First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Aboriginal Peoples
PEUPLES AUTOCHTONES
Chair:
The Honourable GERRY ST. GERMAIN, P.C.
Président :
L’honorable GERRY ST. GERMAIN, C.P.
Tuesday, May 15, 2012
Wednesday, May 16, 2012
Le mardi 15 mai 2012
Le mercredi 16 mai 2012
Issue No. 18
Fascicule no 18
Fifth meeting on:
Cinquième réunion concernant :
Legal and political recognition
of Métis identity in Canada
La reconnaissance juridique et politique
de l’identité des Métis au Canada
and
et
Fourth meeting on:
Quatrième réunion concernant :
Bill S-8, An Act respecting the safety
of drinking water on First Nation lands
Le projet de loi S-8, Loi concernant la salubrité
de l’eau potable sur les terres des Premières Nations
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49543-49549
STANDING SENATE COMMITTEE
ON ABORIGINAL PEOPLES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES PEUPLES AUTOCHTONES
The Honourable Gerry St. Germain, P.C., Chair
Président : L’honorable Gerry St. Germain, C.P.
The Honourable Lillian Eva Dyck, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Lillian Eva Dyck
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(or Tardif)
Demers
Lang
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Lovelace Nicholas
Meredith
Munson
Patterson
Sibbeston
Ataullahjan
Brazeau
Campbell
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
Lang
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Lovelace Nicholas
Meredith
Munson
Patterson
Sibbeston
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 85(4), membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 85(4) du Règlement, la liste des
membres du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Lang replaced the Honourable Senator
Raine (May 16, 2012).
L’honorable sénateur Lang a remplacé l’honorable sénateur
Raine (le 16 mai 2012).
The Honourable Senator Brazeau replaced the Honourable
Senator Mockler (May 11, 2012).
L’honorable sénateur Brazeau a remplacé l’honorable sénateur
Mockler (le 11 mai 2012).
The Honourable Senator Patterson replaced the Honourable
Senator Tkachuk (May 11, 2012).
L’honorable sénateur Patterson a remplacé l’honorable sénateur
Tkachuk (le 11 mai 2012).
The Honourable Senator Campbell replaced the Honourable
Senator Hubley (May 10, 2012).
L’honorable sénateur Campbell a remplacé l’honorable sénateur
Hubley (le 10 mai 2012).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
16-5-2012
Peuples autochtones
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Tuesday, May 15, 2012
(39)
OTTAWA, le mardi 15 mai 2012
(39)
[English]
18:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 9:32 a.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Gerry St. Germain, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 32, dans la pièce 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Gerry St. Germain, C.P.
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Brazeau, Campbell, Demers, Meredith, Munson,
Patterson, Raine and St. Germain, P.C. (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Brazeau, Campbell, Demers, Meredith, Munson,
Patterson, Raine et St. Germain, C.P. (9).
In attendance: Shauna Troniak, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présente : Shauna Troniak, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, March 28, 2012, the committee continued its
consideration on the evolving legal and political recognition of
the collective identity and rights of the Métis in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 14.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mercredi 28 mars 2012, le comité poursuit l’examen de
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de
l’identité collective et des droits des Métis au Canada. (Le texte
intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 14 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Métis National Council:
Ralliement national des Métis :
Clément Chartier, President;
Clément Chartier, président;
Marc LeClair, Bilateral Coordinator.
Marc LeClair, coordinateur bilatéral.
Women of the Métis Nation:
Melanie Omeniho, President.
Les Femmes Michif Otipemisiwak :
Melanie Omeniho, présidente.
Mr. Chartier and Ms. Omeniho each made a statement and,
together with Mr. LeClair, answered questions.
M. Chartier et Mme Omeniho font chacun une déclaration,
puis, avec M. LeClair, répondent aux questions.
At 11:21 a.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 11 h 21, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, May 16, 2012
(40)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 16 mai 2012
(40)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day, at 6:48 p.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Gerry St. Germain, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 18 h 48, dans la pièce 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Gerry St. Germain, C.P.
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Campbell, Lang, Meredith, Munson, Patterson and
St. Germain, P.C. (7).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Campbell, Lang, Meredith, Munson, Patterson et
St. Germain, C.P. (7).
In attendance: Shauna Troniak, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présente : Shauna Troniak, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
18:4
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, April 25, 2012, the committee continued its
consideration of Bill S-8, An Act respecting the safety of
drinking water on First Nation lands. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 15.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 25 avril 2012, le comité poursuit l’examen du projet de
loi S-8, Loi concernant la salubrité de l’eau potable sur les terres
des Premières Nations. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure
au fascicule no 15 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Nisga’a Lisims Government:
Gouvernement Nisga’a Lisims :
Kevin McKay, Chairperson;
Kevin McKay, président;
Jim Aldridge, Counsel.
Jim Aldridge, conseiller juridique.
Treaty 6 and 7 of Alberta:
Traité 6 et 7 de l’Alberta :
Clayton D. Leonard, Counsel.
Clayton D. Leonard, conseiller juridique.
Mr. McKay, Mr. Aldridge and Mr. Leonard each made a
statement and, together, answered questions.
MM. McKay, Aldridge et Leonard font chacun une
déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 8:15 p.m., it was agreed that the committee adjourn to the
call of the chair.
À 20 h 15, il est convenu que le comité s’ajourne jusqu’à
nouvelle convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Marcy Zlotnick
Clerk of the Committee
16-5-2012
Peuples autochtones
18:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Tuesday, May 15, 2012
OTTAWA, le mardi 15 mai 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples met
this day at 9:32 a.m. to examine and report on the evolving legal
and political recognition of Métis identity in Canada.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se
réunit aujourd’hui, à 9 h 32, afin d’examiner, pour en faire
rapport, la reconnaissance juridique et politique de l’identité des
Métis au Canada.
Senator Gerry St. Germain (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Gerry St. Germain (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good morning. I would like to welcome all
honourable senators and members of the public who are
watching this meeting of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples. They will either be watching on the Web or
on CPAC. I am Gerry St. Germain, from British Columbia,
originally from Manitoba, and I have the honour of chairing this
committee. The mandate of the committee is to examine
legislation and matters relating to the Aboriginal peoples of
Canada generally. In addition, we have a specific order of
reference authorizing us to explore Metis issues, particularly those
relating to the evolving legal and political recognition of the
collective identity and rights of the Metis in Canada.
Le président : Bonjour. Bienvenue à tous les sénateurs et aux
membres du public qui suivent cette séance du Comité sénatorial
permanent des peuples autochtones. Les gens peuvent nous
regarder sur le web ou sur CPAC. Je m’appelle Gerry
St. Germain, je suis de la Colombie-Britannique, mais je suis
originaire du Manitoba, et j’ai l’honneur de présider le comité. Le
mandat du comité est d’examiner les lois et les questions relatives
aux peuples autochtones du Canada. Nous avons par ailleurs un
ordre de renvoi spécial nous autorisant à explorer les questions
concernant les Métis, tout particulièrement celles relatives à
l’évolution de la reconnaissance juridique et politique de l’identité
collective et des droits des Métis au Canada.
The early meetings on this study have consisted of briefings
from various government departments, which have provided us
with the formation, including facts on the current federal
programs and services, the status of Crown-Metis relations,
general statistical information and current legal issues, among
other things. We have heard from two legal experts on Metis
issues, who provided a legal context to discussions.
Les premières réunions que nous avons tenues dans le cadre de
cette étude ont été des séances de breffage avec des représentants
de différents ministères, qui nous ont fourni de l’information, y
compris des renseignements sur les programmes et services
fédéraux actuels, le statut des relations entre la Couronne et les
Métis, des données statistiques générales et des mises à jour
juridiques. Nous avons entendu deux experts juridiques
spécialisés dans les questions relatives aux Métis, qui nous ont
donné un contexte juridique aux fins de nos discussions.
This morning we begin hearing from national organizations
that represent a Metis constituency, the Métis National Council
and the Women of the Métis Nation.
Ce matin, nous allons entendre des organisations nationales
qui représentent les Métis : le Ralliement national des Métis et
Les Femmes Michif Otipemisiwak.
[Translation]
Before we hear our witnesses, I would like to introduce to you
those committee members who are here with us this morning.
[English]
On my left is Senator Munson from Ontario. Next to Senator
Munson is Senator Larry Campbell from the great province of
British Columbia. On my right is Senator Ataullahjan from the
province of Ontario; and next to Senator Ataullahjan is Senator
Brazeau from the province of Quebec. Next to Senator Brazeau,
just taking her seat, is Senator Greene Raine from British
Columbia. Next to Senator Greene Raine is Senator Meredith
from Ontario. Next to Senator Meredith is Senator Demers from
Quebec. Last but not least, we have Senator Patterson from
Nunavut. Welcome, senators and members of the committee.
[Français]
Avant d’entendre nos témoins, j’aimerais vous présenter les
membres du comité qui sont avec nous ce matin.
[Traduction]
Assis à ma gauche est le sénateur Munson, de l’Ontario. À côté
du sénateur Munson se trouve le sénateur Larry Campbell, de la
merveilleuse province de la Colombie-Britannique. Assise à ma
droite est le sénateur Ataullahjan, de la province de l’Ontario, et à
ses côtés se trouve le sénateur Brazeau, de la province de Québec.
Est tout juste en train de s’asseoir à côté du sénateur Brazeau le
sénateur Greene Raine, de la Colombie-Britannique. Assis à côté
du sénateur Greene Raine, nous avons le sénateur Meredith, de
l’Ontario. À côté du sénateur Meredith se trouve le sénateur
Demers, du Québec. Et enfin, et surtout, nous avons le sénateur
Patterson, du Nunavut. Bienvenue, mesdames et messieurs les
sénateurs, membres du comité.
18:6
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Senators, please help me in welcoming our witnesses. From the
Métis National Council, we have Clément Chartier, President.
With him is Marc LeClair, Bilateral Coordinator. On the same
panel we have Melanie Omeniho, President of the Women of the
Métis Nation.
Chers collègues, aidez-moi à souhaiter une chaleureuse
bienvenue aux témoins. Accueillons M. Clément Chartier,
président du Ralliement national des Métis. Il est accompagné
de Marc LeClair, coordinateur bilatéral. Participe au même panel
Melanie Omeniho, présidente des Femmes Michif Otipemisiwak.
We look forward to your presentations. I believe, Mr. Chartier,
that you will commence. As I told you, there will be many
questions, so if you could keep it as concise and precise as possible,
it would be greatly appreciated.
Nous attendons avec impatience vos exposés. Je crois savoir
que c’est vous qui allez commencer, monsieur Chartier. Comme je
vous l’ai dit, il y aura beaucoup de questions, et si vous pouviez
donc être aussi bref et concis que possible, nous vous en serions
fort reconnaissants.
Clément Chartier, President, Métis National Council: Thank
you chair and committee members. Thank you for the
opportunity for us to participate here today. We are definitely
very pleased that you have undertaken this initiative and have
invited us here to hear our views.
Clément Chartier, président, Ralliement national des Métis :
Merci, monsieur le président, mesdames et messieurs les membres
du comité. Merci de l’occasion qui nous est ici donnée de
participer ici aujourd’hui. Nous sommes, bien sûr, très heureux
que vous ayez entrepris ce travail et que vous nous ayez invités ici
pour vous présenter nos vues.
During my appearance here in November of last year, I set out
the two foremost priorities of the Métis Nation that fit squarely
within the scope of your mandate to examine and report on the
federal government’s constitutional, treaty, political and legal
responsibilities to First Nations, Inuit, and Metis peoples.
Lors de ma comparution devant le comité en novembre 2011,
j’ai exposé les deux priorités d’avant-plan de la nation métisse qui
cadrent parfaitement avec votre mandat général, qui consiste à
examiner, en vue d’en faire rapport, les responsabilités
constitutionnelles, conventionnelles, politiques et juridiques du
gouvernement fédéral à l’égard des Premières nations, des Inuits
et des Métis.
For us, the first priority is the outstanding land rights of the
Metis people resulting from the unfulfilled provisions of two federal
statutes that had recognized these rights in the 19th century,
namely, the Manitoba Act, 1870 and the Dominion Lands
Act, 1879.
Pour nous, la première des deux priorités concerne la question
des droits fonciers que détient le peuple métis en vertu des
dispositions non respectées des deux lois fédérales qui avaient
reconnu ces droits au XIXe siècle, la Loi de 1870 sur le Manitoba
et l’Acte des Terres fédérales, 1879.
The second priority is our current initiative with the federal
government to expand the relationship between Canada and the
Métis Nation in a practical way, through the negotiation of
accords on governance and economic development under the
Métis Nation Protocol, entered into between the Government of
Canada and the Métis Nation in September 2008. I believe you
have a copy of the protocol.
La deuxième priorité a trait à notre initiative courante avec le
gouvernement fédéral pour donner des assises plus concrètes à la
relation entre le Canada et le peuple métis par la négociation
d’accords sur la gouvernance et le développement économique en
vertu du Protocole avec la nation métisse, conclu entre le
gouvernement du Canada et la nation métisse en septembre 2008.
Je pense que vous avez copie de ce protocole.
I believe that the study you are presently undertaking on issues
respecting the recognition of the collective identity and rights of
the Metis in Canada addresses these priorities, and I welcome it.
Je pense que l’étude que vous réalisez à l’heure actuelle sur les
questions de reconnaissance de l’identité collective et des droits des
Métis du Canada tient compte de ces priorités, et je m’en réjouis.
The scope of your study encompassing Metis identification and
registration, access to federal programs and services, and the
implementation of Metis Aboriginal rights clearly speaks to the
relationship between the federal government and the Métis Nation.
La portée de votre étude, englobant l’identification et
l’inscription des Métis, l’accès aux programmes et aux services
offerts par le gouvernement fédéral, et la mise en œuvre des droits
ancestraux des Métis, montre clairement la relation qui existe
entre le gouvernement fédéral et la nation métisse.
I would like to start with Metis Aboriginal rights, in particular
land rights, as this has, to date, defined the legal relationship
between Canada and the Métis Nation.
Je vais commencer par aborder la question des droits
ancestraux des Métis, plus particulièrement les droits fonciers,
puisque jusqu’à maintenant, c’est ce qui a permis de définir la
relation juridique qui existe entre le Canada et la nation métisse.
Despite the recognition of the Metis in the Constitution as one of
the three Aboriginal peoples in Canada and in the Powley decision
of the Supreme Court of Canada, in 2003, as a full-fledged,
Bien que la Constitution considère les Métis comme l’un des
trois peuples autochtones du Canada, à l’instar de l’arrêt Powley,
prononcé par la Cour suprême du Canada en 2003, et dans le
16-5-2012
Peuples autochtones
18:7
rights-bearing Aboriginal people, successive federal governments
have maintained that our land rights have been extinguished by law.
cadre duquel on considérait que les Métis constituaient un peuple
autochtone à part entière et qu’ils jouissaient de certains droits, les
gouvernements fédéraux qui se sont succédés ont toujours
prétendu que nos droits fonciers avaient été abolis par la loi.
In practice, this means that, with the exception of the Metis
north of 60, the federal government excludes us from its land
claims resolution process. Exclusion from this process entails
exclusion from self-government agreements and, by extension, a
predictable and reliable form of intergovernmental fiscal transfers
rather than the unreliable and dysfunctional form of financing
under which we currently operate.
En pratique, cela signifie que, à l’exception des Métis établis au
nord du 60e parallèle, le gouvernement fédéral nous exclut de son
processus de règlement des revendications. L’exclusion des Métis
dans le cadre de ce processus entraîne leur exclusion des ententes
d’autonomie gouvernementale et, par le fait même, leur nonadmissibilité à une forme prévisible et sûre de transferts fiscaux
entre les gouvernements, au lieu de la forme de financement peu
fiable à laquelle nous sommes actuellement subordonnés.
On December 13, 2011, the Supreme Court of Canada heard
the Manitoba Metis Federation v. Canada and Manitoba land
rights case based on section 31 of the Manitoba Act, 1870. This
marked the culmination of a 30-year battle in the courts to seek
justice for the unfulfilled Metis land grants promised by the
Manitoba Act, 1870, itself a result of negotiations between the
Metis provisional government of Louis Riel and the federal
government of Sir John A. Macdonald.
Le 13 décembre 2011, la Cour suprême du Canada a entendu
l’affaire Manitoba Métis Federation c. le Canada et le Manitoba, qui
portait sur les droits fonciers en vertu de l’article 31 de la Loi
de 1870 sur le Manitoba. Ce moment marquait la fin d’une bataille
de 30 ans devant les tribunaux pour faire reconnaître en justice la
validité des concessions promises aux Métis par la Loi de 1870 sur le
Manitoba, une loi qui découlait de négociations conclues entre le
gouvernement provisoire métis de Louis Riel et le gouvernement
fédéral de sir John A. Macdonald.
The Manitoba Metis Federation is seeking a declaration that
will require the federal government to enter into negotiations of a
contemporary land claims agreement, including self-government
with the Métis Nation.
La Fédération des Métis du Manitoba revendique une
déclaration qui exigerait que le gouvernement fédéral amorce des
négociations avec la nation métisse sur un accord contemporain sur
les revendications territoriales, qui comprendrait l’autonomie
gouvernementale.
We are awaiting the ruling of the Supreme Court of Canada,
which may alter the way the federal government views the rights
of the Metis, as the Manitoba Court of Appeal has already upheld
certain principles that should have significant implications going
forward. The ruling will also affect our land claims covering the
rest of the Prairie provinces and northeastern British Columbia,
where scrip was issued by a series of federal half-breed
commissions pursuant to the Dominion Lands Act of 1879.
Nous sommes en attente de la décision de la Cour suprême,
décision qui pourrait modifier la façon dont le gouvernement
fédéral considère les droits des Métis, puisque la Cour d’appel du
Manitoba a déjà confirmé certains principes qui pourraient
dorénavant avoir des incidences importantes. Cette décision
touchera également nos revendications territoriales couvrant le
reste des provinces des Prairies et le nord-est de la ColombieBritannique, où des certificats ont été émis par une série de
commissions fédérales responsables des revendications des Métis
en vertu de l’Acte des terres fédérales, 1879.
I had proposed in my earlier appearance that expanding the
existing land claims process or establishing a new Metis claims
commission to settle our claims would offer a useful alternative to
costly litigation. It would bring the relationship between Ottawa
and the Métis Nation more in line with Canada’s legal
responsibilities as set out by the Supreme Court of Canada in
the Powley decision.
Lors de mon dernier témoignage, j’avais proposé d’étendre le
processus actuel de revendication des terres ou d’établir une
nouvelle commission de revendication des Métis afin de répondre
à nos demandes. Cela pourrait représenter une bonne solution de
rechange aux litiges coûteux. Cela ferait correspondre davantage la
relation entre Ottawa et la nation métisse aux responsabilités légales
du Canada, comme l’a indiqué la Cour suprême dans l’arrêt Powley.
Not only did the court rule that the Metis are a full-fledged
rights-bearing Aboriginal people with constitutionally protected
harvesting rights, it also established a test of objectively verifiable
criteria for membership in a Metis rights-bearing community that
was remarkably similar to the national definition of ‘‘Metis’’
adopted earlier by the Métis National Council. According to this
La cour a non seulement décidé que les Métis constituaient un
peuple autochtone à part entière jouissant de certains droits et
possédant des droits de récolte protégés par la Constitution, mais
elle a également établi une nomenclature de critères vérifiables de
façon objective pour déterminer l’appartenance à un groupe métis
titulaire de droits qui était remarquablement semblable à la
18:8
Aboriginal Peoples
16-5-2012
national definition, a Metis is a person who self-identifies as such,
is of historic Métis Nation ancestry, is accepted by the historic
Métis Nation and is distinct from other Aboriginal people.
définition nationale des Métis adoptée précédemment par le
Ralliement national des Métis. Selon cette définition nationale, un
Métis est une personne qui s’identifie comme tel, qui a des
ancêtres appartenant à une nation métisse historique, qui est
acceptée par la nation historique des Métis et qui se distingue des
autres Autochtones.
The Supreme Court basically concurred with us, ruling that
being of mixed European and Indian ancestry did not in itself
make one Metis. In addition, the court ruled one had to prove an
ancestral connection to, and acceptance by, historical Metis
communities.
D’une façon générale, la Cour suprême est d’accord avec nous,
comme l’indique sa décision voulant qu’une personne de
descendance européenne et amérindienne ne soit pas
nécessairement métisse. En outre, la cour a décidé qu’une
personne devait prouver qu’elle a un lien ancestral avec une
collectivité métisse et que cette collectivité l’accepte comme tel.
In a number of post-Powley cases, courts have confirmed the
existence of regional historical Metis rights-bearing communities
in our traditional homeland between the Upper Great Lakes and
the Rockies. The courts have also ruled against claims to
constitutionally protected Metis harvesting rights of mixed
ancestry groups outside our historical homeland, such as those
in Atlantic Canada, on the grounds that there was no evidence of
historical Metis communities in these regions. Again, that is the
court’s findings.
Dans bon nombre d’affaires qui ont succédé à l’arrêt Powley,
les tribunaux ont confirmé l’existence de collectivités métisses
régionales historiques titulaires de droits au sein de nos terres
traditionnelles situées entre le secteur supérieur des Grands Lacs
et dans les Rocheuses. Les tribunaux ont rejeté les revendications
de droits de récolte métis protégés par la Constitution formulées
par des groupes d’ascendance mixte situés à l’extérieur de nos
terres historiques, notamment des groupes du Canada atlantique
sur des terres pour lesquelles on ne pouvait prouver la présence de
collectivités métisses ancestrales dans ces régions. Cela figure
également dans les conclusions de la cour.
The Supreme Court in Powley also required governments to
provide resources to Metis organizations to identify their rightsbearing members. This led to federal support for the Métis
National Council’s five provincial affiliates, or governing
members, to establish membership or citizenship registries based
on the MNC’s national definition of ‘‘Metis.’’
Dans le cadre de l’arrêt Powley, la Cour suprême a également
exigé que les gouvernements fournissent des ressources aux
organisations métisses afin qu’elles puissent procéder à
l’identification de leurs membres titulaires de droits. Cette
mesure a permis à cinq organisations affiliées provinciales, ou
organes dirigeants, du Ralliement national des Métis d’obtenir du
soutien du gouvernement fédéral afin d’inscrire des membres ou
de créer des registres de citoyenneté en vertu de la définition
nationale des Métis adoptée par le Ralliement national des Métis.
However, rather than viewing registry funding as a
constitutional obligation, the federal government has treated it
as yet another program. Like other federal programs accessed by
Metis, the funding is delayed, unreliable, and often leads to
layoffs of key personnel.
Toutefois, au lieu de consolider le financement de l’établissement
des registres comme une obligation constitutionnelle, le
gouvernement fédéral l’a considéré comme un autre programme.
Comme pour d’autres programmes fédéraux destinés aux Métis, le
financement est versé en retard, peu fiable et mène souvent à la mise
à pied d’employés clés.
Compare this to the attention and funding the federal
government pays to its own Indian registry and you will see the
extent to which the federal government respects Metis rights.
Membership or citizenship is a critical function of Aboriginal selfgovernment; predictable and reliable financing to maintain
registries will never be achieved if this function is subject to the
whims of federal bureaucrats. It can only be secured through a
Metis self-government agreement.
En guise de comparaison, songez à l’attention et au financement
que consacre le gouvernement fédéral à son propre Registre des
Indiens, et vous constaterez la mesure dans laquelle le gouvernement
fédéral respecte les droits des Métis. Le fait d’appartenir à une nation
particulière ou d’en être citoyen constitue un élément fondamental
de l’autonomie gouvernementale; on ne pourra jamais obtenir un
financement prévisible et fiable afin de maintenir des registres si cet
élément est assujetti aux caprices des bureaucrates du gouvernement
fédéral. Seul un accord sur l’autonomie gouvernementale des Métis
pourrait assurer un tel financement.
This is the only way the federal government can be held to its
obligations and is also in its interest to do if it wishes to ensure
that only those who meet objectively verifiable criteria are
included in Metis rights and self-government arrangements.
Il s’agit du seul moyen par lequel le gouvernement fédéral peut
être tenu de s’acquitter de ses obligations et c’est également dans son
intérêt de le faire s’il veut s’assurer que seuls ceux qui répondent de
façon objective aux critères vérifiables sont visés par les accords sur
les droits et l’autonomie gouvernementale des Métis.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:9
In the application of the Crown’s duty to consult and
accommodate in its delegation of these obligations to
proponents of major economic projects, the federal approach to
Metis people is again haphazard. The result is that industry
routinely ignores or heavily discounts our interest in the planning
of major projects throughout our homeland, as is the case with
the proposed Northern Gateway pipeline.
En s’acquittant de l’obligation de consultation et
d’accommodement qui incombe à la Couronne et en déléguant
ces obligations à des promoteurs de projets économiques majeurs,
l’approche adoptée par le gouvernement fédéral envers le peuple
métis est une fois de plus peu méthodique. Il en résulte que
l’industrie ignore continuellement ou néglige fortement notre
intérêt à l’égard de la planification de projets majeurs à la
grandeur de nos terres, comme c’est le cas dans le cadre du projet
d’oléoduc Northern Gateway.
As for Metis access to federal programs and services for
Aboriginal peoples, we are denied access to most of them because
of the federal abrogation of its constitutional responsibility to
deal with Metis. This results in the exclusion of Metis from federal
Aboriginal education and health care benefits.
Comme c’est le cas pour l’accès des Métis aux programmes
fédéraux et aux services pour Autochtones, on nous refuse l’accès
à la plupart de ces projets, puisque le gouvernement fédéral nie ses
responsabilités constitutionnelles à l’égard des Métis. Cette
situation se traduit par l’exclusion des Métis des prestations
accordées par le gouvernement fédéral aux Autochtones en
matière d’éducation et de soins de santé.
In its recent budget, the federal government terminated the
minimal Health Canada funding provided the Métis National
Council for health research and coordination for research work of
its governing members. It also terminated funding for the
National Aboriginal Health Organization, or NAHO, despite
joint efforts by the Métis National Council, the Assembly of First
Nations, and the Inuit Tapiriit Kanatami to have NAHO, First
Nations, Inuit and Metis centres transferred to our three
respective national organizations.
Dans son budget annoncé récemment, le gouvernement fédéral
a mis fin au financement minimal versé à Santé Canada à
l’intention du Ralliement national des Métis pour la recherche en
santé et la coordination des travaux de recherche de ses organes
dirigeants. Il a également mis fin au financement versé à
l’Organisation nationale de la santé autochtone, ou ONSA,
malgré les efforts conjoints déployés par le Ralliement national
des Métis, l’Assemblée des Premières Nations et l’Inuit Tapiriit
Kanatami, qui visaient à ce que les centres de l’ONSA pour les
Premières nations, les Inuits et les Métis soient transférés au sein
de nos trois organisations nationales respectives.
However, what I found most disturbing was the Minister of
Health citing the opposition of the three national Aboriginal
organizations to the corporate governance of NAHO as an excuse
to wipe out the three centres that could have worked fine within
the governance structures of the three national organizations — a
classic case of throwing the baby out with the bathwater.
Ce que j’estime le plus alarmant, cependant, est que le ministre
de la Santé désignait l’opposition des trois organisations
nationales autochtones à l’égard de la gouvernance de l’ONSA
comme une excuse pour écraser les trois centres qui auraient pu
fonctionner correctement au sein des structures de gouvernance
des organisations nationales autochtones — un cas classique de
situation dans laquelle on jette le bébé avec l’eau du bain.
The exclusion of the Metis from federal Aboriginal postsecondary educational financial assistance makes no sense and
speaks to Ottawa’s lack of understanding of the life situation of
Metis youth. While the gap in high school graduation rates
between Metis and the general population has been reduced
considerably, the gap in university educational attainment
remains immense, due largely to financial barriers faced by
Metis youth.
La non-admissibilité des Métis à l’aide financière du
gouvernement fédéral pour l’éducation postsecondaire des
Autochtones n’a aucun sens et révèle le manque de
compréhension d’Ottawa à l’égard de la situation de vie des
jeunes Métis. Bien que l’écart dans les taux de diplomation au
niveau secondaire entre les Métis et la population générale ait
diminué de façon considérable, l’écart dans la réussite des études
universitaires demeure énorme, principalement en raison des
obstacles financiers auxquels font face les jeunes Métis.
It cannot be overstated how great the return on our investment
in Metis post-secondary education would be if these financial
barriers were removed, in particular those erected by the federal
government’s exclusionary policy toward Metis.
Je ne saurais trop souvent dire à quel point le rendement du
capital investi dans l’éducation postsecondaire des Métis pourrait
être rentable si ces obstacles financiers étaient éliminés, plus
particulièrement ceux mis en place dans le cadre de la politique
d’exclusion des Métis du gouvernement fédéral.
A recent study by Saskatchewan’s only Metis professional
degree program, the Saskatchewan Urban Native Teacher
Education Program, or SUNTEP, for urban teachers offered by
our Gabriel Dumont Institute, shows that since the first of its
Une étude menée récemment dans le cadre du seul programme
métis de niveau professionnel de la Saskatchewan, le
Saskatchewan Urban Native Teacher Education Program, ou
SUNTEP, destiné aux enseignants en milieu urbain, offert par
18:10
Aboriginal Peoples
16-5-2012
more than 1,000 graduates since 1984, SUNTEP has increased
provincial GDP by $2.5 billion and provincial government
revenues by $1 billion.
notre Institut Gabriel Dumont, montre que, depuis le passage de
plus d’un millier d’étudiants depuis 1984, le programme SUNTEP
a permis de hausser le PIB provincial de 2,5 milliards de dollars et
le revenu du gouvernement provincial de 1 milliard de dollars.
The Métis National Council’s five governing members have
tried to mitigate the gap in university education attainment by
establishing endowment funds that provide scholarships for postsecondary education. These endowments have leveraged matching
funds from participating universities. A substantial injection of
new capital into these endowments would represent the best
investment the federal government could ever make, but, as in so
many other aspects of Metis affairs, a strong business case and a
logical action path mean little when a government is blinded by
the mantra that we are a provincial responsibility. I cannot
overstate just how entrenched this jurisdictional barrier is in the
mindset of the federal government in dealing with the Metis.
Les cinq organes membres du Ralliement national des Métis
ont tenté de réduire l’écart dans le taux de réussite des études
universitaires en établissant des fonds de dotation qui fournissent
des bourses d’études pour l’éducation postsecondaire. Ces
investissements ont permis de mobiliser des fonds de valeur
équivalente auprès des universités participantes. Une injection
importante de nouveaux capitaux dans ces fonds représenterait le
meilleur investissement que pourrait réaliser le gouvernement
fédéral, puisque dans bon nombre d’autres sphères des affaires
liées aux Métis, une analyse de rentabilisation très solide et un
plan d’action logique ne veulent pas dire grand-chose lorsqu’un
gouvernement est aveuglé par le principe que nous constituons
une responsabilité provinciale. Je ne saurais exagérer l’intensité
avec laquelle cette barrière liée aux compétences est immuable
dans la mentalité au gouvernement fédéral lorsqu’il doit traiter
avec les Métis.
Nowhere is this better illustrated than in the federal
government’s refusal to date to take responsibility for
compensating victims of Metis residential schools. In March of
this year, a number of these victims gathered in Saskatoon,
including some from the infamous Metis residential school in Île-àla-Crosse, Saskatchewan, which I attended. I can assure you that
listening to the continued torment of these people decades later is
itself a traumatic experience. Making their anguish so much worse
was the raised expectation that their grievances would finally be
redressed, as was the case during the 2006 election campaign when
then opposition leader Stephen Harper promised compensation for
the victims of the Metis residential school in Ile-a-la-Crosse, and
then to be left out again when the new government took power.
Rien n’illustre mieux cette situation que le refus du
gouvernement fédéral à ce jour d’assumer sa responsabilité
consistant à verser une indemnité aux victimes des pensionnats
pour les Métis. En mars 2012, un certain nombre de ces victimes
se sont réunies à Saskatoon, y compris certaines victimes de
l’infâme pensionnat métis de l’Île-à-la-Crosse, en Saskatchewan,
que j’ai fréquenté. Je peux vous assurer qu’écouter, des décennies
plus tard, le récit des souffrances continues subies par ces
personnes constitue en soi une expérience traumatisante. Leurs
souffrances ont été accrues par les promesses qui leur ont été
faites de régler finalement le leurs griefs, comme ce fut le cas
pendant la campagne électorale de 2006, lorsque Stephen Harper,
alors chef de l’opposition, a promis que les victimes du pensionnat
métis de l’Île-à-la-Crosse se verraient octroyer une indemnité.
Toutefois, à l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, les
Métis ont une fois de plus été laissés de côté.
That the denial of their demand for justice should be based on
jurisdiction and that it is the province’s responsibility to deal with
them undermines and vitiates the new beginning promised in the
Prime Minister’s apology to Aboriginal peoples on the floor of
the House of Commons in June 2008. If not redressed, this
betrayal of these Metis survivors, those still living often in poor
health and broken spirit, will mark the foremost moral failure of
the current federal government.
Le fait que l’on rejette leur demande de justice pour des raisons
liées aux compétences — c’est-à-dire que la responsabilité de gérer
leur cas incombe à la province — mine le nouveau début promis
par le premier ministre lors des excuses qu’il a présentées aux
peuples autochtones à la Chambre des communes en juin 2008. Si
cette trahison à l’endroit des survivants métis, ceux toujours
vivants, mais dont la santé est souvent précaire et l’esprit brisé,
n’est pas corrigée, ce sera l’échec moral le plus grave attribuable à
l’actuel gouvernement fédéral.
In seeking to overcome the jurisdictional barrier that has
blocked successive governments in Ottawa from dealing
effectively with the Métis Nation, I am proposing a stronger
relationship with the federal government, not a larger federal
bureaucracy.
Pour tenter de surmonter l’obstacle se rapportant aux
compétences, qui a empêché les gouvernements successifs
d’Ottawa de traiter efficacement avec la nation métisse, je suggère
d’établir une relation plus forte avec le gouvernement fédéral, et non
pas de multiplier les processus bureaucratiques fédéraux.
This gets me to the second of our broad priorities that I
discussed with you in November, which is to work through
our 2008 Métis Nation Protocol with the Government of Canada
to conclude accords on governance and economic development.
Ceci m’amène à la deuxième des grandes priorités dont j’ai
discuté avec vous en novembre, et qui consiste à travailler avec le
gouvernement du Canada dans le cadre du Protocole de la nation
métisse de 2008 afin de conclure des ententes sur la gouvernance et
16-5-2012
Peuples autochtones
18:11
As in the case of our first priority regarding land rights, this
priority is directed toward a self-government agreement that
would put our relationship with Canada on a stable footing;
however, this would be negotiated rather than litigated. These
accords would build on the democratic accountability system of
government developed by our governing members through a
province-wide ballot box election of leaders. They would also
build on the successful track record of our Métis Nation labour
force and financial institutions, which have played a major role
over the past few decades in bringing the Metis labour force
participation rate close to that of the general population.
le développement économique. Tout comme pour notre première
priorité concernant les droits fonciers, cette priorité est directement
axée sur une entente sur l’autonomie gouvernementale qui
assurerait la stabilité de notre relation avec le Canada; mais cette
entente devrait être négociée et non portée en justice. Ces ententes se
fonderaient sur le régime politique de responsabilisation en
démocratie élaboré par nos entités dirigeantes au moyen d’une
élection de nos représentants dans toute la province. Elles
s’appuieraient également sur les expériences réussies du marché de
l’emploi et des institutions financières de la nation métisse, qui ont
joué un rôle majeur au cours des dernières décennies en élevant le
taux de participation des Métis dans la population active jusqu’à ce
qu’il égale presque celui de l’ensemble de la population.
The key to success in this approach is the adoption of a
government-to-government financing system for Metis governing
bodies. The Metis people are, and have always been, taxpayers.
They have their own democratically constituted governance
system and elected leadership. According to an Environics study
of urban Aboriginal peoples in 2010, Metis people are likely to see
the Métis National Council as more representative of their
interests than any of the federal political parties. In effect, they are
subject to taxation without representation.
La clé du succès de cette approche réside dans l’adoption d’un
système de financement entre les gouvernements pour les organes
directeurs des Métis. Les Métis sont, et ont toujours été, des
contribuables; ils possèdent leur propre système de gouvernance
démocratique et des chefs élus et, selon une étude sur les
Autochtones en milieu urbain menée par Environics, en 2010,
ils sont plus enclins à voir le Ralliement national des Métis comme
un représentant de leurs intérêts, plutôt que tout parti politique
fédéral. Ils sont, en fait, sujets à la taxation sans représentation.
