État des stocks de sébaste dans l'Atlantique nord-ouest :

État des stocks de sébaste dans l'Atlantique nord-ouest :
Fisheries
and Oceans
Pêches
et Océans
Aperçu
MPO Sciences
Rapport sur l'état des stocks A1-01(2000)
QC
4
S
3
K
4
R
4
T
IIPE
TN
3
L
3P
NB
4V
3P
US
État des stocks de sébaste dans
l'Atlantique nord-ouest :
sébaste des unités 1, 2 et
de la division 3O
Renseignements de base
De 1995 à 1999, les évaluations des stocks de
sébaste des unités 1, 2 et 3 et de la division 3O
ont été passées en revue chaque année lors de
la réunion zonale, mais en 2000, le sébaste de
l'unité 3 a été évalué au niveau régional et les
autres stocks, au niveau zonal. Après la
redéfinition des unités de gestion du sébaste, en
1993, il est devenu évident que ces diverses
unités de gestion étaient étroitement liées et qu'il
fallait coordonner la recherche et l'évaluation de
ces ressources.
Les résultats du Projet de financement
stratégique pour le sébaste du secteur des
Sciences (1996-1999), ont permis d'élargir nos
connaissances des liens entre le sébaste de ces
eaux, tout en mettant en lumière de nombreuses
questions qui demeurent sans réponse, ce qui
ne fait que faire ressortir le besoin d'une
coopération et d'une collaboration étroite
soutenue entre tous les groupes que ces
ressources intéressent.
5
Y
4
X
4
W
4V
3
O
Figure 1. Carte de l'Atlantique nord-ouest.
3
N
Aperçu du sébaste
Le sébaste, aussi connu sous le nom de
« poisson rouge », appartient à un groupe
de poissons qui sont exploités à des fins
commerciales dans l'Atlantique et le
Pacifique. On trouve les sébastes des deux
côtés de l'Atlantique dans les eaux froides
o
(3 à 8 C), le long des pentes des bancs de
pêche et dans les chenaux profonds, à des
profondeurs de 100 à 700 m. Dans
l'Atlantique ouest, on trouve le sébaste
depuis la terre de Baffin, au nord, jusque
dans les eaux du New Jersey, au sud.
Trois espèces de sébaste sont présentes
dans l'Atlantique nord-ouest (Sebastes
mentella,
S. fasciatus
et
S. marinus
[=S. norvegicus]). Ces trois espèces, qui se
ressemblent beaucoup, sont presque
impossibles à distinguer en apparence.
Elles ne sont pas différenciées dans la
pêche, et sont gérés ensemble.
S. marinus est relativement peu fréquent,
sauf dans la région du Bonnet flamand.
Dans la région de la plate-forme et de la
pente continentale, S. mentella se retrouve
surtout du golfe du Saint-Laurent vers le
nord, tandis que S. fasciatus se retrouve
surtout du sud des Bancs de Terre-Neuve
au golfe du Maine. L'aire de répartition de
ces deux espèces ne se chevauche
significativement que dans la région du
Novembre 2000
Aperçu
Stocks de sébaste
chenal
Laurentien
(unités 1
et
2).
S. mentella se tient généralement à de plus
grandes profondeurs que S. fasciatus.
Dans l'unité 1, certaines classes d'âge qui
semblaient abondantes aux jeunes âges
dans les relevés de recherche ont par la
suite disparues rapidement avant de
contribuer à la population adulte. Cela a été
le cas des classes d'âge 1964, 1974 et
1988. On ne sait pas pourquoi cela s'est
produit, bien que l'on ait déterminé que la
classe
d'âge
1988
se
composait
principalement de S. fasciatus.
La présence d'hybrides génétiques dans
les unités 1 et 2, qui peuvent se
reproduire, a aussi été récemment
confirmée.
Bien
que
génétiquement
distincts, ils ressemblent plus à S. mentella
qu'à S. fasciatus.
Les sébastes ont une croissance lente et
vivent longtemps. Certains spécimens
examinés auraient au moins 80 ans. La
croissance de S. fasciatus est plus lente
que celle de S. mentella, bien que les
différences dans le taux de croissance ne
se manifestent que vers l'âge de 10 ans.
Chez les deux espèces, les femelles se
développent plus vite que les mâles après
l'âge d'environ 10 ans.
Outre qu'on les trouve près du fond, les
sébastes se répartissent souvent assez
haut dans la colonne d'eau. La pêche est
pratiquée avec des chaluts de fond et des
chaluts semi-pélagiques. La distribution
verticale du sébaste dans la colonne d'eau
varie de façon diurne et saisonnière, ce qui
a une incidence sur les prises des pêches
commerciales et des relevés de recherche.
En moyenne, il faut environ 6 à 8 ans pour
que les sébastes atteignent la taille
minimum exploitable établie dans les
protocoles relatifs aux petits poissons des
plans de conservation axés sur la pêche
(22 cm).
La croissance est aussi généralement plus
rapide dans les zones méridionales que
dans les zones septentrionales.
Au contraire de nombreuses autres
espèces de poisson, la fécondation est
interne et les femelles sont vivipares. On
pense que l'accouplement a lieu à
l'automne et les femelles portent les jeunes
en développement jusqu'au printemps; la
naissance a lieu d'avril à juillet. Les jeunes
de S. mentella naissent un mois plus tôt
que ceux de S. fasciatus. On a formulé
l'hypothèse que le stress (comme la pêche)
exercé sur les femelles avant la naissance
des larves peut nuire à la survie de ces
dernières.
À l'heure actuelle, on compte huit (8) unités
de gestion du sébaste dans l'Atlantique
nord-ouest : sous-zone 2 + division 3K,
divisions 3LN,
division 3O,
division 3M
(Bonnet flamand), unité 1 (golfe du
Saint-Laurent), unité 2 (chenal Laurentien),
unité 3 (plateau néo-écossais) et souszone 5 (golfe du Maine).
Les unités de gestion actuelles sont
considérées
comme
étant
mieux
appropriées, sur le plan biologique, que les
limites des stocks utilisées au cours des
années 80. Néanmoins, il subsiste des
incertitudes quant à l'ampleur des échanges
entre les unités, en particulier entre l'unité 1
et l'unité 2. Les recherches ont révélé que
les S. mentella des unités 1 et 2 ne
montrent pas de différences génétiques,
tout comme les S. fasciatus de ces deux
unités. Par contre, les S. mentella et les S.
fasciatus retrouvés dans ces unités
combinées et les unités voisines montrent
est
Le
succès
du
recrutement
extrêmement variable chez le sébaste et on
a observé des classes d'âge importantes à
des intervalles de 5 à 12 ans. La différence
entre les classes d'âge fortes et faibles
semble légèrement moindre dans la partie
méridionale de l'aire de répartition. De
récentes études en laboratoire indiquent
que les larves ont un taux de survie plus
élevé lorsque les proies se trouvent à des
densités moyennes.
2
Aperçu
Stocks de sébaste
des
différences
génétiques
claires.
L'« hybride » est aussi présent dans les
deux unités, mais pas ailleurs.
On a fixé à 22 cm la taille minimum
réglementaire des captures de sébaste
pour la première fois en 1995, dans la
division 3O, puis en 1996 dans les autres
unités de gestion. Les mesures de gestion
canadiennes incluent aussi une interdiction
de pêche dans les unités 1 et 2 en mai et
juin afin de protéger les géniteurs. En outre,
comme il est impossible d'identifier les
populations à l'origine des prises récoltées
dans les sous-divisions 3Pn et 4Vn à la fin
de l'automne et en hiver (soit l'unité 1 ou
l'unité 2), il est interdit de pêcher le sébaste
dans ces eaux de novembre à décembre
depuis 1995. L'intention est de protéger la
portion du sébaste de l'unité 1 qui sort du
golfe du Saint-Laurent pendant cette
période. Comme les sous-divisions 3Pn et
4Vn sont incluses dans la définition de
l'unité 1 de janvier à mai, il est aussi interdit
d'y pêcher pendant cette période à cause
du moratoire de la pêche du sébaste de
l'unité 1. Comme on s'inquiétait que la
migration d'automne du sébaste de l'unité 1
pouvait avoir commencé plus tôt à la fin des
années 90 et qu'elle pouvait s'être étendue
plus loin à l'est que la limite entre 3Pn et
3Ps. Ces préoccupations ont amené à
devancer la fermeture des sous-divisions
3Pn et 4Vn en octobre pour l'année 2000.
En outre, le sébaste des unités 1 et 2
recherche
presque
les
mêmes
o
températures, soit entre 4,5 et 6,0 C,
tandis que le sébaste de l'unité 3 recherche
des eaux quelque peu plus chaudes, soit
o
entre 5,5 et 7,0 C.
Les pêcheurs canadiens exploitent le
sébaste depuis la fin des années 40. Ils
pêchent le plus souvent dans la souszone 2 et la division 3K, ainsi que dans les
unités 1, 2 et 3.
Par le passé, les stratégies d'évaluation
et de gestion retenues pour les stocks de
sébaste étaient les mêmes que pour les
autres poissons de fond, tant au Canada
qu'à l'étranger. Les niveaux de référence
pour l'exploitation durable des stocks de
sébaste de l'Atlantique canadien étaient
fondés sur F0.1 (taux d'exploitation de 12 %)
et FMAX (24 %) ou sur le RMS (rendement
maximal soutenu) et les 2/3 de l'effort au
RMS.
Ces
estimations
des
taux
d'exploitation durable supposaient une
mortalité naturelle de 0,1 (environ 8 % du
sébaste mourra chaque année de causes
autres que la pêche).
L'insuffisance de données ne nous permet
pas de répondre précisément à la question
posée par le CCRH à savoir si le moment et
l'étendue de la migration ont changé dans
les dernières années et quelles interdictions
de pêche dans 3Pn protégeraient
adéquatement le sébaste de l'unité 1 de la
pêche. Comme aucune pêche n'est menée
dans 3Pn à la fin de l'automne et en hiver, il
est peu probable que nous obtenions de
nouvelles données dans un avenir
rapproché. Cependant, des faits indirects
notés lors de pêches et de relevés entrepris
dans le Golfe en été et au début de
l'automne confirment que la migration
commence plus tôt depuis quelques
années. Étant donné que l'industrie n'a pas
eu de difficulté à récolter ses allocations
sans pêcher dans 3Pn d'octobre à
décembre, il semble prudent de continuer à
y interdire la pêche d'octobre à juin jusqu'à
Parce qu'il s'est révélé difficile d'estimer les
valeurs absolues du taux de mortalité par
pêche et du taux d'exploitation du sébaste,
les stratégies de gestion fondées sur F0.1 ou
des taux d'exploitation cibles se sont
révélées impraticables ces dernières
années. À l'heure actuelle, la gestion
repose sur la relation entre les prises
historiques et les tendances des biomasses
des relevés, ainsi que sur la stabilité de la
distribution des longueurs dans les prises
des bateaux de pêche commerciale et des
navires de recherche. Il est préférable de
gérer la ressource selon des rendements
de capture viables, mais cela ne sera
possible que lorsque nous pourrons mieux
estimer la biomasse et la mortalité par
pêche.
3
Aperçu
Stocks de sébaste
ce que nous comprenions mieux la
migration saisonnière du sébaste dans le
Golfe. Qui plus est, l'expérience de
l'industrie et de récentes analyses indiquent
que la température de l'eau, qui était
anormalement
froide
pendant
les
années 90, peut avoir une incidence sur la
migration du sébaste à l'extérieur du Golfe.
Si les récentes données à l'effet que la
température du Golfe est revenue à la
normale en 2000, le moment et l'étendue de
la migration du sébaste pourraient donc
revenir aux régimes observés vers la fin des
années 80 et au début des années 90,
lorsque les unités de gestion actuelles et
les périodes de fermeture ont été établies. Il
sera particulièrement important de surveiller
étroitement
les
conditions
océanographiques et la répartition du
sébaste en été et en automne au cours des
prochaines années afin d'assurer que les
fermetures visant la conservation de la
ressource donnent un maximum de
retombées sans limiter indûment les
possibilités de pêche.
division 3O à cause de la petite taille du
poisson, on a vu également s'accroître
l'intérêt pour la pêche dans cette région.
Subséquemment, la pêche dirigée a été
interdite dans l’unité 1.
L'industrie est préoccupée par le fait que le
MPO fait moins de relevés du sébaste dans
l'unité 2. Bien qu'elle continue à y effectuer
un relevé du sébaste, elle a réitéré qu'elle
ne veut pas remplacer les relevés du MPO,
mais plutôt les compléter.
Les relevés faits par l'industrie avant 2000
ne mesuraient que la biomasse exploitable,
tandis que les relevés du MPO quantifiaient
aussi le recrutement. L'industrie a utilisé,
pour son relevé de 2000, une jupette à
petites mailles dans le cul-de-chalut et a
fourni des renseignements sur l'abondance
des prérecrues.
Programme pluridisciplinaire de
recherche sur le sébaste
Outre les conclusions tirées du Programme
pluridisciplinaire de recherche sur le
sébaste, qui a tenu le haut du pavé pendant
trois ans (1996-1999), concernant la
différentiation des espèces de sébaste, la
croissance, la maturité, ainsi que la
répartition et la reproduction déjà décrit
dans le texte précédent, les deux autres
résultats suivants valent la peine d'être
notés.
Il ne semble pas justifié d'étendre
l'interdiction de pêche d'hiver dans 3Pn aux
eaux plus à l'est. Les prises d'hiver dans
3Psa ne se chiffraient qu'à 1 à 8 % des
prises totales récoltées dans 3Ps dans les
années 90 et les prises dans 3Psd, bien
que plus élevées que celles réalisées dans
3Psa, proviennent du chenal Laurentien,
situé bien au-delà de la limite 3Pn-3Ps.
Tant que l'industrie continuera à pêcher
selon ces régimes, rien n'indique que des
changements à la limite spatiale des eaux
fermées à la pêche pour protéger le
sébaste
de
l'unité 1
avantageront
davantage la ressource.
Au début des années 90, à cause de la
diminution de l'abondance d'autres espèces
de poisson de fond, de nombreux secteurs
de l'industrie ont manifesté un regain
d'intérêt pour le sébaste. Cela est
particulièrement vrai dans le golfe du SaintLaurent (unité 1), sur la côte sud de TerreNeuve (unité 2) et dans la région du plateau
néo-écossais (unité 3). Alors que jusque-là
les pêcheurs évitaient généralement la
4
•
Les données acoustiques nous ont
permis de comprendre la répartition du
sébaste dans la colonne d'eau et donc
d'améliorer notre capacité d'interpréter
les résultats des pêches commerciales
et des relevés au chalut de fond.
•
Les analyses des données historiques
ont permis d'identifier la prédation
exercée par le phoque (qui est
actuellement trois fois plus intense
qu'au début des années 70) comme un
facteur qu'il faut examiner de plus près.
De plus, ces analyses n'ont pas
retenues les prises accessoires de
sébaste dans les prises de crevettes et
Aperçu
Stocks de sébaste
la migration du sébaste à l'extérieur du
Golfe
comme
explications
vraisemblables
de
la
réduction
substantielle de l'abondance de la
classe d'âge 1988.
Les participants à la réunion ont manifesté
un intérêt pour l'équipement d'étiquetage
sous-marin actuellement utilisé par l'Islande
pour étudier les déplacements du sébaste
océanique. Il est évident que cet
équipement, si le MPO en disposait,
permettrait de recueillir des renseignements
très utiles sur les déplacements du sébaste
à l'échelle de la zone atlantique et de
bonifier les études portant sur d'autres
espèces où la décompression a une
incidence néfaste sur la survie du poisson
étiqueté (p. ex., la merluche blanche et la
plie grise).
Certains
projets,
financés
par
le
programme, semblent se poursuivre. Ils
doivent être achevés aussi vite que possible
afin de pouvoir parachever un rapport
global final et préparer un plan de suivi des
recherches, en particulier dans le domaine
de la génétique.
•
•
En raison de l'absence de différences
entre les deux espèces de sébaste et la
répartition limitée de l'« hybride » dans
les unités 1 et 2, d'autres recherches
sont nécessaires pour établir le
mélange actuel du sébaste des unités 1
et 2, le niveau du mélange requis pour
éliminer les différences génétiques ou
les empêcher de se manifester (il
pourrait être aussi faible que 5 %), le
stade du cycle vital où se produit le
mélange (larve, juvénile, adulte), la
direction du mélange (dans un sens ou
dans les deux sens), ainsi que l'endroit
et le moment de l'accouplement à
l'automne.
Les différences entre, d'une part,
S. fasciatus du plateau néo-écossais et
de la partie de l'unité 3 incluse dans le
golfe du Maine et, d'autre part,
S. mentella de l'unité 2 et de la
division 3O mettent en lumière le besoin
de faire un échantillonnage de base
plus exhaustif de ces eaux.
Pour de plus amples renseignements
Ce qui suit inclut de l'information pertinente
à trois stocks de sébaste (unités 1 et 2 et
division 3O). Les documents ont été
préparés lors de la réunion de l'évaluation
zonale, qui a eu lieu à Moncton du 14 au
16 novembre 2000.
Des membres de l'industrie ont participé à
ces examens. Ils ont présenté de nouvelles
données et ont grandement contribué à
l'interprétation des données qui ont été
présentées au cours de la réunion.
Les évaluations de chaque unité de gestion
suivent.
L'approche prise pour faire les évaluations
des unités 1 et 2 n'a pas fondamentalement
changé; elle a plutôt été adaptée de sorte à
inclure de nombreux renseignements et
enjeux nouveaux. Nous veillons à ce que
les changements apportés à la manière de
faire les évaluations de l'état des stocks
s'inscrivent dans le contexte d'une meilleure
compréhension de la ressource et des
pratiques de gestion actuelles plutôt que
d'autres variables possibles.
