Manual 18139584

Manual 18139584
MPO Sciences
Rapport sur l’état des stocks C4-06
54 °
52 °
Côte-Nord
8
50 °
12
Latitude
La crevette de l’estuaire et du
golfe du Saint-Laurent
10
L’abondance des crevettes dans le Golfe et
l’Estuaire a fluctué depuis la fin des années 1980.
Toutefois, les résultats de l’évaluation indiquent que
les populations de crevette à la fin de la saison de
pêche de 1996 étaient dans un bon état. Les
fluctuations d’abondance peuvent être expliquées
par la force des classes d’âge qui supportent la
pêche. Ainsi, les indices d’abondance élevés en
1994, 1995 et 1996 sont dus à la contribution
croissante des classes d’âge produites au début des
années 1990. La classe d’âge de 1993 qui devrait
changer de sexe en 1997 et atteindre les tailles
pleinement retenues par les chaluts semble aussi
bonne que celles de 1992 et 1991. Elle devrait
contribuer, avec la classe d’âge de 1992, à
maintenir les taux de prises à un niveau élevé en
1997.
Mai 1997
cos
ti
9
Gaspésie
re
Ter
48 °
NouveauBrunswick
Résumé
La pêche à la crevette nordique a débuté dans le
golfe du Saint-Laurent en 1965. La crevette est
exploitée par trois flottes provinciales dans quatre
unités de gestion, du printemps à l’automne.
L’évaluation de la ressource est effectuée chaque
année de façon à déterminer si des changements
significatifs sont survenus dans l’état de la ressource
justifiant des ajustements à l’approche de
conservation et au plan de gestion. Les TAC ont été
augmentés de 10% en 1996 dans trois des quatre
unités de gestion. Les débarquements de 1996 ont
été les plus hauts jamais observés pour cette
pêcherie et les TAC ont été atteints dans toutes les
zones.
An
ti
uve
-Ne
I.P.É.
46 °
No
lleuve
e
oss
Éc
44 °
42 °
70 °
68 °
66 °
64 °
62 °
60 °
58 °
56 °
Longitude
Caractéristiques biologiques
La biologie de la crevette nordique
(Pandalus
comporte
des
borealis)
particularités qui ont eu des conséquences
directes sur le type d'exploitation qui s'est
développée dans le Golfe depuis les années
1960. Les pêcheurs ont appris à tenir
compte de ces particularités pour optimiser
leur rendement et minimiser leur coût
d'opération. La crevette est présente partout
dans le nord du Golfe à des profondeurs
variant de 150 à 300 mètres (80 à 160
brasses); elle se concentre dans des eaux où
la température se maintient entre 4 et 6 oC.
Cycle vital
Les prises des pêcheurs commerciaux sont
constituées d'individus mâles et femelles en
proportion variable. Les femelles capturées
au début et à la fin des saisons de pêche ont
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
des oeufs sous l'abdomen.
En effet,
l’accouplement des crevettes a lieu à
l'automne et les femelles portent leurs oeufs
sous l'abdomen pendant tout l'hiver,
d'octobre à mai. L'éclosion des oeufs et le
relâchement des larves ont lieu au printemps,
en avril jusqu'à la mi-mai. Les larves sont
pélagiques et s’établissent au fond à la fin de
l'été, trois ou quatre mois plus tard. Elles
ont alors la forme d'un adulte et adoptent ce
comportement. La maturité sexuelle est
atteinte 30 mois plus tard quand les individus
se reproduisent pour la première fois comme
mâle. Chaque individu a les deux sexes
pendant sa vie: les crevettes sont d'abord
mâles pour environ quatre ans puis elles
changent de sexe et se reproduisent comme
femelles pour au moins deux autres années.
Les crevettes qui portent des oeufs sont donc
parmi les plus grosses des prises
commerciales; les crevettes mâles sont plus
petites que les crevettes femelles puisqu'elles
sont plus jeunes.
On peut facilement
distinguer vers la fin de l'été les mâles et les
femelles sexuellement matures qui se
reproduiront à l'automne par un examen des
organes
reproducteurs
dans
le
céphalothorax; on peut apercevoir les
organes reproducteurs matures à travers la
carapace de la tête. On dit alors que les
femelles ont la tête verte.
sont toujours répartis sur le territoire. Les
pêcheurs savent tirer profit de ce
rassemblement de femelles ovigères au
printemps pour obtenir des rendements
élevés. Une fois les larves relâchées, les
femelles effectuent une mue puis se
dispersent vers les secteurs plus profonds
(120-150 brasses). Les crevettes effectuent
également des migrations verticales. Elles
quittent le fond la nuit pour s'élever dans la
colonne d'eau, probablement pour se nourrir
des petits organismes du plancton, puis
retournent sur le fond durant le jour.
L'ampleur des migrations verticales peut
varier selon le stade de développement et les
conditions locales. Par exemple, les petites
crevettes mâles quitteraient le fond plus tôt
que les crevettes femelles et s'élèveraient
plus haut dans la colonne d'eau.
Les
pêcheurs ne pêchent en général que durant le
jour quand les crevettes sont rassemblées
dans les premiers mètres au-dessus du fond.
La nuit, les rendements sont moins élevés, si
bien qu'il peut ne pas être rentable de pêcher.