In 1992, the Mulroney government and the five western-most
provinces mustered the will to address this injustice through the
Métis Nation Accord — a companion to the Charlottetown
Accord. This provided for the shared financing of Metis
government by Ottawa, the provinces west of Ontario and the
Metis government, which would receive a portion of income tax
paid to the federal and provincial governments by Métis Nation
citizens. The defeat of the Charlottetown Accord in the national
referendum, despite public support for its Aboriginal selfgovernment provisions, such as the Métis Nation Accord,
ushered in two decades of ever-expanding federal bureaucracy
in Metis affairs and its micromanagement of the highly limited
amount of funding for our organizations. The result is a multitude
of narrowly defined contribution agreements multiplied
exponentially by reports, under which the Métis National
Council and each of its governing members operate.
En 1992, le gouvernement Mulroney et les cinq provinces les
plus à l’ouest ont exprimé le souhait de corriger cette injustice par
l’Accord relatif à la nation métisse accompagnant l’accord de
Charlottetown. Cela a permis de procéder au financement partagé
du gouvernement métis par Ottawa, les provinces à l’ouest de
l’Ontario et le gouvernement métis même, qui allait recevoir une
partie des impôts sur le revenu que paient les citoyens de la nation
métisse aux gouvernements fédéral et provinciaux. Le rejet de
l’accord de Charlottetown lors du référendum national, malgré
l’appui du public à l’égard de ses dispositions sur l’autonomie
gouvernementale autochtone, comme l’Accord relatif à la nation
métisse, a marqué l’avènement de deux décennies de croissance
constante de la bureaucratie fédérale en matière d’affaires
métisses et de sa micro-gestion des fonds très limités destinés à
nos organisations. Il en a résulté une multitude d’accords de
contribution étroitement définis et multipliés de manière
exponentielle par les rapports selon lesquels le Ralliement
national des Métis et ses entités dirigeantes fonctionnent.
Despite all the rhetoric about the need to reduce the reporting
burden and the attendant federal bureaucracy, the reality is that it
only increases, and with it, the waste of financial and human
resources. Our proposals to reduce the federal bureaucracy as it
relates to Metis affairs and to strengthen the governance capacity
of the Métis Nation to administer and deliver important services,
such as economic development, have met with positive responses
at the political and policy levels of the federal government.
However, these proposals and the strong business cases backing
them face considerable and unremitting push-back from the
Malgré toute la rhétorique entourant la nécessité de réduire le
fardeau de production de rapports et la bureaucratie fédérale
afférente, la réalité est que ceux-ci ne font que s’accroître, tout
comme le gaspillage des ressources financières et humaines. Nos
propositions visant à réduire la bureaucratie fédérale en ce qui a
trait aux affaires concernant les Métis et à renforcer la capacité de
gouvernance de la nation métisse pour ce qui est de l’administration
et de la prestation de services importants, comme le développement
économique, ont été reçues favorablement à l’échelle politique et à
celle des maîtres d’œuvre des politiques du gouvernement fédéral.
18:12
Aboriginal Peoples
16-5-2012
bureaucracy at the operations level. In a federal government
where in reality there is no one looking out for Metis interests,
who do you think wins out?
Cependant, ces propositions et les solides analyses de rentabilité qui
les soutiennent se heurtent à une opposition considérable et acharnée
de la part de la bureaucratie à l’échelle des activités. Dans un
gouvernement fédéral où, finalement, personne ne se préoccupe des
intérêts des Métis, qui croyez-vous se retrouve gagnant?
A legally binding self-government agreement with a
government-to-government financing system for our Métis
Nation governments is the only way that a rational and costefficient relationship between the federal government and the
Métis Nation will be established. Block funding would enable
comprehensive single-source financing of the core governance,
citizenship, labour market and economic development functions
of our governments, for which we would be accountable to our
own electorate through ballot-box elections, assemblies and
audited financial statements, and to Parliament through a single
agency, such as the Auditor General. How do we get to a selfgovernment agreement? Whether it will be through our land
claims in the courts or through a political process such as the
Métis Nation Protocol remains to be seen.
Un accord d’autonomie gouvernementale juridiquement
contraignant, pourvu d’un système de financement entre
gouvernements, pour les gouvernements de la nation métisse
représente le seul moyen d’établir une relation rationnelle et
économique entre le gouvernement fédéral et la nation métisse.
Un financement global permettrait de fournir une seule source de
financement versée pour l’exercice des pouvoirs de base, des
fonctions liées à la citoyenneté, au marché du travail et au
développement économique de nos gouvernements. Nous aurions
la responsabilité de rendre des comptes à notre population de
différentes façons : lors des élections, la tenue d’assemblées et la
présentation d’états financiers vérifiés, et nous rendrions des
comptes au Parlement par l’entremise d’une seule organisation,
par exemple le Bureau du vérificateur général. Cependant, il reste à
décider de quelle façon on pourra parvenir à établir un accord
d’autonomie gouvernementale — que ce soit par nos revendications
territoriales portées devant les tribunaux ou par l’entreprise d’un
processus politique comme le Protocole avec la nation métisse.
I hope our survey of the issues today will provide a foundation
for your committee to further discussion and clarification, thereby
assisting the government in taking long-overdue steps to place its
relationship with the Métis Nation on a more stable and mutually
beneficial basis.
J’espère que l’aperçu de ces questions fourni aujourd’hui jettera
les fondations permettant à votre comité de faire avancer les
discussions et l’étude de la situation et, partant, aidera le
gouvernement à prendre les mesures qu’il aurait dû prendre il y
a longtemps, afin de bâtir sa relation avec la nation métisse sur
une base plus stable et mutuellement bénéfique.
The Chair: Ms. Omeniho, please proceed with your presentation.
Le président : Madame Omeniho, je vous invite maintenant à
nous faire votre déclaration. Allez-y, je vous prie.
Melanie Omeniho, President, Women of the Métis Nation:
Thank you, Mr. Chair and senators, for inviting us to present
here. On behalf of Women of the Métis Nation, Les Femmes
Michif Otipemisiwak du Canada, I am honoured to bring forward
the perspective of Metis women to the hearing today. Women of
the Métis Nation is made up of Metis women representatives
from across the Metis homeland. We were formed to represent
and advocate for the needs of Metis women and to move forward
our agenda at the national level. As the national spokesperson, I
am elected by Metis women delegates from across the homeland.
Women of the Métis Nation works collectively with the Métis
National Council; and we, like the Métis National Council
leadership, are directly accountable back to our community. Our
organization was formed as a legal entity recently to represent the
interests of Metis women at the national level. Previously, we had
worked since 1999 as a secretariat within the Métis National
Council.
Melanie Omeniho, présidente, Les Femmes Michif Otipemisiwak :
Merci, monsieur le président, mesdames et messieurs les membres
du comité, de nous avoir invités à comparaître ici devant vous. C’est
pour moi un honneur de vous livrer aujourd’hui la perspective des
femmes métisses, au nom des Femmes Michif Otipemisiwak du
Canada, Women of the Métis Nation. Les Femmes Michif
Otipemisiwak réunissent des représentantes métisses de partout
sur le territoire métis. Nous avons pour objet d’exprimer et de
défendre les besoins des femmes métisses et de faire avancer notre
programme au niveau national. J’ai été élue porte-parole nationale
par les déléguées métisses de partout sur notre territoire ancestral.
Les Femmes Michif Otipemisiwak travaillent collectivement avec le
Ralliement national des Métis et, tout comme les leaders du RNM,
nous sommes directement redevables à notre communauté. Notre
organisation a récemment été constituée en tant qu’entité juridique
pour défendre les intérêts des femmes métisses au niveau national.
Nous formions depuis 1999 un secrétariat au sein du Ralliement
national des Métis.
However, we did not create the organization to address underrepresentation of Metis women in our internal political structures.
We are the voice of Metis women nationally, and we work
collectively with the MNC. I am proud to say that the Métis
Nation is perhaps the only nation on earth where women make up
Cependant, nous n’avons pas créé l’organisation pour résoudre
le problème de la sous-représentation des femmes métisses à
l’intérieur de nos structures politiques internes. Nous sommes la
voix des femmes métisses à l’échelle nationale, et nous travaillons
en collaboration avec le RNM. Je suis fière de dire que la nation
16-5-2012
Peuples autochtones
18:13
half of the elected political delegates at the provincial and
national levels. We were formed to ensure that Metis women
speak for themselves and to improve the quality of life for Metis
women from across the homeland.
métisse est peut-être la seule nation sur terre au sein de laquelle les
femmes comptent pour la moitié des délégués politiques élus aux
niveaux provincial et national. Notre organisation a vu le jour
pour veiller à ce que les femmes métisses aient leur propre voix et
puissent plaider en faveur de l’amélioration de la qualité de vie des
femmes métisses de tout le territoire traditionnel métis.
I commend the committee for agreeing to examine specifically
the issues relating to the rights, identity and place of the Metis in
the Canadian federation. Mr. Chartier has provided you with a
broad outline of the historical challenges that we have been faced
with as a nation and has outlined several political solutions for
moving us forward. For our part, we would like to shed some
light on the important role that women have played, and continue
to play, in the development of the Métis Nation.
Je félicite le comité d’avoir accepté de se pencher tout
particulièrement sur les questions concernant les droits,
l’identité et la place des Métis au sein de la fédération
canadienne. M. Chartier vous a brossé le tableau d’ensemble
des défis historiques auxquels notre nation a été confrontée et elle
a esquissé plusieurs solutions politiques envisageables pour
l’avenir. Nous aimerions, pour notre part, nous concentrer sur
le rôle important que les femmes ont joué et continuent de jouer
dans le développement de la nation métisse.
Many Canadians do not know much about the Metis people of
Canada. We have often been called ‘‘the forgotten people.’’ In
1982, the Constitution of Canada recognized us as one of the
Aboriginal peoples of Canada. While this was an important
milestone, it was also a bit of a mixed blessing. On the one hand,
we were finally recognized as a distinct people, but on the other
hand, the Government of Canada almost immediately refused to
recognize that we possessed any of the same rights as other
indigenous people in Canada. Many Canadians do not
understand that we do not enjoy the benefits that are afforded
to First Nations or Inuit people, or that we, like all other
Canadians, have the great Canadian privilege of paying all three
levels of government our fair share of the taxes.
Les Canadiens sont nombreux à ne pas savoir grand-chose du
peuple métis du Canada. On nous a souvent appelé « le peuple
oublié ». En 1982, la Constitution du Canada nous a reconnus
comme l’un des peuples autochtones du Canada. Bien que cela ait
été un important tournant, cela n’a pas apporté que du bon. D’un
côté, nous avons enfin été reconnus comme étant un peuple
distinct, mais, de l’autre, le gouvernement du Canada a presque
immédiatement refusé de reconnaître que nous possédions l’un
quelconque des droits des autres peuples autochtones au Canada.
Les Canadiens sont nombreux à ne pas comprendre que nous ne
jouissons pas des avantages accordés aux Premières nations et aux
Inuits, ou que nous avons comme tous les autres Canadiens ce
même merveilleux privilège canadien de payer notre juste part
d’impôts aux trois paliers de gouvernement.
We do not begrudge the investments of our tax dollars made by
Canada to support the needs of First Nations or Inuit. We know
that they need support. However, as a people we also require the
Government of Canada to invest some of our tax money in our
community. We ask only for Canada to take an even hand in
dealing with us.
Nous ne regrettons pas l’investissement par le Canada des
impôts que nous payons pour appuyer les besoins des Premières
nations ou des Inuits. Nous savons qu’ils ont besoin de cet appui.
Cependant, en tant que peuple, nous aussi exigeons du
gouvernement du Canada qu’il investisse une partie de nos
impôts dans notre communauté. Nous demandons seulement que
le Canada nous traite de manière équitable.
You may be surprised by the fact that the Métis Nation of
Canada is the largest indigenous nation in North America. The last
census recorded that some 389,000 Canadians identified as Metis,
with 9 out of 10 coming from our Metis homeland. There has been
some promise that there will be over 500,000 by the next census.
Vous serez peut-être étonnés d’apprendre que la nation métisse
du Canada est la plus importante nation autochtone en Amérique
du Nord. Lors du dernier recensement, quelque 389 000 Canadiens
se sont identifiés comme étant Métis, neuf sur 10 d’entre eux venant
de notre territoire traditionnel métis. On nous promet que nous
serons plus de 500 000 d’ici le prochain recensement.
While we make up only one quarter of the Aboriginal people of
Canada, we are one third of the Aboriginal workforce. In other
words, we contribute our fair share to Canada. We are proud of
our contributions, but we also realize that we can do more. This,
however, will take new investments in Metis education and
housing, and especially economic development.
Même si nous ne comptons que pour le quart de la population
autochtone du Canada, nous représentons le tiers de la maind’œuvre autochtone. En d’autres termes, nous contribuons notre
juste part au Canada. Nous sommes fiers de nos contributions,
mais il nous faut également savoir que nous pouvons faire plus.
Cela exigera cependant de nouveaux investissements dans
l’éducation et le logement pour les Métis, et, surtout, dans le
développement économique.
A critical first step, however, is for Canada to recognize our
rights as a people and to recognize our right to govern ourselves
as a people. We can empower ourselves, but we wait no longer to
Une première étape essentielle pour le Canada est cependant de
reconnaître nos droits en tant que peuple et de reconnaître notre
droit de nous gouverner nous-mêmes en tant que peuple. Nous
18:14
Aboriginal Peoples
16-5-2012
do that. However, the Government of Canada refuses to
recognize our right to govern ourselves. They continue to treat
us as a non-governmental interest group.
sommes en mesure de nous habiliter nous-mêmes, et nous ne
voulons plus attendre. Cependant, le gouvernement du Canada
refuse de reconnaître notre droit à l’autonomie gouvernementale.
Il continue de nous traiter comme si nous étions un groupe
d’intérêt non gouvernemental.
Although the inherent right to self-government policy is
supposed to apply to all Aboriginal people, the Government
refuses to enter into meaningful self-government negotiations
with the Métis Nation. I believe that this is because the
government is in denial.
Bien que la politique en matière de droits inhérents à l’autonomie
gouvernementale soit censée s’appliquer à tous les Autochtones, le
gouvernement refuse d’entamer avec la nation métisse des
négociations sérieuses en matière d’autonomie gouvernementale.
Je pense que c’est parce que le gouvernement est en déni.
Your committee can assist the Government of Canada in
dealing with this denial. We have an opportunity to shine a
beacon on our issues, and we welcome that.
Le comité peut aider le gouvernement du Canada en traitant de
ce refus de reconnaître la réalité. Nous avons la possibilité de
braquer les spots sur nos préoccupations, et nous en sommes très
heureuses.
We have put forward some practical approaches to moving our
rights forward. To bring forward some issues that are specific to
how the Government of Canada has not acknowledged Metis
rights, we are intervenors in the Joint Review Panel process for
the Northern Gateway pipeline. The Metis who will be directly
impacted by that pipeline went to great efforts to become
intervenors in that process and we have to defend our right to
have that status. The Government of Canada has not developed
policies around the duty to consult and they do not have a policy
for the process. When anyone challenges our right to represent
our own interests there, we have to become defensive about who
we are and why we get to sit at the table.
Nous avons étayé certaines approches pratiques pour faire
avancer nos droits. Désireuses que nous sommes de traiter de
certaines questions relatives au fait que le gouvernement du
Canada n’a pas reconnu les droits des Métis, nous sommes des
intervenantes auprès de la Commission d’examen conjoint du
projet d’oléoduc Northern Gateway. Les Métis qui seront
directement touchés par ce pipeline ont déployé des efforts
énormes pour devenir des intervenants dans ce processus et il
nous faut défendre notre droit à ce statut. Le gouvernement du
Canada n’a pas élaboré de politique relativement au devoir de
consulter et n’a pas non plus de politique visant le processus.
Lorsque quiconque conteste notre droit de défendre auprès de lui
nos propres intérêts, il nous faut être sur la défensive en ce qui
concerne qui nous sommes et les raisons pour lesquelles nous
avons le droit de nous asseoir à la table.
As for our membership and citizenship, the Metis have always
made clear who we are and what our interests are. As
Mr. Chartier said, that has been supported by Supreme Court
decisions. It is important that this committee acknowledge and
recognize that our ancestors passed our traditions down to us. It
is our job as women to make our own children understand who
we are and that that will always be the ownership of the Métis
Nation.
En ce qui concerne l’appartenance et la citoyenneté, les Métis
ont toujours été très clairs en ce qui concerne qui nous sommes et
quels sont nos intérêts. Comme l’a dit M. Chartier, cela a été
appuyé par les décisions de la Cour suprême. Il est important que
le comité accepte et reconnaisse que nos ancêtres nous ont
transmis leurs traditions. Il est de notre devoir, en tant que
femmes, de veiller à ce que nos enfants comprennent qui nous
sommes et que cela appartiendra toujours à la nation métisse.
President Chartier made some recommendation, and we also
support those.
Le président Chartier a fait un certain nombre de
recommandations, et nous les appuyons.
In closing, I want to thank each of you for taking the time to
address our issues. This may be the first time since the great
debate that followed the Riel resistance at Batoche that a
parliamentary committee has focused specifically on the rights
of the Metis people of Canada.
J’aimerais, pour conclure, remercier chacun d’entre vous de
prendre le temps de vous pencher sur les questions qui nous
préoccupent. C’est peut-être la première fois depuis le grand débat
qui a suivi la résistance de Riel à Batoche qu’un comité
parlementaire s’intéresse tout particulièrement aux droits du
peuple métis du Canada.
The Chair: President Chartier, do you know why you were left
out of the apology? Is it for legal reasons? I believe you are a
lawyer by profession. Was this not a provincial school? Maybe
you can explain to us why you believe the apology was not made
to the students of Île-à-la-Crosse, where you attended. It is
important that we clarify this if we can.
Le président : Monsieur Chartier, savez-vous pourquoi vous
avez été exclus des excuses présentées par le gouvernement? Étaitce pour des raisons juridiques? Je crois savoir que vous êtes avocat
de formation. N’était-ce pas une école provinciale? Vous pourriez
peut-être nous expliquer pourquoi vous pensez que les excuses
n’englobaient pas les étudiants du pensionnat d’Île-à-la-Crosse,
que vous avez fréquenté. Il est important que nous tirions cela au
clair, si la chose est possible.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:15
Mr. Chartier: If we can, yes. I do have a law degree and I am a
member of the Saskatchewan bar, although I have not practised
other than in work of this nature.
M. Chartier : Si la chose est possible, oui. J’ai bel et bien un
diplôme en droit et je suis membre du barreau de la
Saskatchewan, bien que je n’aie pas exercé autrement que dans
le cadre de travail comme celui que je fais maintenant.
The Chair: I heard you were so good that you did not have to
practise.
Le président : J’ai entendu dire que vous étiez si doué que vous
n’aviez pas à exercer.
Mr. Chartier: That is not likely.
M. Chartier : Cela est peu probable.
It is a difficult situation. The school at Île-à-la-Crosse is one of the
oldest in Canada, if not the oldest. It dates from the late 1800s.
Initially it was for Metis as well as the Cree and the Dene of the area.
After the treaty was signed in 1906 and the institution burned down,
a division took place. A new school was built at Beauval, down the
river, where the new treaty kids went, and the Metis remained at the
new school at Île-à-la-Crosse. That school remained under the policy
developed by the federal government. The government asked
Nicholas Flood Davin to study industrial schools in the United
States with the purpose of seeing how that model could be emulated
in Canada for the Metis and the half-breeds.
C’est une situation difficile. L’école à l’Île-à-la-Crosse est l’une
des plus anciennes, sinon la plus ancienne, au Canada. Elle remonte
à la fin des années 1800. Au départ, elle devait accueillir les Métis
ainsi que les Cris et les Dénés de la région. Après la signature du
traité en 1906 et l’incendie qui a détruit l’institution, une division est
survenue. Une nouvelle école a été construite à Beauval, un peu plus
loin le long de la rivière, et celle-ci a été fréquentée par les enfants
nouvellement reconnus en vertu du traité, tandis que les Métis ont
fréquenté la nouvelle école de l’Île-à-la-Crosse. Cette école a
continué de relever de la politique élaborée par le gouvernement
fédéral. Le gouvernement a demandé à Nicholas Flood Davin
d’étudier les écoles industrielles aux États-Unis dans le but de
déterminer si ce modèle pourrait être adopté au Canada pour les
Métis et les personnes de sang mêlé.
In the end, after its disposition of the Metis by the scrip and
other processes, the federal government decided to wash its hands
of the Metis. As a consequence, most of the missions were not
provided monies directly for Metis students, even those who
happened to go to an Indian residential school, and there were
several hundreds of those.
Au bout du compte, après avoir réglé le cas des Métis en ayant
recours aux certificats et d’autres mécanismes, le gouvernement
fédéral a décidé de se laver les mains des Métis. En conséquence,
la plupart des missions ne se sont pas vu verser directement de
l’argent pour les étudiants métis, même pas pour ceux qui
fréquentaient un pensionnat indien, et il y en avait plusieurs
centaines dans ce cas.
To those schools that were strictly for Metis and Indian people
not recognized by the Indian Act, and there are several hundreds
of those as well now not covered by Bill C-31, the federal
government provided some resources. It is our understanding that
at Île-à-la-Crosse the federal family allowance was directed to the
mission to take care of the children there. The federal government
did provide some assistance, but I do not have all the details.
Le gouvernement fédéral a versé certaines ressources aux écoles
qui étaient réservées strictement aux Métis et aux Indiens non
reconnus par la Loi sur les Indiens, et il y en a encore aujourd’hui
plusieurs centaines à qui le projet de loi C-31 ne donne aucune
protection. D’après ce que nous avons compris, l’allocation
fédérale familiale en ce qui concerne l’Île-à-la-Crosse a été versée à
la mission pour qu’elle s’occupe des enfants vivant sur place. Le
gouvernement fédéral a offert une certaine aide, mais je n’en
connais pas tout le détail.
It is true that, as with everything else up until this date, the
federal government did not include the Metis in the general
relationship and payments they made to institutions or church
entities that housed treaty Indian kids or status Indian kids
specifically.
Il est vrai que jusqu’à cette date, comme dans le cas de tout le
reste, le gouvernement fédéral n’a pas inclus les Métis dans la
relation générale et les paiements versés aux institutions ou aux
entités religieuses qui abritaient comme pensionnaires des enfants
Indiens visés par des traités ou des enfants indiens inscrits.
The federal government is still the Government of Canada. The
federal government is still the one that came up with this policy.
Regardless of who applied the policy to the Metis in whichever
school it was, it was under that same policy; it was the policy of
assimilation. The federal government has a responsibility under
section 91.24 for all Aboriginal Peoples. The term is ‘‘Indian,’’ but
in the generic sense it includes all Aboriginal peoples.
Le gouvernement fédéral demeure le gouvernement du Canada.
Le gouvernement fédéral est celui qui a établi cette politique. Peu
importe qui a appliqué cette politique aux Métis dans quelque
école que ce soit, c’était la politique, et c’était une politique
d’assimilation. Le gouvernement fédéral est responsable de tous
les peuples autochtones en vertu de l’article 91.24. Le terme est
« Indiens », mais cela englobe tous les peuples autochtones selon
le sens générique donné au terme.
18:16
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Hopefully the case that the Congress of Aboriginal Peoples
initiated and argued, the decision on which is now being awaited,
will make it very clear that the federal government does have the
responsibility, jurisdiction and fiduciary duty to deal with all
Aboriginal peoples. The fact that the federal government did not
give as much money to churches for Metis children as it did for
treaty kids does not absolve them of responsibility. Again, it is
still the government of the day, and it is responsible for the peace,
order and good government of this country.
Il est à espérer que l’action lancée et défendue par le Congrès
des Peuples Autochtones, et dont la décision est attendue, établira
très clairement que le gouvernement fédéral a bel et bien la
responsabilité, la compétence et le devoir fiduciaire de traiter avec
tous les peuples autochtones. Le fait que le gouvernement fédéral
n’ait pas versé autant d’argent aux églises pour les enfants métis
que pour les enfants visés par des traités ne lui enlève pas sa
responsabilité en la matière. Encore une fois, il est toujours le
gouvernement du jour, et il est responsable de la paix, de l’ordre et
du bon gouvernement de ce pays.
If the government allowed a religious institution to wreak havoc
on children, to suffer children with physical, sexual, mental and
other abuses, they should not be absolved of their responsibility for
that because they did not give very much money for the purpose.
Si le gouvernement a permis qu’une institution religieuse
s’abatte sur des enfants, leur inflige des abus physiques, sexuels,
mentaux et autres, il ne devrait pas être déchargé de sa
responsabilité à cet égard du fait qu’il n’a pas consacré un gros
investissement financier.
I do not have the apology in front of me, but it was made to the
students of Indian residential schools. By definition, we are
excluded from the settlement agreement. We must then be
excluded from the apology if it only covers those who attended
Indian residential schools. I have been raising that, and no one
has convinced me that we are included.
Je n’ai pas devant moi le texte où le gouvernement présente des
excuses, mais celles-ci ont été présentées aux élèves des
pensionnats indiens. Nous sommes, par définition, exclus de
l’accord de règlement. Nous devons donc être exclus des excuses,
si celles-ci ne couvrent que ceux et celles qui ont fréquenté les
pensionnats indiens. Je soulève le problème, mais personne ne m’a
encore convaincu que nous sommes inclus.
The settlement agreement clearly does not include us. The
apology was based on the settlement agreement, and the truth and
reconciliation mandate was based on the settlement agreement.
L’accord de règlement ne nous inclut clairement pas. Les
excuses s’appuyaient sur l’accord de règlement, et le mandat de la
Commission de vérité et de réconciliation était fondé sur la
convention de règlement.
We find ourselves, at least in our view, excluded from all three
of those but for the few who did attend an Indian residential
school. They, of course, are covered. It does not depend on race.
In that case, there are several Caucasians who have also received
compensation because they happened to go to an Indian
residential school. Metis that also went are covered and have
been dealt with, but the vast majority have not been dealt with to
this date.
Nous nous trouvons ainsi, en tout cas selon nous, exclus de ces
trois mécanismes, exception faite de ceux qui ont fréquenté un
pensionnat indien. Ces derniers sont, bien sûr, couverts. Ce n’est
pas fonction de la race. Il y a, en effet, plusieurs personnes de race
blanche qui ont été dédommagées pour avoir fréquenté un
pensionnat indien. Les enfants métis ayant fréquenté un
pensionnat sont eux aussi couverts et on a traité de leur cas,
mais la très grande majorité des Métis attendent toujours.
The Chair: Thank you.
Le président : Merci.
Senator Munson: Thank you for being here. I was struck by a
couple of paragraphs in your speech that are of everyday interest
to all of us, particularly the Northern Gateway pipeline and the
hearings that are going on and the process that is under way in
dealing with that, particularly with our budget implementation
bill that will now come before the Environment Committee and
other committees in the Senate.
Le sénateur Munson : Merci d’être ici. J’ai été frappé par un ou
deux paragraphes dans votre déclaration qui concernent des
questions d’intérêt courant pour nous tous, notamment l’oléoduc
Northern Gateway et les audiences en cours, et le processus les
entourant, notamment le projet de loi d’exécution du budget dont
vont maintenant traiter le Comité de l’environnement et d’autres
comités sénatoriaux.
It was mentioned that, in the application of the Crown’s duty to
consult and accommodate and its delegation of these obligations to
the proponents of major economic projects, the federal approach to
the Metis people is, again, haphazard. You say that the result is that
industry routinely ignores or heavily discounts your interests in the
planning of major projects throughout your homeland, as is the
case with the proposed Northern Gateway pipeline.
Il a été mentionné qu’en déléguant à des promoteurs de projets
économiques majeurs l’obligation de consultation et
d’accommodement qui lui incombe, le gouvernement fédéral a,
une fois de plus, adopté envers le peuple métis une approche
désordonnée. Vous affirmez qu’en contrepartie, l’industrie ignore
continuellement ou néglige fortement vos intérêts dans la
planification de projets majeurs à la grandeur de vos terres
traditionnelles, comme c’est le cas dans le cadre du projet
d’oléoduc Northern Gateway.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:17
Could you offer us some of the rationale behind this statement
on part of the process? Are you saying that the Metis are not
being consulted? Are you saying that the Metis who live in the
area want to work with and be part of this pipeline, or do you
oppose the pipeline?
Pourriez-vous nous expliquer ce qui vous amène à dire cela?
Êtes-vous en train de dire que les Métis ne sont pas consultés?
Êtes-vous en train de dire que les Métis habitant la région
concernée veulent travailler sur le pipeline et participer au projet,
ou bien qu’ils s’opposent au pipeline?
Mr. Chartier: I will start with a general statement, and then
Ms. Omeniho will conclude because she is more intimately
involved with this on the ground.
M. Chartier : Je vais commencer par faire une déclaration
générale, après quoi Mme Omeniho pourra intervenir, car elle est
plus intimement intéressée par le projet, sur le terrain.
The situation is that the Metis in Alberta and British Columbia
have been invited by Enbridge to participate. However, the Metis
in Alberta and the Metis in British Columbia are treated each
respectively as one community, whereas each Indian reserve is
treated separately. The number of Metis communities or villages
or sites or locals, as we call them if they are in a major city, are not
dealt with in the same way.
La situation est la suivante. Les Métis de l’Alberta et de la
Colombie-Britannique ont été invités à participer par Enbridge.
Cependant, ces Métis sont traités, dans chaque province, comme
une seule et même collectivité, tandis que chaque réserve indienne
est traitée séparément. Les collectivités, villages, sites ou
associations locales métis, comme nous les appelons lorsqu’elles
font partie d’une grande ville, ne sont pas traités de la même façon.
To date, I not heard of any opposition to the Northern
Gateway. In fact, we had a Metis economic development
symposium in Grand Prairie in March where we invited
industry, including Enbridge. There was a panel on this
particular topic, and our own leadership from British Columbia
and Alberta addressed these. I think what is being sought is fair
and equitable participation and access to whatever benefits are
there, but not at any cost. The environmental issues will need to
be looked at, and there has to be a balance. That is being worked
on at the ground level. At the national level, we lend support and
we advocate with respect to their positions, but they have on-theground determinations of how they will proceed.
Je n’ai, à ce jour, entendu aucune opposition à l’oléoduc
Northern Gateway. De fait, nous avons tenu, en mars, à Grand
Prairie, un symposium métis sur le développement économique,
auquel nous avons invité l’industrie, y compris Enbridge. Il y a eu
un panel qui a discuté précisément de cette question, et nos
propres leaders de la Colombie-Britannique et de l’Alberta en ont
parlé. Je pense que ce que nous recherchons est une participation
juste et équitable et un accès aux bienfaits découlant du projet,
mais pas à n’importe quel coût. Il importera d’examiner les
questions environnementales, et il doit y avoir un équilibre. Nous
y œuvrons, sur le terrain. Au niveau national, nous offrons notre
appui et préconisons le respect des positions adoptées, mais il
s’agira de déterminer sur le terrain la façon de procéder.
Ms. Omeniho is actually working on this, so she can add
more detail.
Mme Omeniho œuvre concrètement à ce dossier, alors elle
pourra vous donner plus de détails.
Ms. Omeniho: Thank you for the question. With the Northern
Gateway project specifically, I do work directly with the economic
development corporation within Alberta that has been given the
responsibility of doing the duty to consult process with Enbridge.
We have been involved since 2002.
Mme Omeniho : Merci de la question. En ce qui concerne plus
particulièrement le projet d’oléoduc Northern Gateway, je travaille
directement en Alberta avec la société de développement
économique qui a été chargée de s’occuper, avec Enbridge, du
processus de l’obligation de consulter. Nous y sommes engagés
depuis 2002.
The reality is that what we are asking for is that we be given the
same equitable and fair process. Even at the federal government
level, there have been no policies developed around the
consultation and how corporations should consult with Metis,
so we have not been given equal presentation to be able to do the
environmental assessments and to be able to do the ATKs and
things that are necessary for us to even be able to make a fair
presentation to our communities on whether or not they are for or
opposed or if this directly affects or impacts them.
En réalité, nous demandons qu’on nous accorde le même
processus juste et équitable. Même au niveau du gouvernement
fédéral, aucune politique n’a été élaborée pour les consultations et la
façon dont les entreprises devraient consulter les Métis. Nous
n’avons donc pas eu les renseignements nécessaires pour faire les
évaluations environnementales, les études mettant à profit les
connaissances traditionnelles autochtones et exécuter les autres
tâches nécessaires pour présenter à tout le moins un exposé équilibré
à nos communautés de façon à les informer sur l’incidence directe
des projets sur elles et à les aider à déterminer si elles s’opposent ou
non à ces projets.
In fairness, we needed to be given the opportunity to be able to
put forward an argument as to whether or not this is economically
beneficial to our communities or that the detriment outweighs the
benefits. Those kinds of opportunities, even to this day, have not
been followed through.
En toute justice, nous devons avoir la possibilité d’expliquer à
nos collectivités si les projets prévus sont bénéfiques pour elles sur
le plan économique ou si les inconvénients l’emportent sur les
avantages. Or, nous ne sommes toujours pas en mesure
d’expliquer ces choses à nos collectivités.
18:18
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Some of the most historical Metis communities in Alberta are
going to be directly impacted. Some of those communities still to
this day live very culturally and have not had a lot of industrial
turmoil brought into their communities that will impact it in the
same way that this pipeline is. They need to be given the
opportunity to assess how they best should move forward.
Certaines des plus anciennes communautés métisses en Alberta
vont être directement touchées. Certaines vivent encore
aujourd’hui selon leurs coutumes ancestrales et n’ont pas encore
beaucoup vécu les bouleversements industriels semblables à ceux
que ce pipeline apportera. Elles doivent avoir la possibilité de
déterminer ce qui est dans leur intérêt pour le futur.
Even when it comes to offering equity pieces that were offered
to First Nations people, we have not been given the same share
structures and opportunities. Enbridge has not felt the same need
to engage with the Metis as they have the First Nations because
there are no policies. There are no Haida Supreme Court of
Canada decisions for the Metis, so we have been treated
differently. That continues to this day.
Et même si des mesures d’équité ont été offertes aux membres
des Premières nations, on ne nous a pas proposé les mêmes
structures et possibilités de communication. Enbridge n’a pas
ressenti le même besoin de s’engager auprès des Métis, comme elle
l’avait fait auprès des Premières nations, parce qu’il n’y a aucune
politique en vigueur. Il n’y a pas pour les Métis de décisions de la
Cour suprême comme celle visant la nation haïda, et c’est
pourquoi nous avons été traités différemment. Cela perdure
encore aujourd’hui.
As of yesterday, as I advised you, we received an email that we
now have to defend our position as to why it is that Metis should
even be offered intervenor status and why we should have the
ability to represent our people within the Joint Review Panel
process.
Tout juste hier, comme je vous l’ai dit, nous avons reçu un
courriel nous signifiant qu’il nous faudra maintenant expliquer
pourquoi nous faisons valoir que les Métis devraient avoir le
statut d’intervenant et que nous devrions pouvoir représenter les
nôtres à l’intérieur du processus de la Commission d’examen
conjoint.
Senator Munson: In your estimation, then, what will it take to
get Enbridge and the government to a bigger table to get this
intervention status? This is a massive project that has economic
benefits but environmental concerns.
Le sénateur Munson : Que faudra-t-il donc, selon vous, pour
amener Enbridge et le gouvernement à vous accueillir comme
intervenants dans le processus? Il est question ici d’un projet
gigantesque, qui produira des bienfaits économiques, mais qui
soulève en même temps des préoccupations environnementales.
Ms. Omeniho: I think the federal government needs to work
with even the provincial governments to develop a Metis
consultation policy in a regulatory process.
Mme Omeniho : Je pense qu’il faudrait déjà que le gouvernement
fédéral élabore avec les gouvernements provinciaux une politique
consultation des Métis dans le cadre d’un processus réglementaire.
Senator Munson: If that does not happen?
Le sénateur Munson : Et si cela n’arrive pas?
Ms. Omeniho: I think the Metis will be excluded, as they are
from many things.
Mme Omeniho : Je pense que les Métis seront exclus, comme
ils le sont de beaucoup de choses.
Senator Meredith: Supplementary to that, here is a huge project
that is going on within the community, and I am curious as to the
objections. Why are they not wanting you to participate? What
are some of the reasons that they are giving? I think it is
important that all communities be consulted in ensuring that
there is a smooth transition and process in terms of the economic
benefits of this pipeline going through your communities. What
are some of those objections?
Le sénateur Meredith : J’aimerais poser une question
supplémentaire, car il s’agit d’un projet énorme qui intéresse la
communauté, et je suis curieux de connaître les objections.
