Federal Courts Recueil des Reports décisions des Cours

Federal Courts Recueil des Reports décisions des Cours
Federal Courts
Reports
Recueil des
décisions des Cours
fédérales
2010, Vol. 3, Part 3
2010, Vol. 3, 3e fascicule
Cited
as [2010] 3 F.C.R.,
{
395–503
D-17–D-20
i–lxxiv
Renvoi
[2010] 3 R.C.F.,
{
395–503
F-19–F-23
i–lxxiv
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des décisions des Cours fédérales peuvent être consultés sur
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CONTENTS
SOMMAIRE
Judgments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395–503
Jugements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395–503
Digests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-17–D-20
Fiches analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-19–F-23
Title page . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
i
Page titre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
i
List of Judges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ii
Liste des juges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
vii
Appeals noted . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
xiii
Appels notés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
xiii
Table of cases reported in this volume . . . . . . .
xv
Table des décisions publiées dans ce volume . . .
xvii
Contents of the volume . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
xix
Table des matières du volume . . . . . . . . . . . . . .
xxvii
Table of cases digested in this volume . . . . . . .
xxxv
Table des fiches analytiques publiées dans ce
volume . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
xxxix
Cases cited . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
xliii
Jurisprudence citée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
liii
Statutes and regulations cited . . . . . . . . . . . . . .
lxi
Lois et règlements cités . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
lxi
Treaties and other instruments cited . . . . . . . . .
lxix
Traités et autres instruments cités . . . . . . . . . . .
lxix
Authors cited . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
lxxi
Doctrine citée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
lxxiii
Conacher v. Canada (Prime Minister) (F.C.) . . . . . .
411
Conacher c. Canada (Premier ministre) (C.F.) . . . . .
Elections—Judicial review of Prime Minister of Canada’s
decision advising Governor General of Canada to dissolve
Parliament, set election date—Canada Elections Act, s. 56.1,
Continued on next page
411
Élections—Contrôle judiciaire d’une décision par laquelle le
premier ministre du Canada avait conseillé à la gouverneure
générale du Canada de dissoudre la législature pour tenir des
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CONTENTS (Continued)
SOMMAIRE (Suite)
providing fixed election dates—Applicants alleging s. 56.1(2)
creating new constitutional convention limiting Prime Minister’s
discretion to advise Governor General—Act, s. 56.1 not creating
new constitutional convention—Explicitly leaving Governor
General’s discretion to dissolve Parliament untouched—Prime
Minister’s decision also not violating Canadian Charter of
Rights and Freedoms, s. 3—Application dismissed.
élections—L’art. 56.1 de la Loi électorale du Canada prévoit
des élections à date fixe—Les demandeurs alléguaient que
l’art. 56.1(2) créait une nouvelle convention constitutionnelle
qui limitait le pouvoir discrétionnaire du premier ministre de
conseiller le gouverneur général—L’art. 56.1 de la Loi ne créait
pas de nouvelle convention constitutionnelle—Il laisse explicitement intact le pouvoir discrétionnaire du gouverneur général de
dissoudre la législature—En outre, la décision du premier ministre
n’allait pas à l’encontre de l’art. 3 de la Charte canadienne des
droits et libertés—Demande rejetée.
Crown—Prerogatives—Prime Minister of Canada advising
Governor General of Canada to dissolve Parliament, set election
date—Prime Minister’s power to advise Governor General a
prerogative as it is discretionary, not based on statutory grant of
power, having roots in historical power of Monarch—Exercise
of this power not affecting individual rights, expectations—
Therefore, not reviewable.
Federal Court Jurisdiction—Prime Minister of Canada advising
Governor General of Canada to dissolve Parliament, set election
date—Such prerogative powers having to be exercised in accordance with law—Federal Court thus having jurisdiction, pursuant
to Federal Courts Act, s. 18.1(4)(f), to consider whether Canada
Elections Act, providing for fixed election dates, violated—
However, Federal Court not having authority to determine
existence of constitutional conventions as such conventions not
law—Constitutional convention herein political in nature, outside
Federal Court’s jurisdiction.
Constitutional Law—Constitutional conventions—Canada
Elections Act, s. 56.1, providing for fixed election dates, not
creating new constitutional convention prohibiting Prime Minister
of Canada from exercising discretion to advise Governor General
to dissolve Parliament except in accordance with Act, s. 56.1 or
in situation of vote of non-confidence—No evidence of intent
to create new convention.
Couronne—Prérogatives—Le premier ministre du Canada avait
conseillé à la gouverneure générale du Canada de dissoudre la
législature pour tenir des élections—Le pouvoir du premier
ministre de conseiller le gouverneur général est une prérogative
parce qu’il est discrétionnaire, il n’est pas fondé sur des dispositions législatives et il tire sa source du pouvoir historique du
monarque—L’exercice de ce pouvoir n’a pas d’effet sur les
droits ou les aspirations d’une personne—Il ne pouvait donc pas
faire l’objet d’un contrôle.
Compétence de la Cour fédérale—Le premier ministre du
Canada avait conseillé à la gouverneure générale du Canada de
dissoudre la législature pour tenir des élections—De telles
prérogatives doivent être exercées dans le respect de la loi—La
Cour fédérale avait donc compétence, en vertu de l’art. 18.1(4)f)
de la Loi sur les Cours fédérales, pour se pencher sur la question
de savoir si la Loi électorale du Canada, qui prévoit des élections
à date fixe, avait été violée—Cependant, la Cour fédérale n’avait
pas compétence pour se prononcer sur l’existence de conventions
constitutionnelles, ces conventions n’étant pas loi—La convention
constitutionnelle en l’espèce était de nature politique et ne
relevait pas de la compétence de la Cour fédérale.
Droitconstitutionnel—Conventions constitutionnelles—L’art. 56.1
de la Loi électorale du Canada, qui prévoit des élections à date
fixe, ne crée pas de nouvelle convention constitutionnelle interdisant au premier ministre du Canada d’exercer son pouvoir
discrétionnaire de conseiller au gouverneur général de dissoudre
la législature sauf en conformité avec l’art. 56.1 de la Loi ou en
cas de vote de censure—Aucun élément de preuve ne faisait état
de l’intention de créer une nouvelle convention.
Construction of Statutes—Canada Elections Act, s. 56.1(1),
providing for fixed election dates, leaving Governor General’s
discretion to dissolve Parliament pursuant to Crown prerogative
Interprétation des lois—L’art. 56.1(1) de la Loi électorale du
Canada, qui prévoit des élections à date fixe, laisse intact le
pouvoir discrétionnaire du gouverneur général de dissoudre la
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CONTENTS (Continued)
SOMMAIRE (Suite)
untouched—Request for dissolution following non-confidence
vote not violating s. 56.1—S. 56.1 cannot be interpreted in
manner making political issues justiciable.
législature conformément à une prérogative de la Couronne—
Une demande de dissolution faisant suite à un vote de censure
ne viole pas l’art. 56.1—L’art. 56.1 ne peut pas être interprété
d’une façon qui rendrait les questions politiques justiciables.
Constitutional Law—Charter of Rights—Democratic Rights—
Canada Elections Act, s. 56.1 providing for fixed election dates—
Prime Minister of Canada advising Governor General of Canada
to dissolve Parliament, set election date—No legal reasons
provided to support submission Prime Minister’s decision
contravening principles of electoral fairness enshrined in
Charter, s. 3.
Kitson v. Canada (Minister of National Defence)
(F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
Access to Information—Judicial review of discretion exercised
by Department of National Defence pursuant to Access to
Information Act, s. 15 not to disclose certain information—
Applicant requesting information related to prisoners taken by
Canadian Forces in Afghanistan, receiving redacted documents—
Information at issue including names, physical state of detainees,
location, date, time, circumstances of capture, nature of operations—Documents coming within s. 15 exemption—Disclosure
of redacted information could have caused harm to Canadian
Forces, others in Afghanistan, could reasonably have been
expected to be injurious to defence of Canada, allies within
meaning of s. 15—Determination not to disclose information
reasonable—Application dismissed.
Droit constitutionnel—Charte des droits—Droits démocratiques—L’art. 56.1 de la Loi électorale du Canada prévoit des
élections à date fixe—Le premier ministre du Canada avait
conseillé à la gouverneure générale du Canada de dissoudre la
législature pour tenir des élections—Aucune raison de nature
juridique n’avait été fournie pour appuyer l’affirmation selon
laquelle la décision du premier ministre allait à l’encontre des
principes de justice électorale consacrés à l’art. 3 de la Charte.
Kitson c. Canada (Ministre de la Défense nationale)
(C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
Accès à l’information—Contrôle judiciaire du pouvoir
discrétionnaire exercé par le ministère de la Défense nationale
en vertu de l’art. 15 de la Loi sur l’accès à l’information pour
ne pas communiquer certains renseignements—Le demandeur
avait sollicité des renseignements concernant des prisonniers
qu’ont faits les Forces canadiennes en Afghanistan et avait reçu
des documents expurgés—Les renseignements en cause
comprenaient le nom et l’état physique des détenus, le lieu, la
date et l’heure de la capture, les circonstances entourant la capture
et la nature des opérations—Les documents étaient visés par
l’exemption de l’art. 15—La communication des renseignements
expurgés aurait pu causer un préjudice aux membres des Forces
canadiennes et à d’autres personnes en Afghanistan et aurait
vraisemblablement risqué de porter préjudice à la défense du
Canada ou de ses alliés au sens de l’art. 15—La décision de ne
pas communiquer ces renseignements était raisonnable—
Demande rejetée.
Constitutional Law—Charter of Rights—Fundamental Freedoms—Remedies—Department of National Defence exercising
discretion under Access to Information Act (the Act), s. 15,
redacting requested documents—Act, s. 52(2) requiring in
camera hearing when s. 15 in play—However, in case at bar, s.
52(2) contradicted, hearing not held in camera—In Ruby v.
Canada (Solicitor General), Supreme Court of Canada considering Privacy Act, s. 51(2), identical in language to s. 52(2),
making it clear not open for judge to conduct hearing in direct
contravention of statutory requirements unless those requirements found to be unconstitutional, read down as constitutional
Droit constitutionnel—Charte des droits—Libertés fondamentales—Réparation—Le ministère de la Défense nationale
avait exercé son pouvoir discrétionnaire en vertu de l’art. 15 de
la Loi sur l’accès à l’information (la Loi) pour supprimer les
renseignements demandés—L’art. 52(2) de la Loi prévoit une
audience à huis clos lorsque l’art. 15 est en jeu—Cependant, en
l’espèce, il y avait eu contravention à l’art. 52(2), l’audience
n’ayant pas eu lieu à huis clos—Dans Ruby c. Canada (Solliciteur
général), la Cour suprême du Canada avait clairement précisé,
dans le cadre de l’examen de l’art. 51(2) de la Loi sur la
protection des renseignements personnels, dont le libellé est
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CONTENTS (Continued)
SOMMAIRE (Suite)
remedy—Act, ss. 52(2)(a),(b),(3) infringing applicant’s rights,
freedoms guaranteed by Canadian Charter of Rights and
Freedoms, s. 2(b)—Appropriate remedy reading down of Act,
ss. 52(2)(a),(b) to apply to s. 52(3) ex parte submissions only.
identique à celui de l’art. 52(2), qu’il n’est pas loisible au juge
de tenir une audience qui contrevient directement à une exigence
impérative, à moins que celle-ci ne soit jugée inconstitutionnelle
et qu’on lui donne une interprétation atténuante—Les art. 52(2)
et 52(3) de la Loi portent atteinte aux droits et libertés que
l’art. 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés garantit
au demandeur—La réparation convenable consistait à donner
une interprétation atténuante de l’art. 52(2) de la Loi, de façon
qu’il ne s’applique qu’aux audiences ex parte prescrites par
l’art. 52(3).
Pathmanathan v. Canada (Minister of Citizenship
and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Pathmanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté
et de l’Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Citizenship and Immigration—Exclusion and Removal—
Removal of Refugees—Judicial review of two decisions by
immigration officer denying applicant’s pre-removal risk assessment application, humanitarian and compassionate application
for permanent residence under Immigration and Refugee
Protection Act, s. 25—Applicant, young Tamil male from
northern Sri Lanka, unsuccessful refugee claimant—Immigration
officer relying on U.K. Asylum and Immigration Tribunal
decision, concluding applicant would not be at risk if relocating
to Colombo—Officer also relying on new sources of information
describing major changes in Sri Lanka’s country conditions, i.e.
end of civil war, reduction of risk to Tamils—Officer breaching
procedural fairness by failing to notify applicant of reliance on
new information sources, provide applicant opportunity to
respond thereto—Officer also breaching procedural fairness by
failing to give applicant opportunity to respond to officer’s
reliance on U.K. Asylum and Immigration Tribunal decision—
Tribunal decision constituting significant, prejudicial development
affecting applicant’s case—Case law should not be used as
evidence of country conditions—Also unreasonable for officer
to make decisions until war in Sri Lanka over—Applications
allowed.
Citoyenneté et Immigration—Exclusion et renvoi—Renvoi de
réfugiés—Contrôle judiciaire de deux décisions d’une agente
d’immigration rejetant la demande d’examen des risques avant
renvoi du demandeur et sa demande de résidence permanente
fondée sur des motifs d’ordre humanitaire présentée en
application de l’art. 25 de la Loi sur l’immigration et la
protection des réfugiés—Le demandeur, un jeune homme
tamoul originaire du Nord du Sri Lanka, était un demandeur
d’asile débouté—L’agente d’immigration s’était fondée sur une
décision du Tribunal d’asile et d’immigration du Royaume-Uni
et avait conclu que le demandeur ne serait pas exposé à un
risque s’il se réinstallait à Colombo—L’agente s’était aussi
fondée sur de nouvelles sources d’information décrivant des
changements importants dans la situation au Sri Lanka,
notamment la fin de la guerre civile et la diminution du risque
pour les Tamouls—L’agente a manqué à l’équité procédurale
en omettant d’informer le demandeur du fait qu’elle se fondait
sur de nouvelles sources d’information et de lui donner la
possibilité d’y répondre—En outre, l’agente a manqué à l’équité
procédurale en ne donnant pas au demandeur la possibilité de
réagir au fait qu’elle s’était basée sur une décision du Tribunal
d’asile et d’immigration du Royaume-Uni—La décision du
Tribunal constituait un élément préjudiciable et important qui
influait sur l’issue du dossier du demandeur—La jurisprudence
ne devrait pas être utilisée comme une preuve de la situation du
pays—De même, il était déraisonnable de la part de l’agente de
rendre les décisions avant que la guerre soit terminée—Demandes
accueillies.
Continued on next page
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CONTENTS (Continued)
SOMMAIRE (Suite)
Administrative Law—Immigration officer relying on U.K.
Asylum and Immigration Tribunal decision as evidence in
denying applicant’s pre-removal risk assessment application,
humanitarian and compassionate application for permanent
residence—Administrative tribunal’s decision not constituting
evidence but rather judicial, quasi-judicial consideration of
evidence produced by witnesses.
Droit administratif—L’agente d’immigration s’était fondée sur
une décision du Tribunal d’asile et d’immigration du RoyaumeUni comme preuve pour rejeter la demande d’examen des
risques avant renvoi et la demande de résidence permanente
fondée sur des motifs d’ordre humanitaire—La décision d’un
tribunal administratif n’est pas une preuve, mais plutôt un
examen judiciaire ou quasi judiciaire de la preuve produite par
des témoins.
Toussaint v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Citizenship and Immigration—Immigration Practice—Judicial
review of immigration officer’s decision denying applicant’s
request to be exempted from paying fee to process application
for permanent residence based on humanitarian and compassionate considerations pursuant to Immigration and Refugee
Protection Act (IRPA), s. 25(1)—While s. 25(1) broad, not
necessarily meaning provision available regarding every type
of obligation arising under IRPA, Immigration and Refugee
Protection Regulations—Parliament never intending s. 25(1) to
create possibility of exemption from administrative requirements
—IRPA, s. 89 permitting enactment of regulations governing
fees for services provided in administration of IRPA—
Government having exclusive mandate thereunder to establish,
waive fees for services—S. 25(1) not requiring Minister consider
request to exempt foreign national from payment of fees; Minister
not having authority to do so—Application dismissed—Questions
certified.
Constitutional Law—Charter of Rights—Life, Liberty and
Security—Immigration officer denying applicant’s request to
be exempted from paying fee to process application for
permanent residence based on humanitarian and compassionate
(H&C) considerations pursuant to Immigration and Refugee
Protection Act, s. 25(1)—Whether government’s failure to waive
fees breaching applicant’s Charter, s. 7 right—Deportation of
non-citizen not implicating liberty, security interests protected
by Charter, s. 7—H&C assessment prior to deportation not
constituting principle of fundamental justice to which s. 7
applying.
Continued on next page
Toussaint c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et
de l’Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Citoyenneté et Immigration—Pratique en matière d’immigration
—Contrôle judiciaire d’une décision d’un agent d’immigration
rejetant la demande présentée par la demanderesse pour obtenir
une dispense du paiement des frais de traitement de sa demande
de résidence permanente fondée sur des motifs d’ordre humanitaire en vertu de l’art. 25(1) de la Loi sur l’immigration et la
protection des réfugiés (la LIPR)—Bien que l’art. 25(1) soit
large, cela ne signifie pas nécessairement que cette disposition
est applicable à tout type d’obligation imposée par la LIPR ou
le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés—
Le législateur n’a jamais eu l’intention avec l’art. 25(1) de créer
une possibilité de dispense des exigences administratives—
L’art. 89 de la LIPR permet l’adoption de règlements qui
prévoient les frais pour les services offerts dans la mise en
œuvre de la LIPR—Le gouvernement a le mandat exclusif en
vertu de celle-ci d’établir les frais pour les services offerts et de
dispenser de leur paiement—L’art. 25(1) ne requiert pas que le
ministre examine une demande présentée par un étranger pour
la dispense de frais; le ministre n’a pas le pouvoir de le faire—
Demande rejetée—Questions certifiées.
Droit constitutionnel—Charte des droits—Vie, liberté et sécurité—Un agent d’immigration a rejeté la demande présentée par
la demanderesse pour obtenir une dispense du paiement des
frais de traitement de sa demande de résidence permanente
fondée sur des motifs d’ordre humanitaire (CH) en vertu de
l’art. 25(1) de la Loi sur l’immigration et la protection des
réfugiés—Il s’agissait de savoir si l’omission du gouvernement
d’accorder une dispense de frais portait atteinte au droit de la
demanderesse garanti par l’art. 7 de la Charte—L’expulsion
d’un non-citoyen ne met pas en cause les droits à la liberté et à
la sécurité garantis par l’art. 7 de la Charte—Un examen des
CH avant une expulsion n’est pas un principe de justice
fondamentale pour lequel l’art. 7 s’applique.
Suite à la page suivante
CONTENTS (Concluded)
SOMMAIRE (Fin)
Constitutional Law—Charter of Rights—Equality Rights—
Immigration officer denying applicant’s request to be exempted
from paying fee to process application for permanent residence
based on humanitarian and compassionate considerations
pursuant to Immigration and Refugee Protection Act, s. 25(1)—
Government’s failure to provide for waiver of fees not contrary
to Charter, s. 15, not depriving applicant of right to equality—
Failure not creating distinction based on enumerated, analogous
ground—Poverty not enumerated, analogous ground—No
persuasive evidence distinction creating disadvantage by
perpetuating prejudice, stereotyping—No evidence showing that
foreign nationals living in poverty suffering disproportionate
hardship attributed to government’s failure to waive fees.
Droit constitutionnel—Charte des droits—Droits à l’égalité—
Un agent d’immigration a rejeté la demande présentée par la
demanderesse pour obtenir une dispense du paiement des frais
de traitement de sa demande de résidence permanente fondée
sur des motifs d’ordre humanitaire en vertu de l’art. 25(1) de la
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés—L’omission
du gouvernement de prévoir une dispense de frais n’allait pas à
l’encontre de l’art. 15 de la Charte et ne privait pas la
demanderesse de son droit à l’égalité—L’omission ne créait pas
de distinction fondée sur un motif énuméré ou analogue—La
pauvreté n’est pas un motif énuméré ou analogue—Il n’y avait
aucun élément de preuve probant convaincant démontrant que
la distinction créait un désavantage par la perpétuation d’un
préjugé ou de stéréotypes—Il n’y avait aucun élément de preuve
établissant que les étrangers vivant dans la pauvreté souffraient
de difficultés disproportionnées qui pouvaient être attribuées à
l’omission du gouvernement de prévoir une dispense de frais.
Constitutional Law—Fundamental Principles—Immigration
officer denying applicant’s request to be exempted from paying
fee to process application for permanent residence based on
humanitarian and compassionate considerations pursuant to
Immigration and Refugee Protection Act (IRPA), s. 25(1)—
Government’s failure to provide for waiver of fees not contrary
to common law constitutional right of access to courts, to rule
of law—Access to Minister under IRPA, s. 25(1) providing
discretionary benefit to foreign nationals, not constituting right.
Droit constitutionnel—Principes fondamentaux—Un agent
d’immigration a rejeté la demande présentée par la demanderesse
pour obtenir une dispense du paiement des frais de traitement de
sa demande de résidence permanente fondée sur des motifs
d’ordre humanitaire en vertu de l’art. 25(1) de la Loi sur
l’immigration et la protection des réfugiés (la LIPR)—
L’omission du gouvernement de prévoir une dispense de frais
n’allait pas à l’encontre de la primauté du droit et du droit
constitutionnel d’accès aux tribunaux en common law—L’accès
au ministre prévu à l’art. 25(1) de la LIPR prévoit un avantage
discrétionnaire pour les étrangers et non pas un droit.
ERRATUM
On the front cover of 2010, Vol. 3, Part 1, the page numbers
referenced in the French “Renvoi” are wrongly stated as
195–394. They should be 3–193.
ERRATUM
Une erreur s’est glissée dans les numéros de page du
« Renvoi » apparaissant sur la couverture avant de 2010,
vol. 3, 1er fascicule. Les numéros qui devraient apparaître
sont « 3–193 » et non « 195–394 »
Federal Courts
Reports
2010, Vol. 3, Part 3
Recueil des
décisions des Cours
fédérales
2010, Vol. 3, 3e fascicule
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
IMM-1187-09
IMM-1185-09
2009 FC 885
Sathiyakrishna Pathmanathan (Applicant)
v.
The Minister of Citizenship and Immigration
(Respondent)
INDEXED AS: PATHMANATHAN V. CANADA (MINISTER
CITIZENSHIP AND IMMIGRATION) (F.C.)
OF
Federal Court, Kelen J.—Toronto, September 2; Ottawa,
September 9, 2009.
Citizenship and Immigration — Exclusion and Removal
— Removal of Refugees — Judicial review of two decisions
by immigration officer denying applicant’s pre-removal risk
assessment application, humanitarian and compassionate
application for permanent residence under Immigration
and Refugee Protection Act, s. 25 — Applicant, young Tamil
male from northern Sri Lanka, unsuccessful refugee
claimant — Immigration officer relying on U.K. Asylum and
Immigration Tribunal decision, concluding applicant would
not be at risk if relocating to Colombo — Officer also
relying on new sources of information describing major
changes in Sri Lanka’s country conditions, i.e. end of civil
war, reduction of risk to Tamils — Officer breaching
procedural fairness by failing to notify applicant of reliance
on new information sources, provide applicant opportunity
to respond thereto — Officer also breaching procedural
fairness by failing to give applicant opportunity to respond to
officer’s reliance on U.K. Asylum and Immigration Tribunal
decision — Tribunal decision constituting significant, prejudicial development affecting applicant’s case — Case law
should not be used as evidence of country conditions —
Also unreasonable for officer to make decisions until war in
Sri Lanka over — Applications allowed.
Administrative Law — Immigration officer relying on U.K.
Asylum and Immigration Tribunal decision as evidence in
denying applicant’s pre-removal risk assessment application,
humanitarian and compassionate application for permanent
residence — Administrative tribunal’s decision not
constituting evidence but rather judicial, quasi-judicial
c. CANADA
395
IMM-1187-09
IMM-1185-09
2009 CF 885
Sathiyakrishna Pathmanathan (demandeur)
c.
Le Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration
(défendeur)
RÉPERTORIÉ : PATHMANATHAN C. CANADA (MINISTRE DE LA
CITOYENNETÉ ET DE L’IMMIGRATION) (C.F.)
Cour fédérale, juge Kelen—Toronto, 2 septembre;
Ottawa, 9 septembre 2009.
Citoyenneté et Immigration — Exclusion et renvoi — Renvoi
de réfugiés — Contrôle judiciaire de deux décisions d’une
agente d’immigration rejetant la demande d’examen des risques
avant renvoi du demandeur et sa demande de résidence permanente fondée sur des motifs d’ordre humanitaire présentée
en application de l’art. 25 de la Loi sur l’immigration et la
protection des réfugiés — Le demandeur, un jeune homme
tamoul originaire du Nord du Sri Lanka, était un demandeur
d’asile débouté — L’agente d’immigration s’était fondée sur une
décision du Tribunal d’asile et d’immigration du Royaume-Uni
et avait conclu que le demandeur ne serait pas exposé à un
risque s’il se réinstallait à Colombo — L’agente s’était aussi
fondée sur de nouvelles sources d’information décrivant des
changements importants dans la situation au Sri Lanka,
notamment la fin de la guerre civile et la diminution du risque
pour les Tamouls — L’agente a manqué à l’équité procédurale
en omettant d’informer le demandeur du fait qu’elle se fondait
sur de nouvelles sources d’information et de lui donner la
possibilité d’y répondre — En outre, l’agente a manqué à l’équité
procédurale en ne donnant pas au demandeur la possibilité de
réagir au fait qu’elle s’était basée sur une décision du Tribunal
d’asile et d’immigration du Royaume-Uni — La décision du
Tribunal constituait un élément préjudiciable et important qui
influait sur l’issue du dossier du demandeur — La jurisprudence
ne devrait pas être utilisée comme une preuve de la situation du
pays — De même, il était déraisonnable de la part de l’agente
de rendre les décisions avant que la guerre soit terminée —
Demandes accueillies.
Droit administratif — L’agente d’immigration s’était fondée
sur une décision du Tribunal d’asile et d’immigration du
Royaume-Uni comme preuve pour rejeter la demande d’examen
des risques avant renvoi et la demande de résidence permanente
fondée sur des motifs d’ordre humanitaire — La décision d’un
tribunal administratif n’est pas une preuve, mais plutôt un
396
PATHMANATHAN
consideration of evidence produced by witnesses.
These were applications for judicial review of two
decisions of an immigration officer denying the applicant’s
pre-removal risk assessment (PRRA) application and his
humanitarian and compassionate application (H&C) for
permanent residence under section 25 of the Immigration
and Refugee Protection Act. The applicant was a young Tamil
male from the north of Sri Lanka whose refugee claim was
denied. In his applications, which were initially submitted
in 2004 but which were periodically updated, the applicant
claimed that he would be at risk from the Liberation Tigers
of Tamil Eelam, pro-government militias and the government
in Colombo given his previous detention by the government.
The immigration officer rendered her decisions in early
2009. In making her decisions, she relied on a decision of
the U.K. Asylum and Immigration Tribunal, which held that
non-governmental organizations assisted northern Tamils
who relocated to Colombo after failing to claim asylum in
the U.K. The officer therefore concluded that the applicant
would not be at risk or suffer undue hardship if he relocated
to Colombo and that the city met the two-pronged test as a
viable internal flight alternative.
The issues were whether the immigration officer breached
her duty of fairness by not allowing the applicant an opportunity to respond to the significant events in Sri Lanka that
occurred in late 2008 and early 2009 and by relying on a
U.K. Asylum and Immigration Tribunal decision that was
not disclosed to the applicant, and whether she considered
all the evidence.
Held, the applications should be allowed.
Procedural fairness required the officer to notify the
applicant of the reliance, in making her findings, on new
sources of information, such as three British Broadcasting
Corporation articles from early 2009 describing major changes
in Sri Lanka’s country conditions. Those articles showed the
impending end of the civil war and reduction of risk to a
Tamil like the applicant. The officer should have provided the
applicant with an opportunity to respond to this information
and her failure to do so constituted a breach of the duty of
fairness.
The officer breached the applicant’s right to procedural
fairness by failing to give him the opportunity to respond to
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
examen judiciaire ou quasi judiciaire de la preuve produite par
des témoins.
Il s’agissait de demandes de contrôle judiciaire de deux
décisions d’une agente d’immigration, qui a rejeté la demande
d’examen des risques avant renvoi (ERAR) du demandeur et sa
demande de résidence permanente fondée sur des motifs d’ordre
humanitaire (CH) présentée en application de l’article 25 de la
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Le demandeur
était un jeune homme tamoul originaire du Nord du Sri Lanka
dont la demande d’asile avait été rejetée. Dans ses demandes,
qui ont d’abord été soumises en 2004 puis mises à jour à
l’occasion, le demandeur prétendait qu’il serait exposé à un
risque de la part des Tigres de libération de l’Eelam tamoul,
des milices pro-gouvernement et du gouvernement à Colombo
en raison de sa détention antérieure par le gouvernement.
L’agente d’immigration a rendu ses décisions au début de 2009.
Pour en arriver à ses décisions, elle s’était fondée sur une
décision du Tribunal d’asile et d’immigration du Royaume-Uni,
qui avait conclu que des organisations non gouvernementales
aidaient les Tamouls du Nord qui se réinstallaient à Colombo
après avoir été déboutés de leur demande d’asile au RoyaumeUni. L’agente a donc conclu que le demandeur ne serait pas
exposé à un risque ou à des difficultés excessives s’il se réinstallait à Colombo, et que la ville satisfaisait au critère à deux
volets en tant que possibilité de refuge intérieur viable.
Les questions à trancher étaient celles de savoir si l’agente
d’immigration avait manqué à son obligation d’équité en ne
donnant pas au demandeur l’occasion de se faire entendre sur
les événements importants qui s’étaient déroulés au Sri Lanka
à la fin de 2008 et au début de 2009 et en se fondant sur la décision du Tribunal d’asile et d’immigration du Royaume-Uni,
décision qui n’avait pas été communiquée au demandeur, et de
savoir si elle avait correctement tenu compte de tous les éléments
de preuve.
Jugement : les demandes doivent être accueillies.
L’équité procédurale exigeait que l’agente informe le
demandeur du fait qu’elle se fondait, pour tirer ses conclusions,
sur de nouvelles sources d’information, notamment trois articles
de la British Broadcasting Corporation qui dataient du début
de 2009 et qui décrivaient des changements importants dans la
situation au Sri Lanka. Ces articles établissaient la fin imminente de la guerre civile et la diminution du risque pour un
Tamoul comme le demandeur. L’agente aurait dû donner au
demandeur la possibilité de répondre à ces renseignements et son
omission de le faire constituait un manquement à l’obligation
d’équité.
L’agente a violé le droit du demandeur à l’équité procédurale
lorsqu’elle ne lui a pas donné la possibilité de réagir au fait
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
the officer’s reliance on a U.K. Asylum and Immigration
Tribunal decision that was not disclosed to the applicant.
That decision was held by the English High Court of Justice
not to be an authoritative statement on risk for Tamils in Sri
Lanka. The decision was a “significant and prejudicial
development affecting the applicant’s case”. The risk
assessment conclusions therein reduced the risk of detention
upon return to Sri Lanka in the officer’s view. Case law
should not be used as evidence of country conditions. An
administrative tribunal’s decision is not evidence but rather
a judicial or quasi-judicial consideration of evidence
produced by witnesses, which witnesses may not be the
most authoritative on a particular subject.
It was unreasonable for the immigration officer to make
the PRRA and H&C decisions in February 2009 when the
war in Sri Lanka had just started three months before. Given
that the war conditions there, particularly involving Tamils,
were volatile and dangerous, it was unreasonable to make
these decisions until the war was over.
c. CANADA
qu’elle s’était basée sur une décision du Tribunal d’asile et
d’immigration du Royaume-Uni, décision qui n’avait pas été
communiquée au demandeur. Cette décision a été considérée
par la Haute Cour de justice du Royaume-Uni comme n’étant
pas une décision de principe sur le risque pour les Tamouls au
Sri Lanka. La décision était un « élément préjudiciable et
important qui a eu une incidence sur l’issue du dossier [du
demandeur] ». Les conclusions sur l’évaluation du risque dans
cette décision signifiaient, aux yeux de l’agente, une diminution
du risque de détention en cas de retour au Sri Lanka. La
jurisprudence ne devrait pas être utilisée comme une preuve de
la situation du pays. La décision d’un tribunal administratif
n’est pas une preuve, mais plutôt un examen judiciaire ou quasi
judiciaire de la preuve produite par des témoins, qui peuvent ne
pas être les meilleures autorités sur un sujet précis.
Il était déraisonnable qu’en février 2009 l’agente d’immigration rende de telles décisions ERAR et CH parce que la
guerre avait seulement commencé trois mois plus tôt. Comme
lasituationauSriLanka était instable et dangereuse, en particulier
lorsqu’il s’agissait des Tamouls, il était déraisonnable de rendre
de telles décisions avant que la guerre soit terminée.
STATUTES AND REGULATIONS CITED
LOIS ET RÈGLEMENTS CITÉS
CASES CITED
JURISPRUDENCE CITÉE
Immigration and Refugee Protection Act, S.C. 2001,
c. 27, s. 25 (as am. by S.C. 2008, c. 28, s. 117).
APPLIED:
397
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, L.C.
2001, ch. 27, art. 25 (mod. par L.C. 2008, ch. 28, art. 117).
DÉCISIONS APPLIQUÉES :
Dunsmuir v. New Brunswick, 2008 SCC 9, [2008] 1 S.C.R.
190, 329 N.B.R. (2d) 1, 291 D.L.R. (4th) 577; Baker v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [1999]
2 S.C.R. 817, (1999), 174 D.L.R. (4th) 193, 14 Admin.
L.R. (3d) 173; Mancia v. Canada (Minister of Citizenship
and Immigration), [1998] 3 F.C. 461, 161 D.L.R. (4th)
488, 45 Imm. L.R. (2d) 131 (C.A.).
Dunsmuir c. Nouveau-Brunswick, 2008 CSC 9, [2008] 1
R.C.S. 190, 329 R.N.-B. (2e) 1; Baker c. Canada (Ministre
de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1999] 2 R.C.S.
817; Mancia c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), [1998] 3 C.F. 461 (C.A.).
CONSIDERED:
DÉCISIONS EXAMINÉES :
Ramanathan v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), 2008 FC 843, 74 Imm. L.R. (3d) 85; AN &
SS (Tamils – Colombo – risk?) Sri Lanka CG, [2008]
UKAIT 00063; NA v. United Kingdom (2009), 48 E.H.R.R.
15 (E.C.H.R.); SS (Sri Lanka), R (on the application of) v.
Secretary of State for the Home Department, [2009]
EWHC 223 (Admin).
Ramanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), 2008 CF 843; AN & SS (Tamils – Colombo
– risk?) Sri Lanka CG, [2008] UKAIT 00063; NA c.
Royaume-Uni (2009), 48 E.H.R.R. 15 (C.E.D.H.); SS (Sri
Lanka), R (on the application of) v. Secretary of State for
the Home Department, [2009] EWHC 223 (Admin).
398
PATHMANATHAN
REFERRED TO:
Sketchley v. Canada (Attorney General), 2005 FCA 404,
[2006] 3 F.C.R. 392, 263 D.L.R. (4th) 113, 44 Admin.
L.R. (4th) 4; Christopher v. Canada (Minister of Citizenship
and Immigration), 2008 FC 964; Erdogu v. Canada
(Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 407,
72 Imm. L.R. (3d) 201.
APPLICATIONS for judicial review of two decisions
of an immigration officer denying the applicant’s preremoval risk assessment application and his humanitarian
and compassionate application for permanent residence
under section 25 of the Immigration and Refugee
Protection Act. Applications allowed.
v. CANADA
DÉCISIONS CITÉES :
Sketchley c. Canada (Procureur général), 2005 CAF 404,
[2006] 3 R.C.F. 392; Christopher c. Canada (Ministre de
la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF 964; Erdogu
c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration),
2008 CF 407.
DEMANDES de contrôle judiciaire de deux décisions
d’une agente d’immigration, qui a rejeté la demande
d’examen des risques avant renvoi du demandeur et sa
demande de résidence permanente fondée sur des motifs
d’ordre humanitaire présentée en application de l’article 25
de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.
Demandes accueillies.
APPEARANCES
ONT COMPARU
SOLICITORS OF RECORD
AVOCATS INSCRITS AU DOSSIER
Micheal T. Crane for applicant.
Judy Michaely for respondent.
Micheal Crane, Toronto, for applicant.
Deputy Attorney General of Canada for respondent.
The following are the reasons for judgment and
judgment rendered in English by
[2010] 3 F.C.R.
Micheal T. Crane pour le demandeur.
Judy Michaely pour le défendeur.
Micheal Crane, Toronto, pour le demandeur.
Le sous-procureur général du Canada pour le
défendeur.
Ce qui suit est la version française des motifs du
jugement et du jugement rendus par
[1] KELEN J.: These two applications are for judicial
review of two decisions rendered by an immigration
officer who denied the applicant’s pre-removal risk
assessment application (PRRA) in a decision dated
February 3, 2009 and the applicant’s humanitarian and
compassionate (H&C) application for permanent residence
under section 25 [as am. by S.C. 2008, c. 28, s. 117] of
the Immigration and Refugee Protection Act, S.C. 2001,
c. 27 (IRPA) in a decision dated February 4, 2009.
[1] LE JUGE KELEN : Il s’agit de deux demandes de
contrôle judiciaire présentées à l’égard de deux décisions
défavorables rendues par une agente d’immigration
(l’agente), les 3 et 4 février 2009, décisions portant
respectivement sur la demande d’examen des risques
avant renvoi (ERAR) et la demande, présentée en
application de l’article 25 [mod. par L.C. 2008, ch. 28,
art. 117] de la Loi sur l’immigration et la protection des
réfugiés, L.C. 2001, ch. 27 (la LIPR), de prise en compte
de considérations d’ordre humanitaire (les CH).
FACTS
LES FAITS
Background
Le contexte
[2] The applicant is a 33-year-old citizen of Sri Lanka.
He has no children. The applicant lives with his brother
and his brother’s wife and their two children.
[2] Le demandeur, âgé de 33 ans, est un citoyen du
Sri Lanka. Il n’a pas d’enfant. Le demandeur habite avec
son frère, l’épouse de son frère et leurs deux enfants.
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
[3] The applicant entered the United States on January
15, 2000 and claimed refugee protection. Then, the
applicant entered Canada on April 15, 2000, before his
application for refugee status could be completed in the
U.S. The applicant proceeded to claim refugee protection
in Canada.
[4] On May 22, 2001, a panel of the Convention Refugee
Determination Division of the Immigration and Refugee
Board (the Board) heard the applicant’s claim for refugee
protection. The basis of the applicant’s claim for refugee
protection was fear of persecution for reasons of race,
imputed political opinion, and membership in a particular
social group. The applicant claimed that the Sri Lankan
army, the police, and the Liberation Tigers of Tamil Eelam
(LTTE) persecuted him because he was a young Tamil
male from the north of Sri Lanka.
[5] On July 11, 2001, the Board denied the applicant’s
claim for refugee protection. The Board found that the
applicant was not credible, trustworthy, and not able to
produce credible evidence that he lived in the north, thus
the applicant could not be found to be a “young Tamil
male” from the north of Sri Lanka, which was the basis of
the applicant’s refugee claim (Board reasons, at page 4).
[6] On November 6, 2001, this Court denied leave to
judicially review the Board’s decision.
[7] The applicant filed an H&C application for permanent residence under section 25 of the IRPA on March
19, 2004. No affidavits were submitted at the time of the
initial H&C application in 2004. Instead the applicant
referred the officer to the narrative in his Personal
Information Form (PIF) and the submissions of his
representative. His submissions stated that his H&C
application was based on his solid employment record,
volunteer activities, family ties in Canada, and the risks
of returning to Sri Lanka.
c. CANADA
399
[3] Le demandeur est entré aux États-Unis le 15 janvier 2000 et il y a présenté une demande d’asile. Ensuite,
le demandeur est entré au Canada le 15 avril 2000, avant
que sa demande d’asile ait pu être examinée aux
États-Unis. Le demandeur a alors présenté une demande
d’asile au Canada.
[4] Le 22 mai 2001, un tribunal de la Section du statut
de réfugié de la Commission de l’immigration et du
statut de réfugié (la Commission) a entendu la demande
d’asile du demandeur. Le fondement de la demande
d’asile du demandeur était sa crainte de persécution du
fait de sa race, des opinions politiques qui lui étaient
attribuées et de son appartenance à un groupe social
particulier. Le demandeur a allégué que l’armée srilankaise, la police et les Tigres de libération de l’Eelam
tamoul (TLET) l’avaient persécuté parce qu’il était un
jeune homme tamoul originaire du Nord du Sri Lanka.
[5] Le 11 juillet 2001, la Commission a rejeté la
demande d’asile du demandeur. La Commission a conclu
que le demandeur n’était pas crédible, qu’il n’était pas
digne de foi et qu’il n’avait pas été en mesure de produire
des éléments de preuve crédibles selon lesquels il avait
vécu dans le Nord. Ainsi, la Commission ne pouvait pas
reconnaître le demandeur comme étant « un jeune homme
tamoul » originaire du Nord du Sri Lanka, allégation qui
était à la base de la demande d’asile du demandeur (motifs
de la Commission, à la page 4).
[6] Le 6 novembre 2001, la Cour a rejeté la demande
d’autorisation et de contrôle judiciaire de la décision de
la Commission.
[7] Le 19 mars 2004, s’appuyant sur l’article 25 de la
LIPR, le demandeur a déposé une demande de résidence
permanente fondée sur les CH. Aucun affidavit n’a été
déposé à l’appui de cette demande CH en 2004. Plutôt,
le demandeur a renvoyé l’agent à l’exposé circonstancié
de son Formulaire de renseignements personnels (FRP)
et aux observations de son avocat. Dans ses observations,
le demandeur déclarait que sa demande CH était basée
sur son solide dossier d’emploi, ses activités de bénévole,
ses liens familiaux au Canada et les risques qu’il courrait
en cas de retour au Sri Lanka.
400
PATHMANATHAN
[8] The applicant filed a PRRA application on April 8,
2004. The PRRA application was based upon the applicant’s risk in Sri Lanka as a young Tamil male from the
north of the country. The applicant filed an affidavit in
support of his PRRA application in 2004. In his affidavit
he states his fear of being detained, arrested, and tortured
by government forces, pro-government militias, and the
LTTE. The applicant’s fear of detention by the government
is based upon an incident in 2000 where he was detained
by the government for five days. The applicant also states
his fear of being a target for extortion and kidnapping
for having lived in Canada for several years and having
a brother that is established here.
[9] The applicant filed updates to both applications on
May 22, 2007 and September 23, 2008.
[10] The applicant submitted new affidavits in his May
22, 2007 PRRA and H&C updates. His affidavit stated
that he was seeking to be granted admission to Canada on
the grounds of establishment, risk, undue hardship, and
family reunification. The applicant’s affidavit describes
the poor security and human rights conditions in Colombo
and the risks of arrest and extortion he could face upon
return.
[11] In his 2007 update, the applicant submitted an
affidavit by his brother, who stated that the applicant would
have no one to turn to upon return to Sri Lanka and that
his identity as a young Tamil male from the north would
require him to hide and subsist without meaningful work.
The applicant’s brother further stated that it would be
undue hardship for the applicant to be separated from his
family because he is an uncle to his two young nieces
and has been living with them for about six years.
[12] On September 23, 2008, the applicant filed new
affidavits by himself and his brother to update his PRRA
and H&C applications.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[8] Le 8 avril 2004, le demandeur a déposé une demande
d’ERAR. La demande d’ERAR était basée sur son risque
en cas de retour au Sri Lanka en tant que jeune homme
tamoul originaire du Nord du pays. Le demandeur a
déposé un affidavit à l’appui de sa demande d’ERAR
en 2004. Dans son affidavit, il déclare craindre d’être
arrêté, détenu et torturé par les forces gouvernementales,
les milices pro-gouvernement et les TLET. La crainte du
demandeur d’être détenu par les forces gouvernementales
est basée sur un incident survenu en 2000, lorsqu’il a été
détenu par les forces gouvernementales pendant cinq
jours. Le demandeur déclare aussi craindre d’être la cible
d’extorsion et d’enlèvement parce qu’il a vécu au Canada
pendant plusieurs années et parce qu’il a un frère qui est
établi ici.
[9] Le demandeur a déposé des mises à jour de ses
deux demandes, le 22 mai 2007 et le 23 septembre 2008.
[10] Dans la mise à jour du 22 mai 2007 de ses demandes
d’ERAR et CH, le demandeur a présenté de nouveaux
affidavits. Dans ses affidavits, il a déclaré qu’il voulait
être admis au Canada pour des motifs d’établissement,
de risques, de difficultés injustifiées et de réunification
familiale. Les affidavits du demandeur décrivent les
piètres conditions en matière de sécurité et de droits de
la personne à Colombo, ainsi que les risques d’arrestation
et d’extorsion auxquels il pourrait être exposé en cas de
retour.
[11] Dans sa mise à jour de 2007, le demandeur a
présenté un affidavit de son frère, lequel déclarait que le
demandeur n’aurait personne vers qui se tourner en cas
de retour au Sri Lanka et que son identité en tant que
jeune homme tamoul originaire du Nord l’obligerait à se
cacher et à survivre sans travail substantiel. Le frère du
demandeur a en outre déclaré que le fait d’être séparé de
sa famille constituerait une difficulté excessive pour le
demandeur parce qu’il s’entend très bien avec ses deux
jeunes nièces et qu’il a vécu avec elles pendant environ
six années.
[12] Le 23 septembre 2008, le demandeur a déposé de
nouveaux affidavits signés par lui-même et par son frère
pour mettre à jour ses demandes d’ERAR et CH.
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
[13] In his 2008 update affidavit the applicant explained
that he would be at risk from the LTTE, pro-government
militias, and the government in Colombo because he was
detained in the past by the government and he could not
show a valid reason for living in Colombo. The applicant
also stated that he could not live or work anywhere else
other than the volatile north because one requires a valid
reason for being anywhere in Sri Lanka if one is not
originally from that area.
[14] In his 2008 update affidavit the applicant’s brother
echoed the applicant’s concerns over the inability to
relocate to anywhere in the south or centre of Sri Lanka
without having a valid reason.
[15] The immigration officer rendered the PRRA
decision on February 3, 2009 and the H&C decision on
February 4, 2009.
c. CANADA
[13] Dans l’affidavit de la mise à jour de 2008, le
demandeur a expliqué qu’il serait exposé à un risque de
la part des TLET, des milices pro-gouvernement, et du
gouvernement de Colombo, parce que dans le passé, il
avait été détenu par les forces gouvernementales et qu’il
ne pouvait pas établir qu’il avait une raison valable de
vivre à Colombo. Le demandeur a aussi déclaré qu’il ne
pouvait ni vivre ni travailler nulle part ailleurs que dans
le Nord instable, parce qu’il faut avoir, au Sri Lanka, une
raison valable de vivre dans une région dont on n’est pas
originaire.
[14] Dans l’affidavit de sa mise à jour de 2008, le frère
du demandeur s’est fait l’écho des préoccupations du
demandeur sur l’impossibilité de se réinstaller quel que
soit l’endroit dans le Sud ou le Centre du Sri Lanka
lorsqu’on n’a pas de raison valable de le faire.
[15] L’agente d’immigration a rendu sa décision ERAR
le 3 février 2009, et sa décision CH le 4 février 2009.
Decisions under review
Les décisions soumises au contrôle
PRRA decision
La décision ERAR
[16] The immigration officer states at page 4 of the
PRRA decision that the applicant was unable to rebut the
negative credibility findings of the Board with respect
to his alleged profile as a young Tamil male from the
north of Sri Lanka who lived in Jaffna.
[17] The officer then considered Sri Lanka’s current
country conditions. The officer reviewed a variety of
country reports and news items. The officer relied upon
a decision of the U.K. Asylum and Immigration Tribunal
which held that non-governmental organizations offered
assistance to northern Tamils who relocated to Colombo
after failing to claim asylum in the U.K. (PRRA decision,
at page 4).
[18] The officer concluded at page 7 of the PRRA
decision that the applicant would not be at risk if he
401
[16] À la page 4 de la décision ERAR, l’agente d’immigration a déclaré que le demandeur n’avait pas été en
mesure de réfuter les conclusions défavorables de la
Commission relatives à la crédibilité, en ce qui avait trait
au profil allégué du demandeur en tant que jeune homme
tamoul originaire du Nord du Sri Lanka qui a vécu à
Jaffna.
[17] L’agente a ensuite examiné la situation actuelle
au Sri Lanka. L’agente a examiné plusieurs rapports sur
la situation du pays et des articles de journaux. L’agente
s’est fondée sur une décision du Tribunal d’asile et
d’immigration du Royaume-Uni, qui avait conclu que des
organisations non gouvernementales offraient de l’aide
aux Tamouls du Nord qui se réinstallaient à Colombo
après avoir été déboutés de leur demande d’asile au
Royaume-Uni (décision ERAR, à la page 4).
[18] À la page 7 de la décision ERAR, l’agente a conclu
que le demandeur ne serait pas exposé à un risque s’il se
402
PATHMANATHAN
relocated to Colombo and that the city meets the twopronged test as a viable internal flight alternative [IFA]:
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
réinstallait à Colombo, et que la ville satisfaisait au
critère à deux volets en tant que possibilité de refuge
intérieur viable [PRI] :
It is determined that a reading of current, objective documentary
evidence supports that the applicant would not be subject to a
serious possibility of persecution in Colombo, nor would it be
unreasonable or unduly harsh for him to relocate to that city.
Evidence informs that should it be required by the applicant,
police protection is available in Colombo, and that NGOs and
other organizations are available to assist the applicant with his
relocation upon his return to that city.
[TRADUCTION] La lecture de la preuve documentaire objective
actuelle me convainc que le demandeur ne sera pas exposé à
une sérieuse possibilité de persécution à Colombo, et qu’il ne
sera ni déraisonnable ni excessivement difficile pour lui de se
réinstaller dans cette ville. Il ressort de la preuve que si cela
était nécessaire pour le demandeur, il disposerait de la protection de la police à Colombo, et que des ONG et d’autres
organisations peuvent aider le demandeur dans sa réinstallation
dans cette ville, à son retour au pays.
H&C decision
La décision CH
[19] The H&C decision relied on the same objective
evidence that was cited in the PRRA decision. The officer
concluded that it would not constitute undue hardship
for the applicant to avail himself of his internal flight
alternative to Colombo. The officer states at page 4 of the
H&C decision that there is no evidence that supports the
applicant’s argument that he could not relocate to Colombo
or that the government will be detaining him upon return.
[20] The officer concluded that the hardships associated
with the risk of returning to Sri Lanka are not unusual
and undeserved or disproportionate to the applicant.
ISSUES
[19] La décision CH est fondée sur la même preuve
objective que celle citée dans la décision ERAR. L’agente
a conclu que se prévaloir de la possibilité de refuge
intérieur à Colombo n’entraînerait pas des difficultés
excessives pour le demandeur. À la page 4 de la décision
CH, l’agente a déclaré qu’il n’y avait pas de preuve qui
étaye l’argument du demandeur selon lequel il ne pouvait
pas se réinstaller à Colombo ou qu’il serait détenu par le
gouvernement à son retour.
[20] L’agente a conclu que les difficultés associées au
risque de retour au Sri Lanka ne sont ni inhabituelles ni
excessives ni disproportionnées pour le demandeur.
LES QUESTIONS EN LITIGE
[21] The applicant raises the following issues in this
application:
[21] Le demandeur soulève les questions suivantes en
l’espèce :
2. Did the officer err in law or make a mistake of fact or
an error in fairness or exceed jurisdiction in relation to the
finding that there is an IFA based on a United Kingdom
refugee tribunal decision?
2. L’agente a-t-elle commis une erreur de droit, a-t-elle
commis une erreur de fait ou une erreur quant à l’équité
ou a-t-elle outrepassé sa compétence relativement à la
conclusion selon laquelle il existe une PRI en se fondant
sur la décision du tribunal du Royaume-Uni?
1. Did the officer err in law or make a mistake of fact or
an error in fairness or exceed jurisdiction?
[22]
I have reformulated the list of issues as follows:
1. L’agente a-t-elle commis une erreur de droit, a-t-elle
commis une erreur de fait ou une erreur quant à l’équité
ou a-t-elle outrepassé sa compétence?
[22] J’ai reformulé ces questions de la façon suivante :
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
a. Did the immigration officer breach her duty of fairness
by not allowing the applicant an opportunity to respond
to the significant events in Sri Lanka that occurred in late
2008 and early 2009?
b. Did the immigration officer breach the duty of fairness
by relying on a United Kingdom Asylum and Immigration
Tribunal decision that was not disclosed to the applicant?
c. Did the immigration officer have proper regard to all
the evidence?
STANDARD OF REVIEW
[23] In Dunsmuir v. New Brunswick, 2008 SCC 9,
[2008] 1 S.C.R. 190, the Supreme Court of Canada reconsidered the number and definitions to be given to the
various standards of review, as well as the analytical
process employed to determine the appropriate standard
in a given situation. As a result of the Court’s decision, the
standard of patent unreasonableness has been eliminated,
and reviewing courts must focus on only two standards
of review, reasonableness and correctness. In Dunsmuir,
the Court also held that where the type of decision being
reviewed has been thoroughly assessed in the preceding
jurisprudence, subsequent decisions may rely on that
standard.
[24] The first two issues relate to procedural fairness.
It is trite law that questions of procedural fairness are
reviewed on a standard of correctness (see Sketchley v.
Canada (Attorney General), 2005 FCA 404, [2006] 3
F.C.R. 392).
[25] The third issue concerns the reasonableness of the
officer’s decision and whether the officer had proper
regard to all the evidence when reaching a decision. In
Baker v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [1999] 2 S.C.R. 817, at paragraph 62, the Supreme
Court of Canada established that reasonableness is the
c. CANADA
403
a. L’agente d’immigration a-t-elle manqué à l’obligation
d’équité procédurale lorsqu’elle n’a pas donné au demandeur l’occasion de se faire entendre sur les événements
importants qui s’étaient déroulés au Sri Lanka à la fin
de 2008 et au début de 2009?
b. L’agente d’immigration a-t-elle manqué à l’obligation
d’équité procédurale lorsqu’elle s’est fondée sur la
décision du Tribunal d’asile et d’immigration du
Royaume-Uni, décision qui n’avait pas été communiquée
au demandeur?
c. L’agente d’immigration a-t-elle correctement pris en
compte tous les éléments de preuve?
LA NORME DE CONTRÔLE
[23] Dans l’arrêt Dunsmuir c. Nouveau-Brunswick,
2008 CSC 9, [2008] 1 R.C.S. 190, la Cour suprême du
Canada a réexaminé le nombre des diverses normes de
contrôle et leurs définitions, de même que le processus
analytique utilisé pour déterminer la norme appropriée
dans une situation donnée. En conséquence de l’arrêt
Dunsmuir, la décision manifestement déraisonnable a été
éliminée comme norme de contrôle et les cours de
révision doivent maintenant se limiter à deux normes de
contrôle seulement, la raisonnabilité et la décision correcte. Dans l’arrêt Dunsmuir, la Cour suprême a aussi
décidé que, lorsque le type de la décision examinée a
déjà été analysé de façon approfondie par la jurisprudence,
les décisions ultérieures peuvent se baser sur la norme
de contrôle déjà établie.
[24] Les deux premières questions sont relatives à
l’équité procédurale. Il est de droit constant que les
questions d’équité procédurale sont susceptibles de
contrôle selon la décision correcte (voir Sketchley c.
Canada (Procureur général), 2005 CAF 404, [2006]
3 R.C.F. 392).
[25] La troisième question a trait à la raisonnabilité de
la décision de l’agente d’ERAR et à la question de savoir
si l’agente a bien pris en compte tous les éléments de
preuve lorsqu’elle est arrivée à sa décision. Au paragraphe
62 de l’arrêt Baker c. Canada (Ministre de la Citoyenneté
et de l’Immigration), [1999] 2 R.C.S. 817, la Cour
404
PATHMANATHAN
appropriate standard of review for H&C application
decisions.
[26] It is clear as a result of Dunsmuir, above, that such
questions are to be reviewed on a standard of reasonableness: see Christopher v. Canada (Minister of Citizenship
and Immigration), 2008 FC 964; Ramanathan v. Canada
(Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 843,
74 Imm. L.R. (3d) 85; and Erdogu v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), 2008 FC 407, 72 Imm.
L.R. (3d) 201.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
suprême du Canada a établi que la décision raisonnable
simpliciter était la norme appropriée pour le contrôle des
décisions portant sur les demandes CH.
[26] Il ressort clairement de l’arrêt Dunsmuir, précité,
que de telles questions doivent être contrôlées au regard
de la raisonnabilité : voir Christopher c. Canada (Ministre
de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF 964;
Ramanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), 2008 CF 843; Erdogu c. Canada (Ministre
de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF 407.
[27] In reviewing the officer’s decisions using a standard
of reasonableness, the Court will consider “the existence
of justification, transparency and intelligibility within
the decision-making process” and “whether the decision
falls within a range of possible, acceptable outcomes
which are defensible in respect of the facts and law”
(Dunsmuir, above, at paragraph 47).
[27] En examinant les décisions de l’agente au regard
de la raisonnabilité, la Cour examinera « la justification
de la décision, […] la transparence et […] l’intelligibilité
du processus décisionnel, ainsi qu[e] l’appartenance de
la décision aux issues possibles acceptables pouvant se
justifier au regard des faits et du droit » (arrêt Dunsmuir,
précité, au paragraphe 47).
ANALYSIS
ANALYSE
Issue No. 1: Did the immigration officer breach the duty
of fairness by not allowing the applicant an opportunity
to respond to the significant events in Sri Lanka that
occurred in late 2008 and early 2009?
Première question : L’agente d’immigration a-t-elle
manqué à l’obligation d’équité procédurale lorsqu’elle n’a
pas donné au demandeur l’occasion de se faire entendre
sur les événements importants qui s’étaient déroulés au
Sri Lanka à la fin de 2008 et au début de 2009?
[28] In the PRRA decision, the officer commented on
recent developments in the Sri Lankan civil war. The
officer stated as follows at page 5 of the PRRA reasons:
Since the beginning of January 2009, the rebels have lost their
de facto capital, Kilinochchi, Elephant Pass, a land bridge that
links the Jaffna peninsula with the mainland and recently the
coastal town of Mullaitivu, which acted as one of their key
military bases. (BBC, Winning war and peace in Sri Lanka,
2009) This marks a new phase in the fighting between the
security forces and the Tamil Tiger rebels. Along with the help
of international donors, the capture of Kilinochchi has helped
to rebuild some of the public buildings destroyed by years of
intense fighting. New shops have opened, produce from surrounding areas has started coming to the local market and the
reopening of the A9 highway has linked the town with the rest
of the country. (BBC, Key loss will test Tiger Tamils, 2009)
With its advances in the east of the country in 2007 and the
[28] Dans la décision ERAR, l’agente a fait des
commentaires sur l’évolution récente de la guerre civile
au Sri Lanka. À la page 5 des motifs de la décision
ERAR, l’agente a déclaré ce qui suit :
[TRADUCTION] Depuis le début de janvier 2009, les rebelles ont
perdu leur capitale de fait, Kilinochchi, Elephant Pass, une
bande de terre qui lie la péninsule de Jaffna à la partie principale de l’île et, récemment, la ville côtière de Mullaitivu, qui
servait comme l’une de leurs principales bases militaires. (BBC,
Winning war and peace in Sri Lanka, 2009) BBC, Gagner la
guerre et la paix au Sri Lanka, 2009. Ces événements marquent
une nouvelle phase dans les combats entre les forces de sécurité
et les rebelles des Tigres tamouls. En plus de l’aide des donateurs
internationaux, la chute de Kilinochchi a favorisé la reconstruction de certains des immeubles publics détruits par des
années d’intenses combats. De nouveaux magasins ont ouvert
leurs portes, les produits des régions périphériques ont commencé
à arriver au marché local, et la réouverture de l’autoroute A9 a
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
progress in the north in 2008, most of Sri Lanka is now under
government control (BBC, Q&A: Sri Lanka Crisis, 2009).
[29] The applicant states in his affidavit that there was
no communication from the PRRA officer until he
received the final decision. The applicant disagrees with
the findings of the officer about current conditions, specifically the status of the A9 highway and the condition of
Tamils in Sri Lanka, which he states have deteriorated
since the late 2008 phase of the fighting started.
[30] The applicant argues that the officer erred in failing
to give the applicant the opportunity to make submissions
and file evidence regarding the “new phase” of the Sri
Lankan Civil War, which refers to the events in late 2008
and the beginning of 2009. The applicant submits that
the duty of fairness was breached when the officer took
into account the weakened state of the LTTE in concluding
that the risk to the applicant has subsided. Had the applicant been informed of the officer’s inclinations to reach
the conclusion on recent developments, it is submitted
that the applicant would have filed evidence to show that
the risk to Tamil males and Tamil civilians remains the
same or is in fact heightened.
[31] The applicant relies on Mancia v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), [1998] 3 F.C. 461 (C.A.).
In Mancia, Décary J.A. refined the law as it relates to
the obligation to inform applicants of new developments
at paragraph 27:
(a) with respect to documents relied upon from public sources
in relation to general country conditions which were available
and accessible at Documentation Centres at the time submissions
were made by an applicant, fairness does not require the post
claims determination officer to disclose them in advance of
determining the matter;
(b) with respect to documents relied upon from public sources
in relation to general country conditions which became available
c. CANADA
405
permis de relier la ville au reste du pays. (BBC, Key loss will
test Tiger Tamils, 2009) BBC, Des pertes importantes mettront
les Tigres tamouls à l’épreuve, 2009. Avec ses avancées à l’Est
du pays en 2007, et les progrès dans le Nord en 2008, la
majeure partie du Sri Lanka est maintenant sous le contrôle du
gouvernement (BBC, Q&A: Sri Lanka Crisis, 2009) BBC,
Questions et réponses : la crise au Sri Lanka, 2009.
[29] Dans son affidavit, le demandeur déclare qu’il n’y
a pas eu de communication de la part de l’agente d’ERAR
jusqu’à ce qu’il reçoive la décision définitive. Le
demandeur est en désaccord avec l’agente sur la situation
actuelle, en particulier sur l’état de l’autoroute A9 et la
situation des Tamouls au Sri Lanka. Selon lui, la situation
s’est détériorée depuis le début de la dernière phase des
combats, à la fin de 2008.
[30] Le demandeur allègue que l’agente a commis une
erreur lorsqu’elle ne lui a pas donné la possibilité de
présenter des observations et de déposer des éléments de
preuve relativement à la [TRADUCTION] « nouvelle phase »
de la guerre civile au Sri Lanka, qui fait référence aux
combats de la fin de 2008 et du début de 2009. Le demandeur soutient qu’il y a eu manquement à l’obligation
d’équité parce que l’agente a pris en compte l’état de
faiblesse des TLET pour conclure que le risque pour le
demandeur avait faibli. Si le demandeur avait su que
l’agente s’apprêtait à tirer une telle conclusion au vu de
la récente évolution de la situation, il soutient qu’il aurait
déposé des éléments de preuve pour établir que le risque
à l’égard des hommes et des civils tamouls demeurait le
même, voire qu’il avait en fait augmenté.
[31] Le demandeur invoque l’arrêt Mancia c. Canada
(Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1998]
3 C.F. 461 (C.A.). Au paragraphe 27 de l’arrêt Mancia,
le juge Décary a précisé le droit en matière d’obligation de
communiquer au demandeur les changements survenus :
a) l’équité n’exige pas que l’agent chargé de la révision des
revendications refusées divulgue, avant de trancher l’affaire,
les documents invoqués provenant de sources publiques relativement aux conditions générales en vigueur dans un pays,
s’ils étaient accessibles et s’il était possible de les consulter
dans les Centres de documentation au moment où le demandeur
a présenté ses observations;
b) l’équité exige que l’agent chargé de la révision des revendications refusées divulgue les documents invoqués provenant
406
PATHMANATHAN
and accessible after the filing of an applicant’s submissions,
fairness requires disclosure by the post claims determination
officer where they are novel and significant and where they
evidence changes in the general country conditions that may
affect the decision. [Emphasis added.]
Décary J.A. held that in deciding whether fairness
required disclosure, regard must be had to the following
factors (Mancia, above, at paragraph 23):
… (a) the nature of the proceeding and the rules under which
the decision-maker is acting; (b) the context of the proceeding;
and (c) the nature of the documents at issue in such proceedings.
[32] In my view, Mancia, above, requires disclosure of
documents produced after the applicant’s updated submissions, which evidence changes in the general country
conditions that affect the PRRA and H&C decision.
[33] The officer relied on three BBC [British Broadcasting Corporation] articles from early 2009 which
describe major changes in Sri Lanka’s country conditions
that affected the officer’s decision. The applicant submits
that the officer found that the near collapse of the LTTE
reduced the risk to the applicant. It was submitted that
disclosure would have allowed the applicant to respond
by filing additional evidence that shows that the risk to
Tamil males or Tamil civilians has not decreased and that
the main highway to Jaffna, the A9 highway, has not in
fact reopened.
[34] The applicant is correct in indicating that the
impugned articles evidence a major change in Sri Lanka’s
country condition. The Civil War appeared to be drawing
to a close according to the new BBC materials. The shift
of Sri Lanka from a country embroiled in a decades-long
civil war to normalcy is a significant and novel change
in country conditions. Procedural fairness required the
officer to notify the applicant of the reliance upon these
new sources of information, which showed the impending
end of the civil war, and reduction of risk to a Tamil like
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
de sources publiques relativement aux conditions générales en
vigueur dans un pays, s’ils sont devenus accessibles et s’il est
devenu possible de les consulter après le dépôt des observations
du demandeur, à condition qu’ils soient inédits et importants et
qu’ils fassent état de changements survenus dans la situation du
pays qui risquent d’avoir une incidence sur sa décision. [Non
souligné dans l’original.]
Le juge Décary a conclu que lorsqu’on tranche la question
de savoir si l’équité requiert la communication, on doit
tenir compte des facteurs suivants (arrêt Mancia, précité,
au paragraphe 23) :
[…] a) la nature de la procédure et les règles en vertu desquelles
agit le décideur; b) le contexte de la procédure; et c) la nature
des documents en cause dans la procédure.
[32] Selon moi, l’arrêt Mancia, précité, exige la
communication des documents produits après le dépôt
par le demandeur de la mise à jour de ses observations,
documents qui font état de changements survenus dans
la situation générale du pays et qui ont une incidence sur
les décisions ERAR et CH.
[33] L’agente s’est basée sur trois reportages de la BBC
[British Broadcasting Corporation] qui datent du début
de 2009 et qui décrivent des changements importants
dans la situation au Sri Lanka qui ont eu une incidence
sur la décision de l’agente. Le demandeur soutient que
l’agente a conclu que l’effondrement imminent des TLET
diminuait le risque pour le demandeur. Il est allégué que
s’il avait obtenu communication de ces reportages, il
aurait pu répondre par le dépôt d’éléments de preuve
supplémentaires qui établissaient que le risque pour les
hommes ou les civils tamouls n’avait pas diminué, et que
l’autoroute principale qui mène à Jaffna, l’autoroute A9,
n’avait en fait pas rouvert.
[34] Le demandeur a raison lorsqu’il souligne que les
articles en cause font état de changements importants
dans la situation au Sri Lanka. La guerre civile semblait
arriver à sa fin, selon les nouveaux documents de la BBC.
Le passage du Sri Lanka de pays aux prises avec une
longue guerre civile qui a duré des décennies à un pays
normal est un important changement et une nouveauté
dans la situation du pays. L’équité procédurale exigeait
que l’agente informe le demandeur du fait qu’elle se
fondait sur ces nouvelles sources d’information, qui
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
c. CANADA
407
the applicant, and provide the applicant with an opportunity to respond. This is a breach of the duty of fairness.
établissaient la fin imminente de la guerre civile et la
diminution du risque pour un Tamoul comme le demandeur, et qu’elle donne au demandeur la possibilité de
répondre. Il s’agit d’un manquement à l’obligation
d’équité.
Issue No. 2: Did the immigration officer breach the duty
of fairness by relying on a United Kingdom Asylum and
Immigration Tribunal decision that was not disclosed to
the applicant?
Deuxième question : L’agente d’immigration a-t-elle
manqué à l’obligation d’équité procédurale lorsqu’elle
s’est fondée sur la décision du Tribunal d’asile et
d’immigration du Royaume-Uni, décision qui n’avait
pas été communiquée au demandeur?
[35] The officer relied on a United Kingdom Asylum
and Immigration Tribunal decision of AN & SS (Tamils
– Colombo – risk?) Sri Lanka CG, [2008] UKAIT 00063
to support both the H&C and PRRA decisions. The
officer reproduced parts of this decision at pages 6–7 of
the PRRA decision and at page 4 of the H&C decision.
The officer quoted the risk assessment in AN & SS which
held that relocation to Colombo, even without a family
network, was not difficult and that the risk of detention
is minimal for low profile or grassroots activists and
even if detained, such detention is likely to be short.
[36] The H&C and PRRA decisions indicate that the
officer relied on AN & SS to support the conclusion that
appears at page 4 of the H&C decision and at page 7 of
the PRRA decision, namely that the risk of persecution
in Colombo is not serious and that relocation to Colombo
will not be unreasonable or unduly harsh if the applicant
will avail himself of the local police protection and the
NGOs [non-governmental organizations] that assist
relocating returnees.
[37] The applicant submits that the officer erred in
relying on this decision and erred in failing to allow the
applicant an opportunity to respond to the officer’s
reliance upon it before the decisions were made.
[38] There is real doubt as to the validity of the AN &
SS decision, which was released on June 10, 2008, as an
authoritative statement on the risk of detention to Tamil
returnees.
[35] L’agente s’est fondée sur une décision du Tribunal
d’asile et d’immigration du Royaume-Uni, dans l’affaire
AN & SS (Tamils – Colombo – risk?) Sri Lanka CG,
[2008] UKAIT 00063, à l’appui à la fois de la décision
ERAR et de la décision CH. L’agente a reproduit des
extraits de cette décision aux pages 6 et 7 de la décision
ERAR, et à la page 4 de la décision CH. L’agente a cité
l’évaluation du risque faite dans la décision AN & SS, où
l’on déclarait que la réinstallation à Colombo, même
sans un réseau familial, n’était pas difficile et que le
risque de détention était minime pour les activistes de la
base ou peu connus, et que même en cas de détention,
une telle détention serait sans doute brève.
[36] Il ressort des décisions CH et ERAR que l’agente
a invoqué la décision AN & SS à l’appui de la conclusion
tirée à la page 4 de la décision CH et de celle tirée à la
page 7 de la décision ERAR, à savoir que le risque de
persécution à Colombo n’était pas sérieux et que la
réinstallation à Colombo ne serait ni déraisonnable ni
excessivement difficile si le demandeur se prévalait de la
protection de la police locale et faisait appel aux ONG
[organisations non gouvernementales] qui aident à la
réinstallation des expulsés.
[37] Le demandeur soutient que l’agente a commis une
erreur lorsqu’elle s’est fondée sur la décision AN & SS,
et qu’elle a commis une erreur lorsqu’elle ne lui a pas
donné la possibilité, avant qu’elle rende ses décisions, de
réagir au fait qu’elle s’était fondée sur une telle décision.
[38] Il y a un véritable doute en ce qui concerne la
validité de la décision AN & SS, qui a été rendue le
10 juin 2008, en tant que décision faisant autorité sur le
risque de détention couru par les Tamouls expulsés.
408
PATHMANATHAN
[39] The European Court of Human Rights (E.C.H.R.)
came to a different conclusion than the tribunal in a decision released on July 17, 2008. In NA v. United Kingdom,
(2008) Application No. 25904/07) [(2009), 48 E.H.R.R.
15], the E.C.H.R. held at paragraph 145 that the greatest
possible caution should be taken when the returnee was
previously detained because records of past detention
may be accessible to Sri Lankan airport authorities and
their interest in past detainees may shift with time:
However, the Court considers that the greatest possible caution
should be taken when, as in the applicant’s case, it is accepted
that a returnee has previously been detained and a record made
of that detention.… Equally, in light of its observations at
paragraphs 130–136 and 142 above, the Court finds the passage
of time cannot be determinative of the risk to the present
applicant without a corresponding assessment of the current
general policies of the Sri Lankan authorities …. Their interest
in particular categories of returnees is likely to change over time
in response to domestic developments and may increase as well
as decrease.…the Court considers that there is a real risk that
the applicant’s record will be available to the authorities at the
airport.
[40] On January 19, 2009, the Honourable Mr. Justice
Lloyd Jones of the High Court of Justice, Queen’s Bench
Division, Administrative Court in London delivered a
substantial judgment on a judicial review of decisions of
the United Kingdom Secretary of State with respect to a
claim for asylum involving a national of Sri Lanka. (See
SS (Sri Lanka), R (on the application of) v. Secretary of
State for the Home Department, [2009] EWHC 223
(Admin)). This judgment held that the European Court of
Human Rights overruled the U.K. Asylum and Immigration Tribunal decision of AN & SS. Without providing
more detail, suffice to say that the U.K. decision relied
upon by the immigration officer has been held by the
English High Court of Justice to not be an authoritative
statement on risk for Tamils in Sri Lanka.
[41] In my view, the officer breached the applicant’s
right to procedural fairness by failing to give him the
opportunity to respond to the officer’s reliance upon AN
& SS.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[39] Dans un arrêt rendu le 17 juillet 2008, la Cour
européenne des droits de l’homme (C.E.D.H.) est arrivée
à une conclusion différente de celle du tribunal britannique.
Au paragraphe 145 de NA c. Royaume-Uni, (2008) no de
requête 25904/07 [(2009), 48 E.H.R.R. 15], la C.E.D.H.
a conclu qu’il fallait faire preuve de la plus grande
précaution lorsque la personne expulsée avait auparavant
été détenue, parce que les autorités aéroportuaires du
Sri Lanka pouvaient être en mesure d’accéder au casier
judiciaire de la personne et que leur intérêt à l’égard
d’anciens détenus pouvait fluctuer au fil du temps :
[TRADUCTION] Toutefois, la Cour estime qu’il faudrait faire
preuve de la plus grande précaution lorsque, comme dans le
cas du demandeur, il est admis que l’expulsé avait auparavant
été détenu et qu’un casier judiciaire avait été constitué pour
consigner cette détention antérieure […] De la même façon, au
vu de ses observations aux paragraphes 130 à 136 et 142 cidessus, la Cour conclut que l’écoulement du temps ne peut pas
être déterminant quant au risque du demandeur sans une
évaluation correspondante de la politique générale actuelle des
autorités sri-lankaises […] L’intérêt qu’elles portent à certaines
catégories d’expulsés fluctue probablement au fil du temps
selon l’évolution de la situation intérieure et cet intérêt peut
tout aussi bien s’accroître que s’affaiblir […] La Cour estime
qu’il y a un véritable risque que, à l’aéroport, les autorités
soient en mesure d’accéder au casier judiciaire du demandeur.
[40] Le 19 janvier 2009, le juge Lloyd Jones, de la
Haute Cour de justice, Section du banc de la reine, Cour
administrative de Londres, a rendu un jugement important
dans le cadre du contrôle judiciaire de décisions du secrétaire d’État du Royaume-Uni concernant une demande
d’asile relative à un Sri Lankais. (Voir sur demande de SS
(Sri Lanka), R (on the application of) v. Secretary of State
for the Home Department, [2009] EWHC 223 (Admin)).
Dans ce jugement, le juge a conclu que la C.E.D.H. avait
infirmé la décision AN & SS du Tribunal d’asile et
d’immigration du Royaume-Uni. Sans entrer dans les
détails, il suffit de dire que la décision du tribunal
britannique sur laquelle l’agente d’immigration s’est
basée a par la suite été considérée par la Haute Cour de
justice du Royaume-Uni comme n’étant pas une décision
de principe sur le risque pour les Tamouls au Sri Lanka.
[41] Selon moi, l’agente a violé le droit du demandeur
à l’équité procédurale lorsqu’elle ne lui a pas donné la
possibilité de réagir au fait qu’elle s’était basée sur la
décision AN & SS.
[2010] 3 R.C.F.
PATHMANATHAN
[42] The AN & SS decision was a “significant and
prejudicial development affecting the applicant’s case”
(see my decision in Ramanathan v. Canada (Minister of
Citizenship and Immigration), at paragraph 25). The risk
assessment conclusions in AN & SS reduced the risk of
detention upon return to Sri Lanka in the eyes of the
officer.
c. CANADA
409
[42] La décision AN & SS a été un « élément préjudiciable et important qui a eu une incidence sur l’issue du
dossier [du demandeur] » (voir le paragraphe 25 de la
décision que j’ai rendue dans l’affaire Ramanathan c.
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)).
Les conclusions sur l’évaluation du risque dans la
décision AN & SS signifiaient, aux yeux de l’agente, une
diminution du risque de détention en cas de retour au
Sri Lanka.
[43]
The Court also considers that jurisprudence
should not be used as evidence of country conditions. An
administrative tribunal’s decision is not evidence. It is a
judicial or quasi-judicial consideration of evidence
produced by witnesses, which witnesses may not be the
most authoritative or expert on a particular subject. This in
fact turned out to be the case because the High Court of
Justice in England subsequently found that the administrative tribunal was not an authoritative statement of the
current risk.