Distribution géographique
D’une façon générale, les crevettes se
répartissent différemment sur le territoire
selon leur âge et leur taille. Les jeunes
crevettes mâles sont retrouvées dans des
secteurs moins profonds (100-120 brasses),
souvent à la tête des chenaux, alors que les
crevettes plus âgées, les femelles, sont
souvent retrouvées dans des secteurs plus
profonds (120-150 brasses). Toutefois, si on
peut retrouver tous les stades de
développement sexuel à toutes les
profondeurs propices aux crevettes, on peut
remarquer que pour un même stade ou un
même âge, les crevettes en eau plus profonde
ont une meilleure croissance et leur taille est
plus élevée que celles en eau moins
profonde. D'autre part, les concentrations de
crevettes de petite taille en eau moins
profonde sont souvent plus denses que celles
Migrations
Les crevettes ont des comportements
migratoires qui sont bien connus des
pêcheurs commerciaux.
Les crevettes
effectuent chaque année des migrations qui
sont reliées à la reproduction. Vers la fin de
l'automne et au début de l'hiver, les femelles
qui portent des oeufs sous l'abdomen
entreprennent une migration vers des
secteurs moins profonds (80-100 brasses) de
leur aire de répartition. Au printemps, elles
sont rassemblées sur les sites propices au
relâchement des larves alors que les mâles
-2-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
52°
1990
50°
48°
69°
66°
0
63°
50
500
60°
57°
60°
57°
2000+
52°
1996
50°
48°
69°
66°
63°
Figure 1. Distribution géographique des crevettes dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent en
1990 et 1996. Les classes de grisé représentent des densités de crevette exprimées en kg/km 2.
des crevettes de grande taille qu'on retrouve
en eau plus profonde.
Les pêcheurs
cherchent à exploiter les sites où les
rendements sont les plus élevés, tout en
explorant le territoire à la recherche des
crevettes de grande taille de façon à
optimiser à la fois leur rendement et la
proportion de crevette de grande taille dans
leurs prises.
-3-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
subséquent de la distribution de la crevette
seraient rendus d’autant plus possibles que
les prédateurs sont très peu nombreux dans
le Golfe présentement.
Les niveaux
d’abondance de la morue et du sébaste sont
les plus faibles depuis le début de la pêche à
la crevette dans le Golfe au milieu des années
1960. La mortalité naturelle de la crevette
par la prédation a probablement diminué
sensiblement si bien que sa survie, dans les
secteurs traditionnellement exploités et dans
les nouveaux secteurs, a dû augmenter
considérablement.
Des changements dans la distribution
géographique des crevettes ont cependant
été observés au cours des trois dernières
années. Certaines agrégations de crevettes
sont retrouvées dans des secteurs où peu de
crevettes avaient été observées auparavant.
Une analyse géostatistique a été effectuée sur
les données recueillies lors des missions de
recherche de 1990 à 1996 afin de
cartographier la distribution annuelle des
crevettes dans l’estuaire et le golfe du SaintLaurent.
La cartographie des résultats
montre bien les changements dans la
répartition géographique des crevettes,
observés depuis 1990 (Figure 1). Dans les
zones de Sept-Îles et Anticosti, les secteurs
où l’on retrouve la crevette en forte densité
se sont progressivement étendus vers le sud.
En 1990, les crevettes étaient surtout
présentes au nord des unités de gestion alors
qu’on note à partir de 1994, un déplacement
des centres de densité vers le chenal
Laurentien situé au sud des unités. En 1996,
les crevettes sont réparties dans l’ensemble
du Golfe, incluant le chenal Laurentien.
Approche de conservation
Le développement de la pêche à la crevette
dans le golfe du Saint-Laurent s'est fait
différemment selon les secteurs et selon les
flottes de pêche. La flotte du Québec
exploite principalement l'ouest du Golfe alors
que la flotte de Terre-Neuve concentre ses
activités dans le secteur du chenal
d'Esquiman.
La flotte du NouveauBrunswick partage ses activités entre l'ouest
et l'est du Golfe. Un remaniement des unités
de gestion a été proposé en 1992 afin de
mieux refléter les activités des pêcheurs et
l'organisation spatiale des crevettes. Les
cinq unités de gestion en place depuis le
début des années 1980 ont été réduites à
quatre en 1993: Sept-Îles (zone 10) qui
comprend maintenant l’ancienne unité du
Sud Anticosti, Anticosti (zone 9) qui était
appelée autrefois Nord Anticosti, Esquiman
(zone 8) et Estuaire (zone 12) (Figure 2).
Les crevettes pourraient avoir réagi à des
changements environnementaux influençant
leur répartition géographique ou celle de leur
nourriture. Les conditions océanographiques
du Golfe ont changé au cours des sept
dernières années en réponse entre autres à
des conditions météorologiques extrêmes.
D’une façon générale, les eaux du Golfe sont
plus froides.
Ces changements plutôt
graduels ne peuvent cependant expliquer
entièrement ceux de la distribution de la
ressource qui sont survenus plus récemment,
au cours des trois dernières années. D’autre
part, il est bien connu chez les espèces de
poissons et d’invertébrés marins, que lorsque
l’abondance de la population augmente, les
individus tendent à étendre leur distribution
géographique et sont présents dans des
secteurs qu’ils fréquentaient peu auparavant.
