Dans ce numéro : L'élimination de la rougeole

Dans ce numéro : L'élimination de la rougeole
Le 2 juillet 2015 • VOLUME 41•7
ISSN 1719–3109
Dans ce numéro : L'élimination de la rougeole
Malgré un nombre croissant de cas de rougeole en 2014, le Canada a conservé son statut
d'élimination de la rougeole grâce à de rapides interventions cliniques et de santé publique qui ont
limité à moins de 12 mois la durée des éclosions. Apprenez à stopper efficacement une éclosion de
rougeole au sein d'une communauté présentant une couverture vaccinale insuffisante en raison de
croyances religieuses, et découvrez les évolutions qui sont en cours d'évaluation dans le but de
renforcer notre capacité à maintenir l'élimination de la rougeole au Canada. Notre section
d'actualités sur les maladies infectieuses donne les dernières nouvelles sur l'estompement de
l'éclosion de la maladie à virus Ebola, le diagnostic différentiel pour les voyageurs présentant une
fièvre en revenant des pays touchés par Ebola et des premières réflexions sur les répercussions de
l’éclosion sur la sécurité sanitaire mondiale.
Surveillance
La surveillance de la rougeole au Canada : Tendances 2014 ................................................. 181
Sherrard L, Hiebert J, Squires S
Rapport d'éclosion
Éclosion de rougeole au sein d'une population non vaccinée, Colombie-Britannique,
2014 ...................................................... ........................................................................................................... 194
Naus M, Puddicombe D, Murti M, Fung C, Stam R, Loadman S et al.
Commentaire
Maintenir l'élimination de la rougeole au Canada : Aller de l'avant ..................................... 202
Lam P, Williams L, Gadient S, Squires S, St-Laurent M
Actualités sur les maladies infectieuses
Mise à jour Ebola .......................................................................................................................................... 206
Liens utiles
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24 au 26 août 2015 : 9e conférence internationale sur les maladies infectieuses émergentes, Atlanta,
Géorgie, États-Unis.
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Relevé des maladies transmissibles au Canada
Le Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) est un journal scientifique bilingue révisé par les pairs et en accès
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Also available in English under the title: Canada Communicable Disease Report
181 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
La surveillance de la rougeole au Canada : Tendances 2014
1
2
Sherrard L *, Hiebert J , Squires S
1
1
Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa
(Ontario)
2
Laboratoire national de microbiologie, Agence de la santé publique du Canada, Winnipeg (Manitoba)
* Correspondance : lindsey.sherrard@phac-aspc.gc.ca
Résumé
Contexte : Le statut d'élimination de la rougeole a été atteint au Canada en 1998. L'Agence de la santé publique
du Canada compile des données probantes à l'intention de l'Organisation panaméricaine de la santé afin de
confirmer que les critères pour la vérification de l'élimination de la rougeole continuent d'être satisfaits.
Objectif : Faire état de l'activité rougeoleuse au Canada en 2014 afin de valider le statut actuel d'élimination de
la rougeole au Canada.
Méthodologie : Évaluation de la distribution des cas de rougeole en fonction des données démographiques, de
l'état vaccinal et des hospitalisations; production d'un résumé sur les caractéristiques des éclosions; et analyses
génotypiques et phylogéniques, à partir des données saisies par le Système canadien de surveillance de la
rougeole et de la rubéole et le projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole durant 2014.
Résultats : Durant 2014, 418 cas de rougeole ont été déclarés dans cinq provinces/territoires, ce qui représente
un taux d'incidence global de 11,8 pour 1 000 000 habitants. Le nombre de cas et les taux d'incidence étaient le
plus élevés chez les enfants et les adolescents âgés de 5 à 14 ans, et la majorité des cas n'étaient pas
immunisés. Cinq pour cent de l'ensemble des cas ont été hospitalisés; il s'agissait le plus souvent de patients
dans les groupes d'âge plus jeunes ou plus vieux. Dix-huit éclosions ont été déclarées, la plus grande survenant
dans une communauté religieuse ne pratiquant pas la vaccination en Colombie-Britannique. Les renseignements
sur le génotype étaient accessibles pour 98 % des cas de rougeole (18 éclosions sur 18, et 31 cas sporadiques
sur 32). Le Canada continue de satisfaire, pleinement ou partiellement, aux quatre critères de l’Organisation
panaméricaine de la santé pour la vérification de l'élimination de la rougeole.
Conclusion : Malgré une activité importante de la rougeole en 2014, le Canada continue de fournir de solides
preuves que son statut d'élimination de la rougeole est maintenu.
Introduction
Le statut d'élimination de la rougeole a été obtenu au Canada en 1998, un an après le dernier cas endémique
signalé en 1997. (1) Depuis ce jour, l'Agence de la santé publique du Canada (l'Agence) cumule toutes les
preuves nécessaires pour assurer la vérification continue du statut d'élimination de la rougeole au Canada (1, 2,
3). L'élimination de la rougeole est définie comme l'absence de transmission de la rougeole endémique dans une
zone géographique définie (p. ex. région) pendant ≥ 12 mois au moyen d'un système de surveillance bien rodé
(4). Les preuves proviennent de données de surveillance recueillies par des systèmes de surveillance accrue, et
sont soutenues par diverses méthodes moléculaires. Le génotypage contribue à la fois au suivi de la santé
publique et aux efforts continus d'élimination, et ce, grâce aux renseignements établissant des liens entre les cas,
à l'identification des sources possibles d'importation, ainsi qu'à la démonstration de l'absence de tout génotype en
circulation continue (c.-à-d. absence de transmission endémique) (5).
Même si on a réussi à interrompre la transmission du virus de la rougeole endémique dans la Région des
Amériques en 2002 (6), la transmission endémique subsiste dans cinq autres régions de l'Organisation mondiale
182 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
de la Santé (OMS), soit l'Afrique, la Méditerranée orientale, l'Europe, l'Asie du Sud-Est et le Pacifique occidental.
Le Canada continue donc de courir le risque d'une importation du virus de la rougeole. En outre, malgré une
couverture vaccinale estimée élevée au Canada (7), des éclosions de rougeole continuent de se produire (8),
puisque la couverture vaccinale n'est pas homogène. Afin d'améliorer la documentation et la vérification de l'état
d'élimination de la rougeole, l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a établi quatre critères essentiels
(voir l'encadré ci-dessous).
Quatre critères essentiels pour la vérification de l'élimination de la rougeole (9)
1. Vérifier l'interruption des cas endémiques de rougeole au cours d'une période d'au moins trois ans à
compter du dernier cas endémique connu, en présence d'une surveillance de qualité supérieure.
2. Maintenir un système de surveillance de qualité supérieure suffisamment sensible pour déceler les cas
importés et ceux liés à l'importation.
3. Vérifier l'absence de souches de virus endémiques de la rougeole en assurant une surveillance
virologique.
4. Veiller à ce que l'immunisation au sein de la population soit adéquate.
Méthodologie
Ensemble des données de surveillance
Le Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole (SCSRR) est un système actif de
surveillance accrue présent dans toutes les provinces et tous les territoires canadiens. Chaque semaine, les
provinces et les territoires sont invités par l'Agence à soumettre un rapport sur le nombre de cas de rougeole
confirmés durant ladite semaine de déclaration, ou un rapport de déclaration nulle. Trois régions (ColombieBritannique, Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador) ont également pris part au projet pilote sur la surveillance de la
rougeole et de la rubéole, une plateforme en ligne et en temps quasi réel pour la déclaration des enquêtes de cas
suspects de rougeole. Tous les cas étaient évalués au moyen de la définition nationale de cas (10).
Ce rapport décrit les données améliorées sur les cas confirmés de rougeole accompagnés d'une éruption
cutanée apparue au cours de l'année épidémiologique 2014 (semaines 1 à 53, du 29 décembre 2013 au 3 janvier
2015), tels que déclarés par les provinces et les territoires.
Formulaire de déclaration de cas
Les données du SCSRR étaient recueillies au moyen du formulaire national de déclaration de cas de rougeole,
lequel colligeait les renseignements nécessaires pour appuyer les objectifs nationaux de surveillance de la
rougeole dans les catégories suivantes : identificateurs de cas; contexte, exposition et renseignements cliniques;
et renseignements de laboratoire. Le formulaire national de déclaration de cas est accessible en ligne (11).
Génotypage
Tous les génotypages du virus de la rougeole ont été effectués au Laboratoire national de microbiologie (LNM) de
l'Agence. Des échantillons cliniques appropriés (respiratoires et/ou urinaires) recueillis auprès de cas suspects ou
confirmés de rougeole ont été soumis au LNM par les laboratoires provinciaux. La région de génotypage
normalisée de l'OMS, soit les 450 nucléotides qui codent l'extrémité carboxylique de la nucléoprotéine de la
rougeole, la région N-450 (12), a été amplifiée et séquencée à partir d'extraits d'acides nucléiques. Les
séquences obtenues ont été alignées sur les séquences de référence des génotypes de l'OMS (13) et des arbres
phylogénétiques de parcimonie maximale étaient générés au moyen du logiciel MEGA6 (14).
Gestion des données et analyse statistique
Les données du SCSRR ont été gérées à l'aide du logiciel Access de Microsoft de 2010. Les champs vides ont
été codés comme des valeurs manquantes, tandis que les champs pour lesquels une valeur était requise mais
non disponible dans la source de données, ont été codés comme inconnus. Un processus de validation des
données a été conduit avec les provinces et territoires en mars 2015 pour tous les cas de rougeole déclarés sur
l'ensemble du pays en 2014.
183 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
La répartition des cas de rougeole selon les données démographiques, le statut vaccinal et les hospitalisations a
été évaluée. Les analyses génotypiques et phylogénétiques ont également été décrites. Les nombres et les
pourcentages de cas ont été déterminés pour les variables nominales, tandis que les valeurs moyennes et
médianes ou les fourchettes ont été déterminées pour les variables continues. Les taux d'incidence ont été
er
calculés à l'aide des estimations de la population de 2014 de Statistique Canada en date du 1 juillet, en unités
conformes aux indicateurs recommandés de l'OPS, soit X cas pour 1 000 000 habitants (9). Le statut
d'élimination a été évalué au moyen des critères établis par l'OPS (9).
Une éclosion était définie comme l'apparition de deux cas confirmés ou plus, liés sur le plan épidémiologique ou
virologique, ou les deux (11). Le calendrier actuel de vaccination financé par l'État dans la province ou le territoire
déclarant le cas a été utilisé pour définir si la couverture par le vaccin contenant le virus de la rougeole était à jour
(15) au moment de l'apparition de l'éruption cutanée. Les cas âgés de moins d'un an et ceux nés avant 1970
n'étaient pas admissibles à recevoir le vaccin en raison de leur âge, et ont donc été classés parmi les sujets à
jour pour leur âge, le statut vaccinal n'important pas. Les personnes âgées de sept ans ou plus, ou nées après
1970, étaient définies comme étant à jour si elles avaient reçu deux doses du vaccin. Finalement, pour les jeunes
enfants âgés d'un à six ans, l'administration d'une ou de deux doses, selon le calendrier en vigueur dans la
province ou le territoire de déclaration, les qualifiait parmi les sujets à jour. Des analyses épidémiologiques
descriptives ont été réalisées au moyen du logiciel Enterprise Guide de SAS 5.1 (16). Étant donné que ce rapport
utilise les données de surveillance de la santé publique, elles n'avaient pas à être approuvées par un comité
