First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
ABORIGINAL PEOPLES
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable VERNON WHITE
Président :
L’honorable VERNON WHITE
Tuesday, December 4, 2012 (in camera)
Wednesday, December 5, 2012
Le mardi 4 décembre 2012 (à huis clos)
Le mercredi 5 décembre 2012
Issue No. 29
Fascicule no 29
Thirty-third meeting on:
Trente-troisième réunion concernant :
The federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations,
Inuit and Metis peoples and other matters generally
relating to the Aboriginal Peoples
of Canada
Les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l’égard
des Premières nations, des Inuits et des Métis et d’autres
questions générales relatives aux peuples autochtones
du Canada
and
et
Twenty-first meeting on:
Vingt et unième réunion concernant :
Legal and political recognition
of Métis identity in Canada
La reconnaissance juridique et politique
de l’identité des Métis au Canada
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49880-49889
STANDING SENATE COMMITTEE ON
ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Vernon White, Chair
Président : L’honorable Vernon White
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(or Tardif)
Demers
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Lovelace Nicholas
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Watt
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Lovelace Nicholas
Patterson
Raine
Seth
Sibbeston
Watt
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Campbell replaced the Honourable
Senator Munson (December 5, 2012).
L’honorable sénateur Campbell a remplacé l’honorable sénateur
Munson (le 5 décembre 2012).
The Honourable Senator Munson replaced the Honourable
Senator Campbell (December 3, 2012).
L’honorable sénateur Munson a remplacé l’honorable sénateur
Campbell (le 3 décembre 2012).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
5-12-2012
Peuples autochtones
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Tuesday, December 4, 2012
(62)
OTTAWA, le mardi 4 décembre 2012
(62)
[English]
29:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met in
camera this day, at 9:31 a.m., in room 160-S, Centre Block, the
chair, the Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à huis clos, à 9 h 31, dans la salle 160-S de
l’édifice du Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon
White (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Brazeau, Demers, Dyck, Lovelace Nicholas,
Munson, Patterson, Raine, Seth, Sibbeston, Watt and White (12).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Brazeau, Demers, Dyck, Lovelace Nicholas,
Munson, Patterson, Raine, Seth, Sibbeston, Watt et White (12).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 16, 2011, the committee continued its
consideration of the federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations, Inuit and
Metis peoples and other matters generally relating to the
Aboriginal Peoples of Canada. (For complete text of the order
of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
16 juin 2011, le comité poursuit son examen des responsabilités
constitutionnelles, conventionnelles, politiques et juridiques du
gouvernement fédéral à l’égard des Premières nations, des Inuits
et des Métis et d’autres questions générales relatives aux peuples
autochtones du Canada. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi
figure au fascicule no 2 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
agenda (future business).
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
étudie un projet d’ordre du jour (travaux futurs).
It was agreed that staff be permitted to remain during the in
camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel à demeurer dans la pièce
durant la séance à huis clos.
At 10:45 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 10 h 45, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, December 5, 2012
(63)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 5 décembre 2012
(63)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 6:45 p.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Vernon White, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 18 h 45, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Vernon White
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Campbell, Demers, Dyck, Lovelace Nicholas,
Patterson, Raine, Seth, Sibbeston and White (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Campbell, Demers, Dyck, Lovelace Nicholas,
Patterson, Raine, Seth, Sibbeston et White (10).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son étude sur
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
29:4
Aboriginal Peoples
5-12-2012
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Canadian Métis Council — Intertribal:
Canadian Métis Council — Intertribal :
Tanya Dubé, Secretary/Treasurer and Board Member.
Tanya Dubé, secrétaire-trésorière et membre du conseil.
Eastern Woodland Métis Nation of Nova Scotia:
Eastern Woodland Métis Nation of Nova Scotia :
Jerome Downey, Federal Government Liaison.
Jerome Downey, agent de liaison auprès du gouvernement
fédéral.
Ms. Dubé and Mr. Downey each made a statement and,
together, answered questions.
Mme Dubé et M. Downey font chacun une déclaration puis,
ensemble, répondent aux questions.
At 7:50 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 19 h 50, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
5-12-2012
Peuples autochtones
29:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Wednesday, December 5, 2012
OTTAWA, le mercredi 5 décembre 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 6:45 p.m. to examine and report on the legal and
political recognition of Metis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 18 h 45, pour examiner la reconnaissance
juridique et politique de l’identité des Métis au Canada, et en faire
rapport.
Senator Vernon White (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Vernon White (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: I would like to welcome all honourable senators and
members of the public who are watching this meeting of the
Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples on CPAC or
the Web. I am Vern White, from Ontario, chair of the committee.
Le président : Je souhaite la bienvenue à tous les sénateurs et
aux membres du public qui suivent le déroulement de cette
réunion du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
sur CPAC ou sur le Web. Je suis Vern White, de l’Ontario,
président du comité.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada generally.
Today we will continue to explore Metis issues, particularly those
relating to the evolving legal and political recognition of the
collective identity and rights of the Metis in Canada.
Notre comité a été chargé d’examiner la législation et les
questions concernant les peuples autochtones du Canada, de
façon générale. Aujourd’hui, nous poursuivrons l’examen des
questions touchant les Métis, particulièrement en ce qui a trait à
la reconnaissance juridique et politique de l’identité collective et
des droits des Métis du Canada.
This evening, we will hear from two groups, the Canadian
Métis Council - Intertribal and the Eastern Woodland Métis
Nation of Nova Scotia.
Ce soir, nous entendrons les témoignages de deux groupes, le
Canadian Métis Council — Intertribal et l’Eastern Woodland
Métis Nation of Nova Scotia.
Before hearing from our witnesses, I will take the opportunity
to introduce the members of the committee who are present this
evening. With us are Senator Nick Sibbeston from the Northwest
Territories, Senator Lillian Dyck from Saskatchewan and deputy
chair of the committee, Senator Sandra Lovelace Nicholas from
New Brunswick, Senator Larry Campbell from British Columbia,
Senator Jacques Demers from Quebec and Senator Selma
Ataullahjan from Ontario. Senator Asha Seth from Ontario will
be back in a minute.
Avant de laisser la parole à nos témoins, j’aimerais présenter les
membres du comité qui sont ici ce soir. Ce sont donc le sénateur
Nick Sibbeston, des Territoires du Nord-Ouest, le sénateur Lillian
Dyck, de la Saskatchewan, et la vice-présidente du comité, le
sénateur Sandra Lovelace Nicholas, du Nouveau-Brunswick, le
sénateur Larry Campbell, de la Colombie-Britannique, le sénateur
Jacques Demers, du Québec, et le sénateur Selma Ataullahjan, de
l’Ontario. Le sénateur Asha Seth, de l’Ontario, sera de retour
dans un instant.
Members of the committee, please help me in welcoming,
from the Canadian Métis Council - Intertribal, Tanya Dubé,
Secretary/Treasurer and Board Member; and from the Eastern
Woodland Métis Nation of Nova Scotia, Jerome Downey,
Federal Government Liaison.
Chers collègues, souhaitons donc la bienvenue à Tanya Dubé,
secrétaire-trésorière et membre du conseil d’administration du
Canadian Métis Council — Intertribal, et à Jerome Downey,
agent de liaison auprès du gouvernement fédéral de la Eastern
Woodland Métis Nation of Nova Scotia.
We look forward to your presentations. I would ask that both
witnesses and senators keep their comments brief and focused, as
exactly one hour from now we will have to end this meeting as a
number of people have another engagement.
Nous sommes impatients d’entendre vos exposés. J’invite tant
les témoins que les sénateurs à être brefs et précis dans leurs
observations et leurs questions. La séance doit prendre fin dans
exactement une heure, puisque plusieurs d’entre nous avons
d’autres engagements.
Tanya Dubé, Secretary/Treasurer and Board Member,
Canadian Métis Council — Intertribal: I would like to start by
thanking the committee for inviting us and giving us a chance to
speak about Metis rights in Canada and how they are
implemented. My name is Tanya Dubé. I am speaking for the
Canadian Métis Council — Intertribal. I have been working with
the organization since late 2008 and have been a registered
member since early 2008.
Tanya Dubé, secrétaire-trésorière et membre du conseil,
Canadian Métis Council — Intertribal : Je tiens tout d’abord à
remercier le comité de nous avoir invités et de nous offrir cette
occasion de parler des droits des Métis au Canada et de leur mise
en oeuvre. Je suis Tanya Dubé et je représente le Canadian Métis
Council — Intertribal. Je travaille auprès de cette organisation
depuis la fin de 2008, et j’en suis membre depuis le début de 2008.
29:6
Aboriginal Peoples
5-12-2012
Our organization has been representing the Metis for over
15 years. The Canadian Métis Council was established in 1997 to
further the economic, political, spiritual and cultural aspirations
of Canada’s Metis people. We have been incorporated as a nonprofit since 2009.
Notre organisation représente les Métis depuis plus de 15 ans.
Le Canadian Métis Council a été créé en 1997 dans le but de
contribuer à réaliser les aspirations économiques, politiques,
spirituelles et culturelles des peuples métis du Canada. Notre
organisation a été constituée en société à but non lucratif en 2009.
Before 2009, the Canadian Métis Council — Intertribal was
comprised of over 50 community councils and affiliated Metis
organizations in every province of Canada. Since 2009, we still
have representatives in every province. As well, treaties have been
signed with the Metis organizations in the United States. Our
organization has over 10,000 members all across Canada and the
United States.
Avant 2009, le Canadian Métis Council — Intertribal
regroupait plus de 50 conseils communautaires et organisations
métisses affiliées répartis dans toutes les provinces du Canada.
Depuis 2009, nous avons encore des représentants dans chaque
province. De plus, des traités ont été conclus avec les
organisations métisses des États-Unis. Nous comptons
maintenant plus de 10 000 membres répartis partout au Canada
et aux États-Unis.
The Canadian Métis Council — Intertribal, also known as
CMC, is governed by a board of directors. Our organization is a
non-profit organization concerned with cultural issues, harvesting
rights, education, health, youth, justice and other related issues
that directly affect the Metis people of North America. The CMC
is also dedicated to the promotion of Metis culture and history.
We encourage the involvement of our members with other
political and cultural organizations.
Le Canadian Métis Council — Intertribal, qu’on désigne aussi
sous l’acronyme CMC, est régi par un conseil d’administration.
C’est un organisme sans but lucratif qui s’intéresse à toutes sortes
de questions : les enjeux culturels, les droits de récolte,
l’éducation, la santé, les jeunes, la justice et d’autres encore, qui
touchent actuellement les peuples métis de l’Amérique du Nord.
Le CMC est aussi dévoué à la promotion de la culture et de
l’histoire métisses. Nous encourageons la participation de nos
membres aux activités d’autres organisations politiques et
culturelles.
Our head office is located in New Brunswick. In Canada, most
of our members are recognized as being Metis, and only a few are
not recognized. Those who are not recognized live in Quebec,
New Brunswick and Nova Scotia. These three provinces state that
there are no Metis who are recognized and that the Metis are from
the West of Canada. This is not so. Most of our members from
these three provinces have genealogies that show differently. They
are direct descendants of First Nations mixed with European
descent.
Notre siège social est situé au Nouveau-Brunswick. Au
Canada, la plupart de nos membres sont reconnus comme étant
des Métis, et quelques-uns seulement ne sont pas ainsi reconnus.
Ces Métis vivent au Québec, au Nouveau-Brunswick et en
Nouvelle-Écosse. Ces trois provinces ont déclaré qu’elles ne
comptent pas de Métis reconnus et que ces derniers proviennent
de l’Ouest du Canada. C’est faux, et l’arbre généalogique de la
plupart de nos membres qui vivent dans ces trois provinces le
démontre. Ce sont des descendants directs de membres des
Premières nations et de membres de sociétés européennes.
