État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire et Saint-Laurent en 1999

État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire et Saint-Laurent en 1999
Pêches et Océans
Canada
Sciences
Fisheries and Oceans
Canada
Science
Région Laurentienne
MPO Sciences
Rapport sur l’état des stocks C4-18 (2000)
État du phytoplancton et du
zooplancton dans l’estuaire et
le nord-ouest du golfe du
Saint-Laurent en 1999
Renseignements de base
À la base du réseau trophique, le phytoplancton est
composé de plantes microscopiques qui occupent, dans le
milieu marin, une place analogue à celle des plantes en
milieu terrestre. Le phytoplancton utilise la lumière pour
transformer en matière organique le carbone inorganique
et les nutriments dissous dans les eaux de mer. Il est donc
responsable de la productivité des océans. La vitesse à
laquelle le phytoplancton produit de la nouvelle matière
organique dans le milieu marin est déterminée par la
disponibilité des nutriments (surtout des composés azotés),
l’intensité lumineuse et la température. Le potentiel
maximal de la productivité primaire d’un système dépend
également d’autres facteurs tels que l’apport d’eau douce
et la stratification de la colonne d’eau. Comme la
variabilité spatio-temporelle de l’abondance de
phytoplancton peut avoir un impact important sur les
ressources exploitables, un des principaux objectifs du
Programme de monitorage de la zone atlantique (PMZA)
est de quantifier les changements dans les nutriments et
dans le plancton qui en dépend, y compris le zooplancton.
Le zooplancton est constitué d’animaux dont la taille varie
de moins de 1 mm (p. ex. les copépodes) à environ 4 cm
(p. ex. le krill). Dans la mesure où le zooplancton est le
principal consommateur de phytoplancton, il forme un lien
critique entre le phytoplancton et les gros animaux dans le
réseau trophique. Toutes les espèces de poissons se
nourrissent de zooplancton à un certain stade de leur cycle
vital.
Le présent rapport décrit l’état du phytoplancton et du
zooplancton dans l’estuaire et le nord-ouest du golfe du
Saint-Laurent en 1999. Les renseignements sont tirés des
données recueillies dans le cadre du PMZA à un réseau de
stations (stations fixes, transects du plateau continental,
relevés sur le poisson de fond et le zooplancton)
échantillonnées à une fréquence allant de toutes les
semaines à une fois l’an.
Janvier 2001
Figure 1. Programme de monitorage de la zone
atlantique (PMZA) – Transects (lignes) et
stations fixes (points).
Sommaire
•
•
•
En 1999, pour la seconde année
consécutive, la grande prolifération de
phytoplancton dans l’estuaire maritime
du Saint-Laurent a commencé plusieurs
semaines plus tôt que la normale. Cette
prolifération précoce semble être
occasionnée par des températures de
l’air au-dessus de la normale, observées
au cours de l’hiver et du printemps,
ayant causé la fonte hâtive de la neige
dans le bassin hydrographique de
l’estuaire du Saint-Laurent.
Dans la plupart des régions de l’estuaire
maritime, la grande prolifération de
phytoplancton a duré plus longtemps et a
été plus forte en 1999 qu’en 1998.
Dans
le
courant
de
Gaspé,
comparativement aux dernières années
(1996-1998),
la
biomasse
de
phytoplancton a été généralement plus
élevée
pendant
presque
toute
l’année 1999. Dans le tourbillon
d’Anticosti, bien que les concentrations
de phytoplancton observées en 1999 ne
diffèrent pas significativement de celles
des dernières années, l’évolution
Région Laurentienne
•
En 1999, la quantité de chlorophylle a à la
station de Rimouski (figure 2) démontre des
niveaux élevés de la biomasse de
phytoplancton du début de mai à la mi-août,
avec des valeurs intégrées de chlorophylle a
dans la couche supérieure de 50 m allant de
200 à 1 100 mg par m2. Une deuxième
prolifération
a
été
observée
en
août-septembre, soit seulement deux
semaines après la première.
1200
-2
•
Rimouski (figure 1) a été visitée une fois par
semaine de mai à septembre depuis 1995.
saisonnière des nutriments indique que
la nouvelle production printanière était
de 1,5 à 2 fois plus forte en 1999 qu’en
1998 et en 1997.