[43] La Cour estime aussi que la jurisprudence ne
devrait pas être utilisée comme une preuve de la situation
du pays. La décision d’un tribunal administratif n’est pas
une preuve. Il s’agit d’un examen judiciaire ou quasi
judiciaire de la preuve produite par des témoins, témoins
qui peuvent ne pas être les meilleurs experts ou les
meilleures autorités sur un sujet précis. Et c’est bien le
cas en l’espèce : la Haute Cour de justice en Angleterre
ayant par la suite conclu que la décision du tribunal
administratif n’était pas une décision de principe sur le
risque actuel.
Issue No. 3: Did the immigration officer have proper
regard to all the evidence?
Troisième question : L’agente d’immigration a-t-elle
correctement pris en compte tous les éléments de preuve?
[45] For these reasons, these two applications for judicial
review are allowed and the matters are referred back to a
PRRA officer and to an H&C officer for redetermination.
[45] Pour les motifs exposés ci-dessus, les deux
demandes de contrôle judiciaire seront accueillies et les
affaires seront renvoyées à un autre agent d’ERAR et à
un autre agent CH pour nouvel examen.
[44] On a reasonableness standard, the Court finds it
unreasonable for the immigration officer to make this
PRRA decision and this H&C decision in February 2009.
In this month, the war had just started three months
before, and with hindsight, we know that the war concluded three months later. The war conditions in Sri
Lanka, particularly involving Tamils, were volatile and
dangerous. It was not reasonable to make these decisions
until “the smoke had cleared” and the war was over.
Then the immigration officer could assess the risks and
determine the level of “hardship” for the applicant to
return to Sri Lanka, provide the applicant with any new
documents or reports upon which the immigration officer
was going to rely, and provide the applicant with an
opportunity to respond before making the decisions.
[44] Au regard de la raisonnabilité, la Cour conclut
qu’il est déraisonnable qu’en février 2009, l’agente
d’immigration rende de telles décisions ERAR et CH.
Ce mois-là, la guerre venait de commencer trois mois
auparavant et, avec du recul, nous savons que la guerre
s’est terminée trois mois plus tard. La situation au
Sri Lanka en guerre était instable et dangereuse, en
particulier lorsqu’il s’agissait des Tamouls. Il n’était pas
raisonnable de rendre de telles décisions avant que « la
poussière soit retombée » et que la guerre soit terminée.
Ensuite, l’agente d’immigration pouvait évaluer les
risques, déterminer le degré de « difficultés » pour le
demandeur en cas de retour au Sri Lanka, communiquer
au demandeur tout nouveau document ou rapport sur
lesquels elle entendait se baser et donner au demandeur
l’occasion de répondre avant qu’elle rende ses décisions.
410
PATHMANATHAN
CERTIFIED QUESTION
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
LA CERTIFICATION D’UNE QUESTION
[46] Both parties advised the Court that these applications do not raise any serious questions of general
importance which ought to be certified for an appeal.
The Court agrees.
[46] Les deux parties ont avisé la Cour que les présentes demandes ne soulèvent pas de question grave de
portée générale à certifier pour un appel. La Cour est
d’accord.
JUDGMENT
JUGEMENT
THIS COURT ORDERS AND ADJUDGES that:
These applications are allowed and the matters are
referred back to another immigration officer for
redetermination.
LA COUR STATUE que :
Les demandes sont accueillies et les affaires sont
renvoyées à un autre agent d’immigration pour nouvel
examen.
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
T-1500-08
2009 FC 920
Duff Conacher and Democracy Watch (Applicants)
v.
c. CANADA
411
T-1500-08
2009 CF 920
Duff Conacher et Démocratie en surveillance
(demandeurs)
c.
The Prime Minister of Canada, the Governor in
Council of Canada, the Governor General of Canada
and the Attorney General of Canada (Respondents)
Le Premier ministre du Canada, la gouverneure en
conseil du Canada, la gouverneure générale du Canada
et le procureur général du Canada (défendeurs)
Federal Court, Shore J.—Ottawa, September 8 and 17,
2009.
Cour fédérale, juge Shore—Ottawa, 8 et 17 septembre
2009.
INDEXED
(F.C.)
AS:
CONACHER V. CANADA (PRIME MINISTER)
Elections — Judicial review of Prime Minister of Canada’s
decision advising Governor General of Canada to dissolve
Parliament, set election date — Canada Elections Act, s. 56.1,
providing fixed election dates — Applicants alleging s. 56.1(2)
creating new constitutional convention limiting Prime Minister’s
discretion to advise Governor General — Act, s. 56.1 not
creating new constitutional convention — Explicitly leaving
Governor General’s discretion to dissolve Parliament untouched
— Prime Minister’s decision also not violating Canadian
Charter of Rights and Freedoms, s. 3 — Application dismissed.
Crown — Prerogatives — Prime Minister of Canada advising
Governor General of Canada to dissolve Parliament, set election
date — Prime Minister’s power to advise Governor General a
prerogative as it is discretionary, not based on statutory grant
of power, having roots in historical power of Monarch —
Exercise of this power not affecting individual rights, expectations
— Therefore, not reviewable.
Federal Court Jurisdiction — Prime Minister of Canada
advising Governor General of Canada to dissolve Parliament,
set election date — Such prerogative powers having to be
exercised in accordance with law — Federal Court thus having
jurisdiction, pursuant to Federal Courts Act, s. 18.1(4)(f), to
consider whether Canada Elections Act, providing for fixed
election dates, violated — However, Federal Court not having
authority to determine existence of constitutional conventions
RÉPERTORIÉ : CONACHER C. CANADA (PREMIER MINISTRE)
(C.F.)
Élections — Contrôle judiciaire d’une décision par laquelle
le premier ministre du Canada avait conseillé à la gouverneure
générale du Canada de dissoudre la législature pour tenir des
élections — L’art. 56.1 de la Loi électorale du Canada prévoit
des élections à date fixe — Les demandeurs alléguaient que
l’art. 56.1(2) créait une nouvelle convention constitutionnelle
qui limitait le pouvoir discrétionnaire du premier ministre de
conseiller le gouverneur général — L’art. 56.1 de la Loi ne
créait pas de nouvelle convention constitutionnelle — Il laisse
explicitement intact le pouvoir discrétionnaire du gouverneur
général de dissoudre la législature — En outre, la décision du
premier ministre n’allait pas à l’encontre de l’art. 3 de la Charte
canadienne des droits et libertés — Demande rejetée.
Couronne — Prérogatives — Le premier ministre du Canada
avait conseillé à la gouverneure générale du Canada de
dissoudre la législature pour tenir des élections — Le pouvoir
du premier ministre de conseiller le gouverneur général est
une prérogative parce qu’il est discrétionnaire, il n’est pas
fondé sur des dispositions législatives et il tire sa source du
pouvoir historique du monarque — L’exercice de ce pouvoir
n’a pas d’effet sur les droits ou les aspirations d’une personne
— Il ne pouvait donc pas faire l’objet d’un contrôle.
Compétence de la Cour fédérale — Le premier ministre du
Canada avait conseillé à la gouverneure générale du Canada
de dissoudre la législature pour tenir des élections — De telles
prérogatives doivent être exercées dans le respect de la loi — La
Cour fédérale avait donc compétence, en vertu de l’art. 18.1(4)f)
de la Loi sur les Cours fédérales, pour se pencher sur la question
de savoir si la Loi électorale du Canada, qui prévoit des élections à date fixe, avait été violée — Cependant, la Cour fédérale
412
CONACHER
as such conventions not law — Constitutional convention herein
political in nature, outside Federal Court’s jurisdiction.
Constitutional Law — Constitutional conventions — Canada
Elections Act, s. 56.1, providing for fixed election dates, not
creating new constitutional convention prohibiting Prime
Minister of Canada from exercising discretion to advise
Governor General to dissolve Parliament except in accordance
with Act, s. 56.1 or in situation of vote of non-confidence —
No evidence of intent to create new convention.
Construction of Statutes — Canada Elections Act, s. 56.1(1),
providing for fixed election dates, leaving Governor General’s
discretion to dissolve Parliament pursuant to Crown prerogative
untouched — Request for dissolution following non-confidence
vote not violating s. 56.1 — S. 56.1 cannot be interpreted in
manner making political issues justiciable.
Constitutional Law — Charter of Rights — Democratic Rights
— Canada Elections Act, s. 56.1 providing for fixed election
dates — Prime Minister of Canada advising Governor General
of Canada to dissolve Parliament, set election date — No legal
reasons provided to support submission Prime Minister’s decision contravening principles of electoral fairness enshrined in
Charter, s. 3.
This was an application for judicial review of a decision of
the Prime Minister of Canada dated September 7, 2008 advising
the Governor General of Canada to dissolve Parliament and set
an election date of October 14, 2008.
Section 56.1 of the Canada Elections Act provides for fixed
election dates. The applicants alleged that subsection 56.1(2)
created a new constitutional convention prohibiting the Prime
Minister from exercising his discretion to advise the Governor
General to dissolve Parliament except in accordance with subsection 56.1(2) or in a situation of a vote of non-confidence in
the House of Commons. The principal issues were (1) whether
the Prime Minister’s decision was appropriate for a judicial
review, (2) whether section 56.1 created a constitutional convention, (3) whether the Prime Minister’s decision contravened
section 56.1, and (4) whether the Prime Minister’s decision
contravened section 3 of the Charter.
Held, the application should be dismissed.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
n’avait pas compétence pour se prononcer sur l’existence de
conventions constitutionnelles, ces conventions n’étant pas loi
— La convention constitutionnelle en l’espèce était de nature
politique et ne relevait pas de la compétence de la Cour fédérale.
Droit constitutionnel — Conventions constitutionnelles —
L’art. 56.1 de la Loi électorale du Canada, qui prévoit des
élections à date fixe, ne crée pas de nouvelle convention
constitutionnelle interdisant au premier ministre du Canada
d’exercer son pouvoir discrétionnaire de conseiller au gouverneur général de dissoudre la législature sauf en conformité
avec l’art. 56.1 de la Loi ou en cas de vote de censure — Aucun
élément de preuve ne faisait état de l’intention de créer une
nouvelle convention.
Interprétation des lois — L’art. 56.1(1) de la Loi électorale
du Canada, qui prévoit des élections à date fixe, laisse intact
le pouvoir discrétionnaire du gouverneur général de dissoudre
la législature conformément à une prérogative de la Couronne
— Une demande de dissolution faisant suite à un vote de censure
ne viole pas l’art. 56.1 — L’art. 56.1 ne peut pas être interprété
d’une façon qui rendrait les questions politiques justiciables.
Droit constitutionnel — Charte des droits — Droits
démocratiques — L’art. 56.1 de la Loi électorale du Canada
prévoit des élections à date fixe — Le premier ministre du
Canada avait conseillé à la gouverneure générale du Canada
de dissoudre la législature pour tenir des élections — Aucune
raison de nature juridique n’avait été fournie pour appuyer
l’affirmation selon laquelle la décision du premier ministre
allait à l’encontre des principes de justice électorale consacrés
à l’art. 3 de la Charte.
Il s’agissait d’une demande de contrôle judiciaire d’une
décision en date du 7 septembre 2008 par laquelle le premier
ministre du Canada conseillait à la gouverneure générale du
Canada de dissoudre la législature pour tenir des élections le
14 octobre 2008.
L’article 56.1 de la Loi électorale du Canada prévoit des
élections à date fixe. Les demandeurs alléguaient que le
paragraphe 56.1(2) créait une nouvelle convention constitutionnelle qui interdisait au premier ministre d’exercer son
pouvoir discrétionnaire de conseiller au gouverneur général de
dissoudre la législature, sauf en conformité avec le paragraphe
56.1(2) ou lorsque la Chambre des communes vote la censure.
Les questions principales étaient celles de savoir si 1) la
décision du premier ministre pouvait faire l’objet d’un contrôle
judiciaire, 2) l’article 56.1 créait une convention constitutionnelle, 3) la décision du premier ministre allait à l’encontre de
l’article 56.1, et 4) la décision du premier ministre allait à
l’encontre de l’article 3 de la Charte.
Jugement : la demande doit être rejetée.
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
(1) The Prime Minister’s power to advise the Governor
General to dissolve Parliament can be seen as a prerogative
because it is discretionary, it is not based on a statutory grant
of power and has its roots in the historical power of the Monarch.
The justiciability of a prerogative depends on whether its
exercise affects individual rights or legitimate expectations.
The Prime Minister’s advisory power at issue herein was not
reviewable because no such rights or expectations were
affected. It was a matter of policy reviewable only on Charter
grounds. However, because prerogative powers must be
exercised in accordance with the law, the Federal Court did
have jurisdiction, pursuant to paragraph 18.1(4)(f) of the Federal
Courts Act, to consider whether section 56.1 had been violated.
The same could not be said about the Federal Court’s jurisdiction
to hear arguments concerning the existence of constitutional
conventions. While the Federal Court has jurisdiction to consider constitutional issues on applications for judicial review,
constitutional conventions are not law. As such, paragraph
18.1(4)(f) does not give it the authority to determine their
existence. Here, the matter of convention was political in
nature and was outside the jurisdiction of the Court.
(2) Section 56.1 did not create a new constitutional convention
because the three-question test adopted by the Supreme Court
of Canada in Re: Objection by Quebec to a Resolution to
amend the Constitution for determining the existence of a
convention was not met. Particularly, there were no precedents
with respect to the existence of a convention from the relevant
actors, and those actors (the Prime Minister and the Governor
General) clearly did not recognize the existence of such
precedent. In addition, there was no evidence of an explicit
agreement between the political actors of their intent to create
a new convention.
(3) Subsection 56.1(1) explicitly leaves the Governor
General’s discretion to dissolve Parliament pursuant to Crown
prerogative untouched. A request for dissolution following a
vote of non-confidence would not violate section 56.1. As a
result, the word “must” in subsection 56.1(2) loses some
authority. Votes of non-confidence are political in nature and
lack legal aspects. It should be left to the Prime Minister to
determine when the government has lost the confidence of the
House of Commons. This determination should not be turned
into a legal issue for the courts to decide. It was not for the
Court to interpret section 56.1 in a manner that would make
political issues justiciable.
c. CANADA
413
1) Le pouvoir du premier ministre de conseiller au gouverneur général de dissoudre la législature peut être perçu
comme une prérogative parce qu’il est discrétionnaire, il n’est
pas fondé sur des dispositions législatives et il tire sa source
du pouvoir historique du monarque. La justiciabilité d’une
prérogative est tributaire de la question de savoir si son
exercice a un effet sur les droits ou les aspirations légitimes
d’une personne. Le pouvoir consultatif du premier ministre en
cause en l’espèce ne pouvait pas faire l’objet d’un contrôle
parce que aucun droit juridique ni aucune aspiration légitime
n’avait été touché. Il s’agissait d’une question de politique qui
ne pouvait faire l’objet d’un contrôle que pour des motifs liés
à la Charte. Cependant, étant donné que les prérogatives
doivent être exercées dans le respect de la loi, la Cour fédérale
avait compétence, en vertu de l’alinéa 18.1(4)f) de la Loi sur les
Cours fédérales, pour se pencher sur la question de savoir si
l’article 56.1 avait été violé. La Cour fédérale n’avait toutefois
pas compétence pour entendre des arguments au sujet de
l’existence de conventions constitutionnelles. Bien que la Cour
fédérale ait compétence pour considérer des questions
constitutionnelles dans le cadre de demandes de contrôle
judiciaire, les conventions constitutionnelles ne sont pas loi.
Ainsi, l’alinéa 18.1(4)f) ne lui donne pas le pouvoir de se
prononcer sur leur existence. En l’espèce, la question de la
convention était de nature politique et ne relevait pas de la
compétence de la Cour.
2) L’article 56.1 n’a pas créé une nouvelle convention
constitutionnelle parce que le critère de trois questions adopté
par la Cour suprême du Canada dans Re : Opposition du Québec
à une résolution pour modifier la Constitution pour se prononcer
sur l’existence d’une convention n’a pas été rempli. Plus
particulièrement, il n’y avait pas de précédents quant à l’existence
d’une convention de la part des acteurs compétents, et ces
acteurs (le premier ministre et la gouverneure générale) n’ont
manifestement pas reconnu l’existence d’un tel précédent. En
outre, il n’y avait aucun élément de preuve faisant état d’un
accord explicite entre les acteurs politiques quant à leur
intention de créer une nouvelle convention.
3) Le paragraphe 56.1(1) laisse explicitement intact le
pouvoir discrétionnaire du gouverneur général de dissoudre la
législature conformément à une prérogative de la Couronne.
Une demande de dissolution faisant suite à un vote de censure
ne violerait pas l’article 56.1. En conséquence, l’emploi au sens
impératif de l’indicatif présent au paragraphe 56.1(2) perd une
partie de son autorité. Les votes de censure sont de nature
politique et il leur manque une dimension juridique. On devrait
laisser au premier ministre le soin de décider quand le gouvernement a perdu la confiance de la Chambre des communes
au lieu de faire de cette question une affaire juridique que les
tribunaux devraient trancher. Il n’était pas loisible à la Cour
d’interpréter l’article 56.1 d’une façon qui rendrait les questions
politiques justiciables.
414
CONACHER
(4) No legal reasons were provided to support the submission
that the Prime Minister’s decision contravened the principles of
electoral fairness enshrined in section 3 of the Charter. Such a
finding would have had an enormous impact on parties outside
of this application since it would have meant that every election
since April 17, 1982, also violated section 3.
v. CANADA
4) Aucune raison de nature juridique n’avait été fournie pour
appuyer l’affirmation selon laquelle la décision du premier
ministre allait à l’encontre des principes de justice électorale
consacrés à l’article 3 de la Charte. Une telle conclusion aurait
eu des conséquences énormes pour des parties étrangères à la
demande puisqu’elle voudrait dire que toutes les élections
fédérales qui ont eu lieu depuis le 17 avril 1982 avaient également
violé l’article 3.
STATUTES AND REGULATIONS CITED
LOIS ET RÈGLEMENTS CITÉS
CASES CITED
JURISPRUDENCE CITÉE
Canada Elections Act, S.C. 2000, c. 9, s. 56.1 (as enacted
by S.C. 2007, c. 10, s. 1).
Canadian Charter of Rights and Freedoms, being Part I of
the Constitution Act, 1982, Schedule B, Canada Act
1982, 1982, c. 11 (U.K.) [R.S.C., 1985, Appendix II, No.
44], s. 3.
Constitution Act, 1867, 30 & 31 Vict., c. 3 (U.K.) (as am.
by Canada Act 1982, 1982, c. 11 (U.K.), Schedule to the
Constitution Act, 1982, Item 1) [R.S.C., 1985, Appendix
II, No. 5], ss. 50, 101.
Constitution Act, 1982, Schedule B, Canada Act 1982,
1982, c. 11 (U.K.) [R.S.C., 1985, Appendix II, No. 44],
s. 41.
Federal Courts Act, R.S.C., 1985, c. F-7, ss. 1 (as am. by
S.C. 2002, c. 8, s. 14), 2(1) “federal board, commission
or other tribunal” (as am. idem, s. 15), 18 (as am. by S.C.
1990, c. 8, s. 4; 2002, c. 8, s. 26), 18.1 (as enacted by
S.C. 1990, c. 8, s. 5; 2002, c. 8, s. 27), 57 (as am. by S.C.
1990, c. 8, s. 19; 2002, c. 8, s. 54).
Charte canadienne des droits et libertés, qui constitue la
partie I de la Loi constitutionnelle de 1982, annexe B,
Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.) [L.R.C.
(1985), appendice II, no 44], art. 3.
Loi constitutionnelle de 1867, 30 & 31 Vict., ch. 3 (R.-U.)
(mod. par la Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11
(R.-U.), annexe de la Loi constitutionnelle de 1982, no 1)
[L.R.C. (1985), appendice II, no 5], art. 50, 101.
Loi constitutionnelle de l982, annexe B, Loi de 1982 sur le
Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.) [L.R.C. (1985), appendice II,
no 44], art. 41.
Loi électorale du Canada, L.C. 2000, ch. 9, art. 56.1 (édicté
par L.C. 2007, ch. 10, art. 1).
Loi sur les Cours fédérales, L.R.C. (1985), ch. F-7, art. 1
(mod. par L.C. 2002, ch. 8, art. 14), 2(1) « office fédéral »
(mod., idem, art. 15), 18 (mod. par L.C. 1990, ch. 8, art. 4;
2002, ch. 8, art. 26), 18.1 (édicté par L.C. 1990, ch. 8, art. 5;
2002, ch. 8, art. 27), 57 (mod. par L.C. 1990, ch. 8 art. 19;
2002, ch. 8. art. 54).
APPLIED:
DÉCISIONS APPLIQUÉES :
CONSIDERED:
DÉCISIONS EXAMINÉES :
Black v. Canada (Prime Minister) (2001), 54 O.R. (3d)
215, 199 D.L.R. (4th) 228, 147 O.A.C. 141 (C.A.); Re
Resolution to amend the Constitution, [1981] 1 S.C.R.
753, (1981), 34 Nfld. & P.E.I.R. 1, 125 D.L.R. (3d) 1,
[1981] 6 W.W.R. 1.
Raza v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration),
[1999] 2 F.C. 185, (1998), 157 F.T.R. 161, 47 Imm. L.R.
(2d) 257; Pelletier v. Canada (Attorney General), 2008
FCA 1, [2008] 3 F.C.R. 40, 289 D.L.R. (4th) 77, 69
Admin. L.R. (4th) 192; Re: Objection by Quebec to a
Resolution to amend the Constitution, [1982] 2 S.C.R.
793, (1982), 140 D.L.R. (3d) 385, 45 N.R. 317; Rizzo &
Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998] 1 S.C.R. 27, (1998), 36 O.R.
(3d) 418, 154 D.L.R. (4th) 193; Figueroa v. Canada
(Attorney General), 2003 SCC 37, [2003] 1 S.C.R. 912,
227 D.L.R. (4th) 1, 108 C.R.R. (2d) 66; Harper v. Canada
[2010] 3 F.C.R.
Black v. Canada (Prime Minister) (2001), 54 O.R. (3d)
215, 199 D.L.R. (4th) 228, 147 O.A.C. 141 (C.A.); Renvoi :
Résolution pour modifier la Constitution, [1981] 1 R.C.S.
753.
Raza c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1999] 2 C.F. 185; Pelletier c. Canada (Procureur
général), 2008 CAF 1, [2008] 3 R.C.F. 40; Re : Opposition
du Québec à une résolution pour modifier la Constitution,
[1982] 2 R.C.S. 793; Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998]
1 R.C.S. 27; Figueroa c. Canada (Procureur général),
2003 CSC 37, [2003] 1 R.C.S. 912; Harper c. Canada
(Procureur général), 2004 CSC 33, [2004] 1 R.C.S. 827;
New Brunswick Broadcasting Co. c. Nouvelle-Écosse
(Président de l’Assemblée législative), [1993] 1 R.C.S.
319.
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
c. CANADA
415
(Attorney General), 2004 SCC 33, [2004] 1 S.C.R. 827,
348 A.R. 201, 239 D.L.R. (4th) 193; New Brunswick
Broadcasting Co. v. Nova Scotia (Speaker of the House
of Assembly), [1993] 1 S.C.R. 319, (1993), 118 N.S.R.
(2d) 181, 100 D.L.R. (4th) 212.
REFERRED TO:
Friends of the Earth v. Canada (Governor in Council),
2008 FC 1183, [2009] 3 F.C.R. 201, 299 D.L.R. (4th) 583,
93 Admin. L.R. (4th) 18.
AUTHORS CITED
Canada. Parliament. Standing Committee on Procedure
and House Affairs. Evidence, No. 018 (September 26,
2006), at pages 2 and 5 (Hon. Rob Nicholson).
Canada. Parliament. Standing Senate Committee on Legal
and Constitutional Affairs. Proceedings, No. 18 (December 7, 2006), at page 18:145 (Hon. Robert Nicholson).
Heard, Andrew. Canadian Constitutional Conventions:
The Marriage of Law and Politics. Toronto: Oxford
University Press, 1991.
Hogg, Peter. Constitutional Law of Canada. 5th ed. Toronto:
Thomson/Carswell, 2007.
House of Commons Debates, No. 029 (May 30, 2006), at
page 1722 (Right Hon. Stephen Harper)
Latham, R. T. E. The Law and the Commonwealth. London:
Oxford University Press, 1949.
APPLICATION for judicial review of a decision of
the Prime Minister of Canada advising the Governor
General of Canada to dissolve Parliament and set an
election date. Application dismissed.
DÉCISION CITÉE :
Ami(e)s de la Terre c. Canada (Gouverneur en conseil),
2008 CF 1183, [2009] 3 R.C.F. 201.
DOCTRINE CITÉE
Canada. Parlement. Comité permanent de la procédure et
des affaires de la Chambre. Témoignages, no 018 (26
septembre 2006), aux pages 2 et 5 (l’hon. Rob Nicholson).
Canada. Parlement. Comité sénatorial permanent des
Affaires juridiques et constitutionnelles. Délibérations,
no 18 (7 décembre 2007), à la page 18 :145 (l’hon. Robert
Nicholson).
Débats de la Chambre des communes, no 029 (30 mai 2006),
à la page 1723 (très hon. Stephen Harper).
Heard, Andrew. Canadian Constitutional Conventions:
The Marriage of Law and Politics. Toronto : Oxford
University Press, 1991.
Hogg, Peter. Constitutional Law of Canada. 5e éd. Toronto :
Thomson/Carswell, 2007.
Latham, R. T. E. The Law and the Commonwealth. Londres :
Oxford University Press, 1949.
DEMANDE de contrôle judiciaire d’une décision par
laquelle le premier ministre du Canada conseillait à la
gouverneure générale du Canada de dissoudre la législature pour tenir des élections. Demande rejetée.
APPEARANCES
ONT COMPARU
SOLICITORS OF RECORD
AVOCATS INSCRITS AU DOSSIER
Peter M. Rosenthal for applicants.
Robert B. MacKinnon, Catherine A. Lawrence and
Agnieszka Zagorska for respondents.
Roach, Schwartz & Associates, Toronto, for
applicants.
Deputy Attorney General of Canada for respondents.
Peter M. Rosenthal pour les demandeurs.
Robert B. MacKinnon, Catherine A. Lawrence et
Agnieszka Zagorska pour les défendeurs.
Roach, Schwartz & Associates, Toronto, pour les
demandeurs.
Le sous-procureur général du Canada pour les
défendeurs.
416
CONACHER
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
The following are the reasons for judgment and
judgment rendered in English by
Ce qui suit est la version française des motifs du
jugement et du jugement rendus par
I. Overview
I. Aperçu
SHORE J.:
[1] This is an application for judicial review of a decision of the Prime Minister of Canada, dated September
7, 2008. That decision was to advise the Governor
General of Canada to dissolve the 39th Parliament and
set an election date of October 14, 2008, in accordance
with his conventional power.
[2] The applicants have applied for declaratory relief.
Specifically, the applicants seek declarations to state:
a. that the Prime Minister’s actions contravened section
56.1 [as enacted by S.C. 2007, c. 10, s. 1] of the Canada
Elections Act, S.C. 2000, c. 9;
LE JUGE SHORE :
[1] Il s’agit d’une demande de contrôle judiciaire
portant sur une décision du premier ministre du Canada,
en date du 7 septembre 2008. La décision consistait à
conseiller à la gouverneure générale du Canada de
dissoudre la 39e législature pour tenir des élections le 14
octobre 2008, conformément à son pouvoir reconnu par
convention.
[2] Les demandeurs ont réclamé une mesure déclaratoire.
Plus précisément, ils ont demandé des déclarations
énonçant ce qui suit :
a. que les actes du premier ministre vont à l’encontre de
l’article 56.1 [édicté par L.C. 2007, ch. 10, art. 1] de la
Loi électorale du Canada, L.C. 2000, ch. 9;
b. that the holding of the election on October 14, 2008
infringed the right of all citizens of Canada to participate
in fair elections pursuant to section 3 of the Canadian
Charter of Rights and Freedoms [being Part I of the
Constitution Act, 1982, Schedule B, Canada Act 1982,
1982, c. 11 (U.K.) [R.S.C., 1985, Appendix II, No. 44]]
(Charter);
b. que la tenue d’élections le 14 octobre 2008 a porté
atteinte au droit de tous les citoyens canadiens de participer à des élections justes en application de l’article 3 de
la Charte canadienne des droits et libertés [qui constitue
la partie I de la Loi constitutionnelle de 1982, annexe B,
Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.) [L.R.C.
(1985), appendice II, no 44]] (la Charte);
d. an order that costs be awarded to the applicants or, that
no costs be awarded if the application is dismissed.
d. que les dépens soient adjugés aux demandeurs ou, si la
demande est rejetée, qu’aucuns dépens ne soient adjugés.
II. Introduction
II. Introduction
c. that a constitutional convention exists that prohibits a
prime minister from advising the Governor General to
dissolve Parliament except in accordance with section
56.1 of the Canada Elections Act; and
[3] It is most important, in considering the separation
of powers under constitutional supremacy, that the
Charter not be invoked in vain; otherwise, a lack of
understanding ensues of, respectively, both the Charter
and the separation of powers, giving neither their due,
under constitutional supremacy.
c. qu’il existe une convention constitutionnelle qui
interdit au premier ministre de conseiller au gouverneur
général de dissoudre le Parlement, sinon conformément
à l’article 56.1 de la Loi électorale du Canada;
[3] Il est de la plus haute importance, compte tenu de
la séparation des pouvoirs en régime de suprématie
constitutionnelle, que la Charte ne soit pas invoquée en
vain; sinon, il s’ensuit une compréhension insuffisante
de la Charte, d’une part, et, d’autre part, de la séparation
des pouvoirs, aucune ne recevant leur dû, en régime de
suprématie constitutionnelle.
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
[4] If the executive, legislative and judicial branches
of government adhere to their respective obligations
within their respective lines of demarcation, the result is
responsible government. That does not mean that judicial
review is not an option if, and when, the Charter is contravened by any single branch of government; however,
paralysis would ensue if the Charter would simply be
invoked in advocating one political view, advancing a
particular interest, over another; that would simply stymie
government action that devolves from responsibilities
and rights granted through constitutional supremacy.
[5] The Federal Court is enabled to entertain a
proceeding and to grant relief by way of federal statute;
that is to review decisions of government instances,
entities or those which, in and of themselves, constitute
federal boards, commissions or other tribunals. Other
than through federal statute, the Federal Court may not
rule.
[6] The constitutional authority for the Parliament of
Canada to have established (what became known as) the
Federal Court is found in section 101 of the Constitution
Act, 1867 [30 & 31 Vict., c. 3 (U.K.) (as am. by Canada
Act 1982, 1982, c. 11 (U.K.), Schedule to the Constitution Act, 1982, Item 1) [R.S.C., 1985, Appendix II, No.
5]], and that is “for the better Administration of the Laws
of Canada.”
c. CANADA
417
[4] Si l’exécutif, le législatif et le judiciaire s’en tiennent
à leurs obligations respectives, respectant leurs lignes de
démarcation respectives, il en résulte un gouvernement
responsable. Cela ne veut pas dire que le contrôle judiciaire est exclu si l’une des branches du gouvernement
contrevient à la Charte, mais ce serait la paralysie si la
Charte était invoquée simplement pour faire valoir une
vision politique, défendre un intérêt particulier par
rapport à un autre; cela bloquerait simplement l’action
du gouvernement qui découle des responsabilités et des
droits accordés par la suprématie constitutionnelle.
[5] La Cour fédérale est habilitée à instruire des instances
et à accorder des mesures en vertu de lois fédérales, c’està-dire de contrôler les décisions d’instances, d’entités
gouvernementales ou d’éléments constituant eux-mêmes
desoffices fédéraux. En dehors du cadre d’une loi fédérale,
la Cour fédérale ne peut se prononcer.
[6] Le pouvoir constitutionnel permettant au Parlement
du Canada d’établir (ce qui a fini par être appelé) la Cour
fédérale est prévu à l’article 101 de la Loi constitutionnelle de 1867 [30 & 31 Vict., ch. 3 (R.-U.) (mod. par la
Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.), annexe
de la Loi constitutionnelle de 1982, no 1) [L.R.C. (1985),
appendice II, no 5]] : « pour la meilleure administration
des lois du Canada ».
[7] In regard to each and every matter submitted in
judicial review to the Federal Court, it depends on who
acts on what, how and under what authority: in that vein,
there exists a balancing act of necessity between judicial
interference and judicial abdication.
[7] Pour ce qui est de toute question soumise au
contrôle judiciaire de la Cour fédérale, la situation
dépend de l’auteur et de l’objet de l’acte en cause, des
modalités et du pouvoir invoqué. Dans cette optique, il
faut nécessairement trouver le juste équilibre entre
l’ingérence et l’abdication judiciaires.
III. Facts
III. Faits
[8] The applicant, Democracy Watch, is a non-partisan,
not-for-profit organization that advocates democratic
reform, voter participation and government accountability.
The applicant, Mr. Duff Conacher, President, Coordinator
and Director of Democracy Watch, is a participant in this
application in such capacities.
[8] La demanderesse, Démocratie en surveillance, est
une organisation sans but lucratif non partisane qui
préconise la réforme de la démocratie, la participation
des électeurs et la responsabilisation du gouvernement.
M. Duff Conacher, président, coordonnateur et directeur
de Démocratie en surveillance, participe à la demande à
ces titres.
418
CONACHER
[9] In May 2007, Parliament passed Bill C-16 into law.
Bill C-16 amended the Canada Elections Act to include
section 56.1. The Conservative government of the time
announced that Bill C-16 was to provide for a system of
“fixed election dates” for Canada.
[10] The Governor General possesses the power to
dissolve Parliament at his or her discretion pursuant to
section 50 of the Constitution Act, 1867. Although there
are no legal limits to the Governor General’s discretion,
other than the qualifier that each Parliament cannot last
for more than five years, a political limitation exists in
the form of a constitutional convention whereby the
Governor General will only exercise power to dissolve
Parliament when advised to do so by the Prime Minister.
The Prime Minister has traditionally had unlimited
discretion in regard to this advisory power.
[11] Constitutional conventions are non-legal rules that
modify the strict legal rights of political office holders.
They emerge through political usage and become
political rules once the relevant office holders view them
as being obligatory. As a result of their non-legal status,
conventions, per se, have not been enforced by the courts
and no legal sanction exists for their breach.
[12] On September 7, 2008, the Prime Minister advised
the Governor General to dissolve Parliament and set a
polling date for October 14, 2008. Upon receiving this
advice, the Governor General used her power to dissolve
Parliament and set the polling date that was requested.
The Prime Minister’s decision of September 7, 2008 is
challenged by the applicants as being in contravention
of section 56.1 and forms the basis of this application.
[13] The applicants allege that subsection 56.1(2), with
its schedule for fixed election dates, eliminated the
convention that the Prime Minister has unlimited discretion
when advising the Governor General and replaced it with
a new convention that obliges the Prime Minister only to
exercise his discretion in accordance with subsection
56.1(2), or in a situation of a vote of non-confidence in
the House of Commons. The applicants also allege that
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[9] En mai 2007, le Parlement a adopté le projet de loi
C-16. Ce projet de loi a modifié la Loi électorale du
Canada en y ajoutant l’article 56.1. Le gouvernement
conservateur d’alors a annoncé que le projet de loi visait
à instaurer un régime d’« élections à date fixe » pour le
Canada.
[10] En vertu de l’article 50 de la Loi constitutionnelle
de 1867, le gouverneur général a le pouvoir de dissoudre
le Parlement à sa discrétion. Bien que la loi ne fixe
aucune limite à la latitude du gouverneur général à cet
égard, sinon que chaque législature ne peut durer plus de
cinq ans, il existe une limite politique, celle d’une
convention constitutionnelle voulant que le gouverneur
n’exerce son pouvoir de dissoudre le Parlement que sur
l’avis du premier ministre. Selon la tradition, celui-ci
dispose d’une latitude illimitée à l’égard de ce pouvoir
consultatif.
[11] Les conventions constitutionnelles sont des règles
non législatives qui modifient les droits juridiques stricts
des titulaires de charges politiques. Elles sont le produit
de l’usage politique et deviennent des règles politiques
lorsque les titulaires de charge en cause les considèrent
comme étant d’application obligatoire. Comme elles ne
sont pas de nature juridique, les tribunaux n’ont pas fait
respecter les conventions en soi, et les dérogations ne
sont punissables d’aucune sanction prévue par la loi.
[12] Le 7 septembre 2008, le premier ministre a conseillé à la gouverneure générale de dissoudre le Parlement
et de fixer la date des élections au 14 octobre 2008.
Après avoir reçu ce conseil, la gouverneure générale a
usé de son pouvoir de dissoudre le Parlement et fixé les
élections à la date demandée. Les demandeurs contestent
la décision prise par le premier ministre le 7 septembre
2008, la jugeant contraire à l’article 56.1. Cette décision
constitue le fondement de la présente demande.
[13] Les demandeurs allèguent que le paragraphe
56.1(2), avec les dates fixes qu’il prévoit pour les élections, a éliminé la convention voulant que le premier
ministre dispose d’une latitude illimitée pour conseiller
le gouverneur général et l’a remplacée par une nouvelle
convention qui oblige le premier ministre à n’exercer son
pouvoir discrétionnaire que dans le respect du paragraphe
56.1(2) ou lorsque la Chambre des communes vote la
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
c. CANADA
419
the Prime Minister’s actions of September 7, 2008 are
in contravention of section 56.1. In addition, the applicants
allege that the decision to call an election before the time
specified in section 56.1(2) has created an unfair election
in violation of section 3 of the Charter.
censure. Les demandeurs allèguent également que les
actes commis par le premier ministre le 7 septembre
2008 enfreignent l‘article 56.1. Ils allèguent en outre que
la décision de déclencher des élections avant le moment
prévu au paragraphe 56.1(2) a entraîné la tenue d’élections
injustes, ce qui va à l’encontre de l’article 3 de la Charte.
IV. Issues
IV. Questions
(1) Is the Prime Minister’s decision appropriate subjectmatter for a judicial review?
1) La décision du premier ministre peut-elle faire l’objet
d’un contrôle judiciaire?
(3) Did the Prime Minister’s decision of September 7,
2008 contravene section 56.1 of the Canada Elections
Act?
3) La décision prise par le premier ministre le 7
septembre 2008 va-t-elle à l’encontre de l’article 56.1 de
la Loi électorale du Canada?
[14]
There are five issues in this application:
(2) Did section 56.1 of the Canada Elections Act create
a constitutional convention whereby the discretion of the
Prime Minister, to advise the Governor General to
dissolve Parliament, is only to be exercised in accordance
with the terms of section 56.1 of the Canada Elections
Act, unless there has been a prior vote of non-confidence?
(4) Did the Prime Minister’s decision of September 7,
2008 to advise the Governor General to dissolve
Parliament contravene section 3 of the Canadian
Charter of Rights and Freedoms?
(5) Is declaratory relief an appropriate remedy in these
circumstances?
V. Relevant provisions
[15]
Section 56.1 of the Canada Elections Act states:
56.1 (1) Nothing in this section affects the powers of the
Governor General, including the power to dissolve Parliament
at the Governor General’s discretion.
(2) Subject to subsection (1), each general election must be
held on the third Monday of October in the fourth calendar year
following polling day for the last general election, with the first
[14] Cinq questions sont soulevées dans la présente
demande :
2) L’article 56.1 de la Loi électorale du Canada créet-il une convention constitutionnelle selon laquelle le
pouvoir discrétionnaire du premier ministre de conseiller
au gouverneur général de dissoudre le Parlement ne doit
être exercé que conformément à l’article 56.1 de la Loi
électorale du Canada à moins que ne survienne plus tôt
un vote de censure?
4) La décision prise par le premier ministre le 7
septembre 2008 de conseiller à la gouverneure générale
de dissoudre le Parlement va-t-elle à l’encontre de
l’article 3 de la Charte canadienne des droits et libertés?
5) Une mesure déclaratoire est-elle une réparation qui
convient dans les circonstances?
V. Dispositions pertinentes
[15] L’article 56.1 de la Loi électorale du Canada
dispose :
56.1 (1) Le présent article n’a pas pour effet de porter
atteinte aux pouvoirs du gouverneur général, notamment celui
de dissoudre le Parlement lorsqu’il le juge opportun.
(2) Sous réserve du paragraphe (1), les élections générales
ont lieu le troisième lundi d’octobre de la quatrième année
civile qui suit le jour du scrutin de la dernière élection générale,
420
CONACHER
general election after this section comes into force being held
on Monday, October 19, 2009
[16] The applicants’ submissions also mention section
50 of the Constitution Act, 1867, section 3 of the Charter
and section 41 of the Constitution Act, 1982 [Schedule B,
Canada Act 1982, 1982, c. 11 (U.K.) [R.S.C., 1985,
Appendix II, No. 44]]:
Section 50 of the Constitution Act, 1867 states:
50. Every House of Commons shall continue for Five Years
from the Day of the Return of the Writs for choosing the House
(subject to be sooner dissolved by the Governor General), and
no longer.
Section 3 of the Charter, states:
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
la première élection générale suivant l’entrée en vigueur du
présent article devant avoir lieu le lundi 19 octobre 2009.
[16] Dans leurs observations, les demandeurs invoquent
également l’article 50 de la Loi constitutionnelle de
1867, l’article 3 de la Charte et l’article 41 de la Loi
constitutionnelle de 1982 [annexe B, Loi de 1982 sur le
Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.) [L.R.C. (1985), appendice
II, no 44]] :
L’article 50 de la Loi constitutionnelle de 1867 énonce ce
qui suit :
50. La durée de la Chambre des Communes ne sera que de
cinq ans, à compter du jour du rapport des brefs d’élection, à
moins qu’elle ne soit plus tôt dissoute par le gouverneurgénéral.
L’article 3 de la Charte affirme ce qui suit :
3. Every citizen of Canada has the right to vote in an election
of members of the House of Commons or of a legislative
assembly and to be qualified for membership therein.
3. Tout citoyen canadien a le droit de vote et est éligible aux
élections législatives fédérales ou provinciales.
41. An amendment to the Constitution of Canada in relation
to the following matters may be made by proclamation issued
by the Governor General under the Great Seal of Canada only
where authorized by resolutions of the Senate and House of
Commons and of the legislative assembly of each province:
41. Toute modification de la Constitution du Canada portant
sur les questions suivantes se fait par proclamation du
gouverneur général sous le grand sceau du Canada, autorisée
par des résolutions du Sénat, de la Chambre des communes et
de l’assemblée législative de chaque province :
(b) the right of a province to a number of members in the
House of Commons not less than the number of Senators by
which the province is entitled to be represented at the time
this Part comes into force;
b) le droit d’une province d’avoir à la Chambre des communes
un nombre de députés au moins égal à celui des sénateurs
par lesquels elle est habilitée à être représentée lors de
l’entrée en vigueur de la présente partie;
Section 41 of the Constitution Act, 1982, states:
(a) the office of the Queen, the Governor General and the
Lieutenant Governor of a province;
L’article 41 de la Loi constitutionnelle de 1982 dispose :
a) la charge de Reine, celle de gouverneur général et celle
de lieutenant-gouverneur;
(c) subject to section 43, the use of the English or the French
language;
c) sous réserve de l’article 43, l’usage du français ou de
l’anglais;
(e) an amendment to this Part.
e) la modification de la présente partie.
(d) the composition of the Supreme Court of Canada; and
[17] Paragraph 18.1(4)(f) [as enacted by S.C. 1990,
c. 8, s. 5; 2002, c. 8, s. 27] and the definition of “federal
board, commission or other tribunal” in subsection 2(1)
[as am. by S.C. 2002, c. 8, s. 15] of the Federal Courts
d) la composition de la Cour suprême du Canada;
[17] Il faut également tenir compte de l’alinéa 18.1(4)f)
[édicté par L.C. 1990, ch. 8, art. 5; 2002, ch. 8, art. 27]
et de la définition de l’expression « office fédéral » qui
figure au paragraphe 2(1) [mod. par L.C. 2002, ch. 8,
CONACHER
[2010] 3 R.C.F.
c. CANADA
421
Act [R.S.C., 1985, c. F-7, s. 1 (as am. idem, s. 14)] are
also required:
art. 15] de la Loi sur les Cours fédérales [L.R.C. (1985),
ch. F-7, art. 1 (mod., idem, art. 14)] :
“federal board, commission or other tribunal” means any body,
person or persons having, exercising or purporting to exercise
jurisdiction or powers conferred by or under an Act of
Parliament or by or under an order made pursuant to a
prerogative of the Crown, other than the Tax Court of
Canada or any of its judges, any such body constituted or
established by or under a law of a province or any such
person or persons appointed under or in accordance with a
law of a province or under section 96 of the Constitution Act,
1867
« office fédéral » Conseil, bureau, commission ou autre organisme, ou personne ou groupe de personnes, ayant, exerçant
ou censé exercer une compétence ou des pouvoirs prévus par
une loi fédérale ou par une ordonnance prise en vertu d’une
prérogative royale, à l’exclusion de la Cour canadienne de
l’impôt et ses juges, d’un organisme constitué sous le régime
d’une loi provinciale ou d’une personne ou d’un groupe de
personnes nommées aux termes d’une loi provinciale ou de
l’article 96 de la Loi constitutionnelle de 1867.
2. (1) …
18.1 (1) …
…
(4) The Federal Court may grant relief under subsection (3)
if it is satisfied that the federal board, commission or other
tribunal
…
(f) acted in any other way that was contrary to law.
2. (1) […]
18.1. (1) […]
[…]
(4) Les mesures prévues au paragraphe (3) sont prises si la
Cour fédérale est convaincue que l’office fédéral, selon le cas :
[…]
f) a agi de toute autre façon contraire à la loi.
VI. Analysis of the Court of the parties’ submissions as
to the respective issues (categorized in this manner due
to the voluminous respective materials submitted by the
parties)
VI. Analyse par la Cour des observations des parties sur
les diverses questions (classées ainsi en raison des
volumineux documents présentés par les parties)
[18] The applicants make no submissions on this issue.
[18] Les demandeurs n’ont présenté aucune observation
à ce sujet.
Issue 1: Is the Prime Minister’s decision appropriate
subject-matter for a judicial review?
[19] The respondents make several submissions as to
why the Prime Minister’s decision cannot be judicially
reviewed. They submit that the applicants must satisfy
the Court that the subject of the application is reviewable
under section 18.1 of the Federal Courts Act, before the
applicants are allowed to bring an application for judicial
review (respondents’ memorandum of fact and law, at
paragraph 39).
Question 1 : La décision du premier ministre peutelle faire l’objet d’un contrôle judiciaire?
[19] Les défendeurs ont présenté plusieurs observations
afin d’expliquer pourquoi la décision du premier ministre
ne pouvait faire l’objet d’un contrôle judiciaire. Ils
soutiennent que les demandeurs doivent convaincre la
Cour que l’objet de leur demande peut faire l’objet d’un
contrôle judiciaire aux termes de l’article 18.1 de la Loi
sur les Cours fédérales avant même de pouvoir demander
un contrôle judiciaire (mémoire des faits et du droit des
défendeurs, au paragraphe 39).
422
CONACHER
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[20] The respondents also submit that the Prime
Minister’s advice is not a “decision” within the meaning
of section 18.1 of the Federal Courts Act. They submit
that the decision is the Governor General’s to make and
that the Prime Minister’s advice is not legally binding
on the Governor General (respondents’ memorandum of
fact and law, at paragraph 41).
[20] Les défendeurs soutiennent également que le
conseil du premier ministre n’est pas une « décision »
au sens de l’article 18.1 de la Loi sur les Cours fédérales.
Selon eux, il appartient au gouverneur général de prendre
la décision, et le conseil du premier ministre ne lie pas le
gouverneur général (mémoire des faits et du droit des
défendeurs, au paragraphe 41).
[22] The respondents submit that seeking judicial
review of the Prime Minister’s advice is essentially
seeking judicial review of the Governor General’s
decision, which is beyond the jurisdiction of section 18.1
(respondents’ memorandum of fact and law, at paragraph 43).
[22] Les défendeurs estiment que, en demandant un
contrôle judiciaire de la décision du premier ministre, on
demande au fond un contrôle judiciaire de la décision du
gouverneur général, ce qui échappe à la portée de l’article
18.1 (mémoire des faits et du droit des défendeurs, au
paragraphe 43).
[21] The respondents submit that because the Governor
General exercises Crown prerogative and not statutory
authority when he or she dissolves Parliament and calls
an election, neither the remedies listed in section 18 [as
am. by S.C. 1990, c. 8, s. 4; 2002, c. 8, s. 26] of the Federal
Courts Act nor the relief listed in section 18.1 are available
to the applicants (respondents’ memorandum of fact and
law, at paragraph 42).
[23] The respondents cite the case of Black v. Canada
(Prime Minister) (2001), 54 O.R. (3d) 215 (C.A.), for
the proposition that the dissolution of Parliament involves
political considerations that are not for the courts to assess
(respondents’ memorandum of fact and law, at paragraph
45).
[24] The respondents also cite the decision of Justice
Robert Barnes in Friends of the Earth v. Canada
(Governor in Council), 2008 FC 1183, [2009] 3 F.C.R.
201, to state that one of the guiding principles of
justiciability is that all branches of government must be
sensitive to the separation of powers (respondents’
memorandum of fact and law, at paragraph 46).
[25] The applicants’ claim that the Prime Minister’s
advice violates section 3 of the Charter is appropriate
subject-matter for judicial review. The respondents
submit the power to dissolve Parliament is a prerogative
(respondents’ memorandum of fact and law, at paragraph
43); it has been ruled that prerogative powers are subject
[21] Les défendeurs soutiennent que, étant donné que
le gouverneur général exerce la prérogative de l’État, et
non un pouvoir prévu par la loi, lorsqu’il dissout le
Parlement et convoque des élections, ni les recours
prévus à l’article 18 [mod. par L.C. 1990, ch. 8, art. 4;
2002, ch. 8, art. 26] de la Loi sur les Cours fédérales, ni
le recours de l’article 18.1 ne sont à la disposition des
demandeurs (mémoire des faits et du droit des défendeurs, au paragraphe 42).
[23] Les défendeurs citent Black v. Canada (Prime
Minister) (2001), 54 O.R. (3d) 215 (C.A.), à l’appui de
la thèse voulant que la dissolution du Parlement fasse
intervenir des considérations politiques qu’il n’appartient
pas aux tribunaux de juger (mémoire des faits et du droit
des défendeurs, au paragraphe 45).
[24] Les défendeurs citent également la décision du
juge Robert Barnes, dans l’affaire Ami(e)s de la Terre
c. Canada (Gouverneur en conseil), 2008 CF 1183,
[2009] 3 R.C.F. 201, pour affirmer que l’un des principes
directeurs de la justiciabilité est que toutes les « branches
du gouvernement » doivent être attentives à la séparation
des « fonctions » (mémoire des faits et du droit des
défendeurs, au paragraphe 46).
[25] La prétention des demandeurs voulant que le
conseil du premier ministre viole l’article 3 de la Charte
est une question qui peut faire l’objet d’un contrôle
judiciaire. Les défendeurs soutiennent que le pouvoir de
dissoudre le Parlement est une prérogative (mémoire des
faits et du droit des défendeurs, au paragraphe 43); il a
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
to judicial review if the exercise of such powers violates
Charter rights. In Black v. Canada (Prime Minister),
above, the Court of Appeal for Ontario held that “[b]y s.
32(1)(a), the Charter applies to Parliament and the
Government of Canada in respect of all matters within
the authority of Parliament. The Crown prerogative lies
within the authority of Parliament. Therefore, if an
individual claims that the exercise of a prerogative power
violates that individual’s Charter rights, the court has a
duty to decide the claim” (at paragraph 46).
[26] At first blush, it appears that the Prime Minister’s
decision to advise the Governor General is not reviewable
because the power to dissolve Parliament is the Governor
General’s prerogative, not the Prime Minister’s; however,
the Prime Minister’s power can be seen as a prerogative
because it is discretionary, it is not based on a statutory
grant of power and has its roots in the historical power
of the Monarch. Although actual discretion therein lies
with the Governor General, the case of Black v. Canada
(Prime Minister) held that the Prime Minister also has the
capacity to exercise prerogative powers (at paragraph 33).
[27] The appellant in Black v. Canada (Prime Minister)
argued that the Prime Minister did not exercise Crown
prerogative by advising the Queen not to bestow an
honour on Black, because the final decision was the
Queen’s. The Court rejected this argument and held
“whether one characterizes the Prime Minister’s actions
as communicating Canada’s policy on honours to the
Queen, giving her advice on Mr. Black’s peerage, or
opposing Mr. Black’s appointment, he was exercising
the prerogative power of the Crown relating to honours”
(at paragraph 35). This shows that even advisory decisions can be reviewed as exercises of prerogative.
[28] The Court in Black v. Canada (Prime Minister)
held that “[t]he exercise of the prerogative will be
justiciable, or amenable to the judicial process, if its subject matter affects the rights or legitimate expectations
of an individual” [at paragraph 51].
c. CANADA
423
été statué que les prérogatives peuvent faire l’objet d’un
contrôle judiciaire si leur exercice viole les droits prévus
par la Charte. Dans l’arrêt Black v. Canada (Prime
Minister), précité, la Cour d’appel de l’Ontario a affirmé
que [TRADUCTION] « en vertu de l’alinéa 32(1)a), la Charte
s’applique au Parlement et au gouvernement du Canada
à l’égard de tout ce qui relève de l’autorité du Parlement.
La prérogative de l’État relève de cette autorité. Par
conséquent, si une personne soutient que l’exercice de la
prérogative viole les droits que lui garantit la Charte, la
cour a l’obligation de se prononcer » (au paragraphe 46).
[26] À première vue, il semble que la décision du
premier ministre de conseiller le gouverneur général ne
peut faire l’objet d’un contrôle judiciaire, étant donné que
le pouvoir de dissoudre le Parlement est la prérogative
du gouverneur général, non celle du premier ministre;
par contre, le pouvoir du premier ministre peut être perçu
comme une prérogative parce qu’il est discrétionnaire;
il n’est pas fondé sur des dispositions législatives et tire
sa source du pouvoir historique du monarque. Bien que le
pouvoir discrétionnaire soit celui du gouverneur général,
Black v. Canada (Prime Minister) indique que le premier
ministre a également la capacité d’exercer des prérogatives (au paragraphe 33).
[27] Dans l’affaire Black v. Canada (Prime Minister),
le demandeur a soutenu que le premier ministre n’avait
pas exercé la prérogative de l’État en conseillant à la Reine
de ne pas accorder un honneur à Black, étant donné que
la décision finale revenait à la Reine. La Cour a rejeté
cette thèse et dit : [TRADUCTION] « qu’on décrive les actes
du premier ministre comme la communication à la Reine
de la politique du Canada sur les honneurs, comme un
conseil à la Reine sur la paierie de M. Black ou comme
une opposition à la nomination de M. Black, il exerçait
la prérogative de l’État relativement aux honneurs » (au
paragraphe 35). Ce précédent montre que même les
décisions de nature consultative peuvent être contrôlées
comme exercices de la prérogative.
[28] Dans Black v. Canada (Prime Minister), la Cour
a statué que [TRADUCTION] « l’exercice de la prérogative
est justiciable ou peut être soumis au processus judiciaire
si son objet a un effet sur les droits ou les aspirations
légitimes d’une personne » [au paragraphe 51].
424
CONACHER
[29] It is the Court’s conclusion that the Prime Minister’s
advisory power is not, in and of itself, reviewable, because
it does not affect the rights or legitimate expectations of
an individual and is a matter of high policy that is only
reviewable on Charter grounds; however, it stands to
reason that prerogative powers must be exercised in
accordance with the law and this application asks whether
section 56.1 has been violated. It appears that the Federal
Court has jurisdiction over this limited issue pursuant to
paragraph 18.1(4)(f) of the Federal Courts Act, if, as the
applicants allege, that decision was made in contravention
of a federal statute.
[30] There is also an issue about whether the Federal
Court has jurisdiction to hear arguments about the
existence of constitutional conventions. The Federal
Court has jurisdiction to consider constitutional issues
on applications for judicial review pursuant to paragraph
18.1(4)(f) which permits judicial review if a federal board,
commission or other tribunal “acted … contrary to law.”
The case of Raza v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), [1999] 2 F.C. 185 (T.D.) held that paragraph 18.1(4)(f) allows the Federal Court to consider
constitutional arguments even when the tribunal under
review may not make constitutional determinations (at
paragraph 25).
[31] Paragraph 18.1(4)(f) states that a decision may be
reviewed if the decision maker acted in a way that was
“contrary to law” and because constitutional conventions
are not “law”, it appears that this section does not give
the Federal Court authority to determine their existence.
A finding that a decision maker acted contrary to a
convention does not necessarily mean that the decision
maker acted “contrary to law.”
[32] The only precedent to establish the Federal Court’s
jurisdiction to determine questions of convention is
Pelletier v. Canada (Attorney General), 2008 FCA 1,
[2008] 3 F.C.R. 40. The Federal Court of Appeal gave a
short judgment stating that the respondent’s convention
argument lacked merit (at paragraphs 18, 20). The
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[29] La Cour conclut que le pouvoir consultatif du
premier ministre n’est pas, en soi, susceptible de contrôle
judiciaire parce que son exercice n’a pas d’effet sur les
droits ou les aspirations légitimes d’une personne et porte
sur une question de haute politique, qui ne peut faire
l’objet d’un contrôle que pour des motifs liés à la Charte;
toutefois, il est raisonnable que les prérogatives soient
exercées dans le respect de la loi, et il est demandé, dans
la demande à l’étude, si l’article 56.1 a été violé. Il semble
que la Cour fédérale ait compétence à l’égard de cette
question limitée, en vertu de l’alinéa 18.1(4)f) de la Loi
sur les Cours fédérales, si, comme les demandeurs
l’allèguent, cette décision a été prise contrairement à une
loi fédérale.
[30] Il se pose également une autre question, celle de
savoir si la Cour fédérale a compétence pour entendre
des arguments au sujet de l’existence de conventions
constitutionnelles. La Cour fédérale a compétence pour
considérer des questions constitutionnelles dans le cadre
de demandes de contrôle judiciaire, aux termes de l’alinéa
18.1(4)f), qui permet le contrôle judiciaire si un office
fédéral « a agi de toute autre façon contraire à la loi ».
Dans l’arrêt Raza c. Canada (Ministre de la Citoyenneté
et de l’Immigration), [1999] 2 C. F. 185 (1re inst.), le juge
a statué que l’alinéa 18.1(4)f) permettait à la Cour fédérale
de considérer des arguments d’ordre constitutionnel,
même lorsque l’office en cause n’a pas compétence pour
trancher des questions constitutionnelles (au paragraphe
25).
[31] L’alinéa 18.1(4)f) dispose qu’une décision peut
faire l’objet d’un contrôle si le décideur a agi « de toute
autre façon contraire à la loi ». Comme les conventions
constitutionnelles ne sont pas « loi », il semble que cette
disposition ne donne pas à la Cour fédérale le pouvoir
de se prononcer sur leur existence. S’il est conclu qu’un
décideur a agi de façon contraire à une convention, cela
ne veut pas nécessairement dire qu’il a agi « de façon
contraire à la loi ».
[32] Le seul précédent qui établit la compétence de la
Cour fédérale pour trancher des questions de convention
est l’arrêt Pelletier c. Canada (Procureur général), 2008
CAF 1, [2008] 3 R.C.F. 40. La Cour d’appel fédérale a
donné un bref jugement dans lequel elle affirme que
l’argument de l’intimé fondé sur la convention manquait
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
respondent’s argument was dismissed on the grounds that
the respondent would have to serve notice of a constitutional question on the Attorneys General of Canada and
the provinces pursuant to section 57 [as am. by S.C.
1990, c. 8, s. 19; 2002, c. 8, s. 54] of the Federal Courts
Act before their claim could even be heard (at paragraph
21).
c. CANADA
425
de sérieux (aux paragraphes 18 et 20). L’argument de
l’intimé a été rejeté au motif que celui-ci aurait dû signifier
un avis de question constitutionnelle aux procureurs
généraux du Canada et des provinces en application de
l’article 57 [mod. par L.C. 1990, ch. 8, art. 19; 2002, ch.
8, art. 54] de la Loi sur les Cours fédérales avant que la
demande ne puisse être entendue (au paragraphe 21).
[33] It is noted that the Federal Court of Appeal, by
hearing the convention argument and by invoking section
57, did go further in its assertions than held previously.
The Federal Court of Appeal states that the respondent
was required to provide notice to the attorneys general
because the convention “would have an effect on the
validity of the second termination order” (at paragraph
21). This is noteworthy because a finding that a convention
was breached would not have an impact on the legality
of a termination order because conventions are unenforceable in the courts.
[33] Il est signalé que la Cour d’appel, en entendant
l’argument fondé sur la convention et en invoquant
l’article 57, est allée plus loin qu’auparavant dans ses
assertions. La Cour d’appel fédérale dit que l’intimé était
tenu de signifier un avis aux procureurs généraux parce
que la convention « aurait un effet sur la validité du
deuxième décret de destitution » (au paragraphe 21). Il
vaut la peine de signaler ce fait, car une décision selon
laquelle une convention a été enfreinte resterait sans effet
sur la légalité d’un décret de destitution parce que les
tribunaux n’ont pas le pouvoir de faire respecter les
conventions.
Issue 2: Did section 56.1 of the Canada Elections
Act create a constitutional convention whereby the
discretion of the Prime Minister, to advise the
Governor General to dissolve Parliament, is only to
be exercised in accordance with the terms of section
56.1 of the Canada Elections Act, unless there has
been a prior vote of non-confidence?
Question 2 : L’article 56.1 de la Loi électorale du
Canada crée-t-elle une convention constitutionnelle
selon laquelle le pouvoir discrétionnaire du premier
ministre de conseiller au gouverneur général de
dissoudre le Parlement ne doit être exercé que
conformément à l’article 56.1 de la Loi électorale
du Canada à moins que ne survienne plus tôt un
vote de censure?
[34] Constitutional conventions are non-legal rules that
regulate how legal powers are to be exercised. Typically,
they emerge based on the manner in which “custom” is
used by office holders and can be said to exist once the
relevant office holders consider it incumbent to follow
such customs. To say that they are non-legal rules means
that any remedy for a convention which has been breached
lies in the political, and not the legal, arena. In that vein,
the Supreme Court of Canada has ruled on the existence of
conventions in the cases of Re Resolution to amend the
Constitution, [1981] 1 S.C.R. 753 (Patriation Reference)
and Re: Objection by Quebec to a Resolution to amend
the Constitution, [1982] 2 S.C.R. 793 (Quebec Veto
Reference) but the Supreme Court of Canada did not give
binding judgments in these cases.
[34] Les conventions constitutionnelles sont des règles
non juridiques qui régissent l’exercice des pouvoirs juridiques. Normalement, elles émergent en s’appuyant sur
la manière dont la « coutume » est utilisée par les
titulaires de charge publique, et on peut dire qu’elles
existent lorsque les titulaires en cause estiment qu’il leur
incombe de se conformer à la coutume. Comme ces règles
sont non juridiques, tout recours contre un manquement
à une convention relève du domaine de la politique et
non du droit. Dans cet ordre d’idées, la Cour suprême du
Canada s’est prononcée sur l’existence de conventions
dans l’arrêt Renvoi : Résolution pour modifier la Constitution, [1981] 1 R.C.S. 753 (Renvoi sur le rapatriement) et
le Re : Opposition du Québec à une résolution pour
modifier la Constitution, [1982] 2 R.C.S. 793 (Renvoi
relatif au veto du Québec), mais la Cour suprême n’a pas
rendu de jugements exécutoires dans ces causes.
426
CONACHER
[35] Turning to the convention at issue in this case, it
is noted that the Prime Minister has traditionally had the
discretion to advise the Governor General to dissolve
Parliament. The Prime Minister has this discretion due to
the conventions of responsible government whereby the
executive branch must be responsible to the legislative
branch (Peter Hogg, Constitutional Law of Canada, 5th
edition, Volume 1, at page 277).
[36] The applicants submit that a new constitutional
convention was created when Bill C-16 received Royal
Assent (applicants’ memorandum of fact and law, at
paragraph 47). The applicants submit that the new
convention limits the discretion of the Prime Minister to
advise the Governor General to dissolve Parliament to
two situations; first, in accordance with the electoral
schedule in subsection 56.1(2), and second, in a situation
of a vote of non-confidence in the House of Commons
(applicants’ memorandum of fact and law, at paragraphs
42, 44, 46).
[37] The applicable test for determining the existence
of a convention was adopted by the Supreme Court in
the Patriation Reference. That test consists of three
questions: first, what are the precedents; second, did the
actors in the precedents believe that they were bound by
a rule; and third, is there a reason for the rule?
[38] The applicants submit that the three-question test
has been met in this case. In respect of the first question,
the applicants submit that there are numerous precedents
to establish the existence of a new convention, such as
the support of the leaders of federal political parties for
Bill C-16, excerpts from proceedings of Parliament
stating that the purpose of Bill C-16 is to establish fixed
election dates and the fact that legislation for fixed
election dates has been established and followed by the
executive branches in several provinces (applicants’
memorandum of fact and law, at paragraphs 36, 44).
[39] The applicants’ submission in respect of the second
question is that the relevant political actors are the leaders
of the federal political parties (applicants’ memorandum
of fact and law, at paragraph 37).
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[35] S’agissant de la convention qui est en cause en
l’espèce, il est signalé que le premier ministre a toujours
le pouvoir discrétionnaire de conseiller au gouverneur
général de dissoudre le Parlement. Il a ce pouvoir en
raison des conventions relatives au gouvernement responsable, selon lesquelles le pouvoir exécutif est comptable
au pouvoir législatif (Peter Hogg, Constitutional Law of
Canada, 5e édition, volume 1, à la page 277).
[36] Les demandeurs soutiennent qu’une nouvelle
convention constitutionnelle a été créée lorsque le projet
de loi C-16 a reçu la sanction royale (mémoire des faits et
du droit des demandeurs, au paragraphe 47). Ils prétendent
que la nouvelle convention limite le pouvoir discrétionnaire du premier ministre de conseiller au gouverneur
général de dissoudre le Parlement à deux situations :
d’abord, lorsqu’il s’agit de respecter le calendrier électoral
prévu au paragraphe 56.1(2), et deuxièmement, lorsque
la Chambre des communes vote la censure (mémoire des
faits et du droit des demandeurs, aux paragraphes 42, 44
et 46).
[37] Le critère qui s’applique lorsqu’il s’agit de
déterminer l’existence d’une convention a été adopté par
la Cour suprême dans le Renvoi sur le rapatriement. Ce
critère comprend trois questions : premièrement, quels
sont les précédents; deuxièmement, les protagonistes,
dans ces précédents, se croyaient-ils liés par une règle;
troisièmement, la règle repose-t-elle sur une raison?
[38] Les demandeurs soutiennent que, en l’espèce, le
critère des trois questions est respecté. En ce qui concerne
la première question, ils prétendent qu’il existe de
nombreux précédents établissant l’existence d’une
nouvelle convention, comme l’appui au projet de loi
C-16 des dirigeants des partis politiques fédéraux, des
extraits des délibérations parlementaires disant que
l’objet du projet de loi C-16 est d’établir des élections à
date fixe et le fait que le pouvoir exécutif de plusieurs
provinces a fait adopter une loi prévoyant des élections
à date fixe et s’y est conformé (mémoire des faits et du
droit des demandeurs, aux paragraphes 36 et 44).
[39] Pour ce qui est de la deuxième question, les
demandeurs soutiennent que les protagonistes politiques
concernés sont les dirigeants des partis politiques fédéraux
(mémoire des faits et du droit des demandeurs, au
paragraphe 37).
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
c. CANADA
427
[40] With regard to the final question in the test, the
applicants submit that there were several reasons for
the creation of a new convention. They submit various
excerpts from press releases from the Conservative
government of the time, as well as statements to
Parliament to the effect that the goals of Bill C-16 were
to increase fairness, transparency and predictability in
the federal electoral system (applicants’ memorandum
of fact and law, at paragraphs 36, 46).
[40] Quant à la dernière question du critère, les
demandeurs estiment que plusieurs raisons justifient la
création d’une nouvelle convention. Ils produisent divers
extraits de communiqués du gouvernement conservateur
de l’heure, ainsi que des déclarations faites au Parlement
et voulant que les objectifs du projet de loi C-16 étaient
d’accroître l’équité, la transparence et la prévisibilité du
régime électoral fédéral (mémoire des faits et du droit
des demandeurs, aux paragraphes 36 et 46).
[42] The respondents submit that the second question
in the test has not been met because the relevant office
holders are the Prime Minister and the Governor General.
They submit that statements from one or more prime
ministers supporting the existence of a new restriction
would be necessary to establish a constitutional convention
(respondents’ memorandum of fact and law, at paragraph
54).
[42] Les défendeurs estiment que la réponse à la
deuxième question n’est pas satisfaisante, car les titulaires
de charge publique en cause sont le premier ministre et le
gouverneur général. Ils soutiennent que des déclarations
d’un ou de plusieurs premiers ministres reconnaissant
l’existence d’une nouvelle restriction seraient nécessaires
pour établir une convention constitutionnelle (mémoire
des faits et du droit des défendeurs, au paragraphe 54).
[44] The applicants also submit that there is a second
way that a constitutional convention can be created,
separate from the Supreme Court’s test that recognizes
conventions through usage. This second way consists of
an explicit agreement by the political actors to the effect
that they would behave in certain ways. The applicants
submit that Bill C-16 was such an agreement (applicants’
memorandum of fact and law, at paragraphs 32, 36). In
making this submission, the applicants rely on Andrew
Heard’s book Canadian Constitutional Conventions:
The Marriage of Law and Politics [Toronto: Oxford
University Press, 1991]. In his book, Heard writes that
interpreting conventions as being established only after
a precedent occurs is incorrect (applicants’ record,
Volume III, at page 423). Heard [at page 13] refers to the
1930 Imperial Conference to support this statement.
[44] Les demandeurs soutiennent également qu’il y a
une deuxième façon de créer une convention constitutionnelle, distincte du critère de la Cour suprême qui reconnaît
les conventions selon l’usage. Cette deuxième façon est
un accord explicite des acteurs politiques s’engageant à
se comporter d’une certaine manière. Les demandeurs
disent que le projet de loi C-16 est un accord de cette
nature (mémoire des faits et du droit des demandeurs,
aux paragraphes 32 et 36). Pour faire cette affirmation,
les demandeurs s’appuient sur l’ouvrage d’Andrew Heard,
Canadian Constitutional Conventions: The Marriage of
Law and Politics [Toronto : Oxford University Press,
1991]. L’auteur y écrit que l’interprétation selon laquelle
les conventions ne sont établies qu’après un précédent
est erronée (dossier des demandeurs, volume III, à la
page 423). Heard [à la page 13] appuie sa position sur la
[41] In reply, the respondents submit that there are no
precedents to demonstrate the existence of a new
convention. The respondents are of the view that the only
relevant precedent is the Prime Minister’s decision of
September 7, 2008, which contradicts the applicants’
submission that a new convention has been created
(respondents’ memorandum of fact and law, at paragraph
27).
[43] The respondents did not make submissions regarding the third question of the test.
[41] Les défendeurs répondent qu’il n’existe aucun
précédent qui témoigne de l’existence d’une nouvelle
convention. Ils sont d’avis que le seul précédent pertinent
est la décision prise par le premier ministre le 7 septembre
2008, qui contredit la thèse des demandeurs selon laquelle
une nouvelle convention a été créée (mémoire des faits
et du droit des défendeurs, au paragraphe 27).
[43] Les défendeurs n’ont rien dit à propos de la
troisième question du critère.
428
CONACHER
During that Conference, it was agreed that British
ministers could no longer advise the monarch on the
appointment of governors to the Dominions. According
to Heard [at page 13], although there was no precedent
for this act, it was evident that the powers of the British
ministers were extinct once the agreement was signed
(applicants’ record, Volume III, at page 423).
[45] Although it is not submitted by the applicants,
Peter Hogg acknowledges the concept of creating conventions by explicit agreement in his book Constitutional
Law of Canada. This method consists of all “relevant
officials” agreeing to adopt a certain rule of conduct. If
that were to occur, Hogg writes, the rule “may immediately
come to be regarded as obligatory” (Hogg, Volume 1, at
page 27). It should be noted that Hogg qualifies his statements in footnote 139 where he refers to R. T. E. Latham’s
1949 book The Law and the Commonwealth [London:
Oxford University Press]. In his book, Latham points out
that an agreement in the domestic sphere “rarely, if ever”
creates a convention, because the relevant actors lack the
ability to bind the behaviour of their successors; rather,
Latham states that explicit agreements have been known
to create conventions in Commonwealth affairs (Hogg,
Volume 1, at page 27, footnote 139).
[46] Regardless of which of the two methods is
adopted by this Court, whether it is the Supreme Court’s
test or the explicit agreement method, the applicants have
failed to establish the existence of a convention. The
three question test fails because there are no precedents
in this regard from the relevant actors. It is clear in this
case that the relevant actors are the Prime Minister and
the Governor General. The applicants’ submission that
the relevant actors consist of the leaders of the federal
political parties does not stand to reason because the
leaders of the political parties have no power, be it
conventional or legal, to dissolve Parliament. In the
Quebec Veto Reference, the Supreme Court held [at page
816] that “Recognition by the actors in the precedents is
not only an essential element of conventions. In our
opinion, it is the most important element since it is the
normative one, the formal one which enables us unmis-
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
conférence impériale de 1930, au cours de laquelle il a
été convenu que les ministres britanniques ne pourraient
plus conseiller le monarque au sujet de la nomination de
gouverneurs des dominions. Selon Heard [à la page 13],
bien qu’il n’y ait eu aucun précédent à cet égard, il est
évident que les pouvoirs des ministres britanniques ont
disparus, une fois l’accord signé (dossier des demandeurs,
volume III, à la page 423).
[45] Bien que l’ouvrage n’ait pas été présenté par les
demandeurs, Peter Hogg prend acte de l’idée de création
de conventions par accord explicite dans Constitutional
Law of Canada. Selon cette méthode, tous les « responsables compétents » acceptent d’adopter une certaine règle
de conduite. Si cela se produit, écrit l’auteur, la règle
[TRADUCTION] « peut être considérée immédiatement
comme étant exécutoire » (Hogg, volume 1, à la page 27).
Il importe d’ajouter que Hogg exprime des réserves à
propos de ces affirmations dans la note de bas de page
139, où il se reporte à un livre que R. T. E. Latham a fait
paraître en 1949, The Law and the Commonwealth
[Londres : Oxford University Press]. Dans ce livre,
Latham fait observer qu’un accord dans la sphère
intérieure crée « rarement, voire jamais » une convention
parce que les acteurs compétents n’ont pas la capacité
d’imposer le comportement à leurs successeurs; Latham
affirme plutôt que des accords explicites ont créé des
conventions dans les affaires du Commonwealth (Hogg,
volume 1, à la page 27, note en bas de page 139).
[46] Que la Cour adopte une méthode ou l’autre, soit
le critère de la Cour suprême, soit la méthode de l’accord
explicite, les demandeurs n’ont pas réussi à établir
l’existence d’une convention. Le critère de trois questions
n’est pas respecté, car il n’y a pas de précédents à cet égard
de la part des acteurs compétents. Il est clair dans ce cas
que les acteurs compétents sont le premier ministre et le
gouverneur général. La thèse des demandeurs voulant
que les acteurs compétents soient les dirigeants des partis
politiques fédéraux ne résiste pas à l’analyse, car ces
dirigeants n’ont pas le pouvoir, ni conventionnel, ni
juridique, de dissoudre le Parlement. Dans le Renvoi
relatif au veto du Québec, la Cour suprême a dit [à la
page 816] : « La reconnaissance par les acteurs dans les
précédents n’est pas seulement un élément essentiel des
conventions. C’est, à notre avis, l’élément normatif et
donc, le plus important, l’élément formel qui permet de
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
takably to distinguish a constitutional rule from a rule of
convenience or from political expediency.” It is clear that
there has been no such recognition in this case.
c. CANADA
429
faire avec certitude la distinction entre une règle constitutionnelle et une règle de convenance ou une ligne de
conduite jugée opportune sur le plan politique. » Il est
clair que cette reconnaissance n’a pas eu lieu en l’espèce.
[47] The explicit agreement method fails because the
intention of the political actors, seen primarily through
statements of Cabinet members, has not been explicit.
Even if, in fact, it is explicit, it is doubtful that a domestic
convention can be initiated solely through the explicit
agreement of the parties, recognizing that such agreement
has only been acknowledged on an international level
within the Commonwealth framework. Also, as has been
stated, the relevant actors in this convention are the
Governor General and the Prime Minister and there are
no statements from either of the actors to the effect that
a new convention had been created.
[47] La méthode de l’accord explicite n’est pas
respectée parce que l’intention des acteurs politiques,
exprimée surtout par des déclarations de membres du
Cabinet, n’a pas été explicite. Et même si elle l’était, il
est douteux qu’une convention canadienne puisse trouver
sa source uniquement dans l’accord explicite des parties;
il faut admettre que semblable accord n’a été reconnu
qu’à l’échelle internationale, dans le cadre du Commonwealth. De plus, comme il a été affirmé, les acteurs
compétents, dans cette convention, sont la gouverneure
générale et le premier ministre, et ils n’ont fait aucune
déclaration comme quoi une nouvelle convention avait
été créée.
