La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent MPO Sciences

La crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent MPO  Sciences
Région du Québec
MPO Sciences
Rapport sur l’état des stocks C4-06(2002)
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La crevette de l’estuaire et du
golfe du Saint-Laurent
Renseignements de base
La crevette est exploitée commercialement du
printemps à l’automne dans quatre unités de gestion.
L’évaluation de la ressource est effectuée chaque
année de façon à déterminer si les changements
survenus dans l’état de la ressource justifient des
ajustements à l’approche de conservation et au plan
de gestion. Les débarquements de 2001 ont diminué
de 5 % relativement à 2000 et ne représentent que
84 % du TAC total des quatre zones de pêche.
La biologie de la crevette comporte des particularités
qui influencent la façon d’exploiter la ressource, la
gestion de la pêche et la conservation des stocks.
La crevette change de sexe au cours de sa vie: elle
atteint la maturité sexuelle mâle vers l’âge de deux
ans et demi puis, vers l’âge de quatre ou cinq ans,
elle change de sexe et devient femelle. Les femelles
qui portent des œufs sous l’abdomen sont donc parmi
les plus grosses crevettes des prises commerciales;
les mâles sont plus petits puisqu’ils sont plus jeunes.
L’accouplement a lieu à l’automne et les femelles
portent leurs œufs pendant huit mois, de septembre à
avril. Les larves qui naissent au printemps sont
pélagiques et s’établissent sur le fond à la fin de
l’été. Les migrations qu’effectuent les crevettes au
cours de leur vie sont reliées à la reproduction (les
femelles oeuvées migrent en eau moins profonde
durant l’hiver) et à l’alimentation (la nuit, elles
quittent le fond pour se nourrir des petits organismes
du plancton). D’une façon générale, la crevette est
présente partout dans l’Estuaire et dans le nord du
Golfe à des profondeurs variant de 150 à 350 mètres.
Février 2002
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Figure 1. Unités de gestion de la pêche à la
crevette dans l’estuaire et le golfe du
Saint-Laurent (zone 12 - Estuaire, zone 10 Sept-Îles, zone 9 - Anticosti, zone 8 - Esquiman).
Sommaire
•
•
De façon générale, les indices des
relevés de recherche montrent que la
biomasse était très élevée en 2000 et
qu'elle a diminué en 2001 pour se
rapprocher de la moyenne observée
durant la période 1990-1999. Toutefois,
l'indice du relevé de la zone d'Anticosti
en 2001 est incertain. L’abondance des
femelles a diminué en 2001 mais est
similaire à celle observée en 1998 et
1999. Il semble que les individus de la
classe d'âge de 1997 n'ont pas tous
changé de sexe au printemps 2001 et
qu'une certaine proportion soit demeurée
mâle.
Les statistiques préliminaires de 2001
indiquent que les débarquements ont
diminué de 5 % relativement à 2000 et
qu'ils ne représentent que 84 % du TAC
total des quatre zones de pêche. Les
difficultés rencontrées par l'industrie en
2001 font que le patron de pêche est
Région du Québec
•
•
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
atypique. Les taux de capture ont
légèrement diminué en 2001 mais
demeurent supérieurs à la moyenne des
années 1990-1999. Les indices du taux
d'exploitation ont augmenté mais sont
similaires à la moyenne des années
1990-1999.
Étant donné la faible croissance de la
classe d'âge de 1997, la faible
représentation de celle de 1998 et la
forte présence de la classe d'âge de 1999,
il est probable que la taille moyenne des
crevettes disponibles à la pêche soit
toujours faible en 2002. En conséquence,
des débarquements similaires au TAC de
2001 généreraient une augmentation du
nombre d'individus récoltés par la pêche.
Étant donné l'augmentation possible des
prises en nombre et la diminution de
l'abondance observée lors du relevé de
2001, des débarquements en 2002
similaires au TAC de 2001, généreraient
une augmentation des taux d'exploitation
qu'on ne peut cependant quantifier. Dans
ce contexte, il est recommandé de ne pas
augmenter les TAC en 2002 pour que les
taux d'exploitation n'excèdent pas
largement ceux de la période 1990-1999.