En
1999,
les
biomasses
de
mésozooplancton et de krill dans
l’estuaire maritime du Saint-Laurent
étaient semblables à celles de 19951998, mais étaient respectivement 2 et
5 fois inférieures à celles de 1994.
Dans le nord-ouest du golfe du
Saint-Laurent, la biomasse totale de
zooplancton était beaucoup plus élevée
dans le tourbillon d’Anticosti que dans le
courant de Gaspé au cours de toutes les
saisons de 1999. Les copépodes étaient
clairement les espèces dominantes.
Dans
l’ensemble,
la
biomasse
phytoplanctonique dans l’estuaire et le
nord-ouest du golfe du Saint-Laurent
était plus élevée que les dernières
années, et l’année semble avoir été plus
productive. Néanmoins, la biomasse de
zooplancton de 1999 était semblable à
celle des quatre dernières années.
Chl a (m g · m )
•
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
1000
800
600
400
200
0
01/01/95 01/01/96 01/01/97 01/01/98 01/01/99 01/01/00
D a te
Figure 2. Concentrations intégrées (de la
surface à 50 m de profondeur) de chlorophylle a
à la station de Rimouski au cours de la période
printemps-été de 1995 à1999.
Estuaire maritime du Saint-Laurent
Début, durée et ampleur de la principale
prolifération phytoplanctonique dans
l’estuaire maritime du Saint-Laurent
Dans la plupart des eaux marines, le
phytoplancton connaît des explosions
printanières et estivales de populations
appelées proliférations ou floraisons. Dans
l’estuaire maritime du Saint-Laurent, la
floraison phytoplanctonique printanière est
un phénomène bien établi qui représente le
principal apport net de carbone dans le
réseau trophique de l’estuaire et de la partie
sud du golfe du Saint-Laurent par
l’intermédiaire du courant de Gaspé. Pour
suivre la variabilité interannuelle du début,
de la durée et de l’ampleur de la floraison
printanière de phytoplancton, la station de
Comparativement aux dernières années, la
floraison printanière de phytoplancton à la
station de Rimouski en 1999 a débuté
presque au même moment qu’en 1998
(début de mai), mais plusieurs semaines plus
tôt que celles observées au cours de la
période 1995-1997 (mi-juin; figure 3). Une
comparaison de ces résultats avec des
données historiques sur la biomasse
phytoplanctonique dans l’estuaire maritime
du Saint-Laurent indique que l’apparition de
la principale floraison au début de mai,
comme il a été observé en 1999 et en 1998,
est inhabituelle pour cette région.
-2-
Région Laurentienne
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
Moyenne
1995-1997:
14 Juin
(écart-type:
16 jours)
1 1/6
4 /6
Date
Nom bre de jours
100
1 8/6
2 8/5
2 1/5
1 4/5
7 /5
80
Moyenne
1995-1997:
71.6
(écart-type:
25 jours)
60
40
20
0
3 0/4
1995
1996
1997
1998
1995
1999
1996
1997
1998
1999
Figure 4. Durée de la principale floraison de
phytoplancton (nombre de jours) à la station de
Rimouski de 1995 à1999.
Figure 3. Date de l’apparition de la principale
floraison de phytoplancton, établie par la
première incidence de concentrations de
chlorophylle a supérieures à 100 mg par m2 à la
station de Rimouski de 1995 à 1999.
-2
400
mg Chl a · m
Généralement, la prolifération printanière de
phytoplancton dans l’estuaire maritime
survient juste après la crue printanière. Les
conditions plus tièdes que la normale de
l’hiver et du printemps, observées en 1998 et
en 1999, qui ont causé la fonte hâtive de la
neige dans le bassin hydrographique de
l’estuaire du Saint-Laurent, pourraient être
responsables de ce changement récent dans
le calendrier du cycle phytoplanctonique.
300
Moyenne
1995-1997:
185.1
(écart-type:
41.1)
200
100
0
1995
1996
1997
1998
1999
Figure 5. Niveaux moyens intégrés (de la
surface à 50 m de profondeur) de chlorophylle a
à la station de Rimouski de mai à août de 1995 à
1999.
La durée de la principale floraison de
phytoplancton à la station de Rimouski en
1999 (90 jours) était environ deux fois plus
longue qu’en 1998 et en 1996; elle était
toutefois semblable à celle de 1995 et de
1997 (figure 4). Par contre, pendant l’été et
le printemps (mai-août) 1999, la biomasse
moyenne de phytoplancton était environ
trois fois plus élevée qu’en 1998 et deux fois
plus élevée que la moyenne de la période
1995-1997 (figure 5).
La biomasse de phytoplancton a également
été évaluée à partir des données sur la
coloration de l’océan recueillies par le
détecteur satellitaire SeaWiFS (Sea-viewing
Wide Field-of-View), lancé par la NASA à la
fin de l’été 1997. L’observation satellitaire
ne renseigne pas sur la colonne d’eau, mais
fournit des données à haute résolution
(1 km) sur la distribution géographique à
grande échelle du phytoplancton dans les
eaux de surface. Les données satellitaires
indiquent que la grande prolifération de
phytoplancton est survenue un peu plus tôt,
a duré un peu plus longtemps et a été plus
intense en 1999 qu’en 1998 pour la plupart
des régions de l’estuaire du Saint-Laurent,
ce qui est conforme aux observations de la
station de Rimouski.
-3-
Région Laurentienne
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
du littoral nord de l’estuaire. Les estimations
de la biomasse de krill allaient de 0 à 89 g
par m2, poids humide. Les valeurs les plus
élevées ont été enregistrées dans la partie
ouest de la zone échantillonnée (figure 7).
Biomasse de zooplancton dans
l’estuaire maritime du Saint-Laurent
En 1993, on a entrepris un relevé annuel sur
le zooplancton dans le but de suivre la
variabilité spatio-temporelle de l’abondance
de zooplancton dans l’estuaire maritime du
Saint-Laurent. Ce relevé est effectué en
septembre et consiste en un échantillonnage
(à l’aide d’un BIONESS de 1 m2 équipé de
filets maillants de 333 µm) à environ
44 stations, le long de huit transects qui
couvrent l’estuaire maritime à partir des
Escoumins jusqu’à Sept-Îles.
Pendant la période du relevé du zooplancton
de 1999, la biomasse intégrée de
mésozooplancton a varié de 18 à 273 g
par m2, poids humide. Les valeurs les plus
élevées ont été observées dans la partie
ouest de la zone échantillonnée (figure 6).
De plus, la biomasse intégrée augmentait
avec la profondeur des stations, reflétant
ainsi l’abondance des grosses espèces de
copépodes (Calanus hyperboreus, C.
finmarchicus) dans les eaux profondes du
chenal Laurentien.
Figure 7. Biomasse totale, poids humide, de krill
(g · m-2) dans le bas estuaire du Saint-Laurent en
1999.
Les biomasses de mésozooplancton et de
krill dans l’ensemble de la zone
échantillonnée en 1999 ont été estimées à
115,6 et à 8,2 t par km2, respectivement
(tableau 1).
Les
biomasses
de
mésozooplancton et de krill observées en
septembre 1999
n’étaient
pas
significativement différentes de celles de la
période
1995-1998,
mais
étaient
respectivement 2 et 5 fois inférieures à
celles de septembre 1994.
Figure 6. Biomasse totale, poids humide, de
mésozooplancton (g · m-2) dans l’estuaire
maritime du Saint-Laurent en 1999.
La biomasse de krill dépend moins de la
profondeur que celle de mésozooplancton,
car les euphausiacés se retrouvent en grand
nombre dans les eaux peu profondes le long
-4-
Région Laurentienne
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
Variations de la biomasse de
phytoplancton et de nutriments dans
le nord-ouest du golfe du
Saint-Laurent
Tableau 1. Biomasse normalisée, poids
humide, (en tonnes) de mésozooplancton et
de krill pour l’ensemble de l’estuaire
maritime du Saint-Laurent de 1994 à 1999.