L’augmentation d’abondance et l’étalement
La gestion de la pêche à la crevette du nord
du Golfe comprend plusieurs mesures dont le
contrôle des prises par TAC (Total
Admissible de Capture) pour les quatre
unités de gestion. Les détenteurs de permis
du Québec et du Nouveau-Brunswick ont
des contingents individuels depuis 1991 et
ceux de la Basse Côte-Nord et de la côte
ouest de Terre-Neuve depuis 1996
-4-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
fonction de celui-ci. Toutefois, les outils
pour calculer les augmentations ou
diminutions des TAC en réponse aux
changements perçus dans l’état de la
ressource ne sont pas disponibles pour la
crevette. Les changements apportés aux
TAC sont plutôt faits sur une base empirique
ou expérimentale.
54 °
52 °
Côte-Nord
8
50 °
10
Latitude
12
An
tic
ost
i
9
Gaspésie
re
Ter
48 °
NouveauBrunswick
L'augmentation du TAC de l'unité de gestion
de Sept-Îles durant les années 1980 se
voulait une prudente tentative de gestion
expérimentale. En augmentant graduellement
le TAC, on voulait également augmenter
prudemment le niveau d'exploitation afin
d'évaluer les effets sur la ressource et
éventuellement
déterminer
le
niveau
d'exploitation optimal. Le TAC de trois des
unités de gestion (Sept-Îles, Anticosti,
Esquiman) a par la suite été augmenté au
début des années 1990 en réponse à
l’augmentation d’abondance qui était
survenue pendant la deuxième moitié des
années 1980. Le TAC est demeuré inchangé
jusqu’en 1995 même si l’abondance des
crevettes avait fluctué entre 1990 et 1995.
Le TAC a été augmenté de 10% en 1996
pour trois des quatre unités de gestion (SeptÎles, Anticosti, Esquiman) en réponse à la
récente augmentation d’abondance survenue
entre 1992 et 1995.
Cette dernière
augmentation d’abondance était substantielle
et les perspectives à court terme quant à la
disponibilité des crevettes à la pêche étaient
excellentes. Le fait que le TAC de l’unité de
l’Estuaire n’a pas été augmenté depuis 1982
reflète les incertitudes quant à l’évaluation de
l’abondance de la ressource dans cette zone
de pêche. Il n’a pas été possible jusqu’à
maintenant de déceler un effet négatif de
l’exploitation sur les populations de crevette
de l’Estuaire et du Golfe.
uve
-Ne
I.P.É.
46 °
No
oss
Éc
lleuve
e
44 °
42 °
70 °
68 °
66 °
64 °
62 °
60 °
58 °
56 °
Longitude
Figure 2. Unités de gestion de la pêche à la
crevette dans l’estuaire et le golfe du SaintLaurent: Sept-Îles (zone 10), Anticosti
(zone 9), Esquiman (zone 8) et Estuaire
(zone 12).
seulement. Le nombre de permis en 1996
dans le Golfe était de 125. Les autres
mesures de gestion comprennent l'imposition
d'un maillage minimal (40 mm) et l'obligation
d'utiliser depuis 1993 la grille Nordmore
pour réduire de façon significative les
captures accessoires de poissons de fond.
La gestion par TAC permet de limiter
l’exploitation de façon à protéger le potentiel
reproducteur de la population. La limitation
des prises permet à une certaine proportion
de crevettes de ne pas être pêchées et de
demeurer disponibles pour la reproduction.
Elle vise donc le maintien d’une biomasse
reproductrice suffisante pour assurer le
recrutement. En connaissant le statut de la
ressource, on peut ajuster le TAC en
-5-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
d'environ 1 000 tonnes à 7 500 tonnes entre
le début et la fin des années 1970 et ont
atteint plus de 15 000 tonnes à la fin des
années 1980 (Figure 3, Annexe 1). Les
débarquements du Golfe ont diminué de 22
% en 1992 par rapport à 1991 puis ont
augmenté de 21 % en 1993. Les données de
1994 et de 1995 indiquent une augmentation
de 8 et 10 % relativement à 1993. Les
débarquements de 1996 indiquent une
augmentation de 9 % par rapport à 1995 si
bien que les prises de la dernière année
constituent les plus hautes valeurs jamais
enregistrées pour cette pêche. Les TAC ont
été atteints dans chacune des zones de pêche
en 1994, 1995 et 1996.
La pêche
PRISE (t)
Les débarquements de crevette nordique
dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent
ont augmenté progressivement depuis le
début de l'exploitation au milieu des années
1960.
Les débarquements sont passés
Sud-Anticosti
Sept-Îles
TAC
6000
4000
2000
PRISE (t)
6000
1995
1990
1985
1980
1975
1970
1965
0
Anticosti
TAC
4000
2000
1975
1980
1985
1990
1995
1980
1985
1990
1995
1970
1975
PRISE (t)
1965
0
Esquiman
TAC
6000
4000
2000
PRISE (t)
600
1970
1965
0
Estuaire
TAC
400
200
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
0
Figure 3. Prises et total admissible des
captures (TAC) de crevette nordique dans
l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent par
unité de gestion depuis 1965.
-6-
La répartition géographique de l’effort de
pêche des crevettiers a changé depuis 1990.
En 1990, 1991 et 1992, l’effort de pêche
était concentré à la tête des chenaux dans les
zones d’Anticosti et d’Esquiman ainsi qu’au
nord-ouest de l’île d’Anticosti dans la zone
de Sept-Îles (Figure 4). En 1993, les
pêcheurs ont commencé à exploiter les
régions plus au sud tout en diminuant l’effort
au nord des zones (à la tête des chenaux).