Description de la pêche
La pêche à la crevette nordique a débuté
dans le golfe du Saint-Laurent en 1965.
L’exploitation est effectuée principalement
par trois flottes (Québec, NouveauBrunswick et Terre-Neuve) selon quatre
unités de gestion: Sept-Îles (zone 10),
Anticosti (zone 9), Esquiman (zone 8) et
Tableau 1. Débarquement (Déb) et total admissible de captures (TAC) en tonnes par unité de gestion
depuis 1982. Les données de 2001 sont préliminaires.
Année
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
ESTUAIRE
SEPT-ÎLES
ANTICOSTI
ESQUIMAN
GOLFE
Déb
TAC
Déb
TAC
Déb
TAC
Déb
TAC
Déb
TAC
152
158
248
164
262
523
551
629
507
505
489
496
502
486
505
549
634
634
725
809
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
500
550
633
633
709
786
3774
3647
4383
4399
4216
5411
6047
6254
6839
6411
4957
5485
6165
6386
7014
7737
8981
9058
9907
10717
3800
3800
4800
4600
4600
5600
5600
5700
6400
6400
6400
6400
6400
6400
7040
7744
8966
8966
10042
11136
2464
2925
1336
2786
3340
3422
2844
4253
4723
4590
4162
4791
4854
4962
5469
6058
6932
6884
7761
5300
4400
5000
5000
3400
3500
3500
3500
4200
4200
5000
5000
5000
5000
5000
5500
6050
7004
7004
7844
8700
2111
2242
1578
1421
1592
2685
4335
4614
3303
4773
3149
4683
4689
4800
5123
5957
6554
6603
7153
7449
4200
6000
6000
6000
3500
3500
3500
4500
4700
4700
4700
4700
4700
4700
5170
5687
6584
6584
7374
8178
8501
8972
7545
8770
9410
12041
13777
15750
15372
16279
12757
15455
16210
16634
18111
20301
23101
23179
25546
24275
12900
15300
16300
14500
12100
13100
13100
14900
15800
16600
16600
16600
16600
16600
18210
20031
23187
23187
25969
28800
-2-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
Estuaire (zone 12) (Figure 1).
Approche de conservation
La pêche est soumise à plusieurs mesures de
gestion dont le contrôle des prises par TAC
(Total Admissible de Captures) pour les
quatre unités de gestion (Tableau 1). Le
nombre de permis permanents en 2001 était
de 115 et les détenteurs ont des contingents
individuels.
De plus, des allocations
temporaires de crevettes sont accordées à
des pêcheurs ne détenant pas de permis
permanents depuis 1997.
Les autres
mesures
de
gestion
comprennent
l'imposition d'un maillage minimal (40 mm)
et l'obligation, depuis 1993, d'utiliser la
grille Nordmore pour réduire de façon
significative les captures accessoires de
poissons de fond. La date d’ouverture de la
pêche est fixée au premier avril et la date de
fermeture, au 31 décembre.
La gestion par TAC permet de limiter
l’exploitation de façon à protéger le
potentiel reproducteur de la population. La
limitation des prises assure qu’une certaine
proportion de crevettes ne sera pas pêchée et
demeurera disponible pour la reproduction.
Le TAC est établi de façon empirique en se
basant sur les niveaux de captures effectuées
dans le passé. Les niveaux de biomasse
minimale ou d’exploitation maximale qui
pourraient mettre la ressource en péril ne
sont pas connus, ni le taux d’exploitation
optimal qui pourrait permettre de fixer des
cibles précises.
En réponse aux augmentations des indices
d’abondance de la seconde moitié des
années 1990, les TAC ont été haussés de
plus de 70 % entre 1995 et 2001. Les
perspectives à court terme quant à la
disponibilité des crevettes à la pêche étaient
excellentes et les augmentations de TAC ont
été justifiées par une biomasse élevée et un
indice du taux d’exploitation relativement
stable et bas dans toutes les zones. Aucun
effet négatif de l’exploitation sur les
populations de crevettes de l’Estuaire et du
Golfe n’a été perçu jusqu’à maintenant.