d'examen éthique.
Résultats
Aperçu
En 2014, un total de 418 cas de rougeole ont été déclarés, parmi lesquels 29,2 % (n = 122) ont été confirmés en
laboratoire et 70,8 % (n = 296) jugés comme épidémiologiquement liés à un cas confirmé en laboratoire.
L'incidence globale durant cette période a été de 11,8 cas de rougeole pour 1 000 000 habitants.
Confinés dans le temps, les cas sont survenus à l'intérieur d'une période de 36 semaines, soit de la semaine se
terminant le 4 janvier 2014 (semaine 1) à la semaine se terminant le 6 septembre 2014 (semaine 36). Pendant
17 semaines continues, soit de la semaine 37 (se terminant le 13 septembre 2014) à la semaine 53 (se terminant
le 3 janvier 2015), aucun cas de rougeole n'a été déclaré. Le nombre le plus élevé de cas déclarés durant une
seule semaine épidémiologique a été de 138 (33,0 %); ce sommet a été atteint lors d'une éclosion en ColombieBritannique survenue la semaine 12 (se terminant le 22 mars 2014) (figure 1).
Figure 1 : Répartition des cas déclarés de rougeole par semaine épidémiologique d'apparition de
l'éruption cutanée et par province ou territoire, au Canada, en 2013
184 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Répartition en fonction de l'âge, du sexeet de la zone géographique
Les cas les plus fréquents de rougeole ont été signalés chez les enfants âgés de cinq à neuf ans (29,9 %), suivis
des jeunes adolescents âgés de 10 à 14 ans (25,4 %), puis des adolescents âgés de 15 à 19 ans (17,2 %)
(tableau 1).
Tableau 1 : Répartition des cas confirmés de rougeole et des taux d'incidence (pour
1 000 000 habitants) par groupe d'âge, sexe et province ou territoire de déclaration*, au Canada, en
2014
Groupe d'âge
H
F
C.-B.
< 1 an
1 à 4 ans
5 à 9 ans
10 à 14 ans
15 à 19 ans
20 à 24 ans
25 à 29 ans
30 à 39 ans
40 à 59 ans
60 ans et plus
Total
Taux d'incidence :
10
13
64
56
31
15
8
13
6
0
216
12,3
4
12
61
50
41
12
3
11
8
0
202
11,3
4
17
118
100
62
23
8
7
3
0
†
342
73,8
†
Alb.
Sask.
Man.
Ont.
Can.
4
3
3
3
5
2
1
4
4
0
29
7,0
3
2
3
2
0
0
0
5
1
0
16
14,2
0
1
0
0
2
1
1
1
3
0
9
7,0
3
2
1
1
3
1
1
7
3
0
22
1,6
14
25
125
106
72
27
11
24
14
0
418
11,8
Taux global
d'incidence
36,4
16,2
65,2
56,8
33,7
10,9
4,5
5,0
1,4
11,8
* Les provinces et les territoires n'ayant déclaré aucun cas de rougeole au cours de 2014 ont été omis du tableau : Québec, Nouveau-Brunswick, NouvelleÉcosse, Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador, Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut.
† Un cas de rougeole a été exclu de ce compte; il s'agissait d'un voyageur canadien qui a été exposé et infecté à l'extérieur du Canada et qui y est demeuré (à
l'extérieur) pendant toute la durée de la maladie. Ce cas apparaît dans le bilan provincial de la Colombie-Britannique.
Les taux d'incidence les plus élevés ont été observés chez les enfants âgés de cinq à neuf ans, les
préadolescents âgés de 10 à 14 ans et les nourrissons âgés de moins d'un an (65,2, 56,8 et 36,4 cas pour
1 000 000 habitants, respectivement).
Fait notable, 3,3 % (n = 14) des cas déclarés étaient des nourrissons trop jeunes (moins d'un an) pour avoir reçu
la première dose du vaccin contenant le virus de la rougeole, et 1,7 % (n = 7) des cas étaient présumés posséder
une immunité naturelle contre la rougeole, laquelle aurait été conférée par une infection antérieure (cas nés avant
1970). Environ la moitié (51,7 %) des cas de rougeole déclarés en 2014 étaient des hommes.
Les cas déclarés de rougeole provenaient de cinq provinces canadiennes, soit la Colombie-Britannique (n = 342),
l'Alberta (n = 29), l'Ontario (n = 22), la Saskatchewan (n = 16) et le Manitoba (n = 9). L'incidence la plus élevée
était en Colombie-Britannique, suivie de la Saskatchewan et de l'Alberta (73,8, 14,2 et 7,0 cas pour
1 000 000 habitants, respectivement).
Immunisation et vaccins
Parmi les 418 cas de rougeole déclarés au cours de 2014, 8,1 % (n = 34) étaient considérés comme ayant une
couverture à jour en fonction de l'âge pour ce qui est du vaccin contenant le virus de la rougeole, au moment de
l'apparition de l'éruption cutanée (tableau 2). Il faut noter toutefois que 61,8 % (n = 21) de ces cas n'étaient pas
admissibles à recevoir le vaccin en raison de leur âge (nourrissons âgés de moins d'un an [n = 14] et adultes nés
avant 1970 [n = 7]), selon les recommandations actuelles du Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI)
(17). Quels que soient leurs antécédents de vaccination, ils étaient classés comme ayant une couverture
vaccinale à jour en fonction de leur âge. Par conséquent, seulement 3,1 % (n = 13) de l'ensemble des cas étaient
admissibles à recevoir le vaccin contenant le virus de la rougeole et à être considérés comme ayant une
couverture vaccinale à jour en fonction de l'âge au moment de l'infection.
185 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Tableau 2 : Statut vaccinal des cas de rougeole confirmés, par groupe d'âge et nombre de doses
reçues, au Canada, en 2014
bre
N
(vaccination à
jour)
0 (-)
de doses
inconnu
(vaccination à
jour avec un
bre
n inconnu de
dose)
1 (1)
1 (1)
0 (-)
1 (0)
25 (1)
0 (-)
0 (-)
20 (0)
125 (0)
90 (0)
0 (-)
2 (2)
14 (0)
106 (2)
61 (0)
2 (0)
4 (4)
5 (0)
72 (4)
20 à 24 ans
22 (0)
0 (-)
1 (1)
4 (0)
27 (1)
25 à 29 ans
9 (0)
0 (-)
1 (1)
1 (0)
11 (1)
30 à 39 ans
5 (0)
6 (0)
3 (3)
10 (0)
24 (3)
40 à 59 ans
3 (2)
0 (-)
1 (1)
10 (5)
14 (8)
60 ans et plus
0 (-)
0 (-)
0 (-)
0 (-)
0 (-)
TOTAL
330 (14)
10 (2)
12 (12)
66 (6)
418 (34)
0 dose
1 dose
≥ 2 doses
Groupe d'âge
(vaccination à
jour avec
0 dose)
(vaccination à
jour avec
1 dose)
(vaccination à
jour avec
≥ 2 doses)
< 1 an
12 (12)
1 (1)
1 à 4 ans
23 (0)
5 à 9 ans
105 (0)
10 à 14 ans
15 à 19 ans
Total
14 (14)
Selon les antécédents de vaccination, 91,9 % (n = 384) des cas n'étaient pas considérés comme ayant une
vaccination à jour en fonction de l'âge, y compris 14,4 % (n = 60) de cas aux antécédents de vaccination
inconnus qui ne pouvaient être évalués. Les cas dont la couverture par le vaccin contenant le virus de la rougeole
n'était pas considérée à jour en fonction de l'âge étaient les plus nombreux dans le groupe des cinq à neuf ans
(32,6 %), suivis des 10 à 14 ans (27,1 %), puis des 15 à 19 ans (17,7 %).
Un cas de rougeole a été signalé chez un enfant âgé de moins d'un an qui avait déjà reçu une dose du vaccin
contenant le virus de la rougeole. Toutefois, le vaccin avait été administré peu de temps avant l'apparition de
l'éruption cutanée, et le cas avait finalement été considéré comme non vacciné au moment de l'exposition.
Fait notable, trois cas ont été signalés chez des personnes ayant reçu trois doses du vaccin contenant le virus de
la rougeole. Ces trois cas avaient été importés des Philippines et avaient reçu leur première dose du vaccin
contenant le virus de la rougeole à l'extérieur du Canada avant l'âge de douze mois.
Hospitalisation
Au cours de 2014, 5,0 % (n = 21) des cas de rougeole ont présenté une indication d'hospitalisation (tableau 3).
Tableau 3 : Données d'hospitalisation des cas confirmés de rougeole, par groupe d'âge, au Canada,
en 2013
Non hospitalisé
Hospitalisé
bre
N
de doses inconnu
Groupe d'âge
Total
< 1 an
14
7 (50,0)
5 (35,7)
2 (14,3)
1 à 4 ans
25
22 (88,0)
3 (12,0)
0 (-)
bre
N
(%)
bre
N
(%)
bre
N
(%)
5 à 9 ans
125
124 (99,2)
1 (0,8)
0 (-)
10 à 14 ans
106
106 (100,0)
0 (-)
0 (-)
15 à 19 ans
72
72 (100,0)
0 (-)
0 (-)
20 à 24 ans
27
26 (96,3)
1 (3,7)
0 (-)
186 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
25 à 29 ans
11
10 (90,9)
1 (9,1)
0 (-)
30 à 39 ans
24
16 (66,7)
5 (20,8)
3 (12,5)
40 à 59 ans
14
8 (57,1)
5 (35,7)
1 (7,1)
60 ans et plus
0
0 (-)
0 (-)
0 (-)
Total
418
391 (93,5)
21 (5,0)
6 (1,4)
Les groupes d'âge le plus jeune et le plus vieux ont été confrontés au fardeau le plus lourd, quelque 35,7 %
(n = 5) des cas âgés de moins d'un an, 35,7 % (n = 5) des cas âgés de 40 à 59 ans et 20,8 % (n = 5) des cas
âgés de 30 à 39 ans ayant dû être hospitalisés. Les hospitalisations déclarées chez les cas âgés de 1 à 29 ans
étaient peu fréquentes.
Il est à noter que le statut d'hospitalisation n'était pas connu chez 1,4 % (n = 6) des cas.
Épidémiologie moléculaire
En 2014, les échantillons disponibles ont permis de déterminer le génotype de 26,6 % (n = 111) des cas déclarés
de rougeole. Les cas ayant un lien épidémiologique avec un cas génotypé présentent habituellement le même
génotype, c'est pourquoi, aux fins de surveillance, il n'est pas nécessaire d'obtenir le génotype de tous les cas
d'une éclosion. Ainsi, en 2014, on a réussi à obtenir le génotype de 98 % des événements rougeoleux uniques,
où chaque éclosion ou cas sporadique était considéré comme un seul événement (18 éclosions sur 18, et 31 cas
sporadiques sur 32) (tableau 4). Les génotypes de la rougeole étaient les suivants : B3 (n = 65), D8 (n = 36), D9
(n = 5), H1 (n =3) et D4 (n = 2) (figure 2).
Figure 2 : Répartition des génotypes des souches de rougeole détectées dans les cas de 2014
(n = 111) par semaine d'apparition de l'éruption cutanée (si disponible, n = 94) ou collecte
d'échantillons (n = 17)
16
B3
Nombre de séquences
14
B3 - Harare*
12
D4
10
D8
8
D8 - Taunton†
6
D9
4
H1
2
0
1
3
5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41 43 45 47 49 51 53
Semaine épidémiologique de l'apparition de l'éruption cutanée / collecte d'échantillons, 2014
Les semaines épidémiologiques sont attribuées conformément aux lignes directrices de l'Organisation mondiale de la Santé (WHO.WER.2012;9(87):73),
avec la semaine 1 commençant le premier lundi de chaque année.
* Séquences du génotype B3 identiques à la variante de séquence MVi/Harare.ZWE/38.09 (numéro d'enregistrement GenBank : JF973033).
† Séquences du génotype D8 identiques à la variante de séquence MVs/Taunton.GBR/27.12 (numéro d'enregistrement GenBank : JX984461).
En 2014, le génotype B3 de la rougeole a circulé partout dans le monde : il a été déclaré dans plus de 40 pays
(18). Au Canada, il a été détecté chez 65 cas, dont 58,5 % (n = 38) étaient associés à 12 éclosions (annexe). Ce
génotype a été le plus souvent importé des Philippines (n = 16), mais a aussi été relevé chez des cas ayant
187 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
voyagé aux États-Unis (n = 1), en Europe (n = 1), au Pakistan (n = 1) et en Thaïlande (n = 1). Cinquante-cinq des
65 séquences N-450 du génotype 3 étaient identiques à la variante de séquence MVi/Harare.ZWE/38.09 (numéro
d'enregistrement GenBank JF973033), aussi connue comme la variante de séquence B3-Harare (figure 3). Cette
variante de séquence a été déclarée partout dans le monde et a été fréquemment liée aux Philippines, où une
importante éclosion est survenue en 2014 (numéro d'enregistrement GenBank KJ634500). Tous les cas
canadiens ayant voyagé aux Philippines présentaient des séquences N-450 identiques à la variante de séquence
B3-Harare (n = 13) ou ne différant que par un nucléotide (99,8 % identique, n = 3). Les variantes de séquence du
génotype B3 importées de pays autres que les Philippines ne différaient de la variante de séquence B3-Harare
que par un (99,8 % identique, importée des États-Unis, n = 1), deux (99,6 % identique, importée de Thaïlande,
n = 1) ou trois nucléotides (99,3 % identique, importée du Pakistan, n = 1), la confirmation en laboratoire
fournissant ainsi la preuve que ces événements rougeoleux n'étaient pas liés, ayant été importés de multiples
sources.
Figure 3 : Arbre phylogénétique des séquences rougeoleuses N-450 détectées au Canada en 2014
(n = 111)
188 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
LÉGENDE :
Les séquences de référence pertinentes de l'OMS (13) sont indiquées en caractères gras italiques. Les variantes de séquence, assignées dans la base de
données des séquences de la rougeole de l'OMS (MeaNS) (20), sont indiquées en italiques. Les séquences canadiennes sont représentées en caractères
ordinaires et sont identifiées par la désignation de l'OMS qui indique la province et la semaine d'apparition de l'éruption cutanée ou de la collecte de
l'échantillon. Les cas ayant voyagé sont identifiés par « ex: » suivi des trois lettres du code du pays. Les éclosions sont représentées par une seule séquence et
sont identifiées par leur numéro d'éclosion (annexe). Le nombre de séquences identiques relevées dans l'éclosion est fourni entre parenthèses. Les séquences