En 1994 et 1995, une bonne partie de l’effort
de pêche était concentré le long de la
péninsule gaspésienne, de la côte sud de l’île
d’Anticosti et du chenal Laurentien dans les
zones de Sept-Îles et d’Anticosti. Cette
tendance s’est poursuivie en 1996 avec une
bonne partie de l’effort de pêche réparti le
long des versants nord et sud du chenal
Laurentien. Ces changements dans le patron
géographique
d’exploitation
sont
probablement dus à deux facteurs. D’une
part, les contraintes ou frontières qui
restreignaient l’étalement de l’effort de pêche
vers le sud ont été levées en 1993 avec le
remaniement des unités de gestion qui
impliquait l’élimination de l’unité de Sud
Anticosti et de la frontière sud de la zone de
Sept-Îles qui correspondait à la ligne de la
division 4T de l’OPANO. D’autre part, les
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
52°
E ffo r t ( h e u r e s )
0 .1 à 5 0
50 à 250
250 à 500
500 à 1000
1 0 0 0 e t p lu s
1990
50°
48°
68°
64°
60°
52°
E ffo r t ( h e u r e s )
0 .1 à 5 0
50 à 250
250 à 500
500 à 1000
1 0 0 0 e t p lu s
1996
50°
48°
68°
64°
60°
Figure 4. Distribution géographique de l’effort de pêche à la crevette dans
l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent en 1990 et 1996.
concentrations de crevettes ont augmenté
dans les régions plus au sud, en particulier le
chenal Laurentien, là où elles étaient peu
présentes auparavant.
Les indices d’abondance
flottes de pêche sont incluses dans les
analyses depuis 1982.
Les statistiques
antérieures au remaniement des unités de
gestion survenu en 1993 ont été analysées de
nouveau de façon à correspondre aux unités
de gestion actuelles.
Les statistiques de la pêche commerciale
(prises et effort des crevettiers) sont utilisées
pour calculer des taux de prises annuels ou
prises par unité d’effort (PUE) c’est-à-dire la
quantité moyenne de crevettes prise par
heure de pêche.
Les données sont
normalisées pour tenir compte de l’évolution
des flottes de pêche (changement de
puissance de pêche à cause des changements
de navires de pêche et du renouvellement des
flottes) et des patrons saisonniers
d’exploitation; les statistiques des trois
Les prises par unité d’effort des unités
d’Anticosti et d’Esquiman ont augmenté du
milieu des années 1980 au début des années
1990 (Figure 5). Les prises par unité
d’effort ont augmenté plus tard dans les
unités de Sept-Îles et de l'Estuaire; elles
étaient relativement stables jusqu'en 1989
puis ont augmenté en 1990 et 1991. Les
prises par unité d’effort des quatre zones ont
toutes diminué en 1992. Les prises par unité
d’effort de Sept-Îles sont demeurées
relativement stables en 1992, 1993 et 1994
-7-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
puis ont augmenté en 1995 et 1996 alors que
celles de l’Estuaire ont augmenté de 1992 à
1996. Les prises par unité d’effort des zones
PUE (kg/h)
200
d’Anticosti et Esquiman sont demeurées à un
niveau plus bas en 1992 et 1993 qu’en 1989,
1990 et 1991 puis ont augmenté en 1994;
elles ont augmenté de nouveau en 1995 et
sont demeurées stables en 1996 dans la zone
d’Anticosti alors qu’elles ont diminué en
1995 et augmenté de nouveau en 1996 dans
la zone d’Esquiman.
S E P T-ÎLE S
150
100
50
Des relevés de recherche sont effectués dans
l’Estuaire et le Golfe en août-septembre de
chaque année depuis 1990. Ils sont effectués
sur un navire du Ministère, le N.S.C. Alfred
Needler, avec un chalut à crevette en suivant
un plan d’échantillonnage aléatoire stratifié.
Les résultats sont présentés sous la forme de
prise moyenne par trait c’est-à-dire la
quantité moyenne de crevettes capturées par
trait standard d’une heure.
PUE (Kg/h)
200
1996
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1982
0
A NTIC OS TI
150
100
50
1996
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1990
1992
1994
1996
1990
1992
1994
1996
1988
1984
1986
1988
1986
1982
E S TUA IRE
1984
300
250
200
150
100
50
0
D’une façon générale, les prises par trait
étaient élevées en 1990, ont diminué entre
1990 et 1993 puis ont augmenté en 1995 et
1996 dans les zones de Sept-Îles, Anticosti
et Esquiman (Figure 6). Toutefois, le patron
de diminution ou d’augmentation des prises
par trait diffère légèrement selon les unités
de gestion. L’indice diminue entre 1990-91
et 1992-93 dans la zone de Sept-Îles puis
augmente graduellement jusqu’en 1996.
L’indice diminue graduellement de 1990 à
1994 dans les zones d’Anticosti et
d’Esquiman puis augmente en 1995.
L’indice augmente de nouveau en 1996 dans
la zone d’Anticosti mais diminue légèrement
dans la zone d’Esquiman. Dans la zone de
l’Estuaire, l’indice a diminué graduellement
de 1991 à 1995 puis a augmenté
substantiellement en 1996.
