Requin-taupe commun des sous- zones 3-6 de l'OPANO Sommaire

Requin-taupe commun des sous- zones 3-6 de l'OPANO  Sommaire
Fisheries
Pêches
and Oceans
et Océans
Région des Maritimes
MPO - Sciences
Rapport sur l'état des stocks B3-09(2001)
2J
3K
4S 4R
4T
5Y
Requin-taupe commun des souszones 3-6 de l'OPANO
3L
3Pn
4Vn 3Ps
4X 4W
4Vs
3M
3O
3N
6A5Zw5Ze
6B
6C
6D
6E
6F
6G
6H
Renseignements de base
Le requin-taupe commun (Lamna nasus) est une espèce
présente dans les eaux de l’Atlantique Nord, de l’Atlantique
Sud et du Pacifique Sud qui sont de froides à tempérées. Son
aire de distribution va, dans l’Atlantique Ouest, de TerreNeuve au New Jersey, voire à la Caroline du Sud, et dans
l’Atlantique Est, de l’Islande et de l’ouest de la mer de Barents
au Maroc et à la Méditerranée. Dans l’Atlantique Nord-Ouest,
ce requin pélagique vit dans les eaux de la côte et du large
dont la température est inférieure à 14°C, et on le trouve
fréquemment dans les eaux de 5 à 10°C. Le requin-taupe
commun arrive sur le plateau néo-écossais au début du
printemps et dans le golfe du Saint-Laurent ainsi que sur les
Grands Bancs de Terre-Neuve en été et au début de l’automne.
Il se sépare par sexe et par taille. L’accouplement a lieu au
début de l'automne au large du sud de Terre-Neuve. Le requintaupe commun migre au sud et peut-être vers des eaux plus
profondes à la fin de l'automne, mais on ne connaît pas sa
distribution en hiver.
Des études de marquage indépendantes indiquent toutes qu’il
n'y a que peu ou pas d’échange entre l’est et l’ouest de
l’Atlantique. Ces mêmes études semblent indiquer qu'un seul
stock vit dans l’Atlantique Nord-Ouest et migre annuellement
entre le golfe du Maine et le sud de Terre-Neuve. On a donc
défini ce stock comme étant celui des sous-zones 3 - 6 de
l’OPANO.
Contrairement à ce qui se produit chez la majorité des poissons
téléostéens, (poissons à arêtes), la fertilisation des oeufs est
interne chez les élasmobranches (requins et raies). Chez le
requin-taupe commun, les oeufs fertilisés continuent de se
développer dans l’utérus des femelles et les petits sont
pleinement développés à leur naissance, qui survient au terme
d’une période de gestation de 8 à 9 mois. Les requins-taupes
communs naissants ont une assez grande taille, de 65 à 70 cm,
ce qui réduit le nombre de leurs prédateurs éventuels. Comme
les femelles pleines continuent de produire des oeufs, les
embryons se nourrissent dans l’utérus des oeufs non fertilisés.
Le nombre de petits produits chaque année (la portée) se situe
en moyenne à quatre. Les mâles atteignent la maturité à
environ 174 cm de longueur à la fourche et les femelles à
environ 217 cm de longueur à la fourche. On estime que la
maturité est atteinte pour la première fois à l’âge 8 chez les
mâles; les femelles sont proches de l’âge 13 quand elles
arrivent à maturité. Le requin-taupe commun peut vivre plus
de 30 ans. La mortalité naturelle est d'environ 0,1 parmi les
requins immatures et elle augmente à 0,2 chez les femelles à
maturité. Le plus grand spécimen qu’on ait signalé avait une
longueur à la fourche de 320 cm et pesait 250 kg; toutefois, les
animaux de plus de 250 cm sont rares.
Le requin-taupe commun se nourrit surtout de poissons
pélagiques et semi-pélagiques, mais également d’encornets et
de poissons de fond lorsqu'il en trouve. Ses seuls prédateurs
naturels probables sont les plus gros requins.
Mai 2001
Sommaire
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•
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•
•
•
Un programme de recherche intensive sur le
requin-taupe commun a été mené de 1998 à
2001, avec l’appui et le financement de
l’industrie de la pêche du requin et en
collaboration avec les responsables du Apex
Predator Program du National Marine Fisheries
Service.