Pourquoi ne veulent-ils pas que vous participiez? Quelles raisons
donnent-ils? Je pense qu’il est important que toutes les
communautés soient consultées, pour une transition et un
processus harmonieux concernant les retombées économiques de
ce pipeline qui doit traverser vos collectivités. Quelles sont
certaines de ces objections?
Ms. Omeniho: I do not know that Enbridge actually gives us
objections. What we have put forward to Enbridge, and we had a
meeting two weeks ago with them, is to identify to them the
significance of how it relates to us.
Mme Omeniho : Je ne saurais dire si Enbridge a des en fait des
objections à notre endroit. Nous avons rencontré les représentants
de cette société il y a deux semaines pour leur faire connaître
l’importance des répercussions du projet sur nous.
This pipeline actually goes right through Alberta and B.C.,
which is a historical part. It goes from Bruderheim, Alberta, right
through to Kitimat. I do not know if you are familiar with that
area. Many of those communities are like the community of
St. Albert and Lac Ste. Anne. They are very historical Metis
communities that were part of the development of Western
Ce pipeline va en vérité carrément traverser l’Alberta et la
Colombie-Britannique, et une partie de notre territoire historique.
Il ira de Bruderheim, en Alberta, jusqu’à Kitimat. Je ne sais pas si
vous connaissez cette région. Nombre des communautés
concernées ressemblent à St. Albert et à Lac Ste. Anne. Il s’agit
de communautés métisses très anciennes, qui ont participé au
16-5-2012
Peuples autochtones
18:19
Canada. Many of our people in those communities are, for the
most part, majority Metis people. That pipeline is going directly
through them.
développement de l’Ouest canadien. Nombre de ces communautés
ont une population majoritairement métisse. Ce pipeline va
carrément traverser ces communautés.
Enbridge has not given us a reason why they will not fund us
for ATK studies.
Enbridge ne nous a donné aucune raison pour laquelle elle se
refuse à financer des études mettant à profit les connaissances
traditionnelles autochtones.
At this point, I want to say this: As a Metis person who has
been working on this file since 2002, I do not always know that it
is always industry’s responsibility to pay for all of these things. I
recognize that the Crown has passed on their obligations to these
industries, but Enbridge, much like any industry, is here to make
money. They are not here to fund Aboriginal projects, as they see
it. In fact, some of their lawyers, when we have gone to different
processes, have told us that what Aboriginal people do to industry
to help get them funded for things like ATK studies is close to
extortion. They do not understand that as long as we do not have
the capacity to participate, we cannot fulfil the responsibility we
have to ensure that our communities are protected and that they
get the best opportunity they can to enjoy the same benefits that
other people want.
J’aimerais quelque chose à ce stade-ci dire : en tant que Métisse
mêlée au dossier depuis 2002, je ne suis pas toujours convaincue
que c’est toujours à l’industrie de payer pour toutes ces choses. Je
conviens que la Couronne a transféré ses obligations à ces
sociétés, mais Enbridge, à la manière de toute entreprise, est là
pour faire de l’argent. Elle ne considère pas avoir la mission de
financer des projets autochtones. De fait, certains de ses avocats,
lorsque nous avons recouru à différents processus, nous ont dit
que ce que les Autochtones font à l’industrie, pour essayer
d’amener cette dernière à financer des choses comme des études
faisant appel aux connaissances traditionnelles autochtones, est
assimilable à de l’extorsion. Ils ne comprennent pas que, tant et
aussi longtemps que nous n’avons pas la capacité de participer,
nous ne pouvons pas nous acquitter de la responsabilité qui nous
revient de veiller à ce que nos communautés soient protégées et à
ce qu’elles aient les meilleures possibilités de jouir des mêmes
avantages que d’autres souhaitent avoir.
Mr. Chartier: Could I add to that answer? Ms. Omeniho has
answered it well, but I think it goes deeper than that. That is what
I tried to address in my intervention. It is systemic, ingrained and
institutionalized when it comes to the Metis. The whole position
has been that Metis have no rights. If Metis ever had rights, they
no longer have them because of extinguishment of Aboriginal title
to land and resources. We have been living this for a very long
time, well before I was born, and that was quite a while ago.
M. Chartier : Puis-je ajouter quelque chose en réponse à la
question? Mme Omeniho a bien répondu, mais je pense que cela
va plus loin encore. J’ai essayé de traiter de cela dans mon
intervention. L’attitude à l’égard des Métis est systémique,
enracinée et institutionnalisée. Toute la position a été que les
Métis n’ont aucun droit. Si les Métis en ont un jour eu, ils ne les
ont plus, à cause de l’extinction de leur titre ancestral à l’égard des
terres et des ressources. Nous vivons cela depuis très longtemps,
depuis bien avant ma naissance, qui n’est pas toute récente.
It has only really been since 1982 that governments have given
more attention to Metis rights. Industry is still quite a ways
behind that. It is only with the success of the court cases,
especially around hunting and fishing, that we have been
successful in Saskatchewan, Alberta and Manitoba and, with
the Powley case, in Ontario. That has elevated the profile of the
Metis as a rights-bearing people, since 2003 at least. That is taking
a long time to go in. We do not have any land base except in
Alberta, where eight Metis settlements were set aside by the
provincial government in 1938. But for that, we are a landless
people. Industry does not take us seriously because they do not
see themselves traveling across traditional Metis territories
because they say we have no rights.
Ce n’est en réalité que depuis 1982 que les gouvernements
accordent davantage d’attention aux droits des Métis. L’industrie
accuse toujours un retard considérable par rapport à eux. Ce n’est
qu’avec l’aboutissement d’affaires portées devant les tribunaux,
relativement, surtout, à la chasse et à la pêche, que nous avons
obtenu des succès en Saskatchewan, en Alberta et au Manitoba;
en Ontario, il y a eu l’affaire Powley. Ces décisions des tribunaux
ont élevé le profil des Métis à celui d’un peuple titulaire de droits,
en tout cas depuis 2003 au moins, mais cela commence à faire
maintenant longtemps que nous attendons. Nous n’avons aucune
assise territoriale, sauf en Alberta, où huit établissements métis
ont été réservés en 1938 par le gouvernement provincial. Mais à
cette exception près, nous sommes un peuple sans terre.
L’industrie ne nous prend pas au sérieux; elle ne considère pas
traverser des territoires métis traditionnels, car elle prétend que
nous n’avons aucun droit.
On the other hand — and good for them — First Nations have
the treaties that were entered into. They have reserves that they
live on. Also, they have the Natural Resources Transfer
Agreements, from 1930, when the provinces had transferred to
them, from the feds, the provincial lands that the federal
government kept in 1869-70, when Manitoba entered into
D’un autre côté — et bravo pour elles —, les Premières nations
ont des traités signés. Elles ont les réserves dans lesquelles elles
vivent. Elles ont également les Accords de transfert des ressources
naturelles de 1930, conclus lorsque les provinces se sont vu
transférer, par le fédéral, les terres provinciales que le
gouvernement fédéral avait conservées en 1869-1870, à l’entrée
18:20
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Confederation. The treaty Indian people, especially on the
Prairies, have a lot going for them, which is a good thing. We
do not have that. We are viewed as on the margins, and we are
treated that way still. We need to get above that, and we are
hoping that this study will help us to do that.
du Manitoba dans la Confédération. Les Indiens des traités,
notamment dans les Prairies, jouissent de beaucoup d’avantages,
ce qui est une bonne chose. Nous, nous ne sommes pas dans la
même situation. On considère que nous vivons en marge, et c’est
encore aujourd’hui comme cela que nous sommes traités. Il nous
faut pouvoir surmonter cela, et nous espérons que cette étude
nous y aidera.
Senator Raine: This is a supplemental question as well.
Ms. Omeniho, in your statement you mentioned that one of the
problems with the Enbridge consultation is that the Metis have
been expected to be dealt with as a whole rather than as individual
communities.
Le sénateur Raine : J’ai moi aussi une question supplémentaire.
Madame Omeniho, dans votre déclaration, vous avez mentionné
que l’un des problèmes en ce qui concerne la consultation menée
par Enbridge tient à ce qu’on s’attend à traiter les Métis
collectivement, considérant qu’ils ne forment qu’un seul groupe,
sans tenir compte des communautés distinctes.
In the individual communities that you mentioned, St. Albert
and Lac Ste. Anne, for instance, I presume that they elect a mayor
and have a municipal organization and that those two
communities would be able to have intervenor status in the
pipeline hearings. Am I correct, or are they excluded because
50 per cent of their populations are Metis?
Pour citer deux des collectivités que vous avez mentionnées,
St. Albert et Lac Ste. Anne, par exemple, je présume qu’elles
élisent un maire et ont une organisation municipale et que ces
deux collectivités pourraient donc avoir un statut d’intervenant
dans les audiences sur le pipeline. Ai-je raison, ou bien sont-elles
exclues du fait que 50 p. 100 de leurs habitants soient des Métis?
Ms. Omeniho: They do not have the capacity within those
communities. First, there are municipal governments within
Alberta that represent the average Albertan. I am not sure what
their position is on any of these matters. Most of the municipal
governments are very pro-Enbridge and Northern Gateway
because it will bring additional tax dollars into their
communities, which they very much need to operate.
Mme Omeniho : Cette capacité n’existe pas à l’intérieur de ces
collectivités. Premièrement, il y a, en Alberta, des administrations
municipales qui représentent l’Albertain moyen. J’ignore quelle
est leur position relativement à l’une ou l’autre de ces questions.
La plupart des municipalités sont très favorables à Enbridge et au
projet d’oléoduc Northern Gateway, car celui-ci leur procurera
des recettes fiscales supplémentaires, dont elles ont beaucoup
besoin pour fonctionner.
As for the Metis communities themselves, they do have some
organizational groups that are all part of the Métis Nation of
Alberta, but none of them have the ability or capacity. We have
engaged with them. None of them have their own capacity to be
able to even begin to apply for intervenor status.
Pour ce qui est des communautés métisses elles-mêmes, elles
ont des organisations qui font tous partie de la Nation métisse de
l’Alberta, mais aucune d’entre elles ne dispose des compétences ou
des moyens requis. Nous nous sommes entretenus avec elles.
Aucune d’entre elles ne possède les capacités requises ne serait-ce
que pour demander le statut d’intervenant.
To apply for intervenor status as the Métis Nation of Alberta,
it cost us several thousands of dollars to actually put forward the
proposals and to become part of the Canadian environmental
assessment process so that we could even be part of the
intervenors at the Joint Review Panel. Each one of those
communities did not have thousands of dollars that they could
resource to be able to apply. It becomes a very expensive process.
Notre demande de statut d’intervenant, en tant que membre de
la Métis Nation of Alberta, nous a coûté plusieurs milliers de
dollars, ce, simplement pour déposer les propositions et participer
au processus canadien d’évaluation environnementale, afin de
compter parmi les intervenants auprès de la Commission
d’examen conjoint. Chacune de ces communautés ne disposait
pas de milliers de dollars dans lesquels puiser pour pouvoir faire
une demande. Cela devient un processus très coûteux.
Senator Raine: You are saying that neither of those two
communities has intervenor status even though the pipeline goes
right through their communities. Is Enbridge looking at assisting
them to be at the table and be heard from?
Le sénateur Raine : Vous dites que ni l’une ni l’autre de ces
deux communautés n’a eu le statut d’intervenant, même si le
pipeline les traverse carrément. La société Enbridge envisage-t-elle
de les aider pour qu’elles puissent s’asseoir à la table et se faire
entendre?
Ms. Omeniho: That was what our meeting two weeks ago was
about. We have requested the supports and resources necessary to
do proper consultation and traditional knowledge studies in those
areas so that those communities will know how this will impact or
affect them and so that they can also begin to negotiate set-asides
Mme Omeniho : C’est là-dessus qu’a porté notre réunion il y a
deux semaines. Nous avons demandé l’appui et les ressources
nécessaires pour préparer une consultation en bonne et due forme et
des études mettant à profit le savoir traditionnel dans ces domaines,
afin que ces communautés sachent quelles répercussions le projet
16-5-2012
Peuples autochtones
18:21
or economic opportunities that may benefit those communities.
We have not received a response yet as to what Enbridge is willing
to do.
aura sur elles et puissent également commencer à négocier des
marchés réservés ou des retombées économiques susceptibles d’être
profitables pour elles. Nous n’avons encore reçu aucune réponse
d’Enbridge sur ses intentions.
Senator Raine: When you say ‘‘those communities,’’ do you
mean the town of St. Albert or the Metis people who live in the
town of St. Albert?
Le sénateur Raine : Lorsque vous dites « ces communautés »,
parlez-vous de la municipalité de St. Albert ou des Métis vivant à
St. Albert?
Ms. Omeniho: I mean the Metis people within St. Albert, Lac
Ste. Anne, Gunn, Whitecourt or Blue Ridge. All of those
communities are directly on that pipeline.
Mme Omeniho : J’entends par là les Métis habitant St. Albert,
Lac Ste. Anne, Gunn, Whitecourt et Blue Ridge. Toutes ces
collectivités se trouvent directement le long du pipeline.
The Chair: Do you have a percentage of the people who are
Metis and non-Metis in these communities?
Le président : Connaissez-vous le pourcentage des habitants
métis et non métis de ces collectivités?
Ms. Omeniho: I would only be guessing, but in some of those
communities, like Lac Ste. Anne, because they are very historical
communities, the majority of them are Metis people, who are
landowners within those communities.
Mme Omeniho : Ce n’est qu’une impression, mais dans le cas
de certaines de ces collectivités, comme celle de Lac Ste. Anne
installée là-bas depuis longtemps, la majorité des habitants sont
des Métis, qui sont propriétaires fonciers dans ces collectivités.
The Chair: Senator Meredith, do you have a question?
Le président : Monsieur le sénateur Meredith, avez-vous une
question?
Senator Meredith: Yes. I actually have several, but I will
condense them.
Le sénateur Meredith : Oui. J’en ai en vérité plusieurs, mais je
vais les condenser.
The Chair: I will allow you one now and one on the second round.
Le président : Je vais vous autoriser une question maintenant,
et une autre au tour suivant.
Senator Meredith: I will combine two of the three that I have here.
Le sénateur Meredith : Je vais combiner deux des trois
questions que j’ai.
Mr. Chartier, you mentioned in your presentation: ‘‘Despite
the recognition of the Metis in the Constitution as one of the three
Aboriginal people in Canada and in the Powley decision of the
Supreme Court of Canada, in 2003, as a full-fledged, rightsbearing Aboriginal people, successive federal governments have
maintained that our land rights have been extinguished by law.’’
Monsieur Chartier, vous avez déclaré ceci dans le cadre de votre
exposé : « Bien que la Constitution considère les Métis comme l’un
des trois peuples autochtones du Canada, à l’instar de l’arrêt Powley
prononcé par la Cour suprême du Canada en 2003 et dans le cadre
duquel on considérait que les Métis constituaient un peuple
autochtone à part entière et qu’ils jouissaient de certains droits,
les gouvernements fédéraux qui se sont succédés ont toujours
prétendu que nos droits fonciers avaient été abolis par la loi. »
In what ways, if any, does the suggested contemporary land
claims agreement differ from the previous abrogated agreement
set out in the Manitoba Act of 1870? What impacts will be felt
with the upcoming Supreme Court ruling on the rights of the
Metis and the rulings of the Manitoba Court of Appeal?
En quoi l’actuel projet de règlement des revendications
territoriales diffère-t-il, si même c’est le cas, de l’accord
antérieur abrogé, énoncé dans la Loi de 1870 sur le Manitoba?
Quelles seront les conséquences de la décision prochaine de la
Cour suprême relativement aux droits des Métis et des arrêts de la
Cour d’appel du Manitoba?
Mr. Chartier: Could you briefly repeat the first question?
M. Chartier : Pourriez-vous répéter brièvement la première
question?
Senator Meredith: In what ways does the suggested
contemporary land claims agreement differ from the previous
abrogated land claims agreement? What is the impact of the
upcoming court ruling?
Le sénateur Meredith : En quoi le règlement des revendications
territoriales proposé diffère-t-il du règlement des revendications
territoriales antérieur abrogé? Quelle sera l’incidence de la
décision prochaine de la cour?
Mr. Chartier: It is our position that the government’s attempt at
extinguishment of our rights was a dismal failure for a number of
reasons. The Manitoba Metis Federation is currently fighting the
Manitoba Act, section 31, in the courts. We are awaiting a decision
from the Supreme Court of Canada. It will answer that issue.
M. Chartier : Notre position est que la tentative du
gouvernement visant à éteindre nos droits a été un échec
lamentable, et ce, pour plusieurs raisons. La Fédération des Métis
du Manitoba conteste présentement devant les tribunaux l’article 31
de la Loi sur le Manitoba. Nous attendons une décision de la Cour
suprême du Canada. Cela viendra régler la question.
18:22
Aboriginal Peoples
16-5-2012
In terms of outside of the original postage-stamp province of
Manitoba, we are dealt with by another process, a scrip, where
Metis were supposedly given lands under individual ownership,
toward the extinguishment of the Indian title, but that was such a
sham, so vitiated with fraud. We are saying that that was not
capable of extinguishing the right. In 1994, as a test case, we filed
a statement of claim stating our declaration that we still own all of
the land, under Aboriginal title, in northwest Saskatchewan. That
is still in the court system. We are saying that it was a total failure,
but the federal government has taken the position that it was
extinguished. In 1981, they came with the position that our land
rights, wherever we had, were extinguished, even though they
agreed to put section 35 in the Constitution, which talks about the
existing Aboriginal treaty rights. They said, ‘‘Fine, we put Metis
in the Constitution, but you have no rights. They were
extinguished.’’ We are forced to go through the courts. We
tried, through the Constitutional conference process, to address
the need for a land base. Those attempts ended in failure, in 1992,
with the Charlottetown round, where we had some potential
success. We are forced into litigation.
Pour ce qui est de la situation à l’extérieur du territoire original
du Manitoba, grand comme un « timbre-poste », nous sommes
visés par un autre processus, un certificat des Métis, en vertu duquel
des terres à propriété individuelle devaient supposément être cédées
aux Métis, ce, en vue de l’extinction du titre ancestral, mais cela a
été une véritable imposture, entachée de fraude. Ce que nous disons
est que cela ne pouvait pas éteindre notre droit. En 1994, en tant
que cause type, nous avons déposé une demande introductive
déclarant que nous possédons encore la totalité des terres, en vertu
de notre titre ancestral, dans le Nord-Ouest de la Saskatchewan.
Cette cause chemine toujours dans le système judiciaire. Nous
disons que cela a été un échec total, mais la position du
gouvernement fédéral est que ce droit a été éteint. En 1981, le
gouvernement a fait connaître sa position : nos droits territoriaux,
quels qu’ils aient été, étaient éteints, bien qu’il ait convenu d’inclure
dans la Constitution l’article 35 qui parle des droits issus des traités
des peuples autochtones. Il a dit : « Très bien, nous avons inscrit les
Métis dans la Constitution, mais vous n’avez aucun droit. Ceux-ci
ont été éteints. » Nous avons été forcés de recourir aux tribunaux.
Nous avons essayé, au moyen du processus de conférence
constitutionnelle, de faire reconnaître la nécessité d’une assise
territoriale. Ces tentatives se sont soldées par un échec, en 1992,
avec les négociations de Charlottetown, dans le cadre desquelles
nous avions vu se dessiner un succès potentiel. Nous n’avons eu
d’autre choix que de recourir aux tribunaux.
We are now saying, ‘‘Let’s not rely on litigation; let’s move
forward.’’ Hopefully we can move forward on a positive ruling by
the Supreme Court of Canada. The Supreme Court of Canada
will have to deal with some broad principles. For example, in the
Manitoba case, the Court of Queen’s Bench basically ruled on
every aspect against the Metis; every potential legal principle was
against the Metis.
Nous disons maintenant : « Ne comptons pas sur le résultat
des litiges; allons de l’avant ». Nous espérons pouvoir avancer en
nous appuyant sur une décision favorable de la Cour suprême du
Canada. La Cour suprême du Canada devra traiter d’un certain
nombre de principes généraux. Par exemple, dans l’affaire
manitobaine, la Cour du Banc de la Reine a, en gros, rejeté
toutes les demandes des Métis; chaque principe a été prononcé
contre les Métis.
Although the ultimate decision was upheld, the Court of
Appeal did say that Metis did have Aboriginal title in the past; the
Metis were capable of enjoying the federal fiduciary duty or
responsibility; the honour of the Crown applied to the Metis.
However, they did say the issues brought forward by the
Manitoba Metis Federation in terms of what happened to the
section 31 1.4 million acres was not egregious enough to trigger
the fiduciary duty, so they upheld the decision of the Court of
Queen’s Bench.
Même si la décision ultime ait été maintenue, la Cour d’appel a
bien dit que les Métis avaient par le passé joui de droits
ancestraux; que les Métis pouvaient jouir du devoir ou de la
responsabilité fiduciaire du gouvernement fédéral; que l’honneur
de la Couronne s’appliquait aux Métis. Cependant, elle a dit que
les arguments déposés par la Fédération des Métis du Manitoba
sur le sort des 1,4 million d’acres correspondant à l’article 31
n’étaient pas suffisamment forts pour déclencher le devoir
fiduciaire, et c’est ainsi qu’elle a confirmé la décision de la Cour
du Banc de la Reine.
This case has been argued in the Supreme Court of Canada.
The Supreme Court of Canada hopefully will deal with those
principles. If the Supreme Court, at the very least, upholds those
principles that were put forward by the Court of Appeal, it will
alter the relationship between Canada and the Metis.
Cette cause a été plaidée devant la Cour suprême du Canada. Il
est à espérer que la Cour suprême du Canada traitera de ces
principes. Si la Cour suprême confirme au moins les principes qui
ont été énoncés par la Cour d’appel, alors cela modifiera la
relation entre le Canada et les Métis.
I am sure, up until this point, as we saw with the Enbridge
situation, we are just kept on the margins and the government really
does not deal with us unless the courts tell them to like they did in
the Powley case. We are saying, ‘‘Let’s move away from that; let’s
come up with agreements between the Métis Nation and Canada.’’
Je suis certain que, jusqu’à maintenant, comme nous l’avons vu
dans le cas de la situation avec Enbridge, on nous a gardés à l’écart,
et le gouvernement se refuse à traiter avec nous, à moins qu’il n’y
soit ordonné par les tribunaux, comme cela a été le cas dans l’affaire
Powley. Nous disons quant à nous : « Écartons-nous de cela;
négocions des ententes entre la nation métisse et le Canada. »
16-5-2012
Peuples autochtones
18:23
We are hopeful that this body as well will come forth with
recommendations that will address this issue. I have brought
recommendations forward over the last four years as to how this
could be done, including a Metis claims commission or even just a
study of the frauds that took place against the Metis in
dispossession of the lands, a study specifically on that by the
Senate. There are a number of things could be engaged in, but at
the end we are hopeful there will be a collaborative, cooperative
arrangement between the Government of Canada and the Metis.
Nous espérons que le comité produira lui aussi des
recommandations qui traiteront de la question. Cela fait quatre
ans que je dépose des recommandations sur ce qui pourrait être
fait, y compris la création d’une commission des revendications
métisses, voire même une étude des actes de fraude qui ont été
commis à leur encontre en les dépossédant de leurs terres, une
étude sénatoriale spéciale à ce sujet. Il y a plusieurs initiatives qui
pourraient être prises, mais nous comptons qu’il pourrait y avoir,
en bout de ligne, une entente de collaboration, de coopération,
entre le gouvernement du Canada et les Métis.
I will just go back to the 1992 accord. I am sure Senator
St. Germain is aware of those times with the Mulroney
government and the negotiations that took place with the
provinces and the Aboriginal peoples. We had a side agreement
called the Métis Nation Accord, and in it there was an agreement
by the federal government, the provinces, Ontario West to
negotiate a land base with the Metis, with an asterisk for Alberta,
which said they have already provided lands for the Metis. That
was a political opportunity that went by us, but we are still
hopeful we can bring that forward and move forward. Regardless
of extinguishment or non-extinguishment, we are looking at the
basis that as an Aboriginal people we would like a land base like
other Aboriginal peoples for those who care to live on a land base.
It is simply an accommodation of a people, of a nation within this
great state of Canada.
J’aimerais simplement revenir sur l’accord de 1992. Je suis
certain que le sénateur St. Germain se souviendra de cette époque,
qui remonte au gouvernement Mulroney, et des négociations qui
ont eu lieu entre les provinces et les peuples autochtones. Nous
avons obtenu une convention accessoire appelée l’Accord relatif à
la nation métisse, et celui-ci renfermait un engagement par le
gouvernement fédéral et les provinces de l’Ontario et de l’Ouest de
négocier une assise territoriale avec les Métis, avec une mention
particulière pour l’Alberta, disant que cette province avait déjà
cédé des terres aux Métis. Cette percée politique nous a échappé,
mais nous continuons d’espérer qu’il nous sera possible d’y
revenir et d’avancer. Qu’il y ait ou non eu extinction de nos droits,
notre argument est qu’en tant que peuple autochtone, nous
aimerions avoir une assise territoriale comme c’est le cas de tous
les autres peuples autochtones désireux de vivre sur un territoire
qui leur est propre. Il est simplement question de répondre aux
besoins d’un peuple, d’une nation au sein de ce merveilleux État
qu’est le Canada.
Senator Ataullahjan: My question is for Ms. Omeniho. I want
to know: Are women an integral part of the decision making of
the Métis Nation? Are you more involved in certain areas than
others? I am also particularly concerned with the health of women
and children. What is the status of maternal and child health in
the Métis Nation? What are some of the challenges you face?
Le sénateur Ataullahjan : Ma question s’adresse à
Mme Omeniho. La voici : les femmes font-elles partie intégrante
du processus décisionnel de la nation métisse? Intervenez-vous
davantage dans certains domaines que dans d’autres? Je suis tout
particulièrement intéressée par la santé des femmes et des enfants.
Quelle est la situation en ce qui concerne la santé des mères et des
enfants au sein de la nation métisse? Quelles sont certaines des
difficultés auxquelles vous vous trouvez confrontées?
Ms. Omeniho: I did mention and I will tell you that women
make up half of the political decision-making bodies within the
Métis Nation. I do not believe that has been because of their
gender. I believe they have made some tremendous, wonderful
leaders. I sit with some amazing women with great leadership
abilities who have been brought forward. They deal with all
matters and issues within the Métis Nation, and not only genderspecific issues.
Mme Omeniho : J’ai mentionné, et je répéterai, que les femmes
comptent pour la moitié des organes décisionnels politiques au
sein de la nation métisse. Je ne pense pas que cela soit en raison de
leur sexe. Je pense qu’il y a eu, parmi les femmes, de formidables
leaders. Je siège aux côtés de femmes extraordinaires, qui
possèdent de merveilleuses aptitudes pour le leadership, et qui
ont été mises en avant. Elles traitent de toutes les préoccupations
et de tous les dossiers qui occupent la nation métisse, et pas
seulement des questions relatives aux femmes.
The Women of the Métis Nation, which is the organization I
am elected to represent, focuses mostly on issues as a voice for
Metis women. It is not because we do not have female political
representation or that we feel our interests are not addressed
within the Métis National Council. However, there are issues such
as women and families that still are paramount.
L’organisation des Femmes Michif Otipemisiwak, dont on m’a
élue présidente, s’occupe surtout de représenter les femmes
métisses dans les dossiers traités. . Ce n’est pas que nous
n’avons pas de représentation politique féminine ou que nous
estimons que nos intérêts ne sont pas défendus à l’intérieur du
Ralliement national des Métis, mais certaines questions
demeurent qui continuent de l’emporter sur tout le reste,
comme celles intéressant les femmes et les familles.
18:24
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Our children make up way too large a percentage of kids who
are in care. Children and families struggle. There are social issues
that are impacting parts of our community. That is part of what
Women of the Métis Nation want to deal with. In fact, at our last
annual meeting, in March, a committee was developed that will
work on Metis children who have become lost within the systems.
It is called Bringing Home our Children.
Nos enfants comptent pour un pourcentage bien trop élevé des
enfants placés. Les enfants et les familles connaissent des
difficultés. Il y a des phénomènes sociaux qui touchent certains
éléments de notre communauté. C’est en partie de cela que veulent
s’occuper les Femmes Michif Otipemisiwak. De fait, lors de notre
dernière assemblée générale annuelle, tenue en mars, nous avons
créé un comité qui va s’atteler aux problèmes des enfants métis
qui ont été perdus à l’intérieur des différents systèmes. Cette
initiative a été baptisée Bringing Home our Children.
A significant number of Metis kids become a part of things like
institutionalized care, such as group homes, because their families
have fallen apart or failed them in some way. Personally, working
as an advocate for Metis women and children for many years
now, I see that the outcome of generational problems like that will
not be much different from residential school. We need to start
addressing those issues, and we need to become a part of the
solution to help those families.
Un nombre élevé d’enfants métis sont confiés à des services
institutionnalisés, par exemple des foyers de groupe, leur famille
ayant éclaté ou les ayant de quelque manière abandonnés. Dans
mon travail de défense des femmes et des enfants métis, auxquels je
me consacre depuis de nombreuses années maintenant, je constate,
personnellement, que les séquelles des problèmes générationnels de
ce genre ne seront pas très différentes de celles des pensionnats.
Nous devons commencer à nous attaquer à ces problèmes et à faire
partie de la solution, pour venir en aide à ces familles.
Some of our families, though, on the positive side, have
benefited greatly from agreements like we have within the Métis
Nation, such as the martyr agreements that come through human
resource development. If you were to do a statistical analysis you
would find that women often benefit from those opportunities
more often than the Metis men. Metis women will go back to
school and try to attain higher levels of education so they can
support their families.
Du côté positif, cependant, certaines de nos familles ont de
beaucoup bénéficié d’ententes comme celles que nous avons dans
la nation métisse, par exemple les arrangements pour les martyrs
dans le cadre du développement de ressources humaines. Si vous
faisiez une analyse statistique, vous découvririez que souvent ce
sont les femmes qui bénéficient davantage de ces possibilités que
les hommes métis. Les Métisses retournent à l’école et s’efforcent
d’améliorer leur éducation afin d’être en mesure de subvenir aux
besoins de leur famille.
I hope that answered your question.
J’espère avoir répondu à votre question.
Marc LeClair, Bilateral Coordinator, Métis National Council: We
have a situation where we have half a million people, with
250,000 women, thereabouts. At the federal level we had made
some gains in the last 10 years in getting Health Canada to pay
attention to Metis people. Prior to 10 years ago, no one was even
looking at the health status. We spend millions of dollars collecting
data by Statistics Canada and through the Aboriginal Peoples
Survey, but we collect all the data and then no one looks at it. No
one looks at Metis because no one has responsibility for Metis.
Marc LeClair, coordinateur bilatéral, Ralliement national des
Métis : La situation est la suivante : nous sommes un demimillion de personnes, comptant environ 250 000 femmes. Au
niveau fédéral, nous avons fait quelques gains, au cours des
10 dernières années, après avoir obtenu que Santé Canada prête
attention aux Métis. Auparavant, personne ne s’était même
penché sur l’état de santé des nôtres. Statistique Canada dépense
des millions de dollars pour la collecte de données, entre autres
dans le cadre de l’Enquête auprès des peuples autochtones, et
toutes ces données sont recueillies, mais personne ne les examine.
Personne ne se préoccupe des Métis, car personne n’en a la
responsabilité.
At the federal level we started about 10 years ago and even
NAHO, the National Aboriginal Health Organization that just
got axed, along with our health programs were starting to make
gains. On the first level of public policy involvement, find out
what the issues are and raise awareness about the health
conditions. Just ask the question, as you have asked. The
answer we have to give you now is that no one can answer your
question because no one is paying attention.
Au niveau fédéral, nous avons commencé à faire des gains il y a
environ 10 ans, et même l’ONSA, l’Organisation nationale de la
santé autochtone, qui vient tout juste d’être supprimée tout comme
d’autres programmes de santé, commençait, elle aussi, à faire des
gains. Au premier niveau de la politique gouvernementale, il
importe de cerner les problèmes et de sensibiliser les gens à la
situation sur le plan de la santé. Il suffit de poser la question, comme
vous venez de le faire. La réponse qu’il nous faut maintenant vous
donner est que personne ne peut répondre à votre question, car
personne n’y prête attention.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:25
When it comes to Metis it is not only health; it is education and
it is across the board. Some provinces pay attention to it a little
bit, but by and large health and wellness, maternal health, child
rearing, ‘‘It’s the Metis; someone else will deal with it.’’ That is the
public policy reality in Canada today.
Dans le cas des Métis, il n’y a pas seulement la santé dont il
faut s’occuper, mais il y a également l’éducation et tout le reste.
Certaines provinces s’y intéressent un peu, mais, de manière
générale, lorsqu’on parle de la santé et du bien-être, de la santé
maternelle et de la capacité parentale des Métis, elle répondent :
« Cela concerne les Métis; quelqu’un va s’en occuper. » Voilà
quelle est la réalité aujourd’hui au Canada sur le plan de la
politique gouvernementale.
Senator Raine: I was interested in your comments, Mr. Chartier,
on the Gabriel Dumont Institute and the program that they have
called SUNTEP. I presume that is a training program for urban
teachers. It shows the first of more than 1,000 graduates since 1984,
and then you state that it has increased the provincial GDP by
$2.5 billion and provincial government revenue by $1 billion. Can
you explain those figures and how 1,000 graduates can be directly
linked to government revenues of $1 billion? I do not understand
how that works.
Le sénateur Raine : Monsieur Chartier, j’ai été intéressée par
vos commentaires au sujet de l’Institut Gabriel-Dumont et de son
programme appelé SUNTEP. Je présume qu’il s’agit d’un
programme de formation pour enseignants en milieu urbain.
Vous dites qu’il a permis à plus d’un millier d’étudiants de réussir
leurs études depuis 1984, et de hausser, de ce fait, le PIB
provincial de 2,5 milliards de dollars et le revenu du
gouvernement provincial de 1 milliard de dollars. Pourriez-vous
expliquer ces chiffres et comment 1 000 diplômés peuvent être
directement rattachés à 1 milliard de dollars de revenus pour le
gouvernement? Je ne comprends pas comment cela fonctionne.
Mr. Chartier: That makes two of us. Basically, there was a
study done and this is taken from the study. It was released last
year. How they arrived at that, I am not certain. I can give a bit of
a guess.
M. Chartier : Nous sommes deux. En gros, une étude a été
faite et c’est ce qui en est ressorti. Cette étude a été rendue
publique l’an dernier. Quant à savoir comment ses auteurs en sont
arrivés à cette conclusion, je n’en suis pas certain. Je peux essayer
de deviner.
Senator Raine: Maybe it would be good for us to have a look at
the study.
Le sénateur Raine : Il serait peut-être bon que nous examinions
cette étude.
Mr. Chartier: It would be good, yes. I imagine it is also based
on the earning power of these people and the taxes that they pay.
M. Chartier : Oui, ce serait bien. J’imagine qu’on a tenu
compte de la capacité de gains de ces personnes et des impôts
qu’elles payent.
Senator Raine: Sometimes it is a bit of a stretch to say that they
earned this money and taught other people, who earned some more
money and taught still other people. There is a ripple effect.
Education is extremely important; and all Canadians would agree
with that. Obviously, the Metis have a wonderful culture that you
are protecting and celebrating. You have great links between your
communities and your people. However, you are a little bit like the
Aboriginal people in Norway, who live amongst other Norwegians.
Le sénateur Raine : C’est parfois un petit peu exagéré de dire
qu’une personne a gagné tant d’argent et a appris à d’autres, qui
ont gagné davantage d’argent et qui ont encore enseigné à
d’autres. Il y a un effet en cascade. L’éducation est extrêmement
importante, et tous les Canadiens seraient d’accord là-dessus.
Bien sûr, les Métis ont une merveilleuse culture que vous protégez
et célébrez. Vous entretenez des liens formidables entre vos
communautés et votre peuple. Cependant, vous êtes un petit peu
comme les peuples ethniques de Norvège, qui vivent parmi
d’autres Norvégiens.