E S QUIMA N
1982
PUE (kg/h)
300
250
200
150
100
50
0
PUE (kg/h)
1982
0
Les lignes verticales associées aux valeurs
moyennes des prises par trait et des prises
par unité d’effort représentent l’intervalle de
confiance des estimations. Par l'étendue des
intervalles de confiance, il est possible de
voir que la variabilité des données peut être
relativement élevée, si bien que les indices
Figure 5. Prises par unité d’effort
normalisées
(PUE)
des
pêcheurs
commerciaux de crevette dans l’estuaire et
le golfe du Saint-Laurent par unité de
gestion depuis 1982.
-8-
140
120
100
80
60
40
20
0
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
présentes dans la population.
Il est
généralement admis que les relevés dans le
Golfe suivent bien les grandes tendances
dans les populations de crevettes (par
exemple, les changements de distribution, les
structures des populations, le sens des
changements dans l’abondance) et que les
prises par unité d’effort reflètent bien les
activités des pêcheurs mais les différences
entre deux points (ici, les indices de deux
années) ne correspondent pas nécessairement
aux différences absolues des biomasses de
crevettes entre deux années.
1996
1995
1994
1993
1992
1991
SE PT-ÎLES
1990
PRISE PAR TRAIT (kg/h)
Région Laurentienne
ANTIC OS TI
100
80
60
40
En général, les deux indices (prises par unité
d’effort commerciales et prises moyennes par
trait des relevés) sont cohérents et varient
dans le même sens malgré le fait que les taux
de prises des pêcheurs représentent
l’abondance des crevettes sur les fonds
exploités qui ne correspondent pas
nécessairement à l’aire de distribution des
crevettes en entier. Pour la zone de Sept-Îles
par exemple, les taux de prises des pêcheurs
ont augmenté relativement plus en 1995 que
l’indice du relevé parce que les pêcheurs ont
changé
leur
patron
géographique
d’exploitation au cours des deux dernières
années. Ils ont exploité préférentiellement le
secteur sud où l’indice du relevé avait le plus
augmenté. Le fait que les PUE soient élevées
quand les indices des relevés sont élevés
indique qu’il existe un certain synchronisme
entre les grands événements à l’échelle du
Golfe: les niveaux les plus bas ont été
observés en 1992-93 alors que les niveaux
les plus élevés ont été observés en 1990-91
et 1995-96.
20
1994
1995
1996
1994
1995
1996
1995
1996
1993
1994
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1992
1991
1990
0
140
120
100
80
60
40
20
0
1993
1992
1991
1990
ES QUIMAN
1993
1992
1991
ES TUAIRE
1990
PRISE PAR TRAIT (kg/h)
PRISE PAR TRAIT (kg/h)
PRISE PAR TRAIT (kg/h)
120
Figure 6.Prises de crevette par trait
standard d’une heure obtenues des relevés
de recherche menés dans l’estuaire et le
golfe du Saint-Laurent depuis 1990.
La structure des populations
Les distributions des fréquences de longueur
du céphalothorax sont calculées à partir des
échantillons des prises commerciales et des
relevés de recherche. Elles sont obtenues
des prises commerciales depuis 1982 et des
doivent être examinés dans leur ensemble
pour dégager les grandes tendances dans la
série temporelle. Ces indices sont relatifs
d’une année à l’autre et ne correspondent
pas à l’abondance absolue des crevettes
-9-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
augmentent dans les prises avec les années
alors que dans la population, leur abondance
diminue en raison de la mortalité naturelle et
de la pêche.
relevés de recherche depuis 1990 mais ne
sont présentées que de 1993 à 1996.
Il est possible d'identifier les cohortes ou les
classes d’âge en examinant les distributions
des fréquences de longueur. Une cohorte est
constituée d'individus nés la même année qui
ont eu sensiblement la même croissance, si
bien qu’il est possible d'identifier dans les
échantillons quatre ou cinq modes constitués
d'individus ayant sensiblement la même taille
et, on présume, le même âge. La première
classe d'âge dont la taille modale se situe à
environ 11 mm aurait un an et demi c’est-àdire que les larves de ces individus auraient
éclos le printemps de l'année précédente.
Les modes suivants représentent les classes
d'âge précédentes alors que le dernier mode
représente une accumulation de crevettes
femelles d'une classe d'âge ou plus. Il est
donc possible de suivre la progression des
cohortes
pendant
plusieurs
années
consécutives dans les prises commerciales ou
les prises des relevés et juger ainsi de leur
abondance relative.
Les exploitants ciblent particulièrement les
crevettes de grande taille si bien que leurs
taux de prises sont dépendants de
l'abondance des crevettes dont la longueur
du céphalothorax est plus élevée que 22 mm.
Les fluctuations d'abondance des crevettes
plus grandes que 22 mm de longueur de
céphalothorax peuvent être expliquées par la
force des cohortes. Une cohorte très forte
peut supporter la pêche pour un ou deux ans
lorsque les crevettes atteignent la taille du
changement de sexe. L'entrée successive de
plusieurs cohortes fortes peut donc maintenir
la biomasse et les taux de prises à un niveau
élevé pour plusieurs années.
