Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
ABORIGINAL PEOPLES
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable DENNIS GLEN PATTERSON
Président :
L’honorable DENNIS GLEN PATTERSON
Monday, September 15, 2014
Tuesday, September 23, 2014 (in camera)
Wednesday, September 24, 2014
Tuesday, September 30, 2014
Wednesday, October 1, 2014
Le lundi 15 septembre 2014
Le mardi 23 septembre 2014 (à huis clos)
Le mercredi 24 septembre 2014
Le mardi 30 septembre 2014
Le mercredi 1er octobre 2014
Issue No. 8
Fascicule no 8
Thirteenth and fourteenth meetings on:
Treizième et quatorzième réunions concernant :
The challenges and potential solutions relating to
First Nations infrastructure on reserves
Les problèmes, et les solutions possibles, liés à
l’infrastructure dans les réserves des Premières Nations
First, second and third meetings on:
Première, deuxième et troisième réunions concernant :
Bill C-428, An Act to amend the Indian Act
(publication of by-laws) and to provide for its replacement
Le projet de loi C-428, Loi modifiant la Loi sur
les Indiens (publication des règlements administratifs)
et prévoyant le remplacement de cette loi
and
et
Consideration of a draft agenda (future business)
Étude d’un projet d’ordre du jour (travaux futurs)
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51560-51561-51574-51587-51598-51605
STANDING SENATE COMMITTEE ON
ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Dennis Glen Patterson, Chair
Président : L’honorable Dennis Glen Patterson
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Beyak
* Carignan, P.C.
(or Martin)
* Cowan
(or Fraser)
Enverga
Lovelace Nicholas
Moore
Ngo
Raine
Tannas
Wallace
Watt
Beyak
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
* Cowan
(ou Fraser)
Enverga
Lovelace Nicholas
Moore
Ngo
Raine
Tannas
Wallace
Watt
*Ex officio members
(Quorum 4)
* Membres d’office
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Watt replaced the Honourable
Senator Sibbeston (September 30, 2014).
L’honorable sénateur Watt a remplacé l’honorable
sénateur Sibbeston (le 30 septembre 2014).
The Honourable Senator Sibbeston replaced the Honourable
Senator Watt (September 29, 2014).
L’honorable sénateur Sibbeston a remplacé l’honorable
sénateur Watt (le 29 septembre 2014).
The Honourable Senator Raine replaced the Honourable
Senator McIntyre (September 25, 2014).
L’honorable sénatrice Raine a remplacé l’honorable
sénateur McIntyre (le 25 septembre 2014).
The Honourable Senator Watt replaced the Honourable
Senator Raine (September 23, 2014).
L’honorable sénateur Watt a remplacé l’honorable
sénateur Sibbeston (le 23 septembre 2014).
The Honourable Senator McIntyre replaced the Honourable
Senator Raine (September 23, 2014).
L’honorable sénateur McIntyre a remplacé l’honorable
sénateur Raine (le 23 septembre 2014).
The Honourable Senator Enverga replaced the Honourable
Senator Meredith (September 12, 2014).
L’honorable sénateur Enverga a remplacé l’honorable
sénateur Meredith (le 12 septembre 2014).
The Honourable Senator Sibbeston replaced the Honourable
Senator Baker, P.C. (June 17, 2014).
L’honorable sénateur Sibbeston a remplacé l’honorable
sénateur Baker, C.P. (le 17 juin 2014).
The Honourable Senator Ataullahjan was removed from the
membership of the committee, replacement pending
(June 17, 2014).
L’honorable sénatrice Ataullahjan a été retirée de la liste des
membres du comité, remplacement à venir (le 17 juin 2014).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
1-10-2014
Peuples autochtones
8:3
ORDRE DE RENVOI
ORDER OF REFERENCE
Extract from the Journals of the Senate, Tuesday, June 10,
2014:
Resuming debate on the motion of the Honourable
Senator Ngo, seconded by the Honourable Senator
Bellemare, for the second reading of Bill C-428, An Act to
amend the Indian Act (publication of by-laws) and to
provide for its replacement.
Extrait des Journaux du Sénat le mardi 10 juin 2014 :
Reprise du débat sur la motion de l’honorable
sénateur Ngo, appuyée par l’honorable sénatrice
Bellemare, tendant à la deuxième lecture du projet de
loi C-428, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (publication
des règlements administratifs) et prévoyant le remplacement
de cette loi.
Après débat,
After debate,
La motion, mise aux voix, est adoptée avec dissidence.
The question being put on the motion, it was adopted,
on division.
The bill was then read the second time, on division.
The Honourable Senator Ngo moved, seconded by the
Honourable Senator Enverga, that the bill be referred to the
Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples.
Le projet de loi est alors lu pour la deuxième fois,
avec dissidence.
L’honorable sénateur Ngo propose, appuyé par
l’honorable sénateur Enverga, que le projet de loi soit
renvoyé au Comité sénatorial permanent des
peuples autochtones.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat,
Gary W. O’Brien
Clerk of the Senate
8:4
Aboriginal Peoples
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
THUNDER BAY, Monday, September 15, 2014
(32)
THUNDER BAY, le lundi 15 septembre 2014
(32)
[English]
1-10-2014
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9:18 a.m., in Scandia Rooms 2&3, at the Valhalla Inn
Hotel, the chair, the Honourable Dennis Glen Patterson,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui, à 9 h 18, dans les salles Scandia 2 et 3 de
l’hôtel Valhalla Inn, sous la présidence de l’honorable
Dennis Glen Patterson (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Dyck, Lovelace Nicholas, Moore, Patterson, Raine, Sibbeston
and Tannas (7).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Dyck,
Lovelace Nicholas, Moore, Patterson, Raine, Sibbeston et
Tannas (7).
In attendance: Julie Cool and Martha Butler, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présentes : Julie Cool et Martha Butler, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, February 25, 2014, the committee continued its
consideration of the challenges and potential solutions relating
to First Nations infrastructure on reserves. (For complete text of
the order of reference, see proceedings of the committee,
Issue No. 4.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 25 février 2014, le comité poursuit son étude sur les
problèmes, et les solutions possibles, liés à l’infrastructure dans les
réserves des Premières Nations. (Le texte intégral de l’ordre de
renvoi figure au fascicule no 4 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Temagami First Nation:
Première Nation de Temagami :
Elizabeth (Liz) Potts, Housing Coordinator.
Mishkeegogamang First Nation:
Connie Gray-McKay, Chief;
Donna Roundhead, Mental Health Counsellor.
Lac Seul First Nation:
Basil Goodchild, Housing Manager.
Eagle Lake First Nation:
Arnold Gardner, Chief.
Constance Lake First Nation:
Elizabeth (Liz) Potts, coordonnatrice du logement.
Première Nation de Mishkeegogamang :
Connie Gray-McKay, chef;
Donna Roundhead, conseillère en santé mentale.
Première Nation de Lac Seul :
Basil Goodchild, gestionnaire des logements.
Première Nation d’Eagle Lake :
Arnold Gardner, chef.
Première Nation de Constance Lake :
Charles Baxter, Sr., Housing Manager.
Charles Baxter, Sr., gestionnaire des logements.
The Honourable Senator Moore moved:
L’honorable sénateur Moore propose :
That media be permitted to film the day’s proceedings.
Que les médias aient l’autorisation de filmer les
délibérations de la journée.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Ms. Potts made a statement and answered questions.
Mme Potts fait un exposé et répond aux questions.
At 10:39 a.m., the committee suspended.
À 10 h 39, la séance est suspendue.
At 11:06 a.m., the committee resumed.
À 11 h 6, la séance reprend.
Ms. Gray-McKay, Mr. Goodchild, Mr. Gardner and
Mr. Baxter each made a statement and, together, answered
questions.
Mme Gray-McKay, M. Goodchild, M. Gardner et M. Baxter
font chacun un exposé puis, ensemble, répondent aux questions.
1-10-2014
Peuples autochtones
At 1:09 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
ATTEST:
THUNDER BAY, Monday, September 15, 2014
(33)
[English]
8:5
À 13 h 9, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTESTÉ :
THUNDER BAY, le lundi 15 septembre 2014
(33)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 2:07 p.m., in Scandia Rooms 2&3, at the Valhalla Inn
Hotel, the chair, the Honourable Dennis Glen Patterson,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui à 14 h 7, dans les salles Scandia 2 et 3 de
l’hôtel Valhalla Inn, sous la présidence de l’honorable Dennis
Glen Patterson (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Dyck, Lovelace Nicholas, Moore, Patterson, Raine, Sibbeston
and Tannas (7).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Dyck,
Lovelace Nicholas, Moore, Patterson, Raine, Sibbeston et
Tannas (7).
In attendance: Julie Cool and Martha Butler, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présentes : Julie Cool et Martha Butler, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, February 25, 2014, the committee continued its
consideration of the challenges and potential solutions relating
to First Nations infrastructure on reserves. (For complete text of
the order of reference, see proceedings of the committee,
Issue No. 4.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 25 février 2014, le comité poursuit son étude des
problèmes, et des solutions possibles, liés à l’infrastructure dans
les réserves des Premières Nations. (Le texte intégral de l’ordre de
renvoi figure au fascicule no 4 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
As an individual:
À titre personnel :
Bryan Poulin, Associate Professor, Lakehead University.
Wasagamack First Nation:
Alex McDougall, Chief.
Attawapiskat First Nation:
Bryan Poulin, professeur agrégé, Université Lakehead.
Première Nation de Wasagamack :
Alex McDougall, chef.
Première Nation d’Attawapiskat :
Theresa Spence, Chief;
Theresa Spence, chef.
Katherine Hensel, Counsel;
Katherine Hensel, conseillère
Monique Sutherland, Housing Manager;
Monique Sutherland, gestionnaire des logements;
Wayne Turner, Executive Director.
Wayne Turner, directeur général.
Kasabonika Lake First Nation:
Mike Morris, Councillor.
Muskrat Dam First Nation:
Gordon Beardy, Chief.
Nishnawbe Aski First Nation:
Première Nation de Kasabonika Lake :
Mike Morris, conseiller.
Première Nation de Muskrat :
Gordon Beardy, chef.
Première Nation Nishnawbe-Aski :
Les Louttit, Deputy Grand Chief;
Les Louttit, grand chef adjoint;
Charmaine McCraw, Economic and Resource Development
Unit Manager.
Charmaine McCraw, gestionnaire, Unité de développement
économique et de mise en valeur des ressources.
Mr. Poulin and Mr. McDougall each made a statement and,
together, answered questions.
M. Poulin et M. McDougall font chacun un exposé puis,
ensemble, répondent aux questions.
8:6
Aboriginal Peoples
It was agreed that the English-only brief of Wasagamack
First Nation be distributed to all the committee members.
Il est convenu que le mémoire en anglais seulement de la
Première Nation de Wasagamack soit distribué à tous les
membres du comité.
At 3:14 p.m., the committee suspended.
À 15 h 14, la séance est suspendue.
At 3:20 p.m., the committee resumed.
À 15 h 20, la séance reprend.
Ms. Spence, Mr. Morris and Mr. Beardy each made a
statement and, together with Ms. Hensel, Ms. Sutherland and
Mr. Turner, answered questions.
1-10-2014
Mme Spence, M. Morris et M. Beardy font chacun un exposé
puis, avec l’aide de Mme Hensel, Mme Sutherland et M. Turner,
répondent aux questions.
At 5:35 p.m., the committee suspended.
À 17 h 35, la séance est suspendue.
At 5:36 p.m., the committee resumed.
À 17 h 36, la séance reprend.
Mr. Louttit made a statement and, together with
Ms. McGraw, answered questions.
M. Louttit fait un exposé puis, avec l’aide de Mme McGraw,
répond aux questions.
At 6:52 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 18 h 52, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Tuesday, September 23, 2014
(34)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mardi 23 septembre 2014
(34)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day in camera at 9:34 a.m., in room 160-S, Centre Block, the
chair, the Honourable Dennis Glen Patterson, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui, à huis clos, à 9 h 34, dans la salle 160-S
de l’édifice du Centre, sous la présidence de l’honorable Dennis
Glen Patterson (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Dyck, Enverga, Moore, Ngo, Patterson, Tannas and
Wallace (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Dyck, Enverga, Moore, Ngo, Patterson, Tannas et Wallace (8).
In attendance: Martha Butler, Tonina Simeone, and Shauna
Troniak, Analysts, Parliamentary Information and Research
Service, Library of Parliament.
Également présentes : Martha Butler, Tonina Simeone et
Shauna Troniak, analystes, Service d’information et de
recherche parlementaires, Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a
draft agenda (future business).
Conformément à l’article 12-16(1)d), le comité examine un
projet d’ordre du jour (travaux futurs).
It was agreed that senators’ staff be permitted to remain in the
room during the in camera meeting.
Il est convenu que le personnel des sénateurs soit autorisé à
demeurer dans la salle pendant la séance à huis clos.
At 11:03 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 3, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, September 24, 2014
(35)
[English]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 7:12 p.m., in room 257, East Block, the chair, the
Honourable Dennis Glen Patterson, presiding.
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 24 septembre 2014
(35)
[Traduction]
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui à 19 h 12, dans la salle 257 de l’édifice de
l’Est, sous la présidence de l’honorable Dennis Glen Patterson
(président).
1-10-2014
Peuples autochtones
8:7
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Dyck, Enverga, McIntyre, Moore, Ngo, Patterson,
Tannas, Wallace and Watt (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Dyck, Enverga, McIntyre, Moore, Ngo, Patterson, Tannas,
Wallace et Watt (10).
In attendance: Martha Butler, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présente : Martha Butler, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, June 10, 2014, the committee began its consideration of
Bill C-428, An Act to amend the Indian Act (publication of
by-laws) and to provide for its replacement.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 10 juin 2014, le comité entame son étude du projet de
loi C-428, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (publication des
règlements administratifs) et prévoyant le remplacement de
cette loi.
WITNESSES:
TÉMOINS :
Rob Clarke, M.P., sponsor of the bill;
Rob Clarke, député, parrain du projet de loi;
Georganne Burke, Director, Indigenous Outreach, Office of
Rob Clarke, M.P.
Georganne Burke, directrice, Intervention auprès des
Autochtones, bureau de Rob Clarke, député.
Board of St. Kateri Catholic School:
Conseil d’administration de l’école catholique Saint Kateri :
Dorine Rabbit, Chair;
Dorine Rabbit, présidente;
Wallace Manyfingers, Member.
Wallace Manyfingers, membre.
Mr. Clarke made a statement and, together with Ms. Burke,
answered questions.
M. Clarke fait un exposé puis, avec l’aide de Mme Burke,
répond aux questions.
Mr. Manyfingers and Ms. Rabbit each made a statement and,
together, answered questions.
M. Manyfingers et Mme Rabbit font chacun un exposé puis,
ensemble, répondent aux questions.
At 9:08 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 21 h 8, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Tuesday, September 30, 2014
(36)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mardi 30 septembre 2014
(36)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9:35 a.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Dennis Glen Patterson, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 35, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Dennis Glen Patterson
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Dyck, Enverga, Moore, Ngo, Patterson, Raine, Tannas
and Wallace (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Dyck, Enverga, Moore, Ngo, Patterson, Raine, Tannas et
Wallace (9).
Other senator present: The Honourable Senator Watt (1).
In attendance: Martha Butler, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Autre sénateur présent : L’honorable sénateur Watt (1).
Également présente : Martha Butler, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
8:8
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, June 10, 2014, the committee continued its
consideration of Bill C-428, An Act to amend the Indian Act
(publication of by-laws) and to provide for its replacement.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 10 juin 2014, le comité poursuit son étude du projet de
loi C-428, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (publication des
règlements administratifs) et prévoyant le remplacement de
cette loi.
WITNESSES:
TÉMOINS :
Assembly of First Nations:
Assemblée des Premières Nations :
Stuart Wuttke, Legal Counsel;
Stuart Wuttke, conseiller juridique;
Valerie Richer, Associate Legal Counsel.
Valerie Richer, conseillère juridique associée.
An an individual:
Guy Lonechild.
Congress of Aboriginal Peoples:
Betty Ann Lavallée, National Chief.
First Nation Tax Commission:
C.T. (Manny) Jules, Chief Commissioner.
À titre personnel :
Guy Lonechild.
Congrès des peuples autochtones :
Betty Ann Lavallée, chef national.
Commission de la fiscalité des Premières Nations :
C.T. (Manny) Jules, président.
It was agreed that the English-only briefs or speaking notes of
today’s witnesses be distributed to the committee members.
Il est convenu que les notes d’allocution et les mémoires en
anglais seulement des témoins soient distribués aux membres du
comité.
Mr. Wuttke and Mr. Lonechild each made a statement and,
together with Ms. Richer, answered questions.
M. Wuttke et M. Lonechild font chacun un exposé puis, avec
l’aide de Mme Richer, répondent ensemble aux questions.
Ms. Lavallée and Mr. Jules each made a statement and,
together, answered questions.
Mme Lavallée et M. Jules font chacun un exposé puis,
ensemble, répondent aux questions.
At 11:32 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 32, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, October 1, 2014
(37)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 1er octobre 2014
(37)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 6:48 p.m., in room 160-S, Centre Block, the chair,
the Honourable Dennis Glen Patterson, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui, à 18 h 48, dans la salle 160-S de l’édifice
du Centre, sous la présidence de l’honorable Dennis Glen
Patterson (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Dyck, Enverga, Moore, Ngo, Patterson, Raine, Tannas
and Wallace (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Dyck, Enverga, Moore, Ngo, Patterson, Raine, Tannas et
Wallace (9).
In attendance: Martha Butler, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présente : Martha Butler, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, June 10, 2014, the committee continued its
consideration of Bill C-428, An Act to amend the Indian Act
(publication of by-laws) and to provide for its replacement.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 10 juin 2014, le comité poursuit son étude du projet de
loi C-428, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (publication des
règlements administratifs) et prévoyant le remplacement de
cette loi.
1-10-2014
Peuples autochtones
WITNESSES:
TÉMOINS :
An an individual:
À titre personnel :
8:9
Ian Peach, expert-conseil (par vidéoconférence).
Ian Peach, Consultant (by videoconference).
Affaires autochtones et Développement du Nord Canada :
Aboriginal Affairs and Northern Development Canada:
Joe Wild, Senior Assistant Deputy Minister, Treaties and
Aboriginal Government;
Joe Wild, sous-ministre adjoint principal, Traités et
gouvernement autochtone;
Nathalie Nepton, Director, Governance Policy and
Implementation Directorate, Treaties and Aboriginal
Government;
Nathalie Nepton, directrice, Direction des politiques et de la
mise en œuvre de la gouvernance, Traités et gouvernement
autochtone;
Line Paré, Director General, Settlement Agreement
Operations, Resolution and Individual Affairs Sector;
Line Paré, directrice générale, Opérations de la convention de
règlement, Secteur de résolution et des affaires individuelles;
Kris Johnson, Senior Director, Lands Modernization, Lands
and Economic Development Sector;
Kris Johnson, directeur principal, Modernisation des terres et
du développement économique;
Chris Rainer, Director, Strategic Policy and Planning
Directorate — Education Branch, Education and Social
Development Programs and Partnerships Sector.
Chris Rainer, directeur, Direction de la planification et de la
politique stratégique — Direction générale de l’éducation,
Secteur des programmes et des partenariats en matière
d’éducation et de développement social.
Ministère de la Justice Canada :
Department of Justice Canada:
Martin Reiher, Acting General Counsel and Acting Director.
Martin Reiher, avocat général et directeur par intérim;
Mr. Peach made a statement and answered questions.
M. Peach fait un exposé et répond aux questions.
Mr. Wild, Ms. Nepton, Ms. Paré, Mr. Johnson, Mr. Rainer
and Mr. Reiher answered questions.
M. Wild, Mme Nepton, Mme Paré, M. Johnson, M. Rainer et
M. Reiher répondent aux questions.
At 8:45 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 20 h 45, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
8:10
Aboriginal Peoples
1-10-2014
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
THUNDER BAY, Monday, September 15, 2014
THUNDER BAY, le lundi 15 septembre 2014
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9:18 a.m. to continue its study on challenges relating to
First Nations infrastructure on reserves.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui, à 9 h 18, pour poursuivre l’étude des
problèmes liés à l’infrastructure dans les réserves des Premières
Nations.
Senator Dennis Glen Patterson (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Dennis Glen Patterson (président) occupe le
fauteuil.
[Traduction]
The Chair: I would like to welcome you all, especially my
Senate colleagues who are attending this meeting of the Standing
Senate Committee on Aboriginal Peoples. I am Dennis Patterson,
chair of the committee. Our mandate is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada generally.
Le président : Je veux souhaiter la bienvenue à tout le monde,
et tout particulièrement à mes collègues qui participent à cette
séance du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones.
Mon nom est Dennis Patterson et je suis le président de ce comité.
Notre mandat consiste à examiner les projets de loi ainsi que toute
autre question concernant les peuples autochtones du Canada.
Today, we are happy to be in Thunder Bay to hear testimony
on a specific order of reference authorizing us to examine and
report on the challenges and potential solutions relating to
infrastructure on reserves, including housing, community
infrastructure and innovative opportunities for financing, and
more effective collaborative strategies.
Nous sommes heureux d’être aujourd’hui à Thunder Bay pour
entendre des témoignages dans le contexte de l’ordre de renvoi
nous autorisant à examiner pour en faire rapport les problèmes et
les solutions possibles liés à l’infrastructure dans les réserves,
notamment pour ce qui est du logement, des infrastructures
communautaires, des options de financement novatrices et des
stratégies de collaboration plus efficaces.
We have been studying this very important issue quite
intensively since last November. We have held many months of
hearings in Ottawa and have travelled to Nova Scotia to hold
meetings and carry out onsite visits to see housing stock. For the
remainder of this week, we are pleased to be visiting a number of
Ontario First Nations as part of our ongoing fact-finding mission.
In October, we are planning to travel to British Columbia as well.
We believe that different regions of the country face unique
challenges and that by travelling we gain a much better
appreciation for the problems and potential solutions.
Nous avons amorcé notre étude approfondie de cette
importante question en novembre dernier. Nous avons depuis
tenu de nombreuses séances à Ottawa ainsi qu’en NouvelleÉcosse, en plus d’effectuer des visites sur le terrain pour constater
la situation du logement. Nous poursuivons cette semaine notre
mission d’enquête en visitant différentes Premières Nations
ontariennes. En octobre, nous prévoyons nous rendre en
Colombie-Britannique. Nous croyons que les différentes régions
du pays sont aux prises avec des problèmes qui leur sont propres
et que nos déplacements nous permettront de mieux évaluer ces
problèmes et dégager des pistes de solution.
Before proceeding to the testimony and welcoming our first
witness, I would like to go around the table and ask members of
the committee to introduce themselves, beginning with our deputy
chair.
Avant d’accueillir notre premier témoin, j’aimerais que nous
fassions un tour de table pour que les membres du comité se
présentent, en débutant par notre vice-présidente.
Senator Dyck: Good morning and welcome to our witness.
Good to be back. I am Lillian Dyck, deputy chair of the
committee, from Saskatchewan.
La sénatrice Dyck : Bonjour et bienvenue à notre témoin.
Je me réjouis d’être de retour ici. Je m’appelle Lillian Dyck,
vice-présidente du comité, de la Saskatchewan.
Senator Moore: Good morning. Wilfred Moore from
Nova Scotia. Welcome to you all.
Le sénateur Moore : Bonjour, Wilfred Moore, de la
Nouvelle-Écosse. Bienvenue à tous.
Senator Lovelace Nicholas: Good morning. Senator
Lovelace Nicholas from New Brunswick.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Bonjour, sénatrice
Lovelace Nicholas, du Nouveau-Brunswick.
Senator Sibbeston: Good morning. Senator Nick Sibbeston
from the Northwest Territories.
Le sénateur Sibbeston : Bonjour, sénateur Nick Sibbeston, des
Territoires du Nord-Ouest.
Senator Tannas: Good morning. Scott Tannas from Alberta.
Senator Raine: I am Nancy Greene Raine from B.C.
Le sénateur Tannas : Bonjour. Scott Tannas de l’Alberta.
La sénatrice Raine : Je suis Nancy Greene Raine, de la
Colombie-Britannique.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:11
The Chair: Colleagues, before welcoming our first witness,
there has been a request to have media film the proceedings of the
committee. I wonder if committee members would entertain a
motion.
Le président : Je vous signale que nous avons reçu une
demande de captation média de la séance du comité. Est-ce que
l’un d’entre vous serait prêt à formuler une motion en ce sens.
Senator Moore: Would you like a motion, chair, to that effect?
Le sénateur Moore : Vous voulez que nous proposions une
motion à cet effet, monsieur le président?
The Chair: Yes, please.
Le président : Oui.
Senator Moore: So moved.
Le sénateur Moore : J’en fais la proposition.
The Chair: It is moved that we allow filming of our proceedings
all morning.
Senator Moore: For the duration of the meeting.
The Chair: For the duration of the meeting. Is it agreed?
Hon. Senators: Agreed.
Le président : Il est proposé que nous permettions la captation
vidéo de nos délibérations pendant toute la matinée.
Le sénateur Moore : Pendant toute la durée de la séance.
Le président : Pendant toute la durée de la séance. C’est
d’accord?
Des voix : D’accord.
The Chair: I would now like to welcome our first witness. From
the Temagami First Nation, we have Elizabeth Potts, Housing
Coordinator.
Le président : J’aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à
notre premier témoin. De la Première Nation de Temagami, nous
accueillons Elizabeth Potts, coordonnatrice du logement.
We look forward to your presentation, which will be followed
by questions from the senators.
Nous allons d’abord écouter votre déclaration, après quoi les
sénateurs auront des questions à vous poser.
These proceedings are being recorded. You have to hold the
button down to be recorded. There will be a transcript available
to the public so the microphone is needed to make sure that we
don’t miss a word.
Nos délibérations sont enregistrées. À cette fin, vous devez
appuyer sur le bouton qui est devant vous. Une transcription sera
mise à la disposition du public, ce qui fait que le microphone est
nécessaire pour que nous ne manquions pas un mot de ce que
vous allez nous dire.
Please go ahead, Ms. Potts.
À vous la parole, madame Potts.
Elizabeth (Liz) Potts, Housing Coordinator, Temagami
First Nation: My name is Elizabeth Potts. I’m from the
Temagami First Nation. I have recently been hired as the
Housing Coordinator.
Elizabeth (Liz) Potts, coordonnatrice du logement,
Première Nation de Temagami : Je m’appelle Elizabeth Potts et
je suis de la Première Nation de Temagami. Je viens d’être
engagée à titre de coordonnatrice du logement.
My First Nation is like one square mile and we have about
100 houses in the community. We have 16 CMHC units that are
presently rent-to-own. A lot of the houses were built in the 1970s,
the 1980s and early 1990s. Back then, they were two-by-four
structures, gradually went to two-by-six and housing wrap was
used, but now to change over and being compliant with the
Ontario Building Code, structures that CMHC puts up are much
more warmer because like we use HRV to circulate the air. The
older homes have had RRAP programs, so they were brought up
to the homeowner’s standards where they are healthier and safer.
A lot of these homes still need envelopes resealed with new
insulation and proper drainage around the foundation and
footings. So our housing structures have improved since the
early 1960s, but it has been a gradual process.
Les membres de notre Première Nation occupent une centaine
de maisons réparties sur une superficie d’environ un mille carré.
Nous avons 16 unités de logement de la SCHL qui sont
actuellement louées avec option d’achat. Une grande partie des
maisons ont été construites dans les années 1970, 1980 et au début
des années 1990. On utilisait alors des structures en deux par
quatre; on est passé graduellement aux deux par six en ajoutant
du revêtement extérieur. On doit maintenant se conformer au
Code du bâtiment de l’Ontario, et les structures érigées par la
SCHL offrent une bien meilleure isolation, avec système de
ventilation et de récupération de chaleur. Les maisons plus
anciennes ont pu bénéficier du Programme d’aide à la remise en
état des logements (PAREL) pour satisfaire aux nouvelles normes
et offrir aux propriétaires un environnement plus sain et plus
sécuritaire. Pour bon nombre de ces maisons, il faudrait encore
que l’on refasse le revêtement en y intégrant une nouvelle isolation
en plus d’assurer un drainage approprié autour des fondations.
Nos maisons sont donc mieux construites qu’au début des
années 1960, mais on progresse petit à petit.
8:12
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Where I live, we have to truck in our supplies and our materials
from the mainland and then freight it over on the water and it
becomes really expensive. So it takes away from whatever funds
are available to build a house. At one time, the Temagami First
Nation subsidized people to have houses, which was all the capital
funds that came from what is now called AANDC. About $45,000
was set aside for maybe one or two houses every other year. Out
of that, we have to pay for our modern sanitation system, our
septic system, and water which comes from an independent lake.
The house was never completed. We were able to close the house
in, but not complete the inside. But now, the Temagami First
Nation deals with CMHC and you have a move-in-ready home.
We charge rent based on the operating cost of the house. So that’s
one of the solutions we had for housing.
Nous devons faire venir depuis la terre ferme nos fournitures et
nos matériaux qui transitent d’abord par camion pour ensuite être
transportés par bateau, ce qui fait grimper rapidement les coûts.
Cela réduit d’autant les fonds à notre disposition lorsqu’on veut
construire une maison. Il fut un temps où la Première Nation de
Temagami versait des subventions d’accès à la propriété à partir
des fonds d’immobilisation qui provenaient du ministère que l’on
connaît maintenant sous l’acronyme AADNC. On pouvait
réserver ainsi quelque 45 000 $ pour une ou deux maisons tous
les deux ans. Cette somme servait entre autres à l’installation d’un
système sanitaire moderne, d’une fosse septique et d’un système
d’approvisionnement en eau à partir d’un lac indépendant. On
n’arrivait jamais à terminer les maisons. Nous pouvions fermer la
structure, mais l’intérieur n’était pas fini. Voilà maintenant que la
Première Nation de Temagami traite avec la SCHL, et nous avons
des maisons prêtes à habiter. Nous exigeons un loyer
correspondant aux coûts d’entretien de la maison. C’est donc
l’une des solutions que nous avons mises en place pour le
logement.
But we are also in a situation where because some of the houses
are not finished, people move in anyway, they live in there and we
are not able to assist them because of the limited funds to finish
the homes.
Mais il y a aussi des gens qui s’installent dans des maisons qui
ne sont pas terminées et y habitent sans que nous puissions leur
venir en aide, car nous manquons de fonds pour compléter les
travaux.
I am kind of going by what was sent to me in an email here. I
am trying to draw out the issues that were presented.
Je m’en remets en quelque sorte à un courriel que j’ai reçu.
J’essaie de vous exposer les problèmes qui m’y sont soumis.
I am the only staff member dedicated presently to housing. We
had a housing person before, but he had other responsibilities. I
have been in this job for nine months and things are gradually
coming together, but it is going to take some time.
Je suis actuellement la seule employée à se consacrer à la
question du logement. Nous avions un responsable du logement
auparavant, mais il assumait également d’autres responsabilités.
J’occupe ce poste depuis neuf mois et les choses se mettent en
place progressivement, mais il faudra être patient.
In our community we have 16 CMHC units. The other 70
houses are pretty much complete and people have been living in
them for years. We have run into situations of unfinished homes
and it’s not compliant with our present housing policy, but people
need to move in because they don’t have any alternative or
anywhere to live. About 75 per cent of the community has their
certificate of possession which is issued from the band office.
They get their certificate and they own the house. The house is
theirs, but the lot underneath remains with the First Nation.
There is no transfer of land or anything, so if a First Nation
member was to sell their home to another First Nation member,
all they are purchasing is the house that is on the lot.
Notre réserve compte 16 unités de logement de la SCHL. On
peut dire que les 70 autres maisons sont terminées et des gens y
habitent depuis de nombreuses années. Il y a eu des cas où la
construction n’était pas parachevée, ce qui n’est pas conforme à
notre politique du logement actuel, mais les gens devaient tout de
même s’y installer parce qu’ils n’ont nulle part ailleurs où aller.
Environ 75 p. 100 des membres de la communauté détiennent un
certificat de possession délivré par le bureau du conseil de bande.
Avec ce certificat, ils deviennent propriétaires de leur maison.
Celle-ci leur appartient, mais le terrain où elle est située demeure
la propriété de la Première Nation. Il n’y a aucun transfert foncier
ou quoi que ce soit de la sorte, ce qui fait que lorsqu’un membre
de la Première Nation vend sa maison à un autre membre, la
transaction ne touche que la résidence et pas le terrain.
There was a question on life expectancy. The CMHC homes
have a 25-year-plus life expectancy because we have an agreement
of 25 years and people can rent and then they own the home after
25 years. Those homes, the CMHC homes, are designed to house
families and the rent is really minimal just so they can keep up
with rent. One of the solutions a former council had was to work
with the First Nations Market Housing Fund. That is something
that is still in the works. It needs to be presented to the
community, but from my perspective as the Housing
Coordinator, that is something that will not really meet the
On s’est interrogé sur la durée utile prévue des logements. Dans
le cas de ceux de la SCHL, elle dépassait 25 ans, car en vertu de
l’accord que nous avons conclu, les gens pouvaient les louer et en
devenir propriétaires au bout de 25 ans. Ces maisons de la SCHL
sont conçues pour loger des familles auxquelles on demande un
loyer minime correspondant à leurs moyens. Un ancien conseil de
bande avait proposé comme solution le recours au Fonds pour les
logements du marché destinés aux Premières Nations. On travaille
encore à peaufiner cette proposition qui doit être soumise à la
communauté, mais j’ai l’impression, en ma qualité de
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Peuples autochtones
8:13
needs of the community with regard to housing because
mortgages would be really high, like $1,000 or $1,200 monthly.
Work is seasonal for many members in the community and with a
mortgage that high, it will not serve the community’s needs for
housing.
coordonnatrice du logement, que cette façon de faire ne
permettrait pas vraiment de répondre aux besoins de nos gens
en raison des versements hypothécaires très élevés, de l’ordre de
1 000 $ à 1 200 $ par mois. Bon nombre des membres de notre
communauté n’ont qu’un emploi saisonnier, et un programme
assorti d’une hypothèque aussi élevée ne permettrait pas de régler
les problèmes de logement.
Under our present housing policy, letters of application go to
the Housing Committee and the Housing Committee will make a
recommendation to the chief and council to put whoever is
applying on a waiting list. Right now, we have six people waiting
and they are single, so we have a priority 1 and a priority 2 lists.
The priority 1 list is for families and priority 2 is for singles.
Presently, we don’t have any housing being developed to house
any of the people on the lists. We are trying to accommodate as
best we can with a one-bedroom apartment or a two-bedroom
apartment.
Selon notre politique en vigueur, une demande écrite doit être
adressée au comité du logement qui formule ensuite ses
recommandations au chef et au conseil de bande quant à savoir
qui se retrouvera sur une liste d’attente. À l’heure actuelle, il y a
six personnes en attente et elles sont toutes célibataires. Elles se
retrouvent sur la seconde liste de priorité, la première étant
réservée aux familles. Aucune maison n’est en cours de
construction pour les personnes en attente. Nous essayons de
les loger du mieux possible dans des appartements d’une ou
deux chambres.
Our reserve is small. We have a water treatment plant that
services the central living area of the community. Any housing on
the outlying area of the hub, we call it the loop because it is one
big circle, that is all independent waterland and septic out there.
The main part of the community is where our school is located,
our daycare and our band office. We have limited lots, so those
lots that are available in the loop area, they are all dedicated to
CMHC because CMHC wants lots that are serviced. If someone
wanted to come in and build on Bear Island, they would have to
survey the lot, pay their own expenses of the water system and the
septic system. They would not be able to build in the loop because
the service lots are dedicated to the CMHC.
Notre réserve n’est pas très grande. Nous avons une station de
traitement des eaux qui dessert les résidences situées au cœur de
notre collectivité. Les maisons construites en périphérie du cercle
central ont leur propre système d’approvisionnement en eau et
leur fosse septique. La plupart des résidences sont regroupées
autour de notre école, de notre garderie et du bureau de notre
conseil de bande. Comme notre territoire est plutôt restreint, les
terrains disponibles dans le périmètre central sont tous réservés à
la SCHL, car celle-ci veut des terrains raccordés aux services
collectifs. Si quelqu’un souhaitait construire une maison sur l’île
Bear, il devrait faire arpenter le terrain et payer tous les frais
associés au système d’approvisionnement en eau et à la fosse
septique. Il ne pourrait pas s’installer dans le cercle central, car les
terrains desservis sont réservés à la SCHL.
My reserve is only one square mile and there are about
200 people who live on reserve full time. We have people who
want to come home and live there, but there is not a lot of housing
available.
Ma réserve n’a qu’une superficie d’un mille carré et quelque
200 personnes y habitent à temps plein. Il y a des gens qui
souhaitent s’y réinstaller, mais il n’y a pas beaucoup de logements
disponibles.
Our Housing Committee consists of five people, a band council
member who is an ex-officio, and recommendations that are made
there go back to council. All small matters, like rent or signing a
rental agreement contract, get taken care of by the committee.
Notre comité du logement composé de cinq personnes, dont un
membre du conseil de bande qui en fait partie d’office, adresse ses
recommandations au conseil de bande. Le comité s’occupe de
toutes les questions courantes, comme le montant du loyer ou la
signature d’un bail.
TFN has no housing off reserve and we have over
700 members. Those 200 live on reserve and the rest live all
over the place. We have members in Ontario, B.C. and the
United States.
Notre Première Nation ne dispose pas de logements à
l’extérieur de la réserve et nous comptons plus de 700 membres.
Outre les 200 qui vivent dans la réserve, nous avons donc des
membres en Ontario, en Colombie-Britannique et aux États-Unis.
There was a question on federal programs. There doesn’t seem
to be much of an increase of funds for any of the areas that are
necessary on reserve. Like I said, back in the 1970s and 1980s, the
councils would set aside $45,000 for housing which did not allow
for the completion of the house. Now, the council deals
specifically with the CMHC. Housing has been a crisis and it is
still a crisis. One of the good things that came out of CMHC is
that families are housed now. We don’t have two families living
together in houses like back in the 1960s. Families have homes.
Il y avait une question au sujet des programmes fédéraux. Il ne
semble pas y avoir de hausse notable du financement pour les
différents aspects nécessaires à la vie d’une réserve. Comme je
l’indiquais tout à l’heure, dans les années 1970 et 1980, le conseil
de bande réservait une somme de 45 000 $ pour une maison, ce
qui ne permettait pas de terminer tous les travaux. Désormais, le
conseil traite directement avec la SCHL. Il y a une crise du
logement qui perdure. Le soutien de la SCHL a notamment
permis de s’assurer que chaque famille ait un toit au-dessus de sa
8:14
Aboriginal Peoples
1-10-2014
tête. Nous n’avons plus de situation où deux familles vivent dans
la même maison comme c’était le cas dans les années 1960.
Chaque famille a maintenant sa résidence.
One of the biggest challenges is lack of resources. We have
hired an economic development officer, which will probably help
to develop and access resources to help build housing. We have a
lot of natural resources on the land where I am from. So we could
start getting in that area, cutting our own lumber, getting our own
lumber and accessing all our natural resources in the community.
Le manque de ressources est l’un de nos principaux problèmes.
Nous avons embauché un agent de développement économique
qui nous aidera sans doute à avoir accès aux ressources à exploiter
pour contribuer à la construction de nouvelles maisons. Notre
territoire regorge de ressources naturelles. Ce serait déjà une
bonne chose que nous puissions couper le bois de nos forêts et
avoir accès à toutes les ressources naturelles qui nous entourent.
Another challenge is income. Work is seasonal. Not everyone
has full-time employment so income is limited. A lot of the senior
citizens live on fixed income. When we do build, the season for
building is very short, from about May to October, because then
the raining season comes in and it’s hard to build.
La question du revenu est également problématique. Le travail
n’est que saisonnier. Comme ce n’est pas tout le monde qui
travaille à temps plein, le revenu est limité. Plusieurs aînés doivent
se contenter d’un revenu fixe. Lorsque nous arrivons à construire
des maisons, la période qui s’y prête est très courte, soit environ
de mai à octobre, car il devient difficile de travailler lorsque la
saison des pluies s’amène.
Programs for elders, there are community support services for
them which helps with independent living, those living at home,
but there is no elder complex or anything to house them if they
need 24-hour care. They usually have to go off reserve.
Les aînés ont accès à des services de soutien communautaire
pour continuer à pouvoir vivre à la maison de façon autonome,
mais il n’existe pas de résidence spécialisée pour accueillir ceux qui
ont besoin de soins constants. Ils doivent alors généralement
quitter la réserve.
Mould is a problem. Again, lack of funds to go in and do the
work to remove the mould and replace the drywall or bathroom,
whatever needs to be done. That is an issue I am working on right
now. I’m trying to develop a policy for emergency housing so that
we can address the mould. First, we have to generate funds so that
we can address the mould issue, remove it and then ask for an
agreement where they pay back the costs, whatever they can
afford. Then we would have funds generated so that we can
continue to help other homeowners who are in an emergency
situation.
Il y a aussi un problème de moisissures. Encore là, les fonds
sont insuffisants quand vient le temps d’enlever les moisissures, de
remplacer les cloisons sèches ou d’effectuer les travaux requis,
dans les salles de bains et ailleurs. Je m’emploie actuellement à
trouver des solutions. J’essaie d’élaborer une politique de
logement d’urgence pour pouvoir régler les problèmes de
moisissures. Il faut d’abord trouver des fonds pour pouvoir
intervenir rapidement et enlever les moisissures avant de conclure
une entente avec le propriétaire pour qu’il puisse rembourser les
coûts de l’intervention, en fonction de ses moyens. Nous
disposerions ainsi d’un fonds de roulement pour pouvoir aider
les autres propriétaires aux prises avec une situation d’urgence.
We have progressed from the 1960s when houses were cold.
CMHC houses are pretty good, and then we have those from the
1970s, 1980s and 1990s that still need some work to bring them up
to a standard where they are going to last a little longer than 15 or
20 years.
Nous avons réalisé des progrès depuis les années 1960 où il
faisait froid dans nos maisons. Les maisons de la SCHL sont de
bonne qualité, et nous avons celles construites dans les années
1970, 1980 et 1990 qui exigent encore quelques travaux de remise
à niveau, de telle sorte que leur durée utile ne se limite plus à 15 ou
20 ans.
That’s just briefly my community. Thank you.
The Chair: Thank you very much, Ms. Potts.
C’était donc un bref survol de la situation du logement dans
ma communauté. Je vous remercie.
Le président : Merci beaucoup, madame Potts.
Before I open the floor to questions, would you describe a bit
more the lifestyle of community residents. You said there was
some seasonal work. I am wondering if you could give us a picture
of the typical life of on-reserve members, please.
Avant de permettre à mes collègues de vous poser leurs
questions, je vous demanderais de décrire un peu plus en détail le
mode de vie des résidents de votre communauté. Vous avez dit
qu’il y avait du travail saisonnier. Je ne sais pas si vous pourriez
nous donner un aperçu de ce que peut être la vie d’un résidant
type de votre réserve.
Ms. Potts: Our community is one of seasonal work. Band
employees are full-time year round, but we have these fellows who
will do dock work in the summer; they will take whatever work is
Mme Potts : Notre communauté vit du travail saisonnier. Les
employés du conseil de bande travaillent à temps plein à l’année
longue, mais certains résidents travaillent comme débardeurs
1-10-2014
Peuples autochtones
available from contractors on the lake. Very few trap in the fall,
but that’s not a real living anymore. It’s mostly construction and
working with contractors who have businesses set up on Lake
Temagami. The band hires casual staff. When we need something
done, we will hire somebody for a few weeks; it will be casual
work. A lot of times, the guys work long enough and the
employment is long enough for them to get EI for the winter and
then they go back to work again for the contractors. So there is
not a lot of employment that is steady. In the summer, some
women in the community get hired to clean cottages and they
bring in whatever funds they can, but that doesn’t last long
enough for them to really get Employment Insurance the way
their partners would.
Senator Dyck: Thank you for that information.
I wanted to follow up a little bit with regard to the housing
shortages. I am not sure if I heard you correctly, but you were
saying there are a little over 200 band members and it sounded
like you only had six people waiting for a new house. Is that
correct?
Ms. Potts: Yes.
8:15
pendant l’été; ils acceptent tous les emplois que peuvent leur offrir
les entrepreneurs. Quelques-uns font de la trappe à l’automne,
mais on ne peut plus considérer que c’est vraiment un moyen de
subsistance. Les gens travaillent principalement dans la
construction et pour le compte des entrepreneurs actifs dans les
environs du lac Temagami. Il arrive au conseil de bande
d’embaucher des employés occasionnels. Lorsque des travaux
doivent être effectués, on peut engager quelqu’un pour quelques
semaines, mais c’est seulement temporaire. Dans bien des cas, les
gars travaillent assez longtemps pour avoir droit à l’assuranceemploi pendant l’hiver, avant de se remettre au service des
entrepreneurs l’année suivante. Il n’y a pas beaucoup d’emplois
stables. Pendant l’été, quelques femmes travaillent à l’entretien
ménager des chalets, ce qui assure un revenu supplémentaire à
leur foyer, mais cela ne dure pas assez longtemps pour leur
permettre de toucher de l’assurance-emploi comme leur conjoint.
La sénatrice Dyck : Merci pour ces renseignements.
J’aimerais en savoir davantage au sujet de la pénurie de
logements. J’ai peut-être mal entendu, mais je crois que vous avez
dit que votre bande compte un peu plus de 200 membres et qu’il
n’y aurait que six personnes sur la liste d’attente pour une
nouvelle maison. Est-ce bien cela?
Mme Potts : Oui.
Senator Dyck: So it is not a really bad situation then, but it
would be, I guess, for the people who are waiting. The six people,
would that include families?
La sénatrice Dyck : La situation ne semble donc pas vraiment
alarmante, bien qu’elle le soit sans doute pour ceux qui sont en
attente. Est-ce qu’il y a des familles parmi ces gens-là?
Ms. Potts: Presently, it’s six singles, but we have people who
want to come back to Bear Island and because there is no
housing, they are not able to. Presently, with our housing policy,
you have to be a resident on Bear Island for 12 months before you
can get on the housing list.
Mme Potts : Actuellement, ce sont six célibataires, mais il y a
des gens qui veulent se réinstaller à l’île Bear et ne peuvent pas le
faire en raison du manque de logement. Selon notre politique du
logement en vigueur, il faut être résidant depuis au moins 12 mois
pour que son nom puisse se retrouver sur la liste d’attente.
Senator Dyck: So in terms of the number of people who want
to come back, do you have quite a large number who would like
to do that?
La sénatrice Dyck : Est-ce qu’il y a beaucoup de ces personnes
qui souhaitent revenir s’installer chez vous?
Ms. Potts: Yes. During the summer, people come back and
say, ‘‘Well, I would like to come and live here and I would like to
come home, but there is no housing. There is nothing available.’’
Mme Potts : Oui. Les gens reviennent pendant l’été et nous
disent qu’ils aimeraient bien se réinstaller dans la communauté,
mais il n’y a pas de logement disponible.
Senator Dyck: For the people who come back, would those be
young families who want to come back and stay or would it be
more people who are retired? The reason I ask that is there may
be different housing needs, depending on the type of family
situations of the people who want to return.
La sénatrice Dyck : S’agit-il davantage de jeunes familles qui
souhaitent revenir pour rester ou plutôt de gens à la retraite? Je
pose la question, car les besoins en logement peuvent différer
selon le cas.
Ms. Potts: We had two families. One was partnered up, but
one was a single-parent family. They came home and they lived in
an unfinished house. One family lived with the grandparents. In
order to accommodate, we had to put them into a CMHC house
and just charged them as a rental. Usually, the CMHC are rentto-own. That was to be compliant with our housing policy. Then
we have some seniors who want to come home and live there, but
we cannot meet their needs if they can’t live independently.
Mme Potts : Je peux vous parler de deux familles. Dans l’un
des cas, il y avait deux conjoints, mais l’autre était
monoparentale. Ils sont revenus et se sont installés dans une
maison dont la construction n’était pas terminée. Une des familles
vivait avec les grands-parents. Nous avons dû les placer dans une
maison de la SCHL en leur demandant seulement de payer un
loyer. Habituellement, ces maisons sont louées avec option
d’achat. C’était question de nous conformer à notre politique de
8:16
Aboriginal Peoples
1-10-2014
logement. Il y a aussi des aînés qui veulent revenir vivre ici, mais
nous ne pouvons pas acquiescer à leur demande s’ils ne sont pas
autonomes.
Senator Moore: Thank you, Ms. Potts, for being here. There
was one statement you made and I didn’t quite pick it up. You
talked about a percentage of certificates of possession being
issued. What percentage was that?
Le sénateur Moore : Merci de votre présence, madame Potts.
Vous avez dit quelque chose que je n’ai pas très bien saisi. Vous
avez parlé d’un pourcentage de certificats de possession qui sont
délivrés. De quoi s’agit-il exactement?
Ms. Potts: I figured about 75 per cent because a lot of the
people who got housing, like back in the 1990s, there was an antirecession fund made available to First Nations. So houses got
finished, pretty much finished to live in. So once you meet
10 per cent of what the house costs, then you are eligible for your
certificate of possession. So a lot of people got those.
Mme Potts : J’ai parlé d’environ 75 p. 100, car bien des gens
qui ont accédé à la propriété, notamment dans les années 1990,
ont bénéficié d’un fonds anti-récession accessible aux Premières
Nations. Les travaux ont donc pu être suffisamment parachevés
pour que les gens s’installent. Avec 10 p. 100 du coût de la
maison, vous êtes admissible à votre certificat de possession.
Beaucoup de gens ont donc pu l’obtenir.
Senator Moore: So they have to come up with 10 per cent, their
own money.
Le sénateur Moore : Ils doivent investir 10 p. 100 à même leurs
propres ressources.
Ms. Potts: Yes.
Senator Moore: Did I hear you say that is just for the house? It
does not include the land on which the house sits. Is that correct?
Ms. Potts: Yes.
Senator Moore: I don’t have any idea of the geography, so you
have to bear with me. You mentioned that materials have to be
trucked in and then boated, and the reserve is on Bear Island.
You said it’s approximately one square mile. Is that the whole of
the island or is the island shared with other owners?
Ms. Potts: That’s the whole of the island.
Senator Moore: And there are 100 houses there now.
Ms. Potts: Yes.
Mme Potts : Oui.
Le sénateur Moore : N’avez-vous pas indiqué que c’était
seulement pour la maison? Cela n’inclut pas le terrain sur lequel
la maison est construite, n’est-ce pas?
Mme Potts : C’est bien cela.
Le sénateur Moore : Je n’ai aucune idée de la situation
géographique de votre réserve, alors j’ai besoin de votre aide.
Vous avez dit que les matériaux doivent être transportés par
camion, puis par bateau, et que la réserve se situe sur l’île Bear.
Vous avez parlé d’une superficie d’environ un mille carré. Est-ce
pour l’ensemble de l’île ou celle-ci est-elle partagée avec d’autres
propriétaires?
Mme Potts : C’est pour l’ensemble de l’île.
Le sénateur Moore : Et il y a actuellement 100 maisons sur cette
île.
Mme Potts : Oui.
Senator Moore: How far is it from the mainland to the island?
Is it too far to have a causeway constructed?
Le sénateur Moore : Quelle est la distance entre la terre ferme et
l’île? Est-ce trop large pour que l’on construise une chaussée?
Ms. Potts: Yes, it’s too far and the lake is a deep, deep one so
we wouldn’t be able to build anything there. We are six kilometres
from the boat landing.
Mme Potts : Oui, c’est trop large et le lac est profond, ce qui
empêche toute construction. Nous sommes à six kilomètres de
quai de débarquement.
Senator Moore: Six kilometres.
Le sénateur Moore : Six kilomètres.
Ms. Potts: Yes. At one time, there was a mine there so they put
in a road that went out to the highway. So that’s the road we use
to transport our material and to go to North Bay or go to
New Liskeard. So that’s how the material comes in, is on this
gravel road. It comes to where the boats land, the boating area.
Mme Potts : Oui. Comme il y a déjà eu une mine à cet endroit,
on a construit une route qui rejoint la nationale. C’est donc cette
route de gravier que nous utilisons pour transporter nos
matériaux et pour nous rendre à North Bay ou à
New Liskeard. Les matériaux sont ainsi livrés à l’emplacement
où les bateaux accostent.
Senator Moore: What is the name of that community where
they land?
Le sénateur Moore : Comment s’appelle la localité où ils
accostent?
Ms. Potts: It’s Lake Temagami.
Mme Potts : C’est le lac Temagami.
Senator Moore: That’s the name of the township as well.
Le sénateur Moore : C’est aussi le nom du village.
1-10-2014
Peuples autochtones
Ms. Potts: The closest town to us is Temagami.
8:17
Mme Potts : La ville la plus rapprochée est Temagami.
Senator Moore: It probably goes back years now, but how long
has your First Nation occupied your island?
Le sénateur Moore : Cela remonte sans doute à très longtemps,
mais depuis quand votre Première Nation occupe-t-elle cette île?
Ms. Potts: Thousands of years, but we didn’t become a reserve
until 1971.
Mme Potts : Des milliers d’années, mais la réserve n’a été créée
qu’en 1971.
Senator Moore: That’s all I have for now, chair. I have some
other thoughts, but I will let somebody else have a turn. Thank
you.
Le sénateur Moore : C’est tout pour l’instant, monsieur le
président. J’aurais encore quelques réflexions, mais je vais laisser
la chance à mes collègues. Merci.
Senator Lovelace Nicholas: You mentioned CMHC housing.
What happens if the loans aren’t kept up from the band?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Vous avez parlé des maisons
de la SCHL. Qu’advient-il si la bande n’arrive pas à rembourser
les prêts?
Ms. Potts: We have no problem with the band meeting
mortgages. We have some problems sometimes with the tenants
not paying, so the Temagami First Nation covers that and makes
sure the payment is made.
Mme Potts : La bande n’a aucune difficulté à effectuer les
paiements hypothécaires. Il arrive que nous ayons des problèmes
avec des locataires qui ne paient pas, ce qui oblige notre Première
Nation à débourser les sommes manquantes pour que les
versements hypothécaires soient effectués.
Senator Lovelace Nicholas: So if the resident can’t pay it, then
the band will pay the mortgage. My question is really what
happens if it can’t be paid at all from the band or the person
renting the house? Can the CMHC come in and take over these
homes?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Alors, si le locataire ne peut
pas payer son loyer, c’est la bande qui fait le versement
hypothécaire. Je voulais en fait savoir ce qui surviendrait si ni le
locataire ni la bande n’étaient en mesure de payer. Est-ce que la
SCHL pourrait alors reprendre ces maisons?
Ms. Potts: I can’t answer that because I don’t know. I have
read the agreement. Say we have a family that is in arrears of two
months, the band will cover that, but we will call and have a
meeting with the tenant and try to find out what is going on, ask
them why they are not paying their rent. We try and do that, but
the TFN stays on top, makes sure that the rent is paid or the
financial obligation to CMHC is paid so that we stay in good
standing and we don’t run into any problems with them. This
other stuff is dealt with internally.
Mme Potts : Je ne saurais vous dire, car j’ignore ce qui se
passerait alors. J’ai lu l’accord intervenu. Si une famille accuse
deux mois de retard dans le paiement de son loyer, la bande va
prendre le relais, mais nous allons convoquer le locataire à une
rencontre pour savoir ce qui se passe et pour quelle raison le loyer
n’est pas payé. Nous essayons d’intervenir en ce sens, mais la
Première Nation voit toujours à s’acquitter des obligations
financières envers la SCHL de manière à ce que notre dossier
demeure en règle et que nous n’ayons pas de problèmes avec eux.
Pour ce qui est des sommes impayées, tout cela est réglé à
l’interne.
Senator Lovelace Nicholas: The non-payment could be due to
the unemployment or something?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Le non-paiement peut être
attribuable au chômage, par exemple?
Ms. Potts: Yes, it could be that. Well, a lot of times, it’s that,
but a lot of the people who rent are on limited income, ODSP or
Ontario Works pays the rent for them. How that is set up is
ODSP or Ontario Works makes a direct deposit into the band’s
bank account for them, but we do have a few families who are
working who have fallen in arrears. Like I said, that gets
addressed internally, but the rent still gets paid to the CMHC
through the band.
Mme Potts : Oui, c’est une possibilité. C’est bien souvent le
cas, mais bon nombre des personnes qui louent les maisons n’ont
qu’un revenu limité et leur loyer est payé par le POSPH ou le
programme Ontario au travail qui effectue un dépôt direct dans le
compte bancaire du conseil de bande en leur nom. Il y a aussi
quelques familles de travailleurs qui prennent du retard dans le
paiement de leur loyer. Comme je le disais, nous réglons ça à
l’interne, mais le conseil de bande s’assure que le loyer soit bel et
bien versé à la SCHL.
Senator Lovelace Nicholas: Thank you.
Senator Tannas: Ms. Potts, thank you for coming and making
a presentation today. It was interesting. I just have a few
questions.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Merci.
Le sénateur Tannas : Madame Potts, merci de votre
comparution et de l’exposé que vous nous avez présenté. Tout
cela était fort intéressant, et j’ai seulement quelques questions
pour vous.
8:18
Aboriginal Peoples
1-10-2014
You mentioned seniors and I just wanted to get a sense from
you about the demographics of the community. Is there a heavy
senior population relative to what you would see anywhere else?
Are young people in the right numbers staying on the reserve?
Vous avez parlé des aînés et j’aimerais avoir une idée de la
composition démographique de votre communauté. Y a-t-il une
proportion d’aînés plus forte que la normale? Avez-vous
suffisamment de jeunes qui demeurent dans la réserve?
Ms. Potts: My community over there, 50-plus is considered an
elder, but we have senior citizens who are still living
independently at home. Two of the oldest citizens in the
community are two women in their late seventies.
Mme Potts : Dans ma communauté, on est considéré comme
un aîné dès l’âge de 50 ans. Nous avons des aînés qui habitent
encore à la maison de façon autonome. Deux de nos doyennes
sont des femmes qui approchent les 80 ans.
The youth are doing really well. They are all in school. Some of
them moved on to studying health and becoming nurses.
Les jeunes se tirent vraiment bien d’affaire. Ils fréquentent tous
l’école. Il y en a qui ont quitté la réserve pour aller étudier en
sciences infirmières.
Could you repeat, please?
Pourriez-vous répéter votre question?
Senator Tannas: I wanted to get a sense of if you are finding
that the young people are staying, want to stay. On that, do you
have a school on the reserve?
Le sénateur Tannas : Je voulais savoir s’il y avait des jeunes qui
demeuraient dans la communauté, qui voulaient y rester. Y a-t-il
une école dans votre réserve?
Ms. Potts: Yes. We have a school at Bear Island and it’s JK to
grade 8. Our youth have to travel from the reserve every morning
up to New Liskeard for high school. Some of them go to live in
North Bay for schooling purposes.
Mme Potts : Oui, nous avons à l’île Bear une école qui va de la
prématernelle à la 8e année. Les plus vieux doivent quitter la
réserve chaque matin pour aller à l’école secondaire à New
Liskeard. Certains vont vivre à North Bay pour leurs études.
Senator Tannas: I noticed on the Internet that there is a lot of
hunting and fishing lodges on the lake or at least there seems to be
advertisements for them. Do your community members do any
guiding for hunting and fishing? Is that also an occupation? I
appreciate it’s seasonal, but is that something that people on Bear
Island go and do with tourists?
Le sénateur Tannas : J’ai vu sur Internet que l’on semble
annoncer un grand nombre de chalets pour la chasse et la pêche
autour du lac. Est-ce que des membres de votre communauté
travaillent comme guides pour la chasse et la pêche? Est-ce aussi
un emploi possible? Je sais que c’est saisonnier, mais est-ce que
des gens de l’île Bear offrent ce service aux touristes?
Ms. Potts: No. That was the livelihood for the people like my
dad and his generation when they were raising families. Since
then, the tourists have their lodges; they rent boats and everybody
does their own thing. Now the lake is open to people who bring
their own boats in, so the men in the community don’t do that
kind of work anymore.
Mme Potts : Non. C’était le gagne-pain de gens comme mon
père et ceux de sa génération pour subvenir aux besoins de leur
famille. Maintenant, les touristes ont leur chalet, ils louent un
bateau et chacun fait sa petite affaire. Le lac est désormais
accessible à ceux qui amènent leur bateau, ce qui fait que les gens
de ma communauté ne font plus ce genre de travail.
Senator Tannas: I was reading about an agreement that has
been signed, apparently recently, around a gold mining project
and some kind of revenue that’s going to be spun off of that. Can
you give us any background on, from your perspective, what that
agreement is about and how it might benefit the community?
Le sénateur Tannas : J’ai lu qu’on avait signé une entente, assez
récemment semble-t-il, au sujet d’un projet d’exploitation aurifère
et des revenus qui pourraient en découler. D’après ce que vous
savez, pourriez-vous nous en dire davantage au sujet de cette
entente et de ses avantages possibles pour votre communauté?
Ms. Potts: I can’t answer that. I was not working in the
First Nation band office at that time, so I’m not able to offer any
information on that at all.
Mme Potts : Je ne saurais vous répondre à ce sujet, car je ne
travaillais pas à l’époque pour le bureau du conseil de bande de
notre Première Nation.
Senator Tannas: Thank you.
Senator Sibbeston: Thank you, Ms. Potts, for being here.
We are doing this study and coming here to visit you to find
out as much as we can about the housing situation on First
Nation reserves. Then we will make recommendations as to how
we can improve the situation. In acquiring housing, what are the
problems that you are encountering, so that we can identify what
the problems are and how perhaps things can be improved?
Le sénateur Tannas : Merci.
Le sénateur Sibbeston : Merci, madame Potts, de votre
présence aujourd’hui.
Nous effectuons cette étude et nous vous rendons visite
aujourd’hui afin d’en apprendre le plus possible au sujet de la
situation du logement dans les réserves des Premières Nations.
Nous formulerons ensuite des recommandations quant aux
moyens à prendre pour améliorer les choses. Pouvez-vous nous
parler des problèmes d’accès au logement auxquels vous êtes
confrontés de telle sorte que nous puissions savoir à quoi nous en
tenir pour peut-être dégager des pistes de solution?
1-10-2014
Peuples autochtones
8:19
Ms. Potts: Transport is costly to have the materials and
supplies brought up from the hardware stores to the access road;
the cost of barging; the cost of labour, paying wages that are
competitive so that we have buildings that are nice and sound that
meet the building code. A lot of the problems are around finance,
lack of finances.
Mme Potts : Il est coûteux de faire transporter les matériaux et
les fournitures des quincailleries jusqu’à la route d’accès. Il faut
ajouter à cela les frais de transport par barge et les coûts de maind’œuvre, car on doit payer des salaires concurrentiels si on veut
des édifices bien construits qui satisfont au code du bâtiment.
Bien des problèmes viennent du manque de ressources financières.
The area is rocky and we have to rent heavy equipment like
excavators to prepare the land for footings and foundations.
Then, the building season being short, getting the building up
before it starts to rain. You can’t work in the rain, everything gets
wet.
Le terrain est rocailleux, ce qui nous oblige à louer de la
machinerie lourde, comme des excavateurs, pour préparer le sol
afin qu’ils puissent accueillir des fondations. Il y a aussi la saison
de la construction qui est courte. Il faut s’assurer de monter la
structure avant que la pluie commence, car il n’est plus alors
possible de travailler.
Also, like I said earlier, if someone wants to build on Bear
Island, if there are no more lots available, the other costs are
putting in independent water lines and an independent septic bed.
Hydro is very costly if you are in the loop. The cost of hydro
could be in the $20,000 because it’s brought in through the water.
If you have a lot that is not central, the builder has to pay for that
hydro to come up out of the water to have hydro on their lot.
En outre, comme je l’indiquais tout à l’heure, étant donné qu’il
n’y a plus de terrains desservis qui sont disponibles sur l’île Bear,
on doit aussi tenir compte des coûts à engager pour un système
d’approvisionnement en eau et une fosse septique. Les frais de
connexion électrique sont aussi très élevés. Ils peuvent atteindre
20 000 $, car la transmission se fait par voie d’eau. Si votre terrain
est à l’extérieur du cercle central, vous devez payer pour que les
services d’électricité sortent une ligne de l’eau pour vous
connecter.
We have one couple who lives on the east end of Bear Island
and they live without hydro, but they are able to set themselves up
with water and septic systems that work. For them to bring in
hydro would be quite costly.
Il y a un couple qui vit sans électricité à l’extrémité est de l’île.
Ils ont tout de même été capables de se doter d’installations qui
fonctionnent pour l’eau et les services sanitaires. Il serait très
coûteux pour eux de se brancher au réseau électrique.
We first got hydro at Bear Island around 1961 or 1962. Same
with the phone cables; they come up through the water, too, from
the mainland. The phone company has these little boxes set on
different islands to bring the cables to Bear Island.
C’est aux environs de 1961 ou 1962 que l’électricité a fait son
apparition sur l’île Bear. Il en va de même des câbles
téléphoniques; ils nous viennent du continent en passant
également par le lac. La compagnie de téléphone a installé de
petites boîtes sur différentes îles pour que les câbles puissent se
rendre à l’île Bear.
So there are a lot of expenses to set up and live on Bear Island.
It’s not easy to live there because of the fall time, break-up/freezeup. It takes some adjustment to live there.
Il y a donc beaucoup de dépenses à engager pour s’installer et
vivre sur notre île. Il n’est pas toujours facile d’y vivre en raison
des périodes d’englacement et de débâcle qui se succèdent au fil
des saisons. Il faut être capable de s’adapter.
Senator Sibbeston: I noticed that you participate in the First
Nations Market Housing Fund. Is that the way that you presently
build houses on the reserve or are there social programs?
Le sénateur Sibbeston : J’ai noté que vous participez au Fonds
pour les logements du marché destinés aux Premières Nations.
Est-ce le mécanisme que vous utilisez actuellement pour
construire des maisons sur la réserve ou avez-vous recours à des
programmes sociaux?
Ms. Potts: The First Nations Market Housing Fund is
something the former council got involved in, and when I
started there it’s something that I just learned about. Presently,
this new council that is in place will be meeting with them. It’s
something new and it still needs to be introduced to the
community. People mainly deal with CMHC for housing. The
First Nations Market Housing Fund is still to be presented to the
community.
Mme Potts : À mon entrée en fonction, j’ai entendu parler de
ce Fonds dont l’ancien conseil de bande voulait se prévaloir. Le
nouveau conseil en place veut maintenant rencontrer les
responsables. C’est quelque chose de nouveau qui n’a pas
encore été présenté à la communauté. Les gens traitent surtout
avec la SCHL pour les questions de logements. Ils ne connaissent
pas encore le Fonds pour les logements du marché destinés aux
Premières Nations.
Senator Sibbeston: How many houses do you build a year
approximately?
Le sénateur Sibbeston : Combien de maisons par année
construisez-vous approximativement?
8:20
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Ms. Potts: Last year, we built two through CMHC. This year,
there will be no houses built. I don’t know how soon we will get
more housing.
Mme Potts : L’an dernier, nous en avons construit deux par
l’intermédiaire de la SCHL. Cette année, il n’y en aura pas. Je ne
sais pas quand nos prochaines maisons pourront être construites.
The Chair: Let me follow up on that. So who built those houses
two years ago? How were they built? I’m wondering, you
mentioned a building code, being up to code. Has the band
approved a building code for Bear Island?
Le président : Permettez-moi de vous demander plus de détails
à ce sujet. Qui a construit ces deux maisons? Comment ont-elles
été construites? Vous avez parlé d’un code du bâtiment à
respecter. Est-ce que le conseil de bande a approuvé un code du
bâtiment pour l’île Bear?
Ms. Potts: Our present housing policy meets the national
building code. The infrastructure specialist that we have come in,
he goes by the Ontario building code, which is a little more strict.
The two new units that went up were done by one contractor, who
lives in the community, George Mathias Construction. We hired
him to build these two units and that was financed through
CMHC.
Mme Potts : Notre politique du logement en vigueur est
conforme au Code national du bâtiment. Le spécialiste des
infrastructures que nous avons fait venir se réfère au code du
bâtiment de l’Ontario, qui est un peu plus strict. Les deux
nouvelles unités de logement ont été construites par un
entrepreneur qui vit dans la communauté, George Mathias
Construction. Nous l’avons embauché pour construire ces deux
maisons grâce au financement de la SCHL.
The other thing is CMHC grants forgivable loans for the
RRAP programs. I can’t remember the name of it. It’s one of the
programs to bring your house up to the homeowner’s standards.
Because we don’t have a lot of contractors, we have situations in
play today wherein we are trying to find somebody to do the
renovations on an elder’s house. She has a disabled RRAP and a
homeowner RRAP. She is aging and she needs everything on the
main floor now, she can’t access her basement anymore. So that’s
another challenge we have, working in the community and with
infrastructure, trying to find resources to do these programs to
bring homes up to standard. The other RRAP that was approved,
the lady’s partner is able to do it. So those are different challenges
when it comes to getting some work done in a home.
Par ailleurs, la SCHL accorde des prêts à remboursement
conditionnels pour la participation au PAREL. C’est l’un des
programmes qui aident à remettre à niveau une résidence en
fonction des normes établies. Comme nous n’avons pas beaucoup
d’entrepreneurs, nous sommes aujourd’hui en train de chercher
quelqu’un pour effectuer des rénovations dans la maison d’une
aînée. Elle bénéficie d’une subvention du PAREL pour personnes
handicapées et d’une autre en tant que propriétaire. Comme son
âge ne lui permet plus de se rendre au sous-sol, il faut que tout soit
accessible au rez-de-chaussée. Voilà donc une autre difficulté avec
laquelle nous devons composer pour ce qui est des infrastructures
de notre communauté. Il faut trouver les ressources nécessaires
pour mettre à niveau les résidences en profitant de ces
programmes. Quant à l’autre subvention approuvée dans le
cadre du PAREL, le conjoint de la dame a pu faire les travaux
requis. Il y a donc différentes considérations à prendre en compte
lorsque vient le temps de faire des travaux dans une maison.
The Chair: Just one more follow-up, if I may. The houses that
were built last year, would you know if they have been inspected?
You mentioned a local contractor, George Mathias Construction,
who built the two houses that were built the year before. There is
the building code as part of the band’s policy. Would those houses
have been inspected before they were turned over?
Le président : J’aurais une dernière question, si vous permettez.
Savez-vous si les maisons construites l’an dernier ont été
inspectées? Vous avez dit que c’est un entrepreneur local,
George Mathias Construction, qui a construit ces deux maisons.
La politique de votre conseil de bande est fondée sur le respect du
Code du bâtiment. Est-ce que ces deux maisons ont été inspectées
avant d’être remises à leurs occupants?
Ms. Potts: Like I said, we have an infrastructure specialist
from the Ontario First Nation Technical Services that is out of
Toronto, I believe, his name is Chuck Petahtegoose. He goes by
the Ontario building code. He has to come in or I call him in when
the footings and the foundation are in. He will then come in and
look at the envelope. He inspects right from the ground up,
ensures that the HRV is balanced, that the range hood vents
outside. So yes, the homes are being inspected and they have to
meet the code. Otherwise, he will not sign off until the building is
completed.
Mme Potts : Comme je le disais, nous faisons appel à un
spécialiste en infrastructure qui travaille pour la Société de
services techniques des Premières nations de l’Ontario à Toronto.
Il s’appelle Chuck Petahtegoose. Il se réfère au Code du bâtiment
de l’Ontario. Il doit venir sur les lieux ou encore je dois l’appeler
lorsque les fondations sont en place. Il vient ensuite examiner
l’enveloppe du bâtiment. Il inspecte tout de la cave au grenier, et
s’assure par exemple que le dispositif de ventilation et
récupération de la chaleur est bien dosé et que la hotte de
cuisinière expulse l’air vers l’extérieur. Alors, les maisons sont
effectivement inspectées et doivent respecter le code. Sinon, il ne
donnera pas son approbation avant que le nécessaire soit fait.
The Chair: Very good, thank you.
Le président : Très bien, merci.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:21
Senator Dyck: Talking about the inspection, you were saying
you call in someone from the Ontario First Nation Technical
Services. Do you find that that works well or do you have to wait?
Are there delays with the inspection to the point that it delays the
actual construction of the homes, or is it working well?
La sénatrice Dyck : Pour l’inspection, vous dites faire appel à
un spécialiste de la Société de services techniques des
Premières nations de l’Ontario. Estimez-vous que les choses se
déroulent bien ou y a-t-il une période d’attente? Arrive-t-il que
l’inspection retarde à ce point que cela entrave la construction de
la maison, ou est-ce que tout va bien?
Ms. Potts: I find it really works well because if I give the
infrastructure specialist like two or three days’ notice, he will
come up and do the inspection. He will do a report and he will
leave that report or he will send me the report, and it goes to the
contractor saying what needs to be done in order to move on.
Mme Potts : Je pense que tout fonctionne vraiment bien. Ainsi,
j’avise le spécialiste en infrastructure deux ou trois jours à
l’avance, et il se présente pour faire son inspection. Il rédige son
rapport, me le remet ou me l’envoie par la suite, et l’entrepreneur
est avisé des mesures à prendre pour que le travail puisse se
poursuivre.
Senator Raine: Thank you very much for this insight into your
community.
La sénatrice Raine : Merci beaucoup pour tous ces
renseignements au sujet de votre communauté.
We have some notes prepared by our research staff and they
say that the community has 75 units of housing, 47 of which are
privately owned, but you mentioned 100 units. So is our number
wrong?
Les notes préparées par notre personnel de recherche indiquent
que vous disposez de 75 unités de logement, dont 47 sont des
propriétés privées, mais vous avez plutôt parlé de 100 unités.
À quel chiffre devons-nous nous fier?
Ms. Potts: I have never seen that. I just counted the houses in
my head. When we mail something, we just mail out 100, so
everybody receives everything.
Mme Potts : Je n’ai jamais vu de chiffres à ce sujet. J’ai
simplement compté mentalement les maisons. Lorsque nous
faisons un envoi collectif, nous nous rendons jusqu’à 100 pour
nous assurer que tout le monde le reçoit.
Senator Raine: So it’s possible, then, that two letters could be
going to one house because there are two families in it or two
different people needing to get the information. But of the homes
that are privately owned, they have a CP and they have been
working over the years. Is it that they have finished paying off
their 20 or 25 years or are they on their way?
La sénatrice Raine : Il est donc possible que deux lettres soient
livrées à la même maison parce qu’elle abrite deux familles ou
deux personnes non liées devant recevoir l’information. Quant à
ceux qui détiennent un certificat de possession de leur maison et
ont été capables de travailler au fil des ans, est-ce parce qu’ils ont
terminé leur 20 ou 25 années de paiement ou ont-ils encore des
versements à effectuer?
Ms. Potts: Out of the 16 CMHC homes, some of them may be
10 years into payment, but the privately owned were houses that
were subsidized by the Temagami First Nation. Once they put
their 10 per cent in, then they got their certificate of possession.
Mme Potts : Parmi les 16 maisons de la SCHL, certains
locataires en sont peut-être 10 années de loyer, mais ce sont les
maisons subventionnées par la Première Nation Temagami qui
appartiennent maintenant à des particuliers. Une fois l’équivalent
de 10 p. 100 versé, le certificat de possession est délivré.
Senator Raine: When somebody owns a private home in
Temagami, are they expected to maintain that home themselves
or are they still qualified for some assistance in maintenance?
La sénatrice Raine : S’attend-on des propriétaires d’une
résidence privée à ce qu’ils en assurent eux-mêmes l’entretien ou
sont-ils encore admissibles à de l’aide à cette fin?
Ms. Potts: The expectation is they maintain the home on their
own, but some of the homes need these emergency dollars because
there is a lot of training needed in the maintenance of the home.
That’s part of my job. I’m trying to implement part of the housing
program which is how to maintain your home. That’s a challenge
in the community, learning to maintain your home.
Mme Potts : On s’attend à ce qu’ils s’occupent eux-mêmes de
l’entretien, mais une aide d’urgence est encore nécessaire dans
certains cas, car les travaux d’entretien sont parfois très
spécialisés. Cela fait partie de mon travail. J’essaie de mettre en
œuvre une composante du programme de logement qui vise à
sensibiliser les gens aux mesures d’entretien à prendre. Bien des
membres de notre communauté ne savent pas comment entretenir
une maison.
Senator Raine: When somebody from Temagami needs to do
something to maintain their home, they would go then to New
Liskeard or North Bay to buy the materials?
La sénatrice Raine : Si l’un de vos résidents a besoin de quelque
chose pour entretenir sa maison, il doit se rendre à New Liskeard
ou à North Bay pour acheter des matériaux?
8:22
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Ms. Potts: They can go to New Liskeard or North Bay, or they
can go to Temagami and pick up whatever they need there. If they
can’t transport it themselves, Temagami Home Hardware would
send a truck from the town up to the lake with the lumber. They
would meet it there and take it across by boat.
Mme Potts : Ils peuvent se rendre à New Liskeard ou à North
Bay, ou simplement à Temagami pour y trouver tout ce dont ils
ont besoin. Si le client ne peut transporter les matériaux lui-même,
le magasin Home Hardware de Temagami les expédie par camion
jusqu’au lac où le client doit prendre les arrangements pour le
transport par bateau.
Senator Raine: That brings up a question I wanted to ask. The
boat landing area on the mainland is a wharf, I presume. Does
everybody on the island have their own boat or is there a public
service to bring materials and people across?
La sénatrice Raine : Il y a une question que je voulais vous
poser à ce sujet. Je suppose qu’il y a un quai où les bateaux
accostent sur le bord du lac. Est-ce que les résidants de l’île ont
leur propre bateau ou est-ce un service public qui assure le
transport du matériel et des personnes?
Ms. Potts: Most everyone owns their own boat. The Temagami
First Nation has what they call a ferry service for people to travel,
but they are not able to go to the mainland, get a ride home. It
transports our students, but you are not able to use that boat to
carry lumber, or pets, or gas. It’s just like a bus service to get you
from Bear Island to the mainland and from the mainland back.
Mme Potts : La plupart possède leur propre bateau. La
Première Nation Temagami offre un service de traversier pour
les gens qui souhaitent rejoindre le bord du lac ou rentrer à la
maison. C’est ainsi que nos étudiants font le trajet, mais ce bateau
ne peut pas servir à transporter du bois, des animaux ou de
l’essence. C’est simplement un service de navette entre l’île et le
bord du lac.
Senator Raine: Is there any lumber on Bear Island, any timber
that you could use for milling wood or is it too small?
La sénatrice Raine : Y a-t-il sur votre île du bois qui pourrait
être scié sur place ou est-elle trop petite pour cela?
Ms. Potts: We have one band member who has a mill. I don’t
know if he is running it or not. Then, George Mathias
Construction has a mill. But I don’t know if these private
owners are accessing the land and doing lumber. If they did, we
could probably do business internally then and work on economic
development in that way. But usually, everything is bought from
hardware stores.
Mme Potts : Il y a un membre de notre bande qui possède une
scierie. Je ne sais pas s’il l’exploite ou non. Il y a aussi George
Mathias Construction qui a sa scierie. Mais je ne sais pas si ces
entrepreneurs privés ont accès au bois et peuvent le couper. Si
c’était le cas, nous pourrions sans doute faire des affaires à
l’interne, ce qui contribuerait au développement économique.
Mais les gens achètent habituellement tous leurs matériaux dans
les quincailleries.
Senator Raine: What was the traditional housing for the
Temagami people before contact, if you like, or in the early days?
For instance, there are a lot of First Nations people around
Canada who built houses out of logs and that was a skill that
seems to have been lost and I’m wondering if that’s possible or if
that happened in Temagami.
La sénatrice Raine : Quel était le logement traditionnel des
Temagami avant l’arrivée des Européens ou à l’origine? Il y a par
exemple de nombreuses Premières Nations au Canada qui
construisent des maisons en bois rond, une technique qui
semble s’être perdue, et je me demandais si c’était la même
chose pour les Temagami.
Ms. Potts: From some of the history that I know, the
traditional families all lived on their traditional lands from fall
until spring and a lot of them had their own little cabins and their
families lived there. In the summer, Bear Island was a gathering
place where everybody met and spent the summer. My mom’s
generation, back in the 1940s, they all lived on their traditional
lands and then they came back for school. So they went to school
only in the summer time. People started staying more and more
on Bear Island which, in the end, we ended up with a reserve in
1971 and have been living in that community since.
Mme Potts : D’après ce que je connais de notre histoire, les
familles vivaient sur leurs territoires traditionnels de l’automne
jusqu’au printemps et bon nombre d’entre elles avaient leurs
petites maisons en bois. L’île Bear était un lieu de rassemblement
où tout le monde se rencontrait et venait passer l’été. Si on
remonte aux années 1940, les gens de la génération de ma mère
vivaient tous sur leurs territoires traditionnels et revenaient pour
l’école. Ils ne fréquentaient donc l’école que durant l’été. Les gens
ont commencé à rester de plus en plus longtemps sur l’île ce qui
nous a menés, en 1971, à la création d’une réserve qui abrite notre
communauté depuis.
Senator Raine: For those First Nation members who don’t live
on Bear Island and would like to come back, are there economic
opportunities? Are there jobs available if you live on Bear Island?
La sénatrice Raine : Pour les membres de votre Première
Nation qui n’habitent pas sur l’île et voudraient revenir, quelles
sont les perspectives économiques? Y a-t-il des emplois
disponibles pour les résidants de l’île?
Ms. Potts: It’s very, very limited. We have a full-time economic
development officer working at Bear Island now. Hopefully, as
time goes on, he will be able to have something in place and
Mme Potts : Il y en a très très peu. Nous avons maintenant un
agent de développement économique qui travaille à temps plein à
l’île Bear. Il faut espérer qu’il pourra avec le temps mettre
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Peuples autochtones
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people will be able to get employment. I know of one couple who
is interested in recycling. If that takes off, that will be a real
benefit to the community and hopefully also for permanent
residents who live on the lake who own islands, they could access
that also.
certaines choses en place de manière à créer de l’emploi. Je
connais un couple qui s’intéresse au recyclage. Si leur projet va de
l’avant, ce sera vraiment bénéfique pour notre communauté et, il
faut l’espérer, également pour les résidants permanents des
alentours du lac qui possèdent des îles et pourraient également
y avoir accès.
Senator Raine: You said recycling. So on the whole lake of
Temagami now, is there a recycling program or this would be an
opportunity to serve a greater population than just Bear Island?
La sénatrice Raine : Y a-t-il actuellement un programme de
recyclage pour toute la région du lac Temagami, ou est-ce que ce
projet offrirait l’occasion de desservir une plus vaste population
que seulement les résidants de l’île?
Ms. Potts: That’s what they are hoping. On the mainland, at
the boat landing, they do have bins set up for recycling. The
tourists and permanent residents on the lake drop off their stuff at
the boat landing. The Town of Temagami takes care of that. I
don’t know where they take it to.
Mme Potts : C’est ce qu’ils espèrent. À l’endroit où les bateaux
accostent sur le bord du lac, il y a des bacs de recyclage. Les
touristes et les résidants permanents y mettent leurs articles à
recycler et la ville de Temagami en assure le ramassage. Je ne sais
toutefois pas ce qu’on en fait par la suite.
Senator Raine: Thank you very much again for your good
insights into the challenges that you face living on an island,
especially with the transport of the materials.
La sénatrice Raine : Merci beaucoup encore une fois de nous
avoir aussi bien renseignés sur les difficultés que vous devez
surmonter en raison du caractère insulaire de votre communauté,
surtout pour le transport des matériaux.
The Chair: You have spoken of CMHC and quite highly of the
usefulness of having CMHC houses built and how the band is
making sure you stay in good standing with CMHC. I didn’t hear
much about AANDC. They have programs for housing and I
believe that in some communities, they provide support for rent
through shelter allowances. Could you just tell us, please, about
the role of AANDC, if any, in housing in your community?
Le président : Vous avez parlé de vos liens avec la SCHL en
nous disant à quel point il était avantageux de pouvoir construire
des maisons par son entremise. À cet effet, vous avez souligné les
mesures que votre conseil de bande prend pour maintenir de
bonnes relations avec cette agence. Vous n’avez par contre pas dit
grand-chose au sujet du ministère des Affaires autochtones. Il
offre pourtant des programmes de logement et je crois que
certaines collectivités bénéficient d’allocations de soutien pour le
loyer. Pouvez-vous nous dire si AADNC joue un rôle quelconque
pour appuyer le logement dans votre communauté?
Ms. Potts: Like I said, the former councils used money that
came in from AANDC as part of their capital dollars to finance
subsidized houses, it was called at the time. The councils before
the present one stopped providing those funds from AANDC to
build houses. So where those funds are spent, in infrastructure or
different areas, I can’t really say because I don’t work in finance. I
just work in housing.
Mme Potts : Comme je l’indiquais, l’ancien conseil de bande
utilisait les fonds disponibles auprès d’AADNC dans le cadre des
investissements en capital pour financer les maisons
subventionnées, comme on les appelait à l’époque. Le conseil
qui a précédé celui actuellement en poste a cessé de miser sur ces
fonds provenant d’AADNC pour la construction de maisons. Je
ne saurais pas vraiment vous dire à quelles fins ces fonds sont
dépensés, que ce soit dans les infrastructures ou ailleurs, car je ne
travaille pas dans le secteur financier. Ma spécialité, c’est le
logement.
AANDC also plays a part in the MLG. They have a part in the
approval for us to receive any funding from CMHC. So we have
to access them before we can do business with CMHC.
AADNC apporte également une contribution par le
truchement de la garantie d’emprunt ministérielle. C’est
notamment grâce à ce levier que nous pouvons obtenir
l’approbation requise pour recevoir des fonds de la SCHL.
Nous devons donc nous adresser au ministère avant de pouvoir
faire affaire avec la SCHL.
The Chair: Is the shelter allowance a source of income for
supporting housing in your community?
Le président : Est-ce que le programme d’allocation-logement
est une source de soutien du revenu utilisée dans votre
communauté?
Ms. Potts: Not.
The Chair: In some communities, we have learned that
First Nation band members who receive income support receive
a shelter allowance which can be allocated toward rent. I think
Mme Potts : Non.
Le président : Dans certaines localités, on nous a dit que les
membres des Premières Nations qui bénéficient de soutien du
revenu reçoivent également une allocation-logement qui peut
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Aboriginal Peoples
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I’m right about that. Now, it seems to be spotty. Some places, it
happens, some places, not. I gather from what you are saying that
that’s not in place in Bear Island.
servir au paiement de leur loyer. Je ne crois pas me tromper en
disant cela. Il semblerait que ce ne soit pas partout la même chose.
Ça existe à certains endroits, mais pas ailleurs. D’après ce que
vous nous dites, de telles mesures ne seraient pas en place à l’île
Bear.
Ms. Potts: No, I don’t believe so because I am not aware of
that.
Mme Potts : Je ne crois pas que ce soit le cas, car je serais au
courant.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Senator Dyck: I am going to follow along on the same train of
thought. You were saying that your First Nation got the reserve
in 1971 and it sounded like, and I may not have heard this
correctly, that as part of that you had received like a land claim
settlement, I guess, and was some of that money then used to start
up the housing for your members? That’s the impression I got, but
I could be wrong.
La sénatrice Dyck : Dans le même ordre d’idée, vous nous avez
dit qu’une réserve a été créée pour votre Première Nation en 1971
et il semblerait, mais peut-être n’ai-je pas bien entendu, que vous
ayez reçu dans ce contexte des sommes au titre de votre
revendication territoriale. Est-ce qu’une partie de cet argent a
été utilisée pour amorcer la construction de maisons pour vos
membres? C’est l’impression que j’ai eue, mais peut-être que je fais
erreur.
Ms. Potts: No. The Temagami First Nation at the time was
called Temagami Indian Band, and we did have a caution on the
land. That went to court and it was found in favour of the
province so, no, we didn’t get any settlement. But there was a
mention of a MOU. Those funds, I don’t know where they are
being spent, but no, we didn’t receive any kind of funds from a
land claim.
Mme Potts : Non. La Première Nation Temagami s’appelait à
l’époque Bande indienne Temagami. Nous nous sommes
retrouvés devant le tribunal qui a tranché en faveur de la
province, ce qui fait que nous n’avons obtenu aucun montant en
guise de règlement. Mais il a été question d’un protocole
d’entente. Je ne sais pas comment ces sommes ont été
dépensées, mais nous n’avons effectivement reçu aucun montant
au titre d’une revendication territoriale.
Senator Dyck: To go back to the aspect of renovations, you
said at one point that resources in the community were a
challenge when it came to renovating. By that, did you mean it
was difficult to get the building materials or were you referring to
a budget?
La sénatrice Dyck : Pour revenir à la question des rénovations,
vous avez dit qu’il était difficile de trouver au sein de votre
communauté des ressources pour effectuer ces travaux. Parliezvous alors des matériaux de construction, ou encore des fonds
nécessaires?
Ms. Potts: The labour, to get the labour experienced enough to
actually do the renovation and to do it to a standard where the
house is going to have a longer life.
Mme Potts : Je parlais de la main-d’œuvre qualifiée capable
d’effectuer ces rénovations conformément aux normes pour que la
maison ait une durée utile plus longue.
Senator Dyck: I am going to switch gears a little bit. You
mentioned a little bit about water. I think you said you had your
own water treatment plant. Have you had problems with that? Is
that working well? It is a small community and some people claim
that you need bigger communities in order to have efficient water
treatment and distribution. What has been your experience?
La sénatrice Dyck : Je vais maintenant passer à un autre sujet.
Vous avez mentionné la question de l’approvisionnement en eau.
Je crois que vous avez dit avoir votre propre station de traitement.
Avez-vous eu des problèmes à ce niveau? Est-ce que tout
fonctionne bien? Votre collectivité est petite et certains
soutiennent qu’il en faut de plus grandes pour que les systèmes
de traitement et de distribution de l’eau soient vraiment efficients.
Comment les choses se passent-elles chez vous?
Ms. Potts: The water treatment guys say it’s working fine.
They haven’t had any real big major problems, but it is limited. If
we were to develop more lots within the community, our water
treatment system wouldn’t be big enough to have maybe 20 or 25
more houses. We need to start looking at surveying Bear Island
again for lot development and prepare for future housing. The
water treatment is only big enough to service what it has now, but
it’s not going to be able to take a whole lot more houses.
Mme Potts : Les gens qui s’occupent du traitement des eaux
disent que le système fonctionne bien et qu’ils n’ont eu aucun
problème majeur, mais il est limité. Si nous devions aménager
d’autres terrains dans la collectivité, notre station de traitement
des eaux ne serait pas assez grande si l’on construisait 20 ou
25 maisons de plus. Il nous faut envisager d’arpenter une fois de
plus l’île Bear pour l’aménagement de terrains et de préparer la
construction d’habitations. La station de traitement des eaux est
en mesure de combler les besoins actuels, mais elle ne pourra pas
desservir un grand nombre d’autres maisons.
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Peuples autochtones
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Senator Dyck: Do you have someone locally who looks after
the water treatment, who can do the assessment that it’s working
correctly? Does someone locally do that?
La sénatrice Dyck : Y a-t-il quelqu’un sur place qui peut
s’occuper du traitement de l’eau, qui peut déterminer si le système
fonctionne bien. Y a-t-il quelqu’un dans la région qui peut le
faire?
Ms. Potts: Yes, we have two water treatment guys who are
trained and then the Ontario First Nation Technical Services send
a water treatment specialist to work with them, train them. As
they go along, their skills are enhanced. They receive training so
that if there are changes or whatever needs to be done, they can
keep up on all that.
Mme Potts : Oui, deux personnes sont formées et l’Ontario
First Nation Technical Services envoie un spécialiste du
traitement des eaux travailler avec eux, et il les forme. Au fur et
à mesure, ils améliorent leurs compétences. Ils reçoivent de la
formation, de sorte que s’il y a des changements ou s’il faut faire
quoi que ce soit, ils peuvent suivre l’évolution.
Senator Dyck: You mentioned that with the CMHC houses,
sometimes the families were moving in or people were moving in
before the house was actually ready. Is that a frequent or common
experience? It sounded like that was maybe delaying the
completion of the house.
La sénatrice Dyck : Concernant les maisons de la SCHL, vous
avez dit que parfois, des familles ou des gens y emménageaient
avant qu’elles soient prêtes. Cela arrive-t-il souvent? Il m’a semblé
que cela avait peut-être retardé l’achèvement de la construction
des maisons.
Ms. Potts: The CMHC homes are completed before they move
in. It’s the homes before Temagami First Nation started dealing
with CMHC that were built with subsidized funds from the TFN.
Some of those homes are the ones that were not complete.
Mme Potts : La construction des maisons de la SCHL se
termine avant que les gens y emménagent. Ce sont les maisons qui
ont été construites avant que la Première Nation de Temagami
commence à traiter avec la SCHL, qui ont été construites à l’aide
des fonds de la Première Nation. C’est la construction de certaines
de ces maisons qui n’était pas terminée.
Senator Moore: Ms. Potts, I want to follow up on Senator
Tannas’ question with regard to the school. You say there is a
school on Bear Island. What grades does it cover?
Le sénateur Moore : Madame Potts, j’aimerais revenir sur la
question du sénateur Tannas concernant l’école. Vous dites qu’il y
a une école sur l’île Bear. Quelles années y sont enseignées?
Ms. Potts: The school covers junior kindergarten to grade 8.
Our high school students travel daily to New Liskeard to go to
high school. Some of the students choose to live in North Bay and
board there and go to school. So a lot of students have to leave to
go to school.
Mme Potts : Il y a des élèves de la prématernelle à la huitième
année. Nos élèves du secondaire se rendent tous les jours à l’école
de New Liskeard. Certains choisissent de vivre à North Bay, en
pension, et d’aller à l’école. Ainsi, un grand nombre d’élèves
doivent partir de chez eux pour aller à l’école.
Senator Moore: Following up on Senator Dyck’s question with
regard to the septic system within the community, is it working
okay and are there technicians on the reserve who maintain that?
Le sénateur Moore : Je veux revenir à la question de la sénatrice
Dyck concernant le système septique de la collectivité. Est-ce qu’il
fonctionne bien? La réserve compte-t-elle des techniciens capables
de l’entretenir?
Ms. Potts: The septic systems are maintained by the general
contractor, George Mathias, for pump outs. The homeowner is
responsible for the maintenance of the septic tanks, the
maintenance of their water, the water system, independent
waterlines. The water treatment plant employees are responsible
for taking care of the people down in the loop.
Mme Potts : Les systèmes septiques sont entretenus par
l’entrepreneur général, George Mathias, pour la vidange. Le
propriétaire est responsable de l’entretien des fosses septiques, de
l’eau, du système d’eau et des conduites d’eau indépendantes. Les
employés de la station de traitement des eaux sont responsables de
venir en aide aux gens du cercle central.
Senator Moore: In the briefing note, I will just read this to you.
I don’t know if you have seen this or not, but it says:
Le sénateur Moore : Je vais vous lire un passage de notre cahier
d’information. Je ne sais pas si vous l’avez vu, mais on dit ceci :
The Band has recently concluded an impact benefit
agreement to allow for gold mining in Lake Temagami
which will contribute to the Band revenues.
La bande a récemment conclu une entente sur les
répercussions et les avantages d’autoriser l’exploitation
aurifère à Lake Temagami, qui permettra d’accroître les
revenus de la bande.
Did you say you are not familiar with that?
Ms. Potts: I am familiar with the Temagami First Nation
former council signing that. As for how they have decided to
spend those funds, I’m not familiar with.
Avez-vous dit que vous n’êtes pas au courant de cela?
Mme Potts : Je sais que l’ancien conseil de la Première Nation
de Temagami a signé cela. Par contre, je ne sais pas quelle
décision il a prise concernant la façon de dépenser les fonds.
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Aboriginal Peoples
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Senator Moore: Where is the mine? Is it on Bear Island? Is it on
the mainland? How do you have jurisdiction over that? Is it within
the traditional lands of your band?
Le sénateur Moore : Où est la mine? Se trouve-t-elle sur l’île
Bear? Sur la partie continentale? En quoi relève-t-elle de vous?
Se trouve-t-elle sur les terres ancestrales de votre bande?
Ms. Potts: I don’t know where the mine is. It’s probably within
the traditional boundaries of the people, but specifically, I am not
sure where it is. There is a lot of exploration and things going on
over there.
Mme Potts : J’ignore où elle se trouve. Elle est probablement
sur les terres ancestrales, mais je ne sais pas exactement à quel
endroit. Beaucoup d’activités d’exploration ont lieu là-bas entre
autres.
Senator Moore: Okay, thank you.
Le sénateur Moore : D’accord, merci.
Senator Raine: I had one more question I wanted to ask. In
your stock of housing, I think you mentioned some apartments. Is
there an apartment complex for single people or for elders?
La sénatrice Raine : J’ai une autre question. Concernant votre
parc immobilier, je crois que vous avez parlé de certains
appartements. Y a-t-il un ensemble d’habitations collectives
pour les gens seuls ou pour les aînés?
Ms. Potts: We have two duplexes. There are two apartments in
each building that have two bedrooms. Then we have three houses
that were divided in half to make one bedroom apartments. So
there are three one-bedroom apartments.
Mme Potts : Nous avons deux duplex. Chaque immeuble
comprend deux appartements de deux chambres. Ensuite, nous
avons trois maisons qui sont divisées en deux pour en faire des
appartements d’une chambre. Il y a donc trois immeubles
d’appartements d’une chambre.
Senator Raine: If you are looking at your community and the
demographics — obviously your elders and seniors would like to
remain at home — are you finding that there are some cases
where they are alone in a house and would be maybe better off in
a common housing residential area where they could have some
assistance? Are there any plans to look toward that kind of
housing?
La sénatrice Raine : En examinant votre collectivité et les
caractéristiques démographiques — évidemment, les aînés
aimeraient rester chez eux — trouvez-vous que dans certains
cas, il serait préférable que ceux qui vivent seuls dans une maison
vivent plutôt dans un complexe résidentiel dans lequel ils
pourraient avoir de l’aide? Prévoit-on se tourner vers ce type
d’habitation?
Ms. Potts: TFN has been looking at and discussing with the
community developing an independent living complex. It would
be two-bedroom independent living where everyone would have
their own little apartment. That has been discussed. There have
been diagrams and discussions and some of the old people don’t
like the design. It is designed and it is being worked on to try and
make this happen, but the complex is probably going to take a
little longer than what we planned.
Mme Potts : La Première Nation de Temagami discute avec la
collectivité de la construction d’un complexe domiciliaire
indépendant. Il s’agirait de logements de deux chambres et
chaque personne aurait son petit appartement. Des discussions
ont lieu. On a aussi fait des schémas, mais certaines personnes
âgées n’aiment pas le plan. On est en train de le concevoir et on
s’emploie à ce que le projet se réalise, mais il faudra probablement
encore un peu plus de temps que nous l’avion prévu.
But, yes, it’s in the works to house senior citizens so that they
can live independently. For example, these two older ladies in the
community, they live in their own houses, they live alone. One
lady is in her family home where she raised her children. She has a
three-bedroom home, she lives alone. Another lady has a twobedroom and she lives alone. If we were able to get a complex up
and they wanted to live there, you know, they would have a
common area and a kitchen area. We are looking at it. It has been
discussed. We have had meetings. We have diagrams, and then
the funding.
Alors, oui, le processus est en cours pour loger des aînés de
sorte qu’ils puissent vivre de façon autonome. Par exemple, il y a
deux femmes âgées dans la collectivité qui vivent dans leur propre
maison; elles vivent seules. Il y a une femme qui vit dans sa
maison familiale où elle a élevé ses enfants. Elle a une maison de
trois chambres et elle vit seule. Une autre femme a deux chambres
et elle vit seule. Vous savez, si nous pouvions avoir un complexe et
que les gens voulaient y vivre, ils auraient une aire commune et
une cuisine. Nous examinons la question. Des discussions ont
lieu. Nous tenons des réunions. Nous avons des schémas et les
fonds.
Senator Raine: These senior citizens then would have a CP for
their own home. Would they be able to pass that on to someone in
their family if they were to move into new housing?
La sénatrice Raine : Les aînées auraient alors un CP pour leur
maison. Pourraient-ils la laisser à un membre de leur famille s’ils
devaient changer déménager?
Ms. Potts: Yes, they would be able to pass that on to their
grandchildren or their daughter or son. If they wanted to, they
could sell their house. They own it. It would be up to them, the
direction they wanted to go in. If they wanted to live in the
Mme Potts : Oui, ils pourraient la laisser à leurs petits-enfants
ou à leur fille ou à leur fils. Ils pourraient aussi la vendre s’ils le
voulaient. Elle leur appartient. Ce serait à eux de décider. S’ils
veulent vivre dans un complexe une fois qu’il y en aura un à l’île
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Peuples autochtones
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complex once we get one there at Bear Island, it would be much
easier for them, financially also, and less stress. Up there, we pay
hydro, which is pretty high and it’s a big expense.
Bear, ce sera beaucoup plus facile pour eux, financièrement
parlant, et ce sera moins stressant. Là-bas, nous payons
l’électricité, qui coûte cher; c’est une dépense importante.
Senator Raine: In your community, the island itself is not that
big, but the community is fairly compact. You talk about the
serviced lots being in the loop and then other houses being outside
it. There are roads to get to them, obviously, but do people have
cars or do they walk everywhere? How do they get around?
La sénatrice Raine : Dans votre collectivité, l’île en tant que
telle n’est pas très grande, et les membres de la collectivité vivent
près les uns des autres. Vous parlez des terrains desservis dans le
cercle central et des maisons en périphérie. Évidemment, il y a des
routes pour s’y rendre, mais les gens ont-ils des voitures ou
marchent-ils partout? Comment se déplacent-ils?
Ms. Potts: We went from foot paths to ATVs, all-terrain
vehicles, and now, we have trucks and cars, and vans. So yes, we
have a lot of vehicles in the community because the roads are big
enough now. We have lots of vehicles.
Mme Potts : Nous sommes passés des sentiers pour piétons
aux VTT, aux véhicules tout terrain, et maintenant, nous avons
des camions, des voitures et des fourgonnettes. Donc, oui, nous
avons beaucoup de véhicules, car les routes sont assez grandes
maintenant. Nous avons beaucoup de véhicules.
Senator Raine: Can you go across the mainland on the ice road
in the winter time with your vehicle?
La sénatrice Raine : En hiver, pouvez-vous traverser sur la
route de glace en véhicule pour vous rendre sur la terre ferme?
Ms. Potts: Yes, that’s how we travel. If it’s good travel and the
roads on the ice are plowed, then that’s how we travel.
Mme Potts : Oui, c’est de cette façon que nous nous déplaçons,
si le temps le permet et que les routes sont déneigées.
Senator Raine: It occurs to me that your community is almost
going full circle, where you used to live on the traditional land in
the winter time and come to Bear Island in the summer to gather
and get together, and now, you might be in a situation where
people live away in the winter and work, and do things, but would
like to come home to Bear Island for the summer season and
enjoy the beautiful summers. Is there a plan in the community to
allow cottage development by First Nation members?
La sénatrice Raine : Il me semble que votre collectivité revient
presque au point de départ. Auparavant, vous viviez sur la terre
ancestrale durant l’hiver et vous alliez à l’île Bear durant l’été et
vous vous rassembliez. Maintenant, vous pourriez vous retrouver
dans une situation où les gens habitent loin l’hiver et travaillent et
ont des activités, mais aimeraient revenir chez eux, à l’île Bear
durant la saison estivale et profiter des beaux étés. Planifie-t-on de
permettre aux membres des Premières Nations d’avoir un chalet?
Ms. Potts: The council in 2005 did allow two of our band
members to survey and build themselves little vacation homes for
them to come back in the summer. I guess if more people wanted
to do it that way and they built independently, it’s possible for
them to have their vacation home.
Mme Potts : En 2005, le conseil a autorisé deux membres de
notre bande à faire les travaux d’arpentage et à se construire de
petites résidences de vacances pour pouvoir revenir l’été.
J’imagine que si un plus grand nombre de personnes voulaient
procéder de cette façon et s’occuper elles-mêmes de la
construction, il serait possible pour elles d’avoir leur résidence
de vacances.
Senator Raine: It sounds like a very strong community
culturally and with great ties. I can see that if people are away
working in other places, they would want to go home for the
summer. Maybe that is sort of the future of staying connected
that way, but it would be important that the First Nation have a
plan for that.
La sénatrice Raine : Votre collectivité semble très forte sur le
plan de la culture et des liens entre ses membres. Je peux voir que
si les gens travaillent ailleurs, ils aimeraient rentrer chez eux
durant l’été. C’est peut-être en quelque sorte la façon de faire de
demain, la façon de garder le lien, mais il serait important que la
Première Nation ait un plan à cet égard.
Ms. Potts: Well, there is lots of stuff that still needs to be sorted
out. Like I said, I am trying to pull things together, looking down
the road and seeing what is needed and necessary and how we are
going to go about making this happen.
Mme Potts : Eh bien, il reste beaucoup de détails à régler.
Comme je l’ai dit, j’essaie de réorganiser les choses, de penser à
l’avenir et de voir quels sont les besoins et comment nous allons
procéder pour que le tout se concrétise.
Senator Raine: Thank you very much.
Senator Dyck: I am going to ask this question and it’s going to
reveal my ignorance. I admit I don’t understand all this housing
stuff. You say you have about 100 houses. Some are CMHC
houses, some that were built I guess when the reserve first started,
and then you are also part of the First Nations Market Housing
Fund. So there are probably three different types of housing or at
La sénatrice Raine : Merci beaucoup.
La sénatrice Dyck : En posant ma question, je vais dévoiler
mon ignorance. J’admets que je ne comprends pas toutes les
questions de logement. Vous dites que vous avez une centaine de
maisons. Certaines sont des maisons de la SCHL, certaines ont été
construites lorsque la réserve a été créée, je présume, et vous faites
également partie du Fonds pour les logements du marché destinés
8:28
Aboriginal Peoples
least two different types of housing on the reserve. Can you tell
me what the major categories are and about how many
approximately are in each category?
1-10-2014
aux Premières Nations. Il y a donc probablement trois types
d’habitation ou du moins deux types d’habitation dans la réserve.
Pouvez-vous me dire quelles sont les principales catégories et le
nombre approximatif pour chacune d’elles?
Ms. Potts: CMHC, there are 16.
Mme Potts : Du côté de la SCHL; il y en a 16.
Senator Dyck: Sorry, 16?
La sénatrice Dyck : Excusez-moi, 16?
Ms. Potts: Yes. The rest were subsidized funds from former
councils to build houses. The First Nations Market Housing
Fund has yet to be introduced to the community and that is
something that will come to a community meeting for a vote.
That’s not your social housing type of thing. It’s for setting
yourself up to build a house via a bank that is going to loan you
money, and if TFN becomes involved in that, like I said, with
seasonal employment, not everyone is going to be able to afford a
$1,000 mortgage. So it’s social housing and then housing that has
been in place from subsidized dollars from the Temagami First
Nation.
Mme Potts : Oui. Le reste est lié à des fonds subventionnés de
conseils précédents destinés à la construction de maisons. Le
Fonds pour les logements du marché destinés aux Premières
Nations n’a pas encore été présenté à la collectivité et fera l’objet
d’un vote lors d’une assemblée communautaire. Cela ne
correspond pas au type d’habitation sociale que vous
connaissez. Il s’agit de se préparer à la construction d’une
maison en passant par les services d’une banque qui prêtera de
l’argent à la personne, et si la PNT prend part à cela, comme je l’ai
dit, bien des gens ont un travail saisonnier et ce n’est pas tout le
monde qui a les moyens de faire des versements hypothécaires de
1 000 $. Il y a donc d’abord les logements sociaux et ensuite les
logements construits au moyen de fonds de la Première Nation de
Temagami.
Senator Dyck: Is this the money that Senator Patterson was
referring to earlier, the money through the social assistance
subsidized program? That’s money that originally comes from the
department and then the band uses that money to build the
homes.
La sénatrice Dyck : S’agit-il de l’argent dont le sénateur
Patterson parlait tout à l’heure, celui qui provient du programme
d’aide sociale? Il vient du ministère et la bande s’en sert pour
construire les habitations.
Ms. Potts: Do you mean the income support that was
mentioned? No, I don’t believe we have that set up at all. I
have never heard of it until today.
Mme Potts : Parlez-vous du soutien du revenu dont on a parlé?
Non, je ne crois pas du tout que nous ayons ce système. Je n’en ai
jamais entendu parler auparavant.
The Chair: In wrapping up, you mentioned the First Nations
Market Housing Fund and that it was explored by the previous
council and is now being considered by the band at present or by
the community going ahead. This is a $300 million fund that was
set up in 2007. Our committee has heard quite a bit about it, that
it has the potential to be another source of money for muchneeded housing.
Le président : En terminant, vous avez parlé du Fonds pour les
logements du marché destinés aux Premières Nations et vous avez
dit que le conseil précédent l’avait examiné et que la bande ou la
collectivité est en train de l’étudier. Il s’agit d’un fonds de
300 millions de dollars qui a été créé en 2007. Notre comité en a
beaucoup entendu parler. On dit qu’il deviendra peut-être une
autre source d’argent pour les besoins pressants en logements.
It also includes capacity development assistance to provide
support for developing housing policies, financial management
policies, building codes and training for First Nation staff as
housing managers. This is one of the first times we have heard of a
band that is exploring the First Nations Market Housing Fund
and I appreciate that it’s just in the exploratory stage. I think the
committee would be grateful, and maybe I will ask you, is the
community vote or community discussions expected to happen in
the near future?
Cela inclut également l’aide au développement des capacités
visant à appuyer l’élaboration de politiques du logement, de
politiques de gestion financière, de codes du bâtiment et de
formation de gestionnaires d’habitations destinée au personnel
faisant partie de la bande. C’est l’une des premières fois que nous
entendons dire qu’une bande se penche sur le Fonds pour les
logements du marché destinés aux Premières Nations et je
comprends qu’on en est seulement à l’étape de l’examen. Je
pense que le comité serait très heureux, et je vous poserais peutêtre la question suivante : s’attend-on à ce qu’un vote ou une
discussion ait lieu très bientôt dans la collectivité?
Ms. Potts: We are hoping to bring it to the community before
Christmas. Like I said, we have been working in this area, a
capital projects worker, the infrastructure manager and the
Housing Committee and I. This new council that just came in
Mme Potts : Nous espérons porter la question à l’attention de
la collectivité avant Noël. Comme je l’ai dit, un représentant de
projets d’immobilisations, le gestionnaire de l’infrastructure, le
comité du logement et moi travaillons à cet égard. Le nouveau
1-10-2014
Peuples autochtones
8:29
needs to become familiar, so hopefully we are going to bring
something forward before Christmas with regard to the market
housing fund.
conseil a besoin d’information et il est à espérer que nous
présenterons quelque chose avant Noël concernant le fonds pour
les logements du marché.
The Chair: Could we ask you — you have been in touch with
our Clerk to arrange transportation here today — to let us know
if there are any developments in that connection as we go
forward. This fund has been presented to us as a serious
opportunity to deal with these kinds of challenges that you
have described. Our committee would be quite interested in
hearing if the community does make any decisions on that front.
Le président : S’il y a du nouveau à ce sujet, pourriez-vous —
vous avez communiqué avec notre greffière pour l’organisation du
transport d’aujourd’hui — nous en informer? On nous a présenté
le fonds comme une véritable occasion de régler les différents
problèmes que vous avez décrits. Notre comité aimerait beaucoup
le savoir si jamais la collectivité décide quoi que ce soit à cet
égard.
Ms. Potts: Yes, I can get in touch with Ms. Zlotnick.
The Chair: That’s very much appreciated. Thank you very
much for describing the situation of Bear Island. I think we now
have a much better idea of your challenges. I really appreciate
your coming here and being so forthright with us.
Sorry, did you have something else to say?
Mme Potts : Oui, je peux communiquer avec Mme Zlotnick.
Le président : Nous vous en sommes reconnaissants. Je vous
remercie beaucoup de nous avoir expliqué la situation de l’île
Bear. Je crois que nous avons une bien meilleure idée des
problèmes auxquels vous faites face. Je vous remercie beaucoup
de votre présence et d’avoir fait autant preuve de transparence.
Excusez-moi, vouliez-vous dire autre chose?
Ms. Potts: I just have a question. This committee, with the
feedback and the information you have, where does it go and then
what is the end result of collecting that information? Is it going to
be used?
Mme Potts : J’ai seulement une question. Qu’advient-il des
observations et de l’information que le comité obtient et qu’est-ce
qui en découle? Serviront-elles à quelque chose?
The Chair: That’s a very good question. The committee makes
recommendations to the government. We have been studying this
subject quite intensively with the blessing of the Ministry of
Aboriginal Affairs and the government. However, our report will
only be recommendations. It’s going to be up to the government
to respond to those recommendations. The government is
required to respond to our recommendations.
Le président : C’est une très bonne question. Le comité fait des
recommandations au gouvernement. Nous étudions le sujet de
façon très intensive, avec l’accord du ministère des Affaires
autochtones et du gouvernement. Cependant, notre rapport ne
contiendra que des recommandations. Il appartiendra au
gouvernement de donner suite aux recommandations. Il est tenu
de le faire.
I think our committee work and recommendations will be
taken seriously, but we are not the government; we are simply an
independent Senate committee that represents all parties, and so
our recommendations are only as good as the quality of our
report. This subject has not been studied recently or very seriously
from what we know for some time, so obviously housing is a very
burning issue in First Nation communities. You have described
your challenges and your problems. So we are really hoping that
we can sort through the complexities and make some strong
recommendations that will be implemented. We are planning to
do an interim report by December, so we will make sure that you
get the report and our recommendations.
Je crois que les travaux et les recommandations de notre comité
seront pris au sérieux, mais nous ne faisons pas partie du
gouvernement; nous formons simplement un comité sénatorial
indépendant qui représente toutes les parties, et nos
recommandations sont bonnes dans la mesure où nous
présentons un rapport de qualité. À notre connaissance, ce sujet
n’a pas été étudié de façon très sérieuse depuis longtemps et de
toute évidence, la question du logement est une question très
brûlante dans les collectivités des Premières Nations. Vous avez
expliqué les problèmes auxquels vous faites face. Nous espérons
vraiment être en mesure de faire le tri dans les éléments complexes
et présenter de bonnes recommandations qui seront mises en
œuvre. Nous prévoyons présenter un rapport provisoire d’ici
décembre, et nous ferons en sorte que vous obteniez le rapport et
nos recommandations.
We are also going to continue with the subject in the new year
as well, but we want to table an interim report that will
particularly focus on the housing side.
Nous continuerons à étudier la question au cours de la
prochaine année, mais nous voulons déposer un rapport
provisoire portant surtout sur le volet du logement.
I hope that helps to answer your question.
J’espère avoir répondu à votre question.
Ms. Potts: Yes, thank you very much.
Mme Potts : Oui, merci beaucoup.
The Chair: Thank you again for your very helpful testimony
today.
Le président : Encore une fois, je vous remercie beaucoup de
votre participation. Votre témoignage nous est très utile.
8:30
Aboriginal Peoples
1-10-2014
I would like to welcome the witnesses from our next panel.
From the Mishkeegogamang First Nation, we have Chief Connie
Gray-McKay, assisted by Donna Roundhead, a mental health
counsellor. Maybe we can start off with Chief Connie GrayMcKay.
Je souhaite la bienvenue à notre deuxième groupe de témoins.
Nous accueillons la chef Connie Gray-McKay, qui représente la
Première Nation de Mishkeegogamang. Elle est accompagnée de
Mme Donna Roundhead, qui est conseillère en santé mentale.
Nous pourrions commencer par entendre la chef Connie GrayMcKay.
We are also going to be hearing from Chief Arnold Gardner of
the Eagle Lake First Nation; Basil Goodchild, Housing Manager,
Lac Seul First Nation; and Charles Baxter who is the Housing
Manager of Constance Lake First Nation.
Nous entendrons également le témoignage de M. Arnold
Gardner, chef de la Première Nation d’Eagle Lake; de M. Basil
Goodchild, gestionnaire des logements de la Première Nation de
Lac Seul; et de M. Charles Baxter, gestionnaire des logements de
la Première Nation de Constance Lake.
I should explain, you have to hold the button down and the red
light has to be on so that we can hear you. We are expecting a
presentation of about five minutes from each of you and then
there will be questions from committee members. We will go
through all the presentations first, and then we will follow up with
questions from committee members.
Je dois vous expliquer qu’il faut appuyer sur le bouton et il faut
que la lumière rouge s’allume pour que nous puissions vous
entendre. Nous nous attendons à ce que chacun de vous fasse un
exposé d’environ cinq minutes. Les membres du comité vous
poseront des questions par la suite. Nous allons commencer par
écouter tous les exposés, et nous passerons ensuite aux questions.
Please proceed.
Connie Gray-McKay, Chief, Mishkeegogamang First Nation:
Good morning.
[Chief Gray-McKay spoke in her Native language.]
Allez-y, s’il vous plaît.
Connie Gray-McKay, chef, Première Nation de
Mishkeegogamang : Bonjour.
[La chef Gray-McKay s’exprime dans sa langue autochtone.]
I didn’t know what to expect coming here, but I’m hoping
whatever comes from this process makes some serious changes in
First Nation housing.
Je ne savais pas à quoi m’attendre en venant ici, mais j’espère
que le processus se traduira par des changements importants sur
le plan du logement des Premières Nations.
I have been a councillor for a band elected council for 10 years
and a chief for 10 years. I always thought I could make some
changes in my community, only to find out that change can only
happen if your treaty partners are a participant to that change,
providing the resources, the training, the capacity for a
community to begin to address the housing and building on the
young people. The trades that are needed, such as electricians,
plumbers, those trades are not available to First Nations, so it
makes it very impossible to do housing and renovations, proper
renovations. I am hoping that whatever little I say can bring
justice to an issue that affects the well-being, the health status of
our people.
Depuis 10 ans, je suis conseillère d’un conseil de bande élu et
chef. J’ai toujours pensé que je pouvais apporter des changements
dans ma collectivité, mais je me suis rendu compte que des
changements se produisent seulement si les partenaires signataires
de traités participent en fournissant les ressources, la formation et
la capacité permettant à une collectivité de s’attaquer au problème
de logement et de miser sur les jeunes. Du côté des métiers, nous
avons besoin notamment d’électriciens et de plombiers. Puisque
les Premières Nations n’y ont pas accès, il est vraiment impossible
de rénover, de bien le faire. J’espère que le peu que je dirai fera en
sorte que la situation qui affecte le bien-être et la santé de nos
membres sera corrigée.
I’m a grandmother now and I have a lot to give. The children,
our elders, all our people deserve proper housing. In my
community, we have built an elders’ home, but with no
funding. We financed it ourselves because our elders live a lot
of times with their grandchildren. We lived with my grandma and
she would always tell us, ‘‘Turn that blue light off,’’ meaning the
TV. She had to share a room. I believe the room was only about
10 by 12 with my two little girls. I have four daughters and two
sons and they were younger then. She would have to stay with
them. That’s how it is with a lot of our people. We have two or
three families living in one house and that creates a host of
problems.
Je suis maintenant grand-mère et j’ai beaucoup à offrir. Les
enfants, nos aînés, tous les gens ont le droit d’avoir un logement
décent. Dans ma collectivité, nous avons construit un foyer pour
personnes âgées sans obtenir de financement. Nous l’avons
financé nous-mêmes parce que très souvent, nos aînés vivent
avec leurs petits-enfants. Nous avons vécu avec ma grand-mère et
elle nous disait toujours d’éteindre la lumière bleue, c’est-à-dire la
télévision. Elle devait partager une chambre. Je crois qu’elle ne
mesurait que 10 par 12 et il y avait mes deux petites filles. J’ai
quatre filles et deux fils et ils étaient jeunes à l’époque. Elle devait
rester avec eux. C’est la situation d’une bonne partie de notre
population. Deux ou trois familles vivent dans une maison, ce qui
cause toutes sortes de problèmes.
I did bring a formal presentation for you to look at. I don’t
know if it was given to you, but it just gives you some facts about
our housing. For example, in our community, we have
Je vous ai apporté un exposé formel que vous pourrez
consulter. Je ne sais pas si on vous a fourni le document, mais
il contient des renseignements sur nos logements. Par exemple,
1-10-2014
Peuples autochtones
8:31
116 houses, 11 are log cabins with a single door, which is a fire
hazard. The log cabins were temporary homes, but they have
become permanent homes with no running water. We have
11 houses that were burnt-out units, meaning they burned to the
ground.
notre collectivité compte 116 maisons, dont 11 sont des cabanes
en rondins qui n’ont qu’une porte, ce qui comporte des risques
d’incendie. Elles étaient censées être des habitations temporaires,
mais elles sont devenues permanentes et elles n’ont pas l’eau
courante. Onze de nos maisons ont été détruites complètement,
c’est-à-dire qu’elles ont été réduites en cendres.
We have a host of problems and I think sometimes, to look at a
picture says a lot more. So I got the young girl who is working in
housing to go around to take pictures. Even for me, looking at
them, it was shocking. It is really shocking. It really hurts you to
know that your people live in these houses and that little children
and elders, vulnerable society, live in these houses.
Nous avons une foule de problèmes, et je crois que parfois,
regarder une image en dit long. J’ai demandé à la jeune fille qui
travaille dans le secteur de l’habitation de prendre des photos.
Même pour moi, c’était troublant de les regarder. C’est vraiment
troublant. Cela fait vraiment mal de savoir que les membres de
ma collectivité vivent dans ces maisons et que des petits enfants et
des aînés, des gens vulnérables, y vivent.
I heard a question asked: What do you see? You are talking
about studying the problem. I think if you really want to know
how to deal with something you have to see it firsthand. It’s so
different in Northern Ontario. A lot of the communities are
remote. They are only fly-in. The cost of building a house is so
great. It’s incredible. In the last few years, with the winter roads,
there have been no winter roads, so it affects the capacity to bring
in the lumber, the fuel. I think if we can become more active
participants and sharing in the resources, as our treaty was always
meant for us, the Ring of Fire could be a big thing for us too. A
road goes through my community, and it is not even considered a
Ring of Fire community. Yet, we are going to bear all the risks of
these trucks hauling through the community. We have a
transmission line that is going to be built around our territory.
We are not even going to be able to participate. We are going to
have to compete for that transmission line, which doesn’t make
sense to me because it’s going to run through my community.
J’ai entendu la question suivante : que voyez-vous? On parle
d’étudier le problème. Je pense que si l’on veut vraiment savoir
comment régler quelque chose, il faut le voir directement. La
situation est tellement différente dans le Nord de l’Ontario. Il y a
de nombreuses collectivités éloignées. Elles ne sont accessibles que
par la voie des airs. La construction d’une maison coûte tellement
cher. C’est incroyable. Ces dernières années, il n’y a pas eu de
routes d’hiver, ce qui nuit au transport de bois d’œuvre et
d’essence. Si nous pouvions participer davantage et tirer profit des
ressources, comme cela a toujours été convenu dans notre traité,
le Cercle de feu pourrait être quelque chose d’important pour
nous aussi. Une route passe dans ma collectivité, et elle n’est
même pas considérée comme une collectivité du Cercle de feu.
Nous allons tout de même faire face à tous les risques, car les
camions passeront chez nous. Une ligne de transport sera
construite près de notre territoire. Nous ne pourrons même pas
participer. Nous devrons rivaliser pour cette ligne, ce qui
m’apparaît insensé puisqu’elle traversera ma collectivité.
If you are studying something, it’s better if you go see it firsthand, yourself.
Si l’on étudie quelque chose, il est préférable de voir la
situation directement.
A recommendation I make to this committee is that there has
to be more training dollars to build capacity. The welfare system
itself, a young person living on $400 and you have to take a cab to
Pickle Lake, which is $120; there goes a third of your welfare. By
the time you get back, the northern store where you’re paying
$3 or $4 for a loaf of bread, your welfare income is going to last
maybe two weeks. Something has to be done about that.
Je recommande l’augmentation des fonds destinés à la
formation pour renforcer les capacités. Une jeune personne qui
vit de l’aide sociale a 400 $. Elle doit prendre un taxi jusqu’à
Pickle Lake, ce qui lui coûte 120 $; un tiers de son argent est déjà
dépensé. Au retour, elle passe au magasin Northern où un pain
coûte 3 ou 4 $; elle aura dépensé ses revenus d’aide sociale après
deux semaines. Il faut faire quelque chose à cet égard.
The subsidies that are provided to people who are living in a
house, they have a shelter allowance and they have basic. If their
shelter allowance exceeds the amount that they are going to pay
for rent, hydro — and most people prefer wood stoves because if
you don’t have enough money for oil, you are going to burn wood
— it’s going to cut into their basic; that means their food
allowance. A lot of my people, 85 per cent, are on welfare because
there is no economic base, there are no jobs.
Il y a les subventions qui sont accordées aux gens qui vivent
dans une maison; ils ont une allocation-logement et ils ont la base.
Si le montant de leur allocation-logement dépasse celui qu’ils
paieront pour le logement, l’électricité — et la plupart des gens
préfèrent avoir un poêle à bois, car s’ils n’ont pas assez d’argent
pour de l’huile, ils se chaufferont au bois —, on coupera dans les
dépenses essentielles, c’est-à-dire l’allocation alimentaire. Bon
nombre des gens de ma collectivité, 85 p. 100 d’entre eux, vivent
de l’aide sociale parce qu’il n’y a pas d’assise économique, il n’y a
pas d’emplois.
I’m painting a story that is real. I live it every day. There is not
a day that goes by that I don’t get two or three phone calls about
housing, housing disputes, housing needs, and it hurts your spirit
Ce que je vous raconte est vrai. Je le vis tous les jours. Il n’y a
pas un jour qui passe sans que deux ou trois personnes
m’appellent pour me parler de problèmes liés au logement, qu’il
8:32
Aboriginal Peoples
1-10-2014
as a person, to say simply, ‘‘I’m working on it.’’ I have been
working on it now for 20 years, trying to address housing. I have
at least 300 people, individual families, waiting for a house and
they all have a right to have a proper house. It’s your basic need,
shelter, food and being accepted. We have done what we can as a
community to try to make change.
s’agisse de situations de conflits ou de besoins de logement, et cela
fait mal de dire simplement « j’y travaille ». Depuis 20 ans
maintenant, j’y travaille, j’essaie de régler les problèmes de
logement. Au moins 300 personnes, des familles, attendent d’avoir
une maison et elles toutes le droit d’avoir une habitation
adéquate. On parle d’un besoin fondamental : se loger, se
nourrir et être accepté. En tant que collectivité, nous avons fait
ce que nous pouvions pour changer les choses.
We have had two CMHC subsidies. The minimum required
payment, if people don’t make those payments, the band has to
pay. My housing budget fund is over $700,000. We have to pay
insurance for those houses. They have to be insured. So that has
to change. We have to look at the CMHC system.
Nous avons eu deux subventions de la SCHL. Si les gens ne
font pas le paiement minimal, la bande doit payer. Mes fonds
pour mon budget du logement sont de plus de 700 000 $. Nous
devons payer les assurances pour les maisons. Elles doivent être
assurées. Il faut donc que la situation change. Il nous faut
examiner le système de la SCHL.
The last thing I would like to say is in the last 30 years, we have
lost 26 people due to house fires — 26 people. Seven children died
in a fire in 1978, in a house that had one door, no windows. It was
a winter cabin. On November 23, 2013, I lost a young man in a
house. In February 13, I lost four young people in a house. The
house was old. It was like a paper box. The mother was 30 years
old. Her daughters were four and six. Her nephew was 21. He ran
back in to try to save them. They had two doors in that house.
One door, you couldn’t even open. It was boarded shut. They
didn’t have enough money to renovate. They couldn’t even open
the windows to help themselves.
La dernière chose que j’aimerais dire, c’est qu’au cours des 30
dernières années, nous avons perdu 26 personnes dans des
incendies résidentiels — 26. En 1978, 7 enfants ont perdu la vie
dans un incendie, dans une maison qui n’avait qu’une porte et
aucune fenêtre. Il s’agissait d’une cabane d’hiver. Le 23 novembre
2013, un jeune homme a perdu la vie dans une maison;
le 13 février, j’ai perdu quatre jeunes dans une maison. C’était
une vieille maison. Elle ressemblait à une boîte en carton. La mère
avait 30 ans. Ses filles avaient 4 et 6 ans. Son neveu avait 21 ans.
Il est revenu en courant pour essayer de leur sauver la vie. Il y
avait deux portes, mais il y en a une qu’on ne pouvait même pas
ouvrir. Elle était placardée. La famille n’avait pas assez d’argent
pour faire des rénovations. Elle ne pouvait même pas ouvrir les
fenêtres.
Housing is a serious issue. I’m hoping that something changes.
I hope my presentation has helped. If you look at some of the
pictures, the pictures tell the story. My reserve is in two parts.
There is the 63A and the 63B. In the middle is Crown land. To get
through to and from, it’s about 45 kilometres between the two
reserves with Crown land in the middle. My community is
proactive; I like to think we are proactive. We try to address our
own issues but, you know, the bottom line is you need funds to
address something so huge like housing.
Le logement constitue un grave problème. J’espère qu’il y aura
des changements. J’espère que mon exposé vous sera utile.
Certaines des images que je vous ai fournies sont éloquentes. Ma
réserve est divisée en deux : 63A et 63B. Dans le milieu, il y a la
terre de la Couronne. Environ 45 kilomètres séparent les deux
réserves, et la terre de la Couronne se situe entre les deux. Ma
collectivité prend des initiatives; j’aime à penser qu’elle le fait.
Nous essayons de régler nos problèmes, mais vous savez, au bout
du compte, pour régler d’aussi grands problèmes que celui du
logement, il faut des fonds.
I asked Donna to be here just as a spiritual guide for me. I
speak on behalf of my grandkids and all the grandkids coming up.
I speak on behalf of the elders and my ancestors. I know when our
ancestors signed treaties, they didn’t sign us to a life of poverty.
They signed them for us to have a good future.
J’ai demandé à Donna de m’accompagner à titre de guide
spirituelle. Je parle au nom de mes petits-enfants et de tous les
petits-enfants qui naîtront. Je parle au nom des aînés et de mes
ancêtres. Je sais que quand nos ancêtres ont signé des traités, ils ne
l’ont pas fait pour que nous vivions dans la pauvreté. Ils les ont
signés pour que nous ayons un bel avenir.
So with that, I want to say meegwetch.
Cela dit, je vous dis meegwetch.
I don’t even know how I got to be at this table, to be honest.
This one day I got this call asking, ‘‘Could you testify?’’ But I am
glad for that opportunity to speak for not only my nation, but
others. Meegwetch.
En toute honnêteté, je ne sais même pas comment je me suis
retrouvée ici. Un jour, on m’a téléphoné pour me demander si je
pouvais témoigner. Je suis ravie d’avoir l’occasion de m’exprimer
au nom non seulement de ma nation, mais également des autres.
Meegwetch.
The Chair: Thank you very much, Chief McKay. I appreciate
the material that you have put together and the pictures speak for
themselves. We are going to make sure that committee members
Le président : Merci beaucoup, chef McKay. Je vous remercie
des documents que vous avez assemblés. Les images parlent
d’elles-mêmes. Nous ferons en sorte que les membres du comité
1-10-2014
Peuples autochtones
get a chance to see those and I’m going to pass the materials
around right now. I want to make sure that everyone gets a
chance to get a copy. Thank you very much for that presentation.
We will now turn to Mr. Goodchild..
8:33
les voient et je vais maintenant faire circuler les documents. Je
veux m’assurer que tout le monde en a un exemplaire. Je vous
remercie beaucoup de votre exposé.
C’est maintenant au tour de M. Goodchild.
Basil Goodchild, Housing Manager, Lac Seul First Nation: My
name is Basil Goodchild and I work for Lac Seul First Nation.
Basil Goodchild, gestionnaire des logements, Première Nation de
Lac Seul : Je m’appelle Basil Goodchild et je travaille pour la
Première Nation de Lac Seul.
Lac Seul is made up of three small communities, about 15 to
20 kilometres apart, being Frenchman’s Head, Kejick Bay and
Whitefish Bay. Frenchman’s Head has approximately 180 homes;
Kejick Bay approximately 116 homes; and Whitefish Bay has
approximately 50 homes. Of those, 74 units in all the communities
are CMHC-run, run by us through the Ke-nawind Housing
Development Authority. Our waiting list right now is
approximately 53 applicants from Frenchmen’s Head, 16 from
Kejick Bay and 16 from Whitefish Bay. Our off-reserve applicants
consist of 38 applications right now.
Lac Seul comprend trois petites collectivités : Frenchman’s
Head, Kejick Bay et Whitefish Bay. Environ 15 à 20 kilomètres les
séparent. La première compte environ 180 habitations, la
deuxième, 116, et la troisième, 50. Parmi elles, 74 unités sont
gérées par la SCHL, par nous, par l’intermédiaire de la
Ke-nawind Housing Development Authority. À l’heure actuelle,
notre liste d’attente comprend environ 53 demandeurs de la
collectivité de Frenchmen’s Head, 16 de celle de Kejick Bay et
16 de celle de Whitefish Bay. Présentement, 38 demandes
proviennent de l’extérieur de la réserve
The housing staff for Ke-nawind who basically take care the
units through the CMHC system consists of me — I’m the
Housing Manager — my housing clerk, an office assistant and
then four maintenance workers to keep everything up to par.
Operations and maintenance staff for our basic system in
Frenchman’s Head and the other two communities consists of
four maintenance workers and two to take care of the band units.
Le personnel chargé du logement de la Ke-nawind Housing
Development Authority qui, en fait, s’occupe des unités par le
truchement du système de la SCHL, inclut moi-même — je suis le
gestionnaire des logements —, mon commis aux logements, un
adjoint de bureau et quatre préposés à l’entretien et aux
réparations pour que les unités demeurent en bon état. Pour
notre système de base, le personnel du fonctionnement et de
l’entretien dans la collectivité de Frenchman’s Head et les deux
autres collectivités comprend quatre préposés à l’entretien et aux
réparations et deux personnes qui s’occupent des unités de la
bande.
We have approximately three or four homes under renovation
right now which are the old band units that we happened to find
dollars for to try to bring them up to livable, not code but livable,
which is a standard process anywhere that you deal. We have
seven units that are currently under construction under the
CMHC process. We have just received the OK for six for this
year’s construction and I’m trying to get home to start those.
Environ trois ou quatre habitations sont en pleine rénovation
présentement et il s’agit des vieilles unités de la bande pour
lesquelles nous avons trouvé de l’argent pour les rendre
habitables, pas selon le code, mais habitables, et c’est un
processus standard partout. Sept unités sont en chantier dans le
cadre du processus de la SCHL. Nous venons tout juste de
recevoir le feu vert pour la construction de six unités pour cette
année et j’essaie de rentrer afin de commencer les projets.
We have approximately 240 band units, homes that are band
homes that do not pay rent and the rest consists of, like I said, the
CMHC system.
Nous avons environ 240 unités appartenant à la bande, des
habitations qui appartiennent à la bande pour lesquelles il n’y a
pas de loyer, et les autres font partie du système de la SCHL,
comme je le disais.
Any band member who resides in the First Nation will qualify
first and foremost, citing that there is a major housing crisis on
the reserve. Chief and council have tried to provide adequate
housing for their band members living on reserve.
Tout membre d’une bande qui vit dans la collectivité de la
Première Nation se qualifiera d’abord et avant tout, en déclarant
qu’il y a une crise de logement majeure dans la réserve. Le chef et
le conseil essaient de fournir un logement adéquat aux membres
de la bande qui vivent dans une réserve.
There is no basic land infrastructure to construct more housing
because we are running out of infrastructure dollars such as water
lines which are hitting to the max; hydro lines are hitting to the
max. We are up to a 1-phase now, and we now have no choice but
to go with what is known as a three-phase, which means you need
more power. So we have to switch that over.
Il n’y a pas d’infrastructure permettant de construire un plus
grand nombre de logements, car nous sommes à court d’argent
pour les infrastructures, comme le système d’approvisionnement
en eau, qui est utilisé au maximum; les lignes de transport
d’électricité sont utilisées au maximum. Nous utilisons le courant
monophasé, et nous n’avons plus le choix : il nous faut
8:34
Aboriginal Peoples
1-10-2014
maintenant passer à une alimentation triphasée, ce qui veut dire
qu’il faut une plus grande alimentation. Il nous faut donc nous
tourner vers cela.
Ke-nawind takes care of the housing, but it also does do the
overflow on some of the band units. If we have any extra funding
for that, I send my guys in to do the basic needs on that. I can’t do
a full renovation, but I can do cosmetic work I guess would be the
proper term for that.
La Ke-nawind Housing Development Authority s’occupe du
logement, mais également du surplus pour certains logements de
la bande. Si nous avons des fonds supplémentaires pour cela,
j’envoie mes hommes pour répondre aux besoins de base. Je ne
peux pas faire la rénovation complète, mais je peux m’occuper des
travaux mineurs; je présume que c’est une bonne façon de le dire.
We have a board of directors of three and they oversee my dayto-day operations. We hold board meetings once a month for any
items that come on the desk and if there is any crisis, then I call
them and they attend the board meeting when they can.
Nous avons un conseil d’administration composé de trois
personnes qui surveillent mes activités quotidiennes. Nous tenons
des réunions une fois par mois concernant tout point soulevé et
s’il y a une crise, je les appelle et elles assistent à la réunion
lorsqu’elles le peuvent.
Chief and council does not hand out any homes anymore, nor
do I. It’s the board of directors that do. That way, you don’t run
into any conflict or anything like that. So nobody can phone me
and holler and scream or holler and scream at council. We try to
avoid that because the phone calls are just astronomical on that
issue, for housing needs and so forth.
Le chef et le conseil ne veulent plus s’occuper de la distribution
des maisons, et moi non plus. C’est le conseil d’administration qui
le fait. De cette façon, on ne se retrouve pas dans des situations
conflictuelles ou quoi que ce soit. Personne ne peut appeler le
conseil ou moi-même en criant. Nous essayons d’éviter une telle
situation, car le nombre d’appels concernant les besoins de
logement, par exemple, est énorme.
What else do I have to say here?
Qu’ai-je d’autre à dire?
The current housing waiting list for each community is quite
high, but there is no availability for off-reserve to obtain housing
in the community. So we are trying to look at that also, but some
people are living in areas that we do have, such as Sioux Lookout,
Hudson and any place close where they can find a place to stay.
Dans chaque collectivité, la liste d’attente actuelle est assez
longue, mais il n’est pas possible pour les gens qui sont à
l’extérieur de la réserve d’obtenir un logement dans la collectivité.
Nous étudions cette question également, mais certaines personnes
vivent dans des secteurs que nous couvrons, comme Sioux
Lookout, Hudson et n’importe quel endroit à proximité où ils
peuvent trouver un endroit où habiter.
We also entered the First Nations Market Housing Fund.
When I first got hired there two years ago, I first applied for it
when I saw the advertisements. We just got okayed — and that
took a little over a year to get the final process through — for X
amount of dollars, so we are starting the procedure on that. We
then went to the banks looking for backing on the mortgages that
the band is going to be the guarantors of. That just came through
actually on Friday. In order to start that process, it took over two
years for me to get this First Nations Market Housing Fund
going through.
Nous avons également adhéré au Fonds pour les logements du
marché destinés aux Premières Nations. Lorsqu’on m’a embauché
il y a deux ans, j’ai tout d’abord fait une demande lorsque j’ai vu
les annonces. Nous venons de recevoir le feu vert — le processus
final a duré un peu plus d’un an — pour un certain montant, et
nous commençons donc le travail. Nous sommes allés voir les
banques concernant les hypothèques pour lesquelles la bande
agira comme garant. Cela s’est passé vendredi, en fait. Il m’a fallu
attendre deux ans avant que le processus commence.
Currently, we have five families who have applied. Of those,
two of them have been okayed now and the rest are still going
through the process.
À l’heure actuelle, cinq familles ont fait une demande. Deux
d’entre elles ont reçu le feu vert et les autres sont toujours en train
de suivre le processus.
On a good note, if there is such a thing in housing, the Lac Seul
First Nation chief and council have been trying to their darnedest
help their people. In fact, they have invested in 24 units through
their own mortgage system that they have gone through. They
have applied and received that about 10 or 15 years ago. They
have invested that and are paying their own mortgages on that.
We are charging rent in the process, but we still have to cover part
Bonne nouvelle — je ne sais toutefois pas si on peut dire cela en
parlant du logement — : le chef et le conseil de la Première Nation
de Lac Seul font tout en leur pouvoir pour aider leurs membres.
En fait, ils ont investi dans 24 unités de logement par
l’intermédiaire du régime de prêts hypothécaires auquel ils ont
eu recours. Ils ont fait une demande et ont obtenu cela il y a 10 ou
15 ans. Ils investissent l’argent et payent leurs propres
1-10-2014
Peuples autochtones
8:35
of that. Then we have 10 units through the timber claim that we
have done and we are charging rent on that to help offset a lot of
the housing.
hypothèques. Nous demandons un loyer, mais nous devons
toujours couvrir une partie. Ensuite, nous avons 10 unités dans le
cadre de nos revendications concernant le bois et nous
demandons un loyer pour aider à compenser en bonne partie les
coûts liés au logement.
Right now, Lac Seul and Ke-nawind are in the process of
purchasing 12 units from KDSB which is the Ontario housing,
geared to income housing. I got wind that they were selling off
some of their older homes and 12 of them were located in
Hudson. So I started negotiations on that and we are now in the
process where we got the bank loan approved and we are just
waiting for the final letter to exchange names on those houses so
we can take the overflow on that. That’s what the chief and
council went through.
À l’heure actuelle, Lac Seul et la Ke-nawind Housing
Development Authority sont en voie d’acheter 12 unités de la
KDSB, qui est l’organisme ontarien de services de logements pour
ce qui est des logements à loyer indexé sur le revenu. J’ai eu vent
du fait qu’il vendait certaines de ses plus vieilles habitations et que
12 d’entre elles se trouvaient à Hudson. J’ai donc commencé à
négocier et le prêt bancaire a été approuvé et nous attendons de
recevoir la lettre finale pour communiquer les noms pour les
maisons. C’est ce que le chef et le conseil ont fait.
They have tried to do a lot of infrastructure through their
process of the flood claims monies that they have received to
better their community and in order for us to look at that. They
have gone into a partnership with a mill. They have helped get the
mill going again in Hudson, which is known as the McKenzie
Mill. They are running one shift there and we are doing a lot of
training to get the people back to work there.
Ils ont essayé d’en faire beaucoup du côté des infrastructures
par le processus de réclamations en raison d’inondation pour
améliorer la collectivité et pour que nous examinions cela. Ils ont
établi un partenariat avec une usine. Ils ont aidé à la reprise des
activités de l’usine à Hudson, connue sous le nom de McKenzie
Mill. Il y a une équipe et nous faisons beaucoup de formation
pour ramener les gens au travail là-bas.
They have made other investments, like they opened up a Tim
Horton’s in Sioux Lookout. We have opened up a training centre,
the Training of Excellence Centre, where we work a lot with the
Seven Generations, the mines for training, the mill to get them
trained to be able to walk into the mill if there is ever any work
needed. They are also opening up a culinary school in the very
near future. We bought a building and have applied for funding
to have a culinary school. We do own a couple of lodges, fishing
lodges that are band-owned, but run through almost the same
system as mine, with a board of directors and whatever funds that
they have.
Ils ont fait d’autres investissements. Par exemple, ils ont ouvert
un restaurant Tim Horton à Sioux Lookout. Nous avons ouvert
un centre de formation, le Training of Excellence Centre, où nous
travaillons beaucoup avec l’institut éducatif des sept générations,
les mines pour la formation, l’usine pour que les gens soient
formés afin de pouvoir entrer dans l’usine s’il y a des besoins. Ils
sont en train d’ouvrir également une école culinaire. Nous avons
acheté un immeuble et avons demandé du financement pour
établir une école culinaire. Nous avons quelques camps de pêche
qui appartiennent à la bande, mais qui fonctionnent selon presque
le même système que celui des mines, avec un conseil
d’administration et tous les fonds qui s’appliquent.
That’s basically it. Thank you.
C’est la situation, en gros. Je vous remercie.
The Chair: Thank you very much for a tremendous amount of
information. Much appreciated.
Le président : Je vous remercie beaucoup de toute cette
information. Nous vous en savons gré.
Before we go on to Chief Gardner, I did want to mention to
Chief McKay that we are destined to visit two fly-in communities.
We can’t visit them all, but we have made arrangements to fly into
Sandy Lake and KI First Nation. So we will be looking at some,
as you recommended,.
Avant de donner la parole au chef Gardner, je voulais
mentionner au chef McKay que nous sommes censés visiter
deux communautés accessibles par avion. Nous ne pouvons les
visiter toutes, mais nous avons pris des dispositions pour aller à
Sandy Lake et pour visiter la Première Nation KI. Nous allons
donc le faire, comme vous l’avez recommandé.
Chief Arnold Gardner is from Eagle Lake First Nation. We
would like to hear from you now, sir, please.
Le chef Arnold Gardner est de la Première Nation d’Eagle
Lake. La parole est à vous, monsieur.
[Audio difficulties]
The Chair: It seems we are having technical difficulties. We will
have a backup recording device where the witnesses are so we can
get everything that is said for the record and I would ask that
committee members speak up. So if you’re all agreeable, I would
like to get going with plan B while our technician is working on
the system.
[Problèmes de son]
Le président : On dirait que nous éprouvons des difficultés
techniques. Nous allons avoir un appareil d’enregistrement de
sauvegarde, là où se trouvent les témoins, de sorte que nous
puissions enregistrer tout ce qui se dit pour le compte rendu. Je
vais demander aux membres du comité de parler fort. Si vous êtes
tous d’accord, nous allons opter pour le plan B pendant que notre
technicien s’affaire à réparer le système.
8:36
Aboriginal Peoples
1-10-2014
To the witnesses, we will have a conversation like we are sitting
around the table and we will record what you are saying.
Chers témoins, nous allons avoir une discussion normale
autour de la table et nous enregistrerons tout ce que vous dites.
I know there were some interesting questions asked by Senator
Greene Raine about the history of your community.
Je sais que la sénatrice Greene Raine a posé des questions
intéressantes sur l’histoire de votre collectivité.
[Audio difficulties]
The Chair: Let’s hear from Chief Gardner. The recording
device is going to be there, just so you are aware. We will then
hear from Mr. Baxter and we will have a chance for some
dialogue with the senators.
Please go ahead with your presentation, Mr. Gardner.
[Problèmes de son]
Le président : Écoutons le chef Gardner. Sachez simplement
que l’appareil d’enregistrement est là. Nous allons ensuite écouter
M. Baxter, puis nous pourrons discuter avec les sénateurs.
Nous vous écoutons, monsieur Gardner.
Arnold Gardner, Chief, Eagle Lake First Nation: I don’t know
what’s happening with technology. I’ll start by saying that I’m a
very traditional person. I have learned your system and I want to
share that with you. I have an education. When I say
‘‘traditional,’’ maybe it’s something I want to share with you
and when it came to me, it seemed like everything broke down.
Arnold Gardner, chef, Première Nation d’Eagle Lake : Je ne sais
pas ce qui se passe sur le plan de la technologie. Je dirai pour
commencer que je suis une personne très traditionnelle. J’ai appris
votre système et je veux vous le dire. Je suis instruit. Quand je dis
« traditionnel », c’est que je veux que vous le sachiez. Quand c’est
venu à moi, on dirait que tout est tombé en morceaux.
I somewhat feel something and the message basically of what I
want to say is to tell you to start listening, start listening to the
people. I’m talking about the government; I’m talking about
INAC, to get a better understanding of a lot of the traumas that
our people go through.
Je ressens quelque chose et ce que je veux vous dire, en gros,
c’est qu’il faut que vous commenciez à écouter les gens. Je parle
du gouvernement, d’AADNC, qui doit mieux comprendre les
traumatismes que vit notre peuple.
[Chief Gardner spoke in his Native language.]
[Le chef Gardner s’exprime dans sa langue autochtone.]
Sharing that, that’s not even who I am. I’m from the Moose
Clan and named after the Sun. It identifies who I am and how I
am going to walk this Earth and how I am going to address
housing. I have been the leader in our community now since 1990.
I have been a grand chief for the Treaty 3 area. That’s where I’m
from, the Treaty 3 territory. I represent 550 people in my
community. Two hundred and ninety-nine are off reserve and the
rest live in the community.
Cela ne correspond même pas à la personne que je suis. Je suis
du clan des Moose et je porte le nom du soleil. C’est ce qui dit qui
je suis, comment sera mon passage sur Terre et comment je vais
aborder la question du logement. Je suis le chef de notre
communauté depuis 1990. Je suis le grand chef du territoire visé
par le traité no 3. C’est de ce territoire que je viens. Je représente
550 personnes, dans ma communauté. Il y en a 299 hors réserve,
et les autres vivent dans la communauté.
We come from a community that has 8,000 acres as a land
base. How do you develop an economy with 8,000 acres? To
understand a lot of the issues that I hear about from my colleague
Sherri Mitchell in terms of rent, we all know that the highest
unemployment rate is amongst Aboriginal People and that
includes my people. Then I have to charge them rent. We have
to address realistically how we are going to deal with housing.
Notre communauté couvre une superficie de 8 000 acres.
Comment développer une économie avec 8 000 acres? On peut
comprendre l’essentiel des problèmes que ma collègue Sherri
Mitchell a mentionnés au sujet des loyers, car nous savons tous
que c’est chez les Autochtones que le taux de chômage est le plus
élevé, et cela comprend ma communauté. Et je dois exiger des
loyers. Il faut envisager avec réalisme la façon dont nous allons
aborder la question du logement.
I want to talk a little bit about the other stuff too in terms of
infrastructure, water treatment and certainly schools.
Je veux parler un peu des autres aspects de l’infrastructure,
comme le traitement de l’eau et, chose sûre, les écoles.
Eagle Lake has had an arena now for 45 years, an artificial ice
arena because as a people, we see it as a basis for how you are
going to go ahead. You have to have a foundation.
Eagle Lake a un aréna depuis 45 ans. C’est une glace
artificielle, et nous voyons l’aréna comme étant une chose qui
peut nous faire progresser. Il faut une fondation.
In terms of education, we have done a database of where our
people are at in terms of their education and the skills that they
have to offer. We do that on a daily basis. When somebody is
looking for workers, at a push of a button now, we can give you a
person in ten minutes. We have developed that kind of a database,
and we are certainly doing that in education. We are also doing it
in terms of housing. We are identifying the people. Just to give
En ce qui concerne l’éducation, nous avons établi une base de
données pour savoir où en sont nos gens sur le plan de l’éducation
et des compétences qu’ils ont à offrir. Nous faisons cela au
quotidien. Quand quelqu’un est à la recherche de travailleurs,
nous appuyons sur une touche et nous pouvons vous trouver
quelqu’un en 10 minutes. Nous avons créé ce genre de base de
données, et nous le faisons pour l’éducation. Nous le faisons aussi
1-10-2014
Peuples autochtones
8:37
you an idea, our small community has 98 homes and 95 homes
have piped water. Five homes are with wells. That’s just to give
you an idea.
pour le logement. Nous précisons les gens. Pour vous donner une
idée, dans notre petite communauté, il y a 98 maisons. Quatrevingt-quinze maisons sont connectées au système de canalisation.
Cinq maisons ont des puits. Cela vous donne une idée.
Now, one of the problems we have identified is the water
system. It’s a filtration system. It cost us a lot of money. It cost
the government a lot of money. You have to prioritize what you
are going to look after on a yearly basis. We know that water is a
big issue right across this country. If we don’t upgrade the water
system, we are going to be providing undrinkable water to our
people.
Le système de distribution d’eau compte parmi les problèmes
que nous avons relevés. C’est un système de filtration. Cela nous
coûte très cher. Ça coûte très cher au gouvernement. Il faut établir
les priorités chaque année. Nous savons que l’eau est un gros
problème à l’échelle du pays. Si nous ne modernisons pas le
système, l’eau que nous acheminerons à nos gens ne sera pas
potable.
It comes down to should we build a house, should we fix the
school, should we fix the roads or should we fix the water? You
get pressure from all over and certainly, as a leader, what I try to
do is listen to the people. It’s not like all the communities where
you are from, as individual people, where you come from. I have
to live with the people. Our area is probably half a mile. People
come to my house. I live with the people. I don’t live at the other
end of town, per se; I live right in the middle. That is different
than, say, Toronto, Ottawa, Vancouver, Winnipeg, even Thunder
Bay. You run into people and they bring out these issues.
En fin de compte, nous devons déterminer s’il faut construire
une maison, arranger l’école, réparer les routes ou réparer le
système de distribution d’eau. Les pressions viennent de partout
et, en tant que leader, j’essaie d’écouter les gens. Ce n’est pas
comme toutes vos communautés. Je dois vivre avec ces gens.
Notre territoire couvre peut-être un demi-mille. Les gens viennent
chez moi. Je vis avec ces gens, et non à l’autre bout de la ville. Je
suis là, au milieu d’eux. C’est différent de Toronto, d’Ottawa, de
Vancouver et, même, de Thunder Bay. Vous croisez les gens et ils
vous parlent de ces problèmes.
The other thing that I wanted to talk about is to try to give you
an understanding of the trauma that our people are suffering.
That is the kind of people, we as leaders, as housing managers,
have to deal with. It’s not us who determine the allocations for old
homes getting renovated and so forth. The daily pressures on our
staff who provide the service to those in need of homes are great.
Our elders are also a big issue, a very big issue. A lot of times, we
are accused of letting our elders down. I am of that age now and I
understand.
L’autre chose que je souhaite faire, c’est essayer de vous faire
comprendre le traumatisme dont notre peuple souffre. Nous
devons, en tant que leaders et gestionnaires de logements, traiter
avec des gens comme ça. Ce n’est pas nous qui déterminons les
montants affectés aux vieilles maisons qui doivent être rénovées et
ce genre de choses. Notre personnel subit au quotidien des
pressions quand il s’agit de fournir des services à ceux qui ont de
grands besoins de logement. Nos aînés représentent un problème
très important. Souvent, on nous accuse de laisser tomber nos
aînés. J’ai atteint cet âge, maintenant, et je comprends.
It’s because of the monies that are allowed for housing. I will
leave with the clerk afterward, for your information, a little thing
that I developed. I want to share with you one of the things that I
did in my community. Like Connie, I don’t know why I am here. I
don’t know why I was selected to come and do a presentation.
C’est à cause des montants affectés au logement. Après, je vais
laisser à la greffière une petite chose que j’ai créée, à titre
d’information. Je veux vous faire part d’une des choses que j’ai
faites dans ma communauté. Tout comme Connie, je ne sais pas
pourquoi je suis ici. Je ne sais pas pourquoi j’ai été choisi pour
venir faire un exposé.
Eagle Lake is trying to address the mould problem. We are
looking at a different type of housing system. We are looking at
developing a factory on Eagle Lake. It’s not stick housing
anymore. It’s some kind of a product like the insides of a 747, that
type of material is what we are using in these buildings we are
constructing. Again, when you are dealing with mould, we try to
do the best with the technology that we learned from whomever,
such as CMHC.
Nous essayons, à Eagle Lake, de résoudre les problèmes de
moisissures. Nous envisageons un système de logement différent.
Nous envisageons d’établir une usine à Eagle Lake. Il n’est plus
question de maisons de bois, mais plutôt de maisons faites comme
l’intérieur d’un 747. C’est le genre de matériau qui est utilisé dans
les immeubles que nous construisons. Encore là, quand il est
question de moisissures, nous essayons de tirer le meilleur de la
technologie dont la SCHL nous informe, par exemple.
It’s foundations that is the critical issue. I think I heard
somebody mention earlier a vapor barrier and you have to put a
Styrofoam foundation. That is where it begins. If you don’t do it
right there, moisture climbs. These are the things that we learned
so we are promoting that in our community.
Ce sont les fondations qui sont critiques. Je pense avoir
entendu quelqu’un mentionner précédemment un pare-vapeur, et
il faut une fondation en styromousse. C’est par cela qu’il faut
commencer. Si vous ne faites pas ce qu’il faut à cet égard, les
moisissures vont croître. Ce sont des choses que nous avons
apprises et dont nous faisons la promotion dans la communauté.
8:38
Aboriginal Peoples
1-10-2014
One other thing I also want to share is the cost of the homes.
We all know here about the housing market, that the cost of
supplies is unbelievably high. In terms of the funding we get, for
my community, for example, we get $136,000 a year for minor
capital which is allowed from INAC. To me, you can’t build
anything for $136,000. On average, we are looking at homes that
cost between $180,000 and $200,000 to build. I told you at the
beginning that I have been a leader for a long time. I could build a
house for $50,000 or $60,000 25 years ago, but you can’t do it
anymore.
Je veux aussi vous parler des prix des maisons. Nous sommes
tous au courant du marché du logement et du coût
incroyablement élevé des matériaux. En ce qui concerne le
financement que nous obtenons pour ma communauté, par
exemple, c’est 136 000 $ par année de la part d’AADNC pour les
dépenses en capital secondaires. D’après moi, on ne peut rien
bâtir avec 136 000 $. Le coût moyen de construction d’une
maison se situe entre 180 000 $ et 200 000 $. Je vous ai dit au
début que je suis un leader depuis longtemps. Je pouvais bâtir une
maison pour 50 000 $ ou 60 000 $, il y a 25 ans, mais ce n’est plus
possible.
So we are looking at innovative ways to do financing, getting
an advance on our minor capital to do things. There are a lot of
innovative ways to do things.
Nous cherchons donc des manières novatrices d’obtenir des
fonds en obtenant une avance sur les montants destinés à nos
dépenses en capital secondaire. Il y a bien des façons novatrices de
faire les choses.
What I also want to share with you is that — and I will be
honest, that’s what I’m all about — I feel that our people have
answers. I feel that we, as leaders, have answers. Unfortunately, a
lot of the staff don’t understand what they’re talking about. We
have a department of Aboriginal Affairs here in Thunder Bay. As
far as I’m concerned, in the 20 years I have been a leader, I
haven’t been to their office more than maybe six times. They can’t
tell me because they don’t come to our community.
J’aimerais aussi vous dire, et ce, très honnêtement, car je suis
comme ça, que d’après moi, notre peuple a des réponses. Je pense
qu’en tant que leaders, nous avons des réponses.
Malheureusement, bien des employés ne comprennent pas de
quoi ils parlent. Affaires autochtones et Développement du Nord
Canada a des bureaux ici, à Thunder Bay. Je dirais qu’en 20 ans
comme chef, je ne suis pas allé plus de six fois à leurs bureaux. Ils
ne savent pas parce qu’ils ne viennent pas dans notre
communauté.
What we are talking about is here in the community, the type
of conditions that people live in, the mould and that. We can all
see it in the pictures and so forth. You have to see it to really
understand. We as leaders, housing managers and so forth are
trying to fix these problems as best we can. You can understand
and see how passionate we are just from addressing this issue. I
can talk to our members about economic development. Do you
know how people answer me in my community? ‘‘You can’t even
put a roof over our heads so that our kids can be healthy.’’ It is all
holistic and housing has to be addressed.
Nous parlons de ce qu’il y a ici dans la communauté, des
conditions de vie des gens, des moisissures et tout cela. Nous
pouvons voir tout cela sur les photos. Il faut le voir pour
comprendre. En tant que leaders, gestionnaires de logements et
autres, nous essayons de régler les problèmes du mieux que nous
le pouvons. À nous entendre parler de ce problème, vous devez
savoir à quel point nous sommes passionnés. Je peux parler de
développement économique à nos membres. Savez-vous ce que les
gens me répondent, dans ma communauté? « Vous ne pouvez
même pas nous offrir un toit pour que nos enfants soient en
santé. » Tout doit aller ensemble, et il faut régler la question du
logement.
Certainly, water is a big issue. I also talked about the school.
The school needs renovation. Which one are you going to start
with? That is the kind of pressure that is put on us by the outside,
not really understanding. Kids have to go to school here and have
good drinking water and they have to be warm.
L’eau est certainement un gros problème. J’ai aussi parlé de
l’école, qui a besoin de rénovations. Par quoi faut-il commencer?
C’est le genre de pression que nous subissons à cause des gens de
l’extérieur, qui ne comprennent pas vraiment. Les enfants doivent
aller à l’école, avoir de la bonne eau et vivre au chaud.
There are a lot of issues. Then they deal with people in terms of
treaty. Is housing a treaty right? Is education a treaty right? Is
water a treaty right? There seems to be a big, big
misunderstanding between what we think and what the
government thinks. There has to be some kind of movement
toward that.
Il y a de nombreux problèmes. Et on négocie des traités. Le
logement est-il un droit issu de traités? Et l’éducation? Et l’eau? Il
semble y avoir un énorme fossé entre ce que nous pensons et ce
que le gouvernement pense. Il faut des efforts pour combler ce
fossé.
Again, with the challenges that we have and how we are trying
to address them, we have built homes a little differently. Some
homes are nice and we use CMHC. Out of our 98 homes, we have
21 CMHC homes. Does the rental program work? Somewhat.
Our available workforce that we have at Eagle Lake, the
employment comes from the band office, the school, the health
Encore une fois, compte tenu de nos problèmes et de la façon
dont nous cherchons à les résoudre, nous construisons les maisons
d’une manière un peu différente. Certaines maisons sont belles et
nous recourons à la SCHL. Sur nos 98 maisons, 21 ont été
construites avec le soutien de la SCHL. Le programme locatif
fonctionne-t-il? Dans une certaine mesure. Pour la main-d’œuvre
1-10-2014
Peuples autochtones
8:39
office and so forth. So what we do is if you work for the band, it’s
payroll deduction. It works that way. But you can’t employ
everybody. The social services program works somewhat, but you
run into problems in terms of what should be paid first, rent or in
the winter time oil so that people are warm. It’s at the discretion
of the social services department to determine that. That’s what
happens.
disponible à Eagle Lake, le travail vient du bureau de la bande, de
l’école, du bureau de santé et ainsi de suite. Donc, si vous
travaillez pour la bande, c’est déduit de la paie. Cela fonctionne
ainsi. Mais on ne peut employer tout le monde. Le programme de
services sociaux fonctionne dans une certaine mesure, mais il y a
des problèmes quand il s’agit de déterminer ce qu’il faut payer en
premier, soit le loyer ou bien le mazout pour se chauffer l’hiver.
C’est à la discrétion des services sociaux. C’est ce qui se produit.
In my mind, the recommendation that I would make in terms
of housing and the infrastructure is that the government provide
more support to communities in terms of looking at innovative
ways of financing these activities. We are certainly privy to
borrowing money from banks; we are certainly looking at the
First Nations Market Housing Fund. We have to deal with the
CPs and the certification of land, that kind of stuff. We need to
understand that stuff. We have a good relationship with the
banks; they seem to like our money. I think they need to do
something for us, too.
En ce qui concerne le logement et l’infrastructure, ce que je
recommanderais, c’est que le gouvernement offre davantage de
soutien aux communautés dans la recherche de façons novatrices
de financer ces choses. Nous pouvons certainement emprunter
aux banques; nous envisageons le Fonds pour les logements du
marché destinés aux Premières Nations. Nous devons nous
arranger avec les CP et les certificats individuels. Il faut que
nous comprenions ces choses. Nous avons de bons rapports avec
les banques; elles semblent aimer notre argent. Je pense qu’elles
pourraient aussi faire quelque chose pour nous.
Again, where it’s difficult is we are always in the position,
certainly if we have credibility as a band, of relying on the
government and the outside to say, aye or nay. As far as I’m
concerned, banks should learn that they should deal with us as
someone who invests our money in terms of their institution and
go on that basis, go on the basis of business. If we borrow money,
we pay it back. That’s how they are in business. It works really
well, but we have to be supported. Again, the problem there is on
the outside. It really holds us back.
Encore une fois, ce qui est difficile — si nous avons de la
crédibilité en tant que bande —, c’est que nous devons toujours
compter sur le gouvernement et l’extérieur pour nous dire oui ou
non. D’après moi, les banques devraient se rendre à l’évidence
qu’elles devraient traiter avec nous comme étant des investisseurs
et faire des affaires avec nous. Si nous empruntons de l’argent,
nous le remboursons. C’est ainsi que ça se passe en affaires. Cela
fonctionne très bien, mais nous avons besoin de soutien. Encore
là, le problème est externe. Cela nous freine.
I look at the outside world and how business works. When
someone goes for a loan for anything, no matter what it is, a
business or an individual, they do not have a person or another
body approving things on their behalf. One of the things I will tell
you is this: Our community doesn’t want to work in a box. That’s
why I can tell you as a leader, I do not spend too much of my time
with INAC. I believe that they control us, I really believe that.
They don’t understand the traumas, the co-dependencies that
people have in our communities, nor the pain that our people
suffer. As far as I’m concerned, those have never been addressed,
nor has how the residential schools affected our community.
That’s the very people we are dealing with as leaders and housing
managers and how we try to do business. There is a big
misunderstanding.
Je regarde le monde extérieur et la façon dont se font les
affaires. Quand quelqu’un va demander un prêt ou autre chose,
peu importe, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un particulier, il
n’y a pas une personne ou un organisme qui vient approuver les
choses en son nom. Je tiens à vous dire ceci : notre communauté
ne travaille pas dans une boîte. C’est pourquoi, en tant que leader,
je peux vous dire que je ne passe pas beaucoup de temps avec
AADNC. J’estime qu’ils nous contrôlent, vraiment. Ils ne
comprennent pas les traumatismes, les codépendances des gens,
dans nos communautés, et la douleur que nos gens ressentent.
D’après moi, ces choses n’ont jamais été abordées, non plus que la
façon dont les pensionnats ont affecté notre communauté. Ce sont
les gens avec lesquels nous, les leaders et gestionnaires de
logements, devons traiter, et c’est la façon dont nous essayons
de faire des affaires. Il y a un énorme malentendu.
In closing, I will say meegwetch to you. First, I say meegwetch
to the Creator for allowing me to present something to you on
behalf of the membership of Eagle Lake, if not all Nishnawbe
people.
Pour terminer, je vous dis meegwetch. Je dis d’abord meegwetch
au Créateur, parce qu’il m’a permis de vous faire un exposé au
nom des membres de la nation d’Eagle Lake et, même, de
l’ensemble de la nation Nishnawbe.
There has to be change and I hope you are a vehicle, that you
will be listened to. I know you are from different levels of
government, in other words, different parties, but I hope you guys
can all work together and address this serious concern, especially
housing. My community has identified housing as the No. 1
priority and there is no question in my mind that it’s a First
Nations’ issue right across Canada. I’m sure you have heard that
already.
Il faut du changement, et j’espère que vous êtes un moteur de
changement et qu’on vous écoutera. Je sais que vous êtes de divers
partis du gouvernement, mais j’espère que vous pouvez tous
travailler ensemble à résoudre cette grande préoccupation, dont le
logement en particulier. Ma communauté a donné le logement
comme étant la plus grande priorité et, pour moi, il n’y a aucun
doute : c’est un problème pour les Premières Nations à l’échelle
du Canada. Je suis sûr que vous avez déjà entendu cela.
8:40
Aboriginal Peoples
1-10-2014
It’s a really big issue, let alone the infrastructure issues that I
talked about generally. Funding is a big issue. There has to be
innovative ways of doing things. It’s easy to build something, but
now, maintain it. We have schools, we have roads, we have water
towers and we have housing, and we have maintenance. Eagle
Lake has a rental program. The other thing that I’m proud to say
on behalf of our community is how we do it is all our homes on
Eagle Lake, the ones from the 90s, all the infrastructure we have
at Eagle Lake is insured; all of them.
C’est un problème vraiment grave, en plus des problèmes
d’infrastructure que j’ai mentionnés en général. Le financement
est un sérieux problème. Il faut des manières novatrices de faire les
choses. Il est facile de construire quelque chose, mais il faut en
assurer l’entretien. Nous avons des écoles, des routes, des
réservoirs d’eau surélevés et des logements, et nous faisons
l’entretien. Eagle Lake a un programme locatif. Je suis également
fier de dire aussi, au nom de notre communauté, que toutes les
maisons d’Eagle Lake, celles qui remontent aux années 1990, et
toute l’infrastructure à Eagle Lake, sont assurées. Tout est assuré.
When I say that, now, there is a cost and I have to pay the
insurance company. It is not identified and none is allotted for
our community. We do that ourselves and it’s not easy. It’s how
you juggle things, but sometimes you run into things.
Cependant, il y a un coût à cela, et je dois payer la compagnie
d’assurance. Il n’y a pas d’argent affecté à cela pour notre
communauté. Nous le faisons nous-mêmes, et ce n’est pas facile. Il
faut jongler avec les choses, et des problèmes peuvent surgir.
I just want to say thank you very much for listening.
Meegwetch and I hope somebody gets this fixed. Thanks.
Je vous remercie beaucoup de m’avoir écouté. Meegwetch.
J’espère que quelqu’un veillera à ce que les problèmes soient
réglés. Merci.
I will leave this document with the clerk.
Je vais laisser ce document à la greffière.
The Chair: Thank you very much, chief. We are assisted by the
staff who try to identify communities and people who can help us
understand the issues in this part of Canada. They obviously
found a good person in you. I thank you for your candor.
Le président : Je vous remercie beaucoup, chef. Le personnel
nous aide à déterminer les communautés et les personnes qui
peuvent nous aider à comprendre les problèmes dans cette partie
du Canada. Ils ont manifestement bien fait de vous trouver. Je
vous remercie de votre candeur.
I do want to assure you, and I can say this with confidence,
that although committee members come from the government
side and the opposition in the Senate, we really try hard not to let
politics get in the way of our work. I am confident in saying that
our committee is convinced that infrastructure is an important
subject to study given the tremendous needs, and we will certainly
try to meet your expectations that we can be the vehicle for
change. We are not the government, but we are going to be
making some very well thought out recommendations and we
hope that they will lead to change. What you have told us today
has been very helpful, including your obvious identification of
housing as a priority that affects everything else. I do thank you
for that.
Je tiens à vous assurer — et je le dis en toute confiance —, que
même si les membres du comité sont du côté du gouvernement ou
de l’opposition au Sénat, nous essayons très fort de ne pas laisser
la politique entraver notre travail. Je suis sûr que notre comité est
convaincu de l’importance d’étudier la question de
l’infrastructure, compte tenu des énormes besoins, et nous
allons certainement essayer d’être un moteur de changement
comme vous le souhaitez. Nous ne sommes pas le gouvernement,
mais nous allons faire des recommandations très bien pesées qui,
nous l’espérons, amèneront des changements. Vous nous avez dit
des choses très utiles, en nous signalant notamment que le
logement est prioritaire en ce sens qu’il a une incidence sur tout le
reste. Je vous en remercie.
We are told that the technicians are going to keep working on
the system. They will be wandering around checking the
connections. But in the meantime we will keep on going the
way we are now. We are taking notes; we are recording what you
are saying.
On nous dit que les techniciens vont continuer de travailler au
système. Ils vont circuler autour et vérifier les connexions. En
attendant, nous allons poursuivre de la même manière. Nous
prenons des notes; nous enregistrons vos propos.
Now, we would like to hear from Charles Baxter Sr., House
Manager at Constance Lake First Nation.
Nous allons maintenant entendre Charles Baxter Sr,
gestionnaire des logements à la Première Nation de Constance
Lake.
Charles Baxter Sr., Housing Manager, Constance Lake First
Nation: Hello to the panel.
Charles Baxter Sr, gestionnaire des logements, Première Nation
de Constance Lake : Bonjour à tous.
[Mr. Baxter Sr. spoke in his Native language.]
[M. Baxter Sr s’exprime dans sa langue autochtone.]
1-10-2014
Peuples autochtones
8:41
My name is Charles Baxter, Sr. I’m a band member of
Constance Lake First Nation. I have been in housing since 1989. I
would like to touch on how Constance Lake came to be and how
the problems of housing and infrastructure for the Constance
Lake First Nation membership arose.
Je suis Charles Baxter Sr. Je suis membre de la Première
Nation de Constance Lake. Je m’occupe de logement depuis 1989.
J’aimerais vous parler du déroulement des choses à Constance
Lake et de la façon dont les problèmes de logement et
d’infrastructure de la Première Nation de Constance Lake sont
apparus.
I think part of the blame has to go with Her Majesty, the
Crown, and the federal government that initiated this reservation
package they imposed on First Nations. I myself and many
children were removed from our homes. That created a big
problem. I was removed for 17 years of my life.
Je dirais que nous pouvons attribuer une partie de la
responsabilité des problèmes à Sa Majesté, la Couronne, et au
gouvernement fédéral, qui ont lancé le modèle des réserves et l’ont
imposé aux Premières Nations. On nous a enlevé nos maisons, à
mes enfants et à moi. Cela a causé un gros problème. J’ai été tenu
éloigné de chez moi pendant 17 années de ma vie.
When I came back as an adult, there were three days where we
all gathered, Eabametoong, Neskataga and Marten Falls. My
parents migrated to the treaty areas. I still see that today, my
vision. I saw tents all over the place. Non-Natives lived in homes,
Hudson Bay had homes. They were accommodated. I was
17 years old. I asked my dad, ‘‘Why are we living in a tent?’’
There were 10 of us. ‘‘Why don’t you build a log cabin, Dad?’’ He
said, ‘‘I can’t; Lands and Forests is going to put me in jail.’’
Quand je suis revenu, à l’âge adulte, nous nous sommes tous
réunis pendant trois jours — Eabametoong, Neskataga et Marten
Falls. Mes parents sont allés s’installer dans des zones visées par
traité. Je peux encore voir cela aujourd’hui. Il y avait des tentes
partout. Les non-Autochtones vivaient dans des maisons, les gens
de la Baie d’Hudson aussi. On les accommodait. J’avais 17 ans, et
j’ai demandé à mon père : « Pourquoi vivons-nous dans des
tentes? » Nous étions 10. « Pourquoi ne bâtis-tu pas une cabane
en bois, papa? », ce à quoi il m’a répondu : « Je ne peux pas. Les
Terres et Forêts vont me mettre en prison. »
That was the education that our parents and grandparents
taught us. You cannot build a log cabin without their authority,
which I do not believe, because I’m educated now in the white
man’s world. I told my dad, that’s wrong; we have a treaty. The
treaty is signed. We have a signed treaty. The Lands and Forest
lands there, we are going to take them and we are going to build a
plane; they will never come back. They never came back and my
dad loved that.
C’est ce que nous avons appris de nos parents et de nos grandsparents. On ne peut construire de cabane en bois sans leur
permission, ce que j’estime faux, parce que je connais maintenant
le monde des blancs. J’ai dit à mon père que c’était faux; que nous
avions signé un traité. Nous allons prendre les terres des Terres et
Forêts, nous allons bâtir un avion, et ils ne reviendront jamais. Ils
ne sont jamais revenus, et mon père était content.
I was raised on our trap line. I had to adapt. When I was 18, at
first, they did not take me home. I was stranded in Nakina. That
was the legislation: You are 18; you are on your own, so look out
for yourself. You have to adapt. Honestly, that’s what it was.
J’ai été élevé sur notre sentier de piégeage. Il a fallu que je
m’adapte. À 18 ans, on ne m’a pas ramené chez moi. J’ai été
coincé à Nakina. C’était la loi : vous avez 18 ans, alors vous êtes
autonome et vous devez vous occuper de vous-même. Vous devez
vous adapter. Honnêtement, c’était comme cela.
I went to Constance Lake First Nation. I met a lady there and I
married that lady and so I got transferred to Constance Lake
First Nation.
Je suis allé à la Première Nation de Constance Lake. J’ai
rencontré une femme et je me suis marié, ce qui fait que j’ai été
transféré à la Première Nation de Constance Lake.
Constance Lake First Nation was designated in 1943. It was
land that was purchased by the Department of Indian Affairs by
the Arrowhead Lumber Company. All the timber was already cut
and what was not cut was given a dollar per tree. So it was wasted
lands where we were. The First Nations came from Albany River,
English River, Pagwa River, Fort Albany and they were living at
English River at number 66 on the Kenogami River. They were
told to move, to relocate to Pagwa because of jobs, lumber
companies and the CNR.
Cette Première Nation a été désignée en 1943. C’était des terres
achetées par le ministère des Affaires indiennes à la compagnie
Arrowhead Lumber. Tout le bois avait déjà été coupé, et ce qui
restait était échangé au taux d’un dollar l’arbre. Nous étions donc
sur des terres sans valeur. Les Premières Nations venaient de la
rivière Albany, d’English River, de Pagwa River, de Fort Albany,
et elles vivaient à English River, au numéro 66, sur la rivière
Kenogami. On leur a dit de partir et de se rendre à Pagwa parce
qu’il y avait des emplois, des entreprises forestières et le CN.
What I saw in 1972 was the same thing. Tents, maybe
five homes; 1960, maybe 50 homes. Now, the Department of
Indian Affairs said, ‘‘Okay, First Nations, adapt, adapt; you live
Ce que j’ai vu en 1972, c’était la même chose. Des tentes et
peut-être cinq maisons; 1960, peut-être 50 maisons. Le ministère
des Affaires indiennes dit : « Vous, les Premières Nations,
8:42
Aboriginal Peoples
1-10-2014
here.’’ Where is the plan? Where is the infrastructure? No plan.
Whose fault is it? It’s not the First Nations’. It’s the government
that caused that headache.
adaptez-vous. Vous vivez ici. » Où est le plan? Où est
l’infrastructure? Pas de plan. À qui est-ce la faute? Ce n’est pas
la faute des Premières Nations. C’est le gouvernement qui est la
cause de ce mal de tête.
The mosquitoes: Today, there is no drainage. Someone from
Indian Affairs came there; he saw what we presented.
Les maringouins — aujourd’hui, il n’y a pas de drainage.
Quelqu’un des Affaires indiennes est venu ici; il a vu ce que nous
décrivons.
We, as First Nations, had approached the department,
AANDC, and voiced our concerns. It’s going to go to regional.
Why do they have a department here? How come they can’t make
the decisions here? They had to know each First Nation. When I
call the department, they know who I am. They punch me; they
go, ‘‘Oh, you’re from Constance Lake.’’ That’s all it is. We are a
number.
En tant que Première Nation, nous nous sommes adressés à
AADNC et avons exprimé nos préoccupations. Cela va aller à
l’échelon régional. Pourquoi ont-ils des bureaux ici? Pourquoi ne
peuvent-ils pas prendre les décisions ici? Ils devaient connaître
chaque Première Nation. Quand j’appelle au ministère, ils savent
qui je suis. Ils m’étiquettent : « Oh! Vous êtes de Constance
Lake. » C’est tout. Nous sommes des numéros.
The personnel who worked there, that I spoke to — I’m not
one to be racist. They have foreigners working in the department
that already know us. That’s who they hired. I have spoken to
him and I said, ‘‘When I speak with you, you have to know where
I am from. I’m from Constance Lake.’’ ‘‘Oh, where are you?’’ You
have to know your area, who you are dealing with. That’s the
frustrating part.
Le personnel qui travaillait ici et auquel j’ai parlé — je ne suis
pas raciste. Des gens de l’étranger travaillent dans le ministère qui
nous connaît déjà. Ce sont ces gens qu’ils engagent. J’ai parlé à un
employé et j’ai dit : « Quand je vous parle, il faut que vous sachiez
d’où je viens. Je suis de Constance Lake. » « Oh, où êtes-vous? »
Il faut que vous connaissiez votre secteur et les gens à qui vous
avez affaire. C’est ce qui est frustrant.
They tell us to have a plan. They call that the FNIIP. That’s
what the department puts on us, First Nation Infrastructure
Initiative Plan. If they don’t like it, they want to change it. Our
funds are held back because of that. There are new regulations
they put on us. They talk about allocation for a RRAP, $19,000.
What are you going to do with $19,000 for major renovations in
band homes today, like Arnold stated here? That’s insulting to the
First Nations. It’s not just a door and a window that we get.
That’s the CMHC allocation.
Ils nous disent d’établir un plan. Ils appellent ça le PIIPN.
C’est ce que le ministère nous impose : le Plan d’investissement
dans l’infrastructure des Premières Nations. S’ils ne l’aiment pas,
ils veulent le modifier. Nos fonds sont retenus à cause de ça. Ils
nous imposent de nouvelles règles. Ils parlent d’une affectation de
19 000 $ pour le PAREL. Qu’est-ce qu’on peut faire avec
19 000 $ quand il faut faire des travaux majeurs de rénovation
dans les maisons de la bande, comme Arnold l’a indiqué tout à
l’heure? C’est insultant pour les Premières Nations. Il ne s’agit pas
que d’acheter une porte et une fenêtre. C’est le montant attribué
par la SCHL.
I’m from Mattawa. There are nine tribal communities to share
the $165,000 allocation. There is a marriage system that calculates
who qualifies. That’s what is going on. They make the decisions.
They ask the First Nation what they need. Okay, we get a budget
together. ‘‘Constance Lake, here is $20,000.’’ You have to wait.
There may be some more and then they call us. December comes.
That’s the game they play.
Je suis de Mattawa. Neuf communautés tribales doivent se
partager une affectation de 165 000 $. Un système matrimonial
détermine qui est admissible. C’est ainsi que cela se passe. Ils
prennent les décisions. Ils demandent aux Premières Nations ce
qu’il leur faut. On établit un budget. « Constance Lake, voici
20 000 $. » Vous devez attendre. Il pourrait y en avoir d’autres, et
ils nous appellent si c’est le cas. Décembre arrive. C’est leur petit
jeu.
With CMHC finance deals, they have a system too. Indian
Affairs is part of that plan. We were denied for housing because
they only gave us two points because of a stupid report that they
didn’t like. It was an outstanding report. That’s how they do it.
Then the other agency gives us 50 or 60. How the hell did we not
pass? So we take our grievance to Sudbury Indian Affairs.
Il y a un système pour les ententes financières avec la SCHL
aussi. Affaires indiennes fait partie de ce plan. On nous a refusé de
l’aide au logement parce que nous n’avons obtenu que
deux points, en raison d’un rapport stupide qu’ils n’ont pas
aimé. Le rapport était remarquable. C’est ce qu’ils font. L’autre
agence nous a donné 50 ou 60. Comment avons-nous pu échouer?
Nous transmettons alors nos griefs à Affaires indiennes à
Sudbury.
Oh, the problem with Indian Affairs, they gave you two points.
Why did they give us two points? Oh, a report was missing. That’s
the frustration that we have at Constance Lake.
Le problème, c’est qu’Affaires indiennes nous a attribué
deux points. Pourquoi deux points? Eh bien, il manquait un
rapport. C’est ce qui nous frustre, à Constance Lake.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:43
We have AANDC funding of $265,000 for this fiscal year. Our
budget is only $72,000 for repairs and maintenance. Until we get
the $265,000, take away the $72,000, you’re left with $193,000.
That’s the budget we are allocated to work with for 12 months,
and it doesn’t fly. It doesn’t work. We, as First Nations, have
come forth, go to workshops, define our needs, but no.
Nous avons un financement de 265 000 $ de la part
d’AADNC, pour l’année financière actuelle. Notre budget n’est
que de 72 000 $ pour les réparations et l’entretien. Soustrayez les
72 000 $ des 265 000 $, et il reste 193 000 $. C’est notre budget
pour 12 mois, et ça ne marche pas. Nous, les Premières Nations,
avons fait ce qu’il fallait; nous avons participé à des ateliers et
défini nos besoins, mais non.
There is another RRAP for $19,000, and we have quotes for
$49,000. How do you work with $19,000 when the First Nation
needs a budget of $78,000? You just do two homes. That’s what
we are saying: As First Nations, we are shortchanged in all areas,
in all departments.
Il y a un autre prêt PAREL de 19 000 $, et le prix que nous
avons obtenu est de 49 000 $. Comment travailler avec 19 000 $
quand il faut un budget de 78 000 $? On ne peut faire que deux
maisons. C’est ce que nous disons : nous, les Premières Nations,
sommes floués sur tous les plans, dans tous les ministères.
It is very frustrating visiting our First Nations people and
dealing with the programs that we have. It’s emotional and it’s
hard. There is conflict, a lot of friction. You make enemies. That
is not the way to go. Why do we have the department? Why do we
have AANDC? Why do they have a local office when they have to
get direction from the regional office before they can make
decisions? That’s how we wait for a reply. By the time you get an
answer, you have six months to do what you have to do. There’s a
timetable where we have to achieve the homes that we are given as
First Nations. If not, we are penalized. We are penalized.
Il est très frustrant de visiter les membres des Premières
Nations et de nous organiser avec les programmes que nous
avons. C’est émotionnel et difficile. Il y a des conflits, beaucoup
de friction. On se fait des ennemis. Ce n’est pas la bonne manière
de faire. Pourquoi avons-nous le ministère? Pourquoi avons-nous
AADNC? Pourquoi avoir un bureau local, s’il faut qu’ils
reçoivent des directives du bureau régional avant de prendre des
décisions? C’est à cause de cela que nous devons attendre les
réponses. Quand la réponse arrive, il reste six mois pour faire ce
qu’il y a à faire. Il y a un échéancier pour la réalisation des
maisons qui nous sont accordées en tant que Premières Nations.
Si nous ne respectons pas l’échéancier, nous sommes pénalisés.
We have in our register 1,600-plus members in Constance Lake
First Nation. There are roughly 957 in the community. How does
the formula work? The formula only applies to the group that
lives on the reservation. They don’t count that we are registered.
How come that is? When we talk about Constance Lake First
Nation, there are 1,600 here. Oh, we should have good funding.
Oh no, you only get the on-reserve people in the First Nations.
That’s how they work.
La Première Nation de Constance Lake compte plus de
1 600 membres inscrits. Il y en a à peu près 957 dans la
communauté. Comment la formule fonctionne-t-elle? La
formule ne s’applique qu’au groupe qui vit dans la réserve. On
ne compte pas tous ceux qui sont inscrits. Pourquoi? Il y a
1 600 membres, ici. Nous avons besoin d’un bon financement. Eh
bien, non, vous n’en avez que pour les membres qui vivent dans la
réserve. C’est comme cela que les choses fonctionnent.
I would like to see the department meet the needs of each First
Nation. The Indian Affairs person should know that particular
First Nation and be able to talk on behalf of that First Nation to
the regional office and say, ‘‘Look, they need this. What’s the
problem?’’ No funds. But they sure can throw a lot of money
across the seas when it’s needed.
J’aimerais que le ministère réponde aux besoins de chaque
Première Nation. La personne aux Affaires indiennes devrait
connaître la Première Nation en question et être capable de parler
en son nom au bureau régional, pour leur dire : « Ils ont besoin de
cela. Quel est le problème? » Pas de fonds. Mais ils n’ont pas de
problème à engouffrer des sommes énormes à l’étranger quand il
le faut.
There is a lot of infrastructure that the Constance Lake
First Nation requires. Because of the growth of our people, there
is a need for a sewer system. Our drainage is combined with the
sewer system and it’s overflowing. We need new infrastructure for
drainage. They cannot go together because it flows at the pump
stations and it causes a backup into our houses. That’s an
emergency state.
Il manque bien des éléments d’infrastructure à la
Première Nation de Constance Lake. En raison de notre
croissance, il faut des égouts. Le drainage est combiné aux
égouts, et le réseau déborde. Nous avons besoin d’un nouveau
système de drainage. On ne peut combiner les deux parce que ça
déborde aux stations de pompage et que ça cause du reflux dans
les maisons. C’est un problème urgent.
This happened three years ago. It’s hard to get reimbursed. The
department wants every detail. They want to know how high the
water was, what did you get out, what did you put back. Holy gee,
that’s unreal. There is a quote, there is a figure, believe it. Come
on, the way the department has been treating First Nations is
ridiculous budget-wise.
Cela s’est produit il y a trois ans. Il est difficile d’obtenir un
remboursement. Le ministère veut tous les détails. Ils veulent
savoir à quelle hauteur l’eau se situait, ce qui est sorti, ce qu’on y a
remis. Ma foi, c’est incroyable. Il y a un prix, un chiffre. Croyezle. Allez! La façon dont le ministère traite les Premières Nations
est ridicule, quand il est question de budgets.
8:44
Aboriginal Peoples
1-10-2014
I’m sorry, but it’s hard. It’s hard being a First Nation. I feel for
the other communities because we are very, very similar. The
growth is rapid in our First Nations. The policy of the
Department of Indian Affairs says you are eligible for a house
when you are 18.
Je suis désolé, mais c’est difficile. C’est difficile d’être une
Première Nation. J’ai de la sympathie pour les autres
communautés, car nous sommes très semblables. La croissance
est rapide au sein de nos Premières Nations. Selon la politique du
ministère des Affaires indiennes, vous êtes admissible à une
maison à l’âge de 18 ans.
Like I said, the problem that arose is when we were moved
from our communities. I came back. I had no home. Twelve of us
kids in the family, living with your mom and dad. Back then the
structure or the design of the home was designed by the
department, 8 by 8, and then family services says that you can’t
live here. Why? The room is supposed to be 10 by 12. Blame the
department. Don’t blame us; that’s their design.
Comme je l’ai dit, le problème a surgi quand on nous a retirés
de nos communautés. Je suis revenu. Je n’avais pas de maison.
Nous étions 12 enfants à vivre avec papa et maman. À l’époque,
c’est le ministère qui concevait les maisons, huit sur huit, puis les
services familiaux disent que vous ne pouvez pas vivre là.
Pourquoi? La pièce est censée mesurer 10 sur 12. Faites porter
le blâme au ministère, et non à nous. C’est eux qui ont conçu les
maisons.
There are other issues. I’m glad you finally are going to learn
about this stuff. It’s there. We live with it. Then we voice it, but
where does it go? Where does it go?
Il y a d’autres problèmes. Je suis content que vous en soyez
finalement informés. C’est là. Nous vivons avec cela. Puis nous en
parlons, mais où est-ce que ça s’en va?
There are other things, but I will stop there. Thank you.
Meegwetch.
Il y a d’autres choses, mais je vais m’arrêter ici. Merci.
Meegwetch.
The Chair: Thank you very much, sir. That was a tremendous
amount of insight in the short time, including your personal story,
it is much appreciated.
Le président : Merci beaucoup, monsieur. Vous nous avez
donné énormément d’information en très peu de temps, y compris
votre histoire personnelle, et nous vous en savons gré.
I would like to turn to committee members for questions or
comments. Senator Dyck, I know you had a dialogue with Chief
McKay and if we could get some of that perhaps back on the
record.
Je vais demander aux membres du comité de poser des
questions ou de faire des commentaires. Madame la sénatrice
Dyck, je sais que vous avez discuté avec le chef McKay et nous
aimerions que vous nous en fassiez part pour que ce soit au
compte rendu.
Please go ahead, Senator Dyck.
Allez-y, madame la sénatrice Dyck.
Senator Dyck: Thank you all so very much for your
presentations this morning. I think it has really hit home and
our hearts. For many of us, it has put things into perspective.
La sénatrice Dyck : Je vous remercie tous pour vos exposés. Je
pense que le message a été bien reçu et qu’il nous a touchés au
cœur. Pour bon nombre d’entre nous, cela met les choses en
perspective.
One thing did come to me with respect to the housing issue,
most probably through Chief Gardner. In my home province of
Saskatchewan, and where I live in Saskatoon, and I know in other
cities as well, there is a program called Housing First for homeless
people living in the cities. It has been well recognized that in order
to turn things around, the first thing you need to do is give people
a house. What you are saying today — and, Chief Gardner, I
think you put this in perspective for me — is that if you want kids
to succeed, they have to live in a house, in a home. Everything
revolves around your having a safe place to live for you to
develop and contribute to your family and community.
J’ai appris une chose au sujet du logement, probablement
surtout en raison des propos du chef Gardner. Dans ma province,
la Saskatchewan, et où je vis, à Saskatoon — et je sais que c’est
aussi vrai dans d’autres villes —, il y a un programme appelé
Housing First for homeless people living in the cities, ou le
logement d’abord pour les sans-abri des villes. On reconnaît
partout que pour inverser la situation, la première chose qu’il faut
est de loger les gens. Ce que vous dites aujourd’hui — et chef
Gardner, vous avez mis cela en perspective pour moi —, c’est que
si vous souhaitez le succès des jeunes, il faut qu’ils aient un
logement, un foyer. Votre développement et votre contribution à
la famille et à la communauté dépendent d’un endroit sûr où vous
pouvez vivre.
I put that out there. I know all of you mentioned the need for
change, and our chair said this committee can be a vehicle for
change. I hope that we are able to help you out in that respect.
Je vous soumets cela. Je sais que vous avez tous dit qu’il fallait
du changement, et notre président a dit que le comité peut être un
moteur de changement. J’espère que nous serons en mesure de
vous aider sur ce plan.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:45
You talked about construction and about how construction
costs are so high. Because houses can be built inappropriately —
either the room sizes are too small to satisfy Child Welfare or
whatever, or it is built so poorly that you end up with mould —
what do we do? What body do we put in to ensure that the house
is constructed to meet the needs of the various agencies and is
safe? Is the problem because the department has not visited, is not
really aware and is just sort of pushing paper without really
thinking about the impact of their decisions? Do you have any
suggestions as to how we can start to turn that problem around so
that what is built actually lasts and meets the needs of the people
who are actually living in that house?
Vous avez parlé de construction et des coûts de construction si
élevés. Les maisons peuvent être mal construites, en ce sens que les
pièces peuvent être trop petites pour répondre aux exigences de
l’Aide à l’enfance, ou que la construction est si médiocre que vous
finissez par avoir des moisissures, alors que faut-il faire? À quel
organisme donnons-nous la responsabilité de veiller à ce que la
maison soit bâtie en fonction des besoins des diverses agences et à
ce qu’elle soit sûre? Est-ce que ce problème existe parce que les
gens du ministère n’ont pas visité les lieux et ne sont pas au
courant, ou bien parce qu’ils se contentent de s’occuper de la
paperasse sans vraiment penser aux effets de leurs décisions?
Avez-vous des suggestions sur la façon d’inverser la situation
pour que les maisons construites durent et répondent aux besoins
des gens qui y vivent?
Mr. Gardner: Let me respond to what you are asking the best
way I know how.
M. Gardner : Je vais essayer de répondre à vos questions de la
meilleure façon possible.
The budgets that we work with are those that we had 20 years
ago. I think they have to look at the current housing market, the
current issues that are faced by First Nations. I will give you an
example: mould. If we allow that mould to grow, then you have a
health problem. Then, you have the health officials on your back.
I think it’s a coming together of the departments involved. That
has to be looked at and how you address the renovations of the
building that is contaminated. There has to be innovative
approaches to how you are going to attack all the issues.
Nous travaillons maintenant avec les mêmes budgets que nous
avions il y a 20 ans. Je pense qu’ils doivent se pencher sur le
marché du logement actuel et sur les problèmes actuels que vivent
les Premières Nations. Je vais vous donner l’exemple des
moisissures. Si vous laissez les moisissures proliférer, vous avez
un problème de santé et alors, les responsables de la santé sont
après vous. Je pense qu’il faut que les ministères concernés se
concertent. Il faut envisager cela, et déterminer comment aborder
la rénovation de l’immeuble qui est contaminé. Il faut des façons
novatrices d’aborder tous les problèmes.
Again, it’s the funding. What I will tell you is that at Eagle
Lake, historically, we built homes over and above what was
allotted by the government. But we are still running into some
issues as a result of our own innovative efforts. I will give you an
example: CMHC. That change to CMHC is almost seen as the
government downloading their responsibilities. What we did at
Eagle Lake 25, 30 years ago was we created our own CMHC.
How do you charge rent when nobody is working? We have to
deal with that reality. What can I charge the people? You have to
ask the people what they are willing to pay, something that could
work. Otherwise, you run into arrears and people not paying rent.
That is a big issue. We are trying to address that.
Encore là, c’est le financement. Je peux vous dire qu’à Eagle
Lake, nous bâtissons plus de maisons que ce qui nous est alloué
par le gouvernement, mais nos efforts d’innovation nous causent
quand même des problèmes. Par exemple, la SCHL. Les
changements à la SCHL sont pratiquement perçus comme si le
gouvernement se débarrassait de ses responsabilités pour les
laisser à d’autres. Ce que nous avons fait à Eagle Lake, il y a 25 ou
30 ans, c’est que nous avons créé notre propre SCHL. Comment
exiger des loyers quand personne ne travaille? Il faut vivre avec
cette réalité. Combien puis-je exiger des gens? Il faut demander
aux gens ce qu’ils sont prêts à payer, un montant qui pourrait
fonctionner. Sinon, ce sont les retards de paiements et les gens qui
ne paient pas leurs loyers. C’est un gros problème, que nous
essayons de résoudre.
With the money that we do make now, the maintenance
money, in our community, we charge $140 a month for a house,
$100 for maintenance, $25 for insurance and $15 for water. That
$100 is the money you are talking about; we could use that toward
that kind of stuff, collectively. But again, you have X number of
houses in the community and most of them are dealing with
issues. So you have to prioritize. You have to listen to the people.
Avec l’argent que nous faisons maintenant, l’argent de
l’entretien, dans notre communauté, nous exigeons 140 $ par
mois pour une maison, 100 $ pour l’entretien, 25 $ pour
l’assurance et 15 $ pour l’eau. Les 100 $, c’est l’argent dont
vous parlez; nous pourrions utiliser cela pour ce genre de choses,
collectivement. Mais vous avez un nombre X de maisons dans la
communauté, et la plupart ont des problèmes. Il faut alors établir
les priorités et écouter les gens.
Leaders and housing managers are the most loved people in
our communities because we have to decide which house to work
on.
Les leaders et les gestionnaires de logements sont les personnes
les plus aimées de nos communautés parce qu’ils doivent
déterminer les maisons qui feront l’objet de travaux.
I hope that answers a little bit.
J’espère que cela répond un peu à vos questions.
8:46
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Senator Dyck: I am going to ask a very short, focused question
with respect to this mould issue. Those houses have been
inspected, right? You are saying no, but if those houses have
been inspected, and they said they were good to go, then
something is wrong with the standards. If we have houses that are
becoming contaminated with mould, then how does it get past the
inspection? Do we need to change the way they are inspected or
do we need to have different standards for different parts of the
country, depending on what the environment is like?
La sénatrice Dyck : Je vais poser une question très courte et
précise, concernant le problème des moisissures. Ces maisons ont
été inspectées, n’est-ce pas? Vous dites que non, mais si ces
maisons ont été inspectées et qu’on a dit qu’elles étaient correctes,
il y a quelque chose qui ne va pas avec les normes. Si nous avons
des maisons contaminées par les moisissures, comment est-il
possible qu’elles passent l’inspection? Faut-il changer la manière
de les inspecter, ou imposer des normes différentes pour
différentes parties du pays, en fonction de l’environnement?
Ms. Gray-McKay: I will take a stab at that, when it comes to
inspectors.
Mme Gray-McKay : Je vais essayer de répondre à cela, en ce
qui concerne les inspecteurs.
My community is an independent community. It’s not part of
any tribal systems. Ontario First Nations Technical Services
Corp. has to provide services to 22 First Nations, from any kind
of engineering. So if you wanted to bring them in to do
inspections as houses are being built, you would have to
schedule it. You would have to know when you’re doing it. It’s
really complicated.
Ma communauté est une communauté indépendante.
Elle ne fait partie d’aucun système tribal. La Ontario
First Nations Technical Services Corporation doit desservir
22 Premières Nations pour tous les aspects de l’ingénierie. Si
vous voulez qu’ils viennent inspecter des maisons en construction,
il faut que ce soit prévu au calendrier. Vous devez savoir quand ça
va se faire. C’est vraiment compliqué.
The other thing is if somebody’s house gets disconnected from
hydro for more than six months, you have to go through an
inspection. That means you have to pay $250. Well, guess what?
In Northwestern Ontario, we have one inspector that services I
don’t know how many communities. He has to fly in to most of
them, flying in one day, flying out the next day. During one week,
he might see two communities. Those are the kinds of problems
we have. And guess what? If you are not home when your house is
ready for inspection, you are not going to get inspected so you
have to wait again. There are so many complications.
L’autre chose, c’est que si une maison est débranchée de
l’électricité pendant plus de six mois, il faut une inspection. Cela
signifie qu’il faut payer 250 $. Eh bien, devinez quoi? Dans le
Nord de l’Ontario, nous avons un inspecteur qui doit couvrir je ne
sais combien de communautés. La plupart du temps, il doit
prendre l’avion pour y aller. Il s’y rend en avion une journée, puis
revient le lendemain. En une semaine, c’est peut-être deux
communautés qu’il réussit à visiter. Ce sont les genres de
problèmes que nous rencontrons. Et le savez-vous? Si vous
n’êtes pas à la maison quand on vient pour faire votre inspection,
vous devez encore attendre. Les complications sont nombreuses.
Going back to your original question, I believe one of the ways
that you can build quality houses is you have to have hands-on
training, apprentice type training, where somebody comes in and
they build a house, and you have to work with the youth. You
have to make use of the young people because, as we all know —
and I am probably at the tail end of the baby boomers — we are
retiring. So you have to get people who know how to do the
electrical work, the plumbing, the framing, the foundations
properly, right from the bottom up. That’s a big issue. Even the
septic fields; I’m in a drive-in community and a septic field is
$25,000. That’s just a field, never mind the house. It’s another
$200,000 to build a proper house.
Pour en revenir à votre question initiale, je crois qu’une façon
de construire des maisons de qualité serait de donner de la
formation pratique, de la formation maître-apprenti, dans le
cadre de laquelle quelqu’un vient bâtir une maison et travailler
avec des jeunes. Il faut utiliser les jeunes, car, comme nous le
savons tous — je suis probablement parmi les derniers babyboomers —, nous prenons tous notre retraite. Il faut donc des
gens qui savent convenablement faire de l’électricité, de la
plomberie, de la charpenterie et des fondations, tous les métiers.
C’est un gros problème. Même les champs d’épuration, car je vis
dans une communauté accessible par voiture, et un champ
d’épuration coûte 25 000 $. Ce n’est qu’un champ d’épuration.
Imaginez si c’est une maison. Il faut encore 200 000 $ pour bâtir
une maison convenable.
Hopefully, that helps.
Mr. Baxter: I would like to comment on mould.
Before members can move into the houses in Constance Lake,
the inspection is made in eight phases. Members get houses that
are 90 per cent efficient; they are air tight because of HRV. The
members have to understand the purpose of the HRV, to circulate
the air in the duct system in their homes. They have to adapt to
that. There are some concerns, as housing managers, around the
disconnection of heat, gas or power, when the members don’t tell
J’espère que cela vous aide.
M. Baxter : J’aimerais dire quelque chose à propos des
moisissures.
Avant que les membres de la communauté puissent emménager
dans les maisons de Constance Lake, il y a huit étapes
d’inspection. Les membres obtiennent des maisons dont le degré
d’efficacité est de 90 p. 100; elles sont étanches grâce au
ventilateur-récupérateur de chaleur. Il faut que les membres
comprennent à quoi sert cet appareil, soit à faire circuler l’air dans
les conduits de leur maison. Ils doivent s’adapter à cela. Pour les
1-10-2014
Peuples autochtones
8:47
us. By the time we find out, and make a payment plan, say, to
correct that some people have to leave their homes. If they don’t
pay their utilities, there is going to be moisture. You have to adapt
your cooking because we boil most of our food and it causes a lot
of condensation. But now, if your power or gas are shut off and
the HRV is not working, then mould starts to occur. By the time
you find out, it’s costly. But then again, we have to have that
relationship and that communication within our membership,
that they do not need to be embarrassed if they have a house on
account. As the housing department, we are not enemies; we are
friends to our community.
gestionnaires de logements, le problème, c’est quand les membres
débranchent le système de chauffage, le gaz ou l’électricité sans
nous le dire. Si nous nous en apercevons, nous établissons des
modalités de paiement pour corriger la situation quand des gens
doivent quitter leur logement. S’ils ne paient pas les services et
qu’ils sont débranchés, il y aura des moisissures. Il faut adapter
notre manière de cuisiner, car nous faisons surtout bouillir nos
aliments et que cela cause de la condensation. Si vous êtes
débranché de l’électricité ou du gaz et que le ventilateurrécupérateur de chaleur ne fonctionne pas, les moisissures
apparaissent. Quand on finit par le découvrir, ça coûte
beaucoup d’argent. Encore là, il faut avoir des liens avec les
membres et communiquer avec eux de sorte qu’ils ne se sentent
pas gênés si les paiements de leur maison sont en souffrance. Le
service du logement n’est pas l’ennemi de la communauté, mais
c’est plutôt le contraire.
Senator Tannas: I want to follow up on what Senator Dyck was
asking.
Le sénateur Tannas : Je veux poursuivre dans la même veine
que la sénatrice Dyck.
Is it your view the mould that you see in your communities — I
don’t expect you to speak for others unless maybe you know — is
not necessarily a construction issue? Rather, it’s that the way
people are living in them doesn’t match how the houses are
constructed. I mean, we don’t want to start making big noise
about how the houses are poorly constructed and, therefore,
mould is growing if that isn’t the issue, if the issue is how the
houses are lived in and that it’s an on-the-ground issue as opposed
to a construction issue. Could you just maybe help us with that?
Pensez-vous que les moisissures que vous constatez dans vos
communautés — je ne m’attends pas à ce que vous parliez pour
d’autres communautés que la vôtre, à moins que vous soyez au
courant — pourraient ne pas nécessairement être attribuables à
des problèmes de construction? Peut-être que la façon de vivre des
gens qui occupent les maisons ne correspond pas à la façon dont
les maisons sont construites. Je veux dire que nous ne voulons pas
nous mettre à claironner que les maisons sont mal construites et
que les moisissures prolifèrent à cause de cela si ce n’est pas le
problème, et si le problème est plutôt la façon dont on vit dans ces
maisons. Pourriez-vous simplement nous aider à comprendre
cela?
Mr. Baxter: Like I said earlier, the homes are inspected before
our members move in. They’re there, we go through the house
with them, everything is checked out, everything is working. Then
we ask them if they want the house, here is the key. There is no
problem with this unit. You have accepted it, here it is. But like I
say, it’s how you live and then, again, as my colleagues have said,
there is overcrowding in the house. That causes a problem
because we are all different, our needs are different and body heat
causes a lot of moisture. The people don’t understand the unit.
The family that first moved in there knows the unit, but if you
have two other families moving in, it becomes an issue, it becomes
a problem because they are not responsible for that unit.
M. Baxter : Comme je l’ai dit plus tôt, les maisons sont
inspectées avant que nos membres y emménagent. Ils sont
présents, nous visitons la maison avec eux; tout est vérifié, tout
fonctionne. Ensuite, nous leur demandons s’ils veulent la maison,
et nous leur donnons la clé. L’unité n’a pas de problème. Ils ont
accepté l’unité : nous la leur donnons. Toutefois, comme je l’ai
dit, tout dépend de la façon qu’on vit et, comme mes collègues
l’ont dit, les maisons sont surpeuplées. Cela crée des problèmes
parce que nous sommes tous différents, nos besoins sont
différents et la chaleur humaine crée beaucoup d’humidité. Les
personnes ne comprennent pas forcément comment tout
fonctionne dans l’unité. La première famille à y emménager le
comprend, mais si deux autres familles y emménagent par la suite,
cela devient un problème, parce qu’elles ne sont pas responsables
de cette unité.
Senator Raine: In the homes I have lived in, where you have a
stove, you generally have a vent to the outside to deal with the
steam from boiling. Am I understanding, that kitchen ventilation
is not what it should be?
La sénatrice Raine : D’après mon expérience, quand on a une
cuisinière, en général, il existe un tuyau de ventilation vers
l’extérieur pour dissiper la vapeur créée par la cuisson des
aliments. Êtes-vous en train de dire que la ventilation dans la
cuisine n’est pas ce qu’elle devrait être?
Mr. Baxter: There are two phases of housing in the
First Nations. There is the band housing and the new
construction homes. Band housing has no ventilation hoods;
they are not air tight. They were constructed with quarter inch
M. Baxter : Les logements des Premières Nations ont été
construits en deux étapes : premièrement, les logements pour les
bandes, et deuxièmement, les nouvelles constructions. Les
logements pour les bandes n’ont pas de hotte de ventilation; ils
8:48
Aboriginal Peoples
1-10-2014
plywood and black Tentest. That was how those homes were
constructed, the first homes, in our First Nations. But then again,
with these new construction homes, they have the hoods, the
HRV. They are so air tight with an efficiency at 90 per cent. If the
member in that unit takes the HRV off, it is going to cause
moisture.
ne sont pas étanches à l’air. Ils ont été construits avec du
contreplaqué d’un quart de pouce et du Tentest noir. Voilà
comment ces premières maisons ont été construites. Toutefois, je
le répète, les nouvelles constructions ont des hottes et un système
de VRC. Elles ne sont pas aussi étanches à l’air, leur efficacité
étant de 90 p. 100. Si le membre vivant dans cette unité éteint le
système de VRC, cela va créer de l’humidité.
Senator Raine: I have also lived in a log home and I found that
was not quite as air tight, but it certainly was nice to live in. It
seemed like the wood absorbed some of the moisture. It was a
different situation.
La sénatrice Raine : J’ai déjà vécu dans une maison en bois
rond, et j’ai trouvé qu’elle n’était pas aussi étanche à l’air, mais
que c’était bien agréable d’y vivre. C’est comme si le bois
absorbait une partie de l’humidité. C’était différent.
I would like to find out from all of you what percentage of your
homes are made out of logs.
Pour cette question-ci, je m’adresse à tous les témoins :
combien de vos maisons sont construites en bois rond.
Mr. Baxter: At Constance Lake, we don’t have any.
M. Baxter : À Constance Lake, nous n’en avons pas.
Ms. Gray-McKay: I live in a log house and I have to live in a
log house. I think one of the things we need to understand is our
houses have to be culturally appropriate. When I walk into some
of the newer houses, I’m in the living room right away, instantly.
Where is the transition? Where am I going to put my rubber boots
after walking around in the mud?
Mme Gray-McKay : Je vis dans une maison en bois rond, et je
dois vivre dans une maison en bois rond. Une des choses que nous
devons comprendre, c’est que nos maisons doivent être
appropriées sur le plan culturel. Quand j’entre dans certaines
des maisons plus récentes, je me trouve immédiatement au salon.
Où est la transition? Où vais-je mettre mes bottes en caoutchouc
après avoir marché dans la boue?
The other thing, too, is that a lot of our members still use a
tikinagan for the babies; it’s kind of a swing. A lot of our moms
still use that. Who is going to drive a nail through drywall?
I mean, I have a hard time with the studs. So a log cabin for me
was good because when I was raising my little girls, I had a swing.
I could put pictures up wherever I wanted. I could put a
clothesline in my bedroom. I could do whatever I wanted.
L’autre chose, c’est que beaucoup de nos membres utilisent
encore une tikinagan pour les bébés; il s’agit d’une sorte de
balançoire. Beaucoup des mamans l’utilisent encore. Qui va
enfoncer un clou dans la cloison sèche? Je sais que,
personnellement, j’ai beaucoup de problèmes à trouver les
montants. Par conséquent, quand j’élevais mes filles, une cabane
en bois rond était idéale pour moi, étant donné que j’avais une
balançoire. Je pouvais accrocher des photos n’importe où. Je
pouvais installer une corde à linge dans ma chambre à coucher. Je
pouvais faire ce que je voulais.
So the houses have to reflect the needs of the people.
To answer your question about log cabins, we made upright
log cabins and people like them because for the single people,
those who want to stay like that, it’s good for them. They didn’t
mind not having running water. But now, people get sick and old
and they need water. Probably a third of our houses are log.
There are trees all around us. So why not use them?
Senator Raine: Thank you very much.
Les maisons doivent donc répondre aux besoins des gens.
Pour répondre à votre question au sujet des cabanes en bois
rond, nous avons construit des cabanes à colombage et les gens les
aiment bien — surtout les célibataires, ceux qui veulent le rester.
Cela ne leur dérange pas de ne pas avoir d’eau courante. Or,
maintenant, ces personnes vieillissent et deviennent malades, et
elles ont besoin d’eau. Selon moi, environ un tiers de nos maisons
sont faites en bois ronds. Nous avons beaucoup d’arbres.
Pourquoi ne pas les utiliser?
La sénatrice Raine : Merci beaucoup.
Mr. Goodchild: We have three. Two of them we rent to
Tikinagan Child and Family Services, safe houses for children in
apprehension. We have an elder living in one in Frenchman’s
Head and it has been there for probably 30 or 40 years.
M. Goodchild : Nous en avons trois. Nous en louons deux à
Tikinagan Child and Family Services, qui sont des foyers-refuges
sécuritaires pour des enfants qui ont été appréhendés.
À Frenchman’s Head, une personne âgée vit dans la troisième;
cette maison est probablement là depuis 30 ou 40 ans.
Senator Raine: Do you think it would be helpful to have a log
home construction training program for remote First Nations
that have a supply of wood nearby?
La sénatrice Raine : Pensez-vous qu’il serait utile de mettre en
place un programme pour former les gens à construire des
maisons en bois rond pour les Premières Nations en région
éloignée, où il y a beaucoup d’arbres dans les alentours?
1-10-2014
Peuples autochtones
8:49
Mr. Goodchild: Lac Seul First Nation has purchased two
systems to start their log homes. We are looking into going into
the log home business and building. We have invested in two of
them, one for Frenchman’s Head and one for Kejick Bay. We are
in the process of getting the funding and whatnot, and we will
gradually build up to that. That’s what we will be looking at.
M. Goodchild : La Première Nation de Lac Seul a acheté
deux systèmes pour commencer à construire des maisons en bois
rond. Nous envisageons de nous lancer dans la construction de
maisons en bois rond. Nous avons investi dans deux maisons de
ce genre, l’une pour Frenchman’s Head et l’autre pour Kejick
Bay. Nous faisons présentement des démarches pour obtenir du
financement et tout ce qui s’ensuit, après quoi nous monterons
l’entreprise. Voilà ce que nous allons étudier.
Senator Raine: Could you share with the committee the details
on that program because I think that would be very interesting for
us as our study progresses.
La sénatrice Raine : Pourriez-vous parler au comité de ce
programme? Ce serait très intéressant et cela contribuerait à notre
étude.
Mr. Goodchild: That program is not mine. It is part of the
economic development investment plan. We are still in the process
of getting going on that aspect. We do have the system now, but
we are looking for log allocation.
M. Goodchild : Ce n’est pas mon programme; il s’inscrit dans le
cadre du plan de développement économique. Nous en sommes
encore à l’étape du démarrage. Nous possédons déjà le système,
mais nous cherchons présentement le bois nécessaire.
Senator Raine: Could you let us know where we could get that
information?
La sénatrice Raine : Pourriez-vous nous dire où nous pourrions
obtenir ces renseignements?
Mr. Goodchild: Yes, I can.
M. Goodchild : Oui.
Senator Raine: Mr. Baxter, do you think that constructing
homes out of logs would work for your community?
La sénatrice Raine : Monsieur Baxter, à votre avis, est-ce que
des maisons en bois rond pourraient convenir dans votre
communauté?
Mr. Baxter: I have asked that question myself at times, but
then again, we have a regional office of the department. Will they
allow that? Will they fund that under their legislation? But I sure
would like to see log houses in our community. I think it would be
an asset. Like I said, the way we were before, we had log cabins. I
lived in one and enjoyed it. But what does the legislation say on
that? Will it be funded?
M. Baxter : Je me suis souvent posé la question, mais est-ce
que le bureau régional du ministère le permettrait? Aux termes de
la loi, aurions-nous droit à une aide financière? Pour ma part,
j’aimerais beaucoup voir des maisons en bois rond dans notre
communauté. Je pense qu’il s’agirait d’un atout. Comme je l’ai
dit, par le passé, nous avions des cabanes en bois rond. J’ai vécu
dans une cabane en bois rond, et j’ai aimé cela. Or, que les lois
disent-elles à ce sujet? Est-ce que ce projet bénéficierait d’un
financement?
Senator Raine: Chief Gardner, would you have a comment on
the log homes?
La sénatrice Raine : Monsieur Gardner, aimeriez-vous dire
quelque chose au sujet des maisons en bois rond?
Mr. Gardner: I will answer you this way: My community won’t
allow trailers. That has been looked at by a lot of communities
across the country, but in our community, no.
M. Gardner : Voici ce que je peux vous dire : ma communauté
ne permet pas des remorques. Beaucoup de communautés d’un
bout à l’autre du pays le permettent, mais pas la nôtre.
I think when it comes to the log homes, it may be something we
are looking at. But we are looking at technology, getting away
from stick because of the prices. That’s why I mentioned earlier
on that we are looking at different fibres. The 2x4s are a thing of
the past when we are talking about the future. They have products
now that are like a plastic, but you can’t bend them and they are
going to take over studs for housing. These are things that we are
looking at when I talked about the factory that we are seriously
considering. We want to partner with an Aboriginal company to
develop a factory in our community.
Quant à des maisons en bois rond, c’est peut-être quelque
chose que nous envisagerons. Toutefois, nous nous renseignons
sur l’utilisation d’autres technologies pour nous éloigner de
l’utilisation du bois à cause des prix. Voilà pourquoi j’ai parlé plus
tôt du fait que nous nous renseignons sur l’utilisation de
matériaux différents. Les deux par quatre sont quelque chose du
passé, et ils sont appelés à disparaître. Il existe de nouveaux
produits qui ressemblent à du plastique, mais qui ne se plient pas;
ils vont remplacer les montants dans les maisons. Ce sont les
produits de ce genre que nous nous envisageons sérieusement
d’utiliser dans l’usine dont je vous ai parlé. Nous aimerions
former un partenariat avec une entreprise autochtone pour créer
une usine dans notre communauté.
8:50
Aboriginal Peoples
1-10-2014
When it comes to building log homes on a First Nation, you
have certain rules to follow, environmental impact. You have to
get approval to even build an outhouse on a First Nation. That’s
the way it works.
Quand on construit des cabanes en bois rond dans une réserve,
il y a des règles à suivre et il faut envisager les répercussions sur
l’environnement. Même pour construire des toilettes extérieures
dans une réserve, il faut obtenir une approbation au préalable.
Voilà comment cela fonctionne.
I don’t really know where log homes would come in. The kind
of log homes we are talking about would be like what we built a
long time ago. Yes, our people lived in them probably 60 years
ago. Our homes were all log prior to, in our case, 1956, when our
INAC homes were built. The 1956 homes were torn down for
newer type of homes, but they lasted almost 60 years.
Je ne sais pas vraiment si des maisons en bois rond
conviendraient. Les maisons en bois rond dont nous parlons
ressembleraient à ce que nous construisions il y a très longtemps.
Oui, nos membres vivaient dans ces maisons il y a probablement
60 ans. Toutes les maisons étaient construites en bois rond avant
que le ministère des Affaires indiennes se mette à construire des
maisons. Dans notre cas, cela s’est passé en 1956. Les maisons de
1956 ont ensuite été détruites pour en construire de nouvelles,
mais elles ont duré près de 60 ans.
So log homes are an option, but it’s to get over the hurdles.
Par conséquent, les maisons en bois rond sont une option, mais
il y aurait des obstacles à surmonter.
The Chair: Chief Gardner, I wonder if you would give our staff
permission to follow up and get some more information about the
new technology that you mentioned. It may have application
elsewhere. We would be very interested in finding out about that.
Le président : Monsieur Gardner, donneriez-vous à notre
personnel la permission de faire le suivi et d’obtenir plus de
renseignements au sujet de la nouvelle technologie dont vous
parlez. Elle pourrait être appliquée ailleurs. Nous serions très
intéressés d’en apprendre plus à ce sujet.
Mr. Gardner: I am kind of promoting it. I believe in it. Again,
we built our first home this year. A young couple lives there, a
young family. I can only share with you because there is no model
home that we can look at, but a lot of different types of homes are
being promoted now so we ventured into this one. We are looking
at a partnership and hopefully that will address the mould issue.
Again, the costs of homes are a serious consideration and they are
in the ballpark.
M. Gardner : J’en fais la promotion. J’y crois. Encore une fois,
nous venons de construire la première maison de ce genre cette
année. C’est un jeune couple qui l’habite, une jeune famille. C’est
tout ce que je peux vous dire étant donné qu’il n’y a aucune
maison modèle à montrer. Or, de nos jours, beaucoup de types de
maisons sont disponibles. Voici celle que nous avons choisi de
construire. Nous aimerions former un partenariat. Nous espérons
que cela réglera le problème de la moisissure. Encore une fois, le
coût de la construction des maisons est un facteur important, et
ces maisons-ci sont grosso modo dans les prix.
The Chair: Thank you very much. That will be appreciated.
Le président : Merci beaucoup. Nous vous en serions
reconnaissants.
Senator Raine: It’s interesting because it’s almost like we are
looking back for solutions to the way it was formerly when there
wasn’t the HVAC systems, but we are also looking forward for
new solutions. That’s really what our study is looking to try to
share, so thank you all for what you have contributed today.
La sénatrice Raine : C’est intéressant. Nous cherchons des
solutions tant en réexaminant l’ancienne façon de faire — avant
d’avoir des systèmes CVAC — qu’en envisageant des technologies
d’avenir. Voilà justement ce sur quoi porte notre étude. Par
conséquent, merci de contribuer à notre étude.
Ms. Gray-McKay: When you are looking at a lot of people
living in a home, and that is the reality, log homes are very
durable. There is not too much you can do to destroy a log home.
Plus, they are culturally appropriate. I think if we look at that,
Mishkeegogamang purchased a Wood-Mizer in the hopes of
being able to address some of its own housing issues. We are
involved in a land use planning process and hopefully we will get a
sustainable forest licence. That’s something we are working
toward.
Mme Gray-McKay : Quand beaucoup de personnes vivent
dans une maison — et c’est bien là la réalité —, les maisons en
bois rond sont une bonne solution parce qu’elles sont très
durables. Il est très difficile de détruire une maison en bois rond.
De plus, elles sont appropriées sur le plan culturel. La Première
Nation de Mishkeegogamang a justement acheté une scie WoodMizer dans l’espoir de régler certains de ses problèmes de
logement. Nous sommes engagés dans un processus
d’aménagement du territoire, et nous espérons obtenir un
permis d’aménagement forestier durable. Voilà notre objectif.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:51
Also, it will put a lot of people to work. People are familiar
with log homes. It kind of fits in and the trees are right there. A
majority of our population, 60 per cent, is young people. So
putting that money into initiatives to train those young people
would be good. I hope that answers your question a bit.
D’ailleurs, cela créera beaucoup d’emplois. Les gens
connaissent bien les maisons en bois rond. C’est un peu logique
d’en construire, surtout que les arbres sont sur place. Les jeunes
représentent 60 p. 100 de notre population. Par conséquent, ce
serait une bonne idée d’investir dans des initiatives qui vont
contribuer à leur formation.
Senator Moore: I want to thank the witnesses for their candid
and heartfelt interventions here today.
Le sénateur Moore : Mesdames et messieurs les témoins, je
tiens à vous remercier pour vos interventions franches et sincères.
Mr. Goodchild, in the brief I have, it says that the band owns
189 housing units, but they manage 96 rentals. Are those
96 rentals within that total of 189 or are they in addition to?
They are included in that?
Monsieur Goodchild, dans le mémoire que j’ai ici, on dit que la
bande possède 189 unités de logement, et qu’elle gère la location
de 96 unités. Est-ce que ces 96 unités font partie des 189, ou alors
s’agit-il d’unités supplémentaires? Est-ce qu’elles font partie de ce
nombre total?
Mr. Goodchild: Yes, they are.
M. Goodchild : Oui, elles en font partie.
Senator Moore: Having heard your representations, and
particularly with regard to Chief Gray-McKay and Mr. Baxter,
you talk about the local office of the department, the regional
office and the national office. When you are putting together your
budgets for assistance to upgrade housing, when you are
identifying the needs, does anybody from those offices come to
your land and walk through so you can point out the units and
show the immediate needs and work that must be done? Does
anybody come to do that?
Le sénateur Moore : Dans vos témoignages, tout
particulièrement ceux de la chef Gray-McKay et de M. Baxter,
vous avez parlé des bureaux locaux, régionaux et national du
ministère. Au moment de préparer vos budgets afin de demander
une aide financière pour réhabiliter les logements, quand vous
dressez la liste des besoins, est-ce qu’un responsable de ces
bureaux se rend sur vos terres pour que vous puissiez leur montrer
les logements qui doivent être réhabilités, les besoins immédiats et
ce qui devrait être fait au juste? Est-ce que quelqu’un se déplace
pour faire cela?
Mr. Baxter: No, nobody, not even from here in Thunder Bay.
Nobody takes time to come and look, not even from the regional
side. But Mr. Zimmerman from Aboriginal Affairs two Fridays
ago did come to our community and saw what the Constance
Lake First Nation has been saying.
M. Baxter : Non, personne — pas même quelqu’un d’ici, de
Thunder Bay. Personne ne prend le temps de venir pour voir ce
qui en est, même pas des représentants régionaux. Toutefois, il y a
deux vendredis, M. Zimmerman, d’Affaires autochtones, est
quand même venu dans notre communauté pour voir ce dont
parle la Première Nation de Constance Lake.
Senator Moore: Is he from the local office or from Ottawa?
Le sénateur Moore : Travaille-t-il dans votre localité ou à
Ottawa?
Mr. Baxter: From Ottawa, I believe. I think his office is in
Ottawa.
M. Baxter : D’après moi, son bureau est à Ottawa.
Senator Moore: So when he is there, I expect you would walk
him through the community, point out the needs, discuss the little
amount of money that you have been offered to cope with these
repairs that must be done. What does he say?
Le sénateur Moore : Quand il se rend sur place, j’imagine que
vous lui faites faire le tour de la communauté à pied, que vous
soulignez les besoins et que vous discutez du montant d’argent
qu’on vous a offert pour faire les réparations qui doivent être
faites. Que dit-il?
Mr. Baxter: Our chief took him around to everything we
wanted him to see on our First Nation, but then again, we don’t
know what he is saying in Ottawa. He saw, he was there, but we
don’t know what his comments are. He says he acknowledges
them.
M. Baxter : Notre chef lui a montré tout ce que nous voulions
qu’il voie dans notre réserve — mais là encore, nous ne savons pas
ce qu’il dit à Ottawa. Il a vu ce qui en était, mais nous ne savons
pas ce qu’il dit aux autres. Il dit reconnaître les problèmes.
Senator Moore: Did he visit any of the other First Nations that
are at the table today?
Le sénateur Moore : A-t-il visité d’autres Premières Nations qui
sont ici représentées aujourd’hui?
Mr. Goodchild?
Monsieur Goodchild?
8:52
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Mr. Goodchild: I have worked for Lac Seul for a little over
two years and I don’t even know who the representative is for
housing, if there is one. I know the infrastructure system and
everything else that pertains to that matter, but as for basic
housing, I have no idea.
M. Goodchild : Je travaille pour le Lac Seul depuis un peu plus
de deux ans et je ne connais même pas le nom du représentant qui
s’occupe du logement, s’il y en a un. Je sais qui s’occupe des
infrastructures et de tous les dossiers connexes, mais pour ce qui
est des logements de base, je n’en ai aucune idée.
Senator Moore: Chief McKay and Chief Gardner, what are
your experiences with that?
Le sénateur Moore : Madame McKay et monsieur Gardner,
quelle est votre expérience à ce sujet?
Ms. Gray-McKay: I think we would probably have to come
and get them and take them over there because they wouldn’t find
their way there. In my presentation I said that it’s one thing to
hear about it, but it’s another thing to see it. Pictures say a lot.
Mme Gray-McKay : Je pense que nous serions probablement
obligés de venir les chercher et de les emmener là-bas parce qu’ils
ne trouveraient pas leur chemin. Dans mon exposé, j’ai dit que
c’est une chose d’entendre parler de situation, mais que c’en est
une autre de la voir. Les photos en disent long.
Senator Moore: That’s why I’m asking.
Ms. Gray-McKay: For these people, it’s a paper process. It’s a
minor capital application. Oh, this is what they need. They read it
and they go, ‘‘Okay, well, maybe we will see if we have any
money.’’
Senator Moore: Chief Gardner?
Le sénateur Moore : Voilà pourquoi je pose la question.
Mme Gray-McKay : Pour ces gens, il s’agit d’un processus
administratif. C’est une demande d’immobilisations non
essentielle. Ils se disent, d’accord, voilà ce dont ils ont besoin.
Ils lisent l’application et ensuite ils se disent : « D’accord, eh bien,
regardons voir si nous avons de l’argent à leur donner. »
Le sénateur Moore : Monsieur Gardner?
Mr. Gardner: As I mentioned, I don’t spend a lot of time
getting people to come to our community. There is a lot of
technology now that we can use today, social media and so on.
However, what I want to share with you is this: I often wonder
how someone, whoever, can determine five-year plans, ten-year
plans and 20-year plans and put a cost figure on those plans. It’s
something that I struggle with.
M. Gardner : Comme je l’ai mentionné, je ne fais pas souvent
venir ces gens dans notre communauté. Aujourd’hui, il existe
beaucoup de technologies que nous pouvons utiliser, comme les
médias sociaux. Toutefois, je me demande souvent comment une
personne peut faire pour prévoir les coûts des plans de 5, 10 et
20 ans qu’ils ont établis. J’ai du mal à le comprendre.
Senator Moore: I imagine because they would have to sit down
with the band leadership to discuss those issues.
Le sénateur Moore : J’imagine qu’il faudrait qu’elle rencontre
les leaders de la bande pour discuter de ces problèmes.
Mr. Gardner: Yes.
M. Gardner : Oui.
Senator Moore: The immediate needs, the prior needs and
work through those. I mean everything starts with one and once
you accept that, you can attack any issue and start working on it.
But that isn’t happening?
Le sénateur Moore : Pour comprendre notamment les besoins
immédiats et les besoins préalables. Ce que je veux dire, c’est que
tout commence par comprendre un problème, puis on peut
s’attaquer à n’importe quel autre problème en vue de le régler.
Mais est-ce bien là ce qui arrive?
Mr. Gardner: No. See, that’s what I mentioned a little bit in my
opening comments. There is $7 billion annually given to
Aboriginal Affairs. My understanding is that out of every
dollar, we get 33.3 per cent. I remember talk of devolution
15 or 20 years ago and that would double what we would get.
Well, I will tell you if it was doubled, we would be able to do
double the things that we do now.
M. Gardner : Non. J’en ai un peu parlé dans mon exposé.
Chaque année, 7 milliards de dollars sont affectés à Affaires
autochtones. D’après ce que je comprends, pour chaque dollar
affecté, nous n’en recevons que 33,3 p. 100. Je me souviens que, il
y a 15 ou 20 ans, il était question de nous transférer des
responsabilités, ce qui aurait doublé ce que nous recevions.
Eh bien, je peux vous dire que si ce montant avait été doublé, nous
pourrions faire deux fois plus de choses que nous faisons
maintenant.
I hear the leaders now, former leaders of all parties getting
together to talk about the need for an influx somewhere to catch
up. That sounds very interesting and certainly the Liberal
government talked about the Kelowna Accord. How were they
impacted, the communities, in terms of infrastructure? I talk as a
leader now. Certainly, in our community that would have done
things.
Maintenant, j’entends les chefs et les anciens chefs de tous les
partis se rencontrer pour parler de la nécessité d’affecter plus
d’argent afin de faire du rattrapage. Cela paraît très intéressant, et
le gouvernement libéral avait certainement proposé l’accord de
Kelowna. Sur le plan des infrastructures, quelles auraient été les
répercussions sur les collectivités? Je parle maintenant en tant que
chef. De toute évidence, cela aurait permis de faire des choses
dans notre communauté.
1-10-2014
Peuples autochtones
That’s why I talk about 5, 10, 15 or 20 year planning, which is
still based on an amount of money which is, as far as I’m
concerned, way behind the times.
8:53
Voilà ce que je dis : les plans de 5, 10, 15 ou 20 ans sont encore
établis en fonction d’un montant d’argent qui, d’après moi, est
largement insuffisant.
Mr. Baxter: Can I add something?
M. Baxter : Est-ce que je pourrais ajouter quelque chose?
The Chair: Yes, please.
Le président : Oui, allez-y.
Mr. Baxter: What Arnold said about budgets, the Constance
Lake First Nation is allocated $32,700 per unit. Figure that out.
M. Baxter : En ce qui concerne ce qu’Arnold a dit au sujet des
budgets, la Première Nation de Constance Lake reçoit 32 700 $
par unité. Faites le calcul.
Senator Moore: I just wonder what that means. When you say
you are allocated $32,700 per unit, for what and over what period
of time?
Le sénateur Moore : Je me demande ce que cela veut dire au
juste. Quand vous dites que vous recevez 32 700 $ par unité,
qu’est-ce que ce montant couvre, et pour combien de temps?
Mr. Baxter: For that fiscal year to build a house.
M. Baxter : C’est le montant que nous recevons pendant un
exercice financier pour construire une maison.
Senator Moore: One house.
Le sénateur Moore : Une maison.
Mr. Baxter: Yes, $32,700.
M. Baxter : Oui, 32 700 $.
Senator Moore: One house.
Le sénateur Moore : Une maison.
Mr. Baxter: One unit, that’s all. That’s the budget that I
showed you.
M. Baxter : Une unité, c’est tout. Voilà ce qui est écrit dans le
budget que je vous ai montré.
Ms. Gray-McKay: In answer to your question,
Mishkeegogamang gets a little over $700,000. The allocation of
that budget is a third goes to infrastructure and two-thirds to
housing. If you have CMHC subsidies, you have to have
insurance and a lot of your money goes toward that. If they
don’t pay their rent, you have to pay for that. If there is a CMHC
deficit, you have to pay for that. We financed 26 units so we had
to get a housing loan. Right off the top, $200,000 of my housing
budget goes to buying these houses because we are trying to
address the housing problem. It’s ongoing. You have to fix the
school; you have to fix the band office. Like Arnold was saying,
what are your priorities? All of them are priorities. By the time
you get done, you have estimated $4 million to $5 million in work
for the one year, and you have $700,000.
Mme Gray-McKay : Pour répondre à votre question, la nation
Mishkeegogamang reçoit un peu plus de 700 000 $. Un tiers de ce
budget est affecté aux infrastructures et deux tiers, aux logements.
Quand nous avons droit à des subventions de la SCHL, il faut
prendre une assurance, et beaucoup de notre argent sert à la
payer. Si les gens ne paient pas leur loyer, nous devons payer. Si la
SCHL accuse un déficit, nous devons payer. Nous avons financé
la construction de 26 unités, et nous avons donc été obligés
d’obtenir un prêt résidentiel. En partant, 200 000 $ de mon
budget du logement sert à acheter des maisons parce que nous
tentons de nous attaquer au problème du logement, qui est
incessant. Il faut réparer l’école; il faut réparer le bureau de la
bande. Comme Arnold le disait, quelles sont nos priorités? Toutes
ces choses sont des priorités. Une fois les priorités établies, nous
voyons qu’il faudrait de 4 à 5 millions de dollars cette année-là
pour faire le travail qui est prioritaire. Or, nous ne disposons que
de 700 000 $.
It’s heart-wrenching and it breaks and hurts your spirit. People
get really angry at you when you try to explain this to them. You
can go on for days talking about housing and trying to explain,
and they say, ‘‘Well, you guys are no good; you don’t do anything
to help the people.’’ You are in a sandwich, a sandwich sometimes
you don’t want to be in. The people have misplaced anger. They
should be angry at the government, not beat up on your chief and
your councillors. They are doing what they can. I try to redirect
and sometimes it works and other times, it doesn’t.
C’est déchirant et cela brise notre moral. Les gens se mettent
vraiment en colère avec nous quand nous essayons de leur
expliquer cela. Nous pouvons passer des journées entières à
essayer de leur faire comprendre ce qui se passe sur le plan du
logement, et ils disent : « Eh bien, vous ne faites pas bien votre
travail; vous ne faites rien pour aider les gens. » Nous nous
trouvons coincés entre l’arbre et l’écorce, et ce n’est pas là que
nous voulons nous trouver. Les gens éprouvent une colère
injustifiée. Ils devraient se mettre en colère contre le
gouvernement, au lieu de s’en prendre à leur chef et à leurs
conseillers de bande. Leurs leaders font ce qu’ils peuvent. J’essaie
de détourner la colère des gens; parfois je réussis à le faire, mais
pas toujours.
Senator Dyck: It sounds like many of you are in favour of the
idea of log cabins. The government apparently is considering
introducing legislation about standards for houses on reserves.
La sénatrice Dyck : On dirait que la majorité d’entre vous êtes
en faveur de construire des cabanes en bois rond. Il semblerait que
le gouvernement étudie actuellement la possibilité de présenter un
8:54
Aboriginal Peoples
1-10-2014
You mentioned that there are probably no standards dealing with
log homes. If legislation were forthcoming, and it considered
things like log homes or the type of homes that Chief Gardner
was talking about, would you like to see them in the building
regulations?
projet de loi pour mettre en place des normes en matière de
maisons dans les réserves. Vous avez dit qu’il n’existe
probablement pas de norme pour les maisons en bois rond. Si
jamais le gouvernement va de l’avant avec un projet de loi de ce
genre et qu’il se penche sur des options comme des maisons en
bois rond et l’autre genre de maisons dont M. Gardner a parlé,
aimeriez-vous que les maisons en bois rond fassent partie des
règlements du bâtiment?
Mr. Baxter: The problem is we don’t have land management
modules in our First Nations. The department has to initiate that
and the AANDC now. So they have to recognize that. The
problem is they will not fund it.
M. Baxter : Le problème, c’est que les Premières Nations n’ont
pas de module de gestion foncière. Il reviendrait au département
et maintenant à AADNC de lancer la balle à ce sujet. Il faudrait
qu’ils reconnaissent cela. Le problème, c’est qu’ils ne vont pas
financer cette démarche.
Mr. Gardner: I just want to share something with you. In my
community, the way I understand the people, when talking about
log homes, sometimes, because you have lost who you are, if I
promoted that in my community, people would say, ‘‘You are
moving backwards.’’ You have to be clear in how you are going to
promote it. In other words, the next thing you are going to
promote is teepees and tents. So you have to be very careful in
how you go ahead with that. Some of the homes now are beautiful
log homes, but you have to promote it right.
M. Gardner : J’aimerais vous faire part de quelque chose.
D’après ce que je comprends des personnes qui vivent dans ma
communauté, étant donné qu’elles ont perdu leur identité
culturelle, si je parlais de construire des maisons en bois rond,
elles me diraient : « Nous sommes en train de régresser ». Il
faudrait faire bien attention à la façon de promouvoir un tel
projet. En d’autres mots, il faudrait éviter de donner aux gens
l’impression que les prochaines solutions que nous proposerons
seront des tipis et des tentes. Il faut donc vraiment faire attention
à la façon d’aller de l’avant. Certaines des maisons en bois rond
d’aujourd’hui sont très belles, mais il faut les promouvoir de la
bonne manière.
Again, we have to follow standards and it has to be well
funded. We know, and let’s all agree on this, that to build a log
home today, the kind of log home that we are thinking about, it
will probably cost more than a conventional home. There is no
question in my mind.
Encore une fois, nous sommes tenus de respecter les normes, et
il faut en assurer le financement. Nous sommes tous d’accord
pour dire que, pour construire une maison en bois rond
aujourd’hui — le genre de maison en bois rond auquel nous
pensons —, il faudrait probablement plus d’argent que pour
construire une maison conventionnelle. Je n’en ai aucun doute.
Ms. Gray-McKay: The way I look at log homes is you can
build them anywhere. I think people have to determine where they
want to live. The suburbs, that’s why we Mish are all over the
place. It’s not only the fact that we have four societies, but we
don’t all need to live by lakes. Our people need to have that
relationship with water. Water is very important and sacred. You
carry water from the lake to use inside your home. A lot of people
don’t even use the well water because it has chemicals in it,
chlorine. People still go and get the water from the lake because
chlorinated water makes your teeth turn black, and nobody likes
black teeth.
Mme Gray-McKay : À mon avis, l’avantage des maisons en
bois rond, c’est qu’on peut les construire n’importe où. Les gens
doivent pouvoir décider où ils veulent vivre. Comme dans les
banlieues — voilà pourquoi les Mish vivent un peu partout. Ce
n’est pas seulement parce que nous avons quatre sociétés, mais
c’est aussi parce que nous n’avons pas tous besoin de vivre tout
près d’un lac. Nos membres ont besoin d’avoir cette relation avec
l’eau. L’eau est très importante et elle est sacrée. Les Mish portent
l’eau du lac jusqu’à leur maison. Beaucoup de gens n’utilisent
même pas l’eau du puits parce qu’elle contient des produits
chimiques, du chlore. Les gens continuent d’aller chercher l’eau
du lac parce que l’eau chlorée noircit les dents, et que personne
n’aime les dents noires.
Like Arnold was saying, you have to promote it properly. With
log homes you could live anywhere. A lot of people would say,
‘‘Well, why do I have to live here, why can’t I live where I grew
up?’’ So you could build a log home out there. You could put a
well out there. People would be away from each other because we
don’t always get along. I live smack in the middle of the reserve,
too, and sometimes I don’t like my neighbours, and sometimes
they don’t like me, and that’s okay.
Comme Arnold l’a dit, il faut promouvoir les maisons en bois
rond de la bonne manière. Elles permettent aux gens de vivre
n’importe où. Beaucoup de gens disent : « Pourquoi dois-je vivre
ici? Pourquoi est-ce que je ne peux pas vivre à l’endroit où j’ai
grandi? » Cela permettait de construire une maison dans ces
endroits. On pourrait aussi y creuser des puits. Les gens
pourraient vivre plus éloignés les uns des autres — parce que
nous ne nous entendons pas toujours. Je vis au beau milieu de la
réserve aussi et, parfois, je n’aime pas mes voisins et, parfois, ils ne
m’aiment pas. Ce n’est pas grave.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:55
Mr. Baxter: I would like to add something again. The
reservation land of our First Nation, we don’t own it. We just
live on it. If I want a house, I have to get a CP, a certificate of
possession. I have to be allocated. Then the lands registry has to
come in and survey where I want to build that home. That’s a
challenge. I will have a house, but I don’t own the land. That’s a
challenge First Nations members have.
M. Baxter : J’aimerais ajouter autre chose. Notre nation n’est
pas propriétaire de la terre sur laquelle la réserve est construite.
Nous ne faisons que vivre sur la terre. Si je veux avoir une maison,
je dois obtenir un certificat de possession. Des ressources doivent
m’être allouées. Ensuite, un représentant du Bureau
d’enregistrement des titres de propriété doit venir arpenter la
terre où je veux construire la maison. C’est problématique. J’aurai
une maison, mais je ne serai pas propriétaire de la terre. Voilà un
problème auquel les membres des Premières Nations sont
confrontés.
The Chair: Thank you, Mr. Baxter. That issue certainly has
come up before. I can assure you we are aware of it and we are
going to be looking at some alternative models on land
ownership, probably in B.C.
Le président : Merci, monsieur Baxter. Ce problème a déjà été
soulevé. Je peux vous assurer que nous en sommes conscients et
que nous allons nous pencher sur d’autres systèmes de propriété
foncière, probablement de la Colombie-Britannique.
Senator Dyck: The topic came up about AANDC and the
amount of money that the department gets. A sizeable chunk goes
to just running the department. Does anybody know of any
studies that have looked at that? Should we be looking at
efficiencies within the department?
La sénatrice Dyck : On a parlé d’AADNC et du montant
d’argent qui est affecté au ministère. Une assez grande partie de ce
montant sert tout simplement à faire tourner le ministère. Savezvous si des études ont été menées à ce sujet? Devrions-nous nous
pencher sur l’efficacité des processus ministériels?
I know that there was a report this summer that wasn’t every
laudatory of the department. If a lot of money is used up by the
department, surely we can look at streamlining there and having
the money actually go to the communities. Does anybody know
of any reports, and would they have any suggestions as to what
could be done to improve things in terms of the financial aspects?
Je sais que, l’été dernier, il y a eu un rapport qui ne faisait pas
d’éloges au sujet du ministère. Si beaucoup de l’argent est dépensé
par le ministère, il devrait sûrement y avoir des façons de
rationaliser les tâches administratives pour faire en sorte que
l’argent aille vraiment aux communautés. Est-ce que quelqu’un
sait s’il existe des rapports à ce sujet et pourrait suggérer comment
améliorer l’aspect financier?
Mr. Gardner: You know of the Auditor General’s reports. For
years now my understanding is there has never been a good report
on Aboriginal Affairs. Certainly, the picture there has to be
looked at.
M. Gardner : Il y a les rapports du vérificateur général, que
vous connaissez. Eh bien, depuis bien des années, d’après ce que je
comprends, ces rapports n’ont jamais dit du bien d’AADNC. De
toute évidence, il faudrait se pencher sur la question.
I started this morning by talking about listening. Certainly, if
the government is to be looked at favourably by the general
public, funds must be used in a good manner.
Ce matin, j’ai commencé par parler de l’importance d’écouter.
Si le gouvernement veut que les Canadiens le voient d’un œil
favorable, il devrait utiliser les fonds de la bonne manière.
The other thing I will share with you is this: We sit here in
Thunder Bay. Thunder Bay has a mayor. Does he worry about
the housing of the people? Does he worry about fixing the
schools? Well, he has people to do that, but he doesn’t deal with it
himself. Sometimes, it’s not fair to us either. That box I was
talking about this morning, here is an envelope and here is how
you deal with it. To me, that’s the report the Auditor General is
talking about. There is not enough in that envelope to deal with
these issues.
J’aimerais ajouter autre chose. Nous nous trouvons à Thunder
Bay. Thunder Bay a un maire. Est-ce que le maire se préoccupe du
dossier du logement? Se préoccupe-t-il de réparer les écoles? Il a
des employés qui s’en occupent, mais il ne s’en occupe pas luimême. Nous ne sommes pas toujours traités de façon équitable de
ce côté-là non plus. Je vous ai parlé de la boîte ce matin. On nous
dit : « Voici une enveloppe et voici comment vous allez en
disposer. » À mon avis, voilà de quoi parle le rapport du
vérificateur général. Il n’y a pas assez d’argent dans cette
enveloppe pour nous permettre de nous attaquer à ces problèmes.
Senator Moore: Is this a firm number, that of the total amount
within that department, only one third goes to the First Nations?
Is that a firm number? Do we know that? I would like to know
that from some reliable source because it is backward.
Le sénateur Moore : Vous avez parlé du montant d’argent dont
le ministère dispose, et vous avez dit que seulement un tiers de ce
montant est affecté aux Premières Nations? Est-ce que ce sont des
nombres fermes? J’aimerais qu’une source fiable puisse nous le
confirmer, parce que cela me paraît rétrograde.
Perhaps we can find that out through our researchers, Chair.
That is alarming. I didn’t know that, if it’s true.
Peut-être que nos chercheurs pourraient nous le confirmer,
monsieur le président. C’est alarmant. Si c’est vrai, je n’en étais
pas conscient.
The Chair: We will make a note to ourselves on that.
Le président : Nous allons en prendre note.
8:56
Aboriginal Peoples
Mr. Baxter, you referred to an analysis you had done. I
wonder if you would be willing to share that with our committee.
1-10-2014
Monsieur Baxter, vous avez fait référence à une analyse que
vous avez effectuée. Je me demandais si vous seriez prêt à en faire
part au comité.
Mr. Baxter: The budget?
M. Baxter : Le budget?
The Chair: Yes.
Le président : Oui.
Mr. Baxter: Sure; no problem.
M. Baxter : Bien sûr; aucun problème.
The Chair: That would be appreciated.
Le président : Nous vous en serions reconnaissants.
I am afraid we have run out of time. This has been very useful,
and the last question goes to Senator Greene Raine.
Je regrette de dire que notre temps est écoulé. Ces discussions
ont été très utiles. Je vous laisse poser la dernière question,
madame la sénatrice Greene-Raine.
Senator Raine: Mr. Goodchild, I wasn’t quite sure what you
meant when you said you were purchasing 12 units from Hudson.
Are those units that can be moved to your reserve?
La sénatrice Raine : Monsieur Goodchild, je ne suis pas
certaine d’avoir bien compris ce que vous vouliez dire quand vous
avez signalé que vous achetez 12 unités de Hudson. Est-ce que ces
unités peuvent être transportées dans votre réserve?
Mr. Goodchild: No.
M. Goodchild : Non.
Senator Raine: Those units would be in Hudson, but would be
lived in by your community members?
La sénatrice Raine : Ces unités seraient à Hudson; mais
seraient-elles habitées par des membres de votre communauté?
Mr. Goodchild: Yes. That’s what we are going to be doing with
the overflow. We are going to be moving them over to Hudson so
we won’t have 10 or 12 people per home. We are going to try to
lessen that number.
M. Goodchild : Oui. Voilà comment nous allons régler le
problème du surpeuplement. Nous allons déplacer des gens à
Hudson pour éviter d’avoir 10 ou 12 personnes par logement.
Nous allons tenter de diminuer ce nombre.
Senator Raine: How far is Hudson from Lac Seul?
Mr. Goodchild: About 15 minutes by road. We are purchasing
them from the Ontario government because they surplus a lot of
their buildings. That’s basically what happened there. I found out
about it and I started the process about a year and a half ago and
we finally got the word.
The Chair: I am going to bring this meeting to a close.
Mr. Goodchild, you did mention the two-year effort to get
qualified under the First Nations Market Housing Fund which
has just been concluded with, I understood, bank financing
approval. With your permission, I think our staff would like to
follow up and maybe get a little bit more information on how that
worked out after our hearings.
Mr. Goodchild: Okay. It will be for a fee though!
The Chair: I want to thank this panel very much. Your
testimony and ideas have been most striking. I can assure you, we
are very grateful for your time. We did take careful notes despite
the technical hiccups. I think we all feel a responsibility to try and
get some results to deal with the tremendous challenges and
frustrations you have shared with us.
La sénatrice Raine : À quelle distance de Lac Seul se trouve
Hudson?
M. Goodchild : À environ 15 minutes par la route. C’est le
gouvernement de l’Ontario qui nous vend ces unités parce qu’ils
en ont beaucoup en surplus. Voilà essentiellement ce qui est
arrivé. J’en ai entendu parler, et j’ai engagé le processus il y a
environ un an et demi. Nous avons enfin obtenu la confirmation
que nous avions le feu vert.
Le président : Je vais clore la réunion.
Monsieur Goodchild, vous avez parlé du fait qu’il a fallu deux
ans pour obtenir l’approbation aux termes du Fonds pour les
logements du marché destinés aux Premières Nations et que,
d’après ce que j’ai compris, la banque vient tout juste d’en
approuver le financement. Après nos audiences, si vous le
permettez, nos membres aimeraient bien faire un suivi et
apprendre comment les choses se sont passées.
M. Goodchild : D’accord, mais il y aura des frais!
Le président : Mesdames et messieurs les témoins, merci
beaucoup. Vos témoignages et vos idées ont été frappants. Nous
vous sommes vraiment reconnaissants d’avoir pris le temps de
comparaître. Malgré les pépins techniques, nous avons pris des
notes exhaustives. À mon avis, nous sentons tous la responsabilité
de faire avancer ce dossier pour contribuer à atténuer les énormes
problèmes et frustrations dont vous nous avez fait part.
1-10-2014
Peuples autochtones
We are planning to provide an interim report before the end of
this year. You can watch for that through our committee, on the
Web and in Parliament. We hope to make progress on these
pressing issues. Thank you very much again.
(The committee adjourned.)
8:57
Nous prévoyons présenter un rapport intérimaire d’ici la fin de
l’année. Vous pourrez en prendre connaissance si vous surveillez
les travaux du comité sur le site web du Parlement. Nous espérons
faire des progrès dans ces dossiers urgents. Encore une fois,
merci beaucoup.
(La séance est levée.)
THUNDER BAY, Monday, September 15, 2014
THUNDER BAY, le lundi 15 septembre 2014
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 2:07 p.m. to continue its study on challenges relating to
First Nations infrastructure on reserves.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 14 h 7, pour poursuivre son étude sur
les problèmes liés à l’infrastructure dans les réserves des
Premières Nations.
Senator Dennis Glen Patterson (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Dennis Glen Patterson (président) occupe le
fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good afternoon, ladies and gentlemen. Welcome to
this resumed session of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples.
Le président : Mesdames et messieurs, bonjour. Je vous
souhaite la bienvenue à la continuité de notre séance du
Comité sénatorial permanent des peuples autochtones.
To those of you who have come here expecting us to start early,
our apologies. We had some very compelling testimony this
morning and we ran a bit late, so thank you for your patience in
waiting for us this afternoon.
Je tiens à présenter nos excuses à ceux qui se sont déplacés et
qui s’attendaient à ce que la séance commence plus tôt. Nous
avons entendu des témoignages absolument fascinants ce matin,
et nous avons pris un peu de retard. Nous vous remercions donc
de la patience dont vous avez fait preuve en nous attendant cet
après-midi.
In this study on housing and infrastructure in First Nations
communities, we are pleased to be hearing from our third panel of
witnesses which is made up of two individuals, Chief Alex
McDougall, representing Wasagamack First Nation; and
Dr. Bryan Poulin, Associate Professor, Lakehead University.
Dans le cadre de la présente étude sur le logement et
l’infrastructure dans les collectivités des Premières Nations,
nous sommes heureux d’accueillir notre troisième groupe
d’experts, qui se compose de deux témoins : le chef Alex
McDougall, qui représente la Première Nation de Wasagamack,
et M. Bryan Poulin, professeur agrégé de l’Université Lakehead.
Perhaps we could start with Chief McDougall, followed by
Dr. Poulin. The short presentations will be followed by questions
from senators. If I could ask the speakers, please, get closer to the
microphone and hold the button on the bottom down while
speaking, as I am doing. To stop just let it go. The button has to
be held down.
Nous allons commencer par le chef McDougall, après quoi
nous écouterons M. Poulin. Les brefs exposés seront suivis de
questions des sénateurs. Je demanderais aux intervenants,
lorsqu’ils parlent, de s’approcher du microphone et de tenir le
bouton du bas enfoncé, comme je le fais à l’instant. Il suffit de le
relâcher lorsque vous arrêtez de parler. Il faut donc maintenir la
pression sur le bouton.
I would like to quickly ask the committee on a matter of
housekeeping. We received a brief from the Wasagamack First
Nations in English only. Is it agreed that we consider the brief on
that basis?
J’aimerais rapidement poser une question d’ordre administratif
aux membres du comité. Le mémoire que nous avons reçu de la
Première Nation de Wasagamack est en anglais seulement. Les
membres du comité sont-ils d’accord pour l’utiliser malgré tout?
Hon. Senators: Agreed.
Des voix : Oui.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Chief McDougall, welcome.
Chef McDougall, je vous souhaite la bienvenue.
Alex McDougall, Chief, Wasagamack First Nation:
Alex McDougall, chef, Première Nation de Wasagamack :
[Chief McDougall spoke in his Native language.]
[Le chef McDougall s’exprime dans sa langue autochtone.]
I would like to thank the chair and the members of the Senate
for the opportunity to present.
J’aimerais remercier le président et les sénateurs de nous avoir
donné l’occasion de comparaître.
8:58
Aboriginal Peoples
1-10-2014
When the northern Chiefs of Manitoba and the Island Lake
First Nations —Wasagamack, St. Theresa Point, Garden Hill and
Red Sucker Lake — launched our Clean Running Water
campaign in the Parliamentary Press Gallery on December 15,
2010, nearly 1,000 homes within the 30 northern Manitoba First
Nations still had no access to clean running water. Many of these
homes in our communities had no indoor plumbing of any kind.
At that time, Island Lake First Nations had about 810 homes that
were not connected to running water and wastewater systems.
Le 15 décembre 2010, lorsque les chefs du Nord en provenance
du Manitoba et des Premières Nations d’Island Lake, à savoir
Wasagamack, St. Theresa Point, Garden Hill et Red Sucker
Lake, ont lancé la campagne sur l’approvisionnement en eau
potable à la tribune de la presse parlementaire, près de
1 000 foyers des 30 Premières Nations du nord du Manitoba
n’avaient toujours pas accès à l’eau potable. Bon nombre de ces
maisons au sein de nos collectivités n’avaient pas la moindre
tuyauterie. À ce moment, quelque 810 maisons des Premières
Nations d’Island Lake n’étaient pas reliées aux systèmes
d’aqueduc et d’égouts.
In November 2011, Aboriginal Affairs and Northern
Development Canada, AANDC, committed to work with the
four Island Lake First Nations in conjunction with the Island
Lake Tribal Council and the Province of Manitoba to continue
the implementation of the Island Lake First Nations Water and
Wastewater Capital Projects which had been initiated earlier.
These further activities were to install water cisterns and
wastewater holding tanks pending the connection of homes to
the existing community piped systems and to retrofit homes by
installing indoor plumbing where necessary.
En novembre 2011, Affaires autochtones et Développement du
Nord Canada, ou AADNC, s’est engagé à travailler avec les
quatre Premières Nations d’Island Lake, en collaboration avec le
conseil tribal d’Island Lake et la province du Manitoba, pour
continuer la mise en œuvre des projets d’immobilisations
concernant l’approvisionnement en eau potable et le traitement
des eaux usées des Premières Nations d’Island Lake, qui avaient
été lancés plus tôt. Il s’agissait d’installer des citernes d’eau et des
cuves de rétention des eaux usées en attendant que les foyers
soient reliés aux systèmes de conduites en place dans les
collectivités et rénovés en se faisant installer de la tuyauterie, au
besoin.
Eight hundred and ten homes, or 55 per cent of the total of
1,461 housing units in the Island Lake First Nations, are involved
in the current phase of the Island Lake Water and Wastewater
Capital Project. The total project cost is $37,459,000 of which the
48.5 per cent in labour cost is being paid by the four Island Lake
First Nations from band-based capital funds.
Sur le total de 1 461 logements que comptent les Premières
Nations d’Island Lake, 810 font partie de la phase actuelle du
projet d’immobilisations concernant l’approvisionnement en eau
potable et le traitement des eaux usées d’Island Lake, ce qui
représente 55 p. 100 des foyers. Le coût total du projet s’élève à
37 459 000 $, dont 48,5 p. 100 sont le coût de main-d’œuvre
assumé par les quatre Premières Nations d’Island Lake à partir
des fonds pour dépenses en capital des réserves.
The Island Lake First Nations are pleased that Budget 2014
commits $324.4 million over the next two years toward the First
Nations Water and Wastewater Action Plan and that this
commitment includes making investments to bring clean
running water into more homes in the Island Lake and other
First Nations in northern Manitoba.
Les Premières Nations d’Island Lake se réjouissent que le
budget de 2014 consacre 324,4 millions de dollars sur deux ans au
Plan d’action pour l’approvisionnement en eau potable et le
traitement des eaux usées des Premières Nations, ce qui comprend
des investissements afin d’approvisionner en eau potable un plus
grand nombre de foyers des Premières Nations d’Island Lake et
du nord du Manitoba.
The additional investment in water and wastewater treatment
systems will enhance the health and well-being of everyone living
in these First Nations. The additional investments, through the
First Nations Water and Wastewater Action Plan, are also
expected to result in positive economic impacts through
retrofitting and construction projects in the communities.
Cet investissement supplémentaire dans les réseaux
d’approvisionnement en eau potable et de traitement des eaux
usées améliorera la santé et le bien-être de tous les habitants de ces
réserves. Les investissements réalisés dans le cadre du
Plan d’action pour l’approvisionnement en eau potable et le
traitement des eaux usées des Premières Nations devraient aussi
générer des retombées économiques positives grâce aux projets de
rénovation et de construction au sein des collectivités.
On February 17, 2014, the Island Lake First Nations met with
Minister of Aboriginal Affairs and Northern Development,
Bernard Valcourt — and there is a package there of the issues
that were presented to the minister — and requested that
AANDC provide a contribution of 100 per cent of the
$18,192,000 in the labour costs of the Island Lake Water and
Le 17 février 2014, les Premières Nations d’Island Lake ont
rencontré Bernard Valcourt, le ministre d’AADNC — vous
trouverez ici une trousse des enjeux qui lui ont été présentés. Nous
avons demandé qu’AADNC finance la totalité des coûts de maind’œuvre de 18 192 000 $ dans le cadre du Plan d’action pour
l’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées
1-10-2014
Peuples autochtones
8:59
Wastewater Action Plan in order for the four Island Lake
First Nations to reinvest these band-based capital funds in other
urgent community priorities, including housing.
d’Island Lake, ce qui permettrait aux quatre Premières Nations de
consacrer leurs fonds pour dépenses en capital à d’autres priorités
urgentes, y compris le logement.
The Island Lake First Nations also requested that the minister
agree to a plan and a schedule to phase out water cisterns and
wastewater holding tank systems by AANDC making further
investments in community water and wastewater lines that will
connect all homes to water and wastewater treatment systems.
Les Premières Nations d’Island Lake ont aussi demandé au
ministre de convenir d’un plan et d’un calendrier pour
l’élimination progressive des citernes d’eau et des cuves de
rétention des eaux usées, ce qui serait possible si AADNS
investissait davantage dans les conduites d’eau et d’égouts qui
relieront tous les foyers aux systèmes d’approvisionnement en eau
potable et de traitement des eaux usées.
The bottom line is that the retrofitting of 810 homes in the four
Island Lake First Nations is presently estimated to cost a total of
$37,459,000 over the five years of the project, ending March 31,
2017. Over the life of the five-year project and under the current
project arrangements, the Island Lake First Nations will be
paying 48.5 per cent of the total project costs in the form of
$18,192,000 in labour costs. AANDC will be paying 51.5 per cent
of the total project costs, or about $19,267,000 in the form of
materials, supplies and non-labour management and
administrative costs.
En somme, on estime actuellement que le projet de rénovation
des 810 maisons dans les quatre Premières Nations d’Island Lake
coûtera au total 37 459 000 $ sur une période de cinq ans, qui se
terminera le 31 mars 2017. À la fin du projet quinquennal, et selon
les dispositions actuelles, les Premières Nations d’Island Lake
auront assumé 48,5 p. 100 du coût total en payant les frais de
main-d’œuvre de 18 192 000 $. AADNC aura payé 51,5 p. 100 du
total, soit environ 19 267 000 $ pour le coût des matériaux et de
l’équipement, et des frais liés à la gestion et à l’administration
autres que la main-d’œuvre.
Of the 810 homes to be retrofitted over the five-year project,
318, or 39.2 per cent of the homes without running water are
expected to have been retrofitted by the end of the first two years
of the project as of March 31, 2014. This means that 492 homes,
or 60.7 per cent of the homes without running water, still remain
to be retrofitted over the next three years of the project, ending
March 31, 2017.
Parmi les 810 maisons sans eau potable à rénover dans le cadre
du projet quinquennal, 318, ou 39,2 p. 100 devaient être rénovées
à la fin des deux premières années, soit le 31 mars 2014. C’est donc
dire qu’il reste 492 foyers sans eau potable, ou 60,7 p. 100 à
rénover au cours des trois dernières années du projet, qui prendra
fin le 31 mars 2017.
It should be noted that all of the 810 houses being retrofitted
will be using water storage tanks and wastewater holding tanks. I
will ask that you refer to the attached pictures for illustration.
None of the monies being expended as part of the five-year
project are to connect homes to the piped community water
system or to extend the piped water system to connect some or all
of these 810 homes.
Il est à noter que la totalité des 810 maisons rénovées seront
dotées de citernes d’eau et de cuves de rétention des eaux usées. Je
vous invite à consulter les photos à titre indicatif. Aucune somme
consacrée au projet quinquennal ne servira à les relier au système
de conduites des réserves ou à prolonger le réseau pour les y
rattacher, en totalité ou en partie.
It should also be noted that there is at present no schedule from
AANDC to contribute the funding necessary to connect homes in
the Island Lake First Nations to the community piped water
system. As well, it should be noted that the current facilities are in
dire need of upgrades to accommodate the growing population.
First Nations are expected to maintain the current facilities with
its limited and capped band-based funding.
Il faut également souligner qu’AADNC ne prévoit
actuellement pas contribuer aux fonds nécessaires pour relier les
foyers des Premières Nations d’Island Lake aux conduites des
réserves. De plus, les installations actuelles ont grandement besoin
d’être modernisées pour répondre aux besoins de la population
croissante. Les Premières Nations seraient censées entretenir les
installations actuelles avec les fonds limités de la bande auxquels
un plafond a été appliqué.
Each of the Island Lake First Nations requested an update
from the minister and his officials as to the next cycle or phase for
extensions of and connections to the existing community piped
water systems. We have yet to receive a response from the
minister or regional officials as to when the 810 homes that are
presently being connected to cisterns, as well as the other homes
already being served by cisterns and holding tanks and water
trucks, will be connected to the community piped water system.
Chaque Première Nation d’Island Lake a demandé au ministre
et à son cabinet de faire le point sur la prochaine phase
d’extensions et de rattachements aux systèmes actuels de
conduites. Or, on ne nous a toujours pas dit à quel moment on
connectera aux conduites de la réserve les 810 foyers qui sont
actuellement reliés à des citernes d’eau, et les autres maisons qui
ont déjà l’eau potable au moyen de citernes d’eau, de cuves de
rétention et de camions-citernes.
In addition, neither the minister nor AANDC regional officials
have yet provided any response to our request that Aboriginal
Affairs and Northern Development Canada contribute
De plus, ni le ministre ni les bureaux régionaux d’AADNC
n’ont encore répondu à notre demande voulant qu’AADNC
assume la totalité du coût de 37 459 000 $ du plan d’action
8:60
Aboriginal Peoples
1-10-2014
100 per cent of the $37,459,000 cost of the Updated Multi-Year
Action Plan of the Island Lake First Nations Water and
Wastewater Capital Projects, including the $18,192,000 in
labour costs now being paid with funds allocated from the
limited and capped band-based capital of our First Nations. The
regional envelope was capped in 1995.
pluriannuel révisé pour les projets d’immobilisations concernant
l’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées
des Premières Nations d’Island Lake. Le coût de main-d’œuvre de
18 192 000 $ est actuellement absorbé par les fonds pour dépenses
en capital de nos Premières Nations, qui sont limités et auxquels
un plafond a été appliqué. En effet, l’enveloppe régionale a été
assortie d’un plafond en 1995.
Wasagamack is under a severe and growing housing crisis. The
current housing stock is overcrowded and steadily deteriorating.
In 2010, there were 254 houses in the community, including those
set aside for teachers and nurses residing in the community. Of
those 254, in 2010, 64 needed minor renovations, 97 needed major
renovations and 12 were condemned. Again, we have attached
photos for your reference. The backlog in housing was 211 in
2010 and this number has now risen to 240.
Wasagamack est aux prises avec une grave crise du logement
qui ne fait qu’empirer. Le parc actuel de logements est surpeuplé
et ne cesse de se détériorer. En 2010, la réserve comptait
254 maisons, y compris celles qui sont réservées au personnel
enseignant et infirmier demeurant sur place. Cette année-là,
64 d’entre elles nécessitaient des rénovations mineures, et 97, des
rénovations majeures, alors que 12 étaient condamnées. Je vous
invite encore une fois à consulter les photos. Il manquait
211 logements en 2010, un chiffre qui est passé à 240 aujourd’hui.
Wasagamack is an extremely remote First Nation, accessible
only by boat, helicopter and ice road, when weather permits.
There is no airport in the community or accessiblity by land. All
food and supplies are trucked in by ice roads or flown in to the
neighbouring communities and hauled in by boat or helicopter.
As you can imagine, the costs are very high. Without adequate
funding, Wasagamack cannot meet the needs of its over 2,000
members. Ninety-two per cent of our members reside on reserve
and in 2010, over 77 per cent of the population was under 35
years of age.
Wasagamack est une Première Nation extrêmement isolée, qui
n’est accessible que par bateau, hélicoptère et route de glace,
lorsque la température le permet. La réserve n’a pas d’aéroport et
n’est reliée à aucune voie terrestre. L’ensemble des aliments et des
fournitures est transporté par camion sur les routes de glace, ou
encore, par avion jusqu’aux réserves avoisinantes, puis par bateau
ou par hélicoptère. Comme vous pouvez l’imaginer, les coûts sont
exorbitants. Sans un financement adéquat, Wasagamack ne peut
pas répondre aux besoins de ses plus de 2 000 membres. Quelque
92 p. 100 d’entre eux vivent sur la réserve et, en 2010, plus de
77 p. 100 de la population avait moins de 35 ans.
The direct correlations between healthy living and proper
housing and infrastructure are all well known. People in
Wasagamack are living in conditions that place them at high
risk for illnesses. We have members who are unable to move back
home from the city due to the housing conditions in the
community. The First Nation continues to receive letters from
doctors, nurses and members seeking adequate housing and/or
maintenance. The First Nation is not financially equipped to
address and comply with these requests. Based on the National
Occupancy Standard requirements, in 2010, Wasagamack had
275 homeless people.
On sait très bien qu’il existe une corrélation directe entre des
conditions de vie saines et un logement et des infrastructures
convenables. Le peuple de Wasagamack vit dans des conditions
qui les rendent beaucoup plus vulnérables à la maladie. Certains
de nos membres ne peuvent pas quitter la ville pour revenir sur la
réserve en raison de la situation du logement. La Première Nation
reçoit sans cesse des lettres de médecins, de personnel infirmier et
de membres pour demander un logement convenable ou des
réparations. Or, nous n’avons pas assez d’argent pour donner
suite à ces demandes. En 2010, Wasagamack comptait 275 sansabri, d’après les exigences de la Norme nationale d’occupation.
The current method of addressing housing backlogs is bringing
in more homes under the CMHC program. This is supporting or
spawning dependency. Currently, CMHC homes are provided to
social assistance recipients as they qualify for shelter allowance
and, as such, with the CMHC program, we see the community
continuing to accumulate debt and members who have no
incentive to upgrade their skills.
Une des façons de pallier la pénurie de logements est de
construire plus de maisons dans le cadre du programme de la
SCHL. Le problème favorise la toxicomanie. Or, les logements de
la SCHL sont offerts aux bénéficiaires de l’aide sociale ayant droit
à l’allocation-logement, ce qui fait en sorte que la collectivité
continue d’accumuler les dettes et que les membres n’ont aucune
raison d’améliorer leurs compétences.
These facts are representative of the challenges we face relating
to bringing core infrastructure and addressing the housing crisis
in our community. The central solution here is clearly increased
investment by Canada and the Province of Manitoba. Additional
investment from Canada and Manitoba to bring clean running
water into our homes will enable the Island Lake First Nations to
reinvest our limited and capped band-based capital funds in other
urgent community priorities, including housing.
Voilà qui illustre les difficultés que nous avons à obtenir une
infrastructure de base et à résoudre la crise du logement au sein de
notre collectivité. La véritable solution est manifestement un
investissement accru du Canada et de la province du Manitoba. Si
les gouvernements investissent davantage pour acheminer l’eau
potable dans nos foyers, les Premières Nations d’Island Lake
pourront consacrer leurs fonds pour dépenses en capital, qui sont
limités et auxquels un plafond a été appliqué, à d’autres priorités
urgentes, comme le logement.
1-10-2014
Peuples autochtones
Thank you.
Merci.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Dr. Poulin?
Monsieur Poulin.
8:61
Bryan Poulin, Associate Professor, Lakehead University, as an
individual: Thank you for this opportunity to present on very
short notice. I commend the chair and committee; I believe this is
a great work, this fact-finding mission. I commend you for the
time and the effort that is going into it.
Bryan Poulin, professeur agrégé, Université Lakehead, à titre
personnel : Je vous remercie de me donner l’occasion de
comparaître avec un si court préavis. Je félicite le président et
les membres du comité, car je trouve que vous accomplissez un
excellent travail dans votre mission d’information. Je vous félicite
d’y investir autant de temps et d’efforts.
Could I just hand out a piece of paper so I can keep this
extremely short? In that way, I can just read from it and talk to it,
and I will be finished in less than five minutes.
Pourrais-je distribuer un document pour limiter mon
intervention? Je pourrai ainsi le lire et en parler, et j’aurai
terminé en moins de cinq minutes.
The Chair: Is that agreeable to the committee? Yes. Please, go
ahead.
Le président : Les membres du comité sont-ils d’accord? Bien.
Allez-y, s’il vous plaît.
Mr. Poulin: If there are not enough copies, there are only 10 or
11 copies, you could share.
M. Poulin : Il n’y a que 10 ou 11 copies; si ce n’est pas assez,
vous pouvez partager.
This is an email to my colleagues, Dr. Tony Gillies who is the
Assistant Dean of the Faculty of Engineering at Lakehead
University and formerly the Chair of Civil Engineering. I am a
civil engineer. I used to be a consultant and now am an Associate
Professor at Lakehead University in the Faculty of Business.
Voici un courriel envoyé à mes collèges; Tony Gillies est le vicedoyen de la faculté de génie à l’Université Lakehead, et l’ancien
titulaire de la chaire en génie civil. Je suis un ingénieur civil. Je
faisais autrefois de la consultation, et je suis maintenant
professeur agrégé à la Faculté de commerce de l’Université
Lakehead.
All of the work that we have done here has been as volunteers.
We do it in parallel with our job. It’s totally volunteer. We do it
because of the need and we have input from local designers,
including FORM Architecture and Engineering that has
contributed to our work and, most especially, owe credit to the
Economic Development and Innovation Office at Lakehead
University and our students. Our students are really doing all
the labour and they get credit in their degree programs.
Tout le travail que nous avons réalisé a été fait bénévolement.
Nous le faisons parallèlement à notre emploi, et complètement en
tant que bénévoles, parce qu’il y a un besoin. Nous avons obtenu
la participation de concepteurs locaux, y compris de FORM
Architecture and Engineering, qui a contribué à notre travail, et
qui doit plus particulièrement reconnaître le mérite du bureau de
l’innovation et du développement économique de l’Université
Lakehead et de nos étudiants. Ces derniers font vraiment tout le
travail, ce qui est reconnu dans leur programme d’études.
I found out about this meeting yesterday from the news. I
thought I would attend since we are doing something that is
complementary to what Chief Alex McDougall is doing. He is
identifying the problems and we are trying to come to some form
of solutions. We believe the solutions cannot be done by research
alone. The solutions will happen when the assembly of houses is
done by First Nations communities and communicating their
improvements to us for further monitoring and testing.
J’ai été informé hier, par les médias, de la séance d’aujourd’hui;
je me suis dit que je devrais y assister puisque nos travaux sont
complémentaires aux efforts du chef Alex McDougall. Lui expose
les problèmes, alors que nous essayons de trouver des pistes de
solutions. Nous croyons que la recherche ne suffira pas à régler le
problème. Les solutions s’imposeront lorsque les Premières
Nations se réuniront en assemblée et nous diront quelles
améliorations vérifier et mettre à l’essai.
That’s why we are suggesting that we be a Centre of Excellence
for Housing in the North, that in Manitoba there be a comparable
one. There are centres across the country, including the Centre for
Building Science at the University of Toronto, where you will see
the idea that we have carried forward. You see the report by our
students. It’s one of a series of reports. That’s the latest one. That
report is on two test huts. We have a 780 square-foot test module
and the architect was asked what he thought of it. He said, ‘‘This
is better than any other housing that I have ever seen,’’ and he
Voilà pourquoi nous proposons de devenir un centre
d’excellence du logement dans le Nord, et de créer un centre
semblable au Manitoba. Il y a des centres partout au pays,
y compris le centre des sciences du bâtiment à l’Université de
Toronto, où vous trouverez l’idée que nous avons reprise. Vous
voyez le rapport de nos étudiants; c’est le dernier de toute une
série, et il porte sur deux cabanes d’essai. Nous avons construit un
module d’essai de 780 pieds carrés, puis nous avons demandé à un
architecte de nous dire ce qu’il en pensait. Il a trouvé que c’était le
8:62
Aboriginal Peoples
1-10-2014
also said, ‘‘You have no basis of comparison.’’ So we did two little
test huts. One is to code, Canada’s building code, and the other
one is experimental.
meilleur logement qu’il n’avait jamais vu. Il a également ajouté
que nous n’avions pas de base de comparaison. Nous avons créé
deux petites cabanes d’essai : la première respecte le Code du
bâtiment du Canada, et l’autre est expérimentale.
I have three points here. That’s the review of the work we have
done. You could read it. Dr. Tony Gillies would be more than
happy to field any questions that you have on the technical part. I
operate as the project manager of the initiative. We do share some
civil engineering ideas and structural and other improvements.
J’ai trois points à soulever. Voilà le résumé du travail que nous
avons accompli, et que vous pourrez lire. Tony Gillies serait très
heureux de répondre à vos questions techniques. Je suis plutôt
celui qui gère le projet. Nous avons quelques idées de génie civil en
commun quant aux améliorations structurelles, entre autres.
The idea is really simple. This came from Dr. John Timusk
way back in the 1980s, and the National Research Council is
familiar with the idea. What we have done is we have upgraded it
and we have added to it. It brings fresh air into the house and,
therefore, it’s healthy living and it’s also energy efficient. Now,
there are other ways to do this, but we don’t know of a better one
at this point.
L’idée est fort simple. Elle est inspirée des travaux de M. John
Timusk dans les années 1980, et le Conseil national de recherches
la connaît bien. Nous l’avons donc modernisée et bonifiée. Le
concept permet à l’air frais d’entrer dans le logement, ce qui en
fait un milieu sain et écoénergétique aussi. Il existe bel et bien
d’autres façons de parvenir au même résultat, mais nous n’en
connaissons pas de meilleures à ce stade-ci.
That’s basically the work that we have done at LU.
Voilà en gros le travail que nous avons réalisé à l’université.
The second point I have mentioned already, which is the
Centre for Northern Housing here in Thunder Bay, one that takes
account of our extreme winters and our wonderful sunny weather,
as you have experienced today. We are actually the third sunniest
area in Canada, but you would never know it recently.
J’ai déjà parlé du deuxième point, soit la création d’un centre
du logement dans le Nord à Thunder Bay, qui tiendrait compte de
nos hivers rigoureux et de notre merveilleux temps ensoleillé,
comme vous l’avez vu aujourd’hui. En fait, nous sommes la
troisième région ensoleillée en importance du Canada, mais
personne ne l’aurait cru dernièrement.
Then we want to be part of a network of centres. That’s
basically it.
Enfin, nous voulons appartenir à un réseau de centres. C’est
essentiellement ce que je voulais dire.
The only other thing, the idea came from discussions with
Dr. Dimos Polyzois of the University of Manitoba who is doing
this work for the NSERC. On this research-funded project, he is
looking at mould counts and he finds in a northern community
only one hour outside Winnipeg that the mould counts are up to
200 per cent more than allowed by the building code. The houses
are unhealthy. He said that the children aren’t even healthy
enough to go to school, if they had schools. The children are sick
before they get there. So housing is not only affecting the living
standards, it’s affecting their future opportunities because they
are too sick to go to school and learn. That’s why we do this work
voluntarily.
La seule autre chose, c’est une idée qui fait suite aux
discussions avec Dimos Polyzois, de l’Université du Manitoba,
qui travaille au nom du Conseil de recherches en sciences
naturelles et en génie du Canada. Dans le cadre du projet
financé par la recherche, il s’intéresse à la numération de
moisissures et a découvert que les moisissures dépassent jusqu’à
200 p. 100 de fois la teneur permise par le Code du bâtiment dans
une collectivité nordique à une heure seulement de Winnipeg. Les
maisons sont insalubres. M. Polyzois dit que les enfants ne
seraient même pas assez en santé pour fréquenter l’école, s’il y
avait des établissements scolaires. Les enfants tombent malades
avant d’atteindre cet âge. Le logement a donc une incidence sur la
qualité de vie, mais aussi sur les perspectives d’avenir puisque les
gens sont trop malades pour aller à l’école et apprendre. Voilà
pourquoi nous réalisons ce travail bénévolement.
We think that, rather than a prescription, we need a
performance-based building code that is for the North because
of the unique problems that the North faces. The loads, as Chief
Alex said, are much higher than normal loads. You have more
people living in the housing and the moisture content is elevated.
Therefore, we need to have more fresh air come in than would be
normally required. Then, in different seasons, there is mould in
the environment. We don’t want to go into this except to say that,
if we had these centres and an arms-length, independent
professional building Housing authority, we could do a lot to
come up with unique solutions for unique conditions.
Dans le Nord, nous croyons que le Code du bâtiment devrait
être axé sur le rendement plutôt que d’être normatif, compte tenu
des problèmes uniques qu’on y retrouve. Comme le chef Alex l’a
dit, le fardeau est bien plus lourd que la normale. Un plus grand
nombre de personnes vivent dans les habitations, et l’humidité est
élevée. Il faut donc plus d’air frais qu’à l’habitude. En plus, il y a
des moisissures dans l’environnement pendant certaines saisons.
Nous ne voulons pas entrer dans les détails, mais si nous avions
les centres dont j’ai parlé et une agence professionnelle du
bâ timent et du logement autonome, indépendante et
professionnelle, nous pourrions faire bien des choses pour
trouver des solutions uniques à ces conditions particulières.
1-10-2014
Peuples autochtones
That’s my presentation.
Voilà qui conclut mon exposé.
The Chair: Thank you very much.
Le président : Merci beaucoup.
8:63
Colleagues, we have had presentations in two different areas
here, although they are related. I invite you to pose your questions
to either presenter.
Chers collègues, nous avons écouté des exposés provenant de
deux secteurs différents, bien que connexes. Je vous invite à poser
vos questions à l’un ou l’autre des témoins.
But maybe I can just ask Dr. Poulin, this concept of a centre of
excellence, that’s an existing program, am I right, that you are
referring to, that you recommend be targeted to housing?
Mais avant, j’aimerais simplement demander à M. Poulin si le
concept de centre d’excellence dont il parle est un programme en
place; recommandez-vous qu’il cible le logement?
Mr. Poulin: That’s one we will be applying to once we make the
findings known in our journals. We are now preparing to put
what we found out to the public and then we will be applying for a
centre of excellence here. Dimos Polyzois of the University of
Manitoba would like to work in parallel with us so we would have
a centre in Manitoba and a centre here, and we would work
together on unique problems in northwestern Ontario and
northern Manitoba, where Chief Alex is from.
M. Poulin : Nous en ferons la demande lorsque nous
diffuserons nos conclusions dans nos publications. Nous nous
préparons actuellement à divulguer nos découvertes au public,
après quoi nous ferons une demande de centre d’excellence ici.
Dimos Polyzois, de l’Université du Manitoba, aimerait travailler
en parallèle avec nous; il y aurait donc un centre au Manitoba et
un autre ici, et nous collaborerions sur les problèmes particuliers
au nord-ouest de l’Ontario et au Nord du Manitoba, d’où vient le
chef Alex.
The Chair: The government authority for the centre of
excellence is under which ministry?
Mr. Poulin: Centres of excellence can come under the federal
government or a provincial government. Centres of excellence are
established throughout the country and there are various reasons
for each. We have a centre of excellence for health and ageing in
the North, and it would be parallel to that, but with a different
purpose to ours, of course.
The Chair: Yes, I think that’s the Ministry of Industry.
Senator Dyck: Professor Poulin, you were saying that kids were
too sick to go to school. Has the work that you have done so far
looked at different construction models? It sounds like they might
be based on steel. Have you been comparing homes that are built
with different materials versus the way they are built now, to see if
there is a better way of constructing a home in northern Ontario
that would alleviate the problem of mould contamination?
Mr. Poulin: Yes, there are. Thank you for the question.
Le président : De quel ministère le centre d’excellence relève-til?
M. Poulin : Les centres d’excellence peuvent être créés par le
gouvernement fédéral ou un gouvernement provincial. Il y en a
partout au pays, et ils sont créés à des fins différentes. Il existe un
centre d’excellence sur la santé et le vieillissement dans le Nord;
nous travaillerions parallèlement, mais à d’autres fins, bien sûr.
Le président : Je pense qu’il s’agit du ministère de l’Industrie.
La sénatrice Dyck : Monsieur Poulin, vous dites que les enfants
sont trop malades pour fréquenter l’école. Avez-vous envisagé
différents modèles de construction dans le cadre des travaux que
vous avez réalisés à ce jour? On dirait que les logements devraient
être faits d’acier. Avez-vous comparé des maisons construites avec
différents matériaux à la façon dont elles sont construites
actuellement, pour voir s’il existe une meilleure façon de faire
dans le Nord de l’Ontario, qui atténuerait le problème de
contamination aux moisissures?
M. Poulin : Oui. Je vous remercie de votre question.
It’s not the materials so much. It’s the order of the assembly,
making sure they do their job the way they are supposed to. Right
now, building codes are basically rule of thumb. It’s based on
experience. It’s not based on science. So this approach is one of
the first science ones. This is why we want it performance-based.
La solution ne réside pas tant du côté des matériaux, mais
plutôt dans l’ordre d’assemblage, tout en s’assurant que le travail
est réalisé comme il se doit. À l’heure actuelle, les codes des
bâtiments sont essentiellement appliqués à vue de nez. Ils sont
fondés sur l’expérience plutôt que sur la science. Notre solution
est donc une des premières qui soit basée sur la science. Voilà
pourquoi nous voulons que le code soit axé sur le rendement.
Now, we can use wood or we can use steel, it doesn’t matter.
We use all ready-available materials. There is nothing new here
except the order of assembly and the care of the assembly.
Peu importe que nous utilisions du bois ou de l’acier. Nous
employons tous les matériaux facilement accessibles. Il n’y a rien
de nouveau, à l’exception de l’ordre d’assemblage et du soin porté
à l’assemblage.
I think I have to qualify that. It’s Professor Polyzois that you
want to talk to with regard to the children. He has done the
interviews and I take the information from him. I actually don’t
have it. He is coming out with a report presently.
Je pense que je dois préciser le tout. C’est à M. Polyzois que
vous devriez vous adresser au sujet des enfants. C’est lui qui a
réalisé les entretiens et qui m’a donné l’information. Je n’ai rien en
main. Il est en train de préparer un rapport.
8:64
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Senator Dyck: Chief McDougall, you gave us quite an
impactful package of information here. When you were talking
about the large number of homes that need to be looked at as
soon as possible and that there was a plan. Somewhere it says by
the end of March 2014, there was supposed to be 318 homes that
had been retrofitted. Has that happened? It is on page 2 of your
report.
La sénatrice Dyck : Chef McDougall, vous nous avez donné
une foule d’informations percutantes. Vous avez parlé du grand
nombre de maisons qui doivent être rénovées le plus tôt possible
et du plan. On dit quelque part que 318 maisons devaient être
rénovées à la fin de mars 2014. Est-ce fait? C’est à la deuxième
page de votre rapport.
Mr. McDougall: Yes, it has. We are actually into our third year
now of retrofits.
M. McDougall : Oui, c’est fait. Nous en sommes à la
troisième année de rénovations.
Senator Dyck: When these homes are retrofitted, they are now
just being hooked up to, essentially a temporary solution, a
system of cisterns. What you are looking for is a commitment to
connect them up to the proper wastewater management system. Is
that what you are looking for?
La sénatrice Dyck : Lorsque ces maisons sont rénovées, on ne
fait actuellement que les rattacher à une solution temporaire, à
savoir un système de citernes d’eaux. Ce que vous demandez, c’est
un engagement à les relier au véritable système de traitement des
eaux usées, n’est-ce pas?
Mr. McDougall: Yes. It’s to have a commitment for a more
permanent plan. Right now, the construction or the retrofits of
the homes are temporary. We have attached pictures that
illustrate shelters that house the cisterns for the water. They are
temporary. We do have water treatment plants in the community,
and only those facilities that are federally-maintained were
hooked up to the water treatment plant. If you are fortunate
enough that your house was along that route, they piped you in.
M. McDougall : Oui. Nous voulons que le gouvernement
s’engage à respecter un plan plus permanent. Pour l’instant, les
constructions ou rénovations des maisons sont temporaires. Vous
avez des photos qui illustrent les abris des citernes d’eaux. C’est
temporaire. La réserve a bel et bien des usines de traitement des
eaux, et seules les installations entretenues par le fédéral y ont été
rattachées. La maison de ceux qui ont la chance d’être sur cette
route a été connectée aux conduites.
Senator Dyck: On the first page of your report, you were
talking about Budget 2014 and the money that was committed
toward wastewater action. You say this commitment includes the
homes in Island Lake and other First Nations. Is that actually in
the budget or is that more of a commitment made by an
agreement with Island Lake?
La sénatrice Dyck : À la première page de votre rapport, vous
parlez du budget de 2014 et de l’argent alloué au plan d’action
pour le traitement des eaux usées. Vous dites que les maisons
d’Island Lake et d’autres Premières Nations en font partie. Est-ce
vraiment dans le budget, ou s’agit-il plutôt d’une entente avec
Island Lake?
Mr. McDougall: For the retrofit, yes. That’s the comprehensive
figures that you see there, to include the other communities that
are associated or affiliated to the Island Lake region.
M. McDougall : Pour ce qui est des rénovations, c’est bel et
bien dans le budget. Il s’agit des chiffres globaux que vous voyez
ici, incluant les autres collectivités associées à la région d’Island
Lake.
Senator Dyck: So in the budget itself, it’s actually named, there
is a line that says X dollars toward retrofitting Island Lake
First Nation.
La sénatrice Dyck : Il y a donc dans le budget une ligne disant
explicitement qu’un nombre donné de dollars sont alloués à la
rénovation des Premières Nations d’Island Lake.
Mr. McDougall: That’s correct. Again, in your package are
detailed data that explains how many units go to each
community, how many dollars were committed or used by each
community, but the numbers that I have presented to you are the
total of what has been spent to date. The real issue there, and
what we are trying to outline to the Senate here is that the First
Nations had to pay out of their already limited BBC. Here, we
understood that Canada was to make a commitment to the Island
Lake First Nations, saying, ‘‘Yes, we are going to put running
water into these homes and this is how much money we are
putting in.’’ when, in fact, they are only putting in half of the
money, which means we have to contribute from our band-based
funds. Yet, there are other issues, social issues, that affect our
communities and we can’t address those. I have tried to
emphasize that in my presentation, that our BBC funds have
been capped since 1995. While our population continues to grow,
the demand on these dollars of band-based capital is greater.
M. McDougall : C’est exact. Encore une fois, vous trouverez
dans le document des données détaillées sur le nombre d’unités
pour chaque collectivité, et sur la somme versée ou utilisée par
chaque collectivité. Or, les chiffres que je vous ai présentés sont le
total des dépenses à ce jour. Le véritable problème ici, que nous
tentons d’expliquer aux sénateurs, c’est que les Premières Nations
ont dû payer à partir de leurs fonds déjà limités pour dépenses en
capital. Nous avions compris que le Canada s’engageait envers les
Premières Nations d’Island Lake lorsqu’il leur a dit qu’il allait
approvisionner ces foyers en eau potable et annoncé la somme
qu’il allait y consacrer. Or, le gouvernement ne verse que la moitié
de l’argent, faisant en sorte que nous devons piger dans les fonds
pour dépenses en capital de la réserve. Pourtant, nos collectivités
sont aux prises avec d’autres problèmes sociaux que nous ne
pouvons pas résoudre. Dans mon exposé, j’ai essayé d’insister sur
le fait qu’un plafond a été appliqué en 1995 à nos fonds pour
dépenses en capital. Alors que notre population continue de
croître, la pression est de plus en plus forte sur ces fonds.
1-10-2014
Peuples autochtones
Senator Raine: Thank you very much for being here.
Chief McDougall, could you give me more background on the
communities of Island Lake? There is more than one community.
Are they very spread out or are the communities close? I don’t
have a good picture in my mind of how the community is set up,
both geographically and in terms of the density of the population.
Is there a centre, and how are they hooked together in terms of
other infrastructure, roads, power, as well as the new water
system?
Mr. McDougall: I can try.
8:65
La sénatrice Raine : Je vous remercie infiniment d’être avec
nous.
Chef McDougall, pourriez-vous me donner plus d’information
sur les collectivités d’Island Lake? Il y a plus d’une réserve. Sontelles éloignées ou rapprochées les unes des autres? Je ne
comprends pas bien l’organisation de la région, en ce qui a trait
à la géographie et à la densité de la population. Y a-t-il un centre?
Comment les maisons sont-elles reliées dans le cas des autres
infrastructures, comme les routes, l’électricité et le nouveau
système d’aqueduc?
M. McDougall : Je peux essayer de répondre.
The population is concentrated on Island Lake. We are in the
northeast of the province. We are on the east side of Lake
Winnipeg. All of the communities that are in the area are within
5 miles to roughly 20 miles, which is the farthest community. The
largest community in the area is Garden Hill having a population
of over 4,000 people, I will say. The smallest is Red Sucker Lake.
They have just under 1,000 people in that community.
La population se concentre sur les berges du lac Island. Nous
sommes dans le nord-est de la province, à l’est du lac Winnipeg.
Toutes les collectivités avoisinantes sont situées à une distance
d’entre 5 et 20 miles environ, dans le cas de la collectivité la plus
éloignée. La plus grande collectivité de la région est Garden Hill,
avec une population de plus de 4 000 habitants, je crois. La plus
petite est Red Sucker Lake, qui compte un peu moins de
1 000 habitants.
One of the services in the communities is hydro — the Kelsey
line runs through the communities. All are dependent on the time
of the season for transportation. As I indicated, we are an isolated
community. We are a fly-in. We only have a window of
transporting essential goods anywhere between four weeks to
five weeks, depending on the winter.
Les collectivités ont notamment accès à l’hydroélectricité. La
ligne de Kelsey passe par-là. Tout le monde dépend de la saison
pour le transport. Comme je l’ai dit, nous sommes isolés et
accessibles uniquement par avion. Dépendamment de l’hiver,
nous n’avons que quatre à cinq semaines pour transporter les
biens essentiels.
I think we have all heard about the weather, global warming
and so forth, and the impacts that it is having. We see it every
year. We see the impacts of global warming in our communities.
Again, they do contribute to the hardship of the region in trying
to bring in essentials. This is groceries, our gas and our diesel,
always in a period of four to five weeks. We don’t have the luxury
of calling a supplier and saying, ‘‘Hey, we need so many
thousands litres of gas, can you deliver it tomorrow.’’ If we do
run out of gas we fly it in and the costs to the community are that
much higher.
Je pense que nous avons tous entendu parler du climat, du
réchauffement planétaire et de ses répercussions. Nous en sommes
témoins chaque année. Nous constatons les effets du
réchauffement climatique au sein de nos collectivités. Encore ici,
cela contribue aux difficultés de la région lorsqu’on tente de
transporter les produits essentiels. Il s’agit des produits
alimentaires, du gaz et du diesel, qui doivent toujours être livrés
en quatre à cinq semaines. Nous n’avons pas le luxe d’appeler un
fournisseur pour lui demander des milliers de litres de gaz pour le
lendemain. Si nous manquons de gaz, nous devons le faire venir
par avion, et la facture est alors bien plus salée pour la collectivité.
I hope I have answered your question.
J’espère avoir répondu à vos questions.
Senator Raine: I didn’t realize that there was such a large
population. How many different communities do you have as part
of Island Lake?
La sénatrice Raine : Je n’avais pas réalisé que la population
était aussi importante. Combien y a-t-il de collectivités à Island
Lake?
Mr. McDougall: There are four communities. I estimate that
we have in the four communities in Island Lake a total population
in excess of 10,000 people. There are three airports. We happen to
be the one community that doesn’t have an airport, Wasagamack.
So we have to rely on neighbouring communities to access air
transportation. The closest one is six miles away. That’s
St. Theresa Point.
M. McDougall : Il y en a quatre. Au total, j’estime que les
quatre réserves d’Island Lake comptent plus de 10 000 habitants.
Il y a trois aéroports; Wasagamack, ma collectivité, est donc la
seule qui n’en a pas, ce qui nous oblige à dépendre de nos voisins
pour le transport aérien. L’aéroport le plus proche est situé à
St. Theresa Point, à six miles de Wasagamack.
We have no hospital in Island Lake to service the some
10,000 people. If you look at any other population in Manitoba
or Ontario, you won’t find a situation where there are
10,000 people and you don’t have the appropriate health
support, transportation support and education support.
Il n’y a aucun hôpital à Island Lake pour prendre en charge les
quelque 10 000 habitants. Dans tout le reste du Manitoba ou de
l’Ontario, vous ne trouverez nulle part ailleurs une population de
10 000 personnes sans soutien adéquat en matière de santé, de
transport et d’éducation.
8:66
Aboriginal Peoples
Senator Raine: Do you have a high school in the area?
Mr. McDougall: We have a school housing early years,
middle years and high school. Our nominal roll last year was
460 students, I believe, and that is just for Wasagamack.
Senator Raine: Each of the communities has its school.
1-10-2014
La sénatrice Raine : Y a-t-il une école secondaire dans le
secteur?
M. McDougall : Nous avons une école qui accueille les niveaux
primaire, intermédiaire et secondaire. L’an dernier, notre liste
nominative comptait 460 étudiants, je crois, à Wasagamack
seulement.
La sénatrice Raine : Chaque réserve a donc sa propre école.
Mr. McDougall: Each community has its own school. They
administer their own school. They have their own nominal roll
count and get their own funding. Right now, there is no regional
effort to form a district school or anything like that to manage the
school population.
M. McDougall : Oui. Chacune possède et gère son école.
Chacune a sa liste nominative et son financement aussi. Pour
l’instant, la région ne déploie aucun effort pour ouvrir une école
de district ou ce genre de choses afin de gérer la population
scolaire.
Senator Raine: But the four communities are joined together in
an administrative group in terms of infrastructure, the water
treatment, et cetera?
La sénatrice Raine : Mais les quatre réserves sont unies dans un
groupe administratif dans le cas de l’infrastructure, du traitement
des eaux, et de ce genre de choses, n’est-ce pas?
Mr. McDougall: For the retrofit, yes. That’s under the Island
Lake Tribal Council.
M. McDougall : Dans le cas des rénovations, oui. Il s’agit du
Conseil tribal d’Island Lake.
Senator Raine: Thank you very much.
La sénatrice Raine : Merci beaucoup.
The Chair: I want to follow up on Senator Greene Raine’s
question about road access and the narrow window you have with
the winter road. Aboriginal Affairs gives you core funding or
some kind of formula funding. Do they take into account the
transportation barriers that you have in the funding formula?
Le président : J’ai une question complémentaire à celle de la
sénatrice Greene Raine à propos de l’accès routier et de la courte
durée du chemin de glace. AADNC vous donne un financement
de base, ou une sorte de formule de financement. La formule du
ministère tient-elle compte de vos réalités de transport?
Mr. McDougall: They do. They have a formula that they use,
but it’s not reflective of the needs that are there and that are
present to meet the community transportation requirements.
That, again, is an issue that was raised with Minister Valcourt.
There is a remote and isolation index the department uses to
determine the level of funding that the community receives. The
roads, depending on where they are going, how they get into the
community, the travel distance, are under regulations that are
governed by the industry and add to those costs of transporting.
We would have to go into our BBC to try and pay for those
additional costs.
M. McDougall : Oui. Le ministère utilise une formule, mais elle
ne reflète pas les besoins actuels et les contraintes de transport de
la collectivité. Encore une fois, ce problème a été porté à
l’attention du ministre Valcourt. Le ministère emploie un indice
pour les collectivités éloignées et isolées afin de déterminer le
niveau de financement à leur accorder. Les routes, en fonction
d’où elles se rendent, de la façon de se rendre à la collectivité, de la
distance à parcourir, font l’objet de règlements gérés par
l’industrie qui ajoutent aux coûts du transport. Nous devrions
piger dans nos fonds pour dépenses en capital afin d’absorber ces
coûts supplémentaires.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Senator Sibbeston: I am curious with respect to the approach
you took in dealing with the minister and Aboriginal Affairs. In
trying to deal with the matter of clean water and so forth, did you
prepare a proposal and then present it to the minister? Is that how
you got negotiations going with the minister and the government?
Le sénateur Sibbeston : Je m’intéresse à vos démarches
concernant le ministre et AADNC. En essayant de vous
attaquer à la question de l’eau potable et du reste, avez-vous
préparé une proposition, que vous avez soumise au ministre? Estce ainsi que vous avez entamé les négociations avec le ministre et
le gouvernement?
Mr. McDougall: Yes. In the initial submission of access to
clean water, a proposal was submitted. This was a subsequent
announcement that Canada made in Winnipeg and we were
invited to address the minister. Again, he did ask for proposals on
how some of these issues could be addressed. I am hoping that at
the end of this question period, I could maybe elaborate on that a
little bit.
M. McDougall : Oui. Dans la soumission initiale sur l’accès à
l’eau potable, une proposition a été soumise. Il y a eu une annonce
subséquente du Canada à Winnipeg, où on nous a invités à parler
au ministre. Il a demandé des propositions sur la façon de
s’attaquer à certains de ces enjeux. J’espère pouvoir en dire un peu
plus là-dessus à la fin de la période de questions.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:67
Senator Sibbeston: Mr. Chair, maybe this does say something
about the approach that First Nations should take in dealing with
the government. Basically, do all the necessary legwork, put a
proposal together and then approach the government to fund it.
Le sénateur Sibbeston : Monsieur le président, cela révèle peutêtre quelque chose sur la façon dont les Premières Nations
devraient négocier avec le gouvernement. Au fond, elles doivent
faire toutes les démarches nécessaires, formuler une proposition,
puis demander au gouvernement de la financer.
In this case, you are funding a substantial part of it. Was the
success of the government approving it dependent on you putting
a lot of your own money into it?
Dans ce cas, vous en financez une grande partie. Est-ce que
l’approbation du gouvernement dépendait de l’argent que vous
investissiez?
Mr. McDougall: Yes. When the water and sewer retrofit
initiative was announced, there was a question of communities
contributing from their BBC. Wasagamack was the one
community that voiced opposition to that. The tactic that the
government used at the regional level was to say, ‘‘Okay, we will
go to one community and say if you do not give in to that
condition, you will not get your water and sewer. They went to
one, two, three and who did they see last? Wasagamack. They
said, ‘‘Well, all the other communities that are affiliated with the
Island Lake Tribal Council have agreed to do that.’’ So we had no
choice. If we wanted to have some improvements in our water and
sewer program, that’s what we had to do.
M. McDougall : Oui. Lorsqu’on a annoncé l’initiative de
rénovation des réseaux d’aqueduc et d’égouts, on a suggéré que
les collectivités contribuent à l’aide du fonds d’immobilisation de
la bande. Wasagamack a exprimé son désaccord. Les
représentants du gouvernement ont donc décidé de dire aux
dirigeants des collectivités à l’échelle régionale que s’ils
n’acceptaient pas cette condition, ils n’obtiendraient pas leurs
réseaux d’aqueduc et d’égouts. Ils ont donc visité une, deux et
trois collectivités, et ils sont venus à Wasagamack en dernier. Ils
nous ont dit que toutes les autres collectivités affiliées au conseil
tribal d’Island Lake avaient donné leur accord; nous n’avons
donc pas eu le choix. Si nous voulions améliorer nos réseaux
d’aqueduc et d’égouts, c’est ce que nous devions faire.
That’s just one example. We have to contribute to the winter
roads from our BBC again. There are numerous examples of
where the community has to contribute from their band-based
funding and support initiatives that are being announced by
Canada.
Il s’agit seulement d’un exemple. Nous devons également
contribuer aux routes hivernales à partir de notre fonds
d’immobilisation de la bande. Il y a de nombreux exemples
dans lesquels la collectivité doit contribuer à partir de son fonds
d’immobilisation de la bande et appuyer des initiatives annoncées
par le gouvernement du Canada.
Senator Sibbeston: The monies that you have to put in, is that
from band monies that come from the government or is that
monies that the band makes as a business?
Le sénateur Sibbeston : L’argent que vous avez dû investir
provient-il des fonds gouvernementaux versés à la bande ou
s’agit-il d’argent que la bande génère par ses activités?
Mr. McDougall: Those are federal government funds, yes.
M. McDougall : Il s’agit de fonds du gouvernement fédéral.
Senator Sibbeston: To comment on that, while it looks and
sounds good that the band is contributing some money toward a
project, in doing that, you are really, limiting other areas that
need money, such as schools, economic development, social
services perhaps. Then you have had to make some decisions to
actually cut some of these programs so that money can be made
available for this project.
Le sénateur Sibbeston : Même s’il paraît bien que la bande
contribue financièrement à un projet, le problème, c’est que vous
limitez d’autres domaines qui ont besoin d’argent, par exemple les
écoles, le développement économique ou peut-être les services
sociaux. Ensuite, vous avez dû éliminer certains de ces
programmes, afin que l’argent puisse être affecté au projet.
Mr. McDougall: That’s correct. This is my opinion. From the
government side, I think this was all esthetics, appearance, that,
yes, they have contributed 100 per cent of the costs when, in fact,
the communities are contributing 48.5 per cent of the costs
through their band-based capital. They are not given the ability
to plan within their band-based capital to try and meet priorities
in their communities.
M. McDougall : C’est exact. Je crois que le gouvernement
souhaite surtout donner l’impression qu’il a payé 100 p. 100 des
coûts lorsqu’en réalité, les collectivités paient 48,5 p. 100 des
coûts par l’entremise de leur fonds d’immobilisation de la bande.
On ne leur permet pas de gérer le fonds d’immobilisation de la
bande de façon à répondre à leurs priorités.
We have made mention that there is a chronic, chronic housing
backlog in all of our communities, not just Wasagamack. This is
straight across Canada. There are some serious issues as to how to
address that. We have looked at various ways of bringing in
partners, new and innovative ideas, and it always comes down to
Nous avons mentionné qu’il y avait un arriéré chronique en
matière de logement dans toutes nos collectivités, et non
seulement à Wasagamack. C’est un problème qui s’étend à
l’échelle du Canada et qui est très difficile à résoudre. Nous avons
envisagé différents partenariats et des idées innovatrices, mais
8:68
Aboriginal Peoples
1-10-2014
policy: ‘‘You can’t do that.’’ We go and mill our own lumber:
‘‘You have to grade and stamp it now; if it doesn’t pass, we can’t
support you.’’
nous nous heurtons toujours à une politique qui nous empêche de
mettre ces idées en pratique. Par exemple, si nous coupons et
préparons notre propre bois, on nous dit qu’il faut lui attribuer un
grade et un niveau et que si nous n’obtenons pas la note de
passage, on ne peut pas nous appuyer.
Senator Sibbeston: Can you comment on what effect this has
had on your other programs because you have had to probably
cut into these other programs. Has there been a real negative
definite adverse effect on other programs you provide to the
community or have you done it in such a way that it’s hardly
noticeable?
Le sénateur Sibbeston : Quels ont été les effets sur vos autres
programmes, car vous avez probablement dû effectuer des
compressions? Avez-vous observé des effets négatifs graves dans
d’autres programmes que vous offrez à la collectivité ou avezvous réussi à éviter ces problèmes?
Mr. McDougall: I don’t know where to start with that
question.
M. McDougall : Je ne sais pas où commencer.
There are social impacts that we see and live with day in and
day out. In trying to support our community the department has
labelled us as ‘‘giving in to peer pressure.’’ We have First Nations
communities that are at some level of intervention in trying to
address these issues, and we are told that we are not managing our
money properly.
Nous pouvons observer des répercussions sociales avec
lesquelles nous devons vivre tous les jours. En tentant de nous
appuyer, le ministère a jugé que notre collectivité était facilement
influencée par les autres collectivités. Des collectivités des
Premières Nations tentent de régler ces problèmes et font l’objet
d’un certain niveau d’intervention, et on nous dit que nous ne
gérons pas notre argent correctement.
I have seen personally the impacts; substance abuse, marriage
breakups and suicides. It’s hard. It’s hard. I don’t know how
many people I have lost in my community, trying to help and not
being able to help. It’s so unnecessary. I think that’s the human
part of it. Unfortunately, you don’t see that, but we do.
J’ai personnellement observé ces répercussions sociales :
toxicomanie, divorce et suicide. C’est très difficile. Je ne sais pas
combien de gens j’ai perdus dans ma collectivité; j’ai tenté de les
aider, mais je ne pouvais rien faire. Ils souffrent inutilement. Je
crois que le facteur humain est important. Malheureusement,
vous ne voyez pas cela, mais nous le voyons.
Senator Tannas: Chief McDougall, thank you for being here
and sharing your views and your experience.
Le sénateur Tannas : Chef McDougall, je vous remercie d’être
ici pour nous donner votre avis et nous parler de votre expérience.
The $37 million to do 800 houses would equate to $40,000 a
house. I’m wondering why tanks instead of drilled wells and septic
systems. I don’t know if you were there when all this got made
and the engineers made these decisions, but it just seems that it
couldn’t have been much more to make it self-contained.
Si on affecte 37 millions de dollars à la construction de 800
maisons, cela signifie que chaque maison coûte 40 000 $.
J’aimerais savoir pourquoi on a installé des réservoirs au lieu de
creuser des puits et des fosses septiques. Je ne sais pas si vous étiez
présent lors des travaux et lorsque les ingénieurs ont pris leurs
décisions, mais il semble qu’il n’aurait pas été plus dispendieux de
rendre ce système plus autonome.
The second part of the question is the running costs from here
on in of trucking water in and sewage out every house. Was there
any accommodation made for additional operating funds for the
next however many years that you have got this temporary
solution?
La deuxième partie de ma question concerne les coûts de
transport pour amener l’eau à chaque maison et évacuer les
égouts par camion. A-t-on prévu des fonds de fonctionnement
supplémentaires pour les années pendant lesquelles vous vivrez
avec cette solution temporaire?
Could you just maybe give us some colour around that?
Mr. McDougall: There was a plan from the department to
bring in piped water and sewer to the communities. I think that’s
why we do have water treatment plants in our communities, and
they went only as far as connecting the federal facilities that are in
the communities. That’s how it was designed. They were supposed
to come around with the next phase of piping in homes to that
system. With the announcement of this retrofit, that plan sort of
Pourriez-vous nous fournir un peu plus de détails à ce sujet?
M. McDougall : Le ministère avait prévu l’installation de
tuyaux pour les eaux usées et l’eau potable dans les collectivités.
Je crois que c’est la raison pour laquelle nous avons des usines de
traitement des eaux dans nos collectivités, mais on s’est contenté
d’y raccorder les installations fédérales. C’est la façon dont le
système a été conçu. Le gouvernement était censé procéder à
l’étape suivante, c’est-à-dire installer des tuyaux pour raccorder
1-10-2014
Peuples autochtones
8:69
got lost in the department. We have made inquiries to the regional
office about the next phases of that plan and not had any response
to it other than that this is what we are doing now.
les logements à ce système. Après l’annonce de ces rénovations, ce
plan s’est en quelque sorte perdu dans le ministère. Nous avons
communiqué avec le bureau régional pour nous informer au sujet
des prochaines étapes de ce plan, mais la seule réponse que nous
avons obtenue, c’est qu’il s’agit des travaux en cours.
There are definitely O&M costs, additional O&M costs long
term. Again, there are formulas for funding O&M by the
department. Right now, a First Nation community only receives
20 per cent of its operation and maintenance costs and the
community is left to try and find the other 80 per cent to pay for
its electricity, upkeep of the homes. Again, that just contributes to
the condition of these communities. There is no parity in funding
and there is no parity in support for First Nations anywhere.
Il y a certainement des coûts de F et E supplémentaires à long
terme. Encore une fois, le ministère utilise des formules pour
calculer le financement des coûts de F et E. En ce moment,
seulement 20 p. 100 des coûts de fonctionnement et d’entretien
d’une collectivité des Premières Nations sont financés, et la
collectivité doit tenter de trouver les 80 p. 100 de fonds
manquants pour payer l’électricité et l’entretien des maisons.
Encore une fois, cela ne fait que contribuer aux conditions qui
prévalent dans ces collectivités. On ne trouve nulle part la parité
dans le financement ou dans le soutien aux Premières Nations.
How can we expect to address housing when our First Nations
are at the highest level of intervention? We are in third party
intervention. There are great things being talked about and great
ideas being discussed as to how we can move forward without
having First Nations involved, being a partner in those processes,
and having the opportunity to improve the economic situation by
creating our own-source revenue. You look at the government
now, there are cuts to funding everywhere. They make them small
enough that you don’t feel it, but by the end of the year or two
years down the road, you have lost a program.
Comment pouvons-nous espérer régler les problèmes liés au
logement lorsque nos Premières Nations font l’objet du niveau le
plus élevé d’intervention? En effet, nous sommes soumis au mode
de gestion par séquestre-administrateur. On émet de grandes idées
sur la façon de progresser sans obtenir la participation des
Premières Nations, sans qu’elles soient des partenaires dans ces
processus et sans qu’elles aient l’occasion de créer des revenus
autonomes. Actuellement, le gouvernement effectue des
compressions budgétaires dans tous les domaines. Ces
compressions sont assez petites pour ne pas attirer
immédiatement l’attention, mais à la fin de l’année ou deux ans
plus tard, on a perdu un programme.
I guess that’s more of a comprehensive observation that I have.
Je présume que j’ai plutôt livré une observation globale.
Senator Tannas: If 20 per cent is being provided and
80 per cent you have to find,, could you give us some sense of
is there any own-source revenue coming into for the four
communities or into the coffers of the First Nations
government from any other source other than federal
government?
Le sénateur Tannas : Étant donné qu’on fournit 20 p. 100 et
que vous devez trouver les autres 80 p. 100, pouvez-vous nous
dire s’il existe des revenus autonomes dans les quatre collectivités
ou dans les coffres du gouvernement des Premières Nations qui
proviennent d’une autre source que le gouvernement fédéral?
Second, what would be the employment or unemployment rate
in the communities at the moment?
Deuxièmement, quel est le taux d’emploi ou le taux de chômage
dans les collectivités?
Mr. McDougall: I can speak for my community. The
unemployment rate, I would estimate to be anywhere between
85 to 90 per cent. As far as plans for generating own-source
revenue, our leadership, with the support of the community, are
looking at creating businesses in the community. The Economic
Development Corporation would have subsidiaries operating
under it to try and generate employment opportunities and ownsource revenue, and hopefully, be able to assist in alleviating some
of the expenses to meet the needs of the community.
M. McDougall : Je peux parler de ma collectivité. J’estime que
le taux de chômage se situe de 85 à 90 p. 100. En ce qui concerne
les plans pour générer des revenus autonomes, nos dirigeants,
avec le soutien des membres de la collectivité, envisagent de créer
des entreprises dans la collectivité. La Société de développement
économique aurait des filiales pour générer des occasions
d’emploi et des revenus et on espère qu’elle pourra aider à
payer certaines dépenses nécessaires pour répondre aux besoins de
la collectivité.
Senator Tannas: Thank you, sir.
Senator Lovelace Nicholas: All morning I have been hearing
about CMHC housing. It seems to be involved in all or most First
Nations communities. Do you think it’s good for the First
Le sénateur Tannas : Merci, monsieur.
La sénatrice Lovelace Nicholas : J’ai entendu parler des
logements de la SCHL tout l’avant-midi. Cet organisme semble
intervenir dans toutes les collectivités des Premières Nations ou
8:70
Aboriginal Peoples
Nations to have the CMHC? In your document here, it says that
it’s provided, but then there is a deficit and all that. So is it good
or bad?
Mr. McDougall: I will try and explain it this way.
1-10-2014
dans la plupart d’entre elles. À votre avis, la SCHL est-elle une
bonne chose pour les Premières Nations? Dans votre document,
vous dites que les logements sont fournis, mais qu’il y a un déficit,
et cetera. Est-ce donc une bonne ou une mauvaise chose?
M. McDougall : Voici comment j’expliquerais la situation.
The CMHC program that we have in our community provides
for financing of construction of homes. We would have to pay a
mortgage and how we pay down the mortgage is through the
shelter allowance for welfare recipients.
Le programme de la SCHL dont nous profitons dans notre
collectivité finance la construction des logements. Il faut que nous
payions une hypothèque et nous le faisons par l’entremise d’une
allocation-logement versée aux bénéficiaires de l’aide sociale.
The reason we have described it the way we have in my notes is
that there is no incentive for somebody to go out and get their
skills upgraded because they are worried that they will lose their
shelter allowance and their home. That just creates dependency
on that system.
Dans notre document, nous faisons valoir que cela décourage
les gens d’acquérir des compétences, car ils craignent de perdre
leur allocation-logement et leur logement. Ils deviennent donc
dépendants du système.
The effect of it is at two levels. There is the homeowner who is
a welfare recipient relying on shelter allowance to pay for that
house. The First Nation then takes that money and pays CMHC
for the mortgage. Debt is incurred by the First Nation and that
adds to the overall financial position of the First Nation. In some
cases, it may even result in having the department impose its
highest level of intervention, and that is third party which is what
Wasagamack is in right now.
Les effets se font sentir à deux niveaux. Tout d’abord, il y a le
propriétaire d’un logement qui est bénéficiaire de l’aide sociale et
qui utilise l’allocation-logement pour payer ce logement. La
Première Nation prend ensuite cet argent et paie l’hypothèque à la
SCHL. La Première Nation contracte donc une dette qui s’ajoute
à sa situation financière globale. Dans certains cas, le ministère
peut même avoir à imposer le niveau le plus élevé d’intervention,
c’est-à-dire un séquestre-administrateur, et c’est la situation dans
laquelle se trouve Wasagamack en ce moment.
Senator Lovelace Nicholas: The homes pictured in your
presentation, are these homes funded by Aboriginal Affairs to
be completed, or is this a completed house in your community?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Les logements illustrés dans
votre exposé sont-ils financés par Affaires autochtones et en voie
d’être terminés, ou s’agit-il d’un logement terminé dans votre
collectivité?
Mr. McDougall: That is a house that we are building for a
couple that live in another unit for which there is also a picture.
They have been living there for five years. There is no floor in it.
They have a mud floor. We are trying to build this couple a home
so that they are not living in that house this winter and, hopefully,
it will be a little more comfortable and warmer. We are using
whatever surplus materials that we can find within the community
to build that. It’s small; it’s not a big house.
M. McDougall : Il s’agit d’une maison que nous construisons
pour un couple qui vit dans un autre logement pour lequel nous
avons également fourni une photo. Ils y vivent depuis cinq ans. Ce
logement a un plancher en terre battue. Nous tentons de
construire une maison pour ce couple, afin qu’ils n’aient pas à
vivre dans ce logement pendant l’hiver et pour leur donner accès,
nous l’espérons, à un logement un peu plus confortable et chauffé.
Nous utilisons tous les surplus de matériaux que nous pouvons
trouver dans la collectivité pour la construction. C’est une petite
maison.
Senator Lovelace Nicholas: The question I’m concerned with is
how much does Aboriginal Affairs allow for a First Nations
community to build one house?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Ce qui me préoccupe, c’est la
mesure dans laquelle Affaires autochtones permet aux
collectivités des Premières Nations de construire une maison.
Mr. McDougall: Forty per cent of the total cost. The other
60 per cent comes from CMHC or other sources.
M. McDougall : Le ministère finance 40 p. 100 du coût total.
Les autres 60 p. 100 sont versés par la SCHL ou d’autres sources.
Senator Lovelace Nicholas: You mentioned temporary water
systems. Do they freeze in the winter time?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Vous avez mentionné les
systèmes d’aqueduc temporaires. Gèlent-ils pendant l’hiver?
Mr. McDougall: Yes, they do.
Senator Dyck: I want to follow up on the question about
CMHC housing. I’m wondering what percentage of the houses on
your reserve are section 95 houses, affordable housing. Would
they constitute the majority of your homes?
M. McDougall : Oui.
La sénatrice Dyck : J’aimerais poursuivre sur la question des
logements de la SCHL. J’aimerais savoir quel pourcentage des
logements de votre réserve est visé par l’article 95 du programme
de logements sans but lucratif dans les réserves. S’agit-il de la
majorité?
1-10-2014
Peuples autochtones
8:71
Mr. McDougall: No. We have only had two intakes of the
program. We have stopped it. We don’t use it anymore because of
the issues that we are having with the community incurring debt
which has an effect on our overall position. We are working and
trying to get out of third party and into a co-management
arrangement where there is some flexibility to identify appropriate
funding for community needs.
M. McDougall : Non. Nous avons seulement utilisé le
programme à deux reprises. Nous ne l’utilisons plus en raison
des problèmes posés lorsque la collectivité contracte une dette, car
cela a des répercussions sur notre situation globale. Nous tentons
de nous soustraire à la gestion du séquestre-administrateur et de
conclure une entente de cogestion qui offrira une certaine
souplesse lorsqu’il s’agit de déterminer le financement approprié
pour répondre aux besoins de la collectivité.
Senator Dyck: As a follow-up to that, when you are under third
party management, do you not also have to pay out of your own
band-based capital? Does that also get spent on third party
management — to hire the people to come in, the financial
control people? Do you also have to pay for them to come in?
Does that come out of your resources?
La sénatrice Dyck : Dans le même ordre d’idées, lorsque vous
êtes gérés par un séquestre-administrateur, ne devez-vous pas
également payer les dépenses avec les fonds d’immobilisations de
la bande? Ces fonds ne sont-ils pas aussi dépensés pour ce type de
gestion, c’est-à-dire pour embaucher les personnes qui exercent le
contrôle financier? Ne devez-vous pas également payer pour que
ces personnes viennent dans votre collectivité? Ces fonds sont-ils
puisés dans vos ressources?
Mr. McDougall: Yes, it does. The department assigns an agent
on our behalf to act as a third party. We have no choice on who
that agent is. The department pays out of our revenues for that
service.
M. McDougall : Oui, c’est exact. Le ministère désigne un agent
qui agit en notre nom en tant que séquestre-administrateur. Nous
ne pouvons pas choisir l’agent. Le ministère paie ce service à
partir de nos revenus.
Senator Dyck: It’s a vicious cycle. You may want to think
about this and answer later, but how do you stop this? I think one
of your suggestions was you are not getting enough money in the
first place. What else could be done? It’s like water going down
the drain. How do you stop it?
La sénatrice Dyck : C’est un cercle vicieux. Vous pouvez
réfléchir à ma prochaine question et y répondre plus tard, mais
comment mettre fin à ce processus? Je crois que vous avez dit,
entre autres, que vous ne recevez pas suffisamment d’argent au
départ. Que pourrait-on faire d’autre? C’est de l’argent jeté par les
fenêtres. Comment peut-on faire cesser ce processus?
Mr. McDougall: The suggestion we have had has to do with
policy and trying to change policy. For a First Nation that is in
third party, the policy reads that any community making an effort
to try to accumulate a surplus for the purpose of dealing with debt
is not allowed. If you do accumulate a surplus, they make a
recovery. They are essentially saying to me, ‘‘You keep your
indebtedness and we will take the surplus money away from you.’’
That’s our reality in the First Nations in dealing with Indian
Affairs.
M. McDougall : On a suggéré d’apporter des changements à la
politique. Selon cette dernière, toute collectivité des Premières
Nations qui s’efforce d’accumuler un surplus afin de rembourser
sa dette, mais qui fait l’objet d’une gestion par un séquestreadministrateur, n’a pas la permission de le faire. Si la collectivité
accumule un surplus, le ministère procède à un rétablissement. Le
ministère nous dit essentiellement de conserver notre dette et que
le surplus sera repris. C’est la réalité des Premières Nations qui
traitent avec Affaires indiennes.
There needs to be some change in policy. If there is a sincere
effort by a First Nation to deal with its debt and accumulate a
surpluse or have unexpended funds as they call it, they have to
change that policy. That policy should enable a First Nation to
deal with old debt. Otherwise, you are in a perpetual remedial
management plan and you will never ever get out of debt.
Il faut apporter des changements à la politique. Si une Première
Nation fournit un effort sincère pour régler ses dettes et
accumuler un surplus ou qu’elle a des fonds inutilisés, comme
on les appelle, il faut modifier cette politique. La politique devrait
permettre à une Première Nation de régler ses anciennes dettes.
Autrement, elle est perpétuellement visée par des plans de
redressement et ne parvient jamais à la rembourser.
Senator Lovelace Nicholas: I have a supplementary question.
You are in third party management and the debt is caused by a
lack of funds. You then have to pay for extra housing and stuff
like that which put you in a third party situation in the first place?
La sénatrice Lovelace Nicholas : J’ai une autre question. Vous
êtes soumis à une gestion par un séquestre-administrateur et la
dette est causée par un manque de fonds. Devez-vous ensuite
payer pour des logements supplémentaires et d’autres choses qui
vous ont mis dans une situation de gestion par un séquestreadministrateur en premier lieu?
Mr. McDougall: That’s one of the factors, yes.
Senator Moore: Thank you, gentlemen, for being here. I just
want to follow up on my colleague’s question.
M. McDougall : C’est l’un des facteurs.
Le sénateur Moore : Messieurs, je vous remercie d’être ici.
J’aimerais faire suite à la question de ma collègue.
8:72
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Chief McDougall, first of all, is it just your band that is in third
party management or is it all four in Island Lake? Is it just your
band?
Chef McDougall, tout d’abord, est-ce seulement votre bande
qui fait l’objet d’une gestion par un séquestre-administrateur ou
les quatre bandes d’Island Lake? S’agit-il seulement de votre
bande?
Mr. McDougall: I don’t know which level of intervention the
other communities are at, but I imagine they are at some level of
intervention, whether it’s co-management, enhanced comanagement, third party or completely autonomous in their
administration of programs.
M. McDougall : Je ne sais pas à quel niveau d’intervention
sont soumises les autres collectivités, mais j’imagine qu’elles font
l’objet d’un niveau d’intervention, qu’il s’agisse d’une cogestion,
d’une cogestion améliorée, d’une gestion par un séquestreadministrateur ou de l’autonomie complète dans l’exécution de
leur programme.
Senator Moore: So if you received this $18,192,000 which was
taken out of your band-based capital, would you be in third party
management?
Le sénateur Moore : Donc si vous receviez les 18 192 000 $ qui
ont été puisés dans vos fonds d’immobilisations de la bande,
feriez-vous l’objet d’une gestion par un séquestre-administrateur?
Mr. McDougall: Do you want to repeat, please?
M. McDougall : Pourriez-vous répéter la question, s’il vous
plaît?
Senator Moore: You asked for this almost $18.2 million which
has been taken out of your band-based capital. You had to put
that money up front to cover this temporary hookup to the water
system, right? Had you not had to spend that money on that,
would you now be in third party management?
Le sénateur Moore : Vous avez demandé ces quelque
18,2 millions de dollars qui ont été puisés dans vos fonds
d’immobilisations de la bande. Vous avez dû fournir cette
somme pour payer le raccordement temporaire au système
d’aqueduc, n’est-ce pas? Si vous n’aviez pas eu à dépenser cet
argent dans ce projet, feriez-vous maintenant l’objet d’une gestion
par un séquestre-administrateur?
Mr. McDougall: I would think that we would still be under
third party. We would have to go to the department for their
approval and support to use band-based capital for debt
retirement. So even if we wanted to use it, we would have to
ask if we could use it.
M. McDougall : Je crois que nous ferions toujours l’objet
d’une gestion par un séquestre-administrateur. Nous devrions
obtenir l’approbation et l’appui du ministère pour utiliser les
fonds d’immobilisations de la bande pour rembourser la dette.
Donc même si nous voulions utiliser cet argent, nous devrions
d’abord obtenir la permission.
Senator Moore: I’m not clear on some of the numbers. Could
you just run through the populations, please, of the four First
Nations and the housing stock in each. Do you know those
numbers, the breakdown, chief?
Le sénateur Moore : Je ne suis pas certain de certaines données.
Pourriez-vous me fournir les données concernant la population et
le parc de logements de chacune des quatre Premières Nations?
Avez-vous ces données, chef?
Mr. McDougall: Not off the top of my head. I was just giving
ballpark numbers for the population and the units per community
to be retrofitted. The data and the numbers are in your package if
you would like to refer to that.
M. McDougall : Je ne les ai pas en mémoire. J’ai seulement
fourni des données approximatives en ce qui concerne la
population et les logements qui doivent être rénovés par la
collectivité. Ces données se trouvent dans votre document si vous
souhaitez les consulter.
Senator Moore: Can you just run through the population, the
approximate numbers that you have? I know you said there was a
total of nearly 10,000 people. What was the breakdown between
the four First Nations?
Le sénateur Moore : Pouvez-vous me fournir des données
approximatives sur la population? Vous avez dit qu’il y avait au
total presque 10 000 personnes. Comment la population est-elle
répartie entre les quatre Premières Nations?
Mr. McDougall: Did I give a breakdown? I estimated —
M. McDougall : Est-ce que j’ai parlé de la répartition? J’ai
estimé...
Senator Moore: You said about 10,000 people. I didn’t know
what the breakdown was in your First Nation and the other three.
Le sénateur Moore : Vous avez dit qu’il y avait environ
10 000 personnes au total. Je ne connais pas la population de
votre Première Nation et celle des trois autres Premières Nations.
Mr. McDougall: I think I said about 4,000-plus in Garden Hill;
somewhere around 3,500 in St. Theresa Point. Red Sucker Lake is
the smallest community with a population of roughly
1,000 people, and Wasagamack has 2,000.
M. McDougall : Je crois que j’ai dit qu’il y avait un peu plus de
4 000 personnes à Garden Hill et environ 3 500 habitants à
St. Theresa Point. Red Sucker Lake a la plus petite population,
c’est-à-dire environ 1 000 personnes, et Wasagamack a une
population de 2 000 personnes.
1-10-2014
Peuples autochtones
Senator Moore: Thanks.
Following up on Senator Sibbeston’s questions with regard to
impact, substance abuse, marriage breakups, suicides; have these
impacts been happening over a long period of time? Have you
been tracking this as the leader of the community? How long have
you been chief?
Mr. McDougall: Four years.
8:73
Le sénateur Moore : Merci.
Pour faire suite aux questions de la sénatrice Sibbeston sur les
répercussions, c’est-à-dire la toxicomanie, les divorces et les
suicides, ces répercussions se sont-elles étalées sur une longue
période? En tant que dirigeant de votre collectivité, les avez-vous
surveillées? Depuis combien de temps êtes-vous chef?
M. McDougall : Depuis quatre ans.
Senator Moore: You have been obviously on top of this and
watching what’s going on in your community. Is it getting worse,
chief, or is it lessening? Is there hope to turn this back?
Le sénateur Moore : Il est évident que vous suivez ce qui se
passe dans votre collectivité. La situation s’améliore-t-elle ou
empire-t-elle? Peut-on espérer qu’elle s’améliore?
Mr. McDougall: I think it’s getting worse. That’s why it’s so
hard for me. I almost hesitate to count how many people I have
lost during my tenure in office, but it’s in the double digits.
M. McDougall : Je crois qu’elle empire. C’est pourquoi les
choses sont si difficiles pour moi. J’hésite presque à compter le
nombre de personnes que j’ai perdues depuis que je suis chef, mais
c’est dans les deux chiffres.
Senator Moore: Really? From suicide?
Le sénateur Moore : Vraiment? À la suite de suicides?
Mr. McDougall: Suicides and other mortalities. It’s
disheartening when the community that you represent comes to
you for help and you are not able to respond, you can’t do
anything.
M. McDougall : De suicides et d’autres causes de décès. Cela
me brise le cœur lorsque les membres de la communauté que je
représente viennent me demander de l’aide et que je ne peux pas
les aider, car je ne peux rien faire.
The Chair: I would like to thank both presenters. This is a very
impressive package from Dr. Poulin and we thank you for that.
There is a lot more research we will be able to do from the
references you have given us.
Le président : J’aimerais remercier les témoins. Monsieur
Poulin, la trousse que vous nous avez remise est très
impressionnante et nous vous en remercions. Nous serons en
mesure d’effectuer beaucoup plus de recherches grâce aux
références que vous nous avez fournies.
Chief McDougall, thank you for the presentation you put
together.
I wonder if I could specifically ask you, these pictures are very
dramatic; can we have your permission to consider using some of
those pictures in our report?
Mr. McDougall: Yes, you have my permission.
Chef McDougall, nous vous remercions de votre exposé.
Les photos que vous nous avez montrées sont poignantes, et
j’aimerais vous demander la permission d’utiliser certaines d’entre
elles dans notre rapport.
M. McDougall : Oui, vous avez ma permission.
Senator Raine: Could you just go through the pictures and tell
us exactly what they are from, because I was a little confused. I
thought one was a holding tank or a cistern.
La sénatrice Raine : Pourriez-vous nous remontrer les photos
et nous expliquer ce qu’elles représentent, car je suis un peu
confuse. Je pensais que l’une d’entre elles représentait un bassin de
rétention ou un réservoir.
Mr. McDougall: The first picture is the new home that we are
currently constructing for the couple who lives in the home
pictured on the following page. They are right next to each other.
That’s the front part of the home. Then the shelter in front of this
house is where the water tank sits. It’s separate from the
bungalow and there is a line that is trenched into the house for
accessing water. The last picture is just another picture of the one
unit that we are currently constructing for the family.
M. McDougall : La première photo montre la nouvelle maison
que nous construisons pour le couple qui vit dans la maison
représentée à la page suivante. Les deux maisons sont côte à côte.
Voici la façade de la maison. Ensuite, le réservoir d’eau est placé
dans l’abri en face de cette maison. Il n’est pas rattaché au
bungalow et il y a un canal creusé jusqu’à la maison pour l’accès à
l’eau. La dernière photo représente encore une fois la maison que
nous construisons pour la famille.
The Chair: Closing comment, Dr. Poulin?
Mr. Poulin: I think from hearing the chief and hearing the
witnesses in the session before, it’s clear to me, in any case, that a
comprehensive solution needs to happen. Universities are
uniquely positioned to respond in terms of policy suggestions
and improvements to carry out social science as well as applied
Le président : Avez-vous des commentaires de clôture,
monsieur Poulin?
M. Poulin : Je crois qu’après avoir entendu le chef et les
témoins du groupe précédent, il me paraît évident qu’il faut
trouver une solution globale. Les universités se trouvent dans une
situation privilégiée pour suggérer des politiques et des
améliorations et pour mener des recherches en sciences sociales
8:74
Aboriginal Peoples
1-10-2014
science research. I would invite you to consider universities to be
working in partnership. They are much closer to the community
than the federal government, with all of its good intentions.
et en sciences appliquées. J’aimerais vous encourager à envisager
d’établir des partenariats avec les universités. Elles sont beaucoup
plus près des collectivités que le gouvernement fédéral, malgré ses
bonnes intentions.
We would be most happy to be partnering with any levels of
government and the communities to work out a viable long-term
solution so we don’t get these short-term solutions. When a
government program is announced, we have to use the technology
and what we have at hand and that is not the best. The best is
continuous improvement and long-term investment in thinking of
better ways, working with our partners, our First Nations and our
various levels of government. That’s the only viable long-term
solution, in my mind.
Nous serions très heureux d’établir un partenariat avec
n’importe quel palier de gouvernement et avec les collectivités
pour trouver une solution viable à long terme et éviter les
solutions à court terme. Lorsqu’on annonce un programme
gouvernemental, nous devons utiliser la technologie et les
ressources existantes, et ce n’est pas toujours la meilleure façon
de fonctionner. La meilleure façon, c’est d’apporter des
améliorations continuelles et de fournir des investissements à
long terme pour trouver de meilleures solutions, et de collaborer
avec nos partenaires, nos Premières Nations et les divers ordres de
gouvernement. À mon avis, c’est la seule solution viable à long
terme.
The Chair: With that, I would like to very much again thank
the witnesses. I take it that you would be willing to let us follow
up if we have further questions. We will excuse you.
Le président : J’aimerais remercier les témoins. Je présume que
vous nous permettrez de communiquer avec vous si nous avons
d’autres questions. Nous allons maintenant vous libérer.
We are running a little bit behind. I thank the forthcoming
witnesses for their patience. Our schedule has been a little bit
fluid.
Nous avons un peu de retard. J’aimerais remercier les
prochains témoins de leur patience. Notre horaire a été un peu
flexible.
We are still expecting two other witnesses, but I would like to
hear from Attawapiskat right away. If the other witnesses on this
panel arrive, we will see if we can squeeze them in.
Nous attendons toujours deux autres témoins, mais j’aimerais
maintenant entendre le témoignage de la Première Nation
d’Attawapiskat. Si les autres témoins de ce groupe arrivent,
nous verrons si nous avons le temps de les entendre.
Colleagues, from the Attawapiskat First Nation, I would like
to welcome Chief Theresa Spence; Wayne Turner, Executive
Director; Monique Sutherland, Housing Manager; and Katherine
Hensel, Legal Counsel.
Chers collègues, j’aimerais souhaiter la bienvenue à la chef
Theresa Spence de la Première Nation d’Attawapiskat, à Wayne
Turner, directeur administratif, à Monique Sutherland,
gestionnaire de logement et à Katherine Hensel, conseillère
juridique.
I think you have been watching our proceedings. You need to
hold the button down to be on the record. So as long as you are
speaking, hold the button down. When you are finished, let the
button go.
Je crois que vous avez suivi nos délibérations. Vous devez tenir
le bouton enfoncé pour que vos paroles soient ajoutées au compte
rendu. Veuillez donc tenir le bouton enfoncé lorsque vous parlez,
et relâchez-le lorsque vous avez terminé.
I take it, Chief Spence, you have a presentation, and there
would be, undoubtedly, questions from senators afterward. Please
proceed.
Chef Spence, je présume que vous livrerez un exposé, et les
sénateurs vous poseront sans doute des questions ensuite. Vous
avez la parole.
Theresa Spence, Chief, Attawapiskat First Nation: First of all, I
want to thank you for the invitation for us to speak on the
challenges and the current situation for our community of
Attawapiskat.
Theresa Spence, chef, Première Nation d’Attawapiskat : Tout
d’abord, je tiens à vous remercier de nous avoir invités à vous
parler des défis et de la situation actuelle dans la collectivité
d’Attawapiskat.
The Attawapiskat First Nation is on the west coast of James
Bay. We have about 1,900 members on reserve and approximately
1,500 living off reserve. Many people want to come back home,
but the challenge is they don’t have a home to come home to, so
they are off reserve. The lack of housing also presents challenges
in recruiting and retaining trained local staff for the provision of
community services.
La Première Nation d’Attawapiskat est située sur la rive ouest
de la baie James. Environ 1 900 membres habitent dans la réserve
et environ 1 500 membres vivent à l’extérieur. De nombreux
membres souhaitent revenir dans la réserve, mais le défi, c’est
qu’ils n’ont pas de logement, et ils vivent donc à l’extérieur. Le
manque de logement pose également des défis lorsqu’il s’agit de
recruter et de retenir des employés qualifiés pour la prestation des
services communautaires.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:75
The leadership called a state of emergency in December 2011,
and previously in 2010 and again last year because of the large
membership living in unsafe housing, in tents and shacks as the
winter approaches. It’s really a challenge that we face almost
every year.
En décembre 2011, les dirigeants ont déclaré l’état d’urgence;
ils avaient également dû le faire en 2010 et l’an dernier, car de
nombreux membres de notre Première Nation vivent dans des
logements non sécuritaires, c’est-à-dire des tentes et des cabanes, à
l’approche de l’hiver. C’est un défi auquel nous sommes
confrontés presque chaque année.
Our community continues to face a critical housing shortage
until this day. Things are not getting better despite recent efforts
to increase our housing stock. We have reached out to the
regional office of AANDC on the situation, and we want to work
collectively to have a solution on this matter, but we still face
many challenges, which I’m prepared to discuss with you today.
Notre collectivité continue de faire face à une grave pénurie de
logements. Malgré les efforts récemment déployés pour
augmenter le nombre de logements dans la collectivité, la
situation ne s’améliore pas. Nous avons mis le bureau régional
d’AADNC au courant de la situation, et nous souhaitons
collaborer pour trouver une solution à ce problème, mais nous
sommes toujours confrontés à de nombreux défis dont j’aimerais
vous parler aujourd’hui.
Again, thank you for giving us the opportunity to speak with
you. I will briefly outline the things that we are still facing.
Encore une fois, je vous remercie de nous avoir donné
l’occasion de vous parler. Je vais brièvement souligner les
problèmes auxquels nous sommes toujours confrontés.
Our current housing in Attawapiskat, we have 329 units on the
reserve, and 73 require immediate replacement — not repair,
replacement — and have been condemned, and we have people
still living in them. There are approximately 193 that require
major repairs, and there are 63 adequate ones. These include
25 modular homes that we obtained in 2012.
En ce qui concerne Attawapiskat, nous avons actuellement
329 logements dans la réserve, et 73 d’entre eux doivent être
remplacés immédiatement — pas réparés, mais remplacés — et ils
ont été condamnés, même si des gens y vivent toujours. Environ
193 logements nécessitent des réparations importantes, et il y a
63 logements adéquats. Cela comprend 25 maisons modulaires
que nous avons obtenues en 2012.
Fewer than one in five of our members living on reserve are
safe and adequately housed in units that meet the minimal
requirements of our current building codes, and there are
73 homes that are still condemned, and people are still living in
them. Most of our people are living in overcrowded housing, in
substandard homes, contaminated by mould and sewage.
Moins d’un membre sur cinq vivant dans la réserve habite dans
un logement sécuritaire et adéquat qui répond aux normes
minimales des codes du bâtiment en vigueur, et 73 logements sont
toujours condamnés, même si des gens y vivent. La plupart de nos
membres habitent dans des maisons surpeuplées, dans des
logements non conformes aux normes et contaminés par de la
moisissure et des égouts.
Overcrowding has a significant impact on every area of our
residents’ lives. They suffer from infectious disease, family
conflict, even violence and disruption of education and
employment.
La surpopulation entraîne des effets importants dans tous les
volets de la vie de nos membres. En effet, ils souffrent de maladies
infectieuses, ils vivent des conflits familiaux et même de la
violence, et les activités liées à l’éducation et à l’emploi sont
perturbées.
Children are suffering from infections — skin, respiratory,
stomach. When they go to school, they cannot focus on school
because they live in overcrowded housing. That’s a major impact
on our children, overcrowded housing. Yes, we have a new
school, but they are still impacted from overcrowded homes. They
witness family conflict and violence that is the natural result of
families struggling to recover from the legacy of the residence
schools while living in overcrowded, unsafe homes. Some have
been removed from their homes, from their families and
community because of unsafe housing.
Les enfants souffrent d’infections de la peau, du système
respiratoire et de l’estomac. Lorsqu’ils vont à l’école, ils ne
peuvent pas se concentrer, car ils vivent dans des maisons
surpeuplées. Cette situation entraîne des répercussions
importantes sur nos enfants. Oui, nous avons une nouvelle
école, mais les enfants subissent toujours les effets de la vie dans
une maison surpeuplée. Ils sont témoins de conflits et de violence
familiale et ce sont les conséquences naturelles de la lutte que
livrent les membres de leur famille pour se remettre des séquelles
laissées par les pensionnats tout en vivant dans des maisons non
sécuritaires et surpeuplées. Certains enfants ont été retirés de leur
maison, de leur famille et de leur collectivité parce qu’ils vivaient
dans un logement non sécuritaire.
A lot of families are losing their children through the
Children’s Aid because of the situation at home, and a lot of
people are unable to provide foster homes because of the
conditions of the homes. That’s the biggest impact on our
La Société d’aide à l’enfance doit retirer la garde de leurs
enfants à de nombreuses familles à cause de la situation familiale,
et un grand nombre de personnes ne sont pas en mesure de fournir
des foyers d’accueil en raison de l’état de leur logement. Il est
8:76
Aboriginal Peoples
1-10-2014
children when they want to work with the Children’s Aid, Family
Services. When we talk about custom care, this opportunity is
closed.
donc difficile de collaborer avec la Société d’aide à l’enfance et les
services aux familles, et c’est l’effet le plus important que subissent
nos enfants. Les soins personnalisés ne représentent plus une
option.
So just a little history of Attawapiskat to begin: It was settled
in the 1950s with the establishment of the Hudson Bay and
Roman Catholic Mission. Most of our families began living in a
village on a reserve in the 1960s. Most of our housing stock dates
from the 1970s and 1980s.
J’aimerais vous parler un peu de l’histoire d’Attawapiskat. La
collectivité a été fondée dans les années 1950 avec l’établissement
de la mission catholique et de la Baie d’Hudson. La plupart de nos
familles ont commencé à vivre dans un village dans une réserve
dans les années 1960. La grande partie de notre parc de logements
date des années 1970 et 1980.
The concept of the new house is different from the 1960s. Very
basic units were built by the Department of Indian Affairs that
would not come anywhere near meeting the current building
codes or norms concerning housing and social conditions.
La notion de la nouvelle maison est différente de celle des
années 1960. À l’époque, des logements de base ont été construits
par le ministère des Affaires indiennes et ces logements ne
répondent pas du tout aux normes du bâtiment en vigueur ou aux
normes liées au logement et aux conditions sociales.
The houses that were built in the 1960s were very basic, really.
There were only four walls a ceiling and a floor. There was no
plumbing, no electrical or running water. It was just a house, a
basic little house, more like a little shed. That was 1960, but we
still have some like that in our area. Updating these units to meet
modern code requirements was not only expensive, but often
caused damage to the house and displaced at least one room of
living space.
Les maisons construites dans les années 1960 étaient très
rustiques. Elles avaient seulement quatre murs, un plafond et un
plancher. Elles n’avaient pas de plomberie, l’électricité ou l’eau
courante. C’était seulement une maison, une petite maison de
base, et elle ressemblait plutôt à une cabane. C’était en 1960, mais
nous avons toujours des maisons comme celles-là dans la région.
Rénover ces logements pour qu’ils répondent aux normes en
vigueur n’était pas seulement dispendieux, mais cela causait
souvent des dommages au logement, ce qui signifiait qu’au moins
une pièce devait être déplacée.
Like other communities, we lack specialized housing for our
most vulnerable members. We need elders’ residences. There are
approximately 94 elders in our community who require their own
units, but there are none right now.
Comme d’autres collectivités, nous n’avons pas de logement
adapté pour nos membres les plus vulnérables. Nous avons aussi
besoin de résidences pour les personnes âgées. Dans notre
collectivité, environ 94 personnes âgées ont besoin de leur
propre logement, mais il n’y en a aucun en ce moment.
We have special needs adults. They are homeless or they are
living with their families in overcrowded housing. These special
needs adults need a group home where they could enhance their
living skills. Families with disabilities don’t have accessible homes
to accommodate their needs, so it’s very hard when they are in
wheelchairs. So those are some of the challenges we are still
facing.
Nous avons des adultes ayant des besoins spéciaux. Ils sont
sans-abri ou ils vivent avec leur famille dans des maisons
surpeuplées. Ces adultes ayant des besoins spéciaux ont besoin
d’un foyer de groupe où ils pourraient améliorer leurs
compétences psychosociales. Les familles avec un membre
handicapé n’ont pas de logement adapté à leurs besoins, et c’est
donc très difficile lorsqu’une personne se déplace en fauteuil
roulant. Ce sont donc certains des défis auxquels nous sommes
toujours confrontés.
I’m sure you guys heard about CMHC housing, funding for
housing from Canada. The First Nation receives approximately
$591,000 every year from Canada for housing, which must cover
housing policy, administration, renovations and repair and
construction.
Je suis certaine que vous avez entendu parler des logements de
la SCHL, le financement offert par le Canada pour le logement.
Le gouvernement du Canada verse environ 591 000 $ par année
aux Premières Nations pour leurs besoins en logement, et cet
argent doit couvrir les politiques en matière de logement, la
gestion, les rénovations, les réparations et la construction.
Because of materials, labour and transportation costs in this
remote northern location, it costs approximately $250,000 to
build one unit. Unfortunately, due to the state of repair of the
First Nation’s existing housing stock, for the last several years,
most of the housing budget has been used for repair and
En raison des coûts liés aux matériaux, à la main-d’œuvre et au
transport dans notre collectivité isolée du Nord, la construction
d’un logement coûte environ 250 000 $. Malheureusement, étant
donné l’état de détérioration du parc de logements existant de
notre Première Nation, au cours des dernières années, la plus
1-10-2014
Peuples autochtones
8:77
renovations rather than constructing new houses, with the view to
keeping as much of the existing housing stock as possible
inhabitable.
grande partie du budget de logement a été utilisée pour les
réparations et les rénovations plutôt que pour la construction de
nouvelles maisons, afin de rendre habitables le plus grand nombre
de maisons existantes.
There are no Canadian Tires or other stores in our community.
The nearest one costs at least $1,200 to fly to it. Thus basic repairs
are often uncompleted by householders due to the lack of ability
to buy repair items.
Dans notre collectivité, il n’y a pas de Canadian Tire ou
d’autres magasins. Pour se rendre au magasin le plus proche, il
faut dépenser environ 1 200 $ en billets d’avion. Les réparations
de base sont souvent partiellement terminées par les propriétaires
de logements, car ils ne peuvent pas acheter les matériaux
nécessaires.
A large part of the funding goes to maintaining and operating
the East End Trailers, donated by DeBeers in 2001. Running that
place is very costly. The funding is not provided by the
government, and it’s really taking up the funding that we need
to utilize for other areas. These are the challenges that we face
with the government. They don’t provide the funding that we
need to have temporary housing or emergency shelter.
Une grande partie du financement est consacrée à l’entretien et
au fonctionnement des roulottes de l’extrémité est, qui ont été
données par l’entreprise DeBeers en 2001. Le fonctionnement de
cet endroit coûte beaucoup d’argent. Le financement n’est pas
fourni par le gouvernement, et il faut donc utiliser l’argent dont
nous avons besoin dans d’autres domaines. Ce sont les défis
auxquels nous faisons face avec le gouvernement. En effet, il ne
fournit pas le financement dont nous avons besoin pour obtenir
des logements temporaires ou des abris d’urgence.
For the funding infrastructure, the First Nation also receives
$580,000 per year from Canada for minor capital costs. A portion
of this amount from Canada is currently dedicated to debt
services, as authorized by chief and council, with the result of very
limited and minor capital improvements for the roads, sewer, and
drainage infrastructure.
En ce qui concerne le financement de l’infrastructure, la
Première Nation reçoit également 580 000 $ par année du
gouvernement du Canada pour les coûts liés aux petites
immobilisations. Une partie de cette somme est actuellement
affectée aux services de règlement de la dette, comme l’ont
autorisé le chef et les membres du conseil, ce qui limite vraiment
les améliorations apportées aux immobilisations en ce qui a trait à
l’infrastructure des routes, des égouts et de l’écoulement des eaux.
We also completed a Capital Planning Study that outlined our
requirements for infrastructure improvements as well as our
housing requirements. Details on the study have been filed with
the Regional Affairs office at the AANDC, and we are waiting for
resources to fulfill this plan which will tackle our housing backlog
and identify capital infrastructure deficiencies. AANDC has not
yet formally acknowledged the plan, so we are still waiting for
them to respond.
Nous avons également terminé une étude de planification des
immobilisations qui souligne nos demandes en ce qui concerne les
améliorations liées à l’infrastructure ainsi que nos demandes en
matière de logement. Les détails de l’étude ont été communiqués
au bureau des affaires régionales d’AADNC, et nous attendons
les ressources nécessaires pour réaliser ce plan qui s’attaquera à
notre arriéré en matière de logement et repérera les lacunes au
niveau des immobilisations. AADNC n’a toujours pas reconnu le
plan officiellement, et nous attendons toujours sa réponse.
The Minister of Aboriginal Affairs and Northern Development
Canada must sign a guarantee for any CMHC financing for the
construction of new houses. In 2013, the minister refused to
provide this guarantee. As you know from having heard from
other communities, CMHC is the one that really work with First
Nations, but, again, it’s also in the control of the Indian Affairs,
and it’s hard to approach other companies because we don’t really
have no control on this.
Le ministre d’Affaires autochtones et Développement du Nord
Canada doit signer une garantie pour toutes les offres du
financement de la SCHL pour la construction de nouveaux
logements. En 2013, le ministre a refusé de fournir cette garantie.
Comme vous le savez — puisque d’autres collectivités vous l’ont
dit —, la SCHL est l’organisme qui collabore vraiment avec les
Premières Nations, mais encore une fois, il est également sous le
contrôle d’Affaires indiennes et il est difficile de nous adresser à
d’autres organismes, car nous n’avons pas vraiment de contrôle
là-dessus.
We have reviewed the findings of audit and are implementing
their recommendations. Any recommendations from the audit, we
do our best to comply with them, but there are challenges when
we have to.
Nous avons examiné les conclusions de la vérification et nous
mettons en œuvre les recommandations. Nous nous efforçons du
mieux que nous pouvons de nous conformer à toutes les
recommandations de la vérification, mais cela pose parfois des
défis.
8:78
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Recent additions to our housing, the modular homes in 2012,
we received 22 when we called it an emergency, and these units
went to the people who were living in tent frames and sheds, and
most of these people had health challenges in their lives, such as
diabetes, and the elders had recent heart surgery. There was also a
family with a little baby. So this is why modular homes were
provided.
Récemment, c’est-à-dire en 2012, nous avons reçu 22 maisons
modulaires, car nous avions déclaré l’état d’urgence, et ces
logements ont été attribués à des personnes qui vivaient dans des
tentes et des cabanes — la plupart d’entre elles souffrent de
problèmes de santé, notamment du diabète —, et à des personnes
âgées qui avaient récemment été opérées au cœur. Il y avait
également une famille avec un bébé. C’est la raison pour laquelle
ces maisons modulaires ont été fournies.
Still, even with these 22 modular homes, our existing house
stock, we are still addressing a critical housing shortage in our
community. It’s very challenging. I keep using that word
‘‘challenging’’ because it is a challenge.
Toutefois, même avec ces 22 maisons modulaires dans notre
parc de logements, nous souffrons toujours d’une grave pénurie
de logements dans notre collectivité. C’est un très grand défi.
J’utilise toujours le mot « défi », car c’est vraiment difficile.
In 2013, we received $2.2 million in special funding to construct
new housing units. We only had eight units out of that
$2.2 million because there are other costs. They are very high,
especially for transportation. Transportation for a remote area is
a killer. It’s — I don’t know — 50 to 60 per cent of our budget,
and then the labour costs. These eight units are in the process of
being constructed, but they will be able to house at least
60 members, and that’s only eight families, and we still need a
lot of housing to accommodate the housing list that we have.
En 2013, nous avons reçu 2,2 millions de dollars en
financement spécial pour construire de nouveaux logements.
Cette somme nous a seulement permis de construire huit
logements, car il y a d’autres coûts qui entrent en jeu. Ces coûts
sont très élevés, surtout pour le transport. Il est vrai que le
transport dans une région éloignée entraîne des coûts faramineux.
Ils représentent de 50 à 60 p. 100 de notre budget, et il y a ensuite
les coûts liés à la main-d’œuvre. Ces huit logements sont en
construction, mais ils seront en mesure d’accueillir au moins
60 personnes, et cela représente seulement huit familles; nous
avons toujours besoin d’un grand nombre de logements pour
répondre aux besoins de nos membres.
It’s viewed by Canada as economic development, but this
money to sustain our community, 70 to 80 per cent, on average,
goes to the regional contractors and suppliers. In this case, those
houses were constructed in a suburb of Ottawa. It’s always down
south.
Le gouvernement du Canada considère qu’il s’agit de
développement économique, mais en moyenne, de 70 à
80 p. 100 de cet argent censé permettre à notre collectivité de
survivre va aux entrepreneurs et aux fournisseurs régionaux. Dans
ce cas, ces logements ont été construits en banlieue d’Ottawa.
C’est toujours dans le sud du pays.
Hopefully, these units will be available by November. So it’s
for eight families, and it’s, in total, approximately 60. That’s how
large a family is in our community. It’s not one or two. It’s more
than five sometimes.
Nous espérons que ces logements seront prêts en novembre.
Ils serviront donc à héberger huit familles et cela signifie environ
60 personnes. Les familles sont nombreuses dans notre
collectivité. Elles ne se composent pas d’un ou deux membres,
mais parfois de plus de cinq membres.
All the housing units are owned collectively by the
Attawapiskat First Nation, for the benefit of our members.
Tous les logements sont la propriété collective de la Première
Nation d’Attawapiskat au profit de nos membres.
There is a waiting list, at least 297 applicants. There are a lot of
people living off-reserve. They would like to come home, but,
again, there is no housing. There are families living with their
parents, grandparents, and some of these homes are three to four
generations. It could be more than 297 people waiting because
some of them don’t even bother coming to apply for housing
because they know that it’s going to be a long waiting list. So in
other words, you kind of give up sometimes. But the housing list
is really backlogged right now.
Il y a une liste d’attente d’au moins 297 personnes. Un grand
nombre de personnes vivent à l’extérieur de la réserve. Elles
aimeraient vivre dans la réserve, mais encore une fois, aucun
logement n’est disponible. Des familles vivent avec leurs parents
et leurs grands-parents et certains de ces logements hébergent de
trois à quatre générations. Il se pourrait qu’il y ait plus de
297 personnes en attente, car certaines d’entre elles ne prennent
même pas la peine de faire une demande de logement, car elles
savent que la liste d’attente est trop longue. Autrement dit, elles
abandonnent. Mais la liste de logements a accumulé un arriéré
important.
Homelessness: When you talk about people being homeless in
our community, our people are not on the street. They are living
with their families in overcrowded housing, and we have East End
Trailers. That’s where they are living right now. Even at the
healing lodge, which is supposed to be for a program for
En ce qui concerne l’itinérance, lorsqu’on parle des sans-abris
dans notre collectivité, ce ne sont pas des gens qui vivent dans la
rue. Ils vivent avec leur famille dans des maisons surpeuplées, et
nous avons les roulottes de l’extrémité Est. Ils vivent là-bas en ce
moment. Nous utilisons même le pavillon de ressourcement
1-10-2014
Peuples autochtones
8:79
addiction, but we are using it as a shelter. Again, it’s not funded
by Indian Affairs. I still call them Indian Affairs, and I apologize
for that. So we are using our own resources to have this building
in place for our people who need emergency shelters.
comme abri, même s’il est censé servir pour un programme de
toxicomanie. Encore une fois, ce n’est pas financé par Affaires
indiennes. J’appelle toujours ce ministère Affaires indiennes, et je
m’en excuse. Nous utilisons donc nos propres ressources pour
entretenir ce bâtiment pour nos membres qui ont besoin d’un abri
d’urgence.
No one has been turned down by family. It’s our way of
accepting our loved ones. In the city, I know it’s a different
environment, so I’m just trying to make you guys see that picture.
Personne n’a été refusé dans sa famille. C’est notre façon
d’accepter nos proches. Je sais qu’en ville, c’est différent, et
j’essaie seulement de vous faire voir le contexte.
Our council recently directed the establishment of a
transitional housing committee which will eventually become a
housing corporation because we want to separate it from the
leadership because it’s a lot of responsibility. Every day, people
come to our office to see a housing manager for a house. Some of
them even cry. They have tears coming. Sometimes, they go out,
being upset and angry. We try to explain to them that we are
doing our best to get housing, but it’s a long process, and it
requires a lot of time to get funding for it.
Notre conseil a récemment dirigé la mise sur pied d’un comité
de logements de transition, et ce comité deviendra éventuellement
une société d’habitation. En effet, nous voulons cesser de confier
cette responsabilité aux dirigeants, car c’est beaucoup de travail.
Chaque jour, des gens viennent dans notre bureau pour consulter
un gestionnaire du logement au sujet d’un logement. Parfois,
certaines de ces personnes pleurent. Elles ont les larmes aux yeux.
Parfois, elles s’en vont fâchées et contrariées. Nous essayons de
leur expliquer que nous faisons de notre mieux pour obtenir des
logements, mais c’est un long processus et il faut beaucoup de
temps pour obtenir le financement adéquat.
This housing committee will make recommendations on
allocations of new homes and renovations, but it still goes to
our chief and council for review and to ratify their
recommendations. So we are trying to get this body to assist the
leadership, because the way it is right now, it’s every day that
people come to my office.
Ce comité de logement formulera des recommandations sur
l’attribution de nouveaux logements et sur les rénovations, mais il
relèvera toujours de notre chef et des membres du conseil, qui
examineront et ratifieront ses recommandations. Nous tentons
donc de créer ce comité pour aider nos dirigeants, car des gens
s’adressent à mon bureau tous les jours.
There are obstacles in our efforts to increase housing. We lack
the land, money and autonomy to address the housing shortage.
We only have one level of government that is involved in
addressing these unique challenges in our community. One
government. They can’t even meet our needs no more.
Nous nous heurtons à des obstacles dans nos efforts pour
augmenter le nombre de logements. Nous manquons de terrains et
de fonds, et nous n’avons pas l’autonomie nécessaire pour
répondre à la pénurie de logements. Seulement un palier de
gouvernement cherche des solutions aux défis uniques à notre
collectivité. Un seul gouvernement. Les membres de ce
gouvernement ne peuvent même plus répondre à nos besoins.
Even former Auditor General Sheila Fraser reported in 2011
that First Nations needed all level of governments, all level of
governments, to assist in addressing our on-reserve housing needs.
We cannot continue to rely exclusively upon the provisions of the
Indian Act and the exercise of federal ministerial discretion to
fund housing and infrastructure. That’s a strong statement from
Sheila Fraser, but it was never worked on, and I think it’s time for
somebody to get that report out and really look at it.
Même l’ancienne vérificatrice générale Sheila Fraser a indiqué,
en 2011, que les Premières Nations avaient besoin de l’aide de
tous les ordres de gouvernement — tous les ordres — pour
résoudre les problèmes liés au logement dans les réserves. Nous ne
pouvons plus compter exclusivement sur les dispositions de la Loi
sur les Indiens et sur l’exercice de la discrétion ministérielle
fédérale pour financer les logements et l’infrastructure. C’était une
déclaration audacieuse de Sheila Fraser, mais on ne l’a jamais
mise en œuvre, et je crois qu’il est temps que quelqu’un trouve ce
rapport et l’examine en profondeur.
We have no land on our reserve to build new housing We have
a ten-year housing plan in place, but we cannot move because we
don’t have the land to put the houses on. We have a limited ability
for new infrastructure, even new housing.
Nous n’avons aucun terrain pour bâtir de nouveaux logements
dans notre réserve. Nous avons un plan de logements sur 10 ans,
mais nous ne pouvons pas commencer, car nous n’avons pas les
terrains nécessaires à la construction des maisons. Nous avons
une capacité limitée pour une nouvelle infrastructure, et même
pour des nouveaux logements.
I will give you a good example. For the new school, we gave up
62 lots to accommodate the new school. That’s a lot. It only
shows how much we need land. This was necessary because our
children were in school buildings that were long contaminated
Je vais vous donner un bon exemple. Nous avons cédé
62 terrains pour la nouvelle école. C’est un grand nombre de
terrains. Cela démontre à quel point nous avons besoin de
terrains. C’était nécessaire, car nos enfants étudiaient dans des
8:80
Aboriginal Peoples
1-10-2014
from when INAC ran the school in the late 1970s. The children
waited so many years, so we made that sacrifice and said, ’’Oh,
come and take that land for the school.’’ But in the meantime, we
are still facing the challenges for new housing.
édifices scolaires qui étaient contaminés depuis longtemps, c’est-àdire depuis que AINC administrait l’école à la fin des
années 1970. Les enfants ont attendu de nombreuses années, et
nous avons donc fait ce sacrifice et cédé ces terrains pour l’école.
Mais entre temps, nous sommes toujours confrontés aux défis
posés par les nouveaux logements.
Because of the Indian Act, the First Nation has to deliver all
housing. Private developers and the three levels of government
operate off reserve to ensure the housing needs of non-First
Nation communities are met. First Nations don’t have the same
resources because the Department of Indian Affairs and Northern
Development only allocates amounts that do not permit us to
adequately maintain the existing housing and infrastructure to
meet modern expectations.
En raison de la Loi sur les Indiens, la Première Nation doit
fournir tous les logements. Les promoteurs privés et les trois
ordres de gouvernement mènent leurs activités à l’extérieur des
réserves pour répondre aux besoins des collectivités non
autochtones en matière de logements. Les Premières Nations
n’ont pas les mêmes ressources, car le ministère des Affaires
indiennes et du Nord canadien affecte seulement des sommes qui
ne nous permettent pas d’entretenir adéquatement les logements
existants et l’infrastructure en place pour répondre aux attentes
modernes.
We need to work with the province. We need to, because they
don’t have the ability or treaty obligation to work with the First
Nations on infrastructure and housing on reserve.
Nous devons collaborer avec la province. Il le faut, car ses
dirigeants n’ont pas la capacité ou l’obligation conférée par traité
de collaborer avec les Premières Nations en ce qui concerne
l’infrastructure et les logements dans la réserve.
Cities like Thunder Bay have the freedom to plan and develop
approaches with developers and raise revenues, but as First
Nations, we don’t have that freedom. We don’t. We don’t receive
the same revenue from the province that cities do, from the use of
resources from our traditional lands.
Des villes comme Thunder Bay peuvent planifier et mettre au
point des approches avec les promoteurs et augmenter leurs
revenus, mais les Premières Nations n’ont pas cette liberté. Nous
ne l’avons pas. La province ne nous verse pas les mêmes revenus
qu’aux villes pour l’utilisation des ressources de nos terres
ancestrales.
A lot of times we say we have resources on our land, but we are
not really getting no benefits, but in the meantime the province
has all the resources from our land. At the same time, we don’t get
nothing from it.
Souvent, on dit que nous avons des ressources sur nos terres,
mais nous n’en profitons pas réellement, c’est la province qui tire
profit des ressources de nos terres. Nous n’en obtenons rien.
So our people are willing to pay rent. Right now, they are
paying rent for CMHC housing or the rental projects. They are
willing to pay rent. They know that. They are aware that the only
way that we are going to get housing is to pay rent because it’s a
different way of life now. They recognize that.
Notre peuple est donc disposé à payer un loyer. En ce moment,
les gens paient un loyer pour des logements de la SCHL ou
d’autres logements locatifs. Ils sont disposés à payer un loyer, car
ils savent que c’est le seul moyen pour eux d’obtenir un logement,
car le mode de vie est différent maintenant. Ils en sont conscients.
People are still living in tent frames. They are still living in tent
frames. They are building their tent frames to escape the
overcrowding, to escape the health problems, family conflict,
and safety problems that are the natural results of overcrowding.
Il y a des gens qui vivent encore dans des tentes. Ils construisent
des tentes pour fuir les logements surpeuplés, les problèmes de
santé, les conflits familiaux et les problèmes de sécurité qui
résultent naturellement du surpeuplement.
Overcrowding has an impact, and a massive impact. You
would have to see it yourself in order to believe it. It’s a sad
situation, but it’s a fact. Living in overcrowding has an impact
that you would have to feel for yourself.
Le surpeuplement a des conséquences considérables. Il faut
voir la situation pour le croire. C’est une situation triste, mais c’est
la réalité. Habiter dans un logement surpeuplé a des répercussions
qu’on ne peut comprendre que si on vit cette situation.
They exercise their choice to do it on their own. It is not a
choice you should have to make, but it’s a choice that they are
making.
C’est un choix qu’ils ont décidé de faire. Ce n’est pas un choix
qu’ils devraient avoir à faire, mais c’est ce qu’ils ont choisi.
Many of our people left the reserve, either temporarily or more
permanently, because they had no place to stay. Being separated
from the family, culture, the social structure, the land and the
Bien des membres de notre peuple ont quitté la réserve,
temporairement ou de façon permanente, parce qu’ils n’avaient
pas d’endroits où habiter. Ils souffrent beaucoup d’être loin de
1-10-2014
Peuples autochtones
8:81
language does them great harm. They suffer often far more than
those of us who have remained on a reserve. That is also the
choice our members shouldn’t have to make. It’s hard. It’s hard.
leur famille, de leur culture, de leur milieu social, de leurs terres et
de leur milieu linguistique. Ils souffrent souvent davantage que
ceux d’entre nous qui sont restés dans la réserve. C’est aussi un
choix que nos membres ne devraient pas avoir à faire. C’est une
situation très difficile.
I just want to say thank you for taking the time to hear about
our community and the challenges that we are facing. I would like
to encourage all levels of government to implement a new
approach to accessibility for housing and improving funding for
infrastructure in our community and to review Sheila Fraser’s
2011 report recommendations in which she describes the same
challenges and difficulties that I have spoken about today.
Je tiens à vous remercier de prendre le temps d’écouter les
membres de notre collectivité vous parler des défis auxquels ils
sont confrontés. J’encourage tous les ordres de gouvernement à
adopter une nouvelle approche pour l’accessibilité au logement et
l’augmentation du financement pour les infrastructures dans
notre collectivité ainsi qu’à passer en revue les recommandations
formulées par Sheila Fraser dans son rapport de 2011, dans lequel
elle décrit les mêmes défis et difficultés dont j’ai parlé aujourd’hui.
Thank you again for giving us this opportunity. We are
compassionate people and resilient people. We will remain so
despite the Third World conditions in which we live.
Je vous remercie encore une fois de nous avoir donné l’occasion
de nous adresser à vous. Nous sommes un peuple compatissant et
résilient. Nous allons le demeurer malgré les conditions dignes du
tiers monde dans lesquelles nous vivons.
On behalf of the First Nations, I invite this committee and
other federal and provincial leaders to visit our community so
that you can see the hardship we experience and to get a more
accurate understanding of our circumstances.
Au nom des Premières Nations, j’invite les membres du comité
et des dirigeants fédéraux et provinciaux à venir visiter notre
collectivité afin de constater les difficultés auxquelles nous
sommes confrontés et de mieux comprendre ce que nous vivons.
I apologize for the way I sound, but it’s a very sensitive issue
for me as the chief. Every day, I see my people crying, and it’s
hard to see them like that.
Veuillez excuser ma voix, mais c’est un sujet qui me touche
beaucoup en tant que chef. Tous les jours, je vois mon peuple
pleurer, et c’est difficile pour moi de le voir ainsi.
Again, thank you.
Encore une fois, je vous remercie.
The Chair: Thank you very much, Chief Spence, for coming
here to explain the situation very eloquently. It’s much
appreciated.
Le président : Je vous remercie beaucoup, chef Spence, d’être
venue nous brosser un portrait très éloquent de la situation. Nous
vous en sommes reconnaissants.
I’m going to suggest that we hear from Mr. Morris,
representing Kasabonika. He is a councillor.
Je propose que nous entendions maintenant M. Morris, qui
représente la Première Nation de Kasabonika Lake. Il est
conseiller.
Mr. Morris, I think I explained about having to hold down the
button when you are speaking, please.
Monsieur Morris, comme je l’ai dit tout à l’heure, vous devez
maintenir le bouton enfoncé lorsque vous parlez.
Please go ahead.
Mike Morris, Councillor, Kasabonika Lake First Nation: Good
afternoon.
Allez-y, s’il vous plaît.
Mike Morris, conseiller, Première Nation de Kasabonika Lake :
Bonjour.
[Mr. Morris spoke in his Native language.]
[Monsieur Morris s’exprime dans sa langue autochtone.]
God bless.
Que Dieu vous bénisse.
The James Bay Treaty, Treaty 9, was signed by our
Kitchenuhmaykoosib Nation and Great Britain, as represented
by Canada and Ontario on July 5, 1929 at Big Trout Lake. My
grandfather, Geordie Winnipetonga, signed on my behalf.
Le traité de la baie James, qui est le traité no 9, a été signé par la
nation Kitchenuhmaykoosib et la Grande-Bretagne, représentée
par le Canada et l’Ontario, le 5 juillet 1929 à Big Trout Lake.
Mon grand-père, Geordie Winnipetonga, a signé en mon nom.
As a signatory to Treaty 9, I’m making this presentation on
behalf of Kasabonika Lake First Nation. My name is Mike
Morris. I’m a councillor, and my portfolios are Major/Minor
Projects (Housing), Governance, and Education.
En tant que signataire du traité no 9, je vous fais cet exposé au
nom de la Première Nation de Kasabonika Lake. Je m’appelle
Mike Morris. Je suis conseiller et je m’occupe des petits et grands
projets en matière de logement, de gouvernance et d’éducation.
I always carry a copy of Treaty 9 with me. It is somewhat
tattered and torn, but I really believe it encompasses the reason
why we are here today.
J’ai toujours avec moi un exemplaire du traité no 9. Il est un
peu abîmé et déchiré, mais je crois vraiment qu’il constitue la
raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui.
8:82
Aboriginal Peoples
1-10-2014
It is said that ‘‘Nations make treaties, treaties do not make
nations,’’ and that is the truth. Any treaty has both treaty rights
and treaty obligations. We have remained true to our treaty
obligations in that we have lived in peace with our non-native
brothers. It is in the realm of treaty rights where the problems
reside and are allowed to grow. These created problems have been
articulated in the previous submission that was sent to your office,
but I will highlight some of the created problems.
On dit que ce ne sont pas les traités qui font les nations, que ce
sont les nations qui font les traités, et c’est tout à fait vrai. Chaque
traité comporte des droits et des obligations. Nous avons respecté
les obligations, en ce sens que nous avons vécu en paix avec nos
frères non autochtones. C’est sur le plan des droits qu’il y a des
problèmes, qu’on laisse empirer. Ces problèmes qui ont été créés
sont expliqués dans le mémoire que nous avons envoyé à votre
bureau, mais je vais néanmoins mettre en lumière certains d’entre
eux.
But before that, I want to go into some background. Canada,
as the successor state, has the legal obligation to enforce Treaty 9.
In their wisdom, Canada enacted the Indian Act which led to the
creation of the Department of Indian Affairs. The Indian Act is a
racist policy and has no place in treaty relationships, but it exists.
AANDC, for all its good intentions, must implement this racist
policy.
Auparavant, je vais par contre donner un peu de contexte. Le
Canada, en tant qu’État successeur, a l’obligation légale de mettre
en application le traité no 9. Dans sa sagesse, le Canada a
promulgué la Loi sur les Indiens, qui a donné lieu à la création du
ministère des Affaires indiennes. La Loi sur les Indiens est une
politique raciste, qui n’a pas sa place dans les traités, mais elle
existe. Le ministère des Affaires autochtones, en dépit de toutes
ses bonnes intentions, doit mettre en application cette politique
raciste.
The end result is the chaos which our people are forced to live
in as part of their daily lives. Yes, it is true. Third-world
conditions exist amongst our people. This negative existence is
not what my grandfather envisioned for our people. The Bible
tells me God wanted our people to have an abundant life, not the
squalid conditions we find in our community at this time. Please
remember these people are signatories to Treaty 9, and this Senate
committee must not only lament the deterioration of my
grandfather’s vision for our people when they signed Treaty 9,
but they must propose the process whereby Treaty 9 can be
enforced by Canada.
Le résultat est le chaos dans lequel notre peuple est forcé de
vivre au quotidien. C’est la vérité. Notre peuple vit dans des
conditions dignes du tiers monde. Cette existence malheureuse
n’est pas celle que mon grand-père avait imaginée pour notre
peuple. La Bible nous dit que Dieu voulait que notre peuple vive
dans l’abondance, et non pas dans les conditions misérables
actuelles. Souvenez-vous que ce peuple est signataire du
traité no 9, et votre comité sénatorial doit non seulement
déplorer le fait que la vision que mon grand-père avait pour
notre peuple lors de la signature du traité no 9 s’évanouit, mais il
doit aussi proposer un mécanisme permettant de mettre en
application le traité no 9 au Canada.
I’m not a Chief, so I never use the term ‘‘implementing the
treaty,’’ because I believe it’s in place; it’s in force.
Je ne suis pas un chef, alors je n’utilise jamais l’expression
« mettre en application le traité », car je crois qu’il est déjà en
place, qu’il est en vigueur.
A summary of the problems that we have is outlined in the
attachments here. The following was developed by our housing
program:
Dans les documents que nous avons fournis, vous trouverez un
résumé des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Les faits
que je vais citer ont été recueillis par les responsables de notre
programme de logement :
The 2014-2015 homeless number is 40 families — 34 families at
this time. There are 63 families and individuals who are forced to
share homes. The resulting overcrowding lists the following and
I’m going to just highlight four. This is to give a human face to
what is happening in our community.
En 2014-2015, le nombre de familles sans abri s’établira à 40. Il
y en a 34 à l’heure actuelle. Il y a 63 familles et personnes qui sont
forcées de partager une habitation. Il y a de nombreux logements
surpeuplés, et je vais mentionner le cas de quatre personnes qui
habitent dans un logement surpeuplé. Je le fais pour donner un
visage humain à la situation qui règne dans notre collectivité.
Eleazor Anderson lives with 14 people in a three-bedroom
house. Elly Fox lives with 11 people in a two-bedroom house.
Cornelius Anderson lives with 17 people in a three-bedroom
house. Jackson McKay lives with 15 in a three-bedroom house.
Eleazor Anderson habite avec 14 personnes dans une maison
de trois chambres à coucher. Elly Fox vit avec 11 personnes dans
une maison de deux chambres. Cornelius Anderson habite avec
17 personnes dans une maison de trois chambres. Jackson McKay
vit avec 15 personnes dans une maison de trois chambres.
For the community of Kasabonika Lake, we are faced with the
following: As made evident by the overcrowding list, our
population growth has outstripped the housing stock that we
have. Serviced lots are at a premium. We live on an island that’s
two miles long and half mile wide. To develop the required
Le parc actuel de logements de Kasabonika Lake ne suffit pas
pour répondre aux besoins en logement de notre population
croissante, comme le prouve le grand nombre de logements
surpeuplés. Les terrains viabilisés se vendent à prix fort. Nous
habitons dans une île qui fait deux milles de long et un demi-mille
1-10-2014
Peuples autochtones
8:83
housing lots with water and sewer service is very expensive. The
environment that we live in is the problem. Yet, INAC continues
to insist that we must develop these high-priced housing lots
which are mostly located in muskeg conditions. This is a waste of
our very minimum dollars.
de large. Il en coûte très cher pour bâtir tous les logements
nécessaires avec les services d’adduction d’eau et d’égouts. Le
milieu dans lequel nous vivons est la source du problème.
Pourtant, le ministère continue d’insister pour que nous bâtissions
des habitations sur ces terrains très coûteux où se trouvent
principalement des fondrières. Cela représente un gaspillage de
nos ressources financières très limitées.
Even if we could develop the required housing lots, Hydro One
Remote Communities Inc. has enforced a non-connection policy
upon our community. What we are forced to do is tear down the
old house and put a new house in the same spot. We have to use
the same wires for the new house. This situation locks us in a
process where we cannot construct any new houses to add to our
housing stock.
Même si nous bâtissions tous les logements nécessaires, il
demeure que la société Hydro One Remote Communities Inc. a
établi une politique de non-connexion à l’égard de notre
collectivité. Nous sommes alors contraints de détruire l’ancien
logement et d’en construire un nouveau au même endroit. Nous
devons utiliser les mêmes câbles pour le nouveau logement. La
situation fait en sorte que nous ne sommes pas en mesure de
construire de nouvelles habitations pour accroître notre parc de
logements.
We are past-extended in our water and sewer services as we
have no more serviced lots at this time. We are forced to rely on
trucked water and sewage services, which is very costly. Also, at
this time, our sewage plant is way past capacity and has been for
the last decade or so. There are times when raw sewage flows into
our lake water supply.
Nous ne pouvons pas non plus augmenter les services
d’adduction d’eau et d’égouts, car, en ce moment, nous n’avons
plus de terrains viabilisés à notre disposition. Nous sommes forcés
de compter sur des services d’adduction d’eau et d’égouts assurés
par camion, ce qui est très coûteux. En outre, à l’heure actuelle,
notre usine de traitement des eaux usées ne fournit plus du tout
depuis environ une dizaine d’années. Parfois, des eaux d’égout
brutes se retrouvent dans nos lacs.
We were almost forced to state our declaration of emergency
last week. Council was contemplating this action so that this
Senate committee could appreciate our people’s negative
situation. Our council has held off on this action as we have
been working hard to secure the required community
infrastructure.
La semaine dernière, nous avons pratiquement été forcés de
déclarer l’état d’urgence. Le conseil a envisagé de le faire pour que
le comité du Sénat comprenne bien la situation néfaste que vit
notre peuple. Le conseil a décidé de ne pas le faire, car nous
travaillons d’arrache-pied pour obtenir les infrastructures
nécessaires.
I am pleased to report as of today, I hope, that our Electric
Upgrade No. 5 will be approved by INAC, and the project will be
completed by Christmas 2015. For this coming Christmas, I will
only be allowed my one Christmas light.
Je suis ravi d’annoncer que notre projet no 5 de modernisation
du réseau électrique sera approuvé par le ministère et qu’il sera
achevé d’ici Noël 2015. Cette année, j’aurai le droit d’allumer
encore une fois une seule lumière de Noël.
We have received preliminary statements that our sewage
lagoon project will be approved for construction in 2015.
Nous avons également appris que notre projet d’étang de
stabilisation sera approuvé et que la construction pourra débuter
en 2015.
Last week, the chief and I went to the Royal Bank and they
agreed to provide us a loan so that we can construct 20 new
homes.
La semaine dernière, le chef et moi-même avons rencontré des
représentants de la Banque Royale, qui ont accepté de nous
consentir un prêt qui nous permettra de construire 20 nouvelles
habitations.
These great gains still face some difficulty due to the lack of
land for our housing lots. Remember, I said we live on an island
that’s two miles long and half mile wide. Now, we have to look at
so-called Ontario Crown land where we can place our next
housing subdivision. We know Ontario will throw blockades to
our additions-to- reserve project. I will leave it at that.
Nous sommes toutefois encore confrontés à certaines
difficultés en raison du manque de terrains. Rappelez-vous que
je vous ai dit que nous habitons dans une île qui fait deux milles
de long et un demi-mille de large. Maintenant, nous devons
envisager de construire nos logements sur des terres de la
Couronne qui appartiennent à l’Ontario. Nous savons que cette
province nous empêchera de construire nos habitations. Je n’en
dirai pas plus à ce sujet.
In terms of solutions, I’m not here to again lament the
enormous difficulties we face in our work to create a better
community for our people. We have solutions which we will
Pour ce qui est des solutions, je ne suis pas ici pour déplorer
encore une fois les graves difficultés auxquelles nous faisons face
dans le cadre du travail que nous effectuons en vue de bâtir une
8:84
Aboriginal Peoples
1-10-2014
articulate, and they point to the introductory comments. Treaty 9
is here, and it is alive. Canada needs to meet their treaty
obligations because the sun still shines, the grass still grows and
the river still flows.
meilleure collectivité pour notre peuple. Nous allons vous faire
part de nos solutions, qui sont liées aux commentaires que j’ai
faits au début. Le traité no 9 existe. Le Canada doit respecter les
obligations issues du traité, car le soleil brille encore, l’herbe
pousse toujours et l’eau continue de couler dans les rivières.
In terms of the housing funds, the obvious answer is more
funding.
En ce qui a trait aux fonds attribués pour le logement, il est
évident que ce financement doit être augmenté.
Let us look at our situation. In order to meet the rigid
stipulations of the housing code, the end result, as had been said
here, is one new house now costs $250,000. Our First Nation is
allocated $400,000 in minor capital funds. In order to build four
houses each year, we have to assemble the required funds from
many sources. Due to the lack of certainty of these funds, this
situation cannot continue, as the major source of funds are the
bank loans. Slowly but surely, our First Nation is being edged
toward either co-management or third-party management
because of these loans. Perhaps this is the end-game scenario
for our First Nation by INAC, but this process cannot be allowed
to continue.
Examinons notre situation. Étant donné les exigences strictes
du Code du bâtiment, il faut débourser, comme nous l’avons dit,
250 000 $ pour une nouvelle habitation. Notre Première Nation
reçoit 400 000 $ pour des dépenses en capital secondaires. Pour
être en mesure de construire quatre habitations par année, nous
devons obtenir des fonds de nombreuses sources. Étant donné
l’incertitude liée au financement, les choses doivent changer, car la
principale source de financement provient des emprunts
bancaires. Lentement, mais sûrement, notre Première Nation est
poussée vers la cogestion ou la gestion par un tiers à cause de ces
emprunts. Il s’agit peut-être de l’objectif ultime visé par le
ministère pour notre Première Nation, mais cette situation ne peut
pas persister.
The remoteness factor is part of the funding system, and we
need to take a look, a hard look, at what the remoteness factor
should entail. The amount allocated for remoteness factor must
be greatly increased.
L’éloignement est un facteur qui entre en ligne de compte dans
le financement, et nous devons nous pencher sérieusement sur ce
que cela implique. La somme accordée pour l’éloignement doit
être augmentée considérablement.
As you are aware, our First Nations are allocated funds from
Canada and Ontario. We have sometimes managed to create
surpluses within some of our programs, but then we are required
to hand these funds back. We should be able to hold on to any
surplus funds and apply them toward housing, renovations and
maintenance needs.
Comme vous le savez, nos Premières Nations reçoivent du
financement de la part des gouvernements fédéral et ontarien.
Nous avons parfois réussi à accumuler un excédent dans certains
de nos programmes, mais nous sommes forcés de redonner cet
argent. Nous devrions être en mesure de conserver ces excédents
et de les utiliser pour répondre aux besoins en logement, en
rénovations et en entretien.
One idea is to create a housing commission for remote First
Nations, those communities that are only accessible by air.
Instead of competing for the scarce housing funds, we need to find
ways to create the required housing funds.
On a proposé l’idée de créer une commission du logement pour
les Premières Nations éloignées, c’est-à-dire les collectivités qui
sont accessibles uniquement par voie aérienne. Au lieu de nous
battre pour obtenir le peu de fonds consacrés au logement, nous
devons trouver des façons d’amasser le financement nécessaire
pour le logement.
In the meantime, a low-cost, low-interest housing capital
borrowing solution guaranteed by the government, like CMHC
section 95, should be made available, and the focus must be home
ownership. We are doing this right now with those ten houses that
we are getting through the bank loan.
Entre-temps, des emprunts pour le logement à faible taux
d’intérêt et garantis par le gouvernement, comme le prévoit
l’article 95 visant la SCHL, devraient être offerts, et l’objectif
devrait être l’accession à la propriété. C’est ce que nous faisons en
ce moment à l’égard des 10 habitations dont nous faisons
l’acquisition grâce à un emprunt bancaire.
With regard to community infrastructure, the following is our
situation. In recent years, INAC has combined our housing
dollars and our community infrastructure dollars, and council is
forced to choose where to allocate the provided funds. Either we
provide more to infrastructure and the housing gap increases or
we allocate more to the community infrastructure and the housing
deteriorates more rapidly. This kind of situation doesn’t allow for
long-term planning.
Je vais maintenant vous brosser un portrait de la situation en
ce qui concerne l’infrastructure dans notre collectivité. Dans les
dernières années, le ministère a combiné les fonds accordés pour le
logement aux fonds attribués pour l’infrastructure, et le conseil est
maintenant forcé de déterminer où ira le financement obtenu. Si
nous consacrons davantage de fonds à l’infrastructure, le manque
de logements sera encore plus criant et les habitations vont se
détériorer plus rapidement. Ce genre de situation ne permet pas
d’effectuer une planification à long terme.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:85
At this time, INAC’s past and present approach of robbing
Paul to pay Peter has resulted in national chaos for all our First
Nations. We are being coerced into competing for the available
infrastructure dollars and that results in lack of cooperation in
combatting our continuing problems at the local, regional, and
national levels by our leadership.
L’approche qu’a toujours adoptée le ministère, et qu’il
continue d’adopter, qui consiste à prendre à Pierre pour donner
à Paul, a créé un chaos national pour l’ensemble des Premières
Nations. Nous sommes forcés de nous faire concurrence pour les
fonds réservés à l’infrastructure, ce qui a pour résultat que nous
ne collaborons pas pour résoudre nos problèmes persistants au
niveau local, régional et national.
INAC has their Guidelines for the Alternative Approaches to
Growth Related Capital Infrastructure Projects. The Ontario
First Nations Technical Services Corporation, in conjunction
with our tribal councils, must work on the Ontario-wide strategic
plan on how we can upgrade this program to expand its mandate
and amount of funding.
Le ministère a établi des lignes directrices relatives aux
approches novatrices concernant les projets d’infrastructure liés
à la croissance. L’Ontario First Nations Technical Services
Corporation, en collaboration avec nos conseils tribaux, doit
élaborer un plan stratégique pour l’ensemble de la province qui
permettra d’élargir son mandat et d’accroître le financement.
In the capital planning process that we are going to start, our
focus is a 20-year housing/infrastructure plan. Funds need to be
provided for this process for each First Nation, and then a process
can be developed as to how we would be able to implement each
of our First Nation’s 20-year housing/infrastructure plans.
Dans le cadre de ce processus de planification que nous
amorcerons, nous visons l’élaboration d’un plan de 20 ans pour le
logement et l’infrastructure. Des fonds doivent être accordés à
chaque Première Nation pour ce processus. Il faudra ensuite
déterminer comment les plans pour le logement et l’infrastructure
de chaque Première Nation seront mis en œuvre.
On each side of me is a chief, one from Attawapiskat and one
from Muskrat Dam. The present process forces us to compete for
the available dollars that are provided. There is no way that we
are able to incorporate, even if we wanted to. That has to change,
and the only way we can do that is if all of us put together our
own plans and work together to find solutions that will allow us
to do what needs to be done for each of our communities.
Je suis entouré de deux chefs, un d’Attawapiskat et l’autre de
Muskrat Dam. L’approche actuelle nous force à rivaliser pour
obtenir le financement offert. Il n’est pas possible de nous
associer, même si nous le voulions. Cette situation doit changer et
la seule façon pour nous d’y parvenir, c’est en combinant nos
plans et en travaillant ensemble pour trouver des solutions qui
nous permettront de faire ce qui s’impose dans chacune de nos
collectivités.
Education is one of my portfolios. In 1994, our people had a
good year. That is when we had the grand opening for our Chief
Simeon McKay Education Centre. In 1980, Chief Simeon had
asked me to write the proposal to INAC for a new school. At that
time, we had a very bad teacherage and three-classroom school. It
took 14 years to build a new school.
Dans le cadre de mon travail, je m’occupe aussi d’éducation.
En 1994, notre peuple a connu une bonne année, puisqu’elle a
marqué l’ouverture du Chief Simeon McKay Education Centre.
En 1980, le chef Simeon m’avait demandé de rédiger une
proposition pour la construction d’une nouvelle école à
l’intention du ministère. À cette époque, nous avions une école
comptant trois salles de classe et une résidence pour les
enseignants qui était en très mauvais état. Il a fallu attendre
14 ans pour la construction de cette nouvelle école.
Right now, our student population is very high, and any
available space we have is used as classroom space. We are talking
about libraries, storage room. Storage room is where we have our
special needs education teacher. It’s a classroom. I think it’s a
room the size of this square in the middle.
En ce moment, nous avons un très grand nombre d’élèves, et
tout l’espace libre dont nous disposons est utilisé comme salle de
classe. Je veux parler des bibliothèques et de la salle
d’entreposage. La salle d’entreposage est utilisée comme salle de
classe par notre enseignant en adaptation scolaire. Je crois que
cette salle est de la même grandeur que l’espace qui se trouve ici
au milieu.
We need a new school for our students and, this past summer,
we submitted our proposal to INAC to start a new school study,
and we hope we don’t have to wait 14 years for this one. It is also
our hope that we will be able to be provided with enough
teacherages so that we can entice teachers to stay longer. Right
now, we are forced to hire couples because we don’t have enough
teacherages.
Nous avons besoin d’une nouvelle école pour nos élèves et c’est
pourquoi, l’été dernier, nous avons proposé au ministère
d’entreprendre une étude sur la construction d’une nouvelle
école, et nous espérons ne pas avoir à attendre 14 ans pour
l’obtenir. Nous espérons également avoir suffisamment de
résidences pour enseignants de façon à inciter les professeurs à
rester plus longtemps. À l’heure actuelle, nous sommes forcés
d’embaucher des couples, car nous n’avons pas suffisamment de
résidences.
8:86
Aboriginal Peoples
1-10-2014
The nursing station is not part of my portfolio, but it falls
under major projects. We do not have a full nursing staff because
we don’t have enough accommodation for them. We all know the
health problems that our people face, and we do need a wellequipped and modern nursing station. The lack of power has
forced the cancellation of one start date, but with the good news
this afternoon, I’m hoping we can start planning for the new
nursing station by 2017-18.
Je ne m’occupe pas des postes infirmiers, mais c’est un dossier
qui est lié à des projets d’envergure. Nous n’avons pas
suffisamment d’infirmières, car les installations pour les
accueillir font défaut. Nous connaissons tous les problèmes de
santé qui touchent notre peuple, et c’est pourquoi nous avons
besoin de postes infirmiers modernes et bien équipés. L’absence
d’électricité a forcé l’annulation de l’ouverture d’un poste
infirmier, mais étant donné les bonnes nouvelles que nous avons
reçues cet après-midi, j’ose espérer que nous pourrons commencer
la planification pour l’établissement d’un nouveau poste infirmier
d’ici 2017-2018.
We have been working on governance since 2005. We have
some codes and policies in place, but there’s no capacity-building
dollars provided.
Nous travaillons sur la gouvernance depuis 2005. Nous avons
mis en place des codes et des politiques, mais nous ne disposons
d’aucuns fonds pour le renforcement des capacités.
We mentioned a need for a 20-year housing/infrastructure plan
for our community. In order for this plan to work, we need to
update our governance system so that the plan can continue no
matter who is on council. Without a proper 20-year housing plan
which is endorsed for our people, we will only remain with the
status quo.
Nous avons parlé de la nécessité d’établir un plan pour
l’infrastructure et le logement pour les 20 prochaines années, et,
pour que ce plan fonctionne, nous devons moderniser notre
régime de gouvernance, afin que le plan puisse continuer d’être
mis en œuvre peu importe qui siège au conseil. Si nous
n’établissons pas un plan en bonne et due forme pour le
logement pour les 20 prochaines années, nous ne ferons que
maintenir le statu quo.
When I mentioned the Indian Act being part of the ongoing
problem, it is in the area of stable governance where this
antiquated piece of racist legislation rears its ugly head. Each
elected council is given two years whereby to initiate any real
change, and that is an impossible task. I will leave that at that
point.
J’ai mentionné plus tôt que la Loi sur les Indiens constituait un
élément du problème persistant, et c’est sur le plan de la stabilité
au niveau de la gouvernance que cette mesure législative raciste et
dépassée révèle son côté le plus hideux. Chaque conseil élu dispose
de deux ans pour amorcer un véritable changement, ce qui est
impossible à faire. C’est tout ce que je dirai là-dessus pour
l’instant.
In conclusion, I sometimes hear Prime Minister Harper on the
world stage talk about human rights. I wonder if he recognizes
housing as part of the right to an adequate standard of living. The
right of housing is recognized in a number of international human
rights instruments. Article 25 of the Universal Declaration of
Human Rights recognizes the right of housing as part of the right
to an adequate standard of living. It states that:
Enfin, j’entends parfois le premier ministre Harper parler des
droits de la personne sur la scène internationale. Je me demande
s’il reconnaît que le logement fait partie du droit à un niveau de
vie suffisant. Le droit au logement est reconnu dans un certain
nombre d’instruments internationaux en matière de droits de la
personne. L’article 25 de la Déclaration universelle des droits de
l’homme reconnaît que le droit au logement fait partie du droit à
un niveau de vie suffisant. Il se lit comme suit :
Everyone has the right to a standard of living adequate for
the health and well-being of himself and of his family,
including food, clothing, housing and medical care and
necessary social services, and the right to security in the
event of unemployment, sickness, disability, widowhood,
old age or other lack of livelihood in circumstances beyond
his control.
Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour
assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille,
notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement,
les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux
nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de
maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les
autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite des
circonstances indépendantes de sa volonté.
Article 11(1) of the International Covenant on Economic,
Social, and Cultural Rights also guarantees the right to housing as
part of the right to an adequate standard of living.
Le paragraphe 11(1) du Pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels garantit aussi le droit au
logement, qui fait partie du droit à un niveau de vie suffisant.
In international human rights law, the right to housing is
regarded as a freestanding right. This was clarified in 1991
General Comment No. 4 on Adequate Housing by the United
Dans le domaine du droit international en matière de droits de
la personne, le droit au logement est considéré comme un droit
naturel. Cela a été mentionné clairement dans l’observation
1-10-2014
Peuples autochtones
8:87
Nations Committee on Economic, Social, and Cultural Rights.
The general comment provides the interpretation of the right to
housing in legal terms under international law.
générale no 4 de 1991 sur le logement suffisant du Comité des
Nations Unies des droits économiques, sociaux et culturels.
L’observation générale fournit l’interprétation du droit au
logement dans des termes juridiques en vertu du droit
international.
Yesterday’s Chronicle Journal, the local newspaper, carried a
story about this committee, and they made the statement:
‘‘During the debate, it was noted that the inadequate state of
First Nation infrastructure was already outlined in a 2011
Auditor- General’s report.’’ I guess they were surmising that
there was no need for you people to come around and see us.
Hier, le journal local, le Chronicle Journal, a publié un
article au sujet de votre comité. On mentionnait que, durant le
débat, on a souligné que l’insuffisance des infrastructures dans les
collectivités des Premières Nations avait déjà été mise en lumière
dans le rapport de 2011 de la vérificatrice générale. J’imagine
qu’on voulait insinuer qu’il n’était pas nécessaire pour vous de
vous déplacer jusqu’ici pour nous rencontrer.
I am providing the briefing note for the Nishnawbe Aski
Nation/Media Community Visit from January 18, 2012. This
report was prepared one year after the 2011 Auditor-General’s
report, and you can view the conditions at that time. Nothing has
changed.
Je vous ai fourni la note d’information préparée pour la visite
des médias dans la Première Nation Nishnawbe Aski, datée du 18
janvier 2012. Cette note a été préparée un an après la publication
du rapport de 2011 de la vérificatrice générale, et on peut y lire
quelles étaient les conditions de vie à cette époque. Rien n’a
changé depuis.
Will anything change due to our submissions to this Standing
Senate Committee on Aboriginal Peoples?
Y aura-t-il des changements à la suite de la présentation de nos
mémoires au Comité sénatorial permanent des peuples
autochtones?
The honour of the Crown is tarnished as they have not kept
their word in regard to Treaty 9. The promises made to our
grandfathers have not been fulfilled. The vision of our
grandfathers has not been lived up to by Canada.
L’honneur de la Couronne est terni parce qu’elle n’a pas tenu
parole au sujet du traité no 9. Les promesses faites à nos grandspères n’ont pas été respectées. Le Canada n’a pas su concrétiser la
vision de nos grands-pères.
The James Bay Treaty, Treaty 9, is alive and well among our
own People.
Le traité de la baie James, le traité no 9, existe bel et bien aux
yeux de notre peuple.
We ask this Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples
to inform Prime Minister Harper that Canada must fulfill its
treaty obligations to our People.
Nous demandons au Comité sénatorial permanent des peuples
autochtones d’aviser le premier ministre Harper que le Canada
doit respecter ses obligations issues du traité à l’égard de notre
peuple.
Thank you and God bless.
Je vous remercie, et que Dieu vous bénisse.
The Chair: Thank you very much, Mr. Morris, on behalf of the
committee for a very thoughtful and compelling presentation and
for the material you have provided.
Le président : Je vous remercie beaucoup, monsieur Morris, au
nom des membres du comité pour cet exposé très réfléchi et
convaincant et pour les documents que vous avez fournis.
I just want to say that we have chosen to study this subject
intensively this year and into next year not because it’s easy, but
because we all believe and recognize this is an extremely
important issue that affects all aspects of life in First Nations
communities.
Je tiens seulement à dire que nous avons décidé d’étudier ce
sujet en profondeur cette année et au début de l’année prochaine,
non pas parce que c’est facile, mais parce que nous croyons et
reconnaissons tous qu’il s’agit d’un sujet extrêmement important
qui a une incidence sur tous les aspects de la vie des collectivités
des Premières Nations.
We thank you for your help. We certainly sense your
frustration and I can only hope that we can make a difference,
and we will make a difference.
Nous vous remercions pour votre contribution. Il est certain
que nous ressentons votre frustration et j’ose espérer que nous
pourrons améliorer les choses; en fait, c’est ce que nous allons
faire.
I will note that we are committed to issuing a report before the
end of this year, an interim report, with recommendations to
which the government will be required to respond. We are
committed to doing that.
Je signale que nous comptons publier un rapport avant la fin
de l’année, un rapport provisoire, qui comportera des
recommandations auxquelles le gouvernement devra répondre.
C’est ce que nous nous engageons à faire.
Thank you for your help in advancing our understanding of
the problem.
Je vous remercie de nous avoir aidés à mieux comprendre le
problème.
8:88
Aboriginal Peoples
1-10-2014
We also have an opportunity to hear from Chief Gordon
Beardy of the Muskrat Dam First Nation.
Nous pourrons maintenant entendre le chef Gordon Beardy de
la Première Nation de Muskrat Dam.
If you are ready, sir, please proceed. You have to hold the
button down when you are speaking, please.
Si vous êtes prêt, monsieur, allez-y. Vous devez maintenir le
bouton enfoncé lorsque vous parlez.
Gordon Beardy, Chief, Muskrat Dam First Nation: Thank you
very much.
Gordon Beardy, chef, Première Nation de Muskrat Dam : Je
vous remercie beaucoup.
I’m the Chief of Muskrat Dam First Nation. I’m the grandson
of Sampson Beardy. Sampson Beardy was the chief at the time
when Kitchenuhmaykoosib signed the treaty, so I know what
treaty agreements were made and how your government has lied
to us and broken every promise that they made.
Je suis le chef de la Première Nation de Muskrat Dam. Je suis
le petit-fils de Sampson Beardy, qui était le chef lorsque la bande
de Kitchenuhmaykoosib a signé le traité, alors je sais quelles
ententes ont été conclues et dans quelle mesure votre
gouvernement nous a menti et n’a pas respecté les promesses
qu’il a faites.
Until this day, we have continued to feel oppressed and we
continue to suffer. With the Government of Canada, under Prime
Minister Harper, I feel like we are not in Canada. He seems like a
dictator. There are always new bills that are being pushed through
without consulting us, without acknowledging us.
Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas cessé de nous sentir opprimés
et nous continuons de souffrir. Sous la gouverne du premier
ministre Harper, je ne sens pas que je fais partie du Canada. Il
ressemble à un dictateur. On force l’adoption de nouveaux projets
de loi sans nous consulter, sans tenir compte de nos peuples.
I just want to make the point that I have no trust in the
government. They haven’t given me any reason why I should trust
them. I don’t know why I am here, how this presentation will be
used. It could be used against me, or maybe it is about time that
the government becomes sincere in how they relate to First
Nations people under the treaty.
Je tiens à dire que je n’ai aucune confiance dans le
gouvernement. Il ne m’a donné aucune raison d’avoir confiance
en lui. Je ne sais pas pourquoi je suis ici ni ce qu’on fera de mon
exposé. On l’utilisera peut-être contre moi, ou il est peut-être
temps que le gouvernement devienne sincère à propos de sa
relation avec les Premières Nations en vertu du traité.
When you look at the background of Muskrat Dam, our
reserve is located in northwestern Ontario and it is one of the
remote communities in the extreme northern region of the
province. Northern Ontario has been known to be the
traditional homelands and historical habitat of Aboriginal
people for thousands of years, and at the moment, it is still
aborigine wilderness.
La réserve de la Première Nation de Muskrat Dam est située
dans le nord-ouest de l’Ontario et c’est l’une des communautés
éloignées situées dans l’extrême nord de la province. Le nord de
l’Ontario est la patrie traditionnelle des peuples autochtones
depuis des milliers d’années et c’est encore un territoire sauvage.
Muskrat Dam First Nation became independent with reserve
status in 1976. Currently, Muskrat Dam has 435 registered First
Nation members with an ongoing fluctuation of on- and offreserve population due to the lack of housing in the community or
better opportunities for employment in the urban centre, or for
further education in high schools, colleges and universities, and
many people have to be close to better health centre facilities in
the urban areas, especially elders who are in need of care or
special care.
La Première Nation de Muskrat Dam est devenue
indépendante en obtenant le statut de réserve en 1976.
Actuellement, Muskart Dam compte 435 membres enregistrés
des Premières Nations, et le nombre de membres qui vivent dans
la réserve et hors réserve fluctue en raison du manque de
logements, de meilleures possibilités d’emploi dans les centres
urbains, de la poursuite des études dans des écoles secondaires,
des collèges et des universités. En outre, bien des gens doivent
aller habiter à proximité de meilleurs centres de soins de santé
dans les régions urbaines, surtout les aînés, qui ont besoin de
soins, parfois spécialisés.
The population statistics show the growth rate increases each
year, and the average family has between three to six children in
the household.
Les statistiques révèlent que le taux de croissance de la
population augmente chaque année, et que les familles ont en
moyenne entre trois et six enfants.
The community is accessible year round by airport only and
the winter roads from December to March.
La collectivité est accessible à l’année longue par voie aérienne,
et l’hiver, c’est-à-dire de décembre à mars, par les routes.
Housing crisis: Muskrat Dam community is experiencing a
serious backlog of housing needs for 25 family units. We have
built 28 units within the last five years to try and meet the needs of
our people.
Je vais parler maintenant de la crise du logement. La
collectivité de Muskrat Dam a encore besoin de 25 habitations.
Nous en avons construit 28 au cours des cinq dernières années
pour essayer de répondre aux besoins de notre peuple.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:89
The First Nation continues to upgrade and renovate houses
since the life expectancy of a new house is only 15 years due to the
type of building materials we can afford. Damages can occur as
the outcome of severe weather conditions and climate changes in
northern Ontario. Many housing units cannot last more than
10 years.
La première nation continue de moderniser et de rénover les
habitations, étant donné que la durée de vie d’un nouveau
logement n’est que de 15 ans en raison du type de matériaux que
nous pouvons nous permettre d’utiliser. Des dommages peuvent
être causés par des conditions météorologiques extrêmes et les
changements climatiques qui se produisent dans le nord de
l’Ontario. Un grand nombre de logements ne sont plus habitables
au bout d’une dizaine d’années.
With the current substandard residential units, many of them
develop moisture within the interior structure which creates the
potential for health-related problems to the occupants, especially
the elderly and the children.
Puisque ces logements ne répondent pas aux normes, il se crée
la plupart du temps de l’humidité à l’intérieur de la structure, ce
qui peut donner lieu à des problèmes de santé, particulièrement
chez les aînés et les enfants.
Approximately 95 per cent of residential units are heated with
wood stoves.
Environ 95 p. 100 des habitations sont chauffées à l’aide de
poêles à bois.
Drinking water crisis and road network: Our treatment plant
has been providing the water for the past 20 years and has never
been upgraded. I have a letter here. For the past 11 years now, we
have been in a boil-water advisory situation. The community
membership is continually subject to health problems due to the
consumption of contaminated water contributing to increased
illnesses.
Je vais maintenant aborder la question de la crise de l’eau
potable et du réseau routier. Notre usine de traitement des eaux
usées approvisionne la population en eau depuis les 20 dernières
années et elle n’a jamais été modernisée. J’ai sous les yeux une
lettre. Depuis les 11 dernières années, un avis d’ébullition de l’eau
est en vigueur. Les membres de la collectivité sont
continuellement sujets à des problèmes de santé attribuables à
la consommation d’eau contaminée, ce qui contribue à augmenter
les cas de maladie.
The Muskrat Dam water treatment plant that was built
20 years ago does not meet the standards that are required today.
We don’t have a second reservoir for filtering to give clean water.
I have stated again and again to the government people that
children are getting sick; people are getting sick.
L’usine de traitement des eaux usées de Muskrat Dam, qui a
été construite il y a 20 ans, ne respecte pas les normes
d’aujourd’hui. Nous ne disposons pas d’un second bassin de
filtration pour rendre l’eau potable. J’ai déclaré à maintes reprises
aux représentants du gouvernement que des enfants tombent
malades; des gens tombent malades.
Individual houses, band office, nursing station, post office,
stores, schools, daycare centres, recreation centres; all our
facilities are advised not to drink water, but they still have to
brush their teeth. They still have to use it in other ways.
Les responsables de toutes nos installations, qu’il s’agisse des
logements, des bureaux des bandes, des postes infirmiers, des
bureaux de poste, des commerces, des écoles, des garderies et des
centres de loisirs, ont été avisés que l’eau n’est pas potable, mais
les gens doivent tout de même se brosser les dents. Ils doivent
utiliser l’eau à d’autres fins.
We have been negotiating to try and get this going but to no
avail. This is Canada, and that’s what makes me mad. It’s that
our resources are being extracted and our land and water are
being contaminated. I can’t drink the water I used to drink
growing up because of the pollution that is created by the
foreigners.
Nous avons entrepris des négociations en vue de faire avancer
les choses, mais cela n’a rien donné. Nous vivons au Canada, et
c’est ce qui me rend furieux. Nos ressources sont exploitées et nos
terres et nos cours d’eau sont contaminés. Je ne peux pas boire
l’eau que je buvais quand j’étais enfant en raison de la pollution
causée par les étrangers.
Now, you make us beg. I’m not a beggar. You make us beg
again and again. We are proud First Nations people.
Vous nous forcez à quémander. Je ne suis pas un mendiant.
Vous nous forcez sans cesse à quémander. Notre peuple des
Premières Nations est un peuple fier.
My dad taught me to get up at two o’clock in the morning to
start going into my trap line to hunt and to provide. I’m not a
beggar. Why do you make us beg for every little problem that you
have created for us?
Mon père m’a enseigné à me lever à deux heures dans la nuit
pour me rendre sur mon sentier de piégeage et chasser pour
remplir mon rôle de pourvoyeur. Je ne suis pas un mendiant.
Pourquoi vous nous forcez à quémander pour parvenir à régler
chaque petit problème que vous avez créé?
We have five kilometres of gravel road to the airport, and then
we extended the gravel road, which we call ‘‘Harvesting Trail.’’
Nowadays, elders want to keep on practising their traditional
Nous avons une route de gravier de cinq kilomètres qui mène à
l’aéroport, que nous avons prolongée et que nous appelons « le
sentier de la chasse ». De nos jours, les aînés veulent poursuivre
8:90
Aboriginal Peoples
1-10-2014
ways. Children are taught at an early age to go into the land, to be
with their families. So we built this Harvesting Trail where they
can harvest rabbits, partridges, other meats in order to
supplement their diet.
leurs façons de faire traditionnelles On enseigne très tôt aux
enfants à aller sur les terres et à accompagner leurs familles. Nous
avons donc aménagé ce sentier où les gens peuvent chasser le
lapin, la perdrix et d’autres animaux pour compléter leur régime
alimentaire.
What has happened is we haven’t had a penny from the
government to offset our costs. We have been harassed by MNR
to stop the project, and we can’t afford to. Isolated communities
have had suicides because the people don’t have anything to do.
Nous n’avons pas reçu un sou du gouvernement pour
compenser nos coûts. Nous sommes harcelés par le ministère
des Ressources naturelles, qui nous demande d’arrêter le projet,
mais c’est impossible. Il y a eu des suicides dans des collectivités
éloignées parce que les gens n’ont rien à faire.
So we need the government to open their eyes, to listen to us,
and to stop legislating us.
Le gouvernement doit ouvrir les yeux, nous écouter et cesser de
créer des lois pour nous.
Fuel costs are staggering. Another important need for our
community is the fuel for heavy equipment, small engine
equipment, vehicles, diesel engines, and indoor furnaces. The
cost of fuel is very expensive in comparison to the South. Winter
road system is most economical for fuel delivery, but the
community does not have sufficient storage for an annual supply.
Les coûts du carburant sont exorbitants. Notre collectivité a
grandement besoin de carburant pour la machinerie lourde, les
appareils dotés de petits moteurs, les véhicules, les moteurs diesel
et les fournaises. Le coût du carburant est très élevé par rapport
au prix auquel il se vend dans le Sud. En hiver, la livraison du
carburant par le réseau routier est ce qui est le plus économique,
mais la collectivité ne dispose pas d’installations d’entreposage
suffisantes pour recevoir un approvisionnement pour un an.
The gas to travel costs us right now $1.80 per litre. Once we run
out, when we fly, then it costs $2.85 a litre. It could be more
depending on when the fuel goes up and down. During the
summer, fuel has to be flown in to last until winter road delivery
sometime in January.
Le prix de l’essence est fixé en ce moment à 1,80 $ le litre. Le
coût du carburant pour les avions s’élève à 2,85 $ le litre. Ces prix
peuvent augmenter si les cours grimpent. Durant l’été, on doit
faire livrer du carburant par voie aérienne pour se constituer une
réserve qui doit durer jusqu’à ce que la livraison par le réseau
routier commence à s’effectuer en hiver, au mois de janvier.
The cost of living, which is disgraceful, is subject to delivery
systems for necessities. Limited ground transportation is utilized,
winter road, for four months a year. It benefits our community
much better than the air freight delivery system.
Le coût de la vie, qui est abominable, est attribuable aux
moyens de livraison des biens essentiels. On a recours au
transport terrestre seulement quatre mois par année, durant
l’hiver. C’est beaucoup plus avantageux pour notre collectivité
que le transport par voie aérienne.
Much of our community revenue and family income will
continue to subsidize the cost of freight. Therefore, families and
individuals who are dependent on social assistance and Old Age
Security pensions will continue to experience lack of financial
support considering that they only get their financial assistance
once a month. Social assistance for a single person is about $300.
This amount can only provide a week of food supplies. That is an
honest truth. Many are struggling. Many are going hungry.
Une grande partie des revenus de la collectivité et des familles
continuera de subventionner le coût du transport par voie
aérienne. Par conséquent, les familles et les personnes qui
dépendent de l’aide sociale et de la Sécurité de la vieillesse
continueront d’éprouver des difficultés financières puisqu’elles
reçoivent leur paiement une fois par mois seulement. La
prestation d’aide sociale pour une personne seule s’élève à
environ 300 $. Cette somme permet seulement de payer
l’épicerie pour une semaine. C’est la pure vérité. Un grand
nombre de gens ont de la difficulté à joindre les deux bouts et à se
nourrir.
If you were in our shoes as chiefs, you would be screaming.
You would be screaming, especially when you know the land
belongs to your people, and it’s being used by others to their
benefit.
Si vous étiez des chefs comme nous, vous pousseriez des hauts
cris. Vous seriez en train d’hurler, surtout lorsque vous savez que
les terres appartiennent à votre peuple et qu’elles sont exploitées
par d’autres pour leur profit.
Associated social issues: Young people are severely impacted
with limited activities, such as training programs, employment
skills programs and recreational programs, to name a few, which
can help alleviate some of our current social problems. As a result,
they begin using prescription drugs which has reached an
epidemic scale, with no fast cure for individuals.
Je vais maintenant aborder la question des problèmes sociaux.
Les jeunes sont lourdement touchés parce qu’il existe très peu de
programmes de formation, de programmes de développement des
compétences professionnelles et de programmes de loisirs, pour
n’en nommer que quelques-uns, qui peuvent aider à diminuer
certains des problèmes sociaux actuels. En raison de cette
1-10-2014
Peuples autochtones
8:91
situation, les jeunes sont très nombreux à faire usage de
médicaments d’ordonnance, et il n’existe aucune solution rapide
à ce problème.
We have to continue to run our sub-oxone program, which is
our local rehabilitation program, and it’s only for a 28-day
period. The program is meant to provide the initial stages of
rehabilitation procedures and awareness for programming which
is needed by individuals who complete the 28-day period.
Nous devons maintenir notre programme de suboxone, qui est
notre programme local de réhabilitation, d’une durée de 28 jours
seulement. Au terme de cette période, les personnes ont amorcé
les premières étapes de la réhabilitation et de la sensibilisation.
The First Nation involves professional counsellors to conduct
on-site counselling sessions, but it lacks proper financial
assistance to hire more professional resource people. We have
very limited funds to operate this program and, currently, we are
struggling to find funds for aftercare. The key element of aftercare
is to provide continuous support for individuals who complete the
28-day program.
Notre Première Nation a recours à des conseillers
professionnels pour offrir des séances de counseling sur place,
mais nous n’avons pas les moyens financiers nécessaires pour
embaucher davantage de professionnels. Nous disposons de très
peu de ressources pour mettre en œuvre ce programme et nous
avons en ce moment beaucoup de mal à trouver des fonds pour
assurer le suivi. L’objectif principal du suivi est de fournir du
soutien de façon continue aux personnes qui ont terminé le
programme de 28 jours.
Many of our young people have come forward. They want
help, and we want to help them, but we cannot help them if the
government is not going to stand up and help us to help our
people.
Un grand nombre de nos jeunes se sont adressés à nous. Ils
veulent de l’aide, et nous voulons leur venir en aide, mais nous ne
pouvons pas le faire si le gouvernement ne se décide pas à nous
aider et à aider notre peuple.
Funding issues: Since Muskrat Dam First Nation received
reserve status, it has not been receiving adequate funding for
housing, community infrastructure, and public services. Annual
capital funding for housing can only afford substandard building
materials, which in most cases may only meet basic requirements
within the building code guiding principles.
Maintenant, parlons du financement. Depuis que la Première
Nation de Muskrat Dam a obtenu le statut de réserve, elle ne
reçoit pas suffisamment de fonds pour le logement, les
infrastructures et les services publics. Avec le financement
annuel que nous recevons pour le logement, nous pouvons
seulement nous permettre d’acheter des matériaux de construction
de piètre qualité, qui, dans la plupart des cas, respectent
uniquement les exigences de base du code du bâtiment.
Without federal government’s attention and commitment to
assist Muskrat Dam First Nation with additional capital funding,
it is unlikely that our community will ever have access to proper
residential units, clean drinking water, adequate road
maintenance, management and control of our social issues/
problems and other financial support for our community
infrastructure.
Si le gouvernement fédéral ne s’engage pas à accroître le
financement destiné à la Première Nation de Muskrat Dam, il est
peu probable que notre collectivité puisse un jour avoir accès à
des logements convenables, à de l’eau potable, à des routes
maintenues en bon état et qu’elle puisse gérer comme elle l’entend
ses problèmes sociaux et d’autres fonds qu’elle reçoit pour les
infrastructures.
Muskrat Dam is in need of funding to help our young people
with drug problems, and it is urgent that the federal government
understand our position. The word ‘‘urgent’’ does not mean five
years from now. We expect action on what we have presented
here.
La Première Nation de Muskrat Dam a besoin d’un soutien
financier pour aider les jeunes qui sont aux prises avec des
problèmes de drogue, et il est urgent que le gouvernement fédéral
comprenne notre situation. Le mot « urgent » ne veut pas dire
dans cinq ans. Nous nous attendons à ce que des mesures soient
prises à propos de ce que nous venons de vous exposer.
The majority of Canadians — this is embarrassing — continue
to enjoy what is expected as basic services in most southern parts
of the provinces across Canada.
La majorité des Canadiens — et c’est honteux — continuent
d’avoir droit aux services de base dans la plupart des régions du
sud des provinces canadiennes.
When I look at the children I represent, it makes me angry, as a
leader to, see what the government is doing to us. I’m elected to
fight for my people, and I speak here now hoping that my voice
will be heard.
Quand je pense aux enfants que je représente, je deviens
furieux, en tant que dirigeant, lorsque j’observe ce que le
gouvernement nous fait. J’ai été élu pour me battre pour mon
peuple.
I have heard the words of the government. Their words are
sweeter than honey, but their actions speak a different language.
J’ai entendu les paroles du gouvernement. Ce sont de très belles
paroles, mais elles ne sont pas appuyées par les bons gestes.
8:92
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Where are you going to be? I understand that you work with
the government. Are you going to stand up for our cause?
Qu’allez-vous faire? Je sais que vous travaillez avec le
gouvernement. Allez-vous défendre notre cause?
Muskrat Dam First Nation should not have to encounter
difficulties to access resources and services. Through the treaty
agreement, the federal government has a fiduciary obligation to
meet the needs of Aboriginal people, including Muskrat Dam
First Nation.
La Première Nation de Muskrat Dam devrait avoir accès
facilement aux ressources et aux services. En vertu du traité, le
gouvernement fédéral a l’obligation fiduciaire de répondre aux
besoins des peuples autochtones, y compris de la Première Nation
de Muskrat Dam.
We agreed to be partners. We agreed to share with you. We
have fulfilled our agreement under the treaty. When is your
government going to show us in good faith they want to fulfill
their treaty obligation? When? Do I die not seeing it? Do my
grandchildren hear about it and not see it? The people I represent,
will they ever see it?
Nous avions convenu d’être des partenaires et d’échanger avec
vous. Nous avons respecté cet engagement en vertu du traité.
Quand votre gouvernement nous montrera-t-il en toute bonne foi
qu’il souhaite respecter son obligation? Dites-moi quand? Est-ce
que je vais mourir avant que cela ne se produise? Est-ce que mes
petits-enfants seront encore vivants? Est-ce que le peuple que je
représente pourra un jour voir cela?
I’m hoping this information that we have presented to you will
help you to begin to serve justice to our people.
J’ose espérer que l’information que nous vous avons présentée
vous aidera à commencer à faire justice pour notre peuple.
In closing my comments, I would like to say, on behalf of my
community, Muskrat Dam First Nation, it is a privilege for me to
appear before you and a good opportunity to share and
participate in the Senate committee study.
En terminant, je voudrais dire, au nom de ma collectivité, la
Première Nation de Muskrat Dam, que c’est un privilège pour
moi de comparaître aujourd’hui devant vous et que c’est une
bonne occasion de contribuer à l’étude du comité du Sénat.
Thank you very much.
Je vous remercie beaucoup.
The Chair: Chief Beardy, I would like to thank you on behalf
of the committee for the dignity with which you presented your
compelling case. I’m confident that we all understand why you
would want to scream, and I’m sure we are grateful that you did
not. That was a very effective, memorable presentation.
Le président : Chef Beardy, je voudrais vous remercier, au nom
du comité, pour la dignité avec laquelle vous avez présenté votre
situation éloquente. Je suis convaincu que nous comprenons tous
pourquoi vous voudriez hurler, et je suis certain que nous sommes
tous heureux que vous ne l’ayez pas fait. Vous avez présenté un
exposé très efficace et mémorable.
I believe we are committed to trying to make a difference in
standing up for your cause, and this afternoon and today has
helped greatly in that connection.
Je pense que nous sommes résolus à défendre votre cause, et ce
que nous avons entendu cet après-midi nous a grandement aidés à
mieux comprendre.
I would now like to go to questions.
J’aimerais maintenant que l’on passe aux questions.
Senator Tannas: I wantto get a few things on the record here
for us so that when we are looking back, we have some consistent
information.
Le sénateur Tannas : J’aimerais obtenir quelques précisions aux
fins du compte rendu de sorte que lorsque nous reviendrons en
arrière nous disposerons de renseignements cohérents.
I deeply appreciate the time that you took to come here and
also the passion with which you spoke.
Je vous suis profondément reconnaissant du temps que vous
avez pris pour comparaître devant nous et aussi pour la passion
avec laquelle vous vous êtes exprimés.
With that, I’m wondering if we could just get from Councillor
Morris and Chief Beardy, just so we have this information, how
many people do you estimate in each of your First Nations are
living on reserve right now?
Cela étant dit, je me demande si le conseiller Morris et le chef
Beardy, simplement pour que nous ayons cette information,
pourraient nous donner une estimation du nombre de personnes
pour chacune de leur Première Nation qui vivent dans des réserves
en ce moment?
Mr. Morris: Our number is a little over 1,000 on that small
island we call home.
M. Morris : Dans cette petite île qu’est la nôtre, nous en
comptons un peu plus de 1 000.
Mr. Beardy: What was your question?
Senator Tannas: How many are living on reserve right now, in
your estimation?
Mr. Beardy: I probably would say 289.
M. Beardy : Quelle était la question?
Le sénateur Tannas : Combien de personnes vivent dans la
réserve en ce moment, selon ce que vous estimez?
M. Beardy : Je dirais 289.
1-10-2014
Peuples autochtones
Senator Tannas: Just so that we have consistent information,
could you each, Chief Spence, Councillor Morris, and Chief
Beardy, just confirm: Do you have any own source revenue,
number one? Number two, what is your unemployment rate in the
community?
Ms. Spence: What was the first question?
8:93
Le sénateur Tannas : Toujours dans le but d’obtenir des
renseignements cohérents, j’aimerais que la chef Spence, le
conseiller Morris et le chef Beardy, dans un premier temps,
nous disent s’ils disposent de revenus autonomes et, dans un
deuxième temps, qu’ils nous fassent part du taux de chômage dans
leur collectivité.
Mme Spence : Quelle était la première question?
Senator Tannas: Do you have any own-source revenue, so any
revenue coming from anywhere other than the government?
Le sénateur Tannas : Disposez-vous de revenus autonomes,
c’est-à-dire de revenus qui ne proviennent pas du gouvernement?
Ms. Spence: We do. Not too much, but we have our own
resources. In the past, that’s how we managed to get the new
housing. We did it on our own by getting the resources from
Casino Rama and our trust fund that exists from our IBA.
Mme Spence : Oui. Nous n’en avons pas beaucoup, mais nous
avons nos propres ressources. Par le passé, c’est avec cet argent
que nous avons réussi à obtenir de nouveaux logements. Nous
avons amassé ces fonds grâce au Casino Rama et à notre fonds en
fiducie.
The unemployment rate, I would estimate maybe 75 to
80 per cent in our community, so it’s pretty high.
J’estime que le taux de chômage dans notre collectivité s’établit
entre 75 et 80 p. 100, ce qui est très élevé.
Mr. Morris: I guess Attawapiskat and Kasabonika are in the
same boat. Our unemployment rate is about the same, and our
own source revenue is Ontario First Limited Partnership, Casino
Rama, plus whatever we can generate from our major projects in
terms of gravel haul and all that.
M. Morris : Je crois que le portrait est le même pour
Attawapiskat et Kasabonika. Notre taux de chômage est
similaire et nos revenus autonomes proviennent d’Ontario First
Limited Partnership, du Casino Rama et des sommes que nous
pouvons tirer des projets d’envergure, notamment en assurant le
transport du gravier.
Mr. Beardy: I would say we have no revenue other than the
government funding, both the province and feds. We have no
other revenue.
M. Beardy : Je dirais que nous n’avons aucun autre revenu que
les fonds que nous versent les gouvernements provincial et fédéral.
Nous n’avons aucune autre source de revenus.
My understanding, too, is if I enter into an agreement with any
company, we have been legislated that we have to show that we
are getting that other income, and I know that the governments
are going to take it off. You might say no.
D’après ce que je comprends, si nous concluons une entente
avec une entreprise, nous devons, selon la loi, déclarer le revenu
que nous en tirons, et je sais que les gouvernements nous
l’enlèveront. On pourrait dire que non.
Senator Tannas: No, I say yes.
Le sénateur Tannas : Je dirais oui.
Mr. Beardy: There have been times when the government does
stupid things just to keep us oppressed and suppressed.
M. Beardy : Le gouvernement a parfois agi de manière stupide
seulement dans le but de garder notre peuple opprimé.
Senator Tannas: I wasn’t disagreeing with you. We have heard
that before.
Le sénateur Tannas : Je n’étais pas en désaccord avec vous.
Nous avons déjà entendu cela.
The other question was just the unemployment rate in the
community.
Mon autre question portait sur le taux de chômage dans votre
collectivité.
Mr. Beardy: My feeling is that when we want to make a private
agreement, the government has no business to put their nose in
there.
M. Beardy : À mon avis, lorsque nous voulons conclure une
entente avec le secteur privé, le gouvernement n’a pas à y mettre
son nez.
Senator Tannas: Sorry, your employment rate or
unemployment rate, would it be the same as the others, 75 to
80 per cent or higher?
Le sénateur Tannas : Pouvez-vous me dire si votre taux de
chômage est similaire à celui des autres, c’est-à-dire qu’il se situe
entre 75 et 80 p. 100, ou s’il est plus élevé?
Mr. Beardy: The only employment we have is any service we
have. We have some registered nurses, teachers who are certified
teachers, and any employment that we have, basic program, and
then short-term work during summer to build houses.
M. Beardy : Les seuls emplois que nous avons proviennent des
seuls services dont nous disposons. Nous avons des infirmières
autorisées, des enseignants certifiés et des emplois rattachés aux
programmes de base. Il y a aussi du travail à court terme durant
l’été dans le domaine de la construction des logements.
Senator Tannas: Thank you very much.
Le sénateur Tannas : Je vous remercie beaucoup.
8:94
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Senator Sibbeston: I found all of your presentations very
effective, heart wrenching and touching.
Le sénateur Sibbeston : Vos présentations étaient toutes très
intéressantes, percutantes et touchantes.
I come from the Northwest Territories. I’m a Dene, and I live
amongst Dene people. The life that you describe doesn’t exist up
there. People are generally better off. They have better housing
and better government services.
Je viens des Territoires du Nord-Ouest. Je suis Déné, et je vis
au sein de la population dénée. La réalité que vous décrivez n’est
pas la nôtre. Les gens ont généralement une meilleure qualité de
vie. Ils sont mieux logés et mieux desservis par le gouvernement.
In Nahanni Butte, where I was just last week, I was walking
around the community. The community has 18 pieces of heavy
equipment: graders, loaders, trucks. Some are old; some are new,
but 18 of them. I counted them, and I took pictures of them.
That’s what the little community of maybe 200 people has.
J’étais à Nahanni Butte la semaine dernière et j’ai fait un peu le
tour du village. J’y ai compté 18 pièces de machinerie lourde :
niveleuses, chargeuses, camions. Il y en a des neuves, d’autres
moins, mais il y en a 18. Je les ai comptées et j’ai pris des photos.
C’est ce que possède la petite collectivité de 200 personnes.
I was an MLA for that area since 1970. Through the years, we
have gotten good housing. We started off with tents and with
some old log houses. But through the years, we have built it up, so
people have good housing now, and people still burn wood, but
they also have fuel. Just recently, they have wireless phones. They
are really up to date.
J’ai été député provincial de cette région à partir de 1970. Au fil
des ans, nous nous sommes dotés de bons logements. Nous avons
commencé avec des tentes, puis de bonnes vieilles maisons en bois
rond. Petit à petit, nous avons fait des progrès, de sorte que les
gens sont bien logés aujourd’hui. Ils se chauffent encore au bois,
mais ils ont aussi accès à du carburant. Récemment, les téléphones
cellulaires ont fait leur apparition au village. Il est vraiment à la
fine pointe.
So when I hear of your situation, I find it hard to believe that it
is in Canada. You could be talking about Africa. You could be
talking about some of the most poorest countries in the world, but
here we are in Canada. Canada is a very rich country. The
conditions you describe are just horrible and it is hard to think
that they exist in our country.
Quand j’entends votre histoire, j’ai du mal à croire que cela se
produit au Canada. Vous pourriez tout aussi bien parler de
l’Afrique ou de quelques-uns des pays les plus pauvres au monde,
mais cela se passe au Canada. Le Canada est un pays très riche.
Les conditions que vous décrivez sont horribles, et il est difficile
de croire que cela se passe chez nous.
I have two questions. You say a lot of people are unemployed,
but do you have access to game? Because there are moose and
fish, generally, in the country. Do you have access to game and do
you have that to supplement your food?
J’ai deux questions à vous poser. Vous dites que bien des gens
sont sur le chômage, mais avez-vous accès à du gibier? Parce
qu’en campagne, il y a normalement de l’orignal et du poisson.
Avez-vous accès au gibier pour compléter votre alimentation?
As well, do you depend completely on the government to get
out of the situation you are in, or, through various efforts — your
own efforts and the efforts of young people who are being
educated — can you get out of that situation and someday
provide yourselves with a good livelihood and good living? Is
there any possibility of economic development in your area that
can somehow lift you up?
Aussi, dépendez-vous entièrement du gouvernement pour vous
sortir de ce marasme ou est-ce que différents efforts — les vôtres
et ceux des jeunes qui sont aux études — pourraient vous
permettre un jour d’avoir un bon gagne-pain et de bonnes
conditions de vie? Est-ce que le développement économique de
votre région pourrait vous donner un coup de pouce?
In the North, with diamond mining and other mines, we have
been fortunate; people have been able to use those resources to lift
themselves up. I’m just wondering about that.
Dans le Nord, avec les mines de diamants et les autres, nous
avons eu de la chance; les gens ont pu tirer profit de ces
ressources. C’est une question que je me pose.
Then, I wonder what we can do, our little Senate committee,
the Aboriginal Peoples Committee? We will write a report and do
the best we can. We go to different parts of the country where
native people do very well. They live in white men’s houses in the
same style and class that they have. We have situations that are
very well off. But in the more remote parts, particularly the
northern parts, the regions of our provinces, many communities
live in the conditions that you describe, very poor, with a lot of
social problems and a lot of difficulties.
Je me demande aussi ce que notre petit comité sénatorial peut
faire, le Comité des peuples autochtones. Nous allons produire un
rapport et faire de notre mieux. Nous visitons différentes régions
du pays où les peuples autochtones réussissent très bien. Ils
habitent le même style de maison que les Blancs. Ils ne sont pas du
tout démunis. Mais dans les régions plus éloignées, notamment
dans le nord des provinces, bien des collectivités vivent dans les
conditions que vous avez décrites : dans la pauvreté extrême et
aux prises avec de graves problèmes sociaux et d’autres difficultés.
There is such a big contrast, and it seems that First Nations
benefit from living close to big centres because of business and
other things. In the remoter parts of the country, it’s not quite like
L’écart est énorme. Il semble qu’il soit avantageux pour les
Premières Nations de rester près des grands centres en raison,
entre autres, du secteur des affaires. Dans les régions plus
1-10-2014
Peuples autochtones
8:95
that. You really depend on yourselves to face all of your problems
and try to find solutions, and then look to the federal government
to help you.
éloignées du pays, la situation est tout autre. Vous ne pouvez
compter que sur vous-mêmes pour affronter tous ces problèmes et
tenter de trouver des solutions, avant de vous tourner vers le
gouvernement fédéral pour avoir de l’aide.
I’m interested to know how hopeless it is. Chief Spence, a
couple of years ago, brought the issues to national attention. Do
you have to do that again in order to focus attention on it, or
what are you going to do in order to alleviate and improve the
situation?
J’aimerais savoir à quel point la situation est désespérée. Il y a
quelques années, la chef Spence a attiré l’attention du pays sur ces
difficultés. Devez-vous encore une fois attirer l’attention du pays
sur la situation, ou que pouvez-vous faire pour améliorer les
choses?
The Chair: That’s a lot of questions, country food.
Le président : Cela fait beaucoup de questions; on parle des
aliments traditionnels.
Ms. Spence: Thank you for those questions. I think those
questions are unique, really.
Mme Spence : Merci pour ces questions. Elles sont vraiment
pertinentes.
Since I have been a chief and living in the reserve — I never
grew up in a reserve, but I have been here for 14 years — it’s a
different life. It was an eye-opener for me.
Depuis que je suis chef et que je vis sur la réserve — je n’ai pas
grandi sur la réserve, mais j’y habite depuis 14 ans —, ma vie n’est
plus la même. Cela a été une révélation pour moi.
You asked: Do you depend on AANDC? For me, I don’t want
to depend on AANDC, but somehow this government, even the
provincial government, they somehow forgot about the treaty
partnership, the relationship. It was signed with our grandfathers
and your grandfathers, but somehow, in the process, the
government took control.
Vous vouliez savoir si on dépendait d’AADNC. Pour ma part,
je ne veux pas dépendre d’AADNC, mais pour une raison
obscure, le gouvernement fédéral, et même le gouvernement
provincial, a oublié le partenariat ou la relation qui devrait nous
unir en vertu du traité. Il a été signé par nos ancêtres et les vôtres,
mais en cours de route, le gouvernement a pris le contrôle.
When you have a partnership, you are supposed to come
together as a team, and that was the purpose of this treaty; to
build a future together, to live in peace and to honour each other.
Dans un partenariat, les différentes parties sont censées
travailler en équipe, et c’était le but du traité : bâtir un avenir
ensemble, vivre en paix et se respecter les uns les autres.
For me, and I’m sure other First Nations, we don’t want to
have to depend on the government, but the relationship is there.
This is the message I was trying to get through during the hunger
strike to renew that relationship, to get all the chiefs and both
levels of the government to sit down and understand the treaty.
We understand the treaty. We honour it with all our hearts, but
it’s the government that never honoured it, and it’s still not
honouring it. It’s both levels of the government.
Je suis certaine que, comme moi, les Premières Nations ne
veulent pas dépendre du gouvernement, mais c’est la nature de
nos rapports. C’est le message que je voulais communiquer durant
ma grève de la faim, soit qu’il faut renouveler cette relation qui
nous unit. Il faut que tous les chefs et les deux ordres de
gouvernement comprennent bien le traité. Nous le comprenons.
Nous tâchons de tout cœur de le respecter, mais le gouvernement
n’a jamais tenu sa parole, et il ne le fait toujours pas. Et je parle ici
des deux ordres de gouvernement.
Our grandfathers, even to this day, we have never enforced any
legislation or laws to change your life, but the government did
that to us. A good example is the residential schools. They took
everything away from us, and it’s still happening. We are in the
second chapter of the residential schools. That’s how I see it.
Jamais nos ancêtres — ni nous d’ailleurs — n’ont adopté de
lois pour changer votre vie, mais le gouvernement, lui, l’a fait
pour nous. Les pensionnats en sont un bon exemple. On nous a
tout pris, et cela se poursuit aujourd’hui. Nous écrivons le
deuxième chapitre de la saga des pensionnats. C’est ainsi que je le
vois.
It’s time to meet and sit down and renew that relationship
because they are imposing their legislation on us. I don’t know by
what right they do that.
Le temps est venu de s’asseoir et de revoir cette relation, car le
gouvernement nous impose sa législation. Je ne sais pas de quel
droit il se permet de le faire.
You asked the question: What could we do as a committee?
You tell the government to sit down with us and honour the
treaty and be our partners in this treaty, If not, our grassroots
people are making a lot of noise. If the government doesn’t
change, then there’s going to be an action from the grassroots
people.
Vous vouliez savoir ce que le comité pouvait faire. Vous
pouvez dire au gouvernement d’en discuter avec nous, de
respecter le traité et d’agir comme notre partenaire. Autrement,
les citoyens autochtones peuvent faire beaucoup de bruit. Si le
gouvernement ne fait rien, les Autochtones vont agir.
8:96
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Right now, the chiefs’ hands are tied with the system. When we
raise our voice with the government, they ignore us. They don’t
even have the courtesy to say, ‘‘Okay, we will meet you.’’ No.
They just ignore us, and they always mislead the media. They are
good at that, because I saw that during my hunger strike. They
twist everything around. I was a bad person of this Canada. They
do that to other First Nation leaders, too. They mislead
Canadians. They do. They always use that phrase, ‘‘We are a
burden to taxpayers.’’ We are not. We are not. The resources are
from us, and we are entitled to benefits, but it has been hidden on
the agenda.
Dans le système actuel, les chefs ont les mains liées. Quand on
essaie de parler au gouvernement, il fait la sourde oreille. Il n’a
même pas la courtoisie de nous accorder un entretien. Non. Il
nous ignore, carrément, et raconte n’importe quoi aux médias. Il a
un don pour cela, et j’ai pu le constater pendant ma grève de la
faim. Il déforme tout. J’étais la méchante de l’histoire. Il fait aussi
le coup à d’autres chefs des Premières Nations. Il ment aux
Canadiens. C’est vrai. Il répète sans cesse que nous sommes un
fardeau pour les contribuables. Ce n’est pas le cas. Pas du tout.
Les ressources nous appartiennent et nous avons le droit d’en
profiter, mais c’est une chose qu’on ne dit pas.
We have our tribal councils, our AFN, Chiefs of Ontario,
Mushkegowuk, and other ones. We don’t need Indian Affairs no
more. We are capable of doing our own business now, but they
still want to be in control.
Nous avons des conseils tribaux : l’APN, Chiefs of Ontario,
Mushkegowuk et d’autres. Nous n’avons plus besoin d’Affaires
indiennes. Nous sommes capables de nous occuper de nos
affaires, mais le gouvernement veut garder sa mainmise sur nous.
The partnership is not about control; it’s about working
together, so I encourage this committee to tell the government to
let us be. Take the Indian Affairs up the bum, and we don’t need
them no more. We have a lot of individuals or people who are
qualified to manage their finances and projects. We are capable of
doing that. We don’t need to be treated like puppets. They need to
change the way that they are thinking their protocols.
Ce partenariat n’a rien d’une mainmise; le but est de travailler
ensemble, alors j’encourage le comité à recommander au
gouvernement de nous laisser tranquilles. Au diable Affaires
indiennes, nous n’en avons plus besoin. Nous avons bien des gens
qualifiés pour gérer leurs finances et leurs projets. Nous pouvons
le faire. Nous n’avons pas besoin d’être traités comme des
marionnettes. Le gouvernement doit revoir sa façon d’élaborer ses
protocoles.
Economic, yes. We like to have economic in our community,
but because of the Indian Act, it’s restricting everything that we
want to do. A lot of mining companies are coming around our
area, but they want to get ABA agreements, and it doesn’t work.
We need revenue sharing just like the city that is close by the
mining. We should be entitled to the same benefits. It will build
our community. That’s all we want.
Le développement économique, oui. Nous aimerions pouvoir
profiter du développement économique de notre région, mais la
Loi sur les Indiens restreint tout ce que nous voulons faire. Bien
des compagnies minières s’intéressent à notre région, mais elles
veulent des ententes axées sur des analyses régionales, et cela ne
fonctionne pas. Nous voulons un partage des recettes, comme la
ville qui est située près de la mine. Nous devrions avoir droit aux
mêmes avantages. Cela nous permettra de développer notre
collectivité. C’est tout ce que nous voulons.
We want to build our community. We want a better
infrastructure. We want better housing. We want better water
treatment. We want to build our communities like in Thunder
Bay and Ottawa. That’s all we are asking for. We want our youth
to get the best quality education.
Nous voulons développer notre collectivité. Nous voulons une
meilleure infrastructure, de meilleurs logements et un meilleur
traitement de l’eau. Nous voulons développer nos collectivités,
comme à Thunder Bay et à Ottawa. C’est tout ce que nous
demandons. Nous voulons que nos jeunes profitent de la
meilleure éducation qui soit.
Right now, there is a big gap in funding. Why is that? Why are
we so different? Why? I keep asking that, and I still don’t have an
answer.
En ce moment, il y a un écart important dans le financement.
Pour quelle raison? Pourquoi sommes-nous si différents?
Pourquoi? Je continue à poser la question, et je n’ai toujours
pas de réponse.
Now, we are here. We are going to be here forever just like you
guys. As long as the sun shines and the water is there, and the
grass is growing, we are going to be here with you.
Nous sommes là pour rester, tout comme vous. Tant que le
soleil brillera, que l’eau coulera et que l’herbe poussera, nous
allons être ici avec vous.
It’s the government that needs to change its attitude toward us
and stop misleading the Canadian citizens. It is very good at that.
I saw it with my own eyes, and I even heard it. I will give you a
good example. When I went to third party intervention, when he
made that statement that we received $90 million, he didn’t
C’est le gouvernement qui doit changer son attitude envers
nous et qui doit arrêter de mentir aux citoyens canadiens. Il est
très bon pour cela. Je l’ai vu de mes propres yeux et je l’ai entendu
de mes propres oreilles. J’ai un bon exemple à vous donner.
Lorsque le gouvernement a annoncé que nous avions reçu
1-10-2014
Peuples autochtones
8:97
explain what that money was for. He didn’t explain that money
was for the services, but he made it sound like it was for each
person, $50,000 each. That’s not true. He misled my people, too.
90 millions de dollars, il n’a pas expliqué à quoi avait servi cet
argent. Il n’a pas dit que les fonds étaient voués aux services et il a
laissé entendre que chaque personne recevrait 50 000 $. Ce n’est
pas vrai. Il a aussi menti à mon peuple.
This committee needs to really tell the government to stop
doing these kinds of actions because it creates a lot of problems. It
creates racism. It creates hate, even kills people because of his
statement.
Le comité doit vraiment demander au gouvernement de cesser
ce genre de manœuvres, parce qu’elles entraînent bien des
problèmes. Elles engendrent du racisme et de la haine, et
certaines personnes finissent même par y laisser leur peau.
Yes, we have our culture practice, our traditional animals, but
it’s costly to accommodate that now, too, but the people are still
determined. In the meantime, mining companies are coming in
our area. They are driving the animals away, but we need to find a
way to keep them in our area.
Oui, nous avons nos pratiques de culture et de chasse
traditionnelles, mais cela coûte cher aussi aujourd’hui. Les gens
demeurent néanmoins déterminés. Entre-temps, des compagnies
minières s’installent dans notre région. Elles font fuir les animaux,
mais nous devons trouver un moyen de les garder dans la région.
Yes, our people are still capable of surviving, and they are
proud people just like you guys. You have a different way of life
and skills. We have our own. We respect yours, and we want the
same from the government.
C’est vrai, notre peuple est encore capable d’assurer sa survie,
mais nous sommes des gens fiers, tout comme vous. Vous avez
votre mode de vie et vos compétences, et nous avons les nôtres.
Nous respectons vos valeurs, et nous voulons que le
gouvernement fasse de même pour nous.
They need to stop treating us like little kids. We are not. We
are partners of the treaty. That treaty is being dishonoured, but
the court, even if you were to take it to court, I don’t know what is
going to happen. But if we do speak and fight, we are going to get
punished by the government.
Le gouvernement doit arrêter de nous infantiliser. Nous ne
sommes pas des enfants. Nous sommes des partenaires au traité.
Le traité n’est pas respecté, mais je ne sais pas ce qui arriverait si
on faisait appel aux tribunaux. Nous ne pouvons pas prendre la
parole et défendre nos droits sans être punis par le gouvernement.
That’s what happened to Attawapiskat when we fought in
court. They withheld our funding for so many months. The day
after the court, we were informed that we were not approved for
our CMHC housing. Those kinds of actions by the government, it
shouldn’t be like that. It shouldn’t be.
C’est ce qui est arrivé à Attawapiskat quand nous avons
défendu notre cause devant les tribunaux. Le gouvernement a
retenu notre financement pendant des mois et des mois. Au
lendemain du procès, on nous a informés que nous n’avions pas
droit au programme de logement de la SCHL. Le gouvernement
ne devrait pas se permettre ce genre de manœuvre. Cela ne devrait
pas exister.
We are here with you guys. All we want is peace and a secure
future for our children. The time of my generation was the darkest
chapter of our lives, and I’m still living in it, but I’m doing my
best to recover from that chapter. But it still exists.
Nous sommes ici avec vous. Tout ce que nous voulons, c’est de
vivre en paix et d’assurer un bon avenir à nos enfants. Ma
génération a traversé le chapitre le plus sombre de notre histoire,
et j’en paie encore le prix, mais je fais de mon mieux pour
retomber sur mes pieds. C’est cependant encore une réalité
aujourd’hui.
I encourage this committee to really tell the government to
either honour the treaty or tell them to go home.
J’encourage le comité à recommander fortement au
gouvernement d’honorer le traité ou de laisser la place à
quelqu’un d’autre.
Mr. Beardy: Thank you for getting us most depressed.
M. Beardy : Merci de nous avoir tous déprimés de la sorte.
Senator, you asked two questions. I had mentioned about
building our roads 25 kilometres past the airport, and that is
being used by community members to harvest game to
supplement their meat, so your question is yes.
Sénateur, vous avez posé deux questions. J’avais parlé de la
construction de routes 25 kilomètres au-delà de l’aéroport, et ces
routes sont utilisées par les membres de la collectivité pour aller
chercher du gibier afin de compléter leurs réserves de viande. La
réponse à votre question est donc « oui ».
You asked about what our plans are. We have many of our
young people coming to high school going on to universities, but
coming back, there is nothing there for them.
Vous vouliez savoir quels étaient nos plans. Nos jeunes sont
nombreux à aller à l’université après leurs études secondaires,
mais rien ne les attend à leur retour.
8:98
Aboriginal Peoples
1-10-2014
So as a chief in my community, we are open to talk to investors
or developers in mining. We are open. Also, we have run of the
river systems and we are open to development in partnership. We
are hoping that can happen.
Alors en tant que chef de ma collectivité, je suis prêt à discuter
avec des investisseurs ou des promoteurs du secteur minier. Nous
sommes ouverts à cela. Nous avons aussi des systèmes
hydroélectriques, et nous sommes ouverts au développement en
partenariat. Nous espérons que cela pourra être possible.
Mr. Morris: What Chief Beardy said is what happens. People
supplement what they need from what God has provided to our
people, but there’s a change there, too, that is going on. It’s a
forced change. I know in our community that many of our young
hunters need gas in order to be able to practice their traditional
livelihood, but cannot because of the price of gas — and I wish I
could go to Muskrat Dam — which is $2.50 a litre. They need gas
to get out there. In order to be pay for that gas, whatever they get,
they sell to the rest of us, and that’s a change, a forced change on
our people that we still haven’t come to grips with, but it is
happening.
M. Morris : Le chef Beardy l’a bien dit. Les gens vont chercher
ce dont ils ont besoin dans ce que Dieu a donné à notre peuple,
mais là aussi les choses changent. C’est un changement forcé. Je
sais que chez nous, bien des jeunes chasseurs aimeraient pratiquer
leur gagne-pain traditionnel, mais ils ne peuvent pas en raison du
prix de l’essence — j’aimerais pouvoir aller à Muskrat Dam —,
qui est de 2,50 $ le litre. Ils ont besoin d’essence pour se rendre à
destination. Pour se payer de l’essence, ils nous vendent tout ce
qu’ils peuvent trouver. C’est un changement qui nous a été
imposé, et nous n’avons pas encore réussi à nous y faire, mais c’est
la réalité.
In terms of the question, I guess I would rephrase it like this,
but that’s being nice. How do the dispossessed get their
possessions back? That’s a nice way of putting it. When I say
that the Indian Act is racist, I was being nice about that, too.
Pour ce qui est de votre question, je l’aurais formulée
autrement. « Comment les dépossédés peuvent-ils reprendre
leurs possessions? » Et je pèse mes mots. Quand je dis que la
Loi sur les Indiens est raciste, là aussi je pèse mes mots.
For those of us who have been in this business of trying to help
our people for our lifetimes, we have come to understand that
what the senator is asking is naïve. What I mean by that is, when
Christopher Columbus landed upon the shores, there was
something that he brought with him, a way of life and a legal
system. That has made its way up to this part of the country.
Ceux qui comme moi ont passé leur vie à défendre notre peuple
savent que la question du sénateur est un peu naïve. Je veux dire
par là que lorsque Christophe Colomb a touché terre, il a amené
avec lui un mode de vie et un système juridique. Ces choses ont
fait leur chemin jusqu’au nord du pays.
When I say that we are dispossessed, it’s much more than that.
One of the things that the doctrine of discovery and the doctrine
of terra nullius has in place is that the people who were there
before were just the people whom you see in front of you here. We
are recognized as nonhumans, and to this day, that’s the way
Canada is built. The only way that I can legally say who I am
right now is to produce my status card that Indian Affairs gives to
me. I cannot say legally that I am Mike Morris and have that
recognition extended to my nation. It’s not like that. The only
way I’m recognized is by having my status card, and that is an
artificial designation. I have a very hard time with that.
J’ai dit que nous avons été dépossédés, mais c’est bien plus que
cela. Selon la doctrine de la découverte et de la terra nullius, les
gens qui étaient là avant sont justement ceux qui sont devant vous
aujourd’hui. Nous sommes considérés comme des non-humains,
et à ce jour, c’est ainsi que le Canada est construit. La seule façon
pour moi de prouver mon identité légalement est de présenter la
carte de statut d’Indien que me donnent les Affaires indiennes.
Légalement, je ne peux pas dire que je m’appelle Mike Morris et
ma nation n’est pas reconnue comme telle non plus. Ce n’est pas
ainsi que cela fonctionne. Seule ma carte de statut d’Indien est
reconnue, et c’est une désignation artificielle. J’ai beaucoup de
mal à accepter cela.
I guess there are things that could be done. I will give you an
example. The Chiefs, whenever they meet, when they talk about
Treaty 9, they say that it needs to be implemented, and that’s a
trained process that they talk like that.
J’imagine qu’il y aurait des choses à faire. Je vais vous donner
un exemple. Chaque fois que les chefs se rencontrent, ils discutent
invariablement du traité no 9 et de la nécessité de le faire
appliquer.
To me, I saw that home on July 18, and then the call came
through the radio station that I’m supposed to go to the band
office and get my $4 treaty annuity. I didn’t have to do a darned
thing, just show up. Yes. If Treaty 9 wasn’t implemented, those
INAC people would not be in there with my two toonies. I didn’t
have to do a damned thing at all, so that tells me Treaty 9 is
implemented just for those two toonies. It signifies a lot.
Quant à moi, le 18 juillet, j’ai été à même de constater qu’il
l’était. J’ai reçu un appel sur la radio me disant d’aller chercher
mon annuité de traité de 4 $ au bureau du conseil de bande. Je
n’avais rien d’autre à faire que de me présenter. Oui. Si le
traité no 9 n’était pas en vigueur, les représentants d’AINC ne
m’auraient pas attendu là avec mes 4 $. Je n’ai absolument rien eu
à faire, alors j’en déduis que le traité no 9 est là si j’ai reçu mes 4 $.
Cela en dit long.
Why can’t Canada do the same thing across the board? Why is
it, like Chief Beardy said, that we have to beg? I’m a proud man.
I’m proud of who I am. Those two toonies, our people laugh at
Pourquoi le Canada ne peut-il pas faire la même chose partout?
Comme le chef Beardy le disait, pourquoi devons-nous demander
la charité? Je suis un homme fier. Je suis fier de ma personne. Ces
1-10-2014
Peuples autochtones
8:99
that, too, but they never understand that Canada is forced to do it
to enforce Treaty 9, when they do that trip to give me my two
toonies. If our leadership could ever understand how that is done
and have that implemented across the board, I don’t think we
would be begging.
4 $, notre peuple en rit aussi, mais les gens ne comprennent pas
que les représentants du Canada sont obligés de faire le voyage
pour nous les remettre quand le traité no 9 est mis en application.
Si nos chefs comprenaient comment cela fonctionne et faisaient en
sorte que ce soit appliqué partout uniformément, je ne pense pas
que nous aurions à quémander.
But there is an interim step that could be taken, and that is:
Why does Indian Affairs have to give me money that they went to
the Treasury Board for? What is stopping me from going directly
to the Treasury Board? The treaty relationship is there. I should
be able to go there. As far as I’m concerned, Treasury Board
gathers all the taxes on resources and lands that belong to us.
Why is it that we are denied that privilege of going directly to
them? If all the government departments in Canada within the
Canadian government can go to the Treasury Board for their
money, what is stopping me from going directly there to get that
money?
Mais il y a quelque chose à faire entre-temps : pourquoi les
Affaires indiennes doivent-elles me donner de l’argent qu’elles ont
elles-mêmes demandé au Conseil du Trésor? Qu’est-ce qui
m’empêche de faire affaire directement avec le Conseil du
Trésor? Le traité est en place, je devrais avoir cette possibilité.
J’estime que le Conseil du Trésor récolte tous les impôts facturés
sur les ressources et les terres qui nous appartiennent. Pourquoi
n’aurait-on pas le droit de s’adresser à lui directement? Si tous les
ministères fédéraux du Canada peuvent demander des fonds
directement au Conseil du Trésor, qu’est-ce qui m’empêche d’en
faire autant?
That’s always been in the back of my mind, and, to me, it’s not
a far-fetched idea. It’s already done. What is stopping us from
doing it?
Cette idée m’a toujours trotté dans la tête, et selon moi, ce n’est
pas si fou que cela. On le fait déjà. Qu’est-ce qui nous empêche,
nous, de le faire?
I don’t like begging. I have been more or less on my own since I
was nine years old when I went off to residential school. I don’t
have a good enough education, but I managed to graduate when
nobody else was graduating with a Grade 12. I know what
education is all about.
Je n’aime pas avoir à supplier. J’ai plus ou moins été laissé à
moi-même depuis l’âge de neuf ans, quand on m’a envoyé au
pensionnat. Je n’ai pas reçu une très bonne éducation, mais j’ai
réussi à obtenir mon diplôme alors que personne ne terminait sa
12e année. Je sais à quel point l’éducation est importante.
I will tell you this: My grandfather was a chief, and was in big
trouble at one time, about the 1940s. He told my dad to go live at
Pickle Lake, which is a mining town, and he told him, ‘‘I’m
sending you there so you can learn how to live like a white man.
Try and understand how a white man lives the way that he does.’’
Laissez-moi vous raconter ceci : mon grand-père était chef et
s’est retrouvé dans le pétrin dans les années 1940. Il a demandé à
mon père d’aller vivre à Pickle Lake en lui disant : « Je t’envoie
là-bas pour que tu apprennes à vivre comme un Blanc. Essaie de
comprendre pourquoi il vit comme il le fait. »
When my dad sent me off to high school when I was 15, his
message was, ‘‘You will learn how a white man thinks.’’
Quand mon père m’a envoyé à l’école secondaire à l’âge de
15 ans, son message était « apprends à penser comme un Blanc ».
I will tell you right here and now: I don’t like the way the white
man thinks. It’s a matter of dispossession that you are talking
about and it’s much more than that.
Je peux vous dire d’emblée que je n’aime pas cette mentalité.
On parle de dépossession et la question va bien plus loin encore.
If I want to talk about economic development, I could gaze
through the top, I guess, and say there are ways that we can do it,
but there are things that are happening.
Si je voulais parler de développement économique, je pourrais
dire rapidement qu’il existe des moyens pour y arriver, mais il se
passe déjà certaines choses.
We have a northern store in our community, and one study
that our chief did at one time said that, for every dollar that we
bring in from government or wherever, 55 cents gets taken up by a
northern store. How do you build the economy that you are
talking about when that situation continues? How do you break
the cycle of poverty when that kind of situation is allowed to
continue?
Il y a un Northern Store dans notre collectivité. Selon une
étude menée par notre chef, pour chaque dollar gagné, du
gouvernement ou d’ailleurs, 55 cents vont à un Northern Store.
Comment bâtir une économie dans de telles conditions? Comment
briser le cycle de la pauvreté lorsqu’on permet encore ce genre de
choses?
I’m not really mad at anybody. There is a system in place that
you are also prisoners of. I’m a prisoner of that. Maybe we can
understand each other at the human level one of these days and be
able to do a better job for our grandchildren.
Je ne suis en colère contre personne. Vous aussi êtes prisonniers
du système en place. J’en suis prisonnier moi aussi. Peut-être que
nous pourrons nous comprendre sur le plan humain un de ces
jours, et nous tâcherons de faire du meilleur travail pour nos
petits-enfants.
8:100
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Senator Moore: I want to thank the witnesses for being here
today. I have learned a lot. I’m sure my colleagues have as well.
Senator Sibbeston is probably well aware of all of this because he
has been on the forefront for years.
Le sénateur Moore : Je veux remercier les témoins de leur
présence aujourd’hui. J’ai appris beaucoup de choses. Je suis
certain que mes collègues aussi. Le sénateur Sibbeston est
probablement au courant de tout cela, car il a été aux premières
lignes pendant des années.
Councillor Morris and Chief Beardy, both of your nations
were parties to Treaty 9. Is that correct? I have never seen it.
Monsieur Morris et chef Beardy, vos deux nations sont
assujetties au traité no 9, n’est-ce pas? Je ne l’ai jamais vu.
Senator Lovelace Nicholas: He said he carries it with him.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Il a dit qu’il le traînait avec lui.
Senator Moore: I know he said that. Could you maybe leave a
copy with the Clerk, because I would like to read it? I would like
to know where we are messing up here and where we are letting
the other side down.
Le sénateur Moore : Je sais. Vous pourriez peut-être en laisser
une copie à la greffière? J’aimerais bien le lire. J’aimerais savoir où
nous faisons erreur et comment nous laissons tomber l’autre
partie.
Mr. Beardy: If you want that information, that will cost you!
M. Beardy : Si vous voulez avoir cette information, cela va
vous coûter cher!
Senator Moore: Somebody else said that here today, too.
Le sénateur Moore : Vous n’êtes pas le premier à dire cela
aujourd’hui.
Anyway, that would be useful if you could. I guess you have to
go back to the basics, which in this case was and is a legal
document, and I would like to have the chance to read that,
because I think it could be instructive in what we recommend. So
if you could leave a copy with us or provide it to the clerk, I would
really appreciate it. Thank you.
Quoi qu’il en soit, ce serait bien utile si vous pouviez nous en
laisser une copie. J’imagine qu’il faut revenir à la base, et dans ce
cas-ci, la base est un document juridique. J’aimerais bien pouvoir
en prendre connaissance, parce que j’estime que cela pourra
éclairer nos recommandations. Donc, si vous pouviez en remettre
une copie à la greffière, ce serait très apprécié. Merci.
Mr. Morris: Before we go and get that, I have to issue a
caution. You have to remember that the treaty process, that
Treaty 9 is part of, came from your side. It was Ontario and
Canada that started this process, and at that time of expansion —
I will call it ‘‘expansion’’ — they had thinking behind what the
treaty is all about, and the language that is in the treaty does not
really reflect the understandings of our elders. Some of us were
fortunate enough to work with elders who were there in 1929
when Treaty 9 was signed at Big Trout. It was first signed in
1905-06.
M. Morris : Avant de vous remettre une copie, je tiens à
préciser une chose. Il faut se rappeler que le processus de traité,
dont fait partie le traité no 9, est une initiative qui vient de votre
côté. L’Ontario et le Canada ont initié ce processus, et au moment
de cette expansion — c’est le terme que j’utiliserai —, l’idée
derrière le traité et la terminologie employée ne correspondaient
pas vraiment à ce que nos ancêtres avaient compris. Quelques-uns
d’entre nous avons eu la chance de travailler avec les anciens qui
étaient là en 1929, lors de la signature du traité no 9, à Big Trout.
La première signature remonte à 1905-1906.
One of my late friends used to say to me all the time, ‘‘Don’t
cause too much trouble. You are just an addition.’’ Part of the
addition grew from 1929 to 1930. The original treaty was signed
in 1905-06 with Attawapiskat and those people on the coast.
Un de mes amis, aujourd’hui décédé, me répétait souvent :
« Ne sème pas la pagaille, tu n’es qu’un ajout ». Une partie de cet
ajout s’est élargie entre 1929 et 1930. Le traité original a été signé
en 1905-1906, avec Attawapiskat et les nations de la côte.
I wanted to say the treaty is written as it is, but there is another
side, the whole understanding of the elders and what we do have.
I hope the Nishnawbe Aski Nation still has that documentation
because, if not, I spent five years of my life for nothing.
Je veux souligner que le traité est formulé tel quel, mais les
anciens avaient une tout autre compréhension des choses et c’est
aussi différent de ce que nous possédons vraiment. J’espère que la
nation nishnawbe-aski a encore ces documents, parce
qu’autrement, j’aurai gaspillé cinq années de ma vie.
Senator Moore: Who is the keeper of the oral record that was
laid out years ago? Is one band the keeper of that for the whole
nation?
Le sénateur Moore : Qui détient le compte rendu oral de ce qui
a été décidé il y a des années? Est-ce qu’une bande représente
l’ensemble de la nation à cet égard?
Mr. Morris: I think the Mushkegowuk from Attawapiskat
have done a lot more work than the rest of us. The rest of us are
too busy fighting each other. They have managed to clear the air
and they have done a lot through their former Grand Chief. But
for the rest of us, Nishnawbe Aski Nation should have a record of
what we did way back in 1970s.
M. Morris : Je pense que le conseil Mushkegowuk
d’Attawapiskat y a travaillé beaucoup plus que nous tous. Nous
sommes trop occupés à nous battre les uns contre les autres. Le
conseil Mushkegowuk a réussi à dissiper les conflits et, avec
l’ancien grand chef, a fait beaucoup de travail de ce côté. Mais
pour les autres, la nation nishnawbe-aski devrait avoir consigné ce
qui a été fait dans les années 1970.
1-10-2014
Peuples autochtones
Senator Moore: At various times, various years, the reserve
came into being. Was that part of the treaty? Where did this
concept come in? Where did this begin, this idea of a reserve? The
recognition or whatever the wording was that it happened at
different years for different First Nations peoples. So where did
that idea come from?
Mr. Morris: It came from your side.
8:101
Le sénateur Moore : Les réserves sont nées au fil du temps et
des années. Est-ce que cela faisait partie du traité? D’où venait ce
concept? Comment est-ce que l’idée de former des réserves est
arrivée? La reconnaissance, ou peu importe le terme utilisé, s’est
faite à différents moments pour les peuples des Premières Nations.
D’où est venue cette idée?
M. Morris : Elle est venue de votre côté.
Senator Moore: Remember, this is White man-Indian
101 relations. You are going to give me a lecture here, but I’m
prepared to listen to it.
Le sénateur Moore : Souvenez-vous, c’est une leçon de premier
niveau sur les relations entre l’homme blanc et les Indiens. Vous
allez me faire la leçon, mais je suis prêt à l’entendre.
Mr. Morris: From what I understand, it came from your side
in the first Indian Act. That’s what it says.
M. Morris : À ce que je sache, c’est la Loi sur les Indiens qui a
introduit cette idée. C’est ce qu’elle prévoit.
Senator Moore: Was the Indian Act provided for in the treaty?
Le sénateur Moore : Est-ce que le traité tenait compte de la Loi
sur les Indiens?
Ms. Spence: The Indian Act was not part of the treaty at all. It
was imposed on us, that Indian Act. It was about taking control
and labelling First Nations, so I think that’s where the reserve
came from. It was the government’s plan to kind of isolate us
from everybody. So we are still like that. This is where, as a chief,
I get really angry about that because we are in the 21st century,
and we are still on that Indian Act. That needs to be dissolved and
really, we need to review how Canada has been treating First
Nations and how they are so much in control.
Mme Spence : La Loi sur les Indiens ne faisait pas du tout
partie du traité. Elle nous a été imposée, cette Loi sur les Indiens.
Le but était d’avoir le contrôle et d’étiqueter les Premières
Nations, alors je crois que c’est de là que viennent les réserves. Le
gouvernement voulait nous isoler du reste du monde, et cette
situation perdure. Et c’est ce qui me met hors de moi, en tant que
chef. Nous sommes au XXIe siècle, et la Loi sur les Indiens est
toujours en vigueur. Il faut dissoudre cette loi et vraiment
examiner comment le Canada traite les Premières Nations et la
façon dont il exerce encore autant de contrôle sur elles.
For me, I didn’t learn about the treaty until I was in my late
40s, and it’s not even introduced in our school system. Even the
Canadian citizens, even those people who come to our country,
they are not even taught about First Nations. This is where we
need to, as partners, really expose and educate Canadian citizens
about what is the treaty.
Pour ma part, j’étais dans la fin quarantaine quand j’ai appris
l’existence du traité. Ce n’est même pas enseigné dans les écoles.
On n’enseigne rien sur les Premières Nations aux citoyens
canadiens ni à ceux qui arrivent chez nous. En tant que
partenaires, nous devons absolument sensibiliser les citoyens
canadiens à la signification du traité.
I’m surprised, at your age, too, you don’t even know anything
about the treaty. It just shows that —
Je suis surprise de voir que vous aussi, à votre âge, vous ne
savez pas en quoi consiste le traité. Cela démontre que...
Senator Moore: I know something about some treaties, but I
don’t know anything about this treaty, I can tell you.
Le sénateur Moore : J’en connais quelques-uns, mais je ne
connais pas les détails de celui-là.
Ms. Spence: That’s what I mean. Sometimes I feel like we don’t
exist for the government; we don’t. But once we start raising our
voice and being visible, they treat us like we are the criminals here.
They do, yes.
Mme Spence : C’est là où je veux en venir. J’ai parfois
l’impression que nous n’existons pas pour le gouvernement;
nous ne sommes pas là. Quand nous osons nous exprimer et nous
rendre visibles, on nous traite comme des criminels. C’est la vérité.
There was a book written by John Long, Nipissing University.
He talks about the treaty, and Stan Louttit, who was our grand
chief, he was really passionate about that, because when the
government always says that we gave up our land, we never did.
We have evidence of that from Stan Louttit’s research. There were
commissioners who were on the journey of this treaty, and there
was a person that was writing everything down. It was different
what they stated in the treaty. Our grandfathers never gave up our
land. Even one of the elders in one of the assemblies made a
statement. He said, ‘‘There was a commissioner who wrote
everything. That’s where the truth is. Maybe one day that
evidence will show up.’’
John Long, de l’Université Nipissing, a écrit un livre qui parle
du traité. Stan Louttit, qui était notre grand chef, se passionnait
réellement pour ce dossier, car le gouvernement dit toujours que
nous avons cédé nos terres, mais ce n’est pas vrai. Les recherches
de Stan Louttit nous démontrent le contraire. Des commissaires
ont participé à la négociation du traité, et quelqu’un a tout noté ce
qui s’est dit. C’était différent de ce qui a été énoncé dans le traité.
Nos ancêtres n’ont jamais cédé leurs terres. Un des aînés de
l’assemblée a même fait la déclaration suivante : « Un
commissaire a tout noté. Voilà où se cache la vérité. Peut-être
refera-t-elle surface un jour. »
8:102
Aboriginal Peoples
1-10-2014
It did. Dairies were found in a university, Queen’s University, I
think, and that’s where they discovered we never gave up the land;
we were to share the land.
Elle a refait surface. Des journaux ont été retrouvés dans une
université, l’Université Queen’s, je crois, et c’est là qu’on a
découvert que les terres n’avaient jamais été cédées; on avait
convenu de les partager.
So just for your information, I think you need to remind the
government of that.
Donc, à titre d’information, je pense qu’il faut le rappeler au
gouvernement.
Senator Moore: I’m almost embarrassed to ask this question,
Mr. Chair.
Le sénateur Moore : Je suis presque gêné de poser ma
prochaine question, monsieur le président.
Chief Beardy, your community has been given a boil-water
advisory for the past 11 years? I mean nobody has come forward
to give you a hand up to try to fix that situation?
Chef Beardy, depuis 11 ans, un avis d’ébullition de l’eau est en
vigueur dans votre collectivité. Personne ne vous a proposé de
vous donner un coup de main pour corriger le problème?
Mr. Beardy: We have had meetings, meetings, meetings,
meetings, and meetings, and more meetings. Health Canada, I
met with them, and they wrote me a letter in October 2003, and it
says it is recommended to keep the boil-water advisory in effect —
that was initially said — within your community, until the results
of further water samples indicate that the water is safe to drink.
Until they upgrade, there will be no such thing as better water or
safe water. So we are going to be like this until such time that the
government decides to upgrade it or replace the old water
treatment plant.
M. Beardy : Nous avons eu des rencontres, et des rencontres,
et des rencontres et encore des rencontres. J’ai rencontré des
représentants de Santé Canada et ils m’ont écrit en octobre 2003
pour me dire qu’il était recommandé de maintenir l’avis
d’ébullition jusqu’à ce que d’autres tests indiquent que les
échantillons sont propres à la consommation. Sans réfection,
jamais on n’aura d’eau potable. La situation va donc demeurer
inchangée jusqu’à ce que le gouvernement décide de rénover ou de
remplacer la vieille usine de traitement des eaux.
Our water operators are getting frustrated. They are telling me
there is only so much they can do with chemicals.
Nos opérateurs commencent à en avoir assez. Ils me disent
qu’ils ne peuvent pas faire de miracles avec des produits
chimiques.
Senator Moore: It’s just such an insidious cycle because, if we
don’t have good water, we don’t have health. We all need good
water. Without the good water and the good health, we are
adding to the costs of the system in terms of health and social
assistance. I mean, we are just self-defeating.
Le sénateur Moore : C’est tellement pernicieux tout cela. Sans
eau potable, la santé de la population en souffre. Tout le monde a
besoin d’eau potable. Cette carence ajoute aux coûts du système
de soins de santé et d’aide sociale. C’est vraiment se tirer dans le
pied.
That’s a priority, chair. We have to fix something like that. We
are trying to encourage people to have good physical and oral
health. Remember too, they put a dental clinic in the school.
Here, they couldn’t brush their teeth with dirty water. I mean I
want us to think about that sort of thing when we come around to
doing this report, chair.
C’est une priorité, monsieur le président. Nous devons corriger
une situation comme celle-là. Nous voulons encourager les gens à
maintenir une bonne santé physique et buccodentaire. Rappelezvous également qu’on a aménagé une clinique dentaire à l’école.
Ils ne peuvent pas se brosser les dents avec de l’eau impropre à la
consommation. Je veux qu’on pense à ce genre de choses lorsque
viendra le temps de préparer notre rapport, monsieur le président.
Senator Raine: Chief Beardy, earlier you said that the water
was contaminated by pollution created by the foreigners. What
are the contaminants in your water?
La sénatrice Raine : Chef Beardy, vous avez dit plus tôt que
l’eau était contaminée par la pollution produite par les étrangers.
Quels sont ces contaminants?
Mr. Beardy: What we have been advised is that the water is not
safe anywhere. We don’t drink it anymore — with all the acid and
other things. We notice that, and it might be many miles down
south when the wind blows, there is pollution in the air, and you
know that.
M. Beardy : On nous a dit que l’eau était impropre partout.
Nous n’en buvons plus — avec l’acide et les autres contaminants.
Quand le vent souffle, on voit que la pollution voyage dans les
airs, et elle peut provenir de nombreux kilomètres au sud. Cela,
vous le savez.
When I talk about the drinking water, that’s supposed to be
treated. The date is August 29. I had contacted Health, and they
say the results of water samples collected on August 27, 2014
from Olivia Duncan’s kitchen tap for microbiological testing
indicated that the water is contaminated with coliform bacteria
and very low chlorine residue.
L’eau potable est censée être traitée. C’est daté du 29 août.
J’avais communiqué avec Santé Canada, qui m’a informé que
d’après les tests microbiologiques effectués sur les échantillons
prélevés le 27 août 2014 du robinet de cuisine d’Olivia Duncan,
l’eau est contaminée de bactéries coliformes et de très faibles
quantités de résidus de chlore.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:103
Consumption of the water — this is from Health Canada:
‘‘Consumption of water can cause serious health defects.
Attached is a copy of the sampling results in your review and
records.’’ So I have records.
Consommer l’eau — c’est de Santé Canada : « Consommer
l’eau peut entraîner de graves problèmes de santé. Vous trouverez
ci-joint une copie des résultats de l’échantillonnage à examiner et
à conserver dans vos dossiers ». C’est donc documenté.
My question to you is, to kind of revert it back to you: If any of
my band members drink water from the rivers and lakes, they get
sick. Before, when I was growing up, you could drink water, lie
down and drink the water. You would be well. Nowadays, they
get sick, anyone. They have to have bottled water or they have to
have water that is not contaminated.
À mon tour de vous poser une question. Si les membres de
notre bande boivent de l’eau des lacs et des rivières, ils tombent
malades. Avant, quand j’étais jeune, on pouvait boire l’eau
directement à la source. Pas de problème. Aujourd’hui, tout le
monde se sent mal après avoir bu l’eau. Il nous faut de l’eau
embouteillée ou de l’eau non contaminée.
Senator Raine: If the water coming from the tap — it was just
from a house tap — was contaminated with coliform, that
indicates that somehow there’s sewage getting into your water
system or that the purification levels in the water system aren’t
good enough to treat wherever the water source is. I guess it’s the
big issue. You have to figure out where it’s coming from.
La sénatrice Raine : Si l’eau du robinet — elle a été prélevée
d’un robinet résidentiel — contenait des coliformes, cela veut dire
que les égouts s’infiltrent d’une manière ou d’une autre dans votre
réseau d’aqueduc ou que les procédés de purification ne suffisent
pas pour traiter les eaux, quelle que soit la source. J’imagine que
c’est ce qui pose problème. Il faut trouver d’où ça vient.
Mr. Beardy: If you look at Muskrat Dam, the sewage is on the
other side, and on the other side is our water treatment plant, and
what has happened is we were required to change fuel storage
tanks, to go to a certain standard. Now, the requirement is double
layer.
M. Beardy : À Muskrat Dam, les égouts sont d’un côté et
l’usine de purification de l’autre, et nous avons dû changer les
réservoirs de combustible pour respecter les normes. Aujourd’hui,
il faut installer des réservoirs à double couche.
With all their technical expertise, INAC came up with a plan, a
plan to remove those old tanks and then put new ones.
Avec l’expertise technique d’AINC, un plan a été élaboré pour
remplacer les anciens réservoirs.
Now, there was a berm, and right there, within less than
50 feet, was the water treatment plant and the old tanks. When
they pulled out the old tanks, shipped them down south, they left
the contaminated site open.
Il y avait une berme à moins de 50 pieds de l’usine de
traitement des eaux et des vieux réservoirs. Quand ils ont enlevé
les réservoirs désuets pour les envoyer au sud, ils ont laissé le site
contaminé à ciel ouvert.
Senator Moore: They didn’t clean it up?
Le sénateur Moore : Ils ne l’ont pas nettoyé?
Mr. Beardy: No. I have letters. I have said to them, ‘‘It must be
cleaned. It must be.’’ So they said to me, ‘‘What we could do is we
will put gravel on it.’’ I said, ‘‘No. If we have a temporary
solution, I know you will never, ever get it done.’’
M. Beardy : Non. J’ai des lettres à ce sujet. Je leur ai dit qu’il
fallait absolument nettoyer le site. Ils m’ont répondu qu’ils
pouvaient épandre du gravier par-dessus. J’ai refusé. Je sais que si
on avait accepté une solution temporaire, rien n’aurait jamais été
fait pour régler définitivement le problème.
Senator Raine: So the contamination of your water system
could be coming as a result of those old tanks?
La sénatrice Raine : Alors, ce sont peut-être ces vieux réservoirs
qui ont contaminé votre réseau d’aqueduc?
Mr. Beardy: I can’t say that. INAC might dispute that. They
might say no.
Senator Raine: Have you asked for an inquiry on this?
M. Beardy : Je ne saurais dire. AINC pourrait le nier.
La sénatrice Raine : Avez-vous demandé qu’une enquête soit
effectuée?
Mr. Beardy: But I will say this: My water is contaminated.
M. Beardy : Je peux vous dire ceci : mon eau est contaminée.
Senator Raine: That’s very disturbing.
La sénatrice Raine : C’est très inquiétant.
Mr. Beardy: I need you to help me decontaminate it.
M. Beardy : J’ai besoin de votre aide pour la décontamination.
The Chair: Thank you. I’m going to have to give Senator Dyck
the last word.
Le président : Merci. Je dois céder la parole à la sénatrice Dyck
pour le mot de la fin.
I want to tell committee members that Deputy Grand Chief
Les Louttit has been patiently waiting, and we still want to hear
from him, so we are going to have to bring this to a close.
Je signale au comité que le grand chef Les Louttit attend
patiemment son tour, et nous voulons entendre ce qu’il a à dire,
alors nous allons devoir conclure.
8:104
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Senator Dyck: I would really like to thank the witnesses this
afternoon. You have given us a lot to think about, for sure.
La sénatrice Dyck : Je tiens à remercier les témoins présents cet
après-midi. Vous nous avez certainement donné matière à
réflexion.
My question is going to focus on funding, because whether we
like it or not, the general public, mainstream public, when it
comes to decision-making and thinking, unfortunately, they
always go to the bottom line, which is dollars. The general
public, I think, and probably other people, don’t really
understand. When they see that $7 billion is going out, they
assume that that money is going to First Nations. We heard this
morning that maybe a third of it is not.
Ma question va porter sur le financement, parce qu’on le
veuille ou non, le grand public s’attarde malheureusement à
l’essentiel, c’est-à-dire à l’argent, quand il s’agit de prendre des
décisions. Je pense que la population en général ne comprend pas
vraiment ce que cela implique. Si on parle d’un financement de
7 milliards de dollars, elle croit que cet argent s’en va aux
Premières Nations. On nous a dit ce matin qu’environ un tiers de
cette somme ne se rend pas aux Premières Nations.
Mr. Morris: No. Two-thirds is not.
M. Morris : Non, les deux tiers ne se rendent pas.
Senator Dyck: Two-thirds is not?
La sénatrice Dyck : Les deux tiers?
Mr. Morris: Yes.
M. Morris : Oui.
Senator Dyck: That’s even worse than I thought.
La sénatrice Dyck : C’est encore pire que je croyais.
Mr. Morris: Yes.
M. Morris : Oui.
Senator Dyck: But members of the general public who are not
sympathetic think that — and I will say what you read in articles
— throwing more money at this problem will not make it go
away. They use that kind of language. Or that it’s wasting
taxpayer dollars. Yet, what we heard today from you is that the
information that does not seem to get out is that there are policies
that don’t make any sense. There are things that are happening to
you at the individual band level, where you are being asked to
take from your own resources to supplement what the department
is, presumably, giving you to upgrade water. You are paying half;
they are paying half. You don’t have enough money in the first
place, but you have to pay for this. Then you have to make
decisions of what to cut out somewhere else, and the funding has
been capped since 1995 or 1996.
La sénatrice Dyck : Mais les membres du grand public qui ne
sont pas sympathiques à la cause pensent que — et je vais
reprendre l’expression utilisée dans les journaux — jeter encore
plus d’argent par les fenêtres ne va pas régler le problème. C’est ce
que les gens disent. Ou on parle de gaspiller les fonds publics.
Mais d’après ce que vous nous avez dit aujourd’hui, on n’entend
jamais parler des politiques qui n’ont ni queue ni tête. On
demande au conseil de bande de puiser dans ses ressources pour
compléter le financement que le ministère lui accorde,
supposément, pour la réfection du réseau d’aqueduc. Vous
partagez les coûts moitié-moitié. Mais vous n’avez pas les
ressources en partant. Il faut quand même que vous sortiez de
l’argent de vos poches, alors il vous faudra couper quelque part.
Qui plus est, le financement plafonne depuis 1995 ou 1996.
Does anyone have a summary of those kinds of problems?
Because that adds to that whole picture, and I think that’s what
we need to know. It’s that if you know that, then you cannot
blame the First Nations. You cannot then blame the so-called
victim. You can’t say, ‘‘It’s your fault. We gave you the money.
Why aren’t you managing it better?’’
Est-ce que quelqu’un a un compte-rendu de toutes ces choseslà? Parce que cela change la donne et nous devons avoir une vue
d’ensemble. Sachant cela, on ne peut pas blâmer les Premières
Nations. On ne peut pas tout mettre sur le dos des « victimes ».
On ne peut pas dire : « C’est votre faute. On vous a donné
l’argent, vous n’aviez qu’à mieux le gérer. »
I hope that makes sense, and I know that Senator Tannas and
Senator Sibbeston also brought up the idea of what are other
ways of getting out of relying just on AANDC for money? You
have talked about resource revenue sharing and other activities.
But it does, unfortunately, boil down to a lot of funding
questions, and I’m wondering whether you think that it’s
important to have a piece in our report that talks about how
the money is spent and all these kinds of roadblocks and silly
policy decisions that make it, it seems like, virtually impossible to
balance your books. Then you get put into third party
management, and then you get penalized again. Then you just
keep going down and down and down in this deep spiral.
J’espère que je me fais bien comprendre. Je sais que les
sénateurs Tannas et Sibbeston ont aussi indiqué qu’il y avait
d’autres moyens de se sortir du marasme que d’attendre les fonds
d’AADNC. Vous avez parlé du partage des revenus tirés des
ressources et d’autres activités. Mais malheureusement, cela
soulève encore bien des questions liées au financement, et je me
demandais si vous pensiez qu’il serait important que notre
rapport comporte une section traitant de la façon dont l’argent
est dépensé et de tous les obstacles et de toutes les décisions
politiques saugrenues qui font en sorte qu’il est pratiquement
impossible pour vous d’équilibrer votre budget. C’est alors qu’on
vous place sous tutelle et qu’on vous pénalise encore une fois. Les
choses ne peuvent qu’empirer à partir de là.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:105
The Chair: That’s a big question, Senator Dyck. I have a
feeling that the answer may be buried in the testimony that we
have received today from a number of different sources.
Le président : C’est une grande question, sénatrice Dyck. J’ai
l’impression que la réponse se trouve peut-être dans les
témoignages que nous avons entendus aujourd’hui de différentes
sources.
Ms. Spence: That is a good question because I think it’s
important for the Senate committee to really understand and see
the picture.
Mme Spence : C’est une bonne question, parce que je pense
qu’il est important que le comité sénatorial comprenne bien ce qui
se passe et qu’il ait une vue d’ensemble de la situation.
When you talk about the funding, we receive contribution
funding, but it is under set conditions. It’s not negotiable. Each
end of the fiscal year, we receive the funding for us to sign, but we
don’t have the opportunity to really review it and negotiate. It’s
take it or leave it, and if you don’t sign it, you don’t get the
funding. It’s like that.
Pour ce qui est du financement, nous recevons des fonds sous
forme de contribution, mais nous devons respecter des conditions
préétablies. Rien n’est négociable. À la fin de l’année financière,
nous devons approuver le financement qu’on nous accorde, mais
nous n’avons pas la possibilité d’examiner le tout et de négocier
les conditions s’y rattachant. C’est à prendre ou à laisser. Pas de
signature, pas de financement. C’est aussi simple que cela.
There has to be a different approach because this funding
doesn’t even focus on the cost of living and inflation. It focusses
on the population of the funding.
Il faut faire les choses autrement, parce que cette approche ne
tient même pas compte du coût de la vie ni de l’inflation. Elle est
axée sur la population financée.
This is why I keep saying, ‘‘Why are we treated so differently?
Why can’t we get the same funding as the municipalities? We need
both governments to work with us and receive funding from
them, not just one.’’
C’est pour cette raison que je demande sans cesse : « Pourquoi
sommes-nous traités si différemment? Pourquoi ne pouvons-nous
pas avoir le même financement que les municipalités? » Il faut que
les deux ordres de gouvernement travaillent avec nous et que le
financement provienne des deux, pas seulement d’un des deux.
When we have our own resources, it seems that we are going to
get penalized or our funding is going to be cut, or somehow they
are going to defer it or something.
Quand on arrive à avoir nos propres ressources, nous sommes
pénalisés ou notre financement écope. On nous impose des coupes
ou des reports.
I’m not in favour of this funding, but I know, if I don’t sign it,
I’m not going to have any funding. I already explained that when
we fought the third party intervention, we didn’t have no funding
for six months, I believe.
Je ne suis pas en faveur des conditions de financement, mais je
sais que si je ne les accepte pas, je ne recevrai rien. Comme je le
disais, quand nous avons contesté la mise sous tutelle, nous avons
été privés de financement pendant six mois, si je ne me trompe
pas.
I keep on hoping the chiefs will fight about this contribution
funding, and I keep saying, ‘‘We don’t need Indian Affairs no
more. We have our own body of government that could oversee
this and look at this and start looking at the revenue sharing.’’
Mining companies come to our communities and our traditional
land, and they disturb the land, the water, and the animals, but we
don’t even get compensation from it at all. We are entitled to
revenue sharing to get away from the government dependence.
J’espère toujours que les chefs se battront contre le financement
sous forme de contribution. Je répète que nous n’avons plus
besoin des Affaires indiennes. Nous avons notre propre organe de
gouvernement capable de superviser cet aspect, de l’analyser et
d’étudier l’option du partage des revenus. Les sociétés
d’exploitation minière viennent mener des activités dans nos
collectivités et sur nos terres traditionnelles. Elles perturbent la
terre, les eaux et la faune, mais nous ne touchons aucune forme
d’indemnisation pour cela. Nous devrions pouvoir profiter du
partage des revenus pour nous libérer de notre dépendance au
gouvernement.
Even Ontario Works is crippling our people. It is. I would like
to see Ontario Works out of my community, but I need all the
training and the jobs and the revenue sharing.
Même le programme Au travail Ontario est catastrophique
pour nos citoyens. C’est vrai. J’aimerais que ce programme ne soit
pas offert dans ma collectivité, mais nous avons besoin de la
formation, des emplois et du partage des revenus.
It’s time for the government to give back our rights. They took
them away, and it’s time, and I encourage this committee to look
at the contribution funding and the other funding. Compare the
municipalities and First Nations. You will be surprised about the
difference. We don’t even get 100 per cent to upgrade our water
intake. We don’t. We have problems with our water treatment.
Il est temps pour le gouvernement de nous redonner les droits
qu’il nous a enlevés. J’encourage le comité à étudier le
financement sous forme de contribution et d’autres formes de
financement et à comparer les municipalités aux Premières
Nations. Les membres seraient surpris de constater les
différences qui existent. Nous ne recevons même pas 100 p. 100
8:106
Aboriginal Peoples
1-10-2014
du financement nécessaire pour améliorer notre système de prise
d’eau. Nous avons des problèmes avec notre système de
traitement des eaux.
You will be amazed at what you discover. This is what we need
to do. We need to expose what is happening with us, and we need
all the parties’ involvement on this.
Vous seriez stupéfait. Ce que nous devons faire, c’est de
dévoiler au public ce que nous vivons et pour cela, tous les partis
doivent nous aider.
In order for the government and the leadership to come
together, our chiefs need to be a part of that Parliament. We need
our own people there. Yes, we have Charlie Angus at our end, but
that’s second-hand information. We need our own chiefs to be
there in order to speak for us and really show what is happening
in our backyard of Canada. I always see in commercials, they are
so proud, and they have freedom, but in our world, we don’t see
that because of the government’s way of recognizing the treaty.
Pour obtenir la collaboration du gouvernement et du
leadership, nos chefs doivent être présents au Parlement. Nous
devons y être représentés. Oui, nous avons Charlie Angus, mais il
s’agit d’une représentation indirecte. Nos chefs doivent être sur
place pour défendre nos intérêts et expliquer ce qui se passe
vraiment dans nos régions. Dans les pauses publicitaires, les
membres sont toujours fiers. Ils sont libres. Mais, dans la réalité,
ce n’est pas ce que nous constatons, car le gouvernement a une
façon différente de reconnaître le traité.
The funding needs to be reviewed and needs to be changed or
get rid of Indian Act.
Il faut revoir le mode de financement et le modifier, ou abolir la
Loi sur les Indiens.
The Chair: One last question from Senator Greene Raine. I’m
sorry to be curt.
Le président : Nous avons le temps pour une dernière question.
Je suis désolé d’être aussi sec. Madame la sénatrice Greene Raine,
vous avez la parole.
Senator Raine: No. Thank you, and I appreciate this.
La sénatrice Raine : Ça va. Merci, je vous en suis
reconnaissante.
Senator Dyck: You already said one last question.
La sénatrice Dyck : Vous aviez déjà dit que la question
précédente était la dernière.
The Chair: Yes. I’m very lenient.
Le président : Je sais. Je suis très indulgent.
Senator Raine: I just was quickly reviewing my notes, and I see
that, Chief Beardy, Muskrat Dam was awarded an award, the
innovative housing award. I’m wondering if you could send us
some information on that because we probably don’t have time to
go into it today. I would like to congratulate you for that award.
La sénatrice Raine : Chef Beardy, en regardant mes notes
rapidement, j’ai remarqué que la Première Nation de Muskrat
Dam a reçu le prix du logement novateur. J’aimerais que vous
nous fassiez parvenir plus de détails à ce sujet, car nous n’aurons
probablement pas le temps d’en parler aujourd’hui. Je tiens, tout
de même, à vous féliciter pour ce prix.
Also, I believe that Kasabonika also got an award for
innovative use of government funds, which is kind of
interesting. You are certainly doing outstanding things with the
limited resources that you have. Thank you.
Je crois, également, que la Première Nation de Kasabonika
s’est vue décerner un prix pour son utilisation novatrice des fonds
du gouvernement, ce qui est plutôt intéressant. Vous faites des
choses remarquables malgré vos ressources limitées. Merci.
The Chair: I’m sure you noted that. Thank you very much,
everyone, again. You have heard our members express their
gratitude for your time and your compelling statements.
Le président : Je suis convaincu que vous l’avez remarqué.
Encore une fois, merci à tous. Comme l’ont déjà exprimé les
membres du comité, merci d’avoir pris le temps de nous
rencontrer et merci pour vos exposés convaincants.
Now, colleagues, we have kept Nishnawbe Aski Nation
Deputy Grand Chief Les Louttit waiting way over our schedule.
Chers collègues, nous sommes très en retard sur notre horaire
et le grand chef adjoint de la Première Nation Nishnawbe-Aski,
Les Louttit, attend son tour.
Deputy Grand Chief Louttit, we thank you for your patience.
I guess you can see why we are late. We weren’t twiddling our
thumbs here, but listening to very compelling testimony today.
I guess you got the routine about the microphone already, so,
please, welcome and thank you again.
Grand chef adjoint Louttit, nous vous remercions de votre
patience. Comme vous pouvez le voir, nous sommes en retard.
Nous ne nous sommes pas tourné les pouces; nous avons écouté
des témoignages très convaincants. J’imagine que vous avez
compris comment fonctionne le micro. Donc, encore une fois,
merci d’être ici et bienvenue.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:107
Les Louttit, Deputy Grand Chief, Nishnawbe Aski First Nation:
Good afternoon, Senate committee members. My name is Les
Louttit. I’m from Fort Albany and Cree Nation on James Bay. I
am one of the three Deputy Grand Chiefs of the Nishnawbe Aski
Nation, and my portfolio includes Housing Infrastructure as well
as Economic Development, Resource Development, Energy, and
other duties that I share with other members of the executive
council.
Les Louttit, grand chef adjoint, Première Nation NishnawbeAski : Membres du comité, bonjour. Je m’appelle Les Louttit. Je
suis originaire de Fort Albany près de la baie James, et membre de
la nation crie. Je suis le grand chef adjoint de la Première Nation
Nishnawbe-Aski et aussi responsable, notamment, du logement et
de l’infrastructure, du développement économique, du
développement des ressources et de l’énergie. J’ai également
d’autres responsabilités que je partage avec d’autres membres du
conseil exécutif.
I’m going to go right into my presentation, but I want to
acknowledge our First Nation members who have presented who
are part of our Nation.
Avant d’amorcer ma présentation, je tiens à féliciter les
membres des Premières Nations qui se sont exprimés et qui font
partie de notre nation.
What they have presented to you are the facts on the ground as
they see their communities, the realities of the First Nation
housing and infrastructure situation.
Ils vous ont présenté des faits sur leurs collectivités, ainsi que
sur la situation des logements et de l’infrastructure dans la
Première Nation telle qu’ils sont en mesure de la constater.
What I’m going to present is more of a broader overview at a
regional level because this political organization represents the
political, economic, cultural, and social aspirations of our
communities.
Je vais vous présenter un aperçu plus général à l’échelle
régionale, puisque c’est à ce niveau que sont représentées les
ambitions politiques, économiques, culturelles et sociales de nos
collectivités.
If you look at the first slide, and unfortunately I didn’t have
time to number these. We were kind of rushed to put together a
submission because we weren’t advised until last week.
Regardons la première diapositive. Malheureusement, je n’ai
pas eu le temps de les numéroter. Nous n’avons appris que la
semaine dernière que nous allions faire une présentation.
We just had a chiefs’ meeting last month, an annual general
assembly in which our 49 First Nations were represented here in
the city, actually, at the Fort William First Nation.
Le mois dernier, à la Première Nation de Fort William, nous
avons eu une réunion des chefs, une assemblée générale annuelle,
à laquelle nos 49 Premières Nations ont participé.
This Resolution 14/40 speaks for itself from what you have
heard from our First Nation members who have presented today,
and, really, it speaks to the collective emergency housing and
infrastructure situation across the NAN communities and the
NAN territory.
La Résolution 14/40 reprend ce que vous avez entendu
aujourd’hui des membres des Premières Nations. En fait, elle
parle de l’urgence collective de la situation du logement et de
l’infrastructure dans toutes les collectivités et sur le territoire de la
NNA.
It concludes:
Cette résolution se termine en disant ceci :
THEREFORE BE IT RESOLVED that all NAN
First Nations hereby come together to collectively declare
a NAN-wide Housing State of Emergency.
PAR CONSÉQUENT, IL EST RÉSOLU que toutes les
Premières Nations de la NNA s’unissent pour déclarer l’état
d’urgence en matière de logement à l’échelle de la NNA.
FINALLY BE IT RESOLVED that NAN Chiefs-inAssembly mandate the Executive Council to publicize this
NAN-wide Housing State of Emergency and to advocate to
Canada and Ontario for funding and program measures
that recognize and address the emergency on an urgent
basis.
FINALEMENT, IL EST RÉSOLU que l’Assemblée
générale des chefs charge le conseil exécutif de publier cet
état d’urgence en matière de logement à l’échelle de la NNA
et d’appeler le Canada et l’Ontario à fournir des fonds et des
mesures qui reconnaissent la situation d’urgence et qui
permettent de la régler.
The Nishnawbe Aski Nation was originally established as
Grand Council Treaty 9 in 1973 and was renamed the Nishnawbe
Aski Nation in the mid-1980s.
La Première Nation Nishnawbe-Aski a d’abord été créée en
1993 sous le nom de Grand conseil du traité no 9 et renommée
Première Nation Nishnawbe-Aski au milieu des années 1980.
On the second slide, you will see the composition of this
organization that we call NAN. It consists of 49 First Nations
with a total population of 45,000 across the NAN territory, which
represents about two thirds of the land mass of Ontario.
À la deuxième diapositive, vous verrez la structure de cette
organisation que nous appelons la NNA. Elle est composée de
49 Premières Nations et compte 45 000 membres sur le territoire
de la NNA, un territoire qui couvre les deux tiers de l’Ontario.
I have listed here the seven tribal councils. Some of the
First Nations presented are members of these tribal councils that
are listed on the second slide.
Vous trouverez sur cette diapositive le nom des sept conseils
tribaux. Certaines des Premières Nations représentées sont
membres de ces conseils tribaux.
8:108
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Six of the 49 are not affiliated, and they are considered to be
independent First Nations.
Six des 49 Premières Nations ne sont pas affiliées; elles sont
donc considérées comme étant indépendantes.
NAN encompasses Treaty 9 as well as the Ontario portion of
Treaty 5, covering a land mass of two thirds of the province,
totalling 210,000 square miles.
La NNA englobe le traité no 9 ainsi que la portion de l’Ontario
couverte par le traité no 5, ce qui représente une superficie de
210 000 miles carrés ou les deux tiers de la province.
The third slide, we have an on-reserve population of 28,000,
approximately 6,000 homes for a population density of
4.7 individuals per home. That represents 26 per cent more than
the Aboriginal population density in Canada, which is
3.7 individuals per home. It represents 122 per cent more than
the general population density of Canada, being 2.1 persons per
home.
Passons à la troisième diapositive. On compte, dans la réserve,
28 000 personnes et environ 6 000 logements, pour une densité de
population de 4,7 personnes par logement. Cette densité de
population est 26 p. 100 plus élevée que celle de la population
autochtone au pays, qui s’élève à 3,7 personnes par logement, et
122 p. 100 plus élevée que celle de la population générale du pays
qui se situe à 2,1 personnes par logement.
Nineteen per cent or 1,149 are on-reserve housing CMHC
Section 95 rentals. Less than 1 per cent are privately owned,
where over 80 per cent are owned by the First Nation. On
average, 140 new homes are built per year in the NAN territory.
Parmi ces logements, 19 p. 100 ou 1 149 sont des logements de
la SCHL loués en vertu de l’article 95. Moins de 1 p. 100 sont de
propriété privée et plus de 80 p. 100 appartiennent à la Première
Nation. En moyenne, il se construit 140 nouveaux logements par
année sur le territoire de la NNA.
So there is an immediate need for 1,900 homes in the NAN
territory, which would bring the population density down to the
national average. That is before growth rate projections, the
replacement rate and major repairs are considered.
Cela signifie qu’il y a un besoin immédiat pour 1 900 logements
sur le territoire de la NNA. Cela permettrait de réduire la densité
de population à un niveau comparable à celui de la moyenne
nationale. Ces chiffres ne tiennent pas compte des prévisions du
taux de croissance, du taux de renouvellement et des réparations
majeures à apporter aux logements existants.
The projected growth forecasts show that, in the next 17 years,
there is a total of 130,000 new homes required.
Selon les prévisions, au cours des 17 prochaines années,
130 000 nouveaux logements seront nécessaires.
On the next slide, titled ‘‘Housing & Infrastructure,’’
20 per cent of these homes need minor repair, less than $25,000
per unit; 25 per cent of the homes need major repairs, more than
$25,000 per house; 40 per cent of all homes are ten years old or
older. Average homes last between 15 to 20 years. Private home
ownership is less than 1 per cent.
La prochaine diapositive parle du logement et de
l’infrastructure. Selon nos données, 20 p. 100 des logements
existants nécessitent des réparations mineures, soit moins de
25 000 $ par logement; 25 p. 100 nécessitent des réparations
majeures, soit plus de 25 000 $ par logement; et 40 p. 100 de tous
les logements ont au moins 10 ans. En moyenne, les logements ont
une durée de vie de 15 à 20 ans. Moins de 1 p. 100 des logements
sont de propriété privée.
Rental regimes differ from nation to nation. With extremely
high unemployment rates, individual families are not able to pay
rent, and it forces the First Nation to absorb the costs from
existing capital sources as well as other funding sources of
programs, including Casino Rama funding. Eventually, the First
Nation begins to run deficits because they are forced to, under
their contribution agreements by the Department of Indian
Affairs, recover that cost because a lot of these homes that are
under Section 95 or CMHC are under a ministerial loan
guarantee, which commits First Nation funds for the repayment
in case there is a default.
Les régimes de location varient d’une Première Nation à
l’autre. Les taux de chômage sont extrêmement élevés. Donc, les
familles sont incapables de payer leur loyer. Cela force la Première
Nation à défrayer les coûts des loyers en puisant dans ses capitaux
et autres sources de financement de programmes, y compris le
financement du Casino Rama. Plus tard, elle se retrouve avec un
déficit, car, en vertu des accords de contribution qu’elle a conclus
avec le ministère des Affaires indiennes, elle est tenue de recouvrer
ses coûts, puisque beaucoup de ces logements sont financés par la
SCHL en vertu de l’article 95 et font l’objet d’une garantie de prêt
ministériel.
The current need: A study was conducted by Neegan-Burnside
Engineering in 2006 on the NAN’s housing and infrastructure
needs, based on INAC website data. At that time, it indicated a
backlog of 5,000-plus homes to catch up to the First Nations’
needs in 2006. Over seven years, the First Nation demographics
indicate an average growth rate of 2.3 per cent per year.
Parlons maintenant des besoins actuels. En 2006, la société
Neegan-Burnside Engineering a mené une étude sur le logement et
les infrastructures de la NNA en s’appuyant sur les données
publiées sur les sites Web du MAINC. À l’époque, l’étude a
conclu qu’il y avait un manque à gagner de plus de
5 000 logements pour satisfaire aux besoins de la Première
1-10-2014
Peuples autochtones
8:109
Application of that rate during the past seven years to current
year, 2014, indicates a total current backlog of at least 5,500 or
more new homes.
Nation. Selon les données démographiques de la Première
Nation, sur une période de sept ans, le taux moyen de
croissance s’établit à 2,3 p. 100 par année. En s’appuyant sur ce
taux de croissance, le manque à gagner en 2014 serait d’au moins
5 500 logements.
Then there are the annual needs to be determined based on the
current First Nation growth rate, household formations,
overcrowding, and emergency needs due to fires, floods, the
matrimonial property legislation that has been enacted, et cetera.
Ces données ne tiennent pas compte des besoins annuels qu’il
faut établir en fonction du taux de croissance actuel de la
Première Nation, de la formation des ménages, du surpeuplement
et des besoins urgents causés par les incendies, les inondations et
la mise en œuvre de la loi sur les biens matrimoniaux, notamment.
Housing, the factors: availability of adequate, durable,
accessible, culturally appropriate, safe, and sustainable housing
is a key determinant of social, health, and economic well-being.
La prochaine diapositive porte sur les facteurs liés au logement.
Des logements adéquats, durables, accessibles, adaptés à la
culture, sécuritaires et viables constituent un des principaux
déterminants de santé et du bien-être social et économique.
Unsuitable housing conditions in northern communities
contribute to barriers to education, employment, and
self-sufficiency.
Les logements inadéquats dans les collectivités du Nord
constituent des obstacles à l’éducation, à l’emploi et à
l’autosuffisance.
Overcrowded and inadequate housing causes stress and has
other psychosocial impacts, which result in negative physical and
mental health results, leading to unhealthy coping means, such as
substance abuse and addictions.
Les logements surpeuplés et inadéquats sont un facteur de
stress, ont des répercussions psychosociales et nuisent à la santé
physique et mentale des citoyens, ce qui pousse ces derniers à se
tourner vers des moyens d’adaptation néfaste, comme
l’alcoolisme et la toxicomanie.
The cost of healthy living: Using the CMHC costing model, it
is estimated that the average cost to deliver and build an average
three-bedroom, 1,800-square foot bungalow across the NAN
territory is $230,000. If you extend that to 5,000 units, that would
cost approximately $1.2 billion.
Parlons maintenant du coût d’une vie saine. En utilisant le
modèle de coût de la SCHL, on estime à 230 000 $ le coût moyen
de construction d’une maison de 1 800 pieds carrés comptant trois
chambres à coucher sur le territoire de la NNA. Pour
5 000 logements, cela équivaut à environ 1,2 milliard de dollars.
There are standard development costs that are normally
associated with new housing construction: planning,
architectural, engineering, consultations, project management,
inspections, and commissioning. These soft costs are not
consistently applied by all NAN First Nations due to limited
capital budgets.
Toute nouvelle construction domiciliaire comprend
habituellement des frais d’aménagement : la planification,
l’architecture, l’ingénierie, les consultations, la gestion de projet,
les inspections et la mise en service. Ces coûts accessoires ne sont
pas toujours assumés par les Premières Nations de la NNA en
raison de leurs capitaux limités.
Infrastructure, which includes water, sewer, hydro, and roads:
Eight NAN communities have been on a boil-water advisory for
over 10 years according to Health Canada. The lack of funding
for infrastructure just to bring drinking water up to federal
standards in these communities is a major issue.
Passons aux infrastructures, y compris l’eau, les égouts,
l’hydroélectricité et les routes. Selon Santé Canada, huit
collectivités de la NNA sont sous le coup d’un avis d’ébullition
de l’eau depuis plus de 10 ans. Un des principaux problèmes, c’est
le manque de financement des infrastructures permettant
d’améliorer le système d’eau potable dans ces collectivités de
façon à ce qu’il respecte les normes fédérales.
The Thunder Bay chapter of the Council of Canadians also
expressed it concerns in an article released by CBC News on
September 9, about what the government calls the Safe Drinking
Water for First Nations Act. This legislation is deemed a vital step
towards ensuring First Nations have the same health and safety
protections for drinking water as other Canadians. However, the
council fears this new legislation will force First Nations to meet
provincial water standards without providing funding to meet
those standards. In other words, there is not going to be any
additional resourcing to enforce those regulations. No authority
Dans le cadre d’un article publié par CBC News, le
9 septembre, la section de Thunder Bay du Conseil des
Canadiens s’est dite préoccupée par ce que le gouvernement
appelle la Loi sur la salubrité de l’eau potable sur les terres des
Premières Nations. Cette loi est censée être une étape vitale
permettant aux Premières Nations de jouir des mêmes
dispositions sur la santé et la sécurité en matière d’eau potable
que les autres Canadiens. Toutefois, le conseil craint que cette
nouvelle loi n’oblige les Premières Nations à respecter les normes
provinciales en matière d’eau potable sans pour autant disposer
8:110
Aboriginal Peoples
1-10-2014
created to regulate or to ensure that the enforcement is there, and
there won’t be additional capital funding provided to upgrade the
systems to current national standards.
des fonds nécessaires. Autrement dit, les Premières Nations ne
jouiront d’aucune ressource supplémentaire pour appliquer ces
règlements. Aucune instance n’a été créée pour régir ou assurer
l’application de ces règlements et aucun fonds supplémentaire ne
sera fourni pour améliorer les systèmes actuels de façon à ce qu’ils
respectent les normes nationales.
The next slide is a table which shows the current housing
situation based on AANDC statistics during the 2011/2012 fiscal
year. It was calculated according to each of the seven tribal
councils for each of those headings across the top, for a tribal
council total in the final column, and then for the grand total of
$1.11 billion.
La prochaine diapositive présente un tableau de la situation
actuelle en matière d’habitation selon les données d’AADNC
pour l’exercice 2011-2012. Les calculs ont été effectués pour
chacun des sept conseils tribaux dont les noms figurent en en-tête.
Le tableau présente également le total par conseil tribal ainsi que
le total général de 1,11 milliard de dollars.
Meeting the need: In addition to local cultural and lifestyle
preferences, housing must be suited to northern climate and
environmental conditions. Meeting these requirements will help
ensure that NAN citizens will live in home designs that they
prefer; housing that is free from mould; that is flood-proof and
fireproof; and housing that is free from major repairs and related
health and safety issues.
Pour satisfaire aux besoins et respecter les préférences associées
à la culture locale et aussi de vie, les logements doivent être
adaptés au climat du Nord et aux conditions environnementales.
Si l’on satisfait ces besoins, les citoyens de la NNA pourront vivre
dans des logements conçus selon leurs préférences, sans
moisissure, à l’épreuve des inondations et des incendies, ne
nécessitant aucune réparation majeure et ne présentant aucun
problème de santé ou de sécurité.
There is a current need to build adaptable and technologically
appropriate infrastructure that meets the demand for changing
climatic conditions and that meets improved performance and life
cycle endurance of northern housing.
Ce qu’il faut, ce sont des infrastructures flexibles et adéquates
sur le plan technologique qui satisfont aux demandes liées aux
conditions climatiques changeantes et qui amélioreront le
rendement et le cycle de vie des logements du Nord.
Northern housing needs a broad range of national and regional
perspectives and disciplines, including economic and
environmental aspects as well as social, health, and cultural
considerations. Therefore, a multidisciplinary, holistic approach
is needed to develop appropriate and sustainable housing and
housing policy for northern NAN communities.
La construction des logements dans le Nord repose sur
beaucoup de points de vue et de disciplines nationales et
régionales différentes, y compris les aspects économiques et
environnementaux, ainsi que les considérations sociales,
culturelles et de santé. Par conséquent, il est nécessaire
d’adopter une approche multidisciplinaire et holistique à la
construction de logements adaptés et viables et à l’élaboration
d’une politique en matière de logement pour les collectivités de la
NNA.
I’m going to ask my Economic Development Officer,
Charmaine McGraw, to describe this flow chart.
Je vais maintenant demander à Charmaine McGraw, mon
agente du développement économique, de vous expliquer le
graphique de cheminement suivant.
The Chair: Please, Ms. McGraw.
Charmaine McGraw, Economic and Resource Development Unit
Manager, Nishnawbe Aski First Nation: The next slide we just talk
about creating solutions, and I think one thing that I have noticed
since I have been with Nishnawbe Aski Nation and Deputy
Louttit is that we hear a lot about asking for money, asking for
money. But I think, and so does the rest of my team, that simply
putting more money into existing programs and services is not the
solution to address the challenges on reserve. Clearly, structural
reform and innovation are required to transform the housing
system on reserve. By dealing with root causes and structural
issues, by implementing strong accountability and governance
structures, concrete improvements and outcomes can be achieved,
but those need to happen at the local level as well as, of course, at
the policy level. But a lot of the change needs to start in our
communities.
Le président : Madame McGraw, vous avez la parole.
Charmaine McGraw, gestionnaire, Unité de développement
économique et de mise en valeur des ressources, Première Nation
Nishnawbe-Aski : La prochaine diapositive porte sur la création
de solutions. Une des choses que j’ai remarquées depuis que je
travaille avec le grand chef adjoint Louttit de la Première Nation
Nishnawbe-Aski, c’est qu’on entend beaucoup parler de
demandes de fonds. Selon moi et les membres de mon équipe, le
fait d’investir davantage dans les programmes et services actuels
ne permettra pas de régler les problèmes dans les réserves. De
toute évidence, pour transformer le régime de logements dans les
réserves, il faut procéder à une réforme structurelle et faire place à
l’innovation. Pour y arriver, il faut s’attaquer aux causes
fondamentales et aux problèmes structurels et mettre en œuvre
des structures de responsabilité et de gouvernance solides,
apporter des améliorations concrètes et fixer des objectifs
1-10-2014
Peuples autochtones
8:111
atteignables. Mais, tout cela doit se faire à l’échelle locale et, bien
entendu, à l’échelle politique. Mais, aussi, beaucoup de
changements doivent être apportés à l’échelle communautaire.
If we look at a model, one of the reasons why a lot of the
members in our communities can’t pay rent and have privately
owned homes is that they don’t have access to employment. Our
communities are a lot different than a lot of the other First
Nation communities because NAN does not have access to the
larger centres. They don’t have the ability to drive to work every
day because there are no roads. There are a lot of challenges when
it comes to employment.
Si l’on regarde le modèle présenté à la diapositive, une des
raisons pour lesquelles beaucoup des membres de nos collectivités
ne peuvent payer leur loyer ou s’acheter une maison, c’est qu’ils
n’ont pas d’emploi. À bien des égards, nos collectivités sont très
différentes des autres collectivités des Premières Nations, car la
NNA ne se trouve pas près de grands centres. Nos membres ne
peuvent pas se rendre au travail chaque jour, car nous n’avons pas
de routes. Nous sommes confrontés à beaucoup d’obstacles en
matière d’emploi.
However, I think there are a lot of ways that we can create
employment in our communities. So if we can create sustainable
employment in our communities by using strengths from each of
those communities, that would help enable families to pay rent.
Je crois, cependant, qu’il existe beaucoup de façons de créer de
l’emploi dans nos collectivités. La création d’emplois durables
faisant appel aux forces de chacune de nos collectivités permettra
aux familles de travailler et de payer leur loyer.
We also need a lot of community engagement and education so
that they understand or have a better understanding of how to
care for their homes, also how their system works. A lot of them
don’t understand that if they don’t pay rent then it’s coming from
somewhere else. That community engagement and education
needs to happen in all aspects; fire, all types of safety aspects.
L’engagement communautaire et l’éducation sont également
importants pour que les membres puissent apprendre comment
prendre soin de leur logement et comment fonctionne le régime.
Bon nombre ne comprennent pas que s’ils ne paient pas leur loyer,
c’est quelqu’un d’autre qui le paie pour eux. L’engagement
communautaire et l’éducation peuvent porter sur divers aspects,
notamment les incendies et la sécurité.
Then we also have to look at investment into our own future.
With all of that, we begin to have a process of sustainable housing
and infrastructure.
Il faut ensuite réfléchir à l’investissement que l’on veut faire
dans notre avenir. Tout cela permettrait de mettre en place un
processus durable en matière de logement et d’infrastructures.
Mr. Louttit: There are some more charts, which I will ask
Charmaine to explain. The next one is ‘‘Creating Futures for
Infrastructure and Sustainable Housing,’’ or CFISH. We have to
think of innovative ways to get to the root cause of inadequate
housing and poor living conditions. CFISH is comprised of three
arms: a non-profit, to develop capacity at the local level; a forprofit, which would focus on the development and oversight of
businesses, which would feed into the housing supply chain, so
building becomes more cost efficient, and community members
can be employed; an investment fund in which each of the
businesses or interested parties would be required to invest a
certain amount of profit. This fund would then be accessible to
our members and communities to apply for funding to leverage
further funding for the various infrastructure projects.
M. Louttit : Il y aura d’autres tableaux et je demanderai à
Charmaine de vous les expliquer. La prochaine diapositive
concerne l’organisation « Bâtir un avenir pour l’infrastructure et
le logement durable », ou BAILD. Nous devons réfléchir à des
façons novatrices de nous attaquer aux causes fondamentales des
logements inadéquats et des mauvaises conditions de vie. BAILD
est composé de trois directions : une chargée des activités sans but
lucratif et responsable du développement de la capacité à l’échelle
locale; une chargée des activités à but lucratif responsable du
développement et de la surveillance des sociétés qui
participeraient à la chaîne d’approvisionnement en matière de
logement de façon à ce que la construction se fasse de façon plus
économique et à ce que les membres de la collectivité puissent y
participer; et une chargée du fonds d’investissement auquel toutes
les sociétés ou toutes les parties intéressées verseraient une partie
de leurs profits. Les membres des collectivités et les collectivités
elles-mêmes pourraient ensuite utiliser ce fonds pour tirer parti
d’autres fonds afin de réaliser divers projets d’infrastructure.
Ms. McGraw: I heard some of you speak earlier about other
ways that you can fund yourselves and find a way to become
economically sovereign, and, yes, there is a way.
Mme McGraw : Certains ont parlé plus tôt de moyens de
s’autofinancer ou de devenir indépendant sur le plan économique.
Vous avez raison, il y a une façon.
What you will look at on the one slide after that short
description of CFISH is something that we have been working on
at NAN for probably about the last year and a half, two years,
and it has finally kind of come to a head, and it is called ‘‘Creating
Futures for Infrastructure and Sustainable Housing.’’
La prochaine diapositive porte sur ce à quoi nous travaillons
depuis environ deux ans à la NNA. Nos efforts ont finalement
abouti à la création de « Bâtir un avenir pour l’infrastructure et le
logement durable ».
8:112
Aboriginal Peoples
1-10-2014
This organization would be the delivery vehicle specifically for
NAN and independent First Nations when it came to housing.
The idea is that the non-profit branch of CFISH would be
responsible for capacity building, training, education,
administrative reports, providing a liaison service between
government and First Nations so that that gap is bridged.
There is a lot of miscommunication, mistrust, and that’s when
things kind of go out the window.
L’organisation servirait d’agent de prestation de services en
matière de logement pour la NNA et les Premières Nations
indépendantes. L’idée, c’est que la direction chargée des activités
sans but lucratif serait chargée du renforcement des capacités, de
la formation, de l’éducation, des comptes rendus administratifs et
de la relation entre le gouvernement et les Premières Nations afin
de combler les écarts. Il y a beaucoup de mauvaise
communication et de méfiance et c’est ce qui fait dérailler les
choses.
I realize that, for sustainable change, it has to happen at that
community level, so capacity building, training our housing
managers, training our economic development officers, training
our lands managers so that they have the best education possible
to manage in their communities. We could look at all kinds of
things, but that’s kind of the gist of the non-profit branch.
Je suis consciente que, pour qu’un changement durable
s’observe, il doit s’observer à l’échelle de la collectivité. Cela
passe par le renforcement des capacités, la formation de nos
gestionnaires des logements, la formation de nos agents du
développement économique, et la formation des gestionnaires des
terres afin qu’ils possèdent les compétences nécessaires pour
assurer la gestion au sein de leurs collectivités. Il y a plusieurs
possibilités à explorer, et c’est justement la responsabilité de la
direction chargée des activités sans but lucratif.
The for-profit branch, this arm of the entity would be
responsible for the management, start-up, and oversight of
businesses that fell into the CFISH mandate. So what we have
been doing is investigating communities, seeing what strengths
they have. Some have sawmills. Some have cabinet makers. Some
have plumbers. We have been investigating and identifying those
business opportunities that would feed into the housing supply
chain. We, for so long, have been buying housing supplies from
down south and then shipping them up hundreds of miles up
north when there are trees all around us.
La direction chargée des activités à but lucratif serait
responsable de la gestion, de la mise en œuvre et de la
surveillance des sociétés qui cadrent avec le mandat de BAILD.
Nous avons donc analysé les collectivités pour découvrir leurs
forces. Certaines ont des scieries, d’autres comptent sur des
ébénistes ou des plombiers. Nous avons défini les opportunités
d’affaires qui pourraient alimenter la chaîne d’approvisionnement
en matière de logement. Nous achetons depuis si longtemps nos
matériaux de construction dans le sud du pays pour les faire livrer
des centaines de milles plus loin, dans le nord, alors que nous
sommes entourés d’arbres.
I heard the discussion about log homes earlier. That may or
may not be a solution, but there are opportunities for us to use
resources around our communities to help lessen the cost of
building a house.
Certains ont parlé des maisons en bois rond. Il pourrait s’agir
d’une solution, mais nous pouvons aussi utiliser les ressources qui
se trouvent près de nos collectivités afin de réduire les coûts de
constructions.
Then, again, through the non-profit branch, you are training
your tradespeople so that you are building your own houses. You
are not paying construction companies to come in and build.
La direction des activités sans but lucratif serait responsable de
la formation des gens des métiers. Ainsi, les membres des
collectivités pourraient construire leurs propres maisons au lieu
de faire appel à des entreprises de construction.
There are a few Aboriginal housing companies already that are
doing prefab homes, things like this. We just need to find those
and help them build. They don’t always have the capacity to bring
them to the next level, so that’s kind of the idea behind CFISH.
Il existe quelques entreprises de construction autochtones qui
se spécialisent dans la construction de maisons préfabriquées, par
exemple. Il suffirait de les contacter et de les aider, car elles n’ont
pas toujours la capacité d’offrir un produit de niveau supérieur.
C’est donc l’idée derrière BAILD.
Then the most important part of this, to me, is the NAN
community infrastructure fund, because any of the businesses that
we would develop through the for-profit branch would have
written into their contracts that there would be a certain amount
of profit to be reinvested into this fund.
Selon moi, le plus important, c’est le fonds d’infrastructure
communautaire de la NNA, puisque les sociétés créées par
l’entremise de la direction chargée des activités à but lucratif
seraient tenues, en vertu de leur entente, de réinvestir une partie de
leurs profits dans ce fonds.
So this is how we start, and I know it will be a long, slow start,
but it has to start somewhere. With this infrastructure fund, like
Deputy Loutitt was saying in the mission statement, communities
C’est donc ainsi que le changement s’amorcerait. Je sais que le
processus sera long et lent, mais il faut bien commencer quelque
part. Comme l’a souligné le grand chef adjoint Louttit dans son
1-10-2014
Peuples autochtones
8:113
would be able to apply for the $70,000 that they need to get the
$240,000 or $1.1 million, or whatever it’s going to cost for their
water treatments plants.
exposé, les collectivités pourront présenter une demande auprès
de ce fonds d’infrastructure pour obtenir les 70 000 $ dont ils ont
besoin pour obtenir les 240 000 $ ou le 1,1 million de dollars
nécessaires à l’amélioration de leur usine de traitement des eaux.
This is a beginning. By investing in ourselves, we are investing
in our future, and this is something that we are almost ready to go
to our Chiefs with. I will be meeting with, actually, AANDC and
quite a few other organizations — CMHC, First Nations Brick
Housing Fund — next week to discuss our ideas and where we are
at.
C’est un début. En investissant en nous-mêmes, nous
investissons dans notre avenir. Ce projet est presque prêt à être
présenté aux chefs. D’ailleurs, la semaine prochaine, je
rencontrerai les responsables d’AADNC et d’autres
organisations — la SCHL, le First Nations Brick Housing Fund
— afin de discuter de nos idées et de l’état d’avancement du
projet.
The next slide goes into the goals of CFISH: Create
employment opportunities within our communities; build
capacity of NAN First Nations staff; and create a pot of money
which would be reinvested into community infrastructure.
La prochaine diapositive porte sur les objectifs de BAILD, soit
créer des possibilités d’emploi au sein de nos collectivités;
renforcer la capacité du personnel des Premières Nations de la
NNA; et mettre sur pied un fonds pouvant être réinvesti dans les
infrastructures communautaires.
How do we make that happen? Strong community capacity,
ability for individuals to pay rent, proper maintenance programs,
address safety issues, and consulting directly with our
communities like you guys have done today.
Comment y arriver? En renforçant la capacité communautaire
et la capacité des gens à payer leur loyer, en offrant des
programmes adéquats d’entretien, en réglant les problèmes de
sécurité et en consultant directement les collectivités, comme vous
le faites aujourd’hui.
What do we need to do to make this happen? We need to spend
some time and identify gaps in capacity, both human and
physical; identify potential employment opportunities; potential
partnerships beneficial for streamlining of buying process; and
existing ventures that require support so that we can, not start all
over again, but help those ones that need a hand up.
Que pouvons-nous faire pour atteindre nos objectifs? Nous
devons prendre le temps de définir les écarts en matière de
capacité, tant la capacité humaine que la capacité physique. Il
faudra également définir les possibilités d’emploi et les
partenariats qui pourraient nous permettre de simplifier le
processus d’achat et identifier les projets actuels ayant besoin
d’un certain soutien. Ainsi, nous pourrons aider ceux qui en ont
besoin au lieu de recommencer à zéro.
NAN has been working quite a bit on some other things that
we need to do. We have done a housing manager’s training and
certification this year. We graduated seven housing managers
from our First Nations at our Keewaywin conference. They went
through a lengthy seven-week, which was one week per month,
course that trained them on policy development, building and
inspections, everything. I’m not a housing person, so I’m learning
all of this, too. They really learned a lot about the skills that they
need to really do their jobs.
La NNA a beaucoup travaillé à d’autres aspects. Cette année,
des membres ont participé à une formation sur la gestion des
logements. Sept membres des Premières Nations ont reçu leur
diplôme et leur certificat de gestionnaires de logements lors de la
conférence de Keewaywin. Il s’agissait d’une formation de sept
semaines, au rythme d’une semaine par mois, au cours de laquelle
les participants ont acquis des compétences en développement de
politiques, en construction et en inspection, entre autres. Ce n’est
pas mon domaine, alors j’apprends moi aussi. Ils ont acquis les
compétences nécessaires pour faire leur travail.
We are doing a feasibility study for the for-profit housing
corporation, which I talk with CFISH; we have been engaging
with communities to help them assess their needs; and we have
been lobbying government for more financial capacity.
Nous menons une étude de faisabilité pour la direction chargée
des activités à but lucratif de BAILD; nous travaillons avec les
collectivités afin de définir leurs besoins; et nous avons fait
pression auprès du gouvernement pour obtenir plus de fonds.
There is a backlog that needs to be addressed, so I will say that
there needs to be money invested just to get us up to par. From
there, then there is the realization that we do need to help
ourselves, and we will go forward from there.
Il faut régler l’arriéré, et pour cela, nous avons besoin de fonds.
Nous devons être conscients qu’il faut d’abord nous aider
nous-mêmes et, ensuite, nous pourrons progresser.
Why we need to work together in unity, I think if our
communities come together, then there is a pooling of collective
knowledge of business, First Nation markets and government and
Si nos collectivités peuvent s’unir et travailler ensemble, elles
profiteront d’une mise en commun des connaissances du milieu,
des marchés du gouvernement et des Premières Nations et des
8:114
Aboriginal Peoples
1-10-2014
contribution programs. Everybody knows something different, so
I think there is a little bit more collaboration needed on our part
as well as all of us coming to the table.
programmes de contribution. Tous les intervenants ont des
connaissances différentes à apporter à la table. Tous les
intervenants, nous y compris, doivent collaborer davantage.
Economies of scale: Working together in unity allows us to
increase our buying power. Operating collectively, the investment
entity can afford full-time business management staff, and
sometimes this is impossible for First Nations.
Au sujet des économies d’échelle, la collaboration permettra
aux collectivités d’accroître leur pouvoir d’achat. Grâce à la
collaboration, l’organisme d’investissement pourra embaucher du
personnel à temps plein pour la gestion des activités, chose parfois
impossible pour les Premières Nations.
Why do we need to work together towards success? There is the
potential for meaningful job placements for graduating students
in various disciplines. Lots of students are the ones who choose to
leave their communities to go to school, like I did. I had to leave.
My home community isn’t a reserve, but it is very northern, quite
remote, but there is no reason for me to go back.
Pourquoi est-il nécessaire de collaborer pour connaître du
succès? Car cela augmente le potentiel de placement dans des
emplois utiles pour les diplômés dans divers domaines. Tout
comme moi, beaucoup d’étudiants choisissent de quitter leur
collectivité pour poursuivre leurs études. Il fallait que je quitte. Je
ne vis pas dans une réserve, mais ma collectivité est très éloignée;
elle est située très au nord. Je n’ai aucune raison d’y retourner.
So if we look at how we can start jobs in our communities,
sustainable jobs, then the youth will want to go back to their
communities. That’s going to mean the biggest difference right
there, because right now, just like in the rest of Canada and
Ontario, there is youth out migration. They are not leaving right
now because they don’t know, because if they leave and come
back, there is nothing really to come back to, and that happens all
across Canada, not just in First Nation communities.
Si l’on arrive à créer des emplois durables dans nos
collectivités, les jeunes reviendront. C’est ce qui aura le plus
gros impact, car, tout comme le reste du Canada et de l’Ontario,
nous vivons l’exode des jeunes. Ils ne quittent pas tout de suite,
car ils ignorent s’il y aura quelque chose pour eux à leur retour. Ce
n’est pas ainsi uniquement dans les collectivités des Premières
Nations; c’est ainsi partout au pays.
This CFISH model is a collective step toward self-sufficiency,
sovereignty, and empowerment, and I think that’s something that
the Aboriginal People of Canada really need to work towards,
and our northern Ontario is a little bit unique compared to some
of the other provinces.
Le modèle BAILD constitue une étape collective importante
vers l’autosuffisance, l’indépendance et la responsabilisation.
Selon moi, c’est un objectif que les peuples autochtones du
Canada doivent viser et le nord de l’Ontario est unique
comparativement à d’autres provinces.
Mr. Louttit: Thank you, Charmaine.
M. Louttit : Merci, Charmaine.
In conclusion, we come to the last slide, which outlines our
recommendations to your committee.
La dernière diapositive donne un aperçu de nos
recommandations au comité.
One, NAN urges government to develop new innovative ways
of administering dollars and to evaluate current structures, such
as that which has just been discussed here.
Premières recommandations : La NNA exhorte le
gouvernement à élaborer des façons novatrices d’administrer les
fonds et d’évaluer les structures actuelles, comme il en a été
question aujourd’hui.
Two, we recommend the NAN CFISH model to government
for housing and infrastructure delivery. For the longest time, we
have relied on Indian Affairs or CMHC to be the delivery agents.
Then when they downloaded the programs to the community
level, they just basically handed the program dollars down
without any ability or capacity to manage a sustainable program.
This organization we are proposing would facilitate that process.
Deuxième recommandation : On recommande au
gouvernement d’adopter le modèle BAILD de la NNA pour la
construction de logements et d’infrastructures. Nous comptons
sur Affaires indiennes ou la SCHL depuis trop longtemps à cet
égard. Lorsque la gestion des programmes a été confiée aux
collectivités, aucune capacité de gestion n’a suivi. La solution que
nous proposons permettrait de simplifier le processus.
Three, urge government to allocate funding to communities
with immediate need to eliminate boil water advisories and bring
their water systems up to standards in the long term.
Troisième recommandation : Presser le gouvernement
d’affecter des fonds aux collectivités qui doivent respecter un
avis d’ébullition de l’eau pour qu’elles puissent améliorer leur
système d’eau potable de façon à ce qu’il respecte les normes
nationales.
Four, urge government to recognize that capacity development
at the local level is needed before we will see any sustainable
change.
Quatrième recommandation : Insister auprès du gouvernement
pour qu’il reconnaisse la nécessité de renforcer la capacité à
l’échelle locale afin que des changements durables puissent
s’observer.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:115
Five, recommend to government that CFISH be the delivery
agent for capacity development, housing programs, trades
training and certification.
Cinquième recommandation : Recommander au gouvernement
d’adopter BAILD à titre d’agent de prestation de services
responsable du renforcement de la capacité, des programmes de
logements, de la formation dans les métiers et de l’homologation.
Six, recommend to government the need for funding for
comprehensive community planning in order to help a community
strategically guide their housing and infrastructure development.
Sixième recommandation : Recommander au gouvernement
d’affecter des fonds à la planification communautaire globale de
façon à aider les collectivités à diriger de façon stratégique la
construction de logements et d’infrastructures.
While we acknowledge the problems, we are presenting here
some statistics, but also actual solutions to what we see have been
longstanding problems.
Nous sommes conscients qu’il y a des problèmes à régler. Nous
vous présentons des statistiques, mais nous proposons également
des solutions à des problèmes de longue date.
There is no reason why one community in Neskantaga First
Nation has been on a boil-water advisory for 14 years. That was
in the news media on September 8 and September 9 as well as the
other communities.
Rien ne justifie que la collectivité de la Première Nation
Neskantaga doive respecter un avis d’ébullition de l’eau depuis
14 ans. Cette nouvelle est parue dans les médias les 8 et 9
septembre, ainsi que dans d’autres collectivités.
With today’s technology, there is no reason why we can’t be
creative, innovative in order to provide these solutions for the
long-term sustainability of our communities.
Grâce à la technologie d’aujourd’hui, il est possible d’être
créatif et novateur afin de trouver des solutions pour la viabilité à
long terme de nos collectivités.
My colleague and I would like to thank the committee for
taking the time to listen to us, and I hope some of our thoughts
will be considered towards the long-term solution of this issue.
Thank you very much.
Nous tenons à remercier le comité d’avoir pris le temps de nous
écouter. Nous espérons que certaines de nos idées seront prises en
considération à titre de solution à long terme pour régler ce
problème. Merci beaucoup.
The Chair: Thank you very much, both of you. I think this is a
great way to end the day is with a big picture of the region. I was
most impressed by the size of your region, your ideas and your
concrete recommendations. Much appreciated.
Le président : Merci beaucoup à vous deux. Cette présentation
de l’image globale de la région est une excellente façon de terminer
la journée. J’ai été très impressionné par la taille de votre région,
vos idées et vos recommandations concrètes. Nous vous en
sommes très reconnaissants.
Senator Sibbeston: Thank you for a very impressive
presentation.
Le sénateur Sibbeston : Merci pour cet exposé très
impressionnant.
We have heard from a lot of the communities today, and many
of them are having problems just simply getting to government. I
also get the sense that there isn’t a great deal of communication or
rapport with the federal government.
Beaucoup de collectivités sont venues s’exprimer aujourd’hui et
bon nombre ont de la difficulté à simplement se faire entendre
auprès du gouvernement. J’ai également l’impression qu’il n’y a
pas beaucoup de communication ou de rapport avec le
gouvernement fédéral.
Your organization represents 49 communities, and you
represent quite a number of regional councils, and you are
organized to a much higher degree. It seems like you have the
solutions that would help the communities. I can’t help but think
government ought to respond to you because you are closer to the
people, and you are providing solutions.
Votre organisation représente 49 collectivités et plusieurs
conseils régionaux, et vous êtes très bien organisés. Vous
semblez avoir trouvé les solutions qui pourraient aider les
collectivités. Je ne peux m’empêcher de penser que le
gouvernement devrait vous répondre, puisque vous êtes près de
la population et que vous proposez des solutions.
Do you find that the federal government or governments are
more responsive or likely to be responsive to you? What has been
your experience with government? Will they respond to this or
will they discard it and ignore it?
Selon vous, le gouvernement fédéral et les autres
gouvernements sont-ils plus coopératifs? Quelle a été votre
expérience avec le gouvernement? Selon vous, va-t-il réagir à ces
recommandations ou va-t-il simplement les ignorer?
Mr. Louttit: They are not discarding it, because they,
themselves, don’t have the solutions. We have been engaging
very positively with AANDC, Indian Affairs, as well as CMHC.
An example is the training program for our seven housing
managers. They have certification now and have that capacity. I
M. Louttit : Il ne les ignorera pas, car il n’a pas de solution à
proposer. Nous avons eu des discussions très positives avec
AADNC, les Affaires indiennes et la SCHL. Nous avons pu, par
exemple, offrir le programme de formation à nos sept
gestionnaires des logements. Ils ont reçu leur certificat et acquis
8:116
Aboriginal Peoples
1-10-2014
think just last month they completed their courses, and now they
are actually undertaking their responsibilities as qualified housing
managers.
les compétences nécessaires pour faire leur travail. Ce n’est que le
mois dernier qu’ils ont complété leur formation et ils assument
déjà leurs responsabilités en tant que gestionnaires des logements
qualifiés.
We are following up with that. We are going to be monitoring
them over the next few weeks this fall to ensure that we support
them; that we just don’t give them the skills or capacity and
sending them home, we need to support them. So we are going to
be going back. The staff are going to go back and mentor them
and make sure that, if they have any problems, we are there to
support and provide answers and assist them in creating their own
solutions. Each community is unique. Each community is
complex. The environment is totally different from the others,
so I think this is a very positive step.
Au cours des prochaines semaines, nous allons les suivre de
près, les surveiller et les épauler. Il ne suffit pas de leur enseigner
les compétences nécessaires; il faut aussi les soutenir. Donc, des
membres de notre personnel iront dans leurs collectivités pour les
aider et s’assurer de leur fournir un soutien et des réponses à tout
problème qu’ils pourraient avoir et les aider à trouver leur propre
solution. Chaque collectivité est unique; chacune est complexe.
L’environnement diffère totalement d’une collectivité à l’autre. Je
crois qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction.
CMHC and AANDC are considering another intake, which is
going to be very positive. AANDC is seriously looking at our
model, and we are hopeful that they will support the continued
development of this concept and hopefully we can rely on their
resources to establish it so that it will be an actual housing
infrastructure entity that can support our First Nations in solving
their problems.
La SCHL et AADNC étudient la possibilité d’accepter un
autre contingent, ce qui serait une très bonne nouvelle. AADNC
étudie attentivement notre modèle. Nous espérons que le
ministère appuiera l’élaboration de ce concept et que nous
pourrons compter sur ses ressources pour le mettre en place,
afin que l’on puisse compter sur un vrai organisme responsable
des logements et de l’infrastructure capable d’aider les Premières
Nations à régler les problèmes auxquels elles sont confrontées.
Senator Raine: What did you mean when you said ‘‘CMHC
and AANDC are considering another intake’’? An intake for
what?
La sénatrice Raine : Que voulez-vous dire par : « La SCHL et
AADNC étudient la possibilité d’accepter un autre contingent »?
Mr. Louttit: The intake for the housing managers training and
certification, because it’s a new initiative in Ontario, particularly
having regard to the fact that seven of the NAN First Nations are
mostly from the remote territories. They have been very highly
successful in completing that.
M. Louttit : Un contingent de participants pour la formation
et l’homologation en gestion des logements, puisqu’il s’agit d’une
nouvelle initiative en Ontario. Sept Premières Nations de la NNA
se trouvent dans les régions éloignées. Le taux de réussite est très
élevé.
I attended one of their sessions. Just a couple of days before
that, they were given a written test, and they were averaging
87 per cent on the written, which is very, very, I would say,
surprising. But given that opportunity, it shows that they can do
it. We are pushing for a second intake, and I think we have the ear
of AANDC as well as CMHC to do that in the next coming
months.
J’ai assisté à un de leurs cours. Quelques jours auparavant, les
participants se sont soumis à une évaluation écrite. Ils ont obtenu,
en moyenne, 87 p. 100, ce qui est, selon moi, est très surprenant.
Mais, cela démontre que si on leur en donne l’occasion, les
membres peuvent réussir. Nous insistons auprès d’AADNC et de
la SCHL pour qu’un deuxième contingent d’étudiants soit
accepté.
Senator Raine: Is that program delivered in the North here?
La sénatrice Raine : Ce programme est-il offert ici, dans le
Nord?
Mr. Louttit: I believe it’s being delivered throughout the
province, but maybe Charmaine can elaborate on this.
M. Louttit : Si je ne m’abuse, il est offert à l’échelle provinciale.
Charmaine pourrait vous donner plus de détails à ce sujet.
Ms. McGraw: The housing managers training is a pilot
program. It’s the first time it has ever been done in Ontario.
The way that it was set up is each week, because it was a sevenweek program done over seven months, each week, a different
community was chosen that has done something innovative in
housing so that we would bring our people out of their
community so that they could see what was being done, what is
possible and different ways of approach. So that was the idea of
bringing them out.
Mme McGraw : Le programme de formation des gestionnaires
des logements est un projet pilote. C’est la première fois qu’il est
offert en Ontario. Il s’agit d’une formation de sept mois qui se
déroule au rythme d’une semaine par mois. Donc, chaque
semaine, une collectivité ayant fait quelque chose de novateur
en matière de logement est choisie et les participants s’y rendent
pour constater les résultats, étudier les possibilités et examiner les
différentes approches. C’est la raison pour laquelle les
participants se déplacent.
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Peuples autochtones
8:117
Looking at the second intake, however, because it was
recognized from some of our students that it’s really hard for
them to go away for a week, away from their family, away from
their jobs when they are integral people in their communities —
housing managers don’t really have a lot of free time. So we are
looking at, for our second intake, to do some partial online
training with WAHSA Distance Education. So we, ourselves, too,
are being innovative, but in the pilot program, we actually learned
quite a bit about how to deliver training to First Nations.
Les participants ont reconnu qu’il est très difficile pour eux de
partir pour une semaine, loin de leur famille et de leur emploi,
alors qu’ils jouent un rôle intégral au sein de leurs collectivités —
les gestionnaires des logements n’ont pas beaucoup de temps libre.
Donc, pour le deuxième contingent, on étudie la possibilité
d’offrir une partie de la formation en ligne par l’entremise du
centre d’apprentissage à distance WAHSA. Nous aussi nous
faisons preuve d’innovation, mais dans le cadre du projet pilote.
Nous avons beaucoup appris sur la prestation de la formation
dans les Premières Nations.
Senator Tannas: On the fourth page of your presentation is a
number that raised all our eyebrows: ‘‘Projected growth forecasts
show that, in the next 17 years, there is a total of 130,000 new
home required.’’That’s in Canada, right? It’s not 130,000 houses
in the NAN.
Le sénateur Tannas : À la quatrième page de votre exposé, il y
a un chiffre qui m’a fait sursauter. Vous dites : « Selon les
prévisions de croissance, au cours des 17 prochaines années,
130 000 nouveaux logements seront nécessaires. » Ces données
sont pour l’ensemble du pays, n’est-ce pas? On ne parle pas de
130 000 nouveaux logements pour la NNA.
Ms. McGraw: That’s a Canadian statistic.
Mme McGraw : C’est pour tout le Canada.
Senator Tannas: Thank you.
Le sénateur Tannas : Merci.
I also want to say how grateful I am to have some concrete,
thoughtful recommendations to consider. We are determined to
add value to your cause and come up with some good
recommendations, so wonderful.
Je tiens à souligner également à quel point je suis heureux de
voir que vous avez formulé des recommandations concrètes et
réfléchies. Nous sommes résolus à ajouter de la valeur à ce dossier
et à formuler de bonnes recommandations. C’est un travail bien
fait.
All the stories we heard today — and you were here for many
of them — are wonderful. They give us everything that we need to
understand how urgent this is, but to get this from you is like a life
preserver in a sea of hopelessness. Thank you.
Toutes les histoires entendues aujourd’hui — il y en a eu
beaucoup — étaient extraordinaires. Elles nous fournissent toute
l’information nécessaire pour comprendre l’urgence de la
situation; c’est comme trouver un gilet de sauvetage dans une
mer de désespoir. Merci.
The Chair: While we are talking about the proposal, CFISH,
and I know it may be premature, but Ms. McGraw, you said that
you are planning to have a meeting with First Nations Market
Housing Fund. I know it hasn’t happened yet, but does it appear
that this kind of initiative might be of interest to them?
Le président : Puisque nous sommes sur le sujet de la
proposition BAILD, il est peut-être un peu trop tôt pour poser
cette question, mais, madame McGraw, vous dites que vous
envisagez de rencontrer le First Nations Market Housing Fund.
Croyez-vous que ce genre d’initiative pourrait les intéresser?
You have a meeting. Can you tell us a little bit about that? We
might also want to follow up on how that went because this fund
was created with great promise about capacity development, and I
think it’s probably fair to say that we are still waiting to see
results, so I would be interested if you could make any comments
on that.
Vous avez une rencontre. Pouvez-vous nous en parler un peu?
Nous pourrions aussi vouloir effectuer un suivi, car il est
probablement juste de dire que nous attendons toujours les
résultats, même si de grandes promesses avaient été faites sur le
renforcement des capacités lorsque ce fonds a été créé. J’aimerais
donc que vous nous en disiez un peu sur ce point.
Ms. McGraw: Since I have come on with NAN in April, I have
held several meetings. First Nations Market Housing Fund, this
will be the first time that they have heard about CFISH.
Mme McGraw : Je suis entrée en poste en avril dernier, et j’ai
organisé depuis plusieurs réunions. Ce sera la première fois que les
responsables du Fonds d’aide au logement du marché pour les
Premières Nations entendront parler du BAILD.
I met with them at AFN in Halifax this year. There’s a keen
interest on seeing how they can contribute to this project model,
and they are definitely open and willing to work with us.
Je les ai rencontrés à l’APN qui a eu lieu cette année à Halifax.
Le projet les intéresse beaucoup et ils sont assurément prêts à
travailler avec nous.
The upcoming meeting is on September 25, the one that I’m
hosting with partners from the table, from AANDC. It is not just
about housing, more governance, as well as community
comprehensive planning, economic development. I’m really
trying to bring all the players to the table because housing is so
La prochaine rencontre aura lieu le 25 septembre, c’est-à-dire
celle que j’organise avec des partenaires à la table, avec AADNC.
On n’y traitera pas seulement de logement, mais aussi de
gouvernance accrue, de planification communautaire globale, de
développement économique. J’essaie vraiment de réunir tous les
8:118
Aboriginal Peoples
1-10-2014
intertwined with everything in our lives — CMHC, Industry
Canada, because they are a big player in any kind of studies that
we do.
intervenants autour de la table, car la question du logement est
intimement liée à toutes les autres dans nos vies. La SCHL,
Industrie Canada, ce sont des acteurs importants dans toutes les
études que nous menons.
Yes, I would more than welcome your committee to follow up
with me and my Economic Development Officer. We are the ones
working on the ground with our communities, and we would
appreciate any input we would be allowed to have on such an
issue like this.
Je serais donc heureuse, bien sûr, que le comité effectue un suivi
avec moi et notre responsable du développement économique.
Nous travaillons sur le terrain avec les membres de nos
communautés et nous serions heureux que vous nous fassiez
part de vos commentaires sur une question comme celle-ci.
The Chair: Just what I was hoping to hear. Thank you. That’s
great.
Le président : C’est exactement ce que je souhaitais entendre.
Excellent. Merci.
Senator Raine: We are getting a lot of information that
indicates that the way AANDC currently operates, with doling
out the money in bits and pieces that never meets the need and
with a lot of thoughts that it doesn’t really get to the ground level,
and when it does, there are strings attached that wouldn’t
necessarily be the priorities of the actual community in building
what would work sustainably. If something like CFISH was in
place, could it replace AANDC with regard to infrastructure and
housing granting and programs?
La sénatrice Raine : On entend souvent dire que le mode de
fonctionnement actuel d’AADNC, c’est-à-dire distribuer des
sommes d’argent au compte-gouttes par-ci par-là qui ne sont
jamais suffisantes pour répondre aux besoins, et on ne sait jamais
si elles se rendent vraiment là où elles devraient se rendre, et
lorsque c’est le cas, les conditions qui y sont attachées font en
sorte qu’on ne peut les utiliser pour répondre aux priorités de la
communauté et construire quelque chose de durable. Si un
organisme comme BAILD était mis en place, est-ce qu’il pourrait
permettre à AADNC de se retirer des programmes et des
subventions liés au logement et à l’infrastructure?
Mr. Louttit: Absolutely. I think we have the capacity, and
through this training program, we initiated that capacity at the
local level. That’s going to continue.
M. Louttit : Tout à fait. Je pense que nous avons la capacité.
Le programme de formation nous a permis de la développer dans
les communautés, et cela va se poursuivre.
For years and years, we have seen federal departments
downloading programs to First Nations, streamlining, as they
call it, in the hopes of cost savings, but, unfortunately, it doesn’t
really happen that way. I think we can manage. See, the minor
and major capital dollars are going to go to the First Nations in
any case, and then the department says, ‘‘It’s up to you how you
want to establish your priorities, your five-year capital plan, your
ten-year capital plan.’’
Année après année, nous avons vu les ministères fédéraux offrir
des programmes aux Premières Nations, les rationaliser, comme
ils disent, dans l’espoir d’économiser, mais malheureusement, cela
ne fonctionne pas ainsi. Je pense que nous pouvons le faire.
Comme vous le savez, les fonds pour les petits et les grands projets
d’immobilisations seront versés aux Premières Nations de toute
façon, puis le ministère dira : « C’est à vous d’établir vos priorités,
votre plan quinquennal ou décennal d’immobilisations ».
Then priorities change at the community level. If we had the
opportunity with the support of the federal government to
establish such an entity, I think we would be far more successful
in engaging our First Nations, getting their support, as well
assisting them in determining their priorities.
Puis, les priorités changent au sein des communautés. Si nous
pouvons mettre en place un organisme de ce genre, avec le soutien
du gouvernement fédéral, je pense que nous arriverions beaucoup
mieux à faire participer nos Premières Nations, à obtenir leur
appui, et à les aider à établir leurs priorités.
If we had an envelope of funds that is geared specifically to
NAN territory that is currently being held by AANDC as well as
CMHC, I feel, or we all feel, that we can better manage those
dollars to the benefit of the community, as well as the maximum
buying power, because we can use economies of scales, bulk
purchasing, bulk transportation, creating businesses, et cetera, to
leverage more.
Si nous avions l’enveloppe de fonds dédiée au territoire de la
NNA qu’administrent actuellement AADNC et la SCHL, je
pense, ou plutôt nous pensons tous, que nous serons mieux placés
pour la gérer et pour répondre aux besoins de nos communautés,
et pour générer des économies d’échelle, en maximisant notre
pouvoir d’achat, en achetant en gros, en créant des entreprises, et
cetera, pour démultiplier les retombées.
Private sector funding, the financial markets, I think we could
do that better. You have heard one of the First Nations here.
There are innovative ways of investing in capital dollars. That’s
an example. I think we can do it better, and that’s why we are
pushing for this model.
Qu’il s’agisse du financement du secteur privé, des marchés
financiers, je pense que nous pouvons faire mieux. Vous avez
entendu une des Premières Nations ici. Il existe des façons
novatrices d’investir dans les projets d’immobilisations. C’est un
exemple. Je pense que nous pouvons faire mieux, et c’est pourquoi
nous voulons mettre en place ce modèle.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:119
Senator Dyck: Thank you for that presentation, and thank you
so much for the recommendations. It’s a great way to end our
day.
La sénatrice Dyck : Je vous remercie de votre exposé et merci
beaucoup aussi de vos recommandations. C’est une belle façon de
terminer la journée.
I’m quite taken with these and want a little more detail. For
instance, the question you just had now about funding, I think,
would probably come under Recommendation 1, which was
urging the government to develop new, innovative ways of
administering dollars.
Ces recommandations me plaisent beaucoup et j’aimerais en
savoir davantage. Par exemple, la question du financement que
vous venez aborder tomberait probablement sous la
recommandation 1, exhorter le gouvernement à élaborer des
façons novatrices d’administrer les fonds.
Could you tell us what you envisioned in that? Would that
cover this example of getting rid of the department and
substituting a structure like CFISH?
Pourriez-vous nous dire ce que vous envisagez ici? Est-ce qu’il
s’agit par exemple de remplacer le ministère par une structure
comme BAILD?
Mr. Louttit: There has been a lot of talk about getting rid of
the Department of Indian Affairs, but this is not really what we
are promoting. We would like to access those dollars that are
targeted or allocated to the First Nations.
M. Louttit : On a beaucoup parlé de se débarrasser du
ministère des Affaires indiennes, mais ce n’est pas vraiment ce
que nous préconisons. Nous voulons gérer les enveloppes qui sont
destinées aux Premières Nations.
The Department of Indian Affairs will always be there until
they change the legislation, the Indian Act as well as the actual
Department of Indian Affairs Act that created the department.
Pour abolir le ministère des Affaires indiennes, il faut modifier
la Loi sur les Indiens et il faut modifier la Loi sur le ministère des
Affaires indiennes qui l’a créé.
Whether they are there or not, the money comes to the First
Nations. We feel that we could help those First Nations manage
those monies better through the organization as well as, in
consultation with them, establishing their priorities.
Qu’il soit en place ou non, les fonds sont alloués aux Premières
Nations. Grâce à cet organisme, nous pensons être mieux à même
d’aider les Premières Nations à gérer les fonds qui leur sont
alloués et à collaborer avec elles pour établir leurs priorités.
I have taken advantage of economies of scale. They can’t do
that right now. We would still have the same accountability
procedures and requirements as they have now, but probably with
less rigid reporting processes. Will you have the transparency,
obviously, through our yearly audits? We would ensure that those
monies are well spent in the areas where there is most need and for
those First Nations.
Je peux profiter d’économies d’échelle. Il n’est pas possible de
le faire à l’heure actuelle. Les exigences et les procédures en
matière de reddition de comptes demeureront les mêmes, mais le
cadre sera sans doute moins rigide. La transparence sera assurée
bien sûr par les audits annuels. Nous veillerons à ce que les fonds
soient dépensés là où les besoins sont les plus criants pour les
Premières Nations.
It’s not simply a matter of replacing the federal department. I
don’t see that happening in the immediate future, but maybe it
will. I don’t know. Nationally? Who knows?
Il ne s’agit pas simplement de remplacer le ministère. Je ne
pense pas que cela se produise dans un avenir rapproché, mais
cela se fera peut-être éventuellement. Je ne sais pas. À l’échelle
nationale? Qui sait?
I can honestly say from what I have seen, that there has been
mismanagement at all levels. We have lost a lot of funds from our
territory that goes into other southern communities, and it goes to
another province because we didn’t have the capacity to be ready
for our projects, to have them shovel-ready. We are depending on
winter roads as the timeframe, and if that’s not shovel-ready, that
dollar goes south or goes to Manitoba, or wherever.
Honnêtement, d’après mon expérience, il y a de la mauvaise
gestion à tous les échelons. Notre territoire a perdu beaucoup de
fonds au profit de communautés plus au sud, ou d’autres
provinces, parce que nous n’étions pas prêts à démarrer ou à
mettre en œuvre nos projets. Nous sommes à la merci des chemins
d’hiver et si nous ne sommes pas prêts, les fonds sont envoyés à
des communautés au sud, au Manitoba, ou ailleurs.
That is the reality that face, and we think we can do a better
job.
C’est notre réalité, et nous sommes d’avis que nous arriverons à
faire mieux.
Senator Dyck: If I could go to the second part of that
recommendation, and you talk about evaluating current
structures, urge the government to evaluate current structures.
How do you envision that? What does that mean?
La sénatrice Dyck : Si je peux passer à la deuxième partie de
cette recommandation, vous parlez d’évaluer les structures en
place, vous exhortez le gouvernement à évaluer les structures
actuelles. Comment envisagez-vous la chose? Qu’est-ce que cela
signifie pour vous?
Ms. McGraw: When we were looking at making these
recommendations — and kind of in response to your first
questions — yes, we are saying look at CFISH as the new way of
administering those dollars. Secondly, evaluate current structures.
Mme McGraw : Lorsqu’on préparait ces recommandations —
et pour répondre en quelque sorte à vos premières questions —
oui, pour nous, les organismes comme BAILD sont la nouvelle
façon d’administrer les fonds. Deuxièmement, en ce qui a trait à
8:120
Aboriginal Peoples
1-10-2014
There are a lot of organizations right now that are supposed to be
serving our First Nations and it’s a question of whether or not
they are actually functional or operating the way that they are
supposed to be to serve our tribal councils. That’s what we are
saying.
l’évaluation des structures en place, il existe de nombreuses
organisations à l’heure actuelle qui sont censées être au service des
Premières Nations et la question se pose à savoir si elles
fonctionnent comme elles le doivent et répondent bien aux
besoins des conseils tribaux. C’est ce que nous disons.
There is money being invested into organizations and that’s
where a lot of the money gets lost, and we all know how that level
works. That’s what that recommendation means.
Les fonds sont investis dans des organisations, et c’est là
qu’une bonne partie de l’argent se perd. Nous savons tous
comment cela fonctionne. C’est ce que la recommandation
signifie.
Senator Dyck: You will have to forgive me. I don’t know what
those other First Nation organizations are.
La sénatrice Dyck : Vous devez me pardonner, mais je ne sais
pas quelles sont ces autres organisations.
Mr. Louttit: Let me explain.
M. Louttit : Je vais vous expliquer.
Back in the 1980s, the Department of Indian Affairs had a
Public Works division. That division was eliminated in favour of
setting up First Nation tribal council level technical services. On a
regional basis, they established a corporation called the Ontario
First Nations Technical Services Corporation. It was mandated to
provide the responsibilities of the former Public Works
Department within the department.
Dans les années 1980, le ministère des Affaires indiennes avait
une division des travaux publics. La division a été abolie pour
créer des services techniques au sein des conseils tribaux des
Premières Nations. À l’échelon régional, on a créé une société
appelée la Ontario First Nations Technical Services Corporation,
qui a reçu le mandat d’assumer les responsabilités de l’ancienne
division des travaux publics au sein du ministère.
To this date, we, in NAN territory, have not seen the benefits
that that transfer was supposed to have created to improve the
situation, not only regionally but at the First Nation level.
Sur notre territoire, nous n’avons pas vu encore les avantages
et les améliorations que le transfert de responsabilités était censé
entraîner, pas seulement au niveau régional, mais au sein même
des Premières Nations
So there is this ongoing funding to such organizations that
probably have to be reviewed. Within your organization, in this
day and age, you have to have your strategic reviews every five
years, minimum, to see if you are meeting those changing
conditions or not.
Il faudrait donc probablement revoir le financement que ces
organisations reçoivent. De nos jours, il faut que les organisations
procèdent à un examen stratégique au moins tous les cinq ans afin
de s’adapter aux changements.
Unfortunately, since that transition, we have not seen the
benefits to the extent that we had hoped to. That is one example.
There are others. I’m not going to name any others, but that
particular transfer related to the Public Works Department of
Indian Affairs to create this new entity, in my view, has not
delivered.
Depuis le transfert, malheureusement, nous n’avons pas vu se
concrétiser tous les avantages que nous espérions. C’est un
exemple. Il y en a d’autres. Je n’en nommerai pas d’autres, mais à
mon avis, le transfert de responsabilités à cette nouvelle
organisation pour remplacer la Division de travaux publics du
ministère n’a pas donné les résultats attendus.
Senator Dyck: If I could continue along with your
recommendations, I’m just going to pick two or three.
La sénatrice Dyck : Je vais poursuivre avec vos
recommandations. Je vais en choisir deux ou trois.
Recommendation 4: ‘‘Urge the government to recognize that
Capacity Development at the ‘local level’ is needed before we will
see sustainable change.’’ Here, are you recommending, then, that
AANDC invest money? Is that what you are getting at here?
Recommandation 4 : « Insister auprès du gouvernement pour
qu’il reconnaisse la nécessité de renforcer la capacité à l’échelle
locale afin que des changements durables puissent s’observer. »
Est-ce qu’ici, vous recommandez qu’AADNC investisse de
l’argent? Est-ce le but de cette recommandation?
Ms. McGraw: We are not suggesting funding. What I’m saying
is that we have the capacity to train the people in our
communities. At our NAN level, at our PTO level, should have
the skills to be able to administer community comprehensive
planning or things like this, but we do need to focus in our
communities to build them, to build teams.
Mme McGraw : Nous ne parlons pas de financement. Ce que
je veux dire par là, c’est que nous voulons former nos gens. Au
sein de notre nation, de l’OPT, nous devrions avoir les
compétences requises pour administrer un programme de
planification communautaire globale ou d’autres programmes
comme celui-ci, mais il faut concentrer les efforts sur le
renforcement des capacités au sein même des communautés. Il
faut bâtir des équipes.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:121
For example, we have trained housing managers. We are going
to probably take a look at those six communities and now train
economic development officers and then train lands managers and
really build up a team of people at the community level. We then
become a liaison between them and government, because that’s
where things stymie usually.
Pour vous donner un exemple, nous avons formé des personnes
pour gérer les logements. Nous allons maintenant probablement
examiner la situation dans les six communautés pour former des
agents de développement économique, puis des gestionnaires des
terres, et bâtir concrètement des équipes au sein des
communautés. Nous agirons alors comme agent de liaison entre
eux et le gouvernement, car c’est habituellement là où le bât
blesse.
Senator Dyck: Recommendation 6: ‘‘Recommend to
government the need for funding for Comprehensive
Community Planning — to help a community strategically
guide their development.’’
La sénatrice Dyck : Recommandation 6 : « Recommander au
gouvernement d’affecter des fonds à la planification
communautaire globale de façon à aider les collectivités à
diriger de façon stratégique la construction de logements et
d’infrastructures. »
Ms. McGraw: That’s correct.
Mme McGraw : C’est exact.
Senator Dyck: In Recommendation 3, you are talk about
addressing the immediate need for water systems to bring them up
to the suitable standards. In one of your first slides, you were
talking about an immediate need for 1,900 homes and that it was
an emergency situation. You were declaring a state of emergency,
but yet you don’t mention homes in Recommendation 3. You are
focused on water. Could you explain why homes aren’t
mentioned?
La sénatrice Dyck : À la recommandation 3, il est question de
presser le gouvernement d’affecter des fonds dans les systèmes
d’eau potable pour atteindre des normes acceptables. Dans une de
vos premières diapositives, vous parlez d’une situation urgente
pour 1 900 habitations. Vous parlez d’une situation urgente, mais
à la recommandation 3, vous ne parlez pas d’habitations. Vous
parlez de systèmes d’eau potable. Pourriez-vous me dire pourquoi
vous ne parlez pas d’habitations?
Ms. McGraw: I have referred to the boil-water advisories only
because of infrastructure; you can’t get partnerships to build
infrastructure like water pipes. You don’t see profit from water
pipes.
Mme McGraw : J’ai mentionné les avis d’ébullition de l’eau
uniquement pour faire le lien avec les infrastructures. On peut
difficilement créer des partenariats pour faire fabriquer des
conduites d’eau. Ce n’est pas profitable.
The reason I didn’t put money for houses here is because
CFISH and our for-profit branch will address that, and we will
begin to create businesses which will create our own homes. There
is the ability within our nation to build the homes that we need.
It’s just a matter of starting and getting everybody to agree to the
idea of this for-profit branch and getting our communities on
board to start building.
Si je n’ai pas parlé de fonds pour les habitations à cet endroit,
c’est parce que BAILD et sa section à but lucratif s’en chargeront,
et nous allons commencer à créer des entreprises qui construiront
nos propres maisons. Nous avons la capacité requise au sein de
notre nation pour construire les maisons dont nous avons besoin.
Il suffit que tous acceptent l’idée de mettre sur pied une section à
but lucratif et qu’on mobilise les gens au sein de nos
communautés et qu’on lance les projets.
Senator Dyck: Maybe the wording confused me in the initial
part of your presentation, because you talk about:
La sénatrice Dyck : Il se peut que je n’aie pas bien compris
l’idée au début de votre exposé, car vous disiez :
THEREFORE BE IT RESOLVED that all NAN First
Nations . . . declare a . . . Housing State of Emergency.
PAR CONSÉQUENT, IL EST RÉSOLU que toutes les
Premières Nations de la NNA s’unissent pour déclarer l’état
d’urgence en matière de logement...
The CFISH, I think, is a great idea, but can that be addressed
immediately? I guess that’s the question.
Je pense que le BAILD est une excellente idée, mais peut-on y
donner suite immédiatement? Je pense que c’est la question qui se
pose.
Mr. Louttit: The housing?
M. Louttit : La question du logement?
Senator Dyck: Yes.
La sénatrice Dyck : Oui.
Mr. Louttit: It’s all encompassing. If you look at housing, it’s
not just a stand-alone issue. It includes the related infrastructure.
For many years, First Nations in the North have just built homes
because they didn’t have enough capital dollars to build a
complete home with complete plumbing, with 200-amp service.
They were subjected to 100-amp. These things are all
encompassing.
M. Louttit : Tout est interrelié. Le logement n’est pas un
élément isolé. Il est lié à l’infrastructure. Pendant de nombreuses
années, les Premières Nations dans le Nord ont bâti des maisons
uniquement, car elles n’avaient pas les fonds nécessaires pour
ajouter la plomberie, les entrées électriques de 200 ampères. Elles
n’avaient que des entrées électriques de 100 ampères. Tous ces
éléments sont interreliés.
8:122
Aboriginal Peoples
1-10-2014
At one point, the province came in, in the mid-1980s. They had
a program which allowed First Nations to retrofit all these old
homes that were built back in the 1960s and the 1970s. It allowed
the First Nations to put in electrical panels that are 200 amps, to
put in showers, bathtubs, running water in sinks, in kitchens, and
that kind of thing.
Puis, au milieu des années 1980, le gouvernement provincial a
mis en place un programme à l’intention des Premières Nations
pour rénover les vieilles maisons qui avaient été construites dans
les années 1960 et 1970, afin de remplacer les entrées électriques
par des 200 ampères, d’installer des douches, des bains, l’eau
courante dans les éviers, dans les cuisines, et cetera.
The funding that was received by First Nations could not meet
all of the health and safety issues that were so dire.
Les fonds étaient insuffisants toutefois pour remédier à tous les
problèmes pressants en matière de santé et de sécurité.
Yes, so in today’s situation, if we are going to assist First
Nations in their comprehensive planning, it has to be all
encompassing, not just building homes, but we are going to
ensure that it’s connected to the infrastructure systems.
Aujourd’hui, donc, si on veut aider les Premières Nations dans
leur planification communautaire, il faut procéder de manière
globale et ne pas penser uniquement à la construction des
maisons, mais aussi à les relier au reste de l’infrastructure.
I mean, sure, that’s a lot of cost, but we are also faced with
First Nations that have limited expansion in residential lots.
Je sais, bien sûr, que cela représente beaucoup d’argent, mais il
y a aussi le problème des lots résidentiels qu’on ne peut agrandir.
You had the Attawapiskat chief here. I don’t know if she
mentioned it, but in her community, there is an airport, an airstrip
100 yards away from the nearest homes.
Lorsque la chef d’Attawapiskat a comparu, je ne sais pas si elle
vous a parlé du fait que dans sa communauté, la piste
d’atterrissage est située à 100 mètres des habitations.
What is it going to cost the federal government, the Ministry of
Transportation of Ontario to move that airstrip five miles or — I
don’t know — so that the First Nation can build homes there?
That’s not going to happen. It’s a danger, and the housing is
needed, but there is no additional land. We are faced with all of
these challenges.
Je ne sais pas ce qu’il en coûterait au gouvernement fédéral, au
ministère des Transports de l’Ontario, pour déplacer la piste
5 milles plus loin, afin que la Première Nation puisse construire
des maisons à cet endroit, mais cela ne se fera pas. C’est
dangereux, mais il faut bâtir des maisons et il n’y a plus de terres.
Nous sommes confrontés à tous ces problèmes.
Ms. McGraw: I just want to add to that. The reasoning for
starting off with the Resolution 14/40 is that’s what mandates us
to go forward, and I just want to say that it is a state of
emergency. Seventeen people living in one house is unacceptable.
Mme McGraw : J’aimerais simplement ajouter quelques mots.
Si nous avons commencé par la résolution 14/40, c’est parce que
c’est la base pour avancer, et j’aimerais ajouter que c’est une
situation urgente. Que 17 personnes soient forcées de vivre sous
un même toit, c’est inacceptable.
But also, before we can build more houses, we need
infrastructure, so that’s where I fall back to the need for
infrastructure before housing.
Mais avant de bâtir d’autres maisons, il faut mettre en place
l’infrastructure, et c’est ce qui me ramène à l’idée qu’il faut
commencer par l’infrastructure avant les maisons.
Senator Lovelace Nicholas: The First Nations communities
need land to build their homes. What about Crown land? Wasn’t
that set aside for Aboriginal people to use at some point? You
don’t have access to that?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Les communautés des
Premières Nations ont besoin de terres pour bâtir leurs maisons.
Pourquoi pas les terres de la Couronne? N’en a-t-on pas mis à la
disposition des peuples autochtones pour qu’ils les utilisent? Vous
n’y avez pas accès?
Ms. McGraw: In order to obtain more land, you have to do an
addition to reserve process, which takes 10 to 15 years before it
actually happens, and by that time, your growth has doubled,
tripled.
Mme McGraw : Pour obtenir des terres additionnelles, il faut
passer par le processus d’ajout à une réserve, ce qui peut prendre
10 à 15 ans avant d’aboutir, et les besoins ont doublé ou même
triplé à ce moment.
Senator Lovelace Nicholas: Thank you.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Merci.
Mr. Louttit: But you realize that the Crown land, which is
designated as reserve, is federal Crown land, and anything beyond
that border is provincial, what the province deems as provincial
Crown land. But as you heard from our chiefs here, it isn’t.
According to the treaty, we didn’t surrender to the province.
M. Louttit : Il faut aussi savoir que les terres de la Couronne
qui sont désignées terres de réserve appartiennent au fédéral, mais
que tout ce qui se trouve autour appartient à la province, et c’est
ce que la province appelle les terres de la Couronne provinciale.
Toutefois, comme vous l’ont mentionné les chefs ici présents, ce
n’est pas le cas. Selon le traité, nous n’avons pas cédé nos terres
aux provinces.
Senator Raine: Thank you again for your good information. It
seems to me that one of the challenges facing the First Nation
communities and, of course, the Nishnawbe Aski Nation
La sénatrice Raine : Merci de ces bons renseignements. Un des
défis pour les communautés des Premières Nations, et bien sûr
pour la Nation Nishnawbe Aski, est la durée de vie des maisons.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:123
collectively is the lifespan of a home, because if homes can be built
so they would last as long as non-reserve homes, it would be
better for everyone.
Si on pouvait construire des maisons qui ont la même durée de vie
que celles à l’extérieur des réserves, ce serait mieux pour tout le
monde.
I’m just wondering what you see with CFISH. Will there be
some way of working to design homes that are more sustainable;
that are using local materials and built in a way that they are
easier to maintain and just going down that road?
Je me demande simplement quelles sont vos ambitions pour
l’organisme BAILD. Concevrez-vous des maisons qui seront plus
durables, qui utilisent des matériaux locaux, qui sont plus faciles à
entretenir et qui durent longtemps?
I also couldn’t help thinking that, when you look at the need
for comprehensive community planning, an agency that’s a little
arm’s-length from the communities is in a good position to assist
because, as somebody always said to me, ‘‘When you are up to
your ass in alligators, it’s hard to plan to drain the swamp.’’
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser également qu’il n’y a pas
mieux pour s’occuper de la planification communautaire globale
qu’un organisme un peu indépendant des communautés, car,
comme quelqu’un me l’a toujours dit « Dans l’eau jusqu’au cou à
combattre les alligators, il est facile d’oublier que l’objectif initial
était de drainer les marais ».
I saw you nodding, but could you expand on the sustainable
home design. What do you envision for that?
Je vous ai vu hocher la tête et j’aimerais que vous nous en disiez
plus au sujet de la conception de maisons durables. Quels sont vos
objectifs dans ce domaine?
Mr. Louttit: There is a lot of housing manufacturers out there.
There is a lot of innovative designs. I know, in the Arctic
communities, there are challenges there amongthe Inuit, and we
have done some research there.
M. Louttit : Ce ne sont pas les constructeurs de maisons qui
manquent, et il y a beaucoup de concepts novateurs. Je sais que
les communautés inuites dans l’Arctique sont confrontées à des
problèmes particuliers, et nous avons entrepris des recherches.
Each community is so diverse and complex in its own right, the
environment. You have a community where you can build homes
in very dry, sandy conditions. Along the James Bay lowlands, we
are building practically in high water tables that are swamp, and
that’s the reality of the geography.
Chaque communauté est différente et complexe en raison de
l’environnement. Dans certaines régions, on peut construire des
maisons sur des terres sablonneuses, très sèches, alors que dans les
basses-terres de la baie James, il faut tenir compte du fait que la
nappe phréatique est élevée et que les terres sont marécageuses.
C’est la réalité de la géographie.
Our strategy would be to focus on the varying degrees of
environmental differences, geological differences, geographical
differences in each community. We would have to adapt our
housing designs for each situation and, hopefully, the materials
will be more durable to ensure that the life cycle of each home will
at least meet current standards in the South.
Notre stratégie consistera à nous concentrer sur les différences
environnementales, géologiques et géographiques propres à
chaque communauté. Il faudra adapter les maisons en
conséquence, et nous espérons pouvoir utiliser des matériaux
qui seront plus durables qu’actuellement et que les maisons
auront une durée de vie aussi longue, à tout le moins, que dans les
régions au sud.
Now, that means a lot of extra cost, higher quality of materials,
but I think we can integrate both local materials as well as
external materials to create those types of homes that are going to
be safe for people to live in. They are going to be warm. They are
going to be fire-proof, mould-proof. Mould is one of our biggest
problems. Fifty per cent of our units in all the communities are
subject to mould. It’s particularly so in the James Bay lowlands
where I come from as well a some of the Chiefs who have spoken.
Bien sûr, tout cela se répercute sur les coûts, car il faut des
matériaux de qualité supérieure. Je pense toutefois que nous
arriverons à combiner matériaux locaux et matériaux venant de
l’extérieur pour créer des maisons qui seront sécuritaires et
chaudes, et qui seront à l’épreuve du feu et des moisissures. La
moisissure fait partie de nos problèmes les plus graves, car
50 p. 100 des habitations dans nos communautés sont touchées,
notamment dans les basses-terres de la baie James d’où je viens,
comme d’autres chefs qui ont comparu.
That’s the reality; yearly flooding. The cost to the government
to relocate people during floods is just astronomical. We have to
design our homes, our communities to avoid flooding. Flooding is
a natural act, but Ontario Hydro does have a lot to do with that
in some of these major river systems. We can certainly create
solutions that can mitigate those potential negative impacts.
Il y a des inondations chaque année, et cela fait partie de la
réalité. Le gouvernement dépense des sommes faramineuses pour
relocaliser les gens pendant les inondations. Il faut que nos
maisons, nos communautés soient à l’abri des inondations. Les
inondations sont un phénomène naturel, mais Hydro Ontario a
aussi une grande part de responsabilités dans certains grands
réseaux hydrographiques. Nous pouvons certainement trouver
des solutions pour atténuer les répercussions négatives
potentielles.
8:124
Aboriginal Peoples
1-10-2014
We feel we are onto a strategy that will get us there much
sooner than if we relied solely on the federal department to do
that for us.
Nous pensons que notre stratégie nous permettra d’arriver au
but beaucoup plus rapidement que si c’est le gouvernement
fédéral qui s’en occupe pour nous.
Ms. McGraw: One of the things that CFISH is looking to do,
or one of the things we have been identifying is unique, innovative
housing. That is, working with the different materials but working
with them to then build a plant closer to the North instead of so
far south. Akwesasne has been doing some really innovative stuff.
CFISH would look at those partnerships in our for-profit branch
so that we can help bring on that unique housing.
Mme McGraw : Un des projets de BAILD, ou un de nos
objectifs, est de créer des types de maisons particuliers et
novateurs. Nous voulons utiliser des matériaux différents mais
aussi construire une usine plus près du Nord pour les fabriquer au
lieu d’avoir à les faire venir de si loin au sud. La communauté
d’Akwesasne a des idées très novatrices à cet égard. La section à
but lucratif de BAILD examinera les partenariats possibles pour
créer les types de maisons particuliers dont nous avons besoin.
I also want to say that it’s not just that that’s going to help
houses last longer. It’s, again, part of comprehensive planning.
It’s a community-driven process coupled with education and
awareness on how to properly care for your home, those two
things combined are going to help extend the length and life of
our homes.
J’aimerais ajouter que le but n’est pas seulement de construire
des habitations qui auront une durée de vie plus longue. Encore
une fois, il s’agit d’un élément de la planification globale. C’est
une initiative communautaire assortie d’un programme
d’éducation et de sensibilisation sur l’entretien des maisons, et
ce sont ces deux éléments combinés qui permettront d’accroître la
durée de vie de nos maisons.
Senator Moore: Thank you both for being here.
Le sénateur Moore : Je vous remercie tous les deux de votre
présence.
Maybe you have answered my question. I was shocked to see
that the average house only lasts between 15 and 20 years. The
house I live in was built in 1946, and I just can’t believe that a
house normally lasts that short period of time.
Il se peut que vous ayez déjà répondu à ma question. J’ai été
très surpris d’apprendre que la durée de vies des maisons n’était
en moyenne que de 15 à 20 ans. J’habite dans une maison qui a été
construite en 1946, et je n’arrive pas à croire qu’une maison puisse
durer aussi peu longtemps.
Mr. Louttit: There are reasons for that, of course. First of all,
there is limited capital to purchase the types of quality durable
materials that are required.
M. Louttit : Il y a des raisons à cela, bien sûr. Tout d’abord, les
fonds ne sont pas suffisants pour acheter les matériaux de qualité
durable qui seraient requis.
On top of that, you are transporting those types of materials
over hundreds of kilometres on winter roads, and the
First Nations don’t always get the best quality from their
suppliers. That’s something we are looking at. We want to get
the best for our people, and I think it’s doable.
Il faut en plus transporter les matériaux sur des centaines de
kilomètres sur des routes d’hiver, et les Premières Nations ne
reçoivent pas toujours des produits de première qualité de leurs
fournisseurs. C’est un problème que nous tentons de régler. Nous
voulons ce qu’il y a de mieux pour nos gens, et je crois que c’est
possible.
The Chair: I think maybe I have the last question and then
comment. There is no question that there is enthusiasm about
your recommendations here amongst committee members. It’s
welcomed, as Senator Tannas said.
Le président : Je pense que la dernière question me revient, puis
quelques observations. Il ne fait aucun doute que les membres du
comité trouvent vos recommandations très intéressantes. Comme
l’a mentionné le sénateur Tannas, nous en sommes très heureux.
I have one question about that. You represent 49 First
Nations, covering a huge area of Ontario, and you are working,
effectively, with the agencies whose support you will need,
AANDC, CMHC and, hopefully, the First Nations Market
Housing Fund.
J’ai une question à ce sujet. Vous représentez 49 Premières
Nations, qui sont réparties sur un vaste territoire en Ontario, et
vous collaborez déjà très bien avec les organismes qui devront
vous soutenir, AADNC, la SCHL, et il est à souhaiter, le Fonds
d’aide au logement du marché pour les Premières Nations.
What about your band members? I see there is a resolution
here. I presume that that came from the nation. You would have
to consult and win their support as well. Where are you with that,
may I ask?
Qu’en est-il de vos membres? Je vois que vous avez une
résolution. Je présume qu’elle provient de votre nation. Vous
devrez les consulter et obtenir leur soutien. Puis-je savoir où vous
en êtes à cet égard?
Mr. Louttit: You mean with this concept or the First
Nations —
M. Louttit : Vous parlez du concept ou des Premières
Nations...
The Chair: With the CFISH. Is it going to be embraced by the
member First Nations?
Le président : Le BAILD, a-t-il l’appui de vos membres?
1-10-2014
Peuples autochtones
8:125
Mr. Louttit: When I first got elected, we received a resolution
mandating us to develop and NAN-wide housing and
infrastructure strategy, from which this concept has evolved.
M. Louttit : Lorsque j’ai été élu pour la première fois, nous
avions une résolution nous demandant d’élaborer une stratégie
d’infrastructure et de logement pour l’ensemble de la NNA, et
c’est de cela que part notre concept.
Now, we are not going to go back to the chiefs every year to get
a renewed mandate, because we feel we have that mandate. We
know what the problems are.
Nous n’allons pas voir les chefs chaque année pour leur
demander de renouveler notre mandat, car nous l’avons déjà à
notre avis. Nous sommes au fait des problèmes.
It has been embraced, I believe, by the majority of our First
Nations. They rely on their tribal councils, and although their
tribal councils do have housing and technical service people
working for them, they have been cut quite a bit under the recent
cuts. Their ability to provide the ongoing services that they did
before has been drastically reduced.
Je crois que le concept a reçu l’appui de la majorité de nos
Premières Nations. Elles s’en remettent aux conseils tribaux, et
bien qu’ils aient des gens qui s’occupent du logement et des
services techniques, les dernières compressions leur ont fait mal, et
ils ont dû sabrer dans les services offerts.
We feel that we can assist them. Despite those cutbacks, we
think we can come up with innovative strategies on how we can
maximize the federal government’s investment as well as leverage
other sources of financial markets, whether they be banks, the
private sector or global markets. I mean, why not issue bonds to
create more investment funds?
Nous pensons pouvoir leur donner un coup de main. Malgré
les compressions, nous pensons pouvoir mettre en place des
stratégies novatrices pour optimiser les investissements du
gouvernement fédéral et trouver d’autres sources de
financement, qu’il s’agisse des banques, du secteur privé ou des
marchés mondiaux. Pourquoi ne pas émettre des obligations pour
bonifier le fonds d’investissement?
Ms. McGraw: Can I just comment on that? We have started
consultation. I have done it at the tribal council level. We will be
presenting this at probably our November chiefs-in-assembly
meeting, to get that proper buy-in, if that’s the question you are
asking.
Mme McGraw : Pourrais-je ajouter quelque chose? Nous
avons commencé à consulter les conseils tribaux. Nous allons
soumettre le tout probablement à la réunion des chefs de
l’assemblée qui aura lieu en novembre pour obtenir
concrètement leur appui, si c’est ce que vous vouliez savoir.
Yes, everybody is open to it, and with the housing managers
training, we had invited First Nations Market Housing Fund to
explain to our communities how to properly access the fund, and
so we will be working with our communities to help them learn
how to use that fund properly.
Oui, tout le monde est ouvert à l’idée, et dans le cadre de la
formation offerte aux gestionnaires des logements, nous avons
invité des responsables du Fonds d’aide au logement du marché
pour les Premières Nations pour qu’ils expliquent aux membres
comment avoir accès au fonds et nous allons les aider à bien
l’utiliser.
The Chair: Is this idea emerging anywhere else in the country
that you know of? I’m just curious. Are you trail-breakers in this?
Le président : Savez-vous si cette idée est utilisée ailleurs au
pays? Simple curiosité. Faites-vous œuvre de pionniers?
Mr. Louttit: We are for the NAN communities.
M. Louttit : Au sein des communautés de la NNA, oui.
I just want to share my background. I worked for the Grand
Council of Crees in Quebec when they had the Cree Housing
Corporation. I don’t know if any of you have heard of it, but
basically, it is a non-profit housing corporation that did the
planning, the financing, and construction of First Nation homes
in the eight Cree communities as well as laid water and sewer. We
did health facilities, clinics, band offices. I was the Vice-President
of Cree Housing. So I know that that particular model worked,
and it was very successful.
J’aimerais simplement vous parler un peu de mes antécédents.
J’ai travaillé pour le Grand conseil des Cris au Québec à l’époque
où la Société de logement crie existait. Je ne sais pas si vous en
avez entendu parler, mais c’était une société de logement à but
non lucratif qui s’occupait de la planification, du financement et
de la construction des maisons des Premières Nations dans les
huit communautés cries, de même que des conduites d’eau et
d’égouts. Nous nous occupions de construire les centres de santé,
les cliniques, les bureaux des bandes. J’étais vice-président de la
société. Je suis bien placé pour vous dire que le modèle a
fonctionné et qu’il a donné d’excellents résultats.
What we are proposing here is very similar to that. We are
adding a non-profit component to it. We are using economic
development and housing as a business to leverage more
reinvestment into the total project.
Nous proposons ici quelque chose de très similaire. Nous y
avons greffé une section à but non lucratif. Nous nous servons du
développement économique et du logement pour générer plus
d’investissements dans l’ensemble du projet.
8:126
Aboriginal Peoples
1-10-2014
So I know it has worked, but our model goes beyond that, and
we are hoping that it will be successful. I know it will be. If given
the opportunity and the resources, we can make it work.
Je sais donc que cela a fonctionné. Notre modèle va cependant
plus loin et nous croyons qu’il donnera d’excellents résultats. Je
sais que ce sera le cas. Si nous en avons l’occasion et disposons des
ressources nécessaires, nous pouvons y arriver.
The Chair: Great. I’m glad you told us about that background.
Thank you.
Le président : Excellent. Je suis heureux que vous nous ayez
parlé de vos antécédents. Merci.
Colleagues, thank you for your attention on a long day.
Chers collègues, je vous remercie de votre attention pendant
cette longue journée.
Once again, to the witnesses, thank you very much for waiting
for this opportunity. It has been a very productive day, and I wish
to thank everyone.
Je remercie encore une fois nos témoins de leur participation.
La journée a été très productive et je tiens à remercier chacun
d’entre vous.
Ms. McGraw: I would just like to address the committee on
one thing. My deputy and my department were only notified last
Thursday that we had an opportunity to speak. That
communication was not the fault of the clerk of the committee.
I found out that we had actually received the invitation July 21,
but due to internal communication, it didn’t get to our office until
last Thursday. I appreciate the time to sit here and speak before
your committee.
Mme McGraw : J’aimerais simplement mentionner que mon
adjoint et moi avons été informés jeudi dernier seulement que
nous pouvions comparaître, mais ce n’est pas la faute de la
greffière. Je me suis rendu compte que nous avions reçu
l’invitation le 21 juillet, mais des problèmes de communication
internes ont fait en sorte que mon bureau ne l’a reçue que jeudi
dernier. Je suis heureuse d’avoir pu comparaître devant le comité.
The Chair: It is very gracious of you to say that. I had
interrogated the clerk on this already. It’s much appreciated.
Le président : C’est très aimable à vous de le mentionner.
J’avais posé la question à la greffière déjà. Je vous remercie
beaucoup.
With that, thank you again, everyone, for a very productive
day.
Je vous remercie encore une fois de cette journée très
productive.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Wednesday, September 24, 2014
OTTAWA, le mercredi 24 septembre 2014
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples, to
which was referred Bill C-428, An Act to amend the Indian Act
(publication of by-laws) and to provide for its replacement, met
this day at 7:12 p.m. to give consideration to the bill.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones,
auquel a été renvoyé le projet de loi C-428, Loi modifiant la
Loi sur les Indiens (publication des règlements administratifs) et
prévoyant le remplacement de cette loi, se réunit aujourd’hui,
à 19 h 12, pour étudier le projet de loi.
Senator Dennis Glen Patterson (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Dennis Glen Patterson (président) occupe le
fauteuil.
[Traduction]
The Chair: I would like to welcome all honourable senators and
members of the public who are watching this meeting of the
Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples, either here in
the room via CPAC or on the Web. I’m Dennis Patterson, senator
from Nunavut, and our mandate in this committee is to examine
legislation in matters relating to the Aboriginal peoples of Canada
generally.
Le président : Bonjour. J’aimerais souhaiter la bienvenue à tous
les honorables sénateurs et à tous les membres du public qui
assistent à la séance du Comité sénatorial permanent des peuples
autochtones ou qui la regardent sur CPAC ou sur le site web. Je
m’appelle Dennis Patterson, du Nunavut. Le mandat de notre
comité consiste à examiner les projets de loi et les questions qui
concernent les peuples autochtones du Canada en général.
This evening we will begin our study of Bill C-428, An Act to
amend the Indian Act (publication of by-laws) and to provide for
its replacement. We will hear first from the sponsor of the bill,
and I would like to welcome MP Rob Clarke, and witnesses from
the Board of St. Kateri Catholic School.
Aujourd’hui, nous commençons notre étude du projet de
loi C-428, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (publication des
règlements administratifs) et prévoyant le remplacement de cette
loi. Nous entendrons d’abord le parrain du projet de loi. Je
souhaite la bienvenue au député Rob Clarke. Ensuite, nous
entendrons les représentants du Conseil de l’école catholique
Sainte-Kateri.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:127
Before proceeding to testimony and questions, I would like to
go around the table and ask the members of the committee to
introduce themselves.
Avant de passer aux exposés et aux questions, je demanderais
aux membres du comité de se présenter.
Senator Moore: Good evening. Wilfred Moore, senator from
Nova Scotia.
Le sénateur Moore : Bonsoir. Wilfred Moore, sénateur de la
Nouvelle-Écosse.
Senator Watt: Charlie Watt from Nunavik.
Senator Dyck: Senator Lillian Dyck from Saskatchewan.
Le sénateur Watt : Charlie Watt, du Nunavik.
La sénatrice Dyck : Sénatrice Lillian Dyck, de la
Saskatchewan.
Senator Tannas: Scott Tannas from Alberta.
Le sénateur Tannas : Scott Tannas, de l’Alberta.
Senator Enverga: Tobias Enverga from Ontario.
Le sénateur Enverga : Tobias Enverga, de l’Ontario.
Senator Ngo: Senator Ngo from Ontario.
Le sénateur Ngo : Sénateur Ngo, de l’Ontario.
Senator Beyak: Senator Beyak from Ontario.
La sénatrice Beyak : La sénatrice Beyak, de l’Ontario.
Senator McIntyre: Senator Paul McIntyre, New Brunswick.
Senator Wallace: John Wallace from New Brunswick.
Le sénateur McIntyre : Sénateur Paul McIntyre, du NouveauBrunswick.
Le sénateur Wallace : John Wallace, du Nouveau-Brunswick.
The Chair: Thank you, colleagues. Members of the committee,
please help me in welcoming our first witness, who has just rushed
over from votes in the House of Commons. Thank you very much
for being here. The sponsor of this private member’s bill is
Mr. Rob Clarke, Member of Parliament for Desnethé-MissinippiChurchill River in Saskatchewan. He’s accompanied by
Georganne Burke from his office.
Le président : Merci, chers collègues. Accueillons maintenant
notre premier témoin, qui s’est dépêché à venir ici après un vote à
la Chambre des communes. Merci beaucoup d’être ici. Le parrain
de ce projet de loi d’initiative parlementaire est M. Rob Clarke,
député de Desnethé—Missinippi—Rivière Churchill, en
Saskatchewan. Il est accompagné de Mme Georganne Burke,
qui travaille à son bureau.
Mr. Clarke, we look forward for your presentation, which will
be followed by questions from the senators.
Monsieur Clarke, nous avons hâte d’entendre votre exposé.
Ensuite, les sénateurs poseront des questions.
Rob Clarke, M.P., sponsor of the bill: Thank you, senators, for
coming out here tonight. It’s a beautiful night out there. It’s still
kind of warm, and it’s actually quite warm to walk over here. I
think everyone can enjoy our late fall and hopefully we will have
an Indian summer.
Rob Clarke, député, parrain du projet de loi : Honorables
sénateurs, merci d’être venus ici ce soir. C’est une soirée
magnifique. Le temps est encore assez doux; en fait, il faisait
chaud pendant que je marchais pour venir ici. Je pense que tout le
monde est heureux d’avoir un automne tardif. J’espère que nous
aurons un été des Indiens.
The Chair: Only you are allowed to say that.
Le président : Vous seul avez le droit de le dire.
Mr. Clarke: I’m just praying.
M. Clarke : C’est simplement une prière.
Anyway, honourable senators, I would like to thank you for
the opportunity to speak here today about my private member’s
bill, Bill C-428. It has been an honour to draft this bill and to
watch it take its final form through outreach to and input from
fellow parliamentarians, interested parties and, most importantly,
First Nations members from across Canada.
Quoi qu’il en soit, sénateurs, je tiens à vous remercier de me
donner l’occasion de parler de mon projet de loi d’initiative
parlementaire, le projet de loi C-428. Ce fut un honneur de le
rédiger et de le voir évoluer jusqu’à sa forme définitive en le
faisant connaître aux collègues parlementaires, aux parties
intéressées et, surtout, aux membres des Premières Nations de
partout au Canada et en obtenant les commentaires de tous ces
gens.
We all agree that the Indian Act must go. I have yet to find an
individual willing to defend this fundamentally racist and
paternalistic piece of legislation. My private member’s bill, of
course, does not endeavour to eliminate this Indian Act, leaving
nothing in its place. I understand as well, as the honourable
senators on this committee do, that the replacement of the Indian
Act will be a lengthy and arduous process. I believe, however, that
Bill C-428 can lead to a meaningful dialogue on the Indian Act
and pave the way to an eventual replacement.
Nous convenons tous que la Loi sur les Indiens doit être abolie.
Je n’ai encore rencontré personne prêt à défendre cette mesure
législative fondamentalement raciste et paternaliste. Évidemment,
mon projet de loi d’initiative parlementaire ne vise pas à abolir la
Loi sur les Indiens sans la remplacer par autre chose. De plus, à
l’instar des membres de ce comité, je comprends que le
remplacement de la Loi sur les Indiens sera un processus long
8:128
Aboriginal Peoples
1-10-2014
et ardu. Toutefois, je crois que le projet de loi C-428 peut mener à
un important dialogue sur la Loi sur les Indiens et ouvrir la voie à
son remplacement éventuel.
As a proud member of Muskeg Lake First Nations in
Saskatchewan, I was born under the Indian Act and no doubt
one day will die under the Indian Act. As a member of the Royal
Canadian Mounted Police, I was tasked with enforcing the
statutes laid out in the Indian Act.
En tant que membre fier de la bande crie Muskeg Lake, en
Saskatchewan, je suis né après l’adoption de la Loi sur les Indiens,
et il ne fait aucun doute qu’elle sera encore en vigueur à mon
décès. En ma qualité de membre de la Gendarmerie royale du
Canada, j’ai dû veiller à l’application des dispositions de la Loi
sur les Indiens.
Now, as a member of Parliament, I have the opportunity to do
something about the Indian Act. I have spent nearly half my life
living as an RCMP member and working on the First Nations I
policed and have seen first-hand the demeaning effects this piece
of legislation has had on grassroots members of First Nations.
Maintenant, en tant que député, j’ai l’occasion de faire quelque
chose au sujet de la Loi sur les Indiens. Pendant près de la moitié
de ma vie, j’ai été membre de la GRC et j’ai travaillé à
l’application de la loi au sein des Premières Nations, et j’ai été à
même de constater personnellement les effets avilissants de cette
mesure législative sur les membres des Premières Nations.
Canada’s Indian Act, which was put in place in 1876, served as
a model for South Africa’s apartheid policy. Bodies such as the
Canadian Human Rights Commission and Amnesty International
have condemned the Indian Act for its discriminatory, outdated
policies dating from the colonial age.
La Loi sur les Indiens, qui a été adoptée au Canada en 1876 a
servi de modèle à la politique d’apartheid de l’Afrique du Sud.
Des organismes comme la Commission canadienne des droits de
la personne et Amnistie internationale ont condamné la Loi sur
les Indiens pour ses politiques désuètes et discriminatoires issues
de l’ère coloniale.
The Indian Act is an impediment to the progress for First
Nations as it treats those of us living under its statutes as secondclass citizens. Desnethé-Missinippi-Churchill River, or northern
Saskatchewan, the electoral district I represent, has the second
largest First Nations population among our national ridings,
boasting 23 First Nations communities. I cannot fail my
constituents by allowing them to continue to be treated as
second-class citizens while I stand idly by.
La Loi sur les Indiens constitue un frein au progrès des
Premières Nations puisqu’elle traite les personnes qui y sont
assujetties comme des citoyens de seconde zone. La
circonscription que je représente, Desnethé-Missinippi-Rivière
Churchill, ou le nord de la Saskatchewan, compte la deuxième
plus grande population autochtone au pays, soit 23 collectivités
des Premières Nations. Je ne peux pas laisser tomber mes électeurs
en permettant qu’ils continuent à être traités comme des citoyens
de seconde zone en restant là à ne rien faire.
The central notion of the Indian Act, which discriminates
against individuals on the basis of race and skin colour, runs
contrary to the values that we as Canadians hold dear. There is no
question in my mind that there is a consensus of opinion in regard
to the Indian Act. Every single candidate for chief in the 2012
Assembly of First Nations, for example, agreed that the Indian
Act must be eliminated. Everyone acknowledges that the Indian
Act has created economic, societal and cultural barriers.
Le principe fondamental de la Loi sur les Indiens, qui à la
discrimination fondée sur la race et la couleur de la peau, est
contraire aux valeurs chères aux Canadiens. Je suis convaincu
qu’il existe un consensus au sujet de la Loi sur les Indiens. Par
exemple, en 2012, tous les candidats au poste de chef de
l’Assemblée des Premières Nations convenaient que la Loi sur
les Indiens doit être abolie. Tous reconnaissent que la Loi sur les
Indiens a entraîné la création d’obstacles économiques, sociétaux
et culturels.
As I have stated, this bill does not presume to replace the
Indian Act. We all know that the replacement of the Indian Act
can only be accomplished through a lengthy consultation process
involving all affected by, and those administering, the act.
Comme je l’ai indiqué, avec ce projet de loi, on ne prétend pas
remplacer la Loi sur les Indiens. Nous savons tous que son
remplacement ne peut être réalisé que dans le cadre d’un long
processus consultatif auquel participeraient tous ceux qui sont
touchés par la loi et tous ceux qui l’appliquent.
While the elimination of the Indian Act is some distance in the
future, we must be brave enough to begin the process towards its
elimination right now. Bill C-428 will make the Indian Act a part
of the national dialogue. The changes that I’m proposing are an
attempt to remove some of the underbrush in the Indian Act,
while creating a respectful and modern relationship.
Bien que l’abolition de la Loi sur les Indiens ne soit pas pour
demain, nous devons avoir le courage d’entreprendre dès
maintenant le processus menant à son abolition. Le projet de
loi C-428 fera de la Loi sur les Indiens un sujet de discussion à
l’échelle nationale. Les modifications que je propose sont une
tentative d’éliminer certains éléments de la Loi sur les Indiens tout
en créant une relation respectueuse et moderne.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:129
Many of the changes remove unused, archaic, irrelevant and
offensive sections of the Indian Act, and changes are practical and
incremental, but passing this bill will highlight our shared desire
to bring the First Nations people of Canada into a modern era as,
at long last, equals.
Bon nombre des modifications visent l’élimination des articles
inutiles, archaïques, non pertinents et offensants de la Loi sur les
Indiens, et elles sont à la fois pratiques et graduelles. Toutefois,
l’adoption de ce projet de loi témoignera de notre désir commun
d’amener les Premières Nations du Canada dans l’ère moderne et
d’en faire — enfin — des égaux.
All changes proposed in my bill have come through direct
outreach to members of First Nations. In fact, Bill C-428 went
through five versions to arrive at the bill you see today. My
original bill would have simply eliminated the Indian Act entirely.
I was contacted by many chiefs and community members and
grassroots who said that a slower, more incremental approach
that put more control back in the hands of First Nations would be
preferable.
Tous les changements proposés dans mon projet de loi
découlent de consultations auprès des membres des Premières
Nations. En fait, avant celle d’aujourd’hui, il y a eu cinq versions
du projet de loi C-428. Mon projet de loi initial visait l’abolition
pure et simple de la Loi sur les Indiens. Beaucoup de chefs et de
membres des Premières Nations m’ont contacté pour me dire qu’il
serait préférable d’adopter une approche plus lente et graduelle
qui accorderait plus de pouvoirs aux Premières Nations.
That is why I propose changes in the bylaw section, changes to
dispersal of fines collected by First Nations and changes to the
laws around the sale of produce grown on First Nations lands. All
of these changes move authority and control back to First
Nations where it rightfully belongs, and not ministerial approval.
Voilà pourquoi je propose des modifications relatives à
l’article sur les règlements administratifs, à la disposition sur
l’emploi des amendes infligées par les Premières Nations et aux
lois sur la vente de produits agricoles cultivés sur les terres des
Premières Nations. Toutes ces modifications redonnent plus de
pouvoirs et de contrôle aux Premières Nations, comme il se doit,
plutôt que d’avoir à obtenir l’approbation ministérielle.
Communities across Canada are free to create their own
bylaws unless those communities are First Nations. This change
would put First Nations government on a level footing with all
municipal and local governments across Canada.
À l’exception des collectivités des Premières Nations, toutes les
collectivités canadiennes ont le droit d’adopter leurs propres
règlements administratifs. Ce changement placera les
gouvernements des Premières Nations à égalité avec toutes les
administrations municipales et locales du Canada.
Band councils are certainly every bit as capable of creating
their own bylaws as any town council. To suggest otherwise is the
worst kind of institutionalized, paternalistic racism.
Les conseils de bande sont tout aussi capables d’adopter leurs
propres règlements administratifs que tout autre conseil
municipal. Affirmer le contraire est la pire forme de racisme
institutionnalisé et paternaliste qui soit.
My private member’s bill would allow a band council to create
and enact laws without seeking the permission of the Minister of
Aboriginal Affairs and Northern Development. Bill C-428 also
ensures that First Nations bands can keep the fines they collect
rather than having to turn them over to the Crown.
Mon projet de loi d’initiative parlementaire permettrait à un
conseil de bande de créer et d’adopter des lois sans avoir à
demander l’autorisation du ministre des Affaires autochtones et
du Développement du Nord canadien. Le projet de loi C-428
prévoit aussi que les bandes des Premières Nations pourront
conserver les sommes recueillies au moyen d’amendes au lieu de
devoir les remettre au gouvernement fédéral.
This small adjustment speaks volumes about changing the
paternalistic attitude toward First Nations.
Cette petite modification en dit long sur le changement des
attitudes paternalistes envers les Premières Nations.
Another extremely meaningful change in Bill C-428 is the
removal of the need for ministerial permission to sell produce
grown on First Nations lands to anyone off-reserve. This
particular restriction has been an impediment to economic
development on rich farming lands found on many of the
reserves in my riding in Desnethé-Missinippi-Churchill River and
throughout Saskatchewan, Alberta and Manitoba.
Un autre changement très important proposé dans le projet de
loi C-428 est l’abolition de l’obligation de demander
l’autorisation ministérielle pour la vente de produits agricoles
cultivés sur les terres des Premières Nations à toute personne qui
réside hors réserve. Cette interdiction a nui au développement des
riches terres agricoles de nombreuses réserves que l’on trouve
dans ma circonscription de Desnethé—Missinippi—Rivière
Churchill et partout en Saskatchewan, en Alberta et au Manitoba.
Throughout the course of this bill’s journey to this stage, I have
been lucky enough to have received guidance from First Nations
members from across the country. On six separate occasions, I
have sent letters to more than 600 Canadian First Nation
communities. The feedback I have received through this
Au fil des étapes ayant mené à cette version du projet de loi, j’ai
eu la chance de recevoir des conseils de membres des Premières
Nations de partout au pays. À six occasions, j’ai envoyé des lettres
à plus de 600 collectivités des Premières Nations au Canada. Les
commentaires que j’ai reçus m’ont été d’une aide précieuse. Grâce
8:130
Aboriginal Peoples
1-10-2014
correspondence has been invaluable. Through these channels, in
addition to information sessions, national tele-town-hall meetings
and informational YouTube videos, I have been able to
communicate the details of Bill C-428. Naturally, I have spent a
great deal of time discussing the Indian Act and my bill with First
Nations members across the country, in both formal and informal
settings. This feedback has shaped and refined the bill.
à ces lettres, mais aussi grâce à des réunions d’information, des
séances de discussion nationales par vidéoconférence et des vidéos
d’information publiées sur YouTube, j’ai pu faire connaître les
détails du projet de loi C-428. Évidemment, j’ai consacré
beaucoup de temps à discuter de la Loi sur les Indiens et de
mon projet de loi avec les membres des Premières Nations du
pays, dans des contextes officiels et non officiels. Cette rétroaction
a aidé à façonner et à parfaire le projet de loi.
We are willing to acknowledge that parts of the Indian Act
have served and could continue to serve First Nations
communities as well. Through the process that Bill C-428
mandates, these sections can be maintained. As Prime Minister
Harper himself stated, the Indian Act cannot be replaced
overnight, but through the use of existing tools and the
development of new mechanisms, both parties can create the
conditions to enable sustainable and successful First Nations.
Certes, nous sommes prêts à reconnaître que certains articles de
la Loi sur les Indiens ont bien servi les collectivités des Premières
Nations et qu’elles pourraient continuer de le faire. Le processus
proposé dans le projet de loi C-428 permettrait le maintien de ces
articles. Comme le premier ministre Harper l’a lui-même indiqué,
la Loi sur les Indiens ne peut être remplacée du jour au lendemain,
mais le recours aux outils existants et la création de nouveaux
mécanismes permettront aux deux parties de créer les conditions
propices à la viabilité et à la réussite des Premières Nations.
Senators, I believe that my bill is one of the mechanisms
through which we can bring about positive change. My bill would
remove all references to residential schools from the Indian Act.
My grandparents attended residential schools, so this particular
clause of Bill C-428 is very personal to me. The continuing
presence of the term ‘‘residential school’’ in Canadian law is a
grim reminder of the cultural destruction experienced by
Aboriginal families.
Honorables sénateurs, je crois que mon projet de loi est l’un de
ces mécanismes qui nous permettront de faire ce virage positif. Le
projet de loi vise l’élimination de toute référence aux pensionnats
indiens dans la Loi sur les Indiens. Mes grands-parents ont
fréquenté des pensionnats indiens. Cet article du projet de
loi C-428 revêt donc un caractère très personnel pour moi. Le
maintien de l’expression « pensionnat indien » dans une loi
canadienne est un rappel sinistre de la destruction culturelle subie
par les familles autochtones.
Prime Minister Harper’s heartfelt apology for the bitter legacy
of residential schools resonated in all corners of this nation, which
I got to personally experience and witness in the House of
Commons. Let’s honour that apology by removing the archaic
and hurtful references to residence schools from our nation’s laws.
Les excuses sincères du premier ministre Harper concernant les
conséquences douloureuses des pensionnats indiens ont résonné
partout au pays, et j’ai eu l’occasion d’y assister à la Chambre des
communes. Donnons suite à ces excuses sincères en retirant des
lois de notre pays les références archaïques et blessantes aux
pensionnats.
Perhaps, most important, this bill would require the Minister
of Aboriginal Affairs and Northern Development to report yearly
on the progress made in developing new legislation to replace the
Indian Act.
Le plus important, peut-être, c’est qu’en vertu de ce projet de
loi, le ministre des Affaires autochtones et du développement du
Nord canadien serait tenu de présenter chaque année un rapport
sur les progrès réalisés en vue de l’élaboration d’une nouvelle loi
destinée à remplacer la Loi sur les Indiens.
There are some who may wonder why this clause does not set
out a process for its implementation. In fact, I wanted to leave it
open to the Crown and First Nations to determine how this will
work and who will represent First Nations and the Crown. But I
was careful to include the word ‘‘progress’’ in this clause to ensure
that my intent was clear.
Certains se demandent peut-être pourquoi on n’établit pas
dans cet article un processus pour sa mise en œuvre. En fait, je
voulais accorder au gouvernement fédéral et aux Premières
Nations le soin de déterminer le processus et de choisir leurs
représentants respectifs. Toutefois, j’ai tenu à inclure le mot
« progrès » dans cet article pour m’assurer que l’intention est
claire.
The purpose of Bill C-428 is to find ways to move forward
toward limiting the Indian Act. Meeting without progress will
fulfill neither the word nor the spirit of the bill. While none of
these measures should be viewed in isolation or be seen as
momentous, I believe they can start the process toward my goal of
freeing First Nations from the Indian Act.
Le projet de loi C-428 vise à trouver des façons de limiter la
portée de la Loi sur les Indiens. Tenir des réunions sans qu’il y ait
de progrès ne respecte ni le libellé ni l’esprit du projet de loi.
Même si l’on ne devrait pas prendre en compte ces mesures
séparément ni les considérer comme historiques, je crois qu’elles
peuvent être une première étape vers l’atteinte de mon objectif,
qui est de libérer les Premières Nations de la Loi sur les Indiens.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:131
By passing this piece of legislation, we can show the indigenous
people of Canada that we understand the concerns and are willing
to move forwards toward the dismantling of this outdated and
bigoted act. As a parliamentarian, a First Nations member and
most of all as a Canadian, I’m excited at the prospect of helping
to draft legislation that can bring the relationship between our
federal government and the Aboriginal peoples of Canada into
the 21st century.
En adoptant cette mesure législative, nous pouvons montrer
aux peuples autochtones du Canada que nous comprenons leurs
préoccupations et que nous sommes prêts à passer au
démantèlement de cette loi désuète et sectaire. En ma qualité de
parlementaire, de membre d’une Première Nation et surtout, en
tant que Canadien, je suis enthousiasmé à l’idée de participer à la
rédaction d’une mesure législative qui permettra d’adapter aux
réalités du XXIe siècle les relations entre le gouvernement fédéral
et les peuples autochtones du Canada.
Colleagues, I have no agenda here other than a genuine desire
to see First Nations become healthier and more self-sufficient and
to see a modern relationship between First Nations and Crown
develop. The creation of respectful legislation reflects the special
relationship they share. I take very seriously this opportunity to
build a better future for First Nations. It is this very reason that I
decided to run for office.
Chers collègues, je n’ai d’autre motivation qu’un réel désir de
voir les Premières Nations devenir plus saines et autosuffisantes et
de voir l’établissement de relations modernes entre les Premières
Nations et le gouvernement fédéral. La création d’une mesure
législative respectueuse est le reflet du lien privilégié qui les unit.
Avoir l’occasion de créer un meilleur avenir pour les Premières
Nations me tient à cœur. C’est pour cette raison précise que je me
suis lancé en politique.
Honourable senators, for 138 years, my people have been
forced to live under the Indian Act, an outdated document that is
a product of 19th-century thinking. The Indian Act, back in the
early 1800s, was policy and was turned into legislation. We must
be brave enough to aid First Nations members in their efforts to
throw this yoke from their shoulders. By passing Bill C-428, we
can take the first step toward granting First Nations individuals
the right that all other Canadians take for granted. It’s time that
we all begin thinking and dreaming about the world that we create
for future generations of Canadian First Nations members.
Honorables sénateurs, depuis 138 ans, mon peuple est forcé de
vivre selon les règles de la Loi sur les Indiens, un document désuet
qui reflète la mentalité du XIXe siècle. Au début des années 1800,
la Loi sur les Indiens était une politique, puis elle est devenue loi.
Nous devons avoir le courage d’aider les Premières Nations dans
leur tentative de s’affranchir du joug de cette mesure législative.
L’adoption du projet de loi C-428 constitue une première étape
du parcours visant à accorder aux membres des Premières
Nations un droit que tous les autres Canadiens tiennent pour
acquis. Il est temps que nous commencions tous à réfléchir et à
rêver au monde que nous voulons créer pour les futures
générations des Premières Nations canadiennes.
Thank you. Meegwetch.
Merci. Meegwetch.
The Chair: Thank you, Mr. Clarke.
Le président : Merci, monsieur Clarke.
Colleagues, we have a limited time for consideration of this
from this witness, so I would ask you to keep your questions brief,
and we’ll try to give everyone an opportunity.
Chers collègues, nous avons peu de temps pour poser des
questions au témoin; je vous demanderais donc d’être brefs. Nous
tenterons de donner à tous l’occasion de s’exprimer.
Senator Ngo: Thank you for your testimony, Mr. Clarke.
Thank you for being here to talk to us today about your private
member’s bill and what it means to you and for many First
Nations. I also wish to commend you for your efforts for the past
few years in finding a working formula for your bill and toward
engaging everyone toward eliminating the Indian Act. It seems to
me that you have gone to great personal lengths to accomplish
extensive outreach.
Le sénateur Ngo : Merci de votre témoignage, monsieur
Clarke. Merci d’être venu nous parler de votre projet de loi
d’initiative parlementaire et de nous avoir expliqué ce qu’il signifie
pour vous et pour beaucoup de Premières Nations. Je tiens aussi à
vous féliciter des efforts que vous avez déployés ces dernières
années pour trouver la formulation adéquate pour votre projet de
loi et pour mobiliser tout le monde à travailler en vue de
l’abolition de la Loi sur les Indiens. Il me semble que
personnellement, vous avez fait un travail colossal pour
sensibiliser les gens.
Can you tell us more about how your outreach works and the
different ways you collaborated with the First Nations in order to
develop this bill?
Pouvez-vous nous en dire plus sur vos efforts de sensibilisation
et les diverses façons dont vous avez collaboré avec les Premières
Nations pour préparer ce projet de loi?
Mr. Clarke: First, thank you for sponsoring my private
member’s bill. When I looked at this journey I’d started — and
this goes back to when I was in the RCMP, when I had to enforce
the Indian Act — I remember hearing from leadership out there
talking about the Indian Act when I was in the RCMP back in the
M. Clarke : Premièrement, je vous remercie de parrainer mon
projet de loi d’initiative parlementaire. Lorsque j’ai commencé
cette démarche — cela remonte à l’époque où j’étais dans la GRC,
lorsque je devais faire respecter la Loi sur les Indiens —, je me
rappelle avoir entendu les dirigeants parler de la Loi sur les
8:132
Aboriginal Peoples
1-10-2014
1990s, when had I to enforce the Indian Act. Having to enforce it
was probably one of the hardest things I had to do. Yes, it was
law — it was legislation that assisted the RCMP where I came
from, living and working on reserves — but also it was so archaic.
Indiens. C’était dans les années 1990, quand j’étais dans la GRC
et que je devais faire respecter la Loi sur les Indiens, ce qui est
probablement une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire.
C’était la loi, certes — et elle a aidé la GRC dans ma région, où je
vivais et travaillais —, mais elle était aussi tellement archaïque.
I looked at the fines, I looked at everything and I questioned it.
Then I heard leadership in band councils, nominations and then
at band elections. Everyone talked about removing the Indian
Act, and as a band member I listened; I listened to the band
members’ meetings.
Je me suis penché sur la question des amendes; j’ai tout
examiné et tout remis en question. Ensuite, j’ai écouté ce que les
dirigeants disaient lors des conseils de bande, les nominations et
les élections au conseil de bande. Tout le monde parlait de
l’abolition de la Loi sur les Indiens, et en tant que membre de la
bande, j’écoutais. J’écoutais les réunions du conseil de bande.
But being a band member from Muskeg Lake First Nations, I
know first-hand as a First Nation citizen that it’s a law. One of
the things I had to do — everyone agrees that the Indian Act has
to go. There’s a wide range of consensus on that. But no one has
the right steps for it. Everyone talks about it, but no one ever does
anything.
Or, en tant que membre de la Première Nation de Muskeg
Lake, en tant que citoyen d’une Première Nation, je suis conscient
que c’est la loi. Une des choses que je devais faire... Tout le monde
s’entend pour dire que la Loi sur les Indiens doit être abolie. Il y a
un large consensus à cet égard. Toutefois, personne ne connaît la
façon adéquate d’y arriver. Tout le monde en parle, mais
personne n’agit.
What I did, when I started running in the nomination in the
election in 2008, I spoke with grassroots band members and
elected leaders, asking what they thought of the Indian Act. They
said, ‘‘Get rid of it. You’ve got to get rid of it. For any type of
economic development in society or anything like that, you have
to get rid of the Indian Act.’’
Lorsque je me suis porté candidat pour l’élection de 2008, j’ai
commencé à parler aux membres de la bande et aux élus pour
savoir ce qu’ils pensaient de la Loi sur les Indiens. Ils m’ont dit :
« Abolissez-la. Vous devez l’abolir. Pour que la société puisse se
développer sur le plan économique, notamment, il faut abolir la
Loi sur les Indiens. »
So what I’ve done during my elections, and I’ve spoken to
hundreds of First Nations, even just hundreds of First Nation
leaderships from chiefs and councils coming into my office, I’ve
always asked them, ‘‘What do you think of the Indian Act?’’
Everyone says, ‘‘Get rid of it,’’ but no one has a solution.
Donc, ce que je faisais pendant mes campagnes électorales — et
j’ai parlé à des centaines de membres, de chefs et de membres des
conseils de bande des Premières Nations qui se présentaient à mon
bureau —, c’est que je leur demandais toujours ce qu’ils pensaient
de la Loi sur les Indiens. Tout le monde répond qu’il faut s’en
débarrasser, mais personne n’a de solution.
I sent out six separate pieces of written correspondence to all
First Nations communities seeking their input and comment and
keeping them apprised of the progress of my bill. I have dedicated
a section of my website to the bill and have a survey seeking their
input. I invited all First Nations to participate in a telephone town
hall on two occasions. I have presented information to First
Nations bands and major organization in Saskatchewan, Alberta,
British Columbia, Manitoba and Quebec, including Tsawwassen,
Muskeg Lake, James Smith, Prince Albert Grand Council, Flying
Dust First Nation, English River, among others. I have done
presentations to student groups, Aboriginal professionals and
interested non-Aboriginals on Bill C-428.
À six occasions distinctes, j’ai envoyé des lettres dans les
collectivités des Premières Nations pour avoir les commentaires
des gens et les tenir informés de mes progrès par rapport au projet
de loi. Mon site web a une page consacrée au projet de loi; les
gens peuvent remplir un sondage. J’ai organisé deux séances de
discussion par téléphone, et j’ai invité toutes les Premières
Nations à y participer. J’ai fourni des informations aux bandes
des Premières Nations et aux grandes organisations de la
Saskatchewan, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du
Manitoba et du Québec, notamment aux Premières Nations de
Tsawwassen, de Muskeg Lake, de James Smith, de Flying Dust,
d’English River et au Grand conseil de Prince Albert. J’ai fait des
exposés sur le projet de loi C-428 pour des groupes d’étudiants,
des professionnels autochtones et des non-Autochtones.
I have met with dozens of individuals, past and present chiefs
and grassroots members on my bill. I also ran radio ads with
MBC radio in Saskatchewan from August 19, 2012, until present
day. I’m presently still doing it. It reaches all Saskatchewan First
Nations, Manitoba and Alberta. I’ve also done a YouTube video
explaining the bill, which I’ve sent out widely to all 600-plus First
Nations.
J’ai rencontré des dizaines de personnes, d’anciens chefs, des
chefs en exercice et de simples membres pour discuter du projet de
loi. Depuis le 19 août 2012, je mène une campagne publicitaire
radiophonique — toujours en cours — sur MBC radio, en
Saskatchewan. Toutes les Premières Nations de la Saskatchewan,
du Manitoba et de l’Alberta peuvent l’entendre. Je diffuse aussi
sur YouTube une vidéo explicative sur le projet de loi; j’ai envoyé
le lien à plus de 600 Premières Nations.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:133
I think one thing I also do, whenever given the opportunity in
the media, through news, is I talk to the media and do the
interviews on APTN, asking for and telling people what I’m
trying to do.
De plus, chaque fois que j’en ai l’occasion, dans les médias, aux
nouvelles, lors d’entrevues sur la chaîne APTN, je cherche à avoir
les commentaires des gens et j’explique ce que j’essaie de faire.
When we’re sitting here today and we talk as a First Nations
band member, I look at being elected to the House of Commons
to represent all constituents, Aboriginal and non-Aboriginal, but
I look at the Indian Act as being old and archaic. It’s 138 years
old. Everyone has talked about doing something, but no one has
ever done it.
Aujourd’hui, je suis ici pour discuter à titre de membre d’une
Première Nation, mais je suis aussi un député élu à la Chambre
des communes et je représente tous mes électeurs, tant les
Autochtones que les non-Autochtones. Je considère que la Loi sur
les Indiens est désuète et archaïque. Elle existe depuis 138 ans.
Tout le monde dit qu’il faut faire quelque chose, mais personne ne
le fait.
The Chair: Thank you. Maybe it should be observed that this
committee gets government bills all the time. This is a private
member’s bill. They don’t come to us so often. As a private
member, the MP doesn’t have the resources to consult, compared
to the government. That answer is appreciated, Mr. Clarke.
Le président : Merci. Il convient peut-être de souligner que le
comité est fréquemment saisi de projets de loi d’initiative
ministérielle. Or, dans le cas présent, il s’agit d’un projet de loi
d’initiative parlementaire. Nous n’en voyons pas souvent. Pour un
tel projet de loi, un simple député n’a pas les mêmes ressources
que le gouvernement pour mener des consultations. Merci de
votre réponse, monsieur Clarke.
Senator Dyck: Welcome, Mr. Clarke. You have done a lot of
work. I congratulate you for that. You’ve gone through a number
of iterations in the House of Commons, had a lot of changes to
the bill, and you’ve now described to us the consultation method
that you used. I’m wondering, would you consider that your
consultation method meets what is called the duty to consult and
accommodate? Because it’s a private member’s bill, do you have
to meet the constitutional requirement to consult and
accommodate?
La sénatrice Dyck : Soyez le bienvenu, monsieur Clarke. Vous
avez accompli un travail considérable. Je vous en félicite.
Plusieurs versions du projet de loi ont été présentées à la
Chambre des communes et il y a eu beaucoup de modifications.
Vous venez de nous décrire votre processus de consultation. Je me
demande si vous considérez que ce processus satisfait à ce que l’on
appelle l’obligation de consultation et d’accommodement. Étant
donné qu’il s’agit d’un projet de loi d’initiative parlementaire,
avez-vous satisfait à l’obligation constitutionnelle de consultation
et d’accommodement?
Mr. Clarke: One of the requirements is I sit on the government
side, correct, but it’s nation to nation, government to government,
and the only person who has the means and the responsibility is
the government. I may sit and represent individuals or my
constituents as a government member, but no, I cannot sit down
and do consultations. That has to be elected leadership. That has
to be the minister and the department and government. That will
be clear there.
M. Clarke : L’une des exigences est que je siège du côté du
gouvernement, mais il s’agit de relations de nation à nation, de
gouvernement à gouvernement. Seul le gouvernement a les
moyens et la responsabilité de le faire. En tant que député du
parti ministériel, je peux siéger et représenter des particuliers ou
mes électeurs, mais je ne peux mener de consultations. Cela relève
des dirigeants élus. Il revient au ministre, au ministère et au
gouvernement de le faire. Ce sera clairement établi.
I look at the processes. It also includes the provincial
governments on duty to consult and accommodate. You look at
section 35, and that’s laid out there. Hopefully, the policy
advisers from the department will be able to explain that better
than I can. But in simple terms, no.
J’examine les processus. L’obligation de consultation et
d’accommodement concerne aussi les gouvernements
provinciaux. C’est prévu à l’article 35. Il est à espérer que les
conseillers en politiques du ministère pourront mieux l’expliquer
que moi. Mais en termes simples, non.
I’ve gone out with my resources, with my limited budget, and
I’ve reached out. It’s about information process. What I’ve tried
to do is tell everyone out there in First Nations communities what
is taking place, asking for their input and for meaningful change.
Have I gone farther than any other MP on their private member’s
bill in reaching out to talk about their private member’s bill? I
can’t say consultation, because that’s not what I did. I was going
out educating and talking to First Nations and giving them the
information to make their judgments.
J’ai utilisé mes ressources — mon budget limité — pour
informer les gens. C’est une question de processus d’information.
Voici ce que j’ai essayé de faire : mon objectif était de renseigner
toutes les Premières Nations sur ce qui se passe, de leur demander
leur avis et d’apporter des changements importants. Ai-je fait plus
que tout autre député pour faire connaître mon projet de loi
d’initiative parlementaire? Je ne peux parler de consultation,
parce que ce n’est pas ce que j’ai fait. J’ai mené une campagne
d’information, j’ai discuté avec les membres des Premières
Nations pour qu’ils puissent se forger une opinion.
8:134
Aboriginal Peoples
1-10-2014
I do understand what you’re trying to say there. However, with
my limited resources, what I’ve done is used parliamentary
resources from the committee stage to bring First Nations in and
start the discussion. Let’s start a relationship. We’re sitting here
now and talking about it, and this is an opportunity for First
Nations to come and sit down and talk with parliamentarians in
the best setting possible. That could probably be used as
consultation, but as a private member, I cannot.
Je comprends très bien ce que vous voulez dire. Toutefois,
étant donné les ressources limitées qui sont à ma disposition, je me
suis servi des ressources parlementaires et notamment du comité,
pour inviter les Premières Nations et amorcer le débat. Il faut
nouer un lien. Cette rencontre est pour les Premières Nations
l’occasion de parler à des parlementaires dans un cadre idéal. Cela
pourrait servir de consultation, mais en tant que député, je ne
peux pas m’en prévaloir.
Senator Dyck: You’ve essentially said no, you haven’t. My next
question is related to that. Your bill does contain some very
important issues. Nothing could be much more important than
education, which is in part of your bill, and the other part, of
course, is amending or replacing the Indian Act.
La sénatrice Dyck : Ce que vous avez dit essentiellement, c’est
non. Ma prochaine question se rapporte à cela. Votre projet de loi
comporte des éléments très importants. Et rien ne peut être plus
important que l’éducation, qui fait partie de votre projet de loi, et
l’autre élément, bien sûr, qui consiste à amender ou à remplacer la
Loi sur les Indiens.
Since these are really important issues, don’t you think they
should be a government-to-government change, especially with
the Indian Act? You yourself say it governs every aspect of an
individual’s life. Since the government itself at the Truth and
Reconciliation meeting in Winnipeg said they were going to start
this with education and with the Crown-First Nations accord,
talking about changing the Indian Act, why has it come to you to
bring it forward? Why hasn’t the government done it?
Puisque ces questions sont vraiment importantes, ne pensezvous pas que le changement devrait se faire de gouvernement à
gouvernement, en particulier s’agissant de la Loi sur les Indiens?
Vous dites vous-même que cette loi régit tous les aspects de la vie
d’un Indien. Puisque le gouvernement lui-même a déclaré, à la
rencontre de Winnipeg pour la vérité et la réconciliation, qu’il
allait commencer le processus par l’éducation et l’entente entre les
Premières Nations et la Couronne, afin de changer la Loi sur les
Indiens, pourquoi l’initiative vient de vous et non pas du
gouvernement?
Mr. Clarke: We are seeing the government take changes
through the education act. My bill does not touch education.
All my bill does is remove the outdated section of residential
schools. What I’m trying to do is prevent any future governments,
any future ministers, from implementing residential schools on
First Nations territory. That’s what I’m trying to do, as I stated
earlier. Residential schools are a black mark on Canadian history.
I’m trying to remove that clause, not to prevent education.
Education is up to government to government, which they’ve
been clear about. What I’m trying to do is remove residential
schools so no other First Nation or individual or band member
has to be implemented or put into residential schools.
M. Clarke : Nous voyons que le gouvernement procède à des
changements grâce à la loi sur l’éducation. Mon projet de loi ne
concerne pas l’éducation. Tout ce qu’il propose c’est le retrait de
la section périmée sur les pensionnats indiens. Ce que je cherche à
faire est d’empêcher tout gouvernement, tout ministre,
d’implanter des pensionnats sur les territoires des Premières
Nations. Comme je l’ai déjà dit, c’est ce que je vise. Les
pensionnats indiens sont un épisode sombre de l’histoire du
Canada. Je cherche à enlever cette disposition et non pas à
empêcher l’éducation. L’éducation est l’affaire des gouvernements
et ceux-ci l’ont dit clairement. J’essaie de retirer la section sur les
pensionnats indiens de sorte qu’aucune autre Première Nation,
aucun autre particulier ou membre d’une bande, ne puisse plus
être touché par cette disposition ou placé dans un pensionnat.
I remember, going back in my RCMP career and living and
working on reserves. I was seeing 16 and 17 year olds and having
to go to the residence. I get the call at my detachment and I’d have
to become a truancy officer under the Indian Act and go to their
residence and make an apprehension and return that child back to
school. That should be up to the First Nations to make those
decisions. That is up to the Crown to work with First Nations in
doing a new draft. The government does an opt in, opt out
approach on legislation. I’m trying to look at the Indian Act and
make it better for all First Nations by just removing the clause on
residential schools.
Cela me rappelle ma carrière dans la GRC et mon action dans
les réserves. Je voyais des jeunes de 16 et 17 ans et je devais me
rendre à leur résidence. Je recevais un appel de mon détachement
et, pour faire appliquer la Loi sur les Indiens, je devais me rendre
à leur résidence, les appréhender et les ramener à l’école. Cette
décision devrait être prise par les Premières Nations. Il incombe à
la Couronne de collaborer avec les Premières Nations pour
rédiger une nouvelle ébauche de la loi. Le gouvernement a pour
approche la participation volontaire. J’examine la Loi sur les
Indiens dans le souci de la rendre meilleure pour toutes les
Premières Nations en retirant la disposition sur les pensionnats
indiens.
Senator Dyck: I have two questions arising from your answers.
One is you said you’re going to remove the clauses from the
Indian Act that indicate or state residential schools. Which
specific clauses are those? While you’re looking at that, the second
La sénatrice Dyck : De ce que vous nous dites, deux choses me
viennent à l’esprit. D’une part, vous dites que vous allez retirer les
dispositions de la Loi sur les Indiens qui indiquent les pensionnats
indiens ou en font état. De quelles dispositions s’agit-il?
1-10-2014
Peuples autochtones
question is that the exact same clauses in your bill are in Bill C-33,
the First Nations control of First Nations education act. Those
same clauses in your bill are duplicated in a government bill. Why
is that?
The Chair: Can you clarify the bill you’re referring to?
8:135
Deuxièmement, les dispositions de votre projet de loi sont
exactement les mêmes que l’on retrouve dans le projet de loi C33, Loi sur le contrôle par les premières nations de leurs systèmes
d’éducation. Pourquoi ces mêmes articles sont-ils repris dans un
projet de loi ministériel. Quelle en est la raison?
Le président : Pouvez-vous préciser le projet de loi auquel vous
faites allusion?
Senator Dyck: Bill C-33, the First Nations control of First
Nations education act, which has now been put on hold. The
same clauses are in that bill and in Mr. Clarke’s bill, a private
member’s bill. In fact, in Bill C-33, there are the coordinating
amendments to take care of the situation, whether your bill is
passed first or whether Bill C-33 is passed first.
La sénatrice Dyck : Le projet de loi C-33, Loi sur le contrôle
par les premières nations de leurs systèmes d’éducation, qui est
maintenant suspendue. Les mêmes articles se retrouvent dans ce
projet de loi et dans le projet de loi d’initiative parlementaire de
M. Clarke. En fait, le projet de loi C-33 comporte des dispositions
de coordination, en fonction du premier projet adopté.
Mr. Clarke: It’s interesting in regard to Bill C-33. My private
member’s bill was drafted way before the First Nations education
bill. I’ll be clear on that. So I have to take onus upon myself and
take some pride that my bill was drafted first.
M. Clarke : Le projet de loi C-33 est intéressant. Mon projet
de loi a été rédigé avant celui concernant l’éducation des
Premières Nations. Il faut le dire. Je l’assume et j’en retire une
certaine fierté.
Second, as to the clauses with regard to residential schools,
clause 16 removes the right of the minister to set up such schools.
Clause 17 removes the ministerial authority relating to school
attendance, which I had to enforce. It wasn’t pleasant. When I
had to attend the residences, there were some situations where, as
a police officer, my safety was in jeopardy just for an
apprehension, for taking a child to school.
Deuxièmement et en ce qui concerne les articles sur les
pensionnats indiens, l’article 16 retire au ministre le droit
d’implanter de telles écoles. L’article 17 retire le pouvoir du
ministre relatif à la fréquentation scolaire, que je devais moimême faire appliquer. Ce n’était pas agréable. Lorsque je devais
me rendre dans certaines résidences, à titre d’agent de police, pour
appréhender un enfant et le ramener à l’école, je ne me sentais pas
toujours en sécurité.
Also, clause 18 removes the right to forcibly remove children
from their homes and communities to attend and normalizes the
reasons for not attending school, the same ones as for every other
child — illness, other unavoidable causes and home instruction.
En outre, l’article 18 supprime le droit d’arracher les enfants à
leur foyer et à leur collectivité afin de les scolariser et normalise les
raisons motivant l’absence scolaire qui sont les mêmes pour tous
les enfants, à savoir la maladie, d’autres raisons inévitables et
l’enseignement à domicile.
Finally, clause 19 repeals the definition of a truant officer and
removes references to residential schools. Schools are now defined
as day schools, technical schools and high schools. That’s all I’m
trying to do, prevent police officers from being truancy officers
and also prevent any current government or future government,
any future minister, from putting in place residential schools.
Enfin, l’article 19 abroge la définition d’« agent de
surveillance » et supprime les renvois aux pensionnats indiens.
Désormais, les écoles sont assimilées à un externat, à une école
technique et à une école secondaire. C’est tout ce que j’essaie de
faire, c’est-à-dire empêcher des agents de police de servir d’agent
de surveillance et également empêcher tout gouvernement actuel
ou futur, tout ministre, d’implanter des pensionnats.
Senator Dyck: If I could clarify, the question I had was this:
Which clauses in the Indian Act refer to residential schools? I
think the answer you gave to me was the clauses in your bill —
clauses 15, 16, 17, 18 and so on. I meant within the Indian Act.
Which clauses in the Indian Act say ‘‘residential school?’’
La sénatrice Dyck : Tout ce que je voulais savoir, ce sont les
articles de la Loi sur les Indiens qui concernent les pensionnats. Je
pense que vous m’avez répondu en citant les articles de votre
propre projet de loi à savoir les articles 15,16, 17,18, et cetera. Moi
je voulais parler de la Loi sur les Indiens. Dans quels articles de la
Loi sur les Indiens parle-t-on de « pensionnats »?
Mr. Clarke: I believe it’s sections 114 to 117, 120 to 121.
Senator Dyck: Those are the clauses, but where is the term
‘‘residential school?’’ You are saying, ‘‘I am removing from the
Indian Act mention of residential schools,’’ and I’m asking you:
‘‘Where is the term ‘‘residential school’’?
M. Clarke : Je crois qu’il s’agit des articles 114 à 117, et 120 et
121.
La sénatrice Dyck : Il s’agit bien de ces articles, mais où se
trouve le terme de « pensionnat indien »? Vous dites : « Je retire
de la Loi sur les Indiens toute mention des pensionnats » et je
vous demande : « Où peut-on voir mention de ‘‘pensionnats
indiens’’ »?
8:136
Aboriginal Peoples
The Chair: While Mr. Clarke is looking that up, for the
assistance of the committee, we have arranged for officials from
the department to be available to the committee as resources
before we conclude our study of this bill. Perhaps your
question —
1-10-2014
Le président : Pendant que M. Clarke cherche cette
information, pour aider le comité, nous avons mis à la
disposition de ce dernier des fonctionnaires du ministère pour
terminer l’étude du projet de loi. Peut-être que votre question...
Senator Dyck: This is his bill.
La sénatrice Dyck : C’est son projet de loi.
The Chair: That’s right.
Le président : C’est exact.
Senator Dyck: That’s why I thought he might be able to answer
it.
La sénatrice Dyck : C’est la raison pour laquelle j’ai pensé qu’il
aurait pu répondre.
The Chair: Just for the information of the committee, on the
duty of the government to consult.
Le président : Aux fins d’information du comité, il s’agit du
devoir du gouvernement de consulter.
Senator Dyck: Perhaps I could move on as you’re looking.
Maybe your assistant could look through it, and we could
continue with another couple of short questions. Then, I’ll let
someone else take over.
La sénatrice Dyck : Je peux poursuivre pendant que vous faites
la recherche. Votre adjoint pourrait faire cette recherche et nous
pourrions poursuivre par quelques questions brèves. Je céderai
ensuite la parole à quelqu’un d’autre.
Mr. Clarke: These are the sections that I’ve mentioned earlier
that define the residential schools. That’s in the Indian Act,
sections 114 to 117 and 120 to 121. Department officials will be
here too and can probably help to elaborate that even further.
M. Clarke : Il s’agit des articles auxquels j’ai fait allusion, qui
définissent les pensionnats indiens. Il s’agit des articles 114 à 117,
et 120 et 121 de la Loi sur les Indiens. À leur arrivée, les
fonctionnaires du ministère pourront élaborer à ce sujet.
Senator Dyck: Okay. During the drafting of your bill, you
talked about consulting with First Nation band members and
hosting town halls and so on. Did you consult with officials from
Aboriginal Affairs and Northern Development Canada? Did they
assist you in the drafting of the bill or the writing of the bill? Did
Department of Justice help you out with that?
La sénatrice Dyck : D’accord. Au cours de l’élaboration de
votre projet de loi, vous avez parlé de consulter les membres des
bandes des Premières Nations, d’organiser des assemblées
générales, et cetera. Avez-vous consulté des fonctionnaires
d’Affaires indiennes et du Nord Canada? Vous ont-ils aidés
dans la rédaction du projet de loi? Est-ce que le ministère de la
Justice vous a aidés dans ce dossier?
Mr. Clarke: No. The bill was drafted using the House of
Commons legal department. What I’ve done is taken a commonsense approach to look at drafting the bill. My first draft was very
simple. My first draft was to basically start the discussion and
gain national attention. What I tried to do is to start a dialogue. I
wanted to start the dialogue, start the debate. The first draft was
basically, ‘‘Let’s blow up the Indian Act, and, in two years, force
the government to sit down, government to government, with
First Nations and do more respectful legislation.’’ In that two
years, they would have to come and meet at the table, like we are
here today, and draft meaningful, respectful legislation.
M. Clarke : Non, nous avons fait appel aux Services juridiques
de la Chambre des communes. J’ai adopté une approche fondée
sur le bon sens. Ma première ébauche était extrêmement simple. Il
s’agissait d’amorcer le débat et de susciter l’attention au niveau
national. Je voulais amorcer le dialogue, ouvrir le débat. L’essence
de la première ébauche consistait essentiellement à abolir la Loi
sur les Indiens et, dans un délai de deux ans, à forcer le
gouvernement à dialoguer de gouvernement à gouvernement, avec
les Premières Nations, et d’élaborer une loi plus respectueuse
envers nous. Dans ce laps de temps, le gouvernement serait venu à
notre rencontre, comme nous le faisons aujourd’hui, et aurait
élaboré une loi plus significative et plus respectueuse à notre
endroit.
My first draft was just to blow it up because that’s what all
chiefs are saying, ‘‘We have to get rid of the Indian Act.’’ When
someone actually is, as a member of Parliament, someone who is
elected, of First Nations background and sees the archaic, I can’t
see anyone wanting to maintain the Indian Act. Senator, for
yourself, it’s overdue. Someone has to do it. I look at the other
members of First Nations background who have been appointed
to the Senate and also elected, as members of Parliament, to the
House of Commons, and I’m bewildered at times because I won
the lottery in being able to present a private member’s bill, for
one, and get it through the House of Commons. I’m the first First
Nations person ever to draft a private member’s bill and get it
Ma première ébauche consistait tout simplement à faire sauter
cette loi parce que c’est ce que disaient tous les chefs : « Nous
devons nous débarrasser de la Loi sur les Indiens. » Lorsque
quelqu’un est élu député, a des origines autochtones et qu’il
constate le côté archaïque de cette loi, il ne comprend pas
pourquoi on voudrait la conserver. On n’a que trop tardé. Il faut
que quelqu’un agisse. Je regarde d’autres membres des Premières
Nations qui ont été nommés au Sénat ou qui ont été élus à la
Chambre des communes et je suis abasourdi parce que le fait de
pouvoir présenter un projet de loi d’initiative parlementaire, c’est
comme si j’avais gagné le gros lot. Je suis le premier membre des
Premières Nations à avoir rédigé un projet de loi d’initiative
1-10-2014
Peuples autochtones
8:137
passed in the House of Commons. No other First Nations band
member has ever done that, especially elected. So I take a little bit
of pride.
parlementaire qui a été adopté à la Chambre des communes.
Aucun autre membre, même élu, d’une bande des
Premières Nations n’a jamais fait cela. Je n’en suis pas peu fier.
I also take pride that we’re actually sitting down at a table and
having a meaningful discussion, actually looking at ways to make
the changes. I look at my bylaw, and I look at trying to start First
Nations, provide them with their own form of self-governance.
We missed that totally. First Nations, right now, do not have that
availability for self-governance. Through my process, especially
through bylaws, I’m trying to provide First Nations with that
opportunity to draft their own bylaws. I look at non-Aboriginal
communities, such as municipalities. I look at mayors. I look at
reeves. I look at the RMs across Canada, where they have the
opportunity to draft their own bylaws. First Nations are treated
as second-class citizens, where they do not have the right, and
they have to get ministerial approval to draft their bylaws. What I
tried to do through this —
Je suis également fier de prendre part à ce débat dans lequel
nous cherchons à apporter des changements. J’examine mes
règlements en cherchant à faire démarrer les Premières Nations, à
leur fournir leur propre forme d’autonomie. Par ce processus qui
est le mien, et particulièrement par la réglementation, j’essaie de
donner aux Premières Nations la possibilité d’élaborer leurs
propres règlements. Je pense à des collectivités non autochtones,
comme les municipalités. Je pense aux maires. Je pense aux préfets
et je pense à tous les chefs régionaux qui ont pu élaborer leurs
propres règlements. Les membres des Premières Nations sont
traités comme des citoyens de seconde classe qui ne peuvent pas
élaborer leurs propres règlements sans approbation ministérielle.
Ce que j’ai essayé de faire par ce....
Senator Dyck: Thank you for that answer.
La sénatrice Dyck : Merci de la réponse.
Mr. Clarke: — is to bring forward economic and social
benefits for First Nations, through, for one, drafting of the
bylaws for self-governance.
M. Clarke : ... d’apporter aux Premières Nations des avantages
économiques et sociaux, tout d’abord en élaborant les règlements
visant l’autonomie gouvernementale.
Senator Dyck: Thank you, Mr. Clarke. You answered the
question very early on. I’m just going to follow up with one very
short one. Did you consult with the Truth and Reconciliation
commissioners since residential schools is part of the bones of
your bill? Could you just answer that part?
La sénatrice Dyck : Merci, monsieur Clarke. Il y a longtemps
que vous avez répondu à la question. Il ne me reste plus qu’une
question très brève à vous poser. Avez-vous consulté les
commissaires pour la vérité et la réconciliation puisque les
pensionnats sont au cœur même de votre projet de loi?
Pourriez-vous vous contenter de répondre à cette question?
Mr. Clarke: The Truth and Reconciliation is a different
avenue. It’s over. It has ended. To be perfectly honest, no.
M. Clarke : La vérité et la réconciliation sont un véhicule
différent, qui est terminé. Pour être parfaitement honnête, je n’en
ai pas consulté les commissaires.
Senator Dyck: Okay. That’s all I needed to know. I’ll pass it
on.
La sénatrice Dyck : D’accord, c’est tout ce que je voulais
savoir. J’ai terminé.
The Chair: Thank you. Just to assist the committee and
Senator Dyck, our Library of Parliament analyst, Martha Butler
— And you’re a lawyer, aren’t you? Yes. — did search the Indian
Act for reference to residential schools, so maybe I’ll just ask her
to answer your question, Senator Dyck: Where in the Indian Act
is there reference to residential schools?
Le président : Merci. Pour aider le comité et la sénatrice Dyck,
notre analyste de la Bibliothèque du Parlement, Martha Butler —
qui est aussi avocate, n’est-ce pas? — a recherché les mentions des
pensionnats dans la Loi sur les Indiens. Je l’invite donc à répondre
à votre question, madame Dyck. Dans quels articles de la Loi sur
les Indiens fait-on mention des pensionnats?
Martha Butler, Analyst, Library of Parliament: There are two
references. One is in section 115(d), and that section is addressed
in Mr. Clarke’s clause 15 because it would repeal paragraph (d)
of section 115.
Martha Butler, analyste, Bibliothèque du Parlement : Il y a deux
mentions. L’une à l’alinéa 115d) dont fait mention l’article 15 du
projet de loi de M. Clarke en l’abrogeant.
The Chair: What does section 115(d) say?
Le président : Que dit l’alinéa 115d)?
Ms. Butler: Section 115(d) reads: ‘‘The Minister may —
Mme Butler : L’alinéa 115d) se lit comme suit : « Le ministre
peut...
Senator Dyck: You’re saying section (c), enter into agreements?
La sénatrice Dyck : Vous parlez de l’alinéa c), conclure des
accords?
Ms. Butler: No, the following one, (d): ‘‘The Minister may
. . . (d) apply the whole or any part of moneys that would
otherwise be payable. . .’’ So ‘‘residential school’’ is at the end of
that sentence.
Mme Butler : Non, le suivant, d) : « Le ministre peut... d)
appliquer la totalité ou une partie des sommes d’argent qui
seraient autrement payables... » Le mot « pensionnat » figure à la
fin de la phrase.
8:138
Aboriginal Peoples
The Chair: Read the rest of it, please.
1-10-2014
Le président : Veuillez lire le reste de la phrase, s’il vous plaît.
Ms. Butler: ‘‘. . . moneys that would otherwise be payable to
or on behalf of a child who is attending a residential school to the
maintenance of that child at that school.’’
Mme Butler : « ... des sommes d’argent qui seraient autrement
payables en faveur ou pour le compte d’un enfant qui fréquente
un pensionnat, à l’entretien de l’enfant à cette école. »
Then the only other reference in the act is under section 122,
the definition of school, which includes a day school, technical
school, high school and residential school.
La seule autre mention figure à l’article 122 de la loi,
« la définition d’« école ». Sont assimilés à une école un
externat, une école technique, une école secondaire et un
pensionnat ».
Senator McIntyre: Thank you, Mr. Clarke, for your fine
presentation. I draw your attention to clause 2 of the bill.
Basically it states that the Minister for Indian Affairs and
Northern Development must report to the House of Commons
committee responsible for Aboriginal affairs on the work
undertaken by his or her department in collaboration with
First Nations and other interested parties to develop new
legislation to replace the Indian Act.
Le sénateur McIntyre : Merci, monsieur Clarke, de votre
excellent exposé. J’attire votre attention sur l’article 2 du projet de
loi qui stipule essentiellement que le ministre des Affaires
indiennes et du Nord canadien présente au comité de la
Chambre des communes chargé d’étudier les questions relatives
aux affaires autochtones un rapport portant sur le travail
accompli par son ministère en collaboration avec
les Premières Nations et les autres parties intéressées en vue de
l’élaboration d’une nouvelle loi destinée à remplacer la Loi sur les
Indiens.
I note that the Senate is left out of the equation. I assume that
the reason it is not in the equation is because everything that goes
to the house also goes to the Senate. Would I be correct in saying
that?
Je constate que le Sénat est exclu de l’équation. Je suppose que
c’est parce que tout ce qui passe par la Chambre passe aussi au
Sénat. Est-ce exact?
Mr. Clarke: That is correct.
M. Clarke : C’est exact.
Senator McIntyre: The clause refers to other interested parties
and to new legislation to replace the Indian Act. Who are the
other interested parties referred to in the clause? What would the
framework for replacing the Indian Act look like?
Le sénateur McIntyre : L’article fait allusion à d’autres parties
intéressées en vue d’élaborer une nouvelle loi pour remplacer la
Loi sur les Indiens. Quelles sont ces autres parties intéressées
auxquelles la loi fait allusion? À quoi ressemblerait le cadre
destiné à remplacer la Loi sur les Indiens?
Mr. Clarke: The simple answer is the grassroots band
members. All these years we’ve had First Nation leadership
always being able to represent me and chiefs and councils at the
national level, but we always forget the grassroots band members
who are actually affected on a daily basis by the Indian Act.
That’s a simple way to look at it — grassroots. We can use anyone
who is interested to come forward. You can look at tribal councils
and you can even look at APTN if they have individuals they can
bring forward to testify or to provide meaningful ideas for
change. They can.
M. Clarke : Tout simplement, les membres des bandes locales.
Pendant toutes ces années, nous avons été très bien dirigés par des
gens qui nous représentaient, ainsi que les chefs et les conseils, au
niveau national, mais nous avons toujours oublié les membres des
bandes locales qui sont quotidiennement touchés par la Loi sur les
Indiens. C’est une façon simple de voir les choses, les gens de la
base. Nous pouvons tirer profit de tous ceux qui veulent
s’exprimer. Nous pouvons nous adresser aux conseils tribaux et
même à des gens de l’APTN qui seraient prêts à témoigner et à
nous donner de bonnes idées de changement. Tous ces gens-là le
peuvent.
My bill is to be all-inclusive for First Nations, from elected
leadership of chiefs and councils, right to grassroots band
members, in collaboration with government, and have a
meaningful dialogue at a table that we’re here today to sit
down, look at what is outdated or archaic, get rid of this dead
underbrush that’s affecting First Nations and have it replaced by
economic development, and look at trying to do trade and trying
to do bylaws. All this hampers First Nations overall.
Mon projet de loi invite tous les gens des Premières Nations,
des membres élus, des chefs et des conseils, jusqu’aux membres
des bandes locales, en collaboration avec le gouvernement, à
participer au dialogue, à examiner ce qui est désuet ou archaïque,
à se débarrasser des résidus qui freinent les Premières Nations et à
remplacer tout cela par un développement économique, grâce au
commerce et à une réglementation. Bref, il faut remplacer tous ces
éléments qui freinent les Premières Nations.
Senator McIntyre: Would other interested parties be
First Nation organizations and bodies that administer services
to First Nations?
Le sénateur McIntyre : Ces autres parties intéressées
pourraient-elles être aussi des organisations qui offrent des
services aux Premières Nations?
Mr. Clarke: Correct.
M. Clarke : C’est exact.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:139
Senator Wallace: Thank you, Mr. Clarke. You’ve made it very
clear that you see this, at least as I understand from what you
said, as a process you’re trying to start to lead to — at one point I
thought the overhaul of the Indian Act, but you later said it’s to
get rid of it entirely, to blow it up, and something much better is
needed for the First Nations people in the country; so you want to
start that process.
Le sénateur Wallace : Merci, monsieur Clarke. Vous avez
clairement indiqué, si je vous ai bien compris, que vous vouliez
amorcer un certain processus qui consisterait dans un premier
temps en une refonte de la Loi sur les Indiens mais finalement
vous avez parlé de faire sauter cette loi, de s’en débarrasser
entièrement pour trouver quelque chose de beaucoup mieux pour
les Premières Nations de ce pays. Vous voulez donc amorcer ce
processus.
Bill C-428 addresses certain issues and leaves still, I would
think, many other issues in the Indian Act that will have to be
dealt with at a later time. Could you give me a sense of the basis
on which you decided to address the issues you have included in
Bill C-428 while you have left others unaddressed? What was the
rationale you used to determine the priorities that you set for
Bill C-428?
Le projet de loi C-428 traite de certains des enjeux de la Loi sur
les Indiens mais en laisse d’autres de côté, dont il faudra s’occuper
ultérieurement. Pouvez-vous me dire ce qui vous a décidé à vous
occuper de certains enjeux plutôt que d’autres? Quel a été votre
raisonnement pour établir les priorités qui figurent dans le projet
de loi C-428?
Mr. Clarke: Coming from an RCMP background, one of the
issues was bylaws. First Nations don’t have the same rights, as I
mentioned earlier, as municipalities. They always have to wait
and get permission from the minister to approve the bylaws that
they pass. A couple of issues came up in my past career as a police
officer. One was I was stationed at Onion Lake reserve where a
First Nation community was looking at a production potato
farm. They had investors coming through, but it had to go
through the bureaucracy and the minister to give permission to
grow potatoes and then sell their potatoes off-reserve. By the time
the investor finally got the approval, in partnership with the band,
that investor walked away because time had passed — a year and
a half to two years later — and the investor was no longer
interested. That was one.
M. Clarke : De par mes antécédents dans la GRC, l’une des
questions qui m’intéressent est la réglementation. Comme je l’ai
mentionné, les Premières Nations n’ont pas les mêmes droits que
les municipalités. Elles doivent toujours attendre que le ministre
approuve les règlements qu’elles proposent. J’ai pu constater ce
genre de situations dans mon passé d’agent de police. Ainsi,
lorsque j’étais en poste dans la réserve d’Onion Lake, une
communauté des Premières Nations souhaitait mettre sur pied
une exploitation de culture de la pomme de terre. Des
investisseurs s’y intéressaient, mais il fallait passer par la
bureaucratie et obtenir du ministre la permission de vendre la
production à l’extérieur de la réserve. Dans le temps — un an et
demi à deux ans plus tard — qu’il a fallu pour obtenir
l’approbation, l’investisseur avait perdu intérêt.
We see the societal issues of drug abuse in First Nations
communities. Being an RCMP member, I remember on check
days having to do enforcement. The people in those communities
want enforcement. They want police to look after the betterment
of the communities. I would be on patrol and I would have people
coming up to me and telling me that there are drug dealers around
preying on the most vulnerable, the children, trying to sell drugs
around the band office, the band halls and around the schools.
My job as a police officer was to go out and catch them.
I remember some days I would be running down the street trying
to catch the drug dealer as he’s throwing the drugs out of his
pocket and then having to arrest him. He would go through the
court process and then the band council would want to do a band
council resolution to prohibit that individual from being allowed
back on the reserve. But they had to do a band bylaw to forbid
them from doing it, and it had to go through the minister to
approve. One or two or three years pass by and, like they say,
time forgets. That person would still be there preying on the most
vulnerable — our youth, our children.
Nous voyons les problèmes de société que créent les
dépendances aux drogues dans les collectivités des Premières
Nations. Je me souviens de mes fonctions d’application de la loi,
lorsque je travaillais dans la GRC. Les gens veulent que la loi soit
appliquée. Ils veulent que la police travaille à améliorer les
collectivités. Lorsque j’étais en patrouille, des gens
m’interpellaient pour me signaler que les trafiquants
s’attaquaient aux personnes les plus vulnérables de la société,
les enfants, en essayant de leur vendre de la drogue aux alentours
des bureaux de la bande et à proximité des écoles. En tant
qu’agent de police, je devais les attraper. Je me souviens d’ailleurs
d’avoir couru après un trafiquant qui s’empressait de vider le
contenu de ses poches avant que je ne l’arrête. Il a été poursuivi et
le conseil de bande voulait adopter une résolution pour
l’empêcher de revenir dans la réserve. Mais pour ce faire, il
fallait un décret de la bande, décret qui devait être approuvé par le
ministre. Un, deux ou trois ans passaient et comme on dit, avec le
temps, on oublie. Et cette personne continuait de s’attaquer aux
gens les plus vulnérables de notre société, nos jeunes et nos
enfants.
There is another interesting part I want to point out in which a
chief actually brought something forward and I had to enforce it,
too. It’s in regard to the environmental issue of First Nations
landfills. They’re being polluted by non-Aboriginals or
J’ai un autre fait intéressant à relater concernant l’application
d’un règlement qu’avait proposé un chef. C’était à propos des
sites d’enfouissement des Premières Nations. Ces sites sont pollués
par des non-Autochtones qui viennent se débarrasser de leurs
8:140
Aboriginal Peoples
1-10-2014
individuals coming on the reserve and throwing their garbage,
their toxic waste, on the reserve. Guess what the biggest fine is?
It’s $1,000.
déchets dans les réserves, dont des déchets toxiques. Et devinez
quelle est la plus forte amende que l’on peut imposer, c’est
1 000 $.
Provincial standards and federal standards can be implemented
by First Nations in the form of a bylaw, which would make the
penalty and the cleanup mandatory. These are opportunities that
First Nations can do. This is about self-governance. This would
get rid of a lot of the problems that are facing First Nations
today.
Les normes provinciales et fédérales peuvent être appliquées
par les Premières Nations sous forme d’un règlement, qui rendrait
l’amende et le nettoyage obligatoires. Voilà des possibilités que
peuvent saisir les Premières Nations. Cela concerne l’autonomie
gouvernementale, qui nous permettrait de régler les nombreux
problèmes auxquels les Premières Nations font face aujourd’hui.
Senator Wallace: As I understand it, Mr. Clarke, there are in
excess of 600 First Nation band councils across the country, and
obviously there are a lot of opinions, I’m sure, among those band
councils. The changes you’re proposing would affect the lives of
all First Nations people in this country. I would think there would
have to be a high degree of support for the provisions from the
First Nations people. Can you give us a sense of what you believe
is the degree of support? What consensus exists for the support of
this bill?
Le sénateur Wallace : Il me semble, monsieur Clarke, qu’il y a
plus de 600 conseils de bande des Premières Nations dans tout le
pays et, évidemment, cela fait beaucoup de points de vue. Les
changements que vous proposez toucheraient toutes les Premières
Nations du pays. Je suppose que les dispositions que vous
proposez susciteraient beaucoup d’appuis chez les Premières
Nations. Avez-vous une idée de l’appui que le projet de loi suscite?
Y a-t-il un consensus en sa faveur?
Mr. Clarke: We have 633 First Nations across Canada. You
see it through AFN and through their meetings. You have
everyone disagreeing or in favour or against. You’re never going
to have a wide-range consensus. There are people out there —
chiefs, councils, bands, First Nations leadership — who like the
bill. They feel it’s long overdue. My bill will mandate the
government to sit down and actually start a process for formal
consultations. That’s all my bill is trying to do: start a process and
let First Nations government and government meet at the table
and start a process of consultations. That’s what I’m trying to do
and mandate on a year-by-year basis for future governments to sit
down at the table and start a process.
M. Clarke : Nous avons 633 Premières Nations au Canada.
Nous constatons qu’il y a un appui au sein de l’Assemblée des
Premières Nations et autres réunions. Chacun a son avis en faveur
du projet de loi ou contre. On n’arrivera jamais à avoir un large
consensus. Mais il y a beaucoup de monde parmi les chefs, les
conseils, les bandes et les dirigeants des Premières Nations, qui
aiment le projet de loi. Ils l’attendent depuis longtemps. Mon
projet de loi amènera le gouvernement à amorcer un processus de
consultation officielle. C’est tout ce que vise mon projet de loi :
amorcer un processus et permettre au gouvernement des
Premières Nations et au gouvernement du Canada
d’entreprendre des consultations. C’est ce que j’essaie de faire
grâce à des consultations annuelles entre les gouvernements.
Senator Enverga: Thank you for the presentation. I heard from
you that all bands are different, and then you mentioned
something to do with incremental implementation.
Le sénateur Enverga : Merci de votre exposé. Vous dites que
toutes les bandes sont différentes et que la mise en œuvre se fera
progressivement.
Do you think your bill will be able to allow the bands to
customize the laws so that they’ll be adapted to their own
particular community? Do you think there will be a lot of leeway
for everybody, or will you plan to have some sort of template for
everybody to choose from?
Pensez-vous que les bandes pourront adapter les lois aux
besoins particuliers de leur communauté? Pensez-vous qu’il y aura
une grande latitude laissée à chacun ou qu’on mettra à disposition
une sorte de gabarit dont chacun pourra s’inspirer?
Mr. Clarke: It’s up to each individual First Nation what they
want to do with their bylaws and what they want to do as a
template. All I’m trying to do is provide the avenue where First
Nations can actually start governing themselves. You’ve got a lot
of First Nations out there that are under third-party management
that actually don’t qualify for self-governance.
M. Clarke : Il incombe à chaque Première Nation de décider ce
qu’elle veut faire avec ses règlements et son gabarit. Tout ce que je
cherche à faire est de donner aux Premières Nations la possibilité
de se gouverner elles-mêmes. Il y a beaucoup de Premières
Nations qui sont gérées par des tiers et qui ne respectent pas les
critères nécessaires pour se gouverner elles-mêmes.
I’m trying to use that approach through economic
development, growing of their own crops and their own trade
— who they want to trade with — but also by forming their own
bylaws. I feel that could benefit First Nations communities across
the country that actually fall under the Indian Act.
J’essaie d’utiliser cette approche par le développement
économique. Les Premières Nations pourraient avoir leurs
propres cultures et leur propre commerce — si c’est ce qu’elles
veulent — mais elles pourraient aussi élaborer leurs propres
règlements. Je pense que cela pourrait profiter à toutes les
communautés des Premières Nations du pays qui sont régies par
la Loi sur les Indiens.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:141
That’s what my intent is here. I’m not trying to impose
anything; I’m trying to allow First Nations to make their own
decisions.
C’est là mon intention. Je n’essaie pas d’imposer quoi que ce
soit; j’essaie de permettre aux Premières Nations de prendre leurs
propres décisions.
Senator Enverga: Is there going to be a governing rule? Are you
proposing any rule that will encompass everybody, like a
one-size-fits-all rule for your new bill? Will there be something
like that, or will it be individualized for every community?
Le sénateur Enverga : Va-t-il y avoir une règle applicable?
Proposez-vous un règlement qui s’appliquera à tous, une sorte de
règlement universel? Ou bien le règlement sera-t-il adapté à
chaque communauté?
Mr. Clarke: It will be up to each First Nations community as
to what they want to do. All I’m trying to do is provide the
mechanism through the form of their own bylaws to draft what
they want. Currently, First Nations draft their own bylaws, but
they have to get ministerial approval. Sometimes that takes one,
two or three years to go through the department and get to the
minister. But at any time, that could be refused, rejected and sent
back to the First Nations community to re-draft, so it’s going
back and forth.
M. Clarke : Il reviendra à chaque communauté des Premières
Nations de décider de ce qu’elle veut. Tout ce que je veux, c’est
leur donner le mécanisme qui leur permettra d’élaborer la
réglementation qu’elles souhaitent. À l’heure actuelle, les
Premières Nations élaborent leurs propres règlements, mais
doivent les faire approuver par le ministre. Des fois, cela peut
prendre un, deux ou trois ans avant d’arriver au ministre.
D’autres fois, le règlement peut être refusé, rejeté et renvoyé à la
Première Nation qui doit le rédiger à nouveau, d’où les va-etvient.
It’s up to that community what they can do. You don’t have to
reinvent the wheel. First Nations communities can probably look
at and steal an idea from another reserve, say Osoyoos, where
they aren’t using one third of the Indian Act for economic
development and benefit by growing their own crops and selling
their wine. You see a community grow.
Il revient à la communauté de décider de ce qui est faisable.
Il n’y a pas lieu de réinventer la roue. Les communautés des
Premières Nations peuvent s’inspirer de ce qui se fait dans une
autre réserve, disons Osoyoos, où l’on n’a pas recours à un tiers de
la Loi sur les Indiens en vue du développement économique, où
l’on cultive ses propres cultures et où l’on vend son vin. C’est
comme cela qu’une communauté grandit.
But the same thing happened in Saskatchewan where First
Nations in Beardy’s wanted to grow their own corn and crops.
They want to teach their young children how to live off the land,
grow their own crops and sell their produce after. They still had to
go through ministerial approval.
Mais la même chose est arrivée en Saskatchewan où les
Premières Nations à Beardy souhaitaient faire la culture du maïs.
Elles voulaient enseigner à leurs jeunes enfants comment vivre de
leur terre, comment cultiver et comment vendre leur production.
Mais elles devaient auparavant avoir une autorisation
ministérielle.
Senator Enverga: What will happen if certain bylaws don’t
reflect Canadian values? Is there a way we can fix that?
Le sénateur Enverga : Qu’arrivera-t-il si certains règlements
vont à l’encontre des valeurs canadiennes? Comment peut-on
y remédier?
Mr. Clarke: If a person wants to contest a bylaw — and it has
happened before where bylaws have been challenged — it will go
to court, just like every other process.
M. Clarke : Si quelqu’un veut contester un règlement — et ce
n’est pas la première fois que cela arrive —, il s’adressera aux
tribunaux, comme dans toute autre cause.
Senator Moore: I appreciate the work you did and also the
passion you have for your bill.
Le sénateur Moore : J’aime votre travail et la passion que vous
avez pour ce projet de loi.
I want to follow up on a question that Senator McIntyre put to
you. I think you said that a report tabled in the House of
Commons would automatically come to the Senate. I don’t think
that’s quite correct. I think you would have to have that in
legislation. So in clause 2, where it requires that the minister
report to the House of Commons committee responsible for
Aboriginal affairs, what if it said ‘‘report to the House of
Commons and Senate committees’’? Are you okay with that?
À propos de la question que vous a posée le sénateur McIntyre
au sujet d’un rapport présenté à la Chambre des communes, et qui
serait automatiquement renvoyé au Sénat, je crois que cela n’est
pas tout à fait exact. Il faudrait que cela soit précisé dans la loi.
Ainsi à l’article 2, qui stipule que le ministre présente un rapport
au comité de la Chambre des communes chargé d’étudier les
questions relatives aux affaires autochtones, ne devrait-on pas
indiquer : « ... présenter un rapport aux comités de la Chambre
des communes et du Sénat »? Êtes-vous d’accord avec cette
proposition?
Mr. Clarke: The one thing —
M. Clarke : Il y a une chose...
Senator Moore: Are you okay with that?
Le sénateur Moore : Êtes-vous d’accord avec cette proposition?
8:142
Aboriginal Peoples
Mr. Clarke: It goes to the house committee as we speak.
1-10-2014
M. Clarke : Il est en ce moment même envoyé au comité de la
Chambre.
Senator Moore: No, I want to know: Are you okay with it
coming to the Senate committee, as well?
Le sénateur Moore : Non, mais je veux savoir, acceptez-vous
que le rapport soit présenté aussi au comité du Sénat?
Mr. Clarke: The one part I’d like to mention is that the lawyers
would be able to explain it, because the process is already there.
M. Clarke : C’est une démarche que les avocats pourraient
expliquer, puisque le processus existe déjà.
Senator Moore: I’m old fashioned, and I like to see it written
down. If it’s not there, they says, ‘‘Well, it’s not there, so it doesn’t
say it has to go to the Senate,’’ so it doesn’t come.
Le sénateur Moore : Je suis de la vieille école, j’aime bien que
les choses soient écrites. Si ce n’est pas écrit, quelqu’un pourrait
dire : « Ce n’est pas indiqué, ce n’est pas indiqué que cela doit être
renvoyé au Sénat. » Et donc le rapport n’arrive pas au Sénat.
I would like to see it come to the Senate at the same time. Do
you have any objection to that? The Senate goes over these things
pretty carefully, and I think it’s for the good of the nation that we
do that.
J’aimerais que le rapport soit renvoyé au Sénat. Y voyez-vous
un quelconque inconvénient? Le Sénat passe en revue ces rapports
de façon très minutieuse, ce qui à mon avis est bon pour la nation.
Mr. Clarke: I don’t want any change to the bill, and when I see
it coming to the house —
M. Clarke : Je ne veux pas qu’un changement soit apporté au
projet de loi et puisque la Chambre en est saisie...
Senator Moore: We’re here to do that work, and this is not
complete, because it does not give the Senate an opportunity to
look at it. I would like to see that in there.
Le sénateur Moore : Nous sommes là pour accomplir ce travail
et donc le travail n’est pas accompli si le Sénat n’a pas l’occasion
d’examiner le rapport. J’aimerais que cela soit indiqué.
I’m going to ask you another question. With regard to the
outreach and the 633 bands of First Nations in the country, did
you write to every one of them?
Je vais vous poser une autre question, par rapport à l’action de
sensibilisation et aux 633 bandes des Premières Nations du pays,
avez-vous écrit à chacune d’entre elles?
Mr. Clarke: Six times.
Senator Moore: Six times? What was the number of responses
you got from them each time you did that?
Mr. Clarke: They were numerous. I didn’t keep count.
Senator Moore: You didn’t keep count. So the first time you
sent out 633, you don’t know how many you got back?
Mr. Clarke: No, I don’t — not offhand.
M. Clarke : À six reprises.
Le sénateur Moore : À six reprises? Et quel est le nombre de
réponses que vous avez reçues chaque fois?
M. Clarke : Il y en a eu beaucoup, mais je n’en ai pas fait le
compte.
Le sénateur Moore : Vous n’en avez pas fait le compte. Ainsi, la
première fois que vous avez écrit aux 633 Premières Nations, vous
ne savez pas combien d’entre elles vous ont répondu?
M. Clarke : Non, à première vue, non.
Senator Moore: Every time you don’t know how many you got
back? Something so important as that — we are trying to develop
a consensus. If that were me, I would have kept track.
Le sénateur Moore : Ainsi, vous ne savez pas combien d’entre
elles vous ont répondu à chaque fois? C’est pourtant important
pour dégager un consensus. S’il n’en tenait qu’à moi, j’aurais fait
le compte des réponses.
Mr. Clarke: I would estimate probably a couple of hundred
responded back.
M. Clarke : Je dirais que j’ai eu probablement 200 réponses.
Senator Moore: And of the 200 you got back, how many were
for and how many were against? I would like to look at it in some
other way perhaps.
Le sénateur Moore : Et de ces 200, combien étaient pour et
combien étaient contre? On pourrait peut-être l’envisager sous un
autre angle.
Mr. Clarke: Some individual bands said they would like to
write their own bill; then there were others that would want to see
the bill go forward, because it was long overdue; and then there
were others that wanted to make some minor changes, such as the
word of organizations.
M. Clarke : Certaines bandes on dit qu’elles voulaient rédiger
leur propre projet de loi; d’autres voulaient qu’il soit présenté le
plus vite possible parce qu’on l’attendait depuis longtemps et
d’autres, enfin, voulaient apporter quelques changements
mineurs, portant par exemple sur le nom des organisations.
Senator Moore: What would be the approximate breakdown of
the 200? Some were for, some were against, and some wanted to
do it in their own way?
Le sénateur Moore : En combien de catégories se répartiraient
approximativement les 200? Certaines étaient pour, d’autres
contre, et d’autres encore voulaient s’en occuper elles-mêmes?
1-10-2014
Peuples autochtones
8:143
Mr. Clarke: I would say the majority supported the essence of
the bill and felt it was long overdue.
M. Clarke : Je dirais que la majorité d’entre elles appuyait la
substance du projet de loi et estimait qu’il aurait dû être présenté
depuis longtemps.
Senator Moore: You said that earlier, but I would like to know.
This is very important, because it goes to the whole issue of the
outreach and the responses. It is 200 of the 600, so you heard from
a third, and we don’t know — at least you haven’t told us — how
many were in support, how many were against, and how many
would like to do their own thing. Can you give us any kind of a
more definite indication there?
Le sénateur Moore : Vous l’avez déjà dit, mais j’aimerais en
être sûr. C’est très important, parce que cela se rapporte à toute la
question de la sensibilisation et des réponses. On en a 200 sur 600.
On n’a donc l’avis que d’un tiers d’entre elles et nous ne savons
pas — en tout cas, vous ne nous l’avez pas dit — combien sont en
faveur, combien sont contre et combien voudraient s’en occuper
elles-mêmes. Pouvez-vous nous renseigner de façon plus précise?
Mr. Clarke: You can split hairs with math all you want. The
question, though, senator, is that the majority of the First Nations
people want change. They’re tired of living in Third World
conditions and living under the Indian Act, which, senator, you
don’t have to live under. I may point that out. You have different
rights than I do as a First Nations band member. When we sit
here and try talking, it’s up to a lot of First Nations band
members to send everything back. Some First Nations protest by
not sending in anything.
M. Clarke : Vous pouvez couper les cheveux en quatre autant
que vous voulez. Il n’en reste pas moins que la majorité des
peuples des Premières Nations veulent du changement. Ils sont
fatigués de vivre dans le tiers-monde et d’être régis par la Loi sur
les Indiens, qui ne vous régit pas vous-même, sénateur. Puis-je
vous faire remarquer que vous avez des droits différents des miens
en tant que membre d’une bande des Premières Nations. Lorsque
nous essayons de dialoguer, il revient à beaucoup de membres de
bandes des Premières Nations de tout renvoyer. Certaines
Premières Nations protestent en n’envoyant rien du tout.
Senator, when we look at what’s going on, and we look at what
First Nations are trying to do, it’s about trying to get change.
Quand nous constatons ce qui se passe, sénateur, et quand
nous examinons ce que souhaitent les Premières Nations, il s’agit
de changement.
Senator Moore: I know that.
Le sénateur Moore : Je le sais.
Mr. Clarke: You look at AFN. When you have meetings per
year, and 633 First Nations are supposed to attend and at times
only 60 show up? As a band member, and when I elect my
leadership, they should be attending, and they should be
providing input back to me, but they don’t. At times First
Nations communities, for one reason or another — are they too
busy out there to update us?
M. Clarke : Songez à l’APN, qui organise tant de réunions par
an auxquelles sont censées assister les 633 Premières Nations; or,
quelquefois, il n’y en a que 60 qui s’y présentent. En tant que
membre d’une bande, lorsque j’élis un dirigeant, je m’attends à ce
qu’il assiste à cette réunion et qu’il m’informe de ce qui s’y est
passé. Mais il ne le fait pas. À certaines occasions, les
communautés des Premières Nations, pour une raison ou pour
une autre... Bref sont-elles trop occupées pour nous tenir au
courant?
Senator Moore: I would suggest, Mr. Clarke, that’s why they
have elections and change leadership. They have an opportunity
to do that.
Le sénateur Moore : Je vous dirai, monsieur Clarke, que c’est la
raison pour laquelle il y a des élections et que l’on change de chef.
C’est une possibilité qu’elles ont.
So you’re saying that of the 200 responses you got, maybe
50 per cent of them were for it; is that what you’re saying?
Vous dites donc que des 200 réponses que vous avez reçues,
peut-être que 50 p. 100 d’entre elles étaient en faveur du projet de
loi; est-ce bien ce que vous dites?
Mr. Clarke: Most of them were for some change.
M. Clarke : La plupart d’entre elles veulent du changement.
Senator Moore: ‘‘Most were for some change.’’ Okay, so a third
were for some change.
Le sénateur Moore : Vous dites : « La plupart d’entre elles
veulent du changement. » Donc, un tiers est en faveur du
changement.
I’m not trying to minimalize your effort here, but I want to
know, because that is very important to my way of thinking.
Je ne cherche pas à sous-estimer ce que vous faites, mais je veux
savoir, parce que c’est très important à mes yeux.
The Chair: The last person I have on first round is Senator
Tannas, unless there’s anybody else.
Le président : La dernière personne que j’ai pour ce premier
tour de questions est le sénateur Tannas, à moins qu’il y ait
quelqu’un d’autre.
Senator Tannas: Thank you, Mr. Clarke. I’ll just follow a little
on Senator Moore’s line of questioning. Let me ask two related
questions.
Le sénateur Tannas : Merci, monsieur Clarke. À propos de ce
qu’a dit le sénateur Moore, j’aurais deux questions connexes.
8:144
Aboriginal Peoples
1-10-2014
In the responses that you got back, and in the other
consultations that you undertook, did you find any significant
— or indeed any — opposition to any specific clauses as they exist
in this bill? That’s number one.
Dans les réponses que vous avez obtenues et au cours des
consultations que vous avez tenues, y a-t-il eu des oppositions
marquées — ou simplement des oppositions — à des dispositions
de votre projet de loi? C’est ma première question.
Mr. Clarke: The one issue that First Nations really had
difficulty understanding was wills and estates. That was removed
from my private member’s bill and studied in committee, and
we’re still looking at ideas of trying to improve that piece of
legislation through the study and look forward to finding ways to
fix it.
M. Clarke : Il y a une question que les Premières Nations ont
eu beaucoup de difficultés à comprendre, c’est celle des testaments
et successions. Ce chapitre a été retiré de mon projet de loi et il est
étudié en comité. Nous essayons de l’améliorer et de trouver des
solutions aux problèmes qu’il présente.
Senator Tannas: Thank you. You’ve answered the whole thing.
The best evidence of your duty to consult has come with the
changes that you’ve readily accepted to address objections put
forward.
Le sénateur Tannas : Vous avez parfaitement répondu à ma
question. La meilleure preuve du devoir de consultation que vous
avez accompli, est les changements que vous avez volontiers
acceptés par rapport aux objections qui vous étaient faites.
Mr. Clarke: Correct.
M. Clarke : C’est exact.
Senator Tannas: Thank you.
Le sénateur Tannas : Merci.
Senator Dyck: Could I just ask for clarification? Was your
question if there were objections to the Indian Act or objections
to his bill?
La sénatrice Dyck : Pourrais-je avoir une petite précision?
Vouliez-vous parler d’objection à la Loi sur les Indiens ou
d’objection à ce projet de loi?
Senator Tannas: I was wondering if there were any specifics in
the bill that people were pointing to and saying, ‘‘I don’t like that
specific thing.’’ We all know there’s this idea that we should wait
for a global Indian Act one-shot solution, which we all know
won’t happen. I wanted to get specifics of his bill, and that’s
where the question was.
Le sénateur Tannas : Je me demandais s’il y avait dans ce projet
de loi des éléments que des gens n’aimeraient pas. Certains
pensent qu’on devrait attendre d’avoir la solution idéale qui
réglerait une fois pour toutes le problème de la Loi sur les Indiens,
mais nous savons que cela n’arrivera pas. Je voulais avoir des
détails sur ce projet de loi, d’où ma question.
Senator Dyck: He’s saying that the wills and estates were things
that people objected to.
La sénatrice Dyck : Il dit qu’il y avait des objections au
chapitre sur les testaments et successions.
Senator Tannas: Bingo.
Le sénateur Tannas : C’est cela.
Senator Dyck: In the bill?
La sénatrice Dyck : Dans le projet de loi?
Mr. Clarke: One of them.
M. Clarke : L’un d’eux.
Senator Dyck: If they objected to it, why did you put it in the
bill? I don’t understand.
Senator Tannas: But it’s out.
La sénatrice Dyck : Pourquoi l’avez-vous mis dans le projet de
loi, si l’on s’y opposait? Je ne comprends pas.
Le sénateur Tannas : Mais ce n’est plus dans le projet de loi.
Mr. Clarke: I’m glad you brought that up, senators. Wills and
estates are very complex.
M. Clarke : Je suis heureux que vous en ayez parlé, mesdames
et messieurs. Les testaments et successions sont un sujet très
complexe.
I’ll go back to 2006. I have to tell you this story. In 2006, I was
a sergeant in the RCMP. On July 7, I had the most unfortunate
call at 9:24 p.m. where three RCMP members were shot: Robin
Cameron, who was First Nations, Marc Bourdages and Michelle
Knopp. Seven days later, Marc and Robin passed away.
Permettez-moi de vous raconter une histoire qui remonte à
2006. J’étais sergent à la GRC. Le 7 juillet, j’ai reçu un appel des
plus navrants à 21 h 24, par lequel on m’annonçait que trois
membres de la GRC avaient été touchés par balles : Robin
Cameron, qui était un membre des Premières Nations, Marc
Bourdages et Michelle Knopp. Sept jours plus tard, Marc et
Robin sont décédés.
When I went to review my will, I discovered that if my will were
contested it would have to go through the minister to make the
final decision. No other Canadian has to go through that process
of a minister delegating the authority of what should happen with
an estate. We’re not being treated as equals.
Lorsque j’ai révisé mon testament, j’ai constaté que, s’il était
contesté, il ferait l’objet d’un arbitrage par le ministre. Aucun
autre citoyen canadien ne doit s’en remettre à un ministre pour
décider de ce qui arrivera d’une succession. Nous ne sommes pas
traités en égaux.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:145
What I would have liked to have seen is for all First Nations,
whatever they own or if there are any wills that are contested, to
go through the same process as every other Canadian in Canada.
That was so simple. Unfortunately, with the language and
ownership through certificates of ownership through First
Nations across Canada, it makes it very difficult. That’s why we
have to do the study. That’s why the study was conducted. I just
wanted the opportunity to have the same rights as every other
Canadian, and I think First Nations want that too.
J’aurais voulu que tous les membres des Premières Nations,
quelles que soient leurs possessions ou les contestations dont leur
testament pourrait faire l’objet, puissent suivre le même processus
que n’importe quel autre citoyen canadien. Cela aurait été si
simple. Malheureusement, la façon dont sont libellés les certificats
de propriété des membres des Premières Nations dans tout le
Canada rend les choses très difficiles. C’est la raison pour laquelle
nous devons mener une étude. C’est la raison pour laquelle l’étude
a été menée. Je voulais tout simplement jouir des mêmes droits
que n’importe quel autre Canadien, et je pense que c’est ce que
veulent également les Premières Nations.
Senator Watt: Thank you for your presentation. What I have
heard is a number of things that you have addressed, and I do
believe and agree with you that they’re very important. In regard
to the livelihood of our people across the country, it’s about time
for substantial improvements to take place.
Le sénateur Watt : Merci de votre exposé. Vous avez abordé
certains sujets que je trouve, comme vous, très importants.
S’agissant du gagne-pain de nos gens dans tout le pays, il est
temps d’apporter des améliorations substantielles.
That said, unfortunately I would have to say that in order for
our people, the First Nations, to take the matter seriously, they
probably would like if this were not a private member’s bill. It
should have been a government bill.
Malheureusement, pour que notre peuple, les Premières
Nations, puisse prendre ce sujet au sérieux, il aurait
probablement voulu que ce soit un projet de loi ministériel et
non un projet de loi d’initiative parlementaire.
Let me switch to another area on which you spent a great deal
of time talking about its importance. It’s the beginning. It’s only
the process, focusing on the bylaws: what bylaws can be generated
by the minister and what bylaws can be generated by the band
council on their own without getting consent from the minister. I
believe this is the central nerve of your bill, if I understand it
correctly.
J’aimerais passer à un autre sujet dont vous avez à maintes
reprises souligné l’importance. C’est le début, ce n’est que le
processus, qui met l’accent sur la réglementation. Quels
règlements peuvent être établis par le ministre et quels
règlements, par le conseil de bande, sans que le ministre ait à
donner son consentement. Je pense que c’est là le point
névralgique de votre projet de loi, si j’ai bien compris.
Wanting to have a general discussion, and trying to pave the
way to concrete, positive steps forward, and accommodating the
First Nation and the government in having a good dialogue and
go into the depths of the Indian Act, have you considered setting
up a table for the First Nations and the Government of Canada to
go through the Indian Act thoroughly?
Dans le souci d’avoir un débat général et d’ouvrir la voie à des
étapes concrètes et positives, qui permettraient aux Premières
Nations et au gouvernement d’avoir un dialogue fructueux et de
procéder à un examen approfondi de la Loi sur les Indiens, avezvous songé à mettre sur pied une table de concertation des
Premières Nations et du gouvernement du Canada?
The reason I’m asking this, Mr. Clarke, is because there are a
number of people who have gone through comprehensive land
claims, some parts of those comprehensive land claims. I’m
talking about the Inuit in the North who have relied on — and it’s
part of their agreement — the enjoyment of a certain benefit
flowing out of their agreement. Have you taken those into
consideration?
La raison pour laquelle je pose cette question, monsieur
Clarke, est que certains ont eu recours à des revendications
territoriales globales. Je veux parler des Inuits du Nord qui ont
profité de l’entente conclue avec le gouvernement. Y avez-vous
songé?
Mr. Clarke: I’ve taken a lot of things into consideration. This
act is 138 years old.
M. Clarke : J’ai pensé à pas mal de choses. Cette loi a 138 ans.
Senator Watt: I’m aware of that.
Mr. Clarke: It was policy that was brought forward back in the
1870s. That was policy brought forward by Aboriginal Affairs, or
Indian Affairs at that time. It turned into policy and turned into
legislation. We sit here and talk about it and talk about it, but one
of the things we have to look at is that for proper consultation to
take place, it has to be government to government. I look at the
past records of other governments, and they’ve tried. Every
government has failed repeatedly in trying to change the Indian
Act.
Le sénateur Watt : J’en suis bien conscient.
M. Clarke : C’est une politique qui a été proposée dans les
années 1870, par le service des affaires autochtones, ou des
affaires indiennes d’alors. Et de cette politique, on a fait une loi.
On ne cesse d’en parler, mais l’un des points à considérer pour que
des consultations convenables aient lieu, c’est qu’il faut qu’elles se
fassent de gouvernement à gouvernement. J’ai regardé ce qu’ont
fait les gouvernements précédents qui ont tout essayé. Mais aucun
n’a réussi à changer la Loi sur les Indiens.
8:146
Aboriginal Peoples
1-10-2014
What I am trying to do is allow another avenue, as a First
Nations band member, for positive growth through, one, bylaws,
and two, by allowing First Nations to grow and sell their own
produce for their own economic development. First Nations are
doing this now across Canada in some places — also to remove
residential schools — but also allow them to sell to whomever
they want to.
J’essaie, à titre de membre d’une bande des Premières Nations,
de trouver une autre possibilité de croissance qui passerait,
premièrement par la réglementation et, deuxièmement, par
l’autorisation qui serait donnée aux Premières Nations de
cultiver leurs produits et de les vendre aux fins de leur propre
développement économique. C’est d’ailleurs ce que font déjà des
Premières Nations dans tout le Canada. Mais il faudrait qu’elles
puissent aussi vendre à qui elles veulent. Et il faudrait enfin retirer
les pensionnats.
The main component of my private member’s bill is to legislate
government to start a process through meaningful collaboration,
sitting at the table, which compels the government on a year-byyear basis. Currently there is nothing there that compels any past,
present or future government to sit down with First Nations. We
can sit idly by and criticize the process for formal consultation —
duty to consult is for government to government — but the one
thing that everyone misses about the terminology, the definition
of duty to consult and accommodate, is that they sit down at the
table but they don’t have to agree on the outcome. They could
walk away, and that would still be construed as consultation.
Le principal élément de mon projet de loi est d’amener le
gouvernement à amorcer un processus annuel de collaboration.
Pour l’instant, rien n’oblige un gouvernement à négocier avec les
Premières Nations. Nous pouvons rester les bras croisés et
critiquer le processus de consultation officielle — la consultation
doit se faire de gouvernement à gouvernement —, mais ce que l’on
ne comprend pas, dans la définition de l’obligation de
consultation et d’accommodement, c’est que le gouvernement
peut négocier, mais n’a pas à convenir d’un résultat. Il peut se
retirer tout en considérant qu’il a procédé à une consultation.
Senator Watt: You’re not answering my questions.
Le sénateur Watt : Vous ne répondez pas à mes questions.
Mr. Clarke: I believe I have.
M. Clarke : Je crois que oui.
Senator Watt: Let me reverse my question and use the four
land claims regions which will be impacted by this. Let’s say, for
example, the James Bay and Northern Quebec Agreement, the
Inuit agreement, the Inuvialuit agreement and the Labrador
agreement. Have you done studies in those areas? Did you have
enough financing to see whether they have something to be
concerned about? I’m not talking about consultation here.
Le sénateur Watt : Laissez-moi inverser ma question en partant
des régions qui seront touchées par ces quatre revendications
territoriales. Prenons, par exemple, la Convention de la BaieJames et du Nord québécois, la Convention des Inuvialuits et
l’entente sur le Labrador. Avez-vous fait des études dans ces
régions? Avez-vous eu suffisamment de ressources pour vérifier
s’ils avaient raison de s’inquiéter? Et je ne parle pas d’une
consultation.
The Chair: Senator Watt, I’m not clear. This is an amendment
that affects the Indian Act. Are you saying the Inuvialuit?
Le président : Sénateur Watt, je ne comprends pas tout à fait.
Cette modification vise la Loi sur les Indiens. Avez-vous parlé de
l’Inuvialuit?
Senator Watt: Inuvialuit, the Quebec side, the Labrador side
and Nunavut rely on a certain provision of the Indian Act to get
the benefits for program purposes.
Le sénateur Watt : L’Inuvialuit, le côté du Québec et du
Labrador, ainsi que le Nunavut comptent sur certaines parties de
la Loi sur les Indiens pour recevoir des prestations dans le cadre
des programmes.
This is how I see where this bill could have an impact. Maybe
not this particular bill that you’re producing, but when you get
the process rolling.
C’est selon moi de cette façon que le projet de loi peut avoir un
impact. Peut-être pas précisément ce projet de loi que vous
présentez, mais une fois que le processus aura été amorcé.
Senator Dyck: The Indian Act isn’t all bad.
Senator Watt: Exactly.
La sénatrice Dyck : La Loi sur les Indiens n’a pas que de
mauvais côtés.
Le sénateur Watt : Précisément.
Mr. Clarke: That’s land claims. My bill deals with specific
parts of the Indian Act and doesn’t affect the government-togovernment relationship in regard to land claims, if I hopefully
understood that correctly.
M. Clarke : Voilà pour les revendications territoriales. Mon
projet de loi porte sur des parties précises de la Loi sur les Indiens
et, si j’ai bien compris, il ne change rien aux relations de
gouvernement à gouvernement en ce qui concerne les
revendications territoriales, du moins je l’espère.
Senator Watt: That’s not my interpretation, because I was
involved in the negotiations. That’s not the way I signed the
agreement.
Le sénateur Watt : Ce n’est pas l’interprétation que j’en fais,
car j’ai participé aux négociations. Ce n’est pas en ces termes que
j’ai signé l’accord.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:147
The Chair: We will have another chance to explore that with
the government officials in the consideration of this bill, if we
could keep that in mind.
Le président : Je vous rappelle que nous aurons la chance de
revenir là-dessus avec les fonctionnaires du gouvernement dans le
cadre de l’examen de ce projet de loi.
Senator Watt: One of the reasons I have some difficulties with
the approach that you’re taking is I believe during the CrownFirst Nations Gathering in 2012, the Prime Minister addressed
the single preference of the Government of Canada to work with
the First Nations to modernize the Indian Act, not unilaterally
repeal or rewrite the legislation. So you’re not really in line with
what was discussed by the First Nations and the Prime Minister.
Le sénateur Watt : L’une des raisons qui me posent problème
quant à l’approche dont vous parlez c’est que, lors du
Rassemblement de 2012 entre la Couronne et les Premières
Nations, le premier ministre avait indiqué que le gouvernement du
Canada préférait travailler de concert avec les Premières Nations
pour moderniser la Loi sur les Indiens, plutôt que de l’abroger ou
de la réécrire. J’estime donc que vous ne respectez pas vraiment ce
qui a été discuté par les Premières Nations et le premier ministre.
Mr. Clarke: What the Prime Minister indicated is you just
can’t blow up the Indian Act. What it will do is leave a big hole
with lots of roots. What I’m trying to look at right now is
incremental change of the Indian Act by, first, planting a new tree
and letting new roots start. Senator, from what I’m gathering,
you’re in favour of keeping the Indian Act.
M. Clarke : Ce que le premier ministre a dit, c’est que l’on ne
peut pas se contenter de supprimer tout simplement la Loi sur les
Indiens. Sa suppression laisserait un grand trou avec beaucoup de
racines. Ce que j’essaie de faire, c’est de transformer la loi de
façon graduelle. Il me faut donc d’abord planter un nouvel arbre
pour permettre à de nouvelles racines de faire leur chemin.
Monsieur Watt, d’après ce que je comprends, vous souhaitez
garder la Loi des Indiens.
Senator Watt: No.
Le sénateur Watt : Non.
Mr. Clarke: Thank you.
M. Clarke : Merci.
Senator Watt: I was one of the persons who, over a number of
years, have been highlighting that something has to be done in
regard to the Indian Act, so you cannot really paint the picture on
me to say that I favour the Indian Act. But it’s how you do it.
Le sénateur Watt : Je suis de ceux qui affirment depuis des
années que quelque chose doit être fait au sujet de cette loi. Vous
ne pouvez donc pas dire de moi que je l’appuie. Mais c’est bien
cela que vous faites.
When you’re dealing with it on a piecemeal basis, you don’t
really know where you’re going. Don’t forget you have the people
on the other side of the table that you’ll be involved with in the
negotiations. So it’s very important to make sure we get it right.
Lorsque vous traitez la chose de façon fragmentaire, vous ne
pouvez pas vraiment voir où vous vous en allez. N’oubliez pas
qu’il y a des gens de l’autre côté de la table avec lesquels vous
devrez négocier. Il est donc très important de faire les choses de la
bonne façon.
That’s all I’m trying to say here. I’m not trying to discredit you
from the work that you have done. All I’m saying is maybe it
would have been better to set up a table to have a general
discussion on this matter with the First Nations and the
government. That’s a government-to-government talk.
C’est tout ce que j’essaie de dire. Je n’essaie pas de miner le
travail que vous avez fait. Je dis simplement qu’il aurait peut-être
été mieux pour le gouvernement de discuter de la chose avec les
Premières Nations, dans une discussion de gouvernement à
gouvernement.
Mr. Clarke: Thank you, senator. I agree with you, and this is
what my bill does. It sets up the process.
M. Clarke : Merci, sénateur. Je suis d’accord avec vous, et c’est
ce que fait mon projet de loi, soit la mise en place du processus.
Senator Watt: No.
Le sénateur Watt : Non.
Mr. Clarke: Thank you.
M. Clarke : Merci.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Senator Dyck: Could I have a supplementary to that?
La sénatrice Dyck : Puis-je poser une question supplémentaire?
The Chair: We are running out of time. It will have to be brief,
because we have other witnesses.
Le président : Nous manquons de temps. Je vous demanderai
d’être brève, car nous avons d’autres témoins.
Senator Dyck: I am the critic of the bill, so I would like to ask a
question.
La sénatrice Dyck : En tant que porte-parole du projet de loi,
j’aimerais poser une question.
Just to follow up with that, you have said that the bill will
mandate the government to sit down with First Nations to rewrite
the Indian Act, and you’re saying now that your bill will do that,
but your bill actually only requires the government to report. The
Pour poursuivre dans cette veine, vous avez dit que le projet de
loi fera en sorte que le gouvernement devra s’asseoir avec les
Premières Nations pour réécrire la Loi sur les Indiens, et vous
affirmez que c’est ce que fera votre projet de loi, alors que la seule
8:148
Aboriginal Peoples
process is not outlined in this bill. The process for this
collaboration is in the preamble of the bill. It’s not in a
clause that requires the government to actually sit down. It’s a
report by the minister. Where is the legal clause that says they
must sit down and collaborate with First Nations?
Mr. Clarke: I’ll quote what it says:
1-10-2014
chose qu’il exige du gouvernement c’est qu’il fasse rapport. Le
projet de loi ne décrit pas le processus. Le processus de cette
collaboration est dans le préambule du projet de loi. Aucun
article ne stipule que le gouvernement est tenu de négocier. C’est
un rapport du ministre. Où est l’article qui dit que le
gouvernement doit s’asseoir et collaborer avec les
Premières Nations?
M. Clarke : Je vais citer ce que dit cet article :
Attendu :
Whereas the Indian Act is an outdated colonial statute,
the application of which results in the people of Canada’s
First Nations being subjected to differential treatment;
que la Loi sur les Indiens est une loi coloniale désuète dont
l’application a pour effet d’assujettir les peuples des
Premières Nations du Canada à un traitement différentiel;
Whereas the Indian Act does not provide an adequate
legislative framework for the development of self-sufficient
and prosperous First Nations’ communities;
que la Loi sur les Indiens ne prévoit pas un cadre législatif
propice au développement de collectivités des Premières
Nations autosuffisantes et prospères;
Whereas the Government of Canada is committed to the
development of new legislation to replace the Indian Act that
better reflects the modern relationship between it and the
people of Canada’s First Nations;
que le gouvernement du Canada entend élaborer une
nouvelle loi destinée à remplacer la Loi sur les Indiens qui
reflétera davantage sa relation moderne avec les peuples des
Premières Nations du Canada;
And whereas the Government of Canada is committed to
continuing its work in exploring creative options for the
development of this new legislation in collaboration with the
First Nations that have demonstrated an interest in this
work . . .
que le gouvernement du Canada est résolu à poursuivre
l’étude de différentes voies pour l’élaboration de cette
nouvelle loi en collaboration avec les Premières Nations
qui manifestent un intérêt à cet égard [...]
I think this preamble expresses the intent of the bill and issues
with keeping the Indian Act in place.
Je crois que ce préambule rend compte de l’intention du projet
de loi et des problèmes associés au maintien en place de la
Loi sur les Indiens.
Senator Dyck: Yes, I agree it expresses the intent, but it isn’t a
legislated requirement.
La sénatrice Dyck : Oui, je conviens que l’intention est claire,
mais il ne s’agit pas d’une exigence législative.
Mr. Clarke: That’s my hope, for First Nations to come
forward and meet, start the process.
M. Clarke : C’est ce que j’espère. Je souhaite que les
Premières Nations prennent l’initiative et amorcent le processus.
Senator Dyck: It’s a hope but it’s not a legislated requirement.
You’re saying it is a legislated requirement.
La sénatrice Dyck : C’est un souhait, mais ce n’est pas une
exigence établie par la loi. Vous dites que c’est une exigence
établie par la loi.
Mr. Clarke: The government will have to sit down and discuss
it.
M. Clarke : Le gouvernement devra s’asseoir et discuter de la
chose.
The Chair: Moving along, and I would ask you to be brief,
because we do have other witnesses who are scheduled to appear
tonight before we run out of time.
Le président : Poursuivons. Et je vais vous demander d’être
brefs, car nous avons d’autres témoins qui sont censés témoigner
ce soir et nous risquons de manquer de temps.
Senator Ngo: Thank you, Mr. Clarke. I would like you to
provide me the goals of your bill. The first thing is to remove the
impediment to trade; the second goal is to let the band publish
their own bylaws; and the third one, if I’m not mistaken, is that
you asked the government to table the bills, whatsoever, in the
House of Commons, in the Senate, within 10 days or 15 days.
Le sénateur Ngo : Merci, monsieur Clarke. J’aimerais que vous
m’exposiez les objectifs de votre projet de loi. Le premier consiste
à supprimer les barrières au commerce, le deuxième est de
permettre aux bandes de publier leurs propres règlements et le
troisième, si je ne m’abuse, est que vous avez demandé au
gouvernement de déposer les projets de loi, quels qu’ils soient, à la
Chambre des communes dans les 10 ou 15 jours.
Is that the goal of your bill?
Mr. Clarke: To produce the report within 10 sitting days when
the house sits, correct.
Est-ce l’objectif de votre projet de loi?
M. Clarke : De produire le rapport en dedans de 10 jours de
séance lorsque la Chambre siège, c’est exact.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:149
Senator Ngo: What do you mean by the bylaws, ‘‘publish their
own bylaws’’?
Le sénateur Ngo : Qu’entendez-vous par règlements lorsque
vous dites « publier leurs propres règlements »?
Mr. Clarke: Publishing bylaws is by bringing it forward either
by, one, through a local newspaper; two, by a newsletter that’s
distributed to the First Nations community; or three, the First
Nations Gazette; or four, through the use of their own websites.
So First Nations can see the bylaws, or if anyone wants to review
the bylaws as well that are non-Aboriginal, they’ll have the
opportunity to review them.
M. Clarke : Publier des règlements consiste à les rendre
publics. Cela peut se faire de quatre façons : en les faisant
paraître dans un journal local, en expédiant un bulletin de
nouvelles à la communauté des Premières Nations concernée et en
les publiant dans la Gazette des premières nations ou dans leurs
propres sites Web. On veille ainsi à permettre aux membres des
Premières Nations de prendre connaissance des règlements, et
même à qui que ce soit de les examiner, même les non
autochtones.
Senator Ngo: Thank you. For the trade, can you elaborate
more about the business opportunity goal of your bill?
Le sénateur Ngo : Merci. Pouvez-vous nous en dire plus au
sujet de l’objectif de votre projet de loi ayant trait au commerce et
aux débouchés en la matière?
Mr. Clarke: It’s like every other government across Canada
and around the world. For a community to prosper, you have to
have economic development and trade. One of the most
undervalued resources that First Nations have in a lot of areas
is very fertile land where they can grow crops and can sell their
crops off-reserve.
M. Clarke : C’est comme pour n’importe quel autre
gouvernement au Canada ou ailleurs dans le monde. Pour
qu’une collectivité puisse prospérer, il faut un développement
économique et du commerce. L’une des ressources les plus sousestimées dont certaines Premières Nations disposent en quantité
est un sol de qualité sur lequel ils pourraient faire pousser
différents produits qu’ils pourraient vendre à l’extérieur de la
réserve.
I’m just trying to get rid of some of this underbrush. It’s still in
the books that they have to get ministerial approval, but a lot of
First Nations still don’t do it. I’m trying to provide that
opportunity where there will be no questions. First Nations
have the right to do whatever they want, whatever they want to
grow for economic development. It’s about creating jobs and
prosperity; it’s about training. That’s where I look at Howard
Cameron back at Beardy’s reserve, where he wanted to form a
partnership with the Mennonite co-op, about growing their own
crops, actually sitting down, doing a farm and selling that
produce to the Mennonite co-op in Rosthern and the outlying
areas.
J’essaie seulement d’éliminer une partie de ce qui gêne. Il est
toujours écrit que les Premières Nations doivent obtenir
l’approbation préalable du ministère, mais cette obligation en a
découragé beaucoup d’entre elles. J’essaie de faire en sorte qu’on
ne leur pose plus de questions. Les Premières Nations ont le droit
de faire ce qu’elles veulent et de chercher le développement
économique dans le domaine de leur choix. Il s’agit de créer des
emplois et de la prospérité; c’est une affaire de formation. Je pense
entre autres à quelqu’un comme Howard Cameron, de la réserve
Beardy, qui voulait créer un partenariat avec la coopérative
mennonite et mettre sur pied une ferme pour cultiver des produits
destinés à être vendus dans la coopérative mennonite de Rosthern
et les environs.
Senator Ngo: Thank you for your explanation, Mr. Clarke.
Le sénateur Ngo : Merci pour votre explication, monsieur
Clarke.
Senator Watt: Let me start off a little bit better this time. I hope
that we’ll be able to have a bit more understanding with each
other, what we’re trying to get at. I’m not trying to knock you
down from the fact that you’re trying to improve the livelihood of
First Nations. I’m with you on that, 100 per cent.
Le sénateur Watt : Laissez-moi commencer un peu mieux, cette
fois. J’espère que nous allons réussir à mieux nous comprendre. Je
n’essaie pas de remettre en doute votre intention d’améliorer les
moyens de subsistance des Premières Nations. Je suis tout à fait
d’accord avec vous à cet égard.
But the thing is, how do we go about doing that? One part is a
bit unclear to me. When you said ‘‘others,’’ when you were
explaining, did you mean people that are more ready and then the
other groups are not ready? So are you trying to build a provision,
a channel for them to be able to advance themselves, not
necessarily cover all Aboriginal groups across the country when
you’re dealing with that? If one tribal council decides, ‘‘We are
ready to remove ourselves from the Indian Act altogether,’’ are
you focusing on that aspect?
Mais la question est de trouver comment on y arrive. Cet
aspect reste un peu nébuleux pour moi. Lorsque vous avez parlé
des « autres » dans votre explication, vouliez-vous dire que
certains sont prêts alors que d’autres ne le sont pas? Essayezvous de prendre des dispositions, de leur fournir une voie pour
leur permettre de progresser d’eux-mêmes, sans toutefois que cela
s’applique à tous les groupes autochtones du pays? Si un conseil
de bande décide tout simplement de se soustraire à la Loi sur les
Indiens, que se passera-t-il? Avez-vous réfléchi à cette possibilité?
8:150
Aboriginal Peoples
Mr. Clarke: What I’m hoping to do here is to let First Nations
make their own decisions here. That’s what the intent of the bill is.
When this bill, hopefully, does pass through the Senate, First
Nations will have that opportunity to make their own decisions.
I’m not trying to impose anything. I’m not trying to dictate
anything. I’m trying to give First Nations their rights to basically
self-govern and give them their own opportunity to do whatever
they want. In some sections, the Indian Act impedes growth.
That’s what I’m trying to get rid of.
Senator Watt: Prevents them from moving ahead.
1-10-2014
M. Clarke : Ce que je souhaite accomplir avec ce projet de loi,
c’est de permettre aux Premières Nations de prendre leurs propres
décisions. C’est l’intention visée. Lorsque ce projet de loi sera
adopté par le Sénat — c’est ce que nous espérons —, les Premières
Nations auront la chance de prendre leurs propres décisions. Je
n’essaie pas d’imposer ou de dicter quoi que ce soit. J’essaie de
donner le droit aux Premières Nations de s’autogouverner et de
leur donner la chance de faire à leur guise. Certains articles de la
Loi sur les Indiens nuisent à la croissance. C’est ce que j’essaie
d’éliminer.
Le sénateur Watt : Ce qui les empêche d’avancer.
Mr. Clarke: You see the First Nations Land Management Act,
where one third of the act removes the Indian Act, and you’re
seeing the communities that are benefiting. What I’m trying to do
is also give the ones who don’t qualify to meet that First Nations
Land Management Act criteria those same opportunities.
M. Clarke : Prenez la Loi sur la gestion des terres des
Premières Nations — dont le tiers des articles s’emploient à
invalider la Loi sur les Indiens — et voyez comment certaines
communautés en profitent. Ce que j’essaie de faire, c’est de
donner cette même chance aux communautés pour qui la Loi sur
la gestion des terres des Premières Nations ne s’applique pas.
Senator Watt: What would have happened to a group, using as
an example the Mohawk, that are basically operating outside of
the box? I know their concerns quite well because I do meet with
them periodically. I know what their concerns are when it comes
to the Indian Act. One of the number one items they’re concerned
with is the fact that they are not paying taxes just like any
Canadian, because they are Aboriginal groups in this country and
they don’t pay tax. What’s going to happen to that aspect of it? If
certain groups say, ‘‘We don’t want to have anything to do with it
because we don’t want to pay taxes,’’ how do we deal with that
when we get to that crunch of the problem?
Le sénateur Watt : Qu’arrivera-t-il à un groupe, disons les
Mohawks, qui, essentiellement, évoluent en parallèle? Je connais
leurs préoccupations plutôt bien, car il m’arrive de les rencontrer
de temps à autre. Je sais ce qu’ils reprochent à la Loi sur les
Indiens. Parmi leurs premières objections, il y a le fait qu’ils ne
paient pas les taxes comme est tenu de le faire n’importe quel
autre Canadien, parce qu’ils appartiennent à un groupe
autochtone et qu’au Canada, ces groupes n’ont pas à payer les
taxes. Qu’arrivera-t-il à cet aspect des choses? Si certains groupes
disent « Nous ne voulons pas de ces nouvelles dispositions, car
nous ne voulons pas avoir à payer les taxes », comment allonsnous composer avec cette situation?
Mr. Clarke: That’s a very complex issue that First Nations and
the Crown have to work out, not from my standpoint as
Rob Clarke as a band member. That’s up to government to
government to work out those types of requirements, the same as
the government to the provincial jurisdictions that are affected as
well.
M. Clarke : C’est un problème très complexe que les
Premières Nations et l’État devront régler ensemble. Ce n’est
pas à moi, Rob Clarke, en tant que membre d’une bande, de le
faire. Les enjeux de ce type devront faire l’objet de discussions de
gouvernement à gouvernement. Il en va de même pour les lois
provinciales qui seront touchées par ces modifications.
Senator Watt: We may not be understanding each other clearly
enough on this issue. Say a certain group of people, maybe
25 per cent of the First Nations across the country, say, ‘‘We
can’t buy that. It means we’re going to have to pay just like
everybody else. We’re going to be swallowed into the system.’’
That group, 25 per cent of them, say, ‘‘This is where we stand. On
that account, we don’t accept what is being proposed today.’’
Then you end up moving ahead and the government moves ahead
to enact the legislation. It becomes law. Where do we go then
when we run into a block? It doesn’t apply to everybody, but it
applies only to certain numbers. What happens now?
Le sénateur Watt : Je crois que nous ne nous comprenons pas
assez clairement à ce sujet. Disons qu’un certain nombre de
personnes — supposons 25 p. 100 des Premières Nations de
l’ensemble du pays — disent : « Nous ne pouvons pas souscrire à
cela. Cela signifie que nous allons devoir payer comme tout le
monde. Nous allons nous faire avaler par le système. » Ce groupe
de 25 p 100 fait donc savoir : « Voilà notre position. Pour cette
raison, nous n’acceptons pas ce qu’on nous propose
aujourd’hui. » Puis le gouvernement décide d’aller de l’avant et
de promulguer la loi. Les modifications acquièrent force de loi.
Vers qui nous tournerons-nous lorsque nous allons heurter le
mur? Ce n’est pas quelque chose qui s’applique à tous, mais à un
certain nombre. Qu’arrivera-t-il alors?
Mr. Clarke: My bill doesn’t handle taxation. My bill looks at
fines imposed by the First Nations community where First
Nations can collect the fine monies for the infractions of the
bylaws, and then they can spend the money as they deem fit. It
M. Clarke : Mon projet de loi ne touche pas à la taxation. Mon
projet de loi s’intéresse aux amendes imposées par la communauté
d’une première nation dans les Premières Nations qui sont
habilitées à recueillir le paiement d’amendes versées pour des
1-10-2014
Peuples autochtones
8:151
doesn’t have to come to the Crown. It automatically goes to that
First Nations organization or First Nations community. My
private member’s bill has nothing to do with taxation.
infractions aux règlements, qui peuvent dépenser cet argent à leur
guise. L’argent n’aura pas à transiter par l’État. Il pourra aller
directement à l’organisation ou à la communauté de cette
première nation. Mon projet de loi d’initiative parlementaire n’a
rien à voir avec la taxation.
Senator Watt: But there’s going to be one law. I would imagine
there will be one law for First Nations across the board. How can
you have a law here for certain numbers that doesn’t apply to
others, if it gets to that point? This is what I mean by 25 per cent
of the people decide they can’t buy this, so we get into deadlock.
That is what I’m concerned with here, outside from the other
things that I raised.
Le sénateur Watt : Mais il va falloir une loi. J’imagine qu’il
faudra une loi pour l’ensemble des Premières Nations. Comment
peut-on avoir une loi qui s’applique pour certains et pas pour les
autres, si nous avons à en venir là? C’est ce que je veux dire avec
mon exemple des 25 p. 100 qui décideraient qu’ils ne peuvent pas
souscrire à cela. Ce sera l’impasse. C’est ce qui me préoccupe,
outre les autres questions que j’ai soulevées.
Mr. Clarke: I’m very clear that my bill doesn’t handle taxation
laws.
M. Clarke : Je le répète : mon projet de loi ne touche pas aux
lois en matière de taxation.
Senator Watt: You’re talking about the process. When you’re
talking about the process of moving ahead, you’re going to be
touching upon that whether you like it or not. That’s the name of
the game.
Le sénateur Watt : Lorsque vous parlez du processus d’aller de
l’avant, vous allez nécessairement toucher à cette question, que
vous le vouliez ou non. C’est la règle du jeu.
Mr. Clarke: And the process will be set up on a year-by-year
basis.
M. Clarke : Et le processus sera défini sur une base annuelle.
Senator Watt: Anyway, I think we can only say we agree to
disagree. Thank you.
Le sénateur Watt : Quoi qu’il en soit, je crois que nous pouvons
convenir tous les deux que nous sommes en désaccord. Merci.
The Chair: Thank you, members, for your indulgence. We have
one question before we wrap this up and excuse Mr. Clark.
Le président : Merci, chers collègues, de votre indulgence. Il
nous reste une question avant de faire le point et de libérer
M. Clark.
Senator Dyck: Thank you for your indulgence. I just have a
technical question. There may be an error in the bill. If you look
at clause 4, it talks about subsection 4(3) of the act being replaced
by the following, and it reads ‘‘Sections 114 to 117,’’ which are the
Indian Act education sections, ‘‘and, unless the Minister
otherwise orders, sections 42 to 52 . . . ‘‘ I think those sections
deal with wills and estates.
La sénatrice Dyck : Merci de votre indulgence. Ma question est
d’ordre technique. Il y a peut-être une erreur dans le projet de loi.
À l’article 4, on dit que le paragraphe 4(3) de la loi est remplacé
par « les articles 114 à 117 » — qui sont les articles de la Loi sur
les Indiens qui portent sur l’éducation — « et, sauf si le ministre
en ordonne autrement, les articles 42 à 52 [...] », qui, si je ne
m’abuse, sont des articles qui concernent les testaments et les
successions.
Mr. Clarke: It’s sections 48 to 52.
M. Clarke : Ce sont les articles 48 à 52.
Senator Dyck: It says 42. November 20, 2013? What version
have you got? Whether it’s 42 or 48, do those sections refer to
wills and estates? What do they refer to?
La sénatrice Dyck : Il est écrit 42. On parle bien de la version
qui a été adoptée le 20 novembre 2013? Quelle version avez-vous?
Que ce soit 42 ou 48, est-ce que ces articles concernent les
testaments et les successions? À quoi font-ils référence?
Ms. Burke: The sections that refer to wills and estates were
removed.
Mme Burke : Les articles qui portent sur les testaments et les
successions ont été supprimés.
Senator Dyck: Yes, I know, but in this clause, what do
sections 48 to 52 refer to?
La sénatrice Dyck : Oui, je sais. Mais dans cet article, à quoi les
articles 48 à 52 font-ils référence?
The Chair: Our Library of Parliament analyst can answer that.
Le président : Notre analyste de la Bibliothèque du Parlement
peut répondre à cela.
Ms. Butler: Sections 42 to 48 of the Indian Act do refer to wills
and estates.
Mme Butler : Les articles 42 à 48 de la Loi sur les Indiens
portent effectivement sur les testaments et les successions.
Senator Dyck: Should those sections be mentioned in this
clause, or should they be deleted?
La sénatrice Dyck : Est-ce que ces articles devraient être
mentionnés dans cet article ou s’ils doivent être supprimés?
Ms. Burke: It’s only 48 to 52 in here.
Mme Burke : Ce n’est que de 48 à 52, ici.
8:152
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Senator Dyck: It seems like there’s an error. Maybe this should
have been deleted when you deleted the other clauses.
La sénatrice Dyck : J’ai l’impression qu’il y a une erreur. Peutêtre que ce passage aurait dû être supprimé lorsque vous avez
supprimé les autres articles.
Ms. Burke: It’s not in this version of the bill we’re looking at. I
don’t know what you’re looking at. Ours says something
different.
Mme Burke : Cela n’est pas dans la version du projet de loi que
nous avons sous les yeux. Je ne sais pas à quoi vous faites
référence. Notre version ne dit pas la même chose.
Senator Dyck: What is the date of your version?
La sénatrice Dyck : Quelle est la date de votre version?
The Chair: I wonder, colleagues, if we need to get some
assistance from our capable staff to make sure we have the latest
version of the bill, because my version dated November 20 talks
about sections 42 to 52 in clause 4.
Le président : Je me demande si nous ne devrions pas demander
l’aide de notre personnel qualifié pour nous assurer que nous
avons tous la plus récente version du projet de loi, car l’article 4
de ma version datée du 20 novembre fait mention des articles 42 à
52.
Senator Dyck: If that refers to wills and estates and the wills
and estates sections have been removed from the original bill,
then why are we referring to those sections in this clause? That is
the question. Therefore, I think it must be a drafting error.
La sénatrice Dyck : Si cela concerne les testaments et les
successions et que les articles sur les testaments et les successions
ont été supprimés du projet de loi original, pourquoi cet article y
fait-il référence? C’est la question que je me pose. Je pense donc
que c’est une erreur de rédaction.
The Chair: Thank you. We’re not finished with this bill tonight.
Le président : Merci. Nous ne viendrons pas à bout de ce projet
de loi ce soir.
Senator Dyck: I know.
La sénatrice Dyck : Je sais.
The Chair: Thank you for pointing that out, Senator Dyck. I
would suggest that this is a technical question, and we’re going to
have the department people come back. We have our capable
analyst. Maybe this is an important question that we can examine
further on. I’m not sure we’re going to shed any light on it at this
point. We’ll consult.
Le président : Merci, sénatrice Dyck, de nous avoir signalé cela.
J’estime qu’il s’agit d’une question d’ordre technique et qu’il
faudra faire revenir les gens du ministère. Nous avons notre
analyste émérite. C’est peut-être une question importante qu’il
nous faudra examiner plus en détail. Je ne suis pas certain que
nous allons être en mesure d’élucider le problème sur-le-champ.
Nous allons demander conseil.
Senator Dyck: We could alert the appropriate departmental
officials ahead of time, and they could come back to us with an
answer at the end of the hearings.
La sénatrice Dyck : Nous pourrions avertir les responsables
ministériels concernés, et ils pourraient nous revenir avec une
réponse à la fin des audiences.
The Chair: Okay. We won’t let that go. Thank you for bringing
that up, Senator Dyck. I’m sorry we couldn’t clarify that, but we
will before we conclude the discussion of this bill.
Le président : D’accord. Nous ne laisserons pas cela passer.
Merci, sénatrice Dyck, de nous l’avoir signalé. Je regrette que
nous n’ayons pu apporter de clarifications sur-le-champ, mais
nous aurons des réponses avant la fin de notre discussion sur le
projet de loi.
Mr. Clarke and Ms. Burke, thank you very much. We will
excuse you.
Monsieur Clarke et madame Burke, merci beaucoup. Vous
pouvez maintenant partir.
We do have two patient witnesses I would like to call forward,
from the St. Kateri Catholic School located on the Blood Indian
Reserve in Alberta. St. Kateri has provided the committee with a
brief in English that has been sent for translation but could not be
made available in French in time for tonight’s meeting. Would
members be open to circulating the English version only this
evening? We will eventually translate it. Would it be agreed we
pass that around? Okay, that will be noted.
Nous avons deux témoins très patients à qui je demanderai
d’avancer. Ils sont de l’école catholique Saint Kateri, qui est située
dans la réserve autochtone Blood, en Alberta. L’école Saint
Kateri nous a soumis un document d’information en anglais, qui
a été envoyé aux services de traduction, mais qui n’a pu être
traduit à temps pour la séance de ce soir. Les membres du comité
acceptent-ils que nous distribuions la version anglaise seulement
pour les besoins de nos échanges? Le document sera traduit plus
tard. Êtes-vous d’accord pour que nous la distribuions? D’accord,
cela sera noté.
I would then welcome Dorine Rabbit, Chair of the Board of
St. Kateri Catholic School, and Wallace Manyfingers, board
member. May I say, while the witnesses are getting settled,
colleagues, that we have received a comprehensive brief from you,
Je souhaite donc la bienvenue à Dorine Rabbit, présidente du
conseil d’administration de l’école catholique Saint Kateri, et
Wallace Manyfingers, membre du conseil d’administration.
Pendant que les témoins prennent place, j’en profite pour vous
1-10-2014
Peuples autochtones
8:153
which we appreciate and which will be circulated. Unfortunately,
we are time limited here so we would ask that you provide the
highlights to us in your oral presentation. You can be sure we will
study this brief, and then the committee may follow up with
questions.
remercier pour le document d’information des plus complets que
vous nous avez soumis, lequel sera distribué à tous les membres
du comité ici présents. Malheureusement, notre temps est limité.
Je vais donc vous demander de vous en tenir aux faits saillants de
votre exposé. Vous pouvez être assurés que nous étudierons ce
document d’information. Certains membres du comité pourraient
d’ailleurs avoir des questions à vous poser à la suite de leur lecture
du document.
Wallace Manyfingers, Member, Board of St. Kateri Catholic
School: Thank you for hearing us today. I will be referring to our
brief. I guess a summary is in order. We’re following up on the
petition that was presented by Senator Tardif to the Senate on
June 22. We will also be referring to some particulars in the bill.
Our main concern is that the petition that was sent in by our band
members from the Blood Tribe asked the Senate to do a treaty
study with First Nations, particularly on education since this was
a priority of all of us, both in the government and as Native
people out there. We basically say, senators, please open the
doors and let us start to have some treaty dialogue with the First
Nations who are now captured by a terrible interpretation of the
treaty that these are leonine agreements, and we don’t think they
are. We believe they are sacred agreements.
Wallace Manyfingers, membre, conseil d’administration de
l’école catholique Saint Kateri : Merci de nous recevoir ici
aujourd’hui. Mes propos feront référence au document
d’information que nous vous avons soumis. Je crois qu’un
résumé est de mise. Nous faisons un suivi au sujet de la pétition
soumise le 22 juin au Sénat par la sénatrice Tardif. Nous allons
aussi parler de certaines parties du projet de loi. Notre principale
préoccupation est décrite dans la pétition que nos membres de la
tribu Blood ont soumise au Sénat pour demander une étude des
traités conclus avec les Premières Nations, et notamment en
matière d’éducation puisqu’il s’agit d’une priorité pour nous tous,
tant pour le gouvernement que pour les Autochtones. En essence,
nous demandons aux sénateurs de se montrer ouverts en nous
laissant avoir une franche discussion sur les traités qui ont été
conclus avec les Premières Nations et qui sont, depuis quelque
temps, perçus à tort comme des contrats léonins, une
interprétation à laquelle nous ne souscrivons pas. Nous les
voyons plutôt comme des accords sacrés.
We believe that the creator was there with the Bible and our
pipes. These are sacred agreements in the biblical tradition. We
ask you to look at the treaty study that the Senate itself might
take a very active part in meeting with Aboriginal people and
trying to get a sense of where to go on this since it’s in section 35
of the Constitution.
Nous croyons que le créateur était présent, au même titre que
la Bible et nos pipes. Ce sont des accords sacrés dans la tradition
biblique du terme. Nous vous demandons d’examiner
attentivement les traités et nous souhaitons que le Sénat luimême fasse de sérieux efforts pour rencontrer les Autochtones et
pour essayer de bien saisir ce qu’il advient de faire à ce propos,
attendu que cela figure dans l’article 35 de la Constitution.
Our position in the petition, in our band council and in our
Treaty 7 tribal council is don’t move ahead until you look at the
treaty and work with the treaty. This is consistently what we’ve
been saying. We believe that First Nations people have inherent
rights to jurisdiction over education. This was there and nobody
took it away. Our rights as parents in our communities were
violated by provisions of the Indian Act, although the people who
wrote them up might feel they were enlightened to remove a
parent’s rights, to remove rights of tribes to decide on their
education system that they’re going to use. We believe that
Treaties 1 to 9 guaranteed to the First Nations control of their
education systems. If you pass a law against that you’re breaking
the treaty.
La position que nous défendons dans la pétition, au sein de
notre conseil de bande et dans notre conseil tribal sur le traité no 7
est la suivante : ne faites rien avant d’avoir examiné le traité et
d’avoir travaillé avec le traité. C’est ce que nous avons toujours
dit. Nous croyons que les peuples des Premières Nations ont des
droits inhérents quant à la gouverne de l’éducation. Ces droits
existaient déjà et personne n’a réussi à nous les enlever. Nos droits
en tant que parents dans nos communautés ont été bafoués par
certaines dispositions de la Loi sur les Indiens, même si ceux qui
les ont rédigées ont pu croire que c’était une très bonne idée de
retirer leurs droits aux parents, de retirer leurs droits aux tribus de
décider d’elles-mêmes de leur système d’éducation. Nous croyions
que les traités nos 1 à 9 garantissaient aux Premières Nations le
contrôle sur leur système d’éducation. Si vous adoptez une loi
contre cela, vous rompez le traité.
The treaty has already been broken. Parliament passed a law
saying Indian Affairs can contract with the provinces, religious
denominations and schools without the consent of First Nations.
We’re saying restore that. Let us have a say. You will not have the
Le traité a déjà été rompu. Le Parlement a adopté une loi
stipulant qu’Affaires indiennes peut conclure des marchés avec
des provinces, des confessions religieuses et des écoles sans le
consentement des Premières Nations. Nous demandons un retour
8:154
Aboriginal Peoples
1-10-2014
ultimate say on the education system we have; our Native people
do. Do not continue that unilateral authority by the government
to decide what’s good for us. It’s not in the cards.
à la situation qui existait auparavant; qu’on nous permette de
donner notre opinion. Ce n’est pas vous qui allez avoir le dernier
mot au sujet du système d’éducation que nous aurons; cette
décision appartient aux peuples autochtones. Cessez d’errer dans
cette voie unilatérale qui consiste pour le gouvernement à décider
de ce qui est bon pour nous. C’est une attitude qui est vouée à
l’échec.
Parliament has treated us very well, and we’re referring to both
houses — denying our sun dance, our religious freedom, denying
us our potlatches and giveaways, telling us we should stay on a
reserve without a permit, without any legal background to the
permits to leave the reserve; that was an administrative measure
imposed after Riel’s rebellion.
Le Parlement nous a très bien traités, et nous parlons ici des
deux chambres — on nous a interdit notre Danse du soleil, notre
liberté de religion, nos potlatchs et nos cadeaux; on a dit qu’il
fallait que nous restions dans nos réserves sans permis, sans
fondement juridique pour les permis permettant de quitter la
réserve. Il s’agit d’une mesure administrative qui a été imposée
après la rébellion de Louis Riel.
Parliament hasn’t been very good to us. Remember that. We’re
expecting better things from Parliament — from both houses. Our
tribe has consistently — in the 1948 hearings, in the 1958 hearings
and in the other hearings — said our treaty must be respected,
and this bill doesn’t do that.
Le Parlement n’a pas été très bon pour nous. Ne l’oubliez pas.
Nous nous attendons à mieux de la part du Parlement, tant du
Sénat que de la Chambre des communes. Que ce soit aux
audiences de 1948 ou à celles de 1958, notre tribu a toujours dit la
même chose : notre traité doit être respecté. Et ce n’est pas ce que
fait ce projet de loi.
We operate a Catholic school on the Indian reserve because of
the uncertainty, but this bill removes the denominational rights
sections. Currently, three sections in the Indian Act provide for
denominational schools that we have relied on. We have had
denominational schools since the treaty. We’ve had the Bible and
we have Christianity and many of us are Christian. Yes, we are
defending the denominational rights of First Nations, the
denominational rights that all Canadians enjoy. Why are you
taking these away from us?
Nous avons une école catholique dans notre réserve, mais nous
sommes inquiets, car ce projet de loi fait sauter les articles sur les
droits confessionnels. Actuellement, la Loi sur les Indiens contient
trois articles qui portent sur les écoles confessionnelles et sur
lesquels nous nous sommes appuyés. Nous avons des écoles
confessionnelles depuis la conclusion du traité. Nous avons la
Bible et le christianisme, et beaucoup d’entre nous sont chrétiens.
Bien entendu, nous défendons les droits confessionnels des
Premières Nations, ces droits confessionnels dont tous les
Canadiens peuvent se prévaloir. Pourquoi cherchez-vous à nous
les enlever?
We had a position paper in 1974 on Indian control of Indian
education and that says retain denominational school rights, let
the parents decide, which is what we did on our reserve. We’ve got
close to 11,000 people on our band list, and we’ve opted out of the
Indian Act, out of your sections on elections, and we’ve reverted
to custom. We’ve never used the land sections of the Indian Act
because they are assimilationist. We have our own customary
codes and law. Why are you so preoccupied with imposing laws?
Let our customary ancestral laws rise and be strong again.
En 1974, nous avons eu un exposé de principe sur le contrôle de
l’éducation des Autochtones par les Autochtones. Plus
précisément, l’exposé disait : laissez les parents décider, et c’est
ce que nous avons fait dans notre réserve. Nous avons obtenu près
de 11 000 noms dans notre liste de bande, et nous nous sommes
retirés de la Loi sur les Indiens, de vos articles sur les élections, et
nous sommes revenus à la coutume. Nous ne nous sommes jamais
servis des articles sur les terres de la Loi sur les Indiens, car ils sont
des vecteurs d’assimilation. Nous avons nos propres lois et codes
coutumiers. Pourquoi êtes-vous si empressés d’imposer des lois?
Laissez nos lois coutumières ancestrales retrouver la place qui leur
revient et leur force d’autrefois.
The uncertainty in this bill has damaged our school. The
uncertainty in the bill has resulted in, like the band council, if it’s
not in the national primary and secondary education regulations,
denominational school rights, they don’t exist. So we’re asking
that the bill retain the denominational school sections until they
are amended. They are symbolic but they are real. They are real in
that they grant to us what all other Canadians enjoy.
L’incertitude de ce projet de loi a nui à nos écoles. Cette
incertitude a engendré la situation qui veut que, si le droit aux
écoles confessionnelles n’est pas inscrit dans les règlements
nationaux sur l’éducation primaire et secondaire, il n’existe tout
simplement pas. Nous demandons donc que les articles sur les
écoles confessionnelles soient gardés jusqu’à ce qu’ils soient
modifiés. Ils sont symboliques, mais ils sont bien réels. Ils sont
réels en ce sens qu’ils nous permettent de jouir des mêmes droits
que tous les autres Canadiens.
1-10-2014
Peuples autochtones
I’m going to ask Dorine to share the opening and talk about
the problems our school is having under this government, under
this bill, and under this current system of external administration
we kind of hate.
The Chair: Thank you.
8:155
Je vais maintenant demander à Dorine de vous parler des
problèmes que nous avons à l’école relativement au présent
gouvernement, à ce projet de loi et à ce système de gestion de
l’extérieur qui nous éreinte.
Le président : Merci.
Dorine Rabbit, Chair, Board of St. Kateri Catholic School: We
started our Catholic school two years ago. The parents and the
parish council, the Catholics, wanted that, and so we decided at
the parish council meeting to go ahead and try to get a Catholic
school. Most of the schools on the reserve are nondenominational. They are public schools, but there are no
Catholic schools and a lot of the parents wanted that. I’m a
catechist. I teach catechism in the evenings to children for First
Communion and other instruction. I’ve been doing that for
maybe 10 to 15 years. It was natural just to start because a lot of
parents were concerned that there was no values instruction going
on in the public schools.
Dorine Rabbit, présidente, conseil d’administration de l’école
catholique Saint Kateri : Nous avons ouvert notre école
catholique il y a deux ans. Les parents et le conseil de paroisse
— les catholiques — voulaient d’une école, alors c’est ce que nous
avons décidé de mettre sur pied. La plupart des écoles de notre
réserve sont laïques. Ce sont des écoles publiques, mais il n’y a pas
d’école catholique, ce que beaucoup de parents demandaient. Je
suis catéchiste. J’enseigne la catéchèse aux enfants, le soir. Je les
prépare à leur première communion et leur enseigne d’autres
choses. Je fais cela depuis 10 ou 15 ans. Il semblait tout naturel de
mettre cette école sur pied, car beaucoup de parents déploraient le
fait que les écoles publiques n’enseignent pas de valeurs aux
enfants.
A lot of our Catholics were sending their kids off the reserve to
a separate Catholic school where they had to get up at five o’clock
in the morning and get on the bus to go to the Catholic school in
Lethbridge and then come back. Then they get back late to us.
They said it would be nice to have a Catholic school on the
reserve, so we started that. We went to see the nondenominational school board that runs education on the
reserve. We went to see them, and I told one of the staff
members there or the administrator, ‘‘We’re planning to set up a
Catholic school.’’ He said, ‘‘Did you talk to the bishop yet?’’ I said
that we did, and he told us to make a three-year plan. That’s part
of Alberta Education’s criteria to start a school. You have to have
a three-year plan.
Nombre de nos membres catholiques envoyaient leurs enfants
dans une école séparée située à l’extérieur de la réserve. Les
enfants devaient donc se lever à cinq heures de matin pour aller
prendre l’autobus jusqu’à l’école catholique de Lethbridge, puis
revenir à la maison. Ils rentraient assez tard. Les parents ont donc
dit qu’il serait peut-être bien d’avoir une école catholique dans la
réserve, alors nous avons démarré le projet. Nous sommes allés
voir le conseil scolaire laïc qui dirige l’éducation dans la réserve, et
j’ai dit à l’un des membres du personnel ou l’un des
administrateurs : « Nous avons l’intention d’ouvrir une école
catholique. » Il a répondu : « En avez-vous déjà parlé à
l’évêque? » Je lui ai dit que oui, et il m’a dit de préparer un
plan échelonné sur trois ans. En Alberta, ce plan triennal fait
partie des critères pour ouvrir une école.
So we talked to a lot of the separate schools around our reserve
and asked if they would adopt us, because we wanted to be a
separate Catholic school. But they said, ‘‘No, you have your own
jurisdiction on the reserve. You can have your own Catholic
school. You don’t need to come under us as a province.’’
Nous avons donc demandé à de nombreuses écoles séparées de
la réserve si l’une d’entre elles était disposée à nous adopter, car
nous voulions être une école catholique séparée. Mais elles nous
ont dit : « Non. Vous avez le droit de faire ce que vous voulez
dans la réserve. Vous pouvez avoir votre propre école catholique.
Vous n’avez pas à être approuvés par nous en tant que
représentants de la province. »
We took that and said, ‘‘Well, that’s great.’’ Then we got all
our teachers, students and our building, and we followed the
building code. We had insurance. We had everything. We
qualified under the Government of Alberta to be a school.
Bien entendu, nous avons été ravis de cette nouvelle. Alors
nous avons trouvé tous nos enseignants, nos élèves et notre
immeuble, et nous nous sommes conformés au code de la
construction. Nous avons contracté des assurances. Nous avions
tout. Nous avons répondu à tous les critères du gouvernement de
l’Alberta pour être une école.
We went to see the band council, and the band council said,
‘‘Okay. We’ll approve your school, as long as you follow Alberta
criteria and regulations.’’ We said yes to that, and we did. Our
teachers were Alberta-qualified teachers. Our building follows the
Alberta safety code. We follow the Alberta curriculum. I just
want to say that I’m a teacher and I’ve taught for over 35 years.
The teachers we hire are Catholic teachers. That’s what the bishop
said: The teachers have to be Catholic. So he supported us as well.
Nous sommes allés voir le conseil de bande, et il nous a dit :
« D’accord. Nous allons approuver votre école à condition que
vous soyez conformes à tous les critères et règlements de la
province. » Nous avons indiqué que c’était le cas. Nos enseignants
étaient dûment reconnus par la province. Notre immeuble
obéissait au code de sécurité de l’Alberta. Nous allions suivre le
programme scolaire albertain. Je tiens à rappeler que je suis une
enseignante et que j’exerce cette profession depuis plus de 35 ans.
8:156
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Les enseignants que nous avions embauchés étaient catholiques.
C’est ce que l’évêque nous avait dit : « Les enseignants doivent
être catholiques. » Nous avions donc aussi son aval.
So then we started. But then we didn’t have any funding. We
had everything, and they gave us a VCR. The band council and
the chief and council approved us. But somebody, somewhere, did
something wrong. In the band council resolution that they gave
us, they called us a private school, and we didn’t want to be a
private school. Because even Indian Affairs in Calgary said,
‘‘Don’t be a private school. Private schools are very expensive and
everything.’’ And with the problems on the reserve — 85 per cent
on unemployment, 85 per cent on social services — private
schools are not the answer.
Alors, nous avons ouvert nos portes. Mais nous n’avions aucun
financement. Nous avions tout, et ils nous ont donné un
magnétoscope. Le conseil de bande et le chef et le conseil nous
approuvaient. Mais quelqu’un quelque part a mis du sable dans
l’engrenage. Dans la résolution que le conseil de bande nous a
donnée, nous étions désignés école privée. Même la division de
Calgary d’Affaires indiennes a dit : « Ne soyez pas une école
privée, car les écoles privées sont très chères, et tout le reste. » Et
avec les problèmes que connaît la réserve — 85 p. 100 de
chômeurs, 85 p. 100 d’assistés sociaux —, les écoles privées ne
sont pas la réponse.
Indian Affairs told us, ‘‘Don’t be a private school.’’ Then we
ran back to chief and council and told them, ‘‘Don’t call us a
private school.’’ So they took out the word ‘‘private’’ and we
brought it back to Alberta Education so that we could start our
Catholic school. So that was brought there.
Les fonctionnaires d’Affaires indiennes nous ont dit : « Ne
soyez pas une école privée. » Nous sommes donc retournés au
chef et au conseil et nous leur avons dit : « Ne nous désignez pas
comme école privée. » Ils ont donc supprimé le mot « privée », et
nous sommes retournés au ministère de l’Éducation pour leur
faire part des nouveaux développements.
But there was no communication. We were forced to become a
private school, even though we didn’t want it — even though the
council wrote down the band council resolution, saying that we
were just a school. Alberta Education called us a private school. I
don’t know why, but that’s what happened.
Mais il y a eu un manque de communication. Nous avons été
forcés de devenir une école privée, même si nous ne le voulions
pas —, et ce, même si le conseil de bande avait précisé dans sa
résolution que nous n’étions qu’une simple école. Le ministère
nous a désignés comme école privée. Je ne sais pas comment c’est
arrivé, mais c’est ce qui est arrivé.
Since then, we haven’t been able to get our government
funding, which is a treaty right; it is our right, as parents, students
and teachers. Our teachers that we hire, that’s in the treaty;
namely, the treaty will pay for the salaries of the teachers. That’s
right in our treaty.
Depuis ce temps, nous n’avons pas été en mesure d’obtenir le
financement gouvernemental qui nous revient en vertu d’un droit
conféré par le traité; c’est notre droit en tant que parents, en tant
qu’écoliers et en tant qu’enseignants. Les enseignants que nous
embauchons font partie du traité; nommément, le traité paiera les
salaires des enseignants. C’est écrit dans notre traité.
We never got our tuition. We went to see the chief and council
five times. You can’t say we tried to isolate ourselves or anything.
We tried to meet with them. The last time we went to see chief and
council, I asked the chief, ‘‘Tell me, chief: Did you get the money
for our students?’’ And our students and the parents were sitting
there. Our separate Catholic school board was there. In front of
them all and the teachers, I asked the chief, ‘‘Did the band get our
school money?’’ And he sat there and he nodded, ‘‘Yes.’’ But they
didn’t give it to us.
Nous n’avons jamais reçu l’argent pour les frais de scolarité.
Nous sommes retournés voir le chef et le conseil à cinq reprises.
On ne peut pas dire que nous ayons tenté de nous isoler ou quoi
que ce soit. Nous avons fait des démarches pour les rencontrer. La
dernière fois que j’ai vu le chef et le conseil, j’ai demandé au chef
s’il avait reçu l’argent pour les élèves. Les élèves et les parents
étaient présents. Notre conseil scolaire catholique séparé était
présent. Donc, devant toutes ces personnes et devant nos
enseignants, je pose ma question au chef : « Avez-vous reçu
l’argent pour notre école? » Il est resté bien assis et a hoché la
tête : « Oui. » Mais ils ne nous l’ont pas donné.
This is the problem. I don’t like to laugh, because it’s not
funny. The parents were concerned, and they told the chief,
‘‘Where’s our students’ money? We want to give that money to the
Catholic school so that they can operate.’’ That didn’t happen
because they gave the responsibility to run education on the
Blood reserve to the non-denominational school board, and they
didn’t want to recognize us as a Catholic school — just like the
separate school systems in Alberta. That’s what we have.
Voilà le problème. Il n’y a pas de quoi rire, parce que ce n’est
pas drôle. Les parents se sont inquiétés. Ils ont dit au chef : « Où
est l’argent des élèves? Nous voulons donner cet argent à l’école
catholique pour qu’elle puisse fonctionner. » Mais cela ne s’est
pas produit parce qu’ils ont confié la direction de l’éducation dans
la réserve Blood au conseil scolaire laïc, et que ce conseil ne
voulait pas nous reconnaître en tant qu’école catholique —
comme c’est le cas dans les systèmes des écoles séparées de
l’Alberta. Pour nous : rien.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:157
So we haven’t gotten our funding, and we want to ask for your
help.
Nous n’avons donc toujours pas reçu les fonds et nous voulons
demander votre aide.
The Chair: Thank you very much for that explanation. The
record should show that when the chief was asked if he had
provided the money, you indicated that the chief nodded ‘‘yes.’’
That won’t show up on the record unless I say so.
Le président : Merci beaucoup pour cette explication. Vous
avez bien indiqué que le chef avait fait signe que oui avec sa tête
que lorsqu’on lui a demandé s’il avait versé les fonds. Or, on ne le
verra pas dans le procès-verbal sans que je ne le dise à voix haute.
Thank you for that presentation and for the impressive brief
that you’ve given us. We are unfortunately limited in time. You’ve
certainly got your case on the record.
Merci pour votre exposé et le mémoire bien étoffé que vous
nous avez remis. Malheureusement, il ne nous reste pas beaucoup
de temps. Vous avez bien défendu votre cause.
I’m only going to allow our deputy chair to ask a question or
make a comment, in the interest of time. Then, Senator Tannas is
an Alberta senator who lives near the reserve and is well familiar
with this problem, so we’ll give the floor to him. Then, forgive me,
colleagues; we are going to have to adjourn.
Vu le peu de temps qui nous est imparti, je ne permettrai à
notre vice-présidente qu’une seule question ou observation. Je
céderai ensuite la parole à M. Tannas, un sénateur de l’Alberta
qui vit près de la réserve et qui connaît bien le dossier. Mesdames
et messieurs, c’est regrettable, mais je serai obligé de lever la
séance par la suite.
Senator Dyck: Thank you for your impressive brief and your
presentation tonight. I just have one quick question. You’ve
expressed concerns, and I wanted to know: Have you met with
Mr. Clarke to discuss your concerns and did he give you any
explanation as to why the particular clauses that are being
removed from the Indian Act are being removed? Was there any
kind of discussion or consultation?
La sénatrice Dyck : Merci pour votre exposé et votre mémoire
bien documenté. J’ai une petite question. Vous avez évoqué
certaines préoccupations et je veux donc savoir si vous avez
rencontré M. Clarke pour en discuter, et s’il a fourni des
explications quant aux dispositions de la Loi sur les Indiens qui
seraient supprimées? Y a-t-il eu des discussions ou une
consultation?
Mr. Manyfingers: No. We’re consulting with our MP, but he
retired. There was a by-election. We’re without an MP. We made
clear to the former MP our position on our Catholic school rights,
and he undertook to bring it back to the government. But when
the bill came out, it just took away our denominational school
rights. They promised to take away our residential school
references. This thing guts the constitutional rights that we
have; this thing eviscerates our treaty rights. It’s wrong.
M. Manyfingers : Non. Nous avons consulté notre député,
mais il a pris sa retraite depuis. Il y a ensuite eu une élection
partielle et nous n’avons pas de député actuellement. Nous avions
bien indiqué à l’ancien député quelle était notre position quant à
notre droit à une école catholique, et il s’était engagé à
transmettre nos propos au gouvernement. Le projet de loi nous
enlève nos droits relatifs aux écoles de confession. On nous avait
promis d’éliminer toute référence aux pensionnats, mais le projet
de loi nous prive de nos droits constitutionnels et de nos droits
issus de traités. C’est aberrant.
There was no consultation with Mr. Clarke. We’ve met with
his staff. They did promise more information. None was
forthcoming.
Il n’y a eu aucune consultation de la part de M. Clarke. Nous
avons rencontré son équipe qui nous a promis de nous fournir de
plus amples renseignements. Or, nous n’avons rien reçu.
Senator Dyck: But you asked to meet with him, and you
instead met with his staff person?
La sénatrice Dyck : Vous avez bien demandé de le rencontrer,
mais vous vous êtes retrouvés avec son équipe?
Mr. Manyfingers: Yes. Sorry, the clauses —
M. Manyfingers : Oui. Désolé, mais les dispositions...
Senator Dyck: I’m just wondering whether Mr. Clarke sat
down with you to explain to you or to consult with you as to what
your concerns were.
La sénatrice Dyck : Je cherche à savoir si M. Clarke vous a
rencontrés pour vous fournir des explications ou pour savoir
quelles étaient vos préoccupations.
Mr. Manyfingers: We understand the bill. We don’t like it. We
don’t like our religious denominational school rights being
removed by someone who happens to have a treaty card.
M. Manyfingers : Nous comprenons l’objectif du projet de loi
et nous sommes contre. Nous ne voulons pas nous faire enlever
nos droits relatifs aux écoles de confession par quelqu’un qui se
trouve à avoir le statut d’Indien inscrit.
That’s all I’m going to say about that.
Je n’en dirai pas plus.
Senator Dyck: Okay. Thank you.
La sénatrice Dyck : D’accord. Merci.
The Chair: The last word to Senator Tannas. I am sorry we
don’t have more time. I hope you understand.
Le président : La dernière intervention sera accordée à
M. Tannas. Je suis gêné par le manque de temps. J’espère que
vous comprenez.
8:158
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Senator Tannas: Thank you for travelling this distance. We
were particularly keen to have you come to speak and get your
story on the record. I’m going to figure out how to make this a
question, but in the meantime: As I understand it, the right to
pursue a religious education is a constitutional right and covers all
of us. This particular component of the Indian Act is not the
protection that you can rely on. The fact is that religious
education can be pursued on the reserve, and the problem that we
have and you have is that your chief and council have determined
that the religious education that they’re going to sanction is
through the Lethbridge Catholic school board instead of through
the people who are on the reserve. That doesn’t seem to be right,
especially when they’re collecting the money and spending it
elsewhere.
Le sénateur Tannas : Merci de vous être déplacés si loin. Nous
souhaitions vivement vous entendre pour pouvoir consigner vos
propos. Je vais tenter de transformer mes observations en une
question, mais en attendant j’aimerais dire ce qui suit. Si j’ai bien
compris, nous avons tous le droit constitutionnel de fréquenter
une école de confession. Vous ne pouvez pas compter sur la
garantie offerte par la disposition de la Loi sur les Indiens. Vous
avez bel et bien droit à une éducation dans une école de confession
dans une réserve, et le problème auquel nous sommes confrontés,
tout comme vous, c’est que votre chef et votre conseil ont décidé
qu’ils autoriseraient seulement l’éducation confessionnelle offerte
par le conseil scolaire catholique de Lethbridge, plutôt que
l’éducation choisie par les habitants de la réserve. Cela ne me
semble pas juste, surtout lorsqu’on sait que le chef et le conseil
perçoivent des fonds et les dépensent ailleurs.
This is a serious problem and one, as you know, that I
volunteered to act as an intermediary for with the chief and
council. I briefed your new member of Parliament, Mr. Barlow,
who is also keen to play the same role. We’ll do it together, or
he’ll go or I’ll go, whatever it is. We have not been able to secure a
meeting, despite your efforts and our efforts.
Le problème est grave, et vous savez bien que je me suis porté
volontaire pour servir d’intermédiaire entre vous-même et le chef
et le conseil. J’en ai parlé à votre nouveau député, M. Barlow, qui
souhaite occuper le même rôle. Nous y parviendrons, que ce soit
lui ou moi ou les deux ensemble, mais pour l’instant, nous n’avons
pas encore pu organiser de rencontre, et ce, malgré vos efforts et
les nôtres.
I would respectfully suggest that your problems are not with
this bill. The problems that you have are with your chief and
council and with Terry. I’d be interested to know how,
specifically, you think that, if this bill were allowed to stand,
suddenly you wouldn’t have a problem anymore.
Sauf votre respect, je vous dirais que vos problèmes ne sont pas
causés par le projet de loi. Le problème, c’est votre chef, votre
conseil et Terry. J’aimerais comprendre pourquoi vous croyez que
si le projet de loi est rejeté, vous n’aurez soudainement plus de
problèmes.
Mr. Manyfingers: The problem we have with the bill that is
that it doesn’t respect treaty rights. It doesn’t respect our inherent
jurisdiction. It’s still oppressive. It’s wrong to say that it’s an
internal matter. The government is saying it’s going to remove
denominational school rights, senator. Some of the more
conservative elements in our tribal council say, ‘‘If the
government doesn’t support it, if it’s going to be taken out of
the Indian Act, we don’t have to do anything.’’ The current
Indian Act has three sections that provide for denominational
school rights. This takes them out. We’ve been relying on these
sections since 1876. Since the first Indian Act was put in place, it’s
been there. We believe that, in addition to those constitutional
guarantees, we have treaty rights to decide on our own schools
and teachers and on the denomination and affiliation of those
institutions. This bill does nothing for our treaty rights. It ignores
them.
M. Manyfingers : Le problème du projet de loi, c’est qu’il ne
respecte pas nos droits issus des traités. Il ne respecte pas notre
champ de compétences. Il nous opprime. Il est faux de prétendre
qu’il s’agit d’un problème interne. Sénateur, le gouvernement dit
qu’il va nous retirer nos droits relatifs aux écoles de confession.
Certains des membres plus conservateurs de notre conseil de
bande diront : « Nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit
si le gouvernement n’appuie pas nos droits et supprime certaines
dispositions de la Loi sur les Indiens. » Trois articles de la Loi sur
les Indiens actuelle prévoient des droits relatifs aux écoles de
confession. Le projet de loi supprime ces dispositions, des
dispositions sur lesquelles nous comptons depuis 1876. Ces
dispositions existent depuis la toute première Loi sur les
Indiens. Nous croyons qu’outre nos droits constitutionnels,
nous avons nos droits issus de traités qui nous permettent de
décider de nos propres écoles et enseignants et de la confession de
nos écoles. Le projet de loi fait fi de nos droits issus de traités.
Our plea, senators, is that, if you’re going to deal with Native
people, if you’re going to work with them to give them the
advantages of other Canadians, respect your agreements. They
are sacred agreements, signed with the Bible. You agreed then.
We ask you to uphold what your ancestors promised. We are
upholding what our ancestors said. We are peaceful. We don’t
interfere with settlers. We respect the law of the Crown. What has
happened to us? Our treaty rights are gradually being eroded.
That’s an untenable position to be put in for our Native people.
We’re asking you: Open the door. Do the treaty study. We believe
Mesdames et messieurs, nous vous demandons, si vous allez
vous entretenir avec les peuples autochtones, si vous voulez
travailler avec eux et leur accorder les avantages dont jouissent
d’autres Canadiens, il faut respecter les ententes. Il s’agit
d’ententes sacrées, le serment ayant été prêté sur la Bible. Vous
vous êtes engagés à l’époque. Nous vous demandons de tenir les
promesses de vos ancêtres, comme nous le faisons. Nous sommes
paisibles et nous ne gênons pas les colons. Nous respectons les lois
de la Couronne. Que nous est-il arrivé? Nous voyons nos droits
issus des traités qui se font gruger peu à peu. Notre position est
1-10-2014
Peuples autochtones
that, if you look at the treaty, you’ll come to see that, yes, we’re
civilized people who signed the treaty. These were people with
their own laws, rules and regulations. Why don’t we let that spirit
— genius — percolate up into today instead of saying, ‘‘Let’s turn
them into municipalities?’’ That notion has been rejected since
1969. Don’t bring it back.
8:159
insoutenable. Nous vous demandons de bien faire preuve de
bonne volonté et d’effectuer une étude sur le traité. Nous croyons
que si vous le lisez, vous en arriverez à la conclusion que nous
constituions un peuple civilisé lorsque nous l’avons signé. Nous
avions nos propres lois, règles et règlements. Pourquoi ne pas
laisser cet esprit, ce génie, se manifester aujourd’hui plutôt que de
proposer de transformer les réserves en municipalités? Cette idée
est rejetée depuis 1969. Ne la ressuscitez pas.
Do you have a comment, Dorine?
Souhaitez-vous dire quelque chose, Dorine?
Ms. Rabbit: Yes.
Mme Rabbit : Oui.
The Chair: It would have to be brief; I’m sorry.
Le président : Je suis désolé, mais il nous reste peu de temps.
Ms. Rabbit: Alberta Education wrote to us. We became a
government school. We got a school number. We got a school
code because we followed all of the requirements, but, now, we
got a letter saying that we’re having financial difficulties and that
we can’t start our Catholic school. That’s really sad.
Mme Rabbit : Le ministère de l’Éducation de l’Alberta nous a
envoyé une lettre. Nous sommes devenus une école publique et
nous avions un numéro à ce titre. Notre école a été reconnue
parce que nous avons répondu à toutes les exigences, mais
maintenant, nous venons de recevoir une lettre indiquant qu’en
raison de nos difficultés financières, nous ne pouvons pas ouvrir
notre école catholique. C’est bien triste.
The Chair: In concluding here, you’ve had difficulties getting
funding for the school with the provisions of the Indian Act that
you’re concerned about being removed, right?
Le président : En somme, vous avez éprouvé des difficultés à
obtenir les fonds nécessaires à l’école aux termes de la Loi sur les
Indiens et vous craignez que les dispositions pertinentes ne soient
supprimées, ai-je bien raison?
Ms. Rabbit: Yes.
Mme Rabbit : Oui.
The Chair: You’ve had difficulty.
Le président : Vous avez éprouvé des difficultés.
Ms. Rabbit: Yes.
Mme Rabbit : Oui.
The Chair: The present Indian Act, which has not yet been
changed because this bill has not yet been finalized, didn’t solve
your problems. If I understand, you’re saying that, if sections 117
to 121 are removed, it will make it even more difficult for you to
solve your problems.
Le président : La version actuelle de la Loi sur les Indiens, qui
n’a pas été modifiée puisque le projet de loi n’a pas encore été
adopté, ne vous a pas aidés. Vous dites bien que si les articles 117
à 121 sont abrogés, il deviendra encore plus difficile de régler
votre problème.
Ms. Rabbit: Yes.
Mme Rabbit : Oui.
The Chair: Is that a summary?
Le président : C’est bien ça?
Ms. Rabbit: It will take away.
Mme Rabbit : Oui, nous perdrons des droits.
Mr. Manyfingers: If I could just add one comment, Mr. Chair.
There’s a law that’s been around since 1876. There are regulations
that have been adopted by the Government of Canada, the
primary and secondary school regulations, which make no
reference to the law. We’re asking: Bring the law into the
policy. This government has said no. We’re asking: What’s wrong
with a religious, charitable institution operated by our own people
— not by Rome, but by us? What’s wrong with contracting the
education to us? That’s stopped by the bill.
M. Manyfingers : Si vous me permettez d’ajouter un élément,
monsieur le président. Nous avons une loi depuis 1876. Le
gouvernement du Canada a adopté un règlement qui vise les
écoles primaires et secondaires sans faire aucune référence à la loi.
Nous vous demandons d’appliquer la loi à la politique, mais le
gouvernement ne veut pas. Nous voulons savoir quel est le
problème si nous avons une école de confession, à vocation
caritative, gérée par notre peuple, et non par Rome. Pourquoi ne
pas nous confier l’éducation? Le projet de loi ne le permettra pas.
I’d like to thank you for your understanding. We don’t really
mean to come across as radical. My mother, Dr. Helen
Manyfingers, who received the Order of Canada in 2000,
cautioned us: ‘‘Work with them, seek the hearts and minds of
people.’’ We’re consistently trying to do that, but it has to be
reciprocated. Please try to understand that we have these treaties
that are in our Constitution. Let’s work with that.
Je vous remercie de nous avoir entendus. Nous ne voulons pas
passer pour des radicaux. Ma mère, Helen Manyfingers, qui a été
nommée au sein de l’Ordre du Canada en 2000, nous avait bien
mis en garde : « Travaillez avec eux, cherchez à rallier les esprits
et les cœurs des gens. » C’est ce que nous cherchons toujours à
faire, mais il faut que ce soit réciproque. Essayez de comprendre
que nous avons ces traités et la Constitution. Servons-nous-en
comme point de départ.
8:160
Aboriginal Peoples
The Chair: That’s a challenge you’ve left with us, sir. Thank
you very much. We appreciate your trouble in coming here and all
the information you’ve given to us.
With that, your concerns are noted, and they’re on the record.
Thank you.
Le président : Voilà le défi que vous nous confiez, monsieur.
Merci beaucoup. Nous vous remercions de vous être déplacés et
de nous avoir transmis tous ces renseignements.
Nous avons bien pris note de vos préoccupations. Merci.
Thank you, colleagues. This meeting is now adjourned.
Chers collègues, merci. La séance est levée.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Tuesday, September 30, 2014
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples, to
which was referred Bill C-428, An Act to amend the Indian Act
(publication of by-laws) and to provide for its replacement, met
this day at 9:35 a.m. to give consideration to the bill.
Senator Dennis Glen Patterson (Chair) in the chair.
[English]
1-10-2014
OTTAWA, le mardi 30 septembre 2014
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones,
auquel a été renvoyé le projet de loi C-428, Loi modifiant la
Loi sur les Indiens (publication des règlements administratifs) et
prévoyant le remplacement de cette loi, se réunit aujourd’hui, à
9 h 35, pour examiner le projet de loi.
Le sénateur Dennis Glen Patterson (président) occupe le
fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good morning, colleagues. I would like to welcome
all honourable senators and members of the public who are
watching this meeting of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples either here in this room or via CPAC on the
Web. I am Dennis Patterson from Nunavut.
Le président : Bonjour, chers collègues. J’aimerais souhaiter la
bienvenue à tous les honorables sénateurs ici présents, ainsi
qu’aux membres du public qui regardent cette séance du Comité
sénatorial permanent des peuples autochtones soit ici même, dans
cette pièce, soit par la CPAC, sur le Web. Je m’appelle
Dennis Patterson et je viens du Nunavut.
Our mandate is to examine legislation and matters relating to
the Aboriginal peoples of Canada generally. This morning, we
will continue our study of Bill C-428, An Act to amend the Indian
Act (publication of by-laws) and to provide for its replacement.
We will hear from four witnesses: the Assembly of First Nations,
Mr. Guy Lonechild, the Congress of Aboriginal Peoples and the
First Nations Tax Commission.
Notre mandat consiste à examiner les projets de loi et
les questions liées aux peuples autochtones du Canada en
général. Ce matin, nous allons poursuivre notre étude du projet
de loi C-428, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (publication des
règlements administratifs) et prévoyant le remplacement de cette
loi. Nous allons entendre quatre témoins : M. Guy Lonechild,
ainsi que les représentants de l’Assemblée des Premières Nations,
du Congrès des peuples autochtones et de la Commission de la
fiscalité des Premières Nations.
Before proceeding to the testimony, I would like to go around
the table and ask members of the committee to introduce
themselves.
Avant de passer aux témoignages, j’aimerais faire un tour de
table et demander aux membres du comité de se présenter.
Senator Moore: Good morning. I’m Wilfred Moore from
Nova Scotia.
Le sénateur Moore : Bonjour. Je m’appelle Wilfred Moore et je
viens de la Nouvelle-Écosse.
Senator Raine: Good morning. I’m Senator Nancy Greene
Raine from B.C.
La sénatrice Raine : Bonjour. Je suis la sénatrice Nancy Greene
Raine et je viens de la Colombie-Britannique.
Senator Watt: Charlie Watt from Nunavik.
Le sénateur Watt : Charlie Watt, Nunavik.
Senator Wallace: John Wallace from New Brunswick.
Le sénateur Wallace : John Wallace, Nouveau-Brunswick.
Senator Dyck: Lillian Dyck, senator for Saskatchewan.
La sénatrice Dyck : Lillian Dyck, sénatrice de la Saskatchewan.
Senator Beyak: Good morning. Lynn Beyak, senator for
Ontario.
La sénatrice Beyak : Bonjour. Lynn Beyak, sénatrice de
l’Ontario.
Senator Enverga: Tobias Enverga from Ontario.
Le sénateur Enverga : Tobias Enverga, Ontario.
Senator Tannas: Scott Tannas from Alberta.
Le sénateur Tannas : Scott Tannas, Alberta.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:161
The Chair: I know members of the committee will help me in
welcoming our first panel from the Assembly of First Nations,
represented by Stuart Wuttke, Legal Counsel; and Valerie Richer,
Associate Legal Counsel. With them at the table is Guy
Lonechild, currently President, Lonechild Associates, and
previously Chief of the Federation of Saskatchewan Indian
Nations.
Le président : Je sais que les membres du comité vont m’aider à
accueillir notre premier groupe de l’Assemblée des Premières
Nations, qui est représentée par Stuart Wuttke, conseiller
juridique, et Valerie Richer, conseillère juridique associée.
À leurs côtés se trouve Guy Lonechild, actuellement président
de Lonechild Associates et ancien chef de la Federation of
Saskatchewan Indian Nations.
Some of our witnesses today have brought speaking notes or
briefs in English only. Is it the wish of the committee to distribute
these?
Certains de nos témoins d’aujourd’hui ont apporté des notes
d’allocution ou des mémoires en anglais seulement. Les membres
du comité souhaitent-ils que nous les distribuions?
Some Hon. Senators: Agreed.
The Chair: Thank you. Witnesses, we look forward to your
presentations, to be followed by questions from senators.
Mr. Wuttke, please start off.
Des voix : D’accord.
Le président : Merci. Mesdames et messieurs les témoins, nous
avons hâte d’entendre vos exposés; ils seront suivis d’une période
de questions des sénateurs.
Maître Wuttke, je vous prie de commencer.
Stuart Wuttke, Legal Counsel, Assembly of First Nations: Good
morning. On behalf of the Assembly of First Nations, I would like
to thank the Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples
for inviting us here to speak about Bill C-428 and the proposed
amendments to the Indian Act. I would like to acknowledge that
we are on ceded Algonquin territory.
Stuart Wuttke, conseiller juridique, Assemblée des
Premières Nations : Bonjour. Au nom de l’Assemblée des
Premières Nations, j’aimerais remercier le Comité sénatorial
permanent des peuples autochtones de nous avoir invités à venir
nous exprimer au sujet du projet de loi C-428 et des modifications
qu’il apporte à la Loi sur les Indiens. Je tiens à souligner que nous
nous trouvons sur un territoire cédé par les Algonquins.
My name is Stuart Wuttke, general counsel for the Assembly of
First Nations. I am joined by my colleague and associate counsel,
Valerie Richer. The Federation of Saskatchewan Indian Nations
Chief and Saskatchewan AFN Regional Chief, Perry Bellegarde,
has asked that our remarks be delivered on his behalf also.
Je m’appelle Stuart Wuttke et je suis conseiller juridique
principal à l’Assemblée des Premières Nations. Je suis
accompagné de ma collègue et conseillère juridique associée,
Valerie Richer. Le chef de la Federation of Saskatchewan Indian
Nations, ainsi que le chef régional de l’APN, Perry Bellegarde, ont
demandé que nous présentions nos observations en leur nom
également.
We all know that the Indian Act remains an outdated colonial
statute. It was first enacted to disrupt and attack the indigenous
nations’ collective sovereignty and has since been used to
subjugate and oppress Frist Nations peoples under foreign
control. It has entrenched systemic barriers and discrimination
against First Nations, hindered economies and perpetuated
disadvantage since its inception. It is not surprising that
First Nations leaders have consistently called for the outright
appeal of the Indian Act.
Nous savons tous que la Loi sur les Indiens demeure une loi
coloniale dépassée. Elle a été promulguée en premier lieu pour
perturber et attaquer la souveraineté collective des nations
autochtones et est utilisée depuis pour subjuguer et opprimer les
peuples autochtones sous contrôle étranger. Elle a érigé en
système les obstacles et la discrimination contre les
Premières Nations, paralyse leurs économies et perpétue un
désavantage depuis sa création. Il n’est pas surprenant que les
dirigeants des Premières Nations réclament toujours et encore la
révocation pure et simple de la Loi sur les Indiens.
However, the process to move beyond the Indian Act must be
driven by First Nations people, not a private member’s bill. The
process must have full political and financial support of the
federal government over the long term. The AFN submits that
Bill C-428 does not reflect an appropriate process and that
tinkering with the Indian Act is not the answer. We need to look
fundamentally to transform the relationship with the Crown. A
private member’s bill is not the way out of the Indian Act but only
Cependant, cette démarche doit émaner des Premières Nations
elles-mêmes et non d’un projet de loi d’initiative parlementaire. Le
processus doit s’accompagner d’un appui financier et politique à
part entière du gouvernement fédéral à long terme. L’APN estime
que le projet de loi C-428 ne constitue pas la démarche appropriée
et que la solution ne consiste pas à rafistoler la Loi sur les Indiens.
Il faut chercher à transformer en profondeur notre relation avec la
Couronne. Un projet de loi d’initiative parlementaire ne peut pas
8:162
Aboriginal Peoples
1-10-2014
prolongs its application over the daily lives of indigenous peoples
in Canada. Furthermore, this private member’s bill will not
facilitate treaty implementation and does not support Canada to
implement its own Constitution.
suffire pour nous débarrasser de la Loi sur les Indiens, il ne fera
que prolonger son application sur la vie quotidienne des peuples
autochtones du Canada. De plus, ce projet de loi d’initiative
parlementaire ne facilitera pas la mise en œuvre des traités pas
plus qu’il ne favorisera le respect par le Canada de sa propre
Constitution.
First Nations are part of a larger indigenous nation with their
own lands, laws, customs, languages and histories. First Nations
are peoples within the context of international law. What
First Nations have called for is recognition of their forms of
government and the ability to exercise the inherent right to
self-determination based on their inherent jurisdictions. A third
order of government should be the collective goal of both First
Nations and Canada. This is the more appropriate subject that we
should be discussing now, not a private member’s bill.
Les Premières Nations font partie de la grande nation
autochtone et détiennent leurs propres terres, elles ont leurs lois,
leurs coutumes, leurs langues et leurs histoires. Les Premières
Nations sont des peuples dans le contexte du droit international.
Les Premières Nations réclament la reconnaissance de leurs
formes de gouvernement et de leur pouvoir d’exercer leur droit
inhérent à l’autodétermination sur leurs territoires inhérents. À la
fois, les Premières Nations et le Canada devraient aspirer
collectivement à l’établissement d’un troisième ordre de
gouvernement. C’est le sujet le plus approprié dont nous
devrions discuter aujourd’hui, plutôt que débattre d’un projet
de loi d’initiative parlementaire.
Full respect and implementation of Aboriginal and treaty
rights by the Government of Canada is essential in order to alter
the daily lived experiences of our people who reside on reserves in
urban centres in Canada. Since this private member’s bill was
proposed, First Nations have raised objections with regard to the
amendment, including the First Nations’ desire to move away
from a unilateral approach by the federal government.
Le respect entier ainsi que la mise en œuvre totale des droits
autochtones issus de traités par le gouvernement du Canada sont
essentiels pour changer les expériences de vie quotidiennes des
Autochtones qui résident dans les réserves situées dans les centres
urbains du Canada. Depuis le dépôt de ce projet de loi d’initiative
parlementaire, les Premières Nations s’opposent à la modification
proposée et expriment le désir de s’éloigner de l’approche
unilatérale du gouvernement fédéral.
The approach taken with the amendment is contrary to the
understanding. There has been no requirement for the Minister of
Aboriginal Affairs to consult with First Nations. First Nations’
calls for consultations have been repeatedly ignored, and there is
no mechanism or process moving forward that requires First
Nations’ involvement.
L’approche mise de l’avant dans cette modification est
contraire à cette compréhension des choses. Le ministre des
Affaires autochtones n’a pas été obligé de consulter les Premières
Nations. Les demandes des consultations des Premières Nations
sont constamment ignorées, et rien n’est mis de l’avant pour
exiger la participation des Premières Nations.
The preamble of Bill C-428 focuses on First Nation
communities that have demonstrated an interest in this work.
This suggests that First Nations who either have different
viewpoints or disagree would be left out or the changes would
be imposed on them.
Le préambule du projet de loi C-428 met l’accent sur les
Premières Nations qui manifestent un intérêt à cet égard. Cela
porte à croire que les Premières Nations qui ont des points de vue
différents ou qui sont contre seront laissées pour compte ou que
les changements leur seront imposés.
A process designated to change the Indian Act without
First Nation consultation will further harm the relationship
between First Nations and the Government of Canada. Any
work involving First Nations must include a process that respects
and upholds their inherent rights and treaties.
Toute démarche visant à modifier la Loi sur les Indiens sans
consultation des Premières Nations ne fera qu’envenimer la
relation entre les Premières Nations et le gouvernement du
Canada. Tout effort mené de concert avec les Premières Nations
doit s’appuyer sur un processus qui respecte les droits inhérents et
issus de traités.
I will briefly discuss areas of concern of the Assembly of
First Nations with respect to this bill.
Je vais maintenant exposer brièvement les inquiétudes de
l’Assemblée des Premières Nations à l’égard de ce projet de loi.
With respect to clause 2, the bill requires the minister to report
to the House of Commons committee responsible for Aboriginal
affairs on work undertaken to develop the new legislation to
replace the Indian Act. There are several concerns with this
clause.
À l’article 2, le projet de loi prescrit que le ministre présente au
comité de la Chambre des communes chargé d’étudier les
questions relatives aux affaires autochtones un rapport sur le
travail accompli en vue d’élaborer une nouvelle loi destinée à
remplacer la Loi sur les Indiens. Cet article pose plusieurs
problèmes.
1-10-2014
Peuples autochtones
8:163
The first is that the real focus, as we all know, should be on
making progress as a real first order of business rather than
simply focusing on developing a report.
Premièrement, il faudrait, comme nous le savons tous, faire des
progrès visés une véritable priorité plutôt que de mettre l’accent
sur l’élaboration d’un rapport.
The second is a concern that these annual reports are from the
minister’s viewpoint and will exclude assessments from First
Nations. Clause 2 puts full control in the hands of the minister in
terms of reporting on the collaboration with First Nations and
other interested parties. As we have seen from the last report
where the minister was asked to work in collaboration with First
Nations in reports to Parliament, that being on the repeal of
section 67 of the Canadian Human Rights Act, the process was
flawed. The government allowed neither the time nor the
resources to jointly report on the repeal of section 67 of the
Canadian Human Rights Act even though this collaboration was
required by legislation.
Deuxièmement, ces rapports annuels présentent le point de vue
du ministre, ils ne tiendront pas compte des évaluations des
Premières Nations. L’article 2 met tout le pouvoir entre les mains
du ministre pour ce qui est de présenter des rapports sur la
collaboration avec les Premières Nations et les autres parties
intéressées. Comme nous l’avons vu pour le dernier rapport du
ministre, à qui on avait demandé de travailler en collaboration
avec les Premières Nations pour préparer ses rapports au
Parlement au sujet de la révocation de l’article 67 de la
Loi canadienne sur les droits de la personne, cette façon de
faire comporte beaucoup de lacunes. Le gouvernement n’a prévu
ni le temps ni les ressources nécessaires pour l’élaboration d’un
rapport conjoint sur l’abrogation de l’article 67 de la Loi
canadienne sur les droits de la personne, même si cette
collaboration était obligatoire selon la loi.
Third, the process does not recognize Aboriginal and treaty
rights and is not consistent with the Crown’s duty to consult, nor
does it represent the principle and practice of free, prior and
informed consent as reinforced in the UN Declaration on the
Rights of Indigenous People, which the Government of Canada
endorsed in 2010.
Troisièmement, cette façon de faire ne reconnaît pas les droits
autochtones issus de traités et contrevient au devoir de la
Couronne de consulter. Elle ne respecte pas non plus le principe
et la pratique du consentement libre, éclairé et préalable renforcé
par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones, que le gouvernement du Canada a endossée en 2010.
Clause 6 deals with special reserves. Lands set apart as special
reserves but where legal title has not been vested in Her Majesty
will no longer be treated as though they were a reserve after this
act comes into force. This is a complicated area of law, and
tinkering with this section could have unintended consequences.
More time to understand the impact and repercussions of this
change needs to be given.
L’article 6 porte sur les réserves spéciales. Les terres mises de
côté pour constituer des réserves spéciales mais dont Sa Majesté
n’est pas propriétaire ne seront plus considérées comme des
réserves après l’entrée en vigueur de cette loi. C’est une question
de droit complexe, et la manipulation de cet article pourrait avoir
des conséquences involontaires. Il faudrait plus de temps pour
bien comprendre les répercussions de cette modification.
Clause 7 declares that bylaws no longer have to be forwarded
to the minister for approval. This will create challenges if not
considered as part of a more comprehensive approach to nation
building. Our focus should be around the development of
First Nation constitutions, including their law-making power
and what areas of jurisdiction First Nations want or need. Bylawmaking powers should be part of this broader approach.
L’article 7 dicte que les règlements administratifs n’ont plus
besoin d’être acheminés au ministre pour approbation. Ce sera
tout un défi si cela ne fait pas partie d’une stratégie intégrale
d’édification de la nation. Nous devrions nous concentrer à
élaborer les constitutions des Premières Nations, à établir leurs
pouvoirs législatifs et tenter de définir de quelles compétences les
Premières Nations ont besoin ou lesquelles elles veulent. Les
pouvoirs de prendre des règlements administratifs devraient faire
partie d’un tout.
Second, if the proposals move forward, the bylaws
contemplated under Bill C-428 are the current list of bylaws
under section 81(1) of the Indian Act. These bylaw authorities are
trivial and limited in scope and content and cover such things as
regulation of traffic, destruction of noxious weeds and regulation
of beekeeping, among others. It is not surprising that bylaws
relating to the taxation, licensing of businesses, raising money and
expending monies under section 83 of the Indian Act still require
the oversight and approval of the minister.
Ensuite, si ces propositions sont adoptées, les règlements
administratifs visés par le projet de loi C-428 sont ceux qui
figurent à la liste des règlements administratifs qu’on retrouve au
paragraphe 81(1) de la Loi sur les Indiens. Ces pouvoirs de
prendre des règlements administratifs sont factices et limités en
portée et contenu, puisqu’ils ne peuvent porter que sur des choses
comme la réglementation de la circulation, la destruction des
herbes nuisibles et la réglementation de l’apiculture. Il n’est pas
surprenant que les règlements administratifs sur la taxation,
l’octroi de permis aux entreprises, les levées de fonds et les
dépenses aux termes de l’article 83 de la Loi sur les Indiens
nécessitent toujours la supervision et l’approbation du ministre.
8:164
Aboriginal Peoples
1-10-2014
By contrast, the City of Toronto and all of its predecessor
municipalities have enacted more than 198,000 bylaws, according
to the information on their website. These cover enumerated
matters such as public utilities, culture, heritage, economic
development and business licensing. In addition, municipalities
across Canada have the power to expropriate lands, establish
police services and administer provincial offences, among other
duties. Arguably, municipalities have more law-making authority
than First Nations. However, unlike municipal governments,
First Nations peoples are peoples with a right to selfdetermination and self-government. The proposed legislation
does not move very far from the current paternalistic constraints
of the Indian Act. First Nations require a more complete and
broad range of law-making powers that enable full autonomy and
jurisdiction over their internal affairs.
Par comparaison, la Ville de Toronto et toutes les municipalités
qui l’ont précédée ont pris plus de 198 000 règlements
administratifs, selon l’information qu’on trouve sur son site
web. Ceux-ci portent sur des questions comme les services publics,
la culture, le patrimoine, le développement économique et l’octroi
de permis aux entreprises. De plus, les municipalités canadiennes
ont le pouvoir d’exproprier des gens de leur terre, d’établir des
services de police et d’administrer des infractions provinciales,
entre autres. On peut donc en déduire que les municipalités ont
plus de pouvoirs législatifs que les Premières Nations. Cependant,
contrairement aux administrations municipales, les peuples des
Premières Nations jouissent d’un pouvoir d’autodétermination et
d’autonomie gouvernementale. Ce projet de loi ne s’éloigne pas
beaucoup des contraintes paternalistes actuelles de la Loi sur les
Indiens. Les Premières Nations ont besoin de pouvoirs législatifs
plus complets et plus vastes afin d’atteindre la pleine autonomie et
la pleine compétence relativement à leurs affaires internes.
Clause 9 has a requirement setting out that the bylaw must be
published on the Internet site, in the First Nations Gazette or in a
newspaper and must remain accessible on the Internet for the
period it is in force. This will require additional resources for First
Nation communities. That clause sets out more stringent
requirements for council bylaws than other levels of government.
L’article 9 dicte que tout règlement administratif adopté doit
être publié sur le site Internet de la Gazette des premières nations
ou dans un journal et qu’il doit demeurer accessible sur un tel site
jusqu’à ce qu’il cesse d’être en vigueur. Les collectivités des
Premières Nations auront besoin de ressources supplémentaires
pour cela. Cet article impose des exigences plus strictes aux
conseils qui adoptent ces règlements administratifs qu’aux autres
ordres de gouvernement.
Clauses 10 and 11 give authority to band councils to enforce
offences against breaches of their bylaws in section 81(1) and
further impose fines for breach of bylaws. Once again, the bylaws
in the enumerated list under section 81(1) are limited in scope and
content. It is disconcerting that one of the few new powers of the
band council involves the ability to fine their members.
Les articles 10 et 11 confèrent aux conseils de bande le pouvoir
de faire appliquer leurs règlements administratifs et de constater
des infractions par application du paragraphe 81(1) puis
d’imposer des amendes en conséquence. Encore une fois, les
règlements administratifs visés sont ceux qui figurent à la liste du
paragraphe 81(1), dont la portée et le contenu sont limités. Il est
déconcertant que l’un des rares nouveaux pouvoirs conférés au
conseil de bande lui permette d’imposer des amendes à ses
membres.
Clause 14 repeals the section that allows the minister to enter
into agreements with religious or charitable organizations for
education of Indian children. This is a concern for those First
Nations who choose to operate religious schools and should be
amended so as not to limit their operations.
L’article 14 abroge l’article de la loi qui permet au ministre de
conclure des accords avec des institutions religieuses ou de charité
pour l’instruction des enfants indiens. C’est problématique pour
les Premières Nations qui choisissent d’avoir des écoles
religieuses; cet article devrait être modifié pour ne pas limiter
leurs activités.
Second, all the provisions related to education are constructed
to maintain the Minister of Aboriginal Affairs’ continued control
and authority over First Nation education. The federal
government’s control over education in First Nation
communities has been a dismal failure and has led to poor
outcomes for generations of First Nations peoples and children.
Ensuite, toutes les dispositions liées à l’éducation sont conçues
pour préserver le pouvoir du ministre des Affaires autochtones en
matière d’éducation des Premières Nations. Le pouvoir du
gouvernement fédéral en la matière est un échec lamentable et a
généré de piètres résultats pour des générations d’enfants et
d’adultes autochtones.
Furthermore, the residential school experience has affected
generations of First Nations people and is a contributing factor to
the continued marginalization of First Nations people throughout
Canada.
De plus, l’expérience des pensionnats a marqué des générations
d’Autochtones et demeure un facteur contribuant à la
marginalisation continue des Autochtones partout au Canada.
Finally, the federal government currently underfunds many
First Nation communities for education programs. What is
required is a legislative framework that recognizes and
Enfin, le gouvernement fédéral sous-finance les programmes
d’éducation de beaucoup de collectivités des Premières Nations.
Nous aurions besoin d’un cadre législatif qui reconnaisse et
1-10-2014
Peuples autochtones
8:165
implements First Nation control over education with the
appropriate funding as agreed by First Nations people. This
must be developed with full participation and the free and prior
informed consent of First Nations communities and must be
consistent with the implementation of the treaty right to
education.
établisse la compétence des Premières Nations en matière
d’éducation et l’assortisse du financement jugé nécessaire par les
Premières Nations elles-mêmes. Cette structure doit être conçue
avec la participation pleine et entière et le consentement libre,
préalable et éclairé des collectivités des Premières Nations,
conformément à l’application du droit à l’éducation garanti par
les traités.
In conclusion, I would like to summarize by pointing out that
creating meaningful change means that we should once and for all
put in place a process by which First Nations are engaged in a
meaningful way. This current bill with further sweeping changes
to the Indian Act should be focused first and foremost on the
process of achieving input and consulting First Nations.
En conclusion, j’aimerais réitérer que pour susciter un
changement véritable, il faudrait une bonne fois pour toutes
prévoir une démarche qui mettrait vraiment les Premières Nations
à contribution. Le projet de loi à l’étude comme toute autre
grande modification de la Loi sur les Indiens devraient mettre
l’accent d’abord et avant tout sur la marche à suivre pour
consulter les Premières Nations et les faire participer.
The process of creating a private member’s bill does not
include adequate resources for consultation and accommodation
of First Nations people. If the government were serious about
making amendments to the Indian Act, they should not be
introduced as a private member’s bill. They would ensure that
there are enough resources for extensive consultations with
First Nations people on- and off-reserve.
La simple création d’un projet de loi d’initiative parlementaire
ne s’accompagne pas de ressources suffisantes pour consulter les
Premières Nations et répondre à leurs besoins. Si le gouvernement
souhaitait sérieusement modifier la Loi sur les Indiens, il ne nous
présenterait pas de changements sous la forme d’un projet de loi
d’initiative parlementaire. Il veillerait à ce qu’il y ait suffisamment
de ressources pour consulter abondamment les Autochtones
vivant dans les réserves ou à l’extérieur.
This legislative change could chart a clear path to a
collaborative process. Without such a process in place, we are
charting down the same path we have always been on. As
indigenous peoples, we have the inherent right to selfdetermination with the ability to enter into treaty relationships
with the Crown and other indigenous nations. Under the inherent
right to self-determination, we have the ability to create our own
laws under our own jurisdiction. We don’t need bylaws under the
Indian Act; we need our own laws to be respected and recognized.
Un tel changement législatif pourrait clairement paver la voie à
un processus collaboratif, faute de quoi nous suivrons toujours le
même chemin. En tant que peuples autochtones, nous jouissons
d’un droit inhérent à l’autodétermination qui nous permet
d’établir des relations de traités avec la Couronne et d’autres
peuples autochtones. Notre droit inhérent à l’autodétermination
nous permet de créer nos propres lois et qu’elles relèvent de nous.
Nous n’avons pas besoin de règlements administratifs pris en
vertu de la Loi sur les Indiens; nous avons besoin que nos propres
lois soient respectées et reconnues.
If there is a genuine desire to see First Nations become
healthier and more self-sufficient and to see a modern relationship
between First Nations and the Crown develop, then this is not the
vehicle to do that. If it were, then meaningful consultation would
have been ensured fully and financed, with long-term, sustainable
processes for the implementation, fully supported by cabinet and
the Prime Minister’s Office.
S’il y a une véritable volonté d’améliorer la santé et
l’autosuffisance des Premières Nations et de moderniser la
relation entre les Premières Nations et la Couronne, alors ce
moyen n’est pas le bon. Si cette volonté était là, il y aurait eu de
véritables consultations totalement financées, ainsi qu’un
processus durable, à long terme pour la mise en œuvre du
projet de loi, avec l’appui total du Conseil des ministres et du
Cabinet du Premier ministre.
We need to focus on developing real and sustainable solutions
that will make sense, building on our success and what we have
learned over the last 40 years from the First Nations already
governing outside the Indian Act. We need to ensure that the
process by which we do this is driven by First Nations for the
fulfillment of treaty and inherent rights. Thank you.
Nous devons concentrer nos énergies sur l’élaboration de
solutions réelles et durables qui nous sembleront sensées et
miseront sur les succès et les apprentissages que nous pouvons
tirer depuis 40 ans de l’expérience des Premières Nations qui se
gouvernent déjà en dehors du régime de la Loi sur les Indiens. Il
faut veiller à ce que la démarche pour y arriver soit dirigée par les
Premières Nations afin d’assurer le plein respect des droits
inhérents et issus de traités. Merci.
The Chair: Thank you very much, Mr. Wuttke. We will turn to
Mr. Guy Lonechild before we go to questions from senators.
Le président : Merci beaucoup, maître Wuttke. Nous allons
maintenant donner la parole à M. Guy Lonechild avant de laisser
les sénateurs vous poser des questions.
8:166
Aboriginal Peoples
1-10-2014
Guy Lonechild, as an individual: Thank you very much,
Mr. Chair. My name is Golden Eagle, former Grand Chief and
Vice Chief of the Federation of Saskatchewan’s Indian Nations
from 1999 until 2011. I wish to acknowledge the territory of the
Algonquin Nation.
Guy Lonechild, à titre personnel : Merci infiniment, monsieur
le président. Je m’appelle Golden Eagle, ancien grand chef et
vice-chef de la Federation of Saskatchewan’s Indian Nations de
1999 à 2011. Je tiens à souligner que nous nous trouvons sur le
territoire de la nation algonquine.
Honourable senators, legislative clerk, witnesses and members
of the public, I am here to speak to Bill C-428, An Act to amend
the Indian Act (publication of by-laws) and to provide for its
replacement.
Honorables sénateurs, madame la greffière, mesdames et
messieurs les témoins et les membres du public, je suis ici pour
m’exprimer sur le projet de loi C-428, Loi modifiant la Loi sur les
Indiens (publication des règlements administratifs) et prévoyant le
remplacement de cette loi.
I am reminded of the words of the past leaders such as
Elder Gordon Oaks, Chief Denton George and Chief Richard
Poorman that our treaties with the Crown remain paramount in
all our action with government.
Je me rappelle des mots d’anciens dirigeants comme Elder
Gordon Oaks, le chef Denton George et le chef Richard
Poorman, qui ont déclaré que nos traités avec la Couronne
demeurent au cœur de toutes nos interactions avec le
gouvernement.
In my previous presentation to the House of Commons
committee on April 18, 2013, I had asked that the federal
government examine avenues to properly discharge its
responsibility for comprehensive consultation with First Nations
as required by international and domestic law. I wish to raise this
point because it involves identifying the cause and effect of our
current relationship with Canada.
Dans le témoignage que j’ai prononcé devant le comité de la
Chambre des communes le 18 avril 2013, j’ai demandé au
gouvernement fédéral d’examiner des possibilités afin de
s’acquitter convenablement de sa responsabilité de consultation
exhaustive des Premières Nations, conformément aux exigences
prescrites par le droit international et national. Je le mentionne
parce qu’il convient de déterminer la cause et l’effet de notre
relation actuelle avec le Canada.
I agree with Mr. Paul Chartrand, for example, former law
professor who served on the Royal Commission on Aboriginal
Peoples, who suggested that consultation should be held to a
higher standard, along with those standards that may be
consistent with the United Nations Declaration on the Rights
of Indigenous Peoples concerning free, prior and informed
consent. A piecemeal approach, such as the repeal of section 92
of the act, for example, relieves only some of the barriers to
agricultural trade with First Nations people in Alberta,
Saskatchewan and Manitoba.
Je suis d’accord avec M. Paul Chartrand, par exemple, ancien
professeur de droit qui a siégé à la Commission royale sur les
peuples autochtones, qui soutenait que la norme de consultation
devrait être beaucoup plus élevée et respecter les dispositions de la
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones concernant le consentement libre, préalable et
éclairé. Les petites solutions à la pièce, comme l’abrogation de
l’article 92 de la loi, par exemple, ne permettent d’aplanir que
quelques-unes des barrières au commerce agricole avec les peuples
des Premières Nations en Alberta, en Saskatchewan et au
Manitoba.
The devastating effect it has had on local economies has
resulted in a continued lack of trust and faith in the federal
government to do right by discouraging trade with Indians for
profit and on a nation-to-nation basis concerning the law-making
ability of First Nations, such as we have seen in the Frank case. I
wish to point out that it has resulted in the underdevelopment of
reserve-based economies so acute that we are several decades
behind, consistent with other developing economies around the
world.
L’effet dévastateur que cette mesure a laissé sur les économies
locales n’a fait que perpétuer le manque de confiance envers la
bonne volonté du gouvernement fédéral; le pouvoir législatif des
Premières Nations décourage le commerce avec les Autochtones
dans un but de profit de nation à nation, comme nous l’avons vu
dans l’affaire Frank. Je tiens à souligner qu’en conséquence, le
sous-développement des économies dans les réserves est tel que
nous avons plusieurs décennies de retard, si bien que notre
situation se compare à celle d’autres économies en développement
dans le monde.
If this section is repealed, the answer to what will replace it
must lie in a statement made by Senator Ngo: Thus changes must
be made to the Indian Act in order to start a process of
consultation, a constructive dialogue, to repeal the Indian Act,
and to replace it with a modern set of laws that reflect today’s
values and also respects our past.
Si cet article est abrogé, la réponse à ce qui va le remplacer doit
se trouver dans cette déclaration du sénateur Ngo : « Ainsi, on
doit apporter des modifications à la Loi sur les Indiens, afin
d’entamer un processus de consultation et un dialogue constructif,
d’abroger la loi et de la remplacer par un ensemble de lois qui
reflètent les valeurs actuelles, tout en respectant le passé. »
I would like to welcome any attempts to reconcile economic
hardships with new and modernized economic development
programming. Far too often First Nations had to rely on the
Je suis prêt à accueillir toute tentative de concilier les difficultés
économiques actuelles avec un programme de développement
économique moderne. Bien trop souvent, les Premières Nations
1-10-2014
Peuples autochtones
8:167
Canadian court systems to drag the federal government to court
dealing with lands and resources. Past members of this Senate
committee and others around the country acknowledge that our
economic and employment participation are nothing to be proud
of and sometimes fall short on details on just how to fix this
problem. One avenue I would advise the Government of Canada
to take is to invest in new economic development programs for
First Nations. It is estimated that resource extraction companies
have helped to create over $5 billion in wealth building and assets
for First Nations development corporations in Canada.
doivent recourir aux tribunaux canadiens pour obliger le
gouvernement fédéral à obtenir un règlement sur les terres et les
ressources. D’anciens membres de ce comité sénatorial et d’autres
personnes au pays reconnaissent que notre participation à
l’économie et à l’emploi n’a pas de quoi nous rendre fiers, mais
qu’on oublie parfois de se demander vraiment comment régler ce
problème. Je recommanderais au gouvernement du Canada
d’envisager d’investir dans de nouveaux programmes de
développement économique pour les Premières Nations. On
estime que les sociétés d’extraction minière ont contribué à créer
plus de 5 milliards de dollars en richesse et en actifs pour les
sociétés de développement des Premières Nations au Canada.
As a Master of Business Administration candidate from Cape
Breton University’s Community Economic Development
program and adviser to the Macdonald-Laurier Institute, I can
provide many examples of how better governance through
wealth-building initiatives for First Nations are changing the
relationship between First Nations communities and the
surrounding communities. More important, it is about how
creating wealth-building initiatives changes outlooks among First
Nations communities themselves. As a point of interest, I wish to
further encourage new resource revenue-sharing models and to
expand opt-in legislation approaches to other willing partners in
Canada. This could include examining treaty implementation, as
well as First Nations, provincial and municipal governments
currently involved in revenue-sharing models.
En tant que candidat à la maîtrise en administration des
affaires dans le programme de développement économique des
collectivités de l’Université du Cap-Breton et que conseiller de
l’Institut Macdonald-Laurier, je peux vous donner de nombreux
exemples où l’amélioration de la gouvernance grâce à des
initiatives de création de richesse pour les Premières Nations
change la relation qu’entretiennent les collectivités autochtones
avec les collectivités avoisinantes. En fait, les initiatives de
création de richesse ont pour effet encore plus important de
changer la perspective dans les collectivités autochtones ellesmêmes. D’ailleurs, j’aimerais vous encourager à favoriser les
nouveaux modèles de partage des revenus tirés des ressources et
les cadres législatifs à consentement actif pour établir des
partenariats avec d’autres parties qui le souhaitent au Canada.
On pourrait ainsi examiner notamment la mise en œuvre des
traités et la participation des administrations autochtones,
provinciales et municipales aux modèles de partage des revenus.
As a former student, I understand first-hand the harms caused
by residential schools. Upon first entering residential school at the
age of seven, I so wished that I had never been left on those steps,
only to fall victim to both physical and sexual abuse. The solution
to dealing with low graduation rates and, therefore, education
and employment outcomes, has always been Indian control of
Indian education. With the perseverance of people like Donald
McArthur, our first chair of the board of directors, we have been
able to graduate hundreds from the White Bear Education
Complex. One solution important to re-establishing trust through
amendments to the Indian Act or companion documents must be
to increase funding levels equal to if not greater than provincial or
French school standards.
En tant qu’ancien élève, je comprends parfaitement les torts
causés par les pensionnats. Lorsque je suis arrivé au pensionnat à
l’âge de sept ans, j’aurais tellement souhaité ne jamais avoir été
laissé sur ces marches seulement pour y être victime d’abus
physiques et sexuels. Par conséquent, la solution aux faibles taux
de diplomation et donc d’instruction et d’emploi, a toujours été de
redonner aux Autochtones le pouvoir sur leur propre éducation.
Grâce à la persévérance de personnes comme Donald McArthur,
notre premier président du conseil d’administration, nous avons
réussi à diplômer des centaines de personnes au White Bear
Education Complex. L’une des solutions importantes pour
rétablir la confiance par des modifications à la Loi sur les
Indiens ou aux documents qui l’accompagnent serait d’accroître
les niveaux de financement de façon à les rendre au moins
équivalents à ceux des écoles provinciales ou francophones.
Finally, I would urge that if this bill is providing the mandate
to the Minister of Aboriginal Affairs to do an annual reporting on
progress made that it be with the guidance and strategy developed
by First Nations for First Nations. Strengthening Canada’s
commitment to upholding the treaties’ Aboriginal rights and title
Enfin, si ce projet de loi confère au ministre des Affaires
autochtones le mandat de préparer un rapport annuel sur les
progrès réalisés, celui-ci doit se fonder sur les recommandations et
la stratégie conçues par les Premières Nations pour les Premières
Nations. Il est de notre responsabilité commune de renforcer
8:168
Aboriginal Peoples
1-10-2014
consistent with section 35 of Canada’s Constitution is our
responsibility together. We owe this to those affected by
residential schools, women and children who experience racism
or worse — murdered or gone missing.
l’engagement du Canada à respecter les droits et les titres
autochtones issus de traités, conformément à l’article 35 de la
Loi constitutionnelle du Canada. Nous le devons à tous ceux qui
souffrent de l’expérience des pensionnats autochtones, aux
femmes et aux enfants victimes de racisme ou pire encore, aux
personnes assassinées ou disparues.
I wish to thank you very much for your time and consideration
of my testimony as a witness to these proceedings.
Je tiens à vous remercier infiniment de votre temps et de
l’attention que vous portez à mon témoignage dans le cadre de ces
délibérations.
The Chair: Thanks very much to both witnesses. We will turn
to questions from senators.
Le président : Je remercie infiniment nos deux témoins. Je vais
maintenant inviter les sénateurs à vous poser des questions.
Senator Dyck: I am the deputy chair of the committee and the
critic on the bill.
La sénatrice Dyck : Je suis vice-présidente du comité et porteparole de l’opposition sur le projet de loi.
I’ll start with a question on consultation. Both of you have said
that you don’t believe there was sufficient consultation. The
private member has said that he didn’t have the resources to carry
out true consultation. I would like you to comment on whether
you think that is an adequate reason not to carry out
consultation. Given that there’s a legal requirement, is that a
sufficient answer?
Je vais commencer par une question sur la consultation. Vous
avez tous deux dit que vous jugiez les consultations insuffisantes à
l’heure actuelle. Le député a dit qu’il ne disposait pas des
ressources nécessaires pour mener de véritables consultations.
J’aimerais vous entendre me dire s’il y a, d’après vous, une bonne
raison de ne pas mener de consultations. Comme c’est une
exigence de la loi, cette réponse vous suffit-elle?
Valerie Richer, Associate Legal Counsel, Assembly of First
Nations: I’d like to answer that question, if I may. I don’t think
it’s a sufficient answer. Recognizing that this is a private
member’s bill, I also don’t think that the initiatives Rob Clarke
carried out met the duty to consult with First Nations as well. I
wouldn’t say that was sufficient at all.
Valerie Richer, conseillère juridique associée, Assemblée des
Premières Nations : J’aimerais répondre à cette question, si vous
me le permettez. Cette réponse ne me semble pas suffisante.
Compte tenu qu’il s’agit d’un projet de loi d’initiative
parlementaire, je ne crois pas non plus que les mesures prises
par Rob Clarke répondent à l’obligation de consulter les
Premières Nations. Je dirais que ce n’est absolument pas suffisant.
Mr. Lonechild: Quite frankly, I would echo the comments of
the Assembly of First Nations on that. A fairly high standard of
consultation is required when it comes to any changes to the
relationship between First Nations people and Canada.
M. Lonechild : Bien honnêtement, je dois faire écho aux
observations de l’Assemblée des Premières Nations à ce sujet.
La norme de consultation est très élevée lorsque vient le temps de
modifier la relation entre les peuples des Premières Nations et le
Canada.
Senator Dyck: As a follow-up to that question, we often see in
other bills, usually government bills, a non-derogation clause,
such that nothing in this bill will abrogate or derogate from
existing Aboriginal or treaty rights. That type of clause is not
present in this bill. Do you think it should be?
La sénatrice Dyck : Dans la même optique, on voit souvent
dans d’autres projets de loi, habituellement des projets de loi du
gouvernement, un article de non-dérogation qui dicte qu’aucune
disposition du projet de loi n’abroge ou ne déroge des droits
autochtones issus de traités existants. Ce type de disposition ne se
trouve pas ici. Devrait-il y en avoir une?
Mr. Wuttke: It’s an interesting question. It wouldn’t hurt if a
non-derogation clause was in the bill, but we also know that the
rights of First Nations are enshrined in the Constitution.
Therefore, no legislation should be able to diminish or affect or
abrogate any of those Aboriginal treaty rights.
Me Wuttke : C’est une question intéressante. Cela ne ferait pas
de tort d’en inclure une ici, mais nous savons aussi que les droits
des Premières Nations sont inscrits dans la Constitution. Par
conséquent, aucune loi ne devrait pouvoir diminuer ou annuler
ces droits autochtones issus de traités.
Senator Dyck: Do you concur, Mr. Lonechild?
La sénatrice Dyck : Êtes-vous d’accord, monsieur Lonechild?
Mr. Lonechild: Yes.
M. Lonechild : Oui.
Senator Dyck: To the AFN, in your presentation you talked
about reporting and collaboration. You mentioned the repeal of
section 67 of the Canadian Human Rights Act. I remember seeing
the bill, but I don’t remember much about what was said in the
bill about reporting; and you’re saying it was flawed. Could you
say a little more about that and how that process compares to
La sénatrice Dyck : Aux représentants de l’APN : dans votre
exposé, vous avez parlé de l’élaboration de rapports et de
collaboration. Vous avez mentionné l’abrogation de l’article 67
de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Je me rappelle
avoir vu ce projet de loi, mais je ne me rappelle pas tellement ce
qu’il y est écrit sur les rapports : vous avez dit qu’il y avait des
1-10-2014
Peuples autochtones
8:169
what’s in the private member’s bill? With regard to the Canadian
Human Rights Act, did the bill have a more extensive clause that
talked about the process? Was it more complicated than what’s in
the private member’s bill, which simply says that they must report
annually?
lacunes. Pouvez-vous nous en parler un peu plus et nous dire
comment ce processus se compare à ce qu’on trouve dans le projet
de loi d’initiative parlementaire à l’étude? Dans le contexte de la
Loi canadienne sur les droits de la personne, le projet de loi
contenait-il une disposition plus détaillée sur le processus? Étaitelle plus complexe que ce qu’on trouve dans ce projet de loi
d’initiative parlementaire, qui dicte simplement qu’ils doivent
présenter un rapport chaque année?
Ms. Richer: I’ll start to answer that question and then let
Mr. Wuttke finish it for me. To give some background
information, under an act to amend the Canadian Human
Rights Act, there was a requirement, I believe in section 2, that
called on the Minister of Aboriginal Affairs to carry out a
comprehensive five-year report on the repeal of section 67. By
comparison, in this bill there isn’t a call for that collaboration but
there is a call for the minister to report. I believe that’s all it says.
There is no requirement for a collaborative approach, as there
was in the act to amend the Canadian Human Rights Act.
Me Richer : Je vais commencer, après quoi je vais laisser
Me Wuttke poursuivre. Pour vous mettre un peu en contexte, la
loi modifiant la Loi canadienne sur les droits de la personne
contenait une obligation, je crois que c’était à l’article 2, selon
laquelle le ministre des Affaires autochtones élabore un rapport
quinquennal détaillé sur l’abrogation de l’article 67. En
comparaison, aucune collaboration du genre n’est réclamée
dans ce projet de loi, qui dicte par contre que le ministre dépose
un rapport. Je pense que c’est tout ce qu’il dicte. Il n’y a aucune
obligation de collaboration, comme on en trouvait dans la loi
modifiant la Loi canadienne sur les droits de la personne.
That five-year comprehensive report was, I believe, to be
carried out in the year 2013 and was required in Parliament
June 2014.
Si je ne me trompe pas, ce rapport quinquennal détaillé devait
être préparé en 2013 et présenté au Parlement en juin 2014.
Mr. Wuttke: The only thing I would add is to say that part of
our concerns with the reporting requirement is that the
Department of Aboriginal Affairs tends to have a very narrow
scope of what they like to report on. The preamble of this
proposed legislation talks about willing communities, and the
government is always talking about shared priorities, but
problems with the legislation or opposition to the Indian Act
and even opposition to the inherent rights policy may not be fully
shared in a meaningful way to Parliament with the First Nations
views. The reporting may contain only the narrow, dogmatic view
of the Department of Aboriginal Affairs.
Me Wuttke : J’ajouterai seulement que ce qui nous dérange de
l’obligation de rapport actuelle, c’est que le ministère des Affaires
autochtones a tendance à limiter beaucoup la portée de ses
rapports. Il est question, dans le préambule de ce projet de loi, des
collectivités prêtes à collaborer, et le gouvernement parle toujours
de priorités communes, mais les problèmes que présente la loi,
l’opposition à la Loi sur les Indiens ou même l’opposition à la
politique sur les droits inhérents pourraient très bien ne pas être
pleinement présentés au Parlement, du point de vue des Premières
Nations. Ce rapport risque de ne présenter que le point de vue
étroit et dogmatique du ministère des Affaires autochtones.
Senator Dyck: Just so that I’m clear, I think you were saying
that the way the bill is worded in clause 2 and the preamble, it
does not require the minister to sit down and collaborate. There’s
nothing there that says the minister has to sit down and
collaborate with First Nations. Really, it’s a matter of
reporting, and you’re a bit concerned that the reporting may be
somewhat one-sided. It’s sort of shared concerns by the
First Nation that wouldn’t necessarily get into the report. Is
that what you said?
La sénatrice Dyck : Pour être certaine de bien comprendre,
vous semblez me dire que selon le libellé de l’article 2 et du
préambule du projet de loi, le ministre ne serait pas obligé de
prendre le temps de collaborer. Il n’y a rie