First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Aboriginal Peoples
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable GERRY ST. GERMAIN, P.C.
Président :
L’ honorable GERRY ST. GERMAIN, C.P.
Monday, September 24, 2012
Wednesday, September 26, 2012
Friday, September 28, 2012
Monday, October 1, 2012
Le lundi 24 septembre 2012
Le mercredi 26 septembre 2012
Le vendredi 28 septembre 2012
Le lundi 1er octobre 2012
Issue No. 23
Fascicule no 23
Tenth, eleventh, twelfth and
thirteenth meetings on:
Dixième, onzième, douzième
et treizième réunions concernant :
Legal and political recognition
of Métis identity in Canada
La reconnaissance juridique et politique
de l’identité des Métis au Canada
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49691-49695-49699-49405
STANDING SENATE COMMITTEE
ON ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Gerry St. Germain, P.C., Chair
Président : L’honorable Gerry St. Germain, C.P.
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(or Tardif)
Demers
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Sibbeston
White
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Lovelace Nicholas
Munson
Patterson
Raine
Sibbeston
White
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator White replaced the Honourable Senator
Meredith (September 24, 2012).
L’honorable sénateur White a remplacé l’honorable sénateur
Meredith (le 24 septembre 2012).
The Honourable Senator Demers replaced the Honourable
Senator Wallace (June 21, 2012).
L’honorable sénateur Demers a remplacé l’honorable sénateur
Wallace (le 21 juin 2012).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
1-10-2012
Peuples autochtones
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
WINNIPEG, Monday, September 24, 2012
(48)
WINNIPEG, le lundi 24 septembre 2012
(48)
[English]
23:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 8:15 a.m., in the Fairmont Winnipeg Hotel, in the
Wellington Ballroom, the chair, the Honourable Gerry
St. Germain, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 8 h 15, dans la salle Wellington de l’Hôtel
Fairmont Winnipeg, sous la présidence de l’honorable Gerry
St. Germain, C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Dyck, Raine, St. Germain, P.C., and Sibbeston (4).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Dyck, Raine, St. Germain, C.P., et Sibbeston (4).
In attendance: Shauna Troniak, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament, and
Ceri Au, Communications Officer, Communications Directorate.
Également présentes : Shauna Troniak, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement; et Ceri Au, agente de communications, Direction des
communications.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son examen de
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Ministry of Aboriginal and Northern Affairs Manitoba:
Ministère des Affaires autochtones et du Nord du Manitoba :
Eleanor Brockington, Director, Policy and Strategic Initiatives.
Manitoba Metis Federation:
Eleanor Brockington, directrice, Politiques et initiatives
stratégiques.
Fédération des Métis du Manitoba :
David Chartrand, President;
David Chartrand, président;
David Boisvert, Policy Advisor.
David Boisvert, conseiller politique.
Metis Child, Family and Community Services:
Eileen Sanderson, Kinship Care Worker.
Metis Culture and Heritage Resource Centre Inc.:
Randall Ranville, Genealogist.
As an individual:
Paul Chartrand, Retired Professor of Law.
Ms Brockington made a statement and answered questions.
Metis Child, Family and Community Services :
Eileen Sanderson, aidante naturelle.
Metis Culture and Heritage Resource Centre Inc. :
Randall Ranville, généalogiste.
À titre personnel :
Paul Chartrand, professeur de droit à la retraite.
Mme Brockington fait une déclaration, puis répond aux
questions.
At 8:58 a.m., the committee suspended.
À 8 h 58, la séance est suspendue.
At 9:10 a.m., the committee resumed.
À 9 h 10, la séance reprend.
It was agreed that television coverage of the meeting be
permitted.
Il est convenu que la couverture télévisuelle de la séance soit
autorisée.
Mr. David Chartrand made a statement and answered
questions.
M. David Chartrand fait une déclaration, puis répond aux
questions.
At 10:02 a.m., the committee suspended.
À 10 h 2, la séance est suspendue.
At 10:10 a.m., the committee resumed.
À 10 h 10, la séance reprend.
23:4
Aboriginal Peoples
Ms. Sanderson and Mr. Ranville each made a statement and
together answered questions.
Mme Sanderson et M. Ranville font chacun une déclaration
puis, ensemble, répondent aux questions.
At 10:52 a.m., the committee suspended.
À 10 h 52, la séance est suspendue.
At 11:02 a.m., the committee resumed.
À 11 h 2, la séance reprend.
The Honourable Senator Sibbeston moved:
L’honorable sénateur Sibbeston propose :
That, in the event of the unavoidable absence of both the
chair and deputy chair at any of the meetings of
September 26, September 28 and October 1, 2012, any
other senator present might chair the meeting.
The question being put on the motion, it was adopted.
1-10-2012
Que si le président et le vice-président sont dans
l’incapacité d’assister à une réunion le 26 septembre,
le 28 septembre ou le 1er octobre 2012, tout sénateur
puisse présider la réunion.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Mr. Paul Chartrand made a statement and answered
questions.
M. Paul Chartrand fait une déclaration, puis répond aux
questions.
At 11:55 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 55, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
SASKATOON, Wednesday, September 26, 2012
(49)
[English]
ATTESTÉ :
SASKATOON, le mercredi 26 septembre 2012
(49)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 9:14 a.m., in the Saskatoon Inn Hotel & Conference
Centre, in the Ballroom A Room, the chair, the Honourable
Gerry St. Germain, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 14, dans la salle Ballroom A du
Saskatoon Inn Hotel & Conference Centre, sous la présidence
de l’honorable Gerry St. Germain, C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Dyck, Raine, St. Germain, P.C., and Sibbeston (4).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Dyck,
Raine, St. Germain, C.P., et Sibbeston (4).
In attendance: Shauna Troniak, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament, and
Ceri Au, Communications Officer, Communications Directorate.
Également présentes : Shauna Troniak, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement; et Ceri Au, agente de communications, Direction des
communications.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son examen de
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Métis Nation Saskatchewan:
Métis Nation Saskatchewan :
Robert Doucette, President;
Robert Doucette, président;
Gerald Morin, Vice-President;
Gerald Morin, vice-président;
Louis Gardiner, Treasurer.
Métis Family and Community Justice Services Saskatchewan Inc.:
Nora Cummings, Métis Senator;
Louis Gardiner, trésorier.
Métis Family and Community Justice Services Saskatchewan Inc. :
Nora Cummings, sénatrice métisse;
1-10-2012
Peuples autochtones
Lynn LaRose, Chief Executive Officer.
Gabriel Dumont Institute of Native Studies and Applied Research
Inc.:
Lisa Wilson, Director.
College of Medicine, University of Saskatchewan:
Valerie Arnault-Pelletier, Aboriginal Coordinator.
As an individual:
23:5
Lynn LaRose, première dirigeante.
Gabriel Dumont Institute of Native Studies and Applied Research
Inc. :
Lisa Wilson, directrice.
College of Medicine, Université de la Saskatchewan :
Valerie Arnault-Pelletier, coordonnatrice des Autochtones.
À titre personnel :
Marilyn Poitras, Assistant Professor, University of
Saskatchewan.
Marilyn Poitras, professeure adjointe, Université de la
Saskatchewan.
The Honourable Senator Sibbeston moved that television
coverage of the meeting be permitted.
L’honorable sénateur Sibbeston propose que la couverture
télévisuelle de la séance soit autorisée.
The question being put on the motion, it was adopted.
Mr. Doucette, Mr. Gardiner and Mr. Morin each made a
statement and, together, answered questions.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
MM. Doucette, Gardiner et Morin font chacun une
déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 10:23 a.m., the committee suspended.
À 10 h 23, la séance est suspendue.
At 10:39 a.m., the committee resumed.
À 10 h 39, la séance reprend.
Ms LaRose, Ms. Wilson and Ms. Cummings each made a
statement, and, together, answered questions.
Mmes LaRose, Wilson et Cummings font chacune une
déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 11:16 a.m., the committee suspended.
À 11 h 16, la séance est suspendue.
At 11:25 a.m., the committee resumed.
À 11 h 25, la séance reprend.
Ms. Poitras and Ms Arnault-Pelletier each made a statement,
and, together, answered questions.
Mmes Poitras et Arnault-Pelletier font chacune une déclaration
puis, ensemble, répondent aux questions.
At 12:09 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 12 h 9, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
EDMONTON, Friday, September 28, 2012
(50)
[English]
ATTESTÉ :
EDMONTON, le vendredi 28 septembre 2012
(50)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 9 a.m., in the Sutton Place Hotel, in the Rutherford
Room, the chair, the Honourable Gerry St. Germain, P.C.,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à 9 heures, dans la salle Rutherford du Sutton
Place Hotel, sous la présidence de l’honorable Gerry St. Germain,
C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Dyck, Raine, St. Germain, P.C., and Sibbeston (5).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Dyck, Raine, St. Germain, C.P., et Sibbeston (5).
In attendance: Shauna Troniak, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament; and
Ceri Au, Communications Officer, Communications Directorate.
Également présentes : Shauna Troniak, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement; et Ceri Au, agente de communications, Direction des
communications.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son examen de
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
23:6
Aboriginal Peoples
1-10-2012
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Métis Nation of Alberta:
Métis Nation of Alberta :
Aaron Barner, Senior Executive Officer.
Rupertsland Institute:
Lorne Gladu, Chief Executive Officer.
As an individual:
Catherine Bell, Professor of Law.
Aboriginal Metis Citizens Alliance of Canada:
Aaron Barner, agent de la haute direction.
Rupertsland Institute :
Lorne Gladu, premier dirigeant.
À titre personnel :
Catherine Bell, professeure de droit.
Aboriginal Metis Citizens Alliance of Canada :
Garry Boudreau, President;
Garry Boudreau, président;
Brenda Blyan, Metis citizen.
Brenda Blyan, citoyenne métisse.
The Honourable Senator Dyck moved that television coverage
of the meeting be permitted.
The question being put on the motion, it was adopted.
Mr. Barner and Mr. Gladu each made a statement and,
together, answered questions.
L’honorable sénateur Dyck propose que la couverture
télévisuelle de la séance soit autorisée.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
MM. Barner et Gladu font chacun une déclaration puis,
ensemble, répondent aux questions.
At 10:04 a.m., the committee suspended.
À 10 h 4, la séance est suspendue.
At 10:12 a.m., the committee resumed.
À 10 h 12, la séance reprend.
Ms. Bell made a statement and answered questions.
Mme Bell fait une déclaration, puis répond aux questions.
At 10:43 a.m., the committee suspended.
À 10 h 43, la séance est suspendue.
At 10:46 a.m., the committee resumed.
À 10 h 46, la séance reprend.
Ms Blyan made a statement and, together with Mr. Boudreau,
answered questions.
Mme Blyan fait une déclaration puis, avec M. Boudreau,
répond aux questions.
At 11:12 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 12, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
VANCOUVER, Monday, October 1, 2012
(51)
[English]
ATTESTÉ :
VANCOUVER, le lundi 1er octobre 2012
(51)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 9:03 a.m., in the Fairmont Vancouver Hotel, in the
Waddington Room, the deputy chair, the Honourable Lillian Eva
Dyck, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui à 9 h 3, dans la salle Waddington de l’Hôtel
Fairmont Vancouver, sous la présidence de l’honorable Lillian
Eva Dyck (vice-présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Dyck, Patterson and Raine (4).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Dyck, Patterson et Raine (4).
In attendance: Shauna Troniak, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament; and
Ceri Au, Communications Officer, Communications Directorate.
Également présentes : Shauna Troniak, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement; et Ceri Au, agente de communications, Direction des
communications.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:7
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit son examen de
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Métis Nation of Greater Victoria:
Métis Nation of Greater Victoria :
Victoria Pruden, Vice-President.
Victoria Pruden, vice-présidente.
Métis Nation of British Columbia:
Métis Nation of British Columbia :
Bruce Dumont, President;
Bruce Dumont, président;
Laurel Katernick, Director of Registry.
Laurel Katernick, directrice des enregistrements.
British Columbia Métis Federation:
British Columbia Métis Federation :
Keith Henry, President;
Keith Henry, président;
Daryl Piper, Vice-President.
Daryl Piper, vice-président.
As individuals:
À titre personnel :
Terry Goulet, Metis historian;
Terry Goulet, historienne métisse;
George R.D. Goulet, Metis historian.
George R.D. Goulet, historien métis.
Kelly Lake Metis Settlement Society Inc.:
Kelly Lake Metis Settlement Society Inc. :
Lyle Letendre, President.
Lyle Letendre, président.
Vancouver Métis Community Association:
Vancouver Métis Community Association :
June Scudeler, President;
June Scudeler, présidente;
J. Paul Stevenson, Elder.
J. Paul Stevenson, aîné.
Ms. Pruden, Mr. Dumont and Ms. Katernick each made a
statement and, together, answered questions.
Mme Pruden, M. Dumont et Mme Katernick font chacun une
déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 10:05 a.m., the committee suspended.
À 10 h 5, la séance est suspendue.
At 10:11 a.m., the committee resumed.
À 10 h 11, la séance reprend.
Mr. Piper, Ms. Henry, Ms. Goulet and Mr. Goulet each made
a statement and, together, answered questions.
M. Piper, M. Henry, Mme Goulet et M. Goulet font chacun
une déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 10:55 a.m., the committee suspended.
À 10 h 55, la séance est suspendue.
At 11:02 a.m., the committee resumed.
À 11 h 2, la séance reprend.
Mr. Letendre, Ms. Scudeler and Mr. Stevenson each made a
statement and, together, answered questions.
M. Letendre, Mme Scudeler et M. Stevenson font chacun une
déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 11:51 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 51, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
23:8
Aboriginal Peoples
1-10-2012
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
WINNIPEG, Monday, September 24, 2012
WINNIPEG, le lundi 24 septembre 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 8:15 a.m. to examine and report on the legal and
political recognition of Metis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 8 h 15, pour étudier la question de la
reconnaissance juridique et politique de l’identité des Métis au
Canada et faire rapport à ce sujet.
Senator Gerry St. Germain (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Gerry St. Germain (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: I call the meeting to order. Good morning. I would
like to welcome all honourable senators and members of the
public who are watching this meeting of the Standing Senate
Committee on Aboriginal Peoples. They will either be watching
on the Web or possibly on CPAC.
Le président : La séance est ouverte. Bonjour. Je souhaite la
bienvenue à tous les honorables sénateurs et aux membres du
public qui suivent notre séance du Comité sénatorial permanent
des peuples autochtones, que ce soit sur le web ou peut-être sur
CPAC.
I am Gerry St. Germain, now from British Columbia but
originally here from Manitoba where I was born. I have the
honour of chairing this committee. We are very happy to embark
on a series of hearings and fact finding that takes us out of
Ottawa to meet with Canadians from Manitoba, Saskatchewan,
Alberta, British Columbia and the Northwest Territories. We are
travelling as part of a study on Metis identity. We are very
impressed with the amount of engagement in the Metis
community and appreciative of your efforts to attend to testify
before us today.
Je me nomme Gerry St. Germain, je viens de la ColombieBritannique, mais je suis né ici au Manitoba. J’ai donc l’honneur
d’être le président du comité. Nous sommes heureux d’amorcer
une série d’audiences et de séances exploratoires qui nous mènent
à l’extérieur d’Ottawa pour rencontrer des Canadiens du
Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta, de la ColombieBritannique et des Territoires du Nord-Ouest. Nous sommes en
déplacement dans le cadre d’une étude sur l’identité des Métis.
Nous sommes très impressionnés par la grande mobilisation au
sein de la communauté métisse et apprécions vos efforts pour
venir vous faire entendre aujourd’hui.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada generally.
Today we will continue to explore Metis issues, particularly those
relating to the evolving legal and political recognition of the
collective identity and the rights of Metis in Canada.
Le mandat du comité consiste à examiner les lois et les
questions relatives aux peuples autochtones du Canada en
général. Aujourd’hui, nous poursuivons le volet sur les
questions rattachées aux Métis, en particulier l’évolution de la
reconnaissance de l’identité collective et des droits des Métis au
Canada.
Before introducing our witnesses, I will introduce the members
of the committee who are present today. On my right is the
deputy chair, Lillian Dyck, from the Province of Saskatchewan.
Next to Senator Dyck is Senator Greene Raine from the Province
of British Columbia. Last, but certainly not least, is my good
colleague Senator Sibbeston from the Northwest Territories.
Avant de passer aux témoins, je tiens à vous présenter les
membres du comité qui sont présents aujourd’hui. À ma droite se
trouve la vice-présidente du comité, le sénateur Lillian Dyck, de la
province de la Saskatchewan. À côté du sénateur Dyck se trouve
le sénateur Greene Raine, de la province de la ColombieBritannique. Enfin, le dernier, mais non le moindre, mon bon
collègue le sénateur Sibbeston, des Territoires du Nord-Ouest.
Members of the committee, please help me in welcoming our
first panel of witnesses. On behalf of the Ministry of Aboriginal
and Northern Affairs Manitoba, we are honoured to have
Eleanor Brockington, Director, Policy and Strategic Initiatives.
Honorables collègues, nous accueillons maintenant notre
premier groupe de témoins. Pour représenter le ministère des
Affaires autochtones et du Nord du Manitoba, nous avons
l’honneur de recevoir Eleanor Brockington, directrice, Politiques
et Initiatives stratégiques.
I understand you may have a colleague joining you,
Ms. Brockington?
J’ai cru comprendre qu’un de vos collègues pourrait se joindre
à vous, madame Brockington?
Eleanor Brockington, Director, Policy and Strategic Initiatives,
Ministry of Aboriginal and Northern Affairs Manitoba: Yes.
Eleanor Brockington, directrice, Politiques et Initiatives
stratégiques, ministère des Affaires autochtones et du Nord du
Manitoba : Oui.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:9
The Chair: In view of the fact I have heard of your capabilities,
I am sure you are able to handle it. If you have a presentation,
would you be so kind as to make your presentation. I am sure the
senators will have questions of you, and I hope you are prepared
to answer a few of them, please. Please proceed.
Le président : J’ai entendu dire que vous êtes fort compétente.
Par conséquent, je suis certain que vous serez en mesure de vous
débrouiller. Si vous avez une déclaration à faire, vous pouvez y
aller. Je suis certain que les sénateurs auront des questions à vous
poser, et j’espère que vous êtes prête à leur en poser également.
Allez-y.
Ms. Brockington: Good morning, Mr. Chair and senators. I
am appearing on behalf of our Ministry of Aboriginal and
Northern Affairs. Deputy Minister Harvey Bostrom was unable
to be here, so I was asked if I could come and share some
information with the committee about our department and some
of the involvement that we have had with Metis and Metis
organizations of Manitoba.
Mme Brockington : Bonjour, monsieur le président et
honorables sénateurs. Je viens me faire entendre au nom du
ministère des Affaires autochtones et du Nord du Manitoba. Le
sous-ministre Harvey Bostrom n’a pas été en mesure d’assister à
la séance, alors il m’a demandé de venir échanger des
renseignements avec le comité au sujet de notre ministère et de
ses interactions avec les Métis et les organisations métisses du
Manitoba.
Aboriginal and Northern Affairs is not a large department. I
am with the Aboriginal Affairs Secretariat, and there is another
division that is largely based in the north, called Local
Government Development. They have an office in Thompson, a
sub-office in The Pas and in Dauphin. The Aboriginal Affairs
Secretariat has three branches, including Agreements
Management, Policy and Strategic Initiatives, and the
Aboriginal Consultations Unit, which my colleague Loretta
Bayer was going to be here with me to share about.
La taille de notre ministère est assez modeste. Je viens du
Secrétariat des affaires autochtones, et il existe également une
autre division qui est en majeure partie installée dans le Nord,
appelée Division du développement du gouvernement local. Mon
bureau est situé à Thompson, et il y a également des bureaux
auxiliaires à The Pas et à Dauphin. Notre secrétariat compte trois
directions, dont Gestion des ententes, Politiques et Initiatives
stratégiques ainsi que l’Unité des consultations autochtones, où
travaille Loretta Bayer, la collègue qui devait venir se faire
entendre également.
We are not a large department compared to the other
provincial departments. We have a staff of just less than 100
people and we provide service to all of Manitoba.
En comparaison avec les autres ministères provinciaux, nous
sommes de taille modeste. Nous sommes au total un peu moins de
100 employés et nos services s’étendent aux quatre coins du
Manitoba.
With the Aboriginal Affairs Secretariat, we are fairly new as
well. The secretariat was established in 1982-83, partly as a result
of the constitutional discussions that had been happening, as well
as in recognition of the fact that many of the Aboriginal people in
Manitoba were becoming urbanized. The government decided to
establish the secretariat to look at the circumstances and to be
involved in the circumstances of Aboriginal people who were not
residing on-reserve.
Le Secrétariat des affaires autochtones est assez nouveau
également. Il a été créé en 1982-1983, en partie à la suite des
discussions constitutionnelles de l’époque, ainsi qu’en
reconnaissance du fait que bon nombre d’Autochtones au
Manitoba vivent de plus en plus en milieu urbain. Le
gouvernement a décidé d’établir le secrétariat pour observer et
intervenir dans la vie des Autochtones qui habitent hors réserve.
We do have relationships with all the First Nations, Metis and
Inuit Aboriginal peoples. With the Aboriginal Affairs Secretariat
and the Policy and Strategic Initiatives, we are involved with the
Metis on several areas. One of the primary Metis organizations
we are involved with is the Manitoba Metis Federation. We
provide some core funding and project funding to Manitoba
Metis Federation. We have some established relationships. The
Manitoba Metis Federation currently has relationships with at
least 12 of the Manitoba departments. In some of those, we have
been involved in providing some support, but in some of them, we
are not involved.
Nous entretenons des relations avec toutes les Premières
nations, les Métis, les Inuits et les Autochtones. Au sein du
Secrétariat des affaires autochtones et de la direction des
politiques et initiatives stratégiques, nous traitons avec les Métis
sur divers fronts. La Fédération des Métis du Manitoba est l’une
des principales organisations à laquelle nous avons affaire. Nous
offrons du financement de base ainsi que du financement pour des
projets réalisés par cette fédération. Nous avons donc noué des
liens solides. À l’heure actuelle, la Fédération des Métis du
Manitoba entretient des rapports avec au moins 12 ministères du
gouvernement du Manitoba. Dans certains cas, nous avons offert
du soutien, mais pas dans tous.
In terms of other Metis organizations, we have had some
involvement with the L’Union nationale métisse Saint-Joseph
which is probably the oldest Metis organization in Manitoba.
They were established in 1887 and have been operating since then.
We have had some relationship with them. Their primary
Pour ce qui est des autres organisations métisses, nous avons eu
affaire avec l’Union nationale métisse Saint-Joseph qui est
probablement la plus ancienne organisation métisse du
Manitoba. Elle a été créée en 1887 et est toujours en activité.
Nous avons entretenu des rapports avec cet organisme, dont
23:10
Aboriginal Peoples
1-10-2012
objective is to preserve Metis culture and heritage and history. We
have been involved in some of the projects in which they have
done some educational projects to promote awareness of Metis
culture and heritage in Manitoba.
l’objectif principal est de préserver la culture et le patrimoine
métis ainsi que son histoire. Nous avons participé à quelques
projets, dont des projets éducatifs, pour accroître la sensibilisation
à la culture et au patrimoine métis au Manitoba.
Regarding some of the other organizations that we know Metis
are part of but are not primarily just for Metis, the other next
oldest organization is the Indian and Metis friendship centres.
The first Indian and Metis friendship centre in Canada was based
out of here in Winnipeg. Currently there are 11 Indian and Metis
friendship centres. They now have a Manitoba Association of
Friendship Centres that provides coordination and functions for
the friendship centres. We do provide funding to those
organizations as well. That funding is administrated through the
Manitoba Association of Friendship Centres.
Pour ce qui est d’autres organismes dont les Métis font partie,
mais qui ne s’adressent pas uniquement à eux, il y a l’autre plus
vieille organisation, les centres d’amitié indiens et métis. Le tout
premier centre d’amitié de ce genre a vu le jour ici à Winnipeg. De
nos jours, on compte 11 centres d’amitié indiens et métis. Quant à
l’Association des centres d’accueil du Manitoba, elle offre une
coordination et des services aux centres d’amitié. Nous offrons du
financement à ces organismes également. Le financement est
administré par l’Association des centres d’amitié du Manitoba.
I had mentioned our other division, Local Government
Development. Fifty communities are administered under the
Northern Affairs Act. Many of those communities in the past
were referred to as Metis communities. Now, many of them are
identified as Northern Affairs communities. Many of those
communities are adjacent to First Nations. The population in
those Northern Affairs communities, of course many of them
have Metis but many of them have First Nations, and they have
mayor and councils and they have Northern Affairs community
councils that provide the local administration.
Comme je l’ai dit plus tôt, l’autre division s’occupe du
développement des administrations locales. On compte
50 localités administrées en vertu de la Loi sur les affaires du
Nord. Par le passé, on faisait référence à ces localités comme étant
des collectivités métisses. Or, de nos jours, bon nombre sont
appelées « collectivités des affaires du Nord ». Il arrive souvent
qu’elles soient adjacentes à une collectivité des Premières nations.
Il s’y trouve bien sûr de nombreux Métis, mais il arrive souvent
que des membres des Premières nations y habitent. Elles sont
régies par un maire et des conseillers en plus des conseils des
affaires du Nord.
In terms of the more recent work, I have been with the
department for 10 years now, so I will refer to some of the more
recent work. I had placed before you Aboriginal profile or
Aboriginal people in Manitoba. This is the third edition that we
have produced. The first two editions we did jointly with the
Government of Canada, and this time they chose not to partner
with us on it. It is a publication that our department undertook. It
utilizes the 2006 Census, but some of the program areas are more
recent, like 2010, 2011, and we have plans to update the document
once the 2011 Census becomes available.
Je travaille depuis 10 ans à ce ministère; par conséquent, je
peux vous expliquer nos travaux récents. Je vous ai remis un
document sur le profil des Autochtones ainsi que des données sur
ces derniers au Manitoba. Il s’agit de la troisième édition de ce
document. Les deux premières éditions ont été réalisées
conjointement avec le gouvernement du Canada, mais cette foisci le fédéral a décidé de ne pas participer au projet. Cette
publication a été réalisée par notre ministère. Nous nous sommes
fondés sur le recensement de 2006, mais les données sur les
secteurs de programme sont parfois plus récentes, et peuvent
remonter à 2010 ou 2011. Nous envisageons de mettre à jour le
document dès que les données du recensement de 2011 seront
rendues publiques.
Right now, the Aboriginal population is about 175,000 in
Manitoba, and about 71,000 are Metis. When you look at single
response on the census, it actually shows 66,800 Metis, but there
were some Metis that identified as Metis and either First Nation
or another Aboriginal group, so about 5,000 or 6,000 additional
to bring the population up to a little bit over 71,000. Now that is
about 6 per cent of Manitoba’s population. In terms of the
Aboriginal population, the percentage is about 15.5 per cent of
Manitoba’s population.
En ce moment, on compte environ 71 000 Métis au Manitoba
sur une population autochtone de 175 000. On ne peut cocher
qu’une seule case dans le recensement, voilà pourquoi d’après les
résultats, il y aurait 66 800 Métis. Or, nous savons que certains
Métis s’identifient comme étant à la fois Métis, mais aussi
membres d’une Première nation ou d’un autre groupe autochtone.
Par conséquent, de 5 000 à 6 000 personnes de plus pourraient
s’identifier au groupe des Métis, le faisant passer à un peu plus de
71 000 personnes au total. Cela représente environ 6 p. 100 de la
population du Manitoba. Quant aux Autochtones, ils
représentent 15,5 p. 100 de la population manitobaine.
I will not go into a lot of the detail of the statistics. You can
read it in the document. I know that you have other presentations
in which you probably received a lot of statistics. The Metis
population in Manitoba is very young. There is a feeling that
Je n’entrerai pas dans les détails des statistiques. Vous pouvez
les lire dans le document. Je sais que vous avez entendu d’autres
exposés dans lesquels on vous a probablement présenté beaucoup
de statistiques. La population métisse au Manitoba est très
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Peuples autochtones
23:11
there is that ethnic mobility involved in it because the population
grew quite a bit between the 2001 Census and the 2006 Census,
and more and more people are identifying as Metis.
jeune. On a l’impression qu’il y a une certaine mobilité ethnique,
parce que la population a passablement augmenté entre le
recensement de 2001 et celui de 2006, et de plus en plus de gens
s’identifient comme Métis.
In terms of some of the socio-economic statistics, we have seen
a trend of an improvement in terms of employment, education
and median income. There has been an improvement in those
areas.
Au sujet de certaines statistiques socioéconomiques, nous
avons constaté une tendance à l’amélioration dans le cas de
l’emploi, de l’éducation et du revenu médian. Il y a eu de
l’amélioration dans ces domaines.
Some of the work that we have been involved with, the other
document that I have before you is what we have called the
Manitoba Metis Policy. This came out of one of the
recommendations of the Aboriginal Justice Inquiry commission
that Manitoba should develop Metis policy in partnership with
the Manitoba Metis Federation. That is what we have done.
There were some principles that were agreed to and the Manitoba
Metis policy framework was accepted. So that was in 2010. With
the acceptance of the Metis policy as well, we had an event in
which the Legislative Assembly of Assiniboia was recognized by
Manitoba as the first legislative assembly of Manitoba. There was
a ceremony to formally recognize that assembly. The assembly of
Assiniboia was primarily Metis members, and whatever portraits
we have been able to get of the members so far, now hang in our
members’ gallery at the legislature. That was a very significant
event.
Parmi les autres travaux auxquels nous avons participé, il y a
l’autre document que vous avez devant vous, la politique pour les
Métis au Manitoba. Elle découle d’une des recommandations de
la commission d’enquête sur la justice autochtone qui a proposé
que le Manitoba élabore une politique pour les Métis en
partenariat avec la Fédération des Métis du Manitoba. C’est ce
que nous avons fait. Certains principes ont été adoptés et le cadre
politique pour les Métis du Manitoba a été accepté. C’était en
2010. En plus de l’adoption de la politique pour les Métis,
l’Assemblée législative d’Assiniboia a été reconnue par le
Manitoba en tant que première assemblée législative de la
province. Il y a eu une cérémonie pour la reconnaître
officiellement. L’Assemblée d’Assiniboia était surtout composée
de Métis, et tous les portraits des membres que nous avons pu
retrouver sont maintenant accrochés dans la galerie des membres
du Parlement. Ce fut un événement très important.
At the present time, we are still working. We have a lot of work
ahead of us to look at how we were going to implement the policy
based on the principles that we have agreed to. That is ongoing
work.
Présentement, nous y travaillons toujours. Il nous reste
beaucoup à faire pour déterminer comment nous allons mettre
en œuvre la politique sur la base des principes convenus. Il s’agit
d’un travail en cours.
I did not do a written presentation because I did not have time
to get it translated into French. I will leave it at that. We do quite
a bit of work in our area. We have been involved. We did some
work on the Metis economic strategy as well. I did not bring that
document. We had completed that in 2008. That still drives some
of the work we are doing. Currently, there is a Metis economic
development fund. MEDF Inc. came into being last year. Again,
that is a joint entity between Manitoba and the Manitoba Metis
Federation.
Je n’ai pas d’exposé écrit parce que je n’ai pas eu le temps de le
faire traduire en français. Je m’arrêterai là. Nous faisons
beaucoup de travail dans notre région. Nous sommes présents.
Nous avons aussi travaillé à la stratégie économique métisse. Je
n’ai pas apporté ce document. Nous l’avons terminé en 2008. Il
sert toujours de base à certaines de nos initiatives. Présentement, il
existe un fonds de développement économique métis. Le MEDF
Inc. a vu le jour l’an dernier. Il s’agit encore une fois d’un
partenariat entre le Manitoba et la Fédération des Métis du
Manitoba.
The Chair: Thank you very much, Ms. Brockington. I will ask
the first question.
Le président : Merci beaucoup, madame Brockington. Je
poserai la première question.
As far as identification and registration and enumeration of the
Metis people goes, do you leave that to the MMF, the Manitoba
Metis Federation, or are you involved in that at all as a provincial
government?
Est-ce que vous laissez la Fédération des Métis du Manitoba
s’occuper de l’identification, de l’inscription et du décompte des
Métis ou est-ce que le gouvernement provincial y participe?
Ms. Brockington: We are not involved in the work of the
registration that is happening right now that came about with
Canada as a result of the Powley decision. In Manitoba, like I
said, we have had numerous arrangements with the Manitoba
Metis Federation, especially as it relates to programs and services.
The issue of Metis identity is I guess one of the criteria that are
recognized is self-identification and acceptance in the community.
However, the Manitoba government itself has not created a policy
on Metis identity. When it comes to programs and services, the
Mme Brockington : Nous ne participons pas aux efforts
d’inscription qui ont cours présentement qui font suite à la
décision Powley. Au Manitoba, comme je l’ai mentionné, nous
avons conclu de nombreux accords avec la Fédération des Métis
du Manitoba, surtout en ce qui a trait aux programmes et aux
services. Je pense que la question de l’identité métisse est fondée
sur les critères de l’auto-identification, de l’acceptation par la
communauté. Cependant, le gouvernement du Manitoba n’a pas
créé de politique sur l’identité métisse. Le choix est un des critères
23:12
Aboriginal Peoples
1-10-2012
element of choice is one of the criteria that are looked at when
setting up programs and services. Regarding programs and
services, the Metis Child and Family Services Authority, for
example, is open to Metis but there is an element of choice that
other people can utilize that service if they so chose.
qui est examiné lorsque l’on met en place des programmes et des
services. Par exemple, les services métis d’aide à l’enfance et à la
famille sont ouverts aux Métis, mais il y a une possibilité de choix,
les autres personnes peuvent les utiliser si elles le veulent.
You will see on page 57, I believe, that there are other people
utilizing the services. There is the Metis Authority; in 2011, they
had 24 Inuit, 695 Metis, 54 non-status, 44 treaty status and
91 non-Aboriginal people utilize their services. Many of the
programs and services are determined on a case-by-case basis as
to what the arrangement will be.
Vous verrez à la page 57, je crois, qu’il y a d’autres gens qui
utilisent ces services. Pour la commission Métis, en 2011, il y a eu
24 Inuits, 695 Métis, 54 Indiens non inscrits, 44 Indiens inscrits
visés par un traité et 91 non-Autochtones qui ont utilisé ces
services. Les accords pour de nombreux programmes et services
sont décidés au cas par cas.
One of the last significant arrangements that we have just made
with the MEDF Inc. is to create a program, Metis Equity
Partnerships, and it is open to Metis businesses and Metis
economic development corporations. The criterion for Metis is
through the genealogy for the business owners or the members of
the community organization.
L’un des derniers accords importants que nous venons de
conclure avec MEDF Inc. concerne la création d’un programme,
Metis Equity Partnerships, et il est ouvert aux entreprises métisses
et aux sociétés de développement économique métisses. Le critère
pour les Métis est appliqué selon la généalogie des propriétaires de
l’entreprise ou des membres de l’organisation communautaire.
The Chair: Would you refresh my memory regarding what the
MEDF is?
Le président : Pourriez-vous me rappeler ce qu’est le MEDF?
Ms. Brockington: The Metis Economic Development Fund. It
is an agreement. Manitoba agreed to contribute roughly
$10 million over five years to this Metis Economic
Development Fund.
Mme Brockington : Le Fonds de développement économique
métis. Il s’agit d’un accord. Le Manitoba a accepté de verser
environ 10 millions de dollars sur cinq ans dans ce fonds de
développement économique métis.
Senator Dyck: You were saying that in that Metis Economic
Development Fund there are criteria for determining if the
business was Metis, and you mentioned genealogy.
Le sénateur Dyck : Vous disiez que pour le Fonds de
développement économique métis, il y a des critères pour savoir
si l’entreprise est métisse, et vous avez parlé de la généalogie.
Ms. Brockington: Yes.
Mme Brockington : Oui.
Senator Dyck: Is that the only criterion? Do you have others?
Le sénateur Dyck : Est-ce le seul critère? Y en a-t-il d’autres?
Ms. Brockington: People would have to identify us.
Mme Brockington : Les gens doivent s’identifier.
Senator Dyck: Self-identify?
Le sénateur Dyck : L’auto-identification?
Ms. Brockington: Yes. But instead of a simple affidavit, they
have to also demonstrate through genealogy.
Mme Brockington : Oui. Mais plutôt qu’un simple affidavit, les
gens doivent aussi le prouver par la généalogie.
Senator Dyck: Through the genealogy, how do you determine
whether the genealogy is actually a Metis family who makes that
decision? How do you decide who are Metis families? How do you
decide that? Do you compare it to a registry, for example, that the
Metis Manitoba group might have, or how do you verify that?
Le sénateur Dyck : À ce sujet, comment décidez-vous, par la
généalogie, s’il s’agit vraiment d’une famille métisse, qui prend
cette décision? Comment décidez-vous quelles sont les familles
métisses? Comment arrivez-vous à une telle décision? Par
exemple, est-ce que vous examinez un registre que le groupe des
Métis du Manitoba aurait, ou comment le vérifiez-vous?
Ms. Brockington: The registry would not be the only — it is
open to all Metis. We understand the registry that is being
created, that there are two registries; one is for the Metis
harvesting part and then the other one is for the membership of
the Manitoba Metis Federation. Certainly I think if someone
were to say they had produced a membership in either of those,
that it would be accepted. Like I said, the Metis Economic
Development Fund is a new entity so the boards are still working
through some of the actual practical experience of delivering that
program.
Mme Brockington : Le registre ne serait pas la seule façon, c’est
ouvert à tous les Métis. Il y a en fait deux registres qui sont en
train d’être créés; l’un est pour le décompte de tous les Métis, et
l’autre concerne les membres de la Fédération des Métis du
Manitoba. Je pense que si quelqu’un démontre qu’il est membre
de l’un ou l’autre de ces registres, on l’accepterait. Comme je l’ai
dit, le Fonds de développement économique métis est une
nouvelle organisation, alors les conseils d’administration sont
encore en train de régler les détails pratiques de l’administration
du programme.
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Peuples autochtones
23:13
Senator Dyck: For the Metis that have the rights to harvesting,
they have a card. Are they all included also under the Manitoba
Metis Federation?
Le sénateur Dyck : Les Métis qui détiennent les droits de
récolte ont une carte. Est-ce qu’ils font aussi partie de la
Fédération des Métis du Manitoba?
Ms. Brockington: No. They do not have to be a member of the
Manitoba Metis Federation. I have been informed about the
registries, but I cannot speak to the details of it. However, I do
know that in order to have the Metis harvesting card, you do not
have to have a membership in the Manitoba Metis Federation.
That is what I was told when I went to look at the registry that
was being created.
Mme Brockington : Non. Ils n’ont pas à être membres de la
Fédération des Métis du Manitoba. Je connais les registres, mais
je ne peux pas en expliquer les détails. Cependant, je sais que pour
avoir une carte de récolte métisse, vous n’avez pas à être membre
de la Fédération des Métis du Manitoba. C’est ce que l’on m’a dit
lorsque je suis allée examiner le registre qui allait être créé.
Senator Dyck: On a different topic on education, I like looking
at statistics, and one of the things that I noticed is that the Metis
people in general across Canada seem to have higher postsecondary education than First Nations. In Manitoba, does the
provincial government have any programs that support Metis
people to get post-secondary education or any programs that
support public school education?
Le sénateur Dyck : Pour parler d’un sujet différent, l’éducation,
j’aime regarder les statistiques, et l’une des choses que j’ai
remarquées, c’est que les Métis en général au Canada semblent
avoir fait plus d’études postsecondaires que les Premières nations.
Au Manitoba, est-ce que le gouvernement provincial a des
programmes qui appuient les Métis qui veulent une éducation
postsecondaire ou des programmes qui appuient les écoles
publiques?
Ms. Brockington: We do not have anything that is specifically
for Metis. The Manitoba government created the Access
programs at the post-secondary level, and those are open to
Metis First Nations and Inuit to get additional support while they
are in post-secondary university. We also have the Louis Riel
Institute, and that was supported through the Department of
Education for core funding. They work in the areas of education.
We have a project called Standing Tall. Originally it was an
arrangement between Manitoba and the Manitoba Metis
Federation, but it is now being administered through the Louis
Riel Institute. Basically what it does is provide additional
supports in two of the elementary schools in Winnipeg. Those
social supports are to mitigate some of the problems that the
students might have in terms of attending school. It is not focused
on the academic but more on providing support and reinforcing
the identity, valuing the identity of the Metis and the First Nation
and Inuit. Again, it is not restricted just to the Aboriginal
students; it is open to the students in the schools. The evaluations
have shown that it has enabled many of the students to stay in
school because many of the students were dropping out even as
early as in grade 8. In certain middle schools that the program is
running in, the program is demonstrating good results in terms of
motivating the students to stay in school and to move on to high
school.
Mme Brockington : Nous n’avons rien qui s’adresse
précisément aux Métis. Le gouvernement du Manitoba a créé
les programmes Access au niveau postsecondaire, et ils sont
offerts aux Métis, aux Premières nations et aux Inuits, qui
obtiennent ainsi un soutien supplémentaire lorsqu’ils sont à
l’université. Il y a aussi l’Institut Louis Riel, qui reçoit du
financement de base du ministère de l’Éducation. Il y a des
initiatives dans le domaine de l’éducation. Nous avons le projet
Standing Tall. Initialement, il s’agissait d’un accord entre le
Manitoba et la Fédération des Métis du Manitoba, mais il est
maintenant géré par l’Institut Louis Riel. En gros, il offre un
soutien supplémentaire à deux des écoles primaires de Winnipeg.
Cet appui social sert à atténuer certains des problèmes de présence
à l’école que pourraient avoir certains élèves. Il ne se concentre
pas sur l’aspect scolaire, mais plutôt sur un appui et un
renforcement de l’identité et de la valeur de l’identité des Métis,
des Premières nations et des Inuits. Encore une fois, il ne se limite
pas aux élèves autochtones; il est offert aux élèves de ces écoles.
Les évaluations nous ont démontré qu’il a permis à de nombreux
élèves de poursuivre leurs études, parce qu’il y en avait beaucoup
qui décrochaient même dès la huitième année. Dans certaines
écoles intermédiaires où il y a ce programme, il donne des bons
résultats pour motiver les élèves à rester à l’école et à continuer au
secondaire.
The Chair: Thank you.
Colleagues, I want to interject. I need a motion from the
senators to ask permission for a portion of the meeting to be
televised for TV news here in Manitoba by Citytv network. Could
I have a motion to that effect? All in favour? Opposed, if any?
You have your motion.
Ms. Brockington: I should maybe add that our Department of
Conservation and Water Stewardship has been working with the
Manitoba Federation on Metis harvesting. I understand that the
Le président : Merci.
Chers collègues, je dois intervenir. J’ai besoin d’une motion des
sénateurs pour obtenir la permission pour qu’une partie de la
séance soit télévisée aux nouvelles télévisées ici au Manitoba par le
réseau Citytv. Puis-je recevoir une motion à cet effet? Tous ceux
qui l’appuient? Ceux qui s’opposent, s’il y en a?
Vous avez votre motion.
Mme Brockington : Je devrais peut-être ajouter que notre
ministère de la Conservation et de la Protection de l’eau collabore
avec la Fédération du Manitoba au sujet de la récolte par les
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Aboriginal Peoples
1-10-2012
Department of Conservation was not able to come to this panel
but is planning to provide some information to the committee at a
later date.
Métis. Le ministère de la Conservation n’a pu être présent pour
témoigner, mais prévoit fournir des renseignements au comité
plus tard.
The Chair: That is interesting. Are they just in the process of
establishing policy in this area?
Le président : C’est intéressant. Est-ce qu’ils sont en train
d’élaborer la politique dans ce domaine?
Ms. Brockington: I understand that is the case, yes.
Mme Brockington : Je crois que c’est le cas, oui.
Senator Raine: First of all, I am very impressed with the
documentation that you have given us and your policies for
dialoguing with the groups together rather than separating them.
It makes sense especially in remote areas where you have a diverse
population that the programs serve more than just one small slice
of the population. I would congratulate you on that.
Le sénateur Raine : Premièrement, je suis très impressionnée
par les documents que vous nous avez donnés et vos politiques de
dialogue avec l’ensemble des groupes plutôt que de les séparer.
C’est logique, surtout dans les régions éloignées où les
programmes desservent une population variée plutôt que
seulement une petite tranche de la population. Je vous en félicite.
I am just wondering how you relate to the federal government
with regard to Metis people.
Je me demandais quelles sont vos relations avec le
gouvernement fédéral au sujet des Métis.
Ms. Brockington: Yes, we do quite a bit of work with the
federal government in what used to be called the Office of the
Federal Interlocutor. Canada and Manitoba have had a longstanding working relationship with the Manitoba Metis
Federation through a tripartite agreement. It started in 1987
and is probably the longest running tripartite Metis table that we
know of. The arrangement is that both Canada and Manitoba
contribute equally into it financially, to enable the capacity of the
Manitoba Metis Federation to look at the areas that are a priority
to the Manitoba Metis Federation, to the members. With many of
the developments we have seen over the years, probably the first
part of the development originated from the table in the creation
of the Louis Riel Institute, the initial discussions on Metis Child
and Family, which lead to the Metis Authority. Now, as I said, we
have the Metis Economic Development Fund. Many of the
initiatives started from that tripartite table and development.
Then once developed, they are usually handed off either to be
overseen or to be run by a stand-alone agency or organization.
Mme Brockington : Oui, nous collaborons beaucoup avec le
gouvernement fédéral par ce qui s’appelait le Bureau de
l’interlocuteur fédéral. Le Canada et le Manitoba ont depuis
longtemps une relation de travail avec la Fédération des Métis du
Manitoba dans le cadre d’un accord tripartite. Cette table
tripartite métisse, mise en place en 1987, est à ma connaissance
probablement celle qui existe depuis le plus longtemps. Selon cet
accord, le Canada et le Manitoba contribuent à parts égales
financièrement à la table afin de donner la capacité à la
Fédération des Métis du Manitoba de s’occuper des secteurs qui
sont leur priorité et celle de leurs membres. Il y a eu beaucoup de
développement au fil des ans, et la création de l’Institut Louis
Riel, les discussions initiales sur les services métis d’aide à
l’enfance et à la famille, qui ont mené à la création de la
commission métisse, tirent probablement leur source des travaux
de la table. J’ai déjà mentionné que nous avons maintenant le
Fonds de développement économique métis. De nombreuses
initiatives sont venues de cette table tripartite. Une fois
développées, elles sont normalement transférées à une agence ou
une organisation distincte.
Senator Raine: Do you have in Manitoba, for the Metis and
perhaps also for First Nations, good preschool programs, Head
Start programs? It is pretty obvious that if you arrive at grade 1
and lots of other children have been getting preschool training,
then you would be at a great disadvantage starting in grade 1,
which can set you up to have difficulty all through your school
years. Is there a good Head Start type of program for Metis and
First Nations in Manitoba?
Le sénateur Raine : Est-ce que vous avez au Manitoba, pour les
Métis et peut-être aussi pour les Premières nations, des bons
programmes préscolaires, des programmes Bon départ? Il est
assez évident que si un enfant arrive en première année et qu’il n’a
pas reçu la formation préscolaire qu’une grande partie des autres
enfants ont reçue, il sera désavantagé dès le départ, ce qui pourrait
l’amener à vivre des difficultés pendant toutes ses années scolaires.
Y a-t-il un bon programme de style Bon départ pour les Métis et
les membres des Premières nations au Manitoba?
Ms. Brockington: Yes. There are Head Start programs in
Manitoba that were set up, I believe, somewhere around 1995-96.
There are First Nations-specific ones and then there are what they
call off-reserve and it was called Aboriginal Head Start and they
are open to Metis, First Nation and Inuit. I cannot tell you
exactly how many Aboriginal Head Start sites there are currently
in Manitoba. I know when it first started way back in 1995-96, I
was involved in establishing the provincial committees and
Mme Brockington : Oui. Il y a des programmes Bon départ qui
ont été mis en place au Manitoba autour des années 1995-1996, je
crois. Il y en a qui ne s’adressent pas précisément aux Premières
nations, et il y en a pour les Autochtones hors des réserves qui
s’appelaient Bon départ autochtone et qui sont ouverts aux Métis,
aux Premières nations et aux Inuits. Je ne peux pas vous dire
exactement combien il y a de sites Bon départ autochtone
présentement au Manitoba. Je sais que lorsque le programme a
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Peuples autochtones
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initially started off with eight First Nation sites and four offreserve sites. They have expanded somewhat, but I believe there is
a need for more Aboriginal Head Start sites.
débuté en 1995-1996, j’ai participé à la création des comités
provinciaux et nous avons débuté avec huit sites des Premières
nations et quatre sites à l’extérieur des réserves. Ils se sont quelque
peu élargis, mais je crois qu’on a besoin de plus de sites Bon
départ autochtone.
We also have our Healthy Child Manitoba office that deals
primarily with early child development. Again, in this book here,
they will see some of the results from the Early Development
Index, which measures the school readiness of children. There is
quite a bit of work going on. I do believe that it is also a
relationship that the Manitoban Metis Federation has. There is a
Little Moccasins Healthy Baby Program, which our Healthy
Child Manitoba office contributes to. There is a Neah Kee Papa
Program, which is addressed to single parents, fathers. Then there
is the Healthy Child Manitoba liaison coordinator service. Some
work is happening in that area to address early childhood
development.
Nous avons aussi notre bureau Enfants en santé Manitoba, qui
s’occupe surtout du développement de la petite enfance. Une fois
de plus, dans ce livre, vous verrez certains des résultats de l’indice
de développement de la petite enfance, qui mesurent la
préparation scolaire des enfants. Il y a beaucoup d’efforts dans
ce domaine. Je pense qu’il s’agit aussi d’une relation avec la
Fédération des Métis du Manitoba. Il y a le programme Bébés en
santé petits mocassins, auquel contribue notre bureau Enfants en
santé Manitoba. Il y a le programme Neah Kee Papa, qui vise les
pères monoparentaux. Et il y a le service de coordination de la
liaison pour Enfants en santé Manitoba. Des efforts sont faits
dans ce secteur pour s’occuper du développement de la petite
enfance.
Senator Raine: In your experience, do you feel these early
childhood programs are worthwhile, are a good investment for
Canadians?
Le sénateur Raine : Selon vous, croyez-vous que ces
programmes pour la petite enfance en valent la peine, qu’ils
sont un bon investissement pour les Canadiens?
Ms. Brockington: Yes. I believe that the early childhood
programs are a good investment for society as a whole, not just
in terms of school readiness but in terms of providing support for
parents so that the child has a healthy upbringing. I would like to
see more of culturally based programs to reinforce the identity of
the child that they are learning at home, and to be proud of their
identity whether it be Metis, First Nation or Inuit. Of course, we
know that there is diversity within those cultures.
Mme Brockington : Oui. Je pense que les programmes pour la
petite enfance constituent un bon investissement pour l’ensemble
de la société, non seulement pour la préparation scolaire, mais
aussi pour l’appui donné aux parents afin que l’enfant reçoive une
éducation saine. J’aimerais voir plus de programmes adaptés à la
culture qui renforcent l’identité que l’enfant apprend à la maison,
pour qu’il soit fier de son identité métisse, de Premières nations ou
inuit. Bien sûr, nous savons qu’il y a de la diversité dans ces
cultures.
I am a Cree woman and my identity is as a Cree woman; it is
not as an Ojibwa or a Dakota. There are some variations in terms
of the language we speak and the customs and traditions we have.
I was saying that any of the early development programs that are
there for the community need to reinforce the culture of that
community.
Je suis une femme crie et c’est mon identité; je ne suis pas une
Ojibwa ou une Dakota. Il y a des différences dans la langue que
nous parlons, et dans nos coutumes et nos traditions. C’est
pourquoi je disais que les programmes pour la petite enfance qui
existent dans la communauté doivent renforcer la culture de la
communauté.
Senator Raine: I am sort of monopolizing it, but I would like
you to comment on it. Are there any programs in the Michif
language, and is anything being done to strengthen that language
with the young people?
Le sénateur Raine : Je monopolise un peu la conversation, mais
j’aimerais que vous fassiez des observations à ce sujet. Y a-t-il des
programmes dans la langue métchif, et est-ce que des efforts sont
faits pour renforcer cette langue auprès des jeunes?
Ms. Brockington: I am not personally aware of any programs
that are in the Michif language.
Mme Brockington : Je ne suis pas au courant de programmes
dans la langue métchif.
Senator Dyck: Would you make a recommendation that there
be funding for that from the federal government? Should there be
programming that allows for language development?
Le sénateur Dyck : Recommanderiez-vous qu’il y ait du
financement à ce sujet de la part du gouvernement fédéral?
Devrait-il y avoir des programmes qui permettent le
développement des langues?
Ms. Brockington: Yes, I would support that. Personally I
would support that there would be language programming.
Mme Brockington : Oui, j’appuierais cela. J’appuierais le
développement de programmes de langue.
Senator Sibbeston: It is interesting being here in Manitoba,
homeland of the Metis Riel. I come from the Northwest
Territories and I am a Metis. Being Metis, you hear stories
about your origin, it being related to Louis Riel and the Metis
Le sénateur Sibbeston : Je trouve intéressant d’être ici au
Manitoba, terre natale du Métis Louis Riel. Je viens des
Territoires du Nord-Ouest et je suis un Métis. Lorsqu’on est
métis, on entend des histoires sur notre origine, liées à Louis Riel
23:16
Aboriginal Peoples
1-10-2012
here in Manitoba. So I imagine, this being kind of the homeland
of many of the Metis in our country, that the Metis people in
Manitoba would be well organized and developed and fairly
advanced from a government perspective; you work with the
government. Is that the case? What is the state of Metis people in
Manitoba? Are they well off? Are they diminishing? Are they
increasing? What is the state of Metis people in Manitoba?
et aux Métis du Manitoba. Alors j’imagine que puisqu’il s’agit de
la terre natale de nombreux Métis de notre pays, que les Métis du
Manitoba sont bien organisés, développés, et relativement
avancés du point de vue de la gouvernance; vous travaillez avec
le gouvernement. Est-ce le cas? Quelle est la situation des Métis au
Manitoba? Sont-ils à l’aise financièrement? Sont-ils en croissance
ou en diminution? Quelle est la situation des Métis au Manitoba?
Ms. Brockington: Well, from what the statistics tell us, they are
increasing significantly. More people are identifying as Metis.
Also the median income is increasing. In fact it increased quite a
bit. I would have to look to get the figures but it is quite a
significant increase. I am just looking at a chart. The increase in
Aboriginal incomes is almost entirely due to the Metis, whose
median incomes grew from $17,000 to $20,000 or by 15.5 per cent
between Census 2001 and Census 2006. That is one of the charts
we have in there. It is increasing.
Mme Brockington : Eh bien, d’après les statistiques, leur
nombre augmente significativement. De plus en plus de gens
s’identifient comme métis. De plus, le revenu médian augmente.
En fait, il a beaucoup augmenté. Il faudrait que je regarde les
chiffres, mais il s’agit d’une augmentation importante. Je suis en
train de regarder le tableau. L’augmentation des revenus
autochtones est presque entièrement attribuable aux Métis, dont
le revenu médian est passé de 17 000 à 20 000 $, une
augmentation de 15,5 p. 100, entre le recensement de 2001 et
celui de 2006. Voilà l’un des tableaux que l’on trouve ici. Le
revenu augmente.
Senator Sibbeston: I know in Alberta there are many Metis
colonies, groupings of Metis people that live together in an area.
What about the situation in Manitoba? Are there Metis
communities in themselves or are they simply part of larger
communities, First Nations and then non-native people?
Le sénateur Sibbeston : Je sais qu’en Alberta il y a un grand
nombre de colonies métisses, des groupes de Métis qui partagent
une zone géographique. Qu’en est-il de la situation au Manitoba?
Y a-t-il des communautés métisses en tant que telles ou font-elles
partie de communautés plus grandes composées de Premières
nations et de non-Autochtones?
Ms. Brockington: Well, there are Metis throughout the
province and there are seven regions that the Manitoba Metis
Federation has. But by and large, the majority of the Metis
population in Manitoba is in the southern half of the province.
There are communities that refer to themselves as Metis
communities. However, when you go further north, many of
those communities are blended in with other communities.
Mme Brockington : Eh bien, il y a des Métis dans l’ensemble de
la province et la Fédération des Métis du Manitoba a sept régions.
Mais en général, la majorité de la population métisse du
Manitoba se trouve dans la moitié méridionale de la province.
Il y a des communautés qui se décrivent comme métisses. Par
contre, lorsqu’on va plus au nord, un grand nombre de ces
communautés sont mêlées à d’autres communautés.
Senator Sibbeston: You mentioned that the Manitoba
government has about 100 employees that are dedicated to
Aboriginal people. Is that significant? I do not know the situation
in other provinces, but do you feel that the Manitoba government
is taking the Metis people and Aboriginal people seriously? Are
they doing enough?
Le sénateur Sibbeston : Vous avez indiqué que le gouvernement
du Manitoba a environ 100 employés consacrés aux peuples
autochtones. Cela est-il significatif? Je ne connais pas la situation
dans d’autres provinces, mais avez-vous l’impression que le
gouvernement du Manitoba prend les Métis et les Autochtones au
sérieux? En fait-il assez?
Ms. Brockington: Yes. I had commented that there were only
100 people in our department. You know, there is 100 staff. When
you look at other departments, some of the larger departments,
for example, and Conservation and Water Stewardship, they have
a branch that is devoted to First Nations and Metis relationships.
Also in Health, there is a First Nations and Metis and Inuit health
unit. Justice has an Aboriginal community services unit.
Mme Brockington : Oui. J’avais indiqué qu’il n’y avait que
100 personnes dans notre ministère. Vous savez, il y a
100 membres du personnel. Lorsqu’on regarde ce qui se passe
dans d’autres ministères, les plus grands, par exemple, le ministère
de la Conservation et de la Gestion de l’eau, il y a une direction
qui est consacrée aux relations avec les Premières nations et les
Métis. Pour ce qui de la santé, il existe un service de santé des
Premières nations, des Métis et des Inuaits. Le ministère de la
Justice dispose d’une unité de services aux communautés
autochtones.
Senator Sibbeston: Perhaps Social Services too?
Ms. Brockington: Family Services have. But most of the work,
especially with Child and Family, is done through the authorities.
There is the Metis Authority which oversees the Metis Child and
Family agency. Then you have the First Nations Authority for
Le sénateur Sibbeston : Peut-être que les services sociaux aussi?
Mme Brockington : C’est le cas des services à la famille. Mais la
plupart du travail, plus particulièrement en matière de services à
l’enfance et à la famille, est effectué par l’intermédiaire des
autorités concernées. Il y a l’autorité des Métis, qui dirige
1-10-2012
Peuples autochtones
23:17
the north and then the First Nations Authority for the south and
the general authority. Much of the work for the Aboriginal people
is overseen through the authorities.
l’Agence des services à l’enfance et à la famille des Métis. Ensuite
il y a l’autorité des Premières nations pour le Nord et l’autorité
des Premières nations pour le Sud ainsi que l’autorité générale. La
majeure partie du travail consacré aux peuples autochtones est
dirigée par l’intermédiaire des autorités.
We have also an Aboriginal education directorate. That
straddles the three departments that deal with education in
Manitoba. Within the Manitoba civil service, there are over
2,000 Aboriginal employees. I cannot tell you for sure the
breakdown between First Nation, Metis and Inuit within that,
but that has grown in the last 10 years. It has doubled in size in
terms of the Aboriginal employees. Quite a number of Manitoba
positions are dedicated to Aboriginal services.
Nous avons aussi une direction de l’éducation autochtone.
Cela chevauche les trois ministères qui s’occupent de l’éducation
au Manitoba. Dans la fonction publique manitobaine, il y a plus
de 2 000 employés autochtones. Je ne peux pas vous donner de
répartition exacte des Premières nations, des Métis et des Inuits
au sein de ce groupe, mais celui-ci s’est accru au cours des
10 dernières années. Sa taille a doublé pour ce qui est des
employés autochtones. Un certain nombre de postes au Manitoba
sont consacrés aux services autochtones.
Senator Sibbeston: You mentioned 175,000 in Manitoba. What
is that number? Is that Aboriginal people?
Le sénateur Sibbeston : Vous avez mentionné le chiffre de
175 000 au Manitoba. Quel est ce chiffre? S’agit-il du nombre
d’Autochtones?
Ms. Brockington: Aboriginal people, yes.
Mme Brockington : Oui, les peuples autochtones.
Senator Sibbeston: And 71,000 of them are Metis?
Le sénateur Sibbeston : Et 71 000 d’entre eux sont des Métis?
Ms. Brockington: Yes. 71,800 I believe is what the census
identifies.
Mme Brockington : En effet. Je crois que le recensement en a
dénombré 71 800.
The Chair: Thank you, Ms. Brockington. I apologize — I hope
we gave you enough notice. I hope the problem initiated at your
end, but I want to thank you for your presentation and your
response to the questions, which were excellent. I hope you
continue to do the good work that you are doing with our
Aboriginal peoples, which I am sure you will.
Le président : Merci, madame Brockington. Je m’excuse,
j’espère qu’on vous a prévenue suffisamment à l’avance. J’espère
que le problème s’est produit de votre côté, mais je souhaite vous
remercier de votre exposé et de vos réponses à nos questions, qui
étaient excellentes. J’espère et je suis certain que vous allez
poursuivre votre excellent travail auprès de nos peuples
autochtones.
Senators, our next witness is well known to everybody in
Canada. It is the Manitoba Metis Federation represented by
David Chartrand, President, and David Boisvert, Policy Adviser.
Honorables sénateurs, notre prochain témoin est bien connu de
tous au Canada. Il s’agit de la Fédération des Métis du Manitoba
représentée par David Chartrand, président, et David Boisvert,
conseiller en politique.
Welcome, gentlemen.
Bienvenue à vous, messieurs.
As I said to you earlier, President Chartrand, as a Metis person
that grew up here in Manitoba, years ago we would have never
worn these vests. As a matter of fact, I can recall that it was not
the healthiest thing to be a Metis years back in this province, but
things have progressed. We are honoured to have you here.
Comme je vous l’ai dit plus tôt, monsieur Chartrand, en tant
que Métis qui a grandi ici, au Manitoba, il y a quelques années,
nous n’aurions jamais porté ces vestes. En fait, je me souviens que
ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux d’être Métis il y a plusieurs
années dans cette province, mais les choses ont évolué. C’est un
honneur de vous avoir parmi nous.
I am sure there are going to be a lot of questions, so I will ask
you to make your presentation and we will get the questions
sooner rather than later. Thank you, gentlemen, for being here.
Je suis certain qu’il va y avoir beaucoup de questions, je vous
demanderai donc de faire votre exposé avant de passer
rapidement aux questions. Merci messieurs de votre présence.
David Chartrand, President, Manitoba Metis Federation: Thank
you, Senator St. Germain. I usually am not the type to read
speeches, but I am going to read this one for the record because of
the complexity of the question.
David Chartrand, président, Fédération des Métis du Manitoba :
Merci, sénateur St. Germain. Je ne suis pas du genre à lire des
discours, mais je vais lire celui-ci à des fins de transcription en
raison de la complexité de la question.
First I want to take the opportunity to commend the Senate for
what has been over a century in waiting. I guess the question to be
posed in this country is to start looking at the Metis. It is the new
Tout d’abord j’aimerais profiter de l’occasion pour féliciter le
Sénat de s’intéresser à une question en suspens depuis plus d’un
siècle. Je pense que notre pays doit commencer à s’interroger sur
23:18
Aboriginal Peoples
1-10-2012
millennium, and we are very proud that we are finally coming to
the table to look at and to examine, in a sense, what is happening
with our people.
la question des Métis. Nous sommes entrés dans un nouveau
millénaire et nous sommes très fiers d’être enfin invités à la table
de négociations pour examiner, en quelque sorte, la situation de
notre peuple.
I am going to start off by just reading as quickly as I can, and I
shared a copy with everybody. I do apologize. I do not have this
translated into French. I do not have French services at the
federation so I will try, if needed after, to translate it for you.
Je commencerai en tentant de lire mon discours le plus
rapidement possible, et j’ai donné une copie du document à tout le
monde. Je m’excuse. Je n’ai pas de traduction en français. Nous
n’avons pas de services en français à la fédération donc j’essaierai,
si c’est nécessaire par la suite, de le traduire pour vous.
I want to commend the Senate for taking the initiative to study
the issues respecting the legal and political recognition of Metis
identity in Canada. In the course of my remarks, I will try to
address the question of Metis identity, the exercise of Metis
Aboriginal rights, and the eligibility of Metis for existing federal
programs and services.
Je souhaite féliciter le Sénat d’avoir pris l’initiative d’étudier les
questions qui ont à cœur la reconnaissance juridique et politique
de l’identité métisse au Canada. Au cours de mon exposé, je
tenterai d’examiner la question de l’identité métisse, de l’exercice
des droits autochtones métis et de l’admissibilité des Métis aux
programmes et services fédéraux actuels.
First, let me welcome you to Manitoba. This is where the Metis
nation was born. I know that you are wrestling with the meaning
of ‘‘Metis.’’ Well, you do not have to go very far in this province
to find evidence of a Metis people. In fact, the Metis, under the
leadership of Louis Riel, brought Manitoba into Confederation in
1870. At that time 82 per cent of the population of this province
was Metis.
Tout d’abord, laissez-moi vous souhaiter la bienvenue au
Manitoba. C’est ici qu’est née la nation métisse. Je sais que vous
éprouvez des difficultés quant à la signification du terme
« métis ». Il n’est pas nécessaire d’aller très loin dans la
province pour trouver des preuves de l’existence d’un peuple
métis. En fait, les Métis, sous la direction de Louis Riel, ont fait
adhérer le Manitoba à la Confédération en 1870. À cette époque,
82 p. 100 de la population de la province était métisse.
There can be no doubt that these Metis had a distinct national
identity, separate from Indian peoples and Europeans. They lived
together, organized community buffalo hunts, took collective
action to defend their rights. I am not here to give you a history
lesson. But certainly from the Battle of Seven Oaks in 1816, the
Sayer trial of 1849, the Manitoba Resistance of 1869-70 to the
Battle of Batoche in 1885, the Metis show themselves to be a
proud, free and independent people.
Il ne fait aucun doute que ces Métis avaient une identité
nationale distincte des Indiens et des Européens. Ils cohabitaient,
organisaient des chasses au bison collectives, et agissaient
collectivement pour défendre leurs droits. Je ne suis pas là pour
vous faire une leçon d’histoire. Il est certain que de la Bataille de
la Grenouillère en 1816, à la Bataille de Batoche en 1885, en
passant par le procès Sayer de 1849 et la Résistance manitobaine
de 1869-1870, les Métis se sont montrés fiers, libres et
indépendants.
A Metis nation existed in Manitoba and throughout the
Prairies well before Canada took over this land. It is the
descendants of this Metis nation that I represent today.
Une nation métisse existait au Manitoba et dans l’ensemble des
Prairies bien avant que le Canada prenne possession de ces terres.
Ce sont les descendants de cette nation métisse que je représente
aujourd’hui.
Much has transpired since Canada took over the West in 1869.
Relations between the Metis and Canada have not been good.
Metis have gone through a ‘‘Dark Age’’ through most of this
period. It is terrible to read today what happened to our ancestors
when the soldiers came. Our people were persecuted, their homes
burnt, and many were forced to flee from Red River. The stigma
of what governments and history books for many generations
referred to as the ‘‘rebellions’’ led many to try to hide their Metis
identity and Metis ancestry. You should note that Riel’s actions
in Manitoba and Batoche were not rebellions but are vindicated
today as legitimate resistance to provocative and irresponsible
actions from Ottawa.
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis que le Canada a
pris possession de l’Ouest en 1869. Les relations entre les Métis et
le Canada n’ont pas été bonnes. Les Métis ont connu, depuis, une
période sombre de leur histoire. Il est terrible de lire aujourd’hui
ce qu’ont connu nos ancêtres lorsque les soldats sont arrivés.
Notre peuple a été persécuté, les maisons des gens ont été brûlées
et un grand nombre d’entre eux ont été forcés de fuir rivière
Rouge. La stigmatisation de ce que les gouvernements et les livres
d’histoire ont qualifié pendant des générations de « rebellions » a
poussé un grand nombre de Métis à dissimuler leur identité et leur
ascendance. Il convient de noter que les actes de Louis Riel au
Manitoba et à Batoche n’étaient pas des rebellions, mais qu’ils
sont considérés aujourd’hui comme des actes de résistance
légitime à des mesures provocatrices et irresponsables de la part
d’Ottawa.
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Peuples autochtones
23:19
As a result, some Metis moved north to the edge of the boreal
forest, away from settlers; others fled Red River and established
communities in areas of the province that immigrants from
Ontario considered scrub lands. Yet in 1938, which is not long
ago, one of these communities, Ste. Madeleine, was wiped off the
map to create pasture land for white farmers under the Prairie
Farm Rehabilitation Act, or PFRA.
Par conséquent, certains Métis se sont déplacés vers le nord,
proche de la forêt boréale et loin des colons; d’autres ont fui
rivière Rouge pour aller établir des communautés dans des zones
de la province que les immigrants de l’Ontario considéraient
comme des terres broussailleuses. Pourtant, en 1938, il n’y a pas si
longtemps, l’une de ces communautés, Ste. Madeleine, a été rayée
de la carte afin de créer des pâturages pour les agriculteurs blancs
en vertu de la Loi sur le rétablissement agricole des Prairies ou
ARAP.
Today I still go to this place and there are grave yards still
active and people are still buried there today.
Je vais encore à cet endroit et il y a des cimetières toujours en
activité où les gens se font encore enterrer de nos jours.
Metis were not compensated. Instead, their houses were burnt,
their dogs were shot and their church was dismantled for a
piggery. This all occurred within living memory of our parents
and grandparents. Throughout the Western prairies, Metis were
regarded as squatters, forced off the land and made to wander
from place to place, often trying to find work for white farmers.
Many Metis ended up living on road allowances.
Les Métis n’ont reçu aucune compensation. Au lieu de cela,
leurs maisons ont été brûlées, leurs chiens tués et leurs églises
démolies pour faire place à une porcherie. Tout cela s’est déroulé
à une époque dont nos parents et nos grands-parents se
souviennent. Dans l’ensemble des prairies de l’Ouest, les Métis
étaient considérés comme des occupants illégaux qu’on a forcés à
quitter leurs terres pour les condamner à errer d’un endroit à
l’autre, où ils essayaient souvent de trouver du travail pour des
agriculteurs blancs. Un grand nombre de Métis finissaient par
habiter dans les emprises routières.
Today, people point to the rapid increase in Metis census
counts since 1996. In Manitoba, Metis identity counts increased
from 45,365 in 1996 to 71,805 in 2006 — a 58 per cent increase.
However, if you were to go further back, you would find that
Metis population counts decreased census after census from 1870
to 1941. There were apparently fewer Metis in Manitoba in 1941
than there had been in 1870. This testifies to the impact of the
impoverishment and stigmatization of our people for so much of
our history under Canadian rule.
Aujourd’hui, on souligne l’accroissement rapide, depuis 1996, de
la population métisse recensée. Au Manitoba, le nombre de gens
d’identité métisse a augmenté, passant de 45 365 en 1996 à
71 805 en 2006, soit une augmentation de 58 p. 100. Cependant, si
l’on remonte plus loin, les recensements successifs indiquent une
diminution de la population métisse de 1870 à 1941. Il y avait
apparemment moins de Métis au Manitoba en 1941 qu’il n’y
en avait en 1870. Ceci témoigne des répercussions de
l’appauvrissement et de la stigmatisation de notre peuple pendant
une grande partie de notre histoire sous domination canadienne.
The one thing that Canada did in the northwest that it did not
do anywhere else is recognize that Metis had Aboriginal title. This
was done in section 31 of the Manitoba Act and Dominion Lands
Act. However, having recognized that Metis had an Aboriginal
title to the lands of the northwest, the Canadian government
improvised an ingenious way to remove this encumbrance: Metis
scrip. I understand that there are over 40,000 scrip affidavits in
the government’s archives — the result of some 21 scrip
commissions between 1885 and the early 1920s. Aboriginal title
is a collective title, and we reject the notion that it could be
eliminated through individual certificates or payments. But this is
the position that the Government of Canada took: Scrip
extinguished our Aboriginal title and Aboriginal rights.
Une chose que le Canada a faite dans le Nord-Ouest et qui est
unique à cet endroit est qu’il a reconnu le titre ancestral des Métis.
Ceci a été fait en vertu de l’article 31 de la Loi sur le Manitoba et
de l’Acte des terres fédérales. Cependant, ayant reconnu le titre
ancestral des Métis sur les terres du Nord-Ouest, le gouvernement
canadien a improvisé une façon ingénieuse de se débarrasser de
cette servitude : le certificat des Métis. J’ai cru comprendre qu’il
existe plus de 40 000 affidavits de certificat des Métis dans les
archives du gouvernement, résultat de quelque 21 commissions
sur les certificats des Métis entre 1885 et le début des années 1920.
Le titre ancestral est un titre collectif, et nous rejetons l’idée qu’il
puisse être éliminé au moyen de certificats ou de versements
individuels. Cependant, de l’avis du gouvernement du Canada, le
certificat des Métis entraînait une extinction de nos titres et de nos
droits ancestraux.
We became the ‘‘forgotten people.’’ We had no rights. We had
no one to defend us. We were expected to assimilate and to
disappear as a people.
Nous sommes devenus « le peuple oublié ». Nous n’avions
aucun droit. Il n’y avait personne pour nous défendre. On
s’attendait à ce que l’on s’assimile et que notre peuple disparaisse.
The Manitoba Metis Federation came into being in 1967. It
testifies to the fact that Metis have not disappeared. In fact Metis
are more active and vibrant in Manitoba today than at any time
since Manitoba became a province. There has been a reawakening
La Fédération des Métis du Manitoba a vu le jour en 1967. Elle
témoigne du fait que les Métis n’ont pas disparu. En fait, au
Manitoba, les Métis sont plus actifs et dynamiques que jamais
depuis que le Manitoba est devenu une province. Au cours des
23:20
Aboriginal Peoples
1-10-2012
of Metis identity over the past 15 to 20 years. This is seen in
census counts. According to the 2006 Census, the latest census for
which figures are available, Metis now constitute 6.3 per cent of
Manitoba’s population and over 40 per cent of all Aboriginal
people in the province. In my view, even these counts are low. If
everyone who could trace their ancestry to the historic Metis
nation of the old Northwest were to identify, I firmly believe that
there are well over 100,000 Metis people in Manitoba today.
15 à 20 dernières années, on a assisté à une renaissance de
l’identité métisse. Ceci se traduit dans les recensements. Selon le
recensement de 2006, le dernier pour lequel des chiffres sont
disponibles, les Métis représentent maintenant 6,3 p. 100 de la
population du Manitoba et plus de 40 p. 100 de tous les
Autochtones de la province. Selon moi-même, ces chiffres sont
faibles si tout le monde pouvait retracer les liens ancestraux qu’ils
ont avec la nation métisse historique de l’ancien Nord-Ouest, je
crois sincèrement qu’il y aurait plus de 100 000 Métis au
Manitoba aujourd’hui.
The MMF is the government of the Metis nation in Manitoba.
It is true that the MMF is incorporated as a non-profit
corporation. No other legal instrument was available to us and
we were forced to do so by governments because otherwise they
would not provide us with any funding. However, just as First
Nations have their governments, and Inuit have their
governments, Metis too are entitled to have their governments.
In Manitoba I have been president for over 15 years and I have
made the utmost effort to have senior governments recognize the
MMF as the legitimate government of the Metis nation in this
province.
La FMM est le gouvernement de la nation métisse du
Manitoba. Il est vrai que la FMM est constituée en société à
but non lucratif. Aucun autre statut juridique ne nous était
disponible et les gouvernements nous ont forcés à le faire, car
sinon ils ne nous auraient pas fourni de financement. Cependant,
tout comme les Premières nations et les Inuits ont leur
gouvernement, les Métis aussi ont droit à leur gouvernement.
Au Manitoba, j’en ai été le président pendant plus de 15 ans et j’ai
fait tout ce qui était en mon pouvoir pour faire reconnaître la
FMM comme gouvernement légitime de la nation métisse dans
cette province par les paliers supérieurs de gouvernement.
This has been a long process. Initially, the MMF, as with many
other Metis organizations, represented any person of Indian
ancestry who was not a status Indian. However, from 1982
onwards, our membership definition was progressively changed to
reflect the fact that the MMF represents a distinct Metis people —
the descendants of the historic Metis nation. The MMF was a
founding member of the Métis National Council at the national
level, which won the right to represent the Metis nation in
constitutional discussions in 1984 and subsequent years. The
introduction of Bill C-31 in 1985 and more recently Bill C-3 have
served to clarify the identity of Aboriginal people living offreserve. There is no doubt that some former members of the
MMF now have registered Indian status. At the same time, this
has served to reinforce the MMF’S vocation as the government of
a distinct Metis nation.
Cela a été un long processus. Initialement, la FMM, comme
bien d’autres organisations métisses, représentait toute personne
d’ascendance indienne qui n’était pas un Indien inscrit.
Cependant, à partir de 1982, la définition de nos membres a été
modifiée progressivement afin de refléter le fait que la FMM
représente un peuple métis distinct, à savoir les descendants de la
nation métisse historique. La FMM a été un membre fondateur
du ralliement national des Métis au niveau national, qui a obtenu
le droit de représenter la nation métisse dans le cadre du débat
constitutionnel de 1984 et des années suivantes. Les projets de
loi C-31 en 1985 et plus récemment C-3, ont permis de mieux
définir l’identité des Autochtones vivant à l’extérieur des réserves.
Il ne fait aucun doute que certains des anciens membres de la
FMM ont maintenant le statut d’Indien inscrit. Parallèlement,
cela a servi à renforcer le rôle de la FMM comme gouvernement
d’une nation métisse distincte.
Our board is democratically elected and accountable to the
Metis people in Manitoba. I call it a cabinet in my government.
As with all MNC governing members, the MMF holds provincewide, ballot-box elections to elect its board. Elections are held
every four years and all members in good standing 18 years and
over have a right to vote. The MMF has a 23-member board. The
office of president is elected by voters across the province; each of
the seven MMF regions elects a vice-president and two other
board members, and the spokesperson of the Metis women of
Manitoba, elected at an assembly of Metis women, also sits on the
board.
Notre conseil d’administration est élu de façon démocratique et
rend des comptes au peuple métis du Manitoba. C’est en quelque
sorte un cabinet de mon gouvernement. Comme pour les
administrateurs du RNM, la FMF organise des élections dans
l’ensemble de la province afin de former son conseil
d’administration. Les élections ont lieu tous les quatre ans et
tous les membres en bonne et due forme âgés de 18 ans ou plus
ont le droit de vote. Le conseil d’administration de la FMM
compte 23 membres. Le bureau du président est élu par des
électeurs de l’ensemble de la province; chacune des sept régions de
la FMM élit un vice-président ainsi que deux autres
administrateurs, et la porte-parole des femmes métisses du
Manitoba, élue à une assemblée de femmes métisses, siège aussi
au conseil d’administration.
We have over 52,000 members 18 and over on our voters’ list.
This voters’ list is put together by the chief electoral officer at each
election. In the past, each MMF region was responsible for
Nous avons plus de 52 000 membres âgés de plus de 18 ans sur
notre liste électorale. Cette liste est établie par le directeur général
des élections pour chaque élection. Par le passé, chaque région de
1-10-2012
Peuples autochtones
23:21
issuing membership cards, and this voters’ list therefore reflects
the number of cardholders that obtained membership cards in this
way over the years. As I will describe shortly, we now have a new,
more centralized membership system based on providing
objectively verifiable proof of Metis ancestry. This new
membership system will entirely replace the current voters’ list
on September 1, 2014. One of our most pressing challenges today
is to have our current members transfer to the new system by
completing their genealogy.
la FMM était responsable d’émettre les cartes de membre, et cette
liste électorale reflète par conséquent le nombre de membres qui
ont obtenu leur carte de membre de cette façon au fil des années.
Comme je vais l’expliquer bientôt, nous avons un nouveau
système plus centralisé de traitement des demandes d’adhésion qui
se fonde sur des preuves objectives et vérifiables d’ascendance
métisse. Ce nouveau système d’adhésion remplacera entièrement
la liste électorale actuelle le 1er septembre 2014. L’un de nos défis
les plus urgents aujourd’hui est de faire passer nos membres
actuels au nouveau système en fournissant des renseignements
généalogiques.
The MMF provides a range of services to Manitoba’s Metis
population — labour market programming, child and family
services, justice, health and several other programs. In total,
including all our affiliates, the MMF administers a budget of over
$80 million a year. You should note that you do not have to be a
member of the MMF to receive our services. Most MMF
programs and services are available to anyone who self-identifies
as Metis.
La FMM offre un éventail de services à la population métisse
du Manitoba : programme concernant le marché du travail, les
services à l’enfance et à la famille, la justice, la santé et bien
d’autres programmes. Au total, si l’on tient compte de tous nos
affiliés, la FMM administre un budget de plus de 80 millions de
dollars par an. Il convient de noter qu’il n’est pas nécessaire d’être
membre de la FMM pour bénéficier de nos services. La plupart
des programmes et des services de la FMM sont disponibles à
quiconque s’identifie comme métis.
However, my central concern as president of the MMF is to
defend the rights of my people, and it is to this question that I
now want to turn — Metis rights.
Cependant, ma principale préoccupation en tant que président
de la FMM est de défendre les droits de mon peuple, et c’est la
raison pour laquelle j’aimerais maintenant revenir à cette
question, à savoir celle des droits des Métis.
We have a chance now to try to rectify the poor relations that
have historically existed between Canada and the Metis nation.
The process started in 1982 when Metis were expressly included in
the listing of the Aboriginal peoples of Canada in section 35. We
still face many headwinds, however.
Nous avons maintenant l’occasion de rectifier les relations
tendues qui existent depuis longtemps entre la nation métisse. Le
processus s’est entamé en 1982 lorsque les Métis ont été
expressément inclus dans les listes d’Autochtones du Canada en
vertu de l’article 35. Cependant, nous nous heurtons toujours à de
nombreux obstacles.
Governments continue to want to believe that we have no
Aboriginal rights, and they are very slow in recognizing our rights
even when the courts uphold them.
Des gouvernements s’obstinent à croire que nous n’avons pas
de droits ancestraux et font preuve d’une extrême lenteur pour
reconnaître nos droits même lorsque ceux-ci sont confirmés par
les tribunaux.
We are forced time and time again to resort to costly court
actions to defend our rights, with no help from governments.
Nous sommes constamment obligés d’avoir recours à des
procès coûteux pour faire défendre nos droits sans recevoir
aucune aide des gouvernements.
The federal government and the province have done nothing to
ensure that Metis are included in the Crown’s duty to consult and
accommodate Aboriginal people when approving major resource
projects.
Le gouvernement fédéral et la province n’ont rien fait pour
s’assurer que les Métis bénéficient du devoir, de la part de la
Couronne, de consulter et de tenir compte des besoins des peuples
autochtones au moment d’approuver de grands projets
d’exploitation des ressources naturelles.
Let me elaborate briefly on each of these points.
I am sure you are all aware of the Supreme Court’s decision in
Powley. This landmark decision established that Metis are a
rights-bearing people. It was delivered on September 19, 2003.
From April 1982 to September 2003, Metis were in the
Constitution and our Aboriginal rights were supposed to be
protected by section 35. Yet, what were governments, including
the Government of Canada, saying? They said that we had no
rights at all. It took the Supreme Court to set them straight.
Laissez-moi parler brièvement de chacun de ces points.
Bien entendu, vous êtes tous informés de la décision de la Cour
suprême dans l’affaire Powley. Cette décision historique confirme
que les Métis forment un peuple ayant des droits spécifiques. Elle
a été rendue le 19 septembre 2003. D’avril 1982 à septembre 2003,
les Métis étaient mentionnés dans la Constitution; nos droits
autochtones étaient censés être protégés par l’article 35. Que
disaient toutefois les gouvernements, y compris le gouvernement
du Canada? Ils disaient que nous n’avions aucun droit. Il a fallu
une intervention de la Cour suprême pour corriger le tir.
23:22
Aboriginal Peoples
1-10-2012
After Powley, you would think that governments would see the
light and recognize that Metis had Aboriginal rights, but you
would be wrong. Here in Manitoba, the provincial government
adopted a position that would have denied harvesting rights to
virtually all our people. The MMF had to lead a fight in the
courts to establish the scope of Metis hunting and fishing rights.
The January 2009 case of Goodon — which cost me half a million
dollars — overturned the province’s position that would have
limited harvesting rights to a very few communities — dots on a
map — in this province. Since that time, we have been in
negotiations with the Province of Manitoba on harvesting rights
issues and I believe we are close to a breakthrough. But some nine
years after Powley, we are still fighting to have our harvesting
rights recognized.
Après la décision Powley, on serait en droit de penser que les
gouvernements se rendraient à l’évidence et reconnaîtraient les
droits autochtones des Métis, mais tel n’a pas été le cas. Ici, au
Manitoba, le gouvernement a adopté une position qui aurait privé
de droit de récolte pratiquement tous nos gens. Le RNM a dû se
battre devant les tribunaux pour établir la portée des droits de
pêche et de chasse des Métis. L’affaire Goodon, en janvier 2009,
qui m’a coûté un demi-million de dollars, a renversé la position de
la province, qui aurait restreint les droits de récolte à quelques
communautés de la province seulement, quelques points sur une
carte. Depuis, nous sommes en négociation avec la province du
Manitoba sur la question des droits de récolte et je crois que nous
sommes sur le point d’aboutir. N’empêche que, neuf ans après
Powley, nous en sommes encore à nous battre pour faire
reconnaître nos droits de récolte.
It is important to understand the policies that the MMF put
into place as a result of the Powley decision. The Powley case
basically accepted the Metis definition that had been adopted by
the Métis National Council in 2002.
Il est important de comprendre les politiques mises en place par
le RNM à la suite de la décision Powley. En fait, dans l’affaire
Powley, on a essentiellement adopté la définition des Métis établie
par le Ralliement national des Métis en 2002.
The MNC Metis definition sets out four criteria: One must selfidentify as Metis; one must be a descendant of the historic Metis
nation; one must be accepted by the community; and one cannot
be a member of another Aboriginal people. This definition was
incorporated into the MMF constitution in 2003 and is the
definition that we now use for membership purposes in giving out
harvester cards.
Cette définition établit quatre critères : une personne est
considérée métisse si elle s’identifie elle-même comme métisse, si
elle compte des ancêtres parmi des Métis de vieille souche, si elle
est acceptée par la nation métisse et si elle se distingue des autres
peuples autochtones. Cette définition a été incorporée dans la
constitution de la FMM en 2003; celle que nous utilisons
maintenant pour les droits de membre et la distribution de la
carte de récolte.
For following the Powley decision, the MMF began issuing
harvester cards. They are issued only to persons who meet the
tests for the exercise of harvesting rights set out in Powley. Since
2004, all Metis who wish to exercise harvesting rights must apply
for a harvester card. They are required to submit a genealogy that
proves their ancestry to the historic Metis nation. That genealogy
must be supported with objectively verifiable documentation,
such as birth certificates and baptismal records that link the
applicant through the generations to an historic Metis ancestor.
Generally speaking, an historic Metis ancestor is a person listed in
a Manitoba land grant, scrip affidavit or described as half-breed
or Metis in the 1901 Census. The MMF has an agreement with
the St. Boniface historical society, which houses extensive church
archives, to produce professional genealogies on behalf of
applicants.
En effet, à la suite de la décision Powley, la FMM a commencé
à distribuer des cartes de récolte. Nous les distribuons uniquement
aux personnes satisfaisant les critères établis dans Powley pour
avoir droit au droit de récolte. Depuis 2004, tous les Métis
souhaitant se prévaloir de leur droit de récolte doivent demander
une carte de récolte. Ils doivent soumettre une généalogie
prouvant qu’ils sont des Métis de vieille souche. Cette
généalogie doit être appuyée par une documentation
objectivement vérifiable, telle que des certificats de naissance et
de baptême liant le demandeur, au fil des générations, à un
ancêtre métis de souche. Généralement parlant, qui dit ancêtre
métis de souche dit personne figurant dans la concession de terres
du Manitoba, l’attestation de certificats ou décrite comme SangMêlé ou Métis dans le recensement de 1901. La FMM a une
entente avec la Société historique de Saint-Boniface, qui abrite des
archives religieuses importantes et produit des généalogies
professionnelles pour les demandeurs.
All our harvesters must submit to the ‘‘laws of the hunt.’’ We
regulate our own hunting activities, just as our ancestors did. This
is a practical exercise of our right to self-government. A
$25 annual fee is levied on harvester cardholders, the proceeds
of which are placed in a conservation trust fund.
Tous nos récolteurs doivent se plier aux « lois de la chasse ».
En effet, nous réglementons nos propres pratiques de chasse,
comme nos ancêtres avant nous. Cette façon d’exercer dans la
pratique notre droit à l’auto-gouvernance. Nous imposons aux
détenteurs de cartes de récolte des frais annuels de 25 $, qui sont
placés dans une fiducie de conservation.
To date, the MMF has issued 4,388 harvester cards. Since
October 2009, we have applied the same Metis definition criteria
to anyone who wants to become a member of the MMF. That is,
a person must identify as Metis and provide a genealogy
À ce jour, la FMM a distribué 4 388 cartes de récolte. Depuis
octobre 2009, nous appliquons les mêmes critères de définition de
ce qu’est un Métis à toute personne souhaitant devenir membre de
la FMM. C’est-à-dire qu’une personne doit s’identifier comme
1-10-2012
Peuples autochtones
23:23
establishing descent from the historic Metis nation. The MMF
registrar has an arrangement with the Indian registry whereby all
applications are checked to ensure that persons are not already
registered under the Indian Act.
métisse et doit fournir une généalogie prouvant qu’elle compte des
ancêtres parmi les Métis de vieille souche. Le responsable du
registre de la FMM a une entente avec le registre indien, qui
permet de vérifier que les demandeurs ne sont pas déjà enregistrés
au titre de la Loi sur les Indiens.
Currently, we have over 9,500 members with new membership
cards, and by September 1, 2014, the MMF constitution
stipulates that all voting members will have had to submit a
genealogy confirming their descent from the historic Metis nation.
As matters currently stand, about 65 per cent of new membership
cardholders are new members — persons who were never
previously members of the MMF. As mentioned previously, one
of our major challenges is to encourage existing members to apply
for new membership cards.
Nous avons à l’heure actuelle 9 500 membres dotés d’une
nouvelle carte de membre. La constitution de la FMM stipule
que, d’ici 2014, tous les membres ayant droit de vote devront
soumettre une généalogie confirmant qu’ils descendent de Métis
de vieille souche. À l’heure où nous nous parlons, environ
65 p. 100 de nos membres sont de nouveaux membres, des
personnes qui, par le passé, n’avaient jamais été membres de la
FMM. Comme je l’ai déjà dit, l’un de nos plus grands défis est
d’encourager les membres existants à faire une demande pour les
nouvelles cartes de membre.
We are seeing that a lot of people who are coming forward are
brand new and have never declared themselves Metis before.
Nous constatons qu’une bonne part des personnes qui se
présentent sont toutes nouvelles; elles ne se sont jamais déclarées
comme des Métis par le passé.
The MMF is at present looking at ways to streamline its
membership application process, without jeopardizing its
commitment to the Powley rules. This is important not only to
assist existing members to obtain new membership cards, but
because of the surge in demand for membership that will likely
result from the Manitoba land claims decision, which I will
discuss in a moment. We are also looking at ways to provide
Metis identification cards or citizenship cards not only to Metis
resident in Manitoba but to any Metis person with roots in this
province.
La FMM se penche maintenant sur des façons de rationaliser
son processus de demande pour devenir membre, tout en
respectant systématiquement la décision Powley. C’est
important, non seulement pour aider les membres existants à
obtenir de nouvelles cartes de membre, mais aussi à cause de la
multiplication des demandes à laquelle on s’attend à la suite de la
décision sur la revendication territoriale du Manitoba, à laquelle
je reviendrai dans un moment. Nous cherchons aussi comment
fournir des cartes d’identité métisse ou de citoyenneté non
seulement aux résidents métis du Manitoba, mais à toute
personne métisse ayant des racines dans la province.
This is your, Senator St. Germain. Right now, there is no way
for a Metis person who lives outside of Canada or outside the
Metis homeland to obtain proof of his or her Metis identity. We
want to overcome that problem.
Pour vous, sénateur St. Germain. Par contre, à l’heure actuelle,
il est impossible pour un Métis vivant hors du Canada ou hors du
territoire métis de tenir une preuve de son identité métisse. Nous
voulons remédier à ce problème.
I cannot emphasize enough the importance of our Metis
registries moving forward. The MMF’s central registry office is
responsible for verifying and issuing both harvester and
membership cards; maintaining these databases; and dealing
with annual stickers, tags and periodic membership renewals.
There are significant costs involved with this effort. Our registry
must be provided with adequate and sustained funding to be able
to do the job — which is not the case at the present time.
Les registres métis vont être essentiels à l’avenir, je tiens à le
souligner. Le registre central de la FMM est responsable de la
vérification et de la distribution des cartes de membre et des cartes
de récolte; de l’entretien des bases de données; des autocollants et
étiquettes annuels, ainsi que du renouvellement périodique du
statut de membre. Ce sont des responsabilités qui entraînent des
coûts majeurs. Il faut que notre registre dispose d’un financement
adéquat et garanti pour faire le travail, ce qui n’est pas le cas à
l’heure actuelle.
It seems to me that it is very much in the interests of the
Government of Canada to support our Metis registries. Any
investor — and we are here dealing with public investments —
should want to know precisely the people and the market he or
she is investing in. One day, the Government of Canada may have
to provide services to Metis, and, when that day comes, would it
not be better for it to be able to identify the Metis population?
Today, it has ways of identifying First Nation and Inuit
populations for which it is responsible. Metis registries are the
vehicle for it to do the same for Metis moving forward.
Il me semble que le gouvernement du Canada aurait vraiment
intérêt à appuyer nos registres métis. Tout investisseur — et des
questions d’investissements publics — a intérêt à connaître
précisément les gens et le marché où il investit. Un jour, il est
possible que le gouvernement du Canada doive fournir des
services aux Métis et, ce jour-là, ne vaudrait-il pas mieux être en
mesure d’identifier la population métisse? Le gouvernement a
aujourd’hui des façons d’identifier les membres des Premières
nations et les Inuits, dont il est responsable. Avec les registres
métis, une identification similaire des Métis à l’avenir devient
possible.
23:24
Aboriginal Peoples
1-10-2012
This same statement I make here is the position I am taking
with the Province of Manitoba, that they too should have an
interest, that they do not give us any resources regarding this
issue.
Je reprends ici un argument que j’ai présenté à la province du
Manitoba, qui devrait elle aussi s’intéresser à la question, mais qui
ne nous donne pas non plus de ressources à cet effet.
Let me turn now to our court actions. The MMF will of course
defend any of our harvesters who are charged by provincial
conservation officers, but Metis rights in this province go well
beyond harvesting rights.
Laissez-moi aborder nos recours en justice. La FMM défend
bien sûr tout récolteur accusé par un agent provincial de
conservation, mais les droits des Métis dans la province vont
bien plus loin que les droits de récolte.
In our view, the Manitoba Act was a deal struck between the
Government of Canada and the Metis people of this province in
1870. The Manitoba Act promised to guarantee our rights to the
land Metis occupied at the time — the river lots — and to set
aside 1.4 million acres of land for Metis children. Where are these
Metis lands today? How did the Metis get dispossessed of their
lands in this province? Does the federal government not have a
fiduciary responsibility to ensure that the terms of the Manitoba
Act are respected?
Selon nous, la loi de 1870 sur le Manitoba est une entente
conclue entre la nation métisse et le gouvernement du Canada.
Elle garantissait les droits des Métis aux terres qu’ils occupaient à
l’époque (parcelles le long de la rivière) et réservait 1,4 million
d’âcres de terres pour les enfants métis. Où sont ces terres métisses
à l’heure où nous nous parlons? Comment les Métis ont-ils été
dépossédés de leurs terres dans la province? Le gouvernement
fédéral n’a-t-il pas une responsabilité fiduciaire et ne doit-il pas
veiller à ce que la Loi sur le Manitoba soit respectée?
The MMF has been in the courts for close to 30 years on this
matter. Last December, the case was finally heard by the Supreme
Court of Canada. The Manitoba land claims case promises to be
one of the most important judicial decisions affecting Metis in
Canada’s history.
Cela fait près de 30 ans que la FMM défend cette cause devant
les tribunaux. En décembre, la Cour suprême du Canada a
finalement entendu l’affaire. La décision judiciaire attendue quant
aux revendications territoriales du Manitoba promet d’être l’une
des plus importantes pour l’histoire des Métis au Canada.
The Metis were here before Canada even existed, let alone
before Canada’s takeover of the Northwest. We are an Aboriginal
people. We did not simply roll over when Canada took over the
West; we resisted and forced Canada to negotiate our entry into
Confederation. And that deal included land, just as surely as any
Indian treaty did, and that should be protected by section 35.
Les Métis étaient ici avant même que le Canada existe, et
longtemps avant que le Canada prenne contrôle du nord-ouest.
Nous sommes un peuple autochtone et nous ne nous sommes pas
contentés de baisser les bras quand le Canada a pris le contrôle de
l’Ouest. Nous avons résisté et contraint le Canada à négocier
notre entrée dans la Confédération. Le traité conclu incluait des
terres, tout comme n’importe quel traité indien, ce qui devrait être
protégé par l’article 35.
This case has cost us a great deal of money over the years. In
my time as president, the MMF has spent some $4 million moving
this case through the court system. Unlike First Nations, which
benefit from a federal fund to finance legal challenges, the MMF
has had next to no help from governments with these costs.