L'augmentation des indices d'abondance de la
fin des années 1980 et du début des années
1990 était due à l'abondance très élevée de
plusieurs cohortes produites au milieu des
années 1980 (classes d'âge de 1984, 1985,
1986, 1987) qui ont atteint les tailles
pleinement retenues par les chaluts et ciblées
par l’exploitation à la fin des années 1980 et
au début des années 1990 (Figure 7). Le
déclin observé en 1992 et 1993 dans les taux
de prises et les indices des relevés est dû au
fait que les cohortes qui avaient été produites
à la fin des années 1980 et qui supportaient
la pêche en 1992 et 1993 (classes d'âge de
1988 et 1989) étaient beaucoup moins
abondantes. La classe d’âge de 1990 semble
avoir eu une abondance égale ou inférieure à
la moyenne, si bien que son impact a été de
maintenir les taux de prises et les indices des
relevés sans les faire augmenter. Les taux de
prises et les indices des relevés ont augmenté
en 1994, 1995 et 1996 à cause de la
contribution croissante des classes d'âge de
1991, 1992 et 1993; ces cohortes semblent
plus abondantes que les précédentes. La
Les crevettes sont récoltées à partir de deux
ans par les chaluts de fond dont les mailles
sont de 40 mm, quand elles mesurent environ
14 mm (longueur du céphalothorax) et
qu'elles sont mâles. Elles sont pleinement
recrutées à la pêche, c'est-à-dire retenues à
100 % par les chaluts, à environ 22 mm de
longueur de céphalothorax quand elles ont
quatre ans et qu'elles sont en majorité des
femelles.
La représentation des jeunes
cohortes dans les premières tailles à être
sélectionnées par les chaluts dépendra non
seulement de leur abondance mais également
de leur croissance. En effet, une cohorte
ayant une croissance plus rapide apparaîtra
plus vite dans les prises donnant parfois
l'impression d'être très abondante. D'autre
part, parce que les crevettes sont de plus en
plus retenues par les chaluts à mesure
qu'elles croissent, les effectifs des cohortes
- 10 -
800
400
400
800
400
1000
500
500
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
13.25
15.25
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
19.25
17.25
15.25
21.25
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
31.25
29.75
28.25
26.75
25.25
23.75
22.25
20.75
19.25
17.75
16.25
14.75
13.25
11.75
10.25
8.75
31.25
28.25
26.75
25.25
23.75
22.25
20.75
19.25
17.75
16.25
13.25
10.25
8.75
14.75
28.25
26.75
25.25
23.75
22.25
19.25
17.75
16.25
14.75
20.75
92
94
95
28.25
26.75
25.25
23.75
22.25
20.75
7.25
L O N G U E U R D U C É P H A L O T H O R A X (m m )
19.25
0
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
13.25
11.25
9.25
7.25
0
M Â L E S (e n m illio n s )
29.75
500
F E M E L L E S (e n m illio n s )
90/89
91/90
50
17.75
95
0
91
93
16.25
1000
94
1996
14.75
1500
400
31.25
2000
600
29.75
2500
91/90
200
100
3000
92
13.25
7.25
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
13.25
11.25
93
1996
800
92
93
94
0
ABONDANCE
1000
9.25
7.25
0
31.25
500
50
13.25
94
0
89/88
29.75
1000
10.25
1500
90/89
90
1995
10.25
93
400
200
7.25
2000
ABONDANCE
600
100
2500
91
91
0
3000
1995
800
92
93
8.75
92
1000
50
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
13.25
11.25
9.25
0
7.25
0
ABONDANCE
7.25
1000
93
88/87
89
1994
8.75
1500
89/88
92
200
ABONDANCE
90
400
NUE
600
90
91
92
100
2500
2000
N U E (n /h )
E S TU A IR E
1993
50
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
17.25
15.25
13.25
9.25
19.25
3000
91
1994
800
M Â L E S (e n m illio n s )
0
NUE
ABONDANCE
1000
11.25
0
7.25
0
ABONDANCE
ABONDANCE
1500
88/87
89
NUE
2000
91
100
2500
92
200
F E M E L L E S (e n m illio n s )
3000
90
400
13.25
L O N G U E U R D U C É P H A L O T H O R A X (m m )
800
600
13.25
9.25
11.25
9.25
0
7.25
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
13.25
11.25
9.25
1000
N U E (n /h )
A N TIC O S TI
1993
2000
200
0
NUE
ABONDANCE
1000
M Â L E S (e n m illio n s )
3000
91/90
95
L O N G U E U R D U C É P H A L O T H O R A X (m m )
F E M E L L E S (e n m illio n s )
4000
94
400
0
7.25
0
5000
92
600
21.25
95
6000
19.25
800
93
1996
11.75
200
0
17.25
94
1000
11.75
400
2000
94
7.25
1000
2000
1200
11.25
3000
2400
1600
600
4000
91
90/89
200
15.25
91/90
5000
92
93
13.25
92
6000
1995
400
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
13.25
9.25
11.25
93
1996
800
0
0
ABONDANCE
1000
1000
600
0
7.25
0
2000
89/88
93
7.25
ABONDANCE
800
800
94
200
1000
2000
1200
90/89
400
3000
90
92
200
2400
1600
93
4000
400
31.25
29.25
27.25
91
92
600
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
13.25
11.25
9.25
1995
800
5000
0
NUE
1000
6000
91
600
0
7.25
0
1994
9.25
89/88
1000
0
7.25
1200
2000
92
9.25
90
93
200
800
1600
92
400
1000
2000
ABONDANCE
600
2400
NUE
91
88/87
0
31.25
29.25
27.25
25.25
23.25
21.25
19.25
17.25
15.25
13.25
11.25
9.25
1994
89
NUE
3000
90
200
0
800
4000
400
NUE
400
5000
91
600
NUE
800
6000
E S Q U IM A N
11.25
1200
88/87
1993
11.75
89
92
200
7.25
ABONDANCE
800
11.25
90
91
400
1000
ABONDANCE
1000
2000
1600
600
0
ABONDANCE
2400
ABONDANCE
S E P T-ÎL E S
NUE
1993
800
NUE
ABONDANCE
1000
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
NUE
Région Laurentienne
L O N G U E U R D U C É P H A L O T H O R A X (m m )
N U E (n /h )
F E M E L L E S (e n m illio n s )
M Â L E S (e n m illio n s )
Figure 7. Distribution des fréquences de taille des crevettes par unité de gestion: abondance
des crevettes, obtenue des relevés de recherche (en grisé) et nombre par unité d’effort, obtenu
de l’échantillonnage des prises commerciales (ligne pleine).
