La mactre de Stimpson des eaux côtières du Québec Sommaire - Québec

La mactre de Stimpson des eaux côtières du Québec Sommaire - Québec
Région du Québec
Rapport sur l’état des stocks C4-11 (2002)
CÔTE-NORD
4C
3A
2
1B
1A
GASPÉSIE
3B
4A
Ant
4B
i co
s ti
5B
Îles-de-laMadeleine
La mactre de Stimpson des
eaux côtières du Québec
Sommaire - Québec
La mactre de Stimpson, Mactromeris polynyma, est
un mollusque bivalve qui est distribuée le long de la
côte ouest de l’Atlantique, de l’île de Baffin au Rhode
Island. Dans le golfe du Saint-Laurent, la mactre de
Stimpson se retrouve sous la ligne de basse marée, à
des profondeurs ne dépassant pas 60 mètres. C’est un
bivalve benthique et sédentaire qui vit enfoui dans un
sédiment généralement de type sablonneux. Les
mactres se regroupent en agrégations appelées
« gisements ». Dans le nord du golfe du SaintLaurent, il faut à la mactre plus de 15 ans pour
atteindre une taille de 80 mm. Les sexes sont séparés
et la fécondation est externe. La taille à la maturité
sexuelle serait d’environ 60 mm chez la femelle de la
Haute-Côte-Nord, toutefois il est possible que cette
taille varie selon le sexe et la zone de pêche.
•
Avril 2002
TERRENEUVE
Zones de pêche de la mactre de Stimpson au
Québec.
Renseignements de base
La pêche à la mactre de Stimpson est récente dans le
golfe du Saint-Laurent. Depuis 1990, plusieurs
gisements de taille variable ont été découverts. Ces
gisements se situent principalement sur la Côte-Nord
du Québec ainsi que dans le secteur des Îles-de-laMadeleine. La mactre de Stimpson est également
présente en faible densité à quelques endroits dans le
Bas-Saint-Laurent et sur la côte sud de la Gaspésie.
La pêche à la mactre de Stimpson est une pêche
côtière qui se pratique à l'aide d’une drague
hydraulique. Les eaux québécoises sont divisées en
10 zones de pêche.
Cette pêche est gérée
principalement par le nombre de permis, une saison
de pêche et un contingent. L'exploitation se fait sur
la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine.
5A
•
•
•
•
La région du Québec compte 10 zones
de pêche. En 2001, 8 permis permanents
et 10 permis exploratoires ont été émis.
De plus, 2 pêcheurs de la province du
Nouveau-Brunswick avaient un accès à
quatre des 10 zones de pêche du Québec.
Les débarquements de mactre étaient de
399 t en 2001, soit une baisse de 10 %
par rapport à 2000 et une hausse de 40 %
par rapport à la moyenne des cinq
années précédentes. En 2001, 93 % des
débarquements provenaient de la CôteNord.
Depuis le début de la pêche dans le golfe
du Saint-Laurent, les prises par unité
d’effort ainsi que la taille moyenne des
mactres capturées sont demeurées assez
élevées sur les principaux gisements
exploités. Cela suggère que la ressource
est encore abondante.
Toute nouvelle augmentation des
contingents devra se faire avec prudence
car le faible taux de croissance et la
sédentarité de la mactre font en sorte
qu'il serait facile de surexploiter certains
sites.
Afin
de
protéger
le
potentiel
reproducteur et d’optimiser le rendement
Région du Québec
La mactre de Stimpson des eaux côtières du Québec
par recrue des nouvelles cohortes, il est
recommandé de mettre en place une
taille minimale de capture de 80 mm. Il
est également recommandé de débuter la
pêche après la période de reproduction,
soit à partir de la mi-juillet sur la CôteNord et du début d'août aux Îles-de-laMadeleine.
Gestion de la pêche
La pêche à la mactre de Stimpson est récente
dans le golfe du Saint-Laurent. Depuis
1990, plusieurs gisements de taille variable
ont été découverts. Ces gisements se situent
principalement sur la Côte-Nord du Québec
ainsi qu’aux Îles-de-la-Madeleine. La
mactre de Stimpson est également présente
en faible densité à quelques endroits dans le
Bas-Saint-Laurent et sur la côte sud de la
Gaspésie (Figure 1). La pêche à la mactre
de Stimpson est une pêche côtière qui se
pratique à l'aide d’une drague hydraulique.
L’efficacité de ce type de drague a été
évaluée à plus de 90 % pour les catégories
de tailles de mactre retenues par la drague,
soit supérieures à 80 mm.
Contexte biologique
La mactre de Stimpson, Mactromeris
polynyma, est un mollusque bivalve qui est
distribuée le long de la côte ouest de
l’Atlantique, de l’île de Baffin au Rhode
Island. Elle est aussi présente sur la côte du
Pacifique, de l’Alaska jusqu'à l’île de
Vancouver. Dans le golfe du Saint-Laurent,
la mactre de Stimpson se retrouve sous la
ligne de basse marée, à des profondeurs ne
dépassant pas 60 mètres. C’est un bivalve
benthique, filtreur et sédentaire qui vit
enfoui dans un sédiment de type sablonneux.
On la retrouve dans des eaux dont la
température est inférieure à 15°C. Les
mactres se regroupent en agrégations
appelées « gisements ».
Les eaux québécoises sont divisées en
10 zones de pêche, soit 8 zones sur la CôteNord et 2 zones aux Îles-de-la-Madeleine
(Figure 1). Cette pêche est gérée par zone
de pêche, par le nombre de permis, une
saison de pêche et un contingent
(Tableau 1). De plus, l’espacement entre les
tiges du panier de la drague doit être égal ou
plus grand que 3,175 cm. L'exploitation se
fait sur la Côte-Nord et aux Îles-de-laMadeleine. En 2001, 8 permis permanents
et 10 permis exploratoires ont été émis.
Chaque permis permanent peut donner accès
à plus d’une zone de pêche. De plus, 2
pêcheurs de la province du NouveauBrunswick avaient accès à quatre des
10 zones de pêche du Québec (zones 3A,
3B, 4B et 5A).
Dans le nord du golfe du Saint-Laurent, il
faut à la mactre près de 15 ans pour atteindre
une taille de 80 mm, mais il y a beaucoup de
variabilité individuelle dans la croissance.
Les sexes sont séparés et la fécondation est
externe. La taille à la maturité sexuelle
serait d’environ 60 mm chez la femelle de la
Haute-Côte-Nord, toutefois il est possible
que cette taille varie selon le sexe et la zone
de pêche. Après l’éclosion des œufs, une
phase larvaire pélagique de quelques
semaines précède la vie benthique. Sur la
Moyenne-Côte-Nord, la fraie aurait lieu
principalement de la fin de juin à la mijuillet. Dans certains secteurs, il pourrait
aussi y avoir une ponte secondaire plus
tardive à l’automne.
Approche de conservation
La croissance lente et la sédentarité de la
mactre de Stimpson la rendent sensible à la
surexploitation locale. L'absence de mesure
de protection des géniteurs amplifie les
dangers de surexploitation. Il serait prudent
d’instaurer une taille minimale de capture
égale ou supérieure à 80 mm. Cette mesure
de conservation permettrait de protéger le
-2-
Région du Québec
La mactre de Stimpson des eaux côtières du Québec
Figure 1. Sites connus de la distribution de la mactre de Stimpson au Québec.
potentiel reproducteur, d’assurer la pérennité
de chaque gisement et d’augmenter le
rendement par recrue. Le développement de
l'exploitation par la mise en place de
nombreuses zones ou sous-zones de pêche
est une approche prudente qui s'inscrit dans
une stratégie de conservation.
Le taux de croissance de la mactre étant
faible et la longévité élevée, il y a tout lieu
de croire que la mortalité naturelle est faible.
Il est probable que le taux d'exploitation
optimal devra rester faible pour assurer une
récolte soutenue dans le temps.
Jusqu’à maintenant, relativement peu
d’individus ont été prélevés sur les
populations de mactres de Stimpson dans le
golfe du Saint-Laurent et les taux
d’exploitation sont demeurés faibles.
La mactre de Stimpson fraie en juillet et la
déposition des juvéniles sur le fond se fait
quelques semaines plus tard. L’arrêt de la
pêche durant la période de reproduction ne
peut être que bénéfique pour la protection du
potentiel reproducteur.
Tableau 1. Mesures de gestion de la mactre de Stimpson en 2001.
Mesures de gestion
Nombre de permis
Contingent (t)
Saison de pêche
Espacement des tiges
1A
1
62,4
1B
1
62,4
Zones de pêche
3A
3B
4A
4B
4C
2
2
2
5
3
1
1
2
136,1 283,5 170,1
54,4
54,4
15 juillet au 31 octobre 2001
3,175 cm
2
4
49,9
1
Plus un contingent de 14,5 t pour les pêcheurs du Nouveau-Brunswick
2
Plus un contingent de 181,4 t pour les pêcheurs du Nouveau-Brunswick
3
Plus un contingent de 68,0 t pour les pêcheurs du Nouveau-Brunswick
-3-
5A
4
136,13
5B
4
113,4
1er août au 31 décembre
Région du Québec
La mactre de Stimpson des eaux côtières du Québec
et principalement des zones 3A, 3B et 4A où
le total admissible des captures a été atteint.
Depuis 1995, les pêcheurs du NouveauBrunswick ont été peu actifs dans les eaux
québécoises.
Aucune capture n’a été
recensé par ces pêcheurs, sauf en 1995 et
1998 où des débarquements de moins de
1,5 t ont été déclarés.
État de la ressource
L’évaluation de l’état des stocks de mactre
de Stimpson est basée principalement sur
l’analyse des données provenant des
débarquements, des journaux de bord
colligés par les pêcheurs et des données de
l’échantillonnage des captures commerciales
réalisé en mer à bord de bateau de pêche et à
quai. Des relevés scientifiques et des pêches
exploratoires ajoutent des informations
supplémentaires sur les gisements et sur
l’état de la ressource.
Depuis 1998, les prises par unités d’effort de
la pêche commerciale ont été relativement
stables pour la plupart des zones de pêche
(Tableau 2). En 2001, les prises par unité
d’effort ont varié entre 264 et 1003 kg de
poids vif par heure de pêche (pour 1 mètre
de largeur de drague) selon les zones. La
valeur la plus faible a été observée dans la
zone 5B et la plus élevée dans la zone 4A.
Mactre Atlantique et Mactre de Stimpson
Mactre de Stimpson
TPA - Québec
TPA - Total (avec Golfe)
1400
1200
1000
800
Poids vif (t)
600
Depuis 1998, la taille moyenne (longueur
antéro-postérieure) des mactres récoltées
lors de la pêche commerciale a été stable
dans chacune des zones de pêche
(Tableau 3). En 2001, la taille moyenne a
été d’environ 110 mm dans presque toutes
les zones, à l’exception des zones 2 et 5B où
elle était d’environ 100 mm.
Le
pourcentage d'individus de moins de 60 mm
dans les échantillons commerciaux a été
négligeable depuis le début de l’exploitation
commerciale de cette espèce, probablement
en raison de la sélectivité de la drague.
399
400
200
0
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
Année
Figure 2. Débarquements annuels de mactre de
Stimpson au Québec et contingents.
Les débarquements de mactre de Stimpson
ont atteint un maximum de 639 t de poids
vif en 1994. Une grande partie de ces
débarquements provenait des pêcheurs du
Nouveau-Brunswick.
Depuis 1995, les
débarquements ont varié entre 210 et 455 t
(Figure 2). Les débarquements ont été de
399 t en 2001, soit une baisse de 10 % par
rapport à 2000 et une hausse de 40 % par
rapport à la moyenne des cinq années
précédentes.
En
2001,
93 %
des
débarquements provenaient de la Côte-Nord
Les relevés de recherche et les pêches
exploratoires, réalisés en grande partie par
l’industrie depuis 1990, ont permis de
préciser la répartition géographique de la
mactre de Stimpson sur le territoire
québécois. L’implication de l’industrie à
l’exploration nous a aidé à recueillir des
Tableau 2. Prises par unité d’effort (kg de poids vif par heure de pêche et mètre de drague) estimées à
partir des journaux de bord.