We had the Sami present not to this committee but to a group
of us at a separate briefing. When I asked what entitlements the
Sami people had in Norway, they were a little taken back. They
said that they have certain rights but as for entitlements, they are
just like all other Norwegians in that they have health, education,
human rights, et cetera. However, they have specific rights to
herd reindeer and some fishing rights for those who live in specific
locations. The Sami, who are spread throughout Norway and are
part of the greater Norwegian population, do not look at it as
what the government will do for them but as what they will do
and how they will connect with their people. They see that as an
obligation for them as Sami people. That comes down to
protecting their language and culture collectively inside the
fabric of Norway. I do not know if you know about the Sami
Un groupe de Lapons a comparu, non pas devant le comité,
mais devant un groupe d’entre nous dans le cadre d’une séance de
breffage distincte. Lorsque j’ai demandé de quels droits jouissent
les Lapons en Norvège, ils ont été un petit peu surpris. Ils ont dit
qu’ils jouissent de certains droits mais que, pour ce qui est de
l’essentiel, ils sont comme tous les autres Norvégiens, en ce sens
qu’ils ont droit à des services de soins de santé, d’éducation, qu’ils
sont protégés par les droits de la personne, et cetera. Ils ont
cependant des droits particuliers en matière de garde de
troupeaux de rennes, et les habitants de certaines zones
jouissent également de certains droits de pêche. Le peuple sami,
qui est dispersé un peu partout en Norvège et qui fait partie de la
population générale norvégienne, ne se demande pas ce que le
gouvernement fera pour lui, mais bien ce qu’il fera, lui, et
18:26
Aboriginal Peoples
16-5-2012
people but I found it extremely interesting. They elect their own
members to Parliament. You can choose to elect your local
representative or to vote for a Sami representative in Parliament.
It was a different way of looking at it.
comment il peut faire le lien avec ses membres. Les Lapons y
voient là une obligation qu’ils ont en tant que peuple sami. Il
s’agit pour eux de protéger leur langue et leur culture
collectivement, à l’intérieur de la société norvégienne. Je ne sais
pas si le peuple sami vous est familier, mais j’ai trouvé cet échange
extrêmement intéressant. Les Lapons élisent leurs propres députés
au Parlement. Vous pouvez choisir d’élire votre représentant local
ou voter pour un représentant sami au Parlement. C’est une façon
différente d’envisager les choses.
I wonder if you know about that model and if you think that
might work in terms of clarifying the Metis’s relationship with
Canada.
Je me demandais si vous étiez au courant de ce modèle et si
vous pensiez que cela pourrait fonctionner, en vue de tirer au clair
la relation qu’entretiennent les Métis avec le Canada.
Mr. Chartier: In the Charlottetown round, there was a lot of
discussion about representation in both houses of Parliament. I
believe that some agreement was arrived at with respect to the
Senate, if I recall correctly. We have discussed the possibility of
representation in Parliament through X number of seats that we
would elect our people to so we would have a voice within
Parliament. The Maori of New Zealand can elect members to
Parliament. They have a choice as to how they will exercise their
vote. It seems to work there, although I have never been there to
study that system. I believe that in the state of Maine they also
have that system. We have looked at it and are not averse to it.
M. Chartier : Lors des négociations de Charlottetown, il a
beaucoup été question de représentation dans les deux Chambres
du Parlement. Si je me souviens bien, une entente est intervenue
en ce qui concerne le Sénat. Nous avons discuté de la possibilité
d’une représentation au Parlement au moyen de X sièges auxquels
nous pourrions élire des nôtres afin d’avoir une voix au
Parlement. Les Maori, en Nouvelle-Zélande, peuvent élire des
députés au Parlement. Ils ont un choix pour la façon d’exercer
leur droit de vote. Cela semble fonctionner là-bas, bien que je n’y
sois jamais allé pour étudier ce système sur place. Je pense qu’un
système semblable est en place dans l’État du Maine. Nous
l’avons examiné et nous n’y sommes pas opposés.
At least since 1982, we have been saying that we are very much
part of the constitutional fabric of Canada — I am talking at least
of the Métis Nation. As a consequence, I have encouraged our
people to seek elected office within legislatures and Parliament.
Although we have the right of self-government and would have
our self-government, it is important that we elect our people to
other levels of government as well, both provincial and federal so
that we are not isolated islands unto ourselves but part of the
fabric of Canada as a whole. The Constitution Act, 1982, made
that possible. We are definitely willing to go beyond that and to
look at direct representation in Parliament.
Depuis au moins 1982, nous disons que nous faisons tout à fait
partie du tissu constitutionnel du Canada — je parle au moins de la
nation métisse. En conséquence, j’ai encouragé les membres de mon
peuple à chercher à se faire élire à des assemblées législatives et au
Parlement. Bien que nous ayons le droit à l’autonomie politique et
souhaiterions avoir notre propre gouvernement, il est important que
nous élisions également des nôtres à d’autres paliers de
gouvernement, tant provincial que fédéral, afin que nous ne
soyons pas des îlots isolés, mais fassions partie de la mosaïque
canadienne dans son entier. La Loi constitutionnelle de 1982 a
rendu cela possible. Nous sommes assurément prêts à aller plus loin
que cela et à avoir une représentation directe au Parlement.
Senator Brazeau: My question is more along the lines of
procedure. Currently, the Minister of Aboriginal affairs is also the
Federal Interlocutor for Métis and Non-Status Indians. Although
the same minister is responsible for both portfolios, it was not
always like that. Having had some experience, I know that dealing
with politicians is often a lot different than dealing with the
bureaucrats who work in those departments. Do you think that
having the Minister of Aboriginal Affairs act as the Federal
Interlocutor for the Métis and Non-Status Indians as well
hampers the process of recognition and being able to effectively
start a real negotiation process with the federal government? Do
you think having the Federal Interlocutor has assisted the Metis
Nation? I am talking about 2012, not when the position was first
established in 1985.
Le sénateur Brazeau : Ma question concerne davantage la
procédure. À l’heure actuelle, le ministre des Affaires autochtones
est également l’Interlocuteur fédéral auprès des Métis et des
Indiens non inscrits. Bien que le même ministre soit responsable
des deux portefeuilles, il n’en a pas toujours été ainsi. Fort de mon
expérience, je sais que traiter avec des politiciens est souvent très
différent que de traiter avec les bureaucrates qui travaillent dans
les ministères. Pensez-vous que le fait que le ministre des Affaires
autochtones agisse également en tant qu’Interlocuteur fédéral
auprès des Métis et des Indiens non inscrits entrave le processus
de la reconnaissance et le lancement concret d’un mécanisme de
négociation avec le gouvernement fédéral? Pensez-vous que
l’existence d’un poste d’Interlocuteur fédéral a aidé la nation
métisse? Je parle de l’année 2012, et non pas de la situation lors de
la création du poste, en 1985.
Mr. Chartier: That is a very good question and not one that I
have given a lot of thought to. The Métis National Council has
been looking primarily at ways to get out of the Office of the
M. Chartier : C’est une très bonne question, mais c’en est une à
laquelle je n’ai pas beaucoup réfléchi. Le Ralliement national des
Métis s’est principalement attaché à chercher des moyens de se
16-5-2012
Peuples autochtones
18:27
Federal Interlocutor to be self-governing and to have a
relationship with Parliament. I believe that when the Minister
of Aboriginal Affairs and Northern Development was given the
mandate to be the Federal Interlocutor, it was a relatively good
step forward. We were apprehensive that we would be
marginalized even more; but the relationship we had with the
Federal Interlocutor did not diminish. It was good in the sense of
having one person deal with all Aboriginal peoples and all
Aboriginal issues, even though they may have been
compartmentalized.
soustraire au Bureau de l’interlocuteur fédéral, afin d’accéder à
l’autonomie gouvernementale et d’entretenir une relation avec le
Parlement. Je pense que lorsque le ministre des Affaires autochtones
et du Développement du Nord canadien s’est vu chargé d’être
l’Interlocuteur fédéral, c’était une initiative relativement positive.
Nous craignions de nous faire marginaliser encore davantage, mais
notre relation avec l’Interlocuteur fédéral n’a pas reculé. C’était une
bonne chose que d’avoir une personne chargée de tous les peuples
autochtones et de tous les dossiers autochtones, même si il y a peutêtre eu compartimentage.
My understanding is that restructuring is taking place based on
the budget and that it will have effects on the Office of the Federal
Interlocutor, as it is constituted. I am not sure to what degree the
minister will be more minister of all Aboriginal affairs and less
interlocutor. I have no idea. It seems structurally that all Aboriginal
peoples are being brought into one department that will have
different sections within. My initial fear is that we will become so
small within the ministry that there will be less attention paid to the
issues we bring forward. However, if we come under the larger
ministry and the minister has more responsibility and the
mechanisms or the apparatus of government, particularly selfgovernment dialogue, is open to us in that way, it would be
welcome. It is still the case, if I am not mistaken, that Aboriginal
peoples are pressing for the space to be self-governing with less and
less federal government administration of their affairs. There is a
move within government to that effect.
D’après ce que je crois comprendre, une restructuration est en
train de survenir sur la base du budget, et cela aura une incidence
sur le Bureau de l’interlocuteur fédéral tel qu’il a été constitué.
J’ignore dans quelle mesure le ministre sera davantage le ministre
des Affaires autochtones et moins l’interlocuteur. Je n’en ai pas la
moindre idée. Il semble que, sur le plan structurel, tous les peuples
autochtones seront visés par un seul et même ministère, qui
comportera différentes sections. Ma crainte initiale est que nous
deviendrons si petits au sein du ministère que l’on s’attardera moins
sur les questions que nous porterons à son attention. Cependant, si
nous devons relever d’un ministère plus étendu, si le ministre a
davantage de responsabilités et si nous avons accès aux mécanismes
ou à l’appareil du gouvernement, en ce qui concerne, surtout, le
dialogue sur l’autonomie gouvernementale, , nous y serons
favorables. À moins que je me trompe, les peuples autochtones
continuent d’insister sur l’autonomie gouvernementale et un recul
continu de l’intervention du gouvernement fédéral dans
l’administration de leurs affaires. Il y a un mouvement au sein du
gouvernement en ce sens.
On that basis, our opportunity to move forward with selfgovernment as the federal government steps back more and more
is more open to us. I see greater opportunities based on that. In a
sense, I welcome it. While I feel a bit of hesitation or
apprehension, in the long run it will be a positive development.
La possibilité de faire avancer notre autonomie politique au fur
et à mesure du retrait du gouvernement fédéral est donc
davantage à notre portée. Je vois se profiler des possibilités plus
grandes. En un sens, j’applaudis à cela. Bien que je ressente un
peu d’hésitation ou d’appréhension, ce sera un développement
positif à long terme.
Senator Brazeau: My follow-up question deals with the Métis
Nation Protocol. As you are well aware, when the Office of the
Federal Interlocutor was created, many bureaucrats who worked in
that department came from the Privy Council Office. Having dealt
with them on non-status issues and Metis issues in my previous
capacity, I always referred to them not as PCO but as PC-no.
Le sénateur Brazeau : Ma question de suivi concerne le
Protocole avec la nation métisse. Comme vous le savez très
bien, lorsqu’a été créé le Bureau de l’interlocuteur fédéral, de
nombreux fonctionnaires travaillant dans le ministère sont venus
du Bureau du Conseil privé. Ayant traité avec eux, dans ma vie
antérieure pour des questions concernant les Métis et les Indiens
non inscrits, j’ai toujours dit d’eux, en anglais, non pas qu’ils
étaient du « PCO », mais qu’ils étaient des « PC-no ».
As you are aware, I led one of the national Aboriginal
organizations that also had Metis members. In 1994, an
agreement was signed by the Office of the Federal Interlocutor
and the Congress of Aboriginal Peoples. I have seen this before. It
looks like a carbon copy of what was negotiated with the
Congress of Aboriginal Peoples in 1994. When I left the
organization in early 2009, even though we had a protocol and
an agreement, not much was done. In essence, it was only what I
used to call ‘‘shut up money’’ to address some of the issues that
were contained in the protocol.
Comme vous le savez, j’ai dirigé une des organisations
autochtones nationales qui comptait également des membres
métis. En 1994, une entente a été signée par le Bureau de
l’interlocuteur fédéral et le Congrès des Peuples Autochtones. J’ai
déjà vu ceci. On dirait une copie carbone de ce qui a été négocié avec
le Congrès des Peuples Autochtones en 1994. Lorsque j’ai quitté
l’organisation au début de 2009, même si nous avions un protocole
et une entente, il n’y a pas grand-chose qui a été fait. Il n’y a en gros
eu que ce que j’appelais dans le temps une « prime au silence »,
pour régler certaines des questions comprises dans le protocole.
18:28
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Can you elaborate on what types of assurances you received
from the bureaucrats in the Office of the Federal Interlocutor that
this will actually mean something hopeful for Metis people and
that something tangible will actually come out of it, as opposed to
having a symbolic piece of paper?
Pourriez-vous nous expliquer le genre d’assurances que vous
ont données les bureaucrates au Bureau de l’Interlocuteur général
selon lesquelles cela devrait véritablement être quelque chose de
porteur pour le peuple métis, débouchant sur des résultats
tangibles, au lieu d’un simple bout de papier symbolique?
Mr. Chartier: That, again, is a good, probing question. I am
not aware of the 1994 agreement, but I have seen other
agreements in which we engaged. I suppose they are fairly
similar, because our aspirations do not change that much over
time. The problem is finding a willing partner that will sit with us
to effect those changes.
M. Chartier : Voilà qui est encore une autre bonne question
d’approfondissement. Je ne connais pas l’accord de 1994, mais j’ai
vu d’autres accords en vertu desquels nous nous sommes engagés.
Je suppose qu’ils sont relativement semblables, car nos aspirations
ne changent pas beaucoup au fil du temps. Le problème est qu’il
nous faut trouver un partenaire désireux de s’asseoir avec nous
pour amener ces changements.
We speak of the Office of the Federal Interlocutor. In 1983, the
Métis National Council met with then Secretary of State Serge
Joyal. I, as the first chairman of the Métis National Council,
proposed an interlocutor within cabinet. We thought it might be
him, but they came up with this Office of the Federal Interlocutor
and put it in PCO. We gave birth to that. We do not claim it as
our baby and are not trying to salvage it; we are trying to move
beyond it. It has changed under various ministers. It was at
NRCan as well. We are now in AANDC, which is good.
Nous parlons du Bureau de l’interlocuteur fédéral. En 1983, le
Ralliement national des Métis a rencontré le secrétaire d’État
d’alors, Serge Joyal. En ma qualité de premier président du
Ralliement national des Métis, j’avais proposé un interlocuteur
siégeant au Cabinet. Nous avions pensé à lui, mais c’est alors qu’a
été créé ce Bureau de l’interlocuteur fédéral, qui a été versé au BCP.
C’est nous qui avons donné naissance à cela. Nous ne prétendons
pas que ce soit notre bébé, et nous n’essayons pas non plus de le
sauver; nous essayons d’aller plus loin. Ce bureau a changé sous
différents ministres. Il a également relevé de RNCan. Nous relevons
aujourd’hui d’AADNC, ce qui est une bonne chose.
The protocol itself was a statement of good faith on the part of
both the Métis Nation and the federal government under then
Minister Strahl. Both parties embraced it, including the Prime
Minister. There are some agenda items on there that we have not
addressed that still require addressing. We also had a section for a
multilateral process to bring in the provinces.
Le protocole lui-même était une déclaration de bonne foi de la
part de la nation métisse et du gouvernement fédéral, alors
représenté par le ministre Strahl. Les deux parties, y compris le
premier ministre, l’ont adopté. Certains éléments demeurent qui
n’ont pas encore été traités, et qui doivent l’être. Nous avions
également une section concernant un processus multilatéral, en
vue d’intégrer les provinces.
Early on we decided that we needed the provinces there, so we
decided to deal with economic development, because that is a
serious issue in which everyone is interested. The provinces did
come. We had a Metis economic development symposium in
November or December of 2009 where the five Aboriginal Affairs
ministers from Ontario West, Minister Strahl and the Métis
Nation leadership met at the political level, and our officials met
for two days thereafter. We had a second symposium in January
of 2011. We have agreed to move forward to adopt a national
Métis Nation economic development strategy to be brought back
to principals in 2013. We will meet again with industry and
government.
Nous avons, très tôt, décidé qu’il nous fallait les provinces, et
c’est ainsi que nous avons décidé de traiter du développement
économique, car c’était une préoccupation sérieuse, qui intéressait
tout le monde. Les provinces sont venues. Nous avons tenu, en
novembre ou décembre 2009, un symposium métis sur le
développement économique, auquel ont participé les cinq
ministres des Affaires autochtones de l’Ontario et de l’Ouest, le
ministre Strahl et les leaders de la nation métisse au niveau
politique, et nos officiels se sont réunis deux jours plus tard. Nous
avons eu un deuxième symposium en janvier 2011. Nous avons
convenu d’aller de l’avant pour adopter une stratégie de
développement économique pour la nation métisse, qui devrait
être soumise aux responsables en 2013. Nous rencontrerons de
nouveau l’industrie et le gouvernement.
On economic development, this protocol is proving fruitful to
us, but we do need to do a bit more on some aspects, like
Gateway. By and large, it has some teeth in that respect.
Sur le plan du développement économique, ce protocole s’est
révélé fructueux pour nous, mais il nous faut encore travailler sur
certains aspects, comme le projet d’oléoduc Northern Gateway.
Dans l’ensemble, ce protocole est à cet égard plutôt musclé.
In other areas, we have tried to get the process to kick in with
respect to health. I said to the Prime Minister a year ago January
that perhaps his Minister of Health could get together with
provincial health ministers and the Métis Nation for us to address
health issues. I wrote to the Minister of Health about a year ago
Dans d’autres domaines, nous avons cherché à obtenir le
déclenchement du processus en ce qui concerne la santé. J’ai dit en
janvier de l’an dernier au premier ministre que sa ministre de la
Santé pourrait peut-être rencontrer les ministres de la Santé
provinciaux et la nation métisse afin que nous discutions des
16-5-2012
Peuples autochtones
18:29
and have received no response. There it is not kicking in, so
maybe it is not worth the paper it is written on in terms of the
federal health aspect, but we still have hope.
questions de santé. J’ai écrit à la ministre de la Santé il y a environ
un an, et je n’ai encore reçu aucune réponse. Il ne se passe rien sur
ce plan, alors peut-être que le protocole ne vaut même pas le
papier sur lequel il est écrit, pour ce qui est de la participation du
fédéral aux soins de santé, mais nous continuons d’espérer.
We have not yet dealt with the outstanding residential schools
issue that is in the protocol. We have not yet dealt with the
outstanding rights issues, including land. For the economic
development aspect, the protocol has not served us yet, but we
still have hope that it will, and we will not abandon it. We believe
it is a good process and we are hoping that it will be the
springboard for the two accords we have put forward, the one on
governance and the one on economic development.
Nous n’avons pas encore traité de la question des pensionnats,
qui figure dans le protocole, et qui est toujours pendante. Nous
n’avons pas encore traité des questions toujours en suspens
relativement à différents droits, dont les droits fonciers. Pour ce
qui est de l’aspect du développement économique, le protocole ne
nous a pas encore servi, mais nous gardons espoir que cela viendra,
et nous n’allons pas l’abandonner. Nous estimons qu’il s’agit d’un
bon processus et nous espérons qu’il servira de tremplin pour les
deux accords que nous avons mis de l’avant, l’un sur la gouvernance
et l’autre sur le développement économique.
In economic development we are doing quite well, I believe,
under the protocol. On governance, we have had some
preliminary discussions, including with officials at the Office of
the Federal Interlocutor. I would say in honesty that there is some
cooperation with officials at the Office of the Federal
Interlocutor. However, I think we all get bogged down and we
look strictly at the small agreements that we sign, and we have to
have specific deliverables and accountability. We have dozens of
agreements and reports that have to be done, and we get bogged
down in that and lose sight of the bigger picture. If anything, I
think officials are caught up in that as opposed to having any kind
of bad faith to move forward with us.
En ce qui concerne le développement économique, je pense que
nous obtenons d’assez bons résultats avec le protocole. Sur le plan
de la gouvernance, nous avons eu certaines discussions
préliminaires, y compris avec des fonctionnaires au Bureau de
l’interlocuteur fédéral. Je vous dirais, en toute franchise, qu’il y a
une certaine coopération avec les fonctionnaires au Bureau de
l’interlocuteur fédéral. J’estime cependant que nous nous laissons
tous embourber et que nous regardons strictement les petites
ententes que nous signons; or, nous devons avoir des résultats
bien précis et une reddition de comptes. Nous avons des
douzaines d’ententes et de rapports qui doivent être préparés, et
c’est ainsi que nous nous embourbons et que nous perdons de vue
le tableau d’ensemble. S’il y a à redire sur quoi que ce soit, je
pense que les fonctionnaires se font eux aussi happer par cela, et
ce n’est pas qu’ils aient la moindre mauvaise foi pour faire
avancer les choses avec nous.
Senator Brazeau: I hope you have better luck than we did.
Le sénateur Brazeau : J’espère que vous aurez plus de chance
que nous, nous en avons eue.
Mr. Chartier: Thank you.
M. Chartier : Merci.
Senator Patterson: Welcome to the witnesses. We can greatly
benefit in this study from Mr. Chartier’s long history, corporate
memory and involvement in these issues.
Le sénateur Patterson : Bienvenue aux témoins. Nous allons,
dans le cadre de notre étude, beaucoup bénéficier de la longue
expérience, de la mémoire institutionnelle et de la participation de
M. Chartier dans ces différents dossiers.
Senator Brazeau asked a question I was going to ask, so I
would like to ask Mr. Chartier about his vision of governance for
the Metis.
Le sénateur Brazeau a posé une question que j’allais poser,
alors j’aimerais interroger M. Chartier au sujet de sa vision de la
gouvernance pour les Métis.
The protocol refers to democratic accountability. You talked
about Metis registration and membership capacity, and
administration of federal government programs is discussed in
the protocol.
Le protocole parle de l’obligation de rendre des comptes en
démocratie. Vous avez parlé des mécanismes de dénombrement et
d’enregistrement des Métis, et l’administration des programmes
du gouvernement fédéral est abordée dans le protocole.
Could you explain your vision for self-government with a
population that is widely scattered, does not have a land base, and
is often quite well integrated with existing communities?
Pourriez-vous nous expliquer votre vision de l’autogouvernance pour une population qui est très dispersée, qui ne
possède pas d’assise territoriale et dont les membres sont souvent
bien intégrés au sein de communautés existantes?
Mr. Chartier: Thank you, senator. We developed positions on
this in the 1980s and then in 1992. I cannot recall all the details,
but we believe it is possible to have self-government off of a land
M. Chartier : Merci, sénateur. Nous avons développé des
positions là-dessus dans les années 1980, puis en 1992. Je ne me
souviens pas des détails, mais nous croyons qu’il est possible
18:30
Aboriginal Peoples
16-5-2012
base. On a land base is good, too, and we would like at some
point to have self-government on a land base other than in
Alberta.
d’avoir une autonomie gouvernementale en l’absence d’une assise
territoriale. Avec une assise territoriale, c’est bien aussi, et nous
aimerions avoir un jour notre autonomie politique sur un
territoire à l’extérieur de l’Alberta.
The reality is that many Métis Nation citizens will choose not
to move to a land base but rather to live where they are now. As
we know, many First Nations people now live off the land base.
Statistics from the United States show that 78 per cent of Indians
and native Alaskans in that country live off a land base. That is a
reality, but there are still those who want to live on a land base.
The choice would be theirs.
La réalité est que de nombreux citoyens de la nation métisse
choisiront de ne pas déménager pour s’établir sur leur territoire,
mais préféreront demeurer là où ils se trouvent. Comme nous le
savons, de nombreux membres des Premières nations vivent hors
réserve. Des statistiques américaines montrent que 78 p. 100 des
Indiens et des personnes nées en Alaska vivent à l’extérieur de leur
territoire. C’est une réalité, mais il demeure qu’il y en a qui veulent
vivre sur une assise territoriale. Ce serait leur choix.
We have the infrastructure of government. Since 1979,
beginning in Saskatchewan, we have had the ballot box election
where every one of our citizens who cares has an opportunity to
vote for their leadership. That is a condition of being part of the
Métis Nation governments, and all five of our governing members
have that system. In fact, the Métis Nation of Ontario just had
their election and were finalizing their count last night or early
this morning.
Nous avons l’infrastructure gouvernementale. Depuis 1979, et
cela a commencé en Saskatchewan, nous tenons un scrutin grâce
auquel chacun de nos citoyens que cela intéresse peut voter pour
le leadership qu’il souhaite avoir. C’est là une condition de
l’appartenance aux gouvernements de la nation métisse, et nos
cinq organismes de gouvernance ont ce système. De fait, la Métis
Nation of Ontario vient tout juste de tenir ses élections et elle
devait terminer le décompte des votes hier soir ou tôt ce matin.
We have the infrastructure. We have the accountability and
representativeness aspects of our government in place. We are the
sole representatives of the citizens of the Métis Nation.
Nous avons l’infrastructure. Nous avons en place les
mécanismes de reddition de comptes et de représentativité de
notre gouvernement. Nous sommes les uniques représentants de
la nation métisse.
We also speak about devolution or delivering programs and
services. We have to commend the federal government for the
engagement of Aboriginal peoples in the delivery of employment
and training through Pathways to Success, the arts and now
ASETS, a very successful program. It is something that we can
continue doing.
Nous parlons également de dévolution ou de prestation de
programmes et de services. Nous devons féliciter le gouvernement
fédéral pour l’engagement des peuples autochtones dans la
prestation de services d’emploi et de formation par le biais des
Chemins de la réussite, des arts et de la Stratégie de formation
pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones, un
programme qui donne d’excellents résultats. Il s’agit d’un travail
que nous pouvons continuer de faire.
Provincially, for example, in Manitoba, the government there
has devolved to four mandated agencies the delivery of child and
family services in that province. The Manitoba Metis Federation
delivers the child and family services for Métis Nation citizens. I
believe there are two First Nations entities and a fourth entity.
Devolution is possible.
À l’échelle provinciale, par exemple au Manitoba, le
gouvernement a confié à quatre agences autorisées la prestation
des services à l’enfance et à la famille. La Fédération des Métis du
Manitoba fournit des services d’aide à l’enfance et à la famille aux
citoyens de la nation métisse. Je pense qu’il y a deux entités des
Premières nations et une quatrième entité. La dévolution est possible.
In terms of registry, in the end, we hope that we will register all
of our people, but we need to keep that registry up-to-date and
alive, and the resources currently provided to us do not make that
happen.
Pour ce qui est de l’inscription des Métis au registre, nous
espérons être en mesure, au bout de compte, d’inscrire tous les
membres de notre peuple, mais il nous faut garder ce registre à
jour et actif, et les ressources qui nous sont, pour le moment,
versées ne suffisent pas.
In terms of financing self-government, there are various ways
of doing it, such as transfer payments to Métis Nation
governments and, as in the accord from 1992, getting back part
of the taxes that we pay in which had been agreed to.
Pour ce qui est du financement de l’autonomie gouvernementale,
il y a différentes façons de faire, par exemple des paiements de
transfert aux gouvernements de la nation métisse et, comme cela a
été le cas en vertu de l’accord de 1992, la récupération d’une partie
des impôts que nous payons, ce qui avait été négocié.
I believe that it is totally possible for us to have self-government.
At the end of the day, we would hope that we would be able to
provide those services to our people that are currently provided by
the federal and provincial governments. For sure, we would
Je pense qu’il est tout à fait possible pour nous d’avoir notre
autonomie politique. Nous espérons, en bout de ligne, être en
mesure d’offrir à notre peuple les services qui sont présentement
assurés par les gouvernements fédéral et provinciaux. Nous
16-5-2012
Peuples autochtones
18:31
continue operating where sources of services are integrated and
where it makes sense not to duplicate them. For example, we would
not want to re-establish Metis nation hospitals. There is a health
care system in place, and we would certainly be part of that.
However, we would want perhaps more say on health boards, for
example. We would also want to ensure that our people have access
to that health care. Currently, many of our people, particularly our
elders, live on old age pension. Many of them are suffering from
diabetes and other forms of illnesses. In many cases, they have to
make a choice between buying their pills or their food. They should
not have to be in that situation. Some, particularly in more outlying
areas, particularly in the North, having to go for cancer treatment
have to hitchhike to get there because they have no way to get there.
There is still a lot that needs to be done, but collectively, between
Aboriginal governments and, in our case, Métis Nation
government, provincial and federal governments, we can make
things a lot better for all of us as a whole and particularly for Métis
Nation citizens.
continuerions assurément d’intervenir là où les sources de services
sont intégrées et où il est logique qu’il n’y ait pas répétition. Par
exemple, nous ne voudrions pas rétablir les hôpitaux de la nation
métisse. Il y a en place un système de soins de santé, et nous
continuerions certainement d’en faire partie. Cependant, nous
voudrions peut-être avoir davantage notre mot à dire aux conseils
de santé, par exemple. Nous voudrions également nous assurer
que les nôtres ont accès à ces soins de santé. À l’heure actuelle,
nombre des nôtres, et c’est tout particulièrement le cas chez les
aînés, comptent sur une pension de vieillesse. Ils sont nombreux à
souffrir du diabète et d’autres maladies. Dans de nombreux cas,
ils doivent choisir entre acheter leurs médicaments et se nourrir.
Ils ne devraient pas se trouver dans pareille situation. Certains,
surtout en région éloignée et dans le Nord, doivent faire de l’autostop pour se rendre à leur traitement contre le cancer, parce qu’ils
n’ont autre moyen de transport. Il reste encore beaucoup à faire,
mais si nous travaillons tous ensemble, les gouvernements
autochtones et, dans notre cas, le gouvernement de la nation
métisse, les gouvernements fédéral et provinciaux, nous pourrons
beaucoup améliorer les choses pour nous tous, et tout
particulièrement pour les citoyens membres de la nation métisse.
The Chair: The question relates to the membership and the
citizenship registries. Are you satisfied with the way this is
proceeding, Mr. Chartier, or is it a work-in-progress?
Le président : Ma question concerne les registres de membres et de
citoyens. Êtes-vous satisfait de la façon dont les choses progressent,
monsieur Chartier, ou bien y a-t-il place pour l’amélioration
Mr. Chartier: I would definitely say it is a work-in-progress. I
believe since the Powley decision and what we call the postPowley resources to enable us to set up these registries, I think the
technical aspects are well in place now. However, there were
significant cutbacks two years ago where a majority of the people
working in the registries had to be laid off. Rather than building
up on what we had, we have kind of retrenched. There is a huge
backlog of people that need to be reregistered.
M. Chartier : Je dirais qu’il y a assurément place pour
l’amélioration. Je pense que, depuis l’arrêt Powley et ce que
nous appelons les ressources post-Powley devant nous permettre
d’établir ces registres, les éléments techniques sont maintenant
bien en place. Cependant, il y a eu d’importantes compressions il y
a deux ans, la majorité des employés affectés au registre ayant dû
être mis à pied. Au lieu de bâtir sur ce que nous avions, nous
avons en quelque sorte reculé. Il y a un énorme arriéré de
personnes devant être réinscrites.
Because of the previous situation where we had membership in
organizations, it included people who had lost their Indian status
and did not have recognition under the Indian Act. Any person
who was not under the Indian Act, non-status Indians or people
of mixed ancestry who were not citizens of the Métis Nation, were
welcomed to join our organizations in the 1960s and 1970s and
into the 1980s. As we have become more defined and as we are
regrouping as a Métis Nation government and citizens of the
Métis Nation, it was necessary to come up with criteria to see who
was eligible to be enrolled as a Métis Nation citizen, which we
have done, and the Supreme Court of Canada has basically
adopted criteria that matched. They are compatible.
Nous avons eu auparavant dans nos organisations des personnes
qui avaient perdu leur statut d’Indien, mais qui n’étaient pas
reconnues en vertu de la Loi sur les Indiens. En effet, toutes les
personnes non visées par la Loi sur les Indiens, tous les Indiens non
inscrits et toutes les personnes d’ascendance mixte qui n’étaient pas
des citoyens de la nation métisse ont été invités à se joindre à nos
organisations dans les années 1960 et 1970, et jusque dans les
années 1980. Toutefois, au fur et à mesure que nous nous sommes
mieux définis et regroupés en tant que gouvernement de la nation
métisse et citoyens de la nation métisse, il est devenu nécessaire
d’établir des critères d’admissibilité au statut de citoyen de la nation
métisse, ce que nous avons fait, et la Cour suprême du Canada a, à
toutes fins pratiques, adopté des critères parallèles. Ils sont
compatibles.
As well, we had some success before Powley. In Saskatchewan
in 1996, as a lawyer at that time with clients who had no money, I
and an articling student were successful in getting a ruling that the
Metis in northwest Saskatchewan have unextinguished Aboriginal
rights to harvesting, to hunting and fishing, whatever it did to the
land, which was not an issue. We had other successful cases prePowley. However, with the Powley decision, it was very clear that
Nous avions, par ailleurs, connu quelques réussites avant
l’arrêt Powley. En Saskatchewan, en 1996, alors que j’étais un
avocat dont les clients n’avaient pas d’argent, j’ai réussi à obtenir
une décision judiciaire reconnaissant aux Métis du nord-ouest de
la Saskatchewan des droits ancestraux non éteints de récolte, de
chasse et de pêche, sans qu’il ne soit tenu compte des
conséquences pour les terres, ce qui n’était pas un problème.
18:32
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Metis are a full-fledged rights-bearing people and that Metis
people, citizens, rights bearers, must be identified so there is no
conflict in the future when people are exercising their rights.
D’autres de nos causes pré-Powley ont abouti. Cependant, il a été
clairement établi, grâce à l’arrêt Powley, que les Métis sont un
peuple titulaire de droits à part entière et que le peuple, les
citoyens, les titulaires de droits métis doivent être identifiés afin
d’éviter tout conflit futur occasionné par l’exercice de leurs droits.
Our position is that if you are born a citizen of the Métis
Nation, you are a rights-bearing person, so we are registering
everyone. Our decision was to re-register everyone so that people
meet the criteria. I myself had to go through that process as well.
We are doing that. We are re-registering previous members to
enroll them as citizens of the Métis Nation. Some may not fit
because they may be Indian people without rights, and their battle
is a different battle and they are still fighting that.
Notre position est que si vous naissez citoyen de la nation
métisse, vous êtes titulaire de droits, et c’est ainsi que nous
inscrivons tout le monde. Notre décision a été de réinscrire tout le
monde afin que nos citoyens répondent aux critères. J’ai moi-même
dû me soumettre à ce processus. Voilà ce que nous faisons. Nous
réinscrivons d’anciens membres afin qu’ils soient inscrits comme
citoyens de la nation métisse. Certains ne répondront peut-être pas
aux critères parce qu’ils sont des Indiens sans droits, mais leur
combat est un combat différent, et ils le poursuivent encore.
There are others that have not bothered to come forward
because in the past they would see membership as strictly
participating in an organization and meetings and voting, and
there may not be any need for them to do that. Now, with the
changes and with the reinvigoration of the nation and the culture
in all of this, people now are saying, ‘‘Yes, I will register as a
citizen even if there is nothing in there for me tangibly or even if I
do not require something because I have a job and I can provide
for myself and for my family.’’ They will still be registering as a
people because they see now that we have recognition as a people,
which had been submerged and put aside for so many
generations. We are now re-emerging, and there is a lot of pride
in being Metis. We need to do that.
Il y en a d’autres qui ne se sont pas donnés la peine de
s’identifier parce qu’ils estimaient que cela ne leur donnerait que
le droit de participer à une organisation, aux réunions et aux
votes, et qu’ils n’en ressentaient pas le besoin. Aujourd’hui, avec
les changements, et le regain de vitalité de la nation et de la culture
qui lui est propre, les gens se disent : « Oui, je vais me faire
inscrire en tant que citoyen, même s’il n’y a rien là de tangible
pour moi et même si je n’ai besoin de rien, car j’ai un emploi et je
suis en mesure de subvenir à mes besoins et à ceux de ma
famille. » Ils se feront malgré tout inscrire, car ils constatent que
nous sommes aujourd’hui reconnus comme peuple, ce qui avait
été tu et mis de côté pendant des générations. Nous sommes
aujourd’hui en train de ré-émerger et il y a une grande fierté à être
Métis. L’inscription est quelque chose que nous devons faire.
The system as we have it currently is not sufficient to fulfill that
role — not sufficient at all. However, it is a good start. We need to
build on it. Any assistance that the Senate committee could
provide to encourage government to inject more resources to
enable that to happen would do much good for the Métis Nation
and for Canada as a whole.
Le système tel qu’il existe à l’heure actuelle n’est pas suffisant —
pas du tout — pour assurer pleinement cette fonction. Cependant,
c’est un bon début. Il nous faut construire à partir de là. Toute aide
que pourrait donner le comité sénatorial, en encourageant le
gouvernement à injecter davantage de ressources pour la poursuite
de ce travail, serait très bénéfique pour la nation métisse et pour le
Canada dans son entier.
Senator Patterson: I am catching you off guard here, but I
think the committee was very impressed with the presentation of
two Metis lawyers that you would know who were involved with
the Powley case, Ms. Teillet and her colleague.