restantes, n'ayant aucun numéro d'éclosion, proviennent de cas sporadiques (n = 31).
Le génotype D8 de la rougeole a été détecté dans 36 cas, parmi lesquels 88,9 % (n = 32) étaient associés à
quatre éclosions, y compris celle de grande ampleur en Colombie-Britannique (annexe). Presque toutes les
séquences N-450 (n = 35) (dont bon nombre étaient associées à trois éclosions) étaient identiques à la variante
de séquence MVs/Taunton.GBR/27.12 (numéro d'enregistrement GenBank JX984461) (figure 3). À l'échelle
mondiale, cette variante de séquence du génotype D8 a déjà été associée à une importante et longue éclosion
aux Pays-Bas ayant débuté en 2013 (19). Une deuxième souche du génotype D8 a été identifiée en 2014,
laquelle a été associée à une petite éclosion ayant pris naissance en Inde, pays où le génotype D8 est
endémique (20) (figure 3, annexe).
Les éclosions déclarées étaient de taille variable (2 à 325 cas; médiane : 3 cas). La majorité (72,2 %) des
éclosions avaient deux générations ou moins, tandis que leur durée médiane était de 15 jours (deux générations).
Le génotype des éclosions déclarées étaient B3 (n = 12), D8 (n = 4), D4 (n = 1) et D9 (n = 1).
La grande majorité (84,4 %, n = 325) des cas liés à une éclosion sont survenus au cours d'une importante
éclosion de rougeole en Colombie-Britannique. Cette éclosion s'est produite au sein d'une communauté
religieuse ne pratiquant pas la vaccination. On soupçonne que la source du virus était une importation non
documentée des Pays-Bas, pays où sévissait une éclosion concomitante (19) au sein d'une communauté
religieuse ayant des antécédents d'importation de maladies évitables par la vaccination au Canada (1, 21, 22).
Cette éclosion a touché principalement des enfants et des adolescents âgés de 5 à 14 ans. L'analyse détaillée de
cette éclosion est décrite ailleurs (8).
La rougeole canadienne dans le contexte mondial
Parmi les 418 cas de rougeole déclarés en 2014, 6,0 % (n = 25) ont été importés. La majorité des importations
ont contracté la maladie dans la région Pacifique occidental (Philippines [n = 18] et Chine [n = 1]), suivie des
régions Asie du Sud-Est (Inde [n = 2] et Thaïlande [n = 1]), Méditerranée orientale (Pakistan [n = 1]), Europe
(Italie/Pays-Bas [n = 1]) et Amériques (États-Unis [n = 1]). Les Philippines ont été victimes d'une importante
éclosion de rougeole en 2014, laquelle a sans doute été à l'origine des nombreuses importations observées au
Canada cette année-là.
Parmi les 25 importations déclarées, seulement neuf (en provenance des Philippines [n = 6], de l'Inde [n = 2] et
de la Thaïlande [n = 1]) ont, selon les connaissances actuelles, entraîné une propagation secondaire. Toutes les
importations déclarées étaient des individus dont le pays de résidence habituelle était le Canada; ils ont tous
contracté la rougeole lors d'un voyage et ils étaient tous contagieux à leur retour au Canada. En outre, les
importations étaient réparties dans presque tous les groupes d'âge, bien que plus fréquemment dans les groupes
d'âge des moins d'un an et des 15 à 19 ans (16 %, n = 4, chaque groupe).
Maintien de l'élimination de la rougeole
L'OPS a établi quatre critères essentiels pour la vérification continue de l'élimination de la rougeole (9). Le
Canada a satisfait pleinement ou partiellement à tous ces critères en 2014 (tableau 4).
189 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Tableau 4 : Critères essentiels de l'Organisation panaméricaine de la santé pour la vérification de
l'élimination de la rougeole
Critère
Vérifier l'interruption des cas
endémiques de rougeole au
cours d'une période d'au moins
trois ans à compter du dernier
cas endémique connu, en
présence d'une surveillance de
qualité supérieure
Maintenir une surveillance de
qualité supérieure suffisamment
sensible pour déceler les cas
importés et ceux liés à
l'importation
Vérifier l'absence de souches de
virus endémiques de la rougeole
en assurant une surveillance
virologique
Veiller à ce que l'immunisation au
sein de la population soit
adéquate
Indicateur
Aucun cas de transmission
endémique
Description
Critère satisfait
Le Canada est parvenu à éradiquer la rougeole en 1998.
Depuis lors, la surveillance moléculaire et
épidémiologique continue de démontrer l'absence de
souche virale en circulation pendant un an ou plus au
Canada.
> 2 cas suspectés pour
100 000 habitants ont fait
l'objet d'une enquête
adéquate
Génotypage de la rougeole
effectué lors de 80 % des
éclosions
95 % des cohortes de la
population âgée de 1 à
40 ans ont reçu un vaccin
contenant le virus de la
rougeole
Les données précédemment présentées à l'appui de la
vérification de l'interruption de la rougeole endémique au
Canada de 1998 à 2013 sont disponibles en ligne (1, 2,
3).
Critère partiellement satisfait
Étant donné que seuls les cas confirmés de rougeole
doivent obligatoirement être déclarés au Canada, cet
indicateur ne peut être évalué directement.
Toutefois, grâce aux données du projet pilote sur la
surveillance de la rougeole et de la rubéole, on a estimé
le taux national d'enquêtes sur les maladies évoquant la
rougeole, lequel s'est situé entre 12 pour
100 000 habitants (2006, année sans éclosion) et 19 pour
100 000 habitants (2011, année touchée par une
éclosion).
Critère satisfait
On a obtenu le génotype d'au moins un cas lors de
chacune des éclosions de 2014.
Critère partiellement satisfait
Pour le moment, il n'existe aucun registre national de
vaccination au Canada; par conséquent, ce critère ne
peut être évalué directement.
Toutefois, l'Enquête sur la couverture vaccinale nationale
des enfants de 2011 a estimé à 95,2 % le taux de
couverture vaccinale pour la première dose du vaccin
contenant le virus de la rougeole chez les enfants âgés de
2 ans, et à 94,9 %, celui pour la deuxième dose du vaccin
chez les enfants âgés de 7 ans (7). En revanche, il faut
noter qu'il s'agit ici de valeurs moyennes; la couverture
est hétérogène et peut varier d'une région à l'autre.
Discussion
En 2014, 418 cas confirmés de rougeole ont été déclarés au Canada, ce qui représente le deuxième plus haut
total depuis l'éradication de la rougeole en 1998. Ces cas étaient cependant en grande partie attribuables à une
éclosion survenue dans une communauté religieuse ne pratiquant pas la vaccination (8). Fait notable, la majorité
(72,2 %) des éclosions en 2014 étaient limitées à deux générations ou moins, tandis que leur durée médiane était
de 15 jours (deux générations). Cela donne à penser que ces événements étaient bien contrôlés par la
combinaison de taux de couverture vaccinale élevés et d'interventions mises en œuvre par la santé publique.
190 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Le fardeau de la maladie (incidence de la rougeole) a été le plus élevé chez les enfants et les adolescents âgés
de 5 à 14 ans, ce qui correspond à la répartition par groupe d'âge des cas déclarés lors d'une éclosion survenue
en Colombie-Britannique dans une communauté religieuse ne pratiquant pas la vaccination. En revanche, le
fardeau lié à la morbidité (c'est-à-dire, les hospitalisations) a tout de même été appréciable chez les moins d'un
an et les 40 à 59 ans. Compte tenu des limites associées aux données sur la morbidité saisies dans le SCSRR et
le projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole, et de l'absence de données sur la mortalité, il
s'agit d'une représentation incomplète du fardeau réel de la maladie causée par la rougeole au Canada.
Cinq génotypes (B3, D8, D9, H1 et D4) ont été détectés en 2014, lesquels ont été importés de toutes les régions
de l'OMS sauf l'Afrique. Même si le Canada a réussi à obtenir le statut d'élimination de la rougeole en 1998, les
importations de cas de rougeole au pays se poursuivront tant et aussi longtemps que le virus circule libéralement
dans les autres pays. Selon l'OMS, plus de 201 000 cas confirmés de rougeole ont été déclarés dans le monde
en 2014, principalement dans la région du Pacifique occidental (23). Aussi, le total annuel de cas de rougeole
déclarés aux États-Unis était le plus élevé depuis leur obtention du statut d'élimination du virus en 2000 (24). Les
voyages internationaux, combinés aux éclosions importantes dans d'autres régions du monde, peuvent accroître
le risque d'importation et, subséquemment, de propagation de la rougeole au Canada. Les grandes éclosions au
pays, telle celle signalée en Colombie-Britannique, font ressortir les points à améliorer dans l'immunité de la
population, ainsi que l'importance continue de maintenir une couverture élevée par le vaccin contenant le virus de
la rougeole.
Comme les années précédentes, le Canada a pleinement ou partiellement satisfait à tous les critères de
vérification et d'élimination énoncés par l'OPS. On a réussi à obtenir le génotype de 98 % des événements
rougeoleux uniques en 2014. Les méthodes moléculaires continuent à jouer un rôle clé dans la surveillance
épidémiologique liée aux critères suivants ayant été pleinement satisfaits par le Canada en 2014 : « Vérifier
l'interruption des cas endémiques de rougeole au cours d'une période d'au moins trois ans à compter du dernier
cas endémique connu, en présence d'une surveillance de qualité supérieure » et « Vérifier l'absence de souches
de virus endémiques de la rougeole en assurant une surveillance virologique ». Les critères partiellement
satisfaits par le Canada, soit « maintenir une surveillance de qualité supérieure suffisamment sensible pour
déceler les cas importés et ceux liés à l'importation » et « veiller à ce que l'immunisation au sein de la population
soit adéquate », fournissent l'occasion de renforcer les activités actuelles liées à l'engagement continu du Canada
envers l'élimination de la rougeole, telles que résumées ailleurs (25).
Limites
Les décès liés à la rougeole ne sont pas actuellement saisis dans le SCSRR ou le projet pilote sur la surveillance
de la rougeole et de la rubéole. Toutefois, il est probable que les décès attribuables à une infection aiguë par le
virus de la rougeole seraient décrits dans d'autres sources d'information (p. ex. Statistique Canada, statistiques
de l'état civil ou médias). Bien que certaines données limitées sur la morbidité soient disponibles, aucun
renseignement détaillé, telle la durée de l'hospitalisation ou la nature et la gravité des complications, n'est
actuellement décrit dans le SCSRR ou le projet pilote sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole.
Le statut vaccinal n'a pu être évalué dans 14,4 % (n = 60) des cas. En outre, le statut vaccinal des cas âgés d'un
à six ans était défini au moyen du calendrier en vigueur dans la province ou le territoire, lequel peut varier d'une
administration à l'autre. Bien que le cadre de santé dans lequel survient le cas soit respecté, une distinction peut
se produire entre deux individus semblables, laquelle est fondée sur un facteur qui pourrait ne pas contribuer à
leur vulnérabilité à la rougeole.
Conclusion
Malgré une activité importante de la rougeole en 2014, le Canada continue de fournir de solides preuves que son
statut d'élimination de la rougeole est maintenu.
191 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Remerciements
Les auteurs souhaitent remercier leurs partenaires provinciaux et territoriaux pour leur collaboration et leurs
efforts continus à fournir et à valider les données saisies dans le SCSRR et le projet pilote sur la surveillance de
la rougeole et la rubéole, ainsi que pour leur revue du contenu de ce rapport.
Les auteurs sont également reconnaissants envers le personnel du LNM, en particulier celui des divisions
rs
Services principaux de la génomique et Exanthèmes viraux (D Alberto Severini, Lillian Mendoza et Lisa
Podhorodecki) pour leur contribution dans la production des données moléculaires, et les laboratoires provinciaux
pour remise d'échantillons.
Conflit d'intérêts
Aucun
Financement
Ce travail a été appuyé par l'Agence de la santé publique du Canada.
Références
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(16)
(17)
(18)
(19)
(20)
(21)
(22)
(23)
(24)
(25)
Annexe: Sommaire des éclosions de rougeole au Canada, classées par date d'apparition de la
première éruption cutanée, en 2014
bre
o
N
Prov.
N
de
cas
Durée (en jours)
(générations)
10
32
(3)
2
14
(2)
3
4
(1)
Génotype
Description

1
Sask.
B3 – Harare*


2
3
C.-B.
Alb.
B3 – Harare*
B3 – Harare*




4
C.-B.
325
107
(9)

D8 – Taunton†


5
6
Ont.
Ont.
4
2
26
(3)
B3 – Harare*
12
(2)
B3


Le cas index était une importation des Philippines; il
s'agissait d'un voyageur canadien non immunisé.
L'infection s'est ensuite propagée parmi les contacts
dans divers contextes.
La source d'exposition du cas index de cette éclosion
était inconnue.
Le cas secondaire était épidémiologiquement lié au
cas index.
Le cas primaire n'a pas été trouvé.
Cette grappe de trois cas était présumée avoir
partagé une source commune d'exposition, selon les
dates d'apparition de l'éruption cutanée.
Aucun cas primaire n'a été déclaré, mais on croit
qu'il pourrait s'agir d'une importation des Pays-Bas.
L'infection s'est ensuite propagée au sein d'une
communauté religieuse ne pratiquant pas la
vaccination, principalement en milieu scolaire.
Très peu de cas liés à cette éclosion ont été déclarés
à l'extérieur de la communauté religieuse.
Le cas index de cette éclosion était une importation
des Philippines; il s'agissait d'un enfant non
immunisé.
Les cas secondaires étaient des contacts à la maison
et à l'école.
Le cas index de cette éclosion était une importation
de la Thaïlande; il s'agissait d'un voyageur canadien
193 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7


