First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Aboriginal Peoples
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable GERRY ST. GERMAIN, P.C.
Président :
L’ honorable GERRY ST. GERMAIN, C.P.
Tuesday, October 16, 2012 (in camera)
Wednesday, October 17, 2012
Le mardi 16 octobre 2012 (à huis clos)
Le mercredi 17 octobre 2012
Issue No. 24
Fascicule no 24
Thirtieth meeting on:
Trentième réunion concernant :
The federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities
to First Nations, Inuit and Metis peoples
and other matters generally relating to
the Aboriginal Peoples of Canada
(Additions to Reserves)
Les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles,
politiques et juridiques du gouvernement fédéral
à l’égard des Premières nations, des Inuits et des Métis
et d’autres questions générales relatives
aux peuples autochtones du Canada
(Ajouts aux réserves)
and
et
Fourteenth meeting on:
Quatorzième réunion concernant :
Legal and political recognition
of Métis identity in Canada
La reconnaissance juridique et politique de l’identité
des Métis au Canada
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49725-49734
STANDING SENATE COMMITTEE
ON ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Gerry St. Germain, P.C., Chair
Président : L’honorable Gerry St. Germain, C.P.
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(or Tardif)
Demers
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Sibbeston
White
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Sibbeston
White
17-10-2012
Peuples autochtones
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Tuesday, October 16, 2012
(52)
OTTAWA, le mardi 16 octobre 2012
(52)
[English]
24:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met in
camera this day, at 9:35 a.m., in room 160-S, Centre Block, the
chair, the Honourable Gerry St. Germain, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à huis clos, à 9 h 35, dans la salle 160-S de
l’édifice du Centre, sous la présidence de l’honorable Gerry
St. Germain, C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Brazeau, Campbell, Demers, Dyck, Patterson,
Raine, St. Germain, P.C., and White (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Brazeau, Campbell, Demers, Dyck, Patterson,
Raine, St. Germain, C.P., et White (9).
In attendance: Tonina Simeone, Shauna Troniak and James
Gauthier, Analysts, Parliamentary Information and Research
Service, Library of Parliament.
Également présents : Tonina Simeone, Shauna Troniak et
James Gauthier, analystes, Service d’information et de recherche
parlementaires, Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 16, 2011, the committee continued its
consideration of the federal government’s constitutional, treaty,
political and legal responsibilities to First Nations, Inuit and
Metis peoples and other matters generally relating to the
Aboriginal Peoples of Canada (Additions to Reserve). (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le jeudi 16 juin 2011, le comité poursuit son examen des
responsabilités constitutionnelles, conventionnelles, politiques et
juridiques du gouvernement fédéral à l’égard des Premières
nations, des Inuits et des Métis et d’autres questions générales
relatives aux peuples autochtones du Canada (Ajouts aux
réserves). (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 2 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
report.
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
étudie un projet de rapport.
It was agreed that staff be permitted to remain during the in
camera portion of the meeting.
Il est convenu d’autoriser le personnel à demeurer dans la pièce
durant la partie de la réunion tenue à huis clos.
At 10:12 a.m., the committee resumed in camera to consider
future business of the committee.
À 10 h 12, le comité poursuit la séance à huis clos pour
examiner ses travaux futurs.
At 10:19 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 10 h 19, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, October 17, 2012
(53)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 17 octobre 2012
(53)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 6:58 p.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Gerry St. Germain, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à 18 h 58, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Gerry St. Germain, C.P.
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Campbell, Demers, Dyck, Patterson, Raine,
St. Germain, P.C., and White (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Campbell, Demers, Dyck, Patterson, Raine,
St. Germain, C.P., et White (8).
In attendance: Shauna Troniak and Wren Nasr, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Shauna Troniak et Wren Nasr, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque
du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
24:4
Aboriginal Peoples
17-10-2012
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son étude sur
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de l’identité
collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte intégral de
l’ordre de renvoi figure au fascicule no 14 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
North Slave Metis Alliance:
North Slave Metis Alliance :
William (Bill) A. Enge, President;
William (Bill) A. Enge, président;
Christopher Devlin, Counsel.
Christopher Devlin, conseiller juridique.
Mr. Enge made a statement and, together with Mr. Devlin,
answered questions.
M. Enge fait une déclaration puis, avec M. Devlin, répond aux
questions.
At 8:00 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 20 heures, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation
de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
17-10-2012
Peuples autochtones
24:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Wednesday, October 17, 2012
OTTAWA, le mercredi 17 octobre 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 6:45 p.m. to examine and report on the legal and
political recognition of Metis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à 18 h 58 pour examiner, afin d’en faire
rapport, la question de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité des Métis au Canada.
Senator Gerry St. Germain (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Gerry St. Germain (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good evening. I would like to welcome all
honourable senators and members of the public who are
watching this meeting of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples. They will either be watching on CPAC or the
Web, possibly. I am Gerry St. Germain from British Columbia,
originally from Manitoba, and I have the privilege of chairing this
committee with these wonderful members. The mandate of this
committee is to examine legislation and matters relating to the
Aboriginal peoples of Canada generally.
Le président : Bonsoir. J’aimerais souhaiter la bienvenue à tous
les sénateurs et aux téléspectateurs qui suivent la réunion du
Comité sénatorial permanent des peuples autochtones, que ce soit
sur CPAC ou sur le Web. Je m’appelle Gerry St. Germain; je
viens de la Colombie-Britannique mais je suis originaire du
Manitoba, et c’est moi qui ai l’honneur de présider ce comité qui
réunit des sénateurs formidables. Notre mandat consiste à
examiner les lois et les dossiers qui concernent les peuples
autochtones du Canada de façon générale.
Today we will be hearing testimony relating to a specific order
of reference that authorizes us to examine and report on the legal
and political recognition of Metis identity in Canada.
Aujourd’hui, nous allons entendre des témoignages sur le sujet
dont nous avons été saisis, à savoir la reconnaissance juridique et
politique de l’identité des Métis au Canada.
The early meetings on this study have consisted of briefings
from various government departments that have provided us with
information including facts on current federal programs and
services, the status of Crown-Metis relations, general statistical
information, and current legal issues, among other things.
Lors des premières réunions consacrées à cette étude, nous
avons entendu des exposés de divers représentants ministériels,
qui ont fait le point sur les programmes et services actuellement
offerts par le gouvernement fédéral, sur les relations entre l’État
canadien et les Métis, et sur les principaux dossiers juridiques de
l’heure, tout en nous fournissant un certain nombre de
statistiques, entre autres.
[Translation]
Before giving the floor to our witnesses, I would like to
introduce the members of the committee who are here tonight.
[English]
[Français]
Avant d’entendre nos témoins, j’aimerais présenter les
membres du comité présent ici ce soir.
[Traduction]
On my left is the deputy chair; from the province of
Saskatchewan we have Senator Lillian Dyck. Next to Senator
Dyck is Senator Larry Campbell from British Columbia.
À ma gauche se trouve le sénateur Lillian Dyck,
vice-présidente, qui vient de la Saskatchewan. À côté d’elle est
assis le sénateur Larry Campbell, de la Colombie-Britannique.
On my right is Senator Ataullahjan from Ontario. Next to
Senator Ataullahjan is Senator Patterson from Nunavut. Next to
Senator Patterson is Senator Nancy Greene Raine from British
Columbia as well. Next to Senator Raine is Senator Vernon
White, also from Ontario. Last, but certainly not least, from
Quebec, Senator Jacques Demers, the coach.
À ma droite se trouve le sénateur Ataullahjan, de l’Ontario. À
côté de lui, vous avez le sénateur Patterson, du Nunavut, puis le
sénateur Nancy Greene Raine, elle aussi de la ColombieBritannique. Ensuite, vous avez le sénateur Vernon White, lui
aussi de l’Ontario. Enfin, et surtout, nous avons le sénateur
Jacques Demers du Québec, notre célèbre entraîneur.
Members of the committee, please help me in welcoming our
witnesses. They are from the North Slave Métis Alliance. With us
tonight we have the president, William Enge. Welcome, Bill. With
him is Christopher Devlin, counsel for the North Slave Métis
Alliance.
Chers collègues, je vous invite à vous joindre à moi pour
souhaiter la bienvenue à nos témoins. Nous accueillons le
président de l’Alliance des Métis de North Slave, William Enge.
Bienvenue à vous, Bill. Il est accompagné de Christopher Devlin,
conseiller juridique de l’alliance.
Gentlemen, I believe you have a presentation. Keep it as brief
as possible. Senators will have questions, I am sure. If you are
ready, proceed.
Messieurs, je crois que vous avez une déclaration liminaire. Je
vous invite à être brefs, car les sénateurs auront certainement des
questions à vous poser. Si vous êtes prêts, vous pouvez commencer.
24:6
Aboriginal Peoples
17-10-2012
William (Bill) A. Enge, President, North Slave Métis Alliance:
Thank you, Mr. Chair. It is a privilege to be here in front of
another Senate committee. I was here some time ago and it is nice
to be back.
William (Bill) A. Enge, président, Alliance des Métis de North
Slave : Merci, monsieur le président. C’est un privilège pour moi
de comparaître à nouveau devant un comité sénatorial. En effet,
j’ai déjà eu cet honneur il y a quelque temps, et je suis heureux de
me retrouver ici.
To begin, I want to thank this committee for the opportunity
to provide the views of the North Slave Métis Alliance, or the
NSMA, on the legal and political recognition of Metis identity in
Canada. We believe these issues deserve the detailed consideration
that the Senate can provide.
J’aimerais dire d’emblée que je suis heureux d’avoir la
possibilité de vous présenter la position de l’Alliance des Métis
de North Slave, au sujet de la reconnaissance juridique et
politique de l’identité des Métis au Canada. C’est une question
qui mérite assurément un examen approfondi par le Sénat.
My name is Bill Enge. I am the president of the North Slave
Métis Alliance. I have been president since 2004. With me is my
legal counsel, Christopher Devlin.
Je m’appelle Bill Enge et je suis le président de l’Alliance des
Métis de North Slave depuis 2004. Je suis accompagné
aujourd’hui de mon conseiller juridique, Christopher Devlin.
The issue of Metis identity is very close to our hearts because, to
put it simply, we know who we are. The North Slave Métis Alliance
has provided both Canada and the territorial government with the
North Slave Métis Alliance’s organizational documents, our
members’ genealogy records, and ethno-genesis studies that
document our community’s history. We have a clear mandate to
represent our Metis community, but both Canada and our
territorial government say they are not convinced we exist.