Le sénateur Patterson : Je vous prends un petit peu de court ici,
mais je pense que le comité a été très impressionné par l’exposé
fait par deux avocats métis, que vous devez connaître et qui sont
intervenus dans la cause Powley, Mme Teillet et son collègue.
Have you had a chance to review their presentation on this
question of definition of ‘‘Metis,’’ and would you would endorse the
approach they recommended to us? I think it was an elaboration on
Powley. I think a number of us felt that especially the historical
aspect would be instructive to us in tackling that issue in our study.
Avez-vous eu l’occasion d’examiner leur déclaration au sujet de
cette question de la définition de « Métis », et endosseriez-vous
l’approche qu’ils nous ont recommandée? Je pense que leur
explication découlait de la cause Powley. Je crois que plusieurs
d’entre nous pensions que l’aspect historique, surtout, nous aiderait
à nous attaquer à cette question dans le cadre de notre étude.
Mr. Chartier: Was the other person Jason Madden?
M. Chartier : Est-ce que l’autre personne était Jason Madden?
Senator Patterson: Yes; I am sorry.
Le sénateur Patterson : Oui, excusez-moi.
Mr. Chartier: I did not even know they did this; I do not know
what they said. Yes, you did catch me off guard, and I will have to
speak to them. No, I am kidding.
M. Chartier : Je n’étais même pas au courant de cela; j’ignore
ce qu’ils ont dit. Oui, vous m’avez bel et bien pris de court, et il va
falloir que je m’entretienne avec eux. Non, je blague.
16-5-2012
Peuples autochtones
I mentioned the fishing case in 1995 or 1996 and an articling
student. Ms. Teillet was that articling student. She has been
working on these cases since the trial we did in January 1995. She
has worked on two or three other cases with me since then, as well
as Mr. Madden. They are both familiar with the Métis National
Council’s criteria with what it is to be Metis. I have no difficulty
in blindly endorsing what they would have said on this because
they would say nothing different than I would say. I know
Ms. Teillet has done some further research on the historical
aspects and does make presentations to us. Both of them are
advisors to our Metis rights panel. I look forward to reading what
they have said. About what date was that, so that I can narrow
the search?
The Chair: We will send it to you.
18:33
J’ai mentionné la cause concernant des droits de pêche en 1995
ou en 1996 et une stagiaire en droit. C’est Mme Teillet qui était
cette stagiaire. Elle travaille à ces dossiers depuis l’action que nous
avons lancée en janvier 1995. Elle a travaillé avec moi à deux ou
trois autres affaires depuis, comme c’est également le cas de
M. Madden. Ils connaissent tous les deux très bien les critères du
Ralliement national des Métis en ce qui concerne l’identité
métisse. Cela ne me dérange nullement d’adhérer aveuglément à
ce qu’ils ont pu dire au sujet de cette question, car ils ne diraient
rien de différent de ce que je pourrais dire. Je sais que Mme Teillet
a fait des recherches plus poussées sur les aspects historiques et
elle nous fait des rapports. Ils sont tous les deux conseillers auprès
de notre comité sur les droits des Métis. J’envisage avec plaisir de
lire ce qu’ils ont dit. Si vous nous donniez une idée de la date de
leur comparution, cela simplifierait nos recherches.
Le président : Nous vous enverrons le compte rendu
correspondant.
Senator Raine: You are right; basically, everything you have
said is similar to what they said, but one red flag went up, which
was the number that you were talking about. I think it was
Mr. LeClair who said 500,000 Metis. However, obviously, there
are a lot of people out there who call themselves Metis but are not
historical Metis. I think it is in everyone’s best interest to define it
properly.
Le sénateur Raine : Vous avez raison : tout ce que vous avez dit
ressemble fort à ce qu’ils nous ont rapporté, mais il y a une
question brûlante qui est ressortie, soit le nombre de personnes
dont vous parliez. Je pense que c’est M. LeClair qui a dit que les
Métis étaient au nombre de 500 000. Il y a, bien sûr, cependant,
un grand nombre de personnes qui se disent Métis, mais qui n’ont
pas d’origines métisses anciennes. Je pense qu’il est dans l’intérêt
de tout le monde que l’identité métisse soit bien définie.
In the Supreme Court of Canada decision, an individual would
have to self-identify as a Metis, be a member, have ties to a
present-day Metis community and have ties to a historic Metis
community. Who does it mean to be accepted by a Metis
community? Is there a legal definition of being accepted by a
Metis community?
Selon l’arrêt de la Cour suprême du Canada, la personne doit
s’identifier comme Métis, être membre d’une communauté métisse
contemporaine et avoir des liens avec une communauté métisse
actuelle et des liens avec une communauté métisse ancienne. Que
cela signifie-t-il d’être accepté par une communauté métisse? Y a-t-il
à cela une définition juridique?
Mr. Chartier: I will start off by saying that sometimes
Mr. LeClair does embellish things a bit. It was for illustrative
purposes. He wanted to say half, and it was easier to say 500 than
go to 250. It was just a mathematical thing. Actually, that goes to
the crux of the matter. We do not know exactly how many Metis
citizens there are of the Métis Nation; it is only a guess. The guess
that I have been using is 350,000 to 400,000. Again, that is just an
estimate of how many Metis we believe are within the Métis
Nation homeland. Statistics Canada comes up with different
figures, but there again, anyone can identify as Metis using
whatever criteria they have in their own minds or their own
beings. I do not accept Statistics Canada’s figures on that.
M. Chartier : Je vais commencer par dire que M. LeClair a
parfois tendance à embellir quelque peu les choses. Il a donné ce
chiffre à des fins d’illustration. Il avait voulu dire la moitié, et il
était plus facile de dire 500 que de passer à 250. C’était une simple
question mathématique. En vérité, cela va au cœur de la question.
Nous ne savons pas exactement combien de citoyens métis compte
la nation métisse; ce n’est qu’une approximation. Le nombre que
j’utilise est de 350 000 à 400 000. Encore une fois, ce n’est là
qu’une estimation du nombre de Métis dont nous pensons qu’ils
habitent les terres traditionnelles de la nation métisse. Statistique
Canada a des chiffres différents, mais, là encore, n’importe qui
peut s’identifier en tant que Métis, en utilisant ses propres critères,
ses propres définitions de soi. Je ne peux pas accepter les chiffres
de Statistique Canada en la matière.
We do need to have this registry. In the future, we can say,
‘‘This is how many Métis Nation citizens have registered. There
may be more, but these are the ones that have registered.’’
Il nous faut en effet avoir ce registre. À l’avenir, nous pourrions
dire : « Voici combien de citoyens de la nation métisse se sont
faits inscrire. Il y en a peut-être davantage, mais voici ceux qui se
sont fait inscrire. »
In terms of being accepted by the Metis community — and we
will provide the criteria that the Métis Nation uses; it has
definitions within it — we say ‘‘acceptance by the Métis Nation.’’
The Supreme Court of Canada says ‘‘acceptance by the Metis
Pour ce qui est de l’acceptation par la communauté métisse —
et nous fournirons les critères qu’utilise la nation métisse; ils
renferment des définitions —, nous disons « acceptation par la
nation métisse ». La Cour suprême du Canada dit « acceptation
18:34
Aboriginal Peoples
16-5-2012
community.’’ The question is what does ‘‘community’’ mean?
Does it mean the village or a number of villages that form a larger
community? I think they said that they were looking at Sault Ste.
Marie and environs, but it could include a wider community, like
the Great Lakes or something to that effect. We would go on and
say, ‘‘Or it could include the whole of the Métis Nation.’’
Mr. Madden, Ms. Teillet and I, who do these cases, talk about
the Metis community being the whole of the Métis Nation. It
depends on what we mean by ‘‘community.’’
par la communauté métisse ». La question est de savoir ce que
signifie le terme « communauté »? Cela signifie-t-il un village ou
plusieurs villages formant une communauté plus importante? Je
pense qu’il a été dit qu’il s’agissait de Sault Ste. Marie et des
environs, mais cela pourrait inclure une communauté plus vaste,
comme la région des Grands Lacs ou quelque chose du genre.
Nous, nous irions plus loin et dirions : « Ou cela pourrait inclure
la nation métisse tout entière ». M. Madden, Mme Teillet et moi,
qui plaidons ces affaires, disons de la communauté métisse qu’elle
correspond à la totalité de la nation métisse. Tout dépend de ce
que l’on entend par « communauté ».
In the end, within our system, the acceptance by the
community or the Métis Nation is carried out by each of our
governing members. In Alberta, for example, the citizens would
apply to be registered through the Métis Nation of Alberta, and
they would provide all of the proof that is required. At the end of
the day, the registrar will determine whether the criteria are met
or not met. It is based on the direction of the leadership within
Alberta, which is the community involved. They also base that on
an acceptance process we adopted, in principle, in 2001. In that
sense, the nation, as a whole, has a say. Even though it is done by
five jurisdictions, it is based on common criteria and a common
acceptance process.
En bout de ligne, dans le cadre de notre système, l’acceptation
par la communauté ou par la nation métisse relève de chacun de nos
organismes de gouvernance. En Alberta, par exemple, les citoyens
demanderaient d’être inscrits par l’intermédiaire de la Métis Nation
of Alberta, et ils fourniraient tous les éléments de preuve requis. Au
bout du compte, c’est le registraire qui déterminerait si les critères
sont remplis ou non. Cela dépendrait de la position du leadership en
Alberta, dans le cas de cette communauté. Interviendrait également
un processus d’acceptation que nous avons adopté, en principe,
en 2001. En ce sens, la nation, dans son entier, a son mot à dire.
Même si la décision est prise par les cinq organismes de
gouvernance, elle s’appuie sur des critères communs et un
processus d’acceptation commun.
We are still working on trying to establish a national registry;
we are doing that with the Office of the Federal Interlocutor. That
would see each of the five provincial registries housing their
citizens within a national registry. We are still working on that,
but the community acceptance is by the nation itself, through a
process that we have developed.
Nous œuvrons toujours à l’établissement d’un registre national;
nous menons ce travail avec le Bureau de l’interlocuteur fédéral.
Une fois ce travail abouti, chacun des cinq registres provinciaux
inscrirait ses citoyens dans un registre national. Nous y travaillons
toujours, mais l’acceptation par la communauté relèverait de la
nation elle-même, par le biais d’un processus que nous avons
élaboré.
Senator Raine: To clarify, you said ‘‘the citizens will apply to be
registered,’’ but the citizens, at that point, do not have a card or a
passport saying that they are citizens.
Le sénateur Raine : Soyons clairs : vous avez dit que « les citoyens
demanderaient à se faire inscrire », mais les citoyens, à ce stade-là,
n’ont pas de carte ou de passeport disant qu’ils sont citoyens.
Mr. Chartier: Exactly.
M. Chartier : Exactement.
Senator Raine: At this point, you do not have citizenship per se
but an application process for registration, which is, I guess, the
first step.
Le sénateur Raine : En l’état actuel des choses, vous n’avez pas
la citoyenneté à proprement parler, mais il y a un processus de
demande d’inscription qui est, je suppose, la première étape.
Mr. Chartier: Yes. Perhaps I should not use ‘‘citizen.’’ I am
using ‘‘citizen’’ to mean ‘‘person.’’ Persons — Métis Nation
persons — would go through that process.
M. Chartier : Oui. Je devrais peut-être utiliser le terme
« citoyen ». J’utilise le terme « citoyen » pour désigner une
« personne ». Les personnes — les personnes membres de la
nation métisse — passeraient par ce processus.
There have been a number of them who have been registered as
citizens thus far. I do not have the exact numbers, but the
processes for thousands have been concluded. I would say
10 per cent to 15 per cent of our previous members and Métis
Nation persons have been registered as citizens.
Il y en a déjà un certain nombre qui se sont fait inscrire en tant
que citoyens. Je n’ai pas les chiffres exacts, mais le processus a été
complété pour des milliers de personnes. Je dirais que 10 à
15 p. 100 de nos anciens membres et personnes membres de la
nation métisse ont été inscrits en tant que citoyens.
You did say that there are people who would not fit the
criteria. Yes, that is true. We are not here to advocate that they
cannot call themselves what they will, but, in the end, they will not
be citizens of the Métis Nation.
Vous avez dit qu’il y a des personnes qui ne répondraient pas
aux critères. Cela est vrai. Nous ne sommes pas ici pour dire
qu’elles ne peuvent pas s’appeler ce qu’elles veulent, mais elles ne
seront pas, au final, des citoyens de la nation métisse.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:35
Senator Raine: I understand. Do the individual provincial
organizations that belong to the Métis National Council use the
same forms? If not, why would they not?
Le sénateur Raine : Je comprends. Les organisations
provinciales appartenant aux Ralliement national des Métis
utilisent-elles les mêmes formulaires? Dans la négative, pourquoi?
Mr. LeClair: To give you the overview, we have maybe
15 per cent of the people that are in the new membership
systems. We have begun doing that for a number of years. Part
of the reason we have been so slow is that, with the federal
financing system that we have, as President Chartier said, we have
to lay everyone off and then wait for the new contribution
agreements. It is not the perfect system, but we have to start on it.
M. LeClair : Pour vous donner une vue d’ensemble, 15 p. 100
des nôtres ont peut-être été intégrés aux nouveaux systèmes
d’appartenance. Nous avons commencé ce travail il y a quelques
années. La lenteur des progrès est en partie due au fait qu’avec le
système de financement fédéral en place, comme l’a expliqué le
président Chartier, il nous faut mettre tout le monde à pied, puis
attendre les nouveaux accords de contribution. Le système n’est
pas parfait, mais il nous faut commencer quelque part.
We have 15 per cent registered. When the registrars get an
application, they are common applications because there is one
definition of ‘‘Metis.’’ When you fill in your application, you have
to put your genealogy in and then you have to reference source
documents. The source documents, in this case, will be the scrip
records because, when they set up the scrip system, there would
have been maybe 15,000 to 20,000. I am not sure exactly how many
scrip records there were, but that population was reached at one
time. That historic population is the core of the population. Some
people did not get scrip. Beyond that, we look at the 1901 census
records and the ones before that. Those are the source documents.
It is built around that historic community of the Métis Nation,
primarily in Western Canada but in Ontario as well. That is the core
group. If you are a registrar, you have to find one of those
documents or a church record. Back then, it would say you were a
half-breed or a Scott half-breed. If you look at the census
documents from 1870 and 1885, in the West, you will see that
there are six or seven different categories — I should have brought
the book — of half-breeds. There is a finite population. That
population has grown from 16,000 to 17,000 in 1870. Some of our
families had dozens of children, and some of us, even in our
generation, are still having seven or more kids. You can see,
exponentially, how large the population could be. The census
said 380,000 in 2006. It grew enormously from 2001. Ms. Omeniho
suggested it may go as high as half a million in this census. When we
are dealing with the Metis, nine out of ten that identify, identify in
our homeland area. This is why President Chartier says that the
courts are not recognizing Metis communities per se in the Atlantic
region because there is no evidence. There might have been some
Metis there, at one point, but there is no evidence that there is a
Metis community there now.
Quinze pour cent des gens ont été inscrits. Les demandes que
reçoivent les registraires suivent toutes le même modèle, car il y a
une définition de « Métis ». Lorsque vous remplissez votre
demande, vous devez inscrire votre généalogie et vous reporter à
des documents de référence. Dans ce cas-ci, ces documents de
référence seront les registres des certificats des Métis, car lors de
l’établissement du système des certificats, il y en avait
peut-être 15 000 à 20 000. Je ne connais pas le nombre exact de
dossiers de certificats, mais je sais que ce chiffre de population a un
jour été atteint. Cette population historique est le noyau de la
population. Certains n’ont pas obtenu de certificat. Nous
examinions également les données du recensement de 1901 et des
recensements antérieurs. Voilà quels sont les documents de
référence. Tout découle de cette communauté historique de la
nation métisse, principalement dans l’Ouest du Canada, mais
également en Ontario. Voilà quel est le groupe qui forme le noyau.
Si vous êtes registraire, vous devez trouver un de ces documents ou
un dossier d’église. À l’époque, on aurait inscrit que vous étiez de
sang mêlé ou moitié Écossais. Si vous regardez les documents de
recensement de 1870 et de 1885, dans l’Ouest, vous verrez qu’il y a
six ou sept catégories différentes de « sang-mêlé » — j’aurais dû
apporter le livre. Il s’agit d’une population délimitée. Cette
population a augmenté depuis les 16 000 à 17 000 qu’elle
comptait en 1870. Certaines de nos familles avaient des dizaines
d’enfants, et certains d’entre nous, même de notre génération,
continuent d’avoir sept enfants ou plus. Vous pouvez ainsi vous
faire une idée de la croissance exponentielle de la population. Le
recensement de 2006 faisait état de 380 000 personnes.
L’augmentation a été énorme depuis 2001. Mme Omeniho a laissé
entendre que ce recensement-ci pourrait même voir la population
atteindre le demi-million. Lorsque nous traitons des Métis, neuf
sur 10 des personnes qui s’identifient ainsi le font sur notre
territoire traditionnel. C’est pourquoi le président Chartier dit que
les tribunaux ne reconnaissent pas les communautés métisses à
proprement parler dans la région de l’Atlantique, parce qu’il
n’existe aucun élément de preuve. Des Métis s’y sont peut-être
trouvés à un moment donné, mais il n’y a aucune preuve de
l’existence, là-bas, d’une communauté métisse contemporaine.
The Chair: Mr. Chartier, when I was growing up there was a
language called Michif. In establishing the identity of a group of
people, it is found that they generally come from a certain
community and bring with them a language. The language does
not seem to be as dominant in the whole process. I remember
Le président : Monsieur Chartier, dans ma jeunesse, il y avait
une langue qui s’appelait le michif. Lorsqu’il est question d’établir
l’identité d’un groupe de personnes, on constate généralement
qu’elles viennent d’une certaine communauté et qu’elles apportent
avec elles une langue. La langue ne semble pas être un facteur
18:36
Aboriginal Peoples
16-5-2012
some of my father’s family speaking Michif. Is anything being
done about the language? What is the status of this aspect of our
heritage?
aussi dominant dans tout le processus. Je me souviens que
certains membres de la famille de mon père parlaient le michif.
Est-on en train de faire quelque chose pour sauvegarder la langue?
Quel est le statut de cet élément de votre patrimoine?
Mr. Chartier: It is sad to say, but Michif appears to be a dying
language or is on life support. Several thousand people can still
speak the language, but they are the older generations. There is
not enough of the Michif language being taught in the schools,
although there is some effort at the community level. We had
some success nationally and provincially with Michif language
conferences and developing materials. Currently, the financial
support is not there as it was in the past. There is a drastic need to
make fiscal resources available to retain, strengthen and broaden
the language. Efforts are being made; for example, the Manitoba
Metis Federation, in particular, does some publishing, as does the
Gabriel Dumont Institute in Saskatchewan. If nothing is done
within the next five to ten years, I am afraid the language will
disappear or become significantly diminished, along with several
other Aboriginal languages. There needs to be a strong dedication
on the part of the federal government to assist Aboriginal peoples
in ensuring that their languages are retained.
M. Chartier : Cela est triste à dire, mais le michif semble être
une langue mourante ou presque. Plusieurs milliers de personnes
peuvent toujours parler la langue, mais elles appartiennent aux
générations plus vieilles. On n’enseigne pas suffisamment la
langue michif dans les écoles, bien que certains efforts soient
déployés au niveau communautaire. Nous avons eu quelques
jolies réussites, à l’échelle nationale et à l’échelle provinciale, avec
des conférences en langue michif et la mise au point de matériel
didactique. Le soutien financier n’est plus ce qu’il était. Il y a un
besoin énorme de ressources financières pour conserver, renforcer
et élargir la connaissance de la langue. Des efforts sont en train
d’être faits; par exemple, la Fédération des Métis du Manitoba
fait du travail d’édition, tout comme c’est le cas de l’Institut
Gabriel-Dumont, en Saskatchewan. Si rien n’est fait pendant les
cinq à 10 prochaines années, ma crainte est que cette langue
disparaîtra ou presque, tout comme plusieurs autres langues
autochtones. Il importe que le gouvernement fédéral s’engage
fermement à aider les peuples autochtones à assurer la
conservation de leurs langues.
The Chair: I thank the panel for their presentations and their
responses to senators’ questions. Hopefully, we can come up with
a document that invigorates the entire process to deal with some
of the issues that were put forward this morning.
Le président : Je remercie nos invités de leurs exposés et de
leurs réponses aux questions des sénateurs. J’espère que nous
serons en mesure de produire un document qui ravivera tout le
processus pour la résolution de certaines des questions dont nous
avons traité ce matin.
We stand adjourned until tomorrow evening.
(The committee adjourned.)
Nous allons maintenant nous arrêter, pour reprendre demain
soir.
(La séance est levée.)
OTTAWA, Wednesday, May 16, 2012
OTTAWA, le mercredi 16 mai 2012
The Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples, to
which was referred Bill S-8, An Act respecting the safety of
drinking water on First Nation lands, met this day at 6:48 p.m. to
give consideration to the bill.
Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones,
auquel a été renvoyé le projet de loi S-8, Loi concernant la
salubrité de l’eau potable sur les terres des Premières Nations, se
réunit aujourd’hui, à 18 h 48, pour examiner ledit projet de loi.
Senator Gerry St. Germain (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Gerry St. Germain (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good evening. I would like to welcome all
honourable senators and members of the public who are
watching this meeting of the Standing Senate Committee on
Aboriginal Peoples. They will either be watching on CPAC or on
the web. I am Gerry St. Germain, from British Columbia, and I
have the honour of chairing this committee.
Le président : Bonsoir. J’aimerais souhaiter la bienvenue à tous
les sénateurs et à tous ceux et celles qui suivent cette réunion du
Comité sénatorial permanent des peuples autochtones, sur CPAC
ou sur le web. Je m’appelle Gerry St. Germain; je viens de la
Colombie-Britannique et j’ai l’honneur de présider ce comité.
The mandate of this committee is to examine legislation and
matters relating to the Aboriginal peoples of Canada generally.
Today, we will be continuing to hear testimony relating to Bill S-8,
An Act respecting the safety of drinking water on First Nation
lands.
Le mandat de notre comité consiste à examiner les projets de
loi et toute question concernant les peuples autochtones du
Canada en général. Aujourd’hui, nous allons poursuivre notre
examen du projet de loi S-8, Loi concernant la salubrité de l’eau
potable sur les terres des Premières nations.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:37
Although water and waste water operations and systems are
generally the responsibility of provincial and territorial
governments, responsibility for drinking water on reserve is
shared between the federal government and the First Nations.
Federally, three departments are primarily responsible for
delivering safe drinking water on reserve: The Department of
Indian Affairs and Northern Development, Health Canada and
Environment Canada. First Nation communities, through their
chief and council, are responsible for the design, operation and
maintenance of their water systems, for which they assume
20 per cent of the costs.
L’alimentation en eau potable et le traitement des eaux usées sont
généralement du ressort des provinces et des territoires, mais la
gestion de l’eau potable sur les réserves relève à la fois du
gouvernement fédéral et des Premières nations. Au niveau fédéral,
trois ministères se partagent la responsabilité de la salubrité de l’eau
potable distribuée dans les réserves : le ministère des Affaires
autochtones et du Développement du Nord, Santé Canada et
Environnement Canada. Par l’entremise de leur chef et de leur
conseil, les communautés des Premières nations sont responsables
de la conception, de l’exploitation et de l’entretien de leurs systèmes
d’adduction d’eau, dont elles assument 20 p. 100 des coûts.
This evening, we will hear from witnesses from the Nisga’a
Lisims Government and a representative of Treaty 6 and 7 of
Alberta.
Ce soir, nous accueillons des représentants du gouvernement
Nisga’a Lisims, ainsi qu’un porte-parole pour le Traité 6 et 7 de
l’Alberta.
[Translation]
Before I give the floor to our witnesses, let me introduce the
members of this committee who are here this evening.
[English]
[Français]
Avant d’entendre nos témoins, j’aimerais vous présenter les
membres du comité qui sont présents ici ce soir.
[Traduction]
From the province of British Columbia, we have Senator Larry
Campbell. Senator Dan Lang is from the Yukon. Senator
Ataullahjan is from Ontario. Senator Meredith is also from
Ontario. Last but not least, Senator Dennis Patterson is from
Nunavut. Welcome, senators.
De la Colombie-Britannique, nous avons le sénateur Larry
Campbell. Le sénateur Dan Lang vient du Yukon; le sénateur
Ataullahjan, de l’Ontario; le sénateur Meredith, de l’Ontario
également; et, enfin et surtout, le sénateur Dennis Patterson, du
Nunavut. Bienvenue, sénateurs.
Members of the committee, would you please help me in
welcoming our witnesses from the Nisga’a Lisims Government,
Kevin McKay, Chairperson, and Jim Aldridge, Legal Advisor. With
them at the table, from Treaty 6 and 7 of Alberta, is Clayton D.
Leonard, Counsel.
Chers collègues, je vous invite à accueillir avec moi les
représentants du gouvernement Nisga’a Lisims, Kevin McKay,
président, et Jim Aldridge, conseiller juridique, ainsi que le porteparole du Traité 6 et 7 de l’Alberta, Clayton D. Leonard,
conseiller juridique.
I must add that we have just been blessed with the arrival of
Senator Munson from the province of Ontario.
Nous avons le plaisir d’accueillir le sénateur Munson, de
l’Ontario, qui vient de se joindre à nous.
Witnesses, we look forward to your presentation. Chief
McKay, would you do us the honour?
Messieurs les témoins, nous sommes prêts à vous écouter. Chef
McKay, voulez-vous commencer?
Kevin McKay, Chairperson, Nisga’a Lisims Government: Thank
you, Mr. Chair. First, let me introduce myself formally to all of
you. My name is Kevin McKay. I am the Chairperson of the
Nisga’a Lisims Government, the government of the Nisga’a
Nation. I am joined tonight by my colleague to my left, Mr. Jim
Aldridge, who is General Counsel to the Nisga’a Nation.
Mr. Chair, through you to the committee, I want to thank you
for this opportunity to appear as witnesses before the Standing
Senate Committee on Aboriginal Peoples in respect of Bill S-8.
Kevin McKay, président, gouvernement Nisga’a Lisims : Merci,
monsieur le président. Permettez-moi de me présenter
officiellement. Je m’appelle Kevin McKay, et je suis président
du gouvernement Nisga’a Lisims, c’est-à-dire le gouvernement de
la nation nisga’a. Je suis accompagné ce soir de mon collègue,
M. Jim Aldridge, qui est assis à ma gauche et qui est conseiller
juridique de la nation nisga’a. Monsieur le président, je tiens à
vous remercier, vous et les sénateurs, de nous inviter à
comparaître devant le Comité sénatorial permanent des peuples
autochtones au sujet du projet de loi S-8.
Perhaps I could elaborate on the people I represent, Mr. Chair.
The Nisga’a Nation resides on lands that are in northwestern
British Columbia. As committee members will know, we are the
first modern treaty in British Columbia. For the information of
committee members, last Friday, Nisga’a Nation celebrated the
twelfth anniversary of the effective date of the implementation of
the Nisga’a Final Agreement.
Je vais vous dire quelques mots sur le peuple que je représente.
La nation nisga’a est établie sur des terres situées dans le nordouest de la Colombie-Britannique. Comme vous le savez, c’est
nous qui avons signé le premier traité moderne de la ColombieBritannique, et justement, vendredi dernier, la nation nisga’a a
célébré le 12e anniversaire de l’entrée en vigueur de l’Accord
définitif nisga’a.
18:38
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Mr. Chair, almost exactly one year ago, the Nisga’a Nation
and other members of the Land Claims Agreement Coalition
identified serious threats to modern land claims agreements posed
by Bill S-11, which was entitled the Safe Drinking Water for First
Nations Act. Bill S-11 died on the Order Paper when last year’s
election was called.
Monsieur le président, il y a un an presque jour pour jour, la
nation nisga’a et tous les autres membres de la Land Claims
Agreement Coalition constataient que le projet de loi S-11, Loi
concernant la salubrité de l’eau potable sur les terres des
Premières nations, représentait de graves menaces pour les
accords modernes sur les revendications territoriales. Le projet
de loi S-11 est mort au Feuilleton lorsque les élections ont été
déclenchées l’an dernier.
On February 29, 2012, the government reintroduced the
legislation in the Senate as Bill S-8. Even though it has been
somewhat changed, in our view it remains highly objectionable and
a potential threat to section 35 of the Constitution Act of 1982 in
general and all land claims agreements in particular.
Le 29 février 2012, le gouvernement a redéposé le projet de loi
au Sénat sous le nom de projet de loi S-8. Même s’il a été quelque
peu modifié, nous estimons qu’il est extrêmement contestable car
il risque de contrevenir à l’article 35 de la Loi constitutionnelle
de 1982, de façon générale, et à tous les accords sur des
revendications territoriales, en particulier.
Like Bill S-11, the impact of the bill, if enacted, will be most
profound and immediate for Indian Act bands. However, I want
to remind the committee that as of May 11, 2000, the Nisga’a
treaty has replaced the Indian Act and we are no longer
considered Indian Act bands. However, as set out below, it
raises serious concerns for the Nisga’a Nation and other groups
with modern treaties.
Tout comme le projet de loi S-11, le nouveau projet de loi aura,
s’il est adopté, des conséquences profondes et immédiates pour les
bandes assujetties à la Loi sur les Indiens. Je me permets toutefois
de vous rappeler que, depuis le 11 mai 2000, le traité des Nisga’a
remplace la Loi sur les Indiens et que nous ne sommes plus
considérés comme des bandes assujetties à cette loi. Il n’en demeure
pas moins que ce projet de loi inquiète sérieusement la nation
nisga’a et les autres groupes qui ont signé des traités modernes.
There has been no consultation whatsoever with the Nisga’a
Nation in respect of the bill’s application to groups with land
claims agreements, nor, as far as we are aware, any of the other
groups with modern land claims agreements.
Aucune consultation n’a été organisée avec la nation nisga’a en
ce qui concerne l’application du projet de loi à des groupes ayant
signé des accords modernes sur des revendications territoriales,
pas plus qu’avec eux, semble-t-il.
Of course, we want to be clear that no one, including the
Nisga’a Nation, is against something as honourable as safe
drinking water for First Nations. Our appearance before this
committee tonight is in respect of our objections and our concerns
regarding the way in which this bill, if it proceeds as is, will breach
the provisions of the Nisga’a Final Agreement.
Il est bien évident que personne, y compris la nation nisga’a, ne
s’oppose à un objectif aussi louable que la salubrité de l’eau potable
pour les Premières nations. Si nous comparaissons devant votre
comité ce soir, c’est parce que le projet de loi, dans son libellé actuel,
va à l’encontre des dispositions de l’Accord définitif nisga’a.
In particular, the Nisga’a Nation’s main concerns are in respect
of clauses 3, 7 and 14 of Bill S-8. I will ask my colleague,
Mr. Aldridge, to elaborate further. Thank you.
Ce qui nous préoccupe surtout, ce sont les articles 3, 7 et 14 du
projet de loi S-8. Je vais demander à mon collègue, M. Aldridge,
de vous expliquer pourquoi. Je vous remercie.
The Chair: Thank you, Mr. McKay.
Le président : Merci, Monsieur McKay.
Mr. Aldridge, would you proceed, please.
Monsieur Aldridge, vous avez la parole.
Jim Aldridge, Counsel, Nisga’a Lisims Government: Thank you
very much, Mr. Chair. As Chairman McKay correctly indicated,
the Nisga’a Nation has significant legal concerns with the
contents of this bill. To explain why the Nisga’a Nation would
have those concerns, it is necessary for senators to first
understand the application of this bill.
Jim Aldridge, conseiller juridique, gouvernement Nisga’a
Lisims : Merci beaucoup, monsieur le président. Le président
McKay a indiqué, à juste titre, que la nation nisga’a avait de
graves réserves à l’égard des dispositions du projet de loi, et je vais
vous expliquer pourquoi.
As you know, under clause 2 of the bill, ‘‘First Nations’’ is not
restricted to Indian Act bands. In paragraph (c) of the definition
of ‘‘First Nation,’’ it expressly includes what it refers to as an
‘‘Aboriginal body’’ named in the schedule. Similarly, ‘‘First
Nations lands’’ include the lands of an Aboriginal body that is
named in the schedule.
Selon l’article 2 du projet de loi, l’expression « première nation »
ne se limite pas aux bandes assujetties à la Loi sur les Indiens. À
l’alinéa c) de la définition de « première nation », on inclut
expressément les groupes autochtones dont le nom figure à l’annexe.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:39
How do you get on the schedule? Clause 14(1) of the bill says
that it would be at the request of the Aboriginal body that is party
to a land claims agreement or modern self-government agreement
with Canada given effect by an Act of Parliament. In other words,
the bill will apply to an Aboriginal body other than an Indian
band if that Aboriginal body has a land claims agreement, there
are lands subject to its jurisdiction and it requests to be added to
the schedule. I will return shortly to the concept of request. The
bill leaves the Governor-in-Council with total discretion as to
whether to add or delete such a body from the schedule. That is
why we are concerned, because the bill could conceivably apply to
groups with land claims agreements. However, there has been no
consultation that we know of, certainly not with the Nisga’a
Nation, and, as far as we know, no consultation whatsoever with
any member of the land claims coalition, all of the groups that
have land claims agreements in respect of the application of this
bill to their territories.
Comment un groupe se retrouve-t-il à l’annexe? Selon le
paragraphe 14(1) du projet de loi, cela se fait à la demande d’un
groupe autochtone qui est partie à un accord sur des
revendications territoriales ou à un accord d’autonomie
gouvernementale moderne avec le Canada, qui est avalisé par
une loi du Parlement. Autrement dit, le projet de loi s’applique à
un groupe autochtone autre qu’une bande indienne si ce groupe
autochtone a signé un accord sur des revendications territoriales,
qu’il a compétence sur des terres et qu’il demande à figurer à
l’annexe. Je reviendrai dans un instant sur cette notion de
« demande ». Le projet de loi donne au gouverneur en conseil
toute discrétion pour ajouter ou supprimer un groupe de l’annexe.
C’est cela qui nous préoccupe, car le projet de loi pourrait fort
bien s’appliquer à des groupes qui ont signé des accords sur des
revendications territoriales. Or, il n’y a eu aucune consultation, en
tout cas pas avec la nation nisga’a et pas davantage, d’après nos
informations, avec des membres de la coalition. Autrement dit,
aucun des groupes qui ont signé des accords sur des
revendications territoriales n’a été consulté en ce qui concerne
l’application du projet de loi sur son territoire.
The committee will recall that Bill S-11 included a very
objectionable provision that purported to delegate to the
Governor-in-Council the authority to determine, by regulation,
the extent to which regulations could abrogate or derogate from
Aboriginal or treaty rights. That has been replaced by a number
of what we say, with respect, are apparently unconstitutional
provisions that are either self-contradictory or partially
contradictory; they are certainly confused.
Les membres du comité se souviendront que le projet de loi S11 comportait une disposition tout à fait contestable qui prévoyait
de déléguer au gouverneur en conseil le pouvoir de déterminer,
par voie de règlement, dans quelle mesure des règlements
pouvaient porter atteinte à des droits ancestraux ou à des droits
issus de traités. Ce libellé a été remplacé par un certain nombre de
dispositions qui sont de prime abord anticonstitutionnelles,
contradictoires en tout ou en partie, et assurément peu claires.
Those are the three paragraphs that Mr. McKay referred to
already, clauses 3, 7 and 14.
Il s’agit des trois articles qu’a mentionnés M. McKay, à savoir
les articles 3, 7 et 14.
Let us deal with clause 3 first, which has been described by the
government as a non-derogation clause. In fact, committee
members should see, upon a simple reading of it, that clause 3
is the opposite; it is a derogation clause. It provides, in summary,
to paraphrase in the interests of time, that nothing in the act
abrogates or derogates from Aboriginal or treaty rights except to
the extent necessary to ensure the safety of drinking water. In
other words, it expressly purports to derogate to the extent
necessary to ensure the safety of drinking water.
Parlons d’abord de l’article 3, que le gouvernement appelle la
disposition de non-dérogation. En fait, les membres du comité
devraient voir, à la simple lecture, que c’est tout le contraire :
l’article 3 est une clause de dérogation. Pour résumer, car le temps
passe, il prévoit que rien dans la loi ne peut porter atteinte à des
droits ancestraux ou à des droits issus de traités, « sauf dans la
mesure nécessaire pour assurer la salubrité de l’eau potable ».
Autrement dit, l’article prévoit qu’on peut porter atteinte à ces
droits si cela est nécessaire pour assurer la salubrité de l’eau potable.
This is the first time in Canadian history that there has been a
clause in a statute of Parliament, or a bill before Parliament, that
expressly purports to derogate, albeit in the circumstances it refers
to. It is a derogation clause.
C’est la première fois dans toute l’histoire du Canada qu’un
article d’une loi ou d’un projet de loi du Parlement prévoit
expressément une dérogation à ces droits, nonobstant les
circonstances dont il est question ici. Il s’agit donc d’une clause
de dérogation.
The opening words are salutary. The Nisga’a Nation’s specific
proposal to this committee is that the words ‘‘except to the extent
necessary to ensure the safety of drinking water on First Nation
lands’’ should be deleted.
Les premiers mots de la phrase sont encourageants, et la nation
nisga’a propose tout simplement à votre comité de supprimer ceux
qui suivent, c’est-à-dire « sauf dans la mesure nécessaire pour
assurer la salubrité de l’eau potable sur les terres des premières
nations ».
The committee will know that the relationship between federal
and provincial law and Aboriginal and treaty rights is determined
by the Constitution itself. The committee should also know — I
am sure you do — that any abrogation must be justified in
Les membres du comité ne sont pas sans savoir que c’est la
Constitution qui détermine la relation existant entre les lois
fédérales et provinciales, d’une part, et les droits ancestraux et les
droits issus de traités, d’autre part. Vous savez également — je
18:40
Aboriginal Peoples
16-5-2012
accordance with the tests that have been established by the
Supreme Court of Canada, which include whether it is for a valid
legislative objective, whether it interferes with a preferred means
of exercising a right, whether there has been as little infringement
as possible, whether fair compensation is available and whether
there has been consultation.
n’en doute pas — que toute abrogation doit être conforme à des
critères établis par la Cour suprême du Canada, notamment ceux
qui concernent l’objectif législatif régulier, le moyen préféré
d’exercer son droit, le fait de porter le moins possible atteinte au
droit ancestral, l’octroi d’une juste indemnisation et la tenue de
consultations.
It simply does not lie with Parliament to enact what amounts
to an undefined blanket infringement of Aboriginal and treaty
rights and to replace the constitutional test of justification with a
new entirely unclear test as to what is necessary to ensure safety of
drinking water. What is left unsaid is how necessity will be
determined. Will it be determined by the Governor-in-Council or
will it have to be determined through time-consuming, costly and
divisive litigation?
Le Parlement n’a tout simplement pas le droit d’adopter des
lois qui portent atteinte, de façon vague et générale, aux droits
ancestraux et aux droits issus de traités, et de remplacer le critère
constitutionnel de la justification par un nouveau critère très
imprécis, dans le but de déterminer ce qui est nécessaire pour
assurer la salubrité de l’eau potable. Ce qui reste imprécis sera-t-il
déterminé par le gouverneur en conseil ou à l’issue de poursuites
judiciaires longues et coûteuses?
A government official told this committee on May 1 — we
have read the transcript — that clause 3 replicates what the
Supreme Court of Canada has already said. He said to you that
the manner in which this clause is drafted was the result of a
compromise between Canada and First Nation proponents and is
designed to reflect the existing state of the law on Aboriginal
rights.
Un représentant du gouvernement a déclaré devant votre
comité le 1er mai dernier — d’après la transcription que nous
avons lue — que l’article 3 reproduit ce que la Cour suprême du
Canada a déjà décrété. Il vous a affirmé que le libellé de cet article
était le résultat d’un compromis entre le Canada et les
représentants des Premières nations, et qu’il reflétait la
législation actuelle en matière de droits ancestraux.
With respect, my friend from the Department of Justice I think
perhaps felt hurried or something, because he truncated the
existing law, I say with respect, beyond all recognition when he
said there is a single test of necessity.
Avec tout le respect que je lui dois, je dirai que mon ami du
ministère de la Justice interprète la loi en vigueur de façon un peu
cavalière quand il dit qu’il n’y a qu’un critère pour déterminer ce
qui est nécessaire.
Second, if the government really believed that, then there is no
need for this clause. The only reason to have such a clause is to
expressly state Parliament’s will to derogate.
Deuxièmement, si c’est vraiment ce que le gouvernement pense,
je ne vois pas à quoi sert cet article. La seule raison pour laquelle
cet article figure ici, c’est pour énoncer clairement la volonté du
Parlement de porter atteinte à nos droits.
Clause 7 is what we call a relationship of laws clause. It says
regulations under the act prevail over any laws or bylaws made by
a First Nation to the extent of any conflict or inconsistency. If the
First Nation is making laws pursuant to an Aboriginal right or a
treaty right, then this act purports to have regulations prevail over
constitutionally protected Aboriginal or treaty rights.
L’article 7 est ce que l’on appelle un article établissant une
hiérarchie entre les lois. Il dispose que les règlements pris en vertu
de la présente loi l’emportent sur tout texte législatif ou règlement
administratif incompatible pris par une Première nation. Si la
Première nation adopte des lois en conformité d’un droit ancestral
ou d’un droit issu d’un traité, ce projet de loi fait en sorte que des
règlements pourront l’emporter sur des droits ancestraux ou issus
de traités qui sont reconnus par la Constitution.
I say with respect it is unconstitutional and should be removed
from the bill. It is specifically incompatible with provisions of the
Nisga’a treaty that says whose laws prevail in what circumstances.
J’estime tout simplement que cette disposition est
anticonstitutionnelle et qu’elle devrait être supprimée, d’autant
plus qu’elle va tout à fait à l’encontre du traité des Nisga’a qui
définit quelles lois doivent l’emporter et dans quelles circonstances.
Finally, and from the point of view of land claims agreements
groups, the most odious is subclause 14(2), which states:
Enfin, du point de vue des groupes concernés par des accords
sur des revendications territoriales, c’est le paragraphe 14(2) qui
est le plus contestable, et je cite :
If an Aboriginal body is named in column 1 of the schedule,
this Act and the regulations prevail over the land claims
agreement or self-government agreement to which the
Aboriginal body is a party, and over any Act of
Parliament giving effect to that agreement, to the extent of
any conflict or inconsistency . . .
La présente loi et les règlements l’emportent, en cas
d’incompatibilité, sur tout accord sur des revendications
territoriales ou tout accord sur l’autonomie gouvernementale
auquel un groupe autochtone dont le nom figure à la
colonne 1 de l’annexe est partie ainsi que sur toute loi
fédérale les mettant en œuvre...
16-5-2012
Peuples autochtones
18:41
It expressly purports to have regulations prevail over
constitutionally protected treaties. It is totally inconsistent with
the provisions of the Nisga’a Final Agreement Act, an act of this
Parliament, and all other settlement statutes that say that the
treaties prevail. The Nisga’a treaty says if there is a conflict between
the Nisga’a treaty and any federal law the treaty prevails. Here is a
statute that says if there is any conflict or inconsistency this act and
the regulations prevail. We have warring prevailing clauses.
L’article prévoit expressément que les règlements l’emporteront
sur des traités pourtant protégés par la Constitution. C’est tout à
fait contraire aux dispositions de la Loi sur l’Accord définitif
nisga’a, qui est une loi de votre Parlement, et à toutes les autres lois
issues d’ententes stipulant que ce sont les traités qui l’emportent. Le
traité des Nisga’a prévoit qu’en cas de conflit avec une loi fédérale,
c’est le traité qui l’emporte. Or, vous nous présentez ici un projet de
loi qui prévoit qu’en cas de conflit ou d’incompatibilité, c’est cette
loi et ses règlements qui l’emporteront. Manifestement, ce sont des
dispositions qui sont contradictoires.
The statutes purport to trump each other. We say this is not an
acceptable, with respect, or even a competent way to legislate.
Les lois l’emportent l’une sur l’autre, ce qui est parfaitement
inacceptable à notre avis, et c’est même une façon incompétente
de légiférer.
Even more remarkable than that, Mr. Chair, it gives to groups
with modern treaties less protection than the inadequate
protection given to others. Others are protected by section 3,
which says it only prevails to the extent necessary. I have already
explained the objection to that. However, that is better than the
protection given to the Nisga’a Nation and every other group
with a land claims agreement, because in those cases their treaties,
the law, prevails totally, whether or not the test of necessity has
been met.
Et surtout, monsieur le président, de telles dispositions donnent
aux groupes qui ont signé des traités modernes encore moins de
protection qu’aux autres, qui sont pourtant insuffisamment
protégés en raison des mots « sauf dans la mesure nécessaire »
de l’article 3. J’ai déjà expliqué pourquoi. Toutefois, c’est quand
même mieux que la protection accordée à la nation nisga’a et aux
autres groupes qui ont signé un accord sur des revendications
territoriales, car dans leur cas, c’est la loi qui l’emporte, sans qu’il
soit nécessaire de déterminer si c’est nécessaire.
It is inexplicable as to why this would be added. Witnesses
before you said, ‘‘Well, we do not have to force this on groups
with land claims agreements and self-government agreements
because there is no regulatory gap,’’ was the word they used. They
indicated it is possible that one of these groups with its own
jurisdiction might like our regulations and might choose to opt in
and have these regulations apply.
Nous ne comprenons absolument pas pourquoi ces mots ont été
ajoutés. Des témoins vous ont déjà dit qu’il était inutile d’imposer
cela à des groupes qui ont signé des accords sur des revendications
territoriales ou des accords d’autonomie gouvernementale, étant
donné qu’il n’y avait pas de lacunes à combler dans la
réglementation. Ce sont les mots qu’ils ont employés. Selon eux, il
est possible que l’un de ces groupes autonomes décide d’appliquer
ces règlements, mais ce sera à lui de décider.
However, with respect and without intending any sort of a
joke, that does not hold water, because any group with the
jurisdiction, such as the Nisga’a, the self-government agreement
or modern land claims agreement, if it liked the regulations so
much it could simply enact identical regulations under its own
authority. It would not have to opt into this and add its name to
Schedule 1. What is the purpose of this clause?
Quoi qu’il en soit, malgré tout le respect que je vous dois, c’est
un argument qui ne tient pas la route car n’importe quel groupe
disposant des pouvoirs nécessaires, comme la nation nisga’a,
c’est-à-dire qui a signé un accord d’autonomie gouvernementale
ou un accord moderne sur des revendications territoriales, peut
fort bien, si ces nouveaux règlements lui plaisent, adopter les
mêmes de sa propre autorité. Il n’a pas besoin d’adhérer et de
faire inscrire son nom à l’annexe 1. À quoi sert cet article?
We would say to those who say, ‘‘Do not worry, because unless
you request you will not be subject to this bill,’’ we predict that, as
sure as day follows night, the other shoe will be if you want
funding from the federal government for safe drinking water
infrastructure you will have to opt into this legislation. That will
become the condition for obtaining federal funding for safe
drinking water if you have a land claims agreement.
À ceux qui nous disent de ne pas nous inquiéter, parce que
nous ne serons pas assujettis au projet de loi si nous n’en faisons
pas la demande, je réponds qu’un jour ou l’autre, on passera
inévitablement au cran suivant, c’est-à-dire qu’on nous obligera à
adhérer au projet de loi si nous voulons obtenir des fonds du
gouvernement fédéral pour des infrastructures d’alimentation en
eau potable.
That is not an idle fear or mere paranoia because when Bill S-11
was before this committee, you will recall that members of the
government said the reason for these regulations is to protect their
investment. There is no money attached to this bill. Before we invest
money we need to protect the investment, and that will be done by
having these regulations apply.
Ce ne sont pas des peurs injustifiées ou de la simple paranoïa,
car à propos du projet de loi S-11, qui a précédé celui-ci, les
représentants du gouvernement disaient qu’ils avaient besoin de
ces règlements pour protéger leur investissement. Le projet de loi
en soi ne débloque aucun financement. Avant d’investir de
l’argent, nous devons protéger notre investissement, ce que
permettra l’application de ces règlements.
18:42
Aboriginal Peoples
16-5-2012
First Nations, such the Nisga’a Nation and other groups with
land claims agreements, will, we predict, be given the invidious
choice. You can have money for safe drinking water or you can
have your treaty rights, but you cannot have both. We say that
this is a cynical, thin edge of the wedge to establish, for the first
time in Canadian parliamentary history, a legislative precedent
whereby constitutionally protected rights are subject to ordinary
statutes of Parliament, and the next time there is a bill with this
idea we suggest that the government will point to this bill as being
the legislative precedent. The next time there will not be the
option to opt in or opt out.
Les Premières nations, comme la nation nisga’a et d’autres
groupes ayant signé des accords sur des revendications
territoriales, seront contraintes de faire un choix inacceptable
entre l’accès à des fonds pour financer leur alimentation en eau
potable ou la préservation de leurs droits issus de traités, mais
elles ne pourront pas avoir les deux. C’est une décision cynique,
une tentative destinée, pour la première fois dans notre histoire
parlementaire, à créer un précédent législatif pour que des droits
protégés par la Constitution soient assujettis à des lois ordinaires
du Parlement. Je suppose que dans le prochain projet de loi, le
gouvernement invoquera celui-ci comme étant un précédent
législatif. Autrement dit, dans le prochain le projet de loi, on ne
donnera pas aux Premières nations le choix d’adhérer ou non.
We hope we are not overstating the case to say that the
presence of section 14 in particular is an extraordinarily
dangerous and odious precedent. It should be taken out. It
serves no purpose, we say, other than to establish an entirely
unacceptable legislative precedent.
Je ne saurais trop insister sur le fait que l’article 14, en
particulier, constitue un précédent dangereux et inacceptable. Il
doit disparaître. Il ne sert à rien, sinon à créer un précédent
législatif tout à fait inacceptable.
I have gone slightly over my time. Thank you for your
indulgence.
J’ai été un peu plus long que prévu, et je vous remercie de votre
patience.
Clayton D. Leonard, Counsel, Treaty 6 and 7 of Alberta: I am
here to say mostly positive, tentatively positive, but positive things.
Clayton D. Leonard, conseiller juridique, Traité 6 et 7 de
l’Alberta : Je vais m’efforcer d’être le plus positif possible.
I do want to get one small correction out of the way. I, too, have
read the transcripts from May 1, most of which dealt with what
Canada has characterized as consultation during 2008 and 2009.
Before I get into what the Alberta First Nations have agreed on
with Canada, I am under instructions to express a bit of
disagreement about what was said on May 1.
Permettez-moi pour commencer d’apporter une petite correction.
Moi aussi j’ai lu la transcription de la réunion du 1er mai, qui portait
surtout sur ce que le Canada qualifie de consultations, en 2008
et 2009. Avant de parler de ce dont il a été convenu entre les
Premières nations de l’Alberta et le Canada, je me dois, comme on
m’a demandé de le faire, d’exprimer un petit désaccord à propos de
ce qui s’est dit le 1er mai.
To begin with the expert panel, when you look at it nationally
there may have been a lot of meetings across the country. We are
not concerned in Alberta with what happened across the country;
we are concerned with what happened in our province. There was
one meeting one day in Edmonton for 47 First Nations and all
their water plant operators to make submissions about what new
federal regulations on First Nations drinking water could mean.
By any fair assessment, that is it not enough time.
D’abord, pour ce qui est du groupe d’experts, il y a peut-être eu
beaucoup de réunions dans l’ensemble du pays, mais nous, en
Alberta, ce qui nous intéresse, ce sont les réunions qui ont eu lieu
dans notre province. Il y a eu, un jour, une réunion à Edmonton
où 47 Premières nations et tous leurs exploitants de stations de
traitement de l’eau ont été invités à présenter leurs arguments sur
ce que pourrait signifier l’application de nouveaux règlements
fédéraux aux systèmes d’alimentation en eau potable des
Premières nations. Très franchement, une seule réunion, ce
n’était pas suffisant.
I was present at the whole one-day session. It was asked a
number of times whether the expert panel was there as part of a
consultation process. They explicitly said on the record that they
were arm’s length from the government; they were not there to
consult with First Nations. If you look at the expert panel’s
report, they actually note that further consultation is required. I
do not think it is fair to characterize that expert panel process as
consultation.
J’étais présent à cette réunion, qui a duré toute la journée. À
plusieurs reprises, on a demandé si les réunions du groupe
d’experts faisaient partie du processus de consultation. Chaque
fois, on nous a répondu que ce groupe était indépendant du
gouvernement, et qu’il n’était pas là pour consulter les Premières
nations. Si vous vous reportez au rapport du groupe d’experts,
vous verrez qu’il indique expressément qu’il faut faire d’autres
consultations. On ne peut donc pas dire, à mon avis, que le groupe
d’experts faisait partie du processus de consultation.
Canada also made reference to the engagement session. There
were some meetings with the provincial treaty organizations in
Alberta at the technical level about planning that session, where
to have it, how to invite the chiefs. That is what those discussions
were about. They were not about the substance of the bill. Again,
Le gouvernement fédéral a parlé du processus de consultation.
Il y a eu des réunions avec des organisations provinciales de
l’Alberta liées à un traité, pour planifier cette consultation sur le
plan pratique, le lieu, comment inviter les chefs, ce genre de
choses. C’est là-dessus que ces réunions ont porté, et pas du tout
16-5-2012
Peuples autochtones
18:43
there was a one-day session in Edmonton. An official from the
government started that meeting with an opening comment. Most
of the First Nations had attended because they had concerns
about implications of the bill for treaty rights and jurisdiction,
especially as those two things relates to water. The official from
Canada opened the meetings by saying that we are here to talk
about what might be the possible contents of the bill and maybe
the regulations, but we cannot hear concerns about treaty and
Aboriginal rights.
sur le contenu du projet de loi. Il y a donc eu une réunion d’une
journée à Edmonton, et un représentant du gouvernement a
commencé la réunion par une déclaration liminaire. La plupart
des Premières nations étaient là parce qu’elles s’inquiétaient des
conséquences du projet de loi pour les droits issus de traités et
pour leurs sphères de compétence, particulièrement en ce qui
concerne l’eau. Le représentant du gouvernement fédéral a ouvert
la séance en disant qu’on était là pour parler du contenu éventuel
du projet de loi et des règlements, mais pas pour discuter des
conséquences que cela pouvait avoir pour les droits issus de traités
et les droits ancestraux.
For the next three hours, the chiefs made it clear that if you are
not here to talk about implications of the legislation for treaty and
Aboriginal rights, then you are not consulting because that is
what the duty to consult is about. When Canada continued to
refuse to have those kinds of discussions or hear those concerns,
the chiefs ended the session at noon of what was supposed to be a
one-day session.
Pendant les trois heures qui ont suivi, les chefs ont dit
clairement que si on ne pouvait pas parler des conséquences de la
loi pour les droits issus de traités et les droits ancestraux, ce n’était
pas de la consultation. Le représentant du fédéral a continué de
refuser qu’on puisse en discuter, et les chefs ont donc mis fin à la
réunion à midi alors qu’elle était censée durer toute la journée.
Canada then funded an impact analysis, which the Alberta
First Nations tabled with this committee during the Bill S-11
hearings. We did a lot of work for the $25,000 provided. We
looked at all of the provincial regulations in Alberta that might
apply to First Nations. We went out to the communities and
talked to water plant operators about the implications of that
body of regulations for them. We provided that to Canada and
never received a response.
Le gouvernement fédéral a ensuite financé une analyse d’impact,
que les Premières nations de l’Alberta ont déposée devant votre
comité dans le cadre des audiences sur le projet de loi S-11. Nous
avons fait beaucoup de travail avec les 25 000 $ que nous avons
reçus. Nous avons passé en revue tous les règlements provinciaux de
l’Alberta qui pouvaient s’appliquer aux Premières nations. Nous
nous sommes rendus dans les diverses communautés pour
rencontrer les exploitants de stations de traitement de l’eau pour
voir quelles seraient les conséquences, pour eux, de cet ensemble de
règlements. Nous avons transmis tout cela au gouvernement fédéral
mais n’avons jamais reçu de réponse.
During 2008 and 2009, under the former minister, from our
perspective, that was the record of consultation. This was put in
the record here during the last round.
En 2008 et 2009, à l’époque de l’ancien ministre, c’est ce que
nous avons eu comme consultation, tout au moins pour ce qui
nous concerne.
Moving on to more positive points, the chiefs in assembly in
Alberta in October 25, 2011, passed a resolution conditionally
supporting what was to become Bill S-8. The three conditions
they attached to it were, first, that the bill must have a nonderogation clause. There was still ongoing debate at the time
about how it would read.
Passons maintenant à des remarques plus positives. Les chefs
de l’Alberta ont adopté en assemblée, le 25 octobre 2011, une
résolution visant à appuyer conditionnellement ce qui allait
devenir le projet de loi S-8. Leur appui était accompagné de trois
conditions, la première étant que le projet de loi devait comporter
une clause de non-dérogation. On discutait encore, à ce momentlà, du libellé précis de cette clause.
The second is that Canada must develop a satisfactory
regulatory development process that closely involves First
Nations. We anticipate, for the record, that that will be a threeto five-year process. After doing this initial work and looking at
all of the regulations we have to look at, we really cannot conceive
of anything shorter than three to five years.
La deuxième était que le gouvernement fédéral devait permettre
aux Premières nations de participer activement au processus
d’élaboration des règlements. Nous pensons que ce processus
durera de trois à cinq ans. En effet, après avoir fait tout ce premier
travail et avoir passé en revue tous les règlements, nous ne voyons
pas comment ce processus pourrait se faire plus rapidement.
The other part of that second condition is that that process
must be adequately funded. It requires water experts, legal advice
and a presence probably from the technical services advisory
group, which is owned by the First Nations in Alberta, to assist
with water plant operations. We have scheduled a call tomorrow
Cette deuxième condition prévoyait également que le processus
en question devait être financé de façon adéquate. En effet, il faut
faire participer des spécialistes de l’eau, des conseillers juridiques
et sans doute des représentants du Technical Services Advisory
Group, qui relève des Premières nations de l’Alberta, au sujet de
18:44
Aboriginal Peoples
16-5-2012
with Canada; it is our first call to begin the discussions about the
detail of that process. So far, Canada has taken at least the initial
steps to living up to that commitment.
l’exploitation des stations de traitement de l’eau. Nous avons
prévu une téléconférence pour demain avec le gouvernement
fédéral; ce sera le début des discussions visant à mettre en place le
processus. Pour l’instant, le gouvernement fédéral respecte son
engagement.
The third condition is that Canada eventually — and it is not
an open-ended proposition — satisfactorily address the funding
deficit for First Nation water systems identified in the national
engineering assessment for Alberta. We needed $160 million in
Alberta to operate our water systems at the standards enjoyed by
other Canadians.
La troisième condition était que le gouvernement fédéral
s’engage sérieusement à proposer une solution satisfaisante au
déficit d’exploitation des systèmes d’alimentation en eau des
Premières nations, déficit que souligne l’évaluation technique
nationale pour l’Alberta. Nous avions besoin de 160 millions de
dollars, en Alberta, pour exploiter nos systèmes d’alimentation en
eau conformément aux normes dont jouissent les autres
Canadiens.
As you know, there is a non-derogation clause in the bill now.
It is not perfect; it is not entirely what the Alberta chiefs expected.
However, after close consideration, the chiefs have decided that it
is something they can live with.
Comme vous le savez, le projet de loi contient une clause de nondérogation. Elle n’est pas parfaite, et elle ne correspond pas tout à
fait à ce que les chefs de l’Alberta souhaitaient. Toutefois, après
mûre réflexion, les chefs ont décidé qu’ils pouvaient s’en contenter.
With respect to my friends here, it does not have the same
implications in the numbered treaty context in our view as it does
for modern land claim agreements. The outstanding issues are the
second and third conditions attached to the chiefs’ assembly
support for the bill.
Avec tout le respect que je dois à mes amis qui comparaissent
aujourd’hui, je dois dire que cela n’a pas, à notre avis, les mêmes
conséquences pour les Premières nations qui ont signé un traité
que pour celles qui ont signé un accord moderne sur des
revendications territoriales. Ce qui n’est toujours pas réglé, par
contre, ce sont les deuxième et troisième conditions de l’appui que
nos chefs ont apporté à ce projet de loi.
As I mentioned, tomorrow we are beginning to discuss the
regulatory development process. On the third condition, I think
the general impression in Alberta is that the chiefs are pleased
with the announcement of $330 million in new funding for First
Nation water systems, but it only takes a cursory look at the
national engineering assessment to figure out that is the beginning
of the solution; it is not the end of it. We need to see more money
in the next two to five years from the federal government to fix the
situation.
Comme je l’ai dit, nous commençons demain à discuter de la
mise en place du processus d’élaboration des règlements. Pour ce
qui est de la troisième condition, je crois qu’en Alberta, les chefs
sont généralement satisfaits de l’annonce faite par le gouvernement
d’investir 330 millions de dollars dans les systèmes d’alimentation en
eau des Premières nations, mais un simple coup d’œil à l’évaluation
technique nationale montre bien que ce n’est qu’un début et
certainement pas une panacée. Il va falloir que le gouvernement
fédéral fasse d’autres investissements dans les deux à cinq ans qui
viennent si on veut vraiment régler le problème.
I will speak briefly — I will not name specific section numbers
but in more general terms — to some of the amendments that
Canada agreed to with Alberta First Nations. These amendments
resulted from a process engaged during the latter part of 2010
and 2011, and January and February of 2012.
Je vais vous dire quelques mots — de façon générale, sans citer
d’articles particuliers — sur certains des amendements qui ont fait
l’objet d’une entente entre le gouvernement fédéral et les
Premières nations de l’Alberta. Ces amendements sont le fruit
d’un processus qui a été engagé à la fin de 2010 et qui s’est
poursuivi jusqu’en janvier et février 2012.
Alberta First Nations were in some pretty intensive and
significant discussions with Canada. From our perspective — and
I think the key people from the minister’s office should share this
opinion — that was not a consultation process. It was very clear
from the beginning that it was to be a ‘‘without prejudice’’
negotiating process. That was repeated at the beginning of every
meeting. It was not a consultation process.
Les Premières nations de l’Alberta ont participé à des discussions
importantes et intenses avec le gouvernement fédéral. À notre
avis — et je pense que les représentants du bureau du ministre
seront d’accord avec moi —, il ne s’agissait pas d’un processus de
consultation. C’était très clair dès le départ que ça devait être un
processus de négociations « sans préjudice », et c’était répété au
début de chaque réunion. Ce n’était donc pas du tout un processus
de consultation.
There were reasons for that. We wanted the liberty that comes
with nothing on the record; a free flow of solutions and ideas and
the ability to express a bit of emotion without it being on the record.
Il y avait des raisons à cela. Nous voulions conserver notre
liberté en nous nous engageant à rien officiellement; nous
voulions simplement échanger et proposer des solutions et des
idées, voire un peu d’émotion, sans que cela ne soit officiel.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:45
As a result of that process, there are now assurances in the bill
that it will not lead to the imposition of provincial water
allocation law on First Nations. In Alberta, that is critically
important. We have licences that will provide water to 20 to
30 houses per year changing hands now in the new water market
in Southern Alberta for up to $15 million. We cannot afford that
on top of the $160 million we need to fix our water systems. That
leaves that issue for the province and First Nations to sort out.
Suite à ce processus, nous avons maintenant l’assurance, dans
le projet de loi, que des lois provinciales sur la répartition de l’eau
ne seront pas imposées aux Premières nations. Nous avons des
concessions qui permettent d’alimenter jusqu’ à 20 ou
30 logements par an, et ces concessions sont en train de changer
de mains dans le nouveau marché de l’eau du sud de l’Alberta, ce
qui va coûter jusqu’à 15 millions de dollars. Nous ne pouvons pas
nous permettre de payer, en plus de cela, les 160 millions de
dollars que coûtera la mise à niveau de nos systèmes
d’alimentation en eau. C’est donc une question que la province
et les Premières nations devront régler.
As I mentioned, there is the non-derogation clause. There is
also a commitment to develop the regulations with First Nations,
backed up by a number of letters, one of which I brought from the
minister. There is a significant narrowing of the scope of the
regulations to specifically say that they will only deal with safe
drinking water and waste water. There are several offending
elements of Bill S-11 that are now removed.
Comme je l’ai dit, le projet de loi contient une clause de nondérogation. Le gouvernement s’est aussi engagé à élaborer des
règlements en collaboration avec les Premières nations, et cet
engagement est confirmé par un certain nombre de lettres,
notamment une du ministre, que j’ai ici. La portée des règlements
a été considérablement réduite, puisqu’ils ne porteront que sur l’eau
potable et les eaux usées. Plusieurs dispositions inacceptables du
projet de loi S-11 ont également été supprimées.
Along with that, there is clarity that third-party systems on
Indian reserves will not be the responsibility of First Nation chiefs
and councils. That was quite a concern in Alberta. There are
casinos, resorts, business parks on reserve, many of which have
independently operated water systems, and there was some
concern those would become the responsibility of First Nations.
De plus, il est clair désormais que les systèmes d’alimentation
exploités par des tierces parties sur des réserves indiennes ne
relèveront pas de la responsabilité des chefs et conseils des
Premières nations. Cela nous inquiétait beaucoup en Alberta, car
les systèmes d’alimentation des casinos, des centres de villégiature
et des parcs industriels qui se trouvent sur les réserves sont
souvent gérés par une tierce partie, et nous craignions que les
Premières nations n’en deviennent responsables.
There are a few issues we did not successful address, but at the
end of the day, the Assembly of Treaty Chiefs in Alberta made a
well-debated decision to conditionally support the bill. The key
three issues that were not resolved in the way we had hoped was
the opt-in and opt-out provisions that ostensibly are open to First
Nations with modern treaties and self-government agreements; we
do not have that option. We felt that did not necessarily create a
level playing field.
Il y a d’autres questions que nous n’avons pas réussi à régler à
notre satisfaction, mais au bout du compte, l’Assemblée des chefs
des Premières nations de l’Alberta qui a signé un traité a pris, après
moult discussions, la décision d’appuyer conditionnellement le
projet de loi. Les trois questions que nous n’avons pas réussi à
régler comme nous le voulions sont les dispositions d’adhésion ou de
retrait qui sont clairement offertes aux Premières nations ayant signé
des traités modernes et des accords d’autonomie gouvernementale,
alors que nous, nous n’avons pas cette option. Nous avons estimé
que nous n’étions pas traités sur un pied d’égalité.
First Nations do bear liability for their own drinking water
systems under this bill, and that is the main reason underlying our
third condition, that we eventually address adequate funding
before regulations are imposed on First Nations to fix drinking
water systems. We are not prepared to accept the bill and new
regulatory standards until we have the finances in place to meet
those obligations.
En vertu de ce projet de loi, les Premières nations assument la
responsabilité de leurs systèmes d’alimentation en eau potable,
d’où la troisième condition que nous posons : qu’un financement
suffisant soit prévu avant que les règlements ne soient imposés
aux Premières nations, afin de leur permettre de mettre à niveau
leurs systèmes d’alimentation. Nous ne sommes pas prêts à
accepter le projet de loi et les nouvelles normes qui seront
imposées si nous n’avons pas le financement nécessaire pour
répondre à nos obligations.
Senator Meredith: Thank you so much for your presentations.
Mr. McKay, congratulations on 12 years. I know that was
pretty hard fought. I wish all the other First Nations the same
success to get out from Indian Affairs and to ensure that you have
your future in your hands, so to speak.
Le sénateur Meredith : Je vous remercie de vos déclarations.
Monsieur McKay, toutes mes félicitations pour ce douzième
anniversaire. Je sais que le combat a été rude, et je souhaite à toutes
les autres Premières nations d’avoir autant de succès que vous
auprès du ministère des Affaires autochtones, afin qu’elles aient les
moyens de décider de leur propre avenir, en quelque sorte.
18:46
Aboriginal Peoples
16-5-2012
You raised this with respect to consultation. Were you aware
of these one-day sessions that were happening? Did they write to
you and say, ‘‘We will have these sessions and we would like to
you to participate,’’ and you thought it was unfair to have a oneday session so you chose not to? What was the situation there?
Vous avez parlé de la consultation. Comment avez-vous été
informé de la tenue de ces réunions d’une journée? Vous ont-ils
écrit pour vous le dire et pour vous inviter à y participer? Et
comme vous avez pensé qu’une réunion d’une journée, ça ne
suffisait pas, vous avez préféré ne pas y aller? Que s’est-il passé?
Mr. McKay: Thank you for the question. We are not aware of
any attempt to notify the Nisga’a Nation that these consultations
or engagement sessions, or whatever they are called, were taking
place regarding the former Bill S-11 and the present Bill S-8.
Monsieur McKay : Je vous remercie de votre question. Que je
sache, personne n’a essayé d’informer la nation nisga’a de la tenue
de réunions de consultation, si c’est comme ça qu’on les appelle, au
sujet de l’ancien projet de loi S-11 et de l’actuel projet de loi S-8.
Senator Meredith: Mr. McKay, walk me through how you
manage your own water systems currently. What is the procedure
there? Are you sharing with the province? What are your own
training procedures with respect to regulators and so forth?
Le sénateur Meredith : Monsieur McKay, expliquez-moi
comment vous gérez actuellement vos propres systèmes
d’alimentation en eau. Quelle est la procédure? Partagez-vous
cette responsabilité avec la province? Quelle formation devez-vous
suivre, conformément à la réglementation?
Mr. McKay: The Nisga’a Government has jurisdiction on
Nisga’a lands, which includes the four Nisga’a villages which are
the former Indian reserves. Through that process, each village
government is responsible for providing, among other things,
clean and safe drinking water to their communities. They are also
required to uphold the standards that are set and acceptable in
that situation.
M. McKay : Le gouvernement nisga’a a compétence sur le
territoire des Nisga’a, ce qui inclut les quatre villages nisga’a qui
sont d’anciennes réserves indiennes. Dans cette structure, le
gouvernement de chaque village a pour responsabilité, entre
autres, d’assurer l’alimentation en eau potable de ses
communautés, conformément aux règlements établis et jugés
acceptables dans la circonstance.
Senator Meredith: Have you had to issue any boil water
advisories? Given the fact that things are not up to par or
adequately serviced, have you had to advise the people living onreserve that they had to boil their water before they actually drink it?
Le sénateur Meredith : Vous est-il arrivé de devoir émettre des
avis demandant à la population de faire bouillir l’eau? Étant
donné que les installations ne sont pas toutes à niveau ou
adéquatement entretenues, vous est-il arrivé de conseiller aux
habitants de la réserve de faire bouillir l’eau avant de la boire?
Mr. McKay: A slight correction: As of 12 years ago, we are no
longer Indian reserves. We are known as Nisga’a villages.
M. McKay : Une petite correction : depuis 12 ans, nous ne
sommes plus des réserves indiennes, nous formons ce qu’on
appelle des villages nisga’a.
Senator Meredith: Thank you for that correction.
Le sénateur Meredith : Merci de me le rappeler.
Mr. McKay: One of our Nisga’a villages, prior to the Nisga’a
treaty, was already aware of some problems with their drinking
water. That is the Nisga’a Village of Gitwinksihlkw. Under the
Nisga’a Government in the 12 years since, under our capital
programs, we were able to provide the Nisga’a Village of
Gitwinksihlkw with a modern-day facility to bring their
drinking water standards up considerably.
M. McKay : L’un des quatre villages, Gitwinksihlkw, savait,
déjà avant la signature du traité des Nisga’a, que la qualité de
l’eau potable était inadéquate. Depuis 12 ans qu’il existe un
gouvernement nisga’a, nous avons pu, par des programmes
d’investissements, aménager dans le village des installations
modernes qui ont permis d’améliorer considérablement la
qualité de l’eau potable.
The Chair: I thought, Mr. McKay, you would say that your
area is so pristine there is no such thing as bad water.
Le président : Je croyais, monsieur McKay, que vous diriez que
vos terres sont tellement vierges qu’on n’y trouve pas d’eau
contaminée.
Senator Ataullahjan: Thank you for your presentation this
evening.
Le sénateur Ataullahjan : Je vous remercie de vos déclarations
de ce soir.
We have heard a lot about the financial resources. I am also
interested in human resources and the technical capacity in your
nation. How is the situation in your nation with regard to the
training and management of operators?
Nous avons beaucoup entendu parler des ressources
financières. Mais je m’intéresse aussi aux ressources humaines,
et aux capacités techniques de vos membres. Comment se fait la
formation et la supervision des exploitants des systèmes?
Mr. Leonard: Sorry, it was not clear to me to whom the
question was directed.
M. Leonard : Excusez-moi, je n’ai pas très bien compris à qui
s’adressait la question.
Senator Ataullahjan: I was a looking for an answer from both
Mr. McKay and Mr. Leonard. Do you want me to repeat the
question?
Le sénateur Ataullahjan : Je m’adressais à la fois à M. McKay
et à M. Leonard. Voulez-vous que je répète la question?
