Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil A nquete

Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil A nquete
N° 89-565-XPB au catalogue
nquete
nternationale sur
A 1phabetisation des
A dultes
Le Nouveau-Brunswick
en un clin d'oeil
Ayant garde l'espoir de terminer ses etudes
un jour, elle saisit donc ('occasion de
s'inscrire dans un programme d'alphabetisation. • Travailler en alphabetisation,
c'est comme gagner la 6/49: c'est gagner
un million de mots nouveaux qui me serviront dans routes mes riches quotidiennes. •
Sa bonne humeur, sa d
et sa
tenacite ont fait en sorteetermination
qu'il a c
omplete
les niveaux 101 et 102 en frangais
et en
mathematiques en 6 mois devenant ainsi
une inspiration pour les autres. • Avec une
education, j'aurai la chance d'avoir un
meilleur emploi, de meilleures conditions
de travail et une meilleure vie. •
L'exemple de sa mere de 71 ans
inscrite dans un pro gramme
d'alphabetisation l'interpelle a faire de
meme. • Quand tu as le gout de vivre,
to as tout pour avancer. •
Tableau d'interets
annuellernent
C omposes
Periode
Capital
1 lour
00 $
100
lsemaine
6 mois
5 ails
10 ans
I*1
Statistique Statistics
Canada
Canada
4%
0.01 1
0.077
2.00
21.67
48.02
8%
0.022
0.153
4.00
46.93
115.89
16%
0.044
0307
8.00
110.03
341.14
Canada
Des donnees sous plusieurs formes
Statistique Canada diffuse les donnees sous formes diverses. Outre les publications, des totalisations habituelles et speciales sont
offertes. Les donnees sont disponibles sur Internet, disque compact, disquette, imprime d'ordinateur, microfiche et microfilm, et bande
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Statistique Canada
Division des enquetes speciales
Le Nouveau-Brunswick
en un clin d'oeil
EIAA : Enquete Internationale sur
('alphabetisation des adultes
Publication autorisee par le ministre responsable de Statistique Canada
Ministre de l'Industrie, 1998
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Juin 1998
N° 89-565-XPB au catalogue
Periodicite : Hors sone
ISBN 0-660-59399-8
Ottawa
L
8S13Z9Z01.01.
MIER111111 III IIII
AWN VCIVNVD sDusuVls
aV21911 VCIVNVD SDIISI1VIS
Les opinions exprimees sont celles de l'auteur et ne refletent pas nOcessairement celles des
organismes subventionnaires ou des evaluateurs.
Donnees de catalogage avant publication (Canada)
Vedette principale au titre:
EIAA : Enquete Internationale sur l'alphabetisation des adultes :
le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Texte en francais et en anglais dispose
tete-bec he.
ISBN 0-660-59399-8
CS89-565-XPB
1. Alphabetisation — Nouveau-Brunswick.
I. Statistique Canada. II. Titre. III. Titre:
IALS : International Adult Literacy Survey : a
New Brunswick snapshot.
LC 154.2. N4 124 1998 302.2'244'097151
C98-988012-5F
EIAA : Enquete Internationale sur l'alphabOtisation des adultes
Remerciements
Les auteurs aimeraient remercier Cindy Sceviour, pour sa precieuse collaboration a Ia mise en
page, la revision et Ia traduction de ce document. Sans sa coordination et ses conseils experts, le
document en serait toujours rests a l'etat d'ebauche. Les sujets qui y sont traites s'inspirent du
rapport canadien, Lire l'avenir : un portrait de l'alphabetisme au Canada. Les auteurs veulent
egalement remercier Stan Jones, pour ses commentaires et sa vaste comprehension de
l'alphabetisme au Canada. Merci aussi a Scott Murray et a Gilles Montigny de Statistique Canada
pour leurs revisions, ainsi qu'a l'aimable personnel d'Alphabetisation Nouveau-Brunswick Inc.
pour leur soutien et leur patience dans Ia formulation de suggestions concernant la redaction.
Toute erreur qui pourrait subsister demeure l'entiere responsabilite des auteurs.
Note de reconnaissance
Le succes du systerne statistique du Canada repose sur un partenariat bien etabli entre Statistique
Canada et Ia population, les entreprises, les administrations canadiennes et les autres organismes.
Sans cette collaboration et cette bonne volonte, it serait impossible de produire des statistiques
precises et actuelles.
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EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Table des matieres
Sommaire
7
Introduction
Apprendre pour la vie
Chapitre 1
Un profil de l'alphabetisme au Nouveau-Brunswick
15
Chapitre 2
Application des capacites de lecture
27
Chapitre 3
Les dimensions economiques de l'alphabetisme
43
9
Conclusion
57
Bibliographie
59
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
5
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Sommaire
Lechantillon choisi pour l'ElAA de 1994 au Nouveau-Brunswick a donne lieu a 966 reponses, dont
495 en anglais et 471 en francais.Tous les repondants etaient ages de 16 ans et plus.Trois categories
de capacites (comprehension de textes suivis, comprehension de textes schematiques et
comprehension de textes au contenu quantitatif) ont ete mesurees dans le cadre de cette enquete et
revaluation des competences dans chaque categorie a ete faite par niveau (le niveau 1 representant
le niveau de capacites le plus bas tandis que le niveau 4/5 est le plus eleve). Les resultats de cette
enquete se resument comme suit :
•
Au Nouveau-Brunswick, pres de 60 % des adultes se situent dans les deux niveaux
d'alphabetisme les plus bas, et ce pour les trois categories evaluees. Par contre, le pourcentage
de la population de cette province qui se situe au niveau le plus eleve, sur le plan de la
comprehension de textes suivis et de textes schematiques, est superieur aux proportions
observees dans le reste des provinces de l'Atlantique et au Quebec.
•
En general, la proportion d'adultes de niveau 1 augmente avec l'age, queue que soit rechelle. A
l'autre extremite de rechelle (niveau 4/5), on retrouve un pourcentage plus eleve d'adultes ages
de 26 a 35 ans, alors que les personnes de plus de 65 ans y sont dans la proportion la plus
faible.
•
Les adultes qui ont repondu a l'ElAA en francais ont obtenu des notes inferieures aux adultes
qui y ont repondu en anglais, selon les trois echelles. Contrairement au Quebec, cette difference
linguistique ne disparaff pas lorsqu'on tient compte des effets de l'age ou du niveau de scolarite.
•
Bien que certains adultes reussissent a acquerir des capacites de lecture malgre un faible
niveau de scolarite, de facon generale, plus le niveau de scolarite est eleve, plus le niveau de
capacites l'est egalement.
•
Les adultes titulaires d'un diplome universitaire sont pres de cinq fois plus susceptibles que les
titulaires d'un diplome d'etudes secondaires d'appartenir au niveau d'alphabetisme le plus eleve.
Malgre tout, il demeure tres avantageux d'obtenir un diplome d'etudes secondaires au NouveauBrunswick.
•
Une fois hors du reseau scolaire, le milieu de travail devient le facteur qui influe le plus sur les
capacites de lecture. Ainsi, les emplois exigeants sur le plan des capacites ont tendance a
promouvoir ralphabetisme et a en favoriser le developpement. A ('oppose, les emplois qui font
peu appel aux capacites de lecture risquent davantage de contribuer a l'affaiblissement de ces
capacites; les emplois occupes par des adultes de niveaux d'alphabetisme peu eleves ne semblent
donc pas exiger beaucoup d'activites de lecture.
•
Les beneficiaires des programmes de soutien du revenu du Nouveau-Brunswick risquent deux
fois plus d'être de niveau 1 que ne le sont les prestataires d'assurance-emploi ou les personnes
qui ne recoivent aucun soutien du revenu.
•
Les adultes de niveau 4/5 sont six fois plus susceptibles que ceux de niveaux inferieurs d'occuper
un emploi de professionnel ou de cadre (les emplois dans ces categories sont en hausse au
Nouveau-Brunswick). Pour leur part, les personnes de niveau 1 sont sept fois plus susceptibles
de travailler dans le secteur primaire ou industriel (des categories en baisse au NouveauBrunswick).
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Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
8
•
Les adultes de niveau 1 sont plus de cinq fois plus susceptibles d'être en chornage que ceux de
niveau 4/5. En outre, ceux qui ont un emploi travaillent moins d'heures par semaine et moins de
semaines par armee que les adultes d'un niveau d'alphabetisme plus &eve. Plus des trois quarts
des adultes de niveau 1 (selon les trois categories de capacites) ont un salaire inferieur au taux
de salaire moyen au Nouveau-Brunswick.
•
L'application personnelle des capacites de lecture est un autre facteur qui favorise ('amelioration
des capacites, autant en dehors du systerne scolaire que du milieu du travail. Si l'on fait exception
du niveau d'alphabetisme le plus &eve, les activites de lecture sont generalement moins
repandues au Nouveau-Brunswick que dans le reste du Canada. Cependant, les adultes de
cette province qui se situent au niveau d'alphabetisme le plus bas lisent davantage a la maison
qu'au travail, contrairement a leurs homologues des autres provinces.
•
Enfin, comparativement aux repondants de niveau 1, ceux de niveau 4/5 sont, respectivement,
trois fois, cinq fois et huit fois plus susceptibles de lire un livre, d'ecrire une lettre ou de frequenter
la bibliotheque. Ces donnees laissent croire que l'alphabetisme est autant une habitude qu'une
habilete.
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Introduction
Apprendre pour Ia vie
Une strategie pour I'avenir
Jean Pignal, Statistique Canada
Contexte general
La presente analyse, qui porte sur les donnees recueillies au Nouveau-Brunswick dans le cadre de
l'Enquete internationale sur ('alphabetisation des adultes (EIAA), vise a mieux comprendre la
manifestation des capacites de lecture dans Ia province. Les comparaisons qui y sont presentees
avec les autres provinces de l'Atlantique, ('ensemble du Canada et le groupe de pays qui ont participe
a l'ElAA apportent des precisions interessantes.
L'EIAA est une initiative qui a ete menee dans sept pays a l'automne 1994, dans le but d'etablir des
profils d'alphabetisme comparables sans egard aux frontieres linguistiques ou culturelles. Les resultats
internationaux publies en decembre 1995 (Litteratie, Economie et Societe : Rosultats de la premiere
Enquete internationale sur ('alphabetisation des adultes, 1995) ont permis d'etablir un lien marque
et plausible entre l'alphabetisme et le potentiel economique d'un pays. Les resultats nationaux publies
a l'automne 1996 (Lire l'avenir : un portrait de Palphabetisme au Canada, 1996) sont venus etoffer et
elargir ('analyse, en donnant plus de details sur le profil d'alphabetisme et ses repercussions au
Canada.
Dans Ia mesure du possible, le present rapport tente de reproduire les analyses presentees dans les
publications anterieures. Nous y examinons les liens entre l'alphabetisme et l'age, la scolarite, la
profession et une variete d'autres indicateurs demographiques, et un chapitre entier est consacre
l'application des capacites de lecture.
La composante canadienne de l'ElAA a ete financee principalement par Developpement des
ressources humaines Canada. Des fonds speciaux destines aux sines (les personnes de plus de 65
ans) ont ete alloues par le Secretariat du troisierne age. Certaines provinces ont egalement octroye
des fonds afin d'obtenir on echantillon plus large que celui qui aurait ete alloue par la technique
d'echantillonnage avec probabilite proportionnelle a Ia population, ceci afin de pouvoir faire des
analyses plus detainees a l'interieur de leurs frontieres. Ces provinces sont l'Alberta, ('Ontario et le
Nouveau-Brunswick, objet du present rapport.
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Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
L'importance de l'alphabetisme
Le Nouveau-Brunswick, davantage que la plupart des autres provinces du Canada, vit a ('ere
numerique. Bien que I'objectif visant a habiliter les citoyens en facilitant le libre acces a l'information
soit louable, la realite est parfois fort differente. L'assimilation et le traitement de l'information, qu'elle
soit sous forme ecrite ou electronique, requierent des competences particulieres. Plus que jamais,
la personne devient un ingredient-cle du succes economique d'une region. Tout comme Ia revolution
de Gutenberg a donne lieu a des transformations, de merne les gouvernements actuels prennent
rapidement conscience de la necessite de perfectionner leur capital humain af in que celui-ci realise
son plein potentiel. Bon nombre de gouvernements privilegient le developpement des “competences
de base» et l'«education continue» comme moyens de consolider leur economie et d'ameliorer les
conditions economiques et sociales de leurs citoyens. Ealphabetisme est une condition sine qua non
A I'atteinte de ces objectifs. Sans la capacite de lire et de traiter l'information ecrite, I'apprentissage
continu devient un processus a la fois penible et couteux, ce qui risque de nuire a l'avantage
concurrentiel et au ben-etre social d'une societe. De toute evidence, Ia region qui dispose d'une
main-d'oeuvre bien formee est celle qui a l'avantage a court terme. Cependant, les regions qui seront
les mieux en mesure de relever les defis economiques de demain sont celles qui pourront compter
sur une main-d'ceuvre capable de s'adapter.
Cadre theorique de I'EIAA
Tout comme les societes sont a se redefinir dans la foulee de la mondialisation, de merne le concept
de l'alphabetisme est lui aussi en evolution. D'une simple dichotomie, le concept est devenu un
construit plus complexe et plus riche sous I'effet des progres theoriques et technologiques. Plus
important que la simple capacite de lire, l'alphabetisme est axe aujourd'hui sur la capacite d'utiliser
. l'information ecrite. Cette nouvelle dimension a l'avantage de situer ('application de la capacite de
lire dans un contexte realiste. Le nouveau cadre fait egalement appel a un &entail d'habiletes qui
temoignent des differents degres d'alphabetisme, en regard d'une gamme mieux structuree et bien
definie de produits. Aussi les resultats de l'ElAA de 1994 sont-ils presentes en fonction de trois
categories de capacites distinctes
10
•
Comprehension de textes suivis — connaissances et capacites necessaires pour comprendre
et utiliser l'information contenue dans des textes tels que des editoriaux, des nouvelles, des
poemes et des ouvrages de fiction;
•
Comprehension de textes schematiques— connaissances et capacites necessaires pour reperer
et utiliser l'information presentee sous diverses formes, incluant des demandes d'emploi, des
formulaires de paie, des horaires de transport, des cartes routieres, des tableaux et des
graphiques, et
•
Comprehension de textes au contenu quantitatif — connaissances et capacites necessaires
pour appliquer des operations arithmetiques, seules ou en serie, a des chiffres sur des documents
imprimes, par exemple etablir le solde d'un compte de cheques, calculer un pourboire, remplir
un formulaire de commande ou determiner le montant de l'interet a payer sur un pret, a partir
d'une publicite.
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EIAA Enquete internationale sur ('alphabetisation des adultes
Ces trois categories de capacites remplacent le critere unique qui etait habituellement utilise pour
mesurer l'alphabetisme, a savoir la capacite de lire; elles refletent egalement notre nouvelle perception
de l'alphabetisme, aujourd'hui davantage percu comme une activite cognitive.
Le cadre de l'EIAA vise principalement a mesurer les capacites de lecture des adultes au moyen de
tests; le materiel utilise est tire d'applications reelles propres a des contextes particuliers, que Ion
retrouve dans les economies industrielles et postindustrielles avancees. Contrairement a de
nombreuses etudes anterieures, l'ElAA cherche non pas a determiner si les personnes sont capables
de lire une phrase simple, mais plutOt a determiner si ces personnes peuvent utiliser ('information
contenue dans cette phrase. Le but de I'EIAA n'est pas d'identifier les «analphabetes” de la societe,
mais de mesurer le niveau pratique d'alphabetisme, tel qu'il est appliqué quotidiennement.
Les capacites dans chacune des trois categories sont evaluees selon une echelle de 0 a 500,0
representant le resultat le plus bas. Pour simplifier la presentation des resultats, ceux-ci ont ete
regroupes en cinq niveaux d'alphabetisme determines de fawn empirique, comme suit.
Figure 1.1
Echelle de Ia theorie de Ia reponse d'item — Fourchette et valeurs des
niveaux de capacites
226
0
Niveau 1
276
326
500
376
Niveau 2 Niveau 3 Niveau 4
Niveau 5
I. II est a noter qu'en raison du faible nombre de cas, le niveau 5 a ete regroupe avec le niveau 4, dans cette etude et le rapport
international.
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11
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Figure 1.2
12
Description des niveaux de comprehension de textes suivis, de textes schematiques et de
textes au contenu quantitatif
Textes
suivis
Textes
schematiques
Textes au contenu
quantitatif
Niveau 1
(0-225)
La plupart des taches de ce niveau
exigent du lecteur qu'il repere dans le
texte un element d'information qui est
identique ou-synonyme a ('information
donnee dans la directive. Si une reponse
incorrecte, mais plausible, est presente
dans le texte, elle est habituellement loin
de la bonne information.
La plupart des taches de ce niveau
exigent du lecteur qu'il repere un
element d'information sur la base dune
adequation litterale. Les elements de
distraction, s'il y en a, sont
habituellement eloignes de la bonne
reponse. Certaines taches peuvent
amener le lecteur a inscrire des
renseignements personnels sur le
formulaire.