- 11 -
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
classe d’âge de 1992 a changé de sexe en
1996 et devrait encore supporter la pêche en
1997 avec celle de 1993 qui devrait alors
changer de sexe à son tour.
crevettes femelles, plus grandes que 22 mm,
ont diminué subséquemment pour atteindre
leur plus bas niveau en 1993 et 1994. Par
ailleurs, les crevettes mâles ont augmenté en
abondance en 1993, 1994 et 1995 avec la
contribution des cohortes de 1991, 1992 et
1993. L’abondance des femelles a alors
commencé à augmenter en 1994 et 1995.
Les niveaux d’abondance des crevettes mâles
en 1996 sont sensiblement les mêmes qu’en
1995.
L’abondance des femelles (crevettes plus
grandes que 22 mm de longueur du
céphalothorax)
n’a
pas
diminué
systématiquement d’année en année (Figure
8). Comme pour les indices de la pêche
commerciale et des relevés, l’abondance des
femelles a varié et est plutôt dépendante du
passage des cohortes plus ou moins fortes.
Les crevettes mâles, plus petites que 21 mm
de longueur du céphalothorax, ont diminué
graduellement en abondance entre 1990 et
1993 à mesure que les cohortes de 1988,
1989 et 1990 recrutaient à la pêche. Les
Les indices d'abondance (taux de prises des
pêcheurs commerciaux et indices des relevés
de recherche) sont plus élevés en 1995 et
1996 par rapport à 1992 et 1993. D'une
façon générale pour le Golfe, l'abondance
des crevettes a augmenté entre la première
moitié et la fin des années 1980, est
demeurée élevée au début des années 1990
puis a diminué en 1992. Elle est demeurée
stable en 1993 pour augmenter de nouveau
en 1994 et 1995. Elle est toujours élevée en
1996. Cette augmentation s'est traduite par
des prises plus élevées en 1994 et 1995, si
bien que les TAC, qui sont demeurés les
mêmes depuis 1991, ont été atteints dans
toutes les zones de pêche en 1994 et 1995.
Les TAC ont été augmentés de 10% dans les
zones de Sept-Îles, Anticosti et Esquiman en
1996 et ont tous été atteints.
Les
incertitudes quant à l’état des crevettes de
l’Estuaire soulevées en 1995 étaient
principalement dues aux faibles résultats du
relevé de recherche de 1995. Les résultats
de 1996 indiquent que cette zone de pêche se
comporte vraisemblablement comme les
Les résultats de
zones du Golfe.
l'évaluation indiquent donc que les
populations de crevette de l’Estuaire et du
Golfe à la fin de la saison de pêche de
1996 étaient dans un bon état.
SEPT-ILES
50000
NUE < 21 mm
État de la ressource et perspectives
futures
ANTICOSTI
40000
ESQUIMAN
30000
20000
10000
0
1990
1991
1992
15000
NUE > 22 mm
1993
1994
1995
1996
1994
1995
1996
1994
1995
1996
1994
1995
1996
SEPT-ILES
ANTICOSTI
ESQUIMAN
10000
5000
0
ABONDANCE < 21 mm
1990
1992
1993
SEPT-ILES
ANTICOSTI
ESQUIMAN
ESTUAIRE
8000
6000
4000
2000
0
1990
ABONDANCE > 22 mm
1991
1991
1992
1993
SEPT-ILES
ANTICOSTI
ESQUIMAN
ESTUAIRE
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
1990
1991
1992
1993
Figure 8. Représentation des crevettes plus
petites que 21 mm (en majorité des mâles)
et plus grandes que 22 mm de longueur de
céphalothorax (en majorité des femelles)
dans les prises commerciales (nombre par
unité d’effort) et les prises des relevés de
recherche (abondance) pour chaque unité
des gestion.
- 12 -
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
d’abondance observés pendant quelques
années afin que les niveaux choisis soient
soutenables à tous les niveaux d'abondance
de la ressource. Les indices d’abondance
reflètent bien les grandes tendances dans les
fluctuations des populations mais parce que
ces indices sont grandement influencés par le
patron de pêche des exploitants ou par la
disponibilité des crevettes au moment des
relevés, ils n’indiquent pas nécessairement de
façon précise la quantité absolue de crevettes
sur le territoire. Les outils analytiques pour
calculer ou ajuster les TAC en fonction des
fluctuations annuelles de la ressource ne sont
donc pas disponibles.