Issue 3: Did the Prime Minister’s decision of
September 7, 2008 contravene section 56.1 of the
Canada Elections Act?
Question 3 : La décision prise par le premier ministre
le 7 septembre 2008 va-t-elle à l’encontre de l’article
56.1 de la Loi électorale du Canada?
[48] This is a question of statutory interpretation. The
Supreme Court of Canada held that the preferred approach
to statutory interpretation is to read the words of an Act
in their entire context and “in their grammatical and
ordinary sense harmoniously with the scheme of the Act,
the object of the Act, and the intention of Parliament”
(Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998] 1 S.C.R. 27, at
paragraph 21).
[48] Il s’agit d’une question d’interprétation législative.
La Cour suprême du Canada a dit que l’approche à
privilégier dans l’interprétation des lois est de lire les
termes de la loi dans leur contexte global et « en suivant
le sens ordinaire et grammatical qui s’harmonise avec
l’esprit de la loi, l’objet de la loi et l’intention du
législateur » (Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998] 1
R.C.S. 27, au paragraphe 21).
[50] The applicants submit that the objective of section
56.1 is to preclude the calling of “snap elections” by
prohibiting prime ministers from requesting dissolution
except in accordance with the terms of section 56.1(2)
or if there has been a prior vote of non-confidence
(applicants’ memorandum of fact and law, at paragraph
60). They ask this Court to interpret section 56.1 to
include these limitations.
[50] Les demandeurs soutiennent que l’objet de l’article 56.1 est d’empêcher la tenue d’« élections éclair » en
interdisant au premier ministre de demander la dissolution,
sauf dans le respect des dispositions du paragraphe 56.1(2)
ou s’il y a eu au préalable un vote de censure (mémoire
des faits et du droit des demandeurs, au paragraphe 60).
Ils demandent à la Cour d’interpréter l’article 56.1 comme
comprenant ces restrictions.
[49] Section 56.1 has two parts: subsection 56.1(1)
leaves the Governor General’s power untouched and
subsection 56.1(2) states when elections are to be held.
[49] L’article 56.1 se divise en deux parties : le paragraphe 56.1(1) laisse inchangé le pouvoir du gouverneur
général tandis que le paragraphe 56.1(2) précise quand
les élections doivent avoir lieu.
430
CONACHER
[51] The respondents reply with evidence that shows
section 56.1 was never intended to be legally binding on
the Prime Minister (respondents’ memorandum of fact
and law, at paragraphs 14–15). They also submit that
amendments to the Office of the Governor General
cannot be accomplished by ordinary statute, but require
a constitutional amendment under section 41 of the
Constitution Act, 1982.
[52] The respondents submit the purpose of section
56.1 is to create a “statutory expectation” of a certain
date for election, without making the expected election
dates legally enforceable (respondents’ memorandum of
fact and law, at paragraph 38). This submission causes an
interpretative problem, namely, if the respondents are
correct, why did Parliament use the mandatory word
“must” in subsection 56.1(2)? In order to resolve this
problem, the Court must examine the section’s constitutional and legislative context.
[53] It is important to examine the constitutional
context because Canada has a system of constitutional
supremacy that lays out the boundaries of Parliament’s
power. In this case, the constitutional context is that the
Governor General has discretion to dissolve Parliament
pursuant to Crown prerogative and section 50 of the
Constitution Act, 1867. Any tampering with this discretion may not be done via an ordinary statute, but requires
a constitutional amendment under section 41 of the
Constitution Act, 1982, which requires unanimous consent
of all provincial governments as well as the federal
government before a change can be made to the “office
of the Governor General”. Subsection 56.1(1) explicitly
leaves the Governor General’s discretion untouched.
[54] The legislative context is reflected in the Hansard
record and press releases from the Conservative
government of the time. The applicants use Hansard
extensively in their submissions to attempt to show the
intention of Parliament. The respondents submit that
Hansard, alone, should not be used in this context because
it could lead to ambiguity in respect of the intention and
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[51] Les défendeurs répondent par des éléments de
preuve qui montrent que l’article 56.1 n’a jamais été conçu
pour lier juridiquement le premier ministre (mémoire des
faits et du droit des défendeurs, aux paragraphes 14 et
15). Ils soutiennent également qu’il est impossible de
modifier la charge de gouverneur général au moyen d’une
simple loi, et qu’il faut plutôt apporter un amendement
à la Constitution, conformément à l’article 41 de la Loi
constitutionnelle de 1982.
[52] Les défendeurs prétendent que l’objet de l’article
56.1 est de susciter une « attente législative » à l’égard
de la tenue d’élections à une date donnée, sans rendre
exécutoires les dates d’élections prévues (mémoire des
faits et du droit des défendeurs, au paragraphe 38). Cette
thèse présente un problème d’interprétation. En effet, si
les défendeurs ont raison, pourquoi le Parlement a-t-il
employé le présent de l’indicatif, traduisant une obligation, au paragraphe 56.1(2)? Pour élucider la question, la
Cour doit étudier le contexte constitutionnel et législatif
de l’article.
[53] Il importe d’examiner le contexte constitutionnel,
car le Canada a un régime de suprématie constitutionnelle
qui fixe les limites du pouvoir du Parlement. En l’espèce,
le contexte constitutionnel est que le gouverneur général
a le pouvoir discrétionnaire de dissoudre le Parlement en
vertu de la prérogative de l’État et de l’article 50 de la
Loi constitutionnelle de 1867. Aucune modification de
ce pouvoir discrétionnaire ne peut se faire au moyen
d’une loi ordinaire. Un amendement constitutionnel
prévu par l’article 41 de la Loi constitutionnelle de 1982
est nécessaire. Il faut donc le consentement unanime des
gouvernements provinciaux et du gouvernement fédéral
avant qu’une modification ne puisse être apportée à la
« charge du gouverneur général ». Le paragraphe 56.1(1)
laisse explicitement intact le pouvoir discrétionnaire du
gouverneur général.
[54] Le contexte législatif trouve son expression dans
le Hansard et les communiqués du gouvernement conservateur de l’heure. Les demandeurs citent fréquemment
le Hansard dans leurs observations pour tenter de mettre
en lumière l’intention du Parlement. Les défendeurs
soutiennent que le Hansard seul ne peut être utilisé dans
ce contexte, car cela pourrait aboutir à une ambiguïté en
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
meaning of the legislation itself (respondents’ memorandum of fact and law, at paragraph 33).
[55] The respondents are correct that the Hansard
record is ambiguous, especially in respect of the intended
effects of section 56.1. For example, the applicants
submit a statement from the Prime Minister to the House
of Commons that the fixed-date legislation was “modelled
on those of the provinces, to set elections every four years
and set the next election for October 2009” (applicants’
memorandum of fact and law, at paragraph 5 [see also
House of Commons Debates, No. 029 (May 30, 2006), at
page 1722]). This suggests an intention to change the
electoral rules. The applicants’ memorandum also contains
a statement from Minister Rob Nicholson that “by
providing that elections are to be held every four years in
October, the bill establishes a statutory expectation that
the relevant political and administrative officers will
govern themselves accordingly to accomplish this end—
working within the rules and conventions of parliamentary
and responsible government” (applicants’ memorandum
of fact and law, at paragraph 8 [see also Standing Senate
Committee on Legal and Constitutional Affairs. Proceedings, No. 18 (December 7, 2006), at page 18:145]). This
suggests an intention to leave the existing electoral rules
unchanged. The respondents also point to other statements
of Minister Nicholson, such as “[t]he Governor General’s
legal power under the Constitution and the exercise of
that power on the advice of the Prime Minister are
fundamentally and inseparably linked. If one limits the
Prime Minister’s ability to advise, one risks constraining
the Governor General’s power in a way that would be
unconstitutional” to show that there was never any
intention for Bill C-16 to bind the Prime Minister
(respondents’ memorandum of fact and law, at paragraph
14 [see also Standing Committee on Procedure and House
Affaires. Evidence, No. 018 (September 26, 2006), at
page 2]). It is the Court’s conclusion that the Hansard
record is ambiguous and does not establish an intention
to bind the Prime Minister.
c. CANADA
431
ce qui concerne l’intention et le sens de la loi elle-même
(mémoire des faits et du droit des défendeurs, au
paragraphe 33).
[55] Les défendeurs ont raison de dire que le compte
rendu du Hansard est ambigu, surtout en ce qui concerne
les effets visés par l’article 56.1. Ainsi, les demandeurs
présentent une déclaration que le premier ministre a faite
à la Chambre des communes, disant à propos de la loi
sur les élections à date fixe : « Nous avons présenté une
mesure législative, modelée sur celles qui existent dans
les provinces, pour prévoir des élections à date fixe tous
les quatre ans, les prochaines étant prévues pour octobre
2009 » (mémoire des faits et du droit des demandeurs, au
paragraphe 5 [voir aussi Débats de la Chambre des
communes, no 029 (30 mai 2006), à la page 1723]). Voilà
qui laisse présager l’intention de modifier les règles
électorales. Le mémoire des demandeurs contient
également une déclaration du ministre Rob Nicholson :
« en prévoyant que les élections se tiendront tous les
quatre ans en octobre, il [le projet de loi] établit l’attente
législative que les autorités politiques et administratives
se comporteront en conséquence — agiront en respectant
les règles et conventions d’un gouvernement parlementaire et responsable » (mémoire des faits et du droit des
demandeurs, au paragraphe 8 [voir aussi Comité sénatorial
permanent des Affaires juridiques et constitutionnelles.
Délibérations, no 018 (7 décembre 2006), à la page
18:145]). Cela donne à penser qu’on a l’intention de
laisser inchangées les règles électorales existantes. Les
défendeurs signalent également d’autres déclarations du
ministre Nicholson, par exemple : « Le pouvoir légal du
gouverneur général au titre de la Constitution et l’exercice de ce pouvoir sur le conseil du premier ministre sont
des éléments fondamentalement et inséparablement
reliés. Limiter la possibilité pour le premier ministre de
conseiller le gouverneur général risque de limiter les
pouvoirs de ce dernier d’une manière qui pourrait être
jugée anticonstitutionnelle », pour montrer qu’on n’a
jamais eu l’intention que le projet de loi C-16 lie le premier ministre (mémoire des faits et du droit des défendeurs,
au paragraphe 14 [voir aussi Comité permanent de la
procédure et des affaires de la Chambre. Témoignages,
no 018 (26 septembre 2006), à la page 2]). La Cour arrive
à la conclusion que le compte rendu du Hansard est
ambigu et qu’il n’établit pas l’intention que le projet de
loi lie le premier ministre.
432
CONACHER
[56] A quote from Hansard that is not raised by the
parties is a statement by Minister Rob Nicholson before
the Standing Committee on Procedure and House Affairs.
When questioned about whether Bill C-16 would leave
the Prime Minister with the power to recommend the
dissolution of Parliament at any time before the prescribed
date, Minister Nicholson said that Bill C-16 “is crafted
in a way that the prerogatives of the Prime Minister to
advise the Governor General, and the Governor General’s
prerogatives, are in no way diminished” [emphasis added]
(applicants’ record, Volume I, Exhibit “I” to the affidavit
of Duff Conacher, at page 90 [see also Standing Committee on Procedure and House Affairs. Evidence, No.
18 (September 26, 2006), at page 5]). This statement is
another example of the ambiguity of Hansard, if used
alone, and the statement demonstrates an intention not
to legally bind the Prime Minister’s discretion.
[57] The applicants ask this Court to interpret section
56.1 to include a condition that the Prime Minister will
not request dissolution unless there has been a prior vote
of non-confidence. The applicants submit that Bill C-16
had the purpose of requiring that federal elections be
held on specific dates unless there is a prior vote of nonconfidence (applicants’ memorandum of fact and law, at
paragraph 1). The applicants submit statements from
Hansard as evidence of this purpose (applicants’ memorandum of fact and law, at paragraphs 6–9). It is on
Hansard that the applicants hang their case and, as
specified, the Hansard record, alone, is ambiguous. The
applicants’ submissions are not supported by the language
of section 56.1. Subsection 56.1(1) states that the Governor
General’s discretion is not affected by section 56.1.
Subsection 56.1(2) states that elections must be held on
certain dates and says nothing about votes of nonconfidence.
[58] The applicants ask this Court to perform complicated interpretative footwork. One of the problems with
their approach is that the text of section 56.1 is silent on
votes of non-confidence. Section 56.1 cannot be read as
legislating binding dates for elections because, as the
respondents point out, the government could fall at any
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[56] Une citation extraite du Hansard qui n’a pas été
présentée par les parties est une déclaration du ministre
Rob Nicholson faite au Comité permanent de la procédure
et des affaires de la Chambre. Comme on lui demandait
si le projet de loi C-16 laisserait au premier ministre le
pouvoir de recommander la dissolution du Parlement à
tout moment, avant la date prescrite, le ministre a dit que
le projet de loi C-16 « est rédigé de telle manière que les
prérogatives du premier ministre de conseiller le gouverneur général, et du gouverneur général de déclencher
les élections, ne sont pas touchées » [non souligné dans
l’original] (dossier des demandeurs, volume I, pièce « I »
de l’affidavit de Duff Conacher, à la page 90 [voir aussi
Comité permanent de la procédure et des affaires de la
Chambre. Témoignages, no 018 (26 septembre 2006), à la
page 5]). Cette déclaration constitue un autre exemple
de l’ambiguïté du Hansard, s’il est considéré isolément,
et elle traduit l’intention de ne pas imposer une contrainte
législative au pouvoir discrétionnaire du premier ministre.
[57] Les demandeurs invitent la Cour à interpréter
l’article 56.1 comme si elle contenait une condition selon
laquelle le premier ministre ne demandera pas la dissolution des chambres à moins qu’il n’y ait eu au préalable
un vote de censure. Les demandeurs soutiennent que le
projet de loi C-16 avait pour but d’exiger que les élections fédérales aient lieu à des dates précises, à moins que
ne survienne au préalable un vote de censure (mémoire
des faits et du droit des demandeurs, au paragraphe 1).
Les demandeurs présentent des déclarations consignées
dans le Hansard comme attestant ce but (mémoire des
faits et du droit des demandeurs, aux paragraphes 6 à 9).
C’est sur ce compte rendu que les demandeurs font reposer
leur cause et, comme il a été précisé, le compte rendu du
Hansard, pris isolément, est ambigu. Les arguments des
demandeurs ne sont pas étayés par le libellé de l’article
56.1, dont le paragraphe (1) dispose qu’il n’est pas porté
atteinte au pouvoir discrétionnaire du gouverneur général
par cette disposition. Le paragraphe 56.1(2) dit que les
élections doivent avoir lieu à certaines dates, mais il ne
dit rien au sujet des votes de censure.
[58] Les demandeurs invitent la Cour à réaliser des
acrobaties d’interprétation. L’un des problèmes posés par
cette approche est que l’article 56.1 ne dit pas un mot sur
les votes de censure. Cet article ne peut s’interpréter
comme imposant des dates obligatoires pour la tenue des
élections, car, comme les défendeurs le signalent, le
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
time as a result of a vote of non-confidence (respondents’
memorandum of fact and law, at paragraph 38). The
applicants agree that a request for dissolution following
a vote of non-confidence would not violate section 56.1
(applicants’ memorandum of fact and law, at paragraph
60). Based on this agreement, the imperative word
“must” in subsection 56.1(2) loses some of its authority.
It is the Court’s conclusion that, based on this exemption,
it would be simpler to interpret section 56.1 as not being
binding on the Prime Minister than to interpret it as having
two unwritten clauses, the first to bind the Prime Minister
to the dates in subsection 56.1(2) and the other to exempt
the Prime Minister when a vote of non-confidence,
which section 56.1 neither defines nor mentions, occurs.
[59] It is also important that “vote of non-confidence”
does not have a firm definition. Hogg writes that there
are several ways that a government can lose the confidence
of Parliament. He writes that if the House of Commons
passes a motion of “no confidence”, the government will
have lost the confidence of the House. He also writes
that “the defeat of the government on any important vote
is usually regarded as a withdrawal of confidence”
(emphasis added). He also writes that a defeat of the
government on a minor matter is not usually considered
to be a loss of confidence, but he does not rule out that
possibility (Hogg, Volume 1, at page 288). A government
losing the confidence of the House of Commons is an
event that does not have a strict definition and often
requires the judgment of the Prime Minister. If this Court
is to interpret section 56.1 in the manner the applicants
suggest, this Court would have to define a “vote of nonconfidence” or else leave section 56.1 ambiguous. It is
the Court’s conclusion that votes of non-confidence are
political in nature and lack legal aspects. The determination
of when a government has lost the confidence of the
House should be left to the Prime Minister and not be
turned into a legal issue for the courts to decide.
Issue 4: Did the Prime Minister’s decision of
September 7, 2008 to advise the Governor General
to dissolve Parliament contravene section 3 of the
Canadian Charter of Rights and Freedoms?
c. CANADA
433
gouvernement peut tomber à tout moment à cause d’un
vote de censure (mémoire des faits et du droit des défendeurs, au paragraphe 38). Les demandeurs admettent
d’une demande de dissolution faisant suite à un vote de
censure ne violerait pas l’article 56.1 (mémoire des faits
et du droit des demandeurs, au paragraphe 60). Sur la foi
de cet accord, l’emploi au sens impératif de l’indicatif
présent au paragraphe 56.1(2) perd une partie de son
autorité. La Cour conclut, sur la foi de cette exemption,
qu’il serait plus simple d’interpréter l’article 56.1 comme
ne liant pas le premier ministre plutôt que de l’interpréter
comme si elle était assortie de deux dispositions non
écrites, la première liant le premier ministre aux dates
prévues au paragraphe 56.1(2) et l’autre le soustrayant à
cette obligation en cas de vote de censure, notion que
l’article 56.1 ne définit pas et ne mentionne pas.
[59] Il importe également de dire que la notion de
« vote de censure » n’a pas de définition ferme. Hogg
écrit que le gouvernement peut perdre la confiance du
Parlement de plusieurs façons. Il écrit que, si la Chambre
des communes adopte une motion de « censure », le gouvernement a perdu la confiance de la Chambre. Il ajoute
également que [TRADUCTION] « la défaite du gouvernement
sur tout vote important est habituellement considérée
comme un retrait de la confiance » (non souligné dans
l’original). Il ajoute que la défaite du gouvernement sur
une question mineure n’est habituellement pas considérée
comme un retrait de la confiance, mais il n’exclut pas
cette possibilité (Hogg, volume 1, à la page 288). La perte
de la confiance de la Chambre envers le gouvernement
est un fait qui n’a pas de définition stricte, et elle exige
souvent du premier ministre qu’il exerce son jugement.
Si la Cour interprétait l’article 56.1 dans le sens souhaité
par les demandeurs, elle devrait définir la notion de « vote
de censure » ou laisser persister l’ambiguïté de l’article
56.1. La Cour conclut que les votes de censure sont de
nature politique et qu’il leur manque une dimension
juridique. On devrait laisser au premier ministre le soin
de décider quand le gouvernement a perdu la confiance
de la Chambre au lieu de faire de la question une affaire
juridique que les tribunaux doivent trancher.
Question 4 : La décision prise par le premier ministre
le 7 septembre 2008 de conseiller à la gouverneure
générale de dissoudre le Parlement va-t-elle à
l’encontre de l’article 3 de la Charte canadienne des
droits et libertés?
434
CONACHER
[60] The applicants submit that the Prime Minister’s
decision contravened the principles of electoral fairness
enshrined in section 3 of the Charter. The basis of the
applicants’ submission is their belief that the Prime
Minister’s discretion creates an unfair advantage for the
Prime Minister’s political party. The applicants submit
that their interpretation of section 56.1 eliminates that
which the applicants perceive as a potential problem in
the electoral system and that it was unfair for the Prime
Minister not to abide by the terms of that section (applicants’ memorandum of fact and law, at paragraph 52).
[61] There are several problems with the applicants’
submissions. First, the applicants do not provide any
legal reasons to support their submission that the election
of 2008 was unfair. The Supreme Court outlined the
purpose of section 3 in the case of Figueroa v. Canada
(Attorney General), 2003 SCC 37, [2003] 1 S.C.R. 912.
In that case, the Court held that the purpose of section 3
is to protect the “right of each citizen to play a meaningful
role in the electoral process” (at paragraph 26). The
Supreme Court defined a “fair election” in the case of
Harper v. Canada (Attorney General), 2004 SCC 33,
[2004] 1 S.C.R. 827 as the right to “meaningfully
participate” in the electoral process. The Court held that
participation is “meaningful” when a citizen is able to vote
in an informed manner (at paragraph 71). The applicants
submit that the Prime Minister’s discretion “differentiates
between political parties” in a way that has an adverse
impact on the ability of citizens to play a “meaningful
role in the electoral process” (applicants’ memorandum
of fact and law, at paragraph 50). The respondents reply
that there is no evidence that the applicants, or the
political parties whose interests they purport to defend,
were disadvantaged by the dissolution of Parliament on
September 7, 2008 (respondents’ memorandum of fact
and law, at paragraphs 72, 75 and 76).
[62] Second, a finding that the election of 2008 violated
section 3 would have an enormous impact on parties
outside of this application. The respondents submit that a
finding that the election of 2008 violated section 3 would
mean that every federal election since April 17, 1982
also violated section 3 (respondents’ memorandum of
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[60] Les demandeurs soutiennent que la décision du
premier ministre est allée à l’encontre des principes de
justice électorale consacrés à l’article 3 de la Charte. La
thèse des demandeurs repose sur leur conviction que le
pouvoir discrétionnaire du premier ministre donne un
avantage injuste à son parti politique. Les demandeurs
prétendent que leur interprétation de l’article 56.1 élimine
ce qu’ils perçoivent comme un problème possible du
régime électoral et qu’il était injuste que le premier
ministre déroge aux dispositions de cet article (mémoire
des faits et du droit des demandeurs, au paragraphe 52).
[61] Les arguments des demandeurs présentent plusieurs problèmes. D’abord, les demandeurs ne fournissent
pas de raisons de nature juridique pour appuyer leur
affirmation selon laquelle les élections de 2008 ont été
injustes. La Cour suprême du Canada a expliqué la raison
d’être de l’article 3 dans Figueroa c. Canada (Procureur
général), 2003 CSC 37, [2003] 1 R.C.S. 912. Dans cet
arrêt, la Cour suprême a dit que la raison d’être de
l’article 3 était de protéger le « droit de tout citoyen de
jouer un rôle significatif dans le processus électoral » (au
paragraphe 26). Dans l’arrêt Harper c. Canada (Procureur
général), 2004 CSC 33, [2004] 1 R.C.S. 827, la Cour
suprême a défini la notion d’« élections équitables »
comme le droit de « participer utilement » au processus
électoral. Selon la Cour, la participation est « utile »
lorsque l’électeur est en mesure de voter de manière
éclairée (au paragraphe 71). Les demandeurs soutiennent
que le pouvoir discrétionnaire du premier ministre
[TRADUCTION] « établit une différence entre les partis
politiques » d’une manière qui nuit à la capacité des
électeurs de jouer [TRADUCTION] « un rôle utile dans le
processus électoral » (mémoire des faits et du droit des
demandeurs, au paragraphe 50). Les défendeurs répondent
que rien ne prouve que les demandeurs, ou les partis
politiques dont ils prétendent défendre les intérêts, n’ont
été désavantagés par la dissolution du Parlement, le
7 septembre 2008 (mémoire des faits et du droit des
défendeurs, aux paragraphes 72, 75 et 76).
[62] Deuxièmement, une conclusion voulant que les
élections de 2008 aient violé l’article 3 aurait des
conséquences énormes pour des parties étrangères à la
demande. Les défendeurs soutiennent qu’une conclusion
en ce sens voudrait dire que toutes les élections fédérales
qui ont eu lieu depuis le 17 avril 1982 ont également violé
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
c. CANADA
435
fact and law, at paragraph 78). Although the applicants
try to limit their argument to so-called “snap elections”
(elections that are called while the Prime Minister has
the confidence of the House of Commons), the Governor
General has complete discretion to dissolve Parliament
and the Prime Minister has complete discretion to advise
the Governor General to dissolve Parliament. Therefore,
all Canadian federal elections could be perceived to be
“snap elections” because none of them have any legal
limitation on when they are to be called.
l’article 3 (mémoire des faits et du droit des défendeurs,
au paragraphe 78). Bien que les demandeurs essaient de
limiter leur argument à ce qu’on appelle des « élections
éclair » (élections qui sont convoquées lorsque le premier
ministre a la confiance de la Chambre des communes),
le gouverneur général a le pouvoir discrétionnaire absolu
de dissoudre le Parlement, et le premier ministre a le pouvoir discrétionnaire absolu de conseiller au gouverneur
général de dissoudre le Parlement. Par conséquent, toutes
les élections fédérales au Canada pourraient être perçues
comme des « élections éclair » parce que, dans aucun cas,
il n’y avait de contrainte législative quant au moment de
leur déclenchement.
Issue 5: Is declaratory relief an appropriate remedy
in these circumstances?
Question 5 : Une mesure déclaratoire est-elle une
réparation qui convient dans les circonstances?
[63] The applicants request a declaration to state that
the election of October 14, 2008 contravened section
56.1.
[63] Les demandeurs sollicitent une déclaration selon
laquelle les élections du 14 octobre 2008 sont allées à
l’encontre de l’article 56.1.
[65] In addition, the applicants request this Court to
declare that a constitutional convention has been established that prohibits the Prime Minister from advising
the Governor General to dissolve Parliament, except
when done in accordance with section 56.1 or after the
Prime Minister has lost the confidence of the House of
Commons (applicants’ memorandum of fact and law, at
paragraph 70).
[65] En outre, les demandeurs invitent la Cour à déclarer
qu’une convention constitutionnelle a été établie qui
interdit au premier ministre de conseiller au gouverneur
général de dissoudre le Parlement, sauf s’il le fait
conformément à l’article 56.1 ou s’il a perdu la confiance
de la Chambre des communes (mémoire des faits et du
droit des demandeurs, au paragraphe 70).
[64] The applicants also request a declaration to state
that the election of 2008 infringed the section 3 right of
all Canadians.
[64] Les demandeurs sollicitent également une déclaration selon laquelle les élections de 2008 ont porté
atteinte au droit garanti par l’article 3 à tous les Canadiens.
[66] Having explained the Court’s jurisdiction, none
of the above warrant the Court’s declaration.
[66] Compte tenu des explications sur la compétence de
la Cour, rien de ce qui précède ne justifie une déclaration
de la Cour.
VII. Court Conclusions as to the Respective Issues
VII. Conclusions de la Cour sur les diverses questions
Issue 1: Is the Prime Minister’s decision appropriate
subject-matter for a judicial review?
[67] Further to the applicants claim that an exercise of
prerogative violated section 3 of the Charter and thereby
Question 1 : La décision du premier ministre peutelle faire l’objet d’un contrôle judiciaire?
[67] Pour donner suite à la thèse des demandeurs voulant que l’exercice d’une prérogative ait violé l’article 3
436
CONACHER
this Court has a duty to determine that claim, exercises
of Crown prerogative are subject to judicial review if
they violate Charter rights.
[68] The case of Black v. Canada (Prime Minister),
above, shows that the Federal Court has jurisdiction over
direct exercises of Crown prerogative because they emanate from a federal source. Although some prerogatives
are reviewable, the Court must still determine whether a
particular prerogative is justiciable. The hallmark of
justiciability is whether the exercise of prerogative affects
the rights or legitimate expectations of an individual. In
the present case, no legal rights or legitimate expectations
were affected, other than a claim having been made
under the Charter, thus, the Prime Minister’s advice is
not reviewable. That being said, paragraph 18.1(4)(f) of
the Federal Courts Act gives the Court the power to
review, if, in fact, a decision maker acted “contrary to
law” which is what the applicants imply in regard to
section 56.1 of the Canada Elections Act.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
de la Charte et que, ainsi, la Cour a l’obligation de se
prononcer sur cette thèse, les exercices de la prérogative
de l’État peuvent faire l’objet d’un contrôle judiciaire
s’ils violent les droits garantis par la Charte.
[68] La décision Black v. Canada (Prime Minister),
précitée, montre que la Cour fédérale a compétence à
l’égard des exercices directs de la prérogative de l’État
parce qu’ils émanent d’une source fédérale. Bien que
certaines prérogatives puissent faire l’objet d’un contrôle
judiciaire, la Cour doit tout de même déterminer si une
prérogative donnée est justiciable. Le caractère distinctif
de la justiciabilité est le fait que l’exercice de la prérogative a un effet sur les droits ou les aspirations légitimes
d’une personne. Dans la présente affaire, aucun droit
juridique ni aucune aspiration légitime n’ont été touchés,
en dehors du fait qu’une demande a été faite en
application de la Charte. Par conséquent, le conseil du
premier ministre ne peut faire l’objet d’un contrôle. Cela
dit, l’alinéa 18.1(4)f) de la Loi sur les Cours fédérales
donne à la Cour le pouvoir d’exercer un contrôle si, dans
les faits, un décideur a agi « de façon contraire à la loi »,
ce que les demandeurs laissent entendre à l’égard de
l’article 56.1 de la Loi électorale du Canada.
[69] In this particular case, at this specific time, based
on precedents before this Court, the matter of convention,
in this set of circumstances (as analysed above), is
political in nature and is outside the jurisdiction of the
Court, bearing in mind the separation of powers under
constitutional supremacy.
[69] Dans ce cas particulier et en ce moment, compte
tenu des précédents présentés à la Cour, la question de
convention, dans les circonstances (analysées plus haut),
est de nature politique et ne relève pas de la compétence
de la Cour, étant donné la séparation des pouvoirs dans
un régime de suprématie constitutionnelle.
Issue 2: Did section 56.1 of the Canada Elections
Act create a constitutional convention whereby the
discretion of the Prime Minister, to advise the
Governor General to dissolve Parliament, is only to
be exercised in accordance with the terms of section
56.1 of the Canada Elections Act, unless there has
been a prior vote of non-confidence?
Question 2 : L’article 56.1 de la Loi électorale du
Canada crée-t-elle une convention constitutionnelle
selon laquelle le pouvoir discrétionnaire du premier
ministre de conseiller au gouverneur général de
dissoudre le Parlement ne doit être exercé que
conformément à l’article 56.1 de la Loi électorale
du Canada à moins que ne survienne plus tôt un
vote de censure?
[70] The Court rejects the applicants’ submissions
because the three question test has not been met. The Court
agrees with the respondents that there are no precedents
to establish the existence of a new convention that limits
the Prime Minister’s discretion to advise the Governor
General.
[70] La Cour rejette les observations des demandeurs
parce que le critère des trois questions n’a pas été satisfait.
Elle est d’accord avec les défendeurs pour dire qu’il
n’existe aucun précédent qui établirait l’existence d’une
nouvelle convention limitant le pouvoir discrétionnaire
du premier ministre de conseiller le gouverneur général.
[2010] 3 R.C.F.
CONACHER
[71] The applicants’ attempt to use the “explicit agreement” method fails for two reasons. First, the method
has only been used in international agreements within
the Commonwealth context. Second, no agreement is
evident because the legislative record is ambiguous and
section 56.1 does not mention conventions.
c. CANADA
437
[71] La tentative des demandeurs de recourir à la
méthode de l’« accord explicite » échoue pour deux
raisons. Premièrement, cette méthode n’a été utilisée que
dans des accords internationaux, dans le contexte du
Commonwealth. Deuxièmement, aucun accord ne
semble évident, car le compte rendu des délibérations
législatives est ambigu et l’article 56.1 ne fait aucune
mention de conventions.
[72] A court must exercise extreme caution when
deciding whether a convention exists. Although courts
have not given legal sanctions when a convention has
been breached, the opinions of courts on these matters
have historically had enormous repercussions. In this
specific case, the applicants’ evidence is ambiguous and
does not lead the Court to the conclusion that a
convention exists.
[72] Les tribunaux doivent faire preuve d’une extrême
prudence lorsqu’il s’agit de décider s’il existe une
convention. Bien qu’ils n’aient jamais imposé de
sanctions juridiques pour dérogation à une convention,
leurs opinions en cette matière ont toujours eu des
répercussions énormes. En l’espèce, les éléments de
preuve des demandeurs sont ambigus, et ils n’amènent
pas la Cour à conclure à l’existence d’une convention.
Issue 3: Did the Prime Minister’s decision of
September 7, 2008 contravene section 56.1 of the
Canada Elections Act?
Question 3 : La décision prise par le premier ministre
le 7 septembre 2008 va-t-elle à l’encontre de
l’article 56.1 de la Loi électorale du Canada?
[73] It is vitally important under constitutional
supremacy that the separation of powers be respected.
Justice McLachlin (as she then was, prior to becoming
Chief Justice) writes at page 389 of New Brunswick
Broadcasting Co. v. Nova Scotia (Speaker of the House
of Assembly), [1993] 1 S.C.R. 319:
Our democratic government consists of several branches: the
Crown, as represented by the Governor General and the provincial counterparts of that office; the legislative body; the executive;
and the courts. It is fundamental to the working of government
as a whole that all these parts play their proper role. It is equally
fundamental that no one of them overstep its bounds, that each
show proper deference for the legitimate sphere of activity of
the other. [Emphasis added.]
[74] The applicants ask this Court to interpret section
56.1 in a manner that would make political issues justiciable. If their submission that section 56.1 is intended to
force the Prime Minister to only request dissolution after
a vote of non-confidence is accepted, litigants could take
the Prime Minister to court to determine whether or not
a government had lost the confidence of the House of
[73] Il est d’une importance vitale, dans un régime de
suprématie constitutionnelle, que la séparation des
pouvoirs soit respectée. La juge McLachlin (tel était alors
son titre, avant qu’elle ne devienne juge en chef) écrit à
la page 389 de l’arrêt New Brunswick Broadcasting Co.
c. Nouvelle-Écosse (Président de l’Assemblée législative),
[1993] 1 R.C.S. 319 :
Notre gouvernement démocratique comporte plusieurs branches :
la Couronne représentée par le gouverneur général et ses homologues provinciaux, l’organisme législatif, l’exécutif et les
tribunaux. Pour assurer le fonctionnement de l’ensemble du
gouvernement, il est essentiel que toutes ces composantes jouent
le rôle qui leur est propre. Il est également essentiel qu’aucune de
ces branches n’outrepasse ses limites et que chacune respecte
de façon appropriée le domaine légitime de compétence de
l’autre. [Non souligné dans l’original.]
[74] Les demandeurs sollicitent de la Cour une interprétation de l’article 56.1 qui rendrait les questions
politiques justiciables. Si leur thèse voulant que l’article
56.1 vise à forcer le premier ministre à ne demander la
dissolution des chambres qu’après un vote de censure
était acceptée, des parties pourraient citer le premier
ministre devant les tribunaux pour déterminer si, oui ou
438
CONACHER
Commons. Similarly, a court would be able to force the
Prime Minister to dissolve Parliament, effectively dictating
to the Governor General to exercise his or her discretion.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
non, le gouvernement a perdu la confiance de la Chambre
des communes. Dans la même veine, un tribunal pourrait
contraindre le premier ministre à dissoudre le Parlement,
obligeant dans les faits le gouverneur général à exercer
son pouvoir discrétionnaire.
[75] It is the Court’s conclusion that the applicants’
submissions do not demonstrate a proper understanding
of the separation of powers. This Court disposes of this
matter to ensure that political issues (in time and context)
are not made to be legal ones. The remedy for the
applicants’ contention is not for the Federal Court to
decide, but rather one for the count of the ballot box.
[75] La Cour conclut que les arguments des demandeurs
ne traduisent pas une compréhension correcte de la séparation des pouvoirs. Elle tranche cette question de façon
à s’assurer que des questions de nature politique (dans le
temps et selon le contexte) ne sont pas transformées en
questions de nature juridique. Le recours, pour la thèse
des demandeurs, ne relève pas de la Cour fédérale, mais
de l’urne électorale.
Issue 4: Did the Prime Minister’s decision of
September 7, 2008 to advise the Governor General
to dissolve Parliament contravene section 3 of the
Canadian Charter of Rights and Freedoms?
Question 4 : La décision prise par le premier ministre
le 7 septembre 2008 de conseiller à la gouverneure
générale de dissoudre le Parlement va-t-elle à
l’encontre de l’article 3 de la Charte canadienne des
droits et libertés?
[76] No evidence was submitted by the applicants to
the Court that the 2008 election was “unfair”, as based
on the factors in Figueroa and Harper, above. In the case
of Figueroa, the Supreme Court held that section 3 gives
the right to “meaningful participation” in the electoral
process (at paragraph 25). Although the applicants
allege surprise and disruption prior to the election, it is
insufficient to ground a claim on such an issue because,
as the respondents submit, there is no evidence that
Democracy Watch could not perform its normal functions
during the election period (applicants’ memorandum
of fact and law, at paragraphs 20–22; respondents’
memorandum of fact and law, at paragraph 74).
[76] Les demandeurs n’ont présenté à la Cour aucun
élément de preuve attestant que les élections de 2008
n’ont pas été « équitables », d’après les facteurs abordés
dans les arrêts Figueroa et Harper précités. Dans l’arrêt
Figueroa, la Cour suprême a dit que l’article 3 donnait le
droit à une « participation utile » au processus électoral
(au paragraphe 25). Bien que les demandeurs allèguent
qu’il y a eu surprise et perturbation avant les élections,
cela ne suffit pas à fonder une réclamation à cet égard,
car, comme le soutiennent les défendeurs, rien ne prouve
que Démocratie en surveillance n’a pu remplir ses fonctions normales pendant la période électorale (mémoire
des faits et du droit des demandeurs, aux paragraphes 20,
21 et 22; mémoire des faits et du droit des défendeurs, au
paragraphe 74).
Issue 5: Is declaratory relief an appropriate remedy
in these circumstances?
Question 5 : Une mesure déclaratoire est-elle une
réparation qui convient dans les circonstances?
[77] Due to all of the Court’s previous reasons on each
of the respective issues, no declaration is appropriate.
[78] In light of all the above, the application is denied,
however, without costs due to the nature of the proceeding
[77] Étant donné tous les motifs donnés par la Cour pour
chacune des différentes questions, aucune déclaration
n’est justifiée.
[78] À la lumière de tout ce qui précède, la demande est
rejetée, mais sans adjudication des dépens, étant donné
CONACHER
[2010] 3 R.C.F.
c. CANADA
439
which necessitated that the separation of powers, on the
issues in question, be explained for the understanding of
the public.
la nature de l’instance, qui a nécessité l’explication, pour
que le public comprenne, de la séparation des pouvoirs
en ce qui concerne les questions en cause.
JUDGMENT
JUGEMENT
THIS COURT ORDERS that the application of the
applicants be denied, however, without costs due to the
nature of the proceeding which necessitated that the
separation of powers, on the issues in question, be
explained for the understanding of the public.
LA COUR ORDONNE que la demande des demandeurs
soit rejetée, mais sans adjudication des dépens, étant
donné la nature de l’instance, qui a nécessité l’explication,
pour que le public comprenne, de la séparation des
pouvoirs en ce qui concerne les questions en cause.
440
Neil Kitson (Applicant)
KITSON
T-680-08
2009 FC 1000
v.
Her Majesty the Queen in right of Canada as
represented by: the Minister of National Defence and
the Minister of Justice and Attorney General of
Canada (Respondents)
INDEXED AS: KITSON V. CANADA (MINISTER OF NATIONAL
DEFENCE) (F.C.)
v. CANADA
Neil Kitson (demandeur)
[2010] 3 F.C.R.
T-680-08
2009 CF 1000
c.
Sa Majesté la reine du chef du Canada, représentée
par le ministre de la Défense nationale et le ministre
de la Justice et procureur général du Canada
(défendeurs)
RÉPERTORIÉ : KITSON C. CANADA (MINISTRE
DÉFENSE NATIONALE) (C.F.)
DE LA
Federal Court, Lutfy C.J.—Ottawa, March 5, Vancouver,
April 20, by teleconference, September 2; Ottawa,
October 2, 2009.
Cour fédérale, juge en chef Lutfy—Ottawa, 5 mars,
Vancouver, 20 avril, par téléconférence, 2 septembre;
Ottawa, 2 octobre 2009.
Constitutional Law — Charter of Rights — Fundamental
Freedoms — Remedies — Department of National Defence
exercising discretion under Access to Information Act (the Act),
s. 15, redacting requested documents — Act, s. 52(2) requiring
in camera hearing when s. 15 in play — However, in case at
bar, s. 52(2) contradicted, hearing not held in camera — In
Ruby v. Canada (Solicitor General), Supreme Court of Canada
considering Privacy Act, s. 51(2), identical in language to
s. 52(2), making it clear not open for judge to conduct hearing
in direct contravention of statutory requirements unless those
requirements found to be unconstitutional, read down as
constitutional remedy — Act, ss. 52(2)(a),(b),(3) infringing
applicant’s rights, freedoms guaranteed by Canadian Charter
of Rights and Freedoms, s. 2(b) — Appropriate remedy reading
Droit constitutionnel — Charte des droits — Libertés
fondamentales — Réparation — Le ministère de la Défense
nationale avait exercé son pouvoir discrétionnaire en vertu de
l’art. 15 de la Loi sur l’accès à l’information (la Loi) pour
supprimer les renseignements demandés — L’art. 52(2) de la
Loi prévoit une audience à huis clos lorsque l’art. 15 est en
jeu — Cependant, en l’espèce, il y avait eu contravention à
l’art. 52(2), l’audience n’ayant pas eu lieu à huis clos — Dans
Ruby c. Canada (Solliciteur général), la Cour suprême du
Canada avait clairement précisé, dans le cadre de l’examen
de l’art. 51(2) de la Loi sur la protection des renseignements
personnels, dont le libellé est identique à celui de l’art. 52(2),
qu’il n’est pas loisible au juge de tenir une audience qui
contrevient directement à une exigence impérative, à moins que
Access to Information — Judicial review of discretion
exercised by Department of National Defence pursuant to
Access to Information Act, s. 15 not to disclose certain
information — Applicant requesting information related to
prisoners taken by Canadian Forces in Afghanistan, receiving
redacted documents — Information at issue including names,
physical state of detainees, location, date, time, circumstances
of capture, nature of operations — Documents coming within
s. 15 exemption — Disclosure of redacted information could
have caused harm to Canadian Forces, others in Afghanistan,
could reasonably have been expected to be injurious to defence
of Canada, allies within meaning of s. 15 — Determination not
to disclose information reasonable — Application dismissed.
Accès à l’information — Contrôle judiciaire du pouvoir
discrétionnaire exercé par le ministère de la Défense nationale
en vertu de l’art. 15 de la Loi sur l’accès à l’information pour
ne pas communiquer certains renseignements — Le demandeur
avait sollicité des renseignements concernant des prisonniers
qu’ont faits les Forces canadiennes en Afghanistan et avait
reçu des documents expurgés — Les renseignements en cause
comprenaient le nom et l’état physique des détenus, le lieu, la
date et l’heure de la capture, les circonstances entourant la
capture et la nature des opérations — Les documents étaient
visés par l’exemption de l’art. 15 — La communication des
renseignements expurgés aurait pu causer un préjudice aux
membres des Forces canadiennes et à d’autres personnes en
Afghanistan et aurait vraisemblablement risqué de porter
préjudice à la défense du Canada ou de ses alliés au sens de
l’art. 15 — La décision de ne pas communiquer ces renseignements était raisonnable — Demande rejetée.
[2010] 3 R.C.F.
KITSON
down of Act, ss. 52(2)(a),(b) to apply to s. 52(3) ex parte
submissions only.
c. CANADA
celle-ci ne soit jugée inconstitutionnelle et qu’on lui donne une
interprétation atténuante — Les art. 52(2) et 52(3) de la Loi
portent atteinte aux droits et libertés que l’art. 2b) de la Charte
canadienne des droits et libertés garantit au demandeur — La
réparation convenable consistait à donner une interprétation
atténuante de l’art. 52(2) de la Loi, de façon qu’ils ne s’applique
qu’aux audiences ex parte prescrites par l’art. 52(3).
STATUTES AND REGULATIONS CITED
LOIS ET RÈGLEMENTS CITÉS
CASES CITED
JURISPRUDENCE CITÉE
Access to Information Act, R.S.C., 1985, c. A-1, ss. 14, 15,
16(1)(c),(d), 18(d) (as am. by S.C. 2006, c. 9, s. 146), 25,
41, 48, 49, 50, 52 (as am. by S.C. 2002, c. 8, s. 112).
Canadian Charter of Rights and Freedoms, being Part I of
the Constitution Act, 1982, Schedule B, Canada Act 1982,
1982, c. 11 (U.K.) [R.S.C., 1985, Appendix II, No. 44],
ss. 1, 2(b).
Federal Courts Act, R.S.C., 1985, c. F-7, ss. 1 (as am. by
S.C. 2002, c. 8, s. 14), 57 (as am. by S.C. 1990, c. 8, s. 19;
2002, c. 8, s. 54).
Federal Courts Rules, SOR/98-106, rr. 1 (as am. by
SOR/2004-283, s. 2), 359.
Privacy Act, R.S.C., 1985, c. P-21, s. 51(2).
APPLIED:
441
Charte canadienne des droits et libertés, qui constitue la
partie I de la Loi constitutionnelle de 1982, annexe B,
Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.) [L.R.C.
(1985), appendice II, no 44], art. 1, 2b).
Loi sur la protection des renseignements personnels,
L.R.C. (1985), ch. P-21, art. 51(2).
Loi sur l’accès à l’information, L.R.C. (1985), ch. A-1,
art. 14, 15, 16(1)c),d), 18d) (mod. par L.C. 2006, ch. 9,
art. 146), 25, 41, 48, 49, 50, 52 (mod. par L.C. 2002,
ch. 8, art. 112).
Loi sur les Cours fédérales, L.R.C. (1985), ch. F-7, art. 1
(mod. par L.C. 2002, ch. 8, art. 14), 57 (mod. par L.C.
1990, ch. 8, art. 19; 2002, ch. 8, art. 54).
Règles des Cours fédérales, DORS/98-106, règles 1 (mod.
par DORS/2004-283, art. 2), 359.
DÉCISION APPLIQUÉE :
Ruby v. Canada (Solicitor General), 2002 SCC 75, [2002]
4 S.C.R. 3, 219 D.L.R. (4th) 385, 49 Admin. L.R. (3d) 1.
Ruby c. Canada (Solliciteur général), 2002 CSC 75,
[2002] 4 R.C.S. 3.
CONSIDERED:
DÉCISION EXAMINÉE :
REFERRED TO:
DÉCISIONS CITÉES :
3430901 Canada Inc. v. Canada (Minister of Industry),
2001 FCA 254, [2001] 1 F.C. 421, 45 Admin. L.R. (3d)
182, 14 C.P.R. (4th) 449.
Hunter v. Canada (Consumer and Corporate Affairs),
[1991] 3 F.C. 186, (1991), 29 C.P.R. (3d) 321, 35 F.T.R.
75 (C.A.); Canada (Citizenship and Immigration) v. Khosa,
2009 SCC 12, [2009] 1 S.C.R. 339, 304 D.L.R. (4th) 1, 82
Admin. L.R. (4th) 1.
APPLICATION for judicial review of the discretion
exercised by the Department of National Defence pursuant
to paragraph 15(1) of the Access to Information Act not
to disclose certain information requested thereunder.
Application dismissed.
3430901 Canada Inc. c. Canada (Ministre de l’Industrie),
2001 CAF 254, [2001] 1 C.F. 421.
Hunter c. Canada (Ministère des Consommateurs et des
Sociétés), [1991] 3 C.F. 186 (C.A.); Canada (Citoyenneté
et Immigration) c. Khosa, 2009 CSC 12, [2009] 1 R.C.S.
339.
DEMANDE de contrôle judiciaire du pouvoir
discrétionnaire exercé par le ministère de la Défense
nationale en vertu du paragraphe 15(1) de la Loi sur
l’accès à l’information pour ne pas communiquer certains
renseignements demandés en application de cette loi.
Demande rejetée.
442
KITSON
v. CANADA
APPEARANCES
ONT COMPARU
SOLICITORS OF RECORD
AVOCATS INSCRITS AU DOSSIER
Neil Kitson on his own behalf.
Erin M. Tully for respondents.
Deputy Attorney General of Canada for respondents.
The following are the reasons for judgment and
judgment rendred in English by
[2010] 3 F.C.R.
Neil Kitson pour son propre compte.
Erin M. Tully pour les défendeurs.
Le sous-procureur général du Canada pour les
défendeurs.
Ce qui suit est la version française des motifs du
jugement et du jugement rendus par
[1] LUTFY C.J.: The applicant’s access to information
request was reasonably denied. These reasons also
explain why certain procedures mandated in the access
legislation unjustifiably offend the open court principle.
[1] LE JUGE EN CHEF LUTFY : Il était raisonnable de
rejeter la demande d’accès à l’information du demandeur.
Les présents motifs exposent également les raisons pour
lesquelles certaines formalités exigées par la Loi sur
l’accès à l’information, L.R.C. (1985), ch. A-1 (la Loi),
portent atteinte de manière injustifiée au principe de la
publicité des débats judiciaires.
Background
Le contexte
[2] In December 2006, the applicant made a request to
the Department of National Defence (National Defence)
under the Access to Information Act, R.S.C., 1985, c. A-1
(the Act), for information relating to the number of
prisoners taken by Canadian troops in Afghanistan, the
prisoners’ physical location after capture and their current
location. It is acknowledged that the information sought
relates to the period of September 2006 during Operation
Medusa.
[3] In September 2007, the applicant received 73 expurgated sheets in response to his request. The redactions
were made under section 15 of the Act. Other redactions
concerning personal information are not of concern to
the applicant.
[4] In March 2008, in response to a complaint made
by the applicant concerning the redactions, the Office of
the Information Commissioner concluded that “the information, which continues to be withheld under s. 15(1), if
disclosed, could reasonably be expected to be injurious
to the defence of Canada or its allies.” Accordingly, the
Office of the Information Commissioner determined that
the exemption provision was properly invoked.
[2] En décembre 2006, le demandeur a présenté, en
vertu de la Loi, une demande au ministère de la Défense
nationale (la Défense nationale) pour obtenir des
renseignements concernant le nombre de prisonniers
qu’ont faits les troupes canadiennes en Afghanistan,
l’endroit où ils ont été amenés après leur capture et
l’endroit où ils se trouvent actuellement. Il est admis que
les renseignements demandés visent le mois de septembre
2006, durant l’opération Medusa.
[3] En septembre 2007, en réponse à sa demande, le
demandeur recevait 73 feuilles expurgées. Les suppressions ont été faites en vertu de l’article 15 de la Loi.
D’autres suppressions concernant des renseignements
personnels n’intéressent pas le demandeur.
[4] En mars 2008, par suite d’une plainte que le
demandeur a déposée au sujet des suppressions, le
Commissariat à l’information du Canada a conclu que
[TRADUCTION] « les renseignements, qui continuent à être
refusés en vertu du paragraphe 15(1), s’ils étaient
communiqués, risqueraient vraisemblablement de porter
préjudice à la défense du Canada ou de ses alliés ». Par
conséquent, le Commissariat a décidé que la disposition
d’exemption était invoquée à juste titre.
[2010] 3 R.C.F.
KITSON
c. CANADA
443
[5] The applicant then launched this application for
judicial review of the discretion exercised by National
Defence concerning the redactions it made under section
15 of the Act (the information in issue).
[5] Le demandeur a ensuite introduit la présente
demande de contrôle judiciaire du pouvoir discrétionnaire exercé par la Défense nationale concernant les
suppressions qu’elle a faites en vertu de l’article 15 de la
Loi (les renseignements en cause).
The open court principle: “reading down” subsection
52(2)
Le principe de la publicité des débats judiciaires :
l’interprétation atténuante du paragraphe 52(2)
[7] Where the section 15 exemption is in play, as in this
proceeding, subsection 52(2) envisages that the hearing
shall be in private and, at the request of the government
institution, shall be heard and determined in the National
Capital Region.
[7] Lorsque l’exemption de l’article 15 est en jeu,
comme dans la présente instance, le paragraphe 52(2)
prévoit que l’audience doit se tenir à huis clos et, à la
demande de l’institution fédérale, doit avoir lieu dans la
région de la capitale nationale.
[9]
[9]
[6] Court proceedings are presumptively to be heard in
public. This open court principle also applies to judicial
reviews in the Federal Court concerning refusals to
disclose information sought under the Act. See, for
example, Hunter v. Canada (Consumer and Corporate
Affairs), [1991] 3 F.C. 186 (C.A.), at pages 202 and
210–212.
[8] Subsection 52(3) affords the right to the government
institution to make representations in the absence of the
private sector party.
Subsections 52(2) and (3) read as follows:
52. (1) …
(2) An application referred to in subsection (1) or an appeal
brought in respect of such application shall
(a) be heard in camera; and
(b) on the request of the head of the government institution
concerned, be heard and determined in the National Capital
Region described in the schedule to the National Capital
Act.
(3) During the hearing of an application referred to in subsection (1) or an appeal brought in respect of such application,
the head of the government institution concerned shall, on the
request of the head of the institution, be given the opportunity
to make representations ex parte.
[6] Les instances judiciaires sont présumées faire l’objet
d’audiences publiques. Ce principe de la publicité des
débats judiciaires s’applique également aux contrôles
judiciaires à la Cour fédérale concernant les refus de
communiquer des renseignements demandés en vertu de
la Loi. Voir, à titre d’exemple, l’arrêt Hunter c. Canada
(Ministère des Consommateurs et des Sociétés), [1991] 3
C.F. 186 (C.A.), aux pages 202 et 210 à 212.
[8] Le paragraphe 52(3) confère à l’institution fédérale
le droit de présenter des arguments en l’absence de la
partie du secteur privé.
Les paragraphes 52(2) et (3) se lisent comme suit :
52. (1) […]
(2) Les recours visés au paragraphe (1) font, en premier
ressort ou en appel, l’objet d’une audition à huis clos; celle-ci a
lieu dans la région de la capitale nationale définie à l’annexe de
la Loi sur la capitale nationale si le responsable de l’institution
fédérale concernée le demande.
(3) Le responsable de l’institution fédérale concernée a, au
cours des auditions, en première instance ou en appel et sur
demande, le droit de présenter des arguments en l’absence
d’une autre partie.
444
KITSON
[10] On March 5, 2008, pursuant to subsections 52(2)
and (3), a hearing took place in private and in the
absence of the applicant to review the respondents’
confidential affidavits that had been filed to support the
non-disclosure of the redacted information. This closed
hearing took place in the National Capital Region on the
request of counsel for National Defence.
[11] During the private hearing, the Court examined
the respondents’ affiants to determine which portions of
the respondents’ materials could be delivered to the
applicant and to test the merits of the respondents’ nondisclosure of the information in issue.
[12] As a result of the private hearing, the respondents
agreed to serve on the applicant substantial portions of
their affidavits and memorandum of law originally filed
confidentially. These documents had not previously been
delivered to the applicant.
[13] One of the respondents’ two affiants was a deputy
director in National Defence responsible for responding
to access to information requests. All of her affidavit was
delivered to the applicant with the exception of the single
paragraph which made the redacted information part of
the Court record: “13. Attached as Exhibit “A” to this
Affidavit is a copy of the records at issue in this Application filed confidentially, pursuant to the November 12,
2008 Order of Prothonotary Roger R. Lafrenière”.
[14] Similarly, eight of the thirteen paragraphs filed by
the affiant on behalf of the Information Support Team in
the Strategic Joint Staff at National Defence Headquarters
(the second affidavit) were served on the applicant after
the private hearing. The Court is satisfied that the remaining five paragraphs were appropriately filed without
disclosure to the applicant.
[15] Also, the respondents agreed to serve on the
applicant their memorandum of fact and law, save for
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[10] Le 5 mars 2008, en vertu des paragraphes 52(2)
et (3), on a tenu une audience à huis clos, en l’absence du
demandeur, pour examiner les affidavits confidentiels
des défendeurs, lesquels affidavits avaient été déposés à
l’appui de la non-communication des renseignements
supprimés. L’audience à huis clos a eu lieu dans la région
de la capitale nationale, à la demande de l’avocate de la
Défense nationale.
[11] Au cours de cette audience, la Cour a interrogé les
déposants pour déterminer quelles parties des documents
des défendeurs pouvaient être communiquées au demandeur et pour vérifier le bien-fondé de la décision des
défendeurs de ne pas communiquer les renseignements
en cause.
[12] Par suite de l’audience à huis clos, les défendeurs
ont accepté de signifier au demandeur des parties
importantes de leurs affidavits et de leur mémoire du
droit, lesquels avaient d’abord été déposés à titre
confidentiel. Ces documents n’avaient pas été transmis
au demandeur auparavant.
[13] Une des deux personnes qui ont déposé pour le
compte des défendeurs était une directrice adjointe à la
Défense nationale, chargée de répondre aux demandes
d’accès à l’information. On a transmis au demandeur la
totalité de son affidavit, à l’exception du seul paragraphe
par lequel les renseignements supprimés avaient été
versés au dossier de la Cour : [TRADUCTION] « 13. Une
copie des documents en cause dans la présente demande,
déposés à titre confidentiel, conformément à l’ordonnance
du 12 novembre 2008 rendue par le protonotaire Roger
R. Lafrenière, est jointe au présent affidavit en tant que
pièce A. »
[14] De même, huit des treize paragraphes de
l’affidavit présenté par le déposant au nom de l’Équipe
de soutien à l’information de l’État-major interarmées
stratégique au Quartier général de la Défense nationale
(le second affidavit) ont été signifiés au demandeur après
l’audience à huis clos. La Cour est convaincue qu’il
convenait de déposer les cinq paragraphes restants sans
les communiquer au demandeur.
[15] De plus, les défendeurs ont accepté de signifier
au demandeur leur mémoire des faits et du droit, à
[2010] 3 R.C.F.
KITSON
c. CANADA
445
the five paragraphs which correspond to the confidential
portions of the second affidavit.
l’exception des cinq paragraphes qui correspondent aux
parties confidentielles du second affidavit.
[17] The purpose of the hearing of April 20, 2009 was
to receive the oral submissions of both parties. It took
place in Vancouver, B.C. where the applicant resides. No
request was made that the hearing be conducted in
private. Nor did the Court direct that the hearing take
place in private. No specific mention was made of the
information in issue during this public hearing.
[17] L’objet de l’audience du 20 avril 2009 était de
recevoir les observations orales des deux parties. Elle
s’est tenue à Vancouver, en Colombie-Britannique, où le
demandeur réside. Aucune demande de huis clos ne fut
formulée. La Cour n’a pas non plus ordonné le huis clos.
Aucune mention des renseignements en cause n’a été
faite durant l’audience publique.
[16] In short, prior to the hearing of April 20, 2009, the
applicant had received much of the material originally
filed in private, with the exception of the redacted
information in issue and the few paragraphs noted above.
The information disclosed to the applicant was placed
on the Court file.
[18] Subsection 52(2) of the access legislation is identical
in its wording, except for its numeration, to subsection
51(2) of the Privacy Act, R.S.C., 1985, c. P-21.
[19] Subsection 51(2) of the Privacy Act was considered
in Ruby v. Canada (Solicitor General), 2002 SCC 75,
[2002] 4 S.C.R. 3, where the Supreme Court of Canada
made it clear, at paragraph 58, that it is not “open to a
judge to conduct a hearing in open court in direct contradiction to the requirements of the statute…. Unless the
mandatory requirement is found to be unconstitutional
and the section is ‘read down’ as a constitutional remedy,
it cannot otherwise be interpreted to bypass its mandatory
nature.”
[20] It was only after the hearing of April 20, 2009, when
the matter was under reserve, that it became apparent to
this Judge that the Court’s encouragement of the openness
principle was inconsistent with the mandatory provisions
of paragraph 52(2)(a) [of the Act], as interpreted in Ruby.
According to Ruby, the hearing of April 20, 2009 should
have been in private, even though the applicant was
present and the information in issue was not mentioned.
[16] En somme, avant l’audience du 20 avril 2009, le
demandeur avait reçu une bonne partie des documents
qui avaient initialement été déposés lors de l’audience à
huis clos, à l’exception des renseignements supprimés
en cause et des quelques paragraphes susmentionnés.
Les renseignements communiqués au demandeur ont été
déposés dans le dossier de la Cour.
[18] Le libellé du paragraphe 52(2) de la Loi est
identique, à l’exception de sa numérotation, au paragraphe
51(2) de la Loi sur la protection des renseignements
personnels, L.R.C. (1985), ch. P-21.
[19] La Cour suprême du Canada a examiné le paragraphe 51(2) de la Loi sur la protection des renseignements
personnels dans l’arrêt Ruby c. Canada (Procureur
général), 2002 CSC 75, [2002] 4 R.C.S. 3, dans lequel
elle a clairement précisé, au paragraphe 58, qu’il n’est
pas « loisible au tribunal de tenir une audience publique
et, de ce fait, de contrevenir directement à la loi […] À
moins que la disposition créant l’exigence impérative ne
soit jugée inconstitutionnelle et que, à titre de réparation
d’ordre constitutionnel, on ne lui donne une interprétation
“atténuante”, elle ne saurait être interprétée d’une manière
permettant de faire abstraction de son caractère impératif. »
[20] Ce n’est qu’après l’audience du 20 avril 2009,
pendant que l’affaire était en délibéré, qu’il est devenu
évident pour le soussigné que le fait pour la Cour
d’encourager le recours au principe de la publicité des
débats en justice n’était pas compatible avec les
dispositions obligatoires du paragraphe 52(2) [de la Loi],
suivant l’interprétation qui leur a été donnée dans l’arrêt
Ruby. Selon cet arrêt, l’audience du 20 avril 2009 aurait
dû se dérouler à huis clos, bien que le demandeur ait été
446
KITSON
[21] The Court then communicated with the parties to
determine how best to resolve this procedural oversight.
The respondents’ concern, as I understood their initial
reaction, was that an attempt to correct the situation
retroactively would be an obiter exercise. It was better,
in my view, to consider the legality of section 52 [subsection 52(1) (as am. by S.C. 2002, c. 8, s. 112)] of the
access legislation now, in the exceptional circumstances
of Ruby having resolved other identical provisions.
[22] The applicant agreed to serve and file a notice of
constitutional question pursuant to subsection 57 [as am.
by S.C. 1990, c. 8, s. 19; 2002, c. 8, s. 54] of the Federal
Courts Act [R.S.C., 1985, c. F-7, s. 1 (as am. idem, s. 14)]
that he intended to question the constitutional validity
of paragraphs 52(2)(a) and 52(2)(b) of the Access to
Information Act. This was done. Subsequently, the parties
filed their memoranda of law addressing the constitutional
issue. The Court waived the necessity to file a notice of
motion under rule 359 [of the Federal Courts Rules,
SOR/98-106, r. 1 (as am. by SOR/2004-283, s. 2)].
[23] In Ruby, the Supreme Court of Canada read down
paragraph 51(2)(a) of the Privacy Act to make the
provision consistent with the open court principle (at
paragraphs 59–60):
… the requirement that the entire hearing of a s. 41 application
or appeal therefrom be heard in camera, as is required by
s. 51(2)(a), is too stringent.… the section is overbroad in closing
the court to the public even where no concern exists to justify
such a departure from the general principle of open courts.
…
The appropriate remedy is therefore to read down s. 51(2)(a) so
that it applies only to the ex parte submissions mandated by
s. 51(3). A reviewing court retains the discretion, pursuant to
s. 46, to conduct the remainder of the hearing or any portion
thereof, either in public, or in camera, or in camera and ex
parte.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
présent et qu’on n’ait pas mentionné les renseignements
en cause.
[21] La Cour a alors communiqué avec les parties afin
de déterminer la meilleure façon de résoudre cette erreur
procédurale. La préoccupation des défendeurs, si j’ai
bien compris leur première réaction, était qu’une tentative
de corriger rétroactivement la situation n’aurait qu’une
valeur incidente. Il valait mieux, à mon avis, examiner
maintenant la légalité de l’article 52 [paragraphe 52(1)
(mod. par L.C. 2002, ch. 8, art. 112)] de la Loi, compte
tenu des circonstances exceptionnelles de l’arrêt Ruby, qui
a résolu la question à l’égard de dispositions identiques.
[22] Le demandeur a accepté de signifier et déposer, en
vertu de l’article 57 [mod. par L.C. 1990, ch. 8, art. 19;
2002, ch. 8, art. 54] de la Loi sur les Cours fédérales
[L.R.C. (1985), ch. F-7, art. 1 (mod., idem, art. 14)], un
avis d’une question constitutionnelle selon lequel il avait
l’intention de contester la validité constitutionnelle du
paragraphe 52(2) de la Loi sur l’accès à l’information. Il
l’a fait. Par la suite, les parties ont déposé leur mémoire
du droit examinant la question constitutionnelle. La Cour
a renoncé à l’exigence du dépôt d’un avis de requête en
vertu de la règle 359 [des Règles des Cours fédérales,
DORS/98-106, règle (mod. par DORS/2004-283, art. 2)].
[23] Dans l’arrêt Ruby, la Cour suprême du Canada a
donné une interprétation atténuante au paragraphe 51(2)
de la Loi sur la protection des renseignements personnels
pour le rendre compatible avec le principe de la publicité
des débats en justice (aux paragraphes 59 et 60) :
[…] la rigueur excessive de l’obligation que l’audition du
recours en révision prévu à l’art. 41 et de tout appel s’y
rapportant ait entièrement lieu à huis clos […] le par. 51(2) a
une portée excessive en ce qu’il exclut le public de l’audience,
même en l’absence de crainte justifiant une telle dérogation au
principe général de la publicité des débats en justice.
[…]
La réparation convenable consiste donc à donner une interprétation atténuante du par. 51(2), de façon qu’il ne s’applique
qu’aux audiences ex parte prescrites par le par. 51(3). Le
tribunal saisi d’un recours en révision dispose, aux termes de
l’art. 46, du pouvoir discrétionnaire de poursuivre tout ou partie
du reste de l’audition en audience publique, à huis clos ou
encore à huis clos et en l’absence d’une partie.
[2010] 3 R.C.F.
KITSON
[24] The parties acknowledge that the language of
paragraph 51(2)(a) of the Privacy Act is identical to that
of paragraph 52(2)(a) of the Access to Information Act.
No other provision of the access legislation distinguishes
the legal situation addressed in Ruby.
[25] Accordingly, the appropriate remedy here is to read
down paragraph 52(2)(a) of the Access to Information
Act so that it applies only to the ex parte submissions
mandated by subsection 52(3).
[26] Similarly, although the issue was not addressed in
Ruby, I am satisfied that paragraph 52(2)(b) of the access
legislation should also be read down to apply only to the
ex parte submissions mandated by subsection 52(3). This
reading down is not intended to affect in any manner the
right of the head of the government institution to request
that the ex parte hearings shall be heard and determined
in the National Capital Region.
Analysis
[27] According to subsection 15(1) of the Act, National
Defence had the discretion to refuse the applicant’s
request for “information the disclosure of which could
reasonably be expected to be injurious to … the defence
of Canada or any state allied or associated with Canada
or the detection, prevention or suppression of subversive
of hostile activities”.
[28] In this case, the information in issue is contained
in Canadian Forces (CF) Significant Incident Reports
(SIR) generated by deployed Canadian Forces’ units and
elements in Afghanistan during the period from July 4
to November 17, 2006.
[29] The purpose of the SIR reports is to communicate
information regarding significant incidents through the
CF chain of command to the Chief of the Defence Staff
and Deputy Minister of National Defence.
c. CANADA
447
[24] Les parties reconnaissent que le libellé du
paragraphe 51(2) de la Loi sur la protection des
renseignements personnels est identique à celui du
paragraphe 52(2) de la Loi sur l’accès à l’information.
Aucune autre disposition de la Loi ne la distingue de la
situation juridique examinée dans l’arrêt Ruby.
[25] Par conséquent, la réparation convenable en
l’espèce consiste à donner une interprétation atténuante
du paragraphe 52(2) de la Loi sur l’accès à l’information,
de façon qu’il ne s’applique qu’aux audiences ex parte
prescrites par le paragraphe 52(3).
[26] De même, bien que la question n’ait pas été abordée
dans l’arrêt Ruby, je suis convaincu que le paragraphe
52(2) de la Loi devrait recevoir une interprétation
atténuante pour ne s’appliquer qu’aux audiences ex parte
prescrites par le paragraphe 52(3). Cette interprétation
atténuante ne vise pas à porter atteinte, de quelque manière
que ce soit, au droit du responsable de l’institution
fédérale de demander que les audiences ex parte aient
lieu dans la région de la capitale nationale.
Analyse
[27] Selon le paragraphe 15(1) de la Loi, la Défense
nationale avait le pouvoir discrétionnaire de rejeter la
demande du demandeur visant à obtenir « des renseignements dont la divulgation risquerait vraisemblablement
de porter préjudice à […] la défense du Canada ou d’États
alliés ou associés avec le Canada ou à la détection, à la
prévention ou à la répression d’activités hostiles ou
subversives ».
[28] En l’espèce, les renseignements en cause se trouvent
dans les rapports d’incident d’importance (les RII) des
Forces canadiennes (les FC) produits par les unités et les
éléments des FC déployés en Afghanistan entre le 4 juillet
et le 17 novembre 2006.
[29] L’objet des RII est de communiquer des renseignements concernant les incidents d’importance d’un bout à
l’autre de la chaîne de commandement des FC jusqu’au
Chef d’état-major de la Défense et au sous-ministre de la
Défense nationale.
448
KITSON
[30] Concerning information relating to the detention
of Afghan nationals, the issue of interest to the applicant,
the respondents assert that the SIRs include the following
tactical information:
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[30] Concernant les renseignements relatifs à la détention
de ressortissants afghans, c’est-à-dire la question qui
intéresse le demandeur, les défendeurs font valoir que
les RII incluent les renseignements tactiques suivants :
• the name of the detainee and temporary identification
number;
• le nom du détenu et son numéro d’identification
temporaire;
• the location, date, and time of capture;
• le lieu, la date et l’heure de la capture;
• the name and decryption of the operation;
• the description of the circumstances surrounding the
capture;
• the physical state of the detainee;
• the location of the detainee at the time of reporting;
• the preliminary intent concerning the detainee; and
• the status of detainees every 24 hours or upon their
release or transfer.
[31] In this proceeding, one commenced under section
41 of the Act, the respondents have the burden of establishing that National Defence was authorized to refuse
to disclose the information in issue: section 48.
[32] Sections 49 and 50 are the two provisions in the
access legislation concerning the standard of review to be
applied by the Federal Court in proceedings challenging
the refusal by government institutions to disclose the
requested information.
[33] The standard of review for most of the access to
information litigation has been governed by section 49:
49. Where the head of a government institution refuses to
disclose a record requested under this Act or a part thereof on
the basis of a provision of this Act not referred to in section 50,
the Court shall, if it determines that the head of the institution
is not authorized to refuse to disclose the record or part thereof,
order the head of the institution to disclose the record or part
thereof, subject to such conditions as the Court deems appropriate, to the person who requested access to the record, or shall
make such other order as the Court deems appropriate.
• le nom de l’opération et sa cryptanalyse;
• la description des circonstances entourant la capture;
• l’état physique du détenu;
• l’endroit où se trouve le détenu au moment de
l’établissement du rapport;
• l’intention initiale au sujet du détenu;
• le statut des détenus toutes les 24 heures ou à la suite
de leur mise en liberté ou de leur transfert.
[31] Dans la présente instance, qui a été instituée en
vertu de l’article 41 de la Loi, les défendeurs ont la
charge d’établir le bien-fondé du refus de la Défense
nationale de communiquer les renseignements en cause
(article 48).
[32] Les articles 49 et 50 sont les deux dispositions de
la Loi qui intéressent la norme de contrôle que la Cour
fédérale doit appliquer dans les instances contestant le
refus des institutions fédérales de communiquer les
renseignements demandés.
[33] La norme de contrôle pour la plupart des litiges en
matière d’accès à l’information est régie par l’article 49 :
49. La Cour, dans les cas où elle conclut au bon droit de la
personne qui a exercé un recours en révision d’une décision de
refus de communication totale ou partielle d’un document
fondée sur des dispositions de la présente loi autres que celles
mentionnées à l’article 50, ordonne, aux conditions qu’elle juge
indiquées, au responsable de l’institution fédérale dont relève le
document en litige d’en donner à cette personne communication
totale ou partielle; la Cour rend une autre ordonnance si elle
l’estime indiqué.
[2010] 3 R.C.F.
KITSON
[34] One of the leading decisions interpreting section 49
is 3430901 Canada Inc. v. Canada (Minister of Industry),
2001 FCA 254, [2002] 1 F.C. 421, where Justice Evans
of the Federal Court of Appeal set out a twofold standard
of review at paragraph 47:
In reviewing the refusal of a head of a government institution
to disclose a record, the Court must determine on a standard
of correctness whether the record requested falls within an
exemption. However, when the Act confers on the head of a
government institution a discretion to refuse to disclose an
exempted record, the lawfulness of its exercise is reviewed on
the grounds normally available in administrative law for the
review of administrative discretion, including unreasonableness.
[35] Section 50 sets out a specific standard of review
for four injury-based exemptions concerning federal
provincial affairs (section 14), international affairs and
the defence of Canada (section 15), the conduct of lawful
investigations (paragraphs 16(1)(c) and (d)) and the
financial interests of a government institution or Canada’s
ability to manage its economy (paragraph 18(d) [as am.
by S.C. 2006, c. 9, s. 146]). To repeat, section 15 is the
exemption in play in this proceeding.
[36] According to section 50, the Federal Court shall,
“if it determines that the head of the institution did not
have reasonable grounds on which to refuse to disclose
the record”, order the disclosure of the information in
issue where the section 15 exemption is the one being
asserted by the government institution. The provision
reads as follows:
50. Where the head of a government institution refuses to
disclose a record requested under this Act or a part thereof on
the basis of section 14 or 15 or paragraph 16(1)(c) or (d) or
18(d), the Court shall, if it determines that the head of the
institution did not have reasonable grounds on which to refuse
to disclose the record or part thereof, order the head of the
institution to disclose the record or part thereof, subject to such
conditions as the Court deems appropriate, to the person who
requested access to the record, or shall make such other order
as the Court deems appropriate. [Emphasis added.]
c. CANADA
449
[34] Une des décisions de principe interprétant
l’article 49 est l’arrêt 3430901 Canada Inc. c. Canada
(Ministre de l’Industrie), 2001 CAF 254, [2002] 1 C.F.
421, dans lequel le juge Evans de la Cour d’appel fédérale
a établi, au paragraphe 47, une norme de contrôle à deux
volets :
Lorsqu’elle examine le refus du responsable d’une institution
fédérale de communiquer un document, la Cour doit déterminer,
en appliquant la norme de la décision correcte, si le document
demandé est visé par une exception. Toutefois, lorsque la Loi
confère au responsable d’une institution fédérale le pouvoir
discrétionnaire de refuser de communiquer un document visé
par une exception, la légalité de l’exercice de ce pouvoir doit faire
l’objet d’un examen s’appuyant sur les motifs qui permettent
normalement, en droit administratif, de revoir l’exercice d’un
pouvoir discrétionnaire administratif, notamment le caractère
déraisonnable.
[35] L’article 50 énonce une norme de contrôle
spécifique pour quatre exemptions axées sur le préjudice,
lesquelles concernent les affaires fédéro-provinciales
(article 14), les affaires internationales et la défense du
Canada (article 15), le déroulement d’enquêtes licites
(alinéas 16(1)c) et d)) et les intérêts financiers d’une
institution fédérale ou la capacité du Canada à gérer
son économie (alinéa 18d) [mod. par L.C. 2006, ch. 9,
art. 146]). Je le répète; l’article 15 est l’exemption en jeu
en l’espèce.
[36] Selon l’article 50, la Cour fédérale doit, « si elle
conclut que le refus n’était pas fondé sur des motifs raisonnables », ordonner la communication des renseignements
en cause lorsque l’exemption de l’article 15 est celle
invoquée par l’institution fédérale. La disposition prévoit
ce qui suit :
50. Dans les cas où le refus de communication totale ou
partielle du document s’appuyait sur les articles 14 ou 15 ou sur
les alinéas 16(1)c) ou d) ou 18d), la Cour, si elle conclut que le
refus n’était pas fondé sur des motifs raisonnables, ordonne,
aux conditions qu’elle juge indiquées, au responsable de
l’institution fédérale dont relève le document en litige d’en
donner communication totale ou partielle à la personne qui
avait fait la demande; la Cour rend une autre ordonnance si elle
l’estime indiqué. [Non souligné dans l’original.]
450
KITSON
[37] The statutory language of this provision dictates a
reasonableness standard of review. The outcome would
be the same even if one thought further contextual analysis
was necessary to support further what is mandated by
section 50: Canada (Citizenship and Immigration) v.
Khosa, 2009 SCC 12, [2009] 1 S.C.R. 339, at paragraphs
18–19.
[38] On the basis of my review of the information in
issue and the ex parte hearing of March 5, 2009, there is
no doubt in my mind that the documents identified by
National Defence come within the section 15 exemption.
[39] Similarly, I find that the information in issue is of
the kind referred to in paragraph 30 of these reasons,
including the nature of the operations and the location,
date, time and other circumstances surrounding the
capture of the detainees. On the record before me, I am
satisfied that the disclosure of this information in 2007
could have been of assistance to the enemy of the CF in
Afghanistan, could have caused harm to members of the
CF and others in that country and could reasonably have
been expected to be injurious to the defence of Canada
or its allies within the meaning of section 15 of the Act.