16-5-2012
Peuples autochtones
Mr. Leonard: Sure. That would be great.
18:47
M. Leonard : Oui, s’il vous plaît.
Senator Ataullahjan: We have heard a lot about the importance
of financial sources, but I am also interested in human resources
and technical capacity in your nations. How is the situation in
your nations with regard to the training and management of
operators?
Le sénateur Ataullahjan : Nous avons beaucoup entendu parler
des ressources financières, mais je m’intéresse aussi aux ressources
humaines, et aux capacités techniques de vos membres. Comment
se fait la formation et la supervision des exploitants des systèmes?
Mr. Leonard: My understanding from working with TSAG in
Alberta — that is the First Nations Technical Services Advisory
Group; they help train and help First Nations address issues with
water plant operations — is that you cannot separate the issue of
funding, especially in the Alberta economy, and human resources.
M. Leonard : D’après ce que je sais du TSAG de l’Alberta — il
s’agit du First Nations Technical Services Advisory Group, qui
contribue à la formation des exploitants et aide les Premières
nations à régler leurs problèmes d’exploitation de systèmes —, on
ne peut pas séparer la question du financement, surtout dans le
contexte économique albertain, et les ressources humaines.
When you train an operator and they move up through the
various classes, they become an attractive object of recruitment
for adjacent municipalities, steam-assisted gravity drainage oil
sands operations need qualified water plant operators, and they
pay a lot more money than what First Nations can afford.
Quand vous formez un exploitant et qu’il grimpe peu à peu aux
échelons supérieurs, il est alors très convoité par les municipalités
voisines. Les usines de sables bitumineux qui pratiquent le
drainage par gravité renforcé par la vapeur ont besoin
d’exploitants de stations de traitement de l’eau, et elles leur
offrent des salaires bien plus alléchants que ce que peuvent leur
offrir les Premières nations.
A lot of First Nations have lost people. They have invested a
lot of time and money in training to either municipal governments
or private residential developments that have their own water
systems, or the oil sands operations. It is a critical issue with First
Nations in Alberta, and it is linked to the funding issue. If you
cannot pay the guys enough, you cannot keep them around.
Beaucoup de Premières nations ont vu leurs exploitants partir de
cette façon. Elles consacrent énormément de temps et d’argent à
leur formation, et un beau jour, ils partent travailler pour un autre
gouvernement municipal, pour un complexe résidentiel qui possède
son propre système d’alimentation en eau ou pour une usine de
sables bitumineux. C’est un gros problème pour les Premières
nations de l’Alberta, et c’est lié au problème de financement. Si on
n’offre pas un salaire suffisant, on ne garde pas l’exploitant.
The Chair: Do you actually have the Circuit Rider Training
Program in Alberta?
Le président : Est-ce que le Programme de formation itinérante
existe en Alberta?
Mr. Leonard: Yes, we do.
M. Leonard : Oui.
Senator Patterson: I would like to welcome the witnesses. This
is for the Nisga’a witnesses in follow-up to Senator Meredith’s
questions.
Le sénateur Patterson : Je suis heureux de souhaiter la
bienvenue à nos témoins. J’aimerais poser une question aux
représentants des Nisga’a, dans la même veine que les questions
du sénateur Meredith.
You said that the Nisga’a Government has jurisdiction over
water and that there are standards. How are these standards set?
Have you developed regulations or a legislative regime for water?
Who is financing the systems that are now in place, please?
Vous avez dit que le gouvernement nisga’a avait compétence
sur l’eau, et que vous aviez des normes. Comment les avez-vous
établies? Les appliquez-vous au moyen de règlements ou de textes
législatifs? Qui finance les systèmes en place?
Mr. Aldridge: Thank you very much for the question, senator.
The Nisga’a Government has broad jurisdiction in respect of
land and land use, not over water, per se, expressed as such.
Provincial law of general application applies on Nisga’a lands by
virtue of the treaty. That is the law that would govern specific
standards at this time because the Nisga’a Government has not
moved into that field. The Nisga’a Government does have the
jurisdiction that it has not yet chosen to exercise over environmental
protection, including the regulation of any discharges into any
M. Aldridge : Je vous remercie de votre question, sénateur.
Le gouvernement nisga’a dispose de vastes pouvoirs pour ce qui
est des terres et de leur aménagement, mais pas sur les cours d’eau
en tant que tels. La loi provinciale d’application générale s’applique
aux terres nisga’a en vertu du traité. C’est cette loi qui établit les
normes en vigueur car le gouvernement nisga’a n’est pas encore
intervenu dans ce domaine. C’est pourtant de son ressort, mais il a
décidé de ne pas exercer, pour l’instant, sa compétence en matière de
protection environnementale, y compris la réglementation des
18:48
Aboriginal Peoples
16-5-2012
water bodies. In the absence of any such legislation, again,
provincial law primarily and then, to the extent that the Fisheries
Act continues to protect fish, federal law would apply.
déversements dans les cours d’eau. En l’absence d’une loi du
gouvernement nisga’a, c’est la loi provinciale qui s’applique d’abord,
ainsi que la Loi sur les pêcheries du gouvernement fédéral, dans la
mesure où elle vise à protéger les espèces halieutiques.
The funding for capital infrastructure is provided by a regime
established under the treaty, including the fiscal finance
agreements that come into force under the treaty, and they are
to be renegotiated every five years. Capital structures are paid for
under that, as well as are contributed to, to the extent possible, by
Nisga’a Nation funds.
Le financement des immobilisations est assuré selon un régime
prévu dans le traité, y compris des ententes fiscales qui doivent
être renégociées tous les cinq ans. C’est ainsi que sont financées les
immobilisations, auxquelles s’ajoutent également, dans la mesure
de nos moyens, des fonds de la nation nisga’a.
Senator Patterson: I was glad Senator Meredith asked about
water because I think there was one reference to water in
Chairman McKay’s opening comments; otherwise, the
presentation was about treaty rights and Aboriginal rights.
Le sénateur Patterson : Je suis content que le sénateur Meredith
vous ait posé une question au sujet de l’eau, car je pense que, dans
sa déclaration, le président McKay n’en a fait mention qu’une
fois, car il a essentiellement parlé des droits issus de traités et des
droits ancestraux.
I just want to get this clear. I know you find the act odious,
objectionable and a threat, and you said the effect will be most
profound, but I just want to make it crystal clear. I did note your
concern that funding could be withheld from Indian Affairs,
although I understand you are working out of the Indian Act and
you are not a band.
Je vais être clair. Je sais que vous trouvez la loi répugnante,
contestable et menaçante, et vous avez dit que ses effets seront
profonds, mais je tiens à ce que ce soit parfaitement clair. J’ai bien
compris que vous craignez de ne plus recevoir des fonds du
ministère des Affaires indiennes, que vous ne relevez pas de la Loi
sur les Indiens et que vous n’êtes pas une bande.
My question is a simple one: Do you agree that you are not
required to opt in to this legislation and regulatory regime, that
you have the freedom to stay far away from this odious bill if you
so choose? Would you agree with that?
Ma question est simple : reconnaissez-vous que vous n’êtes pas
obligés d’adhérer à cette loi et au dispositif réglementaire qui en
résultera, que vous avez la liberté, si tel est votre choix, de ne pas
adhérer à ce projet de loi répugnant? Le reconnaissez-vous?
Mr. Aldridge: If I may answer that question, the bill does not
include any legal compulsion to opt in; you are absolutely correct.
M. Aldridge : Je vais répondre à votre question en disant que le
projet de loi ne nous oblige pas, théoriquement, à y adhérer. Vous
avez tout à fait raison.
The fear is that there will be a practical compulsion to opt in. We
did not specify from Indian Affairs, senator. We still have a
relationship with the federal government, and so even though the
Nisga’a Nation is not subject to the Indian Act, there is nonetheless
an ongoing relationship with the federal government that we fear
could impose, as a condition of funding, the requirement to opt in
to the act.
Ce que nous craignons, c’est que, dans la pratique, nous soyons
contraints de le faire. Vous avez mentionné les Affaires autochtones,
mais nous n’avons pas mentionné ce ministère en particulier,
sénateur. Nous avons gardé une relation avec le gouvernement
fédéral; même si la nation nisga’a n’est pas assujettie à la Loi sur les
Indiens, elle conserve quand même une relation avec le
gouvernement fédéral, et celui-ci pourrait, à l’avenir, nous obliger
à adhérer à la loi si nous voulons obtenir un financement.
You are quite correct; the act does not contain any legal
compulsion to opt in, so our question back to the government is
the following: Why have section 14 at all? Any self-governing
group has the power to adopt the regulations under its own
authority, if it so chooses, so what is the purpose of section 14?
We cannot think of any. That is why we propose its deletion.
Vous avez raison de dire que la loi ne nous oblige pas, en
théorie, à adhérer, mais dans ce cas permettez-moi de vous poser
la question suivante : à quoi sert l’article 14? N’importe quel
groupe ayant signé un accord d’autonomie gouvernementale a le
pouvoir d’adopter des règlements de son propre chef, si tel est son
choix, alors à quoi bon avoir cet article 14? Nous n’arrivons pas à
comprendre sa raison d’être, et c’est pour ça que nous en
proposons la suppression.
The Chair: May I ask a question with regard to this? When you
say ‘‘a financial requirement,’’ are you referring strictly to your
requesting money for a water system, or do you feel the way this
act is worded that any request for funding, as a result of your
relationship with the Crown, could require or allow the utilization
of the clause 14 in the act?
Le président : Puis-je poser une question à ce sujet? Quand vous
parlez de besoins financiers, parlez-vous uniquement des cas où vous
allez demander de l’argent pour un système d’alimentation en eau,
ou pensez-vous que, d’après le libellé du projet de loi, toute demande
de financement, du fait de votre relation avec la Couronne, pourrait
nécessiter ou autoriser l’application de l’article 14?
16-5-2012
Peuples autochtones
18:49
Mr. Aldridge: It is the former. We do not know how the
funding will be provided, whether it will be through the
Department of Indian Affairs and Northern Development, as it
is still legally known, or through Public Works Canada. The
concern is that a request in respect of safe drinking water,
presumably infrastructure, but perhaps training, things of that
sort, any program that is established, will be contingent upon
opting in, regardless of which particular department of Canada
was administering it — but not money at large — would be made
conditional upon opting in.
M. Aldridge : C’est la première réponse. Nous ignorons
comment les fonds seront octroyés, s’ils le seront par le
ministère des Affaires autochtones et du Développement du
Nord, comme on l’appelle toujours officiellement, ou par Travaux
publics Canada. Ce qui nous inquiète, c’est que si nous
demandons des fonds pour offrir à nos membres de l’eau
potable, que ce soit pour des infrastructures ou pour de la
formation, entre autres, la réalisation du programme dépendra de
notre adhésion, quel que soit le ministère bailleur de fonds. Nous
craignons que ça soit une condition.
Senator Patterson: I say this with some hesitation. I know it is
very important, and I do not mean to write it off at all. Putting
aside, for the moment, your concerns about section 35, the
Constitution Act and the derogation or non-derogation clauses,
as we choose to describe, I am having trouble understanding it.
We are dealing with something as basic as safe drinking water —
clean water. Can you describe a situation where regulations made
under an act that basically proposes to set up water systems that
are safe, so that we do not have Walkertons on reserves or selfgoverning nations, could relate to or threaten Aboriginal rights?
In the preamble, the act does pledge to involve First Nations in
the development of those regulations, as you know. Forgive me; I
cannot imagine a situation where Aboriginal rights would conflict
with regulations to set standards and provide safe drinking water,
how the two could threaten one another or be a threat. We are
talking about the subject of safe drinking water, not language, not
hunting rights, not the many rights that Aboriginal people need to
be concerned about. We are talking about clean water. How is
there a threat from regulations to treaty or Aboriginal rights?
Le sénateur Patterson : J’hésite à dire cela, car je sais que c’est
très important, et je ne veux pas balayer ça du revers de la main.
Mettons de côté, pendant un instant, les problèmes que cela vous
pose eu égard à l’article 35 de la Loi constitutionnelle, les clauses
de dérogation ou de non-dérogation, comme on préfère; j’avoue
que j’ai du mal à comprendre votre position. On parle d’eau
potable, c’est un produit de première nécessité pour tout être
humain. Pouvez-vous me donner un seul exemple montrant que
des règlements pris en vertu d’une loi qui vise avant tout à assurer
la salubrité de l’approvisionnement en eau, pour éviter que la
tragédie de Walkerton ne se reproduise dans des réserves ou sur le
territoire de nations autonomes, menacent en quoi ce soit des
droits ancestraux? Vous savez bien que, dans le préambule, le
gouvernement s’engage à faire participer les Premières nations à
l’élaboration des règlements. Excusez-moi, mais je n’arrive pas à
imaginer comment des droits ancestraux pourraient être menacés
par des règlements visant à mettre en place des normes relatives à
la salubrité de l’eau potable. En quoi l’un peut-il menacer l’autre,
ça me dépasse. Nous parlons d’eau potable, pas de langue, ni de
droits de pêche, ni des nombreux droits que les Premières nations
ont raison de vouloir protéger. Nous parlons d’eau potable. En
quoi cela peut-il constituer une menace pour les droits ancestraux?
Mr. Aldridge: The threat is to the treaty right of selfgovernment, the ability to make laws in respect of the use of
land, the location of the use of land and the control over the use
of land.
M. Aldridge : La menace, elle vise avant tout le droit à
l’autonomie gouvernementale, qui est un droit issu de traités et
qui nous permet d’adopter des lois en ce qui concerne l’utilisation
des terres, les types d’aménagements et le lieu d’implantation de
ces aménagements.
Senator, the bill, as you know, contemplates not simply the
virtue of safe drinking water. Who could be opposed to that? It is
certainly not the Nisga’a. What the bill would enable the Governorin-Council to do, among other things, is to pass regulations that, for
a couple of examples, do the following: 5(1)(b) confer on any person
or body any legislative, administrative, judicial or other power that
the Governor-in-Council considers necessary to regulate water
systems; (c) confer on any person or body the power exercisable in
specific circumstances to make orders to cease any work, comply or
to remedy the consequences. They could by regulation under (h)
confer on any person the power to verify compliance with the
regulation, including the power to seize and detain; (i) refers to
Sénateur, le projet de loi, comme vous le savez, ne vise pas
seulement à mettre en place des normes relatives à la salubrité de
l’eau potable. Ça, personne ne peut s’y opposer, certainement pas
les Nisga’a. Par contre, le projet de loi permet notamment au
gouverneur en conseil de prendre des règlements pour, entre
autres : 5(1)b) conférer à toute personne ou à tout organisme tout
pouvoir, notamment législatif, administratif ou judiciaire, que le
gouverneur juge nécessaire afin de régir efficacement les systèmes
d’alimentation en eau potable; c) conférer à toute personne ou à
tout organisme les pouvoirs ci-après et préciser les circonstances
de leur exercice : ordonner à quiconque de cesser tous travaux, de
se conformer à toute disposition réglementaire ou de prendre
18:50
Aboriginal Peoples
16-5-2012
getting warrants; (j) is auditing books; (n) obligations of any person
exercising powers and penalties for the breach of those obligations.
toute mesure pour remédier aux conséquences. Le gouvernement
peut, en vertu de l’alinéa h), prendre des règlements pour conférer
à toute personne le pouvoir de vérifier le respect des règlements et,
notamment, celui de saisir et retenir; en vertu de l’alinéa i), faire
faire une demande pour l’obtention d’un mandat; en vertu de
l’alinéa j), procéder à la vérification des comptes; en vertu de
l’alinéa n), établir les obligations de toute personne qui exerce des
attributions conférées par les règlements et établir les peines
applicables en cas d’inexécution de ces obligations.
That is an intrusion into the heart of the law-making authority
that the Nisga’a Nation has over the use, management and zoning
of its land. The government says by regulation it can confer the
power on any person to trump the treaty right of self-government
that is thereby engaged. Because of the total commitment to the
same values that you refer to in terms of clean drinking water —
because no one is opposed to that — the Nisga’a Nation has the
choice now to rely on provincial legislation, as augmented by its
own, or, if there actually emerged from this process something
that was salutary, they could enact it themselves.
Le gouvernement s’immisce dans la sphère de compétence de la
nation nisga’a pour ce qui est de l’utilisation, de la gestion et du
zonage de ses terres. Il affirme que, par voie de règlement, il peut
conférer à une personne un pouvoir qui l’emporte sur le droit à
l’autonomie gouvernementale, qui est un droit issu de traités.
Parce qu’elle défend sans réserve les mêmes valeurs que vous en ce
qui concerne la salubrité de l’eau potable — personne n’est contre
cela —, la nation nisga’a a maintenant le choix entre la loi
provinciale, renforcée par la sienne propre, ou, si ces audiences
aboutissent à quelque chose de positif, l’adoption de votre loi par
son propre gouvernement.
One small correction: the government appeared before you on
Bill S-11 and said repeatedly — we have read the transcripts —
that the intention was to consult with First Nations on the
drafting of the regulations. That now has been inserted, not as a
substantive obligation, but rather as a preambular clause that has
no legal force and effect, other than to help with the interpretation
of the act. Rather than use the word ‘‘consult,’’ which they
promised you they were going to do on Bill S-11, they have
instead chosen the vague word that they will ‘‘work with’’
someone or another, First Nations, in the development of their
regulations. They obviously chose the phrase ‘‘work with’’ instead
of ‘‘consult’’ for a reason. I am not sure what it is, but it is
obviously vaguer. We do not know with whom. I simply remind
you that they have come to this committee to say, ‘‘We have
consulted with First Nations,’’ but they also say that really it was
Alberta and the Atlantic Congress. They were the ones on May 1
who told you, when you chaired the meeting, that they had most
of their consultations with them. They certainly had none with the
Nisga’a Nation. I just wish to make those points. It goes to the
heart of the relationship of who gets to control the land.
Permettez-moi une petite correction : les représentants du
gouvernement qui ont comparu devant votre comité au sujet du
projet de loi S-11 ont dit et redit — nous avons lu les
transcriptions — qu’ils avaient l’intention de consulter les
Premières nations pour l’élaboration des règlements. Ça figure
maintenant dans le projet de loi, pas sous la forme d’une
obligation substantielle, mais comme un attendu du préambule,
qui n’a aucune force de loi et qui vise simplement à faciliter
l’interprétation de la loi. Au lieu d’employer le mot « consulter »,
comme ils l’avaient promis pour le projet de loi S-11, ils
s’engagent à « travailler avec » une personne, des Premières
nations, que sais-je, pour l’élaboration des règlements. S’ils ont
choisi le verbe « travailler avec » plutôt que « consulter », il y a
certainement une raison. Je ne la connais pas, mais il me semble
que c’est plus vague. On ne sait pas non plus avec qui ils vont
travailler. Je vous rappelle simplement que, lorsqu’ils ont
comparu devant votre comité, ils ont dit qu’ils avaient consulté
les Premières nations, mais ils ont dit aussi que c’était surtout
l’Alberta et le Congrès de l’Atlantique. C’est avec ceux-là qu’ils
vous ont dit, le 1er mai, et vous présidiez la réunion, qu’ils avaient
eu le plus de consultations. C’est sûr qu’ils n’en ont pas eu avec la
nation nisga’a. Je tenais à le dire. Ça touche toute la question du
contrôle sur les terres, tout ça se tient.
Mr. Leonard: When the Alberta chiefs’ water committee, which
reported to the whole assembly, looked at this issue, they felt it
fell into two categories: the practical and the principled. On the
practical level — and some of it is set out in the letter I provided
the committee from the minister and in repeated verbal
commitments as well — Canada has said we will be partners in
the development of the regulations, partners in the
implementation of the regulations, and that the new regulatory
authority will, in some fashion, be determined, jointly operated by
Alberta First Nations and the federal government.
M. Leonard : Avant de faire un rapport à l’assemblée, les chefs
de l’Alberta qui siègent au comité de l’eau ont examiné toute la
question et ont conclu qu’elle avait deux composantes : la
pratique et les principes. Sur le plan pratique — comme
l’indique la lettre du ministre que j’ai déposée devant votre
comité, ainsi que plusieurs engagements verbaux —, le
gouvernement fédéral a dit que nous serions des partenaires
dans l’élaboration et la mise en œuvre des règlements, et que le
nouveau dispositif réglementaire serait en quelque sorte
administré conjointement par les Premières nations de l’Alberta
et le gouvernement fédéral.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:51
There is a new level of respect that we did not see under
Bill S-11 — at least from our discussions with Canada — for the
legitimate role of First Nations in governing the safety of drinking
water in our communities.
Ce projet de loi nous respecte davantage que le projet de
loi S-11 — tout au moins d’après nos discussions avec le
gouvernement fédéral — en ce sens qu’il reconnaît la
responsabilité légitime des Premières nations pour l’alimentation
en eau potable de leurs communautés.
On a principled level, I have to agree with my colleague Jim
Aldridge. I think Canada’s interpretation of what is a permissible
infringement on May 1 was sweepingly broad. As far as I
understand, there are three or four justifiable reasons for
infringing Aboriginal or treaty rights. One clearly in the case
law is safety. That is because the clause narrowed the exception to
the safety of drinking water. At the end of the day, that was one
of the reasons the Alberta chiefs were able to live with the clause.
Pour ce qui est des principes, je suis d’accord avec mon collègue
Jim Aldridge. J’estime que l’interprétation que le gouvernement
fédéral a donnée le 1er mai de ce qu’est un empiétement admissible
était beaucoup trop générale. Que je sache, il y a trois ou quatre
raisons qui peuvent justifier d’empiéter sur les droits ancestraux
ou les droits issus de traités. En jurisprudence, la première est
évidemment la sécurité. L’article circonscrit la notion de sécurité à
celle de l’eau potable, et c’est pour cette raison que les chefs de
l’Alberta ont décidé de l’accepter.
Going forward, when we develop and implement regulations,
in our view, the case law is pretty clear since Sparrow that even
though we are talking about one narrow exception, the
evidentiary burden lays with the Crown, even under this narrow
exception, to demonstrate that if we have to infringe a treaty or
Aboriginal right for the safety of drinking water, they have to
show us hard, cold facts why that is necessary. In my personal
view, it carves out a narrow exception.
Pour ce qui est de l’élaboration et de la mise en œuvre des
règlements, nous estimons que la jurisprudence démontre
clairement, depuis la cause Sparrow, que même si nous parlons
d’une exception restreinte, la charge de présentation appartient à
la Couronne et celle-ci doit démontrer qu’il est nécessaire
d’empiéter sur un droit issu d’un traité ou sur un droit ancestral
pour assurer la salubrité de l’eau potable. Autrement dit, le
gouvernement doit démontrer, avec preuves à l’appui, pourquoi
c’est vraiment nécessaire. À mon avis, cela constitue une
exception restreinte.
In the context of Aboriginal rights, it may be a bit different.
There is a lot of unsettled territory there from a legal perspective.
Mais dans le contexte des droits ancestraux, c’est peut-être un
peu différent. C’est un terrain encore inconnu, d’un point de vue
juridique.
Senator Campbell: Thank you very much for coming today.
Le sénateur Campbell : Je vous remercie beaucoup d’être ici
aujourd’hui.
I find it quite incredible that when we are talking about a legal
document — and legal documents are precise — we actually hear
mealy-mouth words that are not like ‘‘consult’’ but ‘‘work with.’’
‘‘Work with’’ has no legal status, has no understanding in legalese;
whereas ‘‘consulting’’ has a definitive definition.
Je trouve assez incroyable que dans un document juridique —
et Dieu sait que les documents juridiques sont précis —, on
emploie non pas le mot « consulter » mais une expression aussi
mièvre que « travailler avec ». « Travailler avec » n’a aucun
statut juridique et aucune signification en jargon juridique, alors
que « consulter » a une définition précise.
The interesting thing about this bill is that it takes in the whole
gambit. It takes in self-governing First Nations. It takes in nations
that already have treaties. It takes in nations that have no treaties
but may be in the process. It takes in nations that are not even in
the process and it treats them all the same. If there is one thing
that we supposedly learned from the treaty process, it is that no
one is the same and that everyone is a separate nation. I have
some difficulty with that.
Ce qui est curieux avec ce projet de loi, c’est qu’il englobe tout
le monde : les Premières nations autonomes, les nations qui ont
signé un traité, celles qui sont peut-être en train d’en négocier un,
celles qui ne sont même pas en train d’en négocier un, bref, tout le
monde est traité de la même façon. S’il y a une chose qu’on est
censé avoir apprise du processus de négociation des traités, c’est
que chacun est différent et que chacun constitue une nation
distincte. J’ai des difficultés avec ça.
If clause 14 were taken out, would this bill then be acceptable?
This is the prevail section, right?
Si on supprimait l’article 14, le projet de loi vous serait-il
acceptable? C’est l’article qui vous gêne le plus, n’est-ce pas?
Mr. Aldridge: From the Nisga’a point of view, senator, in
order to make the bill not apply to the Nisga’a Nation, ever, at all,
then we would have to amend the definition of ‘‘First Nation,’’ the
definition of ‘‘First Nation lands’’ and the definition of
‘‘Aboriginal body.’’ You would then remove section 14 in its
entirety and there would be no need for a reference to a schedule.
M. Aldridge : Du point de vue des Nisga’a, sénateur, pour que
le projet de loi ne s’applique jamais à la nation nisga’a, il faudrait
modifier la définition de « première nation », de « terres » et de
« groupe autochtone ». À ce moment-là, vous pourriez supprimer
l’article 14 dans sa totalité, et il ne serait pas nécessaire de faire
mention d’une annexe. Autrement dit, l’application de ce projet
18:52
Aboriginal Peoples
16-5-2012
To put it a different way, you would restrict the application of the
bill to Indian bands under the Indian Act or under the First
Nations Land Management Act.
de loi serait limitée aux bandes indiennes assujetties à la Loi sur
les Indiens ou à la Loi sur la gestion des terres des premières
nations.
Senator Campbell: These would not be in a treaty situation?
Le sénateur Campbell : Ces bandes-là ne sont pas signataires
d’un traité?
Mr. Aldridge: They would not be modern treaties. They would
include historical treaties. If that were removed, from the Nisga’a
Nation point of view, because it would have no application to the
Nisga’a Nation; they would have nothing further to say about the
other contents.
M. Aldridge : Pas d’un traité moderne, mais d’un ancien traité.
Si cela était supprimé du projet de loi, celui-ci ne s’appliquerait
plus à la nation nisga’a et, par conséquent, nous n’aurions plus
rien à dire sur le reste.
From the principled point of view, we still have a concern
about including, as my friend says, what we perceive clause 3 to
be, namely, a derogation clause. The Alberta chiefs agreed to it.
That is their prerogative; we do not want to get in their way.
However, from our point of view, on a principled basis, there
should not be a legislative precedent of derogation clauses.
Pour ce qui est des principes, nous avons des réserves quant à
l’inclusion de l’article 3, que nous considérons, comme l’a dit mon
ami, comme une clause de dérogation. Les chefs de l’Alberta
l’acceptent. C’est leur prérogative, et nous ne la contestons pas.
Toutefois, de notre point de vue, ne serait-ce que par principe,
nous estimons qu’il ne devrait pas y avoir de précédents législatifs
à des clauses de dérogation.
Senator Campbell: This actually would affect, as of right now,
three modern treaties in British Columbia, right?
Le sénateur Campbell : Dans leur libellé actuel, ces dispositions
affecteraient trois traités modernes en Colombie-Britannique,
n’est-ce pas?
Mr. Aldridge: Back to my answer to Senator Patterson, only if
Nisga’a, Maa-nulth or Tsawwassen would chose to opt in. Why
would they? Only in the circumstances I described, but I agree
that there is no legal compulsion to apply to those groups.
M. Aldridge : Pour en revenir à la réponse que j’ai donnée au
sénateur Patterson, je vous dirai que c’est seulement si les Nisga’a,
les Maanulth ou les Tsawwassen décident d’adhérer. Et pourquoi
le feraient-ils? Seulement dans les circonstances que j’ai décrites,
mais je reconnais qu’il n’y a aucune obligation juridique à
appliquer cela à ces groupes.
Senator Campbell: The fear that you express by not opting in
this down the road is a fear that we have to address with every
single bill. On every single bill that deals with First Nations and
Aboriginal people, almost without exception, the big fear is
always: Is this a step down a road that we do not want to go? I
have heard it numerous times over my seven years here. It is not
that the fear is not realistic; it is that it is out there. Is that correct?
The fear is realistic; I am saying that. However, that goes for
every bill. We have people come here and say, ‘‘We are not really
against the bill, but we are worried about what could happen
down the road.’’ Am I missing this?
Le sénateur Campbell : Quand vous parlez des risques que vous
courez si vous n’adhérez pas, ce sont des risques qui
accompagnent chaque projet de loi. Pour tous les projets de loi
qui portent sur les Premières nations et les peuples autochtones,
pratiquement tous sans exception, les gens ont toujours peur de
s’engager dans la mauvaise voie. C’est quelque chose que j’ai
entendu à maintes reprises depuis sept ans que je suis ici. Est-ce
justifié? Je pense que la crainte est réaliste, mais encore une fois,
c’est le même problème pour chaque projet de loi. Des gens
viennent nous voir, qui nous disent qu’ils ne sont pas vraiment
opposés au projet de loi, mais qu’ils s’inquiètent des
conséquences, plus tard... Est-ce que c’est bien ça?
Mr. Aldridge: If that is what you have perceived, I apologize
for making the point badly. The concern we have is that a clause
that is totally unnecessary, that has no virtue and that does not do
anything that needs to be done, is put in as a thin edge of the
wedge to contemplate amending constitutionally protected rights
by ordinary legislation. That is more than just the fear that we
have expressed about being coerced to opt in financially.
M. Aldridge : Si c’est ça que vous avez compris, je me suis mal
exprimé, et je vous prie de m’en excuser. Ce qui nous inquiète,
c’est qu’un article sans aucune utilité et sans aucune raison d’être
soit glissé dans ce projet de loi pour permettre éventuellement la
modification, par une loi ordinaire, de droits protégés par la
Constitution. C’est bien plus que la simple crainte de se voir
contraints d’adhérer pour des raisons financières, comme nous
l’avons dit tout à l’heure.
I will put it like this to all the senators on the committee.
Imagine a clause that went into a bill, which you were confronted
with as parliamentarians, said that nothing in this bill abrogates
or derogates from equality rights except to the extent necessary to
achieve — and then some goal was stated. For example, nothing
in this bill abrogates or derogates from freedom of speech except
Permettez-moi de vous présenter la chose ainsi. Imaginez qu’un
article d’un projet de loi dont vous êtes saisis, en tant que
parlementaires, stipule que rien dans le projet de loi ne porte
atteinte au droit à l’égalité, sauf dans la mesure nécessaire pour...
et on énonce un objectif quelconque. Par exemple, rien dans ce
projet de loi ne porte atteinte à la liberté d’expression, sauf dans la
16-5-2012
Peuples autochtones
18:53
to the extent necessary to achieve — and then state a laudable
goal. That is the fair comparison. Or if a province, with its
constitutional relationship with Canada, saw a federal bill that
said the Terms of Union between British Columbia and the
Government of Canada, if there is any consistency between this
act and the Terms of Union of British Columbia, this act prevails.
British Columbians would not like it very much.
mesure nécessaire pour... et on énonce un objectif tout à fait
louable. C’est une bonne analogie. Ou encore, prenons l’exemple
d’une province, avec sa relation constitutionnelle avec le Canada,
qui se trouverait face à un projet de loi fédéral disant qu’en cas
d’incompatibilité entre cette loi et les Modalités de l’union entre la
Colombie-Britannique et le gouvernement du Canada, c’est cette
loi qui l’emporte, je ne pense pas que les habitants de la
Colombie-Britannique apprécieraient beaucoup.
Senator Campbell: My final question, in short, is the following:
What standards does the Nisga’a Nation now use for drinking
water?
Le sénateur Campbell : Ma dernière question est la suivante :
quelles normes la nation nisga’a applique-t-elle actuellement en
matière d’eau potable?
Mr. Aldridge: Provincial.
M. Aldridge : Les normes provinciales.
Senator Campbell: Provincial standards. Does the nation
operate it?
Le sénateur Campbell : Les normes provinciales. Est-ce que
c’est la nation qui les applique?
Mr. McKay: Yes. The maintenance department in each village
government is responsible for overseeing that.
M. McKay : Oui. Dans chaque village, c’est le département de
l’entretien qui en assure la supervision.
Senator Campbell: They are trained.
Le sénateur Campbell : Ils ont reçu la formation nécessaire.
Mr. McKay: Yes, they are.
M. McKay : Oui.
Senator Campbell: Have you ever had any problems?
Le sénateur Campbell : Avez-vous déjà eu des problèmes?
Mr. McKay: No, we have not.
M. McKay : Non.
The Chair: I have one question for Jim Aldridge. What are the
chances, with the modern-day treaties, of having to go to the
government, to the Crown, for financial assistance that would
subject them to clause 14? Is it slim, none and otherwise, or are
you just being overly cautious?
Le président : J’aimerais poser une question à Jim Aldridge.
Quelles sont les chances qu’une Première nation signataire d’un
traité moderne demande une aide financière à la Couronne et se
voit assujettie à l’article 14? Sont-elles faibles ou quasi
inexistantes, ou êtes-vous tout simplement trop prudent?
Mr. Aldridge: Part of my job, Mr. Chair, is to be cautious, I
hope never overly so. All the funding for programs, services and
capital infrastructure is provided under fiscal agreements entered
into with the federal and provincial governments every five years.
Funding for everything, including drinking water infrastructure,
would come under the fiscal financing arrangement, augmented,
of course, by Nisga’a’s own funds. However, until the day we are
entirely self-sufficient, there will always be the need to apply for
programs or financial assistance, be it under the fiscal agreements
or under some other program that is set up. We do not know what
the government will set up in terms of funding these. That is the
concern.
M. Aldridge : C’est mon rôle d’être prudent, monsieur le
président, mais jamais trop, j’espère. Tous les financements
nécessaires aux programmes, aux services et aux immobilisations
sont prévus dans des ententes fiscales négociées tous les cinq ans
entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Tous les
financements nécessaires, y compris pour les systèmes
d’alimentation en eau potable, proviennent des ententes fiscales et
sont bien sûr complétés par des fonds nisga’a. Toutefois, tant que
nous ne serons pas complètement autonomes, nous aurons toujours
besoin de faire une demande d’aide financière ou autre, que ce soit
dans le cadre des ententes fiscales ou dans le cadre d’un autre
programme, mais nous ne savons ce que le gouvernement décidera à
ce moment-là, et c’est ça qui nous inquiète.
Are the Nisga’a self-sufficient enough to pay for all of their
drinking water infrastructure? No, of course not. A combination
of federal and provincial funding will no doubt be needed. I think
it is a reality that federal and provincial money will be needed. It
is a concern that the kind of condition we have expressed the fear
about will be imposed. I do not think that is being overly
concerned; I think it is being realistic.
Est-ce que les Nisga’a sont suffisamment autonomes pour
assumer le financement de tout leur système d’alimentation en eau
potable? Non, bien sûr que non. Il faudra certainement une
combinaison de fonds fédéraux et de fonds provinciaux. Il est
évident qu’il faudra des fonds du fédéral et de la province. Mais
nous craignons qu’en échange, on nous impose les conditions
dont nous avons parlé tout à l’heure. Je ne pense pas que nous
soyons trop méfiants, nous sommes simplement réalistes.
Senator Lang: I would like to follow up on Senator Campbell’s
questions with respect to how your communities are run.
Le sénateur Lang : J’aimerais poursuivre dans la même veine
que le sénateur Campbell, à propos de la façon dont vous gérez
vos communautés.
18:54
Aboriginal Peoples
16-5-2012
The bill is pretty clear. It outlines exactly what is expected of a
water system, how one runs it, and that if things go wrong, certain
steps will be taken. It is not unlike any other water system
throughout the country, whether it be by municipal law or
provincial law, that prevails in the particular area of the country.
Le projet de loi est clair. Il prescrit ce qu’on doit attendre d’un
système d’alimentation en eau potable, comment il faut le gérer,
et, en cas de problèmes, quelles mesures il faut prendre. Ce n’est
guère différent d’un autre système d’alimentation ailleurs au
Canada, qu’il soit assujetti à un règlement municipal ou à une loi
provinciale.
I would like to go back to the situation that you presently have,
where you are in charge of your own water systems. Looking at
the bill in terms of the way it outlines how the system is to be run
and the responsibilities, do you have that as your bylaw, or what
bylaws are you under from the point of view of running the water
system, in view of the fact that you use the provincial standards?
However, you obviously adopt them as a government and then
have bylaws of how it will operate; is that correct? Perhaps you
could clarify.
