First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12-13

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12-13
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12-13
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012-2013
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
ABORIGINAL PEOPLES
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable VERNON WHITE
Président :
L’honorable VERNON WHITE
Tuesday, April 30, 2013
Wednesday, May 1, 2013 (in camera)
Le mardi 30 avril 2013
Le mercredi 1er mai 2013 (à huis clos)
Issue No. 36
Fascicule no 36
Thirty-seventh meeting on:
Trente-septième réunion concernant :
The federal government’s constitutional,
treaty, political and legal responsibilities
to First Nations, Inuit and Metis peoples
and other matters generally relating
to the Aboriginal Peoples of Canada
Les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l’égard
des Premières nations, des Inuits et des Métis
et d’autres questions générales relatives
aux peuples autochtones du Canada
and
et
Twenty-eighth meeting on:
Vingt-huitième réunion concernant :
Legal and political recognition
of Métis identity in Canada
La reconnaissance juridique et politique
de l’identité des Métis au Canada
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
50110-50117con
STANDING SENATE COMMITTEE ON
ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Vernon White, Chair
Président : L’honorable Vernon White
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Beyak
* Cowan
(or Tardif)
Demers
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Tannas
Watt
Beyak
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Tannas
Watt
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Tannas replaced the Honourable
Senator Eaton (May 2, 2013).
L’honorable sénateur Tannas a remplacé l’honorable sénatrice
Eaton (le 2 mai 2013).
The Honourable Senator Seth replaced the Honourable Senator
Meredith (May 2, 2013).
L’honorable sénatrice Seth a remplacé l’honorable sénateur
Meredith (le 2 mai 2013).
The Honourable Senator Meredith replaced the Honourable
Senator Seth (May 1, 2013).
L’honorable sénateur Meredith a remplacé l’honorable sénatrice
Seth (le 1er mai 2013).
The Honourable Senator Eaton replaced the Honourable Senator
Tannas (April 30, 2013).
L’honorable sénatrice Eaton a remplacé l’honorable sénateur
Tannas (le 30 avril 2013).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
1-5-2013
Peuples autochtones
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Tuesday, April 30, 2013
(79)
OTTAWA, le mardi 30 avril 2013
(79)
[English]
36:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 9:30 a.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 30, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon White
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Demers, Lovelace Nicholas, Munson, Patterson, Raine, Seth,
Sibbeston, Tannas and White (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Demers, Lovelace Nicholas, Munson, Patterson, Raine, Seth,
Sibbeston, Tannas et White (9).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 16, 2011, the committee continued its
consideration of the federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations, Inuit and
Metis peoples and other matters generally relating to the
Aboriginal Peoples of Canada. (For complete text of the order
of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat, le jeudi
16 juin 2011, le comité poursuit son étude des responsabilités
constitutionnelles, conventionnelles, politiques et juridiques du
gouvernement fédéral à l’égard des Premières nations, des Inuits
et des Métis et d’autres questions générales relatives aux peuples
autochtones du Canada. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi
figure au fascicule no 2 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Office of the Correctional Investigator of Canada:
Bureau de l’enquêteur correctionnel du Canada :
Howard Sapers, Correctional Investigator;
Howard Sapers, enquêteur correctionnel;
Marie-France Kingsley, Director of Investigations.
Marie-France Kingsley, directrice des enquêtes.
Mr. Sapers and Ms. Kingsley each made a statement and,
together, answered questions.
M. Sapers et Mme Kingsley font tous les deux une déclaration
puis, ensemble, répondent aux questions.
At 11:15 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 15, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, May 1, 2013
(80)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 1er mai 2013
(80)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met in
camera this day, at 6:55 p.m., in room 160-S, Centre Block, the
chair, the Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à huis clos, à 18 h 55, dans la salle 160-S de
l’édifice du Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon
White (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Demers, Eaton, Lovelace Nicholas, Meredith, Munson,
Patterson, Raine, Sibbeston and White (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Demers, Eaton, Lovelace Nicholas, Meredith, Munson,
Patterson, Raine, Sibbeston et White (9).
Other senator present: The Honourable Senator Seth (1).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Autre sénateur présent : L’honorable sénatrice Seth (1).
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
36:4
Aboriginal Peoples
1-5-2013
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son étude sur
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
report.
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
étudie un projet de rapport.
It was agreed that senators’ staff be permitted to remain during
the in camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel des sénateurs à demeurer
dans la pièce durant la partie de la réunion tenue à huis clos.
It was agreed that the report be adopted in principle and that
the chair and deputy chair be empowered to approve the final
version of the report taking into consideration the final changes
agreed to by the committee, along with typographical,
grammatical, and other technical errors.
Il est convenu d’adopter le rapport en principe et d’autoriser le
président et la vice-présidente à en approuver la version finale en
tenant compte des dernières modifications adoptées par le comité,
ainsi que des fautes de typographie, de grammaire et des autres
erreurs techniques.
At 8:53 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 20 h 53, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
1-5-2013
Peuples autochtones
36:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Tuesday, April 30, 2013
OTTAWA, le mardi 30 avril 2013
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 9:30 a.m., to examine and report on the federal
government’s constitutional, treaty, political and legal
responsibilities to First Nations, Inuit and Metis peoples, and
on other matters generally relating to the Aboriginal Peoples of
Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 30, pour examiner, en vue d’en faire
rapport, les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l’égard des
Premières nations, des Inuits et des Métis et d’autres questions
générales relatives aux peuples autochtones du Canada.
Senator Vernon White (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Vernon White (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good morning. I would like to welcome all
honourable senators and members of the public who are
watching this meeting of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples on CPAC or on the Web. I am Senator Vern
White from Ontario, and I am chair of the committee.
Le président : Bonjour. Je souhaite la bienvenue à tous les
sénateurs et aux membres du public qui suivent cette réunion du
Comité sénatorial permanent des peuples autochtones sur CPAC
ou sur Internet. Je suis le sénateur Vern White, de l’Ontario, et je
suis le président du comité.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada generally. In
considering what studies the committee might like to undertake,
from time to time we invite individuals, organizations and
departments to give us an overview of issues of concern within
their mandate. Today, we will hear testimony from the Office of
the Correctional Investigator of Canada. Last month that office
tabled a report in Parliament that the committee is very interested
in hearing about. The report is entitled Spirit Matters: Aboriginal
People and the Corrections and Conditional Release Act.
Le comité est chargé d’examiner les lois et les questions qui
touchent les peuples autochtones du Canada en général. Pour
choisir nos sujets d’étude, nous invitons à l’occasion des
personnes, des organisations et des ministères à nous proposer
des questions qui se rapportent à notre mandat. Aujourd’hui,
nous écoutons le témoignage du Bureau de l’enquêteur
correctionnel du Canada. Le mois dernier, ce bureau a déposé
au Parlement un rapport qui intéresse énormément le comité. Ce
rapport s’intitule Une question de spiritualité : les Autochtones et
la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous
condition.
Before hearing from our witnesses, I would like to take this
opportunity to ask members of the committee who are present
this morning to introduce themselves.
Avant de donner la parole à nos témoins, j’aimerais demander
aux membres du comité qui sont ici ce matin de se présenter.
Senator Lovelace Nicholas: Senator Lovelace Nicholas from
New Brunswick.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Sénatrice Lovelace Nicholas,
du Nouveau-Brunswick.
Senator Munson: Jim Munson, originally from New
Brunswick, an Ontario senator.
Le sénateur Munson : Jim Munson. Je suis originaire du
Nouveau-Brunswick, mais je représente l’Ontario.
[Translation]
Senator Demers: Jacques Demers from the province of Quebec.
[English]
Senator Raine: Nancy Greene Raine from British Columbia.
[Français]
Le sénateur Demers : Jacques Demers, de la province de
Québec.
[Traduction]
La sénatrice Raine : Nancy Greene Raine, de la ColombieBritannique.
Senator Tannas: Scott Tannas from Alberta.
Le sénateur Tannas : Scott Tannas, de l’Alberta.
Senator Patterson: Dennis Patterson from Nunavut.
Le sénateur Patterson : Dennis Patterson, du Nunavut.
The Chair: Colleagues, please help me in welcoming the Office
of the Correctional Investigator of Canada, represented by
Howard Sapers, Correctional Investigator; and Marie-France
Kingsley, Director of Investigations. Mr. Sapers, we look forward
to your presentation.
Le président : Chers collègues, veuillez accueillir avec moi les
représentants du Bureau de l’enquêteur correctionnel du Canada,
M. Howard Sapers, enquêteur correctionnel, et Mme MarieFrance Kingsley, directrice des enquêtes. Monsieur Sapers, nous
vous écoutons.
36:6
Aboriginal Peoples
1-5-2013
Howard Sapers, Correctional Investigator, Office of the
Correctional Investigator of Canada: Thank you. I appreciate
the warm welcome and the opportunity to be here. Good
morning, committee members.
Howard Sapers, enquêteur correctionnel, Bureau de l’enquêteur
correctionnel du Canada : Merci. Je vous remercie de votre accueil
et de nous offrir l’occasion de témoigner aujourd’hui. Bonjour à
tous.
We have some prepared remarks, and I believe an advance
copy has been shared with you. I would like to go through those
quickly, and we will leave the bulk of our time for your questions.
Nous avons préparé quelques commentaires, et je crois que
vous avez reçu un exemplaire de notre exposé. J’aimerais le passer
en revue très rapidement, pour avoir le plus de temps possible
pour les questions.
In my capacity as the Correctional Investigator of Canada, it is
always a pleasure to be asked to appear before this committee
and, in fact, any Senate committee, in comparison sometimes to
that other place. In the interests of time, we will keep our remarks
short, so that we will have an opportunity to have an exchange on
the issues raised and answer your questions about our perspective
on matters pertaining to federal Aboriginal corrections.
En ma qualité d’enquêteur correctionnel du Canada, je suis
toujours heureux d’être invité à comparaître devant le Comité
comme, de fait, devant tout comité du Sénat, par opposition,
parfois, à ceux de l’autre Chambre. Nos allocutions resteront
assez courtes pour que nous ayons suffisamment de temps pour
discuter des questions et des préoccupations relatives aux services
correctionnels fédéraux pour Autochtones.
Today, I am joined by the Director of Investigations for my
office, Marie-France Kingsley. Ms. Kingsley will speak to the role
of my office as an ombudsman, and then she will reference some
of the information and trends on federal corrections as they
pertain to Aboriginal offenders.
Aujourd’hui, je suis accompagné de la directrice des enquêtes,
Mme Marie-France Kingsley. Mme Kingsley parlera du rôle que
joue mon bureau en tant qu’ombudsman et elle vous donnera
certains renseignements et certaines tendances concernant les
services correctionnels fédéraux pour Autochtones.
I will then discuss in more detail the special report to
Parliament entitled Spirit Matters, which was tabled on
March 7 of this year.
Je parlerai ensuite de mon rapport spécial au Parlement,
intitulé Une question de spiritualité, qui a été déposé le 7 mars
2013.
As you know, the overrepresentation of Aboriginal men and
women entangled in Canada’s criminal justice system is not new.
The social, cultural, historical and economic factors that give rise
to Aboriginal incarceration rates that are several times higher
than national rates have been extensively documented. These
rates manifest from the lingering effects of residential schools and
the creation of reserves. From the first contact onward, the
dominant metaphors of this contact have been assimilation,
dispossession and displacement of Aboriginal peoples.
Comme vous le savez déjà, le problème de la surreprésentation
des hommes et des femmes autochtones qui ont des démêlés avec
le système de justice pénale au Canada ne date pas d’hier. Les
facteurs sociaux, culturels, historiques et économiques qui
contribuent au fait que les taux d’incarcération chez les
Autochtones sont beaucoup plus élevés que les taux nationaux
ont été documentés en profondeur. Ces taux sont dus aux effets
persistants des pensionnats et de la création des réserves. Dès les
débuts de nos contacts avec eux, les peuples autochtones ont dû
composer avec l’assimilation, la dépossession et le déplacement.
I will now turn it over to Ms. Kingsley and then continue with
my remarks.
Je vais laisser Mme Kingsley vous présenter quelques faits,
puis je terminerai mon exposé.
[Translation]
Marie-France Kingsley, Director of Investigations, Office of the
Correctional Investigator of Canada: Thank you, Mr. Chair. The
Office of the Correctional Investigator serves as an ombudsman
for federally sentenced offenders. The office’s mandate provides
for independent monitoring and oversight of federal corrections.
On an annual basis, the office receives approximately
6,000 offender complaints. In 2011-12, investigators spent about
370 days in federal penitentiaries and interviewed more than
1,600 offenders. In last fiscal year, the office received
18,000 contacts on its toll-free number and conducted over
800 uses of force reviews.
[Français]
Marie-France Kingsley, directrice des enquêtes, Bureau de
l’enquêteur correctionnel du Canada : Merci monsieur le
président. Le Bureau de l’enquêteur correctionnel du Canada
sert d’ombudsman aux délinquants qui purgent une peine de
ressort fédéral et dans le cadre de son mandat, le bureau assure de
façon indépendante un contrôle et une surveillance des services
correctionnels fédéraux. Annuellement, il reçoit environ
6 000 plaintes de la part de délinquants. En 2011-2012, les
enquêteurs ont passé environ 370 journées dans des
établissements fédéraux, et ils ont interrogé plus de
1 600 délinquants. Au cours du dernier exercice financier, le
bureau a reçu 18 000 appels à sa ligne sans frais et a effectué plus
de 800 enquêtes portant sur des incidents de recours à la force.
1-5-2013
Peuples autochtones
36:7
The factors that give rise to Aboriginal over-representation in
the prison system have been recognized by the Supreme Court of
Canada in the R. v. Gladue (1999) decision and more recently in
R. v. Ipeelee (2012) decision. They include: effects of the
residential school system; experience in the child welfare or
adoption system; effects of the dislocation and dispossession of
Aboriginal people; family or community history of suicide,
substance abuse and/or victimization; loss of, or struggle with,
cultural/spiritual identity; level or lack of formal education;
poverty and poor living conditions; exposure to/membership in
Aboriginal street gangs.
La Cour suprême du Canada a reconnu dans la décision rendue
pour l’affaire Gladu en 1999 et plus récemment, dans l’arrêt
Ipeelee en 2012, les divers facteurs qui ont entraîné la
surreprésentation des Autochtones dans le système carcéral
notamment, les répercussions du régime des pensionnats,
l’expérience avec les organismes de protection de la jeunesse ou
d’adoption, les répercussions du déplacement massif et de la
dépossession des peuples autochtones, les antécédents de suicide,
de toxicomanie ou de victimisation dans la famille ou la
collectivité, la perte ou les problèmes d’identité culturelle,
spirituelle, niveau de scolarité ou manque d’instruction du
délinquant, la pauvreté et les mauvaises conditions de vie,
l’exposition ou l’adhésion aux gangs de rue autochtones.
Today, 23 per cent of the federal incarcerated population is
Aboriginal. In 2000-01, Aboriginal inmates accounted for
17 per cent of the federal inmate population. The Office of the
Correctional Investigator estimates that Aboriginal adults are
incarcerated at a rate that is 10 times the national average. These
rates are increasing.
À l’heure actuelle, les Autochtones représentent 23 p. 100 de la
population carcérale sous responsabilité fédérale. En 2000-2001,
ils représentaient 17 p. 100 de cette population. Le Bureau de
l’enquêteur correctionnel estime que les taux d’incarcération chez
les adultes autochtones sont dix fois supérieurs à la moyenne
nationale et ces taux augmentent.
Since 2005-06, there has been a 43 per cent increase in the
Aboriginal inmate population, compared to just a 5.6 per cent
increase in non-Aboriginal inmates. There are now over
3,500 Aboriginal offenders inside federal prisons.
Depuis 2005-2006, la population carcérale autochtone a
augmenté de 43 p. 100 par comparaison à la population
carcérale non autochtone qui a augmenté de 5,6 p. 100
seulement. On compte donc maintenant plus de
3 000 délinquants autochtones dans les établissements fédéraux.
Correctional outcomes are far worse for federal Aboriginal
offenders than for non-Aboriginal offenders. For example,
Aboriginal offenders are much more likely to serve their entire
federal sentence behind bars than their non-Aboriginal
counterparts. In 2011-12, Aboriginal offenders accounted for
45.1 per cent of all cases held to warrant expiry despite
comprising 22 per cent of the inmate population.
De plus les résultats correctionnels sont bien pires pour les
délinquants autochtones que pour les délinquants non
autochtones. Par exemple, les délinquants autochtones sont
beaucoup plus susceptibles que les délinquants non autochtones
de purger la totalité de leur peine derrière les barreaux. En 20112012, les Autochtones représentaient 45,1 p. 100 du nombre total
des délinquants qui étaient maintenus en incarcération jusqu’à
l’expiration de leur mandat, bien que cette année-là, ils ne
formaient que 22 p. 100 de la population carcérale.
In fact, the majority of First Nations, Metis and Inuit offenders
gain release from a federal prison by statute, at the two-thirds
point of their sentence, not through parole.
En fait, la majorité des délinquants métis, inuits et des
Premières Nations sous responsabilité fédérale obtiennent leur
libération en vertu de la loi soit au deux tiers de la peine et non
dans le cadre d’une libération conditionnelle.
Aboriginal offenders receive a much lower proportion of full
and day parole releases than might be expected based on their
representation rates within the inmate population. Although
conditional release grant rates are low for all inmates, they are
worse for Aboriginal men and women.
Le nombre de délinquants autochtones qui obtiennent la semiliberté ou la libération conditionnelle totale est largement
inférieur à ce qu’il devrait être compte tenu de leur taux de
représentation au sein de la population carcérale. Bien que les
taux d’octroi de libération conditionnelle soient peu élevés pour
tous les détenus, ceux des hommes et des femmes autochtones
sont encore plus bas.
Aboriginal offenders accounted for 45 per cent of all selfinjury incidents in federal prisons. Eight of the 12 most prolific
self-harming offenders in federal prisons last fiscal year were
Aboriginal — four of them were Aboriginal women.
Les cas d’automutilation commise par des Autochtones dans
les établissements fédéraux représentent 45 p. 100 de tous les
incidents et huit des 12 délinquants qui s’automutilaient le plus
fréquemment l’année dernière dans les établissements fédéraux
étaient autochtones dont quatre femmes.
Aboriginal offenders are over-represented in segregation and
maximum security institutions. They are classified as higher risk
and higher need in categories such as employment, community
Les délinquants autochtones sont surreprésentés dans les
établissements à sécurité maximale et aussi les aires d’isolement.
Ils présentent un taux de risque plus élevé et des besoins plus
36:8
Aboriginal Peoples
1-5-2013
reintegration, substance abuse and family supports. These
realities unfortunately define Aboriginal corrections in Canada
and they defy easy solutions.
grands dans des domaines tels que l’emploi, la réinsertion dans la
collectivité, les toxicomanies et le soutien familial.
