Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique MPO Sciences

Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique MPO Sciences
Pêches et Océans
Canada
Sciences
Fisheries and Oceans
Canada
Science
Région Laurentienne
MPO Sciences
Rapport sur l’état des stocks B4-04 (2001)
Labrador
CANADA
4Rb
3Kh
Golfe 4 R c
du Saint-Laurent Terre-Neuve
Québec
4Vn
N-É
Dans les provinces maritimes et au Québec, plus de
15 000 pêcheurs pratiquent la pêche au maquereau.
Celle-ci se déroule généralement près des côtes et les
principaux engins utilisés sont, par ordre décroissant
d’importance, le filet maillant, la ligne, la seine
bourse et la trappe. Leur utilisation respective varie
selon la région et la période de l’année.
Les débarquements de maquereau des pêcheurs
canadiens sont généralement stables d’une année à
l’autre. En moyenne, depuis 1990, ils se situent à un
peu plus de 21 000 t par année. Cependant, à
l'échelle
régionale,
ils
peuvent
présenter
d’importantes variations qui s’expliquent par des
changements dans les routes de migration. Ces
changements sont causés entre autres par la
sensibilité de l’espèce à certaines conditions
environnementales dont la plus importante est la
température de l’eau.
Avril 2001
Grands Bancs
de Terre-Neuve
4Xm
2 00 m
Banc
Georges
New Jersey
m
0
20
Renseignements de base
La distribution du maquereau bleu (Scomber
scombrus L.) dans le nord-ouest de l’Atlantique
s’étend du Cape Hatteras, au large de la Caroline du
Nord, jusqu’au golfe du Saint-Laurent et à la côte est
de Terre-Neuve (Figure 1). Cette région est
caractérisée par la présence de deux groupes ou
stocks reproducteurs de maquereau ayant des aires
de ponte différentes. Le stock sud fraie en mars et
avril le long des côtes du New Jersey. Bien qu’il y ait
de la fraie le long des côtes de la Nouvelle-Écosse, la
ponte du maquereau du stock nord se déroule
principalement dans le sud du golfe du Saint-Laurent
en juin et juillet. Cette ponte est précédée à chaque
année d’une longue migration qui débute quelques
mois plus tôt dans la région du Banc Georges.
0m
Î.-P.É 4Tg
N-B
Maquereau bleu du nord-ouest
de l’Atlantique
20
4Tn 4Tf
4Tl
Limites des
200 milles marins
Cape Hatteras
Figure 1. Distribution (←) du maquereau bleu
(Scomber scombrus L.) dans le nord-ouest de
l’Atlantique et principaux lieux de pêche (•).
Sommaire
•
•
•
En 2000, le fait marquant de la pêche au
maquereau dans le golfe du Saint-Laurent
a été la présence dans les captures d’un
très grand nombre de petits poissons. En
fait, près de 63 % de toutes les prises était
constitué de poissons âgés de un an
seulement, c’est-à-dire de la classe d’âge
de 1999. L’absence de marchés pour ces
poissons, dont la taille moyenne était de
270 mm, a été la cause d’une réduction
considérable de l’effort de pêche et des
débarquements correspondants.
Jusqu’en 1984, la condition du maquereau
à son arrivée dans le golfe du SaintLaurent a été relativement élevée par
rapport à la période comprise entre 1985 et
1998 et en 2000. De plus, les variations
annuelles de la condition sont très
similaires à celles des températures
moyennes de l’eau de la CIF (Couche
Intermédiaire Froide).
L’examen de l’indice gonado-somatique
révèle que la ponte en 1998 et 1999 s’est
déroulée plus tôt par rapport à la période
comprise entre 1973 et 1997. Les activités
reproductrices se sont terminées à la fin du
mois de juin comparativement à la fin du
mois de juillet pour les années antérieures.
En 2000, la situation s’est rétablie avec un
Région Laurentienne
•
•
•
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
indice dont la valeur maximale était
atteinte dès le début du mois de juin.
Selon le relevé d’abondance réalisé en
2000, les biomasses reproductrices
auraient été de 213 662 t pour le premier
trajet et de 66 001 t pour le second, soit
une moyenne de 139 832 t. Même si cet
indice est considéré comme étant relatif,
les valeurs obtenues depuis 1996 sont en
deçà de celles qui ont été observées au
cours des années précédentes. Ces faibles
abondances pourraient s’expliquer par
l’absence, depuis plusieurs années, d’une
ou plusieurs classes d’âge dominantes.
Toutefois, le manque de synchronisme
possible entre la ponte et la date de ces
relevés pourrait avoir entraîné des erreurs
d’évaluation.
Ce manque de synchronisme est corrigé
par l’utilisation de la Méthode de la
Réduction Journalière de la Fécondité
(MRJF).
Cette méthode permet de
calculer une biomasse reproductrice à
partir de la mesure de la production
quotidienne d’oeufs et du déclin saisonnier
du potentiel reproducteur des femelles.
Selon
la
MRJF,
les
biomasses
reproductrices de maquereau en 2000
seraient de 562 533 t pour le premier trajet
et de 169 510 t pour le second, soit une
moyenne de 366 022 t comparativement à
243 980 t pour 1998 et 443 095 t pour
1996.
À titre exploratoire, une Analyse
Séquentielle des Populations (ASP) a été
réalisée en utilisant la capture à l’âge
canadienne et les biomasses reproductrices
du relevé des oeufs en guise d’indice de
calibrage. Les résultats préliminaires de
l’ASP suggèrent que les méthodes
d’analyse du relevé, pour certaines années,
surévalueraient d’une façon importante la
taille réelle du stock. Comme l’indique
par exemple les variations annuelles de la
date où l’indice gonado-somatique atteint
50 %
ou le patron de certains
débarquements cumulatifs, une telle
surévaluation se serait produite dans le cas
•
des relevés réalisés au début des années
1990.
À la lumière de ces résultats et des
principes de base qui régissent l’approche
de précaution, le maintien d’un TAC
(Total Admissible des Captures) canadien
de 100 000 t ne s’avère plus être un choix
très prudent.
Sommaire des principaux attributs du stock
ATTRIBUT
Indice de
condition
(juin)
Indice
gonadosomatique
(IGS)
Entre 1973 et 1997, une
valeur maximale d’environ
12 % est atteinte vers le 1 er
juin et la fin de la ponte
(IGS = 1 %) se situe vers la
fin de juillet.
Poids et
longueur à
l’âge
Sous la moyenne (19731998) dans les années 1970
et au-dessus, dans les
années 1980.
Fréquences
de longueur
annuelles
Sélectivité des
engins de
pêche
Classes d’âge
dominantes
Relevé des
oeufs
-2-
TENDANCE
RÉCENTE
Avant 1985, supérieur à la
moyenne (1973-1999) et
inférieur, de 1985 à 1998.
La croissance des classes
d’âge est inversement reliée
à leur abondance.
Présence d’un mode
principal se déplaçant au
cours des ans et associé aux
classes d’âge dominantes.
Le mode correspondant aux
classes d’âge dominantes
apparaît plus tôt chez les
fréquences de longueur
associées aux captures à la
ligne.
Les dernières classes d’âge
dominantes ont été celles de
1959, 1967, 1969, 1974,
1982 et 1988.
La biomasse reproductrice
augmente entre 1983 et
1988 avant de diminuer et
d’être relativement stable
entre 1990 et 1994.
SITUATION ACTUELLE
Valeur de 1999 à nouveau
au-dessus de la moyenne,
valeur en 2000 sous cette
moyenne. Relation très
forte avec les températures
de la CIF.
En 1998, ponte plus hâtive
que la moyenne. En 1999,
au 1 er juin, une valeur
maximale de l’IGS
d’environ 4 % et une fin de
ponte à la fin de juin. En
2000, retour à la normale.
Sous cette moyenne dans
les années 1990, mais au
dessus en 2000.
Croissance plus lente chez
les classes d’âge de la fin
des années 1990.
Absence d’un tel mode vers
la fin des années 1990.
En 2000, présence d’un tel
mode (classe d’âge de
1999) dans les fréquences
de longueur des captures à
la ligne.
En 2000, 63 % de la capture
à l’âge était constituée de
poissons âgés d’un an
seulement. Cette valeur est
la plus élevée depuis 1973.
Les valeurs obtenues en
1996, 1998 et 2000 sont très
faibles et du même ordre de
grandeur que celle calculée
en 1983.
Fluctuations dans les
biomasses totales reliées à
l’arrivée et au passage dans
la population des classes
d’âge dominantes.
La diminution d’abondance
observée récemment
s’expliquerait par l’absence
d’un fort recrutement ou par
des erreurs d’évaluation
causées par le manque
possible de synchronisme
entre la ponte et le relevé.
Durant les années 1980 et
jusqu’en 1994, les fortes
concentrations d’oeufs
mesurées par krigeage se
retrouvaient dans le centre
du golfe du Saint-Laurent.
En 1996 et 1998, les fortes
concentrations d’oeufs ont
été retrouvées plus au sud,
près de la pointe sud-ouest
des Îles-de-la-Madeleine.
En 2000, elles se sont
retrouvées une fois de plus
dans le centre du Golfe.
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
Biologie du maquereau
migration, de même que le rôle des habitats
côtiers pour les juvéniles, ne sont pas bien
connus. L’espèce se nourrit principalement
de plancton. À l'âge adulte, l’alimentation
inclut des petits poissons et des calmars. La
croissance est très rapide et, dès la fin de la
seconde année de croissance (âge 1+), la
longueur et le poids atteints sont d’environ
270 mm et 200 g respectivement (Figure 2).
Le maquereau bleu (Scomber scombrus L.)
appartient à la grande famille des
Scombridés.
Cette famille qui est
largement répandue dans les eaux tropicales
et tempérées des océans du monde entier
comprend un très grand nombre d’espèces
dont les plus connues sont les thons. Le
maquereau bleu est l’espèce du genre
Scomber qui a la distribution la plus
nordique. De plus, contrairement aux deux
autres espèces appartenant à ce genre, il ne
possède pas de vessie natatoire. Cette
caractéristique biologique qui l’oblige à
nager continuellement lui permet cependant
de changer très rapidement sa position dans
la colonne d’eau. Lors de ses longues
migrations annuelles, le maquereau se
déplace en bancs parfois très denses,
spécialement au printemps et à l’automne.
Les bancs sont généralement composés
d’individus de même taille qui se déplacent
à des vitesses identiques.
450
1200
400
1000
LONGUEUR (mm)
350
300
800
250
600
200
150
POIDS ( g )
Région Laurentienne
400
LONGUEUR -1990s-
LONGUEUR -2000-
POIDS -1990s-
POIDS -2000-
100
200
50
0
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
ÂGE
Figure 2. Longueur (mm) et poids (g) à l'âge
pour le maquereau échantillonné le long des
côtes canadiennes entre 1990 et 1999 (1990s) et
en 2000.
Bien qu’il y ait de la fraie le long des côtes
de la Nouvelle-Écosse, le maquereau
fréquentant les eaux canadiennes se
reproduit principalement dans le sud du
golfe du Saint-Laurent en juin et juillet. Les
plus importantes concentrations d’oeufs se
retrouvent dans la région située au sud du
Chenal Laurentien, à l’ouest des Îles-de-laMadeleine.
La reproduction est dite
multiple, parce que chaque femelle effectue
plusieurs pontes, et asynchrone, parce que
la ponte peut être effectuée à n’importe quel
moment du jour et de la nuit. Le temps de
développement des oeufs dépend de la
température de l’eau et à leur éclosion, les
larves mesurent environ 3 mm. C’est à
partir de 50 mm que ces dernières se
transforment en juvéniles qui se regroupent
par la suite en bancs. Certains de ces bancs
se retrouvent en milieux côtiers, ce qui peut
s’expliquer par une migration des juvéniles
des aires de fraie vers la côte. La fraction de
la population juvénile engagée dans cette
La croissance s’effectue surtout au cours des
premières années de vie et elle devient plus
rapide chez les femelles à partir de quatre
ans. Le maquereau bleu peut vivre au-delà
de 15 ans, mais il atteint rarement une
longueur supérieure à 450 mm.
La
croissance peut varier d’une année à l’autre
ou d’une classe d’âge à l’autre.
Par
exemple, elle est plus lente chez les classes
d’âge dominantes (Figure 3).
440
420
400
LONGUEUR (mm)
380
360
1982
340
320
1988
300
1967
280
1974
260
240
220
200
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
ÂGE
Figure 3. Longueurs moyennes (mm) à l'âge
pour les classes d'âge observées chez le
maquereau depuis la fin des années 1960 (les
4 plus importantes classes sont indiquées).
-3-
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
La condition du maquereau est à son plus
bas au printemps, alors que les valeurs les
plus élevées sont observées à l’automne.
Jusqu’en 1984 inclusivement, la condition
du maquereau à son arrivée dans le golfe du
Saint-Laurent et lors de la ponte était
supérieure à la valeur moyenne calculée
pour la période comprise entre 1973 et 1999
(Figure 4). Entre 1985 et 2000, et à
l’exception de 1999, les valeurs annuelles
ont été inférieures à cette moyenne. Les
variations annuelles de la condition chez le
maquereau sont très similaires à celles des
températures moyennes de la CIF (Couche
Intermédiaire Froide) (Figure 4).
Les
relations possibles entre la condition et ces
températures ne sont pas très bien connues.
Par contre, on présume que cette diminution
de la condition pourrait avoir un impact sur
la mortalité naturelle du maquereau.
sorte que la taille à laquelle 50 % des
femelles et des mâles sont matures est de
299 mm et 270 mm respectivement
(Figure 5). La maturité est atteinte chez tous
les maquereaux à 340 mm et près de la
moitié des poissons de deux ans sont
matures. La maturité est fonction de la taille
plutôt que de l'âge. Pour les classes d’âge
dominantes, comme celles de 1959 et 1967
où une croissance plus lente a été observée,
c’est à cinq ans et à une longueur de
330 mm que tous les poissons ont atteint
leur maturité.
1
0.9
FEMELLE (L50 = 299,0 mm)
0.8
MÂLE
(L50 = 269,6 mm)
PROPORTION
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
1.5
K
K Moy. 1973-1999
CIF 30-100 m
1.1
0.2
0.1
1
0.5
K
1.05
1
0
0.95
-0.5
0.9
TEMPÉRATURE CIF (ºC)
1.15
0
75
LONGUEUR (mm)
Figure 5. Maturité à la longueur chez le
maquereau échantillonné dans la baie St.
Margarets en Nouvelle-Écosse en 1996 (L50
représente la longueur à partir de laquelle 50%
des poissons sont matures).
-1
1973
1976
1979
1982
1985
1988
1991
1994
1997
100 125 150 175 200 225 250 275 300 325 350 375 400 425 450
2000
ANNÉE
Figure 4. Facteur de condition K (de Fulton)
moyen calculé en juin, et température (ºC)
moyenne de la couche de 30 à 100 m associée à
la CIF (Dr Denis Gilbert, Institut MauriceLamontagne, Mont-Joli, comm. pers.).
La pêche
Généralités
De l’ordre de 300 000 t à 400 000 t au début
des années 1970 (Figure 6), les
débarquements de maquereau dans le nordouest de l’Atlantique ont connu une
réduction considérable avec l’instauration de
la zone économique exclusive de 200 milles
marins. En raison d’ententes entre les ÉtatsUnis et la Communauté des États
Indépendants, les débarquements ont
augmenté de façon significative au début des
années 1980 pour atteindre un maximum de
près de 90 000 t en 1988. Une réduction
graduelle des contingents alloués par les
C’est pendant la fraie que le pourcentage
en gras est à son plus bas, soit environ 5 %.
Une fois les activités reproductrices
terminées, il augmente graduellement pour
atteindre 20 % et plus à l’automne. On
retrouve des variations annuelles dans le
pourcentage en gras de même que des
variations selon la longueur ou le poids.
Par rapport à d’autres espèces, la maturité
sexuelle chez le maquereau est rapide de
-4-
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
États-Unis jusqu’à l’arrêt complet de cette
pêche en 1992 explique l’importante
réduction des débarquements qui a été
observée par la suite.
500000
annuelles de 3 999 t, 3 414 t et 3 119 t
respectivement (Tableau 2). À une échelle
géographique plus fine, comme au niveau du
district statistique ou de la communauté de
pêche, les débarquements peuvent présenter
des fluctuations annuelles importantes.
Celles-ci s’expliquent par de grandes
variabilités dans les patrons saisonniers de
migration alors que la pêche s’effectue
généralement aux mêmes endroits.
500000
450000
450000
Étranger
États-Unis
400000
400000
Canada
350000
TAC
300000
300000
250000
250000
200000
200000
150000
150000
100000
100000
TAC (t)
DÉBARQUEMENTS (t)
350000
5 0 000
Les principaux engins utilisés par les
pêcheurs canadiens sont le filet maillant et la
ligne
auxquels
correspondent
des
débarquements annuels moyens de 6 575 t et
4 498 t respectivement (Tableau 3). Le filet
maillant est surtout utilisé au printemps et la
ligne, à l’automne. La trappe est aussi un
engin de pêche important avec des
débarquements annuels moyens de 3 498 t.
Elle est surtout utilisée au printemps par les
pêcheurs
de
la
Nouvelle-Écosse.
Finalement, des captures significatives sont
aussi réalisées sur la côte ouest de TerreNeuve à l’automne par des pêcheurs à la
seine bourse. Le succès de cette pêche est
fortement relié aux températures de l’eau et
aux vents qui prévalent dans cette région.
Ces conditions sont aussi responsables du
succès de pêche rencontré sur la côte est de
Terre-Neuve. Par exemple, à l’automne de
2000, 1 948 t de maquereau ont été
capturées dans la zone unitaire 3Kh
(Figure 1), ce qui représente les plus
importants débarquements dans cette région
depuis 1993 (Tableau 2).
50000
0
0
1960
1966
1972
1978
1984
1990
1996
ANNÉE
Figure 6.
Débarquements (t) annuels de
maquereau et TAC (t) pour tout le nord-ouest de
l'Atlantique (le Canada propose un TAC de
200 000 t divisé également avec les États-Unis).
Débarquements canadiens
En eaux canadiennes, les débarquements
annuels de maquereau sont généralement
stables d’une année à l’autre. La moyenne
des dernières années se situe à un peu plus
de 21 000 t (Tableau 1). De toutes les
provinces de l’Atlantique, la NouvelleÉcosse enregistre le plus de débarquements
avec une moyenne annuelle de 6 829 t. En
termes de débarquements, les plus
importantes zones unitaires sont 4Tl, 4Tf et
4Xm (Figure 1) avec des moyennes
Tableau 1. Captures (t) annuelles de maquereau pour les provinces maritimes et le Québec depuis
1990.
PROVINCE
Moyenne
1990
1991
1992
1993
1994
ANNÉE
1995
1996
1997
1998
Nouvelle-Écosse
9 182
8 115
8 831
7 144
7 792
6 681
5 517
5 669
4 562 4 797
2 710
6 829
Nouveau-Brunswick
3 614
2 137
1 748
1 989
1 879
2 206
2 683
1 990
1 682 1 373
223
Île-du-Prince-Édouard
2 458
3 922
2 299
4 580
4 441
2 518
4 017
6 693
6 784 3 842
1 459
2 130
4 156
Québec
Terre-Neuve
1 971
4 041
3 256
8 341
3 480
6 915
3 175
9 343
3 529
2 775
3 382
2 862
4 317
3 830
5 769
1 188
4 066 5 104
2 149 1 445
609
3 794
3 805
0
0
0
0
0
0
0
0
91
0
0
9
21 266
25 771
23 273
26 232
20 417
17 650
20 364
21 309
19 334
16 561
8 795
21 218
Non déterminé
TOTAL
* Données préliminaires
-5-
1999
2000* (1990-1999)
4 289
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
Tableau 2. Captures (t) annuelles de maquereau pour les principales zones unitaires et sous-division*
(4Vn) de pêche de l'OPANO.
ZONE UNITAIRE /
Moyenne
ANNÉE
SOUS-DIVISION
1990
1991
1992
1993
3Kh
179
4Rb
626
4Rc
263
4 578
3 185
4Tf
1 986
3 086
3 190
4Tg
548
884
278
4Tl
3 331
3 885
4Tn
945
4Vn
1994
1995
1996
1997
1998
1999 2000**
35
270
1 964
9
5
0
0
0
0
1 948
246
2 596
1 434
2 371
1 605
663
868
217
650
751
1 106
1 178
915
799
1 326
2 100
617
1 388
679
653
1 585
2 674
3 286
2 925
3 805
5 257
3 268
4 662
270
3 414
415
756
600
844
2 861
2 510
826
165
1 052
2 455
4 797
4 285
2 977
4 651
5 332
4 769
3 511
1 357
3 999
921
794
826
650
728
688
698
1 035
952
235
824
2 396
2 384
1 277
1 579
1 671
1 475
1 591
835
554
757
33
1 452
4Xm
2 542
2 646
4 021
2 799
4 647
4 141
2 342
3 123
3 045
1 656
3 119
TOTAL
12 817
21 013
16 903
18 340
17 708
14 841
16 888
18 941
16 059
15 184
7 423
16 869
Autres
8 449
4 758
6 371
7 892
2 709
2 809
3 476
2 368
3 275
1 377
1 372
4 348
GRAND TOTAL
21 266
25 771
23 273
26 232
20 417
17 650
20 364
21 309
19 334
16 561
8 795
21 218
1 886
(1990-1999)
Tableau 3. Captures (t) annuelles de maquereau pour les principaux engins de pêche utilisés sur la
côte est canadienne.
ENGIN
1990
1991
1992
1993
1994
ANNÉE
1995
Moyenne
1996
1997
1998
1999 2000**
(1990-1999)
Chalut
2 616
977
2 050
605
0
59
68
92
9
12
0
649
Seine Bourse
3 707
8 453
6 798
9 556
3 229
2 720
3 607
1 116
1 572
1 348
3 793
4 211
Autres Seines
150
17
50
234
0
0
0
9
0
0
0
46
Filet maillant
7 933
7 284
5 646
8 276
6 322
4 442
6 420
6 657
7 637
5 128
1 982
6 575
Trappe
3 498
1 877
2 907
4 327
31
5 356
4 719
3 821
3 889
3 999
4 057
2 454
Palangre
16
1
28
402
0
0
0
0
7
3
0
46
Turlutte
472
448
544
4 144
338
899
1 231
3 029
1 998
569
17
1 367
3 651
4 498
Ligne à main
4 427
5 679
3 550
2 985
4 523
3 821
4 705
6 204
5 435
548
Fascine
62
4
265
0
3
177
0
1
141
8
0
66
Autres
6
0
15
4
645
813
510
313
320
0
0
263
* Voir Figure 1
** Données préliminaires
graduellement au cours des ans vers de plus
grandes tailles. C’est le cas par exemple des
classes d’âge dominantes de 1974, 1982 et
1988 qui sont observées chez les
distributions des fréquences de longueur
associées à la pêche printanière au filet
maillant (Figure 7A) et des classes d’âge de
1982 et 1988 chez celles de la pêche
d’automne à la ligne (Figure 7B). Dans ce
dernier cas, le mode associé à la classe d’âge
de 1999 est déjà présent.
Caractéristiques des captures
Chez
le
maquereau,
la
structure
démographique de la population se
caractérise par l’arrivée périodique d’une
classe d’âge dominante. Il est possible
d’en suivre l’évolution par l’examen de la
capture à l’âge ou des fréquences de
longueur annuelles. Dans ce dernier cas,
chacune de ces classes s’identifie clairement
à un mode principal qui se déplace
-6-
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
à être observée depuis 1973 (Figure 8).
Comme il n’y a pas de marchés pour ces
petits poissons et que ces derniers étaient
très abondants dans tout le golfe du SaintLaurent, plusieurs activités de pêche ont tout
simplement été arrêtées, ce qui explique la
diminution marquée des débarquements.
Particularités de la saison de pêche 2000
Le fait marquant de la saison de pêche 2000
a été la présence dans les captures d’un très
grand nombre de petits maquereaux. Ces
derniers, âgés d’un an seulement et d’une
longueur moyenne de 270 mm, ont constitué
à eux seuls 63 % de toute la capture à l’âge.
Cette valeur est d’ailleurs la plus importante
2002
2002
(A)
2001
2000
2000
1999
1999
1998
1998
1997
1997
1996
1996
1995
1999
(B)
2001
1995
ANNÉE
1988
1994
1993
1993
1988
1992
1992
1991
1991
1990
ANNÉE
1994
1990
1982
1989
1989
1988
1988
1987
1987
1986
1986
1985
1985
1982
200
1984
240
280
320
360
400
440
LONGUEUR (mm)
1983
1982
1981
1980
1974
1979
1978
1977
1976
200
240
280
320
360
400
440
LONGUEUR (mm)
Figure 7. Fréquences de longueur annuelles du maquereau capturé aux filets maillants (A) et à la ligne
(B) dans le golfe du Saint-Laurent (division 4T) (les fortes classes d'âge qui ont dominé ces deux
secteurs de la pêche sont indiquées).
-7-
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
16
12
11
14
1982
10
9
1974
1988
12
8
10
IGS
ÂGE
7
6
5
8
2000
1998
1973-1997
6
4
4
3
1999
2
2
1999
1
0
1972
0
1976
1980
1984
1988
1992
1996
04- 12- 20- 28- 05- 13- 21- 29- 07- 15- 23- 31- 08- 16- 24- 01- 09- 17mai mai mai mai juin juin juin juin juil juil juil juil août août août sept sept sept
2000
ANNÉE
DATE
Figure 8. Capture à l'âge (%) canadienne du
maquereau pour la période comprise entre
1973 et 2000 (la capture des poissons âgés de
1 an en 2000 est la plus importante à avoir été
observée pour cet âge; les classes d'âge
dominantes sont aussi présentées).
Figure 9. Moyennes journalières de l'indice
gonado-somatique (IGS) calculées pour la
période comprise entre 1973 et 2000. Des
courbes polynomiales ont été ajustées aux
données.
La classe d’âge de 1999 pourrait s’avérer
être une classe d’âge dominante. Pour
l’instant, l’arrivée d’une telle classe ne peut
pas être prédite et encore moins expliquée.
Cependant, il existe certains indices. Par
exemple, l’examen des cartes satellites et
des
données
recueillies
par
les
thermographes de certains pêcheurs repères
ont révélé que les températures de l’eau
observées au début de la saison 1999 étaient
plus élevées qu’au cours des années
précédentes. En plus d’avoir favorisé une
présence accrue du maquereau près de
certaines côtes, ces conditions ont aussi été
responsables de son arrivée plus hâtive dans
le golfe du Saint-Laurent. À la demande de
plusieurs pêcheurs, la saison de pêche de
1999 a même été ouverte avant la date
habituelle du premier juin. L’examen des
valeurs journalières moyennes de l’indice
gonado-somatique a aussi démontré que la
ponte en 1998, et surtout en 1999, s’était
déroulée plus tôt par rapport aux années
précédentes (1973-1997) (Figure 9). La
situation s’est par contre rétablie en 2000.
L’industrie
Au cours des dernières années, les pêcheurs
et les industriels de la pêche au maquereau
ont manifesté leur inquiétude face aux points
suivants: (1) en 2000, la présence en grand
nombre de petits maquereaux dans le golfe
du Saint-Laurent qui a été perçue comme un
effondrement du stock et non comme
l’arrivée d’une classe d’âge dominante, (2)
l’absence de marchés pour ces petits
poissons
a
causé
une
diminution
considérable des activités de pêche, (3) la
pêche qui se déroule l’hiver et le printemps
en eaux américaines, (4) la pêche aux filets
maillants dérivants sur le Banc de Bradelle
au printemps, (5) la pêche d’automne à la
ligne qui est de plus en plus importante, (6)
l’abondance du maquereau à certains
endroits précis mais non à la grandeur du
golfe du Saint-Laurent ou des côtes de la
Nouvelle-Écosse, (7) l'abondance des
phoques près des engins de pêche, en
particulier les filets maillants et les trappes,
(8) le danger de surexploiter la ressource, (9)
un TAC de 100 000 t qui semble exagéré, et
finalement (10) le manque flagrant de
ressources financières pour réaliser des
projets conjoints avec Pêches et Océans.
-8-
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
État de la ressource
L’abondance du maquereau se reproduisant
dans le sud du golfe du Saint-Laurent est
présentement évaluée à partir des données
qui sont recueillies lors d’un relevé
bisannuel des oeufs. Lors de ce relevé, des
stations distribuées régulièrement le long de
transects parallèles sont échantillonnées à
deux reprises à l’aide de filets à plancton.
Pour chacun des deux trajets, un nombre
moyen d’oeufs est d’abord calculé par unité
de surface puis extrapolé pour toute la zone
échantillonnée de façon à obtenir une
production quotidienne d’oeufs. Jusqu’à
récemment, les densités moyennes d’oeufs
étaient
calculées
selon
un
plan
d’échantillonnage aléatoire stratifié.
Ces
densités sont maintenant déterminées en
tenant compte de leur position géographique
et de leur variation spatiale. En procédant
de
cette
façon,
c’est-à-dire
par
géostatistique et krigeage, la précision des
densités moyennes à estimer se trouve
améliorée. Les productions quotidiennes
d’oeufs sont par la suite utilisées pour
calculer des productions totales ou annuelles
selon un modèle décrivant la production
journalière d’oeufs lors de la ponte.
Finalement, les productions annuelles sont
converties en biomasses reproductrices en
tenant compte de certaines caractéristiques
biologiques des femelles.
les plus importantes concentrations d’oeufs
ont été retrouvées près de la péninsule
gaspésienne. L’examen des cartes satellites
et des données prises à l’aide d’un appareil
fixé aux filets révèlent aussi que les
températures de l’eau se sont réchauffées
(Du 18 au 26 Juin)
(A)
50
Péninsule
gaspésienne
48
Ca
p- B
re
t on
Région Laurentienne
46
-70
-68
-66
-64
-62
-60
-58
-66
-64
-62
-60
-58
(Du 26 Juin au 03 Juillet)
(B)
50
48
46
-70
0
-68
10
100
200
500
1000
5000 n/m2
très rapidement lors du relevé.
Figure 10. Distribution des œufs de maquereau
(nombre par mètre carré) pour le premier (A) et
le second (B) trajet du relevé réalisé en 2000
dans le sud du golfe du Saint-Laurent.
Relevé d’abondance
Lors du premier trajet qui s’est déroulé entre
le 18 et le 26 juin, les plus importantes
concentrations d’oeufs ont été retrouvées
dans la région située à l’ouest des Îles-de-laMadeleine (Figure 10A). L’examen d’une
carte satellite qui a été prise lors de ce trajet
démontre aussi que cette région était
caractérisée par des températures élevées de
l’eau en surface. Des températures de l’eau
encore plus élevées ont été observées lors du
second trajet qui a été réalisé entre le 26 juin
et le 3 juillet (Figure 10B). Pour ce trajet,
En 2000, le nombre de stations ayant des
concentrations importantes d’oeufs a été
moins élevé qu’en 1998. De plus, la zone de
très
fortes
concentrations
d’oeufs,
déterminée par krigeage, s’est retrouvée en
2000 au centre du Golfe (Figure 11), comme
dans le cas des relevés réalisés entre 1983 et
1994, et non pas dans la région située au
sud-ouest des Îles-de-la-Madeleine, comme
en 1996 et 1998.
Les biomasses
reproductrices ont été évaluées à 213 662 t
pour le premier trajet et à 66 001 t pour le
-9-
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
second, soit une moyenne de 139 832 t.
Cette valeur représente des baisses
respectives de 134 324 t et 32 157 t par
rapport à 1998 et 1996 (Figure 12).
ponte, et l’inverse est aussi vrai.
Ce
problème pourrait être évité par une série de
relevés couvrant toute la période de ponte,
comme c’est le cas par exemple en Europe
pour l’évaluation de l’abondance du
maquereau.
La Méthode de la Réduction Journalière de
la Fécondité (MRJF) a été proposée pour
corriger ce type de problème.
Cette
méthode permet de calculer une biomasse
reproductrice non pas à partir des
productions annuelles d’oeufs mais bien des
productions quotidiennes. Les calculs reliés
à la MRJF sont basés sur le déclin
saisonnier du potentiel reproducteur des
femelles. Ce déclin est mesuré à partir de la
diminution
quotidienne
du
nombre
d’ovocytes vitellogènes ou matures et de la
proportion des femelles ayant des ovaires
actifs.
Selon cette méthode, les biomasses
reproductrices en 2000 ont été évaluées à
562 533 t pour le premier trajet et 169 510 t
pour le second (Figure 12), soit une
moyenne de 366 022 t. Cette valeur est
supérieure aux 243 980 t qui ont été
calculées selon cette même méthode en
1998, mais inférieure aux 443 095 t de 1996.
Par rapport à la méthode traditionnelle, les
biomasses calculées selon la MRJF
devraient représenter des valeurs absolues et
non relatives. Par contre, la biomasse
obtenue pour le second trajet du relevé de
2000 pourrait être sous-estimée car il semble
bien que ce trajet ait été réalisé vers la toute
fin de la ponte. Avec l’arrivée probable de
la classe d’âge dominante de 1999, il sera
intéressant de comparer à nouveau ces deux
méthodes.
Îles-de-la-Madeleine
Québec
NouveauBrunswick
Île-du-Prince-Édouard
Figure 11. Surface krigée (représentations 3D
et 2D) pour les densités d'œufs de maquereau
mesurées lors du premier trajet du relevé réalisé
en 2000 dans le sud du golfe du Saint-Laurent
(les longitudes et les latitudes ont été
transformées en coordonnées cartésiennes).
Méthode de la Réduction Journalière de la
Fécondité
Le modèle utilisé pour convertir les
productions quotidiennes d’oeufs
en
productions annuelles est sensible au
manque de synchronisme qui peut se
produire entre le déroulement de la ponte et
celui du relevé d’abondance. Par exemple,
les
biomasses
reproductrices
seront
surévaluées si le relevé précède le pic de la
- 10 -
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
la mortalité naturelle qui est fixée à 0.2
pour tous les âges et toutes les années, et
finalement (5) l’absence de certaines
données biologiques importantes comme les
poids à l’âge pour certains mois de l’année.
BIOMASSE (t)
PREMIER TRAJET
2 000 000
MPTO - Krigeage
1 800 000
MPTO - Moyenne Stratifiée
1 600 000
MRJF - Krigeage
1 400 000
1 200 000
Comme en 1998, les résultats préliminaires
suggèrent que les biomasses estimées par
l’ASP sont fortement corrélées à celles
déterminées par le relevé et que ce dernier
pour
certaines
années
surévaluerait
l’abondance réelle du maquereau. En fait,
comme le suggèrent aussi la date où la
valeur de l’indice gonado-somatique atteint
50 % de sa valeur maximale et le profil des
débarquements cumulatifs à l’entrée du
Golfe, une telle surévaluation aurait été plus
importante au début des années 1990.
1 000 000
800 000
600 000
400 000
200 000
0
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
ANNÉE
DEUXIÈME TRAJET
2 000 000
1 800 000
BIOMASSE (t)
1 600 000
1 400 000
1 200 000
1 000 000
800 000
600 000
Perspectives
400 000
200 000
0
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
ANNÉE
Figure 12. Biomasses (t) reproductrices du
maquereau calculées selon deux méthodes
différentes (MPTO: Méthode de la Production
Totale d'Œufs; MRJF: Méthode de la Réduction
Journalière de la Fécondité) et deux approches
statistiques différentes (moyenne stratifiée et
krigeage).