Les débarquements de crevette nordique
dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent
ont augmenté progressivement depuis le
début de l'exploitation. Les débarquements
sont passés d'environ 1 000 tonnes à 7 500
tonnes, entre le début et la fin des années
1970, ont atteint près de 15 000 tonnes à la
fin des années 1980 et plus 23 000 tonnes à
la fin des années 1990 (Tableau 1). Les
statistiques préliminaires indiquent que les
débarquements ont diminué en 2001 et qu'ils
représentent 61 % du TAC dans la zone
d'Anticosti, 91 % dans la zone d'Esquiman,
96 % dans la zone de Sept-Îles et 103 %
dans la zone de l'Estuaire. Les difficultés
rencontrées par les exploitants et les
producteurs font que le patron de pêche de
2001 est atypique car les conditions
difficiles du marché ont causé l'arrêt de la
pêche pour quelques flottes durant la saison.
Le patron de pêche en 2001 est donc
différent et est caractérisé par une pêche
estivale peu intense et des activités
automnales plus fortes.
Évaluation de la ressource
L’état de la ressource est déterminé par
l’examen de divers indicateurs provenant de
la pêche commerciale et des relevés de
recherche. Ces indicateurs font référence au
succès de la pêche, à l’abondance des stocks
ainsi qu’à la productivité de la ressource.
L'abondance de la crevette a diminué entre
1992 et 1994, puis a augmenté entre 1994 et
1997 pour se maintenir à un niveau très
élevé jusqu'en 1999. Pour situer l'état de la
ressource en 2000 et 2001, on a utilisé
comme référence la moyenne des valeurs de
la période 1990-1999.
-3-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
Les indicateurs ont été évalués selon trois
catégories:
rencontrées lors du relevé de 2001 dans le
secteur au nord de l'île d'Anticosti ont limité
la couverture de la zone d'Anticosti. Afin
que l'indice de 2001 soit comparable à celui
des autres années, on a estimé la valeur du
secteur manquant de 2001 par la moyenne
de sa contribution à la biomasse totale du
Golfe de 1996 à 2000.
♦ Positif: la valeur de l’indicateur diffère
de la moyenne dans le sens positif pour
l’état de la ressource (par exemple
biomasse supérieure à la moyenne ou
mortalité inférieure à la moyenne);
♦ Neutre: la valeur de l’indicateur est
similaire à la moyenne;
Les statistiques de la pêche commerciale
(prises et effort des crevettiers) sont utilisées
pour estimer l’effort de pêche nominal
c.-à-d. le nombre d’heures total de pêche.
Elles sont par la suite utilisées pour calculer
des prises par unité d’effort (PUE) (Figure
2) et des nombres par unité d’effort (NUE),
c’est-à-dire la quantité moyenne de crevettes
prises par heure de pêche. Les données sont
normalisées pour tenir compte de l’évolution
de la capacité de pêche et des patrons
saisonniers d’exploitation.
La longueur
moyenne des crevettes récoltées par la pêche
est également calculée chaque année (Figure
3).
♦ Négatif: la valeur de l’indicateur diffère
de la moyenne dans le sens négatif pour
l’état de la ressource.
Les limites de la catégorie neutre sont
définies par les intervalles de confiance de la
moyenne des années 1990-1999.
Les
indicateurs sont différents de la moyenne
lorsque leur valeur annuelle est supérieure
ou inférieure aux limites supérieure ou
inférieure de l'intervalle de confiance. Les
résultats de l’évaluation des indicateurs sont
présentés pour chaque stock et chaque année
depuis 1990 (Tableau 2).
Certains indicateurs sont utilisés pour
évaluer les composantes de la production
d’un stock. Le recrutement à la composante
femelle de l'année suivante est estimé par
l’abondance des mâles de 19 mm (LC) dans
les relevés de recherche. L’abondance des
trois principaux prédateurs (morue, sébaste,
flétan du Groenland) est utilisée comme une
estimation de la mortalité naturelle de la
crevette en assumant que l’abondance des
prédateurs détermine l’intensité de prédation
que subiront les stocks. Un indice du taux
d’exploitation est obtenu en comparant les
prises commerciales en nombre à l’indice
d’abondance des relevés de recherche
(Figure 4).
La méthode ne permet
cependant
pas
d’estimer
le
taux
d’exploitation absolu, ni de le mettre en
relation avec des taux d’exploitation cibles.
Toutefois, elle permet de suivre les
changements relatifs du taux d’exploitation
au cours des années.
Données utilisées
Des relevés de recherche sont effectués
annuellement dans l’estuaire et le golfe du
Saint-Laurent en août-septembre depuis
1990. Suivant un plan d’échantillonnage
aléatoire stratifié, ces relevés sont réalisés à
partir d’un navire du Ministère, le N.S.C.
Alfred Needler, équipé d’un chalut à
crevettes. Les données sont corrigées pour
tenir compte de la capturabilité différente
des crevettes entre le jour et la nuit. Des
indices de biomasse sont par la suite
calculés en utilisant une méthode
géostatistique (Figure 2). Les abondances
de crevettes (en nombre) sont estimées en
utilisant les stations du relevé effectuées le
jour seulement. Les longueurs moyennes
des femelles et de la dernière classe d'âge de
mâles au moment du relevé donnent une
indication de la croissance des cohortes
(Figure 3). Des difficultés opérationnelles
-4-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
Tableau 2. Indicateurs utilisés pour évaluer l'état de la ressource par unité de gestion et par année
(voir le texte pour la signification des symboles).
ESTUAIRE
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
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RELEVÉS DE RECHERCHE
Biomasse mâles
Biomasse femelles
Biomasse totale
+
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PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
–
NUE < 22 mm
Pas de données disponibles
NUE > 22 mm
Pas de données disponibles
PUE
–
–
–
–
=
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=
PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
Prédateurs
Taux d'exploitation
SEPT-ÎLES
=
–
Pas de données disponibles
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
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RELEVÉS DE RECHERCHE
Biomasse mâles
Biomasse femelles
Biomasse totale
–
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–
PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
NUE < 22 mm
NUE > 22 mm
PUE
=
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=
PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
Prédateurs
Taux d'exploitation
=
–
–
-5-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
Tableau 2 suite. Indicateurs utilisés pour évaluer l'état de la ressource par unité de gestion et par année
(voir le texte pour la signification des symboles).
ANTICOSTI
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
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1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
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RELEVÉS DE RECHERCHE
Biomasse mâles
Biomasse femelles
Biomasse totale
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PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
NUE < 22 mm
NUE > 22 mm
PUE
+
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PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
Prédateurs
Taux d'exploitation
ESQUIMAN
RELEVÉS DE RECHERCHE
Biomasse mâles
Biomasse femelles
Biomasse totale
=
=
=
PÊCHE COMMERCIALE
Effort nominal
NUE < 22 mm
NUE > 22 mm
PUE
+
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–
PRODUCTION DU STOCK
Recrutement
Prédateurs
Taux d'exploitation
=
–
+
-6-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
moyenne. Ces classes d’âge avaient été
produites à la fin des années 1980 au
moment où l’abondance des prédateurs était
élevée. Les indices des relevés avaient alors
diminué (Figure 2) à mesure que ces classes
d’âge croissaient et atteignaient la taille à
l’inversion de sexe. Les concentrations de
crevettes étaient restreintes aux secteurs
profonds du chenal Esquiman, du détroit de
Jacques-Cartier et du bassin de Sept-Îles. La
composante des crevettes recrutées à la
pêche était moins abondante que la moyenne
État de la ressource
Première moitié des années 1990
La plupart des indicateurs de l'état de la
ressource étaient négatifs au cours de la
première moitié des années 1990 parce que
la productivité des stocks était inférieure à la
moyenne des années 1990 (Tableau 2). En
effet, la première moitié des années 1990 a
été caractérisée par l’entrée successive dans
la pêche de plusieurs classes d’âge dont
l’abondance était égale ou inférieure à la
500
Indice de biomasse (t)
P UE (kg/h)
7 000
E STUAIRE
400
300
200
100
0
100
50
3 000
2 000
1 000
140 000
Indice de biomasse (t)
P UE (kg/h)
150
4 000
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
S EP T-ÎLES
200
5 000
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
250
E S TUA IRE
6 000
120 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
250
120 000
Indice de biomasse (t)
P UE (kg/h)
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
A NTIC OSTI
200
150
100
50
100 000
60 000
40 000
20 000
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
70 000
Indice de biomasse (t)
E SQUIMA N
300
P UE (kg/h)
A NTIC OS TI
80 000
0
400
S E P T-ÎLE S
100 000
200
100
0
60 000
E S QUIMA N
50 000
40 000
30 000
20 000
10 000
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Figure 2. Prise par unité d’effort normalisé (panneau de gauche) et indice de biomasse (panneau de
droite) par unité de gestion et par année. La ligne pleine représente la moyenne des années 1990-1999 et
les lignes pointillées représentent les limites supérieure et inférieure de l'intervalle de confiance.
-7-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
et la taille moyenne des mâles et des
femelles diminuait (Figure 3). Les taux de
capture des pêcheurs commerciaux qui
avaient augmenté à la fin des années 1980
ont diminué entre 1990 et 1992-94 (Figure
2) alors que l’effort de pêche augmentait.
Malgré cet effort accru, les TAC n’ont pas
été atteints en 1992 dans les trois principales
zones de pêche, et même en 1993 dans la
zone de Sept-Îles. La taille moyenne des
crevettes récoltées par la pêche était plutôt
faible (Figure 3) et les indices du taux
d’exploitation
ont
augmenté
conséquemment pour atteindre les valeurs
les plus élevées des années 1990 (Figure 4).
la plupart des indicateurs de l'état de la
ressource étaient positifs (Tableau 2). Les
indices des relevés ont augmenté dès le
milieu des années 1990 (Figure 2) et des
concentrations élevées de crevettes étaient
retrouvées non seulement dans les chenaux
mais également sur les versants nord et sud
du chenal Laurentien où peu de crevettes
avaient été observées auparavant. La taille
moyenne des mâles et des femelles a
augmenté (Figure 3) et la mortalité par
prédation a vraisemblablement diminué
étant donné l’abondance très faible des
principaux prédateurs. Les taux de capture
des pêcheurs commerciaux ont augmenté
(Figure 2) et la composante des crevettes
recrutées à la pêche était plus abondante que
la moyenne. La taille moyenne des crevettes
récoltées par la pêche a augmenté (Figure 3),
l’effort de pêche a diminué et les pêcheurs
ont dirigé leur effort vers les sites les plus
Deuxième moitié des années 1990
Le recrutement à la pêche de plusieurs
classes d’âge dont l’abondance était plus
élevée que la moyenne a résulté en une
augmentation de la productivité si bien que
ESTUAIRE
30
M âles
Femelles
28
Longueur moyenne (mm)
Prises
26
24
22
20
18
M âles
Femelles
28
Prises
26
24
22
20
2001
2001
1996
1995
1994
1993
1992
2000
18
2000
20
1999
22
1999
24
1998
26
1998
Prises
ESQ UIM AN
1997
28
Longueur moyenne (mm)
Femelles
1991
1990
2001
2000
1999
1998
1997
1996
30
M âles
1997
SEPT-ÎLES
1995
1994
1993
1992
1991
1990
18
30
M âles
Femelles
28
Prises
26
24
22
20
1996
1995
1994
1993
1992
2001
2000
1999
1998
1997
1996
1995
1994
1993
1992
1991
1990
18
1991
Longueur moyenne (mm)
ANTICO STI
1990
Longueur moyenne (mm)
30
Figure 3. Longueur moyenne du céphalothorax de la dernière classe d’âge de mâles et des femelles au
monent des relevés et des crevettes des prises commerciales par unité de gestion et par année.
-8-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
0.5
Indice du taux d'exploitation
Indice du taux d'exploitation
1.0
ESTUAIRE
0.8
0.6
0.4
0.2
0.0
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
0.3
0.2
0.1
2001
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
0.5
1.2
S E P T-ÎLE S
0.3
0.2
0.1
Indice du taux d'exploitation
Indice du taux d'exploitation
A NTIC OS TI
0.0
1990
0.4
0.4
0.0
1.0
E S QUIMA N
0.8
0.6
0.4
0.2
0.0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Figure 4. Indice du taux d’exploitation par unité de gestion et par année. Les lignes pleines
représentent un intervalle de 20 % de part et d'autre de la moyenne des années 1990-1999.
significativement et le taux d'exploitation est
demeuré relativement bas (Figure 4).
productifs qui étaient situés à la tête du
chenal Esquiman et du détroit de JacquesCartier, et le long des versants du chenal
Laurentien. Les TAC ont tous été atteints,
même si ceux-ci avaient été augmentés de
40 % entre 1996 et 1998. Les indices du
taux d’exploitation ont varié pendant la
même période, mais sans montrer de
tendance à la hausse (Figure 4).
La
production du stock était alors élevée.
En 2001, les indicateurs de l'état de la
ressource sont pour la plupart similaires à la
moyenne des années 1990 (Tableau 2). En
effet, les indices de biomasse en 2001 sont
inférieurs à ceux estimés pour 2000 et se
rapprochent de la moyenne des valeurs
observées de 1990 à 1999 (Figure 2). La
composante des mâles en 2001 est
caractérisée par la représentation de trois
classes d'âge de force différente. La classe
d’âge de 1997 est toujours présente car
plusieurs individus ne semblent pas avoir
changé de sexe au printemps 2001. La
classe d'âge de 1998 est faiblement
représentée alors que celle de 1999 est très
abondante dans toutes les zones. La taille
moyenne des mâles a augmenté relativement
à 2000 mais celle des femelles est inférieure
à la taille observée en 1998 (Figure 3).
L'aire de distribution demeure grande, des
densités élevées étant observées dans toutes
les zones de pêche.
Toutefois, des
difficultés opérationnelles rencontrées lors
du relevé dans le secteur au nord de l'île
Les années 2000 et 2001
La productivité était élevée en 2000 et la
plupart des indicateurs de l'état de la
ressource étaient toujours positifs (Tableau
2). L’entrée dans la pêche de la classe d’âge
de 1997 a permis de maintenir les taux de
capture des pêcheurs commerciaux à un
niveau élevé en 2000 (Figure 2). La
composante femelle des prises commerciales
et des relevés était toujours plus abondante
que la moyenne et les indices de biomasse
étaient très élevés (Figure 2). Cependant, la
taille moyenne des mâles était plus faible
(Figure 3). Le patron de pêche n’a pas
changé, l’effort de pêche n’a pas augmenté
-9-
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
prises de la pêche et des relevés en 2001.
Toutefois, ceux-ci ne changeront pas de sexe
et ne devraient pas contribuer à une
augmentation significative de la taille des
crevettes récoltées en 2002.
d'Anticosti font que la valeur de l'estimation
pour la zone de pêche d'Anticosti en 2001
est incertaine.
La présence des mâles sur les fonds de
pêche a contribué à maintenir les taux de
capture à un niveau élevé en 2001 quoique
légèrement plus faible qu'en 2000 dans les
zones de l'Estuaire, de Sept-Îles et
d'Anticosti (Figure 2). Toutefois, la taille
moyenne des crevettes récoltées par la pêche
était plus faible en 2001 qu'en 2000 pour les
zones de l'Estuaire, Anticosti et Esquiman
(Figure 3). Les taux d'exploitation ont
augmenté car les prises en nombre ont
augmenté alors que les abondances estimées
par le relevé ont diminué (Figure 4).
Étant donné la faible croissance de la classe
d'âge de 1997, la faible représentation de
celle de 1998 et la forte présence de la classe
d'âge de 1999, il est probable que la taille
moyenne des crevettes disponibles à la
pêche soit toujours faible en 2002 si bien
que des débarquements similaires au TAC
de 2001 généreraient une augmentation du
nombre d'individus récoltés.
Cette
augmentation des prises en nombre
combinée à la diminution de l'abondance
observée lors du relevé de 2001 font que des
débarquements similaires au TAC de 2001
généreraient une augmentation du taux
d'exploitation qu'on ne peut cependant
quantifier. Dans ce contexte, il est
recommandé de ne pas augmenter les TAC
en 2002 pour que les taux d'exploitation
n'excèdent pas largement ceux de la période
1990-1999.