Instead, they have resisted us every step of the way. Let us hope
that they will respect the Supreme Court’s decision, as we
certainly will, instead of putting further obstacles in the way of
justice for the Metis people. Let us hope also that the Government
of Canada will treat us fairly and help us with legal costs of this
constitutional challenge. Above all, we want governments to act
expeditiously to fulfill their obligations to the Metis people once
the Supreme Court hands down its decision.
L’affaire nous a coûté beaucoup d’argent au fil des années.
Depuis que je suis président, la FMM a dépensé quelque
4 millions de dollars pour faire progresser l’affaire dans le
système judiciaire. Contrairement aux Premières nations, que le
gouvernement fédéral finance pour les contestations judiciaires, la
FMM a dû assumer ces coûts quasiment sans aide des
gouvernements. En fait, les gouvernements nous ont bloqués à
tous les tournants. Espérons qu’ils respecteront la décision de la
Cour suprême, comme nous avons l’intention de le faire de notre
côté, au lieu de multiplier les entraves à la justice pour le peuple
métis. Espérons aussi que le gouvernement du Canada nous
traitera de façon équitable et nous aidera à assumer les coûts de
cette contestation judiciaire. Nous espérons surtout qu’une fois
rendue la décision de la Cour suprême, les gouvernements
prennent des mesures sans tarder pour respecter leurs
obligations envers le peuple métis.
The duty to consult and accommodate Aboriginal peoples in
the approval of major resource and industrial developments is
another area where, though clearly directed to do so by the courts,
governments have been moving very slowly to include Metis
people.
Le devoir de consultation et d’accommodement des peuples
autochtones avant d’approuver de gros projets industriels ou
touchant les ressources est un autre domaine o ù les
gouvernements tardent à inclure le peuple métis, malgré les
directives claires des tribunaux en la matière.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:25
There are a couple of issues here. First, industry is unlikely to
want to extend consultation and accommodation to Metis unless
clearly directed to do so by government. Yet government policy
remains ambiguous on recognition of Metis rights. Companies
have no difficulty including Indian reserves in their consultation
process but often balk at having to extend consultations to Metis.
The Crown has the responsibility to make sure that all Aboriginal
people affected by a proposed development be covered under
consultation and accommodation policy.
Plusieurs questions entrent en jeu, en la matière. Tout d’abord,
il est peu probable que le secteur privé élargisse la consultation et
l’accommodement aux Métis sans y être clairement enjoint par le
gouvernement. Or les politiques du gouvernement restent
ambiguës quant à la reconnaissance des droits des Métis. Les
sociétés incluent les réserves indiennes dans leur processus de
consultation sans difficulté, mais rechignent souvent à un
élargissement de la consultation aux Métis. La Couronne a le
devoir de veiller à ce que tous les peuples autochtones touchés par
un projet envisagé soient consultés et puissent bénéficier
d’accommodements.
We all know that this matter has been dealt with by the
Supreme Court of Canada, in that it must participate in making
sure Aboriginal people are accommodated.
C’est une question qu’a tranchée la Cour suprême du Canada :
le gouvernement doit participer aux efforts pour que les peuples
autochtones bénéficient de mesures d’accommodement.
Second, there is clearly a lack of understanding of how Metis
differ in their governance structures from First Nations. For First
Nations, the Crown and companies can deal with identifiable
band and tribal governments within the area of the proposed
development. Metis do not have the same governance structures,
nor of course do we have separate land bases.
Deuxièmement, les structures de gouvernance des Métis et
leurs différences avec celles des Premières nations échappent
manifestement à bien des gens. Quand il s’agit de Premières
nations, la Couronne et les sociétés privées ont des interlocuteurs
clairement identifiés : la bande et le gouvernement tribal dans la
zone du projet envisagé. Les Métis n’ont pas les mêmes structures
de gouvernance ni, bien sûr, de territoires distincts.
In Manitoba, it seems that the Crown, whether federal or
provincial, and project proponents have difficulty knowing whom
they should be dealing with when it comes to Metis. Well, the
answer to that is quite simple: They have to deal with the
government of the Metis people, which in this province is the
MMF.
Au Manitoba, il semblerait que la Couronne, fédérale ou
provinciale, ainsi que les promoteurs de projet, aient des
difficultés à savoir à qui s’adresser quand il s’agit des Métis.
Pourtant, la réponse est très simple : ils doivent traiter avec le
gouvernement du peuple métis, qui, dans notre province, est la
FMM.
You should know that the MMF has a provincial, a regional
and a local structure. There are over 100 MMF locals throughout
Manitoba, and those locals generate from about 80 communities.
Normally, there is no more than one local per community and
each local must have at least nine members.
Il est bon de savoir en effet que la FMM a des structures
provinciale, régionale et locale. Nous comptons quelque
100 sections locales de la FMM au Manitoba, provenant de
quelque 80 communautés. Habituellement, il y a seulement une
section locale par communauté et chaque section locale doit
compter neuf membres au moins.
A resolution was passed at our annual generally assembly —
unanimously, I would like to point out — a few years ago that
prevents any local from entering into separate deals with
particular companies on the duty to consult. Also, just to
reflect, at our annual assembly, we have about 3,000 delegates
show up, making it the biggest assembly in Canada.
Il y a quelques années, une résolution a été adoptée lors de
notre assemblée générale annuelle — à l’unanimité, je tiens à le
souligner —, empêchant toute section locale de conclure une
entente distincte avec une société donnée en ce qui concerne le
devoir de consultation. De plus, à titre indicatif, laissez-moi
préciser qu’environ 3 000 délégués sont présents lors de notre
assemblée annuelle, ce qui en fait la plus grosse au Canada.
I do apologize for this lengthy writing but I want this to be part
of history here.
J’espère que vous me pardonnerez de m’appesantir, mais il me
semble important de consigner les faits ici.
Individual locals do not have the resources or expertise to deal
with large companies or governments. MMF home office has a
greater capacity to negotiate with officials, hire lawyers and other
experts, and to strike a better deal for Metis. We have made it
quite clear to all that the duty to consult should be exercised
through the Manitoba Metis Federation. This is again, as I said,
unanimously adopted by every community in the province.
Les sections locales individuelles n’ont ni les ressources ni
l’expertise voulues pour traiter avec de grosses sociétés ou des
gouvernements. Le siège de la FMM est mieux placé pour
négocier avec les fonctionnaires, retenir des avocats ou d’autres
experts et parvenir à une meilleure entente pour les Métis. Nous
avons indiqué clairement à toutes les parties que le devoir de
consultation devrait s’exercer par l’intermédiaire de la Fédération
des Métis du Manitoba. Comme je l’ai dit, c’est une approche qui
a été ratifiée par toutes les collectivités de la province.
23:26
Aboriginal Peoples
1-10-2012
This has not prevented the province from trying to circumvent
dealing with the MMF. It has tried to use northern community
councils, which is mayor and councils — local authorities the
province has set up to administer municipal responsibilities up
north — to represent Metis in development negotiations. This is
clearly a non-starter. These community councils have no
jurisdiction to surrender Metis lands or Metis rights.
Cela n’a pas empêché la province de s’efforcer de circonvenir la
FMM. Elle a essayé d’utiliser les conseils des communautés du
Nord, c’est-à-dire un maire et un conseil municipal, des autorités
locales établies par la province pour gérer des responsabilités
municipales dans le Nord, pour représenter les Métis dans des
négociations sur divers projets. C’est bien sûr inacceptable. Ces
conseils de collectivités n’ont pas compétence pour céder des
droits ou des terres métis.
Just for your information, it is called the Northern Affairs Act.
If you want a copy of that, I will share it with you. The Northern
Affairs Act itself clearly distinguishes what the role and
responsibility of a mayor and council is. It oversees the roads,
the taxes, water. Yet, that is who they are telling the proponents
to negotiate with.
À titre d’information, cela s’est fait par la Loi sur les affaires du
Nord. Je peux vous en fournir un exemplaire. La Loi sur les
affaires du Nord indique clairement quels sont les rôles et
responsabilités d’un maire et d’un conseil municipal : encadrer les
routes, les taxes, l’eau. Et on suggère pourtant que les promoteurs
négocient avec eux.
Once again, the MMF has had repeatedly to threaten legal
action to be included in the negotiations under the duty to
consult. There should be a better way of doing things.
Là encore, la FMM a dû menacer de lancer un recours devant
les tribunaux pour être inclus dans les négociations, dans le cadre
du devoir de consultation. Il devrait y avoir moyen de faire mieux.
It was in this spirit that I entered into discussions with the
premier a few years ago. You heard Eleanor Brockington speak
about the Metis policy. Well, regarding the Metis policy, actually
when we negotiated, I pushed the Province of Manitoba very
vigorously on this because when you look at all governments,
including federal — and you are fully aware of this, senators —
without policy, it will not guide the deputy minister or the
departments to develop an action plan. I pushed my premier very
vigorously that we wanted to make sure when you look at a First
Nation policy, because we did not have a Metis policy, so
decisions are being made where monies are going to be spent or
programs or anything of that nature. Nothing was going to the
Metis. We were getting crumbs that fell off the table. We have
now come close with new Premier Selinger to the finalization. We
have got it announced, adopted, but it has not been implemented.
We have got that to be resolved. That is very fundamental and I
am hoping that one day Canada will do the same. We do not have
a Metis policy under the federal government.
C’est pour cela que j’ai entamé des discussions avec le premier
ministre de la province il y a quelques années. Vous avez entendu
Eleanor Brockington parler de la politique sur les Métis. Eh bien,
quand on a négocié, j’ai beaucoup insisté auprès de la province du
Manitoba. Pourquoi? Parce que, en l’absence d’une politique — et
c’est vrai pour tous les gouvernements, y compris le fédéral,
comme vous le savez pertinemment, sénateurs —, rien n’oriente le
sous-ministre ou les ministres qui élaborent un plan d’action.
C’est pourquoi j’ai beaucoup insisté auprès de mon premier
ministre, pour veiller à examiner la politique des Premières
nations, parce que nous n’avions pas de politiques sur les Métis, si
bien que des décisions se prenaient quant aux sommes dépensées
ou aux programmes mis en œuvre ou à d’autres questions de cet
ordre. Et rien n’allait aux Métis. Nous devions nous contenter des
miettes. Avec le premier ministre Selinger, nous en sommes
presque à l’étape de la finalisation. C’est annoncé, adopté, mais
pas encore mis en œuvre. Mais c’est résolu. C’est fondamental et
j’espère qu’un jour, le Canada en fera autant. En effet, il n’y a pas
de politiques sur les Métis au gouvernement fédéral.
The reluctance of governments to recognize Metis rights is not
the only obstacle placed in our way. Other obstacles to the
exercise of our harvesting rights have emerged. Having spent so
much money and energy just fighting to have our Aboriginal
rights recognized, it has come as something of a surprise to see
that some of our brothers among the First Nations are opposing
our exercising those rights.
L’hésitation des gouvernements à reconnaître les droits des
Métis n’est pas le seul obstacle auquel nous nous heurtons.
D’autres sont apparus. Après avoir dépensé énormément d’argent
et d’énergie à la lutte pour voir nos droits autochtones reconnus,
nous avons eu la surprise de constater que certains de nos frères
des Premières nations s’opposaient à l’exercice de nos droits.
It is one of the speeches I have made openly in this province.
Throughout my political career, I never ever thought that the
First Nations would be my challenge. I am told now that our First
Nations chiefs are opposing my Metis rights as a people and they
do not believe that we have the right to harvest in this province or
equal to their rights. I do not know who they are. They do not
come out publicly, but they lobby the Government of Manitoba.
It is a very difficult challenge for us because that is our closest
C’est l’un des discours que je tiens ouvertement dans la
province. Tout au long de ma carrière politique, jamais je n’aurais
cru que les Premières nations deviendraient un défi. On me dit
maintenant que nos chefs des Premières nations s’opposent à mes
droits de Métis comme peuple et ne croient pas que nous ayons un
droit de récolte dans la province ni une égalité avec leurs droits. Je
ne sais pas de qui il s’agit; ils ne se sont pas manifestés
publiquement; mais ils font pression sur le gouvernement
1-10-2012
Peuples autochtones
23:27
relative, as we call it. There seems to be an opposition, and I do
not know who they are.
du Manitoba. C’est un défi particulièrement difficile pour nous,
parce qu’ils sont nos plus proches parents, comme nous aimons à
le dire. Il semblerait qu’il y ait une opposition et nous ignorons
d’où elle provient.
I must make it absolutely clear that the MMF will defend the
rights of our people no matter what.
Je dois être absolument clair sur le fait que la FMM va
défendre les droits de notre peuple quoi qu’il arrive.
I want to skim through a lot of this stuff now because I want to
go more into the questions. It is very clear that for the federal
programs that we have right now, we are at a point in time where
we look at funding. You asked some specific questions on
economic development. You heard Ms. Brockington speak. We
do have a $10-million fund we negotiate with Canada. We have a
federal fund under the MEDF. That is another $4 million for
Canada. So we have in total $14 million in economic development
funds that we are administering. We also have a capital
corporation we administer that has a fund of $8 million. That
fund was under Aboriginal Business Canada and is now under the
full authority of the MMF. So these three entities are now
working together to create the economic engine for the Metis
people in Manitoba.
Je désire parcourir rapidement bon nombre de ces choses-là,
car je préfère aller davantage dans les questions. Il est très clair
que pour les programmes fédéraux que nous avons à l’heure
actuelle, nous en sommes à un point où nous examinons le
financement. Vous avez posé des questions précises sur le
développement économique. Vous avez entendu
Mme Brockington parler. Nous avons un fonds de 10 millions
de dollars que nous négocions avec le Canada. Nous avons un
fonds fédéral en vertu du MEDF. Il s’agit de 4 millions
supplémentaires pour le Canada. Par conséquent, au total, nous
avons 14 millions de dollars en fonds de développement
économique que nous administrons. Nous avons également une
société de financement que nous administrons et qui dispose d’un
fonds de 8 millions de dollars. Ce fonds relevait d’Entreprise
autochtone Canada et est désormais sous l’autorité de la FMM.
Ces trois entités travaillent désormais ensemble pour créer le
moteur économique pour le peuple métis du Manitoba.
However, it is just new; it takes time to get there. We are far
away from getting the $10 million resolved. Like I said, it is only
$2 million a year for the next five years. We have some ways to
go yet.
Toutefois, tout cela est nouveau; et ça prend du temps pour
y arriver. Nous sommes très loin d’avoir résolu la question des
10 millions de dollars. Comme je l’ai dit, il ne s’agit que de
2 millions par an, pendant les cinq prochaines années. Nous
avons encore du chemin à faire.
The other parts I think that are essential to recognize I guess
are the process of not knowing. I understand that very clearly
from discussions from before we even started the meeting; that
distinct base is going to be an issue.
L’autre élément qu’il est à mes yeux essentiel de reconnaître,
c’est le processus de ne pas savoir. Je comprends cela très
clairement d’après les discussions que nous avons eues avant
même de commencer la réunion; cette base distincte va poser
problème.
I hear the word Aboriginal on this table a lot. I hear it from
Canada and I hear it from provincial governments. In fact, that is
one of our biggest anchors. The word Aboriginal is damaging to
the Metis people because Canada will announce an Aboriginal
program. When you look at the fine line, like any legal contract,
you look at the bottom line, it is not meant for us. However,
Canadians think we are getting all this funding, all these health
programs and all these education resources. Still to this day under
this new millennium, people believe that our education is paid for.
Our education is paid by no one. We are on our own.
J’entends le mot autochtone souvent autour de cette table. Je
l’entends du Canada et je l’entends des gouvernements
provinciaux. En fait, c’est une de nos plus grosses bêtes noires.
Le mot autochtone nuit au peuple métis, car le Canada va
annoncer un programme autochtone. Quand vous regardez les
petits caractères, comme dans n’importe quel contrat juridique,
vous regardez les résultats, et ça ne nous concerne pas. Toutefois,
les Canadiens pensent que nous recevons tout ce financement,
tous ces programmes de santé et toutes ces ressources pour
l’éducation. Aujourd’hui encore, en ce nouveau millénaire, les
gens pensent que notre éducation est payée. Notre éducation n’est
payée par personne. Nous sommes livrés à nous-mêmes.
You heard the Access program I think that Ms. Brockington
referred to that the province has initiated. Again it is only a very
small proponent versus the population of Metis people that are
trying to get post-secondary education. When you talk about
those types of issues, it is essential to recognize that Metis people
are struggling very vigorously.
Vous avez entendu parler du programme Access, auquel
Mme Brockington a fait allusion, je crois, et que la province a
mis sur pied. Encore une fois, il s’agit d’une très petite portion,
par rapport à la population métisse, de gens qui essaient d’obtenir
une éducation postsecondaire. Lorsque vous parlez de ce genre de
questions, il est essentiel de reconnaître que le peuple métis doit
lutter très vigoureusement.
23:28
Aboriginal Peoples
1-10-2012
The programs that Ms. Brockington referenced like the Louis
Riel Institute, it has a fund from the province for $125,000. We
matched that fund with federal funds. Its function is to try to find
an ability, whether to develop curriculum or actually deliver
curriculum, and they are doing some of that. However, they are a
long way from actually making a major impact in the field of
education. We have got that.
Les programmes auxquels Mme Brockington a fait allusion,
comme l’Institut Louis-Riel, qui est doté d’un fonds de la
province de 125 000 $. Nous avons jumelé ce fonds avec des fonds
fédéraux. Sa fonction consiste à essayer de trouver une façon de
développer des programmes ou, en fait, de mettre en œuvre des
programmes, et c’est ce qu’ils font en partie. Toutefois, ils sont
encore loin d’avoir vraiment une incidence dans le domaine de
l’éducation. Cela est clair.
One of the programs I want to reference here is called the
ASETS Program in Canada. If there is any model that I would
recommend to the Senate to move forward on, it is that program.
That ASETS Program by Canada is one of the best programs I
have ever seen throughout my entire career in Aboriginal politics.
That program is distinct based and is broken down to a portion of
how many shares are given to all three different Aboriginal
peoples in Canada. From there, we deliver services. There is all
the ability for measurables, direct impact to partner with the
private sector. In fact, the MMF has been known in the last
10 years to be number one in Canada. We are ranked the top in
Canada for the last 10 years, so we provide the most jobs and the
most training when you do a measurable base per capita of
resources versus population.
Un des programmes sur lequel j’aimerais m’attarder ici
s’appelle le programme SFCEA, offert au Canada. S’il y avait
un modèle que je recommanderais au Sénat pour qu’il l’adopte, ce
serait ce programme. Ce programme SFCEA offert par le Canada
est un des meilleurs programmes que je n’ai jamais vu, de toute
ma carrière en politique autochtone. Ce programme est distinct
des autres et il est divisé en fonction des parts octroyées aux trois
différents peuples autochtones du Canada. À partir de cela, nous
offrons des services. Il y a toute la possibilité d’avoir des éléments
mesurables, de voir l’impact direct pour les partenaires dans le
secteur privé. En réalité, la FMM se classe, depuis les 10 dernières
années, au premier rang au Canada. Cela fait 10 ans que nous
nous classons premiers au Canada et nous offrons donc le plus
grand nombre d’emplois et le plus de formation si vous mesurez
les choses par rapport aux ressources investies par habitant, par
rapport à notre population.
I am very proud of that program. It has changed thousands of
people’s lives. I am going to go off the topic of my speech now.
Je suis très fier de ce programme. Il a changé la vie de milliers
de personnes. Je vais maintenant m’écarter du sujet de mon
discours.
It has given us the tool to actually create an endowment fund
which is in my report here. The endowment fund you see
referenced here is $10 million. It is close to $14 million right now.
That fund that we were able to establish is the University of
Manitoba. I met with every president, and I challenged them that
there are no funds for post-secondary education for our children.
Yet you want them in your schools. If you want them in your
universities, you help us get there. They were willing to give me a
quarter for every dollar I raised and I fought them until they said
yes, they will give me dollar for dollar if I could raise it.
Cela nous a donné les outils nécessaires pour créer un fonds de
dotation qui se trouve dans mon rapport, ici. Le fonds de dotation
que vous voyez s’élève à 10 millions de dollars. À l’heure actuelle,
il s’élève à près de 14 millions de dollars. Ce fonds que nous avons
été capables de créer est l’Université du Manitoba. J’ai rencontré
chaque président et je les ai mis au défi en leur disant qu’il n’y
avait pas de fonds pour l’éducation postsecondaire pour nos
enfants. Et pourtant vous voulez qu’ils aillent dans vos écoles. Si
vous les voulez dans vos universités, aidez-nous à faire en sorte
qu’ils y arrivent. Ils étaient prêts à me donner un quart de chaque
dollar que j’avais amassé et je me suis battu avec eux jusqu’à ce
qu’ils disent oui, qu’ils me donnent un dollar pour chaque dollar
que je pourrais amasser.
I then fought with Canada under the ASETS Program. I said
to Canada, if I can meet my targets, meet all my jobs as required
and my training requirements, 400 employed and 1,600 trained, if
I can meet all those targets, any surplus money I have here can be
used for post-secondary education. They said yes to me knowing I
would never do it. We met our targets, we met all our training.
From that day on, we have been able to set aside half a million
dollars in our ASETS Program, which the universities match
dollar for dollar. Since that time, we have raised over $14 million.
We are earning about 5 to 6 per cent interest on that money, and
the principle of course is never touched. We are giving out at least
Ensuite, je me suis battu avec le Canada et avec son
programme SFCEA. J’ai dit au Canada que si j’arrivais à
atteindre mes objectifs, à créer tous mes emplois et à répondre
à tous mes besoins en formation, 400 personnes employées et
1 600 personnes formées, si j’arrivais à atteindre tous ces objectifs,
tout argent supplémentaire que j’aurais amassé pourrait être
utilisé pour l’éducation postsecondaire. Ils m’ont dit oui, sachant
que je n’y arriverais jamais. Nous avons atteint nos objectifs, nous
avons réalisé toutes nos formations. Depuis ce jour-là, nous avons
pu mettre de côté un demi-million de dollars dans notre
programme SFCEA et les universités nous ont versé une somme
1-10-2012
Peuples autochtones
23:29
$500,000 to $600,000 to our students right now. If there is any
program I brag about or am proud of, it is that particular
program.
égale, dollar pour dollar. Depuis ce temps-là, nous avons amassé
plus de 14 millions de dollars. Nous touchons environ 5 à 6 p. 100
d’intérêt sur cet argent et nous ne touchons jamais au principal,
bien évidemment. Nous donnons actuellement au moins 500 000 à
600 000 $ à nos étudiants. S’il y a un programme dont je me
targue ou dont je suis fier, c’est ce programme précis.
I want to do health and then I will open the floor. I gave you a
copy of the health study. The reason I think it is essential for the
Senate to look at it is because you look at the question you asked
yourself regarding Metis and examine the report on the legal and
political recognition of Metis. Now the health study that we did is
irrefutable. It is actually the PHIN numbers of our citizens. You
cannot debate those. These are actual health numbers that our
citizens have and you can track every doctor appointment, every
prescription, every chronic illness that the Canadian citizen has.
We did about 70,000 of the PHIN numbers our people would use
and it shows that Metis have the worst health care of anybody in
this province. We have the highest diabetes. If you look at the
measurables of those statistical numbers, those numbers are Metis
versus all Manitoba population. All Manitoba population
includes First Nations. You take out First Nations from there,
and we will sky rocket way beyond that number. If you think that
number is scary, take out the First Nations from the Manitoba
population because we could not separate them. If you take off
the Manitoba population, then our numbers will be even more
damaging and scary. We die earlier than anybody else. We have
the highest chronic illnesses, whether it is arthritis or whatever. It
is because Canada and Manitoba have denied the very existence
of Metis and who is responsible for the Metis people. I think that
is the best example of factual documentation and data that can
prove if you take the data and take it to economic development,
take it to other fields, you will see that the mirroring of that
situation would not be far different. We took four years in the
study to do it. That was done by Dr. Julia Bartholette in the
province, and the federal government was involved.
Je veux couvrir la santé et ensuite nous ouvrirons la discussion.
Je vous ai donné une copie de l’étude sur la santé. La raison pour
laquelle je crois qu’il est essentiel que le Sénat l’examine, c’est
parce que vous vous êtes posé la question à propos des Métis et
que vous examinez le rapport sur la reconnaissance juridique et
politique des Métis. L’étude sur la santé que nous avons menée est
irréfutable. Il s’agit en fait des numéros NIMP de nos citoyens.
Vous ne pouvez pas débattre de ces numéros. Il s’agit des numéros
de santé réels de nos citoyens et nous pouvons retracer chaque
rendez-vous chez le médecin, chaque ordonnance, chaque maladie
chronique dans le dossier du citoyen canadien. Nous avons
parcouru environ 70 000 des numéros NIMP dont se servent les
Métis et cela montre que les Métis ont les pires soins de santé de
tous les habitants de cette province. Nous avons le plus haut taux
de diabète. Si vous regardez tous les éléments mesurables de ces
statistiques, voici les chiffres des Métis par opposition à toute la
population du Manitoba. Toute la population du Manitoba inclut
les Premières nations. Si vous enlevez les Premières nations de ces
statistiques, nous montons en flèche, bien au-delà de ce chiffre. Si
vous pensez que ce chiffre fait peur, enlevez les Premières nations
de la population du Manitoba, car vous ne pouvez pas les séparer.
Si vous enlevez la population du Manitoba, à ce moment-là nos
chiffres sont encore plus préjudiciables et effrayants. Nous
mourons plus tôt que tous les autres. Nous avons le plus grand
nombre de maladies chroniques, qu’il s’agisse de l’arthrite ou
autre chose. C’est parce que le Canada et le Manitoba ont nié
l’existence même des Métis et ont rejeté la responsabilité pour le
peuple métis. Je crois qu’il s’agit-là du meilleur exemple de
documentation et de données factuelles qui peuvent prouver que
si vous prenez des données et que vous les transposez dans le
secteur du développement économique ou dans d’autres secteurs,
vous verrez que la situation ne serait pas bien différente. Cette
étude a mis quatre ans avant d’aboutir. Elle a été réalisée par
Mme Julia Bartholette dans la province et le gouvernement
fédéral y a participé.
When I wrote to the federal Minister of Health, she referred me
to the province. I go see the province, they say go see the Minister
of Health. So I am caught in a quandary. That is the same
scenario; we have gone and asked the question I think you are
asking us today, to examine the legal and political recognition.
Even with that document, showing that is the state of people in
dire need, both governments are still sending us back and forth. I
make it public here openly as I state to them that I can be
somewhere in the middle of the bush, and they will find me to pay
taxes. When it comes to servicing my people, they cannot find me.
There is something wrong with that process.
Lorsque j’ai écrit à la ministre fédérale de la Santé, elle m’a
renvoyé à la province. Je suis allé voir la province, et ils m’ont dit
d’aller voir la ministre de la Santé. Nous voici donc face à un
dilemme. Il s’agit du même scénario; nous avons été posés la
question que vous nous posez aujourd’hui, pour examiner la
reconnaissance juridique et politique. Même avec ce document,
prouvant les besoins criants de notre peuple, les deux
gouvernements nous font faire ces va-et-vient. Je le dis
publiquement ici, ouvertement, et je leur dis que je peux me
trouver quelque part au milieu de la brousse, ils viendront me
trouver pour que je paye mes taxes. Quand il s’agit de servir mon
peuple, ils ne sont pas capables de me trouver. Il y a quelque chose
qui ne tourne pas rond dans ce processus.
23:30
Aboriginal Peoples
With that, senators, I will close off my comments. You can
read the rest at your own leisure. I do appreciate and I do
commend the Senate again in my closing remarks for taking the
opportunity to actually take this file. I hope it is the beginning of
more to come. Senators, I think you need to shake up the mindset,
both the political and the citizens in this country, to realize the
state of the Metis people in Canada today.
The Chair: Thank you.
1-10-2012
Sur ce, mesdames et messieurs les sénateurs, je mettrai fin à mes
commentaires. Vous pouvez lire le reste à votre guise. En
conclusion, je tiens encore à féliciter le Sénat, car j’apprécie que
vous ayez pris le temps d’examiner ce dossier. J’espère qu’il s’agit
du début d’une longue série. Mesdames et messieurs les sénateurs,
je crois que vous devez secouer les Canadiens, tant les politiciens
que les citoyens de notre pays, pour qu’ils se rendent compte de
l’état du peuple métis au Canada aujourd’hui.
Le président : Merci.
Colleagues, I am going to ask you to ask one question each,
and we may have to ask the president, if it is the decision of the
committee, to possibly come to Ottawa and clarify some of the
stuff. I know what you are trying to do, president; you want to get
it on the record. This has been one of the first opportunities.
However, the questions our senators will have are quite important
too, as is our being able to establish a report that will be
recognized. We have had good results with reports.
Chers collègues, je vais vous demander de poser une question
chacun et il se peut que nous ayons à demander au président, si
telle est la décision du comité, d’éventuellement venir à Ottawa
pour éclaircir certains de ces points. Je sais ce que vous essayez de
faire, monsieur le président; vous voulez que cela figure au compte
rendu. Il s’agit là d’une des premières occasions. Toutefois, les
questions que vont vous poser nos sénateurs sont également très
importantes, tout comme l’est notre capacité de rédiger un
rapport qui sera reconnu. Nous avons eu de bons résultats avec
nos rapports.
Where did the word Metis come from? When I grew up here in
Manitoba, we were Michif. We had a language, and that language
was in the community and I believe it originated to a vast degree
right in this area. It was what Grant and later Riel really grabbed
hold of and they established the Manitoba Act. Why did we go to
the word Metis and why are we not still Michif? It was a language.
D’où vient le mot Métis? Pendant mon enfance, ici au
Manitoba, nous étions des Métchifs. Nous avions une langue et
cette langue était celle de la communauté et je crois qu’elle est née
en grande partie dans cette région. C’est ce dont Grant et, plus
tard, Riel se sont réellement approprié pour ensuite créer la Loi
sur le Manitoba. Pourquoi avons-nous ensuite adopté le mot
Métis et pourquoi ne sommes-nous plus des Métchifs? Il s’agissait
d’une langue.
Mr. D. Chartrand: What it is basically, if you look at this
historically, our nation originated in the early 1700s and based on
our paternal side leaving us and the maternal side keeping us and
nobody wanted us, non-Aboriginal and First Nation. As time
evolved, our people started to become their own identity. We
created our own language, our own music, our own sound, our
own foods, our own style. People did not know what to call us.
They called us country-born at one time. They called us the flower
people. If you look, most of our bead work is flowers. If you look
at us historically, we are called the flower people. They may call
us half-breeds, mixed bloods. It was not till Riel really
formulated, when they tried to call us the English half-breeds,
that the Michif side is the French side. In Metis, the translation is
‘‘mixed blood’’ in French. That is where really that word stuck
after, Metis meaning.
M. D. Chartrand : En fait, si vous remontez dans l’histoire,
notre nation a des racines qui remontent au début des
années 1700, à l’époque où note côté paternel nous a quittés et
notre côté maternel nous a gardés et plus personne ne nous
voulait, ni les non-Autochtones ni les Premières nations. Avec le
temps, notre peuple a commencé à devenir sa propre identité.
Nous avons créé notre propre langue, notre propre musique,
notre propre son, notre propre nourriture et notre propre style.
Les gens ne savaient pas quel nom nous donner. À une époque, ils
nous appelaient les gens nés au pays. Ils nous ont appelés les gens
au motif floral. Si vous regardez, la plupart du travail de broderie
perlée que nous faisons représente des fleurs. Si vous regardez
dans l’histoire, on nous appelait le peuple au motif fleural. Ils
nous appelaient aussi les demi-races, les Sang-Mêlé. Ce n’est pas
avant l’arrivée de Riel, époque à laquelle ils ont essayé de nous
appeler les demi-races anglais, qui ressortit le côté métchif comme
étant le côté français. Dans Métis, la traduction est « Sang-Mêlé »
en français. C’est à ce moment-là que cette désignation est restée
par la suite, celle de Métis.
It has been a challenge for us to make sure that people do not
just use the word ‘‘Metis.’’ I know in some parts of Canada, they
believe the word Metis is just anybody with mixed blood, because
in translation in French, that is what it means. But it truly is not
that. It is something like you are saying, Senator St. Germain,
language Michif was created by our people and studied by
Denmark and other countries to this day. Japan just met with me
recently to talk about the Ainu people trying to understand and
Ça a été difficile pour nous de nous assurer que les gens ne se
servent pas seulement du mot « métis ». Je sais que dans certaines
régions du Canada, les gens pensent que le mot métis désigne
toutes les personnes de sang-mêlé, car, si on le traduit en français,
c’est ce que ça veut dire, mais ce n’est pas du tout ça, en vérité.
Comme vous l’avez dit, sénateur St. Germain, il s’agit de la
langue métchif qui a été créée par notre peuple et étudiée au
Danemark et dans d’autres pays à ce jour. J’ai rencontré des
1-10-2012
Peuples autochtones
23:31
learn from the Metis people in Canada. The issue for the Metis I
think is that where we are tightening our definition, making it
more clear that the Metis are Ontario West and United States and
Northwest Territory bound because that is our homeland. The
word Metis originated in a sense that this is a nation of our
people.
Japonais récemment pour parler du peuple aïnou pour essayer de
comprendre et d’apprendre du peuple métis du Canada. La
question pour les Métis, je crois, c’est que nous sommes en train
de resserrer notre définition, pour montrer plus clairement que les
Métis sont rattachés à l’ouest de l’Ontario, aux États-Unis et aux
Territoires du Nord-Ouest, car il s’agit là de notre patrie. Le mot
Métis, d’une certaine façon, fait allusion au fait qu’il s’agit d’une
nation de notre peuple.
Those other identifications, mixed blood and that, still
resonate to hurt us today, and we are watching that very
carefully. The word ‘‘Metis’’ will stick with us forever now. It is
not going to go away. It is something we will protect. We believe it
to be identifying who we are as a people; we are a Metis nation.
As I said, we came with a variety of names. The Cree Indian used
to call us ‘‘the people that owned themselves,’’ and that is what
the First Nations used to call us.
Les autres appellations, sang-mêlé et autres, nous nuisent
encore aujourd’hui et nous surveillons cela de très près. Le mot
« métis » sera rattaché à nous pour toujours. Il ne disparaîtra
jamais. C’est quelque chose que nous allons protéger. Nous
pensons qu’il identifie bien qui nous sommes en tant que peuple;
nous sommes une nation métisse. Comme je l’ai dit, nous avions
plusieurs noms. Les Cris avaient l’habitude de nous appeler « le
peuple qui s’appartient à lui-même » et c’est comme ça que les
Premières nations avaient l’habitude de nous appeler.
When Louis Riel was able to bring the English half-breed and
the French half-breed at that time together, the word ‘‘Metis’’ and
‘‘Michif’’ came together. It originated and stays there to this day.
It is one of his great achievements. So ‘‘Metis’’ will continue to be
something that we protect now as identifying. Now we have got to
close that gap and make it very clear who they are.
Quand Louis Riel a pu rassembler les demi-races anglais et les
demi-races français, les mots « métis » et « métchif » ont été
créés. C’est de là qu’ils viennent et ils demeurent encore
aujourd’hui. C’est de ces grandes réalisations. Par conséquent,
le mot « métis » continuera d’être quelque chose que nous
protégeons et qui nous identifie. Il faut désormais combler cet
écart et dire très clairement qui nous sommes.
Senator Dyck: First of all, I would like to say thank you for
your presentation. It was very thorough and I am glad that you
put it into the record.
Le sénateur Dyck : Tout d’abord, j’aimerais vous remercier
pour votre exposé. Il était très complet et je suis heureux que vous
l’ayez versé au compte rendu.
It is really hard to ask a simple question because you raised so
many very complex and important issues.
C’est très difficile de poser une question simple, car vous avez
soulevé un très grand nombre de questions complexes et
importantes.
I will ask you about the northern communities mentioned by
our previous presenter. It sounded from what she had said is that
the northern communities are excluded. It sounded like in some of
the provincial programs they were not considered Metis.
However, I gather from your presentation that you consider
those communities to be Metis communities. Could you clarify
that?
Je veux vous poser une question sur les communautés du Nord
qu’a mentionnées notre présentatrice précédente. D’après ce
qu’elle a dit, il semblerait que les communautés du Nord soient
exclues. Il semblerait que dans certains programmes provinciaux,
ils ne soient pas considérés comme des Métis. Toutefois, d’après
votre exposé, j’ai l’impression que vous considérez ces
communautés comme étant des communautés métisses.
Pourriez-vous nous éclaircir ce point?
Mr. D. Chartrand: Yes. In fact, thank you for that question.
You heard me reference earlier that we have 132 locals I believe in
total, and out of that originate 80 communities. There are 62 I
believe Northern Affairs communities in Manitoba under the
Northern Affairs Act, and that is where you have mayor and
council. Those communities were primarily dominated as Metis
communities.
M. Chartrand : Oui. En fait, merci de cette question. Vous
m’avez entendu dire, plus tôt, que nous avons, je crois,
132 sections au total et que tout cela forme 82 communautés.
Selon la Loi sur les affaires du Nord, il y a, je crois, 62
communautés désignées au Manitoba et c’est là que vous avez un
maire et un conseil municipal. Ces collectivités étaient
principalement dominées par les communautés métisses.
A lot changed after Bill C-31 of course came, and people began
to move towards accessing the Bill C-31 treaty card. But they
have no place to go, so they still live in these communities. They
still wanted to be Metis but they took the card for health reasons
or hunting reasons at the time before hunting rights came into
play here. But it is still predominantly strong Metis communities.
Bien des choses ont changé après l’arrivée du projet de loi C-31
et les gens ont commencé à avoir accès à la carte de traité prévue
par le projet de loi C-31. Mais ils n’ont nulle part où aller et ils
vivent toujours dans ces communautés. Ils veulent toujours être
des Métis, mais ont pris la carte pour des raisons de santé ou pour
la chasse, à l’époque, avant que les droits de chasse n’entrent en
23:32
Aboriginal Peoples
1-10-2012
The culture is still Metis. When you go inside, it is still Metis
communities, although there is still a small non-Aboriginal
population.
jeu. Mais il s’agit toujours de communautés à forte prédominance
métisse. La culture est celle des Métis. Quand vous y allez, ce sont
toujours des communautés métisses, même s’il y a encore un petit
nombre de non-Autochtones.
I read an interesting letter. I am going to send you a copy
after — 1944, Duck Bay, Manitoba, where the Government of
Manitoba is referencing that they called Duck Bay a half-breed
community. This is 1944. I just read it a week ago. They were
referencing the issue that you have got to go through the reserve
to get to the half-breed community. However, the Ukrainians are
coming in and they are dominating the fishing industry, trying to
take it away from the Metis and the Metis are doing extremely
well in fishing. The Ukrainians are coming there and bringing
alcohol and all these other things inside the community. So the
government is saying we have got to find a way to stop them, and
one of the ways of doing it is maybe preventing them from going
through the reserve. The only way to get to Duck Bay is through
the reserve. We are at the end of the road of that particular area.
J’ai lu une lettre intéressante. Je vais vous en envoyer une copie
après — 1944, Duck Bay, Manitoba, où le gouvernement du
Manitoba indique qu’on appelait Duck Bay une communauté de
demi-race. Il s’agit de 1944. Je l’ai lu il y a à peine une semaine. Ils
indiquent qu’il fallait traverser la réserve pour arriver jusqu’à la
communauté de demi-race. Toutefois, les Ukrainiens arrivent et
ils dominent l’industrie des pêches, ils essayent de l’enlever aux
Métis et les Métis sont d’extrêmement bons pêcheurs. Les
Ukrainiens arrivent là-bas et amènent de l’alcool et autres
choses à l’intérieur de la communauté. Et donc le gouvernement
dit qu’il faut trouver une façon de les arrêter et précise qu’une des
façons d’y arriver serait de les empêcher de traverser la réserve. La
seule façon d’arriver à Duck Bay est de traverser la réserve. Nous
sommes au bout de la route dans cette région.
It is quite interesting in 1944 that they were trying to figure out
how to protect that area from non-Aboriginal people taking away
the industry that we dominated, and we still dominate today
commercial fisheries.
Il est assez intéressant de savoir qu’en 1944 nous essayions
de trouver des moyens de protéger la région contre des nonAutochtones qui pourraient s’emparer de l’industrie que nous
dominions, et nous dominons encore aujourd’hui la pêche
commerciale.
When you look at the communities today, we are strongly in
existence, but the challenge we face now is that the province, and I
use this, and they know my position in this province, is that they
are misusing the Northern Affairs communities as a guise to deal
with Metis rights by duty to consult, by saying go and negotiate
with the mayor and council. Mayor and council do not have that
jurisdiction. It is like the city, Sam Katz going to negotiate on
behalf of the province here in the constitutional discussions. That
would never happen.
Aujourd’hui, nos communautés sont bien solides, mais nous
sommes maintenant face à un autre problème. La province, et les
autorités provinciales connaissent ma position sur le sujet, se sert
des collectivités relevant des Affaires du Nord en essayant de
respecter les droits des Métis en remplissant l’obligation de
consulter; ils nous disent d’aller négocier avec le maire et le conseil
municipal. Or, le maire et le conseil n’ont pas compétence pour
cela. C’est comme si la ville, par l’entremise de Sam Katz, allait
négocier au nom de la province et si lors des discussions
constitutionnelles. C’est impensable.
Our community still exists, senator. What will transpire, which
people need to see, and I hope the Senate sends this message, is
that Bill C-31, the way it is designed, is that those First Nations,
they will bury themselves completely out. Those children, now
going back to our definition, will one day become Metis again. So
yes to Bill C-31, but when they go marrying themselves out of
there, those children will still be able to find their lineages back to
their Metis community through our definition established by the
Supreme Court of Canada, and you are going to find an upsurge
again. You will see a Metis shrinking, but we are going to come
back up again in probably 20 years or 50 years. They are going to
come in great numbers. People need to recognize that and not
ignore that. It is very important that we see that.
Notre collectivité existe toujours, monsieur le sénateur. Ce que
les gens doivent comprendre, et j’espère que le Sénat transmettra
ce message, c’est que sous sa forme actuelle, le projet de loi C-31
amènera ces Premières nations à s’effacer complètement. Pour
revenir à notre définition, ces enfants-là redeviendront un jour des
Métis. Nous sommes d’accord avec le projet de loi C-31, mais si
nos gens épousent des non-Autochtones, ils pourront quand
même retrouver leur lignée ce qui les ramènera à la communauté
métisse, du fait que la Cour suprême du Canada a établi la
définition de métis, et il y aura une recrudescence du nombre de
Métis. Notre population diminue, mais elle va probablement
augmenter de nouveau dans 20 ou 50 ans. Les Métis seront très
nombreux. Les gens doivent le savoir et ne pas en faire
abstraction, car c’est très important.
Senator Sibbeston: Talking of names up in the Northwest
Territories among the Dene, we have the Cree language that
means ‘‘wood that is half burnt.’’
Le sénateur Sibbeston : On a parlé des noms qui ont cours chez
les Dénés des Territoires du Nord-Ouest; nous avons la langue
crie qui signifie « bois à demi brûlé ».
Mr. D. Chartrand: [Editor’s Note: Witness spoke in Cree.] Yes,
that is the Burntwood River in Manitoba.
M. D. Chartrand : [Note de la rédaction : Le témoin s’exprime
en cri.] Oui, c’est la rivière Burntwood au Manitoba.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:33
Senator Sibbeston: I have always found it interesting because
Metis, certainly in the Northwest Territories, historically have
been the avant-garde. They are very successful and independent,
and have done very well. They have been the interpreters; they
have been the river boat pilots. If any jobs were available in the
community they would get them because they generally speak a
number of languages and so forth. I see the essence of the Metis as
being very independent, proud and very successful.
Le sénateur Sibbeston : Cela m’a toujours intéressé parce que
du moins dans les Territoires du Nord-Ouest, les Métis ont
toujours été l’avant-garde. Ils sont très prospères et indépendants.
Certains sont devenus interprètes, d’autres des pilotes de bateau.
S’il y avait des emplois disponibles dans la collectivité, ils les
obtiendraient parce qu’ils parlent généralement plusieurs langues,
entre autres. Pour moi, être métis c’est être très indépendant, fier
et très prospère.
You know the story about Peter Erasmus, the idea of a person
who is very able and roaming around the country and so forth.
My uncles were like that. In a sense, these people never wanted
help from government. In part, I always thought Metis are
independent and they never looked to the government for help;
they are just their own person and they made their own way.
Vous connaissez l’histoire de Peter Erasmus, le type même
d’une personne très capable qui parcourt le pays. Mes oncles
étaient comme lui. À certains égards, ces gens n’ont jamais voulu
l’aide du gouvernement. J’ai toujours pensé que les Métis étaient
indépendants et n’avaient jamais demandé l’aide du
gouvernement; ils aiment se débrouiller seuls et être maîtres de
leur vie.
Historically, that has been the case with the Metis. I often
wonder how is it now that the Metis are in a sense seeking to
become dependent, become an Aboriginal person that has the
same rights as Inuit and First Nations people and so would derive
and get all the programs that are available? I often think it goes
against a spirit and the essence of what Metis people are.
Historiquement, c’était le cas des Métis. Je me demande donc
pourquoi les Métis veulent à présent devenir dépendants, devenir
des Autochtones dotés des mêmes droits que les Inuits et les
Premières nations, de manière à avoir accès à tous les programmes
offerts? Je trouve souvent que cela va à l’encontre de l’esprit et de
l’essence même du peuple métis.
Mr. D. Chartrand: In fact, I thank you for that. It is a very
good question and good analysis because it is absolutely true. The
Metis are a very independent people and we are very
entrepreneurial in our design. But the challenge you face is I
think Metis people are not asking for anything that any Canadian
has the right to receive. I believe in paying taxes and we pay taxes
by the hundreds of millions. We did a study recently on that. The
government disposes the resources that they are taking from us,
and the issue is to give it back and use it to run our country. What
I am saying to Canada is we only want our money back. We pay
taxes and now you have to invest back into us.
M. D. Chartrand : C’est une excellente question et je vous en
remercie. Votre analyse est tout à fait juste. Les Métis sont
effectivement des gens indépendants et nous avons un très fort
esprit d’entreprise. Le problème, c’est que les Métis ne demandent
que ce à quoi tous les Canadiens ont droit. Je n’ai rien contre
payer les impôts et nous payons des centaines de millions en
impôt. Il y a une étude récente à ce sujet. Le gouvernement fait ce
qu’il veut des ressources qu’il nous prend et ce que nous
souhaitons c’est qu’il nous les rende pour que nous puissions les
utiliser et nous gouverner. Nous demandons simplement au
Canada de nous rendre notre argent. En ce moment, nous payons
des impôts et en contrepartie, nous avons droit à des
investissements.
The other pieces that you talk about which is essential is this:
The Metis are never wanting to be and never will allow any
government to win us or control us, never. That is a position we
take. Section 91.24 is only a guide that directs, for example, the
Department of Health. Their policy is only Indian and Inuit. That
is their policy, very clear. But as a Canadian and as a Metis with
Aboriginal rights, they are not willing to provide me services; yet
they take my taxes. So I am saying to them, you have got to give
me back some services.
Vous avez parlé d’autre chose, mais voici l’essentiel : les Métis
ne souhaitent pas et n’accepteront jamais qu’un gouvernement les
domine ou les contrôle, jamais. Voilà notre position.
L’article 91.24 n’est qu’une directive adressée, par exemple, au
ministère de la Santé. Leur politique ne s’adresse qu’aux Indiens
et aux Inuits, et c’est très clair. Mais en tant que Canadien et que
Métis ayant des droits ancestraux, je me vois refuser les services
d’un gouvernement qui prend pourtant mes impôts. Je lui
demande donc de me rendre des services en contrepartie.
From a distinct base, go back to the question of the
communities. If you look at our communities, we have no
infrastructure. It is falling apart. Our traditional economies are
nearly wiped right out. Our commercial fishing is almost on its
last legs. Our forestry industry has been taken over by big
conglomerates, Louisiana Pacific or Tolco or these big industries
that come from the United States or from other parts of Canada.
So our forest industry is wiped out, our tourism is wiped
completely out, our trapping is nearly gone. These are some of
our strong traditional economies that we maintained.
Dans un autre ordre d’idées, revenons aux collectivités. Nos
collectivités n’ont plus d’infrastructure, elle est délabrée. Nos
économies traditionnelles ont presque disparu et notre pêche
commerciale périclite. De gros conglomérats, Louisiana Pacific ou
Tolco, ou d’autres grosses compagnies américaines ou
canadiennes se sont emparées de notre industrie forestière, qui a
donc été détruite. Notre tourisme a complètement disparu, il n’y a
presque plus de trappeurs. C’était pourtant là certains de nos
solides secteurs d’activités économiques traditionnels.
23:34
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Now we look at our small communities. They are becoming
welfare-based, and that scares the hell out of me as a leader. My
people find themselves in a state where it becomes okay to be on
welfare. You know, we all know what happens with people on
welfare; social acceptance is a downturn. The next thing you
know, your self-esteem is destroyed. You turn to alcohol because
you just give up on life. All these other social problems come with
it. I take the position that right now what Canada needs to do is
continue to strengthen the economic side of investment for the
Metis. We will take care of ourselves. You have just got to give us
back the tools you took from me without even consulting me.
You build these dams and destroy my fishing industry without
consulting me. If you had talked to me and we had shared the
natural resources, I would not be in the state I am today.
Le portrait de nos villages n’est pas plus reluisant. Ils
dépendent de plus en plus de l’aide sociale, ce qui m’alarme au
plus haut point en tant que dirigeant. Mes gens en sont
maintenant venus à trouver acceptable de vivre de l’aide sociale.
Mais nous savons tous ce qui arrive aux gens sur l’aide sociale;
lorsque c’est socialement accepté, il y a une certaine déchéance.
Bientôt, ils n’ont plus d’amour-propre et se sentent dévalorisés. Ils
commencent à boire parce qu’ils renoncent à faire quelque chose
de leur vie. Et cela entraîne une kyrielle d’autres problèmes
sociaux. Ma position, c’est que le Canada doit continuer à
renforcer l’économie des Métis par des investissements. Nous
nous occuperons des nôtres. Tout ce que nous demandons, c’est
que vous nous rendiez les outils que vous nous avez pris sans nous
consulter. Vous bâtissez des barrages et détruisez nos pêches sans
nous consulter. Si vous m’aviez parlé et que nous avions partagé
nos ressources naturelles, nous ne serions pas dans l’état où nous
nous trouvons aujourd’hui.
I see ourselves in a very downward spiral right now and we
need to put the brakes on it and say whoa, stop now. If you do
not want dependent people, then give us the tools we need to
maintain our independence. It is something very important to us,
it is part of our backbone, part of our nature of who we are and
who we became and we still want to maintain that. In order to do
that, if you are taking all my natural resources away from me, all
my economic tools, everything away from me, then tell me how I
do it. That is the problem.
Notre situation se dégrade de plus en plus et il faut mettre les
freins pour arrêter la dégringolade. Si vous ne voulez pas que nous
devenions dépendants, donnez-nous les outils dont nous avons
besoin pour rester indépendants. C’est très important pour nous,
car cela fait partie de notre nature, de notre force et de notre
identité que nous tenons à conserver. Mais si vous me prenez
toutes mes ressources naturelles, tous mes outils économiques,
absolument tout, expliquez-moi comment je peux devenir
indépendant. Voilà le problème.
As I said, we pay hundreds of millions of dollars in taxes and
yet we get very small base returns. My money is going somewhere
else. It is going to help the farming industry, which I support, or
the mining industry; or where ever it is going, it is going
somewhere else. My tax dollars are not coming back to me.
Je l’ai dit et je le répète : nous payons des centaines de millions
de dollars en impôts et pourtant nous recevons très peu en
échange. Mon argent est envoyé ailleurs. Il sert à soutenir
l’agriculture, que j’appuie, peu importe où cet argent va, il va à
quelqu’un d’autre. Mes impôts ne me reviennent pas.
Senator Raine: I really appreciate your being here today. I just
wanted to ask a couple of questions on your genealogy. We have
been given a copy from the Metis Culture and Heritage Resource
Centre. I notice you have two accepted genealogical institutions?
Le sénateur Raine : Je vous remercie d’être venu aujourd’hui.
J’aurais quelques questions à vous poser au sujet de votre
généalogie. On nous a remis un document du Centre de ressources
sur la culture et le patrimoine métis. Je vois que vous avez deux
institutions généalogiques acceptées?
Mr. D. Chartrand: Yes.
M. D. Chartrand : Oui.
The Chair: This is from the next witness. I just want to clarify
we have got a witness coming next on it.
Le président : C’est le document du prochain témoin.
J’aimerais m’assurer qu’un témoin va venir le présenter.
Senator Raine: I just really wanted to ask on the membership in
the Manitoba Metis Federation. You will require the same
genealogy for September 2014?
Le sénateur Raine : J’ai une question que je tiens à poser au sujet
des membres de la Fédération des Métis du Manitoba. Vous aurez
besoin des mêmes preuves généalogiques en septembre 2014?
Mr. D. Chartrand: In fact, just to answer the first one, the
question she raised is important. We did, as a government, select
those two entities as the legitimate entities that we would utilize
for evidentiary documentation. The reason we did that is to make
it very clear that people are not just going around and getting a
genealogy from a back little shop somewhere. We want to make
sure all of the documentation that we have, the cards that are
issued by us are in fact are not issued right in our office but issued
by a security company. They have all these protections on it like a
Visa card. We want to make sure that in the future, our goal is
that this card will be further recognized everywhere, whether we
M. D. Chartrand : En fait, j’aimerais ajouter quelque chose,
car la question qu’elle vient de soulever est importante. Notre
gouvernement a choisi ces deux organismes en tant qu’institutions
légitimes dont les documents pourraient servir de preuve. Nous
avons pris cette décision pour faire comprendre qu’il ne suffira
pas d’obtenir un document généalogique issu par n’importe quelle
petite boutique. Nous voulons nous assurer que tous les
documents dont nous disposons, les cartes que nous émettons
ne soient pas émises directement de notre bureau, mais plutôt par
une entreprise de sécurité. Ces cartes sont sécurisées comme une
carte Visa. Nous voulons faire en sorte que dans l’avenir cette
1-10-2012
Peuples autochtones
23:35
are flying Air Canada or we fly anywhere else. As identification, a
status treaty card, I think ours is more secure than a treaty card
that the federal government issues today.
carte soit reconnue partout, que ce soit par Air Canada ou par
n’importe qui. Je crois que notre carte d’identité est plus sûre que
les cartes émises par le gouvernement fédéral aux Indiens inscrits
visés par un traité.
We have selected these two institutions to do this particular
task for us. We are in a midst of continuing to expand our
services. We are challenged with resources, as referenced in my
document. We get a small proportion of dollars from Canada to
do this job. It is a very difficult job. I have a lot of fear in the sense
you still can register after 2014; 2014 is really the electoral list. The
52,000 people I referenced in my report are actually the electoral
list. I still represent and serve every Metis citizen in this province.
They have a right to vote for me. In fact, my elections are harder
than the premiers’ of this country because I have got to be elected
from the north, south, east and west. I do not go to one riding and
get elected there and get in by a delegation later. We protect this
vigorously, that our people have the right to choose our leader.
We are the only ones in Canada to do that. There is no one else
like us in Canada. We checked the records, and there is no one
else like us in our voting system.
Nous avons choisi ces deux institutions et les avons chargées de
cette tâche. Nous sommes en train d’élargir nos services, malgré le
manque de ressources que j’ai évoquées dans mon document. Le
Canada nous donne très peu d’argent pour le faire et c’est une
tâche difficile. J’ai peur qu’on ne puisse plus s’inscrire après 2014,
car alors ce sera vraiment la carte électorale. Les 52 000 personnes
auxquelles j’ai fait référence dans mon rapport sont inscrites sur la
liste électorale. Je représente et sers encore tous les citoyens métis
de la province. Ils ont le droit de voter pour moi. En fait, mes
élections sont plus difficiles que celles du premier ministre parce
qu’il faut que je sois élu par les gens du Nord, du Sud, de l’Est et
de l’Ouest. Je ne peux pas simplement me faire élire dans une
circonscription et faire partie d’une délégation par la suite. Nous
protégeons farouchement cette façon de faire, pour que nos gens
aient le droit de choisir leur chef. Nous sommes les seuls au
Canada à procéder de cette façon. Nous avons examiné les
documents et personne d’autre que nous n’a ce système électoral.
That is why we do what we do and we are choosing very
recognized institutions, so this way in the future, it will take us
further in advancing our card and recognizing it.
Voilà pourquoi nous procédons ainsi et avons choisi des
institutions bien reconnues; dans l’avenir, cela nous permettra de
perfectionner notre carte et de la faire reconnaître.
The Chair: Colleagues, it is 10 o’clock and I know there is a
huge number of questions we can put to President Chartrand and
his people. I am going to make a suggestion so that we can stay on
schedule. We have got two more panels of witnesses. We possibly,
as a committee, should consider asking President Chartrand to
travel to Ottawa, so that once we digest his presentation and
better understand what he has presented here this morning, we
will be able to come up with questions that he will be able to
answer. I think it will form a significant part of our report.
Le président : Chers collègues, il est 10 heures et je sais que
nous pourrions poser une foule de questions au président
Chartrand et à ses gens, mais je vais faire une proposition pour
que nous nous en tenions au temps imparti. Nous avons encore
deux autres groupes de témoins à entendre. Notre comité
pourrait-il inviter le président Chartrand à venir à Ottawa? Une
fois que nous aurons assimilé son exposé et mieux compris le sens
de ses propos, nous serions plus à même de lui poser des questions
auxquelles il pourrait répondre. Je crois que cela formerait une
partie importante de notre rapport.
If it is the concurrence of the committee to proceed in this
fashion, I hope you understand that, Mr. President, we would
love to ask you more questions now but we want to make certain
that we hear a lot of witnesses.
Si le comité accepte de procéder de cette façon, j’espère que
vous comprendrez bien, monsieur le président, que nous aurions
aimé vous poser d’autres questions, mais que nous voulons quand
même nous assurer de pouvoir entendre beaucoup de témoins.
Mr. D. Chartrand: Yes.
M. D. Chartrand : Oui.
The Chair: We would hope that you would consider coming to
Ottawa to possibly answer further questions that relate.
Le président : J’espère que vous accepteriez de venir à Ottawa
pour peut-être répondre à d’autres questions.
Mr. D. Chartrand: I would be very honoured to come again.
Our assembly is on Saturday. The premier is supposed to be at
our assembly along with the minister. You will probably by that
time have a greater depth of what is going to take place in
Manitoba. It is going to be historic in its context when it comes to
the issue of harvesting. It is going to create something that was
originated in the 1800s by our people and where laws of the Metis
will prevail in this province. I think it is something that would be
fascinating for this committee to see. We worked very hard at it
and I will tell you why it received its end result. I think, senator, I
would be honoured to come to Ottawa.
M. D. Chartrand : Je serais honoré d’y revenir. Notre
assemblée se tient samedi. Le premier ministre est censé y
assister, de même que le ministre. À ce moment-là, vous
pourrez avoir un tableau plus clair de ce qui va se faire au
Manitoba. Ce sera un événement historique en ce qui concerne la
récolte. Nous allons créer un système mis sur pied par notre
peuple au XIXe siècle et dans lequel les lois des Métis
l’emporteront dans cette province. Je crois que votre comité
trouverait cela fascinant. Nous y avons travaillé très fort et je vous
dirai pourquoi nos efforts ont abouti à ce résultat. Alors, je serais
honoré de me rendre à Ottawa.
23:36
Aboriginal Peoples
The Chair: Thank you again.
1-10-2012
Le président : Encore une fois, merci.
We will now hear from the Metis Culture and Heritage
Resource Centre, whose spokesperson is Randall Ranville,
Genealogist. And I would like to start with you, Mr. Randall, if
you are prepared to go. I would like you to keep your
presentations as tight as possible, because senators will have
questions of you, I am sure.
Nous entendrons maintenant des représentants du Metis
Culture and Heritage Resource Centre, dont le porte-parole est
un généalogiste, Randall Ranville. Je vous donne la parole en
premier, monsieur Randall, si vous êtes prêt. Je vous demanderais
d’être aussi concis que possible, car les sénateurs voudront sans
aucun doute vous poser des questions.
Randall Ranville, Genealogist, Metis Cultural and Heritage
Resource Centre Inc.: My name is Randy Ranville, and I have
been six years hired as a genealogist. I do the genealogy service
out of the Metis Culture and Heritage Resource Centre. It is not
only a job, a task that involves identifying each individual as
having a Metis ancestry, but it is also a historical trip. It has been
a wonderful ride, because I do not only identify folks to their
Metis ancestry, I also learn a lot about the history. I heard a
question asked: Where did the word ‘‘Metis’’ come from? It was
most done by Cuthbert Grant, who is the one who introduced the
flag and also the Michif language.
Randall Ranville, généalogiste, Metis Culture and Heritage
Resource Centre Inc. : Je m’appelle Randy Ranville et le centre
m’a embauché comme généalogiste voilà six ans. Je fais le travail
de généalogie du centre. Ce n’est pas seulement un emploi, une
tâche qui consiste à déterminer l’ascendance métisse de chaque
personne, c’est aussi un voyage dans l’histoire. C’est une
expérience merveilleuse, parce qu’en découvrant l’ascendance
métisse des gens, j’apprends beaucoup de choses au sujet de
l’histoire. Quelqu’un a demandé tout à l’heure quelle était
l’origine du mot métis. Nous le devons surtout à Cuthbert
Grant, l’homme qui a fait adopter le drapeau et la langue métchif.
I heard David Chartrand talking about how you identify a
Metis. In the history, the Metis called themselves Michif, which is
the same meaning as Metis. The word comes from mestizo, which
is Spanish, and it means mixed blood.
J’ai entendu David Chartrand expliquer comment on s’y prend
pour identifier un Métis. Historiquement, les Métis s’appelaient
eux-mêmes Métchifs, synonyme de métis. Le mot vient de
l’espagnol mestizo, qui signifie personne d’ascendance mixte.
In my research — I brought some notes — the first two pages
of my work is requirements of individuals who have come to seek
their Metis ancestry. At this point I should explain some of the
people who come in. I just talked with one of my colleagues here
who said, ‘‘Yes, I have to come down and have my genealogy
done for our family.’’ Usually one genealogy is good for any
number of people in one family. You can have up to 10 or 12
immediate, like parents and grandchildren and, of course, the
children of the parents that are Metis. They will use one genealogy
book — they are all in a blue cover — and they entail their names
going to their father, of course, and grandfather, greatgrandfather, which is the first two pages that identify that
current history of each family and then on into the ancestry, and
the names that are involved that came down from our Manitoba
history into who the Metis that are walking around today.
Je vous ai remis un document dont les premières pages
énumèrent les critères auxquels doivent répondre les personnes
qui veulent établir leur ascendance métisse. Permettez-moi de
vous parler des gens qui s’adressent à nous. Je viens de
m’entretenir avec un de mes collègues ici qui m’a dit qu’il doit
venir au centre pour faire faire la généalogie de sa famille.
Habituellement, une généalogie suffit pour plusieurs des membres
d’une même famille. Elle peut s’appliquer à 10 ou 12 membres
rapprochés d’une famille, comme les parents et les petits-enfants
et, bien sûr les enfants de parents métis. On se sert d’un ouvrage
de généalogie — qui a une reliure bleue — où figurent leurs noms
de même que ceux de leur père, grand-père, arrière-grand-père.
Les deux premières pages décrivent l’histoire récente de chaque
famille et ensuite, on remonte la lignée, dans l’histoire du
Manitoba, pour trouver les ancêtres des Métis d’aujourd’hui.
The service I provide is that that is of the Manitoba definition
of Metis, because all the way to the East Coast and to B.C. there
are slight variances. Those who are of mixed blood, say in
Quebec, for example, will call themselves Metis, but the word
itself, the Metis of the history, ‘‘Michif,’’ were actually those
people where my identifying work goes to, and that is the Metis
community of the West and the areas that Mr. Chartrand
provided.
Dans mon travail, je me fonde sur la définition manitobaine du
terme métis, parce que la définition varie d’une province à l’autre,
de la côte Est jusqu’à la côte de la Colombie-Britannique. Les
personnes d’ascendance mixte au Québec s’appellent elles-mêmes
Métis, mais le mot lui-même, Métis, dont on parle
historiquement, sont des « Métchifs ». C’est parmi ces gens-là
que je tâche d’identifier les ancêtres des Métis qui forment les
communautés de l’ouest du Canada et qui peuplent les régions
indiquées par M. Chartrand.
The second part of my work is those who are all over the globe.
I have done for Texas, for London, England. I have done our
genealogy for someone in Sweden, and for many, many in the
U.S. who find us online on our website; in there we have an
application form to have their genealogies done.
La deuxième partie de mon travail vise des personnes de
partout dans le monde. J’en ai fait pour des gens du Texas, de
Londres et de l’Angleterre. J’ai fait des généalogies pour
quelqu’un de Suède et pour de nombreuses personnes aux
États-Unis qui nous trouvent sur notre site web qui contient un
formulaire de demande de généalogies.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:37
My work is a big part history because I have to know what I
am talking about when it gets to who and where and all of the five
Ws of each family that comes in, each individual who comes in to
identify their families. That alone is very interesting because a lot
of folks did not know they were Metis. They find out at a funeral
or a wedding that there are these folks who do not look at all like
themselves, and grandmother, greater-grandmother and mom
never talked about it. It is a stigma that we have carried.
Mon travail concerne en grande partie l’histoire, parce que je
dois savoir ce dont je parle quand je dois déterminer qui, quoi,
pourquoi, où et quand pour chaque famille qui fait une demande,
c’est-à-dire chaque personne qui vient faire identifier sa famille.
Ce volet en tant que tel est très intéressant parce que bon nombre
de personnes ne savent pas qu’ils sont Métis. Ils l’apprennent à
des funérailles ou lors d’un mariage lorsqu’ils constatent que
certains convives ne leur ressemblent pas, mais ils n’avaient
aucune idée parce que leur grand-mère, leur arrière-grand-mère ni
leur mère ne leur en avaient parlé. C’est un préjugé qui nous est
attaché.
That is slowly moving away. It is slowly — we have Louis Riel
Day now and everyone knows of Louis Riel, he is one of my
heroes, with the acceptance I could say of the Metis in the media,
the newspapers. All the forms of media are slowly changing to the
way the schools should have taught us about who the Metis were
and who we are.
Les choses changent lentement. Très lentement — nous avons
maintenant la journée Louis Riel et tout le monde connaît ce
personnage, c’est un de mes héros, et je dirais qu’il y a une
acceptation des Métis dans les médias et dans les journaux. Les
divers types de média commencent lentement à présenter les Métis
de la façon dont les écoles auraient dû le faire, c’est-à-dire qui
étaient les Métis et qui nous sommes.
As part of the genealogy work, I do speaking engagements for
government agencies, Manitoba Housing, for example, several of
the departments in our province, MLAs, and also the libraries
and many, many schools, down to the little folks where I have to
try to keep their attention and show them; I take articles and
show them who the Metis were.
Dans le cadre du travail de généalogie, je fais des conférences
pour les organismes gouvernementaux comme Manitoba
Housing, par exemple, ainsi que pour bon nombre de ministères
dans notre province, des députés provinciaux, des bibliothèques,
ainsi que dans bon nombre d’écoles et même auprès de jeunes
enfants où je dois essayer de susciter leur attention et leur montrer
des images; je leur présente des articles et leur montre qui étaient
les Métis.
The identifying of the Metis — I have here, I should speak a
little on page 3. There are the two agencies that you spoke of, and
we do the very same thing; it is quite parallel in the work we do in
identifying the Metis through genealogy work.
L’identification des Métis — j’ai cela ici, je devrais parler un
peu de ce qu’il y a à la page 3. Il y a les deux organismes dont vous
avez parlé, et nous faisons exactement la même chose; c’est un
travail assez semblable que nous réalisons pour ce qui est
d’identifier les Métis au moyen de la généalogie.
This has become a must with all of the Metis, as
Mr. Chartrand said, and we are expanding, but right now we
have the two agencies working. I am hoping that I will be a part of
the larger effort in finding and identifying the Metis. Regarding
our data base, mine is a little over 50,000 names, and we have an
extra 1.7 million names that are non-Metis but linked to the folks
of the Metis and First Nation, Aboriginal, whichever word you
want to use, Indian people, for example, which would qualify
them as being Metis being part of the Aboriginal community.
C’est devenu essentiel pour tous les Métis, comme l’a dit
M. Chartrand et nous élargissons ce volet de nos activités, mais à
l’heure actuelle il y a ces deux organismes qui effectuent ce travail.
J’espère pouvoir faire partie des efforts généraux, visant à trouver
et à identifier les Métis. Pour ce qui est de notre base de données,
la mienne compte un peu plus de 50 000 noms, et nous disposons
en plus de 1,7 millions de noms de personnes qui ne sont pas
Métis, mais qui sont liées au peuple des Premières nations ou aux
Autochtones peu importe la façon dont on veut les appeler,
population indienne, par exemple, qui ferait en sorte qu’ils se
qualifient comme étant Métis et faisant partie de la communauté
autochtone.
I have here on page 4 actually a record that is like many, many
that come in and apply; I will go back to this example. Michel
Monet is down there, that is, in-laws of Louis Riel, just so you
know. This family and this individual was born October 25 of
1822. When the Land Commission was here, they first took a
census of the Metis in Western Canada, and they followed along
until about 1920; the Land Commission from Ottawa sat down
and identified the Metis. Prior to that they had a census done.
Most of their work was around these, and what we are looking at
J’ai ici à la page 4 un dossier qui ressemble à celui de
nombreuses personnes qui viennent faire une demande; je vais
revenir à cet exemple. Michel Monet se situe là, c’est-à-dire dans
le groupe des beaux-parents de Louis Riel, je vous le dis à titre
d’information. Cette famille et ce particulier sont nés le 25 octobre
1822. Lorsque la Commission foncière est venue, elle a d’abord
recensé les Métis de l’Ouest du Canada et cela s’est poursuivi
jusqu’aux environs des années 1920; la Commission foncière
d’Ottawa s’est attelée à identifier les Métis. Auparavant, elle avait
23:38
Aboriginal Peoples
1-10-2012
here is an affidavit of a file that could be this thick on letters back
and forth, all kinds of correspondence to do with identifying that
Metis person.
fait un recensement. La plupart du travail portait sur ces éléments
et ce que nous voyons ici est un affidavit lié à un dossier qui
pourrait être très épais et constitué de lettres et de réponses à ces
lettres, c’est-à-dire une série de correspondances visant à identifier
cette personne métisse.
We are very fortunate as Metis walking around today that
these kinds of things happened where this kind of documentation
shows, for example, Josephte, an Indian woman, and Michel
Belhumeur, a half-breed, who are the parents identified to Michel
at the top of the page. There are hundreds and hundreds of these
very types that we use to identify the Metis walking around today
to those that go back to these historical families. This is one
example of many.
De nos jours, les Métis sont chanceux que ce genre de
documentation ait eu lieu puisque ces documents indiquent, par
exemple, que Josephte, femme autochtone, et Michel Belhumeur,
Métis, qui sont les parents de Michel cités au haut de la page. Il
existe des centaines et des centaines de documents de ce genre que
nous utilisons pour identifier les Métis d’aujourd’hui à ceux de
l’époque et à ces familles historiques. Il s’agit d’un exemple parmi
tant d’autres.
The next two pages are the Hudson’s Bay Company employee
records. We use these as one of the other primary sources. In this
case the fellow is John McKay, and it shows that his wife was
Mary Favell, and she was a Metis, and going back to Dr. John
Favell and Titameg, his Indian wife. Being his Indian wife, there
were no treaties at this time and therefore the mix of McKay and
this family going back to Favell would identify the rest of the
family as being Metis — five sons, three daughters, and they are
all identified. And of course these all had families, usually large
families, and it comes right back up until today.
Les deux prochaines pages présentent des dossiers d’employés
de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il s’agit d’une autre de nos
sources primaires. Dans ce cas-ci, il s’agit de John McKay et le
document indique que son épouse s’appelait Mary Favell et
qu’elle était métisse, fille du Dr John Favell et de Titameg, son
épouse autochtone. Puisque son épouse était autochtone, il n’y
avait pas de traité à ce moment-là, la lignée de McKay et de cette
famille qui remonte à Favell fait en sorte que le reste de la famille
est métisse — cinq fils, trois filles et ils sont tous identifiés. Et bien
sûr toutes ces personnes ont eu des familles, et habituellement
d’importantes familles et le tout est documenté jusqu’à
aujourd’hui.
The second is just to show you a little bit about what I learned
in the history. You will see down in 1811 Henry Hallet, he was a
Metis because his father married an Indian lady, but he was
dismissed from the Hudson’s Bay Company for his atrocious,
cowardly murder of an Indian. That is a simple little fact, and we
have so many of them of the life back then, and how he could
actually be dismissed but work at the other North West
Company, their rivals, for 10 years and then go back to the
Hudson’s Bay Company. That was his punishment for that one
line, his cowardly murder of an Indian.
Le deuxième élément est là pour vous montrer un peu ce que
j’ai appris de ces recherches historiques. En 1811, il y a le nom de
Henry Hallet, il est Métis parce que son père a épousé une femme
autochtone, mais il a été mis à pied par la Compagnie de la Baie
d’Hudson pour son meurtre atroce et couard d’un Autochtone. Il
ne s’agit que d’un fait divers, mais nous en avons énormément sur
la vie à cette époque et l’on peut voir qu’il a été mis à pied, mais
qu’il a pu travailler pour la Compagnie du Nord-Ouest, c’est-àdire les rivaux de la Compagnie de la Baie d’Hudson pendant
10 ans avant de retourner à l’emploi de cette dernière. C’était la
punition liée à ce que l’on peut lire dans ces quelques mots, c’està-dire le meurtre lâche d’un Autochtone.
It tells you that back then it is a really good thing that the
documents that we can use to verify the Metis today and even
those you would never suspect were Metis will have roots like
these, if you go back into the history. Some of the people are just
beside themselves; they are just amazed at their colourful
ancestry. Some of them actually get emotional and tears roll
down their face because they are part of this community, this
history, and this phenomenal existence of those who were caught
in the middle, and actually were in her family, or his family came
from the Metis and did not know that. Some were never told, as I
say.
Cela nous indique que ces documents nous permettent de
déterminer qui sont les Métis d’aujourd’hui même si quelquefois
on ne les soupçonnerait jamais de l’être, mais ils ont souvent des
antécédents comme celui-là lorsqu’on fait des recherches
historiques. Certains sont tout à fait étonnés d’avoir une
généalogie aussi colorée. D’autres deviennent très émotifs et
laissent couler quelques larmes parce qu’ils voient qu’ils font
partie de la communauté, de l’histoire, et de l’existence
phénoménale des personnes qui ont été prises entre deux feux et
que certains de leurs ancêtres sont Métis même s’ils n’étaient pas
au courant. Certains n’étaient pas au courant, comme je l’ai dit.
I know of another example, a fellow who only heard when he
was 30 years old how he was mistreated because of his Indian
mother. She passed away and then he was raised by an Icelandic
mom and he always thought it was his mother, until his cousins,
when he was full grown and 30 years old, told him, ‘‘You are our
first cousin, your grandmother is really . . . ‘‘ Then he came to the
J’ai aussi l’exemple de quelqu’un qui n’a appris qu’à l’âge de
30 ans qu’il avait été maltraité en raison de sa mère autochtone.
Sa mère naturelle est décédée et il a été élevé par une femme en
provenance d’Islande qu’il avait toujours cru être sa mère jusqu’à
ce que ses cousins lui disent à l’âge de 30 ans : « Nous sommes tes
cousins, ta grand-mère était en fait telle personne... » C’est alors
1-10-2012
Peuples autochtones
23:39
resource centre to find out what these people were talking about. I
was very fortunate to be the person who told him, ‘‘This was your
mother, this was your grandmother and this is your ancestry,’’
and he floated out of the room. It is just amazing. It is such a
rewarding job for me to be on the front line and identify the
Metis, especially those who are only learning about it in the past
short little while.
qu’il s’est rendu au centre de ressources pour voir de quoi ces gens
parlaient. Je me sens chanceux d’avoir été la personne qui lui a
dit : « Cette femme était ta mère, cette femme était ta grand-mère
et voici tes ancêtres. » Il était tout à fait emballé lorsqu’il est parti.
C’est vraiment étonnant. C’est un travail très valorisant pour moi
de faire ce travail de première main et d’identifier les Métis,
surtout lorsque les gens viennent récemment d’apprendre quels
sont leurs antécédents.
The third example of how we identify is the 1901 Census. I
brought an example along again to show that Wenceslas
Desjardins married Caroline Plante, and the Metis comes from
Caroline. You will see in the second column after the names, there
is a little W and a little R. The folks that were white are W, of
course, and the people that were Aboriginal, I will use that word,
were red. So down below there I was doing a genealogy for a
person who is directly related to this couple, Wenceslas and
Caroline, and the daughter Philanese. You do not hear much of
these names anymore, but they actually existed. And a
phenomenal thing happened, like maybe four or five
genealogies came back to me, and our head office could not
completely make a full understanding of where the applicant’s
name goes back to the Metis. Well, this particular family, there is
another family who have Wenceslas as the father, Caroline as the
mother, and Philanese as the daughter. There is actually another
household with these, very rare; this is the only Wenceslas that I
know besides the Christmas carol, where good King Wenceslas
first looked out. Anyway, this is the father of that family.
Un troisième outil dont nous nous servons pour identifier les
Métis est le recensement de 1901. Je vous en ai apporté un
exemple pour montrer que Wenceslas Desjardins a épousé
Caroline Plante et que l’ancêtre métis provient de Caroline.
Dans la deuxième colonne après les noms, il y a un petit W et un
petit R. Les blancs étaient indiqués par le W, bien sûr, et les
personnes d’origine autochtone, je vais utiliser ce mot, étaient
rouges. Je faisais la généalogie d’une personne directement liée à
ce couple, Wenceslas et Caroline et leur fille Philanese. Ce ne sont
plus des noms qui sont très en vogue, mais ils ont en fait existé.
Quelque chose d’intéressant s’est produit, il y a quatre ou cinq
généalogies qui m’ont été retournées parce que l’administration
centrale n’arrivait pas à complètement comprendre comment les
noms des demandeurs pouvaient être retracés à un ancêtre métis.
Eh bien, à part cette famille, Wenceslas le père, Caroline la mère
et Philanese la fille, il y en a une autre dont les membres portent
exactement les mêmes noms qui sont très rares; il s’agit en fait du
seul Wenceslas que je connaisse à part celui mentionné dans le
chant de Noël c’est-à-dire où le bon roi Wenceslas jette un coup
d’œil à l’extérieur. De toute façon, c’est lui le père de cette famille.
I want to go back to — what I have got left — the very first
document that I look at. This is today’s; this is an example of
mine. It has to be the long birth certificate. We cannot have the
little short one, the plastic one, or the paper one that does not
show the parents. Of course these are my wonderful parents,
Emile Ranville and Mary Spence, Scottish and French Cree.
These were my parents, and this identifies me to the Manitoba
Vital Statistics Department. Most of them have to go back there
or go to the church where a marriage, a death or a baptism took
place, and that identifies them in their current history that goes
back to the ancestors.
Je veux revenir en arrière — et c’est tout ce qu’il me reste —, au
premier document que je vous ai présenté. Et c’est un exemple de
ma généalogie. C’est le certificat de naissance long. On ne peut
pas se servir du petit certificat abrégé, en plastique ou de celui en
papier qui n’indique pas les parents. Bien sûr, il s’agit de
merveilleux parents, Emile Ranville et Mary Spence, Écossais et
Crie francophone. Ce sont mes parents, et ce document permet de
m’identifier auprès du ministère des Données sur l’état civil du
Manitoba. La plupart des gens doivent faire des recherches au
ministère ou bien se rendre à une église où a eu lieu un mariage,
un décès ou un baptême et cela leur permet de retracer leur
histoire jusqu’à leurs ancêtres.
Last, I brought a photo on the last page of my great, great,
great-grandfather, Joseph Renville. I too am going to Ottawa next
month. I am just absolutely tickled and I am so proud. I will be
taking a medal for Joseph Renville for his involvement in the war
of 1812. They are recognizing the Aboriginal people who helped
the British with the American military, and he was there.
Interestingly enough, most of his life was spent in America, but
his dad was from Canada and he went back with a friend and the
war broke out. I am just so honoured to be there next month on
the 25th at Rideau Hall to take this medal. And being in the
genealogy work, I could identify him right from me, my father
Pour terminer, à la dernière page vous verrez une photo de
mon arrière-arrière-arrière-grand-père, Joseph Renville. Je me
rends également à Ottawa le mois prochain. J’en suis tout à fait
ravi et fier. Je vais recevoir une médaille pour Joseph Renville
pour sa participation dans la guerre de 1812. C’est en
reconnaissance des peuples autochtones qui ont aidé les
Britanniques à lutter contre les soldats américains et mon
grand-père y était. Ce qui est intéressant, c’est qu’il a passé la
plupart de sa vie aux États-Unis, mais son père était Canadien et
il était rentré au Canada avec un ami lorsque la guerre s’est
déclarée. C’est tout un honneur pour moi d’aller le mois prochain,
23:40
Aboriginal Peoples
1-10-2012
and my grandfather, great-grandfather, all the way back, and I
am still studying one of the François in my family because I want
to know more about him.
le 25, à Rideau Hall pour recevoir cette médaille. Et puisque je
m’occupe de généalogie, j’ai pu le retracer à partir de moi, de mon
père, de mon grand-père jusqu’à lui mon arrière-arrière-arrièregrand-père. Et je continue d’étudier un de mes ancêtres qui
s’appelle François parce que je veux en connaître davantage à son
sujet.
All of the individual Metis I identify using the genealogy work
are also amazed and come back to the library at the resource
centre and come and study more about who their families are. I
have some days people staying all day researching in the library,
which I did myself when I first started, in learning about each
family and how we identify the Metis today to those folks. Thank
you.
Tous les Métis que j’identifie au moyen de mon travail en
généalogie sont vraiment étonnés et reviennent consulter la
bibliothèque au centre de ressources pour en apprendre
davantage sur leurs familles. Quelquefois il y a des gens qui
passent la journée à faire des recherches à la bibliothèque et c’est
ce que je faisais moi-même lorsque j’ai d’abord commencé, et ils
en apprennent sur chacune des familles et sur la façon dont nous
lions les Métis d’aujourd’hui à ces ancêtres. Merci.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Ms. Sanderson, do you have a presentation?
Madame Sanderson, avez-vous un exposé?
Eileen Sanderson, Kinship Care Worker, Metis Child, Family
and Community Services: I am going to speak about myself more
as an individual, but I do work at Metis Child and Family
Services in the City of Winnipeg.
Eileen Sanderson, aidante naturelle, Metis Child, Family and
Community Services : Je vais vous parler de moi et davantage à
titre individuel, mais je travaille au Metis Child and Family
Services de la ville de Winnipeg.
The Chair: I would ask you to keep it as short as you can.
Deliver your message, please.
Le président : Je vous demanderais d’aller le plus rapidement
possible. Veuillez nous livrer votre message s’il vous plaît.
Ms. Sanderson: I am the youngest in a large family. I grew up
in the Province of Manitoba. I am a direct descendant of Louis
Riel, and Jean Baptiste Lagimodière is also in my ancestry.
Mme Sanderson : Je suis la plus jeune d’une grande famille. J’ai
grandi dans la province du Manitoba. Je suis une descendante
directe de Louis Riel, et Jean-Baptiste Lagimodière figure
également parmi mes ancêtres.
In my growing up, Michif was our language. We grew up with
the Michif language. I also grew up with the Manitoba Metis
Federation. I was 10 years old at the start of the Metis
Federation, and I remember my parents having meetings in our
home, and my aunts and uncles.
Lorsque j’étais petite, le métchif était notre langue. C’est ce que
nous apprenions enfants. J’ai également grandi dans la
Fédération des Métis du Manitoba. J’avais 10 ans lorsque cette
fédération a été fondée, et je me souviens que mes parents tenaient
des réunions à la maison ainsi que dans celles de mes oncles et mes
tantes.
As you may or may not be aware, after the Riel Rebellions, a
lot of families fled the Red River area, people fled south, north,
west. They call it a dark period after the Riel Rebellions.
Vous ne le savez peut-être pas, mais après les rébellions de Riel,
un bon nombre de familles ont quitté la région de la rivière Rouge
pour se diriger vers le sud, le nord ou l’ouest. On appelle cela la
période noire après les rébellions de Riel.
I would consider my family, and I guess anybody who knows
the history of the Metis, because of that dark period, Metis people
really did not have a place to live. Metis people squatted either on
the edges of reserves, the edges of small towns or became what
you call ‘‘road allowance Metis.’’ I do believe that is the history of
my people.
J’estime donc que ma famille, et je pense que quiconque
connaît l’histoire des Métis serait du même avis, en raison de cette
période noire, et le peuple métis, n’avaient aucun endroit pour
vivre. Les Métis se sont installés soit en bordure des réserves ou de
petites villes ou bien ils sont devenus ce que vous appelez « les
Métis de réserve routière ». J’estime que c’est l’histoire de mon
peuple.
Three generations back my grandparents settled in a small, you
might call it a Metis — it is hard to identify what it is, but maybe a
small Metis settlement. It is not a town or anything, but I would
call it a Metis settlement, near some little lakes right in the centre
of some little small towns about 60 miles northwest of Winnipeg.
There is a lake there called North Hill Lake.
Il y a trois générations, mes grands-parents se sont installés
dans un petit peuplement que l’on pourrait appeler métis — c’est
difficile de dire exactement ce que c’était, mais peut-être un petit
peuplement métis. Ce n’était pas un petit village ni une ville, mais
j’appellerais cela un peuplement métis, près de petits lacs au centre
de quelques petites villes situées à environ 60 milles au nord-ouest
de Winnipeg. Il y a un lac qui s’appelle le lac North Hill.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:41
In our family we have a very strong Metis identity. As a child I
remember my grandparents and my extended family, my uncles,
et cetera, always using the term ‘‘Michif’’ back then, but it then
became Metis as the Manitoba Metis Federation evolved, the
start of it and as it evolved. In my growing up as well, my father
— well my parents I would say, we were very much raised in
traditional Metis lifestyle, with my father being a hunter, a
trapper, a fisherman, and very much agricultural, and my parents
always had a big garden, et cetera. That was a large part of our
growing up.
Dans notre famille, nous avons une identité métisse très solide.
Je me souviens, lorsque j’étais petite, de mes grands-parents et de
ma famille élargie, mes oncles par exemple qui utilisaient toujours
le terme « Métchif » à l’époque, mais ce mot s’est transformé par
la suite en Métis au fur et à mesure de l’évolution de la Fédération
des Métis du Manitoba, et je me souviens du début et de son
évolution. Quand j’étais jeune, je me souviens aussi que mon père
ou plutôt mes parents nous ont élevés selon le mode de vie
traditionnel des Métis, mon père était un chasseur, un trappeur,
un pêcheur et un agriculteur, et mes parents ont toujours eu un
immense potager, entre autres. C’était comme ça lorsque j’étais
petite.
I guess what I wanted to say as well, some of the things I worry
about now, Mr. Chartrand spoke a little bit about education and
health. I worry now a little bit about education for our young
Metis people and I worry about health. As Mr. Chartrand said,
large numbers of our people have diabetes, et cetera. I guess we
need money allotted. We are a very independent people, but at the
same time I worry about health and education.
Je suppose que je veux vous dire certaines choses qui me
préoccupent à l’heure actuelle; M. Chartrand vous a parlé un peu
de l’éducation et de la santé. Maintenant je me préoccupe un peu
de l’éducation des jeunes Métis ainsi que des problèmes de santé.
Comme M. Chartrand l’a dit, de nombreux Métis sont atteints
de diabète, entre autres. Je suppose que nous avons besoin de
financement. Nous sommes un peuple très indépendant, mais je
suis tout de même préoccupée par les questions de santé et
d’éducation.
I am going to keep my presentation short. Like I said, I work at
Metis Child and Family, and part of Metis Child and Family’s
role is to keep our children as much as possible within our families
and extended families. That would be the extent of my
presentation.
Je serai brève. Comme je l’ai dit, je travaille au centre Metis
Child and Family et une partie du rôle de ce centre cherche à
garder dans la mesure du possible nos enfants dans nos familles et
dans les familles élargies. Voilà essentiellement ma déclaration
préliminaire.
The Chair: Thank you very much, Ms Sanderson. I think it is
important that we hear from people who not only read and
studied about the Metis culture but who have actually lived it.
Fortunately I can understand, because I grew up in the same
thing, a little settlement that was just west of here called Petit
Canada, which was Michif. I can remember my grandfather’s
sisters both married McKays from St. Eustache. They were not
really from St. Eustache; they were from Fort Rouge, which is
just outside of the parish of St. Eustache.
Le président : Merci beaucoup, madame Sanderson. Je pense
qu’il est important d’entendre le témoignage de personnes qui
n’ont pas uniquement lu et étudié en quoi consiste la culture
métisse, mais qui l’ont en fait vécue. Heureusement, je comprends
ce que vous dites, parce que j’ai grandi dans un environnement
semblable, c’est-à-dire un petit peuplement qui se trouvait tout
juste à l’ouest d’ici et qui s’appelait Petit Canada, c’était un
peuplement métchif. Je me souviens que les sœurs de mon grandpère ont toutes les deux épousé des McKay de Saint-Eustache. Ils
n’étaient pas vraiment de Saint-Eustache; ils provenaient de Fort
Rouge, qui est à l’extérieur de la paroisse de Saint-Eustache.
Mr. Ranville, I appreciate your presentation, too. One thing
that I am going to ask you, I see Michel Monet du Belhumeur. In
a lot of cases that means, Michel Monet of Belhumeur. A lot of
people dropped the ‘‘du.’’ I knew Monets that lived on Pigeon
Lake, Manitoba, which is straight west of here, and they were
Monets; that is the way they spelled their name. The name
St. Germain, my name — we were actually Lemur de St. Germain
in Quebec, and they dropped the Lemur. In this case some became
Monets and some became Belhumeurs. In our case we dropped
the Lemur and we kept St. Germain where others maintained the
name Lemur, they became Lemur in Quebec. Anyway, it is quite
interesting.
Monsieur Ranville, je vous remercie également de votre exposé.
Je vais vous poser cette question, je lis Michel Monet du
Belhumeur. Dans bien des cas cela veut dire, Michel Monet of
Belhumeur. C’est-à-dire que de nombreuses personnes ont
supprimé le « du ». J’ai connu des Monet qui vivaient au lac
Pigeon, au Manitoba, qui se situe directement à l’ouest d’ici, et ils
étaient des Monet; c’est la façon qu’ils épelaient leur nom. Le nom
St. Germain, c’est-à-dire le mien — nous étions en fait Lemur de
St. Germain au Québec, et mes ancêtres ont laissé tomber le
Lemur. Dans ce cas-ci, certains sont devenus des Monet et
d’autres des Belhumeur. Dans notre cas, nous avons laissé tomber
le Lemur tout en conservant le St. Germain tandis que d’autres
ont maintenu le nom Lemur, ils sont devenus des Lemur au
Québec. De toute façon, c’est très intéressant.
23:42
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Senator Sibbeston: I would like to ask Ms. Sanderson about
her work with the organization she is with. Maybe just tell us
briefly the kind of work you do and whether you feel that you are
succeeding?
Le sénateur Sibbeston : J’aimerais demander à Mme Sanderson
le travail qu’elle fait dans son organisation. Peut-être pourrezvous nous dire brièvement le type de travail que vous faites et si
vous estimez que c’est fructueux?
Ms. Sanderson: I am by occupation a social worker. I was able
to get my education through Winnipeg Education Centre. It is
equivalent to the University of Manitoba. It was developed to
assist people who do not have the economic means to go to
university. I did not come from — how would you say — a family
that had the economic funds to put me through university. It was
an institution that was developed, and back then we did have the
funding through University of Manitoba and the three levels of
government. But I guess shortly after I graduated, which was in
1985, those funds were not, we are not — anyway, the funding
was not there, put it that way.
Mme Sanderson : Je suis travailleuse sociale de métier. J’ai pu
faire des études grâce au Winnipeg Education Centre. C’est
l’équivalent de l’Université du Manitoba. Le centre a été mis sur
pied pour aider les personnes qui n’ont pas suffisamment d’argent
pour aller à l’université. Je ne faisais pas partie — comment
dirais-je — d’une famille qui avait suffisamment de revenus pour
me payer des études universitaires. Cette institution a donc été
mise sur pied et à cette époque elle recevait du financement de
l’Université du Manitoba et des trois ordres de gouvernement.
Mais je pense que quelques années après que j’ai reçu mon
diplôme, soit en 1985, ces fonds n’ont pas été renouvelés — de
toute façon les fonds n’existent plus, exprimons-le ainsi.
I have been a social worker for 25-plus years. I have been at
Metis Child and Family for the past three years in a program
called Kinship Care, which is very dear to my personal beliefs that
our children stay within our families and not be adopted outside
of our communities. At Metis Child and Family the mission
vision is just what I talked about, that as much as possible we
have placed children within extended family, community, and I
guess the last would be in a foster care system. That is my role as a
kinship care worker, equivalent to — we fall under the alternative
care program. I work with extended families who take care of
children and work through the processing of home study,
licensing, et cetera, advocacy, support. It is a program that I
continue to advocate that is very much a part of Metis Child and
Family, and I view it as being successful, and we are continuing to
work towards that.
Je suis travailleur social depuis plus de 25 ans. Je suis à Metis
Child and Family depuis trois ans dans un programme appelé
Kinship Care, programme qui se rapproche beaucoup de mes
propres valeurs, c’est-à-dire que nos enfants restent dans nos
familles et ne soient pas adoptés à l’extérieur de la collectivité. À
Metis Child and Family, notre mission est ce que je viens de vous
décrire, que les enfants soient placés auprès d’un membre de la
famille élargie, de la collectivité, puis en dernier recours chez une
famille d’accueil. Voilà mon rôle comme travailleuse sociale du
programme Kinship Care, cela équivaut — nous relevons du
programme de prise en charge alternative des enfants. Je travaille
auprès des familles élargies qui prennent des enfants et je
m’occupe du processus d’évaluation du foyer, de l’agrément, et
cetera, la défense des droits, le soutien. C’est un programme que je
continue à promouvoir qui fait partie intégrante de Metis Child
and Family. À mon avis c’est une réussite et nous continuons à
travailler vers cet objectif de réussite.
Senator Sibbeston: Thank you.
Le sénateur Sibbeston : Merci.
Senator Raine: Thank you very much, both of you, for being
here. My question is for Mr. Ranville.
Le sénateur Raine : Merci beaucoup à tous d’être là. Ma
question s’adresse à M. Ranville.
In your paper you say we only do genealogies for people who
can trace their roots back to the Red River Valley, Saskatchewan
and Assiniboine districts. Could you clarify that for me? I am not
sure what that means.
Dans votre document vous dites que vous ne faites la
généalogie que pour les personnes dont on peut retracer les
origines à la Vallée de la rivière Rouge en Saskatchewan et dans le
district d’Assiniboine. Pourriez-vous préciser? Je ne crois pas
avoir saisi.
Mr. Ranville: That is the homeland that Mr. Chartrand talked
about as being those that are, I do not know what word can be
used, but initiated, or made known that we were Metis and the
Metis themselves refer to themselves as Michif, which means the
same thing, the French term for mestizo in Spanish.
M. Rainville : Tel que M. Chartrand l’a dit, c’est la patrie de
ceux qui sont Métis — je ne sais trop quel mot peut être utilisé —
ou qui ont pris l’appellation Métis. Les Métis se désignent sous le
nom de Métchifs, ce qui signifie la même chose, le terme français
pour mestizo en espagnol.
Regarding your comment about ‘‘dit,’’ that in genealogy is
another word for ‘‘also known as.’’ So in this case it was Monet,
also known as Belhumeur, and when you added to that, it
explained that, yes, some of them were Belhumeurs and some of
them were Monets.
Pour ce qui est de votre commentaire relativement au terme
« dit », en généalogie, il y a un autre mot pour « aussi connu sous
le nom de ». Dans ce cas-ci, ce sont les Monet aussi comme
connus comme les Belhumeur. Les renseignements
supplémentaires expliquent que oui, certains étaient des
Belhumeur et d’autres étaient des Monet.
1-10-2012
Peuples autochtones
Yes, mainly the bulk of my work is those. I have no resources
for Quebec, Ontario, and those. The Prairie provinces pretty
much so, and parts of British Columbia you will find in my
example of that would go back to the original Metis.
23:43
Il s’agit de la plus grande partie de mon travail. Je n’ai pas de
ressources pour le Québec, l’Ontario et les autres. Pour ce qui est
de mon exemple qui remonte au premier Métis, vous retrouverez
les Prairies et des parties de la Colombie-Britannique.
Senator Raine: Because they came from here?
Le sénateur Raine : Parce qu’ils venaient d’ici?
Mr. Ranville: Yes.
M. Rainville : Oui.
Senator Raine: The Assiniboine district, is that a district of
Manitoba?
Le sénateur Raine : Le district d’Assiniboine, est-ce un district
du Manitoba?
Mr. Ranville: That was the larger bulk of the settlement back
then. There were three. There were three of the major ones, and
then there were smaller ones scattered around where they
eventually became reserves. For example, a lot of the Metis
lived in St. Peters, but also the Metis lived on the edges of what is
East Selkirk, Manitoba, today. Now all of those First Nation
people are living in Peguis. They were all marched there on foot
when the CPR bought that bulk of land at that place. So most of
the areas in Manitoba you will find Metis.
M. Rainville : Il s’agissait du plus grand peuplement à
l’époque. Il y en avait trois. Il y avait les trois principaux, puis
il y en avait de plus petits éparpillés ici et là qui sont tôt ou tard
devenus des réserves. Par exemple, un grand nombre de Métis
vivaient à St. Peters, mais également en bordure de ce qui
s’appelle aujourd’hui East Selkirk au Manitoba. Aujourd’hui, les
gens de ce peuple des Premières nations vivent à Peguis. Ils ont
tous été déplacés à pied lorsque le CFCP y a acheté cette grande
parcelle de terre. Vous retrouverez donc des Métis dans la plupart
des régions au Manitoba.
I did a family where there were five children born in different
parts of Western Canada and one in the United States in
Montana, because the Metis were such a nomadic folk that babies
were born in the different parts of the year when the buffalo hunt
took place in the fall and in the spring. It is interesting to watch,
and to find and trace children who have been born to the same
family in five different parts of Western Canada.
Il y a le cas d’une famille de cinq enfants, tous nés dans
différentes parties de l’Ouest canadien et dont un aux États-Unis,
au Montana. Les Métis sont des gens si nomades que leurs enfants
sont nés à différents moments de l’année correspondant à la
chasse au bison à l’automne et au printemps. C’est très intéressant
à regarder et à retracer les enfants qui sont nés d’une même
famille dans cinq régions différentes de l’Ouest canadien.
Senator Raine: Do you have a map of the founding areas?
Le sénateur Raine : Avez-vous une carte des régions
fondatrices?
Mr. Ranville: Yes, very important, in our library we even have
the trails that are marked that the original Metis traveled. In some
places there are still deep ruts from the Red River carts.
M. Ranville : Oui, très important, dans notre bibliothèque
nous avons les indications des chemins parcourus par les premiers
Métis. À certains endroits il y a encore des ornières profondes
laissées par les charrettes de la rivière Rouge.
Senator Raine: Have these maps been published in a book at
all, or are they just in your resources?
Le sénateur Raine : Ces cartes ont-elles été publiées dans un
ouvrage ou se trouvent-elles seulement dans vos ressources?
Mr. Ranville: They are in our website. I must say the late
Lorraine Freeman was a remarkable lady. In her 10 years at the
resource centre building it up, she traveled the whole country
finding and identifying resources, even those who were half-breed
who called themselves Metis but had no identifying documents to
prove today that they were actually Metis. One of the areas was
along Lake Superior; another was in a couple of communities in
Ontario that were Metis. However, we have no records today of
the examples that I have given of identifying these folks. Lorraine
Freeman had gone out, met these people. They play the same Red
River jig and the same dancing. I wanted to tell you the dance
came from prairie chickens during the mating season. The First
Nations people did that very original part of the Red River jig,
which was adapted by the Scottish Metis, music with the violin,
and it evolved into what today some people call our national
M. Ranville : Elles se trouvent à notre site Web. Je dois dire
que feu Lorraine Freeman était une femme remarquable. Au
cours de ces 10 années au centre de ressources, elle a parcouru
tout le pays pour trouver et identifier des ressources, même celles
des Sang-Mêlé qui se nommaient Métis, mais qui n’avaient pas de
documents d’identification pour prouver qu’ils sont vraiment
Métis. Les Métis se trouvaient tout le long du lac Supérieur et
dans quelques collectivités en Ontario. Cependant, nous n’avons
aucun dossier des exemples que j’ai donnés pour identifier ces
personnes. Lorraine Freeman était allée rencontrer ces gens. Ils
jouent la même gigue de la rivière Rouge et ont la même danse.
C’est une danse qui imitait les poules des prairies pendant la
période de reproduction. Ce sont les Premières nations qui ont
composé la partie très originale de la gigue de la rivière Rouge qui
a ensuite été adaptée par les Métis écossais; musique avec le
23:44
Aboriginal Peoples
1-10-2012
anthem; the Metis anthem is the Red River jig. All of these little
bits of history you learn from following and learning about the
families and identifying them.
violon, puis cela a évolué dans ce que certains appellent
aujourd’hui notre hymne national. L’hymne métis est la gigue
de la rivière Rouge. On apprend toutes ces petites parcelles
d’histoire en suivant et en identifiant les familles pour en
apprendre davantage sur eux.
Senator Raine: The families, for instance, that lived in Sault
Ste. Marie, where there is a Metis community there, you do not
have the genealogical records for those people, but they would
maybe have them?
Le sénateur Raine : Ces familles, par exemple, qui vivaient à
Sault Ste. Marie, où il y a une collectivité métisse, vous n’avez pas
les dossiers généalogiques pour ces personnes, mais pourraientelles les avoir elles-mêmes?
Mr. Ranville: They may have them. But we need to look, for
example, in the 1901 Census it states there red, and then you go
down the column — I forgot to mention — it says FB, SB,
meaning Scotch breed, French breed, English breed, EB, these
little notes, and it was the only census taken in Canada where we
have this reference. It was almost like it was a part of Louis Riel’s
prophecy when he said that in 100 years we will learn. These
documents help tremendously in identifying who we are, because
all of the names are in there, and a historian at the Manitoba
Metis Federation, I go to him, and also a renowned author in
Winnipeg, Charles Thompson, he calls himself Chuck, he is
78 years old, he has written books on the Metis. When you
combine all of these, to even documents that state Riel and his —
we may not have documentation for those names, but the fact
that he was part of Louis Riel’s cabinet, we can follow by those
names, this is the family of. It is just amazing. Even my own I did
not have, not even an inkling of how much of the history in my
own family and every family like that is very similar in content.
M. Ranville : C’est possible. Il nous faut regarder, par exemple,
le recensement de 1901 qui mentionne rouge et lorsqu’on descend
la colonne — j’ai oublié de dire —, on peut y lire MF, ME, pour
Métis écossais, Métis français, Métis anglais, MA. Ces petites
notes ne se retrouvent que dans ce recensement au Canada. C’est
comme si cela faisait partie de la prophétie de Louis Riel lorsqu’il
a dit que dans 100 ans nous saurions. Ces documents nous aident
beaucoup à identifier qui nous sommes, car tous les noms s’y
trouvent, je me renseigne également auprès d’un historien de la
Fédération des Métis du Manitoba ainsi qu’auprès de l’auteur
reconnu de Winnipeg, Charles Thompson qui se fait appeler
Chuck, il a 78 ans et a écrit quelques ouvrages sur les Métis.
Toutes ces sources et même les documents qui déclarent que Riel
et ses... nous n’avons peut-être pas la documentation pour ces
noms, mais le fait qu’il ait été dans le cabinet de Louis Riel, nous
pouvons remonter l’origine familiale par ces noms. C’est tout
simplement incroyable. Je n’ai même pas ce genre de
renseignements pour ma propre famille, à savoir que l’histoire
familiale se ressemble beaucoup.
Senator Raine: Was 1901 Census was that a Manitoba census
or a Canada census?
Le sénateur Raine : Le recensement de 1901 était-ce un
recensement du Manitoba ou du Canada?
Mr. Ranville: Canada.
M. Ranville : Canada.
Senator Raine: For instance, that designation of white or red,
FB, SB, EB, would be all across Canada?
Le sénateur Raine : Par exemple, cette désignation rouge ou
blanc, MF, ME, MA, serait-ce partout au Canada?
Mr. Ranville: I do not know if the other parts of Canada had
put a lot of effort into identifying folks. See, I do not get any
records from Ontario, for example, the Sault Ste. Marie area, and
you are absolutely right, there was mixed blood or Metis involved
in that. But to find the records to put into the genealogy once it is
done for an individual is next to impossible, because that one may
say something, I have not run across it yet, where the name is
connected to the SB or the R for red, not from Ontario as yet or
B.C. But Manitoba and the Western provinces, oh, yes. Yes, all of
them are. It seemed to concentrate on that part of identifying by
colour and by racial origin.
M. Ranville : J’ignore si dans d’autres régions du Canada des
efforts ont été déployés pour identifier les gens. Voyez-vous, je
n’ai pas de dossiers de l’Ontario, de la région de Sault Ste. Marie,
et vous avez tout à fait raison il y avait des Sang-Mêlé ou des
Métis. De là à trouver les dossiers pour les intercaler dans la
généalogie lorsqu’on l’a fait pour une personne est quasi
impossible, car un dossier peut mentionner quelque chose, que
je n’ai pas encore vu, où le nom est lié à la mention ME ou R pour
rouge. Je n’ai rien vu de l’Ontario et de la Colombie-Britannique
jusqu’à maintenant. Mais pour ce qui est du Manitoba et des
provinces de l’Ouest, oh oui... Oui ils ont tous cette mention.
Cette région identifiait les gens par leur couleur et par leur race.
Senator Raine: Thank you very much.
Senator Dyck: Thank you for the presentations. They were
very good. Actually I will tell a little joke first. When I was
looking at this I saw resources and genealogist, and I immediately
thought Natural Resources and geologist. I thought why are we
Le sénateur Raine : Merci beaucoup.
Le sénateur Dyck : Merci pour vos exposés. Ils étaient
excellents. Je vais commencer par vous raconter une blague. J’ai
d’abord vu les mots « ressources » et « généalogiste » et j’ai tout
de suite pensé aux ressources naturelles et à la géologie. Je me suis
1-10-2012
Peuples autochtones
hearing from a geologist? But in a sense you are a like a geologist,
but you are not drilling down into the ground — you are drilling
back into history.
Mr. Ranville: Yes.
Senator Dyck: I was trying to sort out the dates, and much of
what we are talking about today, really with regard to identity, is
complicated by the federal government’s putting in legal
definitions. In one of your documents you were talking about,
you had here listed wife Mary Favell. She would have been Indian
by the Indian registry, but the Indian registry had not come up
yet, right?
Mr. Ranville: No.
23:45
demandé pourquoi on avait invité un géologue. Mais vous êtes en
quelque sorte un géologue, à l’exception près que vous ne forez
pas le sol, mais que vous faites des recherches dans le passé.
M. Ranville : Oui.
Le sénateur Dyck : J’essayais de comprendre les dates, et la
majeure partie de la question identitaire dont nous parlons est
complexifiée par l’ajout de définitions juridiques par le
gouvernement fédéral. Dans un document que vous avez
mentionné se trouvait une femme mariée du nom de Mary
Favell. Elle aurait été considérée comme une Indienne dans le
Registre des Indiens, mais celui-ci n’existait pas encore, n’est-ce
pas.
M. Ranville : Tout à fait.
Senator Dyck: The Indian registry started in what date, the
federal government?
Le sénateur Dyck : Quand le gouvernement fédéral a-t-il créé le
Registre des Indiens?
Mr. Ranville: In that case when she married an English or Scott
named Favell, because Indians did not have surnames; they were
identified by the Cree, by the Ojibwa, by the Blackfoot. They did
not have a surname until baptism took place, and then we were
able to identify those First Nations or Indian people to the
European by the baptism records, marriage records, and even
those records that say married according to the custom of the
country, which is really a marriage again without a clergy.
M. Ranville : Elle a épousé un Anglais ou un Écossais du nom
de Favell; les Indiens n’avaient pas de nom de famille et étaient
identifiés par les Cris, les Ojibwa et les Pieds-Noirs. Les Indiens
ont commencé à avoir des noms de famille qu’après
l’implantation du baptême, époque à partir de laquelle on a pu
commencer à identifier les Premières nations et les Indiens grâce
aux registres de baptême et de mariage. Les registres de mariage
selon les coutumes du pays, c’est-à-dire des mariages célébrés sans
prêtre, permettaient aussi de les identifier.
Senator Dyck: Yes. The Indian registry itself would not have
been until the Indian Act?
Le sénateur Dyck : Très bien. Le Registre des Indiens a
seulement été créé avec la Loi sur les Indiens?
Mr. Ranville: That is right.
M. Ranville : Très juste.
Senator Dyck: So 1876.
Le sénateur Dyck : En 1876.
Mr. Ranville: Yes.
M. Ranville : Oui.
Senator Dyck: So anyone prior to that would not be considered
Indian by the legal definition?
Mr. Ranville: That is right, yes.
Le sénateur Dyck : Alors, personne avant cette date n’était
considéré comme étant Indien au sens juridique?
M. Ranville : Tout à fait, oui.
Senator Dyck: You also mentioned the English breed versus
Scottish breed. My understanding of the history is probably not
very good, but my understanding was the intermarriage between
the English and Indian tribes, many of those children would have
been sort of absorbed into the English culture and lived actually
in the fort, whereas with the Scottish there was more a creation of
the — they integrated more with the communities and out of that
came probably maybe the majority of the Metis culture.
Le sénateur Dyck : Vous avez aussi fait la distinction entre la
race anglaise et la race écossaise. Mes notions d’histoire sont
probablement très lacunaires, mais je crois comprendre que les
enfants nés de mariage entre Anglais et tribus indiennes étaient
assimilés à la culture anglaise et vivaient dans le fort. Du côté des
Écossais, il y a eu création de... Ils s’intégraient davantage dans les
communautés et c’est probablement ce qui a entraîné la majorité
de la culture métisse.
Mr. Ranville: And also the French, the Voyageurs, who came
here originally for the fur trade. Some were sent here to colonize,
but the fur trade was far too lucrative financially. They were here
now, and it took months to go back home, so they did not go
back home, they learned about the fur trade and got involved in it
and made a fortune.
M. Ranville : Et aussi les Français ou les voyageurs, qui étaient
venus ici pour le commerce de la fourrure. Certains étaient
envoyés ici pour coloniser le territoire, mais le commerce de la
fourrure était extrêmement lucratif. Comme les colons étaient
déjà ici de toute façon et qu’il fallait prévoir des mois pour rentrer
à la maison, ils ne sont pas retournés en France, se sont mis au
commerce de la fourrure et ont fait fortune.
Senator Dyck: Were there some on the English side, were there
some that also became Metis?
Le sénateur Dyck : Y avait-il aussi des Anglais qui sont
devenus Métis?
23:46
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Mr. Ranville: Oh, definitely, yes, and later Europe and Eastern
Europe. I have names now that I cannot pronounce and they are
Metis because they married into the Metis community.
M. Ranville : Oh, oui, tout à fait. Puis plus tard, il y en a eu
d’Europe et de l’Europe de l’Est. Je ne suis pas capable de
prononcer le nom de certaines de ces personnes qui sont devenues
métisses parce qu’elles se sont mariées dans la communauté
métisse.
Senator Dyck: After 1885 with the Riel situation, I do not
know what the proper term is to call it now, that is when you have
the migration, the leaving from the original Red River areas, and
would that also include parts of Saskatchewan and the
Assiniboine?
Le sénateur Dyck : Après la situation de 1885 entourant Riel —
je ne sais pas quel est le bon terme à employer pour ce
phénomène —, il y a eu une migration, soit le départ des
régions de la rivière Rouge d’origine. Ce phénomène comprend
aussi des régions de la Saskatchewan et de l’Assiniboine?
Mr. Ranville: Yes.
M. Ranville : Oui.
Senator Dyck: That is where you get the migration out to the
edges of the reserves, the road allowance people and so on, and
some of the Metis settlements that you have mentioned.
Le sénateur Dyck : On parle ici de migration vers les limites des
réserves, de réserves pour chemins, de certains des peuplements de
Métis que vous avez mentionnés, et cetera.
Mr. Ranville: The small Metis communities around the First
Nation reserves came about from marriages. The bulk of them
were marriages with folks on the reserve. A lot were living in
St. Peters, they found Metis living there, but not under the
treaties. So they got nothing, and watched the Indian people
getting their treaty every year and exercising their rights.
M. Ranville : Les mariages ont entraîné la formation de petites
communautés métisses près des réserves des Premières nations. La
plupart de ces mariages se nouaient avec des gens de la réserve.
Nombre d’entre eux vivaient à St. Peters où on a découvert que
des Métis vivaient sans être régis par les traités. Ils ne jouissaient
donc d’aucun avantage et voyaient les Indiens se doter de
nouveaux traités chaque année, ce qui permettait à ces derniers
d’exercer leurs droits.
Senator Dyck: It is interesting, because to me it is fascinating as
well because of the legal complications. Within my own
genealogy, which I have looked into just in the last few years, I
have discovered that the first medical Metis doctor in Manitoba
was actually the son or the grandson of my great, great, great,
however many greats there are, grandfather, who was a Scotsman,
a McNabb. So within my family there are Metis and First Nation.
Le sénateur Dyck : C’est intéressant parce ce sujet me fascine
en partie en raison des complexités juridiques. Grâce à mon arbre
généalogique que j’ai consulté au cours des dernières années, j’ai
découvert que le premier médecin métis du Manitoba était en fait
le fils ou le petit-fils de mon arrière-arrière-arrière — ajouter
autant d’arrières que vous voudrez — grand-père qui était un
Écossais du nom de McNabb. Mon arbre généalogique comprend
donc des Métis et des Premières nations.
Mr. Ranville: It is possible because Metis that did marry into
the First Nations, they were treaty and, for example, the father
could have been Metis. I see that one day the abolishment of the
Indian Act is going to cause, like Mr. Chartrand mentioned, an
influx of First Nations people or I should say treaty people all
with names like McNabb, Sutherland, all of these names from the
history, but who opted for treaty back in the history. When the
Indian Act is going to be abolished, you are going to have a lot of
these First Nation folks coming back to their Metis side of their
family. I say that because more and more today they are held
back by this Indian Act, and the Metis are growing. I see it
growing in front of my eyes. I guess you could call it services, for
example, where Metis are identified finally in some of the services
Mr. Chartrand touched on. Identifying Metis is going to become
a little complex when they drop their treaty status, or it is taken
away, and they still know that a part of their family is Metis, and
they will adapt to that, most of them.
M. Ranville : C’est possible parce que les Métis qui ont épousé
des Premières nations étaient régis par des traités. Le père aurait
donc pu être Métis. Je crois que l’abrogation de la Loi sur les
Indiens va un jour entraîner, comme M. Chartrand l’a mentionné,
l’apparition de Premières nations ou plutôt de personnes régies
par les traités portant des noms comme McNabb, Sutherland et
d’autres qui nous viennent du passé, mais qui ont choisi d’être
régis par des traités dans le passé. Quand la Loi sur les Indiens
sera abrogée, de nombreux membres des Premières nations vont
se retourner vers le côté métis de leur famille. Je l’ai dit parce que
de plus en plus de personnes sont limitées par la Loi sur les
Indiens, et la communauté métisse croît. Je suis témoin de sa
croissance. Par exemple, les Métis sont identifiés dans certains
services dont M. Chartrand nous a parlé. L’identification des
Métis va se compliquer quand ils abandonneront leur statut régi
par les traités, ou quand celui-ci leur sera retiré, puisqu’ils savent
qu’une partie de leurs proches sont Métis. La majorité d’entre eux
s’adapteront à la nouvelle situation.
The Chair: I have one final question for Ms. Sanderson. Do
you speak Michif?
Le président : J’ai une dernière question pour Mme Sanderson.
Parlez-vous métchif?
1-10-2012
Peuples autochtones
Ms. Sanderson: I understand the language. If somebody is
speaking Michif around me, I understand it. But when I was
growing up and we were starting to go to school — actually my
father knew the Ojibwa language. Let me go a little further. My
father knew the Ojibwa language but never taught it to any of us
because he thought it might be a detriment to us having to go to
an English school. Michif language was spoken around me all of
the time growing up. I do not speak it very well, but I understand
it. If somebody is speaking the Michif language in my
surroundings, I understand it.
23:47
Mme Sanderson : Je le comprends. Je peux comprendre une
conversation en métchif. Mais quand j’étais petite et quand nous
avons commencé à fréquenter l’école, mon père parlait la langue
ojibwa. Laissez-moi vous expliquer. Mon père parlait l’ojibwa
mais ne nous l’a jamais appris parce qu’il croyait que cela nous
nuirait à l’école anglophone. Quand j’étais petite, tout le monde
autour de moi parlait métchif. Je ne le parle pas très bien, mais je
le comprends. Si j’entends du métchif, je le comprends.
The Chair: Were you raised in Shoal Lake?
Le président : Avez-vous grandi à Shoal Lake?
Ms. Sanderson: North Shoal Lake, yes, in Manitoba.
Mme Sanderson : Oui, au nord de Shoal Lake, au Manitoba.
The Chair: All right. I thank both of you, and continue your
good work. Continue to maintain the pride.
Le président : Très bien. Je remercie chacun d’entre vous et
vous invite à poursuivre votre beau travail. Continuer à alimenter
la fierté.
Mr. Ranville: It is a beautiful job.
M. Ranville : C’est un beau travail.
The Chair: You have a job to do.
Le président : Vous avez une mission.
Mr. Ranville: And they pay me.
M. Ranville : Et je me fais payer pour l’accomplir.
The Chair: Thank you again, Mr. Ranville and Ms. Sanderson.
Le président : Encore une fois, monsieur Ranville et madame
Sanderson, merci.
I have some work to do in regards to the Senate. From a
procedure point of view, later in this trip we will have some
senators leaving and others joining, and we do not want to be in a
position where we are unable to carry out our meeting because of
travel delays. I would like to suggest that we pass a motion to the
effect that in the event of the unavoidable absence of both the
chairman and the deputy chair at any time during the meetings of
September 26, 28 and October 1, any other senator present may
chair the meeting. We should have that motion. Would somebody
would move it? Senator Sibbeston, and seconded by Senator
Dyck.
J’ai du travail qui concerne le Sénat qui m’attend. Par rapport
à la procédure, j’aimerais vous dire que des sénateurs vont se
joindre à nous et d’autres vont nous quitter un peu plus tard lors
de ce voyage, et nous ne voudrions pas être dans l’incapacité
d’avoir une réunion à cause d’un retard de voyage. J’aimerais
proposer que nous adoptions une motion à l’effet que, si le
président et le vice-président sont dans l’incapacité d’assister à une
réunion les 26 et 28 septembre et le 1er octobre, tout sénateur
puisse présider la réunion. Nous devrions adopter cette motion.
Qui veut la proposer. Le sénateur Sibbeston, appuyé par le
sénateur Dyck.
Are we all in favour? Opposed, if any?
Sommes-nous tous en faveur? Quelqu’un s’y oppose-t-il?
That is dealt with. Thank you. I appreciate it.
C’est réglé, merci. Je l’apprécie.
Colleagues, we will now go to our next witness. We will hear
from Paul Chartrand, a retired professor of law. I would like to
remind you that we have to maintain our schedule, as we have
meetings in St. Laurent, Manitoba, this afternoon. I would ask
senators to keep their questions focused. Let us try and stay on
subject as much as possible, which relates to the terms of
reference.
With that, Professor Chartrand, are you ready?
Paul Chartrand, Retired Professor of Law, as an individual:
Thank you. I was invited by the committee to appear as an expert
witness. I thank the committee for that invitation, which I am
happy to accept.
[Translation]
I am a Michif from St. Laurent, which is not too far from here.
You will be visiting there this afternoon.
Chers collègues, nous allons maintenant entendre notre
prochain témoin. Il s’agit de Paul Chartrand, professeur de
droit à la retraite. Je vous rappelle que nous devons respecter
notre horaire, puisque nous avons des réunions à St-Laurent, au
Manitoba, cet après-midi. Je vais donc demander aux sénateurs
de poser des questions précises. Nous allons essayer de ne pas
nous écarter du sujet dans la mesure du possible, c’est-à-dire notre
ordre de renvoi.
Cela dit, monsieur Chartrand, êtes-vous prêt?
Paul Chartrand, professeur de droit à la retraite, à titre
personnel : Merci. Le comité m’a invité à comparaître en tant
qu’expert. Je remercie le comité de cette invitation, que je suis
heureux d’accepter.
[Français]
Moi, je suis un Mitchif de St-Laurent, c’est pas trop loin d’ici,
vous allez visiter là après-midi.
23:48
Aboriginal Peoples
[English]
It is an interesting place, obviously. I have been living there
since retirement. I wish you well in your visit.
[Translation]
I am not going to speak like the Michifs from St. Laurent
because that may pose a problem to the translators.
[English]
1-10-2012
[Traduction]
C’est un endroit bien sûr intéressant. J’y vis depuis ma retraite.
Je vous souhaite d’en faire une visite agréable.
[Français]
Je ne vais pas parler comme les Mitchifs de St-Laurent parce
que peut-être bien on va avoir de la misère pour les traducteurs.
[Traduction]
I will make my presentation in English. We grew up at home
speaking an archaic French, I suppose a fur trade French, the
French component of which is worked into many of the First
Nation languages across the West and northwest of Canada and
North America.
Je vais faire mon exposé en anglais. J’ai grandi dans une famille
qui parlait un français archaïque, un français qui remontait, je
suppose, à l’époque du commerce de la fourrure. Des éléments de
ce français se retrouvent dans bon nombre de langues des
Premières nations de l’Ouest et du Nord-Ouest du Canada et de
l’Amérique du Nord.
I should begin by introducing my professional credentials so
that you may reflect on why you might put more or less weight on
what I offer today. I have been specializing in law and policy
relating to indigenous peoples for several decades; I retired
in 2009. I have some 60 publications in various subjects. Roughly
15 or 20 of them are specifically on Metis issues, and that includes
two books and a booklet on the national anthem that was
composed right here in the early 1800s, along with some music, by
the way. Among other books is Who Are Canada’s Aboriginal
Peoples, and that book should be required reading for anyone
interested in the subject of this committee’s mandate, which is to
inquire into the recognition of an indigenous people. I also have a
book on section 31 of the Manitoba Act, the Metis land case.
Permettez-moi d’abord de vous présenter mes titres de
compétence afin que vous puissiez pondérer le témoignage que
je peux vous offrir aujourd’hui. J’ai travaillé comme spécialiste du
droit et des politiques applicables aux peuples indigènes pendant
plusieurs décennies; j’ai pris ma retraite en 2009. J’ai publié
quelque 60 ouvrages sur divers sujets. De 15 à 20 d’entre eux
portent expressément sur les questions relatives aux Métis, dont
deux livres et une brochure sur l’hymne national, qui a été
composée ici même au début des années 1800, de même que de la
musique, je vous le signale. J’ai, entre autres, publié un livre
intitulé Who Are Canada’s Aboriginal Peoples, qui devrait être une
lecture obligatoire pour tous ceux qui s’intéressent au sujet qui
fait l’objet de votre mandat, c’est-à-dire la reconnaissance d’un
peuple autochtone. J’ai aussi publié un ouvrage sur l’article 31 de
la Loi sur le Manitoba, l’affaire des terres métisses.
I am now living on lot number 2, which was my great-greatgrandfather’s lot number 2. You may or may not know that there
are river lots along Lake Manitoba. It is the only place other than
along the Red River and the Assiniboine River where the river lot
system was set up right in the home territory.
Je vis maintenant sur le lot no 2, ce même lot no 2 qu’avait reçu
mon arrière-arrière-grand-père. Vous savez peut-être qu’il y a des
lots riverains le long du lac Manitoba. C’est le seul endroit, outre
le long de la rivière Rouge et de la rivière Assiniboine, où des lots
riverains ont été établis sur le territoire ancestral.
Although I taught Metis history, I am not here to tell you
much about history. I would like to make five points. Because the
time is very limited and these are very complex issues, let me
emphasize that first the task before you is one of great complexity,
sociological, but constitutional, legal and political complexity,
and it has some unique features that make it particularly difficult,
and so it should be with the grace of inspection that you arrive at
your conclusions and recommendations. I offer these points with
the greatest respect to all of those people who I am sure have
offered you advice of a different character.
Je ne vais pas beaucoup vous parler de l’histoire des Métis,
même si je l’ai enseignée. Je voudrais vous présenter cinq
arguments. Puisque le temps est limité et que ce sont des
questions très complexes, permettez-moi d’insister sur le fait que
votre tâche est d’une grande complexité, du point de vue
sociologique, mais aussi du point de vue constitutionnel,
juridique et politique. Ce sujet a des caractéristiques
particulières qui le rendent bien difficile, et c’est donc avec
beaucoup de réflexion que vous pourrez en arriver à vos
conclusions et à vos recommandations. Je vous offre mon
témoignage avec le plus grand respect pour tous ceux qui vous
ont offert des avis différents, j’en suis sûr.
My first point is this: It would be a great danger to rely on the
Supreme Court of Canada’s articulation in the Powley case to
guide yourself as to what is the right thing to do for the
recognition of the Metis people. At a strictly legal level, you
should note that the Powley case affects the rights only of the two
individuals before it. You will understand that basic principle. I
Mon premier argument est le suivant : Il serait très dangereux
de ne se fonder que sur l’arrêt de la Cour suprême du Canada
dans l’affaire Powley pour se guider sur les mesures à prendre
pour reconnaître le peuple métis. Du point de vue strictement
juridique, il convient de noter que l’arrêt Powley ne porte que sur
les droits des deux personnes qui faisaient l’objet de l’affaire. C’est
1-10-2012
Peuples autochtones
23:49
am sure you would not like to have your right to have a passport
or the right to the ownership of your home to be decided in court
when you are not there. The Metis people were not represented in
that case, so technically the only rights at issue were the rights of
those two individuals.
un principe de base que vous comprendrez. Vous n’aimeriez pas
vous non plus, j’en suis sûr, qu’un tribunal décide en votre
absence de votre droit d’avoir un passeport ou d’être propriétaire
de votre domicile. Le peuple métis n’était pas représenté dans
cette affaire et, par conséquent, techniquement, les seuls droits qui
ont fait l’objet de l’arrêt étaient les droits de ces deux personnes.
I will argue also that the way forward for the recognition of the
Metis people is not to have the primary task developed by
unelected, appointed civil judicial servants in the courts, but
through the cooperative good faith negotiations between political
actors, between the representatives of the Metis people and
representatives of the government.
Je dirais que la voie de l’avenir pour la reconnaissance du
peuple métis consiste à s’assurer que la tâche principale n’est pas
réalisée par des fonctionnaires judiciaires nommés et non élus,
mais plutôt au moyen de négociations de bonne foi entre
intervenants politiques, représentants du peuple métis et
représentants du gouvernement.
It is unusual, to say the least, for the courts to undertake their
role of political recognition of a distinct society. You only have to
look at the situation of Quebec to understand the function of the
courts in relation to the matters of political recognition. The
process that should be undertaken is to promote the recognition
of Metis communities.
Il est inhabituel — et c’est le moins qu’on puisse dire — que les
tribunaux jouent un rôle de reconnaissance politique d’une société
distincte. Il suffit de regarder ce qui se passe au Québec pour
comprendre la fonction des tribunaux en ce qui a trait aux
questions de reconnaissance politique. Le processus qui devrait
être entamé consiste à promouvoir la reconnaissance des
communautés métisses.
One of the difficulties in Powley, as well as with much of the
confusion about membership definitions in various organizations,
is that they focus on the individual. The issue here that you are
charged with is to deal with the practical recognition of a
constitutionally recognized people. The court has said that those
rights are collective rights. Those are the rights of communities;
those are the rights of groups. I have no rights as a Metis. No
First Nation individual has any rights by virtue of his personal
antecedents. Therefore, it makes no sense to consider the personal
antecedents of individuals to determine the collective rights.
L’une des difficultés associées à l’arrêt Powley, ainsi qu’à la
confusion qui règne pour ce qui est de la définition des membres
au sein de diverses organisations, c’est que l’on cible l’individu. La
responsabilité qui nous incombe ici est de traiter de la
reconnaissance pratique d’un peuple reconnu par la
Constitution. La Cour suprême a établi que ces droits étaient
collectifs. Il s’agit des droits de communautés; il s’agit de droits de
groupes. Je n’ai aucun droit en tant que Métis. Aucun membre
des Premières nations n’a de droits en vertu de ses antécédents
personnels. Par conséquent, il est illogique de tenir compte des
antécédents personnels de quelqu’un pour déterminer des droits
collectifs.
What you need to do is to look at the antecedents of the
community itself, so what you do is identify communities. I would
be very surprised if there were communities that were missed
because the existence of communities, political communities and
distinct cultures and so on is notorious. People do not just hide, or
as the trial judge put it in the Powley case, I think he said that they
were there, but they were invisible. You see the kind of judicial
magic that has to be created in order to — when you put the first
foot wrong as to focus on the individual. Do not focus on the
individual. Find out where are the Metis communities. When you
do it that way, then you have put the first foot right and then you
can see who is supposed to be engaged in the process of
identifying who are the Metis persons. It is the community. Who
belongs here? It is not the judges to decide.
Ce qu’il faut faire, c’est d’examiner les antécédents de la
communauté elle-même, ce qui revient à identifier des
communautés. Je serais très surpris du fait que l’on en oublie
certaines, car l’existence de communautés, de communautés
politiques et de cultures distinctes, et cetera, est notoire. Les
gens ne se cachent pas ou, comme le juge l’a énoncé dans l’affaire
Powley, les gens existent, mais sont invisibles. C’est le genre de
tour de magie judiciaire qui doit être fait pour — lorsque l’on
s’engage dans la mauvaise direction en ciblant l’individu. Il ne
faut pas cibler l’individu. Trouver les communautés métisses.
Lorsque l’on procède ainsi, on va dans la bonne direction, ce qui
permet de savoir qui devrait participer au processus de définition
des Métis. C’est la communauté. Qui en fait partie? Ce n’est pas
aux juges d’en décider.
It is a unique and unacceptable situation now where some
people have gone and asked the courts, please tell us who we are.
The courts have developed a legal test, the Powley test, to
determine who are the Metis people. With the greatest respect, it
makes no sense. This has to be done politically. It is political
action that gave rise to the birth of Manitoba; it is by the political
action of Riel and other very well known historical figures that
the Metis people were recognized and made our way into the
Constitution of Canada.
C’est une situation unique et inacceptable que de voir des gens
demander aux tribunaux de leur dire qui ils sont. Les tribunaux
ont défini un critère juridique, le critère Powley, pour déterminer
qui sont les Métis. Malgré tout le respect que je leur dois, cela est
illogique. Cela doit être fait politiquement. Ce sont des actions
politiques qui ont entraîné la création du Manitoba; c’est aussi
par les actions politiques de Riel et d’autres personnalités
historiques bien connues que les Métis ont été reconnus par la
Constitution du Canada.
23:50
Aboriginal Peoples
1-10-2012
A lot of people say the Metis were first put in the Constitution
in 1982; well, you better check your history. That was first done in
1870 in the Manitoba Act in section 31. So it is political action
that has lead to the historic recognition, and it is political action
that should promote it today. The process should be something
like this: for the representatives of Metis people and the federal
government to get together and agree on the identification of
those communities. Then you negotiate what are those specific
rights.
Beaucoup de gens disent que les Métis ont été reconnus la
première fois dans la Constitution en 1982; il faut leur dire de
retourner à leurs livres d’histoire. Cela a été le cas la première fois
en 1870 à l’article 31 de la Loi sur le Manitoba. Ce sont donc des
actions politiques qui ont entraîné une reconnaissance historique
et ce sont des actions politiques qui devraient promouvoir la
reconnaissance des Métis de nos jours. Il faudrait que le processus
soit comme suit : il faudrait que les représentants des Métis et du
gouvernement fédéral se rassemblent et s’entendent sur la
définition de ces communautés. Ensuite, il convient de négocier
des droits précis.
We went through, and I went through, I was involved in
national conferences on Aboriginal constitutional reform where
we tried to tackle all of these issues, the rights of the people, Metis
people and so on — a very difficult process. I was also a member
of the federal Royal Commission on Aboriginal Peoples and we
made recommendations on a lot of the issues that face you, and I
was also a commissioner advising the Government of Manitoba
on Aboriginal issues back about a dozen years ago.
Nous avons participé, et j’ai participé à des conférences
nationales sur la réforme constitutionnelle autochtone dans le
cadre desquelles nous avons tenté d’aborder ces questions, à
savoir, les droits des peuples métis et autres, une tâche très
difficile. J’ai aussi été membre de la Commission royale sur les
peuples autochtones et nous avons formulé des recommandations
concernant un grand nombre des questions auxquelles vous vous
heurtez, et j’ai aussi été commissaire agissant à titre de conseiller
auprès du gouvernement du Manitoba en matière de questions
autochtones, il y a environ 12 ans.
There is a lot in those particular reports to assist interested
senators in trying to sort out how this should be done, but it is
essential that you have community recognition. I should say that
the task before you is a part of the broader project of making the
constitutional recognition of section 35 of the 1982 act effective.
You will need legislation, but first what you need to do is to deal
with the representatives of communities and do things and agree
on some notion of which are the communities, what are their
rights, and then what you do is you have a referendum with all of
the people — that is the way things are normally done — and see
if people accept this. You work it out. You do not look to the sky
like manna from Heaven for inspiration to fall down, and we do
not go and ask the judges. You work it out; you negotiate it. Once
you have done that, you see if the people like it; you have a
referendum in your communities. If people like it, you enter into
these agreements and you pass legislation. There is no point
passing legislation on an unwilling government; an unwilling
government trying to act because of case law — that does not
work very well. I do not have to tell you the details; probably a lot
of witnesses have told you that. The best way is to work it out.
Il y a beaucoup d’éléments dans ces rapports en particulier
pour aider les sénateurs intéressés à essayer de voir comment ça
devrait être fait, mais il est essentiel que vous ayez la
reconnaissance de la communauté. Je dirais même que votre
travail fait partie d’un projet plus large qui vise à rendre efficace la
reconnaissance constitutionnelle de l’article 35 de la loi de 1982.
Vous aurez besoin de la loi, mais d’abord ce qu’il faut faire c’est
traiter avec les représentants des communautés et s’entendre sur
l’identité de ces communautés, leurs droits, et organiser ensuite un
référendum avec tous ces gens — c’est comme ça que les choses se
font habituellement — et voir si les gens acceptent cela. Vous
trouvez une façon. Vous ne levez pas les yeux au ciel en attendant
que l’inspiration vous tombe dessus comme une manne tombée du
ciel et on ne va pas non plus poser la question aux juges. Vous
trouvez une façon; vous négociez. Une fois que c’est fait, vous
verrez si ça plaît aux gens; vous organisez un référendum dans vos
communautés. Si cela plaît aux gens, vous concluez ces ententes et
vous adoptez une loi. Cela ne sert à rien d’adopter une loi quand
on fait face à un gouvernement qui manque de volonté; un
gouvernement réticent qui essaye d’agir à cause de la
jurisprudence — cela ne fonctionne pas très bien. Je n’ai pas
besoin de vous donner les détails; j’imagine qu’un grand nombre
de témoins vous en ont parlé. La meilleure façon est d’essayer de
s’entendre.
The royal commission recommended that ultimately
recognition must be approved by the federal cabinet, so the
politicians have a big role to play here. I know that some critics
will say to me, well, they will say that is nice, but the Metis people
have very little political leverage to enter into the serious
negotiations here. My response to that is this: Here you can
have more sophisticated access to judicial assistance. The Quebec
situation, the Manitoba language rights reference case and other
cases provide us with arguments for the role of the courts in
La commission royale a recommandé que la reconnaissance
ultime soit approuvée par le cabinet fédéral et donc les politiciens
ont un grand rôle à jouer là-dedans. Je sais que certains
détracteurs nous diront... ils nous diront que tout cela est bien
beau, mais que le peuple métis a très peu d’influence politique
pour entamer des négociations sérieuses. Ma réponse à cela est la
suivante : en l’occurrence il est possible d’avoir un accès plus
sophistiqué à l’aide judiciaire. La situation du Québec, le cas de
référence des droits linguistiques au Manitoba et d’autres cas
1-10-2012
Peuples autochtones
23:51
requiring the government parties to come to the table to negotiate
in good faith. I have developed some of these arguments. They are
published. So this is a way forward, in my respectful view.
nous fournissent des arguments sur les rôles des tribunaux qui
demandent aux partis du gouvernement de venir à la table pour
négocier en toute bonne foi. J’ai développé certains de ces
arguments. Ils ont été publiés. Il s’agit là d’un moyen d’aller de
l’avant, à mon humble avis.
The other point that is extremely important; recognition of the
Metis people should proceed in a process of recognition of all the
section 35 Aboriginal peoples, Inuit, the Indian and the Metis
peoples. Justice requires that. The underlying principle is this: No
one should be induced, no one should be provided inducements
by the government to prefer identification as an Indian or a Metis,
which is the case nowadays.
L’autre point qui est extrêmement important; la reconnaissance
du peuple métis doit suivre le processus de reconnaissance de tous
les peuples autochtones visés par l’article 35, les Inuits, les Indiens
et le peuple métis. La justice l’exige. Le principe sous-jacent à cela
est que personne ne devrait être induit, personne ne devrait se
faire offrir des incitatifs par le gouvernement pour préférer être
identifié en tant qu’Indien ou Métis, ce qui est le cas de nos jours.
By the way, the Indian Act itself is unconstitutional in some
respects because it fails to observe the great principle of
constitutional law in this country in that people are free to
associate with whomever they want. We have taken out the opting
out provision in 1985, which was a constitutional misstep. It has
to be done at the same time, and you will find the numbers of
Metis people dwindle probably because I know that a lot of
people really want some kind of official recognition. And some of
them would prefer to be recognized Indians. There is a history of
that.
Soit dit en passant, la Loi sur les Indiens est inconstitutionnelle
à certains égards, car elle ne respecte pas le grand principe du
droit constitutionnel de ce pays, à savoir que les gens sont libres
de s’associer à qui ils veulent. Nous avons enlevé la clause de
retrait en 1985, ce qui était une maladresse constitutionnelle. Cela
doit être fait en même temps et vous trouverez le nombre de Métis
probablement diminué, car je sais que bien des gens veulent
vraiment une reconnaissance officielle. Et certains d’entre eux
préféreraient être des Indiens reconnus. Cela s’est déjà vu.
I think I have jumbled together the five points that my notes
remind me that I wanted to make. I am sorry I did not give you a
little point form list. I found out recently that you may accept
written briefs, so I will see if I am able to make the time to provide
you with a written brief in due course because, as I emphasized,
these are matters of the greatest complexity. I had to mention to
your staff that in your website you say that the Metis, for your
purposes, Metis are Aboriginal people for the purpose of
section 35.2 and I said, well, that is not quite right. The Metis
recognition in subsection 2 is for the purposes of all of section 35,
so the purpose of recognizing the rights, so take out that
subsection 2.
Je crois que j’ai énoncé pêle-mêle les cinq points que, selon mes
notes, je voulais soulever. Je suis désolé de ne pas vous avoir
fourni une petite liste abrégée. J’ai appris récemment que vous
acceptiez les mémoires écrits et je vais voir si je suis capable de
vous fournir un document écrit à temps, car, comme je l’ai
souligné, il s’agit là de questions de la plus haute complexité. J’ai
dû indiquer à votre personnel que sur votre site web vous dites
que les Métis, selon votre usage, sont des Autochtones aux fins de
l’article 35.2 et je leur ai dit que ce n’était pas tout à fait cela. La
reconnaissance des Métis au paragraphe (2) s’applique à
l’ensemble de l’article 35, à savoir aux fins de la reconnaissance
des droits, et qu’il fallait donc enlever ce paragraphe (2).
That simply illustrates the point that your task is a very
difficult one, and I am happy to help by questions or whatever; I
am at your service. Thank you.
Cela montre bien que votre tâche est très difficile, et il me fera
plaisir d’aider en répondant à des questions ou quoi que ce soit; je
suis à votre disposition. Merci.
The Chair: Thank you, professor. I saw that point 2 as well, but
to be honest, I did not have your professional knowledge to assess
why it is there. I saw it when I was reading the briefing papers
when I was flying in here last night from Vancouver.
Le président : Merci, monsieur. J’ai aussi vu ce point 2, mais
honnêtement, je n’avais pas vos connaissances professionnelles
pour déterminer pourquoi il se trouvait là. Je l’ai lu dans les
documents d’information quand j’ai pris l’avion à Vancouver hier
soir.
Senator Sibbeston: My question is simply this: Do you think
that despite the fact that the Powley case sets out criteria for
Metis, the approach that you suggest is still possible? Basically
that the matter of identification of Metis be settled by agreement
between federal government and Metis people. How restrictive do
you think the Powley case now is to accomplish what should be
done?
Le sénateur Sibbeston : Ma question est simplement la
suivante : pensez-vous que malgré le fait que l’affaire Powley
présente des critères pour les Métis, l’approche que vous suggérez
est toujours possible? C’est-à-dire que la question de
l’identification des Métis soit réglée par un accord entre le
gouvernement fédéral et les Métis. À quel point pensez-vous que
l’affaire Powley limite ce qu’on devrait faire?
Mr. P. Chartrand: The problem is that this is none of the
court’s business in the first place. Putting it in plain ordinary
language, in my respectful opinion, just because something is
found in the text of the Constitution does not mean that the
M. P. Chartrand : Le problème, c’est que ça ne regarde pas la
cour en premier lieu. En termes simples, à mon avis respectueux,
le fait que quelque chose se retrouve dans le texte de la
Constitution ne veut pas dire que les juges devraient trancher
23:52
Aboriginal Peoples
1-10-2012
judges ought to decide everything about it. In 1982, some
fundamental changes were worked to our constitution. Coming
from a constitution more like that of Great Britain, we have
moved towards the American style of constitution.
sur tout ce qui s’y rapporte. En 1982, des changements
fondamentaux ont été apportés à notre Constitution. Nous
avions une Constitution plus comme celle de la GrandeBretagne et nous nous sommes rapprochés du modèle américain
de constitution.
The Chair: Prime Minister Trudeau just turned over in his
grave.
Le président : Le premier ministre Trudeau vient de se
retourner dans sa tombe.
Mr. P. Chartrand: I beg your pardon? My hearing is very poor.
M. P. Chartrand : Pardon? J’entends très mal.
The Chair: Prime Minister Trudeau just rolled over in his grave
when you said that.
Le président : Le premier ministre Trudeau s’est retourné dans
sa tombe quand vous avez dit cela.
Mr. P. Chartrand: Well, regardless, that is what has happened
in respect to — and the relevant issue here is the question of
subject matter jurisdiction or the justiciability of questions, of
issues. In the United States there is a political questions doctrine.
The courts will refuse to decide on particular issues, saying this is
not our job, this is a job of the executive government, that is a
political question doctrine. We do not have such a thing in this
country, but because of the changes we have, because of the new
role of the courts, we have to develop something like that. So my
conclusion is that — what I am trying to say —
M. P. Chartrand : Bien, peu importe, c’est ce qui s’est passé en
ce qui a trait à... et la question pertinente ici est celle de la
compétence d’attribution ou de la justiciabilité des questions, des
enjeux. Aux États-Unis, il y a la notion du domaine politique. Les
tribunaux refusent de trancher certaines questions, en disant que
ce n’est pas de leur ressort, que ça relève du gouvernement
exécutif, c’est le domaine politique. Cela n’existe pas dans ce pays,
mais en raison des changements, en raison du nouveau rôle des
tribunaux, nous devons développer quelque chose comme ça.
Donc, ma conclusion est que... ce que j’essaie de dire...
The Chair: If you want to use those headsets, they really work.
Le président : Si vous voulez utiliser une oreillette, elle
fonctionne vraiment.
Mr. P. Chartrand: — what I am saying is that it should be
outside the role of the courts to decide those sorts of questions. It
is for the community, the political people to do it. It is a
fundamental principle that this has always been done by the
executive. And ultimately it has to be done by the executive.
Consider how well a recognition system that requires the
government to take particular action would work if the
executive is drawn kicking and screaming unwillingly into the
project. It is much better to negotiate something sensible.
M. P. Chartrand : Ce que je veux dire, c’est que ça ne devrait
pas appartenir aux tribunaux de trancher ce genre de questions.
C’est la communauté, les politiciens qui devraient le faire. C’est
un principe fondamental que cela a toujours été fait par l’exécutif.
En fin de compte, ça doit être fait par l’exécutif. Pensez à
comment fonctionnerait un système de reconnaissance qui
demande au gouvernement de prendre une mesure particulière si
l’exécutif doit participer au projet contre son gré. Il est nettement
préférable de négocier quelque chose de raisonnable.
Senator Dyck: Mr. Chartrand, you were mentioning that we
should promote the recognition of Metis communities and start
from there rather than rely upon legal definitions. In your
opinion, is there any sort of recognition of what might be
considered historic Metis communities? Do we have a list, or how
do we decide what are the Metis communities? Who should make
that distinction? And because there seems to be some confusion
about who the Metis are, how do we decide who the communities
are?
Le sénateur Dyck : Monsieur Chartrand, vous avez mentionné
qu’on devrait faire la promotion de la reconnaissance des
communautés métisses et avoir ça comme point de départ
plutôt que de se fier aux définitions juridiques. À votre avis,
est-ce qu’il existe une reconnaissance de ce qu’on pourrait
considérer des communautés métisses historiques? Est-ce qu’on
a une liste, ou comment est-ce qu’on décide quelles sont les
communautés métisses? Qui devrait faire cette distinction?
Puisqu’il semble y avoir une certaine confusion quant à savoir
qui est métis? Comment décide-t-on quelles communautés sont
des communautés métisses?
Mr. P. Chartrand: My response is one I suggested in my initial
presentation. Matters as important as the existence of a distinct
political community are matters of notoriety. These are known
facts. People can attest to that because they have lived this life and
neighbours know, everybody knows; these are matters known by
reputation. People know these things. With respect, I think that
lawyers have done a little bit of a disservice in the country in
M. P. Chartrand : J’ai proposé une réponse dans ma
déclaration préliminaire. Les questions aussi importantes que
l’existence d’une communauté politique distincte sont des
questions de notoriété. Ce sont des faits connus. Les gens
peuvent le confirmer puisqu’ils ont vécu cette vie et les voisins
le savent, tout le monde le sait; ce sont des questions de
réputation. Les gens le savent. Avec tout le respect que je vous
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Peuples autochtones
23:53
overemphasizing the significance of law, and I think we see some
of the implications here, and I should say when I say that, I am a
graduate of law schools in both Australia and Canada.
dois, je pense que les avocats ont un peu rendu un mauvais service
au pays en accordant trop d’importance à la signification de la loi,
et je pense qu’on constate certaines des implications ici, et je
devrais dire en disant cela que je suis un diplômé de facultés de
droit en Australie et au Canada.
However, as I mentioned earlier, you should do this at the
same time as you recognize the Indian people because there are a
lot of people who feel that they fall in limbo. They call themselves
non-status Indians. These are simply what are called unrecognized
Indians in the United States. The government just simply does not
recognize them for all sorts of historical reasons. You can read all
of the gory details in my book, Canada’s Aboriginal Peoples, if
you wish. But it has to be done altogether. I would be very
surprised, senator, if some people just came out of the blue and
said, oh, we are a Metis community, but nobody had ever heard
about them before. I think that is something that is in fact
happening now with this focus on individualisms. You should not
pay attention to individuals in the first step, you should pay
attention to communities and do it all at the same time so that
people are free to identify as they wish.
Cependant, comme je l’ai déjà dit, vous devriez le faire en
même temps que vous reconnaissez le peuple indien puisqu’il y a
beaucoup de gens qui ont l’impression d’être dans un vide
juridique. Ils se considèrent comme Indiens non inscrits. C’est
simplement ce qu’on appelle des Indiens non reconnus aux ÉtatsUnis. Le gouvernement ne les reconnaît tout simplement pas pour
toutes sortes de raisons historiques. Vous pouvez lire tous les
détails sordides dans mon livre, Canada’s Aboriginal Peoples, si
vous voulez. Mais ça doit se faire en même temps. Je serais très
surpris, madame le sénateur, si des gens sortaient de nulle part et
disaient, oh, nous sommes une communauté métisse, mais
personne n’en avait jamais entendu parler. Je pense que c’est
quelque chose qui effectivement se passe maintenant puisqu’on se
concentre sur l’individualisme. On ne devrait pas commencer par
prêter attention aux individus, on devrait prêter attention aux
communautés et tout faire en même temps pour que les gens
soient libres de s’identifier comme ils le veulent.
Ultimately it is not the labels that count; it is the question of
whether the people are indeed Aboriginal people. In fact, it is
wrong to believe that there should be any substantive difference
between any of the three groups. In my respectful opinion, the
lawyers and the courts got it wrong when they went and
developed different tests for proof of Metis rights. I think the
Constitution does not provide a mandate of that sort, and the
same tests should apply to everybody.
En fin de compte, ce ne sont pas les étiquettes qui comptent;
c’est la question de savoir si les gens sont vraiment autochtones.
En fait, c’est erroné de croire qu’il devrait avoir une différence
substantielle entre les trois groupes. Je ferai remarquer
respectueusement que les avocats et les tribunaux se sont
trompés quand ils ont développé différents tests pour prouver
les droits métis. Je ne pense pas que la Constitution contient ce
genre de mandat, et les mêmes tests devraient s’appliquer à tout le
monde.
Senator Dyck: I am still a little confused about the legal test put
forward by Powley as to who a Metis person is versus the
definition that the Métis National Council uses. Are they the
same or are there differences? There is some similarity but there
may be a difference.
Le sénateur Dyck : Je ne comprends toujours pas tout à fait le
critère juridique présenté dans l’affaire Powley en ce qui a trait à
qui est une personne métisse en comparaison avec la définition
qu’utilise le Ralliement national des Métis. Est-ce qu’ils sont
pareils ou y a-t-il des différences? Il y a une ressemblance, mais il
se peut qu’il y ait une différence.
Mr. P. Chartrand: The very short answer is I have a complete
analysis of that in Chapter 2 of a book published by Irwin Law in
2009, so that way, as I said, these are challenging matters of great
complexity. I have analyzed them and they are published, so a
complete answer to your question is available in that chapter.
Melanie Mallet and somebody else are the editors of that, but I
have a chapter that deals precisely with that question. They are
different, and I think it would be best to keep it short to say that,
you know, or I could assist you further, but here there is not much
time to go in some comprehensible detail into matters of such
complexity. I have tried to identify the main difficulty, and it is
the focus on the individual, that is the first wrong step. You have
to deal with the communities. And then the community decides
who belongs. Think about it. What are the deep human values
that suggest that you should not pay much attention to what the
community thinks about when the people walk up, because if you
are dealing with Metis people you are going to deal with plain
M. P. Chartrand : La réponse très courte est que j’ai une
analyse complète de cela dans le chapitre 2 d’un livre publié par
Irwin Law en 2009, donc comme ça, comme je l’ai dit, ce sont des
questions difficiles d’une grande complexité. Je les ai analysées et
publiées, donc une réponse complète à votre question est
disponible dans ce chapitre. Melanie Mallet et quelqu’un
d’autre sont les éditeurs, mais j’ai un chapitre qui traite
précisément de cette question. Ils sont différents, et pour que ce
soit bref je vais m’en tenir à ça, ou je pourrais vous expliquer
davantage, mais ici on n’a pas le temps d’entrer dans les détails
compréhensibles de questions d’une telle complexité. J’ai essayé
d’identifier le problème principal, et c’est qu’on mise sur
l’individu, c’est la première erreur. Il faut traiter avec les
communautés. Ensuite, la communauté décide qui en fait partie.
Pensez-y. Quelles sont les valeurs humaines profondes qui
suggèrent qu’on ne devrait pas prêter beaucoup d’attention à ce
que pense la communauté quand les gens se présentent, parce que
23:54
Aboriginal Peoples
1-10-2012
ordinary people and you ask them things about legal tests and
that, what are they going to do with that? But if you go ask them
who belongs here, is he one of yours, does he belong to you?
People understand that.
si on traite avec des Métis on va traiter avec des gens moyens et si
on leur pose des questions sur des critères juridiques, qu’est-ce
qu’ils vont faire avec ça? Mais si on leur demande qui fait partie
de la communauté, est-ce qu’il est un des vôtres? Les gens
comprennent ça.
Senator Dyck: If you go to a Metis community and ask the
people, who are you asking? Are you asking a form of governance
within that particular community? Who are the people that would
be able to —
Le sénateur Dyck : Si on va dans une communauté métisse et
demande aux gens, à qui est-ce qu’on demande? Est-ce qu’on pose
la question à une forme de gouvernance au sein de cette
communauté particulière? Qui sera capable de...
Mr. P. Chartrand: There will be many people; I am sure there
will not be a shortage of people who will come forward and say
we represent the people. You can deal with them; you can deal
with all of them. However, before you adopt anything formally as
a government, what you do is you have a referendum. This is the
way things are done in a democracy. It is useful and effective to
have initial negotiations and discussions with representatives and
to say here is a plan.
M. P. Chartrand : De nombreuses personnes — je suis certain
qu’il n’y aura pas une pénurie — vont se présenter en disant
qu’elles représentent le peuple. Vous pouvez les entendre; vous
pouvez les entendre toutes. Mais avant que le gouvernement
adopte des mesures formelles, il faut tenir un référendum. Dans
une démocratie, c’est comme ça qu’il faut procéder. Il est
néanmoins utile et efficace de négocier et discuter au début avec
ces représentants et ensuite annoncer qu’il y a un plan.
With respect to questions of governance, I am not going to
decide for the Metis people exactly what they want. Let the people
decide to catalogue a particular interest that they have that they
would like to be recognized by legislation and made effective by
federal legislation and perhaps complemented by provincial
legislation as well, but it has to be negotiated.
En ce qui concerne l’enjeu de la gouvernance, ce n’est pas à moi
de décider ce que veulent exactement les Métis. Que le peuple
décide de ses intérêts particuliers qui devraient fait l’objet d’une
loi adoptée par le fédéral et accompagnée, peut-être, par une loi
au palier provincial aussi, mais tout cela doit se faire par
l’entremise des négociations.
The Chair: Could you clarify? You say the same tests should
apply to all three groups, and when you look at the Inuit, they are
a distinct unit by virtue of community, language and everything.
But when you move into the Metis and what is described as
Indians, there is many an Indian that has a name like Sutherland,
Chartrand and various other names. How would the same test
apply? Can you briefly describe that?
Le président : Pourriez-vous préciser davantage? Vous dites
que les mêmes critères devraient s’appliquer aux trois groupes,
mais lorsqu’on prend l’exemple des Inuits, on voit qu’ils se
démarquent par leur communauté, leur langue et tout le reste.
Mais lorsqu’il s’agit des Métis, et des gens qu’on appelle des
Indiens, eh bien, il y en a beaucoup qui portent des noms comme
Sutherland, Chartrand et autres. Comment appliquer les mêmes
critères? Pourriez-vous préciser brièvement ce qu’il faut faire?
Mr. P. Chartrand: Yes. In brief, therefore general, terms, the
great difficulty that has faced those interested in this question has
been the identification of a relevant date for proof of the existence
of the community, of the historic community. What Powley did is
say that we cannot use the same test we used with the Indian
people because the Indian people have been here since time only
known to God. But Metis people certainly did not exist at a
particular time; they exist now. So what is the beginning date?
This is probably the key difficulty that the courts have had
trouble dealing with. So they switched — they had before that a
date that I think can be replaced by a better date. Realizing the
more recent emergence of the Metis people, the court developed a
new test and therefore came upon a new date.
M. P. Chartrand : Oui. En résumé, le grand défi pour ceux qui
s’intéressent à la question, c’est toujours la détermination de la
date pertinente pour prouver l’existence de la communauté, c’està-dire la communauté historique. Dans l’affaire Powley, on
stipule que nous ne pouvons pas nous servir des mêmes critères
appliqués aux Indiens, car le peuple indien est ici depuis des temps
immémoriaux. Les Métis n’ont pas vu le jour à un moment précis
et ils existent maintenant. Alors quelle est la date où tout a
commencé? C’est sans doute cette date précise qui constitue le
plus grand défi auquel le tribunal a dû faire face. Alors, le tribunal
a décidé de changer la date — il a changé la date pour une qui est
meilleure. En se rendant compte de l’émergence plus récente du
peuple métis, le tribunal a élaboré de nouveaux critères et, par la
suite, a fixé une nouvelle date.
The best British Imperial constitutional principles that apply
here, as well as the modern principles of Canadian constitutional
law, point to a new general test for all Aboriginal peoples that the
Powley case comes closer to than the others which is, roughly
speaking, that Aboriginal people is a people that existed as a
distinct organized society at the time of Crown, the government,
assertion of effective control, political control. That has to be
specified just a little bit more, but this is unique, we have not faced
Les meilleurs principes constitutionnels de l’Empire
britannique qui s’appliquent dans ce cas, ainsi que les principes
contemporains du droit constitutionnel canadien mènent à de
nouveaux critères généraux pour tous les peuples autochtones, un
critère qui se rapproche davantage à l’affaire Powley qu‘à toute
autre décision, et qui dit que, grosso modo, le peuple autochtone
est un peuple qui existait comme une société organisée distincte au
moment où la Couronne, le gouvernement, a établi son autorité
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Peuples autochtones
23:55
those situations before. There is judicial authority for the
proposition that that particular time would be the time when
the Queen’s justice is available to all, so that is when you have an
effective system of adjudication of courts that you have set up in
the territory.
politique. Il faut préciser ce concept davantage, mais il est unique
en son genre, jusqu’à maintenant nous n’avons jamais fait face à
ce genre de situations. Il existe, par conséquent, une autorité
judiciaire qui soutient la proposition que cette date serait celle où
la justice de la reine était accessible à tous, au moment où un
système efficace de tribunaux est établi dans le territoire.
I think that, Mr. Chair, is the nub of the issue — the
distinction that the court has made. Focus on some obiter dictum
from the Van der Peet decision, that was a mistake. What the
court said in Van der Peet should not have had the persuasive
weight that it seemed to have when it was picked up in Powley and
other cases.
Je crois, monsieur le président, que ce sont grands enjeux —
cette distinction qu’a faite le tribunal. Se pencher sur quelques
obiter dictum de la décision Van der Peet, c’était une erreur. La
décision du tribunal dans l’affaire Van der Peet, n’aurait jamais
dû avoir la prépondérance que lui a été accordée par la décision
Powley et d’autres.
The Chair: Would 1763, the Royal Proclamation, be a
significant date in your mind?
Le président : D’après vous, est-ce que 1763, la date de la
Proclamation royale, constitue une date importante?
Mr. P. Chartrand: Not particularly, no, because the question
of effective control has to focus on political control rather than on
declarations of sovereignty, which really mean nothing in
practice. In 1763 you will know that assertions of power and
authority of the Imperial authorities had no practical consequence
whatsoever with what we are dealing with today. You have to
decide that in the locations where the historic people are making
the claims, that it is a historic people, so it has to be done more
regionally. That, by the way, follows the general principles that
are emerging in the courts now in relation to Aboriginal rights
generally.
M. P. Chartrand : Pas particulièrement, non, puisque la
question d’un contrôle efficace doit être axée sur le contrôle
politique plutôt que sur des déclarations de souveraineté qui ne
veulent vraiment rien dire en pratique. Vous savez que les
déclarations de pouvoir des autorités impériales en 1763 n’ont
aucune conséquence pratique sur ce qui se passe aujourd’hui. Là
où il y a des peuples historiques qui font des revendications, il faut
décider que c’est bien un peuple historique et donc il faut faire
cela au niveau régional. C’est essentiellement le principe qui
émerge actuellement des tribunaux sur la question des droits
autochtones.
It is complex. I say respectfully that it has caused difficulties.
None of the judges paid attention to this, the older ones, when
they went to law school, so there is very little by way of legal
education to prepare the lawyers and judges who have embarked
on this task.
C’est complexe. Je vous dirai avec respect que cela a créé des
difficultés. Les juges, les juges plus âgés en particulier n’ont pas
fait attention à cette question lorsqu’ils ont fait des études de
droit, donc il y a très peu qui se fait à la faculté de droit pour
préparer les avocats et les juges qui entreprennent ce travail.
Again, my basic recommendation is do it politically and make
sure whatever you do is legitimized by community referenda, and
that ultimately what you have negotiated, that you know the
people are happy with — it is a just resolution of the issue — is
finally legislated so that it has the approval of Parliament and is
made effective by the function of legislation.
Encore une fois, ma recommandation serait de procéder au
niveau politique et de s’assurer que tout ce que l’on fait est
légitimisé par des référendums communautaires. Il faut s’assurer
qu’en fin de compte que ce l’on a négocié convient à la
communauté, que c’est une résolution juste de la question, et
que c’est entériné dans la loi, que ça a l’approbation du Parlement
et que ce soit rendu efficace par cette loi.
Senator Raine: I truly appreciate your depth of knowledge on
this subject and feel very unknowledgeable myself, but I keep
coming back to the chicken and egg situation. When you talk
about community, we have to be very careful that we do not think
of a specific little town or a village. You are talking, I presume,
about the community of Metis people in general. Then we talk
about not getting concerned about individual rights, but it seems
to me that membership in the community needs to be validated
somehow. Because the community, especially with the Metis
people, it is not necessarily in one particular location. There are
people all over who are Metis people. Do you think that using
genealogy to determine who is a Metis is part of the step of
determining the collective group? I appreciate that you have to
be — I really appreciate your comment about who belongs here
being a very big part of it.
Le sénateur Raine : J’apprécie votre grande connaissance de
cette question me sentant moi-même très peu au courant de la
situation, mais je reviens toujours à l’exemple de l’œuf et de la
poule. Lorsque vous parlez d’une communauté, il faut que nous
soyons très prudents de ne pas penser à un petit village précis.
J’imagine que vous parlez dans ce contexte de la communauté des
Métis en général. Ensuite, on parle de ne pas se préoccuper des
droits individuels, mais il me semble nécessaire de valider d’une
façon ou d’une outre l’appartenance à la communauté. Parce que
la communauté, surtout dans le cas du peuple métis ne se retrouve
pas nécessairement dans un endroit en particulier. Il y a des gens
ici et là qui sont Métis. Ne croyez-vous pas que l’utilisation de la
généalogie pour déterminer l’appartenance à la communauté
métisse serait une étape dans la définition du groupe collectif? Je
comprends que vous devez... Je crois que ce que vous avez dit sur
l’appartenance joue un très grand rôle ici.
23:56
Aboriginal Peoples
Mr. P. Chartrand: Thank you very much for your very
interesting question, senator. I do recognize you as a
distinguished Canadian and, in fact, if I may say so I believe I
saw you at a golf tournament that my daughter was participating
in some years ago.
Senator Raine: I was not golfing.
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M. P. Chartrand : Merci beaucoup pour votre question fort
intéressante, madame le sénateur. Je vous reconnais en tant que
Canadienne distinguée et, si je puis me le permettre, je dirais que
je crois bien vous avoir vue à un tournoi de golf auquel participait
ma fille il y a plusieurs années.
Le sénateur Raine : Je ne jouais pas au golf.
Mr. P. Chartrand: You were an observer. This was a national
title.
M. P. Chartrand : Vous étiez observatrice. C’était un tournoi
national.
It is a very good question. Let me start with the last bit of your
inquiry, which is the genealogy. One of the problems with the
question of focusing on genealogy and looking at the personal
antecedents of the individual is that, remember, you look for
individual rights of the personal antecedents, an estate,
inheritance, but you do not look at personal antecedents for
collective rights, you look at antecedents of the community. It is
not everybody in the community who needs to have personal
antecedents going back to make the ancestor. That is a
fundamental flaw in the approach of many people. And then it
excludes people because of the genealogy. It also smells; it has a
taint of British racism. You will know that the idea of Metis and
mixed blood and so on are born of the racist ideas of racial
superiority of the British at the height of the work of the British
Empire in the 19th century.
C’est une très bonne question. Permettez-moi de commencer
par la fin de votre question, c’est-à-dire la généalogie. Un des
problèmes quand on est axé sur la généalogie et que l’on étudie les
antécédents d’une personne, c’est qu’il faut se souvenir que l’on
s’intéresse aux droits individuels des antécédents personnels, la
succession, l’héritage, mais on n’étudie pas les antécédents
personnels quand il est question des droits collectifs, on étudie
les antécédents de la communauté. Chaque personne dans la
communauté ne doit pas nécessairement avoir des antécédents
personnels pour retracer l’ancêtre. C’est une erreur fondamentale
que font beaucoup de gens. Ensuite, certaines personnes sont
exclues à cause de la généalogie. Ce n’est pas bon, c’est empreint
d’un certain racisme britannique. Vous n’êtes pas sans savoir que
l’idée des Métis et du métissage, et cetera, résulte des idées racistes
quant à la supériorité raciale des Britanniques à l’apogée de
l’Empire britannique du XIXe siècle.
These words, ‘‘half-breed,’’ ‘‘Metis’’ and so on, are words that
are appropriate for animal husbandry. They should never be used
for people. I know when I was a little boy those were fighting
words if anybody called me a half-breed. I am not half anything. I
think I am a man and deserving of respect. I am better than no
man and no man is better than me, as the old saying goes. That is
the difficulty with genealogy — it is more like you are trying to
deal with the discussions at a Greyhound supper club or
something like that. This is not appropriate for people.
Ces mots, « Sang-Mêlé », « Métis » et ainsi de suite, sont des
mots qui s’appliquent plutôt à l’élevage des animaux. On ne
devrait jamais appeler quelqu’un de ce nom. Quand j’étais jeune,
c’était une vraie insulte que de me faire appeler un Sang-Mêlé. Je
ne suis pas un mêlé. Je suis un homme qui mérite d’être respecté.
Je ne suis pas meilleur que quiconque, et personne n’est meilleur
que moi, comme on dit. C’est le problème avec la généalogie —,
c’est comme si vous aviez une discussion à un souper de club
social. On ne doit pas appeler les gens comme ça.
Human genealogy is very interesting. On computers people see
that. That is inherently, intrinsically interesting and, of course,
people are drawn to those kinds of things, but as I said, it will be
notorious, a notorious public fact, a matter of public reputation
where you have many people in a particular community who are
Metis people.
La généalogie humaine est très intéressante, comme on le voit
à l’ordinateur. C’est vraiment, réellement intéressant et,
évidemment, les gens s’intéressent à ce genre de chose, mais
comme j’ai dit, ce serait terrible, un fait public terrible, que d’être
traité de Sang-Mêlé, si cela touchait à la réputation d’une
personne si elle habitait dans une communauté qui comptait
beaucoup de Métis.
The next point, and I will be very brief, the other aspect of your
question that I detected is this: What about the rights? The rights
have to be specific; this is what the courts have said. I could really
bore you with going on and on and comparing that to French
Canadian rights, but I do not have the time. However, in some
places a Metis community will be a land-based community;
therefore, the kinds of rights that are at issue are rights that have
to do with the use of land. In other places it might be some other
particular kinds of interests that the people have. That is another
advantage of negotiations, to see what kind of arrangements you
can enter into that make sense in light of the actual sociological,
economic and political circumstances of the particular
communities at issue.
Le prochain point, et je serai très bref, touche l’autre aspect de
votre question, d’après ce que j’ai compris. Qu’en est-il des droits?
Les droits doivent être précis; c’est ce que les tribunaux ont
stipulé. Je pourrais vraiment vous ennuyer en m’étendant
longuement sur le sujet, et en tirant des comparaisons avec les
droits des Canadiens français, mais je n’en ai pas le temps. Cela
dit, dans certaines régions, une communauté métisse pourrait être
très attachée à la terre; conséquemment, les droits pertinents pour
cette communauté auront trait à l’utilisation des terres. Ailleurs,
une communauté pourrait avoir d’autres intérêts. C’est un autre
avantage à la négociation, soit le fait de s’arranger pour refléter
les circonstances sociologiques, économiques et politiques réelles
de chaque communauté individuelle.
1-10-2012
Peuples autochtones
The courts cannot deal with these sorts of things. The courts
are not competent to draft a whole scheme, a catalogue of rights
like that. They can do it over the next 150 years, but I remind you
that you as senators, all of Parliament, all of the judges, have a
constitutional obligation to live by the Constitution. Everything
you do must be vetted against its constitutionality. You are
required, therefore, to embark on what you have embarked upon
today, which is to try to make the recognition of the Metis people
in section 35 effective.
Thank you. That was a very good question.
23:57
Les tribunaux ne peuvent pas traiter de ce genre de chose. Les
tribunaux ne sont pas aptes à rédiger un cadre global, un
catalogue de tous les droits. Ils pourraient le faire au cours des
150 prochaines années, mais j’aimerais vous rappeler que vous, en
tant que sénateurs, ainsi que le Parlement et les juges, avez une
obligation constitutionnelle d’appliquer la Constitution. Tout ce
que vous faites doit être conforme à la Constitution. Vous êtes
donc obligés de faire ce que vous faites aujourd’hui, soit de
concrétiser la reconnaissance du peuple métis en vertu de
l’article 35.
Merci, c’était une très bonne question.
Senator Raine: Yet it has opened up more questions, because
again, you know, what is the Metis community? What is the
collective? How do you define that collective?
Le sénateur Raine : Mais cela nous mène à d’autres questions,
car, et je pose la question encore une fois, qu’est-ce que la
communauté métisse? De quoi est constitué le collectif? Comment
définissez-vous le collectif?
Mr. P. Chartrand: By historical and contemporary notoriety
and reputation.
M. P. Chartrand : Par sa notoriété et sa réputation historiques
et contemporaines.
Senator Raine: We were privileged some months ago to have a
visit from representatives of the Sami people in Norway, and they
have dealt with the Sami, who are the Sami and what are their
rights in a very similar way. Sami people have very defined rights
for hunting reindeer, herding reindeer and in some fishing areas.
But for the rest of the country their identity is their pride in their
heritage and culture and it is left at that.
Le sénateur Raine : Il y a quelques mois, nous avons eu
l’honneur de recevoir des représentants du peuple sami de la
Norvège, et ce pays s’est entendu avec les Samis, donc avec le
peuple sami, et ils ont abordé la question des droits de façon
semblable. Le peuple sami a des droits très précis quant à la
chasse au caribou, le déplacement des troupeaux caribous et la
pêche dans certains endroits. Par contre, dans le reste du pays,
leur identité est simplement basée sur la fierté qu’ils portent pour
leur patrimoine et leur culture.
Mr. P. Chartrand: Yes, I am fairly familiar with the situation
of the Sami through my work at the United Nations, and I have
had the privilege of advising the leader of the Sami parliament
and the leader of the opposition, and I have traveled through
Sami over the years. I would not recommend that the criteria that
they use for recognition be adopted here. They are interesting
models to examine, but a Michif case must be a Michif case; it
cannot just borrow from other places. I certainly agree with you,
though, that looking around at the questions of recognition of
indigenous peoples in other countries provides very useful insights
on how we ought to approach these difficult questions here.
M. P. Chartrand : Oui, je connais assez bien la situation des
Samis, grâce à mon travail auprès des Nations Unies, et j’ai eu
l’honneur de conseiller le chef du Parlement sami et le chef de
l’opposition, et j’ai voyagé à travers le territoire sami au gré des
ans. Je ne recommanderais pas qu’on se serve des mêmes critères
qu’ils ont utilisés pour faire reconnaître leurs droits à eux. Il y a
des modèles intéressants à étudier, mais au bout du compte, un
cas métchif doit demeurer un cas métchif; on ne peut pas tout
simplement appliquer un modèle d’ailleurs. Mais je suis tout à fait
d’accord avec vous quant à la pertinence d’étudier comment
d’autres peuples indigènes dans d’autres pays ont pu faire valoir
leurs droits, car cela pourrait nous guider dans la façon dont nous
voudrons traiter les questions difficiles chez nous.
Senator Raine: Thank you very much.
[Translation]
The Chair: Does the Michif language help us establish who
really is a Michif?
Le sénateur Raine : Merci beaucoup.
[Français]
Le président : La langue mitchif, ça nous donne un coup de
main pour établir vraiment qui est mitchif?
Mr. Chartrand: Establish what — I am sorry; I am quite deaf.
M. Chartrand : D’établir, pardon...? Je suis pas mal sourd.
The Chair: To establish more effectively who is Michif?
Le président : D’établir plus effectivement qui est mitchif?
Mr. Chartrand: Ah yes, certainly.
M. Chartrand : Ah oui, certainement.
23:58
Aboriginal Peoples
[English]
1-10-2012
[Traduction]
When I said that you will be able to recognize people because
of historical and contemporary notoriety of reputation, that
includes such things as the language that you speak. If the
language is an ancient language, then absolutely, Mr. President,
that would be one of the key markers. The language that I grew
up speaking is derived from fur trade French. Robert Papen, a
linguist from Saskatchewan at a university in Quebec, called it a
living linguistic museum when he got some tapes of the language
that I speak. I always enjoy speaking with people who have an
interest in these things because we have expressions that are lost
or unknown to you Canadians. And we have a smattering of
Saulteaux words where I come from, a little bit of Cree, but
mostly that archaic French and a distinct pronunciation, as you
have probably noticed, and also the syntax is affected.
Quand j’ai dit que vous pouvez reconnaître un peuple de par sa
réputation et sa notoriété historiques et contemporaines, cela
comprend la langue que vous parlez. Si la langue est une langue
ancienne, dans ce cas-là, absolument, monsieur le président, ce
serait un des marqueurs clés. Ma langue maternelle est dérivée de
la langue française parlée par les commerçants de fourrure.
Robert Papen, un linguiste de la Saskatchewan qui enseigne dans
une université au Québec, a désigné cette langue de musée
linguistique vivant lorsqu’il a écouté les cassettes audio de ma
langue maternelle. J’ai toujours aimé m’entretenir avec les gens
qui s’intéressent à ce genre de choses, car nous avons des
expressions que vous Canadiens ne connaissez pas ou ne
comprenez pas. La langue de ma région contient aussi quelques
mots de la langue parlée par les Saulteaux, quelques mots de cri,
mais elle est composée surtout du français archaïque et est
caractérisée par une prononciation distincte, comme vous l’avez
probablement remarqué, ainsi que le fait que la syntaxe en est
touchée en conséquence.
I emphasize, senators, that there is not one Michif language;
there are many Michif languages. Some of our people speak Cree,
some of our people speak Saulteaux, some of our people speak
French, some of our people speak English, probably all of them.
Also there is great variation between the various dialects from one
community to another. Some of the old books written by
anthropologists made some pretty significant mistakes in that
regard. They come here for a couple of weeks and they publish
some matters of great generality, but when they come back they
start being a bit more discerning in their observations, so even the
linguists recognize that. It is a very interesting issue.
Sénateurs, j’insiste sur le fait qu’il n’existe pas une seule langue
métchif; il y a plusieurs langues métchifs. Certains membres de
notre peuple parlent le cri, certains membres de notre peuple
parlent la langue des Saulteaux, certains membres de notre peuple
parlent français, certains membres de notre peuple parlent
l’anglais, et certains parlent probablement toutes ces langues.
De plus, il y a une grande variété de dialectes différents parmi les
communautés. Certains des anciens livres écrits par des
anthropologues contenaient des erreurs assez importantes à cet
égard. Les anthropologues nous visitaient pendant quelques
semaines et ensuite publiaient des livres sur des questions très
générales, mais quand ces gens revenaient et observaient de plus
près, ils tiraient des conclusions un peu plus précises, et même les
linguistes reconnaissent cela. C’est une question très intéressante.
[Translation]
I would like to speak about that some more, but unfortunately
we do not have too much time today.
[English]
The Chair: Thank you.
[Français]
J’aimerais bien parler davantage à propos de ça, mais,
dommage, il n’y a pas trop de temps aujourd’hui.
[Traduction]
Le président : Merci.
Senator Dyck and then Senator Greene Raine, you get
supplementary questions. Go ahead.
Sénateur Dyck et sénateur Greene Raine, vous avez droit à des
questions supplémentaires. Allez-y.
Senator Dyck: You mentioned that it might be a good idea to
study other countries. Senator Greene Raine mentioned the Sami.
Is there a similar or even slightly equivalent situation in any other
country in the world? Have there been intermarriages between
colonial people with indigenous people that have created a
distinct culture that would have parallels to what we see here in
Canada?
Le sénateur Dyck : Vous avez mentionné qu’il serait une bonne
idée d’étudier ce qui se fait dans d’autres pays. Le sénateur Greene
Raine a parlé des Samis. Existe-t-il une situation semblable ou
même équivalente dans un autre pays à travers le monde? Est-ce
qu’il y a eu des cas de mariages mixtes entre les colons et les
peuples indigènes qui auraient créé une culture distincte
ressemblant un peu à ce que nous avons ici au Canada?
Mr. P. Chartrand: That is an excellent question, and again my
answer will underline the point of the complexity or challenges of
your mandate. The only model that has been described by
sociologists as somewhat similar was the Basters. I think it is a
M. P. Chartrand : C’est une excellente question, et ma réponse
va refléter la complexité ou les défis de votre mandat. Le seul
modèle qui a été décrit par les sociologues et qui contient des
similitudes est le cas des Basters. Je crois que c’est un mot qui
1-10-2012
Peuples autochtones
23:59
Dutch-derived word in South Africa. The first point to emphasize
is that the fact that people have parents from one culture or
another should not be determinative of the identity of people.
Quite rightly, generally you will find almost nowhere much weight
being given to that fact. As you know, the Indian Act code itself
has permitted all kinds of white people to be status Indians today.
You see in newspapers and so on, they say I am full blood Indian,
I have got a status card, but they are people who have absolutely
no DNA from indigenous people anywhere on the planet who are
status Indians.
vient du néerlandais parlé en Afrique du Sud. D’abord, il faut
insister sur le fait que les gens qui ont des parents provenant d’une
culture ou d’une autre ne devraient pas voir leur identité classifiée
d’après un peuple ou un autre. Ce n’est généralement pas le cas en
ce qui concerne les gens qui ne sont pas dans cette situation, et à
juste titre. Comme vous le savez, le code en vertu de la Loi sur les
Indiens a permis à toutes sortes de Blancs d’obtenir le statut
d’Indien inscrit aujourd’hui. C’est rapporté dans les journaux et
ailleurs; ces gens disent qu’ils sont des Indiens de sang pur, qu’ils
détiennent la carte d’Indien inscrit, mais ce sont des gens qui n’ont
aucun ADN indigène provenant d’Indiens inscrits où qu’ils vivent
dans le monde.
Generally if you look at places where recognition is a fairly new
thing — Australia, for example, would probably be the best
comparative example, and also New Zealand — they are engaged
in very similar processes. There are significant differences but a lot
of similarities. Generally people walk away, particularly in New
Zealand, do not talk to the Maori about this mixed blood stuff.
People all have their unique preferred ways of identifying and
going back to their origins and proclaiming their ancestry. That is
all a part of the identity of all peoples, but it must not be done on
the basis of animal husbandry.
De façon générale, ce genre de reconnaissance est une chose
relativement nouvelle dans certains pays, tels qu’en Australie, qui
se compare peut-être le plus à nous, et également la NouvelleZélande. Ces deux pays sont engagés dans un processus très
semblable. Il reste quand même des distinctions importantes, mais
il y a quand même beaucoup de similitudes. Les gens n’osent pas
parler de Sang-Mêlé aux Maoris, surtout en Nouvelle-Zélande.
Chacun s’identifie à sa façon en remontant dans sa propre
filiation, ou dans ses propres origines. Tout cela fait partie de
l’identité d’un peuple, mais on ne doit pas s’y prendre comme
pour l’élevage des animaux.
I do not believe that there is all that much that we can learn to
better what we have in Canada. I said the Canadian situation is
unique. The constitutional situation is different, and that is one of
the great dangers. I know sometimes people come from the
United States and they offer seminars and whatever on First
Nations administration. However, they get certain things wrong
because the Constitution is not the same. I urge you to consider
that what we do here must be a Canadian way of doing things, a
way that reflects the basic principles of our Constitution.
Je ne crois pas que nous puissions apprendre à faire grandchose de mieux ici au Canada. J’ai déjà dit que la situation
canadienne est unique. La situation constitutionnelle est
différente, et cela constitue un des grands dangers. Je sais que
parfois les gens viennent des États-Unis et qu’ils offrent aux
dirigeants des Premières nations des colloques ou quelque chose
de ce genre. Cependant, ils se trompent sur certains sujets puisque
la Constitution n’est pas la même. Je vous encourage fortement à
songer au fait qu’ici nous devons trouver moyen de faire les
choses à la canadienne, soit de façon à refléter les principes
fondamentaux de notre Constitution.
Senator Raine: When you say that negotiations should take
place at a political level, I agree with that. I would just ask you
who would be negotiating on behalf of the Metis people?
Le sénateur Raine : Lorsque vous dites que les négociations
devraient se dérouler au niveau politique, je suis bien d’accord.
J’aimerais savoir cependant, qui négocierait au nom du peuple
Métis?
Mr. P. Chartrand: That is a matter for the political process to
determine.
M. P. Chartrand : Cette question devrait être décidée au cours
du processus politique.
Senator Raine: In your opinion, who do you think should do it?
Le sénateur Raine : Selon vous, qui devrait le faire?
Mr. P. Chartrand: I beg your pardon?
M. P. Chartrand : Pardon?
Senator Raine: With your experience, if you had the magic
wand to pick the group or person, who do you think should do it?
Le sénateur Raine : D’après votre expérience, si vous aviez une
baguette magique et pouviez choisir le groupe ou l’individu, qui
d’après vous devrait le faire?
Mr. P. Chartrand: That would be the prerogative of cabinet, so
I would not take the cabinet’s wand. But if we approach the
matter from the perspective of principle, the correct approach
would be to, as I said in my initial remarks, talk to whoever comes
forward. You do not really gain by excluding people in political
processes like this. I would not reject people, but talk to
whomever. The safeguard that you have ultimately is recourse
M. P. Chartrand : Il s’agit d’une prérogative du cabinet, donc
je ne prendrais pas la baguette du cabinet, mais si l’on parle du
principe de la chose, la bonne approche serait, comme je l’ai
indiqué dans mes propos tantôt, de parler à quiconque se
présente. Vous n’avez rien à gagner en excluant les gens de
processus politiques tels que celui-ci. Moi je ne rejetterais
personne, je parlerais à tous et à chacun. Ultimement, vous êtes
23:60
Aboriginal Peoples
1-10-2012
to the opinion of the people. As I said, after you negotiate and
discuss with people, you will get a better sense of who is a
legitimate representative. You do not do anything official until
you have had a referendum, so you know that it is legitimate
because it is the voice of the people.
protégé en ayant recours à l’opinion des gens. Comme je l’ai dit
plus tôt, après avoir négocié et discuté avec les gens, vous aurez
une meilleure idée de qui est un représentant légitime. Vous ne
faites rien d’officiel jusqu’à ce que vous ayez tenu un référendum,
alors vous saurez que c’est légitime puisqu’il s’agit de la voix du
peuple.
Senator Raine: Part two of my question would be who would
vote in that referendum and how would you identify them?
Le sénateur Raine : La deuxième partie de ma question serait
donc la suivante : qui voterait dans ce référendum et comment
pourriez-vous les identifier?
Mr. P. Chartrand: That would have to be one of the processes
that would have to be determined in the process of initial
negotiations between the government, when you have the process
of recognition, so you would have to negotiate that as well. As I
said, these matters are very, very complex, very difficult. But you
start, the government is able to start, take the first step, say we
want representatives of the particular communities. You start
with the people who are there now, and you talk with them and
you come up with a catalogue of communities, and then you come
up with a definition of who will be eligible in the particular
referendum.
M. P. Chartrand : Ce processus devrait aussi être décidé au
cours du processus de négociation initiale entre le gouvernement,
lorsque vous effectuez le processus de reconnaissance, alors cela
serait aussi à négocier. Comme je l’ai dit, toutes ces questions sont
très complexes, très difficiles. Mais vous commencez, le
gouvernement peut commencer, faire le premier pas, dire que
nous voulons des représentants de certaines communautés. Vous
commencez par aborder les gens qui sont là maintenant, vous leur
parlez et vous établissez un catalogue de communauté, puis vous
arrivez à une définition des personnes admissibles pour le
référendum particulier.
Senator Raine: So it still comes back to somewhere along the
line when you cast your vote you are doing it as an individual?
Le sénateur Raine : Donc, au bout du compte, on revient à
l’idée que vous votez à titre d’individu?
Mr. P. Chartrand: It is much better I think than trying to have
people go before a judge and go through some legal test to do
that. That is extremely expensive. Some people make money out
of it, but it is extremely expensive, it drains the treasury and it
does not resolve anything fast. It is not the way to go.
M. P. Chartrand : Je trouve cela beaucoup mieux que d’essayer
de faire comparaître les gens devant un juge pour lui prouver cela
d’une façon quelconque. Cette méthode est extrêmement
coûteuse. Certains vont s’enrichir à travers ce processus, mais
ça coûte très cher, ça vide la caisse publique et rien n’est réglé
rapidement. Il ne faut pas s’engager dans cette voie.
Senator Raine: I agree 100 per cent. Thank you very much. I
really appreciate your comments.
Le sénateur Raine : Je suis tout à fait d’accord. Je vous
remercie. J’apprécie énormément vos commentaires.
The Chair: I have one short, final question. Chief Teillet, whom
I am sure you know, an original Saint Boniface family, the Teillet
family, is a lawyer, and she presented evidence before us. She
came up with the fact that I think, and I have read her transcript
twice, that the homeland, that when you identify a group of
people they generally have a language, and they come from a
geographical area. Like the Dutch people come from Holland,
there is a geographical area and they speak a language, they are
called Dutch people. Regarding Metis, if I interpret her evidence
properly, there was a homeland here that was established that was
a government action of the Manitoba Act of 1870; there was a
language; and clearly the homeland as defined should be
recognized as the basis of who and what Metis are. In other
words, if you came from that area or your ancestors came from
that area, you would be considered Metis on the strength of that.
Do you have a quick reaction to that, professor?
Le président : Il me reste une petite question. Chef Teillet, que
vous connaissez sûrement qui vient d’une famille de SaintBoniface, la famille Teillet, est avocate, et nous a présenté son
témoignage. J’ai relu son témoignage deux fois, et elle nous a
parlé du fait que la patrie, lorsque vous identifiez un groupe ils
parlent généralement la même langue, et proviennent de la même
région géographique. Prenons, par exemple, les Hollandais qui
sont venus de la Hollande, donc d’une même région
géographique, et parlent la même langue, on les appelle le
peuple hollandais. Pour ce qui est des Métis, si j’ai bien interprété
son témoignage, il existe ici une patrie qui a été établie par le
gouvernement en vertu de la Loi sur le Manitoba de 1870; il y
avait un langage commun; et c’est évident que la patrie telle que
définie doit être reconnue comme la base identitaire des Métis. En
d’autres mots, si vous ou vos ancêtres étiez de cette région, vous
seriez considérés Métis. Pouvez-vous réagir rapidement à cela,
monsieur Chartrand?
Mr. P. Chartrand: Yes, thank you, senator. Those factors are
reasonable and can be very useful. I would say they ought not to
be the only factors, but they would certainly be found in any list
of significant factors. This question has challenged the best
academic minds around the world and politicians working
through the United Nations for many years. We were not able
M. P. Chartrand : Oui, merci, sénateur. Ces facteurs sont
raisonnables et peuvent s’avérer très utiles. Je dirais cependant
qu’ils ne devraient pas être les seuls facteurs, mais on les
retrouverait certainement sur n’importe quelle liste de facteurs
importants. Cette question pose d’ailleurs un défi aux plus
brillants universitaires du monde, ainsi qu’aux politiciens qui
1-10-2012
Peuples autochtones
23:61
to deal with the question of definition of indigenous peoples as we
negotiated the United Nations Declaration on the Rights of
Indigenous Peoples. People wanted to stay away from that. There
is no definition, so that emphasizes how difficult the project is.
travaillent à travers les Nations Unies depuis de nombreuses
années. D’ailleurs nous n’avons pas réussi à régler la question de
la définition des peuples autochtones lorsque nous négocions la
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones. Les gens ne voulaient pas soulever cette question.
Il n’existe pas de définition, ce qui vous donne une bonne idée de
la difficulté du projet.
I could refer your staff to a publication that is published in an
Asian law journal that I view as the best, most intelligent,
rationale approach to defining indigenous people. It would
include certainly the factors that you mentioned, senator. You
would have a look at a list of factors, objective factors, but also
you have to use subjective factors, people have to believe blah,
blah, blah. That is why I mentioned reputation. It would be very
dangerous to have a purely scientific approach. However, I do
believe that the proper approach would be, yes, to look at matters
like language and territory, but not to create an exclusive list, and
not to have a list that says you must have all of these, but rather
to say as the international system in a sense does, here is a list of
eight factors. Generally a people will exhibit quite a number of
these particular factors, you see. That is the best that I can do in a
very brief response. Thank you.
Je pourrais renvoyer votre personnel à une publication
provenant d’une revue de droit asiatique qui, d’après moi, nous
présente l’approche la plus intelligente et rationnelle envers la
définition des peuples autochtones. Cela comprendrait
certainement les facteurs que vous avez cités, monsieur le
sénateur. Il faudrait donc étudier une liste de facteurs, de
facteurs objectifs, mais il faut aussi considérer des facteurs
subjectifs, ce que croient les gens, et cetera. Voilà pourquoi j’ai
mentionné la réputation. Il serait très dangereux d’adopter une
approche purement scientifique. Toutefois, d’après moi, la bonne
approche serait, oui, d’examiner des questions telles le langage et
le territoire, mais non pas de créer une liste exclusive, et non pas
d’avoir une liste qui stipule qu’il faut répondre à tous ces critères,
mais plutôt de s’inspirer du système international, qui dit, dans un
certain sens, voici une liste de huit facteurs. De façon générale, un
peuple manifestera plusieurs de ces facteurs particuliers, vous le
verrez. Voilà ce que je peux vous offrir de mieux sous forme de
réponse brève. Merci.
The Chair: Thank you, professor, for appearing before us. We
have got to go to St. Laurent, because we understand there is an
important person who lives on lot 2 in St. Laurent. Anyway,
thank you again for your presentation and your straightforward
answers to our questions. I realize it is complex, but that is why
we called on you. If it was simple, we would have asked somebody
else to come.
Le président : Je vous remercie, professeur, d’être venu
témoigner. Nous devons maintenant nous rendre à St-Laurent,
puisqu’il paraît qu’une personne très importante habite sur le lot
numéro 2 à St-Laurent. Nous vous remercions de nouveau pour
votre exposé ainsi que vos réponses directes à nos questions. Je
comprends bien que ces enjeux sont complexes, et c’est pourquoi
nous avons fait appel à vous. Si c’était simple, nous aurions
demandé à quelqu’un d’autre de venir.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
SASKATOON, Wednesday, September 26, 2012
SASKATOON, le mercredi 26 septembre 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9:14 a.m. to examine and report on the legal and
political recognition of Metis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones
se réunit aujourd’hui à 9 h 14 afin d’examiner, pour en faire
rapport, la reconnaissance juridique et politique de l’identité des
Métis au Canada.
Senator Gerry St. Germain (Chair) in the chair.
[English]
The Chair: Good morning. I would like to welcome all the
honourable senators and members of the public who are watching
this meeting of the Standing Senate Committee on Aboriginal
Peoples. They will be either watching in the audience here or on
CPAC or possibly the web.
Le sénateur Gerry St. Germain (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
Le président : Bonjour. J’aimerais souhaiter la bienvenue à tous
les sénateurs et aux membres du public qui assistent à cette séance
du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones, que ce
soit sur place, sur CPAC ou peut-être sur le web.
23:62
Aboriginal Peoples
1-10-2012
I am Gerry St. Germain from British Columbia, chair of your
committee, originally born and raised in British Columbia and
out in the Promised Land now.
Je m’appelle Gerry St. Germain, de la Colombie-Britannique,
président du comité. Je suis né et j’ai grandi en ColombieBritannique, et je me trouve maintenant en Terre promise.
We are very happy to embark on a series of hearings and factfinding that takes us out of Ottawa to meet with Canadians from
Manitoba, Saskatchewan, Alberta, British Columbia and the
Northwest Territories. We are traveling as part of a study on
Metis identity. We are very impressed with the amount of
engagement in the Metis community, and appreciative of your
efforts to attend to testify before us here today.
C’est avec grand plaisir que nous entamons une série de séances
qui, dans notre recherche des faits, nous mène hors d’Ottawa pour
rencontrer des Canadiens du Manitoba, de la Saskatchewan, de
l’Alberta, de la Colombie-Britannique et des Territoires du NordOuest. Nous voyageons dans le cadre d’une étude sur l’identité
des Métis. Nous sommes fort impressionnés par la participation
de la communauté métisse, et nous vous remercions des efforts
que vous avez déployés pour témoigner devant nous aujourd’hui.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal Peoples of Canada generally.
Today we will continue to explore Metis issues, particularly those
relating to the evolving legal and political recognition of the
collective identity and the rights of the Metis in Canada
Notre mandat consiste à examiner les lois et les questions qui
touchent les peuples autochtones du Canada de façon générale.
Aujourd’hui, nous continuerons d’examiner les questions relatives
aux Métis, particulièrement celles ayant un lien avec l’évolution
de la reconnaissance juridique et politique de leur identité
collective et de leurs droits au Canada.
[Translation]
[Français]
Before we hear from our witnesses, I would like to introduce
the members of the committee here today.
Avant d’entendre nos témoins, j’aimerais présenter les
membres du comité qui sont présents aujourd’hui.
To my right, the deputy chair from Saskatchewan, Senator
Lillian Dyck. Right next to her, from British Columbia, we have
Senator Nancy Greene Raine. To my left is Senator Nick
Sibbeston from the Northwest Territories.
À ma droite, la vice-présidente, qui vient de la Saskatchewan,
sénateur Lillian Dyck. Tout juste à côté, de la province de la
Colombie-Britannique, sénateur Nancy Greene Raine. À ma
gauche, le sénateur Nick Sibbeston, des Territoires du NordOuest.
[English]
Before we go any further, we have a bit of procedural business.
We need a motion to allow for video by journalists in the room.
Senator Dyck: I so move.
The Chair: So moved by Senator Dyck and seconded by
Senator Sibbeston.
All in favour? Opposed, if any? None.
Carried unanimously.
[Traduction]
Avant de poursuivre, nous devons régler une question de
procédure. Une motion doit être proposée pour autoriser les
journalistes à filmer une vidéo dans la pièce.
Le sénateur Dyck : Je propose la motion.
Le président : Le sénateur Dyck propose la motion, avec
l’appui du sénateur Sibbeston.
Tous ceux qui sont pour? Est-ce que quelqu’un est contre?