Évaluation analytique
Les travaux réalisés dans le but de
déterminer une formulation adéquate de
l’ASP
(Analyse
Séquentielle
des
Populations) pour le maquereau du golfe du
Saint-Laurent se sont poursuivis au cours de
la dernière année. L’application de l’ ASP
chez le maquereau est difficile à réaliser en
raison principalement des points suivants :
(1) la nature même de l’indice d’abondance
qui n’est pas désagrégé à l’âge, (2) des
erreurs d’estimation de la biomasse
reproductrice qui sont associées au manque
possible de synchronisme entre la ponte et le
relevé, (3) la capture à l’âge qui est sousestimée tout comme les débarquements, (4)
- 11 -
Les résultats des derniers relevés
d’échantillonnage aux oeufs suggèrent
fortement que l’abondance du maquereau
fréquentant les eaux canadiennes est
maintenant à un niveau aussi bas que celui
du début des années 1980. Même si un plus
grand effort de pêche pourrait être exercé
sur ce stock, le maintien d’un TAC canadien
de 100 000 t pourrait ne plus s’avérer être un
choix très prudent. En fait, la situation
actuelle est bien différente de celle des
années 1970 où de très fortes classes d’âge
avaient permis de maintenir pendant
plusieurs années des captures de plusieurs
centaines de milliers de tonnes de
maquereau. Par contre, la présence d’un très
grand nombre de poissons âgés d’un an dans
les captures réalisées en 2000 pourrait
signifier l’arrivée d’une classe d’âge (1999)
dominante et, par conséquent, un
redressement de la situation. La force réelle
de cette classe d’âge pourra être confirmée
lorsque les poissons qui la composent seront
pleinement recrutés à la pêche ou lors du
prochain relevé d’abondance qui se tiendra
en 2002. Les poissons de cette classe d’âge
Région Laurentienne
Maquereau bleu du nord-ouest de l’Atlantique
auront alors 3 trois ans et devraient être
presque tous matures.
Finalement, la taille minimale de capture qui
est présentement fixée à 250 mm, devrait
être plus réaliste et plus proche de la
biologie du maquereau. Cette valeur est
bien inférieure aux 299 mm et 270 mm qui
ont été calculées à partir des courbes de
maturité sexuelle des femelles et des mâles.
On recommande que la taille associée aux
femelles soit appliquée le plus tôt possible.
Sources d’incertitude
Les captures de maquereau utilisées en guise
d’appât n’apparaissent pas dans les
statistiques officielles du Ministère, celles-ci
étant établies à partir des récépissés d’achat
provenant des ventes aux usines. La pêche
récréative, très populaire durant les mois
d’été, n’est pas davantage comptabilisée.
Comme ces activités sont pratiquées dans
plusieurs régions des Maritimes et du
Québec, les prises réelles de maquereau sont
grandement sous-estimées.
Pour obtenir de plus amples
renseignements:
François Grégoire
Institut Maurice-Lamontagne
850 route de la Mer
Mont-Joli (Québec)
G5H 3Z4
Tél.
(418)775-0589
Fax.
(418)775-0740
Courrier électronique:
gregoiref@dfo-mpo.gc.ca
Au cours des ans, tous les secteurs de la
pêche au maquereau n’ont pas été couverts
de façon systématique par le programme
d’échantillonnage commercial. Ainsi, les
données biologiques recueillies qui sont à la
base de l’évaluation d’abondance et du suivi
de la population, pourraient ne pas refléter
de façon exacte la situation réelle du stock.
La présente publication doit être
citée comme suit :
MPO, 2001. Maquereau bleu du nord-ouest de
l’Atlantique. MPO – Sciences, Rapport sur
l’état des stocks B4-04 (2001).
Considérations de gestion
Dans le but d’améliorer les statistiques de
pêche, un livre de bord obligatoire devrait
être distribué à tous les pêcheurs en incluant
ceux qui utilisent le maquereau comme
appât personnel. L’utilisation d’un livre de
bord permettrait aussi de connaître les
positions de pêche, ce qui faciliterait
grandement l’étude des relations entre la
distribution du maquereau et certaines
variables environnementales.
Ce rapport est disponible auprès du :
Bureau régional des évaluations de stocks,
Ministère des Pêches et des Océans,
Institut Maurice-Lamontagne,
C.P. 1000, Mont-Joli,
Québec, Canada
G5H 3Z4
Courrier électronique: Stocksrl@dfo-mpo.gc.ca
ISSN 1480-4921
Les captures récréatives de maquereau sont
importantes si l’on considère que cette pêche
est pratiquée par un très grand nombre de
pêcheurs (touristes) le long de la côte
atlantique. En vue d’une éventuelle gestion
de cette activité et dans le but d’améliorer
une fois de plus les statistiques de pêche,
une réflexion sur les façons d’estimer ces
captures devrait être entreprise rapidement.
An English version available upon request at the
above address.
- 12 -
Pêches et Océans
Canada
Fisheries and Oceans
Canada
Sciences
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