5
Région Laurentienne
Sébaste de l'unité 1
Sébaste de l'unité 1
Gulf of St, Lawrence Redfish Stock
Stock de sébaste du
golfe du
, Saint-Laurent
Unit 1 / Unité 1
Renseignements de base
Le sébaste du golfe du Saint-Laurent était
auparavant géré comme appartenant aux
divisions 4RST. En 1993, on a inclus dans l'unité
de gestion les sous-divisions 3Pn et 4Vn, de
janvier à mai, afin de tenir compte des
migrations d'hiver du sébaste dans ces secteurs.
La pêche est interdite dans les sous-divisions
3Pn et 4Vn en novembre et en décembre depuis
1995. Elle y était interdite en octobre 2000.
3K
4R
4S
4T
3Pn
4Vn
3L
3Ps
3O
3N
5Y
4X
5Zc
5Xe
4Vs
4W
,
All Year / Toute l'année
January-May / Janvier-mai
La pêche dirigée du sébaste dans l'unité 1 a été
interdite en 1995 en raison de la faible
abondance du stock et de l'absence de
recrutement important depuis le début des
années 80.
Figure 2. Carte du golfe du Saint-Laurent et des
régions avoisinantes montrant le stock de
sébaste de l'unité 1.
En réponse aux recommandations du CCRH
pour 1998 de recueillir plus de renseignements
sur le sébaste de l'unité 1, des relevés de
l'industrie du sébaste (RIS) ont été établis. Ils se
composent de deux volets, soit des relevés
scientifiques et des sorties de pêche indicatrice.
Les captures maximales de 1 000 t autorisées
en 1998 pour les RIS ont été portées à 2 000 t
en 1999 et maintenues à ce niveau en 2000.
•
•
Résumé
•
•
•
•
et en 2000, mais inférieures au niveaux
obtenus avant la fermeture de la pêche
en 1995.
Les indices provenant des relevés des
pêches sentinelles sont stables aussi
pour la période 1995-1999. La valeur
issue du relevé de l'été 2000 ne se
chiffre toutefois qu'à environ la moitié de
l'estimation de 1999.
Dans l'ensemble, les perspectives pour
ce stock demeurent mauvaises dans un
avenir rapproché.
Biologie
Les relevés des larves de sébaste effectués
dans le golfe du Saint-Laurent au cours des
quatre dernières années visaient à
déterminer
l'effet
des
conditions
océanographiques sur ce stade de vie. Les
résultats préliminaires révèlent que la
plupart des larves observées sont des S.
mentella, ce qui est en accord avec le fait
que la population de sébastes adultes dans
le Golfe se compose principalement de
cette espèce. Par contre, la population de
juvéniles était dominée par S. fasciatus au
cours des 20 dernières années (soit après
la classe d'âge 1980). Ceci semble indiquer
un faible taux de survie des larves de
S. mentella, qui pourrait être lié à la faible
L'indice de la biomasse issu des relevés
de recherche du MPO est stable bien
que se situant à un niveau faible depuis
1995.
Deux cohortes de juvéniles ont été
observées dans le relevé de recherche
du MPO de 2000, soit les classes 1996
et 1998. La plupart de ces sébastes
sont des S. fasciatus; elles semblent
peu abondantes en comparaison de la
classe d'âge 1988.
L'indice du taux de capture issu du
relevé par grille effectué par le GEAC a
révélé une tendance à la baisse de
1998 à 2000.
Les CPUE provenant de la pêche
indicatrice étaient semblables en 1999
6
Région Laurentienne
Sébaste de l'unité 1
température des eaux du Golfe observée
depuis la fin des années 80 (figure 3).
160000
140000
Prises (t)
120000
100000
Étragères
Canada
TAC Unité1
TAC 4RST
80000
60000
40000
20000
0
1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000
Année
Figure 4. Débarquements et TAC en tonnes.
État de la ressource
Figure 3. Fréquence des profils de températures
0
froids (minimum < 0 C) dans le golfe du SaintLaurent pour la période 1947-2000.
Depuis 1990, on effectue en aoûtseptembre
des
relevés
par
échantillonnage aléatoire stratifié du
poisson de fond dans les divisions 4RST à
bord du Alfred Needler (figure 5). L'indice
de la biomasse ainsi obtenu a baissé
constamment de 1990 à 1995. De 1996 à, il
est demeuré stable mais à un niveau faible.
Une
comparaison
aux
séries
chronologiques de l'indice de 1984 à 1989
du Lady Hammond a montré que le pic
d'abondance s'est manifesté en 1988 et
que l'indice de la biomasse avait diminué
depuis.
La pêche
La pêche du sébaste dans le golfe du
Saint-Laurent a été marquée par deux
périodes d'exploitation intense, la première
au début des années 70 et la deuxième
dans les années 90 (figure 4). Ces deux
périodes sont étroitement liées au
recrutement de fortes classes d'âge. Après
ces deux pics, les débarquements ont
rapidement chuté. Ces dernières années, ils
sont passés de 77 000 t en 1992
(anciennes unités de gestion) à environ
19 500 t en 1994. Le TAC du sébaste de
l'unité 1 a été fixé à 60 000 t en 1993 puis
réduit à 30 000 t en 1994. La pêche dirigée
du sébaste dans l'unité 1 a été interdite en
1995 en raison de la faible abondance du
stock et de l'absence de recrutement depuis
le début des années 80.
Pendant la période de déclin, la répartition
du sébaste est devenue plus restreinte et
les concentrations sont maintenant limitées
principalement à la région du détroit de
Cabot (figure 6) dans la division 4R et la
sous-division 3Pn
(considérée
comme
faisant partie de l'unité 2 à cette période).
Débarquements (en milliers de tonnes)
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Tonnes
('000)
Année Moy. Moy. 1996 1997 1998 1999 2000
70-76 77-94
2
2
2
TAC 0
0
1
2
2
Can. 78,6 38,8 0
0
0,3
1
1
Autres 3,3
0
0
0
0
0
0
Total 81,9 38,8 0
0
0,3
1
1
1
Données provisoires jusqu'en novembre 2000
2
Relevés de l'industrie du sébaste
Année
Figure 5. Indices de la biomasse issus des
relevés de recherche du MPO (en milliers de
tonnes).
7
Région Laurentienne
Sébaste de l'unité 1
disparaître graduellement avant que le
poisson atteigne la taille adulte.
2001
2000
Classe d'âge 1998
Classe d'âge 1996
1999
1998
1997
< 20
< 100
< 500
< 1000
> 1000 kg/tow
Année
<5
Figure 6. Distribution des prises de sébaste
observée lors du relevé de recherche du MPO
en août 2000.
1996
1995
1994
1993
Le nombre selon la longueur issu des
relevés d'été (figure 7) pour la période
1990-2000 révèle la présence de seulement
deux modes importants au début des
années 90,
qui
correspondent
respectivement aux classes d'âge 1980 et
1988. La première a dominé les captures
commerciales à la fin des années 80 et au
début des années 90. Selon les résultats
des relevés, la classe d'âge 1988 a
décliné rapidement après 1991. Depuis
1994, elle a presque disparu des captures
des relevés de recherche avant que le
sébaste atteigne la taille adulte.
Classe d'âge 1988
Classe d'âge 1980
1992
1991
1990
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Longueur (cm)
Figure 7. Distributions des longueurs issues des
relevés de recherche d'été (1990-2000).
Les relevés de l'industrie du sébaste ont
été entrepris en 1998 afin de recueillir des
renseignements additionnels sur l'état du
stock et la répartition de l'espèce.
Les taux de capture obtenus dans le cadre
du volet relevés par grille effectué par le
GEAC révèlent une tendance à la baisse en
1999 et en 2000 (figure 8). Des outils
géostatistiques, utilisés pour la première
fois, ont permis de corriger les effets journuit sur les taux de capture et de réduire la
variabilité des estimations de façon
significative.
Une nouvelle classe d'âge (1996) a été
observée pour la première fois lors du
relevé de 1998. Bien qu'elle soit nettement
moins abondante que la classe d'âge 1988
lorsque celle-ci s'est manifestée pour la
première fois, la classe d'âge 1996 est la
plus abondante qui ait été observée au
cours des six dernières années. Une
nouvelle classe d'âge (1998) a aussi été
observée lors du relevé de 2000.
Cependant, les dénombrements des rayons
de la nageoire anale des spécimens de ces
nouvelles classes d'âge indiquent que, à
l'instar de la classe d'âge 1988, la plupart
sont des S. fasciatus. Si la disparition d'une
classe d'âge est spécifique à l'espèce, les
classes d'âge 1996 et 1998 pourraient donc
8
Sébaste de l'unité 1
300
6
250
5
200
4
150
Tonnes/h
kg/trait
Région Laurentienne
100
2
50
0
1997
3
1
1998
1999
Année
2000
2001
0
1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000
Figure 8. Taux moyens de capture du sébaste
(kg/trait) observés lors des relevés GEAC par
grille effectués entre 1998 et 2000 dans 4RST,
tels qu'estimés par analyse géostatistique. Les
taux de capture ont été corrigés pour les
différences de capturabilité jour-nuit.