Les taches a ce niveau exigent du lecteur
qu'il effectue des operations uniques
relativement simples (habituellement
des additions), pour lesquelles, soit les
chiffres et I 'operation requise sont déjà
indiques sur le document, soit les
chiffres sont indiques et ('operation
n'oblige pas le lecteur a faire des
retenues.
Niveau 2
(226-275)
A
ce niveau, les taches requierent
habituellement du lecteur qu'il repere un
ou plusieurs elements d'information
dans le texte; celui-ci peut contenir
plusieurs elements de distraction ou le
lecteur peut etre amene a faire des
deductions de faible niveau. Les taches
de ce niveau commencent aussi
demander au lecteur d'integrer deux
elements d'information ou plus ou de
comparer des donnees et de les mettre
en opposition.
A
ce niveau, les taches relatives a la
comprehension de textes schematiques
sont un peu plus variees. Bien que
certaines taches exigent toujours que le
lecteur n'apparie qu'une seule
caracteristique, it peut y avoir plus
d'elements de distraction dans le texte
ou l'appariement peut exiger une
deduction de faible niveau. Certaines
taches a ce niveau exigent du lecteur
qu'il inscrive des renseignements sur un
formulaire ou qu'il parcoure le document
pour y trouver ('information.
Les taches de ce niveau exigent
habituellement du lecteur qu'il effectue
une operation arithmetique simple, en
utilisant des nombres facilement
reperables dans le texte ou le document.
L'operation a executer peut etre deduite
facilement d'apres la question ou le
format du document.
Niveau 3
(276-325)
Les taches de ce niveau exigent
habituellement du lecteur qu'il recherche
des textes co rrespondant a des
renseignements, en faisant des
deductions de faible niveau ou en
respectant des conditions precises.
Parfois, le lecteur doit reperer plusieurs
elements d'information situes dans des
phrases ou des paragraphes differents,
plutet que dans une seule phrase. On
peut egalement demander au lecteur
d'integrer ou de comparer et de mettre
en opposition des renseignements
trouves dans differents paragraphes ou
sections du texte.
Les taches de ce niveau semblent des
plus variees. Certaines requierent du
lecteur qu'il effectue des adequations
litterales ou synonymes; en general,
toutefois, le lecteur doit tenir compte de
renseignements conditionnels ou
apparier des elements d'information
multiples. Certaines taches de ce niveau
exigent du lecteur qu'il integre
('information contenue dans un ou
plusieurs documents d'information.
Pour d'autres taches, le lecteur doit
parcourir un document en entier pour
fournir de multiples reponses.
Les taches a ce niveau amenent
habituellement le lecteur a executer une
operation unique. Les operations
deviennent toutefois plus variees — on
trouve a ce niveau quelques multiplications et divisions. Parfois, it faut
utiliser deux nombres ou plus pour
resoudre le probleme et, souvent, ces
chiffres sont caches dans des
presentations plus complexes. Bien que
Ion utilise souvent des termes de
relation semantique du genre
«combien» ou «calculer la difference»,
certaines taches exigent du lecteur qu'il
fasse des deductions plus poussees
pour determiner la bonne operation.
Niveau 4/5
(326-500)
Ces taches demandent au lecteur
d'effectuer l'adequation de plusieurs
caracteristiques ou de fournir plusieurs
reponses pour lesquelles it est
necessaire de faire des deductions a
partir du texte. A ce niveau, le lecteur
peut egalement etre amene a integrer ou
a mettre en opposition des elements
d'information, parfois presentes dans
des textes relativement longs. Ces textes
contiennent habituellement plus
d'elements de distraction et ('information demandee est plus abstraite. Au
niveau 5, certaines taches exigent du
lecteur qu'il fasse des deductions de
haut niveau ou qu'il utilise des
connaissances specialisees.
Les taches de ce niveau, comme celles
des niveaux precedents, amenent le
lecteur a apparier de multiples elements
d'information, a parcourir des
documents et a integrer de ('information.
Souvent, ces taches demandent au
lecteur de faire des deductions plus
poussees, pour arriver a la bonne
reponse, en tenant compte parfois de
renseignements conditionnels. Au
niveau 5, de multiples elements de
distraction sont presents et le lecteur
doit faire des deductions de haut niveau
et, parfois, utiliser des connaissances
specialisees.
Les taches a ces niveaux exigent souvent
du lecteur qu'il effectue des operations
oil les quantites ou les operations ne
sont pas faciles a determiner. Au niveau
5, les lecteurs doivent executer des
operations multiples en sequence et
determiner les caracteristiques du
probleme a partir du materiel fourni ou
s'appuyer sur leurs connaissances de
base pour determiner les quantites ou
les operations requises.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete internationale sur l'alphabetisation des adultes
Comme on le volt a Ia figure 1.2, caque categorie fait appel a un ensemble précis de capacites. La
difficulte des items presentes est generalement fonction de trois facteurs, soit Ia Cache a executer
(question), le stimulus presente (texte ou graphique) et le degre de familiarisation du repondant avec
le stimulus (ses connaissances specialisees). La nature de la tache a executer est le facteur qui
contribue le plus a la difficulte alors que les connaissances sont celles qui influent le moins.
Ealphabetisme, tel qu'il est envisage dans ce rapport, n'est pas une valeur qui vise simplement
faire une distinction entre les personnes qui possedent les capacites et les autres qui en sont
depourvues. Cette notion fait plutot reference a une repartition continue d'habiletes, laquelle repartition
varie en fonction du type d'information et de la difficulte de l'item presente. En résumé, les personnes
de niveau 1 ne sont pas analphabetes, elles"sont tout simplement d'un niveau d'alphabetisme moins
Cleve.
Realisation de l'enquete
L'EIAA a ete menee au domicile des repondants, par des intervieweurs experimentes qui ont fait
passer les tests de mesure des capacites dans un environnement neutre et non menagant. Le plan
d'enquete alliait des tests scolaires et des techniques des enquetes-ménages, pour mesurer
l'alphabetisme et obtenir ('information necessaire pour etayer ces mesures. Les repondants ont d'abord
ete invites a repondre a une serie de questions servant a recueillir des donnees generales et
demographiques sur le niveau de scolarite, ('application des capacites de lecture a la maison et au
travail, la situation d'activite, la participation a des programmes d'education permanente et
l'autoevaluation des capacites de lecture.
Une fois ce questionnaire rempli, l'intervieweur a presente au participant un livret contenant six
taches simples. Si le repondant ne reussissait pas a effectuer correctement au moins deux de ces
taches, ('interview etait terminee. Pour les autres ayant complete correctement deux taches ou plus,
l'etape suivante a consiste a executer des taches beaucoup plus variees, choisies parmi un eventail
de 114 Caches contenues dans un autre livret. Ces tests n'etaient pas limites dans le temps et les
repondants ont ete fortement encourages a essayer de faire chaque exercice. Les repondants ont
egalement eu toute latitude pour manifester leurs niveaux de capacites, meme lorsque les capacites
observees etaient minimales.
Le but premier de l'ElAA etait de comparer le profil d'alphabetisme du Canada aux profils de plusieurs
des principaux partenaires commerciaux de notre pays. Lechantillon canadien a egalement ete
congu de maniere a produire des estimations sur plusieurs sous-populations precises, dont un
echantillon special et sensiblement plus large pour le Nouveau-Brunswick 2 . Dans ce dernier cas,
l'objectif vise etait d'obtenir 500 repondants anglophones et 500 francophones, de maniere a etablir
quelques repartitions de base des profils d'alphabetisme dans les deux sous-populations linguistiques,
puis a comparer ces repartitions a celles d'autres regions du Canada. Dans rechantillon du NouveauBrunswick, 495 ont repondu en anglais et 471 en frangais, pour un total de 966 repondants. II convient
de noter que ('analyse comparative sera maintenant effectuee sur une base regionale. Outre le
Nouveau-Brunswick,•seuls le Quebec et ('Ontario ont des populations assez vastes pour permettre
l'etablissement d'estimations dans les limites de rechantillon de l'ElAA. Les donnees du NouveauBrunswick ne seront donc comparees qu'a celles des regions suivantes : provinces de l'Atlantique
(excluant le Nouveau-Brunswick), Quebec, Ontario et provinces de l'Ouest. II sera egalement possible
de faire des .comparaisons avec ('ensemble du Canada, ainsi qu'avec tous les autres pays qui ont
participe a l'ElAA.
2. Pour toutes les provinces et regions, l'echantillon de base est proportionnel A la population. Selon un tel plan, I' echantillon du
Nouveau-Brunswick aurait ete forme d'environ 230 repondants. Les effectifs actuels de 966 representent donc une augmentation
d'environ 730 repondants.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
13
Le Nouveau-Brunswick en un din d'oeil
Lechantillon principal de ('etude a ete preleve de la base de sondage de l'Enquete sur la population
active. En sont donc exclus les prisonniers, les personnes vivant sur une reserve indienne et les
membres a temps plein des Forces armees canadiennes. Si I'on fait exception de ces exclusions de
base, l'enquete couvre ('ensemble de la population du Nouveau-Brunswick Agee de 16 ans et plus.
14
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
Chapitre 1
Un profil de ralphabetisme au
Nouveau-Brunswick
Jean Pignal, Statistique Canada
Le profil d'alphabetisme au Nouveau-Brunswick ne peut etre decrit en vase clos. Dans la plupart des
cas, it est important de definir le contexte dans lequel se situe Ia repartition des niveaux de capacites.
Dans Ia mesure du possible, ce contexte a ete etabli ici a partir de donnees nationales, pour illustrer
Ia position relative du Nouveau-Brunswick par rapport a ('ensemble du pays. Dans d'autres cas, it a
semble plus revelateur d'etablir des comparaisons avec d'autres regions; dans d'autres encore, une
comparaison avec un autre pays participant a fourni des points de comparaison interessants. Des
differences evidentes ressortent entre les trois categories de capacites (comprehension de textes
suivis, de textes schematiques et de textes au contenu quantitatif). Cependant, a moins de resultats
aberrants, ('analyse ne portera que sur l'echelle Ia mieux appropriee, ceci afin d'eviter des descriptions
repetitives.
Le tableau global
De facon generale, on peut dire que le niveau d'alphabetisme au Canada progresse graduellement
de l'est vers l'ouest du pays. II faut reconnaitre toutefois que la repartition differe legerement a
l'interieur d'une region. Comme on le voit au tableau 1.1, la proportion de la population qui se situe
au niveau 1, selon les trois echelles d'evaluation (comprehension de textes ecrits, schematiques et
au contenu quantitatif), est plus elevee au Nouveau-Brunswick que dans les trois autres provinces
de l'Atlantique reunies. En fait, seul le Quebec obtient un pourcentage plus sieve a ce niveau, pour
deux des trois echelles evaluees. II y a lieu cependant de souligner que Ia proportion de la population
qui se situe au niveau 4/5 sur les echelles de comprehension de textes suivis et schematiques est
plus elevee au Nouveau-Brunswick qu'elle ne l'est au Quebec et dans le reste des provinces de
l'Atlantique. En ce qui a trait a l'echelle de comprehension de textes au niveau quantitatif, les
repartitions dans les provinces de l'Atlantique sont beaucoup plus uniformes; la encore, le Quebec
tire de l'arriere alors que ('Ontario et les provinces de I'Ouest ont un avantage considerable — pres
du quart de leur population etant de niveau 4/5.
II convient d'interpreter avec prudence l'ecart entre Ia repartition des capacites au Nouveau-Brunswick
et dans les autres provinces de l'Atlantique. A cet egard, l'Enquete sur les capacites de lecture et
d'ecriture utilisees quotidiennement (ECLEUQ), qui a ete menee en 1989, peut apporter quelques
precisions. Bien que cette enquete ne soit pas directement comparable, les tendances qui s'en
degagent demeurent etonnamment stables. Cette etude revele ainsi que, dans les provinces de
l'Atlantique, le Nouveau-Brunswick vient au deuxierne rang sur le plan de l'alphabetisme, n'etant
devance que par la Nouvelle-Ecosse. Dans cette region, le Nouveau-Brunswick est en effet la province
qui a obtenu le deuxierne plus bas pourcentage, au niveau d'alphabetisme inferieur, et le deuxierne
pourcentage le plus sieve, au niveau superieur d'alphabetisme, selon I'ECLEUQ. Bien que nous ne
puissions examiner directement la repartition des capacites selon l'ElAA dans les autres provinces
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
15
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
de l'Atlantique, leur profil d'alphabetisme est de toute evidence attenue par leur population plus
elevee et par la performance relativement bonne des residents de la Nouvelle-Ecosse.
Tableau 1.1 Repartition du niveau de capacites selon les trois echelles, par region,
adultes ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Canada
22
26
33
20
Nouveau-Brunswick
Autres provinces de I'Atlantique
Quebec
Ontario
Provinces de I'Ouest
28
24
28
19
18
31
23
26
28
24
25
40
39
28
34
16
14
8
25
25
Echelle des textes schematiques
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Canada
23
24
30
22
Nouveau-Brunswick
Autres provinces de I'Atlantique
Quebec
Ontario
Provinces de I'Ouest
29
28
31
21
19
30
24
27
22
25
24
35
29
31
29
16
13
13
26
35
Echelle des textes au contenu quantitatif
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Canada
22
26
32
20
Nouveau-Brunswick
Autres provinces de I'Atlantique
Quebec
Ontario
Provinces de I'Ouest
25
22
28
20
18
34
29
32
23
24
27
32
30
34
33
14.
17
10
23
25
Dans rechantillon canadien forme des adultes de 16 ans et plus, environ 60 % de la population du
Nouveau-Brunswick se situe dans les deux niveaux d'alphabetisme les plus bas (voir tableau 1.1).
On obtient toutefois un profil legerement different lorsqu'on situe les resultats du Nouveau-Brunswick
dans un contexte international. Le tableau 1.2 indique la repartition de la population adulte agee de
16 a 65 ans au Nouveau-Brunswick (ce groupe a ete choisi pour etre comparable a ceux des autres
pays participants a l'ElAA) et la compare a celles de ('ensemble du Canada, de la Suisse (un autre
pays lui aussi confronts aux defis du bilinguisme) et des Etats-Unis (un important partenaire
commercial du Nouveau-Brunswick), selon les trois echelles d'evaluation. Vus sous cet angle, les
resultats du Nouveau-Brunswick, en particulier ceux mesures selon l'echelle de comprehension de
textes suivis, sont tres similaires aux resultats des autres pays.
16
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EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Tableau 1.2 Repartition du niveau d'alphabetisme selon les trois &belles, certains pays
et Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 a 65 ans
Echelle des textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
20
17
18
19
21
33
26
34
36
26
Niveau 3
Niveau 4/5
29
35
39
36
32
20
23
10
9
21
%
Nouveau-Brunswick
Canada
Suisse (frangaise)
Suisse (allemande)
Etats-Unis
Echelle des textes schematiques
Nouveau-Brunswick
Canada
Suisse (frangaise)
Suisse (allemande)
Etats-Unis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
21
18
16
18
24
33
25
29
29
26
27
32
39
37
31
19
25
16
16
19
Echelle des textes au contenu quantitatif
Nouveau-Brunswick
Canada
Suisse (frangaise)
Suisse (allemande)
Etats-Unis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
16
17
13
14
21
36
26
25
26
25
31
35
42
41
31
17
22
20
19
23
Les comparaisons presentees au tableau 1.1 (adultes ages de 16 ans et plus) et au tableau 1.2
(adultes ages de 16 a 65 ans), bien qu'elles portent sur differentes categories d'age, montrent
neanmoins le lien etroit entre le niveau d'alphabetisme et l'age.
Alphabetisme et age
Selon le rapport canadien de l'ElAA, les personnes de niveau 1 appartiennent principalement aux
cohortes plus agees et la vraisemblance d'être de niveau 1 augmente avec l'age. Le profil du NouveauBrunswick ne differe que legerement du profil national (voir tableau 1.3). Les resultats selon l'echelle
de comprehension de textes au contenu quantitatif suivent en effet le profil national, si ce n'est que
la cohorte la plus jeune obtient des resultats legerement inferieurs a la suivante — apres quoi la
repartition suit a nouveau le profil national. Si l'on presume que les personnes dans le groupe d'age
le plus jeune sont celles pour qui ('experience scolaire est la plus recente, on peut en conclure que
le systeme reussit bien a enseigner les capacites de comprehension de textes au niveau quantitatif.
Des donnees recentes du recensement placent en contexte la repartition generale selon l'age de la
population du Nouveau-Brunswick.
3. II faut preciser que certains chiffres sur la repartition par age comportent un certain degre de variation et doivent etre interpret&
avec prudence; ceci ne devrait pas modifier le profil general de repartition, mais a une incidence sur les estimations ponctuelles. En
raison des lacunes des estimations, la presente analyse s'appuie sur les repartitions afin de maintenir une certain stabilite.
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17
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 1.3 Repartition des capacites de lecture selon les trois echelles, par groupe d'age,
Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Age
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
35
30
28
28
16'
6'
15'
33
14'
10'
19'
—
%
16 a 25 ans
26 a 35 ans
36 A 45 ans
46 a 55 ans
56 a 65 ans
66 ans et plus
15'
11'
21
27
36
72
35
27
37
36
29
22
Echelle des textes schematiques
Age
16 a 25 ans
26 a 35 ans
36 A 45 ans
46 a 55 ans
56 a 65 ans
66 ans et plus
Niveau 1
14'
13'
19
32
41
76
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
44
30
30
32
20'
19'
25
26
34
22
29
5'
17
32
17
14'
1.1'
—
Echelle des textes au contenu quantitatif
Age
16 a 25 ans
26 a 35 ans
36 A 45 ans
46 a 55 ans
56 a 65 ans
66 ans et plus
Niveau 1
51
121
17
26
36
70
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
34
26
38
22
34'
71
12'
33
17'
12'
6'
—
%
49
29
33
41
24
23
– Valeur trop faible pour etre exprimee.
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consideree exacte ou fiable.
Le pourcentage de la population du Nouveau-Brunswick ayant complete moins de neuf annees
4l
d'etudes a diminue de facon soutenue,
passant de 60 % en 1951, a 53 % en 1961, a 41 % en 1971,
a 29 % en 1981 et a 20 % en 1991 . Ainsi, Ia population Agee entre 16 a 25 ans est environ trois fois
plus susceptible que Ia cohorte des 66 ans et plus d'avoir plus d'une neuvieme armee. Fait peu
surprenant, la cohorte des plus jeunes est egalement moins susceptible d'être de niveau 1, quelle
que snit l'echelle. Cette conclusion porte a croire qu'il existe un lien marque entre l'alphabetisme et
le niveau de scolarite.
4. Statistique Canada, Niveau de scolarite et frequentation scolaire : Le pays (Recensement de 1991). Statistique Canada,
n°93-328-XPB au catalogue. Ottawa, Ministere de l'Industrie, des Sciences et de la Technologie, 1993, p. 15.
18 •
Statistique Canada – N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Alphabetisme et scolarite
Le lien entre l'alphabetisme et le niveau de scolarite semble alter de soi. Ce lien est par ailleurs
direct — plus le niveau de scolarite atteint est eleve, plus le niveau d'alphabetisme l'est egalement.
Ainsi, tl n'est pas etonnant de constater qu'une personne titulaire d'un diplome universitaire est de
trois a cinq fois plus susceptible d'appartenir aux niveaux d'alphabetisme les plus eleves qu'une
autre qui ne detient qu'un diplome d'etudes secondaires — la proportion variant selon l'echelle de
mesure (voir tableau 1.4).
Tableau 1.4 Repartition du niveau d'alphabetisme entre les trois echelles, selon le niveau de
scolarite le plus eleve, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Niveau de scolarite le plus eleve
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
71
9'
16
34
44
30
—
—
9'
18
12'
53
°A
Moins dune 8' annee
Etudes primaires terminees
Etudes secondaires non terminees
Dipleme d'etudes secondaires
Enseignement superieur, non universitaire
Diplame universitaire
84
54
28
91
9'
37
47
39
31
17'
121
—
Echelle des textes schematiques
Niveau de scolarite le plus eleve
Moins d'une 8° armee
Etudes primaires terminees
Etudes secondaires non terminees
Diplome d'etudes secondaires
Enseignement superieur, non universitaire
DiplOrne universitaire
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
90
8'
65
34
9'
13'
—
28
44
45
22
23'
2'
7'
19
32
35
25
—
2'
14
30
52
Echelle des textes au contenu quantitatit
Niveau de scolarite le plus eleve
Moins d'une 8° armee
Etudes primaires terminees
Etudes secondaires non terminees
Dipleme d'etudes secondaires
Enseignement superieur, non universitaire
DiplOme universitaire
Niveau 1
79
59
32
4'
9'
—
Niveau 2
Niveau 3
19'
33
45
48
29
7'
2'
81
15'
39
44
43
Niveau 4/5
—
9'
9'
18
50
– Valeur trop faible pour Etre exprimee.
I. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
On remarquera, avec surprise, que le pourcentage le plus grand des repondants du niveau 1 dansl
ce tableau est plus eleve chez les titulaires d'un diplome d'enseignement superieur non universitaire
que chez les titulaires d'un diplome d'etudes secondaires. Ce resultat differe des resultats nationaux
qui indiquent une augmentation graduelle du pourcentage le plus grand des repondants du niveau 1,
n'ayant pas atteint la huitieme armee jusqu'au pourcentage le plus petit des repondants de ce meme
5. Cette categorie inclut les etablissements d'enseignement comme les colleges communautaires, les ecoles professionnelles et les
ecoles de métiers.
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19
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
niveau titulaires d'un dipleme universitaire. La repartition au Nouveau-Brunswick semble indiquer
par ailleurs qu'il y a beaucoup plus d'avantages a detenir un dipleme d'etudes secondaires dans
cette province qu'ailleurs au Canada. Prenons par exemple ('ensemble du Canada; le repondant qui
n'a pas termine ses etudes secondaires y est de deux a trois fois plus susceptible d'être de niveau 1
que celui qui a termine ses etudes secondaires; au Nouveau-Brunswick, la proportion est de trois a
huit fois plus elevee, selon rechelle examinee. Cet ecart pourrait peut-titre s'expliquer du fait que
certains diplomes des etablissements d'enseignement superieur non universitaire au NouveauBrunswick, soit n'ont pas termine leurs etudes secondaires — ils sont entres dans un etablissement
d'enseignement technique sans avoir termine leurs etudes secondaires — soit s'eloignent peu a
peu de cette experience scolaire – ces personnes suivent une formation qui n'exige pas ('utilisation
des aptitudes qu'ils ont acquises ou auxquelles ils ont ete inities a recole secondaire. II est toutefois
un facteur qui ne fait pas de doute et c'est que le niveau de scolarite est le facteur determinant de
('acquisition de solides capacites de lecture.
Les resultats moyens de revaluation des capacites de lecture sont beaucoup plus uniformes entre
les diverses regions du Canada, lorsque la variable «niveau de scolarite» est maintenue constante.
Comme en temoigne la figure 1.1, bon nombre des differences regionales entre le Nouveau-Brunswick
et le reste du Canada sont le resultat des differences regionales dans le niveau de scolarite.
Figure 1.1
Resultat moyen de la comprehension de textes suivis selon le niveau de scolarite
dans chaque region du Canada, adultes ages de 16 ans et plus
Resultat moyen sur l'echelle de la comprehension de textes suivis
350
300
250
200
150
100
Moins 8'
armee
Etudes
primaires
terminees
Etudes
secondaires
non
terminees
DiplOme
d'etudes
secondaires
Enseignement
superieur,
non
universitaire
DiplOrne
universitaire
Niveau de scolarite
■
20
NouveauBrunswick
■
Autres provinces
de l'Atlantique
❑ Quebec
0 Ontario
❑ Provinces
de l'Ouest
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EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Toute analyse de cette nature dolt essentiellement tenir compte de ['importance du niveau de scolarite
pour ('acquisition des capacites de lecture. L'EIAA est, a bien des egards, une mesure approximative
de Ia performance du systeme d'education. Au Nouveau-Brunswick, le systeme semble donner d'assez
bons resultats. Cependant, comme le montre Ia figure 1.1, davantage ne se concretise que lorsqu'il
y a atteinte d'un niveau particulier. Ainsi, les gains sont extremement eleves pour les titulaires d'un
diplome d'etudes secondaires — en particulier au Nouveau-Brunswick — et, meme si l'EIAA brosse
uniquement un tableau de ce qui est, plutot que de ce qui devrait etre, it semble aller de soi que
chaque societe devrait encourager ses jeunes a terminer leurs etudes secondaires.
Niveau d'alphabetisme selon le sexe
Le rapport tanadien sur l'ElAA fait ressortir quelques differences mineures entre les hommes et les
femmes. La repartition corrobore ainsi des etudes anterieures selon lesquelles les hommes obtiennent
de meilleurs resultats en mathematiques et dans la resolution de problemes (textes au contenki
quantitatif et textes schematiques), alors que les femmes reussissent mieux en lecture (textes ecrits) .
Au Nouveau-Brunswick, par contre, le profil est assez different. Les femmes du Nouveau-Brunswick
surpassent ainsi leurs homologues masculins sur les trois echelles (tableau 1.5).
Tableau 1.5 Resultats moyens avec start-type, selon le sexe
Ecart-type
Moyenne
Textes emits
Textes schematiques
Textes au contenu quantitatif
Homme
Femme
Homme
Femme
250
250
260
269
262
269
70
74
70
59
69
69
La repartition des capacites de lecture suit les memes tendances (voir tableau 1.6). On remarque
ainsi une plus forte proportion d'hommes de niveau 1 aux trois echelles. Parallelement, toutefois,
davantage d'hommes sont de niveau 4/5 sur les echelles de comprehension de textes suivis et de
textes au contenu quantitatif. La domination des femmes ressort de fagon plus uniforme de l'echelle
de comprehension de textes schematiques; on y trouve en effet moins de femmes de niveau 1 et un
plus haut pourcentage au niveau 4/5. Les karts-types illustrent bien cet effet : la repartition des
hommes fluctue davantage en fonction des capacites de lecture, tandis que les femmes sont plus
regroupees.
6.
Technical report: Mathematics assessment 1993, Conseil des ministres de ('Education (Canada),1994; Technical report: Reading
and writing assessment, Conseil des ministres de ('Education (Canada), 1995; The International Association for Evaluation of
Educational Achievement (IEA) Study of Reading Literacy: Achievement and Instruction in Thirty-two School Systems, Warwick B.
Elley, ed. 1994.
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21
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 1.6
Repartition des capacites de lecture selon les trois echelles, par sexe, NouveauBrunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Sexe
Homme
Femme
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
32
24
33
29
18
32
17
15
Echelle des textes schematiques
Sexe
Homme
Femme
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
31
28
31
30
22
25
15
17
Echelle des textes au contenu quantitatif
Sexe
Homme
Femme
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
27
23
31
37
27
27
15
13
Bien que le tableau 1.6 reflete les tendances generales qui se degagent du tableau 1.5, it est
interessant de noter ('absence de differences entre les sexes, au niveau des capacites de lecture au
Nouveau-Brunswick.
Langue de ralphabetisme
La langue est une caracteristique etroitement Hee a l'alphabetisme. Non seulement la langue donnet-elle forme au stimulus, mais elle renseigne egalement sur l'acces a reducation. Au NouveauBrunswick, ce dernier facteur est particulierement important compte tenu du fait que ce n'est que
depuis la fin des annees 60 que l'enseignement en langue francaise est devenu generalement
accessible dans Ia province. Ceci signifie que toutes les cohortes de la population francophone du
Nouveau-Brunswick, a ('exception des deux plus jeunes, ont etudie dans une langue autre que leur
langue maternelle. Comme nous le verrons, ceci a une incidence directe sur leurs prof ils
d'alphabetisme.
L'EIAA apporte quelques precisions sur le lien entre la langue et l'alphabetisme. La base de donnees
de l'EIAA comporte en effet plusieurs variables Dees a la langue, dont Ia plus importante est la
langue dans laquelle le test a ete effectue. Cette variable a ete utilisee pour repartir les souspopulations canadiennes et evaluer les tests canadiens. II s'agit, sous ce rapport, de la variable Ia
plus fiable pour etablir une distinction entre les repondants francophones et anglophones. Les
repondants pouvaient choisir la langue dans laquelle ils voulaient repondre au questionnaire de
base (francais ou anglais) et, une fois ce questionnaire termine, ils pouvaient egalement choisir Ia
langue dans laquelle ils voulaient executer les taches.
Le questionnaire de base de I'EIAA comportait une question sur la langue apprise a la maison — la
langue maternelle. Si cette langue ou la liste de langues n'incluait pas la langue de l'interview, les
repondants etaient alors invites a evaluer leur capacite actuelle de parler, d'ecrire et de comprendre
cette langue. On leur a egalement demande d'indiquer : a quel age ils avaient commence a apprendre
Ia langue de l'interview (francais ou anglais); quelle langue ils avaient parlee le plus a la maison
durant leur enfance; la premiere langue qu'ils avaient appris a ecrire et a parler; quelle langue etait
22
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
actuellement parlee le plus a la maison; quelle langue etait utilisee le plus au travail ou a l'ecole et
quelle langue etait utilisee le plus durant les loisirs. Les repondants ont ensuite eu a evaluer leurs
capacites, a la fois dans la langue de l'interview et celle dans laquelle ils s'exprimaient le plus
facilement.
La liste de questions est impressionnante. Cependant, seul un sous-ensemble de Ia population a
repondu a la majorite des questions, de sorte que leur utilite au niveau agrege se limite a ('examen
de la population canadienne dans son ensemble . Tous les repondants ont ete invites a evaluer leur
capacite a utiliser la langue de l'interview au travail. Ces variables de l'autoevaluation seront examinees
plus en detail au chapitre suivant, qui traite de ('utilisation et de ('application des capacites de lecture
et d'ecriture au travail et a Ia maison. La langue du test cognitif et Ia langue maternelle sont donc les
variables linguistiques les plus importantes aux fins de la presente analyse.
La premiere question qui se pose concerne le transfert linguistique. La presente analyse doit
necessairement prendre en consideration le nombre de personnes dont la langue maternelle est le
francais mais qui ont choisi de repondre aux tests cognitifs en anglais, et vice versa. II est important
par ailleurs de limiter l'analyse de maniere a en exclure les repondants dont Ia langue maternelle est
a la fois l'arplais et le francais car, par definition, it ne peut y avoir transfert linguistique pour ces
repondants . De meme, les repondants dont la langue maternelle n'est ni le francais, ni l'anglais,
doivent eux aussi etre exclus de l'analyse car, meme s'il peut y avoir transfert linguistique pour bon
nombre d'entre eux, Ia direction de ce transfert est previsible. Le tableau 1.7 indique le degre de
transfert linguistique au Nouveau-Brunswick, a la lumiere des reponses non ponderees aux
instruments de mesure de I'EIAA.
Tableau 1.7 Langue maternelle en regard de la langue du test cognitif, Nouveau-Brunswick
(donnees non ponderees)
Anglais, langue maternelle
Francais, langue maternelle
Test complete en anglais
Test complete en frangais
392 (99 %)
77 (14 %)
6 (1 %)
463 (86 %)
Mis en contexte, les resultats presentes a ce tableau sont plutot positifs. Tres peu d'«anglophones”
ont passé le test en francais et, meme si 14 % des c<francophones» ont fait les taches cognitives en
anglais, cette proportion est faible lorsqu'on la compare au taux de 47 %, en Ontario. Si l'assimilation
est un des facteurs qui explique le transfert linguistique, it semble alors que l'assimilation joue un
role beaucoup moans important au Nouveau-Brunswick. Les citoyens du Nouveau-Brunswick sont
plus a l'aise d'effectuer les tests de mesure de l'alphabetisme dans leur langue maternelle. Ceci
laisse sous-entendre qu'ils ont la possibilite d'utiliser la langue de leur choix dans les activites de Ia
vie quotidienne, au travail, a l'ecole ou a Ia maison et qu'ils se sentent competents pour lire et ecrire
('information dans cette langue.
7.
La raison de cet ecart est simple : it y a peu de repondants au Nouveau-Brunswick (comme dans toutes les autres regions d'ailleurs)
dont au moins une des langues maternelles n'est pas Ia langue choisie pour remplir le questionnaire de base.
8.
Parmi les donnees non ponderees, la population bilingue (francais et anglais) ne represente que 18 repondants, soit un nombre
beaucoup trop faible pour permettre quelque analyse que ce soit. De plus, seuls 10 repondants etaient de langue maternelle autre
que l'anglais ou le francais.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
23
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
La deuxieme question consiste a comparer directement les estimations des niveaux de capacites
des deux groupes linguistiques evalues au Nouveau-Brunswick. La facon la plus fondamentale de
representer la langue et l'alphabetisme est d'examiner le niveau de capacites en regard de la langue
dans laquelle le test a ete fait. Le tableau 1.8 montre que les repondants qui ont fait le test en anglais
ont regulierement obtenu des resultats plus sieves, selon les trois echelles de competences. Lecart
le plus grand se situe au niveau de l'echelle de comprehension de textes suivis, ou le repondant qui
a fait le test en francais est deux fois plus susceptible d'être de niveau 1 que celui qui a fait le merne
test en anglais. Ceci n'est pas entierement etonnant; en effet, des trois echelles, c'est l'echelle de
comprehension de textes suivis qui est la plus etroitement liee a la langue (celle qui exige le plus sur
le plan de la lecture et qui comporte le moins d'indices visuels). Par comparaison, l'echelle de
comprehension de textes schernatiques, qui inclut des items comme des graphiques et des tableaux,
et l'echelle de comprehension de textes au contenu quantitatif — qui porte essentiellement sur le
calcul — sont relativement independantes de la langue.
Tableau 1.8
Repartition des capacites de lecture selon les trois echelles, en fonction de la langue
du test, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus'
Echelle des textes suivis
Langue du test
Anglais
Francais
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
18
37
32
30
30
21
21
12
Niveau 1
Niveau 2
22
37
33
28
Echelle des textes schematiques
Langue du test
Niveau 3
Niveau 4/5
24
23
21
12
%
Anglais
Frangais
Echelle des textes au contenu quantitatif
Langue du test
Niveau 1
Niveau 2
20
30
34
34
Niveau 3
Niveau 4/5
27
27
19
10
%
Anglais
Frangais
1. Ces resultats sont tres similaires
24
a ceux obtenus en utilisant la langue maternelle, plutot que la langue d'interview.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete internationale sur ('alphabetisation des adultes
Nous avons vu, a la figure 1.1, qu'il existe une grande equivalence entre le niveau de scolarite et le
niveau d'alphabetisme. La figure 1.2, qui illustre les resultats moyens des deux groupes linguistiques
evalues selon l'echelle de comprehension de textes suivis, en fonction du niveau de scolarite, ne
montre toutefois pas le meme degre de convergence. En outre, meme lorsque nous limitons ('analyse
aux repondants ages de 16 a 35 ans — c'est-à-dire ceux qui ont eu la chance de faire leurs etudes
dans la langue de leur choix — les repondants qui ont fait le test cognitif en anglais obtiennent
toujours de meilleurs resultats que leurs homologues francophones g . Pour aider a situer les capacites
des francophones du Nouveau-Brunswick, le tableau 1.9 compare la repartition des repondants du
Nouveau-Brunswick, du Quebec et de ('Ontario qui ont fait le test en francais.
Figure 1.2
Resultat moyen au test de comprehension de textes suivis, selon le niveau de
scolarite, repondants qui ont fait le test en francais et en anglais, Nouveau-Brunswick,
adultes ages de 16 ans et plus et adultes de 16 a 35 ans
Resultat moyen sur l'echelle de la comprehension de textes suivis
400
350
300
250
200
150
100
Moins 8'
annee
Etudes
primaires
terminees
Etudes
secondaires
non
terminees
DiplOme
d'etudes
secondaires
Enseignement
superieur,
non
universitaire
DiplOme
universitaire
Niveau de scolarite
■ Anglophones (16+)
■ Francophones (16+)
❑ Anglophones (16 a 35)
❑ Francophones (16 a 35)
Valeur trop faible pour etre exprimee.
La encore, les francophones du Nouveau-Brunswick continuent de tirer de l'arriere sur la plupart des
echelles (a ('exception notable d'une plus forte proportion de repondants au niveau 4/5, selon l'echelle
de comprehension de textes suivis). Leur performance semble par ailleurs se rapprocher davantage
de celle des autres populations francophones du pays que de leurs homologues anglophones
provinciaux. Les differences observees pourraient s'expliquer du fait que les francophones du
Nouveau-Brunswick sont moins exposés a du materiel en francais.
9. L'exclusion des repondants presentant un transfert linguistique, des populations anglophone et francophone, ne modifie pas
sensiblement les resultats moyens, quelle que snit l'echelle utilisee. En fait, dans le cas de ceux qui ont repondu en anglais,
('elimination des repondants francophones n'a fait qu'elever de quelques points la moyenne le long de la courbe du niveau de
scolarite. Pour les repondants qui ont fait le test en francais, ]'elimination des anglophones a eu un effet encore plus faible. De
meme. ]'utilisation de la langue maternelle du repondant, plutot que la langue du test, ne modifie pas les moyennes de fawn
statistiquement significative.
Statistique Canada
—
N° 89-565-XPB au catalogue
25
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 1.9 Repartition des capacites de lecture selon les trois &belles, certaines provinces,
adultes ages de 16 ans et plus ayant complete le test cognitif en frangais
Echelle des textes suivis
Province
Niveau 1
Niveau 2
37
27
30
31
25
31
Niveau 3
Niveau 4/5
21
39
30
12
9
10
%
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Echelle des textes schematiques
Province
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
37
31
29
28
27
27
23
29
27
12
14
16
Echelle des textes au contenu quantitatit
Province
Niveau 1
Niveau 2
30
28
25
34
32
30
Niveau 3
Niveau 4/5
27
30
32
10
10
14
%
Nouveau-Brunswick
Quebec
Ontario
Résumé
Nous avons demontre dans ce chapitre ('incidence de plusieurs variables demographiques sur les
capacites de lecture. Lege est important, mais seulement dans la mesure ob it est lie a I'atteinte d'un
niveau de scolarite particulier. La langue est elle aussi liee aux capacites selon les trois echelles.
Cependant, contrairement a rage, le niveau de scolarite n'est pas un facteur explicatif satisfaisant,
meme parmi les jeunes cohortes. II faut, soit reconnaitre que les systemes d'enseignement
francophone et anglophone different au plan qualitatif, soit invoquer d'autres facteurs susceptibles
d'abaisser les resultats chez les francophones.
26
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
Chapitre 2
Application des capacites de lecture
Jean Pignal, Statistique Canada
Le systeme d'education jette les bases de l'alphabetisme, mais ces bases ne sont, ni constantes, ni
similaires. De nombreux habitants du Nouveau-Brunswick ont un faible niveau de scolarite mais
affichent un niveau de competences eleve en regard des trois echelles de comprehension (voir
tableau 1.4). Un nombre encore plus eleve ont un niveau de scolarite eleve mais de faibles capacites
de lecture. Selon le rapport canadien sur I'EIAA, l'application des capacites de lecture au travail et a
Ia maison est un des facteurs qui contribuent a ('elevation ou a I'abaissement du profil d'alphabetisme,
quel que soit le niveau de scolarite.
Cette theorie de l'alphabetisme a ete designee celle de l'approfondissement par la pratique. Vu sous
cet angle, l'alphabetisme devient davantage une habitude qu'une habilete. Dans certaines societes,
notamment en Suede et en Norvege, cette habitude est ancree dans la culture. En fait, la lecture y
est pratiquee d'une maniere qui nous est etrangere, ici en Amerique du nord. Prenons comme exemple
l'industrie de Ia telediffusion; en raison de Ia petite taille de cette industrie dans ces pays et des couts
eleves du doublage, une forte proportion des emissions diffusees par les televisions suedoises et
norvegiennes sont sous-titrees. Alors que les Nord-americains considerent la television et la lecture
comme deux activites qui s'excluent mutuellement, les Scandinaves integrent les deux et “lisent»
leurs emissions de television. Au Canada, il semble que les applications des capacites de lecture
soient beaucoup plus significatives — et plus difficiles a eviter — au travail qu'a la maison. En outre,
moins ['experience scolaire est recente, plus ces applications prennent de ('importance. Dans ce
chapitre, nous examinerons si les liens entre l'application des capacites de lecture et le niveau de
capacites evoluent de la m6me maniere au Nouveau-Brunswick.
Lire et ecrire au travail
Comme la personne choisit sa profession (davantage qu'elle ne choisit son secteur d'activite),
l'attachement a la profession est plus stable. Ainsi, un ingenieur peut travailler dans plusieurs secteurs
d'activite, mais it ou elle restera toujours un ingenieur. Le tableau 2.1 indique le lien entre trois
categories professionnelles et plusieurs activites de lecture susceptibles de survenir en milieu de
travail 10 . De toute evidence, les emplois dans la categorie “professionnels et cadres» requierent des
activites de lecture plus variees et plus frequentes que les autres types de profession. A l'exception
10. Vu la taille de rechantillon, il a ete impossible d'utiliser des categories de professions detainees. Les professions ont donc ete
regroupees en trois categories generales. Dans la categorie «professionnels/cadres», nous retrouvons les legislateurs, les cadres
superieurs, les gestionnaires, les professionnels, les techniciens et les auxiliaires professionnels. La categorie ocommiskentes»
inclut les commis, les employes du secteur tertiaire, les ouvriers d'usine et ceux du secteur de la vente. Enfin, la categorie «secteur
primaire/industriel» inclut les travailleurs agricoles et les pecheurs qualifies, les artisans, les ouvriers et les corps de metiers connexes,
les operateurs et les monteurs de machines et d'installations, ainsi que les travailleurs non qualifies.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
27
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
notable des graphiques et des schemas de lecture, les emplois de commis et ceux dans le secteur
des ventes viennent au deuxieme rang sur le plan de la frequence des activites de lecture, alors que
les emplois dans le secteur primaire et industriel sont ceux qui comportent le moins d'activites de
lecture et egalement les activites les moins variees au travail. Cette variation dans les taches de
lecture est en accord avec les types de professions representes dans chacune des categories
**ales. Les professionnels et les cadres doivent, presque par definition, utiliser ('information &rite;
de merne, les commis et les employes du secteur de la vente doivent souvent executer des activites
de lecture qui, par ailleurs, exigent un haut degre de precision. En revanche, les employes dans ces
categories ont rarement a utiliser des graphiques ou des diagrammes, une tache beaucoup plus
susceptible d'être associee aux emplois dans les secteurs primaire et industriel, que l'on pense aux
travailleurs de la construction ou aux monteurs de machines.
Tableau 2.1 Proportion de travailleurs, selon le type de profession, ayant declare participer
diverses activites de lecture au travail, au moins une fois par semaine, NouveauBrunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Lisez-vous ...au moins une fois par semaine?
Profession
Professionnels/ cadres
Commis/ventes
Primaire/industriel
Des lettres ou
notes de
service
Des rapports,
articles,
revues ou
bulletins
Des manuels
ou !lyres de
reference, incluant
des catalogues
Des
graphiques
ou des
schemas
Des factures,
comptes, feuilles
de calcul ou
tableaux comptables
91
68
34
90
48
29
82
37
29
57
11'
36
62
43
33
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Des profils similaires apparaissent lorsqu'on examine les activites d'ecriture et de calcul (voir tableaux
2.2 et 2.3 respectivement). La encore, a differentes professions correspondent differents types
d'activites.
Tableau 2.2 Proportion de travailleurs, selon la categorie professionnelle, ayant declare participer
a diverses activites d'ecriture au travail, au moins une fois par semaine, NouveauBrunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Redigez-vous...au moins une fois par semaine?
Profession
Professionnels/cadres
Commis/ventes
Primaire/industriel
Des lettres
ou notes
de service
Des rapports
ou des
articles
Des formulaires ou
autres documents
du genre factures,
comptes ou budgets
Des devis ou
des fiches
techniques
88
50
27
65
55
34
70
25
24
35
12'
12'
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui depasse les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
28
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete internationale sur ('alphabetisation des adultes
Les differences entre les categories «commis/secteur de la vente) , et «secteur primaire/industriel”
tendent a etre moins prononcees au niveau des activites d'ecriture. C'est toujours la categorie
«professionnels et cadres» qui exige les taches les plus nombreuses et les plus variees. Par contre,
aucune categorie professionnelle ne se demarque au niveau des taches de calcul et toutes trois
exigent, dans une certaine mesure, rexecution de taches de cette nature.
Tableau 2.3 Proportion de travailleurs dans chaque categorie professionnelle, qui ont declare
participer aux deux Caches de calcul au travail, au moins une fois par semaine,
Nouveau-Brunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Effectuez-vous des Males mathematiques
au mains une fois par semaine, pour ...
Profession
Professionnels/cadres
Commis/ventes
Primaire/industriel
Mesurer ou estimer la taille
ou le poids d'objets?
Calculer des prix, des
cats ou des budgets?
53
40
58
47
60
42
Bien que ces resultats donnent une certaine indication de la frequence et de la diversite des taches
reliees a ralphabetisme en milieu de travail, ils ne brossent pas un tableau complet de rintensite de
ces applications. Afin d'amalgamer les diverses taches de lecture, d'ecriture et de calcul, et d'en
evaluer pleinement Ia frequence, it faut construire une serie plus complete d'echelles. Pour
retablissement de"rechelle d'intensite de lecture, les repondants ont ete evalues en regard de sept
taches de lecture , selon une echelle de points decroissante basee sur Ia frequence de ractivite :
4 points - chaque jour, 3 points - quelques fois par semaine, 2 points - une fois par semaine et
1 point - moins d'une fois par semaine. Aucun point n'a ete accords aux repondants qui n'effectuaient
cette tache que rarement ou jamais. Les resultats obtenus ont permis d'etablir un indice de 0 a 28, 0
representant un repondant n'ayant jamais ou rarement effectue aucune des taches et 28 s'appliquant
aux repondants qui font toutes les taches, chaque jour. Pour normaliser ('indice, les resultats ont
ensuite ate divises par 7 (pour les 7 taches).
La merne procedure a ete utilisee pour revaluation des quatre taches d'ecriture et des deux taches
de calcul. Pour chacune des trois echelles, 4 est le resultat maximal et 0 est le resultat le plus bas qui
peuvent etre obtenus. Les resultats de cet exercice, qui sont presentes au tableau 2.4, montrent qu'a
chaque profession correspondent des capacites de lecture, d'ecriture et de calcul de degres differents.
C'est par ailleurs au niveau de rechelle de lecture que la difference entre les professions est la plus
grande, tandis qu'elle est la plus faible sur rechelle de calcul. A ('inverse, c'est au niveau de rechelle
de calcul que recart entre les professions d'une merne categorie est le plus grand, alors qu'il est le
plus faible sur rechelle de lecture. Les taches selon rechelle de lecture sont donc reparties de facon
plus homogene a rinterieur des trois categories professionnelles. L'absence d'homogeneite au niveau
de rechelle de calcul peut etre une indication que certaines professions, a rinterieur de chaque
categorie, exigent soit beaucoup plus, soit beaucoup moins, de capacites de calcul que d'autres
professions appartenant a la meme categorie.
11. En plus des cinq Caches decrites au tableau 2.1, les repondants devaient indiquer a quelle frequence ils devaient lire ou utiliser de
l'information extraite de «materiel redige dans une langue autre que la langue de l'interview» et a quelle frequence ils devaient lire
ou utiliser de l'information tir=e de «directives ou d'instructions concernant des medicaments, des recettes ou autres produits».
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
29
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 2.4
Resultats moyens et ecarts-types pour les trois categories professionnelles,
selon les echelles d'intensite de lecture, d'ecriture et de calcul (basses sur la
frequence a laquelle les personne executent les taches et sur la diversite de
ces taches; valeur maximale pour les trois echelles = 4), Nouveau-Brunswick,
adultes actifs ages de 16 ans et plus
Echelles d'intensite de lecture, d'ecrite et de calcul (maximum 4)
Intensite de lecture
Profession
Professionnels/cadres
Commis/ventes
Primaire/industriel
Intensite d'ecriture
Intensite de calcul
Moyenne
Ecart-type
Moyenne
Ecart-type
Moyenne
Ecart-type
2,4
1,4
1,0
0,8
1,0
1,0
2,3
1,3
0,9
1,0
1,1
1,1
2,1
1,7
1,7
1,3
1,5
1,4
Lintensite d'utilisation des capacites de lecture au travail varie selon la profession. Une des principales
conclusions de r EIAA est que les professions en hausse se situent principalement dans les categories
“professionnels/cadres» et “commis/secteur de la vente» — lesquelles requierent un niveau
d'utilisation des capacites plus eleve — alors que les professions en baisse, qui se situent dans le
secteur primaire/industriel, requierent moins de capacites. Les resultats de l'Enquete sur la population
active de Statistique Canada, pour le Nouveau-Brunswick, montrent en outre que ce changement
est dramatique. Entre 1986 et 1995, la proportion des emplois dans la categorie “professionnels et
cadres», par rapport a ('ensemble de la population active, a augmente d'environ 9 %, alors que la
proportion des emplois dans le secteur primaire et industriel a diminue de pros de 10 % 12 .
A I'heure actuelle, le Nouveau-Brunswick attire de plus en plus de grandes societes multinationales
des secteurs de la haute technologie et des services, dont les emplois exigent une main-d'ceuvre
hautement qualifiee :
Le secteur des services est déjà le secteur de notre economie qui est le plus gros et
qui croft le plus rapidement, celui-ci procurant de l'emploi aux trois quarts de notre
population active et generant 65 % de notre produit interieur reel; nous croyons que
cette tendance se maintiendra avec l'accroissement de la demande de services
commerciaux, de services de sante et de services personnels. Cette tendance est par
ailleurs conforme avec celle qui se dessine a rechelle mondiale : le secteur des
nouvelles technologies de ('information, de meme que les secteurs des services aux
entreprises, des services personnels et des services de loisirs, sont tous en plein
essor, dans la foul& de revolution de reconomie mondiale .
Parallelement, meme si les secteurs primaires et industriels sont prosperes, les secteurs traditionnels
du Nouveau-Brunswick, comme ('agriculture, les peches, les forets et renergie, sont en voie de se
moderniser et ceci se traduit par une rationalisation de la main-d'ceuvre; en effet, des employes plus
qualifies et moins nombreux peuvent aujourd'hui faire le travail de plusieurs, grace a de requipement
et a des technologies non disponibles it y a 10 ans. Le recent succes de I'industrie de l'aquiculture au
Nouveau-Brunswick illustre bien cette tendance. Une des capacites qui est exigee aujourd'hui des
travailleurs est celle de pouvoir acquerir des connaissances et des donnees specialisees. Une autre
est la capacite de lire et d'utiliser ('information provenant de diverses sources. Ensemble, ce sont la
ingredients-rtes d'une main-d'ceuvre competitive, qui contribuent a revolution des competences
recherchees en milieu de travail.
12. Les emplois de commis et ceux dans le secteur des ventes ont diminue le gerement durant la meme periode (0,3 %) et d'autres
professions non classees ailleurs ont progresse d'environ 1,3 %.
13. Towards 2000: An Economic Development Strategy for New Brunswick, (1990), p. 8.
30
Statistique Canada - N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
II existe une relation directe entre ('utilisation des capacites de lecture au travail et le niveau de
competence : de fagon generale, plus une capacite est utilisee souvent, plus le niveau de competence
est eleve. Pour resumer les resultats, les tableaux 2.5 a 2.7 etablissent un parallele entre chaque
echelle de capacites de lecture et ('application qui y est la mieux appropriee.
Tableau 2.5 Proportion de repondants de chaque niveau d'alphabetisme selon I'EIAA qui ont
declare participer a diverses taches de lecture, au moins une fois par semaine
au travail, Nouveau-Brunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Lisez-vous ...au moins une fois par semaine?
Niveau
Des rapports,
articles, revues
ou bulletins
(echelle des
textes suivis)
Des lettres
ou notes
de service
(echelle des
textes suivis)
Des manuels
ou livres de
reference, incluant
des catalogues
(echelle des textes
schematiques)
Des
graphiques
ou schernas
(echelle des textes
schematiques)
Des factures,
comptes, feuilles
de calcul ou
tableaux comptables
(echelle des textes
schematiques)
15'
30
38
52
21'
47
50
53
%
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
26 1
40
64
79
30'
54
72
82
14'
39
59
72
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, l'estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Tableau 2.6 Proportion de repondants de chaque niveau d'alphabetisme selon l'EIAA, qui ont
declare participer a diverses activites d'ecriture au moins une par semaine au travail,
Nouveau-Brunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Redigez-vous...au moins une lois par semaine?
Niveau
Des lettres ou
notes de
service
(echelle des
textes suivis)
Des formulaires ou
autres documents
du genre factures,
comptes ou budgets
(echelle des textes
schematiques)
Des rapports
ou articles
(echelle des
textes suivis)
Des devis ou
fiches techniques
(echelle des textes
schematiques)
24'
47
62
72
29
43
54
70
26'
35
42
49
2'
25
22
20
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, l'estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
31
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 2.7 Proportion de repondants de chaque niveau d'alphabetisme selon l'echelle
de compr6hension de textes au contenu quantitatif de l'ElAA, qui ont declare
participer aux deux taches de calcul au moins une fois par semaine,
Nouveau-Brunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Effectuez-vous des fiches mathematiques
au mains une fois par semaine, pour ...
Niveau
Mesurer ou estimer la faille
ou le poids des objets?
Calculer des prix, des
coats ou des budgets?
37
50
44
71
25'
45
43
53
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Lorsqu'on combine ces resultats a ceux des tableaux precedents, une des conclusions les plus
frappantes qui s'en degagent est que les nouveaux emplois qui sont cress au Nouveau-Brunswick
sont de plus en plus des emplois qui comportent beaucoup d'activites de lecture; de plus, les personnes
qui affichent un taux d'activite eleve sont egalement celles qui se situent aux niveaux superieurs sur
les trois echelles. Ceci vaut surtout pour les activites de lecture, mais semble moins evident pour les
activites de calcul. Environ 20 % de la population active doit effectuer souvent des taches
mathematiques dans le cadre de son travail mais pourtant se situe a un niveau peu eleve sur l'echelle
de comprehension de textes au contenu quantitatif. Ceci s'explique du fait que Ia technologie leur
fournit aujourd'hui la majeure partie des outils necessaires.a ('execution de ces taches (p. ex. des
calculatrices et des ordinateurs), sans exiger en retour des connaissances approfondies en
mathematiques.
Tableau 2.8
Resultats moyens et &arts-types par niveau d'alphabetisme, selon les echelles
de comprehension de textes suivis, schematiques et au contenu quantitatif et les
echelles d'intensite de lecture, d'ecriture et de calcul (6tablies d'apres la frequence
et la diversite des fiches executees - valeur maximale pour les trois echelles = 4),
Nouveau-Brunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Echelles d'intensite de lecture, d'ecriture et de calcul (maximum 4)
Intensity de lecture
Niveau
Moyenne
Ecart-type
0,2
1,0
1,4
2,0
Moyenne
Ecart-type
0,5
1,2
1,2
0,8
0,2
0,9
1,2
2,0
Moyenne
Ecart-type
Echelle des textes
au contenu quantitatif
Echelle des textes
schematiques
Echelle des
textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Intensity de calcul
Intensity d'ecriture
0,7
1,3
1,2
1,1
0,3
1,1
1,4
2,3
0,9
1,4
1,5
1,2
L'examen des echelles d'intensite (voir tableau 2.8) semble indiquer un lien marque entre ces echelles
et l'echelle des capacites de lecture qui y correspond le mieux. Non seulement les niveaux sont-ils
distincts, mais la variation intra-niveau n'est pas superieure — et est parfois merne legerement
inferieure — a celle observee lorsque Ia repartition est faite en regard des categories professionnelles
(voir tableau 2.4). Les repondants de niveau 1 n'executent aucune activite de lecture a un degre
d'intensite quelconque, alors que les repondants de niveau 4/5 le font a un degre d'intensite eleve.
32
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete internationale sur ('alphabetisation des adultes
Ces donnees font &at d'un cercie vicieux pour lequel it n'existe pas de solution facile. Les personnes
de haut niveau d'alphabetisme obtiennent les emplois qui exigent une grande utilisation des capacites
de lecture ce qui, en retour, contribue au developpement de ces capacites. A ('oppose, les personnes
de faible niveau d'alphabetisme occupent des emplois qui font peu appel aux capacites de lecture,
ce qui n'a rien pour les alder a maintenir, et encore moins a ameliorer, leurs capacites déjà fragiles.
Ceci cree des problemes pour les personnes, au plan economique et competitif, en particulier si
leurs emplois commencent a exiger des capacites de lecture de plus en plus grandes.
Au plan economique, it ne suffit plus d'avoir une main-d'oeuvre adequatement formee; le marche
d'aujourd'hui exige en effet une main-d'oeuvre capable de s'adapter aux nouvelles technologies. Or
une des competences les plus fondamentales, et essentielles a cette adaptation, est la capacite de
recueillir et d'assimiler de facon independante ('information encore sous forme d'imprimes. Le
tableau 2.9 indique comment les habitants du Nouveau-Brunswick ont evalue leurs capacites de
lecture, d'ecriture et de calcul et compare ces donnees aux niveaux de capacite mesures selon les
trois echelles (comprehension de textes suivis pour la lecture, comprehension de textes schematiques
pour l'ecriture et comprehension de textes au contenu quantitatif pour le calcul).
Tableau 2.9 Pourcentage de repondants a cheque niveau, selon les echelles de comprehension
de textes suivis, schematiques et au contenu quantitatif, qui ont evalue differemment
leurs capacites de lecture, d'ecriture et de calcul au travail, Nouveau-Brunswick,
adultes actifs ages de 16 ans et plus
Comment evalueriez-vous vos
competences pour votre emploi principal?
Ecriture
Echelle des textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Resultat global
Excellentes/bonnes
Moderees/faibles
48
72
85
95
78
32
25
6'
4'
10
Sans opinion
20'
4'
9'
1'
7'
Lecture
Echelle des textes schematiques
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
• Niveau 4/5
Resultat global
Excellentes/bonnes
Moderees/faibles
33
11'
2'
2'
7
53
80
94
97
84
Sans opinion
15 1
91
4'
11
6'
Mathematiques
Echelle des textes au contenu quantitatif
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Resultat global
Excellentes/bonnes
52
76
83
99
81
Moderees/faibles
31
141
7'
2'
11
Sans opinion
171
91
10'
—
8'
– Valeur trop faible pour etre exprimee.
I. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
33
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Bien que ces resultats semblent indiquer une perception irrealiste de la part des repondants des
niveaux 1 et 2, ils sont neanmoins conformes aux conclusions du rapport national. Premierement, ils
viennent confirmer le fait qu'on ne doit pas confondre niveau 1 et analphabetisme. Les personnes de
niveau 1 ont de faibles capacites par rapport a celles des niveaux superieurs; cependant, le niveau 1
ne signifie pas ('absence de capacites, mais plutot un niveau inferieur. Deuxiernement, comme nous
le verrons au chapitre 3, la majeure partie des repondants des niveaux 1 et 2 occupent un emploi qui
fait peu appel aux capacites de lecture des travailleurs (principalement des emplois dans les secteurs
primaires et industriel). Aussi n'est-il pas surprenant que de nombreux repondants aient estime que
leur niveau de capacites suffisait a leur emploi actuel.
Application des capacites de lecture a la maison
On peut difficilement eviter de lire et d'ecrire au travail, car it Taut satisfaire aux exigences du travail.
Vues sous cet angle, les capacites de lecture au travail sont tres similaires a celles pratiquees
l'ecole — elles aident a determiner ('aptitude d'une personne a acceder a un niveau superieur. En
revanche, les activites de lecture pratiquees en dehors du milieu de travail sont generalement
facultatives. Peu d'adultes sont forces de lire un livre ou d'ecrire une lettre. Par ailleurs, certains
modes de communication electronique sont plus pratiques et moins exigeants au plan personnel. II
est possible par exemple de faire autre chose en ecoutant les actualites ou d'autres emissions
d'information a la radio. La television, pour sa part, exige de l'auditeur qu'il regarde et ecoute, mais
ne fait appel a aucune capacite de lecture et exige differents degres de concentration. La lecture, par
contre, exige une concentration presque totale. Par consequent, l'application des capacites de lecture
en dehors du milieu de travail est beaucoup plus revelatrice de l'attachement que porte une personne
a la lecture. Comme dans le cas des donnees sur ('utilisation des capacites de lecture au travail, les
donnees de l'ElAA offrent un vaste &entail de mesures sur l'application de ces capacites en dehors
du lieu de travail. Le tableau 2.10 indique la repartition des activites de lecture dans le cadre des
activites quotidiennes, au Nouveau-Brunswick. Le tableau 2.11 presente les memes donnees, cette
fois-ci pour l'ensemble du Canada (incluant le Nouveau-Brunswick).
Tableau 2.10 Proportion de repondants par niveau qui ont dit s'adonner a chacune des six
tfiches de lecture, au moins une fois par semaine en dehors du travail,
Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Lisez-vous...au moins une fois par semaine?
Niveau
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Des lefties ou
notes de
service
(echelle des
textes suivis)
Des rapports,
articles, revues
ou bulletins
(echelle des
textes suivis)
Des manuels
ou livres de
references, incluant
des catalogues
(echelle des textes
schematiques)
Des
graphiques ou
des schernas
(echelle des
textes
schematiques)
Des factures,
comptes,
feuilles de calcul
ou tableaux
comptables
(echelle des textes
schematiques)
27
45
48
61
29
60
64
74
26
43
52
54
13
12'
12'
29
48
63
70
Des directives
ou instructions
concernant des
medicaments,
des recettes ou
autres produits
(echelle des
textes suivis)
40
51
60
48
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, !'estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
34
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EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Tableau 2.11 Proportion de repondants de cheque niveau qui ont dit s'adonner a chacune des
six tfiches de lecture, au moins une fois par semaine en dehors du travail,
Canadiens ages de 16 ans et plus
Lisez-vous ...au moins une fois par semaine?
Niveau
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Des
Des
lefties ou
rapports,
notes de articles, revues
service
ou bulletins
(echelle des
(echelle des
textes suivis)
textes suivis)
32
51
55
59
41
67
69
78
Des manuels
ou livres de
references, incluant
des catalogues
(echelle des textes
schematiques)
Des
graphiques ou
des schemes
(echelle des
textes
schematiques)
Des factures,
comptes,
feuilles de calcul ou
tableaux comptables
(ecbelle des textes
schematiques)
Des directives
ou instructions
concernant des
medicaments,
des recettes ou
autres produits
(echelle des
textes suivis)
24
49
53
55
5
15
21
23
34
52
60
69
37
53
54
62
La repartition des capacites de lecture au Nouveau-Brunswick est similaire a la repartition nationale,
bien qu'elle soit beaucoup moins previsible. Dans cette province, certaines taches, comme la lecture
de schemas et d'instructions, semblent etre plus ou moins independantes des capacites de lecture
de la personne. Si l'on fait exception des niveaux d'alphabetisme les plus eleves, ('application des
capacites de lecture est en general plus faible dans cette province que dans ('ensemble du Canada.
En fait, on peut dire que la culture de l'alphabetisme est ancree moins profondement au NouveauBrunswick. Deux conclusions se degagent du tableau 2.12, qui presente une echelle d'intensite de
lecture comparable aux autres incluses dans le present rapport.
Premierement, les personnes qui se situent dans les niveaux d'alphabetisme les plus bas utilisent
davantage leurs capacites de lecture a la maison qu'au travail. De fait, l'ecart entre les niveaux est
beaucoup moins prononce a la maison, 00 les repondants de niveau 4/5 ne sont qu'environ deux
fois plus susceptibles de s'adonner a des activites de lecture (voir tableau 2.12), alors qu'ils sont dix
fois plus susceptibles de le faire au travail (voir tableau 2.8). Ceci peut etre del aux exigences de
lecture associees au travail fait par les personnes de niveaux d'alphabetisme superieurs, en regard
des exigences qui se rattachent aux emplois des repondants de niveaux d'alphabetisme plus faibles.
Quelle que soit la nature de l'alphabetisme au Nouveau-Brunswick, ces capacites semblent reparties
entre tous les citoyens.
Deuxiemement, les differences entre les repondants des niveaux 2, 3, 4 et 5 sont faibles. Malgre une
participation plus faible au niveau 1 (probablement Hee aux habiletes des repondants), l'intensite de
lecture aux niveaux plus eleves est etonnamment similaire. On remarque a chaque niveau un degre
de cohesion assez eleve, comme en temoigne l'ecart-type (un ecart-type moindre indique une
population plus regroupee).
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35
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 2.12 Resultats moyens et ecarts-types par niveau d'alphabetisme, selon l'echelle
d'intensite de lecture de textes ecrits et schematiques (etablie d'apres la frequence et
la diversite des Caches executees - valeur maximale pour les trois echelles = 4), en
dehors du milieu de travail, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Echelle d'intensite de lecture (maximum 4)
Echelle des textes suivis
Niveau
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Echelle des textes schematiques
Moyenne
Ecart-type
Moyenne
Ecart-type
0,7
1,4
1,6
1,7
0,7
0,8
0,9
0,6
0,9
1,4
1,5
1,6
0,7
0,8
0,9
0,7
Les resultats aux tableaux 2.11 et 2.12 font &at d'une attention partagee a regard de ralphabetisme
qui, bien qu'inferieure a la moyenne nationale, est relativement stable, quelle que soit la capacite
evaluee. Par ailleurs, comme rintensite d'application en milieu de travail ne se reflete pas directement
dans les applications de tous les jours, ces conclusions font ressortir l'importance du milieu de
travail pour le maintien du niveau de competence.
La lecture du journal est une activite assez democratique. Sans egard au niveau d'alphabetisme,
56 % des repondants du Nouveau-Brunswick lisent un journal tous les jours et 85 `)/0 le font au moins
une fois par semaine. Ces resultats sont legerement inferieurs a la moyenne nationale (59 % des
Canadiens lisent le journal tous les jours et 87 % le font au moins une fois par semaine), mais ils
representent malgre tout une proportion appreciable de la population et ils depassent de loin la
frequence pour toute autre tache de lecture mesuree par l'EIAA. Cependant, les gens ne lisent pas
tous le journal de la merne maniere. L'utilisation de rechelle de comprehension de textes suivis
(echelle qui se rapproche le plus du materiel que I'on retrouve generalement dans un journal) permet
de definir plus clairement le profil de lecture (tableau 2.13).
36
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Tableau 2.13 Proportion de repondants de chaque niveau, selon l'echelle de comprehension
de textes suivis, qui ont declare lire chacune des 15 sections du journal,
Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Quelles sections du journal lisez-vous habituellement?
Echelle des
textes suivis
Annonces
classees
Autres
annonces
Nouvelles
nationales ou
internationales
Nouvelles
regionales
ou locales
Sports
72
80
72
69
78
81
74
75
71
70
82
87
93
93
97
93
55
54
48
38
Mode, sante,
habitation
Editorial
Rubriques
financieres
Bandes
dessinees
Horaires de
la television
45
55
57
58
46
60
63
74
16
22
26
33
36
49
58
64
64
59
53
56
Horaires des
films ou des
concerts
Critiques
de livres
ou de films
Horoscope
Courrier
du coeur
Aut res
39
51
56
75
13'
24
42
66
62
56
64
52
35
42
62
54
20
20
18
21
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Echelle des
textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Echelle des
textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
I. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
En general, un plus grand nombre de repondants de niveau 4/5 que de niveau 3, sur l'echelle de
comprehension de textes suivis, lisent la plupart des sections du journal. De meme, un plus grand
nombre de repondants de niveau 3 que de niveau 2 lisent plus de sections. Pour leur part, les
repondants de niveau 1 sont ceux chez qui ('incidence est la plus faible. C'est toutefois une tendance
tout a fait contraire qui se degage, en ce qui a trait a la lecture de la section des sports et aussi, dans
une moindre mesure, de l'horaire de television et des annonces (classees et autres), lesquelles sont
plus populaires aupres des repondants des niveaux d'alphabetisme moins eleves. Fait interessant
signaler, aucune preference n'apparait quant a Ia lecture des nouvelles locales et regionales. En
effet, les repondants de tous les niveaux sont susceptibles de lire cette section du journal, ce qui est
peut-titre du au fait que les repondants estiment que les nouvelles locales sont celles qui risquent le
plus d'influer directement sur leur vie. Envisagee sous ('angle d'une mesure brute du degre de
conscientisation communautaire, Ia popularite de cette section laisse egalement croire que les
habitants du Nouveau-Brunswick eprouvent un fort sentiment d'appartenance a la communaute.
Alors que I'on observe un ecart de 21 % a l'echelle du pays, entre les repondants de niveau 1 (74 %)
et ceux de niveau 4/5 (95 °A)) qui lisent cette section, la repartition au Nouveau-Brunswick est tits
uniforme. Merne si ces resultats peuvent s'expliquer egalement a la facon dont les nouvelles locales
et regionales sont traitees dans bon nombre de journaux du Nouveau-Brunswick, it n'en demeure
pas moins que la lecture de ces nouvelles requiert un effort considerable des lecteurs de niveau 1.
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37
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
II convient ici de repeter que le niveau 1 signifie, non pas une absence de capacites, mais plutot un
niveau de capacites moindre. On retrouve donc differents types de documents a lire dans les domiciles
des lecteurs de niveau 1 (voir tableau 2.14).
Tableau 2.14 Proportion de repondants de chaque niveau, selon l'echelle de comprehension de
textes suivis, qui ont declare posseder les cinq types de documents a lire a Ia maison,
Nouveau-Brunswick et Canada, adultes ages de 16 ans et plus
Avez-vous actuellement...A la maison? (Nouveau-Brunswick)
Echelle des
textes suivis
Un journal
quotidien
Un journal/
une revue
hebdomadaire
Plus de
25 livres
57
69
69
79
59
74
71
79
55
83
86
100
Une encyclopedie
en plusieurs
volumes
Un dictionnaire
22
60
61
69
76
96
94
98
%
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Avez-vous actuellement...a la maison? (Canada)
Echelle des
textes suivis
Un journal
quotidien
Un journal/
une revue
hebdomadaire
Plus de
25 livres
50
66
69
63
68
78
81
79
50
80
91
97
Une encyclopedie
en plusieurs
volumes
Un dictionnaire
35
51
58
56
80
89
97
96
°A
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Deux conclusions ressortent tout particulierement de ce tableau : premierement, l'ecart entre les
repondants de niveau 1, qui possedent plus de25 livres a la maison, et ceux de niveau 4/5 est large,
significatif et en accord avec le profil national . Deuxiernement, alors que les repondants du NouveauBrunswick sont plus susceptibles de posseder une encyclopedie en plusieurs volumes que ceux de
l'ensemble du Canada, c'est ('inverse qui se produit au niveau 1. En d'autres mots, l'ecart entre le
niveau 1 et les autres niveaux, pour ce qui est de la presence de documents a lire, est plus grand au
Nouveau-Brunswick que dans l'ensemble du pays. Cette derniere allegation vaut plus ou moins
selon le type de document et elle se confirme surtout dans le cas des encyclopedies en plusieurs
volumes. Si l'on fait abstraction des repondants de niveau 1, les habitants du Nouveau-Brunswick
sont en general plus susceptibles d'avoir des documents a lire a Ia maison que la moyenne nationale.
Le fait d'avoir des documents a lire a la maison peut refleter un attachement pour Ia lecture, mais ne
signifie pas pour autant qu'il y a usage regulier. Pour evaluer ce dernier point, examinons maintenant
le tableau 2.15, qui mesure Ia frequence de participation a plusieurs types d'activites de lecture.
Comme nous l'avons indique precedemment, la lecture du journal est une activite qui semble se
faire independamment du niveau d'alphabetisme. Ainsi, 70 % des repondants de niveau 1 et 90 %
de ceux des quatre autres niveaux ont declare lire un journal au moins une fois par semaine. Malgre
le plus grand effort qu'exige cette activite des repondants de niveaux d'alphabetisme moins eleves,
ces repondants ne semblent pas s'interesser principalement aux sections plus legeres, comme les
bandes dessinees ou ('horoscope. Ils s'interessent plutot aux annonces et aux nouvelles locales et
regionales. Comme les quatre activites indiquees dans ce tableau exigent plus d'effort — en termes
de temps, d'energie et de ressources — les differences dans les taux de participation commencent
a refleter les limites des capacites de lecture.
14. Lire l'avenir, op.cit., p. 70.
38
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur l'alphabetisation des adultes
Tableau 2.15 Proportion de repondants de cheque niveau, selon l'echelle de comprehension de
textes suivis de l'ElAA, qui ont declare s'adonner a diverses activites de lecture,
Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Est-ce que vous
Niveau
Lisez le journal
au moins une
fois par
semaine?
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
70
90
92
91
Lisez des livres au
moins une fois
par semaine?
Ecrivez des lettres
au moins une
fois par mois?
Frequentez une
bibliotheque
au moins une
fois par mois?
24
9'
51
41
26
10'
50
78
33
43
14
41
I. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Par comparaison aux personnes de niveau 1, celles de niveau 4/5 sont, respectivement, pits de
trois fois, cinq fois et huit fois plus susceptibles de lire un livre au moins une fois par semaine,
d'ecrire une lettre et de visiter une bibliotheque.
L'alphabetisme et les medias
Les personnes qui vivent dans une societe dernocratique s'attendent a avoir acces a l'information.
Les nouvelles constituent une source majeure de cette information et celles-ci sont communiquees
par divers medias, qu'il s'agisse de la presse ecrite, de la radio ou de Ia television. Chacun de ces
medias s'adresse a un auditoire particulier. La presse ecrite exige un niveau d'alphabetisme plus ou
moins eleve. L'information qui y est presentee est relativement dense et detainee et elle permet
facilement ('expression de points de vue divergents. La presse ecrite est relativement permanente et
il est facile d'y retourner pour la consulter de nouveau. II s'agit egalement d'un moyen d'expression
pratique, qui permet au lecteur d'en extraire l'information au rythme qui lui convient. La radio, pour
sa part, est plus limitee dans sa capacite de presenter des details. Ce mode de communication peut
lui aussi presenter des vues divergentes mais, a moins qu'il n'y ait enregistrement, ce media est plus
temporaire et, compte tenu de l'horaire de programmation, it offre moins de latitude que la presse
ecrite. Par contre, la radio exige moins des auditeurs. La personne peut ainsi faire autre chose tout
en obtenant de l'information. En fait, il est rare qu'une personne ecoute la radio sans faire autre
chose — que ce soit conduire son vehicule, se promener a bicyclette ou travailler. La television
reunit bon nombre des caracteristiques de la radio. Cependant, la television est encore plus limitee,
pour ce qui est de la presentation de details, et elle doit se concentrer sur les aspects les plus
importants. La television est egalement un media qui joue davantage sur les emotions. Lire un article
relatant un ecrasement d'avion est une chose; en entendre le recit a Ia radio par des temoins oculaires
en est une autre et ('experience devient bien differente lorsqu'on voit les images a Ia television.
Comme la presse ecrite, la television peut capter toute ('attention de son auditoire ou, comme la
radio, la personne peut faire autre chose tout en ecoutant la television, en y jetant un coup d'oeil
lorsque quelque chose retient son attention.
Cette longue introduction a un but. Elle vise a demontrer que les trois sources d'information, a savoir
la presse ecrite, la radio et la television, different et font intervenir leur auditoire de differentes manieres.
Le seul qui puisse pretendre avoir un lien avec les capacites de lecture est la presse ecrite — le
journal. En raison de ce lien, on pourrait s'attendre a ce que les personnes qui ont de plus grandes
capacites de lecture apprecient davantage le journal comme principale source d'information. Comme
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
39
Le Nouveau-Brunswick en un din d'oeil
ces personnes peuvent obtenir un degre d'analyse plus pousse avec ce media qu'avec les deux
autres, it est naturel de croire que la presse ecrite serait, pour ces personnes, la principale source
d'information. La radio n'exige pas une attention totale et la personne peut vaguer a d'autres
occupations tout en ecoutant Ia radio. La personne peut ainsi entendre le merne bulletin de nouvelles
chaque heure, sans avoir ('impression de perdre son temps. La radio est donc particulierement
independante des capacites de lecture. La television, dans ce contexte, off re une autre possibilite
aux personnes qui n'ont pas les moyens ou le desir d'obtenir l'information par le bais de Ia presse
ecrite ou de la radio. Cependant, IA encore, il n'y a pas necessairement de lien avec les capacites de
lecture d'une personne. Le tableau 2.16 presente ces tendances d'une maniere coherente.
a
Tableau 2.16 Pourcentage de repondants de chaque niveau selon l'echelle de comprehension de
textes suivis, qui ont indique le journal, la radio ou la television comme etant
d'importantes sources d'information, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et
plus
Obtenez vous beaucoup d'intormation
-
Echelle des textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Des journaux?
De la radio?
De la television?
26
37
45
51
49
54
50
51
67
58
66
42
L'information presentee au tableau 2.16 montre que le journal (Ia presse ecrite) gagne en popularite
en taut que source premiere d'information au fur et a mesure que les capacites de lecture augmentent.
Par contre, la television n'est choisie qu'un peu plus souvent par les repondants aux niveaux
d'alphabetisme faibles. La repartition de ('utilisation de la radio parmi tous les niveaux est assez
uniforme et n'indique aucune preference, a quelque niveau que ce soit. Ces donnees ne permettent
pas d'en arriver a des conclusions causales. D'ailleurs, it vaut mieux s'en abstenir : on ne cherche
pas ici a savoir si Ia lecture de journaux entretient les competences de lecture ou si regarder la
television les mine. La question qui nous concerne est que les trois medias repondent a un besoin
qui sous-tend ['argument en faveur d'une societe alphabetisee : ils donnent acces a l'information et
permettent aux personnes qui vivent dans une societe democratique de prendre des decisions
informees qui touchent leurs vies quotidiennes.
40
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•
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Résumé
Nous avons examine dans ce chapitre ('application des capacites de lecture et d'ecriture, a la maison
et au travail, chez les adultes ages de 16 ans et plus, dont un grand nombre avait complete leurs
etudes au moment de l'enquete. Une fois hors du reseau scolaire, le milieu de travail devient le
facteur qui influe le plus sur les capacites de lecture des gens. Ainsi, les emplois qui exigent de
grandes capacites de lecture ont tendance a promouvoir l'alphabetisme et a en favoriser
l'accroissement, alors que les emplois peu exigeants sur le plan des capacites risquent de contribuer
l'affaiblissement de ces capacites.
a
L'utilisation que fait la personne de ses capacites de lecture est un autre facteur qui favorise le
developpement de ces capacites en dehors du milieu scolaire ou du travail. Si l'on fait exception du
niveau d'alphabetisme le plus eleve, les habitants du Nouveau-Brunswick ont tendance a utiliser
moins ces capacites que ('ensemble des Canadiens. Cependant, contrairement aux autres Canadiens
des niveaux d'alphabetisme inferieurs, les Neo-Brunswickois de faibles niveaux d'alphabetisme
utilisent davantage leurs capacites de lecture a la maison qu'au travail. Enfin, les repondants de
niveau 4/5 ont ete respectivement trois fois, cinq fois et huit fois plus susceptibles de lire un livre,
d'ecrire une lettre et de visiter une bibliotheque, que ceux de niveau 1. Ces donnees donnent
croire que l'alphabetisme est autant une habitude qu'une habilete.
Nous avons egalement examine dans ce chapitre l'ecart observe entre les differents niveaux de
capacites, dans ('utilisation des journaux, de la radio et de la television comme source d'information.
On remarque que le journal gagne en popularite a mesure que le niveau d'alphabetisme augmente;
au niveau 1, c'est la television qui obtient la preference. Pour sa part, ('usage de la radio est uniforme —
environ 50 % de tous les repondants utilisent ce media comme source d'information.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
41
Chapitre 3
Les dimensions economiques de l'alphabetisme
Jean Pignal et Tamara Knighton, Statistique Canada
Lalphabetisme, dans une societe moderne, est plus qu'un bien collectif; it devient egalement un
imperatif economique. Un niveau d'alphabetisme insuffisant peut en effet faire obstacle a la
competitivite d'une societe et a sa capacite de s'adapter aux nouvelles realites. Aux chapitres
precedents, nous avons examine Ia repartition des capacites de lecture au Nouveau-Brunswick et la
fawn dont les citoyens de cette province utilisent ces capacites. Au chapitre 2, nous avons fait
allusion aux avantages economiques de l'alphabetisme. Nous y avons vu que la plupart des categories
d'emplois en croissance au Nouveau-Brunswick exigent de hauts niveaux d'alphabetisme. Nous
poussons ici plus loin cette analyse.
II faut reconnaitre que l'alphabetisme ne peut suffire en soi a assurer la croissance economique
d'une societe. II s'agit plutot d'une des conditions a remplir dans le cadre d'une solide strategie de
croissance economique, af in d'assurer la participation de son capital humain.
Les consequences economiques de l'alphabetisme se repercutent egalement sur les membres d'une
societe. Chomage et faible revenu font souvent de pair avec un faible niveau d'alphabetisme. Les
personnes qui ont de faibles capacites de lecture ont plus de difficulte a utiliser l'information &rite,
elles participent moins souvent aux activites communautaires et elles sont moins susceptibles d'être
en bonne situation economique que les personnes d'un niveau plus eleve . A ('oppose, de meilleures
capacites peuvent aider la personne a concurrencer sur le marche du travail et ameliorer ses
perspectives economiques.
Alphabetisme et marche du travail
II semble que le Nouveau-Brunswick delaisse de plus en plus l'economie industrielle, au profit de
l'economie de services et de l'information (voir page 27). Cette transformation se reflete par des
changements a la fois dans les profils industriels et dans la repartition des professions. Les
consequences de ces changements sont indiquees aux tableaux 3.1 a 3.3, qui montrent que le
niveau d'alphabetisme augmente progressivement, du secteur primaire/industriel a la categorie
professionnels/cadres et aussi, quoique de fawn moins evidente, des secteurs primaire et secondaire
au secteur tertiaire .
15. Lire l'avenir, op.cit. (p. 79).
16. Les professions sont regroupees de la meme maniere qu' au chapitre 2. Les industries ont ete reparties entre deux categories generales :
primaires/secondaires et tertiaires. L' agriculture, la chasse, la peche, l' exploitation miniere, ('exploitation de carrieres, electricite
et le gaz appartiennent au secteur primaire. En raison des faibles effectifs dans cette categorie et des larges coefficients de variance
qui en resultent, ces industries ont ete regroupees avec celles du secteur secondaire qui inclut les secteurs de Ia fabrication, de la
construction, du transport et de l'entreposage. Enfin, le secteur tertiaire inclut Ia vente de gros et de detail, les finances, les assurances,
immobilier, ainsi que les services communautaires, sociaux et personnels.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
43
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 3.1
Repartition des capacites de lecture et drecriture selon les trois echelles,
par groupe professionnel, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Groupe professionnel
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
20
47
30
6'
16'
48
%
Primaire/industriel
Commis/ventes
Professionnels/cadres
27
8'
51
47
29
18
Echelle des textes schematiques
Groupe professionnel
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
25
33
24
7'
18
50
%
Primaire/industriel
Commis/ventes
Professionnels/cadres
29
13 1
4'
39
37
23
Echelle des textes au contenu quantitatif
Groupe professionnel
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Primaire/industriel
Commis/ventes
Professionnels/cadres
24
40
38
15 1
28
42
38
9'
13'
44
81
31
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, l'estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Comme nous l'avons indique au chapitre qui precede, les professions dans le groupe des
professionnels et des cadres exigent beaucoup de leurs titulaires, sur le plan des capacites de
lecture, et ces exigences se refletent dans les niveaux d'alphabetisme des titulaires des emplois
dans ce groupe. Les professions dans le secteur primaire/industriel sont celles ou l'on observe le
plus haut pourcentage de repondants de niveau 1 et la majorite est de niveau 2 ou 3. De meme, les
commis ou les employes du secteur des ventes ont tendance a etre de niveaux 2 et 3. Pour leur part,
les professionnels et cadres — dont les emplois sont en hausse au Nouveau-Brunswick — ont
tendance a se situer au niveau 4/5 et, dans une moindre mesure, au niveau 3. Envisagees sous un
autre angle, ces mernes donnees (voir tableau 3.2) indiquent que les personnes de niveau 4/5 sont
six fois plus susceptibles d'exercer une profession liberale ou d'occuper un poste de cadre que les
personnes de niveau 1. Parallelement, les personnes de niveau 1 sont sept fois plus susceptibles
d'occuper un emploi dans le secteur primaire ou industriel que les repondants de niveau 4/5.
Tableau 3.2 Repartition des professions entre chacun des quatre niveaux d'alphabetisme,
selon rechelle de comprehension de textes suivis, Nouveau-Brunswick,
adultes ages de 16 ans et plus
Groupe professionnel
Niveau
Primaire/
industriel
Commis/ventes
Professionnels/
cadres
%
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
71
54
23
101
17'
28
46
22
12'
18
31
68
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, l'estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
44
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Comme nous l'avons indique au chapitre 2, ceci ne pose pas necessairement de probleme jusqu'a
ce que les exigences de l'emploi soient modifiees ou que l'emploi disparaisse, auquel cas un grand
nombre de travailleurs risquent de ne plus avoir les competences requises pour l'emploi.
L'examen des profils d'alphabetisme dans les differents secteurs off re une perspective differente sur
le lien entre l'alphabetisme et le marche du travail (voir tableau 3.3). Ce lien n'est toutefois pas aussi
evident, car on retrouve des professions similaires dans plusieurs secteurs d'activites, que l'on pense
par exemple aux emplois de commis et de gestionnaires qui sont presents dans la plupart des
secteurs. II existe malgre tout une difference marquee entre les secteurs primaire/secondaire et le
secteur tertiaire, qui est sans doute due a la concentration, dans le groupe tertiaire, de professions
qui exigent de grandes capacites de lecture.
Tableau 3.3 Repartition des capacites de lecture selon les trois &belles, par groupe industriel,
Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Groupe industriel
Primaire/secondaire
Tertiaire
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
23
11
38
30
25
28
14'
30
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
22
9
44
25
20
37
13
28
Echelle des textes schernatiques
Groupe industriel
Primaire/secondaire
Tertiaire
Echelle des textes au contenu quantitatif
Groupe industriel
Primaire/secondaire
Tertiaire
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
18
9
39
27
31
38
13'
26
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consideree exacte ou fiable.
C'est dans le secteur tertiaire que l'on trouve la main-d'oeuvre la plus hautement qualifiee; la plupart
des travailleurs dans ce secteur sont au moins de niveau 3. Dans les secteurs primaire et secondaire,
les travailleurs se situent surtout aux niveaux 2 et 3 et un pourcentage appreciable est de niveau 1.
II est egalement a prevoir que les exigences de lecture requises des travailleurs augmenteront
mesure que ces secteurs continueront de se redefinir. Or en ('absence d'un niveau d'alphabetisme
de base approprie, ces secteurs pourraient etre confrontes a une penurie d'ouvriers qualifies — une
penurie i9ui, comme nous le verrons, risque de ne pouvoir etre comblee par la population active de
reserve .
17. Aux fins du present rapport, population active de reserve fait reference aux personnel actuellement en chomage, inactives ou qui
joindront bientot la population active (p. ex. actuellement aux etudes). Cette population represente le bassin de travailleurs prets a
repondre a la demande future d'emplois.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
45
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Figure 3.1
Proportion d'adultes ayant un salaire inferieur ou superieur a la moyenne, selon le
niveau d'alphabetisme pour chaque echelle, Nouveau-Brunswick, population active
Agee de 16 ans et plus'
Echelle des textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Echelle des textes au contenu q antitatif
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Echelle des textes schematiques
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
100
80
60
40
■ Inferieur a la moyenne
20
0
20
40
60
80
100
f Superieur a la moyenne
I . Population active fait reference aux personnel actuellement occupees et a celles qui font ete au cours des 12 derniers mois.
Le rapport national sur l'ElAA revele que les possibilites d'emploi sont en hausse dans les categories
professionnelles et les secteurs d'activites qui exigent un niveau d'alphabetisme relativement eleve,
alors qu'elles sont en baisse dans les secteurs et les professions moins exigeants sur le plan des
capacites de lecture. II en va de merne du profil du marche du travail au Nouveau-Brunswick.
Le contexte economique actuel fait ressortir clairement la valeur et le role de l'alphabetisme. De
toute evidence, la competitivite du Nouveau-Brunswick continuera de dependre, dans une grande
mesure, des ressources de ses habitants en termes de connaissances, de capacites d'apprentissage
(et, partant, d'adaptabilite), d'information et de competences.
46
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete internationale sur ('alphabetisation des adultes
Lalphabetisme est plus qu'un simple outil d'habilitation; c'est une competence qui semble reconnue
et recompensee par les employeurs (voir figure 3.1). Le salaire moyen dans la province est de
21 014 $.
Cette figure montre clairement que, plus les capacites de lecture d'une personne sont grandes, plus
celle-ci a de chances d'avoir un salaire superieur a la moyenne. En d'autres mots, les personnes de
haut niveau d'alphabetisme sont recompensees par des emplois mieux remuneres. Par ailleurs,
bien que cette tendance apparaisse clairement pour chacune des trois categories de capacites,
l'avantage semble particulierement grand en regard de la comprehension de textes schematiques :
72 `)/0 des personnes de niveau 4/5 sur cette echelle ont un salaire superieur a la moyenne. Compte
tenu du lien decrit precedemment entre la profession et le niveau d'alphabetisme, ces conclusions
sont en accord avec les attentes actuelles.
Les avantages economiques dont beneficient les personnes d'un niveau d'alphabetisme plus eleve
varient d'une region a l'autre du Canada. La figure 3.2 etablit une comparaison entre le NouveauBrunswick et les autres regions du Canada, en fonction du pourcentage de personnes dont le revenu
personnel est inf6rieur a la moyenne de leur region respective , selon l'echelle de comprehension
de textes schematiques. (Comme pour la figure 3.1, ces donnees ne portent que sur les personnes
qui etaient occupees au moment de l'enquete ou qui l'avaient ete durant les 12 mois precedents.)
Figure 3.2
Pourcentage de la population active dans chaque region, dont le revenu personnel
annuel est inferieur a la moyenne, echelle de comprehension de textes schematiques,
adultes ages de 16 ans et plus
100
80
60
40
20
0
■
Autres provinces
de l'Atlantique
Niveau 3
Niveau 2
Niveau 1
■
NouveauBrunswick
❑ Quebec
Niveau 4/5
❑ Ontario
❑ Provinces
de l'Ouest
La repartition illustree par cette figure est a la fois interessante et complexe a analyser. Au niveau 1,
les regions semblent similaires : de 70 `)/0 a 80 `)/0 des repondants de niveau 1 ont un revenu salarial
inferieur a la moyenne de leur region respective. Les plus fortes differences entre les regions se
situent au niveau de la remuneration des repondants de niveau 2. Les autres provinces de l'Atlantique
18. La moyenne pour chaque region a ete calculee independamment, en fonction de la population active dans chaque region. Ainsi, le
revenu personnel moyen provenant du salaire est de 18 824 $ dans les autres provinces de l'Atlantique, de 21 014 $ au NouveauBrunswick, de 23 320 $ au Quebec, de 29 933 $ en Ontario et de 26 620 $ dans les provinces de l'Ouest. A titre de comparaison, la
moyenne canadienne emit de 26 396 $ en 1994, selon les donnees de l'ElAA.
Statistique Canada
—
N° 89-565-XPB au catalogue
47
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
sont celles qui penalisent le plus ces travailleurs; la proportion qui obtient un revenu inferieur a la
moyenne y est en effet egale a celle observee au niveau 1. A ('oppose, ('Ontario et aussi, dans une
moindre mesure, le Quebec, recompensent mieux les repondants de niveau 2 que ceux de niveau 3
et, toujours en Ontario, ces travailleurs de niveau 2 ont merne un avantage sur ceux du niveau 4/5.
Parmi les nombreux facteurs susceptibles d'expliquer cette incoherence, mentionnons le grand nombre
d'emplois bien remuneres accessibles aux personnes de faible niveau d'alphabetisme dans ces
regions, notamment dans les secteurs de ('automobile et de la fabrication situes dans le «triangle
d'or» delimits par les villes de Montreal, Toronto et Windsor. Le niveau 3 presente lui aussi une
convergence de la repartition du revenu qui, bien que moins prononcee qu'au niveau 1, temoigne
neanmoins d'une certaine concordance dans Ia reconnaissance des capacites. Enfin, le niveau 4/5
est generalement fortement recompense et davantage au Nouveau-Brunswick, 01.1 seulement 28 %
des repondants se situent sous la moyenne provinciale, comparativement a environ 47 % dans les
autres regions. Si l'on fait exception de ce gain superieur a la moyenne, les employeurs du Nouveau;
Brunswick semblent recompenser de facon stable et coherente les differents niveaux d'alphabetisme .
Alphabetisme et emploi
Fait peu surprenant, l'employabilite semble etroitement Hee aux capacites de lecture. Ainsi, les
personnes occupees etaient de deux a quatre fois plus susceptibles d'appartenir au niveau 4/5 alors
que les personnes en chomage etaient environ trois fois plus susceptibles d'être de niveau 1, toutes
echelles confondues (voir tableau 3.4).
Tableau 3.4
Situation d'activite
Occupes
Inactifs'
Situation d'activite
Occupes
Inactifs'
Situation d'activite
Occupes
Inactifs'
Repartition des capacites de lecture sur les trois echelles, selon la situation d'activite,
Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 a 65 ans
Niveau 1
11
29
Niveau 1
12
36
Niveau 1
9
29
Echelle des textes suivis
Niveau 2
Niveau 3
34
33
Niveau 4/5
33
24
23
14
Echelle des textes schematiques
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
34
33
26
25
Echelle des textes au contenu quantitatif
Niveau 2
Niveau 3
30
43
39
19
28
62
Niveau 4/5
22
92
1.
Cette categorie inclut les personnes qui etaient en chomage et celles qui ne faisaient pas partie de Ia population active, au moment
de l'enquete. Vu la taille limitee de l'echantillon, it est impossible de presenter les donnees separement pour ces deux categories. II
convient toutefois de preciser que les personnes en chomage sont, a l'echelle nationale, d'un niveau d'alphabetisme superieur A
celles qui ne font pas partie de la population active (incluant les travailleurs decourages, les etudiants, les personnes souffrant d'une
incapacite, les travailleurs A domicile et les retraites). Pour plus d'information a ce sujet, veuillez consulter l'ouvrage Lire l'avenir :
un portrait de l'alphabetisme au Canada (Statistique Canada 1996, n°89-551-XPF au catalogue).
2.
Le chiffre ayant un coefficient de variance qui depasse les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consideree exacte ou fiable.
19. L'utilisation de l'echelle de comprehension de textes schematiques pour cette analyse a ete justifiee en grande partie par
cette variation interessante. Pour les echelles de comprehension de textes suivis et de textes au contenu quantitatif, le «gain»
salarial (mesure par le pourcentage en dessous et au-dessus du revenu salarial moyen) au niveau 4/5 est beaucoup plus progressif
(environ 40 % des personnes de niveau 4/5 selon ces echelles sont sous la moyenne), comme l'illustre la figure 3.1.
48
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
La repartition de la situation d'activite a chaque niveau d'alphabetisme, telle que representee a la
figure 3.3, est encore plus revelatrice. Cette figure illustre la repartition des personnes occupees of
inactives a chaque niveau d'alphabetisme, selon l'echelle de comprehension de textes schematiques
.
Figure 3.3
Repartition de la situation d'activite selon l'echelle de comprehension de textes
schematiques, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 a 65 ansl
Niveau 2
Niveau 1
34
62
66
Niveau 4/5
Niveau 3
62
88
11 Occupes
1.
• Inactifs
LA encore, la categorie oinactifs» inclut les personnes qui etaient en chomage et celles qui ne faisaient pas partie de la population
active au moment de l' enquete. En raison du nombre limite d'effectifs dans l'echantillon, it est impossible de presenter ces statistiques
separement; it ne faut pas toutefois en conclure qu'il y a equivalence entre oinactifs» et oen chomage».
Nous voyons ici que le pourcentage de personnes inactives diminue a mesure que le niveau
d'alphabetisme augmente. Soixante-six pour cent des personnes de niveau 1 etaient inactives, contre
seulement 12 % au niveau 4/5. Meme aux niveaux 2 et 3, les perspectives d'emploi sont relativement
plus favorables (le pourcentage de personnes occupees est superieur au pourcentage d'inactifs).
Comme nous l'avons indique au chapitre 2, le lien entre la situation d'emploi et l'alphabetisme forme
une boucle. Les personnes de haut niveau d'alphabetisme sont plus susceptibles d'occuper un poste
qui exige une grande utilisation des capacites de lecture ce qui, en retour, contribue au developpement
de ces capacites. A ('inverse, les personnes de plus bas niveau d'alphabetisme risquent davantage
de ne pas avoir d'emploi, ce qui reduit d'autant leurs possibilites de maintenir, voire d'ameliorer leurs
capacites de lecture, et donc nuit encore davantage a leur capacite de concurrencer pour l'obtention
d'un emploi qui exige un haut niveau d'alphabetisme, ou meme quelque emploi que ce soit.
20. 11 n'y a pas de difference perceptible entre cette echelle et les &belles de comprehension de textes suivis ou de textes au contenu
quantitatif.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
49
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Au Nouveau-Brunswick, l'alphabetisme semble egalement lie au nombre de semaines travaillees
par les personnes occupees. Comme l'illustre Ia figure 3.4, a mesure que le niveau d'alphabetisme
augmente — quelle que soit l'echelle — de mem augmente le nombre moyen de semaines de
travail durant l'annee. Cette mesure temoigne d'une plus grande stabilite en milieu de travail. De fait,
entre les repondants de niveau 1 et ceux de niveau 4/5, les donnees de l'EIAA indiquent une difference
d'environ 15 semaines. Dans Ia plupart des cas, ceci se traduit habituellement par des avantages
financiers directs pour le travailleur.
Figure 3.4
Nombre moyen de semaines travaillees durant l'annee precedente, selon le niveau
d'alphabetisme et Ia categorie de capacites, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16
ans et plus ayant travaille l'annee precedente
Nombre moyen de semaines travaillees
50
45
40
..........
35
30
—6— Textes suivis
Textes schematiques
25
—
20
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Textes au contenu quantitatif
Niveau 4/5
Niveau d'alphabitisme
En plus de beneficier d'un emploi plus stable — comme en temoigne le nombre plus eleve de semaines
de travail — les personnes a l'extremite superieure de la courbe des capacites de lecture semblent
egalement plus susceptibles d'occuper un emploi a temps plein qu'a temps partiel. L'accroissement
des emplois a temps partiel, par rapport a ceux a temps plein, a suscite un vif interet. A l'echelle du
Canada, les donnees publiees portent a croire que le niveau d'alphabetisme influe peu sur le type
d'emploi (Statistique Canada, 1996). Au Nouveau-Brunswick, par contre, it semble y avoir des
differences entre les niveaux de capacites. Ainsi, un pourcentage nettement plus eleve de travailleurs
a temps plein que de travailleurs a temps partiel sont de niveau 4/5, et ce pour les trois echelles
etudiees (tableau 3.5).
50
Statistique Canada – N° 89-565-XPB au catalogue
EIAA : Enquete Internationale sur ('alphabetisation des adultes
Tableau 3.5 Repartition des capacites de lecture sur les trois echelles, par type d'emplol,
Nouveau-Brunswick, adultes actifs ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Type d'emploi
Niveau 1
Niveau 2
Temps plein
Temps partiel'
13
17
33
29
Niveau 3
Niveau 4/5
29
41
25
14 2
To
Echelle des textes schematiques
Type d'emploi
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
°A
Temps plein
Temps pallier
14
242
32
37
25
262
27
132
Echelle des textes au contenu quantitatif
Type d'emploi
Temps plein
Temps partiel'
Niveau 1
11
162
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
29
43
26
33
24
82
1.
Aux fins de l'EIAA, travail a temps partiel a ete defini comme tout travail exerce pendant moins de 30 heures par semaine. L' EIAA
n' a pas recueilli de donnees visant a determiner si le travailleur occupait simultanement plusieurs emplois de ce genre.
2.
Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, l'estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& exacte ou fiable.
Nous avons cherche, dans la presente section, a pousser plus loin ('examen de la notion de
l'alphabetisme, afin d'aller au-dela d'une simple “fin souhaitable en soi» et de determiner si la personne
elle-meme devrait se preoccuper de son niveau d'alphabetisme. Les reponses obtenues peuvent se
resumer comme suit : Les personnes de hauts niveaux d'alphabetisme occupent des emplois mieux
remuneres, sont occupees pendant de plus longues periodes — marquees de moins d'interruptions —
et ont une plus grande chance d'obtenir un emploi a temps plein. Tous ces facteurs contribuent a une
meilleure qualite de vie pour ces personnes.
Alphabetisme et soutien du revenu
I
is Tr
Pour la majorite des chorneurs du Canada, les periodes de chornage sont relativement courtes
grace, en partie, a un taux de roulement eleve de la main-d'oeuvre. Pour certains segments de la
population, toutefois, les periodes de chomage sont de plus longue duree . Pour les chorneurs de
courte et longue durees, it est une question importante qui se pose et qui consiste a determiner
dans quelle mesure le manque de competences nuit a une participation accrue sur le marche du
travail.
Le tableau 3.6 presente la repartition des capacites de lecture selon le type de soutien du revenu. De
facon generale, les prestataires de ('assurance-emploi au Nouveau-Brunswick ont un profil assez
similaire a celui des personnes qui ne beneficient d'aucun soutien. Ceci peut s'expliquer du fait que,
pour etre admissible aux prestations d'assurance-emploi, la personne doit avoir un lien plus ou
moins recent avec le marche du travail, ce qui n'est pas le cas pour les personnes qui recoivent des
prestations de soutien du revenu.
21. Plusieurs enquetes menees par Statistique Canada, dont l'Enquete sur la population active (EPA), l'Enquete sur Pactivite et l'Enquete
sur la dynamique du travail et du revenu (EDTR), viennent confirmer ce phenomene.
Statistique Canada — N° 89-565-XPB au catalogue
51
Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tableau 3.6 Repartition des capacites de lecture sur les trois echelles, selon le type et l'utilisation
de soutien du revenu, Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Echelle des textes suivis
Type de soutien
Aucun soutien
Assurance-emploi
Soutien du revenu
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
26
27
51
32
32
16'
25
26
32'
17
15'
1'
Echelle des textes schematiques
Type de soutien
Aucun soutien
Assurance-emploi
Soutien du revenu
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
30
24
54
30
35
22 1
22
33
19'
19
8'
5'
Echelle des textes au contenu quantitatit
Type de soutien
Niveau 1
Niveau 2
24
22
53
36
27
28'
Niveau 3
Niveau 4/5
25
40
14'
16
11'
5'
0/0
Aucun soutien
Assurance-emploi
Soutien du revenu
I. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui &passe les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ]'estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consider& comme exacte ou fiable.
II est a la fois heureux et malheureux que la taille de l'echantillon ne permette pas de faire une
analyse plus detaillee de cette question, heureux du fait qu'il y a relativement peu de personnes qui
touchent des prestations de soutien du revenu et malheureux parce qu'il est impossible de confirmer
la repartition des niveaux de capacites dans ce groupe. Vu ces limites, une seule distribution peut
etre mise en lumiere; it s'agit du pourcentage de personnes de niveau 1 dans chacune des trois
categories, a chaque echeIle des capacites de lecture. Ce tableau indique que les prestataires de
soutien du revenu sont deux fois plus susceptibles d'être de niveau 1 que les personnes qui touchent
des prestations d'assurance-emploi ou celles qui ne beneficient d'aucun soutien.
Alphabetisme et apprentissage continu
De nombreuses administrations gouvernementales, au Canada et dans le monde entier, privilegient
I'apprentissage continu. A notre époque ou le travailleur moyen change de carriere en moyenne trois
fois durant sa vie, la capacite d'acquerir de nouvelles competences et de perfectionner celles déjà
acquises devient un atout strategique. Pour etre en mesure de concurrencer sur le marche du travail
d'aujourd'hui, it faut etre capable d'approfondir ses connaissances a chaque occasion qui s'offre. Le
lien entre reducation permanente et les capacites de lecture est une dimension importante dans ce
processus d'amelioration. II semble aller de soi que les personnes qui se situent aux niveaux
d'alphabetisme les plus bas sont celles qui profiteraient le plus des programmes d'education
permanente, en particulier si ces programmes sont axes sur une carriere. La figure 3.5 compare la
repartition des adultes qui ont participe a une forme quelconque de programmes d'education
permanente, a chaque niveau d'alphabetisme selon l'echelle de comprehension de textes
schematiques, au Canada et dans chacune des regions a ('etude.
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EIAA : Enouete internationale sur ('alphabetisation des adultes
Figure 3.5
Pourcentage de personnes a chaque niveau d'alphabetisme selon l'echelle de
comprehension de textes schematiques, qui ont participe a une forme quelconque
de programme d'education permanente au cours des 12 mois precedent l'enquete,
adultes ages de 16 ans et plus
70
60
50
40
30
20
10
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 4/5
Niveau 3
Comprehension de textes schematiques
■
NouveauBrunswick
Autres provinces
de l'Atlantique
❑ Quebec
■ Ontario
■ Canada
❑ Provinces
de l'Ouest
La repartition de la population a chaque niveau d'alphabetisme permet de tirer plusieurs conclusions
interessantes. Premierement, a mesure que le niveau d'alphabetisme augmente, it en va de meme
de la participation a des programmes d'education permanente. Ainsi, les personnes qui se situent a
l'extremite superieure de l'echelle d'alphabetisme sont de six a huit fois plus susceptibles que celles
au niveau inferieur de participer a des programmes d'education permanente. Deuxiernement, a
('exception notable des repondants de niveau 4/5, ('Ontario est la province o0 les differences entre
les niveaux d'alphabetisme sont les moins prononcees (la pente de la courbe est celle qui se rapproche
le plus de ('horizontal) alors que c'est au Quebec que les differences sont les plus marquees (pente
la plus prononcee). Troisiernement, le Nouveau-Brunswick est la province o0 l'incidence des
programmes d'education continue est la plus faible, a chaque extremite de la courbe d'alphabetisme,
alors que cette province se situe parmi les premieres et est au-dessus de la moyenne canadienne,
aux niveaux intermediaires. Enfin, les provinces de l'Ouest presentent un tres faible taux de
participation aux programmes d'education permanente au niveau 1 (10 %), mais ce taux augmente
de fawn substantielle a partir du niveau 2, pour atteindre 70 % au niveau 4/5.
Le tableau 3.7 presente un tableau plus complet de la situation au Nouveau-Brunswick; on y examine
l'incidence de la participation a des programmes d'education permanente en fonction de diverses
caracteristiques demographiques. Nous voyons ici que 39 % des personnes occupees ont participe
une forme quelconque de programmes d'education permanente, contre seulement 22 % pour les
personnes qui ne font pas partie de la population active. De plus, les jeunes ont tendance a participer
davantage a ces programmes que les residents plus ages du Nouveau-Brunswick, ce qui pourrait
s'expliquer en partie par le nombre plus eleve d'etudiants parmi la cohorte la plus jeune
Le deuxierne
a
.
22. En fait, cette observation vaut egalement pour les «groupes d'age occupes», oil des etudiants peuvent avoir declare des emplois
temps partiel, en plus de poursuivre des etudes.
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Le Nouveau-Brunswick en un din d'oeil
taux le plus eleve de participation aux programmes d'education permanente s'observe dans le groupe
des 36 a 45 ans, autant dans ('ensemble de la population du Nouveau-Brunswick que parmi les
personnes occupees. Enfin, on note tits peu de differences entre les hommes et les femmes, ou
entre francophones et anglophones, quant a la participation aux programmes d'education permanente.
Tableau 3.7 Proportion d'adultes qui ont participe a des programmes d'education et de
formation continues, en regard de diverses caracteristiques demographiques,
Nouveau-Brunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Participation a des programmes
d'education et de formation continues
Situation d'activite actuelle
Occupes
En chomage
lnactifs
39
30
22
Groupe d'age
16 a 25 ans
26 A 35 ans
36 A 45 ans
46 A 55 ans
56 A 65 ans
65 ans et plus
54
37
39
32
13'
2'
Groupe d'age, personnes °copes
16 A 25 ans
26 A 35 ans
36 A 45 ans
46 A 55 ans
56 A 65 ans
50
32
43
41
23'
Sexe
Homme
Femme
34
31
Langue du test
Anglais
Francais
34
31
1. Le chiffre ayant un coefficient de variance qui depasse les normes de qualite etablies par Statistique Canada, ('estimation indiquee
dans cette case ne peut etre consideree exacte ou fiable.
II est important de tirer profit des programmes d'education et de formation permanentes et, de toute
evidence, les personnes qui se situent aux niveaux d'alphabetisme plus eleves en profitent davantage.
Toutefois, comme l'indique le tableau 3.8, ceci peut s'expliquer — du moins en partie — par le nombre
relativement faible de personnes de niveaux d'alphabetisme peu eleves qui voulaient suivre une
formation, que ce soit a des fins personnelles ou professionnelles.
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EIAA : Enquete Internationale sur l'alphabetisation des adultes
Tableau 3.8 Proportion d'adultes a chaque niveau d'alphabetisme qui ont declare vouloir suivre
des programmes d'education permanente, par interet personnel ou professionnel,
mais qui n'ont pu le faire, echelle de comprehension de textes suivis, NouveauBrunswick, adultes ages de 16 ans et plus
Y a-t-il des programmes de formation ou d'education que vous vouliez
suivre, mais que vous n'avez pu prendre?
Echelle des textes suivis
Niveau 1
Niveau 2
Niveau 3
Niveau 4/5
Oui, par interet personnel
Oui, par interet professionnel
12
16
26
38
13
23
24
37
Un grand nombre de raisons plausibles peuvent expliquer pourquoi si peu de repondants des niveaux
d'alphabetisme les moins eleves veulent suivre une formation. Peut-titre ces gens ont-il une faible
estime d'eux-mernes, peut-titre ne sentent-ils pas le besoin de suivre une formation ou peut-titre
sont-ils mal informes sur les programmes offerts? Cette situation peut egalement etre etroitement
liee aux faibles capacites de lecture de ces personnes ou a la disponibilite des programmes dans les
communautes. L'EIAA ne peut apporter de reponses a cette question et, malheureusement, le fait
est que les personnes qui pourraient profiter enormement de ces programmes sont celles qui
recherchent et recoivent le moins de formation.
Résumé
Nous avons examine dans ce chapitre les niveaux d'alphabetisme en regard d'un certain nombre de
dimensions qui ont d'importantes repercussions sur la securite economique d'aujourd'hui et de demain.
Element significatif, les adultes de niveau 4/5 sont six fois plus susceptibles d'occuper un emploi de
professionnels ou de cadres (categories professionnelles en croissance au Nouveau-Brunswick)
que ceux de niveau 1. Pour leur part, les personnes de niveau 1 sont sept fois plus susceptibles
d'occuper un emploi dans le secteur primaire ou industriel (secteurs en declin au Nouveau-Brunswick)
que celles de niveau 4/5.
Les adultes de niveau 1 sont plus de cinq fois plus susceptibles d'être en chomage que celles de
niveau 4/5. Qui plus est, celles qui travaillent le font pendant moins d'heures par semaine et moins
de semaines par armee que les personnes de niveaux d'alphabetisme plus eleves. Fait peu surprenant,
plus des trois quarts des personnes de niveau 1 (selon les trois categories de capacites) ont un
salaire inferieur au salaire moyen au Nouveau-Brunswick.
Le profil des prestataires d'assurance-emploi au Nouveau-Brunswick est similaire a celui des
personnes qui ne recoivent aucun soutien du revenu. Malgre la petite taille de l'echantillon forme des
beneficiaires de soutien du revenu, les resultats montrent que ces beneficiaires sont deux fois plus
susceptibles d'être de niveau 1 que ceux qui touchent des prestations d'assurance-emploi ou qui ne
beneficient d'aucun soutien.
Le modale de l'apprentissage continu a 6t6 adopte par le Canada et de nombreux gouvernements
du monde entier. Le taux de participation aux programmes d'education permanente augmente a
mesure que le niveau d'alphabetisme croft. Au Nouveau-Brunswick, les plus faibles taux de
participation a de tels programmes se situent aux niveaux d'alphabetisme 1 et 4/5, alors que des
taux superieurs a la moyenne canadienne sont enregistres aux niveaux 2 et 3.
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Conclusion
Alphabetisation Nouveau-Brunswick Inc.
L'analyse des donnees recueillies au Nouveau-Brunswick, dans le cadre de l'Enquete internationale
sur ('alphabetisation des adultes (EIAA) de 1994, offre une vue ponctuelle des niveaux d'alphabetisme
dans cette province. Le Nouveau-Brunswick ayant achete un echantillon plus large que celui qui lui
aurait ete attribue selon rechantillonnage proportionnel a la population, it a eta possible d'analyser
les resultats du Nouveau-Brunswick separement de ceux portant sur l'ensemble de la region de
l'Atlantique.
Nous avons examine dans ce rapport les niveaux d'alphabetisme au Nouveau-Brunswick et les
avons compares a ceux de la region de l'Atlantique et du Canada dans son ensemble. Les niveaux
d'alphabetisme au Nouveau-Brunswick sont analyses en regard d'un certain nombre de
caracteristiques demographiques : age, niveau de scolarite, sexe et langue. L'application des capacites
de lecture a la maison et au travail a egalement ete Otudiee, tout comme ('utilisation des divers types
de medias comme source d'information. Enfin, les dimensions economiques de l'alphabetisme ont
ete examinees en regard de l'activite sur le marche du travail, de l'emploi, du chornage, des mesures
de soutien du revenu et des programmes d'education permanente. Cette analyse a permis de mettre
en lumiere un certain nombre de faits saillants.
Au Nouveau-Brunswick, un pourcentage important de repondants — soit pits de 60 %— se situent
dans les deux niveaux d'alphabetisme les plus bas sur les trois echelles de mesure des capacites.
C'est la un resultat significatif, compte tenu du fait que bon nombre de pays considerent le niveau 3
comme le niveau minimal a atteindre pour acceder a la plupart des professions, en particulier celles
de Ia categorie “professionnels et cadres., et que les emplois qui sont cites au Nouveau-Brunswick
exigent des capacites de lecture de plus en plus complexes. Les personnes de faible niveau de
scolarite sont egalement fortement penalisees au plan du revenu, car les capacites de lecture
determinent le type d'emploi qui s'offre, Ia stabilite de cet emploi, le nombre d'heures de travail et la
remuneration que I'on peut esperer obtenir. L'alphabetisme est donc fortement lie a la reussite sur le
marche du travail.
Si l'on fait exception des personnes agees de 26 a 35 ans, le niveau d'alphabetisme diminue
mesure que rage augmente. Au Nouveau-Brunswick, comme ailleurs, on a constate qu'alphabetisme
et scolarite etaient relies, sans pour autant etre synonymes. Bien que certains adultes reussissent
acquerir des capacites de lecture malgre un faible niveau de scolarite, dans l'ensemble plus le
niveau de scolarite est eleve, plus le niveau d'alphabetisme l'est egalement. Au Nouveau-Brunswick,
l'avantage a detenir un diplorne d'etudes secondaires est particulierement grand.
Les adultes du Nouveau-Brunswick qui ont repondu a l'ElAA en francais ont obtenu regulierement
des notes inferieures – selon les trois echelles – a ceux qui ont repondu en anglais et, contrairement
au Quebec, cette difference ne s'estompe pas lorsqu'on tient compte des effets de rage ou du
niveau de scolarite. Ces differences sont peut-etre dues a une plus faible exposition des francophones
du Nouveau-Brunswick a du materiel en francais ou a d'autres facteurs attenuants, par exemple des
differences dans ('application des capacites de lecture, lesquelles differences n'ont pu etre analysees
ici en fonction de la langue, vu la taille insuffisante de rechantillon.
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Le Nouveau-Brunswick en un clin d'oeil
Tout comme dans le reste du Canada et ailleurs dans le monde, on a constate que ('utilisation des
capacites de lecture en milieu de travail et a la maison avait une grande incidence sur le maintien ou
le developpement de ces habiletes. Le rapport a ainsi revels que les travailleurs qui occupent des
emplois exigeants sur le plan des capacites voient en fait celles-ci s'ameliorer, alors que les travailleurs
qui occupent des emplois peu exigeants sur le plan des capacites risquent de perdre les aptitudes
acquises.
Par consequent, les travailleurs de faible niveau d'alphabetisme, qui n'utilisent pas beaucoup leurs
capacites de lecture au travail, doivent participer activement a des taches de lecture a la maison,
s'ils veulent maintenir, voire ameliorer, leurs capacites. Cependant, a ['exception du niveau
d'alphabetisme le plus eleve, ('application des capacites de lecture est en general plus faible au
Nouveau-Brunswick que dans le reste du Canada. II faut preciser toutefois que les repondants du
Nouveau-Brunswick qui se situent dans les niveaux d'alphabetisme les plus bas utilisent davantage
leurs capacites de lecture a la maison qu'au travail. Ceci vaut notamment pour les lecteurs de journaux,
dont le nombre se situe pits de la moyenne canadienne, et ce meme si les niveaux d'alphabetisme
de ('ensemble de la population canadienne sont en general plus eleves.
L'analyse des microdonnees du Nouveau-Brunswick nous amene a conclure que l'alphabetisme est
une aptitude dont le maintien est tributaire de ('usage. II s'agit autant d'une habitude que d'une
habilete. Le Nouveau-Brunswick, le Canada et un grand nombre de gouvernements a travers le
monde ont decide de privilegier reducation permanente. Le taux de participation aux programmes
d'education permanente augmente a mesure que le niveau d'alphabetisme augmente. Bien que le
Nouveau-Brunswick ait obtenu les plus faibles taux de participation a ces programmes chez les
repondants des niveaux 1 et 4/5, les taux aux niveaux 2 et 3 sont superieurs a la moyenne canadienne.
Par ailleurs, grace a une des initiatives les plus dynamiques au pays en matiere d'alphabetisation, le
Nouveau-Brunswick dispose de ('infrastructure necessaire pour favoriser l'amelioration constante
du niveau d'alphabetisme dans la province.
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Statistique Canada — N° 89 565 XPB au catalogue
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60
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