Our oral history shows that the expulsion of 1755, when the
British took the French and expelled them from Eastern Canada,
not only took the French but also Aboriginal women and
children, since they were intermarried, as well as those who were
affiliated with the French. Those who fled and hid continued their
way of life. Most of our ancestors had to deny they were
Aboriginal because they were still in fear of being taken from their
homes. Most of them stated they were other races, all except for
French and Aboriginal.
D’après notre histoire orale de la déportation de 1755, quand
les Britanniques ont vaincu les Français et les ont expulsés de l’Est
du Canada, ils n’ont pas pris que les Français, mais aussi les
femmes et les enfants autochtones, puisqu’il y avait des mariages
croisés, et tous ceux qui étaient affiliés aux Français. Ceux qui ont
pu fuir et se cacher ont pu préserver leur mode de vie. La plupart
de nos ancêtres ont dû nier qu’ils étaient Autochtones, parce qu’ils
craignaient encore d’être arrachés à leur foyer. La plupart
déclaraient être issus d’autres origines, n’importe laquelle, sauf
française et autochtone.
When everything calmed down and the French started to
return to the Maritimes, everyone would start speaking their
languages again. Then, later on, they were in fear of being
recognized as being Aboriginal, so they stated they were French
to be able to keep their land, children and jobs.
Quand le climat s’est apaisé et que les Français ont commencé
à retourner dans les Maritimes, ils se sont remis à parler leurs
langues. Plus tard, quand ils ont craint d’être reconnus comme
étant Autochtones, ils ont déclaré être Français pour pouvoir
garder leurs terres, leurs enfants et leurs emplois.
To this day, there is still discrimination towards the Metis.
Even before the term ‘‘Metis,’’ we were called coureurs de bois,
bois-brûlé, voyageur, half-breed, mixed breed, breed and many
other unmentionable names.
Jusqu’à maintenant, les Métis souffrent encore de
discrimination. Même avant l’adoption du terme « Métis », on
nous appelait coureurs des bois, bois-brûlé, voyageurs, demi-sang,
sang-mêlé, et bien d’autres noms.
5-12-2012
Peuples autochtones
29:7
In the Constitution Act, 1982, section 35(2), the federal
government recognized the Metis of Canada, but for certain
reasons, some provincial governments will not recognize us.
Those provincial governments should follow these regulations.
Dans la Loi constitutionnelle de 1982, au paragraphe 35(2), le
gouvernement fédéral reconnaît les Métis du Canada, ce que se
refusent à faire certains gouvernements provinciaux, pour des
raisons qui leur sont propres. Ces provinces devraient se
conformer à ces règlements.
When it comes to lands set aside for the Metis, we do not have
this option in New Brunswick, Nova Scotia or Quebec. I know
that Crown lands were set aside for Aboriginal people, but right
now, the Province of New Brunswick is in the process of selling
wood on Crown lands to big companies such as Acadian Timber,
Fraser and Irving, to name just a few. What do these companies
do to the land set aside for Aboriginal people? They clear-cut it
and put up signs as privately owned land, where no one has the
right to go and cut their own firewood or gather their traditional
medicines because most of the medicines were crushed by the
heavy machinery. We are not even allowed to hunt or fish in New
Brunswick without purchasing a licence, only during certain
seasons and only in certain places.
En ce qui concerne les terres réservées aux Métis, nous n’avons
pas cette possibilité au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse
ou au Québec. Je sais que les terres de la Couronne ont été
réservées aux peuples autochtones, mais actuellement, le
Nouveau-Brunswick est en train de vendre du bois récolté sur
les terres de la Couronne à des grandes compagnies comme
Acadian Timber, Fraser et Irving, pour n’en nommer que
quelques-unes. Vous savez ce que font ces compagnies aux
terres qui sont en principe réservées aux peuples autochtones? Ils
y font des coupes à blanc et y posent des affiches annonçant que
ce sont des terres privées, où personne ne peut récolter du bois de
chauffage ni cueillir des herbes médicinales traditionnelles parce
que la plupart ont été écrasées par l’équipement lourd. Nous ne
sommes même pas autorisés à chasser ou à pêcher au NouveauBrunswick sans acheter d’abord un permis, et encore, nous
pouvons le faire seulement à des périodes et à des endroits bien
précis.
If we want to get firewood on Crown land, there is a licence
you can purchase at the ranger’s office. It is called the roadside
cleanup licence. To purchase it, you must have the lot number of
the cleared section of Crown land, and then you have to go to the
ranger’s office to see if it qualifies. If it does, then you have to pay
$25 for the licence and are allowed seven cords of wood from
wood that has been left on the ground. Not much quality wood is
left. These companies waste a lot of wood and take even the small
trees; nothing is left standing when they are done.
Si nous voulons récolter du bois de chauffage sur les terres de la
Couronne, on peut acheter un permis au bureau du gardien,
qu’on appelle un permis de nettoyage routier. Pour l’acheter, il
faut connaître le numéro de lot de la section visée de la terre de la
Couronne et vérifier au bureau du gardien si le permis peut être
octroyé pour cette section. Dans l’affirmative, il faut payer 25 $
pour le permis et on peut ramasser sept cordes de bois, mais
seulement du bois qui a été laissé au sol. Il ne reste pas vraiment
de bois de qualité. Ces compagnies gaspillent beaucoup de bois et
prennent même les petits arbres; il ne reste pas un arbre debout
quand elles repartent.
What happens to the animals? They leave. This also poses a
problem for hunting and trapping. The Metis are trappers,
hunters, gatherers, fishermen, cultivators, preservationists and
keepers of the lands. We have many jobs and are taught all of this
at a young age to preserve our culture, to be proud of our
ancestors — the Europeans, either French, English, Scottish or
Irish, and the Aboriginals, either First Nations, Inuit or Metis —
and to teach our children who they are and to be proud.
Qu’arrive-t-il aux animaux? Ils partent. Cela aussi pose un
problème pour la chasse et le piégeage. Les Métis sont des
trappeurs, des cueilleurs, des pêcheurs, des cultivateurs, des
préservateurs et des gardiens des terres. Nous avons de
nombreuses tâches à remplir, qui nous sont enseignées dès notre
plus jeune âge, afin que nous préservions notre culture, que nous
soyons fiers de nos ancêtres — les Européens, qu’ils soient
Français, Anglais, Écossais ou Irlandais, et les Autochtones,
qu’ils soient des Premières nations, Inuits ou Métis — et que nous
transmettions cette identité à nos enfants, et qu’ils en soient fiers.
For some of our members, their language was lost, but for
some their language is still strong. In New Brunswick, there is a
dialect of French called Brayon. It is a mix of French and native
languages. Not many French people from other areas outside of
New Brunswick understand it. Many elders still speak it, as well
as some younger people. In Quebec, the French is a lot different
than ours. In New Brunswick, there are three dialects of what we
call French; they are Acadian, Brayon and Shiac. The Acadian
Certains de nos membres ont perdu leur langue, mais d’autres
la préservent avec détermination. Au Nouveau-Brunswick, on
parle un dialecte issu du français, appelé le brayon. C’est un
mélange de français et de langues autochtones. Peu de Français
d’autres régions en dehors du Nouveau-Brunswick peuvent
comprendre le dialecte. Bien des aînés le parlent encore, mais
aussi des jeunes. Au Québec, le français est très différent du nôtre.
Au Nouveau-Brunswick, il y a trois dialectes issus de ce qu’on
29:8
Aboriginal Peoples
5-12-2012
language is strong among the Acadians and the Shiac is somewhat
strong among the southern part of New Brunswick. The Brayon
language is a dying language.
appelle le français : l’acadien, le brayon et le chiac. L’acadien est
très répandu parmi les Acadiens, et le chiac l’est aussi, surtout
dans le sud du Nouveau-Brunswick. Le brayon est en voie de
disparition.
Our Metis language is dying with our elders and those who
were raised to speak their language. The government does not
recognize Brayon as being Metis. Our ancestors had to change
their language to hide the fact that they were Aboriginal, so they
devised a language called Brayon, which is not fully French and
not fully Aboriginal. It is a mix of both languages. We see lots of
comparisons with the Michif language. Many of those words we
apply to our own.
Notre langue métisse disparaît avec nos aînés et avec ceux à qui
la langue a été enseignée. Le gouvernement ne reconnaît pas le
brayon comme étant une langue métisse. Nos ancêtres ont dû
changer de langue pour cacher leurs origines autochtones, alors ils
ont créé une langue appelée le brayon, qui n’est ni tout à fait du
français, ni tout à fait une langue autochtone. C’est une
combinaison des deux. On la compare beaucoup à la langue
michif, qui a beaucoup de mots en commun avec notre langue.
Our members are still continuing their culture. Those who were
not taught are learning and are eager to learn. For most of our
members, it is freedom to finally be able to come out of the closet
and be recognized as Metis. Our culture is still strong today. We
still have trappers who trap for fur and food, and nothing is
wasted. Trappers still use the whole carcass of the animal they
trap, such as the bones, which are used in jewellery making,
decorations, et cetera. The bones themselves are a healing
medicine. We still to this day break the bones to use the
marrow for its healing powers.
Nos membres préservent encore leur culture. Ceux à qui la
langue n’a pas été enseignée sont déterminés à l’apprendre. Pour
la plupart de nos membres, ils sont libres d’enfin pouvoir révéler
leur identité au grand jour et d’être reconnus comme Métis. Notre
culture est encore très dynamique de nos jours. Nous avons
encore les trappeurs, qui posent des pièges pour récolter des
fourrures et des aliments, et rien n’est perdu. Les trappeurs
utilisent encore toute la carcasse de l’animal qu’ils piègent, comme
les os, qui sont utilisés pour faire des bijoux, des décorations, et
cetera. Encore aujourd’hui, nous cassons les os afin d’en utiliser la
moelle pour ses qualités curatives.
The hides are used for leather and drums. They are cured the
traditional way, which is brain tanned, smoked, salted and defurred. The hunting method is the same as trapping. We do not
believe in wasting even one ounce of the animal we take. The
hooves, paws, claws, et cetera, all have a use.
Les peaux sont tannées pour en faire du cuir et des tambours.
Elles sont tannées à la façon traditionnelle, c’est-à-dire qu’elles
sont macérées dans de la cervelle, fumées et salées, puis, on enlève
la fourrure. Notre méthode de chasse est l’égale du trappage.
Nous ne voulons rien gaspiller, pas une once de l’animal que nous
attrapons. Les sabots, les pattes, les griffes, tout est utilisé.
When fishing, we gather fish not to waste but to feed our
people. We do not believe in catch-and-release because three
quarters of the fish are hurt so badly that they eventually die, and
for us, it is considered a waste. Basically, we eat what we catch.
Quant à la pêche, nous ne pêchons pas pour gaspiller, mais
pour nourrir les nôtres. Nous n’attrapons pas des poissons pour
les relâcher aussitôt, parce que les trois quarts des poissons sont
tellement blessés qu’au bout du compte, ils meurent, et pour nous,
c’est du gaspillage. De fait, nous mangeons ce que nous attrapons.
The use of wood is essential in our culture. We use wood to
build our homes, heat our homes, make furniture, canoes and
medicines. Sap is used as maple syrup and for other medicines.
Traditional foods are still cultivated to this day by our members.
They start in the spring with the first traditional greens, which are
the dandelions, then the fiddleheads, then fishing, strawberries,
blueberries, raspberries, hazelnuts, sage, sweetgrass, garden foods,
the hunting season and traditional medicines. Every season has
cultivating, whether big or small. It is still important to continue
our tradition and to teach the younger generations. Winter
months are not forgotten. There is still trapping with the use of
snowshoes and dogsleds.
Le bois est essentiel dans notre culture. Il nous sert à bâtir nos
maisons, à chauffer nos foyers, à construire des meubles et des
canots, de même qu’à préparer des produits médicinaux. La sève
devient du sirop d’érable et des sirops médicinaux. Les Métis
cultivent encore, à ce jour, les aliments traditionnels. Ils
commencent au printemps, avec les premières pousses
traditionnelles, c’est-à-dire les pissenlits, et ensuite les crosses de
fougère, puis, les fraises, les bleuets, les framboises, les noix, la
sauge, le foin d’odeur, les légumes des potagers, sans compter la
pêche, la saison de la chasse et la préparation de produits
médicinaux traditionnels. Chaque saison offre des produits à
cultiver, parfois peu, parfois beaucoup. Il demeure important de
préserver nos traditions et de les enseigner aux jeunes générations.
Les mois d’hiver ne sont pas en reste. Il y a le piégeage, ce que
nous faisons à l’aide de raquettes et de traîneaux à chiens.
5-12-2012
Peuples autochtones
29:9
We are what people call independent. We do not rely on
government funding to be able to survive. The creator gave us two
hands, two legs and hopefully good health to be able to do all
these things for future generations. These are their basic survival
skills.
Nous sommes autonomes. Nous ne comptons pas sur le
financement du gouvernement pour survivre. Le créateur nous a
munis de deux mains, de deux jambes et, il est à espérer, d’une
bonne santé pour pouvoir faire tout cela pour les générations
futures. Ce sont là pour elles des compétences fondamentales de
survie.
Our organization is trying hard to preserve the culture and the
rights of the Metis, but with the little funding and regulations that
are in place, it is hard to practise our culture.
Notre organisation s’efforce de préserver les cultures et les
droits des Métis, mais le peu de financement et les règlements qui
sont en vigueur rendent difficile la pratique de notre culture.
In our bylaws, we state all preservation and teaching our
children the ways of our ancestors, but we are unable to unless we
still hide to this day to be able to practise them. If we are caught,
we are sent to court, fined and possibly jailed for practising our
culture. This is unfair.
Dans nos règlements, nous stipulons l’obligation de préserver
et d’enseigner à nos enfants les modes de vie de nos ancêtres, mais
il est impossible de le faire encore de nos jours sans nous cacher.
Si nous nous faisons prendre, nous sommes traduits devant les
tribunaux et sommes passibles d’amendes, voire d’une peine
d’emprisonnement, rien que parce que nous pratiquons notre
culture. C’est injuste.
We have written letters to complain about the regulations and
the abuse of our rights as Metis. We wrote to the Queen and sent
copies to Stephen Harper, the Honourable David Johnston, the
United Nations, David Alward and Jean Charest. We have had
no response back, except from the Queen. In the letter of response
from the Queen, we were told that we did the right thing in
contacting the other departments of government, that it was the
Governor General that took care of everything. We did this and
still fell short with no response. To this day, the different branches
of government have not sent any response.
Nous avons écrit des lettres pour nous plaindre des règlements
et de l’abus de nos droits en tant que Métis. Nous avons écrit à la
Reine et envoyé des copies à Stephen Harper, à l’honorable David
Johnston, aux Nations Unies, à David Alward et à Jean Charest.
Nous n’avons reçu aucune réponse, à part de la Reine. Dans sa
lettre, on nous dit que nous avons bien fait de communiquer avec
les autres ministères, que c’est au gouverneur général de s’occuper
de tout. Nos démarches n’ont pratiquement donné aucun résultat.
À ce jour, nous n’avons encore reçu aucune réponse des divers
ministères.
We gladly appreciate the chance that was given to us to speak
on behalf of our members to senators, who hopefully understand
our frustration with the government branches and will take into
consideration the rights of Metis in North America to be equal
and fully recognized.
Nous sommes très heureux d’avoir eu l’occasion de parler
devant les sénateurs au nom de nos membres. Nous espérons que
vous comprendrez notre frustration devant l’inaction des
ministères et le désir des Métis de l’Amérique du Nord de voir
leurs droits respectés et reconnus comme étant égaux.
Jerome Downey, Federal Government Liaison, Eastern
Woodland Métis Nation of Nova Scotia: Honourable senators,
thank you for the opportunity to be here today. I am the federal
government liaison for the Eastern Woodland Métis Nation. I
was appointed to this role and have been acting in this role for the
last seven months. I have been a member of the Eastern
Woodland Métis Nation for three years. In that time, many of
my other family members and individuals within the community
where I came from have also joined. The Eastern Woodland
Métis Nation has been incorporated since 2000. It was done so by
our two founders, Gilbert, Mary Lou Parker and Chief Adrienne
Speck. Our membership is 11,000 strong and growing. We are in
Nova Scotia, based in Yarmouth.
Jerome Downey, agent de liaison auprès du gouvernement
fédéral, Eastern Woodland Métis Nation of Nova Scotia :
Honorables sénateurs, je vous remercie de m’offrir l’occasion
d’être ici aujourd’hui. Je suis l’agent de liaison auprès du
gouvernement fédéral de la Eastern Woodland Métis Nation.
J’ai été nommé à ce poste, que j’occupe à titre intérimaire depuis
maintenant sept mois. Je suis membre de la Eastern Woodland
Métis Nation depuis trois ans. Au cours de cette période, un
grand nombre de mes proches et de jeunes de la collectivité dont je
suis originaire sont aussi devenus membres. La Eastern Woodland
Métis Nation a été constituée en société en 2000, sous l’initiative
de nos fondateurs, Gilbert, Mary Lou Parker et le chef Adrienne
Speck. Nous comptons maintenant 11 000 membres, et notre
effectif ne fait que grandir. Notre siège social est à Yarmouth, en
Nouvelle-Écosse.
Over the course of the last six months and the discovery that
has been happening since I have taken on the position to represent
our nation here in Ottawa, there has been a lot of selfdiscovery — the concept of identity. As an African Nova
Scotian man born of African Nova Scotian parents, I have a
Ces six derniers mois, et avec ce qui s’est passé depuis que j’ai
été chargé de représenter notre nation ici, à Ottawa, nous avons
beaucoup appris sur nous-mêmes — sur la notion d’identité.
Étant Néo-Écossais d’origine africaine, mes racines remontent à
1812, quand les Autochtones, les Néo-Écossais d’origine africaine
29:10
Aboriginal Peoples
5-12-2012
lineage dating back to 1812 when Aboriginals, African Nova
Scotians and French Mi’kmaq were interrelated. The fact that
there are inconsistencies within the perception of what it means to
be a Metis is why we are here today. I commend the committee for
coming together here today to discuss this.
et les Micmacs français se sont mêlés. Les divergences dans la
perception de l’identité métisse sont la raison de notre présence
ici, aujourd’hui. Je félicite le comité de s’être réuni aujourd’hui,
pour en discuter.
Our mission with the Eastern Woodland Métis Nation is to
promote and preserve the Metis identity and heritage in our
community. We strive to promote education, training, business
opportunities, leadership, health and justice. Our goal is to be
economically sustainable and self-reliant. Our values of the
ultimate authority of the Eastern Woodland Métis Nation
reside with its membership. A consensus is sought from the
grassroots membership and is ensured by organizational
structures that take into account traditional values that our
ancestors have given to us with the belief that the whole
community and not just one individual group is to be
represented. Our vision is to be self-actualized, as laid out in
the Royal Commission Report on Aboriginal Peoples.
La mission de la Eastern Woodland Métis Nation est de
promouvoir et de préserver l’identité métisse et le patrimoine dans
notre collectivité. Nous nous efforçons de promouvoir
l’éducation, la formation, les occasions d’affaires, le leadership,
la santé et la justice. Notre but est d’assurer notre viabilité
économique et notre autonomie. Nos membres défendent nos
valeurs en ce qui concerne le pouvoir ultime de la Eastern
Woodland Métis Nation. Nous cherchons à obtenir un consensus
parmi nos membres, ce qui est assuré par des structures
organisationnelles qui tiennent compte des valeurs
traditionnelles que nos ancêtres nous ont léguées, qui reposent
sur la conviction que toute la communauté doit être représentée,
et pas uniquement un groupe donné. Nous voulons nous réaliser
pleinement, comme le recommande le rapport de la Commission
royale sur les peuples autochtones.
The purpose of our nation is to protect the rights of all Metis
and non-status Aboriginal peoples in Nova Scotia. We have done
so quite well since our origins. In 2000, we were incorporated; in
2002, we entered into an interprovincial treaty with the Port
McNicoll Ontario Metis Allegiance; in 2003, we provided a
seminar for seniors on domestic violence in homes, which was
funded by the Department of Justice Canada; and in 2004, we
were successfully able to implement a healing strategy program
funded by Justice Canada as well.
Notre nation a pour objet de protéger les droits de tous les
Métis et de tous les Autochtones non inscrits de la NouvelleÉcosse. Nous nous sommes acquittés très bien de notre mandat
depuis notre établissement en 2000, où notre organisation a été
constituée en personne morale. En 2002, nous avons conclu un
traité interprovincial avec les Métis de Port McNicoll, en Ontario,
et en 2003, nous avons tenu une séance d’information pour les
aînés sur la violence familiale, qui a été financée par le ministère
de la Justice. En 2004, nous avons pu mettre en œuvre un
programme de stratégie de guérison, encore une fois grâce au
financement de Justice Canada.
I would like to thank senators for coming together today and
allowing us the opportunity to present ourselves. We have been
having tremendous difficulties getting a consensus and having a
dialogue with the Province of Nova Scotia and the federal
government. I have a letter here that was written on
November 10, 2004, a copy of which you will receive. It
summarizes essentially the main point of what is going on here.
It states:
Je tiens à remercier les sénateurs de s’être réunis aujourd’hui, et
de nous avoir offert l’occasion de nous présenter. Nous avons eu
beaucoup de mal à obtenir un consensus et à ouvrir un dialogue
avec la Nouvelle-Écosse et le gouvernement fédéral. J’ai ici une
lettre datée du 10 novembre 2004, dont vous recevrez copie. Elle
résume en gros les principaux éléments de la situation. Elle dit
ceci :
A formal request for recognition is very important, as
information and Government and communication released
by the Federal Interlocutor for Metis and Non-status
Indians Office, indicates that your office advocates
building capacity of only 2 national Metis organizations,
which we assume are the Metis National Council and the
Congress of Aboriginal Peoples. We are NOT under the
umbrella of either of those organizations nor are we under
the umbrella of NSNC (Nova Scotia Native Council) nor do
we seek to be under their control and decision making.
Consequently, we seek a voice in your office, at
your discussion tables and during all issues associated with
Metis/Aboriginal Peoples. We seek national recognition for
our peoples.
Il est très important d’obtenir une reconnaissance
formelle, puisque selon des renseignements reçus et des
communications publiées par l’Interlocuteur fédéral auprès
des Métis et des Indiens non inscrits, on prône le
renforcement de la capacité de seulement deux
organisations métisses nationales, qui seront, je présume,
le Ralliement national des Métis et le Congrès des peuples
autochtones. Nous ne sommes sous l’égide d’AUCUNE de
ces deux organisations, ni du Conseil des Autochtones de la
Nouvelle-Écosse, et nous n’avons aucunement l’intention
d’être assujettis à leur contrôle ou à leurs décisions. Par
conséquent, nous voudrions être représentés à votre bureau,
à vos tables de discussion et dans tous les débats qui
concernent les peuples métis et autochtones. Nous
souhaitons la reconnaissance nationale de nos peuples.
5-12-2012
Peuples autochtones
29:11
This letter was sent to the Honourable Andy Scott, then
Minister of Indian Affairs and Northern Development. Many
things have changed since that time, and there have been
tremendous developments for the Metis people of Canada as a
whole. I note the Métis Nation of Ontario and the Métis
Voyageur Development Fund signed by the provincial
government as a tremendous step forward for many Metis
nations across the country. The fact that the Government of
Ontario stepped up to make a 10-year commitment of $3 million
per year is an exceptional opportunity for the Metis people of
Ontario. However, I am here representing Nova Scotia today,
where no such dialogues are in place. It is important that if we are
to have a consensus and if we are to treat one Metis nation
differently from another, then we must have some sort of criteria
so that we know how to navigate the bureaucracy.
Cette lettre a été envoyée à l’honorable Andy Scott, qui était
alors ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et bien des choses ont
changé depuis pour le peuple métis du Canada, dans l’ensemble.
Ainsi, le Fonds de développement Métis Nation of Ontario et
Métis Voyageur qu’a signé le gouvernement provincial est un
énorme pas en avant pour bien des nations métisses du pays. Le
fait que le gouvernement de l’Ontario ait pris l’engagement de
verser 3 millions de dollars par année sur 10 ans présente une
occasion exceptionnelle pour les peuples métis de l’Ontario.
Cependant, je représente ici la Nouvelle-Écosse, où des dialogues
de ce genre n’ont pas eu lieu. Si l’on veut qu’il y ait consensus et
qu’aucune nation métisse ne soit traitée différemment des autres,
il est important que certains critères soient établis de façon à ce
que nous sachions comment trouver notre chemin dans la
bureaucratie.
We have done very well to date. We have always put together
strong applications. We have a strong success rate with funding
for specific, targeted demographic bodies. However, the question
is whether we can have an opportunity to actualize ourselves and
be recognized by the federal government and by the Government
of Nova Scotia. That is our situation as the Eastern Woodland
Métis Nation. I just wanted to leave you with those comments.
Nous nous en sommes très bien tirés jusqu’ici. Nous avons
toujours présenté des demandes très solides. Nous obtenons un
grand succès en ce qui concerne le financement d’organes précis
ciblant certains segments de la population. Cependant, il reste à
savoir si nous pouvons avoir la possibilité de nous actualiser et
d’être reconnus par le gouvernement fédéral et le gouvernement
de la Nouvelle-Écosse. Telle est notre situation à la Eastern
Woodland Métis Nation. Je voulais simplement vous faire part de
ces réflexions.
The Chair: I thank you both very much.
Le président : Merci beaucoup.
Senator Demers: I am listening to this, and it is pretty sad. I will
ask you a few questions. You seem to be alone in left field, as they
say. Do you feel like you are not wanted? Keep that in mind to
answer later. How many members do you have? What are the
membership criteria for your organizations? I will leave you with
three questions. The first one is very important, not that the other
two are not, but it seems from what I hear, and I paid really good
attention to what you said, that no one is reaching out to you.
You are trying to get to them but no one is coming back to you.
Le sénateur Demers : À vous entendre, je suis attristé. J’ai
quelques questions à vous poser. Vous semblez être seul pour
vous défendre. Avez-vous l’impression qu’on ne veut pas de vous?
Gardez cette question à l’esprit et vous y répondrez plus tard.
Combien de membres votre nation compte-t-elle? Quels sont les
critères d’adhésion à vos organisations? Je m’en tiendrai à ces
trois questions. La première est très importante, non pas que les
deux autres ne le soient pas, mais d’après ce que j’entends, et j’ai
été très attentif à vos propos, personne ne semble vous porter
attention. Vous essayez de vous faire entendre, mais personne ne
semble écouter.
Mr. Downey: It is my belief that Atlantic Canada has been
isolated. When you think about where everything started, it was
in Atlantic Canada. Migration then went westward. Things did
not stop with the expulsion of the Acadians as some fled, some
hid and some stayed. Where things are at now with our provinces,
particularly with Nova Scotia, which I can speak to, and
Ms. Dubé may speak to New Brunswick, is that there is distrust
and there is no dialogue. The province tells us that we need to talk
to the federal government, and the federal government tells us
that we need to talk to the provincial government. There is a lack
of ownership. We are ready at the table — we just need the
platform. We need to know the rules and the guidelines. That is
what we are looking for.
M. Downey : À mon avis, les provinces de l’Atlantique ont été
isolées. Et pourtant, c’est là que tout a commencé. La migration
s’est dirigée vers l’Ouest. Rien n’a changé avec les déportations
des Acadiens, puisque certains ont fui, certains se sont cachés et
certains sont restés. Maintenant, là où nous en sommes avec nos
provinces, surtout avec la Nouvelle-Écosse, dont je peux parler —
et Mme Dubé peut parler du Nouveau-Brunswick —, c’est qu’il
n’y a pas de confiance ni de dialogue. La province nous dit qu’il
faut parler au gouvernement fédéral, et le gouvernement fédéral
nous dit qu’il faut parler à la province. Personne n’assume ses
responsabilités. Nous sommes déjà à la table — tout ce qu’il faut,
c’est la plate-forme. Nous avons besoin de connaître les règles et
les lignes directrices. C’est ce que nous souhaitons obtenir.
With regard to your second question, there are 11,000 members
in the Eastern Woodland Métis Nation. The criteria are selfidentify as a Metis, have distinct ancestry and heritage that link
you to a Metis nation, and be accepted by the nation. Unique
En ce qui concerne la deuxième question, la Eastern Woodland
Métis Nation compte 11 000 membres. Les critères, c’est qu’il faut
s’identifier comme Métis, avoir des ancêtres et un patrimoine
distinct qui nous lient à une nation métisse, et être accepté par la
29:12
Aboriginal Peoples
5-12-2012
about the Eastern Woodland Métis Nation more so than most
other nations that you might come across our acceptance of
African Nova Scotians and those who have Aboriginal lineage.
We are a lot more open and accepting than most others, for which
the criteria include that you be French-speaking.
nation. Ce qui est unique dans la Eastern Woodland Métis
Nation, plus que dans toute autre nation que vous ayez pu
connaître, c’est que l’on accepte les Néo-Écossais d’origine
africaine et ceux qui ont des ancêtres autochtones. Notre nation
est beaucoup plus ouverte que la plupart des autres, dont l’un des
critères est qu’il faut parler le français.
The primary difference of the Eastern Woodland Métis Nation
is that we are an open circle. North Preston, a historic Black
community in Nova Scotia, is accepted because, through our
research, we can show Aboriginal descent from there. That is an
aspect of our community that is a little different from most.
Notre Eastern Woodland Métis Nation se distingue
principalement parce qu’elle constitue un groupe ouvert. La
collectivité noire historique de North Preston en Nouvelle-Écosse
est reconnue parce que nos recherches y ont retracé des ancêtres
autochtones. Il s’agit d’un aspect qui distingue quelque peu notre
collectivité de la plupart des autres.
Senator Ataullahjan: Do you actively seek new members, or do
people come to you?
Le sénateur Ataullahjan : Êtes-vous activement à la recherche
de nouveaux membres, ou est-ce que les gens viennent vers vous?
Mr. Downey: People come to us. We have established ourselves
well in Nova Scotia over the last 12 years. We have an open
forum. Most of our membership has come from individual
members doing their research on their own. As you can imagine,
Nova Scotia communities are quite tightly knit and news spreads
like wildfire. Individuals started to look at their ancestry.
M. Downey : Les gens viennent vers nous. Au cours des
12 dernières années, nous nous sommes bien ancrés en NouvelleÉcosse. Nous avons une tribune ouverte. La plupart de nos
membres sont des particuliers qui ont fait leurs propres
recherches. Comme vous pouvez vous en douter, les collectivités
de la Nouvelle-Écosse sont très unies et les nouvelles se répandent
comme une traînée de poudre. Les gens ont commencé à
s’intéresser à leurs ancêtres.
It is more a claiming of our history, which, for most Metis
individuals in Nova Scotia, has been wiped out. We have been
here since 1812 and there has not been much dialogue. Indigenous
people have been looking back and finding their Metis heritage.
Nous cherchons en quelque sorte à revendiquer notre histoire
qui, pour la plupart des Métis de la Nouvelle-Écosse, a été
éradiquée. Nous vivons dans la province depuis 1812, mais bien
peu de dialogues ont eu lieu. Les peuples autochtones se tournent
vers leur passé et veulent découvrir leur patrimoine métis.
Senator Sibbeston: Welcome to both of you. Since we have
begun this study, it seems that more and more Metis people are
coming to the fore wanting to be recognized, which is very good.
Le sénateur Sibbeston : Je vous souhaite la bienvenue à tous les
deux. Depuis le début de notre étude, je suis ravi de voir que de
plus en plus de Métis viennent à l’avant-plan en quête de
reconnaissance.
Mr. Downey, you are not the first African Metis that I have
seen. In the 1940s, as part of the war effort, some AfricanAmericans came to the Northwest Territories to build a pipeline
and such things. They spent some time with Dene native people
up North and there have been some results. There are some Black
First Nations people and some Black Metis. You are now just
part of the crowd. It may be good for you to know that there are
people like you in the Northwest Territories.
Monsieur Downey, vous n’êtes pas le premier Métis
d’origine africaine que je rencontre. Dans les années 1940,
des Afro-Américains se sont rendus dans les Territoires du
Nord-Ouest pour construire un oléoduc et d’autres projets de ce
genre afin de contribuer à l’effort de guerre. Là-bas, dans le Nord,
ils se sont mêlés à la nation dénée, ce qui a eu des effets. Il existe
des Premières nations noires et des Métis noirs. Vous faites
maintenant partie du groupe. Vous serez peut-être heureux
d’apprendre que des gens comme vous habitent les Territoires
du Nord-Ouest.
In Western Canada, the Metis are a very prominent group, in
part because of their number. There are huge numbers of First
Nations and Metis people, and they have a history. They were
involved in the Riel Rebellion and other confrontations with the
government. They have a history to which they can attach
themselves, so it seems that they cannot be ignored. They are a
significant force in society, and government recognizes them.
They have made great advances in the last few decades in every
aspect — organization, economic development and education.
They have their own schools and so forth. There has been very
positive movement for the Metis people in particular.
Dans l’Ouest canadien, les Métis représentent un groupe
dominant, notamment parce qu’ils sont nombreux. De nombreux
Métis et membres des Premières nations y habitent depuis
longtemps. Ils ont participé à la rébellion de Riel et à d’autres
confrontations avec le gouvernement. Ils peuvent s’identifier à
leur histoire, et on ne peut donc pas les oublier. Ils représentent
une force considérable dans notre société, et le gouvernement les
reconnaît. Au cours des dernières décennies, ils ont fait de grandes
avancées à tous les égards — sur les plans de l’organisation, du
développement économique et de l’éducation. Ils se sont dotés de
leurs propres écoles et institutions. Les Métis en particulier
jouissent d’un appui très positif.
5-12-2012
Peuples autochtones
29:13
In your case, you are probably less known. How do you see
your future? How will you get yourselves to the point where you
will be recognized by society and government and funded by
government? Do you see yourselves coming up in the world, as it
were, coming up in our society?
Votre groupe est probablement moins connu. Comment
envisagez-vous votre avenir? Comment entreprenez-vous de
gagner la reconnaissance de la société et du gouvernement ainsi
que le financement du gouvernement? Pensez-vous pouvoir vous
tailler une place dans le monde comme vous avez réussi à le faire
au sein de notre société?
Ms. Dubé: Most of our ancestors from the East fought against
the Americans in the War of 1812. We have always been here. Our
ancestors have been here. It is just that mistrust was built up.
Many people still remember the expulsion, and there has always
been mistrust of the government in our provinces.
Mme Dubé : La plupart de nos ancêtres de l’Est ont lutté
contre les Américains pendant la guerre de 1812. Nous avons
toujours été présents. Nos ancêtres s’y trouvaient à l’époque. Le
problème, c’est que la méfiance s’est envenimée. Nombreux sont
ceux qui se souviennent de l’expulsion, et la méfiance à l’égard du
gouvernement a toujours existé dans nos provinces.
Many families feel that they cannot reveal the secret that they
are Aboriginal because something bad will happen; they will take
everything or send our kids off. Many of the elderly still believe
that. The kids now are saying, ‘‘Look, things have changed,
Grandpa; things have changed, Grandma. It is not like that
anymore.’’ We want to be proud. We want to finally be able to say
who we are so that we can continue our culture.
De nombreuses familles croient qu’elles doivent s’abstenir de
révéler le secret de leur identité autochtone au cas où quelque
chose de grave leur arriverait — qu’on leur enlève tout ou qu’on
emmène leurs enfants ailleurs. De nombreux aînés ont toujours
cette croyance. Les enfants leur disent maintenant : « Grandpapa, les choses ont changé; grand-maman, les choses ont changé.
La situation n’est plus comme avant. » Nous voulons être fiers.
Nous voulons être enfin en mesure de déclarer qui nous sommes
pour pouvoir perpétuer notre culture.
We have almost 15,000 members from across Canada. We
added ‘‘Intertribal’’ to our name because we are so mixed with
different Aboriginal groups. Some are of Cree descent, some
Montagny, Mi’kmaq, Maliseet and Mohawk.
Nous comptons près de 15 000 membres partout au Canada.
Nous avons ajouté le terme « intertribal » à notre nom parce que
nos origines sont très diverses et rassemblent différents groupes
autochtones. Certains sont de descendance crie, montagnaise,
micmaque, malécite ou mohawk.
We want to set up schools. We bid on a school in New
Brunswick at the beginning of this year and our bid was denied.
We said that we wanted the school in order to teach our children
their culture and language, but we were not heard. A religious
group got the school for the same amount that we had bid,
because we were applying as Metis.
Nous voulons ouvrir des écoles. Au début de l’année, nous
avons fait une offre pour une école au Nouveau-Brunswick, mais
notre soumission a été rejetée. On ne nous a pas écoutés quand
nous avons dit vouloir l’école afin d’enseigner à nos enfants leur
culture et leur langue. Un groupe religieux a pu acheter l’école au
même prix que nous offrions; on a rejeté notre offre parce que
nous avons fait une demande en tant que Métis.
We went to court on fishing rights. An elder who was starving
used his cultural rights to get food. He was charged for catching
22 very small trout. If it were not for my husband and me, he
would not have eaten that day.
Nous sommes allés devant les tribunaux pour revendiquer nos
droits de pêche. Un aîné affamé a fait valoir ses droits culturels
pour s’alimenter. Il a été accusé d’avoir pêché 22 toutes petites
truites. Sans l’aide que mon mari et moi lui avons prodiguée, il
n’aurait rien mangé ce jour-là.
The Government of New Brunswick and the courts state that
there are no Metis in New Brunswick and never will be. That is
their opinion. However, we have historical documents that show
that our ancestors came from that province. Yet, that is not
enough. We tell them that in the expulsion of 1755 most of the
documents were lost or burned, but that is not enough.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick et les tribunaux
affirment qu’il n’y a aucun Métis au Nouveau-Brunswick et qu’il
n’y en aura jamais. C’est ce qu’ils croient. Toutefois, nous
détenons des documents historiques qui prouvent que nos
ancêtres viennent de cette province. Et pourtant, ces documents
ne suffisent pas. Nous leur disons que, pendant la déportation de
1755, la plupart des documents ont été perdus ou brûlés, mais ces
explications ne leur suffisent pas.
Mr. Downey: Senator Sibbeston, the Eastern Woodland Métis
Nation is in a good situation right now. I took on the role of
federal government liaison in part because I feel a sense of duty
and responsibility. I am a Nova Scotian. I was born in Ontario,
raised in Toronto, but I am a Nova Scotian. My grandfather
M. Downey : Sénateur Sibbeston, la Eastern Woodland Métis
Nations se porte bien actuellement. Je m’acquitte du rôle d’agent
de liaison auprès du gouvernement fédéral, notamment parce que
j’ai un sens du devoir et des responsabilités. Je suis Néo-Écossais.
Je suis né en Ontario, j’ai été élevé à Toronto, mais je suis
29:14
Aboriginal Peoples
5-12-2012
served in city hall in Halifax, Nova Scotia, for 27 years. I went to
high school in Nova Scotia and graduated from Mount Allison
University in political science.
Néo-Écossais. Mon grand-père a représenté la mairie d’Halifax en
Nouvelle-Écosse pendant 27 ans. J’ai fréquenté l’école secondaire
en Nouvelle-Écosse et j’ai reçu mon diplôme en sciences politiques
de l’Université Mount Allison.
The Acadian culture is prominent and strong and proud. It is
very important that people know who they are. The fact that I am
appearing here today indicates that we are coming up. We need a
lot of organization.
La culture acadienne est dominante, solide et fière. Il est très
important que la population sache qui sont les Acadiens. Le fait
que je comparaisse ici aujourd’hui, démontre que nous gagnons
en importance. Nous devons être bien organisés.
The Metis in the other provinces are well ahead of us, no
doubt. However, we are laying the groundwork. We are looking
for the opportunity for dialogue so that we can help Canadians
and Metis. Our nation is diverse.
Il va sans dire que les Métis dans les autres provinces ont une
longueur d’avance. Toutefois, nous jetons les bases de notre
travail. Nous cherchons à entamer un dialogue pour pouvoir
aider les Canadiens et les Métis. Notre nation est diversifiée.
We have public servants, business professionals and academics.
These are individuals who are contributing to society. I grew up
knowing that Canada was a cultural mosaic. This is part of our
values, and we want to be part of that. We want to contribute
more. We are looking for the opportunity to be able to do that,
because of the head start that so many people around us were able
to have. That is where we are at.
Notre groupe compte des fonctionnaires, des gens d’affaires et
des chercheurs. Ces gens contribuent à la société. Quand j’étais
tout petit, on m’a appris que le Canada est une mosaïque
culturelle. Cette réalité fait partie de nos valeurs, et nous voulons
être inclus dans la mosaïque. Nous voulons y contribuer
davantage. Nous voulons avoir la possibilité d’en faire plus en
raison de la longueur d’avance dont certains ont joui. C’est là où
nous en sommes.
The Chair: Only Senator Sibbeston can lead us to that question
in the way you did.
Le président : Il n’y a que le sénateur Sibbeston pour poser ses
questions de la sorte.
Senator Sibbeston: I was going to deal with the question of
spending a night or two; I was under the impression that it takes
more than that. Maybe it is more than one or two nights, but I do
not really know for sure.
Le sénateur Sibbeston : J’allais demander si on pourrait y
consacrer une soirée ou deux; j’avais l’impression que nous
aurions besoin de plus de temps. Nous aurions peut-être besoin
d’une soirée ou deux, mais je n’en suis pas certain.
The Chair: Senator Sibbeston, I am so sorry. I am actually
sorry.
Le président : Je suis désolé, sénateur Sibbeston. Je suis
vraiment désolé.
Senator Seth: Thank you so much. Listening to all that history,
I am puzzled. I would like to know the following: You say Metis
is a population of 11,000 or 15,000. How many languages do you
have? You are mixed with different parts of French and Europe
and all those languages. How many languages do you have,
officially? How do you manage health care? I am worried about
that part. As a physician, I think what must be there and how is it
looked after? Do you have a clinic, hospital? Can you describe
this for me, please?
Le sénateur Seth : Merci beaucoup. Vos faits historiques me
laissent perplexe. J’aimerais savoir ceci. Vous avez dit que la
population métisse est de 11 000 ou de 15 000 personnes.
Combien de langues parlez-vous? Vous êtes notamment de
descendance française et européenne et vous parlez toutes sortes
de langues. Combien de langues officielles avez-vous? Comment
gérez-vous les soins de santé? Ce dernier point me préoccupe. En
tant que médecin, je pense à l’infrastructure nécessaire et à la
façon dont elle doit être gérée. Avez-vous une clinique ou un
hôpital? Pourriez-vous me décrire la situation, s’il vous plaît?
Mr. Downey: The Eastern Woodland Métis Nation has made
health a prominent part of what we do as far as organizing when
seeking federal government grants or for specific projects that are
project-based and locally based. In Atlantic Canada, there are a
lot of seniors. We have a lot of Metis seniors who are experiencing
different forms of dementia that are coming on, and different
health aspects are starting to hurt our communities. When you
have a lot of youth leaving for Central and Western Canada for
those opportunities, I am concerned for the long-term future of
Atlantic Canada, and in particular, my province of Nova Scotia
and the small-town communities.
M. Downey : La Eastern Woodland Métis Nation a fait de la
santé un volet important de notre stratégie quand nous
demandons des subventions du gouvernement fédéral ou quand
nous lançons des projets locaux précis. La région de l’Atlantique
compte beaucoup d’aînés. De nombreux aînés métis souffrent de
diverses formes de démences, et différents problèmes de santé
commencent à miner nos collectivités. Je trouve l’exode des jeunes
en quête de débouchés dans le centre et l’Ouest du pays inquiétant
pour l’avenir à long terme de la région de l’Atlantique, et en
particulier pour ma province de la Nouvelle-Écosse et les petits
villages.
With regard to health, obviously the statistics with regard to
Metis Aboriginal communities and where they are with the rest of
the proportion of the population is self-evident with crime and
Pour ce qui est de la santé, les statistiques sur les collectivités
autochtones métisses et sur leur classement quant au reste de la
population vont de soi, en raison de la criminalité et des autres
5-12-2012
Peuples autochtones
29:15
other things of that nature. We are addressing it. However, it is an
issue of concern and one of the reasons we are here and looking
forward to having relationships to develop and grow to be able to
address this serious issue. There are individuals who really require
the help of this country and governments to step in to help them
support and facilitate themselves. We are in an okay situation.
However, it is a deep concern. It is something that will only
become a more prevalent issue in the future if something is not
done soon.
problèmes de cette nature. Nous nous penchons actuellement sur
le problème. Toutefois, c’est une source de préoccupation et nous
voulons régler ce problème grave; d’ailleurs, c’est l’une des raisons
pour lesquelles nous sommes ici et que nous cherchons à nouer
des relations pour garantir notre développement et notre
croissance. Certains ont absolument besoin de l’aide du pays et
des gouvernements pour les appuyer et les épauler. Nous nous
portons assez bien. Toutefois, il s’agit d’une préoccupation grave.
Le problème ne va que s’envenimer si on n’intervient pas
maintenant.
Senator Seth: You did not tell me how many languages you
have.
Le sénateur Seth : Vous ne m’avez pas dit combien de langues
vous parlez.
Mr. Downey: We have two official languages. We have English
and French.
M. Downey : Nous avons deux langues officielles, soit l’anglais
et le français.
Ms. Dubé: Same here. We have two official languages, which
are English and French. There are too many languages all across
Canada and the U.S. to be able to keep up with them all. In the
United States, it is mostly English, and in Canada it is English
and French. It is surprising, because there are quite a few French
members in the United States. For health care, we do not have
our own hospitals, but we have lots of members who are doctors,
lawyers or who are even into government jobs.
Mme Dubé : Nous aussi. Nous avons deux langues officielles :
l’anglais et le français. Il existe trop de langues partout au Canada
et aux États-Unis pour pouvoir en dresser la liste. Aux ÉtatsUnis, nous parlons surtout l’anglais, et au Canada, l’anglais et
français. Étonnement, nous comptons un assez grand nombre de
membres francophones aux États-Unis. Pour ce qui est des soins
de santé, nous n’avons pas nos propres hôpitaux, mais un grand
nombre de nos membres sont médecins, avocats ou même
fonctionnaires.
We are so diverse. There are lots of people. We even encourage
our children to eat the traditional foods, because we have elders
who, at 90 years old, still walk and eat their traditional foods. He
keeps telling us to eat more beans. It is so nice to see our elders try
to encourage the younger generation to get off the junk food, the
Pepsi, have less sugar, be healthier and eat more traditional stuff.
If you want sugar, take the maple syrup. The elders have always
said the biggest problem is diabetes. Diabetes comes because we
have been taken off of our traditional diets. We could make a
balance and teach the young kids to take a balance with their
food, watch what they eat and they do not have to eat what shows
up on TV, the McDonald’s and all this stuff, but it is hard.
Nous sommes très diversifiés et nombreux. Nous encourageons
même nos enfants à manger des mets traditionnels parce que
certains de nos aînés marchent toujours à l’âge de 90 ans et
mangent leurs mets traditionnels. Un de nos aînés nous incite à
manger davantage de fèves. Il est très agréable de voir nos aînés
encourager la génération à se détourner de la malbouffe et du
Pepsi, à réduire leur consommation de sucre, à être en santé et à
manger davantage de plats traditionnels. Si on a une envie de
sucre, on peut manger du sirop d’érable. Les aînés ont toujours dit
que le diabète constitue le problème le plus grave. Le diabète est
apparu parce que nous nous sommes détournés de nos régimes
alimentaires traditionnels. On pourrait trouver un juste équilibre
et enseigner aux jeunes enfants à s’alimenter de façon équilibrée, à
faire attention à ce qu’ils mangent et à ne pas se laisser tenter par
les publicités télévisées du McDonald et des autres restos de ce
genre. Cependant, ce n’est pas chose facile.
For health care, it is pretty much like every province. They fall
underneath provincial health care for every province, because we
do not have anything extra set up. We have lots of members who
have asked if we have anything set up for prescription drugs so
that they can get benefits, because it is so expensive. There are
some who are on social assistance and some who are very low
income and they are debating: My daughter needs her insulin and
we need this. At the same time, can we provide a little bit of extra
food?
La situation dans les provinces s’applique aussi à nous pour ce
qui est des soins de santé. Nos soins de santé relèvent des
provinces parce que nous n’avons pas notre propre système en
place. Compte tenu des prix élevés des médicaments
d’ordonnance, bon nombre de nos membres nous ont demandé
si nous avons un système qui leur donnerait droit à des
indemnités. Ceux qui reçoivent des prestations d’aide sociale ou
qui gagnent un très faible revenu doivent faire des choix : ma fille
a besoin d’insuline, et nous avons aussi besoin de telle ou telle
autre chose. Pourrons-nous aussi nous payer un peu plus
d’aliments supplémentaires?
Senator Seth: Does social assistance not cover the medication?
Le sénateur Seth : L’aide sociale ne couvre-t-elle pas aussi les
médicaments?
Ms. Dubé: Social assistance covers certain amounts.
Mme Dubé : Certains montants seulement.
29:16
Aboriginal Peoples
Senator Seth: Most of the medications?
5-12-2012
Le sénateur Seth : Pour la plupart des médicaments?
Ms. Dubé: Most of it. However, there are certain things. This is
what I was told from our members, because they keep me up to
date with what is going on. With the complaints, there are some
who are low income. It is almost like social assistance, but it is
not. It is bare minimum. With the health care coverage they have,
it does not cover everything.
Mme Dubé : La plupart. Il y a toutefois certaines lacunes. C’est
ce que m’ont dit nos membres, parce qu’ils me tiennent au courant
de ce qui se passe. Certains ont un faible revenu. C’est presque
l’aide sociale, sans l’être. C’est le minimum absolu. L’assurancesanté qu’ils ont ne couvre pas tout.
Senator Seth: Even in my practice, I remember I used to have
some patients who were fully covered for glasses, dentist and
every medication, which normally other people on social benefits
are not covered for. They are given a special substitute for that,
and it was quite amazing. My experience and what I am telling
you may be different for Metis. I do not know. With what I have
gone through, I thought the government was very supportive.
Le sénateur Seth : Même dans mon cabinet, je me souviens
d’avoir eu des patients qui étaient entièrement couverts pour les
lunettes, les soins dentaires et tous les médicaments, alors que
d’autres personnes qui recevaient des prestations d’aide sociale ne
l’étaient normalement pas. Il existe quelque chose pour remplacer
cela, et c’est assez remarquable. Ce que j’ai connu peut être très
différent de ce que vivent les Métis. Je ne sais pas. D’après mon
expérience, j’avais trouvé que le gouvernement fournissait un très
bon soutien.
Ms. Dubé: We have tried to set up to contact Blue Cross to see
if we could do a special plan for some of our members and if they
can cover prescription drugs. It is not for the ones on social
assistance, but the low income. We tried to see if there is
something extra. I am still waiting for that phone call. I have not
had a call back.
Mme Dubé : Nous avons essayé de communiquer avec la Croix
Bleue pour voir si nous pourrions avoir un régime spécial pour
certains de nos membres, et si la Croix Bleue pourrait assurer
certains médicaments d’ordonnance. Ce n’est pas ceux qui vivent
de l’aide sociale, mais ceux qui ont un faible revenu. Nous avons
essayé de voir s’il y avait quelques suppléments. J’attends toujours
une réponse.
Senator Dyck: Thank you to our witnesses for coming and
giving us your presentations. You have added a new set of
nuances to the committee’s study. As you may know, most of the
witnesses we have heard to date have really talked about Metis
people arising from the fur trade. They talk about historic fur
trade communities, mixing with the French and the English and
creating a distinct culture that was neither French nor Indian or
English and Indian. In your cases, that does not seem to be the
case. When you talk about your history of being Metis, what do
you relate back? You mentioned historic documents and the War
of 1812. Was there any fur trade activity there? Is there a
distinctiveness to your communities that makes you different than
First Nations or different than your European or African
ancestors?
Le sénateur Dyck : Je remercie nos témoins d’être venus et
d’avoir fait ces exposés. Vous avez jeté un nouvel éclairage sur
l’étude du comité. Vous savez certainement que la plupart de nos
témoins, jusqu’ici, nous ont surtout parlé du fait que les Métis ne
se livrent plus à la traite des fourrures. Ils ont parlé des
collectivités historiques de commerce des fourrures, qui se sont
mêlées aux Français et aux Anglais pour créer une culture
distincte qui n’était ni française, ni autochtone, ou ni anglaise, ni
autochtone. Cela ne semble pas être votre cas. Quand vous parlez
de vos antécédents, à quoi rattachez-vous vos sources? Vous avez
parlé de documents historiques et de la guerre de 1812. Est-ce
qu’on se livrait au commerce des fourrures à ce moment-là?
Qu’est-ce qui distingue vos collectivités de celles des Premières
nations ou de vos ancêtres européens ou africains?
Mr. Downey: There is a fusion, particularly within the situation
of Nova Scotia, the Eastern Woodland Métis Nation. We call it
the awakening. It is essentially that our way of life and living is
very distinct within the African Nova Scotia community, and also
when you add in our Aboriginal roots. Through food, culture,
music, the way of living is very distinct and different, and we have
slight nuances from other aspects of individuals that live within
the region. It is one of those things that you feel. It is not
necessarily something where you can point to something directly.
It is a self-identification with an aspect of your ancestry, your
heritage and your lineage. For us, it is very much driven from a
genealogy standpoint. That is how we identify with ourselves.
M. Downey : Il y a eu une fusion, particulièrement au sein de la
Nouvelle-Écosse, de l’Eastern Woodland Métis Nation. Nous
l’avons appelée un éveil. En gros, notre mode de vie est très
différent au sein de la communauté néo-écossaise d’origine
africaine, d’autant plus que nous avons des racines autochtones.
Notre alimentation, notre culture, notre musique, notre mode de
vie sont très distincts et différents, et nous affichons aussi de
légères différences à d’autres égards, comparativement aux
habitants de la région. C’est de ces choses que l’on ressent. Ce
n’est pas nécessairement quelque chose qu’on peut démontrer
concrètement. C’est l’auto-identification liée à un aspect de notre
ascendance, de notre patrimoine et de notre lignée. Pour nous,
c’est vraiment une question d’arbre généalogique. C’est ainsi que
nous nous identifions.
5-12-2012
Peuples autochtones
29:17
Ms. Dubé: Like Mr. Downey said, it is a fusion. We took both
cultures and we fused bits and pieces. The French were trappers,
and of course the Aboriginals trapped and hunted. It is pretty
much the same. There are many people today who do not even
follow their traditional roots, and there are some who do. It
depends on where they live.
Mme Dubé : Comme l’a dit M. Downey, c’est une fusion.
Nous avons pris deux cultures et fusionné certains éléments. Les
Français étaient des trappeurs, et bien sûr, les Autochtones
trappaient et chassaient. C’est assez semblable. Bien des gens
aujourd’hui, ne remontent pas jusqu’à leurs racines, et d’autres le
font. Tout dépend d’où ils vivent.
Mr. Downey: I would say, to give you an indication, up until
the late 1970s, within many of our communities there were still
one-room schoolhouses in Atlantic Canada where many of our
community members were being taught. It was a very traditional
setting that has been adopted, very much off the grid. A lot of
gentrification is happening in our traditional communities that
have been more or less isolated, and now you are seeing in many
of our communities’ way of life and living assimilation going on,
and there is no doubt about that. However, that is why it is
important and prevalent now that we sustain and show a presence
of who we are. It is difficult when you are not able to have a
dialogue and come to terms with that with the province because
they are just not really acknowledging it or it is not a policy that is
of importance to be on the agenda. It is something that does not
come to bear. There is a dialogue within the province of Nova
Scotia, within the legislature and within many of the
representatives. However, the actual coming to the table and
putting things together has never transpired.
M. Downey : Pour vous donner une idée, je dirais que jusqu’à
la fin des années 1970, dans bon nombre de nos collectivités des
provinces de l’Atlantique, il y avait encore des écoles qui n’avaient
qu’une seule salle de classe et qu’ont fréquentées beaucoup de
membres de notre collectivité. On avait adopté un cadre très
traditionnel, très simple. On assiste à un grand phénomène
d’embourgeoisement dans nos collectivités traditionnelles qui ont
été plus ou moins isolées, et maintenant, on voit beaucoup
d’assimilation au mode de vie de bon nombre de nos collectivités.
Cela ne fait aucun doute. Par contre, c’est pourquoi il est aussi
important et nécessaire de maintenir et d’afficher une présence
marquée par notre identité. C’est difficile, quand il est impossible
de dialoguer et de s’entendre avec la province tout simplement
parce qu’elle ne le reconnaît pas ou qu’il n’y a pas de politique
d’envergure à inscrire à l’ordre du jour. Aucune pression n’est
exercée. Il y a bien un dialogue au sein de la province de la
Nouvelle-Écosse avec l’Assemblée législative et bon nombre de
représentants. Cependant, le gouvernement ne s’est jamais mêlé
au débat et n’a jamais rien proposé.
Senator Lovelace Nicholas: Thank you for your presentations.
Why are some Metis recognized and some not? You mentioned
the United States. Why is that?
Le sénateur Lovelace Nicholas : Merci de vos exposés.
Pourquoi reconnaît-on certains Métis et d’autres non? Vous
avez parlé des États-Unis. Pourquoi en est-il ainsi?
Ms. Dubé: To answer for the United States, the reason they
approached us to have a treaty with us is that most of their
members’ ancestors were from Canada. They are originally from
here, and they cannot apply for their status because they are not
originally from the United States. It goes back to the ancestors.
There are certain very fine laws that are put in. If your ancestors
are not originally from there, you cannot apply. The Métis Nation
of the United States, MNUS, approached us, and we said, ‘‘Yes,
your ancestors are from Canada, and back then there were no
borders. We still believe there is no border. We represent North
America. For us there is no border.’’ They were ecstatic. I even
have some members whose parents are full status in the United
States, but the children are not recognized. They cannot apply
because they are less than 51 per cent, I think it is in the U.S. It is
either 49 or 51 per cent. They cannot apply for their status, but
they can apply as Metis with us because we know their parents are
full status.
Mme Dubé : Pour répondre à votre question portant sur les
États-Unis, la raison pour laquelle ils nous ont demandé de
conclure un traité, c’est que les ancêtres de la plupart de leurs
membres viennent du Canada. Ils sont d’ici et ne peuvent donc
pas faire une demande pour obtenir leur statut car ils ne sont pas
originaires des États-Unis. Cela remonte aux ancêtres. Il existe des
lois très précises. Si vos ancêtres ne sont pas de là-bas, vous ne
pouvez pas présenter une demande. La Metis Nation of the
United States, la MNUS, nous a dit : « Oui, vos ancêtres sont du
Canada et, à l’époque, il n’y avait pas de frontière. Nous sommes
d’avis qu’il n’existe pas de frontière. Nous représentons
l’Amérique du Nord. Pour nous, il n’existe pas de frontière. »
Ils étaient ravis. Les parents de certains membres ont le statut de
plein droit aux États-Unis, mais les enfants ne sont pas reconnus.
Ils ne peuvent pas présenter une demande parce qu’ils comptent
pour moins de 51 p. 100, je crois que c’est le seuil aux États-Unis.
C’est soit 49 ou 51 p. 100. Ils ne peuvent pas présenter une
demande pour obtenir leur statut, mais ils peuvent présenter une
demande en tant que Métis au Canada car nous savons que leurs
parents ont le statut de plein droit.
Senator Lovelace Nicholas: I was trying to understand that.
Thank you.
Le sénateur Lovelace Nicholas : C’est ce que je tentais de
comprendre. Merci.
What is it you want from the Senate? Do you want us to ask
for you to have Aboriginal rights, as in hunting, fishing,
education, the rights that Aboriginal people have?
Que voulez-vous du Sénat? Que voulez-vous qu’on demande en
votre nom? Voulez-vous qu’on réclame pour vous les droits
autochtones comme la chasse, la pêche, l’éducation, les droits
qu’ont les peuples autochtones?
29:18
Aboriginal Peoples
5-12-2012
Mr. Downey: The Eastern Woodland Métis Nation would like
the opportunity to have a direct dialogue and bring our case, just
lay it out there, where we stand and why we are a distinct
community. Whether or not it would be the pleasure of the
province and/or the federal government to recognize us, that is
really what it comes down to. We have the membership, we have
the long-standing organization, we have the structure and the
consistency, and we are working very hard and diligently not only
to gain the confidence of the province and the federal government
but also to continue to grow. These nations arise and individuals
get very ecstatic about their lineage, and then two years later the
organization leaves because it is just one individual’s idea. This is
not an idea; this is an actual awakening of a community and a
culture, and it is growing. This is not something that will go away.
M. Downey : La Eastern Woodland Métis Nation aimerait
entretenir un dialogue direct et présenter sa cause, faire connaître
sa position et expliquer pourquoi elle est une communauté
distincte. Qu’il plaise ou non à la province ou au gouvernement
fédéral de nous reconnaître, voilà de quoi il retourne. Notre
organisation existe depuis longtemps; nous avons les membres, la
structure et la constance. De plus, nous travaillons très fort et
avec assiduité non seulement pour gagner la confiance de la
province et du fédéral, mais aussi pour continuer à croître. Ces
nations surgissent et certaines personnes deviennent très
enthousiastes quant à leur lignée, puis, deux ans plus tard,
l’organisation n’existe plus car c’était l’idée d’une seule personne.
Ce n’est pas une idée; c’est le réveil réel d’une communauté et
d’une culture qui connaît une croissance. Ce n’est pas un
phénomène qui disparaîtra.
We would like to be able to implement strong policies within
our nation, within our communities, that can be able to address
health, education and business development. The Senate can
make a recommendation to the federal government, the
Department of Aboriginal Affairs or the Province of Nova
Scotia to have dialogue and to come to the table with us. That is
really what the Eastern Woodland Métis Nation would like to
have, because we represent the largest proportion of Metis in the
province of Nova Scotia and we are the first.
Nous aimerions pouvoir mettre en œuvre des politiques
vigoureuses au sein de notre nation et de nos communautés qui
nous permettront d’aborder les questions de santé, d’éducation et
de développement commercial. Le Sénat peut formuler une
recommandation au gouvernement fédéral, au ministère des
Affaires autochtones ou à la province de la Nouvelle-Écosse
dans le but d’entretenir un dialogue et de s’asseoir avec nous à la
table. C’est ce que souhaiterait vraiment la Eastern Woodland
Métis Nation, car nous représentons la plus forte proportion de
Métis en Nouvelle-Écosse et nous sommes les premiers.
Right now, so that you can have a little more clarity on our
situation, we are able to do the things that we are within our
community through back channels. We signed a treaty with the
Port McNicoll Ontario Metis Allegiance in 2002. That treaty
distinctively made out the parameters that they accepted us under
their branch and that they recognized us within our province, and
we have a direct treaty with them. Essentially, with my Metis
card, we have it under their number. This is a political and a
bureaucratic thing outside of being able to do it within our own
province. That is really where the clarity comes, because we would
like to be able to do it at home. We do have this treaty, and it is
standing and recognized, but it would make things much easier
for us if we were able to do it at home and build and develop our
community in that manner.
J’aimerais préciser qu’à l’heure actuelle, nous arrivons à faire
certaines choses au sein de notre communauté de façon détournée.
Nous avons signé un traité avec la Port McNicoll Ontario Metis
Allegiance en 2002. Le traité indique nettement que nous sommes
acceptés au sein de l’organisation et reconnus au sein de notre
province. Nous avons une entente directe avec cette organisation.
C’est donc dire que ma carte de Métis se trouve sous le numéro de
l’organisation. C’est une question d’ordre politique et
bureaucratique. On ne peut pas le faire au sein de notre propre
province. Voilà ce que je voulais préciser, car c’est quelque chose
que nous aimerions pouvoir faire chez nous. Nous avons un traité
qui est reconnu, mais ce serait plus simple pour nous si nous
pouvions le faire chez nous afin de pouvoir construire et
développer notre communauté.
Senator Campbell: The Powley decision listed three criteria for
meeting the definition of ‘‘Metis’’: self-identification, ancestral
connection to Metis council and acceptance by a Metis
community. Would you agree with those three definitions?
Le sénateur Campbell : L’arrêt Powley a énuméré trois critères
afin de définir la notion de « Métis » : auto-identification, lien
ancestral à un conseil métis et acceptation par une collectivité
métisse. Souscrivez-vous aux trois critères de cette définition?
Mr. Downey: Absolutely.
Senator Campbell: I note that you have an application on the
Web to join your organization. On the application, basically one
of the criteria is genealogical references, someone who is Metis
from North America or someone who is a member of First
Nations in North America, and you may include copies of
ancestral Indian status cards or documents showing them as
Indian Act.
M. Downey : Absolument.
Le sénateur Campbell : J’ai remarqué qu’il y a, sur votre site
Web, un formulaire de demande pour se joindre à votre
organisation. Sur cette demande, l’un des critères consiste
essentiellement à fournir des références généalogiques, d’un
Métis d’Amérique du Nord ou d’un membre d’une Première
nation d’Amérique du Nord. On peut y joindre des copies de
cartes d’Indien inscrit et de ses ancêtres ou des documents qui
attestent de ce statut en vertu de la Loi sur les Indiens.
5-12-2012
Peuples autochtones
29:19
That is basically it. There is no more great lengthiness. Then
you note that a Metis citizen is distinct from First Nation, Inuit
and non-Aboriginal, and you have a $50 application fee.
C’est à peu près tout. On ne demande pas plus de détails. Vous
faites ensuite remarquer qu’un citoyen métis est différent d’un
membre des Premières nations, d’un Inuit et d’un nonAutochtone, et il faut joindre un paiement de 50 $ à la demande.
Basically, as I read this — and if I am wrong, please tell me —
if I can show that I have First Nations ancestry — and there is
nothing here that says I have to show that it is First Nations from
Nova Scotia; just if I can show First Nations ancestry — then I
can register with you and be classified as a Metis under your
organization. Is that correct?
Essentiellement, d’après ce que je comprends — et si je me
trompe, dites-le-moi —, si je peux prouver que j’ai des ancêtres
membres des Premières nations — et il n’y a rien qui précise qu’il
doit s’agir de Premières nations de la Nouvelle-Écosse —, si je
peux simplement attester du fait que j’ai des ancêtres membres des
Premières nations, alors je peux m’inscrire auprès de votre
organisme et être considéré comme Métis par votre organisation.
Est-ce exact?
Ms. Dubé: That is partly correct. For our application process,
you have to fill in a three-page application form. The second
page is what they call the Aboriginal chart. That gives us the basis
of where to start with your genealogy, because you have to send in
a photocopy of your genealogy.
Mme Dubé : Vous avez en partie raison. Pour notre processus
de demande, il vous faut remplir un formulaire de demande de
trois pages. La deuxième page est ce qu’on appelle le tableau
autochtone. Ceci nous donne les éléments de base afin d’entamer
des recherches généalogiques, car vous devez nous faire parvenir
par photocopie votre arbre généalogique.
Senator Campbell: It does not say that anywhere here, though.
The second page is just applicant signature.
Le sénateur Campbell : Cependant, cela n’est indiqué nulle
part. Sur la deuxième page, on ne fait que demander la signature
du demandeur.
Ms. Dubé: On the third page it states that.
Mme Dubé : C’est à la troisième page que cela est indiqué.
Senator Campbell: The third page?
Le sénateur Campbell : La troisième page?
Ms. Dubé: Yes.
Mme Dubé : Oui.
Senator Campbell: There is not a third page on your website.
Le sénateur Campbell : Il n’y a pas de troisième page sur votre
site Web.
Ms. Dubé: There is application page 1, 2 and 3 on our website.
Mme Dubé : Il y a les pages du formulaire de demande 1, 2
et 3 sur votre site Web.
Senator Campbell: All you have here is 2. It says: Sign here.
Keep between the lines. That is page 2.
Le sénateur Campbell : Je n’en ai vues que 2. On peut y lire :
Signez ici. Il faut respecter les lignes. C’est la page 2.
In any event, what I am trying to get at is that if you accept the
Powley decision as a reference for Metis, then do you accept that
with your membership? For instance, acceptance by a Metis
community, which seems to be pretty much a major agreement
from many of our witnesses that they are accepted by a Metis
community, be it in Quebec, Ontario, or across the Prairies. They
may be English or French, but there is that acceptance. Do you
agree with that?
Quoi qu’il en soit, ce que j’essaye de dire, c’est que si l’on
accepte l’arrêt Powley comme référence pour la définition de
Métis, alors acceptez-vous ces critères de la part de vos membres?
Prenons l’exemple du critère lié à l’acceptation par une collectivité
métisse, sur lequel semblent s’entendre bon nombre de nos
témoins, que ce soit au Québec, en Ontario ou dans les Prairies. Il
se peut qu’ils soient anglais ou français, mais il faut qu’il y ait
cette acceptation. Approuvez-vous ce critère?
Mr. Downey: If I may, with regard to what you are talking
about with the Powley decision, an individual who self-identifies
as a Metis, that is an individual decision.
M. Downey : Si je peux me permettre, en ce qui a trait à la
référence que vous faites à l’arrêt Powley, une personne qui
s’auto-identifie comme Métis le fait dans le cadre d’une décision
individuelle.
Senator Campbell: I agree. Yes.
Mr. Downey: I will skip the historic one, and then there is
accepted by a Metis nation. Let us just say you are accepted.
Senator Campbell: By a Metis community.
Le sénateur Campbell : Je suis d’accord. Oui.
M. Downey : Je vais passer l’aspect historique, mais il faut
aussi que la personne soit acceptée par une nation métisse. Disons
que vous êtes accepté.
Le sénateur Campbell : Par une collectivité métisse.
29:20
Aboriginal Peoples
5-12-2012
Mr. Downey: By a Metis nation or community. We are looking
at the historical aspect of how you determine whether or not a
Métis nation fits the criteria. Right now, it is arbitrarily set by
public policy-makers.
M. Downey : Par une nation métisse ou une collectivité
métisse. Nous examinons l’aspect historique afin de savoir si
une nation métisse correspond ou non aux critères. À l’heure
actuelle, c’est déterminé de façon arbitraire par des décideurs
politiques.
Senator Campbell: No, sir. It is not arbitrarily set by public
policy-makers. It is set by the Supreme Court of Canada.
Le sénateur Campbell : Non, monsieur. Ce n’est pas déterminé
arbitrairement par des décideurs politiques. C’est déterminé par la
Cour suprême du Canada.
Mr. Downey: The Supreme Court of Canada has put together
the Powley decision. When you look at our nation — I can speak
for Eastern Woodland Métis Nation — we fall within every
category here.
M. Downey : La Cour suprême du Canada a rendu l’arrêt
Powley. Lorsque vous examinez notre nation — je peux parler de
la Eastern Woodland Métis Nation —, nous correspondons à
chaque catégorie.
Senator Campbell: Where would the historic Metis nation be?
Where would the historic Metis community be in Nova Scotia?
Le sénateur Campbell : Qu’en est-il de la nation métisse
historique? Où se trouverait la communauté métisse historique
de la Nouvelle-Écosse?
Mr. Downey: Right now it goes through Yarmouth, Digby,
Annapolis Valley, and then you also have communities such as
North Preston, East Preston and the surrounding regions there.
That is where the history is.
M. Downey : À l’heure actuelle, elle englobe Yarmouth, Digby,
Annapolis Valley, ainsi que des collectivités comme North
Preston, East Preston et les régions avoisinantes. C’est là où se
trouve notre histoire.
I am not sure if you know the history of Nova Scotia very well,
but you know that they do not have a great track record with
regard to discrimination, to this point in time, and there is still a
lot of institutional racism going on, including Black business
initiatives and other organizations that continually segregate
communities versus uniting them. This is something that I do not
view very kindly. However, this is the politics of the community.
This is the reality.
Je ne sais pas si vous connaissez bien l’histoire de la NouvelleÉcosse, mais vous savez certainement que la province n’a pas un
bilan très reluisant en matière de discrimination jusqu’à
maintenant. Il y a toujours eu beaucoup de racisme
institutionnel, y compris des entreprises noires et d’autres
organisations qui divisent les collectivités plutôt que de les unir.
C’est quelque chose que nous ne voyons pas d’un très bon œil.
Cependant, c’est la politique de la collectivité. C’est la réalité.
That is where we are. We have to go to the archives. If we go
there and dig deep, we will see that there is distinct nation and
communal acceptance of a Metis nation, and not only that, but of
Aboriginal ancestry mixed with Black, mixed with FrenchCanadian. That is what it is.
C’est la situation que nous connaissons. Nous devons consulter
les archives. Si nous y faisons des recherches approfondies, nous
nous apercevrons qu’il y a une nation distincte et une acceptation
collective d’une nation métisse, sans compter un mélange
d’ancêtres autochtones avec des ancêtres noirs, ainsi qu’avec des
Canadiens français. Telle est la situation.
Ms. Dubé: I do not know what application you were looking
at, but I can verify.
Mme Dubé : Je ne sais pas quel formulaire de demande vous
avez vu, mais je peux vérifier.
The Chair: There are three pages. I looked on the website. He
must have the B.C. iPad. Out here we have all three pages.
Le président : Il y a trois pages. J’ai regardé le site Web. Il a
probablement le iPad de la Colombie-Britannique. Nous avons
tous trois pages.
Senator Campbell: Okay. Thank you.
Ms. Dubé: There is a lot of documentation in New Brunswick
that is gone.
Senator Campbell: I understand that prospect.
Ms. Dubé: Even church records. All of a sudden you try to find
your genealogy, and the people disappeared out of nowhere.
Where is the documentation? You know you came from here.
Where? They did the same thing with the little communities that
the Metis were living in, and after that it was taken and overrun
and the British claimed them.
Le sénateur Campbell : D’accord. Merci.
Mme Dubé : Au Nouveau-Brunswick, il y a une bonne
quantité de documentation qui n’existe plus.
Le sénateur Campbell : Je le sais bien.
Mme Dubé : Cela concerne même les archives des églises. On
tente de faire des recherches généalogiques et, soudain, on
s’aperçoit que les gens ont disparu sans raison apparente. Où
est la documentation? Vous savez que vous venez de là. D’où? Il
en va de même avec les petites collectivités où vivaient les Métis, et
ensuite ces collectivités ont été dominées et revendiquées par les
Britanniques.
5-12-2012
Peuples autochtones
29:21
There are lots of little Metis communities that fled. Every
season they kept moving. To be able to say that there is one little
specific area that was Metis, no. Where I am from, Mount
Carleton, it is still traditional territory and it is traditional
Maliseet. However, it was not only the Maliseet, because there
was one little stream that separates the Maliseet territory and the
Mi’kmaq territory, plus there were other tribes that came in. We
had the wars with the Iroquois in the small village that I am from,
Grand Falls. I do not know if you have ever heard of her, but
Malevine was a great saviour to many of the nations. If it were
not for her, most of our ancestors would not be here.
Bon nombre de petites collectivités métisses ont fui. Chaque
saison, ils continuaient à se déplacer. Pour que l’on soit en mesure
de dire cela, il faut qu’il y ait eu une zone précise limitée métisse.
Là d’où je viens, Mount Carleton, se trouve toujours un territoire
traditionnel, celui des Malécites. Cependant, ce n’était pas le seul
territoire malécite, car il y a un petit cours d’eau qui sépare le
territoire malécite et le territoire micmac, et d’autres tribus sont
aussi venues. Nous avons connu une guerre avec les Iroquois dans
le petit village d’où je viens, Grand Falls. Je ne sais pas si vous
avez déjà entendu parler d’elle, mais Malevine a sauvé un grand
nombre des nations. Si ce n’était d’elle, la plupart de nos ancêtres
ne seraient pas là.
The Chair: Ms. Dubé, only because I said we would keep this
to an hour — we have some people who have another event — I
will allow Senator Patterson a quick question, and hopefully a
quick response, so we can finish on time.
Le président : Madame Dubé, étant donné que j’ai dit que nous
nous en tiendrions à une heure — certaines personnes ont d’autres
obligations —, je vais permettre au sénateur Patterson de poser
une question brève, à laquelle j’espère que nous recevrons une
réponse rapide, afin de pouvoir finir à l’heure.
Senator Patterson: Thank you.
Le sénateur Patterson : Merci.
I am curious. I would like to ask Mr. Downey the following:
Looking at the membership criteria for the Eastern Woodland
Métis Nation, it says a person of mixed blood, regardless of how
many generations back.
Je suis curieux. J’aimerais poser à M. Downey la question
suivante : Lorsqu’on examine les critères pour être membre de la
Eastern Woodland Métis Nation, on parle d’une personne de
sang-mêlé, peu importe à combien de générations on remonte.
You mentioned your grandfather, I believe. Would you mind
telling us a bit about your previous generations and how you
came to define yourself as Metis?
Vous avez mentionné votre grand-père, je crois. Accepteriezvous de nous parler un peu de vos générations précédentes et de la
façon dont vous en êtes venu à vous définir comme Métis?
Mr. Downey: Excellent. On both sides. I will start with my
grandparents, who are both Queen’s Jubilee medal winners. That
is quite incredible. Ardith and Graham Downey.
M. Downey : Parfait. Des deux côtés. Je commencerai avec mes
grands-parents, Ardith et Graham Downey, qui sont tous deux
récipiendaires d’une Médaille du jubilé de la reine. C’est assez
incroyable.
I will start with my grandmother because that is the easiest.
Ardith Downey’s mother was Mi’kmaq and her father was an
African-Nova Scotian settler. Her grandfather, so my
grandmother’s grandfather, was a French Caucasian Canadian,
and so I am technically one-sixteenth, just from that lineage
alone.
Je commencerai avec ma grand-mère car c’est pour elle que
c’est le plus simple. La mère d’Ardith Downey était Micmaque et
son père, Néo-Écossais d’origine africaine. Son grand-père, le
grand-père de ma grand-mère, était un Canadien français de race
blanche; je ne représente donc techniquement qu’un seizième de
cette lignée.
When you look at my grandfather’s side, his family was born,
raised and settled in North Preston. They found that there were
several indigenous individuals who were mixed in with the Black
community there. Down the line they mixed, and he is
one-sixteenth as well.
Du côté de mon grand-père, sa famille est née, a été élevée et
s’est établie à North Preston. Les membres de sa famille se sont
aperçus que de nombreux Autochtones s’étaient mélangés à la
communauté noire. Ils se sont métissés au fil du temps, et mon
grand-père est un seizième Autochtone.
Understanding that it is prominent within African-Nova
Scotian communities to identify yourself with slavery and
freedom from that, I consider myself an indigenous Canadian
because I can trace my roots back to 1812 within the community.
Instead of seeing myself as an outsider, I realize that I am actually
indigenous Canadian. Being Metis, I identify with that more so
than the others because of what it represents. I believe it
represents a tie to the land, and that is kind of where my
connection is.
Étant donné que les gens dans les communautés néo-écossaises
d’origine africaine s’identifient fréquemment avec l’esclavage et
l’émancipation, je me considère comme Autochtone car je peux
retracer mes racines jusqu’en 1812 dans la collectivité. Plutôt que
de me voir comme un étranger, j’ai conscience que je suis en fait
un Autochtone canadien. Étant Métis, je m’identifie à cette
communauté davantage qu’aux autres en raison de ce qu’elle
représente. Je crois qu’elle représente un lien à la terre, ce qui
explique en quelque sorte l’attachement que j’y porte.
It is very complicated when you consider it, but that is where it
is.
C’est très compliqué, mais c’est ce qu’il en est.
29:22
Aboriginal Peoples
The Chair: Thank you very much to both of you for appearing
tonight, and thank you for coming to Ottawa for the meeting. I
thank the committee, and we will adjourn for the evening.
(The committee adjourned.)
5-12-2012
Le président : Merci beaucoup à vous deux d’être venus à
Ottawa pour comparaître devant nous ce soir. Je remercie les
membres du comité. Nous allons lever la séance.
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Wednesday, December 5, 2012
Le mercredi 5 décembre 2012
Canadian Métis Council — Intertribal:
Canadian Métis Council — Intertribal :
Tanya Dubé, Secretary/Treasurer and Board Member.
Eastern Woodland Métis Nation of Nova Scotia:
Jerome Downey, Federal Government Liaison.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Tanya Dubé, secrétaire/trésorière et membre du conseil.
Eastern Woodland Métis Nation of Nova Scotia :
Jerome Downey, agent de liaison auprès du gouvernement fédéral.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising