maximum de main-d'ceuvre possible pour assurer
la survie de ('unite familiale, l'economie etant alors
basee sur ('agriculture. Cependant, l'accroissement de la richesse et ('amelioration de la sante
des Canadiens - en particulier des femmes - au
cours du vingtierne siècle ont entraine une diminution
du taux de natalite. Outre ces changements dans
notre structure economique et industrielle, ('introduction des programmes de securite du revenu,
('amelioration des methodes de contraception et
la mise en place des services de sante publique
durant les annees d'apres-guerre ont joue un role
determinant dans ('amelioration du bien-Otre des
personnes et des families la vie durant, tout comme
dans la diminution du nombre de naissances. Les
families ont aujourd'hui des enfants dans des
conditions fort differentes, et it semble bien que
l'epoque des families nombreuses soit revolue.
Graphique 3.3
Repartition des enfants de 0 a 11 ans selon le
nombre de freres et soeurs dans la famille,
1994-1 995
19,4%
11,0 %
23,2%
Enfant unique
ED Deux titres et soeurs
Trois freres et soeurs
1:3 Un frere ou une soeur
Note: Le nombre de freres et soeurs de l'enfant inclut
les freres et soeurs biologiques, les demi-freres et les
demi-soeurs, les freres et soeurs par alliance, les
freres et soeurs adoptes et les flares et soeurs de
famille d'accueil, en excluant l'enfant lui-merne.
Source : ELNEJ
des enfants de 0 a 11 ans etaient enfant unique et
le tiers avaient au moins deux freres ou scours. Au
Canada, l'enfant age entre 0 et 11 ans avait en
moyenne 1,3 titre ou sceur.
Age des parents
Les couples ont aujourd'hui moins d'enfants et ils
les ont a un age plus avance. En 1992, rage moyen
de la mere a la naissance de son premier enfant
etait de 26,6 ans, comparativement a 23,3 ans en
1971. De merle, rage moyen a la naissance du
deuxieme enfant a lui aussi augment& passant
de 25,9 ans en 1971 a 29 ans en 1992. 2,18
Lorsque nous examinons le nombre de freres
et soeurs par province (tableau 3.2), nous
constatons que les schemes provinciaux se
rapprochent des donnees nationales. Le pourcentage d'enfants uniques, par exemple, etait
legerement superieur au Quebec et ATerre-Neuve
et plus faible a ('Ile-du-Prince-Edouard, en
Nouvelle-Ecosse, en Saskatchewan et en Alberta.
Selon les conclusions de ('ELNEJ, ('age moyen
des meres et des Ores des enfants Ages de 0 a
11 ans etait respectivement de 33,8 ans et de 36,6
Tableau 3.2. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon le nombre de freres et soeurs, par province,
1994-1995
Province
Enfant unique
1 frere ou soeur
2 freres ou soeurs
3 ou plus
Total
°/0
Terre-Neuve
Ile-du-Prince-Edouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
Canada
21,3
15,7u
16,7
19,6
24,0
18,5
18,5
14,7
16,6
18,0
19,4
48,9
38,7m
47,4
46,9
45,6
48,1
40,1
39,8
43,0
49,1
46,4
23,1
30,6"
27,3
24,4
22,6
22,4
29,9
28,9
24,2
20,4
23,2
6,6"
15,0u
8,6"
9,2"
7,8
11,0
11,4
16,6
16,1
12,6
11,0
M Estimation moins fiable a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
u Les estimations ne repondent pas aux normes de qualite de Statistique Canada. Les conclusions tirees de ces donnees ne sauraient etre fiables et seront for
probablement erronnees.
Source : ELNEJ
35
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
ans. Lorsque nous examinons rage moyen selon
le type de famille, nous constatons que Ia mere a
la tete d'une famille monoparentale n'etait que
legerement plus jeune qu'une mere de famille
biparentale, rage moyen etant de 32 ans
comparativement a 34 ans. La situation inverse a
ete observee dans le cas des Ores seuls. Ainsi,
rage moyen d'un pere seul avec des enfants de 0
a 11 ans etait de 37,5 ans, comparativement a 36,6
ans pour un pere de famille biparentale. II y a lieu
de preciser que les ages des parents indiques dans
cette section font tous reference a rage des
parents au moment de renquete. II ne s'agit pas
de l'age des parents a Ia naissance des enfants.
pourcentage seulement des enfants ages de 0 a 11
ans vivaient avec des parents de plus de 44 ans.
Le niveau de scolarite, le revenu et ('experience de travail des jeunes parents — et plus
particulierement des meres seules — tendent
differer sensiblement de ceux des parents plus
ages. C'est pourquoi l'age des parents constitue
un facteur qui a une incidence importante sur les
enfants. Le tableau 3.4 presente la repartition des
enfants selon rage du parent le plus age et le type
de famille. Au sein des families biparentales, 8,9 %
des enfants vivaient avec de jeunes parents de
moins de 30 ans. Cependant, dans les families
monoparentales — dirigees dans une fres forte
proportion par des femmes — 34,7 % des enfants
etaient eleves par un jeune parent.
Certaines conclusions interessantes ressortent
du tableau 3.3, qui presente une distribution des
enfants selon rage des parents. Une de ces
conclusions, peut-titre contraire a la croyance
populaire, est que seulement une tres faible
proportion d'enfants (0,4 %) vivaient avec des
meres adolescentes. Cependant, merle si ce
resultat est relativement peu eleve, ces enfants
exigent une attention particuliere du fait qu'ils
risquent davantage de vivre dans des menages
pauvres et de presenter les caracteristiques des
enfants pauvres. (Voir le travail de recherche de
Lipman et autres.) La majorite des enfants vivaient
avec leur mere (61,8 %) et leur pore (59,7 %) ages
entre 30 et 39 ans. Un relativement faible
Les resultats precedents au sujet de l'age des
parents indiquent que Ia periode Ia plus intensive
pour elever les enfants etait susceptible d'avoir lieu
lorsque les parents etaient dans la trentaine. II
s'agit la d'un changement par rapport aux
decennies precedentes, oil les jeunes hommes et
les jeunes femmes se mariaient et avaient des
enfants au debut de Ia vingtaine. Un des effets de
cette tendance est qu'aujourd'hui, beaucoup plus
d'enfants sont susceptibles de vivre dans des
families oil un ou les deux parents a un emploi
plus sur— et donc ont un revenu relativement plus
Tableau 3.3. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon rage(' des parents, 1994-1995
Age de Ia mere
15-19
20-24
25-29
30-34
35-39
40-44
45-49
50-54
55-59
Nombre d'enfants
20 700
222 000
772 700
1 529 300
1 326 600
581 000
143 700
18 400
Pourcentage
Age du Ore
0,4
4,8
16,7
33,1
28,7
12,6
3,1
0,4m
Nombre d'enfants
Pourcentage
62 500
372 400
1 073 600
1 303 800
752 400
325 300
68 900
21 000
1,6
9,4
27,0
32,7
18,9
8,2
1,7
0,5
15-19
20-24
25-29
30-34
35-39
40-44
45-49
50-54
55-59
Al Estimation moins fiable a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
u Estimations trop peu fiables pour etre publiees.
• Age des parents au moment de renquete et non au moment de la naissance de renfant
Source : ELNEJ
Tableau 3.4. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon rage du parent le plus age
Age du parent le plus Ag6
Parent le plus age < 30 ans
Parent le plus age ?. 30 ans
Deux parents
(%)
Parent seul
bus les menages
8,9
91,1
34,7
65,3
13,1
86,9
(%)
Source: ELNEJ
36
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
(%)
eleve — qu'avec des parents de moins de 30 ans.
II est aussi probable que les enfants vivant avec
des parents plus ages pratiqueront des activites
differentes. Ils peuvent aussi entretenir des
relations differentes avec leurs grands-parents, qui
eux aussi seront plus ages. Le fait de retarder la
formation d'une famille constitue une composante
environnementale importante de la “boite noire»
du developpement de l'enfant, dont ('incidence
pourra etre mieux comprise au fur et a mesure
que les resultats de l'enquete seront analyses au
fil des ans.
plan professionnel que les enfants issus de families
mieux nanties. Le fait de grandir dans un foyer
sans securite financiere, de merle que les
frequents demenagements et les changements
d'ecoles souvent causes par la diminution du
revenu familial, ont une incidence sur ces enfants.
Cependant, bien que nous soyons certain de
('association qui existe entre les ressources
financieres de la famille et de nombreux aspects
du developpement de l'enfant, nous ne sommes
pas aussi certains des diverses fagons dont
s'exerce cet effet. Est-ce par ('alimentation, le
stress, les soins de sante, l'acces aux biens
materiels, I'estime de soi, ('influence du quartier,
etc. ? Linter& de I'ELNEJ est qu'elle permettra
aux chercheurs de mieux documenter non
seulement les effets des ressources financieres
sur le developpement de l'enfant, mais egalement
les mecanismes directs et indirects par lesquels
s'exercent ces effets.
Les enfants du Canada : Quelles sont
les caracteristiques socioeconomiques
des families ?
Nous savons que le milieu familial exerce une
influence majeure sur le developpement de
l'enfant. 19 Nous examinons ci-apres quelques-unes
des caracteristiques socioeconomiques les plus
importantes des families canadiennes, reconnues
pour etre des determinants cies du bien-etre de
l'enfant. Ces caracteristiques comprennent le
revenu familial, l'activite des parents sur le marche
du travail et le niveau de scolarite.I2ELNEJ fournit
egalement des donnees sur Ia sante de Ia mere
durant la periode prenatale ainsi que sur la
dynamique familiale. A partir de ces donnees, nous
pouvons commencer a examiner la fagon dont
certaines facteurs environnementaux, comme le
revenu familial, influent sur le developpement de
l'enfant (certains resultats preliminaires sont
presentes dans la conclusion du present résumé).
Niveau de revenu
Afin de presenter une vue simplifiee de la
repartition des enfants selon le niveau du revenu
familial, les enfants ont ete repartis selon trois
categories de revenu. Ces categories de revenu,
ainsi que la distribution des enfants par province,
sont presentees au tableau 3.5 pour le Canada et
les provinces. II est a noter que le revenu utilise ici
est le revenu avant impot et qu'il inclut les
paiements de transfert du gouvernement comme
('assurance-chornage, ('aide sociale et les
prestations pour enfants. Le revenu total inclut le
revenu de tous les membres qui vivent
habituellement dans le ménage dont font pate
les enfants.
Revenu familial
Le bien-etre des enfants est manifestement
lie aux ressources financieres de la famille —
leur niveau, a leur source et a leur stabilite. Les
enfants qui grandissent au sein de families
beneficiant d'une securite financiere ne sont pas
necessairement les plus heureux ou les mieux en
sante mais, de fagon generale, ils ne font pas face
aux mernes difficultes que les enfants des families
pauvres. Le revenu familial constitue un indicateur
de base du bien-etre de l'enfant. 2° L'enfant prive
d'un bon dejeuner sera incapable de se concentrer
pour apprendre; l'enfant qui vit entasse dans un
logement en mauvais etat risque davantage d'être
en mauvaise sante.
Au Canada, 25,7 % des enfants ages de 0 a
11 ans vivaient dans des menages dont le revenu
annuel Malt inferieur a 30 000 $; 41,6 % vivaient
dans des menages dont le revenu annuel se situait
entre 30 000 et 59 000 $; et 32,8 % vivaient dans
les menages a revenu plus eleve, c'est-a-dire ceux
dont le revenu annuel Malt d'au moins 60 000 $. A
titre de reference, precisons que le revenu annuel
moyen pour ('ensemble des ménages etait de
49 900 $ et que le revenu annuel median Malt de
45 000 $.
Lorsque nous examinons les donnees sur le
revenu familial par province, nous constatons que
Terre-Neuve est la province qui comptait Ia plus
forte proportion d'enfants dans le groupe a plus
faible revenu, soit 41,6 % des enfants de 0 a 11
Les enfants qui grandissent au sein de families
pauvres ou a faible revenu ont egalement tendance
a faire moins d'etudes et a reussir moins bien au
37
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
ans. Des proportions relativement elevees ont ete
observees dans toutes les provinces de
l'Atlantique, alors que ('Ontario, la ColombieBritannique et ('Alberta - les provinces les plus
riches du Canada - affichaient les plus petites
proportions d'enfants dans le groupe a revenu le
plus faible et les proportions les plus elevees
d'enfants dans des ménages a revenu eleve.
Le tableau 3.7 brosse un portrait de la pauvrete
chez les enfants selon le type de famille. On y
remarque que les enfants de families monoparentales etaient beaucoup plus susceptibles d'être
pauvres que les enfants de families biparentales, les
proportions etant respectivement de 68,0 % et de
16,5 %. Par ailleurs, c'est parmi les families
monoparentales dirigees par des femmes que le
taux de pauvrete chez les enfants etait le plus eleve
(70,9 %), alors qu'il etait nettement plus faible chez
les enfants de families monoparentales dirigees
par des hommes (30,7 %).§§§ Bien que ces
donnees ne figurent pas dans le tableau, notons
egalement que les enfants plus jeunes etaient plus
susceptibles de vivre dans des families pauvres
que les enfants plus ages, la probabilite qu'un bebe
soit pauvre etant de plus que 20 % plus elevee
que pour un enfant de 11 ans. Cette situation
s'explique principalement par le fait que le taux de
pauvrete est plus sieve parmi les jeunes familles.
Pauvrete chez les enfants
II n'existe pas de definition officielle de la pauvrete
au Canada, mais la mesure Ia plus acceptee et Ia
plus utilisee est celle basee sur le seuil de faible
revenu etabli par Statistique Canada (il faut noter
que Statistique Canada prend soin de ne pas faire
reference a ces seuils comme etant les seuils de
pauvrete).#* Le tableau 3.6 presente un apercu
des taux de pauvrete cher s les enfants, pour le
Canada et les provinces. A rechelon national,
24,6 % des enfants ages de 0 a 11 ans etaient
pauvres. Lorsqu'on examine les pourcentages par
province, on remarque que c'est a Terre-Neuve
que le pourcentage d'enfants pauvres etait le plus
eleve (33,1 %), suivi du Manitoba (28,9 %); c'est
en Colombie-Britannique qu'il etait le plus faible
(22,1 %). A ('exception de Terre-Neuve et du
Manitoba, les taux provinciaux se situaient assez
pros de Ia moyenne nationale.
Source de revenu
La source de revenu est un des facteurs importants
qui nous aide a determiner le niveau de securite
economique des enfants.**** Comme l'indique le
tableau 3.8, 85,4 % des enfants vivaient dans des
menages dont le revenu provenait essentiellement
ass
tSs
En 1994, le seuil de faible revenu Etabli par Statistique
Canada pour une famille de quatre personnnes vivant dans
un centre urbain comptant entre 100 000 et 499 000
habitants etait de 22 039 $.
Cette estimation restrictive est moins fiable a cause de la forte
variabilite d'echantillonnage.
La source de revenu a egalement des incidences sur plus
d'une generation; ainsi, les enfants qui vivent dans une
famille qui depend de l'aide sociale peuvent etre plus
susceptibles de se tourner eux aussi vers l'aide sociale.
Tableau 3.5. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon le revenu familial, par province, 1994-1995
Revenu familial
< 30 000 $
30 000 a 60 000 $
(%)
(%)
Terre-Neuve
Ile-du-Prince-Edouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
Canada
41,6
35,2m
33,8
30,8
27,1
23,3
30,4
32,2
22,5
23,7
25,7
38,4
49,5m
44,5
51,6
45,9
38,5
43,2
42,4
41,0
39,1
41,6
> 60 000 $
(%)
20,0
15,2u
21,7
17,6
27,0
38,2
26,4
25,4
36,4
37,3
32,8
M Estimations moins fiables a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
u Les estimations ne repondent pas aux normes de qualite de Statistique Canada. Les conclusions tirees de ces donnees ne sauraient etre fiables et seraient fort
probablement erronnees.
Source : ELNEJ
38
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Total
(%)
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
Tableau 3.6. Repartition des enfants pauvresa (0 a 11 ans) par province, 1994-1995
Pauvresa
(%)
Province
Terre-Neuve
Ile-du-Prince-Edouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
Canada
Non pauvres
(%)
Total
(%)
66,9
74,1
73,2
76,7
74,4
76,1
71,1
73,5
76,3
77,9
75,4
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
33,1
25,9m
26,8
23,3
25,6
23,9
28,9
26,5
23,7
22,1
24,6
Estimation moins fiable a cause de la forte variabilit6 d'echantillonnage
La pauvrete est mesuree d'apres le seuil de faible revenu (SFR) de Statistique Canada.
Source : ELNEJ
Tableau 3.7. Repartition des enfants pauvresa (0 a 11 ans) selon le type de famille, 1994-1995
Type de famille
Biparentale
Monoparentale
Mere seule
Pere seule
Pauvres'
(%)
Non pauvres
(%)
16,5
68,0
70,9
30,7m
83,5
32,0
29,1
69,3
La pauvrete est mesuree d'apres le seuil de faible revenu (SFR) de Statistique Canada.
M Estimation moins fiable a cause de la forte variabilite d'Echantillonnage (Ochantillon non ponder6 = 77).
Source : ELNEJ
des families dont un parent travaillait a temps plein
et l'autre n'avait pas de travail remunere. Seulement
6,6 % vivaient dans des foyers au sein desquels
aucun parent n'etait sur le marche du travail. Ces
pourcentages tranchent nettement avec ceux qui
s'appliquent aux enfants de families monoparentales,
dont la majorite (54,9 %) vivaient avec un parent qui
ne travaillait pas du tout.
d'emploi salarie ou d'emploi autonome. Les autres
enfants dependaient fort probablement de l'aide
sociale. Au Canada, un enfant sur dix vivait dans
un ménage pour qui l'aide sociale constitue la
principale source de soutien financier.
Le tableau 3.9 montre que la source de revenu
variait considerablement selon la province de
residence. La proportion des enfants vivant dans
des menages qui dependaient d'emploi salarie ou
d'emploi autonome variait ainsi d'un sommet de
92,8 % en Alberta a un creux de 67,7 % a TerreNeuve. Presque un quart des enfants terreneuviens (23,4 %) vivaient dans des ménages pour
qui l'aide sociale ou les prestations d'assurancechomage etaient les principales sources de revenu
(donnees non presentees dans le tableau).
Bien que cette conclusion ne ressorte pas
directement du tableau 3.10, 84,5 % de tous les
enfants du Canada ages de 0 a 11 ans vivaient
dans des families dont un ou les deux parents
occupaient un travail remunere, a temps plein ou
a temps partiel. Ce chiffre sommaire met en relief
un revirement important qui s'est produit au cours
des 30 dernieres annees dans la vie professionnelle et familiale. Fait particulierement frappant :
la majorite des femmes ayant des enfants sont
aujourd'hui sur le marche du travail. Le taux
d'emploi des femmes ayant des enfants a ainsi
augmente sensiblement, en particulier chez les
femmes qui se situent dans la principale fourchette
d'age pour elever des enfants. Entre 1981 et 19941995, par exemple, le taux d'emploi des femmes
ayant des enfants ages de moins de 16 ans a
Situation professionnelle des parents
LELNEJ brosse un tableau Mania de la situation
professionnelle des parents au Canada, laquelle est
illustree au tableau 3.10. Dans les families biparentales, 35,5 % des enfants ages de 0 a 11 ans
avaient deux parents qui travaillaient a temps plein.
Une proportion a peu pres egale (33,2 %) vivait dans
39
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Tableau 3.8. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon la principale source de revenu du menage,
1994-1995
Enfants
(%)
Principale source de revenu du ménage
Salaires
Travail autonome
Aide sociale
Assurance-chemage
Divers'
Prestations fiscales pour enfants
Pensions'
Indemnisation des travailleurs
Pension alimentaire (pour les enfants)
Dividendes et interet
Pension alimentaire (pour le conjoint ou la conjointe)
Total
74,6
10,8
10,1
1,5
1,0
0,9
0,4
0,3M
0,3M
100,0
° La categoric 'Diverse inclut les autres prestations versees par les administrations publiques, les revenus de location, les bourses d'Etude, etc.
° Les pensions comprennent le Regime des rentes du Quebec, le Regime de pensions du Canada, la Securite de la vieillesse et le Supplement de revenu garanti, les
pensions et les rentes de retraite.
Estimation moins liable a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
u Estimations trop peu fiables pour etre publiees.
Source : ELNEJ
Tableau 3.9. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon la principale source de revenu du ménage,
par province, 19941995
Principale source de revenu
Province
Terre-Neuve
Ile-du-Prince-tdouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
Canada
Salaires,
(%)
Aide sociale
(%)
67,7
87,6
80,8
84,5
86,6
83,9
88,7
84,7
92,8
84,7
85,4
13,9M
6,7u
12,8
8,5m
10,0
11,4
8,8M
9,7m
4,3
10,7
10,1
Autre°
(%)
18,4m
5 ,7u
6,4M
6,9m
3,4
4,7
2,5u
5,5"
2,9m
4,6
4,5
Total
(%
)
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
100,0
• La categoric nSalairesu inclut les gains provenant d'un travail autonome.
o Pour la categoric .Autre., consulter au tableau 3.8, toutes les sources autres que les salaires, le travail autonome et l'aide sociale.
Estimation moins fiable a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
Estimations ne repondent pas aux normes de Statistique Canada. Les conclusions &des de ces donnees ne sauraient etre fiables et seraient fort probablement
erronnees.
Source: ELNEJ
augmente de 50 % a 63 %, et la hausse a etc
encore plus marquee chez les femmes avec des
enfants d'age prescolaire. 2'
le pere - et l'autre travaillait a temps partiel - le
plus souvent, Ia mere. Enfin, plus que partout
ailleurs au Canada, c'est dans les provinces de
l'Atlantique que les enfants etaient plus susceptibles de vivre au sein de families biparentales dont
les deux parents etaient en chomage ou inactifs.
Le tableau 3.11 fait ressortir quelques differences regionales interessantes. Au sein des
families biparentales, c'est dans le Canada central
que Ia prevalence du travail a temps plein chez
les parents d'enfants de 0 a 11 ans etait la plus
forte. A l'oppose, davantage d'enfants dans l'Ouest
du Canada vivaient dans des families dont un des
parents travaillait a temps plein - le plus souvent,
On observe la situation contraire dans le cas
des families monoparentales. Dans ce type de
famille, les enfants vivant dans l'Ouest du Canada
etaient plus susceptibles de vivre avec un parent
qui travaillait a temps plein que les enfants vivant
40
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Tableau 3.10. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon la situation professionnelle des parents,
1994-1995
Deux parents occupes a temps plein (sauf dans les
families monoparentales)
Un parent occupe plein temps et l'autre a temps partiel
Un parent occupe a temps plein et l'autre ne travaillant pas
Travail a temps partiel uniquementa
Aucun parent occupe
Families biparentales
(%)
Families monoparentales
(%)
35,5
21,8
33,2
2,9
6,6
34,1
S.O.
S.O.
10,9
54,9
• Inclut les families biparentales o0 un parent est occupe a temps partiel et ou l'autre est occupe a temps partiel ou ne travaille pas.
S.O.: Sans objet.
Source : ELNEJ
Tableau 3.11. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon Ia situation professionnelle des parents,
par region, 1994-1995
Un parent occupe
a temps plein,
l'autre sans
emploi
(%)
Temps partiel
seulement'
Aucun parent
occupe
(%)
Un parent occupe
a temps plein,
l'autre a temps
partiel
(%)
(%)
(%)
Families biparentales
Atlantique
Central
Ouest
Canada
31,0
38,4
30,5
35,5
14,5
18,9
30,0
21,8
38,4
33,0
32,2
33,2
3,1
2,9
2,9
2,9
13,1
6,8
4,4
6,6
Families monoparentales
Atlantique
Central
Ouest
Canada
26,7
33,7
37,2
34,1
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
11,6m
9,2
14,4
10,9
61,8
57,1
48,4
54,9
Les deux parents
occupes a
temps plein
° Inclut les families biparentales ou un parent est occupe a temps partiel et oil l'autre est occupa a temps partiel o0 sans emploi.
•'Estimation moms fiable a cause de la forte variability d'echantillonnage (effectif non pondere de rechantillon = 87).
S.O.: Sans objet.
Source : ELNEJ
dans le Canada central ou les provinces de
l'Atlantique.
Lorsque les parents occupent un emploi
remunerateur, Ia famille dispose d'un revenu
adequat, un facteur essentiel a la creation d'un
milieu sain et stable pour l'enfant. 22 La scolarite
des parents est liee au revenu familial de Ia facon
suivante : les personnes dont le niveau d'etudes
est plus eleve sont plus susceptibles d'avoir un
emploi plus remunerateur, en particulier dans la
nouvelle economie basee sur ('information et les
connaissances. La scolarite des parents est
egalement associee a la valeur accordee aux
etudes dans la famille. Les parents plus instruits
ont tendance a accorder une plus grande
importance au rendement scolaire et sont plus
susceptibles de consacrer plus de temps et
d'energie, par exemple, a lire avec leurs enfants
et a les aider avec leurs devoirs. Or, ces deux types
Scolarite des parents
Pour tenter de comprendre quels facteurs
environnementaux influent sur le developpement
de l'enfant, on a etabli des associations entre Ia
scolarite des parents - ainsi que leur situation
financiere et leur situation professionnelle - et
certains resultats observes chez l'enfant, par
exemple son rendement scolaire. Cependant,
comme nous l'avons indique precedemment pour
les ressources financieres, nous ignorons
comment la scolarite des parents influe
veritablement sur le developpement de l'enfant,
malgre le lien etroit qui semble exister.
41
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
d'activites donnent a ('enfant une meilleure base
pour l'ecole. Le niveau d'instruction de Ia mere,
en particulier, a ete associe a un rendement
scolaire positif chez l'enfant. 23 Peu a peu, I'ELNEJ
nous aidera a mieux comprendre comment un
facteur comme la scolarite des parents influe sur
le developpement de ('enfant.
du 'Abe a Ia naissance. Par exemple, les mores
qui fument ou qui consomment de I'alcool durant
la grossesse sont beaucoup plus susceptibles
d'avoir un 'Abe de faible poids. Or, comme nous
l'avons indique precedemment, le faible poids a la
naissance est un important facteur de risque
pouvant entrainer un pietre etat de sante, des
incapacites et un faible niveau de scolarite. (Voir
le travail de recherche de McIntyre dans cette
publication.)
Dans le cadre de l'enquete, les parents
devaient indiquer le niveau de scolarite le plus
eleve atteint au moment de l'entrevue (certains
d'entre eux etaient encore aux etudes). Les
resultats obtenus sont presentes au tableau 3.12.
Deux points en ressortent : premierement, Ia plus
forte proportion des enfants ages de 0 a 11 ans
vivaient avec des parents qui avaient un diplome
d'etudes secondaires; deuxiemement, les Ores
etaient dans ('ensemble un peu plus instruits que
les mores, mais l'ecart Malt faible. Ces donnees
ne refletent pas ('augmentation importante et
significative du niveau de scolarite general au
cours des dernieres decennies, en particulier chez
les femmes. Aujourd'hui, les parents des jeunes
enfants ont un niveau de scolarite plus eleve que
tous leurs predecesseurs.
On n'insistera jamais assez sur 'Importance
des soins prenataux pour la bonne sante des
enfants, importance confirmee par de nombreuses
etudes. II est donc rassurant de constater que les
mores de la tits grande majorite des enfants ont
rect.' une forme quelconque de soins prenataux.
En fait, dans I'ELNEJ, seulement 2,5 % des enfants
ages de 0 a 2 ans etaient nes de mores qui
n'avaient obtenu aucun soin prenatal. Les mores
de 92,4 % des enfants avaient ete suivies par un
medecin durant leur grossesse et 2,9 % avaient
ete suivis par une infirmiere. Dans quelques cas
seulement, Ia mere avait ate suivie par une sagefemme (1,4 %);tttt ces chiffres pourraient toutefois
changer au fur et a mesure que la pratique des
sages-femmes se repand au Canada.
Etat de sante de la mere avant la
naissance
L'ELNEJ fournit egalement des donnees sur
quelques-uns des facteurs de risque susceptibles
d'influer sur la naissance d'un bebe en sante. Par
exemple, la mere d'un enfant sur quatre (23,6 %)
fumait durant sa grossesse. La proportion de
femmes ayant consommé de l'alcool durant leur
grossesse etait cependant plus faible : les mores
de 82,5 % des enfants ont indique ne pas avoir
Jusqu'ici, les caracteristiques examinees portaient
sur d'importants aspects socioeconomiques des
families canadiennes, soit le niveau et Ia source
du revenu familial, la situation professionnelle des
parents et leur niveau de scolarite. La sante de la
mere avant la naissance, bien que d'un tout autre
ordre, constitue neanmoins un facteur environnemental cle qui influe sur le developpement de
('enfant. II existe en effet une forte correlation entre
Ia sante de la mere durant la grossesse et Ia sante
tilt
Cette estimation restrictive est moms fiable a cause de la forte
variabilite d'achantillonnage.
Tableau 3.12. Repartition des enfants (0 a 11 ans) selon le niveau de scolarite de la mere et du
Ore, 1994-1995
Niveau de scolarite
Pas de diplOme d'etudes secondaires
DiplOme d'etudes secondaires
DiplOme d'etudes professionnelles ou d'une
ecole de commerce
DiplOme universitaire ou collegial
Total
Scolarite de Ia mere
(%)
Scolarite du pile
(%)
16,3
46,4
16,3
40,5
8,9
28,3
100,0
13,2
29,9
100,0
Source : ELNEJ
42
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
consommé de boisson alcoolisee, 13,8 % ont
consommé moins d'une boisson alcoolisee par
mois, 2,6 `)/0 ont consommé une a trois boissons
alcoolisees par mois et seulement 1 °/0§§§§ ont
consommé une boisson alcoolisee plus d'une fois
par semaine.****
Graphique 3.4
Repartition des enfants de moins de 2 ans
selon Ia duree de I'allaitement, 1994-1995
19,4 %
Autre fait interessant : 81,9 % des bebes sont
nes par accouchement naturel en 1994-1995,
tandis que 18,1 % sont nes par cesarienne. Pour
les accouchements naturels, on a eu recours aux
forceps ou a une ventouse pour presque un enfant
sur sept.
105 %
13,2 %
35,1 %
Allaites
55,9 %
6,4 %
10,8
17,4%
6,6
Jamais
allaites
24,7 %
La sante de la mere apres la naissance exerce
egalement une grande influence sur le developpement sain de l'enfant. Certaines meres doivent
se retablir des complications de l'accouchement;
les meres de 6,6 `)/0 des enfants, par exemple, ont
indique avoir souffert d'une hemorragie apres
l'accouchement et 5,2 % d'une infection postnatale. Lincidence de la depression postnatale a
toutefois ete beaucoup plus elevee — les meres
d'un enfant sur cinq (20,1 %) ont indique avoir ete
deprimees pendant une certaine periode apres la
naissance de leur enfant.
I=1 10 mois ou plus
MI 5 a 8 semaines
ED 7 a 9 mois
E] 1 a 4 semaines
El 3 a 6 mois
Moins de 1 semaine
EZI 9 a 12 semaines
Source : ELNEJ
-;■
environnementales moins tangibles et moins
quantifiables, par exemple les pratiques parentales
ou le niveau de soutien social, lesquels influent
sur le developpement et la croissance de l'enfant.
Cette premiere serie de donnees de ('ELNEJ porte
sur quatre influences differentes : la depression chez
les parents, les pratiques parentales, le fonctionnement de la famille et le soutien social aux parents.
Les meres de bebes et de jeunes enfants
(moins de deux ans) devaient egalement indiquer
si elles avaient allaite leur !Abe. Le graphique 3.4
demontre que plus des trois quarts (75,3 %) des
bebes ont ete ou etaient allaites. Cependant, parmi
les 'Aloes allaites, 41,2 % l'ont ete pendant 12
semaines ou moins (la periode jugee ideale etant
de 26 semaines). Parmi les principales raisons
invoquees pour cesser I'allaitement figurent la
production insuffisante de lait et la necessite de
retourner au travail.
Depression chez les parents
La sante mentale des parents influe de diverses
fagons sur le developpement de l'enfant. 24 Les
parents deprimes sont habituellement renfermes,
fatigues, abattus et pessimistes face a l'avenir,
toutes des caracteristiques peu susceptibles
d'avoir un effet positif sur l'enfant. Pour determiner
si un parent manifestait des symptomes depressifs,
l'enquete comportait un certain nombre de questions sur l'etat d'esprit du parent. Les repondants
devaient indiquer combien de fois ils avaient
ressenti certains sentiments au cours de Ia
derniere semaine, l'echelle variant de rarement
(moins d'une journee) a Ia plupart du temps ou
tout le temps (5 a 7 jours).
Les enfants du Canada :
Comment se passe Ia vie de
famille ?
LELNEJ inclut egalement un certain nombre de
questions sur les relations familiales. Ces
questions visent a examiner certaines influences
Les parents appeles a remplir le questionnaire
devaient par exemple indiquer combien de fois,
au cours de la derniere semaine, ils avaient eu le
sentiment de ne pas pouvoir se debarrasser du
cafard, meme avec ('aide de la famille ou d'ami(e)s.
En reponse a cette question, les parents de 80,3 %
des enfants ages de 0 a 11 ans ont indique
eprouver rarement ou jamais ce sentiment. Un
Cette estimation restrictive est moins fiable a cause de la forte
variabilite d'echantillonnage.
§§5§
Duree de
I allaitement
Allaites
presentement
Cette estimation restrictive est moins fiable a cause de la forte
variabilite d'Ochantillonnage.
Les parents biologiques des enfants de 0 a 2 ans ont eu
repondre a des questions sur les soins prenataux, les risques
pour la sante durant la grossesse, la sante de la mere apres la
naissance et I'allaitement.
43
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
autre 11,5 % des enfants vivaient avec un parent
qui eprouvait ce sentiment peut-titre une journee
ou deux par semaine, et 5,2 % avec un parent
indiquant se sentir ainsi trois ou quatre jours par
semaine. Les parents de 3,1 % des enfants ont
dit ressentir ce sentiment la plupart du temps.
et a mesurer. 25 Nous connaissons tous des parents
qui ont des rapports positifs et coherents avec leurs
enfants et d'autres qui elevent leurs enfants de
facon non constante, c'est-à-dire qui etablissent
les regles au gre de la situation. L'ELNEJ tente
d'obtenir un portrait des diverses pratiques
parentales a l'aide de six echelles differentes.tifil
Par souci de brievete, nous presenterons les
conclusions portant sur deux aspects seulement :
les interactions positives et Ia coherence de
('education. (Voir le travail de recherche sur les
pratiques parentales de Landy et Kwan Tam dans
cette publication.)
Les reponses des parents aux questions sur
Ia depression ont ete utilisees pour construire une
echelle de la depression, dont les resultats sont
indiques au graphique 3.5. II est important de se
rappeler qu'un resultat eleve sur ('echelle de la
depression (qui va de 0 a 35) n'indiquait que Ia
presence de symptOmes depressifs; it ne signifiait
pas necessairement qu'un parent souffrait de
depression clinique. Dans le graphique, le biais
de Ia distribution — fortement vers Ia gauche —
laisse croire que la grande majorite des enfants
vivaient avec des parents qui avaient peu de
tendances depressives. II est important d'apporter
ici une precision concernant Ia methodologie de
l'enquete. Les questions posees durant I'enquete
ne portaient que sur les symptomes depressifs
ressentis par un parent (PCM). Nous ignorons
donc si, dans le cas des families biparentales,
l'autre parent manifestait des tendances
depressives susceptibles d'influer egalement sur
('enfant.
La premiere echelle sur les pratiques
parentales mesure les interactions positives. Un
des parents des enfants ages de 2 a 11 ans devait
r6pondre a plusieurs questions portant sur ses
interactions avec son ou ses enfants, du genre :
quelle frequence felicitez-vous votre enfant ? A
quelle frequence vous arrive-t-il de jouer ou de
parler avec votre enfant ? A quelle frequence vous
arrive-t-il de rire ensemble ? La majorite des
enfants (52,7 %) vivaient avec un parent qui a
repondu rire plusieurs fois par jour avec son enfant,
et tres peu (15,7 %) vivaient avec une personne
qui a declare ne jamais rire avec son enfant ou ne
rire que quelques fois par semaine.
Les resultats de toutes les questions ont ete
combinees pour former une echelle des
Pratiques parentales
Les pratiques parentales influent considerablement
sur les relations qui s'etablissent entre un enfant
et ses parents ainsi que sur les relations familiales.
II s'agit cependant d'un concept difficile a decrire
Mit
Les Ochelles sur les pratiques parentales comprennent : les
interactions positives, les interactions hostiles, la coherence
de reducation ainsi que les pratiques parentales incluant et
excluant ('aversion.
Graphique 3.5
Repartition des enfants de 0 ail ans selon le degre de depression des parents, 1994-1995
Pourcentage
25
20
15
10
5
0
lillli
ilimm
0
2
4
6
8
peu de tendances depressives
10
IR al
MR an on mi
12
14
16
18
20 22 24 26 28 30 32 34 35
tendances depressives
Source : ELNEJ
44
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
interactions positives, dont les resultats sont
presentes au graphique 3.6. La repartition des
enfants selon le resultat obtenu par les parents
suivait une distribution assez normale, regroupee
autour de 14. Cependant, comme la distribution
presente un biais vers la droite, elle laisse croire
que Ia plupart des enfants vivaient avec des
parents qui avaient des interactions assez positives
avec leurs enfants.
Graphique 3.7
Repartition des enfants de 2 a 11 ans selon
les resultats sur l'echelle de Ia coherence de
reducation, 1994-1995
Pourcentage
14
12 10 86-
Graphique 3.6
4-
Repartition des enfants de 2 a 11 ans selon
les resultats sur l'echelle des interactions
positives avec les parents, 1994-1995
20
mraradd
0 2 4 6 8 0
12 14 16 8 20
non
coherente
Pourcentage
14
12 -
fres
coherente
Source : ELNEJ
10 8-
enfants; cependant, elles font ressortir ('importance
d'examiner la dynamique familiale au moment
d'evaluer le milieu de vie de ('enfant.
6420
0 2 4 6 8
peu d'interactions
positives
Fonctionnement de la famille
12 4 6 18 20
beaucoup
d'interactions
positives
Les deux echelles precedentes sur les pratiques
parentales etaient axees sur des relations precises
entre le parent et son enfant; l'echelle examinee
ici, soit celle du fonctionnement de la famille,
evalue la qualite des relations entre tous les
membres de la famille. La qualite des relations
familiales est particulierement importante pour le
developpement a long terme d'enfants en sante.
Par exemple, dans le cadre de l'Ontario Child
Health Study (('Etude sur Ia sante des enfants de
('Ontario), un lien significatif a ete Otabli entre un
dysfonctionnement familial et la manifestation de
problemes de sante mentale chez les enfants.
Source : ELNEJ
Le graphique 3.7 revele essentiellement le
meme schema de distribution pour la coherence
de reducation; une distribution essentiellement
normale, presentant un biais vers la droite, semble
indiquer que la plupart des enfants recevaient une
education coherente. Cette echelle a ate construite
a partir des reponses des parents, entre autres
aux questions suivantes : lorsque vous ordonnez
a votre enfant de faire quelque chose, vous
assurez-vous qu'il vous °bait ? Lorsque vous
punissez votre enfant, tient-il compte de la punition
infligee ? Si vous dites a votre enfant de cesser de
faire quelque chose et qu'il continue, a quelle
frequence le punissez-vous ? En ce qui a trait a Ia
derniere question, la plupart des enfants (63,9 %)
vivaient avec un parent qui a repondu «tout le
temps. ou «plus de la moitie du temps..
Cependant, environs le tiers des enfants de 2 a 11
ans (36,1 %) vivaient avec un parent qui a indique
donner suite et punir son enfant «la moitie du
temps» ou moins.
L'ELNEJ reprend l'echelle du fonctionnement
familial utilisee dans ('etude ontarienne. Un des
parents des enfants ages de 0 a 11 ans devait
repondre a 12 questions portant sur six activites
refletant la qualite des relations familiales : resolution
de problemes, communication, roles, ernotivite,
engagement et maitrise des comportements. Parmi
les enonces précis sur lesquels les parents ont eu
se prononcer, mentionnons : «Nous exprimons nos
sentiments I'un a l'autre., «Nous ne nous entendons
pas bien les uns avec les autres., «Nous nous
sentons acceptes tels que nous sommes..
Ces echelles sur les pratiques parentales ne
fournissent pas de donnees concluantes sur les
rapports que les parents entretiennent avec leur
Le graphique 3.8 illustre la repartition des
enfants selon l'echelle du fonctionnement familial,
etablie a partir des reponses fournies par les
45
EnquOte longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 3.8
Repartition des enfants de 0 a 11 ans selon les resultats sur l'echelle du fonctionnement familial,
1994-1995
Pourcentage
14
12
10
8
6
4
2
0
II
0
2
4
6
famille tres fonctionnelle
8
12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 35
famille dysfonctionnelle
Source : ELNEJ
parents. Einterpretation de la distribution a ete
facilitee par ('utilisation du seuil clinique du
fonctionnement etabli par les chercheurs des
hopitaux Chedoke—McMaster de Hamilton. Si I'on
se base sur ce seuil, plus de 90 % des families
interrogees durant ('ELNEJ ont obtenu un resultat
qui temoignait d'un bon fonctionnement, c'est-edire un resultat entre 0 et 14 (sur 35); seulement
8,4 % avaient obtenu un resultat superieur a 15
et, de ce fait, ont ete classees parmi les families
dysfonctionnelles (definies par les chercheurs
comme ayant tendance a chercher une aide
clinique).
confiance, avec lesquelles ils se sentaient a l'aise
pour parler de leurs problemes ou pour demander
conseil ? Selon les reponses a l'enonce .11 y a
des gens sur qui je peux compter en cas
d'urgence”, les parents de 53,5 % des enfants ont
indique etre fortement d'accord avec cet &once
et 43,5 %, etre d'accord avec l'enonce.
Le graphique 3.9 presente Ia repartition des
enfants selon l'echelle de soutien social des
parents. La distribution presente un important biais
vers la droite, ce qui indique que presque tous les
enfants vivaient avec des parents qui pouvaient
compter sur un soutien social eleve.
Soutien social pour les parents
Graphique 3.9
Chaque famille a besoin de soutien de Ia part de
la parent& des amis et des voisins pour faire face
aux defis quotidiens inherents au fait d'elever des
enfants. Ce soutien social est particulierement
important pour les families qui eprouvent des
difficultes, car it peut souvent dissiper un probleme
au sein d'une famille avant que celui-ci ne devienne
impossible a maitriser. 26 Dans les cas oil it existe
un conflit entre le parent et l'enfant, les recherches
demontrent que la presence d'un autre adulte
stable qui appuie l'enfant peut jouer un role
determinant en aidant a prevenir la manifestation
de resultats nefastes, aujourd'hui et plus tard. 13
Repartition des enfants de 0 a 11 ans selon
les resultats sur l'echelle du soutien social
pour les parents, 1994-1995
Pourcentage
25
20
15
10
5
__ ra
,,
0
0 2 4 6
faible soutien
social
Dans ('ELNEJ, les parents devaient indiquer
s'il y avait des membres de Ia famille, des amis ou
d'autres personnes capables de leur apporter un
soutien.Y avait-il des personnes en qui ils avaient
Source : ELNEJ
46
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
8 10 12
VIII
4
6 18
soutien soc'al
eleve
4. Liens entre les facteurs
environnementaux et les
effets sur les enfants
enfants. Lorsque les cycles futurs de l'ELNEJ
seront completes,nous pourrons examiner les
consequences a long terme des choix actuels de
la societe et des families.
Pour conclure, nous examinons certaines
associations entre l'environnement et les resultats,
qui ressortent de l'analyse de certaines donnees
de I'ELNEJ. II est important de se rappeler que
ces associations ne prouvent pas ('existence d'un
lien de causalite entre un facteur donne et un
resultat particulier. Elles indiquent plutot les
domaines de recherche interessants; certains sont
repris et examines dans les travaux de recherche
de cette publication, mais Ia plupart seront
examines plus tard, lorsque davantage de donnees
seront disponibles.
Comme nous l'avons mentionne dans ('introduction, un bon milieu de vie durant l'enfance est
essentiel a Ia sante et au bien-titre a long terme.
A ('oppose, les milieux defavorises creent des
obstacles a un developpement en sante, obstacles
qui risquent d'avoir a long terme des consequences
negatives sur l'enfant et la societe. Tous les enfants
viennent au monde avec differents avantages et
desavantages — que ce soit au plan genetique,
biologique ou socioeconomique. La tache qui
attend les families, les collectivites et la societe
en general consiste a creer un environnement qui
aide l'enfant a surmonter ses difficultes et a
exploiter ses forces et ses capacites.
Pour notre premiere breve intrusion a l'interieur
de la «boite noire' , du developpement de l'enfant,
nous avons choisi d'examiner les resultats de
quatre echelles : la maturite de l'enfant au moment
d'entrer a l'ecole, mesuree a ('aide des tests de
vocabulaire EVIP/PPVT; le developpement moteur
et social; le fonctionnement de la famille; et la
depression chez les parents. Nous avons
concentre notre attention sur les 'enfants et les
families regroupes dans la limite inferieure de
chaque distribution, pour tenter de determiner s'il
existe des facteurs environnementaux communs
a ces differentes populations qui pourraient
indiquer des associations plausibles.##t
L'ELNEJ recueille de ('information sur les
nombreux facteurs ou determinants qui contribuent
au developpement des enfants et des jeunes. Les
enfants se retrouvent au centre de differents
milieux — social, economique, culturel et spirituel
— qui se chevauchent. A ('echelon le plus large,
la societe et les gouvernements definissent le
contexte de base dans lequel les families auront
Meyer leurs enfants. La repartition du revenu et
des ressources des collectivites sont de toute
evidence deux des elements les plus importants
au developpement sain des enfants. A l'interieur
du contexte ainsi cree, les families sont appelees
A faire des choix en fonction de leurs ressources
et d'autres contraintes, notamment en ce qui
concerne la taille et la structure du ménage, la
consommation, le travail et les loisirs, reducation
ainsi que Ia repartition du revenu et du temps. Les
parents font egalement des choix sur Ia fawn
d'elever leurs enfants et d'en prendre soin.
Ensemble, tous ces facteurs tracent Ia voie aux
enfants, voie sur laquelle ils commenceront
eventuellement a prendre leurs propres decisions
en matiere d'education, de fecondite et d'emploi. 27
Maturite de l'enfant au moment d'entrer
l'ecole
II semble y avoir une association entre le revenu
familial et Ia maturite de l'enfant au moment
d'entrer a l'ecole. En effet, lorsqu'on examine la
repartition des resultats selon les tests de
vocabulaire EVIP/PPVT, on constate qu'une plus
faible proportion d'enfants de 4 a 5 ans issus de
menages a faible revenu (revenu familial annuel
inferieur a 30 000 $) ont obtenu un score qui se
situe dans la fourchette normale des resultats,
comparativement aux enfants de families a revenu
moyen (30 000 $ a 60 000 $) et a revenu eleve (plus
de 60 000 $). Par ailleurs, 25,3 % des enfants de
L'ELNEJ offre Ia possibilite d'examiner les
milieux qui faconnent le bien-titre et le developpement des enfants du Canada et d'etablir un lien
entre ces milieux et les resultats observes chez
les enfants. Avec la diffusion de Ia premiere serie
de donnees, nous pouvons faire le point sur les
choix que la societe et les families canadiennes
ont fait relativement a leurs enfants et determiner
comment ces choix influent actuellement sur les
ttt#
Pour determiner les facteurs associes a l'obtention de faibles
resultats pour ces quatre echelles, nous avons fixe un seuil
de facon a ce qu'il y alt 10 % des enfants ou des parents
ayant un resultat superieur a ce seuil; ces derniers Etaient
consideres comme Otant touches par le problems a mesurer.
Une methodologie similaire est utilisee dans les travaux de
recherche d'Offord et de Lipman dans cette publication.
47
Enqu8te longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
families a faible revenu ont obtenu un score
indiquant un retard de developpement, comparativement a seulement 15,6 % des enfants de famille
a revenu moyen et 9,2 % des enfants de families
a revenu eleve.
Fait peu surprenant, les enfants qui vivaient
dans des families perturbees ne semblaient pas
entretenir de bonnes relations avec les autres
membres de la famille et leurs pairs. Les enfants
qui presentaient des problemes de relations avec
autrui etaient plus susceptibles de vivre dans des
families dysfonctionnelles que dans des families
fonctionnelles.
L'ELNEJ montre egalement que les relations
entre le parent et l'enfant — nous nous sommes
interesses ici aux resultats de rechelle des
interactions positives — constituent un autre
facteur important de la maturite de l'enfant au
moment d'entrer a recole. Ainsi, des resultats
eleves a revaluation des relations avec les parents
ont ete associes a des scores normaux et eleves
aux tests de vocabulaire EVIP/PPVT; 69,1 % des
enfants de 4 a 5 ans qui vivaient avec un parent
ayant obtenu un resultat pour les pratiques
parentales positives se situaient dans la bande du
developpement normal selon rechelle EVIP/PPVT,
comparativement a seulement 46,8 %§ 4§§§ des
enfants qui vivaient avec des parents ayant obtenu
les resultats les plus faibles pour les pratiques
parentales positives.
Depression chez les parents
Pour determiner quelles caracteristiques sont
associees a une tendance depressive chez les
parents, nous avons procede a des croisements
de donnees entre le groupe obtenant des resultats
eleves a rechelle de depression et une liste de
variables demographiques et familiales. Une des
associations les plus frappantes est celle avec le
revenu familial. Ainsi, 17,5 % des enfants dans les
menages a faible revenu vivaient avec un parent
obtenant un resultat eleve selon rechelle de
depression (signifiant que ces parents presentaient
de nombreux symptomes depressifs), comparativement a 8,3 `')/0 des enfants vivant dans des
menages a revenu moyen et seulement 4,8 % des
enfants dans les families a revenu eleve. En
résumé, les enfants de ménages a faible revenu
etaient presque quatre fois plus susceptibles de
vivre avec des parents deprimes que les enfants
de ménages a revenu plus eleve.
Developpement social et moteur
Comme pour la maturite au moment d'entrer
l'ecole, ii semble y avoir un lien entre les
interactions positives avec les parents et le resultat
obtenu pour le developpement moteur et social. A
titre d'exemple, seulement 13,5 % des enfants de
moins de 2 ans dont les parents avaient obtenu
des resultats eleves pour les methodes d'education
positive presentaient un retard au plan du developpement moteur et social; par contre, 35,2 % des
enfants dont les parents avaient obtenu de faibles
resultats pour les methodes d'education positive
presentaient un tel retard, soit pits du triple.
Conclusion
Les conclusions initiales presentees ici, combinees
aux nombreuses conclusions des autres travaux
de recherche de cette publication, devraient
commencer a jeter une lumiere sur ce qui se passe
a rinterieur de Ia “boite noire›> du developpement
de l'enfant, c'est-e-dire sur les facteurs qui
exercent la plus grande influence. Cependant, une
mise en garde s'impose : en effet, bien que les
conclusions tirees de cette premiere serie de
donnees soient fort utiles, elles ne presentent qu'un
portrait «instantane» de Ia situation en 1994-1995,
qui n'en demeure pas moins le meilleur portrait
instantane sur les enfants et les jeunes qu'il nous
a ete possible d'etablir jusqu'a maintenant.
Fonctionnement familial
Notre analyse initiale des donnees de I'ELNEJ
semble indiquer que le revenu familial est un
important facteur qui distingue les families
fonctionnelles des families dysfonctionnelles,
d'apres l'echelle du fonctionnement familial
Chedoke–McMaster. Parmi les ménages a faible
revenu, 14,6 % des enfants vivaient dans des families
considerees dysfonctionnelles, comparativement
a 7,5 % des enfants de ménages a revenu moyen
et a 5,0 % de ceux vivant dans des ménages a
revenu eleve.
Jim
Les donnees ponctuelles transversales ne
nous informent que sur les conditions environnementales qui sont associees a certains resultats
actuels. Nous ne savons pas depuis combien de
temps ils existent, ni pendant combien de temps
ils persisteront. Par exemple, deux enfants d'age
Cette estimation restrictive est moins liable a cause de la forte
variabilite d'Echantillonnage.
48
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
similaire peuvent vivre actuellement dans deux
menages differents a faible revenu et presenter
des resultats differents (par exemple en ce qui
concerne la maturite au moment d'entrer a recole
et les aptitudes motrices et sociales). II est
egalement possible qu'un de ces enfants soit
touché par la pauvrete depuis un an, tandis que
l'autre l'est depuis plusieurs annees, mais les
donnees de renquete ne fournissent aucune
indication a ce sujet. Nous ignorons egalement ce
que I'avenir reserve ces deux enfants.
Bibliographie
1. Pour une description de I'ELNEJ, consulter :
Statistique Canada et Developpement des
ressources humaines Canada. Enquete
longitudinale nationale sur les enfants : Apercu
du materiel d'enquete pour la collecte des
donnees de 1994-1995, Cycle 1, publication
n° 95-02 au catalogue, 1995.
2. Statistique Canada. Rapport sur Petat de la
population du Canada, 1994, publication n° 91209F au catalogue, Ottawa, Ministre de
l'Industrie, 1994.
La valeur de I'ELNEJ reside dans le fait qu'elle
nous permettra de transformer cette image
ponctuelle statique en un «video». Si l'on reprend
le meme exemple, nous pourrons en effet suivre
revolution de ces deux mernes enfants pendant
plusieurs annees et ainsi determiner comment non
seulement le faible revenu, mais egalement
d'autres facteurs influent sur leur developpement.
Si ces enfants ont reussi a echapper aux effets
negatifs de la pauvrete, nous pourrons examiner
quels facteurs de protection y ont contribue (type
de mode de garde, amis, pratiques parentales,
structure familiale, etc.). Ce n'est qu'a ce moment
que nous aurons une meilleure vue a rinterieur de
la «boite noire» du developpement.
3. Statistique Canada. «Population» dans
Recensement du Canada, vol. 1, partie 2,
Ministre de 'Industrie et du Commerce, Ottawa,
1961.
Statistique Canada. «Population — Age, sexe
et etat matrimonial" dans Recensement du
Canada, publication n° 92-901 au catalogue,
vol.1, serie nationale, Ottawa, Ministere des
Approvisionnements et services, 1981.
Statistique Canada. «Population — Age, sexe
et etat matrimonial" dans Recensement du
Canada, publication n° 93-310 au catalogue,
Ottawa, Ministre de l'Industrie, 1991.
D'ici a ce que nous ayons accumule plus de
donnees dans le cadre de I'ELNEJ, une
controverse persistera quanta savoir comment les
experiences vecues durant l'enfance influent sur
le developpement futur. Certains chercheurs
s'interessent aux conditions biologiques et
genetiques ou aux evenements ponctuels, en
general ceux qui surviennent tot durant la vie de
l'enfant, qui produisent un effet durable. Ce type
d'approche porte a croire que les interventions
hautement ciblees durant les periodes critiques du
developpement de l'enfant sont les plus efficaces
pour assurer le bien-etre a long terme de l'enfant.
D'autres insistent sur l'effet cumulatif des
evenements de la vie sur le developpement a long
terme de l'enfant. La situation socioeconomique
des parents, par exemple, influe sur la sante
relative des nouveau-nes qui, en retour, a une
incidence sur le degre de maturite de l'enfant au
moment d'entrer a recole, et ainsi de suite. 28
4. Statistique Canada. «Population — Caracteristiques generales" dans Recensement du
Canada, Ottawa, Ministre de l'Industrie et du
Commerce, 1971.
5. Affaires indiennes et du Nord du Canada. Faits
saillants des conditions des autochtones, 1991,
1986, vol. 3, Ottawa, Ministre de l'Industrie, des
Sciences et de la Technologie, 1995, p. 3.
6. Lowe, C. et M. Bonne. «Poverty, the future, and
child health: a testable model to explain low
birth weight» rapport presente au World Congress and Exposition of Child Health, Vancouver (Colombie-Britannique), 1992.
7. McCormick, M. et autres. «The health and developmental status of very low birth weight
children at school age" dans Journal of the
American Medical Association, vol. 267, avril
1992, p. 2204-2208.
L'ELNEJ servira utilement de tribune pour
pousser plus loin ces debats. Elle nous aidera a
evaluer les defis et les possibilites qui s'offrent aux
enfants et aux families, ainsi qu'a favoriser les
discussions et ('adoption de mesures pour
s'assurer que tous les enfants du Canada menent
une vie heureuse et productive.
49
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
8. Rutter, M. «Psychological resilience and protective mechanisms» dans American Journal
of Orthopsychiatry, vol. 57, p. 316-331.
Coontz, S. The Way We Never Were: American Families and the Nostalgia Trap, New York,
Basic Books, 1992.
9. Ministere des Services sociaux et communautaires de ('Ontario. Child Health Summary:
Summary of Initial Findings, Toronto, Imprimeur
de la Reine pour ('Ontario, 1986.
16. Marcil-Gratton, N. «Growing up with a single
parent: a transitional experience? Some demographic measurements” dans Single Parent
Families, publie sous la direction de J. Hudson et B. Galaway, Toronto, Thompson Educational Publishing, 1993.
10. Pour une discussion sur ('importance des
experiences positives vecues a l'ecole pour le
developpement de ('enfant, voir Egeland, B. et
autres. «Resilience as a process» dans Development and Psychopathology, 1993.
17. Statistique Canada. Les families monoparentales au Canada, publication n° 89-522F au
catalogue, Ottawa, Ministre de l'Industrie, 1992,
p. 15.
11. Voir Wyman, P. A. et autres. «The role of children's
future expectations in self-esteem functioning
and adjustment to life stress: a prospective
study of urban at-risk children» dans Development and Psychopathology, vol.5, 1993, p.
649-661.
18. Statistique Canada. Naissances, 1992, publication n° 84-210 au catalogue, Ottawa,
Ministere des Approvisionnements et Services,
1992, p. 32.
19. Voir :
12. Voir Weikart, D. P. «Early childhood education
and primary prevention. dans Prevention in
Human Services, vol. 6, 1989, p. 285-306.
Bronfenbrenner, U. The Ecology of Human
Development, Cambridge, Harvard University
Press, 1979.
13. Werner, E. et R. Smith. Overcoming the Odds:
High Risk Children from Birth to Adulthood,
Elder, G., J. Modell et R. Parke. Children in
Time and Place, Cambridge, Cambridge University Press, 1993.
Ithaca, Cornell University Press, 1992.
14. Hetherington, E. M. «Coping with family transitions: winners, losers and survivors. dans
Child Development, vol. 60, 1989, p. 1-14.
Haveman, R. et B. Wolfe. Succeeding Generations: On the Effects of Investments in Children, New York, Russell Sage Foundation,
15. Pour une discussion sur les families
canadiennes, voir :
1994.
Hertzman, C. «The lifelong impact of childhood
experiences: a population health perspective»
dans Daedalus, vol. 123, 1994.
Baker, M. Families in Canadian Society, 2°
edition, Toronto, McGraw-Hill Ryerson, 1993.
Eichler, M. Families in Canada Today: Recent
Rutter, M. «Pathways from childhood to adult
life ,> dans Journal of Child Psychology and
Psychiatry, vol. 30, 1989.
Changes and Their Policy Consequences, 2°
edition, Toronto, Gage, 1988.
Mandell, N. et A. Duffy, publie sous la direction
de. Reconstructing the Canadian Family:
Feminist Perspectives, Toronto, Butterworths,
1988.
Sameroff, A. «Developmental systems: contexts and evolution» dans Carmichael's Handbook of Child Psychology, publie sous la direction de P. H. Mussen, vol. 4, History, Theory
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Kessen, New York, Wiley, 1993.
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vol. 63, 1992.
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Families, Ottawa, 1994.
Parr, J. The Gender of Breadwinners: Women,
Men and Change in Two Industrial Towns,
1880-1950, Toronto, University of Toronto
Press, 1990.
50
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
24. Voir :
20. Voir Ross, D., K. Scott et M. Kelly. Child Poverty: What are the Consequences?, Ottawa,
Conseil canadien de developpement social,
1996.
Conrad, M. et C. Hammen. "Protective and
resource factors in high and low risk children:
a comparison of children with unipolar, bipolar,
medically ill and normal mothers» dans Development and Psychopathology, vol. 5,1993, p.
593-607.
21. Le taux d'emploi chez les femmes ayant des
enfants de moins de trois ans a augmente de
39 % en 1981 a 57 % en 1994; parmi les
femmes avec des enfants de trois a cinq ans,
le taux d'emploi a egalement augment&
passant de 47 % en 1981 à 59 % en 1994.Voir
Statistique Canada. Les femmes au Canada :
profit statistique,3e edition, Ottawa, Ministre de
l'Industrie, 1995, p. 64.
Ladewig, B. H., P. 0. Jessee et M. P. Strickland.
"Children held hostage: mother's depressive
affect and perceptions of family psychosocial
functioning» dans Journal of Family Issues, vol.
13, n° 1, p. 65-80.
22. Plus le niveau de scolarite est eleve, plus la
probabilite d'avoir un faible revenu est faible.
En 1992, par exemple, le taux de pauvrete
parmi les adultes en age de travailler et qui
n'avaient pas termine leurs etudes secondaires
etait de 23 %, contre 10 % pour les titulaires
d'un baccalaureat et 7 % pour les titulaires d'un
grade superieur au baccalaureat.Voir Lochhead,
Cl. "Educated but poor. dans Insight, vol. 2,
Centre de statistiques internationales, Conseil
canadien de developpement international, juin
1995, p. 2.
25. Voir Baldwin, A. L., C. Baldwin et R.E. Cole.
"Stress-resistant families and stress-resistant
children. dans Risk and Protective Factors in
the Development of Psychopathology, publie
sous la direction de J. Rolf, Cambridge, Cambridge University Press, 1990, p. 257-280.
23. Voir :
27. Haveman, R. et B.Wolfe ont elabore cette perspective sur le developpement de l'enfant dans
"The determinants of children's attainments:
a review of methods and findings•, Journal of
Economic Literature, vol. 33, decembre 1995,
p. 1829-1878.
26. Voir Wyman, P. A. et autres. «Developmental
and family milieu correlates of resilience in
urban children who have experienced major life
stresses. dans American Journal of Community
Psychology, vol. 19, n° 3,1991, p. 405-426.
Haveman, R. et B. Wolfe. "The determinants
of children's attainments: a review of methods
and findings» dans Journal of Economic Literature, vol. 33, decembre 1995, p. 1855-1857.
28. Voir Hertzman, C. Child Development and
Spencer, M. B. et autres. "Self-efficacy among
urban African American early adolescents:
exploring the issues of risk, vulnerability and
resilience. dans Development and Psychopathology, vol. 5, n° 4,1993, p. 719-739.
Long-Term Outcomes: A Population Health
Perspective and Summary of Successful Interventions, Programmes de l'ICRA sur le
developpement humain et la sante des
populations, document de travail n° 1, mars 1994.
51
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Les debuts
Lynn McIntyre
Le present document traite de Ia sante des bebes
et des enfants en bas age, de Ia naissance jusqu'a
l'age de 3 ans. II examine les conditions qui
favorisent une grossesse saine et une bonne sante
de l'enfant a l'approche de Ia naissance. II porte
egalement sur les facteurs qui, dans le milieu
familial, influent sur Ia sante du nouveau-ne.
L'Enquete longitudinale nationale sur les enfants
et les jeunes (ELNEJ) est un instrument utile a cette
fin. Cette enquete regroupe en effet des
renseignements qui nous aident a comprendre la
relation — s'il en existe une — entre la sante de la
mere et son bien-etre, le milieu familial, Ia sante et
le developpement du bebe ou du jeune enfant.
foetus, y compris les conditions du milieu uterin).
L'importance relative de ces facteurs biologiques
et environnementaux n'est pas claire. Bien que le
nouveau-ne ait une structure genetique complete
a la naissance, les facteurs environnementaux
peuvent empecher un enfant de realiser son plein
potentiel. 2 Le present travail de recherche est
surtout axe sur les facteurs environnementaux qui
jouent un role sur la sante du jeune enfant, puisque
ces facteurs, contrairement au bagage genetique
de l'enfant, peuvent etre modifies.
Les grandes repercussions de Ia pauvrete sur
la sante des jeunes enfants peuvent etre etudiees
indirectement a l'aide des donnees de la premiere
edition de I'ELNEJ. II y a de fortes raisons de croire
que les enfants qui vivent dans Ia pauvrete ont une
mauvaise sante et qu'ils reussissent moins bien que
les autres enfants dans leurs travaux scolaires. 3-5
Le developpement sain de
l'enfant
La petite enfance est une periode de croissance et
de developpement du cerveau, du systerne nerveux
et de ('acquisition du langage et des aptitudes
motrices et sociales. Nous savons que la
croissance et le developpement au cours des trois
premieres annees de la vie d'un enfant sont tits
importants pour qu'il puisse developper son plein
potentie1. 1 La petite enfance est donc l'occasion de
jeter les bases d'un developpement sain pour
l'enfant. Ce developpement depend de l'etat de
sante pendant la grossesse, a l'approche de la
naissance et pendant les premieres annees de vie.
Les enfants de I'ELNEJ
La presente analyse des donnees de I'ELNEJ utilise
un sous-echantillon de 8 605 enfants allant de la
naissance (0 an) jusqu'a rage de 3 ans, qui sont
nes entre 1991 et 1995. Lechantillon, qui exclut
les enfants vivant dans les Territoires du NordOuest et au Yukon de merne qu'en institution,
represente les 371 000 enfants du Canada ages
de 0 a 11 mois, les 382 000 enfants ages d'un an
(jusqu'a 23 mois), les 407 000 enfants de 2 ans
(jusqu'a 35 mois) et les 385 000 enfants ages de
3 ans (jusqu'a 47 mois). Les renseignements sur
les enfants de l'enquete ont ete recueillis aupres
de la personne qui connait le mieux l'enfant (PCM),
soit Ia mere biologique lors de 89,9 % de toutes
les entrevues de I'ELNEJ.
On a cerne de nombreux facteurs qui influent
sur le foetus en developpement, ainsi que sur la
sante et le developpement eventuels du bebe et
de l'enfant. Ces facteurs sont generalement
reconnus comme &ant d'ordre biologique (relatifs
au bagage genetique du foetus) ou environnementaux (relatifs aux influences externes sur le
53
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 1
Au Canada, quel est le portrait des
enfants ages de 0 a 3 ans ?
Nombre de freres et de soeursa vivant dans le
ménage
Les donnees de ('ELNEJ en 1994-1995 nous
donnent un apergu de ce que sont les enfants au
Canada pendant leurs trois premieres annees de
vie. II s'agissait de garcons dans une proportion
de 51,2 %. Cette proportion cadre bien avec le fait
qu'il nait un peu plus de garcons que de filles. Parmi
les enfants de ('ELNEJ, 97,9 % etaient de
naissance unique, 2,0 % etaient des jumeaux et
0,1 %, des triples ou plus.
50
40
30
20
10
0
0
Sur le plan de la structure du ménage,
83,6 `)/0 de ces jeunes enfants vivaient avec leurs
deux parents biologiques, 14,5 %, avec un seul
parent biologique et 0,9 %{", dans un ménage
biparental, mais ou un seul des parents avait un
lien biologique avec l'enfant. La distribution des
revenus des families de jeunes enfants placait la
plupart de ceux-ci dans les tranches de revenu
allant de faible a moyen inferieur : 25,9 `)/0 des
enfants ages de 0 a 3 ans vivaient dans des
ménages dont le revenu combine etait de 25 000 $
ou moins; 48,0 %, dans des menages dont le
revenu combine etait de 40 000 $ ou moins; et
75,2 %, dans des ménages dont le revenu combine
etait inferieur a 64 000 $.
1
2
3
Raisons pour cesser d'allaiter
a D'enfants ages de 0
4+
a 3 ans au moment des entrevues de
!'ELNEJ.
Source : ELNEJ
Graphique 2
Age de Ia merea a la naissance de ('enfant
0/0
40
•
30
20
10
La population de ces enfants etait representative de la diversite de la societe canadienne :
9,4 % d'entre eux appartenaient a une des
minorites visibles, parmi lesquelles les enfants
autochtones etaient les plus nombreux (Inuits,
Indiens de l'Amerique du Nord et Metis en
representaient 4,4 %). Ils etaient suivis des Chinois
(2,8 %), des Afro-Canadiens (1,3 %) et des SudAsiatiques (0,9 %).""
0
35
25
30
15
20
19 e24 h29 e34 e39
Age de la mere (ans)
a D'enfants ages de 0
40+
a 3 ans au moment des entrevues de
('ELNEJ.
Source : ELNEJ
graphique 2 montre Ia distribution des enfants selon
l'age de la mere a la naissance.
Environ un tiers des enfants etaient enfant
unique du menage (au moment de l'enquete). Le
graphique 1 indique le nombre de titres et de
&Burs vivant dans le merne ménage que les
enfants de ('ELNEJ au moment de l'enquete.
Maintenant que nous savons qui sont les
enfants de ('ELNEJ ages de 0 a 3 ans, nous
pouvons examiner les facteurs qui pourraient avoir
contribue a leur etat de sante.
!Age median des meres de ces enfants etait
de 29 ans.* II est interessant de remarquer que les
enfants du Canada avaient trois fois plus de
chances de naitre d'une mere agee de 35 a 39
ans plutot que d'une mere agee de 15 a 19 ans. Le
Les facteurs determinants d'une
grossesse en sante
La sante prenatale du fcetus est reliee a Ia sante
de la mere, a ses habitudes de vie, a ses problemes
situationnels et aux soins qu'elle recoit. Parmi les
facteurs habituellement associes a la sante du babe
durant la grossesse, on retrouve le tabagisme,6.7
Seules les mares biologiques sont comprises dans le calcul de
rage des mares a la naissance de ('enfant.
: Estimation moins fiable a cause de la forte variability
d'echantillonnage.
54
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
la consommation d'alcool 6'7 et de medicaments,”
la sante de Ia mere 10 et l'acces aux soins
prenataux. 7 Parmi les autres facteurs relies a la sante
prenatale, on retrouve le revenu, 1112 le niveau de
scolarite, 7,8 le travail de la mere — et parfois celui du
pore — ainsi que le logement. Dans cette
presentation des resultats de I'ELNEJ, it est
important de garder a ('esprit que les gens peuvent
eprouver une certaine reticence a declarer qu'ils ont
agi d'une maniere nuisible pour la sante.
des symptomes de sevrage de I'alcool chez le
nouveau-ne. 13
Dans le cadre de I'ELNEJ, on a interroge les
meres au sujet de leur consommation d'alcool
pendant la grossesse. Les meres de 82,6 % des
enfants ages de 0 a 1 an ont declare n'avoir
consommé aucun alcool, tandis que les meres de
7,1 % de ces enfants ont indique en avoir
consommé pendant toute leur grossesse et que
les meres de 2,8 % de ces enfants disent en avoir
consommé pendant le premier trimestre seulement.
Le tabagisme
Le tabagisme pendant Ia grossesse a fait ('objet
de recherches poussees. II existe des preuves
irrefutables que le tabagisme merle a une incidence
plus elevee d'insuffisance de poids a Ia naissance,
de mortinatalite, de prematurite et de problemes
respiratoires a la naissance. 6 Plus precisement, les
femmes qui fumaient pendant la grossesse
couraient plus de risques de mettre au monde un
bebe de poids insuffisant que celles qui ne fumaient
pas (7,8 % comparativement a 5,2 %)."^ Les consequences de ce probleme seront traitees plus loin.
La consommation de medicaments
Dans le cadre de I'ELNEJ, on a demands aux
repondantes si elles avaient consommé des medicaments en vente libre, comme des medicaments
pour le rhume et, le cas echeant, a quel moment
de leur grossesse.12enquete comportait egalement
des questions sur la consommation de medicaments sur ordonnance et sur le moment de Ia
consommation au cours de Ia grossesse. Malheureusement, l'enquete n'a recueilli aucun renseignement sur Ia nature exacte de ces medicaments ou
sur les raisons pour lesquelles les repondantes en
avaient consommés. En general, la consommation
de medicaments presente le plus grand risque
pendant le premier trimestre de la grossesse, alors
qu'ils peuvent avoir des consequences sur le
developpement du fcetus. L'ELNEJ ne comportait
aucune question sur les drogues illegales comme
la cocaine ou la marijuana.
Dans le sous-echantillon de I'ELNEJ dont il est
question ici, 23,6 % des enfants ages de 0 a 1 an
etaient nes d'une mere qui a fume pendant Ia
grossesse. La plupart des meres qui ont fume au
cours de la grossesse l'ont fait pendant toute la
duree de leur grossesse (les meres de 84,1 % de
ces enfants).
La consommation d'alcool
Le graphique 3 montre les tendances en
matiere de consommation de medicaments en
vente libre et sur ordonnance pendant la grossesse.
Ainsi, les meres de 73,0 % des enfants ages de 0
A 1 an ont indique n'avoir consommé aucun medicament en vente libre pendant leur grossesse et
les mores de 74,8 % de ces enfants ont declare
n'avoir consommé aucun medicament sur ordonnance. Par consequent, environ un quart de ces
enfants ont ete exposés a certains medicaments
pendant la grossesse de leur mere. Les effets de
cette exposition sont encore incletermines.
II semble qu'il n'y ait pas de quantite inoffensive
d'alcool pouvant etre consommee pendant la
grossesse. II est impossible de definir un niveau
inoffensif de consommation, particulierement
autour du moment de la conception et pendant le
premier trimestre, periode oil les risques de
malformation sont les plus eleves.' 3 Le syndrome
d'alcoolisme festal est un des graves problemes
qui peut survenir si une mere consomme trop
d'alcool pendant sa grossesse. Ce syndrome peut
entrainer des malformations congenitales et mener
A des problemes d'apprentissage et de developpement chez ('enfant. Les autres problemes
decoulant de Ia consommation d'alcool pendant la
grossesse sont, entre autres, I'insuffisance de poids
A la naissance, I'avortement spontane, Ia mort du
bebe pits du moment de la naissance ainsi que
La sante de Ia mere et l'acces aux soins
prenataux
On a egalement pose des questions sur Ia sante
de la mere pendant la grossesse : les meres de
6,5 % des enfants ages de 0 a 1 an avaient souffert
de diabete gestationnel; les meres de 10,0 % de
ces enfants avaient souffert d'hypertension
M Estimation moms fiable a cause de la forte variability
d'Echantillonnage.
55
Enqubte longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 3
pesant que 500 grammes survivent). Les bebes
peuvent avoir une insuffisance de poids a la
naissance merne si Ia duree de la grossesse a ete
normale. Dans de tels cas, on parle d'un babe petit
compte tenu de l'age de la grossesse. Les bebes
nes avant la 36° semaine de grossesse sont
identifies comme etant prematures. Leur poids
Ia naissance, bien que faible, est approprie si l'on
considere la duree de Ia grossesse.
Frequence chez les meres a de Ia
consommation de medicaments en vente libre
et sur ordonnance durant Ia grossesseb
20
15
10
Pour ('enfant, les repercussions d'une
insuffisance de poids a Ia naissance sont graves.
Les recherches ont demontre que les enfants nes
avec un poids insuffisant sont susceptibles de
presenter des retards de developpement et peuvent
etre affectes par des handicaps physiques et des
problemes psychosociaux. 6,12,14 Les problemes a
long terme que I'on a pu imputer a des conditions
menant a un poids insuffisant a la naissance sont,
notamment :
5
0
Toute
la grossesse
Troisieme
trimestre
f223 Vente libre
Second
trimestre
Premier
trimestre
Ordonnance
a D'enfants ages de 0 a 1 an au moment des entrevues de
l'ELNEJ.
b Certaines rdpondantes ont repondu nouiu a plus d'une
categorie. Dans l'ensemble, les meres d'environ un quart des
enfants avaient consommé des medicaments en vente libre ou
sur ordonnance a un moment durant la grossesse
Source : ELNEJ
arterielle; les meres de 18,3 % de ces enfants ont
indique avoir souffert d'autres problemes de sante
physique.
Au Canada, les soins prenataux etant
universels, les meres de 97,5 % des enfants ages
de 0 a 1 an en ont beneficie. Ceux-ci etaient
habituellement prodigues par un medecin (92,4 %),
une infirmiere (2,9 (7/0) ou une sage-femme (1,4 %).1"
A partir de cet apercu, on constate que la
plupart des enfants de ('ELNEJ ont eu un
environnement prenatal sain, sauf en ce qui
concerne le tabagisme, qui touchait un enfant sur
quatre age de 0 a 1 an.
•
des problemes d'apprentissage, 7 comme les
deficits intellectuels, 8,15 1'incapacite a lire, 8,16 des
difficultes de concentration 14-16 et un mauvais
rendement scolaire; 14-17
•
des problemes sociaux et comportementaux,
comme un comportement hyperactif, 15.16 un
developpement social et personnel deficient 8.15
et des troubles des conduites; 17
•
des problemes de sante physique, comme une
mauvaise coordination visuelle-manuelle, 14,15
des problemes d'audition, des troubles de la
parole,' une mauvaise sante en genera1, 9.14 des
problemes de croissance physique9. 14 et des
problemes moteurs. 8,18
Heureusement, plusieurs etudes ont constate
que lorsqu'ils ne sont atteints d'aucun handicap
grave, Ia majorite de ces enfants arriveront
“rattrapero les autres enfants, dans Ia mesure oit
les parents leur procurent le soutien necessaire qui
permet d'ameliorer leur environnement. 2'15
Quels sont les resultats de
('ELNEJ en ce qui a trait a Ia
naissance ?
Selon ('ELNEJ, presque 6 % des enfants nes
au Canada entre 1991 et 1995 avaient une
insuffisance de poids ou un poids extremement
faible a la naissance : 4,9 % des enfants ages de
0 a 3 ans avaient une insuffisance de poids a la
naissance et 0,8 %"" avaient un poids extremement
faible a Ia naissance. L'enquete ne contenait
aucune question directe concernant la prematurite.
On a plutot demande aux meres si leur babe etait
La majorite des bebes naissaient en bonne sante.
Cependant, certains problemes durant la grossesse
peuvent mener a une insuffisance de poids a la
naissance. Les bebes qui pesent 2 500 grammes
(5,5 livres) ou plus a Ia naissance ont un poids
normal, alors que ceux qui pesent entre 1 500 et
2 499 grammes ont un poids insuffisant. Les bebes
dont le poids a la naissance se situe entre 500 et
1 500 grammes sont consideres comme ayant un
poids extremement faible Ores peu de MIAs ne
Estimation moms liable a cause de la forte variabilite
d'echantillonnage.
56
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
ne avant terme, a terme ou en retard. Selon les
meres, 9,7 % des enfants ages de 0 a 3 ans etaient
nes avant terme, 1,2 % etaient nes en retard
(generalement dans les deux semaines suivant Ia
date prevue) et 89,0 % etaient nes a terme.
Graphique 4
Frequence des complications postnatales"
Hospitalisation de la mere
L'accouchement
Hypertension arterielle
Le processus de naissance au Canada ne presente
generalement aucun risque pour la mere et ('enfant.
La naissance peut se faire par voie vaginale (parfois
assistee de forceps ou d'autres instruments) ou par
cesarienne. Les complications a Ia naissance, tant
chez la mere que chez ('enfant, sont habituellement
traitees de fagon efficace par le systeme de sante.
Depression
Infections
Hemorragies
0 5 10 15 20 25
Le pourcentage de cesariennes etait de 18,0 %
pour les enfants ages de 11 mois ou moins au
moment de l'enquete. Par ailleurs, 12,4 % des
naissances par voie vaginale pour ce groupe d'age
ont necessite ('utilisation d'instruments comme les
forceps (6,9 %) ou les ventouses (5,5 %).
a Chez les meres d'enlants ages de 11 mois ou moins au
moment des entrevues de ('ELNEJ.
b Certaines repondantes ont repondu .oub , a plus d'une
categorie.
Source : ELNEJ
postnatales chez Ia mere (c'est-e-dire qui se
produisent apres l'accouchement) figurent au
graphique 4. Les complications physiques les plus
courantes sont les hemorragies (chez les meres
de 6,6 % des enfants ages 11 mois ou moins) et
les infections (5,2 %). La depression postnatale
(exception faite du «post-partum blues) , de la
premiere semaine apres la naissance) s'est
manifestee chez les meres de 12,1 % de ces
enfants. Elle a dure 15 jours ou moins chez les
meres de 15,6 V' de ces enfants, et jusqu'a un
mois ou plus chez les mares de 4,3 `You de ces
enfants.
Letat de sante du nouveau ne
-
Les meres de 68,8 % des enfants ages de 0 a 1 an
ont indique que ceux-ci etaient en excellente sante
juste apres la naissance, que 19,4 % etaient en tres
bonne sante, que 7,3 % etaient en bonne sante et
que 4,5 % avaient une sante passable ou
mauvaise. On a egalement interroge les mores sur
les besoins en matiere de soins medicaux pour les
nouveau-nes. Ainsi, 17,6 % des enfants ages de 0
A 1 an avaient eu besoin de soins specialises apres
la naissance. Parmi ces enfants, 6,0 % ont regu
des soins intensifs, 5,3 % ont regu un supplement
d'oxygene a l'aide d'un ventilateur et 1,2 °/0"" ont
du etre transferes dans un autre hopital. Ces soins
ont ete prodigues pendant un jour ou moins pour
38,4 %u de ces enfants, pendant trois jours ou
moins pour 61,8 °/0"" de ces enfants et pendant une
semaine ou moins pour 81,9 °A,"" de ces enfants.
Pour les nourrissons qui ont eu besoin de soins
specialises, 8,6 %u ont dO recevoir des soins
pendant plus de deux semaines (15 jours ou plus).
En ce qui concerne les resultats relatifs a la
grossesse, ('ELNEJ revere que la majorite des
bebes naissaient en bonne sante et que les melees
ont eu relativement peu de problemes de sante
apres I'accouchement. Cependant, un petit
pourcentage de nouveau-nes, soit environ 6 %,
n'avaient pas un bon depart en raison d'une
insuffisance de poids a la naissance.
I:etat de sante postnatal de la mere
Les facteurs protecteurs au
cours des premieres annees
La majorite des meres se portaient bien apres la
naissance de leur enfant. Les complications
Quel que soit l'etat de sante d'un bebe apres sa
naissance, ('ELNEJ permet d'etudier deux facteurs
importants qui favorisent un developpement sain
de ('enfant dans sa famille. Ces facteurs sont
I'allaitement maternel et le soutien social.
: Estimation moins fiable a cause de la forte variabilite
d'echantillonnage.
u : Les estimations ne repondent pas aux normes de qualite de
Statistique Canada. Les conclusions tines de ces donnees ne
sauraient etre fiables et seront fort probablement erronees.
57
Enguete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
L'allaitement maternel
Tableau 1. Raisons pour cesser d'allaiteram
Parmi les nombreux avantages de l'allaitement
maternel, on remarque un renforcement du lien
entre la mere et l'enfant ainsi qu'un meilleur developpement des comportements sociaux. L'allaitement maternel contribue fortement a proteger les
bebes contre les maladies infectieuses. 19 II
contribue egalement a un bon developpement du
cerveau et du systeme nerveux, en raison des gras
que contient le lait materne1. 2°
Raisons pour cesser d'allaiter
Insuffisance de lait
Retour au travail
Arret planifie
Arret par le MIA
Inconfort
Autre
Mamelons douloureux
Difficultes
Maladie de la mere
Preference pour le lait maternise
Anti recommande par medecin
Arret demande par conjoint
Arret pour consommation d'alcool
Dans rechantillon de ('ELNEJ des enfants ages
de moins de 2 ans, ('incidence de l'allaitement
maternel etait plutot elevee. Une proportion de
55,9 % de ces MIAs ont ete allaites pendant au
moins un certain temps et 19,4 % de ces bebes
etaient allaites au moment de l'enquete. La duree
de l'allaitement maternel pour les nourrissons et
les jeunes enfants de ('ELNEJ est representee au
graphique 5. Au total, 75,3 % des enfants ages de
moins de deux ans ont ete allaites pendant au
moins un certain temps ou ils etaient encore allaites
au moment de l'enquete.
oh
26,7
17,5
15,7
12,4
12,3
10,5
6,8
5,6
3,7m
2,0m
2,0m
0,3m
0,1m
'
Par les mores d'enfants ages de 0 a 1 an au moment des entrevues de
l'ELNEJ.
' Certaines repondantes ont repondu ,roui. a plus dune categorie.
M : Estimations moins fiables a cause de la forte variabilite d'echantNonnage.
Source: ELNEJ
Le soutien social
L'ELNEJ ne fournit aucun renseignement direct
au sujet du stress reel ou pergu chez Ia mere.
Cependant, I'enquete contient une echelle du
soutien social pour les parents. Le systerne de
soutien social d'un parent peut faciliter reducation
des enfants. II est encourageant de constater que
les PCM de Ia tits grande majorite des enfants de
('ELNEJ se sentaient bien soutenues. Par exemple,
les PCM de 92,9 % des enfants ages de 0 a 3 ans
ont dit avoir de la famille et des amis qui les aidaient
a se sentir bien, en securite et heureuses. En outre,
les PCM de 96,7 % de ces enfants ont declare
pouvoir compter sur quelqu'un en cas d'urgence.
Graphique 5
Dar& de l'allaitement maternel a,b
< 1 mois
5 a 12 semaines
3 a 6 mois
7 a 9 mois
10 a 12 mois
Plus de 12 mois
Le developpement de l'enfant
pendant les trois premieres
annees
10 15 20 25 30 35 40
%
e Pour les enfants ages de 0 A 1 an au moment des entrevues
de ('ELNEJ.
N'inclut pas les enfants qui etaient allaites au moment de
l'entrevue.
Source : ELNEJ
b
L'ELNEJ permet de decrire les diverses
caracteristiques du developpement de l'enfant
pendant les trois premieres annees de sa vie. Ces
caracteristiques comprennent les habitudes de
sommeil et les habitudes alimentaires ainsi que les
premieres Mapes du developpement social et
affectif. Plusieurs de ces comportements servent
a determiner si un nourrisson ou un jeune enfant a
un comportement "facile) , ou
Le tableau 1 dresse la liste des raisons pour
lesquelles les mores ont indique avoir cesse
l'allaitement. La plupart ont cesse en raison du
manque de lait et lorsqu'elles ont reintegre le
marche du travail. Dans certains cas, plus rares,
les mores ont declare avoir cesse parce que leur
conjoint voulait qu'elles arretent ou sur avis de leur
medecin.
58
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
de l'aide a d'autres enfants pour accomplir
quelque chose;
Le sommeil et ('alimentation
Le graphique 6 illustre les problemes de sommeil
signales pour les enfants de 0 a 3 ans. Presque un
quart de ces enfants eprouvaient de la difficulte a
s'endormir au moins Ia moitie du temps et un
cinquieme eprouvaient de Ia difficulte a demeurer
endormis au moins Ia moitie du temps.
•
les troubles affectifs et l'anxiete, que I'on
reconnait chez ('enfant qui pleure souvent, qui
semble malheureux, triste ou deprime, qui est
tres nerveux et tendu;
•
l'agression physique et l'opposition, qui se
demarquent par des comportements comme
une attitude de defi, des sursauts de colere,
des coups de pied, des morsures, le fait de
frapper d'autres enfants et ('absence apparente
de tout sentiment de culpabilite au sujet des
comportements reprehensibles;
•
Ia peur de l'abandon, qui se caracterise par le
fait de s'accrocher a un adulte, d'être trop
dependant, de constamment rechercher de
l'aide et de ne pas vouloir dormir seul.
Graphique 6
Problemes de sommeil chez les enfants ages
de 0 a 3 ans
Au moins la
moitie du temps
Parfois
Presque
jamais
100
80
60
40
20
0
Difficultes
s'endormir
Plus de
30 minutes
avant de
s'endormir
%veils
frequents
durant
le sommeil
Le graphique 7 montre les comportements des
enfants pour ces categories! II semble qu'entre
5,0 % et 26,8 % des enfants ages de 2 a 3 ans
manifestaient souvent un des comportements
etudies.
Sommeil
agite
Source : ELNEJ
Graphique 7
Echelles de comportement pour les enfants
de 2 a 3 ans
Les problemes d'alimentation semblaient se
produire plus souvent apres Ia deuxierne armee de
vie. Chez les enfants dans la premiere armee de
vie, 7,8 % etaient difficiles a nourrir au moins la
moitie du temps; chez les enfants ages de 1 a
2 ans, 7,7 % etaient difficiles a nourrir; chez ceux
de 2 et 3 ans, 13,7 % ('etaient; chez ceux de 3 et
4 ans, 17,6 % ('etaient. Pour ('ensemble des enfants
ages de 1 a 3 ans, 33,6 % n'etaient pas difficiles
nourrir, 53,4 % s'habituaient aux nouveaux aliments
et 13,0 % refusaient les nouveaux aliments.
Rarement 0 Parfois
60
50
40
30
10
0
Agression
Peur
Manque de Troubles HyperactivitO
de
physique
comportements affectifs
et opposition ('abandon prosociaux et anxiete
Les renseignements sur les comportements des
enfants de 2 et 3 ans ont ete obtenus de la PCM.
Les categories de comportements comprennent :
•
7
20
Les comportements sociaux et affectifs
•
Souvent
70
Source : ELNEJ
l'hyperactivite et ('inattention, soit des
comportements comme I'apathie, l'incapacite
de se concentrer, un regard fixe et l'incapacite
de se consacrer a une activite pour plus de
quelques instants;
t Les Echelles de comportement utilisEes pour le comportement des
enfants dans ('ELNEJ ont ate preparees par Statistique Canada.
L'auteur a derive les seuils pour les categories ararementa,
oparfois. et asouvents en fonction des rEsultats de 0 a 4
(rarement), 5 a 8 (parfois) et 9+ (souvent) pour l'hyperactivita et
Pinattention; 0 a 3, 4 a 8 et 9+ pour le comportement prosocial (la
representation graphique a EtE inversEe); 0, 1 a 2 et 3+ pour les
troubles affectifs et Panxieta; 0 a 5, 6 a 10 et 11+ pour l'agression
physique et l'opposition; 0 a 2, 3 a 5 et 6+ pour la peur de
l'abandon.
les comportements prosociaux, qui se
caracterisent par des actes comme le fait de
consoler un enfant qui pleure ou est fache, de
tenter d'aider quelqu'un qui s'est blesse, d'offrir
59
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Le soutien des parents
Graphique 9
Rien n'exige plus d'engagement et de souplesse
dans une large gamme d'aptitudes physiques et
affectives que le role parental. Les parents d'aujourd'hui doivent souvent trouver un equilibre entre
leurs responsabilites professionnelles et leurs
activites domestiques quotidiennes. Le renforcement positif que les parents offrent a leurs enfants
aura une influence sur la reussite ulterieure de ces
derniers.
Pratiques parentales envers les enfants
de 2 a 3 ans
ON Rarement
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
12enquete a permis de recueillir, aupres des
PCM, des renseignements au sujet de leurs
pratiques parentales. Pour les enfants de 0 a 23
mois, les pratiques parentales etaient classes dans
l'une des categories suivantes : les interactions
positives (les parents qui felicitent leur enfant, qui
jouent et rient avec lui) ou l'hostilite (les parents
qui sont souvent contraries par l'enfant, qui disent
a ('enfant qu'il est mauvais ou que les autres enfants
sont meilleurs que lui). Pour les enfants de 2 a
3 ans, les pratiques parentales etaient reparties
entre les interactions positives, l'hostilite, la
coherence (toujours appliquer les marries punitions
aux memes comportements) et ('utilisation de
('aversion Weyer la voix, retirer des privileges, avoir
recours aux punitions corporelles).
Coherence
M Aversion
Les principaux facteurs
determinants d'un
developpement sain de l'enfant
L'ELNEJ nous permet d'examiner certaines
correlations entre les habitudes de vie et les
problemes situationnels de la mere, le processus
de la naissance et la sante ainsi que le
developpement du nourrisson ou du jeune enfant.
La presente section &once des associations
simples entre certains de ces facteurs et les
resultats chez l'enfant sur le plan de la sante. Ces
associations sont significatives pour ce qui est des
tests statistiques utilises,§ mais aucune analyse
plus complexe n'a ete effectuee pour controler les
facteurs indirectement lies a ces associations. Par
exemple, it existe de fortes probabilites pour que
Ia mere d'un enfant dont le poids est insuffisant
la naissance ait souffert d'hypertension arterielle
pendant la grossesse. De plus, un enfant court plus
de risques de naitre avec une insuffisance de poids
si sa mere a utilise des medicaments sur
ordonnance pendant Ia grossesse.
Pratiques parentales envers les enfants
de 0 a 2 ans
Parfois
Hostilite
Source : ELNEJ
Graphique 8
WEI
(223 Souvent
•
Inte actions
positives
Les graphiques 8 et 9$ illustrent la frequence de
ces pratiques parentales pour les differents groupes
d'age. Les parents semblaient avoir signale plus
d'interactions negatives avec les enfants se trouvant
dans les deux premieres annees de vie que plus tard.
Rarement
Parfois
EZ23 Souvent
60
50
40
30
Les Echelles de comportement utilisees pour le comportement des
enfants dans l'ELNEJ ont ate preparees par Statistique Canada. Les
seuils pour les categories oraremenk oparfois* et osouvenk ont
ate derives par l'auteur en fonction des resultats de moins que 15
(rarement), 15 a 17 (parfois) et 18 a 20 (souvent) pour /'interaction
positive; 0 a 1, 2 a 4 et 5+ pour l'hostilite (pour les plus jeunes
enfants); moins que 10, 10 a 15 et 16+ pour l'hostilite et la
coherence (pour les enfants plus vieux); moins que 10, 11 a 15 et
16 a 20 pour /'interaction positive (pour les enfants plus vieux); 0 a
2, 3 a 8 et 9 a 16 pour /'utilisation de /'aversion.
20
10
0
Interactions
positives
Hostilite
Source : ELNEJ
§ Le test chi cant a eta utilise pour tous les tests statistiques.
60
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Le fait de souffrir d'hypertension arterielle et
de prendre des medicaments pourrait etre lie, de
sorte que l'etablissement d'un lien simple entre ces
deux facteurs pourrait tromper le lecteur au sujet
des causes sous-jacentes. Pour en savoir plus sur
les facteurs qui donnent lieu a de mauvais resultats,
it nous faudrait pousser plus loin les analyses des
donnees de I'ELNEJ afin de calculer les probabilites
ou le risque reel qu'un etat de sante puisse
contribuer a un resultat en matiere de sante.
On a egalement examine les resultats des
naissances par cesarienne pour les diverses
correlations avec les problemes prenataux et les
complications apres Ia naissance. Une proportion
de 31,4 % des bebes prematures etaient nes par
cesarienne, comparativement a 16,7 % dans le cas
des naissances a terme. Parmi les enfants dont
les mores souffraient d'hypertension arterielle, le
taux de cesariennes s'etablissait a 26,2 % contre
17,4 % chez les enfants dont les mores n'en
souffraient pas.
En examinant certaines relations simples en
ce qui regarde l'insuffisance de poids a Ia
naissance, I'ELNEJ a revele que l'incidence de
l'insuffisance de poids a la naissance etait plus
elevee chez les bebes de sexe ferninin (6,3 %) que
chez les bebes de sexe masculin (5,1 %). De plus,
l'incidence de l'insuffisance de poids a la naissance
etait de 7,8 % chez les bebes dont la mere avait
fume, comparativement a 5,2 % chez ceux dont la
mere etait non-fumeuse. Comme nous l'avons
mentionne precedemment, 11,6 % des bebes dont
la mere avait souffert d'hypertension arterielle
avaient un poids insuffisant a la naissance,
comparativement a 5,2 % chez ceux dont la mere
n'a pas connu ce probleme. En outre, 8,6 % des
bebes dont Ia mere avait pris des medicaments
sur ordonnance pendant la grossesse avaient un
poids insuffisant a la naissance, comparativement
A 4,9 % chez ceux dont la mere n'avait pas pris de
medicaments.
II est interessant de signaler que l'incidence
de la depression postnatale etait plus elevee chez
les femmes qui avaient subi une cesarienne (les
mores de 26,3 % des enfants) que chez celles qui
n'en avaient pas subi (18,8 %). Le pourcentage
des bebes ayant regu des soins medicaux apres
une naissance par cesarienne s'etablissait a
21,5 %, comparativement a 15,9 % des MIAs nes
par voie vaginale.
II n'y avait aucune relation entre I'accouchement par cesarienne et l'age de la mere au moment
de la naissance, la structure familiale ou le sexe
de ('enfant. Les cesariennes n'ont rien change
quant ('adoption ou non de I'allaitement maternel
si l'on compare aux naissances par voie vaginale.
Cependant, un faible poids a la naissance semblait
causer davantage de naissances par cesarienne
que dans le cas d'un poids normal (25,9 % des
enfants, comparativement a 17,8 %).
Un autre fait pourrait etre lie aux deux facteurs
precedents : 9,8 % des bebes dont la mere avait
souffert d'un autre probleme de sante pendant la
grossesse avaient un poids insuffisant a la
naissance, comparativement a 4,9 % pour les
bebes dont la mere n'avait pas connu ce probleme.
Puisque l'insuffisance de poids peut decouler de
la prematurite, it n'est pas surprenant que
41,5 % des bebes prematures soient nes avec un
poids insuffisant.
LELNEJ permet aussi d'examiner Ia relation
entre les divers resultats et ('utilisation d'instruments
d'aide a la naissance, plus particulierement les
forceps et les ventouses, utilises au moment des
accouchements par voie vaginale. Bien que I'on
ait eu recours a des instruments d'aide a la
naissance dans seulement 15,2 % des naissances
par voie vaginale, it s'agissait dans 62,6 % des cas
de MIAs de sexe masculin. Le recours aux soins
medicaux speciaux apres la naissance a ete
sensiblement plus eleve chez les enfants pour
lesquels on avait utilise des instruments d'aide
(24,4 %) que chez les enfants nes sans aide par
voie vaginale (14,3 %). La probabilite d'une
depression postnatale de la mere etait plus elevee
apres un accouchement assiste (de la mere de
29,6 % des enfants) qu'apres une naissance
spontanee par voie vaginale (16,8 %) pendant
laquelle aucun instrument d'aide n'avait ete utilise.
12Age de la mere ou son appartenance a un
groupe de minorite visible ne semblaient pas
constituer des facteurs contribuant a une
insuffisance de poids a la naissance, pas plus que
le diabete gestationnel ou la consommation d'alcool
ou de medicaments en vente libre. Toutefois, en
raison du tits petit nombre de mores d'enfants de
I'ELNEJ ayant declare avoir consommé de l'alcool
ou avoir souffert de diabete pendant la grossesse,
les comparaisons sont difficiles.
61
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Trois questions portant sur le sommeil du
nourrisson ou du jeune enfant se sont revelees tres
utiles pour examiner les relations entre des facteurs
associes aux problemes de sommeil : la difficulte
a s'endormir, les reveils frequents de l'enfant au
cours de la nuit et un sommeil agite. En general,
les jeunes enfants qui souffraient de problemes de
sommeil avaient des mores dont le soutien social
laissait a desirer. Ils etaient egalement exposes a
des pratiques parentales qui se situaient tits haut
sur l'echelle de l'hostilite.
soutien sur le plan du revenu, de soutien social,
d'aide pour reduire leur consommation de tabac,
d'alcool ou de medicaments, de meilleures
conditions de logement ou de supplements
alimentaires, et ce, afin d'ameliorer le plus possible
I'etat de sante de leur bebe.
Lorsqu'on pense aux consequences que de
mauvaises pratiques parentales peuvent avoir sur
des comportements comme le sommeil ou
('alimentation, on doit s'interroger sur la facon de
mieux preparer les parents a la difficile tache qui
consiste a prendre soin d'un !Abe ou d'un jeune
enfant.
On n'a releve que peu d'associations entre les
problemes d'alimentation et les pratiques parentales dans la premiere annee de vie des enfants.
Toutefois, des pratiques parentales hostiles et
negatives plus frequentes etaient reliees de facon
significative a des problemes d'alimentation chez
les enfants ages de 0 a 3 ans. Pour les enfants
ages de 1 a 3 ans, le fait d'être un garcon ou rage
plus avance de l'enfant (sans egard au sexe) etaient
les facteurs les plus lies a des problemes
d'alimentation.
L'ELNEJ a egalement permis de determiner
jusqu'a quel point, malgre sa duree relativement
courte, la depression postnatale est frequente.
Nous devons en apprendre plus sur ce qui peut
etre fait pour mieux aider les mores depressives
ayant des bebes a la maison. 12enquete a aussi
montre que les naissances par cesarienne ou
('utilisation d'instruments d'aide a la naissance
peuvent etre associees aux depressions
postnatales. Ces resultats doivent etre examines
afin de determiner s'ils sont appuyes par des
analyses plus poussees des donnees de l'ELNEJ
ou par des renseignements provenant d'autres
enquetes.
Les relations entre le developpement affectif
et social de l'enfant, les facteurs environnementaux
et les facteurs relatifs a sa sante au moment de sa
naissance depassent la port& de la presente
etude. Ils peuvent cependant etre cernes en
effectuant une analyse plus poussee des donnees
de l'ELNEJ.
Les trois quarts des bebes avaient ete allaites
maternellement pendant au moins un certain
temps, quoique seulement 35,1 % des bebes aient
ete allaites pour une periode de trois a six mois.
Parmi les facteurs qui contribuent a faire cesser
I'allaitement maternel, it faut mentionner les
pressions exercees pour le retour au travail et les
preoccupations concernant I'insuffisance de lait.
Nous devons continuer a favoriser I'amenagement
d'hopitaux, de lieux publics et de milieux de travail
adaptes aux besoins de la mere qui allaitent afin
qu'elle s'y sente acceptee avec son bebe.
En bref
L'ELNEJ a permis de demontrer que les enfants
du Canada connaissaient generalement un depart
sain dans la vie en ce qui concerne l'acces aux
soins prenataux, la sante de la mere, les conditions
sanitaires entourant la naissance et l'exposition
limitee aux medicaments et a l'alcool durant la
grossesse. Cependant, trop de mores continuaient
a fumer pendant la grossesse. En outre, environ
6 % des enfants commencaient leur vie avec une
insuffisance de poids, avec les consequences
potentielles que cela peut comporter pour leur sante
et leur developpement. Nous devons trouver des
facons d'aider les femmes enceintes a cesser de
fumer des le debut de leur grossesse.
Au cours des prochaines annees, l'ELNEJ
permettra un suivi aupres des jeunes enfants dont
it est question dans le present travail de recherche,
ce qui permettra d'en apprendre plus sur leur
developpement a long terme. Nous pourrons
egalement savoir comment un depart en sante peut
influer sur la reussite de l'enfant a long terme, et
comment contrer les effets d'un mauvais depart
pendant les premieres annees de l'enfance.
Nous devons egalement continuer a travailler
avec les mores qui courent plus de risques
d'accoucher d'un enfant ayant une insuffisance de
poids. Ces femmes peuvent avoir besoin d'un
62
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
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64
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
D'ob vient le temperament difficile des
enfants ?
Claude L. Normand, Mark Zoccolillo, Richard E. Tremblay, Lynn McIntyre, Bernard Boulerice, Pierre McDuff,
Daniel Perusse et Ronald G. Barr
Les parents ont depuis longtemps remarque que
chaque bebe est different, que ce soit au sein d'une
merne famille ou entre families differentes. Nous
aimerions tous croire qu'en entourant nos bebes
des meilleurs soins possible, nous pouvons en faire
des enfants heureux et des adultes accomplis,
mais nous prenons vite conscience — parfois
meme quelques heures seulement apres Ia
naissance — que chaque nouveau-ne est dote d'une
personnalite qui lui est propre. Certains sourient et
gazouillent alors que d'autres se montrent exigeants
et irritables. Certains demandent peu d'attention,
d'autres sont plus difficiles. Ces premieres
caracteristiques forment ce qu'on appelle le
cctemperament». 1-4
Les parents aux prises avec un bebe difficile
sont habituellement preoccupes par l'irritabilite de
leur enfant et ('attention qu'il demande. Par
exemple, certains bebes peuvent pleurer plusieurs
heures pendant la nuit sans que l'on puisse les
reconforter. Les parents consultent alors leur
medecin de famille ou leur pediatre pour tenter de
decouvrir ce qui pourrait causer ce temperament
difficile chez leur bebe. Ils se demandent :
“Pourquoi mon bebe est-il ainsi ? Y a-t-il quelque
chose a faire ? Comment mon !Abe sera-t-il
lorsqu'il sera grand ?»
Des causes physiques sous-jacentes sont
souvent invoquees pour tenter d'expliquer un
temperament difficile. Ainsi, lorsqu'une mere consulte
le pediatre parce que son bebe lui parait grincheux
et difficile, le pediatre peut rechercher des facteurs
medicaux tels que des complications a la naissance,
une otite, des coliques ou ('apparition des dents.
Cependant, le temperament ne se limite pas a un
inconfort physique.
Les differences de temperament alimentent les
discussions depuis longtemps et ont fait ('objet de
nombreuses etudes en philosophie et en psychologie. Les anciens philosophes grecs et romains
parlaient des «qualites» individuelles qui, aujourd'hui,
seraient considerees comme formant le temperament. Selon le medecin grec Galien, iI existait
quatre types de temperament : melancolique,
flegmatique, sanguin et colerique. On croyait alors
que le type de temperament persistait durant toute
la vie de Ia personne et qu'il avait une origine
biologique, une perception qui s'applique encore
aujourd'hui.
Bien que certaines questions persistent quant a
savoir ce qui fait partie du temperament et si celui-ci
est le fondement de la personnalite future, les
chercheurs s'entendent sur le fait que le temperament
est un ensemble de caracteristiques et qu'il ne se
limite pas a une caracteristique unique. Ils
s'entendent egalement pour dire que les differences
de temperament se manifestent peu apres la
naissance et qu'elles varient peu avec le temps. 15
En raison de cette stabilite et de Ia manifestation
precoce des differences individuelles, certains ont
propose que le temperament est en partie
hereditaire. 5-8 II faudra toutefois mener d'autres
etudes pour etre en mesure d'etablir une distinction
entre les effets genetiques et les effets susceptibles
de resulter des toutes premieres experiences vecues,
y compris celles qui peuvent se produire dans
('uterus.
L'environnement familial dans lequel grandit
('enfant influe egalement sur ('expression du
temperament.' ,9-" La facon dont ('enfant reagit
son entourage, en particulier aux comportements
de ses parents, peut en retour agir sur son milieu.
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Ainsi, on peut facilement s'imaginer qu'un bebe
difficile et impossible a consoler puisse susciter
moins de chaleur de Ia part de ses parents qu'un
bebe que l'on peut calmer aisement. II peut arriver
egalement que la perception d'un «temperament
difficile” par le parent tienne davantage de la
situation du parent que du temperament de
l'enfant. 12 II est possible qu'une mere jeune et
inexperimentee, souffrant de depression postpartum, ait ('impression que son bebe est difficile,
une perception que n'aurait pas une mere plus
experimentee et heureuse. En pareil cas, it serait
peut-etre plus benefique, pour la mere qui se plaint
au pediatre du temperament difficile de son bebe,
d'evaluer ses propres ressources et sa sante
mentale, plutot que de se preoccuper uniquement
de Ia sante physique du MIA.
Comment I'ELNEJ peut-elle nous
aider a comprendre les causes du
temperament difficile ?
Les donnees recueillies dans le cadre de I'ELNEJ
peuvent etre utilisees pour tester des explications
complementaires qui attribuent en partie le
temperament difficile a des causes biologiques ou
des causes psychosociales. Le premier cycle de
I'ELNEJ incluait une mesure reconnue du temperament tel qu'il est pergu par la personne qui connait
le mieux l'enfant (ou PCM); it s'agit du questionnaire
sur les caracteristiques de l'enfant (Infant Characteristic Questionnaire). 15 II contenait egalement des
indicateurs des facteurs medicaux ou de sante et de
facteurs psychosociaux, qui pourraient tous — pris
individuellement ou collectivement — contribuer
modeler le temperament de l'enfant durant ses trois
premieres annees de vie. Ces facteurs font ('objet
des Annexes 1 a 3.
Des recherches anterieures donnent a croire
qu'un temperament difficile durant Ia petite enfance
peut laisser presager des problemes psychologiques
ulterieurs, incluant des pleurs excessifs, une
difficulte a dormir, de l'anxiete, de l'hostilite, de
l'hyperactivite, des difficultes d'adaptation a l'ecole,
des accidents, des troubles de comportement et
d'eveil nocturne. 2, 9-11,13,14 Ces conclusions ont
toutefois tendance a se fonder sur de petites etudes
non representatives. L'Enquete longitudinale
nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) est
Ia premiere etude a grande echelle qui utilise un
echantillon representatif national de bebes pour
examiner le temperament et ses effets sur le
developpement ulterieur de l'enfant.
Lorsque les series subsequentes de donnees
seront disponibles sur les enfants evalues pour la
premiere fois alors qu'ils etaient des bebes en 19941995, it sera peut-etre possible de tirer des conclusions
plus precises sur les facteurs qui permettent de predire
differents types de temperament. De plus, les
premieres caracteristiques du temperament
pourraient etre utilisees pour predire des problemes
psychologiques ulterieurs.
Le graphique 1 illustre le modele conceptuel
teste par analyse de regression logistique multiple.
Un vaste eventail de facteurs inclus dans les
questionnaires de I'ELNEJ sont representes dans
Graphique 1
Modele conceptuel sur les facteurs permettant de predire le temperament du bebe
1. Facteurs propres
au bebe
3. Facteurs medicaux /
de sante avant la
naissance
4. Accouchement
5. Facteurs
postnataux
21.Temperament
du bebe
2. Facteurs familiaux
.66
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
les encadres; ces facteurs sont presentes par blocs
distincts, dans une analyse de regression multiple
ascendante. Les encadres sont numerates de 1 a
5, pour indiquer l'ordre chronologique dans lequel
chaque facteur influerait sur la manifestation du
temperament difficile chez l'enfant (encadre 6);
cependant, tous ont ete mesures en meme temps.
10 % de rechantillon ayant obtenu les notes les
plus elevees pour la mesure du temperament
difficile, selon revaluation faite par la PCM (la mere
dans 92 % des cas). On les a ensuite compares
au reste de rechantillon.t Comme le temperament
difficile est plus frequent chez les garcons que chez
les filles, des analyses distinctes ont ete faites pour
les sujets de chaque sexe se situant dans les
10 % superieurs, selon trois groupes d'age : 3 a
11 mois (n = 1 390)$, 12 a 23 mois (n = 1 724) et
24 a 36 mois (n = 1 494).
Le premier encadre se compose des facteurs
fixes propres a l'enfant, comme l'age du bebe, son
rang de naissance, son sexe et son origine
ethnique. Le deuxierne encadre renferme des
facteurs qui pouvaient etre presents dans la famille
avant Ia grossesse; certains sont de nature
psychosociale et d'autres peuvent avoir un
fondement genetique ou biomedical.* Les facteurs
psychosociaux incluent les caracteristiques de la
mere (age et niveau de scolarite), les caracteristiques du pore (age et niveau de scolarite) ainsi
que les caracteristiques de Ia famille (revenu,
fonctionnement familial, voisinage, soutien social
et problemes de comportement chez les titres et
soeurs). Letat de sante de la mere avant la
grossesse, de merne que sa consommation de
tabac et d'alcool, ont aussi ete inclus parmi les
facteurs medicaux et de sante.
Dans quelle mesure les facteurs
medicaux ou de sante permettentils de predire le temperament
difficile chez le bebe ?
Aucune relation n'a ete observee entre la
probabilite d'avoir un MIA difficile et certains
facteurs medicaux ou de sante, apres neutralisation statistique des facteurs psychosociaux
presents avant la grossesse. Ainsi, la presence
d'hypertension arterielle chez la mere, la consommation de tabac et d'alcool avant et durant Ia
grossesse, la prise de medicaments durant la
grossesse, l'accouchement par cesarienne, le
sejour du !Abe a runite des soins intensifs apres
Ia naissance ainsi que les complications postpartum comme une infection, une hemorragie ou
('hypertension arterielle chez Ia mere, ne se sont
pas reveles des indices permettant de predire le
temperament difficile chez l'enfant.
Ces facteurs familiaux precoces, presents
dans la famille avant la conception de l'enfant,
pourraient influencer le temperament de l'enfant
non seulement directement, mais aussi indirectement en causant des complications durant Ia
grossesse, a l'accouchement et apres Ia naissance
(encadres 3, 4 et 5 respectivement).
Les encadres 3 et 4 portent sur des facteurs
medicaux et de sante. Lencadre 3 fait reference
aux facteurs lies a Ia sante de la mere avant Ia
naissance et durant Ia grossesse (diabete,
hypertension arterielle, tabagisme, consommation
d'alcool et de drogues durant la grossesse).
Lencadre 4 porte sur l'accouchement (age de la
grossesse, poids a Ia naissance, type d'accouchement).
Pour les bebes ages de 3 a 11 mois, un poids
a la naissance correspondant a deux &arts types
sous Ia moyenneo (2 300 g ou moins) a augmente
de 56 % la probabilite d'avoir un temperament
difficile, par comparaison aux bebes dont le poids
a la naissance se situait dans Ia moyenne. Toutes
Une etude complementaire sur des jumeaux est actuellement en
cours pour Etudier les effets de la genatique sur le
temperament's
Les facteurs lies au contexte postnatal sont
illustres a rencadre 5. La sante de Ia mere apres
l'accouchement, les soins de l'enfant et les
pratiques parentales sont les facteurs medicaux
et psychosociaux evalues.
Un seul enfant par famille a ete choisi au hasard, comme indice;
les autres enfants de la tamale, ages de 3 mots a 11 ans, ont ete
inclus dans les freres et soeurs.
represente la Mille totale de l'achantillon pour chaque groupe
d'age, c'est-E -dire qu'il comprend les gel* difficiles et non
difficiles.
Un resultat de deux karts types sous la moyenne represente
peu pros les 2,5 % de la portion extreme de rechantillon.
L'indicateur du resultat (encadre 6) fait une
distinction entre les bebes difficiles et ceux qui ne
le sont pas. Pour ce faire, on a determine les
garcons et les filles qui se situaient parmi les
** Selon la definition habituelle, un faible poids a la naissance est
inferieur a 2 500 g et un tits faible poids a la naissance est
inferieur a 1 500 g.
67
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
autres choses etant egales, l'accouchement par
forceps a reduit de 79 % les chances que l'enfant
soit pergu comme difficile.
Graphique 2
Probabilite de recevoir un 136136 de 3 a 11 mois
comme etant difficile: facteurs lies a Ia famille
A. Par rapport au fonctionnement familial moyen
(p < 0,05)
Par ailleurs, Ia probabilite d'être un enfant
difficile entre l'age de 12 et 23 mois augmentait de
151 % pour les enfants dont la mere avait souffert
de diabete gestationnel. Dans le groupe des 24 a
36 mois, Ia naissance avant terme (moins de 258
jours de gestation) a accru la probabilite que le
bebe soit pergu comme etant difficile de 75 % par
rapport aux MIAs nes a terme ou apres terme.
On devra etudier de plus pres la relation entre
('usage des forceps, le poids a Ia naissance et la
prematurite pour comprendre le role particulier de
ces facteurs dans la perception que se font les
parents du temperament de leur enfant.
200
150
100
50
0
-50
-100
Fonctionnement familial Fonctionnement familial
le plus faiblea
le plus eleveb
B. Par rapport aux interactions positives moyennes
(p < 0,05)
200
150
Dans quelle mesure les facteurs
psychosociaux permettent-ils de
predire le temperament de
l'enfant ?
100
64
50
EMI
0
-50
-100
Les facteurs psychosociaux semblent avoir le plus
d'influence sur la perception du temperament
difficile chez les nouveau-nes et les enfants jusqu'a
3 ans. Chez les enfants de moins d'un an, un faible
fonctionnement familial** et des relations parentenfant peu positives se sont reveles des indices
permettant de predire un temperament difficile. Un
resultat correspondant a deux &arts types audessus de Ia moyenne pour ces deux variables a
reduit Ia probabilite d'avoir un 'Abe difficile,
respectivement dans des proportions de 38 % et
39 % (voir graphique 2).
-39
Le moins d'interactions
positivesa
Le plus d'interactions
positivesb
a "Le plus faible. et "le moins• correspondent
types sous la moyenne.
b "Le plus elette. et "le plus» correspondent
types au-dessus de la moyenne.
a deux (carts
a deux (karts
Source : ELNEJ
Chez les enfants ages de 12 a 23 mois, c'etait
le fonctionnement de Ia famille, l'age de la
personne qui connaissait le mieux l'enfant (PCM;
la mere dans 92 % des cas) ainsi que le nombre
d'annees de scolarite du conjoint qui ont permis
de predire partiellement le temperament difficile
de l'enfant (voir graphique 4). Dans les families
oil le fonctionnement etait a son plus bas niveau,
les chances d'avoir un enfant difficile etaient plus
elevees de 93 %. Les mares les plus jeunes
avaient une probabilite deux fois plus elevee (96
%) d'avoir un bebe considers comme difficile et
cette probabilite augmentait de 75 % quand le
partenaire se rangeait parmi les moins scolarises.
Les caracteristiques des freres et sceurs
influaient egalement sur la perception du
temperament de l'enfant. Par exemple, Ia presence
d'un frere ou d'une sceur extremement hyperactif
a presque double les chances de percevoir le
temperament du bebe comme etant difficile, alors
que celle d'un frere ou d'une sceur extremement
anxieux l'a augmente de 128 % (voir graphique 3).
Enfin, la depression post-partum chez la mere a
accru de plus du double (136 %) les chances
d'avoir un bebe difficile.
En outre, Ia presence de titre ou de sceur a
augmente de plus du double (118 %) les chances
de juger le nourrisson difficile. Enfin, les parents
qui manifestaient le plus d'hostilite telle qu'elle se
traduisait dans leurs declarations (s'ils etaient
exasperes par l'enfant ou s'ils Iui disaient qu'il etait
** On considere qu'une famille Eprouve des problames de
fonctionnement lorsque ses membres Eprouvent des difficultes
resoudre leurs problemes, a communiques, a maftriser leurs
comportements antisociaux et a manifester et a recevoir des
marques d'affection.
68
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 3
Graphique 4
Probability de percevoir un babe de 3 a 11
mois comme etant difficile : caracteristiques
des freres et soeurs
Probability de percevoir un babe de 12 a 23
mois comme etant difficile : facteurs lies a Ia
famille
A. Par rapport a l'hyperactivite moyenne des freres
et soeurs (p < 0,05)
A. Par rapport au fonctionnement familial moyen
(p < 0,01)
200
200
150
150
92
100
50
50
0
0
-50
-50
-48
-100
Freres et soeurs
les plus hyperactifsa
II
-48
-100
Freres et soeurs
les moins hyperactifsb
Fonctionnement familial
le plus elevea
B. Par rapport a l'anxiete moyenne des freres et
soeurs (p < 0,01)
Fonctionnement familial
le plus faibleb
B. Par rapport au nombre moyen d'annees de
scolarite du conjoint de Ia PCM (p < 0,05)
0/0
200
200
128
150
150
100
100
50
50
0
-50
-56
-100
Freres et soeurs
les plus anxieux
75
0
Ill
-50
-43
-100
Freres et soeurs
les moins anxieux
Le plus haut
niveau de scolarite
a "Les plus• correspond a deux &arts types au-dessus de
12
93
100
Le plus bas
niveau de scolarite
C. Par rapport a l'hostilite moyenne des parents
(p < 0,001)
la moyenne.
"Les moins. correspond a deux &arts types au dessous de
la moyenne.
Source : ELNEJ
250
204
200 150 -
mechant) etaient trois fois plus susceptibles que
les autres de trouver leur enfant difficile.
100 50 0
Un tableau similaire s'est dessine pour les
enfants ages de 24 a 36 mois (voir graphique 5).
!Age de Ia mere, les annees de scolarite du
conjoint, Ia presence de titres ou de soeurs ainsi
que l'hostilite des parents ont tous augmente les
chances de juger un enfant difficile.
-50
-66
-100
Hostilite parentale
maximalea
Hostilite parentale
minimaleb
a "Le plus Oleva. at "maximale. correspondent a deux karts
types sous la moyenne.
b "Le plus faible" et "minimal°. correspondent a deux &arts
types au-dessus de la moyenne.
Les nourrissons nes des mares les plus jeunes
etaient plus susceptibles (de 69 %) de manifester
un temperament irascible. Contrairement a ce que
l'on observait dans le groupe d'age des 12 a 23
mois, it appert que les babes de 24 a 36 mois dont
le Ore se situait au sommet de l'echelle de
scolarite avaient un risque 50 % plus &eve d'être
consideres comme difficiles. II en va de meme pour
ceux qui avaient des titres ou des sceurs (66 %).
Ce sont toutefois les sentiments d'hostilite,
Source : ELNEJ
rapportes par les parents eux-memes, qui ont
augmente de fawn phenomenale les chances
d'avoir un enfant difficile. En effet, dans les families
oil les sentiments d'hostilite etaient les plus forts,
cette probability etaient de 765 % plus elevee que
dans la moyenne des families.
69
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
MIA et ou la mere etait jeune ou souffrait d'une
depression postnatale. La presence de freres ou
scours avait pour effet d'aggraver les effets du
fonctionnement familial sur Ia perception du
temperament. II est a noter que ni le revenu familial
ni l'origine ethnique n'avaient d'influence, une fois
les autres caracteristiques familiales prises en
compte.
Graphique 5
Probabilite de percevoir un enfant de 24 a 36
mois comme etant difficile : facteurs lies a Ia
famille
A. Par rapport a Page moyen des mares (p < 0,05)
200
150
100
69
II se peut que les babes nes dans ces families
deviennent difficiles en raison de Ia qualite des
soins qu'ils recoivent. Etant donne le faible niveau
du fonctionnement familial et des interactions
positives et le degre eleve d'hostilite, les parents
sont moins en mesure d'être sensibles aux besoins
du bet* d'autant plus que les parents doivent
aussi tenir compte des besoins de leur(s) autre(s)
enfant(s). Les mares plus jeunes peuvent etre
particulierement vulnerables a cet egard. Si le parent
eprouve une certaine hostilite, s'il manqued'energie
ou manifeste peu d'interet envers le bebe (comme
c'est le cas avec la depression postnatale), iI
devient alors assez difficile d'etablir une relation
positive avec le bebe et de remplir son role de
parent efficacement, en particulier lorsque le bebe
reagit a Ia personne qui en prend soin en etant
difficile, en manifestant de rirritabilite et en exigeant
beaucoup d'attention. De plus, le retard que met
le parent hostile ou le jeune parent inexperimente
A repondre a son enfant peut exacerber la colere
du bebe et rendre encore plus difficile rarret des
pleurs.
50
0
MIEN
-41
-50
-100
Mares
les plus jeunesa
Mores
les plus ageesb
B. Par rapport au nombre d'annees de scolarite du
conjoint de Ia PCM (p < 0,05)
200
150
100
51
50
0
-50
-34
-100
Le plus haut
niveau de scolariteb
Le plus bas
niveau de scolaritea
C. Par rapport a l'hostilite moyenne des parents
(p < 0,001)
765
800
600
400
Dans les families oii l'on retrouve les babes
les plus jeunes (entre 3 et 11 mois), la presence
de freres ou sceurs hyperactifs ou anxieux
coIncidait avec une perception de temperament
difficile. On pourrait emettre rhypothese, prudente,
selon laquelle les enfants hyperactifs ou anxieux
de ces families aient ate eux-memes des babes
difficiles. Toutefois, dans les groupes d'age sup&
rieurs, la simple presence d'autres enfants dans
la famille etait liee a un temperament difficile chez
le MIA Ici encore, cela suggere que les jeunes
mores eprouvaient des difficultes a faire face aux
comportements de tous leurs enfants, que leurs
babes etaient plus difficiles et exigeaient plus
d'attention et que leurs enfants plus vieux etaient
plus souvent hyperactifs et angoisses. Cela peut
signifier aussi que les jeunes mares ayant plusieurs
enfants avaient davantage tendance a percevoir
leur bebe comme ayant un temperament difficile
ou encore qu'elles percevaient plus facilement
leurs enfants plus ages comme etant hyperactifs
et anxieux si elies avaient un bebe difficile.
200
0
-200 r
Hostilite parentale
maximaleb
88
Hostilite parentale
minimalea
a "Les plus jeunes", 4e plus bas" of "minimale. correspondent
a deux ecarts types au-dessous de la moyenne.
b "Les plus &gees., "le plus haut" of "maximale" correspondent
a deux ecarts types au-dessus de la moyenne.
Source : ELNEJ
Conclusion
En resume, le fait qu'un parent qualifie de difficile
le temperament de son bebe refletait souvent le
contexte psychosocial dans lequel grandissait cet
enfant. Plus particulierement, les babes percus
comme etant plus difficiles etaient issus de families
ou le fonctionnement familial etait deficient, ou les
parents manifestaient de rhostilite a regard du
70
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Un temperament difficile chez un [Abe peut-il
entrainer de l'hostilite et une depression post-partum
chez les parents ? Les bebes difficiles, grincheux et
impossibles a consoler peuvent tres bien faire naitre
de l'hostilite chez leurs parents ou un sentiment
d'impuissance similaire a celui que l'on observe avec
la depression. Le temperament, les pratiques
parentales et la sante mentale de la mere ayant tous
ete mesures en meme temps, it est difficile de
distinguer les causes des effets. Cependant, le jeune
age de la mere et probablement un faible fonctionnement familial etaient des facteurs presents avant
la naissance d'un enfant difficile. La depression
postnatale et l'hostilite ne sont probablement pas
uniquement le resultat de l'arrivee d'un bebe
difficile dans la famille, bien que les effets puissent
aller dans les deux sens.
A mesure que l'enfant grandit ou que chaque sousgroupe evolue selon sa propre courbe. Ici encore,
('etude de suivi des cohortes de I'ELNEJ permettra
d'elucider ces questions.
