Limande à queue jaune du banc Georges Région des Maritimes

Limande à queue jaune du banc Georges Région des Maritimes
Région des Maritimes
Limande à queue jaune du banc Georges
5Zj
5Zh
Limande à queue jaune du banc
Georges
5Zm
5Zn
Renseignements de base
On trouve la limande à queue jaune depuis le
Labrador jusqu’à la baie Chesapeake. Elle est
considérée comme relativement sédentaire. Une
grande concentration de ce poisson est présente sur
le banc Georges, à l’est du chenal Great South.
Quoique des études de marquage révèlent
l’existence de migrations limitées entre le banc
Georges et les eaux adjacentes, on sait peu de
choses des migrations saisonnières de la limande à
queue jaune du banc Georges. Elle est
généralement capturée à des profondeurs se situant
entre 37 et 73 mètres (20 et 40 brasses).
La pêche
Débarquements (milliers de tonnes métriques)
Année 70-79 80-89 1992
Moy. Moy.
1993
1994
1995
1996
TAC
0,4
0,4
Canada1 <0,1 <0,1 <0,1
0,2
1,3
0,4
0,4
2
0,7
2,1
0,5
0,5
Canada
0,33
0,83
É.-U. 12,0
5,2
3,0
3,3
1,73
1
Débarquements canadiens déclarés comme étant des débarquements
de limande à queue jaune.
2
Débarquements canadiens de limande à queue jaune, plus proportion
de plies non spécifiées (voir les explications ci-après).
3
Valeurs estimées, fournies par le NMFS des États-Unis; comprennent
les rejets.
Sur le banc Georges, le frai a lieu à la fin du
printemps et atteint son plus fort en mai. D’après la
distribution de l’ichthyoplancton et des adultes à
maturité, il se produit aparemment des deux côtés
de la frontière internationale. L’âge auquel la
limande à queue jaune atteint la maturité semble
varier; les femelles d’âge 2 sont considérées
matures à 40 % en période de forte biomasse et à
90 % en période de faible biomasse.
Les débarquements totaux de limande à
queue jaune du banc Georges ont culminé
depuis le milieu des années 1960 jusqu’au
milieu des années 1970. La plupart d’entre
eux provenaient des pêcheurs américains,
quoique d’autres pays aient aussi débarqué de
la limande à queue jaune à la fin des années
1960 et au début des années 1970. La pêche
dirigée a commencé chez les Canadiens en
1993 et a culminé en 1994, avec des
débarquements de 2 142 t. Assujettie à des
quotas pour la première fois en 1995, la pêche
a produit cette année-là des débarquements de
495 t, le quota étant de 400 t. En 1996, le
TAC a augmenté légèrement, pour passer à
430 t, et les débarquements ont été de 483 t
(dont environ 11 t de rejets réglementaires
provenant de la pêche du pétoncle).
La pêche canadienne est surtout effectuée au
chalut à panneaux par des bateaux de moins de
65 pi. La pêche dirigée de la limande à queue
jaune est relativement nouvelle; les premiers
débarquements importants sont apparus après
l’introduction des engins spécialisés, en 1993. Les
chaluts utilisés sont spécialement dotés de petites
sphères et ont moins de boulage sur la ralingue
supérieure, ce qui en réduit l’ouverture verticale.
La pêche se déroule dans une partie relativement
limitée du banc Georges, connue sous le nom de
«Yellowtail Hole». Selon les modalités de gestion
actuelle, elle est restreinte à la deuxième moitié de
l’année.
1
Région des Maritimes
Limande à queue jaune du banc Georges
davantage concentrée sur la partie sud du banc
Georges en 1996.
Les débarquements canadiens de plies non
spécifiées du banc Georges étaient importants
en 1993 et 1994. D’après certaines sources
dans l’industrie, la plupart d’entre eux étaient
composés de limande à queue jaune. Les
débarquements totaux de limande à queue
jaune ont été calculés en ajoutant aux
débarquements connus de cette espèce une
proportion des débarquements de plies non
spécifiées (établie en fonction des
débarquements connus de limande à queue
jaune, de plie canadienne et de plie rouge).
Avec l’amélioration de la vérification des
prises à quai, les débarquements de plies non
spécifiées ont chuté à 49 t en 1996.
De 85 à 90 % des débarquements (en nombre)
de 1993 à 1996 s’échelonnent entre 28 et
48 cm. De 1993 à 1996, les mâles ont atteint
des tailles de 30, 31 et 34 cm respectivement,
tandis que les femelles ont atteint des tailles de
34, 35 et 40 cm durant la même période. La
composition selon la taille dans les
débarquements s’est étendue ces trois
dernières années.
État de la ressource
On a réalisé une APV, incorporant les indices
d’abondance des relevés de printemps du
Canada et des É.-U. ainsi que du relevé
d’automne des É.-U. et du relevé sur le
pétoncle des É.-U. (la jeune limande à queue
jaune est une prise accessoire courante dans les
relevés de recherche sur le pétoncle). Compte
tenu des doutes quant à la fiabilité des
données récentes sur les prises selon l’âge, on
a adopté une approche de regroupement selon
l’âge (appelée méthode de la production de
surplus), qui était fondée sur les prises totales
ainsi que sur les indices d’abondance des
relevés de printemps des É.-U. et du Canada,
et du relevé d’automne des É.-U.
Débarquements
(000 t)
20
18
Autres
Canada
É.-U.
16
14
12
10
8
6
4
2
1995
1992
1989
1986
1983
1980
1977
1974
1971
1968
1965
1962
1959
1956
1953
1950
1947
1944
1941
1938
1935
0
Selon les rapports de l’industrie, les rejets de
limandes à queue jaune en 1996 ont été moins
inquiétants qu’en 1994 et 1995.
Les taux de prises aux engins mobiles des
pêcheurs canadiens ont augmenté notablement
de 1994 à 1996. Les facteurs autres que
l’abondance qui peuvent avoir causé une telle
augmentation ont été examinés avec
l’industrie. On a conclu que la hausse des taux
de prises reflète probablement une hausse de
l’abondance. Toutefois, une chute inexpliquée
des taux de prises mensuels a aussi été
observée en 1996. Si les taux de prises peuvent
s’avérer utiles comme indice d’abondance de
cette ressource, la série chronologique est trop
courte pour être directement intégrée à
l’évaluation.
Les débarquements et les estimations de
rejets américains en 1994 et 1995 ont été
profondément révisés par rapport aux données
issues de l’évaluation de l’an dernier, en raison
de la mise en oeuvre de nouvelles modalités
d’estimation de ces paramètres. Il convient de
noter que les estimations de rejets ont fait
l’objet d’importantes corrections à la baisse,
reflétant diverses mesures de gestion comme
un accroissement du maillage, de 140 à
152 mm (mailles carrées ou mailles en losange)
en 1994. La distribution de la pêche américaine
a aussi changé, cette dernière s’étant
2
Région des Maritimes
0.7
Limande à queue jaune du banc Georges
La plupart des prises de limande à queue jaune
des relevés canadiens sont capturés dans 5Zm.
Au cours des cinq dernières années, la
proportion de la biomasse dans les eaux
canadiennes observée dans les relevés de
printemps et d’automne du Canada et des
États-Unis a été de 40, 67 et 59%
respectivement. La proportion de biomasse en
eaux
canadiennes
varie
toutefois
considérablement.
Taux de prises (t/h)
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
Oct
Déc
Juin
Août
Fév
Avr
Oct
Déc
Juin
Août
Fév
Avr
Oct
Déc
Juin
Août
Fév
Avr
Oct
Déc
Juin
Août
0.0
Les estimations d’abondance de la
population (biomasse totale) fournies par les
deux modèles utilisés dans les évaluations
concordent bien. Les deux modèles révèlent
une diminution constante de la biomasse à
compter du début des années 1970, puis, au
début des années 1980, une hausse attribuable
à la forte classe d’âge de 1980, suivie d’une
chute sous les 4 000 t en 1988. La biomasse
s’est rétablie depuis et, en 1996, le modèle de
production de surplus et le modèle d’APV la
chiffraient respectivement à 10 365 t et
13 495 t. Toutefois, la biomasse demeure
basse par comparaison à sa valeur au
rendement maximal soutenu, comme l’indique
le modèle de production de surplus (37 540 t).
Il y a chaque année trois relevés de recherche
sur le banc Georges. Le poids moyen par trait
dans le relevé de printemps canadien a
augmenté considérablement depuis 1995, pour
atteindre son plus haut niveau de la série
chronologique en 1997.
La série provenant du relevé d’automne
américain dénote une augmentation depuis
1994, mais l’abondance demeure faible
comparativement à la fin des années 1960 et
au début des années 1970. Les résultats des
relevés d’automne américains révèlent une
tendance comparable à celle des relevés de
printemps, mais ne laissent pas entrevoir de
hausse telle que celle qui apparaît dans les
relevés
de
printemps.
Cela
est
vraisemblablement
dû
au
fait
que
l’échantillonnage réalisé dans des habitats
essentiels de la plie jaune a été limité durant les
années considérées. Comme le révèlent aussi
les résultats de la pêche, la longueur moyenne
des poissons dans les relevés a augmenté ces
trois dernières années.
Biomasse totale (t)
50000
APV
45000
Production de surplus
40000
BRMS
35000
30000
25000
20000
15000
10000
5000
Poids/trait (kg)
14
1996
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1982
1980
1978
1976
1974
1972
12
1970
1968
0
É.-U. Aut.
É.-U. Print.
Can. Print.
10
Le recrutement (d’après l’APV) dans les
années 1980 a été considérablement plus
mauvais que celui des années 1970. Dans les
années 1990, il s’est en général amélioré, mais
on n’a observé aucune classe d’âge
exceptionnelle, comme celles des années 1974
8
6
4
2
1997
1995
1993
1991
1989
1987
1985
1983
1981
1979
1977
1975
1973
1971
1969
1967
1965
1963
0
3
Région des Maritimes
Limande à queue jaune du banc Georges
ou 1980. On n’est pas certain actuellement de
l’importance de l’effectif de la classe d’âge de
1995. L’APV révèle que la classe d’âge de
1995 est la plus faible depuis la cohorte de
1986. Toutefois, le relevé canadien de 1997
dénotait des nombres moyens de poisson
supérieurs à la moyenne à un mode de 25 cm,
qui correspond sans doute à la classe d’âge de
1995. L’APV actuelle révèle aussi que la
classe d’âge de 1992 n’est pas aussi forte
qu’on l’avait cru précédemment.
Perspectives
Comme on a utilisé deux modèles
d’évaluation, on a établi deux projections, et
des scénarios illustrant des taux d’exploitation
équivalents au statu quo de F96 et à F0,1. À F96,
la mortalité par pêche en 1997 est égale à celle
de 1996. L’option F0,1 suppose un taux
d’exploitation de 20 % en 1997. La valeur
F2/3 RMS est le taux d’exploitation qui
correspond à deux tiers du taux d’exploitation
observé, dans le modèle de production de
surplus, au rendement maximal soutenu; il est
comparable à l’option F0,1 dans l’APV.
Recrues d'âge 1
(x1000)
70,000
60,000
50,000
40,000
F96
30,000
F0,1
F2/3 RMS
20,000
10,000
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1982
1980
1978
1976
1974
Biomasse
1997
12 268
16 856
12 268
16 856
Biomasse
1998
14 013
25 321
12 533
22 336
Les estimations de rendement de statu quo
pour 1997 varient entre 1 053 et 2 014 t. La
pêche à F0,1 en 1997 suppose un rendement de
2 470-4 526 t.
0
1972
APV
Production
APV
Production
Rendem.
1997
1 053
2 014
2 470
4 526
Classe d'âge
Les modèles d’APV et de production de
surplus donnent des tendances chronologiques
comparables du taux d’exploitation. Ce taux
se situait bien au-dessus du niveau cible de
20 % de 1983 à 1987; il est tombé quelque peu
dans les années 1988- 1994, pour atteindre ses
plus basses valeurs de la série chronologique
en 1995-1996.
Les résultats des projections diffèrent parce
que la projection du modèle de production est
fondée sur un taux de croissance moyen de la
population à long terme, alors que les
projections fondées sur l’âge reposent sur les
estimations d’abondance selon l’âge et sur les
conditions moyennes du stock de 1994 à 1996
(recrutement
partiel,
poids
moyen,
maturation).
Taux
d'exploitation (%)
80
APV
Production de surplus
70
L’évaluation de la limande à queue jaune du
banc Georges est compliquée par le faible
niveau d’échantillonnage. L’évolution des
tendances spatiales de la pêche et le faible
niveau d’échantillonnage, particulièrement en
1994 et en 1995, contribue à l’incertitude
dans les estimations de la composition récente
des prises américaines et canadiennes selon
l’âge. On se soucie particulièrement de
l’importance de l’effectif de la classe d’âge de
1995.
60
50
40
30
F0.1
20
10
1996
1994
1992
1990
1988
1986
1984
1982
1980
1978
1976
1974
1972
1970
1968
0
4
Région des Maritimes
Limande à queue jaune du banc Georges
croissance du stock dans le modèle est fondée
sur des observations provenant de toute la
série chronologique des relevés, et peut ne pas
refléter les conditions les plus récentes du
stock. . En particulier, il est possible que les
bas niveaux actuels de la biomasse ne puissent
produire un recrutement suffisant et que les
estimations de rendement découlant du modèle
de production de surplus soient optimistes.
Toutefois, l’utilisation de toutes les données
des relevés dans le modèle de production de
surplus permet de refléter la productivité de la
ressource durant l’ensemble de la période
considérée, ce que ne fait pas l’APV à cause
des problèmes de calcul rétrospectif des prises
selon l’âge dans la pêche avant 1973.
