La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent MPO Sciences

La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent MPO Sciences
Pêches et Océans
Canada
Sciences
Fisheries and Oceans
Canada
Science
Région Laurentienne
MPO Sciences
Rapport sur l’état des stocks C4-06 (2001)
54 °
52 °
C ô te -N o rd
8
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50 °
10
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46 °
La crevette de l’estuaire et du
golfe du Saint-Laurent
No
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44 °
Renseignements de base
42 °
La crevette est exploitée commercialement du
printemps à l’automne dans quatre unités de gestion.
L’évaluation de la ressource est effectuée chaque
année de façon à déterminer si les changements
survenus dans l’état de la ressource justifient des
ajustements à l’approche de conservation et au plan
de gestion. Les débarquements de 2000 sont les plus
élevés jamais enregistrés et les TAC ont été atteints
dans toutes les unités.
La biologie de la crevette comporte des particularités
qui influencent la façon d’exploiter la ressource, la
gestion de la pêche et la conservation des stocks.
La crevette change de sexe au cours de sa vie: elle
atteint la maturité sexuelle mâle vers l’âge de deux
ans et demi puis, vers l’âge de quatre ou cinq ans,
elle change de sexe et devient femelle. Les femelles
qui portent des œufs sous l’abdomen sont donc parmi
les plus grosses crevettes des prises commerciales;
les mâles sont plus petits puisqu’ils sont plus jeunes.
L’accouplement a lieu à l’automne et les femelles
portent leurs œufs pendant huit mois, de septembre à
avril. Les larves qui naissent au printemps sont
pélagiques et s’établissent sur le fond à la fin de
l’été. Les migrations qu’effectuent les crevettes au
cours de leur vie sont reliées à la reproduction (les
femelles oeuvées migrent en eau moins profonde
durant l’hiver) et à l’alimentation (la nuit, elles
quittent le fond pour se nourrir des petits organismes
du plancton). D’une façon générale, la crevette est
présente partout dans l’Estuaire et dans le nord du
Golfe à des profondeurs variant de 150 à 350 mètres.
Février 2001
70 °
68 °
66 °
64 °
62 °
60 °
58 °
L o n g itu d e
Figure 1. Unités de gestion de la pêche à la
crevette dans l’estuaire et le golfe du
Saint-Laurent (zone 10 – Sept-Îles, zone 9 –
Anticosti, zone 8 – Esquiman, zone 12 –
Estuaire).
Sommaire
•
•
De façon générale, les indices de la
pêche commerciale et des relevés de
recherche montrent que l’abondance des
stocks de crevettes est demeurée à un
niveau élevé en 2000. L’abondance des
femelles était élevée et le recrutement
pour 2001 (classe d’âge de 1997) sera
particulièrement abondant. Par contre, la
classe d’âge de 1998 semble faible.
Dans les zones de Sept-Îles et
d’Anticosti, l’indice de biomasse en
2000 était nettement supérieur à la
moyenne tandis qu’il se situait près de la
moyenne dans la zone d’Esquiman.
L’indice du taux d’exploitation était
inférieur à la moyenne dans la zone de
Sept-Îles et près de la moyenne dans
celles d’Anticosti et Esquiman.
56 °
Région Laurentienne
•
•
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
La croissance de la classe d’âge de 1997
semble inférieure à la moyenne et ceci
pourrait avoir un impact sur la taille des
femelles disponibles à la pêche et à la
reproduction en 2001. L’abondance de
prédateurs importants de la crevette
(morue, sébaste) demeure faible quoique
celle du flétan du Groenland (turbot), un
autre prédateur important, a augmenté.
En 2001, des débarquements similaires à
ceux enregistrés en 2000 devraient
générer des taux d’exploitation qui se
situent à l’intérieur des valeurs
observées depuis 1995. Par ailleurs, il est
probable que la ressource pourrait
supporter une augmentation du taux
d’exploitation dans certaines zones mais
il n’est pas possible de définir un taux
cible présentement.
Description de la pêche
La pêche à la crevette nordique a débuté
dans le golfe du Saint-Laurent en 1965.
L’exploitation est effectuée principalement
par trois flottes (Québec, NouveauBrunswick et Terre-Neuve) selon quatre
unités de gestion: Sept-Îles (zone 10),
Anticosti (zone 9), Esquiman (zone 8) et
Estuaire (zone 12) (Figure 1).
La pêche est soumise à plusieurs mesures de
gestion dont le contrôle des prises par TAC
(Total Admissible de Captures) pour les
quatre unités de gestion (Tableau 1). Le
nombre de permis permanents en 2000 était
de 117 et les détenteurs ont des contingents
individuels.
De plus, des allocations
temporaires de crevettes sont accordées à
des pêcheurs ne détenant pas de permis
permanents depuis 1997.
Les autres
mesures
de
gestion
comprennent
Tableau 1. Débarquement (Déb) et total admissible de captures (TAC) en tonnes par unité de gestion
depuis 1982. Les données de 2000 sont préliminaires.
Année
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
ESTUAIRE
Déb TAC
500
152
500
158
500
248
500
164
500
262
500
523
500
551
500
629
500
507
500
505
500
489
500
496
500
502
500
486
500
505
550
549
633
634
633
634
709
725
SEPT-ÎLES
Déb TAC
3774 3800
3647 3800
4383 4800
4399 4600
4216 4600
5411 5600
6047 5600
6254 5700
6839 6400
6411 6400
4957 6400
5485 6400
6165 6400
6386 6400
7031 7040
7737 7744
8981 8966
9028 8966
9996 10042
ANTICOSTI
Déb TAC
2464 4400
2925 5000
1336 5000
2786 3400
3340 3500
3422 3500
2844 3500
4253 4200
4723 4200
4590 5000
4162 5000
4791 5000
4854 5000
4962 5000
5469 5500
6058 6050
6932 7004
6891 7004
7777 7844
-2-
ESQUIMAN
Déb TAC
2111 4200
2242 6000
1578 6000
1421 6000
1592 3500
2685 3500
4335 3500
4614 4500
3303 4700
4773 4700
3149 4700
4683 4700
4689 4700
4800 4700
5123 5170
5957 5687
6554 6584
6647 6584
6924 7374
GOLFE
Déb TAC
8501 12900
8972 15300
7545 16300
8770 14500
9410 12100
12041 13100
13777 13100
15750 14900
15372 15800
16279 16600
12757 16600
15455 16600
16210 16600
16634 16600
18128 18210
20301 20031
23101 23187
23200 23187
25422 25969
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
en 1995 qu’en 1996 et 1997. Le TAC n’a
pas été changé en 1999, puis a été augmenté
de nouveau de 12 % en 2000. Cette dernière
augmentation a été basée sur une biomasse
élevée et un indice du taux d’exploitation
relativement stable et bas dans toutes les
zones. Aucun effet négatif de l’exploitation
sur les populations de crevettes de l’Estuaire
et du Golfe n’a été perçu jusqu’à
maintenant.
l'imposition d'un maillage minimal (40 mm)
et l'obligation, depuis 1993, d'utiliser la
grille Nordmore pour réduire de façon
significative les captures accessoires de
poissons de fond. La date d’ouverture de la
pêche est fixée au premier avril et la date de
fermeture, au 31 décembre.
Les débarquements de crevette nordique
dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent
ont augmenté progressivement depuis le
début de l'exploitation. Les débarquements
sont passés d'environ 1 000 tonnes à 7 500
tonnes, entre le début et la fin des années
1970 et ont atteint plus de 15 000 tonnes à la
fin des années 1980 (Tableau 1). En 1992,
les débarquements ont diminué de 22 % par
rapport à ceux de 1991. Ils ont par la suite
progressé constamment et se chiffrent à plus
de 25 000 tonnes en 2000. Les TAC ont été
atteints dans toutes les zones de pêche
depuis 1995.
Évaluation de la ressource
L’état de la ressource est déterminé par
l’examen de divers indicateurs provenant de
la pêche commerciale et des relevés de
recherche. Ces indicateurs font référence au
succès de la pêche, à l’abondance des stocks
ainsi qu’à la productivité de la ressource.
L'abondance de la crevette était élevée en
1990 et 1991; elle a diminué entre 1992 et
1994, puis a augmenté entre 1994 et 1997
pour se maintenir à un niveau très élevé
depuis. Pour situer l'état de la ressource en
2000, on a utilisé comme référence la
moyenne des valeurs de la période 19901999.
Approche de conservation
La gestion par TAC permet de limiter
l’exploitation de façon à protéger le
potentiel reproducteur de la population. La
limitation des prises assure qu’une certaine
proportion de crevettes ne sera pas pêchée et
demeurera disponible pour la reproduction.
Le TAC est établi de façon empirique en se
basant sur les niveaux de captures effectuées
dans le passé. Les niveaux de biomasse
minimale ou d’exploitation maximale qui
pourraient mettre la ressource en péril ne
sont pas connus, ni le taux d’exploitation
optimal qui pourrait permettre de fixer des
cibles précises.
Les indicateurs ont été évalués selon trois
catégories:
♦ Positif: la valeur de l’indicateur diffère
de la moyenne dans le sens positif pour
l’état de la ressource (par exemple
biomasse supérieure à la moyenne ou
mortalité inférieure à la moyenne);
♦ Neutre: la valeur de l’indicateur est
similaire à la moyenne;
♦ Négatif: la valeur de l’indicateur diffère
de la moyenne dans le sens négatif pour
l’état de la ressource.
En réponse aux récentes augmentations des
indices d’abondance, le TAC a été haussé de
10 % en 1996 dans trois des quatre zones
(Sept-Îles, Anticosti, Esquiman), puis de
10 % en 1997 et de 15,8 % en 1998 dans les
quatre zones de gestion. Les perspectives à
court terme quant à la disponibilité des
crevettes à la pêche étaient excellentes, tant
Les limites de la catégorie neutre sont
définies par les intervalles de confiance ou
des intervalles fixes autour de la moyenne
des valeurs. Les résultats de l’évaluation
des indicateurs sont présentés pour chaque
-3-
Région Laurentienne
stock et chaque
(Tableau 2).
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
année
depuis
commerciale et les relevés de recherche. La
croissance est estimée par la taille à laquelle
50 % des crevettes sont femelles. En effet,
les classes d’âge qui ont une croissance plus
faible changeront de sexe à une taille
inférieure. L’abondance des trois principaux
prédateurs (morue, sébaste, flétan du
Groenland) est utilisée comme une
estimation de la mortalité naturelle de la
crevette en assumant que l’abondance des
prédateurs détermine l’intensité de prédation
que subiront les stocks. Un indice du taux
d’exploitation est obtenu en comparant les
prises commerciales en nombre à l’indice
d’abondance des relevés de recherche. La
méthode ne permet cependant pas d’estimer
le taux d’exploitation absolu, ni de le mettre
en relation avec des taux d’exploitation
cibles. Toutefois, elle permet de suivre les
changements relatifs du taux d’exploitation
au cours des années.
1990
Données utilisées
Des relevés de recherche sont effectués
annuellement dans l’estuaire et le golfe du
Saint-Laurent en août-septembre depuis
1990. Suivant un plan d’échantillonnage
aléatoire stratifié, ces relevés sont réalisés à
partir d’un navire du Ministère, le N.S.C.
Alfred Needler, équipé d’un chalut à
crevettes. Cette année, la série de données a
été corrigée pour tenir compte de la
capturabilité différente des crevettes entre le
jour et la nuit.
Les valeurs diffèrent
légèrement de celles présentées dans le
passé mais les tendances générales
demeurent inchangées. Des indices de
densité et de biomasse sont par la suite
calculés en utilisant une méthode
géostatistique. La géostatistique permet
d’intégrer l’information de toutes les
stations voisines, et non pas seulement celles
qui appartiennent à la même strate même si
elles sont distantes de plusieurs centaines de
kilomètres. La méthode géostatistique n’a
pu cependant être appliquée pour estimer les
abondances en nombre et celles-ci ont été
estimées par la moyenne stratifiée.
État de la ressource
La première moitié des années 1990 a été
caractérisée par l’entrée successive dans la
pêche de plusieurs classes d’âge dont
l’abondance était égale ou inférieure à la
moyenne. Ces classes d’âge avaient été
produites à la fin des années 1980 au
moment où l’abondance des prédateurs était
élevée. Les indices des relevés avaient alors
diminué (Figure 2) à mesure que ces classes
d’âge croissaient et atteignaient la taille à
l’inversion de sexe. Les concentrations de
crevettes étaient restreintes aux secteurs
profonds du chenal Esquiman, du détroit de
Jacques-Cartier et du bassin de Sept-Îles. La
croissance des dernières classes d’âge de la
série a aussi diminué si bien que la
production totale du stock était faible. La
composante des crevettes recrutées à la
pêche était moins abondante que la moyenne
(Figure 3).
Les statistiques de la pêche commerciale
(prises et effort des crevettiers) sont utilisées
pour estimer l’effort de pêche nominal
c.-à-d. le nombre d’heures total de pêche.
Elles sont par la suite utilisées pour calculer
des prises par unité d’effort (PUE) et des
nombres par unité d’effort (NUE), c’est-àdire la quantité moyenne de crevettes prises
par heure de pêche. Les données sont
normalisées pour tenir compte de l’évolution
de la capacité de pêche et des patrons
saisonniers d’exploitation.
Certains indicateurs sont utilisés pour
évaluer les composantes de la production
d’un stock. Le recrutement est estimé par
l’abondance des mâles dans la pêche
-4-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
Tableau 2. Indicateurs utilisés pour évaluer l’état de la ressource, par unité de gestion et par année
(+ : diffèrent de la moyenne 1990-1999 dans le sens positif pour la ressource; = : similaire à la
moyenne; - : diffèrent de la moyenne dans le sens négatif).
ESTUAIRE
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
RELEVÉS DE RECHERCHE
Densité mâles
+
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-
=
=
-
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Densité femelles
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Biomasse totale
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NUE mâles
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NUE femelles
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PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
PUE
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COMPOSANTES DE LA PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
Croissance
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Prédation
-
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+
+
Exploitation
SEPT-ÎLES
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
RELEVÉS DE RECHERCHE
Densité mâles
-
=
-
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Densité femelles
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Biomasse totale
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PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
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NUE mâles
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NUE femelles
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PUE
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-
-
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+
+
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COMPOSANTES DE LA PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
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Croissance
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Prédation
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Exploitation
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Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
Tableau 2 suite. Indicateurs utilisés pour évaluer l’état de la ressource, par unité de gestion et par
année (+ : diffèrent de la moyenne 1990-1999 dans le sens positif pour la ressource; = : similaire à
la moyenne; - : diffèrent de la moyenne dans le sens négatif).
ANTICOSTI
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
RELEVÉS DE RECHERCHE
Densité mâles
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Densité femelles
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Biomasse totale
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PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
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NUE mâles
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NUE femelles
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PUE
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COMPOSANTES DE LA PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
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Exploitation
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ESQUIMAN
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
RELEVÉS DE RECHERCHE
Densité mâles
-
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Densité femelles
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Biomasse totale
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PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
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NUE mâles
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NUE femelles
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PUE
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=
-
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+
+
COMPOSANTES DE LA PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
-
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Croissance
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+
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Prédation
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Exploitation
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-6-
Région Laurentienne
400
15000
300
10000
200
5000
100
0
2000
1998
1996
1994
150000
SEPT-ÎLES
120000
150
90000
100
60000
50
30000
Indice de biomasse (t)
200
1992
1990
1988
1986
1984
1982
250
PUE
PUE moyenne
Biomasse
Biomasse moyenne
200
2000
1998
1996
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1982
0
150000
ANTICOSTI
120000
150
90000
100
60000
50
30000
0
Indice de biomasse (t)
Prise par unité d'effort (kg/h)
PUE
PUE moyenne
Biomasse
Biomasse moyenne
0
Prise par unité d'effort (kg/h)
Le recrutement à la pêche de plusieurs
classes d’âge dont l’abondance était plus
élevée que la moyenne a entraîné
l’augmentation des indices des relevés dès le
milieu des années 1990 (Figure 2). Des
concentrations élevées de crevettes étaient
retrouvées non seulement dans les chenaux
mais également sur les versants nord et sud
du chenal Laurentien où peu de crevettes
avaient été observées auparavant.
La
croissance des crevettes a augmenté et la
mortalité par prédation a vraisemblablement
diminué étant donné l’abondance très faible
des principaux prédateurs. Les taux de
capture des pêcheurs commerciaux ont
augmenté (Figure 2) et la composante des
crevettes recrutées à la pêche était plus
abondante que la moyenne (Figure 3).
L’effort de pêche a diminué et les pêcheurs
ont dirigé leur effort vers les sites les plus
productifs qui étaient situés à la tête du
chenal Esquiman et du détroit de JacquesCartier, et le long des versants du chenal
Laurentien. Les TAC ont tous été atteints,
même si ceux-ci ont été augmentés de 40 %
entre 1996 et 1998. Les indices du taux
d’exploitation ont varié pendant la même
période, mais sans montrer de tendance à la
hausse (Figure 4). La production du stock
était alors élevée.
0
250
PUE
PUE moyenne
Biomasse
Biomasse moyenne
2000
1998
1996
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1982
0
400
Prise par unité d'effort (kg/h)
conséquemment pour atteindre les valeurs
les plus élevées des années 1990 (Figure 4).
20000
ESTUAIRE
Indice de biomasse (t)
PUE
PUE moyenne
Biomasse
Biomasse moyenne
120000
ESQUIMAN
300
90000
200
60000
100
30000
0
Indice de biomasse (t)
Prise par unité d'effort (kg/h)
500
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
2000
1998
1996
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1982
0
La saison de pêche 2000 s’est déroulée de
façon similaire aux saisons de pêche
récentes. L’entrée dans la pêche de la classe
d’âge de 1997 a permis de maintenir les taux
de capture des pêcheurs commerciaux à un
niveau élevé, mais a contribué à la
diminution de la taille moyenne des
crevettes capturées. La composante femelle
des prises commerciales était toujours plus
abondante que la moyenne. Le patron de
pêche n’a pas changé et l’effort de pêche n’a
pas augmenté significativement.
Figure 2. Prise par unité d’effort normalisé et
indice de biomasse par unité de gestion et par
année.
Les taux de capture des pêcheurs
commerciaux qui avaient augmenté à la fin
des années 1980 ont diminué entre 1990 et
1992-94 (Figure 2) alors que l’effort de
pêche augmentait. Malgré cet effort accru,
les TAC n’ont pas été atteints en 1992 dans
les trois principales zones de pêche, et même
en 1993 dans la zone de Sept-Îles. Les
indices du taux d’exploitation ont augmenté
-7-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
ESTUAIRE
1992
7
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
1994
Nombre par unité d’effort
9
7
9
9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
7
9
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
9
9
7
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13
15 17
19 21 23
25 27
29 31
7
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
7
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
7
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
7
9
7
7
7
9
7
7
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
7
9
11
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
19 21 23 25
27 29 31
9
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
7
9
7
9
7
9
9
7
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
7
9
1999
7
7
7
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
1998
1999
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
1997
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
2000
13 15 17
7
1996
1998
1999
7
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
1997
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
1995
1996
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
9
9
1994
9
7
7
1993
1994
2000
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
9
1993
1995
2000
7
29 31
1998
1999
7
25 27
1997
1998
7
19 21 23
1996
1997
7
15 17
1995
1996
7
11 13
1994
1995
7
7
ESQUIMAN
1992
Abondance des relevés de recherche
7
ANTICOSTI
1992
1993
1993
7
SEPT-ÎLES
1992
11
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
2000
13 15
17 19 21
23 25
27 29 31
7
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
Longueur de la carapace (mm)
Figure 3. Nombre par unité d’effort de la pêche commerciale (ligne brisée) et abondance des relevés
(ligne pleine) par classe de longueur de la carapace (mm) par unité de gestion de 1992 à 2000.
-8-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
taux d’exploitation étaient semblables ou
inférieurs à la moyenne observée de 1990 à
1999.
3.0
Indice du taux d'exploitation
1995
2.5
ESTUAIRE
2.0
Les indices de densité des femelles en 2000
étaient similaires ou supérieurs à ceux
estimés pour 1999 et supérieurs à la
moyenne des valeurs observées de 1990 à
1999. Les indices des mâles en 2000 étaient
similaires à ceux de 1999 et étaient
caractérisés par la forte représentation de la
classe d’âge de 1997 et la très faible
représentation de la classe d’âge de 1998.
L’aire de distribution demeure grande, des
densités élevées étant observées dans tous
les secteurs du Golfe. La croissance de la
classe d’âge de 1997 a cependant diminué,
les individus étant plus petits à l’âge de trois
ans que ne l’étaient ceux des classes d’âge
précédentes. La forte abondance de la classe
d’âge de 1997 et la faible représentation de
la classe d’âge de 1998 ont aussi été notées
dans les prises du nouveau relevé sur le
recrutement réalisé dans l’Estuaire et l’ouest
du Golfe. Il est à noter que les résultats
préliminaires du relevé sur le recrutement
indiquent que la classe d’âge de 1999
semble aussi abondante que celle de 1997 au
même âge.
1.5
1.0
0.5
2000
0.0
0
100
200
300
400
6
Abondance des femelles (x 10 )
Indice du taux d'exploitation
0.5
SEPT-ÎLES
0.4
0.3
0.2
1990
2000
0.1
0.0
0
1000
2000
3000
4000
5000
6
Abondance des femelles (x 10 )
Indice du taux d'exploitation
0.6
0.5
ANTICOSTI
0.4
0.3
1990
2000
0.2
0.1
0.0
0
1000
2000
3000
4000
6
Abondance des femelles (x 10 )
Perspectives
La pêche des prochaines années portera sur
les classes d’âge 1997, 1998 et 1999. Les
indices du recrutement montrent que les
classes d’âge de 1997 et 1999 semblent
abondantes alors que celle de 1998 semble
faible. Cette situation n’est pas différente de
celle qui a prévalu durant la deuxième
moitié des années 1990 quand le
recrutement à la pêche était assuré en
alternance par des classes d’âge fortes et
faibles. Il n’y a donc pas d’inquiétude à
court terme quant à l’abondance des stocks
de crevettes.
Indice du taux d'exploitation
1.0
ESQUIMAN
0.8
0.6
2000
0.4
0.2
1990
0.0
0
500
1000
1500
2000
2500
6
Abondance des femelles (x 10 )
Figure 4. Indice du taux d’exploitation en
fonction de l’abondance des femelles par unité
de gestion et par année.
La production des classes d’âge de 1997,
1998 et 1999 pourra varier dans les
Les TAC qui avaient été augmentés de 12 %
en 2000 ont tous été atteints et les indices du
-9-
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
changements induits par la pêche ou la
prédation.
prochaines années en fonction de leur
croissance et de leur survie. La croissance
de la classe d’âge de 1997 est plus faible que
la moyenne et ceci peut avoir un impact
négatif sur la taille des femelles disponibles
à la pêche et à la reproduction en 2001. La
production en œufs par femelle pourrait
diminuer, puisque la fécondité est fonction
de la taille de l’individu, une femelle plus
petite produisant moins d’oeufs. De plus,
l’abondance du turbot, un des principaux
prédateurs de la crevette, semble avoir
augmenté ce qui pourrait entraîner une
augmentation de la mortalité par prédation.
Les processus assurant le recrutement et les
mécanismes responsables de la croissance et
de la production sont encore méconnus chez
la crevette. On ne connaît pas la résilience
des stocks face à une exploitation élevée
sous des conditions biologiques et
environnementales changeantes. Cependant,
ces
caractéristiques
biologiques
et
écologiques font l’objet d’un programme de
recherche mené à l’Institut MauriceLamontagne qui vise à étudier la croissance,
la survie et la production des différents
stades de vie de la crevette sous différentes
conditions
environnementales
et
d’exploitation. Ce programme est financé
conjointement par les associations des
pêcheurs de crevette du groupe B et le
ministère des Pêches et des Océans.
En 2001, des débarquements similaires à
ceux enregistrés en 2000 devraient générer
des taux d’exploitation qui se situent à
l’intérieur des valeurs observées depuis
1995 alors que la production des stocks était
élevée. Par ailleurs, il est probable que la
ressource pourrait supporter un taux
d’exploitation supérieur dans certaines
zones, mais il n’est pas possible de définir
un taux cible présentement.
Les quatre stocks de crevettes ont montré
sensiblement les mêmes tendances entre le
début et la fin des années 1990. Cependant,
des différences locales sont aussi observées
ce qui laisse penser que la résilience du
stock à l’exploitation pourrait être différente
d’une zone à l’autre. La variation des tailles
des femelles suit un gradient est-ouest, les
plus petites étant observées dans le chenal
Esquiman et les plus grandes dans
l’Estuaire. La différence entre la taille
maximale observée dans la zone de
l’Estuaire et la taille minimale observée dans
la zone d’Esquiman est telle qu’une
différence de 20 % peut être induite dans la
production en œufs par femelle. Pour une
même biomasse reproductrice, la production
en œufs du stock sera donc théoriquement
plus faible vers l’est. Cette caractéristique
biologique peut avoir un impact significatif
sur la capacité du stock à résister aux
- 10 -
Région Laurentienne
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
Pour obtenir de plus amples
renseignements:
Louise Savard
Institut Maurice-Lamontagne
850 route de la Mer
Mont-Joli (Québec)
G5L 2H3
Tél. (418)775-0621
Fax. (418)775-0740
Courrier électronique : savardl@dfo-mpo.gc.ca
La présente publication doit être
citée comme suit
MPO, 2001. La crevette de l’estuaire et du
golfe du Saint-Laurent. MPO –
Sciences, Rapport sur l’état des stocks
C4-06 (2001).
Ce rapport est disponible auprès du :
Bureau régional des évaluations de stocks,
Ministère des Pêches et des Océans,
Institut Maurice-Lamontagne,
C.P. 1000, Mont-Joli,
Québec, Canada
G5H 3Z4
Courrier électronique: Stocksrl@dfo-mpo.gc.ca
ISSN 1480-4921
An English version available upon request at the
above address.
- 11 -
Pêches et Océans
Canada
Fisheries and Oceans
Canada
Sciences
Science
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Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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