First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12-13

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12-13
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12-13
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012-2013
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
ABORIGINAL PEOPLES
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable VERNON WHITE
Président :
L’ honorable VERNON WHITE
Tuesday, March 19, 2013
Wednesday, March 20, 2013
Le mardi 19 mars 2013
Le mercredi 20 mars 2013
Issue No. 34
Fascicule no 34
Thirty-fifth meeting on:
Trente-cinquième réunion concernant :
The federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations,
Inuit and Metis peoples and other matters generally
relating to the Aboriginal Peoples of Canada
Les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l’égard
des Premières nations, des Inuits et des Métis et
d’autres questions générales relatives aux
peuples autochtones du Canada
Twenty-fourth meeting on:
Vingt-quatrième réunion concernant :
Legal and political recognition of Métis identity in Canada
La reconnaissance juridique et politique de
l’identité des Métis au Canada
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
50024-50030
STANDING SENATE COMMITTEE ON
ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Vernon White, Chair
Président : L’honorable Vernon White
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Beyak
* Cowan
(or Tardif)
Demers
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Lovelace Nicholas
Meredith
Munson
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Watt
Beyak
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Lovelace Nicholas
Meredith
Munson
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Watt
*Ex officio members
(Quorum 4)
* Membres d’office
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Meredith replaced the Honourable
Senator Ataullahjan (March 20, 2013).
L’honorable sénateur Meredith a remplacé l’honorable
sénatrice Ataullahjan (le 20 mars 2013).
The Honourable Senator Demers replaced the Honourable
Senator Meredith (March 20, 2013).
L’honorable sénateur Demers a remplacé l’honorable
sénateur Meredith (le 20 mars 2013).
The Honourable Senator Meredith replaced the Honourable
Senator Demers (March 19, 2013).
L’honorable sénateur Meredith a remplacé l’honorable
sénateur Demers (le 19 mars 2013).
The Honourable Senator Sibbeston replaced the Honourable
Senator Hubley (March 18, 2013).
L’honorable sénateur Sibbeston a remplacé l’honorable
sénatrice Hubley (le 18 mars 2013).
The Honourable Senator Munson replaced the Honourable
Senator Campbell (March 18, 2013).
L’honorable sénateur Munson a remplacé l’honorable
sénateur Campbell (le 18 mars 2013).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
20-3-2013
Peuples autochtones
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Tuesday, March 19, 2013
(73)
OTTAWA, le mardi 19 mars 2013
(73)
[English]
34:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 9:30 a.m., in room 160-S, Centre Block, the chair,
the Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 30, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon White
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Beyak, Dyck, Meredith, Munson, Patterson, Raine,
Seth, Sibbeston and White (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Beyak, Dyck, Meredith, Munson, Patterson,
Raine, Seth, Sibbeston et White (10).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 16, 2011, the committee continued its
consideration of the federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations, Inuit and
Metis peoples and other matters generally relating to the
Aboriginal Peoples of Canada. (For complete text of the order
of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat,
le jeudi 16 juin 2011, le comité poursuit son étude des
responsabilités constitutionnelles, conventionnelles, politiques et
juridiques du gouvernement fédéral à l’égard des Premières
nations, des Inuits et des Métis et d’autres questions générales
relatives aux peuples autochtones du Canada. (Le texte intégral de
l’ordre de renvoi figure au fascicule no 2 des délibérations du
comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Aboriginal Affairs and Northern Development Canada:
Affaires autochtones et Développement du Nord Canada :
Natalie Neville, Director, Quebec-Atlantic Team,
Implementation Branch, Treaties and Aboriginal
Government;
Natalie Neville, directrice, Équipe de Québec-Atlantique,
Direction générale de la mise en œuvre, Traités et
gouvernement autochtones;
Kimberly Thompson, Director, Nunavut-Northwest
Territories Team, Implementation Branch, Treaties and
Aboriginal Government;
Kimberly Thompson, directrice, Équipe du NunavutTerritoires du Nord-Ouest, Direction générale de la mise
en œuvre, Traités et gouvernement autochtone;
Janice Traynor, Senior Environmental Policy Analyst.
Janice Traynor, analyste principale des politiques
environnementales.
Ms. Thompson made a statement and, together with
Ms. Neville, answered questions.
At 10:23 a.m., the committee suspended.
Mme Thompson fait un exposé puis, avec Mme Neville,
répond aux questions.
À 10 h 23, la séance est suspendue.
At 10:30 a.m., the committee resumed in camera and, pursuant
to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft agenda
(future business).
À 10 h 30, conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement,
le comité reprend ses travaux à huis clos et examine un projet
d’ordre du jour (travaux futurs).
It was agreed that senators’ staff be permitted to remain in the
room during the in camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel des sénateurs à demeurer
dans la pièce durant la partie de la réunion tenue à huis clos.
At 10:40 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 10 h 40, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
34:4
Aboriginal Peoples
20-3-2013
OTTAWA, le mercredi 20 mars 2013
(74)
OTTAWA, Wednesday, March 20, 2013
(74)
[Traduction]
[English]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 6:45 p.m., in room 160-S, Centre Block, the chair,
the Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 18 h 45, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon White
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Demers, Dyck, Meredith, Raine, Seth, Sibbeston and
White (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Demers, Dyck, Meredith, Raine, Seth, Sibbeston et White (8).
Other senators present: The Honourable Senators Moore and
Tkachuk (2).
Autres sénateurs présents : Les honorables sénateurs Moore et
Tkachuk (2).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada.
(For complete text of the order of reference, see proceedings of
the committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son étude sur
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
As individuals:
À titre personnel :
The Honourable Gerry St. Germain, P.C., former senator;
L’honorable Gerry St. Germain, C.P., ancien sénateur;
Jean Barman, Professor Emeritus.
Jean Barman, professeure émérite.
The Honourable Gerry St. Germain, P.C., and Ms. Barman
each made a statement and answered questions.
At 7:59 p.m., the committee suspended.
L’honorable Gerry St. Germain, C.P., et Mme Barman font
chacun un exposé, puis répondent aux questions.
À 19 h 59, la séance est suspendue.
At 8:18 p.m., the committee resumed in camera, and, pursuant
to rule 12-16(1)(d), considered a draft report.
À 20 h 18, conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement,
le comité reprend ses travaux à huis clos et examine l’ébauche
d’un rapport.
It was agreed that senators’ staff be permitted to remain in the
room during the in camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel à demeurer dans la pièce
durant la partie de la réunion tenue à huis clos.
It was agreed that the Honourable Gerry St. Germain, P.C., be
permitted to remain during the in camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser l’honorable Gerry St. Germain, C.P.,
à demeurer dans la pièce durant la partie de la réunion tenue à
huis clos.
At 9 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the call
of the chair.
À 21 heures, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
20-3-2013
Peuples autochtones
34:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Tuesday, March 19, 2013
OTTAWA, le mardi 19 mars 2013
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9:30 a.m. to examine and report on the federal
government’s constitutional, treaty, political and legal
responsibilities to First Nations, Inuit and Metis peoples, and
on other matters generally relating to the Aboriginal Peoples of
Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui, à 9 h 30, pour examiner, en vue d’en faire
rapport, les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l’égard des
Premières nations, des Inuits et des Métis et d’autres questions
générales relatives aux peuples autochtones du Canada.
Senator Vernon White (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Vernon White (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good morning. I would like to welcome all
honourable senators and members of the public who are
watching this meeting of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples on CPAC or on the Web. My name is Senator
Vern White. I am from Ontario and I am chair of the committee.
Le président : Bonjour. Je souhaite la bienvenue à tous les
honorables sénateurs et aux membres du public qui écoutent la
réunion du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
sur CPAC ou sur la toile. Je suis le sénateur Vern White. Je viens
de l’Ontario et je préside le comité.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada in general.
From time to time, we consider topics for new studies. We hold
briefings in order to get an overview of a particular subject, and
that is what we will do today.
Le comité a le mandat d’examiner les mesures législatives et les
questions relatives aux peuples autochtones en général. Il arrive
parfois que nous examinions des sujets pour de nouvelles études.
Nous tenons des séances pour avoir une vue d’ensemble d’un sujet
précis, et c’est ce que nous ferons aujourd’hui.
This morning we have invited representatives from Aboriginal
Affairs and Northern Development Canada to speak to us about
co-management boards in the Inuit settlement areas specifically.
Before hearing from our witnesses, I would like to ask the
members of the committee to introduce themselves, starting with
the deputy chair.
Pour la séance d’aujourd’hui, nous avons invité des
représentants d’Affaires autochtones et Développement du
Nord Canada à venir nous parler des conseils de cogestion des
régions inuites. Avant de céder la parole à nos témoins, j’aimerais
demander aux membres du comité de se présenter, à commencer
par la vice-présidente.
Senator Dyck: Good morning. I am Senator Lillian Dyck
from Saskatchewan.
La sénatrice Dyck : Bonjour. Je suis la sénatrice Dyck,
de la Saskatchewan.
Senator Beyak: I am Senator Beyak from Dryden, Ontario.
La sénatrice Beyak : Je suis la sénatrice Beyak, de Dryden,
en Ontario.
Senator Raine: I am Senator Nancy Greene Raine from B.C.
La sénatrice Raine : Je suis la sénatrice Nancy Greene Raine,
de la Colombie-Britannique.
The Chair: I am sure we will have more join us as they work
their way through the snowy roads.
Le président : Je suis sûr que d’autres sénateurs arriveront plus
tard après avoir parcouru les routes enneigées.
Colleagues, please help me in welcoming our witnesses from
Aboriginal Affairs and Northern Development Canada. We have
Natalie Neville, Director, Quebec-Atlantic Team,
Implementation Branch, Treaties and Aboriginal Government;
Kimberly Thompson, Director, Nunavut-Northwest Territories
Team, Implementation Branch, Treaties and Aboriginal
Government; and Janice Traynor, Senior Environmental Policy
Analyst.
Chers collègues, souhaitons donc la bienvenue à nos témoins
d’Affaires autochtones et Développement du Nord Canada. Nous
accueillons Mme Natalie Neville, directrice de l’équipe de
Québec-Atlantique, à la Direction générale de la mise en œuvre
de Traités et gouvernement autochtone; Mme Kimberly
Thompson, directrice de l’équipe du Nunavut-Territoires du
Nord-Ouest, à la Direction générale de la mise en œuvre de
Traités et gouvernement autochtone; et Mme Janice Traynor,
analyste principale des politiques environnementales.
We look forward to your presentations, which I am sure will be
followed by questions from the senators. Please proceed in the
order you have decided.
Nous avons hâte de vous écouter, et je suis certain que les
sénateurs auront des questions à vous poser par la suite. Veuillez
s’il vous plaît commencer, dans l’ordre que vous avez déterminé.
34:6
Aboriginal Peoples
20-3-2013
Kimberly Thompson, Director, Nunavut-Northwest Territories
Team, Implementation Branch, Treaties and Aboriginal
Government, Aboriginal Affairs and Northern Development
Canada: Hello. I am Director of Treaty Management West,
which means I am responsible for B.C., Yukon and the N.W.T.
With me is my colleague Natalie Neville.
Kimberly Thompson, directrice, équipe du Nunavut-Territoires
du Nord-Ouest, Direction générale de la mise en œuvre, Traités et
gouvernement autochtone, Affaires autochtones et Développement
du Nord Canada : Bonjour. Je suis directrice de la gestion des
traités dans l’Ouest, ce qui veut dire que je suis responsable de la
Colombie-Britannique, du Yukon et des Territoires du
Nord-Ouest. Je suis accompagnée de Natalie Neville.
First, I would like to thank the committee for the opportunity
to speak about land and resource co-management in the Inuit
regions. This is my first appearance as a witness anywhere,
so I may get a little nervous, but hopefully we will manage.
J’aimerais tout d’abord remercier le comité pour cette occasion
qui nous est donnée de discuter de la cogestion des terres et des
ressources dans les régions inuites. Il s’agit de ma première
comparution à vie, et il se peut que je sois un peu nerveuse,
mais j’espère que nous y arriverons.
[Translation]
[Français]
We have made significant progress in concluding land claim
agreements throughout Canada, and we continually work with
the provincial and territorial governments, aboriginal
governments, and aboriginal organizations to implement the
various agreements currently signed.
Nous avons fait d’importants progrès en vue de conclure des
accords sur le règlement des revendications territoriales partout
au Canada et nous travaillons en permanence avec les
gouvernements provinciaux et territoriaux, les gouvernements
autochtones et les organisations autochtones à mettre en œuvre
les divers accords qui ont été conclus.
An important part of the implementation of land claim
agreements is working with Canada’s treaty partners to jointly
establish institutions of public government or co-management
boards that are mandated by the agreements and related
legislation. In turn, Canada works with these public
organizations to support the mandated work.
Un élément important de la mise en œuvre des accords sur le
règlement des revendications territoriales consiste, pour le
Canada, à travailler avec ses partenaires des traités pour créer
des institutions gouvernementales ou des conseils de cogestion
dont les mandats sont établis dans les accords et les lois afférentes.
En retour, le Canada travaille avec ces organisations publiques
pour appuyer les travaux exigés en vertu des mandats.
[English]
Land claim agreements recognize the traditional, economic and
spiritual relationship between Aboriginal people and the land.
They provide measures through which the parties to the
agreements achieve certainty with respect to the ownership and
use of lands and resources. The agreements also define processes
to ensure Aboriginal peoples participate in decision-making
processes concerning the use, management and conservation of
land, water and resources throughout their traditional territories.
[Translation]
Land claim agreements and their supporting legislation
establish integrated co-management systems to manage public
and private lands and waters. Although our focus this morning is
on Canada’s four Inuit regions, co-management boards are
established in most modern treaties across the country. They are
mandated either through legislation or through the various land
claim agreements, and provide a unique regulatory framework
where aboriginal partners share in the decision-making process
for land and resource management. Co-management boards are
responsible for developing land use plans and reviewing
development proposals. Some of them also have the
[Traduction]
Les accords sur le règlement des revendications territoriales
reconnaissent la relation traditionnelle, économique et spirituelle
entre les Autochtones et les terres. Ils prévoient des mesures grâce
auxquelles les parties à ces accords obtiennent une certitude quant
à la propriété et à l’utilisation des terres et des autres ressources.
De plus, les accords déterminent les processus qui permettent aux
Autochtones de participer aux prises de décisions concernant
l’utilisation, la gestion et la conservation des terres, de l’eau et des
ressources partout sur leurs territoires traditionnels.
[Français]
Les accords sur le règlement des revendications territoriales et
les lois à l’appui établissent des systèmes intégrés de cogestion
permettant de gérer les terres et les eaux privées et publiques.
Malgré que ce matin nous nous concentrions sur les quatre
régions inuites du Canada, il faut savoir que des conseils de
cogestion sont établis dans la plupart des traités modernes partout
au pays. Ils tirent leur mandat de lois ou de divers accords sur le
règlement de revendications territoriales et constituent un cadre
réglementaire particulier gr âce auquel nos partenaires
autochtones participent aux processus décisionnels concernant
la gestion des terres et des ressources. Les conseils de cogestion
20-3-2013
Peuples autochtones
responsibility to issue certain land, water and wildlife
authorizations.
[English]
Combined, the co-management systems were designed to
promote responsible environmental, wildlife and water
management and address the need for clarity and certainty
around investment, while reflecting a strong Aboriginal voice in
the management of lands and resources in their respective
territories.
[Translation]
This morning, I would like to turn your attention to the comanagement boards of the four Inuit regions — Nunavut,
Nunatsiavut, Nunavik and the Inuvialuit Settlement Region. I
will give a brief overview of each of those boards. Although these
regions and agreements are unique — politically, culturally and
geographically — there are some common co-management
features I would like to share with you.
I will start with the Nunavut Land Claims Agreement.
[English]
34:7
sont chargés d’élaborer les plans d’aménagement du territoire et
d’examiner les projets de développement et, dans certains cas, ils
peuvent accorder certaines autorisations relatives aux terres, à
l’eau et à la faune.
[Traduction]
Les systèmes de cogestion ont été conçus dans le but de
favoriser la gestion responsable de l’environnement, de la faune et
des eaux, d’assurer une clarté et une certitude accrues pour les
investisseurs, et de permettre une forte participation des
Autochtones dans la gestion des terres et des ressources se
trouvant sur leurs territoires.
[Français]
Ce matin, je désire attirer votre attention sur le conseil de
cogestion des quatre régions inuites, à savoir le Nunavut, le
Nunatsiavut, le Nunavik et l’Inuvialuit. Je présenterai rapidement
chacun de ces conseils. Même si chaque région ou accord est
unique, tant sur les plans politique que culturel ou géographique,
je souhaite vous faire part de certaines des caractéristiques
communes de la cogestion.
Je commencerai par l’Accord sur les revendications territoriales
du Nunavut.
[Traduction]
The Nunavut Land Claims Agreement came into effect in 1993.
The land claims agreement represents the largest comprehensive
claim in Canada, covering about 2 million square kilometres of
land and water and including 26 Inuit communities.
L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut est
entré en vigueur en 1993. Cet accord est celui qui a la plus grande
envergure au Canada. Il couvre près de deux millions
de kilomètres carrés de terres et d’eau, et concerne
26 communautés inuites.
Four territorial boards received their mandate under the
NLCA; namely, the Nunavut Impact Review Board, the
Nunavut Wildlife Management Board, the Nunavut Water
Board, and the Nunavut Planning Commission. There is also
the Nunavut Surface Rights Tribunal, which has its genesis in
both the claim and the Nunavut Waters and Nunavut Surface
Rights Tribunal Act.
Quatre institutions gouvernementales ont reçu leur mandat en
vertu de l’accord. Il s’agit de la Commission du Nunavut chargée
de l’examen des répercussions, du Conseil de gestion des
ressources fauniques du Nunavut, de l’Office des eaux du
Nunavut et de la Commission d’aménagement du Nunavut.
Il existe également le Tribunal des droits de surface du Nunavut,
dont les pouvoirs sont établis en vertu de la Loi sur les eaux du
Nunavut et le Tribunal des droits de surface du Nunavut, qui
s’inscrit dans la revendication et la Loi sur les eaux du Nunavut et
le Tribunal des droits de surface du Nunavut.
[Translation]
The Nunavut Impact Review Board is responsible for the
environmental and socio-economic assessment of development
projects in the Nunavut Settlement Area. The Nunavut Impact
Review Board determines whether project authorizations have the
potential for significant environmental or socio-economic
impacts, and recommends to the Minister of Aboriginal Affairs
and Northern Development Canada whether a proposed project
should be able to proceed.
[Français]
La commission du Nunavut chargée de l’examen des
répercussions est responsable de l’évaluation environnementale
et socio-économique des projets de développement dans la région
visée par l’accord de ce règlement. La Commission du Nunavut
chargée de l’examen des répercussions détermine si l’autorisation
d’un projet pourrait avoir des répercussions environnementales
ou socio-économiques et elle formule des recommandations au
ministre des Affaires autochtones et Développement du Nord
Canada sur la question de savoir s’il faut ou non aller de l’avant
avec un projet.
34:8
Aboriginal Peoples
Past projects that have been reviewed and approved by the
Nunavut Impact Review Board include various resource
development projects, such as mining projects.
[English]
The Nunavut Impact Review Board consists of nine members,
including a chair who is appointed by the Minister of Aboriginal
Affairs and Northern Development Canada in consultation with
the Government of Nunavut. Nunavut Tunngavik Inc. nominates
four members. The Government of Nunavut and the Minister of
AANDC each independently nominate two. All nominations by
the parties are appointed by the Minister of AANDC.
[Translation]
20-3-2013
Parmi les projets qui ont été examinés et approuvés
antérieurement par la Commission du Nunavut chargée de
l’examen des répercussions, on compte divers projets
d’exploitation des ressources, notamment des projets miniers.
[Traduction]
La Commission du Nunavut chargée de l’examen des
répercussions compte neuf membres, dont un président nommé
par le ministre d’Affaires autochtones et Développement du Nord
Canada, après consultation avec le gouvernement du Nunavut.
Nunavut Tunngavik Inc. nomme quatre membres. Le
gouvernement du Nunavut et le ministre d’AADNC en
nomment chacun deux, de façon indépendante. Les personnes
proposées par les parties sont ensuite officiellement nommées par
le ministre.
[Français]
The Nunavut Wildlife Management Board is the main
instrument of wildlife management in the Nunavut Settlement
Area. The Nunavut Wildlife Management Board works to
conserve wildlife and wildlife habitat for the long-term benefit
of Nunavut residents, while fully respecting Inuit harvesting rights
and priorities.
Le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut est
le principal instrument de gestion des ressources fauniques dans la
région du Nunavut. Le Conseil de gestion des ressources
fauniques du Nunavut œuvre à la conservation de la faune et
des habitats fauniques au bénéfice à long terme des résidents du
Nunavut dans le respect total des droits de récolte et des priorités
des Inuits.
Like the Nunavut Impact Review Board, the Nunavut Wildlife
Management Board consists of nine members, including a chair
appointed by the board. There are three federal representatives
appointed through order in council and five members appointed
by the Government of Nunavut. Nunavut Tunngavik
Incorporated is one of the three regional Inuit associations.
Tout comme la Commission du Nunavut chargée de l’examen
des répercussions, le Conseil de gestion des ressources fauniques
du Nunavut compte neuf membres, incluant un président nommé
par le conseil, trois représentants fédéraux nommés par décret et
cinq membres nommés par le gouvernement du Nunavut. La
Nunavut Tunngavik Incoporated est une des trois associations
régionales inuites.
[English]
[Traduction]
The Nunavut Wildlife Management Board also consists of two
alternative members who are appointed by the Makivik
Corporation, as they have joint use of lands under the Nunavut
Land Claims Agreement.
Le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut
compte aussi deux remplaçants nommés par la Société Makivik,
puisqu’elle peut utiliser la terre conjointement aux termes de
l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut.
Except in national parks, the Nunavut Water Board regulates
the use and management of inland water in the Nunavut
settlement region. Its objectives are to provide for the
conservation and utilization of water in Nunavut. The Nunavut
Water Board is composed of nine members. Nunavut Tunngavik
Inc. nominates four members. Designated ministers of the
Government of Nunavut nominate two members. The Minister
of AANDC selects two members and appoints all the other
members to the board. The Chair of the Nunavut Water Board is
also appointed by AANDC’s minister, following consultation
with board members.
L’Office des eaux du Nunavut régit l’utilisation et la gestion
des eaux internes dans la région désignée du Nunavut, à
l’exception des parcs nationaux. L’office a pour mission
d’assurer la préservation et l’exploitation des eaux au Nunavut.
L’Office des eaux du Nunavut est formé de neuf membres. La
Nunavut Tunngavik Inc. nomme quatre membres, alors que les
ministres désignés du gouvernement du Nunavut en nomment
deux. Le ministre d’AADNC sélectionne deux membres et nomme
tous les autres membres qui siégeront à l’office. Le président est
également nommé par le ministre d’AADNC après consultation
auprès des membres.
The Nunavut Planning Commission is responsible for
establishing broad planning policies, objectives and goals for
the Nunavut Settlement Area in conjunction with the
Government of Nunavut.
La Commission d’aménagement du Nunavut, de concert avec
le gouvernement du Nunavut, est chargée d’établir des politiques
et des objectifs généraux en matière de planification pour la
région désignée du Nunavut.
20-3-2013
Peuples autochtones
[Translation]
The Nunavut Planning Commission has at least five members,
including a chair. The chair is nominated by board members and
appointed by the Minister of Aboriginal Affairs, following
consultation with the Government of Nunavut. Canada and the
Government of Nunavut each nominate at least two members.
The number of candidates nominated by Nunavut Tunngavik
Incorporated is equal to the total of nominations by the
Government of Nunavut and Canada.
[English]
34:9
[Français]
La Commission d’aménagement du Nunavut compte au moins
cinq membres, incluant un président. C’est le ministre des Affaires
autochtones, en consultation avec le gouvernement du Nunavut,
qui nomme le président à partir des candidats fournis par les
membres de la Commission. Le Canada et le gouvernement du
Nunavut nomment chacun au moins deux membres. Le nombre
de candidats proposés par la Nunavut Tunngavik Incorporated
est égal au nombre total de candidats proposés par le
gouvernement du Nunavut et le Canada.