Biomasse
Année
Superficie
normalisée
(t·km-2)
totale
échantillonnée MésozooKrill
(km2)
plancton
1994
9 422
209,2
38,1
1995
10 287
126,7
18,8
1996
10 628
106,5
7,2
1997
12 706
150,4
13,3
1998
13 960
129,1
10,3
1999
11 396
115,6
8,2
En 1999, les concentrations de nutriments
dans les eaux de surface (couche supérieure
de 50 m) suivaient un patron saisonnier
semblable dans les deux stations du nordouest du golfe du Saint-Laurent : les
concentrations de nitrates étaient élevées à la
fin de la période automne-hiver et faibles
pendant la période printemps-été en raison
de l’utilisation par le phytoplancton
(figure 8). En 1999, dans le courant de
Gaspé, la diminution des concentrations de
nitrates au printemps a coïncidé avec la
prolifération du phytoplancton dans
l’estuaire maritime du Saint-Laurent et
avec
l’augmentation
prononcée
des
concentrations de chlorophylle dans les eaux
de surface faiblement salines du courant. La
production de phytoplancton a connu un
deuxième pic à la base du jet côtier pendant
l’été (juillet), ce qui est normal. Par contre,
Nord-ouest du golfe du
Saint-Laurent
Le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent est
caractérisé par un tourbillon cyclonique
quasi permanent, le tourbillon d’Anticosti.
Le tourbillon d’Anticosti est séparé du
courant de Gaspé par un système frontal; le
courant de Gaspé est un jet côtier produit par
l’advection vers le large des eaux faiblement
salines de l’estuaire du Saint-Laurent le long
de la péninsule gaspésienne. Ces deux
systèmes constituent deux écosystèmes
pélagiques distincts.
Les propriétés
biologiques et chimiques du courant de
Gaspé reflètent d’abord les conditions qui se
forment dans l’estuaire maritime, alors que
celles du tourbillon d’Anticosti sont plus
typiques des conditions qui prévalent dans le
golfe du Saint-Laurent. Dans le cadre du
PMZA, ces deux systèmes sont surveillés à
une fréquence de 9 à 16 fois par année.
L’échantillonnage des nutriments et de la
chlorophylle a débuté en 1995, alors que
l’échantillonnage du zooplancton n’a
commencé qu’en 1999.
Tourbillon d’Anticosti
NO 3 - (m m ol · m -2 )
10 00
80 0
60 0
40 0
20 0
0
01 /01/9 6
01 /01/9 7
01 /01/9 8
01 /01/9 9
01 /01/0 0
01 /01/9 9
01 /01/0 0
D ate
Chl a (m g · m -2 )
12 00
10 00
80 0
60 0
40 0
20 0
0
01 /01/9 6
01 /01/9 7
01 /01/9 8
D ate
-5-
Région Laurentienne
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
printemps 1999
était
beaucoup
plus
prononcée qu’en 1998 (2 fois supérieure) et
1997 (1,5 fois supérieure), ce qui implique
une production printanière de phytoplancton
beaucoup plus forte. La biomasse de
phytoplancton moins élevée dans le
tourbillon d’Anticosti que dans le courant de
Gaspé
s’explique
sans
doute
par
l’augmentation du broutage par le
zooplancton, dont la biomasse est supérieure
(voir ci-dessous).
Courant de Gaspé
800
600
400
-
-2
NO 3 (mm ol · m )
1000
200
0
01/01 /96
01/01 /97
01/01 /98
01/01 /99
01/01 /00
D a te
-2
Chl a (mg· m )
1200
1000
Variabilité temporelle de la
composition et de la biomasse des
espèces zooplanctoniques dans le
nord-ouest du golfe du Saint-Laurent
800
600
400
200
En 1999, la biomasse totale de zooplancton
variait de 103 à 228 g par m2, poids humide,
à la station du tourbillon d’Anticosti, et de 9
à 83 g par m2, poids humide, à la station du
courant de Gaspé (figure 9). Les biomasses
maximale et minimale ont été enregistrées
en mars et en mai respectivement, à la
station du tourbillon d’Anticosti, tandis que
les biomasses minimale et maximale de la
station du courant de Gaspé ont été
observées en février et en mai
respectivement. La biomasse moyenne pour
1999 était quatre fois plus élevée dans le
tourbillon d’Anticosti (146,2 ± 34,4 g par
m2, poids humide) que dans le courant de
Gaspé (37,7 ± 22,4 g par m2, poids humide).
La hausse de la biomasse dans la gyre
d’Anticosti était due en grande partie à la
plus forte abondance de Calanus
hyperboreus.