Compte tenu de ces incertitudes, on a utilisé
deux approches dans l’évaluation, comportant
chacune ses forces et ses faiblesses. Ainsi,
l’APV devrait fournir des projections plus
précises, parce qu’on connaît la structure
d’âges de l’année en cours. Toutefois, comme
cela a déjà été indiqué, la composition des
débarquements de 1996 selon l’âge comporte
de grandes incertitudes qui influeront sur la
fiabilité des projections. L’incertitude quant à
l’effectif de la classe d’âge de 1995 ne pose
pas de problème à court terme, car cette classe
d’âge ne sera pas recrutée à la pêche en 1997.
Les projections de biomasse et la mortalité par
pêche déduite de l’APV par rapport à F0,1
présentent aussi certaines incertitudes. Par
exemple, comparativement à d’autres stocks
de poisson de fond, une forte diminution du
rendement est nécessaire en 1997 pour
accroître modestement la probabilité que la
mortalité cible ne soit pas dépassée ou que la
biomasse de population ne soit pas réduite en
1997. L’incertitude reflétée ci-dessous exclut
d’autres sources comme la composition
récente selon l’âge, les renseignements sur les
prises et la variation de la mortalité naturelle.
Considérations de gestion
Le modèle de production de surplus permet de
connaître le rendement possible de la ressource
pour divers niveaux de biomasse. On s’attend à
ce que la relation d’équilibre entre le
rendement et la biomasse soit en forme de
dôme. Comme indiqué ci-après, les mesures
récentes de gestion prises tant par le Canada
que par les États-Unis se sont traduites par un
déplacement vers la droite du tracé de la
relation, et ont eu l’effet souhaité de
rétablissement de la biomasse de population.
Probabilité
1
0.8
Pr.(Biom. de 1997
> biom. de 1998)
Rendement (000 t)
20
0.6
18
16
0.4
14
Pr. (F 1997 >
0,25)
12
0.2
1963
10
8
6
0
300
600
900
1200
1500
1800
2100
2400
2700
3000
4
Rendement (t)
1996
2
0
0
L’approche de production de surplus tend à
intégrer des éléments distincts de la dynamique
du stock, comme la croissance et le
recrutement, dans un modèle simplifié. Sa
capacité de projection de l’état du stock risque
toutefois d’être limitée. L’indicateur de la
10
20
30
40
Biomasse (000 t))
50
60
Il existe un rapport entre les plus hauts niveaux
de biomasse et le nombre de recrues produites.
Tandis que se poursuit le rétablissement du
stock, la biomasse d’adultes devrait bientôt
5
Région des Maritimes
Limande à queue jaune du banc Georges
atteindre des niveaux auxquels la probabilité
d’un bon recrutement est accrue.
Références
Neilson, J.D., Gavaris, S., Hunt, J.J. 1997.
Assessment of Georges Bank yellowtail
flounder. MPO Secrétariat canadien
pour l’évaluation des stocks, Doc. de
Rech. 97/55.
Recrues d’âge 1+
(000)
70 000
60 000
50 000
40 000
30 000
1996
On peut se procurer des exemplaires du rapport à
l’adresse suivante:
20 000
10 000
0
0
5 000
10 000
15 000
20 000
Processus consultatif régional des Maritimes
Ministère des Pêches et des Océans
C.P. 1006, succursale B105
Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
CANADA B2Y 4A2
Téléphone : 902-426-7070
C. élec : v_myra@bionet.bio.dfo.ca
25 000
Biomasse des âge 3+ (t)
En résumé, la population de limande à queue
jaune du banc Georges se rétablit. Les
estimations récentes du taux d’exploitation
sont inférieures aux cibles courantes comme
F0,1. Les deux méthodes d’évaluation dénotent
une hausse de la biomasse. D’autres mesures
de l’abondance du stock, comme les taux de
prises des pêcheurs et la composition des
prises des relevés selon la taille, viennent
confirmer le rétablissement de la ressource.
Toutefois, il semble que l’augmentation de la
population soit attribuable en grande partie à la
croissance plutôt qu’au recrutement. Compte
tenu du potentiel de croissance rapide de la
population révélé par le modèle de production
de surplus, le maintien de taux d’exploitation
modérés devrait permettre à la ressource de
continuer à se relever.
Adresse Internet: http://csas.meds.dfo.ca
English version is available on request at the
above address.
Pour obtenir de plus amples
renseignements,
communiquer
avec:
John Neilson
Station biologique de
St. Andrews
St. Andrews (NouveauBrunswick
E0G 2X0
Tél. : (506) 529-8854
Fax : (506) 529-5862
C. élec. : neilson@sta.dfo.ca
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