[Traduction]
The Nunavut Surface Rights Tribunal is responsible for
settling disputes over access to lands, compensation payable to
surface title holders for land access, wildlife compensation claims,
and rights to carving stone or specified substances in the Nunavut
Settlement Area. The establishing acts provide for three to eleven
members including a chair appointed by the minister of aboriginal
affairs; and at least two of those members must be resident in
Nunavut. I will now move on to the Inuvialuit Settlement Region.
Le Tribunal des droits de surface du Nunavut est responsable
du règlement des litiges en matière d’accès aux terres, de
rémunération versée aux détenteurs de titre, d’indemnités
relatives aux ressources fauniques et de droits relatifs à la pierre
à sculpter et aux matières spécifiées dans la région désignée du
Nunavut. Les lois constitutives prévoient de trois à onze
membres, dont un président qui est nommé par le ministre des
Affaires autochtones; et au moins deux membres doivent résider
au Nunavut. Passons maintenant à la région désignée des
Inuvialuit.
The Western Arctic Claim — The Inuvialuit Final Agreement,
as it is more commonly known, was signed in 1984. The
agreement created the Inuvialuit Settlement Region in Canada’s
Western Arctic, spanning about 900,000 square kilometres.
La revendication de l’Arctique de l’Ouest : Convention
définitive des Inuvialuit, signée en 1984, a entraîné la création
de la région désignée des Inuvialuit dans l’Arctique de l’Ouest,
une zone qui s’étend sur environ 900 000 km2 au Canada.
[Translation]
The goals of the Inuvialuit Final Agreement are to preserve
Inuvialuit cultural identity and values, while enabling the
Inuvialuit to be equal and meaningful participants in the
northern and national society and economy. Co-management of
the Inuvialuit Settlement Region aims to protect and preserve
Arctic wildlife, while enhancing its environmental and biological
productivity. The Inuvialuit Final Agreement establishes four comanagement boards or authorities.
[English]
[Français]
La Convention définitive des Inuvialuit a pour but de
sauvegarder l’identité culturelle et les valeurs des Inuvialuits
tout en leur permettant d’être des participants à part entière de la
société ainsi qu’à l’économie du Nord et nationale. La cogestion
des terres de la région désignée des Inuvialuit vise à protéger et
préserver la faune Arctique tout en renforçant l’environnement et
la productivité biologique de l’Arctique. La convention définitive
des Inuvialuit établit quatre conseils au pouvoir de cogestion.
[Traduction]
The Wildlife Management Advisory Council (NWT) focuses
on the conservation of terrestrial wildlife species, polar bears and
birds. The Wildlife Management Advisory Council consists of
three members appointed by the Inuvialuit, two members
appointed by the Government of the Northwest Territories, one
member appointed by the Government of Canada, and a chair
appointed by the Government of the Northwest Territories with
the consent of the Inuvialuit and Canada.
Le Conseil consultatif de la gestion de la faune, T.N.-O.,
s’emploie à la conservation de la faune terrestre, des ours polaires
et des oiseaux. Il est formé de trois membres nommés par les
Inuvialuit, de deux membres nommés par le gouvernement des
Territoires du Nord-Ouest, d’un membre nommé par le
gouvernement du Canada et d’un président nommé par le
gouvernement des Territoires du Nord-Ouest avec l’accord des
Inuvialuit et du Canada.
There is also the Fisheries Joint Management Committee,
which assists Canada and the Inuvialuit in administering the
rights and obligations related to fisheries under the Inuvialuit
Final Agreement. The committee is comprised of two members
appointed by Canada and two members appointed by the
Inuvialuit. The chair is appointed by committee members prior
to being approved by the Minister of Aboriginal Affairs.
Il y a aussi le Comité mixte de gestion de la pêche, qui aide le
Canada et les Inuvialuit à faire appliquer les droits et les
obligations en matière de pêche aux termes de la Convention
définitive des Inuvialuit. Le comité est formé de deux membres
nommés par le Canada et de deux membres nommés par les
Inuvialuit. Le président est nommé par les membres du comité et
ensuite approuvé par le ministre d’AADNC.
34:10
Aboriginal Peoples
[Translation]
The Inuvialuit Final Agreement also establishes the
Environmental Impact Screening Committee. This committee
carries out environmental screening of all development proposals
in the Inuvialuit Settlement Region. The committee is made up of
seven permanent members. Canada and the Inuvialuit each
appoint three members. Of the three members appointed by
Canada, one is designated by the Government of the Northwest
Territories and another one by the Government of the Yukon.
[English]
The Inuvialuit Final Agreement also establishes the
Environmental Impact Review Board. The EIRB administers
the public review of development projects and makes
recommendations to the body responsible to authorize
development. The Environmental Impact Review Board has a
chair and six members. Three of the members are appointed by
the Inuvialuit Game Council, and the Governments of Canada,
Yukon and the Northwest Territories each nominates one
member. The Minister of Aboriginal Affairs then has the
authority to appoint the nomination. The chair is appointed by
the Minister of Aboriginal Affairs with the consent of the
Inuvialuit Game Council.
[Translation]
Within the Nunavik region, three co-management advisory
boards have been established through the Nunavik Inuit Land
Claims Agreement — the Nunavik Marine Region Wildlife
Board, the Nunavik Marine Region Impact Review Board and
the Nunavik Marine Region Planning Commission.
[English]
The Nunavik Marine Region Wildlife Board is the main
instrument of wildlife management in the Nunavik Marine
Region. The board is comprised of seven members, with three
members appointed by the Makivik Corporation, two members
appointed by Canada, one member appointed by the Government
of Nunavut, and a chairperson nominated by the board members
and approved by Canada, in that case, the Minister of Fisheries
and Oceans.
[Translation]
The agreement has also established the Nunavik Marine
Region Impact Review Board, whose mandate is to assess the
ecological and socio-economic impacts of proposed projects and
determine which project should proceed. The Nunavik Marine
Region Impact Review Board consists of four board members.
20-3-2013
[Français]
Le comité d’étude des répercussions environnementales
également établie en vertu de la Convention définitive des
Inuvialuit analyse toutes les propositions d’aménagement de la
région désignée par le règlement des Inuvialuit. Le comité
comporte sept membres permanents, dont trois sont nommés
par le Canada et trois par les Inuvialuits. Des trois membres
nommés par le Canada, un est choisi par le gouvernement des
Territoires du Nord-Ouest, un autre par le gouvernement du
Yukon.
[Traduction]
La Convention définitive des Inuvialuit a aussi entraîné la
création du Bureau d’examen des répercussions
environnementales. Le BERE gère l’examen public des projets
d’aménagement et présente des recommandations à l’organisme
chargé d’autoriser les projets d’aménagement. Le bureau est
composé d’un président et de six membres, dont trois sont
nommés par le Conseil Inuvialuit de gestion du gibier et les trois
autres par les gouvernements du Canada, du Yukon et des
Territoires du Nord-Ouest, qui en nomment chacun un, le
ministre des Affaires autochtones ayant le pouvoir de choisir le
membre désigné. Le président est aussi nommé par le ministre des
Affaires autochtones avec le consentement du Conseil Inuvialuit
de gestion du gibier.
[Français]
Dans la région du Nunavik, trois conseils consultatifs de
cogestion ont été mis sur pied dans le cadre de l’Accord sur les
revendications territoriales des Inuits du Nunavik, à savoir le
Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine du
Nunavik, la Commission de la région marine du Nunavik chargée
de l’examen des répercussions et la Commission d’aménagement
de la région marine du Nunavik.
[Traduction]
Le Conseil de gestion des ressources fauniques de la région
marine du Nunavik est le principal mécanisme de gestion des
ressources fauniques dans la région marine du Nunavik. Il est
composé de sept membres, dont trois nommés par la Société
Makivik, deux par le gouvernement du Canada, un par le
gouvernement du Nunavut, et un, le président, par les membres
du Conseil, avec l’approbation du Canada, c’est-à-dire le ministre
des Pêches et des Océans.
[Français]
La convention a également donné lieu à la création de la
Commission de la région marine du Nunavik chargée de l’examen
des répercussions dont le mandat consiste à évaluer les
répercussions écologiques et socioéconomiques des projets
proposés et à déterminer ceux qui devraient être mis de l’avant.
20-3-2013
Peuples autochtones
Two are appointed by the Makivik Corporation, one by the
Government of Canada and one by the Government of Nunavut.
[English]
34:11
La Commission de la région marine du Nunavik chargée de
l’examen des répercussions compte quatre membres : deux
nommés par la société Makivik, un par le gouvernement du
Canada et un par le gouvernement du Nunavut.
[Traduction]
The Nunavik Inuit Land Claims Agreementalso mandated the
Nunavik Marine Region Planning Commission, which develops
planning policies and priorities for the Nunavik Marine Region.
The primary purpose of the Nunavik Marine Region Planning
Commission is to protect and promote the existing and future
well-being of Nunavik communities and the residences within the
Nunavik Marine Region while taking into account the interests of
all Canadians.
De plus, dans le cadre de l’Accord sur les revendications
territoriales des Inuits du Nunavik, la Commission
d’aménagement de la région marine du Nunavik détermine les
priorités et les politiques en matière de planification pour ladite
région. L’objectif premier de la commission est de protéger et de
favoriser le bien-être actuel et futur des collectivités et des
résidents de la région marine du Nunavik tout en tenant compte
des intérêts de l’ensemble des Canadiens.
Within the Nunatsiavut region, the Labrador Inuit Land
Claims Agreement has mandated three co-management boards:
the Regional Planning Authority, the Torngat Wildlife Plants and
Co-management Board and the Torngat Joint Fisheries Board.
Dans la région du Nunatsiavut, l’Accord sur les revendications
territoriales des Inuits du Labrador a mandaté trois organismes
de cogestion : le Conseil régional d’aménagement, l’Office
Torngat de cogestion de la faune et de la flore et l’Office
Torngat mixte des pêches.
The Regional Planning Authority established a land-use plan
for the Labrador Inuit Settlement Area to add greater certainty
and clarity for all stakeholders and parties to the agreement. It
consisted of four members jointly appointed by the province and
the Nunatsiavut government.
Le Conseil régional d’aménagement a établi un plan
d’utilisation des terres pour la région désignée des Inuits au
Labrador pour offrir plus de certitude et de clarté à tous les
intervenants et à toutes les parties à l’entente. Il est composé de
quatre membres nommés conjointement par la province et le
gouvernement du Nunatsiavut.
[Translation]
[Français]
The Labrador Inuit Land Claim Agreement has also
established the Torngat Wildlife and Plants Co-Management
Board. The Torngat Wildlife and Plants Co-Management Board
is an advisory organization that participates in environmental
assessments and makes recommendations to the provincial
minister and the Nunatsiavut government on how to proceed
with proposed projects in the Labrador Inuit Settlement Area.
L’Accord sur les revendications territoriales des Inuits du
Labrador a également établi l’Office Torngat de cogestion de la
faune et de la flore. L’Office Torngat de cogestion de la faune et
de la flore est un organisme consultatif qui participe à des
évaluations environnementales et qui fait des recommandations
au ministre provincial et au gouvernement du Nunatsiavut quant
à la manière de procéder à la réalisation des projets proposés dans
la région désignée des Inuits au Labrador.
The Torngat Wildlife and Plants Co-Management is composed
of three members appointed by the Nunatsiavut government, two
members appointed by the provincial minister and one member
appointed by the federal minister.
L’Office Torngat de cogestion de la faune et de la flore se
compose de trois membres nommés par le gouvernement de
Nunatsiavut, de deux membres nommés par le ministre provincial
et d’un membre nommé par le ministre fédéral.
In addition, the Labrador Inuit Land Claim Agreement has
mandated the Torngat Joint Fisheries Board, which is also an
advisory organization that is responsible for making
recommendations to the federal minister on the stock level and
conservation of fish species in the Labrador Inuit Settlement
Area.
L’Accord sur les revendications territoriales des Inuits du
Labrador a aussi mandaté l’Office Torngat mixte des pêches, qui
est également un organisme consultatif ayant pour responsabilité
de formuler des recommandations au ministre fédéral en ce qui a
trait à la conservation et le niveau des stocks des espèces de
poisson dans la région désignée des Inuits au Labrador.
[English]
The Torngat Joint Fisheries Board is composed of three
members appointed by the Nunatsiavut government, two
members appointed by Canada and one member appointed by
the provincial government, which actually totals up to four, so I
apologize for that. I will have to clarify that.
[Traduction]
L’Office Torngat mixte des pêches se compose de trois
membres nommés par le gouvernement du Nunatsiavut, de
deux membres nommés par le gouvernement du Canada et d’un
membre nommé par le gouvernement provincial, pour un total de
quatre, en fait. Je m’excuse pour l’erreur qu’il y a dans le
document. Je devrai clarifier cela.
34:12
Aboriginal Peoples
20-3-2013
In our preparations for this we sadly omitted one of the boards
from the speech that you have in front of you. It is not in the
French translation, but we will ensure the committee has that.
Lorsque nous avons préparé notre exposé, nous avons
malheureusement oublié d’inclure l’un des conseils dans le
document que nous vous avons fourni. Ce n’est pas dans la
version française, mais nous ferons en sorte que le comité ait
l’information.
The Torngat Mountain National Park Co-management Board
is a seven-member cooperative management board established to
advise the federal Minister of the Environment on all matters
related to park management. Parks Canada, Makivik
Corporation and the Nunatsiavut government each appoint two
members, and an independent chair is appointed jointly by all
three parties.
Le Conseil de cogestion du parc national des Monts-Torngat
compte sept membres et a été créé pour conseiller le ministre
fédéral de l’Environnement sur tous les enjeux liés à la gestion des
parcs. Parcs Canada, la Société Makivik et le gouvernement du
Nunatsiavut nomment chacun deux membres, et un président
indépendant est nommé par les trois parties.
Also operating in the Nunavik region and mandated through
the James Bay and Northern Quebec Agreement is the Kativik
Environmental Advisory Committee. KEAC is a consultative
body that advises governments in matters related to
environmental and social protection in Nunavik. It is composed
of three members appointed by the Kativik Regional
Government, three members appointed by the Government of
Quebec, and three members appointed by Canada.
Menant des activités dans la région du Nunavik, il y a par
ailleurs le Comité consultatif de l’environnement Kativik qui est
mandaté en vertu de la Convention de la Baie-James et du Nord
québécois. Le CCEK conseille les gouvernements pour ce qui
concerne les questions liées à la protection environnementale et
sociale à Nunavik. Il est composé de trois membres nommés par
l’administration régionale Kativik, de trois membres nommés par
le gouvernement du Québec et de trois membres nommés par le
Canada.
Boards in each of the four Inuit regions are working to fulfill
their multiple roles and implement their various mandates.
Whether regulatory or advisory, the Government of Canada
works closely with provincial, territorial and Aboriginal partners
to ensure the successful operation of the co-management boards
in all regions across the country.
Les conseils dans chacune des quatre régions inuites travaillent
pour remplir leurs multiples rôles et exécuter leurs divers
mandats. Qu’il s’agisse d’organismes consultatifs ou de
réglementation, le gouvernement du Canada collabore
étroitement avec ses partenaires provinciaux, territoriaux et
autochtones pour veiller au bon fonctionnement des conseils de
cogestion dans toutes les régions du pays.
As exploration investments increase in these Inuit and northern
regions, co-management boards will play an increasingly
important role in ensuring responsible resource development in
the North.
Comme les investissements pour l’exploration augmentent
dans ces régions inuites et du Nord, les conseils de cogestion
auront un rôle de plus en plus important à jouer pour assurer le
développement responsable des ressources dans le Nord.
I thank you very much for the time to present this overview.
My colleagues Ms. Neville or Ms. Traynor are here to answer any
questions you have.
Je vous remercie beaucoup de m’avoir accordé le temps qu’il
faut pour vous présenter cet aperçu. Mes collègues, Mme Neville
et Mme Traynor, sont ici pour répondre à toutes vos questions.
Senator Patterson: I have several questions about wildlife
management.
Le sénateur Patterson : J’ai plusieurs questions à poser au sujet
de la gestion de la faune.
I am more familiar with Nunavut, but I would like to ask
about the other claim areas. Is it true that the co-management
board set up under the land claims you described this morning are
displacing the Canadian environmental assessment review
process? I know that this is the case in Nunavut. The Nunavut
Impact Review Board, with approval of the minister, takes the
role that would otherwise be taken by the Canadian
environmental assessment review process in dealing with
environmental reviews in Nunavut. The minister still has the
authority to allow a CEAA process where there is a big interjurisdictional issue, but that has not happened with respect to
most reviews to date, or perhaps all reviews to date. Is it the case
in the other land claim regions that the Nunavik, the Labrador
and the Inuvialuit boards are available to provide a local,
regionally-based environmental review process to displace the
Canadian process? Is that generally the case?
Je connais davantage le Nunavut, mais j’aimerais vous poser
des questions sur les autres régions visées par des revendications
territoriales. Est-il vrai que les processus des conseils de cogestion
établis en vertu des accords sur le règlement de revendications
territoriales dont vous avez parlé aujourd’hui remplacent le
processus canadien d’évaluation et d’examen en matière
d’environnement? Je sais que c’est le cas au Nunavut. La
Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions,
avec l’approbation du ministre, joue le rôle qu’aurait autrement le
processus canadien d’évaluation et d’examen en matière
d’environnement dans le cadre des examens environnementaux
au Nunavut. Le ministre a encore le pouvoir d’autoriser un
processus de la LCEE lorsqu’il y a un enjeu intergouvernemental,
mais jusqu’à maintenant, cela ne s’est pas produit pour la plupart
des examens, ou peut-être pour tous les examens. Est-il vrai que
dans les autres régions visées par des revendications territoriales,
20-3-2013
Peuples autochtones
34:13
les conseils du Nunavik, du Labrador et des Inuvialuit peuvent
offrir un processus d’examen environnemental local, régional,
pour remplacer le processus canadien? Est-ce généralement le cas?
Ms. Thompson: I will answer for Inuvialuit. Inuvialuit does
have the Inuvialuit Environmental Impact Review Board. They
do environmental impact reviews, the most recent of which is the
Tuktoyaktuk to Inuvik highway. However, CEAA still applies in
that region. We can get you more detailed information on how
those two interact, if you like.
Mme Thompson : Je vais parler de la région des Inuvialuit. Elle
a le Bureau inuvialuit d’examen des répercussions
environnementales. Il fait des examens des répercussions
environnementales, dont le plus récent porte sur le projet
routier d’Inuvik à Tuktoyaktuk. Toutefois, la LCEE s’applique
toujours dans cette région. Nous pourrions vous donner de plus
amples renseignements sur la façon dont les deux interagissent, si
vous le souhaitez.
Senator Patterson: I hope that does not mean there are
two reviews on one project.
Le sénateur Patterson : J’espère que cela ne veut pas dire que
deux examens sont menés sur un même projet.
Ms. Thompson: I would have to get back to you with more
detailed information on how one fits with the other.
Mme Thompson : Je devrai vérifier et vous donner
l’information plus tard à ce sujet.
Senator Patterson: I have specific questions related to caribou,
which do not respect territorial or provincial boundaries. Looking
at Nunatsiavut and Quebec Nunavik, and looking at the N.W.T.
and Nunavut specifically where there is concern about caribou
populations and caribou management, you have presented the
scheme here very nicely. What is in place to allow cooperation
and interface between wildlife management boards in those
regions and provincial/territorial governments to deal with species
like caribou that are located in both jurisdictions?
Le sénateur Patterson : J’ai des questions au sujet du caribou,
qui ne respecte pas les frontières territoriales ou provinciales.
En examinant le Nunatsiavut et le Nunavik au Québec, et en
examinant les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, où il y a
des enjeux quant aux populations de caribous et à la gestion de cet
animal, et vous avez très bien présenté le système. Qu’est-ce qui a
été mis en place pour favoriser la coopération entre les conseils de
gestion de la faune de ces régions et les gouvernements
provinciaux ou territoriaux pour régler les questions liées à des
espèces, comme les caribous, puisqu’il y en a aux deux endroits.
My impression is that there is a problem. I think if Senator
Watt were here he would say there is a problem. There is not a
clear method of cooperating or jointly dealing with wildlife
management issues that cross land claims and provincial/
territorial boundaries. Can you comment on that? I am
specifically looking at Nunavik and Nunatsiavut, and the
N.W.T. and Nunavut, where herds there are joint.
J’ai l’impression qu’il y a un problème. Je pense que si le
sénateur Watt était ici, il dirait qu’il y a un problème. Il n’y a pas
de méthode claire pour coopérer ou s’occuper conjointement de
questions liées à la gestion de la faune qui traversent les frontières
provinciales ou territoriales. Pouvez-vous me dire ce que vous en
pensez? Je fais surtout référence au Nunavik et au Nunatsiavut, et
aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, où l’on trouve un
même troupeau.
Natalie Neville, Director, Quebec-Atlantic Team,
Implementation Branch, Treaties and Aboriginal Government,
Aboriginal Affairs and Northern Development Canada: It is my
understanding that between the two boards, say in Nunavik or
Nunatsiavut, there would be ongoing dialogue on those matters
through the provincial, federal or the Inuit body to discuss, for
instance, the caribou in Nunatsiavut straying over to Quebec.
Natalie Neville, directrice, Équipe de Québec-Atlantique,
Direction générale de la mise en œuvre, Traités et gouvernement
autochtone, Affaires autochtones et Développement du Nord
Canada : Je crois comprendre qu’entre les deux conseils, par
exemple ceux du Nunavik et du Nunatsiavut, il y aurait
constamment des échanges sur ces questions avec l’organisme
provincial, fédéral ou inuit au sujet, par exemple, du caribou du
Nunatsiavut qui erre au Québec.
Senator Patterson: You are saying that a mechanism is built
into the land resource management regimes to allow boards to
interface and discuss joint management issues. It is built into the
claims structures?
Le sénateur Patterson : Vous dites qu’un mécanisme est intégré
aux régimes de gestion des terres pour permettre aux conseils de
discuter ensemble des questions de cogestion. Ce mécanisme fait-il
partie du processus de revendications?
Ms. Neville: It is not necessarily a mechanism or built into the
regimes. In some cases it might be brought to the implementation
committee. Each of the agreements has an implementation
committee, a tripartite committee. That issue might be brought
to the implementation committee. In turn, the implementation
Mme Neville : Il ne s’agit pas nécessairement d’un mécanisme
intégré aux régimes. Dans certains cas, la question est soumise au
comité de mise en œuvre. Tous les accords ont un comité de mise
en œuvre qui est tripartite. La question peut être soumise au
comité de mise en œuvre. Le comité de mise en œuvre en discutera
34:14
Aboriginal Peoples
20-3-2013
committee would discuss it with the other treaty area. There is not
necessarily a formal mechanism, but it does happen through
various means.
ensuite avec l’autre région visée par le traité. Il ne s’agit pas
nécessairement d’un mécanisme officiel, mais la question peut être
abordée de diverses façons.
Senator Patterson: To wrap up, I would appreciate if the
committee could be provided with specific information about how
that is working in those regions.
Le sénateur Patterson : En terminant, j’aimerais que vous
fassiez parvenir au comité des renseignements précis sur la façon
dont cela fonctionne dans ces régions.
The Chair: Thank you for the responses.
Le président : Merci de vos réponses.
I would also like to welcome Senator Patterson from Nunavut
and Senator Meredith from Ontario, who have arrived.
J’aimerais souhaiter la bienvenue au sénateur Patterson du
Nunavut et au sénateur Meredith de l’Ontario, qui viennent
d’arriver.
Senator Dyck: I was trying to map out the four different
regions and the different boards to see what the similarities were
between the different regions. I wish I had the map in front of me
to see where they are. Clearly, the different boards are related to
the territory. Whether you have wildlife, plant life or marine life,
there are different types of boards.
