First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12-13

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12-13
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12-13
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012-2013
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
ABORIGINAL PEOPLES
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable VERNON WHITE
Président :
L’ honorable VERNON WHITE
Tuesday, March 26, 2013 (in camera)
Tuesday, April 16, 2013 (in camera)
Wednesday, April 17, 2013
Tuesday, April 23, 2013 (in camera)
Le mardi 26 mars 2013 (à huis clos)
Le mardi 16 avril 2013 (à huis clos)
Le mercredi 17 avril 2013
Le mardi 23 avril 2013 (à huis clos)
Issue No. 35
Fascicule no 35
Thirty-sixth meeting on:
Trente-sixième réunion concernant :
The federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations,
Inuit and Metis peoples and other matters
generally relating to the Aboriginal Peoples
of Canada
Les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement
fédéral à l’égard des Premières nations, des Inuits
et des Métis et d’autres questions générales
relatives aux peuples autochtones du Canada
and
et
Twenty-fifth, twenty-sixth and twenty-seventh
meetings on:
Vingt-cinquième, vingt-sixième et vingt-septième
réunions concernant :
Legal and political recognition of Métis identity
in Canada
La reconnaissance juridique et politique de l’identité
des Métis au Canada
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
50046con-50060con-50070-50085con
STANDING SENATE COMMITTEE ON
ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Vernon White, Chair
Président : L’honorable Vernon White
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Beyak
* Cowan
(or Tardif)
Demers
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Tannas
Watt
Beyak
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Tannas
Watt
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Beyak replaced the Honourable Senator
Enverga (April 17, 2013).
L’honorable sénatrice Beyak a remplacé l’honorable sénateur
Enverga (le 17 avril 2013).
The Honourable Senator Tannas replaced the Honourable
Senator Ataullahjan (April 17, 2013).
L’honorable sénateur Tannas a remplacé l’honorable sénatrice
Ataullahjan (le 17 avril 2013).
The Honourable Senator Enverga replaced the Honourable
Senator Beyak (April 16, 2013).
L’honorable sénateur Enverga a remplacé l’honorable sénatrice
Beyak (le 16 avril 2013).
The Honourable Senator Ataullahjan replaced the Honourable
Senator Meredith (March 27, 2013).
L’honorable sénatrice Ataullahjan a remplacé l’honorable
sénateur Meredith (le 27 mars 2013).
The Honourable Senator Sibbeston replaced the Honourable
Senator Merchant (March 26, 2013).
L’honorable sénateur Sibbeston a remplacé l’honorable sénatrice
Merchant (le 26 mars 2013).
The Honourable Senator Meredith replaced the Honourable
Senator Ataullahjan (March 26, 2013).
L’honorable sénateur Meredith a remplacé l’honorable sénatrice
Ataullahjan (le 26 mars 2013).
The Honourable Senator Merchant replaced the Honourable
Senator Sibbeston (March 25, 2013).
L’honorable sénatrice Merchant a remplacé l’honorable sénateur
Sibbeston (le 25 mars 2013).
The Honourable Senator Ataullahjan replaced the Honourable
Senator Meredith (March 21, 2013).
L’honorable sénatrice Ataullahjan a remplacé l’honorable
sénateur Meredith (le 21 mars 2013).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
23-4-2013
Peuples autochtones
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Tuesday, March 26, 2013
(75)
OTTAWA, le mardi 26 mars 2013
(75)
[English]
35:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day in camera, at 9:45 a.m., in room 160-S, Centre Block, the
chair, the Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à huis clos, à 9 h 45, dans la pièce 160-S de
l’édifice du Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon
White (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Demers, Dyck, Lovelace Nicholas, Meredith, Patterson,
Raine, Seth, Watt and White (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Demers, Dyck, Lovelace Nicholas, Meredith, Patterson, Raine,
Seth, Watt et White (10).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son examen, pour en
faire rapport, de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité des Métis au Canada. (Le texte intégral de l’ordre de
renvoi figure au fascicule no 14 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
report.
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
examine une ébauche de rapport.
It was agreed that senators’ staff be permitted to remain in the
room during the in camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel des sénateurs à demeurer
dans la pièce durant la partie de la réunion tenue à huis clos.
At 11:05 a.m., pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee
considered a draft agenda (future business).
À 11 h 5, conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le
comité examine un projet d’ordre du jour (travaux futurs).
At 11:27 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 27, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Tuesday, April 16, 2013
(76)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mardi 16 avril 2013
(76)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met in
camera this day, at 9:31 a.m., in room 160-S, Centre Block, the
chair, the Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à huis clos, à 9 h 31, dans la pièce 160-S de
l’édifice du Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon
White (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Demers, Dyck, Enverga, Lovelace Nicholas, Munson, Patterson,
Raine, Seth, Sibbeston and White (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Demers, Dyck, Enverga, Lovelace Nicholas, Munson,
Patterson, Raine, Seth, Sibbeston et White (10).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
35:4
Aboriginal Peoples
23-4-2013
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son examen, pour en
faire rapport, de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité des Métis au Canada. (Le texte intégral de l’ordre de
renvoi figure au fascicule no 14 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
report.
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
examine une ébauche de rapport.
It was agreed that senators’ staff be permitted to remain in the
room during the in camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel des sénateurs à demeurer
dans la pièce durant la partie de la réunion tenue à huis clos.
At 10:45 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 10 h 45, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, April 17, 2013
(77)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 17 avril 2013
(77)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 6:56 p.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 18 h 56, dans la pièce 160-S, de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon White
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Demers, Dyck, Lovelace Nicholas, Munson, Patterson, Raine,
Sibbeston and White (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Demers, Dyck, Lovelace Nicholas, Munson, Patterson, Raine,
Sibbeston et White (8).
Other senator present: The Honourable Senator Enverga (1).
Autre sénateur présent : L’honorable sénateur Enverga (1).
In attendance: Wren Nasr, Analyst, Parliamentary Information
and Research Service, Library of Parliament.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
É galement présent : Wren Nasr, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 16, 2011, the committee continued its
consideration of the federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations, Inuit and
Metis peoples and other matters generally relating to the
Aboriginal Peoples of Canada. (For complete text of the order
of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
16 juin 2011, le comité poursuit son examen, en vue d’en faire
rapport, des responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l’égard des
Premières nations, des Inuits et des Métis et d’autres questions
générales relatives aux peuples autochtones du Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 2 des délibérations
du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Native Women’s Association of Canada:
Association des femmes autochtones du Canada :
Erin Corston, Director, Health and Environment;
Erin Corston, directrice, Santé et environnement;
Fiona Cook, Research and Policy Officer.
Fiona Cook, agente, Recherche et politiques.
Ms Corston and Ms Cook each made a statement and,
together, answered questions.
Mme Corston et Mme Cook font chacune un exposé, puis,
ensemble,répondent aux questions.
At 8:31 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 20 h 31, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
23-4-2013
Peuples autochtones
35:5
OTTAWA, le mardi 23 avril 2013
(78)
OTTAWA, Tuesday, April 23, 2013
(78)
[Traduction]
[English]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met in
camera this day, at 9:36 a.m., in room 160-S, Centre Block, the
chair, the Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à huis clos, à 9 h 36, dans la pièce 160-S de
l’édifice du Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon
White (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Demers, Dyck, Munson, Patterson, Raine, Seth, Sibbeston,
Tannas, Watt and White (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Demers, Dyck, Munson, Patterson, Raine, Seth, Sibbeston,
Tannas, Watt et White (10).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son examen, pour en
faire rapport, de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité des Métis au Canada. (Le texte intégral de l’ordre de
renvoi figure au fascicule no 14 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
report.
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
examine une ébauche de rapport.
It was agreed that senators’ staff be permitted to remain in the
room during the in camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel des sénateurs à demeurer
dans la pièce durant la partie de la réunion tenue à huis clos.
At 10:28 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 10 h 28, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
35:6
Aboriginal Peoples
23-4-2013
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Wednesday, April 17, 2013
OTTAWA, le mercredi 17 avril 2013
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 6:56 p.m. to examine and report on the federal
government’s constitutional, treaty, political and legal
responsibilities to First Nations, Inuit and Metis peoples, and
on other matters generally relating to the Aboriginal Peoples of
Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 18 h 56, pour examiner, en vue d’en faire
rapport, les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l’égard des
Premières nations, des Inuits et des Métis et d’autres questions
générales relatives aux peuples autochtones du Canada.
Senator Vernon White (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Vernon White (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good evening. I would like to welcome all
honourable senators, members of the public who are watching
this meeting of the Standing Senate Committee on Aboriginal
Peoples on CPAC or on the web.
Le président : Bonsoir. J’aimerais souhaiter la bienvenue à tous
les honorables sénateurs et aux gens du public qui assistent à la
réunion du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
par l’entremise de CPAC ou d’Internet.
I am Vern White from Ontario, chair of the committee. The
mandate of this committee is to examine legislation and matters
relating to Aboriginal peoples of Canada in general. In
considering what studies the committee might like to undertake,
from time to time we invite individuals and organizations to give
us an overview of topical issues within their constituencies. Today
we will hear testimony from the Native Women’s Association of
Canada on the issue of Aboriginal women and the criminal justice
system.
Je suis Vern White, de l’Ontario, et je suis président du comité.
Le mandat du comité est d’étudier les lois et les affaires générales
relatives aux peuples autochtones du Canada. Lorsque nous nous
penchons sur les études que nous aimerions entreprendre, nous
invitons de temps à autre des personnes ou des organismes pour
nous donner un aperçu des questions d’actualité dans leurs
circonscriptions. Aujourd’hui, nous allons entendre les
représentantes de l’Association des femmes autochtones du
Canada sur la question des femmes autochtones et du système
de justice pénale.
Before hearing from the witnesses, I would like to take this
opportunity to ask the members of the committee who are present
to introduce themselves.
Avant d’entendre les témoins, j’aimerais profiter de l’occasion
pour demander aux membres du comité qui sont présents de se
présenter.
Senator Dyck: Senator Lillian Dyck from Saskatchewan.
La sénatrice Dyck : Je suis la sénatrice Lillian Dyck, de la
Saskatchewan.
Senator Lovelace Nicholas: Senator Lovelace Nicholas from
New Brunswick.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Je suis la sénatrice Lovelace
Nicholas, du Nouveau-Brunswick.
Senator Sibbeston: Nick Sibbeston from the Northwest
Territories.
Le sénateur Sibbeston : Je suis Nick Sibbeston, des Territoires
du Nord-Ouest.
Senator Demers: Jacques Demers, Quebec.
Senator Raine: Nancy Greene Raine, B.C.
Le sénateur Demers : Je suis Jacques Demers, du Québec.
La sénatrice Raine : Je suis Nancy Greene Raine, de la
Colombie-Britannique.
Senator Patterson: Dennis Patterson, Nunavut.
Le sénateur Patterson : Je suis Dennis Patterson, du Nunavut.
Senator Enverga: Tobias Enverga from Ontario.
Le sénateur Enverga : Je suis Tobias Enverga, de l’Ontario.
The Chair: From the Native Women’s Association of Canada,
please help me welcome Erin Corston, Director, Health and
Environment, and Fiona Cook, Research and Policy Officer. We
look forward to your presentation. I am sure it will be followed by
questions from senators, so please proceed.
Le président : Veuillez accueillir, de l’Association des femmes
autochtones du Canada, Erin Corston, directrice, Santé et
Environnement, et Fiona Cook, agente, Recherche et politiques.
Nous avons hâte d’entendre votre exposé. Je suis sûr que les
sénateurs vous poseront ensuite des questions. Vous avez la
parole.
Erin Corston, Director, Health and Environment, Native
Women’s Association of Canada: I will start. Thank you for
inviting us here today. I am Erin Corston and I am Cree from
treaty 9 territory in northern Ontario. I am the Director of Health
and Environment at the Native Women’s Association of Canada,
Erin Corston, directrice, Santé et environnement, Association des
femmes autochtones du Canada : Je vais commencer. Merci de
nous avoir invitées à comparaître aujourd’hui. Je suis Erin
Corston et je suis Crie du territoire visé par le Traité no 9 dans le
Nord de l’Ontario. Je suis directrice, Santé et environnement, de
23-4-2013
Peuples autochtones
35:7
and I want to send regrets from NWAC’s president, Michèle
Audette. She is occupied at a meeting in Winnipeg today and
could not be here. I am here on her behalf. Fiona Cook is here
and she is the technical lead on the projects you are interested in
hearing about, Arrest the Legacy, as well as the Gender Matters
report. Ms. Cook is no longer employed with the association, but
has taken time away from her family to be here.
l’Association des femmes autochtones du Canada. J’aimerais
exprimer les regrets de la présidente de l’AFAC, Michèle Audette.
En effet, elle devait assister à une réunion aujourd’hui à Winnipeg
et ne pouvait pas être ici. Je parlerai donc en son nom. Fiona
Cook m’accompagne, et elle est responsable technique des projets
qui vous intéressent, c’est-à-dire Mettre fin aux séquelles qui
mènent des pensionnats indiens aux prisons, ainsi que le rapport
La condition féminine importe : cultiver la force dans la
réconciliation. Mme Cook ne travaille plus pour l’association,
mais elle a pris le temps de comparaître aujourd’hui, même si elle
est très occupée avec sa famille.
It has been several years since NWAC has had capacity to
focus on justice and corrections related issues. With Ms. Cook’s
departure from the organization and the end of the Advocacy and
Public Information Program, NWAC will have next to no
capacity to respond to these types of issues and requests to
present. The pattern of funding that NWAC has received to work
on justice related issues is inconsistent and irregular as best. While
we are always grateful for project-based funding, it all too often
allows us to just scratch the surface and leaves us wanting to do
more. I think when you hear of these reports, you will agree.
Cela fait plusieurs années que l’AFAC a eu la capacité
nécessaire de se pencher sur les questions liées à la justice et aux
services correctionnels. Étant donné que Mme Cook ne travaille
plus pour l’organisme et que le Programme d’information
publique et de défense des intérêts a été interrompu, l’AFAC
n’aura pratiquement plus aucune capacité de s’occuper de ce type
de problème et de demande à partir de maintenant. Le
financement que l’AFAC a reçu pour se pencher sur les
questions liées à la justice est intermittent et irrégulier. Même si
nous sommes toujours reconnaissants du financement fondé sur
des projets, trop souvent, cela nous permet seulement d’effleurer
le problème avant de manquer de fonds. Je crois que ces rapports
vous convaincront.
Regardless of our funding challenges, we have managed to
examine and expose some of root causes that perpetuate trends we
are seeing with urgent and alarming over incarceration of
Aboriginal women in this country. In collaboration with those
most impacted, we have managed to tap into some of the
potential solutions. I want to present three key messages tonight,
the first being that Aboriginal specific justice issues are extremely
complex. I do not think I have to tell you that. As such, solutions
require a complex, multi-layer, inclusive approach that engages all
sectors of the community. My second point is that solutions must
reflect input and perspectives of those most impacted or those
most vulnerable, and my third point is that violence prevention
must become part of our concept of justice in Canada.
En dépit de nos problèmes de financement, nous avons réussi à
étudier et à exposer certaines des causes fondamentales qui
amplifient les tendances urgentes et alarmantes en ce qui concerne
le taux supérieur d’incarcération chez les femmes autochtones
dans notre pays. En collaboration avec les personnes les plus
touchées, nous avons réussi à dégager certaines des solutions
potentielles. Ce soir, j’aimerais présenter trois messages clés. Tout
d’abord, les questions de justice liées aux Autochtones sont
extrêmement complexes. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de
vous le rappeler. C’est pourquoi les solutions nécessitent une
approche complexe, inclusive et à plusieurs volets qui engage tous
les secteurs de la collectivité. Deuxièmement, les solutions doivent
refléter la contribution et le point de vue de ceux qui sont les plus
touchés ou de ceux qui sont les plus vulnérables. Troisièmement,
la prévention de la violence doit faire partie intégrante de notre
conception de la justice au Canada.
All the work we do at NWAC is grounded in an effort to raise
the voices of those who have been silenced and promote their
perspectives on issues. Time and again we come to the same
conclusions. It is the cycle of poverty that drives these issues and
their outcomes, from the disproportionate burden of ill health
that Aboriginal women carry to the alarming rates at which they
experience violence, abuse, victimization and incarceration.
Le travail que nous accomplissons à l’AFAC vise à donner une
voix à ceux qu’on a réduits au silence et faire connaître leurs
points de vue sur certaines questions. Encore et toujours, nous
sommes parvenus aux mêmes conclusions : c’est le cycle de la
pauvreté qui est responsable de ces problèmes et de leurs
conséquences, c’est-à-dire des problèmes de santé dont souffrent
les femmes autochtones de façon disproportionnée aux taux
alarmants de violence, de mauvais traitements, de victimisation et
d’incarcération dont elles sont victimes.
The Advocacy and Public Information Program, or APIP
program funded by the Department of Aboriginal Affairs,
provided NWAC with support to strengthen our relationships
and networks of partnerships with community-based and
advocacy-type organizations across the country. We work
Le Programme d’information publique et de défense des
intérêts, ou le programme IPDI, financé par le ministère des
Affaires autochtones, a fourni à l’AFAC l’appui nécessaire pour
renforcer ses relations et ses réseaux de partenariats avec les
organismes communautaires et les organismes de défense des
35:8
Aboriginal Peoples
23-4-2013
closely with staff and the Truth and Reconciliation Commission
of Canada on this project. As Director of Health and
Environment at NWAC, I can provide you with on overview of
the differential impacts that Aboriginal women experience and I
can paint a picture of how Aboriginal women have been affected
by the long-standing and deep-rooted discrimination inherent in
the system, but I am not entirely sure I would be telling you
something that you do not already know. In preparing for today,
I thought about what I could say that has not already been said,
about how I could present the facts and the statistics and the way
that would impact you most.
droits partout au pays. Nous travaillons étroitement avec le
personnel et la Commission de vérité et de réconciliation du
Canada sur ce projet. En tant que directrice, Santé et
Environnement de l’AFAC, je peux vous donner un aperçu des
répercussions différentielles sur les femmes autochtones et de la
manière dont les femmes autochtones ont été touchées par la
discrimination profonde et inhérente au système depuis
longtemps, mais je ne suis pas tout à fait certaine que je vous
apprendrais quoi que ce soit. En me préparant pour aujourd’hui,
j’essayais de trouver quelque chose qui n’avait pas déjà été dit, et
je me demandais comment présenter les faits et les statistiques de
façon à vous faire réfléchir.
What could I tell you that would help you and others in your
position understand the urgency of the issues that face our
women? Then I thought about why you asked NWAC here today.
I can only assume that, as the Aboriginal Affairs Committee, you
aware of why Aboriginal women are disproportionately within
the justice system, how the situation has been perpetuated and
represented, and how the numbers continue to climb. I would like
to think that this committee is interested in hearing about
solutions and perhaps even hearing how each of you can be part
of the solution.
Que pourrais-je dire pour vous aider et aider d’autres
personnes dans votre position à comprendre l’urgence des
problèmes auxquels nos femmes font face? Ensuite, je me suis
demandé pourquoi vous aviez invité l’AFAC à comparaître
aujourd’hui. Je peux seulement présumer qu’en tant que Comité
sénatorial permanent des peuples autochtones, vous savez
pourquoi les femmes autochtones sont représentées de façon
disproportionnée dans le système judiciaire, vous savez comment
la situation s’est perpétuée et a été représentée, et comment leur
nombre continue d’augmenter. J’aimerais croire que vous
souhaitez entendre parler des solutions et peut-être même
apprendre comment chacun d’entre vous peut faire partie de ces
solutions.
Ms. Cook will enlighten you on the details of the Gender
Matters report. It presents a whole manner of issues that pervade
the justice system and if addressed, might bring did a decline in
the numbers of incarcerated Aboriginal women or alleviate the
situation somewhat. The Gender Matters report captures a series
of recommendations that were developed directly from input
provided by women and girls who participated in our focus
groups. Each recommendation could stand alone and if
implemented could forge a path toward change. However, I
would like to generate some discussion around the solutions.
NWAC has long promoted the need to look at issues from a
holistic, culturally relevant, gender-based perspective. Our
mandate is to achieve equality for Aboriginal women in
Canada. It is no small task when you consider that Aboriginal
women and girls are a staggeringly five times more likely than
non-Aboriginal women and girls to experience violence.
Mme Cook vous parlera des détails du rapport La condition
féminine importe. Il présente une série de problèmes qui sévissent
dans le système judiciaire et dont la résolution pourrait entraîner
une diminution du nombre de femmes autochtones incarcérées ou
au moins améliorer la situation. Le rapport La condition féminine
importe contient une série de recommandations qui ont été
formulées directement à partir de la contribution des femmes et
des filles qui ont participé à nos groupes de discussion. Chaque
recommandation pourrait être utilisée de façon indépendante, et
chacune, mise en œuvre, pourrait ouvrir la voie aux changements.
Toutefois, j’aimerais provoquer une discussion sur les solutions.
L’AFAC soutient depuis longtemps qu’il est nécessaire
d’examiner les problèmes en adoptant une approche holistique,
pertinente sur le plan culturel et fondée sur les différences entre les
sexes. Notre mandat est d’obtenir l’égalité pour les femmes
autochtones du Canada. C’est un travail colossal lorsqu’on sait
que les femmes et les filles autochtones courent cinq fois plus de
risques que les femmes et les filles non autochtones d’être victimes
de violence.
How can we ever achieve true equality in society, communities
and in our homes and lives when we are not afforded the basic
human right to live free from violence? Clearly, the issues are
complex. We believe the solutions lie in taking a multi-pronged
approach and from our perspective, I think you will agree that the
solution lies in prevention.
Comment pouvons-nous obtenir une véritable égalité dans
notre société, dans nos collectivités, dans nos foyers et dans nos
vies lorsque nous n’avons pas accès au droit fondamental de vivre
sans violence? Les problèmes sont manifestement complexes.
Nous croyons que la solution consiste à adopter une approche à
plusieurs volets et nous pensons que vous conviendrez que la
solution est liée à la prévention.
If gender mattered, we would already have a national strategy
to address violence against women and children in this country. If
gender mattered, we would never let the situation get as bad as it
Si la condition féminine importait, nous aurions déjà une
stratégie nationale qui porterait sur la violence dont les femmes et
les enfants sont victimes au pays. Si la condition féminine
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Peuples autochtones
35:9
has. The statistics are shocking. If gender mattered, we would
look at violence through a preventive lens because we would truly
want to prevent it from happening in the first place.
importait, nous n’aurions jamais laissé la situation se dégrader à
ce point. Les statistiques sont troublantes. Si la condition
féminine importait, nous aborderions le problème de la violence
en passant par la prévention, car nous voudrions vraiment
empêcher qu’elle se produise.
I think we can all agree that never has there been such criticism
of Canada’s treatment of its First Peoples. I cannot remember a
time in history when there has been such widespread frustration,
dissention and uprising among our peoples, especially our youth,
nationally. Clearly, we need to something about it now.
Je crois que nous pouvons convenir qu’on n’a jamais autant
critiqué la façon dont le Canada traite ses Premières nations. Je ne
peux pas trouver une période de l’histoire où la frustration, la
discorde et la révolte ont atteint un tel niveau chez nos peuples, et
surtout chez les jeunes, à l’échelle nationale. Il est manifestement
temps de faire quelque chose à ce sujet.
Someone recently described this concept of violence prevention
as a solution to the over incarceration of Aboriginal women to me
using an analogy she that described as a ‘‘house of justice.’’ In our
house of justice, there are four pillars. We have the courts, the
police services, corrections and the fourth pillar would be
prevention. In our house of justice, we invest in violence and
crime prevention in the same way we would invest in the other
pillars. We would look at prevention as an opportunity and once
we invest in this opportunity, we begin to see systemic changes
occur. This is an investment that would see steady, long-term,
sustainable reductions in crime and violence against Aboriginal
women.
Récemment, on m’a décrit le concept de la prévention de la
violence comme étant une solution au taux supérieur
d’incarcération chez les femmes autochtones en utilisant
l’analogie de la « maison de justice ». Dans notre maison de
justice, il y a quatre piliers. Nous avons les tribunaux, les services
de police, les services correctionnels et le quatrième pilier serait la
prévention. Dans notre maison de justice, nous investissons dans
la prévention de la violence et de la criminalité de la même façon
que nous investirions dans d’autres piliers. Nous envisagerions la
prévention comme étant une occasion d’investissement qui
entraînerait des changements systémiques. Il s’agit d’un
investissement qui ferait diminuer les taux de crime et de
violence à l’égard des femmes autochtones de façon constante et
durable.
Before I close and hand the floor over to Ms. Cook, I would
like to say a few words about the work NWAC has been involved
in related to sexual exploitation of children and youth. It is an
area where the Aboriginal population is disproportionately
overrepresented. It is linked to violence, poverty, the child and
social welfare systems and the justice and correction systems. It is
a stop many of our children make on their way from residential
schools to prisons of.
Avant de terminer et de donner la parole à Mme Cook,
j’aimerais dire quelques mots au sujet du travail accompli par
l’AFAC en ce qui concerne l’exploitation sexuelle des enfants et
des jeunes. C’est un domaine dans lequel la population
autochtone est représentée de façon disproportionnée. Il est lié
à la violence, à la pauvreté, aux systèmes qui s’occupent du bienêtre social et des enfants et aux systèmes de justice et de services
correctionnels. C’est une épreuve qu’un grand nombre de nos
enfants subissent au cours de leur trajet entre le pensionnat et la
prison.
It is through this work that I learned about a tool that is being
piloted by the Status of Women Canada. It is an audit tool rooted
in work done at the international level, promoting the
development of community safety audits for the purpose of
preventing crime at the local level. This crime prevention
approach is currently being spearheaded by the National Crime
Prevention Centre at Public Safety Canada, the departmental lead
on Canada’s task force on human trafficking.
C’est par l’entremise de ce travail que j’ai pris connaissance
d’un outil qui est mis à l’essai par Condition féminine Canada. Il
s’agit d’un outil de vérification qui vient du travail effectué à
l’échelle internationale, et qui fait la promotion des vérifications
de sécurité menées dans les collectivités, afin de prévenir la
criminalité au niveau local. Cette approche de prévention du
crime est actuellement menée par le Centre national de prévention
du crime de Sécurité publique Canada, le responsable ministériel
du groupe de travail canadien sur la traite de personnes.
The tool is basically a how-to instructional guide for local
communities, municipalities, urban centres, et cetera that involves
engaging all sectors of the community — including education,
health, housing, justice, local political representatives, private
industry and businesses, and academia, including those most
impacted by crime and violence — in conducting a safety audit.
L’outil est essentiellement un manuel d’instruction pour les
collectivités, les municipalités, les centres urbains, et cetera, qui
vise à faire participer tous les secteurs de la collectivité —
notamment l’éducation, la santé, le logement, la justice, les
représentants politiques locaux, l’industrie privée et les
entreprises, le monde universitaire et ceux qui sont le plus
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Aboriginal Peoples
23-4-2013
The audit is developed through evidence-based research and
paints a picture of the current and most urgent problems the
community faces related to safety, crime and insecurity.
touchés par la criminalité et la violence — à une vérification de
sécurité. La vérification est élaborée par l’entremise de recherches
fondées sur des données probantes et brosse le portrait des
problèmes les plus actuels et les plus urgents de la collectivité en ce
qui concerne la sécurité et la criminalité.
From there, a local action plan is created that responds directly
to the problems identified in the audit, and their causes. It is a
local safety audit guide and it focuses on preventing trafficking in
persons and related exploitation, but can be applied to any issue,
violence and crime in particular. It is in everybody’s interest if not
participate then to support this type of a local audit. It requires an
honest assessment of where our community, cities are falling short
and where they need to focus their energies and resources.
Ensuite, on élabore un plan d’action local pour s’attaquer
directement aux problèmes cernés par la vérification et à leurs
causes. Il s’agit donc d’un manuel d’instruction sur la vérification
de sécurité à l’échelle locale et il porte surtout sur la prévention de
la traite de personnes et les activités d’exploitation connexes, mais
il peut s’appliquer à n’importe quel problème, surtout à ceux liés à
la violence et à la criminalité. Il est dans l’intérêt de tous de
participer à ce type de vérification à l’échelle locale ou d’au moins
l’appuyer. Cela nécessite une évaluation honnête des lacunes de
nos collectivités et de nos villes et des domaines dans lesquels elles
doivent concentrer leurs énergies et leurs ressources.
I like it because it can be culturally relevant, gender-specific
and inclusive. It is prevention oriented and with political will and
community buy-in, it might be the solution we are looking for in
changing the lives of those most vulnerable. Thank you.
J’aime ce modèle, car il peut être pertinent sur le plan culturel,
il tient compte des différences entre les sexes et il est inclusif. Il est
axé sur la prévention et avec l’appui politique et communautaire,
il pourrait représenter la solution que nous cherchons pour
changer la vie des personnes les plus vulnérables. Merci.
Fiona Cook, Research and Policy Officer, Native Women’s
Association of Canada: Thank you for inviting us here tonight to
discuss this important topic. I want to thank you for the
invitation to present on this critical moment and we are at the
crossroads. My name is Fiona Cook. I am Anishinabe and mixed
with African descent from Little Current, Manitoulin and also an
adopted family in Saskatchewan. I use the term ‘‘crossroads’’
because with the Truth and Reconciliation Commission talking to
survivors at this very moment, there is an invitation to all
Canadians to embark on a new relationship. The work that we
did on over incarceration was in the framework of reconciliation.
Ms. Corston mentioned it had been funded by Aboriginal Affairs
and Northern Development Canada under the APIP program
specifically linked to the residential school survivors.
Fiona Cook, agente, Recherche et politiques, Association des
femmes autochtones du Canada : Merci de nous avoir invitées à
comparaître aujourd’hui pour parler de cet important sujet.
J’aimerais vous remercier de l’invitation à comparaître en ce
moment crucial, car nous nous trouvons à la croisée des chemins.
Je m’appelle Fiona Cook. Je suis Anishinabe et j’ai aussi des
origines africaines. Je viens de Little Current, de Manitoulin, et
j’ai aussi une famille adoptive en Saskatchewan. J’utilise
l’expression « croisée des chemins », car la Commission de
vérité et de réconciliation s’adresse aux survivants en ce
moment même, et on invite du même coup tous les Canadiens à
établir une nouvelle relation. Le travail que nous avons accompli
sur le taux supérieur d’incarcération a établi le cadre de la
réconciliation. Mme Corston a d’ailleurs mentionné que le
financement provenait d’Affaires autochtones et Développement
du Nord Canada dans le cadre du programme IPDI et qu’il était
directement lié aux survivants des pensionnats.
It was also specifically to outreach to all Canadians and to try
to involve them in the process of reconciliation.
Il s’agissait aussi de sensibiliser tous les Canadiens et de tenter
de les faire participer au processus de réconciliation.
We chose to look at over incarceration when we started this
research — and we could have chosen so many issues — because
when you think of residential schools, the history, how it impacts
people today and what difference we would could make as a
women’s organization and by bringing a gendered lens to the
issue, we were disturbed by the high numbers of incarceration of
women and also girls. Since reconciliation is something that looks
to the future, the future generations matter a lot. When we
realized that statistics from 2008 and 2009 said 44 per cent of girls
in youth custody in this country were Aboriginal girls, it shocked
Lorsque nous avons entrepris cette étude, nous avons choisi de
nous pencher sur le taux supérieur d’incarcération — et nous
pourrions avoir choisi d’étudier tellement d’autres problèmes —,
car lorsqu’on pense aux pensionnats, à l’histoire, aux effets sur les
gens aujourd’hui et à la différence que nous pourrions faire en
tant qu’organisme de femmes qui aborde la question en tenant
compte des différences entre les sexes, nous avons été troublés par
le grand nombre de femmes et de filles incarcérées. Étant donné
que la réconciliation est un concept axé sur l’avenir, les
générations futures sont très importantes. Lorsque nous avons
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35:11
us. We thought oh, my gosh, in a few years, half of the girls in
custody will be Aboriginal girls if the trend continues. That was
before Bill C-10, and now we are concerned that could become a
reality.
remarqué que selon les statistiques de 2008 et de 2009, 44 p. 100
des filles en placement sous garde au pays étaient des
Autochtones, cela nous a troublés. Nous avons conclu que dans
quelques années, si la tendance se maintient, la moitié des filles en
placement sous garde seront des Autochtones. C’était avant le
projet de loi C-10, et maintenant, nous craignons que cela
devienne une réalité.
The federal statistics are shocking enough. You have seen it
through the Sapers report. The correctional investigator’s report
shows there has been an almost 50 per cent increase in the past
10 years of Aboriginal incarceration. It is much worse at the
provincial and territorial level. There are some provinces, some of
you are well aware, especially in the west and the Prairies where
the levels are 87 per cent Aboriginal people incarcerated. We are
very concerned about what the future holds. When we see that
many young Aboriginal people and when the situation is not
getting better, we think something needs to change. That is why
we decided to focus on this issue as opposed to education or any
other issues where there are great disparities.
Les statistiques fédérales sont assez troublantes. Vous l’avez
constaté dans le rapport Sapers. Le rapport de l’enquêteur
correctionnel démontre qu’au cours des 10 dernières années, le
nombre d’incarcérations chez les Autochtones a augmenté de
presque 50 p. 100. C’est bien pire au niveau provincial et
territorial. Il y a des provinces — et certains d’entre vous le
savent bien —, surtout dans l’Ouest et dans les Prairies, où
87 p. 100 des gens incarcérés sont autochtones. Nous sommes très
inquiets pour l’avenir. Lorsque nous voyons un si grand nombre
de jeunes Autochtones et que la situation ne s’améliore pas, nous
nous disons que quelque chose doit changer. C’est pourquoi nous
avons décidé de nous attaquer à ce problème au lieu de nous
concentrer sur l’éducation ou d’autres domaines qui présentent
des inégalités importantes.
We created a national steering committee from across the
country, with people with expertise in Aboriginal corrections
from community-based, the Aboriginal justice strategy, from the
advocates who work with people in prison, community-based
workers and lawyers. We had a range of people with us to advise
us. Then, we took that research into the community. We held
focus groups across the country, from the Northwest Territories
to Thunder Bay, to Saskatchewan and B.C. We met with over
300 people, including Aboriginal women and girls who had been
incarcerated. We had RCMP and other police officers with us. We
had Crown prosecutors with us at some of the circles. We also had
the community-based workers — the shelter workers, the John
Howard and Elizabeth Fry workers. Our first day of these threeday circles was dedicated specifically to Aboriginal women and
girls who had been in jail, and that was a day for them to look at
the links, at what got them there. That was the day for them to
sort of look at what had happened in their lives, what path had let
them into that situation and what had helped them because, at
this point, they were out of custody or jail. We thought it was very
important to see what had helped them. I want to get to that in a
minute.
Nous avons créé un comité de direction national composé
d’experts en matière de services correctionnels pour les
Autochtones fondés sur la stratégie de justice applicable aux
Autochtones à l’échelle communautaire, d’intervenants qui
travaillent avec les gens incarcérés, de travailleurs
communautaires et d’avocats. Nous avons fait appel à un grand
nombre de personnes pour nous conseiller. Ensuite, nous avons
amené ces recherches dans la collectivité. Nous avons organisé des
groupes de discussion partout au pays, des Territoires-du-NordOuest à Thunder Bay, en passant par la Saskatchewan et la
Colombie-Britannique. Nous avons rencontré plus de
300 personnes, y compris des femmes et des filles autochtones
qui avaient été incarcérées. Nous avions des agents de la GRC et
d’autres agents de police avec nous. Dans certains cercles, des
procureurs de la Couronne nous accompagnaient. Nous avions
aussi des travailleurs communautaires — des travailleurs de
refuges, des travailleurs de John Howard et d’Elizabeth Fry. La
première journée de ces cercles —qui duraient trois jours — était
consacrée précisément aux femmes et aux filles autochtones qui
avaient été incarcérées, et pendant cette journée, elles faisaient des
liens et réfléchissaient à ce qui les avait amenées en prison. Elles
profitaient de cette journée pour se pencher sur les événements de
leurs vies, sur ce qui les avait amenées dans cette situation et ce
qui les avait aidées, car à ce moment-là, elles n’étaient plus en
placement sous garde ou en prison. Nous jugions qu’il était très
important de savoir ce qui les avait aidées. J’en parlerai dans une
minute.
The second and third day, we invited in the other people who
work with Aboriginal women and girls who have been
incarcerated, and it was an opportunity for a very rich dialogue,
a sharing of perspectives. Again, we were able to learn as well
La deuxième et la troisième journée, nous avons invité d’autres
personnes qui travaillent avec les femmes et les filles autochtones
qui ont été incarcérées, et c’était une occasion d’entreprendre un
dialogue très enrichissant et d’échanger des points de vue. Encore
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Aboriginal Peoples
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from the other kinds of challenges that are faced by those who
work in the courts or in the other areas. We thought we needed
this holistic perspective to really get a sense of what to do.
une fois, nous avons été en mesure d’en apprendre plus sur les
autres types de défis auxquels sont confrontés les gens qui
travaillent dans les tribunaux et dans d’autres secteurs. Nous
jugions avoir besoin de cette approche holistique pour vraiment
comprendre ce qu’il fallait faire.
Over 300 people in all participated in the circles, and the
Gender Matters report is the result. It captures the essence and
recommendations that came out of the five circles that we had
across the country.
Plus de 300 personnes ont participé aux cercles, et le rapport La
condition féminine importe en est le résultat. Il reflète bien l’essence
des cinq cercles que nous avons tenus au pays et les
recommandations qui en ont découlé.
In the Gender Matters report, we argue that, in trying to find
solutions, we need to inquire into the way that individual families
and communities were impacted both by the historical events,
such as the residential schools and the 60s scoop, and by systemic
barriers and discrimination at all levels — the mezo level, the
organizational level, the macro level — in terms of policy, that
continue to play out. We found that it was only in this way that
we would be able to understand the degree to which, for
Aboriginal people today, prisons are really the new residential
schools.
Dans le rapport La condition féminine importe, nous faisons
valoir que tout en essayant de trouver des solutions, il nous faut
faire des recherches sur la façon dont chaque famille et chaque
collectivité a été touchée par les événements du passé, comme les
sévices subis dans les pensionnats et la rafle des années 1960, et
par des obstacles systémiques et la discrimination à tous les
niveaux — local, organisationnel et macroéconomique — dans les
politiques, qui sont encore des enjeux. Nous avons constaté que
c’est seulement de cette façon que nous pourrons comprendre
dans quelle mesure les prisons sont de nouveaux pensionnats pour
les Autochtones.
We thought that it was not enough to look at the past and say,
‘‘Residential schools happened in the past. What does that have to
do with today?’’ or to just focus on healing. Healing is important,
but we cannot just stop there. We cannot just look at the
individual as a damaged good of the residential school system and
look at it as a cause and effect; we have to understand how those
same conditions, in some cases, that set up the residential schools
and the 60s scoop are still very much alive with us today. They are
with us in our institutions today. They are with us in the stigma
that Aboriginal people face today.
Nous étions d’avis qu’il ne suffit pas de dire que les événements
qui se sont produits sont maintenant chose du passé et qu’ils n’ont
rien à voir avec la situation de nos jours, ou de se concentrer sur la
guérison. La guérison est importante, mais nous ne pouvons pas
nous arrêter là. Nous ne pouvons pas simplement considérer un
individu comme un produit endommagé par le système des
pensionnats et faire un lien de cause à effet; il nous faut
comprendre comment ces mêmes conditions, dans certains cas,
qui ont mené à la création des pensionnats et à la rafle des
années 1960, sont encore très présentes aujourd’hui. Elles le sont
dans nos institutions, dans la déconsidération pour les
Autochtones de nos jours.
Aboriginal people spoke a lot about the ongoing stigma that
they experience with those involved in the justice system — from
police in courts — and within the jail systems and youth custody.
Les Autochtones ont beaucoup parlé de la déconsidération
qu’ont les responsables du système de justice — des services de
police aux tribunaux —, et le système carcéral et le système de
détention des jeunes à leur égard.
Our recommendations were fourfold. The first area is
prevention, which is very critical. The second area is addressing
systemic discrimination. The third area has to do with
accountability measures and the need for the accountability.
That is probably the area closest to the correctional investigator’s
report and some of his recommendations that have come out. Our
fourth area, which is a big part of our report and was a big part of
our early research, is finding alternatives to jail. In this regard, we
looked quite specifically, though not only, at some of the younger
women, at what can be done in the early phase with the young
offenders just starting to get into trouble, the kind of attention
that needs to be paid to interrupt the cycle so that they do not go
through years and years of re-arrest and a career in incarceration.
Nos recommandations comportent quatre volets. Le premier
concerne la prévention, qui est un élément très important. Le
deuxième est lié à la discrimination systémique. Le troisième porte
sur les mesures de reddition de comptes et les besoins en ce sens.
C’est probablement le volet qui se rapproche le plus du contenu
du rapport de l’enquêteur correctionnel et de certaines des
recommandations qui ont été formulées. Notre quatrième volet,
qui constitue une grande partie de notre rapport et qui était un
élément important de nos premiers travaux, est de trouver des
solutions de rechange aux prisons. À cet égard, nous nous
sommes penchés précisément, mais pas exclusivement, sur les cas
de certaines jeunes femmes, pour voir ce qui peut être fait dans la
première étape pour les jeunes contrevenantes qui ne commencent
qu’à avoir des ennuis, l’attention qu’il faut y accorder pour que la
situation cesse de se perpétuer, de sorte qu’elles ne passent pas des
années à se faire arrêter à répétition et à purger des peines en
prison.
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Peuples autochtones
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Starting early, we say, ‘‘Be gender specific and prevent.’’ The
girls who had been in conflict with the law and who were with us
in our circles, particularly those in more Northern and remote
areas, told us that there were not enough programs and services
for them. The ones that had come in they sometimes had to pay
for, and poverty and material resources are real issues. If there
was a pool, for example, that they had to pay for, they could not.
What were they going to do on a Friday night? They need things
to do. In the absence of some of the most basic programs, bored
teenagers get into trouble. Sometimes it is not something so huge
that we have to do. That was a real need. I was very sad to see that
some of the partners, some the people at our circles and some of
the people I have worked with on other projects for NWAC have
lost their funding, including some of those in the downtown east
side, programs with the Urban Native Youth Association, who do
critical work. Sports programs for youth have lost their funding,
and that is really sad. Youth, especially if they are at risk and
there is a lot of negativity around them, need to have good role
models and some positive, alternative things to do so that they
can develop well and go on a good path.
Depuis le début, nous disons qu’il faut prendre des mesures de
prévention fondées sur le sexe. Les filles qui ont participé à nos
cercles et qui avaient eu des démêlés avec la justice, en particulier
celles qui vivent dans des régions éloignées et du Nord, nous ont
dit qu’il n’y avait pas assez de programmes et de services pour
elles. Elles doivent parfois payer pour ceux qui leur sont offerts, et
la pauvreté et le manque de ressources sont des enjeux bien réels.
Par exemple, s’il y avait une piscine, elles devaient payer pour
l’utiliser, ce qui leur était impossible. Qu’allaient-elles faire un
vendredi soir? Elles avaient besoin de faire quelque chose.
Lorsque les programmes les plus fondamentaux ne sont pas
offerts, les adolescents s’attirent des ennuis. Parfois, nous n’avons
pas besoin de faire de grandes choses. Ce sont des besoins réels.
J’ai été très triste de constater que certains des partenaires,
certaines personnes qui ont participé à nos cercles et d’autres avec
qui j’ai collaboré dans d’autres projets pour l’AFAC, ont perdu
leur financement, notamment les programmes downtown east side
et la Urban Native Youth Association, dont le travail est
essentiel. Des programmes de sport destinés aux jeunes ont
perdu du financement, et c’est vraiment triste. Les jeunes, surtout
s’ils sont à risque et qu’ils vivent dans un milieu négatif, ont
besoin d’avoir des modèles et de faire des choses positives de sorte
qu’ils puissent bien s’épanouir.
Of course, we know that there is a high correlation between the
violence experienced by children and youth and later
incarceration. There is also a high correlation between the
children who are taken into child welfare and later
incarceration. Someone might look at that and say, ‘‘If they are
experiencing so much violence in the home, you just have to take
them out.’’ However, we know that that has not worked, so we
have to have other solutions. The whole question of trying to have
a holistic view of this problem, looking at what we can do around
the child welfare system, supporting more community-based ways
of helping families and having more of a family approach is
needed. We have to help Aboriginal families and try to stop the
cycle of kids just being taken out of families without remedy.
Bien entendu, nous savons qu’il y a une forte corrélation entre
la violence dont les enfants et les adolescents sont victimes et leur
incarcération plus tard dans leur vie. Il y a également une forte
corrélation entre le fait que des enfants sont pris en charge par les
services de protection de la jeunesse et leur incarcération plus
tard. On pourrait dire que s’ils sont victimes de tant de violence à
la maison, on n’a qu’à les sortir de là. Toutefois, nous savons que
cela ne fonctionne pas, et il nous faut donc trouver d’autres
solutions. Il faut adopter une approche plus globale face au
problème, examiner ce que nous pouvons faire pour améliorer le
système de protection de la jeunesse, aider les familles par des
moyens qui sont plus centrés sur la collectivité et adopter une
approche axée sur la famille. Nous devons aider les familles
autochtones et essayer de mettre fin au cycle dans lequel on retire
les enfants de leur famille sans qu’il y ait de solution.
Huge numbers of the people we spoke to — adults and
youth — had been through the child welfare system, so we have
to look at what can be done early in that regard.
Un très grand nombre de personnes à qui nous avons parlé —
des adultes et des jeunes — ont été prises en charge par les services
de protection de la jeunesse, et nous devons donc nous pencher
sur les mesures qui peuvent être prises tôt à cet égard.
There was also a lack of interagency communication. You
know a lot of this. Agencies operate in silos. A youth might be
picked up for public disturbance or alcohol or drug use at a very
early age, 12 and 13-year-olds in some communities, and kept in
holding cells very temporarily. Then, a social worker is not called,
and they do not get any help. They are just released. That is a
problem. If people can identify, at an early age, that there is
something going wrong, there is an opportunity to get the person
and their family some help.
Il a été également question du manque de communication entre
les organismes. Vous en savez beaucoup à ce sujet. Les
organismes fonctionnent en vase clos. On peut aller chercher
une très jeune personne, de 12 ou 13 ans, parce qu’elle a perturbé
l’ordre public ou parce qu’elle a consommé de la drogue, et
l’enfermer dans une cellule vraiment temporairement. On
n’appelle pas de travailleur social par la suite, et la personne ne
reçoit aucune aide. Elle est tout simplement libérée. C’est un
problème. Si les gens peuvent déterminer, à un jeune âge, que
quelque chose ne va pas, il est possible d’aider la personne et sa
famille.
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Aboriginal Peoples
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Schooling came up in a lot of the research, and other people
have talked about that. There is a high correlation between early
dropouts and youth who end up in juvenile detention, custody
and then, later, in adult prison. Some of those youth have fetal
alcohol syndrome or other significant mental health challenges.
Dropping out of school at an early age is something we have to
pay attention to and try to help them with because, if they are not
in school and are feeling like failures, we know that the chances
are that they might use drugs and alcohol and fall into peer
groups that are negative. That, again, leads to youth custody,
which goes, very often, straight into adult jail when they come of
age.
Le sujet de l’école est revenu souvent au cours des travaux, et
d’autres personnes en ont parlé. Il existe une forte corrélation
entre l’abandon scolaire et la détention dans un établissement
pour jeunes délinquants et plus tard, dans une prison pour
adultes. Certains de ces jeunes sont atteints du syndrome
d’alcoolisation fœtale ou souffrent d’autres troubles de santé
mentale importants. Il nous faut certainement nous soucier du
problème de l’abandon scolaire à un jeune âge et tenter d’aider ces
jeunes, car nous savons que s’ils ne vont pas à l’école et qu’ils ont
l’impression d’avoir échoué, ils risquent de consommer de la
drogue et de l’alcool et de se retrouver dans des groupes qui n’ont
pas une bonne influence sur eux. Encore une fois, cela les amène à
se retrouver dans un centre de détention pour jeunes et, très
souvent, dans une prison pour adultes plus tard.
There is a lot that we can do in that regard. In terms of the
gender specific nature of the programs for girls, we think it is very
critical to pay attention to the violence that girls experience and
the fact that a lot of girls, if they experience violence, leave their
homes. People have questioned why the girls have to leave their
homes and why the person who perpetuated the violence again
them is not dealt with more.
Nous pouvons faire beaucoup de choses à cet égard. En ce qui
concerne les programmes destinés aux filles, nous pensons qu’il
est très important d’être attentifs à la violence que subissent les
filles et au fait que beaucoup d’entre elles quittent leur foyer si
elles sont victimes de violence. Les gens se demandent pourquoi
elles doivent quitter leur foyer et pourquoi on n’intervient pas
davantage auprès de la personne violente.
The second area is to address the systemic discrimination. We
are very happy that we had police and RCMP in our circles. We
had people who genuinely came to the circles and said things like,
‘‘This is quite new to us. We did not really learn about the
residential schools. We just thought that that was long time ago
and far away.’’ They were appreciative of the fact that they had to
think about why it was relevant today and how this horrific
history of having almost like a nuclear bomb explode in the
middle of Aboriginal families and communities tore at the fabric
of communities and continued to affect people’s abilities to have
positive relationships today.
Le deuxième volet porte sur la discrimination systémique.
Nous sommes très heureux que des services de police et la GRC
aient participé à nos cercles. Des gens l’ont fait en toute sincérité
et ont dit qu’ils n’étaient pas au courant de tout cela, qu’ils
n’avaient jamais vraiment entendu parler des pensionnats et qu’ils
croyaient que les événements s’étaient passés il y a très longtemps
et loin d’ici. Ils étaient reconnaissants du fait qu’ils avaient à
réfléchir aux raisons pour lesquelles c’était pertinent aujourd’hui
et à quel point cette horrible histoire, qui a presque eu l’effet d’une
bombe nucléaire au milieu des familles et des collectivités
autochtones, a ébranlé les fondements des collectivités et
empêche toujours les gens d’avoir de bonnes relations
aujourd’hui.
That being said, it was an eye opener because we realized how
little people do understand about the history and how much
individual blaming still goes on. There is a lack of understanding
of, I guess, the atrocities of colonization in Canada. There is a
denial of it. As a result, there is not a lot of empathy. That is
missing in the justice system. It is there, of course, on the
individual level, but it is missing systemically. To that end, what
we need is an attitudinal sea change.
Par ailleurs, cela nous a ouvert les yeux, car nous avons réalisé
à quel point peu de gens savent ce qui s’est passé et à quel point
des accusations sont encore lancées de toutes parts. Je suppose
qu’on ne saisit pas l’importance des atrocités commises durant la
colonisation au Canada. On refuse d’admettre les faits. Il en
résulte un manque de compassion. Cela fait défaut dans le
système judiciaire. Oui, il y en a parmi les gens, mais pas dans le
système dans son ensemble. À cet égard, il faut qu’il y ait un
changement d’attitude.
Perhaps one reason that so many of the Correctional
Investigator’s reports have been ignored for so long, as have so
many other recommendations, such as the Louise Arbour report
and RCAP, is that we still do not believe in the beauty, strength
and intelligence of Aboriginal world views, Aboriginal ways of
being in the world, Aboriginal ways of justice and Aboriginal
ways of raising families.
Il se peut que l’une des raisons pour lesquelles on n’a pas tenu
compte des rapports de l’enquêteur correctionnel depuis si
longtemps, comme c’est le cas pour bien d’autres
recommandations, comme le rapport de Louise Arbour et de la
CRPA, c’est que nous ne croyons toujours pas en la beauté, la
force et l’intelligence de la vision du monde et de la justice des
Autochtones et de leur façon d’élever leur famille.
When we call for more attention to Aboriginal-specific ways of
working with youth and adults who are in difficulty, we find that
the resources are not forthcoming to the degree we would like, or
if they are, they are always at risk of being cut. The Aboriginal
Lorsque nous demandons à ce qu’on tienne davantage compte
de la façon dont les Autochtones travaillent avec les jeunes et les
adultes en difficulté, nous constatons qu’il n’y a pas autant de
ressources que nous le souhaiterions, ou que s’il y en a
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Peuples autochtones
35:15
Justice Strategy is a good start and there are so many more
programs being undertaken across the country, but they are
always very precarious, and many of them have been lost.
suffisamment, on risque toujours de les perdre. La Stratégie
relative à la justice applicable aux Autochtones est un bon départ
et beaucoup d’autres programmes sont entrepris au pays, mais
leur durée est toujours incertaine, et bon nombre d’entre eux ont
disparu.
Just to call for more funding for them would miss the point.
The point is that we have to believe in them. We have to believe
and know that Aboriginal justice programs work. They are really
effective. The people who came to our circles told that having
people who understand the culture helped so much, that sitting
with the elders helped so much, as did going-on-the land
programs and reconnecting with what was lost. That is
important. The residential schools took that away, they took
Aboriginal justice protocols away, they took away the dignity and
knowledge that Aboriginal people had distinct local protocols.
On ferait fausse route si l’on ne s’en tenait qu’à demander des
fonds supplémentaires. L’idée, c’est qu’il nous faut croire en eux.
Nous devons croire et savoir que les programmes de justice
autochtone fonctionnent. Ils sont vraiment efficaces. Les gens qui
sont venus à nos cercles ont dit que la présence de gens qui
comprennent la culture et d’aînés les aidait beaucoup, tout comme
les programmes se déroulant sur le territoire et le fait de reprendre
contact avec ce qui a été perdu. C’est important. Les pensionnats
leur ont enlevé tout cela. Ils leur ont enlevé les protocoles de
justice autochtone, leur dignité et ils ne savent plus que les peuples
autochtones avaient des protocoles différents.
Beyond just reconciliation, we need a form of restitution and a
return to supporting some of these forms of justice. There are
many great examples. We met many people who worked in
wonderful ways with people who are having trouble with the law.
They are helping them develop a more positive identity through
reconnection with culture. There is no one-size-fits-all. We have
so many communities across the country and they all have their
distinct forms and protocols.
Au-delà de la réconciliation, il nous faut trouver une forme de
réparation et soutenir de nouveau certaines de ces formes de
justice. Il y a beaucoup d’excellents exemples. Nous avons
rencontré beaucoup de gens qui ont travaillé merveilleusement
bien avec des gens ayant des démêlés avec la justice. Ils les aident à
renforcer leur estime de soi en reprenant contact avec la culture. Il
n’y a pas de solution unique. Notre pays compte tellement de
collectivités, qui ont toutes leurs formes et leurs protocoles.
People were also very disturbed by the fact that there was no
real oversight. People in jail who wanted to raise a complaint were
not always allowed to do so. There was discretion on whether
their complaint would be brought forward. We were very
concerned, of course, with the segregation and isolation of
Aboriginal women. Other very important reports have looked at
that, including one from the University of Toronto. We are
concerned about some of the human rights violations that take
place in jail. The only way to get to that is to have an oversight
mechanism. We support the recommendation from the
Correctional Investigator to have a mechanism of oversight.
De plus, les gens étaient très troublés par le fait qu’il n’y avait
pas vraiment de surveillance. En prison, on n’autorisait pas
toujours les détenus à faire une plainte quand ils le souhaitaient.
On se réservait le droit de décider si leur plainte serait présentée.
Bien entendu, nous étions très préoccupés par la ségrégation et
l’isolement des femmes autochtones. D’autres rapports très
importants portent sur cette question, dont un rapport de
l’Université de Toronto. Des cas de violations des droits de la
personne en prison nous inquiètent. La seule façon de changer les
choses, c’est de mettre en place un mécanisme de surveillance.
Nous appuyons la recommandation de l’enquêteur correctionnel
à cet égard.
We need alternatives to prison. We should start with those who
have serious mental health problems. Jail is not the place for
people with such problems. They need help and support; they
need professionals who are attuned to their special needs. We
have many youth with fetal alcohol syndrome and we are very
concerned about the amount of time they are spending in remand
and in corrections without getting the help they need.
Il nous faut trouver des solutions de rechange aux prisons.
Nous devrions commencer par les gens qui souffrent de troubles
de santé mentale graves. La prison ne convient pas à des gens aux
prises avec ces troubles. Ils ont besoin d’aide et de soutien, de
professionnels qui sont à l’écoute de leurs besoins spéciaux. Bon
nombre de nos jeunes sont atteints du syndrome d’alcoolisation
fœtale et nous sommes très inquiets du temps qu’ils passent en
détention préventive et dans un établissement correctionnel sans
obtenir l’aide dont ils ont besoin.
With regard to young women, our recommendations for
alternatives are that they are wrap-around. Restorative justice is
one wedge, and that is important, but the wrap-around
alternatives include things like housing, which is a linchpin.
Many of the women we spoke with, and even the youth, had very
insecure housing. Some of them had escaped from violence, some
were trying to leave abusive relationships, many lived in poverty,
and some struggled with addictions at the time of their arrest.
That was a big issue. The insecure housing was the one common
Pour ce qui est des jeunes femmes, nous recommandons des
solutions axées sur un travail plus global. La justice réparatrice est
un aspect, et il est important, mais les solutions doivent inclure,
par exemple, la question du logement, qui est un élément central.
Bon nombre de femmes à qui nous avons parlé, et même les
jeunes, vivaient dans des logements qui n’étaient vraiment pas
sûrs. Certaines d’entre elles avaient fui la violence ou essayaient de
se sortir d’une relation de violence, beaucoup vivaient dans la
pauvreté et certaines avaient des problèmes de toxicomanie
35:16
Aboriginal Peoples
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factor we found that seemed to make a difference as to whether
they fell back into prison. Supportive housing for people who
have multiple challenges is key. In the absence of that, jails end up
housing a lot of people that they should not be housing.
lorsqu’elles ont été arrêtées. C’était un problème important. Le
fait de ne pas avoir un logement sûr est le facteur commun
déterminant qui faisait en sorte qu’elles retournaient en prison ou
non. Il est essentiel que les gens aux prises avec divers problèmes
vivent dans un logement supervisé, sinon, les prisons se retrouvent
avec beaucoup de gens qui ne devaient pas y être.
When people are in jail, they need much more support before
they come out. There is a big gap there. People were very
unprepared when they came out of prison. We are very concerned
as well that there was a loss of funding to some of the Elizabeth
Fry local chapters. The work they did was so critical in finding
housing and practical support for people when they came out of
jail, and that is needed. People really appreciated hearing from
community groups before they came out of jail. They wanted
more community groups and educational groups to come in to
give them a sense of what their future was going to be like when
they got out of jail. To spend all that time isolated and then
suddenly be catapulted out and not to know how to survive and
what to do to turn your life around is very difficult. It is not
enough just to house people in jail. They will come out, and it is
our responsibility to help people onto a better path. Better than
that, we must prevent them from going to jail in the first place.
Les gens qui sont en prison ont besoin de beaucoup plus de
soutien avant d’en sortir. Il y a une importante lacune. Les
personnes n’étaient pas prêtes du tout lorsqu’elles sont sorties de
prison. Nous sommes très préoccupés également par le fait que
certaines sociétés Elizabeth Fry ont perdu du financement. Leur
travail était tellement essentiel pour les personnes qui avaient
besoin d’un logement et d’aide pratique à leur sortie de prison, et
c’est nécessaire. Elles étaient ravies de rencontrer des groupes
communautaires avant leur sortie et voulaient qu’un plus grand
nombre de groupes communautaires et de groupes de formation
viennent leur donner une idée de ce qui les attendait après leur
sortie de prison. Il est très difficile de se faire soudainement
catapulter à l’extérieur et de ne pas savoir comment survivre et
quoi faire pour reprendre sa vie en main après avoir été isolé tout
ce temps. Il ne suffit pas d’emprisonner les gens. Ils sortiront et il
nous incombe de les aider à prendre un meilleur chemin. Mieux
que cela, nous devons les empêcher d’entrer en prison en premier
lieu.
The Chair: Thank you, very much.
Le président : Merci beaucoup.
Last week I spent half a day at a youth drug treatment facility
in the west end of the city. One hundred and ninety young ladies
under the age of 18 had been through there over the previous
15 months. Ninety-eight per cent of the young women who had
been through that program had identified that they committed at
least one criminal offence in the six months prior to entering into
the program. That is from an addictions perspective. The vast
majority also had mental illness. The vast majority of those young
women were not Aboriginal.
La semaine dernière, j’ai passé une demi-journée dans un centre
de désintoxication pour les jeunes dans l’ouest de la ville. Au
cours des 15 derniers mois, 190 jeunes femmes de moins de 18 ans
y étaient passées. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des jeunes
femmes qui avaient suivi le programme avaient commis au moins
un crime au cours des six mois qui ont précédé leur entrée au
programme. C’est le volet de la toxicomanie. La grande majorité
d’entre elles souffraient également de maladie mentale. La plupart
des jeunes femmes n’étaient pas des Autochtones.
Do you see the same type of statistics in young offender
Aboriginal women that we are seeing in non-Aboriginal women
for mental illness and, more important, the addictions?
Les statistiques sur les jeunes contrevenantes autochtones sontelles comparables à celles des jeunes femmes non autochtones
pour ce qui est de la maladie mentale et, encore plus important,
les problèmes de toxicomanie?
Ms. Cook: A recent report from Toronto said that about
30 per cent of Aboriginal women may have mental health
difficulties, but I think the numbers might be under-reported.
With youth, people think that number is very high as well.
Mme Cook : Dans un récent rapport de Toronto, on indique
qu’environ 30 p. 100 des femmes autochtones ont des problèmes
de santé mentale, mais je pense qu’on n’a peut-être pas tous les
chiffres. Les gens pensent que les chiffres sur les jeunes sont très
élevés également.
The Chair: I am focusing on addictions primarily because, as
many argue, a lot of the mental illness seems to come secondarily
to the addictions.
Le président : Je parle surtout de la toxicomanie, car comme
beaucoup de gens le disent, bon nombre de troubles mentaux
semblent être provoqués par la toxicomanie.
Ms. Cook: That is a very important question. I do not know
the exact statistics, but I have read that a very high percentage of
people are actually under the influence of drugs or alcohol at the
time of arrest, both Aboriginal and non-Aboriginal. When you
look below the addictions, you very often find trauma. With
Aboriginal people we have trauma, and addictions are used to
cover the trauma. Programs that are effective in that regard give
Mme Cook : C’est une question très importante. Je ne connais
pas les chiffres exacts, mais j’ai lu qu’une très grande proportion
de personnes, autochtones ou non autochtones, ont les facultés
affaiblies par la consommation de drogue ou d’alcool au moment
de leur arrestation. Très souvent, les traumatismes vont de pair
avec la toxicomanie. Les Autochtones souffrent de traumatismes
et ils ont recours aux drogues ou à l’alcool pour composer avec le
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Peuples autochtones
35:17
enough time to deal with underlying trauma. We really like Tsowtun Le Lum on Vancouver Island. It is a correctional program,
but at the same time it deals with residential school impacts in a
very holistic way and it is culturally relevant. People struggle if
they are given a six-week program. It is not enough time.
traumatisme. Les programmes qui sont efficaces à cet égard
durent assez longtemps pour surmonter le traumatisme sousjacent. Nous aimons vraiment la Société Tsow-tun Le Lum sur
l’île de Vancouver. Il s’agit d’un programme correctionnel, mais
en même temps, on s’occupe des répercussions des pensionnats de
façon très holistique et c’est pertinent sur le plan de la culture. Les
gens éprouvent des difficultés si on leur offre un programme de six
semaines seulement, car ce n’est pas suffisant.
Senator Dyck: Thank you for your presentation. You gave us a
lot to think about. As you said at the beginning, it is a very
complex issue.
La sénatrice Dyck : Merci de votre exposé. Vous nous avez
donné beaucoup de matière à réflexion. Comme vous l’avez
mentionné d’emblée, c’est un dossier très complexe.
My first question is related to Saskatchewan. In our
newspapers lately there were a couple of articles about our
Deputy Minister of Corrections, Dale McFee, who used to be
located in Prince Albert. He adopted a model that originated in
Scotland and applied it in Prince Albert. It sounds like the model
of policing there is one of prevention and intervention before
people are incarcerated. His model brings together all the
different parties involved; social welfare workers, the schools
and others.
Ma première question concerne la Saskatchewan. Quelques
articles ont récemment été publiés dans nos journaux au sujet de
notre sous-ministre des Services correctionnels, Dale McFee, qui
était en poste à Prince Albert. Il a adopté un modèle élaboré en
Écosse et l’a mis en œuvre à Prince Albert. Selon ce modèle, les
services de police semblent axés sur la prévention et l’intervention,
avant de recourir à l’incarcération, et l’on fait appel à tous les
intervenants concernés, dont les travailleurs sociaux et les
responsables scolaires.
Do you know anything related to this program in Prince Albert
and whether or not, from what you have read or heard, it has
been successful? Has it made an impact? Of course, in Prince
Albert, the Aboriginal population is at least 30 per cent of that
population in the city alone.
Savez-vous quelque chose au sujet de ce programme à Prince
Albert? Selon ce que vous avez lu ou entendu, a-t-il connu du
succès? A-t-il eu des répercussions? Bien entendu, la population de
Prince Albert comprend au moins 30 p. 100 d’Autochtones.
Ms. Corston: I do know that the model that I spoke about is in
line with what they are implementing, I guess, out in
Saskatchewan. A call was put out by the Status of Women
Canada just this past fall, I think in November or December, and
they are piloting the model in six cities across the country, right
now. I know that they are just in the midst of it. I am sure they do
not have any success or best practices yet.
Mme Corston : Je pense que le modèle dont j’ai parlé concorde
avec celui qui est mis en œuvre en Saskatchewan. Un appel a été
lancé par Condition féminine Canada l’automne dernier, je crois
que c’était en novembre ou en décembre, et le modèle est
actuellement mis à l’essai dans six villes du pays. Comme le
programme est en plein lancement, on ne peut sans doute pas
encore parler de succès ou de pratiques exemplaires.
Somebody gave me the work that has been done
internationally using that model, and I am sure that if we went
through this in a little more in detail that there are those success
models in other countries. I think it is definitely a good path.
On m’a donné un document sur les résultats qu’a donnés le
modèle à l’échelle nationale, et je suis certaine qu’en l’examinant
de plus près, on trouverait des exemples de réussite. Je suis
persuadée que c’est une bonne approche.
The Chair: For those senators who want to look for it, it is
called the ‘‘Hub model’’ out of Prince Albert, started in Scotland.
It is a good model.
Le président : Pour ceux que cela intéresse, il s’agit à Prince
Albert du « Hub model », qui a été mis au point en Écosse. C’est
un bon modèle.
Senator Dyck: With regard to factors within a person’s life that
make them more vulnerable to ending up in being imprisoned,
education is one of the them. Our chair asked about addictions,
and I was quickly looking at a speech I have given before, but I
could not find the numbers.
La sénatrice Dyck : Les lacunes dans l’éducation sont l’un des
facteurs qui font qu’une personne est plus susceptible de faire de
la prison qu’une autre. Le président a soulevé la question des
dépendances. J’ai rapidement survolé un exposé que j’ai déjà
donné, mais je n’ai pas trouvé les chiffres.
One thing that concerns me is that we know the Aboriginal
population now is very young, and I am wondering if you have
noticed in the numbers whether there has been an increase of
incarceration. Is that a reflection of the demographics? More than
half of the population is 25 and under. In the last few years, has
that been part of the contributing factor?
L’une de mes préoccupations est que la population autochtone
est maintenant très jeune, et je me demande si les chiffres rendent
compte d’une augmentation des taux d’incarcération. Est-ce qu’ils
correspondent aux données démographiques? Plus de la moitié
des Autochtones ont 25 ans ou moins. Cette réalité a-t-elle joué un
rôle au cours des dernières années?
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Aboriginal Peoples
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Ms. Cook: I do not know if anyone studied that. You would
have to look at what the numbers were before and comparatively,
to look at the drop off and do the graph on it. I do not know if
anyone has done that.
Mme Cook : Je ne sais pas si on s’est penché sur la question. Il
faudrait comparer les chiffres actuels avec les précédents pour voir
la différence et faire le graphique. Je ne sais pas si on l’a déjà fait.
Even if that is part of it, it could not account for all of it and it
could not account for all the disparities.
Même si cela a joué un rôle, cela n’explique pas toutes les
disparités.
I want to give another statistic that is related, and this is for
youth. Between 2004 and 2009, there was a 26 per cent increase in
the number of Aboriginal female youth admitted to remand
compared to an 8 per cent decrease in the number of nonAboriginal female youth. We have to worry. That was in the years
following the youth justice act. While the act had many positive
elements to it, we have to be concerned with an act when there is a
disparity in the years following. Why does the same act affect one
population differently than others?
J’aimerais vous donner d’autres chiffres pertinents au sujet des
jeunes. Entre 2004 et 2009, le nombre de jeunes femmes
autochtones admises en détention provisoire a augmenté de
26 p. 100, alors qu’il a diminué de 8 p. 100 chez les jeunes femmes
non autochtones. C’est inquiétant. Cette hausse a été enregistrée
pendant les années qui ont suivi l’adoption de la Loi sur les jeunes
contrevenants. Il y a lieu de s’interroger lorsqu’une disparité
apparaît dans les années qui suivent l’entrée en vigueur d’une loi,
même si elle comporte beaucoup d’éléments positifs. Pourquoi at-elle des répercussions différentes sur deux groupes distincts?
I think the other thing we have to do is whenever we pass any
policy, we try to think ahead to see if there are any surprises in it,
if there is anything in it that will cause a greater disparity the
Aboriginal population.
De plus, chaque fois que nous adoptons une nouvelle politique,
je pense que nous devrions essayer d’en prévoir les conséquences
inattendues telles que le risque d’accentuer la disparité.
Senator Dyck: Within Canada, there is a different distribution
of Aboriginal people, and on the prairies, the percentage is quite
high, 14 to 15 per cent, according to the 2006 statistics.
La sénatrice Dyck : La répartition des Autochtones au Canada
diffère selon les régions. Dans les Prairies, ils représentent de 14 à
15 p. 100 de la population selon le recensement de 2006, ce qui est
plutôt élevé.
Do you know if there is any difference in the rates of
incarceration across the country? What I am trying to get at is
that some of the surveys that have been done about racism have
indicated that the prairies are probably worse than Ontario. As an
anecdotal story, I have a friend who moved to Peterborough,
Ontario, and she worked in a women’s shelter, and previous to
that she lived in Saskatchewan. She said she could not get over the
difference in the culture between Peterborough and Regina, that
in Peterborough it was no longer a significant factor that she was
an Aboriginal woman, but in Regina it most definitely was a
negative contributing factor.
Savez-vous si les taux d’incarcération diffèrent d’un bout à
l’autre du pays? Je pose la question parce que certains sondages
sur le racisme indiquent que la situation est probablement pire
dans les Prairies qu’en Ontario. À titre d’exemple, j’ai une amie
qui a quitté la Saskatchewan pour s’installer à Peterborough, en
Ontario, où elle a travaillé dans un refuge pour femmes. Elle a dit
qu’elle n’en revenait pas de la différence de culture, car son statut
de femme autochtone n’était plus un facteur important à
Peterborough alors que c’était assurément perçu de manière
négative à Regina.
Do you know if the incarceration rates reflect those differences
in racism across our country?
Savez-vous si les taux d’incarcération reflètent les différents
degrés de racisme au pays?
Ms. Cook: I think it is speculative as to exactly what are the
different causes. There is no doubt that racism exists very strongly
in Saskatchewan. I have lived in Saskatchewan, too, and I have
had many experiences as well. There is no question about that.
Mme Cook : Je pense qu’on ne peut que spéculer sur les raisons
exactes qui expliquent la situation. Le racisme est sans aucun
doute bien ancré en Saskatchewan. J’ai moi aussi habité dans
cette province, et il m’est également arrivé souvent de constater le
problème. On ne peut pas passer à côté.
There are differences across the country. Maybe we need to do
more research, or maybe, just assuming that racism does exist and
is a factor within different institutions, we need to do something
about that.
Les façons de voir diffèrent dans tout le pays. Nous devrions
peut-être effectuer davantage de recherches, ou bien simplement
assumer qu’il s’agit réellement d’un problème au sein de diverses
institutions et prendre des mesures en conséquence.
Senator Dyck: Thank you.
La sénatrice Dyck : Merci.
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Peuples autochtones
35:19
Senator Demers: I am a father of three girls and three
granddaughters, and I thought your presentation is extremely
well done, but I kept imagining while you were talking how
fortunate my daughters are and my granddaughters. I also have a
son, and it is hard for me to accept, being a father, that this
happens to young girls who are innocent, and it is sad and there
are young men too.
Le sénateur Demers : Je pense que vous avez donné un excellent
exposé, mais pendant que vous parliez, je ne pouvais pas
m’empêcher de penser à quel point mes trois filles et mes
trois petites-filles sont chanceuses. J’ai également un fils, et en
tant que père, il est difficile pour moi d’admettre que cela arrive à
de jeunes filles ainsi qu’à de jeunes hommes innocents. C’est
consternant.
I have a question that you may have answered in many ways,
and, hopefully, it is not something that you have already
answered.
J’ai une question à laquelle vous avez peut-être déjà répondu de
nombreuses façons. J’espère que ce n’est pas le cas.
What gender-specific challenges, if any, do Aboriginal women
and girls experience in Canada’s correctional system? When they
are in the system, they say there are times — and I have visited
different prisons — where some come out and have a different
and positive life, but some come out worse than when they came
in.
Quelles sont les difficultés fondées sur le sexe, s’il y en a,
auxquelles les femmes et les filles autochtones sont confrontées
dans le système correctionnel du Canada? On dit que certaines —
et j’ai visité divers établissements pénitentiaires — mènent une vie
différente et positive à leur sortie de prison, alors que pour
d’autres, leur situation est pire à la sortie.
How is the system with respect to women and young girls
specifically?
Quel est le traitement réservé aux femmes et aux jeunes femmes
dans le système correctionnel?
Ms. Cook: Thank you for your question. That is really
important.
Mme Cook : Merci de me poser la question. C’est un point très
important.
There is a saying that Aboriginal girls in Canada are overpoliced and under protected.
On dit que les filles autochtones au Canada font l’objet de trop
de surveillance et de trop peu de protection.
They are under protected because there are sexual predators;
under protected because when they are in conflict with the law,
they risk being strip searched and there are inappropriate
procedures that take place; under protected because sometimes
when they are in youth custody, they are sometimes subject to coed facilities, which puts them at risk for sexual harassment,
degrading strip searches and sexual abuse by prison guards and
officials.
Elles sont trop peu protégées parce qu’il y a des prédateurs
sexuels; trop peu protégées parce qu’elles risquent d’être fouillées
à nu et de subir des procédures inappropriées en cas de démêlés
avec la justice; et trop peu protégées parce qu’elles se retrouvent
parfois dans des établissements mixtes pendant leur détention et
qu’elles risquent donc d’être victimes de harcèlement sexuel, de
fouilles à nu humiliantes et d’agressions sexuelles de la part de
gardiens et de responsables de prison.
I would say that the unlawful segregation that we see in this
country has been something that has particularly affected
Aboriginal women. Many of the cases before the courts right
now have involved a vast majority of Aboriginal women, nonAboriginal women as well, but the vast majority are Aboriginal
women.
Je dirais que la ségrégation illégale pratiquée dans notre pays a
particulièrement nui aux femmes autochtones. D’ailleurs, la
grande majorité des femmes dont la cause est actuellement
devant les tribunaux sont d’origine autochtone.
Very often, with women and young girls who are at risk, there
is a fine line sometimes. Somebody might be a victim and a
perpetrator at the same time, so it is not uncommon for a female
youth, who is Aboriginal, who has been, for example sexually
assaulted and who is called before the courts to testify, to be
brought out of jail to do so. Young women who are vulnerable,
again, with the lack of housing and poverty, histories of abuse
and addictions, can be put them in very vulnerable situations
where they may become both victims and also perpetrators of
crime. Often the crimes are not necessarily violent crimes but they
are crimes nonetheless.
La distinction entre victime et auteur d’un crime est souvent
très subtile dans le cas des femmes et des jeunes filles à risque. En
fait, elles sont parfois les deux. Il n’est donc pas rare qu’une jeune
femme autochtone qui a subi, par exemple, une agression sexuelle
doive brièvement sortir de prison pour comparaître en cour. Les
jeunes femmes sans logement, pauvres, qui ont été victimes d’abus
et qui ont des antécédents de toxicomanie sont beaucoup plus
susceptibles de se retrouver dans des situations où elles peuvent à
la fois commettre et subir un crime. Ces crimes ne sont pas
nécessairement violents, mais elles doivent néanmoins en assumer
les conséquences.
In that situation, when they are the victim, there is also a
tremendous amount of discrimination. The case that I am happy
to say finally had a more positive ending, but really concerned us
for a long time, was the Martin Tremblay case. He was a sexual
predator who preyed on young girls in B.C., and particularly
Elles subissent énormément de discrimination lorsqu’elles se
retrouvent dans la situation de victime. J’aimerais parler d’une
affaire qui nous a préoccupés longtemps, mais qui, et je suis
contente de le dire, s’est finalement bien terminée. Martin
Tremblay était un prédateur sexuel qui s’en prenait à de jeunes
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Aboriginal Peoples
23-4-2013
young girls who were in child welfare. He gave them free alcohol,
free drugs, and he sexually assaulted them and he filmed that as
well. Two young women died in his house at one point. However,
it took the longest time to get him into jail and to keep him in jail.
We had the problem with a judge declaring that he was not a
dangerous offender and the girls were blamed for their behaviour.
filles en Colombie-Britannique. Ses victimes étaient généralement
de jeunes personnes prises en charge par des organismes de
protection de l’enfance. Il leur offrait de l’alcool, des drogues, les
agressait sexuellement et filmait la scène. Un jour, deux jeunes
femmes sont mortes dans sa maison, mais il aura tout de même
fallu attendre très longtemps avant qu’il se retrouve de manière
définitive derrière les barreaux, car un juge avait déclaré que ce
n’était pas un délinquant dangereux, et on avait condamné le
comportement des filles.
We have a problem of stigma that goes back to the European
notions that were brought to the country of a sense of superiority,
of a sense of the savage Aboriginal person where there was a lot of
gender discrimination and the girls were seen as sexual and
savage. We still have that stigma and it is evident sometimes in the
courts. I say we need a sea change because, when young girls who
are vulnerable face the justice system, whether they are victims of
crime or perpetrators, they are sometimes looked at through that
lens of stigma. In that way, they are not protected in either case.
Nous avons un préjugé fondé sur d’anciennes notions
européennes selon lesquelles nous sommes supérieurs aux
Autochtones. Ce préjugé a entraîné beaucoup de discrimination
fondée sur le sexe, et il a contribué à percevoir les filles comme des
êtres sexuels et sauvages. Il subsiste encore aujourd’hui et est
parfois très évident dans les cours de justice où il arrive que
certaines d’entre elles ne bénéficient pas de la protection à laquelle
elles ont droit, qu’elles soient victimes ou auteures d’un crime.
D’énormes changements de mentalité sont nécessaires.
Senator Demers: That explanation is clear. Is the system
working? Is it getting better? Do you see improvement? There is a
lack of people to help and support, as you mentioned before, and
lack of money, yes, but there is more than that. Do you feel the
system is working? I do not know if you could ever say the
problem is eliminated, but it seems the numbers are growing
instead of shrinking. Is it because you do not have enough people
to support you? Is that a fair question?
Le sénateur Demers : Vos explications sont claires. Est-ce que
le système fonctionne? S’améliore-t-il? Certes, l’aide et le soutien
sont insuffisants, comme vous l’avez mentionné tout à l’heure, et
les ressources financières aussi. Mais il y a plus. Je ne pense pas
que nous pourrons éliminer complètement le problème, mais le
nombre de victimes semble augmenter au lieu de diminuer. Est-ce
par manque de personnel? Est-ce que j’ai tort d’aborder la
question ainsi?
Ms. Cook: When you say the system, do you mean the judicial
correctional system?
Mme Cook : Quand vous parlez du système, voulez-vous dire
le système correctionnel?
Senator Demers: I mean the system of rehabilitating those
young girls. Are there enough people there or do they get into a
situation of leaving jail and going right back to where they got
themselves involved in those problems?
Le sénateur Demers : Je veux dire le système qui sert à
réhabiliter ces jeunes filles. Reçoivent-elles suffisamment de
soutien pour éviter de se retrouver à leur sortie de prison dans
la même situation qui les a menées derrière les barreaux?
In a stronger system they would be given some kind of
education or better direction. Do you have enough people to be
able to help them out and direct them?
Si le système était meilleur, on leur donnerait une certaine
éducation ou de meilleurs conseils. Avez-vous pour cela les
ressources nécessaires?
Ms. Cook: Again, that is an important question. It goes back
to Ms. Corston’s original point that it is complex and multifacetted. We need a whole range of services, agencies, views,
programs, attitudes, all of this working together, and the isolation
of the systems is a problem. If you have child welfare here and the
schools there and police there and no one is talking to each other,
and also there is still a paternalistic attitude very much at play in
the justice system, then it is not working well.
Mme Cook : Il s’agit là d’un autre élément important, qui nous
ramène à la question initialement soulevée par Mme Corston au
sujet de la complexité et des multiples facettes du problème. Nous
avons besoin de toute une gamme de services, d’organismes, de
points de vue, de programmes et de comportements, et le manque
d’échanges entre les intervenants pose problème. On ne peut pas
s’attendre à ce que le système fonctionne bien si les organismes de
protection de l’enfance, les écoles et les services de police ne
communiquent pas entre eux, et si rien n’est fait pour lutter contre
le paternalisme bien implanté dans les cours de justice.
Young women and older women tell us what works well is to
be able to not feel judged, feel supported, feel believed in, tough
love, yes, but at the same time they want to be believed in and to
have role models. Peers help a lot. Having people who had been
through the system and got out and turned their life around in a
positive way really helps a lot, as well as having those culturally
relevant programs such as sweat ceremonies that people said
Les jeunes femmes comme les plus vieilles aiment sentir qu’on
ne les juge pas, qu’on les soutient, qu’on croit en elles. La fermeté
est certes importante, mais les femmes veulent surtout être
appuyées et avoir des modèles à suivre. Le groupe aide beaucoup.
Le fait de côtoyer des personnes qui sont passées par le système,
qui en sont sorties et qui ont repris leur vie en main, et le fait de
participer à des programmes culturellement significatifs comme
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Peuples autochtones
really helped them a lot. We are not necessarily doing it in the
right way and we should trust the Aboriginal communities to
implement many of their own protocols.
Senator Demers: Thank you very much.
35:21
les cérémonies de sudation aident beaucoup. On ne fait peut-être
pas les choses de la bonne façon, et on devrait habiliter les
collectivités autochtones à mettre en œuvre leurs propres
protocoles.
Le sénateur Demers : Merci beaucoup.
Senator Sibbeston: My first question is simply whether you
have considered the government’s approach with respect to
criminal matters in our country and the emphasis on mandatory
minimum sentences. Do you feel this will contribute to more
Aboriginal people being sent to jail? Under the system, as you
know, judges do not have discretion. Certain offences have
mandatory minimum sentences. Can you comment on that?
Le sénateur Sibbeston : J’aimerais d’abord savoir si vous avez
pris connaissance de l’approche du gouvernement en matière
d’affaires criminelles, qui place l’accent sur les peines minimales
obligatoires. Croyez-vous qu’un plus grand nombre
d’Autochtones seront emprisonnés en conséquence? Comme
vous le savez, les juges n’ont pas de pouvoir discrétionnaire
dans notre système. Certaines infractions impliquent des peines
minimales obligatoires. Quel est votre point de vue à ce sujet?
Ms. Cook: It is very worrying for sure and we believe it will
increase the number of people incarcerated and in remand. We are
already concerned because in the fly-in communities people can
stay in remand waiting for their court case to come up for a very
long time, to the point where I think it is a human rights crisis.
The time is not respected for due process.
Mme Cook : C’est certainement très inquiétant; nous croyons
qu’elles accroîtront le nombre de personnes incarcérées ou en
détention préventive. Nous sommes déjà inquiets puisque dans les
collectivités accessibles par voie aérienne, les délinquants sont
détenus très longtemps avant leur procès, à un point tel qu’on
peut parler d’une situation critique des droits de la personne. La
procédure établie n’est pas respectée.
When more people are incarcerated there is more double
bunking. We have heard there is triple bunking at times. We think
it creates pre-riot conditions. I would not want to be a guard in a
prison in Canada right now. It is setting everyone up in a
dangerous situation. We need to be concerned about Aboriginal
people and about those who work in the facilities as well.
Plus le nombre de personnes incarcérées augmente, plus la
double occupation des cellules augmente aussi. On nous a dit que
dans certains cas, on enfermait trois personnes dans une cellule.
Nous croyons que ces conditions sont propices aux émeutes. Je
n’aimerais pas être gardien de prison au Canada en ce moment.
Tout le monde est en situation de danger. Il faut se préoccuper des
Autochtones et des personnes qui travaillent dans les
établissements.
Senator Sibbeston: My other line of questioning is to do with
alternatives to the present system. I was a lawyer and worked in
the Northwest Territories. As a lawyer, my biggest contribution
to the cause was being able to deal with people in their own
languages and also knowing the culture of the people and
bringing the background of the person who has been charged to
the criminal system, including the judge, the prosecutor and so
forth. There is a big gulf there and it is a problem.
Le sénateur Sibbeston : Mon autre question a trait aux
solutions de rechange du système actuel. J’étais avocat et j’ai
travaillé dans les Territoires du Nord-Ouest. Ma plus grande
force était de pouvoir parler aux gens dans leur langue et de
connaître leur culture. J’ai pu faire en sorte que le système
judiciaire, les juges, les procureurs, et cetera tiennent compte du
contexte autochtone. Le système présente d’importantes lacunes,
et c’est un problème.
I worked briefly in the mid-1990s to develop justice committees
in the small communities, with the idea of Aboriginal people
taking over their own justice system. I used to say to people in the
communities, ‘‘Why have the RCMP and all these white people
do your dirty work? Do it yourselves.’’
Au milieu des années 1990, j’ai travaillé brièvement à la mise
sur pied de comités de la justice dans les petites collectivités, pour
que les Autochtones prennent en charge leur système judiciaire. Je
disais souvent à ces collectivités que ce n’était pas à la GRC et aux
Blancs de faire le sale travail; qu’elles devaient le faire ellesmêmes.
In the few years that I worked there, we were able to develop
committees in a number of communities and we had circle
sentencing and that has been very effective.
Pendant les quelques années que j’ai fait ce travail, nous avons
réussi à établir des comités dans plusieurs collectivités, et à mettre
en œuvre des cercles de détermination de la peine, qui se sont
avérés très efficaces.
There has been a movement in our country with respect to
trying to help Aboriginal people deal with offences themselves. In
the States the Navajos, for example, have been held up as a group
of native people who have their own justice system, right from the
judges to the policemen. They have their own laws and so forth.
À un moment donné, on a voulu aider les Autochtones à gérer
eux-mêmes les infractions. Aux États-Unis, par exemple, les
Navajos ont leur propre système judiciaire, leurs policiers, leurs
juges et leurs lois.
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Aboriginal Peoples
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Do you think, in our own country, there has been any real
positive movement in that direction? The answer for native people
is to do it themselves and solve their own problems. Would you
comment on that?
Croyez-vous qu’il y a eu ici une démarche en ce sens? Les
Autochtones veulent prendre les choses en main et régler leurs
problèmes. Quel est votre avis à ce sujet?
Ms. Cook: There are some wonderful examples of restorative
justice across the country and there are also wonderful examples
of Aboriginal justice, which often is a form of restorative justice
using traditional protocols and there are relationships between the
two forms.
Mme Cook : Il y a de très bons exemples de justice réparatrice
au pays, et de justice autochtone, qui est une forme de justice
réparatrice utilisant des protocoles traditionnels; les deux
cohabitent.
It is an issue that Aboriginal women’s groups have also raised
some flags about, in wanting to first make sure it is safe and make
sure it is done in a way that will respect the primacy of the safety
of women and children in communities as well. The fundamental
tenet of that is this accountability measure. We know that
Aboriginal justice world views differ from Western world views,
whereas punishment, removal of a person for a time period,
punishing them and then releasing them after they have done their
time is part of the Western tradition. In the Aboriginal
community they actually have to face the victim and make
some kind of restitution to them. They are called to account.
Some people in Aboriginal communities have complained that the
non-Aboriginal justice system does not call for the same
accountability. In a way, it lets the person off the hook. They
do their time and they do it often in atrocious conditions that we
are concerned about, without oversight, but they do not have to
do any therapy. They do not have to face the victim and make
amends.
Les groupes de femmes autochtones ont fait part de leurs
inquiétudes à ce sujet. Elles veulent être certaines de préserver la
sécurité des femmes et des enfants dans les collectivités. Le
principe fondamental est la mesure de responsabilisation. On sait
que le système de justice autochtone est différent du système
occidental, qui veut qu’on punisse les coupables, qu’on les
incarcère pendant un certain temps puis qu’on les relâche. Selon
la tradition autochtone, les coupables doivent faire face à leur
victime et offrir une certaine réparation. Ils sont tenus
responsables. Certains membres des collectivités autochtones se
sont plaints de l’absence d’une telle responsabilisation au sein du
système judiciaire non autochtone. D’une certaine façon, il dégage
les coupables de leurs responsabilités. Ils supportent leur peine
d’emprisonnement, souvent dans des conditions atroces qui nous
inquiètent, sans surveillance, mais ils ne sont pas obligés de suivre
une thérapie. Ils ne sont pas confrontés à leur victime et ne sont
pas tenus de réparer leurs torts.
There is a lot more that could be done in support for the
Aboriginal protocols. We have seen programs cut, for example,
that have been doing terrific work at the grassroots level with
people. We hope those will continue and that they will follow
local protocols and be informed by people on the ground. I do not
think you can mandate that at a distance. People have their own
protocols that they want to go back and find: their own justice
models and their own ways.
On pourrait faire encore bien plus pour appuyer les protocoles
autochtones. Certains programmes font de l’excellent travail à
l’échelle locale. Nous espérons qu’ils resteront en place, qu’ils
respecteront les protocoles locaux et qu’ils seront influencés par
les personnes sur le terrain. Je ne crois pas qu’on puisse faire le
travail à distance. Les collectivités ont leurs propres protocoles;
elles souhaitent avoir leurs propres systèmes judiciaires et faire les
choses à leur façon.
The Chair: As a follow up, probably the Yukon has been the
most successful long-term restorative justice program in the
country.
Le président : À ce sujet, le programme de justice réparatrice à
long terme du Yukon est probablement le plus efficace au pays.
Do you see different statistics of Aboriginal women
incarcerated coming out of the Yukon than another provinces
and territories?
Est-ce que les statistiques sur les femmes autochtones
incarcérées au Yukon sont différentes de celles des autres
provinces et territoires?
Ms. Cook: I have not looked at that. There was a report from a
Yukon women’s group on justice, but I have not looked
specifically at that.
Mme Cook : Je n’ai pas étudié la question. Le rapport d’un
groupe de femmes sur la justice du Yukon a été publié, mais je ne
l’ai pas lu.
The Chair: The other issue that has been raised in the Yukon
from Aboriginal women has been what they feel is the overuse of
restorative or community justice in particular, where they do not
feel safe and whether or not there is an automatic gain of
restorative justice once it is implemented, so just out of interest.
Le président : Au Yukon, les femmes sont également d’avis
qu’il y a une surutilisation de la justice réparatrice ou
communautaire en particulier, et disent ne pas se sentir en
sécurité. On se demande aussi si la mise en œuvre de la justice
réparatrice entraîne automatiquement des avantages.
Senator Lovelace Nicholas: Thank you for your presentations.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Je vous remercie de vos
exposés.
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Peuples autochtones
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You mentioned poverty and you mentioned education. Do you
think some women are being incarcerated because they cannot
afford lawyers? Would that be part of it?
Vous avez parlé de la pauvreté et de l’éducation. Croyez-vous
que certaines femmes sont incarcérées parce qu’elles n’ont pas les
moyens de payer un avocat? Est-ce une partie du problème?
Ms. Cook: Yes. We have even heard of people being
incarcerated for food or in the winter because it is cold.
Mme Cook : Oui. On a même entendu parler de cas où des
personnes allaient en prison pour avoir de la nourriture ou pour
être au chaud l’hiver.
Poverty is a horrible thing, I do not know if anyone can
imagine if people have not lived with a hungry stomach, sleeping
on a floor, especially as a woman being dependent maybe on an
unsafe male. People do all sorts of things to survive.
La pauvreté est une chose terrible. Pouvez-vous vous imaginer
ce que c’est de souffrir de la faim, de dormir par terre? La
situation est particulièrement difficile pour les femmes, qui
peuvent dépendre d’hommes dangereux. Les gens prennent tous
les moyens possibles pour survivre.
Senator Lovelace Nicholas: Under education, do these women
who are incarcerated have access to cultural awareness programs
or any type of education like that?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Est-ce que les femmes
incarcérées ont accès à des programmes de sensibilisation à la
culture ou à d’autres formations du genre?
Ms. Cook: I believe Corrections Canada does have protocols
for access to cultural programs. Our one concern is if people are
classified under very high security, as we know there is an over
classification of Aboriginal women as high risk, high security,
then they would not have access.
Mme Cook : Je crois que le Service correctionnel du Canada a
des protocoles d’accès aux programmes culturels. Par contre, si les
femmes sont détenues dans des unités de très haute sécurité — et
comme on le sait, il y a une surreprésentation des femmes
autochtones dans cette catégorie —, elles n’ont pas accès à ces
programmes.
At one point I went to Grand Valley Institution. We were
trying to let the women know about the Truth and Reconciliation
Commission so they would have a chance, if they wanted to give a
statement, and we were pleased at that moment that they allowed
out, as a rare exception, a few women who were under a higher
security classification, but that does not happen very often.
Je suis allée à l’établissement pour femmes Grand Valley dans
le but de faire connaître la Commission de vérité et de
réconciliation aux femmes, pour qu’elles puissent faire une
déclaration si elles le souhaitaient. Nous avons été agréablement
surpris de voir quelques femmes des unités de haute sécurité; cela
n’arrive pas souvent.
Senator Lovelace Nicholas: It is not available to all the women
who are incarcerated, then.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Les programmes ne sont donc
pas offerts à toutes les femmes incarcérées.
Ms. Cook: That is right.
Mme Cook : Non.
Senator Lovelace Nicholas: I think there is a problem with
policing cutbacks in First Nations communities. Do you think,
because of this, there will be more men and women incarcerated?
La sénatrice Lovelace Nicholas : Je crois que les compressions
dans les services de police des Premières nations entraînent
certains problèmes. Croyez-vous que le nombre d’incarcérations
augmentera en conséquence?
Ms. Corston: When I spoke about this house of justice that
somebody told me about, it is a shift in thinking and moving away
from funding things from a project-based perspective. We
typically fund preventative programs on a project basis, but we
do not do that with the courts or policing in urban centres. We do
it with policing in First Nations communities because every
project has a beginning and an end, and I think what happened
with policing on reserve is that their project was coming to an end
and there was a real fear.
Mme Corston : La maison de justice dont on m’a parlé vise une
transformation de la pensée, à s’éloigner d’un financement axé sur
les projets. En règle générale, on finance les programmes de
prévention en fonction des projets, mais pas dans les tribunaux ou
les services de police urbains. On le fait par contre dans les
collectivités des Premières nations, et chaque projet a une durée
déterminée. Lorsqu’ils prennent fin, un réel sentiment de peur
s’installe.
Senator Lovelace Nicholas: That there would be more crime.
La sénatrice Lovelace Nicholas : Les gens ont peur qu’il y ait
plus de crimes.
Ms. Corston: Yes, so that shift in terms of thinking of these
things outside of project-based funding, that is a big piece that
needs to change.
Mme Corston : Oui. Il faudrait donc repenser le financement.
C’est un grand défi.
Senator Raine: Thank you very much, both of you. You have
given us really good insight into the situation.
La sénatrice Raine : Je vous remercie toutes les deux, vous nous
avez aidés à comprendre la situation.
35:24
Aboriginal Peoples
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I want to go back to the communities, and I know there are a
variety of different First Nations communities across our country,
but if you take a typical small community, maybe 500 to
1,000 people, in those communities you have schools, churches,
for instance, and you have usually community centres and elders.
I know the important role that elders play.
J’aimerais qu’on revienne aux collectivités. Je sais qu’elles sont
nombreuses au pays, mais prenons l’exemple des petites
collectivités types, disons de 500 ou 1 000 personnes. Elles ont
des écoles, des églises, et souvent des centres communautaires. Les
aînés y occupent également une place importante.
What do you see as the role for the elders and those sort of in
between? You have the younger kids coming up, just maybe 12 or
14 years old and stepping out a little bit, and then you have their
mothers, probably in their early 30s, and then their elders, their
mothers. There is a continuity of women in the families.
Quel est le rôle des aînés, et des autres? Les jeunes de 12 ou
14 ans et leurs mères, qui sont probablement dans la trentaine, et
enfin les aînées, leurs mères à elles. Il y a une continuité de femmes
au sein des familles.
How is this strength passed on and how are the younger girls
supported by the family situation?
Comment cette force est-elle transmise, et comment les jeunes
filles sont-elles encadrées?
Ms. Corston: We had a project at NWAC called Daughter
Spirit program that came out of the Sisters in Spirit initiative,
which you might remember. Basically what that project was about
was bringing youth and elders together and revitalizing that link
for a lot of the youth. It was a bunch of small projects at the
community level that were led by youth, and they were able to
bring in the elders, whether it was a volleyball game, basketball
game or hockey game or whatever, and the elders became part of
those activities at the local level. The issue that they were trying to
deal with was suicide prevention and building mental health
strengths, and the youth-elder connection that was built as a
result of that project was phenomenal.
Mme Corston : L’AFAC a réalisé un projet, le programme
Daughter Spirit, issu de l’initiative Sisters in Spirit, dont vous
vous souvenez peut-être. Au fond, le projet servait à rassembler
les jeunes et les aînés pour renforcer le lien qui les unit. Les jeunes
organisaient diverses activités communautaires — une partie de
volleyball, de basketball, de hockey ou autre — et y invitaient les
aînés. Le projet visait la prévention du suicide et le renforcement
des capacités mentales. Les jeunes et les aînés ont créé des liens
très étroits grâce à ce projet.
I heard from a couple of youth who were personally impacted
by the fact that they were able to connect with their elders and
learn traditional protocols and traditional teachings through that
connection. I think that was a really important part.
Certains jeunes m’ont fait part de leur expérience; ils ont
grandement tiré profit de cette relation avec les aînés et de
l’apprentissage des protocoles et des enseignements traditionnels.
Je crois que ces liens sont très importants.
Ms. Cook: In terms of why that is so important in our
reconciliation perspective, because what was lost, one of the
things, of course, that happened, and you might know this, when
Europeans came they brought a view, this hierarchical view that
men were more important than women, sons were more
important than daughters, property owners were more
important than peasants. It sort of went down the line.
Mme Cook : Ces relations sont aussi très importantes pour la
réconciliation, pour retrouver ce que nous avons perdu. Lorsqu’ils
sont arrivés chez nous, les Européens nous ont imposé leur vision
hiérarchique où les hommes étaient plus importants que les
femmes, où les fils étaient plus importants que les filles, et où les
propriétaires étaient plus importants que les paysans. Ces valeurs
ont été transmises aux nouvelles générations.
That was so different from the Aboriginal view, which saw the
circle of relations and had roles, and equal but different roles that
were respected. Women’s roles in families and communities as
transmitters, teachers and educators were lost. That is very much
directly related to a lot of the traumas and violence and the lack
of respect we see today. If a young boy or girl grows up not seeing
their mothers or aunties respected, that sets in play a whole series
of problems and leads to a condition as well as to how they will
treat women in the future.
C’était tellement différent de la vision autochtone, du cercle des
relations où chacun tenait un rôle distinct, mais respecté. Les
femmes ont perdu leurs rôles de médiatrices, d’enseignantes et
d’éducatrices au sein de la famille et de la collectivité, et cette perte
a un lien direct avec les traumatismes, la violence et le manque de
respect que l’on connaît aujourd’hui. Si les enfants grandissent
dans un environnement où les femmes ne sont pas respectées, ils
risquent d’imiter ce comportement, ce qui peut donner lieu à
toutes sortes de problèmes.
These programs are critical, and it is about restitution as well,
for returning and having the opportunity to regain that respect
and the roles that were lost. When we were up in the Northwest
Territories, some of the young girls told us they wanted to go on
traditional hunts, and that was something that happened a long
time ago, but then things changed through the residential schools,
and when it returned only boys were hunting. Some of the female
elders said they would to take you, but they did not have the
Ces programmes sont essentiels. Ils visent à réparer ce qui a été
brisé, à rétablir le respect et à reprendre les rôles perdus. Lorsque
nous étions dans les Territoires du Nord-Ouest, certaines jeunes
filles nous ont fait part de leur désir de faire la chasse
traditionnelle, qui était pratiquée par les femmes autrefois, mais
qui a été réservée aux hommes depuis l’établissement des
pensionnats. Certaines aînées auraient voulu les y amener, mais
n’en avaient pas les moyens. Elles m’ont dit qu’il fallait que le
23-4-2013
Peuples autochtones
35:25
resources to do it. They said they want Canada to know — they
knew I was coming back to Ottawa — that they want on-the-land
programs and, as the elders, they want to be able to teach again to
the young people.
Canada sache — elles savaient que je reviendrais à Ottawa —
qu’elles voulaient des programmes de sensibilisation à la terre, et
pouvoir enseigner les traditions aux jeunes.
Senator Raine: Those kinds of programs are not necessarily
expensive. We are not talking about buying hockey equipment or
something like that. We are talking about going out and learning
how to find the food and the berries and all those kinds of things.
I hope that there is some thought given to that.
La sénatrice Raine : Ces programmes ne sont pas
nécessairement coûteux. On ne parle pas d’acheter de
l’équipement de hockey ni rien du genre. On parle d’apprendre
à trouver la nourriture et à cueillir les fruits, ce genre de choses.
J’espère qu’on les écoutera.
Today is the one hundredth anniversary of the Big Brothers
Big Sisters program in Canada. They had 100 young people, little
brothers and little sisters, on the hill. It is a great organization and
it is mostly volunteers, but they have said they are looking at
doing programming with Aboriginal communities. They have
been welcomed and there are some pilot projects happening.
There is a time in your life when you cannot talk to your mother;
you do not want to talk to your mom. If there is another adult or
an in-between person that you can confide in, it can really help.
That sort of sisterhood is not just in the family, it is in the
community. In terms of that kind of mentoring, are there any
thoughts or anything happening that you know about?
On célèbre cette année le centième anniversaire de Grands
Frères Grandes Sœurs du Canada. Ces jours-ci, 100 jeunes — les
Petits Frères et Petites Sœurs — prennent part à un sommet à
Ottawa. C’est une organisation formidable, composée
principalement de bénévoles. Elle a fait part de son intérêt à
collaborer avec les collectivités autochtones, et certains projets
pilotes sont en cours. Les jeunes filles ne veulent pas ou ne
peuvent pas toujours parler à leur mère. Le fait d’avoir un autre
adulte ou un intermédiaire à qui on peut se confier aide beaucoup.
La solidarité féminine n’est pas seulement présente dans la
famille. Elle est aussi dans la collectivité. Aimeriez-vous partager
vos idées ou nous faire part de certains autres projets de
mentorat?
Ms. Cook: I have not heard of that program. That is great, and
I think we need a lot of programs that bring Aboriginal and nonAboriginal people together of all ages and all generations. It is
shocking. There are still a number of communities that live side
by side, but they do not interact. We did work called pathways to
reconciliation that was supported by Aboriginal Affairs and
Northern Development. It was making films to bring an
understanding of residential schools to non-Aboriginal youth
across the country. To write the script, we wanted to have focus
groups with Aboriginal and non-Aboriginal youth together. That
was possible in some places, but not everywhere. Why not in this
day and age in 2013? The trust is not always there. People feel
judged sometimes, so there is still stigma, racism, discrimination.
Mme Cook : Je ne connais pas ce programme. C’est très bien,
et je crois qu’il faut plus de programmes qui rassemblent les
Autochtones et les non-Autochtones de tous les âges et de toutes
les générations. C’est choquant de voir que certaines
communautés voisines ne communiquent pas entre elles. Nous
avons réalisé un projet intitulé En route vers la réconciliation avec
l’appui d’Affaires autochtones et Développement du Nord
Canada, dont l’objectif était de présenter aux jeunes non
autochtones du pays des films sur les pensionnats. On voulait
créer des groupes de discussion avec des jeunes autochtones et
non autochtones pour écrire le scénario. On a réussi dans
certaines régions, mais pas partout. Comment cela est-il possible
en 2013? Les gens n’ont pas confiance. Ils se sentent jugés. La
stigmatisation, le racisme et la discrimination sont toujours
présents.
There is a lot of work to do so those initiatives that take
leadership and forge a new relationship are really important.
Those young people might become the new justices of the future
and then your police. That is also critical because we are saying it
is really important. Those people who work in public safety and
corrections have to understand the history of what happened in
the country and be open-hearted in terms of developing the new
relationship.
Il reste encore beaucoup de travail à faire. Ces initiatives qui
visent à établir de nouvelles relations sont donc très importantes.
Nos jeunes deviendront peut-être juges ou policiers. Il est essentiel
que les personnes qui travaillent dans le domaine de la sécurité
publique et des services correctionnels comprennent l’histoire de
notre pays et soient ouvertes aux nouvelles relations.
The Chair: As a follow-up to that, I have looked the education
material that the TRC has developed with assistance of
Aboriginal Affairs, and have compared it to the educational
program that all grade 4 students in Australia are obligated to
take in relation to their missing generation. Do you have any
opinion as to why we have not taken the next step to making it
Le président : Pour faire un suivi sur cette question, j’ai
examiné le matériel didactique que la Commission de vérité et de
réconciliation a élaboré en collaboration avec Affaires
autochtones, et je l’ai comparé au programme d’enseignement
que tous les écoliers de 4e année de l’Australie doivent suivre
relativement à leur génération perdue. Pouvez-vous expliquer
35:26
Aboriginal Peoples
23-4-2013
mandatory that all young people — certain ages and grades —
through our school system would be obligated to also learn about
our past misdeeds as a country?
pourquoi nous ne sommes pas allés une étape plus loin en
obligeant tous les jeunes de certaines tranches d’âge et de certains
niveaux à apprendre eux aussi, par le biais de l’école, les torts que
le pays leur a faits?
Ms. Cook: It was a recommendation from the interim report of
the Truth and Reconciliation Commission. I am not sure if they
used the word obligatory, but they were encouraging all schools
to teach about the truth of the history. I am sure in the final
report, which is due in 2014, those recommendations will be
further defined. I think the Northwest Territories might have
started already.
Mme Cook : C’était d’ailleurs l’une des recommandations du
rapport provisoire de la commission. Je ne sais pas s’ils se sont
servis du mot « obligatoire », mais ils encourageaient toutes les
écoles à dire la vérité sur ce qui s’est passé. Je suis convaincue que
ces recommandations seront décrites plus en détail dans la version
définitive du rapport, qui doit être déposée en 2014. Je crois savoir
que les Territoires du Nord-Ouest ont déjà commencé à appliquer
cette recommandation.
The Chair: Which is interesting, and I appreciate if anyone has
taken out the [inaudible], particularly in the place I formerly lived
in the Northwest Territories. However, realistically the vast
majority of Canadians live within 100 miles of the border and the
vast majority of Aboriginal people live 1,000 kilometres from the
border. Personally, I think it is important that all Canadians see
it.
Le président : Ce qui est intéressant. Et je suis heureux que
quelqu’un a supprimé [inaudible], et surtout à l’endroit où je
vivais, dans les Territoires du Nord-Ouest. Cependant, la vaste
majorité des Canadiens vivent à moins de 100 miles de la frontière
et la vaste majorité des Autochtones vivent à 1 000 kilomètres de
la frontière. À mon sens, je pense qu’il est important que tous les
Canadiens le voient.
Senator Raine was that a follow-up to mine?
Sénatrice Raine, est-ce que vous poursuiviez sur ma lancée?
Senator Raine: It was for second round.
La sénatrice Raine : C’était pour la deuxième ronde.
Senator Enverga: This will be more like a follow-up to Senator
White’s question a while ago. Are there any Inuit, Metis or
Aboriginal groups that are more successful in this that has less
incarceration? Would you say any particular group has some of a
good news story? I know everything that was mentioned earlier
was more like sad story, but I want to know if there is any such
thing as a good news story that you can relate to us? What has
been successful and what part of the country is more successful
than others?
Le sénateur Enverga : Ce sera plutôt un suivi à la question
soulevée par le sénateur White il y a un moment. Y a-t-il des
groupes inuits, métis ou autochtones qui réussissent mieux à cet
égard et qui connaissent des taux d’emprisonnement moins élevés?
Croyez-vous qu’aucun de ces groupes n’a de bonnes nouvelles à
annoncer? Je sais que tout ce qui a été dit auparavant était plutôt
triste, mais je veux savoir si vous avez quelque histoire
encourageante à nous raconter? Qu’est-ce qui a marché et dans
quelle partie du pays réussit-on le mieux?
Ms. Cook: It is a whole other study, because we brought
women and girls who had been in jail to our circles and our focus
was really what worked for them in turning hair life around, given
they had had this specious already. It was a different question, but
that is very important. With suicide, people will do that. Suicide
statistics are very high so people will ask where the communities
are where suicide is low and learn from that. I imagine someone
might have done that study, but I have not seen it. Certainly we
cannot think all Aboriginal people are destined to be in jail. The
majority of Aboriginal people do not go to jail or have run-ins
with the law. We have to keep that in context.
Mme Cook : Il s’agit d’une tout autre étude, car nous avons
fait venir à nos cercles des femmes et des filles qui avaient été en
prison et nous nous sommes efforcées de savoir ce qui les avait
vraiment aidées à réorienter leur vie, attendu qu’on leur avait déjà
raconté des faussetés. C’était une différente question, mais cela est
très important. Les personnes auront cette réaction à l’égard du
suicide. Il y a un nombre élevé de suicides, alors on cherchera à
s’informer des collectivités où les taux sont plus bas afin de s’en
inspirer. Il se peut que quelqu’un ait déjà fait cette étude, mais je
ne l’ai pas vue. Nous ne pouvons évidemment pas présumer que
tous les Autochtones sont destinés à la prison. La majorité ne
vont pas en prison et n’ont pas de démêlés avec la justice. Nous
devons toujours remettre les choses dans leur contexte.
Senator Enverga: Yes, but for those who are incarcerated, how
many are successful in going back to their own community?
Le sénateur Enverga : Oui, mais pour ceux qui se ramassent en
prison, combien y en a-t-il qui réussissent à retourner dans leur
collectivité?
Ms. Cook: I have not seen a study. However, one thing I heard
relating to youth being released from youth custody is that the
workers in the youth corrections were so frustrated that they had
nowhere to send the youth to. Often they had no housing
afterward, so it was a huge gap. They were really worried because
these worked very hard with the youth inside, tried to prepare
Mme Cook : Je n’ai pas vu d’étude là-dessus. J’ai appris
cependant, à propos des jeunes libérés des centres de détention
provisoire, que les travailleurs de ces établissements se disaient
extrêmement frustrés de n’avoir aucun endroit où les envoyer.
Souvent, ils n’avaient aucun logement une fois sortis, alors le
fossé était énorme. Les travailleurs étaient inquiets, car ils avaient
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Peuples autochtones
35:27
them and became kind of attached to them as human beings. They
were really worried and they would hear these youth were in
shelters, the shelters were full. They were insecure and were on the
street and it was just not helping.
travaillé si fort avec les jeunes pendant leur séjour, essayant de les
préparer et s’étant attachés à eux. Ils étaient vraiment inquiets et
ils entendaient dire que ces jeunes vivaient dans des refuges, et que
ces refuges étaient pleins. Les jeunes étaient désemparés et se
retrouvaient dans la rue, ce qui ne les aidait d’aucune façon.
Senator Enverga: The reason I am following this is I want to
ensure that if there is ever any good news story, I would
encourage that because it is more of a learning process. We want
to model that so we can apply it as a model for every other
individual. If there is nothing that is okay, though.
Le sénateur Enverga : Je m’intéresse à cela pour m’assurer que,
si bonnes nouvelles il y a, elles seront reprises et encouragées, car
cela s’inscrit en fait dans un processus d’apprentissage. Nous
voulons en faire des modèles pour montrer à d’autres ce qu’il est
possible de faire. Mais s’il n’y a rien d’encourageant à rapporter,
tant pis.
Ms. Corston: There are indicators. There has been research by
Chandler and Lalonde who identified indicators of success. I
cannot identify specific communities where it has been
implemented, but cultural continuity is a huge indicator of
successful individuals, whether it is education or that kind of
thing. Chandler and Lalonde have done a lot of research in the
area of indicators.
Mme Corston : Il y a des indicateurs de réussite, notamment
ceux mis à jour dans une recherche effectuée par Chandler et
Lalonde. Je ne peux pas nommer de collectivités précises où ces
indicateurs ont été appliqués, mais la continuité sur le plan
culturel est un trait important des personnes qui réussissent, que
ce soit dans l’éducation ou d’autres aspects semblables. Chandler
et Lalonde ont fait beaucoup de recherche sur les indicateurs.
Senator Enverga: I am new to the committee. That would be a
lot of help in how we can help our incarcerated people.
Le sénateur Enverga : Je commence à peine avec ce comité.
Cela pourrait être très utile pour comprendre comment aider les
personnes emprisonnées.
Senator Raine: Ms. Cook, you said that in your circles you
asked the question of people who came who had been
incarcerated about what they experienced that kept them out.
Could you share that with us?
La sénatrice Raine : Madame Cook, vous avez dit que vos
cercles avaient interrogé des personnes qui avaient été
emprisonnées afin de savoir ce qu’elles avaient vécu pour les
inciter à ne pas retourner en dedans. Pouvez-vous nous mettre au
courant de ce qu’elles ont dit?
Ms. Cook: Definitely. Not feeling judged was key, and having
peers who had been through the system, having the advocates
there to help them in practical ways. Housing was really
important, people they felt they could confide in and trust,
having support for the addiction that was long enough, so the
short period was really a problem, having access to culture and
traditions, having access to community support people who could
open doors for them and show them what they could do after jail
as well.
Mme Cook : Bien sûr. Le fait de ne pas être jugées était
primordial. Le fait d’avoir des pairs qui étaient passés par là et de
pouvoir compter sur des avocats sur place pour les aider de façon
pratique. Le logement était très important; le fait d’avoir des gens
à qui elles pouvaient se confier et en qui elles pouvaient avoir
confiance; pouvoir compter sur un soutien assez long pour les
aider à surmonter leur dépendance — ce qui rendait l’aide de
courte durée vraiment problématique — l’accès à la culture et aux
traditions. Enfin, le fait d’avoir accès à des personnes-ressources
dans la collectivité pouvait leur ouvrir des portes et leur montrer
ce qu’il leur était possible de faire une fois sorties de prison.
Then of course, we spoke to a lot of people who worked
toward trying to prevent people from going into jail in the first
place and often they were very effective. The interventions of
Aboriginal court workers and the Gladue writers’ were really key.
Those who worked, for example, with the Urban Butterflies
program in B.C., which is an award-winning program that
worked with young girls in child welfare specifically, Aboriginal
girls, many who were having difficulty with the law as first time
offenders. They had a form of transformative justice program
with them where they would try to get this their head and find out
what was going on at the time they committed that crime. It
unpacked a world and they tried to see the person behind the
criminal act.
Nous avons aussi parlé à beaucoup de personnes qui
travaillaient afin d’en empêcher d’autres de se retrouver en
prison dès le départ, et cela marchait souvent très bien. Les
interventions des aides judiciaires autochtones et les rédacteurs de
la décision Gladue ont vraiment joué un rôle clé. Il y a aussi
l’exemple du programme Urban Butterflies, en ColombieBritannique — un programme primé axé sur les jeunes filles
autochtones de l’aide sociale à l’enfance, un grand nombre
desquelles ont eu des démêlés avec la justice comme délinquantes
primaires. Il y avait une forme de programme de justice axée sur
la transformation, où les intervenants tentaient de sonder les
jeunes filles afin de savoir ce qui se passait dans leur esprit au
moment où elles avaient commis leur délit. Cette méthode libérait
tout un monde et les travailleurs s’efforçaient de voir la personne
qui se cachait derrière le délit.
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Aboriginal Peoples
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Sometimes it was shoplifting; they might have stolen a shirt.
Then they found out they stole a shirt because they wanted to
look good for a boy to go to a party with, but found out that boy
was actually a man and these were minors.
Parfois, il s’agissait de vol à l’étalage; la fille avait peut-être
volé une blouse. Puis elle s’apercevait qu’elle l’avait fait pour
séduire un garçon qu’elle souhaitait amener dans un party, mais
apprenait par la suite que ce garçon était en fait un homme, alors
qu’elle était mineure.
They started to get to know them and understand them, and
that way they were actually much more able to help them and
intervene in their lives and try to make a positive difference, get
them into programs, doing crafting, beading, all sorts of circles,
learning about culture traditions, positive peer culture and
providing them alternatives to just having these predatory men
around them in a negative way. Those were key.
Les intervenants ont commencé à connaître ces filles et à les
comprendre. Ils étaient ainsi mieux en mesure de les aider et
d’intervenir dans leur vie, et d’avoir un effet bénéfique sur elles. Ils
pouvaient les intéresser à suivre des programmes, à faire de
l’artisanat, du perlage, les inciter à se joindre à toutes sortes de
cercles, à apprendre des choses sur leur culture et leurs traditions,
à se frotter à la culture bienfaitrice de leurs pairs, et ils leur
fournissaient des solutions de rechange pour éviter d’être
entourées de ces hommes prédateurs qui avaient sur elles une
mauvaise influence. Ces points d’intervention étaient cruciaux.
Senator Patterson: Thank you for a very compelling
presentation. I would like to follow up a bit on Senator Raine’s
question about those workshops. You also spoke with the girls
and women in the workshops about what got them there to jail
and what it was like. There is a lot of statistical information, but
could you give us some narratives, as you do well, on what you
heard, please?
Le sénateur Patterson : Merci pour ce très éloquent
témoignage. J’aimerais ajouter quelque chose à propos de la
question posée par Mme Raine sur ces ateliers. Vous avez aussi
parlé avec les filles et les femmes de ces ateliers au sujet des raisons
de leur emprisonnement et de ce qu’elles ont vécu en prison. Nous
avons beaucoup de données statistiques à ce sujet, mais pouvezvous nous relater, comme vous le faites si bien, certaines histoires
que vous avez entendues?
Ms. Cook: They are very painful stories, often. I will say we are
grateful that we actually had the support of Health Canada staff
with us at these circles, the Indian residential school survivor
society elders as well and resolution health support workers,
because they were painful to tell.
Mme Cook : Ce sont souvent de bien tristes histoires. Je peux
affirmer que nous sommes reconnaissants d’avoir obtenu un
soutien bien concret du personnel de Santé Canada, des membres
de la société des aînés des survivants des pensionnats indiens ainsi
que des travailleurs du programme de soutien en santé relatif à la
résolution des questions des pensionnats, car ces histoires
n’étaient pas faciles à raconter.
People often came from very challenging families where
addictions, neglect and abuse had been present. Some of the
women had escaped violence and ended up on the streets.
Insecure housing. Some of them had been involved in prostitution
as a way to raise money then for the addictions. When we talk
about the trauma behind the addictions, that is key.
Les personnes venaient souvent de familles en grande difficulté,
qui vivaient des problèmes de dépendance, de négligence et de
maltraitance. Certaines des femmes avaient fui la violence et
s’étaient retrouvées dans la rue. Les logements étaient peu sûrs.
Certaines avaient fait de la prostitution pour gagner de l’argent,
puis pour assouvir leur dépendance à diverses substances. Il est
tout à fait primordial de chercher à cerner le traumatisme qui se
cache derrière la dépendance.
A lot of them spoke about shame, that they felt tremendous
shame. A lot of them had been in child welfare. They had been
taken from their families. It was not always that there had been
abuse in the families. Sometimes it had been poverty. They had
been taken from their families largely because their families had
been poor and considered by child welfare to not be adequate,
and that is where the stigma and the racism comes in as well,
during the whole 1960s scoop. That allowed for the removal of
children who lived in a house that was considered inferior by
another standard.
Beaucoup ont dit ressentir de la honte, une très grande honte.
Beaucoup avaient été prises en charge par l’aide sociale à
l’enfance. Elles avaient été retirées de leur famille et ce n’était
pas toujours parce qu’il y avait eu de la maltraitance. C’était
parfois pour une question de pauvreté. On les avait retirées de
leurs familles parce que leurs familles étaient pauvres et
considérées comme inadéquates par l’aide sociale. Et c’est là
que le profilage et le racisme entrent aussi en scène, avec tout le
remue-ménage des années 1960 en toile de fond. C’est ce contexte
qui a fait en sorte que des enfants ont été retirés de leur foyer, ce
dernier étant considéré comme inférieur selon la nouvelle norme.
The shame. People tended to blame themselves and felt very
ashamed of the poverty that they had grown in or the violence
that they had experienced. Many people spent many years in
addictions. We had many residential school survivors and
La honte. Les gens avaient tendance à se blâmer et ressentaient
beaucoup de honte d’avoir grandi dans la pauvreté ou d’avoir
subi la violence qu’on leur avait infligée. Plusieurs ont passé de
nombreuses années avec des problèmes de dépendance. Il y avait
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Peuples autochtones
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intergenerational survivors with us as well. They talked about the
difference, sometimes very inconsistent upbringings, and they
related that back to the residential schools. On the one hand,
things might have been extremely rigid one day, very strict
parenting, and then laissez-faire, nothing, loose, the next. It was
difficult for people to find their grounding and balance.
aussi parmi nous de nombreux survivants des pensionnats et des
survivants de différentes générations. Ils ont parlé du manque
d’uniformité, d’une éducation en dents de scie, une dynamique
qu’ils associaient aux pensionnats. L’encadrement pouvait être
extrêmement strict un jour et passer à un laisser-faire complet le
lendemain. Il était difficile pour eux de trouver des assises solides
et un équilibre.
Those who had children themselves, as we know many women
in prison, the majority, are mothers, often repeated. That came
down the generation. They were not there for their parents, and
they felt shame about that. They felt horrible. At the time, of
course, of the circles, many had gone through treatment, so
finding the right kinds of treatment for addictions was key. That
was very important. Many of them were in the process of either
getting their children back or had their children back as well and
were feeling much better about what they could contribute and
give now to their grandchildren and breaking that cycle.
Celles qui avaient elles-mêmes des enfants — comme nous le
savons, plusieurs des femmes qui sont dans les prisons, la majorité
en fait, sont des mères — répétaient souvent le même schème. Les
habitudes passaient à la génération suivante. Elles n’avaient pas
été là pour leurs parents et elles en avaient honte. Elles s’en
voulaient beaucoup. Bien entendu, à l’époque des cercles, nombre
d’entre elles avaient suivi des thérapies, alors le choix des
thérapies appropriées pour leurs dépendances était très
important. Nombre d’entre elles étaient dans la démarche de
récupérer leurs enfants ou les avaient déjà récupérés et étaient
passablement plus optimistes au sujet de ce qu’elles pouvaient
maintenant leur transmettre, ainsi qu’à leurs petits-enfants, et
ainsi briser le cycle.
Senator Patterson: On a slightly different tack, your Gender
Matters report was concluded in March of 2012. I am tempted to
ask you if there has been any progress on the recommendations
vis-à-vis the federal government. I also wanted to ask you about
the correctional investigator’s report that came out more recently
on Aboriginal persons in the correctional system. Did that report
mirror some of your findings, and do you have any comments
about that report in relation to what you found in your work?
Le sénateur Patterson : Dans une optique légèrement
différente, vous avez terminé votre rapport, La condition
féminine importe, au mois de mars 2012. Dites-moi : y a-t-il eu
quelque progrès que ce soit quant aux recommandations que vous
avez adressées au gouvernement fédéral? J’aimerais aussi vous
poser une question au sujet du rapport de l’enquêteur
correctionnel qui est paru plus récemment au sujet des
Autochtones qui sont dans le système correctionnel. Est-ce que
les conclusions de ce rapport font écho à certaines des vôtres, et
avez-vous des commentaires à faire au sujet de ce rapport, en lien
avec ce que votre travail vous a amenée à découvrir?
Ms. Cook: The main difference is Mr. Sapers’ report was
federal, so he looked at conditions within federal corrections. Our
work was not specific to federal, so we spoke with people who had
been involved in provincial and territorial corrections as well as
federal, and youth, young offenders as well, and those who
worked with them.
Mme Cook : La principale différence est que le rapport de
M. Sapers était un rapport fédéral, ce qui signifie qu’il s’est
penché sur les tenants et aboutissants des services correctionnels
fédéraux. Notre travail n’était pas cantonné aux institutions
fédérales. Nous avons donc parlé à des intervenants des services
correctionnels provinciaux, territoriaux ainsi que fédéraux, mais
aussi à des jeunes et à de jeunes contrevenants, et aux personnes
qui travaillaient avec eux.
One of the main thrusts of our report was really recommending
let us get as many people out of jail as we can. Let us stop people
from going into jail to begin with, and let us look at what we can
do instead. His job, as a correctional investigator, is to look
specifically in the jails and look for abuses and disparities and
problems there.
L’une des principales recommandations était de faire sortir le
plus de personnes possible des prisons. Empêchons d’abord les
gens de se retrouver en prison, en envisageant des solutions de
rechange. À titre d’enquêteur correctionnel, M. Sapers devait se
focaliser sur la situation des prisons en cherchant à cerner les cas
d’abus, les disparités et les problèmes.
We thought there are so many reports already. We know that
he puts out reports regularly that are very important. Louise
Arbour, of course, put out an excellent report many years ago.
We had the RCAP that had a section on justice. We had many
that had been ignored. Largely the recommendations of many of
these reports had been ignored. We did not want to just write
another report about the problems within corrections federally.
Nous croyions qu’il y avait déjà eu tellement de rapports. Nous
savons qu’il produit des rapports régulièrement, lesquels sont très
importants. Bien entendu, il y a eu l’excellent rapport de Louise
Arbour, il y a de cela plusieurs années. Il y a eu celui de la
Commission royale sur les peuples autochtones, qui contenait une
section sur la justice. Il y en a eu plusieurs qui ont été ignorés.
Dans une grande proportion, les recommandations de ces
35:30
Aboriginal Peoples
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Our recommendation on that is implement the recommendations.
Implement the accountability recommendations from the Louise
Arbour report.
rapports ont été ignorées. Nous ne voulions pas que ce soit juste
un autre rapport sur les problèmes des services correctionnels
fédéraux. Notre recommandation à ce sujet est : mettez les
recommandations en œuvre. Mettez en œuvre les
recommandations sur la responsabilisation contenues dans le
rapport de Louise Arbour.
We need an oversight mechanism, a judicial mechanism, that
has teeth and is responsible and accountable to Parliament. There
were so many things that need to be done. We need to be very
cautious about the isolation and segregation, which is a very
concerning human rights problem, and the amount of time people
are spending in isolation. We are concerned about remand. There
are many things we are concerned about within the conditions,
but our main focus was actually on what are the alternatives, how
can we prevent and support the alternatives to jail.
Il faut un mécanisme de surveillance, un mécanisme judiciaire
contraignant, par lequel on rend des comptes au Parlement. Il y a
tant de choses à faire. Nous devons être très prudents avec
l’isolement — qui est un problème de droits de la personne très
préoccupant —, et faire attention à la longueur des séjours
imposés aux personnes placées en isolement. Nous sommes
préoccupés par les conditions d’emprisonnement. Or, bien qu’un
grand nombre d’aspects relatifs à ces conditions nous
préoccupent, nous avons surtout cherché à cerner les solutions
de rechange, à savoir comment prévenir l’emprisonnement et
appuyer les solutions autres que la prison.
The Chair: If I may, you are talking more about the fact that
Mr. Sapers is downriver and you are trying to get us upriver right
now.
Le président : Si je peux me permettre, vous parlez plutôt du
fait que M. Sapers est en aval alors que vous cherchez
actuellement à nous amener en amont.
Ms. Cook: I would not say downriver. I would say he is right
on. He is right on spot.
Mme Cook : Je ne dirais pas qu’il est en aval, mais juste là où il
faut. Dans le mille.
The Chair: From a criminal justice perspective.
Le président : Du point de vue de la justice pénale.
Ms. Cook: He is writing in the place that he is situated in, that
he needs to be looking at, and we need someone to look at that,
but we need someone to look at it who has a power where there is
an accountability attached to it.
Mme Cook : Il écrit en fonction de son point de vue, sur ce
qu’il faut qu’il regarde, et il faut que quelqu’un s’intéresse à cela,
mais il faut que cette personne ait un pouvoir d’intervention
assorti d’une responsabilité vis-à-vis du Parlement.
The Chair: If we look at where Mr. Sapers is on the river, if I
may, we have talked a lot about gender incarceration, and we
have talked about geographic incarceration, a few of us. Actually
a few of us in this room, including Senator Watt, who is not here
tonight, have talked about demographic incarceration, in other
words facilities specific to a demographic to try to bring together
programs that are more relevant culturally, linguistic, maybe even
opportunistic in rehabilitation.
Le président : Si l’on regarde à quelle hauteur de la rivière
M. Sapers se situe — pour poursuivre la métaphore —, nous
avons beaucoup parlé de l’emprisonnement adapté au sexe, et
certains d’entre nous ont parlé de l’emprisonnement adapté à la
situation géographique. En fait, nous sommes quelques-uns dans
cette salle — auxquels il faut ajouter le sénateur Watt, qui n’est
pas avec nous ce soir — qui ont parlé de l’emprisonnement axé sur
la démographie, c’est-à-dire des installations conçues pour
répondre à des besoins démographiques précis et qui
s’efforceraient de rassembler des programmes mieux arrimés aux
besoins culturels et linguistiques d’une région, qui pourraient
même être assorties d’ouvertures en matière de réadaptation.
Has NWAC ever looked at any programs internationally? I do
not think there are any nationally that are specifically
demographic based. We had been talking about Inuit, to be
fair, but I am not suggesting that if it would work for the Inuit
community, it would not work for other Aboriginal communities
as well. If the answer is no, I am okay.
Est-ce que l’AFAC a déjà jeté un coup d’œil aux programmes
qui existent un peu partout dans le monde? Je ne crois pas qu’il y
en ait un seul au Canada qui soit précisément axé sur la
démographie. Nous avons certes parlé des Inuits, mais je ne
prétends pas que ce qui fonctionnerait pour eux fonctionnerait
aussi pour les autres collectivités autochtones. Si la réponse est
non, je l’accepte.
Ms. Cook: We did have one presenter at one of our circles in
B.C. He was a retired Crown prosecutor who presented on
international dimensions of indigenous justice, and he had been
involved in some research in a few different Latin American
countries where indigenous groups were attempting to reinstate
their own justice protocols, and that was wonderful. It was a
Mme Cook : Il y a bien eu un présentateur à l’un de nos cercles,
en Colombie-Britannique. C’était un avocat de la Couronne à la
retraite qui faisait une présentation sur la justice autochtone
ailleurs dans le monde. Il avait en outre participé à certaines
recherches dans quelques États d’Amérique latine où des groupes
autochtones tentaient de réinstaurer leurs propres protocoles en
23-4-2013
Peuples autochtones
35:31
wonderful presentation. It was really important. He felt that
Canada actually could do a lot more in that regard. We have
started to some extent to recognize some protocols, but we could
go much further.
matière de justice, et nous avions trouvé cela formidable. La
présentation était très réussie et elle a eu tout un effet. Selon lui, le
Canada pouvait faire beaucoup plus à cet égard. Nous avons
commencé à reconnaître certains protocoles dans une certaine
mesure, mais nous pourrions aller beaucoup plus loin.
Senator Dyck: On that note, I wonder whether the healing
lodges would be able to do that kind of programming. They are
specific. The healing lodges I am aware of are specific for the
Prairies, specific for the Prairie culture, the Cree culture and the
other cultures on the Prairies. In a sense, we do have some, but
they would not fit for up North because the culture on the Prairies
is different than it is up North.
La sénatrice Dyck : À ce chapitre, je me demande si les
pavillons de ressourcement seront en mesure d’offrir ce type de
programmes. Leur portée est dirigée. Les pavillons de
ressourcement que je connais sont programmés en fonction des
Prairies, de la culture crie et d’autres cultures des Prairies. Alors,
oui, nous en avons, mais ces programmes ne conviendraient pas
aux peuples du Nord, car la culture des Prairies n’est pas la même
que celle du Nord.
The Chair: We have these constructed buildings that
incarcerate people, and typically they are based on a whole
number of things, but almost never demographics. I should not
say that, rather, almost never based on demographics from a
cultural or historical perspective. It is about gender or geographic.
I was trying to find one that would fit, as we have these
discussions as to whether we could convince others that it is
important.
Le président : On construit des établissements où l’on incarcère
des gens et, d’habitude, la décision est fondée sur une foule de
facteurs, mais presque jamais sur des données démographiques. Je
devrais dire plutôt qu’elle n’est presque jamais fondée sur des
données démographiques du point de vue culturel ou historique.
On tient compte seulement de la perspective sexospécifique ou de
l’emplacement géographique. Je cherchais à trouver un exemple
qui illustrerait ce point, parce que nous voulons déterminer, à la
lumière de ces discussions, s’il y a lieu de convaincre d’autres de
l’importance de cet aspect.
Ms. Cook: The one in Canada, of course, that gets a lot of
international attention is the one in Saskatchewan. Dale came to
speak; he is the horse whisperer. He works in one of the healing
lodges helping incarcerated women in a therapeutic way through
developing relationships with animals, empathy and compassion,
and he works with horses. It is a traditional Aboriginal program.
We know people who have come from around the world to look
at that program, and we included that as we an example of
something positive in our report.
Mme Cook : Il y a un centre en Saskatchewan qui attire
beaucoup d’attention internationale. Un de ses employés, Dale,
est déjà venu témoigner devant vous; il est l’homme qui murmure
à l’oreille des chevaux. Il travaille dans un de ces pavillons de
ressourcement qui offrent aux femmes incarcérées une aide
thérapeutique axée sur l’empathie et la compassion grâce aux
liens développés avec les animaux. La spécialité de Dale est la
thérapie par les chevaux. Il s’agit d’un programme autochtone
traditionnel. Il y a des gens qui viennent d’un peu partout dans le
monde pour examiner le programme. D’ailleurs, nous en parlons
dans notre rapport; il s’agit d’un exemple de mesure positive.
Senator Munson: Thank you for being here tonight. It is a good
conversation, but that is what it is — a conversation. I would like
to follow up a bit on Senator Patterson’s question.
Le sénateur Munson : Merci d’être des nôtres ce soir. Il s’agit
d’une conversation intéressante, mais voici le hic : ce n’est rien de
plus qu’une conversation. J’aimerais revenir un peu sur la
question soulevée par le sénateur Patterson.
When you have a good night’s sleep, the glass is half full; when
it is getting late at night, the glass is half empty.
Lorsqu’on dort bien la nuit, on voit le verre à moitié plein; par
contre, lorsqu’on passe une nuit sans sommeil, on voit le verre à
moitié vide.
I took a look at your report, and it is March 2012. I am just
thinking that in the year since your report was released and these
recommendations are here, what has changed for Aboriginal
women?
J’ai jeté un coup d’œil à votre rapport, publié en mars 2012. La
question que je me pose est la suivante : au cours de l’année qui
s’est écoulée depuis la publication de votre rapport et des
recommandations qui s’y trouvent, qu’est-ce qui a changé pour
les femmes autochtones?
Ms. Cook: We are concerned; that is for sure. On the justice
front, we are concerned that we are losing ground. We were very
concerned with Bill C-10 and the impact that will have on
increasing over incarceration. We have not seen the numbers
drop, so they are either staying the same or might be increasing.
Mme Cook : La situation nous inquiète; il n’y a aucun doute
là-dessus. Dans le domaine de la justice, nous craignons de perdre
du terrain. Le projet de loi C-10 a suscité beaucoup de
préoccupations, à cause de son impact sur l’augmentation du
nombre d’incarcérations. À voir les chiffres, il n’y a eu aucune
diminution; la situation n’a pas changé et elle risque d’empirer.
35:32
Aboriginal Peoples
23-4-2013
Given the fact that we have so many young people, an
increasingly large number of young people and more remand
centres being built, we are worried that the situation in terms of
justice is deteriorating. It does put people in dangerous situations,
and we must remember that they will come out of jail. We cannot
just put people away for X amount of time in overcrowded,
dangerous conditions and expect them to come out as wonderful
citizens, and we will all pay the price on their release. We need to
think of the alternatives.
Le nombre des jeunes Autochtones ne cesse de croître, tout
comme le nombre de centres de détention provisoire qui sont
construits. Devant ce fait, nous craignons que le système judiciaire
se détériore. Les gens se retrouvent dans des situations
dangereuses, et il ne faut pas oublier que, tôt ou tard, ces
détenus seront relâchés. Lorsqu’on incarcère des gens pendant
une période donnée dans des prisons pleines à craquer, où
sévissent des conditions dangereuses, on ne peut pas s’attendre à
ce qu’ils deviennent des citoyens irréprochables à leur sortie. Nous
en paierons tous le prix, une fois qu’ils seront libérés. Il faut donc
penser à des solutions de rechange.
I wish I could say that, in the year since this report, we have
had all these wonderful new initiatives. In fact, we are concerned;
the response to the Howard Sapers report was very worrying. It
was almost a non-response.
J’aimerais bien pouvoir dire qu’au cours de l’année qui s’est
écoulée depuis la publication de ce rapport, il y a eu toutes sortes
de nouvelles initiatives formidables. La réalité, c’est que nous
sommes inquiets; la réponse au rapport de Howard Sapers n’avait
rien de rassurant. À la limite, c’était une pseudo-réponse.
We should be concerned in Canada that in the past ten years
there has been a doubling in the rate of Aboriginal people
incarcerated. We should be extremely concerned about the high
rates of young Aboriginal people incarcerated. We cannot afford
a non-response, and, particularly, if we are serious about
reconciliation, we need to address the reconciliation within a
justice framework, and that involves some kind of restitution and
recognition of the Aboriginal protocols.
Les Canadiens devraient être préoccupés de voir qu’au cours
des 10 dernières années, le taux d’incarcération chez les
Autochtones a doublé. Nous devrions être alarmés par le
nombre élevé de jeunes Autochtones dans les prisons. Nous ne
pouvons pas nous permettre une pseudoréponse. D’ailleurs, si
nous tenons à la réconciliation, nous devons aborder la question
dans un cadre de justice, ce qui nécessite une sorte de restitution et
de reconnaissance des programmes autochtones.
Senator Munson: ‘‘We cannot afford a non-response.’’ What
does that mean?
Le sénateur Munson : « Nous ne pouvons pas nous permettre
une pseudoréponse. » Qu’entendez-vous par là?
Ms. Cook: We cannot afford not to be shocked. It worries me
when we hear these numbers and these disparities, and if it does
not rustle feathers, as a country, we have to ask and assume that
we can do better. We should be disturbed enough to want to make
a change. To assume that Aboriginal people have high
incarceration rates, or say that ‘‘Aboriginal people, those
numbers are going again’’ — we cannot do that. I would say
that there is racism and a stigma behind that, which fails to see the
gravity, which stigmatizes Aboriginal people as that is just
because they are Aboriginal that there is high incarceration. We
have to be shocked by it, and say we can do better as a country.
Mme Cook : Nous ne pouvons pas nous permettre de rester
indifférents. Je trouve inquiétant quand je vois que les gens ne
sont pas troublés d’entendre ces chiffres et ces disparités; on
devrait plutôt se demander comment le Canada pourrait mieux
s’y prendre, parce qu’on sait qu’on peut faire mieux. La situation
devrait nous troubler au point de vouloir apporter des
changements. On ne peut pas présupposer que les taux
d’incarcération sont forcément élevés chez les Autochtones ou
que les statistiques concernant les Autochtones sont toujours à la
hausse. À mon avis, ces idées préconçues alimentent le racisme et
les préjugés : on suppose que le taux d’incarcération est élevé, du
simple fait que ces gens sont des Autochtones. Nous devons en
être choqués et nous dire que notre pays est capable de faire
mieux.
Senator Munson: Where does Idle No More fit in this
conversation?
Le sénateur Munson : Où se situe le mouvement Idle No More
dans le cadre de notre discussion?
Ms. Cook: I have not heard any of the Idle No More claims
associated with this particular issue of justice. It may be just
because I have not heard that. Maybe they are out there and I
have not read the right paper at the right time and missed it.
Mme Cook : Je n’ai entendu aucune revendication de la part
du mouvement Idle No More en lien avec cette question de justice
particulière. Il se peut tout simplement que je n’en aie pas eu vent.
Peut-être que les membres du mouvement se sont déjà prononcés
là-dessus, mais que je n’ai pas lu le bon article de journal au bon
moment et que cela m’a échappé.
However, I guess in the big picture, Idle No More arose
because people were feeling frustrated that the dialogue was
broken, that too many bills and policies were being passed
without Aboriginal people’s free, prior and informed consent or
Toutefois, je suppose que dans l’ensemble, le mouvement Idle
No More a vu le jour parce que les gens se sentaient frustrés du
fait que le dialogue était rompu : un trop grand nombre de projets
de loi et de politiques étaient adoptés sans qu’on obtienne
23-4-2013
Peuples autochtones
35:33
input, not being at the table as equal players. Again,
reconciliation is about co-presence; it is about restoring an
equal relationship.
préalablement le consentement libre et éclairé des Autochtones et
sans qu’on les invite à prendre part aux discussions en tant que
partenaires égaux. Je le répète : la réconciliation n’a rien à voir
avec la coprésence; il s’agit de rétablir une relation d’égalité.
When laws and policies are passed, regardless if they are justice
or any in any other area, without consultation, again the
paternalism comes in. There is a sense that Aboriginals are
wards of the state; they are not equal partners; we do not have to
consult. I think that is what made people angry and say, ‘‘No, you
have to listen to us. We have to be at the table. If you are going to
talk about changing the Indian Act or the waters act, we have to
be at the table as equal partners.’’
Lorsqu’on adopte des lois et des politiques, que ce soit dans le
domaine juridique ou autre, sans mener de consultations, on fait
preuve de paternalisme. On croit que les Autochtones sont les
pupilles de l’État; ils ne sont pas des partenaires à part entière;
alors, nul besoin de les consulter. C’est, selon moi, ce qui a mis en
colère les gens et ce qui les a poussés à dire : « Non, vous devez
nous écouter. Nous devons prendre part aux discussions. Si vous
envisagez de changer la Loi sur les Indiens ou la Loi sur les eaux
navigables, nous devons être de la partie et ce, en tant que
partenaires égaux. »
I would say the same thing about justice. Aboriginal people
have to be at the table and included in these conversations. We
were not consulted on Bill C-10. I do not know of any Aboriginal
organizations, AFN or any others, that were consulted about
Bill C-10, and it affects Aboriginal people so profoundly. You
just look at the numbers. We know Aboriginal people are affected
profoundly, so we have to be consulted and be at the table.
Le même constat vaut pour le domaine de la justice. Les
Autochtones doivent prendre part aux discussions, et il faut les
inclure dans ces conversations. Personne ne nous a consultés au
sujet du projet de loi C-10. J’ignore si on a demandé l’avis des
organisations autochtones, comme l’Assemblée des Premières
Nations ou d’autres entités, relativement à cette mesure législative
qui est lourde de conséquences pour les Autochtones. On n’a qu’à
examiner les chiffres. On sait bien que les Autochtones subissent
de profondes répercussions. Il faut donc nous consulter et nous
permettre de prendre part aux négociations.
Senator Munson: Tonight we are listening. We are having the
conversation, as I said before, and it is good to listen to the
conversation and be part of hearing the recommendations, but
has anyone enacted any of your recommendations that we see in
this report?
Le sénateur Munson : Ce soir, nous vous écoutons. Nous avons
une conversation, comme je l’ai dit tout à l’heure. C’est bien beau
d’être à l’écoute, d’établir un dialogue et de prendre connaissance
des mesures recommandées, mais au bout du compte, a-t-on
donné suite à certaines des recommandations que vous avez
formulées dans votre rapport?
Ms. Cook: No, not that I am aware of.
Mme Cook : Non, pas à ma connaissance.
Senator Munson: Thank you.
Le sénateur Munson : Merci.
Senator Raine: There are a couple of things that bother me.
One is when you hear people in the business community talking
about the Aboriginal birth rate being high, and that is our labour
force for the future, and is it not wonderful. Then you speak to
other people who are on the ground in the communities who say,
yes, but the rate of FAS babies being born is as high now as
probably other years. We all know that fetal alcohol syndrome is
very likely to wind up in trouble with the law. Then we know that
help in the early years, especially help with a young person or not
so young, if that person gets pregnant and continues to drink,
then it is just so sad.
La sénatrice Raine : Il y a deux ou trois choses qui me
dérangent. D’abord, il y a la réaction négative des gens d’affaires
face au taux de natalité élevé parmi les Autochtones, parce que
cela signifie que les Autochtones représenteront une bonne part de
notre main-d’œuvre à l’avenir. Ensuite, il y a les gens sur le
terrain, dans les collectivités, qui font valoir l’argument que le
nombre de bébés qui naissent avec le syndrome d’alcoolisation
fœtale est probablement aussi élevé qu’avant. Nous savons tous
que ceux qui souffrent du syndrome d’alcoolisation fœtale ont
plus de chances d’avoir des démêlées avec la justice. Par ailleurs,
nous savons que des services d’aide sont offerts durant les
premières années, surtout aux jeunes ou aux moins jeunes, mais si
une femme tombe enceinte et qu’elle continue de consommer de
l’alcool, alors c’est vraiment triste.
Are there support programs? These can be identified by public
health and health agencies early on, and interventions can be
done. With the children who are born, if you start school in grade
Y a-t-il des programmes d’appui? Les organismes de santé
publique peuvent déceler très rapidement de tels cas et imposer
des interventions. Lorsqu’un enfant commence l’école primaire et
35:34
Aboriginal Peoples
23-4-2013
1 and you are already behind, you never catch up. With respect to
early childhood education programs, head-start programs, do you
see any increase in programming for those kinds of situations?
qu’il est déjà en retard, il ne pourra jamais rattraper le retard. En
ce qui concerne les programmes d’éducation préscolaire, les
programmes Bon départ, entrevoyez-vous une augmentation du
nombre des initiatives destinées à remédier à ce genre de
situations?
Ms. Cook: There is one community in Alert Bay, and I really
liked the approach because it was very holistic way of working.
We had one of their members on our steering committee for a
while. They had this sort of cradle-to-grave approach, so they had
very early childhood intervention programs. They had preschool
programs, they had the head start and they worked with young
families and single parents. They worked with the teenagers at
risk. They had Wednesday night suppers with elders and seniors
in the community. They had a very global perspective. They also
had restorative justice programs, and it takes all of that.
Mme Cook : Il y a une collectivité à Alert Bay, où l’on utilise
une approche que je trouve vraiment intéressante parce qu’elle
s’appuie sur une vision très holistique. Un des membres de cette
collectivité a d’ailleurs siégé à notre comité de direction pendant
quelque temps. On emploie une sorte d’approche qui va du
berceau au tombeau; il y a donc des programmes d’intervention
auprès d’enfants en très bas âge, des programmes d’éducation
préscolaire et des programmes Bon départ. On travaille avec de
jeunes familles, des parents célibataires et des adolescents à risque.
Tous les mercredis soirs, on organise un souper avec les aînés et
les personnes âgées de la collectivité. Il s’agit d’une perspective
très globale. On offre également des programmes de justice
réparatrice. Bref, il faut tout cela.
With some of the emergency response programs, social services
gets involved in this kind of situation, and we are worried that if
they remove a child because of fear of a mother drinking, but
without helping the whole family and the mother, then we are
setting up a condition again of Sixties Scoop, and we know that
that has not worked, either.
Dans le cadre de certains programmes, les services sociaux
interviennent en cas d’urgence. S’ils enlèvent un enfant de peur
qu’une mère consomme de l’alcool, sans toutefois aider la famille
au complet ou la mère, nous craignons de nous retrouver dans une
situation semblable à celle de la rafle des années 1960, et nous
savons bien que cela n’a pas donné de bons résultats.
We need a holistic approach. If there is fetal alcohol, there is a
family a risk there and we need to help the whole family.
Nous avons besoin d’une approche holistique. Le syndrome
d’alcoolisation fœtale touche l’ensemble de la famille. Voilà
pourquoi nous devons aider la famille en entier.
Senator Raine: Has that program at Alert Bay been successful?
La sénatrice Raine : Le programme à Alert Bay a-t-il porté
fruit?
Ms. Cook: They have managed to bring a lot more of their
children back into the community, and the same with the Soto.
They had many children taken away.
Mme Cook : Les gens là-bas ont réussi à faire revenir beaucoup
plus d’enfants dans leur collectivité, et il en va de même avec la
Première nation de Saulteaux. Beaucoup d’enfants avaient été
retirés de leur famille.
They were able, through restoring many programs within their
own community and strengthening people within their
community, to work in a multi-dimensional and multi-faceted
way. They were able to develop relationships with justices as well.
They invited judges to their big house and said, ‘‘We want the
person back in our community. We will work with them.’’ After
developing those relationships, in many cases, judges agreed.
En rétablissant de nombreux programmes à l’échelle locale et
en renforçant le soutien aux membres de leur collectivité, ces gens
ont pu accomplir un travail à multiples facettes. Ils ont également
pu tisser des liens avec les juges. Ils les ont invités chez eux et leur
ont dit : « Nous voulons ramener telle ou telle personne dans
notre collectivité. Nous prendrons soin d’elle. » Grâce à ces liens,
dans bien des cas, les juges ont acquiescé à leur demande.
There are so many different lenses and angles.
Il faut travailler sous bien des angles différents.
Senator Raine: Are you in a position at NWAC where you can
pass along their model and promote that in other communities?
La sénatrice Raine : Votre association est-elle en mesure de
transposer leur modèle dans d’autres collectivités et d’en faire la
promotion ailleurs?
Ms. Cook: I do not think they even call it a ‘‘model’’ yet. It is
not like the hollow water model. It has not become a model per se.
Mme Cook : Je crois qu’on ne parle même pas de « modèle » à
ce stade-ci. Ce n’est pas comme le modèle de Hollow Water. On
n’en est pas encore là.
Their approach is very global. The one challenge, though, is
that funding is April to April in some cases for programs, and it
relies to some degree on volunteers and people who overextend
themselves and get exhausted, too. Some of the people whom we
Il s’agit d’une approche très globale. La seule difficulté, par
contre, c’est que la durée du financement s’étend sur 12 mois,
d’avril à avril, dans le cas de certains programmes; on compte
donc, dans une certaine mesure, sur des bénévoles et des gens qui
23-4-2013
Peuples autochtones
work with and have partnered with across the country are the
most incredible people who do the hardest work in challenging
circumstances, but we need to support them better.
Senator Raine: Yes, pay now or pay later.
35:35
travaillent sans relâche, au point de s’épuiser. Certaines des
personnes avec lesquelles nous travaillons et avec qui nous avons
établi des partenariats partout au pays sont parmi les gens les plus
remarquables que nous ayons connus, parce qu’ils font un travail
des plus difficiles dans des conditions éprouvantes. Nous devons
donc mieux les appuyer.
La sénatrice Raine : Oui, il faut payer maintenant ou payer plus
tard.
The Chair: With the pay now or pay later model, I want to
thank you both very much for being here this evening. We could
have been here for hours more.
Le président : On va terminer là-dessus. Je tiens à vous
remercier, toutes les deux, d’avoir été des nôtres ce soir. Nous
aurions pu continuer pendant des heures.
I would ask steering to stick around for five minutes more after
we conclude.
Je demanderais aux membres du comité de direction de bien
vouloir rester ici pour cinq minutes encore, après la levée de la
séance.
Thank you very much.
Merci beaucoup.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Wednesday, April 17, 2013
Le mercredi 17 avril 2013
Native Women’s Association of Canada:
Association des femmes autochtones du Canada :
Erin Corston, Director, Health and Environment;
Erin Corston, directrice, Santé et environnement;
Fiona Cook, Research and Policy Officer.
Fiona Cook, agente, Recherche et politiques.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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Thank you for your participation!

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