De 1998 à 2000, les débarquements ont oscillé
entre 900 et 1 050 t.
En 1999 et 2000, la composition des prises
selon la taille était relativement la même dans la
flottille de pêche hauturière et dans la flottille de
pêche côtière. Elle était dominée par les requins
<175 cm.
La population de requins-taupes communs est
relativement improductive en raison de l'âge
tardif de maturité sexuelle (âge 13 environ chez
les femelles) et du faible taux de production des
petits (moins de 4 par an).
En 2000, les taux de prises des requins-taupes
communs immatures correspondaient à environ
30 % de celles de 1991. Les taux de prises des
requins-taupes communs à maturité ont diminué
et se situe à 10 % de leur niveau de 1992.
Des mesures indépendantes de la récente
mortalité par pêche fondées sur les prises selon
l'âge, les recaptures d'étiquettes et un modèle de
population indiquent toutes que la mortalité par
pêche s’est située alentour de 0,20 de 1998 à
2000.
Il ressort des points de référence biologiques,
déterminés d'après une analyse de la table de
survie et un modèle de population, que la pêche
Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
eux. Les débarquements déclarés1 dans
l’Atlantique Nord-Ouest sont passés d'environ
1 900 t en 1961 à plus de 9 000 t en 1964, pour
tomber ensuite sous les 1 000 t en 1970, en
raison d’un effondrement de la pêche. Bien que
la pêche n’ait pas été restreinte, les
débarquements déclarés ont été inférieurs à
500 t jusqu’en 1989. Ils ont augmenté à près de
2 000 t 1992, en raison d’un accroissement de
l’effort de la flottille des îles Féroé et aussi de
l’arrivée des Canadiens dans la pêche. Au terme
d'une élimination progressive, la flottille des îles
Féroé a cessé de participer à la pêche en 1994 et
les débarquements totaux de trois palangriers
pélagiques de haute mer et de divers bateaux de
pêche côtière canadiens se sont élevés cette
année-là à environ 1 600 t. Depuis lors, la pêche
a été presque exclusivement canadienne et les
débarquements ont progressivement diminué
pour se situer à 1 066 t en 1998, suite à la mise
en place de quotas. On ne connaît pas les prises
des navires étrangers hors des eaux
canadiennes, mais on croit qu’elles sont faibles.
Dans la première moitié de 1999 et de 2000, les
débarquements ont dépassé chaque année les
700 t, et l'industrie a volontairement restreint la
pêche en été pour réserver une partie du quota
pour l'automne. Depuis 1996, environ 2/3 des
prises sélectives proviennent des deux navires
de pêche hauturière restant en activité, quoique
la proportion de prises des bateaux de pêche
côtière ait augmenté pour se situer au-delà de 40
% en 1999 et en 2000.
à F0,1=0,18 n'est pas viable et qu'elle aboutira à
l'effondrement des stocks. Une pêche à F=0,08
se traduit par une croissance zéro de la
population, tandis qu'à F=0,04-0,06 environ, on
obtient un rendement maximal soutenu (RMS)
d'approximativement 1 000t.
La population actuelle est très appauvrie et pour
la rétablir il est nécessaire de réduire de
beaucoup la mortalité par pêche. Des prises
annuelles de 200-250 t correspondraient à une
pêche alentour du RMS et permettraient à la
population de croître. Des prises annuelles
d'environ 400 t ne permettraient pas une
croissance de la population et ne laisserait
aucune marge d'erreur dans les estimations.
L'effectif actuel de la population semble se
situer à 10-20 % de la population vierge.