La sénatrice Dyck : J’essayais de me représenter les quatre
régions et les différents conseils pour voir quelles sont les
similarités entre les régions. J’aimerais bien avoir une carte sous
les yeux pour pouvoir les situer. Les conseils sont, de toute
évidence, en lien avec le territoire. Il y a différents types de conseil
pour la vie animale, la vie végétale et la vie marine.
To follow up on Senator Patterson’s question, of course you
have migratory birds and migratory animals like the caribou.
Clearly the boards have to somehow interconnect with each other
because if the caribou are calving in one area but are going to
another area to fatten up for the summer, they may be in two
different areas of the region. There is a relationship between the
boards. If you had a structural diagram indicating
communication or the relationship between the boards, that
would be helpful.
Pour faire suite à la question posée par le sénateur Patterson,
il y a bien sûr des oiseaux migrateurs et des animaux migrateurs,
comme le caribou. Manifestement, les conseils doivent se parler,
car les caribous peuvent mettre bas dans un endroit et aller se
nourrir pendant l’été dans un autre endroit. Ils peuvent donc vivre
dans deux endroits différents. Il y a donc des liens entre les
conseils. Il serait utile pour nous d’avoir un diagramme qui nous
montrerait ces liens qui existent.
You talked about implementation committees that were an
informal mechanism. There may be something that kicks into
effect when there is a problem with the caribou, for example.
Some people are saying caribou herds are going down and other
people are saying no, they are not. How would these different
boards address that kind of issue?
Vous avez parlé des comités de mise en œuvre et vous avez dit
qu’il s’agissait d’un mécanisme informel. Quelque chose peut se
mettre en place lorsqu’un problème surgit. Prenons le caribou, par
exemple. Certains disent que les hardes sont en baisse, alors que
d’autres disent que ce n’est pas le cas. Comment les conseils
aborderont-ils ce genre de problème?
Ms. Thompson: As my colleague mentioned, there is no formal
mechanism embedded in the mandates of the boards, but like
other institutions of public governance, where matters cross
borders, those organizations talk to each other because there is
that recognition.
Mme Thompson : Comme ma collègue l’a mentionné, il n’y a
pas de mécanisme officiel qui fait partie du mandat des conseils,
mais comme c’est le cas pour toute organisation de gouvernance
publique, lorsqu’un problème déborde des frontières, il y a des
discussions entre les organisations, car elles sont conscientes de ce
phénomène.
There is a caribou management board that has representation
from N.W.T., Saskatchewan, Nunavut and Manitoba for the
Beverly herd. These are organizations getting together because
they know that their business affects one another. There are no
hard and fast rules. These are public institutions, so we have a
certain arm’s length from them, but they do make decisions in
consultation with one another. We know this happens because
they tell us.
Le conseil de gestion du caribou qui s’occupe de la harde de
Berverley est formé de représentants des Territoires du NordOuest, de la Saskatchewan, du Nunavut et du Manitoba. Les
organisations se regroupent parce qu’elles savent que les décisions
de l’une auront des répercussions sur l’autre. Il n’y a pas de règles
absolues. Ce sont des organisations publiques, et elles sont en
quelque sorte indépendantes de nous, mais elles se consultent
avant de prendre des décisions. Nous le savons parce qu’elles nous
en parlent.
Ms. Neville can speak more to the provincial governments, but
the territorial governments are extremely interested in such things
as species at risk. These boards live in their backyard, so they
know and they are talking to one another. It varies as to whether
Mme Neville pourra vous en dire plus au sujet des
gouvernements provinciaux, mais je sais que les gouvernements
territoriaux s’intéressent vivement à des questions comme les
espèces en péril. Les membres des conseils habitent sur le
20-3-2013
Peuples autochtones
34:15
that has been formalized in a mechanism or whether that happens
as a result of good governance, but we will get you more
information on that.
territoire, alors ils savent ce qui se passe et ils se parlent entre eux.
Nous vous ferons parvenir plus d’information, à savoir si les
échanges ont lieu dans le cadre de mécanismes officiels ou s’ils
sont simplement le fruit d’une saine gouvernance.
Senator Dyck: You went through the composition of the
boards in detail, how many members, who appoints whom and
that kind of thing. Is there an informal rule on the different
boards with regard to wildlife? Is there a deliberate effort to
include scientific expertise or expertise from regional elders who
would be your local experts on the ground?
La sénatrice Dyck : Vous avez parlé en détail de la composition
des conseils, soit le nombre de membres, qui les nomme, et cetera.
Existe-t-il une règle informelle au sein des conseils au sujet de la
vie animale? Fait-on un effort pour inclure l’expertise scientifique
ou l’expertise des anciens de la région qui sont sur le terrain?
Ms. Thompson: The board members themselves, in all of the
instances, are supported by scientific and technical staff. That is
their organization. The board members rely on those people to
provide them with the scientific and technical knowledge. In many
cases I know they will do community visits and talk to elders if
they are looking at something like the historic routes of caribou,
such as where they pass and where their calving grounds are
located. The boards get out there and ensure they are talking to
the communities and drawing on that traditional knowledge to
make informed decisions.
Mme Thompson : Les membres des conseils bénéficient du
soutien de techniciens et de scientifiques dans tous les cas. C’est
ainsi que les conseils fonctionnent. Les membres des conseils s’en
remettent à eux pour leur fournir des renseignements scientifiques
et techniques. Je sais qu’ils se rendent souvent dans les villages
pour rencontrer les anciens s’ils ont besoin de savoir, par exemple,
par où passaient jadis les caribous, ou encore où ils allaient mettre
bas. Les membres des conseils se rendent dans les villages pour
rencontrer les gens et mettre à profit le savoir traditionnel afin de
prendre des décisions éclairées.
The Chair: From a conflict resolution perspective, I know the
agreements have a dispute resolution process. How are they
working overall?
Le président : Au sujet des différends, je sais que les accords
prévoient un mécanisme de règlement des différends. Pouvez-vous
nous expliquer son fonctionnement?
Ms. Thompson: Dispute resolution mechanisms are put into
these agreements to allow the parties to have an escalating scale of
how to deal with one another. Recently, we have had success in
the implementation committees. These are formal bodies set up
under each of the land claims. We have been working to ensure
that those implementation committees are the first line of
informal discussion so that issues do not make it up to more
formal processes such as mediation or litigation.
Mme Thompson : Les mécanismes de règlement des différends
font partie des accords et fonctionnent selon une échelle
progressive. Dernièrement, les comités de mise en œuvre ont
connu du succès à cet égard. Ce sont des organes officiels qui font
partie intégrante de toutes les revendications territoriales. Nous
nous sommes efforcés d’en faire des forums de discussions
informelles de premier niveau afin d’éviter que les parties aient
besoin d’avoir recours à des mécanismes officiels comme la
médiation ou la procédure.
We have made a lot of efforts on that in the past while and we
are resolving a lot of issues before they hit the formal dispute
resolution mechanisms. However, those mechanisms are there for
a reason, and we have used them from time to time in various
land claims agreements.
Nous avons investi beaucoup d’efforts de ce côté dernièrement,
et nous réglons beaucoup de différends avant qu’ils n’empruntent
la voie des mécanismes de règlement officiels. Toutefois, ces
mécanismes sont là pour une raison, et nous y avons eu recours de
temps à autre dans divers accords sur les revendications
territoriales.
Ms. Neville: I was going to echo that. The implementation
committee is really the first stop in the resolution of that. It is
made up of members from each of the signatory parties, so it is
the first instance where these issues are discussed, decided and
resolved.
Mme Neville : J’allais abonder dans le même sens. Le comité de
mise en œuvre représente concrètement la première étape. Comme
il regroupe des membres de chacune des parties signataires, c’est le
forum où on discute en premier lieu des différends pour les régler.
We have had some successful instances of mediation, for
instance. At the end of the day, the important part in these
dispute resolution mechanisms is to keep the communication
open and the dialogue going.
Dans certains cas, les différends sont réglés à l’étape de la
médiation. Ce qui importe au bout du compte, c’est que ces
mécanismes de règlement des différends permettent de garder les
lignes de communication ouvertes entre les parties.
The Chair: Do you have any statistics in relation to the number
of times it has been used?
Le président : Avez-vous des statistiques sur le nombre de fois
que le mécanisme a été utilisé?
Ms. Neville: We would have to get back to you with statistics.
Mme Neville : Nous pouvons vous les fournir plus tard.
The Chair: If you do not mind, yes.
Le président : Si vous le voulez bien, oui.
34:16
Aboriginal Peoples
Ms. Neville: Yes, we could.
20-3-2013
Mme Neville : Oui, nous pouvons le faire.
Senator Meredith: Thank you, Ms. Thompson, for your
presentation. This is a follow-up to Senator Dyck’s and Senator
Patterson’s questions with respect to the number of boards and
advisory boards. Can you give us that number? I will give you
about three questions.
Le sénateur Meredith : Merci de votre exposé, madame
Thompson. Ma question s’inscrit dans la foulée de celles de la
sénatrice Dyck et du sénateur Patterson au sujet du nombre de
conseils et de conseils consultatifs. Pouvez-vous nous donner leur
nombre? Je vais vous poser environ trois questions.
Going back to your presentation and to the mapping of these
26 communities, is there a need for all these boards?
Au sujet de votre exposé et des 26 collectivités, tous ces conseils
sont-ils vraiment nécessaires?
Again, to the chair’s question with respect to conflicts, how do
we resolve conflicts between these boards? When you look at
implementing economic plans in terms of the well-being of the
people of Nunavut and the economic opportunities that exist, if
these boards are clearly in conflict with each other in terms of
recommendations, how are those things resolved? Again, it goes
back to the impacts that they will have on the people on the
ground when you have all this bureaucracy. How do we eliminate
or reduce that to ensure that recommendations are brought
forward quickly and then implemented quickly?
Pour en revenir à la question du président au sujet des
différends, comment règle-t-on les différends entre ces conseils?
Si les conseils ne s’entendent pas sur les recommandations en ce
qui a trait aux questions liées au bien-être des habitants du
Nunavut et aux possibilités de développement économique,
comment règle-t-on cela? Toute cette bureaucratie n’est pas sans
avoir des répercussions sur ceux qui sont sur le terrain. Comment
peut-on l’éliminer ou la réduire pour faire en sorte que les
recommandations sont adoptées rapidement et ensuite mises en
place rapidement?
Ms. Thompson: I would answer by saying the dispute
resolution mechanisms that are embedded in the land claims
agreements are for use by the parties, so the boards would not
have access to those dispute resolution mechanisms.
Mme Thompson : J’aimerais préciser que les mécanismes de
règlement des différends qui font partie intégrante des accords de
revendications territoriales sont à l’usage des parties; les conseils
n’y ont donc pas accès.
I have not really heard of conflict among boards. They each
have their specific mandate when it is cross-jurisdictional. The
Inuvialuit Environmental Impact Review Board and the Nunavut
Impact Review Board talk all the time. I stand to be corrected,
but I do not think there has been any instance of conflict there.
Je n’ai pas vraiment entendu dire qu’il y avait des différends
entre les conseils. Lorsqu’il s’agit d’un enjeu horizontal commun,
ils ont chacun un mandat bien précis. Le Bureau inuvialuit
d’examen des répercussions environnementales et la Commission
du Nunavut chargée de l’examen des répercussions se parlent
constamment. Si je ne m’abuse, il n’y a jamais eu de différend
entre eux.
In terms of the number of boards, I had quite a lengthy list.
I want to ensure you that I covered the four Inuit regions. There
are four boards in Nunavut. If we are talking just about Nunavut,
there are four what we call institutions of public governance in
Nunavut, but they are co-management entities, which are the
mechanisms by which the Aboriginal voice is reflected by
decisions made on those issues.
En ce qui a trait au nombre de conseils, j’avais une liste assez
longue. Je peux vous assurer que j’ai couvert les quatre régions
inuites. Le Nunavut compte quatre conseils. Si on ne parle que du
Nunavut, il y a quatre organismes de gouvernance publique,
comme on les appelle, mais ce sont des entités cogérées, et ce sont
les mécanismes qui sont utilisés pour faire entendre la voix des
Autochtones dans les décisions qui sont prises.
Senator Meredith: Ms. Neville, you are nodding.
Le sénateur Meredith : Madame Neville, vous approuvez de la
tête.
Ms. Neville: I have nothing to add.
Mme Neville : Je n’ai rien à ajouter.
Ms. Thompson: She is being supportive.
Mme Thompson : Elle approuve.
Senator Meredith: Thank you.
Le sénateur Meredith : Merci.
Senator Raine: Someone once said there are no stupid
questions, but I am very confused. I have just been talking to
my colleague about Nunavut. With regard to Nunavut Tunngavik
Inc. and Makivik Corporation, could you explain how their roles
relate? Could you clarify the roles and responsibilities of those
two organizations on these committees in comparison with the
rules of the people appointed by the territorial governments on
the committees?
La sénatrice Raine : Quelqu’un a dit un jour qu’il n’y avait pas
de questions stupides, mais je ne comprends plus très bien. Je
parlais justement du Nunavut avec mon collègue. Pouvez-vous
nous expliquer le rôle de la Nunavut Tunngavik Inc. et de la
Société Makivik? Pouvez-vous nous préciser quels sont les rôles et
les responsabilités de ces deux organisations au sein de ces comités
par rapport à ceux des personnes nommées par les gouvernements
territoriaux?
20-3-2013
Peuples autochtones
34:17
Ms. Neville: Sure. Makivik and Nunavut Tunngavik Inc. are
representatives of the signatories to those agreements. In a sense,
they are the political representatives of signatories and, as such,
act as the governing presence that appoints, for instance, to the
boards.
Mme Neville : Bien sûr. Les sociétés Makivik et Nunavut
Tunngavik Inc. sont les représentants des parties signataires des
accords. Elles sont, en un sens, les représentants politiques des
parties signataires et, à ce titre, agissent à titre de responsables des
nominations, par exemple, au sein des conseils.
Senator Raine: That makes it less clear. For instance, there are
seven members on the Nunavik Marine Region Wildlife Board,
three of which are appointed by Makivik Corporation
representing the Inuit signatories to the agreement.
La sénatrice Raine : C’est encore moins clair. À titre d’exemple,
le Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine
du Nunavik compte sept membres, dont trois sont nommés par la
Société Makivik qui représente les signataires inuits à l’accord.
Ms. Neville: Yes.
Senator Raine: Two members are appointed by Canada, one by
the Government of Nunavut and a chairperson. Is Makivik
Corporation a political organization?
Ms. Neville: It is a representative organization.
Senator Raine: Are people in the Makivik Corporation elected
by the constituents of that organization?
Ms. Neville: That is my understanding.
Ms. Thompson: If I could interject, the idea of co-management
is expressed in public boards. These boards are arm’s length.
However, the voice of co-management for the Aboriginal
signatories is in their ability to nominate candidates to sit on
those boards. Canada nominates and appoints members to those
boards as do the territorial or provincial governments. In this
case, that is how Makivik is expressing that it wants to put this
candidate forward for nomination to the board because it believes
that person will represent its interests. Once that person is on the
board, the board is then mandated to act in the public interest
because it is a public board, so it balances various interests.
Does that make a bit more sense?
Mme Neville : Oui.
La sénatrice Raine : Deux membres sont nommés par le
Canada, un par le gouvernement du Nunavut et il y a un
président. La Société Makivik est-elle une organisation politique?
Mme Neville : Il s’agit d’un organisme de représentation.
La sénatrice Raine : Les représentants de la Société Makivik
sont-ils élus par les membres de cet organisme?
Mme Neville : À ce que je sache, oui.
Mme Thompson : Si je peux me permettre de vous interrompre,
la cogestion se concrétise au sein des conseils publics. Ces conseils
sont indépendants. Toutefois, la façon pour les parties signataires
autochtones de faire entendre leur voix dans la cogestion au sein
de ces conseils, c’est en proposant des candidats pour y siéger. Le
Canada propose et nomme des membres pour siéger à ces
conseils, tout comme les gouvernements provinciaux ou
territoriaux. Dans ce cas, c’est ainsi que la société Makivik
exprime le souhait de voir telle personne siéger au conseil, car elle
pense que cette personne représentera ses intérêts. Le conseil a,
par ailleurs, le mandat de servir l’intérêt public, car il s’agit d’un
conseil public. Il y a donc un équilibre entre les divers intérêts.
Est-ce un peu plus clair?
Senator Raine: Yes, it does make sense, but how do you get the
expertise in marine wildlife onto the board?
La sénatrice Raine : Oui, c’est logique, mais comment dotezvous le conseil d’une expertise en matière de faune marine?
Ms. Thompson: As I mentioned earlier, the board is the group
of people who come together to make decisions. Boards may only
meet two or three times a year; it depends on how many decisions
are before them. They are supported by a technical staff that,
depending on the board’s mandate, may include scientists and
may draw in traditional knowledge from elders. They are
supported by an organization that would draw in that scientific
and technical expertise. Those people then provide them with a
report or recommendations, and it is ultimately the board that
makes the executive decisions.
Mme Thompson : Comme je l’ai mentionné un peu plus tôt, les
membres des conseils se réunissent pour prendre des décisions. Ils
ne se réunissent que deux ou trois fois par année, selon le nombre
de décisions qu’ils ont à prendre. Ils disposent d’une équipe de
soutien technique qui, en fonction de son mandat, peut
comprendre des scientifiques et faire appel au savoir
traditionnel des anciens. Ils disposent du soutien de cette équipe
composée d’experts scientifiques et techniques. Ces experts leur
soumettent un rapport ou des recommandations, et c’est le conseil
qui, au bout du compte, prend les décisions.
Senator Raine: I understand that now. Each of these different
boards has a specific area of interest and expertise, such as wildlife
or migratory caribou or marine. There are so many boards
because each has a different focus.
La sénatrice Raine : Je comprends mieux maintenant. Chacun
des conseils possède une expertise et un domaine d’intérêt
particuliers, comme la faune, la migration des caribous ou la vie
marine. Ils sont nombreux parce qu’ils se concentrent chacun sur
un domaine particulier.
Ms. Thompson: Yes. Generally, you have your environmental
impact review boards, and those are set up in most of the regions;
then you have your wildlife management boards. Obviously their
mandates intersect, but the boards are set up and have a mandate
Mme Thompson : Oui. Dans l’ensemble, il y a les conseils
d’examen des répercussions environnementales — il y en a un
dans la plupart des régions. Il y a ensuite les conseils de gestion
des ressources fauniques. Bien évidemment, les mandats se
34:18
Aboriginal Peoples
20-3-2013
that is clearly and precisely set out both in the claim and in
legislation. In order to do that, they draw on a team of technical
experts.
croisent parfois, mais ces mandats sont établis clairement dans les
accords de revendications et dans la loi. Pour s’acquitter de leur
mandat, les conseils peuvent compter sur une équipe d’experts
techniques.
Senator Raine: Ms. Thompson, do you also have experience in
the Yukon?
La sénatrice Raine : Madame Thompson, connaissez-vous la
situation au Yukon?
Ms. Thompson: I do.
Mme Thompson : Oui.
Senator Raine: The Yukon is set up quite differently from the
rest of the northern territories.
La sénatrice Raine : La situation est différente au Yukon de ce
qu’elle est ailleurs dans les territoires nordiques.
Ms. Thompson: Yes. There are a few differences in the Yukon,
although the main difference is that a lot of the direct
responsibility for boards, these co-management entities, was
devolved to the Yukon government in 2003. The only boards that
we remain responsible for are the Yukon Environmental and
Socio-economic Assessment Board and the Yukon Dispute
Resolution Tribunal. Those are the only ones we still have that
kind of relationship to. There are co-management boards in the
Yukon, but the Yukon government is responsible for them right
now.
Mme Thompson : Oui. La situation est un peu différente au
Yukon, mais cela tient principalement au fait que bon nombre de
responsabilités directes des conseils, les organes de cogestion, ont
été transférées au gouvernement du Yukon en 2003. Les seuls
conseils qui relèvent encore de nous sont l’Office d’évaluation
environnementale et socioéconomique du Yukon et le tribunal de
règlement des différends du Yukon. Ce sont les seuls avec qui
nous avons encore ce genre de liens. Il y a des conseils de
cogestion au Yukon, mais ils relèvent maintenant du
gouvernement du Yukon.
Ms. Neville: If I may just clarify for Senator Raine, in all of the
four Inuit settlement regions, generally you have boards grouped
under a few basic mandate areas: wildlife management, impact
review of some kind, and either fisheries or wildlife. Those are the
main groupings. They come under different names and may have
slightly different mandates, but those are the general groupings of
boards that you will find under each of the agreement areas.
Mme Neville : J’aimerais simplement apporter une précision à
la sénatrice Raine. Dans les quatre régions habitées par les Inuits,
les conseils ont habituellement chacun un mandat de base qui
porte soit sur la gestion de la faune, l’examen des répercussions, et
les pêches ou la faune. Ce sont les principaux groupements. Les
conseils portent parfois différents noms et leur mandat peut varier
un peu, mais ce sont les groupements généraux que l’on retrouve
dans chacun des accords.
Ms. Thompson: If I could clarify, the term ‘‘corporation’’ might
be a little confusing. Nunavut Tunngavik Inc. is the treaty rights
holder. It is not a for-profit corporation, as you would normally
expect. In the Inuvialuit Settlement Region, it is the Inuvialuit
Regional Corporation, but it acts as the rights holder for part of
the rights in the claim. Makivik Corporation is that rights holder
for its constituency for the claim. It is not exactly like a
corporation like IBM. It does not act like that. It is quasipolitical. It is an odd structure.
Mme Thompson : J’aimerais ajouter que le mot « société » peut
porter à confusion. Nunavut Tunngavik Inc. est, en fait, le
titulaire des droits ancestraux. Il ne s’agit pas d’une société à but
lucratif, comme on s’y attendrait normalement. Dans la région
désignée des Inuvialuit, c’est la Société régionale inuvialuit qui
joue ce rôle, et elle agit à tire de titulaire des droits pour une partie
des droits dans la revendication. La Société Makivik est le
titulaire des droits pour ses membres en vertu de la revendication.
Ce n’est pas une société comme IBM. Elle ne joue pas ce rôle.
C’est un organisme quasi politique. Elle est dotée d’une structure
singulière.
Nunatsiavut is simpler because Nunatsiavut was able to
negotiate self-government at the same time as their land claim,
so when we refer to Nunatsiavut, we say the Nunatsiavut
government.
Dans le cas du Nunatsiavut, c’est plus simple, parce qu’il a pu
négocier son autonomie gouvernementale en même temps que ses
revendications territoriales, alors quand on parle du Nunatsiavut,
on parle du gouvernement du Nunatsiavut.
The Chair: I welcome Senator Ataullahjan, from Ontario.
Senator Patterson: May I get an outline of your establishment?
You have a big job. You are managing comprehensive claims in
all regions of the country. What kind of resources do you have in
terms of staff and budget?
Le président : Je souhaite la bienvenue à la sénatrice
Ataullahjan, de l’Ontario.
Le sénateur Patterson : Pouvez-vous me donner un aperçu de
votre effectif? Vous avez beaucoup de responsabilités. Vous gérez
les négociations globales dans toutes les régions du pays. À quoi
ressemblent votre effectif et votre budget?
Ms. Neville: Within Aboriginal Affairs?
Mme Neville : Au sein des Affaires autochtones?
Senator Patterson: In your shop.
Le sénateur Patterson : Dans votre boutique.
20-3-2013
Peuples autochtones
Ms. Neville: My shop has 22 employees in all.
34:19
Mme Neville : Nous sommes 22 employés en tout dans notre
boutique.
Ms. Thompson: I think I have about 28. I could look up the
numbers. Some of them are in B.C., so I do not see them all the
time. We are supported by strong teams.
Mme Thompson : Je pense que nous sommes environ 28. Je
peux vérifier. Certains travaillent en Colombie-Britannique, alors
je ne les vois pas tout le temps. Nous bénéficions de l’appui de
solides équipes.
It is important to remember that while Ms. Neville and I are
both Canada’s representatives to our respective treaties, the
treaties are with Canada. Therefore, other government
departments have many roles and responsibilities under the
treaties that they fulfill, particularly in the areas of environment,
fisheries, et cetera. I think the branch in total is about 90 people,
but for us it would total about 50. We could get you the actual
numbers.
Il est important de se rappeler que même si Mme Neville et moi
sommes les représentantes du Canada dans le cadre de nos traités
respectifs, les traités relèvent du Canada. Ainsi, les autres
ministères ont de nombreux rôles et responsabilités dans ces
traités dont ils doivent s’acquitter, en particulier dans le domaine
de l’environnement, des pêches, et cetera. Je pense que la direction
compte en tout environ 90 personnes, mais notre service en
compte environ 50 en tout. Nous pouvons vous envoyer
l’information exacte.
Senator Patterson: Do I understand that regional offices of
AAND also provide support to institutions of public government
set up under the land claims? In addition to your shop, as I call it,
you do have colleagues in the regional offices across the country
that work on claims implementation?
Le sénateur Patterson : Dois-je comprendre que les bureaux
régionaux des AADNC fournissent aussi des services aux
organismes de gouvernance publique créés en vertu des
revendications territoriales? En plus des gens de votre boutique,
comme je l’appelle, vous avez des collègues qui travaillent dans les
bureaux régionaux partout au pays à la mise en œuvre des
revendications?
Ms. Thompson: That is correct. As I noted, claims
implementation is the responsibility of many government
departments. Our regional offices have contacts with the boards
that we are referring to now on a day-to-day basis because they
have the mandates and interconnect with those boards. There are
many people out in the regions who implement land claims as part
of their ongoing business. We are the people with that broader
overview of the claims, but there are people on the ground every
day who are implementing land claims.
Mme Thompson : C’est exact. Comme je l’ai mentionné, la mise
en œuvre des revendications concerne beaucoup de ministères.
Nos bureaux régionaux sont en contact tous les jours avec les
conseils dont nous avons parlé, car cela fait partie de leur mandat.
Il y a beaucoup de monde dans les régions qui s’occupent de la
mise en œuvre des revendications territoriales dans le cadre de
leurs activités quotidiennes. Nous chapeautons le tout, mais il y a
des gens sur le terrain qui s’occupent de la mise en œuvre des
revendications au quotidien.
Senator Patterson: If a board says they are facing significant
mining activity in their region and they need more resources to
cope with the demands for regulatory reviews, whether it be in
wildlife or the environment, where do they go and who makes the
decision about allocating resources to support the boards? Is that
done at the headquarters level under your responsibility? What is
the role of the regions in those kinds of issues?
Le sénateur Patterson : Si un conseil a besoin de plus de
ressources pour s’occuper des examens de la réglementation, que
ce soit dans le domaine de la faune ou de l’environnement, parce
qu’il y a beaucoup d’activités minières dans sa région, à qui
s’adresse-t-il et qui prend la décision à cet égard? La décision
relève-t-elle de vous à l’administration centrale? Quel est le rôle
des régions dans les questions de ce genre?
Ms. Thompson: It is our responsibility. We fund these
organizations to give effect to their mandate. We have different
types of funding. We have funding for their core operation, and
that is more or less stable over time. As you mentioned, there can
be large reviews or hearings, and the organizations will submit a
budget to us. We will look at that budget, consider it and, if we
think it is reasonable, we will fund those extra hearings or reviews.
We have also provided additional supplemental funding for core
operations when we had areas that got hit with higher fuel costs
temporarily, for example.
Mme Thompson : Cela relève de nous. Nous finançons ces
organismes pour qu’ils accomplissent leur mandat. Nous avons
divers budgets. Nous avons un budget pour les activités de base,
qui est à peu près stable. Comme vous l’avez mentionné, il peut y
avoir des audiences ou des examens qui prennent beaucoup de
temps, et dans ce cas, les conseils nous présentent un budget.
Nous allons l’examiner et si nous jugeons qu’il est raisonnable,
nous allons accorder les fonds supplémentaires qui sont requis.
Il nous est aussi arrivé de bonifier le budget pour les activités de
base lorsqu’une région, par exemple, se trouvait frapper par une
augmentation soudaine du prix de l’essence.
Senator Patterson: I think it would be useful if we could ask the
witnesses to provide us with further background information on
that.
Le sénateur Patterson : Il serait sans doute utile que les témoins
nous fournissent des renseignements supplémentaires à ce sujet.
34:20
Aboriginal Peoples
Ms. Thompson: Absolutely.
Mme Thompson : Certainement.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
20-3-2013
Senator Raine: You referred to the fact that the Nunatsiavut
government negotiated self-government at the same time. Could
you explain what the impact of that has been on the governance
and management of these different agencies?
La sénatrice Raine : Vous avez mentionné que le gouvernement
du Nunatsiavut avait négocié son autonomie gouvernementale en
même temps. Pouvez-vous nous dire quelle a été l’incidence sur la
gouvernance et la gestion de ces différents organismes?
Ms. Neville: As Ms. Thompson was explaining, they have
jurisdiction under self-government over a number of areas of their
culture, education, law-making abilities and so on. Are you
asking about the impact on the boards?
Mme Neville : Comme Mme Thompson l’a mentionné, le
gouvernement a obtenu l’autonomie gouvernementale dans
divers domaines liés à la culture, l’éducation, les lois, et cetera.
Voulez-vous savoir l’incidence que cela a eue sur les conseils?
Senator Raine: Yes.
La sénatrice Raine : Oui.
Ms. Neville: They would be in direct contact in terms of being
the institution of public government on the ground. The
interaction with the boards would be in having elders, for
instance, involved from the communities in feeding into some of
those board studies or decisions or recommendations.
Mme Neville : Ils sont en contact direct, parce que ce sont les
organismes de gouvernance publique sur le terrain. Les
interactions avec les conseils se situeront du c ôté des
informations recueillies auprès des anciens, par exemple, pour
alimenter leurs études ou les décisions ou recommandations.
Senator Raine: I am confused because I thought Nunavut had
self-government as well.
Le sénateur Raine : Je ne comprends pas très bien, car je
pensais que le Nunavut avait obtenu l’autonomie
gouvernementale également.
Ms. Thompson: No, it does not.
Mme Thompson : Non, ce n’est pas le cas.
Senator Patterson: It is territorial.
Le sénateur Patterson : Il s’agit d’un territoire.
Ms. Thompson: The government of Nunavut is a territorial
government.
Mme Thompson : Le gouvernement du Nunavut est un
gouvernement territorial.
The Chair: If Nunatsiavut had followed the same model, they
would have their own territory in northern Labrador. Instead,
they have self-government that, as a result, gives them direct
access to the co-management boards rather than the territorial
government, which has corporations that are representing
interests, like Makivik.
Le président : Si le gouvernement du Nunatsiavut avait le
même modèle, il aurait son propre territoire dans le nord du
Labrador. Au lieu de cela, il a obtenu l’autonomie
gouvernementale, ce qui lui donne un accès direct aux conseils
de cogestion plutôt que le gouvernement territorial, qui a des
sociétés qui représentent des intérêts, comme Makivik.
Ms. Neville: Yes.
Mme Neville : Oui.
Senator Raine: I need a map.
La sénatrice Raine : J’aimerais avoir une carte.
The Chair: We are going to send you a map.
Le président : Nous allons vous en faire parvenir une.
Senator Raine: It would be handy to have a map that has the
demographics on it, as well as the major issues.
The Chair: That is a good point.
La sénatrice Raine : Il serait bon d’avoir une carte avec les
données démographiques et les éléments importants.
Le président : C’est un bon point.
Senator Seth: I am sorry to be late. The weather is quite
interesting and getting worse.
La sénatrice Seth : Je suis désolée d’être en retard. Il fait de plus
en plus mauvais.
From what you have written here, the purpose of the Nunavik
Marine Region Planning Commission is to protect and promote
the existing and future well-being to Nunavik communities and
residents within the Nunavik marine regions while taking into
account the interests of all Canadians. Could you explain what
that last sentence means, ‘‘taking into account the interests of all
Canadians?’’
Je vois dans votre document que le mandat de la Commission
d’aménagement de la région marine du Nunavik est de protéger et
de favoriser le bien-être actuel et futur des collectivités et des
résidents de la région marine du Nunavik tout en tenant compte
des intérêts de l’ensemble des Canadiens. Pouvez-vous nous dire
ce qu’on entend par « en tenant compte des intérêts de l’ensemble
des Canadiens »?
20-3-2013
Peuples autochtones
Ms. Neville: My understanding is that it assumes that it is in
the interests of all Canadians, so it balances all interests. It is not
specifically for the Inuit of Nunavik, for instance, against the
interests of anyone else. It takes into account interests of all
Canadians.
Senator Seth: Thank you.
34:21
Mme Neville : À ma connaissance, cela veut dire qu’on
présume que cela sert l’intérêt de tous les Canadiens, qu’il y a
un équilibre. Cela ne sert pas uniquement l’intérêt des Inuits du
Nunavik, par exemple, au détriment de ceux du reste de la
population. Cela tient compte des intérêts de tous les Canadiens.
La sénatrice Seth : Merci.
The Chair: Seeing no further questions, I will ask senators to
stay for a 10-minute in camera session.
Le président : Comme il n’y a pas d’autres questions, je
demanderais aux sénateurs de demeurer pour une réunion de
10 minutes à huis clos.
I thank the witnesses for their presentation and responses to
the questions, and I thank your staff in the back for assisting
as well.
Je remercie nos témoins de leur exposé et de leurs réponses à
nos questions, et je remercie aussi vos collaborateurs à l’arrière
qui vous ont prêté main-forte.
(The committee continued in camera.)
(La séance se poursuit à huis clos.)
OTTAWA, Wednesday, March 20, 2013
OTTAWA, le mercredi 20 mars 2013
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 6:45 p.m. to examine and report on the legal and
political recognition of Metis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui, à 18 h 45, pour examiner, afin d’en faire
rapport, la reconnaissance juridique et politique de l’identité des
Métis au Canada.
Senator Vernon White (Chair) in the chair.
Le sénateur Vernon White (président) occupe le fauteuil.
[English]
[Traduction]
The Chair: Good evening. I welcome all honourable senators
and members of the public watching this meeting of the Standing
Senate Committee on Aboriginal Peoples on CPAC or on the
Web. My name is Senator Vern White from Ontario, and I am
chair of the committee.
Le président : Bonsoir à tous. J’aimerais souhaiter la bienvenue
à tous mes collègues et à tous ceux qui suivent les délibérations du
Comité sénatorial permanent des peuples autochtones sur CPAC
ou sur le Web. Je m’appelle Vern White, je viens de l’Ontario et je
suis le président du comité.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters related to Aboriginal peoples of Canada generally. Today
we will continue to explore Metis issues, particularly those
relating to the evolving legal and political recognition of the
collective identity and rights of the Metis in Canada.
Notre mandat consiste à examiner les lois et les questions qui
touchent les peuples autochtones en général, et ce soir, nous allons
poursuivre notre étude de la reconnaissance juridique et politique
de l’identité et des droits des Métis au Canada.
This evening we will hear from two witnesses: academic Jean
Barman and former senator and always Honourable Gerry
St. Germain, P.C. Both are from British Columbia.
Ce soir, nous accueillons deux témoins : la professeure Jean
Barman, et un ancien sénateur, le toujours honorable Gerry
St. Germain, C.P. Ils sont tous deux de la Colombie-Britannique.
Before hearing from our witnesses, I would like to take this
opportunity to have the members of the committee present this
evening introduce themselves. I will start with the deputy chair.
Avant de donner la parole à nos témoins, j’aimerais inviter les
membres du comité à se présenter, en commençant par la
vice-présidente.
Senator Dyck: I am Senator Lillian Dyck from Saskatchewan.
Welcome to you both. You are such wonderful people; we are
glad to have you here.
La sénatrice Dyck : Je suis la sénatrice Lillian Dyck, de la
Saskatchewan. Je vous souhaite la bienvenue à tous les deux.
Vous êtes des personnes extraordinaires, et nous sommes heureux
de vous avoir parmi nous.
Senator Sibbeston: I am Senator Nick Sibbeston from the
Northwest Territories.
Le sénateur Sibbeston : Je suis le sénateur Nick Sibbeston, des
Territoires du Nord-Ouest.
Senator Demers: Senator Jacques Demers, Quebec.
Senator Tkachuk: Senator David Tkachuk, Saskatchewan.
Senator Seth: Senator Asha Seth, Toronto, Ontario.
Le sénateur Demers : Sénateur Jacques Demers, du Québec.
Le sénateur Tkachuk : Sénateur David Tkachuk, de la
Saskatchewan.
La sénatrice Seth : Sénatrice Asha Seth, de Toronto, Ontario.
34:22
Aboriginal Peoples
20-3-2013
Senator Beyak: Senator Lynn Beyak, Dryden, Ontario.
La sénatrice Beyak : Sénatrice Lynn Beyak, de Dryden,
Ontario.
Senator Raine: Senator Nancy Greene Raine, from B.C.
La sénatrice Raine : Sénatrice Nancy Greene Raine, de la
Colombie-Britannique.
The Chair: I know I speak for all the members of the committee
in saying that I am greatly looking forward to the testimony of the
witnesses this evening, both appearing as individuals. Again, we
welcome Jean Barman, Professor Emeritus and Metis scholar, to
assist us from the British Columbia perspective.
Le président : Je sais que je me fais le porte-parole de tous les
membres du comité en disant que nous avons hâte d’entendre ce
que nos témoins de ce soir ont à nous dire. Ils comparaissent tous
les deux à titre personnel. Bienvenue, donc, à Jean Barman,
professeure émérite et spécialiste de la question métisse, qui va
nous en parler dans la perspective de la Colombie-Britannique.
We are also delighted to have with us again the former chair of
this committee and our friend, former Senator Gerry
St. Germain. You are greatly missed in the Senate in general
and this committee in particular. No one wears a hat like you do.
We look forward to hearing you share your personal perspective
as a Metis person.
Nous sommes également ravis de retrouver l’ancien président
du comité, notre collègue et ami, l’ex-sénateur Gerry St. Germain.
Vous nous manquez beaucoup au Sénat, et particulièrement au
sein de ce comité. Personne ne porte aussi bien le chapeau que
vous. Nous avons hâte de connaître votre point de vue de Métis.
As you have chosen the order in which you will speak, please
go ahead.
Puisque vous avez décidé qui allait intervenir en premier,
je vous laisse la parole.
Jean Barman, Professor Emeritus, as an individual: I want to
thank everyone for the invitation to share my understanding of
British Columbia, which encourages me to look backwards and
forwards. I was mindful in the most recent census for which
information is available — 2006 — that almost 60,000 British
Columbians describe themselves as Metis. That is over twice as
many as a decade earlier, even though the term itself has become
contested in many ways.
Jean Barman, professeure émérite, à titre personnel : Je vous
remercie de m’avoir invitée à venir vous parler de la ColombieBritannique, car cela m’encourage à regarder à la fois vers le passé
et vers l’avenir. J’ai remarqué, dans le dernier recensement qui
contient des données là-dessus — celui de 2006 —, que près de
60 000 habitants de la Colombie-Britannique se déclarent Métis.
C’est plus du double que dix ans plus tôt, même si le terme est
aujourd’hui contesté à bien des égards.
Following on the insertion of Metis in the Canadian
Constitution, 1982, as among ‘‘the aboriginal peoples of
Canada,’’ the Powley decision defined the Metis in the context
of harvesting rights around Sault Ste. Marie, Ontario, but in
general terms. The decision, despite its geographic and economic
specificity, has been interpreted to equate Metis identity with, and
only with, persons rooted in Central Canada. As the committee
heard, the Canadian government recognizes and funds, for the
purpose of registering rights bearers, six ‘‘official Aboriginal
representative organizations,’’ all of which exclude British
Columbia origins.
À la suite de l’inclusion des Métis dans la Constitution de 1982
comme l’un des « peuples autochtones du Canada », la décision
Powley a défini le terme Métis dans le contexte des droits de
récolte dans la région de Sault Ste. Marie, en Ontario, mais de
façon générale. Malgré sa spécificité géographique et économique,
la décision a été interprétée comme limitant l’identité métisse aux
seules personnes ayant leurs racines dans le Canada central.
Comme des témoins vous l’ont dit, le gouvernement canadien
reconnaît et finance, pour l’inscription des titulaires de droits, six
« organisations autochtones représentatives » officielles, qui
acceptent toutes le critère des origines en Colombie-Britannique.
So why am I here? The committee also heard a counterperspective looking at ‘‘the existence of other historically Metis
communities,’’ one that expressed concern about depriving
‘‘people of the identity they give themselves’’ and of ‘‘repeating
the discriminatory practices of the Indian Act.’’ To my mind, an
opening to doing so might lie in the Daniels declaration handed
down on January 8, now under appeal. Daniels goes further, both
backwards and forwards in time, than Powley in declaring that
‘‘the exclusive Legislative Authority of the Parliament of Canada’’
for ‘‘Indians and lands reserved for Indians’’ in the British North
America Act, 1867, extends both to Metis and non-status Indians.
Daniels defines Metis alongside non-status Indians as ‘‘native
people who maintained a strong affinity for their Indian heritage
without possessing Indian status.’’ Daniels appears to broaden the
Par conséquent, pourquoi suis-je ici? Votre comité a aussi
entendu un point de vue complètement différent, au sujet de
« l’existence de collectivités métisses historiques », qui met en
garde contre le danger de « priver les gens de l’identité qu’ils se
sont donnée » et de « reproduire les pratiques discriminatoires de
la Loi sur les Indiens ». À mon avis, une solution réside peut-être
dans la décision Daniels qui a été rendue le 8 janvier et qui est
aujourd’hui en appel. Cette décision va plus loin, à la fois dans le
passé et pour l’avenir, que la décision Powley puisqu’elle affirme
que « l’autorité législative exclusive du Parlement du Canada »
qui s’applique aux « Indiens et terres réservées pour les Indiens »,
dans l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867, s’étend
aussi aux Métis et aux Indiens non inscrits. La décision définit les
Métis, à l’instar des Indiens non inscrits, comme des
20-3-2013
Peuples autochtones
34:23
discussion beyond externally imposed geographic bases of
exclusion.
« Autochtones ayant maintenu une forte affinité avec leur
patrimoine indien, sans toutefois être des Indiens inscrits ». La
décision Daniels semble donc élargir le débat au-delà des critères
d’exclusion géographiques.
In order to understand why 60,000 British Columbians
self-identify as Metis, we need first of all to amend the inference
left in lawyer Jean Teillet’s testimony before the committee. She
said, ‘‘We know Metis were children of the fur trade,’’ a statement
with which I agree, but not her geographic limitation. She went on
to say:
Pour comprendre pourquoi 60 000 habitants de la ColombieBritannique se déclarent volontairement Métis, il faut commencer
par corriger ce qu’a dit l’avocate Jean Teillet lorsqu’elle a
comparu devant votre comité. Je suis d’accord lorsqu’elle dit que
« Nous savons que les Métis sont les enfants de ce commerce [des
fourrures] », mais je ne suis pas d’accord quand elle délimite une
zone géographique. Elle a en effet déclaré :
We have three different economies of the Metis: the boreal
forest that runs up the Upper Great Lakes to the
Great Slave Lake across northern Ontario, northern
Manitoba and northern Saskatchewan, up that way. That
is where all the fur traders were.
Il existe trois activités économiques métisses. [...] la forêt
boréale, qui s’étend du secteur supérieur des Grands Lacs
jusqu’au Grand lac des Esclaves, et qui couvre le nord de
l’Ontario, du Manitoba et de la Saskatchewan. C’est dans
cette région que se trouvaient tous les commerçants de
fourrure.
She evokes a way of life that is premised on regional features,
notably the buffalo:
Elle parle d’un mode de vie fondé sur des caractéristiques
régionales, notamment la chasse au bison :
The pemmican from the buffalo was the gasoline — that is
the way I think of it — that ran the fur trade.
L’aliment miracle, si je peux dire, qui permettait aux
commerçants de fourrure de fonctionner était le pemmican
provenant de la chasse au bison.
Her claim is at odds with the realities of the past.
Ce qu’elle dit ne correspond pas à la réalité historique.
British Columbia too emerged out of a fur trade, one that
began in 1805 and was the sole non-indigenous economy in the
broader Pacific Northwest until 1846 when the region, previously
without external governance, was divided between the
United States and Britain, later Canada. Up till 1858, when the
last part, being the British Columbia mainland, acquired official
status as a consequence of a gold rush, the majority of the
2,200 men who arrived with the fur economy were French
Canadians. Their staple food was dried salmon as opposed to
pemmican, but all other aspects of their lives were similar to those
elsewhere. The French Canadians who remained any length of
time, as did two thirds of those who were not soon sent out across
the Rockies in the course of their employment, had families with
local indigenous women and most often settled down near where
they last worked.
La Colombie-Britannique aussi s’est développée à partir du
commerce des fourrures, lequel a commencé en 1805 et a constitué
la seule économie non indigène de tout le Nord-Ouest Pacifique
jusqu’en 1846, lorsque la région, jusque-là sans gouvernement
extérieur, a été divisée entre les États-Unis et la Grande-Bretagne,
et ensuite le Canada. Jusqu’en 1858, date à laquelle la partie
continentale de la Colombie-Britannique a acquis un statut
officiel à la suite de la ruée vers l’or, la majorité des
2 200 hommes qui s’adonnaient au commerce des fourrures
étaient des Canadiens français. Leur nourriture de base était le
saumon séché, et non pas le pemmican, mais pour le reste, leurs
conditions de vie étaient les mêmes qu’ailleurs. Les Canadiens
français qui sont restés là pendant assez longtemps, et ce fut le cas
des deux tiers de ceux qui ne furent pas rapidement envoyés
au-delà des Rocheuses dans le cadre de leur emploi, ont fondé une
famille avec une femme indigène et se sont le plus souvent installés
à proximité du lieu de leur dernier emploi.
Metis scholar Mike Evans and I have spelled out factors
related to Metis identity in British Columbia, some of which are
perforce different than on the prairies due in the first instance to
the distinctive environment. Under 3 per cent of the land in
British Columbia is arable, or potentially so. The 1858 gold rush,
which attracted thousands of mostly unattached men from across
North America, including Chinese and Mexicans earlier working
in California, expanded and redirected Metis formation by virtue
of those opting to stay very often partnering with either an
indigenous woman or a Metis daughter of the fur economy.
Among other factors encouraging distinctive communities as
defined by Powley were the gendered Indian Act of 1876,
separating offspring from their maternal kinfolk; racism,
Mike Evans, spécialisé dans la question métisse, et moi-même
avons travaillé sur les facteurs qui définissent l’identité métisse en
Colombie-Britannique, et certains sont inévitablement différents
de l’identité métisse dans les Prairies, d’abord à cause d’un
environnement différent. Les terres arables, ou potentiellement
arables, représentent moins de 3 p. 100 de la superficie de la
Colombie-Britannique. La ruée vers l’or de 1858, qui a attiré des
milliers d’hommes, surtout des célibataires, de toute l’Amérique
du Nord, y compris des Chinois et des Mexicains qui avaient
auparavant travaillé en Californie, a contribué à développer et à
diversifier la population métisse, car ceux qui décidaient de rester
s’accouplaient le plus souvent soit avec une femme indigène soit
avec la fille d’un Métis coureur des bois. Les autres facteurs qui
34:24
Aboriginal Peoples
20-3-2013
extending from schooling to everyday life; low levels of literacy,
limiting occupations to the ongoing fur economy and the resource
sector; and an inward turn in daily life often occurring at the
edges beyond government control. Such families were among the
3,500 British Columbians enumerated in the 1901 census as
‘‘Halfbreeds,’’ a category that elsewhere in Canada is almost
always linked to Metis status.
ont contribué au développement de communautés distinctes, au
sens où l’entend la décision Powley, étaient notamment la Loi sur
les Indiens de 1876, une loi sexospécifique puisqu’elle traitait les
enfants différemment selon le statut de la mère; le racisme, depuis
l’école jusqu’à la vie adulte; un faible niveau d’alphabétisme,
limitant ainsi l’emploi au commerce des fourrures et au secteur
des ressources; et, avec le temps, un certain repli sur soi dans la vie
de tous les jours. Ces familles faisaient partie des 3 500 « Sangmêlé » identifiés dans le recensement de 1901 de la ColombieBritannique, catégorie qui, ailleurs au Canada, est pratiquement
toujours liée au statut de Métis.
The numerically larger source of Metis in British Columbia is
not, however, the fur economy or the gold rush, but rather prairie
migration, initially to the northeast on the far side of the Rockies,
as at Kelly Lake, and beginning with the Great Depression across
the province. By 1971, the number of prairie-born had exploded
to one in five British Columbians.
Cependant, le fait qu’il y ait un plus grand nombre de Métis en
Colombie-Britannique n’est pas attribuable au commerce des
fourrures ou à la ruée vers l’or, mais plutôt à la migration en
provenance des Prairies, qui a commencé à l’extrême nord-est des
Rocheuses, notamment au lac Kelly, au début de la Grande
Dépression dans la province. En 1971, le nombre de Métis
originaires des Prairies avait explosé et représentait le cinquième
de la population de la Colombie-Britannique.
My larger point is that there is no single best way of
determining who is Metis, at least in British Columbia.
‘‘Harvester identification systems’’ in the form of enrollment
lists genealogically constructed — which cost to date, the
committee was told, $35 million in federal funding to the six
organizations, all of which exclude British Columbia — needs to
be reconciled with self-identification. In British Columbia, with its
60,000 self-identified Metis, just 275 harvesters have so far been
registered. To the extent the inclusion of Metis in the Canadian
Constitution incorporates an element of reparation for historical
harms, to dismiss self-identification is a contradiction.
Ce que je veux démontrer, c’est qu’il n’existe pas de panacée
pour définir ce qu’est un Métis, tout au moins en ColombieBritannique. Les « systèmes d’identification des exploitants
métis » qui ont été établis à partir de listes généalogiques — et
qui ont coûté, comme vous le savez, 35 millions de dollars en
crédits fédéraux octroyés à six organisations, qui excluent toutes
la Colombie-Britannique — ont besoin d’être comparés aux
données de la déclaration volontaire. En Colombie-Britannique,
où 60 000 Métis se sont déclarés volontairement, on a dénombré
seulement 275 exploitants métis. Dans la mesure où l’inclusion des
Métis dans la Constitution canadienne prévoit la réparation de
torts historiques, il est illogique de rejeter le principe de la
déclaration volontaire.
As the director of the highly respected Gabriel Dumont
Institute in Saskatoon pointed out to the committee:
Comme l’a déclaré, devant votre comité, la directrice du réputé
Institut Gabriel-Dumont, de Saskatoon :
‘‘Metis identity’’ and ‘‘Metis definition’’ are not the same
thing. ‘‘Metis identity’’ has been the one constant when we
look at what’s important for successful Metis education
programs.
En fait, l’identité métisse n’a rien à voir avec la définition
d’une personne métisse. Lorsque nous évaluons les facteurs
essentiels à la réussite des programmes d’enseignement pour
les Métis, la question identitaire revient toujours.
Her goal, as she spelled it out, is ‘‘to find a way to deal with Metis
identity for young kids in school, for post-secondary students, for
adults, to really affirm and strengthen and validate that identity.’’
In her view, and I could not agree more:
Son objectif, comme elle l’a expliqué, est d’affirmer concrètement
l’identité métisse au niveau des écoliers, des étudiants et des
adultes. Et elle a ajouté, ce que j’approuve entièrement :
There must be a practical way to mitigate the definitionversus-identity debate to ensure that educational, economic,
and social inequities of Metis people can be alleviated.
Il faut trouver une façon de laisser tomber ce débat sur la
définition et l’identité métisse, et s’engager plutôt à réduire
les inégalités que subissent les Métis sur les plans scolaire,
économique et social.
Daniels seeks by its declaration to ‘‘accord a further level of
respect and reconciliation.’’ This is, to my mind, also the
committee’s task.
La décision Daniels formule l’objectif d’« entraîner un degré
supplémentaire de respect et de réconciliation ». À mon avis, ça
devrait être aussi l’objectif de votre comité.
The Chair: Thank you very much.
Le président : Merci beaucoup.
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Peuples autochtones
34:25
Hon. Gerry St. Germain, P.C., former senator, as an individual:
Thank you, and good evening to everyone. It is a pleasure for me
to be back with you in this storied room. I have many fond
memories of the work that we accomplished together at this table
during my time as a senator and member of this great committee.
I must admit the view is a bit different from this end of the table,
but regardless, it is an honour for me to be sitting here. It was
always a great honour for me to sit at the other end. It is just as
big of an honour for me to be here as a witness. I will make my
presentation as brief as possible. I want to touch on a few key
points that I believe are critical to the committee’s topic of study.
L’honorable Gerry St. Germain, C.P., ancien sénateur,
à titre personnel : Merci et bonsoir à tous. Je suis très heureux
de me retrouver dans cette enceinte historique. Je garde
d’excellents souvenirs des années que j’ai passées ici, avec vous,
comme sénateur et membre de ce superbe comité. Je dois avouer
que la perspective est un peu différente, de ce côté-ci de la table,
mais quoi qu’il en soit, je me sens privilégié d’être ici ce soir. Je me
suis toujours senti très privilégié de siéger à l’autre bout, et
aujourd’hui, c’est la même chose, même si c’est en qualité de
témoin. Je vais essayer d’aborder aussi succinctement que possible
les quelques points qui me paraissent les plus importants pour
votre étude.
Before I begin, I want to take an opportunity to recognize
former Senator Thelma Chalifoux from Alberta, who is aged now
and is suffering from many health challenges and who for many
years was a member and served as chair of this committee. Her
work contributed greatly to advancing issues important to the
Metis peoples of Canada and deserves recognition. She is a great
Metis person, and I think we should spend more time praising our
people as we go forward.
Tout d’abord, j’aimerais saluer l’ex-sénatrice Thelma
Chalifoux, de l’Alberta. Elle souffre aujourd’hui, en raison de
son grand âge, de nombreux problèmes de santé, mais pendant
des années, elle a présidé ce comité et a travaillé sans relâche à
l’avancement de la cause des Métis. Elle mérite notre
reconnaissance. C’est une grande personnalité métisse, et je
pense que nous devrions saluer davantage le travail de ces gens-là.
Honourable senators, let me preface my presentation this
evening by stating that in no way, shape or form do I claim to be
an expert in this area. I am just here as Gerry, a little Metis guy
from Manitoba who has a bit of experience as a result of being a
senator, a member of Parliament in the House of Commons and a
cabinet minister. I am sitting by a lady here who is an expert in
her field. I just wanted to make certain that all senators were
aware of this.
Honorables sénateurs, je dois vous dire d’emblée que, en ce qui
concerne l’objet de votre étude, je ne prétends pas être un expert
en la matière. Je suis tout simplement Gerry, le p’tit gars métis du
Manitoba, qui a acquis une certaine expérience parce qu’il a été
sénateur, député et ministre à Ottawa. Ma voisine, elle, est une
vraie spécialiste de la question. Il fallait que cela soit dit.
I come before you to share my life experiences and
observations and to put on the record my account of the facts
that I believe constitute the identity of the Metis in Canada.
Je suis ici pour vous parler de mon expérience personnelle et
vous expliquer ce qui, à mon avis, définit l’identité métisse au
Canada.
I was born and raised in a small Manitoba town near the city of
Winnipeg in the parish of St. François Xavier. To the locals in the
area, this place was known as Grant Town, named after the Metis
leader Cuthbert Grant, of who I am a direct descendent. For
historical context, Grant led the Metis in the Battle of Seven Oaks
against the Hudson’s Bay Company in 1816. He was the leader of
our people who were located along the Assiniboine River. This is
where my family originated and the location of where I grew up as
a child.
Je suis né et j’ai grandi dans une petite ville du Manitoba, près
de Winnipeg, dans la paroisse de Saint-François-Xavier. Les gens
du coin l’appelaient Grant Town, du nom du chef métis Cuthbert
Grant, dont je suis un descendant. Il faut savoir que c’est
Cuthbert Grant qui a mené la bataille de la Grenouillère, contre la
Compagnie de la Baie d’Hudson, en 1816. C’est lui qui dirigeait le
peuplement métis établi le long de la rivière Assiniboine. C’est le
lieu d’origine de ma famille et c’est là que j’ai passé toute mon
enfance.
My father was a Metis trapper. He hunted beaver and muskrat
to assist in putting food on our table. We lived partly off the land
and held a special connection to it. In turn for acting as
caretakers, the land gave us life. It also gave us our identity. From
our identity stemmed our culture and way of life, our language,
history and our traditions. That is why I so proudly wear the vest
I wear tonight. It was made by a Metis woman in Winnipeg, a
great lady, great artist.
Mon père était un trappeur métis. Il chassait le castor et le rat
musqué, qu’on nous servait ensuite à table. Nous vivions en partie
des ressources de la terre et nous avions donc un lien particulier
avec la nature. Parce que nous prenions soin de la préserver, la
nature nous donnait ce dont nous avions besoin pour vivre. Mais
elle contribuait aussi à forger notre identité. Et cette identité a
modelé notre culture, notre mode de vie, notre langue, notre
histoire et nos traditions. C’est la raison pour laquelle je suis si fier
de porter le gilet que j’ai ce soir et qui a été confectionné par une
Métisse de Winnipeg, une grande dame et une véritable artiste.
My lineage belongs to a collective group called the Metis. I do
not take issue with this. What I do take issue with is the presentday broad application of the term ‘‘Metis.’’ When I was growing
Mes origines appartiennent à un groupe qu’on appelle les
Métis. Je n’ai rien à redire à ça. Par contre, ce qui me déplaît, c’est
la généralisation du terme « Métis ». Quand j’étais enfant, nous
34:26
Aboriginal Peoples
20-3-2013
up, we did not refer to ourselves as Metis. We were half-breeds or
Michif. We either spoke Michif or, on the anglophone side,
Bungee. As Michif, we spoke our own language and celebrated a
distinct culture. We were settled in a defined geographic location
within Western Canada.
ne nous considérions pas comme des Métis, mais plutôt comme
des Sang-mêlé ou des Michifs. On parlait soit le michif, soit, chez
les anglophones, le bungee. Nous, les Michifs, nous avions notre
propre langue et notre propre culture. Nous étions établis dans
une région bien définie de l’Ouest canadien.
The present-day term ‘‘Metis’’ does not properly recognize nor
does it seek to define the rich history of our people. Presently, if
you have some degree of Indian blood in your ancestry, you can
self-identify as Metis, regardless of the geographical boundaries.
This is the crux of the problem, I believe.
Aujourd’hui, le mot « Métis » ne traduit pas vraiment ni ne
cherche à définir la riche histoire de notre peuple. Aujourd’hui, il
suffit d’avoir un peu de sang indien parmi ses ancêtres pour
pouvoir se déclarer Métis, quelle que soit la région. C’est ça le
fond du problème, à mon avis.
Who are the original Metis people in the traditional sense of
the term? In conducting my research for this presentation, I asked
the Library of Parliament to try to locate when the word ‘‘Metis’’
was first used. The library could not find an exact date of origin as
to the first use of the term. Historical papers indicate ‘‘Metis’’
became a mainstream term during the 1930s. It is a French word
meaning ‘‘of mixed ancestry.’’ Prior to 1930, English speakers
referred to us as ‘‘half-breeds.’’ I recall being called a half-breed
and much worse as a young child, and this discrimination
followed me into adulthood. It built a lot of character.
Qui sont les Métis d’origine, au sens traditionnel du terme?
Pour préparer cet exposé, je me suis renseigné à la Bibliothèque du
Parlement pour essayer de savoir quand le mot « Métis » a été
utilisé pour la première fois. La bibliothèque n’a pas pu me le dire.
D’après des sources historiques, le mot « Métis » est entré dans le
vocabulaire courant dans les années 1930. C’est un mot français
qui signifie « d’ascendance mixte ». Avant 1930, les anglophones
nous appelaient des « Sang-mêlé ». Je me souviens d’avoir été
traité de Sang-mêlé et même pire, quand j’étais enfant, et cette
discrimination m’a poursuivi jusqu’à la vie adulte. Mais ça forge
le caractère.
Being Metis during this period of time was not something
people proudly advertised, including some of the members of my
own family, for they feared that the community would look down
upon them if they showed any pride for their heritage. This stigma
stayed with some of them for many years.
À cette époque, les gens n’osaient pas dire ouvertement qu’ils
étaient Métis, y compris les membres de ma famille, car ils avaient
peur d’être méprisés par la collectivité s’ils affichaient la moindre
fierté pour leur culture. Beaucoup d’entre eux en ont été
stigmatisés pendant longtemps.
I recall a time when I was a member of the House of Commons
and we were engaged in a debate on a bill to recognize Louis Riel.
I spoke to the bill and for the first time publicly referenced my
Metis heritage. Some of my family got wind of the speech and
called me to say I had embarrassed them by making this
declaration. Unfortunately, there are many people, including
certain members of my family, who are still hesitant to declare
their heritage. The implication of this reluctance further
complicates the question of who comprises the true Metis identity.
Je me souviens, quand j’étais député, que, lors du débat sur un
projet de loi visant à reconnaître Louis Riel, j’ai révélé pour la
première fois en public mes origines métisses. Quand certains
membres de ma famille l’ont appris, ils m’ont appelé pour me dire
que je les avais mis dans l’embarras en faisant une telle révélation.
Malheureusement, il y a beaucoup de gens, y compris des
membres de ma propre famille, qui hésitent encore à révéler leurs
origines métisses. Cette réticence ne facilite pas les choses quand
on veut définir la véritable identité métisse.
As I stated earlier, I do not claim to be an expert on the
minutia or the varying legal opinions on this topic, but I can
speak as someone raised in the Michif culture. Understanding the
term ‘‘Michif’’ is key to understanding who is and who is not part
of the original Metis peoples. Michif is much more than a term; it
is a language spoken by the people of a particular geographic area
in Western Canada. Michif identifies the people of mixed Indian
and European blood who populated the Red River settlement in
Manitoba. This location, I believe, is the nucleus of the original
Metis people.
Comme je l’ai dit tout à l’heure, je ne prétends pas être un
expert en la matière et connaître les diverses interprétations
juridiques qu’on donne de la question, mais je peux vous parler de
mon expérience, moi qui ai été élevé dans la culture michif. Il faut
comprendre ce que signifie le mot « Michif » pour pouvoir faire la
distinction entre ceux qui font partie des peuples métis d’origine et
ceux qui n’en font pas partie. « Michif » n’est pas seulement un
mot, c’est aussi une langue parlée par les habitants d’une région
bien précise de l’Ouest canadien. Les Michifs sont les gens
d’ascendance mixte indienne et européenne qui peuplaient la
colonie de la Rivière-rouge, au Manitoba. C’est cette ville qui est,
je crois, le lieu d’origine du peuple métis.
The geographic location of origin, the language and the culture
are the key elements that distinguish the Metis from all other
Aboriginal groups in Canada. We must remember that at one
time in history the people of this distinct identity formed a
provisional government in response to Canada’s attempts to take
Le lieu d’origine, la langue et la culture sont les principales
caractéristiques qui distinguent les Métis des autres groupes
autochtones au Canada. Il ne faut pas oublier qu’à une certaine
époque, les gens qui appartenaient à cette identité distincte ont
formé un gouvernement provisoire pour résister aux tentatives du
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Peuples autochtones
34:27
away their territory and colonize their people. Louis Riel was
their leader, the leader of the Metis people who formed this
government.
gouvernement canadien de confisquer leur territoire et de
coloniser leur peuple. Louis Riel était leur chef, et le chef de ce
gouvernement.
There exist other examples in law, and on the public record,
that support my position. This committee heard many of these
legal and historical examples from lawyer Jean Teillet, to whom
my colleague referred, during her appearance as a witness last
May. I fully support her findings. I told her that when I came here
I would plagiarize her, copy her and emulate her, because I believe
that she is as accurate as it is possible to be on this issue.
Il y a d’autres exemples dans le droit et dans l’histoire qui
appuient ma position. Lorsqu’elle a comparu devant votre comité
en mai dernier, l’avocate Jean Teillet, que ma collègue a citée,
vous a donné de nombreux exemples juridiques et historiques, et
je suis en parfait accord avec elle. Je lui ai dit que quand je
viendrais témoigner, je répéterais mot pour mot ses propos parce
qu’elle a entièrement raison sur tout.
Her presentation included scrip records, scrip being handed out
by Canada to the Metis in an effort by the Crown to deal with the
Metis in the establishment of title and rights to the land. Scrip
records are important because they clearly indicate the geographic
location of the original Metis people and their settlements.
Lorsqu’elle a comparu, elle vous a montré les certificats que le
Canada distribuait aux Métis pour leur donner un titre et des
droits sur des terres. Ces certificats sont importants car ils
indiquent précisément là où était installé, à l’origine, le peuple
Métis.
Though the Supreme Court of Canada’s rulings in Powley and
Daniels stopped short of providing absolute clarity on who is and
who is not Metis, I believe that these rulings were a step in the
right direction. Both court rulings assist in pointing to a Metis
identity in Canada that is distinct and separate from the identities
of other Aboriginal groups. In Powley, the Supreme Court said
that in order to self-identify they have to have an ancestral
connection to a distinct Metis community and they have to be
accepted by the community.
Même si, dans les arrêts Powley et Daniels, la Cour suprême du
Canada ne définit pas de façon parfaitement claire qui est Métis et
qui ne l’est pas, je crois que ces arrêts sont un pas dans la bonne
direction. En effet, ils reconnaissent tous les deux que l’identité
métisse est distincte de celle des autres peuples autochtones. Dans
l’arrêt Powley, la Cour suprême affirme que, pour se déclarer
Métis, il faut avoir un lien ancestral avec une communauté métisse
particulière et il faut être accepté par ladite communauté.
In a recent decision, the Supreme Court upheld the claim by
the Manitoba Metis Federation that the federal government is at
fault for failing to live up to the intent of the provisions of the
Manitoba Act, 1870. This act guaranteed a tract of land, some 1.4
million acres, to the Metis people who populated the original Red
River settlement. This guarantee was never delivered upon.
Dans une décision récente, la Cour suprême a donné raison à la
Fédération des Métis du Manitoba qui arguait que le
gouvernement fédéral ne s’était pas acquitté des obligations
prévues par la Loi de 1870 sur le Manitoba. Cette loi garantissait
en effet la cession d’un territoire de 1,4 million d’acres aux Métis
qui peuplaient la colonie de la Rivière-rouge, mais cet engagement
n’a jamais été tenu.
In closing, senators, let me state that I believe the term ‘‘Metis’’
defines a people of a distinct culture who settled in a certain part
of our country. There exists a language, a culture, a history and
an entire people’s identity that has been misunderstood and
misrepresented for far too long.
Pour terminer, je tiens à dire que, pour moi, le mot « Métis »
définit un peuple qui a une culture distincte et qui s’est établi dans
une région bien précise au Canada. La langue, la culture, l’histoire
et l’identité de ce peuple sont mal comprises et mal interprétées
depuis trop longtemps.
I wanted this study done when I chaired this committee
because I had a feeling that these decisions would come down in
the way in which they have. In 1982 when section 35 was
established, no definition was given of to whom ‘‘Metis’’ referred.
They just added ‘‘Metis’’ to section 35. This is a must for legal and
policy purposes now driven by these Supreme Court decisions. It
is critical that this committee come up with recommendations that
clarify who the Metis people are and how they are to be treated.
Powley, Daniels and the Manitoba Metis Federation all indicate
the need for clarification on identity. It is my hope that the
deliberations of this committee will provide some much-needed
clarity to the complex issue of Metis identity in Canada.
Je voulais qu’on entreprenne cette étude quand j’étais président
du comité, parce que j’avais l’intuition que les décisions qui
allaient être rendues iraient dans ce sens. En 1982, lorsqu’on a
adopté l’article 35, on a omis de définir le mot « Métis », on l’a
simplement ajouté à la liste. Aujourd’hui, les arrêts de la Cour
suprême nous obligent à définir ce terme, à la fois sur le plan
juridique et sur le plan administratif. Il est crucial que votre
comité fasse des recommandations en vue de définir l’identité et le
statut des Métis. Les arrêts Powley et Daniels et les arguments de
la Fédération des Métis du Manitoba soulignent clairement la
nécessité de définir cette identité. J’espère sincèrement que votre
étude contribuera à faire enfin la lumière sur cette question
complexe.
I would like to thank each one of you for your attention and
for giving me this opportunity to be with you and to share my
views. I know that they are not the views of everyone. They are
my own personal views, and I have these views because I lived the
J’aimerais remercier chacun et chacune d’entre vous de m’avoir
écouté et de m’avoir donné l’occasion de venir vous donner mon
point de vue. Tout le monde ne le partage pas, j’en suis conscient,
mais c’est le mien et c’est le fruit de mon expérience personnelle.
34:28
Aboriginal Peoples
20-3-2013
life. I know what it was to be called maudit sauvage. That is what
they called us; bloody savages, and worse. In northern Montana
they were referred to as ‘‘bush’’ and the ‘‘N-word.’’
Je sais ce que ça signifie de se faire traiter de maudit sauvage.
C’est comme ça qu’on nous appelait, et parfois c’était pire. Dans
le nord du Montana, on les traitait de « bush » (ploucs) et même
de « sales nègres ».
Now is the time to make it right. You have the opportunity to
write a report that the government cannot ignore, that no one can
ignore.
Le moment est venu de réparer cette injustice. Vous avez
l’occasion de rédiger un rapport que tout le monde, y compris le
gouvernement, sera bien obligé de prendre en compte.
The Chair: Thank you very much, Senator St. Germain.
Le président : Merci beaucoup, sénateur St. Germain.
Senator Dyck: Welcome again. You make a very interesting
witness panel. Not only are you male and female, but you have
somewhat different views on the definition of ‘‘Metis.’’
La sénatrice Dyck : Je vous souhaite à nouveau la bienvenue
parmi nous. Vous formez un panel intéressant en ce sens que non
seulement vous êtes homme et femme, mais qu’en plus, vous avez
des opinions bien différentes sur la définition du mot « Métis ».
My question will somewhat reveal my ignorance. Senator
St. Germain, you talked about Powley, Daniels and the Manitoba
Metis Federation decisions. Powley was related to a prairie-based
case, was it not?
Ma question trahit sans doute mon ignorance, sénateur
St. Germain, mais vous avez parlé des arrêts Powley et Daniels
et de la Fédération des Métis du Manitoba; or, l’arrêt Powley ne
concernait-il pas une affaire propre à la région des Prairies?
Mr. St. Germain: No, it was from the Sault Ste. Marie or
Great Lakes area.
M. St. Germain : Non, c’était la région de Sault Ste. Marie ou
des Grands Lacs.
Senator Dyck: Daniels and the Manitoba Metis Federation are
prairie-based. Maybe we need a decision on B.C. history. Is there
any talk of a legal case from B.C. in order to get a legal opinion
on whether the Metis in B.C. also fit some kind of legal definition?
Perhaps they evolved into a distinctive culture. Having a separate
geography, perhaps they would fit your definition, Senator
St. Germain.
La sénatrice Dyck : L’arrêt Daniels et la Fédération des Métis
du Manitoba concernaient bien une affaire propre à la région des
Prairies. Il faudrait peut-être avoir aussi un arrêt pour la
Colombie-Britannique. Est-ce qu’il est question d’entamer une
procédure juridique pour savoir si les Métis de cette province
répondent à une définition juridique? Ils ont peut-être développé
une culture distincte, et comme ils sont établis dans un secteur
géographique distinct, ils répondent peut-être à votre définition,
sénateur.
Ms. Barman: There was a B.C. case on part of the Okanagan,
the Willison case, but the evidence was presented very badly. The
Okanagan Metis were arguing it, and in the first instance it was
upheld and then overturned.
Mme Barman : Les Métis de l’Okanagan ont lancé une
procédure, mais ils ont très mal présenté leurs arguments et ils
ont été déboutés en première instance.
It goes beyond whether you win or lose. The difficulty with
court cases is that they require a lot of money, and most people I
know who define themselves as Metis, be they from the Prairies,
British Columbia or Manitoba, are not rich people who can
afford to put cases before the courts. The federal government is
currently funding the Métis National Council and Métis Nation
British Columbia. I believe that Métis Nation British Columbia
agrees with Senator St. Germain’s definition.
Ce n’est pas seulement une question de gagner ou de perdre. Le
problème, avec les tribunaux, c’est que ça coûte très cher, et la
plupart des gens que je connais et qui se déclarent Métis, qu’ils
soient des Prairies, de la Colombie-Britannique ou du Manitoba,
ce ne sont pas des gens riches, ils ne peuvent pas se permettre de
financer des procédures judiciaires pareilles. À l’heure actuelle, le
gouvernement fédéral accorde une aide financière au Ralliement
national des Métis et à la Métis Nation Bristish Columbia. Je
crois que cette organisation souscrit à la définition du sénateur
St. Germain.
Many of the people who self-identify, be they from British
Columbia or elsewhere, live lives not unlike Senator
St. Germain’s life, but they do not have the ability to go to
court. They do not have the time to go to court because they are
busy trying to make a living.
La plupart de ceux qui se déclarent Métis, qu’ils vivent en
Colombie-Britannique ou ailleurs, ont connu à peu près la même
chose que le sénateur St. Germain, mais ils n’ont pas les moyens
de s’adresser aux tribunaux, et ils n’en ont pas le temps parce
qu’ils doivent travailler pour vivre.
I think the Daniels case is interesting because in its decision it
groups together non-status Indians and Metis people. Many of
the people, again in British Columbia, will vary as to whether they
are non-status or Metis. A lot of that depends upon what is
happening in the newspapers and elsewhere. I think one of the
La décision Daniels est intéressante en ce sens qu’elle regroupe
les Indiens non inscrits et les Métis. Beaucoup de gens, et je parle
de la Colombie-Britannique, ne savent pas très bien s’ils sont
Indiens non inscrits ou Métis. Ça dépend beaucoup de ce qui se
dit dans les journaux et ailleurs. Je pense que l’un des problèmes,
20-3-2013
Peuples autochtones
34:29
difficulties is the law. Daniels goes back to the British North
America Act. It goes back to the right of Parliament to make a
decision. If that is upheld, you folks are ready to go.
c’est la loi. L’arrêt Daniels remonte à l’Acte de l’Amérique du
Nord britannique, il remonte au droit du Parlement de statuer. Si
c’est validé, vous avez le feu vert.
Mr. St. Germain: There is no question that there is no simple
solution to the complexity of this entire question. There is no grey
area in court cases. You either win or lose, and that is not
necessarily the best way to settle something. When you are dealing
with something like this, you have to have compromise positions.
M. St. Germain : Il est évident qu’il n’y a pas de solution
simple à ce problème très complexe. Dans les décisions judiciaires,
il n’y a pas de zones grises. Vous gagnez ou vous perdez, et ce
n’est pas forcément la meilleure façon de régler les choses. Dans
des cas comme ça, il faut trouver des solutions de compromis.
My argument goes back to what Jean Teillet said. We had a
language, a culture, our music, and a provisional government.
These were the things that determined us. Take a country like
Poland or France. The people speak, and they have their culture,
music, traditions and customs. These are the things that
determine what a group of people is. That is why I feel
comfortable in putting forward the argument that I do. The
thing is that the cases would be in your hands, and it will be your
wisdom that will determine what comes out of this study.
J’en reviens à ce qu’a dit Jean Teillet. Nous avions notre
langue, notre culture, notre musique, et un gouvernement
provisoire. Voilà ce qui nous définissait. Prenez un pays comme
la Pologne ou la France. Les gens ont leur langue, leur culture,
leur musique, leurs traditions et leurs coutumes. C’est ce qui
définit un peuple. C’est la raison pour laquelle je me sens
parfaitement à l’aise quand je défends ces arguments. Cependant,
c’est à vous de décider, c’est à vous de déterminer, dans toute
votre sagesse, ce que conclura cette étude.
The Chair: I have just one question, Ms. Barman. Sometimes
the path to finding out ‘‘who is’’ is simpler than the path to
determining ‘‘who is not.’’ When it comes to Metis, would you
agree that that has become a bit of a reality for us as well?
Le président : Je n’ai qu’une question à poser, et je m’adresse à
Mme Barman. Parfois il est plus facile de définir « ce qui est »
plutôt que « ce qui n’est pas ». S’agissant des Métis, ne pensezvous pas que c’est devenu une réalité pour nous aussi?
Ms. Barman: Mr. St. Germain’s comment about being thought
of as a half-breed and then becoming a Metis is fundamental to
what we are talking about. In British Columbia, as well as having
60,000 people who define themselves as Metis, we have another
80,000 people who define themselves as having some Aboriginal
ancestry. Most of those people, in practice, in private, will think
of themselves as being half-breeds. We are basically talking about
a status that nobody wanted to have, but people acknowledged
that they had. We are talking about how you validate that status.
One of the ways to validate that status at the present time is to be
Metis, because being Metis has become good for certain reasons
and being half-breed is still bad.
Mme Barman : M. St. Germain a parlé de ce qu’il ressentait
quand il se faisait traiter de Sang-mêlé, et le fait de s’assumer
pleinement Métis est fondamental dans tout ce débat. En
Colombie-Britannique, en plus des 60 000 personnes qui se
déclarent Métis, il y en a 80 000 qui disent avoir des ancêtres
autochtones. Dans la vie quotidienne, entre eux, la plupart de ces
gens se considèrent comme des Sang-mêlé. Autrement dit, c’est un
statut dont ils ne voulaient pas mais ils reconnaissaient que c’était
le leur. Et l’une des façons de faire valider ce statut, c’est d’être
Métis, car, pour toutes sortes de raisons, aujourd’hui c’est bien vu
d’être Métis, mais ce n’est toujours pas bien vu d’être Sang-mêlé.
The Chair: We had a number of witnesses who would have selfidentified as Metis. Mr. St. Germain was here for some of those
witnesses. A number of people around this table were challenged
based on what we would have seen as being Metis, or possibly
what we have been educated about what is Metis, and it does
make it difficult at times for us. We heard groups who I felt
absolutely expressed to us and provided evidence of Aboriginal
heritage, but based on what we consider to be Metis, we were
challenged by whether we would define them as Metis. Is that also
what you are referring to?
Le président : Nous avons entendu un certain nombre de
témoins qui se sont déclarés Métis. M. St. Germain était encore
là, pour certains d’entre eux. Et je me souviens que plusieurs
d’entre nous, autour de la table, étions un peu perplexes étant
donné l’image que nous nous faisions des Métis, ce que nous
avions entendu. Bref, ça ne nous rend pas la tâche facile. Nous
avons entendu des groupes qui nous ont présenté des preuves
convaincantes de leur ascendance autochtone, mais étant donné la
définition que nous donnons au mot Métis, nous avions du mal à
savoir s’ils y répondaient. Est-ce à ça aussi que vous faites
allusion?
Ms. Barman: Yes. When the clerk tried to persuade me to come
here, she said, ‘‘Go read through the past testimony.’’ I read
through every word of the testimony of the committee to date. I
absolutely agree with you, based on my reading of it in the last
five days. Yes, I think it is difficult. There is no right answer, and
there may be no answer, as to what do you do. One of the real
difficulties is this whole other group of people in Canada who are
Mme Barman : Oui. Lorsque la greffière a essayé de me
convaincre de venir vous rencontrer, elle m’a conseillé de lire les
témoignages antérieurs. Je les ai tous lus, scrupuleusement. Je suis
entièrement d’accord avec vous, d’après ce que j’ai lu au cours des
cinq derniers jours. Oui, c’est un exercice difficile. Il n’y a pas de
solution magique, il n’y en a peut-être pas du tout, et je parle de la
mission qui vous est confiée. L’un des gros problèmes est
34:30
Aboriginal Peoples
20-3-2013
essentially called non-status. Those are the people who have
certain flexibility. They can move from one category to the other
category, I think.
l’existence de tout ce groupe qu’on appelle les Indiens non inscrits.
Ce sont ces gens-là qui sont les plus mobiles : ils peuvent passer
d’une catégorie à l’autre, je pense.
The Chair: Mr. St. Germain, did you have a response or a
comment as well?
Le président : Monsieur St. Germain, avez-vous quelque chose
à ajouter?
Mr. St. Germain: It is easier, I think, to determine ‘‘who is’’
than ‘‘who is not.’’ That is a fairly astute observation. I have read
the testimony and I was here. I came to give my own personal
testimony here tonight as to who I am, but the reason I really
wanted this study done is that as the legal and policy requirements
evolve as a result of court cases and rights and benefits that will
flow to people, I think it is critical that if you are the Minister of
Aboriginal Affairs or the interlocutor, like we have, where do you
go? Who gets what?
M. St. Germain : Il est plus facile de définir « ce qui est » que
« ce qui n’est pas ». Je crois que c’est bien dit. J’ai lu les
témoignages et j’étais présent. Aujourd’hui, je suis venu parler de
mon expérience personnelle, mais la raison pour laquelle je tenais
à ce que cette étude se fasse, c’est que les exigences juridiques et
administratives évoluent au fur et à mesure des décisions
judiciaires, et que les droits et indemnités évoluent en
conséquence; il est donc crucial que le ministre des Affaires
autochtones ou l’interlocuteur fédéral, en l’occurrence, sache à
qui donner quoi.
It is like the Harvester Cards. When the Harvester Cards came
out, a litany of people declared themselves Metis because they
wanted to benefit from Harvester Cards. That was as a result of
the Powley decision. The identification is critical.
C’est comme les cartes de chasse, de pêche et de piégeage.
Lorsqu’elles sont apparues, une foule de gens se sont déclarés
Métis pour en bénéficier. C’était dans le sillage de la décision
Powley. L’identification est cruciale.
As I said earlier, Mr. Chair, I do not see myself as an expert in
this area, but I do have opinions because I lived the experience. I
have no regrets. I am proud of the fact of where I came from and I
am proud of the fact that my ancestors are part of the history of
this country. However, it is a challenge. It is easier to say ‘‘who is’’
than ‘‘who is not.’’
Comme je l’ai dit tout à l’heure, je ne prétends pas être expert
en la matière, mais j’ai mes opinions parce que j’ai vécu cette
expérience. Je n’ai aucun regret. Je suis fier de mes origines et je
suis fier que mes ancêtres aient joué un rôle dans l’histoire de
notre pays. Mais c’est un problème. C’est plus facile de définir
« ce qui est » que « ce qui n’est pas ».
Ms. Barman: One of the interesting pieces of information I
gained from reading through the past testimony is that most of
the provinces use the census as their basis. When they came and
talked to you and said there are 80,000 Metis, or there are so
many Metis, and if you look at the census numbers for 2006, that
is what they were talking about. The census numbers are based on
self-identification. They are not based on any of these other
criteria. It is really interesting, at least for a lot of the witnesses
you had, as to how self-identification has become their basis for
who qualifies and who does not.
Mme Barman : En lisant les témoignages antérieurs, j’ai
remarqué que la plupart des provinces se fondent sur les
données du recensement. Lorsqu’elles ont comparu devant vous
et qu’elles ont dit qu’elles avaient 80 000 Métis dans leur
population, par exemple, cela correspond exactement au chiffre
indiqué dans le recensement de 2006. Les chiffres du recensement
se fondent sur la déclaration volontaire, et sur aucun des autres
critères. C’est très intéressant de voir comment la déclaration
volontaire est devenue, au moins pour un grand nombre de
témoins que vous avez entendus, le critère déterminant pour
décider qui est Métis et qui ne l’est pas.
The Chair: In your research in British Columbia, what
percentage of those 60,000 people would meet the definition of
Powley?
Le président : D’après les recherches que vous avez faites en
Colombie-Britannique, quel pourcentage de ces 60 000 personnes
répond à votre avis à la définition de Powley?
Ms. Barman: Where they come from? I agree with
Mr. St. Germain. I would think that most of them probably
have their origins in the prairies. A lot of them have their origins
in the prairies from a long time ago, from the 1930s and 1940s,
which is an interesting aspect of how Powley works itself out.
Mme Barman : Leur origine géographique? Je suis d’accord
avec M. St. Germain, la plupart ont sans doute leurs origines
dans les Prairies, mais des origines lointaines, dans les années 1930
et 1940, ce qui montre bien les ramifications de la décision
Powley.
I had a student who was finishing her bachelor’s degree and
deciding what she was going to do. She asked me, ‘‘What should I
do?’’ Then she said, ‘‘I have the idea. I went home and said to my
parents, ’What should I do?’ and they said to become a Metis.’’
Her family was from the prairies. She said, ‘‘I became a Metis, so
now I have all these qualifications and advantages for getting into
law school,’’ and she did.
J’avais une étudiante qui finissait ses études de baccalauréat, et
elle se demandait ce qu’elle devrait faire après. Après m’avoir posé
la question, elle est revenue, plus tard, pour me dire : « Je sais ce
que je vais faire. Je suis retournée chez moi et j’en ai parlé à mes
parents, et ils m’ont conseillé de devenir Métisse. » Ses parents
vivaient dans les Prairies. « Je suis donc devenue Métisse, et
maintenant j’ai toutes les qualifications ainsi que des indemnités
pour faire mon droit. » Et c’est ce qu’elle a fait.
20-3-2013
Peuples autochtones
34:31
There is a certain kind of flexibility in all of this. She has prairie
origins that went back three or four generations, but she had not
been back there since she was three or four. She had never been
back there herself as a child. It sort of explodes the Powley
definition in terms of a continuing connection. She said, ‘‘I am
going back there on my holidays; I will be okay,’’ and she did.
Tout ça est assez flexible. Ses origines dans les Prairies
remontaient à trois ou quatre générations, mais elle n’y était
pas retournée depuis l’âge de trois ou quatre ans. Elle n’y était
jamais retournée enfant. C’est donc étirer pas mal la définition de
l’arrêt Powley, où il est question de maintenir une forte affinité.
Elle m’a dit qu’elle allait retourner là-bas pour les vacances, et que
tout irait bien. Et c’est ce qu’elle a fait.
Mr. St. Germain: When I was going through the transcripts,
one of the witnesses said that in Quebec some Haitian people are
checking off ‘‘Metis’’ when it comes to the census.
M. St. Germain : En lisant les témoignages, j’ai vu que l’un des
témoins a dit qu’au Québec, des Haïtiens cochaient la case
« Métis » dans le formulaire de recensement.
Ms. Barman: Exactly.
Mr. St. Germain: As a result, the numbers can be skewed
considerably. However, for them, they are answering with all
sincerity that they feel they are of mixed blood, Metis.
Mme Barman : Exactement.
M. St. Germain : C’est dire combien les résultats peuvent être
complètement faussés. Mais ces gens-là pensent qu’ils disent la
vérité puisqu’ils se croient d’ascendance mixte, donc des Métis.
The Chair: Mixed-blood francophone.
Le président : Des Métis francophones.
Mr. St. Germain: That is it.
M. St. Germain : C’est ça.
Ms. Barman: It is a mess.
Mme Barman : C’est la confusion la plus totale.
Mr. St. Germain: It is a mess. It is not an easy one to sort out.
M. St. Germain : Tout à fait d’accord, et ce ne sera pas facile
d’en sortir.
Senator Sibbeston: Whenever we have had experts appear
before us, I always ask them whether the courts are moving
towards eventual recognition of Metis under section 91.24 on the
same basis as Indian people. The response has always been
uncertain. They are not willing to say, ‘‘Yes, it is coming to that.’’
However, there have now been a number of decisions, particularly
the Daniels decision —
Le sénateur Sibbeston : Chaque fois que nous accueillons des
spécialistes, je leur demande si les tribunaux vont finir par
reconnaître les Métis en vertu du paragraphe 91.24, au même titre
que les Indiens. Leur réponse est toujours assez vague, et ils ne
sont jamais prêts à dire que « oui, on se dirige vers ça ». Pour
autant, un certain nombre de décisions ont été rendues,
notamment dans l’affaire Daniels...
Ms. Barman: If it helps, yes.
Mme Barman : Si ça aide, oui.
Senator Sibbeston: — which recognize that the Metis are a
federal responsibility and should fall under section 91.24 on the
same basis as Indians in our country. Our report deals with
essentially the identity of Metis. However, I note there is a section
that deals with the Metis relations with the federal government.
Le sénateur Sibbeston : ... qui reconnaissent que les Métis
relèvent de la responsabilité du gouvernement fédéral et devraient
donc être assujettis au paragraphe 91.24, au même titre que les
Indiens du Canada. Notre rapport porte essentiellement sur
l’identité métisse, mais je vois qu’il y a un chapitre sur les relations
des Métis avec le gouvernement fédéral.
Regardless, do you think it is important that in our report we
should recommend that the federal government begin to deal with
the inevitability that the Metis will come under section 91.24 and
that they ought to prepare, because it will cost more money and
will involve more programs for the Metis? Do you think that
would add significantly to this report?
Quoi qu’il en soit, pensez-vous que nous devrions
recommander, dans notre rapport, que le gouvernement fédéral
commence à se préparer à une situation qui me paraît inéluctable,
à savoir que les Métis seront assujettis au paragraphe 91.24? Il
faut que le gouvernement s’y prépare car ça va coûter de l’argent
et qu’il faudra offrir davantage de programmes aux Métis.
Pensez-vous que nous devrions le dire dans notre rapport?
Ms. Barman: Say ‘‘yes.’’
Mme Barman : Dites « oui ».
Mr. St. Germain: You want me to say ‘‘yes’’? I think he said
you are the expert.
M. St. Germain : Vous voulez que je dise « oui », mais je
croyais que c’était vous la spécialiste.
I think they should be thinking about it. I do not know whether
the case will hold when it goes before the Supreme Court. I think
some thought should be put into it, but until a decision comes
down from the Supreme Court, it is really hard to say. The
government has enough things to do. There are enough things to
be done that I think some thought should be given, but I would
leave it at that until the court decision comes down.
Je crois en effet qu’il faudrait que le gouvernement y
réfléchisse. Je ne sais pas si la Cour suprême confirmera la
décision; c’est difficile de dire, mais, en attendant, il faudrait
quand même y réfléchir. Le gouvernement a déjà beaucoup de
choses à faire, mais il devrait quand même y réfléchir, en
attendant la décision de la Cour suprême.
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Aboriginal Peoples
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Ms. Barman: Again, I know more about British Columbia than
anywhere else, but Mike Evans and I have done a lot of looking
around and probing. A lot of the programs for Metis, which
involve money for health and education, are based on selfidentification now. If you go into some place and you want
funding, you will get it.
Mme Barman : Comme je l’ai déjà dit, je connais mieux la
Colombie-Britannique que les autres provinces, mais Mike Evans
et moi avons fait beaucoup de recherches et d’enquêtes là-dessus.
À l’heure actuelle, un grand nombre de programmes pour les
Métis, notamment les programmes de financement en santé et en
éducation, sont fondés sur la déclaration volontaire. Quand vous
demandez des fonds, vous en obtenez.
The difficulty for the Metis Nation and the Métis National
Council groups, like Métis Nation British Columbia, is that they
have become the holders of those kinds of dollars, but they have a
much more severe restriction, in theory.
La difficulté qui se pose à la Nation métisse et aux groupes du
Rassemblement national des Métis, comme la Métis Nation
British Columbia, c’est qu’ils tiennent désormais les cordons de la
bourse pour ces programmes, mais qu’en théorie, ils sont
assujettis à une restriction beaucoup plus sévère.
Therefore, there are contradictions in terms of what is
happening and who is deciding who can be a Metis from the
point of view of getting assistance for schooling, child care and
other kinds of programs that do exist.
Il y a donc une contradiction entre ce qui se passe dans la
réalité et qui décide qu’untel est Métis et qu’il a droit à des aides
financières pour l’éducation, les soins aux enfants et tous les
autres programmes disponibles.
Senator Sibbeston: Mr. St. Germain, you are Metis. You are
one of those that the case in Manitoba deals with; that the Metis
were not properly granted all the lands that they should have been
way back in the 1800s. What is your view with respect to what the
federal government ought to do with respect to the Metis and the
question of land in Manitoba?
Le sénateur Sibbeston : Monsieur St. Germain, vous êtes Métis.
Vous êtes l’un de ceux qui sont visés par la cause du Manitoba,
c’est-à-dire qu’on ne vous a pas donné les terres qu’on vous avait
promises dans les années 1800. Que pensez-vous que le
gouvernement fédéral devrait faire en ce qui concerne les Métis
du Manitoba et toute cette question des terres?
The result of the Supreme Court of Canada decision is
significant and recognizes that the Metis were not properly dealt
with. What are your expectations and what do you think the
government should do?
La décision de la Cour suprême est importante car elle
reconnaît que les Métis n’ont pas été traités équitablement.
Qu’attendez-vous du gouvernement?
Mr. St. Germain: First, for economic reasons, I moved farther
west; I had to leave my home province. However, my view is that
there is a responsibility, and I think we should focus on the people
who have remained in the homeland. I would like to see a focus
on education for young people. We have a lot of challenges as a
Metis people in Canada, and education is one of them. That is
where I would like to see a focus.
M. St. Germain : Premièrement, pour des raisons
économiques, je suis allé m’installer plus à l’ouest. J’ai dû
quitter ma province natale. J’estime cependant que le
gouvernement a une responsabilité, et qu’il devrait s’intéresser
en priorité à ceux qui sont restés sur leurs terres d’origine.
J’aimerais aussi qu’on mette l’accent sur l’éducation des jeunes.
Les Métis du Canada ont beaucoup de défis à relever, et
l’éducation en est un. Je trouve qu’on devrait mettre l’accent
là-dessus.
The other area is economic development. I would like to see
whatever responsibility the government has focused in a way that
benefits everyone but that it is done to maximize the value of the
dollars or whatever will be involved in the award.
Il y a aussi le développement économique. J’aimerais que,
quelle que soit sa responsabilité, le gouvernement s’en acquitte de
façon à ce qu’elle profite à tout le monde, et qu’il s’emploie à
optimiser les sommes d’argent et autres engagements qui seront
éventuellement prescrits dans la décision qui sera rendue.
‘‘You cannot legislate wrongs back into rights; you should only
seek to do justice in your own time.’’ I am paraphrasing
somebody who will shock you, and that is Pierre Elliott
Trudeau. I was in the House of Commons when he said that. It
is important that we should seek to do justice in our own time,
and you cannot legislate wrongs back into rights. However, there
is an opportunity now. I have to commend David Chartrand and
those who led the court case and who persisted and persevered
through all of this.
« On ne peut pas, avec une loi, redresser des torts et en faire des
droits, on peut seulement essayer de rendre la justice en son
temps. » Je paraphrase quelqu’un dont le nom va vous
surprendre. Il s’agit de Pierre Trudeau, et j’étais à la Chambre
des communes quand il a prononcé ces paroles. Il faut chercher à
rendre la justice en son temps, et on ne peut pas, avec une loi,
redresser des torts pour en faire des droits. Mais aujourd’hui,
vous en avez l’occasion. Je tiens à féliciter David Chartrand et
tous ceux qui ont eu le courage et la persévérance de mener cette
bataille juridique jusqu’au bout.
20-3-2013
Peuples autochtones
In my case, I have been blessed. I feel that there are many
people in that homeland, such as young children, who deserve
opportunities for education, health care and economic
development as they progress through their educational process.
Ms. Barman: Can I add something?
The Chair: Please.
34:33
Dans mon cas, j’ai eu de la chance. Mais je sais que dans ma
province d’origine, il y a des gens, notamment des enfants, qui
méritent d’avoir accès à une meilleure éducation, à de meilleurs
services de santé et à de meilleures perspectives économiques.
Mme Barman : Puis-je ajouter quelque chose?
Le président : Je vous en prie.
Ms. Barman: There is a difficulty. I think the Manitoba Metis
Federation court case is an amazing and great outcome, which a
lot of people did not expect, and it came. It is talking about a
specific wrong and a very big wrong. That is conflated with
whatever is meant by being Metis. I think that also conflates with
whatever it means not to be Metis. Many people who are selfidentified Metis have been affected by the same kind of wrong,
and they were affected by those wrongs through the Indian Act,
which limited status as an Indian person, whatever that might
mean, to only men who were Indians at that time and only to
women so long as they were not married to White men.
Mme Barman : Une difficulté se pose. Je pense que la décision
obtenue par le Rassemblement national des Métis est
extraordinaire, et inattendue pour beaucoup de gens. Mais elle
est là, et elle concerne un tort bien précis et considérable. Ça
amplifie ce que ça signifie d’être Métis, et ça amplifie aussi ce que
ça signifie de ne pas être Métis. Tous ceux qui se sont déclarés
Métis — pas les Métis du Manitoba, bien sûr — sont des gens qui
ont subi le même type de tort, en raison du fait que la Loi sur les
Indiens ne conférait le statut d’Indien, quelle que soit la définition
qu’on en donne, qu’aux hommes qui étaient Indiens, à l’époque,
et aux femmes, mais à condition qu’elles n’épousent pas un blanc.
The entire class of Metis and the entire class of non-status
Indians comes out of the same pool in a biological sense in that
these are people who, in practice — whether it is in British
Columbia, Manitoba or anywhere else in Canada — got the worst
of every bargain because they were not wanted on either side.
They might have French-Canadian, European, Chinese or
Mexican fathers — all in the case of British Columbia.
However, they were marginalized in the sense that they were
excluded. They could not live with their maternal kinfolk and
were out in the middle of nowhere. Sometimes their fathers were
there and sometimes their fathers were not there.
Toute la catégorie des Métis et toute la catégorie des Inscrits
non inscrits sont issus du même bassin biologique en ce sens
qu’elles regroupent les gens qui, en pratique — que ce soit en
Colombie-Britannique, au Manitoba ou ailleurs au Canada —
ont été les plus lésés puisqu’ils ont été rejetés par les deux camps.
Leurs ancêtres peuvent être canadiens-français, européens,
chinois ou mexicains — et parfois toutes ces origines à la fois,
comme c’est le cas en Colombie-Britannique. Et ils se sont
retrouvés marginalisés en raison de leur exclusion. Ils ne
pouvaient pas vivre dans la famille de leur mère et étaient donc
dans les limbes. Tantôt leur père était présent, tantôt il ne l’était
pas.
These people may or may not be Metis, but they are living in
the same kinds of circumstances very much as the people who you
want to call ‘‘legitimate Metis.’’ That is where I think the Daniels
case is interesting; it puts together non-status Indians and Metis
to some extent as being part of this same group. That is talking
about needing remediation.
Ces gens-là ne sont peut-être pas tous des Métis, mais leurs
conditions de vie sont très semblables à celles des gens que vous
considérez comme des « Métis légitimes ». C’est à ce niveau-là
que l’arrêt Daniels est intéressant, car il place les Indiens non
inscrits et les Métis à peu près dans la même catégorie, du fait
qu’ils ont tous été victimes d’une injustice qu’il faut réparer.
The question is whether, when you are dealing with Metis, you
are dealing with remedying past wrongs or dealing with people
who come from a particular historical phenomenon that
happened in Manitoba with Louis Riel or in Saskatchewan with
Louis Riel. That is a really important distinction. That one gets
expanded to people with similar experiences in Alberta. It gets
expanded to people in certain parts of Ontario.
La question qu’il faut cependant se poser, c’est de savoir,
s’agissant des Métis, si on veut réparer les torts du passé ou bien si
on veut rendre justice à des gens qui sont issus d’un phénomène
historique particulier qui s’est produit au Manitoba avec Louis
Riel, ou en Saskatchewan avec Louis Riel. C’est une distinction
vraiment importante. Et ça concerne aussi les gens qui ont vécu la
même chose en Alberta ou dans certaines régions de l’Ontario.
As I was trying to explain, Jean Teillet is equating it with the
fur trade. She argues there is no fur trade west of the Rockies
because these are all children of the fur trade. If you say they are
children of the fur trade, then families in British Columbia had
very much the same kind of experience due to the discrimination
that arose from French-Canadians, mainly, and also some
Englishmen marrying indigenous women. The same thing
happened with the gold rush in British Columbia. What is it
you are doing? Who is it you are talking about? Where do you
draw that line, or is there a line that wants to be drawn?
Comme je vous l’ai dit, le point commun, selon Jean Teillet,
c’est le commerce des fourrures. Elle dit qu’il n’y a pas eu de
commerce des fourrures à l’ouest des Rocheuses parce que tous
ces gens étaient issus du commerce des fourrures. Mais si vous
dites qu’ils sont issus du commerce des fourrures, ça signifie que
les familles établies en Colombie-Britannique ont vécu à peu près
les mêmes expériences en raison de la discrimination exercée par
les Canadiens français, principalement, et aussi du fait que
certains anglophones épousaient des femmes indigènes. La même
chose s’est produite avec la ruée vers l’or en Colombie-
34:34
Aboriginal Peoples
20-3-2013
Britannique. Vous devez donc vous demander ce que vous voulez
faire, quelles personnes vous voulez viser, comment vous allez
fixer la limite, et même s’il faut vraiment en fixer une.
Senator Tkachuk: I want to go back to the addition of the
Metis in the Constitution Act, 1982. Is there literature as to what
they expected or what they thought ‘‘Metis’’ was at the time?
Do we have evidence or writings of people who were there at the
time who may give us some enlightenment as to what they were
talking about and what they meant by it?
Le sénateur Tkachuk : J’aimerais revenir sur l’inclusion des
Métis dans la Loi constitutionnelle de 1982. A-t-on des
explications écrites sur la définition que le législateur donnait à
l’époque au mot « Métis »? Existe-t-il des preuves écrites ou des
documents rédigés par des gens qui étaient là à l’époque, car ça
pourrait nous éclairer sur l’intention du législateur?
Ms. Barman: The story that goes through academic circles is
that it goes back to the same Harry Daniels who is in the Daniels
case — that in the afternoon he cornered the people who were to
draft the law and said, ‘‘Just stick in Metis; I like it,’’ and they did.
Mme Barman : D’après ce qu’on raconte dans les milieux
universitaires, ça remonte au même Harry Daniels que celui de
l’affaire Daniels, qui, pendant les négociations, un certain
après-midi, aurait forcé la main des rédacteurs en leur disant
d’inclure les Métis dans la liste parce que c’est ce qu’il voulait, et
ils l’ont fait.
Mr. St. Germain: I have heard the same thing. I concur with
what Ms. Barman says on this. It was a last-minute negotiation
and it definitely was Harry Daniels. I believe he was the head of
the Congress of Aboriginal Peoples at the time, was he not?
M. St. Germain : J’ai entendu la même chose. Je suis d’accord
avec Mme Barman. C’était à la toute fin des négociations, et il
s’agissait bien de Harry Daniels. Je crois qu’il était chef du
Congrès des peuples autochtones à l’époque, n’est-ce pas?
Ms. Barman: Yes, I think he was the head at the time.
Mme Barman : Oui, je crois bien.
Mr. St. Germain: It was a back-room negotiation and it was
just one of those things. This is why the Senate is so important.
Many deals are made in the House of Commons at the last minute
in partisan battles.
M. St. Germain : C’était une négociation en coulisse, comme
ça arrive parfois. C’est pour ça que le Sénat joue un rôle
important. À la Chambre des communes, un grand nombre
d’arrangements se font comme ça, à la dernière minute, pour des
motifs partisans.
Senator Tkachuk: There were a lot of people in the room to just
throw something into the Constitution and not know what they
were doing.
Le sénateur Tkachuk : Ça signifie qu’un grand nombre de
personnes présentes dans la salle auraient accepté à la dernière
minute d’inclure cela dans la Constitution, sans vraiment
comprendre ce qu’elles faisaient.
Mr. St. Germain: I was not there, but I honestly believe they
did. That is a good reason that we should have a house of sober
second thought.
M. St. Germain : Je n’étais pas là, mais je crois sincèrement
que c’est ce qui s’est passé. C’est précisément une des raisons pour
lesquelles il est important d’avoir une chambre capable de faire un
second examen objectif.
Senator Tkachuk: You both talked about what a Metis is.
Ms. Barman, you mentioned the lady in British Columbia who
said she was Metis so she could get certain benefits. It is
important that we have a definition before there are economic
incentives on the table because people who have never thought of
themselves as Metis before will claim they are Metis.
Le sénateur Tkachuk : Vous avez tous les deux expliqué ce
qu’est un Métis. Madame Barman, vous nous avez donné
l’exemple de cette femme de Colombie-Britannique qui s’est
déclarée Métisse pour pouvoir recevoir certaines indemnités.
Il faut que nous trouvions une définition avant de commencer à
parler d’indemnités, car sinon, il y a des gens qui vont se déclarer
Métis alors que ça ne leur était jamais venu à l’esprit auparavant.
Ms. Barman: They already have.
Senator Tkachuk: I am sure they have. The definition of
‘‘Metis’’ should be the same as for or any cultural group, that is,
that their ancestry can be identified and traced to where the Metis
came from; otherwise, the Metis came from nowhere. If my son
married an Aboriginal woman, would his children be Metis? I do
not think so. I think they would just be Canadian citizens because
there is no ancestry, no heritage.
Mme Barman : Ça se fait déjà.
Le sénateur Tkachuk : Je n’en doute pas. La définition de
« Métis » devrait être la même que pour n’importe quel groupe
culturel, c’est-à-dire qu’il faut pouvoir retracer leur ascendance
jusqu’au lieu d’origine des Métis, sinon, les Métis viendraient de
nulle part. Si mon fils épousait une Autochtone, est-ce que leurs
enfants seraient métis? Je ne le pense pas. Ce serait simplement des
Canadiens parce qu’ils n’auraient pas d’ancêtres métis, pas de
patrimoine métis.
20-3-2013
Peuples autochtones
34:35
Mr. St. Germain: There is a geographical area, and it is the
Red River Valley. It is like Poland; Poland is a geographical area.
They speak a language; they have their own music; they have their
own culture. The Metis were hunters, fishermen and, to a degree,
farmers. They were different from the First Nations people and
from the Inuit. They were more nomadic. A language emerged
from that area. The Michif language, or the Bungee language,
whichever you prefer, defined them as a people.
M. St. Germain : Il y a une zone géographique, c’est la vallée
de la rivière Rouge. C’est comme la Pologne; la Pologne est une
zone géographique. Les Polonais ont leur langue, leur musique,
leur culture. Les Métis étaient des chasseurs, des pêcheurs et, dans
une certaine mesure, des cultivateurs. Ils étaient différents des
Premières Nations et des Inuits. Ils étaient plus nomades. Dans
cette région une langue est apparue, le michif, ou encore le
bungee, comme vous voulez, ce qui en a fait un peuple.
Ms. Barman says that she wants the broader concept that
emerged out of the Daniels case. You have to draw the line
somewhere. If you do not, it goes on forever. That is why I believe
that in the identity process we must give serious consideration to
an established geographical area where there was a culture, music
and a unique way of life.
Mme Barman se dit favorable à une interprétation large de la
décision Daniels. Mais il faut fixer une limite quelque part, sinon
ça va durer éternellement. C’est la raison pour laquelle je crois
qu’il faudra sérieusement envisager, pour le processus
d’identification, de faire référence à une zone géographique
précise, caractérisée par une culture, une musique et un mode de
vie particulier.
The Metis also established an economy based on pemmican.
Cuthbert Grant, my ancestor, was the captain of the hunt. My
father spoke very little and very softly. I asked him what he recalls
the most. He recalled my mother’s family going on the last buffalo
hunt. I remember my dad telling me that that was the last time
they would go and that it was likely they would not find anything.
They went with Red River carts.
Les Métis ont aussi développé une économie fondée sur le
pemmican. Cuthbert Grant, mon ancêtre, était capitaine de
chasse. Mon père parlait peu et d’une voix très douce. Un jour
que je le faisais parler de ses souvenirs, il m’a dit que ce dont il se
souvenait le plus, c’était quand la famille de ma mère était partie
chasser le bison pour la dernière fois. C’était la dernière fois qu’ils
allaient chasser le bison, et ils savaient qu’ils ne rapporteraient
probablement rien. Ils y étaient allés avec des charrettes de la
rivière Rouge.
That is an indication. There were symbolic things about them.
They had the Red River carts, their sashes, and other things that
defined them as a distinct culture, a distinct group of people in a
designated geographic area.
C’est une indication. Ils avaient des signes symboliques. Par
exemple, il y avait les charrettes de la rivière Rouge, les ceintures
fléchées et les autres caractéristiques qui en faisaient une culture
distincte, un groupe distinct dans une zone géographique précise.
There are genealogical records in St. Boniface that you can
research. If your ancestry is from there, there are fairly accurate
records that can provide your identity, if you want to go that
route.
Vous pouvez aller faire des recherches dans les dossiers
généalogiques qui sont conservés à Saint-Boniface. Si vos
ancêtres viennent de là, vous y trouverez certainement des
preuves de votre identité métisse; c’est une solution.
Senator Raine: It is great to have you both here and to have the
two different viewpoints.
La sénatrice Raine : C’est intéressant de vous écouter tous les
deux et d’entendre vos points de vue différents
Senator St. Germain, I found it interesting that when you
stood up in the House of Commons and declared yourself to be
Metis some of your family were upset. You obviously went
through a period where you did not want to identify as a Metis.
Can you tell us what that was like?
Sénateur St. Germain, vous avez dit que lorsque vous avez
déclaré à la Chambre des communes que vous étiez Métis, certains
membres de votre famille n’étaient pas contents. J’en conclus que,
pendant des années, vous n’avez pas voulu vous déclarer Métis.
Qu’est-ce que vous ressentiez à l’époque?
Mr. St. Germain: No, I never went through that. I have always
been proud of who I am. I fought my way through grade school
and never backed down. I was what I was. I love my father; I love
my grandfather. You have been in my office and seen the pictures
of my grandfather in his moccasins. I was proud of them and I am
still proud of them. I would never, ever say that I am not a halfbreed or a Michif. That is what I am; that is what I grew up as.
M. St. Germain : Non, je n’ai jamais dissimulé mes origines
métisses, j’en ai toujours été fier. Je les ai toujours défendues à
l’école, je n’ai jamais eu peur. J’étais ce que j’étais. J’aime mon
père, j’aime mon grand-père. Vous avez dû voir dans mon bureau
la photo de mon grand-père avec ses mocassins. J’étais fier d’eux
et je le suis toujours. Jamais je ne nierai que je suis un Sang-mêlé
ou un Michif. C’est mon identité, c’est comme ça que j’ai été élevé.
You have to be proud of who you are; you have to be proud of
your ancestry. If your ancestors need defending, you should stand
up and fight for them, defend them. There is nothing greater than
defining who you are, especially in a society that is unaccepting. It
builds character, Senator Raine.
Il faut être fier de son identité, de ses origines. Si vos ancêtres
ont besoin d’être défendus, il ne faut pas hésiter à le faire. C’est
extraordinaire de pouvoir s’affirmer tel qu’on est, surtout dans
une société si peu tolérante. Ça forge le caractère, sénatrice Raine.
34:36
Aboriginal Peoples
20-3-2013
Senator Raine: Thank you. I thought that is what you would
say, but at the same time you say you have to draw the line.
Somewhere along the line some people’s forebears went
underground due to racism and discrimination, and people were
not proud of their heritage. Now they are finding pride again.
La sénatrice Raine : Merci. C’est ce que je pensais que vous
alliez dire, mais en même temps, vous dites qu’il faut fixer une
limite. Vous savez bien qu’à un moment, les ancêtres de certaines
personnes ont dû dissimuler leur identité à cause du racisme et de
la discrimination, et qu’elles n’étaient pas fières de leur
patrimoine. Aujourd’hui elles retrouvent cette fierté.
How do we reconcile the geographic and the close contact with
the culture and those people who want to be connected to the
roots that they might just be discovering?
Comment peut-on concilier le lieu géographique et la culture,
d’une part, avec, d’autre part, la situation de toutes ces personnes
qui veulent retrouver les racines qu’elles sont peut-être en train de
se découvrir?
Mr. St. Germain: Various churches in the St. Boniface area
have clear records of the people who were there, the children who
were baptized, the people who were married, and the people who
came into the area. They indicate a French male marrying a
Michif woman or an Indian woman.
M. St. Germain : Plusieurs églises de la région de SaintBoniface ont des dossiers précis sur les gens qui ont vécu là, les
enfants qui ont été baptisés, les gens qui se sont mariés, et tous
ceux qui sont venus s’établir dans la région. Et quand un
francophone a épousé une Michif ou une Indienne, par exemple,
c’est bien indiqué.
Cuthbert Grant had three wives, according to the books. I do
not know how accurate that is. He had a Sioux Indian wife.
Apparently he had a wife in Pembina, one in Grant Town, and
possibly one somewhere else. I think you can identify them,
Senator Raine, but it is not easy.
Cuthbert Grant a eu trois femmes, d’après les registres. Je ne
sais pas si c’est vrai. Il a eu une femme Sioux. Apparemment, il
aurait eu une femme à Pembina, une à Grant Town et une autre
ailleurs, semble-t-il. Ça doit être possible de les identifier,
sénatrice Raine, même si ce n’est pas une tâche facile.
As to where you draw the line, the Metis were not only a group
of people; they had a culture, an economy and a provisional
government. They were a recognized people. They established
their own music and had their own customs and traditional dress.
I do not know how much more ‘‘defining’’ you can be. Just like
the French, the Poles and the Czechs, the Metis have a uniqueness
that has to be recognized.
Quant à savoir où fixer la limite, je dirai que les Métis n’étaient
pas seulement un groupe de gens, ils avaient aussi une culture, une
économie et un gouvernement provisoire. C’était un peuple
reconnu. Ils avaient leur musique, leurs coutumes et leurs habits
traditionnels. Je ne vois pas ce qu’il faut d’autre pour « définir »
un peuple. Tout comme les Français, les Polonais et les Tchèques,
les Métis ont une identité unique qu’il faut reconnaître.
I am supported by experts such as Jean Teillet. I go back to her
because she had done a lot of work on this. She was involved in
the Powley case. She did a tremendous amount of research. I look
to her for guidance to a great degree, as I look to others. That is
how I have formed my opinion. As I clearly pointed out at the
beginning, I am no expert. Ms. Teillet is the expert in the field,
much more than I am. I just happen to be one who has had a lot
of exposure to a lot of things.
Ma position est partagée par des spécialistes comme Jean
Teillet. Je la cite encore parce qu’elle a beaucoup planché sur la
question. Elle a apporté sa contribution à l’affaire Powley, elle a
fait beaucoup de recherches. Je me fie beaucoup à elle, comme à
d’autres d’ailleurs. C’est comme ça que je me suis formé une
opinion. Comme je l’ai dit clairement au début, je ne suis pas
expert en la matière. Madame Teillet l’est clairement, beaucoup
plus que moi. Il se trouve tout simplement que j’ai été exposé à
toutes sortes de circonstances et d’expériences.
Ms. Barman: I agree with absolutely everything that
Mr. St. Germain has said, in the sense that it is a very
distinctive group within Canada and within Canada history.
The real question is the elements of what makes them unique
apply more generally. A lot of groups in Canada have had very
distinctive histories as well that come from a particular part of
Canada and live in a certain kind of way. Again with the French
Canadians and the fur trade on the West Coast, they had
Chinook, which was a jargon and which was comparable in the
sense of having indigenous and French words in terms of how it
was constructed as a jargon, less than Michif which is a language.
The music is similarly French Canadian in its base. I think the
music for the Metis, defined in the narrow sense, is very French
Canadian in its base and continued to be French Canadian-like
for a very long time.
Mme Barman : Je suis entièrement d’accord avec
M. St. Germain pour dire qu’il s’agit d’un groupe tout à fait
unique au Canada et dans l’histoire du Canada. Ce qu’il faut se
demander, c’est comment les éléments de cette unicité peuvent
être appliqués de façon plus générale. Bon nombre de groupes au
Canada ont eu, eux aussi, une histoire tout à fait unique, sont
originaires d’une région bien précise du Canada et ont un certain
mode de vie. Avec les Canadiens français et le commerce des
fourrures, sur la côte Ouest, on a eu le chinook, qui était un patois
composé de mots français et de mots indigènes, par rapport au
michif qui, lui, était une langue. La prosodie du chinook était
essentiellement celle de la langue canadienne-française et elle l’est
restée pendant très longtemps.
20-3-2013
Peuples autochtones
34:37
I think all of those things fit, but I think there is another
question. If we recognize this group as a group, then will other
groups want to be recognized for creating distinct subgroups
within Canada at different points in historical time?
Je pense que tous ces éléments s’appliquent, mais il y a une
autre question. Si nous reconnaissons l’existence de ce groupe,
d’autres groupes ne voudront-ils pas alors se faire reconnaître
comme des sous-groupes distincts au Canada, à des époques
différentes?
Senator Raine: I guess we are looking at two things: identity,
which is how you personally feel connected to your cultural
heritage; and definition or identification by an external agency for
some reason. That is what our governments need to look at,
because when you are looking at restricting entitlements to only
certain people, they have to define who gets what. I think that is
the hardest thing we have to deal with. Personally, I think that
entitlements should not be race-based but needs-based. If we
could look at it that way, we might get past this issue of who is
what. Maybe what we need is hyphenated Metis.
La sénatrice Raine : Je pense qu’il faut distinguer deux choses :
l’identité, c’est-à-dire les affinités que vous avez avec votre
patrimoine culturel, et l’application d’une définition, ou
identification, par un organisme externe. C’est ce que nos
gouvernements vont devoir faire, car s’ils veulent limiter les
indemnités à une catégorie de gens seulement, ils vont devoir
déterminer qui va recevoir quoi. Je pense que c’est l’aspect le plus
délicat de toute cette question. Personnellement, j’estime que les
indemnités versées devraient dépendre non pas de la race mais des
besoins. Cela nous éviterait peut-être de devoir définir l’identité de
chaque personne. Ce qu’il nous faut, c’est peut-être des Métis avec
un trait d’union.
Mr. St. Germain: We have enough problems.
M. St. Germain : Nous avons déjà assez de problèmes.
Senator Meredith: Mr. St. Germain, it is always refreshing to
hear you speak so passionately about your past and how proud
you are of who you stood for. It comes across clearly in your
presentation.
Le sénateur Meredith : Monsieur St. Germain, c’est toujours
revigorant de vous entendre parler de votre passé et de votre
identité avec autant de passion et de fierté. Ça transparaît dans
tout votre témoignage.
I will just go back to how the national council holds a
definition of a Metis who self-identifies and that of also ancestry
and then acceptance as well. You bring up the fact of there being
a distinct culture here, a group. How do we then get to that point
of identifying that group and accepting its language, its culture,
the sash, the way they hunted and so forth? How do you define
that, given the fact that some self-identification has already been
made for those who self-identified as Metis, and then you are
bringing this new way of identifying Metis because they already
have their culture? How do you bring that together to gain
consensus, given the fact that there are those who hold those other
views?
Je voudrais simplement revenir sur la définition que le
Rassemblement national donne du Métis qui se déclare
volontairement, de l’ascendance et de l’acceptation. Vous avez
dit qu’il s’agissait d’un groupe culturel distinct. Mais comment
fait-on pour définir le groupe, sa culture, ses ceintures fléchées, ses
pratiques de chasse, et cetera? Comment le définissez-vous, étant
donné que certains Métis se sont déjà déclarés volontairement et
que, maintenant, vous voulez ajouter la culture? Comment
obtenir un consensus là-dessus, vu les avis divergents sur la
question?
Mr. St. Germain: I think it is a complex issue, Senator
Meredith, and I do not take it lightly. I hate to be exclusionary.
I would sooner be inclusionary. However, somewhere you have to
draw the line. For those who self-identify, you have to go back to
something. If you are Jamaican —
M. St. Germain : C’est une question complexe, sénateur, et je
ne la prends pas à la légère. Je ne veux surtout pas être exclusif, je
préfère être inclusif. Mais il faut bien fixer une limite quelque part.
Pour ceux qui se déclarent volontairement, il faut que ça remonte
à quelque chose. Si vous êtes Jamaïcain...
Senator Meredith: I am West Indian.
Le sénateur Meredith : Je suis Antillais.
Mr. St. Germain: — or West Indian, whatever you want to be.
M. St. Germain : ... ou Antillais, comme vous voulez.
Senator Meredith: I am self-identifying.
Le sénateur Meredith : Je me déclare volontairement.
Mr. St. Germain: You are self-identifying as a Metis. Okay.
We will accept you.
M. St. Germain : Vous vous déclarez Métis. Bien. Nous vous
accepterons.
If you are going to self-identify, that is one aspect of it. In the
Powley case, self-identification was important, but ancestral
connection to a distinct Metis community was also important in
that decision, as well as you have to be accepted by that
community. These are the three aspects.
Si vous voulez vous déclarer volontairement, c’est une chose.
Dans la décision Powley, la déclaration volontaire est importante,
mais un lien ancestral avec une communauté métisse distincte est
important aussi, tout comme le fait d’être accepté par cette
communauté. Ce sont là trois aspects importants.
34:38
Aboriginal Peoples
20-3-2013
The jurisprudence on this far exceeds my ability to clearly
define. All I can say is that when you live the life I did and saw
how the Metis lived, especially on my father’s mother’s side, what
I am talking about today I can visualize was there in the past.
That is really what drives me to my decision.
Sur ce plan-là, la jurisprudence est nettement supérieure à ma
capacité de vous donner une définition claire. Tout ce que je peux
vous dire, c’est que je me fonde sur ce que j’ai vécu et sur ce que
les autres Métis ont vécu, surtout du côté de la mère de mon père,
et ce que je vous explique aujourd’hui, c’est la façon dont je vois
que les choses se sont passées jadis. C’est vraiment ce qui m’a
amené à ma décision.
When you talk about self-identification, it is important, but I
think it goes further than that. There is the ability to test this
through the genealogy and various other aspects. Some things
were very unique, such as the buffalo hunt, Captains of the Hunt.
This was unique to them. Logically, they were trappers. They did
various things. They fished, farmed, trapped and hunted, and they
were nomadic. This is how they fell victim to some of the losses of
their properties when scrip was issued.
La déclaration volontaire, bien sûr que c’est important, mais il
ne faut pas s’arrêter là. Il faut pouvoir vérifier cela par la
généalogie, entre autres. Il y avait des caractéristiques très
distinctives, comme la chasse au bison, par exemple, les
capitaines de chasse. C’était propre aux Métis. Le plus souvent,
ils étaient trappeurs, mais ils avaient aussi toutes sortes
d’activités : la pêche, la culture, le trappage, la chasse, et ils
étaient nomades. C’est comme ça qu’ils ont perdu des terres, au
moment de la distribution des certificats.
Senator Meredith, I do not know if that answers your question,
but if you look at the Powley case, I think it gives as close a
response as you will get on this issue.
Sénateur Meredith, je ne sais pas si j’ai répondu à votre
question, mais si vous vous reportez à l’arrêt Powley, je crois que
vous trouverez la réponse la plus précise que vous puissiez
obtenir.
Senator Meredith: You talk about education and economic
development. In your opinion today, where is the Metis Nation in
terms of advancement? Economically, you talked about
education. You know that I am very passionate about our
youth and finding ways to engage, encourage and empower them.
What is the leadership doing with those who have self-identified
as Metis to engage these young people positively and around
economic development in terms of opportunities?
Le sénateur Meredith : Vous avez parlé d’éducation et de
développement économique. À votre avis, la Nation métisse a-telle progressé? Économiquement, vous avez parlé d’éducation.
Vous savez que je m’intéresse beaucoup aux jeunes et aux moyens
de les encourager, de les mobiliser et de leur donner les outils
nécessaires. Que font les chefs Métis avec les jeunes qui se sont
déclarés volontairement et qu’il faut aider à participer à la vie
économique?
Mr. St. Germain: In British Columbia, the MNBC does a
tremendous job with young people. They have their meetings and
they bring their young people in. They do have speakers who
inspire them.
M. St. Germain : En Colombie-Britannique, la Métis Nation
British Columbia fait un travail extraordinaire auprès des jeunes.
Elle les fait venir à ses réunions, et des conférenciers leur tiennent
des discours encourageants.
In Manitoba, where the court case took place, the Manitoba
Metis Federation, David Chartrand, has various programs, such
as health, social and educational programs for the children.
Au Manitoba, où a eu lieu la cause judiciaire, la Fédération des
Métis du Manitoba, avec David Chartrand, organise pour les
enfants divers programmes sanitaires, sociaux et éducatifs.
I responded to Senator Sibbeston when he asked how this will
be managed now that there is an award. My understanding of the
award — there was an injustice, and it should be corrected — is
there was nothing prescriptive in it; there was nothing in it that
indicated what should be done. I think the court was being
cautious because historically we have told Aboriginal peoples
what they should do as opposed to asking them what their
opinion is and working from that direction rather than from the
top down, or from the government down. That is maybe why they
left it.
En réponse au sénateur Sibbeston qui voulait savoir comment
ça serait géré, maintenant qu’une décision a été rendue. Si j’ai bien
compris la décision, elle reconnaît qu’il y a eu une injustice et qu’il
faut la réparer, mais elle ne prescrit rien. Le tribunal a été prudent
car dans le passé, on disait généralement aux Autochtones ce
qu’ils devaient faire, plutôt que de commencer par leur demander
leur avis et voir à partir de là. C’est peut-être pour ça que la
décision ne prescrit rien.
I think the question will be asked, and it will be asked by
several people, about what will happen. If there is a cash
settlement, or whatever settlement it is, how will it be managed to
the best advantage given the situation that we live in today? As I
say, you cannot turn the clock back. You can only do what is
right at the present time and into the future.
Je pense que c’est une question que des gens vont poser, à
savoir qu’est-ce qui va se passer si on décide de verser des
indemnités ou d’offrir des avantages? Comment va-t-on pouvoir
administrer cela dans l’intérêt de tous, vu la situation dans
laquelle nous sommes aujourd’hui? Comme je l’ai dit, on ne peut
pas revenir en arrière, il faut faire ce qu’il faut pour le présent et
pour l’avenir.
20-3-2013
Peuples autochtones
34:39
Ms. Barman: My response to Mr. St. Germain is that I think
everything he is saying is that these are people we should honour
for everything they have done as Canadians. It is very important,
and it is an important part of the history of Canada, which we are
coming to recognize and acknowledge in a bunch of different
ways. They did the Louis Riel opera at UBC a couple of years
ago, and it was an amazing way to turn everything on its head.
Mme Barman : Je voudrais dire à M. St. Germain que je suis
d’accord avec lui pour dire qu’il faut reconnaître tout ce que ces
gens-là ont fait en tant que Canadiens. C’est très important, car ils
ont apporté une contribution importante à l’histoire du Canada,
et nous commençons à en prendre conscience de diverses façons.
Par exemple, l’opéra Louis Riel a été monté à l’Université de la
Colombie-Britannique il y a quelques années, et ça a vraiment
permis de remettre les pendules à l’heure.
There is another question, one that Senator Raine raised: What
does this have to do with entitlements? A lot of groups have
persevered. Think of the Blacks who came up after the American
Revolution and strived, survived and struggled. They lived in
similar circumstances. The people who came during the fur
economy in British Columbia lived with similar kinds of
adversity, but does that give them entitlements? The question is,
to whom are we giving entitlements and who are we honouring as
part of what is central to Canadian history?
La sénatrice Raine a posé une question au sujet des indemnités,
en demandant ce que cela avait à voir avec ça. Un grand nombre
de groupes ont persévéré. Pensez aux noirs qui sont arrivés après
la révolution américaine et qui se sont démenés pour survivre. Ils
ont vécu dans des conditions semblables. Les gens qui sont arrivés
en Colombie-Britannique à l’époque du commerce des fourrures
ont dû eux aussi faire face à l’adversité, mais est-ce que ça leur
donne droit à des indemnités particulières? La question qu’il faut
se poser, c’est de savoir à qui on veut donner des indemnités et à
qui on veut accorder une reconnaissance particulière pour le rôle
important qu’ils ont joué dans l’histoire du Canada?
Certainly the Manitoba Metis Federation decision is in fact
righting a wrong. It is not giving an entitlement. It is righting a
wrong, which is a different kind of circumstance, the same way
that people who were Chinese would pay a head tax. That was
righting a wrong. There is a line between the two things. The
question is, which groups in Canada deserve entitlements because
they happen to have a certain kind of inheritance? There are not
many, apart from maybe people who are status Indians. That was
done in a totally sexist kind of way initially and it continues to be
sexist, which is why we have these other problems. Maybe we
should be righting that wrong, and if we right that wrong, then we
are looking at non-status people and Metis people together,
because that was a really big wrong in 1876.
La décision obtenue par la Fédération des Métis du Manitoba
consiste bien évidemment à réparer une injustice, et non à
distribuer des avantages. Elle répare une injustice, ce qui est une
circonstance différente, un peu comme l’impôt de capitation que
devaient payer les immigrants chinois. Il fallait réparer une
injustice. Il y a une différence entre les deux. La question qu’il faut
se poser, c’est quels sont les groupes au Canada qui reçoivent des
avantages du simple fait qu’ils appartiennent à une certaine
culture, à un certain patrimoine? Il n’y en a pas beaucoup, à part
peut-être les Indiens inscrits. Et ces avantages ont été consentis
d’une façon tout à fait sexiste, initialement, et ça continue d’être le
cas encore aujourd’hui, avec tous les problèmes que ça cause. Il
faut peut-être réparer cette injustice, et si c’est ce que nous
voulons, alors il faut le faire pour les Indiens non inscrits et les
Métis, car ce sont eux qui ont vraiment été lésés en 1876.
Senator Tkachuk: Mr. St. Germain, how do your children see
themselves?
Le sénateur Tkachuk : Monsieur St. Germain, comment vos
enfants se considèrent-ils?
Mr. St. Germain: Metis. Even my great grandson says, ‘‘Pa, I
am a Metis.’’ You know the ceremonial headdress I had in my
office? He put that on and started dancing around the table. I
said, ‘‘Tanner, what are you doing, sweet pea?’’ He says, ‘‘Pa, I
never dreamt you would have something like this.’’ They identify
as Metis.
M. St. Germain : Métis. Même mon arrière-petit-fils me dit :
« Pépère, je suis un Métis ». Vous vous souvenez du panache de
cérémonie que j’avais dans mon bureau? Un jour, il l’a mis sur sa
tête et il a commencé à danser autour de la table. Je lui ai dit :
« Tanner, qu’est-ce que tu fais, mon chéri? » Il m’a répondu :
« Pépère, je suis tellement content de voir que tu en as un. » Ils se
considèrent vraiment comme des Métis.
Senator Raine: It struck me that when you talk about
entitlement, it does muddy the waters. We really need to be
looking at identity and bringing Metis history into the Canadian
mainstream.
La sénatrice Raine : Je me rends compte soudain que, dès
qu’on parle d’avantages, tout devient plus nébuleux. Nous devons
vraiment nous concentrer sur l’identité et sur l’inclusion de
l’histoire métisse dans la culture canadienne.
When I was going to school, and I do not know if it is much
different today, and all they knew is that Louis Riel was a Metis
and he had a rebellion. They had no idea how the mixture of
Aboriginals and Europeans affected settlement across Canada.
Quand j’allais à l’école, et j’ignore si ça a beaucoup changé
aujourd’hui, tout ce qu’on nous apprenait c’est que Louis Riel
était un Métis et qu’il avait conduit une rébellion. Nous n’avions
aucune idée du rôle des Autochtones et des Européens dans la
composition démographique des colonies établies au Canada.
34:40
Aboriginal Peoples
20-3-2013
I think we have a big education job to do. Rather than
spending money on individual entitlements for education, I think
it might be better to educate everyone.
Nous avons un énorme travail d’éducation à faire. Au lieu de
distribuer des indemnités pour l’éducation de certains, je pense
qu’il vaudrait mieux essayer d’éduquer tout le monde.
Mr. St. Germain: The only thing I will say is that it is about
time Canadians start celebrating their heroes. Whether it is Daniel
Boone, Davy Crockett or whoever, the Americans celebrate these
people as their heroes, as well as all the rest of them who fought
and defended and opened the country of America.
M. St. Germain : La seule chose que je peux vous dire, c’est
qu’il est temps que les Canadiens commencent à célébrer leurs
héros. Que ce soit Daniel Boone, Davy Crockett ou d’autres, les
Américains les célèbrent comme des héros, au même titre que tous
ceux qui ont exploré et défriché le territoire américain.
What did we do with Riel? To me, Riel was a hero because he
and his people actually opened the west and allowed Canada to
develop into the great country it is. They were a major
contributing factor. Rather than being critical of what they had
done, we should look at the positives more, be proud of who we
are, start studying Canadian history and know our Canadian
history better than anything.
Et nous, qu’avons-nous fait avec Riel? Pour moi, Riel était un
héros, parce qu’avec son peuple, il a véritablement exploré et
défriché l’Ouest et permis au Canada de devenir le grand pays
qu’il est aujourd’hui. Ils ont joué un rôle déterminant. Et plutôt
que de critiquer leur action, on devrait mettre en valeur les faits
les plus positifs et en être fiers, sans parler de l’histoire du Canada
à laquelle on devrait s’intéresser davantage.
The Chair: I take it you would agree that includes a negative
because some of the people who opened this country up left
negative feelings behind them as well.
Le président : Vous êtes bien conscient qu’il y a eu aussi des
épisodes négatifs, car les pionniers n’ont pas tous laissé des
souvenirs positifs.
Mr. St. Germain: That is right, but when Riel set out to
improve the plight of not only the Metis, he was fighting for the
rights of our First Nations people that were being detribalized,
ghettoized on reserves and then put into residential schools to be
brutalized. Then in 1876 came the Indian Act, the most horrific
piece of legislation that has gone through this country in dealing
with people. I think we need to take a good look at things, and I
think we should start being proud of who we are and proud of the
people who opened this country up and developed it. Whether it
was Thompson or Fraser, all of those people, they are important
and they are recognized. Let us start recognizing people of
Aboriginal extraction as we go forward.
M. St. Germain : C’est exact, mais quand Riel s’est donné pour
mission d’améliorer le sort et de défendre les droits de ses
concitoyens, il ne pensait pas seulement aux Métis, il pensait aussi
à tous les membres des Premières Nations qui subissaient la
détribalisation, la ghettoïsation dans des réserves et l’internement
brutal dans des pensionnats. La Loi sur les Indiens qui a été
adoptée en 1876 constituait la pire des lois qu’on n’ait jamais
votées dans ce pays au sujet d’une catégorie de personnes. Il faut
regarder les choses en face et se dire qu’il est temps d’éprouver de
la fierté pour ce que nous sommes et pour ceux qui ont exploré et
défriché notre pays. Que ce soit Thompson ou Fraser, ces gens-là
sont importants et ils sont reconnus comme tels. Commençons
donc à en faire autant pour nos pionniers aux origines
autochtones.
Senator Seth: It is nice to see you here, Mr. St. Germain. I did
not realize you would be a witness.
La sénatrice Seth : Je suis ravie de vous voir ici, monsieur
St. Germain. Je n’avais pas compris que vous veniez témoigner.
I do not have much knowledge about this, so I might be
repeating the same things. What are the historical, legal, political
or cultural implications that would separate the western Metis
community from the rest of Canada?
Je ne connais pas grand-chose à toute cette question, et je
risque donc de répéter ce qui a déjà été dit. Quelles sont les
particularités historiques, juridiques, politiques ou culturelles qui
distinguent la communauté métisse de l’Ouest du reste du
Canada?
Mr. St. Germain: Would you repeat the last part of the
question again? What are the implications?
M. St. Germain : Pouvez-vous répéter la dernière partie de
votre question? Quelles sont les particularités...?
Senator Seth: What are the historical, legal, political and
cultural implications that would separate the Metis community
from the rest of Canada?
La sénatrice Seth : Quelles sont les particularités historiques,
juridiques, politiques et culturelles qui distinguent la communauté
métisse du reste du Canada?
Mr. St. Germain: I think it is quite obvious. It is there; the
history, political and cultural implications are all on record. It just
needs to be recognized. Up until now, it has been ignored. There
was no recognition of Metis people until 1982, senator. They were
just a people that were out there. In a lot of cases, they were being
discriminated against for who they were. It was not until 1982
M. St. Germain : Je pense que c’est assez évident. Elles sont
dûment consignées, il suffit de les reconnaître. Jusqu’à présent,
elles ont été oblitérées. Ce n’est qu’en 1982 qu’on a reconnu
l’existence du peuple métis, sénatrice. Auparavant, ce n’était
qu’un groupe de personnes qui étaient fréquemment victimes de
discrimination à cause de ce qu’elles étaient. Ce n’est qu’en 1982
20-3-2013
Peuples autochtones
34:41
that Harry Daniels, who was one of the leaders at the time,
insisted the Metis be recognized as Aboriginal people under
section 35. That began the change.
que Harry Daniels, l’un des dirigeants métis de l’époque, a réussi à
faire reconnaître les Métis comme un peuple autochtone, à
l’article 35 de la Constitution. C’est là que les choses ont
commencé à changer.
The other crucial action that took place was the Powley case.
The Powley case triggered something; it was a sleeping giant. No
one was talking about it. They were trying to do things, but
nothing definitive was being done. When the Powley case came
out, it clearly defined the people. Then it came out that if you selfidentify, if you come from a distinct Metis community and you
are accepted by that community, then you are a Metis person.
Until then, we were in no man’s land.
L’autre événement déterminant a été l’arrêt Powley, qui a
vraiment déclenché quelque chose, qui a réveillé le géant qui dort.
Personne n’en parlait, on savait que des choses se préparaient,
mais rien de définitif. Quand l’arrêt Powley est sorti, on a vu qu’il
définissait clairement des groupes de gens. Ensuite, on a appris
que celui qui se déclare Métis, qui est issu d’une communauté
métisse distincte et qui est accepté par cette communauté est
considéré comme un Métis. Auparavant, c’était le vide le plus
total.
When I was a child, the Indians would not play with us and the
White people would not play with us because we were in between.
There was discrimination, and it carried on into the 1960s.
Quand j’étais enfant, les Indiens aussi bien que les blancs
refusaient de jouer avec nous parce que nous n’appartenions à
aucun de ces deux groupes. La discrimination, nous l’avons subie
jusque dans les années 1960.
I can tell you a personal story — I do not want to belabour this
— of where actual discrimination took place. I was in a friendly
relationship with a person, a young lady, and she was told to sever
her relationship with me because of my ancestry. I ended up with
Margaret, 52 years later, who has been a perfect wife, so it was a
good deal.
À propos de discrimination, je vais vous raconter un exemple
personnel, même si je ne voudrais pas trop insister là-dessus.
J’entretenais des liens d’amitié avec une jeune fille, mais on lui a
dit de cesser de me voir à cause de mes origines. J’ai fini par
épouser Margaret et, après 52 ans de bonheur, je peux dire que ça
a été une très bonne chose.
Ms. Barman: I have worked with families of mixed descent —
which is what I am used to calling them — in British Columbia
for about 25 or 30 years. The difficulty of the story Gerry tells
about not being able to marry is that it has been repeated to me by
every one of those families. There was an uncle that had a White
girlfriend who could not marry him and so he committed suicide.
These stories are typical of what the Indian Act did by separating
families, by Canada not acknowledging all of these people who
are non-status or Metis of mixed descent. It is not particular to
being Metis. The history needs to be honoured, but the situation
in which people live their everyday lives is very similar across
much of Canada.
Mme Barman : Je travaille avec des familles d’ascendance
mixte — c’est comme ça que j’ai l’habitude de les appeler — en
Colombie-Britannique depuis une trentaine d’années. Quand
Gerry parle de la jeune fille qu’il n’a pas pu épouser, c’est une
histoire que j’entends constamment. Un oncle n’a pas pu épouser
sa petite amie blanche, alors il s’est suicidé. Ces histoires sont
malheureusement la conséquence de la Loi sur les Indiens, qui a
contribué à séparer les familles, et du refus par le Canada de
reconnaître les Indiens non inscrits et les Métis d’ascendance
mixte. Elles ne sont pas propres aux Métis. Vous avez raison, il
faut célébrer nos héros, mais les conditions de vie des gens sont
assez similaires dans tout le Canada.
Senator Seth: What happens if your son marries my daughter?
La sénatrice Seth : Qu’arriverait-il si votre fils épousait ma
fille?
Mr. St. Germain: What happens if my son marries your
daughter? The offspring would be Metis if they sought to selfidentify. My son’s genealogy goes through me right back through
the genealogical records in St. Boniface, Manitoba.
M. St. Germain : Si mon fils épousait votre fille? Les enfants
seraient Métis s’ils en font la déclaration volontaire. Ma
généalogie et celle de mon fils sont bien établies dans les
registres de Saint-Boniface.
Senator Seth: What I am asking is, do you have this feeling —
La sénatrice Seth : Ce que je veux savoir, c’est si vous auriez
des réticences...
Mr. St. Germain: No. I would be proud if my son married your
daughter. I would be happy because the thing is, if you are Metis,
I think you become colour-blind, if there is such a thing.
M. St. Germain : Pas du tout. Je serais fier que mon fils épouse
votre fille. Je serais même ravi parce que, quand on est Métis, on
ne fait plus attention aux couleurs, si l’on peut dire.
Senator Seth: If I am not Metis, this is what I am asking.
Senator Tkachuk: You secretly want to be Metis.
Mr. St. Germain: In any case, no, there certainly would not be
any hesitation. I would bless whatever they chose.
La sénatrice Seth : Je posais la question parce que je ne suis pas
Métisse.
Le sénateur Tkachuk : En fait, vous aimeriez bien être Métisse.
M. St. Germain : Quoi qu’il en soit, je n’aurais aucune
hésitation, je serais ravi de leur choix, quel qu’il soit.
34:42
Aboriginal Peoples
The Chair: Seeing no more questions, I want to thank both of
you for finding the time to come here this evening. It was, as we
thought, enjoyable and at times verbose, so I appreciate that as
well. I thank both of you.
20-3-2013
Le président : Puisqu’il n’y a plus de questions, j’aimerais
remercier nos deux témoins d’avoir pris la peine de venir nous
rencontrer. Nous avons eu des échanges très intéressants, voire
animés, et c’est très bien. Je vous remercie tous les deux.
We will suspend the meeting and go in camera.
Nous allons maintenant siéger à huis clos.
(The committee continued in camera.)
(La séance se poursuit à huis clos.)
WITNESSES
TÉMOINS
Tuesday, March 19, 2013
Le mardi 19 mars 2013
Aboriginal Affairs and Northern Development Canada:
Affaires autochtones et Développement du Nord Canada :
Natalie Neville, Director, Quebec-Atlantic Team, Implementation
Branch, Treaties and Aboriginal Government;
Natalie Neville, directrice, Équipe de Québec-Atlantique, Direction
générale de la mise en œuvre, Traités et gouvernement
autochtones;
Kimberly Thompson, Director, Nunavut-Northwest Territories
Team, Implementation Branch, Treaties and Aboriginal
Government;
Kimberly Thompson, directrice, Équipe du Nunavut-Territoires du
Nord-Ouest, Direction générale de la mise en œuvre, Traités et
gouvernement autochtone;
Janice Traynor, Senior Environmental Policy Analyst.
Janice Traynor, analyste principale des politiques
environnementales.
Wednesday, March 20, 2013
Le mercredi 20 mars 2013
As individuals:
À titre personnel :
The Honourable Gerry St. Germain, P.C., former senator;
L’honorable Gerry St. Germain, C.P., ancien sénateur;
Jean Barman, Professor Emeritus.
Jean Barman, professeure émérite.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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Thank you for your participation!

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