Malheureusement, ces réalités définissent les services
correctionnels pour les Autochtones au Canada et il n’y a pas
de solution miracle.
Finally, the numbers for Aboriginal women are the most
worrisome. Aboriginal women are the fastest growing subpopulation in federal corrections today. The number of
Aboriginal women in federal custody has virtually doubled in
the 10 year period between 2002 and 2012.
Enfin, le nombre de délinquantes autochtones est notre plus
grande préoccupation. À ce jour, celles-ci représentent la souspopulation à plus forte croissance parmi les services
correctionnels. Nous notons qu’en dix ans, soit de 2002 à 2012,
le nombre de délinquantes autochtones incarcérées dans un
établissement fédéral a pratiquement doublé.
[English]
[Traduction]
Mr. Sapers: Committee members, this is the context within
which my special report to Parliament on Aboriginal corrections
was released. Spirit Matters represents my office’s assessment of
how Aboriginal-specific provisions of the Corrections and
Conditional Release Act, the law that governs federal
corrections, has been applied since those provision came into
force over 20 years ago in 1992.
M. Sapers : Voilà, mesdames et messieurs les sénateurs, le
contexte dans lequel mon rapport spécial sur les services
correctionnels pour Autochtones a été déposé au Parlement. Le
rapport, intitulé Une question de spiritualité, porte sur l’évaluation
du Bureau de l’enquêteur correctionnel à l’égard de l’application
des dispositions propres aux Autochtones dans la Loi sur le
système correctionnel et la mise en liberté sous condition. C’est
cette loi qui régit les services correctionnels fédéraux, et ce, depuis
son entrée en vigueur en 1992, il y a plus de 20 ans.
In particular, the report examined the use of sections 81 and 84
of the law. Section 81 allows the minister to enter into agreements
with Aboriginal communities to transfer care and custody of
Aboriginal offenders who would otherwise be held in a CSC
facility. Section 84 provides for Aboriginal community
involvement in release planning of an Aboriginal offender
returning to their community.
De fait, le rapport porte sur l’application des articles 81 et 84 de
la loi. L’article 81 permet au ministre de conclure avec une
collectivité autochtone un accord dans le but de transférer à un
établissement communautaire autochtone la responsabilité des
soins et de la garde de délinquants autochtones qui, autrement,
seraient incarcérés dans un établissement fédéral. L’article 84
permet à la collectivité autochtone de participer aux travaux de
planification et de mise en liberté du délinquant qui retourne dans
sa collectivité.
The legislation also provides for a national Aboriginal advisory
committee and makes it clear that Aboriginal elders and
spirituality have the same status as other religions and religious
leaders. When enacted in 1992 by the federal government,
Aboriginal-specific provisions of the CCRA were part of a
series of remedial measures to stem the tide of overrepresentation
of Aboriginal people in corrections, in part driven by the Royal
Commission on Aboriginal Peoples in 1995. The reforms included
the introduction of new sentencing principles in 1996 and
culminated in the aforementioned landmark Supreme Court of
Canada decision in R. v. Gladue in 1999.
La loi prévoit également la mise sur pied d’un comité
consultatif national sur les questions autochtones et précise que
la spiritualité autochtone et les aînés ont le même statut que les
autres religions et les autres chefs religieux. Au moment de leur
promulgation par le gouvernement fédéral, en 1992, les
dispositions de la loi touchant particulièrement les Autochtones
s’inscrivaient parmi diverses mesures correctrices visant à réduire
la surreprésentation des Autochtones dans les établissements
correctionnels et répondaient, en partie, aux demandes formulées
par la Commission royale sur les peuples autochtones en 1995.
Les réformes apportées ont permis d’adopter, en 1996, de
nouveaux principes de détermination de la peine et elles ont par
la suite abouti à la décision susmentionnée, qui fait jurisprudence
et qui a été rendue par la Cour suprême du Canada dans l’arrêt
R. c. Gladue, en 1999.
These sections of the law govern correctional practice and
treatment of Aboriginal offenders under federal sentence. They do
not imply or give rise to ‘‘preferential treatment.’’ Aboriginalspecific provisions of the correctional law give expression to the
notion that in order for our system to be fair, individual
differences must be acknowledged. Equality does not mean
Ces dispositions de la loi régissent les pratiques correctionnelles
et le traitement des délinquants autochtones qui purgent une
peine de ressort fédéral. Elles ne confèrent pas de « traitement
préférentiel » aux Autochtones. De plus, ces dispositions
traduisent notre point de vue selon lequel un système équitable
tient compte des différences individuelles. Le terme égalité ne
1-5-2013
Peuples autochtones
36:9
treating everyone exactly the same; it means recognizing
disadvantage and disparities in both opportunity and outcome
and trying to remediate them.
signifie pas que tous les délinquants doivent être traités de la
même façon, mais plutôt qu’il faut reconnaître les désavantages et
l’inégalité des chances et des résultats, et essayer d’y remédier.
What did we find 20 years after the CCRA was enacted by
Parliament? We found limited use of sections 81 and 84 legislative
provisions to transfer care and custody, services and programs to
Aboriginal communities.
Qu’avons-nous donc constaté 20 ans après que le Parlement a
promulgué la loi? Nous avons découvert que les dispositions des
articles 81 et 84 sont sous-utilisées lorsqu’il s’agit de transférer la
garde, les services et les programmes aux collectivités
autochtones.
In fact, only four section 81 agreements have been concluded
with Aboriginal communities since 1992. These four agreements
account for only 68 section 81 beds across Canada. This is equal
to capacity for just 2 per cent of the 3,500 Aboriginal inmates in
custody. There are no section 81 agreements in British Columbia,
Ontario, Atlantic Canada or in the North.
De fait, seulement quatre ententes ont été conclues avec les
collectivités autochtones en vertu de l’article 81 depuis 1992, et ces
quatre ententes ont donné lieu à la création de seulement 68 places
en vertu de l’article 81 dans l’ensemble du Canada. Cela équivaut
à seulement 2 p. 100 de la population carcérale autochtone, qui
est de quelque 3 500 détenus. Aucune entente n’a été conclue en
vertu de l’article 81 en Colombie-Britannique, en Ontario, dans la
région de l’Atlantique et dans le Nord.
Although one existing agreement has been expanded, there
have been no new section 81 agreements signed since 2001,
despite more than a 40 per cent increase in Aboriginal
incarceration numbers. Three of four section 81 facilities are on
reserve land, yet most Aboriginal offenders are released to an
urban setting. There were no section 81 beds for Aboriginal
women until September 2011.
Bien qu’une entente conclue en vertu de l’article 81 ait été
prolongée, aucune autre entente n’a été conclue depuis 2001,
malgré une augmentation de plus de 40 p. 100 de la population
carcérale autochtone. Trois des quatre installations visées par
l’article 81 sont situées dans des réserves, mais la plupart des
délinquants autochtones sont mis en liberté en milieu urbain.
Aucune place pour les femmes autochtones n’a été créée en vertu
de l’article 81 avant septembre 2011.
We also found important disparities between Correctional
Service of Canada run healing lodges and those section 81
facilities operated by Aboriginal communities. We found no
permanent funding arrangements were in place for the section 81
facilities. The Aboriginal community-operated facilities operate
on substantially lower budgets. There are significant salary and
benefit disparities for staff and heavy reporting, financial,
insurance and operational burdens faced by the section 81
facilities.
Nous avons aussi découvert des disparités importantes entre les
pavillons de ressourcement du Service correctionnel et les
installations prévues à l’article 81, qui sont gérées par les
collectivités autochtones. Il n’y a pas d’entente de financement
permanente pour les installations prévues à l’article 81. Les
budgets alloués aux installations gérées par les collectivités
autochtones sont moins élevés. Il existe d’importantes inégalités
au chapitre des salaires et des avantages sociaux pour le
personnel, et les tâches liées à l’établissement de rapports, aux
finances, à l’assurance et au fonctionnement sont lourdes dans les
installations prévues à l’article 81.
With respect to section 84, we found implementation to be
underutilized, overly complex, bureaucratic, unevenly applied and
not well understood either within or outside the Correctional
Service of Canada. Out of a workforce of approximately 19,000,
Correctional Service of Canada has only 12 Aboriginal
community development officers to help facilitate section 84
releases. The number of section 84 releases dropped by more than
50 per cent over the last five years. Fewer than 100 offenders
benefited from a section 84 release last year.
En ce qui concerne les dispositions de l’article 84, nous avons
conclu qu’elles sont sous-utilisées et trop complexes, qu’elles
constituent un fardeau administratif trop lourd et qu’elles ne sont
pas appliquées uniformément ou bien comprises, tant au Service
correctionnel qu’à l’extérieur de celui-ci. Parmi les quelque
19 000 employés du Service, seulement 12 occupent le poste
d’agent de développement auprès de la collectivité autochtone et
peuvent faciliter les mises en liberté en vertu de l’article 84.
D’ailleurs, le nombre de ces mises en liberté a baissé de plus de
50 p. 100 au cours des cinq dernières années. Moins de
100 délinquants ont obtenu la mise en liberté en vertu de
l’article 84 l’année dernière.
Other key findings of Spirit Matters include: restricted
eligibility criteria effectively exclude most Aboriginal offenders
from section 81 consideration; limited understanding of
Aboriginal peoples, cultures and approaches to healing within
federal corrections; inadequate and uneven application of Gladue
social history considerations in correctional decision-making;
Parmi les autres constatations principales du rapport Une
question de spiritualité, on compte des critères d’admissibilité
restreints qui, dans les faits, excluent la possibilité d’un placement
dans un pavillon établi en vertu de l’article 81 pour la plupart des
délinquants autochtones, une compréhension limitée des peuples,
de la culture et des approches de guérison autochtones au sein du
36:10
Aboriginal Peoples
1-5-2013
funding and contractual limitations are impeding the work of
elders inside federal institutions; and inadequate response to the
urban realities and demographics of Aboriginal Canadians.
système correctionnel fédéral, une application inadéquate et
inégale de certains aspects de l’arrêt Gladue sur les antécédents
sociaux dans la prise de décisions dans les services correctionnels,
des restrictions financières et contractuelles qui nuisent au travail
des aînés dans les établissements fédéraux, une incapacité de bien
prendre en compte les réalités urbaines et démographiques des
Canadiens autochtones.
To address these findings, Spirit Matters makes
10 recommendations. Amongst them, number one is to appoint
a deputy commissioner for Aboriginal corrections to ensure
adequate focus and accountability. Two, negotiate permanent,
realistic and at parity funding levels for existing and future
healing lodges and significantly increase the number of bed spaces
where the need exists. Three, expand Correctional Service of
Canada staff training initiatives about Aboriginal people, history,
culture and spiritualty to include training in the application of the
Gladue principles. Four, resolve workload, payment and standard
of service issues faced by elders to ensure they are equal partners
in the delivery of programs and services within CSC. Five, reduce
the amount of red tape and accelerate the process for section 84
releases.
Pour donner suite à ces constatations, 10 recommandations ont
été formulées dans le rapport Une question de spiritualité,
notamment les suivantes. Premièrement, nommer un souscommissaire des services correctionnels pour Autochtones pour
faire en sorte que l’attention portée à ces services et que les
mesures de reddition de compte soient adéquates. Deuxièmement,
négocier des niveaux de financement permanents réalistes et à
parité pour les pavillons de ressourcement actuels et à venir et
augmenter considérablement le nombre de places disponibles
dans les endroits ayant des besoins à combler. Troisièmement,
offrir au personnel du Service correctionnel d’autres possibilités
de formation sur les peuples, l’histoire, la culture et la spiritualité
autochtones, et y inclure de la formation sur la façon d’appliquer
les principes énoncés dans l’arrêt Gladue. Quatrièmement,
résoudre les problèmes des aînés en ce qui concerne la charge de
travail, les paiements et les niveaux de service pour qu’ils soient
vraiment des partenaires à parts égales lorsqu’il s’agit d’assurer
l’exécution des programmes et la prestation des services au sein du
Service correctionnel. Cinquièmement, réduire le fardeau
administratif et accélérer les processus ayant trait à la mise en
liberté aux termes de l’article 84.
I appreciate that the challenges facing the Correctional Service
of Canada with respect to disproportionate rates of Aboriginal
representation fall largely outside its jurisdiction and require a
whole-of-government approach in addressing, amongst other
things, education, employment, housing, and health care.
However, there are some things that the Correctional Service
can and must do to narrow the gap in disparities and outcomes
for federally sentenced Aboriginal offenders.
Je suis bien conscient que les difficultés auxquelles le Service
correctionnel fait face en ce qui concerne la surreprésentation
disproportionnée des Autochtones dépassent largement son
mandat et que pour donner suite aux problèmes d’éducation,
d’emploi, de logement et de santé une démarche
pangouvernementale devra être adoptée. Cependant, le Service
correctionnel peut tout de même prendre certaines mesures pour
corriger les disparités et l’inégalité des résultats pour les
délinquants autochtones sous responsabilité fédérale.
The Correctional Service’s initial response to my report, Spirit
Matters, has been disappointing. All of the report’s
recommendations were either rejected or used to endorse the
status quo. In my assessment, there is nothing new in the service’s
response that will arrest, much less narrow, the gap in
correctional outcome and disparities that contribute to rising
incarceration rates for Canada’s Aboriginal people.
La réponse initiale du Service correctionnel du Canada au
rapport a été décevante. Toutes les recommandations ont été
rejetées ou utilisées pour maintenir le statu quo. D’après mon
évaluation, aucun élément nouveau dans la réponse du Service
correctionnel ne permettra de réduire, et encore moins d’éliminer,
l’écart dans les résultats correctionnels et les inégalités qui
contribuent à l’augmentation des taux d’incarcération de la
population autochtone du Canada.
The purpose of my report was modest. It investigated whether
the Correctional Service is doing all it can and should to make
sure the will of Parliament is respected in regard to appropriate
consequences and treatment for Aboriginal offenders. I found
some serious and troubling gaps between the law and practice.
Stronger leadership and improved implementation of mandated
Aboriginal initiatives are required to address the growing problem
Le rapport avait un objectif modeste : examiner si le Service
correctionnel du Canada fait tout ce qu’il peut pour que la
volonté du Parlement soit respectée en ce qui concerne le caractère
approprié des conséquences et du traitement réservés aux
délinquants autochtones. J’ai relevé des écarts graves et
troublants entre le texte de la loi et son application. Il faut faire
preuve d’un leadership plus solide et améliorer la mise en œuvre
1-5-2013
Peuples autochtones
36:11
of Aboriginal overrepresentation in Canada’s prisons.
des initiatives autochtones exigées par la loi pour régler le
problème croissant de la surreprésentation des Autochtones dans
les établissements canadiens.
I would be pleased to discuss these findings, the
recommendations of Spirit Matters and any other issues related
to the treatment of Aboriginal offenders in federal corrections.
Once again, thank you for the opportunity to appear this
morning.
Je serai ravi de discuter des constatations et des
recommandations formulées dans le rapport Une question de
spiritualité ainsi que de toute autre question ayant trait au
traitement des délinquants autochtones dans les établissements
correctionnels fédéraux. Permettez-moi de vous remercier encore
une fois de nous avoir invités à comparaître ce matin.
The Chair: I wanted to advise that we now have Senator Seth
and Senator Sibbeston, who have joined us from Ontario and
Northwest Territories.
Le président : Je vous signale que la sénatrice Seth et le sénateur
Sibbeston, de l’Ontario et des Territoires du Nord-Ouest
respectivement, viennent de se joindre à nous.
Senator Munson: Mr. Sapers, one can have a long preamble
but I do not have one in my first question. How did it come to
this? Why was this allowed to happen in a society that we live in
today?
Le sénateur Munson : Monsieur Sapers, il est toujours possible
de commencer par un long préambule, mais je n’ai pas de
préambule pour ma première question. Comment en sommesnous arrivés là? Pourquoi une telle situation est-elle tolérée dans
une société comme la nôtre aujourd’hui?
Mr. Sapers: Senator, I wish I had a short and direct answer.
The questions about the why have many answers. Certainly the
Royal Commission on Aboriginal Peoples identified a number of
historical and cultural factors. It is impossible to overestimate the
impact residential schools and displacement had on generations of
Aboriginal Canadians. Even otherwise benign policies on things
like zero tolerance and placement of police in schools in urban
and inner city environments have had significant and differential
impacts. We have had inadequate review in terms of policy
impacts as they land on different parts of our population. All of
this together has resulted in an accelerating increase in the
number of Aboriginal Canadians that come into conflict with the
law and end up in our federal penitentiaries.
M. Sapers : Sénateur, j’aimerais bien avoir une réponse simple
à vous offrir, mais les questions sur les causes nécessitent
généralement des réponses complexes. Certes, la Commission
royale d’enquête sur les peuples autochtones a dégagé divers
facteurs historiques et culturels. Il est impossible de surestimer
l’effet que les pensionnats et le déplacement ont eu sur des
générations de Canadiens autochtones. Même des politiques à
bien des égards anodines, comme la tolérance zéro et l’affectation
de policiers dans les écoles en milieu urbain et interurbain, ont
produit des effets importants et différentiels. Nous n’avons pas
suffisamment examiné l’effet qu’ont les politiques sur les divers
segments de notre population. Tout cela a donné lieu à une
augmentation du nombre d’Autochtones qui ont des démêlés avec
la justice et qui finissent dans les pénitenciers fédéraux.
There is no indication that that growth in incarceration rates is
slowing. It is clear that criminal justice fixes will only address a
small part of the problem. As I mentioned, many of the issues fall
outside of corrections but even the criminal justice system.
Rien ne permet de croire à un ralentissement de la croissance
des taux d’incarcération. Il est clair que les solutions fondées sur le
système de justice pénale ne corrigeront qu’une petite partie du
problème. Je l’ai dit, nombre des questions ne sont pas du ressort
du régime correctionnel ni même de celui du système de justice
pénale.
Senator Munson: You talked about troubling gaps between the
law and practice in ignoring the will of Parliament. I have just a
couple of matter-of-fact questions based on your report and
findings. Contractual limitations impeding the work of elders
inside the institutions, how many Aboriginal elders are currently
working in the federal penitentiary system? I think you may have
said a number. Has the number kept pace with the increase in the
number of incarcerated Aboriginal Canadians?
Le sénateur Munson : Vous avez parlé d’écarts troublants entre
la loi et la pratique, qui font que la volonté du Parlement est
ignorée. J’ai deux ou trois questions élémentaires au sujet de votre
rapport et de vos constatations. Vous dites que les limites
contractuelles entravent le travail des aînés dans les
établissements. Combien d’aînés travaillent actuellement dans le
système carcéral fédéral? Je pense que vous avez ce chiffre. Est-ce
que leur nombre augmente au même rythme que celui des détenus
autochtones?