L’identité des Métis est une question qui nous tient beaucoup à
cœur car, très franchement, nous savons pertinemment qui nous
sommes. L’Alliance des Métis de North Slave a fourni à l’État
canadien et au gouvernement territorial ses documents fondateurs,
les dossiers généalogiques de ses membres ainsi que les études
d’ethnogenèse qui étayent l’histoire de notre communauté. Nous
avons pour mandat précis de représenter notre communauté
métisse, et pourtant, l’État canadien et notre gouvernement
territorial ne sont toujours pas convaincus de notre existence.
We have worked hard to self-organize and define the North
Slave Métis Alliance community. The paper we submitted to the
committee explains that, and I base my presentation on that paper.
Nous avons travaillé fort pour nous organiser et pour définir la
communauté de l’Alliance des Métis de North Slave. Le
document que nous avons fait parvenir à votre comité vous
explique tout cela, et je m’en suis inspiré pour préparer la
déclaration que je vais vous faire.
Tonight, I will give you a very brief overview of our
community and then describe some of the challenges that
uncertainty over Metis identity causes for us. I will finish with
our six recommendations.
Ce soir, je vais vous donner un bref aperçu de notre communauté
avant de vous parler des défis que nous rencontrons à cause de
l’incertitude qui plane sur l’identité des Métis. Je conclurai ma
déclaration en vous faisant six recommandations.
First, NSMA’s constitution and bylaws provide that no one
who is registered as an Indian under the Indian Act can be
accepted as a member and that the North Slave Métis Alliance
represents only those Aboriginal rights-bearing Metis of the Great
Slave Lake area who assert their rights on the north side of the
Great Slave Lake. I see from the committee’s website that
members were just in Yellowknife at the beginning of October.
Yellowknife is in our traditional territory. No other organization
is mandated to represent the Aboriginal rights of our members.
Premièrement, la constitution et le règlement de l’Alliance des
Métis de North Slave excluent de notre organisation les Indiens
inscrits au titre de la Loi sur les Indiens, car l’alliance ne
représente que les Métis qui sont titulaires de droits ancestraux de
la région du Grand lac des Esclaves et qui revendiquent des droits
sur la rive nord du Grand lac des Esclaves. J’ai vu, sur le site Web
de votre comité, que vous vous êtes rendus à Yellowknife début
octobre. Yellowknife fait partie de notre territoire traditionnel.
Aucune autre organisation n’est mandatée pour représenter les
droits ancestraux de nos membres.
Second, our members trace their ancestry prior to the date of
effective European control. I, along with over 50 of our members,
now have detailed genealogical records that trace our ancestry
back to a famous founding father of the Metis of the Great Slave
Lake area, François Beaulieu II, also known as ‘‘La Patriarch.’’
Deuxièmement, nos membres doivent faire la preuve que leurs
ancêtres occupaient la région avant la date de la mainmise
effective des Européens. À l’instar d’une bonne cinquantaine de
nos membres, je dispose maintenant de documents généalogiques
détaillés qui démontrent que nous avons pour ancêtre le célèbre
fondateur des Métis de la région du Grand lac des Esclaves,
François Baulieu II, alias « Le Patriarche ».
Finally, academic research, commissioned by Canada’s
Department of Justice, documents that the Metis of the Great
Slave Lake area have been on the land and in existence prior to
and since the explorations of that area by Alexander Mackenzie
Enfin, des études universitaires, commandées par le ministère de
la Justice du Canada, attestent que les Métis de la région du Grand
lac des Esclaves occupaient déjà ces terres au moment de
l’exploration de la région par Alexander Mackenzie et par les
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Peuples autochtones
24:7
and the North West Company of fur traders in 1790s. The Metis
community was vibrant and distinct from both Indians and
Whites by the 1820s.
marchands de fourrures de la Compagnie du Nord-Ouest dans les
années 1790, et que dès les années 1820, la communauté métisse
était dynamique et se distinguait de celle des Indiens et de celle
des Blancs.
NSMA’s fundamental challenge is this: The contemporary Metis
community of the entire Great Slave Lake area is one ethnic
community with a common ancestry. However, the reality is that
today the contemporary ethnic community expresses itself through
two main organizations. Those two are the NSMA, on the north
side of Great Slave Lake, and second, the Northwest Territory
Métis Nation on the south side of Great Slave Lake. I note here that
until 2002, the Northwest Territory Métis Nation was known as the
South Slave Métis Tribal Council, which I think makes the
distinction between the two organizations even more clear.
Le défi qui se pose à l’alliance est le suivant : à l’heure actuelle,
la communauté métisse de toute la région du Grand lac des
Esclaves appartient au même groupe ethnique issu d’ancêtres
communs. Pour autant, cette communauté s’exprime par la voix
de deux grandes organisations, qui sont l’Alliance des Métis de
North Slave, sur la rive nord du Grand lac des Esclaves, et la
Nation métisse des Territoires du Nord-Ouest, sur la rive sud du
Grand lac des Esclaves. Je me permets de signaler ici que
jusqu’en 2002, la Nation métisse des Territoires du Nord-Ouest
s’appelait Conseil tribal des Métis de South Slave, ce qui distingue
encore mieux les deux organisations.
The common law supports that two groups representing one
larger ethnic community is acceptable. That being said, I will ask
you to direct any legal questions about that to my counsel,
Christopher Devlin.
Le fait qu’une même communauté ethnique soit représentée par
deux groupes distincts est tout à fait toléré par la common law. Cela
dit, si vous avez des questions précises à poser à ce sujet, je vous
invite à les adresser à mon conseiller juridique, Christopher Devlin.
The problem is that NSMA cannot get the Crown, neither
federal nor territorial, to engage with us. Canada and the
government of the Northwest Territories have chosen to engage
with the Northwest Territory Métis Nation, our cousins to the
south, but not with us. The South Slave Métis Tribal Council, as
it was known when it was originally formed, and the North Slave
Métis Alliance both became legal entities around the same time.
We have never been told why the Crown engaged with them and
not us. This situation is extremely frustrating.
Le problème auquel nous nous heurtons est que ni l’État
canadien ni le gouvernement territorial n’acceptent de discuter avec
nous. Ils ont décidé de dialoguer avec la Nation métisse des
Territoires du Nord-Ouest, nos cousins de la rive sud, mais pas avec
nous. Pourtant, le Conseil tribal des Métis de South Slave, comme il
s’appelait à l’origine, et l’Alliance des Métis de North Slave sont
devenus des entités juridiques à peu près à la même époque. L’État
canadien et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest ne nous
ont jamais dit pourquoi ils avaient décidé de dialoguer avec eux et
pas avec nous. Tout cela est extrêmement frustrant.
This uncertainty about the identification of Metis communities
is harming our members. This spring we brought a case before the
Supreme Court of the Northwest Territories in an effort to make
the government of the Northwest Territories respect our
members’ Aboriginal right to harvest caribou. This fall we are
wrestling with the fact that we are excluded from the devolution
negotiations between Canada, the Government of the Northwest
Territories and Aboriginal organizations, including the
Northwest Territory Métis Nation. The uncertainty about Metis
identity means that our members, the Metis who use and occupy
the area north of Great Slave Lake, are the only Aboriginal
people whose Aboriginal rights are being ignored in the
Northwest Territories.
L’incertitude qui plane sur l’identité des communautés métisses a
des répercussions négatives sur nos membres. Le printemps dernier,
nous nous sommes adressés à la Cour suprême des Territoires du
Nord-Ouest dans le but d’obliger le gouvernement des Territoires
du Nord-Ouest à respecter le droit ancestral de nos membres de
chasser le caribou. Cet automne, nous devons nous battre parce que
nous sommes exclus des négociations sur le transfert des
responsabilités, qui se déroulent entre l’État canadien, le
gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et les organisations
autochtones, y compris la Nation métisse des Territoires du NordOuest. Quand on dit que l’identité des Métis n’est pas clairement
définie, cela signifie, concrètement, que nos membres, les Métis qui
occupent et exploitent la rive nord du Grand lac des Esclaves, sont
le seul groupe autochtone dont les droits ancestraux ne sont pas
reconnus dans les Territoires du Nord-Ouest.
We note that Canada has already started a program to identify
Metis communities with which to engage. After the Powley decision
in 2003, the Department of Justice commissioned 15 studies, which
gathered vital information on Metis history and ethno-genesis and
the date of effective European control in the 15 study areas. Indeed,
it is Canada’s report on the ethno-genesis of the Metis in the Great
Slave Lake area of the Northwest Territories that I referred to
earlier. Canada’s reports are clarifying some of the uncertainty
regarding Metis identity. It is worth pointing out here that the
Crown did not inform us of these studies: We stumbled on a
Nous constatons que le gouvernement fédéral a déjà commencé
à désigner les communautés métisses avec lesquelles il va
dialoguer. Après la décision Powley en 2003, le ministère de la
Justice a fait faire 15 études pour recueillir des données cruciales
sur l’histoire des Métis, leur ethnogenèse et la date de la mainmise
effective des Européens sur les 15 régions visées par ces études.
J’ai déjà fait allusion, tout à l’heure, à ce rapport du
gouvernement fédéral sur l’ethnogenèse des Métis de la région
du Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest.
Les rapports publiés par le gouvernement fédéral contribuent à
24:8
Aboriginal Peoples
17-10-2012
reference to them on the AANDC website, and an NSMA worker
managed to get a copy of the study that the Department of Justice
did on our community.
dissiper quelque peu l’incertitude qui plane sur l’identité métisse,
mais il convient de préciser que ce dernier n’a pas jugé bon de
nous informer de l’existence de ces études. Nous en avons été
informés par hasard, en consultant le site Web de l’AADNC, et
un employé de l’alliance a réussi à obtenir une copie de l’étude que
le ministère de la Justice a faite sur notre communauté.
I would also like to note that I paid for most of my own
genealogical research out of my own pocket, but Canada’s report
solidified our Aboriginal rights assertions.
Je précise en passant que j’ai payé de ma poche la majeure
partie de mes recherches généalogiques, mais que le rapport du
gouvernement fédéral a conforté nos revendications en matière de
droits ancestraux.
Thus, the NSMA recommends that, first, Canada complete the
identification of historic Metis communities across the nation that
they started just after the Powley decision.
En conséquence, l’Alliance des Métis de North Slave
recommande en premier lieu que le Canada achève le processus
qu’il a commencé juste après la décision Powley en vue de
l’identification des communautés métisses historiques de
l’ensemble du pays.
The second recommendation is that Canada be sensitive to
how the Metis organize themselves into expressions of Metis
identity. The analysis should focus on how the ethnic community
self-organizes to assert their Aboriginal rights.
En deuxième lieu, nous recommandons que le gouvernement
fédéral soit sensible à la façon dont les Métis s’organisent pour
exprimer leur identité et que, dans les analyses qu’il entreprend, il
mette l’accent sur la façon dont la communauté ethnique
s’organise pour revendiquer ses droits ancestraux.
In Powley, the Supreme Court of Canada directed that we must
take into account the Metis’ own conception of the distinct
features of their community. The goal is not to flatten out the
individual nature of the communities in question, but rather to
listen for these differences and build a legal and political construct
that is elastic enough to accept different histories into each
identity. We are a very good example of this — NSMA in the
north, Northwest Territory Métis Nation in the south.
Dans la décision Powley, la Cour suprême du Canada a statué
qu’il fallait tenir compte de l’idée que se font les Métis du
caractère distinctif de leur communauté. L’objectif n’est pas
d’oblitérer la nature particulière de chaque communauté, mais
plutôt de prendre acte de ces différences et de construire un
système juridique et politique suffisamment souple pour que
chaque identité puisse intégrer des passés différents. Nous en
sommes un très bon exemple puisque nous avons l’Alliance des
Métis de North Slave sur la rive nord, et la Nation métisse des
Territoires du Nord-Ouest sur la rive sud.
Recommendation No. 3 is that Canada establish policy
directives to require government officials to identify modern
Metis communities on the basis of the post-2003 Department of
Justice studies of the 15 regions and any other similar studies.
Troisièmement, nous recommandons que le gouvernement
fédéral élabore des directives enjoignant ses représentants de
désigner les communautés métisses modernes sur la base des
15 études effectuées par le ministère de la Justice à partir de 2003,
et d’autres études connexes.
Recommendation No. 4 is that Canada contact those
communities to determine how they self-organize for the
purposes of legal and political representation.
Quatrièmement, nous recommandons que le gouvernement
fédéral prenne contact avec ces communautés pour savoir
comment elles s’organisent pour la défense de leurs droits
juridiques et politiques.
Recommendation No. 5 is that Canada commit to engage
those communities as they have chosen to self-organize with
respect to the full range of potential federal initiatives, from
consultations to self-government negotiations. This is really
asking that Canada be directed to finish what they started in 2003.
Cinquièmement, nous recommandons que le gouvernement
fédéral s’engage à dialoguer avec ces communautés, selon la façon
dont elles ont choisi de s’organiser, à propos de toutes les initiatives
qu’il décide d’entreprendre, qu’il s’agisse de consultations ou de
négociations pour l’autonomie gouvernementale. Nous demandons
en fait que le gouvernement fédéral achève ce qu’il a commencé
en 2003.
Recommendation No. 6 is that Canada provide research and
genealogical funding to those communities so that they may
gather the historical documents required to assert their members’
Metis rights. If the material is required for Canada to make a
Sixièmement, nous recommandons que le gouvernement
fédéral mette à la disposition de ces communautés les fonds
dont elles pourront avoir besoin pour produire les documents
généalogiques et historiques nécessaires à la revendication des
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Peuples autochtones
24:9
decision, then Canada must help Metis organizations, which
Canada itself has identified, to produce the material they are
asking for.
droits métis de leurs membres. Si le gouvernement fédéral exige
ces documents pour pouvoir prendre une décision, il est logique
qu’il aide les organisations métisses qu’il a lui-même désignées à
les produire.
I conclude by thanking the Senate for listening to our story and
our comments. We encourage the Senate to bring forward strong
policy guidance for a flexible policy that can recognize both the
specific histories and the modern identities of Canada’s rightsbearing Metis.
J’aimerais conclure en remerciant les sénateurs de prêter une
oreille attentive à notre histoire et à nos commentaires. Nous vous
invitons à proposer des contours fermes à une politique qui doit
être souple et tenir compte des passés distincts et des identités
modernes des Métis titulaires de droits.
The Chair: Thank you, Mr. Enge. How many people are there
in your community?
Le président : Merci, monsieur Enge. Combien de membres
votre communauté compte-t-elle?
Mr. Enge: Our community is comprised of just over 500 people.
M. Enge : Un peu plus de 500 personnes.
The Chair: Does that include everyone?
Le président : Ça comprend tout le monde?
Mr. Enge: That is correct.
M. Enge : Oui.
The Chair: How much territory do you occupy? Are you on
Crown land or a settlement?
Le président : Quelle est la surface du territoire que vous
occupez? S’agit-il de terres de la Couronne ou d’un établissement?
Mr. Enge: Metis reside in the cities, towns and villages of
Canada, with the exception of the Metis communities in Alberta.
In the Northwest Territories, the Metis are in the communities. In
the Northwest Territories it is a little different. There are only two
Indian reserves there, and the Metis are not part of the Indian
reserve system; we are, as I said, in the cities, towns and villages.
In this context, many of our members reside in Yellowknife.
M. Enge : Les Métis résident dans les villes et les villages du
Canada, à l’exception des communautés métisses de l’Alberta.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, les Métis habitent dans les
collectivités. Là-bas, c’est un peu différent. Il n’y a que deux
réserves indiennes, et les Métis ne font pas partie du système des
réserves indiennes. Comme je l’ai dit, nous habitons dans les villes
et les villages du Canada. En fait, un grand nombre de nos
membres habitent à Yellowknife.
The Chair: Is there an actual settlement there that could be
identified as the North Slave Metis settlement? I am not trying to
put you on the spot; I am trying to visualize it.
Le président : Existe-t-il un établissement qu’on puisse désigner
comme l’établissement des Métis de North Slave? Je ne cherche
pas à vous mettre sur la sellette, j’essaie simplement de visualiser
la chose.
Mr. Enge: That is a fair question, Senator St. Germain. We have
a long history in the North Slave area and in our traditional lands.
At one time the North Metis were collectivized and lived in what
they call Old Fort Rae, which was a Hudson’s Bay Company post,
and that represents the origins of the Metis in the North Slave area.
Old Fort Rae was where the Hudson’s Bay Company set up their
first trading post. Actually, even before the Hudson’s Bay Company
there was the North West Company, and before them the Company
of the Sioux. The Metis did have concentrations of community in
one area during the fur trade days.
M. Enge : Votre question est tout à fait justifiée, sénateur
St. Germain. Nous sommes établis depuis longtemps dans la région
de North Slave, sur nos terres traditionnelles. À une époque, les
Métis de la région étaient collectivisés et vivaient dans un endroit
qu’on appelait Old Fort Rae; c’était un poste de la Compagnie de la
Baie d’Hudson, et c’est là qu’on retrace l’origine des Métis de la
région de North Slave. Old Fort Rae fut le premier poste de traite
de la Compagnie de la Baie d’Hudson. En fait, avant la Compagnie
de la Baie d’Hudson, il y avait la Compagnie du Nord-Ouest, qui
avait elle-même succédé à la compagnie des Sioux. À l’époque de la
traite de la fourrure, les Métis étaient regroupés dans plusieurs
endroits de la région.
The Chair: Did you speak Michif?
Le président : Parliez-vous le michif?
Mr. Enge: Absolutely, our Metis people did speak Michif and
several other languages. As you know, Metis were multilingual.
They spoke French, English, Michif, Dogrib and Chipewyan. One
of the hallmarks of the Metis was that they were good interpreters
and transporters of the furs. Our people were definitely multilingual
in that context.
M. Enge : Absolument; les Métis parlaient le michif et d’autres
langues. Comme vous le savez, les Métis étaient polyglottes. Ils
parlaient le français, l’anglais, le michif, le dogrib et le chipewyan.
Ils avaient la réputation d’être de bons interprètes et de bons
transporteurs de fourrure. C’était assurément des polyglottes.
Senator Demers: Thank you for your presentation. It was clear;
I understood everything you said.
Le sénateur Demers : Je vous remercie de votre déclaration.
Elle était claire et j’ai tout compris.
24:10
Aboriginal Peoples
17-10-2012
You have said that the rights of your 500 people are ignored.
That does not make sense. You said that your studies are not
available and you have no identity. It must be frustrating to have
your rights ignored. Why do you think your studies, your identity
and your rights are not given to you?
Vous dites que les droits des 500 membres de votre
organisation ne sont tout simplement pas reconnus. Ça me
paraît incroyable. Vous dites aussi que les études qui sont faites à
votre sujet ne vous sont pas communiquées et que vous n’avez
aucune identité. Ça doit être frustrant d’avoir des droits et de ne
pas arriver à les faire reconnaître. À votre avis, pourquoi ne vous
communique-t-on pas ces études et pourquoi refuse-t-on de
reconnaître votre identité et vos droits?
Mr. Enge: That is a three-part question. On the first as to
whether the Crown has enough information in its hands to make
a determination that there are Aboriginal rights-bearing Metis
people, the North Slave Métis Alliance people, indeed they do. I
mentioned in my presentation that the federal Department of
Justice undertook a study of the ethno-genesis of the North Slave
Métis people, or the Metis of the Great Slave area. They have an
extensive report about the history and the genealogy of the Great
Slave Lake Metis. From our point of view, they have enough
information to have made the determination that we are
section 35 Aboriginal rights holders.
M. Enge : Votre question en comporte trois. La première est de
savoir si l’État canadien dispose de suffisamment d’informations
pour décider que les membres de l’Alliance des Métis de North
Slave sont titulaires de droits ancestraux, et j’affirme que oui. J’ai
indiqué tout à l’heure que le ministère fédéral de la Justice avait
entrepris une étude sur l’ethnogenèse des Métis de North Slave,
c’est-à-dire des Métis de la région du Grand lac des Esclaves, et
qu’il avait produit un rapport détaillé sur l’histoire et la
généalogie des Métis de cette région. À notre avis, le ministère a
suffisamment d’informations pour reconnaître que nous sommes
titulaires de droits ancestraux en vertu de l’article 35.
They have in their hands their own report, and I have
supplemented that report with my own historical documentation,
including my genealogy, Metis scrip records, baptism records,
birth certificates and historiography that was accepted about my
ancestor, François Beaulieu II, who was a very famous Metis, a
noted founding father of the Metis in the Northwest Territories.
He was recognized by Canadian Heritage as a historic figure in
the building of Canada.
Il a en main son propre rapport, auquel j’ai ajouté des
documents sur ma propre histoire, y compris ma généalogie, des
certificats de Métis, des certificats de baptême, des extraits de
naissance ainsi que l’historiographie officielle de mon ancêtre,
François Baulieu II, le très célèbre fondateur des Métis des
Territoires du Nord-Ouest. D’ailleurs, le ministère du Patrimoine
canadien a reconnu qu’il avait joué un rôle historique important
dans la construction du Canada.
I placed all of that information and all of those documents into
the hands of both the federal and the territorial governments, to
no avail. You can appreciate that we are frustrated with the
stonewalling response we are getting from the Crown,
notwithstanding all the efforts we have made to provide them
with the information they need to appreciate that we are an
Aboriginal rights-bearing people.
J’ai remis toutes ces informations et tous ces documents à
l’État canadien et au gouvernement territorial, mais en vain. Nous
nous heurtons constamment à un mur, ce qui est évidemment
extrêmement frustrant, d’autant plus que nous leur avons fourni
toutes les informations dont ils ont besoin pour reconnaître que
nous sommes effectivement titulaires de droits ancestraux.
You have to remind me of your second question.
Puis-je vous demander de me rappeler votre deuxième
question?
Senator Demers: You touched on the fact of the studies not
being available. Your rights are ignored, which is very difficult for
anyone to accept. As to identity, you have no identity. That is as
though you do not exist. That must be frustrating.
Le sénateur Demers : Vous avez dit que ces études ne vous
étaient pas communiquées et qu’on refusait de reconnaître vos
droits, ce que n’importe qui aurait beaucoup de mal à accepter.
Que pour ce qui est de votre identité, ils ne vous en reconnaissent
aucune, et que c’est comme si vous n’existiez pas. Ça doit être
extrêmement frustrant.
Mr. Enge: It is very frustrating that the Crown’s view is that we
do not exist, especially when you take into account that the
history of land claims in the Northwest Territories was such that
there was a joint Dene-Metis comprehensive territorial land claim
negotiation that failed in 1990. All the Metis in the Mackenzie
Basin, including myself, were included in that claim. Then along
came the advent of regional land claims and suddenly the Metis in
the Yellowknife or the North Slave area, where I reside, became
invisible. It is frustrating because we were counted in the past and
suddenly, with the change in the way the Crown is dealing with
the Aboriginal rights of the Dene-Metis, we become invisible
M. Enge : Il est en effet très frustrant de voir que, pour l’État
canadien, nous n’existons pas, surtout quand on se souvient que,
parmi toutes les revendications qui concernaient les Territoires du
Nord-Ouest, il y avait une revendication territoriale globale qui
avait été présentée conjointement par les Dénés-Métis, mais que
les négociations ont échoué dans les années 1990. Tous les Métis
de la vallée du Mackenzie étaient inclus dans cette revendication,
moi y compris. Mais quand le phénomène des revendications
territoriales régionales est apparu, les Métis de Yellowknife ou de
la région de North Slave, où j’habite, sont soudain devenus
invisibles. C’est d’autant plus frustrant que, dans le passé, on
17-10-2012
Peuples autochtones
24:11
while the Metis in all the other regions are visible. We are invisible
and do not understand that. We have never been provided with a
rationale for why they refused to deal with us, notwithstanding
our best efforts to provide the Crown with the information they
need to recognize that we are section 35 Aboriginal rights holders.
comptait pour quelque chose, et que soudain, tout simplement
parce que l’État canadien a décidé de modifier son approche
vis-à-vis des droits ancestraux des Dénés-Métis, nous sommes
devenus invisibles, contrairement aux Métis de toutes les autres
régions. Nous sommes devenus invisibles, et nous ne comprenons
pas pourquoi. Le gouvernement ne nous a jamais dit pourquoi il
refusait de discuter avec nous, alors que nous lui avons fourni
toutes les informations dont il a besoin pour reconnaître que nous
sommes titulaires de droits ancestraux en vertu de l’article 35.
Christopher Devlin, Counsel, North Slave Métis Alliance: May I
add a supplementary? We do not know the real reason why the
government will not engage, but the theory we have is that they
do not approach the Metis identity from a rights-based paradigm.
The engagement that exists with other Metis groups seems to be
on a matter of policy, and it has been admitted to us that it is a
pre-Powley policy. Rather than taking the Powley test and going
through where the historic and contemporary rights-based
collective is, moving from there going forward, they pick and
choose which group they want to sit down and negotiate with.
Christopher Devlin, conseiller juridique, Alliance des Métis de
North Slave : Puis-je ajouter quelque chose? Nous ne savons pas
vraiment pourquoi le gouvernement refuse de dialoguer avec
nous, mais nous supposons que c’est parce qu’il ne conçoit pas
que l’identité des Métis puisse être fondée sur des droits. Le
dialogue qu’il a entamé avec les autres groupes de Métis semble
être un choix politique qui, nous a-t-on dit, est antérieur à la
décision Powley. Au lieu d’appliquer les critères Powley et de
prendre en compte toute la communauté qui revendique des droits
historiques et modernes, le gouvernement préfère choisir luimême avec quel groupe il va négocier.
It is very much a high-level policy; pick your favourite Metis
group. There is no foundational analysis done to say what is
actually the rights-based community that we should be engaging
with. Instead of going through the Powley analysis — determining
that and moving from that point forward and saying we should
consult these folks, we should negotiate with these folks, we
should talk about engaging in program funding — they say
instead we have a pre-Powley policy. What is that?
C’est un choix politique qui a été fait à un très haut niveau, et
qui consiste à désigner le groupe de Métis qu’on préfère. Le
gouvernement n’a fait aucune étude approfondie qui lui permette
de conclure que, compte tenu des droits dont elle est titulaire, c’est
avec telle communauté qu’il doit dialoguer. Au lieu d’appliquer
les critères Powley — et de déterminer ainsi avec quels groupes il
doit dialoguer, négocier et discuter de financement de
programmes —, le gouvernement préfère s’en tenir à un choix
politique qui remonte avant la décision Powley. Mais pourquoi?
Senator Dyck: I am getting a little confused. The first question
I am going to ask is with respect to scrip. At one point in time in
1921 I guess your community took scrip. Does that then give you
a land base that you can specifically define as Metis land?
Sénateur Dyck : Il y a quelque chose que je ne comprends pas
bien. Je vais d’abord vous poser une question au sujet des
certificats de Métis. Je crois qu’en 1921, si je me souviens bien,
votre communauté a reçu de tels certificats. Vous ont-ils donné
accès à un territoire que vous définissez comme le territoire métis?
Mr. Enge: Thank you for the question. The Metis that took
land scrip were mostly in parts of Canada where agriculture was
possible, for example, in Alberta or Manitoba. However, in the
Northwest Territories it is not conducive to have an agrarian
economy. My ancestors and members took a cash scrip, which
was usually $250. That is how the Crown felt the method to
extinguish our Aboriginal title could be done, but of course we do
not believe that this instrument was achieved for that purpose.
M. Enge : Je vous remercie de votre question. Les Métis qui
ont accepté des certificats fonciers habitaient généralement dans
des régions du Canada où il était possible de faire de l’agriculture,
par exemple en Alberta ou au Manitoba. Mais dans les Territoires
du Nord-Ouest, les conditions n’y étaient guère propices. Mes
ancêtres et d’autres membres ont accepté des certificats en argent,
généralement d’un montant de 250 $. C’est comme ça que l’État
canadien s’est imaginé qu’il pouvait rendre nos droits ancestraux
obsolètes, mais nous savons bien qu’au départ, ces certificats
n’étaient pas destinés à ça.
The Chair: For clarification, is there a record of that $250 scrip
being paid to individual Metis in your area?
Le président : Pouvez-vous me dire si des documents confirment
l’octroi de certificats de 250 $ à des Métis de votre région?
Mr. Enge: Yes, Mr. Chair, and I have a copy of my ancestor’s
scrip applications and scrip vouchers. Some of the payouts were
for $160 and others were for $250.
M. Enge : Oui, il y en a; j’ai une copie des demandes de certificat
faites par mon ancêtre et des quittances correspondantes. Certains
versements s’élevaient à 160 $, et d’autres, à 250 $.
Senator Dyck: I am curious. Following up on a question of
land, you were saying that most of your community lives in
Yellowknife.
Le sénateur Dyck : Je suis curieuse. En réponse à une question
sur les régions où vous êtes installés, vous avez dit que la plupart
des membres de votre communauté habitaient à Yellowknife.
24:12
Aboriginal Peoples
Mr. Enge: Yes.
17-10-2012
M. Enge : Oui.
Senator Dyck: Do you consider your traditional land to be the
same area or overlapping parts of where the Tlicho First Nations
live? Is there a significant overlap of land?
Le sénateur Dyck : Estimez-vous que votre territoire traditionnel
recoupe celui des Premières nations tlicho, en totalité ou en partie?
Est-ce qu’il y a beaucoup de chevauchements?
Mr. Enge: Yes, thank you for the question, and, indeed we
have an interest in the sharing of lands in that region. We share
the lands in the North Slave area, both with the Tlicho and the
Akaitcho First Nations. We have an Aboriginal interest and right
to those lands. We have never ceded them. We are asking the
Crown to have our Aboriginal rights respected on par with the
First Nations. We feel we deserve to have a land claims table just
like our southern Metis counterparts have, as the First Nations do
and as the Metis included in other claims. In the Sahtu region
north of Great Slave up to Mackenzie Valley there is a joint
Dene-Metis land claim. The Crown has already established the
precedent for recognizing the Metis as Aboriginal rights-bearing
people with whom they need to negotiate a land claim, so for the
life of us we cannot understand why we are being treated
differently.
M. Enge : Je vous remercie de votre question. Effectivement,
nous partageons les terres de cette région avec d’autres groupes.
Nous avons des territoires dans la région de North Slave que nous
partageons avec les Premières nations tlicho et akaitcho. Nous
détenons un intérêt et un droit ancestral sur ces territoires. Nous
n’y avons jamais renoncé. Nous demandons à l’État canadien de
respecter nos droits ancestraux au même titre qu’il respecte ceux
des Premières nations. Nous estimons que nous avons le droit de
présenter des revendications territoriales au même titre que les
autres Métis du Sud, que les Premières nations et que les autres
Métis inclus dans d’autres revendications territoriales. La région
du Sahtu, qui va du nord du Grand lac des Esclaves jusqu’à la
vallée du Mackenzie, fait l’objet d’une revendication territoriale
présentée conjointement par les Dénés-Métis. L’État canadien a
déjà créé un précédent en reconnaissant que les Métis étaient
titulaires de droits ancestraux et qu’il devait donc négocier une
revendication territoriale avec eux. Je ne comprends donc pas
pourquoi nous ne sommes pas traités de la même façon.
Senator Dyck: Following up on that line, you were saying we
met with the Northwest Territory Métis Nation. I could be
wrong, but my impression is that they may or may not fit the
Powley definition of Metis. With regard to your community, the
North Slave Metis, do you fit the Powley definition of Metis?
Le sénateur Dyck : Toujours sur le même sujet, vous avez dit
que nous avions rencontré des représentants de la Nation métisse
des Territoires du Nord-Ouest. Je me trompe peut-être, mais je ne
suis pas sûre que les membres de cette organisation répondent à la
définition de Métis qui figure dans la décision Powley. Pour ce qui
est des membres de votre communauté, les Métis de North Slave,
répondent-ils à cette définition?
Mr. Enge: Thank you for the question. I can confirm
wholeheartedly that we fit the Powley test.
M. Enge : Je vous remercie de votre question. Je vous affirme
catégoriquement que nous répondons à cette définition.
Senator Dyck: You do?
Mr. Enge: Yes. I cannot speak for the Northwest Territory
Métis Nation. You mentioned that this committee has met with
representatives from the Northwest Territory Métis Nation, but
here is another wrinkle in the way in which we are being treated
by the Crown. The Crown saw fit to approve the Northwest
Territory Métis Nation for a land and resource negotiation before
the Powley test came into existence.
Senator Dyck: They are pre-Powley.
Mr. Enge: They are pre-Powley and were never subject to the
same kind of rigorous scrutiny by the Crown as they are putting
the North Slave Métis Alliance through. We have ensured that
our membership meets the Powley test when we assert our
Aboriginal rights. We have provided the information that the
Crown needs in order to make that determination. Of course, we
did it very diligently with an eye on the Powley test as the
Le sénateur Dyck : Vous y répondez?
M. Enge : Oui. Par contre, je ne peux pas vous dire si c’est le
cas des membres de la Nation métisse des Territoires du NordOuest. Vous avez dit que votre comité avait rencontré des
représentants de cette organisation, mais encore une fois, ça
montre bien comment nous sommes traités par l’État canadien,
qui a décidé, avant même la décision Powley et les critères dont
elle est assortie, que c’est avec la Nation métisse des Territoires du
Nord-Ouest qu’il entreprendrait des négociations sur des terres et
sur des ressources.
Le sénateur Dyck : Ces négociations ont eu lieu avant la
décision Powley.
M. Enge : Oui, avant la décision Powley, et elles n’ont jamais
été soumises aux critères rigoureux que l’État canadien applique
aujourd’hui à l’égard de l’Alliance des Métis de North Slave.
Nous nous sommes assurés que nos membres répondent aux
critères de la décision Powley avant de revendiquer nos droits
ancestraux. Nous avons fourni au gouvernement toutes les
informations dont il a besoin pour reconnaître nos droits. Nous
17-10-2012
Peuples autochtones
24:13
standard we needed to meet in order to be considered as an
Aboriginal rights-bearing people.
savions pertinemment que nous devions répondre aux critères
Powley pour que le gouvernement puisse envisager de reconnaître
nos droits ancestraux.
Senator Dyck: You submitted the evidence. Did you request
feedback? Have they written back to say yes, we do or do not
accept that you are part of the Powley definition?
Le sénateur Dyck : Vous leur avez fait parvenir des preuves,
mais leur avez-vous demandé une réponse? Vous ont-ils dit
clairement que vous répondiez ou ne répondiez pas à la définition
Powley?
Mr. Enge: I cannot help but chuckle a little bit about this
because as I mentioned earlier in my presentation, we had to go to
the Supreme Court of the Northwest Territories to fight for our
Aboriginal right to harvest caribou. That means in order to have
the Aboriginal right to harvest caribou we have to meet the
Powley test. We provided that information to the Crown,
knowing what the legal test would be; we have done that.
Again, this standard, the Powley test, is not being applied equally
across the board. There is definitely a double standard with the
Crown when they treat the South Slave Metis, our cousins,
differently than us. We see that as being patently unfair.
M. Enge : Je ne peux pas m’empêcher de sourire car, comme je
l’ai dit dans ma déclaration, nous avons dû nous adresser à la
Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest pour faire valoir
notre droit ancestral de chasser le caribou. Autrement dit, pour
détenir le droit ancestral de chasser le caribou, il faut que nous
répondions à la définition Powley. Nous avons fourni cette
information à l’État canadien, sachant quel critère juridique serait
appliqué. Mais ce critère, et je parle de la définition Powley, n’est
pas toujours appliqué de la même façon. Quand on voit comment
l’État canadien traite les Métis de South Slave et comment il nous
traite, c’est manifestement deux poids, deux mesures. Pour nous,
c’est foncièrement injuste.
Mr. Devlin: The Government of the Northwest Territories says
they will not recognize the NSMA until Canada does. Canada
says we will not recognize the NSMA until the court tells us. The
court is still reserved. This is an example of how the construction
of Metis identity gets passed around for political expediency and
no one sits down and actually engages in the rights-based analysis.
M. Devlin : Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest se
défend en disant qu’il ne reconnaîtra pas l’alliance tant que l’État
canadien ne l’aura pas fait. De son côté, le gouvernement fédéral dit
qu’il ne reconnaîtra pas l’alliance tant que les tribunaux ne lui
auront pas dit de le faire. Les tribunaux ne se sont pas encore
prononcés. Voilà comment on réussit à faire traîner la construction
de l’identité métisse, pour des raisons politiques, et pourquoi
personne n’entreprend une véritable étude fondée sur nos droits.
The Chair: Can you tell me why you would not join up with the
Northwest Territory Métis Nation?
Le président : Pourquoi ne vous joignez-vous pas à la Nation
métisse des Territoires du Nord-Ouest?
Mr. Enge: Certainly, Senator St. Germain. There are a few
reasons, but let me specify right off the bat that the Northwest
Territory Métis Nation is engaged in a land and resource
negotiation with the Crown.
M. Enge : Je vais vous le dire, sénateur. Il y a plusieurs raisons,
mais permettez-moi de vous préciser d’emblée que la Nation métisse
des Territoires du Nord-Ouest est engagée dans des négociations
avec l’État canadien au sujet de terres et de ressources.
In their framework agreement — and now they have an
agreement in principle — it specifies which communities this land
and negotiation agreement applies to. In that context it is Fort
Smith, Hay River and Fort Resolution, to the exclusion of
Yellowknife. We had no choice but to form an organization to
assert our own rights because we were not included as a
community under the auspices of that claim. First, we are a
separate community north of the lake, therefore we see ourselves
as a separate entity geographically separated by the lake, so we
are on the north side of the lake; and second, we were not a part
of their land and resources negotiation or agreement.
Leur entente-cadre — ils ont maintenant une entente de
principe — indique expressément à quelles collectivités l’entente
s’applique. Il s’agit, en l’occurrence, de Fort Smith, de Hay River
et de Fort Resolution, à l’exclusion de Yellowknife. Nous
n’avions donc pas d’autre choix que de former une organisation
pour défendre nos propres droits, puisque nous n’étions pas inclus
dans la communauté visée par cette revendication. Premièrement,
nous vivons dans une collectivité séparée, au nord du lac, et nous
estimons donc que nous sommes une entité séparée
géographiquement par le lac. Deuxièmement, nous n’étions pas
partie à leur négociation ou à leur entente sur des terres et des
ressources.
The Chair: Thank you.
Senator Raine: This is very interesting. Your claims of
Aboriginal title are to the traditional territory, which territory is
also claimed by the Tlicho First Nation. Are you working
together in that claim, or do you respect each other’s claim for the
Le président : Merci.
Le sénateur Raine : C’est très intéressant. Vous revendiquez des
droits ancestraux sur un territoire traditionnel, mais ce territoire
est aussi revendiqué par la Première nation tlecho. Est-ce que
vous travaillez ensemble à la défense de cette revendication, ou
24:14
Aboriginal Peoples
17-10-2012
same territory? How does that work out? Are you dividing it up?
Obviously you have two different groups claiming the same
territory. They must have an agreement.
bien est-ce que vous
territoire? Comment
territoire? Vous avez
faut faire quand deux
défendez chacun la vôtre pour le même
faites-vous? Vous êtes-vous réparti le
bien dû vous entendre, car c’est ce qu’il
groupes revendiquent le même territoire.
Mr. Enge: Well, it would be nice, Senator Greene Raine, if we
did have an agreement that accommodated both of our
Aboriginal rights interests, but we do not. The Tlicho
agreement has the equivalent of an embedded notwithstanding
clause. If the Tlicho agreement infringes on the Metis Aboriginal
rights, then the agreement allows for remedy of that infringement.
We do not have any formal agreement between our peoples with
regard to the same lands that we claim as our ancestral homeland.
M. Enge : C’est vrai, sénateur Raine, qu’il aurait été préférable
d’avoir une entente à la satisfaction des deux groupes et de leurs
droits ancestraux, mais ce n’est pas le cas. L’entente tlicho
contient une clause qui équivaut à une clause dérogatoire. Si
l’entente empiète sur les droits ancestraux des Métis, elle prévoit
un mécanisme de règlement. Les deux organisations n’ont pas
conclu d’entente officielle au sujet des terres qu’elles revendiquent
toutes les deux comme leur territoire traditionnel.
As of now, we have not had to challenge the Tlicho with
respect to infringement, but there is an issue brewing between our
peoples. A number of years ago we purchased, in fee simple, the
Old Fort Rae site where the Hudson’s Bay Company trading post
was, from the Hudson’s Bay Company. It is a heritage site of the
historic Metis. Under the Tlicho land claim agreement, the lands
that they selected run right through the middle of the Old Fort
Rae fee simple land that we have.
Jusqu’à présent, l’entente tlicho n’a pas empiété sur nos droits,
mais il y a un litige qui est en train de couver entre nos deux
peuples. Il y a un certain temps, nous avons fait l’acquisition, en
fief simple, du site d’Old Fort Rae, l’ancien poste de traite de la
Compagnie de la Baie d’Hudson. C’est un site patrimonial et
historique pour les Métis. Or, les terres visées par l’entente tlicho
sont situées en plein milieu du site d’Old Fort Rae que nous
venons d’acheter en fief simple.
We claim that that is sacred ground for us and we are going to
have to come to some agreement because our ancestors are buried
in Old Fort Rae, right where the surveyors went through this past
summer claiming that that is Tlicho land. Right in the site where
they put their survey line is the graveyard of my ancestors. We
have to work out some kind of accommodation there.
Nous prétendons qu’il s’agit d’un territoire sacré pour nous, et
il va bien falloir qu’on s’entende car nos ancêtres sont enterrés à
Old Fort Rae, précisément sur des terres qui ont été incluses par
les arpenteurs, l’été dernier, dans le territoire tlicho. Ils ont mis
leurs lignes d’arpentage exactement là où reposent mes ancêtres. Il
va falloir qu’on s’entende là-dessus.
We do not have an agreement yet and, again, there is a
mechanism in that Tlicho land claim agreement to deal with
grievances as and when they arise.
Nous n’avons pas encore d’entente, mais, comme je vous l’ai
dit, l’entente sur la revendication territoriale tlicho prévoit un
mécanisme de règlement des différends.
Mr. Devlin: Senator, your question dovetails a little with the
earlier question about the interest in land. The traditional
territory of the North Slave Métis Alliance members does
coincide quite a bit with the territory claimed by the Tlicho, but
the interest in land is not just a title issue. The Metis are great
harvesters of bush meat and using the land. Many of the
Aboriginal rights that they try to assert and are keen to protect
are rights about using the land. Most of the modern treaties and
final agreements permit for non-exclusive harvesting rights by a
variety of Aboriginal users. Certainly, when these issues have
come up in the common law, you can see that with the Aboriginal
rights to hunt, fish, trap and harvest from the land, these are nonexclusive rights. It is only when you are dealing with issues of
Aboriginal title that exclusivity becomes a question.
M. Devlin : Sénateur, votre question rejoint un peu celle qui a
été posée tout à l’heure au sujet de l’intérêt foncier. Le territoire
traditionnel des membres de l’Alliance des Métis de North Slave
chevauche souvent le territoire revendiqué par les Tlicho, mais
l’intérêt foncier n’est pas seulement une question de titre. Les
Métis sont de grands chasseurs de viande sauvage et d’excellents
cultivateurs. Les droits qu’ils revendiquent âprement sont souvent
des droits qui concernent l’utilisation de la terre. La plupart des
traités modernes et des ententes définitives concèdent à toutes
sortes d’usagers autochtones des droits de récolte non exclusifs.
Quand ce genre de problème s’est posé en common law, vous avez
pu constater que les droits ancestraux relatifs à la chasse, la pêche,
le piégeage et l’utilisation des produits de la terre étaient des droits
non exclusifs. Ce n’est que lorsqu’il est question de titre
autochtone que l’exclusivité intervient.
Senator Patterson: I would like to thank the presenters. I could
not agree more that — and I think you were suggesting it was
tragic — that there was a comprehensive Dene-Metis land claim
agreement covering the whole of the Northwest Territories that
unfortunately faltered. I was involved in the politics at the time.
My recollection is that it was not the Metis who were the problem
in rejecting that agreement and not putting it to their members for
a vote; it was the Dene. There was an agreement in principle
signed by the Government of Canada and it would have created a
Le sénateur Patterson : Je tiens à remercier nos témoins. Je suis
tout à fait d’accord avec vous pour regretter — en tous cas c’est
ainsi que j’ai compris votre position — l’échec de la revendication
territoriale globale des Dénés-Métis qui visait la totalité des
Territoires du Nord-Ouest. J’étais en politique à l’époque, et je me
souviens que ce n’était pas les Métis qui ont rejeté l’entente en ne
la soumettant pas au vote de leurs membres, mais plutôt les
Dénés. Une entente de principe avait été signée par le
gouvernement du Canada, qui aurait permis le règlement d’une
17-10-2012
Peuples autochtones
24:15
comprehensive claim up and down the Mackenzie Valley. It
would have been an example for the Metis of Canada and it
would have given the Dene and Metis Aboriginal rights to lands
and resources before the diamond rush took place. It was really
one of my regrets in my political life that that agreement faltered
amidst the turmoil of Oka. I believe the death of the Meech Lake
accord was a factor as well. I wanted to acknowledge that we are
now dealing with the consequences, and your situation is but one
example.
revendication qui englobait toute la vallée du Mackenzie. Ça
aurait été un précédent pour les Métis du Canada, et ça aurait
donné aux Dénés et aux Métis des droits ancestraux sur des terres
et des ressources avant le début de la ruée vers le diamant. Le fait
que cette entente ait échoué en plein milieu de la crise d’Oka a
toujours été l’un des grands regrets de ma carrière politique.
L’échec de l’accord du lac Meech a sans doute aussi été un
facteur. Je voulais simplement dire que nous en subissons
maintenant les conséquences, et que votre situation n’est qu’un
exemple parmi d’autres.
In our studies we have heard various definitions of ‘‘Metis.’’
One of them takes us back to the Red River Valley and the
original homelands of the Red River Metis. I am intrigued that
your research shows you have been in the N.W.T. since the 1790s
and you talked about the legendary François Beaulieu II.
Au cours de nos audiences, nous avons entendu diverses
définitions du mot « Métis », dont une qui remontait à la vallée
de la rivière Rouge et au territoire d’origine des Métis de la rivière
Rouge. Je suis surpris d’apprendre que, d’après vos recherches,
votre présence dans les T.-N.-O remonte aux années 1790. J’ai
écouté ce que vous avez dit au sujet du célèbre François Beaulieu II.
Did he have links to the Metis of the Prairies? Can you tell us a
bit about that, please?
Avait-il des liens avec les Métis des Prairies? Pouvez-vous nous
dire quelques mots à ce sujet?
Mr. Enge: Yes, certainly. One of the hallmarks of the Metis
people is that they were very mobile. They were the intermediaries
in the fur trade. They were the ones who brought the furs from the
hinterland to the metropolis centres of Canada. François Beaulieu
was a major figure in the fur trade. During the fur trade, he was a
leader who also transported the furs from the hinterland to the
centres. There are records of him taking canoe brigades, like the
Metis coureurs de bois and the French voyageurs. This was the
heritage that the Metis inherited from their part in the fur trade
and in mixing with the coureurs de bois and other Europeans. In
this context, there is clear evidence that François Beaulieu was
taking brigades up to Ile-a-la-Crosse in Saskatchewan. There were
a number of different collection points that the Hudson’s Bay
Company and the North West Company had set up, and the
Metis would bring their furs to deposit them for further
transportation. There is evidence that not only did François
Beaulieu go into the western part of Canada as far as
Saskatchewan but also that he guided expeditions through to
the Rocky Mountains. He had quite an extensive background in
terms of going here, there, and everywhere, like the Metis did
during the historic fur trade times.
M. Enge : Volontiers. À l’époque, les Métis avaient la
réputation d’être très mobiles. C’étaient des intermédiaires dans
le commerce de la fourrure. C’étaient eux qui acheminaient les
fourrures de l’intérieur des terres vers les métropoles du Canada.
François Beaulieu a joué un rôle important dans le commerce de
la fourrure. C’est lui, notamment, qui transportait les fourrures de
l’intérieur des terres vers les villes. On a des documents qui le
montrent en train de conduire des brigades de canotiers, comme
les coureurs de bois métis et les voyageurs français. C’est le
patrimoine dont les Métis ont hérité suite à leur participation au
commerce de la fourrure et par leurs contacts avec les coureurs de
bois et les autres Européens. À ce propos, on a des preuves que
François Beaulieu emmenait des brigades jusqu’à l’Île-à-laCrosse, en Saskatchewan. La Compagnie de la Baie d’Hudson
et la Compagnie du Nord-Ouest avaient aménagé un certain
nombre de dépôts où les Métis apportaient les fourrures qui
étaient ensuite acheminées vers les villes. On a aussi des preuves
que François Beaulieu non seulement est allé jusqu’en
Saskatchewan mais qu’il a aussi conduit des expéditions dans
les Rocheuses. Il était extrêmement débrouillard et entreprenant,
comme la plupart des Métis en ces temps historiques du
commerce de la fourrure.
Indeed, I believe that the historiography that I referred to
earlier, that the Historic Sites and Monuments Board of Canada
has accepted as the document to designate François Beaulieu II as
an historic Metis figure has that part of his life experience
contained in it.
En fait, la Commission des lieux et monuments historiques du
Canada a reconnu que François Beaulieu II était un personnage
important dans l’historiographie métisse.
Senator Patterson: Where was he born, do you know?
Mr. Enge: He was born in the Northwest Territories. I cannot
say for certain exactly where it was, but it appears from my
understanding of the historic record that it was in the North Slave
area. His father was quite famous in his own right. François
Beaulieu I, they called him. He had taken Franklin up the
Coppermine River on an expedition, and it was somewhere in that
area that François Beaulieu II was born.
Le sénateur Patterson : Où est-il né, le savez-vous?
M. Enge : Il est né dans les Territoires du Nord-Ouest. Je ne
sais pas où exactement, mais en consultant les documents
historiques, j’en ai conclu que c’était dans la région de North
Slave. Son père jouissait lui aussi d’une certaine réputation. On
l’appelait François Beaulieu I, et c’est lui qui a accompagné
l’expédition de Franklin le long de la rivière Coppermine. C’est à
cette époque que François Beaulieu II est né.
24:16
Aboriginal Peoples
17-10-2012
Senator Patterson: You have talked about the issue brewing
with the Tlicho. I also understand that you are at odds with the
Akaitcho right now and that they are, I believe, negotiating with
Canada and identifying lands, and, as you have said, you are not
involved. Could you describe that situation for us and where
things are at in that connection with the Akaitcho? That is in the
Yellowknife area, is it not?
Le sénateur Patterson : Vous avez parlé du litige qui couve avec
les Tlicho. Je crois savoir que vous êtes actuellement en bisbille
avec les Akaitcho, qui sont en train de négocier avec le
gouvernement fédéral leurs droits sur certains territoires, mais
comme vous l’avez dit, vous ne participez pas à ces négociations.
Pourriez-vous nous dire ce qu’il en est avec les Akaitcho? Ils sont
dans la région de Yellowknife, n’est-ce pas?
Mr. Enge: I want to be clear here. We have a very good
relationship with the Tlicho. It was only recently, at a Mackenzie
Valley Environmental Impact Review Board hearing looking into
the prospect of another mine being built in our traditional lands
where our joint interests came together. We are working hand in
glove with the Tlicho with respect to our interests in this mine.
This mine is being proposed by a mining company called Fortune
Minerals and they are calling it the NICO Project. Of course, the
Mackenzie Valley Environmental Impact Review Board is
holding hearings looking into the impact that mine would have
on the Aboriginal peoples’ homeland.
M. Enge : Je vais être très clair. Nous avons une excellente
relation avec les Tlicho. Ce n’est que tout récemment, lors d’une
audience de l’Office d’examen des répercussions environnementales
de la vallée du Mackenzie qui examinait la possibilité d’exploiter
une autre mine sur notre territoire traditionnel, que nous nous
sommes rendu compte que nos intérêts convergeaient. Et depuis,
nous collaborons très étroitement à la défense de nos intérêts dans
ce dossier. La mine est proposée par la société Fortune Minerals, et
il s’agit du projet NICO. L’Office d’examen des répercussions
environnementales de la vallée du Mackenzie tient actuellement des
audiences sur l’impact que l’exploitation de cette mine pourrait
avoir sur le territoire traditionnel des Autochtones.
I had the opportunity to attend the hearings right in the
community of Behchoko, the largest Tlicho community, and I had
opportunities to sit down and speak with the grand chief and all the
other chiefs of the communities. We find common ground with each
other and we find ourselves natural allies with respect to many
projects and this one in particular. I am optimistic that we will work
out our issues with respect to our sacred ground of Old Fort Rae,
where our ancestors are buried; I am sure that will be fine.
J’ai eu l’occasion d’assister aux audiences qui se sont tenues
dans la collectivité de Behchoko, la plus importante collectivité
tlicho, et de discuter avec le grand chef et tous les autres chefs des
communautés. Nous avons constaté que nous avions beaucoup
d’intérêts communs et que nous étions des alliés naturels pour
défendre nos droits face à de nombreux projets, notamment celuici. Je suis convaincu que nous réussirons à trouver une entente en
ce qui concerne le territoire sacré d’Old Fort Rae, où sont enterrés
nos ancêtres; je suis sûr qu’on y arrivera.
Having said that, with respect to the Akaitcho Dene First
Nations, that organization is taking the N.W.T. Métis Nation to
court as opposed to the North Slave Métis Alliance. We do feel very
disappointed in what they are saying about the Metis because, by
extension of what they are saying in their statement of claim,
namely that there are no section 35 Aboriginal rights-bearing Metis
people in the Northwest Territories, we feel quite offended by that,
especially when we take into account that it was not too far in the
past that we were all working together under the auspices of a
Dene-Metis claim. Fast-forward to the years since 1990 and they are
now taking a very different approach to us. I think the best word to
characterize it is a hostile position, and we do not understand the
rationale for that. The fact of the matter is the Metis that I
represent, our cousins to the south, are all section 35 Aboriginal
rights-holding, rights-bearing Metis people. I have had to produce
my genealogy and historical documents for the lawsuit that I had to
prosecute against the Crown for denying our members the right to
harvest caribou. The genealogical documents and historical
documents that I referred to earlier in my presentation equally
apply to the South Slave Metis, the very Metis that the Akaitcho
Dene are taking to court, claiming that they do not possess
Aboriginal rights and therefore the Crown has no business
negotiating a land and resource agreement with them. It does not
make sense and it does not add up.
Cela dit, s’agissant des Premières nations dénées d’Akaitcho,
cette organisation a décidé de poursuivre la Nation métisse des
T.N.-O., mais pas l’Alliance des Métis de North Slave. Nous
sommes toutefois très déçus de ce qu’ils laissent entendre au sujet
des Métis dans leur demande introductive d’instance, à savoir
qu’il n’y a pas, dans les Territoires du Nord-Ouest, de Métis
titulaires de droits en vertu de l’article 35. C’est d’autant plus
insultant qu’il n’y a pas si longtemps, en 1990, nous travaillions
tous ensemble dans le cadre de la revendication des Dénés-Métis.
Et aujourd’hui, ils affichent à notre égard une attitude
radicalement différente, voire hostile, et nous ne comprenons
pas pourquoi. Car il faut bien comprendre que les Métis que je
représente, nos cousins du Sud, sont tous titulaires de droits
ancestraux en vertu de l’article 35. Comme je l’ai tout à l’heure,
j’ai dû présenter des documents attestant de ma généalogie et de
mon passé dans le cadre des poursuites que j’ai dû intenter contre
l’État canadien, qui ne reconnaît pas le droit de nos membres de
chasser le caribou. Les Métis de South Slave doivent aussi
présenter ces documents, car ce sont eux que les Dénés d’Akaitcho
poursuivent devant les tribunaux en prétendant qu’ils n’ont aucun
droit ancestral et que, par conséquent, l’État canadien n’a pas à
négocier d’entente sur les terres et sur les ressources avec eux. Ça
ne tient pas debout.
17-10-2012
Peuples autochtones
You can say that our relationship with the Akaitcho First Nation
is one of indifference. We are not really communicating at a very
good level right now. I do not have the same kind of relationship
with the Akaitcho chiefs as I do with the Tlicho chiefs. That is
unfortunate, and I hope that down the road they will change their
minds about us. I think what will help change their minds is when
the Supreme Court of the Northwest Territories issues their ruling
that the North Slave Metis people possess section 35 Aboriginal
rights, and we can put that matter to rest once and for all.
Senator Patterson: Thank you.
24:17
On peut dire que notre relation avec la Première nation
d’Akaitcho est marquée par l’indifférence. En fait, la
communication n’est pas très bonne avec eux. Je n’ai pas les
mêmes relations avec les chefs d’Akaitcho qu’avec les chefs tlicho.
Je le regrette, et j’espère qu’un de ces jours, ils changeront
d’attitude à notre égard. Je suppose que ça arrivera lorsque la
Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest statuera que les
Métis de North Slave sont titulaires de droits ancestraux en vertu
de l’article 35. À ce moment-là, ce sera réglé une fois pour toutes.
Le sénateur Patterson : Merci.
Mr. Devlin: The Metis of the Great Slave Lake area, the
historians, tell us the ethno-genesis of the Metis of the Great Slave
Lake area from the late 1700s into the early 1800s and that is the
ethnic community that was there coexisting with the European fur
traders and the various First Nations in the area. That is the
ethnic group, and then we have these two modern political
expressions of that ethnic group, the North Slave Métis Alliance
for the north side of the lake and the South Slave or the
Northwest Territories Métis Nation. Historians are fairly clear
that this ethno-genesis arose. It may have been that some people
came up from Red River, but it also arose quite independently of
what was happening at Red River in its history in that it was a
unique ethno-genesis centred on the Great Slave Lake area.
Whether it is sometimes the GNWT or the Akaitcho, historians
are pretty clear that there have been Metis centred on the Great
Slave Lake for 200 or 300 years.
M. Devlin : À propos de notre ethnogenèse, les historiens nous
disent qu’entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe, les
Métis de la région du Grand lac des Esclaves coexistaient avec les
marchands de fourrures européens et les Premières nations de la
région. Voilà pour le groupe ethnique, et ensuite se sont créées les
deux formations modernes, l’Alliance des Métis de North Slave,
sur la rive nord, et la Nation métisse des Territoires du NordOuest ou de South Slave. Les historiens sont très clairs à propos
de cette ethnogenèse. Il se peut que certaines personnes soient
venues de la rivière Rouge, mais c’était complètement
indépendant de ce qui se passait à la rivière Rouge en ce sens
que c’était une ethnogenèse unique, qui concernait essentiellement
la région du Grand lac des Esclaves. Que ce soit le gouvernement
des T.N.-O. ou les Akaitcho, les historiens sont pratiquement sûrs
qu’il y a des concentrations de Métis autour du Grand lac des
Esclaves depuis 200 ou 300 ans.
The Chair: Are any of your members eligible for status under
the Indian Act? If so, have any of your members opted to accept
Indian status?
Le président : Certains de vos membres répondent-ils aux
critères des Indiens inscrits, aux termes de la Loi sur les Indiens?
Si oui, certains le sont-ils devenus?
Mr. Enge: Thank you for that question, Senator St. Germain.
You definitely hit on a very touchy subject with the Metis across
Canada. When Bill C-31 came along, which allowed
disenfranchised Indian women to obtain their Indian status
back and for their children to also secure Indian status if they
wished, many of those women and their children had more or less
assimilated into the Metis arena and it caused a great deal of
consternation in the Northwest Territories as that new reality had
to be dealt with.
M. Enge : Je vous remercie de votre question, sénateur
St. Germain. Vous abordez là un sujet très délicat pour
l’ensemble des Métis du Canada. Lorsque le projet de loi C-31
a été présenté, qui permettait aux Indiennes privées de leurs droits
de retrouver leur statut, pour elles et pour leurs enfants, s’ils le
désiraient, un grand nombre de ces femmes ainsi que leurs enfants
s’étaient plus ou moins intégrés dans la société métisse, ce qui était
la cause d’une grande consternation dans les Territoires du NordOuest car il fallait tenir compte de la nouvelle situation.
The fact of the matter is that we had a considerable number of
our own members who had secured Indian status under the
auspices of Bill C-31. We were able to identify who had made that
choice and we understood that in order for us to assert Metis
rights we have to have a Metis membership. We then identified
who had secured that status and had them removed. We do not
accept members who have registered Indian status.
En fait, un très grand nombre de nos membres avaient obtenu
le statut d’Indien aux termes du projet de loi C-31. Nous avons
réussi à savoir qui avait fait ce choix et nous avons déterminé que,
si nous voulions faire valoir nos droits de Métis, il fallait que nos
membres soient métis. Nous avons donc exclu ceux qui avaient
obtenu le statut d’Indien. Nous n’acceptons pas les Indiens
inscrits parmi nos membres.
There was a time when Metis organizations did not know quite
what to do about the fact that many of their members had secured
Indian status, and it mostly was done surreptitiously, but they did
have to deal with it. We finally got a clear understanding of
whether a person who secured registered Indian status can be a
Metis and an Indian at the same time.
À un certain moment, les organisations métisses ne savaient pas
vraiment quoi faire de leurs membres qui avaient obtenu le statut
d’Indien, et elles les excluaient généralement de façon discrète. Il
fallait bien qu’elles réagissent. Nous avons finalement eu une
réponse très claire à la question de savoir si une personne qui a
obtenu le statut d’Indien pouvait à la fois être un Métis et un Indien.
24:18
Aboriginal Peoples
17-10-2012
That clarification came from a recent Supreme Court of
Canada decision called Cunningham where a Cunningham family
on the Peavine Metis Settlement in Alberta had secured Indian
status under the auspices of Bill C-31, and the Metis council at the
settlement disallowed them. They cancelled their memberships,
and the Supreme Court of Canada clearly said that that is okay.
You cannot be both, unless the Metis community itself says it is
okay. The Metis have a right to determine their own membership,
and that community said no, if you secure registered Indian status
you cannot be a part of this community anymore.
Cette réponse nous a récemment été donnée par la Cour
suprême du Canada, dans la cause Cunningham. La famille
Cunningham, du Peavine Metis Settlement en Alberta, avait
obtenu le statut d’Indien aux termes du projet de loi C-31, si bien
que le Conseil métis de l’établissement avait privé de leurs droits
les membres de la famille. Ces derniers ont alors annulé leur
adhésion, et la Cour suprême du Canada a statué clairement que
c’était légal. On ne peut pas être les deux à la fois, sauf si la
communauté métisse l’accepte. Les Métis ont donc le droit de
déterminer qui peut être membre de leur communauté, et si
celle-ci refuse un membre qui a obtenu le statut d’Indien inscrit,
celui-ci ne peut plus en être membre.
Indeed, we support the notion that the Metis have a right to
determine their membership and it is not an automatic right to
retain Metis membership if a person decides to become an Indian.
Nous estimons que les Métis ont le droit de déterminer qui peut
être membre de leur communauté, et que la personne qui décide
de devenir Indien inscrit court le risque de perdre son statut de
Métis.
The Chair: You said there were 500 in your population. How
many have memberships?
Le président : Vous avez dit que vous étiez 500. Combien sont
membres de votre organisation?
Mr. Enge: Thank you, senator. We did a house-cleaning of our
membership some time ago, two years ago this January. As far as
we know, none of our remaining members have registered Indian
status. Our constitution, bylaws and our membership application
form do not permit that. As far as we know, there are no
registered Indians under the Indian Act in our membership.
M. Enge : Merci, sénateur. Il y a eu deux ans en janvier, nous
avons fait le ménage parmi nos membres, et d’après nos dossiers,
il n’y a plus un seul Indien inscrit. Notre constitution, notre
règlement et notre formulaire de demande d’adhésion rendent la
chose impossible. Que je sache, il n’y a pas d’Indiens inscrits, aux
termes de la Loi sur les Indiens, parmi nos membres.
The Chair: How many members do you actually have in the
North Slave Métis Alliance?
Le président : Combien l’Alliance des Métis de North Slave
compte-t-elle de membres?
Mr. Enge: Our membership is in the 500 range.
M. Enge : Environ 500.
Senator Raine: For clarification, my understanding was that
once someone declared him or herself status, from a federal
government point of view they could not go back to being Metis.
Is that your understanding?
Le sénateur Raine : Excusez-moi, mais je pensais que lorsque
quelqu’un revendiquait le statut d’Indien inscrit, il ne pouvait pas
redevenir Métis. C’est bien ainsi que vous l’entendez?
Mr. Enge: Yes, that is my understanding. As far as I
understand, and I am no expert on the Indian Act, that is a
one-way door. I happen to know that there were some former
Metis members who regretted securing Indian status after the fact
and wanted to look into reversing it and found that it was not
possible.
M. Enge : Oui, tout à fait. Je ne suis pas expert en la matière,
mais je crois qu’aux termes de la Loi sur les Indiens, la décision est
irréversible. J’ai entendu parler d’anciens Métis qui regrettaient
d’avoir demandé le statut d’Indien inscrit et qui avaient essayé de
revenir en arrière, mais ils ne le pouvaient pas.
Senator Raine: Your statement that the Metis communities
could determine their membership is not exactly accurate because
you cannot reverse that?
Le sénateur Raine : Donc, quand vous dites que les
communautés métisses doivent pouvoir accepter ou refuser des
membres, ce n’est pas tout à fait exact puisque c’est irréversible.
Senator Dyck: Cannot reverse the First Nation status.
Mr. Enge: I guess that needs clarification. What I mean is we
could look at a person who obtained Indian status and say you do
not belong to an Indian band, you do not belong under some kind
of other treaty or land claim, and you have been a staunch
supporter of our rights and community and we would like you to
be a part of our community. We feel that we have a right to confer
that status on them, providing that this Indian person has not
taken their bundle of Aboriginal rights somewhere else.
Le sénateur Dyck : C’est le statut d’Indien inscrit qui est
irréversible.
M. Enge : Permettez-moi d’apporter quelques précisions. Dans
ce genre de situation, si la personne n’appartient pas à une bande
indienne, qu’elle n’est pas partie à un traité ou à une revendication
territoriale quelconque, et que c’est un ardent défenseur de nos
droits et de notre communauté, nous pouvons très bien décider de
l’accueillir dans notre communauté. Nous estimons avoir le droit
d’accorder ce statut à ce genre de personne, à condition qu’elle ne
se soit pas prévalue de ses droits ancestraux ailleurs.
17-10-2012
Peuples autochtones
24:19
Senator Dyck: You mentioned that Canada was doing a study
in identifying historic Metis communities after the Powley
decision. Have you seen that document? Do you know who
they have identified? Is that document available?
Le sénateur Dyck : Vous avez dit que le gouvernement fédéral
avait entrepris une étude sur les communautés historiques
métisses, après la décision Powley? Avez-vous vu ce document?
Savez-vous quelles collectivités il a identifiées? Ce document a-t-il
été publié?
Mr. Enge: Thank you for that question. Indeed, if you go to
the Aboriginal Affairs and Northern Development Canada
website, you will find that, somewhere embedded in it, where I
found it just by accident, the 15 studies are listed, as well as which
communities they did the studies on. It is definitely on the
AANDC website. You can find it.
M. Enge : Je vous remercie de votre question. Si vous consultez
le site d’Affaires autochtones et Développement du Nord Canada,
vous y verrez que le ministère a fait 15 études sur des collectivités
dont ils donnent les noms. J’ai découvert cela tout à fait par
hasard. C’est sur le site d’AADNC. C’est facile à trouver.
Mr. Devlin: To clarify that, I think it is actually on the
Department of Justice website they mention this post-Powley
investigation of 15 potential historic Metis communities. You
cannot actually get the reports. We had to do an access to
information request to get the report for the Great Slave Lake Metis
community. It was only because we were part of that community
that we got the report. They are not publicly available. It is only
that they engaged in the studies that is public information.
M. Devlin : En fait, c’est sur le site du ministère de la Justice
qu’on peut trouver ce programme de recherche post-Powley sur
15 communautés métisses historiques possibles. On ne peut pas se
procurer les rapports. Nous avons dû faire une demande d’accès à
l’information pour obtenir le rapport concernant la communauté
métisse du Grand lac des Esclaves. C’est uniquement parce que
nous faisons partie de cette communauté que nous avons pu
l’avoir. Ces documents ne sont pas publics. La seule information
qui soit publique, c’est qu’ils ont entrepris des études là-dessus.
Senator Dyck: I wonder if the committee should get that
information.
Le sénateur Dyck : Peut-être que le comité pourrait obtenir ces
documents.
The Chair: We could make the request for it if you think it
would assist you.
Le président : Nous pouvons en faire la demande si vous pensez
qu’ils pourraient vous être utiles.
Senator Dyck: I think it would be interesting.
Le sénateur Dyck : Je pense que ça en vaudrait la peine.
Mr. Devlin: We can provide you with our copy of the report
about the Great Slave Lake folks.
M. Devlin : Nous pouvons vous faire parvenir une copie du
rapport sur les Métis de la région du Grand lac des Esclaves.
Senator Raine: I would like to ask a question about MÉTCOR
and all your subsidiaries. Are these companies doing well? This is
an economic development arm of the North Slave Métis Alliance.
Is the alliance a non-profit association? Is MÉTCOR a for-profit
or non-profit? How does that work?
Le sénateur Raine : J’aimerais poser une question au sujet de
MÉTCOR et de toutes vos succursales. Est-ce que ces entreprises
marchent bien? Nous savons que MÉTCOR est l’instrument de
développement économique de l’Alliance des Métis de North
Slave. L’alliance est-elle une association à but non lucratif? Et
MÉTCOR, a-t-elle un but lucratif ou non? Comment ça marche?
Mr. Enge: Thank you for the question, Senator Greene Raine.
Indeed, MÉTCOR is the development arm of the North Slave
Métis Alliance. The North Slave Métis Alliance is a non-profit
society, whereas MÉTCOR is a corporation registered under the
auspices of the Canada Business Corporations Act. It is the
business arm of the North Slave Métis Alliance.
M. Enge : Je vous remercie de votre question, sénateur Raine.
Il est vrai que MÉTCOR est l’instrument de développement
économique de l’alliance. L’alliance est une association à but non
lucratif, alors que MÉTCOR est une société enregistrée en vertu
de la Loi canadienne sur les sociétés par actions. C’est donc bien
l’instrument commercial de l’Alliance des Métis de North Slave.
You asked how our businesses are doing. We are doing okay,
but not as well as we want to. We are in a building process, and
our corporations are making enough money to see us live another
day. Right now we are very much in a building process.
Vous me demandez si ces entreprises marchent bien. Ça va,
mais pas aussi bien que nous le voudrions. Nous sommes dans la
phase de développement, et nos entreprises font tout juste assez
d’argent pour survivre. Mais encore une fois, nous sommes dans
la phase de développement.
The development corporation came about because the North
Slave Métis Alliance is in a unique position as Metis people in the
sense that it has three impact benefit agreements, as they are
known, with the three operating diamond mines in our region. We
needed a development corporation in order to take advantage of
Nous avons créé la société de développement parce que
l’Alliance des Métis de North Slave se trouvait dans une
situation unique en ce sens que nous avons, dans la région, trois
ententes sur les répercussions et les avantages, comme on les
appelle, en raison des trois mines de diamant qui y sont exploitées.
24:20
Aboriginal Peoples
17-10-2012
the business opportunities that flow from those impact benefit
agreements. We are engaged in discussions to secure even more
impact benefit agreements.
Il fallait donc bien qu’une société de développement s’intéresse
aux opportunités qu’offrent ces ententes. Nous participons à des
discussions en vue de la signature d’autres ententes de ce genre.
I do not know if one can call this ironic or not, but certainly the
mining corporations are taking a more enlightened approach to
our Aboriginal rights than the Crown is, because they are dealing
with us on a rights basis.
Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir, mais le fait est que les
entreprises minières sont beaucoup plus sensibles à nos droits
ancestraux que ne l’est l’État canadien, et quand nous discutons
avec elles, c’est sur la base de nos droits.
We expect that our corporations will grow over time and we
look forward to having an independent source of income to help
us do the things we need to do, like take the Crown to court when
we have to. I think you know that one of the problems that the
Metis experience across Canada is that we do not get any core
funding from the federal government or, for that matter, from the
territorial government, to undertake our business.
Nous espérons que nos entreprises vont se développer au cours
des années, et nous avons hâte de disposer d’une source de
revenus indépendante qui nous aidera à faire ce que nous avons
besoin de faire, comme intenter des poursuites contre l’État
canadien lorsqu’il le faut. Vous savez sans doute que l’un des
problèmes des Métis au Canada, c’est qu’ils ne reçoivent aucun
financement de base du gouvernement fédéral, et pas davantage
du gouvernement territorial d’ailleurs, pour créer leurs propres
entreprises.
The Chair: Thank you. I think the main focus of this study is the
identity of Metis, and we welcome anything you can add that would
assist the committee in determining, more definitively, the Metis.
You have a complex, I think, unique situation in your area, but we
thank you for your presentation; it was clear and understandable.
We thank you for your responses to our questions.
Le président : Merci. Le sujet de cette étude est l’identité des
Métis, et nous aimerions savoir si vous avez quelque chose à
ajouter qui pourrait nous aider à déterminer de façon plus précise
ce qu’est un Métis. Je crois que la situation des Métis, dans votre
région, est unique et complexe à la fois, et nous vous remercions
de votre témoignage, qui était clair et instructif. Merci aussi
d’avoir répondu à nos questions.
With that, colleagues, is there any other business?
Cela dit, chers collègues, avez-vous d’autres questions à
soulever?
There being none, the committee is adjourned.
Puisqu’il n’y en a pas, je lève la séance.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Wednesday, October 17, 2012
Le mercredi 17 octobre 2012
North Slave Metis Alliance:
North Slave Metis Alliance :
William (Bill) A. Enge, President;
William (Bill) A. Enge, président;
Christopher Devlin, Counsel.
Christopher Devlin, conseiller juridique.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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