La meme question peut se poser en ce qui a
trait a l'anxiete et a l'hyperactivite des autres
enfants. Est-ce Ia venue d'un bebe difficile qui a
provoque chez eux des comportements hyperactifs
ou anxieux ? Le suivi des bebes durant l'enfance,
suivi que permet I'ELNEJ, aidera a clarifier cette
importante question sur la direction de la relation
de cause a effet.
Dans une perspective de developpement, la
prevention du temperament difficile chez l'enfant
peut commencer avant memo Ia conception. Si l'on
se reporte au modele analytique (graphique 1),
('intervention devrait debuter par ('amelioration du
fonctionnement familial. Pour ce faire, on pourrait
par exemple enseigner aux futurs parents
comment ameliorer la communication au sein de
la famille et accroitre les mecanismes de soutien
social et d'entraide. L'intervention pourrait etre
axee particulierement sur les families comptant une
jeune mere ayant des enfants hyperactifs, car la
probabilite y est plus grande qu'un nouveau bebe
soit pergu comme etant difficile.
Sur le plan clinique, la principale conclusion
qui ressort de ces donnees est la suivante :
lorsqu'un parent se plaint a un professionnel de la
sante ou des services sociaux que son bebe est
difficile, le professionnel devrait alors evaluer les
pratiques parentales, le fonctionnement de la
famille et la sante mentale du parent. Le medecin
ne doit pas se contenter de rechercher d'eventuelles causes medicales ou d'attribuer le
temperament difficile a ('apparition de dents, au
manque de sommeil ou a une intolerance
alimentaire.
L'influence du degre de scolarite du conjoint
(en general le Ore) sur le temperament difficile
du bebe demeure obscure. Chez les bebes ages
de 12 a 23 mois, les Ores les moins scolarises
avaient des bebes difficiles alors que dans la
cohorte d'age superieure (24 a 36 mois), it
s'agissait des Ores les plus scolarises. De toute
evidence, tl faut etudier de plus pres les donnees
de I'ELNEJ pour tenter de comprendre comment
le niveau de scolarite du pere peut influer sur la
perception maternelle du temperament de l'enfant.
Durant la grossesse, tl serait important de
s'assurer que Ia mere a une bonne alimentation
et qu'elle reduit sa consommation de tabac, deux
comportements reconnus pour prevenir le faible
poids a Ia naissance et la prematurite. Apres la
naissance de l'enfant, it y aurait alors lieu de
surveiller la sante mentale des parents, puisque
le soulagement de la depression postnatale chez
la mere peut reduire Ia probabilite d'avoir un bebe
difficile. Enfin, it faudrait egalement porter attention
aux interactions parent-enfant, notamment en
encourageant ('adoption de pratiques parentales
positives, ce qui pourrait aider les parents a mieux
reagir aux comportements difficiles de leur bob&
Linterpretation des relations entre les facteurs
de sante et le temperament du nourrisson se revele
egalement hasardeuse. Le poids a la naissance
et l'age de la grossesse sont deux facteurs
fortement correles. Un nourrisson ne prematurement ou avec une insuffisance de poids courait
plus de risque d'être considers par ses parents
comme un enfant difficile, tout au moins dans les
cohortes des plus jeunes et des plus vieux. On
ignore pourquoi les enfants dont les meres
souffraient de diabete gestationnel etaient plus
susceptibles d'être difficiles entre l'age de 12 et
23 mois, et pourquoi les bebes nes avec les
forceps et ages de 3 a 11 mois avaient moins de
chances de l'etre que les autres. II est possible
que ces differences initiales s'estompent au fur et
L'acquisition de meilleures pratiques
parentales pourrait briser le cycle caracterise par
la manifestation d'interactions hostiles qui rendent
l'enfant plus irritable et exigeant, ce qui en retour
suscite l'hostilite des parents. Une etude sur le terrain
menee en Hollande montre qu'en enseignant aux
meres de faible statut socioeconomique a etre plus
71
Enquete longitudinale rationale sur les enfants et les jeunes
attentives et plus receptives envers leurs enfants
irritables, it est possible de reduire les pleurs et de
favoriser la sociabilite de l'enfant, sa capacite de
se calmer et son comportement explorateur."
Bibliographie
1. Coffman, S., M. J. Levitt, N. Guacci et M. Silver.
"Temperament and interactive effects: Mothers
and infants in a teaching situation» dans Issues
in Comprehensive Pediatric Nursing, vol. 15,
1992, p. 169-182.
En d'autres mots, les enfants irritables
devenaient moins difficiles lorsque leurs mores
adoptaient une attitude plus attentive a leur egard.
Enfin, meme si le temperament de l'enfant
demeure difficile par comparaison a celui d'autres
enfants, ces nouvelles pratiques parentales et cette
amelioration de l'etat mental et du cadre familial
pourraient contribuer a attenuer ('impact d'un
enfant difficile sur sa famille.
2. Gross, D. et B. Conrad. «Temperament in
toddlerhood» dans Journal of Pediatric Nursing,
vol. 10, 1995, p. 146-151.
3. Medoff-Cooper, B. «Infant temperament:
Implications for parenting from birth through
one year» dans Journal of Pediatric Nursing,
vol. 10, 1995, p. 141-145.
A ce stade-ci, it est impossible, a partir des
donnees de I'ELNEJ, de clore le debat quant aux
causes du temperament difficile chez le beta& Les
caracteristiques des parents et des fibres et soeurs
ne fournissent en effet qu'un profit provisoire des
contributions genetiques potentielles au
temperament difficile durant Ia petite enfance. II n'en
demeure pas moins que les donnees presentees
montrent clairement que, lorsqu'on tient compte
des facteurs psychosociaux, les facteurs medicaux
et de sante perdent une partie de leur importance
dans la determination du temperament difficile.
4.
Melvin, N. et S. McClowry. «Clinical
applications of children's temperament» dans
Journal of Pediatric Nursing, vol. 10, 1995,
p. 139-140.
5. Bates, J. E. «Temperament in infancy» dans
Handbook of Infant Development, publie sous
Ia direction de J. Osofsky, NewYork, Wiley, 1987.
6.
Ces conclusions devraient sensibiliser les
professionnels de la sante et les decideurs au fait
qu'un temperament difficile est un probleme familial
et non pas seulement un probleme propre
l'enfant. II est possible que les herpes difficiles
manquent de soins adequats et d'attention.
Malheureusement, s'ils protestent en se montrant
difficiles et grincheux et en exigeant beaucoup
d'attention, ils risquent de declencher des reactions
encore plus hostiles au sein de leur milieu social.
Les resultats presentes font ressortir !Importance
d'evaluer les facteurs psychosociaux afin d'assurer
une intervention appropriee et efficace au sein des
families aux prises avec des herpes difficiles. Cette
intervention devrait se traduire par une famille en
meilleure sante et un !Abe plus heureux. Si le
temperament difficile chez le bebe est
veritablement un indice permettant de predire des
problemes de comportement durant ('enfance,
alors l'avenir de l'enfant pourrait etre ameliore des
les premiers mois de vie.
Bates, J. E., K. Bayles, D. S. Bennett, B. Ridge
et M. M. Brown. «Origins of externalizing
behavior problems at eight years of age» dans
The Development and Treatment of Childhood
Aggression, publie sous la direction de D. J.
Pepler et de K. H. Rubin, Hillsdale, Lawrence
Erlbaum, 1991.
7. Chess, S. «Studies in temperament: A
paradigm in psychosocial research» Yale
Journal of Biology and Medicine, vol. 63, 1990,
p. 313-324.
8. Goldsmith H. H., A. H. Buss, R. Plomin et
autres. «Roundtable: What is temperament ?
Four Approaches» dans Child Development,
vol. 58, 1987, p. 505-529.
9. Adair, R. H. et H. Bauchner. «Sleep problems
in childhood» dans Current Problems in
Pediatry, vol. 23, 1993, p. 147-170.
72
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
14. Schraeder, B. D., M. A. Heverly et J. Rappoport.
«Temperament, behavior problems and
learning skills in very low birth weight
preschoolers. dans Research in Nursing and
Health, vol. 13, 1990. p. 27-34.
10. Oberklaid, F., M. Prior, K. Sanson, J. Sewell et
M. Kyrios. «Assessment of temperament in the
toddler age group. dans Pediatrics, vol. 85,
1990, p. 559-565.
11. Oberklaid, F., A. Sanson, R. Pedlow et M. Prior.
«Predicting preschool behavior problems from
temperament and other variables in infancy.
dans Pediatrics, vol. 91, 1993, p. 113-120.
15. Bates, J., C. Freeland et M. L. Lounsbury.
"Measurement of infant difficultness. dans
Child Development, vol. 50, 1979, p. 794-803.
12. Bates, J. E. et K. Bayles. "Objective and
subjective components in mothers' perceptions
of their children from age 6 months to 3 years.
dans Merrill-Palmer Quarterly, vol. 30, 1984,
p. 111-130.
16. Perusse, D. «The Quebec longitudinal twin
study of infant temperament» document
presente a la 42° reunion annuelle du American
Academy of Child and Adolescent Psychiatry,
Nouvelle-Orleans, 1995.
13. Bates, J. E., C. A. Maslin et K. A. Frankel.
«Attachment, security, mother-child interaction
and temperament as predictors of behaviorproblem ratings at age three years. dans
Growing Points of Attachment Theory and
Research, publie sous la direction de I.
Bretherton et de E. Waters, Society for
Research in Child Development, 1985.
17. van den Boom, D. C. «The influence of
temperament and mothering on attachment
and exploration: An experimental manipulation
of sensitive responsiveness among lower-class
mothers with irritable infants. dans Child
Development, vol. 65, 1994, p. 1457-1477.
73
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe I. Resultats de ('analyse de regression logistiquea pour les babes de 3 ail mois (n =1 390)
Etape 1
Risque relatif
Etape 2
Risque relatif
Etape 3
Risque relatif
Etape 4
Risque relatif
Etape 5
Risque relatif
1,35'
1,33'
1,27'
0,65°
0,66°
0,63°
1,42°
1,52'
1,47'
1,45°
1,50'
1,39'
0,25 (p = 0,06)
0,21°
0,77'
0,80°
Bloc 1 : Facteurs propres a ('enfant
Age
Rang de naissance
Sexe
Origine ethnique
Bloc 2 : Facteurs familiaux
A. Caracteristiques de la famine
Revenu
Fonctionnement
Soutien social
B. Caracteristiques de la mere
Age a la naissance de ('enfant
Scolarite
C. Caracteristiques du Ore
Age a la naissance de ('enfant
Scolarite
D. Caracteristiques des litres et stems
Avec freres et sceurs (par opposition A
aucun)
Agressivite
Anxiete
klyoeractivite
Comportement prosocial
Bloc 3 : Sante prenatale
Diabete
Hypertension arterielle
Tabagisme
Consommation d'alcool
Consommation de drogues et de medicaments
Bloc 4 : Accouchement
Cesarienne
Forceps
Soins intensify
Poids a la naissance
Age de la grossesse
74
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe I. Resultats de ('analyse de regression logistiquea pour les babes de 3 a 11 mois (n =1 390)
— (suite)
[tape 1
Risque relatif
Etape 2
Risque relatif
Etape 3
Risque relatif
Etape 4
Risque relatif
Etape 5
Risque relatif
Bloc 5 : Facteurs postnataux
Allaitement (par opposition a non allaite)
pendant 8 semaines ou moins
pendant 9 semaines e 6 mois
pendant plus de 6 mois
actuellement allaite
Hostilite des parents
Pratiaues oarentales : interactions
positives
Soins medicaux speciaux (belie)
Sante de la mere
Tabagisme
Consommation d'alcool
Depression oostnatale (par opposition a aucune)
Amelioration X'
Residu X2
0,78'
2,36°
X2 = 27,476
df = 3
p = 0,0000
= 2,978
df = 4
p = 0,5615
X' = 4,741
df = 10
p = 0,9078
X2 = 19,246
df = 10
p = 0,0372
o
o
•
o
o
Pour les variables continues, le risque relatif est calcule en utilisant 1 cart type de la moyenne.
p < 0,05
p <0,01
p < 0,001
statistiquement non significatif
Source: ELNEJ
75
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
X2 = 11,438
df = 2
p = 0,0033
X2 = 14,959
df = 2
p = 0,0006
X2 = 3,859
df = 3
p = 0,2771
X2 = 7,485
df = 11
p = 0,7585
Annexe 2. Resultats de ('analyse de regression logistiquea pour les bebes de 12 a 23 mois (n =1 724)
Eta pe 1
Risque relatif
Etape 2
Risque relatif
Etape 3
Risque relatif
1,45®
1,41®
1,39'
0,74'
0,71"
0,72'
0,74,
0,78'
0,75'
1,85'
1,81'
2,18'
2,31°
2,51 ,
Etape 4
Risque relatif
Etape 5
Risque relatif
Bloc 1 : Facteurs propre a ('enfant
Age
Rang de naissance
Sexe
Origine ethnique
Bloc 2 : Facteurs familiaux
A. Caractdristiques de la lamina
Revenu
fonctionnement
Soutien social
B. Caractdristiques de la mdre
Age A la naissance de ('enfant
Scolarite
C. Caractdristiques du Ore
Age a la naissance de ('enfant
Scolate
D. Caractdristiques des freres el steers
Avec freres et scours (par opposition a
aucun)
Aggression
Anxiety
Hyperactivity
Comportement prosocial
Bloc 3 : Sante prenatale
Diabete (par opposition a aucun)
Hypertension arterielle
Tabagisme
Consommation d'alcool
Consommation de drogues et medicaments
Bloc 4 : Accouchement
Soins intensifs
Poids a la naissance
Age de la grossesse
76
Enguete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 2. Resultats de ('analyse de regression Iogistiquea pour les bebes de 12 a 23 mois (n =1 724)
— (suite)
bane 1
Risque relatif
Etape 2
Risque relatif
Woe 3
Risque relatif
bane 4
Risque relatif
Etape 5
Risque relatif
Bloc 5 : Facteurs postnataux
flostilite des oarenta
Pratiques parentales : interactions positives
Tabagisme
Consommation d'alcool
1,74,
Amelioration X2
Mien X2
X' = 5,186
df = 3
p = 0,1587
X2 = 29,236
df = 3
p = 0,0000
X2 = 4,578
df = 1
p = 0,0324
X2 = 10,308
X' = 3,391
df = 9
p = 0,9468
df = 10
p = 0,4139
Pour les variables continues, le risque relatif est calcule en utilisant 1 kart type de la moyenne.
° p < 0,05
p < 0,01
° p < 0,001
Source: ELNEJ
77
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
X2 = 22,853
df = 1
p = 0,0000
X2 = 0,10598
df = 3
p = 0,6599
X' = 7,104
df = 7
p = 0,4181
Annexe 3. Flesultats de ('analyse de regression logistiquea pour les enfants de 24 a 36 mois
(n = 1 494)
Etape 1
Risque relatif
Etape 2
Risque relatif
Etape 3
Risque relatif
Etape 4
Risque relatif
0,64'
0,63d
0,77'
1,26'
1,25'
1,23'
2,10d
2,22d
1,67'
1,42d
1,43d
1,13'
2,11'
1,75'
Bloc 1 : Facteurs propres a ('enfant
Age
Rang de naissance
Sexe
Origine ethnique
Bloc 2 : Facteurs familiaux
A. Caractdristiques de la lamille
Revenu
Fonctionnement
Soutien social
B. Caractdristiques de la mere
Age a la naissance de ('enfant
Scolarite
C. Caractdristiques du Ore
Age a la naissance de ('enfant
Scolarite
D, Caractdristiques des litres et smuts
Avec freres et sceurs (par opposition a aucun
Agressivite
Anxiete
Hyperactivite
Comportement prosocial
Bloc 4 : Accouchement'
Poids a la naissance
Age de la grossesse (premature ou ne apres terme)
Bloc 5
:
Facteurs postnataux
2,94d
Hostilite des Parents
Pratiques parentales : interactions positives
Tabagisme
Consommation d'alcool
Amelioration X2
Residu X2
X2 = 7,971
df = 4
p = 0,0926
X2 = 31,821
df = 3
p = 0,0000
X2 = 8,039
df = 1
p = 0,0046
X2 = 145,47
df = 1
p = 0,0000
X2 =9,517
df = 10
p = 0,4839
X' = 0,222
df = 1
p = 0,6372
X' = 4,440
df = 3
p = 0,2177
a Pour les variables continues, le risque relatif est calcule en utilisant 1 cart type de la moyenne.
° p < 0,05
p < 0,01
° p < 0,001
° statistiquement non significatif
' Les variables du Bloc 3 (sante prenatale) n'ont pas eta mesurees pour ce groupe d'age.
Source: ELNEJ
78
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Indicateurs de Ia performance en
mathematiques dans les ecoles primaires
du Canada
J. Douglas WiIltns
portaient sur des facteurs tels que le ratio elevesenseignant, les depenses consacrees au materiel
pedagogique, les competences des enseignants
ainsi que la proportion d'etudiants necessitant un
enseignement special. On cherchait alors a assurer
une repartition equitable des fonds et le respect,
par toutes les ecoles, de certaines normes
minimales. Certains secteurs de competences ont
aussi recueilli des donnees sur quelques
.resultats” du systerne d'enseignement, par
exemple le taux de diplornes et les scores obtenus
par les etudiants a des tests.
Dans quelle mesure le rendement scolaire variet-il entre les garcons et les filles, ou entre des
etudiants de classes sociales et de milieux
economiques differents ? Le degre de rendement
scolaire varie-t-il d'une province a l'autre et, le cas
echeant, pourquoi certaines provinces obtiennentelles de meilleurs resultats que d'autres ?
Comment les etudiants du Canada se comparentils a leurs homologues etrangers en ce qui concerne
le rendement scolaire ? Les reponses a ces
questions fourniront des precisions sur les forces
et les lacunes de nos ecoles et de nos systemes
d'enseignement et auront des incidences sur les
politiques en matiere d'enseignement et sur la
pratique de l'enseignement.
Les nouveaux programmes de surveillance
different toutefois sous plusieurs aspects. Dans un
premier temps, les organismes gouvernementaux
ont commence a recueillir des donnees sur une
gamme plus vaste de variables. Les donnees
proviennent aujourd'hui d'un eventail plus large de
tests sur les matieres scolaires et incluent un
certain nombre de resultats non cognitifs comme
('attitude de l'eleve envers l'ecole, le bien-titre
physique et mental de l'eleve, sa participation aux
activites parascolaires et son cheminement
postsecondaire. Ces mesures accordent moins
d'importance aux etapes finales de l'ecole
secondaire et davantage au suivi des progres de
l'etudiant durant toutes ses annees d'etudes. Enfin,
les systemes de surveillance recueillent des
donnees sur un certain nombre de processus
d'enseignement, comme le cadre de discipline
l'ecole ou le degre de participation des parents,
afin de tenter d'expliquer pourquoi certains
systemes d'enseignement ou certaines ecoles
obtiennent de meilleurs resultats que d'autres.
Au cours de la derniere decennie, des
enseignants et des administrateurs du Canada,
des Etats-Unis et de Ia plupart des pays de
('Europe de l'Ouest ont merle des etudes a grande
echelle dans le but d'evaluer la qualite de leurs
systemes d'enseignement. Certains pays ont mis
en place des systemes de surveillance nationaux
et regionaux pour obtenir des “indicateurs” de la
performance scolaire sur une base reguliere. De
telles evaluations menees a ('echelon national ou
provincial peuvent remplir au moins quatre
fonctions differentes : fournir la base d'une
evaluation permanente du progres; examiner les
disparites de rendement entre les sexes, les
groupes raciaux et ethniques ainsi que les classes
sociales; effectuer des comparaisons entre les
diverses sous-unites, telles que les ecoles, les
arrondissements scolaires ou les provinces; et
enfin, evaluer l'efficacite d'une intervention
pedagogique donnee. 1
Dans le present travail de recherche, nous
presentons les conclusions basees sur les resultats
de tests de vocabulaire destines a des enfants de
Par le passe, les donnees recueillies par les
administrateurs a ('echelon national ou provincial
79
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
4 a 5 ans, soit l'Echelle de vocabulaire en images
Peabody (EVIP) et sa version anglaise, le Peabody
Picture Vocabulary Test - Revised (PPVT), ainsi
que sur les resultats de tests de mathematiques
effectues par des eleves de 2°, 4 8 et 6° annees du
primaire. Ces donnees proviennent du premier
cycle de l'Enquete longitudinale nationale sur les
enfants et les jeunes (ELNEJ).
ajoutee” du systeme d'enseignement et les effets
associes aux aptitudes de l'enfant et a son milieu
familial; elles ont tents aussi de determiner quels
processus d'enseignement sont les plus fortement
associes aux resultats scolaires obtenus. 2
Les recherches ont demontre qu'il existe des
differences importantes et significatives dans les
resultats obtenus par les ecoles — merne une fois
corriges en fonction des caracteristiques du milieu
familial de l'enfant — et que ces differences sont
Dees a des processus d'enseignement mesurables,
sur lesquels peuvent agir a la fois les politiques et
les pratiques des enseignants et des administrateurs. 3-5 Ces processus incluent egalement des
facteurs qui refletent le fonctionnement interne de
la vie a l'ecole : comment se fait l'enseignement
aupres des eleves; quelles sont les regles
officielles et non officielles regissant le
fonctionnement de l'ecole; quelle est la nature des
interactions entre les participants et quelles sont
les attitudes, les valeurs et les attentes des
enseignants et des eleves. Les recherches sur les
processus d'enseignement semblent indiquer que
les eleves obtiennent de meilleurs resultats dans
les ecoles 00 it regne une discipline favorable, 00
l'on observe un taux de participation eleve des
parents et 00 le personnel nourrit de grandes
attentes quant au rendement des eleves. 6
Les resultats des tests de vocabulaire
constituent un predicteur relativement bon du
rendement futur a l'ecole; a ce titre, ils pourraient
etre consideres comme un indicateur de
('ensemble d'aptitudes que les eleves possedent
lorsqu'ils entrent dans le systeme scolaire. Les
precisions sur la fawn dont on a fait passer les
tests de vocabulaire et les tests de mathematiques
aux etudiants anglophones et francophones est
presentee dans l'Annexe technique en fin de
publication; des renseignements sur la fiabilite et
la validite des tests se trouvent dans le Guide de
l'utilisateur de I'ELNEJ. Les analyses presentees
dans ce travail de recherche examinent les
relations entre les resultats obtenus par l'eleve a
ces tests et les caracteristiques de son milieu
familial. Les analyses fournissent egalement une
estimation du score moyen de chaque province
apres correction statistique, ceci pour tenir compte
des facteurs socioeconomiques qui influencent le
plus le rendement scolaire. Ces estimations
provinciales sont fondees sur les resultats de deux
etudes internationales et d'une autre etude
nationale sur le rendement en mathematiques. Ce
travail de recherche constitue la premiere etape
d'une demarche plus large visant a examiner les
effets de divers intrants et processus d'enseignement
sur les resultats scolaires au Canada.
Niveaux et gradients
Les chercheurs s'interessent non seulement aux
niveaux des resultats pedagogiques, mais egalement
aux gradients. Le terme gradient fait reference a la
relation entre les resultats pedagogiques et le statut
social, ce dernier etant represents par des facteurs
tels que le niveau de scolarite, la profession et le
revenu des parents. Ce terme peut egalement faire
reference aux karts qui *parent les groupes
minoritaires et majoritaires, ou les hommes et les
femmes, au niveau des resultats pedagogiques. En
d'autres mots, le gradient mesure le degre d'inegalite
entre des eleves de statut different. Un systeme
d'enseignement efficace est celui 00 I'on observe a
la fois un rendement scolaire eleve et des gradients
relativement faibles, ce qui signifie que les differences
observees sur le plan de la reussite scolaire
dependent relativement peu du statut social.
Cadre conceptuel
Mod'ele d'entree-sortie
Dans le cadre des recherches sur l'enseignement,
une des principales questions qui se pose consiste
A savoir si les ecoles different quant a ('influence
qu'elles exercent sur les resultats des etudiants
et, le cas echeant, pourquoi elles different. Les
recherches a ce sujet se fondaient sur une theorie
selon laquelle les resultats scolaires dependent en
grande partie des aptitudes de l'eleve a son entree
a l'ecole, des influences de la famille et des
experiences vecues a l'ecole. Des recherches ont
tents d'etablir une distinction entre la «valeur
Pour bon nombre de chercheurs, le gradient
est immuable. Heath' soutient que les inegalites
entre les classes observees en Angleterre et au
Pays de Galles en regard du rendement scolaire
sont demeurees relativement constantes tout au
80
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
long du siècle. Cette notion de l'immuabilite des
gradients a ete accompagnee d'un pessimisme
croissant face a l'echec des reformes liberales et
democratiques des quatre dernieres decennies. La
reforme la plus importante a ete la restructuration
du systeme d'education entreprise dans un grand
nombre de pays d'Europe de l'Ouest, a la fin des
annees 60 et au debut des annees 70. Avant le
milieu des annees 60, la plupart des pays
possedaient un systeme a deux ou trois paliers,
oil les enfants etaient *arts entre les ecoles
d'enseignement general ou professionnel. 8 La
reforme qui a suivi prevoyait Ia mise en place d'un
seul type d'ecole secondaire — l'ecole a vocation
generale — qui devait desservir l'ensemble des
eleves a l'interieur d'une zone de recrutement
designee. Cette reforme visait non seulement
ameliorer la reussite scolaire, mais a reduire les
inegalites entre les enfants provenant de differents
milieux socioeconomiques.
cette etude, de merne que dans la majorite des
tests de rendement standardises, une grandeur
d'effet de 0,1 correspond approximativement a un
mois d'une armee scolaire de niveau elementaire.
Par souci de simplification, le terme < , mois d'etudes»
sera donc utilise dans Ia presentation des resultats.
Resultats de I'ELNEJ
Les donnees et rechantillon
Les analyses presentees ice sont basees sur Ia
premiere serie de donnees recueillies dans le
cadre de I'ELNEJ. Ces donnees portent sur les
tests de vocabulaire, les tests de rendement en
mathematiques, le sexe de l'enfant et sept
variables decrivant le milieu familial de l'eleve, soit :
le niveau de scolarite de la personne qui
connaissait le mieux l'enfant (PCM),* le niveau de
scolarite du Ore, le prestige de la profession
exercee par les parents,f le revenu familial, que
l'enfant vive dans une famille monoparentale ou
biparentale, et le nombre de freres et sceurs.
Aucune mesure du groupe ethnique ou culturel de
l'enfant ou du parent, ou de la premiere langue
apprise par l'enfant a la maison n'a Me incluse
dans ('analyse. Les donnees sur le groupe ethnique
et culturel sont en effet difficiles a analyser, car un
grand nombre de repondants ont indique etre
12autre facon, plus optimiste, de percevoir les
gradients est de considerer qu'il y a des mecanismes subtils mais puissants, bien ancres dans nos
societes, et qui contribuent a la stabilite des
resultats scolaires et des gradients de Ia classe
sociale; ces mecanismes peuvent toutefois etre
modifies par les politiques, les pratiques et les
reformes. Des conclusions de recherches en
education viennent appuyer cette hypothese en
revelant ('existence de differences significatives
entre les ecoles, les arrondissements scolaires et
les collectivites quant aux resultats scolaires et aux
gradients de Ia classe sociale. 1,8•° En outre, les
recherches longitudinales sur les effets de la
reforme en profondeur du systeme scolaire
ecossais ont revels une reduction de Ia segregation
entre eleves causee par la classe sociale; on avait
aussi modifie de fawn significative les gradients
en ameliorant le rendement des eleves issus de
Ia classe ouvriere."
Dans 90 % des cas, la PCM etait la mere. Aussi, dans le but
d'alleger le texte, nous utiliserons tout au long de cet article le
terme "mere', au lieu de PCM et celui de "pereA , au lieu de
"conjoint de la PCM". Voir l'Annexe technique pour de plus
amples renseignements.
La variable "profession), etait basEe sur une version modifiee
d'une Echelle mise au point par Pineo, Porter et McRoberts
(Pineo, P C., J. Porter et H. A. McRoberts. "The 1971 Census
and the socioeconomic classification of occupations ,, dans
Canadian Review of Sociology and Anthropology, vol. 14, 1977,
p. 91-102) selon laquelle les notes les plus elevees
correspondent aux professions les plus prestigieuses. Voir
Wifims et Shields pour plus de precisions (Wifims, J. D. et
M. Shield. A measure of Socioeconomic Status for the National
Longitudinal Survey of Children and Youth, Rapport prepare pour
la Division des enquetes speciales de Statistique Canada, Ottawa,
1996).
Les recherches sur les gradients dans les
resultats pedagogiques sont particulierement
pertinentes dans le contexte des politiques
canadiennes relatives aux ecoles
confessionnelles, aux programmes d'immersion en
langue seconde, a la repartition des eleves en
classes homogenes dans les ecoles ainsi qu'au
financement par I'Etat des ecoles privees et des
ecoles a charte.
Le niveau de scolarite &aft exprime en annees d'Etudes. Les
professions ont ete reptiles en 16 categories socioeconomiques
basees sur le modele congu par Pineo, Porter et McRoberts (voir
ci-haut), puis elles ont ete mises a l'Echelle et standardisees pour
rechantillon complet l'aide d'une technique propos& par
Mosteller et Tukey (Mostefier, E et J. W Tukey. Data Analysis and
Regression, Reading, Addison-Wesley, 1977). Le revenu familial
Etait base sur le revenu total de la famille, exprime en milliers de
dollars. La determination de la structure familiale tenait compte
des beaux-parents.
Les resultats des analyses presentees dans
cet article sont estimes en termes de grandeur
d'effet (voir ('Annexe 1). Dans les tests utilises dans
Lorsque l'enfant ne comprenait plus la premiere /angue apprise,
la deuxieme /angue apprise a alors ete consider -6e comme la
premiere langue.
81
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
moins que celui des garcons. Par contre, en 4e
annee, les resultats des filles ont ate superieurs
d'environ un mois d'etudes a ceux des garcons.
En 6e annee, recut en faveur des filles s'est accru
d'environ deux mois et demi d'etudes. Ces
resultats concordent avec ceux d'une etude menee
dans 31 ecoles primaires de Ia ColombieBritannique, 13 qui a revele que les differences entre
les sexes au niveau des resultats mathematiques
etaient negligeables a la fin de Ia 3e annee, mais
que les filles progressaient un peu plus rapidement
que les garcons entre la 3° annee et la 7e annee.
Les differences entre les sexes etaient toutefois
negligeables pour ce qui est des trajectoires de
croissance pour les concepts mathematiques et
Ia resolution de problemes. Le resultat le plus
interessant de ('etude menee en ColombieBritannique est sans doute le suivant : les resultats
des garcons etaient davantage &ales que ceux
des filles, au fur et a mesure que les eleves
progressaient au primaire. A la fin de la 7e annee,
par exemple, on comptait davantage de garcons
que de filles aux limites inferieure et superieure
de la distribution, mais les resultats moyens
demeuraient comparables. Lorsque les prochaines
series de donnees de I'ELNEJ seront disponibles,
it sera alors possible d'examiner les trajectoires
de croissance scolaire pour un large echantillon
d'enfants du Canada.
d'ascendance canadienne et d'un autre groupe
ethnique ou culturel. De plus, pour 96,6 % des
enfants de rechantillon, la premiere langue apprise
par l'enfant a Ia maison et encore comprise etait
soit l'anglais, soit le francais,* et les mores de 96,3
% des enfants ont indique etre rides au Canada
ou y avoir immigre avant 1985. II a donc ate
impossible d'etablir des estimations fiables des
differences entre les resultats des tests attribuables
au groupe ethnique ou culturel; it est toutefois peu
probable qu'une correction en fonction de ce
groupe modifierait de facon appreciable les
estimations presentees dans ces analyses.
Une variable illustrant le statut socioeconomique (SSE) a ate construite a partir des resultats
obtenus pour le niveau de scolarite et la profession
des mores et des Ores et du revenu familial. Cette
variable a ensuite ate normalisee en fonction de
rechantillon complet des families participant a
I'ELNEJ. 12 La mesure du SSE est utile pour decrire
les caracteristiques globales de rechantillon, ainsi
que pour etablir des comparaisons entre les
gradients socioeconomiques.
LIAnnexe 2 porte sur les caracteristiques de
rechantillon de I'ELNEJ.
L'influence du milieu familial
De facon constante, le niveau de scolarite de
la mere s'est avere le predicteur le plus fort du
rendement en mathematiques pour les trois
niveaux scolaires (bien que la relation ne soit pas
statistiquement significative pour les eleves de 6e
annee). Aucun autre facteur n'a ate statistiquement
significatif, a ('exception du revenu familial pour
les eleves de 4e annee. A chaque niveau scolaire,
seulement 5 % environ de la variation des resultats
des tests a ate imputable aux variables
explicatives. II s'agit d'un pourcentage relativement
faible lorsqu'on le compare a ceux obtenus dans
le cadre d'etudes semblables menees aux EtatsUnis et au Royaume-Uni, ou le pourcentage de
variation de Ia performance en mathematiques
explique par des mesures similaires du milieu familial
variait de 10 % a 15 % aux niveaux primaire et
intermediaire. 5,6
Tests de vocabulaire (EVIP-PPVT)
D'apres les resultats des tests de vocabulaire, le
milieu familial avait une influence notable sur les
competences langagieres. Tout d'abord, les
garcons et les filles se sont classes a egalite a ces
tests. Le niveau de scolarite de la mere s'est revele
un facteur beaucoup plus determinant en ce qui a
trait aux aptitudes verbaies de l'enfant que celui
du Ore. En revanche, le prestige associe a Ia
profession du pare exercait une influence
marquee. Par ailleurs, l'effet du revenu du ménage
est apparu relativement faible. Dans ce test, les
enfants vivant avec un seul parent ont obtenu en
moyenne des resultats plus faibles que les enfants
vivant avec leurs deux parents. De meme, les
enfants de families nombreuses ont affiche un
rendement inferieur a celui des enfants de families
plus restreintes. La mesure composite du statut
socioeconomique expliquait pits de 10 % de Ia
variation des resultats.
Le SSE composite s'est avere un predicteur
statistiquement significatif de Ia performance en
mathematiques a chaque niveau scolaire, mais a
un moindre degre que dans de nombreux autres
pays. Ces resultats laissent croire que les
inegalites entre les classes sociales en ce qui
Tests de mathematiques
En 2e annee, les filles ont obtenu un score qui
correspondait a environ deux mois d'etudes de
.
82
Enguete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
affichant les scores les plus bas etaient
relativement imprecises. Leurs resultats corriges
selon le SSE presentaient une difference
significative par rapport a ceux de Terre-Neuve et
du Quebec, mais non significative par rapport a Ia
moyenne nationale.
concerne la performance en mathematiques sont
un peu moins marquees au Canada qu'ailleurs.
Consulter l'Annexe 3 pour de plus amples
details concernant les effets du milieu familial sur
les competences en vocabulaire et en mathematiques.
Le Quebec a egalement obtenu les resultats
les plus eleves pour les eleves de 6° annee, des
resultats qui ont ete par ailleurs nettement plus
eleves que ceux de toutes les autres provinces,
dont les scores peuvent etre divises en trois
groupes.,Ainsi, la Colombie-Britannique et I'lle-duPrince-Edouard parvenaient a des resultats
corriges selon le SSE superieurs d'environ deux
mois et demi d'etudes a la moyenne nationale. Les
resultats pour ce groupe etaient en outre sensiblement differents de ceux de l'Ontario, qui formait
le groupe aux resultats les plus faibles. En considerant les resultats corriges selon le SSE, l'Ontario
accusait un retard d'environ quatre mois d'etudes
sur la moyenne nationale. Enfin, les resultats
corriges selon le SSE pour le Manitoba, le NouveauBrunswick, Terre-Neuve, la Nouvelle-Ecosse et la
Saskatchewan se situaient dans le milieu de la
distribution, et a l'interieur d'une marge d'environ
un mois d'etudes de la moyenne nationale.
Differences entre les provinces
Tests de vocabulaire (EVIP—PPVT)
On retrouve a l'Annexe 4 les resultats d'analyses
visant a evaluer, pour chaque province, Ia
performance aux tests de vocabulaire affichee par
les enfants dont les caracteristiques familiales se
rangeaient dans la moyenne nationale. Sept des
dix provinces presentaient des resultats pres de
la moyenne nationale, les exceptions etant TerreNeuve, la Nouvelle-Ecosse et la Saskatchewan.
Les moyennes corrigees pour ces dernieres etaient
nettement superieures a celles de l'Ontario, de la
Colombie-Britannique, du Manitoba et du
Nouveau-Brunswick. Les differences sont assez
significatives.
Tests de mathematiques
Pour resumer les conclusions portant sur les
resultats des tests de mathematiques, it apparaff
utile d'examiner les trois plus grandes provinces,
a savoir la Colombie-Britannique, l'Ontario et le
Quebec. Le Quebec a obtenu des resultats eleves
dans tous les cas, la tendance observee de la 213
Ia 6° annee laissant croire que les avantages
augmentent au fur et a mesure que ‘les eleves
poursuivaient leurs etudes primaires. A l'oppose,
les resultats corriges selon le SSE de l'Ontario se
sont maintenus de facon constante sous la
moyenne nationale, suggerant ainsi que le retard
s'amplifiait d'une annee scolaire a l'autre. Enfin,
les resultats de Ia Colombie-Britannique se
revelaient superieurs a la moyenne nationale, sans
toutefois atteindre ceux du Quebec pour les
derniers niveaux scolaires analyses. Nous
constaterons, dans Ia section qui suit, que ce
classement est en accord avec les conclusions
d'une grande etude nationale menee en 1993 par
le Conseil des ministres de ('Education sur la
performance en mathematiques, ainsi que de deux
etudes internationales menees durant les
annees 80. Les resultats des autres provinces
n'ont pu etre estimes avec beaucoup de precision
en raison de la faible taille de rechantillon, et ceci
explique que les resultats ont varie beaucoup d'un
Les resultats rajustes des tests de mathematiques
presentaient des differences majeures et
statistiquement significatives entre les provinces.
Pour ce qui est des eleves de 2° annee, une
seule province, l'Ontario, a obtenu des resultats
inferieurs de plus d'un mois d'etudes a la moyenne
nationale. Les resultats de cette province
differaient de fawn significative de ceux des cinq
provinces affichant le meilleur rendement, a savoir
le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, la NouvelleEcosse, la Colombie-Britannique et le Quebec,
dont les resultats corriges selon le SSE etaient d'un
a quatre mois d'etudes au-dessus de la moyenne
nationale.
En ce qui a trait aux eleves de 4B annee, les
resultats corriges selon le SSE pour le Quebec
etaient remarquablement eleves, se situant
environ six mois d'etudes au-dessus de la
moyenne nationale et etant nettement superieurs
a ceux de toutes les autres provinces. Les resultats
corriges selon le SSE etaient egalement eleves a
Terre-Neuve, marquant un &art significatif par
rapport aux resultats des six provinces qui ont
obtenu des resultats inferieurs a Ia moyenne
nationale. Les estimations pour les six provinces
83
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
considerables apparaissaient depuis pres d'une
decennie. Les resultats de I'ELNEJ viennent par
ailleurs corroborer doublement ce portrait des resultats en mathematiques, en montrant d'une part
que les differences demeurent apparentes meme
apres correction en fonction des caracteristiques
generales de reeve, et que cet kart entre provinces tend a s'accentuer avec le niveau scolaire.
niveau scolaire a un autre. Envisagees dans leur
ensemble, toutefois, les conclusions laissent croire
que les provinces avaient tendance a afficher des
scores corriges selon le SSE assez similaires aux
premiers niveaux scolaires, mais que recart entre
les provinces se creusait au fur et a mesure que
l'enfant poursuivait ses etudes.
Comparaisons avec des etudes
internationales
Résumé et discussion
Afin de situer les resultats de I'ELNEJ dans un
contexte plus large, nous les avons integres aux
resultats de r Evaluation internationale du
rendement scolaire (EIRS), une etude qui a ete
menee par ('Educational Testing Service des EtatsUnis14 aupres de plus de 24 000 jeunes Ages de
13 ans. Quatre provinces canadiennes (NouveauBrunswick, Quebec, Ontario et ColombieBritannique) et cinq pays (Irlande, Corte, Espagne,
Royaume-Uni et Etats-Unis) ont participe a cette
evaluation. Les resultats moyens pour les
provinces et les pays participant a revaluation ont
ete convertis en grandeurs d'effet (voir ('Annexe
1). Le score moyen obtenu a I'EIRS a ete considers
comme etant la moyenne internationale. En
comparant Ia moyenne ponderee des resultats de
l'El RS pour les quatre provinces participantes a Ia
moyenne ponderee des resultats de I'ELNEJ pour
les eleves de 6 ° armee des quatre memes
provinces, it nous a ete possible de placer les
resultats de I'ELNEJ sur rechelle internationale.
De meme, les resultats du Programme
d'indicateurs du rendement scolaire (PIRS) 15 ont
ete convertis en grandeurs d'effet et places sur
rechelle internationale, en comparant les resultats
de l'EIRS des quatre provinces participantes a
ceux du PIRS. Deux provinces, l'Ontario et Ia
Colombie-Britannique, ont egalement participe a Ia
deuxieme etude internationale sur les
mathematiques (SIMS). 16 Les resultats de ces
deux provinces et de cinq pays ont Me ajoutes a
rechelle internationale. Les conclusions sont
resurnees au graphique 1.
Le present travail de recherche porte sur les
donnees obtenues dans le cadre du premier cycle
de I'ELNEJ. Les analyses presentees ont estime
les relations entre un certain nombre de caracteristiques familiales et les resultats obtenus par des
enfants de 4 a 5 ans a des tests de vocabulaire et
les resultats des tests de mathematiques effectues
par des eleves de 2 ° , 4e et 6 ° armee. Des
estimations des differences entre les provinces,
en regard du niveau moyen d'aptitudes verbales
et de performance en mathematiques, ont aussi
Me presentees. Les resultats obtenus ont ensuite
ete compares a ceux d'une etude nationale
anterieure et de deux etudes internationales sur
le rendement en mathematiques. II se degage de
retude quatre conclusions principales :
• Le niveau de scolarite de la personne qui connait
le mieux l'enfant (PCM; dans la plupart des cas,
la mere) s'est avert un predicteur significatif des
aptitudes verbales des enfants de 4 a 5 ans, ainsi
que de leur rendement en mathematiques en 23
et 4e annees. Par contre, le niveau de scolarite
du conjoint de la PCM (generalement le pere)
n'a pas ete un important predicteur, mais le
prestige associe a sa profession de meme que
le revenu familial ont ete des predicteurs
significatifs des aptitudes verbales precoces.
• Les resultats aux tests de vocabulaire ont ete
dans ('ensemble plus faibles pour les enfants
faisant partie de families monoparentales ou de
families nombreuses.
Deux constatations s'imposent immediatement. Lune est que toutes les provinces
canadiennes se classent relativement bien
lorsqu'on les compare a d'autres pays. L'autre est
que les differences de rendement en mathematiques observees entre l'Ontario, la ColombieBritannique et le Quebec dans le cadre de I'ELNEJ
ressortaient egalement du PIRS et des etudes
internationales. Fait remarquable au sujet de cette
seconde constatation : ces differences provinciales
• Les gradients de la classe sociale etaient
relativement faibles pour les tests de vocabulaire
et pour les resultats en mathematiques a tous
les niveaux scolaires. Ces resultats signifient que
les inegalites entre les classes sociales en ce
qui concerne les aptitudes verbales et la performance en mathematiques sont faibles durant la
periode prescolaire et au primaire. II est possible
que les programmes prescolaires et les ecoles
84
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 1
Les resultats de ('ELNEJ et du PIRS compares a deux etudes internationales
♦
•
•
■
\
-1-
Terre-Neuve
ile-du-Prince-tdouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
4II1 A *
■
.*
X AA"
•
❑
•
0
ELNEJ - 4 e armee (1995)
A
0
0
1K EL
•
ELNEJ - 2 e armee (1995)
ELNEJ - 6 e annee (1995)
•
Etats-Unis
ELNEJ - EVIP/PPVT (1995)
PIRS - Contenu (1993)
PIRS Resolution de
problernes (1993)
-
A
Mande
.
Royaume-Uni
41.Espagne
•
•
CAI
EIRS (1988)
Corte
Etats-Unis
Royaume-Unt
•
111/
-0,6
-0,4
-0,2
00
0,2
0,4
lEA (1982)
Ja?on
Fra
nce
an
Hong kong
I
I
I
0,6
0,8
1,0
Grandeurs d'effet
primaires compensent certaines des differences
associees au milieu familial.
compte du milieu familial des eleves ayant subi
les tests dans chaque province. De cette fawn,
les differences observees entre les provinces ne
peuvent pas etre aussi facilement attributes a des
differences de milieu social ou economique des
eleves participants. Terre-Neuve, par exemple, ou
le niveau de scolarite des parents et le revenu
familial etaient les plus faibles, se classait
relativement bien dans les comparaisons des
mesures de ('ELNEJ corrigees selon le SSE, alors
que, selon les comparaisons etablies dans le cadre
du PIRS — qui n'inclut pas de correction en fonction
des facteurs lies au milieu familial, Terre-Neuve
se situait presque au dernier rang de la distribution.
II en va de meme du Manitoba et du NouveauBrunswick, dont les resultats non corriges du PIRS
etaient tres faibles, alors que les resultats corriges
selon le SSE de ('ELNEJ s'approchaient generalement de la moyenne nationale.
• Des differences importantes et statistiquement
significatives ont ete observees entre les dix provinces en ce qui a trait au rendement en math&
matiques.
Un des avantages de ('ELNEJ est qu'elle
comporte des donnees sur un certain nombre de
variables du milieu familial, comme le revenu
familial, la structure de la famille et le type de
profession exercee par les parents. La plupart des
programmes d'indicateurs recueillent des donnees
aupres des eleves et des enseignants a l'ecole;
cependant, comme les eleves des premiers
niveaux scolaires sont habituellement incapables
de decrire avec exactitude le niveau de scolarite
ou la profession de leurs parents, les donnees sur
le milieu familial sont rarement disponibles pour
les premiers niveaux scolaires. La presente etude
est la premiere qui permette d'estimer les gradients
de la classe sociale a ('echelon national, pour des
enfants de niveau prescolaire et des eleves du
primaire.
A l'heure actuelle, toutefois, les donnees de
('ELNEJ demeurent limitees a plusieurs points de
vue. En effet, les donnees detaillees recueillies
aupres des enseignants et des administrateurs ne
sont pas encore disponibles, de sorte qu'il etait
impossible pour ('instant d'evaluer les relations
possibles entre les processus d'enseignement et
les resultats scolaires. De plus, la premiere serie
de donnees de ('ELNEJ n'incluait qu'une mesure
Les donnees sur le milieu familial permettent
egalement d'etablir des comparaisons entre les
provinces apres correction statistique pour tenir
85
EnguOte longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
pourrait servir de base; les resultats des indicateurs
obtenus par une province pourraient alors etre
compares a ceux de toutes les autres provinces.
de la performance scolaire, a savoir un test de
mathematiques, cette matiere ayant ete choisie
pour le premier cycle de I'ELNEJ pour plusieurs
raisons pratiques, notamment parce qu'elle ne
posait pas de problemes majeurs de traduction et
qu'un tits court test peut fournir des resultats
assez fiables.
Ces limites de I'ELNEJ et les conclusions de
cette premiere serie d'analyses font ressortir Ia
necessite de mettre en place un systeme de
surveillance plus rigoureux des resultats scolaires
aux echelons national et provincial. Les analyses
ont revels que les resultats en mathematiques au
Quebec etaient de pits d'un &art type superieurs
a ceux de ('Ontario pour les eleves de 6 0 annee,
des differences qui sont egalement ressorties du
PIRS de 1993 et de deux etudes internationales
anterieures. Une telle difference equivaut a environ
une armee complete d'etudes a Ia fin du primaire.
Les donnees de I'ELNEJ n'ont toutefois pas permis
d'expliquer pourquoi it existe une telle difference.
Le choix des mathematiques se justifie
egalement du fait que les resultats obtenus ont
tendance a etre plus etroitement lies aux effets du
systeme d'enseignement que les resultats
associes a d'autres matieres 6 et que les
mathematiques sont souvent considerees comme
la «matiere essentielle” pour les etudiants qui
veulent entreprendre des carrieres en sciences ou
technologie. Par ailleurs, les &ales qui obtiennent
de bons resultats en mathematiques ont tendance
a obtenir egalement de bons resultats dans les
autres domaines; 17 il est toutefois possible que
certaines provinces ou certains arrondissements
scolaires accordent relativement plus d'importance
a d'autres resultats scolaires. Qui plus est, on ne
peut estimer avec exactitude la «valeur ajoutee»
du systeme d'enseignement a partir d'une seule
serie de donnees; l'etablissement d'estimations
exactes necessite en effet une certaine mesure
prealable des aptitudes ou du rendement
scolaire.2,6
Une explication plausible serait que le
programme d'enseignement des mathematiques
au Quebec est plus condense au primaire. En
outre, ('elaboration et l'approbation des
programmes d'enseignement ont tendance a etre
plus centralises au Quebec que dans la plupart
des autres province; il est donc possible que le
programme enseigne dans les &ales du Quebec
corresponde plus etroitement au programme
officiel (prevu) etabli par le ministere provincial. II
pourrait egalement exister des differences
culturelles quant a ('importance accordee au
rendement en mathematiques a ce niveau scolaire.
Pour pouvoir etudier cette question, il nous faut
des donnees qui decrivent Ia progression de
('enfant dans differents domaines mathematiques
et d'autres qui decrivent les processus
d'enseignement et qui comparent les programmes
d'enseignement officiels a ceux offerts dans les
classes. 18 Les donnees de Ia Troisierne etude
internationale de mathematiques et des sciences,
qui seront disponibles en 1997, aideront a repondre
A certaines des questions flees au contenu du
programme d'etudes.
Les prochains cycles de I'ELNEJ prevalent des
tests de comprehension de lecture et d'autres tests
de calculs arithmetiques. Lorsque les donnees sur
les processus d'enseignement et celles de la
deuxieme serie de tests seront disponibles, il sera
alors possible d'estimer avec beaucoup d'exactitude, les effets d'un certain nombre de politiques
et de pratiques scolaires.
La taille relativement faible des echantillons
dans certaines provinces constitue une autre limite
des donnees de I'ELNEJ, limite qui influe
principalement sur ('exactitude des estimations des
resultats des tests a chaque niveau scolaire, en
particulier dans les provinces qui comptent moins
d'habitants. Le plan d'echantillonnage de I'ELNEJ
permet aux provinces de completer rechantillon
principal en augmentant Ia taille de rechantillon
pour certains groupes d'age ou pour des regions
geographiques particulieres. En se greffant
['infrastructure de I'ELNEJ, certaines provinces
pourraient etre en mesure de recueillir de
('information pour la surveillance d'interventions
particulieres. Lavantage d'une telle dernarche tient
a ce que le premier cycle de donnees de I'ELNEJ
Malgre ses limites, ('etude revele deux
importantes forces du systeme d'enseignement
canadien. La premiere est que les gradients de la
classe sociale et les differences entre les sexes y
sont relativement faibles pour ce qui est du
rendement en mathematiques. La serie de
mesures du milieu familial utilisee pour cette etude,
plus complete que celles que l'on retrouve habituellement dans les etudes nationales, a represents
moins de 5 % de la variation dans le rendement
86
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
scolaire des eleves de 6° armee. Dans d'autres
pays, les mesures du SSE rendent compte en
general d'environ 10 % a 15 % de la variation des
rendements observes a ce niveau, et de 15 `)/0
25 % au secondaire. 6' 1819 Les resultats indiquent
egalement que, merne si le rendement scolaire
varie d'une province a I'autre, les resultats de
toutes les provinces soutiennent Ia comparaison
avec ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de
plusieurs autres pays developpes
9. McPherson, A. F et J. D. Willms. "Certification,
class conflict, religion and community : a sociohistorical explanation of the effectiveness of
contemporary schools» dans Research in
Bibliographie
11. McPherson, A. F. et J. D. Willms. "Equalisation
and improvement : some effects of
comprehensive reorganisation in Scotland»
dans Sociology, vol. 21, 1987, p. 509-539.
Sociology of Education and Socialization,
publie sous Ia direction de A. C. Kerckhoff, vol.
6. Greenwich, JAI Press, 1986.
10. Raudenbush, S. W. et A. S. Bryk. "A
hierarchical model for studying school effects»
dans Sociology of Education, vol. 59, 1986,
p. 1-17.
1. Willms, J. D. et A. C. Kerckhoff. "The challenge
of developing new social indicators» dans
12. Willms, J. D. et M. Shields. A Measure of
Educational Evaluation and Policy Analysis,
2.
vol. 17, 1995, p. 113-131.
Socioeconomic Status for the National
Longitudinal Survey of Children and Youth,
Raudenbush, S. W. et J. D. Willms. "The
estimation of school effects» dans doumal of
Educational and aehavioral Statistics, vol. 20,
1995, p. 307-335.
Rapport prepare pour la Division des enquetes
speciales de Statistique Canada, Ottawa, 1996.
13. Willms, J. D. et S. Jacobsen. «Growth in
mathematics skills during the intermediate
years: sex differences and school effects» dans
3. Bryk, A. S., V. E. Lee et J. B. Smith. "High
school organization and its effects on teachers
and students : an interpretative summary of the
research» dans Choice and Control in
International eoumal of Educational Research,
vol. 14, 1990, p. 157-174.
14. Lapointe, A. E., N. A. Mead et G. W. Phillips. A
American Education : The Theory of Choice
and Control in Education, publie sous la
World of Differences : An International
Assessment of Mathematics and Science,
direction de W. H. Clune et J. F. Witte, vol. 1,
London, Falmer Press, 1990.
4.
Princeton, Educational Testing Service, 1989.
15. Conseil des ministres de ('Education (Canada).
Lee, V. E. et J. B. Smith. "Effects of school
restructuring on the achievement and engagement of middle-grade students» dans Sociology
of Education, vol. 66, 1993, p. 164-187.
Programme d'indicateurs du rendement
scolaire, Toronto, Conseil des ministres de
('Education, Canada, 1993.
16. Robitaille, D. F. et R. A. Garden, publie sous Ia
direction de. The lEA Study of Mathematics :
5. Ho, S. et J. D. Willms. "The effects of parental
involvement on eighth grade achievement»
dans Sociology of Education, 1996, vol. 69,
p. 126-141.
Contexts and Outcomes of School Mathematics, Elmsford, Pergamon, 1989.
17. Lui, B. The Stability of School Effects (memoire
de maitrise non publie), University of British
Columbia, Vancouver, Colombie-Britannique,
1995.
6. Willms, J. D. Monitoring School Performance :
A Non-Technical Guide for Educational
Administrators, Lewes, Falmer Press, 1992.
7.
Heath, A. "Class inequalities in education in
the twentieth century» dans aoumal of the
Royal Statistical Society, Series A , vol. 153,
1990, p. 1-16.
18. Porter, A. C. «Creating a system of school
process indicators» dans Educational Evaluation
and Policy Analysis, vol. 13, 1991, p. 13-29.
19. Willms, J. D. et D. P. Warwick. 1995. The
8. Levin, H. M. "Educational opportunity and
social inequality in Western Europe», dans
Social Problems, vol. 24, 1976, p. 148-172.
Academic Achievement of Grade 4 Students
in oordan : Patterns and Influences. Rapport
prepare pour le National Center for Educational
Research and Development, Amman,
Jordanie, 1995.
87
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 1. Grandeurs d'effet
Les estimations des differences des resultats de
tests scolaires entre des ecoles, des arrondissements scolaires ou des provinces peuvent etre
exprimees de diverses fawns : en pourcentage
des bonnes reponses, en percentiles pour un
groupe d'age particulier, en equivalents d'age ou
de niveau scolaire ou en grandeurs d'effet.
De telles comparaisons entre provinces (ou
arrondissements scolaires ou ecoles) sont
preferables a celles basees sur le classement des
provinces selon leur score car, pour de
nombreuses mesures du rendement, les scores
moyens pour la plupart des provinces sont
etroitement groupes autour de Ia moyenne
nationale. Par consequent, une erreur merne faible
dans ('estimation du score d'une province
(attribuable par exemple a une erreur
d'echantillonnage ou une erreur de mesure du test)
pourrait modifier sensiblement le rang de Ia
province. Par contre, ('utilisation de Ia grandeur
d'effet ne modifie pas le rang et offre un moyen de
juger de ('importance substantielle de toute
difference observee entre les provinces. Bon
nombre d'analyses contemporaines resument les
conclusions observees en fonction de la grandeur
d'effet.' Par exemple, une grandeur d'effet
d'environ 0,10 — soit 10 % d'un kart type — est
associee a une reduction de Ia taille moyenne de
Ia classe de cinq eleves. 2,3
Cette derniere mesure, qui a ete retenue pour
Ia presente etude, exprime l'ampleur de l'effet sur
Ia valeur obtenue a des tests, en fraction d'un kart
type de l'indicateur des resultats.
Prenons par exemple les tests de vocabulaire;
le score moyen pour ['ensemble de rechantillon
national des enfants ages de 4 a 5 ans a ete de
99,84 avec un kart type de 15,01. En soustrayant
la moyenne nationale du score de chaque enfant
et en divisant par recut type, on obtient alors des
scores «standardises» dont Ia moyenne est 0 et
l'ecart type est 1. Le mOme calcul a ete fait pour
les resultats des tests de mathernatiques a chaque
niveau scolaire.
La grandeur d'effet est une mesure utile, car
elle permet de juger de la signification substantielle
des differences observees entre des sous-unites
et d'etablir des comparaisons entre differents types
d'indicateurs des resultats.
Bibliographie
1. Hattie, J. A. «Measuring the effects of
schooling» dans Australian Journal of
Education, vol. 36, 1992, p. 5-13.
A titre d'exemple, si le resultat moyen en
mathernatiques pour les eleves de 2e armee de
deux provinces differentes comporte un kart de
0,20, cela signifierait que, dans ('ensemble, les
eleves de la province affichant le meilleur
rendement ont obtenu un score d'environ 20 %
d'un kart type au-dessus de celui des eleves de
l'autre province. Pour la plupart des tests de
rendement standardises, un kart type correspond
a environ une armee d'etudes au primaire et a
environ deux annees d'etudes au secondaire. Par
consequent, une grandeur d'effet de 0,20 pour les
eleves de 2e armee correspondrait a peu pits a
deux mois d'etudes sur une armee scolaire de dix
mois.
2.
Levin, H. M., G. V. Glass et G. R. Meister. CostEffectiveness of Four Educational
Interventions, Rapport de projet n° 1 84-Al 1,
Stanford, Stanford University, Institute for
Research on Educational Finance and
Governance, 1984.
3. Willms, J. D. et A. C. Kerckhoff. «The challenge
of developing new social indicators» dans
Educational Evaluation and Policy Analysis, vol.
17, 1995, p. 113-131.
88
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 2. Taille des echantillons
proportionnellement moins nombreux a participer
que leurs homologues de sexe feminin; de merne,
les enfants issus de families de faible SSE sont
eux aussi moins susceptibles de participer que les
enfants appartenant a des families de SSE plus
eleve. Dans la presente etude, le taux de reponse
global aux tests de mathematiques a Me de
48,2 %, les taux variant selon les milieux familiaux
des enfants (pour en savoir plus, consulter le Guide
de l'utilisateur de I'ELNEJ).
Le tableau suivant presente la taille des
echantillons et les resultats moyens, ainsi que les
&arts types pour les mesures du revenu familial,
du niveau de scolarite de la PCM et du statut
socioeconomique. Ces resultats se fondent sur les
donnees obtenues de rechantillon complet
d'enfants ayant participe a I'ELNEJ.
La cohorte qui a effectue les tests de vocabulaire etait composee de plus de 3 000 enfants; les
echantillons d'eleves de 2e , ite et 6° annees ayant
effectue les tests de mathematiques comptaient
respectivement 838, 859 et 732 enfants.* Par
consequent, les estimations provinciales sur les
resultats des tests de mathematiques ne sont pas
aussi precises que celles des tests de vocabulaire.
Dans 'Interpretation des estimations provinciales,
it faut donc examiner avec soin leurs erreurs types,
qui indique le degre d'inexactitude susceptible
d'être imputable a l'erreur d'echantillonnage.
De fawn generale, la non-reponse donne lieu
a des estimations sur les relations entre variables
qui presentent un biais par defaut. En consequence, les estimations sur les effets du milieu
familial pourraient etre un peu plus faibles que ce
a quoi on aurait pu s'attendre s'il avait ete possible
de recueillir des donnees sur tous les enfants de
rechantillon. Pour leur part, les comparaisons entre
provinces basees sur les resultats moyens aux
tests de mathematiques pourraient etre fortement
biaisees si les taux de non-reponse pour les
enfants de caracteristiques et de milieu familial
differents variaient d'une province a une autre.
Cependant, it est possible de tenir compte
largement de ce biais en corrigeant les donnees
en fonction du milieu de l'enfant. Les estimations
calculees dans cette etude seraient biaisees si,
pour des enfants de caracteristiques et de milieu
familial similaires, la probabilite de reponse avait
varie selon la province et selon les aptitudes de
l'enfant en mathematiques. II n'y a toutefois aucune
raison de croire qu'il en a ete ainsi.
Dans toutes les etudes, les estimations des
relations entre variables ou les comparaisons entre
sous-unites (par exemple, entre des provinces)
peuvent comporter un biais cause par la nonreponse. Dans la plupart des enquetes sur
reducation, les sujets de sexe masculin sont
Des donnees ont aussi ete recueillies aupres des &eves de 3° et
5° annees. Cependant, comme une proportion exagerEment
elevee de ces &eves ont obtenu au test un score egal ou presque
au score maximum, ces donnees n'ont pas ete incluses dans ce
travail de recherche.
Tableau 1. Caracteristiques de rechantillon de I'ELNEJ
n
Province
Terre-Neuve
Ile-du-Prince-Edouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
CANADA
1 232
764
1 532
1 426
4 065
6 020
1 789
1 878
2 185
1 940
22 831
Revenu du menage
(1 000 $)
Statut
socioeconomique
Niveau de scolarite
de la PCM (annees)
Moyenne
Ecart type
Moyenne
Ecart type
Moyenne
Ecart type
39,5
38,6
42,3
40,6
46,7
53,3
46,0
43,9
52,4
52,6
49,9
26,7
22,2
26,1
22,9
27,9
31,1
28,9
27,3
30,3
31,5
29,9
11,5
12,2
12,5
12,2
12,2
12,8
12,1
12,3
12,5
12,5
12,5
2,2
2,0
2,3
2,1
2,5
2,3
2,3
2,0
2,2
2,1
2,3
-0,46
-0,30
-0,17
-0,25
-0,15
0,32
-0,19
-0,18
0,96
0,14
-0,61
0,83
0,70
0,82
0,75
0,83
0,76
0,80
0,72
0,75
0,75
0,79
Source ELNEJ
:
89
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 3. L'influence du milieu familial
conclure que les garcons et les filles ont obtenu
d'aussi bons resultats a ce test.