7
Ont.
3
19
(2)
B3 – Harare*


8
Man.
2
15
(2)
2
21
(2)
2
5
(1)
B3 – Harare*


9
10
Man.
Alb.
B3 – Harare*
D8 – Taunton†




11
Alb.
4
27
(3)
9
53
(5)
B3


12
Alb.
B3 – Harare*


13
Ont.
5
12
(1)
D9


14
Man.
2
13
(2)
D4


15
Sask.
5
9
(2)
2
13
(2)
B3 – Harare*
B3 – Harare*
D8 – Taunton†


16
Alb.
D8


17
C.-B.
2
18
(2)
18
C.-B.
2
9
(2)



déjà immunisé.
Le cas secondaire était un contact familial du cas
index.
Le cas index de cette éclosion était une importation
des Philippines, qui avait également voyagé en
Chine.
Les deux cas secondaires ont été exposés à la
rougeole dans un établissement de soins de santé.
La source d'exposition du cas index de cette éclosion
était inconnue.
Le cas secondaire était un contact familial proche du
cas index.
La source d'exposition du cas index de cette éclosion
était inconnue.
L'exposition du cas secondaire a eu lieu dans un
établissement de soins de santé.
Le cas primaire de cette éclosion n'a pas été trouvé.
Les deux cas déclarés étaient épidémiologiquement
liés et étaient présumés avoir une source commune
d'exposition.
Le cas index était une importation des Philippines; il
s'agissait d'un Canadien non immunisé.
Les cas secondaires, associés à l'importation, étaient
épidémiologiquement liés et se trouvaient dans la
même unité de santé.
Cet événement comprend deux importations
simultanées des Philippines (immigrants récents
ayant voyagé ensemble).
Les cas secondaires étaient liés à l'importation.
Le cas index était un visiteur de la Chine
épidémiologiquement lié à une éclosion en cours
dans son pays.
L'ensemble des cinq cas étaient
épidémiologiquement liés à ce visiteur.
Le cas index de cette éclosion était importé de
l'Inde.
Le cas secondaire présentait un faible lien
épidémiologique avec le cas index.
Le cas primaire lié à cet événement n'a pas été
identifié, mais on présume qu'il a été exposé à la
même source que les cas déclarés.
Les cas déclarés sont regroupés en deux grappes,
mais aucune source d'exposition ni voyage n'a été
documenté.
Le cas index de cette éclosion était une importation
de l'Inde.
Le cas secondaire était épidémiologiquement lié au
cas index.
La source d'exposition du cas index de cette éclosion
était inconnue.
L'exposition du cas secondaire a eu lieu dans un
établissement de soins de santé.
La source d'exposition du cas index de cette éclosion
était inconnue.
Le cas secondaire était un contact familial.
* Séquences du génotype B3 identiques à la variante de séquence MVi/Harare.ZWE/38.09 (numéro d'enregistrement GenBank : JF973033).
† Séquences du génotype D8 identiques à la variante de séquence MVs/Taunton.GBR/27.12 (numéro d'enregistrement GenBank : JX984461).
194 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Éclosion de rougeole au sein d'une population non vaccinée, Colombie-Britannique,
2014
1,2
1
3
3
3
3
1,2
1,2
Naus M *, Puddicombe D , Murti M , Fung C , Stam R , Loadman S , Krajden M , Tang P , Lem M
2,3
1
Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique)
Faculté de médecine, Université de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique)
3
Fraser Health Authority, Surrey (Colombie-Britannique)
2
*Correspondance : monika.naus@bccdc.ca
Résumé
Contexte : Bien que le Canada ait éliminé la rougeole endémique en 1998, on s'attend à ce que des éclosions
résultant de la transmission par un cas importé surviennent de temps à autre au sein de communautés non
vaccinées et regroupées géographiquement. Au printemps 2014, une importante éclosion de rougeole liée à une
éclosion aux Pays-Bas est survenue en Colombie-Britannique dans une communauté non vaccinée pour des
raisons religieuses.
Méthodologie : Une recherche des cas a été réalisée avec l'aide de la communauté locale, de ses écoles et de
ses dirigeants de groupes religieux ainsi que des fournisseurs de soins de santé locaux pour dénombrer les cas
confirmés, probables et suspects. Des lignes directrices pour le contrôle de la rougeole ont été mises en œuvre
avec une acceptation limitée du vaccin contenant le virus de la rougeole, mais une observance accrue des
mesures de contrôle des infections et des restrictions de voyage.
Résultats : Au total, 433 cas (325 cas confirmés et 108 cas probables) ont été détectés. L'apparition de
l'éruption cutanée s'est échelonnée du 22 février au 9 juin, et pendant les mois de mars et d'avril dans 98 % des
cas. Cinquante-sept pour cent des cas sont survenus chez les élèves d'une école. L'âge médian des cas était de
11 ans et 68 % des cas sont survenus chez des personnes de 5 à 19 ans. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des
cas sont survenus chez des personnes non vaccinées. Une personne a souffert d'encéphalite et s'est rétablie.
Seulement cinq cas sont survenus en dehors de la communauté touchée. Les résultats du génotypage indiquent
une importation de l'éclosion aux Pays-Bas.
Conclusion : cette éclosion dans une communauté où le taux de vaccination est faible a touché en grande partie
la population pédiatrique, les adultes ayant probablement acquis l'immunité contre la rougeole à la suite d'une
infection antérieure par le virus de la rougeole de type sauvage. Malgré l'hésitation persistante de cette
population à se faire vacciner, la collaboration élevée de la communauté pour respecter les mesures de contrôle
de l'infection et les restrictions de déplacement a facilité l'endiguement de l'éclosion.
Introduction
La rougeole est une maladie virale aiguë hautement contagieuse et évitable grâce au vaccin contre la rougeole.
La Colombie-Britannique (C.-B.) a lancé en 1996 un programme de vaccination des enfants en deux doses (1, 2)
en vue d'atteindre l'objectif de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) d'éliminer la rougeole. Le Canada
a éliminé la rougeole endémique (définie comme étant issue d'une chaîne de transmission identifiable qui dure au
moins 12 mois) depuis 1998, et l'élimination de la rougeole dans les Amériques a été déclarée en 2002. L'état
d'élimination de la rougeole a récemment fait l'objet d'une révision par le comité international d'experts (3).
Des cas et des éclosions de rougeole continuent de survenir au Canada en raison d'une importation périodique.
Depuis que le Canada a éliminé la rougeole endémique, la C.-B. a été le théâtre de deux éclosions importantes.
La première éclosion, en 2010, a entraîné 82 cas confirmés et cliniques (également appelés « probables »), s'est
propagée à l'échelle de la province et a été associée à deux importations distinctes pendant les Jeux olympiques
195 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
d'hiver de Vancouver (4, 5). La deuxième éclosion, nettement plus importante, est survenue en 2014 et est
décrite dans le présent relevé.
L'éclosion de 2014 a eu lieu dans la région sanitaire de l'est de la vallée du Fraser dans une communauté
protestante orthodoxe réformée des Pays-Bas dont la population est estimée à 1 200 personnes. Cette
communauté est reconnue comme étant opposée à la vaccination. Sa population, qui n'est pas isolée
socialement ni géographiquement, réside dans un secteur agricole semi-rural de la région et entretient des liens
étroits avec les Pays-Bas. L'éclosion est survenue à la toute fin d'une éclosion de rougeole qui a eu lieu aux
Pays-Bas de mai 2013 à mars 2014. L'éclosion des Pays-Bas a entraîné près de 2 600 cas déclarés de rougeole,
182 hospitalisations d'enfants et le décès d'un enfant attribuable à des complications de la rougeole (6, 7). La
même éclosion aux Pays-Bas a entraîné deux importations antérieures dans la région de la Fraser Health
Authority, en août et en novembre 2013, sans transmission de la maladie à grande échelle, et une importation de
la rougeole dans le sud de l'Alberta qui a donné lieu à 42 cas confirmés d'octobre 2013 à janvier 2014 (8).
Enquête sur l'éclosion
Le 6 mars 2014, la Fraser Health Authority a été avisée par le directeur d'une école de l'est de la région
qu'environ le tiers d'une classe d'élèves de troisième année et environ 10 % des autres élèves s'étaient absentés
de l'école en raison d'une maladie qui s'accompagne d'une éruption cutanée. Presque tous les élèves de l'école
n'avaient pas été vaccinés contre la rougeole en raison de croyances religieuses.
Le bureau de santé a amorcé les démarches de confirmation et de recherche des cas en téléphonant aux familles
des enfants de l'école pour dénombrer les cas antérieurs et actuels. Les familles de l'école étaient généralement
nombreuses et étroitement liées par l'intermédiaire de l'école, de l'église et de relations avec la famille élargie. La
plupart des familles comptant un ou plusieurs enfants malades n'avaient pas sollicité de soins médicaux et ont
refusé l'évaluation médicale et les analyses de laboratoire.
Recherche des cas et activités de collecte de données
Conformément aux règlements sur les maladies contagieuses de la Loi sur la santé publique en ColombieBritannique (9), les cas confirmés, probables et suspects de rougeole doivent être déclarés. La définition de cas
provinciale de la rougeole a été utilisée pour le classement des cas, mais modifiée pour inclure les cas au « lien
épidémiologique confirmé », p. ex. les élèves et les membres du personnel de l'école touchée qui présentaient
une maladie clinique compatible avec la rougeole (10). Cette modification a été fondée sur l'hypothèse que la
fréquentation de l'école a entraîné une exposition à la rougeole comparable à une exposition à un cas confirmé
en laboratoire.
Un formulaire de déclaration de cas modifié et abrégé inspiré du formulaire provincial pour les cas de rougeole a
été utilisé pendant l'éclosion et présenté au Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique pour la
saisie des données. Le formulaire de déclaration de cas provincial a été présenté pour chaque cas à la fin de
l'éclosion (11). Les données démographiques, les signes et symptômes, les antécédents de vaccination, les
complications et les résultats, les échantillons de laboratoire recueillis, les antécédents de voyage et d'exposition,
une profession dans le domaine de la santé, la fréquentation d'un établissement d'enseignement, la résidence
dans un milieu communautaire et des données agrégées sur les contacts faisaient partie des variables.
Méthodes de laboratoire
Le Laboratoire de santé publique et de référence en microbiologie de la Colombie-Britannique a réalisé les tests
moléculaires de dépistage de l'ARN viral sur des écouvillonnages du nasopharynx et des échantillons d'urine par
transcription inverse suivie d'une réaction en chaîne de la polymérase en temps réel (RT-PCR). Le dépistage
sérologique a été réalisé par immuno-essai au moyen des tests Enzygnost® Anticorps anti-Rougeole/IgG et
Anticorps anti-Rougeole/IgM de Siemens. Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de Winnipeg a réalisé
les tests RT-PCR de confirmation et le génotypage du virus pour tous les échantillons positifs à la suite des tests
RT-PCR.
196 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Mesures de santé publique
Compte tenu du risque de propagation élevé de la rougeole en provenance des Pays-Bas à la population
associée en Colombie-Britannique, les bureaux locaux de santé publique de la Fraser Health Authority ont
déployé des efforts concertés avant cette éclosion à l'été 2013 pour renforcer les relations avec les communautés
néerlandaises réformées, en particulier celles dont les écoles sont administrées en collaboration avec les églises.
Ces démarches ont été réalisées avec l'aide d'une infirmière membre de la communauté néerlandaise réformée
embauchée par la Fraser Health Authority pour agir en tant que ressource communautaire. Par ailleurs, des
conseils ont été sollicités auprès de professionnels de la santé publique de la région du sud de l'Alberta où vivent
des communautés semblables. Puisque la plupart des membres de la communauté allaient refuser le vaccin
contre la rougeole malgré l'éclosion, la discussion entre les autorités sanitaires et la communauté a été orientée
sur des valeurs et des objectifs communs. Les valeurs qui ont été abordées sont la responsabilité partagée du
bien-être de la communauté, la nécessité de protéger les membres vulnérables de la société et la volonté de ne
causer aucun tort. La déclaration rapide des cas, la minimisation de la transmission en dehors de la communauté
et l'optimisation des mesures de contrôle des infections sont les objectifs qui ont été fixés.
La gestion des cas et des contacts a été assurée conformément aux lignes directrices pour le contrôle de la
rougeole de la Colombie-Britannique (12). La prophylaxie post-exposition au moyen du vaccin contre la rougeole,
les oreillons et la rubéole (ROR) ainsi que d'immunoglobulines (IG) a été offerte. Presque tous les membres de la
communauté religieuse ont refusé le vaccin, mais l'administration des IG a été jugée conforme à la doctrine
religieuse puisque la communauté la considérait comme un « traitement ». Les membres de la communauté
consentant à la vaccination ont pu obtenir le service de façon confidentielle pour éviter d'être ostracisés par leur
groupe confessionnel. Les personnes infectées ont reçu la consigne de s'isoler pendant la phase prodromique et
les quatre jours suivant l'apparition de l'éruption cutanée et les personnes exposées, de se soumettre à la
quarantaine pendant une période de 21 jours. Des ententes ont été conclues avec les laboratoires des hôpitaux
pour obtenir des services de diagnostic par l'entremise d'un mode de paiement de rechange pour les membres de
la communauté qui ne détenaient pas de numéro de régime d'assurance médicale. Les infirmières en santé
publique n'ont pas incité la population à subir des analyses de laboratoire après la confirmation de l'éclosion pour
éviter l'exposition du grand public, par exemple dans les salles d'attente, après une exposition potentielle dans les
milieux de soins locaux.
La Fraser Health Authority a rapidement déployé des mesures de contrôle dans la région de la vallée du Fraser et
a collaboré avec de nombreux groupes au sein de la communauté touchée, y compris les écoles et les dirigeants
des groupes religieux. Comme l'éclosion a commencé une semaine avant la semaine de relâche, on a demandé
aux familles des personnes infectées ou ayant été exposées à la maladie de ne pas voyager. La commission
scolaire a consenti à ces restrictions de voyage et les dirigeants de la communauté les ont appuyées. Le
directeur a fermé l'école le 7 mars, deux jours avant le début de la semaine de relâche et, conformément aux
directives du médecin hygiéniste en chef, l'école est restée fermée pendant une autre semaine par la suite,
er
jusqu'au 1 avril.
La Fraser Health Authority a également recommandé aux résidents de la région non vaccinés ou présentant une
couverture vaccinale insuffisante de recevoir le vaccin contre la rougeole au moyen d'une variété de
communications et de services de vaccination qui ont été offerts par les autorités sanitaires ainsi que dans les
pharmacies et les cabinets de médecins locaux. Une deuxième dose du vaccin ROR a été offerte aux tout-petits
des membres de la population environnante qui ont accepté la vaccination dès le premier mois suivant la
première dose (autrement, le calendrier de vaccination régulier prévoit une deuxième dose vers l'âge de quatre à
six ans). Une preuve d'immunisation contre la rougeole était exigée de la part de tous les membres du personnel
de la Fraser Health Authority pour travailler dans un milieu de soins aux patients. L'éclosion a été déclarée le
29 avril.
Analyse statistique
Les statistiques descriptives ont été calculées au moyen de Stata 13 (StataCorp. [2013]. Logiciel statistique
Stata : version 13. College Station, TX : StataCorp LP).
197 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Résultats
Au total, 433 cas (325 confirmés et 108 probables) ont été dénombrés pendant l'éclosion parmi les résidents de la
C-B. L'éruption cutanée du cas index est apparue le 22 février 2014 (semaine épidémiologique 8). Les milieux
communs où il a été établi que la transmission de ce cas a eu lieu sont l'église pendant la deuxième journée de
l'éruption cutanée et l'école pendant la troisième journée. L'éruption cutanée est survenue en mars et en avril
(semaines épidémiologiques 10 à 16) dans la plupart des cas (425, 98 %) et le 9 juin 2014 (semaine
épidémiologique 24) dans le dernier cas (Figure 1).
Figure 1: Courbe épidémique de l'éclosion de rougeole par état des cas et par semaine
épidémiologique d'apparition de l'éruption cutanée, Colombie-Britannique, 2014
Nombre de cas
200
150
Probables
Confirmés
100
50
0
6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26
Semaine épidémiologique de l'apparition de l'éruption cutanée, 2014 (N = 433)
e
L'éclosion était concentrée dans une école de la région qui comptait environ 360 élèves de la maternelle à la 12
année. Dans plus de la moitié des cas, les personnes infectées étaient des élèves ou des membres du personnel
de l'école (248 cas, 57 %; 13 confirmés en laboratoire et 235 présentant un lien épidémiologique).
Trente-trois (8 %) cas confirmés en laboratoire (29 par test de polymérase en chaîne et 4 par test sérologique
d'IgM), 108 (25 %) cas probables et 292 (67 %) cas présentant un lien épidémiologique ont été dénombrés
(Tableau 1). La répartition des cas selon l'âge est présentée dans le Tableau 1. L'âge médian était de 11 ans.
Parmi les 433 cas, seulement 9 (2 pour cent) personnes avaient moins de 1 an, 70 (16 %) avaient de 1 à 4 ans,
295 (68 %) étaient des enfants d'âge scolaire de 5 à 19 ans (14 %) et 59 (14 %) avaient de 20 à 44 ans. Les cas
confirmés concernaient moins souvent des personnes de moins de 5 ans que des personnes de 5 à 19 ans
(Figure 2), un résultat probablement attribuable à la composante de fréquentation scolaire dans la définition du
lien épidémiologique. Cinquante et un pour cent des cas sont survenus chez des hommes.
198 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Tableau 1 : Caractéristiques des cas de l'éclosion de rougeole par état des cas, ColombieBritannique,* 2014
Caractéristique
Cas confirmés
N = 325
Cas probables
N = 108
n
n
%
Tous les cas
N = 433
%
n
%
Classification des cas
Confirmés par test de
polymérase en chaîne
29
-
-
-
29
7
4
-
-
-
4
1
292
-
-
-
292
67
-
-
108
-
108
25
2
1
7
6
9
2
1à4
16
5
54
50
70
16
5à9
115
35
4
4
119
27
10 à 19
161
50
15
14
176
41
20 à 44
31
10
28
26
59
14
Hommes
166
51
56
52
222
51
Femmes
159
49
52
48
211
49
Non
16
5
3
3
19
4
Oui
266
82
90
83
356
82
43
13
15
14
58
13
281
86
93
86
374
86
1
0
2
2
3
1
Confirmés par test de détection
d'IgM
Présentant un lien
épidémiologique confirmé
Probables
Groupe d'âge (ans)
<1
Sexe
Objection à la vaccination
Inconnue
Antécédents vaccinaux
0 dose
1 dose documentée
199 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
2 doses documentées
Inconnus
1
0
1
1
2
0
42
13
12
11
54
12
*
Un résident de l'état de Washington a contracté la rougeole après y avoir été exposé dans la région de l'est de Fraser et a été la source d'infection de cinq
autres cas déclarés dans l'état de Washington. Ces six cas ne font pas partie des 433 cas décrits dans les présentes.
Figure 2 : Nombre de cas par groupe d'âge et par état de cas
Nombre de cas
200
Probables
150
Confirmed
100
50
0
<1
1 à 4 5 à 9 10 à 19 20 à 44
Groupe d'âge (ans) (N = 433)
Dans la plupart des cas (356 cas, 82 %), une objection à la vaccination a été soulevée, et aucune objection n'a
été soulevée dans seulement 19 cas (4 %). L'objection à la vaccination n'a pas été rapportée dans 58 cas (13 %).
Au moins une dose du vaccin contenant le virus de la rougeole a été reçue antérieurement dans seulement cinq
cas (un pour cent). La répartition selon le sexe et la vaccination était semblable pour les cas confirmés et les cas
probables. Aucun voyage pendant la période d'exposition n'a été signalé parmi les cas liés à l'éclosion. Trois cas
ont présenté une pneumonie et un cas, des convulsions fébriles. Une autre personne a souffert d'encéphalite et
s'est rétablie. On dénombre cinq hospitalisations et aucun décès. Seulement cinq cas ont été repérés chez des
personnes qui n'étaient pas membres de la communauté religieuse : trois cas au sein d'une famille comptant
deux enfants non vaccinés et deux cas qui ont déclaré avoir reçu deux doses du vaccin ROR. La propagation en
dehors de la communauté religieuse a été contenue grâce à des taux relativement élevés de vaccination contre la
rougeole. Dans l'ensemble, 90 % des enfants de 7 ans de la région ont reçu les deux doses du vaccin contenant
le virus de la rougeole en 2014.
Le génotype D8 a été identifié dans 28 cas de rougeole confirmés par test de polymérase en chaîne. Parmi ces
cas, 27 étaient totalement identiques à la variante de la séquence MVs/Taunton.GBR/27.12 (la même que la
souche associée à l'éclosion aux Pays-Bas) et un y était identique à 99,8 %.
Discussion
Cette éclosion importante survenue en 2014 dans une communauté confessionnelle reconnue pour avoir un
faible taux de vaccination a touché en grande partie la population pédiatrique, les adultes ayant probablement
acquis l'immunité contre la rougeole à la suite d'une infection antérieure par le virus de la rougeole de type
sauvage. L'épicentre était une école, ce qui a favorisé une transmission rapide et intense. Malgré l'hésitation
persistante de cette population à se faire vacciner, la collaboration élevée de la communauté pour respecter les
mesures de contrôle de l'infection et les restrictions de déplacement a facilité l'endiguement de l'éclosion.
Bien que 433 cas aient été signalés, le nombre véritable de cas est probablement plus élevé puisque cette
communauté n'a pas tendance à solliciter des diagnostics et des traitements médicaux. De nombreux membres
de cette communauté ne souscrivent pas au régime de soins de santé provincial et ne peuvent pas faire l'objet
200 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
d'un suivi dans les bases de données administratives. L'éclosion a été limitée à la communauté affectée et a
entraîné seulement cinq cas chez des personnes qui n'en sont pas membres malgré des situations se prêtant à
une transmission potentielle, notamment dans les transports en commun, les établissements de soins de santé et
les établissements d'enseignement postsecondaire. Un tel résultat porte à croire que la population de la
communauté avoisinante était adéquatement immunisée malgré les taux de vaccination sous-optimaux établis à
des moments précis.
La relation de travail productive qui avait été établie au préalable entre l'autorité locale de santé publique et les
dirigeants des communautés néerlandaises réformées a grandement facilité l'intervention à la suite de l'éclosion.
Cette relation s'est révélée inestimable, car elle a permis de bâtir un lien de confiance avec la communauté avant
l'éclosion. Le fait de faire appel à une infirmière liée à la communauté a renforcé davantage la communication et
le degré d'aisance entre la communauté et les autorités sanitaires. Cette relation a permis à la communauté de
participer activement au contrôle de la propagation de l'éclosion tout en préservant ses pratiques religieuses. La
déclaration rapide des cas et l'observance et l'exécution des mesures de santé publique par la communauté, en
particulier les restrictions de voyage pendant la période cruciale de la semaine de relâche, ont évité la
propagation de la rougeole vers des régions plus peuplées où une retransmission aurait pu survenir.
Les communautés confessionnelles non vaccinées demeurent vulnérables aux maladies évitables par la
vaccination. Des communautés de ce genre ont subi des éclosions épisodiques de polio, de rougeole, de rubéole
et d'oreillons attribuables à une transmission par les frontières internationales en raison de voyages fréquents
pour rendre visite à des parents et amis de communautés associées (13-17). Les bureaux de santé publique
locaux qui desservent de telles communautés augmentent leurs capacités et échangent entre eux les
apprentissages tirés de leurs expériences pour adapter leurs interventions et optimiser le contrôle des éclosions
dans ces populations.
Remerciements
Un grand nombre de membres du personnel de la Fraser Health Authority ont participé à la collecte de données
pendant l'éclosion. Le laboratoire de santé publique et de référence en microbiologie de la Colombie-Britannique
a réalisé tous les tests diagnostiques pour la rougeole et le Laboratoire national de microbiologie, de l’Agence de
la santé publique du Canada, s'est occupé des tests de confirmation et du génotypage.
Conflit d'intérêts
Aucun
Références
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Maintenir l'élimination de la rougeole au Canada : Aller de l'avant
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Lam P , Williams L , Gadient S , Squires S , St-Laurent M *
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Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa
(Ontario)
*Correspondance : monique.st-laurent@phac-aspc.gc.ca
Résumé
Grâce à une immunisation réussie et à une surveillance appropriée, le Canada n'a signalé aucun cas de
rougeole endémique depuis 1998. Cependant, des éclosions récentes et importantes attribuables à l'importation
ont souligné les risques de réintroduction de la maladie par les voyages et des lacunes dans la couverture
vaccinale des sous-populations.
Dans le prolongement de son rapport sur l'élimination de 2011 et en collaboration avec les partenaires
provinciaux et territoriaux, l'Agence de la santé publique du Canada encourage l'immunisation en diffusant
l'information recueillie dans les enquêtes sur la couverture vaccinale, en pilotant la surveillance accrue à l'aide de
notifications en temps réel de cas suspectés et confirmés afin de permettre la détection précoce des éclosions, et
en renforçant la capacité de ses laboratoires. À mesure que ces efforts sont renforcés, cette approche peut
devenir un modèle pour les autres pays du monde cherchant à éliminer la rougeole.
Introduction
Le Canada lutte contre la rougeole endémique depuis que l'élimination de cette maladie est devenue un objectif
national, lors de la Conférence de concertation de 1992 (1). La rougeole est éliminée lorsque la transmission
indigène est interrompue pendant 12 mois consécutifs ou plus (2). Grâce au succès des programmes de
vaccination systématique à deux doses et des campagnes de rattrapage, aucun cas de rougeole endémique n'a
été signalé depuis 1998 (3). Cette réussite significative souligne l'effort de collaboration entrepris par tous les
ordres de gouvernement, les fournisseurs de soins de santé, les organisations non gouvernementales, les
intervenants experts et le public canadien.
Tant que la rougeole ne sera pas éradiquée à l'échelle mondiale, il faut s'attendre à ce que les cas importés de la
maladie (c.-à-d. l'exposition survenue à l'extérieur du Canada) continuent. Depuis l'élimination de la rougeole, le
nombre de cas est resté bas, avec une incidence médiane annuelle de 0,87 pour 1 000 000 d'habitants (données
non publiées du Système canadien de surveillance de la rougeole et de la rubéole [SCSRR]). Cependant, ces
dernières années, d'importantes éclosions se sont produites en raison d'importations dans des communautés où
la couverture vaccinale est inadéquate, au Canada et dans d'autres pays ayant obtenu le statut d'élimination de la
rougeole dans la Région des Amériques de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) (c.-à-d. aux États-Unis, au
Brésil) (4).
Prenant conscience des défis que représente le maintien de l'élimination de la rougeole, l'Organisation
panaméricaine de la Santé (OPS) a adopté une résolution au cours de la 150e séance du Comité exécutif de
l'OPS pour mettre en œuvre un plan d'action d'urgence poussant tous les États membres à renforcer la
surveillance de la maladie et la couverture vaccinale, afin de conserver leur statut d'élimination (5). Même si le
Canada a réussi à contenir les éclosions précédentes, un effort accru est nécessaire pour favoriser l'élimination
de la rougeole.
En 2011, l'Agence de la santé publique du Canada (l'Agence) a soumis à l'OPS le rapport de documentation et de
vérification Élimination de la rougeole, de la rubéole et du syndrome de rubéole congénitale au Canada (6). Ce
rapport présentait des preuves de l'élimination de la rougeole au Canada et fournissait des recommandations
visant à conserver le statut d'élimination dans les domaines prioritaires, notamment : 1) la promotion de
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l'immunisation et le suivi de la couverture vaccinale ; 2) la surveillance et l'intervention en cas d'éclosion ; et 3) la
capacité des laboratoires. L'Agence évalue les activités en cours dans chacun de ces domaines d'intérêt afin de
renforcer l'approche du Canada sur le maintien de l'élimination.
Promotion de l'immunisation et suivi de la couverture vaccinale
Maintenir l'élimination de la rougeole nécessite une couverture vaccinale d'au moins 95 % pour toutes les
cohortes de population (7). Au Canada, les estimations nationales actuelles de la vaccination contre la rougeole
pour les enfants indiquent une couverture adéquate : 95 % des enfants reçoivent deux doses d'un vaccin
contenant le virus de la rougeole avant l'âge de sept ans (8). Cependant, la couverture vaccinale aux niveaux
provincial, territorial et local est hétérogène car dans certaines sous-populations, l'adoption de la vaccination est
sous-optimale ou la vaccination est refusée. L'éclosion en Colombie-Britannique de 2014 (9) et la récente
éclosion au Québec début 2015 (4) sont des exemples de rougeole importée dans une communauté où la
vaccination a été refusée pour des raisons religieuses ou philosophiques. Les personnes refusant tous les
vaccins ne représentent qu'une petite partie des réticents face à la vaccination (10). Certains parents peuvent
retarder la vaccination de routine de leurs enfants ou ne choisir que certains vaccins, ce qui rend certaines
personnes vulnérables aux infections (10).
Le Groupe stratégique consultatif d'experts (SAGE) et le Groupe de travail d'immunisation sur la réticence face à
la vaccination recommande aux pays d'intégrer aux activités de leur programme d'immunisation un plan pour
mesurer et remédier à la réticence face à la vaccination (11). Dans le cadre de la Stratégie nationale
d'immunisation du Canada, un Groupe de travail expert sur l'acceptation et l'adoption des vaccins a été formé
pour répondre aux problèmes liés à l'accès aux vaccins et à leur adoption, afin d'améliorer les taux de couverture
vaccinale au Canada. L'Agence continue de promouvoir l'immunisation en distribuant au public des documents
éducatifs et en soutenant des initiatives novatrices comme ImmunizeCA, une application mobile de vaccination
gratuite permettant aux Canadiens de suivre facilement leurs dossiers de vaccination (12).
En l'absence d'un réseau national de registres d'immunisation, il est nécessaire de mener des enquêtes
périodiques auprès de la population afin de vérifier que la couverture vaccinale nationale est adéquate. L'Agence
surveille la couverture vaccinale contre la rougeole au moyen de l'Enquête sur la couverture vaccinale nationale
des enfants (ECVNE) (8). Le modèle du cycle d'enquête de 2013 a été généralisé afin de fournir des estimations
aux niveaux provincial et territorial. La phase de validation des fournisseurs de soins de santé a pris fin en 2014
et les résultats de l'enquête devraient être publiés plus tard cette année. Les connaissances, les attitudes et les
comportements parentaux par rapport à la vaccination sont également pris en compte par l'ECVNE afin de mieux
comprendre les facteurs qui influencent les décisions en matière d'immunisation.
Un réseau national de registres d'immunisation permet au Canada de planifier et de cibler les efforts
d'immunisation, d'éviter tout dédoublement inutile des vaccinations et de faciliter les interventions en cas
d'éclosion. L'Agence continue de soutenir le Réseau canadien des registres d'immunisation et d'autres
organisations de normalisation afin de promouvoir les normes nationales pour les registres d'immunisation et de
faciliter le transfert de dossiers de vaccination électroniques entre les registres. Les normes nationales pour
l'évaluation de la couverture vaccinale sont publiées sur le site Web de l'Agence (13). Les normes de codes à
barres pour les produits de vaccination et les normes fonctionnelles pour les registres d'immunisation seront
respectivement disponibles en 2015 et d'ici la fin 2016.
Surveillance et intervention en cas d'éclosion
La détection précoce au moyen d'activités complètes de surveillance est un élément clé permettant de gérer les
cas importés et d'assurer une intervention rapide et efficace en cas d'éclosion. Entre 1998 et 2014,
159 importations de rougeole ont été observées en provenance de 37 pays différents, et seulement 28 % des cas
importés ont entraîné une transmission secondaire (données non publiées du SCSRR). Les cas de rougeole sont
principalement enregistrés par le SCSRR à travers des rapports hebdomadaires de provinces et de territoires
(14).
Le projet pilote de l'Agence sur la surveillance de la rougeole et de la rubéole (MARS) est un système en ligne
fournissant des notifications en temps réel de cas suspectés et confirmés. Depuis 2011, le MARS a été mis en
œuvre dans trois juridictions (Colombie-Britannique, Alberta et Terre-Neuve). Il offre une plateforme permettant
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d'établir des liens entre les données épidémiologiques et les données de laboratoires provenant du laboratoire
provincial, du bureau de santé publique provincial et des laboratoires médicaux nationaux partenaires. Dans le
cadre des priorités de l'Agence visant à augmenter l'accès en temps réel aux renseignements en matière de
santé publique, le MARS sera proposé à d'autres juridictions fin 2015.
Si les éclosions de rougeole sont rares dans l'ère de post-élimination, des éclosions plus importantes peuvent
être un énorme fardeau pour les ressources de santé publique. Il y a un manque de données sur les coûts
associés au contrôle des éclosions de rougeole au Canada et les estimations ont été limitées. En 2014, une
éclosion de quatre cas de rougeole à Ottawa a nécessité la participation de 60 employés de la santé publique, qui
ont cumulé 1 400 heures de travail (15). Cela a causé un déficit de 28 000 $ (CA) dans le budget du premier
trimestre du bureau local de santé publique.
L'Agence fournit des conseils aux provinces et aux territoires en finançant les enquêtes et le contrôle des
éclosions. Dans l'optique de fournir les meilleures données probantes accessibles, l'Agence a collaboré avec
l'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) pour mener un examen
systématique des interventions afin de réduire la propagation secondaire de la rougeole (17), ainsi qu'une
analyse des coûts pour estimer l'utilisation des ressources associées aux éclosions de rougeole (18).
Capacité des laboratoires
La surveillance moléculaire et le génotypage (processus consistant à déterminer les différences dans la
composition génétique d'un organisme) sont essentiels pour comprendre l'épidémiologie de la rougeole au
Canada. Ce sont des outils inestimables pour les enquêtes de santé publique visant à confirmer les antécédents
d'exposition, à établir des liens entre les éclosions simultanées et à identifier de potentielles sources
d'importations (19). En outre, ils permettent de vérifier le statut d'élimination du Canada en faisant la distinction
entre différentes variantes d'une souche et la propagation étendue d'une seule souche.
À mesure que nous progressons vers l'éradication de la rougeole au niveau mondial, la diversité génétique du
virus va diminuer. Ainsi, il deviendra de plus en plus difficile de distinguer plusieurs importations d'une
transmission endémique lorsque des cas sporadiques auront la même séquence génétique. Il faudra avoir plus
fréquemment recours au génotypage étendu afin d'assurer une surveillance adéquate.
Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'Agence est un laboratoire régional de référence pour la
rougeole désigné par l'OPS et l'OMS. Il est responsable du génotypage et de la surveillance moléculaire accrue
de tous les échantillons de rougeole au Canada. Le LNM continue à explorer des méthodes novatrices visant à
accroître le séquençage du virus de la rougeole afin de fournir des résultats en temps opportun pour faciliter les
enquêtes sur les éclosions.
Conclusion
En raison d'une activité de la rougeole dans d'autres régions du monde, le statut d'élimination du Canada va
continuer d'être mis au défi, ce qui entraînera sûrement des éclosions limitées comme celles qui se sont
récemment produites en Colombie-Britannique (9) et au Québec (4). La menace des importations, combinée à la
couverture vaccinale sous-optimale dans les sous-populations, présente un risque de réintroduction de la
maladie. Pour que le Canada puisse maintenir l'élimination de la rougeole, il est nécessaire d'accroître les
programmes actuels et de continuer la collaboration à tous les ordres de gouvernement. Dans le prolongement
des recommandations de son rapport sur l'élimination de 2011 (6), l'Agence encourage l'immunisation en
diffusant l'information recueillie dans les enquêtes sur la couverture vaccinale, en pilotant la surveillance accrue à
l'aide de notifications en temps réel de cas suspectés et confirmés afin de permettre la détection précoce des
éclosions, et en renforçant la capacité de ses laboratoires. À mesure que ces efforts sont renforcés, cette
approche peut devenir un modèle pour les autres pays du monde cherchant à éliminer la rougeole.
205 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Conflit d'intérêts
Aucun
Financement
Po-Po Lam est financée par une bourse de politiques scientifiques attribuée par les Instituts de recherche en
santé du Canada (IRSC).
Références
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206 | RMTC – le 2 juillet 2015 • Volume 41-7
Actualités sur les maladies infectieuses : Mise à jour Ebola
Organisation mondiale de la Santé. Mise à jour du rapport de la situation Ebola du 17 juin 2015. (Résumé)
http://apps.who.int/ebola/fr/rapports-de-situation
Un total de 27 305 cas suspectés, probables et confirmés de la maladie à virus Ebola (MVE) ont été signalés en
Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, ainsi que 11 169 décès. (Ce total inclut les décès signalés parmi les cas
suspectés et probables, bien que les résultats soient inconnus dans de nombreux cas). Un total de dix nouveaux
cas confirmés ont été signalés en Guinée et quatorze en Sierra Leone dans les sept jours qui ont précédé le 14
juin. Le nombre total de cas confirmés est similaire chez les hommes et les femmes. Les personnes âgées de
45 ans et plus ont quatre à cinq fois plus de risques d'être touchés que les enfants (individus âgés de 14 ans et
moins). Un total de 869 infections confirmées ont été signalées chez les travailleurs de la santé en Guinée, au
Libéria et en Sierra Leone, ainsi que 507 décès.
Boggild AK, Esposito DH, Kozarsky PE, Ansdell V, Beeching NJ, Campion D, et al. Diagnostic différentiel des
maladies chez les voyageurs en provenance de la Sierra Leone, du Libéria et de la Guinée : étude
transversale du réseau de surveillance GeoSentinel. Ann Intern Med. 12 mai 2015. doi: 10.7326/M15-0074.
(Résumé).http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=Boggild+AK%2C+Esposito+DH%2C+Kozarsky+PE%2C+A
nsdell+V%2C+Beeching+NJ%2C+Campion+D%2C (anglais seulement)
Objectif : Définir le spectre de maladie observé chez les personnes revenant de régions d'Afrique de l'Ouest où la
maladie à virus Ebola est endémique.
Conception : Fréquences des maladies signalées chez les 805 voyageurs et immigrants malades en provenance
de la Sierra Leone, du Libéria ou de la Guinée, entre septembre 2009 et août 2014, dans 57 cliniques de
médecine des voyages ou de médecine tropicale de 25 pays à l'aide des enregistrements de GeoSentinel.
Résultats : Le diagnostic spécifique le plus courant parmi les 770 voyageurs non immigrants était le paludisme
(n = 310 [40,3 %]). 267 des voyageurs touchés (86 %) étaient atteints de Plasmodium falciparum ou d'une forme
grave de paludisme, et 43 d'entre eux (14 %) n'étaient pas atteints du parasite P. falciparum. La diarrhée aiguë
était le deuxième diagnostic le plus courant chez les voyageurs non immigrants (n = 95 [12,3 %]). Les diagnostics
courants comme les infections des voies respiratoires supérieures, les infections urinaires et les syndromes
pseudogrippaux n'étaient respectivement présents que chez 26, neuf et sept voyageurs revenant au pays.
Quelques cas de fièvre typhoïde (n = 8), d'infection à VIH aiguë (n = 5) et de dengue (n = 2) ont été rencontrés.
Conclusion : Bien que la maladie à virus Ebola soit en ce moment au centre des évaluations cliniques des
voyageurs malades en provenance de la Sierra Leone, du Libéria et de la Guinée, les cliniciens doivent avoir
conscience des maladies plus courantes et potentiellement fatales. Le paludisme reste un diagnostic courant
chez les voyageurs observés sur les sites de GeoSentinel. Afin de limiter la morbidité et la mortalité, il est crucial
d'exclure rapidement le paludisme et les autres conditions potentiellement mortelles.
Heymann DL, Chen L, Takemi K, Fidler DP, Tappero JW, Thomas MJ, et al. Sécurité sanitaire mondiale : les
plus grandes leçons à tirer de l'épidémie de la maladie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest. The Lancet;
Mai 2015 ; 385:1884–1901. (Résumé)
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=Heymann+DL%2C+Chen+L%2C+Takemi+K%2C+Fidler+DP%2C+Ta
ppero+JW%2C+Thomas+MJ%2C (anglais seulement)
La crise de la maladie à virus Ebola a attiré l'attention sur l'importance avérée de réduire la vulnérabilité collective
face aux menaces des maladies infectieuses qui traversent les frontières nationales. La crise a révélé un manque
d'engagement politique des pays envers la sécurité sanitaire, porté atteinte à la crédibilité de l'OMS et souligné la
non-conformité aux lois sanitaires internationales. Elle a néanmoins ravivé l'intérêt pour la sécurité sanitaire
mondiale. L'épidémie a démontré que nous sommes tout aussi vulnérables que les États les plus fragiles, et nous
rappelle qu'il est dans l'intérêt du monde entier d'améliorer la capacité de chaque pays à détecter, stopper et
prévenir les menaces relatives à la santé. L'établissement de priorités et l'allocation de ressources afin de
surmonter et d'atténuer les effets des conflits et des menaces naturelles est un défi typiquement politique, et pas
seulement technique. La sécurité sanitaire individuelle et collective dépendent toutes deux étroitement de la
réussite de ce défi. En protégeant la sécurité sanitaire mondiale, il est important de prêter attention à la migration.
Une application plus stricte du Règlement sanitaire international en Afrique de l'Ouest aurait constitué une
protection bien plus efficace contre la migration que les restrictions de voyage.
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