I know there will be many questions, so I will throw one in here
as well along with that one, and it has to do with Aboriginal
representation. In 2008 former Senator Bob Peterson raised
concerns about representation on the national parole board. I
would be curious to know how many First Nations, Metis and
Inuit persons are currently members of that board. Does the
number, in your view, adequately reflect the proportion of
Je sais que les questions seront nombreuses, alors j’en pose tout
de suite une autre. Elle porte sur la représentation des
Autochtones. En 2008, l’ex-sénateur Bob Peterson a exprimé
des préoccupations au sujet de la représentativité de la
Commission nationale des libérations conditionnelles. J’aimerais
bien savoir combien de membres des Premières Nations, de Métis
et d’Inuits sont actuellement membres de la commission. Est-ce
36:12
Aboriginal Peoples
1-5-2013
incarcerated Aboriginal Canadians? Would improved
representation on the national parole board produce better
outcomes for First Nations, Metis and Inuit persons in federal
penitentiaries? They are two separate questions but they come to
the heart of the matter, I think.
que ce chiffre, selon vous, reflète adéquatement la proportion de
Canadiens autochtones incarcérés? Est-ce qu’une meilleure
représentation au sein de la commission produirait de meilleurs
résultats pour les membres des Premières Nations, les Métis et les
Inuits dans les pénitenciers fédéraux? Ce sont deux questions
distinctes, mais elles me semblent essentielles.
Mr. Sapers: Thank you, senator. I will get the numbers for you
of elders employed directly and under contract. Aboriginal elders
are involved in institutions as well as in the community. The
largest category complaint that we received from elders is that
there are impediments to them being directly involved in healing
initiatives with Aboriginal inmates just because of bureaucratic
limitations. I do not have the absolute number at hand: I will get
it to you and provide it to the clerk of the committee.
M. Sapers : Merci, sénateur. Je vous trouverai les chiffres
concernant les aînés qui sont des employés ou des sous-traitants.
Les aînés autochtones œuvrent dans les établissements et dans la
collectivité. La principale récrimination des aînés, c’est qu’on les
empêche d’intervenir directement dans les initiatives de guérison
auprès des détenus autochtones en raison de contraintes
administratives. Je n’ai pas ces chiffres sous la main, mais je
vous les trouverai et je les transmettrai à la greffière.
The number of Aboriginal elders and the contracts for
Aboriginal elder participation has not kept pace with the
growth in the Aboriginal count behind bars. My jurisdiction
does not include the Parole Board of Canada, but I will also
undertake to get that information or at least have someone from
the Parole Board of Canada, who has that information, provide
an answer to the clerk.
Le nombre d’aînés autochtones et de contrats visant la
participation des aînés autochtones n’a pas augmenté au même
rythme que la population carcérale autochtone. Mon mandat
n’englobe pas la Commission nationale des libérations
conditionnelles, mais je vais essayer de trouver cette information
ou du moins d’obtenir qu’un représentant de la Commission
nationale des libérations conditionnelles, qui possède cette
information, fournisse une réponse à la greffière.
Senator Munson: You talked about section 81 and allowing the
minister to enter into agreements with Aboriginal communities to
transfer care and custody. You spoke about that, but it is hard to
believe there are no new facilities, I understand since 2001, despite
this 43 per cent increase, nothing, zero. That is terrible.
Le sénateur Munson : Vous avez parlé de l’article 81, qui
permet au ministre de conclure des ententes avec des collectivités
autochtones pour le transfert de garde. Vous en avez parlé, mais il
est difficile de croire qu’aucune nouvelle installation n’a été créée
depuis 2001, si j’ai bien compris, malgré cette augmentation de
43 p. 100, rien du tout, zéro. C’est terrible.
I think you are being very polite when you said it was
‘‘disappointing,’’ but it is more than disappointing. It is almost
like wilful neglect. In your view, is this due primarily to the lack of
what governments would call resources or a lack of commitment
to providing services to Aboriginal Canadians in federal
penitentiaries?
Je crois que vous êtes trop poli quand vous dites que c’est
« décevant », c’est plus que décevant. Cela équivaut pratiquement
à de la négligence volontaire. Selon vous, est-ce principalement
attribuable au manque de ce que les gouvernements appellent des
ressources ou à l’absence d’un engagement en vue de fournir des
services aux Canadiens autochtones dans les pénitenciers
fédéraux?
Mr. Sapers: There has been an expansion of one of the
agreements, as I said, in 2011 to provide for some beds in urban
Edmonton for Aboriginal women. That is the only change in the
agreements. The 68 beds that were put into place beginning in
1999 have not increased. There were a number of very robust
discussions under way in the late 1990s and early 2000s with a
number of Aboriginal communities. Those discussions resulted in
no new contracts.
M. Sapers : Comme je l’ai dit, une des ententes a été élargie en
2011 afin de créer quelques places à Edmonton pour les femmes
autochtones. C’est le seul changement qui a été apporté aux
ententes. Seulement 68 places ont été créées à compter de 1999,
rien de plus. Un certain nombre de discussions robustes ont eu
lieu à la fin des années 1990 et au début des années 2000 avec
diverses collectivités autochtones, mais elles n’ont débouché sur
aucun nouveau contrat.
There are certainly capacity issues within the Correctional
Service of Canada. I do not believe, however, that they are fiscal
resource issues. At the same time, the Correctional Service of
Canada opened up and began operating its own healing lodges.
That is where we see the point of disparity in terms of the resource
base, salary levels, et cetera.
Le Service correctionnel du Canada éprouve certainement des
problèmes de capacité, mais je ne pense pas que ce soit une
question de ressources financières. Parallèlement, le SCC a ouvert
ses propres pavillons de ressourcement. C’est là que nous
constatons la disparité en termes de ressource, de rémunération,
et cetera.
I have had discussions with Aboriginal communities literally
across the country over the last year, and I can assure the
committee there is interest on the part of Aboriginal communities
to enter into section 81 agreements. However, there is a lot of
J’ai discuté avec des collectivités autochtones presque partout
au pays depuis un an et je peux vous assurer que les collectivités
autochtones veulent participer à des ententes en vertu de
l’article 81. Toutefois, l’ancien processus a suscité beaucoup de
1-5-2013
Peuples autochtones
36:13
frustration about the previous process and a lot of anxiety about
entering into agreements that they see may not be balanced and
fair.
frustration, et les collectivités autochtones hésitent fortement à
conclure des ententes qui ne leur paraissent ni équilibrées ni
équitables.
Senator Lovelace Nicholas: Thank you for being here today. Is
the correctional funding the same for Aboriginal and nonAboriginal inmates: for example, for food?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Merci d’être venu. Est-ce que
le financement du Service correctionnel est identique pour les
Autochtones et les non-Autochtones, par exemple en ce qui
concerne l’alimentation?
Mr. Sapers: The Correctional Service of Canada and Public
Safety Canada publish estimated annual average costs for
offenders based on gender and based on security category, and
they do not make any distinction based on race or culture for
those numbers.
M. Sapers : Le Service correctionnel du Canada et Sécurité
publique Canada estiment les coûts annuels moyens par
contrevenant en fonction du sexe et de la catégorie de sécurité,
mais ils ne font pas de distinction selon la race ou la culture.
The numbers that we looked at were the dollars spent to fund a
healing lodge bed operated by an Aboriginal community under a
section 81 agreement or to fund a healing lodge bed operated by
the Correctional Service of Canada. We found a huge gap, as
much as a 40 per cent difference in the amount per bed to support
that service and that program.
Nous avons examiné les sommes dépensées par place dans un
pavillon de ressourcement exploité par une collectivité autochtone
en vertu d’une entente prévue à l’article 81 et dans un pavillon de
ressourcement exploité par le Service correctionnel du Canada.
Nous avons relevé une énorme différence qui peut aller jusqu’à
40 p. 100 par place pour appuyer ce service et ce programme.
The section 81 facilities are underfunded in comparison to
what CSC spends to run their own facilities to provide an
equivalent service.
Les installations prévues à l’article 81 sont sous-financées en
comparaison de ce que le SCC dépense dans ses propres
installations pour fournir un service équivalent.
Senator Lovelace Nicholas: What are the factors, in your
opinion, that increase federally incarcerated Aboriginal women?
Why are more women than men in prisons?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Quels sont, selon vous, les
facteurs qui expliquent le nombre de femmes autochtones
incarcérées? Pourquoi y a-t-il plus de femmes que d’hommes en
prison?
Mr. Sapers: It is a very complicated question. Again, I am
sorry, I will give you only a partial answer. We have seen an
increase in women being incarcerated internationally. In most
western jurisdictions, the incarceration rate for women is growing.
M. Sapers : C’est une question très compliquée. Je suis désolé
de ne pouvoir vous offrir qu’une réponse partielle.
L’augmentation du nombre de femmes incarcérées est un
phénomène mondial. Dans la plupart des compétences
occidentales, le taux d’incarcération des femmes augmente.
In Canada, it has been a startling growth, 93 per cent in
10 years, so almost a doubling in the incarceration rate for
Aboriginal women. There are many reasons for this. Some of
those reasons have to do with other policy changes. We know that
women have different trajectories into conflict with the law. We
know that women who are in federal custody overwhelmingly
have personal histories of significant trauma, sexual/physical
abuse and addiction.
Au Canada, cette augmentation est étonnante : 93 p. 100 en 10
ans. C’est donc dire que le taux d’incarcération des femmes
autochtones a presque doublé. Il y a de nombreuses raisons à cela.
Certaines sont liées à des changements de politique. Nous savons
que les femmes suivent des trajectoires différentes pour arriver
dans le système judiciaire. Nous savons que les femmes détenues
dans les pénitenciers fédéraux ont généralement vécu des
traumatismes importants, elles ont souvent des antécédents de
violence sexuelle ou physique et de toxicomanie.
The growth, again, seems to be very directly related to the
circumstances that those women are in, the degree to which they
come into conflict with the law and the nature of the policy
changes that have ended up with incarceration being a more
frequent consequence of that conflict with the law.
La croissance, dans ce cas encore, semble très directement liée à
la situation de ces femmes, à la gravité de leurs démêlés avec la
justice et à la nature des changements de politique qui font que
l’incarcération est maintenant une conséquence plus fréquente de
ce conflit avec la loi.
Senator Lovelace Nicholas: What kind of policy changes are
you referring to?
La sénatrice Lovelace Nicholas : À quel genre de changements
de politique pensez-vous?
Mr. Sapers: There have been changes that, for example, have
removed or restricted conditional release, so the abolition of
accelerated parole review has had an impact. There have been
policy changes that have created more mandatory minimum
penalties. That has had an impact on incarceration. The nature of
M. Sapers : Certains changements ont, par exemple, éliminé ou
limité les possibilités de libération conditionnelle, et la disparition
de la procédure d’examen expéditif a eu des répercussions.
D’autres changements de politique ont créé de nouvelles peines
minimales obligatoires. Tout cela a eu des effets sur les taux
36:14
Aboriginal Peoples
1-5-2013
the criminal activity of women involved in either the sex trade or
with illegal substances has also had an impact and has affected
women incarceration rates.
d’incarcération. La nature de l’activité criminelle des femmes qui
participent au commerce du sexe, par exemple, ou au trafic de
substances illégales a également eu des conséquences sur les taux
d’incarcération des femmes.
Senator Lovelace Nicholas: If you think there is a solution,
what do you think it would be?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Si vous pensez qu’il y a une
solution, quelle serait-elle?
Mr. Sapers: Please keep in mind that I live in a very special and
narrow world, and that very special and narrow world is the
operation of federal penitentiaries and places of custody and
ensuring that they are operated in compliance with the legal and
policy framework that has been set out.
M. Sapers : N’oubliez pas que je vis dans un univers très
particulier et étroit. Cet univers est formé des pénitenciers
fédéraux et des autres lieux de garde, et je dois veiller à ce qu’ils
fonctionnent conformément au cadre juridique et stratégique
établi.
Let me repeat that I honestly believe that most of the solutions
fall outside of that special world that I live in, but there are things
that the Correctional Service of Canada can do. For example, the
hiring of more Aboriginal community development liaison
officers would be a start. There are some 44 minimum, medium
and multi-security level institutions. At a minimum there should
be one attached to every one of those institutions. Working to
move resources out of institutions and into the community, which
was contemplated when Parliament passed the CCRA and
included section 81, and working hard to move those resources
into appropriate contracted services, would be a start. Changing
the governance and leadership structure within the Correctional
Service of Canada by appointing a single senior leader that sits
around their management table to be accountable for progress on
this file would make a difference. Within that narrow world of
federal corrections, there are some things that I believe would
help.
Je le répète, je suis convaincu que la plupart des solutions ne
viendront pas de ce petit monde où je vis, mais que le Service
correctionnel du Canada peut faire certaines choses. Par exemple,
il pourrait commencer par recruter un plus grand nombre
d’agents de liaison pour le développement des collectivités
autochtones. Il y a quelque 44 établissements à niveau de
sécurité minimal, moyen ou multiple. Il devrait y avoir au
moins un tel agent dans chacun de ces établissements. SCC
pourrait essayer de transférer des ressources des établissements
vers les collectivités, ce que le Parlement avait envisagé en incluant
l’article 81 dans la Loi sur le système correctionnel et la mise en
liberté sous condition. Il pourrait aussi s’efforcer véritablement
d’affecter ces ressources à la prestation de services adéquats, à
contrat. Il serait en outre important de modifier la structure de
gouvernance et de leadership du Service correctionnel du Canada
en nommant un responsable unique qui siégerait avec la direction
pour répondre de l’avancement des dossiers. Dans le petit monde
des services correctionnels fédéraux, selon moi, certaines mesures
utiles pourraient être prises.
Senator Demers: Senator Lovelace Nicholas asked two
questions that I was going to ask. Not because I was going to
ask them, but they were good questions nonetheless. I want to
give her credit.
Le sénateur Demers : La sénatrice Lovelace Nicholas a posé
deux questions que j’allais moi-même poser. En toute objectivité,
je peux dire que c’était de bonnes questions et je l’en félicite.
I am a father of three daughters and two granddaughters. I am
not saying that young boys and men should not be protected. My
daughters have done very well; they are married. I have always
found that younger women are more vulnerable and so much
easier to attack. Who protects those young girls? It starts
somewhere at the age of 13, 14 or 15 with taking drugs, incest,
being raped. Young men deserve help, too. Do not get me wrong;
I also have a son.
J’ai trois filles et deux petites-filles. Je ne dis pas pour autant
qu’il ne faut pas protéger aussi les jeunes hommes. Mes filles ont
bien réussi; elles sont mariées. J’ai toujours considéré que les
jeunes femmes étaient plus vulnérables et plus vulnérables aux
attaques. Qui protège ces jeunes filles? Cela commence vers 13, 14
ou 15 ans. Elles prennent de la drogue, sont victimes d’inceste, de
viol. Les jeunes hommes ont besoin d’aide eux aussi. Ne vous y
trompez pas! J’ai également un fils.
Who protects those young girls? Where do we build the fence
around these young kids — I will say girls — to protect them and
give them direction and a way of life? As Senator Lovelace
Nicholas said, it is one out of three girls, one out of five guys, and
34 per cent women. I just have a hard time with that. Hopefully
you can provide more details regarding that.
Qui protège ces jeunes femmes? Où devrons-nous ériger la
clôture autour de ces jeunes — je parle des jeunes filles — pour les
protéger, les guider et leur inculquer un mode de vie? Comme l’a
dit la sénatrice Lovelace Nicholas, nous parlons d’une fille sur
trois, d’un garçon sur cinq, 34 p. 100 des femmes. J’ai de la
difficulté à accepter cela. J’espère que vous pourrez nous fournir
plus de détails à ce sujet.
Mr. Sapers: Thank you, senator. Your questions really strike
to the heart of the matter. Just a few weeks ago, I attended a
national forum in Edmonton that was co-hosted by the Assembly
of First Nations and the National Aboriginal Women’s
M. Sapers : Merci, sénateur. Vous allez droit au but. Il y a
quelques semaines à peine, j’ai assisté à un forum national à
Edmonton, organisé conjointement avec l’Assemblée des
Premières Nations et la Commission nationale des femmes
1-5-2013
Peuples autochtones
36:15
Commission to look at the development of a national agenda, a
national strategy for ending violence against women and girls.
Some very positive and hopeful discussions took place during that
forum; more than that, there was a very emotional outpouring of
need. This is, in fact, a matter that needs focused national
attention. Communities across the country have to come to terms
with their issues.
autochtones pour envisager la création d’un programme national,
une stratégie nationale destinée à éradiquer la violence envers les
femmes et les jeunes filles. Certaines discussions très positives et
utiles ont eu lieu dans le cadre de ce forum; mieux encore, un
besoin a été exprimé de façon très émotive et, de fait, c’est une
question qui mérite l’attention nationale. Les collectivités du pays
doivent s’attaquer à leurs problèmes.
There is no shortage of evidence about the need and about the
vulnerability of children. You mentioned specifically the
vulnerability of young women, and we have seen some horrific
examples of when those vulnerabilities have been exploited by
people who are intent on doing harm.
Il ne manque pas de preuve concernant ce besoin et concernant
la vulnérabilité des enfants. Vous avez parlé de la vulnérabilité des
jeunes femmes, et nous avons eu droit à quelques exemples
horribles de telles vulnérabilités exploitées par des gens animés de
mauvaises intentions.
Senator, if the outcome of this discussion is that it gives
support to the development of that national strategy and it helps
accelerate that agenda for dealing with violence against women
and girls, I think that would be a great outcome. However, again,
I want to say that when we set about in the role of being the
ombudsman in federal corrections to look at the CCRA, our
focus was really on whether or not the Correctional Service of
Canada was doing everything it could and should do. I realize
that is a very narrow part of the discussion.
Sénateur, si notre discussion a pour résultat d’encourager
l’appui à l’élaboration d’une telle stratégie nationale et que cela
contribue à accélérer le programme pour lutter contre la violence
envers les femmes et les filles, je pense que cela serait très
satisfaisant. Toutefois, je tiens à répéter que lorsque nous avons
inscrit dans le mandat de l’ombudsman des services correctionnels
fédéraux l’examen de la Loi sur le système correctionnel et la mise
en liberté sous condition, notre vision était véritablement de
déterminer si le Service correctionnel du Canada faisait tout ce
qu’il peut et doit faire. J’ai pris conscience que c’est là un aspect
très étroit de la discussion.
Senator Demers: I note your concern and I really like that.
Thank you very much.
Le sénateur Demers : Je comprends très bien ce que vous nous
dites, et cela me plaît. Merci beaucoup.
The Chair: If I may, I will jump in now. I see the list is growing,
and if I do not jump in, I may not get a chance.