•
La pêche
Débarquements (t)1
Année
TAC
Étranger
Canada
TOTAL
1993 1994
1995
1996
1997
1998
512
920
1 432
9
1 348
1 357
56
1 043
1 099
1 000
4
1 317
1 321
1 000 1 000
12
6
1 054 955
1 066 961
5
1 573
1 578
1999 2000
850
0
899
899
Débarquements de requin-taupe commun (t)
par pays
8 060 tm
4 000
3 000
2 000
Canada
Féroé
Norvège
Autre
1 000
En 1995, le Canada a adopté un plan de gestion
du requin, fixant un niveau de prises non
restrictif de 1 500 t. En 1997, le Plan de gestion
du requin de 1997-1999 fixait un TAC de
1 000 t. Le Plan de gestion du requin de 20002001 limitait les prises à un total de 1 700 t sur
une période de deux ans, durant laquelle on
allait recueillir des données scientifiques
supplémentaires.
0
1960
1970
1980
1990
2000
La pêche du requin-taupe commun dans
l’Atlantique Nord-Ouest (zones 3-6 de
l’OPANO) a commencé en 1961, sous forme de
pêche exploratoire au sein d’une population
vierge par des navires norvégiens, qui avaient
auparavant pêché ce requin dans l’Atlantique
Nord-Est. Au cours des années qui suivirent,
des navires des îles Féroé vinrent se joindre à
1
Certaines statistiques de débarquement ont été incorrectement codées par le
passé, mais elles ont été corrigées dans la présente évaluation. Par conséquent,
quelques-uns des chiffres de débarquements figurant ici peuvent différer
légèrement de ceux des RES antérieurs.
2
Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
Provenance des prises et composition de ces
dernières selon la taille
Les requins-taupes communs sont capturés
presque exclusivement dans le cadre d’une
pêche canadienne sélective à la palangre. Les
prises accessoires de requin-taupe commun
dans la pêche canadienne de l’espadon à la
palangre, la pêche japonaise du thon à la
palangre et diverses pêches côtières sont
minimes et ont rarement été supérieures à 40 t
ces dernières années. Quant aux prises
accessoires d'autres espèces (en majeure partie
de requin bleu) dans la pêche sélective du
requin-taupe commun, elles sont également
minimes (8 %). Il n’y a pratiquement pas de
pêche récréative du requin-taupe commun.
Pêche côtière, janv.-juin 1999-2000
Tonnes métriques
Le lieu et la période de pêche diffèrent dans la
pêche côtière et dans la pêche hauturière. Les
deux flottilles pêchent sur le plateau néoécossais au printemps, mais la flottille de pêche
hauturière concentre son activité sur le bord du
plateau, tandis que la pêche côtière s’étend sur
une bonne partie du plateau. Il y a peu d’effort
de pêche sélective du requin-taupe commun de
la part de la flottille de pêche côtière en
automne. La plupart des prises d’automne
viennent de la flottille de pêche hauturière, qui
évolue alors au sud de Terre-Neuve et dans le
golfe du Saint-Laurent. Il n’y a pas eu de pêche
sélective en été 1999 et en été 2000, l’industrie
ayant alors convenu volontairement de réserver
son quota à la pêche d’automne. Les prises
d'automne ont été volontairement limitées à
100 t dans la sous-zone 3.
Pêche hauturière, juill.-déc. 1999-2000
Tonnes métriques
La composition des prises selon la taille en
1999 et 2000 était relativement comparable
dans la pêche côtière et dans la pêche
hauturière. Les prises de printemps et d'automne
ont été dominées par les petits requins (moins
de 175 cm); les bateaux de pêche ont essayé
d'éviter de capturer de grandes femelles au
printemps. Ces dernières années, l'âge du plein
recrutement à la pêche est tombé à seulement
3 ans, cela dans tous les secteurs.
On a reconstitué la composition des prises
selon l'âge dans les débarquements passés et
3
Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
On a étudié la structure du stock et les
migrations du requin-taupe commun en
analysant les résultats non publiés d’études de
marquage réalisées respectivement par les
Norvégiens, par les Canadiens et par les
Américains depuis les années 1960. Ces trois
études révélaient l’existence d’importantes
migrations annuelles du requin-taupe commun
entre le golfe du Maine et le golfe du SaintLaurent/le sud de Terre-Neuve et ne
fournissaient aucun indice de la présence de
plus d’un stock. On n’y décelait pas non plus de
preuve d’un mélange de stocks entre l’ouest et
l’est de l’Atlantique.
présents, soit de 1961 à 2000. Avant 1991, l'âge
du plein recrutement au large du sud de TerreNeuve en automne variait entre 10 et 15 ans, ce
qui correspond à l'utilisation de cette région
comme lieu d'accouplement par une population
faiblement exploitée.
État de la ressource
L'évaluation précédente de cette ressource était
fondée sur les résultats préliminaires d'un
programme de recherche intensive exécuté en
collaboration avec l'industrie de la pêche du
requin. L'étude des taux de prises normalisés,
des analyses de marquage-recapture et des
indices de la récente mortalité par pêche semble
indiquer un rendement à F0,1
de 850 t.
Toutefois, on ne disposait pas de
renseignements suffisants pour établir un niveau
de prises viable et les niveaux de mortalité par
pêche actuels.
Les changements, d'un mois à l'autre, dans la
composition des prises selon la longueur et dans
les proportions des deux sexes donnent à croire
à une migration saisonnière des requins matures
du même sexe du bord extérieur du plateau néoécossais vers les lieux d'accouplement du sud de
Terre-Neuve au cours du printemps. Les
requins plus petits et immatures du plateau néoécossais migrent en apparence relativement peu.
Tel qu'indiqué précédemment, un programme
de recherche intensive sur le requin-taupe
commun a été lancé en 1998, avec l’appui et le
financement de l’industrie de la pêche du
requin. Dans le cadre de ce programme, le
personnel scientifique a recueilli à bord des
bateaux des tissus et des mesures détaillées,
tandis que les membres de l’industrie de la
pêche ont mesuré plus de 75 % des requins
débarqués en 1998 et 2000. Les renseignements
ainsi recueillis ont permis d’obtenir une image
de la ressource qu’il est rarement possible
d’avoir dans d’autres pêches et qui a été d’une
grande utilité dans la présente évaluation. De
plus, une collaboration avec les responsables du
Apex Predator Program, du NMFS des ÉtatsUnis, nous a permis d’accéder à une expertise et
à des données non publiées. Grâce à tout cela,
notre connaissance de la biologie et de la
dynamique de la population de requin-taupe
commun est une des meilleures du monde dans
le domaine des requins pélagiques.
Le requin-taupe commun montre des
préférences de température bien définies à
longueur d'année. La température moyenne à
mi-profondeur d'engin était de 7,4 0C, 50 % des
prises étant capturées entre 5 et 10 0C. Les
profondeurs variaient entre 150 et 2 300 m au
printemps, mais la plupart des prises d'automne
ont été capturées à des profondeurs < 150 m.
L'alimentation des requins-taupes communs se
compose principalement de poisson.
4
Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
Pourcentage de femelles >175 cm (LF) parmi les
prises
productivité de la population. Les portées sont
en moyenne de 3,9 petits; la période de
gestation dure de 8 à 9 mois et les femelles
matures semblent se reproduire tous les ans.
L'accouplement a lieu au début de l'automne à
l'entrée du golfe du Saint-Laurent et au large du
sud de Terre-Neuve, mais on ne connaît pas le
lieu de mise bas.
80
T.N.-Golfe
60
40
20
On a examiné les tendances annuelles de la
composition selon la longueur pour
déterminer s’il y avait surexploitation. Les
prises d’automne au large du sud de TerreNeuve ont été en général dominées par des
grands requins-taupes communs ayant atteint la
maturité sexuelle, mais la longueur médiane à la
fourche a diminué depuis le début des années
1980, ce qui donne à croire à une diminution de
l’abondance des grands requins. En 1999 et
2000, les longueurs médianes à la fourche
étaient les plus basses jamais enregistrées.
Pl. néo-écossais
0
0
2
4
6
8
10
12
Mois
On a déterminé l’âge et le taux de croissance
du requin-taupe commun après avoir confirmé
la fiabilité des lignes de croissance des vertèbres
comme indicateurs de l'âge. Chez les deux
sexes, le taux de croissance diminue légèrement
à l'arrivée de la maturité sexuelle, les femelles
atteignant cependant une plus grande taille. La
longévité des requins-taupes communs semble
se situer entre 30 et 40 ans.
Longueur médiane à la fourche (cm) à TerreNeuve et dans le Golfe en septembre-octobre
210
Courbe de croissance des
communs (LF, en cm) par sexe
requins-taupes
200
300
190
Femelles
180
Mâles
200
170
160
100
150
140
1960
1970
1980
1990
2000
2010
0
0
10
20
30
Les tendances des taux de prises
commerciales ont servi d’indicateurs de
l’abondance, pour ce qui est tant de la biomasse
globale (kg/hameçon) que du nombre de
spécimens matures (>200 cm LF) et immatures
(<200 cm LF) par hameçon. Les taux de prises
(kg/hameçon) de la flottille de pêche hauturière
ont chuté à moins de la moitié des taux
enregistrés au début des années 1990. Les
Âge (année)
On a étudié la reproduction du requin-taupe
commun pour déterminer le potentiel de
productivité de la population. Les mâles
arrivent à maturité à environ 174 cm de LF
(âge 8) et les femelles à 217 cm (âge 13). Cet
âge tardif de maturité réduit grandement la
5
Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
antécédents de la flottille de pêche côtière sont
bien plus courts, mais celle-ci a connu une
légère augmentation depuis 1998. La
divergence récente des tendances s'explique
peut-être par les différences dans les zones
exploitées par les deux flottilles. Les taux de
prises des requins à maturité (nombre/
hameçon) dans les deux flottilles ont nettement
diminué dans toutes les zones depuis 1996. Le
taux de prises des requins immatures a aussi
diminué depuis le début des années 1990,
quoiqu'il soit resté à peu près stable depuis
1996. Le taux de prises de requins immatures de
la flottille de pêche côtière a augmenté en 2000,
tandis que celui de la flottille de pêche
hauturière a encore diminué.
Requins matures par hameçon
0,008
0,006
0,004
0,002
0,000
1989
1991
1993
1995
1997
1999
Requins immatures par hameçon
0,16
Une analyse des taux de prises tenant compte
des différences entre les bateaux de pêche, les
sous-zones et les mois dénotait une
augmentation du taux de prises des requins à
maturité entre 1989 et 1992, suivie d’une nette
baisse jusqu’à un niveau très bas en 2000 (à
environ 10 % du niveau maximal). Cette
tendance correspond à l’arrivée progressive des
navires canadiens dans la pêche au début des
années 1990, qui a été suivie d’une diminution
de l’abondance des poissons matures en raison
d’une forte exploitation. Le taux de prises
normalisé des requins immatures dénotait un
fléchissement comparable, mais moins marqué,
depuis 1991 (à 30 % du niveau maximal),
quoique les prises aient été relativement stables
depuis 1996.
0,12
0,08
0,04
0,00
1989
1991
1993
1995
1997
1999
On a estimé les taux de mortalité naturelle
pour chaque sexe d'après des courbes de prises
par zone parmi la population vierge de 1961. Le
taux de mortalité naturelle (M) des requinstaupes communs immatures est d'environ 0,10;
ce taux augmente à 0,15 chez les mâles à
maturité et à 0,20 chez les femelles à maturité.
Trois méthodes ont servi à estimer le taux
récent de mortalité par pêche : les estimations
Paloheimo Zs, l'analyse de Petersen et un
modèle de population.
Les estimations Paloheimo Zs sont des
estimations du taux de mortalité totale fondées
sur la baisse, normalisée d'après l'effort, des
prises selon l'âge par rapport à une classe d'âge.
6
Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
Biomasse (t) d'après le modèle de population
Sur le plateau néo-écossais et dans la région de
Terre-Neuve et du Golfe, les estimations
Paloheimo Zs étaient d'environ 0,32 de 1998 à
2000. Après correction en fonction de M, on a
estimé que la mortalité par pêche aux âges 3-13
était de l'ordre de 0,18-0,22.
40 000
30 000
20 000
La mortalité par pêche (F) dans les années 1990
a été estimée grâce à une analyse de Petersen
des recaptures d'étiquettes. L'analyse a été
limitée aux requins <125 cm de LF,
correspondant aux âges 0 et 1. Les études de
marquage tant canadiennes qu'américaines ont
produit les mêmes estimations de la mortalité
par pêche depuis 1994. Après avoir tenu compte
de la disponibilité limitée des jeunes requins
aux engins de pêche, on a estimé que F se
situait entre 0,05 et 0,20, sa moyenne étant
d'environ 0,11 depuis 1994.
Total
10 000
0
1961
Femelles reproductrices
1971
1981
1991
2001
Mortalité par pêche d'après le modèle de
population
0,8
0,6
On a adapté un modèle de population structuré
selon l'âge et le sexe aux prises selon la
longueur et aux taux de prises entre 1961 et
2000 pour estimer l'effectif actuel de la
population par rapport à celui d'années
antérieures. L'effectif de la biomasse totale et
celui du stock de reproducteurs ont tous deux
diminué nettement après le début de la pêche en
1961, pour remonter légèrement dans les années
1970 et 1980, puis pour chuter à nouveau et
atteindre un seuil sans précédent. On estime que
la biomasse actuelle se situe à 11-17 % de la
biomasse de la population vierge et que la
mortalité par pêche (F) des poissons pleinement
recrutés en 2000 était de 0,26.
0,4
0,2
0,0
1961
1971
1981
1991
2001
On a calculé les points de référence
biologique d'après à la fois une analyse de la
table de survie et le modèle de population.
L'analyse de la table de survie utilise les
estimations, structurées d'après l'âge, du taux de
survie, de la maturation sexuelle et de la
fécondité pour projeter la croissance de la
population; elle est bien adaptée à des animaux
comme les requins, qui ont un cycle de
reproduction bien défini et des taux de survie
élevés. Le taux intrinsèque de croissance d'une
population de requin-taupe commun non
exploitée est de 5-7 %. La pêche à F0,1=0,18
n'est pas viable et aboutira à l'effondrement du
stock. La pêche à F=0,08 se traduit par une
croissance zéro de la population, tandis qu'à
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Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
F=0,04 à 0,06 environ, on obtient un rendement
maximal soutenu (RMS) d'approximativement
1 000t.
Parmi les autres sources d’incertitude, citons
certaines des hypothèses de l’analyse de
marquage de Petersen, en particulier celles qui
portent sur les taux de mortalité occasionnée par
le marquage ainsi que sur les taux de perte et de
déclaration d’étiquettes.
La présente évaluation contient plusieurs
mesures indépendantes de la récente mortalité
par pêche. Les mortalités par pêche estimées
d’après la méthode Paloheimo Zs, les taux
d’exploitation de Petersen et le modèle de
population sont illustrées dans le graphique à
origine variable ci-après, les valeurs les plus
probables étant représentées par le point. Selon
toutes les méthodes utilisées, les récentes
mortalités par pêche se situaient alentour de 0,2,
soit bien au-dessus des niveaux viables.
Finalement, quelques-unes des hypothèses
sous-jacentes du modèle de population sont
incertaines, particulièrement celle sur la
sélectivité, qui introduit une incertitude dans les
estimations de l'état récent de la population. Le
modèle représente une exploration préliminaire
de la dynamique de la population et nécessite
des améliorations à certains égards. Tout en
donnant une idée générale de la dynamique du
stock, les estimations de l'état récent de la
population comportent un grand éventail
d'incertitudes.
Estimations de la récente mortalité par pêche
par rapport aux niveaux de référence
0,30
Quoique toutes les mesures de la récente
mortalité par pêche présentées ici sont
considérées comme valables, celles qui
découlent de la méthode Paloheimo Zs sont
jugées les plus fiables, avant celles de l'analyse
de Petersen et, au dernier rang, du modèle de
population.
0,20
0,10
Croissance zéro
RMS
Perspectives
0,00
MODÈLE
PALOHEIMO
MARQUAGE
Les requins-taupes communs produisent peu de
petits et atteignent la maturité à un âge
relativement tardif par rapport à l’âge de leur
première capture. Cette combinaison de facteurs
biologiques rend le requin-taupe commun très
vulnérable à la surexploitation. Des prises
annuelles moyennes d’environ 4 500 t dans les
années 1960 ont mené, au bout de seulement
6 ans, à l’effondrement de la pêche, qui ne s’est
pas véritablement rétablie avant 25 ans par la
suite. Toutefois, la pêche paraissait viable dans
les années 1970 et 1980, alors que les
débarquements annuels moyens se situaient à
350 t, et la population s'est lentement rétablie.
Des prises de 1 000 à 2 000 t durant une bonne
partie des années 1990 semblent avoir à
Sources d'incertitude
La présente évaluation comporte plusieurs
sources d’incertitude. On voit rarement des
requins matures en hiver et au printemps, et
leurs lieux d’hivernage et de mise bas restent
inconnus. Cette incertitude peut influer sur les
projections de rendement par ses effets sur la
disponibilité.
La détermination de l’âge des vieux requins
(>15 ans) n’a pas encore été validée, ce qui a
des répercussions sur les calculs du taux de
mortalité des femelles à maturité.
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Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
nouveau réduit l'abondance de la population,
aboutissant à des taux de prises plus faibles et à
un nombre nettement plus bas de femelles
matures.
Pour obtenir
renseignements,
de
plus
amples
communiquer avec :
D'après des données scientifiques préliminaires
et grâce à une excellente coopération de
l'industrie, le TAC de 1 700 t introduit pour
deux ans en 1999 a abouti à des estimations
préliminaires du rendement à F0,1, de la
mortalité et de l’abondance du stock. Toutefois,
on reconnaissait à l'époque que le rendement à
F0,1 n'était probablement pas viable.
L'évaluation actuelle confirme la non-viabilité
de la pêche à F0,1 en ce qui concerne le requintaupe commun et indique qu'une mortalité par
pêche supérieure à 0,08 entraînera un déclin de
la population. Une mortalité par pêche de 0,040,05 correspond au RMS, et c'est ce dont on a
besoin pour que la population puisse se rétablir.
Plusieurs estimations indépendantes de la
récente mortalité par pêche semblent toutes
indiquer que les prises récentes moyennes de
1 000 t par an ont abouti à une valeur F
d'environ 0,20. Des prises annuelles de 200250 t correspondraient à une pêche alentour du
RMS et permettraient une croissance de la
population. Si les prises annuelles étaient
d'environ 400 t, il n'y aurait pas de croissance de
la population et aucune marge d'erreur dans les
estimations. L'effectif actuel de la population
semble se situer à 10-20 % de la population
vierge.
Steven Campana
Division des poissons de mer
Institut océanographique de Bedford
C. P. 1006, Dartmouth
(Nouvelle-Écosse) B2Y 4A2
TÉL. : (902) 426-3233
FAX : (902) 426-9710
Courriel : campanas@mar.dfompo.gc.ca
Site Web sur les requins :
www.mar.dfo-mpo.gc.ca/science/shark
Références
Campana, S., L. Marks, W. Joyce, and S.
Harley. 2001. Analytical assessment of
the porbeagle shark (Lamna nasus)
population in the northwest Atlantic,
with estimates of long-term sustainable
yield. MPO, Secrétariat canadien pour
l'évaluation des stocks, Doc. de rech.
2001/067.
La population actuelle de requin-taupe commun
est gravement appauvrie et son rétablissement
nécessitera une grande réduction de la mortalité
par pêche. En raison de la faible productivité de
l'espèce, le rétablissement sera lent. Toutefois,
des prises annuelles d'environ 1 000 t seront
viables à long terme une fois que la population
se sera rétablie.
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Région des Maritimes
Requin-taupe commun des sous-zones 3-6
Distribué par le :
Bureau du processus consultatif régional des
provinces Maritimes
Ministère des Pêches et des Océans
C.P. 1006, Succ. B205
Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
Canada B2Y 4A2
Téléphone : 902-426-7070
Courriel : myrav@mar.dfo-mpo.gc.ca
Adresse Internet : www.dfo-mpo.gc.ca/csas
ISSN : 1480-4921
An English version is available on request at
the above address.
La présente publication doit être citée
comme suit :
MPO, 2001. Requin-taupe commun des souszones 3-6 de l'OPANO. MPO Sciences, Rapport sur l'état des stocks
B3-09 (2001).
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