Année
Figure 9. Taux de capture normalisés (CPUE)
des bateaux > 100 pieds de longueur utilisant un
chalut de fond entre mai et octobre pour faire la
pêche commerciale (1981 à 1994) et des sorties
de pêche indicatrice (1999 et 2000).
Le volet "sorties de pêche indicatrice" a
été réalisé par plusieurs chalutiers au cours
de l'été et de l'automne 1999 et 2000 dans
les divisions 4RST au moyen d'un chalut à
panneaux semblable à l'engin utilisé pour la
pêche avant 1994. La plus grande partie
des activités de pêche a eu lieu de la mijuin à juillet le long des deux pentes du
chenal Laurentien, au sud-est de l'île
d'Anticosti.
1
0.9
0.8
Tonnes/h
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
Année
Les taux de capture normalisés des
bateaux de plus de 100 pieds de longueur
étaient plus faibles qu'avant la fermeture de
la pêche (figure 9). Ceux des petits
chalutiers étaient faibles aussi par rapport
aux taux observés avant la fermeture de la
pêche dirigée (figure 10). Les taux de
capture réalisés par les deux flottilles en
1999 et 2000 étaient semblables. De plus,
en 2000, la plupart des bateaux ont cessé
de faire des sorties de pêche indicatrice au
début d'août parce qu'ils avaient de la
difficulté à trouver du sébaste dans le Golfe.
Seulement la moitié du TAC de sébaste a
été capturée en 1999 et en 2000 en raison
des faibles taux de capture. Mais un bateau
pêchant un chalut semi-pélagique dans le
sud de 4R en septembre 2000 a obtenu de
très bons taux de capture.
Figure 10. Taux de capture normalisés (CPUE)
des bateaux < 65 pieds de longueur utilisant un
chalut de fond entre mai et octobre pour faire la
pêche commerciale (1986 à 1994) et des sorties
de pêche indicatrice (1999 et 2000).
La taille élevée des sébastes capturés lors
des sorties de pêche indicatrice indique
qu'ils sont issus principalement de la classe
d'âge 1980, qui a alimenté la pêche au
début des années 90. Les classes d'âge qui
suivent ont peu contribué aux prises.
Des relevés par pêche sentinelle ciblant
la morue de 4RS3Pn ont été effectués par
de petits chalutiers depuis août 1995. Ces
relevés
permettent
d'obtenir
des
renseignements sur le sébaste de l'unité 1
étant donné que la division 4T est aussi
couverte. Six de ces relevés ont eu lieu au
cours de l'été (juillet-août 1995 et juillet en
1996-2000) et cinq à l'automne (novembre
9
Région Laurentienne
Sébaste de l'unité 1
1995 et octobre en 1996-1999), alors que le
sébaste de l'unité 1 pourrait
avoir
commencé sa migration vers l'entrée du
Golfe. Ces relevés révèlent une abondance
plus ou moins stable depuis 1995
(figure 11). La valeur issue du relevé d'été
de 2000 ne se chiffre toutefois qu'à environ
la moitié de l'estimation de 1999.
Tonnes (en milliers)
300
cours du relevé d'été de 1999 et à nouveau
en 2000.
Une comparaison des résultats des
relevés de recherche, des relevés par
pêche sentinelle et des relevés de
l'industrie révèle que la distribution des
prises au cours des premières années des
relevés de recherche du MPO (au début
des années 90) était semblable à celle
observée lors des relevés par pêche
sentinelle et des relevés par grille effectués
par le GEAC en juillet-août depuis 1995
mais qu'elle se rapprochait, à partir de
1993, de celle des relevés par pêche
sentinelle effectués en octobre-novembre
étant donné que les prises les plus fortes
ont été réalisées dans le sud de 4R et dans
3Pn (qui faisait partie de l'unité 2 à ce
moment-là). Le relevé de recherche mesure
donc peut-être une abondance réduite et
une migration hâtive. La baisse de
l'abondance au début des années 90 est
cependant clairement marquée.
Été
Automne
250
200
150
100
50
0
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
Année
Figure 11. Indices de la biomasse issus des
relevés par pêche sentinelle (en milliers de
tonnes).
Les indices de la biomasse issus des
relevés d'été par pêche sentinelle sont
entre deux à trois fois plus élevés que ceux
tirés du relevé effectué par l'Alfred Needler,
environ un mois plus tard. L'écart peut être
attribuable à des différences dans les
engins utilisés et la conception des relevés,
qui peuvent avoir une incidence sur les
estimations de la biomasse.
Point de vue de l'industrie
De nombreux pêcheurs qui ont participé au
programme de sorties de pêche indicatrice
étaient déçus des résultats des relevés
d'été des deux dernières années : faibles
taux de capture et répartition limitée du
sébaste dans le Golfe en comparaison au
régime historique. Ils ont mentionné que
des gros sébastes (> 40 cm) ont été
capturés en eau profonde en 2000 (200250 brasses). D'après la longueur et la
couleur de ces poissons, ce sont soit des
S. marinus ou des S. mentella issus des
abondantes classes d'âge du début des
années 70. De nombreux participants à la
pêche indicatrice ont aussi signalé la
présence d'une plus grande quantité de
vers dans les prises de sébaste.
Les indices de la biomasse issus des
relevés d'automne par pêche sentinelle
étaient beaucoup plus faibles que ceux des
relevés d'été. Cet écart peut être attribuable
à l'effet combiné des déplacements du
sébaste dans la région du détroit de Cabot
et aux changements dans la disponibilité
saisonnière du sébaste aux chaluts de fond.
Les fréquences des longueurs tirées de
tous les relevés par pêche sentinelle ont
révélé que les poissons capturés au cours
des relevés d'automne étaient de plus
grande taille. La classe d'âge 1996 a aussi
été échantillonnée pour la première fois au
Des pêcheurs ont signalé des prises
accessoires de petits sébastes dans les
prises de crevettes récoltées dans le chenal
Esquiman, malgré l'utilisation de la grille
Nordmore.
Ceci
peut
indiquer
un
recrutement nouveau à la population de
10
Région Laurentienne
Sébaste de l'unité 1
sébaste. Les données des observateurs sur
la pêche de la crevette devraient être
examinées en vue d'identifier le volume de
ces prises accessoires; si elles sont
élevées, des mesures devraient être prises
afin de minimiser l'impact de la pêche de la
crevette sur le recrutement du sébaste.
mélange du sébaste des deux unités en
hiver et de l'absence de caractéristiques
permettant de le discerner, il est impossible
d'établir l'impact relatif des pêches de la fin
de l'automne et d'hiver dans 3Pn et dans le
détroit de Cabot sur les stocks des unités 1
et 2. La conservation de ces derniers
requière donc que nous continuons à
prendre des mesures pour prévenir
l'exploitation du sébaste lorsqu'il se
mélange.
Problème
encore
plus
fondamental l'absence d'une différentiation
génétique du sébaste des deux unités et la
similitude entre la production passée
d'abondantes classes d'âge soulèvent des
questions au sujet de leur gestion comme
des unités de production distinctes. Cela est
particulièrement important du fait que la
seule importante biomasse de mentella
reproducteurs connue est constituée de ce
qui reste de la classe d'âge 1980 dans les
deux unités. L'impact à long terme sur le
recrutement futur aux deux unités qu'aura la
pêche du sébaste de l'unité 2, qui cible
surtout les S. mentella de la classe d'âge
1980 à l'heure actuelle, est inconnu.
Sources d'incertitude
Les trois séries de relevés (relevés de
recherche du MPO, relevés par pêche
sentinelle et relevés du GEAC) donnent une
idée quelque peu différente des récentes
tendances de l'état du stock. Il faut se
rappeler que les relevés ne sont pas tous
effectués au même moment et que la
répartition du sébaste dans le Golfe et dans
la colonne d'eau sera donc quelque peu
différente. Toute variation dans les
déplacements verticaux ou les migrations
saisonnières aller-retour dans le détroit de
Cabot sera par conséquent confondues
avec des changements dans l'abondance
du sébaste. Il devient alors très difficile de
déterminer
quels
relevés
donnent
l'indicateur le plus fiable des tendances de
l'abondance.
En dernier lieu, à cause de la disparition de
la classe d'âge 1988, identifiée comme des
S. fasciatus, il n'est pas certain si les
classes d'âge 1996 et 1998 survivront et
contribueront à la population adulte étant
donné qu'elles sont aussi identifiées comme
étant des S. fasciatus.
Les résultats d'études génétiques
présentés lors de l'atelier de travail du
Programme pluridisciplinaire du sébaste
indiquent que, bien que le sébaste des
unités 1 et 2 peut être facilement distingué
de celui des zones voisines, il n'existe
aucune différence dans le profil génétique
des populations des unités 1 et 2 dans le
cas des deux espèces de sébaste qui
fréquentent ces eaux. Il existe en outre une
forme « hybride » dans les deux zones qui
n'a pas été observée ailleurs.