1998
1999
2000
2001
1A
193
639
441
432
1B
378
431
415
426
2
686
632
679
3A
300
401
409
398
Zones de pêche
3B
4A
4B
863 488
468 870
570 792
575 1003
-4-
4C
5A
5B
479
174
277
264
Région du Québec
La mactre de Stimpson des eaux côtières du Québec
Tableau 3. Tailles moyennes (mm) des mactres de Stimpson débarquées estimées à partir des
échantillons de la pêche commerciale.
1A
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
113
108
1B
95
93
95
102
110
108
108
2
110
106
107
102
3A
105
103
104
116
115
118
112
Zones de pêche
3B
4A
4B
115 115
111 112
111 111
112 117
108 111
106 111
112 111
données essentielles pour l’évaluation de
cette ressource. Ces travaux ont permis
également de localiser de nombreux
gisements d’intérêt commercial dans
chacune des zones de pêche. Ces gisements
sont de superficie variable, mais la densité
moyenne, sur chacun de ces gisements, est
comparable.
4C
5A
5B
98
95
96
99
100
99
Références
Lambert, J. et P. Goudreau.
1995.
Performance de la drague hydraulique
de type Nouvelle-Angleterre pour la
récolte de la mactre de Stimpson
(Mactromeris polynyma). Rapp. can.
ind. sci. halieut. aquat. 235 : vii + 28
pages.
Lambert, J. et P. Goudreau. 1997. Biologie
et exploitation de la mactre de Stimpson
(Mactromeris polynyma) sur les côtes
du Québec. MPO Sec. can. éval. stock,
Doc. Rech. 97/101. 44 p.
Perspective
Les prises par unité d’effort ainsi que la
taille moyenne des mactres capturées sont
demeurées assez élevées sur les principaux
gisements exploités depuis le début de la
pêche dans le golfe du Saint-Laurent. Cela
suggère que la ressource est encore
abondante. Malgré ce fait, toute nouvelle
augmentation de contingents devra se faire
avec prudence car le faible taux de
croissance et la sédentarité de la mactre font
en sorte qu'il serait facile de surexploiter
certains gisements. Afin de protéger le
potentiel reproducteur et d’optimiser le
rendement par recrue des nouvelles
cohortes, il est recommandé de mettre en
place une taille minimale de capture de
80 mm. Il est également recommandé de
débuter la pêche après la période de
reproduction, soit à partir de la mi-juillet sur
la Côte-Nord et du début d'août aux Îles-dela-Madeleine.
Lambert, J. et P. Goudreau. 1999. Indices
de croissance de la mactre de Stimpson
(Mactromeris polynyma). Rapp. tech.
can. sci. halieut. aquat. 2269 : vii +
39 p.
Landry, T., E. Wade et M. Giguère. 1992.
Évaluation de gisements de mactre de
Stimpson, Mactromeris polynyma, dans
le golfe du Saint-Laurent : résultats
préliminaires. MPO Com. sci. consult.
pêches can. Atl., Doc. Rech. 92/86 :
29 p.
Provencher, L., M. Giguère et P. Gagnon.
1997. Caractérisation du substrat entre
les isobathes de 10 et 50 mètres autour
des Îles-de-la-Madeleine par balayage
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Région du Québec
La mactre de Stimpson des eaux côtières du Québec
hydroacoustique et échantillonnages
sédimentologiques.
Évaluation du
système de traitement d’échos USP
RoxAnn. Rapp. tech. can. sci. halieut.
aquat. 2156 : ix + 40 p.
Pour obtenir de plus amples
renseignements :
Michel Giguère
Institut Maurice-Lamontagne
850 route de la Mer
C.P. 1000
Mont-Joli (Québec)
Tel : (418) 775-0622
Fax : (418) 775-0740
Courrier électronique : giguerem@dfo-mpo.gc.ca
La présente publication doit être
citée comme suit :
MPO, 2002. La mactre de Stimpson des
eaux côtières du Québec. MPO –
Sciences, Rapport sur l’état des stocks
C4-11 (2002).
Ce rapport est disponible auprès du :
Bureau régional des évaluations de stocks,
Ministère des Pêches et des Océans,
Institut Maurice-Lamontagne,
C.P. 1000, Mont-Joli,
Québec, Canada
G5H 3Z4
Courrier électronique: Stocksrl@dfo-mpo.gc.ca
ISSN 1480-4921
An English version available upon request at the
above address.
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