0
01/01 /96
01/01 /97
01/01 /98
01/01 /99
01/01 /00
D a te
Figure 8. Concentrations de nitrates (mmole·m-2)
et de chlorophylle a (mg·m-2) dans le tourbillon
d’Anticosti et dans le courant de Gaspé de 1996 à
1999 (valeurs intégrées de la surface à 50 m de
profondeur).
aucune
prolifération
marquée
de
phytoplancton n’a été observée dans le
tourbillon d’Anticosti en 1999, et les
concentrations de chlorophylle étaient
régulièrement inférieures à celles du courant
de Gaspé et de l’estuaire maritime du
Saint-Laurent.
Comparativement aux années précédentes,
la biomasse de phytoplancton dans le
courant de Gaspé était supérieure pendant
presque toute l’année 1999 (figure 8). La
biomasse de phytoplancton, particulièrement
élevée pendant le printemps 1999 (mai),
reflétait la floraison intense observée dans
l’estuaire maritime.
Bien
que les
concentrations de phytoplancton observées
en 1999 dans le tourbillon d’Anticosti ne
soient pas significativement différentes de
celles des dernières années (figure 8), la
réduction
de
nitrates
pendant
le
-6-
Région Laurentienne
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
En 1999, l’abondance des œufs de
copépodes intégrée pour toute la colonne
d’eau variait entre 27 000 et 84 500 œufs par
m2 dans le tourbillon d’Anticosti, et entre
800 et 86 000 œufs par m2, dans le courant
de
Gaspé
(figure 11).
L’abondance
maximale des œufs a été observée en juin
dans le tourbillon d’Anticosti, et en mai,
dans le courant de Gaspé.
L’abondance des nauplii de copépodes en
1999 variait entre 9 600 et 427 000 individus
par m2 dans le tourbillon d’Anticosti, et
entre 500 et 200 000 individus par m2, dans
le
courant
de
Gaspé
(figure 11).
L’abondance des nauplii de copépodes a
connu deux augmentations à la station du
tourbillon
d’Anticosti.
La
première
augmentattion a eu lieu en février et
coïncidait avec la période reproductive de
Calanus hyperboreus; la deuxième est
survenue en juin et coïncidait avec la
période reproductive de la plupart des autres
espèces de copépodes. À la station du
courant de Gaspé, l’abondance des nauplii
de copépodes a connu sa première
augmentation en mars, soit un mois plus tard
que dans le tourbillon d’Anticosti, et sa
deuxième, en septembre, soit trois mois plus
tard que dans le tourbillon.
Figure 9. Variations mensuelles de la biomasse
de zooplancton dans le tourbillon d’Anticosti et
le courant de Gaspé en 1999.
Les copépodes (œufs, juvéniles et adultes),
qui comptaient pour plus de 80 % de la
communauté zooplanctonique à toutes les
dates d’échantillonnage dans le tourbillon
d’Anticosti et le courant de Gaspé, étaient
clairement les taxons dominants (figure 10).
Pendant l’été et l’automne, l’abondance
relative des œufs et des nauplii de
copépodes a diminué, alors que l’abondance
relative des stades copépodites et des
copépodes adultes a augmenté.
Enfin, en 1999, l’abondance totale des
copépodes juvéniles (stades copépodites CICV) et adultes variait entre 76 000 et
534 000 individus par m2 dans le tourbillon
d’Anticosti,
et
entre
71 000
et
254 000 individus par m2, dans le courant de
Gaspé (figure 11). Aux deux stations, les
abondances minimale et maximale ont été
enregistrées au printemps (avril-mai) et en
automne (août-novembre) respectivement.
Figure 10. Variations mensuelles dans la
structure de la communauté zooplanctonique
dans le tourbillon d’Anticosti et le courant de
Gaspé en 1999.
-7-
Région Laurentienne
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
Microcalanus pusillis et Metridia longa ont
montré une abondance relative plus élevée
dans le tourbillon d’Anticosti que dans le
courant de Gaspé, tandis que l’inverse a été
observé pour Acartia sp., C. finmarchicus,
C. glacialis et Pseudocalanus sp.
(figure 12).
Figure
11.