Perspectives
Après la baisse de l'indice de la biomasse
issu des relevés de recherche du MPO
menés au début des années 90, celui-ci
s'est stabilisé à un faible niveau depuis
1995. Les indices tirés des relevés par
pêche sentinelle montrent aussi une
abondance stable pendant la période 19951999.
Ces études sous-entendent que le
croisement du sébaste des unités 1 et 2 se
produit à un taux suffisant pour rendre les
populations
indiscernables
au
plan
génétique, bien que ce taux puisse être
faible. Les conséquences de ce mélange
requièrent un examen sérieux et un
éclaircissement au plan d'au moins deux
aspects de leur gestion. À cause du
Les nouvelles classes d'âge (1996 et 1998)
observées lors des relevés de recherche du
MPO et des relevés par pêche sentinelle
pourraient être plus abondantes que les
classes d'âges des années 90 précédentes,
11
Région Laurentienne
Sébaste de l'unité 1
bien que cette abondance soit très faible
par rapport à la classe d'âge 1988, qui a
presque disparu de la population. De plus,
ces classes d'âge ne seront recrutées à la
population adulte que vers 2005 à 2007. En
général, les prévisions pour ce stock
demeurent mauvaises dans un avenir
rapproché.
Pour de plus amples renseignements
Plourde,
J.
2001.
Conditions
océanographiques dans le golfe du
Saint-Laurent en 2000. RES
Morin, B., B. Bernier, R. Camirand,
D. Bernier et H. Bourdages. 2001.
L'état du sébaste de l'unité 1 (golfe du
Saint-Laurent). Doc. Rech du MPO
01/001
Rédigé par
Bernard Morin
Institut Maurice-Lamontagne
C. P. 1000
Mont-Joli (Québec)
G5H 3Z4
Tél. : (418) 775-0695
Fax : (418) 775-0740
Courriel : MorinB@dfo-mpo.gc
12
Région de Terre-Neuve
Sébaste de l'unité 2
Laurentian
, Channel Redfish Stock
Stock de Sébaste du
,
chenal Laurentien
,
Unit 2 / Unité 2
Sébaste de l'unité 2
Renseignements de base
4R
4S
L'unité 2 de gestion du sébaste a été mise en
vigueur en 1993. Les ressources de cette région
(3Ps4Vs, 3Pn4Vn-juin à décembre et 4Wfgj de
l'OPANO) étaient jusque là gérées séparément,
soit comme le stock de 3P et une partie du stock
de 4VWX.
3K
4T
3Pn
4Vn
3L
3Ps
3O
3N
5Y
4X
Le premier quota de l'unité 2 a été fixé à 28 000 t
en 1993. Le TAC a été réduit successivement
jusqu'à 10 000 t pour 1996, aux fins de la
conservation, et a été maintenu à ce niveau pour
1997. Il a été porté à 11 000 t pour 1998.
Initialement fixé à 12 000 t pour 1999, on l'a
rajusté à la hausse, pour le porter à 18 240 t, et
maintenu à ce niveau jusqu'au 31 mars 2000
afin de permettre la transition à un TAC s'étalant
er
du 1 avril au 31 mars. Le TAC pour 2000-2001
a été fixé à 10 000 t.
5Zc
5Xe
4Vs
4W
,
All Year / Toute l'année
,
June-December / juin-décembre
Figure 12. Carte montrant l'unité de gestion 2 du
sébaste.
Résumé
•
En 1995, des interdictions de zone/saison sont
entrées en vigueur (i) en vue de réduire au
minimum les chevauchements possibles du
sébaste de l'unité 1, compte tenu du peu de
compréhension des régimes migratoires du
sébaste, et (ii) afin d'allouer une période de
fermeture durant laquelle la ponte maximale est
le plus susceptible de se produire. Le protocole
relatif aux petits poissons, qui se situe
actuellement à 22 cm (10 po), avait été fixé
initialement à 25 cm afin de protéger la classe
d'âge 1988, qui semblait être celle qui
contribuerait le plus à la population exploitable.
•
•
•
•
13
Les relevés du MPO réalisés entre 1994
et 1997 et en 2000 semblent indiquer
que la ressource était stable. Les
relevés du GEAC réalisés en 1997 et
1998 appuient cette conclusion, mais
indiquent une certaine baisse par la
suite.
La classe d'âge 1988 contribue de plus
en plus à la population adulte, mais est
moins abondante que la classe d'âge
1980.
La pêche continue à cibler la classe
d'âge 1980, composante la plus
importante de la population de géniteurs
Cette classe d'âge constituait 60 % de
la biomasse du relevé du MPO de 2000.
Le relevé du MPO de 2000 indique un
recrutement
au
stock
issu
principalement des classes d'âge 1994
et 1998. Celles-ci sous-tendaient 35 %
de l'indice d'abondance du relevé, mais
il faudra encore plusieurs années avant
qu'elles contribuent à la pêche ou à la
biomasse de géniteurs.
On se pose encore des questions sur la
structure et le mélange des stocks dans
les unités 1 et 2.
Région de Terre-Neuve
Sébaste de l'unité 2
4Vn, tandis que ceux de Terre-Neuve ont
concentré leurs activités dans les sousdivisions 3Ps et 3Pn.
La pêche
De 1960 à 1968, les débarquements se
chiffraient à environ 20 000 t; ils ont par la
suite augmenté jusqu'en 1975, pour
atteindre une moyenne de 43 000 t, en
raison principalement de l'augmentation des
prises par les flottilles étrangères. Par la
suite, les prises ont chuté pour se chiffrer,
en 1984, au niveau le plus bas enregistré,
soit 8 100 t.
60000
55000
50000
45000
40000
35000
30000
25000
20000
15000
10000
5000
0
Depuis 1996, environ 50 % des prises
totales a été récolté au cours du premier
trimestre, principalement dans 3Psd, 3Psg
et 4Vsc.
L'échantillonnage des prises en 2000 a
révélé que la plupart étaient composées de
poisson mesurant entre 32 cm (13 po) et
35 cm (14 po), dont la plus grande partie
provient de la classe d'âge 1980. Ceci
correspond étroitement à la pêche de 1998
et de 1999. La classe d'âge 1988 était très
peu représentée dans les prises.
État de la ressource
60 62 64 66 68 70 72 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00
Année
Canada
Autres
TAC
Figure 13. Prises signalées et TAC (en tonnes).
Les
prises
ont
ensuite
augmenté
régulièrement, pour atteindre 27 000 t en
1993, avant de redescendre à environ
10 000 t en 1997 en raison des réductions
de TAC (figure 13). Les prises se chiffraient
à environ 11 000 t en 1998 et en 1999. Au
début de novembre 2000, environ 4 400 t
du TAC pour 2000-2001 avaient été
récoltées.
Débarquements (en milliers de tonnes)
2
Année Moy. Moy. 1996 1997 1998 1999 20001
70-76 77-95
2001
TAC
10
10
11 18.2
10
Can.
21
17
9,4
9,7 10,2 10,9
4,4
Autres
20
1
0
0,3
0,4
0,4
0
Total
41
18
9,4
10 10,6 11,3
4,4
1
Données provisoires jusqu'au 2 novembre 2000.
2
Prises de 1999. TAC rajusté jusqu'au 31 mars 2000.
Indices de la taille du stock
L'été est la saison où l'on considère que le
sébaste de cette unité est le plus distinct du
poisson de l'unité 1. La série de relevés de
recherche du MPO réalisés au chalut dans
les sous-divisions 3Ps, 3Pn, 4Vs et 4Vn
durant l'été, de 1994 à 1997 et en 2000, a
révélé que l'indice de la biomasse totale
(figure 14, toutes tailles confondues, en
milliers de tonnes métriques) est demeuré
stable de 1994 à 2000. Les estimations
issues des relevés faits de 1994 à 1997 ont
été révisées à la hausse d'environ 9 %
d'après de meilleures estimations de la
performance des chaluts lors de cette série
de relevés. Cinq nouvelles strates, se
prolongeant dans 3Ps dans les eaux
littorales de la baie Hermitage, ont été
couvertes lors du relevé de 2000. Ces
strates
représentaient
environ
4%
(10 000 t) de l'estimation de la biomasse du
relevé, ce qui n'est pas considéré comme
une forte incidence sur la comparabilité de
la série de relevés.
Les données acoustiques recueillies
pendant le relevé semblent indiquer que le
sébaste se tenait près du fond lors de la
plupart des traits; la plus grande partie a été
détectée en deçà de la hauteur de pêche
effective (4 à 5 m) du chalut de relevé. La
Depuis l'établissement, en 1977, de la limite
des
200 milles,
les
captures
sont
principalement
le fait
des
flottilles
canadiennes. Les bateaux des Maritimes
ont dans l'ensemble effectué la plupart des
débarquements des sous-divisions 4Vs et
14
Région de Terre-Neuve
Sébaste de l'unité 2
disponibilité moyenne au chalut a été
estimée comme se chiffrant à environ 80 %
lors du relevé de 2000.
d'âge 1988 semble avoir chuté de façon
importante pendant les années 90.
2001
Classe d'âge 1998
450000
400000
2000
Tonnes
350000
1994
1988
1980
300000
250000
Pas de relevé en 1999
1999
200000
150000
Pas de relevé en 1998
1998
100000
Année
50000
0
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
1997
Classe d'âge 1994
Figure 14. Indices de la biomasse issus du
relevé de recherche du MPO.
1996
1995
Les distributions des longueurs tirées de
ce relevé étaient dominées par quatre
modes, les pics étant de 10 cm (4 po), 1819 cm (7 po), 25-26 cm (10 po) et 33-34 cm
(13 po), correspondant respectivement aux
classes d'âge 1998, 1994, 1988 et 1980
en 2000 (figure 15). Environ 35 % des
prises du relevé se composaient des
classes d'âge 1994 et 1998 et 30 %, de la
classe d'âge 1980. Celle-ci, qui constituait
la masse des prises commerciales dans les
années 90, constituait par contre 60 % de la
biomasse récoltée dans le cadre du relevé.
1994
Classe d'âge 1988 Classe d'âge 1980
1993
0
5
10
15
20
25
30
Longueur (cm)
35
40
45
50
Figure 15. Indices de l'abondance selon la
longueur issus du relevé de recherche du MPO.
En août 2000, un relevé aléatoire stratifié
de l'industrie a été réalisé par le GEAC
dans l'unité 2. C'était le quatrième relevé du
genre en autant d'années. Le relevé de
1997 a été effectué au début de décembre
et les relevés 1998-2000, en août et
septembre. Lors des trois premiers relevés,
la pêche a été effectuée au moyen d'un
engin de pêche commerciale typique muni
d'un cul-de-chalut à mailles de 108 mm de
sorte à échantillonner la population
commercialement exploitable. En 2000, une
jupette a été installée dans le cul-de-chalut
pour donner une idée des tailles qui seront
recrutées. L'impact sur la comparabilité aux
relevés effectués de 1997 à 1999 était
minime. Le relevé de 1997 a été effectué au
cours d'une saison différente et il pourrait
chevaucher l'unité 1 dans une certaine
mesure. L'indice de la biomasse (figure 16)
révèle une tendance à la baisse, surtout
depuis 1998. L'estimation faible issue du
relevé de 1999 est peut-être imputable en
partie au fait que certaines strates de forte
densité n'ont pas été échantillonnées.
On dispose des résultats de trois autres
relevés aléatoires stratifiés du poisson
de fond, cependant, ils sont d'une faible
utilité pour déterminer l'état de la ressource
de l'unité 2, car chacun de ces relevés ne
porte que sur une partie seulement de la
région où se trouve la ressource. Cette
situation rend difficile l'interprétation des
tendances apparentes avec le temps car
elles peuvent ne pas correspondre aux
changements qui se sont produits dans
toute l'unité de gestion; toutefois, elles
peuvent révéler les mouvements d'entrée et
de sortie dans les secteurs examinés.
Néanmoins, ces séries sont conformes aux
relevés de l'unité 2 pour ce qui est de la
distribution des longueurs et des tendances
générales. D'après un examen des résultats
de ces relevés, l'abondance de la classe
15
Région de Terre-Neuve
Sébaste de l'unité 2
septembre dans les eaux en deçà de
12 milles des côtes, près de Port aux
Basques. La plus grande partie des
débarquements se compose encore de
gros sébastes de plus de 30 cm de
longueur, bien que des sébastes plus petits
aient été capturés dans 3Pn et 4Vsc. Des
pêcheurs ont en outre trouvé dans 3Psa
des bancs de très gros sébastes (45-50 cm)
qui affichaient les caractéristiques de
S. marinus plutôt que de très vieux
S. mentella, mais leur valeur commerciale
est moindre.
1200000
Tonnes
1000000
800000
600000
Série1
400000
200000
0
1997
1998
1999
2000
Figure 16. Indices de la biomasse issus des
relevés du GEAC.
Les relevés ont régulièrement indiqué la
présence des classes d'âge 1980 et 1988.
La proportion relative de la classe
d'âge 1988 dans les prises de tous les
relevés était plus faible que dans le cas de
la classe d'âge 1980. Le relevé de 2000 a
aussi indiqué la présence de la classe
d'âge 1994, mais la classe d'âge 1980
dominait dans les prises. Cette dernière
constituait 79 % des prises et 92 % de la
biomasse récoltées dans le cadre du relevé
GEAC de 2000.
La pêche continuera probablement à cibler
la classe d'âge 1980 en raison de la
demande du marché pour du gros poisson,
même si la classe d'âge 1988 est
commercialement exploitable.
Sources d'incertitude
La pêche commerciale continue à cibler la
classe d'âge 1980. Bien que la taille
absolue de la classe d'âge 1988 soit
inconnue, celle-ci est maintenant en grande
partie exploitable, bien que son abondance
relative dans tous les relevés porte encore
à croire qu'elle n'est pas aussi forte que la
classe d'âge 1980, qui alimente la pêche
depuis maintenant dix ans. On a donc
moins d'attentes quant au rendement global
de la classe d'âge 1988. Les causes de la
réduction apparente, malgré un faible taux
d'exploitation, de l'abondance de cette
classe d'âge, telle qu'estimée par deux
relevés
indépendants,
sont
aussi
inconnues.
Point de vue de l'industrie
En raison des changements survenus dans
les régimes de pêche par suite de la
redéfinition des unités de gestion en 1993,
des interdictions de saison introduites en
1995 ainsi que des protocoles relatifs aux
petits poissons (taille minimum de 22 cm),
l'industrie a de la difficulté à établir un lien
entre ses expériences passées et la
situation actuelle.
En 2000, la plupart des gros bateaux ont
pêché dans 3Psg et 4Vsc. Moins de
sébaste a été pris dans 3Psd que les trois
années précédentes. Les taux de capture
ont baissé au début de l'hiver à cause des
conditions météorologiques exceptionnelles
en mer. Les gros bateaux ciblent le sébaste
de l'unité 2 surtout de novembre au début
d'avril; les petits bateaux, qui peuvent
commencer à pêcher en avril, pêchent
surtout dans 3Pn et 4Vn de juillet à
septembre. Les pêcheurs côtiers ont
signalé de bons taux de capture en août et
Les résultats d'études génétiques présentés
lors de l'atelier de travail de 1999 sur le
Programme pluridisciplinaire du sébaste
indiquent que, bien que le sébaste des
unités 1 et 2 peut être facilement distingué
de celui des zones voisines, il n'existe
aucune différence dans le profil génétique
des populations des unités 1 et 2 dans le
cas des deux espèces de sébaste qui
fréquente ces eaux. Il existe en outre dans
les deux zones une forme « hybride » qui
n'a pas été observée ailleurs.
16
Région de Terre-Neuve
Sébaste de l'unité 2
Facteurs environnementaux
Ces études sous-entendent que le
croisement du sébaste des unités 1 et 2 se
produit à un taux suffisant pour rendre les
populations
indiscernables
au
plan
génétique, bien que ce taux puisse être
faible. Les conséquences de ce mélange
requièrent un examen sérieux et un
éclaircissement aux fins de deux aspects de
la gestion. À cause du mélange du sébaste
des deux unités en hiver et de l'absence de
caractéristiques permettant de le discerner,
il est impossible d'établir l'impact relatif des
pêches de la fin de l'automne et d'hiver
dans 3Pn et dans le détroit de Cabot sur les
stocks des unités 1 et 2. La conservation de
ces derniers requière donc que nous
continuons à prendre des mesures pour
prévenir l'exploitation du sébaste lorsqu'il se
mélange.
Plus
fondamentalement,
l'absence d'une différentiation génétique du
sébaste des deux unités et la similitude
entre la production passée d'abondantes
classes d'âge soulèvent des questions au
sujet de leur gestion comme des unités de
production
distinctes.
Ceci
est
particulièrement important parce que la
seule forte biomasse de S. mentella
reproducteurs connue est constituée de ce
qui reste de la classe d'âge 1980 dans les
deux unités. L'impact à long terme qu'aura
la pêche du sébaste de l'unité 2, qui cible
actuellement surtout les S. mentella de la
classe d'âge 1980, sur le recrutement futur
aux deux unités est inconnu.
La température de l'eau au début des
o
années 90 pouvait être jusqu'à 1 C sous la
moyenne dans 3Ps et 3Pn. À partir de
1995, le temps s’est réchauffé et la
superficie des Bancs montrant des eaux
plus chaudes a aussi commencé à
accroître. En 1999 et 2000, la température
au fond était plus élevée que la moyenne à
long terme. Comme les conditions récentes
sont plus représentatives d'un habitat
adéquat pour le sébaste de l'unité 2, il se
peut que le recrutement s'améliore. Les
incidences éventuelles sur le recrutement
du sébaste d'une température de l'eau plus
élevée ne se manifesteront dans les
données de relevé que dans plusieurs
années.
Le relevé du MPO de 2000 a confirmé la
présence de la classe d'âge 1994 et a
décelé
la
classe
d'âge 1998.
Les
caractéristiques biologiques des prises
semblent indiquer que ces deux classes
d'âge, ainsi que celle de 1988, se
composent presque exclusivement de
S. fasciatus, espèce fréquentant des eaux
moins profondes. Les effectifs des classes
d'âge de S. mentella depuis 1980 sont
apparemment très bas.
On considère que le taux d'exploitation
actuel du sébaste de l'unité 2 est encore
assez faible. Mais comme la pêche à
l'heure actuelle cible presque exclusivement
ce qui reste de la classe d'âge 1980 de
S. mentella, on peut s'attendre à une baisse
de la biomasse du stock reproducteur d'ici
un an ou deux. Les perspectives du stock et
de la pêche au cours des prochaines
années dépendent fortement de la
contribution de la classe d'âge 1988 au
potentiel de reproduction et au rendement,
respectivement. Il faudra donc surveiller la
situation de près au cours des prochaines
Perspectives
Les prises commerciales actuelles, y
compris celles réalisées jusqu'à maintenant
en 2000, sont composées principalement
de la classe d'âge 1980, que l'on exploite
depuis environ dix ans. La classe d'âge
1988
est
maintenant
entièrement
exploitable d'après la taille, mais elle n'a
pas été exploitée dans la mesure prévue en
raison de la situation du marché, qui a fait
que les gros poissons ont été ciblés.
Il est probable que la demande du marché
pour du gros poisson se maintiendra, ce qui
signifie que la classe d'âge 1980 continuera
d'être ciblée.
17
Région de Terre-Neuve
Sébaste de l'unité 2
années, et les mesures de gestion prises à
l'avenir devraient tenir compte des résultats
de ce contrôle.
Pour de plus amples renseignements
Power, D. and F. Mowbray. 2000. The
status of Redfish in Unit 2. CSAS Res.
Doc. 2000/136.
Rédigé par
Don Power
Centre des pêches de l'Atlantique
nord-ouest
Pêches et Océans Canada
C. P. 5667
St. John’s (Terre-Neuve)
A1C 5X1
Tél. :
(709) 772-4935
Fax :
(709) 772-4188
Courriel : PowerD@dfo-mpo.gc.ca
18
Région de Terre-Neuve
Sébaste de la division 3O
Sébaste de la division 3O
Renseignements de base
3K
Traditionnellement, l'industrie canadienne ne
s'est jamais beaucoup intéressée au sébaste de
ce secteur à cause de la taille relativement petite
des poissons se trouvant dans les zones
chalutables. Depuis peu, à cause du déclin des
autres ressources en poisson de fond et à cause
du développement du marché des petits
sébastes, on a observé un intérêt accru pour la
pêche dans ce secteur.
4S
4T
3Pn
4Vn
3L
3Ps
3O
4X
5Zc
5Xe
Le TAC est fixé par le Canada et imposé aux
flottilles canadiennes et à celles des pays qui ont
des ententes de commerce bilatérales.
3N
4Vs
4W
Figure 17. Carte montrant la zone du stock de
sébaste de la division 3O.
En 1974, on a mis en oeuvre pour la première
fois sur ce stock, un TAC de 16 000 t. Le TAC a
été porté à 20 000 t en 1978, pour se situer
généralement à ce niveau jusqu'en 1987. Il a été
réduit à 14 000 t en 1988 et il a été maintenu à
ce niveau jusqu'en 1994, alors qu'il a été abaissé
à 10 000 t par mesure de précaution. Il a été
maintenu à ce niveau jusqu'en 1999, lorsqu'il a
été rajusté à la hausse, pour le porter à 10 240 t,
et maintenu à ce niveau jusqu'au 31 mars 2000
afin de permettre la transition à un TAC s'étalant
er
du 1 avril au 31 mars. Le TAC pour 2000-2001
a été fixé à 10 000 t. En 1995, on a adopté une
limite de 22 cm pour les petits poissons de ce
stock à l'intérieur de la zone des 200 milles. Le
TAC actuel est divisé en un quota canadien
(8 500 t) et un quota français (Saint-Pierre et
Miquelon – 1 500 t).
Résumé
•
•
•
Les prérecrues de sébaste, dépistées
par relevés au cours des années 90, ont
maintenant atteint une taille où elles ont
pu
contribuer
aux
captures
commerciales en 1998 et les années
suivantes.
Les prises réduites en 1999 sont le
résultat du manque d'intérêt pour du
poisson de petite taille.
Bien que variables, les résultats des
relevés récents indiquent que des prises
d'environ 10 000 t sont viables.
La pêche
Depuis 1960, les prises nominales
(figure 18) se situent entre 3 000 t et
35 000 t. Jusqu'en 1986, elles étaient en
moyenne de 13 000 t, ont augmenté à
27 000 t en 1987 et à 35 000 t en 1988,
dépassant les TAC de 7 000 t et 21 000 t,
respectivement. Les captures ont ensuite
chuté à 13 000 t en 1989 et se sont
maintenues à peu près à ce niveau chaque
année jusqu'en 1993. La capture d'environ
5 400 t en 1994 était attribuable à une
réduction des allocations étrangères. Les
prises se sont maintenues à peu près à ce
niveau jusqu'en 1997. Les prises totales en
1998 et 1999 ont dépassé 12 500 t, en partie
à cause de l'activité de pêche étrangère
Environ 10 % de la zone du stock se trouve à
l'extérieur de la zone économique exclusive
(ZEE) de 200 milles du Canada où la pêche
n'est pas réglementée. Entre 1985 et 1995, les
estimations des prises étrangères non déclarées
ont varié entre 400 t (1995) et 24 000 t (1988).
De 1996 à 1998, la moyenne se chiffrait à 300 t.
19
Région de Terre-Neuve
Sébaste de la division 3O
accrue à l'extérieur de la zone des
200 milles. Environ 9 000 t avaient été
récoltées à la fin de septembre 2000.
avaient signalé la capture d'environ 5 500 t.
Le Canada, qui s'est peu intéressé à la
pêche dans ce secteur en raison de la
petite taille des sébastes, a débarqué moins
de 200 t par année de 1983 à 1991; il a
capturé 1 600 t en 1994, mais les prises ont
chuté à environ 100 t en 1995. Les
fluctuations des prises canadiennes, soit
entre 2 000 t et 9 000 t depuis 1995, sont
liées aux marchés variables du sébaste
près de la limite de 22 cm établie dans le
protocole relatif aux petits poissons.
Prises (en milliers de tonnes)
2
1
Année Moy. Moy. 1996 1997 1998 1999 2000
70-76 77-95
3
TAC
18
10
10
10
10
10
Canada
1
1
7 2,5
9
2
2
4
Autres
14
13
3 2,5
5
10
7
Total
15
14
10 5,0
14
12
9
1
Données provisoires
2
TAC canadien pour 1999 (ajusté à 31 mars 2000)
3
TAC canadien
4
Inclut les estimations des prises non déclarées
La pêche se déroule principalement au
cours des deuxième et troisième trimestres
de l'année depuis 1983. Récemment, les
prises canadiennes ont été réalisées au
cours de la deuxième moitié de l'année. Le
moyen de capture privilégié, du milieu des
années 70 au début des années 80, était le
chalut à panneaux de fond. Depuis 1984,
on note une hausse de l'emploi du chalut
semi-pélagique, bien que le chalut de fond
domine toujours.
35000
Prises (tonnes)
30000
25000
20000
15000
10000
5000
0
60 62 64 66 68 70 72 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98 00
Les données sur la distribution des
longueurs des prises de 2000 réalisées
jusqu'à maintenant indiquent que celles-ci
se composent surtout de poissons
mesurant entre 22 et 27 cm de longueur.
Les données issues de l'échantillonnage
des prises du Portugal indiquent que la
plupart de celles-ci se composaient, en
1999, de poissons mesurant entre 21 et
26 cm de longueur.
ANNÉE
Canada
Autres
TAC
Figure 18. Prises nominales de sébaste dans la
division 3O
La Russie a dominé cette pêche jusqu'en
1993. De 1985 à 1993, les prises russes se
chiffraient entre 3 800 t et 7 200 t. La Russie
et Cuba, touchés par la réduction et
l'élimination éventuelles, par le Canada, des
allocations étrangères ne pêchent plus dans
ce secteur depuis 1995 et 1993,
respectivement, mais la Russie a repris la
pêche en 2000.
État de la ressource
Des relevés aléatoires stratifiés du
poisson de fond ont lieu au printemps et à
l'automne dans la division 3O depuis 1991,
à des profondeurs allant jusqu’à 730 m.
Les prises réalisées par le Portugal, qui a
commencé à pêcher dans la zone limitée du
stock à l'extérieur de la ZEE en 1992, ont
atteint un pic de 4 700 t en 1995, ont chuté à
900 t dès 1997, ont augmenté à 1 900 t en
1998 pour ensuite grimper à 5 400 t en 1999.
L'Espagne, qui avait récolté moins de 50 t
avant 1995, a capturé 1 200 t en 1997,
1 900 t en 1998 et plus de 4 500 t en 1999. À
la fin de septembre 2000, les pays de l'EU
L'indice du printemps laisse supposer que
le stock pourrait avoir augmenté au début
des années 90, mais qu'il s'est stabilisé
autour de 100 000 t depuis 1994. La faible
valeur en 1997 est considérée comme une
anomalie au niveau de l'échantillonnage. Le
relevé d'automne appuie généralement
cette tendance. Les nouvelles données
20
Région de Terre-Neuve
Sébaste de la division 3O
issues des relevés du printemps et de
l'automne 2000 continuent à indiquer que
l'état du stock ne s'est pas amélioré, celui-ci
s'étant peut-être même détérioré quelque
peu.
Point de vue de l'industrie
En 2000, les pêcheurs commerciaux ont
concentré leurs activités dans 3Oe. Certains
bateaux ont réalisé des taux de capture
aussi élevés que 8 000 lb par heure, soit des
taux plus de trois fois ceux de 1998. Les
sébastes typiquement petits qui alimentaient
cette pêche par le passé étaient encore
présents dans les prises. Un capitaine a noté
la présence d'un plus grand nombre de
poissons de moins de 22 cm de longueur
dans les prises récoltées en octobrenovembre. Le total des débarquements était
inférieur aux quotas à cause de la demande
limitée pour la perche de 3O. Un pêcheur a
signalé que la température de l'eau dans ce
o
secteur atteignait en octobre 5,5 C au fond
o
et 15,5 C à la surface. Ces niveaux sont
généralement plus élevés que par les
années passées, en particulier dans le cas
de la température de la surface.
Printemps
1400000
1200000
1000000
800000
600000
400000
200000
0
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Automne
1200000
1000000
800000
600000
400000
200000
0
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Sources d'incertitude
Les fréquences des longueurs issues des
relevés indiquent la présence, à de petites
tailles, de classes d'âge plus abondantes
que la moyenne, comme la classe d'âge
1988, mais, pour d'autres classes d'âge,
rien n'indique un recrutement avant que le
sébaste de 17 à 19 cm de longueur se
manifeste, bien que l'on utilise le même
chalut capturant du poisson de 8 ou 9 cm
dans d'autres secteurs et permettant de
suivre son développement d'une année à
l'autre. On comprend donc mal la variation
du recrutement et on a de la difficulté à la
prédire. De même, les relevés et les pêches
commerciales capturent rarement du
sébaste de plus de 30 cm de longueur. On
ne sait pas si le gros sébaste n'est pas
capturable au chalut, s'il migre vers d'autres
secteurs ou s'il cesse simplement de grossir
après avoir atteint entre 25 et 30 cm de
longueur. Ensemble, ces limites des
données
de
relevé
signifient
que
l'incertitude quant à la taille de la biomasse
de géniteurs de ce stock et à ses
possibilités à moyen terme de recrutement
à venir est grande.
Figure 19. Résultats des relevés de recherche
ciblant le sébaste de la division 3O (les résultats
des relevés d'automne 1995-2000 sont issus de
la pêche avec un chalut Campelen).
Traditionnellement, les relevés capturent
des poissons dont la longueur oscille entre
10 cm et 25 cm. Avant 1998, ils étaient
considérés comme échantillonnant des
groupes de taille différents de la pêche
commerciale parce que les prises
commerciales
se
composaient
généralement de poissons mesurant plus
de 25 cm de longueur. Toutefois, à partir de
1998, on a noté un chevauchement plus
marqué de la distribution des longueurs
dans les prises expérimentales et
commerciales parce que la pêche cible des
groupes de plus petite taille.
Le fait que rien n'indique dans les relevés
récents que le recrutement a augmenté est
une source de préoccupation et ce même
s'ils sont effectués au moyen d'un chalut
Campelen, plus efficace pour capturer les
petits sébastes.
21
Région de Terre-Neuve
Sébaste de la division 3O
Comme il n'est pas encore possible de
décrire les tendances générales de la taille
absolue du stock ni d'estimer la taille
actuelle de la portion pêchable de la
population, il n'est pas possible non plus de
déterminer le taux actuel de mortalité par
pêche. Cela signifie que nous ne disposons
pas pour ce stock de deux assises
communes pour la gestion durable de la
pêche.
pendant la première moitié des années 90;
par contre, les conditions se sont nettement
améliorées au cours des dernières années.
Perspectives
Par le passé, le stock a soutenu des prises
de 10 000 t ou plus et a augmenté grâce à
un régime de recrutement normal. Bien que
variables, les résultats des relevés récents
semblent indiquer que des prises d'environ
10 000 t demeurent viables.
Les données disponibles indiquent que le
sébaste peuplant ces eaux se compose
surtout de S. fasciatus, mais cela requiert
toutefois un examen plus approfondi. En
outre, le lien entre le sébaste de la division
3O et le poisson des eaux adjacentes n'est
pas encore clair.
Avant 1998, les relevés étaient considérés
comme un contrôle des prérecrues à la
pêche et suivaient une classe d'âge
relativement forte, ce qui, ces dernières
années, a posé quelques difficultés à
l'industrie qui tentait de respecter le
protocole des petits poissons. La dernière
forte classe d'âge a atteint en 1998 une
taille où elle a pu contribuer aux captures
commerciales. La pêche canadienne
continuera à cibler cette classe d'âge dans
l'avenir proche. On est toutefois préoccupé
par les faibles indications de recrutement
subséquent (sébaste de moins de 17 cm).
Un contrôle étroit de la fréquence du
sébaste de 17 à 22 cm dans les prises
commerciales et de relevés devrait
permettre de déterminer très tôt si le
recrutement à ce stock change au point que
les gestionnaires devraient rajuster le
niveau des prises en réponse à la
productivité nouvelle du stock.
Facteurs environnementaux
Les températures au fond dans presque
tout 3O, y compris le rebord de la plateforme continentale où les prises de relevés
o
sont les plus fortes, étaient jusqu'à 1 C
plus basses que la moyenne historique au
début des années 90. Des températures
o
inférieures à 0 C étaient communes aux
endroits où les fonds gisent par moins de
100 m de profondeur, tandis qu'elles ne
o
faisaient fréquemment que 0 C le long du
rebord de la plate-forme dans 3O. On a
relevé à cet endroit une incursion d'eau de
température se rapprochant de la moyenne
o
o
(de 1 C à 3 C) en 1993 et en 1995 et
l'établissement, à partir de l'automne 1996,
d'une température encore plus élevée,
o
atteignant jusqu'à 4 C. Ces eaux plus
chaudes se sont répandues à l'échelle de
3O en 1998 et en 1999 et les conditions ont
continué à afficher des niveaux au-dessus
de la moyenne en 2000. Des études
menées dans d'autres secteurs ont révélé
que le sébaste préférait des eaux faisant
o
4 C ou plus, et d'autres encore semblent
indiquer que les classes d'âge fortes ont
tendance à ne se manifester que les
années où les eaux sont plus chaudes, bien
que des eaux chaudes n'assurent pas un
bon recrutement. Il semble donc que le
sébaste ait disposé d'un habitat assez limité
Il est en outre important de considérer que
la longueur à laquelle 50 % des mâles sont
matures se situe à environ 21 cm, tandis
que 50 % des femelles n'atteignent la
maturité qu'à environ 28 cm.
La pêche accrue dans les eaux au-delà de
la limite des 200 milles signifie que le TAC
ne limite peut-être plus les prises totales à
10 000 t. Cela pourrait avoir un effet néfaste
sur l'état futur de la ressource.
22
Région de Terre-Neuve
Sébaste de la division 3O
Pour de plus amples renseignements
Power, D. 2000. The status of redfish in
Division 3O. CSAS Res. Doc.
2000/137.
Rédigé par
Don Power
Centre des pêches de l'Atlantique
nord-ouest
Pêches et Océans Canada
C. P. 5667
St. John’s (Terre-Neuve)
A1C 5X1
Tél. :
(709) 772-4935
Fax :
(709) 772-4188
Courriel : PowerD@dfo-mpo.gc.ca
Ce document est disponible auprès du :
Secrétariat canadien pour l'évaluation des
stocks
200, rue Kent
Ottawa (Ontario)
Canada K1A 0E6
Tél. :
(613) 993-0029
Courriel : csas@dfo-mpo.gc.ca
Internet : http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas
ISSN 1480-4921
The English version of this document is
available at the above address.
La présente publication doit être
citée comme suit :
MPO, 2000. État des stocks de sébaste
dans l'Atlantique nord-ouest : sébaste des
unités 1 et 2 et de la division 3O. MPO,
Sciences. Rapport sur l'état des stocks
A1-01 (2000).
23
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