The determination made in 2007 by National Defence
not to disclose this information was made on reasonable
grounds. Finally, there is no further information in issue
which could reasonably have been severed within the
meaning of section 25 of the Act.
[40] It may be that the outcome would be different if
the request were made some time after the CF are no
longer engaged in Afghanistan. However, this decision is
not one to be made today.
[41] This application for judicial review will be
dismissed. The respondents are to be commended for not
having sought costs in the circumstances of this
proceeding. The co-operation of both parties has been
appreciated.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[37] Le libellé de cette disposition prescrit une norme
de la raisonnabilité. Le résultat serait le même si on
pensait qu’une analyse contextuelle additionnelle serait
nécessaire pour appuyer ce qu’impose l’article 50 :
Canada (Citoyenneté et Immigration) c. Khosa, 2009
CSC 12, [2009] 1 R.C.S. 339, aux paragraphes 18 et 19.
[38] Après l’examen des renseignements en cause et
l’audience ex parte tenue le 5 mars 2009, je ne doute
aucunement que les documents désignés par la Défense
nationale sont visés par l’exemption de l’article 15.
[39] De même, je conclus que les renseignements en
cause font partie de ceux dont il est question au
paragraphe 30 des présents motifs, y compris la nature
des opérations ainsi que le lieu, la date, l’heure et
d’autres circonstances entourant la capture des détenus.
Selon le dossier dont je dispose, je suis convaincu que la
communication de ces renseignements en 2007 aurait pu
aider l’ennemi des FC en Afghanistan, aurait pu causer
un préjudice aux membres des FC et à d’autres personnes
dans ce pays et aurait vraisemblablement risqué de porter
préjudice à la défense du Canada ou de ses alliés au sens
de l’article 15 de la Loi. La décision que la Défense
nationale a rendue en 2007 de ne pas communiquer ces
renseignements était fondée sur des motifs raisonnables.
Enfin, il n’y a pas d’autres renseignements en cause qui
auraient pu être prélevés sans poser de problèmes sérieux
au sens de l’article 25 de la Loi.
[40] Il se peut que le résultat eût été différent si la
demande avait été faite quelque temps après que les FC
eurent quitté l’Afghanistan. Toutefois, cette décision
n’est pas de celles qui peuvent être rendues aujourd’hui.
[41] La présente demande de contrôle judiciaire sera
rejetée. La Cour tient à féliciter les défendeurs pour ne
pas avoir demandé de dépens dans les circonstances de
la présente instance. La Cour est reconnaissante pour la
coopération que lui ont apportée les deux parties.
KITSON
[2010] 3 R.C.F.
c. CANADA
451
JUGEMENT
JUDGMENT
THIS COURT ORDERS AND ADJUDGES that:
LA COUR STATUE :
Answer: Yes.
Réponse : Oui.
1. Do paragraphs 52(2)(a), 52(2)(b) and subsection 52(3)
of the Access to Information Act, R.S.C., 1985, c. A-1,
infringe or deny the applicant’s rights or freedoms
guaranteed by paragraph 2(b) of the Canadian Charter
of Rights and Freedoms [being Part I of the Constitution
Act, 1982, Schedule B, Canada Act 1982, 1982, c. 11
(U.K.) [R.S.C., 1985, Appendix II, No. 44]]?
2. If the answer to Question 1 is in the affirmative, are
paragraphs 52(2)(a), 52(2)(b) and subsection 52(3) of
the Access to Information Act reasonable limits, prescribed
by law, that can be demonstrably justified in a free and
democratic society, pursuant to section 1 of the Canadian
Charter of Rights and Freedoms?
Answer: No. Paragraphs 52(2)(a) and 52(2)(b) are read
down to apply to subsection (3) only.
3. The application for judicial review is dismissed
without costs.
1. Le paragraphe 52(2) ainsi que le paragraphe 52(3)
de la Loi sur l’accès à l’information, L.R.C. (1985),
ch. A-1, portent-ils atteinte aux droits et libertés que
l’alinéa 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés
[qui constitue la partie I de la Loi constitutionnelle de
1982, annexe B, Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11
(R.-U.) [L.R.C. (1985), appendice II, no 44]] garantit au
demandeur?
2. Si la réponse à la première question est affirmative, le
paragraphe 52(2) ainsi que le paragraphe 52(3) de la Loi
sur l’accès à l’information constituent-ils des limites
raisonnables prescrites par une règle de droit, dont la
justification peut se démontrer dans le cadre d’une
société libre et démocratique, au sens de l’article premier
de la Charte canadienne des droits et libertés?
Réponse : Non. Le paragraphe 52(2) fait l’objet d’une
interprétation atténuante de façon qu’il ne s’applique
qu’au paragraphe (3).
3. La demande de contrôle judiciaire est rejetée sans frais.
452
Nell Toussaint (Applicant)
TOUSSAINT
IMM-326-09
2009 FC 873
v.
v. CANADA
Nell Toussaint (demanderesse)
[2010] 3 F.C.R.
IMM-326-09
2009 CF 873
c.
The Minister of Citizenship and Immigration
(Respondent)
Le Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration
(défendeur)
Low Income Families Together and Charter Committee
on Poverty Issues (Interveners)
Low Income Families Together et Charter Committee
on Poverty Issues (intervenants)
and
INDEXED AS: TOUSSAINT V. CANADA (MINISTER
CITIZENSHIP AND IMMIGRATION) (F.C.)
OF
Federal Court, Snider J.—Toronto, June 23; Ottawa,
September 4, 2009.
Citizenship and Immigration — Immigration Practice —
Judicial review of immigration officer’s decision denying
applicant’s request to be exempted from paying fee to process
application for permanent residence based on humanitarian
and compassionate (H&C) considerations pursuant to
Immigration and Refugee Protection Act (IRPA), s. 25(1) —
While s. 25(1) broad, not necessarily meaning provision
available regarding every type of obligation arising under
IRPA, Immigration and Refugee Protection Regulations —
Parliament never intending s. 25(1) to create possibility of
exemption from administrative requirements — IRPA, s. 89
permitting enactment of regulations governing fees for services
provided in administration of IRPA — Government having
exclusive mandate thereunder to establish, waive fees for
services — S. 25(1) not requiring Minister consider request to
exempt foreign national from payment of fees; Minister not
having authority to do so — Application dismissed — Questions
certified.
Constitutional Law — Charter of Rights — Life, Liberty and
Security — Immigration officer denying applicant’s request to be
exempted from paying fee to process application for permanent
residence based on humanitarian and compassionate (H&C)
considerations pursuant to Immigration and Refugee Protection
Act, s. 25(1) — Whether government’s failure to waive fees
breaching applicant’s Charter, s. 7 right — Deportation of noncitizen not implicating liberty, security interests protected by
et
RÉPERTORIÉ : TOUSSAINT C. CANADA (MINISTRE
CITOYENNETÉ ET DE L’IMMIGRATION) (C.F.)
DE LA
Cour fédérale, juge Snider—Toronto, 23 juin; Ottawa,
4 septembre 2009.
Citoyenneté et Immigration — Pratique en matière
d’immigration — Contrôle judiciaire d’une décision d’un
agent d’immigration rejetant la demande présentée par la
demanderesse pour obtenir une dispense du paiement des frais
de traitement de sa demande de résidence permanente fondée
sur des motifs d’ordre humanitaire (CH) en vertu de l’art. 25(1)
de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (la
LIPR) — Bien que l’art. 25(1) soit large, cela ne signifie pas
nécessairement que cette disposition est applicable à tout type
d’obligation imposée par la LIPR ou le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés — Le législateur n’a
jamais eu l’intention avec l’art. 25(1) de créer une possibilité
de dispense des exigences administratives — L’art. 89 de la
LIPR permet l’adoption de règlements qui prévoient les frais
pour les services offerts dans la mise en œuvre de la LIPR —
Le gouvernement a le mandat exclusif en vertu de celle-ci
d’établir les frais pour les services offerts et de dispenser de
leur paiement — L’art. 25(1) ne requiert pas que le ministre
examine une demande présentée par un étranger pour la
dispense de frais; le ministre n’a pas le pouvoir de le faire —
Demande rejetée — Questions certifiées.
Droit constitutionnel — Charte des droits — Vie, liberté et
sécurité — Un agent d’immigration a rejeté la demande
présentée par la demanderesse pour obtenir une dispense du
paiement des frais de traitement de sa demande de résidence
permanente fondée sur des motifs d’ordre humanitaire (CH)
en vertu de l’art. 25(1) de la Loi sur l’immigration et la
protection des réfugiés — Il s’agissait de savoir si l’omission
du gouvernement d’accorder une dispense de frais portait
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
Charter, s. 7 — H&C assessment prior to deportation not
constituting principle of fundamental justice to which s. 7
applying.
Constitutional Law — Charter of Rights — Equality Rights
— Immigration officer denying applicant’s request to be exempted
from paying fee to process application for permanent residence
based on humanitarian and compassionate considerations
pursuant to Immigration and Refugee Protection Act, s. 25(1)
— Government’s failure to provide for waiver of fees not contrary
to Charter, s. 15, not depriving applicant of right to equality —
Failure not creating distinction based on enumerated, analogous
ground — Poverty not enumerated, analogous ground — No
persuasive evidence distinction creating disadvantage by
perpetuating prejudice, stereotyping — No evidence showing
that foreign nationals living in poverty suffering disproportionate
hardship attributed to government’s failure to waive fees.
Constitutional Law — Fundamental Principles — Immigration
officer denying applicant’s request to be exempted from paying
fee to process application for permanent residence based on
humanitarian and compassionate considerations pursuant to
Immigration and Refugee Protection Act (IRPA), s. 25(1) —
Government’s failure to provide for waiver of fees not contrary
to common law constitutional right of access to courts, to rule
of law — Access to Minister under IRPA, s. 25(1) providing
discretionary benefit to foreign nationals, not constituting
right.
This was an application for judicial review of an immigration
officer’s decision denying the applicant’s request to be exempted
from paying the $550 fee to process her application for permanent
residence based on humanitarian and compassionate (H&C)
considerations pursuant to subsection 25(1) of the Immigration
and Refugee Protection Act (IRPA). The applicant’s visitor status
expired six months after her arrival in Canada. Specifically, the
applicant sought to be exempted from the requirement in
section 11 of the IRPA that she apply for permanent resident
status before entering Canada and to be granted that status from
within Canada on H&C grounds. The applicant claimed that
she could not afford to pay the processing fee.
c. CANADA
453
atteinte au droit de la demanderesse garanti par l’art. 7 de la
Charte — L’expulsion d’un non-citoyen ne met pas en cause les
droits à la liberté et à la sécurité garantis par l’art. 7 de la
Charte — Un examen des CH avant une expulsion n’est pas
un principe de justice fondamentale pour lequel l’art. 7
s’applique.
Droit constitutionnel — Charte des droits — Droits à
l’égalité — Un agent d’immigration a rejeté la demande
présentée par la demanderesse pour obtenir une dispense du
paiement des frais de traitement de sa demande de résidence
permanente fondée sur des motifs d’ordre humanitaire en vertu
de l’art. 25(1) de la Loi sur l’immigration et la protection des
réfugiés — L’omission du gouvernement de prévoir une
dispense de frais n’allait pas à l’encontre de l’art. 15 de la
Charte et ne privait pas la demanderesse de son droit à
l’égalité — L’omission ne créait pas de distinction fondée sur
un motif énuméré ou analogue — La pauvreté n’est pas un
motif énuméré ou analogue — Il n’y avait aucun élément de
preuve probant convaincant démontrant que la distinction
créait un désavantage par la perpétuation d’un préjugé ou de
stéréotypes — Il n’y avait aucun élément de preuve établissant
que les étrangers vivant dans la pauvreté souffraient de
difficultés disproportionnées qui pouvaient être attribuées à
l’omission du gouvernement de prévoir une dispense de frais.
Droit constitutionnel — Principes fondamentaux — Un
agent d’immigration a rejeté la demande présentée par la
demanderesse pour obtenir une dispense du paiement des frais
de traitement de sa demande de résidence permanente fondée
sur des motifs d’ordre humanitaire en vertu de l’art. 25(1) de
la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (la
LIPR) — L’omission du gouvernement de prévoir une dispense
de frais n’allait pas à l’encontre de la primauté du droit et du
droit constitutionnel d’accès aux tribunaux en common law —
L’accès au ministre prévu à l’art. 25(1) de la LIPR prévoit un
avantage discrétionnaire pour les étrangers et non pas un
droit.
Il s’agissait d’une demande de contrôle judiciaire de la
décision par laquelle un agent d’immigration a rejeté la demande
présentée par la demanderesse pour obtenir une dispense du
paiement des frais de 550 $ exigés pour le traitement de sa
demande de résidence permanente fondée sur des motifs
d’ordre humanitaire (CH) en vertu du paragraphe 25(1) de la
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (la LIPR).
Le statut de visiteur de la demanderesse a expiré six mois après
son entrée au Canada. Plus particulièrement, la demanderesse
voulait être dispensée de l’exigence prévue à l’article 11 de la
LIPR l’obligeant à présenter une demande de résidence
permanente avant d’entrer au Canada et obtenir, sur la base des
CH, la résidence permanente de l’intérieur du Canada. La
demanderesse affirmait qu’elle n’était pas en mesure de payer
les frais de traitement.
454
TOUSSAINT
The principal issues were whether section 25 of the IRPA
requires the Minister to consider a request to waive the fees for
an in-Canada section 25 application; whether the provisions of
the IRPA or the Immigration and Refugee Protection Regulations
preventing foreign nationals who are indigent or on social
assistance from seeking a waiver of fees for services under the
IRPA are invalid or inoperative on the basis of section 7 or 15
of the Canadian Charter of Rights and Freedoms; and whether
the government’s failure to provide for the waiver of fees is
contrary to the rule of law and the common law constitutional
right of access to the courts.
Held, the application should be dismissed.
While section 25 of the IRPA is very broad and covers much
more than requests for an exemption to apply for a permanent
visa from within Canada, it does not necessarily mean that this
provision is available in respect of every type of obligation that
arises under the IRPA or the Regulations. In general terms, the
“exemption from any applicable criteria or obligation of this
Act” in section 25 logically refers to such criteria or obligations
that cause the foreign national to be inadmissible or to not meet
the requirements of the IRPA. Parliament never intended
subsection 25(1) to create the possibility of exemption from
administrative requirements whether established under the
IRPA or the Regulations. Furthermore, section 89 of the IRPA
permits the enactment of regulations that govern fees for
services provided in the administration of the IRPA, including
the government’s ability, by regulation, to establish cases in
which fees may be waived by the Minister. Under section 89,
the government has the exclusive mandate to establish and
waive fees for services. It is clear that Parliament intended that
the waiver of fees be done through regulations and not through
the operation of subsection 25(1). In conclusion, subsection
25(1) does not require that the Minister consider a request to
exempt a foreign national from the payment of fees. The
Minister is without authority to do so.
The government’s failure to provide for the waiver of fees
did not constitute a breach of section 7 of the Canadian
Charter of Rights and Freedoms. The applicant is not a citizen
of Canada. The deportation of a non-citizen in itself cannot
implicate the liberty and security interests protected by section
7 of the Charter. Moreover, there was no evidence that the
applicant was facing any risk to her life, liberty or security of
person upon her deportation. Finally, an H&C assessment prior
to deportation is not a legal principle and therefore cannot be
a principle of fundamental justice to which section 7 applies.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
Les principales questions litigieuses étaient celles de savoir
si l’article 25 de la LIPR exige que le ministre examine une
demande de dispense de frais pour une demande basée sur
l’article 25 et présentée de l’intérieur du Canada; si les
dispositions de la LIPR ou du Règlement sur l’immigration et
la protection des réfugiés qui empêchent les étrangers indigents
ou qui bénéficient de l’aide sociale de demander la dispense
de frais pour les services offerts pour l’application de la LIPR
sont inopérantes sur la base de l’article 7 ou 15 de la Charte
canadienne des droits et libertés; et si l’omission du gouvernement de prévoir une dispense de frais va à l’encontre de la
primauté du droit et du droit constitutionnel d’accès aux
tribunaux en common law.
Jugement : la demande doit être rejetée.
Bien que l’article 25 de la LIPR soit très large et couvre
beaucoup plus que les demandes de dispense visant la
présentation d’une demande de visa permanent de l’intérieur
du Canada, cela ne signifie pas nécessairement que cette
disposition est applicable à tout type d’obligation imposée par
la LIPR ou le Règlement. En général, le fait de « lever tout ou
partie des critères et obligations applicables » à l’article 25
renvoie logiquement aux critères et obligations qui ont fait que
l’étranger est devenu interdit de territoire ou qu’il ne s’est pas
conformé aux exigences de la LIPR. Le législateur n’a jamais
eu l’intention avec le paragraphe 25(1) de créer une possibilité
de dispense des exigences administratives, qu’elles soient
établies en application de la LIPR ou du Règlement. Qui plus
est, l’article 89 de la LIPR permet l’adoption de règlements qui
prévoient les frais pour les services offerts dans la mise en
œuvre de la LIPR, y compris la possibilité pour le gouvernement
d’établir par règlement les cas pour lesquels la dispense des
frais peut être accordée par le ministre. En vertu de l’article 89,
le gouvernement a le mandat exclusif d’établir les frais pour
les services offerts et de dispenser de leur paiement. Il est clair
que l’intention du législateur était que la dispense de frais soit
faite par la voie réglementaire et non pas par l’application du
paragraphe 25(1). Pour conclure, le paragraphe 25(1) ne
requiert pas que le ministre examine une demande présentée
par un étranger pour la dispense de frais. Le ministre n’a pas le
pouvoir de le faire.
L’omission du gouvernement de prévoir une dispense de
frais n’allait pas à l’encontre de l’article 7 de la Charte
canadienne des droits et libertés. La demanderesse n’est pas
Canadienne. L’expulsion d’un non-citoyen ne peut mettre en
cause les droits à la liberté et à la sécurité garantis par l’article 7
de la Charte. En outre, il n’y avait aucune preuve démontrant
que la demanderesse serait exposée à une menace à sa vie, à sa
liberté et à la sécurité de sa personne en cas d’expulsion. Enfin,
un examen des CH avant une expulsion n’est pas une obligation
découlant d’un principe juridique et il ne peut donc pas s’agir
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
The government’s failure to provide for the waiver of fees
was also not contrary to section 15 of the Charter and did not
deprive the applicant of her right to equality. The Governor in
Council’s failure to establish a waiver for persons in poverty
did not create a distinction based on an enumerated or analogous
ground: (1) It could not be said that the application of the
applicable statutory scheme resulted in a differential effect that
effectively barred the H&C review for foreign nationals living
in poverty. There was no evidence to suggest that those foreign
nationals who managed to file H&C applications with the
processing fee were not impecunious and not in receipt of social
assistance. (2) Poverty is not an enumerated ground. Nor does
it constitute an analogous ground since it is not a personal characteristic that is either actually immutable or a characteristic
that the government has no legitimate interest in expecting the
individual to change.
Despite these findings, the issue of discrimination was
considered. There was no persuasive evidence that the distinction
created a disadvantage by perpetuating prejudice or stereotyping.
There was no evidence that showed that foreign nationals
living in poverty suffered disproportionate hardship that could
be attributed to the government’s failure to waive fees regardless
of whether poverty constituted an analogous ground. Also, an
in-Canada H&C application provides foreign nationals with a
discretionary and exceptional benefit—not a right.
Finally, the government’s failure to provide for the waiver of
fees was not contrary to the common law constitutional right of
access to the courts or to the rule of law. Access to the Minister
under subsection 25(1) of the IRPA cannot be equated to a right
of access to the courts since it provides a discretionary benefit
to foreign nationals. Section 25 itself does not provide any right
to make an in-Canada H&C application. Also, the provisions
relating to the payment of the H&C application fees were not
rendered invalid by virtue of the rule of law, which could not
be used to create a fee waiver in the context of H&C applications.
This was not an appropriate application of the rule of law.
Questions were certified as to whether the Minister is obliged
to consider a request to grant an exemption from the requirement
to pay the H&C processing fee, whether the government’s
failure to enact regulations permitting the waiver of fees for
foreign nationals living in poverty who wish to make an inCanada application for permanent resident status pursuant to
subsection 25(1) of the IRPA violates section 7 or 15 of the
c. CANADA
455
d’un principe de justice fondamentale pour lequel l’article 7
s’applique.
De même, l’omission du gouvernement de prévoir une
dispense de frais n’allait pas à l’encontre de l’article 15 de la
Charte et ne privait pas la demanderesse de son droit à l’égalité.
L’omission de la gouverneure en conseil d’établir une dispense
pour les personnes pauvres ne créait pas de distinction fondée
sur un motif énuméré ou analogue : 1) on ne pouvait soutenir
que l’application du régime légal entraînait un effet différentiel
qui empêchait effectivement l’examen des demandes fondées
sur les CH pour les étrangers vivant dans la pauvreté. Il n’y
avait pas de preuve qui donnait à penser que les étrangers
qui arrivent à présenter des demandes CH accompagnées du
paiement des frais de traitement ne sont ni indigents ni bénéficiaires de l’aide sociale. 2) La pauvreté n’est pas un motif
énuméré et elle ne constitue pas un motif analogue parce qu’il
ne s’agit pas d’une caractéristique personnelle qui est soit
immuable, soit une caractéristique que le gouvernement ne
peut légitimement s’attendre à ce que la personne change.
Malgré ces conclusions, la question de la discrimination a
été prise en compte. Il n’y avait aucun élément de preuve
probant convaincant démontrant que la distinction créait un
désavantage par la perpétuation d’un préjugé ou de stéréotypes.
Il n’y avait pas de preuve établissant que les étrangers vivant
dans la pauvreté souffraient de difficultés disproportionnées
qui pouvaient être attribuées à l’omission du gouvernement de
prévoir une dispense de frais, que la pauvreté constitue ou non
un motif analogue. De plus, la demande CH présentée de
l’intérieur du Canada donne à l’étranger un avantage exceptionnel
et discrétionnaire — et non pas un droit.
Enfin, l’omission du gouvernement de prévoir une dispense
de frais n’allait pas à l’encontre de la primauté du droit et du
droit constitutionnel d’accès aux tribunaux en common law.
L’accès au ministre prévu au paragraphe 25(1) de la LIPR ne
peut pas équivaloir au droit d’accès aux tribunaux parce qu’il
prévoit un avantage discrétionnaire pour les étrangers. L’article 25
en soi ne prévoit pas quelque droit que ce soit de présenter une
demande CH de l’intérieur du Canada. En outre, les dispositions
relatives au paiement des frais d’une demande CH ne sont pas
invalides en raison du principe de la primauté du droit, qui ne
pouvait être utilisée pour créer une dispense de frais dans le
contexte des demandes CH. Il ne s’agissait pas d’une application
appropriée de la primauté du droit.
Des questions ont été certifiées quant à la question de savoir
si le ministre est obligé d’examiner une demande de dispense
des frais de traitement d’une demande CH, si l’omission du
gouvernement d’adopter un règlement permettant une dispense
de frais pour les étrangers vivant dans la pauvreté et qui souhaitent présenter une demande du statut de résident permanent
de l’intérieur du Canada en application du paragraphe 25(1) de
456
TOUSSAINT
Charter, and whether this failure is contrary to the rule of law
or the common law constitutional right of access to the courts.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
la LIPR contrevient à l’article 7 ou 15 de la Charte et si cette
omission est contraire soit à la primauté du droit, soit au droit
d’accès aux tribunaux en common law.
STATUTES AND REGULATIONS CITED
LOIS ET RÈGLEMENTS CITÉS
TREATIES AND OTHER INSTRUMENTS CITED
TRAITÉS ET AUTRES INSTRUMENTS CITÉS
CASES CITED
JURISPRUDENCE CITÉE
Canadian Bill of Rights, R.S.C., 1985, Appendix III,
s. 1(b).
Canadian Charter of Rights and Freedoms, being Part I of
the Constitution Act, 1982, Schedule B, Canada Act
1982, 1982, c. 11 (U.K.) [R.S.C., 1985, Appendix II, No.
44], ss. 7, 15.
Criminal Code, R.S.C., 1985, c. C-46.
Family Benefits Act, R.S.O. 1990, c. F.2.
Immigration Act, 1976, S.C. 1976-77, c. 52.
Immigration and Refugee Protection Act, S.C. 2001, c. 27,
ss. 11 (as am. by S.C. 2008, c. 28, s. 116), 25 (as am. idem,
s. 117), 35, 74(d), 89, 96, 97.
Immigration and Refugee Protection Regulations,
SOR/2002-227, ss. 10 (as am. by SOR/2004-59, s. 2;
2004-167, s. 5), 66, 117(9)(d) (as am. idem, s. 41),
133(1)(k), 294–315.
Interpretation Act, R.S.C., 1985, c. I-21, s. 12.
Public Utilities Act, R.S.N.S. 1989, c. 380, s. 67(1).
R.R.O. 1990, Reg. 366, s. 1 “spouse” (as am. by O. Reg.
409/95).
Convention Against Torture and other Cruel, Inhuman or
Degrading Treatment or Punishment, December 10,
1984, [1987] Can. T.S. No. 36.
United Nations Convention Relating to the Status of
Refugees, July 28, 1951, [1969] Can. T.S. No. 6.
APPLIED:
Medovarski v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration); Esteban v. Canada (Minister of Citizenship
and Immigration), 2005 SCC 51, [2005] 2 S.C.R. 539,
258 D.L.R. (4th) 193, 135 C.R.R. (2d) 1; Canadian
Foundation for Children, Youth and the Law v. Canada
(Attorney General), 2004 SCC 4, [2004] 1 S.C.R. 76, 234
D.L.R. (4th) 257, 180 C.C.C. (3d) 353; Andrews v. Law
Society of British Columbia, [1989] 1 S.C.R. 143, (1989),
56 D.L.R. (4th) 1, [1989] 2 W.W.R. 289; R. v. Kapp, 2008
SCC 41, [2008] 2 S.C.R. 483, 294 D.L.R. (4th) 1, [2008]
1 W.W.R. 1; Corbiere v. Canada (Minister of Indian and
Northern Affairs), [1999] 2 S.C.R. 203, (1999), 173
D.L.R. (4th) 1, 239 N.R. 1; Boulter v. Nova Scotia Power
Inc., 2009 NSCA 17, 275 N.S.R. (2d) 214, 307 D.L.R.
Charte canadienne des droits et libertés, qui constitue la
partie I de la Loi constitutionnelle de 1982, annexe B,
Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.) [L.R.C.
(1985), appendice II, no 44], art. 7, 15.
Code criminel, L.R.C. (1985), ch. C-46.
Déclaration canadienne des droits, L.R.C. (1985),
appendice III, art. 1b).
Loi d’interprétation, L.R.C. (1985), ch. I-21, art. 12.
Loi sur les prestations familiales, L.R.O. 1990, ch. F.2.
Loi sur l’immigration de 1976, S.C. 1976-77, ch. 52.
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, L.C.
2001, ch. 27, art. 11 (mod. par L.C. 2008, ch. 28, art. 116),
25 (mod., idem, art. 117), 35, 74d), 89, 96, 97.
Public Utilities Act, R.S.N.S. 1989, ch. 380, art. 67(1).
Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés,
DORS/2002-227, art. 10 (mod. par DORS/2004-59, art. 2;
2004-167, art. 5), 66, 117(9)d) (mod., idem, art. 41),
133(1)k), 294 à 315.
R.R.O. 1990, Règl. 366, art. 1 « conjoint » (mod. par Règl.
de l’Ont. 409/95).
Convention contre la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants, 10 décembre 1984,
[1987] R.T. Can. no 36.
Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés,
28 juillet 1951, [1969] R.T. Can. no 6.
DÉCISIONS APPLIQUÉES :
Medovarski c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration); Esteban c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CSC 51, [2005] 2
R.C.S. 539; Canadian Foundation for Children, Youth
and the Law c. Canada (Procureur général), 2004 CSC 4,
[2004] 1 R.C.S. 76; Andrews c. Law Society of British
Columbia, [1989] 1 R.C.S. 143; R. c. Kapp, 2008 CSC
41, [2008] 2 R.C.S. 483; Corbiere c. Canada (Ministre
des Affaires indiennes et du Nord canadien), [1999] 2
R.C.S. 203; Boulter v. Nova Scotia Power Inc., 2009
NSCA 17, 275 N.S.R. (2d) 214, 307 D.L.R. (4th) 293, 185
C.R.R. (2d) 50; Colombie-Britannique c. Imperial Tobacco
Canada Ltée, 2005 CSC 49, [2005] 2 R.C.S. 473.
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
c. CANADA
457
(4th) 293, 185 C.R.R. (2d) 50; British Columbia v.
Imperial Tobacco Canada Ltd., 2005 SCC 49, [2005] 2
S.C.R. 473, 257 D.L.R. (4th) 193, [2006] 1 W.W.R. 201.
DISTINGUISHED:
DÉCISION DIFFÉRENCIÉE :
Falkiner v. Ontario (Ministry of Community and Social
Services) (2002), 59 O.R. (3d) 481, 212 D.L.R. (4th) 633,
1 Admin. L.R. (4th) 235 (C.A.).
Falkiner v. Ontario (Ministry of Community and Social
Services) (2002), 59 O.R. (3d) 481, 212 D.L.R. (4th) 633,
1 Admin. L.R. (4th) 235 (C.A.).
CONSIDERED:
DÉCISIONS EXAMINÉES :
Krena v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration),
2009 FC 874, 83 Imm. L.R. (3d) 29; Gunther v. Canada
(Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FC 875,
83 Imm. L.R. (3d) 39; Chiarelli v. Canada (Minister of
Employment and Immigration), [1992] 1 S.C.R. 711,
(1992), 90 D.L.R. (4th) 289, 2 Admin. L.R. (2d) 125;
Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998] 1 S.C.R. 27, (1998),
36 O.R. (3D) 418, 154 D.L.R. (4th) 193; de Guzman v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005
FCA 436, [2006] 3 F.C.R. 655, 262 D.L.R. (4th) 13, 42
Admin. L.R. (4th) 234; Monemi v. Canada (Solicitor
General), 2004 FC 1648, 266 F.T.R. 31; Varela v. Canada
(Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FCA
145, [2010] 1 F.C.R. 129, 80 Imm. L.R. (3d) 1; Singh et
al. v. Minister of Employment and Immigration, [1985] 1
S.C.R. 177, (1985), 17 D.L.R. (4th) 422, 12 Admin. L.R.
137; R. v. Malmo-Levine; R. v. Caine, 2003 SCC 74,
[2003] 3 S.C.R. 571, 233 D.L.R. (4th) 415, [2004] 4
W.W.R. 407; Rodriguez v. British Columbia (Attorney
General), [1993] 3 S.C.R. 519, (1993), 107 D.L.R. (4th)
342, [1993] 7 W.W.R. 641; Eldridge v. British Columbia
(Attorney General), [1997] 3 S.C.R. 624, (1997), 151
D.L.R. (4th) 577, [1998] 1 W.W.R. 50; Miron v. Trudel,
[1995] 2 S.C.R. 418, (1995), 124 D.L.R. (4th) 693, 29
C.R.R. (2d) 189; Law v. Canada (Minister of Employment
and Immigration), [1999] 1 S.C.R. 497, (1999), 170
D.L.R. (4th) 1, 43 C.C.E.L. (2d) 49; Hodge v. Canada
(Minister of Human Resources Development), 2004 SCC
65, [2004] 3 S.C.R. 357, 244 D.L.R. (4th) 257, 125 C.R.R.
(2d) 48; R. v. Banks, 2007 ONCA 19, 84 O.R. (3d) 1, 275
D.L.R. (4th) 640, 216 C.C.C. (3d) 19, leave to appeal
refused [2007] S.C.C.A. No. 139 (QL); Guzman v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006
FC 1134, [2007] 3 F.C.R. 411, 146 C.R.R. (2d) 305, 57 Imm.
L.R. (3d) 174, affd 2007 FCA 358, 65 Imm. L.R. (3d) 155,
leave to appeal to S.C.C. refused [2008] S.C.C.A. No. 4
(QL); Alberta v. Hutterian Brethren of Wilson Colony,
2009 SCC 37, [2009] 2 S.C.R. 567, 460 A.R. 1, 310
D.L.R. (4th) 193; Barker v. Manitoba (Registrar of Motor
Vehicles) (1987), 50 Man. R. (2d) 115, 47 D.L.R. (4th) 69,
[1988] 2 W.W.R. 28 (Q.B.); Polewsky v. Home Hardware
Stores Ltd. (2003), 66 O.R. (3d) 600, 34 C.P.C. (5th) 334,
109 C.R.R. (2d) 189 (Div. Ct.).
Krena c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CF 874; Gunther c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CF 875; Chiarelli
c. Canada (Ministre de l’Emploi et de l’Immigration),
[1992] 1 R.C.S. 711; Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998]
1 R.C.S. 27; de Guzman c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CAF 436, [2006]
3 R.C.F. 655; Monemi c. Canada (Solliciteur général),
2004 CF 1648; Varela c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CAF 145, [2010]
1 R.C.F. 129; Singh et autres c. Ministre de l’Emploi et
de l’Immigration, [1985] 1 R.C.S. 177; R. c. MalmoLevine; R. c. Caine, 2003 CSC 74, [2003] 3 R.C.S. 571;
Rodriguez c. Colombie-Britannique (Procureur général),
[1993] 3 R.C.S. 519; Eldridge c. Colombie-Britannique
(Procureur général), [1997] 3 R.C.S. 624; Miron c. Trudel,
[1995] 2 R.C.S. 418; Law c. Canada (Ministre de l’Emploi
et de l’Immigration), [1999] 1 R.C.S. 497; Hodge c.
Canada (Ministre du Développement des ressources
humaines), 2004 CSC 65, [2004] 3 R.C.S. 357; R. v.
Banks, 2007 ONCA 19, 84 O.R. (3d) 1, 275 D.L.R. (4th)
640, 216 C.C.C. (3d) 19, autorisation de pourvoi à la
C.S.C. refusée, [2007] C.S.C.R. no 139 (QL); Guzman c.
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration),
2006 CF 1134, [2007] 3 R.C.F. 411, conf. par 2007 CAF
358, autorisation de pourvoi à la C.S.C. refusée, [2008]
C.S.C.R. no 4 (QL); Alberta c. Hutterian Brethren of
Wilson Colony, 2009 CSC 37, [2009] 2 R.C.S. 567;
Barker v. Manitoba (Registrar of Motor Vehicles) (1987),
50 Man. R. (2d) 115, 47 D.L.R. (4th) 69, [1988] 2 W.W.R.
28 (Q.B.); Polewsky v. Home Hardware Stores Ltd. (2003),
66 O.R. (3d) 600, 34 C.P.C. (5th) 334, 109 C.R.R. (2d)
189 (Div. Ct.).
458
TOUSSAINT
REFERRED TO:
Kisana v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), 2009 FCA 189, [2010] 1 F.C.R. 360, 392
N.R. 163; Kim v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), 2005 FC 1357, 51 Imm. L.R. (3d) 262;
Nalbandian v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), 2006 FC 1128, 309 F.T.R. 1, 56 Imm. L.R.
(3d) 67; Keymanesh v. Canada (Minister of Citizenship
and Immigration), 2006 FC 641, [2007] 2 F.C.R. 206, 46
Admin. L.R. (4th) 256, 293 F.T.R. 285; Re B.C. Motor
Vehicle Act, [1985] 2 S.C.R. 486, (1985), 24 D.L.R. (4th)
536, [1986] 1 W.W.R. 481; Veitch v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), 2008 FC 1400;
Tharmalingam v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), 2008 FC 463; Palumbo v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), 2009 FC 706; R. v.
Mohan, [1994] 2 S.C.R. 9, (1994), 114 D.L.R. (4th) 419,
89 C.C.C. (3d) 402; Vriend v. Alberta, [1998] 1 S.C.R.
493, (1998), 212 A.R. 237, 156 D.L.R. (4th) 385; R. v.
Lord Chancellor, ex parte John Witham, [1997] 2 All E.R.
779 (Q.B.); R. v. Secretary of State for the Home Department, ex parte Saleem, [2000] 4 All E.R. 814 (C.A.); Moss
v. Canada, [1998] 1 C.T.C. 2999, 97 DTC 1493; Pearson v.
Canada (2000), 12 C.P.C. (5th) 284, 195 F.T.R. 31
(F.C.T.D.).
AUTHORS CITED
Driedger, Elmer A. Construction of Statutes, 2nd ed.
Toronto: Butterworths, 1983.
APPLICATION for judicial review of an immigration
officer’s decision denying the applicant’s request to be
exempted from paying the fee to process her application
for permanent residency based on humanitarian and
compassionate considerations pursuant to subsection
25(1) of the Immigration and Refugee Protection Act.
Application dismissed.
APPEARANCES
Andrew C. Dekany and Angus Grant for applicant.
Martin E. Anderson, Kristina S. Dragaitis and Ned
Djordjevic for respondent.
Amina S. Sherazee and Rocco Galati for intervener
Low Income Families Together.
Raj Anand for intervener Charter Committee on
Poverty Issues
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
DÉCISIONS CITÉES :
Kisana c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), 2009 CAF 189, [2010] 1 R.C.F. 360; Kim
c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration),
2005 CF 1357; Nalbandian c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF 1128;
Keymanesh c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), 2006 CF 641, [2007] 2 R.C.F. 206;
Renvoi : Motor Vehicle Act de la C.-B., [1985] 2 R.C.S.
486; Veitch c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), 2008 CF 1400; Tharmalingam c. Canada
(Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF
463; Palumbo c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et
de l’Immigration), 2009 CF 706; R. c. Mohan, [1994] 2
R.C.S. 9; Vriend c. Alberta, [1998] 1 R.C.S. 493; R. v. Lord
Chancellor, ex parte John Witham, [1997] 2 All E.R. 779
(Q.B.); R. v. Secretary of State for the Home Department,
ex parte Saleem, [2000] 4 All E.R. 814 (C.A.); Moss c.
Canada, [1997] A.C.I. no 712 (QL); Pearson c. Canada,
[2000] A.C.F. no 1444 (1re inst.) (QL).
DOCTRINE CITÉE
Driedger, Elmer A. Construction of Statutes, 2e éd.
Toronto : Butterworths, 1983.
DEMANDE de contrôle judiciaire de la décision par
laquelle un agent d’immigration a rejeté la demande
présentée par la demanderesse pour obtenir une dispense
du paiement des frais exigés pour le traitement de sa
demande de résidence permanente fondée sur des motifs
d’ordre humanitaire en vertu du paragraphe 25(1) de la
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.
Demande rejetée.
ONT COMPARU
Andrew C. Dekany et Angus Grant pour la demanderesse.
Martin E. Anderson, Kristina S. Dragaitis et Ned
Djordjevic pour le défendeur.
Amina S. Sherazee et Rocco Galati pour l’intervenant,
Low Income Families Together.
Raj Anand pour l’intervenant Charter Committee on
Poverty Issues
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
c. CANADA
SOLICITORS OF RECORD
AVOCATS INSCRITS AU DOSSIER
Andrew Dekany, Toronto, for applicant.
Deputy Attorney General of Canada for respondent.
Amina Sherazee, Toronto, for intervener Low
Income Families Together.
WeirFoulds LLP, Toronto, for intervener Charter
Committee on Poverty Issues.
459
Andrew Dekany, Toronto, pour la demanderesse.
Le sous-procureur général du Canada pour le
défendeur.
Amina Sherazee, Toronto, pour l’intervenant Low
Income Families Together.
WeirFoulds LLP, Toronto, pour l’intervenant Charter
Committee on Poverty Issues.
The following are the reasons for judgment and
judgment rendered in English by
Ce qui suit est la version française des motifs du
jugement et du jugement rendus par
I.
I.
SNIDER J.:
Background
[1] The applicant, Ms. Nell Toussaint, a citizen of
Grenada, came to Canada in December 1999 as a visitor.
Her visitor status expired within 6 months of entering
Canada and she has been without status since that time.
She does not want to return to Grenada. The applicant
would like to apply to the Minister of Citizenship and
Immigration (the Minister or the respondent), pursuant to
subsection 25(1) [as am. by S.C. 2008, c. 28, s. 117] of
the Immigration and Refugee Protection Act, S.C. 2001,
c. 27 (IRPA), for an exemption from certain requirements
of the IRPA on the basis of humanitarian and compassionate (H&C) considerations. Specifically, she wants:
(a) to be exempted from the requirement in section 11
[as am. idem, s. 116] of the IRPA that she must apply for
permanent resident status before entering Canada; and
(b) to be granted permanent residence from within
Canada on H&C grounds. The fee required to process
her in-Canada H&C application is $550, which, the
applicant claims, she cannot afford.
[2] Under cover of letter dated September 12, 2008, a
Certified Canadian Immigration Consultant, acting on
behalf of the applicant, forwarded an H&C application to
the Minister. The cover letter contained the following
request:
LA JUGE SNIDER :
Résumé des faits
[1] Mme Nell Toussaint, la demanderesse, est une
citoyenne de la Grenade; elle est entrée au Canada en
décembre 1999, en qualité de visiteur. Son statut de
visiteur a expiré six mois après son entrée au Canada, et
elle est sans statut depuis. Elle ne veut pas retourner à
la Grenade. La demanderesse aimerait présenter une demande au ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration
(le ministre ou le défendeur), selon le paragraphe 25(1)
[mod. par L.C. 2008, ch. 28, art. 117] de la Loi sur
l’immigration et la protection des réfugiés, L.C. 2001,
ch. 27 (la LIPR), pour obtenir une dispense de certaines
exigences de la LIPR sur la base de considérations
d’ordre humanitaire (les CH ou la demande CH). Plus
précisément, elle veut : a) être dispensée de l’exigence
prévue à l’article 11 [mod., idem, art. 116] de la LIPR
selon laquelle elle aurait dû présenter sa demande de
statut de résidente permanente avant d’entrer au Canada;
b) obtenir, sur la base des CH, la résidence permanente
de l’intérieur du Canada. Les frais exigés pour le
traitement de la demande CH au Canada sont de 550 $.
La demanderesse allègue qu’elle n’est pas en mesure de
les payer.
[2] Un consultant en immigration agréé, agissant pour
le compte de la demanderesse, a envoyé la demande
CH au ministre, accompagnée d’une lettre datée du
12 septembre 2008. La lettre de présentation contenait
la demande suivante :
460
TOUSSAINT
On behalf of my client Ms. Nell Toussaint I am hereby making
a request under section 25(1) of the Immigration and Refugee
Protection Act for her to be exempted from the requirement
under sections 307 and 10(1)(d) of the Immigration and Refugee
Protection Regulations to pay the $550 fee for the processing
of her application for permanent residency based on humanitarian
and compassionate considerations (H&C) ….
The basis of Ms. Toussaint’s request for this fee exemption is
set out in her affidavit, which is attached. As you can see, she
is indigent and unable to afford to pay the fee.
[3] In a letter dated January 12, 2009, the administrative
officer, Case Management Branch of Citizenship and
Immigration Canada (CIC) returned the application
without processing for the following reasons:
Paragraph 10(1)(d) of the Immigration and Refugee Protection
Regulations requires all applicants to include evidence of
payment of the applicable fee. Your request for an exemption
from the fees is contrary to this legislative requirement. If you
wish to apply for permanent residence in Canada your application
must be accompanied by the required fee.
[4] The applicant seeks judicial review of this decision.
In addition to a request that the decision of the administrative officer be quashed, the other key remedies sought
may be stated as follows:
• An order that the Minister examine the applicant’s
circumstances to determine whether an exemption from
section 11 of the IRPA is justified on H&C grounds,
without the payment of any fee;
• A declaration that section 307, paragraph 10(1)(d) and
section 66 of the Immigration and Refugee Protection
Regulations, SOR/2002-227 (IRP Regulations or the
Regulations), which require the payment of a fee as a
condition of accessing the procedure under subsection
25(1) of the IRPA is ultra vires in that it fetters the
Minister’s discretion under subsection 25(1) of the
IRPA; and
• A declaration that section 307 and paragraph 10(1)(d)
are inoperative or invalid as being contrary to subsection
15(1) and section 7 of the Canadian Charter of Rights
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[TRADUCTION] Pour le compte de ma cliente, Mme Nell Toussaint,
je fais par la présente une demande en me fondant sur le paragraphe 25(1) de la Loi sur l’immigration et la protection des
réfugiés pour qu’elle soit dispensée des exigences prévues à
l’article 307 et à l’alinéa 10(1)d) du Règlement sur l’immigration
et la protection des réfugiés de payer des frais de 550 $ pour le
traitement de sa demande de résidence permanente basée sur
des considérations d’ordre humanitaire (les CH) […]
Mme Toussaint expose le fondement de cette demande de dispense
dans son affidavit joint à la présente lettre. Comme vous pouvez
le constater, elle est indigente et elle n’est pas en mesure de
payer les frais.
[3] Dans une lettre datée du 12 janvier 2009, un agent
d’administration de la Direction générale du règlement
des cas à Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) a
retourné la demande non traitée pour les raisons suivantes :
[TRADUCTION] L’alinéa 10(1)d) du Règlement sur l’immigration
et la protection des réfugiés, exige que toutes les demandes
soient accompagnées d’un récépissé de paiement des droits
applicables. Votre demande de dispense de frais va à l’encontre
de cette exigence réglementaire. Si vous désirez présenter une
demande de résidence permanente au Canada, vous devez
joindre à votre demande le paiement des frais exigés.
[4] La demanderesse demande le contrôle judiciaire de
cette décision. En plus de la demande que la décision de
l’agent d’administration soit annulée, les principales
autres réparations demandées peuvent être exposées de
la façon suivante :
• une ordonnance enjoignant au ministre d’examiner la
situation de la demanderesse et de déterminer si une
dispense de l’exigence prévue à l’article 11 de la LIPR
est justifiée sur la base des CH, sans paiement des frais;
• un jugement déclaratoire selon lequel l’article 307,
l’alinéa 10(1)d) et l’article 66 du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés, DORS/2002-227
(le Règlement), qui exigent le paiement de frais comme
condition d’accès à la procédure prévue au paragraphe
25(1) de la LIPR, ne sont pas valides parce qu’ils
compromettent le pouvoir discrétionnaire du ministre
prévu au paragraphe 25(1) de la LIPR;
• un jugement déclaratoire selon lequel l’article 307 et
l’alinéa 10(1)d) du Règlement sont inopérants parce
qu’ils contreviennent au paragraphe 15(1) et à l’article 7
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
and Freedoms, being Part I of the Constitution Act, 1982,
Schedule B, Canada Act 1982, 1982, c. 11 (U.K.)
[R.S.C., 1985, Appendix II, No. 44] (Charter), contrary
to paragraph 1(b) of the Canadian Bill of Rights, R.S.C.,
1985, Appendix III (Canadian Bill of Rights or Bill of
Rights), and contrary to the rule of law and the “constitutional norm of equality”.
[5] By order of Prothonotary Aalto, two organizations—
the Charter Committee on Poverty Issues (CCPI) and
Low Income Families Together (LIFT)—were granted
intervener status in this application for judicial review.
II.
[6]
Issues
This application raises the following issues:
1. What is the applicable standard of review of the
Minister’s decision not to consider waiving the applicant’s
in-Canada application fee?
2. On a proper statutory interpretation of the relevant
provisions of the IRPA, does section 25 of the IRPA
require the Minister to consider a request to waive the
fee for an in-Canada section 25 application?
3. Are the provisions of the IRPA or the IRP Regulations
that purport to prevent foreign nationals, who are indigent
or on social assistance, from seeking a waiver of fees for
services under the IRPA, invalid or inoperative on the
basis of:
(a) section 7 of the Charter; or
(b) section 15 of the Charter?
4. Is the failure of the government to provide for the
waiver of fees contrary to the rule of law and the common
law constitutional right of access to the courts?
c. CANADA
461
de la Charte canadienne des droits et libertés, qui
constitue la partie I de la Loi constitutionnelle de 1982,
annexe B, Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch. 11
(R.-U.) [L.R.C. (1985), appendice II, no 44] (la Charte),
contreviennent à l’alinéa 1b) de la Déclaration canadienne
des droits, L.R.C. (1985), appendice III, et contreviennent
au principe de primauté du droit et à la [TRADUCTION]
« norme constitutionnelle d’égalité ».
[5] Dans une ordonnance rendue par le protonotaire
Aalto, deux associations — Charter Committee on Poverty Issues (CCPI) et Low Income Families Together
(LIFT) — ont obtenu le statut d’intervenants dans la
présente demande de contrôle judiciaire.
II.
Les questions en litige
[6] La présente demande soulève les questions
suivantes :
1. Quelle est la norme de contrôle applicable à la décision
du ministre de ne pas accorder de dispense du paiement
des frais pour la demande présentée par la demanderesse
au Canada?
2. Selon l’interprétation correcte des dispositions pertinentes de la LIPR, l’article 25 de la LIPR exige-t-il du
ministre qu’il examine une demande de dispense de frais
pour une demande basée sur l’article 25 et présentée de
l’intérieur du Canada?
3. Les dispositions de la LIPR ou du Règlement qui
semblent empêcher les étrangers indigents ou qui
bénéficient de l’aide sociale de demander la dispense de
frais pour les services offerts pour l’application de
la LIPR sont-elles inopérantes sur la base de :
a) l’article 7 de la Charte;
b) l’article 15 de la Charte?
4. L’omission du gouvernement de prévoir une dispense
de frais va-t-elle à l’encontre de la primauté du droit et du
droit constitutionnel d’accès aux tribunaux en common
law?
462
TOUSSAINT
[7] In her written submissions, the applicant raised, as
an issue, the possible application of certain provisions
of the Canadian Bill of Rights to the facts. Since the
applicant did not address this argument during oral submissions, I have not considered the possible application
of the Bill of Rights. Nevertheless, I would comment that
the portion of the reasons and my conclusions relating
to section 7 of the Charter would also apply to any Bill
of Rights argument advanced by the applicant.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[7] Dans ses observations écrites, la demanderesse a
soulevé, en tant que question à trancher, la possible
application de certaines dispositions de la Déclaration
canadienne des droits aux faits. Étant donné que la
demanderesse n’a pas soulevé cet argument dans ses
observations orales, je n’ai pas examiné la possible
application de la Déclaration canadienne des droits.
Néanmoins, je fais observer que la partie de mes motifs
et de mes conclusions relative à l’article 7 de la Charte
s’appliquera aussi à tout argument sur la Déclaration
canadienne des droits avancé par la demanderesse.
[8] Lastly, the intervener LIFT focuses its issues
specifically on the impact that a failure to waive fees has
on the best interests of children directly affected. The
applicant has no children. Accordingly, the issue of the
best interests of the child, as raised by LIFT, is not
relevant to the consideration of this judicial review and
any conclusions that I reach would not be determinative.
This issue was, however, relevant to the situation facing
two families whose applications for judicial review were
heard together with this matter (Krena v. Canada
(Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FC 874,
83 Imm. L.R. (3d) 29 and Gunther v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), 2009 FC 875, 83 Imm.
L.R. (3d) 39). Because of the particular circumstances
of each of these files, the matters were dismissed on the
basis of mootness or lack of standing. Given the
importance of having a proper factual foundation before
the Court upon which to make important Charter
determinations, I will not deal extensively with LIFT’s
arguments in these reasons for judgment.
[8] Enfin, l’intervenant LIFT concentre précisément
ses questions sur les effets sur l’intérêt supérieur des
enfants directement touchés par le refus d’accorder une
dispense de frais. La demanderesse n’a pas d’enfant. Par
conséquent, la question de l’intérêt supérieur de l’enfant
soulevée par LIFT n’est pas pertinente pour l’examen du
présent contrôle judiciaire, et toute conclusion à laquelle
j’arriverais ne serait pas déterminante. Toutefois, cette
question était pertinente quant à la situation dans laquelle
se trouvaient deux familles dont les demandes de contrôle
judiciaire ont été entendues conjointement à la présente
affaire (Krena c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et
de l’Immigration), 2009 CF 874; Gunther c. Canada
(Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009
CF 875). En raison des circonstances particulières à
chacun de ces dossiers, les demandes ont été rejetées sur
la base du caractère théorique ou du manque de qualité
pour agir. Étant donné l’importance d’avoir devant
la Cour un bon fondement factuel sur lequel on peut tirer
des conclusions importantes relatives à la Charte, je
n’examinerai pas de façon approfondie les arguments de
LIFT dans les présents motifs de jugement.
III.
III.
Legislative framework
[9] I begin by stating that: “The most fundamental
principle of immigration law is that non-citizens do not
have an unqualified right to enter or remain in the country”
(Chiarelli v. Canada (Minister of Employment and
Immigration), [1992] 1 S.C.R. 711, at page 733). Thus,
Parliament has established a scheme for immigration in
which all applications for permanent residence in Canada
must be made from outside Canada (IRPA, subsection
11(1)). However, subsection 25(1) of the IRPA gives the
Minister the discretion to exempt persons from that
Le contexte légal
[9] Je commence par la déclaration suivante : « Le
principe le plus fondamental du droit de l’immigration
veut que les non-citoyens n’aient pas un droit absolu
d’entrer au pays ou d’y demeurer » (Chiarelli c. Canada
(Ministre de l’Emploi et de l’Immigration), [1992]
1 R.C.S. 711, à la page 733). Ainsi, le législateur a établi
un processus d’immigration dans lequel toutes les
demandes de résidence permanente au Canada doivent
être faites de l’extérieur du pays (LIPR, au paragraphe
11(1)). Toutefois, le paragraphe 25(1) de la LIPR donne
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
requirement on the basis of H&C considerations. Section
66 of the IRP Regulations provides that such an application
be made in writing accompanied by an application to
remain in Canada as a permanent resident.
[10] Section 89 of the IRPA allows for the making of
regulations that govern fees for services provided in the
administration of the IRPA and the cases in which fees
may be waived by the Minister.
[11] Section 307 of the IRP Regulations sets out the
fees payable for in-Canada H&C applications. A principal
applicant pays $550, a spouse or an applicant 22 years of
age or older also pays $550, and a family member who
is less than 22 years of age pays $150.
[12] Paragraph 10(1)(d) of the IRP Regulations states
that an application may not be processed unless the
applicable processing fee is paid.
[13] The full text of these relevant provisions is set out
in Appendix A to these reasons.
c. CANADA
463
au ministre le pouvoir discrétionnaire de dispenser les
demandeurs de cette exigence sur la base de motifs
d’ordre humanitaire. Selon l’article 66 du Règlement,
une telle demande doit être faite par écrit et accompagnée
d’une demande de séjour au Canada à titre de résident
permanent.
[10] L’article 89 de la LIPR prévoit l’adoption de
règlements qui peuvent prévoir les frais pour les services
offerts dans la mise en œuvre de la LIPR, ainsi que les
cas de dispense de paiement de ces frais, dispenses
accordées par le ministre.
[11] L’article 307 du Règlement énumère les frais à
payer pour les demandes CH présentées de l’intérieur du
Canada. Le demandeur principal paye 550 $; l’époux ou
le conjoint de fait, le demandeur qui est âgé de 22 ans
ou plus paye aussi 550 $; un membre de la famille qui est
âgé de moins de 22 ans paye 150 $.
[12] L’alinéa 10(1)d) du Règlement prévoit que la
demande ne peut pas être traitée, sauf si elle est accompagnée d’un récépissé de paiement des droits applicables.
[13] Le texte complet des dispositions pertinentes
figure à l’annexe A des présents motifs.
IV. Issue No. 1: What is the applicable standard of
review?
IV. Première question : quelle est la norme de contrôle
applicable?
V.
V.
[14] Given the nature of the issues raised, the Minister’s
decision is reviewable on the standard of correctness. In
other words, was the Minister correct in his conclusion
that an exemption from the fees is contrary to paragraph
10(1)(d) of the IRP Regulations?
Issue No. 2: Does section 25 of the IRPA require
the Minister to consider a request to waive the fee
for an in-Canada section 25 application?
A.
Position of the applicant and interveners
[15] On the issue of the proper statutory interpretation
of section 25, the position of the applicant and the
[14] Étant donné la nature des questions soulevées, la
décision du ministre est susceptible de contrôle selon la
décision correcte. En d’autres termes, le ministre a-t-il
eu raison lorsqu’il a conclu qu’une dispense des frais va
à l’encontre de l’alinéa 10(1)d) du Règlement?
Deuxième question : l’article 25 de la LIPR exiget-il du ministre qu’il examine une demande de
dispense de frais pour une demande basée sur
l’article 25 et présentée de l’intérieur du Canada?
A. La position de la demanderesse et des
intervenants
[15] En ce qui a trait à la question de la bonne interprétation de l’article 25, la position de la demanderesse
464
TOUSSAINT
interveners is simple. They submit that section 25
provides that the Minister “shall”, upon request of a
foreign national in Canada, examine the circumstances
and may grant an exemption from “any … obligations of
this Act”. They argue that, since the applicant is a foreign
national in Canada and since she has requested an
exemption from the requirement to pay an application
fee (an obligation under the Act), the Minister must
consider the waiver request on H&C grounds. This
broadly stated statutory obligation of the Minister cannot
be fettered, they assert, by regulation. Accordingly, their
position is that section 307, paragraph 10(1)(d) and
section 66 of the IRP Regulations, which require the
payment of a fee as a condition of accessing the procedure
under subsection 25(1) of the IRPA, are ultra vires.
B.
Principles of statutory interpretation
[16] Since the first issue before me is one of statutory
interpretation, it is useful to begin with an overview of
the principles related to such matters. On a number of
occasions, the Supreme Court of Canada has given
guidance on how to approach a problem of statutory
interpretation. In Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998]
1 S.C.R. 27 at paragraph 21, Mr. Justice Iacobucci,
speaking for the unanimous Court, endorsed the
statement of Elmer Driedger in Construction of Statutes,
2nd ed. (Toronto: Butterworths, 1983) that:
Today there is only one principle or approach, namely, the
words of an Act are to be read in their entire context and in
their grammatical and ordinary sense harmoniously with the
scheme of the Act, the object of the Act, and the intention of
Parliament.
[17] Accordingly, the task of the Court in interpreting
legislation cannot be restricted to analysing the plain
meaning of the provision in question. Further, while the
statutory words must be given a “fair, large and liberal
construction and interpretation as best ensures the
attainment of its objects” (Interpretation Act, R.S.C.,
1985, c. I-21, section 12), attention must be directed to
the scheme and objective of the statute, the intention of
the legislature, and the context of the words in issue
(Rizzo, above, at paragraph 23). Regardless of how clear
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
et des intervenants est simple. Ils soutiennent que
l’article 25 dispose que le ministre « doit » sur demande
d’un étranger se trouvant au Canada, étudier le cas de
cet étranger et peut lui octroyer une dispense de « tout ou
partie » des obligations prévues par la Loi. Selon eux,
étant donné que la demanderesse est une étrangère au
Canada et qu’elle a demandé une dispense du paiement
des frais de la demande (une obligation prévue par la
Loi), le ministre doit étudier la demande de dispense
basée sur les CH. Ils affirment que, une telle obligation
générale prévue par la loi ne peut pas être restreinte par
un règlement. Par conséquent, ils sont d’avis que l’article
307, l’alinéa 10(1)d) et l’article 66 du Règlement, qui
exigent le paiement des frais comme condition d’accès à
la procédure prévue au paragraphe 25(1) de la LIPR, sont
ultra vires.
B. Les principes d’interprétation des lois
[16] Étant donné que la première question qui m’est
posée est une question d’interprétation de la loi, il est
utile de commencer par un aperçu des principes liés à de
telles questions. À plusieurs reprises, la Cour suprême du
Canada a donné des orientations sur la façon d’aborder les
questions d’interprétation des lois. Au paragraphe 21 de
l’arrêt Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998] 1 R.C.S. 27,
le juge Iacobucci, exprimant l’avis unanime de la Cour
suprême, a avalisé le passage suivant de Elmer Driedger
dans Construction of Statutes, 2e éd. (Toronto : Butterworths, 1983) :
[TRADUCTION] Aujourd’hui il n’y a qu’un seul principe ou
solution : il faut lire les termes d’une loi dans leur contexte
global en suivant le sens ordinaire et grammatical qui s’harmonise
avec l’esprit de la loi, l’objet de la loi et l’intention du législateur.
[17] Par conséquent, lorsque la Cour interprète la loi,
sa tâche ne peut pas être limitée à l’analyse du sens
manifeste de la disposition particulière. De plus, si d’une
part le texte de loi doit « apporter une solution de droit
et s’interprète[r] de la manière la plus équitable et la plus
large qui soit compatible avec la réalisation de son
objet » (article 12 de la Loi d’interprétation, L.R.C.
(1985), ch. I-21), il faut d’autre part accorder de l’attention
à l’économie de la loi, à son objet, à l’intention du
législateur, au contexte des mots en cause (arrêt Rizzo,
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
and unambiguous the words of a provision may be,
further analysis must be carried out. Indeed, a failure to
determine the intention of the legislature in enacting a
particular provision has been found to be an error (Rizzo,
above, at paragraphs 23 and 31). It follows that, where
there are conflicting but not unreasonable interpretations
available, the contextual framework of the legislation
becomes even more important.
[18] In short, my task cannot be limited to interpreting
the individual words or phrases used in section 25; rather,
I must have regard to the context in which the words are
placed, the objects of the IRPA and the intention of
Parliament.
[19] In considering the context of the IRPA, the nature
or architecture of the statutory scheme is important. In
de Guzman v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), 2005 FCA 436, [2006] 3 F.C.R. 655, at
paragraph 23, the Federal Court of Appeal described the
IRPA as “framework legislation”:
That is to say, the Act contains the core principles and policies
of the statutory scheme and, in view of the complexity and
breadth of the subject-matter, is relatively concise. The creation
of secondary policies and principles, the implementation of
core policy and principles, including exemptions, and the
elaboration of crucial operational detail, are left to regulations,
which can be amended comparatively quickly in response to
new problems and other developments. Framework legislation
thus contemplates broad delegations of legislative power.
[20] In de Guzman (at paragraph 26), the Court also
commented that if there is a conflict between the express
language of an enabling clause and a regulation purportedly made under it, the regulation may be found to
be invalid. Otherwise, courts approach with great caution
the review of regulations promulgated by the Governor
(or Lieutenant Governor) in Council.
C.
Analysis
[21] I begin by acknowledging that a bare reading of
the words of section 25 without reference to any other
provision of the IRPA may support the interpretation
c. CANADA
465
précité, au paragraphe 23). Quel que soit le degré de
clarté et de précision des termes de la disposition, il faut
mener une analyse plus poussée. En fait, il est erroné de
ne pas déterminer l’intention qu’avait le législateur au
moment de l’adoption d’une disposition particulière (arrêt
Rizzo, précité, aux paragraphes 23 et 31). Il s’ensuit que,
lorsqu’il y a plusieurs interprétations divergentes, mais
pas déraisonnables, le contexte entourant la loi ou le
règlement devient encore plus important.
[18] En résumé, ma tâche ne peut pas se limiter à l’interprétation individuelle des termes ou des expressions
utilisés à l’article 25; plutôt, je dois examiner le contexte
dans lequel les termes sont utilisés, l’objet de la LIPR et
l’intention du législateur.
[19] Lorsqu’on examine le contexte de la LIPR, la nature
ou l’économie de la loi est importante. Au paragraphe
23 de l’arrêt de Guzman c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CAF 436, [2006]
3 R.C.F. 655, la Cour d’appel fédérale a qualifié la LIPR
de « loi cadre » :
Cela signifie que la Loi énonce les principes et politiques clés
du régime législatif et que, eu égard à la complexité et à la vaste
étendue du sujet, elle est relativement concise. Les politiques
et principes secondaires, la mise en œuvre des politiques et
principes clés, y compris les exemptions, et les détails opérationnels cruciaux sont prescrits dans des règlements, qui
peuvent être modifiés assez rapidement lorsque de nouveaux
problèmes et d’autres changements se présentent. Les lois
cadres prévoient donc la délégation d’une partie importante de
la compétence législative.
[20] Au paragraphe 26 de l’arrêt de Guzman, la Cour
d’appel a aussi déclaré qu’en cas de contradiction entre
le texte explicite d’une disposition habilitante et un
règlement apparemment pris en vertu de cette disposition,
il se peut que le règlement ne soit pas jugé valide. Dans les
autres cas, les cours font preuve d’une grande prudence
lorsqu’elles examinent un règlement pris par le gouverneur
(ou le lieutenant-gouverneur) en conseil.
C. Analyse
[21] Je commence par reconnaître que la simple lecture
du libellé de l’article 25, sans référence à quelque autre
disposition de la LIPR, peut étayer l’interprétation choisie
466
TOUSSAINT
preferred by the applicant and the interveners. The
“grammatical and ordinary sense” of the words identified
within section 25 by the applicant and interveners could
be interpreted to mandate the Minister to consider the
applicant’s request for a fee waiver. However, as taught
by the jurisprudence, the question before me cannot be
answered without consideration of the words of section
25 within the entire context of the IRPA.
[22] In the case before me, the applicant is in breach of
the obligation of section 11 of the IRPA that she must
have a visa before entering Canada. Thus, she clearly
does not meet a requirement of the IRPA and subsection
25(1) is available to her. Pursuant to subsection 25(1),
upon request, the Minister must consider whether to
exempt the applicant from the section 11 obligation. In
other words, if the applicant applies, the Minister is
obliged to consider whether to exempt her from the
requirement or inadmissibility criterion that prevents her
from gaining permanent residence in Canada. The question
before me is whether the Minister must also consider the
applicant’s request that the application fee be waived.
[23] There is no question that “[s]ection 25 itself is
very broad and covers much more than requests for an
exemption to apply for a permanent visa from within
Canada” (Monemi v. Canada (Solicitor General), 2004
FC 1648, 266 F.T.R. 31, at paragraph 37). I agree. Subsection 25(1) is available to foreign nationals in Canada
and those who are outside Canada (albeit on slightly
different terms). The Minister may, on his own initiative,
examine the circumstances concerning a foreign national
and exempt such person from obligations of the IRPA or
the Regulations. In addition to H&C considerations,
taking into account the best interests of a child directly
affected, the Minister may take public policy considerations into account.
[24] A review of recent jurisprudence of this Court or
the Federal Court of Appeal shows that applications under
subsection 25(1) have been used to seek exemptions of
the following:
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
par la demanderesse et les intervenants. Le [TRADUCTION]
« sens ordinaire et grammatical » des termes de
l’article 25 visés par l’argument de la demanderesse et
des intervenants pourrait être interprété comme obligeant
le ministre à examiner la demande de dispense de frais
présentée par la demanderesse. Toutefois, comme la
jurisprudence l’enseigne, je ne peux pas répondre à la
question qui m’est posée sans examiner le libellé de
l’article 25 par rapport à l’ensemble du contexte de
la LIPR.
[22] En l’espèce, la demanderesse n’a pas respecté
l’obligation prévue à l’article 11 de la LIPR selon laquelle
elle doit posséder un visa avant d’entrer au Canada.
Ainsi, il est clair qu’elle ne satisfait pas à une exigence
de la LIPR et qu’elle peut se prévaloir du paragraphe
25(1). Selon le paragraphe 25(1), sur demande, le
ministre doit étudier s’il accorde à la demanderesse la
dispense de l’exigence prévue à l’article 11. En d’autres
termes, sur demande de la demanderesse, le ministre a
l’obligation d’étudier s’il la dispense de l’exigence ou
de l’application des critères d’interdiction de territoire,
qui l’empêchent d’obtenir la résidence permanente au
Canada. La question qui m’est posée est de savoir si le
ministre doit aussi étudier la demande de la demanderesse
d’être dispensée des frais.
[23] Il n’est pas contesté que « [l]’article 25 lui-même
est très large et couvre beaucoup plus que les demandes
de dispense visant la présentation d’une demande de visa
permanent de l’intérieur du Canada » (Monemi c. Canada
(Solliciteur général), 2004 CF 1648, au paragraphe 37).
Je suis d’accord. Le paragraphe 25(1) vise les étrangers
au Canada et ceux qui sont à l’extérieur du Canada
(quoique dans des termes légèrement différents). Le
ministre peut, de sa propre initiative, étudier le cas de
l’étranger et lui accorder une dispense des obligations
prévues par la LIPR ou par le Règlement. En plus des
CH, de l’intérêt supérieur de l’enfant directement touché,
le ministre peut aussi tenir compte de considérations
d’intérêt public.
[24] L’examen des décisions récentes de la Cour
fédérale ou de la Cour d’appel fédérale montre que les
demandes présentées en application du paragraphe 25(1)
l’ont été pour demander des dispenses des obligations
suivantes :
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
• the obligation of paragraph 117(9)(d) [as am. by
SOR/2004-167, s. 41] of the IRP Regulations, that
dependents be declared by the foreign national at the
time of a grant of a permanent resident visa (Kisana v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009
FCA 189, [2010] 1 F.C.R. 360);
c. CANADA
467
• l’obligation prévue à l’alinéa 117(9)d) [mod. par
DORS/2004-167, art. 41] du Règlement, selon laquelle
lors de l’octroi du visa de résidence permanente,
l’étranger est obligé de déclarer les personnes à sa charge
(Kisana c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), 2009 CAF 189, [2010] 1 R.C.F. 360);
• the application of paragraph 35(1)(a) of the IRPA that
makes a foreign national inadmissible on grounds of
committing a crime against humanity (see, for example,
Varela v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FCA 145, [2010] 1 F.C.R. 129);
• l’application de l’alinéa 35(1)a) de la LIPR, laquelle
emporte interdiction de territoire pour l’étranger qui a
commis un crime contre l’humanité (voir par exemple,
Varela c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de
l’Immigration), 2009 CAF 145, [2010] 1 R.C.F. 129);
• the criteria to be met for a permanent resident visa
from outside Canada (see, for example, Nalbandian v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006
FC 1128, 309 F.T.R. 1); and
• les critères à satisfaire pour l’obtention d’un visa de
résident permanent demandé de l’extérieur du Canada
(voir par exemple, Nalbandian c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF 1128);
• medical inadmissibility (see, for example, Kim v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005
FC 1357, 51 Imm. L.R. (3d) 262);
• inadmissibility due to criminality under section 35 of the
IRPA (see, for example Keymanesh v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), 2006 FC 641, [2007] 2
F.C.R. 206).
[25] However, a broad and liberal interpretation of
section 25 does not necessarily mean that this provision
is available in respect of every type of obligation that
arises under the IRPA or the Regulations. Subsection
25(1) is available as a matter of right to any foreign
national in Canada “who is inadmissible or who does not
meet the requirements of this Act”. From this phrase, we
can see that the focus of subsection 25(1) is on substantive
obligations that fundamentally affect the ability of a
foreign national to come to or remain in Canada. This
focus is reflected in the various types of subsection 25(1)
decisions that have been considered by the Federal
Court, as set out above.
[26] In general terms, the “exemption from any applicable criteria or obligations of this Act” logically refers to
such criteria or obligations that cause the foreign national
to be inadmissible or to not meet the requirements of the
IRPA. In my view, Parliament never intended subsection
• l’interdiction de territoire pour raison médicale (voir
par exemple, Kim c. Canada (Ministre de la Citoyenneté
et de l’Immigration), 2005 CF 1357);
• l’interdiction de territoire pour criminalité en application
de l’article 35 de la LIPR (voir par exemple, Keymanesh
c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF 641, [2007] 2 R.C.F. 206).
[25] Toutefois, une interprétation large et libérale de
l’article 25 ne signifie pas nécessairement que cette
disposition est applicable à tout type d’obligation imposée
par la LIPR ou le Règlement. Le paragraphe 25(1) est
accessible, en tant que source de droit, à l’étranger se
trouvant au Canada « qui est interdit de territoire ou qui
ne se conforme pas à la présente loi ». À partir de ce
membre de phrase, on peut voir qu’au paragraphe 25(1),
l’accent est mis sur les obligations substantielles qui
touchent fondamentalement la possibilité pour l’étranger
de venir ou de demeurer au Canada. Cet accent apparaît
dans les différents types de décisions relatives au
paragraphe 25(1) qui ont été examinées par la Cour
fédérale comme je l’ai dit ci-dessus.
[26] En général, le fait de « lever tout ou partie des
critères et obligations applicables » renvoie logiquement
aux critères et obligations qui ont fait que l’étranger est
devenu interdit de territoire ou qu’il ne s’est pas conformé
aux exigences de la LIPR. Selon moi, le législateur n’a
468
TOUSSAINT
25(1) to create the possibility of exemption from administrative requirements whether established under the IRPA
or the IRP Regulations. To access the extraordinary
benefits of subsection 25(1), the foreign national must
meet certain administrative requirements to make his or
her “request”, including: filing a written application;
providing certain documents and information; and
paying the fees set by the IRP Regulations.
[27] Consistent with this view of the intention of
Parliament is the inclusion in the IRPA of section 89. As
noted above, section 89 permits the enactment of
regulations that govern fees for services provided in the
administration of the IRPA. This provision also expressly
provides for the ability of the government (through the
Governor in Council), by regulation, to establish cases in
which fees may be waived by the Minister. Under
section 89, the government has the exclusive mandate to
establish and waive fees for services. It is clear that
Parliament intended that the waiver of fees be done
through regulations and not through the operation of
subsection 25(1). This is consistent with my assessment
that subsection 25(1) is available in respect of substantive
criteria or obligations under the IRPA and not to
administrative requirements.
[28] When subsection 25(1) and section 89 are read
together, in the context of the legislative scheme of the
IRPA, the two provisions can co-exist. Each has meaning.
[29] The applicant and interveners refer to past practices
of the Minister where fees were waived by the Minister,
apparently using subsection 25(1) as authority. In
December 2004, the Honourable Judy Sgro, then-Minister
applied a temporary fee waiver for persons affected by
the tsunami and earthquake disaster of December 26,
2004. In the news release, it was stated that “the Minister
has established the following temporary public policy
under section 25 of the Immigration and Refugee
Protection Act”. In October 2005, a similar waiver was
granted for persons affected by the Pakistani earthquake.
Initially, in his memorandum of argument at the leave
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
jamais eu l’intention avec le paragraphe 25(1) de créer
une possibilité de dispense des exigences administratives,
qu’elles soient établies en application de la LIPR ou du
Règlement. Pour avoir droit aux avantages exceptionnels
du paragraphe 25(1), l’étranger doit satisfaire à certaines
exigences administratives lors de la présentation de sa
« demande », notamment : déposer une demande écrite,
fournir certains documents et renseignements, payer les
frais exigés par le Règlement.
[27] En phase avec ce point de vue sur l’intention du
législateur, il y a la présence de l’article 89 de la LIPR.
Comme je l’ai dit ci-dessus, l’article 89 permet
l’adoption de règlements qui prévoient les frais pour les
services offerts dans la mise en œuvre de la LIPR. Cette
disposition prévoit aussi expressément la possibilité pour
le gouvernement (par l’entremise de la gouverneure en
conseil) d’établir par règlement les cas pour lesquels la
dispense des frais peut être accordée par le ministre. En
vertu de l’article 89, le gouvernement a le mandat
exclusif d’établir les frais pour les services offerts et de
dispenser de leur paiement. Il est clair que l’intention du
législateur était que la dispense de frais soit faite par la
voie réglementaire et non pas par l’application du
paragraphe 25(1). Cela est cohérent avec mon évaluation
selon laquelle le paragraphe 25(1) est accessible en ce
qui concerne les critères ou obligations substantielles
prévues par la LIPR et non pas en ce qui a trait aux
exigences administratives.
[28] Lorsqu’on lit le paragraphe 25(1) et l’article 89
ensemble et dans le contexte du régime de la LIPR, les
deux dispositions peuvent s’harmoniser. Chacune a un
sens qui lui est propre.
[29] La demanderesse et les intervenants font référence
aux pratiques antérieures du ministre d’après lesquelles
les dispenses étaient accordées par le ministre apparemment en invoquant le paragraphe 25(1) comme fondement.
En décembre 2004, la ministre Judy Sgro a décrété une
dispense temporaire du paiement des frais pour les
personnes touchées par les catastrophes naturelles
qu’étaient le tsunami et le tremblement de terre du
26 décembre 2004. Le communiqué de presse déclarait
que « la ministre a établi la politique d’intérêt public
temporaire suivante en vertu de l’article 25 de la Loi sur
l’immigration et la protection des réfugiés ». En octobre
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
stage of this judicial review, the Minister stated that
subsection 25(1) gave the Minister authority to provide
these general waivers of fees. In the further memorandum
of argument, this statement was not made. The applicant
and the interveners made much of this apparent change
of positions. In my view, the Minister’s past practices
and his changed position on this judicial review is of no
great moment. Whether the general public policy waivers
of 2004 and 2005 ought to have been done through
regulation is not the question before me. I make no
determination on whether the Minister’s actions in those
cases were ultra vires.
[30] Moreover, the interpretation of the legislative
scheme that I have found also avoids absurd results. Part
19 [sections 294–315] of the Regulations establishes the
fees payable for services provided under the IRPA. Those
fees are wide ranging. For example, fees are established
for sponsorship applications ($75), for work permits
($150), for a permanent resident card ($50), for a study
permit ($125) and for certification of an immigration
document ($30). If I were to accept the interpretation
submitted by the applicant and interveners, any of the fees
could be the subject of an application for waiver under
section 25. Further, any such assessment would have to
take into account all H&C considerations. I suspect that
the Minister would be inundated with requests for
waivers of any and all fees. In addition, applicants for
any service under the IRPA could also seek waiver of
other non-fee requirements set out in section 10 [as am.
by SOR/2004-59, s. 2; 2004-167, s. 5] of the IRP
Regulations. That would mean that applicants could ask
the Minister to waive such requirements as making an
application in writing (paragraph 10(1)(a)) or identifying
accompanying partners (paragraph 10(1)(e)) or providing
information of the names of all family members
(paragraph 10(2)(a)). Surely, Parliament cannot have
intended that section 25 be used in this manner.
c. CANADA
469
2005, une dispense semblable fut accordée aux personnes
touchées par le tremblement de terre au Pakistan. Au
début, dans son exposé des arguments, à l’étape de
l’autorisation du présent contrôle judiciaire, le ministre
a déclaré que le paragraphe 25(1) donnait au ministre le
pouvoir d’accorder ces dispenses générales de frais.
Dans l’exposé des arguments supplémentaires, cette
déclaration n’était plus faite. La demanderesse et les
intervenants ont fait beaucoup de cas de cet apparent
changement de point de vue. Selon moi, les pratiques
antérieures du ministre et son changement de point de
vue dans le présent contrôle judiciaire ne sont pas si
importants. La question de savoir si ces politiques
générales d’intérêt public prévoyant les dispenses en
2004 et en 2005 auraient dû être établies par voie
réglementaire ne m’est pas posée. Je ne décide pas de la
question de savoir si les actions du ministre dans ces
cas-là étaient ultra vires.
[30] En outre, l’interprétation du régime de la LIPR à
laquelle je suis arrivée évite aussi les résultats absurdes.
La partie 19 [articles 294 à 315] du Règlement établit les
frais payables pour les services offerts dans la mise en
œuvre de la LIPR. Ces frais varient grandement. Par
exemple, des frais sont établis pour les demandes de
parrainage (75 $), pour les permis de travail (150 $), pour
une carte de résident permanent (50 $), pour un permis
d’études (125 $), pour la certification d’un document
d’immigration (30 $). Si je devais admettre l’interprétation
proposée par la demanderesse et les intervenants, chacun
de ces frais pourrait faire l’objet d’une demande de
dispense en application de l’article 25. En outre, toute
évaluation de ce genre devrait prendre en compte tous
les motifs d’ordre humanitaire. Je suppose que le ministre
serait inondé de demandes de dispense pour chacun des
frais. De plus, les demandeurs de tout service offert en
application de la LIPR pourraient aussi demander la
dispense des autres exigences qui sont prévues à l’article
10 [mod. par DORS/2004-59, art. 2; 2004-167, art. 5] du
Règlement et ne nécessitent pas le paiement des frais.
Cela signifierait que les demandeurs pourraient demander
au ministre de les dispenser d’exigences telles que : présenter une demande par écrit (alinéa 10(1)a)), indiquer
qui est l’époux ou le conjoint de fait accompagnant le
demandeur principal (alinéa 10(1)e)), fournir les noms
de tous les membres de la famille (alinéa 10(2)a)). Un
470
TOUSSAINT
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
fait est sûr, le législateur ne peut pas avoir eu l’intention
de voir l’article 25 utilisé de cette manière.
[31] The applicant and the interveners submit that the
relevant provisions of the IRPA and the Regulations must
be interpreted in a manner that is consistent with
international instruments to which Canada is a signatory
(de Guzman, above, at paragraphs 61–62). A complete
response to this argument is reflected by the words of
Chief Justice McLachlin, speaking for the Court in
Medovarski v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration); Esteban v. Canada (Minister of Citizenship
and Immigration), 2005 SCC 51, [2005] 2 S.C.R. 539, at
paragraph 48:
[31] La demanderesse et les intervenants soutiennent
que les dispositions pertinentes de la LIPR et du Règlement
doivent être interprétées de manière cohérente avec les
instruments internationaux dont le Canada est signataire
(arrêt de Guzman, précité, aux paragraphes 61 et 62). La
réponse complète à cet argument a été donnée par la juge
en chef McLachlin, qui s’exprimait au nom de la Cour
suprême dans l’arrêt Medovarski c. Canada (Ministre de
la Citoyenneté et de l’Immigration); Esteban c. Canada
(Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2005
CSC 51, [2005] 2 R.C.S. 539, au paragraphe 48 :
In my view, there is no ambiguity in subsection 25(1)
that requires resort to Charter value assessment.
Selon moi, il n’y a aucune ambiguïté au paragraphe
25(1) qui requière que l’on ait recours à une évaluation
des valeurs selon la Charte.
Charter values only inform statutory interpretation where
“genuine ambiguity arises between two or more plausible
readings, each equally in accordance with the intentions of the
statute”: CanadianOxy Chemicals Ltd. v. Canada (Attorney
General), [1999] 1 S.C.R. 743, at para. 14. Both readings are
not equally in accordance with the intention of the IRPA. Thus
it is not necessary to consider Charter values in this case.
[32] In sum on this issue, I conclude that subsection
25(1) does not require that the Minister consider a
request to exempt a foreign national from the payment of
fees established pursuant to section 89 of the IRPA and
the relevant IRP Regulations. Indeed, the Minister is
without authority to do so. This interpretation is apparent
when subsection 25(1) is read harmoniously in its entire
context and in its grammatical and ordinary sense, together
with the scheme of the IRPA, the object of the IRPA and
the intention of Parliament.
[33] This interpretation does not, however, complete
my analysis. Regardless of the statutory interpretation,
the relevant provisions could be invalid based on the other
grounds advanced by the applicant and the interveners.
Les valeurs de la Charte sous-tendent l’interprétation d’une loi
uniquement lorsque « deux ou plusieurs interprétations
plausibles, qui s’harmonisent chacune également avec l’intention
du législateur, créent une ambiguïté véritable » : CanadianOxy
Chemicals Ltd. c. Canada (Procureur général), [1999] 1
R.C.S. 743, par. 14. Les deux interprétations ne s’harmonisent
pas chacune également avec l’intention qu’avait le législateur
en adoptant la LIPR. Il n’est donc pas nécessaire de tenir
compte des valeurs de la Charte en l’espèce.
[32] Bref, en ce qui a trait à cette question, je conclus
que le paragraphe 25(1) ne requiert pas que le ministre
examine une demande présentée par un étranger pour la
dispense de frais prévus à l’article 89 de la LIPR ou au
Règlement. En fait, le ministre n’a pas le pouvoir de le
faire. Cette interprétation est évidente lorsqu’on lit le
paragraphe 25(1) de façon harmonieuse, dans son contexte
d’ensemble et dans ses sens à la fois grammatical et
ordinaire, ainsi que dans le cadre du régime et de l’objet
de la LIPR, et de l’intention du législateur.
[33] Toutefois, cette interprétation ne met pas fin à
mon analyse. Indépendamment de l’interprétation de la
loi, les dispositions pertinentes pourraient être invalides
sur la base des autres motifs avancés par la demanderesse
et les intervenants.
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
VI. Issue No. 3(a): Is the failure of the government to
provide for fee waiver a breach of section 7 of the
Charter?
A. Nature of the issue
[34] The applicant submits that the refusal of the
government to waive fees results in a situation where
foreign nationals may be removed from Canada and
separated from their children without consideration of
the relevant H&C factors or the best interests of the
children involved. This, she argues, engages section 7
Charter interests. She claims that, for persons who live in
poverty and cannot afford to pay the application fee,
removal without any review of their H&C grounds and
the best interests of their children is inconsistent with the
principles of natural justice.
[35]
Section 7 of the Charter states that:
7. Everyone has the right to life, liberty and security of the
person and the right not to be deprived thereof except in
accordance with the principles of fundamental justice.
B. Deprivation of the right to life, liberty and
security of the person
[36] The first question to be asked is whether removal
of the applicant prior to consideration of her H&C
factors deprives her of her right to life, liberty or security
of the person.
[37] The applicant is not a citizen of Canada. The
situation faced by Ms. Medovarski, in Medovarski,
above, was similar to that of the applicant. Because of
an earlier criminal conviction, provisions of the IRPA
precluded Ms. Medovarski from having an assessment
of H&C factors prior to her deportation. As do the
applicant and interveners before this Court, Ms.
Medovarski argued that her removal prior to an assessment
of such considerations was contrary to section 7 of the
Charter. In dismissing this argument, the Supreme Court
stated, at paragraph 46, “the deportation of a non-citizen
in itself cannot implicate the liberty and security interests
c. CANADA
471
VI. Troisième question : a) L’omission du gouvernement
de prévoir une dispense de frais constitue-t-elle une
violation de l’article 7 de la Charte?
A. Nature de la question
[34] La demanderesse allègue que le refus du
gouvernement de dispenser du paiement de frais entraîne
une situation dans laquelle des étrangers peuvent être
renvoyés du Canada et séparés de leurs enfants sans qu’il
y ait eu prise en compte des facteurs CH pertinents ou
de l’intérêt supérieur des enfants touchés. Selon la
demanderesse, cela remet en cause les droits protégés
par l’article 7 de la Charte. Elle allègue que, pour les
personnes qui vivent dans la pauvreté et qui ne sont pas
en mesure de payer les frais de la demande, leur renvoi,
sans aucun examen des CH ni de l’intérêt supérieur de
leurs enfants, est incompatible avec les principes de
justice naturelle.
[35]
L’article 7 de la Charte est libellé comme suit :
7. Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa
personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en
conformité avec les principes de justice fondamentale.
B. La privation du droit à la vie, à la liberté et à la
sécurité de la personne
[36] La première question qui se pose est de savoir si
le renvoi de la demanderesse avant l’examen des CH la
priverait de son droit à la vie, à la liberté et à la sécurité
de sa personne.
[37] La demanderesse n’est pas Canadienne. Dans
l’arrêt Medovarski, précité, Mme Medovarski se trouvait
dans une situation semblable à celle de la demanderesse.
En raison d’une déclaration de culpabilité antérieure, les
dispositions de la LIPR empêchaient Mme Medovarski
d’obtenir une évaluation des CH avant son expulsion.
Comme la demanderesse et les intervenants le font
devant la Cour, Mme Medovarski a allégué que son renvoi,
avant l’évaluation de telles considérations, était contraire
à l’article 7 de la Charte. Lorsqu’elle a rejeté cette
allégation, la Cour suprême a affirmé ce qui suit au
paragraphe 46 : « l’expulsion d’un non-citoyen ne peut
472
TOUSSAINT
protected by s. 7 of the Canadian Charter of Rights and
Freedoms.” This statement appears to be a full answer
to the section 7 arguments of the applicant and the
interveners.
[38] Moreover, there is no evidence before me that the
applicant is facing any risk to her life, liberty or security
of person upon her deportation. If that had been the case,
the applicant could have sought to remain in Canada as
a Convention refugee, or a protected person. Specifically,
she could have brought a claim for protection under
section 96 (the refugee protection) or section 97 (risk of
torture or cruel and unusual treatment) of the IRPA. She
did not. She could have applied for a pre-removal risk
assessment (PRRA). She did not. Either of these
assessments could have been accessed at no cost to her.
From this, I can conclude two things: (a) the applicant
does not fear for her safety should she return to Grenada;
and (b) she has been afforded the right to two different
proceedings that could have, to a large degree, considered
whether her deportation to Grenada would have deprived
her of life, liberty or security of her person.
[39] For other claimants pursuing permanent residence
through section 25, most have already have had the
benefit of a refugee hearing or a PRRA, with negative
results. In Singh et al. v. Minister of Employment and
Immigration, [1985] 1 S.C.R. 177, the Supreme Court
concluded that a well-founded fear of persecution in Mr.
Singh’s country of origin was sufficient to engage
section 7 of the Charter. For failed refugee claimants and
those in receipt of a negative PRRA, a determination has
been made that certain of the life, liberty and security
interests are not at risk under Canada’s international
obligations (in particular, United Nations Convention
Relating to the Status of Refugees, July 28, 1951, [1969]
Can. T.S. No. 6, (the Refugee Convention) or the
Convention Against Torture and other Cruel, Inhumane
or Degrading Treatment or Punishment, December 10,
1984, [1987] Can. T.S. No. 36 (the Convention Against
Torture)). To the extent, however, that the right to life,
liberty and security of the person, as contemplated by
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
mettre en cause les droits à la liberté et à la sécurité
garantis par l’art. 7 de la Charte canadienne des droits et
libertés ». Cette affirmation apparaît comme étant une
réponse pleine et entière aux arguments de la demanderesse et des intervenants fondés sur l’article 7.
[38] En outre, aucune preuve ne m’a été présentée selon
laquelle la demanderesse serait exposée à une menace à
sa vie, à sa liberté et à la sécurité de sa personne en cas
d’expulsion. Si cela avait été le cas, la demanderesse
aurait pu demander à rester au Canada en tant que réfugiée
au sens de la Convention ou en tant que personne à
protéger. Plus précisément, elle aurait pu présenter une
demande de protection aux termes de l’article 96
(demande d’asile) ou aux termes de l’article 97 (risque
de torture ou de peine cruelle et inusitée) de la LIPR.
Elle ne l’a pas fait. Elle aurait pu présenter une demande
d’examen des risques avant renvoi (ERAR). Elle ne l’a
pas fait. L’un ou l’autre de ces examens aurait pu être
mené sans frais pour la demanderesse. De cela, je peux
conclure deux choses : a) la demanderesse ne craint pas
pour sa sécurité si elle était renvoyée à la Grenade;
b) elle avait accès à deux procédures différentes qui
auraient permis en grande partie d’évaluer la question de
savoir si son expulsion vers la Grenade la priverait de sa
vie, de sa liberté et de la sécurité de sa personne.
[39] Pour ce qui est des autres demandeurs qui demandent la résidence permanente par la voie de l’article 25,
la majorité a déjà eu l’avantage d’une audience relative
à la demande d’asile ou d’un ERAR, mais ont obtenu
des résultats défavorables. Dans l’arrêt Singh et autres
c. Ministre de l’Emploi et de l’Immigration, [1985] 1
R.C.S. 177, la Cour suprême a conclu qu’il suffisait que
M. Singh craigne avec raison d’être persécuté dans son
pays d’origine pour l’application de l’article 7 de la Charte.
Pour ce qui est des demandeurs d’asile dont la demande
a été rejetée et de ceux qui ont obtenu une réponse
défavorable à leur demande d’ERAR, il a été décidé que
certains de leurs droits à la vie, à leur liberté et à leur
sécurité ne sont pas menacés au regard des obligations
internationales du Canada (en particulier, la Convention
des Nations Unies relative au statut des réfugiés, 28 juillet
1951, [1969] R.T. Can. no 6 (la Convention sur les réfugiés)
ou la Convention contre la torture et autres peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants, 10 décembre
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
section 7 of the Charter, may extend beyond those rights
assessed during a refugee hearing or a PRRA, I will
continue my analysis.
C. Fundamental justice
[40] I turn now to a consideration of the second aspect
of section 7. Is the applicant being deprived of her rights
without application of the principles of fundamental
justice? In my view, there has been no breach of
fundamental justice.
c. CANADA
473
1984, [1987] R.T. Can. no 36 (la Convention contre la
torture)). Toutefois, dans la mesure où le droit à la vie, à
la liberté et à la sécurité de la personne envisagé par
l’article 7 de la Charte peut s’étendre au-delà des droits
examinés lors d’une audience relative à la demande
d’asile ou lors d’un ERAR, je continuerai mon analyse.
C. La justice fondamentale
[40] Je me tourne maintenant vers l’examen du
deuxième aspect de l’article 7. La demanderesse a-t-elle
été privée de ses droits sans application des principes de
justice fondamentale? Selon moi, il n’y a pas eu de
violation de la justice fondamentale.
[41] The jurisprudence on section 7 has established
that a “principle of fundamental justice” must fulfil three
criteria (see R. v. Malmo-Levine; R. v. Caine, 2003 SCC
74, [2003] 3 S.C.R. 571, at paragraph 113):
[41] La jurisprudence relative à l’article 7 a établi
qu’un « principe de justice fondamentale » doit satisfaire
à trois critères (voir R. c. Malmo-Levine; R. c. Caine,
2003 CSC 74, [2003] 3 R.C.S. 571, au paragraphe 113) :
2. The legal principle must be one that is “vital or
fundamental to our societal notion of justice” (see
Rodriguez v. British Columbia (Attorney General),
[1993] 3 S.C.R. 519, at page 590). Stated in different
terms, the principle must be viewed by society as
“essential to the administration of justice” (see Canadian
Foundation for Children, Youth and the Law v. Canada
(Attorney General), 2004 SCC 4, [2004] 1 S.C.R. 76, at
paragraph 8 (referred to as Canadian Foundation).
2. le principe juridique doit avoir un « caractère primordial ou fondamental dans la notion de justice de
notre société » (voir Rodriguez c. Colombie-Britannique
(Procureur général), [1993] 3 R.C.S. 519, à la page 590).
En d’autres termes, la société doit juger le principe
essentiel « à l’administration de la justice » (voir l’arrêt
Canadian Foundation for Children, Youth and the Law
c. Canada (Procureur général), 2004 CSC 4, [2004]
1 R.C.S. 76, au paragraphe 8 (Canadian Foundation);
1. It must be a legal principle (see Re B.C. Motor Vehicle
Act, [1985] 2 S.C.R. 486, at page 503).
3. “[T]he alleged principle must be capable of being identified with precision and applied to situations in a manner
that yields predictable results” (Canadian Foundation,
above, at paragraph 8).
[42] The applicant submits that the addition of two
alleged principles are engaged: consideration of H&C
factors for a foreign national prior to removal and
consideration of the best interests of the child. Does
either of these alleged “principles” rise to the level of
principles of natural justice? In my view, they do not.
1. il doit s’agir d’un principe juridique (voir Renvoi :
Motor Vehicle Act (de la C.-B.), [1985] 2 R.C.S. 486, à
la page 503);
3. « le principe allegué doit pouvoir être identifié avec
précision et être appliqué aux situations de manière à
produire des résultats prévisibles » (arrêt Canadian
Foundation, précité, au paragraphe 8).
[42] La demanderesse allègue que deux autres principes
seraient en cause : l’évaluation des CH pour l’étranger
avant son renvoi et l’évaluation de l’intérêt supérieur de
l’enfant. L’un ou l’autre de ces « principes » allégués
s’élève-t-il au rang de principe de justice fondamentale?
Selon moi, la réponse est non.
474
TOUSSAINT
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[43] The first alleged principle of fundamental justice
is the right of a foreign national to an assessment of
H&C factors. Unlike the “best interests of the child”
(discussed below), I am not persuaded that an assessment
of humanitarian and compassionate considerations is a
legal principle.
[43] Le premier principe allégué de justice fondamentale
est le droit pour l’étranger à une évaluation des CH.
Contrairement à « l’intérêt supérieur de l’enfant » (dont
je parlerai ci-dessous), je ne suis pas convaincue qu’une
évaluation des considérations d’ordre humanitaire est un
principe juridique.
A legal principle contrasts with what Lamer J. (as he then was)
referred to as “the realm of general public policy” (Re B.C.
Motor Vehicle Act, supra, at p. 503), and Sopinka J. referred to
as “broad” and “vague generalizations about what our society
considers to be ethical or moral” (Rodriguez, supra, at p. 591),
the use of which would transform s. 7 into a vehicle for policy
adjudication.
Un principe juridique contraste avec ce que le juge Lamer (plus
tard Juge en chef) a appelé le « domaine de l’ordre public en
général » (Renvoi : Motor Vehicle Act de la C.-B., précité,
p. 503) et ce que le juge Sopinka a qualifié de « vagues
généralisations sur ce que notre société estime juste ou moral »
(Rodriguez, précité, p. 591), dont l’utilisation ferait de l’art. 7
un instrument permettant de trancher des questions de politique
générale.
[44] What is a legal principle? The words of Chief
Justice McLachlin in Canadian Foundation, above, at
paragraph 9 provide some guidance:
[45] The applicant is, in effect, seeking an appeal of
her deportation on the basis that H&C considerations
would warrant her remaining in Canada. In general, a
foreign national has no constitutional right to enter or
remain in Canada (see Singh, above, at page 189; Chiarelli,
above, at page 733; Medovarski, above, at paragraph 46).
[46] Further, a foreign national has no right to come to
or remain in Canada because of her personal H&C
circumstances. The situation faced by the applicant (and
others in her situation) is similar to that considered by
the Supreme Court in Chiarelli, above. In that case, Mr.
Chiarelli was being deported because of serious criminal
convictions. By operation of the Immigration Act, 1976,
S.C. 1976-77, c. 52, he was not permitted to have all of
the circumstances of his situation considered by the
Immigration Appeal Board (IAB). In other words, the
IAB was not able to hear an appeal from Mr. Chiarelli on
H&C grounds that could have resulted in a stay of his
deportation; Mr. Chiarelli was deprived of the ability to
make such submissions. With respect to the right to
appeal on H&C grounds, the Court commented that Mr.
Chiarelli had no substantive right to an appeal on compassionate grounds. “It is entirely within the discretion of
Parliament whether an appeal on this basis is provided”
(Chiarelli, above, at page 742). In Chiarelli, the Court
[44] Qu’est-ce que c’est qu’un principe juridique? Les
propos de la juge en chef McLachlin dans l’arrêt Canadian
Foundation, précité, au paragraphe 9 nous donnent
certaines orientations :
[45] En effet, la demanderesse demande un appel de
son expulsion au motif que les CH justifieraient qu’elle
demeure au Canada. En général, l’étranger n’a aucun
droit constitutionnel d’entrer ou de demeurer au Canada
(voir page 189 de l’arrêt Singh, précité; page 733 de
l’arrêt Chiarelli, précité; le paragraphe 46 de l’arrêt
Medovarski, précité).
[46] De plus, des circonstances d’ordre humanitaire
personnelles ne peuvent fonder le droit de l’étranger
d’entrer ou de demeurer au Canada. La situation dans
laquelle se trouve la demanderesse (et elle n’est pas la
seule dans cette situation) est semblable à celle qui a été
examinée par la Cour suprême dans l’arrêt Chiarelli,
précité. Dans cette affaire, M. Chiarelli était expulsé en
raison de déclarations de culpabilité prononcées en rapport avec des infractions criminelles graves. Par application
de la Loi sur l’immigration de 1976, S.C. 1976-77, ch. 52,
il ne lui a pas été permis de voir la Commission d’appel
de l’immigration (CAI) examiner toutes les circonstances
liées à sa situation. En d’autres termes, la CAI n’a pas été
en mesure d’entendre l’appel de M. Chiarelli fondé sur
des motifs d’ordre humanitaire, lequel aurait pu avoir
pour résultat un sursis à son expulsion. M. Chiarelli a été
privé de la possibilité de présenter de telles observations.
En ce qui a trait au droit d’interjeter un appel basé sur
des motifs d’ordre humanitaire, la Cour suprême a fait le
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
held that the removal of Mr. Chiarelli prior to review of
compassionate factors did not amount to a breach of
natural justice.
[47] If it is within the discretion of Parliament whether
to provide for an H&C review prior to a deportation, it
is certainly within Parliament’s discretion to establish
fees to access such an appeal process. I conclude that an
H&C assessment prior to deportation is not a legal
principle and, thus, cannot be a principle of fundamental
justice to which section 7 applies.
[48] The second alleged principle of fundamental
justice is the “best interests of the child”. This alleged
principle does not apply to the applicant; she is childless.
However, the interveners (in particular, LIFT) have
intervened and provided extensive arguments on this
point.
[49] In Canadian Foundation, above, the Canadian
Foundation for Children, Youth and the Law (the
Foundation) sought a declaration that the exemption
from criminal sanction for parents or teachers who
corporally punished children was unconstitutional. This
was on the basis that the provision violated section 7 of
the Charter. The Foundation argued that the provision in
the Criminal Code, R.S.C., 1985, c. C-46 failed to give
procedural protections to children, did not further the
best interests of the child, and was both overbroad and
vague. In respect of the best interests of the child, Chief
Justice McLachlin, writing for the majority of the Court,
agreed that “the best interests of the child” was a
“recognized legal principle” (Canadian Foundation,
above, at paragraph 7). However, Chief Justice
McLachlin found that the “best interests of the child”
was not a principle of natural justice (Canadian
Foundation, above, at paragraphs 10–12).
c. CANADA
475
commentaire selon lequel M. Chiarelli n’avait aucun
droit substantiel d’interjeter un appel fondé sur des
motifs d’ordre humanitaire. « La décision de prévoir ou
de ne pas prévoir un appel sur ce fondement relève
exclusivement du pouvoir discrétionnaire du législateur
fédéral » (arrêt Chiarelli, précité, à la page 742). Dans
l’arrêt Chiarelli, la Cour suprême a décidé que l’expulsion
de M. Chiarelli, avant un examen des motifs d’ordre
humanitaire, n’équivalait pas à un manquement à la
justice naturelle.
[47] S’il ressortit au pouvoir discrétionnaire du législateur de prévoir un examen des CH avant une expulsion,
il ressortit certainement au pouvoir discrétionnaire du
législateur d’établir des frais d’accès à une telle procédure
d’appel. Je conclus que mener un examen des CH avant
une expulsion n’est pas une obligation découlant d’un
principe juridique et, qu’ainsi, il ne peut pas s’agir d’un
principe de justice fondamentale pour lequel l’article 7
s’applique.
[48] Le deuxième principe de justice fondamentale
allégué est « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Ce principe
allégué ne s’applique pas à la demanderesse; elle n’a pas
d’enfant. Toutefois, les intervenants (en particulier l’intervenant LIFT) sont intervenus et ont présenté de longs
arguments sur cet aspect.
[49] Dans l’arrêt Canadian Foundation, précité, la
fondation dénommée Canadian Foundation for Children,
Youth and the Law (la Fondation) a sollicité un jugement
déclarant que l’exemption de sanctions pénales pour les
parents ou les instituteurs qui infligent une punition
corporelle aux enfants était inconstitutionnelle. C’était
sur la base que la disposition violait l’article 7 de la
Charte. La Fondation alléguait que la disposition du
Code criminel, L.R.C. (1985), ch. C-46, ne donnait pas
de protection procédurale aux enfants, ne faisait pas
avancer l’intérêt supérieur de l’enfant et était à la fois
large et vague. En ce qui concerne l’intérêt supérieur de
l’enfant, la juge en chef McLachlin, s’exprimant au
nom de la majorité de la Cour suprême, a admis que,
« l’intérêt supérieur de l’enfant » est un « principe
juridique reconnu » (arrêt Canadian Foundation, précité,
au paragraphe 7). Toutefois, la juge en chef McLachlin
a conclu que « l’intérêt supérieur de l’enfant » n’était pas
476
TOUSSAINT
However, the “best interests of the child” fails to meet the
second criterion for a principle of fundamental justice: consensus
that the principle is vital or fundamental to our societal notion
of justice. The “best interests of the child” is widely supported
in legislation and social policy, and is an important factor for
consideration in many contexts. It is not, however, a foundational
requirement for the dispensation of justice. Article 3(1) of the
Convention on the Rights of the Child describes it as “a primary
consideration” rather than “the primary consideration” (emphasis
added). Drawing on this wording, L’Heureux-Dubé J. noted in
Baker v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration),
[1999] 2 S.C.R. 817, at para. 75:
[T]he decision-maker should consider children’s best interests
as an important factor, give them substantial weight, and be
alert, alive and sensitive to them. That is not to say that
children’s best interests must always outweigh other considerations, or that there will not be other reasons for denying
an H & C claim even when children’s interests are given this
consideration.
It follows that the legal principle of the “best interests of the
child” may be subordinated to other concerns in appropriate
contexts. For example, a person convicted of a crime may be
sentenced to prison even where it may not be in his or her
child’s best interests. Society does not always deem it essential
that the “best interests of the child“ trump all other concerns in
the administration of justice. The “best interests of the child”,
while an important legal principle and a factor for consideration
in many contexts, is not vital or fundamental to our societal
notion of justice, and hence is not a principle of fundamental
justice.
The third requirement is that the alleged principle of
fundamental justice be “capable of being identified with some
precision” (Rodriguez, supra, at p. 591) and provide a justiciable
standard. Here, too, the “best interests of the child” falls short.
It functions as a factor considered along with others. Its
application is inevitably highly contextual and subject to
dispute; reasonable people may well disagree about the result
that its application will yield, particularly in areas of the law
where it is one consideration among many, such as the criminal
justice system. It does not function as a principle of fundamental
justice setting out our minimum requirements for the dispensation of justice.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
un principe de justice fondamentale (arrêt Canadian
Foundation, précité, aux paragraphes 10 à 12) :
Toutefois, l’« intérêt supérieur de l’enfant » ne satisfait pas
à la deuxième condition requise pour constituer un principe de
justice fondamentale : le consensus quant à son caractère
primordial et fondamental dans la notion de justice de notre
société. L’« intérêt supérieur de l’enfant » est largement
défendu dans les lois et les politiques sociales, et il constitue un
élément important qui doit être pris en considération dans de
nombreux contextes. Toutefois, il ne s’agit pas d’une condition
essentielle à l’exercice de la justice. Le paragraphe 3(1) de la
Convention relative aux droits de l’enfant le décrit comme « une
considération primordiale » et non comme « la considération
primordiale » (je souligne). Se fondant sur cette formulation, la
juge L’Heureux-Dubé fait remarquer ce qui suit, dans l’arrêt
Baker c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1999] 2 R.C.S. 817, par. 75 :
[L]e décideur devrait considérer l’intérêt supérieur des
enfants comme un facteur important, lui accorder un poids
considérable, et être réceptif, attentif et sensible à cet intérêt.
Cela ne veut pas dire que l’intérêt supérieur des enfants
l’emportera toujours sur d’autres considérations, ni qu’il n’y
aura pas d’autres raisons de rejeter une demande d’ordre
humanitaire même en tenant compte de l’intérêt des enfants.
Il s’ensuit que le principe juridique qu’est l’« intérêt supérieur
de l’enfant » peut être subordonné à d’autres intérêts dans des
contextes appropriés. Par exemple, une personne reconnue
coupable d’un crime peut être condamnée à l’emprisonnement
même si cette peine n’est peut-être pas conforme à l’intérêt
supérieur de son enfant. La société estime qu’il n’est pas toujours
essentiel que l’« intérêt supérieur de l’enfant » ait préséance
sur tous les autres intérêts en cause dans l’administration de la
justice. Bien qu’il constitue un principe juridique important et
un élément à prendre en considération dans de nombreux
contextes, l’« intérêt supérieur de l’enfant » n’est ni primordial
ni fondamental dans la notion de justice de notre société et
n’est donc pas un principe de justice fondamentale.
En ce qui concerne la troisième exigence, le principe de
justice fondamentale allégué « doi[t] pouvoir être identifi[é]
avec une certaine précision » (Rodriguez, précité, p. 591) et
fournir une norme applicable par les tribunaux. Là encore,
l’« intérêt supérieur de l’enfant » n’atteint pas le rang de principe de justice fondamentale. Il est un élément, parmi d’autres,
qui est pris en considération. Son application ne peut que
dépendre fortement du contexte et susciter la controverse; il se
peut que des gens raisonnables ne s’accordent pas sur le
résultat que produira son application, en particulier dans les
domaines du droit, tel le système de justice pénale, où il n’est
qu’une considération parmi d’autres. Il ne constitue pas un
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
To conclude, “the best interests of the child” is a legal
principle that carries great power in many contexts. However,
it is not a principle of fundamental justice.
[50] I agree and would conclude that, for the same
reasons given by Justice McLachlin in Canadian
Foundation, the “best interests of the child” is not a
principle of fundamental justice.
D. Conclusion on this issue
c. CANADA
477
principe de justice fondamentale qui énonce les conditions
minimales essentielles à l’exercice de la justice dans notre
pays.
Pour conclure, « l’intérêt supérieur de l’enfant » est un
principe juridique très puissant dans de nombreux contextes.
Cependant, il ne constitue pas un principe de justice
fondamentale.
[50] Je suis d’accord et je conclurai que, pour les mêmes
motifs que ceux donnés par la juge McLachlin dans
l’arrêt Canadian Foundation, « l’intérêt supérieur de
l’enfant » n’est pas un principe de justice fondamentale.
D. Conclusion sur cette question
[51] In conclusion on this issue, I find that the
deportation of the applicant prior to consideration of
H&C factors does not engage the liberty and security
issues protected by section 7 of the Charter. In any event,
since neither the assessment of H&C factors or of the
best interests of the child are principles of fundamental
justice to which section 7 of the Charter applies, it
follows that there is no breach of section 7 of the Charter.
[51] En conclusion sur cette question, l’expulsion de
la demanderesse avant l’examen des CH ne met pas en
cause les questions de liberté et de sécurité garanties par
l’article 7 de la Charte. Quoi qu’il en soit, étant donné que
ni l’évaluation des CH ni l’intérêt supérieur de l’enfant
ne sont des principes de justice fondamentale auxquels
l’article 7 de la Charte s’applique, il s’ensuit qu’il n’y a
pas de violation de l’article 7 de la Charte.
VII. Issue No. 3 (b): Does the failure of the government
to provide for waiver of fees violate section 15 of
the Charter?
VII. Troisième question b) : l’omission du gouvernement
de prévoir une dispense de frais viole-t-elle l’article
15 de la Charte?
A. Nature of the section 15 issue
[52] The applicant and interveners (in particular CCPI)
advance two different arguments under subsection 15(1)
of the Charter. First, they submit that persons living in
poverty are protected under section 15 of the Charter;
thus, the Minister’s failure to provide a fee waiver entails
an improper failure to exercise the discretion available
under section 25 of the IRPA. In the alternative, they
assert that, by failing to provide for a fee waiver pursuant
to the regulation-making authority of section 89 of the
IRPA, the government violates section 15.
[53] Subsection 15(1) of the Charter provides as
follows:
A. Nature de la question relative à l’article 15
[52] La demanderesse et les intervenants (en
particulier l’intervenant CCPI) avancent deux arguments
différents sur la base du paragraphe 15(1) de la Charte.
Premièrement, ils soutiennent que les personnes vivant
dans la pauvreté sont protégées par l’article 15 de la
Charte; ainsi, le refus du ministre d’accorder une dispense
de frais constitue une omission fautive d’exercer le
pouvoir discrétionnaire que lui confère l’article 25 de
la LIPR. Subsidiairement, ils affirment que, en omettant
d’exercer son pouvoir de prendre des règlements, prévu
à l’article 89 de la LIPR, et d’accorder par ce moyen une
dispense de frais, le gouvernement viole l’article 15.
[53] Le paragraphe 15 de la Charte est libellé de la
façon suivante :
478
TOUSSAINT
15. (1) Every individual is equal before and under the law
and has the right to the equal protection and equal benefit of the
law without discrimination and, in particular, without discrimination based on race, national or ethnic origin, colour, religion,
sex, age or mental or physical disability.
[54] As I have already determined that the Minister has
no discretion to waive fees under section 25 of the IRPA,
the first argument fails. Thus, the question before me is
directed at the failure of the government to enact, by
regulation under section 89 of the IRPA, a waiver of fees
for in-Canada H&C applications for persons who live in
poverty. Does this failure deprive the applicant of her
right to equality under section 15 of the Charter?
[55] The question before me is comparable to the
situation before the courts in Eldridge v. British Columbia
(Attorney General), [1997] 3 S.C.R. 624 where the
hospital system had failed to provide interpretative
services for deaf patients to allow them to communicate
with medical service providers. In Eldridge, as before
me, there was a regulation-making authority, which had
not been acted upon by the Government of British
Columbia. The Supreme Court (at paragraph 77) stated
that:
The provision [section 15] makes no distinction between laws
that impose unequal burdens and those that deny equal benefits.
If we accept the concept of adverse effect discrimination, it
seems inevitable, at least at the s. 15(1) stage of analysis, that
the government would be required to take special measures to
ensure that disadvantaged groups are able to benefit equally
from government services.
[56] Thus, I am faced with a question that could result
in a determination that the government’s failure to make
a distinction on the basis of poverty produces discrimination within the meaning of section 15 of the Charter.
[57] The applicant bears the burden of establishing, on
a balance of probabilities, the elements of section 15
discrimination (see Miron v. Trudel, [1995] 2 S.C.R. 418,
at paragraph 36).
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
15. (1) La loi ne fait acception de personne et s’applique
également à tous, et tous ont droit à la même protection et au
même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race,
l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe,
l’âge ou les déficiences mentales ou physiques.
[54] Étant donné que j’ai déjà décidé que le ministre
n’a pas le pouvoir discrétionnaire d’accorder une dispense
de frais en vertu de l’article 25 de la LIPR, le premier
argument échoue. Ainsi, la question qui m’est posée a
trait à l’omission du gouvernement de prévoir par
règlement, selon les termes de l’article 89 de la LIPR,
une dispense de frais pour les demandes CH présentées
au Canada par des personnes vivant dans la pauvreté.
Une telle omission prive-t-elle la demanderesse de son
droit à l’égalité protégé par l’article 15 de la Charte?
[55] La question qui m’est posée est semblable à celle
à laquelle a répondu la Cour suprême dans l’arrêt Eldridge
c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1997] 3
R.C.S. 624, affaire dans laquelle un hôpital avait omis
de fournir des services d’interprétation à des patients
sourds afin de leur permettre de communiquer avec les
fournisseurs de soins médicaux. Dans l’arrêt Eldridge,
comme en l’espèce, le pouvoir de prendre des règlements
n’avait pas été exercé par le gouvernement de la
Colombie-Britannique. Au paragraphe 77, la Cour
suprême a déclaré ce qui suit :
[L’article 15] ne fait pas distinction entre les lois qui imposent
des fardeaux inégaux et celles qui n’accordent pas des avantages
égaux. Si nous acceptons le concept de discrimination découlant
d’effets préjudiciables, il semble inévitable, du moins à l’étape
de l’analyse fondée sur le par. 15(1), que le gouvernement sera
tenu de prendre des mesures particulières pour faire en sorte
que les groupes défavorisés soient capables de bénéficier d’une
manière égale des services gouvernementaux.
[56] Ainsi, la question qui m’est posée pourrait résulter
en une décision selon laquelle l’omission du gouvernement
de faire une distinction sur la base de la pauvreté entraîne
une discrimination au sens de l’article 15 de la Charte.
[57] La demanderesse a le fardeau d’établir selon la
prépondérance de la preuve les éléments de discrimination
au sens de l’article 15 (voir Miron c. Trudel, [1995]
2 R.C.S. 418, au paragraphe 36).
[2010] 3 R.C.F.
[58]
TOUSSAINT
I turn now to the section 15 analysis.
B. The section 15 framework
[59] Andrews v. Law Society of British Columbia,
[1989] 1 S.C.R. 143 has long been considered to be the
foundational jurisprudence for a section 15 analysis. The
Supreme Court of Canada [at paragraph 88, No. 5 of
Law, infra] called for “an analysis of the full context
surrounding the claim and the claimant.” In Law v.
Canada (Minister of Employment and Immigration),
[1999] 1 S.C.R. 497, at paragraph 88, Justice Iacobucci
(writing for a unanimous Court) set out guidelines that
reflected three broad inquiries:
1. Does the law, program or activity, based on a personal
characteristic, impose differential treatment between the
claimant and others with whom the claimant may fairly
claim equality?
c. CANADA
479
[58] Je me tourne maintenant vers l’analyse de
l’article 15.
B. Le cadre de l’article 15
[59] L’arrêt Andrews c. Law Society of British Columbia,
[1989] 1 R.C.S. 143, a longtemps été considéré comme
étant l’arrêt de principe pour l’analyse fondée sur
l’article 15. La Cour suprême du Canada en a appelé à
« une analyse complète du contexte entourant la demande
et le demandeur » [au paragraphe 88 no 5 de l’arrêt Law].
Au paragraphe 88 de l’arrêt Law c. Canada (Ministre de
l’Emploi et de l’Immigration), [1999] 1 R.C.S. 497
(Law), le juge Iacobucci (exprimant l’avis unanime de
la Cour suprême) a exposé des lignes directrices qui
reflétaient trois grandes questions :
1. La loi, le programme ou l’activité imposent-ils, en se
fondant sur des caractéristiques personnelles une différence
de traitement entre le demandeur et d’autres personnes
avec lesquelles le demandeur peut à juste titre réclamer
l’égalité?
2. Is the differentiation based on one or more of the
enumerated or analogous grounds?
2. La différence de traitement est-elle fondée sur un ou
plusieurs des motifs énumérés ou analogues?
[60] The Law framework was revisited in R. v. Kapp,
2008 SCC 41, [2008] 2 S.C.R. 483. In Kapp, the
Supreme Court reasserted Andrews as the seminal
decision and focused on the underlying “identification
… of perpetuation of disadvantage and stereotyping as
the primary indicators of discrimination” (Kapp, above,
at paragraph 23). With respect to the multi-step analysis
of Law, the Supreme Court stated the following (Kapp,
above, at paragraph 24):
[60] Le cadre de l’arrêt Law a été de nouveau analysé
dans R. c. Kapp, 2008 CSC 41, [2008] 2 R.C.S. 483
(Kapp). Dans l’arrêt Kapp, la Cour suprême a réaffirmé
que l’arrêt Andrews était l’arrêt de principe et elle a mis
l’accent sur « la perpétuation d’un désavantage et de
l’application de stéréotypes comme étant les principaux
indices de discrimination » (arrêt Kapp, précité, au
paragraphe 23). En ce qui a trait à l’analyse à plusieurs
étapes de l’arrêt Law, la Cour suprême a déclaré ce qui
suit (arrêt Kapp, précité, au paragraphe 24) :
3. Does the differentiation amount to a form of discrimination that has the effect of demeaning the claimant’s
human dignity?
Viewed in this way, Law does not impose a new and distinctive
test for discrimination, but rather affirms the approach to
substantive equality under s. 15 set out in Andrews and
developed in numerous subsequent decisions. The factors cited
in Law should not be read literally as if they were legislative
dispositions, but as a way of focussing on the central concern
3. La différence de traitement équivaut-elle à une forme
de discrimination qui a pour effet de diminuer la dignité
humaine du demandeur?
Considéré sous cet angle, l’arrêt Law ne prescrit pas
l’application d’un nouveau critère distinctif pour déterminer
l’existence de discrimination, mais il confirme plutôt l’approche
relative à l’égalité réelle visée par l’art. 15, qui a été énoncée
dans l’arrêt Andrews et explicitée dans de nombreux arrêts
subséquents. Les facteurs énoncés dans l’arrêt Law doivent être
480
TOUSSAINT
of s. 15 identified in Andrews—combatting discrimination,
defined in terms of perpetuating disadvantage and stereotyping.
[61] In the result, I am taught by the jurisprudence to
employ the two-step analysis enunciated in Kapp, above,
at paragraph 17:
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
interprétés non pas littéralement comme s’il s’agissait de
dispositions législatives, mais comme un moyen de mettre
l’accent sur le principal enjeu de l’art. 15, qui a été décrit dans
l’arrêt Andrews — la lutte contre la discrimination, au sens de la
perpétuation d’un désavantage et de l’application de stéréotypes.
[61] Par conséquent, suivant la jurisprudence, je dois
utiliser l’analyse à deux étapes exposée au paragraphe
17 de l’arrêt Kapp, précité :
1. Does the failure of the GIC [Governor in Council] to
establish waiver for persons in poverty create a distinction
based on an enumerated or analogous ground?
1. L’omission de la GC [gouverneure en conseil] d’établir
une dispense pour les personnes pauvres crée-t-elle une
distinction fondée sur un motif énuméré ou analogue?
[62] The first question requires that I address subissues. First, does the failure create a distinction based on
a personal characteristic or fail to take into account the
applicant’s already disadvantaged position in Canadian
society, as compared to others? This involves identifying
what is known as the comparator group. Secondly, is
such a distinction based on an enumerated or analogous
ground? Finally, only if there is a distinction based on
an enumerated or analogous ground, do I need to turn to
an examination of whether the distinction creates a
disadvantage by perpetuating prejudice or stereotyping.
[62] Pour répondre à la première question, il faut que
j’examine les sous-questions suivantes. Premièrement,
l’omission crée-t-elle une distinction basée sur des
caractéristiques personnelles ou néglige-t-elle de prendre
en compte la situation déjà désavantagée de la demanderesse dans la société canadienne comparativement aux
autres? Cela nécessite de cerner le groupe de comparaison.
Deuxièmement, la distinction est-elle basée sur un motif
énuméré ou analogue? Enfin, ce n’est que s’il y a une
distinction basée sur un motif énuméré ou analogue que
j’ai besoin d’entreprendre l’examen de la question de
savoir si la distinction crée un désavantage par la
perpétuation d’un préjugé ou l’application de stéréotypes.
2. Does the distinction create a disadvantage by perpetuating prejudice or stereotyping?
C. Comparator group and distinction
[63] I begin my analysis by first identifying the
appropriate comparator group for the section 15 analysis.
The Supreme Court has emphasized that equality is a
comparative concept and that an analysis under section
15 requires that a comparison be made between a group
with which the claimant identifies and some other group.
In Hodge v. Canada (Minister of Human Resources
Development), 2004 SCC 65, [2004] 3 S.C.R. 357, at
paragraph 23, the Supreme Court of Canada offered
guidance on the section of the appropriate “comparator
group”:
The appropriate comparator group is the one which mirrors
the characteristics of the claimant (or claimant group) relevant
to the benefit or advantage sought except that the statutory
2. La distinction crée-t-elle un désavantage par la perpétuation d’un préjugé ou l’application de stéréotypes?
C. Le groupe de comparaison et la distinction
[63] Je commence mon analyse par l’identification du
groupe de comparaison approprié pour l’analyse fondée
sur l’article 15. La Cour suprême a mis l’accent sur le
fait que l’égalité est un principe comparatif et que l’analyse
fondée sur l’article 15 exige qu’une comparaison soit
faite entre un groupe auquel le demandeur s’identifie et
un autre groupe. Au paragraphe 23 de l’arrêt Hodge c.
Canada (Ministre du Développement des ressources
humaines), 2004 CSC 65, [2004] 3 R.C.S. 357, la Cour
suprême du Canada a offert des orientations sur la partie
relative au « groupe de comparaison » approprié :
Le groupe de comparaison approprié est celui qui reflète les
caractéristiques du demandeur (ou du groupe demandeur) qui
sont pertinentes quant au bénéfice ou à l’avantage recherché,
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
definition includes a personal characteristic that is offensive to
the Charter or omits a personal characteristic in a way that is
offensive to the Charter.
[64] The submission of the interveners rests on the
argument that section 25 [of the IRPA] is discriminatory
to the group of individuals who receive social assistance
and who can be categorized as experiencing the social
condition of poverty. The comparator group would
therefore be foreign nationals who seek to make an inCanada H&C application and who are not impecunious
nor in receipt of social assistance.
[65] Having identified the comparator group, the next
question is whether section 25 has created a distinction
between the applicant and those in the comparator group
on the basis of an analogous ground.
[66] I am not convinced that application of the
applicable statutory scheme results in a differential effect
that effectively bars the H&C review for those foreign
nationals living in poverty. There is no evidence to suggest
that those foreign nationals who manage to file H&C
applications, complete with the processing fee, are not
impecunious and not in receipt of social assistance.
Indeed, the evidence produced by the Minister suggests,
by implication, that some persons living in poverty have
paid the applicable fee (see the discussion below beginning
at paragraph 95). Further, the volume of applications for
judicial review of H&C decisions brought to the Federal
Court by those on social assistance suggests that
impecunious and social assistance recipients have been
able to access the procedure set out in section 25 of
the IRPA (see, for example, Veitch v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), 2008 FC 1400;
Tharmalingam v. Canada (Minister of Citizenship and
Immigration), 2008 FC 463; Palumbo v. Canada (Minister
of Citizenship and Immigration), 2009 FC 706).
[67] If I can find no distinction made on the basis of
poverty that denies an equal benefit or imposes an
unequal burden, it appears to me that the section 15
argument must fail. In spite of my concerns, I will
continue the analysis. Without deciding, I am prepared to
c. CANADA
481
sauf que la définition dans la loi prévoit une caractéristique
personnelle qui contrevient à la Charte ou omet une caractéristique personnelle d’une manière qui contrevient à la Charte.
[64] L’observation des intervenants repose sur
l’argument selon lequel l’article 25 [de la LIPR] est
discriminatoire pour le groupe de personnes bénéficiaires
de l’aide sociale et qui peuvent être qualifiées comme
vivant dans une condition sociale de pauvreté. Le groupe
de comparaison serait donc les étrangers qui veulent
présenter une demande CH au Canada et qui ne sont ni
indigents ni bénéficiaires de l’aide sociale.
[65] Après avoir cerné le groupe de comparaison, la
question suivante est de savoir si l’article 25 a créé une
distinction, sur la base d’un motif analogue, entre la
demanderesse et les personnes du groupe de comparaison.
[66] Je ne suis pas convaincue que l’application du
régime légal entraîne un effet différentiel qui empêche
effectivement l’examen des demandes fondées sur les
CH pour les étrangers vivant dans la pauvreté. Il n’y a
pas de preuve qui me donne à penser que les étrangers
qui arrivent à présenter des demandes CH complètes,
accompagnées du paiement des frais de traitement, ne
sont ni indigents ni bénéficiaires de l’aide sociale. En
fait, les éléments de preuve produits par le ministre
donnent à penser, de façon implicite, que certaines
personnes vivant dans la pauvreté ont payé les frais
applicables (voir l’analyse ci-dessous qui commence au
paragraphe 95). En outre, le nombre de demandes de
contrôle judiciaire de décisions portant sur des CH et
présentées à la Cour fédérale par les bénéficiaires de
l’aide sociale donne à penser que les indigents et les
bénéficiaires de l’aide sociale ont été en mesure d’accéder
à la procédure prévue à l’article 25 de la LIPR. (Voir par
exemple, Veitch c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et
de l’Immigration), 2008 CF 1400; Tharmalingam c.
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration),
2008 CF 463; Palumbo c. Canada (Ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CF 706.)
[67] Si je conclus qu’aucune distinction basée sur la
pauvreté n’a été faite qui refuse le même bénéfice ou qui
impose un fardeau inégal, il m’apparaît que l’argument
fondé sur l’article 15 doit échouer. Malgré mes réserves,
je continuerai mon analyse. Sans trancher, je suis prête à
482
TOUSSAINT
accept, at this stage of the analysis, that persons living in
such poverty that they cannot afford the processing fee
face a distinction as compared to the comparator group.
D. Enumerated or analogous ground
[68] Having established a comparator group and
assuming that there is discrimination, I move to a
consideration of whether the government’s failure to
establish a waiver of fees for persons in poverty discriminates against that group on the basis of an enumerated
or analogous ground. In other words, is poverty included
in the protection offered by subsection 15(1)?
[69] Section 15 of the Charter recognizes the right to
equal protection and equal benefit of the law without
discrimination for several specified or enumerated
grounds. To prove discrimination, the claimant must
show that the unequal treatment is based on one of the
grounds expressly mentioned in subsection 15(1)—race,
national or ethnic origin, colour, religion, sex, age or
mental or physical disability—or some analogous ground.
Not all inequities are “worthy of constitutional protection”
(see Miron, above, at paragraph 31).
[70] Poverty is not an enumerated ground. Thus, any
protection provided under section 15 may only be afforded
to the applicant on the basis that poverty is an analogous
ground. The applicant and interveners argue that it does.
I disagree.
[71] On the issue of whether a ground constitutes an
analogous ground for the purposes of section 15, the
jurisprudence from the Supreme Court teaches that
unacceptable forms of discrimination are those that focus
on “personal characteristics”, which are somehow
inherently part of an individual’s identity (Corbiere v.
Canada (Minister of Indian and Northern Affairs),
[1999] 2 S.C.R. 203, at paragraph 13):
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
admettre à cette étape de l’analyse que les personnes
vivant dans une pauvreté telle qu’elles ne sont pas en
mesure de payer les frais de traitement de la demande
sont soumises à une distinction si on les compare aux
personnes du groupe de comparaison.
D. Les motifs énumérés ou analogues
[68] Après avoir établi le groupe de comparaison et
partant de l’hypothèse selon laquelle il y a discrimination,
je me penche sur l’examen de la question de savoir si
l’omission du gouvernement d’établir une dispense de
frais pour les personnes vivant dans la pauvreté crée une
discrimination à l’égard de ce groupe sur la base d’un
motif énuméré ou analogue. En d’autres termes, la
pauvreté est-elle incluse dans la protection offerte par le
paragraphe 15(1)?
[69] L’article 15 de la Charte garantit le droit à la même
protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment
de toute discrimination fondée sur plusieurs motifs explicites ou énumérés. Pour prouver qu’il y a discrimination,
le demandeur doit établir que le traitement inégal est
fondé sur l’un des motifs explicitement énumérés au
paragraphe 15(1) — race, origine nationale ou ethnique,
couleur, religion, sexe, âge ou déficiences mentales ou
physiques — ou sur un motif analogue. Ce ne sont pas
toutes les inégalités « qui méritent la protection de la
Constitution » (voir l’arrêt Miron, précité, au paragraphe
131).
[70] La pauvreté n’est pas un motif énuméré. Ainsi,
toute protection prévue à l’article 15 ne peut être accordée
à la demanderesse que sur la base selon laquelle la
pauvreté est un motif analogue. La demanderesse et les
intervenants allèguent que la pauvreté est un motif
analogue. Je ne suis pas d’accord.
[71] En ce qui a trait à la question de savoir si un motif
de distinction constitue un motif analogue pour
l’application de l’article 15, la jurisprudence de la Cour
suprême enseigne que les formes inacceptables de
discrimination sont celles qui mettent l’accent sur des
« caractéristiques personnelles » qui sont en quelque
sorte une partie inhérente de l’identité d’une personne
(Corbiere c. Canada (Ministre des Affaires indiennes et du
Nord canadien), [1999] 2 R.C.S. 203, au paragraphe 13) :
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
What then are the criteria by which we identify a ground of
distinction as analogous? The obvious answer is that we look
for grounds of distinction that are analogous or like the grounds
enumerated in s. 15—race, national or ethnic origin, colour,
religion, sex, age, or mental or physical disability. It seems to
us that what these grounds have in common is the fact that they
often serve as the basis for stereotypical decisions made not on
the basis of merit but on the basis of a personal characteristic
that is immutable or changeable only at unacceptable cost to
personal identity. This suggests that the thrust of identification
of analogous grounds at the second stage of the Law analysis is
to reveal grounds based on characteristics that we cannot change
or that the government has no legitimate interest in expecting
us to change to receive equal treatment under the law. To put it
another way, s. 15 targets the denial of equal treatment on
grounds that are actually immutable, like race, or constructively
immutable, like religion. Other factors identified in the cases as
associated with the enumerated and analogous grounds, like
the fact that the decision adversely impacts on a discrete and
insular minority or a group that has been historically discriminated against, may be seen to flow from the central concept of
immutable or constructively immutable personal characteristics,
which too often have served as illegitimate and demeaning
proxies for merit-based decision making. [Emphasis added.]
[72] In short, the test is whether poverty is a personal
characteristic that is either: (1) actually immutable; or
(2) constructively immutable because it is changeable
only at unacceptable cost to personal identity or, put
differently, a characteristic that the government has no
legitimate interest in expecting the individual to change.
[73] Can it be said, in the case before me, that the
characteristic of being impecunious or in receipt of social
assistance is a personal characteristic that is inherently
part of an individual’s identity or is one that the government does not have a legitimate interest to be changed?
[74] I begin by noting that the very notion of poverty
as a social condition is somewhat problematic. The
argument of the applicant and CCPI is based on a
conceptualization of poverty as a social condition, which
refers not only to a person’s economic status or income
level but rather to a long-term condition that encompasses
c. CANADA
483
En conséquence, quels sont les critères qui permettent de
qualifier d’analogue un motif de distinction? La réponse est
évidente, il s’agit de chercher des motifs de distinction analogues
ou semblables aux motifs énumérés à l’art. 15 — la race,
l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe,
l’âge ou les déficiences mentales ou physiques. Il nous semble
que le point commun entre ces motifs est le fait qu’ils sont
souvent à la base de décisions stéréotypées, fondées non pas
sur le mérite de l’individu, mais plutôt sur une caractéristique
personnelle qui est soit immuable, soit modifiable uniquement
à un prix inacceptable du point de vue de l’identité personnelle.
Ce fait tend à indiquer que l’objet de l’identification de motifs
analogues à la deuxième étape de l’analyse établie dans Law est
de découvrir des motifs fondés sur des caractéristiques qu’il
nous est impossible de changer ou que le gouvernement ne peut
légitimement s’attendre que nous changions pour avoir droit à
l’égalité de traitement garantie par la loi. Autrement dit,
l’art. 15 vise le déni du droit à l’égalité de traitement pour des
motifs qui sont immuables dans les faits, par exemple la race,
ou qui sont considérés immuables, par exemple la religion.
D’autres facteurs, que la jurisprudence a rattachés aux motifs
énumérés et analogues, tel le fait que la décision produise des
effets préjudiciables à une minorité discrète et isolée ou à un
groupe qui a historiquement fait l’objet de discrimination,
peuvent être considérés comme émanant du concept central que
sont les caractéristiques personnelles immuables ou considérées
immuables, caractéristiques qui ont trop souvent servi d’ersatz
illégitimes et avilissants de décisions fondées sur le mérite des
individus. [Non souligné dans l’original.]
[72] En résumé, le critère est de savoir si la pauvreté
est une caractéristique personnelle qui est soit 1) immuable,
soit 2) réputée immuable parce qu’elle est modifiable
uniquement à un prix inacceptable du point de vue de
l’identité personnelle ou, dit différemment, une caractéristique que le gouvernement ne peut légitimement
s’attendre à ce que la personne change.
[73] Peut-on dire, dans la présente affaire, que la
caractéristique d’être indigent ou bénéficiaire de l’aide
sociale est une caractéristique personnelle qui est inhérente
à l’identité personnelle ou que le gouvernement ne peut
légitimement s’attendre à ce qu’elle soit changée?
[74] Je commence par noter que la notion même de
pauvreté comme condition sociale est d’une certaine façon
problématique. L’argument de la demanderesse et de
CCPI est basé sur une conceptualisation de la pauvreté
comme condition sociale qui fait référence non seulement
au statut économique d’une personne ou à ses revenus,
484
TOUSSAINT
the social dimensions associated with inadequate income
(such as stigma, stereotype and social exclusion).
[75] I am not sure that such a distinction can be made.
Financial circumstances may change; individuals may
come into and out of the state of poverty and experience
the social consequences that follow. Further, even if I
were to accept the concept of poverty as a social condition,
there is no clear evidence which links durable poverty to
any particular group of people. There are numerous factors
that contribute to situations in which persons experience
long periods of durable poverty. This would not be a social
condition that occurs only to a particular demographic
or a particular discrete or insular minority or group that
historically has suffered discrimination.
[76] More importantly, for the purposes of section 15,
it cannot be said that the state of being in the social
condition of poverty or in receipt of social assistance is
a personal characteristic that cannot be changed, such
that certain people are inevitably poor or impoverished
and will continue to be this way for a sustained period
because that is an inherent part of who they are. As
expressed by Justice Fichaud in Boulter v. Nova Scotia
Power Inc., 2009 NSCA 17, 275 N.S.R. (2d) 214, at
paragraph 42: “Poverty is a clinging web, but financial
circumstances may change, and individuals may enter
and leave poverty or gain and lose resources. Economic
status is not an indelible trait like race, national or ethnic
origin, color, gender or age.”
[77] I would also adopt Justice Fichaud’s reasoning in
finding that neither the social condition of poverty, nor
the receipt of social assistance is a characteristic that the
government does not have a legitimate interest to expect
to be changed. On the contrary, “the government has a
legitimate interest, not just to promote affirmative action
that would ameliorate the circumstances attending an
immutable characteristic, but to eradicate that mutable
characteristic of poverty itself” (Boulter, above, at
paragraph 42).
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
mais aussi à un état à long terme qui inclut la dimension
sociale associée aux revenus inadéquats (comme la
stigmatisation, l’enfermement dans les stéréotypes ou
l’exclusion sociale).
[75] Je ne suis pas sûre qu’on puisse faire une telle
distinction. Une situation financière peut changer; des
personnes peuvent tomber dans la pauvreté et en sortir et
vivre les conséquences sociales qui y sont liées. En outre,
si je devais admettre que l’état de pauvreté est une
condition sociale, il n’y a pas de preuve claire qui lie la
pauvreté durable à quelque groupe particulier de personnes
que ce soit. Il y a plusieurs facteurs qui contribuent aux
situations dans lesquelles des personnes vivent des
périodes de pauvreté durable. Il ne s’agit pas d’une
condition sociale qui touche seulement un groupe démographique précis ou un groupe minoritaire isolé qui a
souffert historiquement de discrimination.
[76] Ce qui est plus important encore, pour l’application
de l’article 15, c’est qu’on ne peut pas dire qu’être dans
une condition sociale de pauvreté ou être bénéficiaire de
l’aide sociale est une caractéristique personnelle qui ne
peut pas être changée, de telle sorte que certaines
personnes seraient inévitablement pauvres ou appauvries
et continueraient de l’être pendant une longue période
parce qu’il s’agit d’une partie inhérente à elles-mêmes.
Comme le juge Fichaud l’a dit au paragraphe 42 de l’arrêt
Boulter v. Nova Scotia Power Inc., 2009 NSCA 17, 275
N.S.R. (2d) 214 : [TRADUCTION] « La pauvreté est une
toile gluante, mais la situation financière peut changer, et
des personnes peuvent tomber dans la pauvreté et en
sortir, elles peuvent gagner et perdre des ressources. Le
statut économique n’est pas un trait indélébile au même
titre que la race, l’origine nationale ou ethnique, la
couleur, le sexe ou l’âge. »
[77] J’adopterais aussi le raisonnement du juge Fichaud
lorsqu’il a conclu que ni la condition de pauvreté ni le
fait d’être bénéficiaire de l’aide sociale ne sont des
caractéristiques que le gouvernement ne peut pas légitimement s’attendre à ce qu’elles changent. Au contraire,
[TRADUCTION] « le gouvernement a légitimement le droit,
non seulement de promouvoir les discriminations positives
qui permettraient d’améliorer la situation lorsqu’il s’agit
de caractéristiques immuables, mais d’éradiquer la pauvreté même, qui n’est pas une caractéristique immuable »
(arrêt Boulter, précité, au paragraphe 42).
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
[78] The applicant and CCPI rely on the decision of
the Ontario Court of Appeal in Falkiner v. Ontario
(Ministry of Community and Social Services) (2002), 59
O.R. (3d) 481 (C.A.).
[79] In Falkiner, the Court was called upon to determine
whether the definition of “spouse” in paragraph 1(1)(d)
of Regulation 366, R.R.O. 1990, as amended by O. Reg.
409/95, under the Family Benefits Act, R.S.O. 1990,
c. F.2, infringed subsection 15(1) of the Charter. Because
of the impugned definition, persons adversely affected
shared three relevant characteristics: “they are women,
they are single mothers solely responsible for the support
of their children and they are social assistance recipients”
(Falkiner, at paragraph 70). As described by the Court of
Appeal, the equality claim in Falkiner alleged “differential
treatment on the basis of an interlocking set of personal
characteristics” (Falkiner, above, at paragraph 72).
[80] For purposes of its section 15 analysis, the Court
recognized the receipt of social assistance as an analogous
ground, summarizing its views in paragraph 92:
The Divisional Court also recognized that social assistance
recipients deserved s. 15 protection. The Divisional Court,
however, defined the analogous ground more narrowly as sole
support parents on social assistance or single mothers on social
assistance. The intervener LEAF supported the Divisional Court’s
characterization. It seems to me, however, that recognizing the
broader or more general category, receipt of social assistance,
is preferable. It is more truly analogous to the enumerated
grounds, which themselves are general; it conforms to the
similar protection accorded to social assistance recipients in
human rights legislation; it recognizes a group that is vulnerable
to discrimination and that historically has been subjected to
negative stereotyping; and it simplifies the equality analysis
under s. 15. By contrast, recognizing as analogous a highly
specific ground like sole support mothers on social assistance
makes the s. 15 analysis, which is difficult enough, unnecessarily
complex. Moreover, single mothers on social assistance already
receive twofold s. 15(1) protection on the grounds of sex and
marital status. What is novel about the respondents’ position is
that they seek recognition that their status as social assistance
recipients is also relevant to the equality analysis. In my view,
c. CANADA
485
[78] La demanderesse et CCPI se fondent sur l’arrêt
de la Cour d’appel de l’Ontario dans l’affaire Falkiner v.
Ontario (Ministry of Community and Social Services)
(2002), 59 O.R. (3d) 481 (C.A.).
[79] Dans l’arrêt Falkiner, la Cour d’appel de l’Ontario
devait décider si la définition de « conjoint » à
l’alinéa 1(1)d) du Règlement 366, R.R.O. 1990, modifié
par le Règlement 409/95, pris en vertu de la Loi sur les
prestations familiales, L.R.O. 1990, ch. F.2, violait le
paragraphe 15(1) de la Charte. En raison de la définition
contestée, les personnes négativement touchées avaient
en commun trois caractéristiques qui entraient en ligne de
compte : [TRADUCTION] « c’étaient des femmes, c’étaient
des mères célibataires seules responsables de pourvoir
aux besoins de leurs enfants et c’étaient des bénéficiaires
de l’aide sociale » (arrêt Falkiner, au paragraphe 70).
Comme la Cour d’appel de l’Ontario l’a déclaré, la
revendication d’égalité dans l’arrêt Falkiner faisait valoir
qu’il y avait [TRADUCTION] « un traitement différentiel sur
la base d’un ensemble de caractéristiques personnelles
imbriquées » (arrêt Falkiner, précité, au paragraphe 72).
[80] Aux fins de son analyse fondée sur l’article 15, la
Cour a admis le fait de bénéficier de l’aide sociale
comme étant un motif analogue. Elle a résumé son point
de vue au paragraphe 92 de la façon suivante :
[TRADUCTION] La Cour divisionnaire admet aussi que les
bénéficiaires de l’aide sociale méritent la protection offerte par
l’article 15. Toutefois, la Cour divisionnaire définit le motif
analogue de façon plus étroite, comme étant les parents qui
subviennent seuls aux besoins de leurs enfants et qui bénéficient
de l’aide sociale, ou les mères célibataires bénéficiaires de
l’aide sociale. L’intervenante LEAF a appuyé la qualification
faite par la Cour divisionnaire. Toutefois, il me semble que
reconnaître la catégorie plus large ou plus générale de
bénéficiaires de l’aide sociale est préférable. Il s’agit plus
véritablement de motifs analogues aux motifs énumérés, qui
en soi sont généraux. Cela est conforme à la protection
semblable accordée aux bénéficiaires de l’aide sociale dans les
lois relatives aux droits de la personne. On accorde ainsi la
reconnaissance à un groupe qui est vulnérable à la discrimination
et qui a été soumis historiquement à des stéréotypes négatifs.
Cela simplifie aussi l’analyse sur l’égalité fondée sur l’article 15.
En revanche, reconnaître comme étant un motif analogue un
motif aussi hautement précis que celui de mères célibataires
subvenant seules aux besoins de leurs enfants et bénéficiant de
l’aide sociale, rend l’analyse fondée sur l’article 15, qui est déjà
486
TOUSSAINT
the most coherent way to achieve this is to recognize receipt of
social assistance as an analogous ground.
[81] While the Court of Appeal accepted the receipt of
social assistance as an analogous ground, the Court’s
analysis cannot be separated from the multi-faceted set
of characteristics of the affected persons. The Court’s
conclusion (above, at paragraph 105) demonstrates that
identification of the receipt of social assistance as an
analogous ground is inseparable from the facts of the
Falkiner case:
I conclude that the 1995 definition of spouse in s. 1(1)(d)(iii)
of Regulation 366 under the Family Benefits Act imposes
differential treatment on the respondents on the combined
grounds of sex, marital status and receipt of social assistance
and that this differential treatment discriminates against them,
contrary to s. 15 of the Charter.
[82] In other words, the Court in Falkiner did not determine that the affected persons suffered discrimination
simply because they received social assistance.
[83] Five years later, in R. v. Banks, 2007 ONCA 19, 84
O.R. (3d) 1, leave to appeal to Supreme Court of Canada
denied [2007] S.C.C.A. No. 139 (QL), a different panel
of the Ontario Court of Appeal held that anti-panhandling
legislation did not violate subsection 15(1). On the issue
of analogous ground, Justice Juriansz (at paragraphs 104
and 105) stated as follows (albeit in obiter):
It is worth noting that the appellants took care not to argue
that “poverty” in and of itself is a ground of discrimination.
While the “poor” undoubtedly suffer from disadvantage, without
further categorization, the term signifies an amorphous group,
which is not analogous to the grounds enumerated in s. 15. The
“poor” are not a discrete and insular group defined by a common
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
assez difficile, inutilement complexe. En outre, les mères
célibataires bénéficiaires de l’aide sociale reçoivent déjà une
double protection du paragraphe 15(1) sur la base du sexe et de
l’état ou de la situation matrimoniale. Ce qui est novateur dans
la position des intimées c’est qu’elles demandent que la cour
reconnaisse que leur statut en tant que bénéficiaires de l’aide
sociale est important aussi dans le cadre de l’analyse sur
l’égalité. Selon moi, le moyen le plus cohérent d’y arriver est
de reconnaître la réception de prestations de l’aide sociale
comme étant un motif analogue.
[81] Bien que la Cour d’appel de l’Ontario ait admis la
réception de prestations de l’aide sociale comme étant
un motif analogue, l’analyse de la Cour ne peut pas être
séparée de l’ensemble à plusieurs facettes des caractéristiques des personnes touchées. La conclusion de la Cour,
au paragraphe 105, montre que l’établissement de la
réception de prestations de l’aide sociale comme étant
un motif analogue est inséparable des faits de l’affaire
Falkiner :
[TRADUCTION] Je conclus que la définition de 1995 du terme
conjoint au sous-alinéa 1(1)d)(iii) du règlement 366 pris en
vertu de la Loi sur les prestations familiales requiert l’existence
d’un traitement différentiel sur les intimées pour les motifs
combinés du sexe, de l’état matrimonial et de la réception de
prestations de l’aide sociale et que ce traitement différentiel crée
de la discrimination à leur égard, en violation de l’article 15 de
la Charte.
[82] En d’autres termes, dans l’arrêt Falkiner, la Cour
d’appel de l’Ontario n’a pas décidé que les personnes
touchées subissaient de la discrimination simplement
parce qu’elles étaient bénéficiaires de l’aide sociale.
[83] Cinq années plus tard, dans l’arrêt R. v. Banks,
2007 ONCA 19, 84 O.R. (3d) 1, la demande d’autorisation
d’interjeter un pourvoi à la Cour Suprême du Canada a
été rejetée : [2007] C.S.C.R. no 139 (QL), une formation
différente de la Cour d’appel de l’Ontario a décidé que
des lois contre la mendicité ne violaient pas le paragraphe
15(1). En ce qui a trait au motif analogue, aux paragraphes
104 et 105, le juge Juriansz a déclaré ce qui suit (quoique
obiter) :
[TRADUCTION] Il vaut la peine de souligner que les appelants
se sont abstenus d’alléguer que « la pauvreté » constitue en soi
un motif de discrimination. Bien que les « pauvres » souffrent
sans conteste de désavantages, sans autre précision, le terme
renvoie à un groupe non structuré qui n’est pas analogue aux
motifs énumérés à l’article 15. Les « pauvres » ne sont pas un
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
personal characteristic. While it is common to speak of the
“poor” collectively, the group is, in actuality, the statistical
aggregation of all individuals who are economically disadvantaged at the time for any reason. Within this unstructured
collection, there may well be groups of persons defined by a
shared personal characteristic that constitute an analogous
ground of discrimination under s. 15.
Falkiner v. Ontario (Ministry of Community and Social
Services) (2002), 59 O.R. (3d) 481 (C.A.), on which the
appellants rely, is distinguishable from the present case. The
differential treatment in that case was based on three grounds:
sex, marital status and “receipt of social assistance”. Falkiner
did not recognize poverty as a ground of discrimination.
[84] The very recent decision of the Nova Scotia Court
of Appeal in Boulter, above, is almost directly on point.
In that case, a number of persons were challenging a
provision of the Public Utilities Act, R.S.N.S. 1989, c.
380 that did not permit the Nova Scotia Utility and
Review Board (the Board) to set a lower rate for low
income consumers than the rate chargeable to other
consumers for the same electrical service. Nova Scotia
Power Incorporated (NSPI), a virtual monopolist, provides
electrical service. The Board must approve all rates
charged by NSPI. Under subsection 67(1) of the Public
Utilities Act all rates must be charged equally to all
persons. In Boulter, the claimants challenged the validity
of subsection 67(1). They submitted that poverty is an
analogous ground under subsection 15(1) of the Charter
and that subsection 67(1)’s exclusion of the option for
an ameliorative program to assist the poor discriminates
contrary to subsection 15(1). It is interesting to note that,
in Boulter, Mr. Bruce Porter, who has also brought his
opinions to this Court, appeared as an expert witness
before the Board.
[85] The Court of Appeal analysed the subsection 15(1)
Charter claim, in accordance with the Supreme Court of
Canada guidance in Law and Kapp and concluded that
c. CANADA
487
groupe isolé et distinct défini par une caractéristique personnelle
commune. Bien qu’il soit courant de parler des « pauvres » en
général, le groupe est en réalité une agrégation statistique de
toutes les personnes qui sont économiquement désavantagées
à un moment donné pour quelque raison que ce soit. Dans cet
ensemble sans structure, il peut très bien y avoir des groupes de
personnes définies par des caractéristiques personnelles communes qui constituent des motifs analogues de discrimination
selon l’article 15.
L’arrêt Falkiner c. Ontario (Ministère des Services sociaux
et communautaires) (2002), 59 O.R. (3d) 481 (C.A.), sur lequel
les appelants se fondent, se distingue de la présente affaire.
Dans cette affaire-là, le traitement différentiel était basé sur
trois motifs : le sexe, l’état matrimonial, et [TRADUCTION] « la
réception de prestations de l’aide sociale ». L’arrêt Falkiner
n’a pas reconnu la pauvreté comme étant un motif de discrimination.
[84] L’arrêt très récent de la Cour d’appel de la
Nouvelle-Écosse dans l’affaire Boulter, précitée, porte
presque sur un point identique. Dans l’affaire Boulter,
un certain nombre de personnes contestaient les
dispositions de la loi intitulée Public Utilities Act,
R.S.N.S. 1989, ch. 380, qui ne permettait pas à la Nova
Scotia Utility and Review Board (la Commission)
d’établir des tarifs plus bas, pour les consommateurs qui
avaient de faibles revenus, que les tarifs exigés des autres
consommateurs pour la fourniture du même service
d’électricité. La société Nova Scotia Power Incorporated
(la NSPI), détentrice d’un quasi-monopole, offre des
services d’électricité. La Commission doit approuver
tous les tarifs exigés par la NSPI. Selon le paragraphe
67(1) de la Public Utilities Act, tous les tarifs doivent
être exigés de façon égale à toutes les personnes. Dans
l’arrêt Boulter, les demandeurs contestaient la validité
du paragraphe 67(1). Ils soutenaient que la pauvreté était
un motif analogue pour l’application du paragraphe
15(1) de la Charte et que l’exclusion prévue au paragraphe 67(1), de l’option d’un programme d’amélioration
pour aider les pauvres créait une discrimination contraire
au paragraphe 15(1). Il est intéressant de remarquer que,
dans l’arrêt Boulter, M. Bruce Porter, qui a aussi présenté
son avis à la Cour, a comparu en tant que témoin expert
devant la Commission.
[85] La Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse a analysé
l’allégation fondée sur le paragraphe 15(1) de la Charte
en conformité avec l’orientation donnée par la Cour
488
TOUSSAINT
“[p]overty per se does not suit the legal pattern for an
analogous ground under Corbiere’s formulation (Boulter,
above, at paragraph 42).
[86] In short, the applicants in Boulter brought the
same argument to the Board and, in appeal, to the Nova
Scotia Court of Appeal as the applicant and interveners
now bring to this Court. In Boulter, the Court did not
find that poverty is an analogous ground under subsection
15(1). I can see nothing to distinguish the case before
the Nova Scotia Court of Appeal from the case before
me. The only serious difference—which does not operate
in favour of the applicant—is that, unlike electricity
service, persons seeking the Minister’s discretion under
section 25 of the IRPA are doing so by choice. Electrical
service is as close to an essential service as one can find.
In contrast, the processing of a claim for permanent
residence from inside Canada is an exceptional and nonessential benefit. Persons who wish to apply for permanent
residence in Canada may always do so from outside
Canada even where it may be difficult for them to do so.
[87] Finally, I refer to the decision of Guzman v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006
FC 1134, [2007] 3 F.C.R. 411. In that case, Justice Simon
Noël was asked by Ms. Guzman to strike down paragraph
133(1)(k) of the Regulations on the basis that it violates
section 15 of the Charter. Under paragraph 133(1)(k),
Ms. Guzman, a permanent resident of Canada, was
prevented from sponsoring her husband, Mr. Cosma, as
a “member of the family class” because she was in receipt
of social assistance. Justice Noël declined to quash paragraph 133(1)(k), concluding that the receipt of social
assistance by Ms. Guzman was not a “personal characteristic”. Nor did he find that the receipt of social assistance
was an analogous ground. Justice Noël distinguished
Falkiner as follows (at paragraph 21):
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
suprême du Canada dans les arrêts Law et Kapp et elle a
conclu que, [TRADUCTION] « [l]a pauvreté en soi ne
correspond pas au schéma juridique d’un motif analogue
selon la formulation de l’arrêt Corbiere » (arrêt Boulter,
précité, au paragraphe 42).
[86] En résumé, dans l’arrêt Boulter, les demandeurs
ont présenté le même argument à la Commission et, en
appel, à la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse que la
demanderesse et les intervenants présentent maintenant
à la Cour. Dans l’arrêt Boulter, la Cour d’appel de la
Nouvelle-Écosse n’a pas conclu que la pauvreté était un
motif analogue pour l’application du paragraphe 15(1).
D’après moi, rien ne distingue l’affaire devant la Cour
d’appel de la Nouvelle-Écosse de la présente affaire. La
seule grande différence — qui ne joue pas en faveur de
la demanderesse — est que, contrairement au service
d’électricité, les personnes qui demandent au ministre
d’exercer son pouvoir discrétionnaire prévu à l’article 25
de la LIPR le font par choix. Je crois qu’on peut qualifier
le service d’électricité de service essentiel. En revanche,
le traitement d’une demande de résidence permanente de
l’intérieur du Canada est un avantage exceptionnel et
non essentiel. Les personnes qui souhaitent présenter une
demande de résidence permanente au Canada peuvent
toujours le faire de l’extérieur du pays même s’il peut
être difficile pour eux de procéder ainsi.
[87] Enfin, je me réfère à la décision Guzman c. Canada
(Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF
1134, [2007] 3 R.C.F. 411. Dans cette affaire, Mme Guzman
a demandé au juge Simon Noël d’annuler l’alinéa 133(1)k)
du Règlement au motif qu’il violait l’article 15 de la
Charte. Selon l’alinéa 133(1)k), Mme Guzman, une résidente permanente du Canada n’avait pas été autorisée à
parrainer son époux, M. Cosma, en tant que « membre de
la catégorie du regroupement familial » parce qu’elle
était bénéficiaire de l’aide sociale. Le juge Noël a refusé
d’annuler l’alinéa 133(1)k) : il a conclu que le fait pour
Mme Guzman d’être bénéficiaire de l’aide sociale n’était
pas « une caractéristique personnelle ». Le juge Noël n’a
pas non plus conclu que la réception de prestations de
l’aide sociale était un motif analogue. Le juge Noël a
établi une distinction par rapport à l’arrêt Falkiner de la
manière suivante (au paragraphe 21) :
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
This situation is distinguishable from Falkiner as in that case
the individuals concerned had a long history of receipt of social
assistance combined with other factors, which contributed to
them being discriminated against. The Court of Appeal for
Ontario in Falkiner found that subparagraph 1(1)(d)(iii) [of the
definition of “spouse”] of Regulation 366 [R.R.O. 1990] of the
Family Benefits Act, R.S.O. 1990, c. F-2, discriminated on the
grounds of sex, marital status and the receipt of social assistance.
In contrast to Falkiner, in the case at hand the only ground for
discrimination alleged is that of receipt of social assistance,
and there is no indication in the record that the applicant’s
receipt of social assistance is of any permanency.
[88] The Federal Court of Appeal dismissed the appeal
of Ms. Guzman, on the basis of mootness; Mr. Cosma
had left Canada after the Federal Court decision (Guzman
v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration),
2007 FCA 358, 65 Imm. L.R. (3d) 155, leave to appeal
to S.C.C. dismissed, [2008] S.C.C.A. No. 4 (QL)).
[89] In sum, but for the Falkiner decision, there is no
post-Corbiere jurisprudence supporting the position of
the applicant and interveners. Even the Falkiner decision
can be readily distinguished. There is not one case where
a court has concluded that poverty—in and of itself—is
an analogous ground. For the same reasons as expressed
by Justice Fichaud in Boulter, Justice Juriansz in Banks,
and Justice Noël in Guzman, I do not accept poverty as
an analogous ground.
[90] In conclusion on this question, the applicant has
not persuaded me that the failure of the government to
provide for fee waivers for persons living in poverty is
based on an enumerated or analogous ground.
E. Discrimination
[91] Having determined that any distinction between
the applicant and those in the comparator group is not
based on an enumerated or analogous ground, there is
no need to proceed with the second part of the Kapp
analysis. However, were I to do so, I would conclude that
c. CANADA
489
La présente situation se distingue de celle de l’affaire Falkiner,
car dans ce dernier cas, les intéressés retiraient des prestations
d’aide sociale depuis longtemps ce qui, ajouté à d’autres facteurs,
avait contribué à la discrimination dont ils se plaignaient. La
Cour d’appel de l’Ontario a estimé, dans l’arrêt Falkiner, que
le sous-alinéa 1(1)(d)(iii) [de la définition de « spouse » du
Règlement 366 [R.R.O. 1990] pris en application de la Loi sur
les prestations familiales, L.R.O. 1990, ch. F.2, établissait une
discrimination fondée sur le sexe, l’état matrimonial et l’état
d’assisté social. À la différence de l’affaire Falkiner, le seul
motif de discrimination qui est allégué dans le cas qui nous
occupe est le fait d’être bénéficiaire de l’assistance sociale, et
le dossier ne renferme aucun indice qui permettrait de penser
que la situation de la demanderesse, en l’occurrence son statut
d’assistée sociale, est permanente de quelque façon que ce soit.
[88] La Cour d’appel fédérale a rejeté l’appel de
Mme Guzman au motif qu’il était théorique. M. Cosma
avait quitté le Canada après la décision de la Cour
fédérale (Guzman c. Canada (Ministre de la Citoyenneté
et de l’Immigration), 2007 CAF 358, rejet de la demande
d’autorisation de pourvoi auprès de la Cour suprême,
[2008] C.S.C.R. no 4 (QL)).
[89] En résumé, si ce n’est l’arrêt Falkiner, il n’y a pas
de jurisprudence postérieure à l’arrêt Corbiere qui appuie
la position de la demanderesse et des intervenants. Même
l’arrêt Falkiner peut être distingué aisément. Il n’y a pas
un seul cas où une cour a conclu que la pauvreté — en
soi — est un motif analogue. Pour les mêmes motifs que
ceux exprimés par le juge Fichaud dans l’arrêt Boulter,
le juge Juriansz dans l’arrêt Banks et le juge Noël dans
Guzman, je n’admets pas la pauvreté comme étant un
motif analogue.
[90] Comme mot de la fin sur cette question, la
demanderesse ne m’a pas convaincue que l’omission du
gouvernement de prévoir une dispense de frais pour les
personnes vivant dans la pauvreté était basée sur un
motif énuméré ou analogue.
E. La discrimination
[91] Considérant que j’ai conclu qu’aucune distinction
entre la demanderesse et des personnes du groupe de
comparaison n’est basée sur un motif énuméré ou
analogue, je n’ai pas besoin de passer à la deuxième
partie de l’analyse de l’arrêt Kapp. Toutefois, si je devais
490
TOUSSAINT
the applicant and CCPI fail to persuade me that the distinction creates a disadvantage by perpetuating prejudice
or stereotyping. My reasons follow.
[92] As taught by the jurisprudence, at this final stage
of the analysis, a number of contextual factors are
relevant. Those factors include:
1. Pre-existing disadvantage, stereotyping, prejudice or
vulnerability;
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
le faire, je conclurais que la demanderesse et CCPI ne
sont pas arrivés à me convaincre que la distinction crée
un désavantage par la perpétuation d’un préjugé ou de
stéréotypes. Mes motifs sont les suivants.
[92] Comme la jurisprudence l’a enseigné, à la dernière
étape de l’analyse, un certain nombre de facteurs relatifs
au contexte sont pertinents. Ces facteurs sont :
1. la préexistence d’un désavantage, de stéréotypes, de
préjugés ou d’une vulnérabilité;
2. Relationship or correspondence between the ground
on which the claim is based and actual need, capacity or
circumstances of the claimant;
2. la relation ou la correspondance entre le motif sur
lequel l’allégation est fondée et le besoin, la capacité ou
la situation véritable du demandeur;
4. Nature and scope of the interest affected by the
impugned law.
4. la nature et l’étendue du droit touché par la disposition
contestée.
3. Ameliorative purpose or effects of the law upon more
disadvantaged persons or group; and
[93] The applicant put forward the affidavit evidence
of Mr. Porter to address the question of the disadvantages,
stereotyping, prejudice and vulnerability of persons
living in poverty. Mr. Porter is the Director of the Social
Rights Advocacy Centre and describes himself as “a
consultant and researcher in the area of discrimination,
poverty and human rights”. He is also a Coordinator of
CCPI and, in that capacity, has played a role in
interventions in a number of legal cases in Canada. In
this case, he was retained to assess “the effect of the
absence of a fee waiver for applications for Humanitarian
and Compassionate consideration under section 25(1) of
the Immigration and Refugee Protection Act on social
assistance recipients”. In his affidavit, Mr. Porter concludes
that:
[T]he absence of a fee waiver for those living in poverty
seeking Humanitarian and Compassionate consideration
perpetuates negative stereotypes and stigma attached to social
assistance recipients and low income families, newcomers,
persons with disabilities and racialized minorities and robs
them of the sense of being valued as members of society
worthy of equal dignity and respect.
3. l’objet ou l’effet d’amélioration que comporte la disposition pour les personnes ou les groupes défavorisés;
[93] La demanderesse met de l’avant l’affidavit de
M. Porter pour l’examen de la question des désavantages,
des stéréotypes, des préjugés et de la vulnérabilité des
personnes vivant dans la pauvreté. M. Porter est le
directeur du Social Rights Advocacy Centre (Centre de
promotion des droits sociaux) et il se décrit comme étant
[TRADUCTION] « un consultant et un chercheur dans le
domaine de la discrimination, de la pauvreté et des droits
de la personne ». Il est aussi le coordonnateur de CCPI et,
à ce titre, il a joué un rôle d’intervenant dans un certain
nombre d’affaires au Canada. Dans la présente affaire,
il a été engagé pour évaluer [TRADUCTION] « l’effet sur les
bénéficiaires de l’aide sociale de l’absence de dispense
de frais pour les demandes basées sur des considérations
d’ordre humanitaire présentées en application du
paragraphe 25(1) de la Loi sur l’immigration et la
protection des réfugiés ». Dans son affidavit, M. Porter
déclare ce qui suit :
[TRADUCTION] [L]’absence de dispense de frais pour les personnes
vivant dans la pauvreté et qui demandent la prise en compte de
considérations d’ordre humanitaire perpétue l’enfermement
dans les stéréotypes et la stigmatisation relatifs aux bénéficiaires
de l’aide sociale et aux familles à faible revenu, aux nouveaux
arrivants, aux personnes ayant des déficiences et aux minorités
raciales, et cela leur enlève tout sentiment de dignité et d’être
valorisées en tant que membres égaux de la société dignes de
respect, et de dignité.
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
[94] While I do not for a minute doubt Mr. Porter’s
sincerity and passion, I have serious difficulties with his
evidence in this case. Compared to the evidence provided
by the respondent, Mr. Porter makes broad, generalized
statements unsupported by empirical data or analysis. He
appears to have no direct experience in the field of
immigration. His comments and opinions with respect
to immigration are apparently based on anecdotal and
hearsay information. Further, in spite of the fact that he
is not a lawyer, Mr. Porter purports to provide legal
opinions (for example, on the interpretation of the Charter
and on the “rights affirmed in the decision of the Supreme
Court of Canada in Baker”). Quite simply, his opinion
does not meet the basic threshold of either reliability or
relevance (see R. v. Mohan, [1994] 2 S.C.R. 9).
[95] The applicant faces further evidentiary problems
with respect to the second and third factors listed above.
The applicant points to her own affidavit and other affidavit
evidence showing that some foreign nationals are unable
to pay and thus receive consideration of their in-Canada
H&C applications. However, this evidence (other than
from the applicant) is purely anecdotal and hearsay.
[96] On the other hand, the Minister’s evidence provides
reliable evidence of the numbers of H&C applications
and analysis of the data. It appears from the statistical
data that large numbers of foreign nationals are able to
file in-Canada H&C applications, in spite of the fee.
Highlights of those data, as presented in the affidavit
evidence of Ms. Martha Justus, Acting Director, Strategic
Research and Statistics Division, Research and Evaluation
Branch, CIC, are as follows:
• In 2008, 2 456 foreign nationals made in-Canada H&C
applications (this counts every individual within an
application). The number of applicants has diminished
steadily and significantly from 2003 when 10 439 foreign
nationals sought in-Canada landing. Part of the decrease
can be attributed to the 2005 policy that now permits
c. CANADA
491
[94] Bien que je ne doute absolument pas de la sincérité
et du dévouement de M. Porter, sa preuve dans la présente
affaire me pose de grandes difficultés. Lorsqu’on la
compare avec la preuve présentée par le défendeur, il
appert que M. Porter fait de longues déclarations générales
et non étayées par des données ou une analyse empirique.
Il semble ne pas avoir d’expérience directe dans le
domaine de l’immigration. Ses commentaires et ses avis
sur l’immigration sont apparemment basés sur des
renseignements anecdotiques et des ouï-dire. En outre,
malgré le fait qu’il ne soit pas avocat, M. Porter prétend
donner des avis juridiques (par exemple sur l’interprétation
de la Charte et sur [TRADUCTION] « les droits confirmés
par la Cour suprême du Canada dans l’arrêt Baker »).
Son avis ne satisfait tout simplement pas aux critères de
base ni en ce qui concerne la fiabilité ni en ce qui concerne
la pertinence (voir R. c. Mohan, [1994] 2 R.C.S. 9).
[95] La demanderesse a d’autres problèmes de preuve
en ce qui concerne le deuxième et le troisième facteur
énumérés ci-dessus. La demanderesse renvoie à son
propre affidavit et à d’autres preuves par affidavit qui
établissent que certains étrangers ne sont pas en mesure
de payer et, que, alors, leurs demandes CH présentées au
Canada sont examinées. Toutefois, cette preuve (autre
que celle de la demanderesse) est une preuve purement
anecdotique et par ouï-dire.
[96] Par contre, le ministre a produit des éléments de
preuve fiables sur le nombre de demandes CH, ainsi
qu’une analyse des données. Il ressort des données
statistiques qu’un grand nombre d’étrangers sont en
mesure de déposer des demandes CH au Canada, malgré
les frais exigés. Les points saillants de ces données
ressortent de la preuve par affidavit de Mme Martha
Justus, directrice par intérim de la section Recherche et
Statistiques stratégiques de la Division recherche et
évaluation de Citoyenneté et Immigration Canada; ces
points sont les suivants :
• En 2008, 2 456 étrangers ont présenté des demandes
CH au Canada (ce chiffre inclut chaque personne faisant
partie d’une demande). Le nombre de demandeurs a
diminué de façon stable et importante depuis 2003, alors
que 10 439 étrangers avaient présenté de l’intérieur du
Canada des demandes d’établissement au Canada. Une
492
TOUSSAINT
claimants to apply from within Canada as members of
the “spouse and common-law partner in Canada class”.
• The Minister’s evidence does not indicate that women
are disadvantaged in making applications. Rather, women
file a large number of H&C applications as the principal
applicant in a group (794 female to 892 male, in 2008).
Further, more than 50% of successful H&C applications
for permanent resident status are women (18 112 females
to 15 249 males for the period 2003 to 2008). In 2003,
principal claimants identified their marital status as
married or in a common-law relationship in 674 cases
and as divorced, single, separated or widowed in 1 012
cases. If poverty affects single persons or women
disproportionately, the H&C application statistics do not
appear to reflect this disproportionate effect.
• Level of education, which also correlates strongly to
poverty, shows a wide variation in those foreign nationals
who are ultimately accepted for permanent residence
through the in-Canada application process. Or the period
2003 to 2008, about 33% of those admitted had less than
nine years of education.
• Foreign nationals from over 30 nations commenced
H&C applications in the period from 2003 to 2008.
[97] Given this evidence, it is reasonable to infer that
foreign nationals living in poverty are filing in-Canada
H&C applications. Based on my review of the statistical
evidence, I am unable to conclude that poverty prevents
any significant number of foreign nationals from filing
in-Canada H&C applications. The need to waive the fees
to allow persons who can be distinguished on the basis
of poverty is simply not demonstrated. There is no
evidence that shows that foreign nationals who are living
in poverty suffer disproportionate hardship that can be
attributed to the failure of the government to provide for
fee waivers.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
partie de la baisse est attribuable à la politique d’intérêt
public de 2005 qui permet maintenant aux demandeurs
de présenter leurs demandes de l’intérieur du Canada en
tant que membres de la « catégorie des époux et
conjoints de fait au Canada ».
• La preuve présentée par le ministre ne révèle pas que
les femmes sont désavantagées lorsqu’elles présentent
leurs demandes. Au contraire, un grand nombre de
demandes CH sont présentées par des femmes en tant
que demandeures principales d’une demande (794 femmes
pour 892 hommes en 2008). En outre, plus de 50 % des
demandes du statut de résident permanent basées sur
les CH qui sont accordées sont présentées par des femmes
(18 112 femmes pour 15 249 hommes pour la période de
2003 à 2008). En 2003, les demandeurs principaux ont
déclaré qu’ils avaient l’état matrimonial d’époux ou de
conjoint de fait dans 674 cas; de divorcés, de célibataires,
de séparés ou de veufs dans 1 012 cas. Si la pauvreté
touche les personnes célibataires ou les femmes de façon
disproportionnée, il appert que les statistiques en matière
de demandes CH ne reflètent pas cette disproportion.
• Le niveau d’études, un faible niveau étant fortement lié
aussi à la pauvreté, varie grandement parmi les étrangers
dont les demandes de résidence permanente sont en
définitive acceptées, à l’issue du processus de demandes
présentées de l’intérieur du Canada. Pendant la période
de 2003 à 2008, environ 33 % des personnes admises
avaient moins de neuf années d’études.
• Des étrangers originaires de plus de 30 pays ont introduit
des demandes CH pendant la période de 2003 à 2008.
[97] Considérant cette preuve, il est raisonnable de
tirer l’inférence selon laquelle des étrangers vivant dans
la pauvreté présentent des demandes CH au Canada. Sur
la base de mon examen de la preuve statistique, je ne
puis conclure qu’en raison de leur pauvreté un nombre
important d’étrangers ne peuvent pas présenter de
demandes CH de l’intérieur du Canada. Le besoin d’une
dispense de frais pour permettre aux personnes pouvant
être distinguées sur la base de la pauvreté n’est tout
simplement pas établi. Il n’y a pas de preuve établissant
que les étrangers vivant dans la pauvreté souffrent de
difficultés disproportionnées qui peuvent être attribuées
à l’omission du gouvernement de prévoir une dispense
de frais.
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
[98] The final factor asks the Court to examine the
nature of the interest affected by the impugned law. An
in-Canada H&C application provides foreign nationals
with a discretionary and exceptional benefit—and not a
right. As I noted earlier in these reasons, Canada’s
immigration laws require a foreign national to apply for
residence in Canada from outside our country. Only in
exceptional circumstances is this requirement waived. In
some situations, the overarching commitment of Canada
to international instruments (such as the Refugee
Convention or the Convention Against Torture) allows
a claimant to seek protection from within Canada’s
borders. For refugee claimants and persons who could
return to the risk of torture, no fee is charged for a
determination of their claims. Thus, Canada recognizes
its obligations under these two important international
conventions and the importance of allowing free access
to government services in situations where a foreign
national is impacted by such conventions.
[99] An H&C application does not fall into that category
of claim. Access to the Minister’s discretion is not a basic
right as was considered, for example, in Eldridge, above.
An H&C application is not meant to be another track
equivalent to a claim for protection pursuant to section
96 or section 97 of the IRPA or a pre-removal risk
assessment.
[100] I make one additional observation. With the
enactment of the IRP Regulations, Parliament has chosen
to establish a set of criteria that must be met before an
application for H&C relief can be assessed by the Minister.
Section 10 [as am. by SOR/2004-59, s. 2; 2004-167, s. 5]
of the Regulations, which imposes the processing fee,
reflects Parliament’s view on the issue of fee structure
and cost recovery in the immigration and refugee
protection context. While applications relating to possible
risk and the need for international protection are assessed
free of charge, those relating to immigration (and H&C
applications for waivers of the requirements for immigration) are assessed upon the payment of the required
fee. In my view, this was a legitimate policy decision that
may not lend itself to a review under section 15 of the
c. CANADA
493
[98] Le dernier facteur requiert que la Cour examine
la nature du droit touché par la disposition contestée. La
demande CH présentée de l’intérieur du Canada donne à
l’étranger un avantage exceptionnel et discrétionnaire —
et non pas un droit. Comme je l’ai souligné ci-dessus,
la LIPR exige que l’étranger présente sa demande de
résidence au Canada de l’extérieur du pays. Ce n’est que
dans des circonstances exceptionnelles que cette exigence
est levée. Dans certaines situations, l’engagement général
du Canada à l’égard des instruments internationaux (telles
que la Convention sur les réfugiés et la Convention contre
la torture) permet à un demandeur d’asile de présenter
sa demande de l’intérieur des frontières canadiennes.
Pour les demandeurs d’asile et les personnes qui ne
peuvent pas retourner à l’endroit d’où elles viennent sans
s’exposer au risque de torture, aucuns frais ne sont
exigés pour l’examen de leurs demandes. Ce faisant, le
Canada respecte ses obligations qui découlent de ces
deux importantes conventions internationales et reconnaît
l’importance d’accorder un accès gratuit aux services
offerts par le gouvernement dans les situations où
l’étranger est visé par ces conventions.
[99] Une demande CH ne fait pas partie de cette
catégorie de demandes. Le droit d’accès au pouvoir
discrétionnaire du ministre n’est pas un droit fondamental
comme cela a été envisagé par exemple dans l’arrêt
Eldridge, précité. Une demande CH n’a pas pour but
d’être un autre moyen équivalant à une demande d’asile
prévue par les articles 96 et 97 de la LIPR ou à un
examen des risques avant renvoi.
[100] Je fais une observation supplémentaire. Par
l’adoption du Règlement, le législateur a choisi d’établir
un ensemble de critères qui doivent être respectés avant
qu’une demande basée sur les CH soit examinée par le
ministre. L’article 10 [mod. par DORS/2004-59, art. 2;
2004-167, art. 5] du Règlement, qui prévoit les frais de
traitement, est le reflet du point de vue du législateur sur
la question du barème des frais et du recouvrement des
coûts dans le contexte de l’immigration et de la protection
des réfugiés. Tandis que les demandes relatives au risque
possible et au besoin de protection internationale sont
examinées sans frais, les demandes relatives à l’immigration (et les demandes CH de dispense des exigences
de l’immigration) sont examinées à la suite du paiement
des frais exigés. Selon moi, il s’agit là d’une décision de
494
TOUSSAINT
Charter. In other words, the fee for processing in-Canada
H&C applications “arises not from any demeaning
stereotype but from a neutral and rationally defensible
policy choice” (Alberta v. Hutterian Brethren of Wilson
Colony, 2009 SCC 37, [2009] 2 S.C.R. 567, at paragraph
108). As noted by Justice Kroft of the Manitoba Court of
Queen’s Bench in Barker v. Manitoba (Registrar of
Motor Vehicles) (1987), 50 Man. R. (2d) 115:
In a case of this kind, and when deciding whether so called
economic discrimination could possibly be read into the ambit
of s. 15(1), it is well to keep in mind that almost any law
dealing with sales or income taxes, licence fees, tariffs or social
benefits will have a different and more adverse impact on some
groups of persons than others. If one were to accept that the
policy decisions underlying these laws were subject to review
by the court, then one would be led to the untenable conclusion
that Parliament had by s. 15(1) intended to create an economically
egalitarian society with judges as its supervisors.
[101] The applicant also asserts that the fee requirement
causes adverse effect discrimination on the basis of race,
gender, disability and ethnic origin. This argument relies
on the assertion that there are “recognized intersections”
of poverty with other grounds of discrimination, such as
sex, race, age and marital or family status. However,
beyond a bare assertion of adverse effect discrimination,
the applicant has not shown how women, the disabled,
single mothers and racial minorities have experienced
discrimination as against the appropriate comparator
groups for each of those alleged grounds.
[102] In order to succeed in making this argument, the
applicant and interveners would need to show that the
processing fee has an adverse effect on a disproportionate
number of individuals who are disabled, women, single
mothers and racial minorities as compared to the relevant
comparator group (i.e. able-bodied, men, families, nonminorities, respectively) (see Eldridge, above and Vriend
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
politique générale légitime qui ne peut pas faire l’objet
d’un contrôle au regard de l’article 15 de la Charte. En
d’autres termes, les frais de traitement des demandes CH
présentées de l’intérieur du Canada « [ne] découle[nt]
[…] pas d’un stéréotype méprisant, mais d’un choix
politique neutre et justifiable sur le plan rationnel »
(Alberta c. Hutterian Brethren of Wilson Colony,
2009 CSC 37, [2009] 2 R.C.S. 567, au paragraphe 108).
Comme le juge Kroft de la Cour du banc de la Reine
du Manitoba l’a déclaré dans l’arrêt Barker v. Manitoba
(Registrar of Motor Vehicles) (1987), 50 Man. R. (2d)
115 :
[TRADUCTION] Dans une cause comme celle-ci, et lorsqu’il s’agit
de décider si les soi-disant discriminations économiques peuvent
être interprétées comme étant visées par le paragraphe 15(1), il
est bon de garder à l’esprit que presque toutes les lois portant
sur les taxes de vente, les impôts, les droits de licence, les tarifs
ou les avantages sociaux, auront des effets plus négatifs sur
certains groupes de personnes que sur d’autres. Si on devait
admettre que les décisions de politique générale sous-jacentes
à ces lois sont susceptibles de contrôle par la Cour, alors on
pourrait aboutir à la conclusion intenable selon laquelle le
législateur avait, par le moyen du paragraphe 15(1), l’intention
de créer une société économiquement égalitaire dont les juges
seraient les gardiens.
[101] La demanderesse affirme aussi que l’exigence
de payer des frais entraîne une discrimination indirecte
fondée sur la race, le sexe, la déficience et l’origine
ethnique. Cet argument est basé sur l’affirmation selon
laquelle il existe des [TRADUCTION] « recoupements
reconnus » de la pauvreté avec d’autres motifs de
discrimination tels que le sexe, la race, l’âge et l’état
matrimonial. Toutefois, au-delà de la simple affirmation
de discrimination indirecte, la demanderesse n’a pas
établi comment les femmes, les personnes déficientes,
les mères célibataires et les minorités raciales sont
soumises à la discrimination par rapport aux membres
des groupes de comparaison pour chacun des motifs
allégués.
[102] Pour qu’un tel argument aboutisse, la demanderesse et les intervenants auraient dû établir comment
les frais de traitement ont des effets négatifs sur un
nombre disproportionné de personnes déficientes, de
femmes, de mères célibataires et de membres des minorités
raciales, comparativement au groupe de comparaison
pertinent (c’est-à-dire respectivement les personnes sans
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
v. Alberta, [1998] 1 S.C.R. 493). They have failed to do
so. There is no evidence, for example, that more women
are barred from making an H&C application because of
an inability to pay than men. The same goes for the other
grounds of discrimination raised. Indeed, as reflected
above, the evidence is that large numbers of foreign
nationals that would fall within those identified groups
have found no barriers to filing in-Canada H&C
applications.
[103] I would therefore reject the submissions on
adverse effect discrimination.
[104] Lastly, LIFT argues that the failure to waive the
H&C fees constitutes substantively differential treatment
of Canadian children born to foreign national parents.
LIFT seems to be saying that the IRPA provisions are
discriminatory because Canadian children born to foreign
national parents are denied the benefit of making an
H&C application, as compared to Canadian children
born to Canadian parents. In my view, this argument is
without merit. The IRPA provisions relating to H&C
applications are applicable only to foreign nationals who
are seeking permanent resident status in Canada. They
do not apply to Canadian children born to Canadian
parents. Therefore, it cannot be said that the Minister’s
refusal to consider H&C applications where the processing
fee has not been paid effectively denies the claimants a
benefit that Canadian nationals are receiving.
[105] I am also not satisfied that immigrant families
have somehow been denied equal protection of the
integrity of their family life and the best interests of the
child under international law by virtue of the IRPA
provisions relating to H&C applications. LIFT does not
provide any examples or explanations apart from a bare
assertion of discrimination. They have therefore failed
to show the alleged discriminatory activity.
[106] Taken altogether, the factors do not support a
finding that the failure of the government to provide for
c. CANADA
495
déficience, les hommes, les familles, les personnes qui
n’appartiennent pas aux minorités) (voir l’arrêt Eldridge,
précité, et Vriend c. Alberta, [1998] 1 R.C.S 493). Ils ne
l’ont pas fait. Par exemple, il n’y a pas de preuve que
plus de femmes que d’hommes ne peuvent pas présenter
de demandes CH parce qu’elles sont moins en mesure
de payer que les hommes. Il en est de même pour les
autres motifs de discrimination soulevés. En fait, comme
il ressort des données dont j’ai fait état ci-dessus, un
grand nombre d’étrangers qui entreraient dans les groupes
en question ne se sont heurté à aucun obstacle lorsqu’ils
ont présenté leurs demandes CH de l’intérieur du Canada.
[103] Par conséquent, je rejetterais les observations
fondées sur la discrimination indirecte.
[104] Enfin, LIFT allègue que l’omission de prévoir
une dispense de frais pour les demandes CH constitue
substantiellement un traitement différentiel des enfants
canadiens nés de parents étrangers. LIFT semble dire que
les dispositions de la LIPR sont discriminatoires parce
que les enfants canadiens nés de parents étrangers se
voient refuser l’avantage de présenter une demande CH,
comparativement aux enfants canadiens nés de parents
canadiens. Selon moi, cet argument est sans fondement.
Les dispositions de la LIPR relatives aux demandes CH
sont applicables seulement aux étrangers qui demandent
le statut de résident permanent au Canada. Ces dispositions
ne s’appliquent pas aux enfants canadiens nés de parents
canadiens. Par conséquent, on ne peut pas dire que le refus
du ministre d’examiner les demandes CH lorsque les frais
de traitement n’ont pas été payés prive effectivement les
demandeurs d’un avantage dont les Canadiens bénéficient.
[105] Je ne suis pas non plus convaincue que les
familles immigrantes se sont vu de quelque manière que
ce soit refuser une protection égale de l’intégrité de leur
vie familiale et de l’intérêt supérieur de l’enfant selon le
droit international par l’application des dispositions de
la LIPR relatives aux demandes CH. LIFT ne donne aucun
exemple ni aucune explication, mais fait une simple
affirmation de discrimination. Par conséquent, LIFT n’a
pas établi l’existence de l’activité discriminatoire qu’elle
alléguait.
[106] Lorsqu’on les examine ensemble, les facteurs ne
permettent pas de conclure que l’omission du gouverne-
496
TOUSSAINT
a waiver of H&C processing fees discriminates against
the applicant and others living in poverty by imposing
upon them burdens or obligations that are not imposed
on others. Nor does the fee impact the applicants in a
way that perpetuates the pre-existing disadvantage and
stereotyping experienced by them so as to constitute
discrimination.
F. Conclusion on this issue
[107] In sum, even if I were to accept that persons
living in a state of poverty, within which they cannot
afford the section 25 processing fee, face a distinction as
compared to the comparator group, the subsection 15(1)
claim fails. This is because I have concluded that: poverty
is not an analogous ground. Further, and even if poverty
were accepted as an analogous ground, there is insufficient
evidence to persuade me that any distinction caused by
the failure of the Minister to implement a fee waiver for
foreign nationals living in poverty perpetuates the
prejudice or stereotyping of persons living in poverty.
[108] In conclusion on this issue, the applicant and
interveners have failed to satisfy me that, on a balance of
probabilities, the failure of the government to implement
a fee waiver is contrary to subsection 15(1) of the
Charter.
VII. Issue No. 4: Is the failure of the government to
provide for the waiver of fees contrary to the
common law constitutional right of access to the
courts or to the rule of law?
[109] The applicant and the intervener, CCPI, submit
that the failure of the government to provide for a waiver
of fees for foreign nationals who are unable to afford the
processing fee is contrary to the rule of law and the
common law constitutional right of access to the courts.
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
ment de prévoir une dispense des frais de traitement pour
les demandes CH crée une discrimination à l’égard de la
demanderesse et d’autres personnes vivant dans la
pauvreté, discrimination qui ferait peser sur ces personnes
des fardeaux ou des obligations qui ne pèsent pas sur
d’autres. Les frais n’ont pas non plus pour effet, de
manière à constituer une discrimination, de perpétuer un
désavantage préexistant et des stéréotypes auxquels les
demandeurs seraient soumis.
F. Conclusion sur cette question
[107] En résumé, même si je devais admettre que les
personnes vivant dans un état de pauvreté, état qui ferait
qu’elles ne seraient pas en mesure de payer les frais de
traitement prévus pour l’application de l’article 25, sont
soumises à une distinction comparativement au groupe de
comparaison, la demande basée sur le paragraphe 15(1)
échouerait. Il en est ainsi parce que j’ai conclu que la
pauvreté n’est pas un motif analogue. En outre, même si
la pauvreté devait être admise comme étant un motif
analogue, je ne dispose pas d’une preuve concluante me
convainquant que toute distinction causée par l’omission
du ministre de prévoir une dispense de frais pour les
étrangers vivant dans la pauvreté perpétue un préjugé ou
des stéréotypes à l’égard des personnes vivant dans la
pauvreté.
[108] En conclusion de cette question, la demanderesse
et les intervenants ne m’ont pas convaincue que, selon la
prépondérance de la preuve, l’omission du gouvernement
de prévoir une dispense de frais est contraire au paragraphe 15(1) de la Charte.
VII. Quatrième question : l’omission du gouvernement de
prévoir une dispense de frais va-t-elle à l’encontre
de la primauté du droit et du droit constitutionnel
d’accès aux tribunaux en common law?
[109] La demanderesse et l’intervenant CCPI soutiennent que l’omission du gouvernement de prévoir une
dispense de frais pour les étrangers qui ne sont pas en
mesure de payer les frais de traitement de la demande est
contraire à la primauté du droit et au droit constitutionnel
d’accès aux tribunaux en common law.
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
[110] The applicant and CCPI rely on the case of
Polewsky v. Home Hardware Stores Ltd. (2003), 66 O.R.
(3d) 600 (Div. Ct.) in support of their position. The case
of Polewsky involved fees charged for matters coming
before the Ontario Small Claims Court when the Court
was given no discretion to waive such fees. The Ontario
Divisional Court found that the failure to waive Small
Claims Court fees for indigent individuals violated both
the common law right of access to courts in forma
pauperis and the constitutional principle of the rule of
law. They submit that the same principles should extend
to the section 25 in-Canada application on H&C grounds.
[111] With respect to the concept of in forma pauperis,
the Court in Polewsky commented as follows (at
paragraph 44):
The purpose of allowing a claimant or a defendant to proceed
in forma pauperis was to allow people who are indigent to
access the courts. The concept has had a long-standing presence
in the common law and has found its way into statute law. Its
presence in some statutes, combined with what we find to be
the common law right based upon the constitutional principle
of access to the courts, buttresses our conclusion that the
indigent should not be denied access to the Small Claims Court
in cases where their claims or defences are meritorious and
their inability to pay prescribed fees is proven on the balance
of probabilities.
[112] On the issue of the common law right of access
to the court, the Court (at paragraph 62) concluded as
follows:
… quite apart from the Charter, there is at common law a
constitutional right of access to the courts. The fact that the
provision to waive or reduce prescribed fees is omitted,
deliberately or otherwise, does not make it correct in law. The
result is that for persons with demonstrated inability to pay
prescribed fees and with meritorious cases, there must be a
statutory provision to which they can resort for relief from the
requirement to pay fees.
[113] I acknowledge that the right of access to the
courts is, under the rule of law, an essential element for
the protection of the rights and freedoms of persons who
might come before them. However, the fundamental
c. CANADA
497
[110] La demanderesse et CCPI invoquent l’affaire
Polewsky v. Home Hardware Stores Ltd. (2003), 66 O.R.
(3d) 600 (C. Div.) à l’appui de leur position. L’affaire
Polewsky avait trait aux frais exigés pour des affaires
présentées à la Cour des petites créances de l’Ontario,
alors que cette Cour n’avait aucun pouvoir discrétionnaire
d’accorder une dispense de ces frais. La Cour divisionnaire de l’Ontario a décidé que l’omission de dispenser
les personnes indigentes des frais à la Cour des petites
créances violait à la fois le droit d’accès aux tribunaux in
forma pauperis et le principe constitutionnel de primauté
du droit. Ils soutiennent que les mêmes principes devraient
s’appliquer à la demande CH présentée de l’intérieur du
Canada pour l’application de l’article 25.
[111] En ce qui concerne le principe in forma pauperis,
au paragraphe 44 de la décision Polewsky, la Cour a fait
le commentaire suivant :
[TRADUCTION] Le but de permettre à un demandeur ou à un
défendeur d’agir in forma pauperis était de permettre aux
personnes indigentes d’avoir accès aux tribunaux. Ce principe
est présent depuis longtemps en common law et il est devenu
droit législatif. L’inclusion du principe dans certaines lois,
combinée avec ce que nous estimons être le droit en common
law basé sur le principe constitutionnel d’accès aux tribunaux,
étaye notre conclusion selon laquelle les indigents ne devraient
pas se voir refuser l’accès à la Cour des petites créances dans
les affaires où leurs demandes ou défenses sont méritoires et
que leur inaptitude à payer les frais exigés est établie selon la
prépondérance de la preuve.
[112] En ce qui a trait à la question du droit d’accès
aux tribunaux en common law, au paragraphe 62, la Cour
a conclu ce qui suit :
[TRADUCTION] […] bien à part la Charte, il existe en common
law un droit constitutionnel d’accès aux tribunaux. Il n’y a pas
de disposition pour une dispense ou une réduction des frais
exigés, et que cette omission soit délibérée ou non, ne la rend
pas correcte en droit. Il en résulte que, pour les personnes quant
auxquelles il est établi qu’elles ne sont pas en mesure de payer
les frais exigés, et lorsque leurs causes sont méritoires, il doit
y avoir une disposition légale à laquelle elles peuvent recourir
pour obtenir une dispense de l’exigence de payer les frais.
[113] Je reconnais que le droit d’accès aux tribunaux
est, selon la primauté du droit, un élément essentiel de la
protection des droits et des libertés des justiciables.
Toutefois, le problème principal que pose l’argument de
498
TOUSSAINT
flaw in the argument of the applicant and CCPI is that
access to the Minister under subsection 25(1) cannot be
equated to a right of access to the courts.
[114] Subsection 25(1) provides a discretionary benefit
to foreign nationals. Parliament has no obligation to
provide for foreign nationals to remain in Canada on
H&C grounds (Chiarelli, above, at paragraph 43). Section
25 itself does not provide any right to make an in-Canada
H&C application; rather, it provides an opportunity to
apply for an exemption from provisions of the IRPA or
the Regulations. The Minister is only obliged to consider
H&C factors “upon request”. Immigration is not a right;
nor is access to section 25 of the IRPA.
[115] In my view, the principles applied in Polewsky
do not extend to discretionary administrative determinations. Polewsky and the jurisprudence relied on by the
applicant and CCPI (for example, R. v. Lord Chancellor,
ex parte John Witham, [1997] 2 All E.R. 779 (Q.B.); R.
v. Secretary of State for the Home Department, ex parte
Saleem, [2000] 4 All E.R. 814 (C.A.)) do not apply to
the situation before me. In Canadian cases where the
doctrine of in forma pauperis has been accepted
(Polewski, above; Moss v. Canada, [1998] 1 C.T.C. 2999
(T.C.C.); Pearson v. Canada (2000), 12 C.P.C. (5th) 284
(F.C.T.D.)) the context has always been access to a
constitutional or statutory court.
[116] Furthermore, the provisions relating to the
payment of the H&C application fee are not rendered
invalid by virtue of the rule of law. The Supreme Court
of Canada’s statements, at paragraphs 58 and 59, in
British Columbia v. Imperial Tobacco Canada Ltd., 2005
SCC 49, [2005] 2 S.C.R. 473, on the precise content of
the rule of law and its application to the constitutionality
of legislation is informative:
This Court has described the rule of law as embracing three
principles. The first recognizes that “the law is supreme over
officials of the government as well as private individuals, and
thereby preclusive of the influence of arbitrary power”: Reference
re Manitoba Language Rights, at p. 748. The second “requires
the creation and maintenance of an actual order of positive laws
which preserves and embodies the more general principle of
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
la demanderesse et de CCPI est que l’accès au ministre
prévu au paragraphe 25(1) ne peut pas équivaloir au droit
d’accès aux tribunaux.
[114] Le paragraphe 25(1) prévoit un avantage discrétionnaire pour les étrangers. Le législateur n’a pas
l’obligation de prévoir que les étrangers demeurent au
Canada pour des CH (arrêt Chiarelli, précité, au paragraphe 43). L’article 25 en soi ne prévoit pas quelque droit
que ce soit de présenter une demande CH de l’intérieur du
Canada; plutôt, il prévoit la possibilité de présenter une
demande de dispense des dispositions de la LIPR ou du
Règlement. Le ministre est seulement obligé d’examiner
les facteurs CH « sur demande ». L’immigration n’est
pas un droit; l’accès à l’article 25 de la LIPR ne l’est pas
non plus.
[115] Selon moi, les principes appliqués dans l’arrêt
Polewsky ne s’appliquent pas aux décisions administratives
discrétionnaires. L’arrêt Polewsky et la jurisprudence sur
lesquels la demanderesse et CCPI se sont fondées ne
s’appliquent pas à la situation qui m’est présentée (par
exemple, R. v. Lord Chancellor, ex parte John Witham,
[1997] 2 All E.R. 779 (Q.B.); R. v. Secretary of State for
the Home Department, ex parte Saleem, [2000] 4 All
E.R. 814 (C.A.)). Dans les affaires canadiennes où la
doctrine in forma pauperis a été admise (arrêt Polewski,
précité; Moss c. Canada, [1997] A.C.I. no 712 (QL);
Pearson c. Canada, [2000] A.C.F. no 1444 (1re inst.) (QL)),
il s’agissait toujours d’un accès à une cour sur la base
d’un droit constitutionnel ou d’un droit prévu par la loi.
[116] En outre, les dispositions relatives au paiement des
frais d’une demande CH ne sont pas invalides en raison
du principe de la primauté du droit. Aux paragraphes 58
et 59 de l’arrêt Colombie-Britannique c. Imperial Tobacco
Canada Ltée, 2005 CSC 49, [2005] 2 R.C.S. 473, les
déclarations de la Cour suprême du Canada faites
précisément sur la primauté du droit et son application à
la constitutionnalité des lois sont instructives :
La Cour a décrit la primauté du droit comme embrassant
trois principes. Le premier reconnaît que « le droit est au-dessus
des autorités gouvernementales aussi bien que du simple citoyen
et exclut, par conséquent, l’influence de l’arbitraire » : Renvoi
relatif aux droits linguistiques au Manitoba, p. 748. Le
deuxième « exige la création et le maintien d’un ordre réel de
droit positif qui préserve et incorpore le principe plus général
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
normative order”: Reference re Manitoba Language Rights, at
p. 749. The third requires that “the relationship between the
state and the individual … be regulated by law”: Reference re
Secession of Quebec, at para. 71.
So understood, it is difficult to conceive of how the rule of
law could be used as a basis for invalidating legislation such as
the Act based on its content. That is because none of the
principles that the rule of law embraces speak directly to the
terms of legislation. The first principle requires that legislation
be applied to all those, including government officials, to
whom it, by its terms, applies. The second principle means that
legislation must exist. And the third principle, which overlaps
somewhat with the first and second, requires that state officials’
actions be legally founded. See R. Elliot, “References, Structural
Argumentation and the Organizing Principles of Canada’s
Constitution” (2001), 80 Can. Bar Rev. 67, at pp. 114-15.
[117] The Supreme Court also cautioned, at paragraph
67: “The rule of law is not an invitation to trivialize or
supplant the Constitution’s written terms. Nor is it a tool
by which to avoid legislative initiatives of which one is
not in favour.” Applying the Supreme Court’s reasoning
to the present situation, I find that the rule of law cannot
be used to create a fee waiver in the context of H&C
applications. This is not an appropriate application of the
rule of law.
IX. Conclusion
[118] For the above reasons, I conclude that this
application for judicial review will be dismissed.
[119] In general, decisions of the Federal Court in
matters arising under the IRPA are final. However,
pursuant to paragraph 74(d) of the IRPA, an appeal to
the Federal Court of Appeal may be made “only if, in
rendering judgment, the judge certifies that a serious
question of general importance is involved and states the
question.” In the recent decision of Varela, above, the
Court of Appeal emphasized that any question certified
must meet certain criteria:
• The question must be a serious question of general
importance.
c. CANADA
499
de l’ordre normatif » : Renvoi relatif aux droits linguistiques au
Manitoba, p. 749. Selon le troisième, « les rapports entre l’État
et les individus doivent être régis par le droit » : Renvoi relatif
à la sécession du Québec, par. 71.
Lorsqu’on l’interprète de cette manière, il est difficile de
concevoir que la primauté du droit puisse servir à invalider une
loi comme celle qui nous occupe en raison de son contenu.
Cela tient au fait qu’aucun des principes qu’embrasse la
primauté du droit ne vise directement les termes de la loi. Le
premier principe requiert que les lois soient appliquées à tous
ceux, incluant les représentants gouvernementaux, à qui, de par
leur libellé, elles doivent s’appliquer. Le deuxième principe
signifie que les lois doivent exister. Quant au troisième principe,
lequel chevauche dans une certaine mesure le premier et le
deuxième, il exige que les mesures prises par les représentants
de l’État s’appuient sur des lois. Voir R. Elliot, « References,
Structural Argumentation and the Organizing Principles of
Canada’s Constitution » (2001), 80 R. du B. can. 67, p. 114-115.
[117] Au paragraphe 67, la Cour suprême a aussi fait
la mise en garde suivante : « La primauté du droit n’est
pas une invitation à banaliser ou à remplacer les termes
écrits de la Constitution. Il ne s’agit pas non plus d’un
instrument permettant à celui qui s’oppose à certaines
mesures législatives de s’y soustraire. » Appliqué en
l’espèce, le raisonnement de la Cour suprême ne permet
pas de conclure que la primauté du droit peut être utilisée
pour créer une dispense de frais dans le contexte des
demandes CH. Il ne s’agit pas ici d’une application
appropriée de la primauté du droit.
IX. Conclusion
[118] Pour les motifs exposés ci-dessus, je conclus que
la présente demande de contrôle judiciaire sera rejetée.
[119] En général, les décisions de la Cour fédérale
dans les affaires soulevées en application de la LIPR sont
définitives. Toutefois, selon l’alinéa 74d) de la LIPR, un
appel à la Cour d’appel fédérale peut être interjeté « si le
juge certifie que l’affaire soulève une question grave de
portée générale et énonce celle-ci ». Dans l’arrêt récent
Varela, précité, la Cour d’appel fédérale a mis l’accent
sur le fait que toute question certifiée doit satisfaire à
certains critères :
• Il doit s’agir d’une question grave de portée générale.
500
TOUSSAINT
• The question must arise from the issues in the case and
not the judge’s reasons.
• A serious question is one that is dispositive of the
appeal.
• The reference in paragraph 74(d) to “a serious question”
means that a single case will raise more than one question
only as an exception to the rule that only “a” question
may be certified.
[120] In this case, there was more than one issue raised.
Had I found in favour of the applicant on any one of the
issues, I would have allowed the application for judicial
review. Accordingly, each of the issues raises a question
that could be dispositive of an appeal. Further, given the
number of in-Canada H&C applications that are made
each year and the far-reaching impacts of a decision in
favour of the applicant on any of the issues, each of the
issues is a “serious question of general importance”.
[121] All of the parties have proposed questions for
certification that were similar in substance. Having
reviewed the proposed questions, the following are the
questions that I will certify:
1. On a proper statutory interpretation of subsection 25(1)
of the IRPA, is the Minister obliged to consider a request
to grant an exemption from the requirement to pay the
H&C processing fee, otherwise required under section
307 of the IRP Regulations?
2. Does the failure of the government (through the GIC)
to enact regulations permitting the waiver of fees for
foreign nationals living in poverty who wish to make an
in-Canada application for permanent resident status
pursuant to subsection 25(1) of the IRPA infringe the
applicant’s rights under section 7 or section 15 of the
Charter?
3. Is the failure of the government (through the GIC) to
enact regulations permitting the waiver of fees for
foreign nationals living in poverty who wish to make an
in-Canada application for permanent resident status
pursuant to subsection 25(1) of the IRPA contrary to
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
• La question doit être soulevée à partir des questions
de l’affaire et non pas des motifs du juge.
• Une question grave de portée générale est une question
qui permet de trancher l’appel.
• La référence à « une question grave » à l’alinéa 74d)
signifie qu’une seule et même affaire soulèvera plus
qu’une seule question seulement en tant qu’exception à
la règle selon laquelle seulement « une » question peut
être certifiée.
[120] En l’espèce, il y avait plus d’une question en litige
soulevée. Si j’avais conclu en faveur de la demanderesse
sur n’importe laquelle des questions, j’aurais accueilli la
demande de contrôle judiciaire. Par conséquent, chacune
des questions en litige soulève une question qui permettrait
de trancher l’appel. En outre, étant donné le nombre de
demandes CH présentées de l’intérieur du Canada
chaque année, et vu les effets importants d’une décision
favorable à la demanderesse sur l’une quelconque des
questions en litige, chacune des questions en litige est
« une question grave de portée générale ».
[121] Toutes les parties ont proposé des questions pour
certification qui étaient en substance semblables. Après
avoir examiné les questions proposées, je certifierai les
questions suivantes :
1. Selon l’interprétation correcte du paragraphe 25(1)
de la LIPR, le ministre est-il obligé d’examiner une
demande de dispense des frais de traitement d’une
demande CH, frais qui sont par ailleurs requis selon
l’article 307 du Règlement?
2. L’omission du gouvernement (ou de la GC) d’adopter
un règlement permettant une dispense de frais pour les
étrangers vivant dans la pauvreté et qui souhaitent
présenter une demande du statut de résident permanent de
l’intérieur du Canada en application du paragraphe 25(1)
de la LIPR, contrevient-elle aux droits de la demanderesse
garantis à l’article 7 ou à l’article 15 de la Charte?
3. L’omission du gouvernement (ou de la GC) d’adopter
un règlement permettant la dispense de frais pour les
étrangers vivant dans la pauvreté et qui souhaitent
présenter une demande du statut de résident permanent
de l’intérieur du Canada en application du paragraphe
TOUSSAINT
[2010] 3 R.C.F.
c. CANADA
501
either the rule of law or the common law constitutional
right of access to the courts?
25(1) de la LIPR estelle contraire, soit à la primauté du
droit, soit au droit d’accès aux tribunaux en common
law?
JUDGMENT
JUGEMENT
THIS COURT ORDERS AND ADJUDGES that:
LA COUR STATUE que :
2. The following questions are certified:
2. les questions suivantes sont certifiées :
1. The application for judicial review is dismissed; and
(a) On a proper statutory interpretation of subsection
25(1) of the IRPA, is the Minister obliged to consider
a request to grant an exemption from the requirement
to pay the H&C processing fee, otherwise required
under section 307 of the IRP Regulations?
(b) Does the failure of the government (through the
GIC) to enact regulations permitting the waiver of fees
for foreign nationals living in poverty who wish to
make an in-Canada application for permanent resident
status pursuant to subsection 25(1) of the IRPA infringe
the applicant’s rights under section 7 or section 15 of
the Charter?
(c) Is the failure of the government (through the GIC)
to enact regulations permitting the waiver of fees for
foreign nationals living in poverty who wish to make
an in-Canada application for permanent resident status
pursuant to subsection 25(1) of the IRPA contrary to
either the rule of law or the common law constitutional
right of access to the courts?
APPENDIX A
Immigration and Refugee Protection Act, S.C. 2001,
c. 27
11. (1) A foreign national must, before entering Canada,
apply to an officer for a visa or for any other document required
by the regulations. The visa or document may be issued if,
following an examination, the officer is satisfied that the
foreign national is not inadmissible and meets the requirements
of this Act.
1. la demande de contrôle judiciaire est rejetée;
a) Selon l’interprétation correcte du paragraphe 25(1)
de la LIPR, le ministre est-il obligé d’examiner une
demande de dispense des frais de traitement d’une
demande CH, frais qui sont par ailleurs requis selon
l’article 307 du Règlement?
b) L’omission du gouvernement (ou de la GC)
d’adopter un règlement permettant une dispense de
frais pour les étrangers vivant dans la pauvreté et qui
souhaitent présenter une demande du statut de résident
permanent de l’intérieur du Canada en application du
paragraphe 25(1) de la LIPR, contrevient-elle aux
droits de la demanderesse garantis à l’article 7 ou à
l’article 15 de la Charte?
c) L’omission du gouvernement (ou de la GC) d’adopter
un règlement permettant la dispense de frais pour les
étrangers vivant dans la pauvreté et qui souhaitent
présenter une demande du statut de résident permanent
de l’intérieur du Canada en application du paragraphe
25(1) de la LIPR est-elle contraire, soit à la primauté du
droit, soit au droit d’accès aux tribunaux en common
law?
ANNEXE A
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, L.C.
2001, ch. 27
11. (1) L’étranger doit, préalablement à son entrée au Canada,
demander à l’agent les visa et autres documents requis par
règlement. L’agent peut les délivrer sur preuve, à la suite d’un
contrôle, que l’étranger n’est pas interdit de territoire et se
conforme à la présente loi.
502
TOUSSAINT
…
v. CANADA
[2010] 3 F.C.R.
[…]
25. (1) The Minister shall, upon request of a foreign national
in Canada who is inadmissible or who does not meet the
requirements of this Act, and may, on the Minister’s own
initiative or on request of a foreign national outside Canada,
examine the circumstances concerning the foreign national and
may grant the foreign national permanent resident status or an
exemption from any applicable criteria or obligation of this Act
if the Minister is of the opinion that it is justified by humanitarian and compassionate considerations relating to them, taking
into account the best interests of a child directly affected, or
by public policy considerations.
25. (1) Le ministre doit, sur demande d’un étranger se
trouvant au Canada qui est interdit de territoire ou qui ne se
conforme pas à la présente loi, et peut, de sa propre initiative
ou sur demande d’un étranger se trouvant hors du Canada,
étudier le cas de cet étranger et peut lui octroyer le statut de
résident permanent ou lever tout ou partie des critères et obligations applicables, s’il estime que des circonstances d’ordre
humanitaire relatives à l’étranger — compte tenu de l’intérêt
supérieur de l’enfant directement touché — ou l’intérêt public
le justifient.
Fees
Frais
…
89. The regulations may govern fees for services provided in
the administration of this Act, and cases in which fees may be
waived by the Minister or otherwise, individually or by class.
Immigration and Refugee Protection Regulations,
SOR/2002-227
[…]
89. Les règlements peuvent prévoir les frais pour les services
offerts dans la mise en oeuvre de la présente loi, ainsi que les
cas de dispense, individuellement ou par catégorie, de paiement
de ces frais.
Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés,
DORS/2002-227
10. (1) Subject to paragraphs 28(b) to (d), an application
under these Regulations shall
10. (1) Sous réserve des alinéas 28b) à d), toute demande au
titre du présent règlement :
(d) be accompanied by evidence of payment of the applicable
fee, if any, set out in these Regulations;
d) est accompagnée d’un récépissé de paiement des droits
applicables prévus par le présent règlement;
…
DIVISION 5
HUMANITARIAN AND COMPASSIONATE CONSIDERATIONS
66. A request made by a foreign national under subsection
25(1) of the Act must be made as an application in writing
accompanied by an application to remain in Canada as a
permanent resident or, in the case of a foreign national outside
Canada, an application for a permanent resident visa.
…
Application under Section 25 of the Act
307. The following fees are payable for processing an
application made in accordance with section 66 if no fees are
payable in respect of the same applicant for processing an
application to remain in Canada as a permanent resident or an
application for a permanent resident visa:
[…]
SECTION 5
CIRCONSTANCES D’ORDRE HUMANITAIRE
66. La demande faite par un étranger en vertu du paragraphe
25(1) de la Loi doit être faite par écrit et accompagnée d’une
demande de séjour à titre de résident permanent ou, dans le cas
de l’étranger qui se trouve hors du Canada, d’une demande de
visa de résident permanent.
[…]
Demande en vertu de l’article 25 de la Loi
307. Les frais ci-après sont à payer pour l’examen de la
demande faite aux termes de l’article 66 si aucuns frais ne sont
par ailleurs à payer à l’égard du même demandeur pour l’examen
d’une demande de séjour au Canada à titre de résident
permanent ou d’une demande de visa de résident permanent :
[2010] 3 R.C.F.
TOUSSAINT
(a) in the case of a principal applicant, $550;
(b) in the case of a family member of the principal applicant
who is 22 years of age or older or is less than 22 years of
age and is a spouse or common-law partner, $550; and
(c) in the case of a family member of the principal applicant
who is less than 22 years of age and is not a spouse or
common-law partner, $150.
c. CANADA
503
a) dans le cas du demandeur principal, 550 $;
b) dans le cas d’un membre de la famille du demandeur
principal qui est âgé de vingt-deux ans ou plus ou qui, s’il est
âgé de moins de vingt-deux ans, est un époux ou conjoint de
fait, 550 $;
c) dans le cas d’un membre de la famille du demandeur
principal qui est âgé de moins de vingt-deux ans et n’est pas
un époux ou conjoint de fait, 150 $.
DIGESTS
Federal Court of Appeal and Federal Court decisions digested are those which, while failing to meet the stringent standards
of selection for full-text reporting, are considered of sufficient value to merit coverage in that abbreviated format. A copy of
the full text of any decision may be accessed at http://decisions.fca-caf.gc.ca/en/index.html for the Federal Court of Appeal
and at http://decisions.fct-cf.gc.ca/en/index.html for the Federal Court, or may be ordered from the central registry of the
Federal Court of Appeal or Federal Court in Ottawa or from the local offices in Calgary, Edmonton, Fredericton, Halifax,
Montréal, Québec, Toronto, Vancouver and Winnipeg.
* The number of pages indicated at the end of each digest refers to the number of pages of the original reasons for order or
reasons for judgment.
CITIZENSHIP AND IMMIGRATION
EXCLUSION AND REMOVAL
Inadmissible Persons
Security Certificate
Motion by special advocates for stay of proceedings on grounds of res judicata, cause of action estoppel, issue estoppel—
Proceeding herein concerning third security certificate issued in respect of Jaballah—First certificate quashed in 1999—In 2003,
Court finding second certificate reasonable—Also finding new, significant information not ascertainable by ministers before first
certificate quashed—Such information possibly leading to different conclusion in 1999—Court therefore finding principles of res
judicata, issue estoppel, abuse of process claimed by Jaballah not applicable—Second certificate subsequently terminated by
legislation, leading to issuance of third certificate—2003 evidence still new—Whether special circumstances exist estopping
ministers from relying on issue estoppel with respect to 2003 finding of new, significant information—Special circumstances
asserted flowing from constitutional infirmity of prior proceedings, absence of disclosure persuant to Charkaoui v. Canada
(Citizenship and Immigration), 2008 SCC 38, [2008] 2 S.C.R. 326 (Charkaoui II), absence of special advocates—Although 2003
finding that res judicata, issue estoppel, abuse of process not applicable made in constitutionally flawed proceeding, such flaws
materially reduced as 2003 finding based on public record—Notwithstanding Charkaoui II disclosure, no information, evidence
produced by special advocates changing 2003 finding—Motion dismissed.
JABALLAH (RE) (DES-6-08, 2010 FC 80, Dawson J., order dated January 22, 2010, 34 pp.)
STATUS IN CANADA
Permanent Residents
Judicial review of visa officer’s decision refusing applicant’s permanent residence application under skilled worker category
as secretary—Visa officer assessing needs of applicant’s employers, determining not likely employers would have needed applicant
to perform tasks distinguishing secretary from office clerk—Visa officer concluding applicant not having necessary responsibilities
to qualify for skilled worker category as secretary—In case at bar, applicant providing fulsome application, independent
documentation supporting assertions, putting best foot forward—Visa officer not identifying basis for assumption applicant’s
employer not requiring dedicated secretary—When applicant putting best foot forward by submitting complete application, visa
officer should seek clarification to either substantiate, eliminate doubt not founded in fact—Application allowed.
SANDHU V. CANADA (CITIZENSHIP AND IMMIGRATION) (IMM-6560-09, 2010 FC 759, Mandamin J., judgment dated July 20, 2010,
12 pp.)
D-17
D-18
CUSTOMS AND EXCISE
DIGESTS
EXCISE TAX ACT
Appeal from Tax Court of Canada decision (2008 TCC 337) finding respondent’s disbursements incurred as agent for its clients,
therefore not subject to GST—In course of providing legal services, respondent acquiring various goods, services from third-party
suppliers—Respondent not collecting, remitting GST on disbursements viewed as having been incurred as agent for its clients—
No evidence led concerning any understanding third-party suppliers had regarding who was liable to pay for goods, services
supplied—Whether disbursements at issue were incurred by respondent as agent for its clients—Onus on lawyer to establish
existence of agency relationship—Court previously recognizing essential quality of agency is whether putative agent having
capacity of affecting principal’s legal position—While Tax Court Judge referencing liability under contracts as being indicator
of agency relationship, Judge failing to address whether respondent, clients liable under agreements with third-party suppliers—
Judge erring in law by relying upon general nature of solicitor-client relationship—It does not follow that, because solicitor-client
relationship generally one of agency, all financial obligations incurred by lawyer while providing legal services incurred as agent
of its clients—Proper test requiring Judge to determine whether respondent’s clients were bound by contracts with third-party
suppliers—No evidence supporting such conclusion—Respondent thus not meeting onus of establishing it acted as agent for its
clients when incurring disbursements—Goods, services attracting disbursements were taxable supplies, respondent required to
collect, remit GST thereon—Appeal allowed.
CANADA V. MERCHANT LAW GROUP (A-443-08, 2010 FCA 206, Dawson J.A., judgment dated August 5, 2010, 17 pp.)
Judicial review of decision wherein director at Canada Revenue Agency (CRA) not using discretion to grant applicant relief
under Excise Tax Act, R.S.C., 1985, c. E-15 (ETA), s. 281.1—Applicant not remitting HST on sale of condominium units—After
unsuccessfully appealing assessment, applicant seeking to have interest, penalties cancelled, waived under tax fairness provisions
in ETA—Primary basis for applicant’s request fact he was suffering from severe depression at time real estate transactions taking
place, failure of collecting appropriate taxes unintentional—CRA issuing decision letter denying applicant’s request because of
failure to show extraordinary circumstances preventing compliance with statutory obligations—Applicant subsequently seeking
independent review from director—Decision letter refusing appellant’s independent review request containing no explanation as
to how director viewed his condition—While reasons in tax fairness decisions expected to be short, taxpayer should be informed
as to how primary consideration dealt with—Given specific facts before director in this case, director required to provide some
reasons accompanying decision, explaining, even if very briefly, why primary ground not accepted—Omission to do so leaving
decision-making process lacking necessary component of transparency—Decision unreasonable—Application allowed.
HOLMES V. CANADA (ATTORNEY GENERAL) (T-2135-07, 2010 FC 809, O’Keefe J., judgement dated August 5, 2010, 14 pp.)
INCOME TAX
REASSESSMENT
Appeal from Tax Court of Canada decision (2008 TCC 324) upholding appellant’s reassessment—Between 1990–1993,
appellant purchasing ranitidine, active pharmaceutical ingredient used in drug marketed in Canada under brand name Zantac—
Appellant’s ranitidine purchased from Adechsa, related non-resident company, for amount between $1 513–$1 651 per kg—During
same period, two generic pharmaceutical companies purchasing ranitidine from arm’s length suppliers for amount between $194–
$304 per kg—Minister of National Revenue reassessing appellant, increasing its income by difference between price paid by
generics, appellant pursuant to Income Tax Act, R.S.C., 1985 (5th Supp.), c. 1 (ITA), s. 69(2)—ITA, s. 69(2) providing that where
taxpayer has paid to non-resident person with whom taxpayer not dealing at arms’s length amount greater than amount that would
have been reasonable had parties been dealing at arm’s length, reasonable amount deemed to have been amount paid, payable
therefor—Whether Tax Court Judge erring in determining circumstances relevant to assessing “reasonable amount” referred to
in ITA, s. 69(2)—Two specific contractual agreements at heart of present appeal: (1) licence agreement between appellant, parent
company, (2) supply agreement with Adechsa—In order to make determination in s. 69(2), Judge having to consider all relevant
circumstances which arm’s length purchaser would have to consider—Appellant taking issue with Judge’s findings which
disregard licence agreement, as arm’s length appellant could not have sold Zantac branded products without licence agreement—
According to appellant, licence agreement requiring purchase of ranitidine from Adechsa, therefore by not considering it, Judge
ignoring crucial business circumstance—Judge erring in concluding licence agreement irrelevant consideration—Instead, Judge
DIGESTS
D-19
INCOME TAX—Concluded
determining fair market value of ranitidine, finding anything paid over such amount was in excess of “the reasonable amount”—
Judge failing to consider business reality which arm’s length purchaser was bound to consider if he intended to sell Zantac—ITA,
s. 69(2) not operating regardless of real business world in which parties to transaction participate—Appeal allowed.
GLAXOSMITHKLINE INC. V. CANADA (A-345-08, 2010 FCA 201, Nadon J.A., judgment dated July 26, 2010, 31 pp.)
PATENTS
INFRINGEMENT
Appeal from Federal Court decision (2009 FC 256) dismissing appellants’ action for patent infringement—Federal Court
finding appellants’ patent disclaimers invalid for adding new inventive elements to claims, broadening them—Appellants also
admitting original claims too broad—Therefore patents declared invalid on account of overbreadth—Federal Court using correct
approach by construing, comparing both original claims, claims as modified by disclaimers—Federal Court also finding appellants’
disclaimers not prompted by mistake, accident, inadvertence—Appellants herein arguing sufficient evidence to contrary adduced—
Asking Court to reweigh evidence, reach different conclusion—However, Federal Court not making palpable, overriding error—
Therefore Court cannot reweigh evidence—By conceding claims in pre-disclaimer patent too broad, appellants cannot return to
patent as basis for infringement suit—Appeal dismissed.
HERSHKOVITZ V. TYCO SAFETY PRODUCTS CANADA LTD. (A-150-09, 2010 FCA 190, Stratas J.A., judgment dated July 19, 2010,
19 pp.)
PRACTICE
Motion by Apotex seeking consolidation of statement of claim, defence, into single defence, counterclaim—Also seeking to
make certain amendments to pleadings—Apotex initiating action for declaration that product not infringing Sanofi’s patent,
seeking declaration that patent invalid—Sanofi subsequently suing Apotex for patent infringement—Whether amendments
appropriate—Amendments seeking introduction of new defences of set-off based on: alleged debt for “break fee” arising out of
2006 settlement agreement, tort of deceit, tort of abuse of process—Equitable set-off criteria: (1) party relying on set-off must
show equitable ground, (2) equitable ground must go to root of plaintiff’s claim, (3) cross-claim connected to plaintiff’s demand—
“Break fee” not related to alleged, actual infringement—Therefore, proposed amendment to include “break fee” claim abusive,
vexatious—Alleged tort of deceit not impeaching patent infringement claim nor denying infringement took place—Tort of deceit
distinct from tort of negligent misrepresentation, involving statement of fact, not opinion, estimates, advice, promise—Apotex
not pleading essential component of tort of deceit—Apotex’ set-off claims based on tort of deceit frivolous, vexatious—Finally,
abuse of process requiring litigation to be pursued for ulterior, collateral purpose—Proposed pleadings herein lacking required
element of unlawful, improper purpose—Motion granted in part.
APOTEX INC. V. SANOFI-AVENTIS (T-644-09, T-933-09, 2010 FC 182, Tabib P., order dated February 18, 2010, 50 pp.)
PENITENTIARIES
Judicial review of decision by Senior Deputy Commissioner (SDC) of Correctional Service of Canada (CSC) dismissing
applicant’s final level grievance concerning warden’s decision not to allow applicant to return to work as soon as some other
inmates following lockdown—Warden establishing plan after lockdown by which inmates with “low” institutional adjustment
rating returning to work earlier than those with “moderate” rating—Whether SDC erring in concluding warden having power to
reach such decision—Pursuant to Corrections and Conditional Release Act, S.C. 1992, c. 20, s. 4(d), CSC required to use least
restrictive measures consistent with protection of public, staff members, offenders—Warden must have power to order partial
lifting of lockdown if allowing some, not all inmates to resume normal routine consistent with s. 4(d)—Inmates’ institutional
adjustment ratings resulting from assessments of degree of supervision, control within penitentiary inmates requiring—These
ratings relevant to warden’s decision—When establishing gradual return to normal following security incident, reasonable for
warden to consider degree of supervision, control required in deciding which inmates can safely resume routine first—Principle
DIGESTS
D-20
PENITENTIARIES—Concluded
that correctional decisions be made in forthright, fair manner set out in Act, s. 4(g) relating to decision-making process—Not
mandating that decisions concerning inmates conform to any specific understanding of substantive fairness, such as that all
inmates at locked down penitentiary be treated in same way—Application dismissed.
JOLIVET V. CANADA (ATTORNEY GENERAL) (T-2092-09, 2010 FC 762, Tremblay-Lamer J., judgment dated July 20, 2010, 9 pp.)
PRIVACY
PERSONAL INFORMATION PROTECTION AND ELECTRONIC DOCUMENTS ACT
Judicial review challenging Privacy Commissioner of Canada’s jurisdiction to carry out investigation under Personal Information
Protection and Electronic Documents Act, S.C. 2000, c. 5 (PIPEDA), compel access to information covered by solicitor-client
privilege, litigation privilege—Applicant’s insured involved in vehicle accident leading to tort action against her by third party
(Mr. Gaudet)—Applicant having duty to defend insured in such actions—Applicant hiring private investigator, inquiring into
Mr. Gaudet’s activities, using video surveillance before, after tort action initiated—Mr. Gaudet requesting from applicant, pursuant
to PIPEDA, all information collected, particularly surveillance reports, tapes—Applicant denying request, contending PIPEDA
not applicable—Mr. Gaudet thus complaining to Privacy Commissioner, alleging PIPEDA breach—Privacy Commissioner
assuming jurisdiction in investigating complaint, requesting information collected by applicant—Whether PIPEDA applicable to
evidence collected by insurer in defending insured in third party tort action—PIPEDA, Part I applicable to every organization in
respect of personal information collected, used, disclosed in course of “commercial activities”, defined in PIPEDA, s. 2(1)—
Collection of evidence on plaintiff by defendant in tort action brought by plaintiff clearly not constituting “particular transaction,
act or conduct that is of a commercial character” as defined in s. 2(1)—Privacy Commissioner submitting that since insured
paying appellant to defend her, evidence collected now assuming commercial character—PIPEDA’s purpose related to electronic
commerce as reflected in long title—Collecting information for defending civil tort action having little, nothing to do with
electronic commerce—If primary activity at hand not commercial activity contemplated by PIPEDA, such activity remaining
exempt from PIPEDA even if third parties retained by individual to carry out activity on their behalf—Activity’s primary
characterization dominant factor in assessing commercial character under PIPEDA, not incidental relationship between one
seeking to carry out activity and third parties—Thus, investigation reports, videos not subject to PIPEDA—Nevertheless, under
PIPEDA, s. 12(1), Privacy Commissioner still having to investigate complaints—However, investigative powers limited where
solicitor-client, litigation privilege raised—In case at bar, Privacy Commissioner having no authority to assume jurisdiction over
matter, request justification regarding validity of privilege claims—Application allowed.
STATE FARM MUTUAL AUTOMOBILE INSURANCE COMPANY V. CANADA (PRIVACY COMMISSIONER) (T-604-09, 2010 FC 736,
Mainville J., judgment dated July 9, 2010, 70 pp.)
TRANSPORTATION
Judicial review of Toronto Port Authority (TPA) decisions published in bulletins regarding slot allocation process at Billy
Bishop Toronto City Airport, request for proposals for additional carriers—Applicant wanting slot allocation process commenced
again in proper fashion, including consultations with applicant—Whether TPA “federal board, commission or other tribunal”
subject to judicial review—Letters Patent issued to TPA pursuant to Canada Marine Act, S.C. 1998, c. 10 distinguishing powers
exercised as Crown, non-Crown agent—Operation, maintenance of airport addressed in Letters Patent, s. 7.2(j) non-Crown agent
activity—Allocating slots fundamental part of operation, thus clear TPA not acting as Crown agent in that respect—Distinction
between exercise of general powers of management, powers expressly mandated by statutes—Where statutes expressly mandating
inquiries, decisions be made, such powers reviewable by Court—General powers of management not reviewable—In this case,
TPA expressly empowered by Letters Patent to operate, manage airport as ordinary commercial activity—Thus, Court lacking
jurisdiction—Obiter: No simple formula whereby person having commercial interest lacking standing simply on that basis—
Context of situation, basis for which review sought must be considered—Applicant having standing since applications resting on
procedural fairness—Bulletins at issue simply announcements—Not mandated by any legislation, nor specifically directed to
applicant, thus not reviewable—TPA not obligated to consult interested parties when changing slot allocations—No sufficient
evidence found to support legitimate expectations of applicant to consult with TPA—Applications dismissed.
AIR CANADA V. TORONTO PORT AUTHORITY (T-488-10, T-692-10, 2010 FC 774, Hughes J., judgment dated July 21, 2010, 84 pp.)
F I C H E S A N A LY T I Q U E S
Les fiches analytiques résument les décisions de la Cour d’appel fédérale et de la Cour fédérale qui ne satisfont pas
aux critères rigoureux de sélection pour la publication intégrale mais qui sont suffisamment intéressantes pour faire
l’objet d’un résumé sous forme de fiche analytique. On peut consulter le texte complet des décisions à l’adresse
http://decisions.fca-caf.gc.ca/fr/index.html pour la Cour d’appel fédérale et http://decisions.fct-cf.gc.ca/fr/index.html pour
la Cour fédérale ou le commander au bureau central du greffe de la Cour d’appel fédérale ou de la Cour fédérale à Ottawa
ou aux bureaux locaux de Calgary, Edmonton, Fredericton, Halifax, Montréal, Québec, Toronto, Vancouver et Winnipeg.
* Le nombre de pages indiqué à la fin de chaque fiche analytique correspond au nombre de pages des motifs d’ordonnance ou
de jugement originaux.
BREVETS
CONTREFAÇON
Appel de la décision (2009 CF 256) par laquelle la Cour fédérale a rejeté l’action en contrefaçon de brevet des appelants—La
Cour fédérale a statué que les renonciations de brevet des appelants étaient invalides parce qu’elles ajoutaient de nouveaux
éléments inventifs aux revendications, les élargissant ainsi—En outre, les appelants ont admis que les revendications initiales
avaient une portée trop vaste—Par conséquent, les brevets ont été déclarés invalides en raison de leur portée excessive—La Cour
fédérale a appliqué la bonne méthode en interprétant et comparant les revendications initiales et les revendications modifiées par
les renonciations—De même, la Cour fédérale a conclu que les renonciations des appelants ne découlaient pas d’une erreur, d’un
accident ou d’une inadvertance—Les appelants en l’espèce soutenaient qu’ils avaient produit assez d’éléments de preuve
établissant le contraire—Ils demandaient à la Cour de pondérer la preuve à nouveau et d’en arriver à une autre conclusion—
Cependant, la Cour fédérale n’avait pas commis d’erreur manifeste et dominante—La Cour ne peut donc pas pondérer la preuve
à nouveau—En admettant que les revendications du brevet existant avant la renonciation avaient une portée trop vaste, les
appelants ne pouvaient pas y avoir recours de nouveau pour fonder l’action en contrefaçon—Appel rejeté.
HERSHKOVITZ C. TYCO SAFETY PRODUCTS CANADA LTÉE (A-150-09, 2010 CAF 190, juge Stratas, J.C.A., jugement en date du
19 juillet 2010, 19 p.)
PRATIQUE
Requête par laquelle Apotex avait demandé la fusion de sa déclaration et de sa défense en une seule défense et demande
reconventionnelle—Elle souhaitait aussi modifier son acte de procédure—Apotex avait intenté l’action pour obtenir une
déclaration selon laquelle son produit ne contrefait pas le brevet de Sanofi et que le brevet est invalide—Par la suite, Sanofi a
poursuivi Apotex pour contrefaçon de brevet—Il s’agissait de savoir si les modifications étaient acceptables—Les modifications
faisaient valoir de nouveaux moyens de défense relevant de la compensation : l’un fondé sur l’« indemnité de rupture » de l’accord
de règlement de 2006, un fondé sur le délit civil de dol et un alléguant le délit civil d’abus de procédure—Les critères applicables
à la compensation en equity sont les suivants : 1) la partie qui invoque la compensation doit établir qu’il existe un motif en equity,
2) le motif d’equity doit toucher le fondement même de la réclamation du demandeur, 3) la demande de compensation doit être
liée à la réclamation du demandeur—L’« indemnité de rupture » n’a rien à voir avec quelconques actes de contrefaçon supposée
ou réelle—Par conséquent, la modification proposée en vue de faire inclure la réclamation de l’« indemnité de rupture » était
abusive et vexatoire—Le délit civil supposé de dol n’invalidait pas la réclamation pour contrefaçon de brevet ni ne tendait à
infirmer qu’il y avait eu contrefaçon—Le délit civil de dol se distingue du délit civil d’assertion négligente et inexacte, ne
concernant que les déclarations de fait, et non les opinions, les estimations, les conseils ou les promesses—Apotex n’avait pas
invoqué un élément essentiel du délit civil de dol—La demande de compensation d’Apotex fondée sur le délit civil de dol était
frivole et vexatoire—Enfin, pour qu’il y ait abus de procédure, il faut que la partie plaide en détournant les voies de droit de leur
finalité—Les conclusions proposées en l’espèce n’invoquaient pas l’élément nécessaire de but illicite ou illégitime—Requête
accueillie en partie.
APOTEX INC. C. SANOFI-AVENTIS (T-644-09, T-933-09, 2010 CF 182, protonotaire Tabib, ordonnance en date du 18 février 2010,
50 p.)
F-19
FICHES ANALYTIQUES
F-20
CITOYENNETÉ ET IMMIGRATION
EXCLUSION ET RENVOI
Personnes interdites de territoire
Certificat de sécurité
Requête des avocats spéciaux en vue d’obtenir une ordonnance sursoyant à l’instance au motif que celle-ci était irrecevable en
raison des principes de l’autorité de la chose jugée, de l’irrecevabilité résultant de l’identité des causes d’action et de l’irrecevabilité
résultant de l’identité des questions en litige—L’instance en l’espèce visait le troisième certificat de sécurité délivré à l’encontre de
M. Jaballah—Le premier certificat a été annulé en 1999—En 2003, la Cour a statué que le deuxième certificat était raisonnable—
Elle a aussi conclu qu’il y avait des renseignements nouveaux et importants que les ministres n’auraient pas pu se procurer avant
l’annulation du premier certificat—Ces renseignements auraient pu mener à une conclusion différente en 1999—La Cour a donc
conclu que les principes de l’autorité de la chose jugée, de l’irrecevabilité résultant de l’identité des questions en litige et de
l’abus de procédure invoqués par M. Jaballah ne s’appliquaient pas—La loi a mis fin au deuxième certificat, ce qui a mené à la
délivrance du troisième certificat—Les éléments de preuve qui étaient nouveaux en 2003 le sont encore—Il s’agissait de savoir
s’il existait des circonstances spéciales qui empêchaient les ministres d’invoquer l’irrecevabilité résultant de l’identité des questions
en litige pour ce qui est de la conclusion tirée en 2003 suivant laquelle la Cour était saisie d’éléments de preuve nouveaux et
importants—Les circonstances spéciales dont l’existence était affirmée découlaient des vices qui entachent les instances
précédentes sur le plan constitutionnel, du fait que les renseignements dont la divulgation était exigée selon l’arrêt Charkaoui c.
Canada (Citoyenneté et Immigration), 2008 CSC 38, [2008] 2 R.C.S. 326 (Charkaoui II), n’ont pas été communiqués et de
l’absence d’avocats spéciaux—Bien que la conclusion rendue en 2003 suivant laquelle les principes de l’autorité de la chose jugée,
de l’irrecevabilité résultant de l’identité des questions en litige et de l’abus de procédure ne s’appliquent pas parce que cette décision
a été rendue dans le cadre d’une instance entachée d’irrégularités sur le plan constitutionnel, ces irrégularités se trouvent
considérablement atténuées par le fait que la conclusion de 2003 reposait sur un dossier public—Malgré les renseignements qui
ont été divulgués conformément à l’arrêt Charkaoui II, les avocats spéciaux n’ont pas produit de renseignements ou d’éléments
de preuve qui auraient changé la décision de 2003—Requête rejetée.
JABALLAH (RE) (DES-6-08, 2010 CF 80, juge Dawson, ordonnance en date du 22 janvier 2010, 34 p.)
STATUT AU CANADA
Résidents permanents
Contrôle judiciaire de la décision par laquelle une agente des visas a rejeté la demande de résidence permanente présentée par
la demanderesse dans la catégorie des travailleurs qualifiés comme secrétaire—L’agente des visas a évalué les besoins des
employeurs de la demanderesse et a conclu qu’il était peu probable qu’ils aient besoin que la demanderesse effectue les tâches qui
distinguent une secrétaire d’un commis de bureau—L’agente des visas a conclu que la demanderesse n’avait pas les responsabilités
nécessaires pour relever de la catégorie des travailleurs qualifiés comme secrétaire—En l’espèce, la demanderesse a présenté une
demande des plus complètes, comprenant des documents indépendants à l’appui de ses déclarations; elle a bien présenté son dossier—
L’agente des visas n’a pas présenté de fondement pour son hypothèse selon laquelle l’employeur de la demanderesse n’a pas
besoin d’une secrétaire attitrée—Lorsque le demandeur a bien présenté son dossier en soumettant une demande complète, l’agent
des visas devrait demander une clarification pour soit confirmer, soit éliminer ses doutes qui ne sont pas fondés sur les faits—
Demande accueillie.
SANDHU C. CANADA (CITOYENNETÉ
20 juillet 2010, 12 p.)
DOUANES ET ACCISE
ET IMMIGRATION)
(IMM-6560-09, 2010 CF 759, juge Mandamin, jugement en date du
LOI SUR LA TAXE D’ACCISE
Appel de la décision (2008 CCI 337) par laquelle la Cour canadienne de l’impôt a conclu que l’intimé a engagé des débours
judiciaires lorsqu’il faisait fonction de mandataire de ses clients et que ces débours n’étaient pas assujettis à la TPS—Dans le cadre
de la prestation de services juridiques, l’intimé avait acquis divers biens et services de tiers fournisseurs—L’intimé n’avait pas
perçu ni versé de TPS relativement aux débours judiciaires considérés avoir été engagés lorsqu’il faisait fonction de mandataire
FICHES ANALYTIQUES
F-21
DOUANES ET ACCISE—Fin
de ses clients—Aucun élément de preuve n’avait été produit au sujet d’une entente avec de tiers fournisseurs quant à la
responsabilité de paiement des biens et services fournis—Il s’agissait de savoir si les débours judiciaires en cause avaient été
engagés par l’intimé à titre de mandataire de ses clients—Il incombe à l’avocat de faire état de l’existence d’une relation de
mandat—La Cour a statué dans le passé que l’une des qualités essentielles de la relation de mandat est celle de savoir si le
mandataire présumé a le pouvoir d’influer sur la situation juridique du mandant—Bien que le juge de la Cour de l’impôt ait
indiqué que la responsabilité issue d’un contrat constitue un indice d’une relation de mandat, le juge ne s’est pas penché sur la
question de savoir si l’intimé ou les clients avaient une responsabilité aux termes d’ententes avec de tiers fournisseurs—Le juge
a commis une erreur de droit en invoquant la nature générale de la relation entre un avocat et son client—Même si la relation qui
existe entre un avocat et son client est habituellement une relation de mandat, il ne s’ensuit pas que l’avocat a contracté toutes les
obligations financières dans le cadre de la prestation de services juridiques à titre de mandataire de son client—Le critère indiqué
oblige le juge à établir si les clients de l’intimé étaient liés par des contrats avec de tiers fournisseurs—Aucun élément de preuve
n’étayait cette conclusion—L’intimé ne s’était donc pas acquitté du fardeau d’établir qu’il faisait fonction de mandataire de ses
clients lorsqu’il a engagé les débours judiciaires—Les biens et les services qui ont donné lieu aux débours judiciaires constituant
des fournitures taxables, l’intimé devait percevoir et verser la TPS à leur égard—Appel accueilli.
CANADA C. MERCHANT LAW GROUP (A-443-08, 2010 CAF 206, juge Dawson, J.C.A., jugement en date du 5 août 2010, 17 p.)
Contrôle judiciaire d’une décision par laquelle une directrice de l’Agence du revenu du Canada (l’ARC) a refusé d’exercer son
pouvoir discrétionnaire de manière à dispenser le demandeur, en vertu de l’art. 281.1 de la Loi sur la taxe d’accise, L.R.C. (1985),
ch. E-15 (la LTA)—Le demandeur n’a pas remis la TVH sur la vente d’appartements en copropriété—Après avoir tenté sans
succès d’interjeter appel de la cotisation, le demandeur a cherché à faire annuler les intérêts et les pénalités ou à obtenir que
l’ARC y renonce en invoquant des dispositions de la LTA relatives à l’équité fiscale—Le facteur principal sur lequel reposait la
demande du demandeur était le fait qu’il souffrait d’une grave dépression au moment des opérations immobilières en question;
l’omission de percevoir les taxes appropriées n’était pas intentionnelle—L’ARC a transmis au demandeur une lettre de décision
dans laquelle elle refusait sa demande au motif qu’il n’avait pas démontré que des circonstances extraordinaires l’avaient empêché
de se conformer aux obligations que la loi lui imposait—Par la suite, le demandeur a demandé à la directrice que cette décision
fasse l’objet d’un second examen indépendant—La lettre de décision rejetant la demande d’examen indépendant du demandeur
ne contenait aucune explication sur l’opinion de la directrice sur son état de santé—Bien qu’on s’attende à ce que les motifs
exposés dans les décisions relatives à l’équité fiscale soient brefs, le contribuable devrait être informé de la manière dont on a traité
le principal facteur qu’il invoque—Compte tenu des faits précis du dossier soumis à la directrice en l’espèce, la directrice avait
l’obligation de donner, avec sa décision, des motifs expliquant, ne serait-ce que très brièvement, pourquoi le principal facteur
invoqué par le demandeur n’avait pas été retenu—Cette omission faisait en sorte qu’un élément essentiel de transparence manquait
au processus suivi pour en arriver à cette décision—La décision était déraisonnable—Demande accueillie.
HOLMES C. CANADA (PROCUREUR GÉNÉRAL) (T-2135-07, 2010 CF 809, juge O’Keefe, jugement en date du 5 août 2010, 14 p.)
IMPÔT SUR LE REVENU
NOUVELLES COTISATIONS
Appel de la décision (2008 CCI 324) par laquelle la Cour canadienne de l’impôt a confirmé la nouvelle cotisation établie à
l’égard de l’appelante—Entre 1990 et 1993, l’appelante a acheté de la ranitidine, l’ingrédient pharmaceutique actif d’un
médicament commercialisé au Canada sous le nom déposé Zantac—L’appelante achetait sa ranitidine à Adechsa, une société non
résidante avec laquelle elle avait un lien de dépendance, au prix de 1 513 $ à 1 651 $ le kilogramme—Pendant la même période,
deux sociétés pharmaceutiques qui fabriquaient des produits génériques ont acheté de la ranitidine à des fournisseurs avec lesquels
elles n’avaient pas de lien de dépendance au prix de 194 $ à 304 $ le kilogramme—Le ministre du Revenu national a établi de
nouvelles cotisations à l’égard de l’appelante, augmentant son revenu en y ajoutant la différence entre le prix payé par les fabricants
de produits génériques et celui versé par l’appelante en vertu de l’art. 69(2) de la Loi de l’impôt sur le revenu, L.R.C. (1985)
(5e suppl.), ch. 1 (LIR)—L’art. 69(2) de la LIR précise que lorsqu’un contribuable exploitant une entreprise a versé à une personne
non résidante avec laquelle il avait un lien de dépendance une somme plus élevée que la somme qui aurait été raisonnable si les
parties n’avaient eu aucun lien de dépendance, la somme raisonnable est réputée avoir été la somme payée ou payable—Il s’agissait
de savoir si le juge de la Cour de l’impôt avait commis une erreur en établissant les circonstances pertinentes à l’évaluation de la
FICHES ANALYTIQUES
F-22
IMPÔT SUR LE REVENU—Fin
« somme raisonnable » dont il est question à l’art. 69(2) de la LIR—Deux arrangements contractuels précis étaient au cœur du
présent appel : 1) le contrat de licence entre l’appelante et la société mère, et 2) le contrat de fourniture conclu avec Adechsa—
Pour rendre une décision relative à l’art. 69(2), le juge doit prendre en considération toutes les circonstances pertinentes qu’un
acheteur n’ayant pas de lien de dépendance devrait prendre en compte—L’appelante contestait les conclusions du juge, qui
faisaient abstraction du contrat de licence, parce que l’appelante, qui avait un lien de dépendance, ne pouvait pas avoir vendu des
produits sous la marque Zantac sans contrat de licence—Selon l’appelante, le contrat de licence l’obligeait à acheter la ranitidine
à Adechsa; en n’en tenant donc pas compte, le juge a fait abstraction de circonstances commerciales essentielles—Le juge a
commis une erreur en concluant que le contrat de licence était un facteur non pertinent—Le juge a plutôt établi la juste valeur
marchande de la ranitidine, statuant que toute somme versée en sus de cette valeur excédait la « somme raisonnable »—Le juge
n’a pas tenu compte de la réalité commerciale selon laquelle l’acheteur qui a un lien de dépendance était tenu de prendre en
compte s’il entendait vendre le Zantac—L’art. 69(2) de la LIR ne s’applique pas sans tenir compte du monde des affaires réel
auquel les parties à une opération prennent part—Appel accueilli.
GLAXOSMITHKLINE INC. C. CANADA (A-345-08, 2010 CAF 201, juge Nadon, J.C.A., jugement en date du 26 juillet 2010, 31 p.)
PÉNITENCIERS
Contrôle judiciaire d’une décision du sous-commissaire principal (le SCP) du Service correctionnel du Canada (le SCC) rejetant
le grief présenté par le demandeur au dernier palier de la procédure; le grief portait sur la décision du directeur de ne pas autoriser le
demandeur à retourner travailler aussi tôt que d’autres détenus à la suite d’un isolement cellulaire—Après l’isolement cellulaire,
le directeur a élaboré un plan selon lequel les détenus ayant la cote d’adaptation au milieu carcéral « faible » pouvaient reprendre le
travail avant les détenus ayant une cote « modérée »—Il s’agissait de savoir si le SCP avait commis une erreur en concluant que
le directeur était habilité à prendre cette décision—En vertu de l’art. 4d) de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté
sous condition, L.C. 1992, ch. 20, le SCC doit prendre les mesures nécessaires à la protection du public, des agents et des
délinquants les moins restrictives possible—Le directeur doit pouvoir ordonner la levée partielle de l’isolement cellulaire lorsque
le fait de permettre uniquement à certains détenus de reprendre leurs activités habituelles est compatible avec l’art. 4d)—La cote
d’adaptation des détenus au milieu carcéral découle de l’évaluation du degré de surveillance et de contrôle à l’intérieur du
pénitencier qu’exige un détenu—Cette cote est un facteur pertinent quant à la décision du directeur—Il était raisonnable que le
directeur, dans l’établissement d’un plan échelonné de reprise des activités après un incident de sécurité, tienne compte du degré
de surveillance et de contrôle qu’exigent les détenus pour déterminer lesquels d’entre eux peuvent, en toute sécurité, être autorisés
à reprendre leurs activités habituelles les premiers—Le principe suivant lequel les décisions du SCC doivent être claires et
équitables, établi à l’alinéa 4g) de la Loi, se rapporte au processus décisionnel—Ce principe n’exige pas que les décisions relatives
aux détenus respectent une conception précise de l’équité quant au fond, voulant, par exemple, que tous les détenus d’un pénitencier
en isolement cellulaire soient traités de la même façon—Demande rejetée.
JOLIVET C. CANADA (PROCUREUR GÉNÉRAL) (T-2092-09, 2010 CF 762, juge Tremblay-Lamer, jugement en date du 20 juillet 2010,
9 p.)
PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS
LOI SUR LA PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS ET LES DOCUMENTS ÉLECTRONIQUES
Contrôle judiciaire contestant la compétence de la Commissaire à la protection de la vie privée du Canada de mener une enquête
en application de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, L.C. 2000, ch. 5
(LPRPDE), et d’exiger d’avoir accès à des renseignements soumis au secret professionnel ou au privilège relatif au litige—
L’assurée de la demanderesse a été partie à un accident de voiture qui a donné lieu à une action en responsabilité délictuelle
intentée contre elle par un tiers (M. Gaudet)—La demanderesse avait l’obligation de défendre l’assurée dans le cadre de telles
actions—La demanderesse a retenu les services d’un enquêteur privé pour mener une enquête relative aux activités de M. Gaudet;
l’enquêteur a utilisé de la vidéosurveillance avant que l’action en responsabilité délictuelle ait été intentée et après qu’elle a été
intentée—M. Gaudet a demandé, en vertu de la LPRPDE, que la demanderesse lui communique tous les renseignements recueillis,
notamment les rapports et les bandes de surveillance—La demanderesse a refusé, affirmant que la LPRPDE était inapplicable—
M. Gaudet a donc porté plainte auprès de la Commissaire à la protection de la vie privée, affirmant qu’il y avait eu atteinte à la
FICHES ANALYTIQUES
F-23
PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS—Fin
LPRPDE—La Commissaire à la protection de la vie privée a assumé la compétence pour mener une enquête à l’égard de la
plainte, demandant les renseignements recueillis par la demanderesse—Il s’agissait de savoir si la LPRPDE s’appliquait à la
preuve recueillie par l’assureur pour préparer la défense de l’assurée dans le cadre d’une action en responsabilité délictuelle
intentée par un tiers—La partie I de la LPRPDE s’applique à toute organisation à l’égard des renseignements personnels recueillis,
utilisés et communiqués dans le cadre d’une « activité commerciale » au sens de l’art. 2(1) de la LPRPDE—La collecte d’éléments
de preuve relatifs à un demandeur par le défendeur dans le cadre d’une action en responsabilité délictuelle intentée par le
demandeur ne constitue manifestement pas « toute activité régulière ainsi que tout acte isolé qui revêtent un caractère commercial »
au sens de l’art. 2(1)—Selon l’affirmation de la Commissaire à la protection de la vie privée, parce que l’assurée payait l’appelante
pour la défendre, la preuve recueillie revêtait maintenant un caractère commercial—L’objet de la LPRPDE relativement au
commerce électronique est reflété dans son titre intégral—La collecte de renseignements afin de préparer la défense dans le cadre
d’une action en responsabilité délictuelle civile a peu, voire rien, à voir avec le commerce électronique—Si l’activité primaire en
cause n’est pas une activité commerciale au sens de la LPRPDE, cette activité demeure non assujettie à cette loi même si des tiers
sont retenus par un particulier pour exercer une activité pour leur compte—La qualification primaire d’une activité constitue le
facteur principal pour évaluer le caractère commercial sous le régime de la LPRPDE, pas la relation accessoire entre la partie qui
souhaite exercer l’activité et des tiers—Ainsi, les rapports et vidéos d’enquête ne sont pas assujettis à la LPRPDE—Néanmoins,
en vertu de l’art. 12(1) de la LPRPDE, la Commissaire à la protection de la vie privée doit mener une enquête à l’égard de
plaintes—Cependant, les pouvoirs d’enquête sont limités lorsque le secret professionnel ou le privilège relatif au litige sont
soulevés—En l’espèce, la Commissaire à la protection de la vie privée n’était pas habilitée à assumer la compétence à l’égard de
la question et à demander une justification quant à la validité des revendications au titre des privilèges—Demande accueillie.
STATE FARM MUTUAL AUTOMOBILE INSURANCE COMPANY C. CANADA (COMMISSAIRE À LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE) (T-604-09,
2010 CF 736, juge Mainville, jugement en date du 9 juillet 2010, 70 p.)
TRANSPORTS
Contrôle judiciaire de décisions de l’Administration portuaire de Toronto (APT) publiées dans des bulletins concernant le
processus d’attribution des créneaux à l’Aéroport Billy Bishop de Toronto et une demande de propositions pour d’autres
transporteurs—La demanderesse voulait que le processus d’attribution des créneaux soit recommencé correctement, en consultation
avec elle—Il s’agissait de savoir si l’APT était un « office fédéral » assujetti au contrôle judiciaire—Les lettres patentes délivrées
à l’APT en application de la Loi maritime du Canada, L.C. 1998, ch. 10, opèrent une distinction entre les pouvoirs exercés en
tant que mandataire et non-mandataire de l’État—L’exploitation et l’entretien d’un aéroport est prévu à l’art. 7.2j) des lettres
patentes et font partie des activités relevant d’un non-mandataire de l’État—Comme l’attribution des créneaux constitue une
partie fondamentale de ces activités, l’APT ne faisait manifestement pas fonction de mandataire de l’État à cet égard—Il y a une
distinction entre l’exercice de pouvoirs généraux de gestion et de pouvoirs expressément prévus dans la loi—Lorsque les lois
prévoient expressément des enquêtes et la prise de décisions, ces pouvoirs sont soumis au droit de regard de la Cour—Les pouvoirs
généraux de gestion ne sont pas assujettis à ce droit de regard—En l’espèce, les lettres patentes autorisaient expressément l’APT
à exploiter et à gérer l’aéroport à titre d’activité commerciale régulière—La Cour n’avait donc pas compétence—Opinion
incidente : il n’existe pas de formule simple selon laquelle une personne ayant un intérêt commercial n’a pas qualité pour agir
pour cette raison—Il faut prendre en considération le contexte de la situation et la raison pour laquelle le contrôle est sollicité—
La demanderesse avait qualité pour agir parce que les demandes reposaient sur l’équité procédurale—Les bulletins en cause
étaient simplement des annonces—Comme ils n’étaient pas prévus par une loi ni destinés expressément à la demanderesse, ils
ne pouvaient faire l’objet d’un contrôle—L’APT n’était pas tenue de consulter les intéressés lorsqu’elle a modifié l’attribution
des créneaux—Il n’y avait pas assez d’éléments de preuve pour étayer les attentes légitimes de la demanderesse de consulter
l’APT—Demandes rejetées.
AIR CANADA C. ADMINISTRATION PORTUAIRE DE TORONTO (T-488-10, T-692-10, 2010 CF 774, juge Hughes, jugement en date
du 21 juillet 2010, 84 p.)
2010 Volume 3
CANADA
Federal Courts
Reports
Recueil des décisions
des Cours fédérales
EDITOR/ARRÊTISTE EN CHEF
FRANÇOIS BOIVIN, B.SOC.SC., LL.B./B.SC.SOC., LL.B.
ADVISORY COMMITTEE/COMITÉ CONSULTATIF
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DOUGLAS H. MATHEW, Thorsteinssons, LLP
SUZANNE THIBAUDEAU, Q.C./c.r., Heenan Blaikie LLP/S.E.C.R.L., SRL
LORNE WALDMAN, Waldman & Associates
LEGAL EDITORS
SOPHIE DEBBANÉ, LL.B.
NADIA MONETTE, B.Sc., B.F.A., LL.B.
CHARLES NEZAN, B.A., LL.L.
PRODUCTION STAFF
ARRÊTISTES
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NADIA MONETTE, B.Sc., BFA, LL.B.
CHARLES NEZAN, B.A., LL.L.
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Gestionnaire, production et publication
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Production Coordinator
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Coordonnatrice, production
CATHERINE BRIDEAU
Legal Research Editors
LYNNE LEMAY
PAULINE BYRNE
NATHALIE LALONDE
The Federal Courts Reports are published and
the Editor and Advisory Committee appointed
pursuant to the Federal Courts Act. The Reports
are prepared for publication by the Office of the
Commissioner for Federal Judicial Affairs
Canada.
Attachées de recherche juridique
LYNNE LEMAY
PAULINE BYRNE
NATHALIE LALONDE
Le Recueil des décisions des Cours fédérales est
publié, et son arrêtiste en chef et le comité
consultatif nommés conformément à la Loi sur
les Cours fédérales. Le Recueil est préparé pour
la publication par le Commissariat à la magistrature
fédérale Canada.
JUDGES OF THE FEDERAL COURTS
FEDERAL COURT OF APPEAL
CHIEF JUSTICE
The Honourable PIERRE BLAIS, P.C.
(Appointed to the Trial Division June 23, 1998;
Appointed to the Federal Court of Appeal February 20, 2008;
Appointed September 9, 2009)
FEDERAL COURT OF APPEAL JUDGES
The Honourable GILLES LÉTOURNEAU
(Appointed May 13, 1992; Supernumerary December 13, 2008)
The Honourable MARC NOËL
(Appointed to the Trial Division June 24, 1992;
Appointed June 23, 1998)
The Honourable MARC NADON
(Appointed to the Trial Division June 10, 1993;
Appointed December 14, 2001)
The Honourable J. EDGAR SEXTON
(Appointed June 23, 1998; Supernumerary June 23, 2008)
The Honourable JOHN M. EVANS
(Appointed to the Trial Division June 26, 1998;
Appointed December 8, 1999)
The Honourable KAREN R. SHARLOW
(Appointed to the Trial Division January 21, 1999;
Appointed November 4, 1999)
The Honourable DENIS PELLETIER
(Appointed to the Trial Division February 16, 1999;
Appointed December 14, 2001)
The Honourable ELEANOR R. DAWSON
(Appointed to the Trial Division December 8, 1999;
Appointed December 28, 2009)
The Honourable CAROLYN A. LAYDEN-STEVENSON
(Appointed to the Trial Division January 25, 2002;
Appointed December 11, 2008)
ii
The Honourable JOHANNE TRUDEL
(Appointed April 26, 2007)
The Honourable DAVID W. STRATAS
(Appointed December 11, 2009)
The Honourable ROBERT MAINVILLE
(Appointed to the Federal Court June 19, 2009;
Appointed June 18, 2010)
FEDERAL COURT
CHIEF JUSTICE
The Honourable ALLAN F. LUTFY
(Appointed to the Trial Division August 7, 1996;
Appointed December 8, 1999)
FEDERAL COURT JUDGES
The Honourable YVON PINARD, P.C.
(Appointed June 29, 1984; Supernumerary October 10, 2005)
The Honourable SANDRA J. SIMPSON
(Appointed June 10, 1993)
The Honourable DANIÈLE TREMBLAY-LAMER
(Appointed June 16, 1993; Supernumerary February 23, 2010)
The Honourable DOUGLAS R. CAMPBELL
(Appointed December 8, 1995)
The Honourable FRANÇOIS LEMIEUX
(Appointed January 21, 1999; Supernumerary January 21, 2009)
The Honourable JOHN A. O’KEEFE
(Appointed June 30, 1999)
The Honourable MARY ELIZABETH HENEGHAN
(Appointed November 15, 1999)
The Honourable DOLORES HANSEN
(Appointed December 8, 1999)
The Honourable EDMOND P. BLANCHARD
(Appointed October 5, 2000)
iii
The Honourable MICHAEL A. KELEN
(Appointed July 31, 2001)
The Honourable MICHEL BEAUDRY
(Appointed January 25, 2002)
The Honourable LUC MARTINEAU
(Appointed January 25, 2002)
The Honourable SIMON NOËL
(Appointed August 8, 2002)
The Honourable JUDITH A. SNIDER
(Appointed October 10, 2002)
The Honourable JAMES RUSSELL
(Appointed December 11, 2002)
The Honourable JOHANNE GAUTHIER
(Appointed December 11, 2002)
The Honourable JAMES W. O’REILLY
(Appointed December 12, 2002)
The Honourable SEAN J. HARRINGTON
(Appointed September 16, 2003)
The Honourable RICHARD G. MOSLEY
(Appointed November 4, 2003)
The Honourable MICHEL M.J. SHORE
(Appointed November 4, 2003)
The Honourable MICHAEL L. PHELAN
(Appointed November 19, 2003)
The Honourable ANNE L. MACTAVISH
(Appointed November 19, 2003)
The Honourable YVES de MONTIGNY
(Appointed November 19, 2004)
The Honourable ROGER T. HUGHES
(Appointed June 1, 2005)
The Honourable ROBERT L. BARNES
(Appointed November 22, 2005)
iv
The Honourable LEONARD S. MANDAMIN
(Appointed April 27, 2007)
The Honourable RUSSEL W. ZINN
(Appointed February 20, 2008)
The Honourable DAVID G. NEAR
(Appointed June 19, 2009)
The Honourable RICHARD BOIVIN
(Appointed June 19, 2009)
The Honourable PAUL S. CRAMPTON
(Appointed November 26, 2009)
The Honourable MARIE-JOSÉE BÉDARD
(Appointed May 14, 2010)
The Honourable ANDRÉ F.J. SCOTT
(Appointed September 30, 2010)
The Honourable DONALD J. RENNIE
(Appointed September 30, 2010)
DEPUTY JUDGES
The Honourable JAMES KNATCHBULL HUGESSEN
(Appointed July 28, 2008)
The Honourable MAX M. TEITELBAUM
(Appointed January 29, 2007)
The Honourable FREDERICK E. GIBSON
(Appointed September 2, 2008)
The Honourable MAURICE E. LAGACÉ
(Appointed January 19, 2007)
The Honourable ORVILLE FRENETTE
(Appointed July 18, 2007)
The Honourable LOUIS S. TANNENBAUM
(Appointed May 12, 2008)
v
PROTHONOTARIES
RICHARD MORNEAU
(Appointed November 28, 1995)
ROZA ARONOVITCH
(Appointed March 15, 1999)
ROGER R. LAFRENIÈRE
(Appointed April 1, 1999)
MIREILLE TABIB
(Appointed April 22, 2003)
MARTHA MILCZYNSKI
(Appointed September 25, 2003)
KEVIN R. AALTO
(Appointed May 7, 2007)
vi
JUGES DES COURS FÉDÉRALES
LE JUGE EN CHEF
COUR D’APPEL FÉDÉRALE
L’honorable PIERRE BLAIS, C.P.
(nommé à la Section de première instance le 23 juin 1998;
nommé à la Cour d’appel fédérale le 20 février 2008;
nommé le 9 septembre 2009)
LES JUGES DE LA COUR D’APPEL FÉDÉRALE
L’honorable GILLES LÉTOURNEAU
(nommé le 13 mai 1992; surnuméraire le 13 décembre 2008)
L’honorable MARC NOËL
(nommé à la Section de première instance le 24 juin 1992;
nommé le 23 juin 1998)
L’honorable MARC NADON
(nommé à la Section de première instance le 10 juin 1993;
nommé le 14 décembre 2001)
L’honorable J. EDGAR SEXTON
(nommé le 23 juin 1998; surnuméraire le 23 juin 2008)
L’honorable JOHN M. EVANS
(nommé à la Section de première instance le 26 juin 1998;
nommé le 8 décembre 1999)
L’honorable KAREN R. SHARLOW
(nommée à la Section de première instance le 21 janvier 1999;
nommée le 4 novembre 1999)
L’honorable DENIS PELLETIER
(nommé à la Section de première instance le 16 février 1999;
nommé le 14 décembre 2001)
L’honorable ELEANOR R. DAWSON
(nommée à la Section de première instance le 8 décembre 1999;
nommée le 28 décembre 2009)
L’honorable CAROLYN A. LAYDEN-STEVENSON
(nommée à la Section de première instance le 25 janvier 2002;
nommée le 11 décembre 2008)
vii
L’honorable JOHANNE TRUDEL
(nommée le 26 avril 2007)
L’honorable DAVID W. STRATAS
(nommé le 11 décembre 2009)
L’honorable ROBERT MAINVILLE
(nommé à la Cour fédérale le 19 juin 2009; nommé le 18 juin 2010)
LE JUGE EN CHEF
COUR FÉDÉRALE
L’honorable ALLAN F. LUTFY
(nommé à la Section de première instance le 7 août 1996;
nommé le 8 décembre 1999)
LES JUGES DE LA COUR FÉDÉRALE
L’honorable YVON PINARD, C.P.
(nommé le 29 juin 1984; surnuméraire le 10 octobre 2005)
L’honorable SANDRA J. SIMPSON
(nommée le 10 juin 1993)
L’honorable DANIÈLE TREMBLAY-LAMER
(nommée le 16 juin 1993; surnuméraire le 23 février 2010)
L’honorable DOUGLAS R. CAMPBELL
(nommé le 8 décembre 1995)
L’honorable FRANÇOIS LEMIEUX
(nommé le 21 janvier 1999; surnuméraire le 21 janvier 2009)
L’honorable JOHN A. O’KEEFE
(nommé le 30 juin 1999)
L’honorable MARY ELIZABETH HENEGHAN
(nommée le 15 novembre 1999)
L’honorable DOLORES HANSEN
(nommée le 8 décembre 1999)
L’honorable EDMOND P. BLANCHARD
(nommé le 5 octobre 2000)
viii
L’honorable MICHAEL A. KELEN
(nommé le 31 juillet 2001)
L’honorable MICHEL BEAUDRY
(nommé le 25 janvier 2002)
L’honorable LUC MARTINEAU
(nommé le 25 janvier 2002)
L’honorable SIMON NOËL
(nommé le 8 août 2002)
L’honorable JUDITH A. SNIDER
(nommée le 10 octobre 2002)
L’honorable JAMES RUSSELL
(nommé le 11 décembre 2002)
L’honorable JOHANNE GAUTHIER
(nommée le 11 décembre 2002)
L’honorable JAMES W. O’REILLY
(nommé le 12 décembre 2002)
L’honorable SEAN J. HARRINGTON
(nommé le 16 septembre 2003)
L’honorable RICHARD G. MOSLEY
(nommé le 4 novembre 2003)
L’honorable MICHEL M.J. SHORE
(nommé le 4 novembre 2003)
L’honorable MICHAEL L. PHELAN
(nommé le 19 novembre 2003)
L’honorable ANNE L. MACTAVISH
(nommée le 19 novembre 2003)
L’honorable YVES de MONTIGNY
(nommé le 19 novembre 2004)
L’honorable ROGER T. HUGHES
(nommé le 1er juin 2005)
L’honorable ROBERT L. BARNES
(nommé le 22 novembre 2005)
ix
L’honorable LEONARD S. MANDAMIN
(nommé le 27 avril 2007)
L’honorable RUSSEL W. ZINN
(nommé le 20 février 2008)
L’honorable DAVID G. NEAR
(nommé le 19 juin 2009)
L’honorable RICHARD BOIVIN
(nommé le 19 juin 2009)
L’honorable PAUL S. CRAMPTON
(nommé le 26 novembre 2009)
L’honorable MARIE-JOSÉE BÉDARD
(nommée le 14 mai 2010)
L’honorable ANDRÉ F.J. SCOTT
(nommé le 30 septembre 2010)
L’honorable DONALD J. RENNIE
(nommé le 30 septembre 2010)
JUGES SUPPLÉANTS
L’honorable JAMES KNATCHBULL HUGESSEN
(nommé le 28 juillet 2008)
L’honorable MAX M. TEITELBAUM
(nommé le 29 janvier 2007)
L’honorable FREDERICK E. GIBSON
(nommé le 2 septembre 2008)
L’honorable MAURICE E. LAGACÉ
(nommé le 19 janvier 2007)
L’honorable ORVILLE FRENNETE
(nommé le 18 juillet 2007)
L’honorable LOUIS S. TANNENBAUM
(nommé le 12 mai 2008)
x
PROTONOTAIRES
RICHARD MORNEAU
(nommé le 28 novembre 1995)
ROZA ARONOVITCH
(nommée le 15 mars 1999)
ROGER R. LAFRENIÈRE
(nommé le 1er avril 1999)
MIREILLE TABIB
(nommée le 22 avril 2003)
MARTHA MILCZYNSKI
(nommée le 25 septembre 2003)
KEVIN R. AALTO
(nommé le 7 mai 2007)
xi
APPEALS NOTED
APPELS NOTÉS
FEDERAL COURT OF APPEAL
COUR D’APPEL FÉDÉRALE
Aalto v. Canada (Attorney General), 2009 FC 861, [2010] 3
F.C.R. 312, has been affirmed on appeal (A-388-09, 2010 FCA
195). The reasons for judgment, handed down July 21, 2010,
will be published in the Federal Courts Reports.
La décision Aalto c. Canada (Procureur général), 2009 CF
861, [2010] 3 R.C.F. 312, a été confirmée en appel (A-388-09,
2010 CAF 195). Les motifs du jugement, qui ont été prononcés
le 21 juillet 2010, seront publiés dans le Recueil des décisions
des Cours fédérales.
Kurukkal v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration),
2009 FC 695, [2010] 3 F.C.R. 195, has been reversed in part on
appeal (A-308-09, 2010 FCA 230), reasons for judgment
handed down September 15, 2010.
La décision Kurukkal c. Canada (Ministre de la Citoyenneté
et de l’Immigration), 2009 CF 695, [2010] 3 R.C.F. 195, a été
infirmée en partie en appel (A-308-09, 2010 CAF 230), les
motifs du jugement ayant été prononcés le 15 septembre 2010.
SUPREME COURT OF CANADA
COUR SUPRÊME DU CANADA
Chilton v. Canada, A-556-08, Pelletier, Dawson and Stratas
JJ.A., judgment dated July 8, 2010, leave to appeal to S.C.C.
refused September 16, 2010.
Chilton c. Canada, A-556-08, les juges Pelletier, Dawson et
Stratas, J.C.A., jugement en date du 8 juillet 2010, autorisation
de pourvoi à la C.S.C. refusée le 16 septembre 2010.
Applications for leave to appeal
Demandes d’autorisation de pourvoi
Li v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration),
A-251-09, 2010 FCA 75, Pelletier J.A., judgment dated March
17, 2010, leave to appeal to S.C.C. refused August 12, 2010.
Li c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration),
A-251-09, 2010 CAF 75, le juge Pelletier, J.C.A., jugement en
date du 17 mars 2010, autorisation de pourvoi à la C.S.C.
refusée le 12 août 2010.
xiii
TABLE
OF CASES REPORTED
IN THIS VOLUME
A
PAGE
Aalto v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Apotex Inc. (F.C.), Janssen-Ortho Inc. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
141
B.C. Terminal Elevator Operaters’ Assn. (F.C.A.), Grain Workers’ Union, Local
333 v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
B
C
Canada (Attorney General) (F.C.), Aalto v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
Canada (Attorney General) (F.C.), J.P. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
Canada (Attorney General) (F.C.A.), Canada (Wheat Board) v. . . . . . . . . . . . . . .
374
Canada (F.C.), League for Human Rights of B’nai Brith Canada v. . . . . . . . . . . . .
39
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.), Kurukkal v. . . . . . . . . .
195
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.), Pathmanathan v. . . . . .
395
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.), Shaath v. . . . . . . . . . . .
117
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.A.), Li v. . . . . . . . . . . . . .
347
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.), Toussaint v. . . . . . . . . .
452
Canada (Minister of National Defence) (F.C.), Kitson v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
Canada (Minister of Public Safety and Emergency Preparedness) (F.C.), Monge
Monge v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
Canada (Prime Minister) (F.C.), Conacher v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Canada (Wheat Board) v. Canada (Attorney General) (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . .
374
Canadian Federal Pilots Assn. (F.C.A.), Public Service Alliance of Canada v. . . .
219
Charkaoui (Re) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67, 102
Conacher v. Canada (Prime Minister) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
G
Grain Workers’ Union, Local 333 v. B.C. Terminal Elevator Operaters’ Assn.
(F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
xv
255
xvi
TABLE OF CASES REPORTED IN THIS VOLUME
H
PAGE
Harkat (Re) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
J.P. v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Janssen-Ortho Inc. v. Apotex Inc. (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
141
Kitson v. Canada (Minister of National Defence) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Kurukkal v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . .
440
195
League for Human Rights of B’nai Brith Canada v. Canada (F.C.) . . . . . . . . . . . .
Li v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . .
39
347
Monge Monge v. Canada (Minister of Public Safety and Emergency Preparedness)
(F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
Pathmanathan v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . .
Public Service Alliance of Canada v. Canadian Federal Pilots Assn. (F.C.A.) . . . .
395
219
Shaath v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . .
117
Toussaint v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . .
452
J
K
L
M
P
S
T
TABLE
DES DÉCISIONS PUBLIÉES
DANS CE VOLUME
A
PAGE
Aalto c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Alliance de la Fonction publique du Canada c. Assoc. des pilotes fédéraux du Canada
(C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Apotex Inc. (C.F.), Janssen-Ortho Inc. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Assoc. des pilotes fédéraux du Canada (C.A.F.), Alliance de la Fonction publique
du Canada c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
B.C. Terminal Elevator Operaters’ Assn. (C.A.F.), Grain Workers’ Union, section
locale 333 c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
B
C
312
219
141
Canada (C.F.), Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada c. . . . . . . .
39
Canada (Commission du blé) c. Canada (Procureur général) (C.A.F.) . . . . . . . . . .
374
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.A.F.), Li c. . . . . . . . .
347
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.), Kurukkal c. . . . .
195
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.), Pathmanathan c.
395
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.), Shaath c. . . . . . .
117
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.), Toussaint c. . . . .
452
Canada (Ministre de la Défense nationale) (C.F.), Kitson c. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
Canada (Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile) (C.F.), Monge
Monge c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
Canada (Premier ministre) (C.F.), Conacher c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Canada (Procureur général) (C.A.F.), Canada (Commission du blé) c. . . . . . . . . .
374
Canada (Procureur général) (C.F.), Aalto c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
Canada (Procureur général) (C.F.), J.P. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
Charkaoui (Re) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67, 102
Conacher c. Canada (Premier ministre) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
G
Grain Workers’ Union, section locale 333 c. B.C. Terminal Elevator Operaters’
Assn. (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
xvii
255
xviii
TABLE DES DÉCISIONS PUBLIÉES DANS CE VOLUME
H
PAGE
Harkat (Re) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
J.P. c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Janssen-Ortho Inc. c. Apotex Inc. (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
141
Kitson c. Canada (Ministre de la Défense nationale) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Kurukkal c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.) . . . . .
440
195
Li c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.A.F.) . . . . . . . . .
Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada c. Canada (C.F.) . . . . . . . .
347
39
Monge Monge c. Canada (Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile)
(C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
Pathmanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.) . .
395
Shaath c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.) . . . . . . .
117
Toussaint c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (C.F.) . . . . .
452
J
K
L
M
P
S
T
CONTENTS OF THE VOLUME
PAGE
ACCESS TO INFORMATION
Kitson v. Canada (Minister of National Defence) (T-680-08, 2009 FC
1000) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
ADMINISTRATIVE LAW
See also: Customs and Excise, D-18
Kurukkal v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration)
(IMM-309-08, 2009 FC 695) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pathmanathan v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration)
(IMM-1185-09, IMM-1187-09, 2009 FC 885) . . . . . . . . . . . .
195
395
Judicial Review
Grounds of Review
League for Human Rights of B’nai Brith Canada v. Canada (T-1162-07,
2009 FC 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Standard of Review
Public Service Alliance of Canada v. Canadian Federal Pilots Assn.
(A-375-08, A-383-08, 2009 FCA 223) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Shaath v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration)
(IMM-5093-08, 2009 FC 731) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
219
117
AGENCY
See: Customs and Excise, D-18
AGRICULTURE
Canada (Wheat Board) v. Canada (Attorney General) (A-446-08, 2009
FCA 214) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
BARRISTERS AND SOLICITORS
See: Customs and Excise, D-18
BILL OF RIGHTS
See: Constitutional Law, D-12
xix
374
xx
CONTENTS OF THE VOLUME
PAGE
CITIZENSHIP AND IMMIGRATION
See also: Federal Court of Appeal Jurisdiction, D-3; Practice, D-7; Security
Intelligence, 102
Exclusion and Removal
Inadmissible Persons
Monge Monge v. Canada (Minister of Public Safety and Emergency
Preparedness) (IMM-138-09, 2009 FC 809) . . . . . . . . . . . . . .
Security Certificate
291
Charkaoui (Re) (DES-4-08, 2009 FC 342) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jaballah (Re) (DES-6-08, 2010 FC 80) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jaballah (Re) (DES-6-08, 2010 FC 507) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
D-17
D-1
Shaath v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (IMM-5093-08,
2009 FC 731) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Removal of Permanent Residents
Removal of Refugees
Cobian Flores v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-4831-09,
2010 FC 503) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pathmanathan v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration)
(IMM-1185-09, IMM-1187-09, 2009 FC 885) . . . . . . . . . . . .
Removal of Visitors
Li v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (A-251-09, 2010
FCA 75) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ram v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-4784-09, 2010 FC
548) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Immigration Practice
Kurukkal v. Canada (Minister of
(IMM-309-08, 2009 FC 695)
Toussaint v. Canada (Minister of
(IMM-326-09, 2009 FC 873)
Status in Canada
Citizenship and Immigration)
..........................
Citizenship and Immigration)
..........................
D-1
395
347
D-2
195
452
Citizens
League for Human Rights of B’nai Brith Canada v. Canada (T-1162-07,
2009 FC 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
CONTENTS OF THE VOLUME
xxi
PAGE
CITIZENSHIP AND IMMIGRATION—Concluded
Convention Refugees
Arevalo Pineda v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-5000-09,
2010 FC 454) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Castillo Mendoza v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-6696-09,
2010 FC 648) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
James v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-5039-09, 2010
FC 546) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Kim v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-5625-09, 2010 FC
720) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Permanent Residents
Sandhu v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-6560-09, 2010
FC 759) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Singh v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-2234-09, 2010
FC 757) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-2
D-11
D-2
D-11
D-17
D-11
Humanitarian and Compassionate Considerations
Doe v. Canada (Citizenship and Immigration) (IMM-3962-09, 2010
FC 284) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CONFLICT OF LAWS
See: Maritime Law, D-14
CONSTITUTIONAL LAW
See also: Administrative Law, 39; Citizenship and Immigration, 39; Construction of Statutes, 39; Practice, 39
Conacher v. Canada (Prime Minister) (T-1500-08, 2009 FC 920) . . . . .
D-12
411
Charter of Rights
Criminal Process
United States Steel Corporation v. Canada (Attorney General) (T-1162-09,
2010 FC 642) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-12
Conacher v. Canada (Prime Minister) (T-1500-08, 2009 FC 920) . . . . .
411
Toussaint v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration)
(IMM-326-09, 2009 FC 873) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Democratic Rights
Equality Rights
xxii
CONTENTS OF THE VOLUME
CONSTITUTIONAL LAW—Concluded
PAGE
Fundamental Freedoms
Canada (Wheat Board) v. Canada (Attorney General) (A-446-08, 2009
FCA 214) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Grain Workers’ Union, Local 333 v. B.C. Terminal Elevator Operaters’
Assn. (A-305-07, A-306-07, 2009 FCA 201) . . . . . . . . . . . . . .
Kitson v. Canada (Minister of National Defence) (T-680-08, 2009 FC
1000) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Life, Liberty and Security
374
255
440
Toussaint v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration)
(IMM-326-09, 2009 FC 873) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Harkat (Re) (DES-5-08, 2009 FC 659) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
Unreasonable Search or Seizure
Fundamental Principles
Aalto v. Canada (Attorney General) (T-370-09, 2009 FC 861) . . . . . . .
Toussaint v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration)
(IMM-326-09, 2009 FC 873) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CONSTRUCTION OF STATUTES
See also: Citizenship and Immigration, 452; Constitutional Law, 452; Copyright,
D-3; Food and Drugs, D-4; Income Tax, D-6; Parole, 3, D-3; Public
Service, D-8
Conacher v. Canada (Prime Minister) (T-1500-08, 2009 FC 920) . . . . .
League for Human Rights of B’nai Brith Canada v. Canada (T-1162-07,
2009 FC 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
452
411
39
COPYRIGHT
Infringement
Society of Composers, Authors and Music Publishers of Canada v. Bell
Canada (A-514-07, 2010 FCA 123) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CRIMINAL JUSTICE
See: Parole, 3
D-3
CROWN
See also: Customs and Excise, D-13
Prerogatives
Conacher v. Canada (Prime Minister) (T-1500-08, 2009 FC 920) . . . . .
411
CONTENTS OF THE VOLUME
CUSTOMS AND EXCISE
See also: Practice, D-16
Customs Act
xxiii
PAGE
Ingredia S.A. v. Canada (A-216-09, 2010 FCA 176) . . . . . . . . . . . . . . .
D-13
Calgary (City) v. Canada (A-250-09, 2010 FCA 127) . . . . . . . . . . . . . .
Canada v. Merchant Law Group (A-443-08, 2010 FCA 206) . . . . . . . .
Holmes v. Canada (Attorney General) (T-2135-07, 2010 FC 809) . . . .
D-3
D-18
D-18
ELECTIONS
Conacher v. Canada (Prime Minister) (T-1500-08, 2009 FC 920) . . . . .
411
Conacher v. Canada (Prime Minister) (T-1500-08, 2009 FC 920) . . . . .
411
Excise Tax Act
DAMAGES
See: Privacy, D-8
FEDERAL COURT JURISDICTION
See also: Transportation, D-20
FEDERAL COURT OF APPEAL JURISDICTION
Canada (Citizenship and Immigration) v. Arif (A-432-09, 2010 FCA
157) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
FOOD AND DRUGS
Wellesley Therapeutics Inc. v. Canada (Health) (T-1537-07, T-706-10,
2010 FC 573) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
FOREIGN TRADE REVIEW
See: Constitutional Law, D-12
HUMAN RIGHTS
Canada (Attorney General) v. Walden (T-55-08, 2010 FC 490) . . . . . . .
Tinney v. Canada (Attorney General) (T-1521-09, 2010 FC 605) . . . . .
INCOME TAX
Lingle v. Canada (A-418-09, 2010 FCA 152) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Corporations
Husky Oil Limited v. Canada (A-147-09, 2010 FCA 125) . . . . . . . . . .
D-3
D-4
D-4
D-4
D-5
D-5
xxiv
CONTENTS OF THE VOLUME
PAGE
INCOME TAX—Concluded
Income Calculation
Deductions
Broad v. Canada (A-624-08, 2010 FCA 146) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-5
Dividends
Tremblay v. Canada (A-61-09, A-62-09, A-64-09, A-65-09, 2010 FCA
119) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Practice
D-6
M.N.R. v. Zen (A-257-09, 2010 FCA 180) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-13
GlaxoSmithKline Inc. v. Canada (A-345-08, 2010 FCA 201) . . . . . . . .
D-18
Reassessment
JUDGES AND COURTS
See: Constitutional Law, 312
LABOUR RELATIONS
Grain Workers’ Union, Local 333 v. B.C. Terminal Elevator Operators’
Assn. (A-305-07, A-306-07, 2009 FCA 201) . . . . . . . . . . . . . .
255
World Fuel Services Corporation v. Nordems (Ship) (T-1914-08, 2010
FC 332) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-14
J.P. v. Canada (Attorney General) (T-20-09, 2009 FC 402) . . . . . . . . . .
Scott v. Canada (Attorney General) (T-929-09, 2010 FC 496) . . . . . . .
3
D-6
MARITIME LAW
PAROLE
PATENTS
Infringement
Hershkovitz v. Tyco Safety Products Canada Ltd. (A-150-09, 2010 FCA
190) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Practice
Apotex Inc. v. Sanofi-Aventis (T-644-09, T-933-09, 2010 FC 182) . . . .
Apotex Inc. v. Syntex Pharmaceuticals International Inc. (A-238-09,
2010 FCA 155) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Janssen-Ortho Inc. v. Apotex Inc. (T-651-08, 2009 FC 650) . . . . . . . . .
M-Systems Flash Disk Pionerers Ltd. v. Canada (Commissioner of
Patents) (T-738-07, 2010 FC 441) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pfizer Canada Inc. v. Genpharm ULC (T-1118-09, 2010 FC 684) . . . . .
Pfizer Canada Inc. v. Novopharm Limited (T-1868-09, 2010 FC 668) . .
Purdue Pharma v. Canada (Attorney General) (T-248-10, 2010 FC 738) .
D-19
D-19
D-6
141
D-7
D-14
D-14
D-15
CONTENTS OF THE VOLUME
xxv
PAGE
PENITENTIARIES
Jolivet v. Canada (Attorney General) (T-2092-09, 2010 FC 762) . . . . .
PRACTICE
See also: Customs and Excise, D-13; Federal Court of Appeal Jurisdiction, D-3;
Patents, D-14, D-19
Class Proceedings
Rhodes v. Compagnie Amway Canada (T-1754-09, 2010 FC 498) . . . .
Samson Cree Nation v. Samson Cree Nation (Chief and Council)
(A-637-08, 2010 FCA 165) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Confidentiality Orders
Canada (Attorney General) v. Almalki (DES-1-10, 2010 FC 733) . . . .
D-19
D-7
D-15
D-15
Costs
Uwadia v. Canada (Public Safety and Emergency Preparedness)
(IMM-5439-08, 2010 FC 576) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-7
Parties
Standing
League for Human Rights of B’nai Brith Canada v. Canada (T-1162-07,
2009 FC 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pleadings
39
Motion to Strike
Merchant Law Group v. Canada (Revenue Agency) (A-351-09, 2010
FCA 184) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-16
PRIVACY
State Farm Mutual Automobile Insurance Company v. Canada (Privacy
Commissioner) (T-604-09, 2010 FC 736) . . . . . . . . . . . . . . . .
Personal Information Protection and Electronic Documents Act
Arcand v. Abiwyn Co-operative Inc. (T-788-09, 2010 FC 529) . . . . . . .
D-20
D-8
PUBLIC SERVICE
Jurisdiction
Public Service Alliance of Canada v. Canadian Federal Pilots Assn.
(A-375-08, A-383-08, 2009 FCA 223) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
Labour Relations
Canada (Attorney General) v. Professional Institute of the Public
Service of Canada (T-1191-09, 2010 FC 578) . . . . . . . . . . . . .
D-8
xxvi
CONTENTS OF THE VOLUME
PUBLIC SERVICE—Concluded
Pensions
PAGE
Schenkman v. Canada (Attorney General) (T-1650-07, 2010 FC 527) . .
D-8
Appleby-Ostroff v. Canada (Attorney General) (T-1913-08, 2010
FC 479) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-9
Charkaoui (Re) (DES-4-08, 2009 FC 476) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
Air Canada v. Toronto Port Authority (T-488-10, T-692-10, 2010 FC 774)
D-20
Practice
SECURITY INTELLIGENCE
See also: Citizenship and Immigration, 67; Constitutional Law, 169
TRANSPORTATION
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
PAGE
ACCÈS À L’INFORMATION
Kitson c. Canada (Ministre de la Défense nationale) (T-680-08, 2009 CF
1000) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
AGRICULTURE
Canada (Commission du blé) c. Canada (Procureur général) (A-446-08,
2009 CAF 214) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
ALIMENTS ET DROGUES
Wellesley Therapeutics Inc. c. Canada (Santé) (T-1537-07, T-706-10,
2010 CF 573) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-1
AVOCATS
Voir : Douanes et accise, F-20
BREVETS
Contrefaçon
Hershkovitz c. Tyco Safety Products Canada Ltée (A-150-09, 2010 CAF
190) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pratique
Apotex Inc. c. Sanofi-Aventis (T-644-09, T-933-09, 2010 CF 182) . . . .
Apotex Inc. c. Syntex Pharmaceuticals International Inc. (A-238-09,
2010 CAF 155) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Janssen-Ortho Inc. c. Apotex Inc. (T-651-08, 2009 CF 650) . . . . . . . . .
M-Systems Flash Disk Pionerers Ltd. c. Canada (Commissaire aux
brevets) (T-738-07, 2010 CF 441) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pfizer Canada Inc. c. Genpharm ULC (T-1118-09, 2010 CF 684) . . . . .
Pfizer Canada Inc. c. Novopharm Limited (T-1868-09, 2010 CF 668) . .
Purdue Pharma c. Canada (Procureur général) (T-248-10, 2010 CF 738)
CITOYENNETÉ ET IMMIGRATION
Voir aussi : Compétence de la Cour d’appel fédérale, F-4; Pratique, F-10;
Renseignement de sécurité, 102
F-19
F-19
F-1
141
F-2
F-11
F-11
F-12
Exclusion et renvoi
Personnes interdites de territoire
Monge Monge c. Canada (Ministre de la Sécurité publique et de la
Protection civile) (IMM-138-09, 2009 CF 809) . . . . . . . . . . .
xxvii
291
xxviii
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
CITOYENNETÉ ET IMMIGRATION
Certificat de sécurité
Charkaoui (Re) (DES-4-08, 2009 CF 342) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jaballah (Re) (DES-6-08, 2010 CF 80) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jaballah (Re) (DES-6-08, 2010 CF 507) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PAGE
67
F-20
F-2
Renvoi de réfugiés
Cobian Flores c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-4831-09,
2010 CF 503) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pathmanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-1185-09, IMM-1187-09, 2009 CF 885) . . . . . . . . . . . .
F-3
395
Renvoi de résidents permanents
Shaath c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-5093-08, 2009 CF 731) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Renvoi de visiteurs
Li c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) (A-251-09,
2010 CAF 75) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ram c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-4784-09, 2010 CF
548) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
F-3
Pratique en matière d’immigration
Kurukkal c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-309-08, 2009 CF 695) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Toussaint c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-326-09, 2009 CF 873) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
452
Statut au Canada
Citoyens
Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada c. Canada
(T-1162-07, 2009 CF 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Réfugiés au sens de la Convention
Arevalo Pineda c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-5000-09,
2010 CF 454) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Castillo Mendoza c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-6696-09,
2010 CF 648) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
James c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-5039-09, 2010 CF
546) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Kim c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-5625-09, 2010 CF
720) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-4
F-12
F-4
F-12
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
CITOYENNETÉ ET IMMIGRATION—Fin
xxix
PAGE
Résidents permanents
Sandhu c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-6560-09, 2010
CF 759) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Singh c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-2234-09, 2010 CF
757) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-20
F-13
Motifs d’ordre humanitaire
Unetelle c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (IMM-3962-09, 2010
CF 284) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
COMPÉTENCE DE LA COUR D’APPEL FÉDÉRALE
Canada (Citoyenneté et Immigration) c. Arif (A-432-09, 2010 CAF 157)
COMPÉTENCE DE LA COUR FÉDÉRALE
Voir aussi : Transports, F-23
Conacher c. Canada (Premier ministre) (T-1500-08, 2009 CF 920) . . .
F-13
F-4
411
CONFLIT DE LOIS
Voir : Droit maritime, F-15
COURONNE
Voir aussi : Douanes et accise, F-14
Prérogatives
Conacher c. Canada (Premier ministre) (T-1500-08, 2009 CF 920) . . .
DÉCLARATION DES DROITS
Voir : Droit constitutionnel, F-14
411
DOMMAGES-INTÉRÊTS
Voir : Protection des renseignements personnels, F-10
DOUANES ET ACCISE
Voir aussi : Pratique, F-16
Loi sur la taxe d’accise
F-5
F-20
F-21
Loi sur les douanes
F-14
Calgary (Ville) c. Canada (A-250-09, 2010 CAF 127) . . . . . . . . . . . . .
Canada c. Merchant Law Group (A-443-08, 2010 CAF 206) . . . . . . . .
Holmes c. Canada (Procureur général) (T-2135-07, 2010 CF 809) . . . .
Ingredia S.A. c. Canada (A-216-09, 2010 CAF 176) . . . . . . . . . . . . . . .
xxx
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
DROIT ADMINISTRATIF
Voir aussi : Douanes et accise, F-21
Kurukkal c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-309-08, 2009 CF 695) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pathmanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-1185-09, IMM-1187-09, 2009 CF 885) . . . . . . . . . . . .
PAGE
195
395
Contrôle judiciaire
Motifs
Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada c. Canada
(T-1162-07, 2009 CF 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Norme de contrôle judiciaire
Alliance de la Fonction publique du Canada c. Assoc. des pilotes fédéraux
du Canada (A-375-08, A-383-08, 2009 CAF 223) . . . . . . . . .
Shaath c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-5093-08, 2009 CF 731) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
DROIT CONSTITUTIONNEL
Voir aussi : Citoyenneté et Immigration, 39; Droit administratif, 39; Interprétation
des lois, 39; Pratique, 39
Conacher c. Canada (Premier ministre) (T-1500-08, 2009 CF 920) . . .
219
117
411
Charte des droits
Droits à l’égalité
Toussaint c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-326-09, 2009 CF 873) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Droits démocratiques
411
Fouilles, perquisitions ou saisies abusives
169
Conacher c. Canada (Premier ministre) (T-1500-08, 2009 CF 920) . . .
Harkat (Re) (DES-5-08, 2009 CF 659) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Libertés fondamentales
Canada (Commission du blé) c. Canada (Procureur général) (A-446-08,
2009 CAF 214) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Grain Workers’ Union, section locale 333 c. B.C. Terminal Elevator
Operaters’ Assn. (A-305-07, A-306-07, 2009 CAF 201) . . . . .
Kitson c. Canada (Ministre de la Défense nationale) (T-680-08, 2009 CF
1000) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
255
440
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
DROIT CONSTITUTIONNEL—Fin
xxxi
PAGE
Procédures criminelles et pénales
United States Steel Corporation c. Canada (Procureur général) (T-1162-09,
2010 CF 642) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-14
Toussaint c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-326-09, 2009 CF 873) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Vie, liberté et sécurité
Principes fondamentaux
Aalto c. Canada (Procureur général) (T-370-09, 2009 CF 861) . . . . . . .
Toussaint c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration)
(IMM-326-09, 2009 CF 873) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
452
DROIT D’AUT.EUR
Violation
Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique c.
Bell Canada (A-514-07, 2010 CAF 123) . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-5
World Fuel Services Corporation c. Nordems (Navire) (T-1914-08, 2010
CF 332) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-15
Canada (Procureur général) c. Walden (T-55-08, 2010 CF 490) . . . . . .
Tinney c. Canada (Procureur général) (T-1521-09, 2010 CF 605) . . . . .
F-6
F-6
DROIT MARITIME
DROITS DE LA PERSONNE
ÉLECTIONS
Conacher c. Canada (Premier ministre) (T-1500-08, 2009 CF 920) . . .
EXAMEN DE L’INVESTISSEMENT ÉTRANGER
Voir : Droit constitutionnel, F-14
411
FONCTION PUBLIQUE
Compétence
Alliance de la Fonction publique du Canada c. Assoc. des pilotes fédéraux
du Canada (A-375-08, A-383-08, 2009 CAF 223) . . . . . . . . .
219
Schenkman c. Canada (Procureur général) (T-1650-07, 2010 CF 527) . .
F-6
Pensions
xxxii
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
FONCTION PUBLIQUE—Fin
Pratique
PAGE
Appleby-Ostroff c. Canada (Procureur général) (T-1913-08, 2010 CF 479)
F-7
Canada (Procureur général) c. Institut professionnel de la fonction publique
du Canada (T-1191-09, 2010 CF 578) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-7
Lingle c. Canada (A-418-09, 2010 CAF 152) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-8
Relations du travail
IMPÔT SUR LE REVENU
Calcul du revenu
Déductions
Broad c. Canada (A-624-08, 2010 CAF 146) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-8
Dividendes
Tremblay c. Canada (A-61-09, A-62-09, A-64-09, A-65-09, 2010 CAF
119) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Nouvelles cotisations
F-8
GlaxoSmithKline Inc. c. Canada (A-345-08, 2010 CAF 201) . . . . . . . .
F-21
M.R.N. c. Zen (A-257-09, 2010 CAF 180) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-15
Husky Oil Limited c. Canada (A-147-09, 2010 CAF 125) . . . . . . . . . .
F-9
Conacher c. Canada (Premier ministre) (T-1500-08, 2009 CF 920) . . .
Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada c. Canada
(T-1162-07, 2009 CF 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Pratique
Sociétés
INTERPRÉTATION DES LOIS
Voir aussi : Aliments et drogues, F-1; Citoyenneté et Immigration, 452; Droit
constitutionnel, 452; Droit d’auteur, F-5; Fonction publique, F-6; Impôt
sur le revenu, F-8; Libération conditionnelle, 3, F-9
JUGES ET TRIBUNAUX
Voir : Droit constitutionnel, 312
JUSTICE CRIMINELLE ET PÉNALE
Voir : Libération conditionnelle, 3
39
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
LIBÉRATION CONDITIONNELLE
J.P. c. Canada (Procureur général) (T-20-09, 2009 CF 402) . . . . . . . . . .
Scott c. Canada (Procureur général) (T-929-09, 2010 CF 496) . . . . . . .
MANDAT
Voir : Douanes et accise, F-20
PÉNITENCIERS
Jolivet c. Canada (Procureur général) (T-2092-09, 2010 CF 762) . . . . .
PRATIQUE
Voir aussi : Brevets, F-11, F-19; Compétence de la Cour d’appel fédérale, F-4;
Douanes et accise, F-14
xxxiii
PAGE
3
F-9
F-22
Actes de procédure
Requête en radiation
Merchant Law Group c. Canada (Agence du revenu) (A-351-09, 2010
CAF 184) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-16
Uwadia c. Canada (Sécurité publique et Protecion civile) (IMM-5439-08,
2010 CF 576) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-10
Canada (Procureur général) c. Almalki (DES-1-10, 2010 CF 733) . . . .
F-17
Frais et dépens
Ordonnances de confidentialité
Parties
Qualité pour agir
Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada c. Canada
(T-1162-07, 2009 CF 647) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Nation crie de Samson c. Nation crie de Samson (Chef et conseil)
(A-637-08, 2010 CAF 165) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Rhodes c. Compagnie Amway Canada (T-1754-09, 2010 CF 498) . . . .
F-17
F-10
State Farm Mutual Automobile Insurance Company c. Canada
(Commissaire à la protection de la vie privée) (T-604-09,
2010 CF 736) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-22
Recours collectifs
PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS PERSONNELS
Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents
électroniques
Arcand c. Coopérative Abiwyn Inc. (T-788-09, 2010 CF 529) . . . . . . .
F-10
xxxiv
TABLE DES MATIÈRES DU VOLUME
RELATIONS DU TRAVAIL
PAGE
Grain Workers’ Union, section locale 333 c. B.C. Terminal Elevator
Operaters’ Assn. (A-305-07, A-306-07, 2009 CAF 201) . . . . .
255
Charkaoui (Re) (DES-4-08, 2009 CF 476) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
RENSEIGNEMENT DE SÉCURITÉ
Voir aussi : Citoyenneté et Immigration, 67; Droit constitutionnel, 169
TRANSPORTS
Air Canada c. Administration portuaire de Toronto (T-488-10, T-692-10,
2010 CF 774) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-23
TABLE
OF CASES DIGESTED
IN THIS VOLUME
A
PAGE
Abiwyn Co-operative Inc. (F.C.), Arcand v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Air Canada v. Toronto Port Authority (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Almalki (F.C.), Canada (Attorney General) v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Apotex Inc. v. Sanofi-Aventis (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Apotex Inc. v. Syntex Pharmaceuticals International Inc. (F.C.A.) . . . . . . . . . . .
Appleby-Ostroff v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Arcand v. Abiwyn Co-operative Inc. (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Arevalo Pineda v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . .
Arif (F.C.A.), Canada (Citizenship and Immigration) v. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-8
D-20
D-15
D-19
D-6
D-9
D-8
D-2
D-3
Bell Canada (F.C.A.), Society of Composers, Authors and Music Publishers of
Canada v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Broad v. Canada (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-3
D-5
B
C
Calgary (City) v. Canada (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada v. Merchant Law Group (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) v. Almalki (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) v. Professional Institute of the Public Service of
Canada (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) v. Walden (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), Holmes v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), Jolivet v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), Purdue Pharma v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), Schenkman v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), Scott v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), Tinney v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), United States Steel Corporation v. . . . . . . .
Canada (Attorney General) (F.C.), Appleby-Ostroff v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) v. Arif (F.C.A.), . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Arevalo Pineda v. . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Castillo Mendoza v. . . . . . . . . . .
xxxv
D-3
D-18
D-15
D-8
D-4
D-18
D-19
D-15
D-8
D-6
D-4
D-12
D-9
D-3
D-2
D-11
xxxvi
TABLE OF CASES DIGESTED IN THIS VOLUME
PAGE
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Cobian Flores v. . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Doe v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), James v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Kim v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Ram v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Sandhu v. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.), Singh v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Commissioner of Patents) (F.C.), M-Systems Flash Disk Pionerers
Ltd. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (F.C.A.), Broad v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (F.C.A.), Calgary (City) v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (F.C.A.), GlaxoSmithKline Inc. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (F.C.A.), Husky Oil Limited v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (F.C.A.), Ingredia S.A. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (F.C.A.), Lingle v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (F.C.A.), Tremblay v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Health) (F.C.), Wellesley Therapeutics Inc. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Privacy Commissioner) (C.F.), State Farm Mutual Automobile Insurance
Company v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Public Safety and Emergency Preparedness) (F.C.), Uwadia v. . . . . . .
Canada (Revenue Agency) (F.C.A.), Merchant Law Group v. . . . . . . . . . . . . . .
Castillo Mendoza v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . .
Cobian Flores v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . .
Compagnie Amway Canada (F.C.), Rhodes v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-20
D-7
D-16
D-11
D-1
D-7
Doe v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-12
Genpharm ULC (F.C.), Pfizer Canada Inc. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
GlaxoSmithKline Inc. v. Canada (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-14
D-18
Hershkovitz v. Tyco Safety Products Canada Ltd. (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . .
Holmes v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Husky Oil Limited v. Canada (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-19
D-18
D-5
Ingredia S.A. v. Canada (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
J
D-13
D
G
H
I
D-1
D-12
D-2
D-11
D-2
D-17
D-11
D-7
D-5
D-3
D-18
D-5
D-13
D-5
D-6
D-4
Jaballah (Re) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . D-1, D-17
James v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-2
Jolivet v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-19
TABLE OF CASES DIGESTED IN THIS VOLUME
K
xxxvii
PAGE
Kim v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-11
Lingle v. Canada (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-5
M.N.R. v. Zen (F.C.A) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Merchant Law Group v. Canada (Revenue Agency) (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . .
Merchant Law Group (F.C.A.), Canada v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
M-Systems Flash Disk Pionerers Ltd. v. Canada (Commissioner of Patents)
(F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-13
D-16
D-18
Nordems (Ship) (F.C.), World Fuel Services Corporation v. . . . . . . . . . . . . . . . .
Novopharm Limited (F.C.), Pfizer Canada Inc. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-14
D-14
Pfizer Canada Inc. v. Genpharm ULC (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pfizer Canada Inc. v. Novopharm Limited (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Professional Institute of the Public Service of Canada (F.C.), Canada (Attorney
General) v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Purdue Pharma v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-14
D-14
D-8
D-15
Ram v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Rhodes v. Compagnie Amway Canada (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-2
D-7
Samson Cree Nation v. Samson Cree Nation (Chief and Council) (F.C.A) . . . .
Samson Cree Nation (Chief and Council) (F.C.A), Samson Cree Nation v. . . . .
Sandhu v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sanofi-Aventis (F.C.), Apotex Inc. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Schenkman v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Scott v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Singh v. Canada (Citizenship and Immigration) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Society of Composers, Authors and Music Publishers of Canada v. Bell Canada
(F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
State Farm Mutual Automobile Insurance Company v. Canada (Privacy
Commissioner) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Syntex Pharmaceuticals International Inc. (F.C.A.), Apotex Inc. v. . . . . . . . . . .
D-15
D-15
D-17
D-19
D-8
D-6
D-11
L
M
N
P
R
S
D-7
D-3
D-20
D-6
xxxviii
TABLE OF CASES DIGESTED IN THIS VOLUME
T
PAGE
Tinney v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Toronto Port Authority (F.C.), Air Canada v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tremblay v. Canada (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tyco Safety Products Canada Ltd. (F.C.A.), Hershkovitz v. . . . . . . . . . . . . . . .
D-4
D-20
D-6
D-19
United States Steel Corporation v. Canada (Attorney General) (F.C.) . . . . . . . .
Uwadia v. Canada (Public Safety and Emergency Preparedness) (F.C.) . . . . . . .
D-12
D-7
Walden (F.C.), Canada (Attorney General) v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Wellesley Therapeutics Inc. v. Canada (Health) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
World Fuel Services Corporation v. Nordems (Ship) (F.C.) . . . . . . . . . . . . . . . .
D-4
D-4
D-14
Zen (F.C.A), M.N.R. v. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
D-13
U
W
Z
TABLE
DES FICHES ANALYTIQUES PUBLIÉES
DANS CE VOLUME
A
PAGE
Administration portuaire de Toronto (C.F.), Air Canada c. . . . . . . . . . . . . . . . . .
Air Canada c. Administration portuaire de Toronto (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . .
Almalki (C.F.), Canada (Procureur général) c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Apotex Inc. c. Sanofi-Aventis (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Apotex Inc. c. Syntex Pharmaceuticals International Inc. (C.A.F.) . . . . . . . . . . .
Appleby-Ostroff c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Arcand c. Coopérative Abiwyn Inc. (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Arevalo Pineda c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . .
Arif (C.A.F.), Canada (Citoyenneté et Immigration) c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-23
F-23
F-17
F-19
F-1
F-7
F-10
F-4
F-4
Bell Canada (C.A.F.), Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs
de musique c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Broad c. Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-5
F-8
Calgary (Ville) c. Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada c. Merchant Law Group (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Agence du revenu) (C.A.F.), Merchant Law Group c. . . . . . . . . . . . . .
Canada (C.A.F.), Broad c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (C.A.F.), Calgary (Ville) c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (C.A.F.), GlaxoSmithKline Inc. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (C.A.F.), Husky Oil Limited c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (C.A.F.), Ingredia S.A. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (C.A.F.), Lingle c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (C.A.F.), Tremblay c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) c. Arif (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Arevalo Pineda c. . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Castillo Mendoza c. . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Cobian Flores c. . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), James c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Kim c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-5
F-20
F-16
F-8
F-5
F-21
F-9
F-14
F-8
F-8
F-4
F-4
F-12
F-3
F-4
F-12
B
C
xxxix
xl
TABLE DES FICHES ANALYTIQUES PUBLIÉES DANS CE VOLUME
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Ram c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Sandhu c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Singh c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.), Unetelle c. . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Commissaire à la protection de la vie privée) (C.F.), State Farm Mutual
Automobile Insurance Company c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Commissaire aux brevets) (C.F.), M-Systems Flash Disk Pionerers
Ltd. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) c. Almalki (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) c. Institut professionnel de la fonction publique du
Canada (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) c. Walden (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), Appleby-Ostroff c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), Holmes c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), Jolivet c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), Purdue Pharma c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), Schenkman c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), Scott c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), Tinney c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Procureur général) (C.F.), United States Steel Corporation c. . . . . . . . .
Canada (Santé) (C.F.), Wellesley Therapeutics Inc. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada (Sécurité publique et Protection civile) (C.F.), Uwadia c. . . . . . . . . . . .
Castillo Mendoza c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . .
Cobian Flores c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . .
Compagnie Amway Canada (C.F.), Rhodes c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Coopérative Abiwyn Inc. (C.F.), Arcand c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
G
PAGE
F-3
F-20
F-13
F-13
F-22
F-2
F-17
F-7
F-6
F-7
F-21
F-22
F-12
F-6
F-9
F-6
F-14
F-1
F-10
F-12
F-3
F-10
F-10
Genpharm ULC (C.F.), Pfizer Canada Inc. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
GlaxoSmithKline Inc. c. Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-11
F-21
Hershkovitz c. Tyco Safety Products Canada Ltée (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . .
Holmes c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Husky Oil Limited c. Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-19
F-21
F-9
Ingredia S.A. c. Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Institut professionnel de la fonction publique du Canada (C.F.), Canada
(Procureur général) c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-14
H
I
J
F-7
Jaballah (Re) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . F-2, F-20
James c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-4
Jolivet c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-22
TABLE DES FICHES ANALYTIQUES PUBLIÉES DANS CE VOLUME
K
xli
PAGE
Kim c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-12
Lingle c. Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-8
M.R.N. c. Zen (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Merchant Law Group c. Canada (Agence du revenu) (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . .
Merchant Law Group (C.A.F.), Canada c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
M-Systems Flash Disk Pionerers Ltd. c. Canada (Commissaire aux brevets)
(C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-15
F-16
F-20
Nation crie de Samson c. Nation crie de Samson (Chef et conseil) (C.A.F.) . . .
Nation crie de Samson (Chef et conseil) (C.A.F.), Nation crie de Samson c. . . .
Nordems (Navire) (C.F.), World Fuel Services Corporation c. . . . . . . . . . . . . . .
Novopharm Limited (C.F.), Pfizer Canada Inc. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-17
F-17
F-15
F-11
Pfizer Canada Inc. c. Genpharm ULC (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pfizer Canada Inc. c. Novopharm Limited (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Purdue Pharma c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-11
F-11
F-12
Ram c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Rhodes c. Compagnie Amway Canada (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-3
F-10
Sandhu c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sanofi-Aventis (C.F.), Apotex Inc. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Schenkman c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Scott c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Singh c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique c. Bell
Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
State Farm Mutual Automobile Insurance Company c. Canada (Commissaire à
la protection de la vie privée) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Syntex Pharmaceuticals International Inc. (C.A.F.), Apotex Inc. c. . . . . . . . . . .
F-20
F-19
F-6
F-9
F-13
L
M
N
P
R
S
F-2
F-5
F-22
F-1
xlii
TABLE DES FICHES ANALYTIQUES PUBLIÉES DANS CE VOLUME
T
PAGE
Tinney c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tremblay c. Canada (C.A.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tyco Safety Products Canada Ltée (C.A.F.), Hershkovitz c. . . . . . . . . . . . . . . . .
F-6
F-8
F-19
Unetelle c. Canada (Citoyenneté et Immigration) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
United States Steel Corporation c. Canada (Procureur général) (C.F.) . . . . . . . .
Uwadia c. Canada (Sécurité publique et Protection civile) (C.F.) . . . . . . . . . . . .
F-13
F-14
F-10
Walden (C.F.), Canada (Procureur général) c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Wellesley Therapeutics Inc. c. Canada (Santé) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
World Fuel Services Corporation c. Nordems (Navire) (C.F.) . . . . . . . . . . . . . . .
F-6
F-1
F-15
Zen (C.A.F.), M.R.N. c. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
F-15
U
W
Z
CASES CITED
PAGE
3430901 Canada Inc. v. Canada (Minister of Industry), 2001 FCA 254, [2001]
1 F.C. 421, 45 Admin. L.R. (3d) 182, 14 C.P.R. (4th) 449 . . . . . . . . . . . . . . .
440
A (FC) v. Secretary of State for the Home Department, [2004] UKHL 56 . . . . .
67
A.B. v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (1997), 142 F.T.R. 161
(F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
A.C. v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2003 FC 1452 . . . .
67
AB Hassle v. Canada (Minister of National Health and Welfare) (2000), 7 C.P.R.
(4th) 272, 256 N.R. 172 (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
AN & SS (Tamils – Colombo – risk?) Sri Lanka CG, [2008] UKAIT 00063 . . .
395
Aircraft Operations Group Association v. Treasury Board, 2001 PSSRB 2 . . . .
219
Alberta v. Hutterian Brethren of Wilson Colony, 2009 SCC 37, [2009] 2 S.C.R.
567, 460 A.R. 1, 310 D.L.R. (4th) 193 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Almrei v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2004 FC 420, [2004]
4 F.C.R. 327, 249 F.T.R. 53, 38 Imm. L.R. (3d) 117 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Almrei (Re), 2009 FC 240, [2010] 2 F.C.R. 165, 342 F.T.R 27 . . . . . . . . . . . . . .
67
Amnesty International Canada v. Canada (Chief of the Defence Staff), 2007 FC
1147, 287 D.L.R. (4th) 35, 73 Admin. L.R. (4th) 206, 162 C.R.R. (2d) 308 . . .
141
Andrews v. Law Society of British Columbia, [1989] 1 S.C.R. 143, (1989), 56
D.L.R. (4th) 1, [1989] 2 W.W.R. 289 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Angeles v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2004 FC 1257,
262 F.T.R. 41, 38 Imm. L.R. (3d) 308 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Apotex Inc. v. Wellcome Foundation Ltd. (1993), 51 C.P.R. (3d) 305, 69 F.T.R.
161 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Association des courtiers et agents immobiliers du Québec v. Proprio Direct Inc.,
2008 SCC 32, [2008] 2 S.C.R. 195, 293 D.L.R. (4th) 578, 70 Admin. L.R.
(4th) 157 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
Attorney General of Canada v. Inuit Tapirisat of Canada et al., [1980] 2 S.C.R.
735, (1980), 115 D.L.R. (3d) 1, 33 N.R. 304 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
Attorney General of Nova Scotia et al. v. MacIntyre, [1982] 1 S.C.R. 175, (1982),
49 N.S.R. (2d) 609, 132 D.L.R. (3d) 385 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
Awed v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006 FC 469, 46
Admin. L.R. (4th) 233 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
B.V.D. Company v. Canadian Celanese Ltd., [1937] S.C.R. 221, [1937] 2 D.L.R.
481 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Baker v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [1999] 2 S.C.R. 817,
(1999), 174 D.L.R. (4th) 193, 14 Admin. L.R. (3d) 173 . . . . . . . . . . . . . . . 39, 117, 395
xliii
xliv
CASES CITED
PAGE
Barker v. Manitoba (Registrar of Motor Vehicles) (1987), 50 Man. R. (2d) 115,
47 D.L.R. (4th) 69, [1988] 2 W.W.R. 28 (Q.B.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Bayer Inc. v. Canada (Attorney General) (1999), 87 C.P.R. (3d) 293, 243 N.R.
170 (F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
Beothuk Data Systems Ltd., Seawatch Division v. Dean, [1998] 1 F.C. 433, (1997),
218 N.R. 321 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Biovail Pharmaceuticals Inc. v. Canada (Minister of National Health and
Welfare), 2005 FC 9, 37 C.P.R. (4th) 487, 267 F.T.R. 243 . . . . . . . . . . . . . . .
141
Black v. Canada (Prime Minister) (2001), 54 O.R. (3d) 215, 199 D.L.R. (4th)
228, 147 O.A.C. 141 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Borowski v. Canada (Attorney General), [1989] 1 S.C.R. 342, 57 D.L.R. (4th)
231, [1989] 3 W.W.R. 97 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
Boulter v. Nova Scotia Power Inc., 2009 NSCA 17, 275 N.S.R. (2d) 214, 307
D.L.R. (4th) 293, 185 C.R.R. (2d) 50 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Brar v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (1997), 140 F.T.R. 163
(F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Bristol-Myers Squibb Canada Co. v. Apotex Inc., 2009 FC 137, 74 C.P.R. (4th)
85, 342 F.T.R. 161 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
British Columbia v. Imperial Tobacco Canada Ltd., 2005 SCC 49, [2005] 2
S.C.R. 473, 257 D.L.R. (4th) 193, [2006] 1 W.W.R. 201 . . . . . . . . . . . . . . . .
452
British Columbia Teachers’ Federation v. British Columbia Public School
Employers’ Assn., 2009 BCCA 39, 306 D.L.R. (4th) 144, [2009] 5 W.W.R.
608, 89 B.C.L.R. (4th) 96, leave to appeal to S.C.C. refused, [2009] 2
S.C.R. vi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
British Columbia Terminal Elevator Operators’ Assn. (Re), 2008 CIRB 428 . . .
255
Can. Celanese Ltd. v. B.V.D. Co., [1939] 2 D.L.R. 289, (1939), 56 R.P.C. 122,
[1939] 1 All E.R. 140 (P.C.), affg sub nom. B.V.D. Company v. Canadian
Celanese Ltd., [1937] S.C.R. 441, [1937] 2 D.L.R. 449 . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Canada (Attorney General) v. Canada (Commission of Inquiry into the Actions
of Canadian Officials in Relation to Maher Arar), 2007 FC 766, [2008] 3
F.C.R. 248, 72 Admin. L.R. (4th) 68, 316 F.T.R. 279 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 102
Canada (Attorney General) v. Khawaja, 2007 FC 490, [2008] 1 F.C.R. 547, 219
C.C.C. (3d) 305, 47 C.R. (6th) 346 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 102
Canada (Attorney General) v. Ribic, 2002 FCT 1044 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
Canada (Attorney General) v. Ribic, 2003 FCA 246, [2005] 1 F.C.R. 33, 185
C.C.C. (3d) 129, 320 N.R. 275 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Canada (Citizenship and Immigration) v. Khosa, 2009 SCC 12, [2009] 1 S.C.R.
339, 304 D.L.R. (4th) 1, 82 Admin. L.R. (4th) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3, 219, 440
Canada (Citizenship and Immigration) v. Khosa, 2009 SCC 12, [2009] 1 S.C.R.
339, 304 D.L.R. (4th) 1, 82 Admin. L.R. (4th) 1, revg 2007 FCA 24, [2007] 4
F.C.R. 332, 276 D.L.R. (4th) 369, 59 Imm. L.R. (3d) 122, revg 2005 FC 1218,
266 F.T.R. 138, 48 Imm. L.R. (3d) 253 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v. Bogutin (1997), 144 F.T.R.
1, 42 Imm. L.R. (2d) 248 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
CASES CITED
xlv
PAGE
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v. Copeland, [1998] 2 F.C.
493, (1997), 51 C.R.R. (2d) 65, 140 F.T.R. 183 (T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v. Fazalbhoy (1999), 162
F.T.R. 57, 48 Imm. L.R. (2d) 222 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v. Jaballah, 2009 FC 33, 187
C.R.R. (2d) 103, 78 Imm. L.R. (3d) 125 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v. Li, 2009 FCA 85, [2010] 2
F.C.R. 433, 308 D.L.R. (4th) 314, 188 C.R.R. (2d) 71 . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v. Odynsky, 2001 FCT 138,
196 F.T.R. 1, 14 Imm. L.R. (3d) 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Canadian Council of Churches v. Canada (Minister of Employment and
Immigration), [1992] 1 S.C.R. 236, (1992), 88 D.L.R. (4th) 193, 2 Admin.
L.R. (2d) 229 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Canadian Foundation for Children, Youth and the Law v. Canada (Attorney
General), 2004 SCC 4, [2004] 1 S.C.R. 76, 234 D.L.R. (4th) 257, 180 C.C.C.
(3d) 353 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Canadian Union of Public Employees, Local 963 v. New Brunswick Liquor Corp.,
[1979] 2 S.C.R. 227, (1979), 25 N.B.R. (2d) 237, 97 D.L.R. (3d) 417 . . . . .
219
Cha v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006 FCA 126, [2007]
1 F.C.R. 409, 267 D.L.R. (4th) 324, 42 Admin. L.R. (4th) 204, revg 2004 FC
1507, [2005] F.C.R. 503, 25 Admin. L.R. (4th) 198, 258 F.T.R. 54 . . . . . . . .
291
Chalk River Technicians and Technologists v. Atomic Energy of Canada Ltd.,
2002 FCA 489, [2003] 3 F.C 313, 298 N.R. 285 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Chan v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [1996] 3 F.C. 349,
(1996), 136 D.L.R. (4th) 433, 43 Admin. L.R. (2d) 314 (T.D.) . . . . . . . . . . .
195
Chandler v. Alberta Association of Architects, [1989] 2 S.C.R. 848, (1989), 101
A.R. 321, 62 D.L.R. (4th) 577 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Charkaoui (Re), 2003 FC 1419, [2004] 3 F.C.R. 32, 253 F.T.R. 22, 38 Imm. L.R.
(3d) 56 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Charkaoui (Re), 2005 FC 1670, [2006] 3 F.C.R. 325 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
Charkaoui (Re), 2009 FC 342, [2010] 3 F.C.R. 67 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
Charkaoui v. Canada (Citizenship and Immigration), 2007 SCC 9, [2007] 1
S.C.R. 350, 276 D.L.R. (4th) 594, 54 Admin. L.R. (4th) 1 . . . . . . . . . . . . . . .
67
Charkaoui v. Canada (Citizenship and Immigration), 2008 SCC 38, [2008] 2
S.C.R. 326, 294 DL.R. (4th) 478, 58 C.R. (6th) 45 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 102
Chiarelli v. Canada (Minister of Employment and Immigration), [1992]
1 S.C.R. 711, (1992), 90 D.L.R. (4th) 289, 2 Admin. L.R. (2d) 125, 72 C.C.C.
(3d) 214 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 452
Chieu v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2002 SCC 3, [2002]
1 S.C.R. 84, 208 D.L.R. (4th) 107, 37 Admin. L.R. (3d) 252 . . . . . . . . . . . . . 117, 291
Chirwa, Lancelot (1970), 4 I.A.C. 338 (I.A.B.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Christopher v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008
FC 964 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Corbiere v. Canada (Minister of Indian and Northern Affairs), [1999] 2 S.C.R.
203, (1999), 173 D.L.R. (4th) 1, 239 N.R. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
xlvi
CASES CITED
PAGE
Council of Canadians with Disabilities v. VIA Rail Canada Inc., 2007 SCC 15,
[2007] 1 S.C.R. 650, 279 D.L.R. (4th) 1, 59 Admin. L.R. (4th) 1 . . . . . . . . .
219
Cui v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2007 FC 945, 65 Imm.
L.R. (3d) 228 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
David Bull Laboratories (Canada) Inc. v. Pharmacia Inc., [1995] 1 F.C. 588,
(1994), 58 C.P.R. (3d) 209, 176 N.R. 48 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
de Guzman v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005 FCA 436,
[2006] 3 F.C.R. 655, 262 D.L.R. (4th) 13, 42 Admin. L.R. (4th) 234 . . . . . .
67, 452
Delisle v. Canada (Deputy Attorney General), [1999] 2 S.C.R. 989, (1999), 176
D.L.R. (4th) 13, 66 C.R.R. (2d) 14 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Deng v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2007 FC 943, 64
Imm. L.R. (3d) 133 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
Dimenene v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2001 FCT 1101 . .
195
Dixon v. Canada (Attorney General), 2008 FC 889, [2009] 2 F.C.R. 397, 331
F.T.R. 214 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
Dr. Q v. College of Physicians and Surgeons of British Columbia, 2003 SCC 19,
[2003] 1 S.C.R. 226, 223 D.L.R. (4th) 599, [2003] 5 W.W.R. 1 . . . . . . . . . . .
347
Dumbrava v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (1995), 31 Imm.
L.R. (2d) 76, 101 F.T.R. 230 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Dunmore v. Ontario (Attorney General), 2001 SCC 94, [2001] 3 S.C.R. 1016,
207 D.L.R. (4th) 193, 89 C.R.R. (2d) 189 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Dunsmuir v. New Brunswick, 2008 SCC 9, [2008] 1 S.C.R. 190, 329 N.B.R. (2d)
1, 291 D.L.R. (4th) 577 . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3, 39, 117, 195, 219, 255, 291, 374, 395
Duque v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2007 FC 1367, 67
Imm. L.R. (3d) 271 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Eldridge v. British Columbia (Attorney General), [1997] 3 S.C.R. 624, (1997),
151 D.L.R. (4th) 577, [1998] 1 W.W.R. 50 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Erdogu v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 407, 72
Imm. L.R. (3d) 201 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Ewing v. Mission Institution (1994), 92 C.C.C. (3d) 484 (B.C.C.A.) . . . . . . . . .
3
Falkiner v. Ontario (Ministry of Community and Social Services) (2002), 59 O.R.
(3d) 481, 212 D.L.R. (4th) 633, 1 Admin. L.R. (4th) 235 (C.A.) . . . . . . . . . .
452
Figueroa v. Canada (Attorney General), 2003 SCC 37, [2003] 1 S.C.R. 912, 227
D.L.R. (4th) 1, 108 C.R.R. (2d) 66 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Free World Trust v. Électro Santé Inc., 2000 SCC 66, [2000] 2 S.C.R. 1024, 194
D.L.R. (4th) 232, 9 C.P.R. (4th) 168 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Friends of the Earth v. Canada (Governor in Council), 2008 FC 1183, [2009] 3
F.C.R. 201, 299 D.L.R. (4th) 583, 93 Admin. L.R. (4th) 18 . . . . . . . . . . . . . .
411
Friesen v. Canada, [1995] 3 S.C.R. 103, 127 D.L.R. (4th) 193, [1995] 2 C.T.C.
369 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
Godbout v. Longueuil (City), [1997] 3 S.C.R. 844, (1997), 152 D.L.R. (4th) 577,
47 C.R.R. (2d) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
Goguen v. Gibson, [1983] 2 F.C. 463, (1984), 7 D.L.R. (4th) 144, 3 Admin. L.R.
225, 10 C.C.C. (3d) 492 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
CASES CITED
Gunther v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FC 875, 83
Imm. L.R. (3d) 39 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Guzman v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006 FC 1134,
[2007] 3 F.C.R. 411, 146 C.R.R. (2d) 305, 57 Imm. L.R. (3d) 174, affd 2007
FCA 358, 65 Imm. L.R. (3d) 155, leave to appeal to S.C.C. refused [2008]
S.C.C.A. No. 4 (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Harkat (Re), 2005 FC 393, 261 F.T.R. 52, 45 Imm. L.R. (3d) 65 . . . . . . . . . . . .
Harkat (Re), 2009 FC 167, 339 F.T.R. 92, 80 Imm. L.R. (3d) 89 . . . . . . . . . . . .
Harkat (Re), 2009 FC 241, 339 F.T.R. 104 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Harper v. Canada (Attorney General), 2004 SCC 33, [2004] 1 S.C.R. 827, 348
A.R. 201, 239 D.L.R. (4th) 193 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Harris v. Canada, [2000] 4 F.C. 37, (2000), 187 D.L.R. (4th) 419, [2000] 3 C.T.C.
220 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Health Services and Support — Facilities Subsector Bargaining Assn. v. British
Columbia, 2007 SCC 27, [2007] 2 S.C.R. 391, 283 D.L.R. (4th) 40, [2007] 7
W.W.R. 191 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Her Majesty in right of the Province of Alberta v. Canadian Transport Commission,
[1978] 1 S.C.R. 61, (1977), 2 A.R. 539, 75 D.L.R. (3d) 257 . . . . . . . . . . . . .
Hernandez v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005 FC 429,
[2006] 1 F.C.R. 3, 271 F.T.R. 257, 45 Imm. L.R. (3d) 249 . . . . . . . . . . . . . . .
Hershkovitz v. Tyco Safety Products Canada Ltd., 2009 FC 256, 341 F.T.R. 228,
73 C.P.R. (4th) 331 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Herzig v. Canada (Department of Industry), 2002 FCA 36, 287 N.R. 105 . . . . .
Hijos v. Canada (Attorney General), 2002 FCA 470, 299 N.R. 154 . . . . . . . . . .
Hodge v. Canada (Minister of Human Resources Development), 2004 SCC 65,
[2004] 3 S.C.R. 357, 244 D.L.R. (4th) 257, 125 C.R.R. (2d) 48 . . . . . . . . . .
Hrushka v. Canada (Minister of Foreign Affairs), 2009 FC 69, 340 F.T.R. 81 . . .
Hunter et al. v. Southam Inc., [1984] 2 S.C.R. 145, (1984), 55 A.R. 291, 11 D.L.R.
(4th) 641 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Hunter v. Canada (Consumer and Corporate Affairs), [1991] 3 F.C. 186, (1991),
29 C.P.R. (3d) 321, 35 F.T.R. 75 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ICN Pharmaceuticals, Inc. v. Canada (Staff of the Patented Medicine Prices
Review Board), [1997] 1 F.C. 32, (1996), 138 D.L.R. (4th) 71, 68 C.P.R. (3d)
417 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
International Water-Guard Industries Inc. v. Bombardier Inc., 2007 FC 285 . . .
Irwin Toy Ltd. v. Quebec (Attorney General), [1989] 1 S.C.R. 927, (1989), 58
D.L.R. (4th) 577, 25 C.P.R. (3d) 417 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ishmela v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2003 FC 838, 29
Imm. L.R. (3d) 204 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jafari v. Canada (Minister of Employment and Immigration), [1995] 2 F.C. 595,
(1995), 125 D.L.R. (4th) 141, 30 Imm. L.R. (2d) 139 (C.A.) . . . . . . . . . . . . .
Jimenez v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (1998), 147 F.T.R.
199 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Keymanesh v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006 FC 641,
[2007] 2 F.C.R. 206, 46 Admin. L.R. (4th) 256, 293 F.T.R. 285 . . . . . . . . . .
xlvii
PAGE
452
452
67
67
169
411
39
255
39
291
141
195
67
452
3
169
440
141
67
255
67
374
195
452
xlviii
CASES CITED
PAGE
Khadr v. Canada (Minister of Foreign Affairs), 2004 FC 1393 . . . . . . . . . . . . .
67
Kherei v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (2000), 8 Imm. L.R.
(3d) 265, 193 F.T.R. 112 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Kim v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005 FC 1357, 51
Imm. L.R. (3d) 262 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Kisana v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FCA 189,
[2010] 1 F.C.R. 360, 392 N.R. 163 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195, 452
Krena v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FC 874, 83
Imm. L.R. (3d) 29 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Lagiorgia v. Canada, [1987] 3 F.C. 28, (1987), 42 D.L.R. (4th) 764, 35 C.C.C.
(3d) 445 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
Law v. Canada (Minister of Employment and Immigration), [1999] 1 S.C.R. 497,
(1999), 170 D.L.R. (4th) 1, 43 C.C.E.L. (2d) 49 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
League for Human Rights of B’nai Brith Canada v. Canada, 2008 FC 732, 334
F.T.R. 63, revg 2008 FC 146, 79 Admin. L.R. (4th) 161, 323 F.T.R. 174 . . . .
39
Levi Strauss & Co. v. Era Clothing Inc. (1999), 42 C.P.C. (4th) 257, 1 C.P.R.
(4th) 513, 172 F.T.R. 248 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Li v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005 FCA 1, [2005] 3
F.C.R. 239, 249 D.L.R. (4th) 306, 41 Imm. L.R. (3d) 157 . . . . . . . . . . . . . . .
67
Li v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2007 FC 941, 319 F.T.R.
14, 65 Imm. L.R. (3d) 234 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
Liu v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FC 877, 353
F.T.R. 132, 83 Imm. L.R. (3d) 228 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
Luitjens v. Canada (Secretary of State) (1992), 9 C.R.R. (2d) 149, 142 N.R. 173
(F.C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
MacDonald v. Canada (Attorney General), 2008 FC 796, 330 F.T.R. 261 . . . . .
3
Mancia v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [1998] 3 F.C. 461,
161 D.L.R. (4th) 488, 45 Imm. L.R. (2d) 131 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Maple Leaf Mills Ltd. v. Baffin Bay (The), [1973] F.C. 1097 (T.D.) . . . . . . . . . .
67
Martineau et al. v. Matsqui Institution Inmate Disciplinary Board, [1978] 1
S.C.R. 118, (1977), 74 D.L.R. (3d) 1, 33 C.C.C. (2d) 366 . . . . . . . . . . . . . . .
39
McCabe v. Canada (Attorney General), [2000] F.C.J. No. 1262 (T.D.) (QL) . . .
67
McLaren v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2001 FCT 373,
203 F.T.R. 313, 14 Imm. L.R. (3d) 229 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Medovarski v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration); Esteban v.
Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2005 SCC 51, [2005] 2
S.C.R. 539, 258 D.L.R. (4th) 193, 135 C.R.R. (2d) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . 67, 291, 452
Minister of Justice of Canada et al. v. Borowski, [1981] 2 S.C.R. 575, (1981),
130 D.L.R. (3d) 588, [1982] 1 W.W.R. 97 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Miron v. Trudel, [1995] 2 S.C.R. 418, (1995), 124 D.L.R. (4th) 693, 29 C.R.R.
(2d) 189 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Monemi v. Canada (Solicitor General), 2004 FC 1648, 266 F.T.R. 31 . . . . . . . .
452
Montréal (City) v. 2952-1366 Québec Inc., 2005 SCC 62, [2005] 3 S.C.R. 141,
258 D.L.R. (4th) 595, 32 Admin. L.R. (4th) 159 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Moss v. Canada, [1998] 1 C.T.C. 2999, 97 DTC 1493 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
CASES CITED
xlix
PAGE
NA v. United Kingdom (2009), 48 E.H.R.R. 15 (E.C.H.R.) . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Nalbandian v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006 FC 1128,
309 F.T.R. 1, 56 Imm. L.R. (3d) 67 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Nazifpour v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2007 FCA 35,
[2007] 4 F.C.R. 515, 278 D.L.R. (4th) 268, 60 Imm. L.R. (3d) 159 . . . . . . . .
195
New Brunswick Broadcasting Co. v. Nova Scotia (Speaker of the House of
Assembly), [1993] 1 S.C.R. 319, (1993), 118 N.S.R. (2d) 181, 100 D.L.R. (4th)
212 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Newfoundland Telephone Co. v. Newfoundland (Board of Commissioners of
Public Utilities), [1992] 1 S.C.R. 623, (1992), 95 Nfld. & P.E.I.R. 271, 4
Admin. L.R. (2d) 121 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Newfoundland (Treasury Board) v. N.A.P.E., 2004 SCC 66, [2004] 3 S.C.R. 381,
242 Nfld. & P.E.I.R. 113, 244 D.L.R. (4th) 294 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
Normandin v. Canada (Attorney General), 2005 FCA 345, [2006] 2 F.C.R. 112,
343 N.R. 246 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Nouranidoust v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [2000] 1 F.C.
123, (1999), 172 F.T.R. 115 (T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Nova Scotia (Workers’ Compensation Board) v. Martin; Nova Scotia (Workers’
Compensation Board) v. Laseur, 2003 SCC 54, [2003] 2 S.C.R. 504, 217
N.S.R. (2d) 301, 231 D.L.R. (4th) 385 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
Oberlander v. Canada (Attorney General), 2003 FC 944, 238 F.T.R. 35 . . . . . .
39
Oberlander v. Canada (Attorney General), 2004 FCA 213, [2005] 1 F.C.R. 3,
241 D.L.R. (4th) 146, 320 N.R. 366 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Oberlander v. Canada (Attorney General), 2008 FC 1200, [2009] 3 F.C.R. 358,
336 F.T.R. 179, 75 Imm. L.R. (3d) 114 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Ottawa Citizen Group Inc. v. Canada (Attorney General), 2006 FC 1552 . . . . .
102
Owusu v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2004 FCA 38,
[2004] 2 F.C.R. 635, 318 N.R. 300 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117, 195
PSAC v. Canada, [1987] 1 S.C.R. 424, (1987), 38 D.L.R. (4th) 249, 32 C.R.R.
114 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Palumbo v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FC 706; R.
v. Mohan, [1994] 2 S.C.R. 9, (1994), 114 D.L.R. (4th) 419, 89 C.C.C. (3d)
402 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Park v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2001 FCA 165, 13
Imm. L.R. (3d) 1, 272 N.R. 181 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Pearson v. Canada (2000), 12 C.P.C. (5th) 284, 195 F.T.R. 31 (F.C.T.D.) . . . . .
452
Pelletier v. Canada (Attorney General), 2008 FCA 1, [2008] 3 F.C.R. 40, 289
D.L.R. (4th) 77, 69 Admin. L.R. (4th) 192 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Pfizer Canada Inc. v. Apotex Inc. (1999), 1 C.P.R. (4th) 358, 172 F.T.R. 81
(F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Pfizer Canada Inc. v. Canada (Minister of Health), 2007 FC 452, 58 C.P.R. (4th)
21, 311 F.T.R. 287, affd 2007 FC 649, 58 C.P.R. (4th) 177 . . . . . . . . . . . . . .
141
Phuti v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (2000), 7 Imm. L.R.
(3d) 270, 194 F.T.R. 282 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Polewsky v. Home Hardware Stores Ltd. (2003), 66 O.R. (3d) 600, 34 C.P.C. (5th)
334, 109 C.R.R. (2d) 189 (Div. Ct.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
l
CASES CITED
PAGE
Provincial Court Judges’Assn. of New Brunswick v. New Brunswick (Minister of
Justice); Ontario Judges’ Assn. v. Ontario (Management Board); Bodner v.
Alberta; Conférence des juges du Québec v. Quebec (Attorney General); Minc
v. Quebec (Attorney General), 2005 SCC 44, [2005] 2 S.C.R. 286, 367 A.R.
300, 288 N.B.R. (2d) 202 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
Pushpanathan v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [1998] 1
S.C.R. 982, (1998), 160 D.L.R. (4th) 163, 11 Admin. L.R. (3d) 1, amended
reasons [1998] 1 S.C.R. 1222, (1998), 11 Admin. L.R. (3d) 130 . . . . . . . . . . 219, 347
R. v. Banks, 2007 ONCA 19, 84 O.R. (3d) 1, 275 D.L.R. (4th) 640, 216 C.C.C.
(3d) 19, leave to appeal refused [2007] S.C.C.A. No. 139 (QL) . . . . . . . . . .
452
R. v. C. (D.L.) (2003), 13 C.R. (6th) 329 (N.L. Prov. Ct.) . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. C.W.W., 2005 ABPC 214, 388 A.R. 170, 71 W.C.B. (2d) 636 . . . . . . . . . . .
3
R. v. Collins, [1987] 1 S.C.R. 265, (1987), 38 D.L.R. (4th) 508, [1987] 3 W.W.R.
699 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. v. Edwards, [1996] 1 S.C.R. 128, (1996), 26 O.R. (3d) 536, 132 D.L.R.
(4th) 31 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. v. Egger, [1993] 2 S.C.R. 451, (1993), 141 A.R. 81, 103 D.L.R. (4th) 678, 82
C.C.C. (3d) 193 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
R. v. K.(C.) (2008), 233 C.C.C. (3d) 194 (Ont. C.J.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. Kapp, 2008 SCC 41, [2008] 2 S.C.R. 483, 294 D.L.R. (4th) 1, [2008] 1
W.W.R. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
R. v. Law, 2002 SCC 10, [2002] 1 S.C.R. 227, 245 N.B.R. (2d) 270, 208 D.L.R.
(4th) 207 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. v. Lord Chancellor, ex parte John Witham, [1997] 2 All E.R. 779 (Q.B.) . . . .
452
R. v. M. (C.A.), [1996] 1 S.C.R. 500, (1996), 105 C.C.C. (3d) 327, 46 C.R. (4th)
269 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. Malmo-Levine; R. v. Caine, 2003 SCC 74, [2003] 3 S.C.R. 571, 233 D.L.R.
(4th) 415, [2004] 4 W.W.R. 407 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
R. v. Proulx, 2000 SCC 5, [2000] 1 S.C.R. 61, 182 D.L.R. (4th) 1, [2000] 4
W.W.R. 21 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. S.J.L., 2005 BCSC 177 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. Secretary of State for the Home Department, ex parte Saleem, [2000] 4 All
E.R. 814 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
R. v. Smith (1998), 219 A.R. 109, 161 D.L.R (4th) 331, [1998] 8 W.W.R. 620
(Alta. C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. v. Stinchcombe, [1991] 3 S.C.R. 326, (1991), 120 A.R. 161, [1992] 1 W.W.R.
97, 83 Alta. L.R. (2d) 93 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
R. v. Tessling, 2004 SCC 67, [2004] 3 S.C.R. 432, 244 D.L.R. (4th) 541, 189
C.C.C. (3d) 129 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. v. Wills (1992), 7 O.R. (3d) 337, 70 C.C.C. (3d) 529, 12 C.R. (4th) 58 . . . . .
169
R.W.D.S.U., Local 558 v. Pepsi-Cola Canada Beverages (West) Ltd., 2002 SCC
8, [2002] 1 S.C.R. 156, 208 D.L.R. (4th) 385, [2002] 4 W.W.R. 205 . . . . . . .
255
RJR ― MacDonald Inc. v. Canada (Attorney General), [1994] 1 S.C.R. 311,
(1994), 111 D.L.R. (4th) 385, 54 C.P.R. (3d) 114 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
CASES CITED
li
PAGE
RWDSU v. Dolphin Delivery Ltd., [1986] 2 S.C.R. 573, (1986), 33 D.L.R. (4th)
174, [1987] 1 W.W.R. 577 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
RWDSU v. Saskatchewan, [1987] 1 S.C.R. 460, (1987), 38 D.L.R. (4th) 277,
[1987] 3 W.W.R. 673 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Ramanathan v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 843,
74 Imm. L.R. (3d) 85 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Raza v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), [1999] 2 F.C. 185,
(1998), 157 F.T.R. 161, 47 Imm. L.R. (2d) 257 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Re B.C. Motor Vehicle Act, [1985] 2 S.C.R. 486, (1985), 24 D.L.R. (4th) 536,
[1986] 1 W.W.R. 481 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Re: Objection by Quebec to a Resolution to amend the Constitution, [1982] 2
S.C.R. 793, (1982) 140 D.L.R. (3d) 385, 45 N.R. 317 . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Re Resolution to amend the Constitution, [1981] 1 S.C.R. 753, (1981), 34 Nfld.
& P.E.I.R. 1, 125 D.L.R. (3d) 1, [1981] 6 W.W.R. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Reference Re Public Service Employee Relations Act (Alta.), [1987] 1 S.C.R. 313,
(1987), 78 A.R. 1; 38 D.L.R. (4th) 161 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Reference re Remuneration of Judges of the Provincial Court of Prince Edward
Island; Reference re Independence and Impartiality of Judges of the Provincial
Court of Prince Edward Island; R. v. Campbell; R. v. Ekmecic; R. v. Wickman;
Manitoba Provincial Judges Assn. v. Manitoba (Minister of Justice), [1997] 3
S.C.R. 3, (1997), 206 A.R. 1, 156 Nfld. & P.E.I.R. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
Ribic v. Canada (Minister of Employment and Immigration), [1985] I.A.B.D. No.
4 (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117, 291
Richter v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 806,
[2009] 1 F.C.R. 675, 73 Imm. L.R. (3d) 131, affd 2009 FCA 73 . . . . . . . . . .
291
Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998] 1 S.C.R. 27 (1998), 36 O.R. (3d) 418, 154
D.L.R. (4th) 193 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3, 67, 411, 452
Rodriguez v. British Columbia (Attorney General), [1993] 3 S.C.R. 519, (1993),
107 D.L.R. (4th) 342, [1993] 7 W.W.R. 641 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Ruby v. Canada (Solicitor General), [2000] 3 F.C. 589 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . .
102
Ruby v. Canada (Solicitor General), 2002 SCC 75, [2002] 4 S.C.R. 3, 219 D.L.R.
(4th) 385, 49 Admin. L.R. (3d) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 440
SS (Sri Lanka), R (on the application of) v. Secretary of State for the Home
Department, [2009] EWHC 223 (Admin) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Saeed v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006 FC 1016, 298
F.T.R. 307 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
Saleem v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 389 . . .
347
Sanofi-Aventis Canada Inc. v. Novopharm Ltd., 2007 FCA 163, [2008] 1 F.C.R.
174, 282 D.L.R. (4th) 476, 59 C.P.R. (4th) 416 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Saskatchewan Wheat Pool (1994), 23 C.L.R.B.R. (2d) 286, 93 di 201 (C.L.R.B.)
255
Selliah v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2004 FC 872, 37
Imm. L.R. (3d) 263, 256 F.T.R. 53, affd 2005 FCA 160, 50 Imm. L.R. (3d) 105,
339 N.R. 233 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Sierra Club of Canada v. Canada (Minister of Finance), [1999] 2 F.C. 211,
(1998), 13 Admin. L.R. (3d) 280, 157 F.T.R. 123 (T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . .
39
lii
CASES CITED
Sierra Club of Canada v. Canada (Minister of Finance), 2002 SCC 41, [2002] 2
S.C.R. 522, 211 D.L.R. (4th) 193, 40 Admin. L.R. (3d) 1 . . . . . . . . . . . . . . .
Singh et al. v. Minister of Employment and Immigration, [1985] 1 S.C.R. 177,
(1985), 17 D.L.R. (4th) 422, 12 Admin. L.R. 137 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sketchley v. Canada (Attorney General), 2005 FCA 404, [2006] 3 F.C.R. 392,
263 D.L.R. (4th) 113, 44 Admin. L.R. (4th) 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Soares v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2007 FC 190, 308
F.T.R. 280 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Soimu v. Canada (Secretary of State) (1994), 83 F.T.R. 285 (F.C.T.D.) . . . . . . .
Spencer v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2006 FC 990, 298
F.T.R. 267 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Standal Estate v. Swecan International Ltd. (1989), 28 C.P.R. (3d) 261, 27 F.T.R.
15 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Suresh v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2002 SCC 1, [2002]
1 S.C.R. 3, 208 D.L.R. (4th) 1, 37 Admin. L.R. (3d) 152 . . . . . . . . . . . . . . . .
Sychuk v. Canada (Attorney General ), 2009 FC 105, 91 Admin. L.R. (4th) 56,
340 F.T.R. 160 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tchassovnikov v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration) (1998), 152
F.T.R. 144 (F.C.T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Thamotharem v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2007 FCA 198,
[2008] 1 F.C.R. 385, 60 Admin. L.R. (4th) 247, 64 Imm. L.R. (3d) 226 . . . .
Tharmalingam v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008
FC 463 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
The Queen v. Oakes, [1986] 1 S.C.R. 103, (1986), 26 D.L.R. (4th) 200, 24 C.C.C.
(3d) 321 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Thorne’s Hardware Ltd. et al. v. The Queen et al., [1983] 1 S.C.R. 106, (1983),
143 D.L.R. (3d) 577, 46 N.R. 91 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
U.F.C.W., Local 1518 v. KMart Canada Ltd., [1999] 2 S.C.R. 1083, (1999), 176
D.L.R. (4th) 607, [1999] 9 W.W.R. 161 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
United Taxi Drivers’Fellowship of Southern Alberta v. Calgary (City), 2004 SCC
19, [2004] 1 S.C.R. 485, 346 A.R. 4, 26 Alta L.R. (4th) 1 . . . . . . . . . . . . . . .
Varela v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2009 FCA 145,
[2010] 1 F.C.R. 129, 80 Imm. L.R. (3d) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Veitch v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 1400 . . .
Vespoli v. Canada, [1988] 2 F.C. 125, [1988] 1 C.T.C. 25, (1987), 15 F.T.R. 128
(T.D.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Vriend v. Alberta, [1998] 1 S.C.R. 493, (1998), 212 A.R. 237, 156 D.L.R.
(4th) 385 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Westshore Terminals Ltd. (Re) (2000), 60 C.L.R.B.R. (2d) 106 . . . . . . . . . . . . .
Xie v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2004 FCA 250, [2005]
1 F.C.R. 304, 245 D.L.R. (4th) 385, 37 Imm. L.R. (3d) 163 . . . . . . . . . . . . .
Zeng v. Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2008 FC 956, 333
F.T.R. 84 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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255
219
452
452
67
452
255
347
347
JURISPRUDENCE CITÉE
PAGE
3430901 Canada Inc. c. Canada (Ministre de l’Industrie), 2001 CAF 254, [2001]
1 C.F. 421 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
A (FC) v. Secretary of State for the Home Department, [2004] UKHL 56 . . . . .
67
A.B. c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1997] A.C.F.
no 1528 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
A.C. c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2003 CF 1452 . .
67
AB Hassle c. Canada (Ministre de la Santé nationale et du Bien-être social),
[2000] A.C.F. no 855 (C.A.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
AFPC c. Canada, [1987] 1 R.C.S. 424 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
AN & SS (Tamils – Colombo – risk?) Sri Lanka CG, [2008] UKAIT 00063 . . .
395
Alberta c. Hutterian Brethren of Wilson Colony, 2009 CSC 37, [2009] 2 R.C.S.
567 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Almrei c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2004 CF 420,
[2004] 4 R.C.F. 327 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Almrei (Re), 2009 CF 240, [2010] 2 R.C.F. 165 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Ami(e)s de la Terre c. Canada (Gouverneur en conseil), 2008 CF 1183, [2009] 3
R.C.F. 201 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Amnistie internationale Canada c. Canada (Chef d’état-major de la Défense),
2007 CF 1147 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Andrews c. Law Society of British Columbia, [1989] 1 R.C.S. 143 . . . . . . . . . .
452
Angeles c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2004
CF 1257 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Apotex Inc. c. Wellcome Foundation Ltd., [1993] A.C.F. no 1117 (1re inst.) (QL) . .
67
Assoc. des juges de la Cour provinciale du Nouveau-Brunswick c. NouveauBrunswick (Ministre de la Justice); Assoc. des juges de l’Ontario c. Ontario
(Conseil de gestion); Bodner c. Alberta; Conférence des juges du Québec
(Procureur général); Minc c. Québec (Procureur général), 2005 CSC 44,
[2005] 2 R.C.S. 286; 288 R.N.-B. (2e) 202 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
Association des courtiers et agents immobiliers du Québec c. Proprio Direct Inc.,
2008 CSC 32, [2008] 2 R.C.S. 195 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
Association du groupe de la navigation aérienne c. Conseil du Trésor, 2001
CRTFP 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
Awed c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF 469 . .
291
B.V.D. Company v. Canadian Celanese Ltd., [1937] R.C.S. 221, [1937] 2
D.L.R. 481 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Baker c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1999] 2
R.C.S. 817 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39, 117, 395
liii
liv
JURISPRUDENCE CITÉE
PAGE
Barker v. Manitoba (Registrar of Motor Vehicles) (1987), 50 Man. R. (2d) 115,
47 D.L.R. (4th) 69, [1988] 2 W.W.R. 28 (Q.B.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Bayer Inc. c. Canada (Procureur général), [1999] A.C.F. no 826 (C.A.) (QL) . .
374
Beothuk Data Systems Ltd., Division Seawatch c. Dean, [1998] 1 C.F. 433 (C.A.)
39
Biovail Pharmaceuticals Inc. c. Canada (Ministre de la Santé nationale et du
Bien-être social), 2005 CF 9 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Black v. Canada (Prime Minister) (2001), 54 O.R. (3d) 215, 199 D.L.R. (4th)
228, 147 O.A.C. 141 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Borowski c. Canada (Procureur général), [1989] 1 R.C.S. 342 . . . . . . . . . . . . .
3
Boulter v. Nova Scotia Power Inc., 2009 NSCA 17, 275 N.S.R. (2d) 214, 307
D.L.R. (4th) 293, 185 C.R.R. (2d) 50 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Brar c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1997] A.C.F.
no 1527 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Bristol-Myers Squibb Canada Co. c. Apotex Inc., 2009 CF 137 . . . . . . . . . . . . .
141
British Columbia Teachers’ Federation v. British Columbia Public School
Employers’ Assn., 2009 BCCA 39, 306 D.L.R. (4th) 144, [2009] 5 W.W.R.
608, 89 B.C.L.R. (4th) 96, autorisation de pourvoi à la C.S.C. refusée, [2009]
2 R.C.S. vi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
British Columbia Terminal Elevator Operators’ Assn. (Re), 2008 CCRI 428 . . .
255
Can. Celanese Ltd. v. B.V.D. Co., [1939] 2 D.L.R. 289, (1939), 56 R.P.C. 122,
[1939] 1 All E.R. 140 (C.P.), confirmant sub nom. B.V.D. Company v.
Canadian Celanese Ltd., [1937] R.C.S. 441, [1937] 2 D.L.R. 449 . . . . . . . .
141
Canada (Citoyenneté et Immigration) c. Khosa, 2009 CSC 12, [2009] 1
R.C.S. 339 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3, 219, 440
Canada (Citoyenneté et Immigration) c. Khosa, 2009 CSC 12, [2009] 1 R.C.S. 339,
infirmant 2007 CAF 24, [2007] 4 R.C.F. 332, infirmant 2005 CF 1218 . . . .
117
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Bogutin, [1998]
A.C.F. no 211 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Copeland, [1998] 2
C.F. 493 (1re inst.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Fazalbhoy, [1999]
A.C.F. no 51 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Jaballah, 2009 CF 33
169
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Li, 2009 CAF 85,
[2010] 2 R.C.F. 433 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Odynsky, 2001
CFPI 138 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Canada (Procureur général) c. Canada (Commission d’enquête sur les actions
des responsables canadiens relativement à Maher Arar), 2007 CF 766, [2008]
3 R.C.F. 248 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 102
Canada (Procureur général) c. Khawaja, 2007 CF 490, [2008] 1 R.C.F. 547 . . .
67, 102
Canada (Procureur général) c. Ribic, 2002 CFPI 1044 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
Canada (Procureur général) c. Ribic, 2003 CAF 246, [2005] 1 R.C.F. 33 . . . . .
67
Canadian Foundation for Children, Youth and the Law c. Canada (Procureur
général), 2004 CSC 4, [2004] 1 R.C.S. 76 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
JURISPRUDENCE CITÉE
lv
PAGE
Cha c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CAF 126,
[2007] 1 R.C.F. 409, infirmant 2004 CF 1507, [2005] 2 R.C.F. 503 . . . . . . .
291
Chalk River Technicians and Technologists c. Énergie atomique du Canada Ltée,
2002 CAF 489, [2003] 3 C.F. 313 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Chan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1996] 3 C.F.
349 (1re inst.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Chandler c. Alberta Association of Architects, [1989] 2 R.C.S. 848 . . . . . . . . . .
195
Charkaoui (Re), 2003 CF 1419, [2004] 3 R.C.F. 32 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Charkaoui (Re), 2005 CF 1670, [2006] 3 R.C.F. 325 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
Charkaoui (Re), 2009 CF 342, [2010] 3 R.C.F. 67 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
102
Charkaoui c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2007 CSC 9, [2007] 1
R.C.S. 350 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Charkaoui c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2008 CSC 38, [2008] 2
R.C.S. 326 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 102
Chiarelli c. Canada (Ministre de l’Emploi et de l’Immigration), [1992] 1
R.C.S. 711 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 452
Chieu c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2002 CSC 3,
[2002] 1 R.C.S. 84 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117, 291
Chirwa, Lancelot (1970), 4 A.I.A. 351 (C.A.I.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Christopher c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008
CF 964 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Colombie-Britannique c. Imperial Tobacco Canada Ltée, 2005 CSC 49, [2005]
2 R.C.S. 473 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Conseil canadien des Églises c. Canada (Ministre de l’Emploi et de l’Immigration),
[1992] 1 R.C.S. 236 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Conseil des Canadiens avec déficiences c. VIA Rail Canada Inc., 2007 CSC 15,
[2007] 1 R.C.S. 650 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
Corbiere c. Canada (Ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien), [1999]
2 R.C.S. 203 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Cui c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2007 CF 945 . .
347
David Bull Laboratories (Canada) Inc. c. Pharmacia Inc., [1995] 1 C.F. 588
(C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
de Guzman c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2005
CAF 436, [2006] 3 R.C.F. 655 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 452
Delisle c. Canada (Sous-procureur général), [1999] 2 R.C.S. 989 . . . . . . . . . .
255
Deng c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2007 CF 943
347
Dimenene c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2001
CFPI 1101 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Dixon c. Canada (Procureur général), 2008 CF 889, [2009] 2 R.C.F. 397 . . . .
3
Dr Q c. College of Physicians and Surgeons of British Columbia, 2003 CSC 19,
[2003] 1 R.C.S. 226 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
Dumbrava c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1995]
195
A.C.F. no 1238 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Dunmore c. Ontario (Procureur général), 2001 CSC 94, [2001] 3 R.C.S. 1016 . .
255
Dunsmuir c. Nouveau-Brunswick, 2008 CSC 9, [2008] 1 R.C.S. 190, 329
R.N.-B. (2e) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3, 39, 117, 195, 219, 255, 291, 374, 395
lvi
JURISPRUDENCE CITÉE
Duque c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2007 CF
1367 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Eldridge c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1997] 3 R.C.S. 624 . . .
Erdogu c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF
407 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Ewing v. Mission Institution (1994), 92 C.C.C. (3d) 484 (C.A.C.-B.) . . . . . . . .
Falkiner v. Ontario (Ministry of Community and Social Services) (2002), 59 O.R.
(3d) 481, 212 D.L.R. (4th) 633, 1 Admin. L.R. (4th) 235 (C.A.) . . . . . . . . . .
Figueroa c. Canada (Procureur général), 2003 CSC 37, [2003] 1 R.C.S. 912 . .
Free World Trust c. Électro Santé Inc., 2000 CSC 66, [2000] 2 R.C.S. 1024 . . .
Friesen c. Canada, [1995] 3 R.C.S. 103 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Godbout c. Longueuil (Ville), [1997] 3 R.C.S. 844 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Goguen c. Gibson, [1983] 2 C.F. 463 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Gunther c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009
CF 875 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Guzman c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF
1134, [2007] 3 R.C.F. 411, conf. par 2007 CAF 358, autorisation de pourvoi
à la C.S.C. refusée, [2008] C.S.C.R. no 4 (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Harkat (Re), 2005 CF 393 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Harkat (Re), 2009 CF 167 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Harkat (Re), 2009 CF 241 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Harper c. Canada (Procureur général), 2004 CSC 33, [2004] 1 R.C.S. 827 . . .
Harris c. Canada, [2000] 4 C.F. 37 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Health Services and Support — Facilities Subsector Bargaining Assn. c.
Colombie-Britannique, 2007 CSC 27, [2007] 2 R.C.S. 391 . . . . . . . . . . . . . .
Hernandez c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CF
429, [2006] 1 R.C.F. 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Hershkovitz c. Tyco Safety Products Canada Ltd., 2009 CF 256 . . . . . . . . . . . .
Herzig c. Canada (Ministère de l’Industrie), 2002 CAF 36 . . . . . . . . . . . . . . . .
Hijos c. Canada (Procureur général), 2002 CAF 470 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Hodge c. Canada (Ministre du Développement des ressources humaines), 2004
CSC 65, [2004] 3 R.C.S. 357 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Hrushka c. Canada (Ministre des Affaires étrangères), 2009 CF 69 . . . . . . . . . .
Hunter c. Canada (Ministère des Consommateurs et des Sociétés), [1991]
3 C.F. 186 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Hunter et autres c. Southam Inc., [1984] 2 R.C.S. 145 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ICN Pharmaceuticals, Inc. c. Canada (Personnel du Conseil d’examen du prix
des médicaments brevetés), [1997] 1 C.F. 32 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
International Water-Guard Industries Inc. c. Bombardier Inc., 2007 CF 285 . . .
Irwin Toy Ltd. c. Québec (Procureur général), [1989] 1 R.C.S. 927 . . . . . . . . .
Ishmela c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2003
CF 838 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jafari c. Canada (Ministre de l’Emploi et de l’Immigration), [1995] 2 C.F. 595
(C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PAGE
195
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39
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291
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195
67
452
3
440
169
141
67
255
67
374
JURISPRUDENCE CITÉE
lvii
PAGE
Jimenez c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1998]
A.C.F. no 372 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Keymanesh c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF
641, [2007] 2 R.C.F. 206 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Khadr c. Canada (Ministre des Affaires étrangères), 2004 CF 1393 . . . . . . . . .
67
Kherei c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [2000] A.C.F.
no 1383 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Kim c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CF 1357 . .
452
Kisana c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CAF
189, [2010] 1 R.C.F. 360 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195, 452
Krena c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CF 874
452
La Reine c. Oakes, [1986] 1 R.C.S. 103 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Lagiorgia c. Canada, [1987] 3 C.F. 28 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
Law c. Canada (Ministre de l’Emploi et de l’Immigration), [1999] 1 R.C.S. 497 . .
452
Levi Strauss & Co. c. Vêtements Era Inc., [1999] A.C.F. no 1181 (1re inst.)
(QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Li c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CAF 1,
[2005] 3 R.C.F. 239 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
Li c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2007 CF 941 . . . .
347
Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada c. Canada, 2008 CF 732,
infirmant 2008 CF 146 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Liu c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CF 877 . . .
347
Luitjens c. Canada (Secrétaire d’État), [1992] A.C.F. no 319 (C.A.) (QL) . . . . .
39
MacDonald c. Canada (Procureur général), 2008 CF 796 . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
Mancia c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1998] 3
C.F. 461 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Martineau et autre c. Comité de discipline des détenus de l’Institution de Matsqui,
[1978] 1 R.C.S. 118 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
McCabe c. Canada (Procureur général), [2000] A.C.F. no 1262 (1re inst.) (QL) . . .
67
McLaren c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2001
CFPI 373 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Medovarski c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration); Esteban
c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2005 CSC 51,
[2005] 2 R.C.S. 539 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67, 291, 452
Ministre de la Justice du Canada et autre c. Borowski, [1981] 2 R.C.S. 575 . . .
39
Miron c. Trudel, [1995] 2 R.C.S. 418 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Monemi c. Canada (Solliciteur général), 2004 CF 1648 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Montréal (Ville) c. 2952-1366 Québec Inc., 2005 CSC 62, [2005] 3 R.C.S. 141 . .
255
Moss c. Canada, [1997] A.C.I. no 712 (QL); Pearson c. Canada, [2000] A.C.F.
no 1444 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Moulins Maple Leaf Ltée c. Baffin Bay (Le), [1973] C.F. 1097 (1re inst.) . . . . . .
67
NA c. Royaume-Uni (2009), 48 E.H.R.R. 15 (C.E.D.H.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Nalbandian c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006
CF 1128 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
lviii
JURISPRUDENCE CITÉE
PAGE
Nazifpour c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2007 CAF
35, [2007] 4 R.C.F. 515 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
New Brunswick Broadcasting Co. c. Nouvelle-Écosse (Président de l’Assemblée
législative), [1993] 1 R.C.S. 319 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Newfoundland Telephone Co. c. Terre-Neuve (Board of Commissioners of Public
Utilities), [1992] 1 R.C.S. 623 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Normandin c. Canada (Procureur général), 2005 CAF 345, [2006] 2 R.C.F. 112 .
39
Nouranidoust c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [2000]
1 C.F. 123 (1re inst.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Nouvelle-Écosse (Workers’ Compensation Board) c. Martin; Nouvelle-Écosse
(Workers’ Compensation Board) c. Laseur, 2003 CSC 54, [2003] 2 R.C.S.
504 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
Oberlander c. Canada (Procureur général), 2003 CF 944 . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Oberlander c. Canada (Procureur général), 2004 CAF 213, [2005] 1 R.C.F. 3 . .
39
Oberlander c. Canada (Procureur général), 2008 CF 1200, [2009] 3 R.C.F. 358 . .
39
Ottawa Citizen Group Inc. c. Canada (Procureur général), 2006 CF 1552 . . . .
102
Owusu c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2004 CAF 38,
[2004] 2 R.C.F. 635 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117, 195
Palumbo c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CF
706 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Park c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2001 CAF 165
195
Pelletier c. Canada (Procureur général), 2008 CAF 1, [2008] 3 R.C.F. 40 . . . .
411
Pfizer Canada Inc. c. Apotex Inc., [1999] A.C.F. no 959 (1re inst.) (QL) . . . . . . .
141
Pfizer Canada Inc. c. Canada (Ministre de la Santé), 2007 CF 452, conf. par
2007 CF 649 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
Phuti c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [2000] A.C.F.
no 1233 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
Polewsky v. Home Hardware Stores Ltd. (2003), 66 O.R. (3d) 600, 34 C.P.C. (5th)
334, 109 C.R.R. (2d) 189 (Div. Ct.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
Procureur général de la Nouvelle-Écosse et autres c. MacIntyre, [1982] 1 R.C.S.
175 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
Procureur général du Canada c. Inuit Tapirisat of Canada et autre, [1980] 2
R.C.S. 735 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
Pushpanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1998]
1 R.C.S. 982, motifs modifiés [1998] 1 R.C.S. 1222 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219, 347
R. c. Collins, [1987] 1 R.C.S. 265 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. c. Edwards, [1996] 1 R.C.S. 128 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. c. Egger, [1993] 2 R.C.S. 451 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
R. c. Kapp, 2008 CSC 41, [2008] 2 R.C.S. 483 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
R. c. Law, 2002 CSC 10, [2002] 1 R.C.S. 227 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. c. M. (C.A.), [1996] 1 R.C.S. 500 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. c. Malmo-Levine; R. c. Caine, 2003 CSC 74, [2003] 3 R.C.S. 571 . . . . . . . .
452
R. c. Mohan, [1994] 2 R.C.S. 9; Vriend c. Alberta, [1998] 1 R.C.S. 493 . . . . . .
452
R. c. Proulx, 2000 CSC 5, [2000] 1 R.C.S. 61 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. c. Stinchcombe, [1991] 3 R.C.S. 326 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
JURISPRUDENCE CITÉE
lix
PAGE
R. c. Tessling, 2004 CSC 67, [2004] 3 R.C.S. 432 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. v. Banks, 2007 ONCA 19, 84 O.R. (3d) 1; 275 D.L.R. (4th) 640, 216 C.C.C.
(3d) 19, autorisation de pourvoi à la C.S.C. refusée, [2007] C.S.C.R. no 139
(QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
R. v. C. (D.L.) (2003), 13 C.R. (6th) 329 (C.P. T.-N.-L.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. C.W.W., 2005 ABPC 214, 388 A.R. 170, 71 W.C. B. (2d) 636 . . . . . . . . . .
3
R. v. K.(C.) (2008), 233 C.C.C. (3d) 194 (C.J. Ont.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. Lord Chancellor, ex parte John Witham, [1997] 2 All E.R. 779 (Q.B.) . . . .
452
R. v. S.J.L., 2005 BCSC 177 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
R. v. Secretary of State for the Home Department, ex parte Saleem, [2000] 4 All
E.R. 814 (C.A.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
R. v. Smith (1998), 219 A.R. 109, 161 D.L.R (4th) 331, [1998] 8 W.W.R. 620
(C.A. Alb.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
R. v. Wills (1992), 7 O.R. (3d) 337, 70 C.C.C. (3d) 529, 12 C.R. (4th) 58 . . . . .
169
RJR ― MacDonald Inc. c. Canada (Procureur général), [1994] 1 R.C.S. 311 . .
374
Ramanathan c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008
CF 843 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
Raza c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1999] 2
C.F. 185 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Re : Opposition du Québec à une résolution pour modifier la Constitution, [1982]
2 R.C.S. 793 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
Renvoi : Motor Vehicle Act de la C.-B., [1985] 2 R.C.S. 486 . . . . . . . . . . . . . . .
452
Renvoi relatif à la Public Service Employee Relations Act (Alb.), [1987] 1
R.C.S. 313 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
Renvoi relatif à la rémunération des juges de la Cour provinciale de l’Île-duPrince-Édouard; Renvoi relatif à l’indépendance et à l’impartialité des juges
de la Cour provinciale de l’Île-du-Prince-Édouard; R. c. Campbell; R. c.
Ekmecic; R. c. Wickman; Manitoba Provincial Judges Assn. c. Manitoba
(Ministre de la Justice), [1997] 3 R.C.S. 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
Renvoi : Résolution pour modifier la Constitution, [1981] 1 R.C.S. 753 . . . . . .
411
Ribic c. Canada (Ministre de l’Emploi et de l’Immigration), [1985] D.S.A.I.
no 4 (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117, 291
Richter c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF 806,
[2009] 1 R.C.F. 675, conf. par 2009 CAF 73 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
Rizzo & Rizzo Shoes Ltd. (Re), [1998] 1 R.C.S. 27 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3, 67, 411, 452
Rodriguez c. Colombie-Britannique (Procureur général), [1993] 3 R.C.S. 519 . .
452
Ruby c. Canada (Solliciteur général), [2000] 3 C.F. 589 (C.A.) . . . . . . . . . . . . .
102
Ruby c. Canada (Solliciteur général), 2002 CSC 75, [2002] 4 R.C.S. 3 . . . . . . .
67, 440
S.D.G.M.R., section locale 558 c. Pepsi-Cola Canada Beverages (West) Ltd.,
2002 CSC 8, [2002] 1 R.C.S. 156 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
SDGMR c. Dolphin Delivery Ltd., [1986] 2 R.C.S. 573 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
SDGMR c. Saskatchewan, [1987] 1 R.C.S. 460 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
SS (Sri Lanka), R (on the application of) v. Secretary of State for the Home
Department, [2009] EWHC 223 (Admin) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
395
lx
JURISPRUDENCE CITÉE
Sa Majesté du chef de la province de l’Alberta c. Commission canadienne des
transports, [1978] 1 R.C.S. 61 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Saeed c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF
1016 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Saleem c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF 389 . .
Sanofi-Aventis Canada Inc. c. Novopharm Ltée, 2007 CAF 163, [2008] 1 R.C.F.
174 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Saskatchewan Wheat Pool (1994), 93 di 201 (C.C.R.T.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Selliah c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2004 CF 872,
conf. par 2005 CAF 160 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sierra Club du Canada c. Canada (Ministre des Finances), [1999] 2 C.F. 211
(1re inst.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sierra Club du Canada c. Canada (Ministre des Finances), 2002 CSC 41, [2002]
2 R.C.S. 522 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Singh et autres c. Ministre de l’Emploi et de l’Immigration, [1985] 1 R.C.S. 177 . .
Sketchley c. Canada (Procureur général), 2005 CAF 404, [2006] 3 R.C.F. 392 . .
Soares c.Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2007 CF 190 . .
Soimu c. Canada (Secrétaire d’État), [1994] A.C.F. no 1330 (1re inst.) (QL) . . .
Spencer c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2006 CF
990 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Standal, succession c. Swecan International Ltd., T-3509-80, juge Dubé,
jugement en date du 20 juillet 1989 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Suresh c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2002 CSC 1,
[2002] 1 R.C.S. 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sychuk c. Canada (Procureur général), 2009 CF 105 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Syndicat canadien de la Fonction publique, section locale 963 c. Société des
alcools du Nouveau-Brunswick, [1979] 2 R.C.S. 227, (1979), 25 R.N.-B. (2e)
237 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
T.U.A.C., section locale 1518 c. KMart Canada Ltd., [1999] 2 R.C.S. 1083 . . .
Tchassovnikov c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), [1998]
A.C.F. no 1111 (1re inst.) (QL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Terre-Neuve (Conseil du Trésor) c. N.A.P.E., 2004 CSC 66, [2004] 3 R.C.S. 381 . .
Thamotharem c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2007
CAF 198, [2008] 1 R.C.F. 385 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tharmalingam c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008
CF 463 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Thorne’s Hardware Ltd. et autres c. La Reine et autre, [1983] 1 R.C.S. 106 . . .
United Taxi Drivers’Fellowship of Southern Alberta c. Calgary (Ville), 2004 CSC
19, [2004] 1 R.C.S. 485 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Varela c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2009 CAF
145, [2010] 1 R.C.F. 129 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Veitch c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF 1400
Vespoli c. Canada, [1988] 2 C.F. 125 (1re inst.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Westshore Terminals Ltd. (Re), [2000] CCRI no 61, [2000] D.C.C.R.I. no 15 (QL)
Xie c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2004 CAF 250,
[2005] 1 R.C.F. 304 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Zeng c. Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2008 CF 956 . .
PAGE
39
347
347
141
255
195
39
67
452
395
347
195
291
141
67
3
219
255
195
312
347
452
374
219
452
452
67
255
347
347
STATUTES
AND
REGULATIONS
CITED
LOIS
ET
RÈGLEMENTS
CITÉS
PAGE
STATUTES
LOIS
CANADA
CANADA
Access to Information Act,
R.S.C., 1985, c. A-1
Loi sur l’accès à l’information,
L.R.C. (1985), ch. A-1
――― ..............................................................................
s./art. 14 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 15 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 16(1)(c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 16(1)(d) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 18(d) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 25 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 41 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 48 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 49 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 50 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 52 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada Elections Act,
S.C. 2000, c. 9
Loi électorale du Canada,
L.C. 2000, ch. 9
s./art. 56.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada Evidence Act,
R.S.C., 1985, c. C-5
R.S.C., 1985, c. G-10
411
Loi sur la preuve au Canada,
L.R.C. (1985), ch. C-5
s./art. 38–38.16 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 38.04 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canada Grain Act,
102
440
67, 440
440
440
440
440
440
440
440
440
440
67
102
Loi sur les grains du Canada,
L.R.C. (1985), ch. G-10
――― ..............................................................................
lxi
255
STATUTES AND REGULATIONS CITED
lxii
PAGE
Canada Labour Code,
R.S.C., 1985, c. L-2
Code canadien du travail,
L.R.C. (1985), ch. L-2
――― ..............................................................................
s./art. 3(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 88.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canadian Bill of Rights,
R.S.C., 1985, Appendix III
Déclaration canadienne des droits,
L.R.C. (1985), appendice III
s./art. 1(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Canadian Charter of Rights and Freedoms, being
Part I of the Constitution Act, 1982,
Schedule B, Canada Act 1982, 1982, c. 11 (U.K.)
[R.S.C., 1985, Appendix II, No. 44]
39, 67
255
255
452
Charte canadienne des droits et libertés, qui constitue
la partie I de la Loi constitutionnelle de 1982,
annexe B, Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch.
11 (R.-U.) [L.R.C. (1985), appendice II, no 44]
――― ..............................................................................
3, 102
s./art. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255, 312, 374, 440
s./art. 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
255
s./art. 2(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374, 440
s./art. 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
s./art. 7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39, 67, 291, 452
s./art. 8 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
s./art. 15 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291, 452
s./art. 24(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
169
Canadian Human Rights Act,
R.S.C., 1985, c. H-6
Loi canadienne sur les droits de la personne,
L.R.C. (1985), ch. H-6
――― ..............................................................................
Canadian Wheat Board Act,
R.S.C., 1985, c. C-24
102
Loi sur la Commission canadienne du blé,
L.R.C. (1985), ch. C-24
s./art. 3.02(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 3.12(2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 4(2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 6(1)(c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 6(1)(d) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 6(1)(k) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 9(1)(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 18(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 18(1.1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 18(1.2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 33(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 47.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
374
374
374
374
374
374
374
374
374
374
374
374
374
LOIS ET RÈGLEMENTS CITÉS
lxiii
PAGE
Citizenship Act,
R.S.C., 1985, c. C-29
Loi sur la citoyenneté,
L.R.C. (1985), ch. C-29
s./art. 10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 18 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Constitution Act, 1867,
Loi constitutionnelle de 1867,
30 & 31 Vict., c. 3 (U.K.) (as am. by Canada Act
30 & 31 Vict., ch. 3 (R.-U.) (mod. par la Loi de
1982, 1982, c. 11 (U.K.), Schedule to the
1982 sur le Canada, 1982, ch. 11 (R.-U.),
Constitution Act, 1982, Item 1) [R.S.C., 1985,
annexe de la Loi constitutionnelle de 1982, no
1) [LR.C. (1985), appendice II, no 5]
Appendix II, No. 5]
s./art. 50 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 101 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Constitution Act, 1982,
Schedule B, Canada Act 1982, 1982, c. 11
(U.K.) [R.S.C., 1985, Appendix II, No. 44]
S.C. 1992, c. 20
s./art. 2(1)
s./art. 107
s./art. 119
s./art. 120
annexe B, Loi de 1982 sur le Canada, 1982, ch.
11 (R.-U.) [L.R.C. (1985), appendice II, no 44]
R.S.C., 1985, c. C-46
L.C. 1992, ch. 20
S.C. 2009, c. 2, s. 393
L.R.C. (1985), ch. C-46
R.S.C. 1970 (2nd Supp.), c. 10
452
3
Loi sur le contrôle des dépenses,
L.C. 2009, ch. 2, art. 393
s./art. 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 13(4) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 16 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Federal Court Act,
3
3
3
3
Code criminel,
――― ..............................................................................
s./art. 742.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Expenditure Restraint Act,
411
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté
sous condition,
.............................................................................
.............................................................................
.............................................................................
.............................................................................
Criminal Code,
411
411
Loi constitutionnelle de 1982,
s./art. 41 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Corrections and Conditional Release Act,
39
39
312
312
312
Loi sur la Cour fédérale,
S.R.C. 1970 (2e Supp.), ch. 10
――― ..............................................................................
312
STATUTES AND REGULATIONS CITED
lxiv
PAGE
Federal Courts Act,
R.S.C., 1985, c. F-7
Loi sur les Cours fédérales,
L.R.C. (1985), ch. F-7
s./art. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3, 117, 219, 312, 347, 411, 440
s./art. 2(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
s./art. 12 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
312
s./art. 18 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
s./art. 18.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411
s./art. 18.1(4)(a) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
s./art. 18.1(4)(c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3, 219
s./art. 18.1(4)(d) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
s./art. 28 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
219
s./art. 52 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
s./art. 57 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
411, 440
Immigration Act,
R.S.C., 1985, c. I-2
Loi sur l’immigration,
L.R.C. (1985), ch. I-2
― ― ― . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67, 195, 291
s./art. 70(1)(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
Immigration Act, 1976,
S.C. 1976-77, c. 52
Loi de l’immigration de 1976,
S.C. 1976-77, ch. 52
――― ..............................................................................
Immigration and Refugee Protection Act,
S.C. 2001, c. 27
452
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés,
L.C. 2001, ch. 27
s./art. 3(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 291
s./art. 3(3)(f) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
s./art. 11 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
s./art. 25 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 291, 395, 452
s./art. 25(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
195
s./art. 28 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
s./art. 29(2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
s./art. 35 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
s./art. 36 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
s./art. 41(a) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
347
s./art. 41(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
s./art. 44 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
s./art. 45 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
s./art. 63(4) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
s./art. 64 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
s./art. 65 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
s./art. 67 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
291
s./art. 67(1)(c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
117
s./art. 74(d) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
452
s./art. 77(2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
s./art. 83(1)(c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
s./art. 83(1)(d) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 102
s./art. 83(1)(e) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67, 102
LOIS ET RÈGLEMENTS CITÉS
lxv
PAGE
Immigration and Refugee Protection Act,
S.C. 2001, c. 27—Concluded
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés,
L.C. 2001, ch. 27–Fin
s./art. 85.1(2)(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 85.2(c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 89 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 95 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 96 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 97 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 98 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 99 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 112 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 113 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 114 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 115(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Inquiries Act,
R.S.C., 1985, c. I-11
Loi sur les enquêtes,
L.R.C. (1985), ch. I-11
――― ..............................................................................
International Transfer of Offenders Act,
S.C. 2004, c. 21
s./art. 2
s./art. 23
s./art. 24
s./art. 25
s./art. 26
s./art. 27
R.S.C., 1985, c. I-21
L.C. 2004, ch. 21
R.S.C., 1985, c. J-1
L.R.C. (1985), ch. I-21
R.S.C., 1985, c. P-4
291
452
195
Loi sur les juges,
L.R.C. (1985), ch. J-1
――― ..............................................................................
Patent Act,
3
3
3
3
3
3
Loi d’interprétation,
――― ..............................................................................
s./art. 12 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 31(3) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Judges Act,
67
Loi sur le transfèrement international des délinquants,
...............................................................................
..............................................................................
..............................................................................
..............................................................................
..............................................................................
..............................................................................
Interpretation Act,
67
67
452
347
347, 452
347, 452
347
347
347
347
347
347`
312
Loi sur les brevets,
L.R.C. (1985), ch. P-4
s./art. 48 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
141
STATUTES AND REGULATIONS CITED
lxvi
PAGE
Prisons and Reformatories Act,
R.S.C., 1985, c. P-20
Loi sur les prisons et les maisons de correction,
L.R.C. (1985), ch. P-20
s./art. 6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Privacy Act,
R.S.C., 1985, c. P-21
Loi sur la protection des renseignements personnels,
L.R.C. (1985), ch. P-21
――― ..............................................................................
s./art. 51(2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Public Service Employment Act,
S.C. 2003, c. 22, ss. 12, 13
S.C. 2003, c. 22, s. 2
s./art. 43
s./art. 51
s./art. 57
s./art. 58
s./art. 70
L.C. 2003, ch. 22, art. 12, 13
R.S.C., 1985, c. P-36
L.C. 2003, ch. 22, art. 2
R.S.C., 1985 (3rd Supp.), c. 40
L.R.C. (1985), ch. P-36
R.S.C., 1985, c. Y-1
L.R.C. (1985) (3e suppl.), ch. 40
S.C. 2002, c. 1
39
Loi sur les jeunes contrevenants,
L.R.C. (1985), ch. Y-1
――― ..............................................................................
Youth Criminal Justice Act,
312
Loi sur les Lois révisées du Canada (1985),
s./art. 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Young Offenders Act,
219
219
219
219
219
Loi sur la pension de la fonction publique,
――― ..............................................................................
Revised Statutes of Canada, 1985 Act,
312
Loi sur les relations de travail dans la fonction
publique,
..............................................................................
..............................................................................
..............................................................................
..............................................................................
..............................................................................
Public Service Superannuation Act,
102
440
Loi sur l’emploi dans la fonction publique,
s./art. 127.1(1)(c) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Public Service Labour Relations Act,
3
3
Loi sur le système de justice pénale pour les
adolescents,
L.C. 2002, ch. 1
s./art. 2(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 38 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 42 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3
3
3
lxvii
LOIS ET RÈGLEMENTS CITÉS
PAGE
Youth Criminal Justice Act,
S.C. 2002, c. 1—Concluded
Loi sur le système de justice pénale pour les
adolescents,
L.C. 2002, ch. 1—Fin
s./art. 56(5) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 83 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 89 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 92 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 93 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 94(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 98 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 102 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 104 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ALBERTA
Municipal Government Act,
R.S.A. 2000, c. M-26
ALBERTA
Municipal Government Act,
R.S.A. 2000, ch. M-26
――― ..............................................................................
BRITISH COLUMBIA
Labour Relations Code,
R.S.B.C. 1996, c. 244
Public Utilities Act,
R.S.N.S. 1989, c. 380
Labour Relations Code,
R.S.B.C. 1996, ch. 244
Public Utilities Act,
R.S.N.S. 1989, ch. 380
ONTARIO
R.S.O. 1990, c. F.2
Loi sur les prestation familiales,
L.R.O. 1990, ch. F.2
ORDERS AND REGULATIONS
ORDONNANCES ET RÈGLEMENTS
CANADA
CANADA
SOR/2006-247
452
ONTARIO
――― ..............................................................................
Canadian Wheat Board Direction Order,
255
NOUVELLE-ÉCOSSE
s./art. 67(1) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Family Benefits Act,
219
COLOMBIE-BRITANNIQUE
s./art. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
NOVA SCOTIA
3
3
3
3
3
3
3
3
3
452
Décret d’instructions à la Commission canadienne
du blé,
DORS/2006-247
――― ..............................................................................
374
lxviii
STATUTES AND REGULATIONS CITED
Immigration and Refugee Protection Regulations,
SOR/2002-227
Règlement sur l’immigration et la protection des
réfugiés,
DORS/2002-227
――― ..............................................................................
s./art. 10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 66 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 117(9)(d) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 133(1)(k) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 223 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 294–315 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Immigration Regulations, 1978,
SOR/78-172
DORS/78-172
195
Décret,
P.C. 2007-1015
C.P. 2007-1015
――― ..............................................................................
Order in Council,
312
Décret,
P.C. 2009-0986
C.P. 2009-0986
――― ..............................................................................
Patented Medicines (Notice of Compliance)
Regulations,
SOR/93-133
ONTARIO
R.R.O. 1990, Reg. 366
DORS/93-133
141
141
ONTARIO
R.R.O. 1990, Règl. 366
s./art. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
RULES
RÈGLES
CANADA
CANADA
Federal Courts Rules,
312
Règlement sur les médicaments brevetés (avis de
conformité),
s./art. 5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
s./art. 6(5)(b) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
SOR/98-106
195
452
452
452
452
347
452
Règlement sur l’immigration de 1978,
s./art. 11.401 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Order in Council,
PAGE
452
Règles des Cours fédérales,
DORS/98-106
r. 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39, 67, 141, 312, 440
r. 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
r. 151 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
67
r. 359 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
440
Tariff/tarif B . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
Column/colonne III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
TREATIES
AND
OTHER
INSTRUMENTS
CITED
TRAITÉS
ET
AUTRES
INSTRUMENTS
CITÉS
PAGE
TREATIES
Convention against Torture and other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment,
December 10, 1984, [1987] Can. T.S. No. 36
TRAITÉS
Convention contre la torture et autres peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants,
10 décembre 1984, [1987] R.T. Can. no 36
――― ..............................................................................
Art. 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
International Covenant on Civil and Political Rights,
December 19, 1966, [1976] Can. T.S. No. 47
Pacte international relatif aux droits civils et
politiques,
19 décembre 1966, [1976] R.T. Can. no 47
――― ..............................................................................
Johannesburg Principles: National Security, Freedom of Expression and Access to Information,
UN Doc. E/CN.4/1996/39
UN Doc. E/CN.4/1984/4
67
Principes de Johannesbour : Sécurité nationale,
liberté d’expression et accès à l’information,
Doc. NU E/CN.4/1996/39
――― ..............................................................................
Siracusa Principles on the Limitation and Derogation
Provisions in the International Covenant on
Civil and Political Rights,
452
67
67
Principes de Syracuse concernant les dispositions
du Pacte international relatif aux droits civils
et politiques qui autorisent des restrictions ou
des dérogations,
Doc. NU E/CN.4/1984/4
――― ..............................................................................
lxix
67
lxx
TREATIES AND OTHER DOCUMENTS CITED
United Nations Convention Relating to the Status
of Refugees,
July 28, 1951, [1969] Can. T.S. No. 6
Convention des Nations Unies relative au statut des
réfugiés,
28 juillet 1951, [1969] R.T. Can. no 6
――― ..............................................................................
Art. 1E . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Art. 1F . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PAGE
291, 452
347
347
AUTHORS CITED
PAGE
Bower, George Spencer and Sir Alexander Kingcome Turner. The Doctrine of
Res Judicata, 2nd ed. London: Butterworths, 1969 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Brown, Donald J.M. and John M. Evans. Judicial Review of Administrative
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resources/manuals/enf/enf06-eng.pdf> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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5: Immigrant Applications in Canada made on Humanitarian or Compassionate
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html> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
lxxi
195
195
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411
3
312
67
291
195
312
312
312
lxxii
AUTHORS CITED
Driedger, Elmer A. Construction of Statutes, 2nd ed. Toronto: Butterworths,
1983 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Driedger, Elmer A. The Construction of Statutes. Toronto: Butterworths, 1974 . .
Fontana, James A. and David Keeshan. The Law of Search and Seizure in Canada,
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Ont.: LexisNexis Canada, 2005 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PAGE
452
3
168
411
255, 411
411
411
141
374
219
141
39
67
195
DOCTRINE CITÉE
PAGE
Bower, George Spencer et Sir Alexander Kingcome Turner. The Doctrine of Res
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lxxiii
195
195
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291
195
411
452
3
168
411
255, 411
lxxiv
DOCTRINE CITÉE
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Ministère de la Justice du Canada. Réponse du ministre de la Justice au rapport
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Résumé de l’étude d’impact de la réglementation, DORS/2006-242, Gaz. C.
2006.II.1510 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Résumé de l’étude d’impact de la réglementation, DORS/2006-247, Gaz. C.
2006.II.1546 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Rootham, Christopher. Labour and Employment Law in the Federal Public
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gouvernement du Canada, 1 février, 2002, en ligne : <http://www.tbs-sct.gc.ca/
pol/doc-fra.aspxYid=12322> . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Shorter Oxford Dictionary on Historical Principles, 3e éd. Oxford : Clarendon
Press, 1990, « temporal » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sullivan, Ruth. Sullivan on the Construction of Statutes, 5e éd. Markham :
LexisNexis Canada, 2008 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Waldman, Lorne. Immigration Law and Practice, 2e éd., feuilles mobiles.
Markham, Ont. : LexisNexis Canada, 2005 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
PAGE
411
312
312
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