Les données de l’évaluation (indices
d’abondance, structure des populations) des
crevettes dans l'Estuaire et le Golfe ont déjà
été discutées avec les pêcheurs impliqués
dans cette exploitation.
D'une façon
générale, les indices de la pêche commerciale
et des relevés de recherche reflètent bien la
perception que les pêcheurs ont de
l'abondance de la ressource.
Les indices d'abondance élevés observés en
1994, 1995 et 1996 sont attribuables à la
contribution croissante des cohortes fortes
produites au début des années 1990. La
pêche des prochaines années portera sur les
cohortes produites durant la première moitié
des années 1990. La cohorte de 1993 qui
devrait changer de sexe en 1997 et
atteindre les tailles pleinement retenues
par les chaluts et ciblées par les
exploitants semble aussi abondante que
celles de 1992 et 1991. Elle devrait
contribuer avec la classe d’âge de 1992 à
maintenir les taux de prises à un niveau
élevé, similaire à celui de 1996 et à tout le
moins plus élevé que ceux de 1992 et 1993.
La cohorte de 1994 qui devrait être
pleinement disponible à la pêche en 1998 est
moins bien représentée dans les prises des
pêcheurs et des relevés de recherche parce
que les crevettes sont trop petites. Il est
encore difficile de prévoir avec certitude sa
contribution globale au succès de pêche dans
le Golfe avant qu’elle ne croisse davantage et
n’approche la taille du changement de sexe.
D’une façon générale, l’abondance des
crevettes plus petites que 21 mm de longueur
de céphalothorax qui supporteront la pêche
au cours des prochaines années est semblable
en 1995 et 1996.
Une
approche
prudente
pour
la
détermination des TAC à plus long terme
semblerait particulièrement appropriée si l’on
considère les relations prédateurs-proies. La
productivité des crevettes dans le Golfe est
probablement plus élevée qu'elle ne l'était en
présence des prédateurs et le retour de ceuxci
entraînerait
probablement
une
augmentation de la mortalité par prédation;
il est vraisemblable qu'à ce moment, les
agrégations de crevette ne puissent soutenir
un taux d'exploitation aussi élevé que lorsque
les prédateurs étaient absents.
L'expérience a prouvé que l'abondance des
agrégations de crevette peut changer
relativement rapidement.
Ainsi, les
discussions sur l’établissement des niveaux
de prises doivent tenir compte des indices
- 13 -
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
Annexe 1 B. Total admissible de capture
TAC, t) de crevette nordique par unité de
gestion depuis 1982 (SI: Sept-Îles; ANT:
Anticosti; ESQ: Esquiman; EST: Estuaire).
Annexe 1 A. Prise (t) de crevette nordique
par unité de gestion depuis 1965 (SI: SeptÎles; ANT: Anticosti; ESQ: Esquiman; EST:
Estuaire).
PRISE
Année
1965
1966
1967
1968
1969
1970
1971
1972
1973
1974
1975
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
SI
11
95
278
271
273
413
393
481
1273
1743
2135
1841
2746
2526
3207
2978
3680
3774
3647
4383
4399
4216
5411
6047
6254
6839
6411
4957
5485
6288
6513
7152
ANT ESQ
980
1025
1310
1185
1460
1108
1454
1385
2464
2925
1336
2786
3340
3422
2844
4253
4723
4590
4162
4791
4951
5061
5574
159
691
184
520
594
1368
1494
1249
2166
3226
2441
3014
2111
2242
1578
1421
1592
2685
4335
4614
3303
4773
3149
4683
4783
4896
5233
EST
Golfe
539
27
152
158
248
164
262
523
551
629
507
505
489
496
512
496
515
11
95
278
271
273
572
1084
665
1793
3317
4528
4645
5180
6152
7541
7412
8106
8501
8972
7545
8770
9410
12041
13777
15750
15372
16279
12757
15455
16534
16966
18474
TAC
Année
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
SI
ANT
ESQ
EST
Golfe
3800
3800
4800
4600
4600
5600
5600
5700
6400
6400
6400
6400
6400
6400
7040
4400
5000
5000
3400
3500
3500
3500
4200
4200
5000
5000
5000
5000
5000
5500
4200
6000
6000
6000
3500
3500
3500
4500
4700
4700
4700
4700
4700
4700
5170
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
12900
15300
16300
14500
12100
13100
13100
14900
15800
16600
16600
16600
16600
16600
18210
Pour en savoir plus:
Savard L. 1996. La crevette de l’estuaire et
du golfe du Saint-Laurent. MPO
Pêches de l’Atlantique. Rapport sur
l’état des stocks 96/9.
Mohn, R. K., D. G. Parsons and L. Savard.
1992. Report of Canadian Atlantic
Fisheries Scientific Advisory
Committee Special Meeting,
Invertebrates and Marine Plants
Subcommittee, Shrimp Management
Alternatives, December 5-8, 1989,
Ottawa, Canada. Can. Tech, Rep. Fish.
Aquat. Sci. 1884: iv + 30 p.
- 14 -
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent
Préparé par:
Louise Savard
Tel: (418) 775-0621
Fax: (418) 775-0740
Courrier électronique: savardl@dfompo.gc.ca
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