Le président : Permettez-moi de participer à la discussion. Je
vois que la liste s’allonge, et si je ne dis rien maintenant, je n’aurai
peut-être pas d’autre occasion.
I want to thank both of you again for being here. I have to say
that I was challenged, having you appear here, that our focus
would be at the wrong end of this river. I know, Mr. Sapers, that
you and I have had this discussion. Even when I look at the
violent crime severity index, which is a good indicator of the types
of crimes we are seeing from specific regions in this country —
Nunavut, Northwest Territories and Yukon are, I think one, two
and three, with the highest violent crime severity index, and then
it is Saskatchewan and Manitoba — I probably should not be
surprised as well that that is where we see a lot of the Aboriginal
offenders coming from, percentage-wise, per capita.
Je veux vous remercier tous deux d’être venus. Je dois admettre
que je craignais un peu, en vous convoquant devant le comité, que
nous ne nous éloignions un peu de notre sujet. Vous et moi,
monsieur Sapers, nous avons déjà discuté de ces questions.
Prenons l’indice de gravité des crimes violents, qui est un bon
indicateur des types de crime commis dans différentes régions
précises du pays... Le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le
Yukon viennent, je crois, aux premier, deuxième et troisième
rangs dans l’indice de gravité des crimes violents, puis nous avons
la Saskatchewan et le Manitoba. Je ne devrais sans doute pas
m’étonner que de nombreux délinquants autochtones viennent de
ces régions, en pourcentage, par habitant.
I know you are focused on the Correctional Service of Canada,
but I have to drive you back upriver, if you do not mind.
Je sais que vous vous intéressez principalement au Service
correctionnel du Canada, mais je dois vous ramener un peu dans
notre discussion, si vous le voulez bien.
Last week I was in Manitoba talking to some of the Aboriginal
leaders in First Nations communities there, and they talked about
the things that are happening in the communities that they believe
are feeding the correctional or federal facilities in this country.
Knowing that you are talking to people along the timeline from
what is happening in the community all the way to what is
happening in corrections, what do you see as our biggest
challenge? I know you talked about education and early
intervention, et cetera. What do you see as our biggest
La semaine dernière, j’étais au Manitoba. J’ai discuté avec des
dirigeants autochtones des collectivités des Premières Nations et
ils m’ont parlé de ce qui se passe dans leurs collectivités et qui,
selon eux, contribue à remplir les établissements correctionnels ou
fédéraux du pays. Je sais que vous discutez avec diverses
personnes de ce qui se passe tant dans les collectivités que dans
les services correctionnels, alors quel est, selon vous, notre
principal défi? Je sais que vous avez mentionné l’éducation et
l’intervention précoce, entre autres. Quel est, selon vous, le
36:16
Aboriginal Peoples
1-5-2013
challenge in the communities to reduce the number of people we
are seeing in jail, if you had to pick one for Canadians to focus
on?
principal défi qui se pose dans les collectivités si l’on veut réduire
le nombre de personnes placées en milieu carcéral? Disons qu’il
faut choisir un aspect particulier pour les Canadiens.
Mr. Sapers: Senator, thank you for that, and thank you for
giving me the opportunity to go beyond my mandate in
addressing your questions. I will think back to my time of
living and working in Alberta and in Edmonton and the work
that I did in the Safe Communities strategy in those days. You
cannot disentangle poverty, housing, education, employment and
addiction from conflict with the law. If there is going to be
positive movement at the downstream end of the system, when we
open up the doors to our prisons and jails, it must be at that level
of community support and community capacity.
M. Sapers : Sénateur, merci de cette question, et merci de me
donner l’occasion de m’écarter un peu de mon mandat en
répondant à vos questions. Je me reporte à l’époque où je
travaillais en Alberta, à Edmonton, et au travail que je réalisais
relativement à la stratégie des collectivités sécuritaires. Vous ne
pouvez pas séparer la pauvreté, le logement, l’éducation, l’emploi
et la toxicomanie des démêlés avec la justice. Pour obtenir des
résultats positifs à la sortie du système, lorsqu’on ouvre la porte
des prisons, il faut pouvoir compter sur un soutien au niveau
communautaire et sur une capacité communautaire.
Certainly dealing with stable housing is a huge issue in urban
environments. Dealing with poverty and educational
opportunities are huge drivers. I do not believe these insights
are unique, special or new. I think that collectively we know all of
that. By the time a crime is committed, it is far too late for those
kinds of interventions. At that point, the police have a job to do,
the courts have a job to do and prisons have a job to do. That
brings us back to my mandate.
La question du logement est évidemment un immense
problème en milieu urbain. Les difficultés liées à la pauvreté et
à l’éducation sont d’énormes facteurs. Je ne crois pas que ces
facteurs soient uniques, spéciaux ni nouveaux. Je crois que,
collectivement, nous savons déjà tout cela. Lorsque le crime est
commis, il est beaucoup trop tard pour une intervention de ce
type. À cette étape, la police fait son travail, les tribunaux font
leur travail, les prisons font leur travail, et cela nous ramène à
mon mandat.
I can tell you that section 84, which allows for Aboriginal
community participation, release planning and supervision of
federally sentenced offenders, is a good idea. It makes sense on so
many levels for communities who have participated. They feel
safe and empowered by it. Offenders who have gone through the
process feel supported by it. In a community that you are familiar
with, Nunavut, I can tell you that last year, 49 Inuit offenders
were told about their eligibility for section 84 release. Of those 49,
three quarters of them, 35, indicated they wanted to be involved in
that section 84 process. However, that year, there was not a single
section 84 release. Even though the service did what they were
supposed to do in terms of informing Inuit offenders returning to
the North that they were eligible, and three quarters of them
wanted to participate, none of them did.
Je peux vous dire que l’article 84, qui permet aux collectivités
autochtones d’intervenir et de participer à la planification de la
libération et à la supervision des délinquants fédéraux, est une
excellente idée. Tout cela est parfaitement logique pour les
collectivités qui y ont participé. Elles se sentent en sécurité et
habilitées. Les délinquants qui ont suivi le processus se sentent
appuyés. Dans une collectivité que vous connaissez bien, au
Nunavut, je peux vous dire que l’an dernier 49 délinquants inuits
ont appris qu’ils étaient admissibles à une mise en liberté en vertu
de l’article 84. De ces 49 détenus, les trois quarts, soit 35, ont
affirmé vouloir participer au processus prévu à l’article 84.
Pourtant, cette année-là, il n’y a pas eu une seule libération
effectuée en vertu de l’article 84. Le service a fait ce qu’il devait
faire et il a avisé les délinquants inuits du fait qu’ils étaient
admissibles à retourner dans le Nord. Les trois quarts de ces
délinquants étaient disposés à participer à ce programme, mais
personne n’a pu le faire.
Again, I come back to the capacity and the willingness of the
Correctional Service of Canada to actually implement those
sections of the law in the way that Parliament intended them to be
implemented.
J’en reviens à la capacité et à la volonté du Service
correctionnel du Canada de mettre effectivement en œuvre ces
articles de la loi comme le Parlement prévoyait qu’ils seraient mis
en œuvre.
Senator Patterson: Thank you to the witnesses. Mr. Sapers,
you have been in this office I believe almost 10 years?
Le sénateur Patterson : Je remercie nos témoins. Monsieur
Sapers, vous occupez ce poste depuis près de 10 ans, je crois?
Mr. Sapers: Since April Fool’s Day of 2004.
Senator Patterson: We commend you for that. In 2009, your
office released a report, Good Intentions, Disappointing Results: A
Progress Report on Federal Aboriginal Corrections, about halfway
through your present term. Were the findings in that report
consistent with what you found in Spirit Matters? Were there any
M. Sapers : Depuis le 1er avril 2004.
Le sénateur Patterson : Nous vous en félicitons. En 2009, votre
bureau a publié un rapport intitulé De bonnes intentions... des
résultats décevants : Rapport d’étape sur les services correctionnels
fédéraux pour Autochtones; vous en étiez alors au milieu de votre
mandat actuel. Est-ce que les constatations de ce rapport
1-5-2013
Peuples autochtones
36:17
recommendations from that 2009 report that were implemented,
or to what extent, please?
correspondent à ce que vous avez conclu dans Une question de
spiritualité? Y a-t-il des recommandations du rapport de 2009 qui
ont été mises en œuvre et si oui, dans quelle mesure?
Mr. Sapers: The findings are absolutely consistent. The report
you refer to, Good Intentions, was a piece we contracted for in
order to have an external view of how CSC was doing on a whole
range of commitments, including the development of its Strategic
Plan for Aboriginal Corrections and its framework. It is a
different view in terms of its performance reporting. Also, many
of the gaps that we see repeating in Spirit Matters were identified
in that 2009 piece.
M. Sapers : Les constatations sont parfaitement cohérentes. Le
rapport que vous mentionnez, De bonnes intentions, a été réalisé à
contrat parce que nous voulions avoir une opinion externe sur le
rendement de SCC en lien avec tout un ensemble d’engagements,
entre autres l’élaboration du Plan stratégique relatif aux services
correctionnels pour Autochtones et du cadre correspondant. C’est
un point de vue distinct des rapports de rendement. En outre,
nombre des carences constatées dans Une question de spiritualité
étaient déjà mentionnées dans le rapport de 2009.
My recollection at the time, in 2009, was that we simply
reiterated our one key recommendation that a deputy
commissioner for Aboriginal corrections be appointed. The
Correctional Service Canada is headed by a commissioner. The
executive committee consists of a number of assistant, associate
and regional deputy commissioners. There are associate
commissioners and deputy commissioners responsible for
women’s corrections, human resources, health care, et cetera;
however, there is no senior leader specifically responsible for
Aboriginal corrections.
Si je me souviens bien, en 2009 nous reprenions simplement
notre recommandation clé, c’est-à-dire la nomination d’un souscommissaire des services correctionnels pour Autochtones.
Service correctionnel Canada est dirigé par un commissaire. Le
comité de direction est formé d’un certain nombre de
commissaires adjoints et associés et de sous-commissaires
régionaux. Il y a des sous-commissaires pour les services
correctionnels pour femmes, les ressources humaines, les soins
de santé, et cetera; toutefois, il n’y a pas de cadre supérieur
spécifiquement chargé des services correctionnels pour les
Autochtones.
The senior deputy commissioner, the number two person at
that executive table, has Aboriginal corrections as part of his or
her portfolio. It is a major and significant part of the portfolio,
but it cannot get the focused and singular attention we believe it
deserves if it is only part of a mandate.
La sous-commissaire principale, le numéro deux au sein du
comité de direction, est responsable des services correctionnels
pour les Autochtones. C’est un élément important de son
portefeuille, mais elle ne peut pas consacrer toute l’attention qui
nous paraît nécessaire à cette seule partie de son mandat.
Senator Patterson: Thank you. I guess you are saying there is a
senior management team in the Correctional Service Canada.
You described an executive committee and deputy and assistant
commissioners. I also understand the department has said
something about cost and increased bureaucracy in replying to
your recommendation.
Le sénateur Patterson : Merci. J’imagine que c’est de la haute
direction de Service correctionnel Canada que vous nous parlez.
Vous avez fait état d’un comité de direction et de souscommissaires. Je crois en outre savoir que le ministère a
mentionné les coûts et les formalités supplémentaires dans sa
réponse à votre recommandation.
Surely if the corrections system wanted to focus on this
neglected issue, they could take one of the existing senior
executive positions. I would like to ask you if there is more
than one deputy commissioner, but obviously there is quite a
management team; maybe you could outline just how many there
are. Surely the solution would be to take one of those senior
managers and say, ‘‘This is your focus.’’ Would that be a solution,
rather than creating a new position, which is what the response
seems to suggest would be necessary?
Évidemment, si le système correctionnel voulait se pencher sur
cette question négligée, il pourrait y affecter un des membres
actuels de la haute direction. Je pensais vous demander s’il y a
plus d’un sous-commissaire, mais il y a évidemment toute une
équipe de gestion; vous pourriez peut-être nous dire combien de
membres elle comprend. Certainement, la solution serait de
choisir un de ces cadres supérieurs et de lui confier cette tâche.
Est-ce que cela serait la solution, plutôt que de créer un nouveau
poste, comme on semble en indiquer la nécessité dans la réponse?
Mr. Sapers: Senator, thank you. I am perplexed by the
response that it would create too much bureaucracy and there
would be too much cost. Currently there is a director general in
charge of Aboriginal corrections, who reports to the senior
deputy commissioner, who sits at the executive committee table
and reports to the Commissioner of Corrections. Much of the
bureaucracy, if you want to talk about it that way, and much of
the structure is already in place. There is already an Aboriginal
directorate with program people and a small management team
that deals with these initiatives.
M. Sapers : Sénateur, merci. Je m’explique mal cette réponse
qui fait état de lourdeurs administratives et de coûts. À l’heure
actuelle, il y a une directrice générale chargée des services
correctionnels pour les Autochtones. Elle relève de la souscommissaire principale, qui elle-même siège au comité de
direction et relève du commissaire du Service correctionnel. Une
bonne partie de la bureaucratie, si on veut utiliser ce terme, et de
la structure est déjà en place. Il y a déjà une direction autochtone
au sein des programmes, et une petite équipe de gestion pilote ces
initiatives.
36:18
Aboriginal Peoples
1-5-2013
What there is not is a consistent person sitting at the senior
management table — the executive committee table — who, at
every meeting, is raising that as an agenda item. When we
reviewed the executive committee minutes for the last 20 meetings,
we did not find a single use of the word ‘‘Aboriginal’’ anywhere.
Il n’y a toutefois personne, au niveau de la haute direction —
au comité de direction —, pour inscrire ce point à l’ordre du jour
de chaque réunion. Nous avons examiné les comptes rendus des
20 dernières réunions du comité de direction, mais nous n’y avons
pas relevé une seule fois le mot « Autochtone ».
The model that you suggested is the one that CSC has adopted.
They have given the senior deputy commissioner the Aboriginal
file as part of her mandate. She takes it seriously, but it is only a
part of what is a huge mandate.
Le modèle que vous suggérez est celui qu’a adopté SCC. SCC a
inscrit le dossier autochtone dans le mandat de la souscommissaire principale. Celle-ci prend ce dossier au sérieux,
mais ce n’est qu’un élément d’un immense mandat.
We are not naive enough to think that simply creating a new
title with a new position and adding another piece of the
bureaucracy will solve these problems. We are saying that the
issue deserves and merits focused leadership and attention, and
someone whose sole focus is moving forward on this agenda —
not just a piece of someone’s job.
Nous ne sommes pas naïfs au point de croire que la simple
création d’un poste et l’ajout d’autres fonctions administratives
résoudront ces problèmes. Nous disons que la question mérite un
leadership véritable et une grande attention, il faut désigner
quelqu’un dont le seul mandat sera de faire progresser ce dossier
— plutôt que d’en faire un dossier parmi tant d’autres pour une
même personne.
As far as adding additional costs, I really do not know how
much it would cost to roll up another chair to the meeting table,
because that is really what we are talking about. The rest of the
structure largely exists.
Quant aux coûts supplémentaires, j’ignore tout simplement ce
qu’il en coûterait d’approcher un autre fauteuil de la table, parce
que c’est vraiment ce dont il est question ici. Le reste de la
structure existe déjà, pour ainsi dire.
Senator Patterson: Thank you. I have one more question, but I
can wait.
Le sénateur Patterson : Merci. J’ai une autre question à poser,
mais j’attendrai.
Senator Sibbeston: There is so much that can be said. I spent a
bit of my time earlier in my life as a lawyer working in a Native
community, and I played a role in the justice system defending
Aboriginal people that were before the courts. It was a very trying
job trying to explain and bring to light all of the factors and so
forth that may have been responsible for a person committing an
offence — explaining them to a judge, a prosecutor or the police
who are all of a different culture. It was a real task.
Le sénateur Sibbeston : Il y a bien des choses à dire. À une
certaine époque de ma vie, j’étais avocat dans une collectivité
autochtone et j’ai eu à intervenir dans le système de justice pour
défendre des Autochtones devant les tribunaux. Il était très
difficile d’essayer d’expliquer tous les facteurs qui peuvent mener
quelqu’un à commettre une infraction — de les expliquer à un
juge, à un procureur ou à un policier qui viennent d’une autre
culture. C’était un travail difficile.
Part of the problem is that Aboriginal people are different; it is
a different society and culture. Criminal laws, of course, as made
in Parliament here are made for all of Canada and generally made
for the cities where most people live. We have laws that are made
and are applicable to urban, mass Canadians, and they are
attempted to be applied in the rural and northern communities,
and with Native people. That is the problem.
Une partie du problème vient de ce que les Autochtones sont
différents. Ils ont une société et une culture différentes. Les lois
pénales, évidemment, sont promulguées par le Parlement et elles
sont faites pour tous les Canadiens, en général pour les habitants
des villes. Nous avons des lois qui sont formulées et s’appliquent à
la masse des Canadiens urbains, et on tente de les appliquer dans
les collectivités rurales et du Nord ainsi qu’aux peuples
autochtones. C’est là le problème.
I find that in government, the justice system is the most
difficult to and the most entrenched against change. That is part
of the problem. They are very resilient, well established and
entrenched, so it is hard to make changes within them.
Je constate qu’au gouvernement, le système de justice est le plus
difficile à faire bouger, il est le plus immuable. C’est une partie du
problème. Le système est très résilient, bien établi, immuable. Il
est difficile d’y apporter des changements.
In addition, when you talk about Native people, many
Aboriginal people have spent many years in residential schools,
and jails are like residential schools. Therefore, many Native
people are comfortable and can function in that setting much
better than they do out in the world where they have to make their
own decisions. That explains a little bit why there are a lot of
Native people in jail. I think some people even like it in there; it is
simple in that you get fed and so forth.
En outre, dans le cas des Autochtones, nombre d’entre eux ont
passé des années dans les pensionnats, et les prisons sont un peu
comme des pensionnats. Donc, de nombreux Autochtones y sont
à l’aise et fonctionnent beaucoup mieux dans ce cadre qu’à
l’extérieur, où ils doivent prendre des décisions. Cela explique un
peu pourquoi il y a tant d’Autochtones en prison. Je pense que
certains aiment même y être; la vie y est simple puisque vous êtes
nourri, logé, et cetera.
1-5-2013
Peuples autochtones
36:19
It is interesting, when I used to defend people, occasionally
when someone was found guilty and went to jail, I would not see
him for a few months or a year. I would then always ask them
when they come back, ‘‘How was it?’’ People always say, ‘‘Not
bad.’’ This is in the Northwest Territories where the jails are a lot
better than in the South. There are a lot of social programs that
help them. They invariably come back a little fatter, too. That is
the situation.
Curieusement, quand je défendais les gens, il arrivait qu’un de
mes clients soit jugé coupable et condamné à la prison. Je ne le
voyais pas pendant quelques mois ou même une année. Quand il
sortait de prison, je lui demandais comment il avait trouvé son
expérience; il me répondait : « Pas mal. » Cela se passait dans les
Territoires du Nord-Ouest, où les prisons sont plus confortables
que dans le Sud. Il y a de nombreux programmes sociaux pour
aider les détenus. Quand ils ressortent, ils ont toujours un peu
engraissé, aussi. Les choses sont ainsi.
However, it is so difficult. You paint a very dismal picture and
you wonder when this will ever change.
C’est terriblement difficile. Vous nous présentez un tableau
désastreux et vous vous demandez si les choses changeront un
jour.
Aboriginal people are generally struggling. Most of their
energy goes towards improving their community lives, businesses
and other social things. There is not much tolerance or patience
for people who get into trouble in Native society. That is part of
the problem. I think the solution is always Native people trying to
work with government to find programs and find ways to deal
with them.
En règle générale, les Autochtones sont dans une situation
difficile. Ils consacrent l’essentiel de leur énergie à améliorer la vie
communautaire et à développer les entreprises et d’autres aspects
à caractère social. La société autochtone n’a pas beaucoup de
tolérance ni de patience pour ceux qui s’attirent des ennuis. C’est
une partie du problème. Je crois que la solution est toujours que
les Autochtones s’efforcent de collaborer avec le gouvernement
pour trouver des programmes et des façons de régler les
problèmes.
As I said, on the Native side, most of the energy goes into
surviving and dealing with other programs.
Comme je l’ai dit, pour les Autochtones, l’essentiel de leur
énergie est consacrée à la survie et à traiter avec d’autres
programmes.
I do not know what my question is. It is more of an educational
process and trying to explain my experience.
Je ne sais pas ce qu’est vraiment ma question. C’est plutôt un
processus d’éducation, et j’essaie d’expliquer mon expérience.
Would you agree that while we can look to government to do
something, invariably it is the Native peoples themselves who
have to do some of the work? They have to come to government
with program suggestions and try to help their brothers who are
in jail.
Ne pensez-vous pas que si nous pouvons attendre une
intervention du gouvernement, les Autochtones devront
inévitablement faire eux-mêmes une partie du travail? Ils
doivent s’adresser au gouvernement et proposer des
programmes et essayer d’aider leurs frères incarcérés.
Mr. Sapers: Senator, there are certainly some positive
examples of Aboriginal communities that have worked in
partnership with either provincial governments or the federal
Crown to do exactly that. The section 81 healing lodges that exist,
I think, speak to that potential.
M. Sapers : Sénateur, certaines collectivités autochtones ont
très bien su travailler en partenariat avec les provinces ou le
fédéral pour faire exactement cela. Les pavillons de ressourcement
prévus à l’article 81, selon moi, illustrent bien ces possibilités.
Aboriginal communities are different in terms of their size,
geographic location, population base and resource base. I do not
think there is a one-size-fits-all kind of solution, but a willingness
on the part of the federal Crown to work with those Aboriginal
communities in recognizing their differences and their needs is a
starting point.
Les collectivités autochtones diffèrent par la taille,
l’emplacement géographique, la population et les ressources. Je
ne pense pas qu’il y ait une solution universelle, mais le fait que la
Couronne fédérale soit disposée à collaborer avec ces collectivités
autochtones pour reconnaître leurs différences et leurs besoins,
c’est déjà quelque chose.
In corrections, in the absence of other kinds of programs and
opportunities, we have seen that incarceration becomes a default.
I think it is very true and sad that some Canadians find living
conditions in a prison better than in their communities. Not only
is that a shame, but it is a terrible expense.
Dans le système correctionnel, faute d’autres types de
programmes et d’occasions, nous avons vu que l’incarcération
est devenue la solution par défaut. Je pense qu’il est vrai, et c’est
très triste, que certains Canadiens aiment mieux vivre en prison
que dans leurs collectivités. C’est une véritable honte qui entraîne
en outre des coûts très lourds.
Senator Sibbeston: I have one last question. Can I get a
response from you? The federal government has recently passed
laws having minimum sentences. Is it your feeling that this will
Le sénateur Sibbeston : J’ai une dernière question. Est-ce que
vous pourriez y répondre? Le gouvernement fédéral a récemment
adopté des lois sur les peines minimales. Pensez-vous que cela se
36:20
Aboriginal Peoples
1-5-2013
make it so that more Aboriginal people will end up in jail because
the court does not have discretion as to sentencing and putting
people in jail?
traduira par l’incarcération d’un plus grand nombre
d’Autochtones parce que les tribunaux n’ont plus de latitude
concernant les peines et l’incarcération?
Mr. Sapers: Senator, this is something that I think a generation
of academics will reflect on and we will see all kinds of work
trying to answer that question scientifically. I can give you my
impression. In the last half a dozen years, we have seen a 9 or
10 per cent increase in the federal incarcerated population
overall. At the same time, we have seen a number of significant
policy changes, mandatory minimums, some new ones included.
We have also seen the rate of Aboriginal incarceration grow to
where it is now 23 per cent of the population.
M. Sapers : Sénateur, c’est un aspect sur lequel toute une
génération d’universitaires se penchera, et toutes sortes d’études
seront réalisées pour tenter d’y répondre scientifiquement. Je peux
vous donner mon impression. Depuis cinq ou six ans, nous avons
vu croître de 9 ou 10 p. 100 l’ensemble de la population carcérale.
Par ailleurs, nous avons constaté qu’un nombre considérable de
changements de politique importants étaient effectués, dont des
peines minimales obligatoires et de nouvelles peines. Nous avons
aussi vu augmenter le taux d’incarcération des Autochtones, qui
s’établit maintenant à 23 p. 100 de la population.
In a very straight line and in a very superficial kind of analysis,
as the carceral population grows, the portion of the population
that is Aboriginal seems to be growing faster. There is some kind
of interaction effect, but I could not draw a straight line for you
today and say that this specific policy caused that specific
outcome.
C’est une réflexion très primaire et une analyse fort
superficielle, mais la population carcérale augmente, et la partie
de cette population qui est d’origine autochtone semble
augmenter plus rapidement. Il y a un certain effet, mais je ne
peux pas établir de lien direct aujourd’hui et vous affirmer que
cette politique donnée a produit ce résultat précis.
The Chair: Thank you very much, Mr. Sapers.
Le président : Merci beaucoup, monsieur Sapers.
Senator Raine: Thank you for being here and giving us such
good information. I have some questions that are perhaps my
own curiosity, but I would like to hear from you on them.
La sénatrice Raine : Merci d’être venus et de nous faire part de
toute cette information. J’ai quelques questions qui visent peutêtre à satisfaire ma curiosité, mais j’aimerais vous les poser.
First, there are two different kinds of healing centres. One is
run by the CSC and a few by communities, which do not seem to
want to take on the chore because there does not seem to be
consistent funding for them. Does the CSC want to run
Aboriginal healing centres or would they like to have that done
by the communities?
Premièrement, il y a deux types de pavillons de ressourcement.
L’un est géré par SCC et l’autre, par quelques collectivités qui ne
semblent pas vouloir assumer cette responsabilité parce qu’elles
n’ont pas de financement assuré pour ces installations. Est-ce que
SCC veut vraiment gérer les centres de guérison autochtones ou
préférerait-il que les collectivités le fassent?
Mr. Sapers: My impression is that the Correctional Service of
Canada entered into the operation of healing lodges with the idea
in mind that control and operation would eventually be turned
over to the Aboriginal communities where they operate. That is
my understanding.
M. Sapers : J’ai l’impression que le Service correctionnel du
Canada s’est lancé dans la gestion des pavillons de ressourcement
avec l’idée que le contrôle et l’administration seraient tôt ou tard
remis aux collectivités autochtones où ils sont situés. C’est mon
opinion personnelle.
There are four CSC-run healing lodges right now and four
section 81 healing lodges. Any of the four operated by CSC could
be devolved to Aboriginal communities, but there is even a
hesitation on the part of some of those communities now because
they are mindful, aware of what has happened where the other
healing lodges operate. They are mindful of the disparity in
funding and financial support, for example. They are mindful of
the challenges, even things as simple as gaining insurance for the
Aboriginal communities. These are significant operational
challenges.
Il y a quatre pavillons de ressourcement gérés par SCC
actuellement, et quatre pavillons établis en vertu de l’article 81.
Les quatre pavillons de SCC pourraient être remis aux
collectivités autochtones, mais ces collectivités hésitent
maintenant parce qu’elles sont bien conscientes de ce qui s’est
passé dans les autres collectivités qui géraient des pavillons de
ressourcement. Elles s’inquiètent de la disparité du financement et
du soutien financier, entre autres. Elles craignent de se heurter à
des difficultés, même pour des choses simples comme d’obtenir de
l’assurance dans les collectivités autochtones. Il y a d’importants
défis opérationnels à considérer.
While CSC may have entered into operating the lodges with the
idea that they be turned over, that is not happening.
SCC a peut-être créé ces pavillons dans le but de les remettre
aux collectivités, mais ce n’est pas aussi simple.
There are some other interesting differences as well. The
occupancy rate — the utilization of beds in the CSC-operated
healing lodges — is much higher on average. On average, over
Il y a d’autres différences intéressantes. Le taux d’occupation
— l’utilisation des places — est beaucoup plus élevé en moyenne
dans les pavillons de ressourcement de SCC. En moyenne, plus de
1-5-2013
Peuples autochtones
36:21
85 per cent of the CSC-operated beds are used. When you
compare that to the beds operated under section 81, around
70 per cent of the beds are used.
85 p. 100 de places des pavillons de SCC sont utilisées. Par
contre, dans les pavillons prévus à l’article 81, quelque 70 p. 100
des places sont utilisées.
If a healing lodge is funded in part on a per diem bed usage
rate, think about the challenge that is to operate. You have a
structure, you must hire staff, pay for your insurance. You do all
the things you have to do to operate beds in a facility, but you
may be getting paid on a usage rate. Therefore, if you do not have
80 to 90 per cent occupancy, you do not really have the funding
stream needed to properly support the operation. CSC controls
who gets placed where. The fact that there is a higher utilization in
their own beds than there is in the contracted beds tells you
something about how those management decisions are being
made. I am not faulting that. If I was managing CSC’s budget, I
might say, ‘‘I will use the one I am already paying for instead of
the one that is at an additional cost.’’ However, how do you enter
into a reasonable agreement with the community?
Si un pavillon de ressourcement est financé en partie en
fonction du taux d’utilisation quotidien des places, vous imaginez
facilement les difficultés que crée cette situation. Vous avez une
structure, vous devez embaucher du personnel, contracter une
assurance. Vous faites tout ce qu’il faut pour bien administrer les
places dans vos installations, mais vous êtes payé en fonction du
taux d’occupation. Donc, si vous n’avez pas un taux d’occupation
de 80 ou 90 p. 100, vous n’avez pas le financement nécessaire
pour appuyer adéquatement le fonctionnement. SCC détermine
qui utilise ces places. Le fait que le taux d’utilisation des places
soit plus élevé de ses propres pavillons que dans ceux des pavillons
gérés à contrat illustre comment ces décisions de gestion sont
prises. Ce n’est pas un reproche. Si je devais gérer le budget de
SCC, je dirais « utilisons la place pour laquelle je paie déjà plutôt
qu’une autre, qui entraîne un coût supplémentaire. » Mais dans
ces conditions, comment voulez-vous conclure une entente
raisonnable avec la collectivité?
I am sorry, senator. This is a long-winded answer, but you
asked me a complicated question. Remember that it was the
Correctional Service of Canada’s policy decision, not prescribed
in law, to only place minimum security rated offenders in the
contracted section 81 beds. Keep in mind that only about
10 per cent of federally sentenced Aboriginal offenders — 10 to
12 per cent at any given time — are rated at minimum security.
Upwards of 90 per cent of the population is excluded by that
decision of even being eligible for transfer to a section 81 facility.
That was not the original intent when the law was passed in 1992.
Je suis désolé, sénateur. Ma réponse est bien longue, mais vous
m’avez posé une question complexe. N’oubliez pas que lorsque le
Service correctionnel du Canada a décidé de réserver aux
délinquants à sécurité minimale les places créées en vertu de
l’article 81, c’était une décision stratégique, pas une obligation
juridique. N’oubliez pas que seulement 10 p. 100 des délinquants
autochtones qui sont de compétence fédérale — 10 ou 12 p. 100
en permanence — sont envoyés dans des établissements à sécurité
minimale. Quelque 90 p. 100 de la population est donc exclue par
cette décision, elle n’est même pas admissible à un transfert dans
des installations prévues à l’article 81. Ce n’était pas l’intention
initiale de la loi lors de son adoption, en 1992.
Senator Raine: It was a policy decision?
La sénatrice Raine : C’est une décision stratégique?
Mr. Sapers: It was a decision of the Correctional Service of
Canada. That is not part of a law.
M. Sapers : C’était une décision du Service correctionnel du
Canada. Ce n’est pas dans la loi.
Senator Raine: Obviously, your statistics show that Aboriginal
people who are incarcerated tend to serve the full time, not get
parole or get into some of these facilities where they can get the
healing they need. How do we get the Correctional Service to look
at their policy? It should be done on who has the hope of being
healed and surely not what they did to get where they are, but
who has it within themselves that want to be healed.
La sénatrice Raine : De toute évidence, vos statistiques
montrent que les Autochtones incarcérés purgent toute leur
peine, qu’ils ne sont pas libérés sous condition ni envoyés dans ces
installations où ils pourraient se ressourcer. Comment peut-on
obtenir de SCC qu’il revoie sa politique? Il faudrait se fonder sur
les possibilités de guérison et certainement pas sur ce qu’ils ont
fait pour en arriver là, il faut choisir ceux qui possèdent les
qualités voulues pour se ressourcer.
Mr. Sapers: The way that the Correctional Service of Canada
makes its decisions around reintegration potential, security
classification, et cetera, raises some questions around how
culturally appropriate those screening and decision-making
tools are. It starts there.
M. Sapers : Le Service correctionnel du Canada prend ses
décisions en fonction des possibilités de réinsertion sociale, de la
classification de sécurité, et cetera. Cela soulève certaines
questions relativement à l’adaptation culturelle des outils
d’évaluation et de prise de décision. C’est le point de départ.
If you have a screening tool that results in one group of
offenders being rated as having lower reintegration potential,
higher risk of reoffending, needing to be housed at higher
security, and then you have a policy that excludes that exact same
group from an opportunity to participate in a program that was
Si votre outil d’évaluation crée un groupe de délinquants qui
présentent un faible potentiel de réinsertion sociale, un risque
élevé de récidive et un besoin de sécurité stricte et que votre
politique exclut ce groupe de toutes les occasions de participer à
un programme élaboré spécialement pour répondre aux besoins
36:22
Aboriginal Peoples
1-5-2013
developed specifically to meet those cultural needs that were
considered to have put them at more risk of being in conflict of
the law, if you follow the circular logic, you are setting yourself up
for the kinds of outcomes we are seeing.
culturels considérés comme des facteurs qui accroissent le risque
de démêlés avec la justice, si vous suivez cette logique circulaire, il
n’y a rien d’étonnant à ce que vous obteniez de tels résultats.
Aboriginal offenders fare worst on just about every measure of
correctional outcome we look at. They are released later in
sentence, they spend more time at higher security levels. If they
are released, they are typically suspended, paroled or revoked
more frequently.
Les délinquants autochtones obtiennent des résultats inférieurs
quelle que soit la mesure utilisée. Ils purgent une plus grande
partie de leur peine et ils passent plus de temps sous garde à des
niveaux de sécurité élevée. S’ils sont mis en liberté, c’est
généralement parce qu’ils sont en sursis ou libérés sous
condition et leur libération est plus souvent révoquée.
If you look at some of the research on outcomes of offenders
who have gone through healing lodges, healing lodge offenders
returned to prison at a slightly higher rate than non-healing lodge
offenders, but they were also put into those situations later in
their sentence and rated at much higher risk. It is not really a fair
comparison.
D’après les conclusions de certaines études sur les
contrevenants qui ont séjourné dans un pavillon de
ressourcement, ces délinquants sont réincarcérés un peu plus
souvent que les délinquants qui n’ont pas séjourné en pavillon de
ressourcement, mais il faut dire aussi qu’ils sont placés dans ces
situations plus tard au cours de leur peine et qu’ils présentent un
risque beaucoup plus élevé. Ce n’est donc pas une comparaison
véritablement équitable.
It seems that in the one study that was done in 2001, I believe it
was, 19 per cent of the offenders who came out of healing lodges
and returned to custody were for a technical violations of their
release. Not for new crimes, but for technical violations, for things
like perhaps breaking a curfew or not residing in a specific
geographic area or some other violation of the terms of their
release, as opposed to a Criminal Code offence. That is nearly one
in five of the returns: 19 per cent.
Dans l’étude réalisée en 2001, je crois, il semble que 19 p. 100
des contrevenants envoyés en pavillon de ressourcement et
renvoyés sous garde l’ont été pour un manquement à leurs
conditions de libération. Ce n’était pas en raison de nouveaux
crimes, mais pour des manquements mineurs, des choses comme
le non-respect de l’heure de rentrée, pour avoir quitté le secteur
géographique assigné ou pour d’autres manquements aux
conditions de libération, plutôt que pour des infractions au
Code criminel. Cela vaut dans pratiquement un cas de
réincarcération sur cinq : 19 p. 100.
We have a number of policy issues that we have to unpack if
you really want to get to the question that you asked which was,
as I understand it, how to find those who really want to engage in
a healing process and how to provide the opportunities to them.
There is a whole series of policies that we have to go through to
get to specific answers to that question.
Nous avons divers problèmes stratégiques à régler si nous
voulons vraiment répondre à votre question qui, si j’ai bien
compris, se ramène à savoir comment repérer ceux qui veulent
vraiment participer au processus de guérison et comment leur
offrir les occasions voulues. Nous devons examiner toute une série
de politiques pour trouver des réponses précises à cette question.
Senator Raine: That clarifies a little bit, but it begs more
questions. One of the questions I already had written down was, is
there a plan in the CSC to introduce cultural awareness training
to more of their staff?
La sénatrice Raine : Vous m’éclairez un peu, mais votre
réponse soulève d’autres questions. J’avais déjà noté celle-ci :
est-ce que SCC a un plan pour offrir de la formation culturelle à
un plus grand nombre d’employés?
When you look at the number of staff that you have and the
number of people who actually are working with a knowledgeable
background in terms of Aboriginal issues, it is really bizarre. If
20 per cent of your population is Aboriginal and there are only
12 people, maybe you can explain how that works. Why is there
not cultural awareness training for all staff?