Le tableau 2 presente les relations entre les scores
obtenus pour les tests de vocabulaire et les tests
de mathematiques d'une part, et les variables
decrivant le milieu de 'Wave d'autre part. Les
estimations sont des coefficients obtenus par
analyses de regression multiple. Dans chaque cas,
le coefficient indique le changement prevu dans
l'indicateur du resultat pour une variation d'une
unite dans la variable explicative (par exemple
variable illustrant le milieu de l'eleve), toutes les
autres variables explicatives etant maintenues
constantes. Les coefficients marques d'un ,<a)> sont
statistiquement significatifs au niveau de 0,05, ce
qui signifie qu'il est peu probable (moins de 5 fois
sur 100) que la relation observee soit uniquement
le fruit du hasard. Chaque colonne inclut une
constante qui, dans tous les cas, se rapproche de
zero parce que nos donnees ont ete standardisees
a ('echelon national de maniere a obtenir une
moyenne de zero.
L'effet du niveau de scolarite de la mere est
de 0,065, ce qui est statistiquement significatif.
Cela signifie que les resultats obtenus aux tests
de vocabulaire augmentaient en moyenne de
6,5 `)/0 d'un &art type pour chaque armee de
scolarite additionnelle de la mere, toutes les autres
variables du modele etant maintenues constantes.
L'effet du niveau de scolarite du pare a lui aussi
ete statistiquement significatif, mais son
importance n'equivalait qu'au quart environ. Ainsi,
nous pouvons en conclure que le niveau de
scolarite de la mere a un effet beaucoup plus
marque sur les aptitudes verbales de ('enfant que
la scolarite du pare. Cependant, une relation forte
et statistiquement significative a aussi ete observee
entre le prestige associe a la profession du pare
et les resultats des tests.
Tests de vocabulaire EVIP/PPVT
Une relation significative a aussi ete observee
avec le revenu familial, bien que dans ce dernier
cas, l'effet ait ete relativement faible (0,002). Ces
resultats indiquent que, tous les autres facteurs
etant maintenus constants, chaque augmentation
de 1 000 $ du revenu familial annuel a ete associee
La premiere colonne indique les relations par
rapport aux resultats des tests de vocabulaire. Le
coefficient pour les filles est de 0,040 et n'est pas
statistiquement significatif. Nous pouvons donc en
Tableau 2. Relation entre les scores des enfants a l'EVIP/PPVT et en mathematiques et les
caracteristiques de leur milieu familial
Mathematiques
EVIP/PPVT
4° armee
2° amide
Constante
Filles
1
2
-0,004
0,019
0,040
0,045
Scolarite : pere
Profession : mere
2
1
2
1
2
0,031
0,037
-0,016
0,017
-0,029
-0,034
-0,239'
-0,273'
0,101
0,075
0,343 a
Statut socioeconomique
Scolarite : mere
1
6° annde
0,259a
0,216a
0,227'
0,198'
0,022
0,065'
0,074'
0,017'
0,001
0,003
0,013
0,012
-0,013
-0,073
-0,034
0,171
-0,007
0,075'
Profession : pere
0,091'
0,033
Revenu du ménage
0,002 a
-0,001
0,005'
Parent unique
-0,197'
-0,327'
0,050
0,035
Nombre de freres et scours
-0,092'
0,025
0,071
-0,074
° Statistiquement significant a un niveau de 0,05 %.
Source : ELNEJ
,g0
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
0,236'
0,002
a une augmentation d'un cinquierne de 1
kart type.
d'un
Les resultats des tests ont en outre ete
associes negativement au nombre de titres et de
sceurs de ('enfant, chaque frere ou sceur
additionnel s'accompagnant en moyenne d'une
baisse d'environ 10 % d'un kart type des scores
obtenus.
Enfin, les resultats pour les enfants vivant dans
des families monoparentales ont Me en moyenne
d'environ 20 % d'un ecart type inferieurs aux
resultats des enfants de families biparentales.
Les resultats presentes a la deuxierne colonne
n'incluent que le sexe et la mesure composite du
statut socioeconomique dans le modele. L'estimation des differences entre les sexes, comme dans
le modele complet, n'a pas Me statistiquement
significative. L'estimation du SSE, que l'on peut
considerer comme le “gradient du SSE», est de
0,343; cela laisse croire que pour chaque augmentation d'un kart type du SSE, les resultats des
tests sont en moyenne de 34 % d'un kart type
plus eleves. Cela ne represente pas un gradient
particulierement eleve; en termes statistiques, la
mesure du SSE explique moins de 10 % de la
variation observee dans les resultats des tests de
vocabulaire.
Tests de mathematiques
Les troisierne, cinquierne et septierne colonnes du
tableau 2 presentent les estimations par regression
obtenues pour les tests de mathematiques
chaque niveau scolaire, d'apres le modele complet.
En 28 armee, les filles ont obtenu un score d'environ
24 % d'un kart type inferieur a celui des garcons
(statistiquement significatif, p < 0,05); cela
correspond a plus de deux mois d'etudes. Par
contre, en 48 annee, les resultats des filles ont ete
de 10 % d'un ecart type superieurs (environ un
mois d'etudes, mais non statistiquement
significatif) et en 68 armee, ('ecart a Me de
26 % d'un ecart type (environ deux mois et demi
d'etudes).
Les colonnes quatre, six et huit presentent les
mesures detaillees du milieu familial avec le SSE
composite. Le SSE composite s'est avert un
predicteur statistiquement significatif de la
performance en mathematiques a chaque niveau
scolaire, quoique les gradients aient ete la aussi
assez faibles — variant de 0,20 a 0,23. Ces
gradients sont beaucoup plus faibles que ceux
estimes pour bon nombre d'autres pays, lesquels
varient d'environ 0,4 a 0,5.
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 4. Differences entre les provinces
Le tableau 3 presente les estimations de la
performance dans chaque province. II s'agit ici
d'estimations rajustees, qui indiquent comment se
classe, dans chaque province, un enfant dont le
SSE se situe dans Ia moyenne nationale (revenu
familial moyen, niveaux de scolarite moyens des
parents et prestige professionnel moyen). Comme
les echantillons de chaque province etaient assez
restreints, l'erreur associee a rechantillonnage est
assez grande.
estimations indiquent les resultats obtenus aux
tests de vocabulaire dans chaque province par un
enfant dont les caracteristiques familiales se
situaient dans la moyenne nationale. Les
moyennes provinciales variaient de -0,094
(Ontario) a 0,254 (Terre-Neuve). Cinq des dix
provinces ont obtenu des estimations qui etaient
a plus de 10 % d'un &art type au dessus de la
moyenne nationale. Une grandeur d'effet de
10 % d'un &art type est assez significative : un
enfant obtenant un score de 10 % d'un &art type
sous Ia moyenne nationale serait classe en
moyenne 47° sur 100 enfants du Canada, alors
que celui obtenant un score de 10 % superieur
Ia moyenne nationale serait classe en moyenne
53° sur 100.
Les chiffres indiques entre crochets correspondent aux erreurs types des estimations; ils
indiquent avec quel degre de precision les
moyennes rajustees ont ete estimees. (L'intervalle
de confiance de 95 % est Mini par les estimations
correspondant a plus ou moins deux fois son erreur
type. Si des echantillons repetes etaient choisis
parmi la population dans des conditions similaires
et que des intervalles de confiance au niveau de
95 % etaient construits, ceux-ci contiendraient
alors Ia vraie valeur de ('estimation dans 19 cas
sur 20.)
Tests de mathematiques
Les resultats rajustes selon le SSE pour les tests
de mathematiques presentaient une plus grande
variation; ils fluctuaient ainsi entre - 0,205 (Ontario)
et 0,390 (Quebec) pour les eleves de 2° armee,
entre -0,278 (Manitoba) et 0,608 (Quebec) pour les
eleves de 4° armee et entre -0,396 (Ontario) et
0,648 (Quebec) pour les eleves de 6° armee. II y a
toutefois lieu de preciser que les estimations des
resultats corriges en mathematiques comportaient
une erreur type plus grande que les estimations
Tests de vocabulaire (EVIP/PPVT)
La premiere colonne du tableau 3 presente les
estimations corrigees selon le SSE des resultats
moyens pour les tests de vocabulaire. Ces
Tableau 3. Differences entre les provinces selon les scores rajustes a l'EVIP/PPVT et au test de
mathematiques*
EVIP/PPVT
Mathematiques
Province
2° annee
Terre-Neuve
0,254
(0,084)
-0,092
(0,142)
4° amine
0,301
(0,130)
6° armee
-0,084
(0,123)
Ile-du-Prince-Edouard
0,053
(0,085)
0,092
(0,239)
-0,001
(0,134)
0,247
(0,150)
Nouvelle-Ecosse
0,243
(0,061)
0,172
(0,239)
-0,213
(0,127)
-0,001
(0,145)
Nouveau-Brunswick
0,008
(0,067)
0,100
(0,161)
-0,095
(0,149)
-0,112
(0,128)
Quebec
0,120
(0,039)
0,390
(0,094)
0,608
(0,076)
0,648
(0,101)
Ontario
-0,094
(0,034)
-0,205
(0,067)
-0,119
(0,065)
-0,396
(0,069)
0,008
(0,061)
0,115
(0,121)
-0,278
(0,156)
-0,125
(0,118)
Manitoba
Saskatchewan
0,183
(0,055)
-0,049
(0,125)
-0,157
(0,139)
0,016
(0,122)
Alberta
0,119
(0,049)
-0,045
(0,103)
-0,131
(0,100)
0,111
(0,112)
-0,068
(0,064)
0,378
(0,095)
0,081
(0,111)
0,265
(0,101)
Colombie-Britannique
Note : Les resultats sont presentes en grandeurs d'effet par rapport a la moyenne nationale.
Estimations provinciales moms /fables
Source : ELNEJ
a cause de la forte variabilite d'achantillonnage.
.1 9
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
des resultats corriges du test de vocabulaire. II
existe neanmoins des differences statistiquement
significatives entre les provinces en ce qui a trait
aux resultats corriges en mathematiques.
inferieurs a la moyenne nationale. Les estimations
pour les quatre provinces affichant les scores les
plus bas etaient relativement imprecises. Leurs
resultats corriges selon le SSE presentaient une
difference significative par rapport a ceux deTerreNeuve et du Quebec, mais aucune difference
significative n'a ete observee avec la moyenne
nationale.
Pour ce qui est des eleves de 2e armee, une
seule province, l'Ontario, a obtenu des resultats
de plus de 10 % d'un kart type (environ un mois
d'etudes) au-dessous de la moyenne nationale.
Les resultats de cette province differaient de fawn
significative de ceux des cinq provinces les mieux
cotees, dont les resultats corriges selon le SSE
etaient superieurs a la moyenne nationale de plus
de 10 % d'un kart type, soit environ un mois
d'etudes.
Le Quebec a egalement obtenu les resultats
les plus eleves pour les eleves de 6e annee, des
resultats qui ont ete par ailleurs nettement plus
eleves que ceux de toutes les autres provinces
dont les scores peuvent etre divises en trois
groupes. Ainsi, la Colombie-Britannique et I'lle-duPrince-Edouard ont obtenu des resultats corriges
selon le SSE qui etaient d'environ 25 % d'un kart
type (deux mois et demi d'etudes) superieurs a la
moyenne nationale. Les resultats pour ce groupe
etaient en outre significativement differents de ceux
de l'Ontario, qui formait le groupe aux resultats
les plus faibles. Les resultats corriges selon le SSE
de l'Ontario etaient d'environ 40 % d'un kart type
(environ quatre mois d'etudes) sous la moyenne
nationale. Enfin, les scores corriges selon le SSE
pour le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, TerreNeuve, la Nouvelle-Ecosse et la Saskatchewan se
situaient dans le milieu de la distribution.
En ce qui a trait aux eleves de 4e annee, les
resultats corriges selon le SSE pour le Quebec
etaient remarquablement eleves, etant de
60,8 % d'un kart type (environ six mois d'etudes)
superieurs a la moyenne nationale. Les scores
pour le Quebec etaient nettement plus eleves que
ceux de toutes les autres provinces. Les resultats
corriges selon le SSE ont aussi ete eleves aTerreNeuve, dont les scores etaient en outre
significativement differents de ceux obtenus pour
les six provinces ayant obtenu des resultats
93
Enguete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Que savons-nous des enfants de
families dirigees par une mere seule ?
Questions et reponses tirees de l'Enquete
longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Ellen L. Lipman, David R. Offord et Martin D. Dooley
Les families dirigees par une mere seule Torment
une portion importante et toujours croissante de la
population canadienne. Elles constituent un groupe
heterogene ou on trouve des mores qui n'ont jamais
ete mariees, des femmes qui assument seules le
role parental apres la dissolution d'une union de
fait ou d'un mariage et des femmes qui se
retrouvent seules a la suite du deces de leur
conjoint. Par ailleurs, bon nombre de ces families
partagent une meme position desavantageuse,
avec un faible revenu, un faible niveau de scolarite
et des risques plus eleves d'eprouver des
problemes de sante physique et mentale. 1,2,3
parentales. Les auteurs ont decouvert que les
enfants de ces families (dirigees presque
exciusivement par des femmes) presentaient des
taux beaucoup plus eleves de problemes affectifs
et comportementaux et de difficultes scolaires que
les enfants de families biparentales. Un suivi
longitudinal, realise quatre ans plus tard aupres
des enfants de ('Ontario de 6 a 12 ans, a revele
que le fait de vivre dans une famille dirigee par
une mere seule constituait un predicteur important
et significatif de problemes mentaux et scolaires. 7
De quelle facon pouvons-nous mettre
contribution l'Enquete longitudinale nationale sur
les enfants et les jeunes (ELNEJ) pour mieux
comprendre la situation des enfants qui vivent dans
des familles dirigees par une mere seule ? Les
donnees transversales tirees du Cycle 1 de
I'ELNEJ foumissent un instantane des enfants de
familles dirigees par une mere seule au Canada, et
elles procurent ('occasion d'examiner les questions
suivantes :
Les enfants qui grandissent dans des families
dirigees par une mere seule sont exposés aux
sources de tension habituellement presentes dans
ces familles, comme la pauvrete. On a plusieurs
fois demontre que les enfants pauvres eprouvent
beaucoup plus de problemes psychosociaux
(comme des problemes affectifs et comportementaux et des difficultes a l'ecole) que les enfants
non touches par la pauvrete, 4 et que ces problemes
ne se resorbent pas necessairement avec l'age. 5
En outre, des sources de tension supplementaires,
Wes par exemple au divorce, peuvent influer sur
le bien-titre et le developpement de ('enfant.
Des etudes realisees au Canada et a l'etranger
ont prouve a de nombreuses reprises que les enfants de familles dirigees par une mere seule sont
plus susceptibles d'eprouver des problemes de
sante physique et mentale et des difficultes sociales
et scolaires. 6,7,5,91 ° Par exemple, Munroe Blum et
autres6 se sont penches sur les troubles mentaux
et le faible rendement scolaire d'enfants de ('Ontario
ages de 6 a 16 ans et issus de familles mono-
•
la prevalence ou la proportion d'enfants qui
vivent dans des families dirigees par une mere
seule au Canada;
•
les idees fausses et les faits au sujet de ('adaptation des enfants de families dirigees par une
mere seule;
•
le lien qui existe entre le revenu et ('adaptation
chez les enfants de familles dirigees par une mere
seule.
Une meilleure comprehension de ces questions par
('analyse de ces donnees nationales joue un role
important dans la planification de politiques et de
programmes a ('intention de ces enfants.
95
Enqu8te longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
donnees liees a la variable de resultat (variable
dependante) a ('etude. Lorsque des donnees
Otaient disponibles pour les enfants ages de 4 a
11 ans, on definissait un jeune enfantcomme ayant
de 4 a 7 ans, et un enfant plus age comme ayant
de 8. a 11 ans. Lorsqu'on disposait seulement de
donnees sur les enfants ages de 6 a 11 ans, on
definissait un jeune enfantcomme ayant 6 ou 7 ans,
et un enfant plus age comme ayant de 8 a 11 ans.
Methodologie
Les precisions d'ordre methodologique concernant
le Cycle 1 de I'ELNEJ sont exposees a ('Annexe
technique a la fin de cette publication. Nous
aborderons ici les questions de methodologie qui
se rapportent expressement a ce travail de
recherche.
Un niveau de faible revenu* a ete defini comme
etant un niveau de revenu de ménage egal ou
inferieur au seuil de faible revenu (SFR) de
Statistique Canada. 12 On a utilise cette definition
de faible revenu au lieu d'un niveau de revenu
exprime en dollars, parce que le SFR inclut un
facteur de correction en fonction de la taille de la
famille et du lieu de residence. On a defini comme
groupe de comparaison les menages dont le niveau
de revenu etait superieur au SFR.
Repondant
Dans I'ELNEJ, le repondant principal est le membre
du ménage qui connait le mieux l'enfant (PCM).
Dans 90,3 % des cas, la PCM etait la mere. Seules
les donnees obtenues des mares sont utilisees pour
les besoins du present travail.
Variables
Variables sociodemographiques et familiales
(variables independantes)
Variables de resultat (variables dependantes)
Une famille etait consideree comme une famille
dirigee par une mere seule lorsque l'enfant vivait
avec sa mere biologique, par alliance, adoptive ou
de famille d'accueil, et que cette derniere n'avait
pas de marl ou de conjoint de fait qui vivait avec
elle. Pour la presente analyse, on n'a retenu que
les families dirigees par une mere seule ou la mere
etait Ia PCM. II en est resulte ('exclusion d'un tits
faible nombre de families dirigees par une mere
seule (2 %) oiu quelqu'un d'autre que Ia mere etait
la PCM (par exemple, dans le cas d'une fres jeune
mere vivant avec ses parents, lorsque la grandmere etait la PCM).
a l'enfant concernaient son fonctionnement sur les
Les variables de resultat examinees relativement
plans affectif, comportemental, scolaire et social.
Le choix de cette gamme de variables se fondait
sur les connaissances dont on dispose au sujet
des multiples facettes d'un sain developpement de
l'enfant, 13 sur les resultats de recherches anterieures sur la sante psychosociale de l'enfant 14,15
et sur la disponibilite des variables dans I'ELNEJ.
Le tableau 1 presente la liste des symptomes
utilises dans I'ELNEJ pour chacun des problemes
affectifs et comportementaux mentionnes par la
mere et etudies ici : I'hyperactivite, les troubles des
conduites et les troubles affectifs. En bref,
l'hyperactivite est caracterisee par ('inattention,
l'impulsivite et l'activite motrice; les troubles des
conduites, soit par la violence physique envers des
personnes ou des biens, soit par des infractions
graves aux normes de Ia societe; et les troubles
affectifs, principalement par un sentiment
d'angoisse et de depression. Un ou plusieurs
problemes de comportement signifie un ou
plusieurs des problemes suivants : hyperactivite,
trouble des conduites ou trouble affectif.
On a decide d'exclure les families dirigees par
un pare seul en raison de leur nombre peu eleve
(seulement 7,3 % des families monoparentales
etaient dirigees par le pare) et parce que les
revenus des Ores seuls se rapprochent beaucoup
plus de celui des families biparentales que de celui
des mares seules. 11
Le groupe de comparaison etait forme de
families OC.1 un enfant vivait avec deux parents et
oil la PCM etait la mere.
On s'est servi d'echelles déjà existantes pour
mesurer chacun des troubles. 14' 16 On a fixe des
seuils permettant de determiner la presence ou
('absence d'un trouble particulier en faisant la
somme des reponses aux differentes questions
(1 = «quelquefois ou un peu vrai», 2 = «souvent ou
Un enfant etait defini comme ayant de 4 a 11
ans ou de 6 a 11 ans, selon Ia disponibilite des
* Pour des renseignements sur la qualitE des donnees relatives
aux niveaux de revenu, voir Ratio de revenue dans le
Glossaire de ('Annexe technique.
96
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Tableau 1. Symptemes des troubles des conduites, d'hyperactivite et des troubles affectifs utilises dans I'ELNEJ
Troubles des conduites
Hyperactivite
Troubles affectifs
• Detruit ses propres choses
• Se bagarre souvent
• Demolit des choses qui appartiennent a sa
famille ou a d'autres enfants
• Lorsqu'un autre enfant lui fait mal accidentellement (par exemple en le bousculant),
il/elle suppose que cet enfant l'a fait expres
et reagit avec colere
• Attaque physiquement les autres
• Menace les autres
• Est cruel/le envers les autres, les brutalise
et fait preuve de mechancete
• Donne des coups de pied a d'autres
enfants, les mord ou les frappe
• Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un,
essaie d'entrainer les autres a detester cette
personne
• Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un,
dit de vilaines choses a son insu
• Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un,
raconte les secrets de cette personne
quelqu'un d'autre
• Vole des choses dans la maison
• Se livre au vandalisme
• Vole des choses a l'exterieur de la maison
• Ne peut rester en place, est agite/e
ou hyperactif/ve
• Remue sans cesse
• Se laisse distraire, a de la difficulte
poursuivre une activite quelconque
• Est incapable de se concentrer,
ne peut maintenir son attention
pour une longue periode
• Est impulsif/ve, agit sans reflechir
• A de la difficulte a attendre son tour
dans un jeu ou en groupe
• A de la difficulte a rester tranquille
pour plus de quelques instants
• Est inattentif/ve
• Semble malheureux/se, triste ou
deprimee
• N'est pas aussi heureux/se que les
autres enfants
• Est trop craintif/ve ou angoissee
• Est inquiet/Ole
• Pleure beaucoup
• Est nerveux/se ou fres tendu/e
• A de la difficulte a s'amuser
Source : ELNEJ
tits vrai») et en etablissant un seuil de facon a ce
qu'il y ait 10 % des enfants ayant un resultat
superieur au seuil; ces enfants etaient consideres
comme &ant touches par le trouble a mesurer. Ces
seuils se fondaient sur les connaissances tirees
des etudes epidemiologiques anterieures sur la
prevalence des troubles mentaux chez les
enfants." Chacune de ces variables a ete etudiee
pour rechantillon des enfants ages de 4 a 11 ans.
La categorie Un ou plusieurs problemes au total
inclut les enfants a qui l'on avait associe un ou
plusieurs des traits suivants : presence d'un ou
plusieurs problemes de comportement, a deja
redouble une armee ou mesadaptation sociale.
Cette variable a eta determinee uniquement pour
les enfants de 6 a 11 ans puisque les donnees
scolaires n'etaient disponibles que pour ce groupe.
Questions et reponses
En matiere de fonctionnement scolaire, la
categorie A redouble une armee se passe d'explications. Connalt actuellement des problemes
l'ocole s'entend des cas ou la mere de ('enfant a
indique que le degre general de reussite de son
enfant a l'ecole etait «faible» ou «tits faible». Les
variables liees au fonctionnement scolaire n'ont pu
etre cernees que pour les enfants ages de 6 a 11
ans.
Au Canada, combien d'enfants vivent dans une
famille dirigee par une mere seule ?
Dans rechantillon utilise pour ce travail de
recherche, 16,3 % des enfants vivaient dans des
families dirigees par une mere seule et 83,7 %
vivaient dans des families biparentales. Ces
resultats sont semblables a ceux obtenus a partir
des donnees de Statistique Canada, selon
lesquelles environ un enfant sur six est issu d'une
famille monoparentale." Les estimations,
ponderees pour refleter la population canadienne,
indiquent que 457 659 enfants de 4 a 11 ans vivent
dans des families dirigees par une mere seule et
que 2 358 500 enfants de 4 a 11 ans vivent dans
des families biparentales.
Pour ce qui est des relations sociales, la
mesadaptation sociale designe le fait d'avoir eu
frequemment ou constamment, au cours des six
mois precedents, des difficultes a s'entendre avec
les autres enfants (par exemple, ses amis et
compagnons de classe), avec ses enseignants ou
avec ses parents. Cette variable a ete evaluee pour
les enfants ages de 4 a 11 ans.
97,
Enquete longitudinale nationals sur les enfants et les jeunes
Est-ce que Ia plupart des enfants qui eprouvent
des problemes affectifs ou comportementaux
ou des problemes sociaux ou scolaires sont
issus de families dirigees par une mere seule ?
Lorsque l'on examine le taux de prevalence
selon le type de famille, on constate que Ia plupart
des enfants qui avaient des problemes provenaient
de families biparentales, et non de families dirigees
par une mere seule. Par exemple, le taux global
d'enfants qui eprouvaient des troubles des conduites, tous types de famille confondus, etait de
9,6 %; un peu plus d'un quart (28,9 %) de ces
enfants vivaient dans des families dirigees par une
mere seule et presque les trois quarts (71,1 %)
vivaient dans des families biparentales. II importe
de souligner que la plupart des enfants vivaient
dans des families biparentales, et que la majorite
des enfants qui eprouvaient des problemes affectifs
et comportementaux provenaient de families
biparentales. Par consequent, it importe de noter
que tout programme visant a aider les enfants aux
prises avec des problemes affectifs ou comportementaux ou avec des difficultes scolaires ou sociales devrait s'adresser non seulement aux enfants
de families dirigees par une mere seule, mais aussi
aux enfants de tous les types de families.
L'analyse des donnees relatives aux enfants de
notre echantillon demontre que, contrairement
la croyance generale, la plupart des enfants qui
eprouvent des difficultes sur les plans affectif,
comportemental, social ou scolaire n'etaient pas
issus de families monoparentales, comme le
montre le tableau 2. La premiere colonne du tableau
2 presente le type de probleme eprouve par ('enfant,
tandis que le taux global de prevalence des
problemes pour ('ensemble des enfants se trouve
dans Ia deuxierne colonne. Les troisieme et
quatrieme colonnes presentent la contribution au
taux de prevalence, respectivement pour les
enfants vivant dans des families dirigees par une
mere seule et pour les enfants vivant dans des
families biparentales.
Tableau 2. Taux de problemes selon le type de famille, toutes categories confondues
Contribution au taux de prevalence selon le type
de famille (%)
Probleme
Taux global
en % (n)i
Hyperactivite
Dirigee par une
mere seule (n) 0
Biparentale (n)a
10,5
(291 052)
23,9
(69 480)
76,1
(221 573)
Troubles des conduites
9,6
(254 444)
28,9
(73 659)
71,1
(180 786)
Troubles affectifs
8,7
(240 919)
27,9
(67 205)
72,1
(173 714)
20,8
(556 354)
24,7
(137 460)
75.3
(418 894)
A redouble une armee scolaire°
5,7
(114 314)
31,7
(36 288)
68,3
(78 026)
Connait actuellement des problemes a l'ecole°
3,2
(64 932)
29,0
(18 862)
71,0
(46 120)
Mesadaptation sociale
3,1
(76 449)
32,8
(25 105)
67,2
(51 344)
26,4
(510 610)
25,2
(128 895)
74,8
(381 715)
Un ou plusieurs problemes de comportement
Un ou plusieurs problemes au totals'
° Estimations ponderees pour refleter la population nationale d'enfants.
° Donnees disponibles pour les enfants ages de 6 a 11 ans seulement Pour toutes les autres variables, les donnees utilisees concernent les enfants ages de 4a 11 ans.
Source : ELNEJ
La prevalence globale des differents problemes
de comportement selon les divers types de famille
variait entre 3,1 % pour la mesadaptation sociale
et 10,5 % pour l'hyperactivite. Independamment du
type de famille, environ un enfant sur cinq (20,8 %)
eprouvait un ou plusieurs problemes de comportement, et plus d'un enfant sur quatre (26,4 %) avait
un ou plusieurs problemes affectifs, comportementaux, scolaires ou sociaux.
Est-ce que la plupart des enfants de families dirigees
par une mere seule ont des problemes affectifs ou
comportementaux ou des difficultes scolaires ou
sociales ?
Certains croient que la plupart des enfants de
families dirigees par une mere seule eprouvent des
problemes de comportement, des difficultes
l'ecole ou encore qu'ils ont du mal a se faire des
98
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
amis. Cependant, le tableau 3 montre que ce n'etait
pas le cas pour notre echantillon. La premiere
colonne du tableau 3 indique le probleme eprouve
par l'enfant, la deuxieme colonne, les taux d'enfants
de families dirigees par une mere seule qui
eprouvaient le probleme en question et la troisieme
colonne, les taux d'enfants de families dirigees par
une mere seule qui n'eprouvaient pas le probleme
en question.
Est-ce que les enfants de families dirigees par une
mere seule sont plus susceptibles d'eprouver des
problemes affectifs ou comportementaux ou des
difficult& scolaires ou sociales que les enfants de
families biparentales ?
Le graphique 1 compare la prevalence des
difficultes chez les enfants de families dirigees par
une mere seule et chez les enfants de families
biparentales.
Tableau 3. Proportion d'enfants de families dirigees par une mere seule qui ont des problemes
Taux d'enfants issus de families dirigees par une mere seule (%)
Probleme
Qui ont des problbmes
Qui n'ont pas de problemes
Hyperactivite
15,6
84,4
Troubles des conduites
17,2
82,8
Troubles affectifs
15,0
85,0
Un ou plusieurs problemes de comportement
31,7
68,3
A redouble une armee scolaires
11,2
88,8
Connait actuellement des problemes a l'ecolea
5,8
94,2
Mesadaptation sociale
6,1
93,9
40,6
59,4
Un ou plusieurs problemesa
Donndes disponibles pour les enfants ages de 6 a 11 ans seulement. Pour toutes les autres variables, les donnees utilisees concernent les enfants ages de 4a 11 ans.
Source : ELNEJ
La majorite des enfants de families dirigees par
une mere seule n'eprouvaient aucun des problemes etudies. Par exemple, environ un enfant sur
six (15,6 %) de families dirigees par une mere seule
etait hyperactif; cela signifie donc que cinq enfants
sur six (84,4 %) ne l'etaient pas. Plus des deux
tiers (68,3 %) des enfants de families dirigees par
une mere seule n'avaient aucun des trois
problemes de comportement etudies. Quatre
enfants sur dix (40,6 %) issus de families dirigees
par une mere seule eprouvaient un ou plusieurs
problemes : problemes affectifs, comportementaux,
scolaires ou sociaux (problemes au total), mais
meme dans cette categorie, la majorite des enfants
de families dirigees par une mere seule ne
presentaient aucun des problemes etudies. On peut
logiquement en conclure que la plupart des enfants
de families dirigees par une mere seule n'etaient
pas touches par les problemes dont it est question
dans ce travail de recherche.
Comme l'indique le graphique 1, les enfants
de families dirigees par une mere seule presentaient des taux plus eleves de difficultes que les
enfants de families biparentales, et ce, pour tous
les problemes affectifs et comportementaux et les
difficultes scolaires et sociales etudies; tous les
karts etaient statistiquement significatifs (voir
l'Annexe 1 a la fin de ce travail pour plus de details).
La constatation selon laquelle les enfants de
families dirigees par une mere seule presentaient
des taux plus eleves de problemes que les enfants
de families biparentales etait vraie tant pour les
garcons que pour les fines.' independamment du
type de famille, les garcons presentaient des taux
de problemes plus eleves que les filles. Les taux
de problemes etaient generalement plus eleves
chez les enfants de families dirigees par une mere
seule que chez ceux de families biparentales, peu
importe i'age de I'enfant.t De plus, certains troubles
t Les donnees ne sont pas presentees ici mais peu vent etre
obtenues des auteurs sur demande.
99
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
enfants de families dirigees par une mere seule
avaient un revenu egal ou inferieur au seuil de faible
revenu (SFR) de Statistique Canada. Seulement
16,4 % des enfants vivaient dans des families
biparentales dont le revenu est egal ou inferieur
au SFR.
Graphique 1
Taux d'enfants ayant des problemes et qui
sont issus de families dirigees par une mere
seule, par rapport a ceux qui sont issus d'une
famille biparentale
Probleme
Hyperactivite
Graphique 2
Troubles de comportement
Repartition des enfants de families dirigees
par une mere seule et de families
biparentales, selon la categorie de revenu
Troubles affectifs
Un ou plusieurs problemes
de comportement
A redouble une armee a
Connait actuellement des
problemes scolaires a
Families dirigees
par une mere seule
71,0
Families biparentales
83,6 %
Mesadaptation sociale
Un ou plusieurs problemes
au total a
0
Enfants issus de
families biparentales
10 20
30
40 50
16,4%
Enfants issus de families
dirigees par une mere seule
29,0 %
a Donnees disponibles pour les enfants de 6 6 11 ans
seulement. Pour toutes les autres variables, les donnOes
utilisOes concement les enfants de 4 6 11 ans.
Source : ELNEJ
Faible revenu (revenu egal ou inferieur au SFR)
Revenu superieur au SFR
Source : ELNEJ
Le tableau 4 montre le taux de problemes
eprouves par les enfants de families dirigees par
une mere seule par rapport a ceux de families
biparentales, repartis selon le revenu. Les types
de problemes sont indiques dans Ia premiere
colonne du tableau, tandis que les deuxieme et
troisieme colonnes presentent respectivement les
taux de problemes observes chez les enfants de
families a faible revenu dirigees par une mere seule
et chez les enfants de families biparentales a faible
revenu. La quatrieme colonne indique la probabilite
relative que le probleme survienne chez les enfants
de families dirigees par une mere seule par rapport
a ceux de families biparentales (voir ('Annexe 2 a
la fin de ce travail pour obtenir des precisions sur
la probabilite relative).
se manifestaient a des taux semblables chez les
jeunes enfants et chez les enfants plus ages (par
exemple, hyperactivite et troubles des conduites),
tandis que les taux d'autres troubles (troubles
affectifs, un ou plusieurs problemes de comportement, mesadaptation sociale et redoublement
d'une annee) augmentaient avec l'age.t
Est-ce que les enfants des families dirigees par
une mere seule sont plus susceptibles d'eprouver des problemes affectifs ou comportementaux
ou des difficultes scolaires ou sociales que les
enfants de families biparentales, que la famille
soit touch& par la pauvrete ou non ?
Plusieurs families dirigees par une mere seule
doivent composer avec un faible revenu. Selon les
donnees du Cycle 1 de ('ELNEJ relatives aux
enfants ages de 4 a 11 ans, le revenu moyen d'une
famille biparentale etait de 56 643 $. Pour une
famille dirigee par une mere seule, le revenu moyen
du ménage etait de 22 058 $, soit moins de la moitie
(38,9 %) de celui d'une famille biparentale. Le
graphique 2 presente Ia proportion d'enfants de
families dirigees par une mere seule et d'enfants
de families biparentales dans les categories de
faible revenu et de revenu superieur. Dans cet
echantillon, pits des trois quarts (71,0 %) des
Par exemple, le taux d'hyperactivite chez les
enfants de families a faible revenu dirigees par une
mere seule etait de 16,7 %, tandis qu'il etait de
9,6 % chez les enfants de families biparentales
faible revenu. Un enfant vivant dans une famille
faible revenu dirigee par une mere seule avait
presque deux fois plus de chances d'être hyperactif
qu'un enfant d'une famille biparentale a faible
revenu (probabilite relative = 1,89); cela represente
un &art statistique significatif. Les colonnes cinq,
six et sept montrent respectivement les taux de
problemes chez les enfants de families dirigees par
une mere seule dont le revenu est superieur, les
' Les donnees ne sont pas presentees ici mais peuvent etre
obtenues des auteurs sur demande.
100
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
taux de problemes chez les enfants de families
biparentales dont le revenu est superieur et la
probabilite relative d'occurrence du probleme.
d'association entre ces indicateurs et les divers
problemes dans les colonnes deux, trois, quatre et cinq.
Par exemple, un enfant issu d'une famille
dirigee par une mere seule etait 1,8 fois plus
susceptible d'eprouver un ou plusieurs problemes
de comportement qu'un enfant de famille
biparentale , un &art significatif meme si l'on tient
compte des differences de revenu entre ces deux
types de famille. Un enfant issu d'une famille a faible
revenu etait 1,2 fois plus susceptible d'avoir un ou
plusieurs problemes de comportement qu'un enfant
d'une famille dont le revenu est superieur; encore
une fois, cet kart est significatif peu importe le
type de famille. Cette analyse confirme que les faits
d'appartenir a une famille dirigee par une mere
seule et d'appartenir a une famille a faible revenu
ont un lien independant et important avec plusieurs
problemes et constituent un indicateur de risque
des problemes chez les enfants.
Si l'on reprend le meme exemple, on constate
que le taux d'hyperactivite chez les enfants de
families dirigees par une mere seule dont le revenu
est superieur etait de 13,7 %, comparativement
9,6 % chez les enfants de families biparentales dont
le revenu est superieur au SFR. Un enfant issu
d'une famille dirigee par une mere seule ayant un
revenu superieur au SFR etait environ une fois et
demie plus susceptible d'être hyperactif qu'un
enfant d'une famille biparentale dans la meme
situation (probabilite relative = 1,49), ce qui
represente une &art statistique significatif. Pour
tous les types de problemes studies, it semble que
les enfants de families dirigees par une mere seule
couraient un plus grand risque d'eprouver des
problemes affectifs et comportementaux, que la
famille soit touchee ou non par la pauvrete.
II importe de souligner les limites des donnees
du Cycle 1 de I'ELNEJ. Ces donnees sont
transversales (c'est-à-dire des donnees recueillies
a un moment unique et determine); elles fournissent
donc un instantane des problemes eprouves par
les enfants de divers types de famille. Cela pose
probleme puisque certains enfants se trouvent
temporairement dans une famille dirigee par une
mere seule (ou une famille biparentale) et que
certains se trouvent temporairement dans une
Le tableau 5 illustre la force d'association entre
les deux indicateurs de risque (famille dirigee par
une mere seule et revenu inferieur au SFR) et les
problemes chez les enfants. Dans chaque cas, la
force d'association relevee entre ('indicateur de
risque et les problemes chez les enfants est
superieure aux effets de ('indicateur de risque
oppose. Le tableau 5 presente les indicateurs de
risque dans Ia premiere colonne, et Ia force
Tableau 4. Taux de problemes chez les enfants de families dirigees par une mere seule par rapport au taux de
problemes chez les enfants de families biparentales, selon le revenu
Taux de problemes chez les enfants, selon le revenu (%)
Faible revenu
Revenu superieur au seuil de faible revenu
Probleine
Mere seule
Biparentale
Prob.
relative'
Mere seule
Biparentale
Prob.
relative°
Hyperactivite
16,7
9,6
1,89
13,7
9,6
1,49
Troubles des conduites
19,2
9,2
2,35
13,2
7,9
1,77
Troubles affectifs
16,7
8,6
2,13
11,6
7,3
1,67
Un ou plusieurs problemes de
cornportement
33,5
21,0
1,90
27,9
18,3
1,73
A redouble une armee'
12,5
7,9
1,67
9,1
4,1
2,34
Mesadaptation sociale
7,4
4,6
1,66
3,8
2,1
1,84
43,5
28,9
1,89
35,8
22,6
1,91
Au moins un probleme au total'
Catégorie de revenu : Faible revenu = Revenu 5 SFR
Revenu suffisant = Revenu > SFR
p < 0,001. Consulter lAnnexe 2 pour la definition de oprobabilite relativev.
° Donnees disponibles pour les enfants ages de 6 a 11 ans seulement. Pour toutes les autres variables, les donnees utilisees concernent les enfants ages de 4a 11 ans.
Source : ELNEJ
101
EnquOte longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Tableau 5. Force d'association entre les indicateurs de risque et les problemes, selon la regression logistique
Probabilite relative , que les problemes se manifestent
Indicateur de risque
Au moins un
probleme de
comportement
A redouble
une armee
scolaire°
Mesadaptation
sociale
Au moins un
probleme au
total°
Mere seule
1,82'
1,95'
1,73'
1,90®
Revenu
1,22'
1,79 ,
2,16'
1,39'
SFR
Consulter /'Annexe 2 pour la definition de .probabilite relative•.
Confides disponibles pour les enfants ages de 6 a 11 ans seulement. Pour toutes les autres variables, les donnees utilisees concernent les enfants ages de 4 a 11 ans.
p< 0,001.
Source : ELNEJ
famille a faible revenu (ou dont le revenu est
superieur au SFR). La duree de la vie en famille
dirigee par une mere seule et le degre et la duree
de la pauvrete jouent tits probablement un role
important dans Ia prevalence et la gravite des problemes etudies chez les enfants. Les associations
(ou l'absence d'associations) entre les indicateurs
de risque et les problemes chez les enfants refletent
le type de famille et la situation financiere de celle-ci
uniquement au moment de la collecte des donnees.
comprenaient des problemes affectifs et
comportementaux ainsi que des difficultes
scolaires et sociales. Cependant, Ia majorite
des enfants de families dirigees par une mere
seule n'eprouvaient pas ces problemes; la
plupart des enfants qui eprouvaient ces problemes provenaient de families biparentales.
Manifestement, les programmes destines a
aider les enfants aux prises avec des
problemes affectifs et comportementaux ainsi
que des difficultes scolaires et sociales doivent
s'adresser a tous les enfants, quel que soit le
type de famille a laquelle ils appartiennent.
Les donnees de la deuxierne edition du Cycle 1
permettront une analyse plus approfondie de
l'historique de la famille de ('enfant et des differentes
families ou l'enfant a vecu (par exemple, quand et
pendant combien de temps ('enfant a-t-il vecu dans
une famille dirigee par une mere seule). II sera ainsi
possible d'estimer avec plus d'exactitude la force
d'association entre cet indicateur de risque et les
problemes chez les enfants. Les renseignements
sur le revenu tires des cycles ulterieurs de I'ELNEJ
permettront de cerner les effets d'un faible revenu,
que cette situation soft temporaire ou permanente. De
toute evidence, des donnees longitudinales
(recueillies a differents moments) sont necessaires
pour mieux comprendre ('incidence de l'appartenance a une famille dirigee par une mere seule et
d'autres indicateurs de risque, tel qu'un faible
revenu, sur les problemes affectifs et comportementaux et les difficultes sociales et scolaires chez
les enfants.
3. Les enfants de families dirigees par une mere
seule etaient plus susceptibles d'être pauvres
que les enfants de families biparentales. Dans
I'ELNEJ, le revenu moyen des families dirigees
par une mere seule representait moins que la
moitie du revenu moyen des families biparentales. Les risques que represente la pauvrete
pour le bien-titre touchaient manifestement ces
enfants.
4.
5. Tant le statut de famille dirigee par une mere
seule que le faible revenu influaient de fagon
considerable et independante sur le bien-titre
de ('enfant. Les strategies visant a ameliorer
la sante psychosociale des enfants de families
dirigees par une mere seule devraient englober
un soutien du revenu, mais cela ne suffira pas.
Au fur et a mesure que s'eciairciront les
mecanismes par lesquels le statut de mere
seule influe sur le bien-titre de ('enfant, nous
serons plus en mesure de determiner quelles
interventions non economiques ont le plus de
chances de se reveler utiles.
Conclusions
1. Dans I'ELNEJ, environ un enfant sur six vivait
dans une famille dirigee par une mere seule.
2.
Les enfants de families dirigees par une mere
seule risquaient davantage de connaitre des
problemes affectifs ou comportementaux ou
des difficultes scolaires ou sociales, que la
famille soit pauvre ou non.
Les enfants de families dirigees par une mere
seule etaient plus susceptibles d'être
confrontes a diverses difficultes que les enfants
de families biparentales. Ces difficultes
102
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
6. Les cycles ulterieurs de I'ELNEJ fourniront des
donnees longitudinales qui enrichiront notre
comprehension scientifique de la situation des
enfants de families dirigees par une mere
seule. Plus particulierement, l'analyse des
nouvelles donnees mettra en lumiere la
repartition des forces et des problemes au sein
de cette sous-population, tout comme les
mecanismes par lesquels le statut de mere
seule et d'autres facteurs de risque (comme le
faible revenu) influent sur les problemes des
enfants. De plus, ces donnees longitudinales
aideront les decideurs a choisir les interventions economiques et non economiques qui
favorisent le plus efficacement un sain
developpement de ('enfant.
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103
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe I. Taux de probleme chez les enfants de families dirigees par une mere seule, par
rapport aux taux de problemes chez les enfants de families biparentales
Enfant de famille dirt*
par une mere seule
(n)'
Problbme
Enfant de famille
biparentale
°A
(n)e
Probabilitd
relative°
Hyperactivite
15,6
(69 480)
9,6
(221 573)
1,74
Troubles des conduites
17,2
(73 659)
8,1
(180 786)
2,36
Troubles affectifs
15,0
(67 205)
7,5
(173 714)
2,18
Un ou plusieurs problemes de comportement
31,7
(137 460)
18,7
(418 894)
2,02
A redouble une armee scolairec
11,2
(36 288)
4,7
(78 026)
2,56
Connet actuellement des difficultes scolairesc
5,8
(18 862)
2,7
(46 120)
2,22
Mesadaptation sociale
6,1
(25 105)
2,5
(51 344)
2,53
40,6
(128 895)
23,6
(381 715)
2,21
Au moins un probleme au total ,
• Estimations ponderees pour refleter la population nationale des enfants.
° p < 0,001. Consulter lAnnexe 2 pour la definition de vrobabilite relative•.
° Donnees disponibles pour les enfants de 6 a 11 ans seulement. Pour toutes les autres variables, les donnees utilisees concernent les enfants de 4 a 11 ans.
Source : ELNEJ
Annexe II. Definition de «probabilite relative»
La probabilite relative est la mesure de la force d'association fondee sur la probabilite d'un resultat (par exemple, l'hyperactivite) en presence
d'une variable (dans ce cas, famille did* par tine mere seule) par comparaison avec la probabilite du meme resultat en ('absence d'une
variable (dans ce cas, famille non did* par une mere seule).
Par exemple, si Ion utilise la premiere ran* de ('Annexe 1, la probabilite qu'un enfant issu d'une famille did* par une mere seule ait un
probleme d'hyperactivite est de 15,6/84,4 x 100 = 18,48; cette meme probabilite pour un enfant issu d'une famille biparentale est de
9,6/90,4 x 100 = 10,62. La probabilite relative est donc de 18,48/10,62 = 1,74. II y a moins dune chance sur mille que recut soft
attribuable au hasard.
104
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Histoires de families reconstituees
David Cheal
(par suite d'un remariage ou de Ia cohabitation).
En outre, les enfants par alliance peuvent entretenir
une relation economique ou sociale avec un parent
avec lequel ils ne vivent pas, mais qui, a divers
degres, joue un role dans leur vie.
La diversite est une des principales caracteristiques
de Ia vie sociale actuelle, y compris de Ia vie des
enfants. Certains enfants ont une vie plus complexe
que d'autres, a cause de la variete des modes de
vie familiale et parce que certains d'entre eux
subissent de nombreux changements dans leur
environnement familial. Le nombre croissant
d'enfants qui vivent dans une famille reconstituee
est un des aspects de la complexite sociale de
l'enfance.
Les liens entre titres et sceurs dans les families
reconstituees peuvent ajouter une autre dimension
a la complexite. Si les parents chez qui les enfants
demeurent ont tous deux des enfants issus d'unions
precedentes qui vivent avec eux, ou si le couple a
un enfant biologique ou adoptif en plus d'un enfant
par alliance, it en resulte ce qu'on appelle une
famille reconstituee plus complexe.' Les families
reconstituees plus complexes regroupent des
enfants qui ont des liens differents avec les parents
chez qui ils demeurent. Ces differences peuvent
se manifester dans la fagon dont les freres et sceurs
par alliance interagissent entre eux.
La plupart des families reconstituees d'aujourd'hui se sont formees a la suite d'un remariage
consecutif a un divorce.* Les tendances a long
terme en matiere de mariage et de divorce ont joue
un role crucial dans la modification des structures
familiales depuis les annees 60. Le taux de divorce
a augmente au cours des dernieres decennies pour
atteindre son plus haut niveau en 1987,' tendance
qui s'est accompagnee d'un nombre croissant de
remariages. 2 Parmi les personnes qui se sont
mariees au debut des annees 1990, environ une
sur cinq, hommes et femmes confondus, avait déjà
ete mariee. 3 Certaines de ces personnes avaient
des enfants issus d'une union precedente. On
estime qu'environ 7 % de toutes les families elevant
des enfants au Canada en 1990 comptaient au
moins un enfant par alliance. 4
La complexite structurelle dans les families
reconstituees peut donner lieu a une dynamique
d'interaction differente de celle qu'on trouve dans
les families traditionnelles.t 6 Ainsi, les membres
* En plus de la formation des families reconstituees par des
remariages, un nombre croissant de families reconstituees sont
formees par la cohabitation de conjoints de fait, particulierement au
Quebec. La cohabitation precede parfois le remariage, mais elle
peut egalement donner naissance a une famille reconstituee de
longue duree oil les conjoints demeurent conjoints de faits. 5
Puisque le mariage legal et la cohabitation ont des repercussions
differentes sur la vie familiale, les analyses a venir sur les
experiences des enfants de families reconstituees devraient tenir
compte de la diversite des etats matrimoniaux dans les families
reconstituees.
Une famille reconstituee est formee d'un couple
made ou de conjoints de fait qui habitent sous le
meme toit et qui ont la garde d'au moins un enfant
par alliance, lequel est ('enfant biologique ou adoptif
d'un des conjoints, mais pas de l'autre. La vie familiale des enfants par alliance est souvent complexe,
etant donne leurs liens differents avec les adultes
avec lesquels ils vivent. Les enfants par alliance de
families reconstituees ont un lien direct (biologique
ou adoptif) avec un des parents avec qui ils
demeurent, mais un lien indirect avec I'autre parent
t Traduction de blended family. En francais, it n'existe aucun
equivalent largement reconnu pour traduire cette expression. Pour
plus de details, voir le Glossaire de l'Annexe technique a la fin de
cette publication.
Traduction de intact family. En frangais, it n'existe aucun equivalent
largement reconnu pour traduire cette expression. Pour plus de
details, voir le Glossaire de l'Annexe technique a la fin de cette
publication.
105
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
d'une famille reconstituee peuvent parfois trouver
leur role complique et confus. 7 L'adaptation a Ia
vie dans une famille reconstituee peut egalement
etre entravee par des stereotypes culturels. La
dynamique des families reconstituees a, de longue
date, servi de toile de fond a divers mythes,
legendes et contes de fees. La vie familiale
traditionnelle y est culturellement transformee et
inversee. Dans ces histoires de families
reconstituees, le cur meme de l'univers social
de ('enfant n'est plus ('amour que lui porte sa mere,
mais bien la haine que lui temoigne sa belle-mere.
Premierement, la mere (ou la belle-mere) est
depeinte comme le personnage central de la vie
familiale. Les meres exercent le controle, direct ou
indirect, sur l'acces a Ia nourriture, aux vetements
et au gite, grace a leur influence sur les Ores. En
comparaison, la passivite des pores est telle qu'ils
semblent presque superflus dans la trame de
l'histoire : «les Ores de ces personnages de contes
de fees sont extremement passifs ou carrement
negligents lorsqu'il s'agit du bien-etre de leurs
enfants; s'ils demeurent des personnages bienveillants, c'est surtout parce que la simple negligence
apparait sous un jour favorable comparativement
aux actes monstrueux de leur femme (traduction
libre).» 8
Le mythe de Ia belle-mere
Deuxiernement, ces contes presentent des
enfants tits susceptibles de perdre leur mere,
laquelle meurt habituellement — et souvent — en
couches.
Les belles-meres cruelles comptent parmi les
personnages les plus terrifiants des contes
traditionnels sur les enfants. Dans les contes de
fees, Cendrillon et Blanche-Neige sont sans doute
les victimes de belles-meres les plus connues. II
faut souligner que ces celebres enfants par alliance
sont toutes deux des belles-filles et qu'il ne s'agit
pas d'une coincidence. Dans les mythes, les
victimes de belles-meres sont generalement des
filles plutot que des garcons. 9 Les histoires qui
portent sur les beaux-fits victimes de leur belle-mere
sont plutot rares.
Troisiemement, les tensions entre les enfants
et la seconde femme de leur pere semblent
inevitables, surtout a cause des agressions de ces
dernieres. Les belles-meres de contes de fees sont
de mauvaises meres pour deux raisons reliees
entre elles. Dans les contes traditionnels, les meres
font preuve d'une preference marquee pour leurs
enfants biologiques, au detriment de leurs enfants
par alliance. En outre, les belles-meres semblent
traiter leurs belles-filles comme des rivales sur le
plan sexuel, soit dans leur propre quete de
('attention masculine, soit comme les rivales de
leurs filles dans la chasse aux meilleurs partis.
Les contes folkloriques sur les relations
orageuses entre belles-meres et belles-filles ont
eu la faveur populaire pendant des siecles dans
plusieurs pays. 9 La premiere histoire de Cendrillon
a ete &rite en Chine it y a plus de mille ans. 1 °
Encore aujourd'hui, les descendants modernes de
ces histoires influencent la facon dont nous
percevons les families reconstituees. L'invention de
l'imprimerie, puis du cinema et des dessins animes,
n'a fait qu'elargir l'auditoire de ce genre d'histoires
anciennes. Disney, en particulier, a grandement
contribue a populariser l'histoire de Cendrillon dans
Ia seconde moitie du vingtieme siecle." Linterpretation romanesque qu'a faite Disney des vertus de
('heroine l'a porte a faire moins de cas de la rivalite
qui oppose Cendrillon et ses demi-sceurs. II a plutot
insists sur le pouvoir de la cruelle belle-mere sur
sa belle-fille sans defense. 12
Quatriemement, les families reconstituees qui
comprennent des enfants issus d'unions precedentes des deux parents sont souvent decrites
comme etant divisees par les rivalites entre les
freres et sceurs par alliance. Dans le monde mythique des contes de fees, les ressources materielles,
les beaux vetements par exemple, sont presentees
comme des biens rares que les enfants tentent de
monopoliser. La generosite envers les enfants d'un
des parents semble se manifester au detriment des
enfants de l'autre parent.
Le mythe de la belle-mere est une part inderacinable du «savoir universek) sur la vie familiale. II
semble donc valable de soumettre ce mythe a un
examen social scientifique. Le mythe de la bellemere souleve quatre grandes questions au sujet
de la dynamique de la famille.
Les contes de fees qui portent sur les families
reconstituees sont tous fondes sur un mythe simple
mais puissant au sujet de la vie familiale. Le mythe
de la belle-mere est constitue de quatre principaux
elements.
106
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
La premiere question concerne Ia nature
sexuee des roles parentaux. Or, ces differences
dans les roles de pere et de mere peuvent avoir
des repercussions importantes sur les enfants. Le
mythe de la belle-mere porte a croire que le sexe
du parent est bel et bien determinant, peut-titre
parce que les femmes ont traditionnellement joue
un role crucial dans reducation des enfants. Le
sexe du parent est-il toujours, dans les
annees 1990, un facteur important du role
parental ?
de leur conjoint, particulierement si elles avaient
egalement eu un enfant biologique avec ce meme
conjoint. Charles Hobart 18 rapporte que dans une
ville canadienne non precisee, a partir d'un
echantillon en boule de neige comprenant
232 families reconstituees par un remariage, le marl
et la femme avaient des relations plus positives
avec les enfants issus du nouveau manage qu'avec
leurs enfants respectifs nes d'une union
precedente. Les femmes remariees etaient plus
positives envers leurs propres enfants qu'elles ne
('etaient envers les enfants de leur marl, bien que
ce ne soit pas le cas pour les hommes remaries.
Se fondant sur ces faits, Hobart 19 soutient qu'il
existe probablement des enfants de premiere
classe, de deuxierne classe et de troisierne classe
dans les families reconstituees plus complexes. Les
enfants de la premiere classe sont les enfants issus
du couple remade; les enfants issus d'une union
precedente de la femme forment la deuxierne
classe; et les enfants issus d'une union precedente
de l'homme constituent la troisierne. Enfin, au
Quebec, une autre etude exploratoire menee
aupres de 45 families reconstituees concluait que
la satisfaction des enfants par alliance relativement
au fonctionnement de Ia famille est plus elevee
lorsque la garde des enfants est confiee a la mere
biologique plutot qu'au pere biologique. 2°
.
La deuxieme question consiste a savoir si des
antecedents d'instabilite dans les pratiques
parentales portent reellement prejudice aux
enfants. Contrairement aux enfants de families
traditionnelles, qui vivent toute leur enfance avec
leurs deux parents, les enfants de families
reconstituees ont connu le bouleversement d'une
famille cause par l'eloignement d'un parent et la
recomposition d'une autre famille par le remariage
du parent avec lequel ils continuent a habiter.
Linstabilite des pratiques parentales fait-elle
vraiment une difference dans les relations parentsenfants ?
La troisierne question porte sur la relation
naturelle entre les parents biologiques et leurs
enfants, qui serait plus forte et plus protectrice
qu'une relation < , choisie.” L'absence de lien
genetique entre un parent et un enfant fait-elle une
difference, comme le soutiennent certains
sociobiologistes ? 13-16
L'examen des recherches sur les families
reconstituees menees aux Etats-Unis revele que
le role de belle-mere est plus stressant que celui
de beau-pere. 2122 Les filles semblent eprouver plus
de difficultes que les garcons dans leurs relations
avec leurs parents par alliance, particulierement
avec leur belle-mere. 23 Les relations entre bellesmeres et belles-filles semblent plus difficiles que
celles entre beaux-Ores et beaux-fils, et on decrit
les belles-mores comme ayant une attitude plus
negative envers leur role de parent par alliance que
les beaux-peres. 21,24,25
La quatrierne question a trait au bien-titre des
enfants, lequel est influence non seulement par
leurs parents, mais egalement par leurs freres et
sceurs. L'interaction entre freres et sceurs par
alliance est-elle plus difficile qu'entre freres et
scours biologiques ou adoptifs ? Les relations entre
les enfants ont-elles des repercussions sur les
relations parents-enfants ?
Toutefois, dans les analyses sociales, it faut
toujours faire la distinction entre ('incidence d'un
comportement dans un groupe et les comparaisons
intergroupes de la distribution de ce comportement.
Les constatations exposees ci-dessus font etat de
comparaisons intergroupes. Cependant, elles ne
sont peut-titre pas tits revelatrices des caracteristiques des parents par alliance en tant que
groupe. Bien que Ia recherche semble indiquer que
les relations parents-enfants dans les families
reconstituees posent plus de problemes que les
relations parents-enfants dans les families
traditionnelles, it est possible que les enfants par
Les families reconstituees dans
Ia recherche sociale
II est interessant de noter que les vieux mythes au
sujet des families reconstituees semblent trouver
un appui dans trois breves etudes canadiennes.
Dans le cadre d'une etude exploratoire portant sur
103 remariages dans Ia region de Toronto, AnneMarie Ambert' 7 a constate que les belles-mores
etaient souvent ambivalentes envers les enfants
107
Enqu8te longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
alliance qui eprouvent des problemes interpersonnels serieux ne representent qu'une minorite. 26
Plus precisement, les belles-mores sont peut-titre,
en moyenne, moins presentes que les mores
biologiques dans les relations affectives gratifiantes
avec les enfants, mais la plupart d'entre elles
peuvent remplir tres bien leur role. II faudra tenter
de determiner s'il existe des raisons de croire que
Ia majorite des enfants par alliance ont des relations
insatisfaisantes avec leurs parents par alliance.
Tableau 1. Combinaisons de parents chez qui resident les
enfants
Ensemble
des enfants
Mere biologique , et Ore biologique
Mere biologique et pas de Ore
Les families reconstituees dans
l'ELNEJ
78,7
14,4
45,6
S.O.
Mere biologique et beau-pore
Pere biologique et pas de mere
3,6
1,1
42,1
Pere biologique et belle-mere
Autre arrangement parental
Aucun parent ayant la garde
0,7
S.O.
8,0
1,4
0,1
4,3m
S.O.
Total en %
I2Enquete longitudinale nationale sur les enfants
et les jeunes (ELNEJ) promet d'être une importante
source de renseignements sur les enfants par
alliance et les families reconstituees au Canada.
Cela est en partie cause par le fait que Itchantillon
utilise pour cette enquete est beaucoup plus grand
que pour toute autre etude comparable. On peut
maintenant etudier avec plus de precision les types
de families minoritaires, comme les families
reconstituees. On peut egalement les etudier de
facon plus detainee grace a ('inclusion, dans le
questionnaire de l'ELNEJ, de la grille de liens entre
les personnes, une innovation de Statistique
Canada. Cette grille etablit le lien qui unit chaque
membre de la famille a chacun des autres
membres, y compris les liens par alliance. Parmi
les 22 831 enfants studies dans le premier cycle
de Ia cueillette des donnees de l'ELNEJ en 19941995, 875 etaient des enfants par alliance vivant
avec leur mere biologique ou adoptive et un beauOre, alors que 121 etaient des enfants par alliance
vivant avec leur pore biologique ou adoptif et une
belle-mere.
Enfants en
families
reconstituees
100,0
100,0
' Les parents biologiques comprennent les parents adoptifs.
M Estimation moins fiable a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
Source : ELNEJ
commun (auquel appartenaient 4,4 % des enfants
studies) comprenait un couple, les enfants issus
de ce couple et les enfants issus d'une union
precedente de la femme.
La plupart des enfants par alliance (3,6 % des
enfants studies) vivaient avec leur mere biologique
ou adoptive et un beau-pore, alors que tits peu
d'enfants par alliance (0,7 % des enfants studies)
vivaient avec leur pore biologique ou adoptif et une
belle-mere. De toute evidence, le mythe de la bellemere, decrit precedemment, ne constitue pas un
modele fiable de la composition des families
reconstituees au Canada a Ia fin du vingtieme
siècle. Bien que les contes traditionnels portent
exclusivement sur les belles-mores, seulement un
enfant par alliance sur cinq vivait avec un beauparent de sexe ferninin.
Par le passé, les belles-mores etaient sans
aucun doute plus nombreuses qu'aujourd'hui.
Comme beaucoup de mores mouraient jeunes, un
plus grand nombre d'enfants etaient laisses a la
charge des veufs. Les deuxiemes spouses de ces
veufs sont celles qui ont inspire le personnage de
la belle-mere cruelle dans les contes. Aujourd'hui,
au Canada, les families reconstituees sont
rarement formees par suite du deces de la mere
biologique. Elles decoulent plutot du divorce des
parents biologiques ou adoptifs. Apres le divorce,
la garde des enfants est generalement confiee a la
mere. Au cours des dernieres decennies, dans plus
de 70 % de leurs decisions, les tribunaux de divorce
ont confie la garde exclusive des enfants a la
mere. 27 C'est pourquoi les families reconstituees
Au Canada, parmi les enfants de moins de
12 ans qui faisaient partie de ('etude de 1994-1995,
8,6 % vivaient dans une famille reconstituee.§
Presque la moitie de ces enfants etaient !tenement
des enfants par alliance, les autres etant des
enfants adoptes ou nes dans des families
reconstituees. Toujours parmi les enfants du
Canada ages de moins de 12 ans, 6,1 % vivaient
dans une famille reconstituee plus complexe, dans
laquelle au moins un enfant n'avait pas les mernes
parents biologiques ou adoptifs que les autres. Le
type de famille reconstituee plus complexe le plus
§ Les frequences relatives presentees dans ce rapport sont fondEes
sur des donnees ponderees, ce qui donne une idee precise des
caracteristiques des enfants et des jeunes au Canada.
108
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Tableau 2. Relations entre les parents et les enfants
biologiques dans les families reconstituees
Enfants biologiquesa de la mere et enfants
biologiques du couple
Enfants biologiques de la mere uniquement
Tableau 3. Relations entre les beaux-parents et les enfants
par alliance dans les families reconstituees
51,0
25,5
Enfants biologiques du Ore et enfants
biologiques du couple
39,6
Beau-pere et beau-fils
37,8
Belle-mere et beau-fils
8,4
Belle-mere et belle-fille
6,3
Inconnu
Enfants biologiques de la mere, enfants
biologiques du Ore, enfants biologiques
du couple
4,6
Enfants biologiques de la mere et enfants
biologiques du Ore
3,9m
Enfants biologiques du Ore uniquement
3,4m
Autres
0,5m
Total en %
Beau-Ore et belle-fille
Total en %
8,0
100,0
Source : ELNEJ
vivaient avec leur mere biologique ou adoptive et
un beau-Ore etaient des filles. Resultat de cette
distribution des enfants selon le sexe apres le
divorce : la dynamique des families reconstituees
prend une direction tout a fait opposee a celle que
propose le mythe de la belle-mere. Dans les
families reconstituees, Ia relation parentale par
alliance la plus repandue est celle de beau-pere
belle-fille, suivie de la relation de beau-pere a beaufils, puis de la relation de belle-mere a beau-fils.
La moms commune de ces relations est celle de
belle-mere a belle-fille. Si elle retient autant
['attention, c'est a cause de la reconnaissance
sociale demesuree dont elle fait ('objet par rapport
a son importance demographique actuelle.
100,0
Les parents biologiques comprennent les parents adoptifs.
Al Estimation moms fiable a cause de la forte variabilite d'Echantillonnage.
Source : ELNEJ
actuelles sont surtout des families oil it y a une
mere avec ses enfants biologiques ou adoptifs et
un beau-pore.
Statistiquement parlant, les mythes culturels
traditionnels projettent donc de la "belle-mere" une
image qui ne correspond plus a la realite. En
revanche, nous n'avons pas une image claire des
beaux-Ores, malgre le fait que quatre beauxparents sur cinq sont aujourd'hui des hommes. La
recherche sur la validite du mythe de la belle-mere
doit etre equilibree par une comprehension plus
approfondie du role contemporain des beauxOres.
Neanmoins, on accorde beaucoup plus
d'attention aux belles-mores qu'aux beaux-pores
pour une raison tits importante : le role central tenu
par les femmes dans reducation des enfants et la
quasi-invisibilite des hommes. Nous avons déjà
determine qu'il s'agit la d'une des grandes
caracteristiques du mythe de la belle-mere. II s'agit
egalement d'une caracteristique frappante de
l'Enquete longitudinale nationale sur les enfants et
les jeunes.
La fascination qu'exerce le mythe de la bellemere reside dans son exploration d'un type
particulier de relation au sein de la famille
reconstituee, a savoir celle qui existe entre une
belle-mere et sa belle-fille. De toute evidence, si
les families reconstituees comprennent aujourd'hui
plus de beaux-Ores que de belles-mores, ce type
particulier de relation sera assez rare. En realite, it
est merne moms frequent qu'on pourrait le croire,
en raison de la distribution inegale des enfants entre
les differents types de families reconstituees.
Dans ('ELNEJ, ('information sur les enfants est
surtout fournie par la personne qui connait mieux
l'enfant (ou PCM).** Dans neuf cas sur dix, Ia
personne qui connait mieux l'enfant est une femme.
Bien que les beaux-pores soient beaucoup plus
nombreux que les belles-mores dans ('ELNEJ (dans
une proportion de 5 pour 1), trois fois plus de bellesmores que de beaux-Ores ont indique etre la
personne qui connait mieux l'enfant. En
consequence, it n'y avait pas assez de beaux-peres
On a constate, chez les enfants qui vivaient
avec un de leurs parents biologiques ou adoptifs
et un beau-parent, une legere tendance a vivre
avec le parent biologique ou adoptif du merne sexe.
En effet, 57,1 % des enfants qui vivaient avec leur
pore biologique ou adoptif et une belle-mere etaient
des garcons, alors que 51,2 % des enfants qui
La grande majorite des personnes qui connaissaient le mieux
l'enfant (PCM) etaient les mores biologiques (88,1 %). Seulement
1,4 % des PCM n'etaient ni le Ore ni la mere de l'enfant.
109
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
dans rechantillon de I'ELNEJ pour permettre une
analyse detainee de leur role dans ('interaction
familiale.
• le niveau de difficulte dans les relations familiales
• le soutien affectif
• la discipline incoherente.tt
Chaque echelle a ete subdivisee en trois
categories a peu pits egales (faible, moyen et
eleve). Afin de mettre a l'epreuve les idees conventionnelles au sujet des families reconstituees,
('accent a ete mis sur les enfants qui connaissent
un niveau de difficulte eleve dans leurs relations
familiales, un niveau faible de soutien affectif et un
niveau eleve de discipline incoherente.
Les enfants de 10 a 11 ans et la
vie familiale
On peut examiner la validite des histoires conventionnelles au sujet des families reconstituees en
comparant les enfants dans les differentes relations
familiales, selon la qualite de leurs interactions avec
les membres de la famille.tt Nous insisterons
surtout sur la frequence relative des enfants qui
subissent des niveaux extremes de stress dans leur
vie familiale.
On a mesure le niveau de difficulte dans les
relations familiales en posant trois questions aux
enfants, a savoir comment ils s'etaient entendus
avec leur mere, leur pere et leurs freres et sceurs
au cours des six mois precedents.§§ Lechelle du
soutien affectif comporte cinq points et determine
A quelle frequence, selon les enfants, leurs parents
ou leur parent par alliance expriment des
sentiments positifs a leur egard, par exemple en
souriant, en les complimentant ou par d'autres
signes d'approbation. La discipline incoherente a
ete mesuree d'apres les reponses des enfants a
une serie de six questions portant sur des points
tels que les observations negatives continuelles des
parents, les menaces et les punitions corporelles.
Pour etudier les effets de la famille sur les
enfants, it est preferable d'avoir recours aux
comptes rendus que les enfants font de leur propre
vie, non pas tant parce que les parents fournissent
des renseignements trompeurs, mais plutot parce
que les perceptions des parents sur les interactions
des enfants au sein de la famille peuvent parfois
differer des experiences subjectives des enfants.
Si un enfant estime que ses parents le rejettent,
cette conviction influencera la fawn dont it reagit
ses parents, peu importe ce que les parents euxmernes croient faire.
Les comparaisons des relations familiales
montrent que les enfants par alliance affirmaient
L'ELNEJ a ete concue pour recueillir certains
renseignements aupres d'enfants plus ages, soit a
partir de 10 ans. Avant cet age, les renseignements
proviennent entierement des adultes, generalement
la PCM.
If On n'a pas inclus dans la presente analyse les donnees concernant
les enfants de moins de 2 ans. L'enfance comprenant deux phases
sociales bien distinctes, on ne peut integrer aisement l'information
sur les nourrissons aux donnees sur les enfants plus vieux.
Lorsque les enfants avaient moins de 2 ans, les PCM faisaient
souvent etat de relations fres positives avec eux. A partir de 2 ans,
les PCM faisaient etat d'interactions beaucoup plus variables avec
les enfants et rapportaient, en moyenne, beaucoup moins
d'interactions positives. La perte de donnees qui resulte de
l'exclusion des nourrissons est minimale aux fins de l'Etude sur les
interactions dans les families reconstituees. Moins de 1 % des
nourrissons vivaient avec un beau-parent, ce qui illustre bien le
cycle demographique mariage, naissance, divorce et remariage.
Dans le premier cycle de I'ELNEJ, on a
questionne seulement le groupe des enfants de
10 a 11 ans. Par consequent, les donnees
provenant des autoevaluations des enfants sont
actuellement limitees a ce groupe d'age. Les autres
cycles de l'enquete rendront disponibles d'autres
donnees de ce genre. Pour le moment, les
possibilites d'analyse sociale sont limitees. Les
resultats de la presente analyse n'ont donc qu'un
but purement exploratoire; ils serviront aussi
indiquer les orientations futures de la recherche.
is A
Les evaluations que les enfants font de leurs
interactions familiales ont ete integrees en plusieurs
echelles qui cement les dimensions particulieres
de l'experience sociale dans l'enfance. Trois
dimensions mesurees sont particulierement
interessantes ici :
§§ 11 convient de faire remarquer aux lecteurs un probleme
d'interpretation decoulant des questions de l'enquete sur le degre
d'entente entre les enfants de 10 a 11 ans et leurs pere et mere.
Malheureusement, dans le cas des enfants par alliance, it est
impossible de determiner avec certitude si les reponses des
enfants concernent le parent biologique ou adoptif ou le parent par
alliance. Nous avons suppose que les reponses s'appliquaient au
parent chez qui les enfants demeurent, soil le parent par alliance.
l'intention des chercheurs qui pourraient vouloir analyser les
donnees de I'ELNEJ, les Echelles des evaluations des interactions
familiales effectuees par les enfants de 10 a 11 ans sont les
suivantes : la section qui traite de la difficulte dans les relations
familiales (la bonne entente [on a utilise seulement les points A10
Al2 dans cette section]); la section qui traite du soutien affectif
(l'appui parental); et celle qui traite de discipline incoherente (le
rejet parental).
110
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
avoir plus de difficultes dans leurs relations
familiales, recevoir moins de soutien affectif et subir
plus frequemment des punitions que les enfants
qui vivaient avec leurs parents biologiques ou
adoptifs. Cette conclusion est fondee sur trois
series de comparaisons.
traditionnelles, 33,4 % ont indique qu'ils subissaient
un niveau eleve de discipline incoherente,
comparativement a 42,8 % des enfants des families
reconstituees. Egalement, 44,2 % des enfants des
families reconstituees faisaient part d'un niveau de
difficulte eleve dans leurs relations familiales, alors
que seulement 28,2 % des enfants des families
traditionnelles rapportaient ce genre de difficultell
importe de souligner que bien que les enfants des
families reconstituees aient fait etat d'un taux
d'insatisfaction plus eleve, la majorite d'entre eux
ont neanmoins indique que leur relation avec leurs
parents se classait de passable a bonne. Les
enfants des families reconstituees se repartissent
plus ou moins egalement entre les trois niveaux
de soutien affectif, soit faible, moyen et eleve. II
est interessant de noter que les enfants des families
reconstituees plus complexes n'eprouvaient pas
plus de problemes interpersonnels que les enfants
des autres types de families reconstituees.
Premierement, on a compare les enfants des
families traditionnelles aux enfants des families
reconstituees. Cette comparaison etablit les effets
de la stabilite par rapport au changement dans la
structure familiale.
Dans Ia seconde comparaison, on a compare
tous les enfants des families reconstituees aux
enfants des families reconstituees plus complexes.
Cette comparaison etablit si les problemes des
enfants dans les families reconstituees sont
concentres dans les families ou jl existe de la hyalite
entre les freres et soeurs.
Une troisieme comparaison etudiait les effets
des pratiques parentales des mares biologiques
ou adoptives dans trois situations familiales
differentes : 1) Ia mere biologique ou adoptive qui
vit avec le pere biologique ou adoptif; 2) la mere
biologique ou adoptive qui vit avec un beau-Ore;
3) Ia mere biologique ou adoptive comme seul
parent vivant avec l'enfant. Cette comparaison
illustre egalement les effets des differents types de
paternite.
Les enfants par alliance et les beaux pares
-
Comme nous l'avons deja souligne, le premier cycle
de I'ELNEJ montre que le type de famille
reconstituee le plus ropandu de nos jours est celui
ou l'enfant vit avec sa mere biologique ou adoptive,
et ou le nouveau conjoint de sa mere devient son
beau-Ore. Les enfants par alliance dans les
families oit it y a un beau-pere ont indique qu'ils
avaient des experiences sociales moins
satisfaisantes que les enfants vivant avec leurs
deux parents biologiques ou adoptifs, bien que
l'ecart sur le plan du soutien affectif soit faible (7 %).
II existait cependant un ecart considerable de
17,1 % dans la frequence des difficultes serieuses
dans les relations familiales, et un &art tout aussi
considerable de 16,8 % dans les cas de discipline
tits incoherente. En fait, presque Ia majorite
(49,9 %) des enfants par alliance des families
reconstituees ayant un beau-pere ont dit qu'ils
subissaient une discipline incoherente.
Les enfants dans les families reconstituees
Les enfants de 10 a 11 ans vivant dans des families
reconstituees etaient plus pones que ceux des
families traditionnelles a se plaindre d'un manque
de soutien affectif de la part de leurs parents, mais
la difference n'etait pas enorme (32,7 % contre
26,6 %). Sur le plan de la discipline incoherente et
des difficultes dans les relations avec les parents
et les freres et sceurs, les ecarts sont plus
considerables. Parmi les enfants des families
Tableau 4. Combinaisons de parents chez qui resident les enfants et perceptions negatives des
enfants quant a la vie familiale
Manque de
soutien affectif
Discipline
incoherente
Relations
familiales difficiles
Mere biologiquea et Ore biologique
26,8%
33,1%
28,1%
Mere biologique et aucun pere
30,2%
34,2%
60,7%
Mere biologique et beau-Ore
33,8%
49,9%
45,2%
' Les parents biologiques comprennent les parents adoptils.
Source : ELNEJ
111
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Les enfants des families monoparentales ou
le parent est une femme ont indique qu'iis
eprouvaient de grandes difficultes dans leurs
relations familiales, peut-titre a cause du manque
de contact avec le Ore absent.
cas, ce sous-groupe est trop petit pour permettre
des estimations fiables.)
Les interactions agreables
Les belles-meresn avaient un peu moins tendance
que les mores biologiques ou adoptives a avoir du
plaisir avec les enfants, comme jouer ou rire
ensemble. Alors que 27,7 % des mores biologiques
ou adoptives indiquaient n'avoir que peu
frequemment des interactions agreables avec leurs
enfants, 34,4 % des belles-mores avaient rarement
du plaisir avec les enfants. Cette tendance revele
peut-titre la presence de difficultes dans les
relations des families reconstituees, plutot qu'un
probleme qui serait propre aux belles-mores. Les
PCM dans les families oif it y a une belle-mere et
dans celles ou it y a un beau-Ore rapportaient Ia
meme lacune, plus ou moins prononcee, en ce qui
concerne les interactions agreables entre parents
et enfants.
De toute evidence, les enfants par alliance de
10 a 11 ans ne percevaient par leurs interactions
avec leurs parents de fawn aussi positive que les
enfants des families traditionnelles. Ce qui est
moins evident, c'est de savoir si cette situation est
imputable aux comportements des beaux-parents
ou a la facon dont les enfants par alliance
interagissent avec ces derniers.
Le comportement des parents
En plus des autoevaluations recueillies aupres des
enfants de 10 a 11 ans, I'ELNEJ a recueilli aupres
des PCM qui etaient des parents des renseignements sur leurs agissements envers tous les
enfants. On peut decrire la nature des interactions
parent-enfant, du point de vue des parents, en
ayant recours a des echelles qui regroupent les
reponses a trois series de questions. Chaque
echelle mesure une dimension particuliere de la
relation parent-enfant. Les trois dimensions du
comportement de la PCM envers l'enfant sont :
Les punitions
Les mores qui pretendaient punir frequemment
leurs enfants pour avoir enfreint le reglement etaient
tout aussi nombreuses parmi les mores biologiques
ou adoptives que parmi les belles-mores (environ
40 %). Les PCM dans les families Oil it y a un beauOre etaient plus portees a infliger des punitions
frequentes (42,7 %) que les PCM faisant partie des
families Oil ii y a une belle-mere (36,8 %). Bien que
dans ('ensemble, les families reconstituees plus
complexes n'aient pas un taux de punition tits
eleve, les punitions pour avoir enfreint le reglement
etaient plus repandues dans les families
reconstituees Oil les deux partenaires ont la garde
d'enfants issus d'une union precedente (c'est-Adire lorsque les deux sont des beaux-parents). Ce
type de famille doit probablement faire face a de
nombreuses sources de stress, y compris les
contraintes financieres, que certains parents
peuvent trouver difficiles a gerer. Neanmoins, it Taut
souligner que, merne dans ce cas, Ia moitie des
PCM indiquaient qu'elles ne punissaient les enfants
qu'a une frequence faible ou moyenne (51,4 %
punissaient souvent leurs enfants).
• les interactions agreables
• les punitions pour avoir enfreint le reglement
• ('utilisation coherente des punitions.***
Ici egalement, les echelles sont divisees en
trois niveaux, soit faible, moyen et eleve, afin de
cerner les cas extremes.
Les renseignements sur le role parental sont
fournis par la PCM, soit generalement Ia mere
biologique ou adoptive. Pour cette raison, nous
utiliserons les mores comme groupe temoin pour
le reste de ('analyse. Dans la presente section, la
conception de I'ELNEJ a I'avantage de surrepresenter les belles-mores, fournissant ainsi
suffisamment de cas pour permettre ('etude de ce
groupe restreint. (Toutefois, dans bon nombre de
Etonnamment, bien que les PCM dans les
families reconstituees rapportaient un taux de
punition relativement eleve, elles ne disaient pas
qu'elles punissaient de facon incoherente. La
* * * Deux des dimensions du comportement de la PCM envers
l'enfant decrites ici correspondent aux echelles suivantes dans la
serie des donnEes de I'ELNEJ : les interactions agreables sont
traitees sous la rubrique Interactions positives (2 a 11 ans). De
plus, on a Elabora une nouvelle echelle sur les punitions pour
avoir enfreint le reglement (articles PAR019, PARQ21, PAR023
et PARQ25) qui ne fait pas partie de la serie des donnees de
l'ELNEJ. L'utilisation coherente des punitions est traitEe sous la
rubrique Coherence de ('education (2 a 11 ans).
Les analyses sur les belles-mares reposent souvent sur un
nombre insuffisant de cas et peuvent ne pas repondre aux
normes de quality de Statistique Canada.
112
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
variete des mesures disciplinaires ne semblait pas
constituer un probleme pour les beaux-parents,
meme dans les families ou it y a un beau-Ore,
selon les PCM.
meres puissent eprouver des sentiments negatifs
envers leurs enfants par alliance, rarement ces
sentiments debouchent-ils sur des sevices
corporels. 32 Les donnees actuelles sur les cas de
beaux-Ores qui ont inflige des mauvais traitements
a leurs enfants par alliance sont discutables. 33,34
Nous devons approfondir Ia recherche sur Ia
distribution des enfants maltraites dans les
differents types de families.
Mere biologique ou mere nourriciere
Rien, dans la presente analyse, ne confirme le bienfonde du mythe traditionnel de la belle-mere plus
dure et plus capricieuse envers les enfants par
alliance que ne le sont les meres biologiques ou
adoptives envers leurs enfants. Certaines bellesmeres sembiaient toutefois prendre moins plaisir
a exercer leur role parental.
II importe de se souvenir qu'il existe des
variantes importantes dans les experiences
familiales des enfants par alliance. Les relations
entre beaux-parents et enfants par alliance, ainsi
que les effets possibles de la vie dans une famille
reconstituee sur le developpement des enfants par
alliance, semblent etre influences par toute une
gamme de facteurs. Par exemple, le role de beauparent semble etre tres stressant, en particulier
pour les belles-meres, lorsque les enfants par
alliance ne sont pas des membres reguliers du
menage. Les enfants par alliance en visite peuvent
etre percus comme particulierement derangeants."
Discussion
Le mythe de la belle-mere est une partie de notre
culture qui influence l'idee que se font les gens des
relations familiales. La reference mythique la plus
puissante concerne la nature foncierement
mauvaise des belles-meres et les relations
desequilibrees qu'elles auraient avec leurs enfants
par alliance, surtout avec leurs belles-filles. En
Europe, au dix-neuvieme siècle, les observateurs
s'inquietaient des repercussions que ces histoires
pouvaient avoir sur les enfants, car on craignait
qu'elles puissent creer une mefiance sans
fondement envers les belles-meres. De nos jours,
nous devrions peut-etre aussi nous preoccuper des
effets de ces histoires sur les belles-meres ellesmemes, lesquelles font souvent allusion a ces
contes de fees et a leur influence. 28 Des experiences cliniques laissent entrevoir que le stereotype de la cruelle belle-mere a des repercussions
negatives sur la facon dont les belles-meres gerent
leur identite. Les nouvelles belles-meres
s'appliquent parfois trop a leurs nouvelles Caches
maternelles, et reagissent ensuite aux inevitables
deceptions en eprouvant un sentiment de rejet,
suivi d'un sentiment de depression. 283°
Outre le sexe du parent et de ('enfant, les
facteurs qu'on a determines comme ayant une
influence sur Ia qualite des relations entre beauparent et enfant par alliance sont, entre autres, rage
de ('enfant, la situation economique de Ia famille
reconstituee et la frequence des contacts entre
('enfant du divorce et le parent avec lequel it ne vit
pas. Dans des conditions favorables, les enfants
par alliance peuvent ne pas ressentir plus
d'insatisfaction que des enfants vivant dans une
famille traditionnelle. Les futures recherches
sociales devraient avoir pour but, entre autres, de
determiner quelles pourraient etre les conditions
positives pour le developpement de ('enfant dans
les families reconstituees.
Les donnees longitudinales recueillies dans le
cadre de I'ELNEJ permettront d'etudier le
developpement des enfants par alliance pendant
une certaine Wade de temps et de comparer les
progres d'enfants qui ont connu une enfance
differente. Des renseignements precieux sur les
processus familiaux qui touchent les enfants,
comme l'age de ('enfant au moment de Ia rupture
entre les parents et au moment de Ia reconstitution
de la famille, seront dorenavant disponibles. A
I'avenir, nous aurons une image plus dynamique
des changements qui surviennent dans les families
et de la fawn dont les enfants evoluent au fil de
ces changements.
Certains decideurs en matiere de programmes
ont recommande aux chercheurs de favoriser un
role de belle-mere positif en s'employant a corriger
les mythes qui circulent a propos des belles-meres
et de Ia vie dans les families reconstituees. 31
Lopinion selon laquelle les enfants par alliance
courent un plus grand risque d'agression de Ia part
des parents que les autres enfants doit etre
soigneusement etudiee. Bien que certaines belles-
113
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
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21. Ihinger-Tallman, M. «Research on step-families. dans Annual Review of Sociology, vol. 14,
publie sous la direction de W. R. Scott, Palo
Alto, Annual Reviews Inc., 1988.
9.
10. Sierra, J., publie sous la direction de.
Cinderella, Phcenix, Oryx Press, 1992.
22. Cherlin, A. et Furstenberg, F «Step-families in
the United States. dans Annual Review of
Sociology, vol. 20, publie sous la direction de
J. Hagan et K. Cook, Palo Alto, Annual Reviews
Inc., 1994.
11. Yolen, J. «America's Cinderella., Cinderella:
A Folklore Casebook, publie sous la direction
de A. Dundes, New York, Garland, 1982.
23. Pasley, K, M. Ihinger-Tallman et A. Lofquist.
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et M. Ihinger-Tallman, Westport, Greenwood
Press, 1994.
12. Stone, K. «Fairy tales for adults: Walt Disney's
Americanization of the marcher,. dans Folklore on Two Continents, publie sous la direction de N. Burlakoff et C. Lindahl, Bloomington,
Trickster Press, 1980.
114
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
24. Ihinger-Tallman, M. et K. Pasley. Remarriage,
Newbury Park, Sage, 1987.
30. Visher, E. et J. Visher. Old Loyalties, New Ties,
New York, Brunner Mazel, 1988.
25. Ganong, L. et M. Coleman. Remarried Family
Relationships, Thousand Oaks, Sage, 1994.
31. Dainton, M. "The myths and misconceptions
of the stepmother identity' dans Family Relations, vol. 42,1993, p. 93-98.
26. Furstenberg, F. et A. Cherlin. Divided Families,
Cambridge, Harvard University Press, 1991.
32. Giles-Sims, J. et D. Finkelhor. «Child abuse in
step-families. dans Family Relations, vol. 33,
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27. La Novara, P. A Portrait of Families in Canada,
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l'Industrie, 1993.
33. Gelles, R. et J. Harrop. «The risk of abusive
violence among children with nongenetic caretakers. dans Family Relations, vol. 40,1991,
p. 78-83.
28. Smith, D. Stepmothering, New-York, St. Martin's Press, 1990.
34. Trocme, N., Kwok Kwan Tam et D. McPhee.
«Correlates of substantiation of maltreatment
in child welfare investigations. dans Child Welfare in Canada, publics sous la direction de J.
Hudson et B. Galaway, Toronto, Thompson
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29. Morrison, K. et A. Thompson-Guppy.
«Cinderella's stepmother syndrome. dans
Canadian Journal of Psychiatry, vol. 30,1985,
p. 521-529.
115
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Les pratiques parentales influencent bel et
bien le developpement des enfants du
Canada
Sarah Landy et Kwok Kwan Tam
Le present travail de recherche vise a examiner le
bien-etre et la competence des enfants du Canada
ainsi qu'a examiner diverses pratiques parentales
— tant positives que negatives —, et plus
particulierement la facon dont elles influent sur le
developpement des enfants a divers ages. Les
resultats examines chez les enfants comprennent
des facteurs positifs comme le developpement
moteur et social, le comportement prosocial, le
developpement du langage, la satisfaction face a
leurs principales relations et la facon dont ils
s'entendent avec les autres enfants. On peut
s'attendre a ce que ces aspects du developpement
de l'enfant approfondissent la satisfaction qu'il
puisera dans la vie familiale et ameliorent ses
ajustements futurs ainsi que ses chances de
reussite scolaire et professionnelle. 1-5
Ce travail aborde enfin les repercussions des
pratiques parentales sur le developpement des
enfants qui vivent dans des conditions defavorables; it tente de determiner si des pratiques
parentales positives peuvent attenuer les effets de
ces facteurs potentiellement negatifs et, par le fait
merne, ameliorer les chances de bon developpement pour l'enfant. D'un point de vue theorique,
ces renseignements peuvent accroitre notre
comprehension des relations entre toute une
gamme de facteurs et la facon dont ils contribuent
au developpement normal. En outre, ils peuvent
indiquer des strategies pour eviter les difficultes
que rencontre l'enfant et ameliorer son
developpement. On examinera donc les
constatations de ce travail par rapport aux services
qu'il conviendrait d'offrir aux parents et aux enfants,
ainsi que par rapport a l'ampleur et au type de
soutien qu'il conviendrait d'offrir aux families en
ce qui a trait a reducation des enfants.
Un certain nombre d'enfants du Canada vivent
dans des situations habituellement considerees
comme mettant en peril leur developpement. Ces
situations sont, entre autres, le fait de grandir dans
un menage monoparental, avec une mere
adolescente, dans une famille dysfonctionnelle,
dans une famille sans soutien (voir ('Annexe 1),
dans une famille a faible revenu* ou en tant qu'immigrant recent.f Dans le present travail, on
examine les variables relatives aux enfants et aux
parents qui peuvent influer sur la sante physique
ou mentale, afin de determiner leurs repercussions
sur le developpement des enfants au Canada. 6-7
Pratiques parentales et developpement
de l'enfant
Dans un certain nombre d'etudes longitudinales
et d'enquetes epiderniologiques menees au
Canada et a l'etranger au sujet des enfants, les
resultats du developpement chez l'enfant
constituaient ('objet principal de la recherche. Ces
resultats comprenaient des variables comme le
developpement cognitif, les capacites sur le plan
du langage et les aptitudes sociales. 7-11 De plus,
dans ces etudes, on s'est penche sur les variables
qui influencaient les resultats, entre autres les
caracteristiques de l'enfant (comme le
temperament), les facteurs relies aux parents, les
" Desfini selon les seuils de faible revenu de Statistique Canada. Voir
',Ratio de revenu* dans le Glossaire de /'Annexe technique.
Un immigrant recent a Ete
comme Etant un immigrant
vivant au Canada depuis moins de cinq ans.
117
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
variables portant sur les pratiques parentales, les
interactions parent-enfant ainsi que les facteurs
sociodemographiques. En general, les chercheurs
ont conclu que le nombre de facteurs de risque et
leur niveau de gravite avaient une influence
importante sur la facon dont les enfants se
developpent. 7 Plutot que d'avoir une simple valeur
additive, ces facteurs ont un effet multiplicateur.
Chez les enfants qui etaient exposes a quatre
facteurs ou plus, on a constate des reductions
considerables de leurs capacites et de leurs
niveaux de competence avec le temps, ces enfants
ayant des quotients intellectuels plus faibles et
davantage de problemes sociaux. 12
utilise les resultats de ces recherches pour elaborer
des programmes de prevention visant a enseigner
aux parents comment interagir de facon optimale
avec leurs enfants. 27-29
Methodologie
Les donnees utilisees dans le present travail sont
tirees de la premiere collecte de donnees (Cycle 1)
de l'Enquete longitudinale nationale sur les enfants
et les jeunes (ELNEJ), effectuee au Canada en
1994-1995. Le processus de collecte des donnees
est decrit a l'Annexe technique a la fin de cette
publication.
Plus recemment, des chercheurs se sont
penches sur les facteurs qui semblent proteger les
enfants vivant dans des conditions negatives,
produisant une sorte d'«invulnerabilite» et des
resultats positifs. 13 En plus des caracteristiques de
l'enfant et des caracteristiques environnementales,
on a examine les variables portant sur les pratiques
parentales et le reseau de relations de l'enfant. 14
La recherche a revele des resultats positifs chez
les enfants qui avaient la chance d'avoir des
relations chaleureuses et valorisantes avec des
adultes. 15' 16 Ces adultes incluaient les membres
de la parent& des professeurs, des ministres du
culte et des professionnels en loisirs. De plus, on
a constate que les facteurs parentaux et Ia qualite
des interactions parent-enfant contribuaient de
fawn importante aux resultats du developpement
des enfants, tant positivement que negativement.
9-11,17,18
Autrement dit, les interactions positives
entre parents et enfants ont une influence majeure
sur le developpement de ces derniers.
Les variables utilisees dans cet article peuvent
etre regroupees sous les rubriques “resultats chez
l'enfant., «pratiques parentales. et ((facteurs de
risque.. Les variables des resultats chez l'enfant
correspondent aux categories suivantes : les
relations que l'enfant entretient avec les autres (4
a 11 ans), le developpement moteur et social (0 a
3 ans), le comportement prosocial (2 a 3 ans et 4
A 11 ans) et le vocabulaire compris (4 a 5 ans).
Les variables portant sur les pratiques parentales
comprennent quatre facteurs : les interactions
positives, les pratiques parentales hostiles/
inefficaces, la coherence de reducation et les
pratiques parentales utilisant ('aversion. Nous
avons egalement evalue les facteurs de risque
auxquels l'enfant est exposé en raison de circonstances familiales comme l'appartenance a une
famille monoparentale, a une famille dont les
parents sont adolescents, a une famille a faible
revenu, a une famille dont les parents manquent
de soutien social ou sont depressifs, a une famille
dysfonctionnelle, a une famille emigree recemment, a une famille de quatre enfants et plus, a
une famille dont un enfant a un temperament difficile et a des problemes prenataux. L'information
detainee concernant ces mesures se trouve a
l'Annexe 1.
En revanche, on sait depuis longtemps que
les problemes relies aux pratiques parentales ont
des repercussions primordiales sur ('apparition des
troubles durant l'enfance, particulierement les
troubles des conduites. Une bonne part de la
recherche a pone sur le style de discipline en tant
que facteur contribuant au developpement de
troubles des conduites chez les enfants. 1 °,2°
D'autres chercheurs ont examine des variables
comme l'insensibilite, 21 le manque de reciprocite
entre parent et enfant, 22 le manque de surveillance
de l'enfant, 2° le manque de disponibilite emotive
et de chaleur ainsi que la presence d'hostilite dans
les interactions avec Ia personne responsable.
223-26 Ces etudes ont toutes constate ('existence
de relations entre ces variables portant sur les
pratiques parentales et le comportement et le
developpement de l'enfant. Les chercheurs ont
Resultats
Les donnees sur les diverses variables n'etaient
disponibles que pour des enfants de certains ages.
En consequence, nous avons divise rechantillon
de Ia presente analyse en trois principaux groupes
d'age : de la naissance a 23 mois, de 2 a 3 ans et
de 4 a 11 ans. La moyenne et les &arts types ou
les pourcentages de chacune des variables
118
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
susmentionnees sont presentes a l'Annexe 2. Les
donnees ont ete ponderees afin de mieux
representer la population enfantine des dix
provinces du Canada.
differences ont ete examinees par province, par
sexe, par residence rurale ou urbaine et par groupe
d'age de l'enfant. Nous n'avons constate aucune
difference importante entre les enfants de milieu
urbain et les enfants de milieu rural. Toutes les
differences provinciales constatees dans les
facteurs de developpement variaient selon ('aspect
du developpement examine. Autrement dit, nous
n'avons trouve aucune tendance previsible par
province pouvant indiquer que les enfants dont le
developpement etait satisfaisant ou insatisfaisant
vivaient dans une province particuliere.
Le developpement des enfants du
Canada*
Les relations sociales
Dans ('ensemble, la grande majorite des enfants
de 4 a 11 ans s'entendaient tres bien ou assez
bien avec les autres et connaissaient peu de
problemes, selon Ia PCM (personne qui connait
le mieux ('enfant). Cependant, lorsque les resultats
etaient repartis entre les relations avec les parents,
les professeurs, les autres enfants et les titres et
sceurs, les enfants signalaient plus de difficultes
dans leurs relations avec leurs titres et sceurs et
legerement plus de facilite dans leurs relations
avec les professeurs. Les relations avec les
parents se classaient a mi-chemin entre les deux
(voir l'Annexe 3).
Nous n'avons trouve d'importantes differences
dans les resultats chez les enfants que selon le
sexe ou rage de l'enfant. Pour toutes les mesures
— qu'il s'agisse du developpement social et moteur
des 2 a 3 ans, du vocabulaire compris des 4 a 5
ans ou d'autres mesures les PCM ont signale
que le developpement des garcons etait
legerement moins avance que celui des filles (voir
('Annexe 6). Constatation interessante : on a
observe des variations dans les tendances selon
l'age. Bien que les enfants plus ages se soient
classes legerement moins bien pour les relations
sociales, ils manifestaient plus souvent un
comportement prosocial (voir ('Annexe 7).
Le comportement prosocial
Pour Ia plupart des enfants du Canada ages de 4
a 11 ans, les PCM ont indique que leurs enfants
adoptaient de “parfois” a “souvent” des comportements prosociaux, soit une moyenne d'environ
12 sur un maximum possible de 20. Pour les
enfants ages de 2 a 3 ans, les PCM ont donne un
resultat moyen de 5 sur un maximum de 10 (voir
('Annexe 4).
La relation entre les pratiques
parentales et le developpement
des enfants
Quatre aspects relatifs aux pratiques parentales
ont ete evaluees : ('interaction positive, les pratiques parentales hostiles/inefficaces, la coherence
de reducation et les pratiques parentales utilisant
('aversion. La distribution de toutes ces pratiques
parentales presentait une asymetrie vers le pole
positif; autrement dit, plus de parents avaient
recours a des pratiques parentales positives qu'a
des pratiques parentales negatives (voir le
graphique 1). Surtout a regard d'enfants de moins
de 2 ans, les parents ont signale un niveau eleve
d'interactions positives et un faible taux de
pratiques parentales hostiles/inefficaces.
L'entente avec les autres et les relations avec
les pairs
En reponse aux questions sur ('entente avec les
autres et les relations avec les pairs, les enfants
de 10 a 11 ans ont indique en moyenne qu'ils s'entendaient bien avec les autres et qu'ils avaient de
bonnes relations avec leurs pairs (voir ('Annexe 5).
lAtablissement des differences dans le
developpement des enfants selon un
certain nombre de facteurs
On a constate ('existence d'une correlation
significative entre les pratiques parentales et la
plupart des resultats de developpement etudies
dans le present travail. Cependant, on a egalement
constate que les correlations entre les variables
portant sur les pratiques parentales et les resultats
chez les enfants etaient faibles, indiquant que ces
variables ne constituent qu'un des nombreux
facteurs qui influencent le developpement des
Pour prendre en consideration la variation du
developpement des enfants au Canada, les
* Puisque le developpement moteur et social (DMS) pour les
enfants de 0 a 3 ans et le vocabulaire compris (EVIP/PPVT) pour
les enfants de 4 et 5 ans sont des resultats standardises dans le
present echantillon; ils produisent tous deux des moyennes de
100 et des deviations standard de 15. L'EVIP/PPVT est traite en
detail ailleurs dans le present travail.
119
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 1
Pratiques parentales
A. Interactions positives avec les enfants
de 0 a 11 ans
B. Coherence de reducation pour les enfants
de 2 a 11 ans
Pourcentage de parents
30
Pourcentage de parents
14
25
12
10
20
8
15
6
10
4
5
2
.1-L-
0
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Resultat total
0
4 6 8 10 12 14 16 18 20
Resultat total
2
C. Pratiques parentales hostiles/inefficaces envers
les enfants de 0 a 23 mois
Pourcentage de parents
50
40
30
20
10
1
2
3
4
5
Resultat total
6
7
8
E. Pratiques parentales utilisant ('aversion envers
les enfants de 2 a 11 ans
D. Pratiques parentales hostiles/inefficaces envers
les enfants de 2 a 11 ans
Pourcentage de parents
12
Pourcentage de parents
20
10
15
8
6
10
4
5
2
0
0
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28
Resultat total
4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Resultat total
Source : ELNEJ
enfants. Les resultats ayant la plus forte association avec les pratiques parentales examinees dans
le cadre du present travail etaient les relations
sociales en general et le comportement prosocial
des enfants, tandis que les resultats ayant
('association la plus faible etaient ceux du
vocabulaire compris et le developpement moteur
et social. Les interactions positives avaient les
correlations les plus fortes avec ('ensemble des
relations sociales, le comportement prosocial et
120
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Par contre, it vaut la peine de mentionner
certaines constatations qui relient les divers
facteurs de risque aux resultats chez l'enfant. Dans
plusieurs mesures, les enfants de 10 a 11 ans
recemment immigres reussissaient mieux que les
enfants qui vivaient au Canada depuis plus de cinq
ans. Bien que les resultats pour le vocabulaire
compris aient Me plus faibles pour les enfants de
parents adolescents que pour les enfants de
parents plus ages, les premiers manifestaient plus
de comportements prosociaux. En outre, bien que
les enfants de parents uniques aient moins bien
reussi a certains egards que les enfants de families
biparentales, ils obtenaient des resultats
considerablement plus eleves au chapitre du
comportement prosocial a rage de 2 a 3 ans.
Mame avec les facteurs de risque enumeres cidessus, les effets etaient variables, les facteurs
de risque semblaient avoir les repercussions les
plus marquees sur les resultats pour le vocabulaire
compris et pour l'ensemble des relations sociales
(voir ('Annexe 9).
le developpement moteur et social des jeunes
enfants (voir ('Annexe 8). Par contre, l'hostilite et
les pratiques parentales utilisant ('aversion avaient
les plus fortes correlations negatives avec les
relations sociales et le comportement prosocial des
enfants.
La relation entre les facteurs de risque
et les resultats chez l'enfant
Dans la presente analyse, on a examine plusieurs
variables reconnues pour compromettre le
developpement de l'enfant (voir ('Annexe 2 pour
une liste complete de ces facteurs et le
pourcentage d'enfants qui y etaient exposes). A
partir de rechantillon de l'ELNEJ, on estime que
3,9 % des enfants du Canada (soit environ
180 000) sont exposés a quatre facteurs de risque
ou plus (voir ('Annexe 2); des recherches
anterieures ont determine que la presence de
quatre ou plus de ces facteurs compromettait le
developpement de l'enfant dans plusieurs secteurs
fonctionnels. 7
L'importance des pratiques parentales
pour le developpement des enfants
vivant dans des situations a risque
Plusieurs facteurs de risque lies a la PCM
influencaient negativement certains resultats chez
l'enfant. Parmi ces facteurs, on retrouvait le fait
d'être un parent unique, d'être ou d'avoir ete un
parent adolescent, d'avoir un faible revenu, de se
sentir deprime, d'avoir un faible niveau de soutien
social, d'avoir quatre enfants ou plus dans Ia
famille, d'avoir un enfant au temperament difficile,
d'avoir un faible niveau de scolarite et de vivre dans
une famille dysfonctionnelle. Un faible niveau de
soutien social, une famille dysfonctionnelle et l'etat
depressif de la PCM influaient negativement sur
la plupart des variables chez l'enfant. Cependant,
bien qu'elles soient statistiquement significatives
dans de nombreux cas, la plupart de ces
repercussions etaient minimes. Les repercussions
de ces facteurs de risque sur les resultats chez
('enfant devenaient plus evidentes lorsqu'on
comparait les resultats des enfants exposes a
quatre facteurs de risque ou plus a ceux des autres
enfants. Les resultats des enfants exposes a
quatre facteurs de risque ou plus etaient
considerablement plus faibles pour l'ensemble des
relations sociales (ainsi que pour la bonne entente
avec les autres et avec les pairs pour les enfants
de 10 a 11 ans), pour le comportement prosocial
chez les enfants de 4 a 11 ans et pour le
vocabulaire compris. Cela indique l'importance de
l'effet cumulatif des facteurs de risque multiples. 73°
Deux types d'analyse ont ate effectues en vue de
cerner les effets des pratiques parentales sur le
developpement des enfants vivant dans des
situations a risque. Dans le premier, les facteurs
de risque et les facteurs parentaux ont ete integres
dans une analyse de regression en deux volets,
afin de determiner leur contribution relative a
chacun des resultats chez l'enfant. Puisque les
filles ont obtenu de facon constante des resultats
plus eleves que les garcons, le sexe de l'enfant a
ete inclus dans ('analyse de regression a titre de
facteur de controle. Ces resultats sont presentes
l'Annexe 10.
D'apres les resultats de la premiere &ape de
chaque regression, on constate que les facteurs
de risque contribuaient legerement a Ia variance
observee pour chacun des resultats chez l'enfant.
Lorsque les facteurs parentaux ont ete integres
la deuxieme etape de chaque regression, la plupart
d'entre eux ont ajoute une importante variance
expliquee a chacun des resultats chez l'enfant. Par
exemple, lorsqu'on a examine les effets de
diverses variables contributives pour l'ensemble
des relations sociales des enfants, on a constate
que les facteurs de risque ne comptaient que pour
121
Enqu8te longitudinale rationale sur les enfants et les jeunes
5 % de Ia variance pour ('ensemble des relations
sociales de l'enfant, tandis que les pratiques
parentales contribuaient pour 22 % (voir ('Annexe
10). Cependant, sauf pour ('ensemble des relations
sociales de l'enfant, la plupart des coefficients
etaient petits. Cela indiquerait que des facteurs
autres que les facteurs de risque mentionnes cidessus et les pratiques parentales infivaient sur
les resultats chez l'enfant.
D'autres analyses des resultats pour les
relations sociales des enfants ont demontre que
la coherence de l'Oducation avait des effets
interactifs. Autrement dit, une education coherente
avait des repercussions sur les relations sociales
de l'enfant, tant dans les families a risque que dans
les families a faible risque; toutefois, on a constate
que Ia coherence de reducation avait plus de
repercussions positives sur les enfants de families
A risque que ceux de families a faible risque (voir
graphique 2).
Afin de mettre en evidence l'effet protecteur
des pratiques parentales pour les enfants vivant
dans des milieux a risque, les resultats des enfants
exposes a quatre facteurs de risque ou plus
(enfants a risque) et ceux des enfants exposés a
moins de facteurs de risque (enfants a faible
risque) ont ete examines en considerant les
pratiques parentales.
Discussion
La plupart des enfants du Canada satisfaisaient
aux normes reconnues pour les divers aspects du
developpement, si I'on se fonde sur les resultats
standardises comme l'Echelle du developpement
moteur et social (voir ('Annexe 1) et le test de
vocabulaire compris (l'Echelle de vocabulaire en
images Peabody ou le Peabody Picture Vocabulary
Test - Revised. Pour plus de details, consulter
l'Annexe 1 du present travail et ('Annexe technique
A la fin de cette publication.)
Nous avons etabli les pratiques parentales en
tant que variables dichotomiques, en prenant Ia
mediane de chaque echelle comme note de
cesure. On a constate que toutes les pratiques
parentales — les interactions positives, les
pratiques parentales hostiles/inefficaces, la
coherence de reducation et les pratiques
parentales utilisant ('aversion — avaient des effets
considerables sur les resultats chez l'enfant, tant
dans les families a risque que dans les autres
families. De plus, a ('exclusion de la coherence de
reducation, les resultats des enfants de families a
risque mais exposés A des pratiques parentales
positives etaient semblables ou superieurs a ceux
des enfants de families qui ne presentaient pas
de risques eleves mais ou les pratiques parentales
positives etaient absentes. Le graphique 2 illustre
cette tendance pour les relations sociales de
l'enfant et diverses pratiques parentales.
En general, les enfants semblaient bien
s'entendre avec les autres et signalaient de bonnes
relations avec leurs pairs, leurs professeurs et leurs
amis. Cependant, malgre ces resultats globalement positifs pour les relations avec les autres, on
signalait plus de relations conflictuelles entre freres
et scours. Les enfants indiquaient regulierement
qu'ils s'entendaient mieux avec leurs pairs qu'avec
leurs freres et sceurs ou qu'avec leurs parents.
Cette constatation correspond a ('experience de
nombreux parents qui ont affirme que la rivalite
entre freres et scours etait une cause de difficultes
dans la famille, constatation egalement etayee par
les chercheurs. 31 Generalement, lorsqu'ils
repondaient aux questions sur le developpement
du comportement prosocial des enfants, les PCM
indiquaient que les enfants manifestaient “parfois”
ou «souvent» des comportements d'aide ou de
soutien envers les autres.
Tous les resultats chez l'enfant traites dans le
present travail, sauf les resultats du vocabulaire
compris, ont demontre des tendances semblables :
dans ('ensemble, les enfants qui vivaient dans des
situations a risque ont obtenu des resultats
inferieurs a ceux des enfants de families qui ne
presentaient pas de risques eleves. Par contre,
ceux qui avaient ete exposés a des pratiques
parentales positives ont obtenu des resultats
equivalents ou superieurs a ceux des enfants
vivant dans des conditions plus favorables mais
exposés a des pratiques parentales negatives. En
raison des restrictions d'espace, les effets des
pratiques parentales sur les autres resultats chez
l'enfant ne sont pas presentes en detail dans le
present travail.
Certaines des constatations a propos du peu
d'ecart entre les enfants du Canada par province
ou par region de residence rurale ou urbaine sont
importantes puisqu'elles dissipent un certain
nombre de mythes (comme la croyance selon
laquelle le fait de vivre en milieu rural ou dans
certaines regions du Canada aurait un effet negatif
sur le developpement des enfants). Ces variables
122
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 2
Ensemble des relations sociales selon le degre de risque de la situation et les pratiques parentales
A. Selon les interactions positives
B. Selon les pratiques parentales hostiles
Resultat moyen pour ('ensemble
des relations sociales
Resultat moyen pour ('ensemble
des relations sociales
4,6
4,6
4,4
Interactions positives
ED Non
4,2
MI Oui
Ea Non
4,2
4,0
4,0
3,8
3,8
3,6
3,6
3,4
Pratiques parentales hostiles/
inefficaces
4,4
3,4
Pas de risque
A risque
Degre de risque de la situation
C. Selon la coherence de reducation
Oui
Pas de risque
A risque
Degre de risque de la situation
D. Selon les pratiques parentales utilisant ('aversion
Resultat moyen pour ('ensemble
des relations sociales
Resultat moyen pour ('ensemble
des relations sociales
4,6
4,6
Education coherente
Ea Non
4,4
Oui
4,2
Pratiques parentales
utilisant ('aversion
[23 Non
4,4 4,2
Oui
4,0
4,0
3,8
3,8
3,6
3,6
3,4
3,4
Pas de risque
A risque
Degre de risque de la situation
All
Pas de risque
A risque
Degre de risque de la situation
Source : ELNEJ
n'ont pas semble avoir sur le developpement une
influence aussi grande qu'on l'avait cru.
le developpement des enfants du Canada. Ces
variables etaient, entre autres, les dysfonctions
familiales, le manque de soutien social et un faible
revenu. II est interessant de noter que pour les
relations sociales en general et ('entente avec les
autres, les enfants ages de 10 a 11 ans recemment
immigres semblaient mieux reussir que les enfants
qui vivaient au Canada depuis plus longtemps. De
merne, les enfants de parents uniques ou de
parents adolescents avaient aussi de meilleurs
resultats pour certaines variables. Ces constatations portent a croire que, bien que ces enfants
puissent avoir besoin d'aide dans certains domaines, ils ne sont pas a risque dans plusieurs autres
domaines. II faut remarquer que les facteurs de
risque qui ont le plus contribue a la faiblesse des
resultats sont les dysfonctions familiales et le
manque de soutien social. II serait bon d'inclure
des mesures visant a amoindrir ces difficultes dans
les strategies d'intervention des programmes
L'effet de rage sur certains resultats et la
deterioration d'un certain nombre de mesures avec
l'age peuvent peut-titre s'expliquer par Ia
complexite croissante de I'univers de ('enfant au
fur et a mesure qu'il grandit, et par l'approche de
l'adolescence et des changements physiques
qu'elle entraine. Bien que les gargons aient
toujours eu un developpement un peu moins rapide
sur le plan du langage dans les annees
prescolaires, les resultats inferieurs sur le plan des
relations sociales n'etaient pas anticipees et
meritent une recherche plus poussee. II se peut
que Ia tendance des garcons a etre un peu plus
agressifs que les filles contribue a ces resultats.
Comme nous l'avions prevu, plusieurs variables de risque avaient une influence nefaste sur
123.
Enquete Iongitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
sociaux. Cependant, le fait que les effets soient
minimes dans Ia plupart des cas et qu'ils soient
peu intervenus dans les resultats globaux indique
l'importance de considerer l'effet cumulatif des
facteurs de risque dans Ia conception de toute
intervention. Comme plusieurs etudes realisees
dans d'autres parties du globe l'ont demontre,
lorsque les enfants etaient exposes a quatre
facteurs de risque ou plus, ils se developpaient
generalement moins bien que les enfants vivant
dans des milieux plus protecteurs. Les facteurs
de risque ont un effet cumulatif; ils peuvent etre
compenses lorsqu'ils sont au nombre de un ou
deux, mais tout facteur de risque supplementaire
influe de facon spectaculaire sur la vulnerabilite
de ('enfant et reduit Ia probabilite de resultats
positifs.
('analyse du developpement continu des
enfants au fil du temps.
•
Certaines de ces restrictions seront eliminees au
fur et a mesure que d'autres donnees seront
recueillies longitudinalement.
Conclusions et recommandations
en matieres de politiques
En moyenne, les enfants du Canada fonctionnaient
dans les normes previsibles en 1994-1995.
Cependant, un certain nombre d'enfants du Canada
vivaient dans des situations a risque : 3,9 % d'entre
eux etaient exposes a quatre facteurs de risque
ou plus. II a ete etabli que ce genre de situation
compromet le developpement des enfants. Les
facteurs qui avaient les effets Wastes les plus
marques etaient les dysfonctions familiales et le
manque de soutien social. Cependant, les
pratiques parentales positives avaient des
repercussions importantes sur les enfants qui
vivaient dans ces situations a risque.
La presente etude nous a permis de constater
que les pratiques parentales contribuaient de facon
significative aux resultats chez ('enfant et qu'elle
constituait un facteur de protection pour les enfants
qui vivent dans des situations a risque. Les
pratiques parentales positives pour les enfants
vivant dans des situations a risque permettaient
ces derniers d'obtenir des resultats qui se situaient
dans la moyenne des enfants du Canada; parfois,
leurs resultats surpassaient merne les resultats des
enfants vivant dans des situations sociodemographiques plus favorables, mais exposés a des pratiques parentales moins positives ou plus hostiles.
Ces resultats et la contribution des variables
portant sur les pratiques parentales indiquent que
les pratiques parentales influent fortement sur les
resultats des enfants.
Les constatations enoncees dans le present
travail ont des retombees importantes pour les
parents et les families ainsi que pour les services
d'intervention. II est crucial que les parents —
particulierement les parents uniques, les parents
adolescents et les parents de families a faible
revenu — soient renseignes sur !Importance des
pratiques parentales. Ces renseignements
devraient inclure de l'information sur l'importance
d'adopter des pratiques parentales positives pour
le developpement de leurs enfants et sur les effets
Wastes des pratiques parentales hostiles ou
utilisant ('aversion. Nous devons depeindre les
parents qui vont chercher l'information au sujet de
['education de leurs enfants comme des parents
responsables qui ont a cceur le bien-titre de leurs
enfants. Le fait de savoir que des pratiques
parentales positives peuvent aider leurs enfants a
surmonter les difficultes futures encouragera les
parents et contribuera a les empecher d'adopter,
en raison de leur situation, des attitudes fatalistes
quanta leur capacite d'ameliorer la vie de leurs
enfants. On pourrait avoir recours a des
instruments comme la radio, la television et les
publications a grand tirage pour diffuser ces
Jusqu'a un certain point, certaines caracteristiques des donnees limitent l'applicabilite des
resultats de l'etude et ses consequences :
•
Puisque bon nombre des questionnaires font
appel aux declarations des PCM, ils leur
permettent de donner des reponses qu'elles
croient socialement acceptables.
•
Afin de reduire le nombre de questions a poser,
plusieurs facteurs de developpement et
facteurs parentaux n'ont pas ete soumis a des
mesures standardisees completes, de sorte
que les comparaisons avec d'autres etudes
sont difficiles.
•
Pour les presents resultats, Ia nature transversale de la premiere collecte de donnees
ne permet pas de prendre en consideration
Les correlations constatees dans Ia presente
analyse, quoique importantes, sont faibles et
limitent la portee des constatations.
124
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
4.
encouragements a ('ensemble de la population du
Canada. De plus, it faut faire prendre conscience
aux professionnels du besoin de soutenir les
parents dans reducation de leurs enfants et leur
fournir les informations necessaires pour y
parvenir.
Rutter, M. «Family and school influences on
behavioural development. dans Journal of
Child Psychology and Psychiatry, vol. 26, 1985,
p. 349-368.
5. Strayhorn, J. M. The Competent Child, New
York, The Guilford Press, 1988.
Les services d'intervention aupres des enfants
doivent mettre ('accent sur les points suivants :
6. Offord, D., R. Alder et M. Boyle. "Prevalence
and sociodemographic correlates of conduct
disorder» dans American Journal of Social
Psychiatry, vol. 6, 1986, p. 272-278.
•
edifier des collectivites fortes pouvant constituer
une base de soutien social pour les families
depourvues d'un reseau nature) de soutien;
•
travailler de concert avec les families pour en
ameliorer le fonctionnement, particulierement
avec les families reconnues comme vivant
dans des situations a risque;
7. Sameroff, A. J., R. Seifer, R. Barocas, M. Zax
et S. Greenspan. "Intelligence quotient scores
of 4-year-old children : social-environmental
risks» dans Pediatrics, vol. 79, 1987, p. 343349.
•
fournir des services intensifs a ('intention des
enfants exposés a des facteurs de risque
multiples. Ces services devraient etre axes
surtout sur ('amelioration des pratiques parentales ainsi que sur la prestation d'un soutien;
8. Cohen, S. E., A. H. Parmalee et L. Beckwith.
"Cognitive development in pre-term infants.
Birth to 8 years» dans Journal of Developmental Behavioral Pediatrics, vol. 7, 1986,
p. 102-110.
•
fournir une formation aux parents afin de
favoriser le recours a des pratiques parentales
positives et de les mettre en garde contre les
consequences serieuses des methodes
d'education hostiles;
•
9. Landy, S., R. DeV. Peters, A. B. Allen et F.
Brooks. 'Staying on Track' An Early
Identification, Tracking and Referral System :
The Final Report, Premiers' Council on Health
Strategy, Toronto, 1992.
creer des programmes de soutien aux parents
dans la collectivite, comme des ludotheques
accueillantes et faciles d'acces, des haltesgarderies ainsi que des centres de ressources
pour les parents.
10. Marcovitz, S., S. Goldberg et D. McGregor. Risk
Factors in the Functioning of School Aged
Developmentally Handicapped Children and
their Families. Final Report to the Ministry of
Community and Social Services, Toronto, 1992.
Bibliographie
11. Werner, E. E. et R. S. Smith. Overcoming the
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1. Berrueta-Clement, J., L. Schweinhart, W. S.
Barnett, A. Epstein et D. Weikart. Changed
1992.
Lives : The Effects of the Perry Pre-School
Program on Youth Through Age 19, Ypsilanti,
12. Sannon, A., F Oberklaid, R. Pedlow et M. Prior.
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Psychiatry, vol. 32, 1991, p. 609-626.
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2.
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of children s attainments : a review of methods
and findings» dans Journal of Economic
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13. Radke-Yarrow, M. et T. Sheman. "Hard
growing : Children who survive» dans Risk and
3. Jencks, C. et S. Mayer. "The social consequences of growing up in a poor neighbourhood.
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publie sous la direction de L. Lynn et M.
McGreary, Washington, National Academy
Press, 1990, p. 94-105.
Protective Factors in the Development of
Psychopathology, publie sous la direction de
J. Rolf, A. Rolf, A. Master et autres, Cambridge,
Cambridge University Press, 1984, p. 97-119.
125
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
23. Biringen, Z. «Direct observation of maternal
sensitivity and dyadic interactions in the home :
relations to maternal thinking» dans Developmental Psychology, vol. 26, 1990, p. 278-284.
14. Rolf, J., A. Master, D. Cicchetti et autres. Risk
and Protective Factors in the Development of
Psychopathology, Cambridge, Cambridge
University Press, 1990.
24. Campbell, S. Behaviour Problems in Preschool
15. Rutter, M. "Psychological resilience and
protective mechanisms» dans Risk and
Protective Factors in the Development of
Psychopathology, publie sous la direction de
J. Rolf, A. Master, D. Cicchetti et autres.
Cambridge, Cambridge University Press, 1990.
Children : Clinical and Developmental lsssues,
New York, Guilford Press, 1990.
25. Campbell, S. "Behaviour problems in preschool children : a review of recent research»
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16. Sameroff, A. J. et R. Seifer. «Early contributors
to developmental risk» dans Risk and
26. Walsh, A. et J. Beyer. "Violent crime,
sociopathy and love deprivation among
adolescent delinquents» dans Adolescence,
vol. 22, 1987, p. 705-717.
Protective Factors in the Development of
Psychopathology, publie sous la direction de
J. Rolf, A. Master, D. Cicchetti et autres,
Cambridge, Cambridge University Press, 1990.
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interventions : a sampler of action programs»
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is Now, publiO sous la direction de S.E.
Goldston et M. F. Shore, Washington, U.S.
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17. Belsky, J. "The determinants of parenting : a
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18. Gribble, P. A., E. L. Gwen, P A. Wyman, W. C.
Work, M. Wannan et A. Raoof. "Parent and
child views of parent-child relationship qualities
and resilient outcomes among urban children»
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Psychiatry, vol. 34, 1993, p. 507-579.
28. Dinkmeyer, D. et G. D. McKay. Systematic
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Guidance Service, Circle Pines, 1982.
19. Dumas, J. E. et R. G. Wahler. «Indiscriminant
mothering as a contextual factor in aggressiveoppositional child behaviour : "Damned if you
do and damned if you don't"» dans Journal of
Abnormal Psychology, vol. 13, 1985, p. 1-17.
29. Strayhorn, J. M. et C. S. Weidman. "A parent
practices scale and its relation to parent and
child mental health» dans Journal of Academy
of Child and Adolescent Psychiatry, vol. 27,
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20. Patterson, G., B. D. DeBaryshe et E. Ramsey.
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21. Biringen, Z., J. L. Robinson et R. N. Emde.
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nonclinical samples : a meta-analysis» dans
Psychological Bulletin, vol. 116, 1994, p. 5574.
126
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 1. Information sur les mesures utilisees dans le present
travail de recherche
Les resultats chez l'enfant
1.
2.
3.
4.
Le comportement prosocial (enfants de 2 a
11 ans) a 6t6 mesure a l'aide de 5 questions
adaptees de ['Ontario Child Health Sutdy
(rEnquete sur la sante des enfants de
('Ontario), de 5 questions Woes de I'Enquete
longitudinale experimentale de Montreal ainsi
que de 4 questions tirees d'une echelle creee
par Weir et Duveen. Deux differentes series
de resultats sur le comportement prosocial ont
6t6 calculees, soit une serie pour les enfants
de 2 a 3 ans et une autre pour les enfants de
4 a 11 ans.
5.
Le vocabulaire compris (4 et 5 ans
uniquement) : Le vocabulaire compris a ete
evalue a l'aide de l'Echelle de vocabulaire en
images Peabody (EVIP) pour les enfants
francophones, et du Peabody Picture
Vocabulary Test - Revised (PPVT) pour les
enfants anglophones; les deux tests sont tres
semblables. (Pour plus de details, voir
['Annexe technique a la fin de cette publication.) Les tests evaluent le nombre de mots
compris par le sujet. Les tests ont ete
standardises pour un echantillon national
repr6sentatif d'enfants et de jeunes ainsi que
pour un echantillon d'adultes selectionnes. Les
procedures satisfont aux exigences les plus
rigoureuses pour relaboration de tests.
Les relations avec les autres (enfants de 4
a 11 ans) : Afin d'obtenir des renseignements
sur la fawn dont l'enfant s'entend avec les
autres, on a demands aux parents de repondre
a des questions sur Ia facon dont l'enfant
s'entendait avec ses parents, ses professeurs,
les autres enfants ainsi que ses freres et
sceurs. Un resultat global pour les relations
sociales, allant de 0 a 16, a 6t6 calcule en
fusionnant les quatre resultats pour les
relations sociales de l'enfant.
L'entente avec les autres et les relations
avec les pairs (enfants ages de 10 a 11 ans) :
Les donnees sur les relations des enfants sont
importantes pour determiner retendue et Ia
qualite des reseaux de soutien social des
enfants. Les donnees sur ce que les enfants
estimaient etre la qualite de leurs relations
avec leurs pairs ou leur famille ont ete
recueillies directement aupres des enfants
ayant complete un questionnaire intitule «Amis
et famine.. Le questionnaire, qui vise a obtenir
de ('information sur la presence d'amis intimes
et sur la facon dont l'enfant s'entend avec les
membres de sa famille et ses amis, est
compose de 12 questions tirees du Marsh SelfDescription Questionnaire et de ['Ontario Child
Health Study (l'Enquete sur la sante des
enfants de ('Ontario). Les questions au sujet
des relations avec les pairs et du niveau
d'entente avec les autres consistent en deux
series de 4 questions.
Les pratiques parentales
Les pratiques parentales ont 6t6 examinees a l'aide
d'une adaptation du Parenting Practice Scalelet
de questions sur les pratiques parentales utilisant
l'aversion tirees d'un questionnaire elabore par le
Dr M. Boyle. Quatre facteurs ont ete obtenus par
revaluation des pratiques parentales. Les trois
premiers facteurs — ('interaction positive, les
pratiques parentales hostiles ou inefficaces et la
coherence de reducation — evaluent ('interaction
parentale en general. Les questions visaient a
decouvrir comment les parents reagissent leurs
enfants, par exemple «A quelle frequence felicitezvous... en lui disant des choses comme «Bravo!.,
«C'est tres joli ce que to as fait!" ou ,(Tres Bien.
ou «A quelle frequence vous mettez-vous en colere
lorsque vous punissez...?” Le quatrieme facteur
(l'utilisation de l'aversion comme pratique
Le developpement moteur et social
(nouveau-nes a 3 ans) a ete evalue a l'aide
de la Motor and Social Development (MSD)
Scale (l'Echelle de developpement moteur et
social [DMS]). Cette echelle a 6t6 developpee
par le Dr Gail Poe du U.S. National Center for
Health Statistics. 126chelle DMS est une
mesure basee sur un compte rendu des
parents; elle comporte 15 questions visant a
evaluer les dimensions du developpement
moteur, social et cognitif des enfants. Les
resultats standardises qui en resultent ont une
mediane de 100.
127
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
parentale) decrit comment les parents reagissent
lorsque leur enfant enfreint le reglement. Les
pratiques parentales utilisant l'aversionsignifie que
leurs comportements prosociaux et a manifester et recevoir des marques d'affection.
le parent dit a ('enfant d'arreter, qu'il slave la voix
et qu'il a recours aux punitions corporelles, au lieu
de discuter calmement du probleme ou de decrire
d'autres facons d'agir qui sont acceptables. Pour
les enfants ages de 0 a 23 mois, on n'a evalue
que les interactions positives et les pratiques
parentales hostiles ou inefficaces.
4.
Le temperament difficile : Le temperament
difficile a ete mesure par une question unique :
«Veuillez evaluer le degre de difficulte general
que peut presenter pour la moyenne des
parents». L'echelle comporte sept degres
allant de 1 («tits facile») a 7 («tits difficile»)
en passant par 4 («ordinaire, quelques
problemes»). Les enfants pour qui la PCM a
donne un resultat de 5 a 7 etaient consideres
comme ayant des temperaments difficiles.
5.
Les problemes prenataux : Les problemes
prenataux ont ete evalues en posant la
question suivante a Ia mere : «Pendant que
vous etiez enceinte de ..., avez-vous eu I'un
des problemes suivants : diabete gestationnel,
hypertension arterielle, autres problemes de
sante ?» Le resultat 1 a ete attribue pour
chaque probleme prenatal mentionne. Un
resultat de 3 signifiait que la repondante avait
eprouve chacun des trois problemes prenataux mentionnes, tandis qu'un resultat de 0
signifiait que la repondante n'avait eprouve
aucun probleme prenatal.
Les facteurs de risque
Toute une gamme de questions ont servi a recueillir
['information sociodemographique de l'enquete.
Plusieurs questions ont ete adaptees de l'Enquete
sur la population active (EPA) de Statistique
Canada et des questions du Recensement de
1991. Les autres renseignements ont ete recueillis
a l'aide des mesures suivantes :
1.
Centre for Epidemiological StudiesDepression Scale (CES-D Scale) (Echelle
de depression du centre d'etude epidentiologique [Echelle CES-D]) : On a utilise une
version abregee de l'echelle de depression
CES-D 2 pour mesurer Ia frequence des
symptornes depressifs chez la personne qui
connait le mieux ('enfant (PCM). Les resultats
obtenus avec cette echelle indiquent que le
sujet n'est pas depressif, qu'il souffre d'une
legere depression, d'une depression moderee
ou d'une depression grave. Un resultat de 13
ou plus obtenu avec cette version abregee de
l'Echelle de depression CES-D indique, dans
le present travail, que le sujet souffre d'une
depression de moderee a grave.
2.
3.
Bibliographie
1. Strayhorn, J. M. et C. S. Weidman. «A parent
practices scale and its relation to parent and
child mental health» dans Journal of Academy
of Child and Adolescent Psychiatry, vol. 27,
1988, p. 613-618.
2.
L'echelle du soutien social : Le niveau de
soutien social pour Ia PCM a ete evalue au
moyen d'une version abregee de la Social
Provisions Scale. 3 Dans le present travail, un
resultat de 9 ou moins indique un niveau faible
de soutien social.
Radloff, L. S. «The CES-D scale: a self report
depression scale for research in the general
population» dans Applied Psychological
Measurement, vol. 1, 1977, p. 385-401.
3. Cutrona, C. E. et D. W. Russel. «The provision
of social relationship and adaptation to stress»
dans Advances in Personal Relationship, vol.
1, 1989, p. 37-67.
L'echelle d'evaluation de la famille : Ce
questionnaire en 12 points est derive de la
McMaster Familiy Measure (l'Echelle de
mesure de Ia famille McMaster) pour mesurer
les dysfonctions familiales. Un resultat de 15
points ou plus indique un mauvais fonctionnement de la famille. Une famille dysfonctionnelle a ete definie comme une famille of les
membres avaient de Ia difficulte a resoudre
les problemes, a communiquer, a maitriser
128
Enqu8te longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 2. toads types et karts moyensa des facteurs studies dans le travail de recherche
0 a 23 mois
(n = 3 677)°
2 a 3 ans
(n = 3 868)°
4 a 11 ans
(n r. 15 286)b
Resultats chez ('enfant
Ensemble des relations sociales [1-5]'
Relations Autres enfants [1-5]
Relations Professeur [1-5]
Relations Parent [1-5]
Relations Freres et soeurs [1-5]
Amis et famille Bonne entente [0-16]
Amis et famille Pairs [0-16]
Developpement moteur et social
Comportement prosocial [0-10]40-201e
Vocabulaire compris (EVIP/PPVT)
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
standardise dans
la presente etude
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
standardise dans
la presente etude
5,2 (2,8)
S.O.
17,3 (3,1)
1,5 (1,7)
S.O.
S.O.
1,3 (2,6)
9,1 (3,9)
14,2 (3,5)
9,2 (2,4)
12,8 (3,1)
9,1 (3,9)
14,9 (3,4)
8,8 (2,1)
12,3 %
3,3 %
27,3 %
3,6 %
7,0 %
9,2 %
8,3 %
5,1 %
6,9 %
4,4 %
29,0 %
16,7 %
3,8 %
27,0 %
3,4 %
6,7 %
10,1 %
9,7 %
2,7 %
8,1 %
5,9 %
S.O.
16,3
4,4%
23,4 el/0
3,4 %
7,8 %
9,5
8,2 %
2,7 %
12,8 %
S.O.
S.O.
5,5 %
4,4 %
3,4 %
Variables relives aux pratiques parentales
Interactions positives [0-20]
Noshlite [0-8]/[0-28]°
Coherence de ('education [0-20]
Pratiques parentales utilisant ('aversion [4-20]
4,4 (0 ,6)
4,5 (0 ,7)
4,7 (0 ,6)
4,4 (0 ,7)
3,8 (0 ,9)
11,4 (2,9)c
12,7 (2,9)c
S.O.
12,3 (3,9)
standardise dans
la presente etude'
Facteurs de risque
Famille monoparentale
Famille d'un parent adolescent'
Famille a faible revenu
Faible soutien social
Faible scolarite de la PCM'
Depression de la PCM
Famille dysfonctionnelle
Nouvel immigrants
4 enfants ou plus dans la famille
Temperament difficile
Probleme prenatal
Pourcentage des enfants is risquesk (taux global de 3,9%)
' Les starts types sont entre parentheses.
° Les n sont ponderes a 1'a/de de facteurs de ponderation modifies provenant de rechantillon de 22 831 personnes de l'ELNEJ.
o Les registres des echelles sont inscrits entre crochets H.
o La bonne entente of les pairs sont deux dimensions des mesures d'autoevaluation .Amis et famille. pour les enfants de 10 a 11 ans seulement, avec un facteur
de ponderation de rechantillon transforms de n = 3 891.
o Le comportement prosocial est evalue a /'aide de deux echelles distinctes pour les enfants de 2 of 3 ans et pour les enfants de 4 a 11 ans, respectivement
' L'EVIP/PPVT est une note standardise evaluee pour les enfants de 4 of 5 ans seulement, avec un facteur de ponderation de rechantillon transforms de
n = 3 452.
o L'interaction positive of l'hostilite sont evaluees a /'aide de deux echelles distinctes pour les enfants de 0 a 23 mois et pour les enfants de 2 a 11 ans,
respectivement.
• Selon la definition, une famille est une famille de parent adolescent lorsque la personne qui connait le mieux ('enfant (PCM) &all agee de 19 ans ou moins a la
naissance de l'enfant
' La faible scolarite de la PCM designs une situation ou la personne qui connatt le mieux /'enfant n'a pas plus de neuf ans de scolarite a son actit
Nouveaux immigrants design ceux qui sont au Canada depuis moins de 5 ans.
g Pourcentage de l'Echantillon ponderd ayant quatre facteurs de risque ou plus.
S.O.: Sans objet.
Source : ELNEJ
129
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 3. Relations sociales des enfants ages de 4 a 11 ans (%)
Tres bien,
aucun
probleme
Plutbt bien,
presque aucun
probleme
Plutot bien,
problemes
occasionnels
Pas tits bien,
problemes
frequents
Autres enfants (n = 14 986)
59,5
29,2
10,3
Professeurs (n = 13 531)
Parents (n = 15 039)
77,5
15,5
58,0
27,0
29,8
33,2
5,4
11,3
33,4
0,9
1,1
0,8
5,6
Freres et scours (n = 13 216)
Estimations moms fiables
Source : ELNEJ
Pas bien du tout,
problemes
constants
Total
0,2m
0,1""
100,0
100,0
0,1M
0,8
100,0
100,0
a cause de la forte variabilite d'echantillonnage.
Annexe 4. Comportement prosocial des enfants
B. Enfants de 4 a 11 ans
A. Enfants de 2 a 3 ans
Pourcentage d'enfants
15
Pourcentage d'enfants
15
10
10
5
0
2
4
6
Resultat total
10
8
6 8 10 12 14 16 18 20
Resultat total
4
0 2
Source .• ELNEJ
Annexe 5. L'entente avec les autres et les relations avec les pairs
B. Les relations avec les pairs :
A. L'entente avec les autres :
enfants de 10 a 11 ans
enfants de 10 a 11 ans
Pourcentage d'enfants
20
Pourcentage d'enfants
14
12
15
10
8
10
6
4
2
0
0
2
4
8
10
6
Resultat total
12
14
16
2
4
10
6
8
Resultat total
Source : ELNEJ
13 0 .
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
12
14
16
Annexe 6. Sexe et resultats chez l'enfant
Sexe de
l'enfant
Amis et famille
Ensemble des
relations sociales'
Comportement
prosocial
Entente
avec les autres
Relations
avec les pairs
2a3
ans.
4 311
ans'
Ddveloppement
moteur et
social'
Vocabulaire
compris'
Masculin
4,3
11,4
12,4
4,7
11,6
97,7
98,1
Ferninin
4,4
11,4
13,0
5,7
13,1
102,0
99,9
Les comparaisons avec analyse de variance a un critere de classification sont signfficatives pour les valeurs de p 5 0,05.
Source : ELNEJ
Annexe 7.
Age et resultats chez l'enfant
Age de ['enfant
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
Ensemble des
relations sedates°
Comportement prosocial
Amis et famille
Bonne entente
avec les autres
Relations avec
les pairs
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
11,3
11,4
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
12,6
12,8
S.O.
S.O.
4,5
4,4
4,4
4,4
4,3
4,3
4,3
4,3
2a3
ans ,
4 311
ans'
4,6
5,8
10,8
11,8
12,2
12,7
12,6
12,7
13,1
13,1
Note : Le developpement moteur et social et le vocabulaire compris ne sont pas compares en fonction de rage parce que dans cette enquete, ils sont standardises en
fonction de Page.
Les comparaisons par analyse de variance é un critere de classification sont significatives pour les valeurs de p 5 0,05.
S.O.: Sans objet.
Source: ELNEJ
Annexe 8. Correlations entre les pratiques parentales et les relations sociales, le developpement
moteur et social, le comportement prosocial et le vocabulaire compris
Pratiques
parentales
Interaction positive
Hostilite
Coherence
Pratiques parentales
utilisant reversion
Ensemble des
relations sociales
Amis et famille
Comportement
prosocial
Ddveloppement
moteur et social
Vocabulaire
compris
Bonne
entente avec
les autres
Relations
avec les pairs
2a3
ans
4 311
ans
0 A 23
mole
2a3
ans
0,240
0,101
0,074
0,165
0,179
0,228
0,175
0,069
-0,487
-0,223
-0,155
-0,021
-0,235
0,072
-0,073
-0,035
0,132
0,052
0,056
0,114
0,163
0,096
0,146
-0,320
-0,155
-0,111
-0,167
-0,238
-0,176
-0,041
Note : Tous les coefficients de correlation sont significatifs pour les valeurs de p 5 0,05.
Source : ELNEJ
1.3t
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 9. Comparaison des moyennes des resultats chez ('enfant pour certaines variables de
risque
Ensemble des
relations
sociales
Amis et famille
Bonne
entente
Facteurs de risques
4 311 ans
n = 11 953
Developpement Vocabulaire
compris
moteur et social
Comportement
prosocial
Pairs
10 A 11 ans
n = 3 096
n = 3 393
283 ans
4811 ans
083 ans
4
5 ans
n = 3 410
n = 14 605
n = 6 778
n = 3 422
Parents celibataires
Parents non celibataires
4,2a
4,4
9,6'
11,7
12,4a
12,8
5,6a
5,1
12,1 a
12,4
100,9
99,9
95,7 3
100,1
Parents adolescents
Parents non adolescents
4,3 3
4,4
11,3
11,4
12,4
12,7
5,7a
5,2
12,7'
' 12,3
101,4
100,0
93,9'
99,7
Faible revenu
Revenu plus eleve
4,3'
4,4
10,9a
11,5
12,4a
12,8
5,4 3
5,1
12,2
12,4
99,5
100,2
94,5'
101,1
Soutien faible
Soutien plus eleve
4,2a
4,4
10,5'
11,4
12,8
12,7
• 5,0
5,2
11,7a
12,4
95,5 3
100,1
93,5°
99,7
Faible scolarite de la PCM
Meilleure scolarite de la
PCM
4,4
11,8a
12,9
5,2
11,6a
98,4°
89,5'
4,4
11,3
12,7
5,2
12,4
100,1
100,1
PCM depressive
PCM non depressive
4,1 a
4,4
9,9a
11,5
12,1a
12,8
5,7'
5,2
12,2
12,4 .
98,0'
100,2
93,4"
100,0
Famille dysfonctionnelle
Famille fonctionnelle
4,1'
4,4
10,4'
11,5
11,6'
12,8
5,0
5,2
11,3'
12,4
98,0'
100,2
92,8'
100,1
Immigrants recents
Immigrants non recents
4,6a
4,4
12,7' •
11,4
12,5'
12,7
5,0
5,2
12,4
12,4
98,7
100,1
93,4'
99,6
4 enfants ou plus
3 enfants ou moins dans
le menage
4,4a
11,5
12,5
5,0
12,3
4,3
11,4
12,7
5,2
12,4
Temperament difficile
Temperament non difficile
S.O.
S.O.
S.O.
, S.O.
S.O.
S.O.
4,2a
5,1
S.O.
S.O.
Probleme prenatal
Pas de probleme prenatal
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
4,0'
10,0'
12,0 ,
5,4.
11,5a
4,4
11,4
12,7
5,2
12,4
4 facteurs de risque
ou plus
3 facteurs de risque
ou moins
.
98,4'
100,1
95,0'
99,9
100,2
100,2
97,9'
100,1
• p 5 0,05 selon les resultats de l'analyse de la variance.
° Cette comparaison dolt etre consideree avec precaution puisque le coefficient de variation est de 19,3 % en raison du nombre restreint d'immigrants recents
dans rechantillon.
5.0.: Sans objet.
Source : ELNEJ
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
96,1'
99,8
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
85,9'
99,8
Annexe 10. Analyses de regression des resultats chez l'enfant a ('aide des facteurs de risque
familiaux et des variables lives aux pratiques parentales
Ensemble
des relations
sociales
n
Amis et Famille (10 811 ans)
Bonne
entente
11 502
n = 2 962
Comportement prosocial
Developpement
moteur et social
Pairs
283 ans
4 811 ans
n = 3 246
n = 3 275
n
14 100
n = 3 517
Vocabulaire
compris
(EVIP/PPVT)
n = 3 354
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
beta
-0,059
-0,041
-0,255
-0,240
-0,053
-0,043
0,041
0,057
-0,036
-0,031
0,056
0,070
n.s.
n.s.
Facteurs de risque famIllaux
Famille monoparentale
Famille de parent
adolescent
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
0,020
0,023
n.s.
0,040
n.s.
n.s.
Famille A faible revenu
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
-0,020
-0,092
-0,091
-0,119
-0,098
-0,022
-0,025
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
-0,029
-0,026
-0,069
-0,070
-0,041
-0,042
Famille A faible soutien
social
Faible scolarite des
parents
0,040
0,031
0,092
0,082
n.s.
0,037
n.s.
n.s.
-0,054
-0,042
-0,062
-0,051
-0,126
-0,111
PCM depressive
-0,112
-0,076
-0,100
-0,075
-0,041
n.s.
0,059
0,062
0,026
0,062
n.s.
n.s.
-0,056
-0,048
Famille dysfonctionnelle
-0,058
n.s.
n.s.
n.s.
-0,090
-0,071
n.s.
n.s.
-0,076
-0,032
-0,038
n.s.
-0,080
-0,069
Immigrants recents
0,053
0,033
0,051
0,052
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
-0,018
n.s.
n.s.
-0,041
-0,041
4 enfants ou plus
0,026
0,047
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
n.s.
-0,050
-0,056
Temperament difficile
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
-0,117
-0,110
S.O.
S.O.
-0,076
-0,053
S.O.
S.O.
Probleme prenatal
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
S.O.
-0,073
-0,029
n.s.
n.s.
-0,102
-0,092
-0,173
-0,175
-0,181
-0,166
-0,209
-0,211
n.s.
A.S.
Variables de contrele
Enfant de sexe masculin
Variables lilies aux
pratiques parentales
Interactions positives
0,124
n.s.
n.s.
0,135
0,109
0,125
Hostilite
-0,409
-0,143
-0,100
0,169
-0,112
0,090
n.s.
Coherence
-0,031
-0,045
n.s.
0,124
0,097
0,064
0,098
Utilisation de ('aversion
-0,063
-0,079
n.s.
-0,170
-0,125
-0,151
n.s.
R au carre raluste
Changement de R au
carre
0,047
0,271
0,224
0,095
0,129
0,034
0,026
0,041
0,015
0,051
0,114
0,063
0,043
0,127
0,084
Note : Tous les coefficients prdsentes sont statistiquement significatifs pour les valeurs de p s' 0,05.
n.s. = statistiquement non significatif.
S.O.: Sans objet.
Source : ELNEJ
133'
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
0,072
0,115
0,043
0,036.
0,070
0,079
0,009
Problemes affectifs et comportementaux
David R. Offord et Ellen L. Lipman
Introduction
Les problemes affectifs et comportementaux chez
les enfants sont Ia source d'une enorme quantite
de, souffrances. 1 Selon l'Ontario Child Health Study
(l'Etude sur la sante des enfants de ('Ontario), une
enquete communautaire realisee en 1983 a
l'echelle de cette province aupres d'enfants et
d'adolescents ages de 4 a 16 ans, Ia frequence
des cas impliquant un ou plusieurs troubles mentaux se chiffrait a 18,1 %. 2 Non seulement les
enfants aux prises avec ces troubles presentent
des symptornes et des comportements conflictuels, mais selon la documentation existante,
l'apparition de ces troubles au cours de l'enfance
annonce dans de nombreux cas une vie entiere
de perturbations psychosociales graves. Par
exemple, pits de Ia moitie des enfants ayant des
troubles des conduites ou un comportement antisocial ont davantage de problemes de criminalite,
de psychopathie et de toxicomanie a ('adolescence
et a ('age adulte. 3.4 En outre, la repartition des
problemes affectifs et comportementaux chez les
enfants vane selon le niveau de revenu de leur
famille et d'autres caracteristiques sociodemographiques." Enfin, les troubles mentaux
chez les enfants surviennent rarement seuls, 6'7 et
ils accompagnent souvent d'autres problemes tels
que le pietre rendement scolaire et Ia mesadaptation sociale."
et Ia mesadaptation sociale. Nous y presentons
aussi Ia repartition de ces problemes selon le
niveau de revenu ainsi que leur cooccurrence.
Method°logie
L'ELNEJ est une enquete longitudinale qui porte
sur un echantillon aleatoire de 22 831 enfants du
Canada. Ses objectifs principaux sont a la fois
scientifiques et lies aux politiques.
Du point de vue scientifique, nous esperons
que ('information ameliorera Ia comprehension de
la repartition des problemes et des facteurs positifs
ou protecteurs au sein de differents sous-groupes
d'enfants et d'adolescents. Nous esperons aussi
qu'elle ameliorera la comprehension des mecanismes qui menent a l'apparition, a la persistance, a
la remission et & la reoccurrence de ces problemes
et des facteurs protecteurs au cours des annees
de developpement.. Du point de vue des politiques,
les donnees mettront en lumiere des questions
cruciales sur la justification de Ia repartition de
ressources de plus en plus rares entre divers sousgroupes d'enfants au Canada pour maximiser leur
chance de se developper sainement.
Les donnees seront recueillies tous les deux
ans; Ia premiere vague de collecte de donnees
(Cycle 1), sur laquelle ce travail de recherche est
fond& a eu lieu au cours de l'hiver 1994-1995.
Dans le present travail de recherche, nous
nous servons des donnees tirees de l'Enquete
longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
(ELNEJ) pour examiner, par sous-groupe d'age et
de sexe, Ia frequence de chacun des sympt6mes
des troubles affectifs et comportementaux, les taux
de prevalence de ces troubles et d'autres
problemes, notamment le redoublement scolaire
Les details methodologiques de ('enquete sont
exposés a ('Annexe technique a Ia fin de cette
publication; nous discuterons ici des points particuliers a cette recherche.
135
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
Les donnees utilisees dans le present travail de
recherche sont celles fournies par le membre du
menage qui connait le mieux ('enfant (PCM),
habituellement la mere.
et le sexe. 2 Un autre travail de recherche base sur
I'ELNEJ, qui paraitra plus tard, examinera les taux
de prevalence et la distribution de chacun des
troubles selon l'age et le sexe a l'aide de seuils
tires de recherches cliniques, pour indiquer Ia
presence ou l'absence d'un trouble. 10,12
Variables
A redouble une armee
Problemes affectifs et comportementaux
L'enfant a redouble au moins une armee depuis
qu'il frequente recole. Cette variable a pu etre
evaluee pour les enfants ages de 6 a 11 ans
seulement.
Repondant
Nous avons inclus trois troubles sous cette
rubrique generale.
Mesadaptation sociale
Trouble des conduites : caracterise par une
agression physique ou indirecte, ou par une
infraction aux normes sociales.
L'enfant a eu frequemment ou constamment des
problemes a s'entendre avec les autres, c'est-edire avec ses amis, ses compagnons de classe,
ses enseignants ou sa famille.
Hyperactivite : caracterisee par ('inattention,
rimpulsivite et ractivite motrice.
Un ou plusieurs problemes
Trouble affectif : caracterise par un sentiment
d'anxiete ou de depression.
L'enfant a eprouve un ou plusieurs des problemes
suivants : un ou plusieurs troubles affectifs ou des
conduites, a redouble une armee ou presente des
difficultes d'adaptation sociale. Cette variable a pu
etre determinee pour les enfants de 6 a 11 ans
seulement.
Un ou plusieurs troubles: un ou plusieurs des
troubles suivants : trouble des conduites,
hyperactivite ou trouble affectif.
On s'est servi d'echelles déjà existantes pour
mesurer chacun des troubles. 3,1 ° Les questions qui
ont servi a mesurer les troubles des conduites,
l'hyperactivite et les troubles affectifs sont
enumerees respectivement aux tableaux 1, 2 et
3. On a fixe des seuils permettant de determiner
la presence ou l'absence d'un trouble particulier
en faisant la somme des reponses aux differentes
questions (1 = «quelquefois ou un peu
2 = «souvent ou tits vrai») et en etablissant un
seuil de facon a ce qu'il y ait 10 % des enfants
ayant un score superieur au seuil; ceux-ci etaient
consideres comme etant touches par le trouble a
mesurer. Ces seuils arbitraires etablis pour les
troubles ont donne un taux de prevalence de
20,7 %. Ce resultat correspond aux taux de
prevalence obtenus dans des echantillons preleves
de cinq communautes, ou les taux variaient de
17,6 % a 22,0 %."
Niveau de revenu
Les quatre categories de niveau de revenu* ont
ete fondees sur Ia methode employee par
Statistique Canada pour calculer le seuil de faible
revenu (SFR) 73. Cette definition comprend une
correction du niveau de revenu selon la taille de Ia
famille et le lieu de residence. Les quatre
categories sont definies ci-apres.
Tres pauvre : comprend les enfants qui vivent
dans des families dont le revenu familial rajuste
se situe en deca de 75 % du SFR. Les
pourcentages d'enfants ages de 4 a 7 ans et de 8
a 11 ans inclus dans cette categorie etaient
respectivement de 15,9 % et de 13,2 %. Dans les
grandes regions urbaines qui comptent des
populations superieures a 500 000 habitants (par
exemple Montreal, Toronto et Vancouver), le
revenu annuel d'un menage de quatre personnes
serait inferieur a 23 303 $.
Le seuil de 10 % etabli pour rechantillon
complet permet d'examiner les fluctuations dans
les taux de prevalence des troubles individuels
selon rage et le sexe. Cependant, rutilite de ce
seuil est tres limitee. Par exemple, it ne permet
pas de determiner les differences dans les taux
de prevalence pour chacun des troubles selon rage
* Voir ,,Ratio de revenu dans le Glossaire de lAnnexe technique
pour des renseignements sur la qualite des donnEes relatives aux
niveaux de revenu.
136
EnquOte longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
D'apres le tableau 1, la frequence des
symptomes d'agression physique etait plus elevee
chez les garcons que chez les filles, pour tous les
sous-groupes sauf une exception. Cette exception
concerne les enfants de 8 a 11 ans 01.1, pour le
symptome "menace les autres», le taux etait plus
Cleve pour les filles que pour les gargons
(respectivement 1,2 % et 0,7 %). En outre, dans
toutes les comparaisons selon rage chez les
garcons, le taux de prevalence des symptomes
dans le groupe des 4 a 7 ans (groupe des plus
jeunes) Malt plus Cleve que dans celui des 8 a
11 ans (groupe des plus ages).
Pauvre: comprend les enfants qui vivent dans des
families dont le revenu rajuste est de 75 % a 100 %
du SFR. Les pourcentages d'enfants ages de 4 a
7 ans et de 8 a 11 ans inclus dans cette categorie
etaient respectivement de 9,3 % et de 8,1 %. Dans
les grandes regions urbaines, le revenu annuel
d'un ménage de quatre personnes se situerait
entre 23 303 $ et 31 071 $.
Revenu suffisant : comprend les enfants qui
vivent dans des families dont le revenu rajuste est
jusqu'a 25 % superieur au SFR. Les pourcentages
d'enfants ages de 4 a 7 ans et de 8 a 11 ans inclus
dans cette categorie etaient respectivement de
10,4 % et de 10,1 %. Dans les grandes regions
urbaines, le revenu annuel d'un ménage de quatre
personnes se chiffrerait entre 31 072 $ et 38 838 $.
Chez les filles, cette tendance n'etait pas aussi
marquee : dans seulement 2 des 6 comparaisons,
les taux de prevalence etaient plus Cleves dans le
groupe des plus jeunes que dans le groupe des
plus agees. En ce qui concerne quatre des
symptomes, — "se bagarre souvent», "attaque
physiquement les autres», "menace les autres»
et "frappe, mord et donne des coups de pied a
d'autres enfants» —, la frequence tendait
augmenter avec l'age chez les filles.
Revenu confortable : comprend les enfants qui
vivent dans des families dont le revenu rajuste est
superieur d'au moins 25 % au SFR. Les
pourcentages d'enfants ages de 4 a 7 ans et de 8
A 11 ans inclus dans cette categorie etaient
respectivement de 64,3 % et de 68,7 %. Dans les
grandes regions urbaines, le revenu annuel d'un
menage de quatre personnes serait de 38 839 $
ou plus.
Pour ce qui est de l'agression indirecte, le
tableau 1 montre que, dans le groupe des plus
jeunes, les taux de prevalence etaient plus Cleves
chez les filles que chez les garcons dans le cadre
de 4 des 5 comparaisons; dans le groupe des plus
ages, les taux de prevalence etaient plus Cleves
chez les filles pour les 5 comparaisons. Par exemple, en ce qui concerne le symptome «lorsqu'il/
elle est fache/e contre quelqu'un, devient ami/e
avec un autre pour se venger», les frequences
etaient tres semblables pour les filles et pour les
garcons dans le groupe des plus jeunes
(respectivement 1,9 % et 1,3 %), tandis que dans
le groupe des plus ages, ce symptome etait trois
fois plus frequent chez les filles que chez les
garcons (respectivement 2,4 % et 0,8 %). La
frequence des symptomes s'accroissait avec l'age
chez les deux sexes, mais davantage chez les
filles.
Analyse statistique
La signification statistique des donnees du
graphique 1 a ete determinee en utilisant le test
chi came et retablissement de la tendance lineaire.
La signification statistique des differences dans les
taux de prevalence selon l'age et le sexe n'est pas
signalee pour chacun des symptomes ou des
troubles. Etant donne la grande taille de
rechantillon, it importe de savoir si les differences
sont ou ne sont pas cliniquement importantes ou
significatives.
Resu Rats
En ce qui concerne le troisieme groupe de
symptomes — les infractions contre les biens
les taux de prevalence de ces comportements
etaient faibles; ni les differences selon le sexe ni
les differences selon rage n'etaient marquees, a
('exception du symptome "detruit ses propres
choses», 00 encore le groupe des plus jeunes et
celui des garcons tendaient a obtenir des
frequences plus elevees.
Sympt6mes individuels
Les tableaux 1 a 3 presentent les donnees sur la
frequence des symptomes de troubles des
conduites, d'hyperactivite et de troubles affectifs
selon l'age et le sexe. Dans chaque cas, les
frequences signalees correspondent a la categorie
de reponse 2 ("souvent ou tres vrai»).
137
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
Enfin, jl serait bon de noter que, dans
Le tableau 2 presente les frequences Hoes aux
symptomes d'hyperactivite. Les taux de prevalence
etaient beaucoup plus eleves que dans le cas des
troubles des conduites. Pour 24 des 32 (75 %) cas
(huit symptomes pour chaque groupe d'age et de
sexe), les frequences depassaient 5 %. Dans
toutes les comparaisons, les frequences etaient
plus elevees chez les garcons que chez les filles.
La difference la plus marquee entre les garcons et
les filles concernait le sympt6me «se laisse
distraire, a de la difficulte a poursuivre une activite
quelconque ,, , pour lequel le ratio garcons-filles
dans le groupe des plus jeunes etait de 2,2:1
(respectivement 11,1 % et 5,1 % pour les garcons
('ensemble, la frequence des symptomes de
troubles des conduites etait faible : pour les trois
quarts (75 %) d'entre eux, elle etait inferieure a
2 %. Cette frequence ne depassait les 5 % que
dans quatre cas seulement (8 %). Trois de ces cas
concernaient le symptorne «lorsqu'un autre enfant
lui fait mal accidentellement, il/elle suppose que
cet enfant l'a fait expres et reagit avec colere»,
pour lequel le taux de prevalence etait superieur a
5 % dans tous les groupes, sauf chez les filles plus
agees. Le quatrieme cas avait trait au symptorne
«se bagarre souvent”, qui correspondait a un taux
de 5,1 % chez les plus jeunes garcons.
Tableau 1. Frequence des symptOmes de troubles des conduites selon rage et le sexe
Groupes d'age et sexe
8-11 ans
4-7 ans
Garcons
Filles
Garcons
"Yo
Filles
5,1
3,2
4,7
3,8
7,2
1,9m
1,1m
5,5
0,5u
0,8m
6,9
1,7m
0,7m
4,4
0,7m
1,2m
1,1m
1,6M
0,5u
0,4u
0,6m
1,1M
0,4u
0,5u
1,5M
1,8M
1,8M
2,8
1,3M
1,9M
0,8m
2,4
1,6M
1,6m
2,2
2,3
1,5M
2,3
1,5M
2,8
1,0m
1,9M
1,1M
2,0m
0,7m
0,3u
0,1u
3,8
0,5u
0,1u
0,3u
1,6M
0,9m
0,4u
0,1u
2,6
0,4u
0,2u
0,1u
1,2M
1,4M
0,4u
0,7m
0,3u
Agression physique
Se bagarre souvent
Lorsqu'un autre enfant lui fait mal accidentellement (par exemple
en le bousculant), il/elle suppose que cet enfant l'a fait expres
et reagit avec colere
Attaque physiquement les autres
Menace les autres
Est cruel/le envers les autres, les brutalise et fait preuve de
mechancete
Donne des coups de pied a d'autres enfants, les mord ou les
frappe
Agression indirecte
Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, essaie d'entrainer les
autres a detester cette personne
Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, devient ami/e avec un
autre pour se venger
Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, raconte de vilaines
choses a l'insu de l'autre
Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, incite les autres a ne pas
accepter cette personne dans leur groupe
Lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, devoile les secrets de
cettepersonne a quelqu'un d'autre
Infractions contre les biens
Vole des objets a la maison
Se livre au vandalisme
Vole des objets a l'exterieur de la maison
Detruit ses propres choses
Detruit des choses qui appartiennent a sa famille ou a d'autres
enfants
Etant donne que les faux de prevalence sont faibles, les estimations sont instables; it conviendra de les utiliser avec une ties grande circonspection.
u Les estimations ne repondent pas aux normes de qualite de Statistique Canada. Les conclusions firees de ces donnees ne sauraient etre fiables et seront fort
probablement erronees.
Source : ELNEJ
138
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
Tableau 2. Frequence des symptennes d'hyperactivite selon rage et le sexe
Groupe d'age et sexe
4-7 ans
8-11 ans
SymptOrne
Ne peut rester en place, est agite/e ou hyperactif/ve
Remue sans cesse
Se laisse distraire, a de la difficulte a poursuivre une activite
quelconque
Est incapable de se concentrer, ne peut maintenir son attention
pendant une longue periode
Est impulsif/ve, agit sans reflechir
A de la difficulte a attendre son tour dans un jeu ou en groupe
A de la difficulte a rester tranquille pendant plus de quelques instants
Est innattentif/ve
Garcons
Filles
Garcons
Filles
24,7
19,5
17,0
13,0
21,6
20,2
14,4
12,9
11,1
5,1
14,0
8,2
7,9
10,6
15,6
8,0
3,8
3,7
5,2
10,5
4,6
2,0m
10,5
11,3
9,8
6,9
5,4
4,9
7,6
6,0
3,8
2,8
M Etant donne que les taux de prevalence sont faibles, les estimations sont instables : it conviendra de les utiliser avec une tres grande circonspection.
Source : ELNEJ
et pour les filles). Les variations de frequence selon
rage ne montraient aucune tendance claire. Tant
chez les garcons que chez les filles, les taux de
prevalence augmentaient avec rage dans le cas
de quatre des huit symptornes. Dans presque tous
les cas, les changements dans les frequences
n'etaient pas prononces. Le changement le plus
marque avait trait au symptorne «a de la difficulte
a attendre son tour dans un jeu ou en groupe»,
pour lequel le taux de prevalence passait de
15,6 % chez les jeunes garcons a 9,8 % chez les
garcons plus ages, une reduction de plus du tiers
(37 %).
Le tableau 3 illustre Ia frequence des symptomes de trouble affectif selon rage et le sexe.
Comme pour les troubles de conduite, la majorite
(82 (3/0) des pourcentages exprimant Ia frequence
des symptomes se situaient en dega de 5 %. Les
symptornes les plus communs etaient «est inquiet/
ate» chez les filles plus &gees (8,1 %) et «pleure
beaucoup» chez les filles plus jeunes (7,4 %).
Dans le groupe des plus jeunes, les taux de
prevalence etaient plus eleves chez les garcons
que chez les filles dans six cas sur huit. La
difference la plus marquee entre les garcons et
les filles avait trait au symptome «n'est pas aussi
Tableau 3. Frequence des symptarnes de troubles affectifs selon l'age et le sexe
Groupes d'age et sexe
4-7 ans
8-11 ans
Symptome
Garcons
%
Semble malheureux/se, triste ou deprime/e
N'est pas aussi heureux/se que les autres enfants
Est trop craintif/ve ou angoisse/e
Est inquiete
Pleure beaucoup
Est nerveux/se ou tres tendu/e
A de la difficulte A s'amuser
Semble triste, malheureux/se, pre s des larmes ou bouleverse/e
0,9m
2,1M
3,8
3,3
5,3
3,4
0,9m
1,3M
Filles
0,8M
0 , 5U
3,7
3,3
7,4
2,0M
0,8M
0,8M
Garcons
%
Filles
%
1,7m
2,5
4,9
6,4
4,2
4,6
1,2m
1,1m
M Etant donne que les faux de prevalence sont faibles, les estimations sont instables; it conviendra de les utiliser avec une tres grande circonspection.
u Les estimations ne repondent pas aux normes de qualite de Statistique Canada. Les conclusions &des de ces donnees ne sauraient etre fiables of seront fort
probablement erronees.
Source : ELNEJ
139
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
1,2M
2,6
4,9
8,1
5,7
4,3
1,5m
2,1M
En ce qui concerne les problemes affectifs et
comportementaux, le taux de prevalence le plus
eleve a ete observe chez les garcons ages de 8 a
11 ans (26,0 %) et le plus faible, chez les filles
agees de 4 a 7 ans (16,0 %). Chez les garcons
des deux groupes d'age, rhyperactivite Malt le
trouble le plus commun, suivi par les troubles des
conduites. La frequence des troubles affectifs
augmentait de facon significative entre le groupe
des plus jeunes garcons et celui des garcons plus
ages (de 6,1 % A 11,8 %).
heureux/se que les autres enfants», pour lequel
le taux de prevalence enregistre chez les garcons
etait quatre fois celui des filles (respectivement
2,1 % et 0,5 %). Dans le groupe des plus ages,
les frequences etaient plus elevees chez les filles
que chez les garcons dans cinq cas sur huit, mais
les differences n'etaient pas marquees.
D'apres les comparaisons selon rage, les taux
de prevalence des symptomes augmentaient
presque toujours avec l'age. Une des seules
exception avait trait au symptome “pleure
beaucoup», pour lequel les taux de prevalence
diminuaient avec rage (de 5,3 % a 4,2 % pour les
garcons et de 7,4 % a 5,7 % pour les filles). On a
observe la hausse la plus marquee avec l'age dans
le cas du symptorne <cest inquiet/Ate», pour lequel
la frequence a plus que double avec rage chez
les filles (3,3 % et 8,1 %).
Chez les filles, les troubles des conduites
etaient plus communs que rhyperactivite, et ce,
dans les deux groupes d'age; par contre, les
troubles affectifs chez les filles de 8 a 11 ans
avaient la prevalence la plus elevee (11,3 %).Tous
les taux de prevalence des troubles etaient plus
eleves chez les garcons que chez les filles. La
difference la plus marquee concernant rhyperactivite etait dans le groupe des plus jeunes, 0121 le
taux de prevalence Malt deux fois plus eleve chez
les garcons que chez les filles (respectivement
14,0 % et 6,1 %).
Problemes affectifs et comportementaux, redoublement d'une armee
scolaire et mesadaptation sociale
Le tableau 4 presente les donnees sur la frequence
des problemes affectifs et comportementaux selon
l'age et le sexe. Comme nous l'avons mentionne
precedemment, nous avons determine de facon
arbitraire la presence des divers troubles (troubles
des conduites, hyperactivite et troubles affectifs)
en definissant un seuil de 10 % au-dessus duquel
se trouvaient les enfants ayant les, plus hauts
restiltats pour un trouble particulier.
Comme on peut s'y attendre, la frequence de
redoublement d'une armee scolaire s'accroissait
avec l'age. Dans les deux groupes d'age, elle etait
superieure chez les garcons et atteignait 8,1 %
chez les garcons plus ages. La mesadaptation
sociale etait egalement plus commune chez les
garcons que chez les filles dans les deux groupes
d'age. Tout comme pour les troubles affectifs et
Tableau 4. Frequence des problemes selon rage et le sexe
Troubles affectifs of comportementaux
Mesadaptation
sociale
Au moins un
problemea
2,9
8,1
6,5
2,7
4,2
3,5
27,4
31,0
29,9
16,0
18,8
17,4
2,1
5,8
4,6
1,5
2,9
2,3
19,1
24,0
22,4
19,0
22,4
20,7
2,5
6,9
5,6
2,1
3,6
2,9
23,3
27,5
26,2
Trouble
des
conduites
Hyperactivite
Trouble
affectif
Au mains un
trouble
10,6
11,3
11,0
14,0
14,0
14,0
6,1
11,8
9,0
21,9
26,0
24,0
Filles
4-7
8-11
4-11
8,3
8,2
8,3
6,1
6,7
6,4
5,8
11,3
8,6
Gargons et filles
4-7
8-11
4-11
9,5
9,8
9,6
10,2
10,4
10,3
6,0
11,6
8,8
Gargons
4-7
8-11
4-11
A redouble
anode'
Donndes disponibles pour les enfants de 6 A 11 ans seulement.
Source : ELNEJ
140.
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
comportementaux, c'est chez les garcons ages de
8 a 11 ans que le taux de prevalence d'un ou
plusieurs problemes etait le plus eleve (31,0 %) et
chez les filles &gees de 4 a 7 ans qu'il etait le plus
faible (19,1 %).
Chevauchements entre les troubles
comportementaux et affectifs
Le graphique 2 illustre l'etendue des chevauchements entre les trois troubles comportementaux
et affectifs. La somme des pourcentages indiques
est de 100. On a observe des troubles des
conduites chez 47,9 % des enfants presentant des
problemes affectifs et comportementaux (21,8 %
+ 9,1 % + 9,1 % + 7,9 %). Parmi les enfants ayant
des troubles des conduites, plus de la moitie
(54,5 %) etaient touches par au moins un autre
trouble (9,1 % + 9,1 `)/0 + 7,9 % / 47,9 %). Les
pourcentages d'enfants hyperactifs et souffrant de
troubles affectifs ayant un ou plusieurs autres
troubles etaient respectivement de 49,4 % et de
54,9 %. En outre, parmi les enfants touches par
un trouble, 33,0 % etaient touches par un
deuxieme ou un troisieme trouble, et 9,1 % etaient
affectes par les trois troubles.
Frequence des problemes en fonction
du niveau de revenu
Dans le graphique 1, on compare la frequence des
problemes choisis selon le niveau de revenu.
Generalement, les problemes diminuaient en
fonction de ('augmentation du niveau de revenu.
La seule exception a trait a la “mesadaptation
sociale', pour laquelle les taux de prevalence chez
les personnes a faibles revenu et les personnes
revenu suffisant etaient respectivement de 3,4 %
et de 3,6 %. Cependant, meme pour cette variable,
le taux de prevalence chez les personnes tits
pauvres equivalait a plus de trois fois celui observe
chez les personnes ayant un revenu confortable
(7,0 % comparativement a 1,9 %).
Graphique 2
Troubles affectifs et comportementaux :
taux de cooccurrence
Pour toutes les autres variables, les personnes
fits pauvres etaient les plus desavantagees,
suivies des personnes pauvres, des personnes
dont le revenu etait suffisant et des personnes dont
le revenu etait confortable. Pour toutes les
variables, la tendance des differences entre les
niveaux de revenu etait hautement significative du
point de vue statistique.
Cie : TC = Trouble des conduites
Hyp = Hyperactivite
TA = Trouble affectif
TC
Hyp
Graphique 1
Frequence des problemes selon le niveau
de revenu
TA seulement
19,6 c'/0
40
TA
30
20
Population totale
des enfants de 4 a
11 ans = 3 129 038
o
10
0
Tres
pauvre
Pauvre
Population des enfants de 4 h 11
ans ayant au moins un probleme affectif ou comportemental = 594 487
Source : ELNEJ
Revenu
Revenu
suffisant confortable
Cooccurrence d'un ou plusieurs
problemes
EM3 Un ou plusieurs troubles affectifs ou comportementaux
I=1 A redouble une armee
l Mesadaptation sociale
Un ou plusieurs problemes
Le graphique 3 porte principalement sur les taux
de cooccurrence d'un ou plusieurs problerries.
Comme dans le graphique 2, les pourcentages
donnent une somme de 100. Parmi les enfants
Source : ELNEJ
141
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
agressions indirectes, en particulier dans le groupe
plus age.
Graphique 3
Un ou plusieurs problemes :
taux de cooccurrence
La frequence des symptomes d'agression
indirecte et des troubles affectifs s'accroissait
presque toujours avec rage. De plus, la frequence
des symptomes variait selon le trouble, les taux
de prevalence etant relativement faibles pour les
troubles des conduites et les troubles affectifs et
relativement eleves pour rhyperactivite; le taux de
prevalence de ce dernier trouble etait superieur
5 % pour les trois quarts des symptomes. Ce
dernier resultat appuie rhypothese selon laquelle
la presence d'un symptome individuel ne peut pas
etre consideree comme une preuve de ('existence
d'un trouble affectif ou comportemental; une telle
conclusion necessite la presence d'un groupe de
symptomes.
Cie : 1+ = Un ou plusieurs problemes affectifs ou
comportementaux
RA = A redouble une armee
MS = Mesadaptation sociale
1+
RA
MS
Population totale
des enfants de
6 8 11 ans = 2 328 974
Population des enfants
de 6 h 11 ans ayant au moans
un probleme = 541 249
Les resultats qui indiquent que les taux de
prevalence de tous les problemes (troubles des
conduites, hyperactivite et trouble affectif) etaient
plus eleves chez les garcons preadolescents que
chez les filles preadolescentes appuient ceux de
la documentation existante. 2.6,8 Cependant, tout
comme dans le cas de l'ensemble des symptomes,
des changements surviendront au cours des
annees de developpement; par exemple, dans le
groupe des 12 a 16 ans, on peut s'attendre a ce
que le taux de prevalence de troubles affectifs soit
notablement plus eleve chez les filles que chez
les gargons. 2
Source : ELNEJ
ayant un ou plusieurs problemes, 84,5 % etaient
touches par un ou plusieurs autres problemes comportementaux (66,5 % + 8,9 % + 1,3 % + 7,8 %).
Parmi les enfants ayant des problemes affectifs et
comportementaux, 1 sur 5 (21,3 %) avait redouble
une armee ou eprouvait des difficultes d'adaptation
sociale ou les deux (8,9 % + 1,3 ()/0 + 7,8 %
84,5 %). Parmi les enfants qui avaient redouble
une armee, pits de la moitie (45,5 %) avaient
egalement un probleme affectif ou comportemental. Enfin, parmi ceux qui connaissaient des
difficultes d'adaptation sociale, les trois quarts
(74,0 %) avaient des problemes affectifs ou
comportementaux ou avaient redouble une armee
ou les deux.
La frequence decroissante des problemes en
fonction du niveau de revenu demontre non
seulement que les enfants pauvres sont desavantages par rapport a leurs compagnons plus riches,
mais aussi que la frequence des problemes tend
a decroitre en fonction de l'accroissement du
niveau de revenu, et ce, pour tous les niveaux de
revenu. Nous ne comprenons pas entierement
pourquoi cette tendance existe, mais it y a de plus
en plus de preuves qu'elle resulte de la gravite
des problemes qui s'enracinent tot dans la vie, au
cours des periodes prescolaire et scolaire
precoce. 14 II est donc possible que cette situation
desavantageuse puisse etre minimisee si l'on
s'assure que tous les enfants du Canada jouissent
de milieux de developpement cognitif stimulants
et de milieux de developpement affectif airs durant
leurs premieres annees de vie.
Discussion
La variation de l'ensemble des symptomes selon
l'age et le sexe illustre les changements qui
surviennent au cours des annees de developpement, tout comme ('importance de toujours
considerer de facon distincte les mecanismes de
developpement des garcons et des filles. Bien que
les symptomes d'agression physique aient ete plus
courants chez les garcons que chez les filles pour
les deux groupes d'age, la frequence des
symptomes tendait a etre plus elevee chez les filles
que chez les garcons en ce qui concerne les
Les taux eleves de cooccurrence de
problemes affectifs et comportementaux revelent
qu'un enfant sur trois touché par un trouble affectif
142
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
ou comportemental aura un ou plusieurs autres
problemes, et que un enfant sur dix en aura deux
autres. Les services cliniques traitant ces troubles
devraient tenir compte de cela; ils doivent etre
organises de facon a ce que le personnel de
premiere ligne puisse evaluer et traiter un &entail
de problemes, et pas seulement l'un d'entre eux.
des variables susceptibles de constituer des
facteurs de risque menant a ces problemes;" la
capacite de cibler avec precision les enfants plus
susceptibles d'eprouver des difficultes dans
l'avenir; et la capacite d'indiquer les elements
d'intervention prometteurs pour des programmes
universels, cibles et cliniques. Quoi qu'il en soit,
I'ELNEJ devrait permettre aux collectivites
canadiennes d'augmenter plus efficacement la
qualite de vie de leurs enfants et adolescents et
d'ameliorer leurs possibilites futures.
Les taux eleves de cooccurrence de differents
problemes ont aussi des consequences sur la
prestation de services. Par exemple, pres de la
moitie des enfants aux prises avec de graves
difficultes pedagogiques (comme ceux ayant
redouble une armee) ont egalement des problemes
affectifs et comportementaux; les secteurs de
reducation et de la sante mentale doivent donc
collaborer etroitement pour les alder. Un effort
coordonne de ce genre est necessaire pour aider
les enfants aux prises avec des problemes de
mesadaptation sociale, puisque les trois quarts
d'entre eux ont aussi des problemes de sante
mentale ou pedagogiques ou les deux.
Bibliographie
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Adolescents with Mental, Behavioural and
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service utilization. dans Archives of General
Psychiatry, vol. 44, 1987, p. 832-836.
Enfin, les pourcentages eleves d'enfants ayant
un ou plusieurs problemes psychosociaux sont
frappants. Ils varient, selon les differents groupes
d'age et le sexe, entre 19,1 % et 31,0 %. Les
services cliniques seuls ne pourront jamais reduire
substantiellement ces souffrances, pour plusieurs
raisons : ils sont onereux; it est difficile de les
prodiguer aux enfants (et a leurs families) qui en
ont le plus besoin; l'assiduite pose un probleme;
et dans de nombreux cas, leur efficacite n'est pas
prouvee. 15 Afin de reduire les souffrances decoulant des problemes affectifs et comportementaux
ainsi que des difficultes ou facteurs de morbidity
coexistants, it sera necessaire d'avoir en place une
combinaison de programmes, y compris des
programmes universels destines a tous les
enfants, des programmes cibles destines aux
enfants presentant un risque eleve et, enfin, des
services cliniques. 15 Sans ('existence des deux
premiers genres de programmes dans la collectivite, les services cliniques seront submerges, et
les conditions necessaires a leur succes (comme
la participation a la vie communautaire pour tous
les enfants) seront compromises. 15,16
3. Offord, D. R. et K. Bennett. «Long-term
outcome of conduct disorder and interventions
and their effects. dans Journal of the American
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autres. "Ontario Child Health Study: Summary
of selected results. dans Canadian Journal of
Psychiatry, vol. 34, 1989, p. 483-491.
Le defi, pour I'ELNEJ, sera de fournir des
donnees qui serviront a reduire les souffrances
decoulant des problemes affectifs et comportementaux et de multiples problemes. En tant
qu'exemple d'etude epidemiologique descriptive,
I'ELNEJ peut apporter une contribution utile en de
nombreux domaines, notamment en determinant
7. Bird, H. R., M. S. Gould et B. M. Staghezza.
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144
Enquete longitudianle nationale sur les enfants et les jeunes
Les enfants du Canada deviennent-ils
plus agressifs a l'approche de
l'adolescence ?
Richard. E. Tremblay, Bernard Boulerice, Philip W. Harden, Pierre McDuff, Daniel Perusse, Robert 0. Pihl et
Mark Zoccolifio
deviennent des predateurs forts, agressifs et hors
de controle.
Le probleme de Ia violence chez
les jeunes
Trouver les causes de cette augmentation de la
violence a l'adolescence devrait nous aider a
determiner des moyens pour en prevenir ('apparition,
ou du moins pour en reduire l'intensite et la frequence.
La plupart des etudes criminologiques sur la violence
chez les jeunes concernaient les jeunes de 12 a 18
ans. Cela correspond a la periode de la vie oil la
croissance physique des enfants les fait passer a
rage adulte. Pendant cette periode, leur force
physique et leurs capacites cognitives augmentent
(par exemple, ils reussissent mieux a dissimuler leurs
intentions), ils atteignent Ia maturite sexuelle, ils
demandent et obtiennent plus de liberte pour disposer
de leur temps sans supervision des adultes et ils ont
acces a plus de ressources (comme ('argent et les
moyens de transport), ce qui accroit leur capacite
satisfaire leurs besoins.
Les medias rapportent regulierement des cas
d'extreme violence chez les jeunes. Ce genre de
cas est bien illustre par le meurtre brutal d'un
pasteur age et de sa femme a Beaconsfield
(Quebec), lequel a ete commis a l'aide d'un baton
de baseball par trois garcons de 13 a 15 ans.'
D'autres meurtres semblables commis par des
adolescents, garcons et filles, ont fait les manchettes
en Alberta," en Colombie-Britannique, 4-6 au
Manitoba,' en Ontario8-1 ° et en Saskatchewan. 4 Ils
donnent ('impression que les jeunes du Canada sont
de plus en plus portes sur la violence physique. 1-13
Les statistiques officielles indiquent qu'il n'y a
eu aucune augmentation importante du nombre de
jeunes accuses d'homicide au cours des vingt
dernieres annees. Cependant, elles indiquent que
les crimes violents rapportes a la police au Canada
sont en progression depuis dix ans et que
l'accroissement est plus marque chez les jeunes
que chez les adultes. 14-17
Ce rapide developpement biopsychosocial peut
suffire a expliquer pourquoi l'adolescence est une
periode durant laquelle les occasions de faire preuve
d'un comportement agressif sont plus nombreuses.
Les pressions que subissent les jeunes pour exceller
A l'ecole, briller au sein de leur groupe de camarades,
reussir dans leurs rapports avec d'eventuels partenaires
sexuels et utiliser leurs libertes nouvellement acquises
pourraient expliquer pourquoi it semble que plus
d'adolescents que d'adultes ont recours a des
comportements violents.
Bien qu'il puisse sembler plus sur de se
promener le soir dans les rues des villes canadiennes
que dans les rues des villes americaines, un quart
des adultes du Canada declarent ne pas se sentir
en securite lorsqu'ils doivent se deplacer a pied, le
soir, dans leur quartier. 18 La plupart des adultes
traverseront la rue s'ils voient un groupe de garcons
adolescents a un coin de rue, le soir. Limpression
generale est que l'adolescence est rage auquel les
gargons calmes, innocents et bien eleves
Cependant, les adolescents ne font pas tous
preuve d'agressivite physique. Mame si la majorite
commettront certains actes de delinquance, 19 tl
145
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
s'agira surtout d'infractions mineures. Les
enquetes effectuees aupres de la population ont
systematiquement demontre que la majorite des
actes de violence et des arrestations subsequentes
sont imputables a une petite proportion des
adolescents (environ 6 %). 1920 De tous les cas qui
passent annuellement devant les tribunaux de la
jeunesse au Canada, seulement 21 % sont des
cas de violence et, dans presque la moitie de ces
cas, les voies de fait mineures constituent le
principal chef d'accusation. 21 Le principal defi
consiste a expliquer pourquoi certains adolescents
ont souvent recours a des comportements
d'agressivite physique et d'autres pas.
armes a feu, le resserrement de la discipline dans
les ecoles, la creation d'emplois, rapport de soutien
financier aux families monoparentales et la creation
d'un code de deontologie concernant la violence
dans les medias. En decembre 1995, on proclamait
le projet de loi C-37 qui modifiait la Loi sur les jeunes
contrevenants et le Code criminel pour permettre
('imposition de peines plus lourdes a regard des
crimes violents graves comme les meurtres, les
homicides et les agressions sexuelles graves.
De plus, les adolescents accuses d'un acte de
violence grave et qui avaient 16 ou 17 ans au
moment ou l'acte a ete commis sont maintenant
envoyes directement devant un tribunal pour
adultes, a moins qu'ils ne puissent fournir des
raisons valables pour que leur affaire soit instruite
par un tribunal de la jeunesse. 29-32
Les causes percues des
comportements violents chez les
jeunes et les solutions
Si les causes percues des comportements
violents enumerees ci-dessus ont effectivement une
influence pendant ('adolescence, on peut presumer
que cette influence commence a s'exercer au cours
de la preadolescence et meme durant I'enfance.
Souvent, les enfants sont exposés a la television des
la premiere armee de leur vie. Lorsqu'ils ont rage
d'entrer a la maternelle, ils peuvent avoir ete les
temoins de nombreuses scenes de violence.
Leclatement de la famille se produit souvent avant
('adolescence, parfois durant les annees prescolaires.
Le manque de discipline peut commencer a la
garderie pour les enfants d'age prescolaire et se
poursuivre a recole primaire et secondaire.
La violence chez les jeunes a ete attribuee
plusieurs causes. II est peu probable qu'un seul
facteur soit responsable d'un phenomene aussi
complexe. Les caracteristiques individuelles, la
famille, les amis, recole, le voisinage, la collectivite,
la culture et Ia situation immediate sont tous des
elements probablement necessaires pour vraiment
expliquer un comportement violent.
On affirme souvent que l'accroissement de la
violence dans les medias cree une culture qui tolere
et parfois stimule les comportements violents. 22 Des
personnes au Canada exercent des pressions sur
le gouvernement pour qu'il impose des *les visant
a restreindre racces des jeunes a Ia violence dans
la programmation televisuelle et dans les films. 23
Leclatement de la famille a egalement ete propose
comme une cause possible. Ce genre d'evenement
est une source de stress et de pauvrete qui peut
donner lieu a des problemes de discipline et de
supervision, lesquels sont associes aux comportements delinquants. 24,25 Le relachement de la
discipline dans les ecoles, la disponibilite des
drogues, de l'alcool et des armes ainsi que
rinefficacite des lois regissant les mineurs et de
leurs modalites d'execution sont autant de facteurs
qui ont ete invoques pour expliquer l'incidence
accrue des comportements violents chez les
adolescents. 26-28
Comment l'Enquete longitudinale
nationale sur les enfants et les
jeunes peut-elle nous aider
comprendre la violence chez les
jeunes ?
Si les principales causes de comportement violent
sont presentes dans la vie des jeunes avant qu'ils
n'arrivent a ('adolescence, pourquoi les comportements
violents atteignent-ils leur point culminant
('adolescence ? De nombreuses etudes indiquent
que les comportements violents chez les enfants
font leur apparition bien avant ('adolescence et que
les jeunes les plus violents au cours de
('adolescence etaient déjà parmi les plus violents
pendant l'enfance.
Les principales solutions qui ont ete proposees
pour creer un environnement meilleur et plus sur
pour nos jeunes et pour nous-memes sont, entre
autres, le controle des drogues, de l'alcool et des
Les statistiques officielles sur la criminalite ne
decrivent pas adequatement le developpement des
146
EnquOte longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
comportements delinquants chez les jeunes. Bon
nombre d'incidents violents ne sont jamais signales
parce qu'ils ne sont pas consideres assez graves.
En outre, si les actes de violence ont ete commis
par un enfant plus jeune que rage 01.1 les enfants
sont legalement tenus comme responsables (12
ans), la police peut decider de ne pas intervenir.
Enfin, peu importe Ia nature de l'acte ou rage de
l'enfant, les adultes peuvent choisir de ne pas
s'adresser a Ia police et de traiter directement avec
la famille de l'enfant ou de faire appel a un autre
organisme. Par consequent, les enquetes effectuees
aupres de la population, comme l'Enquete
longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
(ELNEJ), sont tits utiles pour vraiment evaluer
retendue des comportements agressifs chez les
enfants et les jeunes.
agressifs. I2ELNEJ nous permet aussi d'etudier les
effets de la famille sur les comportements agressifs
des enfants en examinant retendue de ragressivite
de tous les enfants d'une meme famille comparativement aux enfants d'autres families.
On a demande aux PCM d'evaluer la frequence
laquelle certains comportements agressifs se
manifestaient chez chacun de leurs enfants. Ces
evaluations decrivent toute une gamme d'actes
violents allant des menaces de violence et de Ia
destruction des biens a ragressivite physique
directe (les coups de poing et de pied) en passant
par des formes d'agressivite plus subtiles. 12 Annexe
1 enumere les questions posees aux PCM des
enfants ages de 4 a 11 ans. Ces questions avaient
déjà ete utilisees dans des enquetes communautaires comme ('Ontario Child Health Study (l'Etude
sur Ia sante des enfants de l'Ontario) 33 pour
mesurer la frequence de ragressivite, et dans
l'Etude longitudinale et experimentale de
Montrea1, 34-36 pour representer sous forme graphique revolution du developpement de ragressivite
sur plusieurs annees. La frequence du recours aux
comportements agressifs indirects a egalement ete
mesuree. Le concept d'agressivite indirecte
designe les manipulations par lesquelles un enfant
tente de nuire a une autre personne ou de la brimer
tout en evitant la confrontation directe. II s'agissait
ici d'indiquer jusqu'a quel point les enfants utilisaient
des comportements comme faire circuler des
rumeurs, exclure quelqu'un d'un groupe ou exposer
un autre enfant a des punitions.
L'ELNEJ comportait un certain nombre de
questions pour les personnes qui connaissent le
mieux l'enfant (PCM; un parent dans la presque
totalite des cas) au sujet des comportements
d'agressivite physique ou non physique (agressivite
indirecte) de leurs enfants Ages de 2 a 11 ans. Cela
nous a fourni une excellente occasion de nous
pencher sur le developpement des comportements
agressifs de la petite enfance jusqu'au debut de
('adolescence.
Si les comportements d'agressivite physique
constituent un phenomene qui se developpe au
cours d'une certaine periode par suite de l'effet
cumulatif de ('exposition aux medias, a radversite
familiale, a ('influence des pairs et du processus
de developpement physique et intellectuel, on
pourrait s'attendre a ce que les enfants plus ages
manifestent des comportements plus agressifs que
les enfants plus jeunes. Puisqu'on a observe que
les garcons adolescents ont tendance a etre
physiquement plus agressifs que les filles
adolescentes, on s'attendrait a ce que les
differences entre garcons et filles sur le plan des
comportements violents s'accentuent avec rage.
Cependant, en presumant que la plupart des
enfants socialisent mieux au fur eta mesure qu'ils
vieillissent, on s'attendrait a ce que les garcons
autant que les filles deviennent de moins en moins
agressifs au fil des annees.
II faut garder a ('esprit que les donnees
disponibles de I'ELNEJ ont certaines limites.
D'abord, les donnees sont transversales, c'est-adire que chaque enfant n'a pas encore ete suivi
d'une annee a l'autre pour permettre de decrire les
changements qui se produisent au fur et a mesure
qu'il vieillit. Cependant, les donnees tirees d'un
echantillon aussi considerable devraient fournir une
estimation valable des tendances en matiere de
developpement. Ensuite, les renseignements sur
le comportement des enfants proviennent tous de
Ia merne source : Ia PCM, generalement la mere.
Les resultats peuvent etre en partie attribuables
au style de reponse de cette personne. Certaines
PCM pouvaient signaler les problemes de
comportement des enfants plus facilement que
d'autres. Les evaluations provenant de professeurs
pour une partie de rechantillon seront disponibles
ulterieurement et permettront de verifier ce biais.
Dans certaines situations, seul l'enfant peut rendre
compte de son comportement de facon fiable. Par
I2ELNEJ fournit ('occasion de mettre a l'essai ces
hypotheses. Elle nous permet de comparer les
tendances du developpement chez les enfants de
divers groupes socioeconomiques et, par consequent,
de determiner si les enfants de milieux defavorises
sont plus susceptibles d'avoir des comportements
147
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
de pied, frappaient ou mordaient" «parfois. ou
<, souvent.. La frequence de ce genre d'agressivite
diminuait ensuite regulierement avec ('age, tant
pour les garcons que pour les filles. A 11 ans,
moins de 13,7 % des garcons et de 8,3 % des filles
“mordaient, frappaient ou donnaient des coups de
pied. “parfois. ou «souvent.. II faut remarquer
que, meme a leur point culminant (enfants de 27 a
29 mois), ces comportements n'etaient signales
que chez 53,3 % des garcons et 41,1 % des filles.
exemple, dans les prochaines collectes de donnees
de ('ELNEJ, on demandera aux enfants de 10 ans
et plus de decrire eux-mernes leurs activites
delinquantes. On pourra ainsi cerner les facteurs
de risque associes aux activites criminelles
precoces ou permettant de les prevoir. Malgre ces
reserves, les comptes rendus des parents au sujet
des comportements agressifs ou perturbateurs de
leurs enfants se sont reveles fiables et valides. 37,38
Les enfants du Canada
apprennent-ils a devenir plus
agressifs au fur et a mesure qu'ils
vieillissent ?
Graphique 2
Frequence a laquelle les garcons et les filles
de 2 a 11 ans frappent, mordent et donnent
des coups de pied
Pourcentage
50
Afin de repondre a cette question, nous avons
compare les resultats moyens* des garcons et des
filles de 4 a 11 ans. Le graphique 1 illustre les
resultats de cette analyse. On peut clairement y
observer que ragressivite physique chez les
garcons et les filles diminuait dans les groupes
d'enfants plus ages. Le resultat moyen d'agressivite
physique des garcons de 11 ans etait inferieur
celui des fillettes de 4 ans. Les garcons avaient
des resultats plus eleves que les filles pour
ragressivite physique dans tous les groupes d'age,
y compris dans le groupe des enfants ages de 2 a
3 ans.
30
20
10
0
Age (en mois)
Donc, plus les garcons et les filles etaient vieux,
plus les comptes rendus des PCM indiquaient qu'ils
manifestaient moins de comportements d'agressivite physique. De plus, les PCM percevaient
moins d'interactions physiques agressives chez les
filles que chez les garcons. Ces resultats suggerent
que la majorite des enfants du Canada mettent
profit ('influence de leur famille sur leur sociabilite
et d'autres agents de socialisation dans leurs
milieux.
Resultats moyens pour l'agressivite physique
des garcons et des filles de 4 a 11 ans
ROsultats moyens
2,0
1,5
1,0
Si le niveau d'agressivite physique des enfants
diminuait avec rage, les comportements d'agressivite
physique se transformaient-ils en agressivite non
physique (indirecte) ? Le graphique 3 illustre les
resultats de rechelle de ragressivite indirecte selon
rage et le sexe. Le resultat moyen d'agressivite
indirecte augmentait pour les garcons et les filles
entre 4 et 7 ans, puffs it demeurait relativement stable
jusqu'a rage de 11 ans. Le graphique indique
egalement qu'entre 4 et 11 ans, les filles avaient plus
tendance a recourir a ragressivite indirecte que les
garcons. Cela correspond a une periode 00 les
differences de taille corporelle entre les filles et les
garcons sont les moins prononcees.
0,5
5
4
6
8
7
9
10
120-131
72-83
96-107
24 30 36 42 8-59
108 119
132 143
60 71
84 95
27 33 39 45
Source : ELNEJ
Graphique 1
0
Parfois (garcons)
Parfois (filles)
— Souvent (garcons)
— Souvent (filles)
40
11
Age
Source ELNEJ
:
Le graphique 2 illustre a quelle frequence, selon
les comptes rendus des PCM, les enfants de 2 a
11 ans “mordaient, frappaient ou donnaient des
coups de pied.. II semble que c'est entre 27 et 29
mois que se situe rage pour lequel le plus de PCM
signalaient que les enfants “donnaient des coups
* Toutes les moyennes indiquEes ont EtE ponderEes.
148
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 3
Graphique 4
Resultats moyens pour l'agressivite indirecte
des garcons et des filles de itall ans
Resultats moyens pour I'agressivite physique
des garcons et des filles provenant de families
de differentes situations socioeconomiques
Resultats moyens
2,0
Resultats moyens
3,0
1,5
2,5
2,0
1,0
1,5
0,5
1,0
0,5
0
4
5
6
7
8
9
10
11
0
< 2
Age
Source : ELNEJ
-
2 A -1
-
1A0
0a1
1a 2
Inferieure
>2
Superieure
Situation socioeconomique
Ainsi, plus ils etaient ages, moins les enfants
du Canada etaient pones a interagir de facon
physiquement agressive, mais ils augmentaient Ia
frequence de l'agressivite indirecte. Quel que soit
le groupe d'age, les garcons etaient plus agressifs
physiquement que les filles, tandis que les filles
demontraient un niveau d'agressivite indirecte plus
eleve que les garcons.
Source : ELNEJ
Le graphique 5 presente des resultats semblables pour l'agressivite indirecte a divers niveaux
socioeconomiques. Cette fois-ci, les courbes des
garcons et des filles etaient plus rapprochees, bien
que les filles aient eu plus souvent recours
l'agressivite indirecte que les garcons.
Les enfants provenant de milieux
socioeconomiques defavorises
courent-ils un plus grand risque de
devenir agressifs ?
Graphique 5
Resultats moyens pour l'agressivite indirecte
des garcons et des filles provenant de families
de differentes situations socioeconomiques
Resultats moyens
2,0
Chaque famille a ete classee dans une des six
categories socioeconomiques, selon le niveau de
scolarite des parents, leur statut professionnel et
les revenus du menage. 39 La situation socioeconomique est reputee etre liee avec la sante,
l'esperance de vie et les resultats scolaires. 4°-43
Jusqu'a quel point la situation socioeconomique
est-elle reliee aux niveaux des comportements
d'agressivite ? Et s'il existe une telle relation, celleci devient-elle plus importante ou moins importante
avec rage ?
1,5
1,0
0,5
0
< -2
-
2A - 1
-1 A 0
0A1
Inferieure
1'a2
>2
Superieure
Situation socioeconomique
Le graphique 4 represente les resultats
d'agressivite physique pour les filles et les garcons
selon le niveau socioeconomique de leurs foyers
respectifs. Les garcons et les filles des niveaux
socioeconomiques inferieurs avaient clairement les
resultats les plus eleves en ce qui a trait a
I'agressivite physique. Le recours a l'agressivite
physique differait entre les filles et les garcons a
tous les niveaux socioeconomiques, mais on
constatait l'ecart le plus considerable chez les
enfants des niveaux socioeconomiques inferieurs.
Source : ELNEJ
Ainsi, plus une famille est defavorisee sur le
plan socioeconomique, plus le risque que les
enfants utilisent l'agressivite indirecte et l'agressivite physique est sieve. II faut souligner que les
effets de la vie dans une famille defavorisee sur le
plan socioeconomique se font sentir fres tot dans
Ia vie des enfants et qu'ils demeurent aussi
importants chez les enfants plus ages.
149
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
une comparaison, it s'est fait une analyse semblable
pour les comportements d'hyperactivite, les
troubles affectifs et les comportements prosociaux
(la tendance a aider les autres). La variance totale
imputable a la famille atteignait presque la merne
proportion pour les troubles affectifs et le comportement prosocial (34 % et 35 % respectivement), mais
elle etait inferieure pour l'hyperactivite (22 ')/0).
Jusqu'a quel point les
comportements agressifs sont-ils
semblables chez les freres et les
sceurs ?
Le fait que I'ELNEJ alt evalue plus d'un enfant par
famille comportant deux enfants ou plus constitue
une de ses caracteristiques les plus originales. Si
les caracteristiques familiales ont des repercussions sur le developpement de comportements
agressifs chez l'enfant, on pourrait s'attendre a ce
que tous les enfants ayant grandi au sein d'une
merne famille manifestent des niveaux d'agressivite
physique plus semblables que ceux d'enfants ayant
grandi dans des families differentes. Pour mettre
cette hypothese a l'epreuve, on a effectue des
analyses hierarchiques sur deux niveaux en
examinant uniquement les enfants vivant avec leurs
deux parents biologiques ou avec un seul parent
(16 021 enfants de 10 287 families). L'influence de
la famille sur les comportements agressifs des
enfants a ete examinee apres l'etablissement de
parametres pour rage, le sexe, les niveaux
socioeconomiques ainsi que la taille et la structure
de la famille.
Graphique 6
Variance totale de differents comportements
s'expliquant par I'appartenance familiale,
chez les enfants de 4 a 11 ans
Pourcentage
50
40
30
20
10
Agresshate
indirecte
Agresslylte
physique
Troubles Comportement Comportement
affectifs
prosocial
hyperactit
Source : ELNEJ
Les influences familiales semblent avoir une
importance particulierement marquee sur les
comportements aggressifs. Aussi, une meilleure
comprehension de Ia facon dont les families
influencent le developpement de ces comportements chez l'enfant devrait nous aider a acquerir
des connaissances que les families pourraient
utiliser pour apprendre a leurs enfants a controler
les comportements agressifs.
Si les effets de l'appartenance a une famille
determinaient entierement le niveau de comportements agressifs d'un enfant, on pourrait, en se
fondant sur le niveau d'agressivite de n'importe quel
membre de la famille et en tenant compte des
differences potentielles associees au sexe et a
l'age, predire sans se tromper le niveau d'agressivite de n'importe quel autre membre de la famille.
Autrement dit, la totalite de la variation sur le plan
de l'agressivite (la “variance» totale en matiere de
comportement agressif) chez les membres de la
famille pourrait etre expliquee par l'influence de la
famille. Par contre, si les enfants d'une merne
famille n'etaient pas plus semblables sur le plan
de l'agressivite que des enfants choisis au hasard
dans des families differentes, I'appartenance a une
famille donnee ne pourrait expliquer aucune des
variations en matiere de comportement agressif
observees chez les membres d'une meme famille.
Un des resultats les plus interessants de Ia
presente etude concerne le lien entre le niveau
socioeconomique des families et Ia variation des
comportements agressifs. Le graphique 7 illustre
ce resultat. Nous observons que la variation totale
dans l'agressivite physique entre les families
augmentait a mesure que l'on passait des families
ayant un statut socioeconomique (SSE) eleve vers
des families ayant un faible SSE. Cela signifie que,
bien que les niveaux moyens d'agressivite physique
aient ete plus eleves pour les niveaux
socioeconomiques inferieurs, it existait plus de
variations dans l'agressivite entre les enfants de
families differentes et de faible SSE. Autrement dit,
les influences familiales sur le comportement
agressif etaient plus considerables dans les families
avec un faible SSE que dans les families avec un
Les resultats de ('etude revelent que les effets
familiaux etaient assez considerables. La variance
totale dans les comportements d'agressivite
physique imputable a l'appartenance familiale
s'etablissait a 38 % et la variance totale pour
l'agressivite indirecte imputable a des facteurs
familiaux etait de 43 % (graphique 6). Afin d'etablir
150
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
SSE eleve. Cette influence donne lieu a
d'importants &arts dans la manifestation moyenne
d'agressivite physique d'une famille a l'autre aux
niveaux de SSE inferieurs. Ainsi, si on les compare
aux niveaux des enfants non apparentes, les
niveaux d'agressivite physique des freres et scours
de families ayant un SSE eleve se rapprochaient
moins que ceux des freres et scours de families
avec un faible SSE. Un phenomene semblable se
produit pour l'agressivite indirecte, mais
['augmentation de Ia variance entre les famille
associee a la baisse du SSE etait legerement plus
prononcee.
cet examen revelent que les enfants qui avaient
un niveau eleve d'agressivite physique etaient plus
susceptibles d'obtenir un resultat eleve pour
l'hyperactivite. Ils revelent aussi que les enfants
qui manifestaient beaucoup d'agressivite physique
avaient tendance a obtenir des resultats eleves
pour l'agressivite indirecte et pour les troubles
affectifs, assortis de resultats plutot faibles pour les
comportements prosociaux. Cependant, ces
dernieres associations etaient sensiblement plus
faibles que ('association entre l'agressivite physique
et l'hyperactivite.
Les liens entre l'agressivite indirecte et l'hyperactivite, les troubles affectifs et les comportements
prosociaux etaient relativement faible. Les comportements prosociaux presentaient un lien tits faible
avec l'hyperactivite, et il n'y avait pas de lien avec
les troubles affectifs. On a releve un lien relativement plus fort entre l'hyperactivite et les troubles
affectifs.
Graphique 7
Composantes de Ia variance prevue (entre
les families et entre les personnes) pour
l'agressivite physique selon la situation
socioeconomique pour le mame sexe, le
mame age et Ia meme structure familiale
Entre les
Entre les
families personnes
Variance totale
1,4
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,2
in
r dun ms m f mite
Correlations a
CLAP
0
-3
-2
Inferieure
cO4Y6
-1
Donc, les enfants qui etaient physiquement
agressifs etaient souvent hyperactifs, avaient
tendance a manifester beaucoup d'agressivite
indirecte et de serieux troubles affectifs, et n'etaient
pas pones a aider les autres enfants (comportement prosocial faible).
Cb5.0)
Ca
I
Lagressivite physique est-elle
associee a d'autres problemes de
comportement des freres et
sceurs ?
3
Superieure
0
2
Situation socioeconomique
Source : ELNEJ
Lagressivite est-elle associee
d'autres problemes de
comportement chez ('enfant ?
En plus d'evaluer les comportements agressifs,
l'entrevue de ('ELNEJ avec la PCM comprenait une
evaluation des comportements comme l'hyperactivile, les troubles affectifs et le comportement
prosocial. Le reseau de relations entre ces variables
a ete calcule apres l'etablissement des parametres
d'age et de sexe des enfants. Les correlations sont
enumerees dans l'Annexe 2.
On peut repondre a cette question en examinant
jusqu'a quel point le niveau d'agressivite physique
d'un enfant est associe aux problemes de
comportement des autres enfants de la famille.
Dans Ia section precedente, nous avons montre
que les enfants agressifs avaient bien souvent des
freres et sceurs agressifs. Nous avons donc tente
de determiner si les enfants agressifs avaient des
freres ou des sceurs qui etaient hyperactifs et non
prosociaux ou qui avaient de serieux troubles
affectifs. Les correlations pour les similitudes de
comportement entre freres et scours sont
enumerees a l'Annexe 3.
La premiere serie d'analyses indique dans
quelle mesure le niveau d'agressivite physique d'un
enfant correspond aux niveaux enregistres pour les
autres aspects du comportement. Les resultats de
Les analyses confirment clairement que les
enfants qui etaient physiquement agressifs etaient
fres susceptibles d'avoir des freres et sceurs qui
avaient des niveaux eleves d'agressivite indirecte
151
Enquate longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
et d'hyperactivite et des niveaux particulierement
eleves de troubles affectifs. Nous avons aussi
constate que les enfants qui avaient un degre eleve
d'agressivite indirecte etaient susceptibles d'avoir
des fibres et soeurs dont les niveaux d'hyperactivite
et de troubles affectifs etaient eleves. Les enfants
qui avaient un niveau eleve d'hyperactivite etaient
les plus susceptibles d'avoir des freres et sceurs
qui ont un niveau eleve de troubles affectifs.
Cependant, on a constate que le niveau de comportement prosocial d'un enfant etait completement
independant du niveau d'agressivite, d'hyperactivite
et de troubles affectifs de ses freres et sceurs. Par
consequent, les enfants qui avaient tendance a etre
agressifs ou hyperactifs ou bien a avoir des troubles
affectifs avaient souvent des freres et sceurs qui
manifestaient au moins un de ces problemes.
Ces facteurs indiquaient que les enfants qui
etaient le plus polies a manifester souvent des
comportements d'agressivite physique, peu importe
('age, etaient les gargons de families defavorisees
sur le plan socioeconomique et dont les freres et
sceurs avaient des problemes de comportement.
Cela ne signifie pas que les comportements
agressifs ne constituaient pas un probleme pour
certaines filles. Wale si les filles avaient moins
tendance que les garcons a manifester des
comportements d'agressivite physique, elles
faisaient preuve d'un niveau d'agressivite indirecte
plus eleve. En outre, ('influence sur l'agressivite
physique de rage, de la situation socioeconomique
et de l'appartenance familiale etait semblable pour
les garcons et les filles. Donc, les filles les plus
agressives provenaient de milieux semblables
ceux des garcons les plus agressifs.
Conclusion
II faut souligner que ('association entre les
comportements agressifs (agressivite physique et
agressivite indirecte) et la situation socioeconomique de la famille etait un gradient : les
enfants de families dont la situation socioeconomique etait fres favorable avaient des niveaux
d'agressivite moins eleves que les enfants de families
de situation socioeconomique moyenne, lesquels,
a leur tour, etaient consideres comme moins
agressifs que les enfants de families defavorisees
sur le plan de la situation socioeconomique. Cette
constatation cadre bien avec les nombreuses etudes
qui ont abouti a des gradients semblables pour la
sante, l'esperance de vie et la reussite scolaire. 40-42
Ces gradients semblent indiquer que plus Ia
reussite d'une personne a l'ecole et sur le marche
du travail est grande, plus sa sante sera bonne et
plus elle vivre longtemps. Les resultats de la
presente etude montrent que le gradient socioeconomique pour les comportements d'agressivite
physique etait visible des la troisieme armee apres
la naissance et ne changeait pas avec rage.
Les donnees de I'ELNEJ sur les comportements
d'agressivite physique indiquent clairement qu'au
fur et a mesure qu'ils vieillissaient, les enfants
avaient de moins en moins recours a l'agressivite
physique dans leurs interactions sociales. Ces
donnees sont de nature transversale, c'est-A-dire
qu'elles ne decrivent pas les changements
echelonnes sur une periode pour une meme
personne, mais elles confirment les donnees
longitudinales d'echantillons plus restreints de
diverses cultures. 22,44 L'image traditionnelle de
('enfant bien eleve et innocent qui devient
physiquement agressif a ('adolescence n'est
certainement pas confirmee par ces etudes. 1-13
De notre point de vue, on peut conclure qu'avec
rage, la plupart des enfants apprennent a ne pas
avoir recours a l'agressivite physique. Cependant,
certains enfants ne ('apprennent pas, ou du moins
pas aussi bien que les autres. Ces enfants sont-ils
plus susceptibles de se livrer a des comportements
violents graves au cours de leur adolescence ou
rage adulte ?45 Qui sont ces enfants ? L'ELNEJ,
du fait de sa nature longitudinale, nous aidera a
repondre a cette question. Au fur et a mesure que
les enfants vieilliront, it sera possible de distinguer
ceux qui maintiennent ou augmentent leurs
comportements agressifs et ceux qui abandonnent
ces comportements. Pour le moment, nous ne
pouvons qu'examiner les facteurs qui sont
actuellement associees a l'agressivite physique ou
qui, par le passé, ont precede des comportements
agressifs.
II s'ensuit que ['acquisition d'un controle sur son
propre comportement avant ('entree a l'ecole peut
jouer un role important sur le plan de Ia reussite
scolaire, de ('adaptation au milieu de travail et de
la sante. 40,46,47 Le suivi des plus jeunes enfants de
I'ELNEJ nous fournira une excellente occasion
d'etudier le rapport de cause a effet entre Ia
situation dans l'enfance et la qualite de vie
subsequente.
Si le controle des comportements d'agressivite
physique s'acquiert au debut des annees
prescolaires, les efforts visant a recluire la violence
152
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
chez les jeunes devraient mettre ('accent sur l'aide
aux families qui ont des enfants d'age prescolaire
et qui ne reussissent pas a inculquer cette forme
de controle. Bien souvent, les enfants de ces
families ont egalement des problemes
d'hyperactivite et eprouvent des troubles affectifs.
Les experiences d'intervention ont demontre que
les interventions aupres des jeunes qui etaient
agressifs et perturbateurs n'avaient qu'une
efficacite limitee lorsqu'elles etaient effectuees
apres ('entree a l'ecole. 48.49
les plus agressifs physiquement jusqu'a
('adolescence ? Dans quelle mesure le divorce
augmente-t-il Ia probabilite qu'un enfant commence
a se comporter de fawn agressive a court ou a long
terme ? Comment un facteur de stress comme le
divorce interagit-il avec d'autres facteurs existants
qui peuvent, par eux-mernes, mener a des difficultes
d'adaptation ? Les donnees longitudinales nous
fourniront au fil du temps des moyens pour repondre
a ces questions plus complexes. L'ELNEJ nous
aidera a mieux comprendre les processus sousjacents du developpement du controle des
comportements agressifs afin de prevenir une
augmentation de la violence chez les jeunes au
Canada.
Une societe qui intervient aupres de ses
enfants avant qu'ils ne deviennent des jeunes
agressifs a plus de chances de faire un usage plus
efficace des fonds publics limites dont elle dispose.
Les donnees longitudinales de I'ELNEJ serviront a
cerner les indices permettant de cibler les families
qui, des le debut, ont besoin d'aide pour preparer
leurs enfants a vivre dans un monde toujours plus
complexe, un monde ou ceux qui ne peuvent pas
controler leurs comportements violents sont
consideres comme des marginaux.
Bibliographie
1. Montreal Gazette. «Frank and Jocelyn Toope
murdered by three boys aged 13 to 15», avril
1995, p. 1.
2.
La presente etude etait fondee sur les comptes
rendus des PCM sur le comportement des enfants.
Nous avons besoin de donnees provenant de
sources differentes pour confirmer ces resultats.
Cependant, plusieurs etudes anterieures ont
demontre la validite des comptes rendus des
parents sur les comportements agressifs. 37.385°
Cobservation directe du comportement des enfants
ainsi que les comptes rendus des pairs et des
professeurs ont aussi permis de deceler, entre les
groupes d'age, les sexes et les situations
socioeconomiques, des differences semblables
celles que nous avons pu observer a partir des
comptes rendus des PCM dans la presente
et u d e .22,44,51,52 En outre, it est extremement
important de tenir compte de la facon dont les
parents percoivent les comportements agressifs de
leurs enfants puisque cette perception influence Ia
facon dont les parents reagissent et ce qu'ils font
pour orienter le developpement social de l'enfant. 37
Calgary Herald. «Teenage boy convicted of
killing Ryan Garrioch», 2 Wrier 1995, cahier
B, p. 1.
3. Montreal Gazette. «Three 14-year-old girls
charged with the murder of Kulwarn Dhiman»,
12 juillet 1995, cahier A, p. 10.
Malgre ('absence de donnees longitudinales, les
resultats de la presente etude brossent un portrait
convaincant des changements qui surviennent avec
('age. Nous avons decrit les differences entre les
enfants de differents groupes d'age plutot que les
differences observees au fil des annees au sein d'un
merne groupe d'enfants. Jusqu'a maintenant,
plusieurs questions importantes demeurent sans
reponse, par exemple : quelles sont les caracteristiques, a rage prescolaire, des enfants qui restent
4.
Globe and Mail. «Five teens accused in beating
murder of Trygue Magnusson, The Gentle
Giant», 17 juillet 1995, cahier A, p. 4.
5.
Montreal Gazette. «Teenager Jody Larsen is
stabbed to death by a group of teens over an
insulting remark», 2 avril 1995, cahier D, p. 7.
6.
Montreal Gazette. «Six teens accused in
beating death of transient James Baldwin», 1er
mai 1995, cahier A, p. 9.
7.
Winnipeg Free Press. «An adolescent girl is
charged in the drive-by shooting death of
Joseph Spence», 26 aout 1995, cahier A, p.
16.
8.
Toronto Star. «Ishmael Spence, 15, stabbed
to death in the subway. A 15-year-old boy is
charged with the murder», 14 janvier 1996,
cahier A, p. 14.
9.
Toronto Star. «A 16-year-old girl is convicted
in the stabbing death of Brian Harris Baylen»,
30 janvier 1995, cahier A, p. 18.
153
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154
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. 155
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
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psychological, educational, and behavioral
treatment: confirmation from meta-analysis»
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52. Restoin, A., H. Montagner, D. Rodriguez et
autres. «Chronologie des comportements de
communication et profils de comportement
chez le jeune enfant» dans Ethologie et
developpement de l'enfant, publie sous la
direction de R. E. Tremblay, de M. A. Provost
et de F. F. Strayer, Paris, Editions Stock/
Laurence Pernoud, 1985, p. 93-130.
49. Tremblay, R. E. et W. Craig. «Developmental
crime prevention» dans Building a Safer
Society: Strategic Approaches to Crime
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et de D. P. Farrington, Chicago, University of
Chicago Press, 1995, p. 151-236.
50. Zoccolillo, M., R. E. Tremblay et F. Vitaro.
<cDSM-III-R and DSM-III criteria for conduct
disorder in pre-adolescent girls: specific but
insensitive» dans Journal of the American
Academy of Child and Adolescent Psychiatry,
sous presse.
1'56
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe 1. Questions utilisees pour evaluer les comportements agressifs chez les enfants de 4 a
14 ans
Agressivite physique
Est-ce que votre enfant :
1) se bagarre souvent ?
2) lorsqu'un autre enfant lui fait mal accidentellement (par exemple, en le bousculant), il/elle suppose que cet enfant l'a fait expres et reagit avec
colere et en se battant ?
3) attaque physiquement les autres ?
4) menace les autres ?
5) est cruel/le envers les autres, les brutalise ou fait preuve de mechancete ?
6) donne des coups de pied a d'autres enfants, les mord ou les frappe ?
Agressivite indirecte
Est-ce que votre enfant :
1) lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, essaie d'entraIner les autres a detester cette personne ?
2) lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, devient ami/e avec un autre pour se venger ?
3) lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, raconte de vilaines choses a propos de l'autre a l'insu de ce dernier ?
4) lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, incite les autres a ne pas le frequenter ?
5) lorsqu'il/elle est fache/e contre quelqu'un, devoile les secrets de cette personne a quelqu'un d'autre ?
Source : ELNEJ
Annexe 2. Correlations entre les comportements notes
1. Agressivite
physique
2. Agressivite
indirecte
3. Comportement
hyperactif
4. Troubles
affectifs
1. Agressivite physique
0,59
2. Agressivite indirecte
0,33'
0,56
3. Comportement hyperactif
0,37'
0,21'
4. Troubles affectifs
0,24'
0,19°
0,31'
0,64
-0,30'
-0,14°
-0,17'
-0,08
5. Comportement prosocial
5. Comportement
prosocial
0,74
0,60
Remarque: Les valeurs sous la diagonale representent les correlations individuelles qui tiennent compte des effets de rage et du sexe des enfants. Les valeurs sur la
diagonale representent les variances a l'interieur de la famille.
• p < 0,01
° p <0,05
Source : ELNEJ
Annexe 3. Correlations entre freres et sceurs pour les comportements notes
1. Agressivite
physique
2. Agressivite
indirecte
3. Comportement
hyperactif
4. Troubles
affectifs
1. Agressivite physique
0,37
2. Agressivite indirecte
0,59'
0,41
3. Comportement hyperactif
0,60'
0,55'
0,21
4. Troubles affectifs
0,66'
0,51'
0,87'
0,34
5. Comportement prosocial
0,05
0,01
0,09
0,03
5. Comportement
prosocial
Remarque: Les valeurs sous la diagonale representent les correlations familiales qui tiennent compte des effets de rage et du sexe des enfants. Les valeurs sur la
diagonale representent les variances entre les families.
p < 0,01
Source : ELNEJ
157:
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
0,33
Conclusion
Allan R. Taylor*
L'Enquete longitudinale nationale sur les enfants
et les jeunes (ELNEJ) constitue une entreprise
ambitieuse et opportune du fait qu'elle est realisee
a un moment critique de l'histoire du Canada : un
moment oil notre societe et notre economie sont
balayees par un vent de changement et de
readaptation.
Une constatation semble ressortir de tout cela :
Ia reconnaissance du fait qu'il existe divers
cheminements menant a un sain developpement
humain et que de nombreux facteurs, notamment Ia
famille, I'ecole et la collectivite, ont des effets
formateurs sur les personnes.
Comme on l'a souligne dans bon nombre des
analyses de ce volume, le suivi longitudinal de l'etat
de sante et du developpement de nos enfants et
de nos jeunes revet une importance primordiale
dans redification d'une societe fondee sur l'apprentissage et capable de faire face au changement.
Worm s'il s'agit du premier cycle de l'enquete,
realisee aupres de 23 000 enfants ages de la
naissance a 11 ans, je dois avouer que j'ai ete
vivement impressionne par Ia profondeur de la
recherche, par le vaste savoir-faire qui ressort des
travaux de recherche de ce volume et par la veritable
reconnaissance du fait que le developpement des
enfants doit etre envisage dans une perspective plus
globale et, de toute evidence, differente.
Ces resultats, tout comme les suivis qui seront
realises tous les deux ans, constituent le seul moyen
efficace de savoir dans quelle mesure nous
reussissons, en tant que societe, a preparer la
prochaine generation a surmonter les difficultes a
venir. II s'agit en quelque sorte du bilan de sante
du pays.
II nous faudra modifier la maniere dont nous
preparons les enfants a devenir des adultes sains
et responsables, car les conditions economiques
et sociales ont change.
Bon nombre de personnes s'entendent maintenant sur le fait qu'une meilleure integration de Ia
politique sociale et economique s'impose pour
relever les defis de la mondialisation et de la
revolution technologique. Ainsi, la sante, le bienetre, les competences et les habiletes d'adaptation
des enfants et des jeunes au Canada representent-ils des conditions prealables essentielles a Ia
prosperite economique future et au bon fonctionnement futur de la societe.
L'ELNEJ nous permet de savoir comment nos
enfants fonctionnent et se developpent sur les plans
physique, social et affectif. De plus, elle evalue de
nombreux sujets importants comme Ia maturite de
('enfant au moment d'entrer a l'ecole, les dispositions relatives a la garde des enfants, les comportements agressifs et ('incidence, sur les enfants, de la
vie en famille monoparentale ou de la vie en famille
reconstituee.
Allan R. Taylor a OE pendant quelques annees president et chef de
la direction de la Banque Royale du Canada, avant de prendre sa
retraite en 1995. ll siege presentement au conseil d'administration
d'un certain nombre de societes et d'organismes, dont la Banque
Royale du Canada. M. Taylor s'est engage a solidifier les rapports
et /'interaction entre les universites et les entreprises; it a ete
membre fondateur du Forum entreprises-universites, et it en est
presentement membre honoraire. ll est aussi membre du comite
consultatif de plusieurs organismes communautaires.
On ne saurait trop insister sur ('importance de
ces conditions prealables, car la capacite dune
nation de reussir dans le contexte dune economie
innovatrice et fondee sur le savoir dependra des
ressources humaines du pays, c'est-A-dire des
enfants d'aujourd'hui.
159
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
En periode de restrictions economiques, it est
tentant pour les gouvernements d'imposer des
compressions un peu partout. Cependant, si nous
investissons de fawn eclairee dans le developpement des jeunes enfants, nous devrions realiser
dans I'avenir des economies appreciables — non
seulement en matiere d'argent, mais aussi de vies
plus saines, de collectivites plus saines et, partant,
d'une economie plus saine.
Au siècle dernier, Ia richesse et la prosperite
Oconomique du Canada reposaient sur les
ressources naturelles. Au siècle prochain, elles
dependront dans une plus large mesure des idees,
des innovations, des inventions et de l'esprit
d'entreprise. 1.1«economie du savoir” favorise les
societes qui investissent dans le «capital humain».
Dans le contexte de cette economie caracterisee par une concurrence mondiale, le travailleur
moyen changera huit fois dans sa vie d'emploi et
devra acquerir de nouvelles competences.
De nos jours, les systemes de sante et de
services sociaux travaillent a aider les enfants et
les jeunes qui ont des problemes, qui sont victimes
d'abus ou encore malades, au lieu de prevenir ces
problemes.
Dans la nouvelle economie, 0C1 Ia seule
constante est le changement, nos fils et nos filles
devront non seulement etre hautement qualifies,
mais egalement faire preuve de souplesse; en
d'autres mots, ils devront etre aptes a faire face au
stress et a l'adversite.
Pluttit que de consacrer I'essentiel de nos
ressources a eteindre les feux, nous pourrions
decider d'investir intelligemment dans le developpement des jeunes enfants, et eviter ainsi les risques
d'incendie.
Comment inculquer a un enfant la capacite
d'adaptation, ou en termes simples la capacite de
retomber sur ses pieds ? Cette capacite peut faire
appel a des aptitudes et qualites comme la resolution de problemes, l'esprit critique, l'esprit
d'initiative, Ia creativite, I'optimisme et l'estime de
soi.
L'information dont nous disposons au sujet de
la violence chez les jeunes, de la criminalite et des
comportements antisociaux indique clairement que
la prevention est beaucoup plus economique et
efficace que les interventions a posteriori, axees
sur des «soins actifs..
Une partie de Ia reponse a cette question se
trouve dans un travail de recherche du present
volume, redige par Lynn McIntyre, doyenne de la
Faculty of Health Professions de la Dalhousie
University. Ce travail s'appuie sur des recherches
parrainees par l'Institut canadien des recherches
avancees.
II n'y a pas que l'avenir de nos enfants qui soit
en jeu; celui de la societe entiere l'est egalement.
Si nous choisissons de negliger le developpement
de nos enfants, un grand nombre d'entre eux
verront s'enraciner des problemes scolaires,
sociaux et de sante, et nous, en tant que nation,
accuserons un retard de plus en plus marque au
fur et a mesure qu'augmentera le nombre d'enfants
et de jeunes n'ayant pas la competence et les
habiletes d'adaptation necessaires pour devenir
des membres productifs de la societe. Le prix
payer sera eleve, tant sur le plan social qu'economique.
D'eminents specialistes des neurosciences ont
demontre que le cortex cerebral (la partie du
cerveau qui determine la capacite cognitive, la
competence et les habiletes d'adaptation) etablit ses
«connexions), en tits bas age. La qualite de la
stimulation et des soins qu'un enfant recoit au cours
de la periode critique de la naissance a 3 ans influe
de facon cruciale sur sa competence et ses
habiletes d'adaptation futures.
Alors, comment investir intelligemment ?
Comment pouvons-nous, en tant que societe,
fournir un milieu social stable et enrichissant qui
favorisera le sain developpement des enfants ?
Cette constatation est d'une importance
capitale pour notre societe et pour l'etablissement
des priorites dans ('utilisation des ressources. Elle
signifie que nous devons, en tant que nation,
accorder une attention accrue aux enfants si nous
voulons leur permettre de devenir des adultes sains
et capables de s'adapter.
Au lieu de nous en remettre entierement aux
gouvernements, je crois que nous pourrions trouver
la reponse dans des approches innovatrices qui
reposeraient sur une participation du voisinage, de
la collectivite, des ecoles, des garderies et des
entreprises.
160
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Nous devons discuter davantage et agir
davantage en ce qui concerne toutes les initiatives
destinees a fournir une education riche et vivante
a nos enfants, ce qui englobe par exemple les
horaires variables, le partage des emplois, les
services de garde apres l'ecole, les conges de
maternite et de paternite, les ressources
communautaires et le benevolat.
La premiere de ces transitions est ('entree dans
le systerne scolaire; a cet egard, je crois que nous
devons adopter une facon de penser innovatrice
quanta la signification que revet le mot <<education»
dans un milieu social et economique complexe en
evolution constante.
Dans une economie a forte concentration de
savoir, reducation ne peut plus se dispenser
exclusivement dans les traditionnelles salles de
classe. L'acquisition continue du savoir est devenue
une necessite puisque de plus en plus d'emplois
doivent etre combles par des personnes capables
de travailler en equipe, ayant d'excellentes capecites de lecture et de calcul et des connaissances
en informatique, possedant un esprit critique et
createur, pouvant resoudre des problemes et,
surtout, pouvant acquerir de nouvelles comp&
tences.
Par-dessus tout, nous devons adherer au
concept de la responsabilite sociale parce que
personne, qu'il s'agisse d'une entreprise, d'un groupe
communautaire ou d'un individu, n'existe dans
l'isolement.
Selon ma propre experience, je sais que
beaucoup plus de dirigeants d'entreprise
reconnaissent maintenant que la qualite du milieu
social est aussi importante que Ia qualite du milieu
physique. Nous sommes tous interesses a notre
filet de securite sociale, de son regime de soins de
sante, de ses programmes d'education et de son
reseau d'organismes communautaires benevoles,
et nous en tirons tous des avantages.
A I'approche du prochain siècle, le systerne
d'education doit se redefinir. II faudra non plus
mettre ('accent sur l'apprentissage de faits, mais
s'attarder a “apprendre a apprendre».
Une periode de reduction des depenses
comme celle que nous traversons actuellement est
un bon moment pour prendre ('initiative, reevaluer
nos priorites, puis orienter resolument ('utilisation
des fonds publics et prives vers ces priorites. Le
developpement des enfants est un excellent point
de depart.
II est desormais plus important d'apprendre
resoudre des problemes que de simplement
memoriser des faits. Le defi consistera a enseigner
A nos enfants comment et oil trouver les faits et ce
qu'ils doivent en faire par la suite.
Cette nouvelle fawn de voir les choses
amenera le systerne d'education a se decloisonner
afin que les travailleurs et les apprenants puissent
passer librement du milieu de travail a Ia salle de
classe, et vice versa. Notre objectif doit etre de creer
une “collectivite d'apprenants» unis dans la
recherche de la meilleure facon de partager des
idees, de se developper sur le plan intellectuel et
de resoudre des problemes.
Comment saurons-nous si nous avons choisi
les bonnes priorites et si nous avons pris les
mesures les plus efficaces ? Heureusement,
I'ELNEJ nous fournira des outils de precision pour
determiner si nous nous en tirons bien.
De plus, cette enquete nous fournira une
information indispensable sur la facon dont les
enfants vivent la transition de la maison a l'ecole
puis au milieu de travail, de meme que sur la facon
dont ils vivront la creation de leur propre famille.
Le Canada doit se doter d'une culture de
l'apprentissage, d'une culture de la recherche et
d'une culture de la formation pour garder, voire
attirer ici les entreprises innovatrices et les
chercheurs eminents.
En raison du long decalage entre ('apparition
de certains problemes de developpement
(notamment l'agressivite prescolaire, qui peut
engendrer des problemes de comportement
('adolescence, qui peuvent engendrer un
comportement antisocial a rage adulte), jl faut
absolument disposer d'outils de detection plus
sensibles et mieux comprendre ces transitions
importantes pour les enfants.
C'est pourquoi le Groupe de Ia Banque royale
a consacre une si grande part de son budget de
16 millions de dollars de dons a Ia recherche et
reducation, ainsi qu'aux projets et organismes dont
le but est d'aider les jeunes a se preparer pour une
vie productive en cette nouvelle ere de l'informatique.
161
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
A l'hopital pour enfants de Ia ColombieBritannique, nous financons des recherches en
neonatologie. A l'Universite du NouveauBrunswick, nous appuyons un centre d'etudes sur
la violence familiale. A l'Universite Queen's, nous
fournissons une aide a Ia faculte d'education dans
le cadre d'un programme visant a ameliorer
I'enseignement des mathematiques et des sciences
dans les ecoles secondaires. A I'Institut canadien
des recherches avancees, nous financons des
recherches nouvelles sur les mecanismes par
lesquels les idees et les connaissances deviennent
les moteurs essentiels de la croissance
economique. Nous y financons aussi des etudes
sur des sujets etroitement liees, c'est-e-dire sur le
developpement humain et les facteurs determinants de Ia sante.
Si nous negligeons de prendre un engagement
en ce sens et que la generation montante se trouve
mal outillee pour surmonter les dens d'une
economie de plus en plus complexe et d'une
societe changeante, alors nous serons tous dans
une situation perilleuse.
La solution consisterait peut-titre a adopter une
declaration nationale des priorites, puis a consacrer
les ressources humaines et financieres requises
pour realiser ces priorites, ressources qui
proviendraient a la fois du secteur public et du
secteur prive. Nos enfants representent l'un des
meilleurs investissements qui soient a long terme.
Les activites continues decoulant de I'ELNEJ
nous aideront a suivre le developpement de nos
enfants et de nos jeunes; elles nous procureront
une meilleure comprehension de la situation et elles
permettront aux chercheurs et aux decideurs
d'affiner leur reflexion.
Bref, la philanthropie rapporte en affaires. En
effet, si nous favorisons le bon fonctionnement du
systeme canadien d'education, de recherche et
d'action communautaire pour ameliorer la qualite
de vie des Canadiens, ces derniers deviendront
alors de meilleurs voisins, de meilleurs citoyens,
de meilleurs parents, de meilleurs gestionnaires,
de meilleurs employes, de meilleurs investisseurs
et de meilleurs clients. Tout le monde en profitera.
Toutefois, it nous incombe a tous de faire en
sorte que notre societe soit davantage axee sur
les enfants, de nous assurer que tous les enfants
connaissent un bon depart, qu'ils sont epaules
lorsqu'ils vivent les bouleversements de
('adolescence et qu'ils sont bien prepares a grandir
comme membres sains et productifs de la societe.
Finalement, j'aimerais citer les jeunes eux-mernes.
Dans un recent rapport intitule Nos enfants et nos
jeunes d'aujourd'hui : l'Ontario de demain, on
signalait avoir demande aux jeunes ce dont ils
avaient besoin pour etre en sante. Temps, patience
et amour figuraient au debut de la liste, avant Ia
nourriture, le logement, les vetements, la securite
et reducation.
Je crois que le Canada est a une croisee de
chemins importante. En cette periode 00 environ un
enfant sur cinq vit dans la pauvrete, nous ne pouvons
nous permettre de nous asseoir sur nos lauriers.
Le temps est venu de consacrer temps et
ressources au sain developpement de nos enfants
et de nos jeunes. Notre prosperite economique et
notre stabilite sociale en dependent.
C'est la un message fres significatif.
1:62
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
A propos des auteurs
Ronald G. Barr
Martin D. Dooley
Ronald G. Barr est medecin diplorne de l'Universite
McGill, oil it est actuellement professeur aux
departements de pediatrie et de psychiatrie. M. Barr
dirige aussi le Programme de developpement de
('enfant a l'Hopital de Montreal pour enfants. II est
chercheur a l'Institut de recherche McGill — Hopital
de Montreal pour enfants, ainsi qu'au Groupe de
recherche sur l'inadaptation psychosociale de
l'enfant — un centre de recherche interuniversitaire
appuye par l'Universite Laval, l'Universite McGill,
l'Universite de Montreal et l'organisme de financement du Gouvernement du Quebec, le Fonds pour
la formation de chercheurs et ['aide a Ia recherche.
M. Barr a rect.' Ia Bourse Sessenwein de Ia
Fondation de l'HOpital de Montreal pour enfants.
Martin D. Dooley est professeur d'economique
l'Universite McMaster. II oriente ses recherches
dans les domaines de l'economique du travail, de
la famille et de la sante ainsi que dans celui des
politiques concernant l'aide sociale. Les travaux
qu'il a publics portent sur la pauvrete chez les
femmes et les enfants, l'inegalite salariale, les
avantages financiers de la scolarisation et la
relation entre les structures familiales et la
participation des femmes au sein de Ia population
active. Ses travaux de recherche portent actuellement sur les rapports entre la sante des enfants
et leur situation socioeconomique, sur les facteurs
determinants de la participation au marche du travail et du recours au bien-titre social et sur
l'economique de la constitution et de Ia dissolution
des families.
Bernard Boulerice
Bernard Boulerice detient un doctorat en statistique
de l'Universite de Montreal. II est statisticien au
Centre de recherche Fernand-Seguin de l'HOpital
Louis-H. Lafontaine de Montreal.
Philip W. Harden
Philip W. Harden detient un doctorat en psychologie
clinique de l'Universite McGill. II est egalement
boursier postdoctoral du Groupe de recherche sur
I'inadaptation psychosociale de ('enfant — un centre de recherche interuniversitaire appuye par
l'Universite Laval, l'Universite McGill, l'Universite
de Montreal et l'organisme de financement du
Gouvernement du Quebec, le Fonds pour la
formation de chercheurs et l'aide a la recherche.
David Cheal
David Cheal est professeur de sociologie
l'Universite de Winnipeg. Parmi les ouvrages qu'il
a publics, notons The Gift Economy, Family and
the State of Theory et New Poverty: Families in
Postmodern Society (a venir). A l'heure actuelle,
ses travaux de recherche portent sur les transactions familiales et les possibilites qui s'offrent aux
individus pendant leur vie; ces travaux sont
appuyes par les Reseaux canadiens de recherche
en politiques publiques. Le professeur Cheal est
membre du groupe d'analyse de l'Enquete
longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes.
Daniel P. Keating
Daniel P. Keating est professeur et president du
departement de developpement humain et de
psychologie appliquee de l'Institut d'etudes
pedagogiques de ('Ontario, a l'Un iversite de
Toronto. II est boursier de la Banque Royale a
163
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
l'Institut canadien des recherches avancees (ICRA)
et directeur du programme de l'ICRA sur le
developpement humain. A titre de responsable de
theme du Telelearning Research Network (un des
reseaux canadiens des centres d'excellence), it
etudie egalement les repercussions et ('application
possible des plus recentes technologies de
('information en matiere de developpement humain.
II est souvent invite par des groupes canadiens,
americains et europeens pour discuter de la fagon
dont le milieu social influence nos modes de pensee
et comment les institutions sociales doivent changer
pour promouvoir le developpement humain et
relever les nouveaux defis sociaux et economiques.
precoce parraine par le Hincks Centre for Children
et le Service de sante publique de la ville deToronto.
M me Landy possede des affectations au departement de psychiatrie de l'Universite de Toronto et
au departement de psychologie de l'UniversiteYork.
Elle a recemment acheve une etude transversale
de reperage qui suivait revolution d'enfants a partir
de la naissance jusqu'a ('age de cinq ans. Elle
effectue presentement des travaux de recherche
aupres d'enfants d'age prescolaire presentant un
comportement agressif et difficile, ainsi que sur
refficacite des interventions aupres des nourrissons
et des jeunes enfants a haut risque.
Ellen L. Lipman
M. Keating a &lit abondamment sur le
developpement humain et reducation, surtout sur
le developpement intellectuel et social tout au long
de la vie, sur l'influence du developpement sur la
diversite humaine et sur les perspectives de
developpement de l'individu dans une societe de
l'apprentissage. II a redige au-dela de 75 articles
parus dans des revues scientifiques ou des
collections savantes, dont Intellectual Talent:
Research and Development et une serie en trois
volumes intitulee Applied Developmental Psychology.
Ellen L. Lipman est psychiatre de l'enfance et
professeure adjointe au departement de psychiatrie
de l'Universite McMaster. Elle est membre du
Centre for Studies of Children at Risk des hopitaux
Chedoke — McMaster et de la faculte des sciences
de Ia sante de l'Universite McMaster. Ses principaux domaines de recherche portent sur les enfants et les families defavorisees (y compris sur
les enfants pauvres et les families monoparentales)
ainsi que sur le comportement antisocial chez les
enfants. Dans le cadre de ses travaux de recherche, elle examine presentement les rapports entre
le revenu familial et la sante de l'enfant, elle evalue
les groupes de formation ou de soutien a ('intention
des mares seules et elle enquete sur les strategies
d'intervention ou de prevention visant les jeunes
enfants ayant un comportement d'exteriorisation
comme un comportement antisocial ou des troubles
d'hyperactivite avec deficit de ('attention. Elle a
publie des articles et des chapitres de livres sur la
sante mentale des mares seules et sur les
problemes emotifs et de comportement chez les
enfants defavorises ou adoptes.
Mark A. Kelly
Mark A. Kelly detient un baccalaureat es arts avec
specialisation en psychologie de l'Universite
Carleton. II a travaille comme adjoint de recherche
(Sante et Bien-etre social Canada), psychometricien (Hopital pour enfants de l'est de ('Ontario)
et prepose a l'archivage de donnees (Universite
Carleton). M. Kelly est actuellement attaché de
recherche au Centre de statistiques internationales
du Conseil canadien de developpement social, ob
it est le principal chercheur travaillant a la nouvelle
publication du Conseil, Le progres des enfants au
Canada. M. Kelly est coauteur de .Apergu : Les
enfants du Canada durant les annees 90» dans
cette publication et de Child Poverty: What are the
Consequences?, ainsi que Countdown 94:
Pierre McDuff
Pierre McDuff detient une maitrise en criminologie
de l'Universite de Montreal. II est analyste de
donnees au Groupe de recherche sur l'inadaptation
psychosociale de l'enfant — un centre de recherche interuniversitaire appuye par l'Universite Laval,
l'Universite McGill, l'Universite de Montreal et
I'organisme de financement du Gouvernement du
Quebec, le Fonds pour la formation de chercheurs
et ('aide a Ia recherche. II est aussi analyste de
donnees au Centre de recherche Fernand-Seguin
de l'Hopital Louis-H. Lafontaine de Montreal.
Campaign 2000 Child Poverty Indicator Report.
Sarah Landy
Sarah Landy a oeuvre pendant 25 ans dans le
domaine de Ia sante mentale de l'enfant, a titre de
clinicienne, d'administratrice, d'enseignante et de
chercheuse. Mme Landy est presentement directrice
de Growing Together, un programme d'intervention
164
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Lynn McIntyre
financement du Gouvernement du Quebec, le
Fonds pour la formation de chercheurs et l'aide
Ia recherche.
Lynn McIntyre, FRCPC, est diplornee de l'Universite
de Toronto (doctorat en medecine et maTtrise en
sciences de la sante). Specialiste en medecine
communautaire, ses principaux centres d'interet
dans le domaine de la recherche portent sur la
sante de ('enfant. Mme McIntyre a pratique Ia
medecine et fait des recherches aupres des
Autochtones du nord-ouest de ('Ontario avant de
terminer son internat. Elle a fait d'abord ceuvre
comme specialiste a titre d'epidemiologiste
hospitaliere au Isaac Walter Killand Children's
Hospital de Halifax, en Nouvelle-Ecosse. La, elle a
oriente ses travaux de recherche sur l'enfance et
('etude des maladies chroniques et les blessures
de l'enfance, ainsi que les programmes de sante
des ecoles. A l'heure actuelle, ses travaux de
recherche portent sur la promotion de la sante
infantile et elle s'interesse particulierement aux
programmes d'alimentation des enfants. En 1992,
Mme McIntyre a ete nommee doyenne de la faculte
des professions de la sante de l'Universite
Dalhousie, ou elle continue a faire des travaux de
recherche.
David R. Offord
David R. Offord est psychiatre de l'enfance
specialise en epidemiologie et en prevention. II est
professeur de psychiatrie et chef de la Division of
Child Psychiatry a l'Universite McMaster, et il est
directeur de recherche (division Chedoke) aux
hopitaux Chedoke — McMaster. Aux hopitaux
Chedoke — McMaster/Universite McMaster, M.
Offord est directeur du Centre for Studies of Children at Risk, qui s'interesse a des questions de
politique, de recherche scientifique et de formation. II est chercheur national en sante et membre
du Conseil du premier ministre sur la sante, le
bien-titre et la justice sociale depuis juin 1995. II a
joue un role predominant dans ('Etude sur la sante
des enfants en Ontario et les travaux qui ont suivi.
De plus, M. Offord est directeur du State-ofthe-Child Research Unit (finance par la Fondation
Laidlaw), dont la principale mission consiste
determiner quelles sont les donnees sur l'enfance
et la jeunesse ontarienne qui devraient etre
recueillies de facon reguliere dans le but de
renseigner et d'evaluer les politiques. II a effectue
des travaux experimentaux dans deux reserves
autochtones (en sante infantile et surtout en sante
mentale) et it est coenqueteur principal du Programme triministeriel.
J. Fraser Mustard
J. Fraser Mustard a passé 30 annees de sa vie a
titre de medecin et de scientifique medical attaché
a l'Universite deToronto et a l'Universite McMaster.
II est president fondateur del'Institut canadien des
recherches avancees (l'Institut a recu plusieurs prix
pour son travail) et boursier de Bell Canada.
L:Institut regroupe plus de 200 chercheurs du
Canada, des Etats-Unis, d'Europe, d'Israel et du
Japon qui etudient des problemes complexes en
sciences et en sciences sociales. Avec des
programmes de recherche sur des domaines aussi
varies que la cosmologie, la biologie evolutive et
les facteurs determinants de la croissance
economique, l'Institut a influence les politiques des
secteurs public et prive dans les domaines de la
science et la technologie, de la croissance
economique, de la sante et du developpement
humain.
Daniel Perusse
Daniel Perusse detient un doctorat en
anthropologie de l'Universite de Montreal, ou it est
aussi professeur adjoint. Boursier postdoctoral en
genetique du comportement a l'Universite de
Virginie, it est actuellement chercheur au Centre
de recherche Fernand-Seguin de l'hopital LouisH. Lafontaine de Montreal et au Groupe de
recherche sur l'inadaptation psychosociale de
l'enfant — un centre de recherche interuniversitaire
appuye par l'Universite Laval, l'Universite McGill,
l'Universite de Montreal et l'organisme de
financement du Gouvernement du Quebec, le
Fonds pour la formation de chercheurs et l'aide
la recherche.
Claude L. Normand
Claude L. Normand detient un doctorat en
psychologie genetique de l'Universite de Waterloo.
Elle est boursiere postdoctorale du Groupe de
recherche sur l'inadaptation psychosociale de
('enfant – un centre de recherche interuniversitaire
appuye par l'Universite Laval, l'Universite McGill,
l'Universite de Montreal et l'organisme de
Robert 0. Pihl
Robert 0. Pihl detient un doctorat en psychologie
clinique de ('Arizona State University. II est
professeur aux departements de psychologie et de
165
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Kwok Kwan Tam
psychiatrie de l'Universite McGill, chercheur au
centre de recherche de l'hopital Douglas et membre
du Groupe de recherche sur l'inadaptation
psychosociale de l'enfant — un centre de recherche interuniversitaire appuye par l'Universite Laval,
l'Universite McGill, l'Universite de Montreal et
l'organisme de financement du Gouvernement du
Quebec, le Fonds pour la formation de chercheurs
et l'aide a la recherche.
Kwok Kwan Tam est coordonnateur de Ia recherche du projet Growing Together, un projet
d'intervention precoce 'Dwaine par le Hincks Centre for Children et le Service de sante publique de
la ville de Toronto. M. Tam prepare un doctorat a la
faculte de travail social de l'Universite de Toronto.
Dans ses recherches, it s'interesse surtout au bienetre de l'enfant et a des questions portant sur les
enfants maltraites. M. Tam possede une vaste
experience de ('analyse des donnees, ayant
participe a divers travaux de recherche sur la famille
et les enfants a Hong Kong, aux Etats-Unis et au
Canada. Recemment, M.Tam a participe a ('Ontario
Incidence Study of Reported Child Maltreatment
et it a publie un rapport et des articles en
collaboration avec d'autres auteurs.
David P. Ross
David P. Ross s'est specialise en economie sociale
et possede des diplornes d'etudes superieures de
('University of Alberta et de Ia Duke University. II a
travaille au bureau du Cabinet du gouvernement
federal ainsi qu'a I'OCDE (Organisation de
cooperation et de developpement economique)
Paris, et a l'Institut Vanier de Ia famille. Pendant
des annees, it a ceuvre a titre de consultant
specialise dans les domaines de la pauvrete, de
l'emploi et du developpement economique
communautaire. M. Ross est directeur du Centre
de statistiques internationales sur le bien-titre social
et economique, directeur executif du Conseil
canadien de developpement social et president du
Forum national sur la securite des families. II a
enseigne dans les ecoles d'economique,
d'administration publique et de travail social de
l'Universite de Windsor, de l'Universite d'Ottawa,
de l'Universite Carleton et de l'Universite McGill.
Les ouvrages qu'il a publies comprennent : The
Allan R. Taylor
Allan R. Taylor a ete pendant quelques annees
president et chef de la direction de la Banque
Royale du Canada, avant de prendre sa retraite
en 1995. II siege presentement au conseil
d'administration d'un certain nombre d'organismes,
dont la Banque Royale du Canada, le Canadien
Pacifique, l'Institut canadien des recherches
avancees et le Neuroscience Network. II detient
plusieurs doctorats honorifiques.
M. Taylor s'est engage a solidifier les rapports
et ('interaction entre les universites et les
entreprises; it a ete membre fondateur du conseil
d'administration du Forum entreprises-universites,
et it en est presentement membre honoraire. Ce
forum est un organisme national comptant parmi
ses membres 30 presidents d'universite et 30
dirigeants d'entreprise. II est membre du comite
consuitatif de plusieurs organismes communautaires, y compris ('Association internationale des
etudiants en sciences economiques et commerciales, la Fondation canadienne pour Ia recherche
sur le SIDA, ('Association canadienne pour
!Integration communautaire et la Fondation du
journalisme canadien. M. Taylor est egalement
gouverneur du Trust Olympique du Canada,
conseiller executif du Forum des politiques
publiques et president du Conseil des bienfaiteurs
d'Outward Bound Canada.
Canadian Fact Book on Income Distribution, The
Working Poor, The Canadian Fact Book on Poverty,
Flux: Two Years in the Life of the Canadian Labour
Market et From the Roots Up: Economic
Development As If Community Mattered.
Katherine Scott
Katherine Scott detient des diplomes de sciences
politiques de l'Universite Queen's et de l'Universite
York; elle poursuit presentement ses etudes de
doctorat. Mme Scott fait partie depuis peu du Conseil
canadien de developpement social a titre
d'associee aux politiques. Elle est responsable de
la nouvelle publication du Conseil, Le progres des
enfants au Canada. Elle a ceuvre dans les secteurs
prive et public a titre d'analyste des politiques et
de chercheuse dans le domaine des politiques
sociales et economiques qui touchent les femmes,
les enfants et la famille. Dans son plus recent
ouvrage, elle examine les repercussions possibles
de la restructuration de l'Etat providence sur les
femmes.
Richard E. Tremblay
Richard Tremblay detient un doctorat en psychopedagogie et en developpement de l'enfant de
166
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
l'Universite de Londres (Angleterre). II est
professeur aux departements de psychiatrie et de
psychologie de l'Universite de Montreal et titulaire
de la chaire de developpement de l'enfant. II est
egalement directeur du Groupe de recherche sur
l'inadaptation psychosociale de ['enfant — un centre de recherche interuniversitaire appuye par
l'Universite Laval, l'Universite McGill, l'Universite
de Montreal et l'organisme de financement du
Gouvernement du Quebec, le Fonds pour la
formation de chercheurs et l'aide a la recherche. II
est egalement chercheur au Centre de recherche
Fernand-Seguin de l'Hopital Louis-H. Lafontaine de
Montreal, boursier Molson de l'Institut canadien des
recherches avancees et boursier de Ia Societe
royale du Canada. M. Tremblay etait aussi membre
du Groupe de travail pour les jeunes, cree par le
ministre quebecois de la sante et des services
sociaux.
J. Douglas Willms
J. Douglas Willms est professeur et titulaire de la
chaire de recherche de l'ICRA (Institut canadien
des recherches avancees) a la faculte d'education
de l'Universite du Nouveau-Brunswick. II est l'auteur
de Monitoring school performance: A guide for
educators et de plus de 50 articles et textes sur
l'efficacite de l'ecole et sur les methodes de
recherche. II a participe a des etudes d'envergure
nationale sur ('influence de l'ecole en Angleterre,
au Pays de Galles, en Inde, en Israel, en Jordanie,
en Ecosse, en ThaIlande et aux Etats-Unis.
Mark Zoccolillo
Mark Zoccolillo est medecin et psychiatre diplorne
de la Washington University School of Medicine. II
est egalement professeur adjoint au departement
de psychiatrie de l'Universite McGill et membre du
departement de psychiatrie de l'Hopital de Montreal
pour enfants. M. Zoccolillo est aussi chercheur au
Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale de l'enfant — un centre de recherche
interuniversitaire appuye par l'Universite Laval,
l'Universite McGill, l'Universite de Montreal et
I'organisme de financement du Gouvernement du
Quebec, le Fonds pour la formation de chercheurs
et l'aide a Ia recherche.
M. Tremblay dirige une etude longitudinale sur
le developpement de l'enfant, qui porte sur le
developpement physique, cognitif, ernotif et social
de l'enfant. L'objectif de cette etude consiste a
mieux comprendre dans quelle mesure des
problemes physiques, mentaux et sociaux risquent
de se manifester a ('adolescence et durant Ia vie
adulte. Recemment, les travaux du professeur
Tremblay l'ont amene a s'interesser tout particulierement aux difficultes d'adaptation eprouvees par
les filles, qui ont acces a moins de services que
les garcons lorsqu'elles eprouvent des difficultes.
167
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Annexe technique
I2Enquete longitudinale nationale sur les enfants
et les jeunes (ELNEJ) est une enquete a long terme
congue pour mesurer le developpement et le bienetre de l'enfant. Elle a ete menee par Statistique
Canada (SC) au nom de Developpement des
ressources humaines Canada (DRHC). Elle a pour
objectif premier de constituer une base de donnees
nationale sur les caracteristiques et les
experiences de vie des enfants du Canada, depuis
Ia petite enfance jusqu'a rage adulte. On prevoit
que cette base de donnees s'averera un outil utile
aux organismes gouvernementaux, aux
professeurs d'universite, aux groupes
communautaires, aux ecoles et a d'autres pour
susciter des idees de programmes, analyser les
politiques actuelles et determiner les domaines oit
d'autres recherches s'imposent.
Cette premiere diffusion des donnees du
Cycle 1 de I'ELNEJ comporte trois produits, soit Ia
presente publication, Ia bande de micro-donnees
proprement dite et le Guide de I'utilisateur de
I'ELNEJ. Le Guide de I'utilisateur comprend un
large eventail de donnees techniques sur la fagon
d'utiliser les micro-donnees et la methodologie de
l'enquete, de ('information detainee sur le contenu
de l'enquete, des comparaisons entre les donnees
de I'ELNEJ et celles d'autres sources et des indicateurs de la qualite des donnees.
1. Renseignements de base et
objectifs de l'enquete
Avant la mise en oeuvre de I'ELNEJ, it existait peu
d'etudes statistiques decrivant un large &entail
de caracteristiques des enfants du Canada. Et
pourtant, des mesures de l'etat de sante, du bienetre et des chances offertes dans la vie sont
necessaires si le gouvernement et les chercheurs
esperent en apprendre davantage sur les
conditions de vie continues des enfants et des
jeunes du Canada de meme que sur les experiences vecues au cours de leur developpement.
Les donnees longitudinales sont cruciales si l'on
veut decouvrir les changements qui surviennent
au cours du developpement des enfants et etudier
les repercussions de l'environnement social de
l'enfant et de divers facteurs familiaux.
Le premier cycle de l'enquete a ate realise en
1994-1995. Les travaux de recherche contenus
dans la presente publication sont fondes sur les
donnees du premier cycle de I'ELNEJ. La presente
Annexe technique a pour but de fournir plus de
renseignements sur le contexte et les objectifs de
l'enquete, Ia conception de rechantillon, le contenu
de l'enquete et les mesures des taux de reponse.
Les lecteurs peuvent aussi consulter d'autres
documents sur le premier cycle de I'ELNEJ :
• L'Apercu du materiel d'enquete pour la collecte
des donnees de 1994-1995 fournit d'autres
renseignements ainsi qu'un expose du contenu
et de ('elaboration de l'enquete.
Les donnees sur Ia prevalence et ('interaction
de caracteristiques et de conditions diverses
aideront les decideurs a comprendre les processus
qui modifient les facteurs de risque et qui protegent
et favorisent le sain developpement des enfants.
Ces donnees aideront les divers intervenants de
la societe a elaborer des strategies, des politiques
• Le Materiel d'enquete pour la collecte des
donnees de 1994-1995 reunit tous les questionnaires et le materiel utilises pour le premier
cycle.
169
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Echantillon de menages
et des programmes efficaces pour aider les enfants
a reussir dans notre societe en evolution.
Le menage constituait le point de depart de
rechantillonnage. Les ménages echantillonnes
provenaient en fait de trois sources possibles : la
composante principale, Ia composante integree et
la composante des territoires.
Ainsi, l'objectif premier de I'ELNEJ est de
constituer une base de donnees nationale sur les
caracteristiques et les experiences de vie des
enfants et des jeunes du Canada, depuis leur
enfance jusqu'a rage adulte. Les objectifs
particuliers de I'ELNEJ visent, entre autres, a :
La composante principale
Dans le cadre du premier cycle de I'ELNEJ, it fallait
choisir des ménages avec au moins un enfant 'age
de 0 a 11 ans et trouver une methode pour faciliter
la decouverte de tels menages. Sinon, it aurait fallu
depenser des fonds precieux pour trier les
ménages afin d'identifier ceux qui comptaient ces
enfants. La solution se trouvait dans I'Enquete sur
Ia population active (EPA) de Statistique Canada.
• determiner la prevalence de diverses
caracteristiques et divers facteurs de risque
d'ordre biologique, social et economique chez
les enfants et les jeunes du Canada;
• surveiller les effets des facteurs de risque, des
evenements de la vie et des facteurs de protection sur le developpement de ces enfants;
• fournir ces renseignements aux responsables
des politiques et des programmes, en vue de
('elaboration de politiques, de strategies efficaces
pour aider les enfants a vivre en sante et a mener
une vie active et enrichissante.
L'EPA est realisee tous les mois et recueille
des renseignements demographiques de base sur
tous les membres de ménages donnes ainsi que
des renseignements sur la participation des
adultes de ces ménages sur le marche du travail
(adultes representatifs de la population
canadienne). On a examine les ménages qui
faisaient partie ou avaient fait recemment partie
de rechantillon de ('EPA pour determiner lesquels
comprenaient des enfants. Cela a servi de base
pour rechantillon de la composante principale de
I'ELNEJ. Environ 12 900 ménages ont ete
selectionnes pour rechantillon principal de
I'ELNEJ.
Ces objectifs visent a repondre aux besoins
suivants
• combler le manque actuel d'information sur les
caracteristiques et les experiences de vie des
enfants du Canada, en particulier durant les
premieres annees de leur vie;
• examiner tous les aspects de la vie de l'enfant
dans une perspective holistique (c.-a-d. ('enfant,
sa famille, le milieu scolaire et la collectivite);
II serait bon de mentionner que ('EPA exciut
certaines populations, car elles ne font pas partie de
la base de sondage qu'elle utilise, notamment les
individus qui vivent auYukon ou dans lesTerritoires
du Nord-Ouest, ceux qui vivent en institution et
ceux qui vivent dans des reserves autochtones.
Afin de compenser la premiere exclusion (c.-à-d.
le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest), on a
introduit dans I'ELNEJ Ia composante des
territoires decrite ci-apres. Le sous-denombrement
decoulant des autres exclusions (etablissements
et reserves autochtones) correspond a environ
0,5 % des enfants de 0 a 11 ans qui vivent dans
les 10 provinces.
• produire des donnees au niveau national et,
dans la mesure du possible, au niveau provincial;
• explorer des sujets susceptibles de changer
('orientation de la politique et touchant une partie
importante de la population.
2. Conception de I'ELNEJ
Pour concevoir I'ELNEJ, it fallait choisir un
echantillon representatif d'enfants du Canada afin
de les suivre au fil du temps. Dans le cadre du
premier cycle, rechantillon se composait d'enfants
dont rage variait entre celui d'un nouveau-ne (0 an)
et 11 ans. Le but a long terme de ('enquete est de
suivre ces enfants jusqu'a rage adulte.
La composante integree
Au meme moment de la conception de I'ELNEJ,
Statistique Canada mettait en oeuvre une autre
enquete longitudinale nationale, soit l'Enquete
nationale sur la sante de la population (ENSP).
Cette enquete a pour but de produire des
170
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
estimations de la sante physique et mentale des
Canadiens et de cerner les facteurs determinants
d'une bonne ou d'une mauvaise sante.
population de logements prives °coupes.
Lechantillon pour le Yukon exclut les personnes
en etablissement et les regions non organisees.
Les mernes exclusions s'appliquent a rechantillon
des Territoires du Nord-Ouest; celui-ci excluait en
outre les regions eloignees et les tits petites
collectivites.
Etant donne que I'ELNEJ et I'ENSP devaient
recueillir des donnees sur la sante des enfants du
Canada, it a ete decide qu'une partie de
rechantillon et du contenu des deux enquetes
devrait etre integree pour les 10 provinces. Les
enfants choisis pour I'ENSP ont fait partie de
rechantillon utilise pour les deux enquetes.
En ce qui concerne ('application de l'enquete
a rechantillon de la composante des territoires, si
le logement choisi comprenait au moins un enfant
de 0 a 11 ans, it faisait ('objet de I'ELNEJ. Pour le
premier cycle, I'objectif etait d'obtenir un echantillon
qui produirait des donnees concernant environ
2 300 enfants vivant au Yukon et aux Territoires
du Nord-Ouest.
Lechantillon de ménages de la composante
integree a ete selectionne de fawn fres semblable
a celui dont on se sert pour la composante
principale; it est fonds sur la base de sondage de
l'Enquete sur la population active (EPA).*Toutefois,
si on le compare aux ménages qui participaient
déjà a l'EPA, it s'agissait d'un nouvel echantillon
choisi specifiquement pour I'ENSP. Pour le premier
cycle de l'ELNEJ, le plan a ete mis en oeuvre de
facon a ce que, dans une certaine portion de
rechantillon de ménages de I'ENSP, une personne
du menage soit choisie au hasard, sans restriction
d'age; autrement dit, chaque membre du menage,
y compris les enfants, avait une chance egale
d'être choisi. Si celui-ci etait un enfant age de
0 a 11 ans, on considerait que ce menage faisait
partie de rechantillon integre et on lui faisait subir
l'entrevue de l'ELNEJ; autrement, on procedait
I'ENSP. Environ 2 700 ménages ont ete choisis
pour la composante integree.
La composante des territoires differe quelque
peu des autres composantes, car elle est
completement integree a I'ENSP. Dans le cas des
ménages avec enfants, l'ELNEJ a ete appliquee
aux enfants vivant dans le menage (jusqu'a trois
enfants), et une personne de chaque menage etait
choisie au hasard pour ('application de I'ENSP.
Pour le premier cycle, si cette personne avait
12 ans ou plus, I'ENSP etait appliquee. Ainsi, it a
ete necessaire de reduire le contenu des deux
enquetes pour diminuer Ia charge des repondants.
La methode de collecte etait egalement un peu
differente.
Dans le cadre de cette premiere publication
des donnees de l'ELNEJ, on a inclus seulement
les donnees provenant des 10 provinces, c'est-adire que tous les travaux de recherche de Ia
presente publication excluent les donnees du
Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. Les
donnees portant sur les territoires n'ont pas encore
ete traitees et feront partie d'une diffusion qui dolt
avoir lieu en 1997. Au moment de leur diffusion,
on procedera a une discussion complete de Ia
conception des echantillons et du contenu de Ia
composante des territoires, laquelle sera alors
incluse dans le Guide des utilisateurs de cette
diffusion.
Les exclusions dont on a discute ci-dessus,
applicables a la composante principale (le Yukon,
les Territoires du Nord-Ouest, les etablissements
et les reserves autochtones), s'appliquent
egalement a la composante de I'ENSP.
La composante des territoires
Les echantillons de ménages qui ont servi pour Ia
composante principale et pour la composante
integree etaient tous deux bases sur rechantillon
de l'EPA, qui ne tenait pas compte du Yukon ni
des Territoires du Nord-Ouest. Cependant, it fallait
obtenir des estimations relative aux regions du
nord, tant pour I'ELNEJ que pour I'ENSP. On a
donc introduit la composante des territoires, qui
etait un echantillon integre dans le cas de I'ELNEJ
et dans celui de I'ENSP. Lechantillon pour Ia
composante des territoires provenait de la
Toutes les discussions qui suivront dans Ia
presente Annexe technique seront limitees a la
conception et au contenu applicables aux dix
provinces (c.-a-d. les composantes principale et
integree). On inclura des renseignements
semblables pour Ia composante des territoires
dans les publications futures, une fois que les
donnees de cette composante seront rendues
publiques.
* Au Quebec, l'Ochantillon obtenu de la composante integree etait un
sous-Echantillon de logements provenant dune enquete sur la
sante realisee en 1993 par SantE Quebec.
171
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
12echantillon d'enfants
La partie 4 de Ia presente Annexe technique
donne les chiffres correspondant a rechantillon de
repondants, par province et par groupe d'age.
Une fois que rechantillon de menages avait eta
choisi aux fins de I'ELNEJ, la prochaine etape
consistait a selectionner les enfants.
Estimations transversales et longitudinales
Dans le cas de la composante principale, on
a choisi au hasard un enfant de 0 a 11 ans qui
vivait Ia plupart du temps dans le menage choisi.
On a selectionne ensuite au hasard d'autres
enfants dans la meme famille economiquet que
celui qui avait d'abord ete choisi, jusqu'a
concurrence de quatre enfants par ménage.
La conception et rechantillon de I'ELNEJ ont ete
etablis de fawn a ce qu'il soit possible de produire
des estimations transversales et longitudinales. A
l'heure actuelle, les donnees du premier cycle ne
permettent d'obtenir que des estimations transversales. On pourra obtenir de ('information longitudinale a partir du deuxieme cycle.
Pour ce qui est de la composante integree, un
enfant avait déjà ete choisi de la fawn decrite cidessus. Tout comme on I'avait fait pour la
composante principale, d'autres enfants ages de
0 a 11 ans appartenant a la merne famille economique ont ete choisis au hasard jusqu'a
concurrence de quatre enfants.
Comme it est mentionne ci-dessus, la repartition de rechantillon du premier cycle a ete faite
de fawn qu'il soit possible de produire des estimations a l'echelle nationale pour chaque cohorte
d'age ainsi que des estimations a l'echelle
provinciale pour des groupes d'age agreges. Ceci
est vrai tant pour les donnees transversales que
pour les donnees longitudinales.
Repartition de rechantilion
3. Collecte des donnees
Lechantillon du premier cycle de I'ELNEJ a ete
constitue en prenant en consideration deux
exigences importantes. Tout d'abord, it fallait un
echantillon suffisant dans chacune des dix provinces pour permettre Ia production d'estimations
fiables relatives a tous les enfants de 0 a 11 ans.
La repartition de rechantillon a ete calculee de
fawn a ce que la part des plus petites provinces
soient suffisante pour repondre a cette exigence.
La collecte des donnees pour le premier cycle de
I'ELNEJ a eu lieu entre l'automne 1994 et le
printemps 1995. Les donnees ont ete recueillies
aupres d'une gamme de repondants selon differentes
methodes. Voici un bref résumé expliquant qui
etaient les divers repondants et comment les
donnees ont ete recueillies pour chacun de ces
repondants. La partie 5 presente plus de renseignements sur la nature de ('information obtenue
de la part de chaque repondant.
II fallait ensuite obtenir un echantillon suffisamment etendu pour pouvoir produire des estimations
a l'echelle du pays, selon certains groupes ou
cohortes d'age cies : 0 a 11 mois, 1 an, 2 a 3 ans,
4 a 5 ans, 6 a 7 ans, 8 a 9 ans et 10 a 11 ans. Ces
regroupements permettront de proceder a des analyses tous les deux ans selon ces cohortes d'age
tout en gardant ('accent sur les groupes d'enfants
plus jeunes (enfants ages de 0 a 11 mois et 1 an),
ce qui etait une exigence de I'enquete. Pour la
composante principale de I'ELNEJ, it a ete possible
de proceder a un surechantillonnage des menages
qui comptaient au moins un enfant dans les deux
groupes d'age les plus jeunes afin de satisfaire
les exigences d'echantillonnage pour ces groupes
d'age.
Au premier cycle de I'ELNEJ, la collecte des
donnees a eu lieu aupres des menages et des
ecoles.
Collecte aupres des ménages
Pour le premier cycle de I'ELNEJ, le repondant
principal Malt la personne membre du menage qui
connait le mieux ('enfant (PCM). Dans la plupart
des cas, it s'agissait de la mere de ('enfant; par
consequent, quand on parle de Ia PCM, on la
designe au feminin tout au cours des pages subsequentes. Le Glossaire presente des renseignements de base au sujet des PCM.
Aux fins de I'ELNEJ, une famille economique est dEfinie comme
&ant tous les membres de la famille lies par le sang, le mariage, les
liens qui unissent des conjoints de fait ou l'adoption; les enfants en
famille d'accueil sont consideres comme faisant partie dune
familia economique.
La PCM fournissait des renseignements
demographiques fondamentaux sur les membres
du ménage, puis des renseignements Maas sur
172
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
chaque enfant selectionne dans le ménage et des
renseignements socioeconomiques sur elle-merne
et sur son conjoint. Tous ces renseignements ont
ete recueillis au cours d'une entrevue realisee en
personne ou au telephone avec Ia PCM, selon la
methode de l'entrevue assistee par ordinateur
(EAO). Les questions sont posees au repondant
a son domicile ou par telephone, et les reponses
sont entrees directement dans un ordinateur par
l'intervieweur. Cette methode a permis d'effectuer
des revisions immediates et des verifications de
base de la qualite afin de deceler et de corriger si
necessaire des erreurs avec ('aide du repondant.
aupres des enseignants et du directeur de l'ecole
de l'enfant. Dans le cas des enfants de deuxierne
armee et plus, on a demande a la PCM de fournir
un consentement ecrit permettant a l'enseignant
d'administrer un court test de mathernatiques a
l'enfant. Les questionnaires et les tests de mathematiques etaient envoyes par Ia poste aux enseignants et directeurs d'ecole, qui les retournaient
de la meme fagon.
Calendrier de l'enquete
La partie de l'enquete realisee aupres des
ménages devait comprendre quatre periodes de
collecte de donnees. Les donnees relatives a la
composante principale devaient etre recueillies en
decembre 1994 et en Wrier 1995, et les donnees
relatives a la composante integree, en novembre
1994 et en mars 1995 pour coincider avec Ia
collecte de I'ENSP. Les echantillons des
composantes principale et integree ont ete *anis
entre les deux periodes de collecte possibles.
Chacune des quatre periodes a dure environ
deux semaines.
Afin de mesurer la maturite au moment d'entrer
a l'ecole des enfants de 4 a 5 ans, l'intervieweur a
administre un test de vocabulaire aux enfants de
rechantillon appartenant a ce groupe d'age.t II est
necessaire que ce test soit administre en personne;
on s'est donc servi de I'EAO uniquement pour
completer les resultats pour cette portion de
l'enquete.
On a demande aux enfants de 10 a 11 ans de
remplir eux-mernes un questionnaire. Dans la
plupart des cas, cette operation etait realisee en
merne temps que la PCM etait interviewee.
L'intervieweur demandait d'abord la permission
pour que l'enfant remplisse le questionnaire, puis
it donnait a ce dernier des instructions de base et
l'encourageait a remplir le questionnaire en prive.
Une fois rempli, le questionnaire etait scene dans
une enveloppe afin d'assurer la confidentialite des
reponses de l'enfant. Ni le parent ni l'intervieweur
n'avaient le droit de regarder le questionnaire
rempli. Dans les futurs cycles de I'ELNEJ, on
prevoit, au fur et a mesure que rechantillon initial
vieillira, recueillir de plus en plus d'information
directement aupres des enfants choisis plutOt
qu'aupres de Ia PCM.
Le taux de reponse a ete plus bas qu'on l'avait
espere a cause des *lodes de collecte limitees
et des exigences de l'entrevue personnelle. Deux
procedures auxiliaires ont ete mises en place pour
remedier a cette situation. Lune consistait
permettre que l'entrevue avec le menage choisi
soit reportee a une *lode de collecte ulterieure
en cas de non-reponse. Par exemple, si l'on ne
pouvait pas joindre un menage en decembre 1994
parce que personne n'etait a la maison durant toute
Ia periode de collecte, ce cas etait alors inclus
nouveau dans rechantillon de Wrier 1995, et de
nouvelles tentatives etaient faites a ce moment
pour communiquer avec le menage.
A Ia fin des quatre periodes de collecte, on a
Collecte aupres des ecoles
juge que le taux de reponse pourrait encore etre
ameliore si l'on deployait plus d'efforts a convaincre
les non-repondants. En juin 1995, on a de nouveau
communiqué avec tous les non-repondants (qui
n'ont pas repondu pour une raison quelconque,
comme ('absence du domicile, le ref us, etc.) afin
de les convaincre de repondre.
La collecte de donnees aupres des ecoles
constitue un autre element tits important de
I'ELNEJ. Pour tous les enfants d'age scolaire
echantillonnes lors du premier cycle et qui allaient
a l'ecole au moment ou Ia PCM a ete interviewee,
on a demande a la PCM de fournir un consentement emit permettant de recueillir de !Information
La collecte aupres des ecoles a eu lieu de mars
a juin 1995. On n'a pas procede a la collecte de
donnees aupres des ecoles dans le cas des
menages qui ont repondu au suivi de juin 1995.
$ En francais, ltchelle de vocabulaire en images Peabody (EVIP); en
anglais, le Peabody Picture Vocabulary Test - Revised (PPVT). Voir
le Glossaire a la fin de l'Annexe technique pour obtenir une
description complete des tests.
173
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Taux de reponse
4. Echantillon de repondants de
I'ELNEJ
Au total, 15 579 menages ont ete choisis pour
participer a I'ELNEJ. De ces ménages, 13 439 ont
repondu, ce qui represente un taux global de
reponse de 86,3 `)/0.
Enfants des menages repondants
Le premier cycle de l'ELNEJ a produit un
echantillon de repondants de 13 439 menages.
Parmi ces ménages, 22 831 enfants de 0 a 11 ans
ont ete choisis pour participer a l'enquete. Les
tableaux 1 et 2 ci-dessous illustrent la repartition
de ces enfants selon l'age et la province.
Tableau 1.
Pour ce qui est de la composante principale
de l'ELNEJ, it existe une source d'erreur possible
causee par la methode de selection de
rechantillon. Comme it a ete mentionne a la
section 3, rechantillon de cette composante a ete
selectionne parmi les ménages qui ont participe
l'Enquete sur la population active (EPA). Les
ménages comptant au moins un enfant age de 0 a
11 ans au moment de l'entrevue de l'EPA ont ete
retenus pour I'ELNEJ. Cette methode d'echantillonnage pose deux problemes.
Enfants de l'ELNEJ dans les ménages repondants,
selon rage
Age
Estimation du nombre
total d'enfantsa
Echantillon de
repondants
2
2
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
370
381
406
385
416
383
381
381
394
388
412
370
227
469
963
946
935
793
800
750
780
734
766
668
4 673 390
22 831
Total
Le premier est que seuls les repondants
l'EPA ont ate consideres pour rechantillon de la
composante principale de I'ELNEJ. Certains des
non-repondants a I'EPA auraient pu avoir des
enfants dans les groupes d'age cibles appropries,
mais ces menages n'ont pas ete consideres pour
rechantillon de I'ELNEJ. Le taux de reponse a
I'EPA etait d'environ 95 % au cours de la periode
durant laquelle rechantillon de I'ELNEJ a ete
selectionne. On estime qu'environ 700 menages
ayant des enfants n'ont pas ete retenus parce
qu'aucune tentative n'a ete faite pour communiquer
avec les ménages non-repondants a I'EPA.
887
711
520
234
075
989
753
879
721
328
132
161
Source : ELNEJ
• Les estimations du nombre total d'enfants correspondent aux valeurs
ponderEes de l'achantillon.
Le deuxieme probleme resulte du fait que seuls
les ménages comptant des enfants au moment de
son implication dans I'EPA ont ete retenus pour
rechantillon de I'ELNEJ. II se peut donc que des
logements inoccupes ou dans lesquels ne vivaient
que des membres de 12 ans et plus au moment
de l'EPA comptaient des enfants ages de 0 a 11
ans lorsque I'ELNEJ a ete realisee. On estime
qu'environ 240 ménages comptant des enfants
n'ont pas ete retenus dans rechantillon de I'ELNEJ
pour cette raison.
Tableau 2. Enfants de l'ELNEJ dans les menages repondants,
selon la province
Echantillon
de repondants
Province
Terre-Neuve
Ile-du-Prince-Edouard
Nouvelle-Ecosse
Nouveau-Brunswick
OttObec
Ontario
Manitoba
Saskatchewan
Alberta
Colombie-Britannique
1 232
764
1 532
1 426
4 065
6 020
1 789
1 878
2 185
1 940
Total des 10 provinces
22 831
.
Estimation
du nombre
total d'enfants.
89
23
144
115
1 099
1 777
183
176
489
574
533
161
744
913
033
525
268
449
604
160
Au total, 3 080 ménages n'ont pas ete pris en
compte parce qu'ils n'ont pas repondu a l'entrevue
de I'ELNEJ (2 140) ou en raison des deux
problemes susmentionnes (940). On a realise une
entrevue complete aupres de 13 439 ménages,
soit 81,4 % du total estime de menages comptant
des enfants ages de 0 a 11 ans.
4 673 390
Source : ELNEJ
• Les estimations du nombre total d'enfants correspondent aux valeurs
ponderees de l'echantillon.
174
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
5. Materiel d'enquete et contenu
des "menages longitudinaux>', mais ('application
de ce concept n'a jamais ete simple. On n'a trouve
aucune definition unique qui convenait a Ia plupart
des taches d'analyse, et de nombreuses definitions
excluent Ia portion de la population qui a subi le
changement, laquelle est souvent une population
importante et interessante a etudier.
L'ELNEJ a ete concue pour que soit adoptee une
approche globale ou holistique de la mesure du
developpement de l'enfant. Lenquete saisit Ia
diversite et Ia dynamique des facteurs concernant
les enfants. Pour garantir que tous les domaines
pertinents qui influent sur le developpement de
l'enfant sont convenablement traites dans
l'enquete, on a procede a une consultation
multidisciplinaire des la conception de l'enquete.
Le choix des domaines particuliers, des priorites et
des questions d'enquete a results en un effort
concerts de SC et DRHC, incluant la contribution
et les conseils :
Une meilleure solution a ete proposee, a savoir
utiliser l'individu comme unite d'analyse et
presenter les variables de la famille et du menage
comme des caracteristiques de l'individu.§ Ainsi,
pour I'ELNEJ, le dossier qui a ete constitue se
compose des dossiers des enfants; si l'on veut
comprendre la situation de la famille, on peut alors
produire des estimations comme le nombre
d'enfants dans les families monoparentales ou le
nombre d'enfants vivant dans des menages a
faible revenu.
• du groupe consultatif expert de I'ELNEJ et
d'autres chercheurs en matiere de developpement de l'enfant et en sciences sociales;
Documents d'enquete
• de ministeres federaux;
Les donnees ont ete recueillies a l'aide de divers
documents d'enquete appliques a differents
repondants. Le graphique 1 presente un schema
des documents d'enquete. Comme l'indique le
diagramme, certains types de documents etaient
administres selon la methode de l'entrevue sur
place (entrevue assistee par ordinateur) et d'autres
etaient des questionnaires a remplir par le
repondant. En ce qui concerne les deux tests
administres dans le cadre de ('etude, le test de
mathematiques etait un questionnaire a remplir par
le repondant, et le test de vocabulaire etait
administre a l'aide de Ia methode de I'entrevue sur
place (entrevue assistee par ordinateur).
• de representants des provinces et des territoires
responsables des programmes lies au developpement de ['enfant.
On a recommande que I'ELNEJ porte sur une
large gamme de caracteristiques et de facteurs
influant sur la croissance et le developpement de
l'enfant. On a recueilli une foule de renseignements
au sujet de l'enfant, d'autres membres de Ia famille
et du quartier.
Le Glossaire de la presente Annexe technique
contient certains concepts et variables importants
traites dans I'ELNEJ et de ('information technique
sur la facon dont ils ont ete mesures ou calcules.
Voici une breve description de chacun des
types de documents d'enquete et un résumé du
contenu de chacun.
Unite d'analyse
12unite d'analyse pour I'ELNEJ est l'enfant (et eventuellement le jeune adulte). Comme mentionne
ci-dessus, pour chacun des cycles de I'ELNEJ, une
foule de renseignements seront recueillis sur Ia
famille de l'enfant, sur le ou les parents et sur le
quartier. II est vrai que les families ou les menages
sont des unites relativement simples pour ('analyse
des donnees transversales, mais la situation
devient tout a fait problematique lorsqu'il s'agit de
donnees longitudinales. La composition des
ménages change frequemment (par exemple, en
raison du divorce des parents ou du depart de
('enfant du foyer familial). Des tentatives ont ete
faites dans le cadre d'autres etudes pour definir
Le questionnaire du ménage
Le questionnaire du ménage a ete constitue a l'aide
d'un membre bien informs sur le menage, a qui l'on
a demands des renseignements demographiques
de base sur chacun des membres du ménage ainsi
que des questions sur les conditions de logement.
Grace a cette information sur les liens familiaux, it
a ete possible de tirer une serie de variables et de
decrire Ia situation familiale de l'enfant.
§ Pour obtenir une discussion plus complete des unites d'analyse
des Etudes longitudinales, consulter Duncan, G. D. et M. S. Hill.
Conceptions of longitudinal households: fertile or futile?. dans
Journal of Economic and Social Measurement, vol 13, 1985, p.
361-375.
175
EnquOte longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Graphique 1
Materiel d'enquete de l'ELNEJ (provinces)
CD
Questionnaire
du menage
Questionnaire
de l'IPAO
Test
Questionnaire
rempli par le
repondant
Questionnaire
general
Questionnaire
du parent
Questionnaire
de l'enfant
Tes s de
vocabulaire
Enfants de
4 a Sans
Questionnaire
pour les 10 a 1 1ans
Questionnaire
de I'enseignant
et du directeur*
Enfants de
10 a 11 ans
Enfants de
4 a 11 ans
Tes de
mathematiques
Deuxieme annee
et plus
Donnees non disponibles.
repondait a cette partie de l'entrevue. Le contenu
variait selon rage de l'enfant. Les sujets principaux
etaient : la sante, les renseignements sur la sante
perinatale, le temperament, les activites,
reducation, le comportement, le developpement
moteur et social, les pratiques parentales, le soin
des enfants, la garde des enfants et les
antecedents relatifs a la famille et les antecedents
relatifs a la famille et a la garde legale de l'enfant.
Le questionnaire general
Le but du questionnaire general Malt de recueillir
de l'information socioeconomique sur la PCM et
son conjoint (par exemple, sur ('education, le marche
du travail et le revenu). Generalement, le
repondant a ce questionnaire etait la PCM, qui
fournissait des renseignements sur elle-merne et
sur son conjoint.
Questionnaire du parent
Test de vocabulaire
Le but du questionnaire du parent etait de recueillir
des renseignements generaux sur la sante de la
PCM et de son conjoint et d'obtenir de l'information
generale sur l'environnement social de l'enfant,
notamment le soutien social, le fonctionnement de
la famille et les caracteristiques du quartier. En
regle generale, ces renseignements etaient
obtenus de la PCM.
L'Echelle de vocabulaire en image de Peabody
(EVIP, pour les enfants francophones) ou le Peabody
Picture Vocabulary Test - Revised (PPVT, pour les
enfants anglophones) a ete administre par l'intervieweur a chaque enfant age de 4 a 5 ans. L'objet
du test etait de mesurer la maturite de l'enfant au
moment d'entrer a l'ecole. Avant de l'administrer,
on demandait le consentement verbal de la PCM.
Le questionnaire de l'enfant
Le questionnaire pour les 10 a 11 ans
Le questionnaire de l'enfant etait rempli pour au
plus quatre enfants du manage ages de Oall ans.
Encore une fois, c'etait habituellement la PCM qui
Ce questionnaire a ete rempli par chaque
enfant age de 10 a 11 ans choisi pour I'ELNEJ. Ce
176
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
questionnaire avait pour but de recueillir
directement de l'enfant des renseignements sur
plusieurs aspects de sa vie afin de completer et,
dans certains cas, de comparer l'information
obtenue de la PCM et de l'enseignant. Les sujets
principaux etaient les relations avec les autres, le
comportement, l'ecole, ('opinion sur les parents,
le tabac, l'alcool et les drogues.
II est a noter que ce fichier de micro-donnees
ne comprend pas tous les renseignements
recueillis au cours du premier cycle de I'ELNEJ,
pour deux raisons :
• puisque la quantite d'information recueillie etait
fres grande, on a pris la decision de faire deux
parutions plutot que d'attendre que toutes les
donnees soient traitees. La deuxieme parution
aura lieu en 1997. Les sections principales qui
feront partie de cette seconde parution sont les
variables concernant la sante de l'enfant et des
parents, les antecedents de garde legale de
l'enfant et les donnees recueillies aupres des
enseignants et des directeurs d'ecole. Le Guide
de I'utilisateur contient une liste complete des
parties de la premiere et de la deuxieme
parution.
Les questionnaires de l'enseignant et du
directeur d'ecole
Le but du questionnaire de l'enseignant Malt de
recueillir de l'information au sujet du rendement
scolaire de l'enfant et de son comportement
l'ecole ainsi que sur les caracteristiques de Ia
classe de l'enseignant et ses pratiques
d'enseignement.
Le but du questionnaire du directeur etait de
recueillir de l'information sur le milieu scolaire afin
d'evaluer comment ce facteur peut influer sur le
developpement de l'enfant. Par consequent, le
questionnaire du directeur d'ecole recueillait de
renseignements sur Ia politique de l'ecole et le
climat qui y regne plutot que sur un enfant
particulier.
• Statistique Canada est tenu par la loi de proteger
la confidentialite des repondants a une enquete.
Par consequent, it a ate necessaire de
comprimer ou de supprimer certaines variables
du fichier public de micro-donnees. Par exemple,
on ne pouvait pas mettre dans le fichier de
micro-donnees des variables detainees sur le
revenu; on a donc fourni plutot des fourchettes
de revenus. D'autres mesures ont egalement d0
etre prises pour proteger Ia confidentialite. Ces
mesures font toutes ('objet de discussions dans
le Guide de l'utilisateur.Toutefois, les utilisateurs
peuvent toujours obtenir des donnees provenant
des donnees non filtrees de I'ELNEJ en
demandant des totalisations speciales aupres
de Statistique Canada.
Test de mathematiques
On a fait passé un court test de mathematiques
(10 a 15 questions) a chacun des enfants de
deuxieme armee et plus.
6. Produits decoulant des
donnees de L'ELNEJ
Pour en savoir plus sur le fichier de microdonnees de I'ELNEJ, veuillez communiquer avec :
On peut acheter aupres de Statistique Canada un
fichier public de micro-donnees du premier cycle
de I'ELNEJ.
Gilles Montigny
Directeur du projet de I'ELNEJ
Division des enquetes speciales
Statistique Canada
5(B6) lmmeuble Jean-Talon
Parc Tunney
Ottawa (Ontario)
Canada
K1A OT6
Telephone : (613) 951-9731
Telecopieur : (613) 951-0562
Courrier electronique : montgil@statcan.ca
Le premier fichier de micro-donnees est un
fichier non hierarchique contenant un dossier pour
chaque enfant repondant compris dans l'echantillon. Chaque dossier comprend les donnees
recueillies pour l'enfant ainsi que les variables
concernant ses parents et sa famine.
177
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Glossaire des principaux concepts et variables utilises dans l'enquete
Dans les differents travaux de recherche de la
presente publication, certains concepts et variables
cies sont utilises a maintes reprises. Plutot que de
donner des precisions a leur sujet dans chacun
des travaux de recherche, on a decide de presenter
ici un résumé accompagne de renseignements
d'ordre technique concernant la facon dont les
concepts et variables ont ete obtenus a partir des
donnees de I'ELNEJ. Par souci de commodite, les
concepts et variables sont presentes en ordre
alphabetique.
d'elles correspondent a des valeurs elevees pour
l'autre ou lorsque des faibles valeurs pour l'une
correspondent a des faibles valeurs pour l'autre.
Deux variables ont une «correlation negative»
lorsque des valeurs elevees pour l'une des
variables sont liees a de faibles valeurs pour l'autre
et vice-versa. Par exemple, H existe une correlation
positive etablie entre la sante de la mere pendant
la grossesse et la sante du babe a la naissance.
Ces deux variables se suivent, &ant donne que
des mares en sante ont tendance a donner
naissance a des babes en sante.
Conjoint
Croisements de donnees
Lorsque Ia PCM avait un partenaire qui residait
sous le merne toit au moment de l'entrevue, cette
personne etait designee comme le conjoint. Etaient
consideres comme conjoints les partenaires
maries et les conjoints de fait. On a recueilli des
renseignements socioeconomiques detailles au
sujet du conjoint afin de decrire la situation de la
famille de l'enfant.
Les croisements de donnees sont une fawn de
presenter les donnees concernant deux variables
dans un tableau, afin que le lien qui existe entre
elles soit plus evident. (Le tableau 2.3 du travail
de recherche «Apercu : Les enfants du Canada
durant les annees 90» dans cette publication en
est un bon exemple.)
Voici Ia ventilation des liens entre les conjoints
et les enfants de I'ELNEJ :
Donnees exprimees selon une echelle
Pour certains des concepts mesures dans I'ELNEJ,
on a decide qu'il conviendrait mieux de les mesurer
en utilisant une echelle. Une echelle consiste
simplement en un groupe de questions ou de
points qui mesurent un certain concept lorsque les
reponses sont mises ensemble. Par exemple, pour
les enfants du groupe des 10 a 11 ans, on a
determine qu'il etait important de mesurer
comment l'enfant percevait sa relation avec ses
parents. Lechelle utilisee" a pour objet de mesurer
trois facteurs ou concepts differents lies aux
pratiques parentales : les soins apportes par les
parents, le rejet parental et la surveillance.
• pour 15,7 % des enfants, la PCM n'avait pas de
conjoint vivant sous le merne toit;
• pour 75,6 % des enfants, le conjoint etait le pere
(71,1 %, le pere biologique et 4,5 %, le pere
d'une famille reconstituee, le pere adoptif ou le
pere d'une famille d'accueil)
• pour 8,4 % des enfants, le conjoint etait la mere;
• pour le pourcentage restant de 0,3% des enfants, le conjoint n'etait pas un parent.
Controle
Dans le Guide de l'utilisateur des microdonnees de I'ELNEJ, on donne une description
Une methode parmi plusieurs qui permet de
soustraire statistiquement l'effet d'une variable de
controle, afin de determiner la nature d'un rapport
sans celle-ci.
complete des analyses effectuees pour chaque
L'Ochelle a ate mise au point par J. D. Lempers et autres
(tempers, J. D. et autres. Economic hardship, parenting, and
distress in adolescence. dans Child Development, vol. 60,1989,
p. 25-39), base sur le travail de E.S. Schaefer (Schaefer, E. S.
oChildren's reports of parental behaviour: an inventory. dans
Child Development, vol. 36,1965, p. 413-424) et sur le travail
de G. C. Roberts et autres (Roberts, G. C. et autres. (( Continuity
and change in parents' child-rearing practices. dans Child
Development, vol. 55,1984, p. 586-697).
Correlation
Le degre d'interdependance entre des donnees,
c'est-e-dire le deg re de variation entre deux
variables. Deux variables ont une «correlation
positive» lorsque des valeurs elevees pour l'une
178
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
echelle. Pour chaque echelle, on expose les
questions incluses dans chaque facteur mesure,
de meme que de ('information sur la fawn dont
les resultats ont ete calcules pour chacun des
facteurs ainsi que les mesures de fiabilite et de
validite. On indique si la structure obtenue pour
les facteurs dans les donnees de I'ELNEJ est
differente de celle qui avait ete signalee dans Ia
documentation existante. Comme on le mentionne
dans le Guide de l'utilisateur, sauf indication
contraire, dans tous les travaux de recherche de
la presente publication, les resultats fondes sur
une echelle sont des resultats calcules par
Statistique Canada.
Dans le cadre de I'ELNEJ, l'EVIP/PPVT-R a
ete Utilise pour mesurer la maturite de l'enfant au
moment de commencer recole chez les enfants
de 4 a 5 ans. L'intervieweur devait obtenir le
consentement verbal des parents avant de faire
passer le test a l'enfant a Ia maison. Le test
consiste a montrer a l'enfant des illustrations sur
un chevalet, et l'enfant dolt identifier ('image qui
correspond au mot que l'intervieweur prononce a
haute voix.
Un score brut total a ete calcule pour chaque
enfant qui a passé le test en compilant les bonnes
reponses. Un score normalise etait egalement
attribue a chaque enfant afin de permettre de
comparer les scores entre les groupes d'age. II
est evident qu'on s'attend a ce qu'un enfant de 5
ans reussisse mieux qu'un enfant de 4 ans et qu'il
obtienne ainsi un score plus eleve. Le score
normalise tient compte de ('age de l'enfant.
Donnees ponderees
Donnees dont les valeurs ont ete rajustees pour
rendre compte des differences quant aux unites
de population representees par chaque cas (voir
le tableau 1 de ('Annexe technique).
Habituellement, les scores normalises d'un test
sont fondes sur Ia repartition des scores obtenus
par un echantillon defini d'individus appele echantillon normatif. Dans le cadre de l'EVIP/PPVT-R,
on a attribue aux enfants faisant partie de
rechantillon normatif des scores normalises, de
facon a ce que Ia moyenne de ces scores soit de
100 et que recart type soit de 15 pour tous les
groupes d'age. Cette normalisation a ete realisee
par groupe d'age de deux mois d'intervalle.
Echantillon representatif
II s'agit d'un echantillon qui rend compte avec
precision des caracteristiques importantes de la
population dont it est tire. II permet des generalisations valables des resultats pour ('ensemble
de Ia population. Etant donne les methodes
utilisees pour choisir rechantillon de I'ELNEJ, ses
caracteristiques sont representatives de la
population des enfants au Canada.
Cechantillon normatif de l'EVIP/PPVT-R etait
base sur un echantillon d'enfants choisi aux EtatsUnis. On a decide d'elaborer des scores
normalises dans un contexte canadien. Par
consequent, en collaboration avec les auteurs du
test, des normes canadiennes ont ete elaborees
pour les enfants du ages de 4 a 5 ans. II y a lieu
de noter que la normalisation a Me faite de fawn
distincte pour le PPVT-R et l'EVIP. Par consequent,
lorsqu'on procede a des comparaisons globales
entre les enfants qui ont passé le test on anglais
et ceux qui l'ont passe en frangais, Ia performance
devrait etre, par definition, equivalente.
Echelle de vocabulaire en image Peabody
Les enfants de 4 a 5 ans de I'ELNEJ ont subi un
test de vocabulaire : ('Echelle de vocabulaire en
images Peabody (EVIP) en francais ou le Peabody
Picture Vocabulary Test - Revised (PPVT-R) en
anglais.
Le PPVT-R a ete congu pour mesurer le
nombre de mots compris par l'enfant; it peut en
fait etre utilise aupres de n'importe quel groupe
jusqu'a rage adulte. II a ete mis au point par Lloyd
et Leota Dunn de ('University of Hawaii, et it est
largement utilise dans les collectes de donnees
grande echelle de meme que dans les evaluations.
Une adaptation frangaise du PPVT-R a ete faite
par les auteurs du test de meme que par Claudia
M. Theriault, de Ia St. Thomas University de
Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Le test
francais s'appelle Echelle de vocabulaire en
images Peabody.
Le Guide de l'utilisateurtraite de Ia fiabilite et
de Ia validite des donnees concernant l'EVIP/
PPVT-R.
Enquete longitudinale
II s'agit d'une enquete pour laquelle des donnees
relatives aux memos groupes de sujets sont
recueillies a intervalles sur une periode donnee.
179
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Dans le cadre de I'ELNEJ, un suivi est prevu pour
le meme groupe d'enfants et de jeunes tous les
deux ans. Du fait de sa nature longitudinale,
I'ELNEJ servira a decrire les changements qui se
produisent au fil du temps pour les memes
personnes et permettra aux chercheurs de preciser
la sequence des facteurs qui menent a des
resultats particuliers. Cela peut faciliter !Inference
causale. Dans le cadre de I'ELNEJ, it est possible
d'examiner diverses caracteristiques
demographiques et «intrants» et les resultats
subsequents du point de vue du developpement.
Cela devrait aider les chercheurs a determiner les
modeles propices pour l'intervention et la
prevention.
Facteurs de protection
II s'agit de facteurs qui contribuent a la resistance
des enfants (c'est-A-dire Ia capacite de s'adapter
aux situations stressantes ou de s'en sortir). Ils
servent de tampon ainsi que de bassin de
ressources pour reagir efficacement au stress, et
donnent ainsi lieu a des resultats positifs en
matiere de developpement (par exemple, Ia
poursuite des etudes). Les facteurs de protection
peuvent etre repartis en trois categories
principales : les caracteristiques de la personne
(par exemple, I'estime de soi); le soutien de la
famille (par exemple, Ia qualite des pratiques
parentales); et les milieux ou les relations
exterieures a Ia famille qui procurent un soutien
(par exemple, les experiences scolaires positives).
Les cycles a venir nous permettant de suivre
le meme groupe d'enfants dans leur developpement, nous pourrons de plus avoir un apercu
des changements qu'ils subissent au fur et a
mesure qu'ils avancent en age. Par exemple, les
donnees longitudinales nous permettront de voir
le passage des enfants d'un type de famille a l'autre
et de determiner combien d'enfants vivent pendant
une periode donnee dans une famille
monoparentale. De fawn similaire, it sera possible
d'etablir la *lode passee par un enfant dans une
famille a faible revenu, le degre et la duree de Ia
pauvrete et ses effets a long terme.
Facteurs de risque
II s'agit de facteurs qui augmentent la probabilite
que les enfants obtiennent de faibles resultats en
matiere de developpement. Les facteurs de risque
sont des variables liees au developpement ulterieur
d'une pathologie ou d'une inadaptation, et ils
peuvent etre repartis en trois categories : ceux qui
viennent de Ia personne (par exemple, les experiences de vie stressantes); ceux qui viennent de
la famille (par exemple, ('exposition a la violence
ou la victimisation); et ceux qui proviennent de
l'environnement (par exemple, Ia pauvrete).
Enquete transversale
Enquete permettant de recueillir des donnees pour
un echantillon representatif de population a un
point précis dans le temps. L'ELNEJ est en fait
une enquete transversale et longitudinale. Les
donnees du premier cycle sont transversales,
permettant d'obtenir un «instantaneo de la situation
des enfants du Canada, tant du point de vue des
caracteristiques de rechantillon que du lien entre
les diverses variables de la population. Par exemple,
les donnees transversales du premier cycle nous
permettront de determiner combien d'enfants
vivaient dans des families monoparentales au
moment de Ia premiere collecte de donnees en
1994-1995. Les donnees transversales correspondant a un point précis dans le temps, elles ne
peuvent etre utilisees pour expliquer des rapports
de cause a effet ou pour etablir des hypotheses
quant aux changements qui surviennent au fil des
ans.
Famille
II est possible de decrire la famille d'un enfant de
plusieurs facons a partir des donnees de I'ELNEJ.
Bon nombre des variables relatives a la famille qui
ont ete employees pour decrire les enfants vises
dans I'ELNEJ ont ete tirees de ce qu'il est convenu
d'appeler la «grille des liens entre les personnes ,>.
L'entrevue aupres du menage visait entre autres
a recueillir certaines donnees demographiques
fondamentales concernant tous les membres du
menage de ('enfant, y compris les liens de chaque
personne avec chacun des autres membres du
ménage. Grace a ('information ainsi recueillie, on
a pu creer un vaste ensemble de variables
decrivant Ia situation familiale de ('enfant. Voici
certains des concepts lies a la famille qui sont
utilises dans Ia presente publication.
180
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
sont pas compris dans les families traditionnelles, reconstituees ou reconstituees plus
complexes. Dans les derivations relatives aux
families traditionnelles, reconstituees ou
reconstituees plus complexes, si un enfant est
l'enfant adoptif d'un parent et l'enfant
biologique de I'autre, it est traits comme un
enfant par alliance et Ia famille est etiquetee
comme famille reconstituee. Dans d'autres
publications de Statistique Canada, les enfants
de cette categorie sont traites comme s'ils
etaient les enfant biologiques des deux parents.
Famille economique
Pour les besoins de I'ELNEJ, une famille
economique est definie comme ('ensemble
des membres de la famille unis par le sang, le
mariage, une union libre ou ['adoption; les
enfants en famille d'accueil sont consideres
comme des membres de la famille economique.
Par exemple, si une femme vit dans un ménage
avec son conjoint et deux enfants, en plus de
sa sceur et de l'enfant de sa sceur, ('ensemble
des membres du ménage est considers comme
une famille economique. S'il y avait egalement
dans le ménage un pensionnaire et son enfant,
on considererait qu'il s'agit d'une deuxierne
famille economique.
Famille reconstituee
Une famille reconstituee est formee d'un
couple marie ou en union libre et vivant
ensemble, dont les deux membres vivent
sous le merne toit avec au moins un enfant
par alliance qui est l'enfant biologique ou
adoptif d'un des parents, mais pas de I'autre.
II convient de souligner que dans les cas ou
un enfant est l'enfant biologique des deux parents, it est considers comme faisant partie
d'une famille reconstituee si au moins un des
parents vit avec un enfant par alliance. Dans
le cadre de I'ELNEJ, 8,6 % des enfants
vivaient dans des families reconstituees et
4,3 % etaient des enfants par alliance.
Famille monoparentale
II existe deux fawns de decrire, a partir des
donnees de I'ELNEJ, la situation parentale des
enfants.
1. En utilisant la grille des liens entre les
personnes, on a etabli la situation de l'enfant
par rapport a la monoparentalite. Une
proportion de 84,2 % des enfants vivaient
avec deux parents, tandis que 15,6 ` 3/0
vivaient avec un seul parent et que 0,1 % ne
vivaient avec aucun de leurs parents.
Famille reconstituee plus complexe
2. On peut egalement definir la situation
parentale de l'enfant en fonction de la PCM
(personne qui connait le mieux ('enfant).
La proportion d'enfants qui vivaient dans
un ménage ca., la PCM avait un conjoint
s'etablissait a 85,6 %. Par ailleurs, Ia PCM
n'avait pas de conjoint dans le cas de
14,4 % des enfants.
Une famille reconstituee plus complexe
rassemble des enfants dont les liens avec l'un
et I'autre parent sont differents. Une famille
reconstituee plus complexe est formee d'un
couple made ou en union libre qui vit avec au
moins deux enfants, dont l'un n'a pas les
mernes parents biologiques ou adoptifs que
I'autre ou les autres enfants. Voici des
exemples de families reconstituees plus
complexes :
Les deux fawns de decrire Ia famille de
l'enfant presentent de grandes similitudes.
Les faibles &arts sont attribuables aux quelques cas oit l'enfant vivait avec un parent
qui n'avait pas ete retenu comme PCM.
• un couple qui vit avec les enfants
biologiques de la femme et avec les enfants
biologiques de I'homme (c'est-a-dire les
enfants de la femme et ceux de I'homme);
Families reconstituees, traditionnelles, et
reconstituees plus complexes
• un couple qui vit avec les enfants
biologiques de la femme et avec les enfants
issus de Ia nouvelle union (c'est-A-dire les
enfants de Ia femme et ceux du couple).
Les enfants qui vivent avec deux parents sont
classes comme membres d'une famille
traditionnelle, reconstituee ou reconstituees
plus complexes, selon leurs liens avec les
parents. Les enfants en families d'accueil et
les enfants qui vivent avec un seul parent ne
Les families reconstituees plus complexes
forment un sous-ensemble des families
181
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
reconstituees. Dans le cadre de I'ELNEJ,
6,1 % des enfants etaient membres de families
reconstituees plus complexes.
moyen de representer une variable abstraite (par
exemple la sante ou le bien-titre d'un enfant) qu'il
serait impossible de mesurer autrement. Par
exemple, le faible poids a la naissance est souvent
utilise comme un indicateur de la sante de l'enfant.
Les resultats obtenus aux tests de vocabulaire
EVIP/PPVT peuvent etre utilises comme un
indicateur de la maturite de l'enfant au moment
d'entrer a l'ecole.
Famille traditionnelle
Une famille traditionnelle est formee d'un
couple marie ou en union libre et vivant
ensemble, dont tous les enfants sont les
enfants biologiques ou adoptifs des deux
membres du couple. Dans le cadre de I'ELNEJ,
75,5 `)/0 des enfants vivaient dans des families
traditionnelles.
PCM (Personne qui connaft le mieux
('enfant)
Dans chaque menage de I'ELNEJ, un enfant de
0 a 11 ans a ete choisi au hasard et on a demande
quelle etait Ia personne qui connaissait le mieux
cet enfant (PCM). Cette personne (la mere dans
la plupart des cas) devait fournir des renseignements sur tous les enfants selectionnes au sein
du ménage ainsi que des renseignements sociodemographiques sur elle-meme et sur son conjoint.
Ces derniers renseignements ont ete utilises pour
decrire la situation socioeconomique de Ia famille
de l'enfant. En de rares occasions, it aurait
preferable de designer deux PCM differentes dans
un meme ménage. Par exemple, dans le cas d'une
famille reconstituee, it aurait peut-titre ete
preferable de nommer la mere a titre de PCM pour
un enfant, et le Ore pour un autre enfant. Cependant, pour simplifier la procedure d'entrevue, une
seule PCM a ete designee par ménage.
Freres et sceurs
Dans le contexte des donnees de I'ELNEJ,
('appellation “freres et sceurs” englobe les
titres et sceurs germains, les demi-freres et
demi-sceurs ainsi que les freres et sceurs
adoptes ou en famille d'accueil. Seuls les
freres et sceurs qui vivent dans le ménage sont
pris en compte dans le calcul des variables
portant sur les freres et sceurs utilisees dans
les travaux de recherche de la presente publication. Dans le cas des unions libres, si les
deux membres du couple ont avec eux leurs
propres enfants, ces derniers sont consideres
comme freres et sceurs. II convient de
souligner que Ia classification des freres et
sceurs etait independante de l'age. Si un enfant de I'ELNEJ avait un frere ou une sceur
adulte (de 21 ans par exemple) qui vivait dans
le meme menage que lui, ce titre ou cette
sceur etait pris en compte dans le calcul des
variables portant sur les freres et sceurs.
ete
Voici Ia ventilation des donnees sur les liens
entre les PCM et les enfants de I'ELNEJ :
• pour 89,9 % des enfants, la PCM etait la mere
(la mere biologique dans 88,5 % des cas et la
mere par alliance, adoptive ou de famille
d'accueil dans 1,4 % des cas);
Gradient
Les gradients sont une mesure de l'etendue de
l'inegalite de certains resultats (par exemple, Ia
reussite scolaire, les comportements agressifs,
etc.) entre des personnes de statut socioeconomique different. Un gradient de pente peu prononcee indique une moins grande inegalite entre les
personnes, tandis qu'un gradient de pente plus
prononcee indique une plus grande inegalite entre
des personnes de statut socioeconomique
different.
• pour 9,5 % des enfants, la PCM etait le pore;
• pour 0,5 % des enfants, Ia PCM n'etait pas un
des parents.
Dans les cas ou Ia PCM n'etait pas un des
parents, l'enfant vivait le plus souvent dans le
meme menage qu'un de ses parents, mais ce
dernier n'avait pas ete retenu comme PCM,
habituellement parce que Ia mere de ['enfant etait
tres jeune et vivait elle-meme avec ses parents
(c'est-a-dire avec les grands-parents de ('enfant)
et que la grand-mere avait ete selectionnee comme
PCM. Seulement 0,1 % des enfants ne vivaient
avec aucun de leurs parents.
Indicateur
II s'agit d'une representation concrete d'une
variable abstraite. Les indicateurs constituent un
182
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
Ratio de revenu
ménage. Dans 81,9 % des cas, Ia PCM a indique
un montant précis pour le revenu du ménage, et
dans 14,4 % des cas, elle a indique une fourchette
de revenus. Les autres PCM (3,7 %) n'ont fourni
aucun renseignement concernant le revenu du
ménage. Dans ces cas-la, et dans ceux au on ne
connaissait que la fourchette de revenus, on a
estime (impute) un montant précis.
Certains auteurs ont calcule un ratio de revenu en
vue de classer les enfants en fonction des divers
niveaux de revenu des ménages au ils vivent. Voici
une description de la methode de calcul de ce ratio.
Tous les ans, Statistique Canada fixe ce qu'on
appelle des “seuils de faible revenu (SFR),
calcules en considerant les habitudes de depenses
en fonction du revenu tirees de la plus recente
Enquete sur les depenses des families. On determine ces valeurs pour differentes categories de
taille de collectivites et de families, et on les met a
jour tous les ans en utilisant l'Indice des prix a la
consommation.
Les questions sur le revenus incluses dans
I'ELNEJ visaient a obtenir un indicateur global de
la situation financiere de l'enfant. En ne posant
qu'une seule question generale pour estimer le
revenu total du ménage, on ne peut obtenir de
donnees du meme niveau de quanta que si l'on
posait une serie de questions detainees sur le
revenu tire de chacune des sources possibles de
revenu de chacun des membres du ménage. Une
comparaison des donnees sur le revenu de
I'ELNEJ avec des donnees d'autres sources
comme ('Enquete sur les finances des
consommateurs a revele que les revenus des
ménages avaient eta sous-estimes dans I'ELNEJ.
Pour calculer le ratio de revenu aux fins de
I'ELNEJ, on s'est tondo sur les seuils de faible
revenu calcules pour 1994. Le ratio correspondait
simplement au revenu du manage divise par la
valeur du seuil. Deux questions Hoes a la quanta
des donnees meritent d'être soulevees
relativement a ce ratio de revenu. La premiere a
trait au fait que les seuils se fondent sur le revenu
de Ia famille economique; l'information recueillie
dans le cadre de I'ELNEJ portait non pas sur le
revenu de la famille economique, mais sur le
revenu du menage.Toutefois, it y avait equivalence
des deux concepts pour 98,5 % des menages
inclus dans rechantillon (c'est-a-dire qu'il n'y avait
qu'une famille economique dans le menage). La
deuxieme question, plus importante celle-la, est
qu'on a surestime le nombre d'enfants vivant dans
des ménages classes sous le seuil de faible
revenu, cela parce qu'on a sous-estime le revenu
des menages dans le cadre de I'ELNEJ.
Le Guide de l'utilisateur fournit une description
complete du processus d'imputation mis en oeuvre
relativement au revenu, ainsi que des precisions
au sujet de Ia comparaison avec les donnees de
('Enquete sur les finances des consommateurs.
Fait a souligner, on a egalement demande
la PCM de fournir une estimation de son propre
revenu personnel. Les renseignements ainsi
obtenus n'ont toutefois ate utilises dans aucun des
travaux de recherche de la presente publication.
Signification statistique
Revenu
Les resultats decoulant de ('analyse de rechantillon
qui sont significatifs d'un point de vue statistique
peuvent etre etendus a une population plus large,
etant donne qu'il est peu probable que les rapports
observes ne soient que I'effet du hasard. S'il y a
signification du point de vue statistique, on ne peut
pas presumer qu'il n'existe pas de rapport entre
les variables au sein d'une population plus
etendue.
Dans les travaux de recherche de la presente
publication, on utilise bien souvent le revenu pour
decrire la situation socioeconomique de l'enfant.
La presentation des donnees sur le revenu repose
essentiellement sur une description de la
fourchette de revenus du menage ou vit l'enfant.
Pour obtenir de l'information sur le revenu, on a
demande a la PCM de donner sa meilleure
estimation du revenu total de ('ensemble des
membres du ménage, avant impots et deductions,
au cours des 12 mois precedents. Lorsque la PCM
ne pouvait ou ne voulait pas fournir d'estimation
du revenu du ménage, on essayait de determiner
a quelle fourchette correspondait le revenu du
Statut socioeconomique (SSE)
Le statut socioeconomique (SSE) est souvent
Mini de fawn operationnelle grace a des mesures
decrivant le prestige professionnel, le niveau de
scolarite et la position economique.
183
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
brut), les enfants de 4° et de 5° annees qui avaient
fait le test de niveau 4 se sont vu attribuer des
scores normalises se situant entre 264 et 550, et
les enfants de 6° et 7° annees qui avaient fait le
test de niveau 6 se sont vu attribuer des scores
normalises se situant entre 314 et 624.
Essentiellement, on a donc attribue aux enfants
un score continu qui devrait augmenter au fil du
temps, au fur et a mesure que les enfants
passeront d'un niveau scolaire au niveau suivant.
Des tables d'equivalences ont ete elaborees pour
etablir un lien entre le score brut et un score
normalise en fonction du niveau du test, tenant
compte des resultats obtenus par les enfants de
rechantillon normatif.
Au premier cycle de I'ELNEJ, on a calcule une
mesure du SSE pour chaque famille de
rechantillon et le resultat a ete appliqué a chaque
enfant choisi dans cette famille. Cette mesure etait
calculee d'apres cinq sources : le niveau de
scolarite de la PCM, le niveau de scolarite du
conjoint, le prestige de Ia profession de la PCM, le
prestige de la profession du conjoint et le revenu
du ménage. La
variable finale du SSE etait normalisee de fawn a
que l'on obtienne une moyenne de 0 et un ecart
type de 1.
On peut obtenir plus de renseignements sur
la fawn dont le SSE a ete calcule dans le Guide
de l'utilisateur.
Pour les enfants faisant partie de rechantillon
de I'ELNEJ, un score normalise a ete attribue
chaque enfant a ('aide des tables d'equivalences.
Lavantage de ('utilisation du score normalise est
qu'il permet de suivre le progres de l'enfant au fil
des annees en comparant son score normalise
avec le score normalise moyen calcule pour son
niveau scolaire.
Test de mathematiques
Tous les enfants de l'ELNEJ de 2° armee et plus
devaient subir un test de mathematiques. Pendant
l'entrevue aupres du ménage, on demandait a la
PCM de consentir a ce que le test soit donne par
l'enseignant de l'enfant. Ce test etait une version
abregee de l'Epreuve d'operations mathematiques
(Mathematics Computation Test) des Canadian
Achievement Tests normalises, deuxieme edition
(CAT/2). Le CAT/2 est constitue d'un ensemble de
tests concus pour mesurer les competences de
base. Le test de mathematiques mesure Ia
comprehension qu'a l'eleve des operations
d'addition, de soustraction, de multiplication ou de
division de nombres entiers. Le test abrege elabore
aux fins de l'ELNEJ durait 10 minutes pour les
eleves de deuxieme et de troisieme annees et 15
minutes pour les eleves des niveaux superieurs. II
existait en fait trois versions du test donne aux
enfants dans le cadre du premier cycle de I'ELNEJ.
Les eleves de 2° et de 3e annees ont passé le test
de niveau 2, les eleves de 4e et de 5° annees le
test de niveau 4 et les eleves de 6° et de 7° annees
le test de niveau 6.
II faut souligner que le test de mathematiques
a suscite certains problemes au cours du premier
cycle de I'ELNEJ. A certains niveaux scolaires, le
test utilise n'etait pas assez difficile pour permettre
de bien distinguer les competences en
mathematiques des enfants de ces niveaux
scolaires. Le probleme etait critique dans le cas
des enfants de troisierne et cinquieme annees, ou
de nombreux eleves ont obtenu un score parfait.
Cette situation est souvent appelee «effet de
plafonnement”. Dans les travaux de recherche de
Ia presente publication, les donnees des tests des
enfants de troisierne et cinquieme annees n'ont
pas ete utilisees. Pour le deuxieme cycle de
I'ELNEJ, un test plus difficile a Me elabore pour
les eleves de ces niveaux scolaires. Un second
probleme s'est pose en ce qui a trait au taux de
reponse. Comme it en a ete question a la Section
4 de ('Annexe technique, le taux de participation
au test de mathematiques etait assez faible; on
ne dispose d'un score que pour 48,2 % des enfants
de I'ELNEJ de deuxieme armee et plus qui ont
participe au test.
Chaque enfant qui a fait le test de mathematiques s'est vu attribuer un score brut et un score
normalise. Le score brut est obtenu simplement
en additionnant le nombre de reponses exactes.
Les scores normalises ont ate etablis a partir d'un
echantillon d'enfants des dix provinces du Canada,
designe par le nom «echantillon normatif". Dans
cet echantillon, les enfants de 2.3 et de 3° annees
qui avaient fait le test de niveau 2 se sont vu
attribuer des scores normalises se situant entre
200 et 400 (approximativement) fonde sur le
nombre de reponses exactes (c'est-a-dire le score
Le Guide de I'utilisateur examine ces
problemes de fawn plus approfondie et aborde
les questions de la fiabilitO et de la validite des
renseignements concernant le test de
mathematiques.
184
Enquete longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes
STATISTICS CANADA L BRARY
BIBLIOTHEOUE STAT ST WE CANADA
1 1 113u-,1E! I
11
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DATE DUE
SBN 0-660-95270-X
II
9 780660 952703
89-550-MPF96001
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