Variations
mensuelles
de
l’abondance des copépodes aux stations du
tourbillon d’Anticosti et du courant de Gaspé en
1999.
Une étude approfondie des variations
mensuelles dans la structure de la
communauté de copépodes révèle que les
petits copépodes (Oithona similis, Oncea
borealis) étaient dominants aux deux
stations à toutes les dates d’échantillonnage,
sauf en juillet et en août dans le courant de
Gaspé, période où les grosses espèces
(Calanus finmarchicus, C. glacialis,
Metridia longa, Acartia sp.) étaient plus
abondantes (figure 12). Les espèces Oithona
similis et Oncea borealis constitue en
moyenne 54 % de la communauté de
copépodes
à
toutes
les
dates
d’échantillonnage dans le tourbillon
d’Anticosti, et entre 7 et 87 %, dans le
courant de Gaspé. La forte augmentation de
l’abondance relative des plus grosses
espèces de copépodes au cours des mois
estivaux dans le courant de Gaspé
correspond à la situation observée en 1979
dans le bas estuaire du Saint-Laurent. Enfin,
Calanus hyperboreus, Eucheata norvegica,
Figure 12. Variations mensuelles dans la
structure de la communauté de copépodes aux
stations du tourbillon d’Anticosti et du courant
de Gaspé en 1999.
Conclusions
Dans
l’ensemble,
les
conditions
environnementales de 1999 semblent avoir
favorisé la présence dans l’estuaire maritime
et dans le nord-ouest du golfe du
Saint-Laurent des biomasses plus élevées de
phytoplancton que ceux des dernières
années, et l’année était probablement plus
productive. Néanmoins, en 1999, la
biomasse de copépodes et de krill ne
différait pas significativement de celle des
dernières années, ce qui laisse croire que
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Région Laurentienne
État du phytoplancton et du zooplancton dans l’estuaire
et le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent en 1999
Michel Harvey
Institut Maurice-Lamontagne
850, route de la Mer
C.P. 1000
Mont-Joli (Québec)
G5H 3Z4
Tél. :
(418) 775-0677
Fax :
(418) 775-0546
Courriel :
HarveyM@dfo-mpo.gc.ca
d’autres organismes, tels ceux du benthos,
peuvent avoir bénéficié de cette forte
production de phytoplancton.
Références :
Gilbert D. (1999). Conditions
océanographiques dans le golfe du
Saint-Laurent en 1998 : océanographie
physique. MPO – Sciences, Rapport sur
l’état des stocks G4-01 (1999).
Harvey, M., J.A. Runge, J.F. St-Pierre and P.
Joly (2000). Oceanographic conditions
in the Estuary and the Gulf of St.
Lawrence in 1999: zooplancton. DFO
Can. Stock assessment Sec. Res. Doc.
2000/117, 19 p.
La présente publication doit être
citée comme suit :
MPO, 2000. État du phytoplancton et du
zooplancton dans l’estuaire et le
nord-ouest du golfe du Saint-Laurent
en 1999. MPO – Sciences, Rapport
sur l’état des stocks C4-18 (2000).
Plourde J. (2000). Oceanographic conditions
in the Gulf of St. Lawrence in 1999:
physical oceanography. DFO Science
Stock Status Report (en préparation).
Therriault, J.-C. and 11 co-authors (1998).
Proposal for a Northwest Atlantic Zonal
Monitoring Program. Can. Tech. Rep.
Hydrogr. Ocean Sci. 194, 57 pp.
Pour obtenir de plus amples
renseignements
Michel Starr
Institut Maurice-Lamontagne
850, route de la Mer
C.P. 1000
Mont-Joli (Québec)
G5H 3Z4
Tél. :
(418) 775-0611
Fax :
(418) 775-0546
Courriel :
StarrM@dfo-mpo.gc.ca
Ce rapport est disponible auprès du :
Bureau régional des évaluations de stocks,
Ministère des Pêches et des Océans,
Institut Maurice-Lamontagne,
C.P. 1000, Mont-Joli,
Québec, Canada
G5H 3Z4
Courrier électronique: Stocksrl@dfo-mpo.gc.ca
ISSN 1480-4921
An English version available upon request at the
above address.
ou :
-9-
Pêches et Océans
Canada
Fisheries and Oceans
Canada
Sciences
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