J’aimerais revenir à la situation actuelle, où vous êtes responsable
de vos propres systèmes d’alimentation. Le projet de loi définit
comment le système doit être géré, et les responsabilités qui vont de
pair, mais j’aimerais savoir en vertu de quels règlements vous gérez
vos systèmes, sachant que vous appliquez les normes provinciales?
Est-ce que vous adoptez ces normes en tant que gouvernement pour
ensuite prendre des règlements sur la façon de les mettre en œuvre?
Pouvez-vous me le préciser?
Mr. Aldridge: No. With respect, senator, the provincial laws
apply of their own force, by virtue of the treaty, so there is no
need for an additional bylaw to make the provincial laws apply.
The Nisga’a can enact laws in respect of land use and so on, and
there is an interaction between Nisga’a and provincial legislative
authority, but there is no need for the Nisga’a to incorporate by
reference the provincial laws. If they do nothing, the provincial
laws apply.
M. Aldridge : Non, sénateur, les lois provinciales s’appliquent
automatiquement, en vertu du traité, et il est par conséquent
inutile de prendre d’autres règlements pour les appliquer. Les
Nisga’a peuvent adopter des lois en matière d’utilisation des
terres, entre autres, et il y a une relation entre les Nisga’a et le
pouvoir législatif provincial, mais les Nisga’a n’ont pas besoin
d’incorporer les lois provinciales par renvoi. Ces lois s’appliquent
par défaut.
The other comment I would have to make, senator, is that,
with respect, the bill does not in fact establish the rules for
running a water system. What it does is it gives to the Governorin-Council the ability to enact regulations that would set those
things out, under these heads.
L’autre chose que je voulais dire, sénateur, est que le projet de
loi ne prescrit pas les conditions dans lesquelles un système
d’alimentation doit être géré. Par contre, il donne au gouverneur
en conseil le pouvoir de prendre des règlements qui définissent ces
conditions.
Part of the problem — again, back to Senator Campbell’s
comments — is that every time you are faced with a bill that
contains sweeping regulatory authority, you never know what the
regulations will say at the time you are contemplating the bill. We
do not know. They might be good; they might be bad. They will
work with people. That is fine. If it does not apply to the Nisga’a
Nation, no further discussion would be needed with the Nisga’a
Nation.
Le problème — et cela nous ramène aux remarques du sénateur
Campbell — vient en partie du fait que, chaque fois que le
gouvernement propose un projet de loi avec des pouvoirs de
réglementation aussi étendus, on ne connaît jamais, au moment
où on examine le texte de loi, le contenu de ces futurs règlements.
Ils peuvent être bons, ils peuvent être mauvais, on ne le sait pas
d’avance. Le gouvernement dit qu’il va « travailler avec » les
gens, parfait. Si ça ne s’applique pas à la nation nisga’a, nous
n’avons plus rien à dire.
Senator Lang: I would just like to pursue the present situation
that you operate your systems under. Provincial law prevails. You
have your own employees, so they are under the provincial laws
and have to follow the laws, similar to the regulations that, I
assume, would come out of a piece of legislation like this for a
water system.
Le sénateur Lang : J’aimerais en savoir un peu plus sur les
conditions dans lesquelles vous exploitez vos systèmes. Vous dites
que c’est la loi provinciale qui s’applique. Vous recrutez vos propres
employés, ils sont assujettis à la loi provinciale et doivent en
respecter les normes, de la même façon, je suppose, qu’ils auraient à
respecter les règlements émanant d’un projet de loi comme celui-ci,
pour ce qui est des systèmes d’alimentation en eau.
Mr. Aldridge: They would be generically similar, one would
assume. However, the difference is that we can displace those
provincial laws in respect of particular uses. Would the Nisga’a
Nation ever do so if it was going to endanger safe drinking water?
Of course not.
M. Aldridge : Ça serait assez semblable, je suppose, sauf que
nous avons la possibilité d’adopter des lois qui supplantent ces
lois provinciales, dans certains cas. La nation nisga’a pourrait-elle
envisager de le faire? Si ça risque de nuire à la qualité de l’eau
potable, bien sûr que non.
Senator Lang: This is where I agree with Senator Patterson. A
water system is a water system; clean water is clean water; dirty
water is dirty water; and certain things have to be done in order to
Le sénateur Lang : C’est là que je suis d’accord avec le sénateur
Patterson. Il n’y a pas 36 façons de gérer un système : soit l’eau est
potable, soit elle ne l’est pas. Et il y a un certain nombre de choses
16-5-2012
Peuples autochtones
18:55
maintain a good water system. This, to me, is not rocket science.
We are fortunate to live in the time we live in now in that we have
that expertise and can acquire that expertise.
à faire pour qu’elle reste potable. À mon avis, ce n’est pas plus
compliqué que ça. Nous avons la chance de vivre à une époque où
nous avons les connaissances et l’expertise nécessaires.
I would like to ask a question of Mr. Leonard, if I could. This
concerned me as a taxpayer, and for any of the taxpayers out
there watching this: A significant contribution has been made for
the water and sewer systems over the last few years, in the
neighbourhood of $1.7 billion across the country. Obviously,
Canadians across this country are concerned that they have equal
access to clean drinking water and good waste systems.
J’aimerais poser une question à M. Leonard, si vous me le
permettez. C’est un souci que j’ai en tant que contribuable, et je
m’adresse à tous les contribuables qui nous écoutent : au cours des
dernières années, les gouvernements ont beaucoup investi dans les
systèmes d’égouts et d’adduction d’eau, à hauteur de 1,7 milliard de
dollars pour l’ensemble du pays. Il est évident que les Canadiens de
toutes les régions du pays veulent avoir accès à un bon système
d’égouts et à un bon système d’approvisionnement en eau potable.
In your outline, one of the concerns or caveats you had in
respect of the legislation was that you had to know what the
financial commitment by Canada would be for the long term, not
just the short term, if I understood you correctly. One of the areas
you said you needed money for was legal. Perhaps you could
clarify for us and for the viewers: Why would we need money for
water and sewer systems, and then legal costs?
Dans votre topo, vous avez dit que l’une des réserves que vous
avez à l’égard du projet de loi est que vous avez besoin de
connaître les engagements financiers du gouvernement, non
seulement à court terme, mais surtout à long terme, si j’ai bien
compris. Et que vous avez besoin d’argent notamment pour payer
des services juridiques. Pourriez-vous nous expliquer, à nous et à
ceux qui nous écoutent, pourquoi vous avez besoin d’argent pour
des systèmes d’égouts et d’adduction d’eau ainsi que pour des
services juridiques?
Mr. Leonard: I am pretty confident in this statement: Canada
will have a small battery of lawyers assisting them with the
development of these regulations. First Nations will have to live
with those regulations. They will need the same kind of legal
advice. The Alberta First Nations, for the last four years, have
used their own resources to reach this tentative agreement with
Canada on this bill. Looking at the work we have done so far on
the vast body of regulations that need to be looked at, one by one,
and considered for incorporation by reference, the Chiefs and
Assembly in Alberta have said we need a budget for water
expertise and legal advice.
M. Leonard : C’est bien simple. Le gouvernement fédéral va
s’adjoindre un petit bataillon d’avocats pour élaborer ces
règlements. Les Premières nations, elles, vont devoir
s’accommoder de ces règlements. Elles vont donc avoir besoin
d’avocats pour défendre leurs intérêts. Pendant les quatre
dernières années, les Premières nations de l’Alberta ont puisé
dans leurs propres ressources pour négocier une entente
provisoire avec le gouvernement du Canada, à propos de ce
projet de loi. Étant donné tout le travail que nous avons fait
jusqu’à présent pour passer en revue, un par un, tous les
règlements pertinents qui pourraient être incorporés par renvoi,
les chefs de l’Alberta ont décidé, en assemblée, qu’il leur fallait un
budget pour financer des services d’experts en gestion de l’eau et
des services juridiques.
The other concern on the financial front is there is this
statement that has been made here that a water system is a water
system. If you have spent any time with water plant operators in
First Nation communities, you will know how false that
statement is. I work with a plant operator at the Samson Cree
Nation on day-to-day, practical water issues. If I drive 10 minutes
up the road to Wetaskiwin, that water plant is adequately funded,
has a budget for the operation and maintenance it needs every
year, and no one’s drinking water is in danger in the community.
A First Nation community the same size has never, historically,
since the signing of the treaty in 1876, had a budget
commensurate with non-adjacent, non-native communities.
Quand vous dites qu’il n’y a pas 36 façons de gérer un système,
vous devriez venir voir comment ça se passe dans les stations de
traitement de l’eau des communautés des Premières nations. J’ai
des contacts quotidiens avec un exploitant de la nation crie de
Samson, pour régler des problèmes concrets. À une dizaine de
minutes de là, à Wetaskiwin, la station est adéquatement financée
car elle reçoit chaque année un budget de fonctionnement et
d’entretien, et aucun membre de la communauté ne risque de
boire de l’eau contaminée. Aucune communauté autochtone de la
même taille n’a jamais reçu, depuis la signature du traité en 1876,
un budget comparable à ceux des communautés non autochtones
voisines.
When you talk about $2 billion, you are talking about
addressing a century of neglect for over 600 communities from
coast to coast. It is great that the federal government has finally
put money into this, and they deserve some applause for that.
However, when it comes to safe drinking water, half of what is
needed is not enough; enough is enough.
Quand vous parlez de 2 milliards de dollars, c’est ce qu’il faut
pour améliorer la situation de plus de 600 communautés, qui a été
négligée pendant un siècle. Je me réjouis que le gouvernement
fédéral se soit enfin décidé à faire les investissements nécessaires,
et je l’en félicite. Mais quand il s’agit d’eau potable, si les budgets
consentis représentent la moitié de ce qui est vraiment nécessaire,
c’est tout simplement insuffisant.
18:56
Aboriginal Peoples
16-5-2012
Senator Lang: Mr. Chair, no one will argue that. The concern
expressed in some quarters is that monies are made available. For
example, we talk about legal fees. All of a sudden now we have
spent half a million dollars on legal fees and we still have a water
system that perhaps is not working the way it should. That has to
be a cause of concern as well, because there is only so much
financial capability that the taxpayer can provide. The other side
of the coin — and that is what I was asking you on the legal
side — how much did you spend up to now on legal, for where
you are now?
Le sénateur Lang : Monsieur le président, personne ne le
conteste. Je constate simplement que, maintenant que les fonds
sont débloqués, ça ne suffit pas encore. Par exemple, il était
question de services juridiques. Eh bien, on a beau avoir
dépensé 500 000 $ en frais juridiques, le système d’alimentation en
eau ne marche toujours pas aussi bien qu’il le devrait. C’est quand
même inquiétant, car il y a des limites à ce que peut payer le
contribuable. D’un autre côté — et ma question porte uniquement
sur les frais juridiques —, combien avez-vous dépensé jusqu’à
présent en frais d’avocats?
Mr. Leonard: I do have to respect solicitor-client privilege, and
I am not hiding behind that. However, I can tell you that if you
take a moment to read this impact analysis, which is a thorough
piece of work, it was done for $25,000. That is far less than the
actual value that went into this from a legal perspective.
M. Leonard : Je ne cherche pas à me dérober, mais je dois
respecter le secret professionnel à l’égard de mes clients. Je peux
vous dire cependant que l’analyse d’impact que vous avez sous les
yeux, et vous constaterez en la lisant qu’elle est très approfondie, a
été faite pour 25 000 $. Étant donné les avis juridiques qu’elle a
nécessités, elle aurait dû coûter beaucoup plus que ça.
What will it take to develop the body of regulations we need in
Alberta? You are looking at 500 or 600 pages of regulations that
have to be written from the ground up. I cannot provide a cost
estimate on that off the top of my head, but it will be a significant
budget. You do not need just legal advice; you need competent
people from the First Nations Technical Services Advisory Group,
hydrologists, water quality people and plant operators at the table.
That all takes money to engage in that type of process.
Quel travail va nécessiter l’élaboration du dispositif
réglementaire dont nous allons avoir besoin en Alberta? Ce
sont 500 à 600 pages de règlements qu’il va falloir rédiger à partir
de rien. Je ne peux pas vous donner un devis immédiatement, mais
ça représentera certainement un budget important. Il n’y a pas
que les avis juridiques, il va aussi falloir faire appel à des
spécialistes du First Nations Technical Services Advisory Group,
à des hydrologistes, à des spécialistes de la qualité de l’eau et à des
exploitants de stations de traitement. Ça coûte de l’argent
d’entreprendre ce genre d’exercice.
Senator Patterson: Supplementary to Senator Lang’s question, it
is possible, is it not, Mr. Leonard, that there are existing regulations
in place that are working? You spoke about Wetaskiwin as being a
safe system down the road from Sampson Creek First Nation. Is it
not possible that the Treaty 6 and 7 First Nations could at least
look at the provincial regime before deciding that they need to
spend I think you said five years, which dismayed me, developing
from scratch a brand new set of regulations? It seems to be working,
as you said, 10 minutes down the road.
Le sénateur Patterson : J’aimerais poser une question
supplémentaire. Monsieur Leonard, parmi les règlements en
vigueur, y en a-t-il qui soient efficaces? Vous avez dit que
Wetaskiwin, qui est proche de la Première nation crie de Samson,
avait un système qui fonctionnait bien. Ne pensez-vous pas que
les Premières nations du Traité 6 et 7 pourraient au moins essayer
de voir si elles peuvent conserver certains règlements provinciaux
avant de décider de tout recommencer et de consacrer cinq ans,
avez-vous dit, c’est renversant, à l’élaboration d’une nouvelle série
de règlements? Vous avez dit qu’à 10 minutes de la communauté
autochtone, le système marchait bien.
Mr. Leonard: I will give you an example of the fit problem
here. Most Alberta First Nations rely heavily on groundwater
use, but off reserve you have this body of regulations that has
been developed under the Water Resource Act and its predecessor
the Water Act since 1930. You have a 70-year plus head start.
That system is developed to govern the family living on the ranch,
the farm, the acreage, with their own private water well on fee
simple land. You cannot just take that cookie cutter and apply it
to community-owned land under a treaty and several hundred
water wells on some of the larger First Nations in Alberta, all
owned and operated by the First Nation, not by the individual
landowner. There is designated land under which non-native
people are living on reserve and operating their own water well
systems.
M. Leonard : Je vais vous donner un exemple du problème que
nous avons. La plupart des Premières nations de l’Alberta
utilisent principalement les eaux souterraines, mais en dehors
des réserves, il y a tout ce dispositif réglementaire qui a été élaboré
dans le cadre de la loi provinciale, la Water Resource Act et son
prédécesseur, la Water Act de 1930. Vous avez plus de 70 ans
d’avance sur nous. Le système est conçu pour des familles qui
vivent sur un ranch, sur une ferme, sur une terre agricole, avec
leur puits individuel, en fief simple. Vous ne pouvez tout
simplement pas utiliser le même modèle sur des terres
appartenant à la collectivité, dans le cadre d’un traité, où vous
avez des centaines de puits, comme c’est le cas dans les grandes
communautés Premières nations de l’Alberta, des puits qui
appartiennent tous à la Première nation, et non pas à un seul
propriétaire, et qui sont exploités par la Première nation. De plus,
sur des terres désignées de la réserve, des résidents non
autochtones peuvent s’installer et avoir leur propre puits.
16-5-2012
Peuples autochtones
18:57
The on-the-ground reality of land ownership — who owns the
wells and is responsible for them — is fundamentally different
from what exists off reserve. That is one of the issues identified in
this impact analysis. This is one of the key areas of regulation that
needs to be addressed. You cannot take that and just apply the
provincial regulations. It does not fit.
Par conséquent, sur le terrain, la réalité est complètement
différente de ce qui existe en dehors des réserves, notamment en ce
qui concerne la propriété et l’exploitation des puits. C’est d’ailleurs
l’une des questions qu’examine l’analyse d’impact, et qu’il va falloir
prendre en compte lors de l’élaboration des règlements. On ne peut
donc pas se contenter de prendre les règlements provinciaux et de les
appliquer aux réserves. Cela ne marche pas.
The other problem is that Alberta’s provincial regulations for
private water wells are really guidelines. If you want to drink
dirty, risky water from your water well, you go right ahead, but
that does not work for 500 communally owned wells. That is one
important example of why it will take a lot of work.
L’autre difficulté est qu’en ce qui concerne les puits privés, les
règlements provinciaux de l’Alberta ne sont que des lignes
directrices. Si vous voulez boire l’eau sale ou l’eau douteuse de
votre puits, vous le faites à vos risques et périls, mais ça ne peut
pas marcher pour 500 puits qui appartiennent à la collectivité.
Tout ça vous montre que ça va représenter beaucoup de travail.
If we want to get this right and not just apply something that
does not fit, a lot of work will be required — not just by lawyers
but by First Nation political leaders, water plant operators who
know what is going on in their community with drinking water
and some good advice from water experts as well.
Si on veut faire les choses comme il faut, et ne pas se contenter
d’appliquer un régime qui ne convient pas, il va y avoir beaucoup
de travail à faire. Pas seulement par les avocats, mais aussi par les
dirigeants politiques des Premières nations, les exploitants des
stations de traitement, qui savent quelle est la situation dans leur
communauté, ainsi que les spécialistes de l’eau qui auront des
conseils à donner.
Senator Meredith: Mr. McKay, one of the things that always
comes up by folks appearing before us is, ‘‘We do not have any
money; show us the money.’’ It is always centred around money in
terms of sustaining the infrastructure and ensuring that your
plants are kept up. What are you doing economically to create
that future investment into your village to ensure that, should the
government say, ‘‘Well, you did not opt in to this legislation,’’ you
can then say, ‘‘Thank you, government, we can go it on our own.’’
Are you doing anything long-term to ensure you are sustained
financially?
Le sénateur Meredith : Monsieur McKay, les témoins qui
comparaissent devant notre comité nous disent toujours qu’ils
n’ont pas d’argent et qu’ils sont là pour en obtenir. On en revient
toujours à une question d’argent, pour entretenir les
infrastructures et les stations de traitement de l’eau. Est-ce que,
dans votre village, vous avez créé un environnement économique
tel que, si le gouvernement refusait de vous donner l’argent parce
que vous n’avez pas adhéré à la loi, vous avez les moyens de lui
rétorquer que vous pouvez vous débrouiller tout seuls? Autrement
dit, vous êtes-vous organisés pour pouvoir assurer le financement
à long terme de vos systèmes?
Mr. McKay: Thank you for that question. The premise of the
Nisga’a treaty was to make the Nisga’a nation independent at
some point in the future. Let us remember where we came from:
130 plus years of living under the Indian Act has done a lot of
damage to our communities. Furthermore, 12 years into the
Nisga’a treaty implementation, we do not have to look very far in
any of our Nisga’a villages to see the remnants of the Indian Act.
They are still there.
M. McKay : Je vous remercie de votre question. La raison d’être
du traité des Nisga’a est de permettre à la nation nisga’a de devenir
pleinement autonome, d’ici quelque temps. N’oubliez pas d’où nous
venons : 130 années et plus d’assujettissement à la Loi sur les
Indiens ont fait beaucoup de dégâts dans nos communautés. Et
même 12 ans après l’entrée en vigueur du traité des Nisga’a, on
constate encore, dans nos villages, des vestiges de la Loi sur les
Indiens; il n’y a pas besoin de chercher bien loin.
I take your point with respect to the economic potential. We
are often asked, ‘‘Why is there not an economic development
chapter in the Nisga’a treaty?’’ That is because if you look
throughout the treaty, you will find opportunities for the creation
of wealth.
Je comprends ce que vous voulez dire au sujet du potentiel
économique. On nous demande souvent pourquoi il n’y a pas,
dans le traité des Nisga’a, un chapitre consacré au développement
économique. Mais d’un bout à l’autre du traité, il est question de
nouvelles opportunités pour créer de la richesse.
We are coming from a command economy under the Indian
Act. What we aspire to is a market economy, but you cannot just
go over there and flip the switch and it takes care of itself. With
the Nisga’a final agreement, we were cautioned through the
infinite wisdom of our elders, our hereditary chiefs and matriarchs
12 years ago. The Nisga’a final agreement is not the silver bullet.
The Nisga’a final agreement is not a book of guarantees. The
Nisga’a final agreement is a book of opportunities.
Avec la Loi sur les Indiens, nous étions soumis à une économie
dirigée. Nous aspirons à une économie de marché, mais il ne suffit
pas de crier ciseaux. Dans leur sagesse infinie, nos aînés, nos chefs
héréditaires et nos matriarches qui l’ont négocié il y a 12 ans nous
avaient dit que l’Accord définitif nisga’a n’était pas une panacée.
L’accord définitif n’est pas un livre de préceptes, c’est un livre de
promesses.
18:58
Aboriginal Peoples
16-5-2012
All we are saying as the Nisga’a nation is that if we are given
the opportunity to maximize that potential, we are confident,
senator, that at some point in the near future we will be
independent and we will not be coming out with hat in hand every
time we meet a challenge.
Tout ce que je peux vous dire, c’est que si la nation nisga’a a la
possibilité d’optimiser son potentiel, elle le fera, sénateur, et, dans
un avenir pas très lointain, nous serons autonomes et nous ne
viendrons plus vous demander l’aumône chaque fois que nous
avons des difficultés.
This process of re-empowerment is at the very heart of why the
Nisga’a Nation compromised a great deal. I maintain that no one
of the three parties compromised more than the Nisga’a Nation to
make the Nisga’a Final Agreement happen, but we did so because
we had a lot of hope for that potential. We have yet to realize that
potential. That is all we are asking for.
C’est avant tout pour retrouver son autonomie que la nation
nisga’a a fait autant de compromis. Aucune des trois parties
présentes n’a fait autant de compromis que la nation nisga’a pour
parvenir à l’Accord définitif nisga’a, et si nous l’avons fait, c’est
parce que nous étions conscients du potentiel que nous avions.
Certes, nous ne l’avons pas encore exploité pleinement, mais c’est
tout ce que nous vous demandons.
Senator Meredith: Mr. Aldridge, from your legal perspective,
you raised the possibilities of what could happen. I want to play
the devil’s advocate with you in terms of whether this is coming
out as here is an opportunity that the government is imposing on
us, and we need to be careful. You then talk about the value that
everyone should have safe drinking water. That is what this
legislation is trying to do, namely, elevate and raise the standard
right across this country to ensure that young people are getting
the proper drinking water and that mothers and families are
getting the proper drinking water that they need. My colleague
Senator Patterson mentioned the Walkertons of the world.
Le sénateur Meredith : Monsieur Aldridge, vous avez parlé de ce
qui pourrait se produire, de votre point de vue d’avocat. Je vais me
faire l’avocat du diable en disant, comme si j’étais à votre place, que
puisque c’est quelque chose que le gouvernement veut nous
imposer, alors nous devons nous méfier. Vous avez dit que tout le
monde devrait avoir accès à de l’eau potable, et c’est bien évident,
mais c’est justement ce que ce projet de loi propose de faire, à savoir
mettre à niveau tous les systèmes d’approvisionnement en eau du
pays afin que les jeunes, les mères et leurs familles aient accès à de
l’eau potable. Mon collègue, le sénateur Patterson, a dit qu’il fallait
éviter d’autres Walkerton.
I want to get into your mind. Why would you want to raise this
issue of the fear of the government, given the fact that we already
spent $2 billion on this to ensure that plants are brought up to
speed? We have given guarantees by the government. We will not
bring you this far and leave you, because then you create a further
crisis. The government has come to us and said, ‘‘We will continue
to ensure that there are monies going forward here under the
regulations to ensure that plants are kept and water supervisors
are trained.’’ Again, within the bands and your villages,
Mr. McKay, how do you keep them? How do you ensure they
stay once they are trained to ensure that the standards are kept? I
want to get into your head about the fear that you are raising.
J’essaie de vous comprendre. Pourquoi essayez-vous d’attiser la
méfiance à l’égard du gouvernement, étant donné que nous venons
d’investir 2 milliards de dollars dans la mise à niveau des stations de
traitement? Le gouvernement vous a donné des garanties qu’il
n’avait pas fait tout ça pour ensuite vous laisser tomber, car à ce
moment-là, on aura une autre crise. Le gouvernement nous a dit
qu’il allait assurer un financement, conformément au règlement,
pour que les stations fonctionnent comme prévu et que les
exploitants soient bien formés. Dans vos bandes et dans vos
villages, monsieur McKay, comment faites-vous pour les garder,
une fois qu’ils ont reçu la formation nécessaire? J’essaie de
comprendre pourquoi vous essayez d’attiser la peur.
Mr. Aldridge: I have been in this line of work for 32 years and
have seen how not just this government but the federal
government has conducted itself in respect of Aboriginal people
over the course of those 32 years, and I have developed an
expertise in history before that.
M. Aldridge : Ça fait 32 ans que je travaille dans ce domaine,
j’ai vu comment le gouvernement provincial et le gouvernement
fédéral se sont comportés à l’égard des peuples autochtones au
cours de cette période, et je connais aussi très bien l’histoire
antérieure à cette période.
It is because often that is the way the system works — not bad
faith, not mala fides, not conspiracies, but because someone gets a
good idea to pursue a certain value, and an important value.
However, other concerns can get swept to the side because they
were lost track of. Maybe, if I can use the phrase, they were not
given a bit of sober second thought.
C’est souvent parce que c’est comme ça que le système
fonctionne — ce n’est pas de la mauvaise foi, mala fides, ni une
conspiration, mais c’est simplement que quelqu’un cherche à faire
accepter un principe important, et ce faisant, on laisse de côté
d’autres problèmes. En fait, si je peux m’exprimer ainsi, on ne
prend pas le temps de faire un second examen objectif.
Senator Meredith: That is what we are doing right now.
Mr. Aldridge: That is why we are here. In respect of the
application of this bill to the Indian Act bands, we are saying that
this is between them and the Government of Canada. With respect
to the broad non-derogation clause, it is inappropriate to establish a
legislative precedent — for the first time in 22 years since section 35
Le sénateur Meredith : C’est exactement ce que nous sommes
en train de faire.
M. Aldridge : C’est la raison pour laquelle nous sommes ici.
Concernant l’application de ce projet de loi aux bandes assujetties à
la Loi sur les Indiens, nous estimons que c’est une question qui
concerne ces bandes et le gouvernement du Canada. Pour ce qui est
de l’article de non-dérogation, nous estimons qu’il est inapproprié
16-5-2012
Peuples autochtones
18:59
came into force, the Charter came into force — to establish the
legislative precedent about derogating constitutionally protected
rights and to do it in a bill about something as fundamental as safe
drinking water. It would be the same if, as I mentioned before, they
abrogated equality rights or freedom of association or any of the
other constitutional rights that we hold so dear. We express caution.
Have some second thought about that.
de créer un précédent législatif — c’est la première fois en 22 ans,
depuis que l’article 35 de la Charte est entré en vigueur — qui
autorise qu’on porte atteinte à des droits protégés par la
Constitution, et ce, au moyen d’un projet de loi qui porte sur une
question aussi fondamentale que l’eau potable. Comme je l’ai déjà
dit, c’est comme si vous supprimiez le droit à l’égalité ou la liberté
d’association, ou encore les autres droits constitutionnels qui nous
tiennent tant à cœur. Nous exprimons donc des réserves, et nous
vous proposons de vous livrer à un second examen objectif.
As far as clause 14 and the associated provisions are
concerned, we say, at the risk of repetition, we will not be
afraid at all if you just take them out.
En ce qui concerne l’article 14 et les dispositions connexes, je
vous recommande, au risque de me répéter, de les supprimer tout
simplement.
Senator Meredith: Have you written that to the minister and
have you received a response?
Le sénateur Meredith : Avez-vous écrit au ministre à ce sujet et
avez-vous reçu une réponse?
Mr. Aldridge: We have not been able to communicate with the
minister yet. We continue to try.
M. Aldridge : Nous n’avons pas réussi à établir un contact avec
le ministre, mais nous continuons d’essayer.
Senator Meredith: Put it in writing, I would submit to you.
Le sénateur Meredith : Je vous conseille de lui envoyer une lettre.
Mr. Aldridge: May we send you a copy?
M. Aldridge : Et nous vous en enverrons une copie?
Senator Meredith: Absolutely.
Le sénateur Meredith : Tout à fait.
Senator Patterson: To follow up on that, I think we understand
that this bill was primarily targeted at reserves. That may partly
be why the consultation was not done. I understand you respect
the reserves have a different viewpoint.
Le sénateur Patterson : Toujours sur le même sujet, je pense
que nous comprenons tous que ce projet de loi vise principalement
les réserves. C’est peut-être en partie pour cette raison qu’il n’y a
pas eu de consultation. Je sais que vous reconnaissez que les
réserves ont un point de vue différent.
However, from the Nisga’a point of view — and I would like to
ask the same of Mr. Leonard — you said take out clause 14. Did
I understand take it out completely?
Quoi qu’il en soit, vous recommandez, au nom de la nation
nisga’a — et ma question s’adresse aussi à M. Leonard —, que l’on
supprime l’article 14. Vous voulez supprimer tout l’article 14?
Mr. Aldridge: Yes, and the associated provisions.
M. Aldridge : Oui, et les dispositions connexes.
Senator Patterson: You mentioned clauses 3, 7 and 14.
Otherwise is the bill okay?
Le sénateur Patterson : Vous avez parlé des articles 3, 7 et 14. À
part, le projet de loi vous est acceptable?
Mr. Aldridge: Let me answer it like this: Take out section 14 and
the associated provisions, Aboriginal body schedule 1, et cetera,
then it does not apply to the Nisga’a Nation anymore and could
not. We would remove ourselves from the discussion, except that
there is a broader legislative precedent in putting in a derogation
clause, clause 3. Even though it would not directly affect the
Nisga’a, we think there is a concern about establishing a precedent
on the back of safe drinking water that we will see in the future.
M. Aldridge : Je vais vous faire la réponse suivante : supprimez
l’article 14 et les dispositions connexes, l’annexe 1 sur les groupes
autochtones, et cetera, et à ce moment-là, le projet de loi ne peut
plus s’appliquer à la nation nisga’a. Nous nous retirons du débat.
Sauf qu’il reste encore le précédent législatif de la clause de nondérogation, à l’article 3. Même si ça n’affecte pas directement les
Nisga’a, nous estimons qu’il est dangereux de créer un précédent
sous le couvert de l’eau potable, car c’est un précédent qui peut
être invoqué plus tard.
Once we are out of the bill, clause 7 would not affect the
Nisga’a Nation anyway. Do we say it is fine? We say you could
find some problems with groups with an inherent right of selfgovernment or treaty right of self-government. You might run
into that, but it would not be us. They can speak for themselves.
Une fois que nous ne sommes plus concernés par le projet de
loi, l’article 7 ne nous touche plus de toute façon. Est-ce que le
projet de loi est acceptable? Vous aurez peut-être des problèmes
avec des groupes ayant un droit, inhérent ou issu de traités, en
matière d’autonomie gouvernementale. Ça vous posera peut-être
des problèmes, mais pas avec nous. Ils sont assez grands pour se
défendre.
The synopsis is to take out clause 14 in the associated
provisions that make it apply to lands claims agreement groups.
That is the letter that Senator Meredith and I spoke about.
En résumé, vous supprimez l’article 14 et les dispositions
connexes qui le font s’appliquer aux groupes ayant signé un
accord sur des revendications territoriales. C’est la lettre dont
nous avons parlé, le sénateur Meredith et moi.
18:60
Aboriginal Peoples
Senator Meredith: Recommendations, yes.
16-5-2012
Le sénateur Meredith : Des recommandations, oui.
Mr. Aldridge: With respect to clause 3, turn it into a nonderogation clause instead of a derogation clause by deleting the
words ‘‘except to the extent necessary to ensure the safety of
drinking water.’’ The government says that is the law anyway, so
you do not need it.
M. Aldridge : Pour ce qui est de l’article 3, faites de cette clause
de dérogation une clause de non-dérogation en supprimant les
mots « sauf dans la mesure nécessaire pour assurer la salubrité de
l’eau potable ». Le gouvernement dit que c’est la loi, de toute
façon, donc vous n’en avez pas besoin.
Then clause 7 is not our problem, but I think it will provoke
litigation from other groups in the country, but I am not here to
represent them. I hope that is clear.
Ensuite, l’article 7 n’est plus notre problème; je crois qu’il va en
poser à d’autres groupes, mais ce n’est pas moi qui les représente.
J’espère que j’ai été clair.
The Chair: Are you clear, Senator Patterson?
Le président : C’est clair, sénateur Patterson?
Senator Patterson: Yes. Thank you for that clarification.
Le sénateur Patterson : Oui. Merci de ces précisions.
If I may, I think Mr. Leonard said that clause 3, although
perhaps not perfect, if I understood you correctly, that Treaty 6
and 7 chiefs could live with that.
Monsieur Leonard, vous avez bien dit que l’article 3, même s’il
n’est pas parfait, les chefs du Traité 6 et 7 pouvaient s’en
accommoder?
I know you are very clear about the financial issues. The Senate
is not allowed to entertain money bills, so that is probably for the
other place. However, we will have the minister here and he will
be asked those questions for sure before we finish our
deliberations. Other than the money issue, which does not fall
within the bill, is the bill okay as is?
Vous avez expliqué très clairement vos problèmes de
financement. Le Sénat n’est pas habilité à examiner des projets
de loi de finances, donc c’est l’autre endroit qui devra en décider.
En revanche, le ministre va comparaître devant notre comité d’ici
la fin de notre étude, et nous allons lui poser ces questions, c’est
sûr. À part ce qui concerne le financement, qui ne relève pas de ce
projet de loi, le texte est-il acceptable?
Mr. Leonard: You have the resolution of the chiefs’ assembly in
front of you. It is not a resounding endorsement of the bill; it is
conditional support. It is not perfect; there are things that could be
done better. However, I think the general view of the chiefs
assembly in Alberta is that the real devil will lay in the detail of the
regulations. The bill is in a state that they can deal with, subject to
adequate funding being in place by the time the regulatory
development is done, and that that regulatory development
process be much more satisfactory than what got us here.
M. Leonard : Vous avez en main la résolution de l’assemblée des
chefs. Ils n’accordent pas un appui franc et massif au projet de loi,
mais plutôt un appui conditionnel. Le texte n’est pas parfait; il y a
des choses qu’on pourrait mieux faire, mais je pense que les chefs de
l’Alberta savent bien que le plus important, c’est le contenu des
règlements. Pour le moment, ils s’accommodent du libellé du projet
de loi, à condition que le gouvernement débloque les fonds
nécessaires d’ici à ce que les règlements soient élaborés, et à
condition aussi que le processus d’élaboration desdits règlements soit
beaucoup plus acceptable que ce qui nous a amenés ici aujourd’hui.
Senator Patterson: So we should go ahead with the bill?
Mr. Leonard: That is what the letter from the chiefs assembly
and the resolution conditionally say.
Senator Patterson: Thank you.
Le sénateur Patterson : Donc nous pouvons adopter le projet
de loi?
M. Leonard : C’est ce que dit la résolution des chefs, mais leur
appui a des conditions.
Le sénateur Patterson : Merci.
The Chair: I want to thank the panel. As usual, my friends
from my province put forward their position clearly, and so did
the man from Alberta.
Le président : J’aimerais maintenant remercier nos témoins.
Comme d’habitude, ceux qui viennent de ma province ont exposé
leurs opinions de façon très claire, mais le témoin de l’Alberta aussi.
I want to thank you all for your presentations and for the
straightforward, candid responses to the questions posed by
senators.
Je vous remercie de vos déclarations liminaires et des réponses
franches que vous avez données aux sénateurs.
Senators, I thank you for your cooperation. Have a good
evening.
Sénateurs, je vous remercie de votre collaboration et je vous
souhaite une bonne soirée.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Tuesday, May 15, 2012
Le mardi 15 mai 2012
Métis National Council:
Ralliement national des Métis :
Clément Chartier, President;
Marc LeClair, Bilateral Coordinator.
Women of the Métis Nation:
Melanie Omeniho, President.
Clément Chartier, président;
Marc LeClair, coordinateur bilatéral.
Les Femmes Michif Otipemisiwak :
Melanie Omeniho, présidente.
Wednesday, May 16, 2012
Le mercredi 16 mai 2012
Nisga’a Lisims Government:
Gouvernement Nisga’a Lisims :
Kevin McKay, Chairperson;
Kevin McKay, président;
Jim Aldridge, Counsel.
Jim Aldridge, conseiller juridique.
Treaty 6 and 7 of Alberta:
Clayton D. Leonard, Counsel.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Traité 6 et 7 de l’Alberta :
Clayton D. Leonard, conseiller juridique.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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