La faible représentation de la classe d’âge de
1998 et la forte abondance de la classe d'âge
de 1999 ont aussi été notées dans les prises
du nouveau relevé sur le recrutement réalisé
dans l’Estuaire et l’ouest du Golfe. Il est à
noter que les résultats préliminaires du
relevé sur le recrutement indiquent que la
classe d’âge de 2000 semble faible.
Perspectives
La pêche de 2002 portera principalement sur
les classes d'âge de 1997 et de 1998. La
classe d'âge de 1997 qui semblait très
abondante dans les prises commerciales et
dans les prises des relevés en 1999 et 2000
n'a pas produit une augmentation
substantielle des rendements commerciaux
et des estimations de biomasse en 2001.
Plusieurs individus sont demeurés mâles en
2001 et devraient être disponibles à la pêche
comme femelles en 2002. Cependant, ceux
qui ont changé de sexe en 2001 ont produit
des femelles de petites tailles. La classe
d'âge de 1998 est faible dans les prises des
relevés et de la pêche commerciale si bien
qu'on ne s'attend pas à une augmentation
substantielle des indices de la pêche et des
relevés en 2002. Les mâles de la classe
d'âge de 1999 étaient très présents dans les
Les quatre stocks de crevettes ont montré
sensiblement les mêmes tendances entre le
début et la fin des années 1990. Cependant,
des différences locales sont aussi observées
ce qui laisse penser que la résilience du
stock à l’exploitation pourrait être différente
d’une zone à l’autre. La situation est
préoccupante dans la zone d'Esquiman
puisque les résultats du relevé de 2001
indiquent une diminution de l'indice de
biomasse pour une quatrième année
consécutive. Cette diminution est cependant
moins marquée lorsqu'on compare les
abondances en nombre.
De plus, la variation des tailles des femelles
suit un gradient est-ouest, les plus petites
étant observées dans le chenal Esquiman et
les plus grandes dans l’Estuaire.
La
différence entre la taille maximale observée
dans la zone de l’Estuaire et la taille
- 10 -
Région du Québec
La crevette de l’estuaire et du golfe du
Saint-Laurent
minimale observée dans la zone d’Esquiman
est telle qu’une différence de 20 % peut être
induite dans la production en œufs par
femelle.
Pour une même biomasse
reproductrice, la production en œufs du
stock sera donc théoriquement plus faible
vers l’est.
D'autre part, les résultats
préliminaires d'un projet de recherche sur la
production en œufs indiquent que les
fécondités peuvent varier entre les unités de
gestion et entre les années.
Cette
caractéristique biologique peut donc avoir
un impact significatif sur la capacité du
stock à résister aux changements induits par
la pêche ou la prédation.
Pour obtenir de plus amples
renseignements:
Louise Savard
Institut Maurice-Lamontagne
850 route de la Mer
Mont-Joli (Québec)
G5H 3Z4
Tél. (418)775-0621
Fax.
(418)775-0740
Courrier électronique : savardl@dfo-mpo.gc.ca
La présente publication doit être
citée comme suit
MPO, 2002. La crevette de l’estuaire et du
golfe du Saint-Laurent. MPO –
Sciences, Rapport sur l’état des stocks
C4-06 (2002).
Les processus assurant le recrutement et les
mécanismes responsables de la croissance et
de la production sont encore méconnus chez
la crevette. On ne connaît pas la résilience
des stocks face à une exploitation élevée
sous des conditions biologiques et
environnementales changeantes. Cependant,
ces
caractéristiques
biologiques
et
écologiques font l’objet d’un programme de
recherche mené à l’Institut MauriceLamontagne qui vise à étudier la croissance,
la survie et la production des différents
stades de vie de la crevette sous différentes
conditions
environnementales
et
d’exploitation. Ce programme est financé
conjointement par les associations des
pêcheurs de crevette du groupe B et le
ministère des Pêches et des Océans.
Ce rapport est disponible auprès du :
Bureau régional des évaluations de stocks,
Ministère des Pêches et des Océans,
Institut Maurice-Lamontagne,
C.P. 1000, Mont-Joli,
Québec, Canada
G5H 3Z4
Courrier électronique: Stocksrl@dfo-mpo.gc.ca
ISSN 1480-4921
An English version available upon request at the
above address.
- 11 -
Pêches et Océans
Canada
Fisheries and Oceans
Canada
Sciences
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