Personne.
La motion est adoptée à l’unanimité.
Members of the committee, our first panel is from the Métis
Nation Saskatchewan. We welcome President Robert Doucette.
With him are Vice-President Gerald Morin and Treasurer Louis
Gardiner.
Mesdames et messieurs, notre premier groupe de témoins nous
vient de Métis Nation Saskatchewan. Nous accueillons Robert
Doucette, président, qui est accompagné de Gerald Morin, viceprésident, et de Louis Gardiner, trésorier.
Gentlemen, we look forward to your presentation, and I am
sure it will be followed by several questions from the senators. I
hope you are prepared to respond to some of those questions if
you see fit.
Messieurs, nous sommes impatients d’entendre votre exposé,
qui sera certainement suivi de plusieurs questions des sénateurs.
J’espère que vous êtes prêts à y répondre de bonne grâce.
Robert Doucette, President, Métis Nation Saskatchewan: Good
morning, senators. Thank you for having us this morning at this
very important function.
Robert Doucette, président, Métis Nation Saskatchewan :
Bonjour, Mesdames et messieurs. Je vous remercie de nous
permettre de témoigner ce matin dans le cadre de cette très
importante étude.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:63
Before we begin, as I do every day, I just want to give thanks to
my wife and my family for supporting me all these years in our
endeavors. Without them, you know, life is a little tougher to
handle.
Avant de commencer, j’aimerais remercier, comme je le fais
chaque jour, ma conjointe et ma famille de m’avoir soutenu toutes
ces années dans nos démarches. Sans elles, vous savez, la vie est
un peu plus difficile à vivre.
Also, let us thank the Creator for this beautiful day and for this
opportunity to present ourselves in good, positive discussion and
hopefully, present you with some more information that will help
to deal with the Metis issues that we are currently having to deal
with across Canada.
J’aimerais également rendre grâce au Créateur de nous avoir
donné cette magnifique journée et cette occasion d’exposer notre
point de vue dans le cadre d’une discussion saine et positive, dans
l’espoir de vous communiquer de nouveaux renseignements qui
vous aideront à résoudre les questions qui touchent actuellement
les Métis à l’échelle du Canada.
To keep it brief, this is also a follow-up to our discussions out
at Batoche. I am not sure, I was pretty long-winded at Batoche,
and I have said quite a bit already.
Pour rester bref, je précise également que nos témoignages font
suite aux échanges que nous avons eus à Batoche. Je crois avoir
parlé longuement à Batoche et j’en ai déjà beaucoup dit.
I want to give the opportunity to my newly elected and
re-elected brothers. To my left is Vice-President Gerald Morin,
who many of you know. He has a long history in dealing with
Metis issues and has been a very good leader for Metis people for
many years.
Je veux donner à mes frères récemment élus et réélus la chance
de prendre la parole. À ma gauche se trouve Gerald Morin,
vice-président, que vous êtes nombreux à connaître. Il s’occupe
depuis longtemps des questions relatives aux Métis et est, depuis
de nombreuses années, un excellent chef pour le peuple métis.
To my right is Treasurer Louis Gardiner, who is newly
re-elected.
J’ai à ma droite Louis Gardiner, trésorier, qui vient d’être
réélu.
Louis Gardiner, Treasurer, Métis Nation Saskatchewan: Well, I
was interim.
Louis Gardiner, trésorier, Métis Nation Saskatchewan : Eh
bien, j’assurais l’intérim.
Mr. Doucette: Okay, so he was interim.
M. Doucette : D’accord, par intérim.
We will take turns speaking on some of our issues and then we
will entertain some questions.
Nous allons chacun prendre la parole pour parler de certaines
de nos préoccupations et ensuite nous répondrons à vos
questions.
As it stands right now, there are a lot of issues that Metis
people are faced with across Canada. Firstly and most
importantly, we are a landless people. Although we are
recognized under section 35 of the Canadian Constitution, there
is no provision federally for dealing with that issue right now.
À l’heure actuelle, le peuple métis est confronté à de
nombreuses difficultés au Canada. La toute première, c’est que
nous sommes un peuple sans terre. Bien que nous soyons
reconnus en vertu de l’article 35 de la Constitution canadienne,
il n’existe aucune disposition fédérale qui permet de régler ce
problème.
There is no process to deal with specific or comprehensive
issues or claims with respect to Metis land issues. That is not to
say there are not some lands that were set aside for Metis people.
In Alberta in the 1940s, the Alberta government set aside the
Metis settlements for the exclusive use of the Metis, and that still
exists today in, I think, eight Metis settlements. In Saskatchewan
around the same time during the 1940s, they had set aside lands
through orders in council for this exclusive use of Metis people.
Aucun processus n’est prévu pour traiter des questions
spécifiques ou générales touchant aux terres des Métis. Cela ne
veut pas dire qu’il n’y ait pas de terres qui ont été réservées au
peuple métis. Dans les années 1940, le gouvernement de l’Alberta
a réservé des établissements à l’usage exclusif du peuple métis, et si
je ne m’abuse, huit établissements métis existent toujours. À la
même époque, la Saskatchewan avait mis de côté des terres en
vertu d’un décret pour l’usage exclusif du peuple métis.
Just as an example, east of Prince Albert, there was a Metis
settlement called Glen Mary. Glen Mary was set aside for the
exclusive — and you had Metis families out there; Umpervilles,
Dechambeaus, Carriers all living out there, and they had signed
99-year leases. That was in 1944.
À titre d’exemple, à l’est de Prince Albert, il y avait un
établissement de Métis appelé Glen Mary qui leur avait été réservé
exclusivement. Des familles métisses comme les Umperville, les
Dechambeau et les Carrier y vivaient et avaient signé des baux de
99 années. C’était en 1944.
To the west of Saskatoon here about 60 or 70 kilometers, you
have Willowfield; Ile-a-la-Crosse, Cumberland House, Lebret
Metis farms and Mortlach. Mortlach was the home of the late
chair, I cannot remember his name, but he was involved with the
2010 Olympics before he died.
À l’ouest de Saskatoon, à quelque 60 ou 70 kilomètres d’ici, il y
a Willowfield, Île-à-la-Crosse, Cumberland House, les fermes
métisses de Lebret et Mortlach. Le défunt président de votre
comité est né à Mortlach. Je ne me souviens pas de son nom, mais
il a participé à l’organisation des Olympiques en 2010 avant qu’il
ne décède.
23:64
Aboriginal Peoples
Senator Raine: Jack Poole.
1-10-2012
Le sénateur Raine : Jack Poole.
Mr. Doucette: Yes. He actually is from the community of
Mortlach, Saskatchewan. You also have Green Lake. As an
example in 1940-44, the Province of Saskatchewan had set aside
10 to 12 townships of land for the exclusive use for the Metis.
That order in council has never been repealed, and it still stands
on the books today. Yet, those 99-year leases that Metis people
had signed are — are not being honoured today. We need to
tackle that issue, because without land, really, how can you build
any wealth up?
M. Doucette : Oui, il est né à Mortlach, en Saskatchewan. Il y a
également Green Lake. Ainsi, de 1940 à 1944, la province de la
Saskatchewan avait réservé une douzaine de cantons à l’usage
exclusif des Métis. Le décret n’a jamais été abrogé et on peut
toujours le consulter. Et pourtant, les baux de 99 ans signés par le
peuple métis ne sont pas respectés de nos jours. Il faut régler le
problème, car sans terre, comment peut-on créer de la richesse?
It all stems from the whole Metis scrip process, where Metis
people were offered money or land scrips. My family, in
particular, my ancestors did not receive the benefits of that
Metis scrip. Yet, when they signed those scrips and affidavits in
1906, they actually became Aboriginal people with no title and no
rights.
Le problème découle essentiellement du processus de certificats
de concessions pour les Métis : on a offert au peuple métis de
l’argent ou des terres. Ma famille, mes ancêtres n’ont pas profité
des avantages liés aux certificats donnés aux Métis. Lorsqu’ils ont
signé les certificats et les déclarations sous serment en 1906, ils
sont devenus un peuple autochtone sans titre ni droits.
Many of our issues today emanate from that whole process, as
opposed to the treaty process where lands were set aside for the
collective use of First Nations people. No such process existed for
Metis people. As a result, we are really a landless people with no
rights or rights that are not being recognized and accommodated
by both levels of government when it comes to specific issues; in
particular, land. That is not to say that legislation and agreements
do not exist today that could potentially help us deal with a lot of
these issues.
Bon nombre des problèmes connus aujourd’hui découlent de ce
processus, par opposition aux traités prévoyant que des terres
seraient réservées à l’usage collectif des Premières nations. Il n’y a
pas eu de disposition semblable pour le peuple métis. Par
conséquent, nous sommes réellement un peuple sans terre, sans
droits, ou bien des droits qui ne sont pas reconnus par les deux
niveaux de gouvernement lorsqu’il s’agit de certains enjeux,
notamment les terres. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas
aujourd’hui des lois et des accords qui pourraient nous aider à
régler bon nombre de ces problèmes.
One of those pieces of legislation I have handed out to you
today is the Metis Act of 2001. It is provincial legislation. It sets
out a process between the Metis Nation of Saskatchewan and the
Province of Saskatchewan. It is the only one of its kind in
Canada. We are looking forward to sitting down with the
Province of Saskatchewan and the premier and the ministers and
talking about how to operationalize and really give some teeth to
that legislation.
Parmi les textes que je vous ai remis aujourd’hui, vous
trouverez la Loi sur les Métis de 2001. C’est une loi provinciale.
Elle prévoit une démarche pour la nation métisse de la
Saskatchewan et la province de la Saskatchewan. Cette loi est
unique au Canada. Nous avons hâte de rencontrer les
représentants de la province de la Saskatchewan, le premier
ministre et les ministres, afin de parler de l’application de cette loi
et des façons de la faire respecter.
It has the potential to really help Metis people in the Province
of Saskatchewan. And as I said at one Senate hearing, you know,
maybe it is time also for a federal Metis act. Maybe it is time to
develop that process, that solid process that outlines the roles and
responsibilities.
Cette loi pourrait vraiment aider le peuple métis de la
Saskatchewan. Comme je l’ai dit lors d’une audience
sénatoriale, il est peut-être temps de faire adopter une loi
fédérale sur les Métis. Il est peut-être temps d’élaborer un
processus sérieux qui établit les rôles et les responsabilités de
chacun.
Vice-President Morin is going to talk about the bilateral
protocol agreement that the Metis National Council had signed
with the Metis and the Minister of — well, now, it is not Indian
Affairs anymore.
M. Morin, notre vice-président, vous parlera du protocole
bilatéral signé par le Ralliement national des Métis et le ministre
de... eh bien, ce ne sont plus les Affaires indiennes.
Senator Dyck: Aboriginal Affairs and Northern Development
Canada.
Le sénateur Dyck : Affaires autochtones et Développement du
Nord Canada.
Mr. Doucette: Yes. It was Chuck Strahl at the time.
Aboriginal Affairs? Well, I call it ANCI — Aboriginal and
Northern Affairs Canada.
M. Doucette : Oui. À l’époque, c’était Chuck Strahl.
Affaires autochtones? Pour moi, c’est le AINC, Affaires
indiennes et du Nord Canada.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:65
There is an opportunity now. You have Metis leaders who are
willing to sit down and hammer out these agreements and
processes that will lead to benefits for all Metis people and
Canadians alike across this great country and in the provinces.
L’opportunité se présente maintenant. Il y a des dirigeants
métis qui sont prêts à s’asseoir à la table et à travailler sur les
accords et les processus qui bénéficieront à tous les Métis et
Canadiens de toutes les provinces de notre beau pays.
I also handed out a copy of a 1944 edition of The Beaver. In it
is a reference to a letter that James Sutherland wrote to the
Hudson Bay Company. It attests to the nationhood of Metis
people. It talks about the flag of the Metis being unfurled in
September of 1815 in Fort Qu’Appelle. It is a red flag.
Je vous ai également remis une copie de The Beaver, datée de
1944. On y fait référence à une lettre écrite par James Sutherland à
la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cette lettre atteste le statut de
nation du peuple métis. Il décrit la présentation du drapeau des
Métis en septembre 1815 à Fort Qu’Appelle. C’est un drapeau
rouge.
He says in here:
The other company were half-Breeds headed by Cuthbert
Grant, a Half-Breed who has been regularly educated at
Canada and has acted for several years as Clerk & still
continues to act as such, to the N.W. Co. This tribe had
another flag hoisted, of what nation I know not. It is red
with a figure of 8 placed horizontally in the middle of it and
is said to be a present from the N. W. Co.
Je cite :
L’autre compagnie était constituée de Bois-Brûlés [Métis]
dirigés par Cuthbert Grant, un Bois-Brûlé qui avait
régulièrement fréquenté des écoles au Canada, qui avait
occupé le poste de clerc pendant plusieurs années et continue
de le faire à la Compagnie du Nord-Ouest. Cette tribu avait
un autre drapeau qui représentait je ne sais quelle nation. Le
drapeau est rouge avec un huit couché en plein milieu et on
dit que c’est un cadeau de la Compagnie du Nord-Ouest.
Can you imagine that?
Le croyez-vous?
The Canadian flag did not come into being until 1867. In 2015,
the Metis nation flag, the flag of the Metis people, is going to be
200 years old. It is one of the oldest flags indigenous to this
country, to this continent. I think only one flag is actually older,
and that is the American flags in the 1770s — 1776. I do not
believe that there is any other flag that is indigenous to this
continent. Of course, you have the fleur de lis flag that emanated
from France and the British Union Jack, but they come from
Europe.
Le drapeau canadien n’a pas vu le jour avant 1867. En 2015, le
drapeau de la nation métisse, le drapeau du peuple métis, fêtera
son 200e anniversaire. C’est l’un des plus vieux drapeaux du
Canada, voire du continent. Je crois qu’un seul drapeau existe
depuis plus longtemps, et c’est le drapeau américain qui remonte à
1776. Je ne crois pas qu’il y ait un autre drapeau qui soit propre
au continent. Vous avez bien sûr la fleur de lis de la France et le
Union Jack britannique, mais ce sont des drapeaux européens.
My point in saying that is that when it comes to nationhood,
Metis people fully realize and have had a nation for well over
200 years. I think today we have an opportunity now to deal with
our issues in a good, positive way. That is why we are very
thankful that the Senate is having these hearings across Canada,
to listen to Metis people. I hope you actually ask us a lot of
questions with respect to our rights, our land issues, and all the
other issues that I actually did talk about at Batoche already with
you.
Là où je veux en venir, c’est que le peuple métis constitue une
nation depuis plus de 200 ans et se reconnaît entièrement comme
tel. Je crois que nous avons maintenant la possibilité d’aborder
nos problèmes d’une façon saine et positive. C’est la raison pour
laquelle nous remercions le Sénat de tenir ces audiences à divers
endroits au Canada pour écouter le peuple métis. J’espère que
vous nous poserez de nombreuses questions sur nos droits, sur les
questions liées aux terres, et sur bien d’autres sujets que j’ai déjà
abordés à Batoche avec vous.
With that, I will turn it over to Vice-President Morin for his
comments.
Gerald Morin, Vice-President, Métis Nation Saskatchewan:
Thank you, senators, for coming to Saskatoon and inviting us to
appear as witnesses here to talk about Metis identity and Metis
issues. Some of the senators I have seen over the years when I was
involved in Metis politics. I do not know if this is the fourth or
fifth or sixth round that I am having with some of you folks, but
we have had many good discussions over the years, and I thank
you for coming here. I am really not quite sure where to start in
the limited time that we have.
Sur ce, je céderai la parole à notre vice-président, M. Morin.
Gerald Morin, vice-président, Métis Nation Saskatchewan :
Mesdames et messieurs, je vous remercie d’être venus à Saskatoon
et de nous avoir invités à comparaître aujourd’hui pour parler de
l’identité métisse et de questions qui concernent les Métis. J’ai
déjà rencontré certains des sénateurs ici présents lorsque j’œuvrais
sur la scène politique métisse. Je ne sais pas si c’est la quatrième, la
cinquième ou même la sixième fois que je vous vois, mais nous
avons eu d’excellentes discussions au fil des ans, et je vous
remercie d’être venus. Je ne sais pas trop par où commencer vu le
peu de temps dont nous disposons.
23:66
Aboriginal Peoples
1-10-2012
We had a pretty good discussion with some of the senators in
the restaurant this morning too, and I want to thank you for that
discussion. Certainly in my case, it helped to stimulate my
thinking and wake me up.
Nous avons bien discuté avec certains des sénateurs dans le
restaurant ce matin, et je vous en remercie. Pour ma part, en tout
cas, les discussions m’ont réveillé et ont aiguisé ma pensée.
In a nutshell, I want to say that, given everything that has been
said over the years and all the things that have happened with
respect to the Metis and their engagement with particularly the
federal government in pursuing our recognition as a distinct
nation of people and our rights, the situation today for the Metis
Nation unfortunately is quite bleak and dismal.
Ce que j’aimerais vous dire, c’est que malgré tout ce qui a été
dit au fil des ans et tout ce qui est arrivé en ce qui concerne les
Métis et leur engagement vis-à-vis du gouvernement fédéral pour
faire reconnaître notre statut de peuple distinct et nos droits, la
situation actuelle de la nation métisse est malheureusement triste
et accablante.
I took a 10-year break from politics and had lots of time to
think about these things. Quite honestly, our situation today, if I
can describe it in the brief time that I have, is our people from my
perspective are the most discriminated-upon people in this
country, and certainly are right up there with any other peoples
in the international community in terms of the historic and
entrenched discrimination that has been practiced against our
people.
Je me suis retiré de la scène politique pendant 10 ans et j’ai eu
amplement le temps de réfléchir. Bien franchement, notre
situation actuelle, si j’arrive à la décrire dans le peu de temps
qui m’est alloué, c’est la situation d’un peuple qui, à mon avis,
connaît le plus de discrimination au Canada, et qui se range parmi
les peuples les plus brimés du monde en raison de la
discrimination endémique et historique dont il a fait l’objet.
Today, as we sit here in Saskatoon, the Metis Nation is a
landless people. We do not even have access to a negotiations
process. We do not have a table. We are coming from a position
where the Government of Canada historically — and this is
entrenched in their policies, their laws, their actions or lack
thereof — has denied the existence of our people, and as a result,
has not negotiated in good faith the implementation of our rights.
That is our situation today. We are a landless people living in
poverty. We do not even have a land claims process to negotiate
re-establishing our land and resource base in this country.
Aujourd’hui, alors que nous sommes réunis ici à Saskatoon, la
nation métisse est un peuple sans terre. Nous ne pouvons même
pas nous prévaloir d’un processus de négociation. Nous n’avons
aucune place à la table. Le gouvernement du Canada, de par ses
politiques, ses lois, ses actions ou l’absence de celles-ci, a
historiquement nié l’existence de notre peuple et, par
conséquent, n’a pas négocié de bonne foi sur la question du
respect de nos droits. Voilà notre situation actuelle. Nous sommes
un peuple sans terre qui vit dans la pauvreté. Nous ne disposons
même pas d’un processus de revendication territoriale pour
négocier afin de rétablir nos droits sur les terres et les ressources
au Canada.
The only forums available to us unfortunately are the courts,
and our people have used them from time to time. We do not have
a process to negotiate self-government arrangements in our
communities. Of the billions and billions of dollars of federal
programs and services that are available to Aboriginal people, as
they say, we merely get the crumbs that fall off the table.
Le seul recours dont nous disposons, c’est malheureusement les
tribunaux, recours dont s’est prévalu notre peuple de temps en
temps. Nous ne sommes pas en mesure de négocier des accords
d’autonomie pour nos collectivités. Sur les milliards et milliards
de dollars dont disposent les programmes et services fédéraux
pour les peuples autochtones, nous n’avons que des miettes.
This historic and entrenched discrimination by the
Government of Canada has to end.
Cette discrimination historique et endémique de la part du
gouvernement du Canada doit s’arrêter.
Their traditional interpretation of section 91.24 of the
Constitution Act, 1867, which articulates the federal
government’s responsibility and role to engage and interface
with Indians and lands reserved for Indians, has been that they
have a responsibility, and they can engage with status Indians on
reserve essentially. They have washed their hands of the Metis.
They have washed their hands of non-status Indians, people who
in every other respect are Indian people, but are not recognized as
such by the federal government.
L’interprétation traditionnelle de l’article 91.24 de la Loi
constitutionnelle de 1867, laquelle décrit la responsabilité et le
rôle du gouvernement fédéral en ce qui a trait aux Indiens et aux
terres qui leur sont réservées, indique que le gouvernement a une
responsabilité et peut traiter avec les Indiens inscrits, surtout ceux
des réserves. Les Métis ont été bafoués. Le gouvernement a tourné
le dos aux Indiens non inscrits, des gens qui sont des Indiens à
tous les égards sauf un mais qui ne sont pas reconnus comme tels
par le gouvernement fédéral.
That is the situation that we find ourselves in. To this day there
are, there is still a lot of evidence of the Government of Canada
and provincial governments denying our existence as a people,
and as a result, not having any kind of negotiations on the
implementation of our rights.
Voilà notre situation actuelle. On constate toujours que le
gouvernement du Canada et les provinces nient l’existence de
notre peuple et, par conséquent, refusent de négocier l’application
de nos droits.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:67
I just want to say that with respect to the litigation, the
Supreme Court of Canada and the Powley decision has
recognized our people. The courts are ahead of the policymakers on this one, have recognized our rights, and in that
particular case recognized our harvesting rights in the Sault Ste.
Marie area. The Manitoba Metis Federation has taken a case to
the Supreme Court of Canada, which has been argued, and
currently we are awaiting the decision from the Supreme Court.
Les recours en justice, notamment la décision de la Cour
suprême du Canada sur l’affaire Powley, ont permis de faire
reconnaître notre peuple. Les juges devancent les décideurs
politiques : ils ont reconnu nos droits et dans cette affaire, ils
ont confirmé nos droits de chasse dans la région de Sault Ste.
Marie. La Manitoba Metis Federation a plaidé sa cause devant la
Cour suprême du Canada et nous attendons maintenant la
décision.
The Congress of Aboriginal Peoples has taken the Daniels case,
the late Harry Daniels — a very good friend of mine, probably a
friend of yours as well — to the Federal Court of Canada where
they argued that the federal government does have responsibility
for the Metis and non-status Indians under section 91.24. That
has been argued, and we are awaiting that decision.
Le Congrès des Peuples Autochtones a porté l’affaire Daniels,
feu Harry Daniels — un très bon ami à moi, probablement un ami
à vous aussi —, devant la Cour fédérale du Canada, où il a plaidé
que le gouvernement fédéral est responsable des Métis et des
Indiens non inscrits en vertu de l’article 91.24. C’est ce qu’il a
plaidé, et nous attendons la décision.
We initiated a Metis Nation test case in Northwestern
Saskatchewan, the Morin case versus the Government of
Canada and Saskatchewan, where we are putting forth a test
case on behalf of the Metis Nation. Unfortunately, that has not
gone to the courts yet, but we are hopeful that we can move that
forward in the future.
Nous avons lancé une affaire type au nom de la nation métisse
dans le nord-ouest de la Saskatchewan, l’affaire Morin contre le
gouvernement du Canada et la Saskatchewan. Malheureusement,
elle n’a pas encore été portée devant le tribunal, mais nous
espérons faire des progrès sur ce plan dans l’avenir.
In completing my comments, I want to say that I am certainly
hopeful as a newly re-elected Metis leader in Western Canada
within the Métis Nation Saskatchewan that, given the federal
government’s apology and reconciliation statement a few years
ago, I hope that the Prime Minister and the Government of
Canada were sincere when they made that apology and that
reconciliation statement to all the Aboriginal people in Canada,
including the Metis. I applaud the Government of Canada for
finally adopting and ratifying the Declaration on the Rights of
Indigenous Peoples within the U.N.
Pour conclure, j’aimerais dire qu’en tant que chef métis
nouvellement réélu de la Métis Nation Saskatchewan, dans
l’Ouest canadien, j’espère certainement que les excuses
présentées il y a quelques années par le premier ministre et le
gouvernement fédéral à tous les peuples autochtones du Canada,
y compris les Métis, et leur désir de réconciliation étaient sincères.
Je félicite le gouvernement du Canada d’avoir enfin adopté et
ratifié la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones.
If you take those two initiatives and the sentiments and the
statements surrounding them, I am hopeful, in spite of our dismal
situation as I described to you, that the Government of Canada
will move forward in the future in their spirit, that you will engage
our nation; that you will recognize our ‘‘peoplehood,’’ our
nationhood; that you will recognize our rights and put in place
negotiation processes so we can negotiate in good faith the
implementation of our rights, whether it be to land, selfgovernment or what have you.
Ces deux initiatives, ainsi que les sentiments et les déclarations
qui les entourent, me donnent espoir que, malgré notre situation
lamentable, que je viens de vous décrire, le gouvernement du
Canada continuera à aller de l’avant; qu’il se préoccupera de
notre nation; qu’il reconnaîtra que nous sommes un peuple, une
nation, et que nous avons des droits; et qu’il mettra en place les
processus nécessaires pour que nous négociions de bonne foi
l’établissement de nos droits, que ce soit par rapport aux terres, à
l’autonomie gouvernementale ou à quoi que ce soit.
I thank you very much for giving me this time.
Merci beaucoup du temps que vous m’avez accordé.
The Chair: Thank you, Mr. Morin.
Le président : Merci, monsieur Morin.
We will now go to Mr. Gardiner.
Je donne maintenant la parole à M. Gardiner.
Mr. Gardiner: Good morning, everyone. I just want to
welcome the Senate committee to Saskatchewan in my Michif
language.
M. Gardiner : Bonjour à tous. J’aimerais accueillir le comité
sénatorial en Saskatchewan dans ma langue, le michif.
[Mr. Morin spoke in Michif.]
[M. Morin s’exprime en michif.]
What I said is that I welcome everyone on behalf of the Metis
in Saskatchewan, that you are here today to come speak to us. I
will not echo the previous comments my colleagues made, but
being the treasurer, I will throw in a little bit of the money part.
Je viens de souhaiter la bienvenue à tous au nom des Métis de
la Saskatchewan et d’expliquer que vous êtes ici aujourd’hui pour
échanger avec nous. Je ne vais pas répéter ce que mes collègues
viennent de dire, mais en ma qualité de trésorier, je vais vous
parler un peu de l’aspect financier.
23:68
Aboriginal Peoples
1-10-2012
In terms of our governance, we just finished our MNS election
a couple of weeks ago. As to our governing structure, four
executives are elected province wide, and then twelve regional
directors are elected within their own regions. Throughout the
province we have twelve regions and they are elected. Out of that
we have roughly around 120 Metis locals in the Metis
communities.
Par rapport à notre gouvernance, les élections à la Métis
Nation Saskatchewan — MNS — se sont terminées il y a deux
semaines. Voici notre structure : 4 dirigeants sont élus à l’échelle
provinciale et un directeur régional est élu dans chacune des
12 régions de la province. Les collectivités métisses comptent
quelque 120 associations locales.
We feel that within Saskatchewan that there is about
80,000 Metis.
Nous estimons qu’il y a environ 80 000 Métis en
Saskatchewan.
Under section 35; we are recognized as having the Aboriginal
rights — First Nations, Inuit and Metis. However, the biggest
challenge we see today is the governance capacity. The only core
funding we receive is for the position of the four executives. To
me, if we want to run a nation such that we feel we are a nation,
government needs to start looking at that governance capacity.
L’article 35 reconnaît nos droits autochtones — les Premières
nations, les Inuits et les Métis. Toutefois, notre plus grand défi
aujourd’hui touche la capacité de gouvernance. Nous recevons
seulement du financement de base pour les quatre postes de
dirigeants. À mon avis, si nous voulons diriger notre nation de
façon à ce que nous sentions que nous sommes une nation, le
gouvernement doit se pencher sur la capacité de gouvernance.
I think it is very important that, in order to start moving the
nation forward and then have that fair and equitable funding as
per my colleagues — the First Nations and Inuit — we look at the
governance capacity.
Selon moi, pour faire avancer la nation et pour qu’elle touche
du financement équitable et équivalent à celui de nos collègues —
les Premières nations et les Inuits —, nous devons absolument
examiner la capacité de gouvernance.
The other thing I want to add, and it is very important, is that
as Metis people, we are taxpayers.
J’aimerais aussi ajouter — détail très important — que les
Métis sont des contribuables.
I think you are going to be in Ile-a-la-Crosse tomorrow. That is
my hometown, a proud Metis community founded in 1776, with
Cumberland House being the oldest in Western Canada.
Je pense que vous vous rendez à l’Île-à-la-Crosse demain. C’est
mon village natal, une collectivité métisse fière fondée en 1776;
Cumberland House est le plus vieux village de l’Ouest canadien.
Louis Riel’s parents were born in Ile-a-la-Crosse and his sister
is buried there. The history there really flows throughout
Saskatchewan, and we are very proud of that.
Les parents de Louis Riel sont nés à l’Île-à-la-Crosse et sa sœur
est enterrée là. L’histoire de la collectivité touche toute la
Saskatchewan, et nous en sommes très fiers.
Some of our affiliates under MNS are going to be presenting
here in terms of the MFCJS — I am using the acronym — and the
Gabriel Dumont Institute.
Certains membres affiliés de MNS s’adresseront à vous :
MFCJS — j’utilise l’acronyme — et le Gabriel Dumont Institute.
In terms of governance capacity, it is very important to echo
that it is time that the Government of Canada start looking at the
core funding that we need to receive. We do receive some projectby-project funding, but it is all project-related.
En ce qui concerne la capacité de gouvernance, je tiens à
répéter que le gouvernement du Canada doit se pencher sur le
financement de base dont nous avons besoin. Nous recevons aussi
du financement de projets, mais c’est pour des projets.
Basically, we cannot run the whole province of 80,000 Metis
with four people. There is no way. We cannot do that.
En gros, quatre personnes ne suffisent pas pour diriger une
province de 80 000 Métis. C’est impossible. Nous ne pouvons pas
y arriver.
I will leave it at that. Thank you.
Je vais conclure là-dessus. Merci.
The Chair: Thank you, gentlemen, for your presentations.
Le président : Merci, messieurs, de vos déclarations.
President Doucette, you were saying that there are these
various settlements and that 99-year leases were put into effect
and signed by Metis people. Where is that issue at? Are you
challenging? Are you working to reinitiate? Are there still Metis
people on these 99-year leases? Is it Crown land, or is it land that
has now been sold off to the non-Aboriginal community?
Monsieur Doucette, vous avez parlé de divers établissements et
de baux de 99 ans qui ont été passés et signés par des Métis. Où en
êtes-vous dans ce dossier? Contestez-vous? Essayez-vous de
réamorcer les discussions? Est-ce que des Métis habitent
toujours les terres touchées par les baux de 99 ans? Les terres
appartiennent-elles à la Couronne ou ont-elles été vendues à des
non-Autochtones?
Mr. Doucette: Thank you for that question, Senator
St. Germain. Just as an example, Cumberland House Metis
farm and Ile-a-la-Crosse Metis farm were reverted back to the
M. Doucette : Merci de la question, sénateur St. Germain. À
titre d’exemple, les fermes métisses de Cumberland House et d’Îleà-la-Crosse ont été rendues aux municipalités. À Glen Mary, le
1-10-2012
Peuples autochtones
municipalities. Glen Mary, the order in council was rescinded in
1974, so they essentially took the land away from the Metis
people. They subsequently were disbursed to primarily
Cumberland House and Prince Albert.
The Chair: With compensation?
Mr. Doucette: With no compensation.
23:69
décret a été révoqué en 1974; on a donc enlevé les terres aux
Métis. Par la suite, ils ont été dispersés principalement à
Cumberland House et à Prince Albert.
Le président : Avec compensation?
M. Doucette : Sans compensation.
The Lebret Metis farm still exists today, but because one of the
issues we are faced with, which is capacity, it finds itself in debt
right now. It is an issue that we have to deal with. Mortlach was
rescinded.
La ferme métisse Lebret existe toujours, mais à cause d’une de
nos difficultés, la capacité, elle est maintenant endettée. Nous
devons régler ce problème. Le décret de Mortlach a été révoqué.
Ile-a-la-Crosse or Green Lake right now, there actually was a
court action initiated a while back with respect to the townships.
That community is still primarily Metis.
Pour les villages d’Île-à-la-Crosse et de Green Lake, une
poursuite en justice a été initiée il y a quelque temps. La
collectivité est toujours principalement métisse.
The order in council of 1944, I believe it is, was never
rescinded. As far as I understand, the 99-year leases that were
signed by some of my relations and Vice-President Morin’s
relations still exist today as far as we are concerned.
Le décret passé en 1944, je crois, n’a jamais été révoqué. À
notre connaissance, les baux de 99 ans signés par ma famille et la
famille du vice-président Morin sont toujours en vigueur.
Let me give you some other examples of the reality of land
issues that Metis are faced with. Primrose Lake bombing range
came into being in 1950 through an agreement between the
provincial government and the federal Government of Canada.
The land was set aside land so that they could practice their
bombing and strafing. My family, the McKays and the
Cummings and many other families were removed from that
bombing range and were never given any compensation.
Permettez-moi de vous donner d’autres exemples de difficultés
que les Métis connaissent en matière de territoire. Le champ de
bombardement de Primrose Lake a été créé en 1950 au moyen
d’une entente entre le gouvernement du Canada et le
gouvernement provincial. Les terres ont été consacrées à la
pratique du bombardement et du mitraillage. Ma famille, les
McKay, les Cumming et nombre d’autres familles ont été
expulsées du champ de bombardement et n’ont jamais reçu de
compensation.
First Nations were given some compensation. The Canoe Lake
band and I think Waterhen and even non-Aboriginal people were
given compensation. However, my family, the McKays in
particular, were never given any compensation.
Les Premières nations ont reçu une compensation. Les
Premières nations de Canoe Lake et de Waterhen, je crois, et
même des non-Autochtones ont été dédommagés. Or, ma famille
et surtout les McKay n’ont jamais rien reçu.
If you can imagine those people going from trapping and
hunting and gathering along the McCusker River, which is now
part of the bombing range, being kicked off that bombing range
and being put onto somebody else’s trap line, it must have caused
so much hardship, not only for the McKays but also for the
people that are actually on the existing trap lines. That issue still
exists today. I know there have been a number of court cases with
respect to the Primrose Lake bombing range.
Ces gens faisaient du piégeage, de la chasse et de la cueillette le
long de la rivière McCusker, qui fait maintenant partie du champ
de bombardement; ils ont été chassés du champ de bombardement
et placés sur le territoire de piégeage d’autres. Imaginez les dures
épreuves ainsi causées, non seulement pour les McKay, mais aussi
pour les gens qui exploitaient déjà les territoires de piégeage. Ce
problème persiste. Je sais que le champ de bombardement de
Primrose Lake a donné lieu à de nombreuses affaires judiciaires.
There was even an agreement reached with the federal
government for an economic development settlement package of
$19 million, I think it was. The issue of compensation for those
Metis people that were kicked out of the bombing range still exists
today.
Une entente a même été conclue avec le gouvernement fédéral
pour un règlement axé sur le développement économique qui
s’élevait à 19 millions de dollars, je crois. La question de la
compensation des Métis qui ont été chassés du champ de
bombardement n’a toujours pas été réglée.
We actually are working with the provincial government, just
as an example, through our harvesting negotiations to outline or
to identify those Metis communities all across the province. As far
as the position that we are taking, all of Saskatchewan actually is
a Metis territory. You can find Metis people in every corner of
this province, where we have existed since this country was
opened up to development.
En fait, nous travaillons avec le gouvernement provincial, pour
vous donner un exemple, dans le cadre des négociations visant la
cueillette, pour identifier les collectivités métisses de toute la
province. Notre position, c’est que l’ensemble de la Saskatchewan
est un territoire métis. En effet, il y a des Métis dans tous les coins
de la province; nous sommes ici depuis que le pays a été ouvert au
développement.
23:70
Aboriginal Peoples
1-10-2012
I just gave you an example this morning of the recognition of
our nation through the Metis red flag in 1815. There are a lot of
issues with respect to land. There have been some attempts to
settle some of these issues, but because they were under provincial
legislation, they could make orders in councils through the
legislature and actually kick people off that land. The only
province that actually has land set aside for the Metis is Alberta.
The provincial Metis Act of 2001 has a line item in there that
obligates the Province of Saskatchewan to sit down with the Métis
Nation - Saskatchewan and talk about the issue of land right now.
Je vous ai donné un exemple ce matin de la reconnaissance de
notre nation : le drapeau métis rouge, adopté en 1815. Il y a
beaucoup de conflits liés au territoire. On a tenté d’en résoudre
quelques-uns, mais parce que les terres relevaient des provinces,
les assemblées législatives pouvaient passer des décrets et expulser
les gens. La seule province qui a réservé des terres aux Métis, c’est
l’Alberta. En fait, la loi provinciale sur les Métis de 2001 contient
une disposition qui oblige la Saskatchewan à discuter tout de suite
avec Métis Nation - Saskatchewan de la question du territoire.
Another example of federal legislation that had a huge impact
on Metis and making us landless was the Natural Resources
Transfer Agreement in 1930. It divested itself and gave the
jurisdiction over lands and resources back to the province. I know
that is a huge issue for First Nations too. I have done some
research on that, looking at the presentations done when they
were actually having consultations just like this back in the late
1920s and early 1930s. There was no consultation with Metis and
no consultation with First Nations.
Une autre mesure législative fédérale qui a eu d’énormes
répercussions sur les Métis et qui a contribué à nous enlever nos
terres, c’est la Convention sur le transfert des ressources naturelles
de 1930. Elle a redonné la compétence en matière de terres et de
ressources à la province. Je sais que c’est aussi un dossier très
important pour les Premières nations. J’ai fait des recherches à ce
sujet; j’ai examiné les déclarations faites dans le cadre des
consultations comme celles-ci menées à la fin des années 1920 et
au début des années 1930. Les Métis et les Premières nations n’ont
pas été consultés.
Now in 2012 we find ourselves in a similar situation with the, I
think it is Bill C-38, the omnibus bill that was just before
Parliament. PFRA actually has 60 community pastures that they
have control over. Over the next 5 years they are going to divest
themselves of over 1 million acres of land in central and southern
Saskatchewan. We have taken the position that there is an actual
duty to consult on this, and they should actually sit down with
the Metis Nation Saskatchewan and Metis people of
Saskatchewan and talk about how they are going to share that
land and accommodate some of our needs to become a landbearing people in this country.
Aujourd’hui, en 2012, nous nous retrouvons dans une situation
semblable avec le projet de loi C-38, je pense, le projet de loi
omnibus qui vient d’être présenté au Parlement. L’ARAP
contrôle 60 pâturages communautaires. Au cours des cinq
prochaines années, elle va céder plus d’un million d’acres de
terres du centre et du sud de la Saskatchewan. Notre position,
c’est que le gouvernement est obligé de mener des consultations et
qu’il devrait discuter avec Métis Nation Saskatchewan et les Métis
de la Saskatchewan de la façon dont il compte diviser les terres et
répondre à nos besoins pour que les Métis deviennent des
propriétaires fonciers.
To give you an example of why I think we should have that,
south of Saskatoon about 40 kilometers is an old Metis settlement
called Round Prairie. That settlement has been around since the
1840s. As a matter of fact, many of the explorers that got lost in
what is now called Western Canada actually bumped into this
place. According to Metis tradition, we helped them. We fed
them; we clothed them and gave them guides and sent them on
their merry way. On that PFRA lot right now, that old settlement
exists. It is a cemetery, but it is more than that. It is a symbol, and
it is a point of interest for Metis people. All across Saskatchewan,
you have Red River cart trails; old Metis settlements and
cemeteries that are on these community pastures.
Pour vous donner un exemple de la raison pour laquelle je crois
que cela devrait nous appartenir, à environ 40 km au sud de
Saskatoon se trouve un vieil établissement métis appelé Round
Prairie. Cet établissement a été fondé dans les années 1840. En
fait, beaucoup d’explorateurs qui se sont perdus dans ce qu’on
appelle aujourd’hui l’Ouest canadien sont tombés sur cet endroit.
Selon la tradition métisse, nous les avons aidés. Nous les avons
nourris, nous les avons vêtus, nous leur avons fourni des guides et
nous les avons remis sur leur chemin. Le vieil établissement se
trouve toujours sur le lot de l’ARAP. C’est un cimetière, mais
c’est plus que cela. C’est un symbole, un point d’intérêt pour les
Métis. Les routes empruntées par les charrettes de la rivière
Rouge traversent toute la Saskatchewan; il y a des vieux
établissements et des cimetières métis dans les pâturages
communautaires.
One of the things that I would say to the Senate today is to talk
to your colleagues in Ottawa. We have had one meeting with
respect to Round Prairie with the Department of Justice and
PFRA representatives. We have asked them to give back that
Round Prairie Metis settlement to the Metis Nation of
Saskatchewan to hold and to protect for the Metis citizens that
Je vous demande aujourd’hui, mesdames et messieurs les
sénateurs, de parler à vos collègues à Ottawa. Nous avons eu une
rencontre au sujet de Round Prairie avec les représentants du
ministère de la Justice et de l’ARAP. Nous leur avons demandé de
redonner l’établissement métis de Round Prairie à la nation
métisse de la Saskatchewan pour qu’elle le conserve et le protège
1-10-2012
Peuples autochtones
23:71
now live in Saskatoon, the Carons, Trottiers, Ouelettes, Dumonts.
They are all relations of people that have a connection to that
land.
au nom des Métis qui habitent maintenant Saskatoon, les Caron,
les Trottier, les Ouelette, les Dumont. Ils sont tous parents avec
des gens qui sont liés à ce territoire.
Senators, I ask you to talk to your colleagues in Ottawa and to
remind them that there is an obligation to consult with people
that have an interest in these matters.
Mesdames et messieurs les sénateurs, je vous demande de
parler à vos collègues d’Ottawa pour leur rappeler qu’ils ont
l’obligation de consulter les personnes touchées par ces questions.
That is an example potentially of another NRTA of 1930
happening again, not consulting over the divestment over a
million acres of land in Central and Southern Saskatchewan right
now.
Il y a un risque que l’histoire de la Convention sur le transfert
des ressources naturelles de 1930 se répète si vous ne menez pas de
consultations sur le dessaisissement de plus d’un million d’acres
de terres dans le centre et le sud de la Saskatchewan.
Senator Dyck: Thank you for your presentation this morning,
gentlemen. It was very good. The questions I have relate to the
importance of land.
Le sénateur Dyck : Je vous remercie de vos exposés de ce matin,
messieurs. C’était très bien. Mes questions portent sur
l’importance de la terre.
President Doucette, you were saying that land is necessary
because it is a way of creating wealth. You also talked about how
land was taken away, how there should be some land that should
be given back, and there is no process for consultation. What do
you think the process should be for consultation? If you were
given the land — you mentioned that First Nations own land
collectively — suppose land was transferred back to the Metis
Nation; would that be collective title or family title, individual
title? How do you envision that?
Monsieur Doucette, vous avez dit que les terres étaient
nécessaires pour créer de la richesse. Vous avez aussi raconté
comment vos terres vous ont été prises, vous avez dit qu’on
devrait vous les redonner, à tout le moins en partie, et qu’il n’y
avait pas de processus de consultation. Quelle forme ces
consultations devraient-elles prendre selon vous? Si on vous
donnait ces terres — vous avez dit que les Premières nations
possédaient des terres collectivement... Supposons que ces terres
soient remises à la nation métisse, le titre de propriété serait-il
collectif, familial ou individuel? Comment voyez-vous la chose?
Mr. Doucette: Could I ask my other colleagues to make
statements, too, with respect to this?
M. Doucette : Puis-je demander à mes collègues de s’exprimer
à ce sujet eux aussi?
Senator Dyck: Definitely.
Le sénateur Dyck : Bien sûr.
Mr. Doucette: Maybe we could all maybe just say something
briefly. I will defer to Vice-President Morin and then to Treasurer
Gardiner.
M. Doucette : Nous pourrions tous dire quelques mots. Je vais
céder la parole à M. Morin, vice-président, et à M. Gardiner,
trésorier.
The Chair: President Doucette, I would like to get more
questions in.
Le président : Monsieur Doucette, j’aimerais qu’on vous pose
d’autres questions.
Mr. Doucette: We will keep it brief.
M. Doucette : Nous serons brefs.
Mr. Morin: I guess for us in the Metis Nation, like I said, we
currently do not have a land use process; we are a landless people.
What we would like to do is, through negotiations with the federal
government and the provinces concerned in Western Canada, put
in place a Metis-specific land claims process. So through good
faith negotiations, we can determine which lands we want. I
would think that in the end result a negotiated arrangement
would include land being set aside for the Metis.
M. Morin : La nation métisse, si je puis dire, n’a pas vraiment
de moyen d’utiliser les terres en ce moment, nous ne possédons
pas de terres. Nous aimerions participer à des négociations avec le
gouvernement fédéral et les provinces concernées de l’Ouest du
Canada, afin de créer un mécanisme de revendications
territoriales exclusivement pour les Métis. Par des négociations
de bonne foi, nous pourrions déterminer quelles terres nous
voulons. Je crois que cela nous permettrait de négocier un accord
qui comprendrait des terres réservées aux Métis.
There are certain lands we would not have access to because it
has since been taken up. It would also include elements of
compensation in lieu of land. Through that process we would
have land set aside. We would also have the monies or the
finances to be able to, say, purchase other lands if we wanted to or
invest that money for economic development.
Il y a des terres auxquelles nous n’aurions pas accès parce
qu’elles ont été utilisées depuis. Il y aurait aussi des mesures
d’indemnisation pour les terres perdues. Cette façon de faire nous
permettrait de récupérer des terres. Nous aurions aussi de l’argent
pour acquérir d’autres terres si nous le voulions ou pour investir
dans le développement économique.
I want to point out, because President Doucette made reference
to it in his opening remarks, that in 2008 the Metis National
Council, which we are a part of, the Métis Nation - Saskatchewan
and the five western provincial Metis organizations signed a
J’aimerais souligner, parce que notre président, M. Doucette,
en a parlé dans sa déclaration préliminaire, qu’en 2008, le
Ralliement national des Métis, dont nous faisons partie, Métis
Nation - Saskatchewan et les cinq organisations métisses des
23:72
Aboriginal Peoples
1-10-2012
protocol agreement with the Government of Canada. I think it
was Chuck Strahl at the time. It is a Metis Nation protocol
agreement which itemizes a lot of items that we would put in place
a negotiating table, but it also included discussions around land
and harvesting rights.
provinces de l’Ouest ont signé un protocole d’entente avec le
gouvernement du Canada. Je pense que c’était Chuck Strahl qui
était là à l’époque. Ce protocole d’entente dresse une longue liste
de sujets dont nous aimerions parler à la table de négociation,
mais il y est aussi question de discussions sur les terres et les droits
d’exploitation des ressources.
It also contemplated a multi-lateral process where, for
example, the Government of Canada and the five western
provincial governments could negotiate as part of a multilateral process rights such as land with the Metis nation. That is
how we would see that happening in the future, I think.
On y envisage aussi un processus multilatéral qui permettrait,
par exemple, au gouvernement du Canada et aux cinq
gouvernements provinciaux de l’Ouest de négocier des droits
avec la nation métisse, notamment pour les terres. C’est ce que
nous aimerions voir se réaliser à l’avenir, je dirais.
Mr. Doucette: Land would be held collectively. To give you an
example of a very good process right now for the Metis
settlements: I lived actually on Kikino Metis settlement; the
land is held collectively by the settlement’s council and is
protected by provincial legislation. The individuals that live on
the land actually have sort of a, I do not know, quasi title to it.
M. Doucette : Nous posséderions les terres collectivement. Je
vous donne un exemple d’excellente démarche dans les
établissements métis : j’ai vécu dans l’établissement métis de
Kikino, où les terres appartiennent collectivement au conseil
d’établissement et sont protégées par la loi provinciale. Les
personnes qui vivent sur ces terres en sont quasiment
propriétaires, si l’on veut.
Their families can live on it. They can give it to their
descendants to live on, and they can thrive there. Now, let me
just say this to you: When I lived on that settlement, the court
case before the Alberta courts was happening. Subsequent to that,
I had left, and they settled out of court for I think $300 million
and 1.25 million hectares of land.
Leurs familles peuvent y vivre. Ils peuvent la transmettre à
leurs descendants et ils peuvent y prospérer. Je vais vous dire juste
une chose : l’affaire qui était devant les tribunaux de l’Alberta a
été entendue pendant que je vivais là. Après mon départ, ils ont
signé un règlement hors cour pour 300 millions de dollars et
1,25 million d’hectares de terre, si je ne me trompe pas.
When I was living there, people were living in poverty. Then
after, they had that extra, those resources. Now when you go to
those settlements, they have companies; they have gravel pits;
they have bison herds; they have timber. They are all developing
it.
Les gens vivaient dans la pauvreté quand j’étais là. Puis ils ont
reçu toutes ces ressources supplémentaires. Maintenant, dans ces
établissements, il y a des entreprises, des carrières de gravier, des
troupeaux de bisons, du bois d’œuvre. La nation se développe.
For me, as Vice-President Morin was saying, you could have
two things: land and compensation in lieu of land, just like the
treaty land entitlement processes. The land needs to be held in
perpetuity because once you alienate land in a fee simple title, you
are landless. That is what has happened to Metis people right
now. We have no land or accommodation or recognition of it.
Comme M. Morin, je pense qu’il y a deux possibilités : les
terres ou une indemnisation en remplacement des terres, comme
dans le processus de revendications territoriales par traité. La
propriété des terres doit être définitive, parce que dès qu’on
concède l’aliénation de terres à titre de propriété libre, on n’a plus
de terres du tout. C’est ce qui arrive au peuple métis en ce
moment. Nous n’avons pas de terres, pas d’immeubles, pas de
reconnaissance.
Senator Raine: I want to change the subject away from land
and talk about the process in Saskatchewan for identifying who is
a Metis and the registration, and how are you handling this issue?
Do you agree that there should be one national registry for Metis
people, or should it be different in different parts of Canada?
Le sénateur Raine : J’aimerais changer de sujet et parler du
système établi en Saskatchewan pour déterminer qui est Métis et
pour s’inscrire au registre. Comment gérez-vous la situation? Êtesvous d’accord avec la création d’un registre national pour les
Métis ou devrait-il plutôt y avoir des registres différents dans
différentes parties du Canada?
Mr. Gardiner: Presently, for a few years now we have been
receiving federal funding in regards to the Powley decision. To
date, I guess we do have a central registry, where previously each
Metis local used to give out cards. Now, the process that we have
today works similar to the First Nations, where everybody makes
an application, and the process goes through to Vital Stats, and
the genealogy people do all the research to ensure that people are
of Aboriginal ancestry. I guess to your answer, I think we are
working through that process.
M. Gardiner : Depuis quelques années, nous recevons du
financement fédéral par application de la décision Powley.
Jusqu’à maintenant, je suppose qu’on peut dire qu’il y a un
registre central, alors qu’avant, chaque association locale de Métis
remettait des cartes à ses membres. Le mécanisme en place
maintenant ressemble à celui des Premières nations. Chaque
personne présente une demande, puis on consulte les statistiques
de l’état civil, et les généalogistes font leurs recherches pour
vérifier que chaque personne est bien d’origine autochtone. Je
suppose qu’on peut dire que nous nous adaptons à ce processus.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:73
We do have a central registry provincially now where
everybody has to make an application to one location and one
office, where previously we had 120 Metis locals and they gave
out cards. There was just no process that was really accountable.
Il y a un registre central dans notre province, et chaque
personne doit présenter une demande au même endroit, au même
bureau, alors qu’avant, il y avait 120 associations locales des
Métis qui remettaient des cartes. Il n’y avait tout simplement pas
de véritable reddition de comptes.
Since we received the funding — I think it was 2007 — to date
about 6,000 Metis are in the process of getting cards. I think
2,200 have — about 4,000 are in the process with their
application.
Depuis que nous avons reçu ces fonds (je pense que c’était
en 2007), il y a environ 6 000 Métis qui ont demandé une carte.
En fait, je pense que 2 200 Métis l’ont déjà reçue et qu’environ
4 000 ont présenté une demande qui est en traitement.
We still have a long ways to go, but I think it is starting to
catch on. I think people are starting to really make an application
now to get their Metis cards in.
Il reste encore beaucoup à faire, mais je pense que nous
commençons à nous rattraper. Je pense que les gens commencent
à véritablement présenter des demandes pour obtenir leur carte de
Métis.
The Chair: When you are establishing identity, do you see the
descendants having to come from what is the traditional
homeland, which includes Alberta, Saskatchewan, Manitoba
and parts of B.C. and the Northwest Territories? Is that how
identification should take place in your mind or is it broader than
that?
Le président : Quand vous établissez l’identité des gens, les
descendants doivent-ils venir du foyer national métis, qui englobe
l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et certaines parties de la
Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest? Est-ce
que c’est de cette façon que l’identification doit se faire à votre
avis ou est-ce plus ouvert?
Mr. Doucette: In, I believe it was 2001, the Metis governments
actually adopted a definition where you had to hold yourself out;
you had to be connected to an historic Metis community, and you
had to be accepted by the Metis communities and not be a
member of one of the other Aboriginal nations, Inuit or First
Nation. As we all know, as the future unfolds, what is true today
might not be true tomorrow. As an example, the Metis Nation
homeland as it is now currently — what is the word I am looking
for — recognized internally amongst ourselves. It includes those
provinces, but not the Northwest Territories right now because
they are not aligned with the Metis National Council, just parts of
Northwest Territories and a little part of the United States.
M. Doucette : Je pense que c’est en 2001 que les
administrations métisses ont adopté la définition selon laquelle
il faut défendre son identité : il faut avoir un lien avec une
communauté métisse reconnue historiquement, être accepté par
l’une d’elles et ne pas faire partie d’une autre nation autochtone,
inuite ou d’une Première nation. Comme nous le savons tous, ce
qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain. Par
exemple, le foyer national métis est actuellement — comment
dire — reconnu par nous seuls. Il comprend les provinces que
vous avez nommées, mais non les Territoires du Nord-Ouest, en
fait, parce qu’ils ne correspondent pas au territoire défini par le
Ralliement national des Métis. Il ne comprend que des parties des
Territoires du Nord-Ouest et une partie des États-Unis.
When you look at the historical development of Metis peoples,
of half breed peoples of Canada, how can we deny the existence of
Metis people in Quebec, or even in the two Dakotas or in
Minnesota? I know we do not speak for the United States Metis,
but actually there are historical documents that validate that there
were Metis people as far down as Missouri. As a matter of fact,
the person that was leading the Louis and Clark expedition in
1804-05 was Baptist Charbonneau, a Metis guy, who was the
husband of Sacagawea. They actually had a son they called
Pompey, of all names. I do not know why, but they did. The
reason I say that is that identity is really important, especially
when it comes to registries.
Quand on examine l’histoire des peuples métis du Canada,
comment peut-on nier l’existence de Métis au Québec ou même
dans les deux Dakotas ou au Minnesota? Je sais que nous ne
sommes pas là pour nous exprimer au nom des Métis des ÉtatsUnis, mais il y a des documents historiques qui prouvent qu’il y a
eu des Métis jusqu’au Missouri. En fait, la personne qui dirigeait
l’expédition Louis et Clark en 1804-1805 était Baptist
Charbonneau, un Métis marié à Sacagawea. Le couple avait
même un fils du nom de Pompey, imaginez-vous. Je ne sais pas
pourquoi ils lui ont donné un nom pareil, mais c’est comme ça. Je
vous raconte tout cela pour dire que l’identité est fondamentale,
surtout quand on veut s’inscrire à des registres.
As another historical fact, we actually have a book in our
Metis Nation genealogical archival center; a French book that
talks about the development of Metis communities along the
St. Lawrence Seaway. Did you know that they used to call the
St. Lawrence Seaway ‘‘la Grand River de Metis.’’ Why it
Autre fait historique, nous avons un livre au centre d’archives
généalogiques de la nation métisse, un livre français qui porte sur
l’établissement de communautés métisses le long de la Voie
maritime du St-Laurent. Saviez-vous qu’ils appelaient la Voie
maritime du St-Laurent « La Grand River de Metis »? Pourquoi
23:74
Aboriginal Peoples
1-10-2012
changed, I do not know. Probably the same reason after the war,
they changed the names of all of the lakes and named them after
soldiers who came back. They were just showing some
recognition. That is what countries do, I guess.
le nom a-t-il changé, je ne le sais pas. Probablement pour la même
raison qu’après la guerre, on a changé le nom de tous les lacs pour
leur donner des noms de soldats revenus de la guerre. On voulait
simplement reconnaître leur contribution. C’est ce que font les
pays, je suppose.
It is vitally important for any future agreements that we have
been talking about here with respect to harvesting programs and
services, both levels of government need to have certainty about
who they are representing and who they are negotiating with.
These registries are vitally important to any future developments
with respect to Metis people in the country called Canada and the
Province of Saskatchewan. Should there be a national registry?
Internally we are actually having those discussions right now
about how to have a national registry. Is there a need for one? The
resources that we receive from the federal government right now
through the Powley agreements, we appreciate. It is creating a
partnership and a process that is going to be a win-win for all of
us. Vice-President Morin talked this morning about the MMF
case and the Daniels case. If those cases come out in favour of the
Metis, it is going to change the whole environment with respect to
Metis in Canada and subsequent agreements that have to be
negotiated in the wash of those court cases.
Pour tout accord futur dont nous parlons ici concernant les
programmes et les services liés à l’exploitation des ressources, il
est absolument essentiel que les deux ordres de gouvernement
sachent avec certitude qui ils représentent et avec qui ils négocient.
Ces registres sont donc d’une importance fondamentale pour
l’avenir du peuple métis dans le pays qu’on appelle le Canada et la
province de la Saskatchewan. Devrait-il y avoir un registre
national? Nous avons actuellement des discussions à l’interne sur
la façon de tenir un registre national. Est-ce que c’est nécessaire
d’en avoir un? Nous apprécions les ressources que nous recevons
du gouvernement fédéral en ce moment dans le cadre des accords
découlant du jugement Powley. Elles créent un partenariat et un
processus qui seront à l’avantage de tous. M. Morin a parlé ce
matin de l’affaire de la MMF et de l’affaire Daniels. Si les
décisions rendues devaient être favorables aux Métis, elles
changeraient tout ce qui entoure les relations avec les Métis au
Canada, et il faudrait négocier de nouveaux accords pour en tenir
compte.
I do not know if that answers your questions, Senator Raine.
Je ne sais pas si cela répond à vos questions, sénateur Raine.
Senator Raine: Yes, thank you.
Le sénateur Raine : Oui, je vous remercie.
Senator Sibbeston: My question relates to where you see the
Metis going. It will help us in terms of our recommendations to
government. The Aboriginal rights referred to in the Constitution
are being defined and interpreted by the courts of our country.
This is a way that the First Nations and the Metis people are
learning what their rights are.
Le sénateur Sibbeston : J’aimerais vous demander comment
vous voyez l’avenir des Métis. Cela va nous aider à formuler des
recommandations au gouvernement. Les tribunaux du Canada
définissent et interprètent les droits autochtones mentionnés dans
la Constitution. C’est l’une des façons pour les Premières nations
et les Métis d’apprendre quels sont leurs droits.
In a sense, it is unfortunate because government should be
making these decisions. Because they are not, then Aboriginal
people have to go to court and have the courts make decisions as
to what these Aboriginal rights are. It is obviously a very costly
and slow process. Do you see movement towards eventually being
recognized as Aboriginal people on the same basis as First
Nations and Inuit people so that section 91.24 that refers to
Indians and lands reserved for Indians will then include the Metis,
so that you will benefit and derive the same benefits and care, as it
were, as other Aboriginal people in our country? Is that the
objective of your goal and movement?
Dans un sens, c’est déplorable, parce que c’est le gouvernement
qui devrait prendre ces décisions. Mais comme il ne les prend pas,
les Autochtones doivent s’adresser aux tribunaux et demander
aux juges de décider en quoi consistent les droits autochtones.
Manifestement, c’est une façon de faire très coûteuse et très lente.
Est-ce que vous constatez des progrès pour que les Métis soient un
jour reconnus à titre de peuple autochtone tout comme les
Premières nations et les Inuits, de manière à ce que le
paragraphe 91(24) qui porte sur les Indiens et les terres
réservées aux Indiens inclue un jour les Métis et à ce que vous
puissiez jouir des mêmes avantages et des mêmes soins, si l’on
peut dire, que les autres Autochtones du pays? Est-ce l’objectif à
la base de vos efforts?
Mr. Morin: It is a basic question but very complex as well.
M. Morin : C’est une question toute simple, mais qui n’en est
pas moins complexe.
To answer your question, yes, we strive and aspire to
accomplish something similar in terms of recognition of our
‘‘peoplehood.’’ I mean, collectively, the First Nations, the Metis
Nation, the Inuit, comprise the indigenous peoples in Canada.
Certainly from an international law perspective and within, for
Pour répondre à votre question, oui, nous aspirons à quelque
chose de semblable en ce qui a trait à la reconnaissance de notre
« statut de peuple ». Ce sont les Premières nations, les Métis et les
Inuits qui forment la population autochtone au Canada. Pour ce
qui est du droit international et, par exemple, d’une déclaration
1-10-2012
Peuples autochtones
23:75
example, a declaration on the rights of indigenous peoples, it talks
about our lands, our territories, our languages, our culture, our
distinctiveness as peoples.
sur les droits des peuples autochtones, il est question des terres,
des territoires, des langues, de la culture et du caractère distinctif
de nos peuples.
In many respects I guess, yes, we are striving for the same thing
in terms of trying to accomplish a land base, recognition of
‘‘peoplehood,’’ recognition of our rights which would encompass
a land and resource base, a negotiation process in which we can
negotiate and implement self-government arrangements across
the Metis homeland, and access to federal programs and services
to address our issues, whether it be in the area of health or our
children or economic development, what have you. So in some
respects, yes, but at the same time I think it is important to
recognize in that process that the Metis Nation are a distinct
people. We have our own distinct history, our own distinct
political institutions, our own distinctive legal status in Canada.
Je dirais que nous tendons effectivement vers les mêmes
objectifs pour ce qui est de l’obtention d’une assise territoriale, de
la reconnaissance de notre « statut de peuple », de la
reconnaissance de nos droits — incluant une assise territoriale
et financière —, et d’un processus de négociation qui nous
permettrait de négocier et de mettre en œuvre des ententes
d’autonomie gouvernementale à l’échelle du territoire métis. Nous
voulons aussi pouvoir accéder aux programmes et aux services
fédéraux pour remédier aux problèmes avec lesquels nous sommes
aux prises, qu’on parle de la santé, de nos enfants, du
développement économique ou de quoi que ce soit d’autre.
Alors oui, c’est vrai à certains égards, mais je crois qu’il est
important de reconnaître que la nation métisse forme un peuple
distinct. Elle a sa propre histoire, ses propres institutions
politiques et son propre statut juridique au Canada.
In some respects there are similarities, the processes, the
dynamics, the politics; the end results will be similar. It is really
important certainly from my perspective that the federal
government proceed on a Metis Nation-specific process,
whether it be negotiating land, self-government or access to
programs and services; and that our distinctiveness as a people
and our unique histories always form the center piece of any
negotiations process, moving forward.
Il y a certains rapprochements à faire au point de vue des
processus, de la dynamique et des politiques; les résultats finaux
seront semblables. Il est très important selon moi que le
gouvernement fédéral adopte un processus propre à la nation
métisse pour la négociation du territoire, de l’autonomie
gouvernementale ou de l’accès aux programmes et aux services.
Il est par ailleurs primordial qu’à l’avenir le caractère unique de
notre peuple et de notre histoire demeure au centre de tout
processus de négociation.
Mr. Gardiner: As I mentioned earlier, coming from an
historical community like Ile-a-la-Crosse, founded in 1776, we
feel that as Metis people, we were a community before even
Canada was a country. We are proud of that today, that we have
hunting and fishing rights in that area. The language is very
strong those communities. I think those are some of the things
that we would like to carry on, that our forefathers left us. I think,
going forward, that is what we want to leave for our children and
grandchildren. I think it is very important.
M. Gardiner : Comme je l’indiquais plus tôt, étant issus d’une
collectivité historique comme Île-à-la-Crosse, fondée en 1776,
nous considérons que le peuple métis était là avant même que le
Canada ne devienne un pays. Nous sommes fiers aujourd’hui
d’avoir des droits de chasse et de pêche dans cette région. La
langue est très vivante là-bas. Voilà quelques-unes des choses que
nous ont léguées nos ancêtres et que nous aimerions perpétuer à
notre tour. C’est l’héritage que nous voulons laisser à nos enfants
et à nos petits-enfants. C’est très important à mon avis.
We, as leaders today, have to challenge our governments. We
have a lot of history, such as Cumberland House — 1774. It is
reflecting back to that and then how this whole scrip system came
about. In Ile-a-la-Crosse we were one people. You were not ‘‘First
Nation’’ or ‘‘Metis,’’ just one people; that is how we lived.
Nous, les leaders d’aujourd’hui, devons formuler des
revendications auprès de nos gouvernements. Nous avons une
riche histoire, comme en témoigne notamment Cumberland
House (1774). Il s’agit de revenir à cela et de voir comment le
système de certificat des Métis a vu le jour. À l’Île-à-la-Crosse,
nous ne formions qu’un seul peuple. Il n’était pas question de
Premières nations ou de Métis, mais d’un seul et même peuple;
c’est ainsi que nous vivions.
Mr. Doucette: I want to applaud you, Senator Sibbeston, for
that question and your analysis. It really is unfortunate that we
have to go through the courts to get an interpretation of ‘‘what is’’
and ‘‘what is not,’’ when in fact I know what I have inherited from
my mushum and my kokum and my mother and my father. I
think that if there is a will between the federal and provincial
governments — actually, we saw the Metis Act proclaimed into
legislation in 2001 — there is a way to deal with these issues.
There are a lot of issues that our people are faced with every day,
such as homelessness.
M. Doucette : Je veux vous féliciter, sénateur Sibbeston, pour
votre question et votre analyse. Il est très malheureux que nous
ayons à passer par les tribunaux pour avoir une interprétation de
ce qui constitue ou non un droit, alors que je sais ce que m’a légué
mon mushum et ma kokum, mon père et ma mère. Je pense que si
les gouvernements fédéral et provinciaux y mettent du leur, il est
possible de régler ces questions. On a d’ailleurs vu la proclamation
de la Metis Act en 2001. Notre peuple est confronté
quotidiennement à de nombreuses difficultés, dont l’itinérance.
23:76
Aboriginal Peoples
1-10-2012
My grandmother in Buffalo Narrows died when she was 88. I
am sad to say that she died in a mold-infested house, always
worrying about paying rent, paying for her drugs or buying food
because the same recognition of her Aboriginal ethnicity, her
rights and her distinctiveness is not being accommodated by the
Government of Canada right now.
Ma grand-mère est décédée à l’âge de 88 ans à Buffalo
Narrows. Cela me peine de dire qu’elle est morte dans une maison
infestée de moisissures, se demandant constamment si elle allait
pouvoir payer son loyer ou s’acheter des médicaments et de la
nourriture, tout cela parce que le gouvernement du Canada ne
reconnaît toujours pas les droits et le caractère distinctif de
l’ethnicité autochtone.
As an example, FNIHB is the First Nations and Inuit Health
Branch; well, it should be ‘‘FNIMHB;’’ there should be an ‘‘M’’ in
there. It should be ‘‘First Nations, Inuit and Metis Health
Branch,’’ because our people — and it has been proven now —
the Metis in Saskatchewan, suffer the highest rates of chronic
diseases of any Aboriginal group in Canada. Why do we leave
these people on their own without helping them?
Prenons par exemple la DGSPNI, la Direction générale de la
santé des Premières nations et des Inuits. Il faudrait plutôt que ce
soit la DGSPNIM; il manque un « M ». Ce devrait être la
Direction générale de la santé des Premières nations, des Inuits et
des Métis, car les Métis de la Saskatchewan — et cela a été prouvé
— affichent le plus haut taux de maladies chroniques parmi tous
les groupes autochtones du Canada. Pourquoi laissons-nous ces
gens à eux-mêmes?
I was always raised to believe, as a Canadian and as a person of
this province, that you always helped the less fortunate. You
always dealt with the whole underdog issue; that you would look
to accommodate and recognize an issue and deal with it in a good
way. That is why I am hopeful. As Vice-President Morin and
Treasurer Gardiner have said, over the last five years we have
opened and had very good dialogue with the Province of
Saskatchewan and to a certain degree with the federal
government on certain issues with respect to Metis, but there is
so much work to do.
Depuis ma plus tendre enfance, en tant que Canadien et
citoyen de cette province, on me répète qu’il faut toujours aider les
plus démunis. Il s’agit de reconnaître qu’il y a un problème et d’y
remédier de bonne façon. C’est pourquoi je garde espoir. Comme
le vice-président Morin et le trésorier Gardiner l’ont indiqué, nous
avons entamé et entretenu un très bon dialogue avec la province
de la Saskatchewan, et dans une certaine mesure avec le
gouvernement fédéral, en ce qui a trait à des enjeux propres aux
Métis, mais il reste encore beaucoup de travail à faire.
Coming from an orally-based people, what is the problem of
just sitting down and talking about our issues and coming to an
agreement? In the long run, it is going to cost us a lot less than to
go to court for 10 years and spend millions of dollars on lawyers,
researchers and everybody else. Then at the end of the day, we do
not see any benefit out of it, when we could have actually spent
those tens or hundreds of millions of dollars on dealing with our
issues such as poor housing, poor health, low labour participation
and employment rates and education. All of these things we could
do in a better way.
La tradition orale étant ancrée dans notre peuple, nous ne
voyons pas ce qu’il y a de mal à s’asseoir et à discuter de nos
problèmes pour en venir à une entente. À long terme, ce sera bien
moins coûteux que de laisser traîner le dossier devant les
tribunaux pendant une dizaine d’années, à dépenser des millions
de dollars en frais d’avocat, de recherche et tout le reste. Au bout
du compte, nous ne sommes pas plus avancés, surtout si on pense
qu’on aurait pu investir ces dizaines ou ces centaines de millions
de dollars dans des mesures visant à remédier aux piètres
conditions de logement, aux problèmes de santé, à la faible
participation au marché du travail, et aux taux de chômage et de
scolarisation, entre autres choses. Nous pourrions améliorer tout
cela.
We do actually aspire to live at the same level as all other
Canadians because why should we expect anything less?
Nous aspirons en fait au même niveau de vie que l’ensemble
des Canadiens. Pourquoi devrions-nous nous contenter de moins?
Senator Sibbeston: Canadian society is organized on the basis
that provincial and federal governments provide the basic services
like education, social services, infrastructure, the highways and
cities and so forth. For the First Nations and Inuit people in
particular, government provides housing. They have secondary
education. They have land. First Nations have reserve lands. In
the area of social services, there is a lot of welfare in many of the
communities.
Le sénateur Sibbeston : La société canadienne est organisée de
telle façon que les gouvernements fédéral et provinciaux
fournissent les services de base comme l’éducation, les services
sociaux, l’infrastructure, les autoroutes et les villes, et ainsi de
suite. Pour les Premières nations et les Inuits en particulier, le
gouvernement fournit aussi le logement. Ces populations ont
accès aux études secondaires. Elles ont des terres. Les Premières
nations ont des réserves. Pour ce qui est des services sociaux,
beaucoup de gens bénéficient de l’aide sociale dans bien des
collectivités.
When you talk about wanting to get the same rights and
benefits as First Nations, I am sure that you will want to think
about how you will deal with these services. In one respect,
Quand vous dites que vous souhaitez avoir les mêmes droits et
les mêmes avantages que les Premières nations, je suis persuadé
que vous devrez réfléchir à la façon de gérer ces services. D’une
1-10-2012
Peuples autochtones
23:77
particularly on the remote reserves where there is not very much,
there becomes a culture of apathy and a sense of entitlement, that
the government owes us this. Welfare is not just because we are
poor. It is really the government paying us for the use of our land,
or whatever. There is a sense of entitlement.
certaine façon, et c’est surtout le cas dans les réserves éloignées où
les ressources se font rares, il se développe une culture d’apathie
où les gens sont convaincus que le gouvernement leur doit tout
cela. L’aide sociale n’est plus vue comme une aide à la pauvreté,
mais plutôt comme une redevance pour l’utilisation des terres, ou
je ne sais trop. C’est une attitude d’ayant droit.
A lot of the problems that exist with First Nations exist
because of this feeling of the government owing them something
and not wanting to work. Everybody in the world has to work in
order to make a living. If you do not, and if you get something for
nothing, you do not appreciate it as much.
Bien des problèmes auxquels les Premières nations sont aux
prises découlent de ce sentiment que le gouvernement leur doit
quelque chose et du fait que les gens refusent de travailler. Tout le
monde doit travailler pour gagner sa vie, et c’est partout pareil.
Quand on obtient quelque chose sans effort, on ne l’apprécie pas
autant.
If you are considered on the same basis as First Nations and
Inuit and given similar entitlements, how will you do it differently
so that the Metis do not fall into this trap? It is a trap and it
creates apathy. It is a bad situation that exists in many of the First
Nation areas. How will you deal with that so that it does not
become a negative thing but really a successful venture, a
successful life as it were for yourselves and your people?
Si les Métis obtiennent la même reconnaissance et les mêmes
droits que les Premières nations et les Inuits, qu’allez-vous faire
pour éviter de tomber dans ce piège? C’est un piège et il incite à la
passivité. C’est une situation qu’on retrouve dans bien des
collectivités des Premières nations. Comment allez-vous gérer les
choses pour que cela ne se transforme pas en expérience négative,
mais bien en une initiative fructueuse et une meilleure vie pour
vous et votre peuple?
Mr. Gardiner: You are visiting Ile-a-la-Crosse tomorrow, it is a
Metis community. You will judge for yourself how well the
community is run. The Metis community of Ile-a-la-Crosse is
funded through the provincial government. It is a municipality
structure. A lot of people still say, ‘‘Well, how do we go to a Metis
settlement, more or less the model of Alberta, to identify what is
needed?’’
M. Gardiner : Vous allez visiter l’Île-à-la-Crosse demain; c’est
une collectivité métisse. Vous pourrez juger par vous-même de la
bonne administration de la collectivité. La collectivité métisse
d’Île-à-la-Crosse est financée par le gouvernement provincial. Il
s’agit d’une structure municipale. Bien des gens se demandent
encore comment recourir à un établissement métis, plus ou moins
le modèle de l’Alberta, pour cerner les besoins?
You will see how well they have done as a Metis community in
terms of paying their taxes and running things, and how well they
fix the infrastructure and stuff like that. I think that will be a good
model. That is why it is good that you are going to Ile-a-laCrosse. You will see it as a Metis community, and it will kind of
give the vision in terms of the questions you are asking.
Vous verrez que c’est une collectivité métisse qui a su garder ses
impôts en règle et administrer les choses de main de maître, sans
parler du bon entretien de l’infrastructure, entre autres choses. Je
crois que c’est un bon exemple. C’est donc une bonne idée que
vous vous rendiez à l’Île-à-la-Crosse. Vous trouverez réponse à
vos questions dans cette collectivité métisse.
The other challenge I see is the question of jurisdiction. Metis
people are mentioned in the Constitution but we do not even
know if we are federal jurisdiction or provincial jurisdiction. We
keep getting bounced back and forth. To date, we still do not even
know why we are in the Constitution if we are not federal
jurisdiction. If we are, then we should be receiving the same kind
of funding as what our Inuit and First Nations colleagues get.
Those are important facts.
L’autre défi qui se pose, selon moi, c’est la question du
territoire de compétence. Le peuple métis est mentionné dans la
Constitution, mais nous ne savons même pas si nous relevons du
gouvernement fédéral ou du gouvernement provincial. On nous
trimballe d’un côté et de l’autre. Nous ne savons toujours pas
aujourd’hui pourquoi nous faisons partie de la Constitution si
nous ne relevons pas du gouvernement fédéral. Si c’est le cas, nous
devrions bénéficier du même financement que nos collègues des
Premières nations et de la population inuite. Ce sont des faits à
retenir.
I just wanted to add that tomorrow, when you visit Ile-a-laCrosse, you will see a Metis community and how well it has done
and where it wants to go.
Je voulais simplement ajouter que demain, quand vous vous
rendrez à l’Île-à-la-Crosse, vous aurez l’occasion de voir une
collectivité métisse qui fait très bien les choses et de connaître ses
plans d’avenir.
Mr. Doucette: Senator Sibbeston, let me just say this to you:
From what I can see from history and from what I read and from
what I have heard from elders, it has always been sort of a nationto-nation discussion between the Metis and the federal
M. Doucette : Sénateur Sibbeston, permettez-moi de vous dire
ceci : d’après ce que je sais de l’histoire, ce que je lis et ce que
j’entends des aînés, cela a toujours été un dialogue de nation à
nation, en quelque sorte, entre les Métis et le gouvernement
23:78
Aboriginal Peoples
1-10-2012
government. Although it is at a different level now in 2012, I do
not think anybody can deny the fact that without the Metis help
in the 1800s, there might not be a Canada this way.
fédéral. Bien que les choses soient différentes en 2012, personne ne
peut nier le fait que sans l’aide des Métis dans les années 1800, le
Canada ne serait peut-être pas le pays qu’on connaît aujourd’hui.
When I talk to people at the community level, this is what they
say; this is as basic as I can put it, senator: They want both levels
of government and the Metis government to deal with their basic
issues. They want recognition of their traditional practices and
their languages and their traditions affirmed and protected.
Quand je parle aux gens des collectivités, voici ce qu’ils me
disent, et je ne pourrais pas résumer davantage leurs désirs,
sénateur : ils veulent que les deux ordres de gouvernement et le
gouvernement métis s’attaquent aux problèmes fondamentaux de
leur collectivité. Ils veulent que leurs pratiques traditionnelles
soient reconnues, et que leurs langues et leurs traditions soient
affirmées et protégées.
I have never, ever heard any Metis person or elder say to me
that we have a sense of entitlement, ever, and I have never heard
any First Nations say that, neither. I have never heard them say
that.
Jamais au grand jamais je n’ai entendu un Métis ou de nos
aînés dire qu’on leur devait toutes ces choses, pas plus que je n’ai
perçu cette attitude chez les Premières nations. Je ne les ai jamais
entendus dire cela.
We are a hard-working people. We love our families. We want
all levels of government, and including our own leaders, to work
together to deal with our issues. I am sure you have heard them
mentioned all over the country, and I have even alluded to some
today? What will that look like? Well, I do not know.
Nous formons un peuple travaillant. Nous aimons nos familles.
Nous voulons que tous les ordres de gouvernement, de même que
nos propres dirigeants, travaillent ensemble pour trouver une
solution à nos problèmes. Je suis certain qu’on vous en a parlé aux
quatre coins du pays, et j’ai peut-être moi-même fait allusion à
certains d’eux aujourd’hui. À quoi cela pourrait-il ressembler? Je
ne le sais pas.
I would say this: Let us get to that point first, and let us have
those discussions. Then let us go into our communities and ask
them what they see as a good way, as a positive way to govern
ourselves and to govern ourselves within a nation within a nation,
so to speak. There are many models out there that are successful
today, and we do not need to have discussions ad nauseam on
what is the best way.
Je peux par contre vous dire ceci : commençons par franchir ce
premier pas et discutons-en. Laissez-nous ensuite demander aux
gens de nos collectivités à quoi pourrait ressembler un modèle
positif de gouvernance selon eux, la gouvernance d’une nation au
sein d’une nation, pour ainsi dire. Bien des modèles ont déjà fait
leurs preuves, alors nous n’avons pas à nous perdre dans des
discussions interminables avant de décider de la voie à suivre.
We have, like Treasurer Gardiner has said, very strong Metis
communities today in Saskatchewan, and that includes Southern
Saskatchewan.
Comme le trésorier Gardiner a dit, nous avons des collectivités
métisses qui sont tout à fait viables aujourd’hui en Saskatchewan,
y compris au sud de la province.
I was talking with a Metis elder, and he was referring to 1885
as, in French, la guerre de nationale — the national war. That is
being said even today in 2012, that they are still talking about
1885 as the national war between Canada and the Metis. So how
will it look? I do not know how that will look right now, because
we have not gotten to that point. We need to get to the point
where we are actually discussing how we make those transfer
payments right now.
Je discutais avec un aîné métis, et il me parlait de la guerre de
1885 en disant « la guerre nationale ». Tout cela pour dire que
même aujourd’hui, en 2012, ils voient toujours la guerre de 1885
comme la guerre nationale entre le Canada et les Métis. Alors, à
quoi cela pourrait-il ressembler? Pour le moment, je l’ignore,
parce que nous n’en sommes pas encore là. Il faut d’abord se
rendre à un point où nous pouvons discuter de la façon dont
pourront s’effectuer les transferts de paiements.
Because what is it? Is it something like $9 billion for AANDC a
year? I am not sure what it is now, $9 or $10 or $12 billion, to run
that ministry, and Metis people see very little out of it — very
little. What I hear from Metis people at the community level is
they want respect and accommodation for land; they want their
basic issues dealt with.
De combien parle-t-on? Le budget d’AADNC est de 9 milliards
de dollars par année, n’est-ce pas? Je ne sais pas combien il en
coûte maintenant pour administrer ce ministère, peut-être 9, 10 ou
12 milliards de dollars, mais je sais que les Métis reçoivent très peu
de cet argent — très peu. Les gens des collectivités métisses me
disent qu’ils veulent du respect et du soutien pour le territoire; ils
veulent qu’on trouve des solutions à leurs problèmes
fondamentaux.
I will use myself as an example. When I went to university, I
had a student loan and it came time to pay it back. I am not a
deadbeat, I will say that, but I recognized that First Nations and
the Inuit got four years of funding to get a degree and then
Je vais me servir de moi comme exemple. Je suis allé à
l’université, j’ai reçu un prêt étudiant et le temps est venu un
moment donné de le rembourser. Je ne suis pas un mauvais
payeur, croyez-moi, mais je sais que les Premières nations et les
1-10-2012
Peuples autochtones
23:79
another 12 months to get a master’s degree. I said to myself, why
am I being held to a debt? Then what happens is we become
working poor, working middle class poor.
Inuits ont droit à quatre années de financement pour obtenir un
diplôme, puis encore douze mois pour aller chercher une maîtrise.
Je me suis demandé pourquoi, moi, je devais rembourser cet
argent. Le résultat en est que nous sommes des travailleurs
pauvres, des travailleurs à revenu moyen devenus pauvres.
To make this long story short, I said to Canada Student Loans,
I am not paying it back because I am Aboriginal under section 35
of the Canadian Constitution. Under the Canadian Charter of
Human Rights, you are discriminating against me. I think it is
section 15 or 17, I am not sure. For 17 years we wrangled about it.
I had a $15,000 loan. I had paid back $21,000. The federal
government wanted another $23,000 on a $15,000 loan.
Pour faire une histoire courte, j’ai répondu au Programme
canadien de prêt aux étudiants que je n’avais pas à rembourser ce
prêt, puisque j’ai le statut d’Autochtone en vertu de l’article 35 de
la Constitution canadienne. Selon la Charte canadienne des droits
et libertés, vous faites preuve de discrimination à mon endroit. Je
crois que c’est à l’article 15 ou 17, je n’en suis pas certain. C’est
une querelle qui a duré 17 ans. J’avais un prêt de 15 000 $. J’ai
remboursé 21 000 $. Le gouvernement fédéral voulait que je lui
donne 23 000 $ de plus, pour un prêt de 15 000 $.
Now, to me, as a Canadian, when we see countries baling out
banks, I do not understand that. We are not being treated on the
same level as other Aboriginal peoples in this country. Metis
people want to be treated with respect and they want their issues
dealt with. We have higher rates of chronic diseases; no access to
land; poor housing or no access to housing really, very little access
to housing. Although the rates of resources for employment and
training are going up, so are the labour force needs. So there
needs to be further and larger investments in our community to
deal with these issues.
Comme citoyen canadien, je ne comprends pas que des pays
aident les banques à se sortir du pétrin. Nous n’avons pas droit au
même traitement que les autres peuples autochtones du Canada.
Les Métis veulent être traités avec respect et ils veulent qu’on
trouve des solutions à leurs problèmes. Nous avons un taux de
maladies chroniques plus élevé qu’ailleurs; pas d’accès à des
terres; de piètres conditions de logement, quand on a en fait accès
à du logement, ce qui est vraiment très difficile. Bien qu’on
observe une augmentation des ressources allouées à l’emploi et à
la formation, les besoins en main-d’œuvre augmentent eux aussi.
Il faut donc investir davantage dans notre collectivité pour
remédier à ces problèmes.
At the end of the day, we will all win when you put Metis
people to work and you deal with their issues, because it lessens
the need for resources to deal with them.
Au bout du compte, tout le monde y gagnera quand les Métis
pourront mettre la main à la pâte et que vous les aiderez à régler
leurs problèmes, parce que moins de ressources seront alors
nécessaires pour s’attaquer à la situation.
I am sorry for being long-winded, Senator St. Germain and
Senator Sibbeston. The bottom line is that Metis people just want
to be treated with respect and to live like all Canadians.
Je suis désolé si je m’éternise un peu, messieurs les sénateurs
St. Germain et Sibbeston. Essentiellement, les Métis veulent
simplement être traités avec respect et avoir le même niveau de
vie que tous les Canadiens.
The Chair: Thank you for the clarification. I thank you for
your presentation, your presence here this morning.
Le président : Merci pour cette précision. Merci également
pour votre exposé et votre présence ici ce matin.
Mr. Morin: May I say something real quick, please?
M. Morin : Puis-je ajouter quelque chose très rapidement, je
vous prie?
The Chair: Do you have something?
Le président : Vous avez quelque chose à dire?
Mr. Morin: Yes, real quick.
M. Morin : Oui, très brièvement.
My colleague President Doucette was describing the new
Department of Aboriginal Affairs, and the acronym I guess is
AANDC. For the record, I want to say that I would strongly urge
that department not to be ‘‘antsy’’ and to engage our nation so we
can implement our rights and our issues.
Mon collègue, le président Doucette, parlait du nouveau
ministère des Affaires autochtones, dont l’acronyme est AADNC,
je crois. Soit dit en passant, j’ajouterais que j’encourage fortement
le ministère à ne pas céder à la nervosité et à accepter la
participation de notre nation, de façon à ce que nous puissions
faire respecter nos droits et remédier à nos problèmes.
The Chair: You want them to be AANDC instead of antsy?
Okay.
Le président : Vous voulez donc que le ministère n’hésite pas à
s’occuper des Affaires autochtones et du Développement du Nord
Canada.
23:80
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Thank you again. On behalf of the three senators who are with
me, we really appreciate your presence, your candid,
straightforward responses. The way you qualified some of your
responses will help us to write a report that hopefully the
government cannot ignore.
Encore une fois, je vous remercie. Au nom des trois sénateurs
présents, je tiens à vous dire que nous vous sommes très
reconnaissants de votre témoignage et de vos réponses franches
et directes. Certaines d’entre elles nous aideront à rédiger un
rapport que le gouvernement ne pourra pas ignorer, si tout va
bien.
Senator Dyck: Mr. Chair, with respect to the last panel,
Senator Sibbeston was asking a question comparing First Nations
and Metis and mentioned the idea of a sense of entitlement
amongst First Nations. As a First Nation person living in
Saskatchewan, which is the home of treaties, I felt that I had to
say something to offset some of the remarks.
Le sénateur Dyck : Monsieur le président, dans une question
adressée au premier groupe de témoins où les Premières nations
étaient comparées aux Métis, le sénateur Sibbeston a laissé
entendre que les Premières nations ont l’impression que tout leur
est dû. En tant que membre des Premières nations vivant en
Saskatchewan, la terre des traités, je me sens obligée d’intervenir
afin de rectifier le tir.
Although for some First Nations people — all First Nations
people do have entitlement via the treaties — I believe that
dependency on welfare is not a result of some sense of entitlement
and that it is justified because the treaties have not been fulfilled
by the federal government. That has created a welfare state on
First Nation reserves. They are entitled to that welfare because
the federal government has not in many cases lived up to its
obligations to fulfill treaty rights.
Même si certains membres de Premières nations... Les traités
confèrent des droits à toutes les Premières nations. Ce n’est pas
parce que les Autochtones ont le sentiment que tout leur est dû
qu’ils dépendent de l’aide sociale, mais plutôt parce que le
gouvernement fédéral a manqué à ses obligations découlant des
traités; c’est donc légitime. C’est de là que provient la conception
d’État providence sur les réserves autochtones. Ils ont droit à
l’aide sociale parce que, dans bien des cas, le gouvernement
fédéral n’a pas respecté leurs droits issus de traités.
That is all I wanted to say.
The Chair: I hear you loud and clear, and I concur with your
remarks. I think President Doucette also clarified that situation
when he said that he did not feel that Metis or First Nations lived
with a mentality of entitlement.
Senator Dyck: Yes, he did.
C’est tout ce que j’avais à dire.
Le président : Votre message est on ne peut plus clair, et je suis
d’accord. Je crois que le président Doucette avait bien clarifié la
situation en disant ne pas estimer que les Métis et les Premières
nations croient que tout leur est dû.
Le sénateur Dyck : C’est exact.
The Chair: Colleagues, we have before us our second panel.
From the Gabriel Dumont Institute of Native Studies and
Applied Research, Lisa Wilson, director.
Le président : Chers collègues, nous accueillons maintenant
notre deuxième groupe d’experts. Nous recevons Lisa Wilson,
directrice du Gabriel Dumont Institute of Native Studies and
Applied Research.
Lisa Wilson, Director, Gabriel Dumont Institute of Native
Studies and Applied Research Inc.: I am one of five directors.
Lisa Wilson, directrice, Gabriel Dumont Institute of Native
Studies and Applied Research Inc. : Au total, nous sommes cinq
directeurs.
The Chair: As well, we have with us the Metis Family and
Community Justice Services Saskatchewan Inc. They are
represented by Lynn LaRose, Chief Executive Officer, and
Nora Cummings, a Metis senator. My gosh, another senator.
The place is overrun with senators.
Le président : Nous accueillons aussi les représentantes de
l’organisation Metis Family and Community Justice Services
Saskatchewan Inc. : la première dirigeante Lynn LaRose, et la
sénatrice métisse Nora Cummings. Dites donc, la salle est envahie
de sénateurs!
Thank you for coming, and we are honoured to have you here.
We look forward to your presentations. I ask you to keep them as
concise and precise as possible to allow time for questions.
Je vous remercie d’être venus. Nous sommes honorés de vous
recevoir et avons hâte d’entendre vos exposés. Veuillez demeurer
le plus concis et précis possible afin que les sénateurs aient le
temps de vous poser des questions.
With that, we will start with Ms. Wilson.
Ms. Wilson: Good morning. I am pleased to be able to make
this presentation to the committee on behalf of the Gabriel
Dumont Institute. I would like to begin by acknowledging that we
are in Treaty 6 territory, traditionally occupied by the Cree,
Nous allons commencer sans plus tarder par Mme Wilson.
Mme Wilson : Bonjour. Je suis ravie de m’adresser à vous au
nom du Gabriel Dumont Institute. Pour commencer, j’aimerais
préciser que nous nous trouvons sur le territoire visé par le
Traité no 6 traditionnellement occupé par les Cris, les Saulteaux,
1-10-2012
Peuples autochtones
23:81
the Saulteaux, the Assiniboine and the Dakota. I would also like
to acknowledge that the site of Saskatoon was part of the Metis
‘‘South Branch’’ Settlement, known as Bois de Fleche, or Arrow
Woods.
les Assiniboins et les Dakotas. J’aimerais aussi souligner que le
territoire de Saskatoon appartenait à une colonie métisse de
South Branch, connue sous le nom de Bois de flèche.
My name is Lisa Wilson, and I am a director at the Gabriel
Dumont Institute in Saskatoon. I am a Metis woman, and I have
spent most of my life in Saskatoon, although my family originates
from the southern part of the province in the Qu’Appelle Lakes
and Touchwood Hills area. I am pleased to have the opportunity
to speak about the issue of Metis identity both in my professional
capacity as an administrator at the Gabriel Dumont Institute and
in my personal capacity as a writer and an artist. I will tell you
that I have a fiction book coming out this spring that has as its
theme the notion of identity; and more specifically, Metis identity.
I am always happy to have the chance to consider this subject
more deeply.
Je m’appelle Lisa Wilson, et je suis directrice du Gabriel
Dumont Institute, à Saskatoon. Je suis une Métisse, et j’ai passé la
plus grande partie de ma vie à Saskatoon, bien que ma famille soit
originaire de la région des lacs Qu’Appelle et de Touchwood Hills,
dans le sud de la province. Je suis heureuse d’avoir la chance de
vous parler de l’identité métisse d’un point de vue à la fois
professionnel, à titre de gestionnaire de l’institut, et personnel, en
tant qu’écrivaine et artiste. D’ailleurs, je publierai au printemps
un ouvrage de fiction qui porte sur la question identitaire, et plus
particulièrement sur l’identité métisse. Je suis toujours ravie de
pouvoir approfondir ce sujet.
The Gabriel Dumont Institute is the only Metis-specific
educational institution in Saskatchewan, and the oldest and
largest Metis educational institute in Canada. GDI was
incorporated in 1980, after much lobbying by the Metis, and at
a time when Aboriginal control over Aboriginal education was
not widely supported. Since that time, GDI has graduated more
than 1,000 teachers with their B.Ed. degrees and provided
certificate and diploma training to thousands of Metis across
Saskatchewan.
Le Gabriel Dumont Institute est le seul établissement
d’enseignement de la Saskatchewan qui accueille uniquement
des Métis; c’est aussi le plus grand au Canada, et celui qui a vu le
jour en premier. L’institut a été constitué en société en 1980 à la
suite de fortes pressions des Métis, à une époque où la gestion de
l’éducation autochtone par la communauté elle-même ne faisait
pas l’unanimité. Depuis, l’institut a décerné plus de
1 000 baccalauréats en éducation, et elle a délivré des certificats
et des diplômes de formation à des milliers de Métis de partout en
Saskatchewan.
The GDI operates a publishing department to create Metisspecific historical, cultural and learning materials. We also offer a
graduate studies program for Metis graduate students, a
scholarship trust to administer Metis scholarships, and training
and employment services to help Metis people prepare for careers.
As you can see, the mandate of the institute is both broad and
deep.
L’institut dirige un service d’édition afin de produire du
matériel d’apprentissage axé sur l’histoire et la culture métisse. Il
offre également des programmes de cycles supérieurs pour les
étudiants métis diplômés, un fonds fiduciaire de bourses d’études
pour les Métis, de même que des services de formation et d’emploi
afin d’aider les Métis à amorcer leur carrière. Vous pouvez donc
constater que le mandat de l’institut est très large.
GDI holds contracts with both the provincial and federal
governments. The province funds teacher training through the
Saskatchewan Urban Native Teacher Education Program,
SUNTEP, certificate and diploma programs through the
Dumont Technical Institute, Metis-specific libraries and some of
the publishing activities. Federal contracts include many of the
publishing and cultural activities and the Metis ASETS agreement
for Saskatchewan, which provides about $10 to $12 million a year
for Metis training and employment services. For the most part,
funding to GDI is targeted at the Metis. GDI operates as an
arms-length affiliate owned by the Métis Nation - Saskatchewan.
Le Gabriel Dumont Institute détient des contrats avec les
gouvernements provincial et fédéral. De son côté, la province
finance la formation des enseignants dans le cadre du
Saskatchewan Urban Native Teacher Education Program, ou
SUNTEP, les programmes menant à un certificat ou à un diplôme
offerts par le Dumont Technical Institute, des bibliothèques axées
sur les Métis et certaines activités d’édition. Le gouvernement
fédéral, quant à lui, a conclu des contrats entourant bien des
activités liées à l’édition et à la culture. Il a aussi scellé l’entente
des Métis de la Saskatchewan dans le cadre de la Stratégie de
formation pour les compétences et l’emploi destinée aux
Autochtones, ou SFCEA, en vertu de laquelle il verse chaque
année 10 à 12 millions de dollars aux services de formation et
d’emploi des Métis. La majeure partie du financement de l’institut
cible les Métis. Nous sommes une société affiliée sans lien de
dépendance qui appartient à la Métis Nation Saskatchewan, ou
MNS.
Therefore, the question of Metis identity is part of what we
consider in being accountable not only to the funding agents but
also to our Metis community.
L’identité métisse est une des questions auxquelles nous devons
réfléchir puisque nous rendons des comptes non seulement aux
organismes de financement, mais aussi à la communauté métisse.
23:82
Aboriginal Peoples
1-10-2012
In Saskatchewan, the MNS definition of Metis has four parts.
The definition is:
La définition d’une personne métisse que propose la Métis
Nation Saskatchewan comporte quatre volets :
Metis means a person who self-identifies as Metis; is
distinct from other Aboriginal peoples; is of historic Metis
Nation ancestry; and is accepted by the Metis Nation.
Un Métis est une personne qui se désigne comme Métis,
qui se distingue des autres Autochtones, qui descend de
Métis de souche et qui est acceptée par la nation métisse.
All four parts of the MNS constitutional definition must be met in
order to receive a MNS provincial citizenship card.
Pour recevoir la carte provinciale de la MNS, un métis doit
remplir les quatre critères de cette définition constitutionnelle.
For GDI, the funding agreements sometimes dictate the way
we approach the question of Metis identity. For instance, the
federal ASETS agreement mandates that people requesting
employment and training services self-identify. Anyone who
self-identifies as Metis is eligible to receive services under the
agreement. On the other hand, in provincially-funded programs
the GDI board of governors establishes the criteria for applicants
to demonstrate that they are Metis, and therefore eligible for
programming.
À l’institut, nous adaptons parfois notre conception de
l’identité métisse en fonction des ententes de financement. Dans
le cadre de l’entente fédérale de la SFCEA, par exemple, il suffit
de se désigner comme Métis pour avoir accès aux services
d’emploi ou de formation. Ainsi, quiconque affirme être un Métis
peut profiter des services. En revanche, c’est le Conseil des
gouverneurs de l’institut qui définit les critères auxquels les
candidats des programmes financés par la province doivent
répondre afin de prouver leur identité métisse et de participer au
programme.
For example, for SUNTEP our board has stipulated that
candidates provide a letter or a membership card from the Metis
local or as more people become registered from the provincial
MNS registry. In this way, candidates establish their connection
to the Metis community. You can see the differences in the two
approaches, with the federally-funded programs being much more
open, and much less about Metis community validation. The
system based on pure self-identification tends to be too open and
should be more regulated. From our perspective as an affiliate of
the MNS, it would be better if the criteria for accessing federal
Metis program resources aligned with the local community and/or
MNS provincial validation that is preferred by our board of
governors.
Dans le cadre du programme SUNTEP, par exemple, le conseil
a décidé que les candidats devraient présenter une lettre ou une
carte de l’association locale des Métis ou du registre provincial de
la MNS, qui compte de plus en plus de membres. C’est ainsi que
les candidats peuvent prouver leur appartenance à la
communauté métisse. Les deux formules sont différentes. De
leur côté, les programmes financés par le gouvernement fédéral
sont beaucoup plus ouverts et reposent moins sur l’approbation
de la communauté. Toutefois, le système fondé sur la simple autoidentification est probablement trop ouvert et aurait intérêt à être
mieux réglementé. En tant que société affiliée à la MNS, nous
croyons qu’il serait préférable que les critères d’admission des
programmes fédéraux à l’endroit des Métis incluent l’approbation
de la communauté locale ou de la MNS, une formule que le
Conseil des gouverneurs privilégie.
I also want to take a moment just to distinguish between some
terms here, particularly as they apply to the education sector.
J’aimerais prendre un instant pour différencier l’application de
certains termes dans le secteur de l’éducation en particulier.
Identity is an individual thing and a necessary component, in
many cases, for Metis educational success. ‘‘Metis identity’’ and
‘‘Metis definition’’ are not the same thing. ‘‘Metis identity’’ has
been the one constant when we look at what’s important for
successful Metis education programs. Keeping Metis kids in
school is not about focusing on academics or teaching kids more
math concepts; it is about recognizing, affirming, strengthening
and practicing Metis identity. Academic success follows a strong,
positive identity. The identity piece, the cultural piece is so very
important. Metis identity is important to people’s lives, day to
day, here and now. It is a very practical and immediate
consideration that has little to do with legal or political definition.
L’identité est un concept individuel bien souvent essentiel à la
réussite scolaire des Métis. En fait, l’identité métisse n’a rien à voir
avec la définition d’une personne métisse. Lorsque nous évaluons
les facteurs essentiels à la réussite des programmes d’enseignement
pour les Métis, la question identitaire revient toujours. Pour
garder les jeunes métis sur les bancs d’école, il ne suffit pas de
cibler la théorie ou les formules mathématiques; il faut plutôt
reconnaître l’identité métisse, l’affirmer, la renforcer et la mettre
en application. La réussite scolaire passe par une identité forte et
positive. Cette dimension culturelle est tellement importante; c’est
un élément majeur de la vie des gens faisant partie de leur
quotidien. Il s’agit d’une réalité concrète et immédiate qui n’a pas
grand-chose à voir avec la définition juridique ou politique.
‘‘Metis definition,’’ it seems to me, has more to do with
politicians and governments. The pressure to have a definition is
political and, it seems to me, a very colonial exercise to insist on
cataloging and labeling and sorting people according to a rigid set
of criteria.
Il me semble que ce sont surtout les politiciens et les
gouvernements qui cherchent à préciser la définition d’une
personne métisse. C’est la classe politique qui insiste pour
définir ce concept. S’acharner à cataloguer, à étiqueter et à trier
les gens en fonction d’un ensemble de critères stricts m’apparaît
digne de l’époque coloniale.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:83
I understand from your mandate that you want to talk political
and legal definitions, but really what I want to say is that the
identity issue is part of what will resolve the issue around the
Aboriginal education gap, the employment gap — the things that
are keeping Metis people from participating fully in the economy
and from reaping those rewards. Once we find a way to deal with
Metis identity for young kids in school, for post-secondary
students, for adults — to really affirm and strengthen and validate
that identity — then you are going to find that a lot of the other
issues resolve themselves. We will have a healthy, employed,
fulfilled, culturally-centered Metis population.
Je comprends que vous aimeriez parler de définitions juridiques
et politiques, mais je veux plutôt vous dire que la question
identitaire fait partie de la solution à l’égard des Autochtones en
matière d’éducation et d’emploi — c’est ce qui empêche les Métis
de participer pleinement à l’économie et de récolter le fruit de
leurs efforts. Dès que nous aurons trouvé une façon de résoudre la
crise identitaire des Métis à l’école, au secondaire et à l’âge adulte
— c’est-à-dire d’affirmer leur identité avec conviction, de la
renforcer et d’en prouver la justesse —, vous constaterez que bien
d’autres problèmes se résorberont d’eux-mêmes. Nous aurons
alors une population métisse en bonne santé, qui travaille, qui est
épanouie et qui s’intéresse à sa culture.
At this point, however, that scenario is decades away, and that
is if we get started right now. There must be a practical way to
mitigate the definition-versus-identity debate to ensure that
educational, economic, and social inequities of Metis people can
be alleviated. Thank you.
Toutefois, une telle situation ne sera pas possible avant des
dizaines d’années, et seulement si nous mettons la main à la pâte
dès maintenant. Il faut trouver une façon de laisser tomber ce
débat sur la définition et l’identité métisse, et de plutôt s’engager à
réduire les inégalités que subissent les Métis sur les plans scolaire,
économique et social. Merci.
The Chair: Thank you, Ms. Wilson.
Le président : Merci, madame Wilson.
Would you go ahead, Ms. LaRose, please.
Madame LaRose, la parole est à vous.
Lynn LaRose, Chief Executive Officer, Métis Family and
Community Justice Services Saskatchewan Inc.: Thank you. I,
too, am of Metis ancestry. Although I live in Saskatoon, I am
originally from Battleford, not North Battleford, but they called it
Pole Town. That is where I originate from. I am just going to give
a little background information on our organization, as well as
the definition that we recognize, and then some statistical
information.
Lynn LaRose, première dirigeante, Métis Family and
Community Justice Services Saskatchewan Inc. : Merci. Je suis
moi aussi d’origine métisse. J’habite à Saskatoon, mais je viens de
Battleford, aussi connue sous le nom de Pole Town; c’est différent
de North Battleford. C’est là que je suis née. Je vais vous donner
un peu d’information sur notre organisation, après quoi je vous
présenterai la définition que nous utilisons, puis je terminerai avec
quelques renseignements statistiques.
Métis Family and Community Justice Services Saskatchewan
Inc, which we fondly call MFCJS, was incorporated in 1992 as an
affiliate of the Métis Nation -Saskatchewan as a result of a
recognition of the need to empower Metis communities to address
the social and cultural well-being of Metis individuals, families
and communities throughout Saskatchewan. MFCJS is
responsible for the planning and coordination of Metis justice
and social programs within the province. In conjunction with the
Métis Nation - Saskatchewan’s vision to establish a Metis
government to oversee the affairs of its people, MFCJS seeks to
empower Metis to plan, develop, implement and administer social
and justice services by Metis for Metis.
La Métis Family and Community Justice Services
Saskatchewan Inc., que nous appelons affectueusement la
MFCJS, a été constituée en société affiliée à la Métis Nation
Saskatchewan en 1992. En fait, on a pris conscience qu’il fallait
donner à la communauté métisse des moyens de favoriser le bienêtre social et culturel des individus, des familles et des collectivités
métisses de la Saskatchewan. La MFCJS s’occupe de planifier et
de coordonner les programmes juridiques et sociaux offerts aux
Métis de la province. Tout comme la MNS, qui souhaite la
création d’un gouvernement métis pour gérer les affaires du
peuple, la MFCJS veut que les Métis aient le pouvoir de
concevoir, de développer, de mettre en place et de gérer les
services sociaux et juridiques de la communauté elle-même.
The mission of MFCJS is to promote, strengthen and rebuild
the Metis nation in the communities by supporting cultural and
spiritual needs and empowering family-centered social and justice
programs. As well, MFCJS is responsible in overseeing and
coordinating the direction and development of Metis social and
justice services. MFCJS, under its mandate, is responsible for
facilitating, coordinating and supporting the planning,
development, implementation, management and monitoring of
local community justice and social programs. MFCJS may, on
occasion, assume direct responsibility when other community
structures are not yet available to administer programs.
La société a pour mission de promouvoir, de renforcer et de
reconstruire la nation métisse au sein des collectivités en tenant
compte de ses besoins culturels et spirituels et en donnant plus de
moyens aux programmes sociaux et juridiques axés sur la famille.
Elle est aussi responsable de surveiller et de coordonner
l’orientation et le développement des services sociaux et
juridiques offerts aux Métis. La MFCJS a pour mandat de
simplifier, de coordonner et d’appuyer la conception, le
développement, la mise en place, la gestion et la surveillance des
programmes locaux sur les plans juridique et social. À l’occasion,
la société pourrait gérer elle-même les programmes en attendant
que des structures communautaires puissent prendre le relais.
23:84
Aboriginal Peoples
1-10-2012
The definition of the Metis: In September 2002 the Métis
National Council adopted a definition of Metis that is consistent
with the wishes of the nation. They said:
En ce qui concerne la définition d’une personne métisse, le
Ralliement national des Métis a adopté en septembre 2002 une
définition qui correspond à la volonté de la nation :
THEREFORE BE IT RESOLVED that the Métis
Nation adopts the following defined terms for its national
definition of Métis;
IL EST DONC RÉSOLU que la nation métisse adopte
les termes définis ci-dessous dans sa définition nationale des
Métis;
‘‘Historic Métis Nation’’ means the Aboriginal people
then known as Métis or Half-Breeds who resided in
Historic Métis Nation Homeland;
« Métis de souche » désigne les Autochtones connus à
l’époque comme étant des Métis qui vivaient dans la
patrie historique de la nation métisse;
‘‘Historic Métis Nation Homeland’’ means the area of
land in west central North America used and occupied
as the traditional territory of the Métis or Half-Breeds
as they were then known;
« Patrie historique de la nation métisse » désigne les
terres du centre-ouest de l’Amérique du Nord utilisées
et occupées comme territoire traditionnel des Métis
ainsi reconnus à l’époque;
‘‘Métis Nation’’ means the Aboriginal people
descended from the Historic Métis Nation, which is
now comprised of all Metis Nation citizens and is ‘‘one
of the Aboriginal peoples of Canada’’ within s. 35 of
the Constitution Act of 1982.
« Nation métisse » désigne les Autochtones
descendants de Métis de souche qui comprend
maintenant tous les membres de la nation métisse et
qui est un des « peuples autochtones du Canada »,
conformément à l’article 35 de la Loi constitutionnelle
de 1982.
‘‘Distinct from other Aboriginal peoples’’ means
distinct for cultural and nationhood purposes.
« Distinct des autres peuples autochtones » signifie
distinct à des fins culturelles et par rapport au statut de
nation.
That is from the Métis National Council Snapshot of the Nation
2002, page 6 and 7.
C’est tiré des pages 6 et 7 du document Snapshot of a Nation
2002 du Ralliement national des Métis.
Statistical information: In Saskatchewan there are approximately
5,000 Aboriginal children in care. The numbers in Saskatchewan are
highlighted in the Child and Family Services statistics provided by
the Department of Social Services as of December 2009. The
Department of Social Services and the Children’s Advocate Office
estimate 80 percent of children in care are Aboriginal. However,
Métis Family and Community Justice Services Inc. estimate the
number is closer to 85 percent. This is particularly true given the
challenges and difficulties in identifying Metis children in
Saskatchewan.
Voici quelques statistiques. En Saskatchewan, environ
5 000 enfants autochtones sont placés. Ces chiffres proviennent
des statistiques sur les services à l’enfance et à la famille que le
ministère des Services sociaux de la Saskatchewan a publiées en
décembre 2009. D’après le ministère et le Bureau du protecteur
des enfants, 80 p. 100 des enfants placés seraient d’origine
autochtone. La MFCJS croit qu’il s’agit plutôt de 85 p. 100
étant donné tout le mal qu’on a à identifier les enfants d’origine
métisse dans la province.
This discrepancy underscores the need for an effective and upto-date registry of Metis citizens in the Province of Saskatchewan.
Cet écart met en évidence le besoin de tenir un registre des
citoyens métis en Saskatchewan qui soit efficace et à jour.
According to Stats Canada projections, by 2026, 36 per cent of
children and youth in Saskatchewan will be Aboriginal.
Statistique Canada estime que d’ici 2026, 36 p. 100 des enfants
et des jeunes de la Saskatchewan seront d’origine autochtone.
Although it is more challenging to obtain Metis-specific
statistics due to the difficulties in identifying Metis people in
Canada, the indicators paint a similar profile of children and
youth within the Metis Nation in Canada relative to the First
Nations children.
Même s’il est difficile d’obtenir des données sur les Métis en
raison de leur problème d’identification, les indicateurs révèlent
que cette tendance pourrait s’observer dans l’ensemble de la
nation métisse au Canada, contrairement aux enfants des
Premières nations.
In the 2006 census, 389,000 people identified themselves as
Metis. This represents nearly a doubling of growth, which is a
91 per cent growth in the size of the Metis population since 1996.
Higher birth rates and a greater tendency to self-identify as Metis
on the census underline this increase in the Metis population over
the past decade.
Lors du recensement de 2006, 389 000 personnes se sont
désignées comme Métis. Depuis 1996, le taux de croissance de la
population métisse a presque doublé, et sa taille a augmenté de
91 p. 100. Cette croissance au cours de la dernière décennie est
attribuable à une hausse du taux de natalité et à une propension
plus forte à se désigner comme Métis lors du recensement.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:85
The Metis account for more than one-third of the overall
Aboriginal population, up from just one-quarter in 1996. Over
two-thirds of the Metis live in urban areas. Furthermore, onequarter of the Metis children are under the age of 15, and more
than one-third of Metis children under the age of 15 lived with
one parent.
Les Métis représentent plus du tiers de la population
autochtone totale, une proportion qui n’atteignait qu’un quart
en 1996. Plus de deux tiers des Métis vivent en milieu urbain. De
plus, un quart des enfants métis sont âgés de moins de 15 ans. De
ce nombre, plus du tiers vivent avec un seul parent.
However, these numbers could grow with the inclusion of the
self-identification of Metis on all government forms. This was
taken from MFCJS Metis Children and Families Direct for the
Future, which we submitted in June 2010 as the interim
preliminary report to the Ministry of Social Services.
Toutefois, ces chiffres seraient plus importants si les métis
pouvaient s’auto-identifier dans tous les formulaires
gouvernementaux. Ils sont tirés du rapport provisoire et
préliminaire que la MFCJS a déposé en juin 2010 au ministère
des Services sociaux, et qui s’intitule Metis Children and Families :
Directions for the Future.
The issues that we face — and these are just a few — we are
unable to get statistics on the number of Metis children in care.
We are unable to get statistical information on the number of
Metis families receiving services; Metis children being lost in the
system because of the parents’ failure to self-identify; Metis
children growing up with a loss of cultural identity because of the
foster care system — these same children are ending up in the
justice system — difficulties receiving Metis-specific funding
because of the lack of registry of Metis peoples in
Saskatchewan. Thank you.
Voici les problèmes qui se posent — et la liste n’est pas
exhaustive. Nous n’arrivons pas à obtenir des statistiques sur le
nombre d’enfants métis qui sont placés, ni sur le nombre de
familles métisses qui bénéficient de services. Des enfants métis
sont perdus dans le système parce que leurs parents ne se sont pas
désignés comme Métis. De plus, des enfants perdent leur identité
culturelle en raison du système de placement en famille d’accueil,
et ces mêmes enfants aboutissent dans le système juridique. Enfin,
il est difficile de recevoir des subventions pour les Métis parce que
la Saskatchewan ne tient pas de registre des membres de la nation.
Merci.
The Chair: Did you have something that you wanted to say,
Senator Cummings?
Le président : Avez-vous quelque chose à ajouter, madame la
sénatrice Cummings?
Nora Cummings, Métis Senator, Métis Family and Community
Justice Services Saskatchewan Inc.: I want to follow up on what
my colleague said. I am also from Saskatoon. Welcome to our
city. This is my home. I am a road allowance Metis in this city. I
have lived here all my life and lived on a road allowance, and
40 families live in southeast Nutana. Today I am proud to say this
is my home, my community, so I welcome you here.
Nora Cummings, sénatrice métisse, Métis Family and
Community Justice Services Saskatchewan Inc. : J’aimerais
donner suite aux propos de ma collègue. Je viens moi aussi de
Saskatoon, et je vous souhaite la bienvenue dans notre ville. C’est
chez moi ici. Je suis une Métisse de réserve routière. En fait, j’ai
habité toute ma vie sur une réserve routière d’ici. Il y a 40 familles
dans le sud-est du Nutana. Aujourd’hui, je suis fière de dire que
c’est chez moi, que c’est ma communauté. Je vous souhaite donc
la bienvenue.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Ms. Cummings: I want to follow up on what Ms. LaRose has
been saying about our children in care, and I also want to further
that with the Young Offenders Act. I think that will tie into that. I
deal a lot with the justice system — I do a lot of the court
sentencing circles — and I feel it is important that these two work
together. I feel that our children are ending up in the system, and
we are building more jails and more institutions for our children,
which I feel is so sad because of the fact this is what’s happening.
Mme Cummings : Je tiens à poursuivre dans la même veine que
Mme LaRose sur les enfants placés, puis à établir un lien avec la
Loi sur les jeunes contrevenants. Je travaille beaucoup avec le
système de justice — dans les cercles de détermination de la
peine — et, d’après moi, la collaboration entre les deux est
importante. J’ai l’impression que c’est dans ce système que nos
enfants aboutissent. L’évolution vers la construction de plus en
plus de prisons et d’établissements pour eux est une bien triste
chose.
There are other ways. I think that the federal government
should have come to us as Metis people and asked for some input
into the Young Offenders Act so that we could have participated.
I always say, if we are part of the problems, we should be part of
the solutions. I feel that that was so unfair, that a lot of times that
is taken away from us. I think when I look at our young people in
the justice system, going through these correctional systems, I
always say, once they go into the juvenile detentions and then they
Il existe d’autres solutions. Je pense que le gouvernement
fédéral aurait dû solliciter de nous, les Métis, des idées sur la Loi
sur les jeunes contrevenants, ce qui nous aurait permis de
participer à son élaboration. Je dis toujours que si nous faisons
partie du problème, nous devons également faire partie des
solutions. D’après moi, c’était tellement injuste, nous sommes
souvent les perdants dans ces histoires. Je dis sans cesse de nos
jeunes qui se trouvent dans le système de justice, puis qui passent
23:86
Aboriginal Peoples
1-10-2012
go into the correctionals and then they graduate into the
penitentiaries, and we lose our young people. When I look at
very young children in this system, it bothers me to see that.
par les établissements de détention, puis de correction pour
finalement aboutir dans les pénitenciers, qu’on ne peut plus les
récupérer. Ça me dérange de voir de très jeunes enfants dans ce
système.
By the way, I am a mother of 10 children and a grandmother of
28 and a kokum of 37 great grandchildren, and I am still working.
I have worked for 25 years now after raising my children. I work
with young people. I see the taxpayers’ dollars that are put in
place in these institutions, and they are not servicing these young
people. I know that for a fact.
À propos, je suis mère de 10 enfants, j’ai 28 petits-enfants et
37 arrière-petits-enfants. Je suis encore active. Je travaille depuis
25 ans, depuis que j’ai élevé mes enfants. Je travaille avec des
jeunes. Je sais de source sûre que l’argent des contribuables va
dans ces établissements, mais qu’il n’est pas consacré aux jeunes.
We have a detox center in Regina. You send them off there for
three, four days, and they are sent back out and left in the cold. So
these young people are left out on the street again, and it is so
hard. Then you are just constantly picking them up. And the
taxpayers’ dollars are constantly being spent — let us utilize these
dollars that will service our young people, our young children.
À Regina, nous avons un centre de désintoxication. On les y
envoie pendant trois ou quatre jours, puis on les retourne d’où ils
viennent et on les laisse dans le froid. On les abandonne encore à
la rue. La vie y est tellement difficile. Et vous les harcelez
constamment. On ne fait que gaspiller l’argent des contribuables.
Servons-nous-en pour fournir des services à nos jeunes, à nos
jeunes enfants.
When I think about the institutionals, they are not doing that
for our young people.
Les établissements ne font pas ça pour nos jeunes.
We need a culture center for our children that are going to
work within the holistic approach from the bottom up. We need
family input. There are a lot of families that are prepared to go to
work. I know that because I have worked with a lot of the
families. I know when I go into the courts and I see these young
people there, and I see the mothers and the kokums and, that are
sitting there that do not understand the system and do not know
how to get up and help their children, we need to do something
about this. When you look at our children, when you look at the
waste, we cannot disregard it; we have got to pick that up. What it
reminds me of is how our young people are seen as second-class
citizens.
Nous avons besoin d’un centre culturel pour nos enfants. Par
une démarche holiste, il s’attaquera au mal par ses racines. Nous
avons besoin de l’apport des familles. Beaucoup de familles sont
prêtes à se mettre au travail. Je le sais, parce que j’ai travaillé avec
beaucoup d’entre elles. Beaucoup de jeunes se ramassent devant
les tribunaux. Les mères et les grands-mères sont là aussi, mais
elles ne comprennent pas le système et ne savent pas comment les
aider. Je sens bien que nous devons réagir. Nous ne pouvons pas
faire semblant de ne pas voir tout ce gaspillage de la jeunesse.
Nous devons réparer les pots cassés. Ça me rappelle à quel point
on traite nos jeunes en citoyens de seconde zone.
I do sentencing circles with those young people. When I am
asked by the judges or the prosecutors to speak with these people,
I say to them, I am here as an elder, but I want you to know you
have a right, and I always make sure they have a given right and
to tell them that. If they choose not to have me as an elder, then
fine, I will remove myself, but I have never been removed.
Je participe à des cercles de détermination de la peine pour ces
jeunes. Les juges ou les procureurs me demandent de leur parler.
Je me présente en ma qualité d’aînée, et je m’assure toujours de
leur dire qu’ils ont un droit, celui de refuser mes services. S’ils le
font, très bien! Je me retirerai. Mais cela n’est jamais arrivé.
That is the thing that is happening. That is stemming from
what’s happened with our Child Welfare Act.
Voilà ce qui se passe. C’est une conséquence de ce qui est
survenu à notre loi sur la protection de l’enfance.
I will stop there. If there are any questions, I would be sure to
elaborate on them. Thank you.
Je m’arrête ici. S’il y a des questions, je m’assurerai de leur
donner une réponse complète. Merci.
The Chair: Thank you, Ms. Cummings.
Senator Dyck: Ms. Wilson, I am sorry, but I could not hear
part of your presentation. You were talking about the criteria
between GDI, SUNTEP and the federal programming, that there
were differences in terms of what was required in order to be
classified, or to use your words, cataloged as Metis, and that the
federal program was more open and that you felt it should align
more with what the MMF board of governors had requested.
Le président : Merci, madame Cummings.
Le sénateur Dyck : Madame Wilson, je regrette de ne pas avoir
pu entendre tout votre exposé. Vous parliez des critères différents
qu’utilisent le Gabriel Dumont Institute, le programme SUNTEP
et les programmes fédéraux pour ranger quelqu’un, le cataloguer,
comme vous disiez, parmi les Métis. Vous avez dit que le
programme fédéral était plus accessible et qu’il fallait qu’il fasse
coïncider davantage ses critères avec ceux que préconise le conseil
d’administration de la MMF.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:87
Do you see that having a federal program definition of Metis
that is different than what the MMF has creates problems when
people who are not Metis claim to be Metis, people getting
benefits or getting into a program when they should not have
been able to get in?
D’après vous, est-ce que la définition que donne de Métis le
programme fédéral et qui diffère de celle de la MMF crée des
problèmes en permettant à de prétendus Métis de profiter d’un
programme ou de ses avantages en n’y ayant pas droit?
Ms. Wilson: I am sorry, when you say MMF, are you meaning
MNS?
Mme Wilson : Je suis désolée, mais, par MMF, voulez-vous
dire MNS?
Senator Dyck: Yes.
Le sénateur Dyck : Oui.
Ms. Wilson: Sorry, all these acronyms.
Mme Wilson : Ah! Ces sigles!
Senator Dyck: Yes, I had to put my headphones on because I
could not quite hear.
Ms. Wilson: I am sorry.
Le sénateur Dyck : Oui, il m’a fallu mettre mon casque, parce
que j’entendais mal.
Mme Wilson : Je suis désolée.
Well, I guess the difference between the federally funded
programs is that they are based solely on the self-identity
question. If a client comes into one of our offices and asks for
service, self-identifies as a Metis person, then under that contract
we are expected to provide them with service. Then the difference
of course is that we use the self-identification and the community
validation together in our other programs. That is the way that
the GDI board of governors operates. The board of governors of
course as an affiliate of the MNS provides political
representation. So all of it filters back to that MNS definition
and the preferences there.
Bon! Je pense que la différence avec les programmes financés
par l’État fédéral, c’est qu’ils se fondent uniquement sur la
question d’auto-identification. À l’éventuel client prétendument
Métis qui se présente à nous et qui demande de recevoir un
service, nous sommes tenus de le fournir, en vertu de ce contrat.
La différence, bien sûr, vient du fait que nous nous servons à la
fois de l’auto-identification et de la validation de la communauté
dans nos autres programmes. C’est ainsi que fonctionne le conseil
d’administration de l’institut. Bien sûr, comme le conseil
d’administration est affilié à la MNS, il assure une
représentation politique. On revient donc forcément à la
définition et aux préférences de la MNS, sur ce point.
I think you are raising the issue of people falsely identifying as
Metis people and receiving services based on that.
Je pense que vous posez la question de ceux qui reçoivent des
services qu’ils ont réclamés en se prétendant Métis.
Senator Dyck: Yes.
Le sénateur Dyck : Oui.
Ms. Wilson: I actually think if you did an audit or somehow
were able to objectively consider the error rate that occurred in
the programs, it would be my guess — I have no evidence for this
— but it would honestly be my guess that your error rate would
not be any more than error rates in other programs; for example,
the EI program in terms of misuse, in terms of falsely claiming
benefits that should not be available. I honestly do not think that
our error rate would be significant. That is based on opinion and
experience, I guess.
Mme Wilson : Je pense que vous avez été en mesure de vérifier
objectivement le taux d’erreur dans ces programmes. J’aurais
franchement tendance à croire — je n’ai pas les chiffres — que le
taux de resquille, c’est-à-dire de demandes de prestations
auxquelles on n’a pas droit, que vous avez découvert ne
dépasserait pas celui des autres programmes; par exemple, de
l’assurance-emploi. D’après mon expérience, j’aurais bien
franchement tendance à croire que notre taux d’erreur n’est pas
élevé.
Senator Dyck: If there were to be more Metis-specific
programming, would that error rate increase?
Le sénateur Dyck : S’il y avait davantage de programmes
propres aux Métis, est-ce que ce taux d’erreur augmenterait?
Ms. Wilson: I would imagine it would not increase in terms of
its proportional amount of increased programming. I have not
seen that in my experience to be a very large or significant error
rate.
Mme Wilson : Je pense qu’il n’augmenterait pas en proportion
de l’augmentation des services offerts. D’après mon expérience, il
n’est pas très important ni élevé.
Senator Dyck: Okay.
The Chair: In your delivery you said ‘‘Metis definitions’’ have
more to do with politicians and governments. Well, the fact is that
I am a Metis. I have been in government for 30 years. We initiated
this study because there has been a lot of controversy surrounding
the rights of Metis.
Le sénateur Dyck : D’accord.
Le président : Dans votre exposé, vous avez dit que les
définitions de la notion de Métis ont davantage à voir avec les
politiciens et les gouvernements. Eh bien, le fait est que je suis
moi-même Métis. Je suis au gouvernement depuis 30 ans. Nous
avons réalisé cette étude à cause de l’ampleur de la controverse
entourant les droits des Métis.
23:88
Aboriginal Peoples
1-10-2012
I often use the analogy — and maybe it is a poor one — but if
you come from a geographical area called France or Poland, they
either speak French and you come from a defined area. As
government, if you are going to put out programs for a group of
people, whether it would be the French or the Polish or whatever,
you have to be able to define them.
J’utilise souvent une analogie, peut-être boiteuse, mais le
gouvernement d’un pays comme la France ou la Pologne, quand il
met sur pied des programmes pour une clientèle, française ou
polonaise, peu importe, il doit pouvoir la définir, par la langue ou
la région d’où elle vient.
There is so much controversy. At one time in Labrador they
were calling themselves Metis. Now, all of a sudden, they have
decided they do not want to be Metis; they are going back to
being something else. That unpredictability undermines the ability
of Metis people to get what is rightfully theirs in Canada. That is
my feeling. I am not speaking for other members of the committee
here.
Il y a tant de controverse. À un certain moment, au Labrador,
certains se disaient Métis. Puis, tout d’un coup, ils ont décidé
qu’ils ne l’étaient plus; qu’ils revenaient à leur désignation
antérieure. Cette versatilité empêche les Métis canadiens
d’obtenir ce qui leur revient de droit. C’est mon impression
personnelle. Je ne parle pas pour les autres membres du comité.
Ms. Wilson, you seem to think that politicians should not be
part of this equation. David Chartrand, the President of MMF,
says that the citizenship should be decided by the Metis
themselves. I do not think anybody objects to that, but how do
we as Metis groups make this work right across the country? That
is really what we are searching for as a committee, I think, partly,
anyway.
Madame Wilson, vous semblez penser que les politiciens ne
devraient pas se mêler de cette question. David Chartrand, le
président de la MMF, affirme que c’est les Métis eux-mêmes qui
devraient décider de leur citoyenneté. Je ne crois pas que personne
ne s’y oppose, mais comment, collectivement, nous, les Métis,
pouvons-nous appliquer avec succès cette solution partout au
pays? C’est vraiment ce que le comité cherche à déterminer, je
pense, en partie du moins.
Ms. Wilson: I have a few ideas. I guess what I am trying to get
at, as someone coming from a program and service delivery
perspective and an educational perspective is I would have some
concerns — I do not even know really how to say this.
Mme Wilson : J’ai quelques idées. Avec mon bagage de
pédagogue et mon expérience de la prestation de programmes et
de services, j’essaie de dire que j’aurais des craintes, mais je ne sais
même pas comment faire.
I guess the identity piece is critical to people who are working
on receiving their education on becoming, you know,
economically independent and employed and getting jobs and
participating, you know, socially and in the economy.
Je pense que la question de l’identité est essentielle à un peuple
qui cherche à être instruit sur la façon, vous savez, de s’affranchir
économiquement, de trouver de l’emploi et de participer à la vie
sociale et économique.
The GDI has been in operation in Saskatchewan for 32 years,
and one of the gifts and one of the most important things that the
founders of the institute did was to understand the absolutely
essential connection between culture and education, and the
institute was set up as an education and a cultural institute. The
thing that our programs have found over the years is how
absolutely critical that identity piece is. We have an education gap
in the elementary and the high school system and there are kids in
schools who are struggling, trying to find their identities.
Le Gabriel Dumont Institute existe en Saskatchewan depuis
32 ans et l’un des dons, l’une des réalisations les plus importantes
de ses fondateurs a été de comprendre le lien absolument essentiel
qui existe entre la culture et l’éducation. C’est pourquoi on a
donné à l’institut une vocation éducative et culturelle. Au fil des
ans, nos programmes nous ont permis de constater le caractère
absolument indispensable de l’identité. Au primaire comme au
secondaire, l’éducation souffre de lacunes, et les élèves essaient de
découvrir leur identité.
Lynn talked about the fact that we have Metis students, Metis
young people, who are really disenfranchised, really disconnected
from their identity and their cultures and their communities
through no fault of their own. They are raised in foster care and
that sort of thing. I think that we have these kids in schools, and
from a practical perspective, we have to find a way to deal with
that. GDI has found that Metis identity has been the way to deal
with that issue around helping kids to find out who they are and
then to become successful in school. Those two things are
connected.
Lynn a parlé des élèves métis, les jeunes Métis qui sont
vraiment déconnectés de leur identité, déculturés, coupés de leurs
communautés, sans que ce soit la faute des leurs. Ils ont été placés,
ce genre de chose. Maintenant qu’ils fréquentent l’école, nous
devons, de manière bien pratique, trouver une façon d’y remédier.
L’institut a découvert que l’identité métisse était le remède pour
aider les jeunes à découvrir qui ils sont et à réussir à l’école. Il
existe un lien entre les deux.
The Chair: There is a definite connection between culture and
education with First Nations as well. The committee has studied
education to no end, and Senator Sibbeston headed up an
economic development study.
Le président : Il existe un lien clair et net entre la culture et
l’éducation chez les Premières nations également. Le comité a
étudié de façon exhaustive l’éducation, et le sénateur Sibbeston a
dirigé une étude sur le développement économique.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:89
Senator Raine: Ms. Wilson, I appreciate what the Dumont
Institute has done, because it is really an anchor for the culture of
Metis people. You can see that coming across. We were at
Batoche last summer, and you could see how important it is,
especially for children who have become disconnected from their
culture. The ability to rebuild is one facet, but that involves more
advanced education in many ways. However, because you are
training the teachers, it feeds downward as the teachers teach at
the entry level.
Le sénateur Raine : Madame Wilson, je suis bien sensible aux
réalisations de l’institut Dumont, parce que c’est vraiment un
point de repère pour la culture du peuple métis. On peut le
constater. L’été dernier, nous étions à Batoche, et son importance
était flagrante, particulièrement pour les enfants déculturés. La
capacité d’y remédier est une facette, mais cela exige, de
nombreuses manières, une éducation plus poussée. Cependant,
comme vous formez les enseignants, l’effet est descendant, parce
qu’ils enseignent au premier échelon.
Could you give us an update on what is happening with early
childhood education for Metis people, especially the Metis
culture. Are there good head-start type programs available for
pre-school? I have this feeling that pre-school children are at an
age where they can absorb and take to heart things that will stay
with them forever. Perhaps all three of you could comment on the
state of early childhood education and culture.
Pouvez-vous faire pour nous le point sur l’éducation des jeunes
enfants métis, particulièrement en ce qui concerne la culture
métisse? Existe-t-il de bons programmes d’aide à la scolarisation,
applicables dès cet âge? J’ai l’impression que les enfants d’âge
préscolaire peuvent assimiler des acquis et les prendre à cœur pour
toujours. Toutes les trois, vous pourriez peut-être décrire la
situation de l’éducation et de la culture chez les jeunes enfants.
Ms. Wilson: In terms of early childhood education, that has
not been an area where GDI has been mandated. However, we
have done some work to take a look at what’s going on in early
childhood education, and we are in the process right now of
preparing a report.
Mme Wilson : L’institut n’a pas de mandat pour l’éducation
des jeunes enfants. Cependant, nous avons cherché à savoir ce qui
se passe dans ce domaine et nous préparons un rapport sur la
question.
A joint task force on First Nations and Metis education is
going around the province right now. The commissioners on that
task force are Rita Bouvier, Gary Merasty, and I am sorry, I
forget the other fellow’s name.
Actuellement, un groupe de travail mixte sur l’éducation dans
les Premières nations et chez les Métis fait le tour de la province. Il
est constitué de Rita Bouvier, de Gary Merasty et d’un troisième
individu dont, malheureusement, j’oublie le nom.
Senator Dyck: George LaFond?
Le sénateur Dyck : George LaFond?
Ms. Wilson: No, it is somebody from the school boards.
Mme Wilson : Non, quelqu’un des conseils scolaires.
The Chair: Don Hoium?
Le président : Don Hoium?
Ms. Wilson: Yes, Don Hoium.
Mme Wilson : Oui, Don Hoium.
Senator Raine: Is it focused on early childhood education?
Le sénateur Raine : Est-ce qu’il concentre ses travaux sur
l’éducation des jeunes enfants?
Ms. Wilson: It is focused on four facets of life-long learning:
early childhood, K-12, post-secondary and employment.
Mme Wilson : Il s’attache à quatre périodes de l’éducation
permanente : la petite enfance, de la maternelle à la douzième
année, l’éducation postsecondaire et la vie active.
In terms of early childhood, some of the issues around the
Metis have been that there are no targeted Metis early childhood
head-start programs coming from federal funding. That is the sort
of issue that has plagued the Metis. What happens is the money
comes to the province, and the province puts on programs and
says that the Metis are served through those programs. There is
no accountability to those Metis numbers or how exactly the
Metis are being served, how many of the Metis are being served?
Those are issues where I think there are gaps in early childhood
support.
En ce qui concerne la petite enfance, certains problèmes
éprouvés par les Métis viennent de l’absence de programmes
d’aide à la scolarisation bénéficiant d’un financement fédéral et
ciblés pour eux. Les Métis n’ont pas réussi à leur trouver de
solutions. Dans les faits, la province, avec l’argent qui lui est
confié, met sur pied des programmes utiles aux Métis, d’après elle.
Personne ne rend de comptes sur le nombre et la proportion de
Métis qui en profitent ni sur la qualité du service, et cetera. Voilà,
d’après moi des lacunes dans l’aide à la petite enfance.
The other piece around early childhood connects to our
ASETS agreement, which is the federal labour market agreement.
There are provisions in those agreements for the First Nations
that are different than they are for the Metis, and there are
L’autre élément concernant la petite enfance touche notre
accord sur la Stratégie de formation pour les compétences et
l’emploi destinée aux Autochtones (SFCEA) qui est l’accord
fédéral sur le marché du travail. Dans ces accords pour les
23:90
Aboriginal Peoples
provisions that are for childcare and early learning resources. The
Metis are specifically excluded from those resources. That would
be a gap and an area of concern as well for the Metis.
The Chair: Have you any comments, ladies?
1-10-2012
Premières nations, des clauses diffèrent de celles qui s’appliquent
aux Métis, et d’autres clauses visent l’aide à l’enfance et les
ressources pour l’apprentissage au début de la vie. Ces ressources
sont explicitement refusées aux Métis. Voilà une lacune et une
source d’inquiétude aussi pour les Métis.
Le président : Avez-vous quelque chose à ajouter mesdames?
Ms. LaRose: I certainly do. We were very involved with the
child welfare review in 2010, and this is seen as a huge gap, that
there is no childhood development in the Metis communities.
However, we do know that there is some CAPC programming out
there, but they are not necessarily Metis-specific, unless they are
primarily in a Metis community, because I believe there is one in
Beauval, Saskatchewan. So early childhood development in the
cap seat is not Metis-specific. It is a status blind early childhood.
Mme LaRose : Bien sûr. Nous avons participé à l’examen des
services d’aide sociale pour l’enfance en 2010 et nous avons décelé
une lacune qui paraît importante, l’absence de développement du
jeune enfant dans les communautés métisses. Cependant, nous
savons qu’il existe des programmes d’action communautaire pour
les enfants, des PACE, mais qui ne sont pas nécessairement
personnalisés pour les Métis, à moins qu’ils ne se donnent
principalement dans une communauté métisse, parce que je crois
qu’il y en a un, en Saskatchewan, à Beauval. Donc le
développement du jeune enfant dans ces PACE n’est pas
spécifiquement adapté aux Métis. Pour cette tranche d’âge, on
ne tient pas compte des facteurs culturels.
The Chair: I think it is fair to say that if this committee has ever
focused on anything, especially the senators who are here, it is
education. Under the leadership of all senators on the committee
— and I am not speaking just of myself here by any stretch of the
imagination — we have focused on education.
Le président : Je pense qu’il est juste d’affirmer que s’il existe
un sujet auquel le comité s’est bien intéressé, particulièrement les
sénateurs ici présents, c’est l’éducation. Tous les sénateurs du
comité y tenaient. On ne pourrait pas dire, même au prix d’un
grand effort d’imagination, que je parlais seulement de moimême.
Senator Nora Cummings, if we did raise the level of education
amongst our Metis younger people, I think your problem would
diminish considerably. If you get an educated society of people, I
think that they assume responsibility and they find pride in
accomplishment. They go out in the work force, and they do not
end up in the correctional institutions that you made reference to.
Sénateur Cummings, si nous relevions le niveau d’éducation
chez nos jeunes Métis, je pense que votre problème se résorberait
considérablement. Une collectivité bien instruite, d’après moi,
prend ses responsabilités et tire fierté de ses réalisations. Ses
membres trouvent du travail et ils n’échouent pas dans des
établissements correctionnels comme ceux que vous avez
mentionnés.
Is there anything you want to say before I introduce our next
panel?
Avez-vous quelque chose à ajouter avant que nous
n’accueillions le prochain groupe de témoins?
Ms. Cummings: I would just like to say that the education
system is great, but you must remember there is a lot of damage,
stuff going on out there that has to be dealt with. I am a sole
survivor of fighting for my young people in the justice system.
There has to be a way for the federal government to let our people
in, so that we can address these issues with them, and never mind
just putting out a bill that will suit that.
Mme Cummings : Je voudrais simplement dire que le système
d’éducation est fantastique, mais il faut se rappeler qu’il y a
beaucoup de pertes, beaucoup de problèmes auxquels il faut
s’attaquer. Je suis la dernière survivante du combat mené pour
mon jeune peuple dans le système de justice. Il faut que le
gouvernement fédéral trouve une façon d’inclure notre peuple,
pour que nous puissions nous attaquer de concert avec lui à ces
problèmes, et ce n’est pas la peine de seulement compter sur un
projet de loi pour régler cela.
I think it is important that we as Metis people have that right
to address some of the issues, that we partner with the federal
government to make a better living for our young people. I am
very strongly supportive of that.
Je pense qu’il est important qu’en tant que Métis, nous ayons le
droit d’aborder certaines de ces questions et que nous établissions
un partenariat avec le gouvernement fédéral, en vue de créer de
meilleures conditions de vie pour nos jeunes. J’appuie fermement
cela.
The school system, is very limiting when it comes to our culture
within the schools. I sit with some of the boards and talk with
some of the teachers. It is getting better, but I think there is more
work to be done. Thank you.
Le système scolaire est très limité lorsqu’il s’agit de notre
culture dans les écoles. J’ai rencontré certains membres des
conseils scolaires et j’ai parlé avec des enseignants. Les choses
s’améliorent, mais à mon avis, il reste du travail à accomplir.
Merci.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:91
The Chair: I take great pride in you as an elder coming here this
morning and sharing some of your knowledge and experiences
with us. I thank you.
Le président : Je suis très fier que vous partagiez, en tant
qu’aînée, vos connaissances et votre expérience avec nous. Je vous
en remercie.
Senators, our third panel comprises two witnesses from the
University of Saskatchewan. We have with us Assistant Professor
Marilyn Poitras, and Valerie Arnault-Pelletier, Aboriginal
Coordinator, College of Medicine, also from the University of
Saskatchewan.
Honorables sénateurs, les deux témoins de notre troisième
groupe viennent de l’Université de la Saskatchewan. Nous
accueillons Marilyn Poitras, professeure adjointe, et Valerie
Arnault-Pelletier, coordonnatrice des Autochtones, College of
Medecine, Université de la Saskatchewan.
Welcome, ladies.
Bienvenue, mesdames.
Marilyn Poitras, Assistant Professor, University of
Saskatchewan, as an individual: Thank you for taking the time
and inviting me to speak to the committee. I am happy to share
some thoughts with you. I am a law professor at the University of
Saskatchewan.
Marilyn Poitras, professeure adjointe, Université de la
Saskatchewan, à titre personnel : Merci de m’avoir invitée à
comparaître devant vous. Je suis heureuse de vous parler. Je suis
professeure de droit à l’Université de la Saskatchewan.
I have been quite involved, for the last 15 or so years, with
regard to election issues with Metis people in Saskatchewan, and I
teach Aboriginal law. I have looked at constitutional issues for
Metis people as well.
Ces 15 dernières années, j’ai beaucoup travaillé sur les
questions électorales qui touchent les Métis de la Saskatchewan,
et j’enseigne le droit autochtone. J’ai aussi examiné certaines
questions constitutionnelles concernant le peuple métis.
I have some appreciation as a Metis person for the question
that you are asking and the issue that you are wrestling with. I
have an appreciation as a researcher and a lawyer with the depth
and the complexity of what you are looking at right now.
En tant que Métisse, je comprends bien la question que vous
posez et le problème avec lequel vous êtes aux prises. En tant que
chercheuse et avocate, je comprends aussi la profondeur et la
complexité du sujet à l’étude en ce moment.
I want to be very clear, after looking at this and living with it in
my family, that there is no silver bullet answer. I think you will all
come to that conclusion. The understanding of who Metis people
are in Canada is based on the relationships that we have with
everybody else. I understand that we have to come to an
understanding about who Metis people are for all the reasons that
you heard this morning: our identity culturally, who we are; what
we have contributed; our role historically and contemporarily
within Canadian society as to what we have contributed to the
creation of this nation; access to education and employment; the
fact that we are recognized under Section 35 and what that
actually means.
Après avoir examiné la question et avoir vécu ces choses dans
ma famille, je veux que ce soit très clair : il n’y a pas de solution
miracle. Je pense que vous allez tous arriver à cette conclusion. La
façon dont on comprend l’identité du peuple métis, au Canada,
est fondée sur les relations de notre peuple avec le reste de la
population. Je comprends que nous devons déterminer qui sont
les Métis pour toutes les raisons qui ont été invoquées ce matin,
c’est-à-dire notre identité culturelle — qui nous sommes —, notre
contribution, notre rôle dans l’histoire et dans la société
contemporaine du Canada relativement à notre contribution à
la création du pays, l’accès à l’éducation et à l’emploi, le fait que
nous sommes reconnus au sens de l’article 35 et ce que cela
signifie en réalité.
We have this unique bi-racial history, and that is what makes
this question really complex. We have this First Nation
connection within our country, and we have external European
connections as well. I want you to know that I think the question
is a really important one.
Notre histoire est unique et se fonde sur deux races, et c’est ce
qui rend la question tellement complexe. Nous avons des liens
avec les Premières nations de notre pays, et nous avons aussi des
liens extérieurs avec les Européens. Je veux que vous sachiez que
je trouve cette question extrêmement importante.
When we start to have a conversation about who Metis people
are and the identity question, the answer will change depending
on who asks the question and why they are asking the question.
Lorsque nous commençons à nous demander qui sont les Métis
et à aborder la question de l’identité, la réponse dépendra de la
personne qui a posé la question et des raisons pour lesquelles elle
l’a posée.
There is this genealogical cultural question: What is your
genealogy? It is not very hard to find Metis people who go back to
treaty signatories, chiefs who insisted that their daughters, their
children and their husbands were signatories to treaties, so we
have people who had this bi-racial existence who were part of
treaties. We also have Metis people who lived on reserves who
were never part of treaties. We have a history in this country of
including non-status people in the definition of Metis. We have
Il y a la question généalogique à caractère culturel : « Quelle
est votre généalogie? » Il n’est pas très difficile de trouver des
Métis qui remontent aux signataires de traités, et des chefs qui ont
insisté pour dire que leurs filles, leurs enfants et leurs maris étaient
signataires. Nous avons donc des gens dont l’existence est fondée
sur deux races qui ont participé aux traités. Nous avons aussi des
Métis qui ont vécu dans des réserves et qui n’ont jamais participé
aux traités. Au Canada, nous avons pris l’habitude d’inclure les
23:92
Aboriginal Peoples
1-10-2012
seen people drift on and off of that list on a regular basis, quite
high-profile people. People who were denied status for various
sexist reasons in the past were lumped in. It was a catch-all for
some time about where you were going to fit. You were Metis if
you did not fit in under a First Nation’s category. You can see
when you look at our history that that still happens.
personnes sans statut dans la catégorie des Métis. Des gens bien
connus ont été inscrits sur la liste pour ensuite en être exclus. On a
aussi inscrit des gens à qui l’on avait déjà refusé le statut pour
plusieurs raisons à caractère sexiste. C’était un fourre-tout
pendant quelque temps; on était Métis si on n’entrait dans
aucune catégorie des Premières nations. Lorsque vous étudiez
notre histoire, vous pouvez constater que cela se produit encore
de nos jours.
We have recent court decisions over the last 25 years that show
people moving from one place to another, and so I want to think
about this in terms of future questions: What happens in the
future if you are a 6.1 or 6.2 under the Indian Act and you lose
your status? Will you move back into the Metis family? What will
happen with that? There is a hierarchy. I think we would be in
denial if we did not deal with the fact that there are a lot of Metis
people that are termed Metis that are trying to get on a First
Nation’s registry because they have been denied that historically.
They see that that is a much more solid way to prove your
identity. I just say all of this in terms of how complex it is.
Ces 25 dernières années, les tribunaux ont rendu des décisions
qui indiquent que des gens sont passés d’une catégorie à l’autre, ce
qui soulève des questions. Par exemple, qu’arrive-t-il si vous êtes
visés par l’article 6.1 ou 6.2 de la Loi sur les Indiens et que vous
perdez votre statut? Allez-vous revenir dans la famille des Métis?
Si c’est le cas, quelles seront les répercussions? Il existe une
hiérarchie. Je pense que ce serait faire l’autruche de ne pas tenir
compte du fait qu’un grand nombre de Métis reconnus tentent de
s’inscrire dans un registre des Premières nations, étant donné
qu’on leur a refusé cela au cours de l’histoire. Ils pensent que c’est
une façon beaucoup plus fiable de prouver leur identité. J’en parle
seulement pour démontrer à quel point la question est complexe.
My personal experience in terms of the genealogical question. I
have been married twice. My first husband is of Swiss and French
descent, and we have three children. To use a word that I think we
would use in modern day society, my first husband is white, and
my three children from that marriage are Metis kids. They are
registered. My children identify as Metis. We have very strong
family connections. They were raised with their grandparents,
with my parents who have been a very strong influence in their
lives. They are adults now.
J’aimerais parler de mon expérience personnelle en ce qui a
trait à la question de la généalogie. J’ai été mariée deux fois. Mon
premier mari était de descendance suisse et française, et nous
avons eu trois enfants. Pour utiliser un mot qui, à mon avis,
s’utilise dans la société moderne, mon premier mari était un
Blanc, et mes trois enfants issus de ce mariage sont Métis. Ils sont
inscrits. Mes enfants s’identifient en tant que Métis. Nous avons
des liens familiaux très forts. Ils ont été élevés avec leurs grandsparents, c’est-à-dire mes parents, qui ont eu une très grande
influence sur eux. Mes enfants sont maintenant des adultes.
I am married for the second time to a man from Sweetgrass
First Nation here in Saskatchewan, and we also have a son. My
son is registered at the Sweetgrass First Nation. Because of the
way the identity’s been set up with the Métis Nation
-Saskatchewan and the Métis National Council, the baby that I
carried in my body for 9 months and gave birth to, just like my
first three children, will never be a half-breed. He is being denied
the right to be Metis because he is on an Indian registry. I do not
think German and Irish people get married and say, ‘‘Pick, honey.
Either he is going to be with your family or my family.’’
Genealogically, biologically, we do not do that to people unless
you are Metis, and we deny that you can do that. I have pressured
our political leadership to think about that.
J’ai ensuite épousé un homme de la Première nation
Sweetgrass, ici en Saskatchewan, et nous avons un fils. Mon fils
est inscrit comme membre de la Première nation Sweetgrass. En
raison de la façon dont la Métis Nation - Saskatchewan et le
Ralliement national des Métis ont tranché la question de
l’identité, le bébé que j’ai porté pendant neuf mois et à qui j’ai
donné naissance, tout comme mes trois premiers enfants, ne sera
jamais Métis. On lui refuse le droit d’être Métis, car il est inscrit
au registre des Indiens. Je ne pense pas que lorsque les Allemands
et les Irlandais se marient, ils demandent ensuite à leur partenaire
de choisir à quelle famille leur enfant appartiendra. Sur les plans
généalogique et biologique, nous n’imposons pas cela aux gens, à
moins qu’ils soient Métis, et nous nions ensuite que cela se fait.
J’ai exercé des pressions sur nos dirigeants politiques pour qu’ils
se penchent sur la question.
When the Métis Nation - Saskatchewan and the Métis Nation
of Alberta set up their registry system — and I have studied these
systems; I have interviewed these people; I have looked through
the database — the question they ask is: Are you First Nation or
Inuit? They take that application that you put together, and they
send it off to the federal government. The federal government gets
their long list of registered Indians out and says, ‘‘Marilyn Poitras
wants to register as a Metis person. Is she Metis?’’ They go down
the list. ‘‘Is she First Nation?’’ They go down their First Nation
Lorsque la Métis Nation - Saskatchewan et la Métis Nation of
Alberta ont mis sur pied leur système de registres — et j’ai étudié
ces systèmes — j’ai interrogé ces gens. J’ai fouillé dans la base de
données et j’ai découvert qu’on demandait aux gens s’ils étaient
membres des Premières nations ou Inuits. On envoie ensuite le
formulaire de demande au gouvernement fédéral, où on sort la
liste d’Indiens inscrits en se disant, par exemple : « Marilyn
Poitras veut s’inscrire en tant que Métis. Est-elle Métis? » On
vérifie la liste. On se demande ensuite : « Est-elle membre des
1-10-2012
Peuples autochtones
23:93
Santa Claus list, and they say, ‘‘No, she is not on this list. Because
she is not on this list, then she can be registered as a Metis
person,’’ and the paperwork all comes back. Well, there are a few
things going on. You cannot claim that you are Inuit either, but
we have no way to register Inuit people to check the list. There is
no magic Inuit list available to the federal government to check
against.
Premières nations? » On vérifie la liste des Premières nations et on
conclut : « Non, elle n’est pas sur la liste; elle peut donc s’inscrire
comme Métis. » On retourne alors la demande et les documents
d’où ils viennent. Eh bien, il y a plusieurs choses qui se passent
dans un tel cas. On ne peut pas affirmer qu’on est Inuit non plus,
mais nous n’avons aucune façon d’inscrire les Inuits pour vérifier
la liste. Le gouvernement fédéral ne dispose d’aucune liste
magique d’Inuits qu’il peut consulter.
Some of our leadership will say, ‘‘Well, we do not have a
problem with people being Metis and Inuit at the same time. That
is not the real issue. The real issue is if you are Metis and First
Nation at the same time.’’ Well, why is that? ‘‘Well, that is because
you might double-dip. Well, what do you mean, you might
double-dip? Well, you might try to get financing for education as
a First Nations person, and you might try to get it as a Metis
person.’’ Well, surely to goodness in the day and age of
computers, we could check if you have made two applications,
if you are getting two cheques. There is this standard that I do not
really understand that is going to become more and more
problematic, so dual citizenship does not seem to be an option for
Metis people.
Certains de nos dirigeants diront qu’ils n’ont pas de problème à
ce que les gens soient Métis et Inuit en même temps. Ils diront que
ce n’est pas le vrai problème, car le vrai problème, c’est si vous
êtes Métis et membre d’une Première nation en même temps. Et
qu’est-ce que cela signifie? Ils nous répondent que nous pourrions
profiter des deux situations. Si on leur demande encore ce que cela
signifie, ils nous répondent que nous pourrions essayer d’obtenir
du financement pour l’éducation en tant que membre des
Premières nations, et aussi en tant que Métis. Eh bien, je pense
qu’à l’ère de l’informatique, nous pouvons facilement vérifier si
une personne a fait deux demandes et reçoit deux chèques. Je ne
comprends pas vraiment ce critère, et il devient de plus en plus
problématique; la double citoyenneté ne semble donc pas être une
option pour les Métis.
Geography as one of the bases of identity has likely been raised
with you several times in terms of, are you part of the Metis
homeland? We know that there are people within the Northwest
Territories and within the Eastern provinces — some of whom I
have worked with — that there are Metis organizations and Metis
registries in all of those areas. There are people in the Yukon who
consider themselves Metis, who actually have access to federal
funding for education and health care that is not available to
Metis people in the South.
On vous a sûrement demandé plusieurs fois si vous apparteniez
à la patrie métisse, invoquant ainsi la géographie comme l’un des
fondements de l’identité. Nous savons qu’il y a des gens aux
Territoires du Nord-Ouest et dans les provinces de l’Est — et j’ai
travaillé avec quelques-unes de ces personnes... Il y a des
organismes métis et des Métis inscrits dans toutes ces régions. Il
y a des gens, au Yukon, qui se considèrent Métis, et qui reçoivent
du financement du gouvernement fédéral pour l’éducation et les
soins de santé, alors que ce financement n’est pas offert aux Métis
du Sud.
Then we come to the national definition and the provincial
definitions of Metis. If you are not part of the Metis homeland,
then you are not actually Metis, so we have this internal war
about whether you are really Metis or not. Are you from Ontario
or Quebec or one of the Eastern provinces? Are you from a
territory that we do not recognize? There is a real problem with
that.
Nous arrivons enfin à la définition de Métis, tant sur le plan
national que provincial. Si on n’appartient pas à la patrie métisse,
on n’est pas Métis, ce qui donne lieu à une guerre interne pour
savoir si l’on est vraiment Métis ou non. On nous demande si
nous venons de l’Ontario, du Québec ou de l’une des provinces de
l’Est ou si nous venons d’un territoire non reconnu. C’est
vraiment un problème.
It is of real importance to recognize and understand that there
has actually been war over this issue; that the Metis struggled in
terms of land and government structure, and that they want to
maintain, with considerable pride, that they have actually gone to
battle for these rights. So there is a real strong political patriotic
call to having a homeland connection.
Il est très important de reconnaître et de comprendre qu’on
s’est déjà battu au sujet de cette question, et que les Métis ont eu
des difficultés avec la structure foncière et gouvernementale, et
qu’ils veulent fièrement affirmer qu’ils se sont battus pour ces
droits. On entend donc un appel patriotique politique très fort en
ce qui concerne les liens avec la patrie.
However, the problem with the definition of being connected
to the homeland is that it actually denies who we are. It denies
that we actually were very nomadic, that we were one of the key
supporters of the fur trade in this country; the truism that the
highways in this country were based on Metis Red River cart
roads. We have this legacy of being all over North America, and
now we are going to deny it and start to talk about the homeland.
I really think that we need to be honest about who we have been.
Toutefois, le problème avec la définition qui exige d’appartenir
à la patrie, c’est qu’elle nie qui nous sommes. Elle nie que nous
étions un peuple très nomade, que nous avons été les principaux
partisans de la traite des fourrures au pays, et que les autoroutes
du pays suivent les chemins tracés par les charrettes de la rivière
Rouge des Métis. Notre héritage couvre tout le territoire de
l’Amérique du Nord, et maintenant, on refuse de le reconnaître et
on commence à parler d’une patrie. Je pense que nous devons être
honnêtes au sujet de notre passé.
23:94
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Another aspect of who asks the question about who Metis
people are is the political definition. One of the questions that you
talked about with the last panel was who decides who is Metis,
and should it be left to our politicians? I was one of the people
who worked on election issues in Saskatchewan. I have been
around the province twice now, interviewing people about how
you get on and off the list, whether or not you can vote and where
your rights come from.
La définition politique entre aussi en ligne de compte lorsqu’on
cherche à savoir qui sont les Métis. Avec le dernier groupe de
témoins, vous vous êtes demandé qui accordait le statut de Métis
et si la tâche devait incomber à nos politiciens. J’ai travaillé sur les
questions électorales en Saskatchewan. J’ai fait deux fois le tour
de la province pour demander aux gens comment ils sont inscrits
sur la liste et en sont ensuite exclus, s’ils peuvent voter et d’où
viennent leurs droits.
The old system where locals or the smaller governance units in
Saskatchewan made decisions about who was on and off the list
became quite political. There were internal or family fights even.
People could be easily taken on and off the list.
L’ancien système dans lequel les habitants ou les plus petites
unités de gouvernance en Saskatchewan décidaient qui était sur la
liste ou non est devenu très politique. Il y a même eu des guerres
intestines ou familiales. Les gens pouvaient facilement être ajoutés
à la liste ou en être exclus.
Another problem that arose was that the provincial
organizations would be sent these long lists from the locals, and
they would register these people and send back a master list to the
locals, and the list would be changed. There was no trust about
whether your name was going to legitimately be on or off of that
list.
Un autre problème qui a été soulevé, c’est que la population
envoyait des longues listes de noms aux organismes provinciaux,
qui inscrivaient ces noms et renvoyaient une liste maîtresse, et la
liste était à nouveau modifiée. On ne pouvait pas savoir avec
certitude si un nom allait être légitimement inscrit sur la liste ou
non.
When a political body like the federal or provincial
government asks who you are as an Aboriginal person, we end
up with decisions like re Eskimos. We end up with decisions that
are based on who is financially responsible for you. That is what
we are looking for here. Is it the federal government’s
responsibility or is it the provincial government’s responsibility?
Then we get into the questions that you asked earlier about
whether you are an Indian under section 91.24, because if you are,
then we are going to put you fully under the financial
responsibility of the federal government. If you are not, then we
have got this kind of gray area, and are you provincial or are you
not provincial? It gets really complicated.
Lorsqu’un organisme politique comme le gouvernement
fédéral ou le gouvernement provincial vous demande qui vous
êtes en tant qu’Autochtone, cela donne lieu à des décisions comme
celle qui a été rendue dans l’affaire re Eskimos. Pour prendre une
décision, on cherche à déterminer qui est responsable de la
personne sur le plan financier. C’est ce qu’on cherche à savoir.
Est-ce le gouvernement fédéral ou le gouvernement provincial?
Ensuite, on demande à la personne si elle est un Indien en vertu de
l’article 91.24, car si c’est le cas, le gouvernement fédéral en est
responsable sur le plan financier. Dans le cas contraire, la
personne se retrouve dans une zone d’incertitude, et on cherche à
savoir si elle relève de la province ou non. Cela devient très
compliqué.
We also end up with things like section 6 of the Indian Act. It
has a couple of names that I want to share, one in fun, of course,
and this happens at almost every First Nation governance
meeting. They call this the ‘‘marry-your-cousin’’ clause because
if you do not marry your cousin, you are going to lose status. So
we have got to keep these blood lines going. I actually refer to it as
the ‘‘law of diminishing Indians,’’ because we are creating a
system where there will be fewer and fewer First Nation people on
a registry.
Nous nous retrouvons aussi avec des choses comme l’article 6
de la Loi sur les Indiens. On lui donne quelques titres que
j’aimerais partager avec vous; il y en a un qui est très amusant,
bien sûr, et on l’entend au cours de presque toutes les réunions
des Premières nations sur la gouvernance. On l’appelle
l’article « marie-ton-cousin », car si vous n’épousez pas votre
cousin, vous allez perdre votre statut; nous devons donc préserver
ces lignées sanguines. Je l’appelle plutôt la « loi pour diminuer les
Indiens », car nous créons un système dans lequel il y aura de
moins en moins de membres des Premières nations dans un
registre.
We talk about having a federal list of Metis people, which
could be easily created, mind you, because Metis organizations
are sending lists of people to the federal government right now. I
am sure the list is being created as we speak. However, is that the
best way to keep track of who Metis people are, when there have
been so many problems with that type of registry for First
Nations people? I am personally very nervous about that kind of
thing.
Nous parlons d’établir une liste fédérale de Métis, ce qui serait
facile, car les organisations métisses envoient, en ce moment, des
listes de noms au gouvernement fédéral. Je suis certaine qu’on est
en train de créer cette liste. Toutefois, est-ce la meilleure façon de
savoir qui sont les Métis? Ce type de registre a posé tellement de
problèmes aux membres des Premières nations. Personnellement,
ce genre de chose me rend très nerveuse.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:95
The political question about whether we are entitled to
anything, whether we have Aboriginal rights when we are Metis
people, is a very live issue. I have been working with negotiating
harvesting rights in Saskatchewan. There are people in the North
of Saskatchewan who, because of some court cases, have
recognized harvesting rights as Metis people. In the South, they
are not recognized. We are trying to figure out, does that Powley
definition work? Now we are bringing a judicial interpretation, a
legal interpretation about who Metis people are. It is really
complex because we want to have a community-based identity,
and you can only hunt within a certain perimeter of that
community. I understand the community connection because that
is where identity comes from, but to limit Metis people
geographically is a complete denial of who Metis people were
historically. They were not limited geographically. In fact, they
were the prime instigators of the fur trade.
La question politique de savoir si nous avons des droits, si nous
avons des droits autochtones lorsque nous sommes Métis, est très
actuelle. J’ai participé aux négociations sur les droits de récolte en
Saskatchewan. Dans le Nord de la Saskatchewan, il y a des gens
qui, grâce aux tribunaux, ont obtenu des droits de récolte parce
qu’ils sont Métis. Toutefois, dans le Sud de la province, ces droits
ne sont pas reconnus. Nous essayons de comprendre si la
définition fondée sur l’arrêt Powley fonctionne. Nous avons
maintenant recours à une interprétation judiciaire pour
déterminer qui sont les Métis. C’est très compliqué, car nous
voulons avoir une identité fondée sur la collectivité, et la chasse
est seulement permise dans un certain périmètre autour de la
collectivité. Je comprends qu’on veuille avoir le lien avec la
collectivité, car elle établit l’identité, mais limiter les Métis sur le
plan géographique, c’est nier complètement ce qu’ils ont été au
cours de l’histoire. Ils n’étaient pas limités sur le plan
géographique. En fait, ils ont été les instigateurs principaux de
la traite des fourrures.
It also interferes with section 6 mobility rights. Nobody is
talking about the rest of the Constitution. Sometimes we get so
focused on section 35 that we forget to say, why are we limiting
Metis people’s rights that way? We do not do it to First Nation’s
people when they harvest. Why are we doing it to Metis people?
Cela contrevient aussi à la liberté de circulation et
d’établissement de l’article 6. Personne ne parle du reste de la
Constitution. Parfois, on est tellement concentré sur l’article 35
qu’on oublie de se demander pourquoi on limite les droits des
Métis de cette façon. On ne le fait pas dans le cas des droits de
récolte des Premières nations; pourquoi le fait-on lorsqu’il s’agit
des Métis?
The judicial component of it is such that it is sad for me to see
that we have reduced ourselves to having the judiciary decide who
Metis people are. I think if Aboriginal people have any form of
self-government, any sort of sovereignty, the most basic thing you
would be sovereign over is who your people are, so we need to be
able to trust our political leadership to take that on and to make
those definitions.
L’aspect judiciaire est tellement important dans cette histoire,
que je suis triste de voir que nous nous sommes résignés à laisser le
système judiciaire décider qui sont les Métis. Je pense que si les
Autochtones avaient une forme d’autonomie gouvernementale ou
de souveraineté, l’élément fondamental sur lequel on pourrait
exercer sa souveraineté serait l’identité de son peuple. Nous
devons donc pouvoir compter sur nos dirigeants politiques pour
qu’ils élaborent ces définitions.
Historically, when we were looking at who Aboriginal people
are, it was to do things like send them to residential school, take
their children away, deny their mobility within the province, deny
them employment, ensure incarceration. We are in a time when it
is not such a bad thing to be an Aboriginal person. In fact, you
should be proud of it. The sword will not swing the other way.
That is interesting to me, that we cannot say, ‘‘I am Metis, and so
I have a right to harvest in this country. That is my historic right.’’
Then the government says, ‘‘Whoa, just a minute here. We are
going to start to really look at whether you are Metis or not.’’
Au cours de l’histoire, lorsqu’on a tenté de déterminer qui
étaient les Autochtones, c’était pour les envoyer dans les
pensionnats indiens, leur enlever leurs enfants, les empêcher de
se déplacer dans la province, leur refuser l’accès à l’emploi et les
envoyer en prison. De nos jours, ce n’est pas une mauvaise chose
d’être Autochtone. En fait, on devrait en être fier. Toutefois, cela
ne s’applique pas aux Métis. Ce que je trouve intéressant, c’est
que nous ne pouvons pas dire que nous avons le droit de récolte
dans notre pays étant donné que nous sommes Métis et qu’il s’agit
d’un droit historique, parce que c’est à ce moment-là que le
gouvernement s’interpose et qu’il veut vérifier si nous sommes
vraiment Métis.
When you look at incarceration rates of Aboriginal people and
you see the statistic for Metis people, do you think they sat and
scrutinized whether or not those are Metis people to the same
extent they do when they want to give them harvesting rights? I
doubt very highly that they did that. So who is going to decide? I
really want it to be our political leadership. I want to be able to
trust our political leaders.
Nos pénitenciers comptent beaucoup d’Autochtones, dont bon
nombre de Métis. Croyez-vous que la magistrature a déployé
autant d’efforts à analyser chaque dossier pour déterminer s’il
s’agissait de Métis avant de les incarcérer qu’elle ne l’a fait avant
de leur octroyer leurs droits de récolte? J’en doute beaucoup.
Alors, qui décidera? Je souhaite que ce soit les dirigeants
politiques. Je veux pouvoir leur faire confiance.
23:96
Aboriginal Peoples
1-10-2012
I want the onus to be on our leadership, because our
traditional form of governance in the Metis nation was
grassroots. The people made the decisions and the power went
up from the people. It was not tipped on its head and having
leadership force decisions on grassroots people.
J’aimerais que cette responsabilité revienne à nos dirigeants
politiques, car traditionnellement, la nation métisse reposait sur
une forme de gouvernance populaire, c’est-à-dire que les citoyens
prenaient les décisions et les dirigeants s’exécutaient, et non le
contraire.
Following our historic governance system I think would be the
best way for it to happen. I might have rose-coloured glasses on
here, but I am prepared to acknowledge that. Thank you.
Je crois que cette forme de gouvernance constitue la meilleure
solution. Je rêve peut-être en couleurs, mais je suis prête à
l’admettre. Merci.
Valerie Arnault-Pelletier, Aboriginal Coordinator, College of
Medicine, University of Saskatchewan: I thank you for the
opportunity to present today. My remarks are specific to the
University of Saskatchewan College of Medicine and our
admissions process.
Valerie Arnault-Pelletier, coordonnatrice des Autochtones,
College of Medicine, Université de la Saskatchewan : Je tiens à
vous remercier pour cette occasion qui m’est offerte aujourd’hui.
Ma déclaration portera sur le College of Medicine de l’Université
de la Saskatchewan et son processus d’admission.
I want to start by introducing myself. My name is Val ArnaultPelletier. I am married into a strong Metis family, but I myself am
from Beardy’s Okemasis First Nation, my grandmother’s
community. My mother was from Waterhen First Nation, so I
have strong ties into Saskatchewan. When Marilyn said
something about marrying your cousin, like it does get a bit
worrisome.
Permettez-moi d’abord de me présenter. Mon nom est Val
Arnault-Pelletier. Mon conjoint est issu d’une famille métisse très
traditionnelle. Je suis membre de la bande Beardy’s et Okemasis et
ma mère était membre de la bande de Waterhen, alors j’ai des
liens étroits avec la Saskatchewan. Lorsque Marilyn parle de
mariage entre cousins, c’est un peu préoccupant.
I am here today to present on the topic of Aboriginal identity,
and particularly Metis identity and our admissions process at the
University of Saskatchewan. Currently, we have ten equity seats
in the College of Medicine at the University of Saskatchewan, and
those seats are designated specifically for First Nations, Metis and
Inuit people. The seats are sanctioned by the Human Rights
Commission of Saskatchewan, and the applicants for our equity
seats must meet the same admissions requirements as any other
applicant to our College of Medicine. The only difference is that
our equity pool competes within itself. We have a responsibility
and obligation to ensure those seats are filled by applicants with
verifiable proof of ancestry as First Nations, Metis and Inuit
individuals.
Je viens vous parler aujourd’hui de l’identité autochtone, plus
particulièrement de l’identité métisse, et du processus d’admission
du College of Medicine de l’Université de la Saskatchewan.
Actuellement, la Commission des droits de la personne de la
Saskatchewan autorise l’établissement à réserver dix places à des
candidats métis, inuits ou issus des Premières nations. Ceux-ci
doivent satisfaire aux mêmes conditions d’admission que les
candidats non autochtones, sauf qu’ils se font concurrence entre
eux pour les places réservées. Il nous incombe de nous assurer que
les candidats retenus ont des origines métisses ou inuites
vérifiables ou qu’ils ont une ascendance autochtone.
To this date we have not had applicants that I am aware of —
and I have been working at the university for almost 20 years —
who self-identified as Inuit. And I am talking about the College of
Medicine. Our First Nations applicants with treaty or status cards
have really not presented an issue at this point in time in terms of
accessing our seats. It is been fairly clear, I think, although one
could maybe argue that point. The applicant pool though that we
have encountered concerns with most recently are the selfidentified Metis applicants.
Je travaille à l’université depuis près de 20 ans et, à ce jour,
nous n’avons eu, à ma connaissance, aucun candidat inuit déclaré.
Et je ne parle ici que du College of Medicine. Les candidats des
Premières nations déclarés et détenteurs d’un certificat de statut
d’Indien n’ont eu aucune difficulté jusqu’à maintenant à obtenir
des places réservées. Cette tendance est claire, quoique certains
pourraient en débattre. Les candidats qui nous inquiètent
dernièrement, ce sont les Métis déclarés.
At the College of Medicine we have historically not placed any
parameters around how we accept Metis applicants to our college,
nor have we had any restrictions on what is acceptable proof in
terms of Metis applicants. We have accepted cards from various
locals, Métis Nation - Saskatchewan, letters, genealogy charts and
other Metis cards from across Canada. This past admission cycle,
we flagged a couple of applications that were questioned by our
admissions team, which includes our admissions director, our
admissions coordinator and me.
Le College of Medicine n’a jamais établi de paramètres
d’admission pour les Métis, ni imposé de restrictions quant aux
preuves d’ascendance métisse requises. Nous avons accepté des
cartes de groupes locaux et de la Métis Nation de la
Saskatchewan, ainsi que des lettres, des arbres généalogiques et
des cartes de membre du peuple métis de partout au pays. Lors du
dernier cycle d’admission, quelques demandes ont retenu
l’attention du comité d’étude des demandes d’admission,
composé du directeur, du coordonnateur des admissions et de
moi.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:97
The applicants to our college provided cards that were issued
by organizations that could also issue membership or affiliate
cards. These cards could be purchased for a cost for anyone who
wished to belong to their organization. So you would not have to
be an Aboriginal person to get one of these cards.
Des candidats ont fourni des cartes de membre ou de membre
affilié délivrées par des organisations autorisées. Toute personne
voulant appartenir à ces organisations pouvait se procurer une de
ces cartes, moyennant une certaine somme, sans pour autant être
Autochtone.
Most notable was the language on one of the websites of one of
the organizations of one of these cards that we flagged that stated
they could issue Aboriginal status cards. I am not sure what that
is, but apparently it is a recognized card. Members receiving these
Aboriginal status cards were identified as being from a Metis
tribe, using terminology like ‘‘feather,’’ ‘‘painted’’ and ‘‘tribe.’’
Une de ces organisations se distinguait des autres par le libellé
de son site web, soit qu’elle pouvait délivrer des certificats de
statut d’Indien. J’ignore ce que c’est, mais il semble que ce soit un
certificat officiel. Les détenteurs sont identifiés comme étant
membres d’une bande métisse. On utilise notamment les mots
« plume », « peints » et « tribu ».
To this date, I have not been able to determine if this is an
actual tribal group or an actual Metis community. It concerns me
greatly that we have potentially individuals who are taking
advantage of our equity seats for their own purposes. They have
not indicated any intention of reciprocity or pay it forward, as our
admissions director so eloquently states, to the Aboriginal
community.
Jusqu’à présent, je n’ai pas réussi à confirmer qu’il s’agit d’une
vraie bande ou collectivité métisse. Je m’inquiète beaucoup de
voir que des gens pourraient utiliser nos places réservées pour
favoriser leurs propres intérêts, sans manifester la moindre
intention de dédommager la collectivité autochtone ou de
donner au suivant, comme le dit si bien notre directeur des
admissions.
I think in the Western provinces and I think right across
Canada, our Aboriginal communities are very cognizant of
Aboriginal identity, kinship ties, and familial roots.
Je crois que, dans les provinces de l’Ouest et ailleurs au pays,
les collectivités autochtones s’intéressent beaucoup à l’identité
autochtone, aux liens familiaux et aux origines familiales.
When the files of these Metis applicants were flagged by our
admissions team, we began to take a closer look at the cards
issued by the organizations formed outside of the Métis National
Council and its provincial counterparts and locals. The
organizations identified, again I stress, each had the purview to
issue affiliate membership cards. As far as I can determine, again,
these could be approved for anyone wishing to be a member of
those particular Metis organizations. These cards could
potentially be used for purposes of entering post-secondary,
other training education institutions; accessing scholarships,
bursaries and tuition dollars designated specifically for Metis
people.
Après avoir remarqué ces demandes d’admission de Métis, le
comité a analysé de plus près les certificats délivrés par ces
organisations non représentées par le Ralliement national des
Métis ou ses équivalents provinciaux ou locaux. Je le répète, ces
organisations étaient autorisées à délivrer des certificats et
n’importe qui voulant appartenir à ces organisations métisses
pouvait en obtenir un. Les détenteurs peuvent ensuite les utiliser
pour s’inscrire à des études postsecondaires ou à des cours et pour
obtenir des bourses d’études et des crédits pour frais de scolarité.
At our college, because we accept out-of-province Metis
students, this presents an issue because we do not really have a
way of verifying their background and genealogy, particularly the
two applicants that I mentioned earlier. One of the individuals
indicated the roots of his family tree had a great-grandmother
from a tribal group in the Northeastern United States, and one of
his parents was a health professional from another country. I am
still unclear as to how this translates into the ability to obtain a
Metis card.
Puisque notre établissement accepte des étudiants métis des
autres provinces, cela nous pose problème, car nous n’avons
aucun moyen de vérifier leurs antécédents et leur généalogie,
notamment dans le cas des deux candidats que j’ai évoqués. L’un
d’eux a indiqué qu’une de ses arrière-grands-mères était membre
d’une tribu venant du nord-est des États-Unis et qu’un de ses
parents était un professionnel de la santé et originaire d’un autre
pays. J’ignore encore comment cela lui a permis d’obtenir ce
certificat.
As part of our consultation process, we contacted the
Aboriginal Student Center, the U of S Registrar, Métis Nation
- Saskatchewan, Métis National Council, the Human Rights
Commission, the education and equity consultant for the
province, Student Enrollment Services and our own U. of S.
legal counsel. As a result of many meetings, phone calls, emails
and discussions, we crafted a new policy for our website that reads
as follows:
Dans le cadre de notre processus de consultation, nous avons
communiqué avec le centre pour étudiants autochtones, le
registraire de l’Université de la Saskatchewan, la Métis Nation
de la Saskatchewan, le Ralliement national des Métis, la
Commission des droits de la personne, le conseiller pédagogique
et en équité de la province, les services d’inscription des étudiants
et l’avocat de l’Université de la Saskatchewan. À la suite de bon
nombre de réunions, d’appels téléphoniques, de courriels et de
discussions, nous avons rédigé une nouvelle politique que nous
avons publiée sur notre site web. Elle dit ceci :
23:98
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Applicants will be required to identify themselves on the
application for admission to be eligible to compete within
the Aboriginal Equity Program.
Les candidats devront déclarer leur appartenance à un
groupe autochtone sur leur demande d’admission afin d’être
admissibles au Programme des places réservées aux
Autochtones.
Acceptable proofs of ancestry include: Status or Treaty
Card, Métis Membership card, Nunavut Trust Service Card,
or Inuit role number. The College of Medicine, University of
Saskatchewan, will ONLY recognize Metis cards from the
provincial counterparts of the Métis National Council.
Les preuves généalogiques acceptables sont : un certificat de
statut d’Indien, un certificat de statut de Métis, une carte de
la Fiducie du Nunavut ou un numéro d’enregistrement inuit.
Le College of Medicine de l’Université de la Saskatchewan
reconnaîtra UNIQUEMENT les certificats de statut de
Métis reconnus délivrés par les organismes provinciaux
représentés par le Ralliement national des Métis.
Genealogies may be requested and the decisions of the
Admissions Committee are final.
Les candidats pourraient devoir prouver leur ascendance, et
les décisions rendues par Comité d’étude des demandes
d’admission sont finales.
The Chair: Here, here.
Le président : Bravo!
Ms. Arnault-Pelletier: This has been sanctioned in writing by
the Human Rights Commission which designates our equity seats.
Mme Arnault-Pelletier : Cette politique a été approuvée par la
Commission des droits de la personne de la Saskatchewan qui
approuve nos places réservées.
We hope by placing a more stringent process in place, we will
capture the students our community’s identity as truly Metis to
ensure the integrity of our equity seats. I find it inexcusable when
we have applicants that are using our equity programs to further
their own personal interests.
Nous espérons que ce processus plus rigoureux nous permettra
de décerner nos places réservées à de vrais Métis et d’assurer
l’intégrité du programme. Il est inexcusable que des candidats
puissent profiter des places réservées pour favoriser leurs propres
intérêts.
We must work together to ensure our equity programs are all
striving for an impartial process that ensures that recognized
Metis people have fair access to education and jobs. We are
accountable to our communities, families and elders.
Nous devons collaborer afin de nous assurer que le processus
d’admission de notre programme de places réservées demeure
neutre de façon à ce que les Métis aient un accès équitable à
l’éducation et au marché du travail. Nous avons une
responsabilité envers nos collectivités, nos familles et nos aînés.
In February of 2011, the Minister of Indian Affairs tried to
take the lead on defining Metis. I came across an article when I
was doing a bit of research in this area. It became clear that this
was a contentious issue, as Metis leaders were outraged at the
government trying to take leadership on this important issue. So
as I read this article, it led me to think of some questions. Who is
monitoring the Government of Canada website that recognizes
individuals or groups that are issuing Metis cards? Can this fall
under the purview of the Métis National Council, an already
established and recognized council for Canada? Are the
individuals or individual in charge of this portfolio aware of the
importance of genealogy, lineage, historic Metis homeland and
the distinct group the Metis are? Are the Metis people not the
ones who should be able to determine membership?
En février 2011, le ministre des Affaires indiennes a tenté de
prendre les devants afin de définir le statut de Métis. Dans le
cadre de mes recherches sur la question, j’ai découvert un
article qui démontrait clairement que les leaders métis étaient
outrés de cette initiative du gouvernement. En lisant l’article, je
me suis posé les questions suivantes : qui surveille le site web du
gouvernement du Canada, celui qui reconnaît la validité des
particuliers ou des groupes qui délivrent les certificats du statut de
Métis? Cette responsabilité ne devrait-elle pas revenir au
Ralliement national des Métis, un organisme reconnu au pays?
Les gens responsables ne réalisent-ils pas l’importance de la
généalogie et de la lignée des Métis, des terres métisses historiques
et du caractère distinct des Métis? La responsabilité de définir le
statut de Métis ne devrait-elle pas revenir au peuple métis?
One last thought I will leave with you is that, at the College of
Medicine, we are exploring the idea of also forming a community
panel to discuss with our Aboriginal applicants their connection
to community, their interests or thoughts about culture and the
history of Aboriginal people in Saskatchewan and Canada. It is a
work in progress. We do not have all the answers, but we are
J’aimerais mentionner une dernière chose. Le College of
Medicine étudie la possibilité de mettre sur pied un groupe
d’experts formé de membres de la collectivité autochtone qui
aurait pour mandat de discuter avec les candidats autochtones
afin de connaître leur lien avec la collectivité, leurs préférences et
leur opinion sur la culture et l’histoire des peuples autochtones de
1-10-2012
Peuples autochtones
striving to ensure a fairer process for our applicants in terms of
our equity seats. We welcome thoughts and ideas from you and
from the Metis community.
Thank you.
23:99
la Saskatchewan et du reste du pays. Ce projet est en cours. Nous
n’avons pas réponse à tout, mais nous voulons un processus
équitable pour les candidats à nos places réservées. Nous vous
remercions, la collectivité métisse et nous, pour votre contribution
dans ce dossier.
Merci.
The Chair: Colleagues, many people have been asking, why we
are doing this? If there is one reason, there is a good one right
here. I think this reinforces the need to do something in this area.
Le président : Chers collègues, bon nombre de personnes se
demandent pourquoi nous menons cette étude. Voilà une bonne
raison. Cela vient confirmer le besoin d’agir dans ce dossier.
Senator Sibbeston: This is kind of a fundamental question, and
I will just ask Marilyn Poitras this: How significant is it that the
Metis are included as one of the Aboriginal peoples in the
Constitution? Is it just a matter of time before the courts
eventually make decisions and basically force the federal
government to recognize Metis under section 91.24?
Le sénateur Sibbeston : J’aurais une question fondamentale à
poser et je vais l’adresser à Marilyn Poitras : À quel point est-ce
important que les Métis figurent à la liste des peuples autochtones
dans la Constitution? Est-ce simplement une question de temps
avant que les tribunaux n’obligent le gouvernement fédéral à
reconnaître les Métis en vertu de l’article 91.24?
Ms. Poitras: I think that the courts have been very reluctant to
do that. I would be very surprised to see that. If you look at the
Royal Commission on Aboriginal People, there are definitely
seeds of that thinking being planted in that commission.
Mme Poitras : Les tribunaux hésitent beaucoup à prendre cette
décision. Je serais surprise qu’ils agissent ainsi. Il est clair que
l’idée germe au sein de la Commission royale sur les peuples
autochtones.
Metis people have had this history of not quite being Indian
and not quite being White, and so needing to have our own
identity and our own recognition. I think the political battle over
section 35 and how that would be included and the agreements
that came between the leadership of the Inuit, the First Nations
and the Metis at the time was a significant step forward for
Aboriginal people, because we are not one large homogenous
group in this country. I think that we are forced to be, in
situations like that. I think the best foot went forward in the
creation of section 35.
Les Métis ont toujours été considérés entre Indien et Blanc.
C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de notre propre
identité et devons être reconnus. Je crois que la modification de
l’article 35, ainsi que les accords conclus à l’époque entre les
Inuits, les Premières nations et les Métis constituent des étapes
importantes pour les Autochtones du pays, car nous ne formons
pas un groupe homogène. Mais dans des situations comme celleci, nous devons être considérés comme un seul groupe. Je crois
que la modification de l’article 35 a été la meilleure chose qui
puisse arriver.
I think politically within our own communities, there are
people who say, ‘‘I am not an Indian; I am a Metis.’’ There is a lot
of racism within our own communities about that. That is sad for
me. It is extremely significant that Metis are part of section 35.
Sur le plan politique, au sein de nos collectivités, certains se
disent Métis et non-Indiens. Cette forme de racisme est très
présente et ça me désole. Il est très important que les Métis soient
inclus dans le libellé de l’article 35.
I think it is a recognition of the historic reality of the
contributions that we have made and the future that we can offer.
Il s’agit, selon moi, de la reconnaissance de notre contribution
à l’histoire et à l’avenir du pays.
I was listening to Lisa Wilson’s presentation this morning and
thinking that Gabriel Dumont Institute is a fundamental
Aboriginal education institution that has a fabulous history and
very strong abilities to move forward. Why are not we talking
about things like that? Where are our celebrations around things
like that?
J’ai écouté la déclaration de Lisa Wilson ce matin. Je me suis
dit : « Ce Gabriel Dumont Institute est un établissement
d’enseignement autochtone essentiel qui jouit d’un passé riche et
qui possède un très bel avenir pour aider les Autochtones à
progresser. Pourquoi n’en parlons-nous pas? Nous ne célébrons
pas ce genre de réussite. »
I teach in the Native Law Program at the University of
Saskatchewan, where we have all Aboriginal students that want to
go into law. Over half of the students this summer of our 40-some
students want to get into politics. They want to have a voice for
Aboriginal people. Section 35 will always be the thing that we can
go to, to say we have to have a voice. If the courts move in that
direction, then the political leadership will have to, but I am not a
betting person.
Je suis enseignante dans le Programme de droit des
Autochtones, à l’Université de la Saskatchewan, auquel
participent les Autochtones qui désirent faire carrière dans le
droit. Cet été, la moitié des quelque 40 étudiants ont dit vouloir
devenir politiciens. Ils veulent défendre les intérêts des
Autochtones. On pourra toujours citer l’article 35 pour montrer
que nous sommes reconnus. Si les tribunaux s’en vont dans cette
direction, les politiciens devront suivre, mais je ne parierais pas làdessus.
23:100
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Senator Sibbeston: When I talk or think about the Metis being
included under 91.24, it would not necessarily be on the same
basis that the Indian First Nations are treated in Canada with
respect to reserves and so forth. It is much like the Inuit people in
the Arctic; they fall under section 91.24, but they were not placed
on reserves and they have a whole different history.
Le sénateur Sibbeston : La reconnaissance des Métis en vertu
de l’article 91.24 ne leur confèrerait pas nécessairement les mêmes
privilèges que les Premières nations, notamment en matière de
réserves. C’est un peu comme les Inuits dans l’Arctique : ils sont
reconnus en vertu de l’article 91.24, mais ils n’ont pas de réserve
et leur histoire est totalement différente.
I think they are in many ways the most fortunate of the
Aboriginal people in our country, because with the creation of
Nunavut, they have accomplished what every Aboriginal group
or indigenous groups in the world would like. They have selfgovernment; they have self-determination.
À mes yeux, il s’agit du peuple autochtone le plus chanceux au
pays, car avec la création du Nunavut, ils ont obtenu ce que
souhaitent tous les groupes autochtones ou indigènes du monde :
l’autonomie gouvernementale et l’autodétermination.
I have always been amazed that this can happen in Canada. In
that regard, it is a great country, without a spear being thrown or
an arrow shot from a bow between the Dene and the Inuit in the
North. So surely, in our country, as Metis rights are becoming
recognized and as the federal government is forced to take
responsibility for them, the things that the Metis ask for — land,
not on the same basis as reserves, but financial resources; benefits
from resource development; education and so forth — can be
achieved differently, in the Metis style. I think that is possible.
Le Canada est un pays merveilleux. C’est extraordinaire que le
Nunavut ait été créé sans qu’il y ait de conflit entre les Dénés et les
Inuits du Nord. Maintenant que les droits des Métis sont de plus
en plus reconnus et que le gouvernement est tenu d’assumer ses
responsabilités face à ce peuple, les Métis devraient pouvoir
obtenir ce qu’ils demandent, notamment des terres, pas en tant
que réserves, mais bien en tant que ressources financières, les
retombées de la mise en valeur des ressources et des possibilités en
matière d’éducation. Je crois que c’est possible.
That is what I think we should be looking forward to and
dealing with, because the Metis are different; they are
independent. If they were given opportunities, they would
absolutely flourish as a people because they have the basis; they
have the independence, culture, pride and determination to
succeed in our Canadian society.
Selon moi, c’est ce sur quoi nous devrions nous concentrer, car
les Métis sont différents. Ils sont indépendants. Si on leur en
donnait la possibilité, ils s’épanouiraient, car ils ont ce qu’il faut.
Ce peuple indépendant a la culture, la fierté et la détermination
nécessaires pour réussir dans la société canadienne d’aujourd’hui.
I look at it that way. It just means at some point, somebody in
the federal government — I do not think it would ever be the
provincial government — has to take responsibility for them and
give them the resources and opportunities to succeed. I think that
is what we look forward to, and that is the hope, I think, of the
Metis people in our country. Do you want to comment on that?
C’est mon opinion. À un certain moment, quelqu’un au sein du
gouvernement fédéral — je ne crois pas que cela soit possible au
niveau provincial — devra assumer cette responsabilité et donner
aux Métis les ressources et les possibilités nécessaires pour
s’épanouir. Je crois que c’est ce que nous attendons avec intérêt
et ce qu’attendent avec impatience les Métis du Canada. Auriezvous quelque chose à ajouter à ce sujet?
Ms. Poitras: I think that section 91.24 can be used in a way
that recognizes that there are differences. Look at the Inuit
situation: There are Inuit all over the North of Canada, and they
are certainly not the same people. They do have the ability to
create their own community membership. They have the ability to
deal with their internal issues in their own way.
Mme Poitras : Je crois que l’on pourrait faire en sorte pour que
l’article 91.24 reconnaisse qu’il existe des différences entre les
peuples autochtones. Prenons, par exemple, les Inuits : on les
retrouve partout dans le Nord du pays, mais ils sont tous
différents. Cependant, ils peuvent maintenant définir les
caractéristiques de leur peuple et régler leurs problèmes à leur
façon.
When I travel and work all over the world, I use Nunavut as
the example of Aboriginal self-government in our country.
Dans mes déplacements à l’étranger, j’utilise le Nunavut à titre
d’exemple d’un peuple autochtone qui jouit de l’autonomie
gouvernementale.
I agree absolutely with what you have said. There would be
space for that. That would be a great thing.
Je suis tout à fait d’accord avec vous. Cette possibilité existe et
ce serait merveilleux si cela pouvait se réaliser.
Senator Dyck: We have heard a lot over the last little while
about education and employment, and how important that is for
the advancement of Aboriginal people and the Metis people in
specific.
Le sénateur Dyck : Nous avons beaucoup entendu parler
dernièrement de l’éducation et de l’emploi, et de l’importance de
ces deux éléments pour l’avenir des peuples autochtones,
notamment les Métis.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:101
Ms. Arnault-Pelletier brought up the human rights aspect of it
and the equity issue. As we progress, those equity issues, those
equity seats are going to get bigger and bigger. The question of
identity and who those seats are reserved for is going to get bigger
and more important.
Mme Arnault-Pelletier a parlé des droits de la personne et de
l’équité. Au fur et à mesure que ce dossier progressera, la question
de l’équité, de l’identité métisse et des places réservées deviendra
de plus en plus importante.
Your presentation was strictly to do with the College of
Medicine. What about the rest of the university? Do other
colleges, like the College of Law, have equity seats? Do you have a
definition? What about the College of Arts and Sciences? What
about the university as a whole? What about universities and
colleges across Canada? Has anyone looked at that? I know you
have.
Votre exposé porte exclusivement sur le College of Medicine.
Qu’en est-il du reste de l’université? D’autres collèges, comme le
College of Law, ont-ils une représentation équitable? Avez-vous
une définition? Qu’en est-il du College of Arts and Sciences, de
l’université en général et des universités et des collèges partout au
Canada? Quelqu’un s’est-il penché sur la question. Je suis sûre que
oui.
Ms. Arnault-Pelletier: I have actually brought it to the senior
people at the university, our registrar’s office. Right now we are
crafting a new policy that we are hoping other colleges will accept,
and we will be challenging other colleges to take a look at how
they are accepting Aboriginal students into those equity seats.
Mme Arnault-Pelletier : En fait, j’en ai parlé à la direction de
l’université et au registrariat. Nous espérons que d’autres collèges
vont accepter la nouvelle politique que nous élaborons
présentement. Nous allons les mettre au défi d’examiner leur
méthode d’acceptation des étudiants autochtones pour obtenir
une représentation équitable.
One other thing I did not mention is, on the Government of
Canada website, this particular group that is issuing these affiliate
membership cards is recognized on our Government of Canada
website.
Par ailleurs, je n’ai pas souligné que le site Internet du
gouvernement du Canada reconnaît le groupe qui délivre des
cartes de membre affilié.
Senator Raine: Could you tell us who the group is?
Le sénateur Raine : Pouvez-vous nous dire quel est ce groupe?
Ms. Arnault-Pelletier: It is the Ontario Métis Family Records
Centre. If you take a look at the language on their website, I
believe it is a husband-and-wife team who is issuing the
membership cards.
Mme Arnault-Pelletier : C’est l’Ontario Métis Family Records
Centre. Si je ne me trompe pas, son site Internet précise qu’une
équipe formée d’un mari et de sa femme délivre les cartes de
membre.
The Chair: Are you surprised that the federal government
would make a mistake?
Le président : Êtes-vous surprise que le gouvernement fédéral
puisse commettre une erreur?
Ms. Arnault-Pelletier: I am very surprised that they are
recognized.
Mme Arnault-Pelletier : Je suis très surprise que le groupe soit
reconnu.
The Chair: Hello?
Le président : Pardon?
Ms. Arnault-Pelletier: I do not know if we are going to be
legally challenged around this because —
Mme Arnault-Pelletier : Je ne sais pas si ce sera contesté devant
les tribunaux, parce que...
Senator Dyck: So you would make the recommendation that
we look into that, I would guess?
Le sénateur Dyck : Vous nous recommandez d’examiner la
question, je présume?
Ms. Arnault-Pelletier: That was my recommendation.
Mme Arnault-Pelletier : En effet.
Senator Dyck: Yes.
Le sénateur Dyck : Oui.
Ms. Arnault-Pelletier: That is why I asked the question: Who is
monitoring the Government of Canada website?
Senator Dyck: We will.
Mme Arnault-Pelletier : C’est pourquoi j’ai demandé qui
surveillait le site Internet du gouvernement du Canada.
Le sénateur Dyck : Nous le ferons.
Ms. Arnault-Pelletier: Who is recognizing these institutions
and organizations?
Mme Arnault-Pelletier : Qui reconnaît les établissements et les
organisations?
The Chair: Senator Dyck is like a little pit bull. She will just
grab it and just shake it to death.
Le président : Le sénateur Dyck est comme un petit pitbull. Elle
va vider la question et n’en démordra pas.
Ms. Arnault-Pelletier: It creates a lot of issues for education
institutions, in particular because I do not think a lot of people
know about this.
Mme Arnault-Pelletier : Ça cause beaucoup de problèmes aux
établissements d’enseignement, surtout parce que peu de gens sont
au courant, à mon avis.
23:102
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Ms. Poitras: It is happening at the College of Law as well. I sit
on the admissions committee for the College of Law. This was my
first year on the committee. We had a large number of Aboriginal
applicants. They said to me, ‘‘How do we know these people are
Aboriginal? This guy is saying he is Aboriginal.’’ I said, ‘‘Let us
get some information from him. We would like a letter speaking
to his ancestry. We would like to understand the community that
he has come from. Is there anybody in the community that could
write letters back?’’ They were like, ‘‘Whoa, what do you mean?
We need all that?’’ The university is very much silos. We have all
got our own independent ways of assessing things, and we do not
play very well together in terms of sharing power over things like
that. That is definitely something that is going to have to happen.
Mme Poitras : C’est aussi ce qui se passe au College of Law. Je
siège à son comité d’admission depuis un an. Bon nombre de
personnes qui se disent Autochtones ont présenté une demande.
Les membres du comité m’ont demandé comment on pouvait
savoir s’ils étaient Autochtones. J’ai répondu qu’il fallait
demander à ces personnes de nous envoyer un document qui
porte sur leurs ancêtres. Nous voulons comprendre de quelles
communautés ils proviennent. Quelqu’un de leurs communautés
peut-il nous répondre par écrit? On m’a demandé s’il fallait bel et
bien exiger toutes ces preuves. L’université fonctionne pas mal en
vase clos. Nous avons tous nos méthodes indépendantes
d’évaluation des demandes et nous avons de la difficulté à
collaborer et à partager les pouvoirs à ce chapitre. C’est clair qu’il
faut renforcer la collaboration.
It is a bigger issue than you realize, because the University of
Saskatchewan asks that Metis students have Metis cards. If you
are from Saskatchewan, you need a Metis card to get into the
College of Medicine. The Metis Nation of Saskatchewan has
currently run out of money, so they have shut their registry down.
Those who do not have their card cannot register and they are
stuck. It has happened many times already.
Le problème est plus important qu’il n’y paraît, car l’Université
de Saskatchewan demande aux étudiants métis d’avoir une carte
qui prouve leur identité. Si on vient de la Saskatchewan, on doit
posséder une carte de Métis pour entrer au College of Medicine.
Étant donné que la Métis Nation of Saskatchewan n’a plus
d’argent à l’heure actuelle, elle ne s’occupe plus de
l’enregistrement. Ceux qui n’ont pas de carte sont laissés pour
compte. C’est déjà arrivé à de nombreuses reprises.
There are many problems with that. Somebody from another
province applying as an Aboriginal person who does not have a
registry might have better access than our own people in the
Province of Saskatchewan because we did not have enough
money to put you in the registry. It is complicated.
Cela entraîne bien des problèmes. Une personne d’une autre
province qui présente une demande en tant qu’Autochtone sans
être enregistrée pourrait avoir un meilleur accès que les Métis de
la Saskatchewan, parce que nous n’avons pas assez d’argent pour
les enregistrer. C’est un problème complexe.
Ms. Arnault-Pelletier: In Saskatchewan, we are fortunate in
that many of us know each other and we understand the kinship
ties. At least we understand the relationships. You can usually get
a genealogy letter from the community.
Mme Arnault-Pelletier : En Saskatchewan, nous sommes
heureusement nombreux à nous connaître et nous comprenons
les liens de parenté. Au moins, nous comprenons ces relations. En
général, la communauté peut fournir un document qui authentifie
la généalogie.
Senator Raine: Thank you both very much. We really
appreciate what you have brought to our study.
Le sénateur Raine : Merci beaucoup à vous deux. Nous
sommes très reconnaissants de ce que vous apportez à notre
étude.
Ms. Arnault-Pelletier, would you mind sending us any
documentation you have on crafting this new policy? That
would be very helpful for the committee. I think you can do a
better job defining it than we can. Could you share that with us?
Madame Arnault-Pelletier, pouvez-vous nous envoyer votre
documentation sur l’élaboration de la nouvelle politique? Ce
serait très utile pour nous. Je pense que vous pouvez définir la
représentation équitable mieux que nous. Pouvez-vous nous
fournir vos documents?
Ms. Arnault-Pelletier: Yes, we certainly can. It is already
crafted, and we already have our letter from the Saskatchewan
Human Rights Commission. It is already on our website.
Mme Arnault-Pelletier : Oui, nous pouvons faire ça. La
politique est déjà élaborée, et nous avons déjà l’appui de la
Commission des droits de la personne de la Saskatchewan. La
politique figure déjà sur notre site Internet.
Senator Raine: Now what you want to do is share this with
other organizations?
Le sénateur Raine : Vous voulez maintenant faire connaître
cette politique à d’autres organisations?
Ms. Arnault-Pelletier: Yes.
Mme Arnault-Pelletier : Oui.
Senator Raine: That would help us.
Le sénateur Raine : Vos documents nous aideraient.
1-10-2012
Peuples autochtones
Ms. Arnault-Pelletier: I will be attending a national meeting in
Vancouver with the other Aboriginal coordinators from the
schools of medicine from across Canada. I fully intend to bring
this matter to their attention, and to have a good discussion at
that table.
Senator Raine: Great, thank you.
23:103
Mme Arnault-Pelletier : Je vais participer à une réunion
nationale à Vancouver avec d’autres coordonnateurs
autochtones issus des écoles de médecine de partout au Canada.
J’ai bien l’intention de discuter en détail de cette politique avec
eux.
Le sénateur Raine : Très bien, merci.
The Chair: I have one more question in regard to the
homeland. You talked about the homeland being bigger than
this, that or the other thing. However, if you look at the
chronology of events — 1816, Cuthbert Grant at Seven Oaks,
Louis Riel in 1869-1870, then the war of 1884 at Batoche — there
was a distinct community and a language.
Le président : J’ai une autre question. Vous avez dit que la
région était plus vaste. Mais la chronologie des événements liés à
Cuthbert Grant et à Seven Oaks en 1816, à Louis Riel en 18691870 et à la guerre de 1884 à Batoche indique que la communauté
et la langue étaient distinctes.
I use the analogy: If you are from France, you come from this
area in Europe; you speak a language, and regardless of where
you go, you are French. Now, there could be Metis all over the
place.
Par analogie, si on vient de France, en Europe, et qu’on parle
français, on est Français peu importe où l’on va. Les Métis
pourraient se trouver un peu partout.
Do you not think that a homeland, the homeland of where Riel
and Grant and the various other leaders of the Metis movement
originated and formed government — the Manitoba Act of 1870
— do you not think that that defines an actual homeland and
basis of where these people came from?
Ne pensez-vous pas que la région où Louis Riel, Grant et
divers autres chefs ont lancé le mouvement métis et formé un
gouvernement en vertu de la Loi de 1870 sur le Manitoba définit
la région actuelle d’où viennent les Métis?
Ms. Poitras: I am very torn over that issue because I personally
have no problem going to Batoche and finding my ancestors
buried in the graveyard there. For me, it is not a question about
whether I am or not. My worry is for the people who did not have
that connection, people from other places in Canada who were
suffering in the same way that we were here in Saskatchewan, but
were not able to come together and organize politically that way.
So am I the person in my generation to be able to say, ‘‘You do
not qualify as a Metis person because of that.’’ Or they moved
away because of family, and they live in St. Louis, Missouri now,
so their ancestry is easier to trace through the mother, who has
lived in Quebec all her life?
Mme Poitras : Cette question me tourmente beaucoup, parce
que personnellement, je n’ai pas de mal à trouver mes ancêtres
enterrés au cimetière de Batoche. Je ne me demande pas si je suis
Métis. Ce qui me préoccupe, c’est les gens qui n’avaient pas de
lien, qui venaient d’ailleurs au Canada et qui ont souffert comme
nous en Saskatchewan, mais qui n’étaient pas en mesure de
s’organiser sur le plan politique. Donc, puis-je être la personne de
ma génération qui établit qu’une autre n’est pas Métis en raison
de son éloignement? Qu’en est-il des gens qui ont déménagé pour
des raisons familiales, qui vivent maintenant à St-Louis, au
Missouri, et dont les ancêtres sont plus faciles à retracer, parce
que la mère a toujours vécu au Québec?
I think it is too loaded. I think as Aboriginal people we are so
interested in cutting off the definition of who we are and not
assimilating people into our culture and our life.
Je pense que la question est très chargée. En tant
qu’Autochtones, nous voulons tellement trouver une définition
claire de qui nous sommes et qui évite d’assimiler les gens à notre
culture et à notre vie.
The Chair: Assimilation is what Val Arnault-Pelletier spoke
about here. If you try this major assimilation with no controls;
then you have no control. There has to be a definition.
Le président : Mme Arnault-Pelletier a parlé d’assimilation. On
ne peut pas assimiler beaucoup de gens sans établir des balises. Il
faut trouver une définition.
Ms. Poitras: Yes, I agree.
Mme Poitras : Oui, je suis d’accord.
The Chair: It has to be defined. If you cannot define it, it is like
a monster with two heads. I would like you to think about it.
Le président : Il faut établir une définition, sinon c’est comme
un monstre à deux têtes. J’aimerais que vous y songiez.
If either one of you can add anything to this study by way of
sending us correspondence, or if something comes up, get a hold
of our clerk, Marcy Zlotnick. You may want to come to Ottawa
to give further evidence if you think of something that would
relate and help make this report as effective and as relative as
possible to the subject of the Metis in Canada.
Si vous pouvez nous envoyer des documents ou que vous avez
d’autres commentaires qui vont nous aider dans cette étude,
veuillez prendre contact avec la greffière, Marcy Zlotnick. Vous
pourriez témoigner de nouveau à Ottawa sur les Métis au Canada
si ça nous permettait selon vous de soumettre un meilleur rapport.
Ms. Poitras: Thank you for your time.
Mme Poitras : Merci de votre temps.
23:104
Aboriginal Peoples
The Chair: Thank you very much for your presentation and
your answers.
(The committee adjourned.)
1-10-2012
Le président : Merci beaucoup de votre exposé et de vos
réponses.
(La séance est levée.)
EDMONTON, Friday, September 28, 2012
EDMONTON, le vendredi 28 septembre 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9 a.m. to examine and report on the legal and political
recognition of Metis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 heures, pour examiner, en vue d’en faire
rapport, la reconnaissance juridique et politique de l’identité des
Métis du Canada.
Senator Gerry St. Germain (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Gerry St. Germain (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good morning. I would like to welcome all
honourable senators and members of the public who are
watching this meeting of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples; they could be watching on CPAC or they
could quite possibly be with us here today.
Le président : Bonjour et bienvenue à tous les honorables
sénateurs et à ceux qui suivent cette séance du Comité sénatorial
permanent des peuples autochtones sur la chaîne CPAC ou qui
sont ici présents aujourd’hui.
I am Gerry St. Germain from British Columbia, originally
from the province of Manitoba, and I have the honour of chairing
this committee. We are very happy to embark on a series of
hearings and fact finding that takes us out of Ottawa to meet with
Canadians from Manitoba, Saskatchewan, Alberta, British
Columbia and the Northwest Territories. We are travelling as
part of a study on Metis identity, and we are very impressed with
the amount of engagement in the Metis community and
appreciative of your efforts to attend to testify before us today.
Je m’appelle Gerry St. Germain, je viens de la ColombieBritannique et je suis né au Manitoba. J’ai l’honneur de présider
ce comité. Nous sommes très heureux de tenir à l’extérieur
d’Ottawa une série d’audiences pour établir les faits et de
rencontrer des Canadiens au Manitoba, en Saskatchewan, en
Alberta, en Colombie-Britannique et dans les Territoires du
Nord-Ouest. Dans le cadre de notre voyage et de notre étude sur
l’identité des Métis, nous sommes très impressionnés par
l’engagement marqué des Métis et nous les remercions de leurs
efforts pour témoigner devant nous aujourd’hui.
The mandate of this committee is to examine legislation
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada generally,
and today we will continue to explore Metis issues, particularly
those relating to the evolving legal and political recognition of the
collective identity and the rights of Metis in Canada.
Le mandat du comité consiste à examiner les questions
législatives qui concernent les peuples autochtones du Canada
en général. Nous poursuivons aujourd’hui notre étude des
questions relatives aux Métis, surtout en ce qui a trait à la
reconnaissance juridique et politique en évolution de l’identité
collective et des droits des Métis au Canada.
Members of the committee who are present today, on my right,
are Senator Salma Ataullahjan from Ontario and Senator Dyck
from Saskatchewan, and, on my left, Senator Greene Raine from
British Columbia and Senator Sibbeston from the Northwest
Territories. Senator Dyck is also the deputy chair of our
committee.
Les membres du comité présents aujourd’hui sont, à ma droite,
le sénateur Salma Ataullahjan, de l’Ontario, et le sénateur Dyck,
de la Saskatchewan, et, à ma gauche, le sénateur Greene Raine, de
la Colombie-Britannique, et le sénateur Sibbeston, des Territoires
du Nord-Ouest. Le sénateur Dyck est aussi vice-président de
notre comité.
Members of the committee, before I do anything, I require a
motion to permit television coverage. Do I have a motion?
Senator Dyck? All those in favour? Opposed if any? Carried
unanimously.
Chers collègues, avant de commencer, il faut présenter une
motion pour permettre que la séance soit télévisée. Quelqu’un
peut-il déposer une motion? Le sénateur Dyck? Tous ceux qui
sont pour? Tous ceux qui sont contre? La motion est adoptée à
l’unanimité.
Please help me in welcoming our first panel of witnesses: from
the Métis Nation of Alberta, Aaron Barner, Senior Executive
Officer; and from Rupertsland Institute, Lorne Gladu, Chief
Executive Officer. Good morning and welcome.
Veuillez vous joindre à moi pour souhaiter la bienvenue à notre
premier groupe de témoins : Aaron Barner, fonctionnaire
supérieur de la direction, Métis Nation of Alberta; Lorne
Gladu, premier dirigeant, Rupertsland Institute. Bonjour et
bienvenue.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:105
Witnesses, we look forward to your presentation, which will be
followed by questions from senators as we proceed.
Messieurs les témoins, nous sommes impatients d’entendre vos
exposés, qui seront suivis de questions des sénateurs.
We are examining the identity, enumeration and registration of
Metis people tied in to their rights, the rights they have as a result
of section 35 of the Constitution, and have they got harvesting
rights. There are various questions.
Nous examinons l’identité, le recensement et l’enregistrement
des Métis en lien avec leurs droits qui résultent de l’article 35 de la
Constitution, ainsi que leurs droits éventuels d’exploiter les
ressources. Nous avons diverses questions.
I will start with you, Mr. Barner, if you are prepared to
proceed. I would urge you to be as concise as possible so that we
have time for questions from senators.
Nous allons commencer par vous, monsieur Barner, si vous
êtes prêt. Je vous invite à rester le plus bref possible pour que les
sénateurs aient le temps de poser des questions.
Aaron Barner, Senior Executive Officer, Métis Nation of
Alberta: Mr. Chair, honourable senators, I would like to thank
you for giving me the opportunity to present before you this
morning.
Aaron Barner, agent de la haute direction, Métis Nation of
Alberta : Monsieur le président, honorables sénateurs, je vous
remercie de me donner l’occasion de témoigner ce matin.
My name is Aaron Barner. As you mentioned, I am the senior
executive officer of the Métis Nation of Alberta, MNA. I am also
a proud Metis citizen of Alberta. I am pleased to have with me
Lorne Gladu from MNA affiliate Rupertsland Institute.
Je m’appelle Aaron Barner. Comme vous l’avez dit, je suis
fonctionnaire supérieur de la direction à la Métis Nation of
Alberta, la MNA. Je suis aussi un fier Métis de l’Alberta. J’ai le
plaisir d’être accompagné de Lorne Gladu, du Rupertsland
Institute, une organisation affiliée à la MNA.
I will begin by giving a little bit of history on the MNA. The
MNA was established 1928 and at that time was called the Métis
Association of Alberta. However, Metis were present in the area
now called Alberta by the late 18th century.
Tout d’abord, je vais parler un peu de l’histoire de la MNA. La
MNA a été fondée en 1928 et elle s’appelait alors la Métis
Association of Alberta. Toutefois, les Métis étaient présents dans
la région que nous appelons désormais l’Alberta à la fin du
XVIIIe siècle.
The province has a rich history of historical Metis
communities, such as Lac La Biche, St. Albert and St. Paul des
Metis. These are only a few. Today these communities are still in
existence and operate as modern-day municipalities. They are not
just specific to Metis any more.
L’Alberta compte de nombreuses communautés métisses
historiques, comme celles du lac La Biche, de St. Albert et de
St. Paul des Métis, pour n’en nommer que quelques-unes. Ces
communautés existent toujours aujourd’hui et elles fonctionnent
comme des municipalités modernes, où les Métis ne sont plus
seuls.
In 1938, the Métis Association of Alberta and the Government
of Alberta came together to establish a land base specifically for
Metis, a strategy undertaken at the time to alleviate Metis
poverty. Alberta is the only province in Canada where Metis have
a land base recognized under provincial legislation. There are
currently 8,000 Metis settlement members divided fairly
proportionately among the 18 Metis settlements in the province.
En 1938, la Métis Association of Alberta et le gouvernement de
l’Alberta ont établi ensemble un territoire propre aux Métis, une
stratégie visant à l’époque à les sortir de la pauvreté. L’Alberta est
la seule province au Canada où les Métis ont un territoire reconnu
en vertu de la loi provinciale. Il y a présentement 8 000 Métis
répartis de façon assez proportionnelle dans les 18 établissements
métis de la province.
According to Statistics Canada, the Metis population of
Alberta doubled between 1996 and 2006. In 2006, there were
85,000 Metis in the province, yet we believe there are well over
100,000 Metis in the province today.
Selon Statistique Canada, la population métisse de l’Alberta a
doublé entre 1996 et 2006. En 2006, on dénombrait 85 000 Métis
dans la province, mais nous croyons qu’il y a bien plus de
100 000 Métis de nos jours.
Generally speaking, Metis tend to reside in urban areas, again
back to 2006 Census data as this is the only census data we have
available. There are just under 30,000 in the city of Edmonton,
making up 55 per cent of Edmonton’s total Aboriginal
population.
En général, les Métis tendent à résider en ville, selon le
recensement de 2006, le dernier qui présente des données à ce
chapitre. Il y a un peu moins de 30 000 Métis à Edmonton, soit
55 p. 100 de sa population autochtone.
The 2006 Statistics Canada Aboriginal Peoples Survey also
told us that 56 per cent of the Metis living in the Edmonton area
have been diagnosed by a health care professional as having at
least one chronic health care condition.
Selon l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2006 menée
par Statistique Canada, les médecins ont diagnostiqué au moins
une maladie chronique chez 56 p. 100 des Métis de la région
d’Edmonton.
23:106
Aboriginal Peoples
1-10-2012
The MNA is the government of the Metis people in this
province. The MNA is governed by a 14-member provincial
council that is democratically elected by membership through a
province-wide ballot box election.
La MNA est le gouvernement des Métis dans la province et elle
est dirigée par les 14 membres du conseil provincial élus
démocratiquement par la communauté dans un scrutin provincial.
The 14 members of provincial council are made up of a
provincial president and vice-president as well as a president and
vice-president from each of the six MNA province-wide regions.
The MNA has a head office located in Edmonton, Alberta, as
well as six regional offices. The mandate of the Métis Nation of
Alberta is to be a representative voice on behalf of the Metis
people in Alberta, to provide Metis people an opportunity to
participate in government’s policy and decision-making process
and most importantly to promote and facilitate the advancement
of Metis people through the pursuit of self-reliance, selfdetermination and self-management.
Les 14 membres du conseil provincial sont le président et le
vice-président ainsi que les présidents et les vice-présidents venant
des six régions de la MNA. La MNA possède un siège social à
Edmonton, en Alberta, et six bureaux régionaux. Le mandat de la
Métis Nation of Alberta consiste à représenter les Métis de
l’Alberta, à leur donner l’occasion de participer à l’élaboration
des politiques et à la prise de décisions et, surtout, à promouvoir
et à faciliter l’avancement des Métis par la quête d’autonomie,
d’autodétermination et d’autogestion.
The MNA provincial council is accountable to the Metis
citizens through an annual general assembly. The general
assembly is the legislative authority of the Metis Nation and is
responsible for approving our financial statements, any proposed
changes to our bylaws and any other major policy enactments.
Le conseil provincial de la MNA rend des comptes aux Métis
durant l’assemblée générale annuelle. Cette dernière représente le
pouvoir législatif des Métis et elle doit approuver les états
financiers et les changements proposés aux règlements et
promulguer les grandes politiques.
The MNA has developed our own objectively verifiable system
of registering Metis citizens and currently has 45,000 individuals
on our membership list. In 2004, the MNA adopted the Métis
National Council’s definition of Metis, which is spelled out in our
bylaws and is consistent with the Powley decision in 2003.
La MNA a mis en œuvre son propre système vérifiable et
objectif d’enregistrement des Métis et elle a enregistré jusqu’à
présent 45 000 Métis. En 2004, la MNA a adopté la définition des
Métis établie par le Ralliement national des Métis. Cette
définition figure dans nos règlements et elle concorde avec la
décision Powley de 2003.
Since 2004, or post Powley, the MNA registry department has
issued over 22,000 registry numbers to Metis citizens and fielded
well over 100,000 registry-related inquiries.
Depuis 2004, ou depuis la décision Powley, la section de
l’enregistrement de la MNA a délivré plus de 22 000 numéros
d’enregistrement à des Métis et elle a traité bien plus de
100 000 demandes liées à l’enregistrement.
We also have two genealogists on staff and have set up our own
genealogy research centre at our head office to assist Metis
individuals with the registry process.
Nous avons également deux généalogistes dans notre personnel
et nous avons mis sur pied à notre siège social notre propre centre
de recherche en généalogie pour aider les Métis dans le processus
d’enregistrement.
The MNA delivers services to Metis in the province through a
number of wholly owned affiliates. Generally speaking, the MNA
incubates community programs until they are strong enough to
become standalone institutions.
La MNA fournit des services aux Métis de la province à l’aide
d’organisations affiliées qui lui appartiennent entièrement. En
général, la MNA s’occupe des programmes communautaires
jusqu’à ce que les organisations soient assez bien établies pour
devenir indépendantes.
Of course, all these institutions are wholly owned by the MNA
and report back to the MNA through MNA provincial council or
portfolios, annual general meetings as well as MNA regional or
provincial council representation on their governing boards.
Bien sûr, toutes ces organisations appartiennent entièrement à
la MNA. Elles lui rendent des comptes à l’aide du conseil
provincial, des sections, durant les réunions générales annuelles
ou par l’entremise des représentants des conseils régionaux ou
provincial qui siègent à leurs conseils d’administration.
I am not going to get into the mandate on education, training
and research, as Lorne Gladu is with us today and he can explain
that a little bit.
Je ne vais pas aborder le mandat d’éducation, de formation et
de recherche, car Lorne Gladu qui est ici présent aujourd’hui
pourra en parler un peu.
Under housing, the MNA delivers services through Métis
Urban Housing and its sister company, Metis Capital Housing.
We currently have a housing portfolio of approximately 850
homes across the province.
Concernant le logement, la MNA fournit des services à l’aide
de la Métis Urban Housing et de sa société sœur, la Métis Capital
Housing. Nous avons présentement environ 850 logements dans
la province.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:107
Most recently, our housing company has been recognized with
an international award for its latest housing project, the Boyle
Street Renaissance, which is a state-of-the-art 90-unit building
being constructed in downtown Edmonton for Aboriginal seniors
and the disabled.
Récemment, notre société de logement a reçu un prix
international pour son dernier projet, Boyle Street Renaissance,
un bâtiment dernier cri de 90 logements pour les aînés
autochtones et les personnes handicapées qui est en
construction au centre-ville d’Edmonton.
The MNA also provides commercial financing and business
supports to our lending institution, Apeetogosan. The MNA also
has a large 512-acre cultural site called Métis Crossing that hosts
annual cultural events, school tours, zip lining and has a
campground.
La MNA offre également un financement commercial et un
soutien opérationnel à son établissement de crédit, Apeetogosan.
Elle possède aussi le grand emplacement culturel de 512 acres
Métis Crossing, où se déroulent des activités culturelles, des visites
parascolaires et où se trouvent des parcours d’hébertisme et un
terrain de camping.
The MNA continues to uphold that Metis have the right to
harvest in the Province of Alberta. In 2004, on the heels of the
Powley decision, the Government of Alberta entered into an
interim harvesting agreement with the MNA that recognized the
Metis right to harvest on crown land throughout the province.
However, in 2007, the Government of Alberta rescinded this
agreement, and as such, the MNA has no option but to take our
position to the courts in our hunt for justice. The MNA feels that
the Government of Alberta has not meaningfully implemented the
Powley decision in Alberta. The Alberta Court of Appeal has now
set February 7 of next year to begin hearing arguments in the
Hirsekorn case. This will be our first opportunity for the Alberta
Court of Appeal to consider how the Powley decision should be
implemented in Alberta.
La MNA maintient que les Métis ont le droit d’exploiter les
ressources en Alberta. En 2004, après la décision Powley, le
gouvernement de l’Alberta et la MNA ont conclu une entente
provisoire qui permettait aux Métis d’exploiter les ressources des
terres domaniales dans la province. Toutefois, en 2007, le
gouvernement de l’Alberta a annulé l’entente, et la MNA devra
expliquer sa position devant les tribunaux pour obtenir justice.
Nous estimons que le gouvernement de l’Alberta n’a pas
véritablement mis en œuvre la décision Powley. La Cour d’appel
de l’Alberta a indiqué qu’elle allait commencer à entendre les
plaidoyers le 7 février 2013 dans l’affaire Hirsekorn. Ce sera la
première occasion pour elle d’examiner comment il faut appliquer
la décision Powley dans la province.
However, while this case builds off recent court decisions such
as Powley, Laviolette, Belhumeur and Goodon, our case is
different. It is not just about one or a few Metis harvesters. It is
about the harvesting rights of all Metis in the province.
Cependant, même si elle fait suite à des décisions récentes
comme les décisions Powley, Laviolette, Belhumeur et Goodon,
cette affaire est différente. Elle ne concerne pas seulement un seul
exploitant ou quelques exploitants métis, mais les droits
d’exploitation de tous les Métis de la province.
It is also different because we are not focusing on the region in
around where a harvester was charged. Our case is addressing the
broader issue of the Metis right to harvest on a province-wide
basis.
Cette affaire est aussi différente parce qu’il n’est pas seulement
question de la région où un exploitant a été mis à l’amende. Elle
porte sur la plus vaste question du droit des Métis d’exploiter les
ressources dans toute la province.
As you can see, the MNA as the government of the Metis
people remains committed to pushing for the Metis rights agenda
in this province. The MNA provincial council assumes an
important role and has a responsibility to its citizens not only
to protect but also to advance Metis rights. This notion and the
hunt for justice, as I previously mentioned, is based on direction
from MNA members at the 2007 annual general assembly to
defend Metis harvesters and to ensure that the right to harvest on
a province-wide basis is once again recognized in Alberta.
Comme vous pouvez le constater, la MNA en tant que
gouvernement des Métis reste déterminée à faire valoir les droits
des Métis de la province. Le conseil provincial de la MNA joue un
rôle important et il veille non seulement à protéger les droits des
Métis, mais aussi à les promouvoir. Notre quête de justice se
fonde sur l’orientation fournie par les Métis lors de l’assemblée
générale annuelle de 2007 qui vise à défendre les exploitants métis
et à garantir de nouveau les droits d’exploitation partout en
Alberta.
The Metis people of this province also face a similar situation
when it comes to the crown’s duty to consult and accommodate
Aboriginal people. The MNA agrees with the Supreme Court
assertion that the crown must act honourably and must consult
whenever a decision may impact an asserted Aboriginal right.
Les Métis de la province sont aux prises avec le même type de
problème pour ce qui est du devoir de l’État de consulter les
Autochtones et de répondre à leurs besoins. La MNA appuie
l’avis de la Cour suprême selon lequel l’État doit agir
honorablement et consulter les Autochtones si une décision peut
influencer leurs droits.
23:108
Aboriginal Peoples
1-10-2012
However, you happen to be in a province today where the
provincial government has largely ignored its duty to consult the
Metis. This is evident by the fact that the Government of Alberta
has a First Nations consultation policy but no Metis consultation
policy.
Cela dit, le gouvernement de l’Alberta ignore en grande partie
son devoir de consultation des Métis. À preuve, il a une politique
de consultation des Premières nations, mais il n’en a pas
concernant les Métis.
We believe this is a blatant tiering of Aboriginal rights in the
face of the fact that Metis are recognized in the Canadian
Constitution as one of Canada’s three Aboriginal peoples.
Nous croyons que c’est une discrimination flagrante des droits
des Autochtones, car la Constitution précise que les Métis sont un
des trois peuples autochtones du Canada.
In response to this, the MNA has had no other option than to
create our own consultation and accommodation policy. This
policy was approved unanimously by the MNA annual general
assembly in 2010.
En conséquence, la MNA n’avait d’autre choix que de créer sa
propre politique sur la consultation et la prise en compte des
besoins, qui a été approuvée à l’unanimité lors de l’assemblée
générale annuelle de la MNA en 2010.
The policy asserts that the government of the Metis in the
Province of Alberta is the MNA and that the MNA will provide a
one-window approach to consultation to ensure that industry is
dealing with the appropriate affected Metis parties.
Cette politique stipule que le gouvernement des Métis de
l’Alberta est la MNA et que la MNA va offrir une consultation
unique pour que l’industrie négocie avec les Métis concernés.
The MNA believes that the federal government also has a
responsibility to the MNA when it comes to consultation. On
federally regulated projects, the federal government often tells
proponents that they should consult with the Metis.
Par ailleurs, la MNA croit que le gouvernement fédéral doit
veiller à ce qu’elle soit consultée. Le fédéral dit souvent aux
promoteurs de projets sous réglementation fédérale qu’ils doivent
consulter les Métis.
It is our position that if the federal government is pointing
industry toward consulting with the MNA, the federal
government also has a responsibility to ensure that the MNA
has the capacity to respond in a meaningful way.
Or, si le gouvernement fédéral demande à l’industrie de tenir
des consultations avec la MNA, il doit aussi s’assurer que la
MNA peut y participer convenablement.
Currently, the MNA has no staff position directly focused on
the issue of consultation and accommodation because, unlike
First Nations, government does not provide us with any funding
to support a consultation process.
À l’heure actuelle, aucun employé de la MNA n’est chargé de
la consultation et de la prise en compte des besoins, car
contrairement aux Premières nations, le gouvernement ne lui
donne pas de fonds pour la consultation.
When we discuss the idea of Metis identity, we need to have an
understanding of the contemporary realities that Metis people
face. The Province of Alberta’s unemployment rate in August was
a low 4.4 per cent. However, the unemployment rate for Metis
was just a shade under 10 per cent.
En ce qui a trait à l’identité, il faut comprendre les réalités
actuelles des Métis. En août, le taux de chômage en Alberta était
faible et se situait à 4,4 p. 100. Toutefois, celui des Métis s’élevait
à près de 10 p. 100.
Non-Aboriginal individuals are three times more likely than a
Metis person to have a university degree and three and a half
times more likely to have a master’s degree. However, the few
Metis individuals who have an educational attainment of a
bachelor’s degree or higher earn a 1 per cent higher income than
non-Aboriginals with the same educational attainment.
Par rapport aux Métis, les non-Autochtones ont trois fois plus
de chances de posséder un diplôme universitaire et trois fois et
demie plus de chance d’avoir une maîtrise. Cependant, les revenus
des quelques Métis qui détiennent un baccalauréat ou un diplôme
d’études supérieures sont de 1 p. 100 plus élevés que ceux des
non-Autochtones qui ont le même niveau de scolarité.
While this may not seem like much, it is a huge step up from
the overall reality that Metis people face when it comes to earning
potential. On average, a Metis person working full-time in this
country makes 20 per cent less annually than a non-Aboriginal
working full-time.
Même si ça ne semble pas beaucoup, c’est une différence
énorme par rapport à la réalité générale des Métis pour ce qui est
des revenus potentiels. En moyenne, un Métis qui travaille à
temps plein au Canada gagne 20 p. 100 de moins qu’un nonAutochtone qui travaille à temps plein.
I believe that the closing of the income gap at the bachelor’s
degree level and higher is an excellent example of what can
happen when the Metis Nation and the federal government work
together toward supports for Metis students.
Je crois que la réduction de l’écart entre les revenus des Métis et
ceux des non-Autochtones qui possèdent un baccalauréat ou un
diplôme d’études supérieures constitue un excellent exemple de ce
qui peut arriver si les Métis et le gouvernement fédéral collaborent
pour soutenir les étudiants métis.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:109
As you may or may not know, through the Aboriginal Skills
Employment and Training Strategy, or ASETS, under HRSDC
and past strategies such as the Aboriginal Human Resources
Development Agreement, Metis organizations are able to provide
books, tuition and living allowance to Metis individuals in their
final year of full-time study in a four-year bachelor’s degree
program.
Vous savez peut-être que, grâce à la Stratégie de formation
pour les compétences et l’emploi destinée aux autochtones, la
SFCEA, de RHDCC et aux stratégies précédentes comme
l’Entente sur le développement des ressources humaines
autochtones, les organisations des Métis peuvent fournir des
livres, assumer des frais de scolarité et verser des allocations aux
Métis qui effectuent leur dernière année à temps plein dans un
programme de baccalauréat de quatre ans.
Although the Metis in Alberta, like every other Aboriginal
group in the country, have an ASETS agreement, we have also
created endowments at various post-secondary institutions that
Lorne Gladu will probably be talking about a little later on, but
more needs to be done. As you can see, the ASETS program is
quite restrictive by allowing support only for the final year of
university.
Comme tous les groupes autochtones au pays, nous avons une
entente liée à la SFCEA. Nous accordons aussi des fonds pour
divers établissements postsecondaires dont Lorne Gladu va sans
doute parler plus tard, mais il faut faire plus. Comme vous pouvez
le constater, le programme de la SFCEA est assez restrictif et il
n’offre un soutien que pour la dernière année universitaire.
We believe that Metis should have access to more education
funding by either including us in the educational programs the
federal government affords to First Nations and Inuit or the
creation of a type of program that is less restrictive than ASETS
and with enough financial resources to support Metis students at
any stage of their educational journey.
Nous croyons que les Métis doivent profiter d’un accès accru
aux fonds d’éducation. Le gouvernement fédéral doit nous inclure
dans les programmes d’éducation offerts aux Premières nations et
aux Inuits ou créer un programme moins restrictif que la SFCEA
qui bénéficie de fonds suffisants pour appuyer les étudiants métis
tout au long de leur parcours scolaire.
Further, given the inequities that Metis people face in the
general earning of income, the federal government should also
look at relieving the burden of those Metis who have completed
post-secondary and have student loans. Metis individuals should
be able to apply for student loan relief or some type of debt
forgiveness program until such time as the earning potential of
Metis is on par with the rest of Canada.
De plus, compte tenu des inégalités de revenus auxquelles les
Métis sont confrontés en général, le fédéral doit aussi chercher à
alléger le fardeau des Métis qui ont terminé des études
postsecondaires et qui ont contracté des prêts étudiants. Il faut
permettre aux Métis d’accéder à un programme de réduction ou
d’annulation de la dette étudiante jusqu’à ce qu’ils puissent
gagner autant d’argent que les autres Canadiens.
As I am sure all the individuals who have presented to this
committee before me have stated, Metis are taxpayers. I believe
there is a trajectory with a return on investment to the
Government of Canada and the MNA that will eventually lead
us to an end point where the earning gap can and will be closed
for Metis individuals in Canada.
Comme l’ont sans doute indiqué tous ceux qui ont témoigné
devant le comité, les Métis payent de l’impôt. Je crois que le
rendement du capital investi par le gouvernement du Canada et
par la MNA va permettre de combler l’écart de revenus entre les
Métis et les autres Canadiens.
To back this point up, a 2009 study by the Canadian Centre for
the Study of Living Standards points out that closing the socioeconomic gap for Metis would have a fiscal impact to the
government of $115 billion over a 20-year period.
Pour étayer ce point, j’ajoute que selon une étude menée en
2009 par le Centre d’étude sur les niveaux de vie du Canada,
combler l’écart socioéconomique des Métis aurait des retombées
fiscales de l’ordre de 115 milliards de dollars sur 20 ans pour le
gouvernement.
In my opinion, this is the opportunity cost if the provincial and
federal governments do not improve their government-togovernment relationships with the MNA and the four other
governing members of the Métis National Council.
À mon avis, c’est une occasion qui va se perdre si les
gouvernements fédéral et provinciaux n’améliorent pas leurs
relations de gouvernement à gouvernement avec la MNA et les
quatre autres organes de gouvernance du Ralliement national des
Métis.
Health and well-being are the cornerstones of prosperous
communities. This fall, the MNA will be releasing a report on the
health status of the Metis population of Alberta. This is the first
chronic disease report produced relying on objectively verifiable
Métis Nation of Alberta registry population numbers and Alberta
Health records.
La santé et le mieux-être sont les pierres angulaires des
collectivités prospères. Cet automne, la MNA publiera un rapport
sur l’état de santé de la population métisse de l’Alberta. Il s’agit
du premier rapport sur les maladies chroniques produit d’après
des données objectives et vérifiables tirées du registre sur la
population de la Métis Nation of Alberta et des dossiers des
autorités sanitaires de l’Alberta.
23:110
Aboriginal Peoples
1-10-2012
As predicted, the evidence in the report indicates that Metis
tend to be worse off in many areas compared to non-Aboriginal
populations. For instance, the prevalence of diabetes is
68 per cent higher. The rates of heart disease and stroke are
49 per cent and 34 per cent higher respectively. Metis also
experience higher rates in the prevalence of hypertension at
32 per cent higher, injury at 16 per cent higher, respiratory illness
at 23 per cent higher, and mood and neurotic disorders at
22 per cent and 34 per cent higher respectively.
Comme on l’avait prédit, les conclusions du rapport indiquent
que les Métis sont généralement en moins bonne santé que les
populations non autochtones, et ce, à bien des égards. Par
exemple, la prévalence de diabète est plus élevée de 68 p. 100 chez
les Métis. Pour ce qui est des maladies cardiaques et des accidents
cérébrovasculaires, on parle de 49 et de 34 p. 100 respectivement.
La prévalence d’hypertension est également plus élevée de
32 p. 100 chez les Métis. On recense par ailleurs 16 p. 100 plus
de blessures, 23 p. 100 plus de maladies respiratoires, 22 p. 100
plus de troubles de l’humeur et 34 p. 100 plus de troubles
neurologiques.
The implications of these findings are significant as poor
conditions equate to an increasingly unhealthy population,
literacy problems and decreased school retention rates. The
culmination of these factors tends to exacerbate other social
indicators — as mentioned before, earning potential. Bridges need
to be built and strategies developed to meaningfully address the
realities of Metis in Alberta. Metis must be on the radar for the
federal government. It is not acceptable that Metis are excluded
from federal government initiatives that target Aboriginal health.
Ces conclusions sont à prendre au sérieux, car de piètres
conditions de vie sont synonymes d’une population de moins en
moins en santé, de problèmes d’alphabétisation et d’une
diminution du taux de rétention scolaire. Cette accumulation de
facteurs a tendance à exacerber d’autres déterminants sociaux,
notamment le potentiel de gains, comme on l’a mentionné plus
tôt. Il faut tisser des liens et élaborer des stratégies pour composer
efficacement avec les réalités du peuple métis en Alberta. Les
Métis doivent faire partie des priorités du gouvernement fédéral.
Il est inacceptable que les Métis soient exclus des initiatives
fédérales qui portent sur la santé des Autochtones.
Today the MNA was afforded the opportunity to propose
evidence needed to begin to develop culturally appropriate
solutions that recognize the rights of Metis people as privileged
under the Canadian Constitution.
Aujourd’hui, la MNA a eu la possibilité de soumettre les
données requises pour entreprendre l’élaboration de solutions
appropriées sur le plan culturel et qui reconnaissent les droits du
peuple métis, comme le prévoit la Constitution canadienne.
I once read that the population growth of the Metis Nation is
like a cultural tsunami. Well, as the senior executive officer for the
Métis Nation of Alberta, I can tell you that the MNA feels like a
tiny little village that is about to be engulfed by that tsunami.
J’ai déjà lu quelque part que la croissance de la population au
sein de la nation métisse avait l’effet d’un tsunami sur notre
culture. Eh bien, en tant qu’agent de la haute direction de la Métis
Nation of Alberta, je peux vous dire que notre association a
l’impression d’être un minuscule village qui est sur le point d’être
englouti par ce tsunami.
We need more resources and we need them now. We do not
need them tomorrow or in 10 years, and we do not need any
promises. What we need is action.
Nous avons besoin de plus de ressources, et nous en avons
besoin maintenant. Pas demain, ni dans dix ans, et nous ne
voulons pas de promesses; nous voulons des mesures concrètes.
We just received word that our federal government core
funding will be reduced by 10 per cent in the coming years. This is
a reduction of approximately $46,000, which means I will likely
have to reduce my staffing component by one to one and a half
people.
On vient de nous informer que le financement que nous
recevons du gouvernement fédéral allait être réduit de 10 p. 100
dans les années à venir. Il s’agit d’une diminution d’environ
46 000 $, ce qui signifie que je vais vraisemblablement devoir
retrancher un salaire ou un salaire et demi de mon effectif.
My final request to this committee is to do whatever you can to
mitigate forthcoming cutbacks to Aboriginal organizations in
Canada. Not only are we under immense fiscal pressures due to
the rising cost of conducting our operations, but the number of
people we are mandated to serve is growing at an unprecedented
pace.
Je demande finalement au comité de faire tout ce qui est en son
pouvoir pour limiter les réductions à venir dans le financement
des organisations autochtones au Canada. Nous subissons non
seulement d’énormes pressions fiscales vu l’augmentation de nos
dépenses de fonctionnement, mais le nombre de personnes que
nous avons le mandat de servir croît aussi à un rythme encore
jamais vu.
Our people pay tax in this country and we need a fair share of
that revenue to make sure that we can adequately meet the needs
of our community.
Notre peuple paie des impôts fédéraux, et nous devons obtenir
une part équitable de ces revenus pour être en mesure de répondre
adéquatement aux besoins de notre collectivité.
Thank you for your time, and I welcome any questions at the
completion of Lorne Gladu’s presentation.
Merci de m’avoir accordé de votre temps. Je serai disposé à
répondre à vos questions après l’exposé de Lorne Gladu.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:111
Lorne Gladu, Chief Executive Officer, Rupertsland Institute:
Good morning. I am Lorne Gladu. I am the chief executive officer
of Rupertsland Institute, Metis Centre of Excellence.
Lorne Gladu, premier dirigeant, Rupertsland Institute : Bonjour,
je m’appelle Lorne Gladu. Je suis le premier dirigeant du
Rupertsland Institute, du Metis Centre of Excellence.
We are the most recent affiliate created by the Métis Nation of
Alberta in 2010. We are structured as a non-profit company under
the Alberta Companies Act as a section 9 company, and we are
wholly owned 100 per cent with the Métis Nation of Alberta as
our sole shareholder.
Il s’agit du plus récent groupe affilié à la Métis Nation of
Alberta; il a été créé en 2010. C’est une entité considérée comme
une société à but non lucratif selon l’article 9 de l’Alberta
Companies Act, et elle appartient entièrement à la Métis Nation
of Alberta, qui en est l’unique actionnaire.
The committee, from what I understand, has already heard
about the constructs of Metis identity from the national and
provincial presidents of the Metis Nation, Métis National Council
and so on. Specifically, you have already spoken to our president,
from what I understand, and of course, today you heard from my
colleague at the Métis Nation of Alberta.
Si j’ai bien compris, le comité a déjà entendu les présidents
national et provincial de la Métis Nation et du Ralliement
national des Métis, entre autres, qui lui ont parlé du fondement de
l’identité métisse. Vous avez notamment parlé à notre président,
et vous avez bien sûr entendu aujourd’hui mon collègue de la
Métis Nation of Alberta.
To that extent, I do not really have any further information to
add or to reiterate any information provided earlier by those
witnesses before the committee. I would, however, like to speak to
one of the committee’s mandates with respect to programs and
services.
Je n’ai donc rien à ajouter à cet égard, et je ne veux pas répéter
ce qu’ont dit plus tôt ces deux témoins au comité. J’aimerais
toutefois parler de l’un des mandats du comité en ce qui a trait
aux programmes et aux services.
To that extent, of course, the Rupertsland Institute is an
organization that has been created by the Métis Nation of Alberta
to provide a range of services under education, training and
research to our Metis community.
Le Rupertsland Institute est une organisation qui a été créée
par la Métis Nation of Alberta pour offrir à la collectivité métisse
toute une gamme de services liés à l’éducation, à la formation et à
la recherche.
When we are dealing with clients and the client base, that is, the
students who come forward to access our services and the clients
who come forward to access training services, the question of
identity often comes into play, and I would like to explain
essentially what that means. However, before I go into that, I
would like to give you a brief introduction to Rupertsland
Institute and its mandates.
Quand nous traitons avec notre clientèle, c’est-à-dire les
étudiants et les personnes en quête de formation qui sollicitent
nos services, la question de l’identité entre souvent en ligne de
compte. J’aimerais vous expliquer brièvement ce que cela signifie.
Mais juste avant, je vais vous présenter rapidement le
Rupertsland Institute et ses objectifs.
We have a mandate on education. Essentially we started off
with a mandate under post-secondary education when we were
created in 2010. However, more recently, on April 1 of this year,
we were granted an enlarged mandate to include K to 12 activity
under our portfolio.
Notre mandat porte sur l’éducation. Au moment de sa
création, en 2010, l’institut avait le mandat de favoriser les
études postsecondaires. Toutefois, le 1er avril de cette année, on a
élargi notre portefeuille pour y inclure aussi des activités touchant
de la maternelle à la douzième année.
In addition to that, we have been conducting, of course,
training exercises under the national strategies of the Aboriginal
Human Resources Development Strategy going back to 1996
where we had the regional bilateral agreements in place followed
by Aboriginal strategy number 1, number 2 from 1999 to 2010,
and a more recent strategy, which is the Aboriginal Skills and
Employment Training Strategy, which has been in place since
October 2010.
De plus, nous offrons des programmes de formation dans le
cadre des initiatives nationales mises de l’avant d’abord pour la
Stratégie de développement des ressources humaines autochtones,
lancée en 1996, puis pour les stratégies autochtones 1 et 2, de 1999
à 2010, et la plus récente, la Stratégie pour les compétences et
l’emploi des Autochtones, lancée en octobre 2010.
Under that strategy, the strategy where funding is provided
under Human Resources Development Canada, which forms the
bulk of our funding, we provide services to the 85,000-plus Metis
who currently reside in the province, and to that extent, we have a
number of individuals who access our employment services, which
are located throughout the province. We provide funding I think
to about 800 students, give or take 50 students per year, on an
annual basis.
Dans le cadre de la stratégie que finance en grande partie
Développement des ressources humaines Canada, nous offrons
des services aux quelque 85 000 Métis qui habitent actuellement
dans la province, et de ce nombre, certains font aussi appel à nos
services d’emploi, offerts un peu partout dans la province. Nous
offrons un soutien financier annuel à environ 800 étudiants; ce
nombre peut varier de plus ou moins 50 étudiants chaque année.
23:112
Aboriginal Peoples
1-10-2012
As far as our mandate goes with respect to research, in 2007,
we formed a memorandum of understanding with the University
of Alberta. We had a keen interest to pursue a research mandate,
first of all, not only with our provincial council but also, in order
to do that, we had to ensure we had a partnership with a postsecondary institution that has a renowned history of vigorous
academic research, and to that extent, the University of Alberta
was very interested in pursuing a relationship with us. As part of
that MOU, we created the potential for looking at not only
creating a Metis centre of excellence, which is what we are today,
but also developing an academic centre of sorts under which
Metis research specifically garnered for the Metis community
would be undertaken at an academic institution like the
university.
Pour ce qui est de la recherche, nous avons conclu un protocole
d’entente en 2007 avec l’Université de l’Alberta. C’était important
pour nous de nous acquitter de ce mandat, et, pour ce faire, nous
voulions non seulement miser sur notre conseil provincial, mais
aussi sur un établissement postsecondaire de renom dans le
domaine de la recherche universitaire. Nous avons ainsi conclu un
protocole d’entente avec l’Université de l’Alberta, qui était très
intéressée à établir un partenariat avec nous. Ce protocole
d’entente nous permettait non seulement de créer un centre
d’excellence pour les Métis, ce que nous sommes aujourd’hui,
mais aussi de mettre en place un centre d’études dans un
établissement académique comme l’université, où seraient
entreprises des recherches axées sur la collectivité métisse.
What we have at the university ultimately, having gone
through their governance process, which, by the way, took a
four-year period, is the Rupertsland Centre for Metis Research. It
is governed by a 10-member executive council. Six of those
individuals on that council are appointed by the University of
Alberta, and four individuals are appointed by the Rupertsland
Institute, two of whom, of course, include our chair and the CEO,
which is myself.
Il a fallu quatre ans pour franchir les étapes du processus de
gouvernance de l’université, mais nous avons aujourd’hui le
Rupertsland Centre for Metis Research. Le centre est dirigé par
un conseil exécutif de 10 membres; six ont été nommés par
l’Université de l’Alberta et quatre par le Rupertsland Institute,
dont notre président et moi-même, en ma qualité de premier
dirigeant.
We are also appointing two other individuals to that research
council. The research council will provide guidance to a director
of research for the Rupertsland Centre for Metis Research.
Nous nommons aussi deux autres personnes pour siéger au
conseil de recherche, qui a le mandat de guider le directeur de la
recherche du Rupertsland Centre for Metis Research.
That director has been appointed by the University of Alberta,
and we have a professor actually from the Faculty of Native
Studies who has been committed on a half-time basis to provide
oversight over the Rupertsland Centre for Metis Research.
Le directeur de la recherche a été désigné par l’Université de
l’Alberta, et un professeur de la faculté des études autochtones se
consacre à temps partiel à la supervision du Rupertsland Centre
for Metis Research.
To that extent, the Alberta government, Alberta Advanced
Education, has been very interested in supporting this endeavour
and has provided certain funds to ensure that the administrative
aspects of the Rupertsland Centre are carried out.
Le gouvernement de l’Alberta, par l’entremise d’Alberta
Advanced Education, s’est montré très intéressé à appuyer cette
initiative et a offert de financer le volet administratif du
Rupertsland Centre.
In that regard, we have I believe it is a three-year funding
commitment from the Alberta government not only to set up the
administrative aspects of the Rupertsland Centre For Metis
Research but also to begin carrying out its functions, which would
include accessing federal grants under the social sciences human
resource funding, which would allow these kinds of things to
occur in terms of research.
Si je ne m’abuse, il s’agit d’un engagement de trois ans qu’a pris
le gouvernement de l’Alberta pour financer l’établissement et
l’exécution des fonctions administratives du Rupertsland Centre
For Metis Research, qui consistent notamment à solliciter des
subventions fédérales par l’entremise du fonds des sciences
sociales et des ressources humaines. Ce financement nous
permettrait de nous acquitter de notre mandat en ce qui a trait
à la recherche.
When it comes to our programs and services, Metis identity
comes into play under two different areas that I would like to
speak about. Essentially, we have a national funding formula that
is called the National Aboriginal Resource Allocation Model,
NARAM — you may have heard about it from other
presentations — which is based on Aboriginal population
numbers, essentially in this case nine socio-economic indicators.
Pour ce qui est de nos programmes et services, l’identité métisse
entre en ligne de compte pour deux choses distinctes dont
j’aimerais vous parler. Nous avons une formule nationale de
financement appelée le Modèle national d’affectation des
ressources pour les Autochtones (le MNARA); d’autres témoins
vous en ont peut-être parlé d’ailleurs. Cette formule s’appuie sur
les données sur la population autochtone, et dans ce cas-ci sur
neuf indicateurs socioéconomiques.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:113
Subsequently, from that, when the Metis identity comes into
play, under program access when our clients begin to approach
our services and begin to ask for access to training and training to
employment services, to that extent, our criteria requires that
these individuals self-declare their Metis identity, and of course, in
order to get access to services, this is key to accessing our
programs and services.
Là où l’identité métisse entre en jeu, c’est que les clients qui
sollicitent nos services de formation et de formation pour un
emploi doivent se déclarer comme Métis pour y avoir accès. C’est
primordial, évidemment.
The challenge with that is that this national funding formula,
the NARAM, is based on 1996 Census data. The statistics from
the 1996 Census data feed into the nine socio-economic
indicators, and of course, despite the fact that 2001 Census data
has been available and 2006 data has been available for obviously
at least the last 10 years, today the national allocation model
continues to remain based on 1996 Census data, despite the fact
that there has been a 43 per cent increase in Metis population
dating back from — I believe it was about 204,000 Metis in the
province to 292,000 Metis individuals who declared Metis identity
in 2001.
Ce qui complique les choses, c’est que la formule nationale de
financement, le MNARA, se fonde sur les données du
recensement de 1996. Ce sont ces statistiques qui servent à
l’évaluation des neuf indicateurs socioéconomiques, malgré le fait
que les recensements de 2001 et de 2006 ont depuis été publiés, et
donc que d’autres données sont disponibles depuis au moins dix
ans. Le modèle national d’affectation des ressources continue
néanmoins d’être fondé sur les données de 1996, même si on sait
qu’il y a eu une hausse de 43 p. 100 de la population métisse. Je
crois qu’entre 204 000 et 292 000 répondants se sont déclarés
comme Métis dans la province en 2001.
Under this population increase, and like any other province,
Alberta, of course, has had its own population increases. As you
probably know, Alberta as a province holds the largest Metis
population in the country. Therefore, when it comes to national
funding formulas of any kind, it stands to gain the most, I
suppose, when it comes to resource allocations.
À l’instar des autres provinces, l’Alberta a elle aussi enregistré
une hausse de population. Comme vous le savez sans doute, c’est
en Alberta qu’on trouve la plus importante population métisse au
pays. On s’attendrait donc à ce que les formules nationales
d’affectation des ressources l’avantagent à cet égard.
If you are to apply 2001 to 2006 Census data to a national
allocation model, for example, the funding increase to Alberta
Metis specifically would have been anywhere up to $1 million on
an annual basis dating back to 2005, 2004, 2006.
Si on avait appliqué les données des recensements de 2001 et de
2006 au modèle national d’attributions, par exemple, le
financement annuel accordé aux organisations métisses de
l’Alberta aurait pu grimper jusqu’à un million de dollars pour
2005, 2004 et 2006.
In any event, ultimately, the policy decisions were made, and I
do not know if there were any political decisions involved in that,
but the thing is that 1996 Census data continues to remain the
model used for funding distribution.
Quoi qu’il en soit, j’ignore s’il y a une décision politique
derrière cela, mais il demeure que ce sont les données du
recensement de 1996 qui servent au modèle d’attribution des
ressources.
We were prepared to move forward with 2001. When we were
doing our negotiations with Human Resources and Skills
Development Canada, we of course were putting forward
positions that 2001-06 Census data should be applied, and let
the chips fall where they may in terms of resource allocations to
not only provinces but specifically to Alberta Metis in this case.
Nous étions prêts à passer à 2001. Quand nous avons entrepris
nos négociations avec Ressources humaines et Développement
des compétences Canada, nous avons évidemment fait valoir que
les données du recensement de 2001 à 2006 devraient être
appliquées, pour ensuite laisser les choses suivre leur cours en ce
qui a trait à l’attribution des ressources, non seulement aux
provinces, mais dans ce cas-ci aussi aux organisations métisses de
l’Alberta.
As you know, the census identifies, classifies, manages,
categorizes citizens in this country, and I would like to borrow
a quote from one of our colleagues over at the University of
Alberta who has done some studies on this. In one of his papers,
he states that its power as a preeminent scientific tool not only
normalizes the Canadian state’s imaginations of what a Metis
person is but it brings forward population numbers that are
highly contested by political organizations like our national
representative organizations and regional political organizations,
and therefore, as a result, can be destructive in terms of the final
outcomes.
Comme vous le savez, le recensement vise à identifier, classifier,
administrer et catégoriser les citoyens de ce pays, et j’aimerais à ce
sujet reprendre les paroles d’un de nos collègues à l’Université de
l’Alberta, qui a fait quelques recherches à cet égard. Dans l’une de
ses études, il indique que l’influence de cet outil scientifique
proéminent n’a pas seulement pour effet de normaliser l’idée que
l’État canadien se fait de ce qu’est un Métis, mais aussi de
présenter des données démographiques qui sont vivement
contestées par les organisations politiques telles que nos
organisations représentatives nationales et nos organisations
politiques régionales, ce qui peut s’avérer destructeur pour les
résultats finaux.
23:114
Aboriginal Peoples
1-10-2012
In this case, of course, we failed to realize what could have been
the final outcomes of the 2001 Census data when it came to
resource allocations to the Alberta Metis from 2006 onwards.
Dans le cas qui nous occupe, nous n’avons pas pu voir quels
auraient été les résultats finaux avec les données du recensement
de 2001 pour ce qui est du financement des organisations métisses
de l’Alberta à partir de 2006.
Another area where we have a challenge is where our clients
come forward to access our services. We have 10 Metis
employment services located throughout the province.
Certainly, to that extent, a large portion of those individuals
approach our employment services in the City of Edmonton
where we have the largest Metis population in Canada.
L’accès à nos services peut également poser des difficultés.
Nous avons 10 centres de services à l’emploi situés aux quatre
coins de la province. Beaucoup de nos clients font toutefois appel
à notre centre de services d’Edmonton, où se trouve la plus
importante population métisse au Canada.
Clients are asked to self-identify as a Metis, and of course, we
have nothing really to go on other than their word, and to provide
those services. We ask questions relating to genealogy. Generally
speaking, a client-employment counsellor relationship will consist
of a client being asked to explain to some degree their
genealogical background and so on.
On demande aux clients de se déclarer comme Métis, mais
évidemment, nous ne pouvons compter que sur leur bonne foi
pour déterminer s’ils sont admissibles ou non à recevoir nos
services. Nous leur posons des questions sur leur généalogie.
Règle générale, le conseiller en emploi va demander au client de
lui parler brièvement de ses antécédents généalogiques, entre
autres choses.
However, quite often, as you know, Metis individuals across
the country are essentially 50 shades of grey, and sometimes it can
be quite difficult to really nail down when an individual is sitting
in front of you and you do not know for sure whether that
individual is a Metis by their physical appearance. They could be
non-Aboriginal as far as that goes or they could be First Nation,
and because we have a current policy where self-identity simply is
all you need to gain access to our services, that poses a bit of a
challenge.
Toutefois, vous le savez, les Métis du pays ne sont pas tous
faits à partir du même moule, et il peut être assez difficile parfois
de juger uniquement par l’apparence physique si la personne
assise devant vous est véritablement d’appartenance métisse. Elle
pourrait tout aussi bien être non autochtone ou membre des
Premières nations, mais comme la politique actuelle veut que la
déclaration du client suffit à lui donner accès aux services, cela
devient problématique.
At the moment, as I said a moment ago, we do provide services
for 800 individuals. These are the people who are actually funded
to attend college or university or access anywhere up to 52 weeks
of skill development kinds of training.
Comme je l’indiquais tout à l’heure, 800 personnes bénéficient
de nos services à l’heure actuelle. Ces personnes reçoivent du
financement pour poursuivre leurs études collégiales ou
universitaires ou encore pour suivre une formation
professionnelle d’une durée maximale de 52 semaines.
In addition to that, we have a number of endowments that we
have established throughout the province. At this point, we have
nine endowments in place, and I know I did not really get into the
endowments thing like my colleague was suggesting I would.
Maybe I will explain that briefly as part of our relationships with
post-secondary institutions in the province.
De plus, nous avons établi des chaires d’études un peu partout
dans la province. Nous en avons neuf en ce moment. Je n’en ai pas
autant parlé que mon collègue l’avait laissé entendre, mais je
pourrais vous expliquer brièvement comment cela se rattache à
notre partenariat avec les établissements postsecondaires de la
province.
Up to now, we have set up nine endowments within the
province, and this is done largely through the ASETS funds, the
Aboriginal Skills Employment Training Strategy funds that we
receive from HRSDC.
Jusqu’à maintenant, nous avons établi neuf chaires d’études
dans la province, principalement grâce aux fonds que nous verse
RHDCC par l’entremise de la SCEA, la Stratégie de formation
pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones.
In order for us to do that, it was not something that we came
by quite easily. There were a number of things that occurred over
the years of the Aboriginal Human Resources Development
Strategy. It took some time for the federal government, in this
case HRSDC, to agree first of all to even allow us to spend federal
funds on provincial jurisdiction education.
Ce ne fut pas chose facile pour nous. Nous avons rencontré
différents obstacles au fil des ans où a été mise en œuvre la
Stratégie de développement des ressources humaines autochtones.
Il a d’abord fallu du temps pour que le gouvernement fédéral, en
l’occurrence RHDCC, accepte que nous engagions des fonds
fédéraux dans des activités de formation de compétence
provinciale.
What that meant is that about 10 or 12 years ago, the federal
government, or in this case the department, decided that they
would allow us to fund the final year of college or university and
would just simply look the other way if we did that.
Dans les faits, le gouvernement fédéral, le ministère dans ce
cas-ci, a décidé, pendant 10 ou 12 ans, de fermer les yeux et de
nous laisser financer la dernière année de collège ou d’université.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:115
We wanted them to actually formalize that kind of thing to the
point where we were requesting a clause in our agreement that
would allow us to actually do that and be quite open about it,
which ultimately we got. At that point, we were able to come
forward to our community to announce that we have access to a
certain amount of funds we could set aside for post-secondary
access, generally speaking the final year of college or university.
Nous tenions tellement à ce qu’il officialise la situation que
nous avons demandé et obtenu l’insertion, dans notre accord,
d’une clause autorisant ouvertement ce financement. Nous
pouvions donc annoncer à la communauté la mise à notre
disposition d’une certaine enveloppe que nous pouvions réserver à
l’éducation postsecondaire, en général la dernière année de collège
ou d’université.
Of course, we have students who are attending college or
university in their first or second or third year. Those individuals
are still coming forward and asking for assistance, and we could
not really help them with the federal training funds, so we
negotiated with HRSDC to allow us to have a clause in our
agreement that would allow us to create endowments.
Bien sûr, certains de nos étudiants sont en première, deuxième
ou troisième année de collège ou d’université. Ils continuent de
nous demander notre aide et, comme nous ne pouvions pas
vraiment les aider avec les fonds fédéraux affectés à la formation,
nous avons négocié avec RHDCC l’inclusion d’une clause, dans
l’accord, pour nous autoriser à créer des dotations.
Having received that clause, it was — and essentially, out of 79
agreements like ours across the country, there are only five
agreements out of 79 that actually got this clause. In fact,
HRSDC refers to this clause as the Metis clause.
Sur 79 accords comme le nôtre signés un peu partout au pays,
seulement 5 possèdent cette clause. RHDCC a appelé cette clause
la « clause des Métis ».
What that means is that our five-member governing
institutions across the country were given the opportunity to
develop endowments with federal funds, with post-secondary
institutions, and to that extent, in our area, in Alberta, we went
forward and started approaching institutions. In this case the first
institution we approached was MacEwan University here in
Edmonton. The general objective there was to seek matching
funds, dollar for dollar. MacEwan University, and I will make a
long story short, ultimately agreed that they would take our funds
forward to the provincial government where the Access to the
Future Fund exists, which is a $1-billion fund established by the
Alberta government specifically for post-secondary access.
Partout au pays, nos conseils d’établissement constitués de cinq
membres pouvaient donc créer des dotations à l’aide de fonds
fédéraux, avec les établissements d’éducation postsecondaire.
Dans notre région, en Alberta, cela nous a permis de faire des
propositions aux établissements. Le premier auquel nous nous
sommes adressés a été l’Université MacEwan, ici, à Edmonton.
De manière générale, il s’agissait d’obtenir des fonds de
contrepartie, un dollar pour un dollar. Bref, l’Université
MacEwan a fini par accepter de proposer nos fonds au
gouvernement de la province, qui avait créé le Fonds Access to
the Future et l’avait doté à hauteur de 1 milliard de dollars pour
expressément faciliter l’accès à l’éducation postsecondaire.
What that means is that only post-secondary institutions have
access to this fund, so by creating partnerships with the postsecondary institutions that have the access to that fund and
bringing forward our own money to these institutions, they take
that money forward and get it matched at the provincial level.
Seuls les établissements d’éducation postsecondaire peuvent
profiter de ce fonds. En nouant des partenariats avec des
établissements d’éducation postsecondaire qui ont accès à ce
fonds et en y allant de notre propre mise de fonds, nous
permettons à ces établissements d’obtenir un montant égal de la
province.
For our first endowment, we brought forward $1 million with
MacEwan University. They took that forward and got it matched
for $1 million from the Access to the Future Fund, and from
there, having had the experience of doing that kind of thing, we
went forward from there on and started to create relationships
with some of the other, larger post-secondary institutions, which
includes the University of Alberta, where we now have a $4million endowment established specifically for Metis students. We
did this with another seven institutions. We started doing this in
2008, and as late as right now, we are currently working with the
University of Calgary. We are about to make another endowment
announcement there, at which point we will have nine
endowments in place for a total of $14 million where we
brought forward $7 million and they took the money forward
and had it matched for a total of $7 million.
Pour notre première dotation, nous avons fourni 1 million de
dollars à l’Université MacEwan. L’université a obtenu un
montant égal du Fonds Access to the Future, puis, forts de
l’expérience, nous avons approché d’autres établissements
importants d’éducation postsecondaire, notamment l’Université
de l’Alberta où nous avons maintenant une dotation de 4 millions
de dollars établie précisément pour les étudiants métis. Nous
avons ainsi procédé avec sept établissements. Nous avons
commencé en 2008 et, actuellement, nous collaborons avec
l’Université de Calgary. Nous sommes à la veille d’annoncer la
mise sur pied d’une autre dotation à cet endroit la neuvième en
existence, pour un total de 14 millions de dollars dans lesquels
notre part se chiffre à 7 millions.
Our objective, of course, is to reach out to the remaining postsecondary institutions in the province. There are 26 postsecondary institutions in Alberta. Certainly we will reach out as
Notre objectif, bien sûr, est de nous adresser aux autres
établissements postsecondaires de la province. Il y en a 26. Dans
la mesure du possible, nous allons tenter de nous adresser aux
23:116
Aboriginal Peoples
1-10-2012
much as we can to all the large ones. I think we have already done
that. We will certainly reach out to some of the smaller
institutions, including the polytechnic institutions like SAIT in
the south because we already have NAIT in the north.
plus importants. C’est par là que nous avons commencé. Nous
nous adresserons certainement aux petits établissements, y
compris les écoles polytechniques comme le Southern Alberta
Institute of Technology (SAIT), dans le sud de la province, parce
que nous avons déjà un établissement homologue dans le nord, le
NAIT.
Ultimately, by 2015 our objective is to have a total of
$20 million in endowments in place for Metis students. Of
course, once again going back to the identity question, when we
are distributing the bursaries and awards that come from these
endowments, students who approach student services at these
institutions are required to identify as a Metis individual, and of
course, the selection committees that are in place to provide that
service and those bursaries have their own challenges in terms of
dealing with the student individuals who approach these bursaries
and awards for access.
Notre objectif, pour 2015, c’est de disposer, pour les étudiants
métis, de dotations totalisant 20 millions. Bien sûr, pour en
revenir à la question d’identité, les demandeurs de bourses à ces
dotations qui s’adressent aux services aux étudiants de ces
établissements sont tenus de s’identifier comme Métis, et, bien
sûr, pour les comités de sélection qui fournissent ce service et les
responsables des bourses, l’examen des demandes n’est pas du
tout cuit.
I will leave it at that for now. I understand that the Senate has
some questions, and I would like at this point to stop there and
answer any questions along with my colleague. Thank you.
Pour le moment, je n’en dirai pas plus. Je crois que le Sénat a
des questions. Je m’arrête donc pour y répondre avec le concours
de mes collègues. Merci.
The Chair: Thank you, gentlemen, for your presentations. I
think the first single step is identity. If you cannot identify, it is
problematic.
Le président : Merci messieurs pour vos exposés. Je pense que
la première étape, c’est l’identité. Si on ne peut pas s’identifier, il y
a un problème.
Senator Dyck: Thank you for your presentations this morning.
You were both very informative, and it is hard to know where to
start, so I will start first of all with there clearly are different
definitions of who a Metis is depending on whether it is the
ASETS program or whether it is someone trying to get into postsecondary education. I must commend you on your initiatives
with respect to getting endowment funds for post-secondary
education. If I were a student and I wanted to access those funds
and I came to the appropriate person and self-identified as a
Metis, would that be all I would need to do to get those postsecondary funds, or would I also need to show a Métis Nation of
Alberta card? What is in place now, and is what is in place now
adequate, or should it be more stringent, or what definition
should be there?
Le sénateur Dyck : Merci pour vos exposés. Tous les deux,
vous nous avez beaucoup appris. Par où commencer? Je constate
d’abord qu’il y a visiblement différentes définitions de « Métis »
selon qu’il s’agit de la SFCEA ou qu’on essaie de s’inscrire à un
programme d’éducation postsecondaire. Je tiens à vous
complimenter des initiatives que vous avez prises pour les
dotations destinées à financer l’éducation postsecondaire. Si
j’étais étudiante, est-ce que, après m’être adressée à la personne
compétente et m’être identifiée comme Métisse, j’aurais d’autres
conditions à remplir pour profiter de ces fonds pour l’éducation
postsecondaire ou devrais-je également produire une carte de
membre de la nation métisse de l’Alberta? Quelles sont les
mécanismes actuellement prévus? Sont-ils suffisants ou bien
devraient-ils être plus rigoureux? Quelle définition devrait être
en vigueur?
Mr. Gladu: Thank you for that question. First of all, yes, the
individuals who approach our post-secondary institutions for
those endowment awards are required to identify as Metis.
M. Gladu : Je vous remercie de vos questions. D’abord, oui, les
demandeurs de ces bourses doivent s’identifier comme Métis.
With each endowment, we have a term of reference in place. As
well, the endowment agreement itself clearly specifies the
requirement to show that this individual has some connection
to the Metis community, so they are generally required — because
they are not all the same. With each institution where we have
negotiated an endowment, the institution, of course, has a huge
role to play in the final outcome of that endowment agreement.
À chaque dotation correspond un mandat. En outre, l’accord
dont elle fait l’objet explicite la nécessité, pour le demandeur, de
montrer ses liens avec la communauté métisse. C’est une exigence
générale qui, dans les détails, peut différer de celle des autres
accords. Chaque établissement avec qui nous avons négocié une
dotation doit, bien sûr, jouer un rôle très important dans les
résultats finaux que l’accord permet d’obtenir.
By and large, they are quite similar, but at the same time, there
are some differences. To that extent, individuals are required
generally speaking to show some connection outside of just
simply identifying as Metis, and what I mean by that is they are
En général, ces accords, tout en étant semblables, diffèrent.
C’est pourquoi on demande aux demandeurs de décrire leurs
rapports avec la communauté métisse et pas seulement de
s’identifier comme Métis. On leur demande donc de rédiger une
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Peuples autochtones
23:117
required to provide or submit in writing an essay of sorts to
outline what their connection is to the Metis community. By and
large, I think the selection committees that are in place essentially
have to go on that information.
espèce de dissertation sur ce sujet. Je pense que, en général, les
comités de sélection en place doivent se servir de ces
renseignements.
As far as can we go beyond that in terms of MNA card
membership, I think that is what you were asking as well. Well,
because these are federal funds, HRSDC does not allow us to
request membership. What that means is that essentially, under
the federal program, just self-identification as a Metis individual
in terms of HRSDC agreements is essentially all that you need to
access our services.
Je pense que vous vouliez également savoir si nous pouvions
demander plus que la présentation de la carte de membre de la
MNA. Eh bien, parce qu’il s’agit de fonds fédéraux, RHDCC ne
nous autorise pas à demander l’adhésion à cette association.
Essentiellement, il suffit donc, dans le programme fédéral, pour
accéder à nos services, de simplement s’auto-identifier comme
Métis au sens des accords avec ce ministère.
We go one step further at the program level where our service
staff, employment counsellors and those who are dealing with
front-line individuals who are coming in through the door, as part
of the employment counselling process, will generally ask
questions such as please tell me about your family, where you
come from, that kind of thing.
À l’échelon provincial, nous allons un peu plus loin, et notre
personnel de services, nos conseillers en matière d’emploi et ceux
qui font directement affaire avec les demandeurs qui se présentent
à eux dans le cadre du processus d’assistance en matière d’emploi
leur poseront des questions sur leur famille, leur origine, ce genre
de renseignements.
Generally from that you can tell, because the Metis community
really is quite small when you look at it, and by and large, you
usually can tell, when they start telling you where their family is,
where they are from, their original roots and so on, whether or
not this person is a Metis individual.
En général, ces renseignements suffisent, parce que la
communauté métisse est vraiment petite, quand on y pense
bien, et, en général, les renseignements que ces personnes donnent
sur leur origine, leurs racines, leur famille nous disent bien si elles
sont effectivement métisses.
Senator Dyck: I am curious. You say that because this is a
federal program, you have to use whatever is in the agreement,
and that agreement is between the federal government and whom?
Let us say the ASETS program would be an agreement with the
federal government and whom?
Le sénateur Dyck : J’aimerais savoir. Vous avez dit que, parce
qu’il s’agissait d’un programme fédéral, vous deviez faire avec ce
que l’accord autorisait. Et cet accord, c’est entre le gouvernement
fédéral et qui? Par exemple, le programme en vertu de la SFCEA,
ce serait un accord entre le gouvernement fédéral et qui?
Mr. Gladu: Well, up until October 2010, historically going
back to the first agreement in May of 1996, the agreement was
always signed with the Métis Nation of Alberta. But now that
they have created the Rupertsland Institute, they have also
delegated the Rupertsland Institute as a signatory to that
agreement, and to that extent, the same parameters and criteria
apply.
M. Gladu : Eh bien, jusqu’en octobre 2010, depuis le premier
accord conclu en mai 1996, ce fut toujours la Métis Nation of
Alberta. Mais, maintenant qu’on a créé l’institut Rupertsland, on
l’a délégué comme signataire de l’accord, et, dans cette mesure, les
mêmes paramètres et critères s’appliquent.
Senator Dyck: Is there any way that the criteria for
identification as Metis can be changed in the future, or are you
limited to keep using the idea of self-identification? It sounds like
you are actually applying other criteria that are not spelled out
directly, and I wonder if you might be open to challenges. We
heard in Saskatchewan that people are coming forward and
saying they are Metis but they are not really Metis; there is no link
to the community. Some of those people are actually saying if you
do not accept them, they are going to put in a human rights
complaint.
Le sénateur Dyck : Est-il possible que l’on modifie les critères
d’identification comme Métis, à l’avenir, ou bien êtes-vous obligés
de vous en tenir à l’idée d’auto-identification? Vous avez l’air
d’appliquer d’autres critères qui ne sont pas directement nommés.
Je me demande si vous vous exposez à des contestations. Nous
avons entendu dire, en Saskatchewan, que des gens se prétendent
Métis, sans l’être vraiment; ils n’ont aucun lien avec la
communauté. Certains menacent même d’invoquer une atteinte
aux droits de la personne si on ne les accepte pas.
The identity question can be challenged by the applicant unless
it is clearly spelled out somewhere.
La question d’identité peut être contestée par le demandeur à
moins qu’elle ne soit clairement mentionnée quelque part.
Mr. Gladu: Up to now, we rarely have challenges with respect
to the identity question. By and large, any challenge that we may
have with respect to application during the application process
usually results from things other than identity.
M. Gladu : Jusqu’ici, elle a fait très peu de vagues. En général,
les demandeurs qui contestent invoquent d’autres éléments que
l’identité.
23:118
Aboriginal Peoples
1-10-2012
In fact, of all the clients that we fund on an annual basis, and I
did mention we fund 800 individuals, give or take 50, the number
of times we actually have challenges with respect to an appeal, as
an example, under an application that has been declined is about
less than 1 per cent of our total clients. In fact, last year, we had I
think two appeals out of 811 clients that were funded.
En fait, sur l’ensemble de nos boursiers, dont le nombre, je l’ai
dit, s’élevait à 800, à la cinquantaine près, le nombre d’appels, par
exemple, pour contester une demande refusée représente moins de
1 p. 100, annuellement. En fait, l’année dernière, sur nos 811
boursiers, je pense que nous dénombrons 2 appels.
The Chair: What is the appeal process? Who adjudicates it?
Le président : Quel est le processus d’appel? Qui rend les
décisions?
Mr. Gladu: Actually, the appeal process is adjudicated at the
senior management level of our program. The individuals who
make an appeal are dealing with our employment centre staff,
who are regionally based.
M. Gladu : En fait, la décision relève de la haute direction de
notre programme. Les personnes qui interjettent appel font affaire
avec le personnel de nos centres d’emploi, qui est réparti dans les
régions.
We do not deal with clients at the head office of our operation,
so the senior management team never actually sees a client. We
never actually see individuals who are involved in projects, project
development, that kind of stuff.
Comme notre siège social ne s’occupe pas directement des
clients, notre haute direction n’en voit jamais. En fait, nous ne
voyons jamais les personnes qui participent aux projets, à leur
élaboration, à ce genre de choses.
Any interaction between ourselves and a client application
generally is at the appeal level, and as I said, we have very
minimal numbers of individuals approach us for an appeal in any
event, and even if there is an appeal, by and large, usually that
appeal is sometimes resolved at the program service level as
opposed to coming to our level for final adjudication.
Tous les rapports entre nous et un demandeur se situent
généralement à l’échelon de l’appel, et, comme j’ai dit, très peu de
personnes interjettent appel en tout cas. Le cas échéant, c’est en
général au service du programme et non à notre niveau que ça se
règle.
Appeals have been made in the past where we have ruled in
favour of the applicant, and I would say that is about on a 50-50
basis so far. However, the number of appeals that we deal with is
so minimal that it does not even warrant a whole lot of discussion
usually at the senior management table.
Jusqu’ici, je dirais que nous avons agréé la moitié des appels.
Cependant, le nombre d’appels dont nous sommes saisis est si
petit qu’il occupe très peu le temps de la haute direction.
Senator Sibbeston: Mr. Barner, we hear from Metis people in
our country that they are basically a landless people. Here in
Alberta, there are a number of Metis colonies. I would like to
know how significant this is to the lives and the benefit and
flourishing of the Metis people.
Le sénateur Sibbeston : Monsieur Barner, nous entendons
parler de Métis, ailleurs, au pays, qui, essentiellement, n’ont pas
de terres. Ici, en Alberta, il existe un certain nombre de colonies
métisses. J’aimerais savoir à quel point c’est important pour
l’existence des Métis et pour la prospérité et les avantages dont
jouit le peuple métis.
Mr. Barner: I will probably start, and maybe Lorne might be
able to finish with this. He probably has some input as well.
M. Barner : Je répondrai en premier. Lorne pourra peut-être
terminer, il a probablement quelque chose à dire, lui aussi.
As I mentioned in my presentation, according to recent
numbers I have seen, there are about 8,000 Metis settlement
members dispersed fairly evenly amongst the eight Metis
settlements.
Comme je l’ai dit, dans mon exposé, d’après les chiffres les plus
récents que j’ai vus, les huit établissements métis comptent
environ 8 000 membres répartis à peu près également entre eux.
I know back when the settlements were established, they were
done so under Premier Aberhart with the idea to alleviate Metis
poverty. I know that some of these settlements still today may
face some issues that are similar to the larger Metis population
with employment and stuff like that, so I am not sure exactly how
they are thriving, what their economies are like on settlement. I do
not have much experience with that, but maybe Mr. Gladu Lorne
might have a couple of points to add to that.
Je sais que ces établissements, créés pendant le mandat du
premier ministre Aberhart, visaient à soulager la pauvreté des
Métis. Que, aujourd’hui encore, certains de ces établissements
affrontent des problèmes semblables à ceux qui se posent dans le
gros de la population métisse, le chômage, les problèmes de ce
genre. Je ne sais pas exactement comment ils s’en tirent ni à quoi
ressemble leur économie. J’en sais peu, mais M. Gladu a peut-être
des remarques à ajouter.
Mr. Gladu: Any recognition of Metis land ownership of any
kind, of course, is very significant to the Metis Nation in
particular in Alberta, where the Alberta government brought
M. Gladu : Toute reconnaissance de la propriété foncière des
Métis est bien sûr très importante pour la nation métisse, en
Alberta particulièrement, où le gouvernement de la province a
1-10-2012
Peuples autochtones
23:119
forward 1.25 million acres of land that were set aside for Metis
individuals, the population base of which is about
8,000 individuals who reside on settlements.
offert 1,25 million d’acres réservées pour les Métis, à titre
individuel, dont la population de base, dans les établissements, se
chiffre à 8 000.
To that extent, what the Alberta government has done is set, in
my view, a perfect example for other provincial governments to
follow. If that were the case, and that was something that was
negotiated within those jurisdictions, the significance of that, of
course, would be the access to the resource base, which is the land
itself and the minerals that may reside within that land base with
the Metis settlements in the province.
Le gouvernement de l’Alberta a ainsi établi, d’après moi, un
exemple parfait à suivre par les autres provinces. Si on pouvait
négocier la même chose dans les provinces, cela voudrait dire que
les propriétaires auraient accès à la ressource que cela représente,
c’est-à-dire la terre elle-même et les minéraux qui peuvent se
trouver dans le territoire des établissements métis de la province.
I do not pretend to be an expert at all in this area, and I
suppose you are going to be talking to Metis settlements later on
today. I hope they can answer that question a lot better than we
can, but certainly it leads to opportunities for economic
development.
Je ne prétends pas être un spécialiste du domaine, et je suppose
que vous allez parler des établissements métis plus tard
aujourd’hui. J’espère que les responsables pourront répondre à
cette question beaucoup mieux que nous le pouvons, mais un fait
est sûr, cette possession offre des possibilités de développement
économique.
Right now in Alberta we have the major resource development
that is occurring throughout the province, and to a large degree,
some of the settlements are enjoying the benefits of having access
to employment opportunities, contractual opportunities and
businesses and so on resulting from major resource
development and negotiations that occur.
En ce moment même, l’Alberta traverse une période d’euphorie
dans la mise en valeur des ressources, et, dans une forte mesure, à
cause de cela et des négociations en cours, certains établissements
profitent des possibilités d’emploi et de celles de passer des
marchés et d’exploiter des entreprises.
They have an arrangement with the provincial government
where they could share some of the resources, and that is based on
— I cannot remember the term now, but the thing is that they can
negotiate certain access to those resources, and certainly to that
extent, it is a huge benefit to the people who live in those
communities.
Ils ont conclu avec la province un accord de partage des
ressources, fondé sur une notion dont le nom m’échappe, qui leur
permet de négocier un certain accès à ces ressources, ce qui a des
retombées énormes pour les habitants de ces communautés.
Senator Sibbeston: I am curious about this. It seems to me that
for the survival of any people, land, a home base, is necessary. I
know in our history in Canada, there is the history of reserves for
the First Nations. Depending on where the reserves are, if they are
in an area where there are rich resources or if they are near
highways or cities, they have a good chance of benefiting from
their locations. Some First Nations have done very well.
Le sénateur Sibbeston : Vous piquez ma curiosité. Il me semble
que pour la survie d’un peuple, un territoire, des terres sont
indispensables. Je connais notre histoire, au Canada. Il y a
l’histoire des réserves, chez les Premières nations. Si elles se
trouvent dans une région nantie en ressources ou à proximité
d’autoroutes ou de grandes villes, elles ont de bonnes chances d’en
profiter. Certaines d’entre elles ont très bien réussi.
However, if you are in a remote area, and there is nothing, then
there is a certain amount of apathy. You hear about some of the
First Nation reserves in our country that are really suffering from
apathy and have a lot of social problems.
Toutefois, dans les régions reculées, sans ressources, une
certaine apathie s’est installée. On entend parler de réserves qui,
dans notre pays, souffrent vraiment d’apathie et de beaucoup de
problèmes sociaux.
In the thinking of the Metis in Alberta, is it part of any of their
future plans to extend the land base of the Metis? Is there any
thinking like in Israel, the Jews of the world who think their
survival and existence depends on their having a homeland at all?
Or are Metis people in our country pretty well happy with just
living in Edmonton and scattered throughout the province? Is
there any thought of a homeland being essential for the survival
of the Metis people?
Pour les Métis de l’Alberta, est-ce que l’élargissement de leur
assise territoriale fait partie de leurs projets futurs? Les Métis de
notre pays pensent-ils, un peu comme les Juifs du monde entier
pour Israël, que leur existence et leur survie passent par le fait
d’avoir une patrie? Ou sont-ils relativement satisfaits de vivre à
Edmonton et dans d’autres régions de la province? Les Métis
croient-ils qu’une patrie est indispensable pour assurer leur
survie?
Mr. Barner: It is a tough question, but I think historically,
Metis people have considered the historic northwest as their
homeland, whether it be in Edmonton or Winnipeg.
M. Barner : C’est une question très délicate, mais je crois que
les Métis ont toujours considéré le Nord-Ouest historique comme
leur patrie, qu’il s’agisse d’Edmonton ou de Winnipeg.
23:120
Aboriginal Peoples
1-10-2012
There are still some predominantly Metis communities that
exist, such as Marlboro and Conklin, that are not considered
under provincial legislation as Metis settlements. Like I
mentioned, about 30,000 Metis people live in the city of
Edmonton, but they may go and practise their rights elsewhere
in the province. Their ancestors used to follow the buffalo. Now
people may go somewhere else to do their harvesting as well.
Certaines collectivités à dominante métisse, comme Marlboro
et Conklin, ne sont toujours pas considérées comme des
établissements métis en vertu des lois provinciales. Comme je
l’ai mentionné, près de 30 000 Métis vivent à Edmonton, mais ils
se rendent parfois ailleurs dans la province pour exercer leurs
droits. Leurs ancêtres avaient l’habitude de suivre les troupeaux
de bisons. Ils peuvent donc aller dans d’autres régions pour
exercer leur droit de récolte.
Senator Raine: Thank you very much. I have to tell you that
the study we are doing is very interesting, and the question of
identity is very complex. The more you look into it, the more you
realize its complexity. In the end, I think we have to take a look at
the question of identity by asking why we are determining an
identity for individuals and collective people. What is the purpose
of it? When you have entitlement programs and institutions that
have, for instance, some seats in a school reserved for Aboriginal
Metis people, then the question of who qualifies becomes quite
limiting.
Le sénateur Raine : Merci beaucoup. Je dois dire que notre
étude est très intéressante et que la question de l’identité en est une
très complexe. Plus on creuse le sujet, plus on se rend compte de
sa complexité. Au bout du compte, je crois qu’il faut se demander
pourquoi il faut déterminer l’appartenance d’une personne à un
groupe. Quel est le but? Lorsque des programmes sont réservés à
certaines personnes, ou que certains établissements ont, par
exemple, des places réservées à des Autochtones ou des Métis, la
question de l’admissibilité devient très limitée.
Having said that, there is no doubt that if you connect and are
accepted into the Metis community, and you feel yourself Metis,
even though by a strict criteria, you cannot tick off every box, i.e.,
perhaps your ancestors did not stop in the Red River Valley on
their way out west and so there are no genealogical roots in the
Red River area, but you and your family have lived in Metis
communities and have been Metis for many generations. You see,
if you apply the criteria for what individuals are Metis, you can
do some real damage if you are not careful.
Cela étant dit, il ne faut aucun doute que si vous avez des liens
avec la communauté métisse et qu’elle vous accepte, et que vous
vous considérez comme un Métis, même si vous ne répondez pas à
certains critères, si vos ancêtres ne se sont pas arrêtés, par
exemple, dans la vallée de la rivière Rouge dans leur périple vers
l’Ouest, vous n’y avez donc pas de racines généalogiques, mais
votre famille et vous avez vécu dans des collectivités métisses et
êtes Métis depuis de nombreuses générations. Ainsi, on voit qu’en
appliquant les critères pour établir le statut de Métis, on peut
causer beaucoup de torts si on ne fait pas attention.
Having said that, I think everybody recognizes that the need to
have a portable form of identification, i.e., I am a card-carrying
Metis member, Metis person, is probably in the end going to be
necessary.
Cela étant dit encore une fois, je pense que nous sommes tous
conscients qu’il sera nécessaire en fin de compte d’avoir une pièce
d’identité, que l’on peut transporter avec soi, pour confirmer le
statut de Métis.
I just wonder, at the Rupertsland Institute and also at MNA
with your genealogy, are you experiencing problems determining
who is a Metis?
J’aimerais simplement savoir si l’Institut Rupertsland et le
centre de généalogie de la MNA éprouvent de la difficulté parfois
à déterminer si une personne est métisse?
Mr. Barner: I think the question of identity is interesting. You
brought up a number of excellent points, especially when you talk
about the needs of a human being and how identity falls into that.
M. Barner : La question de l’identité est intéressante. Vous
avez soulevé d’excellents points, notamment lorsque vous avez
parlé des besoins de l’être humain et du fait que l’identité en fait
partie intégrante.
When I brought up the years 1996 to 2006, that was a really
significant time for the Metis Nation. As Mr. Gladu mentioned,
1996 is when we got our first ARDA agreement, our training to
employment agreement, and in the first 10 years of that
agreement, the self-identification population of Metis in the
province doubled. Your needs change. People come back to the
community when there is a reason for them to come back.
Les années 1996 à 2006 ont été une période très importante
pour la nation métisse. Comme M. Gladu l’a mentionné, le
premier accord en vertu de l’ARDA date de 1996, notre accord de
formation vers l’emploi, et au cours des 10 premières années de
cet accord, le nombre de Métis à s’auto-identifier dans la province
a doublé. Les besoins évoluent. Les gens reviennent au sein de la
communauté lorsqu’ils ont une raison de le faire.
As for what our
difficulties we have,
genealogy department
think post Powley,
En ce qui a trait au travail de notre service de généalogie et des
difficultés que nous avons, je crois pouvoir affirmer que nous
avons le meilleur service de généalogie et le meilleur registre des
Métis au Canada. Je crois que c’est après l’arrêt Powley que nous
genealogical department does and the
I think I can say we have the best
and the best Metis registry in Canada. I
we have done the most number of
1-10-2012
Peuples autochtones
23:121
registrations, issued the most number of registry identifications. It
is objectively verifiable, so you can produce the information you
need to trace your family roots back.
avons connu la hausse la plus importante du nombre
d’inscriptions au registre. On peut produire l’information pour
retracer les racines familiales et vérifier le tout de manière
objective.
But you know what? Some people have had difficulty. For
example, they may have an issue with even affording a long-form
birth certificate, or their baptismal certificate was lost or stuff like
that, so we do have those issues. However, by and large, the
process that began in 2004 till now has become fairly streamlined,
and we do have resources and a research centre in our head office
to help people with the registry process.
Mais vous savez quoi? Certaines personnes ont éprouvé des
difficultés. Il est arrivé, par exemple, que des personnes n’étaient
pas en mesure de se procurer un acte de naissance détaillé, ou
qu’elles avaient perdu leur acte de baptême, ou d’autres
problèmes du genre, alors nous avons parfois ce genre de
problèmes. Toutefois, dans l’ensemble, le processus enclenché en
2004 s’est beaucoup simplifié au fil du temps, et nous avons
maintenant un centre de recherche et des ressources à notre
bureau central pour aider les intéressés à s’inscrire au registre.
Senator Raine: Do you think that eventually you will be able to
say everybody is now captured on our registry? A lot of work is
being done right now. It is a huge amount of effort for everybody,
for the families, for the staff, for everybody.
Le sénateur Raine : Croyez-vous pouvoir dire un jour que le
registre est complet? Il se fait beaucoup de travail à l’heure
actuelle. Tous font des efforts colossaux, les familles, le personnel,
tout le monde.
Mr. Barner: Actually, one of the interesting things that kind of
came to me, and I am sure maybe other people within the MNA
knew this already, but it became very clear to me when we did
that health study I was talking about, and Statistics Canada says
how young the Metis population is. However, if you look at our
registry numbers, it is kind of skewed to the older side because
when a child is born, there is no real impetus to have them
registered immediately, right? A lot of times what you will find is
they will eventually come to the nation when it is time to vote or
they might be thinking of going to post-secondary or something
like that and they want to go on their own and get their card
done.
M. Barner : En fait, un élément que j’ai remarqué en quelque
sorte, et que d’autres personnes au sein de la MNA savaient sans
doute déjà, mais cela m’a sauté aux yeux lorsque nous avons
effectué l’étude sur la santé dont je vous ai parlé, et Statistique
Canada le dit, c’est le fait que la population métisse est très jeune.
Toutefois, lorsqu’on examine le registre, la balance penche du
côté des gens âgés, car lorsqu’un enfant naît, il n’y a pas vraiment
d’incitation à l’inscrire immédiatement, n’est-ce pas? Souvent, ce
qui se passe, c’est que les jeunes viennent au sein de la
communauté lorsque c’est le temps de voter ou lorsqu’ils
pensent par exemple à poursuivre leurs études au niveau
postsecondaire et qu’ils veulent devenir autonomes et obtenir
leur carte.
One of the things that we have is that if somebody in the family
has a verifiable tree and they can sign a release, so say if my sister
or someone like that wanted to attach to my family tree, I would
sign a release she would come in. It would be a little bit of a
quicker process than her having to go through all the steps herself.
L’un des processus que nous avons, si une personne dans la
famille a un arbre généalogique vérifiable, c’est de lui demander
de signer une autorisation. Disons par exemple que ma sœur ou
une autre personne veut faire partie de mon arbre généalogique, je
peux lui signer une autorisation. C’est plus rapide en quelque
sorte pour elle que d’avoir à passer par toutes les étapes.
Senator Raine: Once a family member has done the
genealogical work, their descendants then can be connected
directly through.
Le sénateur Raine : Lorsqu’un membre de la famille a pu
établir son arbre généalogique, ses descendants peuvent y être
reliés directement.
Mr. Barner: They still need to make sure they do their due
diligence in verifying all the documents as well, because there are
some oddities that can happen. We just want to make sure that
everybody in our registry from 2004 onward is truly a Metis
citizen.
M. Barner : On doit faire preuve quand même de diligence
raisonnable et bien vérifier tous les documents, car il se produit
parfois des choses bizarres. Nous voulons nous assurer que tous
les gens qui se sont inscrits à partir de 2004 sont vraiment des
Métis.
Senator Raine: Have you in the MNA come across people who
claim Metis citizenship, if you like, presenting some kind of a card
that is not recognized? Are there cards floating around out there
that you would not recognize?
Le sénateur Raine : Est-ce qu’il vous est arrivé au sein de la
MNA de rencontrer des gens qui disent avoir la citoyenneté
métisse et qui vous présentent une carte qui n’est pas reconnue en
quelque sorte? Y a-t-il des cartes en circulation que vous ne
reconnaissez pas?
23:122
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Mr. Barner: Well, the idea is that all the governing members
from B.C. to Ontario, the Métis National Council, should be
following similar processes in accordance with the historic
definition in the Powley test. Yet when they come to our
province, we still need to do our due diligence.
M. Barner : Eh bien, l’idée est que tous les membres dirigeants
de la Colombie-Britannique à l’Ontario, le Ralliement national
des Métis, suivent la même procédure en respectant la définition
historique prévue dans l’arrêt Powley. Toutefois, lorsqu’ils
viennent dans notre province, il faut exercer la diligence voulue.
There are organizations out there such as the Metis Nation of
Canada. I do not know who they are; I do not know who elects
them, but I know they do sell cards. To me, that is outside of our
thinking.
Il y a différentes organisations, comme la Métis Nation of
Canada. Je ne sais pas qui sont ses membres; je ne sais pas par qui
les dirigeants sont élus, mais je sais qu’ils vendent des cartes. Pour
moi, cela ne fait pas partie de notre philosophie.
One issue we do have is with Bill C-31, and part of our registry
process is submitting a batch into the AANDC registry
department now and just making sure that they are not already
on a band list or they are not a registered Indian in Canada.
Un problème que nous voyons concerne le projet de loi C-31,
et une partie de notre processus d’inscription au registre est le fait
de soumettre un lot au registre d’inscription d’AADNC, et de
veiller à ce que les noms ne figurent pas déjà sur les listes des
bandes ou que les membres ne sont pas des Indiens inscrits au
Canada.
Mr. Gladu: Could I just supplement his answer a little bit? I
believe Mr. Barner mentioned a while back that there are 45,000
registered members at the MNA. If we are looking at 2001 Census
data, which states that there are 85,000 Metis individuals in the
province, a 45,000 membership at this point represents more than
50 per cent of that total number.
M. Gladu : Puis-je ajouter quelque chose à sa réponse? Je pense
que M. Barner a mentionné un peu plus tôt que la MNA compte
45 000 membres inscrits. Si on regarde les données du
recensement de 2001, il y avait 85 000 Métis dans la province,
45 000 membres représentent donc aujourd’hui plus de 50 p. 100
de ce nombre.
The thing is that the youth in our community, from what the
statistics are telling us, roughly 40 per cent of those individuals
are under the age of 16 and therefore not eligible to hold MNA
membership. That represents 40 per cent of the Metis population;
45,000 represents more than 50 per cent of the population.
Therefore, really there is a 10 per cent gap in terms of existing
individuals who could be making application to the organization.
Selon ce que disent les statistiques, environ 40 p. 100 des
membres de notre communauté sont des jeunes de moins de
16 ans, et ceux-ci ne peuvent pas être membres de la MNA. Ils
représentent 40 p. 100 de la population métisse; 45 000, c’est plus
en fait que 50 p. 100 de la population. Il y a donc en réalité un
écart de 10 p. 100 dans le nombre de ceux qui pourraient faire une
demande pour devenir membres de notre organisation.
I would suggest that that does not necessarily suggest that there
is an issue with genealogical findings and so on.
Cela ne veut pas nécessairement dire qu’il y a des problèmes
notamment du côté des recherches généalogiques.
Senator Ataullahjan: We heard briefly about the health of the
Metis people, and you gave us some figures. Diabetes is almost of
epidemic proportions.
Le sénateur Ataullahjan : Nous avons entendu quelques
commentaires au sujet de la santé des Métis, et vous nous avez
présenté quelques statistiques. Le diabète atteint presque des
proportions d’épidémie.
What is the maternal and infant health like? Do you have any
figures for that?
Qu’en est-il de la santé maternelle et infantile? Avez-vous des
statistiques à ce sujet?
Mr. Barner: I do not have it with me and I would not want to
just pull something off the top of my head with the fear that I
could be giving you some wrong information, but if you would
accept some type of written submission later on, I would be happy
to give you that data.
M. Barner : Je n’ai pas ces renseignements avec moi et je ne
veux pas vous induire en erreur en vous donnant des données de
mémoire, mais si vous êtes prêts à accepter que je vous transmette
l’information par écrit, je serai heureux de le faire.
Senator Ataullahjan: Is anything being done to educate the
Metis people about the incidence of diabetes and heart problems?
Are you doing any kind of work to make them aware of that?
Le sénateur Ataullahjan : Les Métis sont-ils sensibilisés d’une
manière ou d’une autre à l’incidence du diabète et des troubles
cardiaques? Prend-on des mesures pour s’assurer qu’ils sont au
courant?
Mr. Barner: In the past we had some funding for diabetes. We
do not have that funding any further.
M. Barner : Nous recevions autrefois des fonds pour lutter
contre le diabète, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:123
As I mentioned, federally, the First Nations and Inuit Health
Branch completely excludes Metis. The NAHO program that was
doing some research on Metis as well was recently cut completely.
Comme je l’ai mentionné, au niveau fédéral, la Direction
générale de la santé des Premières nations et des Inuits exclut
catégoriquement les Métis de ses programmes. De plus, le
programme de l’ONSA dans le cadre duquel on effectuait de la
recherche sur la santé des Métis a été aboli dernièrement.
Provincially, we do have some work we are doing with fetal
alcohol spectrum disorder, and as well, just building our research
here with this report that can hopefully stimulate government to
work with us on closing the gap that we face in health outcomes.
Au niveau provincial, nous effectuons des recherches sur
l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale, et nous
espérons que le fruit de nos recherches dans ce rapport
encouragera le gouvernement à collaborer avec nous pour
combler le fossé qui nous sépare du reste de la population en
matière de santé.
Senator Dyck: Mr. Gladu, you mentioned the National
Aboriginal Resource Allocation Model funding formula, or
something like that, and said there were some problems with it.
Is there anything that you would recommend that the committee
do with respect to that?
Le sénateur Dyck : Monsieur Gladu, vous avez parlé de la
formule de financement du Modèle national d’affectation des
ressources pour les Autochtones, ou quelque chose du genre, et
vous avez dit que cela créait des problèmes. Avez-vous des
recommandations à faire au comité pour remédier à ces
problèmes?
Mr. Gladu: I would like to recommend that the committee
insist that the federal government apply 2006 Census data or the
most recent census data as it applies to any national funding
formula, in this case, to the National Aboriginal Resource
Allocation Model.
M. Gladu : Je recommanderais au comité d’insister auprès du
gouvernement fédéral pour qu’il utilise les données du
recensement de 2006 ou du plus récent recensement au moment
d’appliquer la formule de financement national pour, dans ce cas,
le Modèle national d’affectation des ressources pour les
Autochtones.
The Chair: There is one question that has been asked by our
researchers. Are the harvester cards triggering an identity crisis
within the MNA?
Le président : Nos analystes se posent une question. Les cartes
de récolte sont-elles en train de déclencher une crise identitaire au
sein de la MNA?
Mr. Barner: The MNA does not — we have a harvesting policy
and a harvesting council, but I do not believe we have harvesting
cards.
M. Barner : La MNA n’a pas... nous avons une politique en
matière de récolte et un conseil de la récolte, mais je ne crois pas
que nous ayons des cartes de récolte.
The Chair: You do not have harvester cards? You do not
require them?
Le président : Vous n’avez pas de cartes de récolte? Vous ne les
exigez pas?
Mr. Barner: We have our own policy that speaks to who and
how we harvest, but we do not have harvesting cards.
M. Barner : Notre politique précise qui a droit de récolter et la
procédure à suivre, mais nous n’avons pas de cartes de récolte.
The Chair: How do you identify to conservation officers?
Le président : Comment les agents de conservation savent-ils
qui vous êtes?
Mr. Barner: At MNA, we believe the right to harvest applies to
all citizens of the Métis Nation of Alberta.
M. Barner : À la MNA, nous croyons que le droit de récolte
s’applique à tous les citoyens de la Métis Nation of Alberta.
Mr. Gladu: Individuals who are approached by officers
throughout the province when they are harvesting are required
to produce MNA membership cards.
M. Gladu : Lorsque les agents abordent un Métis qui chasse
quelque part dans la province, il doit présenter sa carte de
membre de la MNA.
Senator Raine: If a Metis who is hunting is approached by a
conservation officer and produces his Metis card, would regular
hunting regulations also apply to that individual, or can he take
more than his share of game, for instance, or hunt out of season
and disregard the laws of Alberta?
Le sénateur Raine : Lorsqu’un agent de conservation aborde un
Métis qui chasse et que celui-ci lui montre sa carte de Métis, est-ce
que ce sont les mêmes règlements qui s’appliquent, ou est-ce qu’il
peut récolter plus que sa part de gibier, par exemple, ou chasser à
l’extérieur de la saison et faire fi des lois albertaines?
Mr. Gladu: At this point in time, it is my understanding that
the Alberta government does not recognize a harvesting policy
that was initially agreed to a few years back by the Alberta
government. They have since rescinded that policy where they
required Metis individuals who are harvesting to produce MNA
membership cards and that would suffice. They have since
M. Gladu : À l’heure actuelle, je crois comprendre que le
gouvernement de l’Alberta ne reconnaît pas la politique de récolte
qui avait été acceptée il y a quelques années par le gouvernement
de la province. Les autorités provinciales ont depuis annulé cette
politique en vertu de laquelle les Métis devaient présenter leur
carte de membres de la MNA et cela suffisait. Elles ont depuis
23:124
Aboriginal Peoples
rescinded that, repealed that decision, and since then, from what I
understand, all Metis individuals who are harvesting anywhere in
the province have to follow provincial laws with respect to that
kind of activity.
The Chair: Thank you, gentlemen, for your presentation.
1-10-2012
annulé cette politique, annulé la décision, et depuis, à ce que je
sache, les Métis qui s’adonnent à la récolte à un endroit ou un
autre dans la province doivent respecter les lois provinciales qui
s’appliquent à l’activité en question.
Le président : Merci, messieurs, de vos exposés.
Colleagues, for our second presentation we will hear from
Professor Catherine Bell, an academic. Those are great people.
Chers collègues, nous passons maintenant à l’exposé de
Mme Catherine Bell, qui est professeure. Ce sont des gens
formidables.
Catherine Bell, Professor of Law, as an individual: You have
made me feel comfortable already.
Catherine Bell, professeure de droit, à titre personnel : Vous
venez de me mettre à l’aise.
The Chair: I saw you in the audience nodding your head. You
are familiar with the process, and if you will keep your
presentation as tight as possible there are a lot of questions that
I am sure you will be asked.
Le président : J’ai vu des gens dans la salle acquiescer de la tête.
Vous connaissez bien la procédure. Je vous demanderais donc
d’être aussi concise que possible, car je sais qu’il y aura beaucoup
de questions.
Ms. Bell: Thank you, Mr. Chair and members of the
committee, for the invitation to speak to you. I apologize it has
taken a while for me to get here.
Mme Bell : Merci, monsieur le président, et mesdames et
messieurs les membres du comité, de m’avoir invitée à
comparaître. Je vous prie d’excuser mon retard.
The focus of my comments will be on Canadian law as it
applies to Metis legal identity for the purpose of exercising
section 35, Aboriginal constitutional rights. However, before I
speak to you, I just want to quickly situate myself in relation to
the others who have appeared before you.
Mes propos porteront essentiellement sur la loi canadienne et
son application à l’identité juridique des Métis et à l’exercice des
droits constitutionnels autochtones en vertu de l’article 35.
Toutefois, avant de commencer, j’aimerais me situer rapidement
par rapport aux autres témoins qui ont comparu devant vous.
It is extremely important to say I am not a Metis person or a
member of a Metis government or an employee of the federal or
the provincial governments, but I have had the opportunity and
pleasure of working collaboratively with all of these constituents
over the last 25 or 30 years, including the Metis settlements from
the time of their origin and negotiation, so I am happy to try to
answer questions you may have in that regard.
Il est très important pour moi de préciser que je ne suis pas
métisse, que je ne suis pas membre d’un gouvernement métis, et
que je ne suis pas une employée du gouvernement provincial ou
fédéral. J’ai toutefois eu l’occasion et le plaisir de travailler avec
tous ces groupes au cours des 25 ou 30 dernières années, y compris
les établissements métis depuis leur origine et les négociations, et
je serai donc très heureuse de répondre à vos questions, si je peux,
dans ce dossier.
However, it is important to say I do not speak on behalf of any
of these organizations. Also, I have taken the opportunity to read
the transcripts of the hearings and I need to say that although my
analysis of law as it applies to Metis strongly supports the
submissions that were made to you by the Metis Nation of
Canada and their various legal and political representatives
regarding Metis constitutional rights, we do differ in that my
interpretation of section 35(2) of the Constitution Act includes
self-identifying Metis communities distinctive from indigenous
and European ancestors that may not be able to establish
ancestral connection to the historic Metis Nation or its territory.
Il importe de souligner également que je ne parle pas au nom de
l’une ou l’autre de ces organisations. De plus, j’ai pris le temps de
lire la transcription des audiences, et je dois vous dire que mon
analyse de la loi, telle qu’elle s’applique aux Métis, appuie
fermement les arguments qui vous ont été présentés par la Métis
Nation of Canada et ses divers représentants politiques et
juridiques au sujet des droits constitutionnels des Métis, mais
que mon interprétation du paragraphe 35(2) de la Loi
constitutionnelle diffère de la leur en ce que la mienne inclut les
collectivités qui s’auto-identifient comme étant métisses et sont
distinctes de celles de leurs ancêtres indigènes et européens qui ne
peuvent établir de liens ancestraux avec la nation métisse
historique ou son territoire.
Some Metis legal scholars, legal counsel and the Metis Nation
have respectfully and consistently disagreed with me on this point,
but we still shake hands and are friends.
Certains juristes métis, avocats, et la nation métisse ont
toujours été respectueusement en désaccord avec moi sur ce
point. Nous continuons toutefois de nous serrer la main et
demeurons des amis.
Having said this, the historical foundation of the potential
section 35 rights of contemporary self-identifying Metis
communities that do not meet the criteria set out in Powley are
most likely based in their Inuit and First Nation ancestry rather
Cela étant dit, le fondement historique des droits potentiels en
vertu de l’article 35 des collectivités contemporaines qui s’autoidentifient comme étant métisses mais ne répondent pas aux
critères énoncés dans l’arrêt Powley repose sans doute sur leurs
1-10-2012
Peuples autochtones
23:125
than their distinctive identity as historical Metis communities.
This further complicates issues of identification and rights
recognition through federal and provincial programs with some
arguing that these groups are not true Metis; rather they are
groups of non-status Indians or Inuit despite in some instances of
a lengthy socio-political history of self-identifying as Metis
people.
ancêtres inuits ou des Premières nations plutôt que sur leur
identité distincte en tant que collectivités métisses historiques.
Cela vient compliquer encore davantage la question de
l’identification et de la reconnaissance des droits dans le cadre
des programmes fédéraux et provinciaux, certains prétendant que
ces groupes ne sont pas de vrais Métis, mais plutôt des Indiens
non inscrits ou des Inuits, malgré le fait que dans certains cas, ils
ont une longue histoire sociopolitique d’auto-identification au
peuple métis.
Because of the complexity of these issues we are discussing
today and the desire to keep the comments short so we can have
time for discussion, I am going to identify five key points and then
just speak briefly to the second point in light of the interest I
heard in this morning’s deliberations in relation to the Metis
settlements.
Compte tenu de la complexité des questions dont nous traitons
aujourd’hui et du fait que nous voulons consacrer le plus de temps
possible aux questions, je vais citer cinq points clés et m’attarder
un peu sur le deuxième en raison de l’intérêt suscité dans les
délibérations de ce matin par les établissements métis.
I am turning now to page 2 of my brief, where I outline the five
points.
Je passe maintenant à la page 2 de mon document, où je décris
les cinq points principaux.
The first is that there is a difference between being recognized
as Metis in section 35(2), which defines the Aboriginal peoples of
Canada, and being a Metis person who has distinctive Metis
rights arising from ancestral connection to a distinctive Metis
historical and contemporary community. That is, contemporary
self-identifying Metis communities may have rights arising from
different historical foundations.
Premièrement, il existe une distinction entre la reconnaissance
à titre de Métis en vertu du paragraphe 35(2), lequel définit ce
qu’on entend par « peuples autochtones du Canada », et la
reconnaissance à titre de Métis ayant des liens ancestraux avec
une communauté métisse historique et accepté par sa collectivité
actuelle en lien direct avec une telle communauté. Je m’explique :
les Métis des collectivités actuelles possèdent peut-être des droits
issus de motifs historiques différents.
Second, in addressing Metis constitutional rights in Alberta,
one must consider special legal and equitable obligations that
arise in relation to the Metis settlement members and their
governments because of the legal effect and ameliorative purpose
of the Metis Settlement Accord signed in 1989 and the Metis
settlements legislation.
Deuxièmement, lorsqu’on se penche sur les droits
constitutionnels des Métis de l’Alberta, il faut tenir compte des
obligations juridiques et morales envers les membres des
établissements métis et leur gouvernement en raison de la portée
juridique et du programme améliorateur du Métis Settlements
Accord de 1989 ainsi que des lois adoptées à ce chapitre.
Third, ambiguities in the Powley decision with respect to
geographical boundaries for identifying Metis territory, which
both Jean Teillet and Jason Madden testified to in regards to this
issue, and the existence of an historical community have resulted
in vastly different legal interpretations and political responses to
the recognition of the existence of section 35 rights-bearing Metis
individuals in communities and the geographical scope of Metis
Aboriginal rights, and I would add here that perhaps one of the
most glaring examples of this is the significant change in the Metis
harvesting rights policy in Alberta with the change in government
in 2006.
Troisièmement, les ambiguïtés de l’arrêt Powley sur les limites
géographiques définissant un territoire métis — Jean Teillet et
Jason Madden ont abordé la question dans leur témoignage — et
sur l’existence d’une communauté historique ont entraîné des
interprétations juridiques et des réactions politiques
diamétralement opposées en ce qui concerne la reconnaissance
et la portée géographique des droits conférés aux Métis et à leurs
communautés en vertu de l’article 35. Et je voudrais vous citer
peut-être l’exemple le plus flagrant de réaction politique : le
gouvernement albertain élu en 2006 a modifié radicalement sa
politique en matière de droits de récolte des Métis.
Fourth, narrow construction of Metis Aboriginal rights to
harvest in a manner I would argue is inconsistent with the purpose
of the inclusion of Metis peoples in section 35 and the spirit of the
Powley decision has resulted in their exclusion from or marginal
participation in processes aimed at reconciling Aboriginal rights
with the interests of other citizens of Canada, including the
federal land claims process and consultation, negotiation and
accommodation processes directed at potential impact of resource
development and other crown activity on existing and credible
potential Aboriginal constitutional rights. Participation rights
Quatrièmement, les droits de récolte des Métis ont été
interprétés étroitement et d’une façon qui est, selon moi,
contraire à l’inclusion des Métis en vertu de l’article 35 et de
l’arrêt Powley. Les Métis ont donc été exclus des initiatives visant
à concilier les droits autochtones avec les intérêts des autres
citoyens canadiens ou ont été autorisés à y participer
symboliquement. Par initiative, on entend les revendications
territoriales auprès du gouvernement fédéral ainsi que la
consultation, la négociation et l’accommodement lorsqu’il s’agit
de déterminer les répercussions éventuelles de la mise en valeur
23:126
Aboriginal Peoples
1-10-2012
and consultation vary from province to province, with some
provinces having Metis consultation policies and others such as
Alberta significantly limiting Metis participation.
des ressources et des autres activités de l’État sur les droits
constitutionnels existants et éventuels des Autochtones. Les droits
régissant la participation des Métis au processus de consultation
varient d’une province à l’autre. Certaines autorisent leur
participation alors que d’autres, notamment l’Alberta, la
restreignent considérablement.
My fifth and final point is that there is an urgent need for an
impartial and independent dispute resolution mechanism to
address impasses in negotiations between democratically elected
Metis governments such as the Metis Settlements General Council
and the Metis Nation of Canada and other representative bodies
such as the Congress of Aboriginal Peoples.
Enfin, cinquièmement, il est impérieux d’établir un mécanisme
de règlement des différends indépendant et impartial afin de
s’attaquer aux impasses dans les négociations entre d’une part les
gouvernements métis démocratiquement élus, comme le Conseil
général des établissements métis, la Nation métisse du Canada et
la Métis Nation of Alberta, et d’autre part le Congrès des peuples
autochtones.
With that, I would just like to refer you to page 4 of my brief to
make a couple of comments about Alberta’s Metis settlements.
Cela étant dit, je voudrais passer à la page 4 de mon mémoire
pour aborder brièvement les établissements métis et l’Alberta.
In addressing Metis constitutional rights in Alberta, one must
consider the special legal and equitable obligations that arise in
relation to the Metis settlements. The reasoning for this is laid out
in the provincial court decision of R v. Lizotte and receives
support from the recent decision of the Supreme Court of Canada
in R v. Cunningham and the Manitoba Court of Appeal in the
Manitoba Metis Federation case, now on appeal to the Supreme
Court of Canada.
Lorsqu’il s’agit des droits constitutionnels des Métis en
Alberta, il faut tenir compte des obligations juridiques et
morales particulières aux établissements métis, conformément à
la décision de la Cour provinciale dans l’affaire R c. Lizotte, à la
récente décision de la Cour suprême du Canada dans l’affaire R c.
Cunningham et à la décision de la Cour d’appel du Manitoba dans
l’affaire présentée par la Fédération des Métis du Manitoba,
décision dont on a interjeté appel devant la Cour suprême du
Canada.
I can speak to all these cases and to the details in these cases
and how they support these arguments, but I am going to leave it
there. I have provided you with a written brief and I understand
there may be lots of questions about the five points I have raised.
Je pourrais commenter ces affaires et leurs répercussions sur les
droits constitutionnels des Métis, mais j’en resterai là. Vous
pourrez lire le mémoire que je vous ai remis pour savoir ce que
j’en pense. Vous aurez peut-être beaucoup de questions à me
poser sur les cinq points que je vous ai exposés.
The Chair: I am going to ask the first question, colleagues. The
first of your five points is where you are in conflict with certain
individuals.
Le président : Si mes collègues le permettent, je poserai la
première question. Dans le premier de vos cinq points, vos
arguments sont en contradiction avec ceux de certains autres
témoins.
Ms. Bell: That is correct.
Mme Bell : J’en conviens.
The Chair: Can you tell me, if you are not going to recognize a
homeland, if there is a language, a community, a geographical
area where a vast majority of these people evolved from, what
communities are you thinking of? Are there particular examples
that you could give us?
Le président : Pouvez-vous me dire comment vous appellerez
ces communautés qui ont leur langue, leurs coutumes et leur
identité dans un territoire géographique bien défini, si vous ne
reconnaissez pas la patrie de la nation métisse? Pourriez-vous
nous donner des exemples précis?
Ms. Bell: Absolutely. There are two examples, but I do want to
clarify. I actually do recognize the Metis homeland. I actually do
agree with the position that was put forward in Goodon that when
we were talking about the Metis Nation, they have distinctive
rights as a Metis people in the Constitution.
Mme Bell : Je vous donne volontiers deux exemples, mais je
dois auparavant apporter une correction. Je reconnais la patrie
métisse. En fait, j’adhère à la position adoptée dans l’affaire
Goodon, c’est-à-dire que la nation métisse a des droits distincts en
vertu de la Constitution.
The point that I am trying to make is that there are now
contemporary self-identifying Metis groups who may have
identified as such after the imposition of European sovereignty
and effective control that do not trace their origins to the Metis
Nation.
J’essaie simplement de faire valoir qu’il existe maintenant des
groupes se déclarant métis qui font remonter leur origine après la
mainmise effective des Européens sur leur territoire, sans pouvoir
prouver leur appartenance à la nation métisse.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:127
An example that has been recognized by the courts for the
purpose, for example, of the constitutional right to consultation
are the Labrador Metis. Now, some would say that they are not
truly a Metis people because their origins are to Inuit people who
lived in southern Labrador. However, for many years, they have
had a contemporary identity as distinctive Metis, and I would
argue that they also have constitutional rights, but it is not based
in their historical distinctiveness as Metis as one would say for the
Metis Nation but in their Inuit ancestry.
Les tribunaux ont reconnu notamment le droit constitutionnel
des Métis du Labrador à participer au processus de consultation.
Par contre, certains feraient valoir qu’ils ne sont pas véritablement
des Métis parce qu’ils descendent des Inuits du sud du Labrador.
Cependant, pendant de nombreuses années, ils se sont déclarés
métis, et je suis d’avis qu’ils possèdent des droits constitutionnels
qui ne sont cependant pas fondés sur leurs caractéristiques
historiques distinctes de Métis, mais plutôt sur leur ascendance
inuite.
The Chair: Are they not the same people who now do not want
to be called Metis?
Le président : Est-ce qu’il ne s’agit pas des mêmes personnes
qui ne veulent plus être appelées des Métis?
Ms. Bell: They have identified as both, and the Supreme Court
of Canada says that as they are working out what the exact nature
of their identification is, as long as they can say that they have a
credibly ‘‘assertable’’ Aboriginal rights claim, they are still to be
recognized as an Aboriginal people, and that is my point.
Mme Bell : Ils se sont déclarés Autochtones et Métis. La Cour
suprême du Canada a établi qu’ils peuvent le faire dans la mesure
où ils sont en mesure de prouver avoir des droits autochtones
qu’ils peuvent faire valoir de manière crédible. Voilà.
My point is that contemporary identifying Metis people may
not fit the distinctive Metis criteria.
D’après moi, les personnes qui se déclarent métisses
aujourd’hui ne répondent peut-être pas aux critères établis en la
matière.
Another example, let me give you another one, is the Alberta
Metis settlements. With the Alberta Metis settlements, what we
have is a vast majority of people who can trace their ancestry to
the historic Metis Nation. However, among their membership are
non-status people who would qualify should they choose to be
status again through Bill C-31, but because of the unique history
of the ameliorative legislation in the province of Alberta, they are
recognized as a statutory Metis people. They do not clearly fall
within the definition of Powley. Indeed, some of the lands that
were set aside for them were lands that were occupied by Metis
who would trace their ancestry to the Metis Nation.
Je vous donne un autre exemple : les établissements métis en
Alberta. Dans ces établissements métis, la vaste majorité des gens
peuvent établir leur ascendance métisse, leur appartenance
historique à la nation métisse. Par contre, certains ne sont pas
Métis, mais le deviendraient s’ils se prévalaient des dispositions du
projet de loi C-31. Cependant, ils sont reconnus comme étant des
Métis parce que le Métis Settlements Act de l’Alberta constitue un
programme améliorateur. Ils ne peuvent certes pas être assujettis à
la définition établie dans l’arrêt Powley. En fait, certaines des
terres réservées aux Métis étaient déjà occupées par des personnes
pouvant établir leur ascendance métisse.
But not all of their lands were selected for that purpose. Some
lands were selected because they were good farming lands.
Néanmoins, ce ne sont pas toutes ces terres qui ont été choisies
à cette fin. Certaines l’ont été parce qu’elles sont propices à
l’agriculture.
So if we try to strictly apply the Powley criteria to all
contemporary identifying Metis groups, it becomes problematic.
Par conséquent, cela pose problème si nous essayons
d’appliquer vigoureusement les critères établis dans l’arrêt
Powley à toutes les personnes qui se déclarent métisses
aujourd’hui.
Having said that, I strongly support the submissions of the
Métis National Council that they have distinctive rights as a
Metis people based in their history and their homeland as a
distinctive people.
Cela étant dit, je suis tout à fait d’accord avec le Ralliement
national des Métis qui fait valoir que ses membres ont des droits
distincts en fonction de leur histoire et de leur territoire.
The Chair: I am not going to take issue with you. The only
thing is, my understanding was that the Labrador group did not
want to be considered Metis, and so that in itself is throwing me
off a bit, but we will find out a little more about this.
Le président : Je ne contesterai pas vos arguments. Je veux
simplement signaler que les membres du groupe du Labrador ne
veulent pas être considérés comme des Métis, ce qui me
déconcerte un peu, mais nous obtiendrons ultérieurement des
éclaircissements sur cette question.
Ms. Bell: Yes, and sir, I am just referring to what the law is
saying about their identity. I am not aware of their testimony
before you.
Mme Bell : Oui, et je voudrais vous faire remarquer que je ne
fais que citer les dispositions de la loi sur l’identité. Je n’ai pas pris
connaissance des témoignages de leurs représentants.
The Chair: Well, that can be very, very fearful.
Le président : Vous pourriez être fort surprise.
Ms. Bell: Yes, indeed.
Mme Bell : Je n’en doute effectivement pas.
23:128
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Senator Sibbeston: Ms. Bell, you are steeped in the law relating
to Metis people and their rights. Are we moving towards the
Metis eventually falling under section 91(24)?
Le sénateur Sibbeston : Madame Bell, vous connaissez bien les
lois qui s’appliquent aux Métis et les droits qu’ils possèdent. Les
Métis finiront-ils par relever du paragraphe 91(24)?
Ms. Bell: The 91(24) issue is a very complicated one, and in
fact, the Law Commission of Canada hosted a conference on this
question several years ago.
Mme Bell : Le paragraphe 91(24) est très complexe. En fait, il a
même fait l’objet d’une conférence tenue par la Commission du
droit du Canada il y a quelques années.
My view is that under section 91(24), there are two heads of
jurisdiction. There is jurisdiction over Indians and there is
jurisdiction over lands reserved for the Indians.
D’après moi, le paragraphe confère deux pouvoirs : légiférer
sur les Indiens et légiférer sur les terres réservées aux Indiens.
The federal government has historically restricted their
interpretation of their jurisdiction to the land part. The Indian
part includes Metis people, if we look at the interpretation of
91(24) including all Aboriginal peoples of Canada.
Or, le gouvernement fédéral s’en est toujours tenu à son
pouvoir de légiférer sur les terres réservées aux Indiens. Si nous
examinons l’interprétation du paragraphe 91(24), le terme
« Indien » englobe les Métis et tous les peuples autochtones du
Canada.
Now, what has happened historically, however, of course, is
the provincial government has practically assumed some of that
jurisdiction. So if this matter were to come before the courts
today, my view is they would probably find a form of concurrent
jurisdiction because of the practical problems that have arisen by
way of how the federal government has interpreted their
jurisdiction and how the provincial government has had to
assume jurisdiction.
Cependant, les gouvernements provinciaux ont presque assumé
une partie de ce pouvoir depuis toujours. Par conséquent, si les
tribunaux devaient trancher aujourd’hui, j’estime qu’ils
établiraient que les deux ordres de gouvernement sont
compétents, étant donné que le gouvernement fédéral a dans les
faits accepté ce partage et que les gouvernements provinciaux ont
dû assumer ce rôle.
However, theoretically, I would agree with the arguments that
say that 91(24) includes the Metis.
En théorie cependant, je suis d’accord moi aussi que le
paragraphe 91(24) englobe les Métis.
Senator Dyck: Thank you for your presentation this morning.
We have been travelling this week and we were in Saskatchewan I
guess it was just yesterday. We heard there of the case of a woman
who could trace her ancestry back to Quebec, and because of that
link, she was deemed not to be Metis. So you are saying that the
Powley decision is maybe too stringent?
Le sénateur Dyck : Je vous remercie de votre exposé. Cette
semaine, nous sommes en déplacement. Hier, nous avons tenu une
séance en Saskatchewan. Nous avons alors entendu le témoignage
d’une femme qui pouvait établir que ses ancêtres habitaient au
Québec et qu’elle ne pouvait donc pas être considérée comme une
Métisse. Vous faites donc valoir que l’arrêt Powley est peut-être
trop rigoureux?
Ms. Bell: Yes.
Mme Bell : Effectivement.
Senator Dyck: Of course, there has to be some stringency. You
cannot be too stringent or not stringent enough. In her case, she
fell out.
Le sénateur Dyck : Il faut naturellement une certaine rigueur. Il
faut un juste milieu entre le manque de rigueur et la rigueur
excessive. Cette personne n’était pas reconnue comme une
Métisse.
In your view, would her case be included in your definition of
Metis, a legal definition?
Votre définition juridique de Métis engloberait-elle cette
personne?
Ms. Bell: Yes, and what I am trying to say — and perhaps not
saying it as clearly as I need to, and I do apologize for that
because as we know these are very complicated questions.
Mme Bell : Oui. Ce que je n’ai peut-être pas réussi à énoncer
clairement, et je m’en excuse, mais il s’agit, comme nous le savons,
de questions très compliquées...
What I am trying to say is that if we have a contemporary
identifying people who identify as Metis, and who have done so
over a significant period of time, distinguishing themselves from
their First Nation ancestors, we recognize them as Metis, but the
source of their legal rights may very well be different.
Voici où je veux en venir précisément : nous reconnaissons
comme Métis les personnes qui se déclarent comme telles
aujourd’hui et depuis assez longtemps en prouvant qu’elles
n’ont pas d’ascendance autochtone. Cependant, leurs droits
juridiques auront une source tout à fait différente.
Senator Dyck: Yes, okay. In her case, the family had lived in
the Duck Lake area for decades, four decades, 40 or 50 or more
years.
Le sénateur Dyck : Je comprends. Dans le cas de cette
personne, sa famille vivait dans la région de Duck Lake depuis
des décennies, depuis au moins 40 ou 50 ans, sinon plus.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:129
So you are saying that that is the socio-political definition
versus the legal definition, which may cut her out, but the sociopolitical definition allows her in.
Vous prétendez donc qu’elle n’est pas considérée comme une
Métisse en raison de la définition juridique, alors que c’est le cas
contraire avec la définition sociopolitique.
Ms. Bell: Yes, but there is also a legal way to bring her in, but
not because of connection to a distinctive Metis community but
because of an historical connection to a First Nation ancestral
community.
Mme Bell : Effectivement, mais il existe une solution juridique
pour qu’elle soit considérée comme une Métisse. Ce ne serait
cependant pas en raison de son appartenance à une collectivité
métisse distincte, mais en raison de son appartenance historique à
une collectivité ancestrale autochtone.
So this new contemporary group of Metis people, the source of
their rights is different.
Les personnes qui se déclarent métisses aujourd’hui ont donc
des droits dont la source est différente.
Senator Dyck: You are talking about contemporary
communities and contemporary people.
Le sénateur Dyck : Vous faites allusion aux communautés
actuelles et aux personnes qui y vivent.
Ms. Bell: That is correct.
Mme Bell : C’est exact.
Senator Dyck: That is what also confuses me as well.
Le sénateur Dyck : C’est pourquoi je ne m’y retrouve plus.
Ms. Bell: Yes, it is confusing.
Mme Bell : On s’y perd effectivement.
Senator Dyck: In your view, then, the descendants of the
Orkney intermarriage with Indian women, does that fit the legal
definition of Metis through Powley? For instance, we were in
Cross Lake, and most of the people there descended from the
Orkney, Scottish; there may be a few English descendants in there
as well. Do they fit?
Le sénateur Dyck : Selon vous, les descendants des mariages
entre les colons originaires des îles Orcades et des Indiennes ne
sont pas des Métis aux termes de l’arrêt Powley? Nous nous
sommes rendus à Cross Lake, où la plupart des habitants sont des
descendants des colons des Orcades en Écosse, à l’exception de
quelques-uns ayant des ancêtres anglais. Les descendants de ces
mariages sont-ils des Métis aux termes de cet arrêt?
Ms. Bell: The Powley definition emphasizes the distinctiveness
of Metis communities. I would say they fit in part.
Mme Bell : L’arrêt Powley met l’accent sur les caractéristiques
distinctes des collectivités métisses. Je vous répondrais donc qu’ils
sont en partie des Métis.
As a contemporary people, they are distinctive. But
historically, they cannot prove that historic foundation. That
historic foundation has to be found someplace else, and that
might be in their First Nation ancestors.
Ils ont établi cette distinction à titre de membres des
communautés actuelles. Sur le plan historique cependant, ils ne
peuvent prouver leur appartenance. Toutefois, ils pourraient
établir qu’ils sont d’ascendance autochtone.
Senator Raine: I do not think that is correct, because these
people can trace their genealogy back through — they may not
have come from the Red River Valley but they certainly came
from Europe and intermarried with native people and have been
living the Metis lifestyle.
Le sénateur Raine : Je ne pense pas que ce soit le cas, parce que
ces personnes peuvent établir leur ascendance jusqu’à la période...
Ils ne viennent peut-être pas de la vallée de la rivière Rouge, mais
ce sont des descendants de colons européens, qui se sont mariés
avec des Autochtones et ont adopté le mode de vie des Métis.
Ms. Bell: Then thank you for correcting me, senator. I am not
as familiar with the facts and the history of their case, but if
indeed they can trace their ancestry to a distinctive Metis
community that existed prior to the assertion of effective
European control, then they would meet the Powley test.
Mme Bell : Je vous remercie de m’avoir corrigée. Je ne suis pas
au fait de leur histoire. Cependant, s’ils peuvent vraiment établir
qu’ils appartiennent à une communauté métisse distincte avant la
mainmise effective des Européens sur le territoire, ils répondraient
alors aux critères établis dans l’arrêt Powley.
Senator Raine: So the Hudson Bay traders who married First
Nation women, their ancestors worked for the Hudson Bay
Company long before Canada was founded.
Le sénateur Raine : Par conséquent, les négociants en fourrures
de la baie d’Hudson qui se sont mariés avec des femmes
autochtones avaient des ancêtres qui ont travaillé pour la
Compagnie de la Baie d’Hudson bien avant la fondation du
Canada.
Ms. Bell: The question would be do we have a community? Do
we have just some people who existed and identified as Metis
prior to the assertion of effective control, or was there an
existence of a community. If there was an existence of a
community prior to the assertion of effective European control,
then yes, it would fit Powley. I thank you for that clarification.
Mme Bell : Il faudra alors se demander s’il s’agissait d’une
communauté ou plutôt de quelques personnes qui se sont
déclarées métisses avant la mainmise effective des Européens sur
le territoire? S’il y avait une communauté avant cette mainmise
effective, ces personnes répondraient aux critères de l’arrêt
Powley. Je vous remercie de m’avoir corrigée.
23:130
Aboriginal Peoples
Senator Dyck: They were situated around the fur trade post.
Ms. Bell: That would be a community.
Senator Dyck: That was all along whatever the Churchill River
system was, so that would be a community.
Ms. Bell: Yes.
Senator Dyck: But they may not have identified using the word
‘‘Metis’’ because that historically comes at a later period in time.
Ms. Bell: That is where we get a complication.
The Chair: They self-describe themselves as half breeds, which
was used where I grew up as well. We were designated as half
breeds but we fought back, whereas with them, they seem to have
accepted that phraseology to describe them as a people.
Ms. Bell: Yes.
1-10-2012
Le sénateur Dyck : Ils habitaient autour du poste de traite des
fourrures.
Mme Bell : Il s’agirait alors d’une communauté.
Le sénateur Dyck : On parle de l’ensemble du bassin du fleuve
Churchill. Il s’agirait donc d’une communauté.
Mme Bell : Oui.
Le sénateur Dyck : Cependant, ils ne sont peut-être pas
déclarés comme « Métis » en utilisant ce terme, qui est apparu
ultérieurement.
Mme Bell : Ce qui vient compliquer le tout.
Le président : Ils se considéraient alors comme des Bois-Brûlés.
C’était l’expression employée là où j’ai grandi. On nous appelait
les Bois-Brûlés, mais nous avons mené le combat alors qu’ils
semblent avoir accepté cette expression pour les décrire comme
peuple.
Mme Bell : Oui.
The Chair: But they were definitely part of the fur trade and the
development right at the beginning of contact, pretty well, from
York Factory.
Le président : Initialement ils s’occupaient certes du commerce
des fourrures et du développement dans la région de York
Factory.
Ms. Bell: Then that indeed would fit the Powley criteria. I am
just not as familiar with the facts and the history in that area, so I
thank you for clarifying that.
Mme Bell : Ce qui leur permettrait de satisfaire aux critères
établis dans l’arrêt Powley. Je ne suis pas au fait des données
historiques de cette région. Je vous remercie d’éclairer ma
lanterne.
Senator Raine: I would like you to comment if you would on
the ramifications of Bill C-31 on Metis status, because we have
just come from some hearings in the North and there are Metis
people who are very clear that I am still Metis but I have taken
out status because I need the help for medical reasons and things
like that. For economic reasons, they are taking out status.
Le sénateur Raine : Auriez-vous l’amabilité de nous donner
votre avis sur les répercussions du projet de loi C-31 sur le statut
de Métis? Nous avons tenu des séances dans le Nord, et certains
Métis m’ont laissé clairement entendre que j’étais toujours un
Métis, mais que j’en avais perdu le statut parce que j’avais besoin
d’aide pour des motifs médicaux, entre autres. Ils abandonnent le
statut de Métis pour des raisons économiques.
Where does this leave them in terms of Metis citizenship?
Peut-on alors parler de Métis?
Ms. Bell: There are two responses I can give to that question,
senator. Let me first speak to the Cunningham case and to the
Alberta Metis settlements.
Mme Bell : Ma réponse comporte deux volets. J’aborderai tout
d’abord l’affaire Cunningham et les établissements métis en
Alberta.
This issue came up in relation to the Alberta Metis settlements,
because they have the ability to exclude from their membership
people who have applied under Bill C-31 and now have Indian
status. The issue was whether or not their ability to exclude now
status Indians violated section 15, the equality provisions of the
Charter.
Un problème se pose parce que ces établissements peuvent
exclure des personnes qui ont présenté une demande en vertu du
projet de loi C-31 et qui possèdent le statut d’Indien. Il convient
alors de se demander si cette exclusion est contraire aux
dispositions de la Charte sur l’égalité, soit l’article 15.
The Supreme Court of Canada said that when we look at the
purpose of the Metis settlements, the purpose is for them to be
able to continue to identify as distinctive peoples on a land base
and as self-governing peoples, and therefore, they had the ability
to exclude status Indians, that this was consistent with the
ameliorative purpose and the constitutional recognition of Metis
as a distinctive people.
Selon la Cour suprême du Canada, les établissements métis
doivent être en mesure de continuer à désigner leurs membres
comme Métis qui se distinguent des autres Autochtones et qui
possèdent l’autonomie gouvernementale, ce qui les autorise donc
à exclure les Indiens inscrits. La Cour suprême a établi que cela
constitue un programme améliorateur et permet de reconnaitre les
Métis comme un peuple distinct aux fins de la Constitution.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:131
Now, we have to step outside of the Alberta Metis settlements
for an analysis where we do not have that kind of legislative
regime that has a clear ameliorative purpose that is aimed at the
objectives of the Constitution. When we step outside of that
context, I think that the issue is much more complicated and that
we need to recognize that, practically speaking, Metis have been
excluded from many programs and they may very well apply to
these programs to get the benefit, but that has not affected how
they socially or culturally or politically identify.
Nous devons sortir des établissements métis de l’Alberta pour
analyser ce qui se passe là où il n’y a pas de régime législatif ayant
un objet améliorateur clair par rapport aux objectifs de la
Constitution. À l’extérieur de ce contexte, je crois que la question
est beaucoup plus complexe et il faut reconnaître que, à toute fin
pratique, les Métis ont été exclus de nombreux programmes. Ils
peuvent certes présenter des demandes pour bénéficier de ces
programmes, mais cela ne change en rien la façon dont ils
s’identifient socialement, culturellement ou politiquement.
I think it is very possible to be citizens of more than one
government. We have people who have joint citizenships in
Canada and Britain, for example. I think what our concern needs
to be is that people do not go to two pots for the same thing.
Je crois qu’il est très possible d’être citoyen de plus d’un
gouvernement. Par exemple, certaines personnes ont à la fois la
citoyenneté canadienne et la citoyenneté britannique. Ce qu’il faut
éviter, c’est que les gens courent deux lièvres en même temps.
Senator Raine: So dual citizenship should be allowed.
Ms. Bell: Absolutely.
Senator Raine: But you basically cannot double-dip in terms of
benefits.
Ms. Bell: Absolutely.
Senator Ataullahjan: I am just looking at the written
submission that you have given, and on page 2, number 5, you
say there is an urgent need for impartial —
Ms. Bell: Yes.
Senator Ataullahjan: Then on page 10, you have Metis rights
recognition continues to be dependent on the political will of the
government changing.
Ms. Bell: Yes.
Le sénateur Raine : Il faudrait donc permettre la double
citoyenneté.
Mme Bell : Absolument.
Le sénateur Raine : Mais vous ne pouvez pas cumuler les
avantages.
Mme Bell : Absolument.
Le sénateur Ataullahjan : Je regarde le mémoire que vous nous
avez remis. À la page 2, au numéro 5, vous dites qu’il est urgent
d’établir un mécanisme impartial...
Mme Bell : Oui.
Le sénateur Ataullahjan : Puis, à la page 10, vous indiquez que
la reconnaissance des droits des Métis continue de dépendre de la
volonté politique changeante du gouvernement.
Mme Bell : Oui.
Senator Ataullahjan: So if one is resolved, how do the two sort
of link up?
Le sénateur Ataullahjan : Alors si on règle un aspect, comment
les deux peuvent-ils concorder?
Ms. Bell: For me, what I have observed is that we have been
arguing over certain substantive issues for a very, very long time
and we have not been able to come to agreement. Some of those
we are talking about today.
Mme Bell : Ce que j’ai observé, c’est que nous débattons de
certaines questions fondamentales depuis très longtemps, et nous
n’avons pas réussi à nous entendre. Nous parlons de certaines de
ces questions aujourd’hui.
Again, who are the Metis? I find it really problematic that we
are not able to come to agreement on some of these substantive
issues, so I am thinking that maybe what we need is a processbased solution, one that is fair, that all parties respect.
Encore une fois, qui sont les Métis? Il me paraît très
problématique que nous ne puissions nous entendre sur
certaines questions essentielles comme celles-là. Je crois donc
que la solution repose peut-être sur l’établissement d’un
processus, qui soit équitable et que toutes les parties respectent.
I think sometimes, an interesting example is the labour
relations board, where management appoints somebody, the
union appoints somebody, they agree on an independent and they
try to resolve the issue. I think what we really need is some kind of
a fair dispute resolution mechanism.
La commission des relations de travail est un exemple
intéressant, en ce sens que le patronat nomme une personne, le
syndicat en nomme une autre, ils s’entendent sur le choix d’une
personne impartiale et ils essaient de régler le litige. Je crois que ce
qu’il faut vraiment, c’est un mécanisme équitable de règlement des
litiges.
I do not want to sound like I think the federal government or
the provincial governments have been acting in bad faith in any
way. The law in this area is very complex and can be interpreted
in many, many different ways, and there are many interests that
are involved.
Je ne dis pas que le gouvernement fédéral ou les gouvernements
provinciaux ont agi de mauvaise foi. La loi dans ce domaine est
très complexe et peut être interprétée de bien des façons
différentes, et les intérêts en jeu sont nombreux.
23:132
Aboriginal Peoples
1-10-2012
However, what we have is a situation where the governments,
which have vested interest because of the resources that have to be
expended, are making the decisions on the substantive issues, and
this is what we used to have, for example, with specific claims for
First Nations. They would have to make their submission to the
federal government and the federal government decided if they
had a good claim or not, and if they had a bad claim, they had to
go to court, and that is really expensive.
Toutefois, on se trouve dans une situation o ù les
gouvernements, qui sont concernés en raison des ressources qui
doivent être investies, prennent les décisions sur les questions
fondamentales, et c’est ce que nous avons toujours eu, par
exemple, pour ce qui est des revendications particulières des
Premières nations. Celles-ci devaient présenter leurs demandes au
gouvernement fédéral, et c’est lui qui décidait si la revendication
était fondée ou non et, dans ce dernier cas, la Première nation
devait s’adresser aux tribunaux, ce qui est très coûteux.
So we have communities investing all of their economic
resources in litigation and we are never agreeing and we have to
go to the Supreme Court. I think we really need a fair process.
Ce sont donc des communautés qui investissent toutes leurs
ressources financières dans le règlement des litiges. Aucune
entente n’est jamais conclue et il faut s’adresser à la Cour
suprême. Je crois que nous avons vraiment besoin d’un processus
équitable.
The Chair: Are you suggesting a tribunal like the specific
claims?
Le président : Proposez-vous la mise sur pied d’un tribunal
comme celui chargé des revendications particulières?
Ms. Bell: It could be something like that. However, I would
not necessarily appoint judges to be the decision makers. I would
suggest that the affected community that has the dispute should
be able to select who they think is the expert. The government
that may be in dispute should select who they think is the expert,
and then some kind of an independent that everybody could agree
upon, but if everybody cannot agree, then the court can step in
and say okay, this is going to be the independent.
Mme Bell : Peut-être quelque chose de semblable. Toutefois, je
ne nommerais pas nécessairement des juges pour rendre les
décisions. Je dirais que la collectivité visée par le litige devrait
pouvoir choisir la personne qu’elle juge compétente en la matière.
Le gouvernement visé par le litige choisirait lui aussi son expert, et
il y aurait une personne indépendante que les deux parties
conviendraient de nommer. Toutefois, si aucune entente n’est
possible, alors la cour pourrait intervenir pour nommer cette
personne impartiale.
It is not necessarily the exact same model, but yes, sir, a
tribunal I think would be very helpful.
Ce n’est pas nécessairement le même modèle, mais,
effectivement, monsieur, je crois qu’un tribunal serait très utile.
Senator Dyck: A supplementary question on the same issue.
We heard in Ile-a-la-Crosse — and I am not sure whether we
heard it in other places — that maybe what we are talking about is
like a table, like a Metis table where the interested parties are
brought together to negotiate, to come to agreement before they
go to the courts.
Le sénateur Dyck : Une autre question sur le même sujet. On
nous a dit à Île-à-la-Crosse — je ne sais pas si on nous l’a dit
ailleurs — qu’il pourrait s’agir d’une table, d’une table des affaires
métisses où les parties intéressées seraient réunies pour négocier,
afin d’en arriver à une entente avant de s’adresser aux tribunaux.
The people in Ile-a-la-Crosse were saying to us, ‘‘We are ready
to talk about this if we could get all the interested parties at a
table where we would discuss it; we would come to negotiation
and see if we could reach agreement.’’ Would that be the type of
resolution that you would envision?
Les gens à Île-à-la-Crosse nous ont dit qu’ils étaient prêts à en
parler si toutes les parties intéressées pouvaient être réunies à une
table, où elles pourraient discuter, négocier et voir s’il est possible
d’en arriver à une entente. Serait-ce le type de règlement que vous
envisageriez?
Ms. Bell: I would envision that with the qualification that if
one could not reach agreement through that process, the court is
not the only place we can go, that there may be someplace else,
some kind of an impartial body, because you are talking I think
about a multi-stakeholder negotiation kind of process.
Mme Bell : Oui, mais j’ajouterais que, s’il est impossible d’en
arriver à une entente par ce processus, la cour n’est pas le seul
endroit où l’on pourrait s’adresser, qu’il pourrait y avoir un
organisme impartial puisque vous parlez, je crois, d’un processus
de négociation avec plusieurs intervenants.
If people cannot come to agreement through that process,
where do we go after that?
Si les gens ne peuvent s’entendre en suivant ce processus, à
quelle autre instance doit-on s’adresser?
Senator Dyck: That would be like the tribunal.
Ms. Bell: Exactly. Something like a tribunal as the chair has
suggested. Over the years, it seems to me that a process-based
approach is what we need, because many of these substantive
issues we do not seem to be able to agree upon.
Le sénateur Dyck : Ce serait le tribunal.
Mme Bell : Exactement. Quelque chose comme un tribunal,
comme le président l’a proposé. Au fil des années, il m’apparaît
essentiel d’avoir une approche axée sur un processus, puisque
nous sommes apparemment incapables de nous entendre sur bon
nombre de ces questions fondamentales.
1-10-2012
Peuples autochtones
Senator Dyck: We just keep going around in circles.
Le sénateur Dyck : On tourne toujours en rond.
Ms. Bell: Yes, we just keep going around in circles.
Mme Bell : Oui, on tourne toujours en rond.
23:133
The Chair: This young lady on my right has asked me to ask
you for a brief overview of where you see the Hirsekorn case,
which apparently is going to the Alberta Court of Appeal.
Le président : La jeune femme à ma droite me demande de vous
demander de nous dire brièvement ce que vous pensez de l’affaire
Hirsekorn, qui apparemment est renvoyée devant la Cour d’appel
de l’Alberta.
Ms. Bell: I believe that the argument that is being made by the
Metis Nation in that case is the correct interpretation of the law.
When it comes forward to the Court of Appeal, I am hoping that
the Court of Appeal will find that the current harvesting policy in
Alberta is too narrow.
Mme Bell : Je crois que l’argumentation présentée par la
nation métisse dans ce cas est une juste interprétation de la loi.
Lorsque l’affaire sera entendue par la cour d’appel, j’espère que
celle-ci va conclure que la politique actuelle de l’Alberta en
matière de récolte est trop étroite.
Having said that, although I believe the original harvesting
policy was more in line with an understanding of the Metis
Nation, their homelands and their experiences in Alberta, there
was insufficient consultation and I think consideration of the
rights of treaty peoples.
Cela étant dit, même si je crois que la politique originale en
matière de récolte était plus sensible à la réalité de la nation
métisse, de ses terres et de ses expériences en Alberta, les
consultations ont été insuffisantes et on n’a pas tenu
suffisamment compte des droits des peuples visés par un traité.
This brings forward the fact that we are now starting to go into
an area of overlapping claims, and again, the need for a fair
process. Because what we have going on in Hirsekorn is an
intervention by the Blackfoot who are concerned about the fact
that an interpretation of Metis rights that gives rise to the right to
hunt for food in southern Alberta may interfere with their rights
arising from treaty, and I think that there are some legitimate
concerns there that need to be worked through. However, I am
not convinced that they have to be worked through in such a way
as to deny rights to the Metis. Regardless of what the Court of
Appeal says, I think this is going to the Supreme Court.
Cela fait ressortir le fait que les revendications commencent à
se recouper et qu’il faut, je le répète, un processus équitable. Dans
l’affaire Hirsekorn, ce sont les Pieds-Noirs qui interviennent,
parce qu’ils s’inquiètent qu’une interprétation des droits des Métis
qui soulève la question du droit de chasser pour se nourrir dans le
sud de l’Alberta n’interfère avec les droits qui leur sont conférés
par un traité et, à mon avis, il y a certaines inquiétudes légitimes
qui doivent être aplanies. Toutefois, je ne suis pas certaine qu’on
doive aplanir ces inquiétudes en niant les droits des Métis. Peu
importe ce que la cour d’appel dit, je crois que cette affaire sera
renvoyée à la Cour suprême.
The Chair: In Saskatchewan, they seem to have drawn a line —
north is okay and south is not.
Le président : En Saskatchewan, on semble avoir tiré un trait :
tout va bien dans le nord, mais pas dans le sud.
Ms. Bell: Yes.
The Chair: Have you given any thought to that?
Mme Bell : Oui.
Le président : Avez-vous réfléchi à cette question?
Ms. Bell: I am not a historian, which has obviously come up in
these conversations. I have some familiarity with northern
Alberta, not as much with the south.
Mme Bell : Je ne suis pas historienne, ce qui est clairement
ressorti de cette conversation. Je connais un peu le nord de
l’Alberta, mais moins le sud.
However, I think that when we look at the reality of Metis on
the land and their nomadic lifestyle, it becomes very difficult to
draw clear boundaries such as north, south, east, west, this region
and that region.
Toutefois, quand on regarde la réalité des Métis sur les terres et
leur mode de vie nomade, il devient très difficile de définir
clairement les frontières qui délimitent le nord, le sud, l’est,
l’ouest, une région donnée.
The Chair: Thank you, professor, for being with us this
morning. We appreciate your academic view and your experiences
as well, not only your academia but your experiences.
Le président : Merci, madame, d’être parmi nous ce matin.
Nous vous savons gré de nous faire part non seulement de votre
point de vue d’universitaire, mais aussi de vos expériences.
Ms. Bell: Thank you for your insights on the Labrador Metis.
Mme Bell : Je vous remercie de vos précieuses observations sur
les Métis du Labrador.
The Chair: Colleagues, we have before us the Aboriginal Metis
Citizens Alliance of Canada representatives: President Garry
Boudreau and Brenda Blyan, who is a member. Ms. Blyan will
make a brief presentation. We have allocated 15 minutes for this,
if that time is required.
Le président : Chers collègues, nous accueillons maintenant les
représentants de l’Aboriginal Metis Citizens Alliance of Canada :
Garry Boudreau, président, et Brenda Blyan, membre de
l’alliance. Mme Blyan fera un bref exposé. Nous avons prévu
15 minutes à cette fin, si ce temps est nécessaire.
23:134
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Brenda Blyan, Metis citizen, Aboriginal Metis Citizens Alliance
of Canada: Thank you very much, Senator St. Germain, and
thank you to the senators for allowing us to speak here today.
Brenda Blyan, citoyenne métisse, Aboriginal Metis Citizens
Alliance of Canada : Merci beaucoup, sénateur St. Germain, et
merci aux sénateurs de nous permettre de prendre la parole
aujourd’hui.
We found out about this by way of television four days ago
and so we do not have a written presentation, but we are
honoured that you have allowed us to speak here, and as well that
you are on the road across Canada to challenge this very difficult
question of Metis identity.
Nous avons appris par la télévision que vous teniez cette
séance, il y a quatre jours seulement. Nous n’avons donc pas
préparé de document écrit, mais nous sommes honorés que vous
nous permettiez de nous entretenir avec vous ici et nous sommes
ravis que vous parcouriez le Canada pour étudier cette question
très problématique que constitue l’identité des Métis.
After hearing the speakers earlier, I wondered how we are we
going to do this. I guess how we are going to do it is just to
present to you a few issues that we have dealt with over the years
as Metis people living in Alberta.
Après avoir écouté les autres intervenants, je me suis demandé
comment nous allions procéder. Je pense que je vais simplement
vous parler de quelques dossiers que nous avons dû traiter au fil
des années, à titre de Métis de l’Alberta.
I want to start out with applying a personal application rather
than an academic or an organizational one from the Métis Nation
of Alberta.
J’aimerais tout d’abord aborder cette question d’un point de
vue personnel plutôt que d’un point de vue universitaire ou du
point de vue de la Métis Nation of Alberta.
I myself am a Metis settlement member. I come from Buffalo
Lake Métis Settlement. I was raised here in Edmonton, so I am an
urban Metis.
Je suis moi-même membre d’un établissement métis. Je viens de
l’établissement métis de Buffalo Lake. J’ai grandi ici à Edmonton,
alors je suis une Métisse urbaine.
I have been a member of the Métis Nation of Alberta when it
was the Métis Association of Alberta, and the majority of my
work experience stems back to the Métis Nation of Alberta
association. I was actually a vice-president, an elected vicepresident, provincially, back in 1999 and so I am very much aware
of these organizations.
J’étais membre de la Métis Nation of Alberta lorsque c’était la
Métis Association of Alberta, et le gros de mon expérience de
travail remonte à cette époque. J’étais, en fait, vice-présidente
élue, au niveau provincial, en 1999. Je suis donc bien au fait de ces
organisations.
Prior to that, I worked for the Métis National Council as a
youth intervener back in the mid-1990s, so I have been to the Hill
and am aware of what we do out there.
Auparavant, j’ai travaillé pour le Ralliement national des Métis
à titre de jeune intervenante, au milieu des années 1990. J’ai donc
eu l’occasion de me rendre sur la Colline et je suis au courant de ce
que nous faisons là-bas.
One of the things I would like to address is the whole issue of
membership versus citizenship, as I have heard you ask those
questions.
J’aimerais aborder, entre autres choses, toute la question
d’appartenance par rapport à la citoyenneté, puisqu’on m’a dit
que vous posiez ces questions.
Membership is something that the Metis Nation and most of
the organizations in Canada hold. You have to have a
membership. Now, the problem with that is that when a group
provides membership, they can also take that membership back.
L’appartenance est un principe sur lequel repose la nation
métisse et la plupart des organisations au Canada. Vous devez
être membre. Le problème, c’est que, lorsqu’un groupe accorde le
statut de membre, il peut aussi le retirer.
We as Metis people assert ourselves as belonging to a group of
a nation. We identify with a Metis Nation. And so nationhood
denotes citizenship, and I think for some groups, we hold that
very loosely, the term ‘‘citizenship,’’ because once you are a
citizen, you cannot have that citizenship taken away by virtue of a
membership card, and that is the problem that we see happening
here.
Nous, les membres du peuple métis, nous affirmons appartenir
à un groupe d’une nation. Nous nous identifions à une nation
métisse. Or, qui dit nation dit citoyenneté. Je crois que, pour
certains groupes, cette notion de citoyenneté est assez floue,
puisque, une fois que vous avez acquis la qualité de citoyen, on ne
peut vous la retirer comme s’il s’agissait d’une carte de membre, et
c’est le problème qui se pose ici.
I guess I have dual citizenship, because I am a member of the
Metis settlements and I also held a card with the Metis Nation,
and now I hold a card with the Metis Citizens Alliance of Canada.
The reason I joined that group is because it is based on
citizenship.
J’imagine que j’ai une double citoyenneté, puisque je suis
membre des établissements métis. Je détiens également une carte
de la nation métisse, et je possède maintenant une carte de la
Metis Citizens Alliance of Canada. J’ai joint ce groupe parce qu’il
est fondé sur la citoyenneté.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:135
The three criteria that citizenship holds are that you must have
North American Indian blood within you. You must be able to
trace your lineage. Second, you must self-identify, and third,
again, your community acknowledges you, so you are a part of a
community, and you are also a Canadian citizen.
Les trois critères de citoyenneté sont les suivants.
Premièrement, vous devez avoir du sang amérindien en vous.
Vous devez donc être en mesure de retracer votre lignée.
Deuxièmement, vous devez vous identifier vous-même et,
troisièmement, votre communauté doit vous reconnaître. Vous
faites donc partie d’une communauté et vous êtes aussi citoyen
canadien.
These three tenets are similar to those of other organizations,
and I will concur with what our colleague, Catherine Bell,
mentioned. I think we have had a lot of discussion on the topic of
Metis identity. I think we need to get to a place where we can
challenge the whole issue of membership versus citizenship in
some sort of not so much a tribunal but a place that will offer
fairness and where all stakeholders are at the table.
Ces trois principes sont semblables à ceux d’autres
organisations, et je souscris à ce que ma collègue, Catherine
Bell, a mentionné. Je crois que nous avons beaucoup parlé de
l’identité métisse. Nous devons établir une tribune où nous
pourrons remettre en question la notion d’appartenance par
rapport à la citoyenneté. Ce ne serait pas tant un tribunal qu’un
endroit où l’équité serait assurée et où tous les intervenants
seraient réunis.
That is why I applaud this committee for coming along,
because you offer the opportunity of being a body that can hear
people speak.
C’est pour cette raison que je me réjouis de l’étude entreprise
par votre comité, puisque vous constituez une tribune qui offre
aux gens la possibilité de s’exprimer.
With that, I think I am just going to leave it with one question
asked by one of my mentors, who cannot be here, who is out in
the bush. You might know him. His name is Edward Swain. He
asked this question: He said to us, when they were giving out scrip
back in the day, how did the people identify then? Did they say
that this was where they were living and that this is where they
were hunting? Did they look at some roll call somewhere?
Cela étant dit, je vais terminer avec une question qu’a posée un
de mes mentors, qui ne peut être ici parce qu’il est dans le bois.
Vous le connaissez peut-être; il s’appelle Edward Swain. Il a posé
cette question : à l’époque où on a distribué les certificats des
Métis, comment les gens s’identifiaient-ils? Ont-ils dit que c’était
là où ils vivaient et que c’était là où ils chassaient? A-t-on examiné
une liste quelconque, quelque part?
I will just leave you with that and thank you for hearing me,
and I will answer any questions.
Je vais vous laisser là-dessus. Je vous remercie de m’avoir
écoutée, et je suis prête à répondre à toutes vos questions.
The Chair: Thank you, Ms. Blyan. That is interesting. You talk
about when they were giving out scrip and your mentor. You say
that anybody in North America that can prove they have Indian
blood, I believe — correct me if I am wrong, but that is what I
heard you say. However, you are going back to scrip, and scrip
was unique for the mixed blood people to the traditional
homeland and areas that spread out from there west and north.
How do you square that circle? I am not being nasty. I am just
asking.
Le président : Merci, madame Blyan. C’est intéressant. Vous
parlez de l’époque où on a distribué les certificats et de votre
mentor. Vous dites que quiconque en Amérique du Nord qui peut
prouver qu’il a du sang indien... Corrigez-moi si je me trompe,
mais c’est ce que j’ai entendu. Toutefois, vous revenez aux
certificats, qui concernaient seulement les Métis sur le territoire
traditionnel et les zones qui partaient de là vers l’Ouest et le Nord.
Comment expliquez-vous ce paradoxe? Je ne veux pas être
mesquin; je pose simplement la question.
Ms. Blyan: Oh, I do not take you as nasty, senator.
Mme Blyan : Oh, je ne trouve pas que vous êtes mesquin,
sénateur.
I think that what we are trying to say here is that there has to
be something defining what is the difference between a North
American First Nation person and an Indian, per se, versus a
Metis person.
Ce que nous essayons de dire, c’est qu’il doit y avoir quelque
chose qui différencie un membre d’une Première nation nordaméricaine, un Indien, comme tel, et un Métis.
We know by virtue of how we came along that we have that
Indian blood in us, right, so we identify with that. That is one of
the factors that we identify.
Nous savons que, du fait de nos origines, nous avons du sang
indien en nous, n’est-ce pas? Nous nous identifions donc de cette
façon. C’est l’un des facteurs d’identification.
Why I ask that question, why I leave that with you, is what
defined the Metis people that took scrip back in the day? Did they
identify that way or did they simply say ‘‘I am Metis’’ the way we
do today?
Je vous pose cette question, à savoir ce qui définissait les Métis
qui ont accepté les certificats par le passé. S’identifiaient-ils de
cette façon ou disaient-ils simplement « Je suis Métis » comme
nous le faisons aujourd’hui?
23:136
Aboriginal Peoples
The Chair: I am not sure. It is a very good question. They had
lists and they did censuses at that time, and people identified as
Metis because I know my own family did.
Ms. Blyan: Exactly.
1-10-2012
Le président : Je ne suis pas certain. C’est une très bonne
question. On avait des listes et on faisait des recensements à cette
époque et les gens s’identifiaient comme Métis. C’est ce que ma
propre famille a fait.
Mme Blyan : Exactement.
Senator Dyck: Thank you for your presentation. I think you
gave probably one of the clearest definitions of the conflicting
identities, that being membership and citizenship, so I thank you
for that.
Le sénateur Dyck : Je vous remercie de votre exposé. Je crois
que vous avez probablement donné une des définitions les plus
claires concernant les identités conflictuelles, c’est-à-dire
l’appartenance en tant que membre et la citoyenneté, et je vous
en remercie.
You were saying you thought there needed to be some
resolution and that it might not necessarily be a tribunal that
helps out with the issue.
Vous avez dit qu’il fallait un mécanisme de règlement et qu’un
tribunal ne serait pas nécessairement utile à cet effet.
If it is not a tribunal, what would you suggest? What would
you see as a way to resolve the issue of membership and
citizenship? What would you like to see be put into place?
Si ce n’est pas un tribunal, que proposez-vous? Selon vous, quel
mécanisme permettrait de régler la question d’appartenance et de
citoyenneté? Que devrait-on mettre en place?
Ms. Blyan: I believe there needs to be somewhere where you
can go where we have the stakeholders, and let us face it, the
Government of Canada and the provincial governments are
stakeholders in this matter, and so they should be at the table
along with the bodies that have been questioned.
Mme Blyan : Je crois qu’il faut établir une tribune qui réunit
les intervenants. Soyons clairs : le gouvernement du Canada et les
gouvernements provinciaux sont des intervenants dans ce dossier,
et ils devraient se trouver à la même table que les organismes
interpellés.
If it was me personally, I would come to the table and if I was
being questioned in some way as to what my identity was, then I
would want to have that space there, but I would also want to
have perhaps the academics who have that information and then
legal interpretation as well.
Personnellement, je viendrais à la table et, si on m’interrogeait
sur mon identité, je voudrais avoir cet espace, mais je voudrais
aussi la participation des universitaires qui possèdent cette
information, ainsi qu’une interprétation juridique.
One thing that I noticed is that we talk about Metis rights, and
one thing that Catherine Bell has done for us is that she showed us
that Metis rights are not just all-inclusive. There are
constitutional rights, land rights, hunting rights, political rights.
There are many forms of rights.
J’ai remarqué, entre autres choses, que nous parlons des droits
des Métis, et que Catherine Bell nous a notamment montré que les
droits des Métis ne sont pas un tout. Il y a les droits
constitutionnels, les droits territoriaux, les droits de chasse, les
droits politiques. Les droits prennent de nombreuses formes.
I would think that whoever would be around that table would
have that expertise, that legal expertise, and again, I believe that
the governments have a stake in this too, but they are not the only
defining members.
Je verrais autour de la table des gens qui auraient cette
expertise juridique, et je le répète, je pense que les gouvernements
ont un intérêt dans cela, mais qu’ils ne sont pas les seuls membres
déterminants.
I overheard you say there were government rolls, back in the
day, roll calls, government census, but I believe as Metis people
we have to be sitting at the same table and helping to define who it
is that we are.
Je vous ai entendu dire qu’il y avait des registres, à l’époque —
des recensements gouvernementaux —, mais je pense qu’en tant
que Métis, nous devons être à la même table et contribuer à
définir qui nous sommes.
Senator Dyck: You say the Metis people have to be there.
There are Metis political people but there are also Metis citizens,
so as a citizen, who would represent the citizens’ views?
Le sénateur Dyck : Vous dites que les Métis doivent y être. Il y
a les politiciens métis, mais aussi les citoyens métis. Qui
représenterait les points de vue des citoyens?
Ms. Blyan: Well, there is this organization that we are part of,
my colleague and I, but there are also other people out there who
simply do not participate in any organization. I was one of them.
I just stepped away from any organization, and there are many,
many of the urban Metis who do not participate.
Mme Blyan : Eh bien, il y a l’organisation dont nous faisons
partie, mon collègue et moi, mais il y a aussi d’autres gens qui ne
sont d’aucune organisation. C’était mon cas. Je m’étais éloignée
de toute organisation, et il y a de très nombreux Métis en milieu
urbain qui ne sont d’aucune organisation.
Senator Sibbeston: Would you please just tell us about your
organization?
Le sénateur Sibbeston : Pourriez-vous nous parler de votre
organisation?
Ms. Blyan: I will let Mr. Boudreau do that.
Mme Blyan : Je vais laisser M. Boudreau le faire.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:137
Garry Boudreau, President, Aboriginal Metis Citizens Alliance
of Canada: Well, back in 2001, I had a dispute with the Metis
association here in Alberta. I had been a member for X number of
years and worked hard at it. I think I started in 1986.
Garry Boudreau, président, Aboriginal Metis Citizens Alliance
of Canada : En 2001, j’ai eu un différend avec l’association métisse
de l’Alberta. J’en étais membre depuis bon nombre d’années et j’y
travaillais très fort. Je crois qu’elle a été créée en 1986.
We had a dispute and they had — what do you call it — a
judicial council. We went to this judicial council and I proved to
them that this guy had done this, and the judicial council agreed
with him. I wasted all that time and money proving that he did
wrong.
Nous avons eu un différend et ils ont tenu ce qu’on appelle, je
pense, un conseil judiciaire. Nous nous sommes adressés à ce
conseil judiciaire et je leur ai prouvé que le type avait fait ce que je
prétendais, mais le conseil judiciaire a tranché en sa faveur. J’ai
gaspillé temps et argent à chercher à prouver ce qu’il avait fait de
mal.
Anyway, I walked away from it, and then I started thinking
about it, and after I thought about it, when the government
recognizes us as a nation of people, and they left it up to us, then
right now it struck me, and I did some research on it, a nation of
people has to have citizens.
Quoi qu’il en soit, je me suis retiré, puis je me suis mis à y
réfléchir. C’est alors que cela m’a frappé et que j’ai fait de la
recherche à ce sujet : quand le gouvernement nous reconnaîtra
comme nation et nous déléguera toutes les responsabilités, il
faudra que les membres de la nation soient des citoyens.
Now, you can have members in clubs and everything else, but a
nation of people cannot be run by membership. It has to be run
by citizenship.
Les clubs ont des membres, mais il n’est pas question
d’adhésion à une nation. La nation est formée de citoyens.
This is when a bunch of us got together and we talked about it
and we registered it, and all we are doing right now is registering
the Metis people across Canada, and we do have a lot of citizens
who have registered.
C’est alors que notre groupe s’est formé, que nous en avons
parlé et que nous avons inscrit notre organisation; en ce moment,
tout ce que nous faisons, c’est d’inscrire les Métis de partout au
Canada. Nous avons effectivement un grand nombre de citoyens
inscrits.
We are not asking for our rights. We are not organizing our
rights. It is up to the individuals in their own communities as
citizens of the Metis Nation of Canada, as Metis persons, they
have that right to organize themselves as I do not know what they
need in their community.
Nous ne réclamons pas nos droits. Nous ne les organisons pas
non plus. C’est aux gens dans leurs propres communautés, en tant
que citoyens de la nation des Métis du Canada — en tant que
Métis —, qu’il appartient de s’organiser, car je ne sais pas ce qu’il
leur faut dans leur propre communauté.
Under membership, you do not have that right.
Quand vous êtes membre d’une organisation, vous n’avez pas
ce droit.
Senator, you said you are from B.C.?
Monsieur le sénateur, vous dites que vous êtes de la ColombieBritannique?
The Chair: Yes.
Le président : Oui.
Mr. Boudreau: If you look at the membership card in B.C. for
the Metis association, it says citizenship and it also says
membership. If you look at the back of it in the small print,
this card is wholly owned by the BC Métis Federation, or
whatever they call themselves.
M. Boudreau : Si vous regardez la carte de membre de
l’association des Métis, en Colombie-Britannique, vous verrez
qu’on peut y lire « citoyen » et « membre ». Au verso de la carte,
en petits caractères, cela dit que la carte est la propriété de la
Fédération des Métis de la Colombie-Britannique — peu importe
leur nom exact.
Now, why does a nation have to have that when we should all
be citizens in our own nation and recognized under the
constitution? Why are we sitting at this table trying to define
who we are? We know who we are. We feel it in our hearts, and as
long as we do that, we know where we came from and we should
not have to sit anywhere and negotiate it. All we have to do is take
our citizenship.
Pourquoi est-ce nécessaire, alors que nous devrions tous être les
citoyens de notre propre nation et être reconnus par la
Constitution? Pourquoi sommes-nous ici à essayer de définir qui
nous sommes? Nous savons qui nous sommes. Nous le sentons
dans nos cœurs et, tant que c’est le cas, nous savons d’où nous
venons et ne devrions pas avoir à négocier cela. Tout ce que nous
avons à faire, c’est prendre notre citoyenneté.
The other thing that I noticed too, you never see the German
people or the Polish people sit here arguing about their heritage.
Why are we doing it? Nobody questions their heritage. Yet we are
always being questioned.
L’autre chose que j’ai remarquée, c’est qu’on ne voit jamais des
Allemands ou des Polonais se défendre au sujet de leur
patrimoine. Pourquoi le faisons-nous? Personne ne met en
doute leur patrimoine. Mais le nôtre est toujours mis en doute.
23:138
Aboriginal Peoples
1-10-2012
The Chair: Mr. Boudreau, we found the situation in
Saskatoon, where Professor Dyck — Senator and Professor
Dyck —heard a presentation from a woman who heads up the
admissions for the medical school at the university in Saskatoon,
and they have had fraudulent applications to occupy seats
designated for Metis peoples.
Le président : Monsieur Boudreau, nous avons été mis au fait
d’une situation à Saskatoon : Mme Dyck — sénatrice et
professeure — a entendu l’exposé d’une dame à la tête des
admissions à l’école de médecine universitaire de Saskatoon, et
celle-ci affirmait que des gens avaient frauduleusement présenté
leur candidature à des sièges réservés aux Métis.
If you are going to ask the government for something, and if it
is really something that is beneficial to individuals, I can assure
you that there has to be some way, we believe or some of us
believe, to identify just who is a Metis.
Si vous demandez quelque chose au gouvernement, et que c’est
quelque chose de très utile aux personnes, je peux vous assurer
qu’il y aura un moyen de déterminer qui, exactement, est métis.
Certains d’entre nous y croient.
If anybody off the street can walk in and say, well, I am a
Metis, because they see a benefit sitting there, where do you go
from there? You have to have some controls, unfortunately, and I
am not saying it is the government that should do it. That is why
we are doing this study.
Si n’importe qui peut entrer et dire qu’il est un Métis parce
qu’il voit un avantage pour lui, qu’est-ce qu’il faut faire? Il faut
des contrôles, malheureusement, mais je ne dis pas que c’est le
gouvernement qui doit le faire. C’est pourquoi nous faisons cette
étude.
Like hunting rights, I know a lot of people in B.C. said, ‘‘Oh, if
you guys get hunting rights, I am going to become a Metis.’’ I
said, ‘‘Well, you are not one.’’ ‘‘Well,’’ he said, ‘‘that does not
matter. I will tell them I am one.’’
C’est comme pour les droits de chasse. Je sais que bien des gens
en Colombie-Britannique ont dit : « Si vous les Métis, vous
obtenez des droits de chasse, je vais devenir un Métis », ce à quoi
j’ai répondu : « Eh bien, vous n’en êtes pas un. » La réaction,
c’est : « Ce n’est pas grave; je vais juste dire que j’en suis un. »
We are unique as Metis people. This is a unique situation.
There are other situations around the world where there are
people of mixed blood, but we have now been recognized in
section 35 as an Aboriginal under the description of Aboriginal
people, so that is why we feel or some of us feel that this should be
brought to the attention of the government, and that is what we
are trying to do.
Nous, les Métis, formons un peuple unique. La situation est
unique. Il y a ailleurs dans le monde d’autres peuples métis, mais
nous sommes maintenant reconnus dans l’article 35 comme
faisant partie des peuples autochtones. C’est la raison pour
laquelle nous estimons — ou certains d’entre nous estiment —
qu’il faut que ce soit porté à l’attention du gouvernement, et c’est
ce que nous essayons de faire.
As I say, we have no preconceived notions. Metis people
should control their own destiny as much as possible.
Comme je le dis, nous n’avons pas de notions préconçues. Les
peuples métis devraient autant que possible exercer le contrôle sur
leur propre destinée.
Senator Sibbeston: I notice that you make the distinction
between membership and citizenship. Citizenship is a higher
order, as it were, because you have to be a citizen generally of a
country, and membership generally applies to organizations and
so forth.
Le sénateur Sibbeston : Je remarque que vous soulignez la
différence entre « membre » et « citoyen ». La citoyenneté est
d’un ordre supérieur, puisqu’il faut généralement être citoyen
d’un pays, alors qu’on est membre d’une organisation, ou de ce
genre de choses.
Even in your organization’s name, Metis Citizens Alliance of
Canada, what are you citizens of? Your title suggests that you are
citizens of Canada, but then I am aware that you are also thinking
in terms of citizens of a Metis Nation.
Vous avez cela dans le nom de votre organisation, la Metis
Citizens Alliance of Canada, mais de quoi êtes-vous citoyens? On
comprend que vous êtes des citoyens du Canada, mais je sais aussi
que vous vous estimez aussi citoyens d’une nation de Métis.
Have you thought about that? Just how do you look at
yourselves?
Y avez-vous pensé? Comment vous voyez-vous, au juste?
Mr. Boudreau: If I may answer that, we are not that educated
really. So we were hashing the names around and that is the best
name we can come up with so that we make people understand,
take your citizenship.
M. Boudreau : Je vais répondre : en réalité, nous ne sommes
pas si instruits. Nous envisageons divers noms, et c’est le meilleur
que nous ayons trouvé pour faire en sorte que les gens
comprennent — votre citoyenneté.
We tried to include all the words there, the Aboriginal Metis
Citizens Alliance of Canada. Now, we added ‘‘Alliance’’ because
we are Canadian citizens too.
Nous avons essayé d’inclure tous les mots, l’Aboriginal Metis
Citizens Alliance of Canada. Nous avons ajouté « alliance » parce
que nous sommes aussi des citoyens canadiens.
What we did, we registered it, and then what I told the guys at
that time there, what we will do now is once we get citizens all
across Canada and we call a meeting, now, if you have a nice
Nous avons inscrit notre organisation, et ce que j’ai dit alors
aux gens, c’est que nous allions réunir tous les gens à l’échelle du
Canada et convoquer une réunion. Si vous avez un beau nom ou
1-10-2012
Peuples autochtones
23:139
name or you can come up with a name for us Metis Nation people
across Canada, then we will sit down and vote on it and we will
use that name. We are just giving room here to change.
qu’il est possible de trouver un nom pour la nation des Métis du
Canada, nous allons le soumettre aux voix et nous allons l’utiliser.
Nous nous donnons de la latitude.
If I can also add here, all this organization, Metis Citizens
Alliance of Canada, is doing is registering Metis people across
Canada. That is all we are doing.
J’aimerais ajouter que tout ce que notre organisation fait, c’est
inscrire les Métis de toutes les régions du Canada. C’est tout ce
que nous faisons.
I do not want anybody — and in fact, I have had a lot of
people say we are a splinter group or a rebel group or whatever.
No, we are not. All we are doing is making a registry of all the
Metis people of Canada, if they believe they are Metis.
Je ne veux entendre personne dire — en réalité, bien des gens le
disent — que nous formons un groupe dissident ou rebelle. Ce
n’est pas le cas. Tout ce que nous faisons, c’est créer un registre de
toutes les personnes du Canada qui estiment être des Métis.
When we started this organization, I wrote to every president
of the Metis associations here in Western Canada, and not one of
them responded. And then three years later, they changed and
they added to their membership card ‘‘citizen.’’
Quand nous avons créé cette organisation, j’ai écrit à chacun
des présidents des associations métisses d’ici, dans l’ouest du
Canada, et aucun ne m’a répondu. Trois ans plus tard, ils ont
changé et ont ajouté « citoyen » à leur carte de membre.
Ms. Blyan: If I could just briefly address your question,
senator, that goes to the duality. We are Canadian citizens, Metis
citizens, and you asked a question earlier about normally
citizenship denotes a common land, common language,
common commerce, and then you call yourself a nation. I
believe that the Metis people do have that.
Mme Blyan : J’aimerais rapidement répondre à votre question,
monsieur le sénateur. C’est une question de dualité. Nous sommes
des citoyens canadiens et des citoyens métis. Vous avez posé une
question, un peu plus tôt, disant que normalement, la citoyenneté,
c’est lié à une terre commune, à une langue commune, à un
commerce commun; c’est alors qu’on peut se dire une nation. Je
crois que les Métis ont cela.
I myself, like I said, may be one of the fortunate ones. I am a
member of a Metis settlement but also here in Edmonton I live as
a Metis person and I identify with my homelands back home, but
I also identify with the corner of the street on which I live, and I
say that I am a daughter of this country. I live here and I claim all
of this for my own.
Je compte peut-être parmi les chanceux. Je suis membre d’un
établissement métis, mais en plus, ici à Edmonton, je vis comme
une personne métisse et je m’identifie à ma région d’origine, mais
je m’identifie aussi au coin de rue où j’habite, et je dis que je suis
une fille de ce pays. Je vis ici, et je prétends à tout cela.
Senator Raine: You have raised some very interesting issues. I
would suggest that tackling the task of registering all people who
feel themselves to be Metis across Canada is a huge job, and it is a
job that is currently being done by the other Metis organizations
who are being supported in this with funding from the federal
government, so I do not think that a duplication is perhaps in
anybody’s best interests.
Le sénateur Raine : Vous avez soulevé des points très
intéressants. Je dirais que la tâche d’inscrire toutes les personnes
qui s’estiment métisses à l’échelle du Canada est énorme, et c’est la
tâche à laquelle d’autres organisations métisses se sont attaquées
avec l’appui du financement du gouvernement fédéral. Je trouve
donc que le chevauchement n’est pas nécessairement dans l’intérêt
de tout le monde.
However, I see what you are doing as having an organization
where individual Metis citizens can join an action group for
whatever reason, just as there are citizens’ groups in the greater
Canada for pressing certain issues.
Cependant, je vois que vous avez une organisation qui permet
aux citoyens métis d’adhérer à un groupe d’action pour quelque
raison que ce soit, tout comme il existe des groupes de citoyens
dans l’ensemble du Canada qui exercent des pressions concernant
certains sujets.
You mentioned that the Metis card in British Columbia, by the
Métis Nation British Columbia, has on the back that the card is
the property of the Metis Nation, and I just point out that I think
that is pretty normal for citizenship documents.
Vous avez mentionné qu’au verso de la carte des Métis en
Colombie-Britannique, celle de la nation des Métis de la
Colombie-Britannique, il est écrit que la carte est la propriété de
la nation des Métis, et je veux seulement souligner que c’est plutôt
normal pour des documents de citoyenneté.
For instance, right in the Canadian passport, it says this
passport is the property of the Government of Canada. I think
they do that so that it prevents the fraudulent transfer of these
documents, and there is a legal case for the organization who
issued the document to prevent trade in those documents. I do not
Par exemple, dans le passeport canadien, il est indiqué que le
passeport est la propriété du gouvernement du Canada. Je pense
que c’est pour prévenir le transfert frauduleux de tels documents,
et il est légalement justifié que l’organisation émettrice du
document cherche à prévenir la fraude. Je ne crois pas qu’on
23:140
Aboriginal Peoples
1-10-2012
think that somehow denies or disenfranchises the members of the
group or the citizens. But in our deliberation, what we are finding
is that determining who is Metis is very complex.
renie ainsi les membres du groupe ou les citoyens, ni qu’on les
prive de leurs droits. Mais dans nos discussions, ce que nous
constatons, c’est qu’il est très complexe de déterminer qui est un
Métis.
Ms. Blyan: Just in response, you are right about the Metis
nations across Canada enumerating. They are not taking citizens,
they are taking membership. We have to remember that these
organizations are there to represent politically their constituents,
and so by nature of the organization, if you have the wrong last
name, you might get put to the bottom of the file folder, and sad
to say, but that is how our organizations are.
Mme Blyan : Vous avez raison, en ce qui concerne le
recensement des nations métisses à l’échelle du Canada. Ils ne
vont pas chercher les citoyens, mais des membres. Il faut garder à
l’esprit que ces organisations sont là pour représenter leurs
membres sur le plan politique. Donc, en raison de leur nature, si
vous n’avez pas le bon nom de famille, vous risquez de vous
trouver sous la pile. C’est triste, mais c’est ainsi que nos
organisations fonctionnent.
My suggestion to that always was that you take the registry
away from the political organization and run it independently
with the genealogies. You will have a fairer number of the number
of Metis people that are in a specific area. I cannot say for other
organizations across Canada, but I know that is the way we are
here in Alberta.
J’ai toujours suggéré qu’on enlève le registre aux organisations
politiques et qu’on le gère indépendamment, avec l’information
généalogique. Vous obtiendrez un nombre plus juste de Métis
dans un secteur particulier. Je ne peux parler pour les autres
organisations à l’échelle du Canada, mais je sais qu’il en est ainsi
ici, en Alberta.
The Chair: This card is not a membership card. There is
nothing that says ‘‘membership’’ on it. This is strictly a citizenship
card. This does not make me a member; it makes me a citizen of
the MNBC.
Le président : Cette carte n’est pas une carte de membre. Rien
ne dit « carte de membre » sur la carte. C’est une carte de citoyen.
Je ne suis pas membre, mais citoyen de la nation des Métis de la
Colombie-Britannique.
Anyway, it is controversial, colleagues, and it is complicated.
Quoi qu’il en soit, chers collègues, cela prête à controverse, et
c’est compliqué.
The only thing I leave with you, Mr. Boudreau, and I
compliment your courage and your initiative, but what scares
me is if cards are floating around all over, it really puts places like
universities, who have special chairs designated for Aboriginal
peoples, at risk of fraud being able to be perpetrated through a
process of cards coming from every direction. I think that this is
one of the reasons why we initiated this study, and hopefully we
can come up with a solution, and I would hate to see government
run the list. I would like to see the Metis people run the list rather
than government, and I think a lot of people would. But how it
will eventually sort itself out, hopefully we can wake the sleeping
giants, and wiser men and women may come up with a solution.
Hopefully we can help.
La seule chose que je vous dirai, monsieur Boudreau — et je
vous félicite pour votre courage et votre initiative —, mais ce qui
m’effraie, c’est que si des cartes se trouvent un peu partout entre
les mains de n’importe qui, il y a risque de fraude, par exemple,
dans les universités où des places sont réservées aux Autochtones.
Je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons
amorcé cette étude, et j’espère que nous trouverons une solution.
Je ne voudrais absolument pas que le gouvernement gère cette
liste. J’aimerais que les Métis s’en chargent, et je pense que bien
des gens souhaitent cela. Pour ce qui est de la façon de résoudre
cela, j’espère que nous pourrons réveiller les géants endormis; des
hommes et des femmes plus sages pourraient proposer une
solution. J’espère que nous pourrons être utiles.
I want to thank both of you for appearing, and I want to thank
the senators for their participation in this morning’s meetings.
Je vous remercie tous les deux d’avoir comparu, et je remercie
les sénateurs de leur participation à cette séance.
We are flying north to one of the settlements. Ms. Blyan, I do
not know if you are going to be up there, but if you are, we will
see you there, and if not, God bless you.
Nous allons prendre un vol à destination d’un des
établissements du Nord. Madame Blyan, je ne sais pas si vous y
serez, mais dans l’affirmative, nous vous y verrons. Sinon, Dieu
vous bénisse.
Thank you again.
Merci encore.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
1-10-2012
Peuples autochtones
23:141
VANCOUVER, Monday, October 1, 2012
VANCOUVER, le lundi 1er octobre 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9:03 a.m. to examine and report on the legal and
political recognition of Metis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 3, pour examiner la reconnaissance
juridique et politique de l’identité des Métis au Canada et en faire
rapport.
Senator Lillian Eva Dyck (Deputy Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Lillian Eva Dyck (vice-présidente) occupe le
fauteuil.
[Traduction]
The Deputy Chair: Good morning. I welcome all honourable
senators and members of the general public who are watching this
meeting of the Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples
on CPAC or on the web. My name is Senator Lillian Dyck from
Saskatchewan. I am the deputy chair of the committee.
La vice-présidente : Bonjour. Je souhaite la bienvenue à tous les
sénateurs et aux membres du public qui écoutent sur CPAC ou
sur le web cette réunion du Comité sénatorial permanent des
peuples autochtones. Je suis le sénateur Lillian Dyck, de la
Saskatchewan, et la vice-présidente du comité.
We were very happy to embark last week on a series of
hearings and fact finding missions that has taken us out of Ottawa
to Manitoba, Saskatchewan, Alberta, British Columbia and the
Northwest Territories to meet with Canadians and in particular
Metis Canadians. We are travelling as part of a study on Metis
identity. We are very impressed with the amount of engagement in
the Metis community and appreciative of your efforts to attend to
testify before us today. In fact, the most important part is that we
listen very carefully to what you have to say and ask you
questions.
C’est avec grand plaisir que nous avons entrepris une série
d’audiences et de missions d’enquête, qui nous ont fait sortir
d’Ottawa. Nous sommes allés au Manitoba, en Saskatchewan, en
Alberta, en Colombie-Britannique et dans les Territoires du
Nord-Ouest pour rencontrer des Canadiens et, plus
particulièrement, des Métis canadiens. Nous effectuons ces
déplacements dans le cadre d’une étude sur l’identité des Métis.
Nous sommes très impressionnés par votre grand engagement
auprès de la communauté métisse et nous vous sommes
reconnaissants d’avoir fait l’effort de venir témoigner devant
nous aujourd’hui. En fait, nous devons d’abord et avant tout être
très attentifs à ce que vous avez à dire et vous poser des questions.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada generally.
Today we are exploring Metis issues, particularly those relating to
the evolving legal and political recognition of the collective rights
and identity of the Metis in Canada.
Le mandat du comité consiste à étudier les mesures législatives
et les questions relatives aux peuples autochtones du Canada, de
façon générale. Aujourd’hui, nous nous pencherons sur des enjeux
touchant les Métis, plus particulièrement en ce qui concerne la
reconnaissance juridique et politique des droits collectifs et de
l’identité des Métis au Canada.
Before we begin, I would like to introduce the members of the
committee who are here this morning: Senator Salma Ataullahjan
from Ontario, Senator Nancy Greene representing British
Columbia and Senator Dennis Patterson representing Nunavut.
Avant de commencer, j’aimerais vous présenter les membres du
comité qui sont présents ce matin : le sénateur Salma Ataullahjan,
de l’Ontario, le sénateur Nancy Greene, de la ColombieBritannique, et le sénateur Dennis Patterson, du Nunavut.
Members of the committee, would you please help me in
welcoming our first panel of witnesses. From the Métis Nation of
British Columbia, we welcome President Bruce Dumont, and
Laurel Katernick, the Director of Registry. In addition, we have
from with us Victoria Pruden, Vice-President of the Métis Nation
of Greater Victoria.
Chers collègues, je vous prie de vous joindre à moi pour
accueillir notre premier groupe de témoins. De la Métis Nation of
British Columbia, nous accueillons le président, Bruce Dumont,
et Laurel Katernick, directrice des enregistrements. Nous
recevons également Victoria Pruden, vice-présidente de la Métis
Nation of Greater Victoria.
Witnesses, we look forward to your presentations which will be
followed by questions from the senators. We ask that you keep
your comments fairly brief, concise but expansive, if you can fill
that bill. Please proceed.
Nous avons hâte d’entendre vos déclarations, qui seront suivies
par les questions des sénateurs. Nous vous prions d’être assez
brefs et de vous en tenir à des observations concises mais qui en
disent long, si vous le pouvez. Vous pouvez commencer.
Bruce Dumont, President, Métis Nation of British Columbia:
Good morning.
Bruce Dumont, président, Métis Nation of British Columbia :
Bonjour.
23:142
Aboriginal Peoples
1-10-2012
[The witness spoke in Tanishi.]
[Le témoin s’exprime en tanishi.]
Welcome to British Columbia and welcome to Métis Nation
B.C., which is the governing body for B.C. It is a pleasure to see
you again after our meeting in Batoche. We spent a few hours
there and had a great time. Thank you for the invitation to speak
about the Metis in this part of the country and across our
homeland.
Bienvenue en Colombie-Britannique et à la Métis Nation of
British Columbia, qui est l’organisme de réglementation pour la
Colombie-Britannique. C’est un plaisir de vous revoir après notre
rencontre à Batoche. Nous avons passé ensemble quelques heures
fort agréables. Je vous remercie de m’avoir invité pour discuter
des Métis de cette région et de partout au pays.
We had Senator Gerry St. Germain at our assembly this
weekend. In recognition of his service to Canada and the Metis
across Canada, we honoured him with the Order of the Sash. It is
a sash that we commissioned, and it is only handed out to certain
individuals for their dedication to the Metis and their services to
our people.
Le sénateur Gerry St. Germain a assisté à notre assemblée ce
week-end. Pour souligner le service qu’il a rendu au Canada et
aux Métis de partout au pays, nous lui avons décerné l’Ordre
métis de la ceinture fléchée. C’est une ceinture fléchée que nous
avons commandée et que nous ne remettons qu’à certaines
personnes pour le dévouement dont elles font preuve à l’endroit
des Métis et les services qu’elles rendent à notre peuple.
I will start with the emergence of the Metis in the Province of
British Columbia in the late 1700s. We do have a long history of
Metis that have migrated from the prairies. One of those
expeditions was the James Sinclair expedition that came out of
Saskatchewan and took the people through the Rockies down
into southeastern British Columbia, into Montana, Washington
State and Oregon. What happened there is they were going down
to be farmers. Eventually most of them moved back to British
Columbia and Alberta and some to Saskatchewan.
Je vais parler tout d’abord de l’arrivée des Métis dans la
province de la Colombie-Britannique à la fin des années 1700. Les
Métis ont commencé il y a très longtemps à quitter les Prairies. Il
y a notamment eu l’expédition menée par James Sinclair où des
Métis ont quitté la Saskatchewan et traversé les Rocheuses pour
se rendre dans le Sud-Est de la Colombie-Britannique, le
Montana, l’État de Washington et l’Oregon. Ils avaient
l’intention de devenir agriculteurs. La plupart d’entre eux ont
fini par retourner en Colombie-Britannique et en Alberta, et
certains ont regagné la Saskatchewan.
As you know, we are known as the children of the fur trade.
Under the North West Company and Hudson Bay Company we
traversed the waterways throughout British Columbia and were
very involved in the fur trade.
Comme vous le savez, on nous connaît comme étant les
descendants de la traite des fourrures. À l’époque de la
Compagnie du Nord-Ouest et de la Compagnie de la Baie
d’Hudson, nous traversions les voies navigables de la ColombieBritannique et participions activement à la traite des fourrures.
I will turn it over to Ms, Katernick to add some comments.
Je vais maintenant céder la parole à Mme Katernick pour
qu’elle ajoute quelques mots.
Laurel Katernick, Director of Registry, Métis Nation of British
Columbia: It is a pleasure and an honour to be invited here to
provide information on the Métis Nation of British Columbia and
the identity of Metis in the Province of British Columbia. My
name is Laurel Katernick. I am the Director of Registry for Métis
Nation of British Columbia and I have been in that position now
for approximately eight years.
Laurel Katernick, directrice des enregistrements, Métis Nation
of British Columbia : C’est un plaisir et un honneur d’avoir été
invitée pour vous fournir de l’information sur la Métis Nation of
British Columbia, ou MNBC, et sur l’identité des Métis dans la
province de la Colombie-Britannique. Je suis Laurel Katernick et
j’occupe le poste de directrice des enregistrements à la Métis
Nation of British Columbia depuis environ huit ans.
Métis Nation British Columbia received funding from the
Office of the Federal Interlocutor to establish a process for
identifying and registering Metis within the province of B.C. at a
provincial level. In the fall of that year Metis Nation British
Columbia officially established a central registry to identify and
register Metis citizens and harvesters. The importance of a central
registry to identify Metis section 35 rights holders became
apparent after the Powley decision in the summer of 2003. The
inclusion of Metis in section 35 was never defined until the
Powley decision came to fruition. The purpose of section 35 is to
protect practices that are an historically important feature of
distinctive Metis communities and that persist in the Metis
community as an integral element of Metis culture.
La Métis Nation of British Columbia a reçu du financement du
Bureau de l’interlocuteur fédéral pour établir un processus
permettant d’identifier et d’enregistrer les Métis dans la
province de la Colombie-Britannique. À l’automne de cette
année, la Métis Nation of British Columbia a officiellement créé
un registre central pour identifier et enregistrer les citoyens et les
exploitants métis. Après que la décision Powley a été rendue à
l’été 2003, on a pris conscience de l’importance d’avoir un registre
central pour identifier les titulaires de droits métis en vertu de
l’article 35. La notion de Métis à l’article 35 n’avait jamais été
définie jusqu’à ce que la décision Powley soit appliquée.
L’article 35 vise à protéger les pratiques qui sont d’importance
historique pour les communautés métisses et qui continuent de
faire partie intégrante de la culture métisse.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:143
Prior to the Powley decision, Metis identification was
community-driven. However, this simply identified Metis
membership at a community level. The Powley decision defined
not only who the Metis were in section 35 but affirmed that the
specific collective has an Aboriginal right. The Powley decision
spoke about the urgent need to develop a more systematic method
of identifying rights holders. The court identified four broad
factors in Metis identification. This is the core of the Metis
identification for Métis Nation British Columbia Central
Registry: self-identification, ancestral connection to the historic
Metis community, contemporary community acceptance, and a
uniqueness from other Aboriginal peoples.
Avant la décision Powley, l’identification des Métis était
effectuée par les communautés, mais n’établissait que
l’appartenance d’un Métis à une communauté. La décision
Powley a permis non seulement de définir à l’article 35 qui sont
les Métis, mais aussi d’affirmer que ce groupe détient un droit
autochtone. Dans la décision Powley, on signale qu’il est urgent
d’élaborer une méthode plus systématique pour identifier les
titulaires de droits. La cour a ciblé quatre grands critères pour
l’identification des Métis. Ces critères sont essentiels à
l’identification des Métis pour le registre central de la Métis
Nation of British Columbia : l’auto-identification, le lien
ancestral à une communauté métisse, l’acceptation par une
communauté métisse actuelle et la singularité par rapport à
d’autres peuples autochtones.
As I indicated previously here, the MNBC Central Registry is
responsible for compiling and maintaining a citizen database of
Metis citizens identified and registered in the province of B.C. The
citizenship database is based on the process requirement identified
as per the Supreme Court of Canada, Powley decision in 2003,
and also as per the national definition established by our national
governing body Métis National Council in 2002.
Comme je l’ai déjà mentionné, le registre central de la Métis
Nation of British Columbia est responsable de compiler et de tenir
à jour une base de données des citoyens métis qui sont enregistrés
dans la province de la Colombie-Britannique. Cette base de
données est fondée sur l’exigence établie par la Cour suprême du
Canada dans la décision Powley qu’elle a rendue en 2003, et ce,
conformément à la définition nationale établie par notre
organisme de réglementation national, le Ralliement national
des Métis, en 2002.
I do want to give you a bit of information and background on
the actual process that individuals are moved through with the
Métis Nation British Columbia Central Registry to officially
register as a Metis citizen in the province of B.C. The central
registry is what we term as the objectively verifiable process that
supports the collective voice of the Metis throughout the
homeland. Our registry staff assists applicants with completion
of their applications and they are then forwarded to the head
office, the Office of the Provincial Registrar, for genealogical
verification and community acceptance. We do not only look at
the historic community connection but there also has to be a
connection to the contemporary community as well. Citizenship
applicants that meet the four components of the Powley definition
and the national definition are approved as Metis citizens and
registered as such in the MNBC Central Registry.
Je veux vous expliquer un peu les tenants et aboutissants du
processus que les personnes qui figurent dans le registre central de
la Métis Nation of British Columbia doivent suivre pour devenir
officiellement des citoyens métis dans la province de la ColombieBritannique. Le registre central est ce que nous appelons le
processus des données objectivement vérifiables qui appuie la voix
collective des Métis de partout au pays. Le personnel chargé du
registre aide les demandeurs à remplir leur formulaire, qui est
ensuite envoyé à l’administration centrale, au Bureau du
registraire provincial, aux fins de vérification généalogique et
d’acceptation par la communauté. Nous ne vérifions pas
seulement le lien ancestral avec la communauté, mais aussi le
lien avec la communauté actuelle. Les demandeurs qui répondent
aux quatre critères énoncés dans la décision Powley et dans la
définition nationale seront approuvés et enregistrés en tant que
citoyens métis dans le registre central de la MNBC.
Citizenship applicants: It is important to note applicants that
do not meet the four main components for Metis identification to
register with Métis Nation B.C. They are provided an opportunity
for a redress mechanism through the judicial arm of the MNBC
Senate. In the case where we are not able to approve an applicant
they do have a recourse process and they can appeal to the
MNBC Senate if they believe an error has been made either
genealogically on the historical community acceptance
component or the procedural component of the process.
Il est important de signaler aux demandeurs qui ne répondent
pas aux quatre principaux éléments de l’identification des Métis
de s’enregistrer auprès de la Métis Nation of British Columbia.
On leur offre un mécanisme de recours par l’entremise du corps
judiciaire du Sénat de la MNBC. Si nous ne sommes pas en
mesure d’approuver un demandeur, ce dernier dispose d’un
processus de recours et peut en appeler de la décision au Sénat de
la MNBC s’il estime qu’une erreur a été commise concernant la
vérification généalogique, l’acceptation par la communauté ou
l’aspect procédural du processus.
I did indicate earlier the actual four components that we look
at within the Central Registry. Again, the MNBC Central
Registry addresses all four of their components. The application
form fulfills the self-identification component; the genealogy that
is submitted by the applicant addresses the ancestral connection
J’ai décrit tout à l’heure les quatre critères que nous examinons
au registre central. Là encore, le registre central de la MNBC
vérifie les quatre critères. Le formulaire de demande permet de
faire l’auto-identification et la généalogie fournie permet d’établir
si la personne a un lien ancestral à la communauté métisse. Par
23:144
Aboriginal Peoples
1-10-2012
to the historical Metis community; additionally, all individuals
that make application to MNBC to be registered in the Central
Registry as Metis in the province of B.C. go through the screening
process. They are screened through Aboriginal Affairs and
Northern Development Canada to ensure not only that they are
not on the Indian Register but, as well, that they do not have an
application pending. The final and fourth component is the
community acceptance component. They must be accepted by the
contemporary community as well. Métis Nation B.C. has 35
Metis chartered communities that are recognized throughout the
province.
ailleurs, tous ceux qui font une demande à la MNBC pour être
enregistrés au registre central en tant que Métis dans la province
de la Colombie-Britannique sont soumis au processus de
vérification. Le ministère des Affaires autochtones et du
Développement du Nord du Canada vérifie que les demandeurs
ne figurent pas au registre des Indiens et qu’ils n’ont pas de
demande en attente. Le dernier et quatrième critère est celui de
l’acceptation par la communauté. La Métis Nation British
Columbia compte 35 communautés métisses reconnues dans la
province.
To date, I am very pleased to announce that since the Central
Registry was implemented in the fall of 2004, MNBC has just over
75,000 citizens registered that do fit all four components of
Powley — 7,500. Sorry. Wouldn’t that be nice if it was 75,000.
Je suis très heureuse d’annoncer que depuis la mise en oeuvre
du registre central à l’automne 2004, la MNBC compte un peu
plus de 75 000 citoyens enregistrés qui respectent les quatre
critères énoncés dans la décision Powley — pardon, je voulais dire
7 500. Ce serait fantastique si c’était 75 000.
Senator Patterson: Wishful thinking.
Le sénateur Patterson : C’est un vœu pieux.
Ms. Katernick: I am getting ahead of myself.
Mme Katernick : Je vais trop vite.
This means that they have met all four components addressed
earlier. The 7,500 citizens are eligible to participate in the MNBC
governance process. That is to say, they are eligible to participate
as candidates and voters in the MNBC elections and are able to
speak and vote at our annual governance meetings.
Cela signifie qu’ils ont rempli les quatre critères dont on a parlé
tout à l’heure. Ils peuvent ainsi participer comme candidats et
électeurs aux élections de la MNBC et peuvent prendre la parole
et voter à nos réunions annuelles sur la gouvernance.
The MNBC is the provincially and federally recognized body
for representation for the Metis in the province of B.C. as well as
the 60,000 self-identifying Metis that were enumerated in the 2006
census. As such, MNBC provides access to provincial and federal
programs that target Metis, most notably the federal Aboriginal
Skills and Employment Training Strategy, the ASET program, to
all self-identifying Metis in the province of B.C.
La MNBC est l’organisme reconnu au provincial et au fédéral
pour représenter les Métis en Colombie-Britannique ainsi que les
60 000 Métis auto-identifiés que l’on a répertoriés lors du
recensement de 2006. Ainsi, la MNBC donne accès à des
programmes provinciaux et fédéraux qui s’adressent aux Métis,
et plus particulièrement à la Stratégie fédérale de formation pour
les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones, la SFCEA,
qui sont destinés à tous les Métis auto-identifiés de la province de
la Colombie-Britannique.
As previously mentioned, MNBC supports registration of
Metis citizens but also acknowledges the importance of Metis
being enumerated for access to government programs and
services. The advantage of registration over enumeration is that
registration allows the Central Registry to conduct the objectively
verifiable process and to ensure that individuals meet the four
requirements established by Powley and the national definition.
Enumeration, however, emphasizes self-identification at the
expense of the other three components of the Powley and the
national Metis definition.
Comme je l’ai mentionné tout à l’heure, la MNBC appuie
l’enregistrement des citoyens métis, mais reconnaît également
l’importance que les Métis dénombrés aient accès à des
programmes et services gouvernementaux. L’avantage de
l’enregistrement sur le dénombrement, c’est que l’enregistrement
permet au registre central de mener un processus des données
objectivement vérifiables et de veiller à ce que les gens respectent
les quatre critères énoncés dans la décision Powley et la définition
nationale. Le dénombrement met toutefois l’accent sur l’autoidentification aux dépens des trois autres critères établis dans la
décision Powley et la définition nationale.
Now I would like to turn it over to President Dumont.
Mr. Dumont: I will speak to the governance of the Metis
Nation B.C. here. Our governing structure is three-tiered in the
province of B.C. and across Canada. We have the Métis National
Council as the national and federal governing body representing
the Metis nationally and internationally. MNBC sits on the MNC
Board of Governors and as a representative of Metis in B.C. at
the national level. We have the provincial Metis governments such
as MNBC of which I am the elected president. MNBC is the
J’aimerais maintenant céder la parole au président Dumont.
M. Dumont : Je vais parler de la gouvernance de la Métis
Nation of British Columbia. Notre structure de gouvernance
comporte trois volets dans la province de la ColombieBritannique et partout au Canada. Nous avons le Ralliement
national des Métis, qui est l’organisme de réglementation national
et fédéral qui représente les Métis sur la scène nationale et
internationale. Nous avons les gouvernements métis provinciaux
tels que la MNBC, dont j’ai été élu président. La MNBC est le
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Peuples autochtones
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recognized representative for the Métis Nation B.C. MNBC has
an elected board of directors responsible to the Metis citizens in
B.C. The board of directors is elected to serve a four-year term.
We just completed our electoral process in mid-September of this
year.
représentant reconnu des Métis de la Colombie-Britannique. La
MNBC a un conseil d’administration responsable des citoyens
métis en Colombie-Britannique. Ce conseil est élu pour un
mandat de quatre ans. Nous venons de terminer notre processus
électoral à la mi-septembre de cette année.
The third tier of governance is the 35 chartered communities in
B.C. These communities often mirror the provincial
organizational structure of the MNBC but are locally driven
and focused. Each charter community elects a president to
represent the community at the provincial level as the Metis
Nation governing assembly.
Les 35 communautés reconnues en Colombie-Britannique
constituent le troisième volet de la gouvernance. Ces
communautés reflètent souvent la structure organisationnelle
provinciale de la MNBC, mais sont axées sur les localités. Chaque
communauté reconnue élit un président pour la représenter au
provincial à la Métis Nation Governing Assembly.
Provincially the MNBC has a distinct governance structure
that consists of the following: the legislative arm, the business arm
which is the secretariat, the judicial arm and the governance arm.
I will speak briefly to the roles and responsibilities of the four
components of the MNBC governance.
À l’échelle provinciale, la MNBC a une structure de
gouvernance distincte qui comprend un organe législatif, un
organe commercial, qui est le secrétariat, un organe judiciaire et
un organe de gouvernance. Je vais parler brièvement des rôles et
des responsabilités des quatre organes de la gouvernance de la
MNBC.
The legislative components consist of the MNGA, which is the
Métis Nation Governing Assembly, the elected presidents of the
chartered communities. As an assembly they are responsible for
passing and first reading of any processed legislation. If the
MNGA approves legislation, the proposed legislation is then
forwarded to the annual general meeting, which just occurred, to
the Metis citizens for second reading and approval. In most cases
the resolutions are at the AGM and then ratified. If not, they are
re-tabled back to the MNGA.
Les éléments législatifs sont la MNGA, à savoir la Métis
Nation Governing Assembly, les présidents élus des
communautés reconnues. En tant qu’assemblée, les présidents
sont responsables de procéder à la première lecture des projets de
loi. Si la MNGA approuve le projet de loi, ce dernier est alors
examiné à l’assemblée générale annuelle, qui vient d’avoir lieu,
pour être étudié en deuxième lecture et être approuvé. Dans la
plupart des cas, les résolutions sont examinées à l’assemblée
générale annuelle et sont ensuite ratifiées. Si elles ne le sont pas,
elles sont présentées de nouveau à la MNGA.
The judicial component consists of the MNBC Senate. It is the
role of the senate to receive disputes. Typically the senate is
utilized for citizenship appeals. That is to say, if the Central
Registry is unable to verify an applicant’s Metis connection, and
the applicant believes they are entitled to be registered as a Metis
citizen within MNBC, the senate will hold a tribunal to determine
if an error has been made on the part of the MNBC Central
Registry.
L’élément judiciaire est le Sénat de la MNBC. Le Sénat est saisi
des litiges. Il entend ordinairement les appels relatifs à la
citoyenneté. Par conséquent, si le registre central ne peut pas
vérifier le lien du demandeur à une communauté métisse et que le
demandeur estime être en droit d’être enregistré en tant que
citoyen métis au sein de la MNBC, le Sénat tiendra une audience
pour déterminer si la MNBC a commis une erreur.
The business component consists of the secretariat which is the
Métis Provincial Council of B.C. The MPCBC is a society
established by the B.C. Metis under the Societies Act for the
purpose of conducting administrative business and functions of
the Métis Nation B.C.
L’élément commercial est le secrétariat, à savoir la Métis
Provincial Council of British Columbia. La MPCBC est une
société qui a été créée par les Métis de la Colombie-Britannique en
vertu de la Loi sur les sociétés pour qu’elle s’occupe des affaires et
des fonctions administratives de la Métis Nation of British
Columbia.
The governance structure component of the MNBC consists of
a provincially elected board of directors, regional governance
councils which are responsible for the communities and are
chaired by the regionally elected director who sits on the MNBC
board of directors. As previously mentioned, chartered Metis
communities through their locally elected presidents also
contribute to the governance components. In addition, both
women and youth are represented on the provincial board of
directors, the regional governance council and the chartered Metis
La structure de gouvernance de la MNBC est constituée d’un
conseil d’administration dont les membres sont élus au provincial
et de conseils de gouvernance régionaux qui sont responsables des
communautés et présidés par un directeur élu à l’échelle régionale
qui siège au conseil d’administration de la MNBC. Comme on l’a
mentionné tout à l’heure, les communautés métisses reconnues,
par l’entremise de leurs présidents élus à l’échelle locale,
contribuent également à la gouvernance. En outre, les femmes
et les jeunes sont représentés au conseil d’administration
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Aboriginal Peoples
1-10-2012
communities. So you have representation for the youth and the
women and of course the elected regional directors and elected
presidents of the chartered communities.
provincial, au conseil de gouvernance régional et dans les
communautés métisses reconnues. Les femmes et les jeunes sont
donc représentés et les directeurs régionaux élus et les présidents
élus des communautés reconnues le sont aussi.
Given our governance structure, MNBC is truly democratic
and representative of the Metis and responsible and accountable
to the Metis citizens throughout the province. Furthermore, the
MNBC operates in a non-discriminatory manner in that we have
a Metis senate to ensure that there is a mechanism to address any
grievance that may arise between the Metis in B.C. and the
MNBC.
Compte tenu de notre structure de gouvernance, la MNBC est
réellement démocratique et représentative des Métis. Elle rend
également des comptes aux citoyens métis de la province. Par
ailleurs, la MNBC est non discriminatoire car un Sénat métis
s’assure qu’un mécanisme est en place pour régler les griefs entre
les Métis de la Colombie-Britannique et la MNBC.
For the benefit of this honourable senate I have included copies
of our legislation and governance structure as well as a copy of
our organizational chart which we will send to you electronically.
Pour la gouverne des sénateurs, j’ai inclus des copies de notre
structure législative et de gouvernance ainsi que de notre
organigramme, que nous vous ferons parvenir par courriel.
I will turn the floor over to Victoria.
Je vais maintenant céder la parole à Victoria.
Victoria Pruden, Vice President, Métis Nation of Greater
Victoria: Good morning, everyone.
Victoria Pruden, vice-présidente, Métis Nation of Greater
Victoria : Bonjour à tous.
[The witness spoke in Michif.]
[Le témoin s’exprime en métchif.]
Victoria Pruden is my English name. I am very appreciative of
your consideration to fit me in his morning to speak to you on
behalf of my community, the Métis Nation of Greater Victoria.
The community that I am representing today as vice-president is a
community largely formed of transplanted Metis people originally
from Saskatchewan, Alberta and Manitoba who currently reside
on Vancouver Island.
Mon nom anglais est Victoria Pruden. Je vous remercie
énormément de m’avoir invitée aujourd’hui pour représenter ma
communauté, la Métis Nation of Greater Victoria. La
communauté que je représente en ma qualité de vice-présidente
est en grande partie constituée de Métis qui résident actuellement
sur l’île de Vancouver, mais qui vivaient à l’origine en
Saskatchewan, en Alberta et au Manitoba.
I wanted to just give you some context in terms of my Metis
lineage. I am from the Delorme/Pruden/Falcon/Landry families
originally of Red River who travelled over to Saskatchewan,
Meadow Lake, Batoche area and Cochin, north of North
Battleford.
Je voulais simplement vous décrire mes origines métisses. Je
suis issue des familles Delorme, Pruden, Falcon et Landry, qui
vivaient initialement à Red River, mais qui se sont installées en
Saskatchewan, à Meadow Lake, à Batoche et à Cochin, au nord
de North Battleford.
I am speaking primarily this morning in support of the issue of
settlement of the matter of Metis survivors of residential schools,
in particular the residential school at Ile-a-la-Crosse. I had the
pleasure this year of co-moderating the National Métis
Residential Schools Conference in March. It was a profound
and heartbreaking experience to witness the testimony of many of
our elders, many of our people, who experienced trauma, violence
of a sexual, emotional, physical nature, as well as the testimony of
myself and others who are the children and grandchildren of those
people who attended either day or boarding schools at Ile-a-laCrosse. There are many survivors who I am sure you have heard
and you know are still waiting patiently for resolution with
respect to this issue. In particular, the non-recognition of their
attendance and their experience is profoundly disappointing.
Je me prononcerai surtout ce matin en faveur du règlement de
la question des survivants métis des pensionnats indiens, et plus
particulièrement les survivants du pensionnat de l’Île-à-la-Crosse.
J’ai eu le plaisir cette année de coanimer la conférence sur les
Métis qui ont fréquenté les pensionnats indiens, qui a eu lieu en
mars. Ce fut émouvant et déchirant d’entendre un grand nombre
d’aînés et de membres de notre peuple raconter les traumatismes
et les actes de violence sexuelle, émotive et physique qu’ils ont
subis, ainsi que les témoignages de personnes comme moi, qui
sont les enfants et les petits-enfants de ces victimes qui ont
fréquenté l’école de jour ou le pensionnat à l’Île-de-la-Crosse. Je
suis certaine que vous avez entendu le témoignage de bon nombre
de ces survivants et que vous savez qu’ils attendent toujours
patiemment le règlement de la question. Il est très décevant que
l’on ne reconnaisse pas ce qu’ils ont vécu dans ces pensionnats.
As a multi-generationally impacted woman —
En tant que femme touchée par ce problème
multigénérationnel...
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Peuples autochtones
23:147
[The witness spoke in Michif.]
[Le témoin s’exprime en métchif.]
— I am appealing in support of recognition and more importantly
a compassionate and humanitarian response and approach to
programs, services and supports for both boarding and day
school attendees.
... je vous exhorte à reconnaître cet état de fait et surtout à faire
preuve de compassion et d’humanité à l’égard de ceux qui ont
fréquenté les pensionnats et les écoles de jour et à leur offrir du
soutien, des programmes, des services adéquats.
In our communities and in my professional opinion as
someone who has worked in anti-violence with women, both
Metis First Nations and non-indigenous women, for 15 years, I
believe not unrelated to these issues of unresolved trauma are
damaged identity, experience of family violence, victimization,
breakdown of our families and breakdown of parenting skills.
The demise of the Aboriginal Healing Foundation and the lack of
access to trauma treatment, unlike some of our First Nations
relations that may be eligible for psychological counselling,
trauma treatment sessions through FINIB, the lack of access to
programs like that is a profound weakness for our people.
J’ai travaillé pendant 15 ans pour lutter contre la violence
envers les femmes, tant métisses que non autochtones et, tout
comme les membres de nos communautés, je crois que les
problèmes identitaires, les cas de violence familiale, la
victimisation, l’éclatement des familles et l’appauvrissement des
compétences parentales font partie des traumatismes associés à la
violence envers les femmes. L’abolition de la Fondation
autochtone de guérison et le manque d’accès à des services de
traitement des traumatismes nous font tort. Contrairement à nos
pairs issus d’autres Premières nations, nous n’avons pas accès aux
consultations psychologiques et aux séances de traitement des
traumatismes offertes par l’entremise de la Direction générale de
la santé des Premières nations et des Inuits. Le manque d’accès à
de tels programmes nuit énormément à notre peuple.
At the residential school conference held in Saskatoon this year
a number of priorities emerged out of our deliberations, number
one being recognition of Metis residential school attendees. We
had the privilege of hearing a recording of Prime Minister
Stephen Harper making a personal commitment to the attendees
of the Ile-a-la-Crosse residential school. It left us — it is hard to
describe the disappointment of hearing our leader make that
commitment given that it is still unresolved to date. One of the
other priorities that emerged was a need for support for healing
and a plan to address the inter-generational effects of the trauma
related to residential school attendance, particularly for Metis.
À la conférence sur les pensionnats qui a eu lieu à Saskatoon
cette année, nos délibérations nous ont permis de dégager
plusieurs priorités, la plus importante étant de reconnaître ce
qu’ont vécu les Métis qui ont fréquenté les pensionnats indiens.
Nous avons eu le privilège d’entendre le premier ministre prendre
un engagement personnel auprès de ceux qui ont fréquenté le
pensionnat de l’Île-de-la-Crosse. Il est difficile de décrire à quel
point nous sommes déçus d’entendre le chef du pays prendre cet
engagement, étant donné que rien n’a encore été résolu à ce jour.
L’une des priorités que nous avions relevées consistait à aider les
victimes à surmonter les traumatismes qu’ils ont subis et à
élaborer un plan visant à atténuer les répercussions
intergénérationnelles causées par les traumatismes liés aux
pensionnats indiens, et plus particulièrement pour les Métis.
I want to mention to you, even out here in beautiful Vancouver
in British Columbia, there are many of us who either have been
impacted by the experience of those people who attended the
residential school at Ile-a-la-Crosse. We married and moved and
lived and are impacted by what happened at that school, even
thousands of miles away here in British Columbia. There is a need
for resolution on this matter, one way or the other.
Je tiens à vous signaler que même ici, dans la magnifique ville
de Vancouver en Colombie-Britannique, nous sommes nombreux
à avoir subi les contrecoups de ce qu’ont vécu ceux qui ont
fréquenté le pensionnat de l’Île-de-la-Crosse. Nous nous sommes
mariés, avons déménagé et fait notre vie, mais nous subissons les
conséquences de ce qui s’est passé à ce pensionnat, même en étant
à des kilomètres de là, en Colombie-Britannique. Il faut
absolument régler ce problème d’une façon ou d’une autre.
I will leave you with a few final thoughts. In British Columbia
currently there are close to 800 Metis children in the care of the
Ministry of Children and Family Development. The latest study
on sexual violence and exploitation of Metis women which was
led by the National Aboriginal Health Organization and the
Métis Nation of British Columbia indicated fractured Metis
identity as being the primary indicator of risk for sexual violence
and exploitation. I would just put out a curiosity to you. I think in
our communities and in our professional community we can see
the connection between unresolved trauma, fractured identity,
fractured parenting and the socio-economic effects. The social
indicators I believe are not unrelated to the unresolved and
unsupported impacts of trauma like those experienced by
Je vais conclure sur quelques réflexions. En ColombieBritannique, près de 800 enfants métis sont sous la tutelle du
ministère du Développement des enfants et de la famille. La plus
récente étude sur les cas de violence et d’exploitation sexuelles
chez les femmes métisses, qui a été réalisée par l’Organisation
nationale de la santé autochtone et la Métis Nation of British
Columbia, a révélé que la difficulté à s’identifier en tant que Métis
constitue le principal indicateur de risque de violence et
d’exploitation sexuelles. Je voulais simplement vous signaler ce
fait étrange. Dans nos communautés et notre milieu
professionnel, je pense que nous pouvons voir la corrélation qui
existe entre les traumatismes non résolus, les problèmes
identitaires, l’appauvrissement des compétences parentales et les
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Aboriginal Peoples
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survivors of the Metis residential school experience. That was the
primary message that I wanted to communicate to you today and,
again, I thank the committee for entertaining me this morning as
a last minute addition to your speakers’ list.
effets socioéconomiques. Si je ne m’abuse, les indicateurs sociaux
ne sont pas étrangers aux traumatismes non résolus tels que ceux
qu’ont subis les survivants des pensionnats indiens métis. C’est en
gros ce que je voulais vous dire aujourd’hui. Je remercie encore
une fois les membres du comité d’avoir envisagé ce matin de
m’ajouter à la dernière minute à la liste des intervenants.
The Deputy Chair: Thank you very much. Did you have
another comment, Mr. Dumont?
La vice-présidente : Merci beaucoup. Voulez-vous faire une
autre observation, monsieur Dumont?
Mr. Dumont: Yes. When we met in Batoche, was that recorded
or documented?
M. Dumont : Oui. Notre rencontre à Batoche a-t-elle été
enregistrée ou consignée quelque part?
The Deputy Chair: There is not a public recording. We have
notes, but those proceedings were not on the public record. This
meeting, for example, is broadcast and a transcript of the hearing
will be available. Notes were taken by our researcher but they are
not posted. They are available to the committee, but a record of
the fact finding meeting is not available to the general public.
La vice-présidente : Non. Nous avons des notes, mais ces
délibérations ne sont pas du domaine public. Un enregistrement et
une transcription de la présente réunion seront disponibles. Notre
attaché de recherche a pris des notes, mais elles ne sont pas
affichées. Le comité a accès à ces notes, mais un enregistrement de
la réunion d’enquête n’est pas accessible à la population en
général.
Mr. Dumont: To reiterate my ancestry, my mother was born in
Onion Lake of Cree and Scottish heritage and my dad was born in
Alberta of Cree and French heritage, so you could say on my
mother’s side half-breed, my dad’s side Metis but we were always
known as half-breed people. Just to expand on the residential
schools topic, I was born in 1944 and I have four older siblings.
My mother made sure that we were not taken away to residential
school. We were very mobile for the first few years. Being a good
mother protecting her children, she did not indulge, other than to
have one cigarette a day before she went to bed. We will always
cherish what she did for us.
M. Dumont : Je vais réitérer mes antécédents : ma mère est née
à Onion Lake et est d’origine crie et écossaise et mon père est né
en Alberta et est d’origine crie et française. On pourrait donc dire
que ma mère est de sang-mêlés et que mon père est Métis, mais on
nous a toujours qualifiés de « sang-mêlés ». Pour en dire un peu
plus long sur les pensionnats indiens, je suis née en 1944 et j’ai
quatre frères et sœurs qui sont plus âgés que moi. Ma mère a veillé
à ce qu’on ne nous envoie pas dans un pensionnat indien. Nous
nous sommes beaucoup déplacés les premières années. Ma mère
étant une bonne mère qui protégeait ses enfants, elle ne faisait pas
d’excès, à part fumer une cigarette par jour avant d’aller au lit.
Nous lui serons toujours reconnaissants de ce qu’elle a fait pour
nous.
We were road allowance people. We lived on the road
allowance for 12 years in Central Alberta. We squatted there
and my mom and dad earned a living there working in the logging
industry. We did move off the settlements in 1941. My brother
older than me was just a baby at that time. They had four children
and my mother and father did a lot of walking. When they were
married in 1937 in St. Paul, Alberta — formerly St. Paul des
Metis — they walked from Onion Lake to Goodridge, Alberta,
and settled on the Beaver River just on the edge of Kikino Métis
Settlement. It was not a settlement at that time but it was a
settlement when they left. Also on my dad’s side, I am a great
grandson of Isidore Dumont, so a great grand nephew of Gabriel
Dumont. Our family exists from Duck Lake. Of course Isidore
Dumont was the first Metis killed in the resistance of 1885, so we
have a long history there.
Nous étions des road allowance people. Nous avons vécu 12 ans
dans des réserves routières au centre de l’Alberta. Nous y avons
vécu illégalement et ma mère et mon père gagnaient leur vie dans
l’industrie forestière. Nous avons quitté les réserves routières en
1941. Mon frère aîné n’était encore qu’un bébé à l’époque. Mes
parents avaient quatre enfants et ont beaucoup marché.
Lorsqu’ils se sont mariés en 1937 à St. Paul, en Alberta — qui
était anciennement St. Paul des Métis —, ils ont parcouru à pied
le trajet qui sépare Onion Lake et Goodridge, en Alberta, et se
sont installés à Beaver River, juste aux limites de l’établissement
métis de Kikino. Ce n’était pas un établissement à ce moment-là,
mais c’en était devenu un lorsque mes parents sont partis. Du côté
paternel également, je suis l’arrière-petit-fils d’Isidore Dumont et
l’arrière-petit-neveu de Gabriel Dumont. Notre famille vient de
Duck Lake. Bien entendu, Isidore Dumont a été le premier Métis
à être tué durant la résistance de 1885. L’histoire de notre famille
remonte à très loin.
I moved to B.C. in 1972. I have been here for 40 years. I have
been a Metis since I was born because English was a second
language to my parents. Both are fluent in Cree, one in Woods
Cree and one in Prairie Cree. Moving out here I raised my family
of four and my children all know their ancestry; they all have
citizenship cards with Métis Nation B.C. I think it is very
J’ai déménagé en Colombie-Britannique en 1972. Cela fait
40 ans que je vis ici. Je suis Métisse de naissance car l’anglais était
la deuxième langue de mes parents. Ils parlent tous les deux
couramment le cri, l’un le cri des bois et l’autre, le cri des Prairies.
Après être déménagée ici, j’ai élevé mes quatre enfants. Ils
connaissent tous leurs origines et possèdent leur carte de
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Peuples autochtones
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important that we understand that as a result of section 91.24 of
the BNA Act and section 35 of the Constitution Act, 1982 that
the federal government is responsible to the Metis. As one of the
distinct Aboriginal peoples of Canada we keep getting bounced
back and forth between provincial and federal legislation and I
think it is long past due that we are recognized as Aboriginal
peoples of Canada and the responsibility of the federal
government. Those are our struggles, trying to get recognized
and be recognized and supported because our people are being
marginalized all across Canada: healthcare, education, housing,
inherent rights. It is important that we move in that direction.
citoyenneté de la Métis Nation of British Columbia. Je pense qu’il
est très important de savoir que l’article 91.24 de l’Acte de
l’Amérique du Nord britannique et l’article 35 de la Loi
constitutionnelle de 1982 ont rendu le gouvernement fédéral
responsable des Métis. En tant que l’un des peuples autochtones
distincts du Canada, on ne cesse de nous ballotter entre les lois
provinciales et les lois fédérales et je pense qu’il est grand temps
qu’on nous reconnaisse en tant que peuple autochtone du Canada
qui relève du gouvernement fédéral. Ce sont les combats que nous
menons. Nous tentons d’obtenir une reconnaissance et du soutien
car nos membres sont marginalisés partout au Canada, que ce soit
pour les soins de santé, l’éducation, le logement ou les droits
inhérents. Il est important que nous agissions en ce sens.
As you know, Metis are very persistent; we never, ever give up.
We will keep moving forever.
Comme vous le savez, les Métis sont très tenaces; nous
n’abandonnons jamais. Nous continuerons d’aller de l’avant pour
toujours.
I thank you for listening to us and hearing us out.
Je vous remercie de nous avoir accordé votre attention.
Laurel, do you have any more comments?
Laurel, avez-vous des observations à ajouter?
Ms. Katernick: Not at this time.
Mme Katernick : Pas pour l’instant.
Ms. Pruden: May I?
Mme Pruden : Puis-je intervenir?
The Deputy Chair: Yes. If you could be brief, we would like to
ask some questions as well.
La vice-présidente : Oui. Je vous prierais d’être brève car nous
aimerions vous poser quelques questions également.
Ms. Pruden: Certainly. I just need to say something as a
responsibility to my five-and-a-half year old son, Quinicen Pruden
Ledray. I just need to mention to you that only four percent of
Metis children in B.C. according to the last Aboriginal Peoples
Survey can understand any Cree, Michif or Ojibwe. We are on the
verge of decimation in terms of our language. If we look at what
has happened in terms of federal policies with respect to
Aboriginal languages we need help.
Mme Pruden : Certainement. Je tiens simplement à vous dire
quelque chose en tant que mère responsable de mon fils de cinq
ans et demi, Quinicen Pruden Ledray. Selon l’Enquête auprès des
peuples autochtones, seulement 4 p. 100 des enfants métis en
Colombie-Britannique peuvent comprendre le cri, le métchif ou
l’ojibwé. Nos langues sont en voie de disparition. Si nous
examinons les politiques fédérales relativement aux langues
autochtones, il nous faut de l’aide.
That is all.
J’ai terminé.
The Deputy Chair: We will now open the floor for questioning.
As the deputy chair, I am going to ask some questions handed
over by our researcher. They have to do with the appeals.
La vice-présidente : Nous allons maintenant passer aux
questions. En ma qualité de vice-présidente, je vais poser des
questions qui m’ont été remises par notre attaché de recherche.
Elles ont trait aux appels.
How many appeals have been heard by the MNBC Senate, and
approximately what percentage would that be of the number of
applicants? I am wondering if you know or keep track of the
grounds for the appeals. Is there a main source of appeals and
could you identify what might be the major hurdle?
Combien d’appels le Sénat de la MNBC a-t-il entendus et cela
représenterait environ quel pourcentage du nombre de
demandeurs? J’aimerais savoir si vous connaissez les motifs des
appels ou si vous tenez un registre de ces motifs. Y a-t-il une cause
principale et pourriez-vous mettre le doigt sur quel pourrait être le
principal obstacle?
Ms. Katernick: To date, the MNBC Senate has heard
127 citizenship appeals. We do keep a record of the appeals
that are heard and to date we have received approximately
10,000 applications to date and, then again, you do get
individuals that move out of the province, different factors that
come into play. I would say out of the 10,000 that we have
received to date 127 have appealed the decision of the Central
Registry and we do keep a record of that information. The
majority of them are in two categories. No Aboriginal ancestry
was identified in the research conducted by the Central Registry.
Mme Katernick : Jusqu’à présent, le Sénat de la MNBC a
entendu 127 appels relatifs à la citoyenneté. Nous tenons un
registre des appels qui sont entendus et, jusqu’ici, nous avons reçu
environ 10 000 demandes. Il y a des personnes qui quittent la
province et différents facteurs entrent en ligne de compte. Je dirais
que des 10 000 demandes que nous avons reçues jusqu’à
maintenant, 127 personnes en ont appelé de la décision du
bureau du registre central et nous consignons cette information.
La majorité de ces personnes tombent dans deux catégories. Les
recherches effectuées par le bureau du registre central ont permis
23:150
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Of the other half approximately, their ancestry does not connect
to the historic Metis nation homeland; that is to say, they are
primarily from the Maritime Provinces and Quebec.
d’établir que la moitié de ces personnes n’ont aucune origine
autochtone. Quant à l’autre moitié environ, leurs origines ne sont
pas liées à la patrie historique de la nation métisse. Autrement dit,
elles viennent principalement des provinces maritimes et du
Québec.
The Deputy Chair: You said you had about 10,000 applicants
that 7,500 have been approved. Of those who have not been
approved, the majority do not fit the Aboriginal identity. I guess
what I am trying to get at is this: Of those who do not appeal,
would you say that a large proportion of them do not belong to
what is defined as the Metis homeland?
La vice-présidente : Vous avez dit que vous avez reçu environ
10 000 demandes et que 7 500 d’entre elles ont été approuvées. De
celles qui ont été approuvées, la majorité de ces personnes
n’étaient pas autochtones. J’imagine que ce que j’essaie de dire,
c’est que de ceux qui n’interjettent pas appel, diriez-vous que bon
nombre d’entre eux n’appartiennent pas à ce que l’on appelle la
patrie métisse?
Ms. Katernick: Is that for the ones that do not pursue the
appeal process?
Mme Katernick : Parlez-vous de ceux qui ne poussent pas le
processus d’appel plus loin?
The Deputy Chair: Yes.
La vice-présidente : Oui.
Ms. Katernick: It is about half and half in that group as well,
there is no connection to the Metis homeland or there is no
Aboriginal ancestry identified in the research.
Mme Katernick : D’après les recherches, environ la moitié
d’entre eux n’ont pas d’origine autochtone ou de lien avec la
patrie métisse.
The Deputy Chair: Have any been successful in their appeal,
first of all?
La vice-présidente : Y a-t-il eu des demandeurs qui ont gagné
leur cause en appel?
Ms. Katernick: Yes. We did recently have one case that was
overturned, and that is an important thing to note, particularly
for Metis identification in the province of British Columbia. Our
senate sat over the course of this past weekend. I am not aware of
what the outcome is for those hearings. Before the previous
hearing, new information had been obtained and before they
actually went before the senate, I as the director of registry
overturned three decisions previously made by myself and the
registry.
Mme Katernick : Oui. Une décision a récemment été renversée,
et c’est important de le signaler, plus particulièrement pour
l’identification des Métis dans la province de la ColombieBritannique. Notre sénat a siégé ce week-end. J’ignore quel est le
résultat des audiences. Avant la dernière audience, de nouveaux
renseignements avaient été obtenus et avant de comparaître
devant le Sénat, en tant que directrice des enregistrements, j’ai
renversé trois décisions que le bureau et moi-même avions
rendues.
The Deputy Chair: If the person has appealed and they lose, is
there any other recourse? Could they, for example, take them to
provincial court? Has that sort of action ever been taken?
La vice-présidente : Si la personne a interjeté appel et qu’elle a
perdu sa cause, peut-elle se tourner vers d’autres recours? Par
exemple, pourrait-elle porter sa cause devant une cour
provinciale? A-t-on déjà intenté ce genre d’action?
Ms. Katernick: Currently to date, no, the action has not
occurred. It is important to keep in mind with regard to Metis
identification and cases that have been previously heard by the
MNBC Senate where the ruling was not in favour of the
appellant, they do have the opportunity should they find new
additional information to submit that to the Central Registry, and
we will re-evaluate the case and that does occur quite frequently.
Additionally, as well, each year that goes by more information
becomes available. You have a better understanding of Metis
identification for individuals say outside of the Prairie Provinces,
for example, the province of B.C., province of Ontario. It is not a
quick process but we do on a regular basis go back and audit
some of those cases and see if there is any new information that
has since come available and is pertinent to that individual’s
application.
Mme Katernick : Jusqu’à aujourd’hui, cela ne s’est jamais vu.
Il faut se rappeler qu’en ce qui concerne l’identification des Métis
et les causes qui ont été entendues par le Sénat de la MNBC dont
le jugement n’était pas en faveur de l’appelant, les gens peuvent
soumettre au bureau du registre central tout nouveau
renseignement qu’ils trouvent. Nous réévaluons alors la cause,
ce qui arrive fréquemment. De plus, de nouveaux renseignements
sont disponibles d’année en année. On comprend mieux comment
fonctionne l’identification des Métis pour les gens qui vivent à
l’extérieur des provinces, notamment en Colombie-Britannique ou
en Ontario. Ce n’est pas un processus rapide, mais nous
réexaminons régulièrement certaines de ces causes pour voir si
de nouveaux renseignements qui se rapportent à la demande sont
disponibles.
Senator Raine: It is great to hear from you. My questions are
for Ms. Katernick.
Le sénateur Raine : Nous sommes ravis d’entendre votre
témoignage. Mes questions s’adressent à Mme Katernick.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:151
You described a little bit about the historic Metis community
that you have defined. Do you limit that to the people who are
traditionally in the fur trade and sort of the waterway travellers in
the Red River Valley or do you go further into Ontario, Sault Ste
Marie area, for instance, and do you also take into the Metis
historic community those in the North where it was primarily
Scottish and Aboriginal? Are they all classified as part of the
Metis historic community?
Vous avez décrit sommairement et défini la communauté
métisse historique. Se limite-t-elle aux personnes qui se livraient
traditionnellement à la traite des fourrures et aux voyageurs
maritimes dans la vallée de la rivière Rouge? Ou allez-vous plus
loin en Ontario, à Sault Ste. Marie, par exemple? Englobez-vous
également dans la communauté métisse historique ceux du Nord,
qui étaient principalement d’origine écossaise et autochtone? Les
considère-t-on tous comme faisant partie de la communauté
métisse historique?
Ms. Katernick: Yes. It does extend over into Ontario, the Sault
Ste Marie area. That is actually a very interesting area of research,
and I will give you a little bit of background.
Mme Katernick : Oui. Cela va plus loin en Ontario, dans la
région de Sault Ste. Marie. C’est en fait un secteur de recherche
intéressant et je vais vous mettre un peu en contexte.
When I first came on to the MNBC Central Registry I was very
familiar with Metis identification within the Prairie Provinces
only. Within the Central Registry if we received applications that
pertained to Ontario that was a little bit scary for us. That was
new for us. We have spent a significant amount of time educating
ourselves within the registry, the staff has, on the identification of
Metis in the province of Ontario, and the extension of the
homeland has expanded. What we know as the historic Metis
nation homeland, I can say quite confidently, has expanded
somewhat since I have been in the Central Registry and it does
include areas in Ontario and also in the North, as you mentioned.
Quand je suis arrivée au bureau du registre central de la
MNBC, je connaissais bien l’identification des Métis dans les
provinces des Prairies seulement. Au bureau, les demandes
concernant l’Ontario nous effrayaient un peu. C’était nouveau
pour nous. Nous avons passé beaucoup de temps à nous
renseigner sur l’identification des Métis dans la province de
l’Ontario, et la patrie s’est élargie. Je peux affirmer que ce que
nous connaissons comme étant la patrie historique métisse a pris
quelque peu de l’expansion depuis que j’ai commencé au bureau
du registre central. Elle inclut maintenant des régions en Ontario
et dans le Nord, comme vous l’avez mentionné.
Senator Raine: We have been holding hearings across the
Prairie Provinces and we came across one woman who was quite
distraught because she has been living in the Metis community
and her family has been living as a Metis person for some five
generations. After doing the genealogical tracking she learned
that her ancestors were not from that part of the historic
homeland, they were from Quebec. They had married Aboriginal
people in Quebec and then got into the business of, I suppose,
coming out West like so many people did. Because her Aboriginal
ancestors were from Quebec she was told she is not Metis, and yet
you could see her heart and soul are Metis. It is a slippery slope
when you try to define it too tightly. Is there a way in your
definition of Metis to not require all four of the points? Can longstanding Metis identity overrule where the original ancestors
came from? It is almost as if you need to define immigration now
that you are a Metis Nation.
Le sénateur Raine : Nous tenons des audiences un peu partout
dans les provinces des Prairies. Nous avons rencontré une femme
qui était très angoissée parce que sa famille et elle vivent comme
des Métis depuis cinq générations. Après avoir effectué la
vérification généalogique, elle a appris que ses ancêtres ne
faisaient pas partie de la patrie historique et qu’ils venaient du
Québec. Ils avaient marié des Autochtones du Québec et j’imagine
qu’ils ont décidé de partir vers l’Ouest, comme bien d’autres.
Étant donné que ses ancêtres autochtones venaient du Québec, on
lui a dit qu’elle n’était pas métisse alors qu’elle en était
évidemment une de tout son être. On s’engage en terrain
glissant lorsqu’on essaie de trop circonscrire la définition de
l’identité métisse. Y a-t-il moyen de ne pas exiger le respect des
quatre critères énoncés dans votre définition? Le fait d’être Métis
depuis longtemps peut-il l’emporter sur l’origine des ancêtres? On
dirait presque que vous devez définir l’immigration maintenant
que vous êtes une nation métisse.
Ms. Katernick: That is very good question. That is a question
we get asked quite frequently in the Central Registry. You have to
be very sensitive, as you indicated, to people’s long-standing
identification of Metis and living the life as Metis for a number of
generations. Currently within the Central Registry when we are
not able to fulfill those four components, as I indicated, there is a
redress mechanism. As well, we are very diplomatic and respectful
of the individuals who apply in that we do not tell them they are
not Metis. We indicate to them in the official written letters that
they receive from the Central Registry that at this point in time we
are not able to validate and verify their genealogical connection to
the historic Metis community. Additionally as well, it does not
stop them from identifying with and participating in their
communities.
Mme Katernick : C’est une excellente question. On nous la
pose très souvent au bureau du registre central. Comme vous
l’avez dit, il faut tenir compte du fait qu’une personne s’identifie
comme étant métisse depuis longtemps et qu’elle et sa famille
vivent comme des Métis depuis plusieurs générations. À l’heure
actuelle, lorsqu’une personne ne respecte pas les quatre critères,
comme je l’ai dit, nous avons un mécanisme de recours. De plus,
nous traitons avec beaucoup de diplomatie et de respect les
demandeurs car nous ne leur disons pas qu’ils ne sont pas métis.
Nous les informons dans des lettres officielles que, pour le
moment, nous n’arrivons pas à valider et à vérifier leur lien
généalogique avec la communauté métisse historique. De plus,
cela ne les empêche pas de s’identifier à leur communauté et d’y
participer.
23:152
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Approximately two to three years ago, we had discussed with
our board of directors about looking at a process — we have a
Citizenship Act that we adhere to, Powley compliant, the four
components, but looking at what we had called a membership act
that would allow provisions for individuals who do not fit the
criteria of the Powley definition to still be able to register with
Métis Nation of British Columbia. We have recently, within the
past three to four weeks, had preliminary discussions with
President Dumont and with our executive staff revisiting that
proposal in the near future, going forward.
Il y a environ deux ou trois ans, nous avons discuté avec notre
conseil d’administration d’un processus — nous avons une Loi
sur la citoyenneté que nous respectons, la définition énoncée dans
l’arrêt Powley, les quatre critères — qui permettrait à ceux qui ne
satisfont pas aux critères de quand même être enregistrés auprès
de la Métis Nation of British Columbia. Au cours des trois ou
quatre dernières semaines, nous avons eu des discussions
préliminaires avec le président Dumont et nos hauts dirigeants
pour reconsidérer cette proposition dans un proche avenir.
Senator Raine: At the national level, does the Métis National
Council have sessions where you and the registry representatives
from Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario get together and
address the issues so that it is similar across Canada?
Le sénateur Raine : À l’échelle nationale, est-ce que le
Ralliement national des Métis tient des séances dans le cadre
desquelles vous et les représentants albertains, saskatchewanais,
manitobains et ontariens du registre vous réunissez pour traiter
les questions de façon à assurer une uniformité à la grandeur du
Canada?
Ms. Katernick: At this point in time no, we have not literally
discussed that issue. We do stay connected with each other. We
have, with the other governing members, registries and their
directors of registries, and that is an important note for next time
we meet, to bring that up with them and to discuss that with them
and see how they feel about that process.
Mme Katernick : À ce stade, non, nous n’avons pas
littéralement discuté de cette question. Nous restons en contact,
certes. Nous devons soulever la question auprès des autres
membres dirigeants, des registres et de leurs directeurs, et c’est un
point important pour notre prochaine rencontre, nous devons en
discuter avec eux pour voir ce qu’ils pensent de ce processus.
Senator Raine: Would it be helpful if there was only one source
of Metis cards in each province?
Le sénateur Raine : Ne serait-il pas utile d’avoir des cartes de
Métis qui ne proviennent que d’une seule source dans chaque
province?
Ms. Katernick: Yes, it would be helpful and we have discussed
that. I have been with the MNBC Central Registry for eight years.
That discussion has come up numerous times. National President
Chartier did discuss that at our recent AGM during his
presentation. The first step in moving closer to having a
national registry is the process that we are working on right
now. Each one of the governing members registries have held a
meeting over the last two fiscal years to discuss what is the
common theme in the documentation that you collect? Do you
collect long form birth certificates, baptismal certificates, census
records? In the provinces where scrip may not have been issued,
what do you look for in the absence of scrip? That is an ongoing
process right now. The first step is to define what the common
forms of documentation are that we collect. The second step
would be to establish a recognized transfer protocol amongst the
governing members registries and ultimately to look at a national
registry. It is a topic of discussion that does come up quite
frequently, and it would be good to see a national card issued.
Exactly how that would look or how that would unfold I do not
know, but we are taking the initial steps there.
Mme Katernick : Oui, ce serait utile et nous en avons parlé. Je
suis au registre central de la MNBC depuis huit ans. Cette
discussion a été reprise à plusieurs reprises. Le président national,
Clément Chartier, l’a mentionné dans son allocution pendant
notre dernière assemblée générale annuelle. La première étape
dans la création d’un registre national est le processus auquel
nous travaillons actuellement. Chacun des registres de nos
membres dirigeants a tenu une réunion au cours des deux
derniers exercices pour discuter du thème commun dans la
documentation que l’on recueille. Faut-il recueillir des certificats
de naissance détaillés, des certificats de baptême, des états de
recensement? Dans les provinces où des certificats de Métis n’ont
peut-être pas été délivrés, quel document faut-il demander à la
place? Ce processus est actuellement en cours. La première étape
consiste à définir la documentation commune à recueillir. La
deuxième étape serait de mettre en place un protocole de transfert
reconnu parmi les registres des membres dirigeants et de finir par
envisager un registre national. C’est un sujet de discussion qui
revient assez souvent et il serait bon que l’on délivre une carte
nationale. J’ignore à quoi elle ressemblerait ou comment cela se
passerait, mais nous faisons les démarches initiales.
The Deputy Chair: Is any of your information with regard to
the historic communities available to anyone who might apply?
You say, for example, that you found people in Ontario who are
actually eligible. If you were to look on your website would there
be an indication of what sort of community has been identified as
historic Metis?
La vice-présidente : Est-ce que tous les demandeurs éventuels
peuvent avoir accès à vos renseignements concernant les
communautés historiques? Vous dites, par exemple, que vous
avez trouvé des gens en Ontario qui sont, en fait, admissibles. Si
l’on regardait sur votre site web, y trouverait-on des
renseignements concernant le type de communauté dont on a
déterminé qu’il s’agissait d’une communauté métisse historique?
1-10-2012
Peuples autochtones
23:153
Ms. Katernick: Not currently at this time but I am following up
next week with the Métis Nation of Ontario. They have published
a number of documents, reports, research papers, approximately
eight, that are definitely very interesting, very educational, well
worth reading. They are available on their website, but I will be
coordinating with their registrar next week because I do want to
create a link to those documents. They are extremely well written
and there is a lot of important information contained within
them. Making them available, much more accessible would be
important.
Mme Katernick : Pas à l’heure actuelle, mais je vais faire un
suivi la semaine prochaine auprès de la Nation métisse de
l’Ontario. Elle a publié un certain nombre de documents, de
rapports, de mémoires de recherche, environ huit, qui sont
décidément très intéressants et très éducatifs et qui valent la peine
d’être lus. Ils se trouvent sur son site web, mais je m’entendrai
avec le registraire la semaine prochaine, car je veux créer un lien
vers ces documents. Ils sont extrêmement bien écrits et ils
contiennent beaucoup de renseignements importants. Il serait bon
de les rendre beaucoup plus accessibles.
Senator Ataullahjan: I am interested in the demographics of the
Metis community that you represent, like the number of males,
female, youth, seniors and do these numbers transfer to the Metis
needs of the Metis people?
Le sénateur Ataullahjan : Je m’intéresse aux données
démographiques qui se rapportent à la communauté métisse que
vous représentez, comme le nombre d’hommes, de femmes, de
jeunes, d’aînés, et j’aimerais savoir si ces nombres correspondent
aux besoins métis des peuples métis?
Ms. Katernick: We do keep track within our citizenship
database, we are able to break it down demographically within
our regions, how many citizens are registered by gender, by age
group, so we do track that information, we do look at that
information as very useful for us as a governing body in the
province of British Columbia. What was the second part of your
question?
Mme Katernick : Nous en faisons le suivi dans notre base de
données sur la citoyenneté, nous sommes capables de les analyser
par données démographiques dans nos régions et de déterminer le
nombre de citoyens qui sont inscrits en fonction du sexe, du
groupe d’âge, alors nous faisons le suivi de ces renseignements,
nous estimons qu’ils sont très utiles pour un organisme dirigeant
comme le nôtre en Colombie-Britannique. Quelle était la seconde
partie de votre question?
Senator Ataullahjan: Do these numbers translate to the major
needs of the Metis?
Le sénateur Ataullahjan : Ces chiffres correspondent-ils aux
principaux besoins des Métis?
Ms. Katernick: In what way?
Mme Katernick : De quelle façon?
Senator Ataullahjan: What do youth need? In the case of
women, there are health issues. We keep hearing of diabetes being
almost epidemic. Are those needs being looked after? Are you
aware?
Le sénateur Ataullahjan : De quoi les jeunes ont-ils besoin?
Dans le cas des femmes, il y a les questions de santé. On entend
constamment parler d’une quasi-épidémie de diabète. Est-ce que
l’on répond à ces besoins? Êtes-vous au courant?
Ms. Katernick: Yes. It is unfortunate that she is not here today,
but this is the main focus of Tanya Davoren, our Director of
Health.
Mme Katernick : Oui. C’est dommage qu’elle ne soit pas ici
aujourd’hui, mais c’est le point d’intérêt principal de notre
directrice de la santé, Tanya Davoren.
We are able to break down the statistics and the demographics
within the Central Registry and to provide that information
internally to our staff. For example, Victoria previously was
working on our Child and Family Services portfolio so we are
able to provide her with information as to how many children in
care have registered for Metis identification in the province of
B.C.. For Tanya Davoren, that health information is important
too because she is able to look at say, for example, in Region 7,
how many women are registered there. We just did recently our
chronic disease survey. I do not have a lot of information on how
it transfers. Tanya Davoren would better be able to provide you
that information. There is definitely a connection there. The
information definitely is helpful and useful.
Nous sommes capables de catégoriser les statistiques et les
données démographiques au registre central et de fournir ces
informations à notre personnel à l’interne. Par exemple, Victoria
travaillait auparavant à notre portefeuille des services à la famille
et à l’enfance alors nous sommes en mesure de lui fournir des
renseignements concernant le nombre d’enfants pris en charge qui
ont demandé la carte de Métis dans la province de la ColombieBritannique. Pour Tanya Davoren, ces renseignements sur la
santé sont aussi importants parce qu’elle peut regarder, par
exemple, dans la région 7 et voir combien de femmes y sont
inscrites. Nous avons récemment mené notre enquête sur les
maladies chroniques. Je n’ai pas beaucoup de renseignements sur
la façon dont ces données correspondent. Tanya Davoren serait
plus en mesure de vous en fournir. Il existe manifestement un lien.
Les renseignements sont vraiment utiles.
23:154
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Senator Patterson: It is great to see President Dumont again.
We had a very memorable, worthwhile session in Batoche. I
should just mention that although the proceedings were not
recorded, I think they can still form part of our recommendations
so they will be useful I know.
Le sénateur Patterson : C’est un plaisir de revoir le président
Dumont. Nous avons tenu une séance mémorable et digne
d’intérêt à Batoche. J’aimerais simplement mentionner que même
si les délibérations n’ont pas été enregistrées, je crois qu’elles
peuvent quand même faire partie de nos recommandations, alors
elles seront utiles, je le sais.
I was impressed by the description of the governance structure,
President Dumont, and I would like to ask — and I am
portraying my ignorance here — how is this structure established?
Is there a constitution or a set of by-laws? You said you would
give us some information, and I would be interested in learning
more about that.
J’ai été impressionné par la description de la structure de
gouvernance, monsieur Dumont, et j’aimerais vous demander —
et j’affiche ici mon ignorance — comment cette structure est
établie. Y a-t-il une constitution ou une série de règlements
administratifs? Vous avez dit que vous nous donneriez des
renseignements, et je serais intéressé à en apprendre un peu plus
à ce sujet.
Mr. Dumont: If you go to our website home page, we have our
governance structure there. We do have a constitution. We have a
citizenship act, a veterans act, electoral act, senate act, a women’s
act and youth act, the Metis Nation governing assembly, the
MNGA act. We have all the legislation in place and it is available
on our website. Our government structure is that you have to be a
Metis citizen, have a citizenship card at all three levels, at the local
level, the community level. When the president and vice president
sit at the Métis National Governing Assembly, all the presidents
from the charter communities are empowered to sit at that table.
We have our Metis Nation governing assembly, where there is
usually anywhere from 45 to 50 people, and you are required to
have a citizenship card at the community level, at the regional
governance, 1 to 7 regions, whichever one you are in. To run in a
provincial election you also have to have a citizenship card.
M. Dumont : Si vous allez sur la page d’accueil de notre site
web, notre structure de gouvernance y est expliquée. Nous avons
une constitution. Nous avons une loi sur la citoyenneté, une loi
sur les anciens combattants, une loi électorale, une loi sénatoriale,
une loi sur les femmes et une loi sur les jeunes, la loi sur
l’assemblée générale de la Nation métisse. Nous avons toutes les
lois nécessaires et elles se trouvent sur notre site web. Notre
structure gouvernementale requiert que vous soyez citoyen métis,
que vous ayez une carte de citoyenneté aux trois échelons, à
l’échelon local, l’échelon communautaire. Lorsque le président et
le vice-président siègent à la Métis National Governing Assembly,
tous les présidents des collectivités reconnues sont autorisés à
prendre place à la table. Nous avons notre Metis Nation
governing assembly, à laquelle assistent habituellement entre
45 et 50 personnes, et vous être tenu d’être titulaire d’une carte de
citoyenneté à l’échelon communautaire, à l’échelon régional, entre
une et sept régions, quelle que soit la vôtre. Pour vous présenter à
des élections provinciales, vous devez aussi avoir la carte de
citoyenneté.
Senator Raine: British Columbia is no different for Metis
people than it is for other Canadians, other than it is Lotusland.
The West Coast is warm and people tend to move here to retire.
Your organizations are not the only people who have lived in
Metis communities since the opening up of the West. Newcomers
are emigrating from other Metis nations across the provinces. Do
you differentiate in any way in your membership between the
newcomers and people who have roots to the land here?
Le sénateur Raine : La Colombie-Britannique est la même pour
les Métis que les autres Canadiens, mis à part le fait que c’est le
lieu de prédilection des retraités. Le climat de la côte Ouest est
doux et les gens ont tendance à y venir pour leur retraite. Les
membres de vos organismes ne sont pas les seuls à avoir vécu dans
les collectivités métisses depuis la colonisation de l’Ouest. Les
nouveaux arrivants émigrent de nations métisses de toutes les
provinces. Faites-vous une distinction quelconque entre les
nouveaux arrivants et les personnes qui ont des racines en
Colombie-Britannique?
Mr. Dumont: From the Metis who originated here?
M. Dumont : Les Métis qui viennent d’ici?
Senator Raine: Who have been here for a long time. I am
looking, for instance, at the Kelly Lake information that we have
been handed, and it is obvious they have been there since the
1700s, as you mentioned.
Le sénateur Raine : Qui sont ici depuis longtemps. Je regarde,
par exemple, les renseignements que l’on nous a remis sur Kelly
Lake, et c’est évident qu’ils s’y trouvent depuis les années 1700,
comme vous l’avez mentionné.
Mr. Dumont: We do not differentiate as long as they have the
ancestral connection. The names are so familiar throughout the
homeland. I guess basically coming out of Southeastern
Manitoba and those 12,000 families that were there, we can
make that connection with those names and those ancestors, so
we do not differentiate in that respect at all. I guess it is self-
M. Dumont : Nous ne faisons pas la distinction du moment
qu’ils ont un lien ancestral. Les noms sont si familiers dans tout le
pays. Je crois au fond que si l’on vient du sud-est du Manitoba,
avec les 12 000 familles qui s’y trouvent, l’on peut établir un lien
avec ces noms et ces ancêtres, alors nous ne faisons aucune
distinction à cet égard. Je crois que c’est évident. Lorsque vous
1-10-2012
Peuples autochtones
23:155
telling. When you meet a Metis person, when you have been
around as long as I have, you pretty well know that they are
Metis. Of course we make the greetings in our language of Michif
or whatever. It is easy to distinguish who they are. We call them
‘‘neechee’’ which means ‘‘You are one of us.’’
rencontrez un Métis, lorsque vous avez mon âge, vous savez bien
qu’il est Métis. Bien sûr, nous nous saluons en métchif ou autre.
Ils sont faciles à identifier. Nous les appelons « neechee », c’est-àdire « l’un des nôtres ».
Senator Raine: When people move to British Columbia,
wherever they happen to live, they are invited to join that
community. You said you had how many communities in B.C.?
Le sénateur Raine : Lorsque les gens vont s’installer en
Colombie-Britannique, où qu’ils habitent, ils sont invités à se
joindre à cette communauté. Combien de communautés avezvous dit que vous aviez en C.-B.?
Mr. Dumont: 35 chartered communities.
Senator Raine: Are they all active in the organization?
Mr. Dumont: Yes.
M. Dumont : Nous avons 35 communautés reconnues.
Le sénateur Raine : Sont-elles toutes actives au sein de
l’organisation?
M. Dumont : Oui.
Senator Patterson: A Metis Nation protocol was signed
between Canada and the Métis National Council in 2008. It
seems to establish a bilateral process to examine a number of
important issues, including the important issue Ms. Pruden
mentioned of the whole question of Metis former students of
the residential school system and many other critical issues. I note
it expires, unless renewed or otherwise replaced by a new
agreement, in 2013. It seems like potentially a worthwhile
process for addressing this marginalization issue that you talked
about so eloquently. Would you have any comments on that
process, that protocol and whether it has been helpful, whether it
should be renewed? It seems kind of focused on the Western
provinces too as I read it, so I am wondering from your point of
view if you have any comments on that.
Le sénateur Patterson : Le Canada et le Ralliement national des
Métis ont signé un protocole d’entente en 2008. Il semble mettre
en place un processus bilatéral pour examiner un certain nombre
de questions importantes, dont celle que Mme Pruden a
mentionnée concernant toute la question des anciens
pensionnaires métis et bien d’autres questions cruciales. Je
remarque qu’il arrivera à échéance en 2013, à moins d’être
reconduit ou remplacé par un nouvel accord. Il semble que ce
pourrait être un processus utile pour traiter la question de la
marginalisation dont vous avez parlé avec tant d’éloquence. Avezvous des commentaires à formuler concernant ce processus, ce
protocole? Pouvez-vous nous dire s’il a été utile, s’il devrait être
reconduit? Il semble aussi plutôt axé sur les provinces de l’Ouest,
alors je me demande si vous avez des commentaires à cet égard.
Mr. Dumont: That is a good question. The protocol agreement
does expire in 2013 and of course the work will not be done before
then. It is important that we continue and extend those dates
regarding the residential schools because there is a lot of work and
a lot of research that has to be documented and prepared. I think
we have only met twice since then on residential schools, the last
big conference being last March. There is a lot of work to be done
and we need to continue with that work.
M. Dumont : C’est une bonne question. Le protocole arrive à
échéance en 2013 et, bien sûr, les travaux ne seront pas entrepris
avant cette date. Il importe que nous continuions et que nous
reconduisions ces dates s’agissant des pensionnats parce qu’il y a
beaucoup de travail et de recherche à faire. Je crois que nous nous
sommes réunis seulement deux fois depuis pour discuter des
pensionnats; la dernière grande conférence a eu lieu en mars. Il
reste encore beaucoup à faire et nous devons poursuivre nos
travaux.
Senator Patterson: Is it a worthwhile process? Do you think
that it has potential to deal with some of these issues?
Le sénateur Patterson : Est-ce un processus qui en vaut la
peine? Croyez-vous qu’il permette de régler certaines de ces
questions?
Mr. Dumont: Absolutely it is a worthwhile issue. The findings
of our Metis people here in the Province of B.C. alone, we talk
about the migration from the Prairie provinces to here, and some
of these people are getting very elderly who have experienced
residential schools — mind you, there are some middle-aged
people there also. It is a worthwhile venture. We have to continue
and make sure that we document all the information that we have
and a lot of people still have not come forward. Our residential
survivors need to be recognized and dealt with, the problems that
came along and that were sustained from the residential schools.
M. Dumont : C’est une question tout à fait valable. Les
constatations des Métis de Colombie-Britannique à elles seules,
nous parlons de la migration qui nous arrive des Prairies, et
certains de ces anciens pensionnaires avancent beaucoup en âge
— cela dit, il y a aussi des gens d’âge moyen là-bas. C’est une
entreprise qui en vaut la peine. Nous devons poursuivre nos
travaux et veiller à bien documenter tous les renseignements dont
nous disposons, et il y a encore bien des personnes qui ne se sont
pas encore manifestées. Les survivants des pensionnats doivent
être reconnus, et l’on doit régler les problèmes que leur ont causés
les pensionnats.
23:156
Aboriginal Peoples
1-10-2012
Senator Patterson: I know the residential schools issue has been
tied up with lawyers and the settlement of the case. Do you feel
that the protocol outside that process, which I fear lawyers would
dominate, with all due respect to the profession I belong to. Do
you feel that this protocol, the opportunity for bilateral
negotiations is the route to dealing with this unresolved issue?
Le sénateur Patterson : Je sais que la question des pensionnats
est bloquée à cause des avocats et du règlement. Croyez-vous que
le protocole à l’extérieur de ce processus qui, j’en ai bien peur,
serait dominé par les avocats, avec tout le respect que je dois aux
membres de ma profession... Croyez-vous que ce protocole, la
possibilité de tenir des négociations bilatérales, soit la voie à
suivre pour régler cette question en suspens?
Ms. Pruden: I think it certainly could be. I think as a
community leader with an affiliation to the Métis Nation of
British Columbia we really wholeheartedly support the Métis
National Council and our national president Clem Chartier in
continuing to engage, to advocate, to negotiate for renewal of a
national Metis Nation protocol. We need protocols like that as a
framework within which we can explore our issues in a number of
different areas, residential schools and beyond, recognition, many
of the other challenges that we are facing. The implementation of
the outcomes of the Powley case, for example, the agenda of the
Metis Nation. I think it represents an incredible opportunity and
as community grassroots leadership we definitely support our
Métis National Council in continuing to engage federally in that
way.
Mme Pruden : Je crois qu’il pourrait certainement l’être. Je
crois qu’en tant que leader communautaire affilié à la Métis
Nation of British Columbia, nous appuyons vraiment de tout
cœur le Ralliement national des Métis et notre président national
Clem Chartier dans leurs efforts pour promouvoir et négocier et
s’engager envers le renouvellement d’un protocole d’entente
national avec la Nation métisse. Nous avons besoin de
protocoles semblables comme cadre pour examiner nos
questions dans un certain nombre de secteurs, notamment les
pensionnats, la reconnaissance, et bien d’autres enjeux auxquels
nous sommes confrontés, par exemple la mise en oeuvre des
conclusions de l’arrêt Powley et le programme de la Nation
métisse. Je pense que cela représente une occasion incroyable et,
en tant qu’organisme communautaire, nous appuyons vraiment
notre Ralliement national des Métis dans ses efforts pour
participer de cette façon à l’échelon fédéral.
The Deputy Chair: I have two short final questions with regard
to harvesting. Is MNBC involved in managing the activities of
Metis harvesters in B.C. and how do the Metis harvesters identify
themselves to provincial and federal officials that might be
involved?
La vice-présidente : Il me reste deux petites questions
concernant la récolte. La MNBC participe-t-elle à la gestion des
activités des exploitants métis en Colombie-Britannique et
comment ces exploitants s’identifient-ils face aux représentants
provinciaux et fédéraux susceptibles d’y participer eux aussi?
Ms. Katernick: I cannot speak at length about that but what I
can tell you is yes, Métis Nation British Columbia does issue
harvesting cards. We do issue them with or without hunting and
we absolutely track their activity quite extensively and in depth.
We have been issuing harvesting cards since November 2008, I
believe. To date, there are approximately 375 harvesters registered
in the Province of B.C. A lot of the work to date has been done on
collecting their historic harvester practices going back one, two,
three and four generations and mapping it out, so we do have
quite an extensive process for tracking their traditional land use in
the province here. In B.C. right now it does not afford them the
opportunity to be able to go out and harvest or fish at this current
time. It is quite limited and restricted to migratory waterfowl at
this current point in time.
Mme Katernick : Je ne peux pas vous en parler en détail, mais
je peux vous dire que oui, la Métis Nation British Columbia
délivre des cartes de récolte. Nous les délivrons aux exploitants,
qu’ils soient ou non chasseurs, et nous suivons leur activité de très
près et en profondeur. Nous délivrons des cartes depuis
novembre 2008, je crois. À ce jour, il y a environ
375 exploitants inscrits dans la province de la ColombieBritannique. Nous avons déjà recueilli bien des renseignements
sur leurs pratiques ancestrales qui remontent à une, deux, trois et
quatre générations pour en faire l’analyse, alors nous sommes
dotés d’un système assez exhaustif pour faire le suivi de leur
utilisation traditionnelle des terres dans notre province. À l’heure
actuelle, la carte ne leur permet pas de faire des récoltes ou de
pêcher en Colombie-Britannique; elle vise seulement la sauvagine
migratrice.
The Deputy Chair: With that, I wish to thank our witnesses for
their presentations.
La vice-présidente : Sur ce, je tiens à remercier nos témoins de
leurs exposés.
We will now hear from the British Columbia Métis Federation
represented by President Keith Henry and Vice-President Daryl
Piper. With them at the table we have George Goulet and Terry
Goulet, who are appearing as individuals.
Nous entendrons maintenant les témoignages de la British
Columbia Métis Federation représentée par son président, Keith
Henry, et son vice-président, Daryl Piper. À leur table se trouvent
George Goulet et Terry Goulet, qui témoigneront à titre
personnel.
Witnesses, we ask you to limit your remarks to five minutes
and your presentations will be followed by questions from the
senators. Please proceed.
Nous vous prions de vous limiter à cinq minutes pour faire vos
remarques liminaires et nous passerons ensuite à la période de
questions. Nous vous écoutons.
1-10-2012
Peuples autochtones
23:157
Keith Henry, President, British Columbia Métis Federation:
Thank you, Madam Chair. My name is Keith Henry and I am
President of the B.C. Métis Federation. I want to start by
acknowledging the territory of the Coast Salish people, in
particular the Squamish, Musqueam and Klahoose nations. We
have provided a submission to the Senate themselves. I believe
everyone has been provided a copy and we are going to quickly go
through it given the timeframe.
Keith Henry, président, British Columbia Métis Federation :
Merci, madame la présidente. Je m’appelle Keith Henry et je suis
président de la B.C. Métis Federation. Je veux commencer par
parler du territoire des Salishs de la côte, en particulier les nations
Squamish, Musqueam et Klahoose. Nous avons présenté un
document directement aux sénateurs. Je crois que tout le monde
en a reçu un exemplaire, et nous le parcourrons rapidement
compte tenu du temps dont nous disposons.
I want to quickly introduce myself. I am Metis. I am originally
from Prince Albert, Saskatchewan. I have been involved in the
Metis movement since my grandparents dragged me to local
community meetings as a child. I have been around through a lot
of this membership conversation. I was there when the national
definition was ratified in 2003. I was there as a guest watching and
it is a very passionate issue for a lot of our people in communities
across this country right now. Vice-President Daryl Piper will
quickly introduce himself and we will start into the documents.
Je me présente rapidement. Je suis Métis. Je suis originaire de
Prince Albert, en Saskatchewan. Je suis engagé auprès du
mouvement métis depuis que mes grands-parents m’ont traîné
de force aux réunions communautaires quand j’étais enfant.
J’étais présent pour une grande partie des discussions concernant
l’appartenance. J’étais là lorsque la définition nationale a été
ratifiée en 2003. J’étais là en tant qu’invité observateur et c’est une
question qui soulève les passions de bien des membres des
collectivités au pays en ce moment. Le vice-président Daryl Piper
se présentera rapidement et nous parlerons ensuite des
documents.
Daryl Piper, Vice-President, British Columbia Métis Federation:
Thank you, madam chair. I also would like to acknowledge the
Coast Salish, Salteaux and Squamish nations. I am Daryl Piper
and I became involved in Metis issues roughly in about 2004 and
have done various things in the Metis community since then, so I
have been quite busy in the Metis community.
Daryl Piper, vice-président, British Columbia Métis Federation :
Merci, madame la présidente. J’aimerais aussi saluer les Salishs de
la côte et les nations Salteaux et Squamish. Je m’appelle Daryl
Piper et j’ai commencé à me pencher sur les questions métisses
vers 2004 et j’ai fait plusieurs choses dans la collectivité métisse
depuis, alors j’ai été très engagé auprès d’elle.
I would like to start off with who the B.C. Métis Federation is.
We became incorporated in June of 2011 in response to some
serious concerns related to another organization known as the
Métis Nation of British Columbia, also known as the MNBC.
There were a number of issues including the mismanagement of
funds and dysfunctional governance. There are roughly
60,000 self-identified Metis in the province of British Columbia
and the MNBC provides a variety of services and they also
address Metis identification as well.
J’aimerais commencer par dire ce qu’est la B.C. Métis
Federation. Nous sommes devenus une société en juin 2011
lorsqu’une autre organisation connue sous le nom de Métis
Nation of British Columbia, qui utilisait aussi l’acronyme
MNBC, a soulevé de sérieuses préoccupations. Un certain
nombre de problèmes ont été mis au jour comme la mauvaise
gestion des fonds et une gouvernance dysfonctionnelle. Il y a
environ 60 000 Métis déclarés dans la province de la ColombieBritannique et la MNBC offre une gamme de services et se penche
aussi sur la question de la carte de Métis.
The B.C. Métis Federation today feels there has been a lack of
meaningful action by governments to address serious financial
issues within the MNBC which has had losses in the millions of
dollars to taxpayers. There has been serious division within the
Metis communities themselves and, of course, we also have the
problem of the identification issue. The consequence of this
government inaction is that there has been a number of direct
impacts on our Metis people and our section 35 rights have yet to
be recognized.
La B.C. Métis Federation estime aujourd’hui que les
gouvernements n’ont pas pris suffisamment de mesures
concrètes pour régler les questions financières sérieuses au sein
de la MNBC qui a perdu des millions de dollars des contribuables.
Les collectivités métisses mêmes ont été très divisées et, bien sûr, il
reste toujours la question de la carte de Métis. Cette inaction de la
part du gouvernement a eu un certain nombre de répercussions
directes sur les Métis et nos droits au titre de l’article 35 n’ont
toujours pas été reconnus.
Then we have historic communities such as Kelly Lake that
have virtually been ignored by the province, and the province has
stated repeatedly that there are no section 35 rights to Metis
people in B.C.. Of course, we disagree with that. The federal
government also remains inconsistent in various approaches to
recognize Metis rights.
Ensuite, nous avons eu des collectivités historiques comme celle
de Kelly Lake qui ont été pratiquement ignorées par la province,
et cette dernière a déclaré à maintes reprises que les Métis de
Colombie-Britannique n’avaient aucun droit reconnu au titre de
l’article 35. Bien entendu, nous ne sommes pas d’accord. Le
gouvernement fédéral n’est toujours pas constant dans bien des
approches visant la reconnaissance des droits des Métis.
23:158
Aboriginal Peoples
1-10-2012
The main issue is the impact of how governments have
supported MNBC and how services have been provided only to
MNBC members. For example, we are going to submit a
page here from a MNBC newsletter submitted publicly in the
spring of 2012 where the MNBC themselves only provide services
to their membership. However, all governments are aware that
MNBC does not represent all Metis people in B.C., and the
registry is only about 10 per cent of the total self-identified
population here in Metis.
La principale question est l’incidence de la façon dont les
gouvernements ont appuyé la MNBC et dont les services ont été
offerts seulement à ses membres. Par exemple, nous allons vous
présenter une page tirée d’un bulletin de la MNBC publié au
printemps 2012 dans lequel la MNBC elle-même n’offre des
services qu’à ses membres. Cela dit, tous les gouvernements savent
bien que la MNBC ne représente pas tous les Métis de ColombieBritannique, et le registre ne se rapporte qu’à environ 10 p. 100 de
tous les Métis déclarés.
The B.C. Métis Federation is formed by a group of volunteers
who wanted to seek change and there is a vision to rebuild our
dysfunctional governments as we see it. Key issues are Metis
rights and identification and they should be addressed by all
Metis people. Our current board members are volunteers. We
have representation from here in the Lower Mainland as well as
all parts of the province.
La B.C. Métis Federation est formée d’un groupe de bénévoles
qui voulaient changer les choses et, de notre point de vue, l’on
envisage de reconstruire nos gouvernements dysfonctionnels. Les
principales questions auxquelles ils s’intéressent sont celles des
droits des Métis et de la carte d’identité et elles devraient être
abordées par l’ensemble des Métis. Les membres actuels de notre
conseil d’administration sont bénévoles. Nous avons des
représentants des Lower Mainland ainsi que de toutes les
parties de la province.
In the documents that we submitted to you, we show our
breakdown and we show our community volunteers. and our
office staff is also volunteer as well. We have an office here in
Vancouver on Kingsway and we are currently financed by
donations from our board members, people in the community,
as well as our volunteer office staff. Everybody is committed to
our sustainability with the B.C. Métis Federation. Approximately
$70,000 has been raised and we put that into cultural activities.
We believe in building relationships with Metis communities and
families and we believe that is very significant. The B.C. Métis
Federation has led a number of regional community-based
meetings and forums and they have been attended by over
30 community and regional meetings in the last year. We have
had regional engagement, and between March and May of this
year we reached 14 communities and over 300 Metis people
attended. The B.C. Métis Federation released a comprehensive
report as a summary of the community and regional engagements,
and there was growing support for genuine interest in rebuilding
the Metis governance here in B.C.
Dans les documents que nous vous avons remis, nous
montrons notre division et les bénévoles de notre collectivité.
Notre personnel de bureau est aussi bénévole. Nous avons un
bureau ici à Vancouver, rue Kingsway, et nous sommes
actuellement financés par des dons des membres de notre
conseil d’administration, des gens de la collectivité ainsi que de
notre personnel de bureau bénévole. Tout le monde est résolu à
assurer notre viabilité au sein de la B.C. Métis Federation. Nous
avons recueilli quelque 70 000 $ que nous investissons dans nos
activités culturelles. Nous croyons en l’importance de tisser des
liens avec les collectivités et les familles métisses et nous croyons
que c’est très significatif. Au cours de la dernière année, la B.C.
Métis Federation a tenu un certain nombre de réunions et de
forums communautaires à l’échelle régionale auxquels ont
participé plus d’une trentaine de collectivités et des réunions
régionales. Nous nous sommes engagés à l’échelle régionale, et
entre mars et mai de cette année, nous avons rejoint
14 collectivités et plus de 300 Métis étaient présents. La B.C.
Métis Federation a publié un rapport complet pour résumer les
projets communautaires et régionaux, et l’on a montré un
véritable intérêt à reconstruire la gouvernance métisse en
Colombie-Britannique.
The B.C. Métis Federation has designed agreements to support
our mandate and we have over 6,300 members at present. We
have signed statements of cooperation with various communities,
including Vancouver Métis Citizens Society, Kelly Lake Métis
Settlement Society, Nova Métis Heritage Association in Surrey,
Fort St. John Métis Society, the North Saanich Michif Society on
the Island, Dawson Creek Métis Federation, the Northern
Interior Métis Cultural Society and the Métis Veterans
Association. We have signed also with some outside agencies,
including the Canadian Aboriginal Veterans, the Prince George
Urban Aboriginal Justice Society, the Kikino Child and Family
Services, White Buffalo Aboriginal Health Society and the Metis
La B.C. Métis Federation a rédigé des accords pour appuyer
notre mandat et nous comptons plus de 6 300 membres à l’heure
actuelle. Nous avons signé des déclarations de coopération avec
diverses collectivités, donc la Vancouver Métis Citizens Society, la
Kelly Lake Métis Settlement Society, la Nova Métis Heritage
Association à Surrey, la Fort St. John Métis Society, la North
Saanich Michif Society sur l’Île, la Dawson Creek Métis
Federation, la Northern Interior Métis Cultural Society et la
Métis Veterans Association. Nous avons aussi signé des accords
avec des organismes extérieurs, dont les Canadian Aboriginal
Veterans, la Prince George Urban Aboriginal Justice Society, les
Kikino Child and Family Services, la White Buffalo Aboriginal
1-10-2012
Peuples autochtones
23:159
Commission for Children and Family Services. So going forward
the B.C. Métis Federation will focus on discussions with all Metis
organizations or service delivery agencies.
Health Society et les Metis Commission for Children and Family
Services. Alors à l’avenir, la B.C. Métis Federation s’attachera à
tenir des discussions avec l’ensemble des organisations ou des
organismes de prestation de services métis.
Mr. Henry: I am going to carry on with Part 2, if you are
following the document at all. Quickly talking about membership,
we initiated the organization and we identified membership
through our bylaws. Our bylaws are somewhat consistent with
what we see in terms of what is known as a national definition,
self-identify as a Metis, be of historic Metis ancestry, accepted by
the Metis community and distinct from other Aboriginal peoples.
We essentially follow that and respect sort of the required
genealogical information that is needed to validate ancestry.
M. Henry : Je vais continuer avec la partie 2, si vous suivez le
document. Pour parler rapidement de l’appartenance, nous avons
créé l’organisation et en avons identifié les membres par
l’intermédiaire de nos règlements administratifs. Ces derniers
sont, en quelque sorte, conformes à ce que l’on connaît comme
étant la définition nationale, être un Métis déclaré, être de
descendance métisse, être accepté par la communauté métisse et
être distinct des autres peuples autochtones. C’est essentiellement
la définition que nous suivons et nous respectons en quelque sorte
les renseignements généalogiques nécessaires pour valider les
origines.
I am going to skip up to number 3 on page 9. Identity
continues to persist as a hot topic, and it is not going away any
time soon. Many people believe the MNBC and the national
official definition is too restrictive. Metis leadership claims that
the MNBC citizenship process is objectively verifiable. For many
among them their Metis identify flows from a very definite view of
19th century history and geography with no room for divergence.
Their identity has become standardized, frozen to look and act a
certain way for political purposes. Many Metis people who
themselves fit the definition are uncomfortable with this
restrictive posturing because of its colonial underpinnings.
Despite all the progress in defining themselves, Metis across
Canada will struggle with inconsistent acknowledgement of rights
by governments as well as jurisdictional avoidance. Governments
deny our historical rights and choose to let the courts lead the
day.
Je vais passer au numéro 3 à la page 9. L’identité continue
d’être une question d’intérêt et elle le restera encore longtemps.
Bien des gens croient que la définition officielle nationale et de la
MNBC est trop restrictive. Les dirigeants métis font valoir que le
processus de citoyenneté de la MNBC est objectivement
vérifiable. Pour bien des gens parmi eux, l’identité métisse
découle d’un point de vue bien arrêté sur l’histoire et la
géographie du XIXe siècle sans la moindre marge. Leur identité
est devenue standardisée, figée pour leur permettre d’avoir une
certaine apparence et d’agir d’une certaine façon à des fins
politiques. Bien des Métis qui, eux-mêmes, correspondent à la
définition ne sont pas à l’aise avec ces manières restrictives en
raison de leurs fondements coloniaux. Malgré tous les efforts
qu’ils ont mis à se définir, les Métis du Canada éprouveront des
difficultés en raison de la reconnaissance inconstante de leurs
droits par les gouvernements ainsi que les manquements
juridictionnels. Les gouvernements refusent d’admettre nos
droits historiques et choisissent de laisser trancher les tribunaux.
The Deputy Chair: President Henry, I am sorry to interrupt
you, but we do have restricted time. If you could tighten up your
comments, it would be much appreciated.
La vice-présidente : Monsieur Henry, je suis désolée de vous
interrompre, mais notre temps est compté. Si vous pouviez
resserrer vos commentaires, nous vous en saurions gré.
Mr. Henry: Sure. The commentary speaks for itself.
What we are just trying to get across to the Senate is that the
Metis definition in British Columbia leaves a lot to be desired
right now. There is a significant division in how we are identifying
people. There is not enough research done and there is a
significant amount of what we believe is Metis history. In our
concluding comments we state that not all First Nations have one
culture, one approach to who is a First Nation. First Nations in
this province alone are made up of several nations. We believe the
Metis history and the research would show something similar.
Yes, we have some common identity and cultural practices, but
clearly there is still a lot of history to be still researched in this
province. We have been mandated to hold a summit that we will
be convening shortly. We will be interested to see what comes out
of that because we believe the people in B.C. are still yet to have a
full disclosure on this issue.
M. Henry : Bien sûr. Le commentaire parle de lui-même.
Ce que nous essayons de faire comprendre au Sénat est que la
définition de Métis en Colombie-Britannique laisse beaucoup à
désirer en ce moment. Nous n’identifions vraiment pas les gens de
la même façon. On ne fait pas suffisamment de recherche et il y a
une quantité considérable de ce que nous croyons être de l’histoire
métisse. Dans notre conclusion, nous déclarons que toutes les
Premières nations n’ont pas une culture unique, une seule vision
des membres d’une Première nation. Juste dans notre province, les
Premières nations sont formées de plusieurs nations. Nous
croyons que l’histoire métisse et la recherche révéleraient
quelque chose de semblable. Oui, nous avons une identité et des
pratiques culturelles communes, mais il est clair qu’il reste
beaucoup de recherches historiques à faire dans notre province.
Nous avons eu pour mandat de tenir un sommet qui aura lieu
bientôt. Nous serons intéressés de voir ce qui en ressort, car nous
croyons que les gens de la Colombie-Britannique ne connaissent
pas toute l’affaire.
23:160
Aboriginal Peoples
The Deputy Chair: Thank you.
We will have a brief presentation from George and Terry
Goulet. Are you doing separate presentations?
Terry Goulet, Metis Historian, as an individual: Yes, separate.
1-10-2012
La vice-présidente : Merci.
George et Terry Goulet nous feront maintenant un bref exposé.
Faites-vous chacun le vôtre?
Terry Goulet, historienne métisse, à titre personnel : Oui.
Klahowya tillieum — welcome, friends. My greeting to you is in
Chinook Jargon, or Chinuk Wawa, the traditional trade Michif
language of the Pacific Northwest. We are here today to discuss
the Metis of British Columbia and in doing so we have no
alternative but to discuss also the Metis across Canada. I am
going to try and be as brief as I can. To do this at the end of this
session we will provide each of you with a copy of our book, The
Metis in British Columbia: From Fur Trade Outposts to Colony, so
as to provide you with a better picture of that historical Metis that
is just as valid as the homeland of the Metis in the very confined
definition that has been presented to you by the Métis National
Council and the various Metis organizations across Canada.
Klahow tillieum, bienvenue, mes amis. Je viens de vous saluer
en jargon chinook ou chinuk wawa, langue commerciale métchif
traditionnelle du nord-ouest du Pacifique. Nous sommes ici
aujourd’hui pour parler des Métis de Colombie-Britannique et, ce
faisant, nous devons absolument parler des Métis de partout au
Canada. J’essaierai d’être aussi succincte que possible. Pour ce
faire, à la fin de la séance, nous vous remettrons à chacun un
exemplaire de notre livre, The Metis in British Columbia : From
Fur Trade Outposts to Colony, pour vous donner une meilleure
idée de ce Métis historique qui est aussi valide que la terre natale
pour le Métis que la définition très restreinte qui vous a été
présentée par le Ralliement national des Métis et les diverses
organisations métisses au Canada.
We also will be providing you with a portfolio and we have
copies for the other members of your committee as well as your
researcher. In that portfolio we have an article on the identity of
the Metis versus the Powley case, which is extremely important
because there have been a lot of misconceptions given to you
concerning the Powley case. We also have an article on what is a
nation, and I think that is something that needs to be addressed.
Together with that we are giving you a folder showing various
historic Metis sites and locations within British Columbia which
will provide you with a very specific idea of that.
Nous vous remettrons aussi un dossier et nous avons des copies
pour les autres membres de votre comité ainsi que votre analyste.
Ce dossier contient un article sur l’identité des Métis par rapport
à l’arrêt Powley, qui est extrêmement important, car l’on vous a
donné beaucoup de fausses idées concernant l’affaire Powley.
Nous avons aussi un article sur ce qui constitue une nation, et je
pense que c’est une question qui doit être abordée. De plus, nous
vous remettrons une chemise contenant divers sites et
emplacements historiques métis en Colombie-Britannique qui
vous en donneront une idée très précise.
George Goulet is Metis; his parents were Metis; his
grandparents were Metis; his great grandparents were Metis.
His great grandfather was Pierre Delorme. Pierre Delorme was a
member of Louis Riel’s provisional government. He was the first
member of Parliament for the federal constituency of Provencher
when Manitoba became a province. He also was the first member
of the legislature of Manitoba from the constituency of
St. Norbert. At that time you could be a member of both
constituencies. That was on his mother’s side. On his father’s side,
his great uncle was Elzéar Goulet, the Metis martyr who was
stoned to death on the banks of the Red River for his involvement
in the Red River resistance. Today he proudly wears the Elzéar
Goulet sash at this meeting.
George Goulet est Métis; ses parents étaient Métis, tout comme
ses grands-parents et ses arrière-grands-parents. Son arrièregrand-père était Pierre Delorme et il faisait partie du
gouvernement provisoire de Louis Riel. Il a été le premier
député de la circonscription de Provencher lorsque le Manitoba
est devenu une province. Il a aussi été le premier député de
l’Assemblée législative du Manitoba dans la circonscription de
St. Norbert. À cette époque, vous pouviez être député des deux
circonscriptions. C’était du côté de sa mère. Du côté de son père,
son grand-oncle était Elzéar Goulet, le martyre métis qui a été
lapidé sur les rives de la rivière Rouge pour sa participation à la
Rébellion de la rivière Rouge. Aujourd’hui, il porte fièrement la
ceinture d’Elzéar Goulet à cette réunion.
What we want to do is express to you the importance of
opening a dialogue on Metis identity in a much broader concept
than is presently being offered to you.
Nous voulons vous faire comprendre l’importance d’entamer
un dialogue sur l’identité métisse dans un concept beaucoup plus
large que celui qui vous est actuellement présenté.
I now defer to George.
Je cède maintenant la parole à George.
George Goulet, Metis Historian, as an individual: Good
morning, senators. The matters I am presenting you today are
my own opinions and not of anyone else or any other
organization.
George Goulet, historien métis, à titre personnel : Mesdames et
messieurs les sénateurs, bonjour. Les opinions que je formulerai
aujourd’hui sont les miennes et celles de personne d’autre ni
d’aucune autre organisation.
The first opinion is when it comes to Metis identity there is no
one-size-fits-all. I will give you examples. We have the Metis
political organizations. The two national organizations as you
know are the Métis National Council and Congress of Aboriginal
La première opinion est que lorsqu’il est question d’identité
métisse, il n’y a pas de réponse unique. Je vais vous donner des
exemples. Nous avons les organisations politiques métisses.
Comme vous le savez, les deux organisations nationales sont le
1-10-2012
Peuples autochtones
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Peoples. The Métis National Council adopted a national
definition about ten years ago, and we find that very restrictive,
flawed in many respects. For example, it refers to a Metis being a
person of historic Metis Nation ancestry. That is like saying an
Italian is of Italian ancestry or a horse is a horse. There are other
examples but the point is it is restrictive. On the other hand, the
Congress of Aboriginal Peoples is too loose, too broad. It
essentially amounts to self-identity, so there has to be something
in between.
Ralliement national des Métis et le Congrès des Peuples
Autochtones. Le Ralliement national des Métis a adopté une
définition nationale il y a une dizaine d’années, et nous la
trouvons très restrictive et défectueuse à bien des égards. À titre
d’exemple, elle dit du Métis qu’il descend des Métis de souche.
Cela revient à dire qu’un Italien est de souche italienne ou qu’un
cheval est un cheval. Il y a d’autres exemples, mais là où je veux en
venir est que cette définition est restrictive. Cela dit, celle du
Congrès des Peuples Autochtones est trop vague, trop large. Elle
revient essentiellement à la déclaration d’identité, alors il faut
trouver un juste milieu entre les deux.
On the constitutional legal aspect, you are all aware of course
of the Powley case decided in 2003. When this came out we
thought it was a great win for the Metis people. In hindsight, it
has proven very problematic. The way the Supreme Court defined
a Metis community is far too restrictive. They defined it in terms
of a geographic area. The Metis community is far more than that.
It is a community of kinship, a community of shared
relationships, a community of history, heritage and culture.
That does not appear in the judgment. We have other problems
with that judgment. If a Metis wants to establish his claim under
section 35, the court said it would have to deal with matters on a
case-by-case basis. If a Metis has to go through numerous courts
to establish a constitutional right, and probably bankrupt himself
in the process, that is not much of a right.
Du point de vue légal et constitutionnel, vous connaissez tous
bien sûr l’arrêt Powley rendu en 2003. À l’époque, nous pensions
que c’était une grande victoire pour les Métis. Avec du recul, il
s’est révélé être très problématique. La façon dont la Cour
suprême a défini les Métis est beaucoup trop restrictive. Elle les a
définis en fonction de la région géographique. La collectivité
métisse est beaucoup plus que cela. C’est une collectivité de
parenté, de relations partagées, d’histoire, de patrimoine et de
culture. L’arrêt n’en fait pas état. Nous avons d’autres réserves à
l’égard de ce jugement. Si un Métis veut établir une demande sous
le régime de l’article 35, les tribunaux ont dit qu’ils devraient
traiter les affaires au cas par cas. Si le Métis doit passer par une
série de tribunaux pour établir un droit constitutionnel, et
probablement faire faillite en cours de route, ce n’est pas
vraiment un droit.
The next aspect of Metis identity is self-identity. This is used by
Statistics Canada, by many children and family service groups
and by schools. It was even used by the Province of British
Columbia in a press release last year when it referred to 60,000
Metis in the province. We are sure many of them simply selfidentify.
Le prochain aspect de l’identité métisse est l’autoidentification, concept utilisé par Statistique Canada, de
nombreux groupes de services à l’enfance et à la famille, et des
écoles. Même la Colombie-Britannique s’en est servi dans un
communiqué diffusé l’an dernier au sujet des 60 000 Métis que
compte la province. Nous sommes convaincus que de nombreux
Métis se déclarent tout simplement être Métis.
The approach we favour — at least I favour and I believe my
wife Terry does — is a sociocultural approach to being Metis.
Being Metis is far more socio-cultural than biological, political or
constitutional. It means someone feels in the depths of their being
that they are Metis. As Senator Raine said a few moments ago,
they feel it in their heart and soul. To be accepted as a Metis in
this category requires that one have some Aboriginal ancestry,
that they participate in the Metis community, they contribute to
it, they are accepted by it and recognized by it.
L’approche que nous privilégions — du moins celle que moi et,
je crois, ma conjointe Terry privilégions — consiste à envisager
l’identité métisse sous l’angle socioculturel. L’identité métisse est
bien plus socioculturelle que biologique, politique ou
constitutionnelle. Cela signifie qu’une personne sent au fond
d’elle même qu’elle est métisse. Comme le sénateur Raine l’a
souligné il y a quelques instants, les gens sentent qu’ils sont métis
dans leur cœur et leur âme. Pour être accepté comme Métis dans
cette catégorie, il faut compter des Autochtones parmi ses
ancêtres, en plus de prendre une part active au sein de la
communauté métisse, d’y apporter une contribution, d’y être
accepté et d’y être reconnu.
I will give you an example of quite a famous Metis in Canada,
David Bouchard, a well renowned Metis author, a member of the
Order of Canada and Governor General award winner. He was
President of the Victoria Métis Council. When he applied for
membership in the Métis Nation of British Columbia, he was
rejected because he could not prove his ancestry in the Metis
Nation homeland which is ill defined and we do not think extends
to Ontario or west of the Rocky Mountains, so we think there
should be a more liberal, generous — pardon the word
Je vous donnerai l’exemple d’un Métis bien connu au Canada,
David Bouchard, un auteur métis renommé, membre de l’Ordre
du Canada et récipiendaire du prix du gouverneur général. Il a été
président du Victoria Métis Council. Quand il a demandé à
devenir membre de la Métis Nation of British Columbia, il a
essuyé un refus parce qu’il ne pouvait prouver son ascendance sur
la terre ancestrale de la nation métisse. Cette terre est mal définie,
et nous ne considérons pas qu’elle englobe l’Ontario ou s’étende à
l’ouest des Rocheuses. Nous jugeons donc que l’interprétation
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Aboriginal Peoples
1-10-2012
‘‘liberal’’ — liberal, generous interpretation. I am using the
expression used by the Supreme Court of Canada in the
Sparrow case in interpreting the Constitution and we do not
think they interpret it in that way in the Powley case. Thank you.
devrait être plus généreuse et libérale, si vous voulez bien me
pardonner d’utiliser ce mot. J’emploie d’expression utilisée par la
Cour suprême dans l’affaire Sparrow dans son interprétation de la
Constitution, interprétation qui diffère, selon nous, de celle faite
dans l’affaire Powley. Merci.
Ms. Goulet: I think the word you might appreciate is
‘‘inclusive.’’
Mme Goulet : Je crois que le mot « inclusif » conviendrait.
The Deputy Chair: Thank you very much for your
presentations. Before we begin, I was wondering if I could ask
the Goulets to submit a short written summary of what you have
said today. You clearly have written materials, written books and
so on, but if you could encapsulate what you gave to us this
morning, we would be glad to receive it.
La vice-présidente : Merci beaucoup de vos exposés. Avant de
commencer, je me demandais si je pourrais demander aux Goulet
de remettre un bref résumé écrit de leur propos d’aujourd’hui.
Vous avez, à l’évidence, des documents et des ouvrages écrits,
mais si vous pouviez résumer ce que vous avez dit ce matin, nous
aimerions en obtenir copie.
Mr. Goulet: We would be happy to do that.
M. Goulet : Nous serions heureux de le faire.
Ms. Goulet: We are more than happy to do that.
Mme Goulet : Nous sommes plus qu’heureux de le faire.
The Deputy Chair: The whole panel has presented a view on the
whole issue of Metis identity. With any kind of identification
there will always be the issue of whether it is too stringent or not
stringent enough. I think the crux of what you are saying today is
that the stringency is perhaps too tight in that it is disallowing
some members whom you think should be included.
Senator Raine: Thank you very much for coming.
La vice-présidente : Le groupe des témoins a donné son avis sur
la grande question de l’identité des Métis. Dès qu’il est question
d’identification, on se demandera toujours si on se montre trop
strict ou laxiste. Je crois que ce que vous nous dites essentiellement
aujourd’hui, c’est que vous considérez que les exigences trop
strictes entraînent le rejet de certaines personnes qui, selon vous,
devraient être incluses.
Le sénateur Raine : Je vous remercie beaucoup de comparaître.
We know that this issue is very complex and that there are
probably more questions than answers. In one of the
presentations we heard is the need to define quite tightly who is
a Metis in order to ensure that privileges reserved for them are
filled by the proper people. For instance, at the University of
Saskatchewan in the medical faculty they have ten seats reserved
for Aboriginal and Metis people, and they are now quite
concerned that there are organizations who give out Metis cards
without following the national defi