Prenez le nombre total d’employés et le nombre de ceux qui ont
une connaissance véritable des dossiers autochtones, c’est plutôt
étrange. Si 20 p. 100 de votre population est autochtone et qu’il
n’y a que 12 employés, vous pouvez peut-être nous expliquer
comment cela fonctionne. Pourquoi n’y a-t-il pas de formation
culturelle pour tous les employés?
Mr. Sapers: Senator, a couple of things, and here I want to be
really clear, because I do not want to be unfair to the Correctional
Service of Canada. They have many Metis, Inuit and First
Nations staff, many more than the 12 Aboriginal community
development liaison officers. They are represented by both men
and women and throughout their structure.
M. Sapers : Madame la sénatrice, je propose deux ou trois
choses. Je dois être très clair, car je ne veux pas être injuste envers
le Service correctionnel du Canada. Le Service correctionnel
compte de nombreux employés métis, inuit et membres des
Premières Nations, beaucoup plus que les 12 agents de liaison
affectés au développement communautaire autochtone. Ces
hommes et ces femmes sont répartis dans toute la structure.
1-5-2013
Peuples autochtones
36:23
The Correctional Service of Canada, particularly in the last
15 years, has made tremendous strides in developing Aboriginalspecific and culturally appropriate programming and screening
tools. Things are, believe it or not, better today than they have
been. The participation of elders, the availability of Aboriginal
spiritualty, sweat lodges, access to ceremony, circle hearings,
elder-assisted hearings for the parole board, all of these things
have happened, and increasingly so, over the last decade or more.
I do not want to leave the impression that CSC is blind to these
issues or has done nothing. That would be unfair and untrue.
Service correctionnel Canada, en particulier depuis 15 ans, fait
des progrès extraordinaires, il crée des programmes et des outils
de dépistage adaptés aux Autochtones sur le plan culturel. La
situation, croyez-le ou non, s’est améliorée. La participation des
aînés, la possibilité de pratiquer la spiritualité autochtone, les
sueries, les cérémonies, les cercles de guérison, les audiences de
libération conditionnelle avec l’aide d’aînés, tout cela se produit
de plus en plus souvent depuis une décennie environ. Je ne veux
pas donner l’impression que SCC est aveugle à ces problèmes ou
qu’il ne fait rien. Cela serait injuste et faux.
There is training available for staff throughout the system. The
problem is the training is not ongoing. There are not enough
opportunities for refresher courses. The training does not seem to
address some of the specific issues about decision-making against
the Gladue principles. They are not well understood, either at the
management level or at the line-staff level in terms of how the life
history considerations that Gladue speaks to are to be taken into
account when making decisions about placement and
programming.
Le personnel a droit à de la formation dans l’ensemble du
système. Le problème, c’est qu’elle n’est pas continue. Il n’y a pas
suffisamment d’occasions de recyclage. La formation ne semble
pas axée sur des problèmes précis liés à la prise de décisions
contraires aux principes de l’arrêt Gladue. Ils sont mal compris.
Les gestionnaires et les exécutants ne savent pas comment tenir
compte des expériences vécues mentionnées dans l’arrêt Gladue
lorsqu’ils prennent des décisions sur le placement et les
programmes.
The good news is that the Correctional Service of Canada has
made progress. There are some positive things happening and
there is training. The bad news is that there is not enough of the
training, it does not have the right emphasis, it does not happen
with the right frequency and it seems to have some important gaps
in the curriculum.
Heureusement, le Service correctionnel du Canada fait des
progrès. Des choses positives se produisent et de la formation est
offerte. Malheureusement, cette formation est insuffisante, elle ne
porte pas sur les vrais problèmes, elle n’est pas assez fréquente et
elle semble présenter des lacunes importantes.
Senator Seth: I really apologize for arriving late, and I
probably missed some. It seems very interesting, what I am
learning here. It seems we have been talking here and paying large
focus on what to do and how to deal with this overrepresentation
of Aboriginal people in correctional facilities, which really is an
important and disturbing issue.
La sénatrice Seth : Pardonnez-moi mon retard, j’ai sans doute
manqué des choses, mais ce que j’apprends ici me paraît très
intéressant. Il semble que la discussion porte largement sur ce
qu’il faut faire et sur la façon de corriger cette surreprésentation
des Autochtones dans les établissements correctionnels, un
problème vraiment sérieux et troublant.
However, I would like to know, has the CSC, the Correctional
Service of Canada, done much to implement preventive measures?
In First Nations communities, for example, are there services that
help to identify and target some of the problems faced within
these communities so that crimes committed by Aboriginal people
could be prevented?
J’aimerais toutefois savoir si le SCC, le Service correctionnel du
Canada, fait beaucoup en termes de prévention. Dans les
collectivités des Premières Nations, par exemple, est-ce qu’il y a
des services qui permettent de repérer et de cibler certains
problèmes pour arriver à prévenir la criminalité chez les
Autochtones?
Mr. Sapers: The Correctional Service of Canada, as you know,
has a mandate to administer sentences. They have a more limited
opportunity, in terms of primary preventive initiatives. From
what sometimes is referred to as a tertiary perspective, or what
happens at the point when someone has received a sentence, that
is where the Correctional Service of Canada has an opportunity to
shine. That is where the development of Aboriginal-specific
programs can have an impact.
M. Sapers : Le Service correctionnel du Canada, vous le savez,
a pour mandat d’administrer les peines. Il n’a pas beaucoup
d’occasions de prendre des initiatives préventives primaires. Sur
ce que l’on appelle parfois le plan tertiaire, c’est-à-dire ce qui se
passe après le prononcé de la peine, c’est là que SCC a l’occasion
de briller. C’est là que l’élaboration d’un programme pour les
Autochtones peut avoir de l’effet.
We know that evidence-based correctional interventions,
delivered by the appropriate people at the appropriate time
matched to the needs of individual offenders, have good
outcomes. If you look at the Aboriginal Offender Substance
Abuse Program that was developed by the Correctional Service of
Canada, the evaluations show that it reduces recidivism. In terms
Nous savons que les interventions correctionnelles qui sont
fondées sur les faits, qui sont exécutées par les personnes
compétentes au moment opportun et qui répondent aux besoins
des délinquants donnent de bons résultats. Prenez le Programme
pour délinquants autochtones toxicomanes, élaboré par le Service
correctionnel du Canada. Les évaluations montrent qu’il réduit
36:24
Aboriginal Peoples
1-5-2013
of tertiary prevention or returning to crime, that kind of culturally
appropriate program, properly delivered at the right time in a
sentence, seems to reduce recidivism.
les taux de récidive. Pour la prévention tertiaire, la prévention de
la récidive, ce type de programme adapté sur le plan culturel et
offert au moment opportun au cours de la peine semble réduire la
récidive.
We know the same thing from the research that was done on
the Tupiq program, which was developed specifically to deal with
Inuit sex offenders. The evaluation shows that that program,
when properly delivered by the appropriate people at the
appropriate point in the sentence, reduces recidivism. This is the
way that corrections can prevent crime. However, if your question
was about the front end of the system, then that is not the
mandate of the Correctional Service of Canada. The Correctional
Service of Canada is not involved in primary prevention. They
have a restorative justice directorate. As I say, they develop and
deliver correctional programs, and these interventions are
available to all offenders regardless of race, gender or culture,
through their correctional plans.
Les études sur le programme Tupiq, qui cible précisément les
délinquants sexuels inuits, montrent les mêmes résultats.
L’évaluation révèle que ce programme, bien exécuté par les
personnes compétentes à l’étape opportune de la peine, réduit la
récidive. C’est ainsi que les services correctionnels peuvent
prévenir la criminalité. Toutefois, si votre question porte sur
l’entrée du système, cela ne relève pas du Service correctionnel. Le
Service correctionnel du Canada ne participe pas à la prévention
primaire. Il possède une direction de justice réparatrice. Comme je
l’ai dit, il élabore et exécute des programmes correctionnels et
offre ses interventions à tous les délinquants, indépendamment de
la race, du sexe ou de la culture, dans le cadre des plans
correctionnels.
However, the ones that have been developed specifically to deal
with Aboriginal offenders, that have been evaluated, do show that
if they meet the criteria set up when the programs were developed,
and when properly delivered, have the right impact.
Toutefois, les programmes qui ont été élaborés précisément
pour les délinquants autochtones, du moins ceux qui ont été
évalués, répondent aux critères qui étaient fixés au moment de
leur élaboration et, lorsqu’ils sont adéquatement exécutés, ils
produisent des effets positifs.
Senator Seth: Have any studies been conducted to suggest a
cost saving in preventive measures versus prison time? Are there
any studies, let us say, between the healing lodge that shows it is
part of something that is more prevention where they can be given
effective messages and things like this? Have any studies been
done that show we can do some preventive measures in
comparison to staying in prison, which is expensive. Is there
any difference?
La sénatrice Seth : Est-ce que des études ont montré que les
mesures préventives pouvaient donner lieu à des économies
relativement à l’incarcération? A-t-on réalisé des études, par
exemple entre pavillons de ressourcement, qui montrent que cela
s’inscrit dans une approche plus préventive lorsque les bons
messages sont communiqués, et cetera? Est-ce que des études
montrent que nous pouvons prendre des mesures préventives
plutôt que de les laisser en prison, ce qui est coûteux? Y a-t-il une
différence?
Mr. Sapers: I can tell you a couple of things about that. I am
not aware of a specific value-for-money or cost-benefit study that
has been done on a healing lodge. I do not know if one exists: I
have not seen one.
M. Sapers : Je peux vous dire deux ou trois choses là-dessus. Je
ne connais pas d’étude précise sur la rentabilité des pavillons de
ressourcement. J’ignore s’il y en a eu : je n’en ai pas vu.
I can tell you a couple of things about what we know about
money. CSC says it costs about $110,000 a year, on average, to
keep a male medium security offender in custody, and it costs less
than $30,000 a year to supervise that same offender in the
community on parole. If the risk can be managed in the
community through appropriate supervision, you can save
money by simply moving the person into an appropriate
community support as opposed to keeping them incarcerated.
That is one cost comparison.
Je peux toutefois vous dire deux ou trois choses sur ce que nous
savons, sur le plan financier. SCC affirme qu’il en coûte environ
110 000 $ par année, en moyenne, pour maintenir sous garde un
délinquant de sexe masculin et à sécurité moyenne, et il en coûte
moins de 30 000 $ par année pour superviser ce même délinquant
libéré sous condition dans la collectivité. Si le risque peut être géré
dans la collectivité grâce à une supervision adéquate, vous pouvez
épargner en plaçant tout simplement cette personne dans un
contexte de soutien communautaire approprié, plutôt que de la
garder en prison. C’est une comparaison de coûts.
There are lots of these studies out there — Canadian and
American primarily, although there are others — that show that
early intervention and prevention initiatives have anywhere
between a 4:1 and a 7:1 cost savings, the literature shows. In
other words, for every dollar you spend on early intervention
prevention in a community, you will save $4 to $7 downstream in
other social and criminal justice system costs. There are lots of
studies out there that demonstrate that kind of ratio.
Il y a de nombreuses études — canadiennes et américaines
surtout, mais d’autres aussi — qui montrent que l’intervention
précoce et les initiatives préventives donnent lieu à des économies
qui se situent entre 4:1 et 7:1. Cela est documenté. Autrement dit,
pour chaque dollar dépensé au titre de la prévention précoce dans
une collectivité, vous économiserez de 4 à 7 $ au titre des coûts
sociaux et de la justice pénale. De nombreuses études révèlent ce
genre de rapport.
1-5-2013
Peuples autochtones
36:25
Senator Munson: Mr. Chair, this is very troubling testimony
this morning. I am wondering, for the record: Have we had the
minister or people in senior positions at Correctional Service of
Canada before us on this issue?
Le sénateur Munson : Monsieur le président, nous avons un
témoignage troublant ce matin. Je pose la question pour le
compte rendu : est-ce que le ministre ou des hauts fonctionnaires
du Service correctionnel sont venus témoigner à ce sujet?
The Chair: No. This is for us more exploratory, looking at
different issues. This is not a study we are doing; it is more
exploratory.
Le président : Non. C’est une étude exploratoire. Nous
examinons des questions différentes. Ce n’est pas une étude;
c’est plutôt exploratoire.
Senator Munson: Perhaps it should be, because there are so
many questions that should be answered by the minister.
Le sénateur Munson : Cela serait peut-être nécessaire. Il y a tant
de questions auxquelles le ministre devrait répondre.
The Chair: I am sure your representative on the steering
committee can bring that forward. It will be a great discussion.
Le président : Je suis certain que votre représentant au comité
directeur abordera cette question. Cela fera l’objet d’une
excellente discussion.
Senator Munson: It would be, because there is some
responsibility here.
Le sénateur Munson : En effet, parce qu’il y a une
responsabilité.
In preparing for your testimony his morning, I was looking at
some of the statistical evidence. I took a look at some of the
material online from CSC. It cited statistics that appeared, in my
opinion, alarmingly out of date, in some cases a decade or more.
En prévision de votre témoignage, ce matin, j’ai consulté
quelques statistiques. J’ai regardé la documentation publiée sur le
site web de SCC. On cite des statistiques qui, selon moi, semblent
très désuètes, certaines ont plus de 10 ans.
Tracking the progress of services for Aboriginal offenders from
year to year, at least from the public’s perception, is difficult to
ascertain. Some of this goes back 10 years. What is your take on
monitoring and statistical analysis conducted by CSC on services
offered, success and failure rates of the programs, and action
plans, specifically for Aboriginal incarceration in this country? In
your view, do they adequately track and record the trends on
special demographics of incarcerated Aboriginal Canadians and
CSC programs for them? I see that some of them on elders go
back to 1994 to 1999. How up to date are we here? Statistics do
not lie.
Il est difficile de suivre les progrès des services aux délinquants
autochtones d’année en année, au moins pour la population.
Certains des renseignements fournis remontent à 10 ans. Que
pensez-vous du suivi et de l’analyse statistique effectués par SCC
sur les services offerts, les taux de réussite et d’échec des
programmes, les plans d’action, précisément en ce qui a trait à
l’incarcération des Autochtones dans notre pays? Selon vous, estce que l’on suit adéquatement les tendances en fonction des
caractéristiques démographiques des Canadiens autochtones
incarcérés et des programmes que leur offre SCC? Je vois que
certaines statistiques sur les aînés remontent à la période de 1994 à
1999. Est-ce que nous sommes à jour? Les statistiques ne mentent
pas.
Mr. Sapers: The Correctional Service of Canada does an
increasingly better job of accounting, if I can put it that way, so
we know more about who it is that is inside. We have a better
picture of the profile, of the demographics of our carceral
population. There has been a lot of effort in the last few years, for
example, on increasing the ability of the service to screen for
mental health needs and do better computerized assessment on
that.
M. Sapers : Le Service correctionnel du Canada s’en tire de
mieux en mieux en matière de rapports, pour ainsi dire, et nous
savons donc avec plus de précision qui sont les personnes
incarcérées. Nous avons une meilleure idée du profil, des
caractéristiques démographiques de la population carcérale. Le
service déploie de vastes efforts, depuis quelques années,
notamment pour accroître sa capacité de repérer les besoins en
santé mentale et de mieux évaluer cet aspect au moyen d’un
questionnaire informatisé.
We also have a pretty good process in place in the Correctional
Service of Canada in terms of evaluating what are known as
criminogenic factors, or establishing the basis for a correctional
plan, so that addresses a number of issues that are specific to the
individual offender, regardless of their heritage: their needs in
regard to relationships, employment, addiction or substance
abuse, et cetera.
Service correctionnel Canada a également un processus fort
efficace pour évaluer ce que nous savons des facteurs
criminogènes ou établir la base d’un plan correctionnel, afin de
répondre à divers problèmes propres au délinquant, quels que
soient son origine et ses besoins relativement aux relations, à
l’emploi, à la toxicomanie, et cetera.
Where CSC has a more difficult time is in analyzing all of that
information that it collects and making sense of it in terms of
informing management decisions and then evaluating some of the
SCC a toutefois plus de difficulté à analyser toute l’information
qu’il recueille et à l’interpréter pour éclairer ses décisions de
gestion puis évaluer l’excellent travail qu’il accomplit de façon
36:26
Aboriginal Peoples
1-5-2013
very good work they do on a consistent and ongoing basis to
ensure that the program interventions, et cetera, are doing what
they are supposed to do.
uniforme et continue, pour veiller à ce que les interventions de
programme, par exemple, produisent les résultats escomptés.
CSC has a small research unit, a small evaluation unit, a small
internal audit operation and a performance assurance unit.
Collectively, these elements feed information to the management
table, but by necessity it is selective. It is driven by priorities and it
varies over time. It also reflects, of course, their capacity. The
Correctional Service of Canada has faced some significant
challenges — huge growth and a huge capital program — at the
same time as significant budget cuts. They have their challenges.
It comes as no surprise that some of the statistics you would see
online will be dated.
SCC a une petite unité de recherche, une petite unité
d’évaluation et un petit service de vérification interne ainsi
qu’un service d’assurance du rendement. Collectivement, ces
services fournissent de l’information à la direction, mais cette
activité est nécessairement sélective. Elle est régie par des priorités
qui évoluent avec le temps. C’est aussi fonction, évidemment, de
la capacité. Le Service correctionnel est confronté à quelques défis
importants — une croissance fulgurante et un énorme programme
d’immobilisations — alors qu’il doit effectuer des compressions
budgétaires. Il a ses propres difficultés. Il n’est pas étonnant que
certaines des statistiques publiées en ligne soient désuètes.
Ms. Kingsley: I do not know if you are aware, but twice a year,
CSC’s Aboriginal Initiatives Directorate publishes a number of
statistics on progress made in the midst of a strategic plan on
Aboriginal correctional services. They have numbers on
population profile, section 81 and 84 programs, conditional
release and revocation. I know that is available online, and I
believe the last numbers are for 2011-12.
Mme Kingsley : Vous l’ignorez peut-être, mais deux fois l’an la
Direction des initiatives pour les Autochtones publie diverses
statistiques sur les progrès réalisés dans le plan stratégique des
services correctionnels pour les Autochtones. Elle publie des
chiffres sur le profil de la population, les programmes offerts en
vertu des articles 81 et 84, les libérations conditionnelles et les
révocations. Je sais que tout cela est publié en ligne et je crois que
les derniers chiffres portent sur l’exercice 2011-2012.
Senator Munson: Big Brother is always listening in Ottawa, and
I am sure there are bureaucrats and ministers — maybe not the
ministers so much, who are very busy — listening to your
testimony this morning. We sit as a committee that hopefully, in
some small way, tries to make a difference in the lives of people
we represent on this committee. Of all your recommendations —
since someone is listening and taking notes on this and should be
paying attention to what I find painfully troubling testimony
about what is happening in our prisons and the lack of Aboriginal
representation from the elders on the parole board, those kinds of
people, the liaison, the business you talked about in communities,
one for one and 44 institutions — which one stands out for you
that we can hopefully represent, through our opposition and
government members, to senior bureaucrats and the minister?
Le sénateur Munson : Les murs ont des oreilles à Ottawa, et je
suis certain que les bureaucrates et les ministres — peut-être pas
les ministres, car ils sont si occupés — écoutent votre témoignage
ce matin. Notre comité, du moins je l’espère, essaie dans la mesure
de ses moyens d’améliorer la vie des personnes que nous
représentons. Parmi toutes vos recommandations — puisque
quelqu’un écoute et prend des notes et devrait s’intéresser à ce
témoignage qui me paraît péniblement troublant au sujet de ce qui
se passe dans nos prisons et de l’absence de toute représentation
autochtone au sein des comités de libération conditionnelle, par
l’entremise d’aînés ou de personnes de ce genre, les agents de
liaison, les questions dont vous avez parlé dans les collectivités, un
pour un et 44 établissements... Laquelle de vos recommandations,
selon vous, pouvons-nous espérer faire adopter par les cadres
supérieurs et le ministre, grâce aux efforts des députés de
l’opposition et du gouvernement?
Mr. Sapers: Thank you, senator. In my opening comments, I
pointed to a small constellation of five issues that I think have
urgent and priority status. I hesitate to say that there is just one
that would be any kind of a magic bullet here. Certainly we have
made a point of repeating our recommendation for several years
now for the need to appoint a deputy commissioner for
Aboriginal issues; however, that, in and of itself, is not enough.
Some of the training, funding and capacity issues that we speak to
in Spirit Matters need to be addressed at exactly the same time;
otherwise we would just have a figurehead, and I do not think we
need that.
M. Sapers : Merci, sénateur. Dans mes commentaires, j’ai
signalé une petite constellation formée de cinq problèmes qui me
paraissent urgents et prioritaires. J’hésite à dire que la solution à
un seul d’entre eux réglerait tous les problèmes. Nous avons bien
sûr fait valoir pendant plusieurs années la recommandation
concernant la nécessité de nommer un sous-commissaire pour les
dossiers autochtones, mais cela ne suffirait pas. Les questions de
formation, de financement et de capacité dont nous parlons dans
Une question de spiritualité doivent être traitées en même temps,
sinon nous aurions simplement un pantin sans utilité aucune.
The five issues I addressed in my opening comments — the
deputy commissioner, the at-parity funding, the training
initiatives, the workload and other barriers and obstacles faced
Les cinq problèmes dont j’ai parlé dans mon introduction — le
sous-commissaire, le financement paritaire, les initiatives de
formation, la charge de travail et les autres obstacles auxquels
1-5-2013
Peuples autochtones
36:27
by elders, and the amount of just confusion and red tape around
section 84 — those need to happen in concert and we believe
collectively would make a big difference.
sont confrontés les aînés, et toute la confusion et les formalités qui
entourent l’article 84 —, il nous faut tous les régler en parallèle et
si nous pouvions le faire collectivement, cela serait idéal.
Senator Dennis Glen Patterson (Acting Chair) in the chair.
Le sénateur Dennis Glen Patterson (président suppléant) occupe
le fauteuil.
The Acting Chair: I was next on the list, so if no one minds, I
will ask my questions.
Le président suppléant : J’étais le suivant sur la liste, alors si
vous le voulez bien je vais poser mes questions.
Mr. Sapers, I understand there are eight healing lodges, four
CSC and four Aboriginal operated. Could you outline, please,
where they are, and perhaps if you know which culture they
reflect?
Monsieur Sapers, je crois qu’il y a huit pavillons de
ressourcement, dont quatre sont gérés par SCC et quatre, par
les Autochtones. Pourriez-vous nous expliquer où ils sont situés
et, peut-être, quelle culture ils reflètent?
Mr. Sapers: Sure. I can certainly answer the first part easily. I
will reference first page 23 of the Spirit Matters report, where
there is a table that shows the CSC-operated healing lodges. The
Okimaw Ohci Healing Lodge, the Willow Cree Healing Lodge,
the Pê Sâkâstêw Centre healing lodge and Kwìkwèxwelhp Healing
Village are operated by the Correctional Service of Canada.
Those lodges operate under section 81.
M. Sapers : Certainement. Je peux répondre facilement à la
première partie de votre question. Je vous renvoie à la page 26 du
rapport intitulé Une question de spiritualité, vous y trouverez un
tableau qui montre quels pavillons sont administrés par SCC. Le
pavillon Okimaw Ohci, le pavillon Willow Cree, le pavillon Pê
Sâkâstêw et le pavillon Kwìkwèxwelhp sont administrés par le
Service correctionnel du Canada. Les autres sont gérés aux termes
de l’article 81.
Senator Patterson: Could you give the geographic location,
please?
Le sénateur Patterson : Pourriez-vous préciser leur situation
géographique?
Mr. Sapers: Sure. The Okimaw Ohci Healing Lodge is in
Saskatchewan; the Pê Sâkâstêw Centre is in Alberta;
Kwìkwèxwelhp Healing Village is in the Fraser Valley of British
Columbia; and Willow Cree Healing Centre is in Saskatchewan.
Those are operated by Correctional Service Canada.
M. Sapers : Certainement. Le pavillon Okimaw Ohci est en
Saskatchewan, le Pê Sâkâstêw est situé en Alberta, le
Kwìkwèxwelhp se trouve dans la vallée du Fraser, en ColombieBritannique, et le centre de guérison Willow Cree est en
Saskatchewan. Ces pavillons sont administrés par le Service
correctionnel du Canada.
There is a spiritual healing lodge operated under section 81 in
Prince Albert; the Ochichakkosipi First Nation Healing Lodge is
in the Prairies; the Stan Daniels Healing Centre is in downtown
Edmonton; and the Waseskun Healing Centre is in Quebec.
Il y a un pavillon de ressourcement administré en vertu de
l’article 81 à Prince Albert, le pavillon Ochichakkosipi se trouve
dans les Prairies, le Centre Stan Daniels est situé au centre-ville
d’Edmonton, et le centre Waseskun est au Québec.
Senator Patterson: Thank you. It seems just astonishing to me
that you have the four CSC-operated lodges — and I am sure they
are probably different sizes — that are spending $21.5 million on
four of their own institutions. The other four, the Aboriginaloperated lodges, are getting $4.8 million — roughly a quarter of
the cost.
Le sénateur Patterson : Merci. Il me semble étonnant que les
quatre pavillons administrés par SCC — ils sont sans doute de
tailles différentes — soient financés à hauteur de 21,5 millions de
dollars pour les quatre installations alors que les autres,
administrés par les Autochtones, reçoivent 4,8 millions de
dollars — c’est environ le quart du financement.
I was compelled by what you said about the 44 Nunavut
inmates, who I am sure were all Inuit, who were eligible for
Aboriginal healing lodge release. There is a significant difference,
culturally, between Indian, Dene, Metis and the Inuit. There is a
different language, economy and history. I am not surprised and I
am even not sure that the Inuit inmates would have fit in a First
Nations healing lodge. With all respect to those lodges, but
sweetgrass and sweat lodges would not work in that it is igloos
and not sweat lodges for the Inuit; they do not have resonance.
J’ai été renversé par ce que vous disiez au sujet des 44 détenus
du Nunavut, et je suis certain que ce sont tous des Inuits, qui
auraient été admissibles à un transfert vers un pavillon de
ressourcement autochtone. Il y a des différences importantes, sur
le plan culturel, entre les Indiens, les Dénés, les Métis et les Inuits.
Il y a des différences linguistiques, économiques et historiques. Je
ne suis pas surpris et je ne suis même pas certain que les détenus
inuits auraient bénéficié d’un séjour dans un pavillon de
ressourcement des Premières Nations. Sans vouloir dénigrer ces
pavillons, le foin d’odeur et les sueries ne donneraient rien, parce
que les Inuits ont besoin d’igloos, pas de sueries. Cela n’éveille pas
d’écho chez eux.
36:28
Aboriginal Peoples
1-5-2013
Would you have any recommendations about how you change
the funding support for Aboriginal-run healing lodges? They just
do not have the money to attract or train the workers. How could
that be fixed?
Auriez-vous des recommandations à nous présenter en ce qui
concerne les changements à apporter au soutien financier des
pavillons de ressourcement gérés par les Autochtones? Ils n’ont
pas les fonds nécessaires pour attirer ou former des travailleurs.
Comment peut-on corriger cette situation?
Mr. Sapers: Let me answer the second question first and then
go back to your first point. We recommend in the report that atparity funding be established. If the Correctional Service Canada
establishes that it costs a certain amount per year to operate a
healing lodge bed, then that amount of money should be made
available to an Aboriginal community to operate that bed. It is
clear that their own structures are better resourced than those
operated by Aboriginal communities under section 81.
M. Sapers : Je répondrai d’abord à votre deuxième question et
je reviendrai ensuite au premier point. Dans notre rapport, nous
recommandons un financement paritaire. Si SCC détermine qu’il
en coûte tant par année pour une place dans un pavillon de
ressourcement, alors ce montant devrait être accordé à la
collectivité autochtone qui administre cette place. Il est clair que
les structures de SCC sont mieux financées que celles qui ont été
créées dans les collectivités autochtones en vertu de l’article 81.
We are also talking about a reallocation of resources, so we are
not talking about new money. I do not believe that the
Correctional Service Canada needs new funding for this. These
are people under sentence to a CSC facility in any case. We are
talking about transferring where their custody takes place. We
actually think it can be done in a more cost-efficient way in the
community through section 81. Section 81, by the way, does not
require large-scale facilities; it is possible to have section 81 beds
established in small and remote communities, supervised by
communities, so you do not need to think of it as a bricks-andmortar kind of a response.
Nous préconisons aussi une réaffectation des ressources. Nous
ne parlons pas de nouveaux fonds. Je ne pense pas que Service
correctionnel Canada ait besoin de nouveaux fonds pour cela. Il y
a des gens qui purgent des peines dans des établissements de SCC
de toute façon. Nous parlons de les transférer dans un autre lieu
de garde. Nous croyons que cela peut se faire de façon plus
économique dans la collectivité grâce à l’article 81. L’article 81
n’exige d’ailleurs pas de grandes installations; il est possible de
créer des places en vertu de l’article 81 dans de petites collectivités
éloignées, et la supervision est assurée par la collectivité, alors il ne
faut pas s’imaginer qu’il faudra de grands bâtiments.
Let me be clear that we are not talking about millions of new
dollars coming into CSC to do this; we are talking about
implementing the plan as it was envisaged 20 years ago. In large
measure, the resources are in place.
Soyons clairs, nous ne demandons pas que des millions de
nouveaux fonds soient alloués à SCC; nous parlons de mettre en
œuvre le plan envisagé il y a 20 ans. L’essentiel des ressources est
déjà en place.
When you talk about the North and the differences in
Aboriginal communities across country, you raise profoundly
important matters. There are no healing lodges in the North.
Earlier I gave testimony about the lack of section 84
participation, at least in Nunavut. We do not have any
opportunities for section 81 beds in Labrador, northern Quebec,
Northwest Territories or in Nunavut. There are some unique
challenges to providing those kinds of opportunities in the North,
but they can be overcome.
Quand vous parlez du Nord et des différences entre les
collectivités autochtones du pays, vous soulevez des aspects très
importants. Il n’y a pas de pavillon de ressourcement dans le
Nord. J’ai mentionné dans mon témoignage l’absence de
participation en vertu de l’article 84, au moins au Nunavut.
Nous n’avons aucune possibilité de créer des places en vertu de
l’article 81 au Labrador, dans le Nord du Québec, dans les
Territoires du Nord-Ouest ou au Nunavut. La création de ce
genre de places dans le Nord soulève des difficultés très
particulières, mais qui pourraient être surmontées.
Currently, there are 30 Inuit offenders from Nunavut who are
serving their custody in the Northwest Territories. There are 40
who are provincially sentenced or who are serving sentences of
less than two years; there are 40 Inuit offenders from Nunavut
shipped off to Ontario correctional centres to serve their sentences
away from their home communities. Most important for our
discussion this morning, there are 85 federally sentenced Inuit
offenders from Nunavut who are serving their sentence in
Correctional Service Canada facilities, primarily the Fenbrook
Institution in Ontario.
À l’heure actuelle, 30 contrevenants inuits du Nunavut purgent
une peine sous garde dans les Territoires du Nord-Ouest.
Quarante autres purgent des peines provinciales ou des peines
de moins de deux ans; 40 contrevenants inuits du Nunavut ont été
envoyés au Centre correctionnel ontarien pour purger leur peine
loin de leur collectivité d’appartenance. Plus important encore
aux fins de la discussion de ce matin, il y a 85 délinquants inuits
du Nunavut qui purgent une peine fédérale dans des
établissements de SCC, principalement à l’établissement
Fenbrook, en Ontario.
Nunavut Corrections operates a primary facility in Iqaluit
called the Baffin Correctional Centre, which, depending on which
point in its history you want to look at, had a design capacity for
Les services correctionnels du Nunavut administrent une
installation primaire à Iqaluit, le Centre correctionnel de Baffin,
qui selon l’angle historique que vous adoptez a une capacité
1-5-2013
Peuples autochtones
36:29
either 48 or 50, or up to 66. I think today’s count is slightly under
100 in that facility. It is shamefully overcrowded. It is literally
falling apart and bursting at the seams.
théorique de 48 à 50 détenus, et peut en accueillir jusqu’à 66. Je
crois qu’aujourd’hui, ils sont un peu moins de 100 dans ces
installations. C’est un terrible surpeuplement. Le centre est plein à
craquer, littéralement.
Nunavut has identified the replacement of this facility as a
priority. Granted, that is a territorial matter, not a federal one.
However, to give you some idea, their own estimates are that they
will need 300 in-custody beds by 2027, and that is just to deal with
those who are receiving sentences of less than two years. If the
trends continue, the number of federally sentenced Inuit from
Nunavut will increase apace.
Le Nunavut a décidé de remplacer cet établissement en priorité.
Je le reconnais, c’est une question de ressort territorial et non pas
fédéral. Toutefois, pour vous donner une idée de l’ampleur du
problème, selon ses propres estimations, le Nunavut prévoit qu’il
lui faudra 300 places de garde d’ici 2027, et c’est simplement pour
les personnes qui purgent des peines inférieures à deux ans. Si la
tendance se maintient, le nombre d’Inuits du Nunavut qui
purgent une peine fédérale augmentera au même rythme.
Before both orders of government commit massive funds to
building more traditional custodial capacity, we think it would be
very important to explore opportunities to take advantage of
things like section 81 in the CCRA and to see whether there can
be some other options. It is probably not just one choice, because
what might make sense in Labrador might not be exactly
appropriate for Nunavut.
Avant que les deux ordres de gouvernement n’engagent
d’énormes sommes pour construire des établissements de garde
plus traditionnels, nous pensons qu’il serait très important
d’envisager des solutions comme celle prévue à l’article 81 de la
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous
condition, pour voir s’il n’y a pas d’autres options. Il y a sans
doute plus d’un choix, et ce qui est logique au Labrador ne l’est
pas nécessairement au Nunavut.
There are some big issues in the North. Over 20 years, CSC has
not been able to provide this kind of opportunity in Northern
Canada.
Il y a d’importants problèmes dans le Nord. En 20 ans, le SCC
n’a pas pu offrir de possibilités de ce genre dans le Nord du
Canada.
The Chair: I have a supplemental question, if I may,
Mr. Sapers. I visited the facility in Iqaluit, as you know. In
fact, I have been back and forth to that facility for 20 years. It has
gone from a temporary facility to a permanent facility, and to a
permanent facility that is embarrassing to see in this country. I
think you would probably agree with that term. The gymnasium
there now is temporary bedding with mats on the floor, for
example.
Le président : J’ai une question supplémentaire, s’il vous plaît,
Monsieur Sapers. J’ai visité le centre dont vous parlez, à Iqaluit,
vous le savez. De fait, j’y suis allé à maintes reprises depuis 20 ans.
C’était autrefois un établissement temporaire, mais il est devenu
permanent, et cet établissement permanent est une source
d’embarras dans notre pays. Je crois que vous en conviendrez.
Le gymnase, là-bas, sert de dortoir provisoire avec des matelas sur
le sol, par exemple.
There are 202 federal Inuit prisoners as of last fall outside of
Nunavut; it is my understanding that they are somewhere else in
the country.
L’automne dernier, il y avait 202 détenus inuits purgeant une
peine fédérale à l’extérieur du Nunavut; si je comprends bien, cela
signifie qu’ils se trouvent ailleurs au pays.
Has there been any dialogue about looking at a demographic
facility for incarcerated Inuit rather than a geographic provincial,
territorial or federal facility? Is there is any consideration of one
joint facility that would look at the Inuit population and the
cultural, linguistic, different challenges that the Inuit face —
perhaps a little bit exclusive of their crime or what they have been
sentenced for — that you know of?
Y a-t-il eu des discussions au sujet d’une éventuelle installation
établie en fonction de critères démographiques pour les détenus
inuits, plutôt qu’une installation basée sur la géographie, c’est-àdire provinciale, territoriale ou fédérale? Est-ce qu’on envisage
une installation mixte qui regrouperait les populations inuites et
conviendrait aux difficultés culturelles, linguistiques et autres qui
sont propres aux Inuits — peut-être sans trop tenir compte du
crime ou de la cause de la peine? Le savez-vous?
Mr. Sapers: In fact, there have been discussions about such a
pan-Arctic facility that would not be rooted in political
geography, but rooted in culture. There has also been
discussion about the need to maintain small local responses.
Somewhere between those who end points is probably where we
are going to end up.
M. Sapers : De fait, il y a eu des discussions au sujet d’un
établissement panarctique qui serait lié non pas à la géographie
politique, mais plutôt à la culture. Il y a aussi eu des discussions
au sujet de la nécessité de maintenir de petits services locaux. La
solution se trouvera sans doute entre ces deux extrêmes.
In the conversations I have been privy to and in the material I
have reviewed, I think everyone agrees that the status quo is not
appropriate — simply shipping people south, taking people far
away from home communities, support. For some of these folks,
En me basant sur des conversations que j’ai eues et des
documents que j’ai examinés, je pense que tous conviennent que le
statu quo ne convient pas — on ne peut pas se contenter
d’expédier les gens dans le Sud, ce qui les éloigne de leur
36:30
Aboriginal Peoples
1-5-2013
the difference between where they come from and where they have
been sent to is worse than night and day. The status quo is not
appropriate, but I do not think there is consensus on the matter
you raise specifically. I think that is probably the best way to put
it. It could be that a combination of approaches would work. You
would have to get together with a number of governments to
build a pan-Arctic capacity.
collectivité et de leur réseau de soutien. Pour certaines de ces
personnes, la différence entre la collectivité où ils vivent et
l’endroit où ils sont envoyés est plus grande que le jour et la nuit.
Le statu quo ne convient pas, mais je ne pense pas qu’il y ait
consensus sur la question que vous venez de soulever. Je pense
que c’est probablement la meilleure réponse que je puisse vous
donner. Il pourrait s’agir d’une combinaison d’approches. Il
faudrait que les divers ordres de gouvernement s’entendent si l’on
veut créer une capacité panarctique.
In the meantime, I know, for example, that the Nunavut
government is planning on going ahead with replacing Baffin
Correctional. The option of a combination of responses, for
example, having section 81 agreements in northern Quebec and
small section 81 agreements in place in Nunavut and Labrador,
may be the way to start. It could be that operationally we need to
think of it in terms of a cultural response, but organizationally it
could still happen. Section 81 contemplates agreements with
communities, not with governments. You could still have those
individual agreements in place with specific communities, but it
could be participant of a cultural strategy that would be
appropriate to the North.
Entre-temps je sais, par exemple, que le gouvernement du
Nunavut projette de remplacer le centre correctionnel de Baffin.
S’il était possible d’adapter les réponses, par exemple en concluant
des ententes prévues à l’article 81 dans le Nord du Québec et des
ententes plus modestes mais toujours en vertu de l’article 81 au
Nunavut et au Labrador, cela serait un début. Il se peut que dans
le domaine opérationnel il nous faille adapter nos réponses sur le
plan culturel, mais qu’en termes organisationnels, cela puisse
quand même se faire. L’article 81 envisage des ententes avec les
collectivités, pas avec les gouvernements. Vous pourriez encore
conclure des ententes individuelles avec des collectivités données,
et cela pourrait s’inscrire dans une stratégie culturelle qui
conviendrait au Nord.
I think it is fair to say that the major focus I have heard in my
conversations with northern Canadians many times is simply,
‘‘Bring our people home.’’ If they are going to heal and deal with
their conflict with the law, they need to do that at home. That
seems to be the one thing that is consistent.
Je crois pouvoir dire que ce qui compte, quand je discute avec
des Canadiens du Nord, c’est simplement de ramener ces gens
chez eux. Pour pouvoir guérir et régler leurs démêlés avec la
justice, ils doivent être chez eux. Cela semble logique.
The Chair: Ms. Kingsley, I think about a decade ago there was
a report on victim-offender reconciliation or a restorative justice
done by corrections on the recidivism rates by offenders. Victimoffender reconciliation is extremely difficult, to follow up on
Mr. Sapers’ comments, if distance is your biggest challenge.
Le président : Madame Kingsley, il y a une dizaine d’années, je
crois, SCC a publié un rapport sur la réconciliation entre victime
et contrevenant, la justice réparatrice, qui abordait la question des
taux de récidive des contrevenants. La réconciliation entre victime
et contrevenant est extrêmement difficile à obtenir si, pour faire
suite à ce que disait M. Sapers, la distance est votre pire obstacle.
Do you know of any follow-up work that has been done since
2002 or 2003 on victim offender reconciliation and if so, has been
successful? If there has not, I will ask someone else.
Savez-vous s’il y a eu un suivi depuis 2002 ou 2003 sur la
réconciliation entre victime et contrevenant et si l’expérience a
réussi? Sinon, je poserai la question à quelqu’un d’autre.
Ms. Kingsley: Unfortunately, I am not aware. I wish I were
from Justice Canada as I answer this question but —
Mme Kingsley : Malheureusement, je l’ignore. J’aimerais
représenter Justice Canada pour pouvoir répondre à cette
question, mais...
The Chair: Correctional Services Canada did the report. He
was the leader of CSC in 2003.
Le président : Le Service correctionnel du Canada a produit le
rapport. Il dirigeait SCC en 2003.
Mr. Sapers: It seems to me the National Crime Prevention
Centre may have done something. We will undertake to make that
inquiry with the Parole Board of Canada as well as with
Aboriginal elders and we will get that information to the clerk.
M. Sapers : Il me semble que le Centre national de prévention
du crime a fait quelque chose. Nous allons essayer de trouver cette
information à la Commission nationale des libérations
conditionnelles et auprès des aînés autochtones et nous la
transmettrons à la greffière.
The Chair: I believe your department did a review of Baffin
Correctional Centre on behalf of the Nunavut government. Has
that report been released?
Le président : Je crois que votre ministère a étudié le Centre
correctionnel de Baffin au nom du gouvernement du Nunavut.
Est-ce que ce rapport a été publié?
1-5-2013
Peuples autochtones
Mr. Sapers: No. At the invitation of the local director, we did a
review. It has been completed. It has been provided to the head of
corrections for the territory, but it would be up to them to decide
what to do with it.
The Chair: Thank you very much.
36:31
M. Sapers : Non. À l’invitation du directeur local, nous avons
procédé à un examen. Cet examen est terminé et le rapport a été
remis aux dirigeants des services correctionnels du territoire, mais
c’est à eux qu’il revient de décider ce qu’il faut en faire.
Le président : Merci beaucoup.
Senator Tannas: Thank you. I have a couple of questions.
Mr. Sapers, I heard from you that the existing healing lodges,
both those run under section 81 and by the CSC, are not
operating at full capacity. I also heard you say that while there
may be flaws in some of the statistics and the way in which they
were gathered, there was not any evidence of effectiveness of this,
although I certainly concur that the concerns you have would be
my concerns. On the face of it, we have those two things.
Le sénateur Tannas : Merci. J’ai deux ou trois questions à
poser. Monsieur Sapers, vous avez dit que les pavillons de
ressourcement existants, tant ceux prévus à l’article 81 que ceux
de SCC, ne fonctionnaient pas à pleine capacité. Vous avez dit
aussi que même s’il y a peut-être des carences dans certaines des
statistiques et dans leur mode de compilation, rien ne prouve
l’efficacité de ces centres, et je partage certainement vos
préoccupations. Apparemment, nous avons ces deux groupes de
pavillons.
How much of the difficulty that you have expressed here is
really around the fact that the senior leadership at CSC does not
believe that this is effective? Could you comment on that?
Dans quelle mesure les difficultés que vous nous avez exposées
ici proviennent-elles véritablement du fait que la haute direction
de SCC ne croit pas dans l’efficacité de ces services? Qu’en pensezvous?
Mr. Sapers: I will comment on that. I will not put words in
their mouths. I will say that there is a commitment on the part of
the Correctional Service of Canada to provide culturally
appropriate programming. They commit to that in their Report
on Plans and Priorities. They account for that in their
departmental policy reports. It is part of their framework for
Aboriginal corrections and their published strategy.
M. Sapers : Je vais vous répondre. Je ne veux pas parler au
nom de SCC, mais je peux vous dire qu’il y a de la part du Service
correctionnel du Canada un engagement à fournir des
programmes appropriés sur le plan culturel. Cet engagement
figure dans le Rapport sur les plans et les priorités. Il est
mentionné dans les rapports stratégiques ministériels. Cela fait
partie du cadre des services correctionnels pour les Autochtones et
de la stratégie officielle.
The evaluation research that I spoke to is equivocal. I have
never heard anyone from the Correctional Service of Canada use
that equivocal outcome as an excuse or reason for not doing what
the law contemplates they should be doing. I have heard people
question the evidence and have heard people say, in times of fiscal
restraint, ‘‘We have to make sure that every dollar we spend gets
the maximum return, so where is the evidence that this works as
opposed to that?’’
L’étude d’évaluation dont j’ai parlé a produit des résultats
équivoques. Je n’ai jamais entendu quiconque au Service
correctionnel du Canada s’appuyer sur ces résultats pour
justifier de ne pas faire ce que la loi prévoit. J’ai entendu des
gens contester les données et j’ai entendu des gens dire, en période
de compressions budgétaires : « Chaque dollar dépensé doit
produire un effet optimal, alors il nous faut des preuves que
cette solution-ci donne de meilleurs résultats que celle-là. »
Senator, a little secret that I will share with just you, just
between us —
Sénateur, je vais partager un secret avec vous. C’est entre
nous...
The Chair: It will not leave this room.
Mr. Sapers: — there is a lot of what we do in corrections that,
strictly speaking, I would not say is tested by the evidence.
Teasing out exactly what works and how and why it works is very
difficult in this endeavour. There is consensus that culturally
appropriate interventions are good. There is consensus that for
incarceration to have any positive benefit, it has to be geared
towards release. The point of putting someone in prison is not to
make them a good inmate. The point is to prepare them for
release in the community. If you take those two fundamental
things and put them together, it leads you to some conclusions
about individual responses based to individual needs, which is
what Correctional Service of Canada does when it develops
correctional plans for individual offenders. Part of that must
address their culture, particularly since we are informed by things
like the Royal Commission on Aboriginal Peoples that one of the
Le président : Nous n’en parlerons à personne.
M. Sapers : ... au Service correctionnel, nous faisons souvent
des choses qui, à strictement parler, ne sont pas toujours étayées
par les données. Il est très difficile dans ce domaine de dégager ce
qui fonctionne et d’en établir les raisons. Il y a un consensus
concernant les interventions adaptées sur le plan culturel. On
s’entend pour dire que l’incarcération, pour avoir des résultats
bénéfiques, doit être axée sur la libération. On n’emprisonne pas
les gens pour en faire de bons détenus. On les prépare à leur
remise en liberté dans la collectivité. Si vous prenez ces deux
principes fondamentaux, cela vous mène à certaines conclusions
concernant les réponses à fournir en fonction des besoins
individuels, et c’est ce que SCC fait quand il élabore des plans
correctionnels individuels pour chaque délinquant. Une partie de
ce plan doit porter sur la culture, particulièrement depuis que
nous disposons d’information tirée d’initiatives comme la
36:32
Aboriginal Peoples
1-5-2013
reasons we see this overrepresentation are historical, economic
and social factors. We have to address that in the administration
of the sentence.
Commission royale d’enquête sur les peuples autochtones, qui
montre qu’une des raisons de cette surreprésentation vient de
facteurs historiques, économiques et sociaux. Nous devons en
tenir compte dans l’administration de la peine.
That is a long way around addressing your question about the
evaluation and outcomes. In short, no, I have never heard anyone
from CSC use the research as an excuse not to do it. I have heard
people question correctional effectiveness writ large, trying to
figure out what works.
C’est un long préambule pour répondre à votre question
concernant l’évaluation et les résultats. La réponse brève c’est
que, non, je n’ai jamais entendu personne à SCC utiliser les études
comme excuse pour ne rien faire. J’ai entendu des gens
s’interroger sur l’efficacité des services correctionnels en général
et essayer de déterminer les mesures qui donnent des résultats.
Senator Tannas: I have one other question. We have heard a lot
about the disproportionate growth of Aboriginal offenders. Can
you talk a little bit about FASD and what proportion of this
growth you are seeing and what particular programs you have
witnessed and their potential effectiveness?
Le sénateur Tannas : J’ai une autre question. Nous avons
beaucoup entendu parler de la croissance disproportionnée de la
population de délinquants autochtones. Pouvez-vous nous dire
quelques mots au sujet de l’ensemble des troubles causés par
l’alcoolisation fœtale et des proportions de cette croissance ainsi
que des programmes particuliers que vous connaissez et de leur
efficacité éventuelle?
Mr. Sapers: We are just beginning to get a handle on how fetal
alcohol spectrum disorder affects carceral populations, and
various estimates have been done by various researchers. What
we know in the Correctional Service of Canada when we screen at
intake for people’s mental health needs, over a third of offenders
are screened as needing additional psychiatric or psychological
follow-up. That under counts those people dealing with brain
injury, traumatic brain injury and brain injury resulting from
things like FASD, so we do not have a complete picture.
M. Sapers : Nous commençons à peine à comprendre les
troubles causés par l’alcoolisation fœtale dans les populations
carcérales, et divers chercheurs ont établi des estimations. Au
Service correctionnel du Canada, nous savons grâce à l’évaluation
initiale des besoins de santé mentale que plus du tiers des
délinquants requièrent un suivi psychiatrique ou psychologique
supplémentaire. Comme le processus sous-évalue le nombre de
personnes qui ont subi un traumatisme crânien ou souffrent de
lésions au cerveau attribuables à des facteurs comme les troubles
causés par l’alcoolisation fœtale, nous n’avons donc pas un
tableau complet de la situation.
People experienced in working with these prison populations
will tell you that they are dealing with a population that is
overwhelmingly fetal-alcohol affected. That has impact on their
ability to comply with the rigours of carceral life, such as
following rules and taking instruction, et cetera. It has a big
impact, and I do not think we understand it fully.
Les gens qui travaillent depuis longtemps auprès de ces
populations carcérales vous diront qu’elles ont été très affectées
par l’alcoolisation fœtale. Cela influe sur leur capacité de
supporter les rigueurs de la vie carcérale et notamment de
respecter les règles et de suivre des instructions. Cela a beaucoup
d’effets, et je ne pense pas que nous comprenions entièrement le
phénomène.
Senator Lovelace Nicholas: Is there not a section 81 or CSC
facility in New Brunswick?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Est-ce qu’il y a une installation
prévue à l’article 81 ou du SCC au Nouveau-Brunswick?
Mr. Sapers: There are no section 81 facilities in Atlantic
Canada.
M. Sapers : Il n’y a aucun établissement créé en vertu de
l’article 81 au Canada atlantique.
Senator Lovelace Nicholas: Why is that?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Pourquoi?
An Hon. Senator: I have the same question.
Une voix : Moi aussi, je me le demande.
Mr. Sapers: I do, too, senator.
M. Sapers : Et moi aussi.
Senator Lovelace Nicholas: Who would be more likely to be
incarcerated, a First Nations person living in an urban setting or
someone living in a First Nations community?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Qui est le plus susceptible
d’être incarcéré, le membre d’une Première Nation qui vit en
milieu urbain ou celui qui vit dans une collectivité des Premières
Nations?
Mr. Sapers: I am sorry, I do not have an answer. I am not even
sure that this census information can help us, just because of
mobility issues.
M. Sapers : Je suis désolé, je n’ai pas de réponse à cette
question. Je ne suis même pas certain que cette information puisse
nous aider, en raison de la mobilité.
1-5-2013
Peuples autochtones
36:33
The Chair: We have heard about the higher incarceration rates
among Aboriginals, and even if you are not the likely candidate
for this question, you are in front of me. If we have the same
number of people investigated, charged and entering into a court
system, are Aboriginals more likely to be convicted and sentenced
to federal prison time versus non-Aboriginal?
Le président : On nous a parlé des taux d’incarcération
supérieurs des Autochtones, et même si vous n’êtes pas le
candidat parfait pour cette question, vous êtes ici et j’en profite.
Si nous avons le même nombre de personnes qui ont fait l’objet
d’une enquête, ont été mises en accusation et sont entrées dans le
système judiciaire, est-ce que les Autochtones sont plus
susceptibles que les non-Autochtones d’être condamnés à une
peine d’emprisonnement dans un pénitencier fédéral?
Mr. Sapers: The only answer that I can give you is my quick
reading of a report that was released very recently, authored by
former Justice Iacobucci, on the experience of Aboriginal
Canadians in the Ontario justice system. He found evidence of
systemic discrimination that resulted in higher convictions, more
guilty pleas, and raised issues around jury trials as well and the
ability to be truly judged by a jury of your peers in terms of jury
composition.
M. Sapers : La seule réponse que je peux vous fournir provient
d’un rapport que l’ancien juge Iacobucci vient de publier, au sujet
de l’expérience des Canadiens autochtones dans le système
judiciaire ontarien. Il a relevé les preuves d’une discrimination
systémique qui entraîne des taux de condamnation supérieurs et
un plus grand nombre de plaidoyers de culpabilité et jette des
doutes sur les procès devant jury et la possibilité d’être jugé
véritablement par des pairs compte tenu de la composition du
jury.
His report is the latest in a string of reports over many years
that have identified issues related to systemic discrimination that
has resulted in differential outcomes in our justice system for
Aboriginal Canadians when compared to non-Aboriginal
Canadians.
Son rapport est le dernier d’une série de rapports étalés sur
plusieurs années et qui ont mis en lumière des problèmes liés à une
discrimination systémique qui fait que les Canadiens autochtones
et les Canadiens non autochtones obtiennent des résultats
différents dans notre système de justice.
My conclusion from all of that is there is a whole host of
factors. I had a police executive in a prairie city in Canada explain
to me the challenge that they have in that the good news is they
were putting police resource officers in schools to assist in a
number of areas. The bad news is that that, in combination with
zero tolerance policies in the school related to certain activities,
resulted in more Aboriginal youth in school being charged with
offences. That then begins that whole process of those young
people coming into conflict with the law and having those
records, that stigma, et cetera.
J’en conclus qu’il existe une foule de facteurs. Un jour, un
responsable des services de police d’une ville des Prairies
canadiennes m’a expliqué les difficultés qu’il rencontrait. La
bonne nouvelle, c’était que des agents étaient envoyés dans les
écoles pour aider de diverses façons. La mauvaise, c’était qu’en
combinaison avec des politiques de tolérance zéro pour certaines
activités dans les écoles, un plus grand nombre de jeunes
Autochtones faisaient l’objet d’accusation. Cela déclenche tout
le processus pour ces jeunes : des démêlés avec la justice, un casier
judiciaire, la stigmatisation, et cetera.
The challenge expressed to me by this police leader was, ‘‘How
do we do our job?’ If the job is defined by enforcing the law based
on a zero tolerance policy by the school board, what is the role of
a resource officer and how does that translate into what is going
on in this particular city’s urban core?
Ce responsable des services policiers se demandait comment il
devait faire son travail. Si le travail est défini comme l’application
de la loi en fonction d’une politique de tolérance zéro dans les
commissions scolaires, quel est le rôle d’un agent et comment cela
se traduit-il dans ce qui se passe au centre-ville?
The Chair: Seeing no other questions, I want to thank both of
you for being here today. It was an excellent presentation. It is a
difficult topic for some of us, but it was a great dialogue and I
appreciate the time that you both took. Thank you very much.
Le président : Nous avons épuisé les questions. Je vous
remercie tous les deux d’être venus aujourd’hui. Votre exposé
était excellent. Il s’agit d’un sujet difficile pour certains d’entre
nous, mais nous avons eu une conversation stimulante et nous
vous sommes reconnaissants du temps que vous nous avez
consacré. Merci beaucoup.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Tuesday, April 30, 2013
Le mardi 30 avril 2013
Office of the Correctional Investigator of Canada:
Bureau de l’enquêteur correctionnel du Canada :
Howard Sapers, Correctional Investigator;
Howard Sapers, enquêteur correctionnel;
Marie-France Kingsley, Director of Investigations.
Marie-France Kingsley, directrice des enquêtes.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising