Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Banking,
Trade and
Commerce
Banques
et du
commerce
Chair:
The Honourable IRVING GERSTEIN
Président :
L’honorable IRVING GERSTEIN
Wednesday, May 28, 2014 (in camera)
Thursday, May 29, 2014
Le mercredi 28 mai 2014 (à huis clos)
Le jeudi 29 mai 2014
Issue No. 12
Fascicule no 12
Sixth (final) meeting on:
The subject-matter of those elements contained in
Parts 2, 3 and 4 and Divisions 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24
and 25 of Part 6 of Bill C-31, An Act to implement
certain provisions of the budget tabled in Parliament
on February 11, 2014 and other measures
Sixième (dernière) réunion concernant :
La teneur des éléments des parties 2, 3, et 4
et les sections 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24 et 25
de la partie 6 du projet de loi C-31, Loi portant exécution
de certaines dispositions du budget déposé au Parlement
le 11 février 2014 et mettant en œuvre d’autres mesures
First meeting on:
Bill S-202, An Act to amend
the Payment Card Networks Act
(credit card acceptance fees)
Première réunion concernant :
Le projet de loi S-202, Loi modifiant la
Loi sur les réseaux de cartes de paiement
(frais d’acceptation d’une carte de crédit)
INCLUDING:
THE FOURTH REPORT OF THE COMMITTEE
(Subject-matter of Bill C-31)
Y COMPRIS :
LE QUATRIÈME RAPPORT DU COMITÉ
(Teneur du projet de loi C-31)
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51455-51463
STANDING SENATE COMMITTEE ON
BANKING, TRADE AND COMMERCE
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
BANQUES ET DU COMMERCE
The Honourable Irving Gerstein, Chair
Président : L’honorable Irving Gerstein
The Honourable Céline Hervieux-Payette, P.C., Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Céline Hervieux-Payette, C.P.
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Bellemare
Black
* Carignan, P.C.
(or Martin)
* Cowan
(or Fraser)
Greene
Maltais
Massicotte
Moore
Ngo
Ringuette
Tkachuk
Bellemare
Black
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
* Cowan
(ou Fraser)
Greene
Maltais
Massicotte
Moore
Ngo
Ringuette
Tkachuk
* Ex officio members
(Quorum 4)
* Membres d’office
(Quorum 4)
Change in membership of the committee:
Modification de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Moore replaced the Honourable
Senator Campbell (May 26, 2014).
L’honorable sénateur Moore a remplacé l’honorable
sénateur Campbell (le 26 mai 2014).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
29-5-2014
Banques et commerce
12:3
ORDRE DE RENVOI
ORDER OF REFERENCE
Extract from the Journals of the Senate Tuesday, March 25,
2014:
Resuming debate on the motion of the Honourable
Senator Ringuette, seconded by the Honourable Senator
Smith, P.C. (Cobourg), for the second reading of Bill S-202,
An Act to amend the Payment Card Networks Act
(credit card acceptance fees).
Extrait des Journaux du Sénat du mardi 25 mars 2014 :
Reprise du débat sur la motion de l’honorable
sénatrice Ringuette, appuyée par l’honorable sénateur
Smith, C.P. (Cobourg), tendant à la deuxième lecture du
projet de loi S-202, Loi modifiant la Loi sur les réseaux de
cartes de paiement (frais d’acceptation d’une carte de
crédit).
After debate,
Après débat,
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The bill was then read the second time.
Le projet de loi est alors lu pour la deuxième fois.
The Honourable Senator Fraser moved, seconded by the
Honourable Senator Tardif, that the bill be referred to the
Standing Senate Committee on Banking, Trade and
Commerce.
L’honorable sénatrice Fraser propose, appuyée par
l’honorable sénatrice Tardif, que le projet de loi soit
renvoyé au Comité sénatorial permanent des banques et
du commerce.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat,
Gary W. O’Brien
Clerk of the Senate
12:4
Banking, Trade and Commerce
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Wednesday, May 28, 2014
(28)
OTTAWA, le mercredi 28 mai 2014
(28)
[English]
29-5-2014
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Banking, Trade and
Commerce met in camera this day at 4:15 p.m., in room 505,
Victoria Building, the chair, the Honourable Irving Gerstein,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce
se réunit aujourd’hui à huis clos, à 16 h 15, dans la pièce 505 de
l’édifice Victoria, sous la présidence de l’honorable Irving
Gerstein (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Bellemare, Black, Gerstein, Greene, Hervieux-Payette, P.C.,
Maltais, Massicotte, Moore, Ngo, Ringuette and Tkachuk (11).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Bellemare, Black, Gerstein, Greene, Hervieux-Payette, C.P.,
Maltais, Massicotte, Moore, Ngo, Ringuette et Tkachuk (11).
In attendance: Adriane Yong, Brett Stuckey and
June Dewetering, Analysts, Parliamentary Information and
Research Service, Library of Parliament.
Également présents : Adriane Yong, Brett Stuckey et June
Dewetering, analystes, Service d’information et de recherche
parlementaires, Bibliothèque du Parlement.
Also present: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, April 9, 2014, the committee continued its
examination of the subject-matter of those elements contained
in Parts 2, 3 and 4 and Divisions 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24
and 25 of Part 6 of Bill C-31, An Act to implement certain
provisions of the budget tabled in Parliament on February 11,
2014 and other measures. (For complete text of the order of
reference, see proceedings of the committee, Issue No. 9.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 9 avril 2014, le comité poursuit son examen de la teneur
des éléments des parties 2, 3 et 4 et des sections 2, 3, 4, 8, 13, 14,
19, 22, 24 et 25 de la partie 6, du projet de loi C-31, Loi portant
exécution de certaines dispositions du budget déposé au
Parlement le 11 février 2014 et mettant en œuvre d’autres
mesures. (Le texte complet de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 9 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a
draft report.
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
étudie un projet de rapport.
It was agreed that senators’ staff be allowed to stay in the room
and that blackberries and cellular phones not be used.
Il est convenu que le personnel des sénateurs puisse demeurer
dans la salle, et que l’utilisation des appareils BlackBerry et des
téléphones cellulaires soit interdite.
It was agreed that the report as amended be adopted.
Il est convenu que le projet de rapport tel que modifié soit
adopté.
It was agreed that the chair be authorized to table the amended
report in the Senate, at the earliest opportunity.
Il est convenu que le président soit autorisé à déposer le
rapport modifié au Sénat, le plus tôt possible.
At 5:20 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 17 h 20, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Thursday, May 29, 2014
(29)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le jeudi 29 mai 2014
(29)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Banking, Trade and
Commerce met this day at 10:30 a.m., in room 9, Victoria
Building, the chair, the Honourable Irving Gerstein, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce
se réunit aujourd’hui, à 10 h 30, dans la pièce 9 de l’édifice
Victoria, sous la présidence de l’honorable Irving Gerstein
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Bellemare, Black, Gerstein, Greene, Hervieux-Payette, P.C.,
Maltais, Massicotte, Ngo, Ringuette and Tkachuk (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Bellemare, Black, Gerstein, Greene, Hervieux-Payette, C.P.,
Maltais, Massicotte, Ngo, Ringuette et Tkachuk (10).
29-5-2014
Banques et commerce
In attendance: Adriane Yong and Brett Stuckey, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
12:5
Également présents : Adriane Yong et Brett Stuckey, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Also present: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, April 9, 2014, the committee began its examination
of Bill S-202, An Act to amend the Payment Card Networks Act
(credit card acceptance fees).
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 9 avril 2014, le comité entreprend son étude du projet de
loi S-202, Loi modifiant la Loi sur les réseaux de cartes de
paiement (frais d’acceptation d’une carte de crédit).
WITNESSES:
TÉMOINS :
The Honourable Senator Pierrette Ringuette, sponsor of the
bill.
L’honorable sénatrice Pierrette Ringuette, marraine du projet
de loi.
Ministère des Finances Canada :
Department of Finance Canada:
David Murchison, Director, Financial Sector Division;
David Murchison, directeur, Secteur financier;
Erin O’Brien, Chief, Financial Sector Stability - International,
Financial Sector Division.
Erin O’Brien, chef, Secteur de la stabilité financière Internationale, Division du secteur financier.
Agence de la consommation en matière financière du Canada :
Financial Consumer Agency of Canada:
Kevin Thomas, Acting Director, Compliance and Enforcement
Branch.
Kevin Thomas, directeur par intérim, Direction de la
conformité et application.
Bureau de la concurrence :
Competition Bureau:
Richard Bilodeau, Assistant Deputy Commissioner, Civil
Matters Branch Division B;
Richard Bilodeau, sous-commissaire adjoint, Direction
générale des affaires civiles Division B;
Nadia Brault, Senior Officer, Civil Matters Branch Division B.
Nadia Brault, agente principale, Direction générale des affaires
civiles Division B.
The chair made an opening statement.
Le président fait une déclaration d’ouverture.
The Honourable Senator Ringuette made a statement and
answered questions.
L’honorable sénatrice Pierrette Ringuette fait une déclaration,
puis répond aux questions.
À 11 h 23, la séance est suspendue.
At 11:23 a.m., the committee suspended.
À 11 h 26, la séance reprend.
At. 11:26 a.m., the committee resumed.
Mr. Murchison made a statement and, together with
Ms. O’Brien, answered questions.
M. Murchison fait une déclaration puis, avec Mme O’Brien,
répond aux questions.
Mr. Thomas made a statement and answered questions.
M. Thomas fait une déclaration et répond aux questions.
At 12:03 p.m., the committee suspended.
À 12 h 3, la séance reprend.
À 12 h 5, la séance reprend.
At 12:05 p.m., the committee resumed.
Mr. Bilodeau made a statement and, together with Ms. Brault,
answered questions.
M. Bilodeau fait une déclaration puis, avec Mme Brault,
répond aux questions.
At 12:28 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 12 h 28, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Barbara Reynolds
Clerk of the Committee
12:6
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
RAPPORT DU COMITÉ
REPORT OF THE COMMITTEE
Thursday, May 29, 2014
Le jeudi 29 mai 2014
The Standing Senate Committee on Banking, Trade and
Commerce has the honour to table its
Le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce a
l’honneur de déposer son
FOURTH REPORT
QUATRIÈME RAPPORT
Your committee, which was authorized to examine the subject
matter of those elements contained in Parts 2, 3 and 4 and
Divisions 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24 and 25 of Part 6; of
Bill C-31, An Act to implement certain provisions of the budget
tabled in Parliament on February 11, 2014, has, in obedience to
the order of reference of Wednesday, April 9, 2014, examined the
said subject matter and herewith tables its report.
Votre comité, qui a été autorisé à examiner la teneur des
éléments des parties 2, 3 et 4 et des sections 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19,
22, 24 et 25 de la partie 6 du projet de loi C-31, Loi portant
exécution de certaines dispositions du budget déposé au
Parlement le 11 février 2014 et mettant en œuvre d’autres
mesures, a examiné, conformément à l’ordre de renvoi du
mercredi 9 avril 2014, ladite teneur de ces éléments et dépose ici
son rapport.
Respectueusement soumis,
Respectfully submitted,
Le président,
IRVING GERSTEIN
Chair
29-5-2014
Banques et commerce
12:7
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Thursday, May 29, 2014
OTTAWA, le jeudi 29 mai 2014
The Standing Senate Committee on Banking, Trade and
Commerce, to which was referred Bill S-202, An Act to amend
the Payment Card Networks Act (credit card acceptance fees),
met this day at 10:30 a.m. to give consideration to the bill.
Le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce,
auquel le projet de loi S-202, Loi modifiant la Loi sur les réseaux
de cartes de paiement (frais d’acceptation d’une carte de crédit) a
été renvoyé, se réunit aujourd’hui, à 10 h 30, pour examiner ce
projet de loi.
Senator Irving Gerstein (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Irving Gerstein (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: Good morning. I call this meeting of the Standing
Senate Committee on Banking, Trade and Commerce to order.
Today the committee is holding an introductory meeting on
Bill S-202, An Act to amend the Payment Card Networks Act
(credit card acceptance fees), introduced by our colleague Senator
Ringuette.
Le président : Bonjour. La séance du Comité sénatorial
permanent des banques et du commerce est ouverte.
Aujourd’hui, le comité tient une réunion préliminaire pour
discuter du projet de loi S-202, Loi modifiant la Loi sur les
réseaux de cartes de paiement (frais d’acceptation d’une carte de
crédit), présenté par notre collègue la Ringuette.
I must say, on a personal basis, it is a pleasure for me to
welcome you as a witness for the first time, Senator Ringuette. I
have not had the pleasure of seeing you from this afar. Usually
you’re just to my left. We’re delighted that you’re appearing
before us this morning.
Personnellement, je dois dire que je suis heureux de vous
accueillir comme témoin pour la première fois, sénatrice
Ringuette. Je n’ai jamais eu le plaisir de vous voir d’aussi loin.
Habituellement, vous êtes assise juste à ma gauche. Nous sommes
ravis que vous comparaissiez devant nous ce matin.
This morning’s meeting is divided into three parts of 40
minutes each. During the first part, we will hear from the sponsor
of the bill,Senator Ringuette. In the second part, the committee
will hear from federal officials from the Department of Finance
Canada and from the Financial Consumer Agency of Canada.
The final set of witnesses this morning will be officials from the
Competition Bureau of Canada.
La séance de ce matin est divisée en trois parties de 40 minutes
chacune. Au cours de la première partie, nous entendrons la
marraine du projet de loi, c’est-à-dire la sénatrice Ringuette.
Pendant la deuxième partie, le comité entendra les représentants
officiels du ministère fédéral des Finances et le représentant de
l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
Le dernier groupe de témoins qui comparaîtra ce matin sera
constitué des représentants du Bureau de la concurrence.
With that, Senator Ringuette, the floor is yours.
Cela étant dit, la parole est à vous, sénatrice Ringuette.
The Hon. Pierrette Ringuette, sponsor of the bill: Thank you
Mr. Chair. As you said earlier, usually I’m sitting on the other
side. I hope my colleagues will continue their very strong
questioning of our witnesses, even though I’m here today.
L’honorable Pierrette Ringuette, marraine du projet de loi :
Merci, monsieur le président. Comme vous l’avez indiqué plus tôt,
je m’assois habituellement de l’autre côté. J’espère que mes
collègues continueront d’interroger rigoureusement nos témoins,
même si je suis assise ici aujourd’hui.
I have been working on the issue of credit card fees since 2008,
with an early study of the issue that brought forth the code of
conduct. Since then, I have put forth six times the same bill, which
is modelled after the Australian one that dates back now 11 years.
Je m’emploie à régler le problème des frais de carte de crédit
depuis 2008, et j’ai participé à une étude préliminaire de la
question qui a entraîné la mise en œuvre du code de conduite.
Depuis, j’ai présenté six fois le même projet de loi qui s’inspire du
projet de loi australien qui a été mis en œuvre il y a 11 années.
[Translation]
After 11 years and a number of studies, the Australian
government deemed it appropriate to introduce a bill to cap
credit card fees at 0.5 per cent for merchants, 0.3 per cent for
governments and 0.0 per cent for charities. The bill contained a
provision requiring the Australian reserve, the organization
responsible for administering the legislation, to review
acceptable rates every three years.
[Français]
Après 11 ans et après avoir mené plusieurs études, le
gouvernement australien a jugé qu’il était approprié d’introduire
un projet de loi pour limiter les frais de cartes de crédit à
0,5 p. 100 pour les commerçants, à 0,3 p. 100 pour les
gouvernements et à 0,0 p. 100 pour les organismes de charité.
Leur projet de loi contient une proposition qui fait en sorte que la
Réserve australienne, qui est responsable de l’application du
projet de loi, revoie les frais acceptables aux trois ans.
12:8
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
I have obviously kept abreast of the Australian situation, and
the review has been done every three years. Following the first
review, the country further reduced merchant fees. After the next
two reviews were done, the merchant rate was kept at
0.5 per cent, the government rate at 0.3 per cent and the charity
rate at 0.0 per cent.
Évidemment, j’ai suivi le dossier australien, et ils ont fait cette
révision aux trois ans. La première fois qu’ils ont fait la révision,
ils ont réduit encore plus les frais pour les marchands. Lors des
deux autres révisions, ils ont maintenu les frais à 0,5 p. 100 pour
les commerçants, à 0,3 p. 100 pour les gouvernements et à
0,0 p. 100 pour les organismes de charité.
Since then, numerous things have happened. As I said earlier,
the Minister of Finance introduced a code of conduct. Two major
events have marked the past year: first, Visa raised its already
excessive merchant fees by 30 per cent in April, and second,
MasterCard raised its merchant fees by 20 per cent in July. And
that month, following nearly 18 months of discussion, witness
testimony and analysis, a complaint was filed.
Depuis ce temps, bien des événements se sont produits dans le
dossier. Comme je l’ai mentionné tantôt, le Code de conduite a été
mis en œuvre par le ministre des Finances. Dans la dernière année,
on compte deux événements assez importants : VISA a augmenté,
en avril dernier, de 30 p. 100 les frais, qui étaient déjà excessifs
pour les commerçants, et MasterCard, en juillet dernier, a
augmenté de 20 p. 100 ses frais pour les marchands. En juillet
dernier, on a reçu, après presque 18 mois de discussions, de
comparutions et d’analyses, un grief.
[English]
[Traduction]
The Competition Bureau heard a complaint in regard to the
contract between Visa, MasterCard and also Canadian
merchants. Their first conclusion was that although the
Competition Bureau had jurisdiction only over products that
were for resale — the credit card is not a product; it is a service —
and even though it was a service, they concluded that they would
further their study because it was a major issue in the Canadian
marketplace.
Le Bureau de la concurrence a reçu une plainte concernant les
contrats qui lient Visa, MasterCard et aussi les commerçants
canadiens. La première conclusion à laquelle ses membres sont
parvenus est que, bien que la compétence du Bureau de la
concurrence se limite aux produits destinés à être revendus — les
cartes de crédit ne sont pas des produits mais des services — ils
allaient pousser leur étude plus loin, car cet enjeu avait de graves
effets sur le marché canadien.
Their second conclusion was that the issue was so important to
the Canadian economy that it was needed to have federal
regulation on the issue. I understand witnesses will be coming
forth, and they will be able to discuss their findings and how that
went.
Leur deuxième conclusion était que le problème revêtait une
telle importance pour l’économie canadienne qu’il fallait que le
gouvernement fédéral réglemente la question. Je crois comprendre
que des témoins comparaîtront et qu’ils seront en mesure de
discuter de leurs conclusions et de la façon dont ils les ont tirées.
In regard to another fact that happened last July, after two
years of study, the European Commission introduced in the
European Parliament a bill to cap merchant fees, government
fees, any fees related to credit cards and debit cards. The debit
card was capped at 0.2 per cent, and the credit card for merchants
was capped at 0.3 per cent.
Un autre fait s’est produit en juillet dernier. Après deux années
d’étude, la Commission européenne a présenté un projet de loi au
Parlement européen visant à limiter les frais imposés aux
commerçants, aux gouvernements et à tous les autres par les
émetteurs de cartes de crédit et de débit. Les frais liés aux cartes de
débit ont été plafonnés à 0,2 p. 100, tandis que les frais liés à
l’acceptation de cartes de crédit par les marchands ont été
plafonnés à 0,3 p. 100.
This is a new event because, if you recall in my few speeches in
the Senate, I had enumerated the different rates for different
European countries. The average was 0.9 per cent. So, after two
years of review, the European Commission fixed that rate at
0.3 per cent. Each of the 28 countries had 22 months to put forth
the legislation in their country, but the interstate rate of
0.3 per cent was applicable immediately.
Il s’agit là d’un nouvel événement, car, si vous vous en
souvenez, j’ai énuméré les différents taux en vigueur dans les
différents pays européens, au cours des quelques discours que j’ai
prononcés à ce sujet au Sénat. Ils s’élevaient en moyenne à
0,9 p. 100. Par conséquent, après avoir examiné la question
pendant deux ans, la Commission européenne a fixé ce taux à
0,3 p. 100, et elle a accordé à chacun des gouvernements des
28 pays 22 mois pour présenter une mesure législative en ce sens
dans leur pays respectif. Toutefois, le taux interétatique de
0,3 p. 100 devait être appliqué immédiatement.
[Translation]
In Canada, when I introduced the first bill in 2009, Visa and
MasterCard held 82 per cent of the Canadian credit card market,
and today they have 94 per cent. I consider the fees in Canada to
[Français]
Au Canada, quand j’ai déposé le premier projet de loi en 2009,
VISA et MasterCard détenaient 82 p. 100 des cartes de crédit sur
le marché canadien. Ils sont maintenant rendus à 94 p. 100.
29-5-2014
Banques et commerce
12:9
be excessive. If we compare the 0.5 per cent I am proposing with
the current market rate, which exceeds 3 per cent, these excessive
rates make up an estimated $7 billion a year.
J’estime que les frais excessifs, c’est-à-dire si l’on compare le
barème que je propose de 0,5 p. 100 à ce qui existe présentement
dans le marché qui est au-delà de 3 p. 100, j’estime que les frais
excessifs sont de l’ordre de 7 milliards de dollars par année.
Canadians charge an estimated $500 billion a year on their
credit cards. It is important to understand that some industries
are more affected than others, like the tourism industry. Most
travellers buying plane tickets, booking hotel rooms and making
other such trip arrangements are subject to fees that are even
greater than 3 per cent, when you take into account the extra fees
charged for what credit card companies term ‘‘card not present’’
or ‘‘owner not present’’ purchases. That means that whenever
consumers make a purchase remotely and do not enter their PIN
in person, merchants have to pay extra fees. It is a fact that
Canadians are making more and more purchases online. So there
again, merchants are subject to additional fees, with credit card
companies reaping the profits they generate.
Dans le marché canadien, on estime que les Canadiens achètent
pour à peu près 500 milliards de dollars par année avec les cartes
de crédit. Il faut se rendre compte qu’il y a des industries qui sont
plus touchées que d’autres, surtout l’industrie touristique, puisque
la plupart des gens qui font l’achat de billets d’avion, qui font des
réservations de chambres d’hôtel, et cetera, sont sujets à des frais
encore plus élevés que 3 p. 100, car il y a des frais additionnels
pour ce que les émetteurs de cartes de crédit appellent « card not
present » ou « the owner not present ». C’est-à-dire que si vous
faites un achat et que vous n’êtes pas sur place pour entrer votre
NIP, il y a des frais additionnels pour tous ces commerçants. On
sait aussi que, de plus en plus, les Canadiens font des achats en
ligne. Donc, encore là, il y a plus de frais qui s’appliquent à ces
marchands, et les profits de ces frais vont aux émetteurs de cartes
de crédit.
Another very important consideration is not reflected in Bill S202, as I pointed out earlier.
Il y a aussi un élément très important, qui ne fait pas partie du
projet de loi S-202, comme je l’ai déjà signalé plus tôt.
[English]
All the data from our use of these credit cards and the
merchant transactions, et cetera, all that information resides on
the Visa and MasterCard computers in the U.S. In the last year,
there was a major story with regard to the NSA that has been
snooping in the Visa databank in the U.S. So, if you consider that
all of the information with regard to Canadian transactions also
resides on that computer base, I think it should also be a reason
for alarm.
[Translation]
[Traduction]
Toutes les données liées entre autres à notre utilisation de ces
cartes de crédit et aux transactions des commerçants sont
enregistrées dans les ordinateurs de Visa et de MasterCard
situés aux États-Unis. Au cours de la dernière année, les médias
ont révélé que la NSA épiait la banque américaine de données de
Visa, ce qui a fait les manchettes. Si l’on tient compte du fait que
tous les renseignements liés aux transactions effectuées par des
Canadiens sont stockés dans ces ordinateurs, il devrait, selon moi,
y avoir aussi lieu de s’alarmer.
[Français]
I am going to come back to the bill now. The fees are modelled
on those in the Australian system. But I must tell you that, with
the advent of the European Commission and its various studies, I
would be entirely open to amending the bill and lowering the rate
from 0.5 per cent to 0.3 per cent. That is especially important in
light of the fact that we have just signed a free-trade agreement
with the Europeans and a large number of corresponding systems
on both trading sides will need to be brought in line with one
another. As I see it, if Canadians are going to be exposed to
competition and opportunities from the European Union, they
should benefit from a similar situation as far as the costs
associated with their purchases are concerned, not to mention the
costs of goods and services. Under the bill, the Minister of
Finance would be required to review, on an as-needed basis, the
rates that would be acceptable in Canada, to set all the related
guidelines and to identify the responsibilities around applying
those interchange fees for merchants.
Je vais revenir au projet de loi. Les frais sont modelés sur ceux
du système australien. Toutefois, je dois vous avouer qu’avec la
venue de la Commission européenne et des études qu’elle a
menées, je serais tout à fait ouverte à ce que l’on modifie mon
projet de loi, soit que l’on passe de 0,5 p. 100 à 0,3 p. 100. Cela
est particulièrement important étant donné que l’on vient de
signer une entente de libre-échange avec les Européens et que bon
nombre des systèmes seront appelés à être comparables. Selon
moi, si les consommateurs canadiens doivent faire face à la
concurrence et aux opportunités en ce qui concerne l’Union
européenne, ils devraient tirer profit d’une situation similaire sur
le plan des coûts de leurs achats ainsi que des coûts des biens et
services. En vertu du projet de loi, il incombe au ministre des
Finances de réviser, à sa guise, les taux qui seront acceptables
pour le Canada, de mettre en place toutes les lignes directrices et
de définir les responsabilités du point de vue de l’application de
ces taux d’échange pour nos commerçants.
No doubt, you have questions, and I believe I am wellequipped to answer them.
Vous avez sûrement des questions, et je crois que je suis bien
armée pour vous répondre.
12:10
Banking, Trade and Commerce
[English]
29-5-2014
[Traduction]
The Chair: Thank you very much for your presentation. We do
have a number of questions.
Le président : Je vous remercie beaucoup de votre exposé.
Nous avons effectivement un certain nombre de questions à vous
poser.
Senator Black: Senator, I want to say to you, before I start my
questions, thank you for your tenacity and for your commitment
to something you so clearly believe strongly in. I would say to you
that this is a model for senators’ behaviour. You have chosen an
area of interest, and you have doggedly gone at it. Regardless of
what the outcome is, your intentions are honourable, and I just
wanted you to know, right off the top, that I’m very impressed by
the level of commitment you have shown to this.
Le sénateur Black : Sénatrice, avant de commencer à poser mes
questions, je tiens à vous remercier de votre ténacité et de votre
engagement à l’égard d’un enjeu auquel vous croyez très
fermement. Je vous dirais que les sénateurs devraient suivre
votre exemple. Vous avez choisi un enjeu qui vous intéressait, et
vous avez poursuivi votre objectif avec acharnement. Quoi qu’il
advienne, vos intentions sont honorables, et je tenais à ce que
vous sachiez dès le départ que je suis très impressionné par le
niveau d’engagement dont vous avez fait preuve à cet égard.
Senator Ringuette: Thank you.
[Translation]
Senator Ringuette: People always start with the good news first.
So I am waiting for the bad news, Senator Black.
[English]
La sénatrice Ringuette : Merci.
[Français]
La sénatrice Ringuette : En français, on dit qu’on reçoit les
fleurs avant et le pot ensuite. Alors j’attends le pot, sénateur
Black.
[Traduction]
Senator Black: No, not at all. So, senator, if your proposal was
accepted, there clearly will be a financial hit to the credit card
companies. Based on the research that you have done, would it be
your understanding that, in Europe or Australia or other places
you may have looked, those companies increase other fees to
consumers?
Le sénateur Black : Non, ce n’est pas du tout mon intention.
Donc, sénatrice, si votre proposition était acceptée, elle aurait
clairement des répercussions financières sur les sociétés émettrices
de cartes de crédit. Selon les recherches que vous avez effectuées,
croyez-vous qu’en Europe, en Australie ou à d’autres endroits que
vous avez peut-être étudiés, ces sociétés haussent d’autres frais
imposés aux consommateurs?
Senator Ringuette: The studies that I have — and I have
numerous ones — do not indicate that. There are two issues:
whether there is an increase in fees to the consumers from the
credit card companies or the credit card issuers, and whether the
reduced rates will benefit consumers at large. In all of the studies
that I have seen — whether the reviews from Australia or a major
study done by the world economic group — indicate the same
scenario. About 50 per cent of the gains from the merchants are
passed on to consumers. With regard to credit card fees, it doesn’t
show any increase. Actually, what the study shows is that, when
merchants face reduced fees in accepting credit cards, there will be
more merchants accepting the credit cards and, therefore, more
consumer ability to make purchases.
La sénatrice Ringuette : Les études que j’ai trouvées — et j’en ai
trouvé un grand nombre — n’indiquent pas cela. Deux questions
se posent : les sociétés émettrices de cartes de crédit haussent-elles
les frais qu’elles imposent aux consommateurs, et des taux réduits
bénéficieront-ils aux consommateurs en général? Toutes les études
que j’ai examinées — que les examens émanent d’Australie ou que
l’étude approfondie ait été effectuée par le groupe économique
mondial — démontrent la même chose. Environ 50 p. 100 des
économies réalisées par les marchands sont transmises aux
consommateurs. En ce qui concerne les frais liés aux cartes de
crédit, on n’observe aucune augmentation. En fait, une étude
démontre que, lorsque les frais d’acceptation de cartes de crédit
imposés aux commerçants sont réduits, un plus grand nombre de
commerçants en acceptent et, par conséquent, la capacité d’achat
des consommateurs s’accroît.
What is lost in revenue per transaction for the credit card
consortium is gained with regard to volume because of more
merchants providing payments with credit cards.
L’argent que le consortium de sociétés émettrices de cartes de
crédit peut perdre par transaction, il le regagne en raison du
volume accru de transactions imputable au plus grand nombre de
commerçants qui acceptent d’être payés par carte de crédit.
Senator Black: Thank you.
In preparing your proposal, senator, can you share with us
whether you have consulted, at any level, with Visa, MasterCard
or any other sources to help inform your conclusions?
Le sénateur Black : Merci.
Sénatrice, pouvez-vous nous dire si, pendant la préparation de
votre proposition, vous avez consulté, à un échelon ou à un autre,
des représentants de Visa ou de MasterCard, ou toute autre
source d’information pour éclairer vos conclusions?
29-5-2014
Banques et commerce
12:11
Senator Ringuette: I’ve certainly been watching closely what
has been happening in Australia, New Zealand and Europe.
There also has been, in the U.S, legislation to limit the fees with
regard to debit cards. You have to understand that, in the U.S. —
contrary to in Canada where our debit card issuer is Interac and
they are doing a fine job at extremely low costs for merchants and
consumers — you also have Visa and MasterCard issuing debit
cards with excessive fees. It was joint legislation in the U.S. The
Republicans and the Democrats have agreed to put a cap on debit
card fees in the U.S.
La sénatrice Ringuette : Il est certain que j’observe
attentivement ce qui se produit en Australie, en NouvelleZélande et en Europe. Des mesures législatives ont également
été présentées aux États-Unis pour limiter les frais de carte de
débit. Vous devez comprendre que, chez notre voisin du Sud, Visa
et MasterCard émettent aussi des cartes de débit assorties de frais
excessifs — contrairement à la société canadienne émettrice de
cartes de débit, c’est-à-dire Interac, qui offre d’excellents services
aux marchands et aux consommateurs à des coûts extrêmement
faibles. La mesure législative américaine a été présentée
conjointement. Les républicains et les démocrates se sont
entendus pour plafonner aux États-Unis les frais de carte de débit.
Senator Black, I have been doing my homework quite a lot.
This is also very important; 11 years ago, when Australia put the
same legislation in place, Visa and MasterCard did not leave the
market. They accepted the market and, every three years at the
review time, they go in front of the forum and provide, through
discretion, their business plan and so forth. For the last 10 years,
the same rates have been accepted.
Sénateur Black, j’ai fait très consciencieusement mes devoirs. Il
est également très important de noter que, lorsque la même
mesure législative a été mise en œuvre en Australie, il y a 11 ans de
cela, Visa et MasterCard n’ont pas quitté le marché. Ces sociétés
ont accepté la décision qui a été prise et, tous les trois ans, au
moment où l’examen a lieu, elles se présentent devant le forum et,
à leur discrétion, elles soumettent leur plan d’entreprise, et cetera.
Les taux n’ont pas changé depuis 10 ans.
Last year, when the European Union put their legislation forth,
there was also a declaration by both MasterCard and Visa that
they accepted that 0.3 per cent rate. If Visa and MasterCard can
accept a 0.3 per cent merchant fee rate in 28 countries in the EU,
why could they not accept that same rate in Canada? I have
received visits from both to my office. They give me their side of
the story, but the facts that I’m stating to you are valid.
L’année dernière, lorsque l’Union européenne a présenté sa
mesure législative, MasterCard et Visa ont toutes deux déclaré
qu’elles acceptaient le taux de 0,3 %. Si ces sociétés peuvent
accepter d’imposer aux marchands des frais de 0,3 % dans 28
pays de l’UE, pourquoi ne pourraient-elles accepter le même taux
au Canada? Des représentants des deux sociétés ont visité mon
bureau et m’ont donné leur version des faits. Toutefois, les faits
dont je fais état sont valides.
Senator Black: Did you say 0.03 per cent in Europe, or 0.3?
Le sénateur Black : Avez-vous parlé d’un taux de 0,03 p. 100
en Europe, ou d’un taux de 0,3 p. 100?
Senator Ringuette: It’s 0.3 per cent.
Senator Tkachuk: It’s not 3 per cent; it’s one third of
1 per cent.
Senator Ringuette: Exactly.
La sénatrice Ringuette : Le taux s’élève à 0,3 p. 100.
Le sénateur Tkachuk : Ce n’est pas 3 p. 100; c’est le tiers de
1 p. 100.
La sénatrice Ringuette : Exactement.
The Chair: I’ll follow up on Senator Black’s question. I believe
he asked you if the reduction of acceptance fees was made up by
the increase in other fees by the banks, and you said your research
indicated no. Is there anything in your research to suggest that
with the reduction in acceptance fees, there was a reduction in
retail prices?
Le président : Je vais donner suite à la question du sénateur
Black. Je crois qu’il vous a demandé si la réduction des frais
d’acceptation de cartes de crédit avait été comblée par
l’augmentation d’autres frais imposés par les banques, et vous
avez déclaré que, selon vos recherches, ce n’était pas le cas.
Certains résultats de vos recherches semblent-ils indiquer que la
réduction des frais d’acceptation d’un paiement par carte de crédit
a entraîné une réduction des prix de détail?
Senator Ringuette: Yes. All the research indicates that, with a
50 per cent reduction in merchant fees, retailers reduced their
prices to consumers by 50 per cent of their gain.
La sénatrice Ringuette : Oui. Toutes les recherches indiquent
que les détaillants qui ont bénéficié d’une réduction de leurs frais
de 50 p. 100 ont transféré aux consommateurs 50 p. 100 de ces
économies en réduisant leur prix.
[Translation]
Senator Hervieux-Payette: We talked about Visa and
MasterCard, but we also have American Express in Canada.
Would your bill apply to all credit cards on the market?
[Français]
La sénatrice Hervieux-Payette : On a parlé de VISA et de
MasterCard, mais au Canada on a aussi American Express. Est-ce
que votre projet de loi s’appliquerait à toutes les cartes de crédit
qui sont sur le marché?
12:12
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
Senator Ringuette: Right now, no, but I am not ruling it out.
Visa and MasterCard currently hold 94 per cent of the Canadian
market, and they both operate in the same way when it comes to
banks and technology suppliers.
La sénatrice Ringuette : Présentement, non, mais je n’exclus pas
la possibilité. Le marché canadien est détenu à 94 p. 100 par
VISA et MasterCard. VISA et MasterCard fonctionnent de la
même façon avec les banques et les fournisseurs de technologie.
American Express is unique because it does not need banks to
provide its services to customers. It has its own bank, so it
operates within a different context. I know the merchant and user
fees are high. American Express is not part of my initiative, nor is
it covered by the Australian experience or Europe’s new
legislation. The reason is that American Express provides a
completely different service from that offered by Visa and
MasterCard in Canada, and that is true of the rest of the world
too, for that matter.
American Express est particulière, parce que cette compagnie
n’a pas besoin de banques pour fournir ses services aux clients.
Elle a sa propre banque. Alors le scénario n’est pas le même. Je
sais que les frais pour les utilisateurs et les marchands sont élevés.
Mon expérience, et si j’en juge de l’expérience australienne et de la
nouvelle législation en Europe, American Express ne fait pas non
plus partie de leur scénario, parce que c’est un service
complètement différent de ce que VISA et MasterCard offrent
au Canada et partout dans le monde, d’ailleurs.
Senator Hervieux-Payette: We should recognize that even
senators have an American Express card for Senate-related
expenses. I mention it because, for those with a Costco
membership, American Express is the only credit card Costco
accepts. So we are talking about a huge company in Canada. And
I would think that Costco had certainly negotiated a lower rate
than what American Express would charge a smaller business.
That is my hope. Generally speaking, what are the debit card fees,
both here and in Europe?
La sénatrice Hervieux-Payette : Il faut se rendre compte que
même le Sénat a une carte de crédit American Express pour les
dépenses des sénateurs. Je vous en parle, parce que si on a une
carte Costco, c’est American Express seulement qui est acceptée.
Donc on parle d’une entreprise gigantesque au Canada. J’ai
l’impression que Costco a certainement, comparativement à une
plus petite entreprise, négocié un tarif plus bas. C’est mon vœu.
Quels sont les frais pour la carte de débit, généralement, ici et en
Europe?
Senator Ringuette: In Canada, within the Interac payment
network, fees are charged per transaction and not on the amount
of the purchase. The fee is 3 cents per transaction. That is minimal
for merchants. My research as far as Canada’s debit card market
and Interac go has shown that the company offers excellent
service at a minimal cost. Seldom have merchants or consumers
complained about Interac fees. At least I have not heard of any
merchants or consumers complaining about Interac fees.
La sénatrice Ringuette : Au Canada, les frais de la carte Interac
sont par transaction et non pas sur le montant de l’achat, et il
s’agit de 3 cents par transaction. Ce sont des frais minimums pour
les marchands. Mon étude de toute la situation de la carte de débit
Interac au Canada a révélé que la compagnie offre un excellent
service à des coûts minimums. On a rarement entendu des
Canadiens où des marchands se plaindre. Moi, en tout cas, je n’ai
pas entendu de marchands ni de consommateurs se plaindre au
sujet des frais d’Interac.
Senator Hervieux-Payette: One or the other, technology-wise, it
does not make much of a difference. If they can live with an
Interac charge of 3 cents per transaction, we could say the same,
but with credit cards, would your percentage be charged per
transaction or as a share of the purchase amount?
La sénatrice Hervieux-Payette : Un ou l’autre, au plan
technologique, il n’y a pas une grande différence. S’ils peuvent
vivre avec Interac à trois cents la transaction, on peut dire la
même chose, mais avec les cartes de crédit, votre pourcentage
serait-il par transaction ou par tranche d’achat?
Senator Ringuette: When it comes to Visa and MasterCard
credit cards, all fees are based on a percentage of the purchase and
a percentage of the sales tax paid by the merchant and the
consumer. At the end of the day, consumers are the ones who are
on the hook for the charges; it is a tax on a tax.
La sénatrice Ringuette : En ce qui a trait aux cartes de crédit
VISA et MasterCard, tous les frais sont basés en pourcentage de
l’achat et aussi en pourcentage des taxes de vente pour le
marchand et le consommateur. En fin de compte, c’est le
consommateur qui défraie les coûts; c’est une taxe sur la taxe.
Senator Hervieux-Payette: That means that it would not be a
flat rate for all transactions; it would still be a proportion of the
purchase cost.
La sénatrice Hervieux-Payette : Cela veut dire que l’on n’aurait
pas « flat rate » pour toutes les transactions, on aurait encore
une proportion selon le coût d’achat.
Senator Ringuette: Yes.
[English]
Senator Hervieux-Payette: How many jobs were created by
Visa and MasterCard — how many employees and how many
offices — in Canada?
La sénatrice Ringuette : Oui.
[Traduction]
La sénatrice Hervieux-Payette : Combien d’emplois ont été
créés par Visa et MasterCard — combien d’employés et de
bureaux ont-elles — au Canada?
29-5-2014
Banques et commerce
12:13
Senator Ringuette: Senator, I will have to get back to you with
that information. The jobs created by Visa and MasterCard in
Canada in the last 10 years, I would have to look that up. Their
job creation is probably greater in the U.S. than it is in Canada.
La sénatrice Ringuette : Sénatrice, il faudra que je me renseigne
et que je vous communique l’information par la suite. Je vais
devoir vérifier le nombre d’emplois créés par Visa et MasterCard
au Canada au cours des 10 dernières années. Leur création
d’emplois est probablement plus élevée aux États-Unis qu’au
Canada.
The Chair: Would you be good enough to forward that to the
clerk, please?
Le président : Auriez-vous l’obligeance d’acheminer ces
renseignements à la greffière?
Senator Ringuette: Yes.
La sénatrice Ringuette : Oui.
Senator Greene: Thank you for doing this. I appreciate it very
much.
Le sénateur Greene : Je vous remercie de bien vouloir le faire, et
je vous en suis très reconnaissant.
My question actually follows the questions asked by Senator
Hervieux-Payette. It strikes me that 0.5 per cent can be a lot of
money depending on the item. I wonder why you decided to go
for a percentage instead of a combination, perhaps, of a flat fee
and a percentage, perhaps at different levels.
Ma question donne suite aux questions posées par la sénatrice
Hervieux-Payette. Je ne peux m’empêcher de constater que des
frais de 0,5 p. 100 peuvent représenter beaucoup d’argent selon la
valeur de l’article acheté. Je me demande pourquoi vous avez
choisi un pourcentage plutôt que des frais fixes combinés, peutêtre, à divers pourcentages.
Senator Ringuette: The 0.5 per cent of the purchase price
struck me as the right combination when it was done in Australia
and their follow-up study on it. It was reaffirmed also when the
EU last year put a limit of 0.3 per cent. In the U.S., for instance,
the Visa and MasterCard debit card systems are both exactly that.
There is a flat rate plus a percentage of the purchase. The U.S.
legislation has put a maximum on the percentage rate for debit
cards there.
La sénatrice Ringuette : Un pourcentage de 0,5 du prix d’achat
m’a semblé approprié lorsque l’Australie l’a mis en œuvre et l’a
étudié par la suite. Sa validité a été réaffirmée lorsque l’UE a
établi une limite de 0,3 p. 100 l’année dernière. Aux États-Unis,
par exemple, les systèmes de cartes de débit Visa et MasterCard
fonctionnent exactement comme cela. Des frais fixes sont
facturés, auxquels s’ajoute un pourcentage du prix d’achat. La
mesure législative américaine établit la valeur maximale que peut
prendre le pourcentage de frais appliqué aux cartes de débit làbas.
Not only are Visa and MasterCard involved in this credit card
payment system, but also all financial institutions that issue credit
cards. We have to acknowledge that your limit, say $5,000, on
your credit card to make purchases is set by your financial
institution, not by Visa and MasterCard. It’s a non-guaranteed
line of credit, if you look at the product. There is a certain amount
of risk and credit involved in the system.
Non seulement Visa et MasterCard jouent un rôle dans le
système de paiement par carte de crédit, mais c’est aussi le cas de
toutes les institutions financières émettrices de cartes de crédit.
Nous devons reconnaître que la limite de votre carte de crédit de
5 000 $, disons, est fixée par votre institution financière, et non
Visa ou MasterCard. Si vous examinez le produit, vous
constaterez que c’est une ligne de crédit non garantie. Le
système comporte un certain degré de risque et de crédit.
I honestly agree with the fact that a percentage base, when you
look at all the players involved in the scheme, is a better way to
approach the fee structure. There is also the service provider in
respect of the technology.
En toute honnêteté, je conviens que, lorsque l’on examine tous
les acteurs qui interviennent dans le système, une structure de frais
fondée sur un pourcentage représente une meilleure solution. Il
faut aussi tenir compte du fournisseur de services technologiques.
Senator Greene: On a large item, a percentage can be a lot of
money.
Le sénateur Greene : Des frais fondés sur un pourcentage du
prix d’achat peuvent finir par être élevés, si l’article est coûteux.
Senator Ringuette: Yes.
La sénatrice Ringuette : Oui.
Senator Greene: It strikes me that in a sense it’s not fair because
the act of using the system is the same, really, no matter how
much the item is worth.
Le sénateur Greene : En un sens, cela me semble injuste parce
qu’en réalité l’utilisation de système est la même, quelle que soit la
valeur de l’article.
Senator Ringuette: Yes, but as I said, you also have to take into
consideration the line of credit that is supplied. There is a certain
risk there.
La sénatrice Ringuette : Oui, mais, comme je l’ai indiqué, il faut
aussi prendre en compte la ligne de crédit fournie qui comporte
certains risques.
Senator Greene: There is a certain risk, yes.
Le sénateur Greene : Oui, elle comporte certains risques.
12:14
Banking, Trade and Commerce
Senator Ringuette: Also, with regard to that, the studies that I
have read indicate that we were used to having, in Canada, credit
cards being used for exactly that, namely, larger purchases so that
people did not carry cash on them and so on. That trend is
changing. Five years ago, rarely would you see at the grocery
store people paying with their credit card, but Visa and
MasterCard, on average, put $1 billion in advertising to have
Canadians increase their usage.
[Translation]
29-5-2014
La sénatrice Ringuette : En outre, les études que j’ai lues
indiquent qu’au Canada, nous avions l’habitude d’utiliser nos
cartes de crédit justement pour éviter de transporter l’argent
requis pour acheter des articles coûteux. Cette tendance est en
train de changer. Il y a cinq ans, il était rare de voir des gens
utiliser leur carte de crédit au supermarché, mais Visa et
MasterCard ont dépensé, en moyenne, 1 milliard de dollars en
publicité pour inciter les Canadiens à utiliser davantage leur carte
de crédit.
[Français]
Senator Massicotte: Thank you, Senator Ringuette, for your
perseverance on this very noble issue, one that really matters to
consumers and Canadians.
Le sénateur Massicotte : Merci à vous, sénatrice Ringuette,
pour votre persévérance dans ce dossier très noble et important
pour les consommateurs et les Canadiens.
Everyone agrees that a problem exists as far as competition is
concerned. The consumer system is structured in such a way that
the consumer benefits from a cost that is indirectly incurred by the
merchant. And the entire world is trying to fix the problem. As
evidenced in its 2012 or 2013 budget, this government has
adopted measures in an effort to rectify the situation. We will hear
about them later; the government is proposing other measures to
this end. The Competition Tribunal even acknowledged that there
was a competition problem. There is something wrong with the
system.
Tout le monde s’entend pour dire qu’il y a un problème de
concurrence. La structure du système de consommation fait en
sorte que le consommateur bénéficie d’un coût qui est assumé
indirectement par le marchand. Le monde entier tente de trouver
solution à ce problème. Ce gouvernement, comme en témoigne le
budget de 2012 ou 2013, a pris des mesures pour essayer de
corriger le problème. Nous l’entendrons plus tard; le
gouvernement propose d’autres mesures à cet effet. Le tribunal
de la concurrence a même admis qu’il y avait là un problème de
concurrence. Il existe un problème malsain dans le système.
With your private bill, you are claiming that neither Liberal
nor Conservative governments have done enough, and that the
proposed measures, including the code of conduct, are
inadequate. Is that indeed your view?
Par votre projet de loi d’intérêt privé, vous prétendez que le
gouvernement, libéral et conservateur, n’en a pas fait assez, et que
les mesures proposées, entre autres avec le code de conduite, ne
sont pas adéquates. C’est bien votre position?
Senator Ringuette: Yes, that is my view. The code of conduct
established some guidelines for the system, but the core problem
involves merchants, small and large. That includes major chains
such as Walmart and Costco, and even merchant associations.
They have absolutely no bargaining power when it comes to
pricing. That is the core problem, and it has to be fixed.
La sénatrice Ringuette : Oui, c’est ma position. Le code de
conduite a offert certaines directives au système. Toutefois, le
problème central concerne les commerçants, petits et grands. On
parle de Walmart, de Costco, de toutes ces grandes chaînes et
même des associations de marchands. Ceux-ci n’ont absolument
aucun pouvoir de négociation pour ce qui est du prix. Le
problème central est là, et il doit être résolu.
In 2010, then Minister of Finance, Mr. Flaherty, introduced a
code of conduct, and it represents a step in the right direction.
Just consider Canada’s position as far as credit card fees are
concerned, as compared with that of the European Union’s
28 countries and Australia. Right now, Australia’s government is
attempting to negotiate, through the trans-Pacific agreement,
which will include Australia and New Zealand. Canadians can do
something about these exorbitant costs, can they not? I am
tenacious, because I see these excessive fees as entirely unfair to
Canadian merchants and consumers.
En 2010, le ministre des Finances, M. Flaherty, a émis un code
de conduite, et c’était un pas dans la bonne direction. Regardons
où se situe le Canada, dans le secteur des cartes de crédit et de ses
coûts, comparativement à 28 pays européens et à l’Australie. En
Australie, le présent gouvernement tente de négocier par
l’intermédiaire de l’entente pan-pacifique, qui inclura l’Australie
et la Nouvelle-Zélande. Les Canadiens ne peuvent-ils pas agir face
à ces coûts exagérés? Je suis tenace, car j’estime que ces coûts
excessifs sont tout à fait injustes pour les marchands et pour les
consommateurs canadiens.
Senator Massicotte: Why are marketplace rules not working?
Senator Ringuette: Because there are only two major providers.
Over the past ten years, whenever Visa raises its prices,
MasterCard follows suit because they dominate the market. The
Le sénateur Massicotte : Pourquoi les règles du marché ne
fonctionnent-elles pas?
La sénatrice Ringuette : Elles ne fonctionnent pas, parce qu’il
n’y a que deux fournisseurs majeurs. Au cours des 10 dernières
années, on a remarqué que, lorsque VISA augmente ses prix,
29-5-2014
Banques et commerce
12:15
statistics show that 94 per cent of credit card transactions made in
Canada are through either Visa or MasterCard. They dominate
the market and they know it.
MasterCard fait de même, parce qu’ils dominent le marché. Les
données ont révélé que 94 p. 100 des transactions effectuées au
Canada par cartes de crédit sont faites par VISA ou MasterCard.
Il y a une dominance du marché, et ils le savent très bien.
They also know that Canadians are using their credit cards
more, not less.
Ils savent aussi très bien que la fréquence d’utilisation de ces
cartes de crédit par les consommateurs canadiens n’a pas diminué,
mais a augmenté.
Senator Massicotte: Your bill refers to ‘‘commissions
interbancaires’’ in French. What are they exactly?
Le sénateur Massicotte : Dans votre projet de loi, on parle des
frais interbancaires. De quoi s’agit-il, précisément?
Senator Ringuette: Interchange fees.
La sénatrice Ringuette : Ce sont les frais d’interchange.
Senator Massicotte: Eighty per cent of the fees paid by the
merchant do not go to either Visa or MasterCard. Nearly two
thirds of those fees go to the issuing bank, not to Visa or
MasterCard. Which fees does the bill seek to reign in? A single
transaction reflects three or four different types of fees.
Le sénateur Massicotte : Car 80 p. 100 des frais payés par le
marchand ne vont ni à VISA ni à MasterCard. Près des deux tiers
de ces frais vont aux banques émettrices de la carte et non à VISA
ou à MasterCard. Quels frais essaie-t-on de contrôler? Il existe
trois ou quatre types de frais qui interviennent dans une
transaction.
Senator Ringuette: The fees we are trying to reign in are those
under the exclusive control of Visa and MasterCard.
La sénatrice Ringuette : Les frais que nous cherchons à
contrôler sont ceux qui sont contrôlés exclusivement par VISA
et MasterCard.
Senator Massicotte: Are they the interchange fees or merchant
fees?
Le sénateur Massicotte : S’agit-il des frais interbancaires ou des
frais du marchand?
Senator Ringuette: Merchant fees. They are the ones known as
‘‘interchange fees.’’
La sénatrice Ringuette : Ce sont les frais du marchand dont il
est question. On les appelle « frais d’interchange ».
Senator Massicotte: Or ‘‘interbank’’?
Senator Ringuette: No, interchange. Visa and MasterCard set
the interchange fees for merchants and negotiate with Canadian
banks the portion of the fee that they will collect. Visa and
MasterCard would have us believe they are not the ones who set
the prices, but we know full well it is them.
[English]
Senator Tkachuk: What are the fees charged now by Visa and
MasterCard to retailers?
Le sénateur Massicotte : Ou interbancaires?
La sénatrice Ringuette : Non, d’interchange. VISA et
MasterCard fixent les frais d’interchange aux marchands et
négocient avec les banques canadiennes la partie qu’ils recevront
de ces frais. VISA et MasterCard nous diront que ce n’est pas eux
qui fixent les prix. Or, nous savons très bien que ce sont eux qui
fixent les prix.
[Traduction]
Le sénateur Tkachuk : À l’heure actuelle, quels sont les frais
imposés aux détaillants par Visa et MasterCard?
Senator Ringuette: To retailers?
La sénatrice Ringuette : Aux détaillants?
Senator Tkachuk: Yes.
Le sénateur Tkachuk : Oui.
Senator Ringuette: It differs depending on what type of card
you have and how you purchase. It differs if you have a high
premium card. There is a lower premium card, and there is a no
premium card. It also differs whether you are present when you
make the purchase or not.
La sénatrice Ringuette : Ils varient en fonction du type de carte
employé et de la façon dont la marchandise est achetée. Il y a des
cartes à privilèges, à privilèges inférieurs ou sans privilège qui
influent sur ces frais, tout comme le fait d’être présent ou non au
moment de l’achat.
Senator Tkachuk: Or you buy it off the computer or
something?
Le sénateur Tkachuk : Ou d’acheter l’article par Internet ou
d’une manière semblable?
Senator Ringuette: Exactly, but the average is over 3 per cent.
La sénatrice Ringuette : Exactement, mais, en moyenne, le
pourcentage est supérieur à 3 p. 100.
Senator Tkachuk: The average is over 3 per cent, and that
would apply to both Visa and MasterCard?
Le sénateur Tkachuk : La moyenne est supérieure à 3 p. 100
tant pour Visa que MasterCard?
Senator Ringuette: Yes. They have a slightly different fee
structure but, at the end of the day, they are pretty similar.
La sénatrice Ringuette : Oui. Leurs frais sont structurés un peu
différemment, mais, au bout du compte, ils se ressemblent.
12:16
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
Senator Tkachuk: Could you tell me what the difference is
between the premium card and the no premium card? That is, the
best interest or the best fee versus the worst fee card?
Le sénateur Tkachuk : Pourriez-vous me dire quelle est la
différence entre la carte à privilèges et la carte sans privilège?
C’est-à-dire la carte ayant le taux d’intérêt ou les frais les plus
faibles par rapport à la carte assortie aux frais les plus élevés?
Senator Ringuette: It depends if you are asking for the best fee
for the merchants. Are you asking with regard to merchants?
La sénatrice Ringuette : Tout dépend si vous voulez connaître
la carte dont les frais sont les plus avantageux pour les
commerçants. Posez-vous la question du point de vue des
commerçants?
Senator Tkachuk: Yes.
Senator Ringuette: Okay. The lowest fee is the plain Visa or
MasterCard with no bells and whistles and so on.
Senator Tkachuk: How much is that?
Le sénateur Tkachuk : Oui.
La sénatrice Ringuette : D’accord. Les cartes dont les frais sont
les moins élevés sont les cartes Visa ou MasterCard ordinaires qui
n’offrent à leurs détenteurs aucun privilège particulier.
Le sénateur Tkachuk : À combien leurs frais s’élèvent-ils?
Senator Ringuette: That would be about 1.8 or 1.9 per cent.
The highest premium, the credit card with all the bells and
whistles, is roughly 3.1 per cent. Then there is an additional fee if
you are not present when you buy, when you buy via the phone or
Internet and so on.
La sénatrice Ringuette : À environ 1,8 ou 1,9 p. 100. Les cartes
qui offrent les meilleurs privilèges entraînent des frais d’à peu près
3,1 p. 100. Puis des frais supplémentaires sont imposés si
l’acheteur n’est pas présent, autrement dit si l’achat est effectué
par téléphone, par Internet, et cetera.
Senator Tkachuk: Are Petro-Canada gas prices cheaper than
other gas companies? Petro-Canada has their own credit card. Do
they pass on the savings of their own credit card to the consumer?
They have their own credit card, and I don’t know whether they
charge themselves a fee versus another company that would use a
Visa or a MasterCard. Is there any significant difference in prices?
Home Depot has their own credit card, too. Are their prices
cheaper than others, such as Home Hardware or others who use
Visa or MasterCard?
Le sénateur Tkachuk : L’entreprise Petro-Canada vend-elle son
essence moins cher que ses concurrents? Petro-Canada offre ses
propres cartes de crédit. Refile-t-elle aux consommateurs les frais
qu’elle économise en offrant ses propres cartes de crédit? Je me
demande si elle impose des frais comparativement à une autre
entreprise qui offre des cartes Visa ou MasterCard. Ses prix
diffèrent-ils substantiellement? Home Depot offre aussi ses
propres cartes de crédit. Ses prix sont-ils plus faibles que
d’autres quincailleries comme Home Hardware qui utilisent des
cartes Visa ou MasterCard?
Senator Ringuette: These are in-house cards.
La sénatrice Ringuette : Il s’agit de cartes maison.
Senator Tkachuk: Yes.
Le sénateur Tkachuk : Oui.
Senator Ringuette: You will recall that, for a while, Canadian
Tire had their own card. That is completely in-house. If the credit
card unit of Petro-Canada decides that they will charge an
administration fee to the Petro-Canada concessionaires, that is
their in-house thing, but you have to realize also that it is limited.
You cannot use your Petro-Canada card to buy something at
your corner store or grocery store.
La sénatrice Ringuette : Si vous vous rappelez bien, Canadian
Tire a eu sa propre carte durant une certaine période. C’est une
carte de commerçant. Si le service de carte de crédit de PetroCanada décide qu’il va imposer des frais d’administration aux
concessionnaires Petro-Canada, c’est la décision qui est prise à
l’interne, mais il faut comprendre aussi qu’il y a une limite. On ne
peut pas utiliser sa carte Petro-Canada pour acheter quelque
chose au magasin du coin ou à l’épicerie.
Senator Tkachuk: I understand, but part of your argument here
is that consumers will benefit. You mentioned Australia.
Le sénateur Tkachuk : Je comprends, mais vous faites valoir
notamment que les consommateurs en bénéficieront. Vous avez
parlé de l’Australie.
I have a study by Chang, Evans and Garcia-Swartz, The Effect
of Regulatory Intervention in Two-Sided Markets: An Assessment
of Interchange-Fee Capping in Australia. They said that another
predictable result is the absence of evidence that consumer prices
have fallen in Australia as a result of lower merchant discounts.
Dans une étude de Chang, Evans et Garcia-Swartz intitulée
The Effect of Regulatory Intervention in Two-Sided Markets : An
Assessment of Interchange-Fee Capping in Australia, on dit que
l’absence d’une preuve qui montre que les prix à la consommation
ont chuté en Australie en raison des escomptes moins élevés des
marchands est un autre résultat prévisible.
So, in Australia, consumers didn’t benefit from the
0.3 per cent. My assumption would be that, if there were no
lower prices, that businesses benefited maybe by passing that
same charge on to the consumer.
En Australie, les consommateurs n’ont pas profité des
0,3 p. 100. Mon hypothèse, c’est que si les prix n’ont pas baissé,
ce sont les entreprises qui en ont profité, peut-être, en refilant ces
frais aux consommateurs.
29-5-2014
Banques et commerce
12:17
Senator Ringuette: Senator Tkachuk, I think that is the study
that was done in Australia and was paid for by MasterCard.
Could you verify that, please, sir?
La sénatrice Ringuette : Sénateur Tkachuk, je pense qu’il s’agit
de l’étude qui a été réalisée en Australie et payée par MasterCard.
Pourriez-vous nous le confirmer, monsieur?
Senator Tkachuk: I don’t know. Would that make it a bad
study?
Le sénateur Tkachuk : Je ne sais pas. Cela en ferait-il une
mauvaise étude?
Senator Ringuette: It would be a little biased from my
perspective.
La sénatrice Ringuette : Elle ne serait pas vraiment objective, à
mon avis.
Senator Tkachuk: For the studies that you are quoting, I think
that we would appreciate —
Le sénateur Tkachuk : En ce qui concerne les études que vous
citez, je pense que nous aimerions...
The Chair: Senator —
Le président : Sénateur...
Senator Tkachuk: Could I just ask a question?
Le sénateur Tkachuk : Puis-je poser une question?
The Chair: Wrap it up. We have two more.
Le président : Veuillez conclure. Nous avons deux autres
groupes de témoins.
Senator Tkachuk: For the studies that you were quoting, I
would like it if you could circulate those to members of the
committee with the names of the authors so that we could access
them as well.
Le sénateur Tkachuk : Au sujet des études que vous citez, peutêtre pourriez-vous les remettre aux membres du comité avec les
noms des auteurs afin que nous puissions aussi y avoir accès.
The Chair: Thank you, Senator Tkachuk. Your statement has
been made. Senator Ringuette, forward that to the clerk.
Le président : Merci, sénateur Tkachuk. Vous avez dit ce que
vous pensez. Sénatrice Ringuette, vous pouvez les remettre à la
greffière.
Senator Ringuette: It would be a pleasure to circulate the
European Commission study.
La sénatrice Ringuette : Je me ferai un plaisir de vous remettre
l’étude de la Commission européenne.
[Translation]
[Français]
Senator Bellemare: Congratulations, Senator Ringuette, for
being so tenacious and for raising these questions. I think a good
many consumers and businesses are asking the same questions. As
an economist, I have always been somewhat reluctant when it
comes to getting involved in pricing. Competition is supposed to
yield results. A great many interconnected pieces are also at play.
Businesses pass along the costs in other ways when they are
subject to taxes and regulation. I gather that the reason that Visa
and MasterCard will not take other action is the increase in
volume.
La sénatrice Bellemare : Félicitations, sénatrice Ringuette,
pour votre ténacité et pour les questions que vous soulevez. Je
pense que bon nombre de consommateurs et d’entreprises se
posent des questions. En tant qu’économiste, j’ai toujours été un
peu réticente face aux interventions sur la fixation des prix. On
sait que la concurrence est censée donner des résultats. Et il y a
aussi beaucoup de vases communicants. Les entreprises, quant à
elles, répercutent les coûts ailleurs lorsqu’elles sont taxées et
réglementées. D’après ce que je comprends, c’est le gain en
volume qui fera en sorte que VISA et MasterCard ne prendront
pas d’autres dispositions.
You also mentioned that other fees are usually not increased.
This means that credit card fees for consumers remain unchanged
when fees are reduced for merchants. My question has to do with
credit card interest rates. If there is no connection between the
other fees, can a parallel be established between a lower return on
Visa and MasterCard credit cards and the costs that affect
consumers who have credit, especially through interchange fees?
Is there not a risk of interest rates increasing?
Vous avez aussi mentionné que d’autres frais ne sont
habituellement pas augmentés. Cela veut dire que les frais
d’utilisation d’une carte de crédit par le consommateur
demeurent inchangés lorsque les frais sont réduits pour le
marchand. Ma question est en lien avec les taux d’intérêt sur les
cartes de crédit. S’il n’y a pas de lien entre les autres frais, peut-on
établir un parallèle entre une baisse de retour sur les cartes VISA
et MasterCard et les coûts qui sont répercutés sur les
consommateurs qui ont du crédit, notamment par l’entremise
des frais d’interchange? N’y a-t-il pas un risque que les taux
d’intérêt augmentent?
Senator Ringuette: Senator Bellemare, thank you for your
question. Interest rates are set by financial institutions. They are
no longer determined by Visa or MasterCard. Interest rates are
usually set based on the clients’ credit history and the type of card
they take out. This is a strange coincidence, since that is an issue
La sénatrice Ringuette : Je vous remercie, sénatrice Bellemare,
pour votre question. Les taux d’intérêt sont fixés par les
institutions financières. Ils ne sont pas déterminés par VISA ou
MasterCard. D’une part, les taux d’intérêt sont habituellement
établis en fonction de l’expérience de crédit du client et du type de
12:18
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
of concern for me. I actually introduced another bill before the
Senate — Bill S-210 — which deals specifically with the current
interest rates of 60 per cent. However, there is no connection
between lowered merchant fees and interest rates on credit cards.
Those are two completely different elements.
carte qu’il se procure. C’est une drôle de coïncidence, puisque
c’est une question qui me préoccupe. J’ai d’ailleurs déposé un
autre projet de loi devant le Sénat, le projet de loi S-210, qui porte
précisément sur les taux d’intérêt qui sont actuellement à
60 p. 100. Mais il n’y a pas de lien entre la réduction des frais
aux marchands et les taux d’intérêt sur les cartes de crédit. Ce sont
deux éléments complètement distincts l’un de l’autre.
Senator Bellemare: So there is a wall between them. There is no
opportunity to make gains?
La sénatrice Bellemare : Il y a donc un mur entre les deux. Il
n’y a pas possibilité de faire des gains?
Senator Ringuette: Exactly.
[English]
The Chair: Thank you. Our concluding question from Senator
Maltais, please.
[Translation]
La sénatrice Ringuette : C’est exact.
[Traduction]
Le président : Merci. Le sénateur Maltais posera notre dernière
question.
[Français]
Senator Maltais: Twenty five or thirty years ago, most
merchants accepted credit cards — be it The Bay, Sears, Holt
Renfrew, and so on. Studies even showed that the Sears credit
card made more money for the company than the sale of
household appliances and clothing. Those same merchants
decided to transfer that aspect to Visa or MasterCard. Why?
Because they wanted to send their bad credit files to the cardissuing bank. The merchant was no longer responsible for the
credit. We should definitely not forger that the merchants you are
defending today have been just as cruel as MasterCard and Visa
in the past. That said, how do you explain that, in a city like
Edmundston — a charming little city — the chamber of
commerce managed to make those large companies, including
Discover, an American credit card, make concessions? The work
done by those people is amazing. Do you believe MasterCard and
Visa would go as far as colluding in terms of interest rates?
Le sénateur Maltais : Il y a 25 ou 30 ans, la plupart des
marchands acceptaient les cartes de crédit, que ce soit La Baie,
Sears, Holt Renfrew, et cetera. Des études ont même montré que
la carte de crédit Sears rapportait plus à l’entreprise que la vente
d’appareils électroménagers et de vêtements. Ce sont ces mêmes
marchands qui ont décidé de transférer à VISA ou à MasterCard.
Pourquoi? C’est parce qu’ils voulaient envoyer leurs mauvais
dossiers de crédit à la banque émettrice. Ce n’était plus le
marchand qui était responsable du crédit. Il ne faut surtout pas
oublier que les marchands que vous défendez aujourd’hui ont été
par le passé aussi cruels que MasterCard et VISA. Ceci étant dit,
comment expliquez-vous que dans une ville comme Edmundston,
une charmante petite ville d’ailleurs, la Chambre de commerce ait
réussi à faire plier ces grandes compagnies, y compris Discover,
qui est une carte de crédit américaine? C’est extraordinaire le
travail que ces gens-là ont fait. Croyez-vous que MasterCard et
VISA iraient même jusqu’à faire de la collusion pour ce qui est des
taux d’intérêt?
Senator Ringuette: No, I said that their rates were fairly similar,
despite a few differences. In my beautiful little city, where I began
my political career, I was the director of the Edmundston
Chamber of Commerce. The chamber has always supported
merchants’ efforts. A few years ago, I introduced my bill at a
luncheon, and the Edmundston Chamber of Commerce
supported my initiative. We have to realize that credit card
issuing has changed. You probably remember the time when
merchants offered their clients to put the purchases on their
account. On the weekend, the client would go cash in their
paycheque at the store and would pay their bill then. The
transaction market has changed. The reason pan-Canadian
organizations — including the Federation of Independent
Business and the Conseil des commerçants — are addressing
excessive fees for their members, merchants and small Canadian
businesses is that they have no bargaining power with
multinationals such as Visa and MasterCard.
La sénatrice Ringuette : Non, j’ai dit que leurs taux sont assez
similaires, malgré quelques différences. Dans ma belle petite ville,
où j’ai d’ailleurs fait mon entrée en politique, j’étais directrice de
la Chambre de commerce d’Edmundston. La Chambre a toujours
appuyé les efforts des marchands. Aussi, il y a quelques années,
j’ai présenté mon projet de loi lors d’un dîner-causerie, et la
Chambre de commerce d’Edmundston a appuyé mon initiative. Il
faut se rendre compte qu’il y a eu une évolution du point de vue
de l’émission des cartes de crédit. Vous vous souvenez sans doute
de l’époque où des marchands offraient à leurs clients de mettre
les achats sur leur compte. Puis, à la fin de la semaine, le client
allait changer son chèque de paie chez le marchand et payait sa
facture à ce moment-là. Le marché des transactions a évolué. Si
les organisations pancanadiennes, dont la Fédération des
entreprises indépendantes et le Conseil des commerçants,
s’attaquent à ce phénomène de frais excessifs pour leurs
membres, les marchands et les petites entreprises canadiennes,
c’est qu’elles n’ont aucun pouvoir de négociation avec des
entreprises multinationales comme VISA et MasterCard.
29-5-2014
Banques et commerce
Senator Maltais: I will stop you there, senator. I do not agree
with you in that regard. How many people live in Edmundston?
Fifty thousand?
Senator Ringuette: No.
12:19
Le sénateur Maltais : Je vous arrête ici, sénatrice. Je ne suis pas
d’accord avec vous là-dessus. Combien d’habitants y a-t-il à
Edmundston, 50 000 habitants?
La sénatrice Ringuette : Non.
Senator Maltais: Not even that many. If a city of less than
50,000 manages to make Discover pay, what good is the chamber
of commerce, the consumers council and other similar
organizations? What is their use if the chamber of commerce of
a city like Edmundston was able to make a multinational
American company give in, and none of the organizations that
defend consumers and businesses can negotiate with those credit
card companies? What is the point?
Le sénateur Maltais : Même pas. Si une ville de moins de
50 000 habitants réussit à faire payer Discover, à quoi sert la
chambre de commerce, le Conseil des consommateurs et autres? À
quoi servent-ils si la chambre de commerce d’une ville comme
Edmundston a été capable de faire plier une multinationale
américaine, et tous ces organismes qui défendent les
consommateurs et les entreprises ne sont pas capables de
négocier avec ces cartes-là? À quoi cela sert-il?
Senator Ringuette: Senator Maltais, if 28 European countries
concluded — following many studies on the phenomenon — that
merchants have no power against Visa and MasterCard, I am
wondering why the Canadian government cannot come to the
same conclusion.
La sénatrice Ringuette : Je vous répondrais, sénateur Maltais,
que si 28 pays européens ont jugé, à la suite de multiples études du
phénomène, que les marchands n’avaient aucun pouvoir face à
VISA et à MasterCard, je me demande pourquoi le gouvernement
canadien ne peut pas arriver à la même conclusion.
[English]
The Chair: Senator Ringuette, on behalf of the Banking
Committee and your colleagues, we greatly appreciate the
presentation that you made today, and you can now resume
your usual seat.
Senator Ringuette: Thank you.
[Traduction]
Le président : Sénatrice Ringuette, au nom du Comité des
banques et de vos collègues, nous vous remercions beaucoup de
l’exposé que vous avez présenté aujourd’hui. Vous pouvez
maintenant reprendre votre siège habituel.
La sénatrice Ringuette : Merci.
The Chair: We are now pleased to welcome — and he is
becoming a regular in front of us now — from the Department of
Finance Canada, David Murchison, Director, Financial Sector;
and Erin O’Brien, Chief, Financial Sector Stability International, Financial Sector Division. From the Financial
Consumer Agency of Canada we have Mr. Kevin Thomas Acting
Director, Compliance and Enforcement Branch.
Le président : Nous avons maintenant le plaisir d’accueillir —
et il est en passe de devenir un invité régulier de notre comité —
M. David Murchison, directeur, Secteur financier; et Mme Erin
O’Brien, chef, Stabilité du secteur financier — International,
Division du secteur financier, tous deux du ministère des Finances
Canada. Nous accueillons également M. Kevin Thomas, directeur
par intérim, Direction de la conformité et de l’application, Agence
de la consommation en matière financière du Canada.
I will turn the floor over to Mr. Murchison first, who will make
an opening statement, to be followed by Mr. Thomas.
Je vais d’abord donner la parole à M. Murchison, qui va
prononcer une déclaration préliminaire. Nous entendrons ensuite
M. Thomas.
David Murchison, Director, Financial Sector, Department of
Finance Canada: Thank you, Mr. Chair. It’s nice to be back
before the committee. I am here today with Erin on my left and
Kevin on my right. They’ve been introduced, of course.
David Murchison, directeur, Secteur financier, ministère des
Finances Canada : Merci, monsieur le président. Je suis heureux
d’être de retour. Je suis accompagné aujourd’hui d’Erin, à ma
gauche, et de Kevin, à ma droite. Ils ont déjà été présentés, bien
sûr.
We have provided you with a handout, a slide presentation
which provides general background on the issue that Senator
Ringuette spoke of earlier. In there, I think you’ll find some
answers to questions that some of you posed earlier. While I
won’t propose to go through that slide deck unless you ask me to,
I will reference it on a couple of occasions as I go through my
opening comments.
Nous vous avons remis un document d’information, une
présentation qui donne un aperçu général de la question dont la
sénatrice Ringuette a parlé tout à l’heure et dans lequel vous
trouverez des réponses à certaines questions qui ont été posées
plus tôt. Je ne ferai pas le tour de ce document, à moins que vous
ne me le demandiez, mais je vais y faire référence à quelques
reprises durant ma déclaration préliminaire.
In Economic Action Plan 2014, the government announced
two initiatives related to credit cards: one dealing with the cost of
credit card acceptance for merchants and another dealing with
market conduct.
Dans le Plan d’action économique de 2014, le gouvernement a
annoncé deux initiatives portant sur les cartes de crédit, l’une
traitant du coût d’acceptation des cartes de crédit pour les
marchands, et l’autre, de la conduite sur le marché.
12:20
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
On the issue of costs, merchants pay fees each time they accept
credit card payments from consumers. As with any other input
cost, merchants pass some or all of those costs on to consumers in
the form of higher retail prices. Senator Tkachuk, I noticed you
asked a question about the Australian experience and how those
costs might be passed on.
Sur le plan des coûts, les marchands paient des frais chaque fois
qu’ils acceptent un paiement par carte de crédit de la part d’un
consommateur et, comme dans le cas des autres coûts des
intrants, ils transmettent ces frais en tout ou en partie aux
consommateurs sous forme de prix de détail plus élevés. Sénateur
Tkachuk, vous avez posé une question au sujet de ce qui se fait en
Australie et de la façon dont ces coûts peuvent être refilés.
In 2013, the Competition Tribunal found that certain of Visa’s
and MasterCard’s network rules have an adverse effect on
competition which results in higher costs to merchants. I note that
a colleague, Richard Bilodeau from the Competition Bureau, will
be speaking before you shortly.
En 2013, le Tribunal de la concurrence a conclu que certaines
règles des réseaux de Visa et de MasterCard ont un effet
préjudiciable sur la concurrence, ce qui se traduit par des coûts
plus élevés pour les marchands. Je tiens à préciser qu’un collègue,
Richard Bilodeau, du Bureau de la concurrence, s’adressera tout à
l’heure au comité.
In light of the finding of the Competition Tribunal, the
government announced in Economic Action Plan 2014 that it will
work with stakeholders to promote fair and transparent practices
and to help lower credit card acceptance costs for merchants.
À la lumière de la conclusion du Tribunal de la concurrence, le
gouvernement a annoncé dans le Plan d’action économique de
2014 qu’il collaborera avec les intervenants pour promouvoir des
pratiques équitables et transparentes et contribuer à faire baisser
les coûts assumés par les marchands pour 1’acceptation des cartes
de crédit.
[Translation]
The Department of Finance has been studying the issue of
credit card acceptance fees — especially interchange fees — and
has been working with stakeholders to deepen our understanding
and discuss options. Interchange fees are high in Canada, as
shown on slide number 6 of the handout. The dynamics of the
market are complicated. Interchange fees affect merchants,
consumers and financial institutions differently. In principle,
any action to address these fees must consider the impacts on
different participants in the marketplace.
[English]
[Français]
Le ministère des Finances étudie présentement la question des
frais d’acceptation des cartes de crédit, notamment les frais
d’interchange, et collabore avec les intervenants pour nous
permettre de mieux comprendre les enjeux et de discuter
d’options. Les frais d’interchange sont élevés au Canada,
comme l’indiquait la diapositive numéro six du document que
nous vous avons remis. La dynamique du marché est compliquée.
Les frais d’interchange influent de façon différente sur les
marchands, les consommateurs et les institutions financières. En
principe, toute mesure visant à s’attaquer à ces frais doit tenir
compte des répercussions sur les divers participants du marché.
[Traduction]
For example, a reduction in interchange fees would benefit
merchants by lowering the costs of credit card acceptance, but
could have a perceived negative impact on cardholders who enjoy
using the rewards associated with many credit cards. Many of you
will be familiar with the points that you get when you make
purchases with credit cards. Slide 5 in the deck will show you a
pictorial essay of that transaction.
Par exemple, une réduction des frais d’interchange profiterait
aux marchands en abaissant les coûts d’acceptation des cartes de
crédit, mais elle pourrait avoir un effet négatif apparent sur les
détenteurs de carte, qui apprécient de recevoir les récompenses
associées à bon nombre de cartes de crédit. Beaucoup d’entre vous
sont au courant que l’on peut obtenir des points lorsqu’on fait des
achats avec certaines cartes de crédit. La diapositive 5 du
document présente des données graphiques sur la transaction.
From the standpoint, on the other hand, of financial
institutions, interchange is an important source of revenue from
credit cards and partially covers the cost of credit card services,
such as rewards programs and other services to cardholders, as
well as the cost of fraud and credit losses. As you can expect,
given the diversity of interest among stakeholders, we have heard
a wide range of perspectives on what should be the best course of
action to lower credit card acceptance costs for merchants.
D’autre part, du point de vue des institutions financières, les
frais d’interchange constituent une importante source de revenus
tirés des cartes de crédit et ils couvrent en partie le coût des
services de cartes de crédit, comme les programmes de
récompenses et autres services destinés aux détenteurs de cartes,
de même que le coût de la fraude et des pertes sur créances.
Comme on peut s’y attendre, compte tenu de la diversité des
intérêts parmi les intervenants, nous avons entendu une vaste
gamme de points de vue sur la meilleure façon d’abaisser les coûts
liés à l’acceptation des cartes de crédit par les marchands.
29-5-2014
Banques et commerce
12:21
Market conduct — or business conduct might be a better term
— is part of a second initiative which is to improve the conduct in
the marketplace. The Code of Conduct for the Credit and Debit
Card Industry is a voluntary code that was created in 2010 to
promote merchant choice, transparency and disclosure, and
fairness in the credit card market. We have close to 40 entities
that are signatories to the code of conduct, ranging from credit
card networks, acquirers, as well as a large group of financial
institutions that issue credit cards. The Financial Consumer
Agency of Canada is responsible to monitor compliance with the
code of conduct.
La conduite sur le marché — la conduite des affaires serait
peut-être un meilleur terme — fait partie d’une seconde initiative
qui vise à améliorer la conduite sur le marché. Le Code de
conduite destiné à l’industrie canadienne des cartes de crédit et de
débit est un code volontaire créé en 2010 afin de promouvoir le
choix des marchands, la transparence et la divulgation, ainsi que
l’équité sur le marché des cartes de crédit. Une quarantaine
d’entités ont signé le code de conduite, notamment les réseaux de
cartes de crédit, les acquéreurs, ainsi qu’un vaste groupe
d’institutions financières émettrices de cartes de crédit.
L’Agence de la consommation en matière financière du Canada
est chargée de surveiller la conformité au code de conduite.
In Economic Action Plan 2014, the government announced
that it intends to strengthen this code of conduct, and over the last
few months we have received feedback from stakeholders in a
number of areas for potential improvements to the code. This
includes inclusion of a dispute resolution process for merchants;
enhanced disclosure for key contract terms and fees; rules
governing contract renewal; and requirements on the branding
of premium credit cards.
Dans le Plan d’action économique de 2014, le gouvernement a
annoncé qu’il entend renforcer ce code de conduite. Au cours des
derniers mois, nous avons reçu les commentaires des intervenants
au sujet de certaines améliorations qui pourraient être apportées
au code, dont l’inclusion d’un processus de règlement des
différends à l’intention des marchands; une meilleure
divulgation des principales modalités et frais liés aux contrats;
des règles régissant le renouvellement des contrats; et les exigences
liées à l’identification des cartes de crédit privilèges.
During our engagement with stakeholders, merchants and
merchant associations, they told us that the creation of code has
materially improved market conduct in the industry. We continue
our work with stakeholders to develop options for further
improvements.
Lors de nos discussions avec les intervenants, les marchands et
leurs associations, on nous a dit que la création du code a
sensiblement amélioré la conduite sur le marché et au sein de
l’industrie. Nous poursuivons notre travail avec les intervenants
afin d’apporter d’autres améliorations.
This concludes my opening remarks. I would be happy to
discuss any questions you may have.
Voilà qui conclut mon allocution. Je serai heureux de répondre
à vos questions.
The Chair: Mr. Thomas is next on behalf the Financial
Consumer Agency of Canada.
Le président : C’est maintenant au tour de M. Thomas, de
l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
[Translation]
Kevin Thomas, Acting Director, Compliance and Enforcement
Branch, Financial Consumer Agency of Canada: Good morning
and thank you for inviting the Financial Consumer Agency of
Canada to appear before the Standing Senate Committee on
Banking, Trade and Commerce.
[English]
[Français]
Kevin Thomas, directeur par intérim, Direction de la conformité
et application, Agence de la consommation en matière financière du
Canada : Bonjour et merci d’avoir invité l’Agence de la
consommation en matière financière du Canada à se présenter
devant le Comité sénatorial permanent des banques et du
commerce du Sénat.
[Traduction]
My name is Kevin Thomas, and I am the Acting Director of
Compliance and Enforcement at the agency. It is my pleasure to
represent Commissioner Lucy Tedesco, who is unable to be here
and sends her regrets. The agency appreciates the opportunity to
speak in this forum.
Je m’appelle Kevin Thomas et je suis le directeur par intérim de
la conformité et de l’application à l’agence. J’ai le grand plaisir de
représenter la commissaire Lucy Tedesco qui, à son grand regret,
ne peut être présente aujourd’hui. Nous vous remercions de nous
donner l’occasion de prendre la parole.
The topic of payment card networks and how merchants
interact with them is of particular interest to us. Before I describe
our work in this area, I would like to give a brief overview of our
organization.
La question des réseaux de cartes de paiement et la façon dont
les commerçants interagissent avec eux nous intéressent
particulièrement. Avant de vous parler de nos travaux dans ce
domaine, j’aimerais vous donner un bref aperçu de notre
organisation.
12:22
Banking, Trade and Commerce
The federal government created FCAC in 2001 to provide
financial information to consumers and to oversee the market
conduct of banks and other federal financial entities. Since then,
our mandate has been expanded to include responsibility for
helping Canadians to improve their financial literacy.
[Translation]
In other words, it is our job to help Canadians develop
knowledge, skills and confidence in their ability to make informed
financial decisions.
[English]
Another specific group we reach out to is merchants and the
associations that represent them. Over the years, we have
developed information, tools and webinars for merchants with
two aims in mind: first, to ensure they are treated fairly in their
dealings with the six payment card networks that operate in
Canada; and, second, to ensure they understand their rights and
responsibilities when dealing with these networks. Our website
includes a section devoted to merchants. This one-stop-shopping
approach makes it easier for merchants to find information and
tools they can use to make decisions about their dealings with
payment card networks.
[Translation]
Merchants can also use our website to access a copy of the
Code of Conduct for the Credit and Debit Card Industry in
Canada.
[English]
29-5-2014
Le gouvernement fédéral a créé l’ACFC en 2001 afin qu’elle
fournisse des renseignements financiers aux consommateurs et
qu’elle surveille les pratiques des banques et d’autres institutions
financières fédérales. Depuis, notre mandat a été élargi pour
inclure la responsabilité d’aider les Canadiens à améliorer leur
littératie financière.
[Français]
Autrement dit, il nous revient d’aider les Canadiens à renforcer
leurs connaissances, leurs compétences et leur confiance lorsqu’ils
ont à prendre des décisions financières.
[Traduction]
Il y a un autre groupe avec qui nous communiquons, et c’est
celui des commerçants et des associations qui les représentent. Au
fil des ans, nous avons élaboré des documents d’information, des
outils et des webinaires pour les commerçants, en ayant deux
objectifs : premièrement, veiller à ce qu’ils soient traités
équitablement dans leurs rapports avec les six réseaux de cartes
de paiement qui exercent des activités au Canada; et
deuxièmement, veiller à ce qu’ils comprennent leurs droits et
leurs responsabilités lorsqu’ils traitent avec ces réseaux. Notre site
web comprend une section à l’intention des commerçants. Grâce à
ce guichet unique, il est plus facile pour les commerçants de
trouver des renseignements et des outils qu’ils peuvent utiliser
pour prendre des décisions liées à leurs transactions avec les
réseaux de cartes de paiement.
[Français]
Par l’entremise de notre site web, les commerçants peuvent
également avoir accès à une copie du code de conduite.
[Traduction]
The primary purpose of the Code of Conduct is to ensure that
payment card networks make proper disclosure to merchants of
the fees associated with accepting credit and debit card payments.
The code took effect in 2010 following consultations between the
Minister of Finance and representatives of payment cards, credit
card issuers and merchant associations. Today, our agency is
responsible for ensuring compliance with the code. Responsibility
for policy development rests with the Department of Finance. In
the event that we encounter issues during monitoring that arise
outside the code, we report them to the minister for consideration.
Le but principal du code de conduite est de veiller à ce que les
réseaux de cartes de paiement divulguent clairement aux
commerçants les frais associés à l’acceptation des paiements par
carte de crédit et de débit. Le code est entré en vigueur en 2010 à
la suite de consultations entre le ministre des Finances et les
représentants des réseaux de cartes de paiement, des émetteurs de
cartes de crédit et des associations de commerçants. Aujourd’hui,
notre agence a la responsabilité d’assurer la conformité au code.
La responsabilité de l’élaboration des politiques revient au
ministère des Finances. Lorsque, dans le cadre de notre
surveillance, nous relevons des difficultés qui ne sont pas visées
par le code, nous les signalons au ministre à des fins d’examen.
However, from time to time our commissioner issues guidance
to clarify the code’s provisions. For example, last winter the
commissioner published guidance to clarify references in the code
to increased disclosure in sales and business practices, and
cancellation of contracts without penalties.
Cependant, à l’occasion, notre commissaire diffuse des lignes
directrices pour clarifier les dispositions du code. Par exemple,
l’hiver dernier, la commissaire a publié des lignes directrices pour
donner des précisions sur les références, dans le code, concernant
la divulgation accrue des pratiques de vente et d’affaires, et
l’annulation de contrats sans pénalité.
29-5-2014
Banques et commerce
To close, let me emphasize that our agency supports merchants
both in becoming knowledgeable about rights and responsibility
in respect of payment card networks and in making informed
decisions when choosing and using them; and we will continue to
do so.
[Translation]
We will also continue to monitor the compliance of payment
card networks with the code of conduct. And our commissioner
will continue to issue guidance to clarify the code’s provisions as
required. Thank you for your attention, and I look forward to
answering any questions you may have.
[English]
12:23
En terminant, permettez-moi d’insister sur le fait que notre
agence appuie les commerçants, tant pour qu’ils apprennent à
bien connaître leurs droits et leurs responsabilités à l’égard des
réseaux de cartes de paiement que pour qu’ils prennent des
décisions éclairées lorsqu’ils les choisissent et les utilisent. Et nous
continuerons de les appuyer.
[Français]
Nous continuerons également de surveiller le respect du code
de conduite par les réseaux de cartes de paiement. Notre
commissaire continuera de diffuser des lignes directrices pour
clarifier les dispositions du code au besoin. Je vous remercie de
votre attention, et c’est avec plaisir que je répondrai à vos
questions.
[Traduction]
The Chair: We will start with the Deputy Chair of the
Committee, Senator Hervieux-Payette.
Le président : Nous allons commencer par la vice-présidente du
comité, la sénatrice Hervieux-Payette.
Senator Hervieux-Payette: My first question is: How many
people are working and in what kind of economic activities?
These two companies are bringing to Canada employees on the
ground that have earnings and spend money here. This is
important because to permit this exaggerated cost, I would say,
only to send money abroad would be quite annoying.
La sénatrice Hervieux-Payette : Ma première question est la
suivante : Combien de personnes travaillent et dans quel type
d’activité économique? Ces deux sociétés font venir au Canada
des employés qui ont des revenus et qui dépensent de l’argent ici.
C’est important, car il serait assez contrariant, selon moi, de
permettre ces coûts exagérés seulement pour que de l’argent soit
envoyé à l’étranger.
What is the percentage of those who have cards with all the
bells and whistles? There can be all sorts of benefits if you use
certain kinds of cards, such as flights and so on? Do you have
statistics on the number of people who take the basic card, usually
with an interest rate of around 9 per cent, and the number who
take the card with bonuses at 21 per cent? Are you aware that if
you pay that bill at your bank on the last day you are still
considered late because the bank has to have at least five days to
deal with it? Of course, not many people know when it says
payment is due on the twenty-first, you have to pay on the
sixteenth? Could you explain this to us? In your model, you talk
about those who bring a lot of privileges. I want to know if it’s
20 per cent in that category, 10 per cent or 80 per cent.
Quel est le pourcentage de personnes qui possèdent des cartes
offrant une multitude d’avantages? Lorsqu’on utilise certains
types de cartes, il peut y avoir toutes sortes d’avantages, comme
des voyages en avion. Avez-vous des statistiques sur le nombre de
personnes qui utilisent la carte de crédit de base, dont le taux
d’intérêt est habituellement d’environ 9 p. 100, par rapport au
nombre de personnes qui utilisent la carte privilège, à un taux de
21 p. 100? Saviez-vous que si l’on paie la facture à sa banque le
dernier jour, le paiement est considéré comme en retard parce
qu’il faut au moins cinq jours à la banque pour le traiter?
Évidemment, peu de gens savent que lorsqu’il est indiqué que le
montant est payable le 21, on doit en fait le payer le 16. Pourriezvous nous expliquer cela? Dans votre modèle, vous parlez des
cartes qui offrent beaucoup de privilèges. Je veux savoir s’il y en a
20 p. 100 dans cette catégorie, 10 ou 80 p. 100.
Mr. Murchison: I want to make sure I understand the question.
I think there are two questions there. One is: Would we have
statistics that break down the kinds of credit cards in the
marketplace, ranging from premium cards to basic cards? Your
second question relates to the timeliness of payment and
recognition of that payment.
M. Murchison : Je veux m’assurer de bien comprendre la
question. Je crois qu’il y a en fait deux questions, ici. La première
est : Avons-nous des statistiques qui ventilent les types de cartes
de crédit sur le marché, des cartes de crédit privilèges aux cartes de
crédit de base? Votre deuxième question porte sur la date du
paiement et le traitement de ce paiement.
I’ll ask Ms. O’Brien to answer the first one.
Je vais demander à Mme O’Brien de répondre à la première
question.
12:24
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
Erin O’Brien, Chief, Financial Sector Stability - International,
Financial Sector Division, Department of Finance Canada: Our
figures show that approximately 10 per cent of cardholders have
premium cards. These are typically cards associated with rewards
programs, travel points, et cetera. Those cardholders represent
about 35 per cent of the spend in the Canadian marketplace.
Erin O’Brien, chef, Secteur de la stabilité financière Internationale, Division du secteur financier, ministère des
Finances Canada : Nos données indiquent qu’environ 10 p. 100
des titulaires de cartes de crédit possèdent des cartes privilèges. Ce
sont des cartes généralement associées à des programmes de
récompenses, des points de voyage, et cetera. Ces titulaires de
cartes représentent environ 35 p. 100 des dépenses sur le marché
canadien.
Senator Hervieux-Payette: For me that is good news, for sure.
Don’t forget about the statistics on Visa and MasterCard
operations in Canada. I understand we can have the
information later, but it is important that we know. You are
dealing with these people on a regular basis, and you can obtain
that information more easily than I can.
La sénatrice Hervieux-Payette : Pour moi, c’est assurément une
bonne nouvelle. N’oubliez pas les statistiques sur les activités de
Visa et de MasterCard au Canada. Je crois que nous pourrons
obtenir cette information plus tard, mais il est important que nous
le sachions. Puisque vous traitez régulièrement avec ces gens, vous
pouvez obtenir ces renseignements plus facilement que moi.
Mr. Murchison: We’ll do our best to get that. I’ve emailed my
staff to see if I can get the answer for you. The information we
had a few minutes ago didn’t break out the Canadian operation;
but we’ll see if we can get that answer for you.
M. Murchison : Nous ferons de notre mieux pour les obtenir.
J’ai envoyé un courriel à mon personnel pour voir si je pourrais
vous fournir la réponse. Les renseignements que nous avions il y a
quelques minutes ne ventilaient pas les activités canadiennes; mais
nous verrons si nous pouvons vous fournir cette information.
Senator Hervieux-Payette: The other question is about the card
payment date.
La sénatrice Hervieux-Payette : L’autre question porte sur la
date de paiement de la carte.
Mr. Murchison: I don’t have the specifics for that answer. They
relate to overnight settlement rules.
M. Murchison : Je n’ai pas de précisions à ce sujet. Cela
concerne les règles applicables au règlement au jour le jour.
Ms. O’Brien: The timing of the payment is dictated by rules
governed by the Canadian Payments Association. To provide
some guidance to consumers, it should indicate clearly on the bill
when the payment is required in order for the bill to be considered
paid on time.
Mme O’Brien : La date de paiement est dictée par les règles de
l’Association canadienne des paiements. Pour guider les
consommateurs, on devrait indiquer clairement sur la facture à
quelle date le paiement est requis pour que l’on considère que la
facture a été payée à temps.
Senator Hervieux-Payette: Is Mr. Thomas agreeing with that?
Is it clearly indicated that the due date for payment is on the
twenty-first? Even if I show up on the date with cash at the bank
or use my Interac card to pay, I will be declared in default and I
would have to pay the 21 per cent interest rate on the amount of
money due?
La sénatrice Hervieux-Payette : M. Thomas est-il d’accord?
Est-il clairement indiqué que la date d’échéance du paiement est le
21? Même si je vais payer à la banque à cette date avec de l’argent
comptant ou avec ma carte Interac, on dira que le paiement est en
retard, et je devrai payer un taux de 21 p. 100 d’intérêt sur la
somme due?
Mr. Thomas: I would not speak to whether this is always the
case. We found that, if you pay on the last day and you tell your
bank this is due today and I’m paying it today, they will make
arrangements to ensure you are not penalized for any late
payments.
M. Thomas : Je ne saurais dire si c’est toujours le cas. Nous
savons que si vous payez le dernier jour et que vous mentionnez à
votre banque que le paiement est exigé la journée même, elle
prendra des dispositions afin que vous ne soyez pas pénalisée pour
un paiement en retard.
Senator Hervieux-Payette: Is it clearly indicated?
La sénatrice Hervieux-Payette : Est-ce clairement indiqué?
Mr. Thomas: On the credit card statements, I believe it is.
M. Thomas : Sur les relevés de carte de crédit, je crois que oui.
Senator Tkachuk: I have a number of questions on credit cards
and costs. Credit card companies are in business and, the last I
heard, they are not a utility. Within the percentage that a retailer
pays, they receive some benefits. I used to be in business. Right
now, when you get a Visa, you deposit it that night. It is cash;
right? That’s a big deal. In the old days, before credit cards, you
deposited cheques and you weren’t sure if it was cash. There is a
high cost to the retailer for NSF cheques, cheques that were not
Le sénateur Tkachuk : J’ai plusieurs questions au sujet des
cartes de crédit et des coûts. Les sociétés émettrices de cartes de
crédit font des affaires et, à ce que je sache, elles n’offrent pas un
service public. Elles réalisent des profits sur le pourcentage payé
par les détaillants. J’étais dans les affaires avant. Aujourd’hui,
lorsqu’on reçoit un paiement par Visa, on le dépose le soir même.
C’est de l’argent, n’est-ce pas? C’est très important. Avant les
cartes de crédit, on déposait des chèques et on ne savait pas si
29-5-2014
Banques et commerce
12:25
good or were a problem because a signature was wrong or a
wrong date was put on. Those were costs that the retailer had to
absorb at the time, which they no longer have to absorb.
c’était de l’argent. Les détaillants devaient payer des frais très
élevés pour les chèques sans provision, les chèques invalides ou les
chèques dont la date ou la signature étaient problématiques.
À l’époque, les détaillants devaient absorber ces coûts, ce qui n’est
plus le cas aujourd’hui.
The customer gets another benefit. I had bought a rental in
Florida and it turned out to be a dud. Visa gave me my money
back. That was a big deal. That was a very big deal. It was a
$2,000 deal. I couldn’t have done that without the credit card.
Les clients en tirent d’autres avantages. Un jour, j’ai loué une
maison en Floride, et c’était un leurre. Visa m’a remboursé.
C’était beaucoup d’argent : 2 000 $. Je n’aurais pas pu ravoir
mon argent si je n’avais pas fait la transaction avec une carte de
crédit.
There is a cost to that. There is a cost to the points. That’s a
marketing cost. Surely the marketing costs drive business. For a
retailer, it stimulates sales. When they market, there is an
off-setting cost in the sense that I, as a retailer, received a
benefit of the marketing being done by Visa to drive their
business, right? There are all these costs. At 0.3 per cent, my
question would be how will all those benefits be affected?
Il y a un coût relié à cela. Il y a un coût pour les points. Ce sont
des coûts de marketing. Bien sûr, ces coûts stimulent les affaires.
Pour les détaillants, ils favorisent la vente. Le marketing est
associé à un coût compensatoire, en ce sens que les détaillants
tirent profit du marketing fait par Visa pour propulser leur
entreprise, n’est-ce pas? Il y a tous ces coûts. Quelle incidence
auront les frais de 0,3 p. 100 sur tous ces avantages?
Mr. Murchison: You’re asking if —
M. Murchison : Vos voulez savoir si...
Senator Tkachuk: Why are we regulating something that
provides such benefits to the consumer? I receive a heck of a lot of
benefits from that card that I don’t even pay for.
Le sénateur Tkachuk : Pourquoi est-ce qu’on réglemente une
chose qui offre tant d’avantages aux consommateurs? Je tire tout
plein d’avantages de ma carte et je n’ai même pas à payer pour les
avoir.
Mr. Murchison: Maybe I could make one clarifying point. The
government, in its budget action plan, has committed to only
working with stakeholders to promote fair and transparent
practices and help lower credit card acceptance. It has not said
anything about regulation. I appreciate that we are here to discuss
Senator Ringuette’s bill, but there is no mention in the budget
action plan about regulation.
M. Murchison : Je pourrais apporter une précision. Dans son
plan d’action budgétaire, le gouvernement s’est seulement engagé
à travailler avec les intervenants pour promouvoir des pratiques
justes et transparentes et pour favoriser la baisse des frais
d’acceptation des cartes de crédit. Il n’a rien dit au sujet de la
réglementation. Nous sommes ici pour discuter du projet de loi de
la sénatrice Ringuette, mais le plan d’action budgétaire ne parle
pas de réglementation.
Senator Tkachuk: If the government is concerned, there must
be a reason why they are concerned.
Le sénateur Tkachuk : Il doit y avoir une raison pour que le
gouvernement soit préoccupé.
Mr. Murchison: Yes.
M. Murchison : Oui.
Senator Tkachuk: I’m not sure what it is. I’m not sure what the
concern is. Maybe you could explain that a little more clearly than
you did at the beginning, because I’m still not quite sure why this
is a big deal.
Le sénateur Tkachuk : Je ne sais pas quelle
préoccupation. Vous pourriez nous l’expliquer un
clairement que vous ne l’avez fait au début, parce
comprends toujours pas vraiment pourquoi c’est
important.
Mr. Murchison: There are several factors in the budget action
statement and the interest of doing what is been said. The first is
that merchants are complaining, notwithstanding all of the
benefits that you just mentioned, senator. Maybe that was then
and this is now. It’s a younger crowd of merchants than it was,
and they don’t remember. Nonetheless, we hear from individual
merchants, we hear from associations, and there is a high level of
noise about the level of credit card acceptance costs that they pay.
We also hear that it used to be better in olden days.
M. Murchison : L’énoncé d’action du budget présente plusieurs
facteurs à cet égard, et une justification des mesures proposées.
Tout d’abord, nonobstant tous les avantages auxquels vous avez
fait référence, sénateur, les détaillants se plaignent. Les choses ne
sont peut-être plus ce qu’elles étaient. Les détaillants sont plus
jeunes qu’avant, et ils n’ont pas ce souvenir. Néanmoins, les
détaillants individuels et les associations se plaignent haut et fort
des coûts d’acceptation des cartes de crédit. On nous dit
également que la situation était meilleure avant.
Senator Tkachuk: Yes, I’m sure.
Mr. Murchison: There was peace in our time, sometime before,
and there isn’t now. That’s one factor in this.
est cette
peu plus
que je ne
un enjeu
Le sénateur Tkachuk : Oui, j’en suis certain.
M. Murchison : La paix régnait avant; ce n’est plus le cas
aujourd’hui. C’est un des facteurs.
12:26
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
The other would be on chart 6, which I had pointed to before.
You’ll see that Canada and the United States would be outliers in
the global payment system as it relates to credit card acceptance.
Those would be two things I would point you to there.
L’autre facteur est présenté au tableau 6 que je vous ai montré
plus tôt. Vous voyez que le Canada et les États-Unis sont les deux
cas isolés du système de paiement mondial en ce qui a trait à
l’acceptation des cartes de crédit. Ce sont les deux facteurs que je
voulais souligner.
Senator Massicotte: Thank you again for being with us. As you
know, time flies, but five, six, or seven years ago, this committee
studied the whole issue of credit cards and made a significant
report, which the government partly responded to by adopting the
code of ethics and so on. I must admit that, at that point in time,
I fought hard among my colleagues.
Le sénateur Massicotte : Je vous remercie encore de votre
présence. Comme vous le savez, le temps file, mais il y a cinq, six
ou sept ans, notre comité a étudié la question des cartes de crédit
dans son ensemble et a produit un rapport important, auquel le
gouvernement a répondu en partie en adoptant le code de
déontologie et d’autres mesures. Je dois admettre qu’à l’époque,
j’ai mené une dure lutte avec mes collègues.
The issue for me is that I’m a big believer in the marketplace
and therefore I frown with great suspicion on any intervention or
impediment to the marketplace because there are always serious
consequences. The solution would recommend that we give
guidelines and force the openness of the contracts so merchants
can even charge extras and fees. You went partly there.
Ce qu’il y a, c’est que je crois beaucoup au marché et j’ai de
grands doutes quant aux interventions ou aux obstacles imposés,
parce qu’ils entraînent toujours de graves conséquences. La
solution consisterait à établir des lignes directrices et à forcer
l’ouverture des contrats de sorte que les détaillants puissent même
facturer des suppléments et des frais. Vous avez abordé cela en
partie.
I must admit, to give credit to my colleague, if you look at the
world experience, given the way it works, the person getting the
benefit does not pay for the cost of those benefits, and the
merchant is squeezed there and has no say in the fees. Even
Walmart, the biggest merchant in the world, could not negotiate a
special deal. That’s how powerful the mis-arrangement or the
unhealthy relationship of all of this is.
Je dois admettre, pour reconnaître les mérites de mon collègue,
que selon le système actuel, la personne qui obtient les avantages
ne paie pas les coûts connexes, et les détaillants sont pris au piège
et n’ont pas leur mot à dire au sujet des frais. Même Walmart, le
plus grand détaillant au monde, n’a pas pu négocier une entente
spéciale. C’est dire à quel point ce décalage ou cette relation
malsaine sont importants.
I’m now a little bit pessimistic. You made some reference, not
as much as we would have liked in the original report, that we can
never get there. In fact, if you look at the world, in Australia the
central market made a study and said maybe no impact. They
don’t know if there is an impact on retail. It’s not conclusive.
Irrespectively, the rest of the world has responded to increases in
fees, so somebody is profiting. I’m a big believer in the
marketplace and, if the fees are less, eventually consumers will
benefit, but it’s a slow process.
Je suis maintenant un peu pessimiste. Vous avez fait référence
— pas autant que nous l’aurions voulu — au fait que ce ne serait
jamais possible. En fait, si l’on regarde la situation mondiale, en
Australie, le marché central a réalisé une étude qui montre qu’il
n’y aurait peut-être aucune conséquence. On ne sait pas s’il y aura
des conséquences sur le commerce de détail. L’étude n’est pas
concluante. Indépendamment de cela, le reste du monde a
répondu à l’augmentation des frais; donc quelqu’un en tire
profit. Je crois beaucoup au marché et, si les frais sont moins
élevés, les consommateurs finiront par en tirer profit, mais c’est
un long processus.
I’m not so sure your approach will get there. It’s more
coaching. Walmart now is negotiating again to see whether they
can come to a deal. Even they can’t negotiate a reduction in fees.
The one thing that we have to be cautious about is that the most
significant part of the fees does not go to Visa or MasterCard; it
goes to the banks. In the Canadian system, it goes predominantly
to the banks, and there is an oligopoly there and that’s where he
problem lies.
Je ne sais pas si votre approche permettra d’atteindre cet
objectif. Il s’agit plutôt d’un encadrement. Walmart a repris les
négociations et tente de conclure une entente. Même cette grande
entreprise n’arrive pas à négocier une réduction des frais. Il faut
aussi retenir une chose : dans le système canadien, la majeure
partie des frais ne sont pas remis à Visa ou à MasterCard, mais
bien aux banques. C’est un oligopole, et c’est ce qui pose
problème.
Let me challenge you. Why do you think what you’re
proposing now, given our little progress, even with what the
tribunal said, will make a difference? Why don’t we resign
ourselves to what the world is doing and say there is a real
problem and we have to legislate the fees because we’re not going
to get there based on the market mechanism, which I strongly
favour?
Je vais vous poser une question : étant donné le peu de progrès
que nous avons réalisé, même avec la décision du tribunal,
pourquoi croyez-vous que votre proposition fera une différence?
Pourquoi ne faisons-nous pas comme le reste du monde, c’est-àdire admettre qu’il y a un réel problème et que nous devons
réglementer les frais parce que nous n’y arriverons pas si nous
nous fions aux mécanismes du marché? Je suis tout à fait d’accord
avec cela.
29-5-2014
Banques et commerce
12:27
Mr. Murchison: I will repeat myself. I’m working with the
commitment made in the budget text, and that’s where we are
today. I can’t speak to a world that might be beyond that.
M. Murchison : Je le répète : je travaille en fonction de
l’engagement pris dans le texte du budget, et c’est là où nous en
sommes aujourd’hui. Je ne peux pas m’exprimer au-delà de cela.
I would say, though, that we have not stopped at code
enhancements. There continue to be a number of improvements
that we see can be made in the marketplace. We continue to see
some market abuses on the acquiring side, and those need to be
cleaned up. We do think that further transparency among
consumers, so they are aware of what the costs are for the
credit cards, is helpful. That may all be short of the answer you
would like to hear, though, senator.
Je dirais toutefois que nous ne nous limitons pas à
l’amélioration du code. Nous croyons qu’un certain nombre
d’améliorations peuvent être apportées au marché. On constate
toujours certains abus en matière d’acquisition sur les marchés, et
il faut remédier à cela. Nous croyons qu’une plus grande
transparence à l’égard des consommateurs, afin qu’ils
comprennent les coûts associés aux cartes de crédit, est utile. Ce
n’est peut-être pas la réponse que vous vouliez entendre, sénateur.
Senator Massicotte: I don’t wish you bad luck but, if I were a
betting man, which maybe I am, I would bet you won’t go far
enough and you won’t get the results.
Le sénateur Massicotte : Je ne vous souhaite pas de malchance,
mais si j’étais parieur, je dirais que vous n’irez pas assez loin et
que vous n’obtiendrez pas les résultats souhaités.
Let me jump to the other issue. We made reference in earlier
testimony about the European Commission, the 0.3 per cent
issue. To clarify that issue, I thought the reason that 0.3 per cent
stuff in the European Commission arose is because credit cards
charge a 3-per-cent fee in Canada for most cards. If you use your
Visa or MasterCard and go to the U.S. or Europe, they will
charge you a currency switch and they will charge you another
3 per cent. The shoppers in Canada going for a weekend in the
United States have to add 4 or 5 per cent to the bill when they pay
by credit card. I think that’s what they were trying to address,
because the European Commission thought it was not fair to
charge foreign exchange fees when they are in one market. I think
that’s where the 0.3 per cent comes from and not the interchange
fee. Am I correct in saying that?
Je vais passer à la prochaine question. Plus tôt, on a fait
référence à la Commission européenne et au plafond de
0,3 p. 100. À titre de précision, je croyais qu’on avait soulevé
cette question parce que les sociétés émettrices de carte de crédit
du Canada imposaient des frais de 3 p. 100 pour la plupart des
cartes. Si vous utilisez votre carte Visa ou MasterCard aux
États-Unis ou en Europe, on vous imposera des frais de
transaction en devise étrangère et un autre 3 p. 100. Lorsqu’ils
paient avec une carte de crédit aux États-Unis, les consommateurs
canadiens doivent ajouter 4 ou 5 p. 100 à leur facture. Je crois que
c’est ce qu’on a tenté de régler, parce que la Commission
européenne trouvait injuste l’imposition de frais de devises
étrangères au sein d’un marché. Je crois que c’est de là que
vient le plafond de 0,3 p. 100, et non des frais d’interchange.
Est-ce que j’ai raison?
Mr. Murchison: Erin can perhaps speak more fully to this, but
the approach in the EU has been to try to provide to the merchant
an indifference test, so that the merchant, in accepting a payment
form, will be indifferent between taking cash, cheque or a credit
card. That’s been the thrust of the approach there.
M. Murchison : Erin peut vous en parler plus en détail, mais
l’approche de l’Union européenne visait à rendre les détaillants
indifférents à la méthode de paiement, qu’il s’agisse d’argent
comptant, d’un chèque ou d’une carte de crédit. C’était l’objectif
de cette approche.
Senator Massicotte: Is that honourable? Is that what we should
also be seeking?
Le sénateur Massicotte : Est-ce une bonne approche? Est-ce
que nous devrions l’adopter nous aussi?
Mr. Murchison: Again, I will go back to the record that I have
before me, so I’ll defer from answering that question.
M. Murchison : Encore une fois, je m’en remets au document
que j’ai devant moi; je ne répondrai donc pas à cette question.
[Translation]
[Français]
Senator Bellemare: Like my colleagues, I would like to know
where the money will come from if merchant fees are reduced. I
talked earlier about the communicating vessels principle. What
would change if merchant fees were reduced?
La sénatrice Bellemare : Tout comme mes collègues, j’aimerais
savoir où on prendra l’argent si on baisse les frais pour les
marchands. J’ai parlé précédemment du principe des vases
communicants. Qu’est-ce qui changera si on réduit les frais
pour les marchands?
In your slides, you say that interchange fees are an important
source of revenue. A portion of credit card revenue is used to pay
for rewards or other cardholder benefits. So my understanding is
that reduced merchant fees would have an impact on rewards and
benefits.
Dans vos diapositives, vous dites que les frais d’interchange
constituent une importante source de revenus. Une partie des
revenus générés par les cartes de crédit est utilisée pour payer les
primes et autres avantages aux détenteurs de cartes. Je comprends
donc que, si les frais des marchands diminuent, cela aura un
impact sur les primes et les avantages offerts ailleurs.
12:28
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
Slide 6 contains a comparative chart on an international scale.
At first glance, the Canada and U.S. interchange fees are among
the highest. However, in Canada and the U.S., the difference
between interchange fees on credit cards with benefits and those
without benefits is not as large compared with other countries
around the world. In other words, other countries have
interchange fees on credit cards with benefits that are much
higher than fees on cards without benefits.
Au tableau 6, on a un schéma comparatif à l’échelle
internationale. À première vue, les frais d’interchange au
Canada et aux États-Unis sont parmi les plus élevés. Toutefois,
la différence, au Canada et aux États-Unis, entre les frais
d’interchange sur les cartes avec privilèges et sans privilèges
n’est pas tellement élevée comparativement aux autres endroits
dans le monde. En d’autres mots, ailleurs, les frais d’interchange
sur les cartes avec privilèges sont beaucoup plus élevés que sur les
cartes sans privilèges.
Would you like to comment on that? Do non-premium credit
cards sort of finance the premiums? Why is the difference between
Canadian cards and cards issued in other countries not that
significant?
Avez-vous des observations à faire à ce sujet? Les cartes sans
privilèges financent un peu les privilèges? Comment se fait-il que
la différence ne soit pas si grande entre les cartes canadiennes et
les cartes ailleurs dans le monde?
[English]
[Traduction]
Mr. Murchison: I think there are two questions there. You had
asked me, first, in the world, where costs to merchants were
reduced, how the distribution of that would be reflected to other
stakeholders. I don’t have the full answer to that question, but it
would impact consumers, who, currently, are getting a certain
level of benefits.
M. Murchison : Je crois que vous posez en fait deux questions.
Vous m’avez d’abord demandé quelle serait l’incidence de la
diminution des coûts pour les marchands sur les autres
intervenants. Je n’ai pas de réponse complète à vous donner,
mais cette diminution aurait une incidence sur les
consommateurs, qui profitent actuellement de certains avantages.
A consumer will get that benefit indirectly, if you like, through
the merchant, in the course of buying a good. The interchange fee
is part of that. The consumer also, however, for some cards, will
pay an annual fee. Then, in turn, there will be some consumers
who are paying fees associated with not paying their credit card
on time and are forced to pay a revolving credit line through that
process. So, consumers would be affected in some way there. How
big that would be, I’m not sure.
Le consommateur obtient ces avantages de manière indirecte, si
l’on veut, par l’entremise du marchand, lorsqu’il achète un bien.
Les frais d’interchange en font partie. Toutefois, dans certains
cas, les consommateurs paient des frais annuels pour leur carte.
De plus, les consommateurs qui omettent de payer leur la carte de
crédit à temps sont tenus de payer une ligne de crédit renouvelable
par l’entremise de ce processus. Ainsi, les consommateurs seraient
touchés d’une certaine façon. Dans quelle mesure, je n’en suis pas
certain.
The issuer community would also be affected. They would now
be getting lower interchange fees, which, as you note, are part of
their income, so their income will be reflected. Whether they will
be able to make that income up will depend on the degree of that
reduction.
Les sociétés émettrices seraient également touchées. Elles
obtiendraient moins de frais d’interchange, qui font partie de
leurs revenus, comme vous l’avez dit. Leurs revenus seraient donc
touchés. Leur capacité de compenser la perte de revenus dépendra
de l’importance de la réduction.
[Translation]
Senator Bellemare: What percentage of interchange fees is used
to fund premiums?
[English]
[Français]
La sénatrice Bellemare : Quel est le pourcentage des frais
d’interchange qui sert à financer les privilèges?
[Traduction]
Mr. Murchison: It varies. Do we have a distribution range we
could give there?
M. Murchison : C’est variable. Est-ce qu’on pourrait leur
montrer une fourchette de distribution?
Ms. O’Brien: No. I think interchange is an important source of
revenue. It is not the sole source of revenue in terms of credit
cards. Part of that is made up of annual fees or interest rate
charges, and so there isn’t a one-to-one proportion between the
rate of interchange that’s charged and the rewards, for instance,
that are associated with particular products.
Mme O’Brien : Non. Je crois que les frais d’interchange
représentent une importante source de revenus. Ce n’est pas la
seule. Il y a aussi les frais annuels et les intérêts; ce n’est donc pas
un rapport un à un entre les frais d’interchange et les récompenses
associées à certains produits, par exemple.
The Chair: We will have to conclude and move to Senator
Ringuette, and the final question will come from Senator Maltais.
Le président : Nous allons devoir conclure et donner la parole à
la sénatrice Ringuette; le sénateur Maltais posera la dernière
question.
29-5-2014
Banques et commerce
12:29
Senator Ringuette: Thank you. I understand you don’t make
the policies; you just try to put them forth.
La sénatrice Ringuette : Merci. Je comprends que vous
n’établissez pas les politiques. Vous ne faites que les présenter.
Mr. Murchison: We make policy, and then some of it’s
accepted and some of it’s not.
M. Murchison : Nous élaborons les politiques; certaines sont
acceptées, d’autres non.
Senator Ringuette: I want to stress to my colleagues that the
table on page 6 dates from July 2013. Therefore, not all of the 28
countries in the European Union for which the rate will be
0.3 per cent, whether it’s a premium or a standard credit card, are
reflected in this table.
La sénatrice Ringuette : Je tiens à dire à mes collègues que le
tableau de la page 6 date de juillet 2013. Par conséquent, il ne
montre pas tous les pays de l’Union européenne qui afficheront
un taux de 0,3 p. 100, qu’il s’agisse de cartes privilège ou
ordinaires.
Mr. Murchison: The problem there, just to speak to that very
point, if I may, for a second, is that it’s an average rate that has
been agreed to in the EU, an average effective rate. These are not
reflecting the average. So we’re seeing all the categories here, but
the average is the average.
M. Murchison : Si je puis me permettre, le problème à ce sujet
précis, c’est qu’il s’agit du taux moyen accepté au sein de l’Union
européenne, un taux effectif moyen. Ces taux ne reflètent pas la
moyenne. Nous voyons toutes les catégories dans le tableau, mais
la moyenne, c’est la moyenne.
The Chair: Do you have a question for the panel?
Le président : Avez-vous une question pour les invités?
Senator Ringuette: Yes. My first question is: What do you
think, for instance, about Senator Tkachuk’s example? When you
look at this issue, are you aware that, when a customer returns an
item purchased, the same merchant interchange fee applies when
they return? So they’re being charged twice for the same item with
regard to the customer.
La sénatrice Ringuette : Oui. Ma première question est la
suivante : que pensez-vous de l’exemple du sénateur Tkachuk?
Êtes-vous conscient que les frais d’interchange des marchands
s’appliquent aussi aux retours de marchandises? Les marchands
doivent payer deux fois les frais pour un même produit.
Senator Tkachuk: That’s not the same. She made reference to
me. It’s not the same. What I was talking about was the question
of me getting my money back for a bad item. She’s talking about
the return of an item that I returned.
Le sénateur Tkachuk : Ce n’est pas la même chose. Elle me cite
en exemple. Je parlais d’obtenir un remboursement pour un
mauvais produit. Elle parle d’un retour de marchandise.
Mr. Murchison: You’re talk being about fraud, I think.
M. Murchison : Vous parliez de fraude, je crois.
Senator Tkachuk: Exactly. It was fraud. There was no place.
Le sénateur Tkachuk : Exactement. C’était de la fraude. Il n’y
avait pas de maison à louer.
Mr. Murchison: You didn’t get the product you paid for.
M. Murchison : Vous n’avez pas obtenu le produit pour lequel
vous aviez payé.
Senator Tkachuk: I didn’t get the product that I bought.
Le sénateur Tkachuk : Je n’ai pas obtenu le produit que j’avais
acheté.
Senator Ringuette: But the merchant is being charged twice.
La sénatrice Ringuette : Mais le marchand doit payer les frais
deux fois.
Mr. Murchison: We are aware of that.
M. Murchison : Nous en sommes conscients.
Senator Ringuette: How much time have you spent with regard
to looking at the European Union legislation that will be in force
in just about 10 months? Have you looked at that? Your part of
the public service, Finance, is a major department when you look
at all the implications of the Canada-EU free trade agreement.
Have you looked at the impact that this will have on having an
equal playing field or a fair playing field for Canadian merchants
and Canadian consumers, in comparison to their new competition
in the EU?
La sénatrice Ringuette : Avez-vous passé beaucoup de temps à
étudier la mesure législative de l’Union européenne, qui entrera en
vigueur dans 10 mois environ? L’avez-vous étudiée? Le ministère
des Finances joue un rôle important en ce qui a trait à l’accord de
libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Avez-vous
étudié les conséquences pour les marchands et les consommateurs
canadiens, par rapport aux nouveaux concurrents au sein de
l’Union européenne?
Mr. Murchison: On the first question, we follow the global
developments — in the EU, Australia, New Zealand —
reasonably closely. We try to stay on top of those issues. I
think the EU experience is a response to an anti-trust case there,
so I don’t believe it’s legislative.
M. Murchison : Pour répondre à votre première question, nous
suivons d’assez près les développements à l’échelle internationale,
dans l’Union européenne, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Nous tentons de rester à l’affût de ces questions. Je crois que
l’expérience de l’Union européenne se veut une réponse à une
affaire antitrust; je ne crois pas que ce soit une mesure législative.
12:30
Banking, Trade and Commerce
Senator Ringuette: No, it’s legislation.
Ms. O’Brien: I understand that there currently is draft
legislation or a proposal that is being considered in the EU.
Senator Ringuette: I’m sorry?
Ms. O’Brien: There is a legislative proposal being considered in
the EU.
Senator Ringuette: It was tabled last July.
29-5-2014
La sénatrice Ringuette : Non, c’est une loi.
Mme O’Brien : Je comprends qu’un avant-projet de loi ou une
proposition est actuellement à l’étude dans l’Union européenne.
La sénatrice Ringuette : Pardon?
Mme O’Brien : Une proposition législative fait l’objet d’une
étude dans l’Union européenne.
La sénatrice Ringuette : Elle a été déposée en juillet dernier.
Ms. O’Brien: Yes, and it is currently going through the
legislative process and has not yet been accepted.
Mme O’Brien : Oui, et elle est actuellement soumise au
processus législatif; elle n’a pas encore été acceptée.
Senator Ringuette: No, the 28 countries had 22 months to
enforce.
La sénatrice Ringuette : Non. Les 28 pays disposaient de
22 mois pour l’appliquer.
The Chair: Our final question of this session is from Senator
Maltais.
Le président : Le sénateur Maltais posera la dernière question.
[Translation]
[Français]
Senator Maltais: Mr. Murchison, you said something
interesting that struck me. We are talking about services. A
credit card is a service people can choose to buy or not. Your
document states that there are 90 million credit cards in Canada.
On average, that works out to three credit cards per Canadian,
including infants and elderly people who can no longer use them.
Le sénateur Maltais : Monsieur Murchison, vous avez dit une
chose intéressante qui m’a frappé. On parle ici de service. Une
carte de crédit est un service qu’on est libre d’acheter ou non.
Votre document indique qu’au Canada il y a 90 millions de cartes
de crédit. Cela équivaut, en moyenne, à trois cartes de crédit par
Canadien, y compris les enfants naissants et les vieillards qui ne
peuvent plus s’en servir.
For the majority, the privilege of using credit cards costs $100,
$125 or $150 a year. Why would merchants not have a fixed cost
for the use of a credit card? Let us use the hypothetical example of
Mr. X who conducts $200,000 in business with MasterCard. The
card company tells him that it will cost him $2,500 a year to use its
banner. Would that be a possibility?
Pour la majorité, le coût de ces cartes est de 100 $, de 125 $ ou
de 150 $ par année pour avoir le privilège de les utiliser. Pourquoi
les marchands n’auraient-ils pas un coût fixe pour utiliser une
carte de crédit? Prenons l’exemple hypothétique de M. X qui fait
200 000 $ de chiffre d’affaires avec MasterCard. MasterCard lui
dit qu’il lui en coûtera 2 500 $ par année pour utiliser sa bannière.
Serait-ce une possibilité?
[English]
[Traduction]
Mr. Murchison: You would have to ask the networks that
question. I think it is possible, but whether they would choose to
do that for their business would be a question for them.
M. Murchison : Il faudrait poser la question aux réseaux. Je
crois que c’est possible, mais il faudrait leur demander si c’est ce
qu’ils veulent.
If we look at the evolution in this marketplace, we have gone
from networks that were basically utilities, if you like, to profitseeking enterprises when they went into IPOs, at which point
relatively simple structures went to quite complicated and deep.
You heard from Senator Ringuette that there are a whole variety
of sectors and different payment provisions, depending on who
you are, what you are buying, and so on.
Si l’on étudie l’évolution au sein du marché, nous sommes
passés de réseaux qui offraient des services publics, en quelque
sorte, à des entreprises lucratives lorsqu’un premier appel public à
l’épargne a été lancé. À ce moment-là, les structures qui étaient
relativement simples sont devenues assez complexes et profondes.
La sénatrice Ringuette l’a dit : il y a un large éventail de secteurs
et de dispositions relatives au paiement qui varient en fonction des
personnes et des achats, et cetera.
[Translation]
Senator Maltais: MasterCard and Visa will certainly not lose
any money with the merchant. The merchant will increase the
prices of their products in order to avoid losing money.
Consumers ultimately pay the price. They are the ones we
should protect.
[Français]
Le sénateur Maltais : Chose certaine, MasterCard et VISA ne
perdront pas d’argent avec le marchand. Le marchand va
augmenter le prix de ses produits pour ne pas perdre d’argent.
Au bout de compte, c’est le consommateur qui paye. C’est lui qu’il
faut protéger.
29-5-2014
Banques et commerce
[English]
Mr. Murchison: Yes.
12:31
[Traduction]
M. Murchison : Oui.
The Chair: On behalf of the members of the committee, thank
you for appearing before us. This concludes our second session.
Le président : Au nom des membres du comité, je vous remercie
de votre comparution. Voilà qui met fin au deuxième segment de
la séance.
In our final session today, the committee will hear from
representatives of the Competition Bureau of Canada. I am
pleased to welcome Mr. Richard Bilodeau, Assistant Deputy
Commissioner, Civil Matters Branch Division B, who is
accompanied by Ms. Nadia Brault, Senior Officer, Civil
Matters Branch Division B.
Pour la dernière partie de la séance, le comité écoutera le
témoignage des représentants du Bureau de la concurrence du
Canada. C’est avec plaisir que je souhaite la bienvenue à
M. Richard Bilodeau, sous-commissaire adjoint, qui est
accompagné de Mme Nadia Brault, agente principale, tous deux
de la Direction générale des affaires civiles, Division B.
I turn the floor over to Mr. Bilodeau for his opening statement.
Je laisse la parole à M. Bilodeau pour son exposé.
Richard Bilodeau, Assistant Deputy Commissioner, Civil
Matters Branch Division B, Competition Bureau: Good morning.
My name is Richard Bilodeau and I am an assistant deputy
commissioner in the Civil Matters Branch at the Competition
Bureau. I am accompanied today by Senior Competition Law
Officer Nadia Brault, also from the bureau’s Civil Matters
Branch.
Richard Bilodeau, sous-commissaire adjoint, Direction générale
des affaires civiles Division B, Bureau de la concurrence : Bonjour.
Je m’appelle Richard Bilodeau, et je suis sous-commissaire adjoint
à la Direction générale des affaires civiles du Bureau de la
concurrence. Je suis accompagné de Nadia Brault, agente
principale du droit de la concurrence, également à la Direction
générale des affaires civiles du Bureau de la concurrence.
Thank you for inviting us to appear today as you study
Bill S-202, An Act to amend the Payment Card Networks Act
(credit card acceptance fees). It is a pleasure to be back before this
committee.
Je vous remercie de nous avoir invités à comparaître devant
vous aujourd’hui, alors que vous étudiez le projet de loi S-202,
Loi modifiant la Loi sur les réseaux de cartes de paiements (frais
d’acceptation d’une carte de crédit). C’est un plaisir de
comparaître à nouveau devant votre comité.
While the bill does not directly relate to the scope and mandate
of the Competition Act, the bureau is closely following
developments in this area.
Même si ce projet de loi n’est pas directement lié à la portée et à
l’objet de la Loi sur la concurrence, le bureau suit de près
l’évolution de la situation dans ce domaine.
[Translation]
[Français]
The Competition Bureau, as an independent law enforcement
agency, ensures that Canadian consumers and businesses prosper
in a competitive and innovative marketplace.
Le Bureau de la concurrence, en tant qu’organisme
d’application de la loi indépendant, veille à ce que les
entreprises et les consommateurs canadiens prospèrent dans un
marché concurrentiel et innovateur.
Headed by the Commissioner of Competition, the bureau is
responsible for the administration and enforcement of the
Competition Act and three labelling statutes.
Dirigé par le commissaire de la concurrence, le bureau est
responsable de l’administration et de l’application de la Loi sur la
concurrence, et de trois lois sur l’étiquetage.
The Competition Act provides the commissioner with the
authority to investigate anti-competitive behaviour. The act
contains both civil and criminal provisions, and covers conduct
such as bid-rigging, false or misleading representations, pricefixing or the abusing of a dominant market position, among other
things. The act also allows the commissioner to make
representations regarding competition before regulatory boards,
commissions or other tribunals. As an advocate for competition,
the commissioner may also perform market studies designed to
improve the understanding of the effects of competition on the
economy.
La loi sur la concurrence accorde au commissaire le pouvoir
d’enquêter sur les comportements anticoncurrentiels. La loi
contient des dispositions civiles et pénales et vise les
comportements comme le truquage des offres, les indications
fausses ou trompeuses, la fixation des prix ou l’abus d’une
position dominante dans un marché. La loi autorise également le
commissaire à faire des démarches auprès des organismes de
réglementation, des commissions ou des tribunaux qui examinent
des causes liées à la concurrence. En tant que défenseur de la
concurrence, le commissaire peut également procéder à des études
de marché dans le but de mieux comprendre les effets de la
concurrence sur l’économie.
The Competition Act applies, with very limited exceptions, to
all sectors of the Canadian economy, including the financial
services sector.
La Loi sur la concurrence s’applique, à quelques rares
exceptions près, à tous les secteurs de l’économie canadienne, y
compris le secteur des services financiers.
12:32
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
The bureau has been active in the financial services sector over
the last few years. I would like to give a brief description of some
recent matters relating to both the debit and credit payment
markets. First, I would like to briefly touch on the debit card
market — specifically the Interac payment network.
Au cours des dernières années, le bureau a travaillé dans le
secteur des services financiers. J’aimerais décrire brièvement
certains dossiers récents se rapportant aux marchés des
paiements par cartes de crédit et carte de débit. J’aimerais
aborder la question du marché des cartes de débit, en particulier le
réseau de paiement Interac.
In 2009, Interac requested that the Commissioner of
Competition agree to vary a 1996 consent order to allow
Interact to restructure from a not-for-profit association to a
for-profit model. Based on the information available at that time,
the bureau announced in February 2010 that it did not support
changing or removing the consent order safeguards that
effectively protected consumers from the potential anticompetitive activity subject to the consent order.
En 2009, Interac a demandé à la commissaire de consentir à
modifier une ordonnance de consentement datant de 1996 afin de
lui permettre de se restructurer pour passer d’une association sans
but lucratif à un organisme à but lucratif. En se basant sur
l’information obtenue à ce moment-là, le bureau a annoncé, en
février 2010, qu’il n’appuyait pas la modification ni la suppression
des protections prévues par l’ordonnance qui protégeait
efficacement les consommateurs en cas d’activités
potentiellement anticoncurrentielles visées par ladite ordonnance.
That said, in 2013, Interac requested that the 1996 consent
order be amended to allow it to restructure from an
unincorporated association to a corporation with an
independent board. Following a comprehensive analysis of the
rapidly evolving payments industry, the bureau consented to the
request. The restructuring would permit Interac to operate the
services currently offered by the association under a cost-recovery
model, enabling it to fund research and development in new and
innovative payment services. This structure would provide Interac
with greater flexibility to compete in the evolving marketplace,
while retaining appropriate safeguards against anti-competitive
activity.
Ceci dit, en 2013, Interac a de nouveau demandé la
modification de l’ordonnance de consentement de 1996 afin de
lui permettre de se restructurer pour passer d’une association non
constituée en personne morale à une société ayant un conseil
d’administration indépendant. À la suite d’une analyse poussée de
l’industrie des paiements, laquelle est en pleine évolution, le
bureau a consenti à cette demande. Cette restructuration
permettra à Interac d’assurer les services actuellement offerts
par l’association en vertu d’un modèle de recouvrement des coûts
qui lui permettrait de financer des activités de recherche et de
développement visant de nouveaux services de paiement
novateurs. Cette structure fournirait à Interac une plus grande
souplesse pour livrer concurrence dans le marché en pleine
évolution, tout en conservant des mesures préventives contre les
pratiques anticoncurrentielles.
[English]
[Traduction]
I would also like to speak about the bureau’s work in the area
of credit cards. As this committee knows, in December 2010 the
bureau filed an application with the Competition Tribunal to
strike down restrictive and anti-competitive rules that Visa and
MasterCard impose on merchants who accept their credit cards.
J’aimerais également parler du travail du bureau dans le
domaine des cartes de crédit. Comme les membres du comité le
savent, en décembre 2010, le bureau a présenté une demande
auprès du Tribunal de la concurrence afin de contester les règles
restrictives et anticoncurrentielles imposées par Visa et
MasterCard aux commerçants qui acceptent leurs cartes de crédit.
Credit card acceptance fees paid by Canadian merchants are
among the highest in the world, estimated at $5 billion per year.
To protect these hidden credit card fees paid by Canadian
merchants, Visa and MasterCard have imposed on merchants a
number of rules that harm competition.
Les frais d’acceptation des cartes de crédit payés par les
commerçants canadiens, évalués à 5 milliards de dollars chaque
année, figurent parmi les plus élevés au monde. Pour protéger ces
frais de cartes de crédit cachés payés par les commerçants
canadiens, Visa et MasterCard leur imposent certaines règles qui
nuisent à la concurrence.
The rules challenged by the bureau prohibit merchants from
encouraging consumers to consider lower cost payment options
such as cash or debit, and prohibit merchants from applying a
surcharge to a purchase on a high-cost credit card. Further, for a
merchant to accept any of Visa or MasterCard’s credit cards, that
merchant must also agree to accept all credit cards offered by
those companies, including the premium cards that impose
significant costs on merchants.
Les règles contestées par le bureau interdisent aux
commerçants d’encourager les consommateurs à envisager des
modes de paiement moins coûteux, comme le paiement en espèces
ou par carte de débit, et leur interdisent de percevoir des frais
supplémentaires sur les cartes onéreuses. De plus, lorsqu’un
commerçant accepte l’une des cartes de crédit de Visa ou de
MasterCard, celui-ci est tenu d’accepter toutes les cartes de crédit
offertes par ces sociétés, y compris les cartes entraînant des coûts
élevés pour les commerçants, comme les cartes à privilèges.
29-5-2014
Banques et commerce
12:33
These restraints on merchants result in higher prices for all
consumers because merchants pass along costs they take on as a
result of Visa and MasterCard’s anti-competitive rules. Although
the tribunal issued a decision in July 2013 that dismissed the
bureau’s application, it found that Visa and MasterCard’s
conduct did have an adverse effect on competition.
Ces contraintes pour les commerçants font augmenter les prix
pour tous les consommateurs, parce que les commerçants leur
refilent les coûts qu’ils sont tenus de payer en raison des règles
anticoncurrentielles de Visa et de MasterCard. Même si le
tribunal a rendu une décision en juillet 2013 qui rejetait la
demande du bureau, il a estimé que les pratiques de Visa et de
MasterCard ont pour effet de nuire à la concurrence.
The Tribunal’s decision also recognized that the Commissioner
of Competition advanced a case that should have been brought
before the Tribunal. At the same time, the Tribunal felt that
regulation of the industry would provide a more appropriate
solution than any remedy it could issue under the Competition
Act.
La décision du tribunal a également reconnu que le
commissaire de la concurrence avait eu raison de mener cette
affaire devant le tribunal. En même temps, le tribunal a estimé
que la réglementation de l’industrie constituerait une solution plus
appropriée que tout recours qu’il pourrait prendre en vertu de la
Loi sur la concurrence.
Following a careful review of the Tribunal’s decision, the
bureau decided not to appeal but to focus its efforts on identifying
alternate means of addressing the competition issues in the supply
of credit card services in Canada.
À la suite d’un examen rigoureux de la décision du tribunal, le
bureau a décidé de ne pas faire appel, mais plutôt de se consacrer
à trouver d’autres moyens de remédier aux problèmes de
concurrence liés à l’offre de services de cartes de crédit au Canada.
The bureau maintains that without changes to Visa and
MasterCard rules, merchants will continue to pay excessively high
card acceptance fees. These fees will continue to be passed along
to consumers in the form of higher prices for goods and services.
As such, the bureau will work with the federal government and
relevant stakeholders to advocate for changes in the credit card
market and has been monitoring recent developments in this area.
Le bureau maintient que, en l’absence de changements aux
règles imposées par Visa et MasterCard, les commerçants
continueront de payer des frais d’acceptation de cartes
excessivement élevés, et que ces frais continueront d’être refilés
aux consommateurs sous la forme de prix plus élevés pour les
produits et les services. C’est pourquoi le bureau travaillera avec
le gouvernement fédéral et les parties intéressées pour plaider en
faveur de changements dans le marché des cartes de crédit, et suit
l’évolution de la situation dans ce domaine.
For example, we note that the government cited the Tribunal’s
findings in the Visa and MasterCard case in the Economic Action
Plan 2014 and indicated that it would strengthen the Code of
Conduct for the credit and debit card industry in Canada to
further improve business practices. The bureau welcomes and
supports measures that increase transparency and flexibility for
Canadian merchants and consumers.
Par exemple, nous avons constaté dans le Plan d’action
économique de 2014 que le gouvernement du Canada a cité les
conclusions du tribunal dans l’affaire Visa et MasterCard en
indiquant qu’il renforcerait le Code de conduite destiné à
l’industrie canadienne des cartes de crédit et de débit au Canada
afin d’améliorer les pratiques commerciales. Le bureau accueille
favorablement et soutient les mesures visant à accroître la
transparence et la flexibilité dans l’intérêt des commerçants et
des consommateurs canadiens.
In conclusion, the bureau understands the importance of
competition in this very complex market to all Canadians,
including consumers and retailers. I would like to note that
while we recognize that high prices are an important concern for
Canadian consumers, the bureau does not have the authority
under the Competition Act to regulate the daily operations of
markets or the level of prices in any particular industry, including
the pricing of financial services in Canada.
En conclusion, le Bureau de la concurrence comprend
l’importance de la concurrence sur ce marché très complexe
pour tous les Canadiens, y compris les détaillants et les
consommateurs. Je tiens à souligner que, même si nous savons
que les prix élevés préoccupent grandement les consommateurs
canadiens, le bureau n’est pas habilité, en vertu de la Loi sur la
concurrence, à réglementer les activités quotidiennes des marchés
ou les prix pratiqués dans un secteur particulier, notamment les
prix des services financiers au Canada.
However, the bureau does have the authority to act when we
believe anticompetitive conduct has harmed competition. That is
what we did when we filed an application against Visa and
MasterCard. Ultimately the Tribunal did not grant an order
eliminating Visa and MasterCard’s restrictive rules, but it did
recognize that those rules had an upward effect on pricing for
credit card transactions.
Cependant, le bureau a l’autorité d’agir lorsque nous estimons
qu’un comportement anticoncurrentiel nuit à la concurrence.
C’est ce que nous avons fait lorsque nous avons présenté une
demande contre Visa et MasterCard. En fin de compte, le tribunal
n’a pas rendu d’ordonnance éliminant les règles restrictives de
Visa et MasterCard, mais il a reconnu que celles-ci avaient pour
effet de faire augmenter les prix des transactions avec des cartes de
crédit.
12:34
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
Thank you again for inviting us today. I would be happy to
answer your questions.
Je vous remercie encore de nous avoir invités aujourd’hui. Je
serai heureux de répondre à vos questions.
Senator Massicotte: Thank you for being here today. If I were
to summarize that in my words, the Competition Board did
conclude that the arrangement with the credit card companies is
anticompetitive and it caused a monopoly structure to impose
their fees. You concluded that. Is that an accurate statement?
Le sénateur Massicotte : Merci d’être avec nous aujourd’hui.
En résumé, le Bureau de la concurrence en conclut que l’entente
avec les sociétés émettrices de cartes de crédit est
anticoncurrentielle et crée un monopole dans lequel elles
peuvent imposer leurs frais. C’est bien votre conclusion, n’est-ce
pas?
Mr. Bilodeau: The Commissioner of Competition filed its case
before the Competition Tribunal; it is a quasi-judicial body.
M. Bilodeau : Le commissaire de la concurrence a mené
l’affaire devant le Tribunal de la concurrence, un organisme
quasi judiciaire.
Senator Massicotte: That was the bureau’s conclusion?
Le sénateur Massicotte : Est-ce la conclusion du bureau?
Mr. Bilodeau: Yes, that was the bureau’s conclusion.
M. Bilodeau : Oui, c’est bien cela.
Senator Massicotte: The Tribunal said, ‘‘We don’t disagree
with your conclusion, but this is more of a policy decision as
opposed to a regulation decision.’’ They said they would not
award you what you are seeking. They are basically throwing the
ball to the government and saying, ‘‘Government, this is more of a
macro issue; you should consider this, and this is more your
decision-making level.’’ Is that a good summary?
Le sénateur Massicotte : Même si le tribunal n’est pas en
désaccord avec votre conclusion, il trouve que la décision
appartient davantage au domaine politique que réglementaire. Il
a dit qu’il n’allait pas accéder à votre demande. Il renvoie
essentiellement la balle au gouvernement et lui demande
d’examiner le dossier puisqu’il s’agit d’une question générale
relevant plutôt de son cadre décisionnel. Ai-je bien résumé la
situation?
Mr. Bilodeau: Yes. I would add to that that at the outset the
Tribunal found that section 76, which is the section of the act that
we used to bring our application to the Competition Tribunal,
they found that in order for section 76 to apply, the resale of a
product had to be present. In this case, we had not shown that
Visa or MasterCard’s credit card network services were being
resold. For that reason, the Tribunal at the outset said that the
elements of section 76 are not met and the Commissioner does
not win its case.
M. Bilodeau : Oui. J’ajouterais que le tribunal a déterminé
d’emblée qu’il devait y avoir revente de produit pour que
l’article 76 s’applique — c’est l’article de la loi que nous avons
invoqué dans notre demande au Tribunal de la concurrence. Or,
nous n’avons pas démontré la revente des services entourant les
réseaux de cartes de crédit Visa ou MasterCard. Voilà donc
pourquoi le tribunal a dit d’emblée que les critères de l’article 76
n’étaient pas remplis, et pourquoi le commissaire n’a pas obtenu
gain de cause.
Senator Massicotte: What do you mean, ‘‘resold’’?
Le sénateur Massicotte : Qu’entendez-vous par « revente »?
Mr. Bilodeau: Section 76 is the price maintenance provision of
the act, and it deals with situations where a manufacturer says to
a distributor or a retailer that you cannot sell my product for less
than $10 to your customers. For section 76 of the act to apply,
there has to be the resale of a product. If I manufacture pens and I
am selling them to a retailer who will resell them to you, that is
being resold. They found in this case the network services were
not being resold; so it didn’t meet that legal test of the provision.
M. Bilodeau : L’article 76 est la disposition de la loi qui porte
sur le maintien des prix, et qui s’applique aux situations où un
fabricant interdirait à un distributeur ou à un détaillant de vendre
son produit moins de 10 $ à ses clients, par exemple. Pour
appliquer l’article 76 de la loi, il doit y avoir revente de produit. Si
je fabrique des crayons et les vends à un détaillant qui vous les
vend à son tour, voilà un exemple de revente. Dans le cas qui nous
intéresse, la demande ne répondait pas au critère juridique de la
disposition puisque le tribunal a déterminé que les services des
réseaux n’étaient pas revendus.
The Tribunal went further. They did complete their entire
analysis of section 76 and ultimately found, as you properly
described, that they had market power and that they had engaged
in practices that influenced upward prices and they have had
adverse effects. Ultimately, even if we had been entirely
successful, they still would not have, as you described, issued an
order because they felt that regulation was the more appropriate
one.
Le tribunal est allé plus loin : il a terminé son analyse de
l’article 76 et a fini par déterminer, comme vous l’avez dit, que les
sociétés avaient une emprise sur le marché, avaient adopté des
pratiques influençant les prix à la hausse et avaient eu des effets
nuisibles. Au bout du compte, même si nous avions respecté tous
les critères, le tribunal n’aurait quand même rendu aucune
ordonnance, contrairement à ce que vous dites, puisqu’il était
d’avis que la réglementation est préférable.
Senator Massicotte: Because of section 76? You must meet that
provision?
Le sénateur Massicotte : C’est en raison de l’article 76? Vous
devez respecter cette disposition?
29-5-2014
Banques et commerce
Mr. Bilodeau: Yes.
12:35
M. Bilodeau : Oui.
Senator Massicotte: In our society, not frequently, but there are
many other relations whereby the party receiving the benefit is not
the party who pays directly for the services. There is not a direct
resale of the product. Where there’s a tri-party relationship, and
you have got that elsewhere.
Le sénateur Massicotte : Dans notre société, c’est peut-être
rare, mais il arrive que celui qui profite des retombées ne soit pas
celui qui paie directement les services. Il n’y a alors pas de revente
directe de produit. Il s’agit d’une relation tripartite, et cela se
produit dans d’autres secteurs.
Does that mean that the current legislation will not allow the
competition board to get involved in those issues also, because it
will not meet that specific test?
Est-ce que cela veut dire que la loi actuelle ne permettra pas au
Bureau de la concurrence d’intervenir dans ces affaires aussi,
puisqu’il ne respectera pas ce critère en particulier?
Mr. Bilodeau: There is a long history to the price maintenance
provision. I will not go back in time because we would be here a
long time, but it has traditionally been used in situations where
companies are indicating to one of its suppliers or customers how
much to resell the product for. That used to be a criminal statute;
now it is a civil statute that has what we refer to as a ‘‘competition
test.’’ That practice may happen, but, if it does not harm
competition, then we will not be concerned with it.
M. Bilodeau : L’histoire de la disposition du maintien des prix
est longue. Je ne remonterai pas dans le temps puisque nous
serions ici jusqu’à demain, mais l’article était habituellement
invoqué si une société imposait un prix de revente à un
fournisseur ou à un client pour un produit. C’était autrefois une
mesure pénale, et c’est désormais une mesure civile qui comporte
ce qu’on appelle un critère de concurrence. Cette pratique est
possible, mais nous n’en tenons pas compte tant qu’elle ne nuit
pas à la concurrence.
Senator Massicotte: Does the current legislation, relative to the
administration of the Competition Bureau, does it not provide to
do something where you can determine there is market power,
there is an effect on retail prices, and there’s lack of competition?
You don’t have the power to do something in that case, if you
don’t satisfy section 76?
Le sénateur Massicotte : En ce qui concerne l’administration
du Bureau de la concurrence, la loi actuelle ne prévoit-elle pas de
faire quelque chose si vous décelez une emprise sur le marché, un
effet sur les prix de détail et un manque de concurrence? Vous
n’avez pas le pouvoir d’agir si vous ne respectez pas l’article 76,
n’est-ce pas?
Mr. Bilodeau: Section 76 is just one of the provisions available
to us in the Competition Act. In that situation, if we are
challenging conduct under section 76, then, yes, we have to show
there is a resale of a product. A lot of different practices can be
examined under other sections of the act.
M. Bilodeau : L’article 76 n’est qu’une des dispositions de la
Loi sur la concurrence que nous pouvons invoquer. Dans le cas
qui nous intéresse, si nous remettons en question une conduite en
vertu de l’article 76, nous devrons bel et bien démontrer qu’il y a
eu revente de produit. Bien d’autres pratiques peuvent être
examinées en vertu d’autres dispositions de la loi.
Senator Massicotte: Why did you not do so in this case?
Mr. Bilodeau: When we look at the facts of this case, and we
look at the provisions that are available to us in the Competition
Act, we felt that this was the provision of our act that most
applied to the situation and was the most appropriate to use
before the Competition Tribunal.
Le sénateur Massicotte : Pourquoi ne l’avez-vous pas fait dans
ce cas-ci?
M. Bilodeau : Lorsque nous avons évalué les faits dans cette
affaire, puis les dispositions de la Loi sur la concurrence que nous
pouvions invoquer, nous avions l’impression que c’était la
disposition qui correspondait le mieux à la situation et qui était
la plus pertinente à soumettre au Tribunal de la concurrence.
Senator Massicotte: I guess you screwed up.
Le sénateur Massicotte : J’imagine que vous avez fait une gaffe.
Mr. Bilodeau: I would disagree.
M. Bilodeau : Je ne suis pas d’accord.
[Translation]
Senator Bellemare: Mr. Bilodeau, I would like you to expand
on the arguments you presented before the tribunal.
In your presentation, you said the following, and I quote:
The rules challenged by the Bureau prohibit merchants
from encouraging consumers to consider lower cost
payment options like cash or debit, and prohibit
merchants from applying a surcharge to a purchase on a
high cost card.
[Français]
La sénatrice Bellemare : Monsieur Bilodeau, j’aimerais que
vous commentiez davantage les arguments que vous avez
présentés devant le tribunal.
Dans votre présentation, vous dites ce qui suit, et je cite :
Les règles contestées par le Bureau interdisent aux
commerçants d’encourager les consommateurs à envisager
des modes de paiement moins coûteux, comme le paiement
en espèces ou par carte de débit, et leur interdisent de
percevoir des frais supplémentaires sur les cartes onéreuses.
12:36
Banking, Trade and Commerce
What does that mean in plain language?
29-5-2014
Qu’est-ce que cela veut dire en langage courant?
Mr. Bilodeau: One of the rules Visa and MasterCard imposed
is that a merchant cannot apply a surcharge when a consumer
pays with their credit card.
M. Bilodeau : L’une des règles que VISA et MasterCard
imposent, c’est qu’un marchand ne peut pas imposer à un
consommateur des frais additionnels pour payer avec sa carte de
crédit.
If I want to use my credit card in a store to pay for my
purchases, the merchant cannot say that, since I am using a high
cost card, my purchase will cost me an additional 2 per cent or
3 per cent. The merchant cannot do that nowadays, since Visa
and MasterCard created rules that prevent such behaviour.
Si je veux utiliser ma carte de crédit chez un marchand pour
payer mes achats, il ne peut pas me dire que, comme c’est une
carte de crédit à coût élevé, mon achat me coûtera 2 ou 3 p. 100
de plus. Le marchand n’est pas en mesure de faire cela
aujourd’hui, parce que VISA et MasterCard ont créé des règles
qui l’en empêchent.
The argument we presented to the tribunal was that, if I went
to a store with my high cost credit card and was told that a
surcharge of 3 per cent would apply, I would obviously prefer not
to have to pay that extra 3 per cent. Depending on what I had in
my wallet, I could pay with cash — which probably costs the
merchant less — or with my debit card. As Senator Ringuette
mentioned, Interac fees are about 3 cents per transaction. The
merchant would appreciate that more. At that point, I would
decide what payment method to use.
L’argument qu’on a présenté au tribunal, c’est que, si je me
présente chez le marchand avec ma carte de crédit dispendieuse et
qu’il me dit que cela me coûtera 3 p. 100, comme je préfère
évidemment ne pas avoir à payer ces 3 p. 100, dépendamment de
ce que j’ai dans mon portefeuille, je peux payer avec de l’argent
comptant, qui coûte probablement moins cher au marchand, ou
avec ma carte de débit qui, comme l’a mentionné la sénatrice
Ringuette, coûte environ 3 sous. Le marchand l’appréciera
davantage. C’est à moi, à ce moment, de décider quel moyen de
paiement j’utiliserai.
I was being told that, if the merchant had the possibility, they
could steer consumers toward lower-cost payment options. That
is what we have seen in other jurisdictions. Australia has been
mentioned, and the tribunal refers to that jurisdiction in its
decision.
On me disait que, si le marchand avait cette possibilité, il
pourrait diriger un consommateur vers des modes de paiement
moins dispendieux. C’est ce qu’on a vu dans d’autres juridictions.
On a parlé de l’Australie; le tribunal en fait état dans sa décision
justement.
Senator Bellemare: In other words, allowing the merchant that
freedom would help implement somewhat sounder competition
rules. Since certain credit cards cost more and others less, such an
approach would be conducive to a more transparent competition
system.
La sénatrice Bellemare : En d’autres mots, en permettant tout
cela, on met en place la possibilité d’avoir des règles de
concurrence un peu plus fortes. Parce qu’étant donné qu’une
carte de crédit coûte plus cher et une autre moins cher, on permet
un système de concurrence plus transparent.
In fact, those who use cash to pay are currently financing those
who use credit cards.
En fait, ceux qui paient en argent comptant, actuellement,
financent ceux qui paient par carte de crédit.
Mr. Bilodeau: That is a good point. This is indeed what is
happening. When we go to a store and pay with a credit card that
costs 2.65 per cent — which is one of the MasterCard rates — or
use our debit card, which may cost 3 cents, as consumers, we are
paying the same price, and the merchant makes more or less
money, depending on the card.
M. Bilodeau : C’est un bon point. C’est effectivement ce qui se
passe. Quand on arrive devant le marchand et qu’on paie avec une
carte de crédit qui coûte 2,65 p. 100, qui est l’un des taux de
MasterCard, ou qu’on paie avec notre carte de débit, qui peut
coûter 3 sous, là, comme consommateur, on paie le même prix, et
le marchand, lui, dépendamment de la carte, fait plus ou moins
d’argent.
[English]
[Traduction]
Senator Ringuette: First, I have an observation. I followed very
closely the event and the case that you had in front of the
Tribunal. I was impressed. Since then, at our office, we are
looking at an item that perhaps might modernize section 76 with
regard to your authority over the price of services into the
marketplace.
La sénatrice Ringuette : Pour commencer, j’ai une observation.
J’ai suivi très attentivement ce qui s’est passé et l’affaire que vous
avez soumise au tribunal. J’étais impressionnée. Mon cabinet se
penche depuis sur une façon de moderniser l’article 76 concernant
votre pouvoir sur le prix des services sur le marché.
All that being said, the Competition Bureau has acted
diligently, but at the end of the day, as you state here, the
Tribunal’s decision also recognizes that the Commissioner of
Competition advanced a case that should have been brought
Cela dit, malgré la diligence du Bureau de la concurrence, le
tribunal reconnaît finalement dans sa décision que le commissaire
de la concurrence a eu raison de mener cette affaire devant lui,
comme vous le dites. Même s’il a examiné l’importance de la
29-5-2014
Banques et commerce
12:37
before the Tribunal. That is why, even though they have looked at
the importance of this issue in the Canadian marketplace and the
Canadian economy, the Tribunal still went ahead and studied the
issue, and it came up with the conclusion that this issue had to be
brought under regulation by the government. I think it was a big
victory for all the efforts and the energy that you put in to try to
have fairness in the marketplace.
question pour le marché et l’économie du Canada, voilà pourquoi
le tribunal a quand même étudié l’affaire pour en conclure que le
tout devait être réglementé par le gouvernement. Je pense qu’il
s’agit là d’une grande victoire compte tenu des efforts et de
l’énergie que vous avez déployés pour essayer de rendre le marché
plus équitable.
I guess the next step is in front of us with my bill. Of course, as
with any witness, we would welcome any kind of recommendation
with regard to the bill. If there are some weaknesses in it, in order
to address this issue, I and, I am sure, all of my colleagues would
welcome your input, considering all of the experience that you
have with regard to this issue.
J’imagine que la prochaine étape, c’est mon projet de loi, que
vous avez sous les yeux. Comme avec tous les témoins, nous
accueillons toujours favorablement les recommandations à
propos du projet de loi. S’il a des points faibles, tous les
membres du comité, j’en suis persuadée, et moi-même aimerions
avoir vos conseils en la matière, compte tenu de votre grande
expérience à cet égard.
Mr. Bilodeau, how can we increase the effectiveness of
Bill S-202 with regard to all the experience that you have had
with this issue?
Monsieur Bilodeau, comment pouvons-nous améliorer
l’efficacité du projet de loi S-202 compte tenu de votre
expérience à ce chapitre?
Mr. Bilodeau: As you may appreciate, we are not in a position
to provide comments on legislation. Our mandate at the
Competition Bureau is to enforce the Competition Act and the
provisions that are given to us by Parliament. We have done a lot
work in this area; you are correct. A lot of the work that we have
done is reflected in the Competition Tribunal’s decisions.
M. Bilodeau : Comme vous le savez peut-être, nous ne sommes
pas en mesure de commenter le projet de loi. Le Bureau de la
concurrence a pour mandat d’appliquer la Loi sur la concurrence
et les dispositions énoncées par le Parlement. Vous avez raison de
dire que nous avons fait beaucoup de travail en la matière. Les
décisions du Tribunal de la concurrence reflètent d’ailleurs une
bonne partie de ce travail.
If you are interested in reading more material, the Competition
Tribunal’s website has available for access all of the public
versions of the testimony from experts and expert reports. There
is a lot of information there.
Si vous souhaitez lire plus d’information, le site web du
tribunal donne accès à toutes les versions publiques des
témoignages et rapports de spécialistes. On y trouve beaucoup
de renseignements.
Senator Ringuette: Yes; I have all of it.
La sénatrice Ringuette : Oui, j’ai tout cela en main.
Mr. Bilodeau: A lot of the positions and the knowledge that we
have has been before the Tribunal and is publicly available. I
draw your attention to that.
M. Bilodeau : Nous avons soumis une bonne partie de nos
points de vue et de notre savoir au tribunal, information qui est
accessible au public. J’attire votre attention sur ce point.
Senator Tkachuk: Regarding the behaviour of Visa and
MasterCard as far as prevention, is there language in the
contract that we could have a copy of that they use to prevent
the retailer from advertising other methods of payment in their
own place? Do you have that? Could it be made available to us?
Le sénateur Tkachuk : En ce qui concerne la prévention, et
pour ce qui est du comportement de Visa et de MasterCard, le
contrat contient-il des clauses empêchant le détaillant de faire la
promotion d’autres modes de paiement sur le plancher?
Pourrions-nous en avoir une copie, si vous avez un tel libellé?
Pourrait-on y avoir accès?
Mr. Bilodeau: Visa and MasterCard have very lengthy rules
that apply to their networks. I think they run in the thousands of
pages. Yes, the rules governing no-surcharging and honouring all
card rules are explicitly in those rules.
M. Bilodeau : Les règles de Visa et de MasterCard régissant
leurs réseaux sont très volumineuses. Je pense qu’il s’agit de
milliers de pages. En effet, on y trouve explicitement les règles
empêchant la surtarification et honorant toutes les règles relatives
aux cartes.
I am not sure if the bureau is able to provide you with a copy of
those rules, because a lot of the information that we have was
collected during an investigation and it is protected by
confidentiality provisions, but we can check to see if we have
those available. It might be better to ask that question of the
networks themselves.
Je ne suis pas certain que le bureau puisse vous en fournir une
copie, car une bonne partie de l’information que nous détenons a
été recueillie en cours d’enquête et est protégée par des
dispositions en matière de confidentialité. Nous pouvons tout
de même vérifier si c’est possible. Il serait peut-être préférable de
poser la question aux réseaux eux-mêmes.
12:38
Banking, Trade and Commerce
29-5-2014
Senator Tkachuk: Do they actually go to the retailer and say,
‘‘You can’t advertise another method of payment’’? In other
words, ‘‘I can’t give you a discount if you pay cash,’’ or ‘‘I can’t
give you a discount if you write a cheque,’’ or some other method
of payment?
Le sénateur Tkachuk : Empêchent-ils vraiment les détaillants
de faire la promotion d’autres modes de paiement? Autrement dit,
« Je ne peux pas vous offrir de rabais si vous payez comptant, par
chèque, ou par un autre mode de paiement »?
Mr. Bilodeau: To be clear, what I am referring to is the nosurcharging provision specifically, which says you cannot add a
cost to accept a credit card. When it comes to discounting, the
code of conduct put in place by the Minister of Finance clearly
states that you are allowed to offer discounts for cash payments.
M. Bilodeau : Permettez-moi de préciser que je parle plus
particulièrement de la disposition empêchant la surtarification,
selon laquelle un détaillant ne peut pas augmenter le prix lorsqu’il
accepte une carte de crédit. Pour ce qui est des rabais, le Code de
conduite mis en place par le ministre des Finances dit clairement
qu’un détaillant peut offrir un rabais en échange d’un paiement
comptant.
Senator Tkachuk: You are?
Le sénateur Tkachuk : Il a le droit?
Mr. Bilodeau: You are allowed to offer discounts.
M. Bilodeau : Il a le droit d’offrir un rabais.
Senator Tkachuk: In other words, you can’t surcharge. You
cannot pass on the price, right?
Mr. Bilodeau: That is right.
Le sénateur Tkachuk : Autrement dit, la surtarification est
interdite. Il est interdit d’augmenter le prix, n’est-ce pas?
M. Bilodeau : C’est exact.
Senator Tkachuk: The taxi that I take from the airport here
charges me $1.50 if I use my credit card. How do they do that?
Le sénateur Tkachuk : Le taxi que je prends de l’aéroport à la
Colline Parlementaire me facture 1,50 $ si j’utilise ma carte de
crédit. Comment est-ce possible?
Mr. Bilodeau: I was asked that by Senator Ringuette the last
time I was here. It is a bylaw from the City of Ottawa that allows
taxi companies to charge $1.50 when you use your credit card or
your debit card, and because it is a city bylaw, it is permissible.
M. Bilodeau : La sénatrice Ringuette m’a posé la même
question lors de ma dernière comparution. C’est un règlement
de la Ville d’Ottawa qui permet aux entreprises de taxi de facturer
1,50 $ lorsqu’un client utilise sa carte de crédit ou de débit; c’est
donc permis puisqu’il s’agit d’un règlement municipal.
Senator Tkachuk: Is that right? So any city can do it? Don’t tell
them. They will take all the money themselves.
Le sénateur Tkachuk : Vraiment? N’importe quelle ville
pourrait donc le faire? Ne leur dites pas; elles garderont tout
l’argent pour elles.
The Chair: To our panel, thank you very much for appearing
before us. You have been very helpful.
Le président : Je remercie infiniment les témoins d’avoir
comparu. Votre témoignage nous a été des plus utiles.
To our sponsor, we again express our appreciation for bringing
this forward. We will be discussing it further.
Nous remercions encore la marraine du projet de loi d’avoir
déposé ces mesures. Nous en discuterons davantage plus tard.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
Report on the subject-matter of those elements contained
in Parts 2, 3 and 4 and Divisions 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24
and 25 of Part 6 of Bill C-31, An Act to implement certain
provisions of the budget tabled in Parliament
on February 11, 2014 and other measures
Standing Senate Committee on
Banking, Trade and Commerce
FOURTH REPORT
Chair
The Honourable Irving R. Gerstein, C.M., O. Ont
Deputy Chair
The Honourable Céline Hervieux-Payette, P.C.
Ce document est disponible en français.
********
Available on the Parliamentary Internet:
www.parl.gc.ca
41st Parliament – 2nd Session
ii
INTRODUCTION......................................................................................................................... 1
Part 2 – Amendments to the Excise Tax Act .............................................................................. 1
Part 3 – Amendments to the Excise Tax Act, the Excise Act, 2001 and the Air Travellers
Security Charge Act .................................................................................................................... 6
Part 4 – Amendments to the Customs Tariff ............................................................................ 10
Part 6, Division 2 – Amendments to the Bank of Canada Act and the Canada Deposit
Insurance Corporation Act........................................................................................................ 11
Part 6, Division 3: Amendments to the Hazardous Products Act............................................ 12
Part 6, Division 4 – Amendment to the Importation of Intoxicating Liquors Act ................... 13
Part 6, Division 8 – Amendments to the Customs Act ............................................................. 13
Part 6, Division 13 – Amendments to the Bank Act ................................................................ 14
Part 6, Division 14 – Amendments to the Insurance Companies Act ...................................... 15
Part 6, Division 19 – Amendments to the Proceeds of Crime (Money Laundering) and
Terrorist Financing Act............................................................................................................. 18
Part 6, Division 22 – Amendments to the Softwood Lumber Products Export Charge Act,
2006 ........................................................................................................................................... 23
Part 6, Division 24 – Amendments to the Protection of Residential Mortgage or Hypothecary
Insurance Act and the National Housing Act ............................................................................ 23
Part 6, Division 25 – Amendments to the Trade-marks Act .................................................... 24
APPENDIX A: WITNESSES ..................................................................................................... 29
APPENDIX B: BRIEFS.............................................................................................................. 33
iii
INTRODUCTION
Your Committee, which was authorized to examine the subject matter of those elements
contained in Parts 2, 3 and 4 and Divisions 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24 and 25 of Part 6 of Bill
C-31, An Act to implement certain provisions of the budget tabled in Parliament on February 11,
2014, has, in obedience to the order of reference of Wednesday, April 9, 2014, examined the said
subject matter and now reports as follows.
The Committee held five meetings, the first of which was with the Honourable Joe Oliver, P.C.,
M.P., Minister of Finance who was accompanied by officials from the Department of Finance,
Health Canada, the Canada Revenue Agency, the Canada Border Services Agency, the
Department of Foreign Affairs, Trade and Development, Industry Canada, the Bank of Canada,
Canada Deposit Insurance Corporation and the Financial Transactions and Reports Analysis
Centre of Canada. These officials provided briefings on the various elements of Bill C-31 that
had been assigned to the Committee.
The Committee devoted two of its five meetings to the study of Division 19 of Part 6, which
would amend the Proceeds of Crime (Money Laundering) and Terrorist Financing Act and to the
study of Division 25 of Part 6, which would amend the Trade-marks Act. In the other two
meetings the Committee focused on Division 13 of Part 6, which would amend the Bank Act,
Division 14 of Part 6, which would amend the Insurance Companies Act, Part 4, which would
amend the Custom Tariff, and Part 3, which – among other provisions – would amend tobacco
taxation under the Excise Act, 2001. The Committee received testimony from 14 associations
and three specialists or individual companies impacted by the proposed measures.
A complete list of the witnesses is found in Appendix 1. Appendix 2 lists the submissions
received by the Committee.
Part 2 – Amendments to the Excise Tax Act
Part 2 would amend the Excise Tax Act to make changes in relation to the administration of the
Goods and Services Tax (GST), the application of the Goods and Services Tax/Harmonized
Sales Tax (GST/HST) and the sharing of certain information.
a. Exemption for the Service of Designing a Training Plan
Part 2 would amend the Excise Tax Act to exempt, from the application of the GST/HST, the
service of designing training plans to assist individuals in managing, alleviating or eliminating
the effects of their disorder or disability.
According to the Department of Finance, training that is specially designed to help individuals
cope with the effects of a disorder or a disability is currently exempt from the application of the
GST/HST; however, this exemption does not include the service of designing a training plan.
1
b. Exemption for Acupuncture and Naturopathic Services
Part 2 would amend the Excise Tax Act to add acupuncture and naturopathic services to the list
of health care services that are exempt from the application of the GST/HST.
The Department of Finance explained that certain criteria are used to determine whether a
professional service should be GST/HST-exempt, including whether the service is covered by
the health insurance plan(s) of one or more provinces and, in relation to acupuncturists and
naturopaths, whether the service is regulated as a profession in the field of health in at least five
provinces. The Department indicated that, once acupuncturists and naturopaths were found to
have met the requirement of regulation as a profession, it recommended – to the Minister of
National Revenue – that the services of these professions be added to the list of GST/HSTexempt health care services.
c. Zero-Rating for Electronic Eyewear
Part 2 would amend the Excise Tax Act to add eyewear specially designed to treat or correct a
defect of vision by electronic means to the list of zero-rated medical and assistive devices;
devices on this list have the GST/HST applied at a rate of 0%. In order for this eyewear to have
the GST/HST applied at this rate, it would have to be supplied on the written order of a person
who is entitled under the laws of a province to practise the profession of medicine or optometry.
While the number of Canadians who would benefit from the proposed change is not known, the
Department of Finance explained that electronic eyewear is a fairly novel and expensive
apparatus that could be used by people suffering from certain diseases, such as macular
degeneration, and that the eyewear assists these individuals in regaining some level of vision. It
noted that, as electronic eyewear is not considered to be eyeglasses or contact lenses, it is not
included in the current list of zero-rated medical and assistive devices.
d. Closely related persons and the Application of the Excise Tax Act
Part 2 would amend the Excise Tax Act to allow certain members of a qualifying group of
corporations and/or Canadian partnerships resident in Canada and engaged exclusively in
commercial activities to elect to treat certain transactions between them as having been made for
no consideration; consequently, the GST/HST would not be applied on those transactions.
According to the Department of Finance, the proposed change is a simplification measure that
would extend an existing exemption that allows members of a closely related group of
corporations engaged in commercial activities, such as a holding corporation with its
subsidiaries, to not have to account for the GST/HST on certain transactions between the
members. In its view, the proposed change would extend the exemption to newly created
members of the group, such as entities resulting from a merger or a demerger. The Department
also noted that the proposed change would impose joint and several liability with regard to any
2
tax that may be owing on members that elect to not pay the GST/HST on transactions taking
place between them. Finally, the Department stated that any election would be filed with the
Canada Revenue Agency.
e. The Authority of the Minister of National Revenue with Respect to Registration for
the Goods and Services Tax/Harmonized Sales Tax
Part 2 would amend the Excise Tax Act to allow the Minister of National Revenue to register a
person for purposes of the GST/HST if that person fails to apply for registration when required to
do so.
The Department of Finance explained that the proposed change would give the Minister of
National Revenue the discretionary authority to register a person for purposes of the GST/HST if
that person has failed to comply with the requirement that vendors making $30,000 in taxable
supplies annually be registered with the Canada Revenue Agency, and collect and remit tax.
Currently, the Canada Revenue Agency cannot compel a person to register for purposes of the
GST/HST.
Although unrelated to Bill C-31, the Department noted that the amount of $30,000 is not indexed
to inflation. According to it, while a decision about whether the amount should be changed or
linked to inflation is a political one, arguments exist for increasing the amount to account for
inflation and for decreasing the amount to combat the practice of some businesses to not declare
all of their sales in order to remain below the $30,000 threshold.
f. Canada Revenue Agency Feedback for the Financial Transactions and Reports
Analysis Centre of Canada
Part 2 would amend the Excise Tax Act to allow the Canada Revenue Agency to provide
confidential information to the Financial Transactions and Reports Analysis Centre of Canada.
According to the Department of Finance, the proposed change is consequential to income tax
measures contained in Part 1 of Bill C-31. The Department clarified that the proposed change
would allow the Canada Revenue Agency to share information with the Financial Transactions
and Reports Analysis Centre of Canada for the purposes of providing feedback to the Centre
regarding its disclosures to the Agency.
g. Exemption for Hospital Parking
Part 2 would amend the Excise Tax Act to exempt hospital parking provided by public-sector
bodies from the application of the GST/HST; the exemption would apply to parking lots and
spaces that are primarily for the use of patients and visitors to the hospital. As well, it would
clarify that the current GST/HST exemption for parking provided by a charity does not apply to
parking that is used by certain public-sector bodies.
3
The Department of Finance indicated that parking has always been subject to the GST/HST, with
an exemption provided to charities that operate a parking lot. It explained that the proposed
change would clarify that the current exemption for parking lots operated by a charity does not
apply to parking provided by a charity that is set up by certain public-sector bodies, such as
universities, to accommodate staff or students. Regarding the proposed exemption for hospital
parking provided by public-sector bodies, the Department indicated that, when a parking lot is
used by both employees and visitors, the parking lot would have to be used primarily by visitors
in order for the GST/HST to not apply.
h. International Electronic Funds Transfer Reports and the Goods and Services Tax
Part 2 would amend the Excise Tax Act to ensure that the information collected by the Minister
of National Revenue in an information return filed in relation to international electronic funds
transfers under Part XV.1 of the Income Tax Act could be used by him/her for the purposes of
administering the GST/HST.
The Department of Finance commented that this proposed change, which was introduced in the
2013 federal budget, is consequential to the reporting requirements in relation to international
electronic funds transfers contained in Part 1 of Bill C-31.
i. Offshore Tax Informant Program
Part 2 would amend the Excise Tax Act to give the Canada Revenue Agency the authority to
provide certain confidential information to a person who has entered into a contract with it to
provide information under the Offshore Tax Informant Program.
According to the Department of Finance, the proposed change was mentioned in the 2013 federal
budget and is consequential to amendments contained in Part 1 of Bill C-31. It noted that the
Offshore Tax Informant Program allows the Canada Revenue Agency to pay rewards to
individuals who provide information relating to non-compliance with tax statutes; the rewards
are given where that information leads to the collection of tax owing. As well, limited GST/HST
information could be shared by the Canada Revenue Agency with these individuals for the
purposes of administrating the GST and the reward.
j. Disclosure of Taxpayer Information to a Police Organization
Part 2 would amend the Excise Tax Act to permit the disclosure of taxpayer information by the
Canada Revenue Agency to an appropriate police organization when the Agency has reasonable
grounds to believe that the information could be evidence of a listed offence. Listed offences
would include: bribery and the corruption of government officials as described in the Corruption
of Foreign Public Officials Act and in the Criminal Code; and crimes mentioned in section 742.1
of the Criminal Code with conditional sentences that were amended by the Safe Streets and
Communities Act.
4
The Department of Finance indicated that this proposed change, which is consequential to
amendments contained in Part 1 of Bill C-31, would permit the disclosure of confidential
GST/HST information to a police organization if there are reasonable grounds to suspect that the
information would be relevant to the investigation of serious offences, including money
laundering, terrorist activities and organized crime. It noted that the information would likely be
discovered in the course of an audit by the Canada Revenue Agency, rather than found in a tax
return, and provided the example of an auditor discovering child pornography on a computer in
the course of auditing a business; under the current rules, the auditor is not allowed to contact a
police organization.
As well, the Department of Finance noted that any report to a police organization would likely be
preceded by several steps of review, given that Canada Revenue Agency officials can be
penalized for disclosing confidential information without proper authorization.
Lastly, the Department of Finance noted that this proposed change originated from a
commitment between Canada and the Organisation for Economic Co-operation and
Development that permits the Canada Revenue Agency to make a report to a police organization
about the bribery of foreign officials.
k. Recovery Respecting Input Tax Credits
Part 2 would amend the Excise Tax Act to provide that, if a non-resident person is not registered
for purposes of the GST/HST and that person delivers taxable goods to a person in Canada, no
portion of that tax would be rebated, refunded or remitted to the non-resident person. Part 2
would also clarify that a person or a charity would not be able to claim input tax credits for
certain amounts of GST/HST paid when: a credit note has been received; a debit note has been
issued; or an amount has been rebated, refunded, remitted or recovered.
According to the Department of Finance, the proposed change is intended to close a loophole. In
some cases, businesses have been claiming input tax credits in relation to the GST/HST after
having recovered the tax from their suppliers through credit notes.
5
Part 3 – Amendments to the Excise Tax Act, the Excise Act, 2001 and the Air
Travellers Security Charge Act
a. The Excise Act, 2001 and the Domestic Rate of Excise Duty on Tobacco Products
Part 3 would amend the Excise Act, 2001 in a variety of ways, including by: setting out the
manner in which the rates of duty on tobacco products would – in future – be adjusted according
to changes in the Consumer Price Index; imposing a tax on cigarette inventories; and eliminating
the preferential duty treatment of tobacco products available through duty-free stores.
According to the Department of Finance, the Canadian Cancer Society, and the Heart and Stroke
Foundation of Canada, although reducing tobacco consumption is an important public health
objective, the general domestic rate of excise duty on cigarettes remained stable for 12 years;
consequently, the inflation-adjusted rate of excise duty has been reduced by approximately
23.7% since 2002. The Department of Finance indicated that cigarettes are currently subject to
an excise duty of $17 per carton of 200 cigarettes, or approximately $2.30 per pack of 25
cigarettes. According to it, Part 3 would increase the duty by approximately $4 per carton or
$0.50 cents per pack, thereby accounting for the inflation that has occurred since 2002. It also
explained that Part 3 would increase the rate of excise duty on other tobacco products, such as
fine-cut tobacco for use in roll-your-own cigarettes.
Moreover, the Department of Finance observed that tobacco products delivered to duty-free
shops are subject to a federal excise duty that – at $15 per carton – is $2 per carton lower than
that applied on tobacco products not sold in duty-free shops. It explained that Part 3 would
eliminate this preferential excise duty treatment.
The Department of Finance also indicated that all excise duty rate adjustments would become
effective as of 12 February 2014, and that the adjustments would apply to the inventories of
tobacco manufacturers and distributors in cases where the inventory exceeds 150 cartons and has
been held since that date. It stated that the Canada Revenue Agency has monitoring mechanisms
in place that would permit an assessment of these inventories in terms of both quantity and how
long they have been held.
Furthermore, according to the Department of Finance, Part 3 would index the excise duty rates
mentioned above to changes in the Consumer Price Index, with an adjustment occurring once
every five years. The first adjustment would occur on 1 December 2019.
The Canadian Cancer Society, the Heart and Stroke Foundation of Canada, and the Canadian
Medical Association expressed support for the changes proposed in Part 3 in relation to tobacco.
The Canadian Cancer Society, as well as the Heart and Stroke Foundation of Canada, was also in
favour of the proposed changes that would allow charities to use computers in their lottery ticket
sales operations. The Canadian Cancer Society also stated its support for Bill C-10, An Act to
amend the Criminal Code (trafficking in contraband tobacco).
6
Moreover, the Canadian Cancer Society, as well as the Heart and Stroke Foundation of Canada,
indicated that higher tobacco taxes are an effective strategy to reduce smoking, especially among
youth. The Canadian Medical Association estimated that youth are up to three times more
sensitive to cigarette price increases than are adults. According to it, a 10% increase in the price
of cigarettes would reduce smoking among youth by 5% in the short term and by 8% in the long
term. According to the Heart and Stroke Foundation of Canada, youth should be a particular
focus of public policies relating to tobacco, as the average teenager who begins smoking will
continue to do so for at least 20 years; the result may be premature death caused by smokingrelated disease. It said that, by age group, the highest rate of smoking in Canada occurs among
22–24 year olds; the smoking rate for this age group is about 22%.
The Canadian Cancer Society commented that Aboriginal individuals have particularly high
rates of smoking; the rate exceeds 50% for on-reserve First Nations individuals. It clarified that,
although reserves are exempt from provincial tobacco taxes, federal taxes are applied; therefore,
enactment of the changes proposed in Part 3 could decrease the smoking rates on reserves.
The Canadian Medical Association noted that, in Canada, the costs associated with preventable
disease and death caused by tobacco are approximately $17 billion per year in terms of medical
treatment, social assistance, lost productivity and reduced quality of life.
Regarding the suggestion that higher excise duty rates would lead to an increase in contraband
cigarettes, the Department of Finance indicated that approximately $91 million has been
allocated to the Royal Canadian Mounted Police (RCMP) in order to combat contraband
tobacco; it does not anticipate a large increase in tobacco smuggling if Bill C-31 is enacted. The
Canadian Cancer Society proposed that: the RCMP block the supply of raw materials – such as
leaf tobacco, cigarette paper and cigarette filters – used by factories that produce illegal tobacco
products; the federal government replace its plan to move the Cornwall border crossing post to
Massena, New York with one that involves a two-part border post, with check points in both
locations; and the federal government persuade the U.S. government to shut down factories
producing illegal tobacco products in Akwesasne.
The Canadian Cancer Society provided statistics demonstrating both a decrease in contraband
tobacco products in recent years, and the lack of a relationship between contraband tobacco
products and higher excise duties. For example, it shared information from British American
Tobacco that suggested that contraband tobacco products in Canada decreased from 33% of the
total demand for tobacco in Canada in 2008 to 19% in 2010. It also provided information
suggesting that the percentage of tobacco products sold that is contraband is higher in Ontario
and in Quebec than it is in other provinces; net tobacco taxes in Ontario and Quebec are lower
than those in western provinces. The Heart and Stroke Foundation of Canada agreed that the
smuggling of contraband tobacco products does not result from higher tobacco taxes; instead, the
principal cause is criminality in a particular location and/or geographic hub.
7
The Canadian Medical Association suggested that, in order to reduce the amount of cross-border
smuggling of contraband tobacco products, the federal government should work with foreign
governments to ensure that tobacco prices are harmonized. It further proposed that all levels of
government implement the most stringent measures possible to control the sale and distribution
of contraband tobacco products, and that the estimated increase in federal tax revenues of $96
million in 2013–2014, $685 million in 2014–2015 and $660 million in 2015–2016 that would
result from the proposed increase in tobacco excise duties be allocated to strengthening Canada’s
tobacco control strategy.
With respect to e-cigarettes, the Canadian Cancer Society stated that e-cigarettes containing
nicotine are illegal in Canada, although they can be sold legally in the United States. However, it
observed that, as e-cigarettes are sold illegally in some parts of Canada, the federal government
should intervene and regulate: the sale of e-cigarettes – including those without nicotine – to
minors; the use of e-cigarettes in public places; the marketing of e-cigarettes; and the addition of
flavours to e-cigarettes. While the Heart and Stroke Foundation of Canada and the Canadian
Medical Association suggested that the federal government should regulate e-cigarettes, they
recognized the potential use of nicotine-based e-cigarettes in efforts to cease smoking.
A number of witnesses considered the possibility that tobacco products should be banned
entirely in Canada, with the Heart and Stroke Foundation of Canada stating that it would
consider making such a proposal if smoking rates in Canada were to fall from the current rate of
17% to around 5%; in its view, a rate of 5% would be feasible in terms of enforcement. The
Canadian Cancer Society indicated that, instead of banning all tobacco products, the
provincial/territorial governments that have not already done so should ban flavours in tobacco
products. The Canadian Cancer Society supported enhanced package warnings, a ban on all
flavoured tobacco products, well-funded Health Canada programming and the implementation of
plain packaging.
b. Administrative Monetary Penalty
Part 3 would amend the Excise Tax Act in two ways. Firstly, it would create an administrative
monetary penalty to be imposed on those who make false statements or omissions in an excise
tax return under the Excise Tax Act’s provisions that are unrelated to the Goods and Services
Tax/Harmonized Sales Tax (GST/HST). Secondly, it would add the offences found in the
GST/HST portion of the Excise Tax Act to the Excise Tax Act’s non-GST/HST portion.
The Department of Finance explained that the non-GST/HST portion of the Excise Tax Act
imposes excise taxes on motor fuels, such as gasoline and diesel, among other things. It also
stated that Part 3 would provide the Canada Revenue Agency with a new tool with which to
discourage taxpayers from reporting false information. According to it, the tool would allow a
wider range of sanctions and would simplify administration of the provisions that would be
amended by Part 3.
8
As well, the Department of Finance indicated that the proposed excise tax administrative
monetary penalty would be the greater of $250 or 25% of the tax avoided, and would be applied
by the Canada Revenue Agency.
c. Canada Revenue Agency Feedback
and Reports Analysis Centre of Canada
for
the
Financial
Transactions
Part 3 would amend the Excise Act, 2001 to allow the Canada Revenue Agency to provide
certain information to the Financial Transactions and Reports Analysis Centre of Canada.
The Department of Finance said that the changes proposed in Part 3 would allow the Canada
Revenue Agency to provide taxpayer information to an official of the Financial Transactions and
Reports Analysis Centre of Canada in order to evaluate the usefulness of information provided to
the Agency.
d. Disclosure of Taxpayer Information to a Police Organization
Part 3 would amend the Excise Act, 2001 to permit the disclosure of taxpayer information by a
Canada Revenue Agency official to a law enforcement officer of an appropriate domestic or
foreign police organization.
In speaking about the proposed change, the Department of Finance provided the example of a
situation in which a Canada Revenue Agency official has reasonable grounds to believe that the
information is evidence that would lead to the conviction of a serious crime.
e. The Offshore Tax Informant Program and Confidential Information
Part 3 would amend the Excise Act, 2001 to allow the Canada Revenue Agency to provide
specified information to certain individuals.
According to the Department of Finance, the proposed changes would give the Canada Revenue
Agency the authority to provide certain confidential information to a person who has entered into
a contract with it to provide information under the Offshore Tax Informant Program.
f. International Electronic Funds Transfer Reports and the Excise Act, 2001,
the Excise Tax Act and the Air Travellers Security Charge Act
Part 3 would amend the Excise Act, 2001, the Excise Tax Act and the Air Travellers Security
Charge Act to ensure that the Minister of National Revenue may use certain information for the
purposes of those Acts.
The Department of Finance stated that the proposed changes would ensure that the information
collected by the Minister of National Revenue in an information return filed in relation to
international electronic funds transfers of $10,000 or more under Part XV.1 of the Income Tax
Act could be used by the Minister for the purposes of administering those Acts.
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Part 4 – Amendments to the Customs Tariff
a. Certain Mobile Offshore Units
Part 4 would amend the List of Tariff Provisions set out in the schedule to the Customs Tariff to
reduce tariffs in relation to certain mobile offshore units.
The Department of Finance indicated that the most-favoured-nation tariff would be reduced from
20% to 0% on drilling platforms and drill-ships used in drilling activity for exploration,
delineation or development of offshore projects; these vessels are otherwise known as mobile
offshore drilling units. It stated that the proposed duty-free status of these units would lower
business costs, improve the global competitiveness of Canadian energy products and increase the
potential for resource discoveries in Canada's Atlantic and Arctic offshore areas; the previous
duty-free status expired on 4 May 2014.
The Canadian Association of Petroleum Producers supported the proposed change, explaining
that mobile offshore drilling units are not produced in Canada, and that – since 2004 – the tariff
has been under a temporary duty remission order that has been renewed every five years.
According to it, eliminating the tariff permanently would provide the energy sector with longterm certainty, reduce costs, and create a situation in Canada that is similar to other countries
with offshore petroleum development, such as Norway, the United Kingdom, the United States
and Australia, none of which has such a tariff. The Canadian Association of Petroleum Producers
argued that the temporary duty remission order, with its periodic renewal, has contributed to an
increase in offshore activity in Canada in recent years.
According to the Canadian Association of Petroleum Producers, there are fewer than 500 mobile
offshore drilling units commercially available worldwide, and fewer than 30 that would be
suitable for use in Canada's Atlantic and Arctic offshore areas due to the regions’ challenging
operating conditions; most of these latter units are manufactured in Asia.
With respect to other tariff reductions that would benefit Canadian offshore petroleum producers,
the Canadian Association of Petroleum Producers mentioned that producers would benefit from
an exemption for certain specialized vessels and some parts of facilities that are built as part of
offshore petroleum projects.
b. Goods Intended for the Use of the Governor General of Canada
Part 4 would amend the List of Tariff Provisions set out in the schedule to the Customs Tariff to
remove the tariff exemption applied on goods intended for the Governor General of Canada’s
use, and to apply the same tariff rules on the Governor General that are applied on other public
office holders.
The Department of Finance stated that, although the proposed changes would eliminate the
special tariff exemption for the Governor General, they would ensure that representational gifts
10
given to the Governor General would receive the same tariff treatment as other public office
holders, including members of Parliament, provincial premiers and municipal mayors.
c. Certain Imported Products that Include Cheese
Part 4 would amend the Customs Tariff to add a supplementary note to Chapter 16 of the
schedule to the statute to clarify the tariff classification of food preparations with components
that include cheese.
According to the Department of Finance, the proposed changes would address a gap in the
legislation. In particular, it noted that certain imported goods were being packaged in a manner
that was intended to circumvent Canada's tariff on supply-managed goods, which – at 245% – is
relatively high. The Department provided the example of pizza toppings, which are being
imported as a packaged item with both cheese and pepperoni in order to be classified as a “food
product,” rather than as “cheese” and “pepperoni”; when packaged together, the tariff rate is
lower.
Part 6, Division 2 – Amendments to the Bank of Canada Act and the Canada
Deposit Insurance Corporation Act
Division 2 would amend the Bank of Canada Act and the Canada Deposit Insurance
Corporation Act to authorize the Bank of Canada to provide banking and custodial services to
the Canada Deposit Insurance Corporation. At present, these services are provided by a privatesector financial institution.
According to the Department of Finance and the Canada Deposit Insurance Corporation, having
the Bank of Canada provide banking and custodial services for the Canada Deposit Insurance
Corporation’s fund that covers losses resulting from the financial insolvency of a member of the
Corporation would reduce the risk that financial market participants would learn of activity in
relation to the fund. Their concern was that information gained at a private-sector financial
institution about a particular action in relation to the fund may give rise to speculation about the
solvency of Corporation members, perhaps with negative consequences. As of 1 May 2014, the
day on which the Department appeared before the Committee, the fund was valued at
approximately $2.7 billion.
The Bank of Canada clarified that it would not provide investment advice with respect to the
assets in the fund, while the Canada Deposit Insurance Corporation commented that a group of
advisors within the Corporation has responsibility for investment decisions.
11
Part 6, Division 3 – Amendments to the Hazardous Products Act
Division 3 would amend the Hazardous Products Act and make consequential amendments to
the Canada Labour Code and the Hazardous Materials Information Review Act in order to
implement the Globally Harmonized System of Classification and Labelling of Chemicals
(GHS), and to harmonize Canada’s regulatory regime for workplace chemicals with the regimes
in other jurisdictions, such as the United States.
The Minister of Finance indicated that the proposed changes are intended to align Canadian
labelling requirements for hazardous chemicals with international standards; such an alignment
would facilitate the sale and importation of hazardous products used in the workplace. He
highlighted the importance of harmonization in relation to the United States, including with
respect to labelling, as different standards impose costs on manufacturers. The Minister noted,
however, that the federal government must also ensure that the standards adopted protect the
workplace appropriately.
Health Canada explained that the proposed changes would facilitate the adoption of the GHS in
relation to the product labels and safety data sheets provisions of the Workplace Hazardous
Materials Information System (WHMIS). It noted that WHMIS, which is a national system that
came into force in 1988, is based on a series of federal, provincial and territorial statutes, while
the GHS is a classification and labelling system developed under the auspices of the United
Nations; the GHS has been adopted by a number of jurisdictions, including the United States, the
European Union, China, South Korea and Australia.
Regarding the Hazardous Products Act, Health Canada stated that Division 3 proposes changes
that would: implement the GHS and change definitions, terminology, regulatory authorities, and
compliance and enforcement provisions; move eight sectors that are currently excluded from the
application of the Act into a schedule to the Act so that these sectors could potentially be brought
under the scope of the Act after a full regulatory process is conducted; and provide a transitional
period during which companies would switch to the GHS. It highlighted that having the GHS
adopted in Canada would provide benefits to Canadian businesses valued at more than $400
million and provide savings of $200 million over a 20-year period.
With regard to the potential inclusion of new sectors under the Hazardous Products Act, some
Committee members were concerned that the benefits for Canadian workers of this potential
inclusion were not evident. Moreover, in their view, further study may be required, and certain
sectors – particularly the food sector – could become over-regulated. In response, Health Canada
said that worker health and safety concerns were raised by the provinces and territories, as well
as by workers themselves, in relation to these eight sectors; as well, these sectors are regulated in
other jurisdictions – including the United States – under hazardous products legislation. Health
Canada also stated that moving the eight sectors to a schedule to the Act would allow full
consultation with businesses in order to determine whether a particular sector should be brought
12
under the Act. It also clarified that WHMIS requirements do not restrict products from entering
the marketplace; instead, they regulate the communication of safety information in relation to the
products. Lastly, Health Canada agreed to provide the Committee with a full cost-benefit
analysis of the GHS and detailed information about its overall benefit to businesses and
Canadian workers.
In its written submission, the Canadian Consumer Specialty Products Association expressed
support for harmonizing the systems for classifying and labelling hazardous products, arguing
that the proposed changes would facilitate trade and increase competitiveness, particularly within
North America. The Association recommended one change: amend section 14(b) of the
Hazardous Products Act to enable the development of a regulation that would exempt certain
imported products from labelling requirements. According to the Association, suppliers would
have to ensure – prior to importation – that product labels comply with the Act. In its view, this
requirement creates an unnecessary burden on suppliers.
Part 6, Division 4 – Amendment to the Importation of Intoxicating Liquors Act
Division 4 would amend the Importation of Intoxicating Liquors Act to exempt beer and spirits
from the general prohibition against importing intoxicating liquors into a province or territory in
circumstances where two requirements are met: the beer or spirits are for personal consumption;
and the beer or spirits are imported in quantities that are permitted by the laws of the province or
territory. In 2012, wine was exempted from the same general prohibition.
According to the Canada Revenue Agency, the Importation of Intoxicating Liquors Act was
passed in 1928, following the prohibition era, to establish the legal framework for the movement
of alcoholic beverages into Canada and between provinces. Moreover, it indicated that the
proposed change is analogous to that which removed the federal restrictions on the
interprovincial importation of wine in 2012. The Agency noted that the provinces and territories
would have to make changes to their legislation in order to permit the importation of alcoholic
beverages into their jurisdictions for personal consumption, and that Canadians could ask for
greater choice in the marketplace for alcoholic beverages and for changes to legislation through
their respective provincial or territorial government. Lastly, the Agency mentioned that – if Bill
C-31 is passed – the federal government would inform provincial and territorial authorities, as
well as liquor licence boards, about the removal of federal restrictions on the interprovincial
movement of alcohol.
Part 6, Division 8 – Amendments to the Customs Act
Division 8 would amend the Customs Act to make two changes to the provisions that pertain to
the appeal and correction process. First, it would extend – from 30 to 90 days – the deadline by
which the Minister of Public Safety and Emergency Preparedness or a designated officer may
13
take corrective measures following a seizure, penalty assessment or ascertained forfeiture.
Second, it would streamline the procedure for an appeal by allowing requests to be made directly
to the Minister rather than to either the officer who seized the goods or conveyance in question
or an officer at the customs office closest to the place where the seizure was executed. Requests
to the Minister could be made electronically, if desired. Similar amendments would be made in
the case of third-party claims.
The Canada Border Services Agency stated that the proposed change in the deadline would
increase efficiency by allowing individuals and businesses to avoid the appeal process in
situations where an error has occurred in relation to an enforcement action. The Agency also
explained that the proposed change in relation to requests to the Minister would allow it to
receive appeals electronically, thereby making appeals more accessible and timely.
Regarding third-party claims, the Canada Border Services Agency provided the example of a
rental car company whose vehicle may have been seized as part of an enforcement action against
the driver of the vehicle. In such a case, the rental car company would be the third party.
Part 6, Division 13 – Amendments to the Bank Act
Division 13 would amend the Bank Act to provide the Governor in Council with regulationmaking powers regarding a bank’s activities in relation to derivatives and benchmarks.
With regard to derivatives, the Department of Finance indicated that the proposed changes are
part of the federal government’s efforts to reform the over-the-counter derivatives market, with
banks being the largest participants in the Canadian market. It noted that, in 2012, the
government implemented the central clearing of derivatives and that the Bank of Canada
designated LCH.Clearnet Limited, a clearinghouse based in the United Kingdom, as systemically
important for derivative transactions. As well, the Department commented that the provinces
have introduced requirements to make the reporting of derivatives trades more transparent, and
that the Office of the Superintendent of Financial Institutions has guidelines for both banks’
derivatives activities and the clearing of derivatives transactions through central counterparties.
The Canadian Bankers Association expressed strong support for the proposed changes, arguing
that they would clarify the federal government’s authority to regulate derivatives, particularly
over-the-counter derivatives. In its view, the proposed definition for the term “derivative” is
broad enough to provide the government with the scope to regulate a bank’s current and future
derivatives activities. The Association noted that there is no retail market for over-the-counter
derivatives, and that Canada’s five largest banks are involved in more than 95% of the over-thecounter derivatives transactions that take place in Canada. As well, it highlighted that Canadian
banks participate in about 2% of the global derivatives market, which is valued at between $600
trillion and $700 trillion. With regard to the Office of the Superintendent of Financial
14
Institutions, the Association explained that the Office has always had responsibility for
supervising banks’ derivatives activities, as well as for overseeing Canadian banks and their
foreign subsidiaries; furthermore, it has the ability to access data in relation to banks’ derivatives
transactions, including those with foreign counterparties.
According to the Canadian Bankers Association, the proposed changes would be part of
Canada’s Group of Twenty commitment to implement a coordinated regulatory reform of the
over-the-counter derivatives market, and would indicate – to international regulatory authorities
– the framework that Canada intends to use in its regulation of derivatives. As well, it
emphasized that it did not believe that the proposed regulations are intended to be used to
intervene in the event of a financial crisis. The Association agreed to provide detailed statistics
about derivatives transactions in Canada.
Regarding the proposed changes in relation to benchmarks, the Department of Finance
mentioned that the allegations concerning the potential manipulation of the London Interbank
Offered Rate, known as the LIBOR, in the United Kingdom resulted in an endorsement – by
international regulators – of the need for strengthened oversight of financial benchmarks. It
indicated that the proposed changes would regulate the data that would be submitted by
Canadian banks and the manner in which data are submitted in the setting of financial
benchmarks.
According to the Canadian Bankers Association, although it did not request the proposed change
in relation to financial benchmarks, it does not have any concerns with it. In its view, the
proposed change would demonstrate, to international regulatory authorities, that Canada’s
federal government and the Office of the Superintendent of Financial Institutions would be
participating in establishing or enhancing any practices in relation to the setting of financial
benchmarks, particularly the Canadian Dealer Offered Rate.
Part 6, Division 14 – Amendments to the Insurance Companies Act
Division 14 would amend the Insurance Companies Act to give the Governor in Council the
authority to make regulations respecting:

the process for developing a proposal to convert a mutual insurance company into a company
with common shares;

the circumstances for court intervention in that development process;

the Superintendent of Financial Institution’s authorization of notices to be sent in the context
of that development process; and

additional limitations on ownership of the common shares of a converted mutual insurance
company.
15
The Minister of Finance indicated that the federal government is in the process of drafting a
framework for the demutualization of mutual property and casualty insurance companies, and
will be holding consultations with stakeholders.
The Department of Finance explained that the proposed regulations would set out the details of
the property and casualty demutualization framework. According to it, public consultations were
held in 2011 in relation to a proposed framework for demutualization of property and casualty
insurers, and future consultations on this proposed framework will be extensive and involve
discussions about the rights of policyholders who are not mutual policyholders, including
whether they would have the right to vote on a demutualization proposal. As well, the
Department indicated that the proposed regulations and framework would address certain unique
aspects of mutual property and casualty insurance companies, including the rights of non-mutual
policyholders and the potential use of the court to facilitate negotiations among the various types
of policyholders.
The Insurance Brokers of Canada noted that mutual insurance policies represent one of every
four policies sold in Canada. It expressed support for the proposed changes, arguing that they
would give the Governor in Council a clear mandate to establish a framework for
demutualization of property and casualty insurers. In its view, a mutual property and casualty
insurance company that is proposing demutualization should: provide a clear rationale for
wanting to become a publicly held corporation; demonstrate why amalgamations with other
mutual insurers, loans and other means of raising capital are not sufficient to meet its needs; and
indicate how the same level of quality, cost and continuity of services would be provided to the
same range of constituents.
Regarding the relationship between policyholders and the equity of a mutual property and
casualty insurer, the Insurance Brokers of Canada explained that there is no direct relationship
between the current policyholders and the equity of the company, as the equity consists of assets
and surplus that have been built up over generations of policyholders. It argued that all present
and past policyholders should be permitted to vote on demutualization, and that voting should
occur in accordance with a one policy-one vote model.
The Canadian Association of Mutual Insurance Companies highlighted that Canadian mutual
property and casualty insurance companies were formed primarily by farmers between 100 and
175 years ago, and that – as it is the result of accumulated profits over many generations – the
surplus of mutual insurance companies belongs to all past generations of policyholders and to the
community. As well, it expressed concern that some policyholders only want to pursue
demutualization in order to access a portion of the surplus.
According to the Canadian Association of Mutual Insurance Companies, the proposed changes
have some shortcomings, and Division 14 should either be amended to address them or removed
from Bill C-31 to enable consideration as a separate bill. In relation to the shortcomings, it
16
believed that the proposed changes should: require all policyholders of a mutual property and
casualty insurer to have the right to vote on a demutualization proposal; ensure that any
demutualization proposal is subject to supermajority quorum and approval thresholds; recognize
that the surplus of a mutual property and casualty insurance company is a common good built up
over many generations, with current policyholders unable to receive any part of a surplus to
which they have not contributed; and ensure that any issues in relation to a demutualization
proposal are resolved by elected officials through legislation, rather than through the courts. It
noted that the proposed changes could apply to four federally regulated mutual property and
casualty insurance companies.
The Co-operators Group supported the views of the Canadian Association of Mutual Insurance
Companies in relation to the rights of all policyholders to vote, and to receive a portion of the
mutual property and casualty insurance company’s surplus. As well, it argued that no
policyholder’s portion of the surplus should exceed the value of his/her actuarially determined
contribution to the surplus; any surplus remaining after each policyholder has received his/her
share should be used to support the mutual insurance industry or mutualist goals. It also
emphasized that, while life insurance policies are for longer terms and may have savings options,
mutual property and casualty insurers’ policies are only for one year; consequently, on an
actuarial basis, these policies make an insignificant contribution to the equity of an insurer. It
was also concerned that, in the event that all property and casualty insurance companies were to
decide to demutualize and become corporations with shares, these profit-oriented insurers would
start to focus on urban centres in order to access capital and new policyholders, resulting in
fewer insurers and insurance products for rural communities.
According to the Co-operators Group, mutual property and casualty insurance companies that
wish to demutualize should be required to demonstrate that all reasonable alternatives to
demutualization have been considered, and that demutualization would serve the best interests of
all policyholders. It noted that third parties, such as law firms and other groups, may contact
policyholders and encourage them to support demutualization in order to have access to the
surplus. Lastly, it advocated legislation that would allow mutual and like-minded organizations,
such as cooperatives and fraternal benefit associations, to be organized in a manner that would
preserve the character of the existing mutual property and casualty insurance company and be an
alternative to demutualization.
Economical Insurance – which has 940 mutual policies, about 800,000 non-mutual policies and a
surplus of $1.6 billion, as of 14 May 2014 – stated that it began to pursue demutualization in
2010 due to difficulties in raising capital as a mutual property and casualty insurance company,
and in competing against large publicly owned Canadian insurance companies and multinational
insurers. It explained that an Ontario insurance law requirement, which was repealed in the early
2000s, attached a premium note to mutual policies and made it difficult to sell these types of
policies; this premium note allowed the insurer to ask the policyholder to provide additional
capital, as required.
17
Economical Insurance argued that demutualization would allow it to: improve its financial
stability and flexibility in raising capital; make improvements to its technological systems; and
position the company for consolidation with other insurers. In its view, the interests of the
mutual property and casualty insurance industry would be best served by regulations that permit
demutualization to be executed effectively and without delay, cost or undue risk of litigation. It
also noted that, in its consultation with the Department of Finance, the Department provided a
strong indication that the proposed regulations would provide for broad sharing of the surplus
and would be in the interest of all policyholders, not just the mutual policyholders.
Part 6, Division 19 – Amendments to the Proceeds of Crime (Money
Laundering) and Terrorist Financing Act
Division 19 would amend the Proceeds of Crime (Money Laundering) and Terrorist Financing
Act (the Act) in various ways.
The Department of Finance stated that, in proposing the changes in Division 19, it was guided by
a number of principles: Canada's anti-money laundering and anti-terrorist financing regime (the
Regime) should be at the forefront of the global fight against money laundering and terrorist
financing; the integrity of Canada's financial system should be safeguarded; and the balance
between the need to deter and detect money laundering and terrorist financing on one hand, and
the need to protect the privacy and Charter rights of Canadians on the other hand, should be
maintained. According to the Department, most of the amendments proposed in Division 19 are
related to five themes, which are identified below; other amendments, which were considered to
be technical in nature, were not addressed specifically by the Committee’s witnesses.
As well, the Department of Finance noted that, in the coming months, it will be developing
regulations to support the 40 legislative amendments proposed in Division 19; consultations
about these regulations will be held.
Theme 1 - Closing the Gaps in Canada’s Anti-Money Laundering and Anti-Terrorist
Financing Regime
The first theme identified by the Department of Finance was closing the gaps in Canada’s
Regime, in respect of which it explained that the proposed changes would ensure that entities
considered to be at risk of money laundering activities are covered by the Act. These entities
would include businesses dealing in virtual currencies, online casinos, and foreign money
services businesses that specifically target the Canadian market for online financial services.
The Canadian Life and Health Insurance Association supported the proposed changes in relation
to foreign money services businesses. According to it, an obligation that such businesses adopt
18
requirements “similar to” those in Canada would avoid potential conflicts resulting from
legislative differences among jurisdictions.
The Department of Finance commented on the benefits, for businesses dealing in virtual
currencies, of being covered by the Act. It stated that including such businesses in the
“regulatory framework” would improve the likelihood that domestic financial institutions would
accept them as clients, given that some currently face challenges in accessing financial services
due to their “unregulated” status. The Department clarified that these businesses would be treated
as money services businesses for purposes of the Act and, as such, would be required to report to
and register with the Financial Transactions and Reports Analysis Centre of Canada (the Centre).
It also indicated that the forthcoming regulations will specify that the changes proposed in
Division 19 would apply to businesses that deal in virtual currencies, such as virtual currency
exchanges, and not to retail businesses that accept virtual currencies as a method of payment.
Theme 2 - Strengthening Customer Identification and Due Diligence
The second theme mentioned by the Department of Finance was strengthening customer
identification and due diligence. It noted that Division 19 would require reporting entities to
identify politically exposed domestic persons on a national and sub-national basis, and to take
certain measures when such persons are deemed to be “high risk” with respect to money
laundering.
Regarding Canada’s global responsibilities to help combat money laundering and terrorist
financing, the Department of Finance noted that – in 2015 – Canada’s Regime will be the subject
of a mutual evaluation conducted by the Financial Action Task Force, and that it is working
towards addressing any potential deficiencies to ensure that Canada is meeting its international
obligations. The Department also explained that the proposed changes relating to politically
exposed domestic persons reflect Financial Action Task Force recommendations.
The Canadian Life and Health Insurance Association stated that politically exposed domestic
persons should not automatically be considered “high risk,” and proposed that the list of
domestic persons considered to be politically exposed be narrowed. For example, in its view, the
list could be narrowed by applying a requirement that the reporting entity identify close
associates of a person only after it has identified that person as “high risk.”
The Chartered Professional Accountants of Canada cautioned that the amendments proposed in
Division 19 would not completely align the Act with the Financial Action Task Force’s
recommendation 22, which deals with customer due diligence by designated non-financial
businesses and professions. In particular, it noted that recommendation 22 states that accountants
should be required to submit a report when they carry out the following two activities:
organizing funds for the creation, operation or management of companies; and/or the creation,
operation or management of legal persons or arrangements. The Chartered Professional
19
Accountants of Canada proposed that changes be made to the Act in order that accountants in
Canada would be required to report to the Centre when performing such activities.
Theme 3 - Improving Compliance, Monitoring and Enforcement
The proposed measures in relation to the third theme discussed by the Department of Finance –
improving compliance, monitoring and enforcement – would include the Centre’s ability to
receive information provided voluntarily by certain persons or entities with respect to a reporting
entity’s compliance with Parts 1 and 1.1 of the Act. According to the Department, Division 19
would also include an amendment to the appeal process for cross-border currency reporting
programs.
The Chartered Professional Accountants of Canada expressed concern that the proposed change
that would enable the Centre to file suspicious transaction reports with the court could
discourage reporting entities from filing such reports. It suggested that the name and identifying
details of the reporting entity should be redacted or sealed when such reports are filed with the
court.
Theme 4 - Strengthening Information Sharing within Canada’s Anti-Money Laundering
and Anti-Terrorist Financing Regime
The fourth theme identified by the Department of Finance was strengthening information sharing
among the Regime’s partners. According to the Department, the proposed changes would allow
the Centre to disclose information regarding threats to the security of Canada to Canadian law
enforcement agencies and the Canada Border Services Agency; at present, the information can
be disclosed only to the Canadian Security Intelligence Service. The Department of Finance
indicated that the proposed changes are part of the federal government’s response to the Air
India Inquiry.
The Chartered Professional Accountants of Canada supported the proposed change that would
allow the Centre to disclose publicly its involvement in a case that was successfully prosecuted,
and advocated additional amendments that would also allow the Centre to make public the
details of the suspicious transactions reports relating to that case.
Theme 5 - Bringing Part 1.1 of the Proceeds of Crime (Money Laundering) and Terrorist
Financing Act into Force
The fifth and final theme mentioned by the Department of Finance was bringing Part 1.1 of the
Act into force; Part 1.1 was introduced by the Jobs and Economic Growth Act in 2010. The
Department noted that Part 1.1 would allow the federal government to take countermeasures
against foreign states and foreign entities that are considered to be “high risk” with respect to
money laundering or terrorist financing.
20
The Chartered Professional Accountants of Canada requested that regulations in relation to Part
1.1 provide sufficient time to enable compliance.
The Costs and Benefits of Division 19 for Reporting Entities
In speaking about the costs and benefits of the changes proposed in Division 19, the Department
of Finance argued that the incremental cost of adding the concept of politically exposed domestic
persons to the Act would be small, as most federally regulated financial institutions already have
client identification procedures in place through their regular risk assessment processes; these
procedures would enable them to identify politically exposed domestic persons.
The Department of Finance also discussed the one-for-one rule, whereby an additional
compliance burden for reporting entities would be offset by removing a different burden.
The Financial Transactions and Reports Analysis Centre of Canada identified two fraud cases in
which it had made contributions that led to convictions. In one case, the fraud exceeded $200
million, while in the other case it exceeded $400 million.
Additional Changes Proposed by Witnesses
In addition to their comments in relation to specific provisions in Division 19, witnesses
proposed additional changes to the Regime. For example, in speaking about the links between
insurance fraud and organized crime, the Insurance Bureau of Canada requested that the federal
government establish protocols that would enable improved communication between public and
private organizations.
The Department of Finance stated that, while certain parts of the Act apply to life and health
insurance companies, the Act does not apply to property and casualty insurance companies. The
Insurance Brokers Association of Canada supported the continued exclusion of these companies
from the scope of the Act.
The Canadian Life and Health Insurance Association indicated that, in a risk-based approach for
the Regime, reporting entities would be required to take enhanced customer identification and
due diligence measures in situations where there are higher risks of money laundering or terrorist
financing, with simplified measures employed in situations of lower risk. It argued that, although
some of the changes proposed in Division 19 are risk-based, such an approach should be more
central to Canada’s Regime.
The Chartered Professional Accountants of Canada stated that most reporting entities are
frustrated with the burdensome nature of the Act’s identification standards, particularly in nonface-to-face situations; Canada’s identification standards are higher than those in other countries.
According to it, this frustration is not addressed through the proposed changes in Division 19.
The Department of Finance indicated that, with a view to minimizing the burden for reporting
21
entities, it is considering regulatory measures that would address non-face-to-face identification
requirements.
Some witnesses suggested that the list of reporting entities under the Act should be expanded.
For example, the Chartered Professional Accountants of Canada proposed that all individuals
and firms that perform accounting functions in Canada be reporting entities for purposes of the
Act. In particular, it suggested that individuals performing the roles of trustee in bankruptcy,
receiver, receiver-manager, interim receiver and monitor should be reporting entities. Appearing
as an individual, Matthew McGuire proposed that leasing and finance companies also be
reporting entities.
Mr. McGuire further suggested that money services businesses should have prudential
regulation, and that the civil forfeiture regime should be used more often to prosecute money
laundering and terrorist financing crimes.
Division 19 and the Committee’s March 2013 Recommendations
A number of witnesses discussed the recommendations made by the Committee in its
March 2013 report on Canada’s Regime and their link to some of the changes proposed in
Division 19.
According to the Department of Finance, the provisions in Division 19 relating to information
sharing and enhanced accountability are partly due to some of the Committee’s
recommendations. It stated that other recommendations made by the Committee will be
addressed through the forthcoming regulations and the departmental performance review, the
latter of which provides statistics and performance measurements.
With respect to the Committee’s recommendation regarding “real time” reporting, the
Department of Finance indicated that such a requirement would create a substantial burden for
reporting entities, particularly those that are small. The Financial Transactions and Reports
Analysis Centre of Canada observed that the Regime partners do not complain about delays in
receiving case disclosures when the prescribed timelines are observed. Mr. McGuire asserted that
receiving electronic funds transactions reports in “real time” could enable authorities to stop a
transaction or impede the flow of further transactions, and that most large reporting entities
would be able to report in “real time” quite easily. He indicated that it would be more difficult,
and perhaps unwise, to require the submission of suspicious transactions reports in real time; as
filing such a report has consequences, reporting entities should give adequate thought before
doing so. He suggested that, if a financial institution has filed a suspicious transaction report in
relation to a client, it may be less likely to lend to that client in the future.
Regarding the Committee’s recommendations with respect to improved cooperation among the
various Regime partners, the Department of Finance said that it is developing a risk assessment
framework involving all Regime partners; according to it, the framework will improve
collaboration among them. The Canadian Life and Health Insurance Association urged the
22
Department of Finance, the Centre and the Office of the Superintendent of Financial Institutions
to continue to work together to provide a clear, consistent and workable framework for the
Regime.
Some Committee members were frustrated with the changes proposed in Division 19, feeling
that they did not go far enough in addressing the Committee’s recommendations in its March
2013 report.
Part 6, Division 22 – Amendments to the Softwood Lumber Products Export
Charge Act, 2006
Division 22 would amend the Softwood Lumber Products Export Charge Act, 2006 to clarify
how payments to the provinces are to be determined. Under the Act, an export charge is levied
on certain softwood lumber products shipped to the United States; some of the revenue is
distributed among the provinces from which the softwood lumber products originate.
The Department of Finance explained that the federal government collects export charges on the
shipment of softwood lumber to the United States; after retaining an amount to cover federal
administration and legal costs, it transfers the remaining amount to the provinces. According to
the Department, the proposed change would clarify the cost recovery structure with the provinces
under the Canada–U.S. Softwood Lumber Agreement by: allowing federal costs to be carried
forward and recovered in future periods; allowing costs to be recovered pursuant to section 40.1
of the Federal–Provincial Fiscal Arrangements Act or through voluntary payments to a
province; and not requiring the Minister of National Revenue to transfer revenue to a province if
that province has an accrued balance with the federal government.
Part 6, Division 24 – Amendments to the Protection of Residential Mortgage or
Hypothecary Insurance Act and the National Housing Act
Division 24 would amend the Protection of Residential Mortgage or Hypothecary Insurance Act
and the National Housing Act. With the proposed changes, the regulatory criteria relating to a
guarantee of payment under the National Housing Act could apply to an existing insured
mortgage or hypothecary loan that has not yet been securitized. The proposed changes would
allow regulations to be made that would prohibit the use of government-insured mortgages as
collateral in securitization vehicles that are not sponsored by the Canada Mortgage and Housing
Corporation, regardless of when the loan was insured.
The Department of Finance explained that the proposed changes would broaden the federal
government’s ability to create regulations under the Protection of Residential Mortgage or
Hypothecary Insurance Act and the National Housing Act, in part by allowing the creation of
regulations that apply to mortgage or hypothecary loans that have already been insured.
23
According to it, the proposed regulation-making authority would allow the government to
introduce regulations that would reduce the extent to which taxpayer funds would be used to
cover potential Canada Mortgage and Housing Corporation losses.
Part 6, Division 25 – Amendments to the Trade-marks Act
Division 25 would amend the Trade-marks Act to add several provisions relating to
three international treaties that the federal government seeks to ratify: the Madrid Protocol; the
Singapore Treaty; and the Nice Agreement.
The Minister of Finance stated that the proposed changes would reduce red tape for Canadian
businesses and simplify Canada’s trade-mark registration system.
According to Industry Canada, the changes proposed in Division 25 would implement the
Madrid Protocol, which provides a single trade-mark application for many jurisdictions, the
Singapore Treaty, which harmonizes trade-marks registration processes across jurisdictions, and
the Nice Agreement, which introduces a standardized trade-marks classification system. It
indicated that implementation of these treaties would reduce costs and the administrative burden
on Canadian businesses, facilitate the expansion of such businesses in foreign markets and
encourage foreign investment in Canada. In its view, Division 25 would not change Canada’s
substantive requirements in relation to trade-marks; rather, administrative practices would be
changed.
Industry Canada noted that, in the past 10 years, three consultations have been held with
stakeholders in the “intellectual property community” regarding the Madrid Protocol and the
Singapore Treaty; however, views differed about how to implement the treaties. Regarding
Division 25’s proposed change that would eliminate the requirement for businesses to file a
paper form declaring how a trade-mark is used, it asserted that the objective is to reduce the
administrative burden on businesses. Industry Canada also stressed that, with the elimination of
the declaration-of-use requirement, domestic and foreign applicants would be subject to the same
registration requirements; under the current system, some foreign applicants are allowed to file
for registration without a declaration of use. As well, it emphasized that use of a trade-mark
would remain a fundamental principle of Canada’s trade-marks regime, in that an application to
register a trade-mark requires the applicant to use – or to have the intention to use – the trademark in Canada, and that a registered trade-mark can be challenged and cancelled through an
administrative process if it has not been used in the first three years following registration.
According to Industry Canada, the rate of opposition for trade-mark registration ranges from 2%
to 5% each year; it does not expect the rate to exceed 7% or 8% following implementation of the
treaties.
Industry Canada noted that “trade-mark trolls” are companies that register trade-marks in order
to obtain payment from businesses for the right to use the trade-mark. Regarding a possible
24
increase in the number of “trolls” following the implementation of the treaties, Industry Canada
indicated that it does not expect an increase in the number of trolls in Canada. As well, it said
that there is a robust examination system in place to deal with those types of registrations.
Industry Canada also stated that implementing these three treaties was not a precondition for
concluding the negotiations for the comprehensive economic and trade agreement between
Canada and the European Union; that said, aligning Canada’s administrative practices with those
of Europe would reduce the time and costs for Canadian businesses that wish to enter the
European marketplace. Regarding the United States’ implementation of the three treaties,
Industry Canada explained that – for constitutional reasons – the United States had to create a
dual trade-mark registration system: domestic applicants are required to file forms indicating
how the trade-mark will be used, while foreign applicants are not required to do so. It suggested
that, when compared to foreign applicants, the implementation of a dual system in Canada would
impose a greater administrative burden and higher costs on Canadian businesses.
In addition to federal officials, the Committee heard from several witnesses, all of whom had
strong reservations with respect to the changes proposed in Division 25.
Canadian Manufacturers & Exporters were concerned that the proposed change to the
declaration-of-use requirement would allow applicants that have little or no legitimate interest in
a trade-mark to register a trade-mark, and that this registration would be at the detriment of a
business that has a genuine intention to use the same trade-mark for commercial purposes. In its
view, the proposed changes would shift responsibility for ensuring that trade-marks are used
from the Registrar of Trade-marks to trade-mark owners; this shift would increase the costs for
businesses, as they would have to augment their monitoring of the trademark registry, as well as
initiate opposition and cancellation proceedings.
Regarding the implementation of the three treaties, Canadian Manufacturers & Exporters noted
that large companies would most likely benefit from the Madrid Protocol, while smaller
companies would mostly likely register using less expensive alternatives. Moreover, while it
expressed support for the implementation of the Madrid Protocol, it noted that adoption of the
Nice Agreement’s classification scheme could increase filing fees, cause delays and lead to the
possible cancellation of a trade-mark due to trade-mark examiners and applicants not being
familiar with the classification scheme. It argued that Bill C-31 should be amended to include: a
grace period to give businesses and intellectual property professionals sufficient time to
familiarize themselves with the Nice Agreement’s classification system; and an appeal process
for disputes in relation to the classification of a trade-mark.
The Canadian Chamber of Commerce asserted that the proposed amendment to the declarationof-use requirement would radically change Canada’s trade-mark law, in that it would replace a
use-based system, which protects the goodwill that a trade-mark represents, with a registrationbased system. In its view, this proposed change is not required to implement the three treaties,
25
and would result in: an increase in the number of trade-mark trolls; the trade-mark registry
becoming overcrowded with unused trade-marks; and a greater number of disputes between
unregistered users of a trade-mark and registered owners of the same trade-mark that do not use
it for commercial purposes.
As well, the Canadian Chamber of Commerce emphasized that, while removing the declarationof-use requirement would allow applications to be processed in a more timely manner, it would
put a greater burden on Canadian businesses at the opposition stage when challenging a trademark registration. Lastly, the Chamber noted that the Trade-marks Act is based on the federal
power over trade and commerce; however, without the declaration-of-use requirement for a
trade-mark, trade-mark registration would not be based on trade or commerce and, consequently,
there could be a risk of a constitutional challenge.
Bereskin & Parr, an intellectual property law firm, also argued that not having the declaration-ofuse requirement would make the trade-mark registry overcrowded with unused trade-marks and
cause the approval of trade-marks to be more expensive for Canadian businesses. In its view,
Canadian intellectual property lawyers oppose the proposed conversion from a use-based system
to a registration-based system, and feel that the proposed changes would result in added costs for
Canadian businesses that want to oppose a trade-mark registration, and therefore more work for
lawyers.
Regarding the United States’ implementation of the three treaties, Bereskin & Parr highlighted
that the implementation occurred without substantial changes to that country’s domestic law; as
well, the United States’ system ensures that there is bona fide intention to use the trade-mark in
the United States. It stated that, although the Madrid Protocol has been in effect in the United
States for 10 years, some businesses find it less expensive to register a trade-mark using
alternative methods. In its view, Canadian businesses can pursue registration options that are
relatively less expensive than that provided in the Madrid Protocol. It acknowledged that the
legal profession – in general – does not oppose the implementation of the Madrid Protocol;
however, it feels that the Trade-marks Act should not be substantially changed in order to
implement it. Lastly, it mentioned that improving the efficiency of the Trade-mark Office should
be a priority before implementing the Madrid Protocol, as the Protocol imposes strict timelines
for applications.
The International Federation of Intellectual Property Attorneys argued that certain changes
proposed in Division 25 would represent a foundational restructuring of Canada’s trade-mark
registration system, and that this restructuring would be detrimental to Canadian trade-mark
owners. According to the Federation, the proposed change to the declaration-of-use requirement
would lead to: increased costs for businesses due to a greater number of legal challenges with the
Trade-mark Office and at the Federal Court; crowding of the trade-marks registry with unused
foreign trade-marks; an indeterminate status for registered trade-marks’ rights due to the trademarks being associated with potentially an unlimited number of goods and services; and
26
constitutional doubt about the validity of the trade-marks regime if registration would be allowed
for trade-marks not used in trade or commerce. In its view, the changes proposed in relation to
declaration of use are not supported by trade-mark owners and other groups that work with trademarks; nor do they appear to provide any advantage for Canadian businesses.
Like Bereskin & Parr, the International Federation of Intellectual Property Attorneys noted that
the Madrid Protocol is a European tool, and argued that its requirements align more closely with
a civil law – rather than a common law – system. As well, in its view, using the Madrid Protocol
would only be cost-neutral for a Canadian business if it wished to file in the United States, the
European Union and five or six other jurisdictions. It considered the approach taken by the
United States regarding the implementation of the three treaties as relevant for Canada, in that
the adoption of the Madrid Protocol in the United States occurred with minimal alterations to
that country’s domestic trade-marks system. With regard to the United States’ dual system for
registration of trade-marks, the Federation stated that – despite the different registration
requirements – both domestic and foreign applicants have to prove bona fide use of the trademark by the fifth and sixth years after registration. Lastly, it noted that there are additional
enforceable rights in relation to trade-marks under Canada’s common law and the Civil Code of
Quebec, and argued that the proposed changes to the Trade-marks Act are not consistent with
those rights. The Federation suggested that the clauses that would amend sections 16, 30 and 40
of the Trade-marks Act should be removed from Bill C-31.
A group of more than 228 Canadian intellectual property professionals, in a written submission
to the Committee, expressed concern about the proposed change to the declaration-of-use
requirement. They indicated that, while they do not object to the implementation of the three
treaties, they believe that removal of declaration of use as a registration requirement is not
required for their implementation. They urged the federal government to hold consultations with
stakeholders on this proposed change. Like the International Federation of Intellectual Property
Attorneys, they suggested that the clauses that would amend sections 16, 30 and 40 of the Trademarks Act, and related transitional rules, should be removed from Bill C-31 pending further
study.
In its written submission to the Committee, the Canadian Bar Association was also concerned
about the proposed change to the declaration-of-use requirement, which it believes is not
required in order to implement the three treaties. It suggested that the proposed change could be
motivated by “internal efficiency” at the Trade-marks Office, rather than by the protection of
Canadian business interests. The Association acknowledged that the federal government has held
consultations regarding certain aspects of trade-mark law, but noted that consultations have not
occurred with respect to the proposed changes that would affect the declaration-of-use
requirement; these changes are in clauses 330, 339 and 345 of Bill C-31. It suggested that
Division 25 should be removed from Bill C-31 so that the proposed changes could be subject to
further consultations.
27
The Intellectual Property Institute of Canada highlighted, in its written submission to the
Committee, that Division 25 proposes a number of positive changes to Canada’s trade-marks
system, including a proposed expansion in the definition of the term “trade-mark” and an
amendment that would permit the correction of errors in the trade-marks register. However, in
identifying concerns about the proposed elimination of the declaration-of-use requirement, it
proposed that this requirement be maintained in the Trade-marks Act or, in the alternative, that
further amendments be made that would ensure that an application is based on use or proposed
use in Canada; such amendments could include: providing a definition for “propose to use”;
requiring foreign applicants to include a declaration of a bona fide intention to use the trademark in Canada; and requiring a registrant to file evidence of actual use of the trade-mark after
registration or upon renewal. The Institute also identified more than a dozen instances of what it
characterized as technical errors and inconsistences in the English and French versions of
Division 25, and suggested ways in which they could be addressed.
28
APPENDIX A: WITNESSES
Thursday, May 1, 2014
Department of Finance:
The Honourable Joe Oliver, P.C., M.P., Minister of Finance;
Brian Ernewein, General Director, Tax Policy Branch;
Toni Gravelle, General Director, Financial Sector Policy Branch;
Pierre Mercille, Senior Legislative Chief, GST Legislation;
Gervais Coulombe, Chief, Excise Policy, Sales Tax Division;
Dean Beyea, Director, International Trade Policy;
Patrick Halley, Chief, Trade and Tariff Policy;
Kevin Wright, Chief, Financial Markets Division;
David Smith, Senior Chief, Capital Markets Policy;
James Wu, Chief, Financial Institutions Analysis;
Michèle Legault, Senior Project Leader, Financial Institutions Division;
Michèle Govier, Chief, Trade Remedies and General Trade Relations.
Health Canada:
Suzy McDonald, Director General, Workplace Hazardous Materials Directorate;
Jason Wood, Director, Policy and Program Development, Workplace Hazardous Materials
Directorate;
John Morales, Legal Counsel, Legal Services Unit.
Canada Revenue Agency:
Brian McCauley, Assistant Commissioner, Legislative Policy and Regulatory Affairs Branch.
29
Canada Border Services Agency:
Tammy Branch, General Director.
Foreign Affairs, Trade and Development Canada:
Colin Bird, Director, Softwood Lumber Division.
Bank of Canada:
Rob Turnbull, Special Counsel, Financial System.
Canada Deposit Insurance Corporation:
Mark Maltais, Director, Treasury and Investment Management.
Wednesday, May 7, 2014
Department of Finance:
David Murchison, Director, Financial Sector;
Rachel Grasham, Chief, Financial Sector Division.
Financial Transactions and Reports Analysis Centre of Canada:
Darlene Boileau, Deputy Director, Strategic Policy and Public Affairs.
Canada Border Services Agency:
Colette Cibula, Director, Recourse Program Management, Recourse Directorate.
Insurance Bureau of Canada:
Garry Robertson, CFE, National Director, Investigative Services.
Insurance Brokers Association of Canada:
Steve Masnyk, Manager, Public Affairs.
Chartered Professional Accountants of Canada:
Matthew McGuire, Chair, Anti-Money Laundering Committee.
30
Canadian Life and Health Insurance Association:
Frank Zinatelli, Vice President and General Counsel.
Thursday, May 8, 2014
Industry Canada:
Darlene Carreau, Chairperson, Trade-marks Opposition Board;
Anne-Marie Monteith, Director, Copyright and Trade-mark Policy Directorate;
Paul Halucha, Director General, Marketplace Framework Policy Branch.
Canadian Manufacturers & Exporters:
Philip Turi, General Counsel and Director, Global Business Services.
Canadian Chamber of Commerce:
Scott Smith, Director, Intellectual Property and Innovation Policy.
Bereskin & Parr, Intellectual Property Law:
Dan Bereskin, Partner.
International Federation of Intellectual Property Attorneys:
Coleen Morrison, Vice President;
Robert Storey, President, Membership Commission.
Wednesday, May 14, 2014
Canadian Bankers Association:
Marina Mandal, Senior Legal Counsel;
Kenneth Thorlakson, Vice-President and Associate General Counsel, Scotia Bank.
Insurance Brokers Association of Canada:
Steve Masnyk, Manager, Public Affairs.
31
Canadian Association of Mutual Insurance Companies:
Normand Lafrenière, President.
The Co-operators Group:
Frank Lowery, Senior Vice President, General Counsel and Secretary.
Economical Insurance:
Karen Gavan, President and CEO.
Thursday, May 15, 2014
Canadian Association of Petroleum Producers:
Bob Bleaney, Vice President, Ottawa and Eastern/Atlantic Canada;
Paul Barnes, Manager, Atlantic Canada and Arctic.
Canadian Cancer Society:
Rob Cunningham, Senior Policy Analyst.
Heart and Stroke Foundation of Canada:
Manuel Arango, Director, Health Policy.
Canadian Medical Association:
Dr. Chris Milburn, Member of the Committee on Health Care and Promotion;
Jill Skinner, Associate Director, Public Health.
32
APPENDIX B: BRIEFS

The Canadian Bar Association

Canadian Consumer Specialty Products Association

Intellectual Property Institute of Canada

Intellectual Property Professionals in Firms and Businesses Across Canada
33
Rapport sur la teneur des éléments des parties 2, 3, et 4
et les sections 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24 et 25 de la partie 6
du projet de loi C-31, Loi portant exécution de certaines dispositions
du budget déposé au Parlement le 11 février 2014 et mettant
en œuvre d'autres mesures
Comité sénatorial permanent
des banques et du commerce
QUATRIÈME RAPPORT
Président
L’honorable Irving R. Gerstein, C.M., O. Ont
Vice-présidente
L’honorable Céline Hervieux-Payette, C.P.
This document is available in English.
********
Disponible sur l’internet Parlementaire:
www.parl.gc.ca
41e législature – 2e session
ii INTRODUCTION......................................................................................................................... 1
Partie 2 – Modifications à la Loi sur la taxe d’accise ................................................................ 1
Partie 3 – Modifications à la Loi sur la taxe d’accise, à la Loi de 2001 sur l’accise et à la Loi
sur le droit pour la sécurité des passagers du transport aérien ................................................. 6
Partie 4 – Modifications au Tarif des douanes......................................................................... 10
Partie 6, section 2 – Modifications à la Loi sur la Banque du Canada et à la Loi sur la Société
d’assurance-dépôts du Canada ................................................................................................. 12
Partie 6, section 3 : Amendements à la Loi sur les produits dangereux .................................. 12
Partie 6, section 4 – Modification à la Loi sur l’importation des boissons enivrantes............ 14
Partie 6, section 8 – Modifications à la Loi sur les douanes ................................................... 15
Partie 6, section 13 – Modifications à la Loi sur les banques ................................................. 15
Partie 6, section 14 – Modifications à la Loi sur les sociétés d’assurance ............................. 17
Partie 6, section 19 – Modifications à la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et
le financement des activités terroristes ..................................................................................... 19
Partie 6, section 22 – Modifications à la Loi de 2006 sur les droits d’exportation de produits
de bois d’œuvre ......................................................................................................................... 25
Partie 6, section 24 – Modifications à la Loi sur la protection de l’assurance hypothécaire
résidentielle et à la Loi nationale sur l’habitation .................................................................... 25
Partie 6, Section 25 – modifications à la Loi sur les marques de commerce .......................... 26
ANNEXE A : TÉMOINS ............................................................................................................. 32
ANNEXE B: MÉMOIRES .......................................................................................................... 36
iii INTRODUCTION
Votre comité, qui a été autorisé à examiner la teneur des éléments des parties 2, 3 et 4 et des
sections 2, 3, 4, 8, 13, 14, 19, 22, 24 et 25 de la partie 6 du projet de loi C-31, Loi portant
exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 11 février 2014 et mettant
en œuvre d’autres mesures, a examiné, conformément à l’ordre de renvoi du mercredi
9 avril 2014, ladite teneur de ces éléments et en fait maintenant rapport comme il suit.
Le comité a tenu cinq réunions, dont la première avec l’honorable Joe Oliver, C.P., député et
ministre des Finances, qui était accompagné de représentants du ministère des Finances, de Santé
Canada, de l’Agence du revenu du Canada, de l’Agence des services frontaliers du Canada, du
ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, d’Industrie Canada, de la
Banque du Canada, de la Société d’assurance-dépôts du Canada et du Centre d’analyse des
opérations et déclarations financière du Canada. Ces représentants ont présenté des mémoires sur
les divers éléments du projet de loi C-31 dont le comité a été saisi.
Le comité a consacré deux de ses cinq réunions à l’étude de la section 19 de la partie 6, qui
modifierait la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités
terroristes, et à l’étude de la section 25 de la partie 6, qui modifierait la Loi sur les marques de
commerce. Au cours des deux autres réunions, le comité s’est concentré sur la section 13 de la
partie 6, qui modifierait la Loi sur les banques, sur la section 14 de la partie 6, qui modifierait la
Loi sur les sociétés d’assurances, sur la partie 4, qui modifierait le Tarif des douanes, et sur la
partie 3, dont certaines dispositions modifieraient la taxe sur le tabac prévue à la Loi de 2001 sur
l’accise. Le comité a entendu le témoignage de 14 associations et de 3 experts ou entreprises
individuelles touchés par les mesures proposées.
La liste complète des témoins se trouve à l’annexe 1. La liste des mémoires remis au comité,
quant à elle, figure à l’annexe 2.
Partie 2 – Modifications à la Loi sur la taxe d’accise
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour apporter des changements liés à
l’administration de la taxe sur les produits et services (TPS), à l’application de la taxe sur les
produits et services/taxe de vente harmonisée (TPS/TVH) et à la communication de certains
renseignements.
a. Exonération des services de conception de plans de formation
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise afin d’exempter de l’application de la
TPS/TVH la fourniture de services de conception de plans de formation pour aider les
particuliers à composer avec les effets de leur trouble ou de leur déficience, à les atténuer ou à
les éliminer.
1 Selon le ministère des Finances, la formation spécialement conçue pour aider les particuliers à
composer avec les effets de leur trouble ou de leur déficience est actuellement exemptée de
l’application de la TPS/TVH; néanmoins, l’exemption n’inclut pas les services de conception de
plans de formation.
b. Exonération des services d’acupuncture et de naturopathie
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour ajouter les services d’acupuncture et de
naturopathie à la liste des services de santé exemptés de l’application de la TPS/TVH.
Le ministère des Finances a expliqué qu’il existe certains critères servant à déterminer si un
service professionnel doit être exempté de l’application de la TPS/TVH, notamment celui de la
couverture du service par le régime d’assurance-maladie d’une ou de plusieurs provinces et, en
ce qui a trait aux acupuncteurs et aux naturopathes, celui de la prestation du service dans le cadre
d’une profession réglementée du secteur de la santé dans au moins cinq provinces. Le Ministère
a indiqué qu’une fois qu’il a été établi que les acupuncteurs et les naturopathes répondaient aux
exigences d’une profession réglementée, il a recommandé – au ministre du Revenu national –
d’ajouter les services offerts par ces professionnels à la liste des services exonérés.
c. Appareils d’optique électronique détaxés
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour y ajouter les appareils d’optique conçus
spécialement pour traiter ou corriger un trouble visuel par voie électronique à la liste des
appareils médicaux et des appareils fonctionnels détaxés; les appareils figurant sur cette liste sont
exemptés de TPS/TVH. Pour que l’appareil optique soit exonéré, il doit être fourni sur
l’ordonnance écrite d’une personne autorisée par la législation provinciale à exercer la profession
de médecin ou d’optométriste.
Bien qu’on ne sache pas combien de Canadiens profiteraient du changement proposé, le
ministère des Finances a expliqué que l’appareil d’optique électronique est un appareil
relativement nouveau et coûteux dont pourraient bénéficier des personnes souffrant de certaines
maladies, comme la dégénérescence maculaire, et que l’appareil permet un gain de vision. Le
Ministère a indiqué que, puisque les appareils optiques électroniques ne sont ni des verres de
contact ni des lunettes, ils ne figurent pas dans la liste actuelle des appareils médicaux et
fonctionnels détaxés.
d. Personnes étroitement liées et application de la taxe d’accise
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour permettre à certains membres d’un groupe
admissible de personnes morales ou de sociétés de personnes canadiennes résidant au Canada et
exerçant exclusivement des activités commerciales de choisir que certaines transactions
effectuées entre eux soient considérées comme sans contrepartie; par conséquent, la TPS/TVH
ne s’y appliquerait pas.
2 Selon le ministère des Finances, le changement proposé est une mesure de simplification qui
permettrait d’élargir l’application de l’exemption actuelle selon laquelle des membres d’un
groupe étroitement lié de personnes morales, comme une société de portefeuille et ses filiales,
n’ont pas à tenir compte de la TPS/TVH sur certaines transactions effectuées entre eux. Le
Ministère soutient que le changement proposé permettrait d’élargir l’application de l’exemption
aux nouveaux membres du groupe, comme les entités créées par suite d’une fusion ou d’une
défusion. Il a également noté que le changement proposé ferait en sorte que les parties à ce choix
seront solidairement responsables des transactions effectuées entre eux. Enfin, il a indiqué que
tout choix de ce type doit être produit auprès de l’Agence du revenu du Canada.
e. Pouvoir du ministre du Revenu national à l’égard de l’inscription sous le régime de
la TPS/TVH
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour permettre au ministre du Revenu national
d’inscrire sous le régime de la TPS/TVH toute personne qui aurait omis de le faire même après
avoir été informée de cette exigence.
Le ministère des Finances a expliqué que le changement proposé donnerait au ministre du
Revenu national le pouvoir discrétionnaire d’inscrire une personne sous le régime de la
TPS/TVH dans le cas où cette personne ne respecte pas l’exigence selon laquelle les vendeurs
dont les fournitures taxables dépassent 30 000 $ par année sont tenus de s’inscrire auprès de
l’Agence du revenu du Canada ainsi que de percevoir puis de remettre les taxes. À l’heure
actuelle, l’Agence du revenu du Canada n’a pas le pouvoir d’obliger une personne à s’inscrire
sous le régime de la TPS/TVH.
Même si la question n’est pas liée au projet de loi C-31, le Ministère a fait remarquer que le
montant de 30 000 $ n’est pas indexé à l’inflation. À son avis, si la décision relative à tout
changement ou à toute indexation de ce montant constitue une décision politique, des arguments
appuient l’accroissement du montant pour tenir compte de l’inflation, et des arguments appuient
la diminution du montant pour lutter contre la pratique adoptée par certaines entreprises, qui
omettent de déclarer toutes leurs ventes pour demeurer en deçà du seuil de 30 000 $.
f. Commentaires de l’Agence du revenu du Canada à l’intention du Centre d’analyse
des opérations et déclarations financières du Canada
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour permettre à l’Agence du revenu du
Canada de fournir des renseignements confidentiels au Centre d’analyse des opérations et
déclarations financières du Canada.
Selon le ministère des Finances, le changement proposé se veut la conséquence de mesures
fiscales contenues dans la partie 1 du projet de loi C-31. Le Ministère a clarifié le fait que le
changement proposé permettrait à l’Agence du revenu du Canada de communiquer des
3 renseignements au Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada en vue
de fournir au Centre de l’information de suivi sur l’information qui lui a été divulguée.
g. Exonération pour les stationnements d’hôpitaux
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour exempter de la TPS/TVH les
stationnements d’hôpitaux fournis par des organismes publics; l’exemption viserait les aires de
stationnement principalement prévues pour les patients et les visiteurs d’un hôpital. Cette partie
permettrait également de clarifier que l’exonération prévue pour les stationnements d’un
organisme de bienfaisance ne s’applique pas dans le cas des stationnements fournis par un
organisme de bienfaisance qui est établi par certains organismes publics, comme les universités,
pour répondre aux besoins du personnel ou des étudiants.
Le ministère des Finances a indiqué que la TPS/TVH s’est toujours appliquée aux
stationnements, mais qu’une exemption est fournie aux organismes de bienfaisance qui en
exploitent un. Le changement proposé préciserait que l’exemption actuelle à l’égard des
stationnements exploités par des organismes de bienfaisance ne s’applique pas aux
stationnements offerts par un organisme de bienfaisance établi par certains organismes publics,
comme les universités, pour répondre aux besoins de leur personnel ou des étudiants. En ce qui
concerne l’exonération proposée à l’égard des stationnements d’hôpitaux fournis par des
organismes du secteur public, le Ministère a indiqué que tout stationnement utilisé à la fois par
les employés et les visiteurs doit l’être majoritairement par ces derniers pour être exempté de la
TPS/TVH.
h. Télévirements internationaux : Déclaration de renseignements et TPS
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour veiller à ce que les renseignements
recueillis par le ministre du Revenu national par la voie de déclarations de renseignements liés à
des télévirements internationaux conformément à la partie XV.1 de la Loi sur l’impôt sur le
revenu puissent être utilisés par le ministre en vue de l’administration de la TPS/TVH.
Le ministère des Finances a indiqué que le changement proposé, qui avait été présenté dans le
cadre du budget fédéral de 2013, répond aux exigences en matière de production de rapports sur
les télévirements internationaux prévues à la partie 1 du projet de loi C-31.
i. Programme de dénonciateurs de l’inobservation fiscale à l’étranger
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise afin d’habiliter l’Agence du revenu du Canada
à communiquer certains renseignements confidentiels à une personne ayant conclu un contrat
avec elle pour la fourniture de renseignements aux termes du Programme de dénonciateurs de
l’inobservation fiscale à l’étranger.
Selon le ministère des Finances, le changement proposé figurait dans le budget fédéral de 2013 et
est corrélatif aux amendements contenus dans la partie 1 du projet de loi C-31. Le Ministère a
4 indiqué que le Programme de dénonciateurs de l’inobservation fiscale à l’étranger permet à
l’Agence du revenu du Canada d’offrir une rétribution aux personnes qui fournissent de
l’information relative à l’inobservation de la législation fiscale; la rétribution est offerte dans les
cas où les renseignements fournis mènent à la perception de l’impôt à payer. En outre, certains
renseignements sur la TPS/TVH peuvent être communiqués par l’Agence du revenu du Canada à
ces personnes pour l’administration de la TPS et la remise de la rétribution.
j. Divulgation de renseignements confidentiels à une organisation de police
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise de manière à permettre à l’Agence du revenu
du Canada de fournir des renseignements confidentiels à l’organisation de police pertinente
lorsqu’elle possède des motifs raisonnables de croire que ces renseignements constituent des
éléments de preuve de la liste d’infractions. Ces infractions comprendraient la corruption
d’agents publics au sens de la Loi sur la corruption d’agents publics étrangers et du Code
criminel, ainsi que les crimes énumérés à l’article 742.1 du Code criminel pouvant entraîner une
condamnation avec sursis qui était visée par la Loi sur la sécurité des rues et des communautés.
Le ministère des Finances a indiqué que le changement proposé est corrélatif aux amendements
contenus dans la partie 1 du projet de loi C-31 et permettrait la divulgation de renseignements
confidentiels relatifs à la TPS/TVH à une organisation de police dans les cas où il y a des motifs
raisonnables de croire que ces renseignements pourraient être utiles à la tenue d’une enquête
pour infractions graves, notamment le blanchiment d’argent, les activités terroristes et le crime
organisé. Le Ministère a indiqué que les renseignements sont plus susceptibles d’être découverts
dans le cadre d’une vérification de l’Agence du revenu du Canada que dans une déclaration
d’impôt, et il a cité en exemple le cas où un vérificateur a découvert de la pornographie juvénile
sur un ordinateur alors qu’il effectuait la vérification d’une entreprise. Selon les règles actuelles,
le vérificateur ne serait pas autorisé à contacter une organisation de police.
En outre, le Ministère a indiqué que toute déclaration faite à une organisation de police serait
sans doute précédée de plusieurs étapes d’examen étant donné que les agents de l’Agence du
revenu du Canada peuvent être pénalisés s’ils divulguent des renseignements confidentiels sans
avoir obtenu l’autorisation pertinente au préalable.
Enfin, le Ministère a dit que le changement proposé découlait d’un engagement entre le Canada
et l’Organisation de coopération et de développement économiques qui permet à l’Agence de
faire une déclaration à une organisation de police relativement à la corruption de fonctionnaires
étrangers.
k. Recouvrement sur les crédits de taxes sur intrants
La partie 2 modifierait la Loi sur la taxe d’accise pour établir que lorsqu’une personne non
résidente du Canada n’est pas inscrite au régime de la TPS/TVH et que cette dernière livre des
biens taxables à une personne au Canada, aucune partie de cette taxe ne peut être remboursée ou
5 remise à la personne non résidente. La partie 2 préciserait également qu’une personne ou un
organisme de bienfaisance ne peut demander de crédits de taxe sur les intrants au titre de
montants de TPS/TVH pour lesquels la personne a reçu une note de crédit ou remis une note de
débit ou qui ont été autrement remboursés ou remis à la personne ou autrement recouvrés par
elle.
Selon le ministère des Finances, le changement proposé vise à corriger une faille. Dans certains
cas, des entreprises ont réclamé des crédits de taxes sur intrants au titre de montants de
TPS/TVH après avoir recouvré les taxes auprès de leurs fournisseurs en utilisant des notes de
crédit.
Partie 3 – Modifications à la Loi sur la taxe d’accise, à la Loi de 2001 sur
l’accise et à la Loi sur le droit pour la sécurité des passagers du transport
aérien
a. La Loi de 2001 sur l’accise et le taux sur le marché intérieur du droit d’accise sur les
produits du tabac
La partie 3 modifierait la Loi de 2001 sur l’accise de diverses façons, notamment : en établissant
la manière dont le taux du droit sur les produits du tabac serait ajusté – dans l’avenir – en
fonction des variations de l’indice des prix à la consommation, en imposant une taxe sur les
stocks de cigarettes et en abolissant le régime de droit d’accise préférentiel applicable aux
produits du tabac vendus dans les boutiques hors taxes.
Selon le ministère des Finances, la Société canadienne du cancer et la Fondation de maladies du
cœur du Canada, bien que la réduction de la consommation de tabac soit un objectif de santé
publique important, le taux général sur le marché intérieur du droit d’accise sur les cigarettes n’a
pas changé depuis 12 ans. Par conséquent, le taux indexé du droit d’accise a connu une
diminution d’environ 23,7 % depuis 2002. Le Ministère a indiqué que les cigarettes sont
actuellement assujetties à un droit d’accise de 17 $ par cartouche de 200 cigarettes, soit
approximativement 2,30 $ par paquet de 25 cigarettes. À son avis, la partie 3 hausserait ce droit
d’environ 4 $ par cartouche ou 0,50 $ par paquet, tenant ainsi compte de l’inflation survenue
depuis 2002. Il a également fait valoir que la partie 3 prévoyait la hausse du taux du droit
d’accise sur les autres produits du tabac, comme le tabac à rouler.
Par ailleurs, le Ministère a fait observer que les produits du tabac livrés aux boutiques hors taxes
sont assujettis à un droit d’accise fédéral – de 15 $ par cartouche – qui est inférieur de 2 $ par
cartouche à celui qui s’applique aux produits du tabac vendus ailleurs. Il a fait valoir que la partie
3 abolirait le régime de droit d’accise préférentiel applicable.
6 Le Ministère a aussi indiqué que les ajustements au taux du droit d’accise entreraient en vigueur
le 12 février 2014 et qu’ils s’appliqueraient aux stocks de tabac de plus de 150 cartouches
détenues par les fabricants et les distributeurs depuis cette date. Il a soutenu que l’Agence du
revenu du Canada disposait de mécanismes de surveillance qui permettraient d’évaluer ces
stocks pour en connaître la quantité et la durée de détention.
De surcroît, selon le Ministère, la partie 3 indexerait les taux du droit d’accise mentionné cidessus sur les variations de l’indice des prix à la consommation, et un ajustement serait effectué
tous les cinq ans. Le premier ajustement se ferait le 1er décembre 2019.
La Société canadienne du cancer, la Fondation des maladies du cœur du Canada et l’Association
médicale canadienne ont appuyé les modifications relatives au tabac proposées dans la partie 3.
La Société canadienne du cancer, comme la Fondation des maladies du cœur du Canada, était
également favorable aux modifications qui permettraient aux organismes caritatifs d’utiliser des
ordinateurs pour vendre des billets de loterie. La Société canadienne du cancer a affirmé appuyer
aussi le projet de loi C-10, Loi modifiant le Code criminel (contrebande de tabac).
En outre, la Société canadienne du cancer, ainsi que la Fondation des maladies du cœur du
Canada, a indiqué que les taxes plus élevées sur le tabac s’avéraient une stratégie efficace pour
réduire le tabagisme, surtout chez les jeunes. Selon l’Association médicale canadienne, les
jeunes sont trois fois plus sensibles à la hausse du prix des cigarettes que les adultes. En effet,
une hausse de 10 % du prix des cigarettes se traduirait par une réduction du tabagisme chez les
jeunes de 5 % à court terme et de 8 % à long terme. De l’avis de la Fondation des maladies du
cœur du Canada, les politiques publiques en matière de tabac devraient cibler particulièrement
les jeunes, car l’adolescent moyen qui commence à fumer fumera pendant au moins 20 ans, ce
qui peut entraîner un décès prématuré causé par une maladie liée au tabagisme. Elle a soutenu
que, par groupe d’âge, les 22-24 ans ont le taux de tabagisme le plus élevé au Canada, soit
environ 22 %.
La Société canadienne du cancer a fait remarquer que les Autochtones ont un taux de tabagisme
particulièrement élevé, excédant 50 % chez les membres des Premières Nations vivant dans les
réserves. Elle a précisé que les taxes fédérales s’appliquaient, bien que les réserves soient
exemptées des taxes provinciales sur le tabac; par conséquent, l’adoption des modifications
proposées dans la partie 3 pourrait contribuer à réduire le taux de tabagisme dans les réserves.
L’Association médicale canadienne a fait valoir qu’au Canada les coûts liés aux maladies et
décès évitables causés par le tabagisme atteignent environ 17 milliards de dollars par an en ce qui
concerne les traitements médicaux, l’aide sociale, la perte de productivité et la baisse de la
qualité de vie.
À l’idée que des droits d’accise plus élevés pourraient mener à une hausse de la contrebande de
cigarettes, le Ministère a soutenu qu’environ 91 millions de dollars avaient été alloués à la
Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour lutter contre la contrebande de tabac; il ne prévoit
7 pas de hausse importante de la contrebande si le projet de loi C-31 est adopté. La Société
canadienne du cancer a proposé : que la GRC bloque l’approvisionnement des matières
premières – comme le tabac en feuille, le papier à cigarette et les filtres de cigarette – dont se
servent les usines pour fabriquer des produits du tabac illégaux, que le gouvernement fédéral ne
déplace plus le poste frontalier de Cornwall à Massena, dans l’État de New York, mais qu’il y ait
un poste frontalier double, avec des points de contrôle dans les deux villes et que le
gouvernement fédéral persuade le gouvernement des États-Unis de fermer les usines qui
fabriquent des produits du tabac illégaux à Akwesasne.
La Société canadienne du cancer a fourni des statistiques montrant une diminution de la
contrebande des produits du tabac ces dernières années et l’absence de lien entre ce type de
contrebande et les droits d’accise plus élevés. À titre d’exemple, elle a présenté les données du
groupe British American Tobacco qui indiquent que la contrebande de produits du tabac au
Canada est passée de 33 % de la demande totale de tabac en 2008 à 19 % en 2010. Elle a
également fourni des données qui révèlent que le pourcentage de produits du tabac vendus en
contrebande est plus élevé en Ontario et au Québec que dans les autres provinces; or, les taxes
nettes sur le tabac en Ontario et au Québec sont inférieures à celles des provinces à l’ouest. De
l’avis de la Fondation des maladies du cœur du Canada, la contrebande de produits du tabac n’est
pas la conséquence des taxes plus élevées; la cause principale est plutôt la criminalité dans un
endroit ou un point géographique particulier.
L’Association médicale canadienne a donné à entendre que, pour réduire la contrebande
transfrontalière des produits du tabac, le gouvernement fédéral devrait collaborer avec les
gouvernements étrangers à l’harmonisation des prix du tabac. Elle a aussi proposé que tous les
ordres de gouvernement appliquent les mesures les plus rigoureuses possible pour contrôler la
vente et la distribution des produits du tabac de contrebande et que la hausse prévue des recettes
fiscales fédérales de 96 millions en 2013–2014, de 685 millions en 2014–2015 et de 660 millions
en 2015–2016 découlant de l’augmentation proposée des droits d’accise sur le tabac serve à
renforcer la stratégie canadienne de contrôle du tabac.
En ce qui concerne les cigarettes électroniques, la Société canadienne du cancer a affirmé que
celles qui contiennent de la nicotine ne sont pas légales au Canada, bien qu’elles soient vendues
en toute légalité aux États-Unis. Elle a cependant fait remarquer que, puisque ces cigarettes sont
vendues illégalement dans certaines régions du Canada, le gouvernement fédéral devrait
intervenir et réglementer : la vente de cigarettes électroniques – dont celles sans nicotine – aux
mineurs, leur utilisation dans les lieux publics, leur commercialisation et l’ajout d’arôme. La
Fondation des maladies du cœur du Canada et l’Association médicale canadienne ont laissé
entendre que le gouvernement fédéral devrait réglementer les cigarettes électroniques, mais elles
ont reconnu que celles qui contiennent de la nicotine pourraient aider les gens à cesser de fumer.
De nombreux témoins ont envisagé la possibilité d’interdire les produits du tabac au Canada. La
Fondation des maladies du cœur du Canada a déclaré qu’elle songerait à faire une telle
8 proposition si le taux de tabagisme au Canada devait passer de 17 % à l’heure actuelle à près de
5 %; à son avis, un taux de 5 % rendrait possible l’application d’une telle interdiction. La Société
canadienne du cancer a fait valoir que, au lieu d’interdire tous les produits du tabac, les
gouvernements provinciaux et territoriaux qui ne l’ont pas déjà fait devraient interdire les
produits du tabac aromatisé. Elle s’est dite favorable à de meilleurs avertissements sur les
emballages, à l’interdiction de produits du tabac aromatisé, au financement des programmes de
Santé Canada et à l’emballage banalisé.
b. Pénalité administrative pécuniaire
La partie 3 modifierait la Loi sur la taxe d’accise de deux façons. Premièrement, elle imposerait
une pénalité administrative pécuniaire à ceux qui font un faux énoncé ou une omission dans la
déclaration de taxe d’accise prévue aux dispositions de la Loi sur la taxe d’accise qui ne portent
pas sur la taxe sur les produits et services et la taxe de vente harmonisée (TPS/TVH).
Deuxièmement, elle ajouterait à la partie de la Loi sur la taxe d’accise qui ne porte pas sur la
TPS/TVH les infractions prévues par la partie de cette loi qui porte sur la TPS/TVH.
Selon les explications du ministère des Finances, la partie de la Loi sur la taxe d’accise qui ne
porte pas sur la TPS/TVH impose une taxe d’accise sur le carburant, comme l’essence ou le
combustible diesel, entre autres. Le Ministère a aussi affirmé que la partie 3 permettrait à
l’Agence du revenu du Canada de disposer d’un nouvel outil pour dissuader les contribuables de
faire de fausses déclarations. À son avis, cet outil offrirait un éventail plus large de sanctions et
simplifierait l’administration des dispositions que la partie 3 vise à modifier.
En outre, le Ministère a mentionné que la pénalité administrative monétaire proposée serait égale
au plus élevé des montants suivants : 250 $ ou à 25 % du montant de taxe éludé. L’Agence du
revenu du Canada s’occuperait de son application.
c. Commentaires de l’Agence du revenu du Canada au Centre d’analyse des
opérations et déclarations financières du Canada
La partie 3 modifierait la Loi de 2001 sur l’accise afin de permettre à l’Agence du revenu du
Canada de fournir certains renseignements au Centre d’analyse des opérations et déclarations
financières du Canada.
Le ministère des Finances a déclaré que les modifications proposées à la partie 3 permettraient à
l’Agence du revenu du Canada de fournir un renseignement confidentiel à un fonctionnaire du
Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada afin d’évaluer l’utilité de
l’information fournie à l’Agence.
9 d. Divulgation de renseignements confidentiels à une organisation de police
La partie 3 modifierait la Loi de 2001 sur l’accise afin de permettre à un fonctionnaire de
l’Agence du revenu du Canada de communiquer des renseignements confidentiels à un agent
d’exécution de la loi d’une organisation de police compétente au Canada ou à l’étranger.
Lors de son témoignage sur la modification proposée, le ministère des Finances a donné
l’exemple d’un fonctionnaire de l’Agence du revenu du Canada qui avait des motifs raisonnables
de croire que les renseignements constituaient un élément de preuve pouvant entraîner une
déclaration de culpabilité pour un crime grave.
e. Programme de dénonciateurs
renseignements confidentiels
de
l’inobservation
fiscale
à
l’étranger
et
La partie 3 modifierait la Loi de 2001 sur l’accise afin de permettre à l’Agence du revenu du
Canada de fournir des renseignements précis à certaines personnes.
Selon le ministère des Finances, les modifications proposées autoriseraient l’Agence du revenu
du Canada à fournir certains renseignements confidentiels à une personne qui a conclu un contrat
avec elle pour la fourniture de renseignements dans le cadre du Programme de dénonciateur de
l’inobservation fiscale à l’étranger.
f. Rapports sur les télévirements internationaux et la Loi de 2001 sur l’accise, la Loi
sur la taxe d’accise et la Loi sur le droit pour la sécurité des passagers du transport
aérien
La partie 3 modifierait la Loi de 2001 sur l’accise, la Loi sur la taxe d’accise et la Loi sur le droit
pour la sécurité des passagers du transport aérien afin que le ministre du Revenu national puisse
utiliser certains renseignements pour l’application de ces lois.
Le ministère des Finances a soutenu que les modifications proposées feraient en sorte que les
renseignements recueillis par le ministre du Revenu national dans une déclaration de
renseignements produite en lien avec des télévirements internationaux de 10 000 $ ou plus sous
le régime de la partie XV.1 de la Loi de l’impôt sur le revenu pourraient être utilisés par le
ministre pour l’application de ces lois.
Partie 4 – Modifications au Tarif des douanes
a. Certaines unités mobiles de forage au large
La partie 4 modifierait la liste des dispositions tarifaires de l'annexe du Tarif des douanes à
l’égard de certaines unités mobiles de forage au large.
10 Le ministère des Finances indique que le taux de la nation la plus favorisée passerait de 20 % à 0
% sur les plateformes et les navires de forage utilisés uniquement dans le cadre d'activités de
forage pour l'exploration, la délimitation ou la mise en valeur de projets extracôtiers; ces
bâtiments sont connus sous le nom d’unités mobiles de forage au large. Il déclare que
l’admission en franchise de ces unités abaisserait les coûts d’affaires, améliorerait la
compétitivité mondiale de nos produits énergétiques et augmenterait le potentiel de découvertes
de ressources dans les zones extracôtières atlantiques et arctiques; la franchise auparavant en
vigueur a expiré le 4 mai 2014.
L’Association canadienne des producteurs pétroliers appuient ce changement proposé au motif
que les unités mobiles de forage au large ne sont pas produites au Canada et que – depuis 2004 –
elles font l’objet d’un décret de remise temporaire renouvelé tous les cinq ans. Selon elle,
l’élimination permanente des droits de douane offrirait au secteur énergétique une certitude à
long terme, réduirait les coûts et alignerait le Canada sur les autres pays où l’on exploite le
pétrole extracôtier comme la Norvège, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie, où ces
droits ne sont pas prélevés. Elle soutient que le renouvellement périodique du décret de remise
temporaire a contribué ces dernières années à une augmentation de l’activité extracôtière au
Canada.
Selon l’Association canadienne des producteurs pétroliers, moins de 500 unités mobiles de
forage au large sont disponibles dans le commerce et moins de 30 d’entre elles sont susceptibles
d’utilisation dans les zones extracôtières atlantiques et arctiques à cause des conditions
d’exploitation difficiles de ces régions; la plupart sont construites en Asie.
L’Association canadienne des producteurs pétroliers indique que les producteurs de pétrole
extracôtier bénéficieraient aussi d’une exonération des droits de douane sur certains bâtiments
spécialisés et sur certains éléments des installations construites dans le cadre de l’exploitation du
pétrole extracôtier.
b. Biens destinés à l’usage du Gouverneur général du Canada
La partie 4 modifierait la liste des dispositions tarifaires de l'annexe du Tarif des douanes pour
éliminer l’exonération visant les biens destinés à l’usage du Gouverneur général du Canada afin
qu’il soit assujetti aux mêmes règles tarifaires que les autres titulaires de charge publique.
Le ministère des Finances assure que, bien que les changements proposés élimineraient
l’exonération tarifaire dont bénéficie le Gouverneur général, les cadeaux offerts au Gouverneur
général à des fins de représentation seraient assujettis au même traitement tarifaire que ceux
offerts à d’autres titulaires de charge publique comme les députés fédéraux, les premiers
ministres provinciaux et les maires.
11 c. Certains produits importés contenant du fromage
La partie 4 ajouterait au chapitre 16 de l’annexe du Tarif des douanes une note précisant la
classification tarifaire de certains produits alimentaires dont les composantes contiennent du
fromage.
Selon le ministère des Finances, les changements proposés remédieraient à une lacune de la loi.
Certains produits importés sont, en effet, emballés de manière à contourner les droits de douane
relativement élevés – 245 % – dont sont frappés les produits soumis à la gestion de l’offre. Le
ministère donne l’exemple des garnitures à pizza qui sont importées dans un emballage
contenant à la fois du fromage et du peppéroni afin d’être classées comme « produit alimentaire
» plutôt que comme « fromage » et « peppéroni »; quand ils sont emballés ensemble, les droits
de douane sont plus faibles.
Partie 6, section 2 – Modifications à la Loi sur la Banque du Canada et à la Loi
sur la Société d’assurance-dépôts du Canada
La section 2 modifierait la Loi sur la Banque du Canada et la Loi sur la Société d’assurancedépôts du Canada afin d’autoriser la Banque du Canada à fournir des services bancaires et de
dépôt de biens à la Société d’assurance-dépôts du Canada. Pour l’heure, il s’agit de services
fournis par des institutions financières privées.
Selon le ministère des Finances et la Société d’assurance-dépôts du Canada, on réduirait les
risques que des participants des marchés financiers soient au fait d’activités liées au fonds de la
Société si on autorisait la Banque du Canada à fournir des services bancaires et de dépôt de biens
relatifs au fonds de la Société d’assurance-dépôts du Canada qui couvre les pertes liées à
l’insolvabilité financière de tout membre de la Société. La crainte était que de l’information
obtenue auprès d’une institution financière du secteur privé sur toute activité touchant le fonds
risquait de donner lieu à de la spéculation sur la solvabilité des membres de la Société et
d’entraîner des conséquences dommageables. Au 1er mai 2014, le jour où le Ministère est
comparu devant le Comité, le fonds était évalué à environ 2,7 milliards de dollars.
La Banque du Canada a clarifié le fait qu’elle ne donnerait aucun avis d’investissement relatif à
l’actif du fonds, et la Société d’assurance-dépôts a quant à elle indiqué qu’elle dispose d’un
groupe de conseillers responsable des décisions en matière d’investissements.
Partie 6, section 3 – Amendements à la Loi sur les produits dangereux
La section 3 modifierait la Loi sur les produits dangereux et apporterait des amendements
corrélatifs au Code canadien du travail et à la Loi sur le contrôle des renseignements relatifs aux
matières dangereuses en vue de mettre en œuvre le Système général de classification et
12 d’étiquetage des produits chimiques et d’harmoniser le régime de réglementation canadien sur
les produits chimiques dans les lieux de travail avec les régimes d’autres gouvernements, comme
celui des États-Unis.
Le ministère des Finances a indiqué que les changements proposés visent à harmoniser les
exigences du Canada à l’égard de l’étiquetage des produits dangereux aux normes
internationales, ce qui faciliterait la vente et l’importation de produits chimiques utilisés dans les
lieux de travail. Le Ministère a souligné l’importance d’harmoniser nos exigences à celles des
États-Unis, y compris en matière d’étiquetage, puisque la différence des normes entraîne des
coûts pour les manufacturiers. Le ministre a indiqué que le gouvernement fédéral doit néanmoins
veiller à ce que les normes adoptées protègent les lieux de travail de façon adéquate.
Santé Canada a expliqué que les changements proposés faciliteraient l’adoption du Système
général harmonisé (SGH) de classification et d’étiquetage des produits chimiques en ce qui a
trait aux modalités sur l’étiquetage des produits et les fiches de données de sécurité du Système
d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT). Il a indiqué que ce
dernier – entré en vigueur en 1988 à l’échelle du pays – est fondé sur des lois fédérales,
provinciales et territoriales, tandis que le SGH est un système de classification et d’étiquetage
élaboré sous l’égide des Nations Unies. Le SGH a été adopté par un certain nombre de
gouvernements, notamment celui des États-Unis, de l’Union européenne, de la Chine, de la
Corée du Sud et de l’Australie.
En ce qui concerne la Loi sur les produits dangereux, Santé Canada a affirmé que la section 3
propose des changements qui mettraient en œuvre le SGH et modifieraient les définitions, la
terminologie, les pouvoirs de réglementation ainsi que les modalités d’observation et
d’application de la loi; intégreraient huit secteurs actuellement exclus de l’application de la Loi à
une annexe de celle-ci pour qu’ils puissent – au terme d’un processus de réglementation
exhaustif – être visés par la Loi; établiraient une période de transition durant laquelle les
entreprises pourraient se convertir au SGH. Selon le Ministère, l’adoption du SGH au Canada
permettrait aux entreprises canadiennes de profiter d’avantages équivalant à plus de 400 millions
de dollars et de générer des économies de 200 millions de dollars sur 20 ans.
En ce qui concerne l’intégration éventuelle de nouveaux secteurs à la Loi sur les produits
dangereux, des membres du Comité ont indiqué que les avantages pour les travailleurs canadiens
ne leur semblaient pas évidents. Selon eux, un examen plus poussé pourrait s’imposer et certains
secteurs – en particulier celui de l’alimentation – pourraient devenir sur-réglementés. À ce sujet,
Santé Canada a répondu que certaines préoccupations en matière de santé et de sécurité des
travailleurs ont été soulevées par nos homologues provinciaux et territoriaux ainsi que par les
travailleurs en lien avec ces huit secteurs. Par ailleurs, d’autres gouvernements – comme celui
des États-Unis – assujettissent ces secteurs à leur législation sur les produits dangereux. Le
Ministère a aussi indiqué que l’intégration de ces huit secteurs en annexe de la Loi permettrait la
tenue de consultations exhaustives auprès du secteur privé pour déterminer si un secteur en
13 particulier devrait être visé par la Loi. Il a par ailleurs indiqué que le SIMDUT n’empêche pas
l’entrée des produits sur le marché; il a plutôt pour but de régir la communication des
renseignements de sûreté sur ces produits. Enfin, Santé Canada a convenu de fournir au Comité
une analyse coûts-avantages exhaustive du SGH ainsi que de l’information détaillée au sujet des
avantages généraux pour les entreprises et les travailleurs canadiens.
Dans son mémoire, l’Association canadienne de produits de consommation spécialisés a appuyé
l’idée d’harmoniser les systèmes de classification et d’étiquetage des produits dangereux,
affirmant que les changements proposés faciliteraient le commerce et augmenteraient la
compétitivité, en particulier en Amérique du Nord. L’Association a recommandé un
changement : modifier le paragraphe 14b) de la Loi sur les produits dangereux pour permettre
l’élaboration d’un règlement qui exempterait certains produits importés des exigences
d’étiquetage. Selon l’Association, les fournisseurs auraient à s’assurer, avant d’importer des
produits, de la conformité des étiquettes à la Loi. À son avis, cette exigence crée un fardeau
inutile.
Partie 6, section 4 – Modification à la Loi sur l’importation des boissons
enivrantes
La section 4 modifierait la Loi sur l’importation des boissons enivrantes pour soustraire la bière
et les spiritueux à l’interdiction générale qui pèse sur l’importation de boissons enivrantes dans
une province ou un territoire, lorsque la bière ou les spiritueux sont destinés à la consommation
personnelle et sont importés selon les quantités autorisées par les lois de la province ou du
territoire. En 2012, le vin a aussi été soustrait à cette interdiction générale.
Selon l’Agence du Revenu du Canada, la Loi sur l’importation des boissons enivrantes a été
adoptée en 1928, soit après la période de la prohibition, afin d’établir un cadre juridique qui
régirait la circulation des boissons alcoolisées au Canada et entre les provinces. L’Agence a aussi
indiqué que le changement proposé est analogue aux mesures prises par le gouvernement fédéral
en 2012, pour permettre l’importation interprovinciale de vin. L’Agence a indiqué que les
provinces et les territoires auraient à modifier leur législation pour permettre l’importation de
boissons alcoolisées sur leur territoire pour consommation personnelle et que les Canadiens
pourraient demander d’accéder à un plus grand choix de boissons alcoolisées sur le marché et
solliciter des changements législatifs auprès de leur gouvernement provincial ou territorial.
Enfin, l’Agence a indiqué que si le projet de loi C-31 était adopté, le gouvernement fédéral
veillerait à informer les autorités provinciales et territoriales, ainsi que les sociétés des alcools, de
l’élimination des restrictions fédérales relatives à la circulation des boissons alcoolisées entre les
provinces.
14 Partie 6, section 8 – Modifications à la Loi sur les douanes
La section 8 modifierait la Loi sur les douanes afin d’apporter deux changements aux
dispositions portant sur le processus de révision et les mesures correctives. Premièrement, le
délai dont dispose le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile ou l’agent désigné
pour prendre des mesures correctives à la suite d’une saisie, d’une confiscation compensatoire ou
d’une pénalité passerait de trente à quatre-vingt-dix jours. Deuxièmement, la demande de
révision d’un processus de saisie serait simplifiée, puisque les demandes de révision pourraient
être présentées directement au ministre plutôt qu’à l’agent ayant saisi les marchandises ou le
moyen de transport en question ou à l’agent du bureau de douane le plus proche du lieu de la
saisie. Les demandes présentées au ministre pourraient se faire électroniquement. Des
modifications similaires seraient apportées dans le cas de demandes de tiers.
L’Agence des services frontaliers du Canada a indiqué que le changement relatif au délai
améliorerait l’efficience en permettant aux particuliers et aux entreprises d’éviter de recourir au
processus de révision dans les cas où une erreur se serait produite suite à une mesure
d’exécution. L’Agence a également expliqué que le changement proposé quant à la présentation
électronique de demandes au ministre rendrait le processus de révision plus accessible et rapide.
En ce qui concerne les demandes de tiers, l’Agence des services frontaliers du Canada a fourni
l’exemple d’une entreprise de location de véhicules dont un véhicule serait saisi suite à une
mesure d’exécution visant le conducteur du véhicule. Dans ce genre de situation, l’entreprise est
le tiers.
Partie 6, section 13 – Modifications à la Loi sur les banques
La section 13 modifierait la Loi sur les banques pour conférer au gouverneur en conseil le
pouvoir de réglementer les activités bancaires liées aux instruments dérivés et aux indices de
référence.
En ce qui concerne les instruments dérivés, le ministère des Finances a indiqué que les
modifications proposées s’inscrivent dans les efforts du gouvernement fédéral visant à réformer
le marché canadien des instruments dérivés de gré à gré, les banques y représentant les
principaux participants. Il a fait observer qu’en 2012, le gouvernement a imposé la compensation
centrale des instruments dérivés et que la Banque du Canada a déterminé que LCH.Clearnet
Limited, une chambre de compensation dont le siège social est établi au Royaume-Uni, revêtait
une importance systémique pour les opérations sur instruments dérivés. Le Ministère a aussi
souligné que les provinces ont adopté des exigences pour accroître la transparence des rapports
sur les opérations sur instruments dérivés et que le Bureau du surintendant des institutions
financières a établi des lignes directrices sur les activités bancaires liées aux instruments dérivés
et la compensation des opérations sur instruments dérivés au moyen de contreparties centrales.
15 L’Association des banquiers canadiens a appuyé sans réserve les modifications proposées,
soutenant qu’elles clarifieraient le pouvoir du gouvernement fédéral de réglementer les
instruments dérivés, en particulier les instruments dérivés de gré à gré. Elle est d’avis que la
définition proposée du terme « instrument dérivé » est suffisamment large pour fournir au
gouvernement la latitude nécessaire pour réglementer les activités bancaires actuelles et futures
liées aux instruments dérivés. Elle a fait observer qu’il n’existe aucun marché de détail pour les
instruments dérivés de gré à gré et que les cinq plus grandes banques canadiennes sont
responsables de plus de 95 % des opérations sur instruments dérivés de gré à gré exécutées au
Canada. Elle a aussi souligné que les banques canadiennes occupent 2 % du marché mondial des
instruments dérivés, dont la valeur s’établit entre 600 et 700 billions de dollars. En ce qui
concerne le Bureau du surintendant des institutions financières, l’Association a expliqué qu’il
avait toujours été chargé de superviser les activités bancaires liées aux instruments dérivés et de
surveiller les banques canadiennes et leurs filiales à l’étranger, et qu’il était de plus en mesure
d’avoir accès à des données sur les opérations bancaires sur instruments dérivés, y compris celles
des contreparties étrangères.
Toujours selon l’Association des banquiers canadiens, les modifications proposées se situeraient
dans le droit fil de l’engagement du Groupe des Vingt de mettre en œuvre une réforme
réglementaire coordonnée du marché des instruments dérivés de gré à gré et elles feraient
connaître aux organismes de réglementation internationaux le cadre auquel le Canada entend
recourir pour réglementer les instruments dérivés. Elle a aussi insisté sur le fait qu’elle ne croyait
pas que la réglementation proposée visait à intervenir en cas de crise financière. L’Association a
accepté de fournir des données statistiques détaillées relativement aux opérations sur instruments
dérivés au Canada.
En ce qui a trait aux modifications proposées aux indices de référence, le ministère des Finances
a mentionné que les organismes de réglementation internationaux ont convenu qu’il était
nécessaire d’accroître la surveillance des indices de référence à la suite de faits allégués
concernant la possible manipulation du taux interbancaire offert à Londres, connu sous le sigle
LIBOR. Il a indiqué que les modifications proposées réglementeraient les données présentées par
les banques canadiennes et la manière dont les données seraient présentées dans le calcul des
indices de référence.
L’Association des banquiers canadiens, qui n’a pas demandé la modification proposée en ce qui
concerne les indices de référence, n’y trouve rien de préoccupant. Elle est d’avis que la
modification proposée montrerait aux organismes de réglementation internationaux que le
gouvernement fédéral et le Bureau du surintendant des institutions financières participent à
l’établissement et à l’amélioration de toute pratique liée aux indices de référence, en particulier
le taux CDOR.
16 Partie 6, section 14 – Modifications à la Loi sur les sociétés d’assurance
La section 14 modifierait la Loi sur les sociétés d’assurances afin de conférer au gouverneur en
conseil le pouvoir de prendre des règlements en ce qui concerne :

le processus d’élaboration d’une proposition de transformation d’une société mutuelle
d’assurances en société avec actions ordinaires;

les circonstances relatives à l’intervention du tribunal dans le cadre de ce processus
d’élaboration;

les autorisations du surintendant des institutions financières relatives aux préavis envoyés
dans le cadre de ce processus;

d’autres limites applicables à la propriété des actions ordinaires d’une société mutuelle
d’assurances transformée.
Le ministre des Finances a indiqué que le gouvernement fédéral travaille à l’élaboration d’un
cadre pour la démutualisation des sociétés mutuelles d’assurances multirisques et qu’il mènera
des consultations auprès des intervenants.
Le Ministère a expliqué que les règlements proposés préciseraient le cadre de démutualisation.
Selon lui, des consultations publiques ont été tenues en 2011 sur une proposition de cadre, et de
vastes consultations seront menées sur ce dernier afin de discuter des droits des titulaires de
police non mutuelle, notamment celui de voter pour ou contre une proposition de
démutualisation. Le Ministère a aussi indiqué que les règlements et le cadre proposés tiendraient
compte de certains aspects uniques des sociétés mutuelles d’assurances multirisques, y compris
les droits des titulaires de police non mutuelle et le recours possible aux tribunaux pour faciliter
les négociations entre les divers types de titulaires de police.
L’Association des courtiers d’assurances du Canada a fait observer que les polices mutuelles
représentent le quart des polices vendues au Canada. Elle a exprimé son appui à l’égard des
modifications proposées, soutenant qu’elles investiraient le gouverneur en conseil d’un mandat
clair pour établir un cadre de démutualisation des sociétés d’assurances multirisques. Selon elle,
une société mutuelle d’assurances multirisques proposant de se démutualiser devrait : justifier
clairement son désir de devenir une société ouverte; démontrer en quoi une fusion avec d’autres
mutuelles, des prêts ou d’autres moyens de lever des capitaux ne sont pas suffisants pour
répondre à ses besoins; indiquer la manière dont les services demeureraient offerts à la même
gamme de constituants à qualité et à coûts égaux.
L’Association des courtiers d’assurances du Canada a expliqué qu’il n’existe aucun lien direct
entre les titulaires de police actuels et les capitaux propres d’une société mutuelle d’assurances
multirisques, puisque ces derniers incluent les actifs et les excédents accumulés par des
générations de titulaires de police. Elle a fait valoir que tous les titulaires de police actuels et
17 passés devraient pouvoir voter pour ou contre la démutualisation, selon la formule d’un vote par
police.
L’Association canadienne des compagnies d’assurance mutuelles a mentionné que les sociétés
mutuelles d’assurances multirisques du Canada ont été créées principalement par des agriculteurs
il y a de 100 à 175 ans et que les excédents, puisqu’ils sont le fruit des profits accumulés au fil de
nombreuses générations, appartiennent à toutes les générations passées de titulaires de police et à
la collectivité. Elle a aussi dit craindre que certains titulaires de police souhaitent procéder à une
démutualisation seulement pour mettre la main sur une partie des excédents.
Selon l’Association canadienne des compagnies d’assurance mutuelles, les modifications
proposées présentent quelques lacunes. La section 14 devrait être soit modifiée pour les combler,
soit retirée du projet de loi C-31 pour qu’elle puisse être examinée dans le cadre d’un projet de
loi distinct. En ce qui concerne les lacunes, l’Association croit que les modifications proposées
devraient : exiger que les titulaires de police mutuelle d’assurances multirisques aient tous le
droit de voter pour ou contre une proposition de démutualisation; veiller à ce que toute
proposition de démutualisation fasse l’objet d’un quorum à majorité qualifiée et de seuils
d’approbation; reconnaître que les excédents d’une société mutuelle d’assurances multirisques
sont un bien commun accumulé au fil de nombreuses générations et que les titulaires actuels ne
sont en mesure de recevoir aucune part des excédents auxquels ils ont contribué; faire en sorte
que tout problème lié à une proposition de démutualisation soit résolu par des représentants élus
par l’intermédiaire de la loi et non pas des tribunaux. Elle a fait observer que les modifications
proposées pourraient s’appliquer à quatre sociétés mutuelles d’assurances multirisques sous
réglementation fédérale.
Le Groupe Co-operators a appuyé le point de vue de l’Association canadienne des compagnies
d’assurance mutuelles pour ce qui est des droits de tous les titulaires de police de voter et de
recevoir une partie des excédents des sociétés mutuelles d’assurances multirisques. Il a aussi
soutenu qu’aucune partie des excédents ne devrait dépasser la valeur de la contribution
déterminée par calcul actuariel des titulaires de police; tout excédent restant devrait servir à
soutenir l’industrie des mutuelles d’assurance ou les objectifs des mutualistes. Il a aussi insisté
sur le fait que les polices d’assurance-vie visent le long terme et peuvent comporter des options
d’épargne, alors que les polices mutuelles d’assurances multirisques ne sont valides que pour un
an. Par conséquent, selon une méthode actuarielle, ces politiques ne comptent que très peu dans
les capitaux propres d’une société d’assurances. Il a aussi dit craindre que les sociétés mutuelles
d’assurances multirisques à but lucratif, si elles décident de se démutualiser et de devenir des
sociétés par actions, se concentrent sur les centres urbains afin d’avoir accès à des capitaux et à
de nouveaux titulaires, ce qui ferait diminuer le nombre de sociétés d’assurances présentes dans
les collectivités rurales et de produits d’assurance qu’elles y vendent.
Selon le Groupe Co-operators, les sociétés mutuelles d’assurances multirisques souhaitant se
démutualiser devraient être tenues de démontrer qu’elles ont envisagé toutes les solutions de
18 rechange raisonnables à la démutualisation et que celle-ci serait avantageuse pour tous les
titulaires de police. Il a fait observer que des tierces parties, comme des cabinets d’avocats et
d’autres groupes, pourraient communiquer avec les titulaires de police pour les encourager à
appuyer la démutualisation afin de mettre la main sur les excédents. Enfin, il a préconisé une
législation qui permettrait à des mutuelles et à des organisations aux vues similaires, comme les
coopératives et les sociétés de secours mutuel, de se structurer de manière à préserver le
caractère de la société mutuelle d’assurances multirisques actuelle et d’être une alternative à la
démutualisation.
La société Economical Insurance – qui compte 940 polices mutuelles et près de 800 000 polices
non mutuelles et qui affiche en date du 14 mai 2014 un excédent de 1,6 milliard de dollars – a
affirmé qu’elle avait entrepris de se démutualiser en 2010 en raison de difficultés à lever des
capitaux en tant que société mutuelle d’assurances multirisques et à rivaliser avec les grandes
sociétés d’assurance ouvertes du Canada et les sociétés d’assurance multinationales. Elle a
expliqué que la loi de l’Ontario sur les assurances, abrogée au début des années 2000, exigeait
que les politiques mutuelles soient accompagnées d’un billet de primes, ce qui rendait la vente de
ce type de polices difficile; ce billet de primes autorisait une société d’assurances à demander à
un titulaire de verser d’autres capitaux, au besoin.
La société Economical Insurance a fait valoir que la démutualisation lui permettrait : d’accroître
sa stabilité et sa marge de manœuvre financières pour lever des capitaux; d’apporter des
améliorations à ses systèmes technologiques; de se positionner en vue d’une fusion avec d’autres
sociétés d’assurances. Selon elle, les intérêts des sociétés mutuelles d’assurances multirisques
seraient mieux servis par des règlements qui permettent l’exécution efficace de la
démutualisation, et ce, sans délai, sans coût et sans risque indu de litiges. Elle a aussi fait
observer que, lors de ses consultations avec le ministère des Finances, celui-ci lui a fortement
laissé entendre que les règlements proposés autoriseront la distribution des excédents et seront
avantageux pour tous les titulaires, et non pas seulement pour les titulaires de police mutuelle.
Partie 6, section 19 – Modifications à la Loi sur le recyclage des produits de la
criminalité et le financement des activités terroristes
La section 19 modifierait la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement
des activités terroristes (la « Loi ») de diverses façons.
Le ministère des Finances a affirmé s’être fondé sur certains principes pour formuler les
modifications proposées dans la section 19 : le régime canadien de lutte contre le recyclage des
produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (le « régime ») devrait être à
l’avant-plan des efforts internationaux de lutte dans ce domaine; l’intégrité du système financier
du Canada devrait être préservée; l’équilibre entre deux impératifs, soit, d’une part, détecter et
décourager le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes,
19 et d’autre part préserver la vie privée des Canadiens et les droits qui leur sont conférés par la
Charte, devrait être maintenu. Selon le Ministère, la plupart des modifications proposées dans la
section 19 portent sur cinq thèmes, présentés ci-dessous; d’autres modifications, considérées
comme des modifications de forme, n’ont pas fait l’objet de témoignages particuliers.
En outre, le Ministère a mentionné qu’au cours des prochains mois il rédigerait des règlements à
l’appui des 40 modifications législatives proposées dans la section 19; ces règlements feront
l’objet de consultations.
Thème 1 – Combler les lacunes du régime canadien de lutte contre le recyclage des
produits de la criminalité et le financement des activités terroristes
Combler les lacunes du régime canadien était le premier thème retenu par le ministère des
Finances. À cet égard, il a expliqué que les modifications proposées feraient en sorte d’assujettir
à la Loi les entités considérées à risque de recycler des produits de la criminalité. Il s’agirait
notamment des entreprises qui se livrent au commerce de la monnaie virtuelle, des casinos en
ligne et des entreprises de services monétaires étrangères qui ciblent précisément le marché
canadien pour y offrir des services financiers en ligne.
L’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes a appuyé les modifications
proposées touchant les entreprises de services monétaires étrangères. De l’avis de l’Association,
imposer à de telles entreprises des obligations « similaires » à celles qui existent au Canada
permettrait d’éviter des conflits potentiels attribuables à la différence des régimes législatifs entre
les pays.
Le ministère des Finances a fait valoir les avantages d’être assujetti à la Loi pour les entreprises
qui se livrent au commerce de la monnaie virtuelle. Il a affirmé que le fait d’inclure ces
entreprises dans le « cadre réglementaire » rendrait les institutions financières nationales plus
susceptibles de les accepter en tant que clients, étant donné que certaines d’entre elles éprouvent
actuellement des difficultés à obtenir des services financiers puisque leur statut « n’est pas
réglementé ». Le Ministère a précisé que ces entreprises seraient traitées comme des entreprises
de services monétaires aux fins de la Loi et qu’à ce titre elles devraient s’inscrire auprès du
Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (le « Centre ») et lui faire
rapport. Il a également indiqué que les règlements à venir préciseraient que les modifications
proposées dans la section 19 s’appliqueraient aux entreprises qui se livrent au commerce de la
monnaie virtuelle, comme des bureaux de change de monnaie virtuelle, et non pas aux
commerces de détail qui acceptent cette monnaie comme mode de paiement.
20 Thème 2 – Resserrer les exigences de vérification de l’identité des clients et de diligence
raisonnable
Le deuxième thème retenu par le ministère des Finances concernait le resserrement des
exigences de vérification de l’identité des clients et de diligence raisonnable. Il a indiqué que la
section 19 exigerait des entités déclarantes qu’elles identifient les nationaux politiquement
vulnérables à l’échelle nationale et infranationale et qu’elles prennent certaines mesures lorsque
ces personnes sont réputées présenter un « risque élevé » en ce qui concerne le recyclage des
produits de la criminalité.
Au sujet des responsabilités internationales du Canada dans la lutte contre le recyclage des
produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, le ministère des Finances a
mentionné que le régime canadien ferait l’objet d’une évaluation mutuelle en 2015 menée par le
Groupe d’action financière et qu’il s’efforçait de corriger les lacunes potentielles pour veiller à
ce que le Canada respecte ses obligations internationales. Le Ministère a également expliqué que
les modifications proposées touchant les nationaux politiquement vulnérables tenaient compte
des recommandations du Groupe d’action financière.
L’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes a soutenu que les
nationaux politiquement vulnérables ne devraient pas être automatiquement considérés comme
présentant un « risque élevé » et a proposé d’en réduire la liste. Ainsi, de l’avis de l’Association,
la liste pourrait être réduite en obligeant l’entité déclarante à identifier les personnes étroitement
associées à un national seulement après qu’il a été établi que ce national présente un « risque
élevé ».
Les Comptables professionnels agréés du Canada ont prévenu le comité que les modifications
proposées dans la section 19 ne rendraient pas la Loi entièrement conforme à la
recommandation 22 du Groupe d’action financière, qui porte sur les obligations de vigilance
relatives à la clientèle des entreprises et professions non financières désignées. Plus
particulièrement, il a été mentionné que la recommandation 22 prévoit que les comptables
devraient faire une déclaration lorsqu’ils effectuent des transactions pour leurs clients concernant
les deux activités suivantes : l’organisation des apports pour la création, l’exploitation ou la
gestion de sociétés; la création, l’exploitation ou l’administration de personnes morales ou de
constructions juridiques. L’organisme a proposé que la Loi soit modifiée de sorte que les
comptables au Canada soient tenus de faire une déclaration au Centre lorsqu’ils réalisent de telles
activités.
Thème 3 – Accroître les efforts en matière d’observation, de surveillance et d’exécution
Les mesures proposées dans le cadre du troisième thème retenu par le ministère des Finances –
accroître les efforts en matière d’observation, de surveillance et d’exécution – permettraient au
Centre de recevoir des renseignements fournis sur une base volontaire par certaines personnes ou
21 entités au sujet de l’observation des parties 1 et 1.1 de la Loi par les entités déclarantes. De l’avis
du ministère, la section 19 modifierait également le processus d’appel relatif aux programmes de
déclaration des mouvements transfrontaliers.
Les Comptables professionnels agréés du Canada ont dit craindre que la modification proposée,
qui permettrait au Centre de déposer auprès du tribunal les déclarations d’opérations douteuses,
puisse dissuader les entités déclarantes de déposer ces déclarations. L’organisme a proposé que
le nom de l’entité déclarante et les détails la concernant soient supprimés ou tenus confidentiels
lorsque de telles déclarations sont déposées auprès du tribunal.
Thème 4 – Améliorer l’échange de renseignements dans le cadre du régime canadien de
lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités
terroristes
Le quatrième thème retenu par le ministère des Finances concerne l’amélioration de l’échange de
renseignements entre les partenaires dans le cadre du régime. Selon le Ministère, les
modifications proposées permettraient au Centre de communiquer aux organismes canadiens
d’application de la loi et à l’Agence des services frontaliers du Canada les renseignements
relatifs aux menaces pour la sécurité du pays; à l’heure actuelle, les renseignements ne peuvent
être communiqués qu’au Service canadien du renseignement de sécurité. Le Ministère a indiqué
que les modifications proposées font partie des mesures prises par le gouvernement fédéral à la
suite de l’enquête sur la tragédie d’Air India.
Les Comptables professionnels agréés du Canada ont appuyé la modification proposée qui
permettrait au Centre de rendre publique sa participation dans le cas où la culpabilité d’une
personne est avérée et ont préconisé d’autres modifications qui permettraient également au
Centre de rendre publics les détails des déclarations d’opérations douteuses à l’appui de tels cas.
Thème 5 – Mettre en vigueur la partie 1.1 de la Loi sur le recyclage des produits de la
criminalité et le financement des activités terroristes
Le cinquième et dernier thème retenu par le ministère des Finances concernait l’entrée en
vigueur de la partie 1.1 de la Loi, présentée en 2010 dans la Loi sur l’emploi et la croissance
économique. Le Ministère a indiqué que cette partie permettrait au gouvernement fédéral de
prendre des contre-mesures contre des États étrangers et des entités étrangères considérés comme
présentant un « risque élevé » en ce qui concerne la lutte contre le recyclage des produits de la
criminalité et le financement des activités terroristes.
Les Comptables professionnels agréés du Canada ont demandé que les règlements relatifs à la
partie 1.1 allouent un délai suffisant pour permettre de s’y conformer.
22 Les coûts et les avantages de la section 19 pour les entités déclarantes
En ce qui concerne les coûts et les avantages des modifications proposées dans la section 19, le
ministère des Finances a soutenu que le coût marginal lié à l’ajout du concept de nationaux
politiquement vulnérables dans la Loi serait minime, puisque la majorité des institutions
financières sous réglementation fédérale ont déjà des procédures de vérification de l’identité des
clients intégrées à leur processus d’évaluation régulière des risques. Ces procédures leur
permettraient d’identifier les nationaux politiquement vulnérables.
Le Ministère a également expliqué la règle du « un pour un », selon laquelle l’ajout d’un fardeau
d’observation pour les entités déclarantes serait compensé par l’élimination d’un autre fardeau.
Le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada a fait état de deux cas
de fraude qui ont mené à des condamnations et qu’il avait dénoncés. Dans le premier cas, la
fraude était supérieure à 200 millions de dollars; dans le second, elle excédait 400 millions.
Autres modifications proposées par des témoins
Outre leurs témoignages sur des dispositions précises de la section 19, des témoins ont proposé
d’autres modifications au régime. À titre d’exemple, au sujet de liens entre la fraude à
l’assurance et le crime organisé, le Bureau d’assurance du Canada a demandé au gouvernement
fédéral d’établir des protocoles qui assureraient une meilleure communication entre les
organismes des secteurs public et privé.
Selon le ministère des Finances, certaines parties de la Loi s’appliquent aux compagnies
d’assurance de personnes, mais la Loi ne s’applique pas aux compagnies d’assurance générale.
L’Association des courtiers d’assurances du Canada a appuyé le maintien de l’exclusion de ces
compagnies dans la Loi.
L’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes a indiqué que, dans une
approche axée sur le risque pour le régime, les entités déclarantes devraient exercer une plus
grande vigilance à l’égard de leurs clients lorsque le risque de recyclage des produits de la
criminalité et de financement des activités terroristes est plus élevé, alors que des mesures
simplifiées suffiraient lorsque le risque est plus faible. Elle a fait valoir que, bien que certaines
des modifications proposées dans la section 19 soient fondées sur le risque, une telle approche
devrait occuper une place plus importante dans le régime canadien.
Les Comptables professionnels agréés du Canada ont déclaré que la plupart des entités
déclarantes éprouvent de la frustration en raison du fardeau qu’imposent les normes
d’identification prévues à la Loi, surtout en l'absence du client; les normes canadiennes sont plus
rigoureuses qu’ailleurs. À leur avis, les modifications proposées dans la section 19 ne règlent pas
la situation. Afin de réduire le fardeau des entités déclarantes, le ministère des Finances envisage
23 actuellement des mesures réglementaires qui répondraient aux besoins de vérification de
l'identité du client en l’absence de celui-ci.
Des témoins ont proposé d’élargir la liste des entités déclarantes prévue à la Loi. Ainsi, les
Comptables professionnels agréés du Canada ont proposé que les personnes et les cabinets qui
exercent des activités comptables au Canada soient des entités déclarantes pour l’application de
la Loi. Plus précisément, ils ont proposé que toute personne qui agit à titre de syndic de faillite,
de séquestre, de séquestre-gérant, de séquestre intérimaire ou de contrôleur soit une entité
déclarante. Témoignant à titre personnel, M. Matthew McGuire a proposé que les sociétés de
crédit-bail et de financement soient aussi des entités déclarantes.
M. McGuire a également proposé que les entreprises de services monétaires aient des règles de
prudence et que le régime de confiscation civile soit utilisé plus souvent pour intenter des
poursuites dans les cas de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités
terroristes.
Section 19 et recommandations de mars 2013 du comité
De nombreux témoins ont parlé des recommandations formulées par le comité dans son rapport
de mars 2013 sur le régime canadien et de leur lien avec certaines des modifications proposées
dans la section 19.
Selon le ministère des Finances, les dispositions de la section 19 portant sur l'échange de
renseignements et une plus grande responsabilisation découlent en partie de certaines
recommandations du comité. Il a affirmé que d’autres recommandations du comité seront prises
en compte dans les règlements à venir et l’examen du rendement ministériel, ce dernier
fournissant des statistiques et des mesures de rendement.
En ce qui concerne la recommandation du comité sur les déclarations « en temps réel », le
Ministère a indiqué qu’une telle exigence imposerait un lourd fardeau aux entités déclarantes,
notamment les petites entités. Le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du
Canada a fait valoir que les partenaires du régime ne se plaignent pas de retard dans la réception
des cas communiqués lorsque les délais prescrits sont respectés. M. McGuire a avancé que la
réception en « temps réel » de déclarations de transferts électroniques de fonds permettrait aux
autorités d’arrêter le transfert de fonds ou d’entraver le déroulement de transferts futurs et que la
plupart des grandes entités déclarantes pourraient assez facilement faire des déclarations « en
temps réel ». Il a signalé qu’il serait plus difficile, et peut-être mal avisé, d’exiger la production
de déclarations d’opérations douteuses en temps réel. En effet, le dépôt d’une telle déclaration
entraînant des conséquences, les entités déclarantes devraient y réfléchir sérieusement avant de le
faire. À son avis, si une institution financière a déposé une déclaration d’opération douteuse à
l’égard d’un client, elle sera peut-être moins susceptible de lui consentir un prêt dans l’avenir.
Quant aux recommandations du comité sur une plus grande collaboration entre les différents
partenaires du régime, le ministère des Finances a affirmé être en train de concevoir un cadre
24 d’évaluation des risques touchant tous les partenaires du régime. Selon lui, ce cadre améliorera la
collaboration. L’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes a demandé
instamment au ministère des Finances, au Centre et au Bureau du surintendant des institutions
financières de poursuivre leur collaboration afin d’établir un cadre clair, cohérent et pratique
pour le régime.
Des membres du comité étaient déçus des modifications proposées dans la section 19, estimant
qu’elles ne vont pas assez loin pour donner suite aux recommandations formulées par le comité
dans son rapport de mars 2013.
Partie 6, section 22 – Modifications à la Loi de 2006 sur les droits d’exportation
de produits de bois d’œuvre
La section 22 modifierait la Loi de 2006 sur les droits d’exportation de produits de bois d’œuvre
afin de préciser les modalités du calcul des montants à verser aux provinces. Aux termes de la
Loi, des droits d’exportation sont perçus sur certains produits de bois d’œuvre expédiés aux
États-Unis; une partie des recettes sont réparties entre les provinces d’où proviennent les
produits.
Le ministère des Finances a expliqué que le gouvernement fédéral perçoit des droits
d’exportation sur le bois d’œuvre expédié aux États-Unis; il en conserve une partie pour couvrir
les frais administratifs et juridiques du gouvernement fédéral, puis transfère le reste aux
provinces. Selon le Ministère, le changement proposé préciserait la structure de recouvrement
des coûts auprès des provinces aux termes de l’Accord canado-américain sur le bois d’œuvre
résineux des façons suivantes : il autoriserait le report et le recouvrement des coûts du
gouvernement fédéral à des dates ultérieures; il permettrait le recouvrement des coûts
conformément à l’article 40.1 de la Loi sur les arrangements fiscaux entre le gouvernement
fédéral et les provinces ou par la voie de versements volontaires à une province; il n’obligerait
pas le ministre du Revenu national à transférer des recettes à une province si celle-ci a un solde à
régler au gouvernement fédéral.
Partie 6, section 24 – Modifications à la Loi sur la protection de l’assurance
hypothécaire résidentielle et à la Loi nationale sur l’habitation
La section 24 modifierait la Loi sur la protection de l’assurance hypothécaire résidentielle et la
Loi nationale sur l’habitation. Conformément aux changements proposés, les critères relatifs à la
garantie de paiement aux termes de la Loi nationale sur l’habitation pourraient s’appliquer à un
prêt hypothécaire assuré existant n’ayant pas encore été titrisé. Les changements proposés
permettraient de prendre des règlements pour interdire l’utilisation de prêts hypothécaires assurés
garantis par l’État à titre de sûreté d’instruments de titrisation qui ne sont pas parrainés par la
Société canadienne d’hypothèques et de logement.
25 Le ministère des Finances a expliqué que les changements proposés donneraient au
gouvernement plus de latitude afin de prendre des règlements en vertu de Loi sur la protection de
l’assurance hypothécaire résidentielle et de la Loi nationale sur l’habitation, en partie en
autorisant la création de règlements s’appliquant à des prêts hypothécaires déjà assurés. Selon le
Ministère, le pouvoir de réglementation proposé permettrait au gouvernement de prendre des
règlements réduisant la mesure dans laquelle l’argent des contribuables peut servir à couvrir les
éventuelles pertes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Partie 6, Section 25 – modifications à la Loi sur les marques de commerce
La section 25 modifierait la Loi sur les marques de commerce en y ajoutant plusieurs
dispositions relativement à trois traités internationaux que le gouvernement fédéral cherche à
ratifier : le Protocole de Madrid, le Traité de Singapour et l’Arrangement de Nice.
Le ministre des Finances a déclaré que les changements proposés auraient pour effet de réduire
le fardeau bureaucratique des entreprises canadiennes et de simplifier le système
d’enregistrement des marques de commerce.
Industrie Canada a fait remarquer que les changements proposés à la section 25 mettraient en
œuvre le Protocole de Madrid (qui comporte une demande unique d’enregistrement de marques
de commerce pour plusieurs pays), le Traité de Singapour (qui harmonise les processus
d’enregistrement des marques de commerce à l’échelle internationale) et l’Arrangement de Nice
(qui présente un système de classification international des marques de commerce). La mise en
œuvre de ces traités réduirait les coûts et le fardeau administratif des entreprises canadiennes,
faciliterait l’expansion de ces dernières dans les marchés étrangers et favoriserait les
investissements étrangers au Canada. Selon le Ministère, la section 25 ne modifierait pas les
exigences fondamentales du Canada en matière de marques de commerce, mais plutôt les
pratiques administratives.
Le Ministère a souligné qu’au cours des dix dernières années, il y avait eu trois consultations
auprès des acteurs de la « communauté de la propriété intellectuelle » sur le Protocole de Madrid
et le Traité de Singapour; toutefois, la façon de mettre ces derniers en œuvre ne remportait pas
l’unanimité. Au sujet du changement proposé dans la section 25 qui éliminerait l’exigence posée
aux entreprises de présenter un formulaire imprimé où elles déclarent comment la marque de
commerce sera utilisée, il a affirmé que l’objectif était de réduire le fardeau administratif imposé
aux entreprises. Une fois cette exigence de la déclaration d’emploi éliminée, les requérants
canadiens et étrangers seraient assujettis aux mêmes exigences d’enregistrement, alors que le
système actuel permet à certains requérants étrangers de demander un enregistrement sans faire
de déclaration d’emploi. Il a, de plus, insisté sur le fait que l’emploi de la marque de commerce
26 demeurerait un principe fondamental du régime de marques de commerce du Canada : en effet,
une demande d’enregistrement d’une marque exige que le requérant utilise – ou ait l’intention
d’utiliser – la marque de commerce au Canada, et une marque de commerce enregistrée peut être
contestée et annulée par un processus administratif si elle n’a pas été utilisée au cours des trois
années suivant son enregistrement. Selon le Ministère, le taux d’opposition à un enregistrement
de marque de commerce se situe entre 2 et 5 % par année et il ne prévoit pas que la mise en
œuvre des traités le propulse au-delà de 7 ou 8 %.
Industrie Canada a décrit les « chasseurs de brevets » comme des entreprises qui enregistrent des
marques de commerce pour ensuite faire payer les entreprises qui désirent avoir le droit d’utiliser
l’une de ces marques. Quant au risque que la mise en œuvre des traités fasse augmenter le
nombre de ces chasseurs, le Ministère l’écarte et ne prévoit pas une telle hausse au Canada. Il
existe, dit-il, un système d’examen rigoureux qui veille sur ce type d’enregistrement.
Le Ministère a déclaré que la mise en application de ces trois traités ne constituait pas une
condition préalable à la conclusion des négociations en vue de l’accord économique et
commercial global entre le Canada et l’Union européenne. Ceci étant dit, l’harmonisation des
pratiques administratives du Canada avec celles de l’Europe entraînerait une économie de temps
et d’argent pour les entreprises canadiennes qui désirent se tailler une place dans le marché
européen. Au sujet de la mise en œuvre de ces trois traités aux États Unis, le Ministère a expliqué
que, pour des raisons constitutionnelles, les États Unis avaient dû créer un double système
d’enregistrement des marques de commerce : les requérants nationaux doivent remplir un
formulaire où ils indiquent le mode d’utilisation de la marque de commerce, mais non pas les
requérants étrangers. Il a émis l’avis que l’instauration d’un double système au Canada
augmenterait encore davantage le fardeau administratif et les frais pour les entreprises
canadiennes, comparativement à la situation des requérants étrangers.
Outre les représentants de ministères fédéraux, le comité a entendu plusieurs témoins, qui, tous,
éprouvaient de fortes réserves à l’égard des changements proposés à la section 25.
L’association Manufacturiers et Exportateurs du Canada redoute que le changement proposé à
l’exigence de la déclaration d’emploi ne permette à des requérants qui ont peu ou pas du tout
d’intérêt légitime envers une marque de commerce d’enregistrer cette dernière, au détriment
d’une entreprise qui, elle, aurait réellement l’intention d’utiliser ladite marque à des fins
commerciales. Selon elle, par suite des changements proposés, ce sont les propriétaires de
marques de commerce qui hériteraient de la responsabilité, actuellement confiée au Registraire
des marques de commerce, de vérifier si elles sont utilisées. Les entreprises verraient du coup
leurs frais augmenter, car elles devraient accroître leur surveillance du registre et intenter des
poursuites d’opposition et d’annulation.
27 L’association Manufacturiers et Exportateurs du Canada a commenté la mise en œuvre des trois
traités en soutenant que le Protocole de Madrid serait fort probablement à l’avantage des grandes
entreprises tandis que les entreprises modestes recourraient sans doute à des moyens moins
coûteux pour enregistrer leur marque. De plus, parallèlement à son appui à ce protocole, elle a
prévenu que l’adoption de la classification de l’Arrangement de Nice pourrait faire augmenter les
frais d’enregistrement, causer des retards et provoquer l’annulation d’une marque de commerce
par suite du manque de connaissances de la classification de la part des examinateurs et des
requérants. Elle a soutenu qu’il faudrait amender le projet de loi C-31 pour y ajouter, d’une part,
un délai de grâce pour ainsi accorder aux entreprises et aux spécialistes de la propriété
intellectuelle le temps de se familiariser avec le système de classification de l’Arrangement de
Nice et, d’autre part, un processus d’appel en cas de différends relativement à la classification
d’une marque de commerce.
La Chambre de commerce du Canada a affirmé que la modification proposée à l’exigence de la
déclaration d’emploi transformerait radicalement la législation canadienne sur les marques de
commerce, car elle remplacerait un système fondé sur l’utilisateur, qui protège l’achalandage que
représente une marque de commerce, par un système fondé sur l’enregistrement. Selon elle, ce
changement proposé n’est pas nécessaire à la mise en œuvre des trois traités et provoquerait une
recrudescence de chasseurs de brevets, l’amoncellement des marques de commerce inutilisées
dans le registre et l’augmentation du nombre de différends entre les utilisateurs non enregistrés
d’une marque et les propriétaires enregistrés de la même marque qui ne l’utilisent pas à des fins
commerciales.
De plus, la Chambre de commerce a fait remarquer que le retrait de l’exigence de la déclaration
d’emploi permettrait certes d’accélérer le traitement des demandes, mais il augmenterait la
pression sur les entreprises canadiennes au stade de l’opposition lors d’une contestation. Enfin,
elle a relevé que la Loi sur les marques de commerce a été adoptée en vertu du pouvoir fédéral
sur le commerce; toutefois, en l’absence de l’exigence de la déclaration d’emploi de la marque
de commerce, l’enregistrement des marques de commerce ne se fonderait plus sur le commerce
et, par suite, cela pourrait soulever des risques de contestation constitutionnelle.
Bereskin & Parr, un cabinet spécialisé en droit de la propriété intellectuelle, a, lui aussi, affirmé
que le retrait de l’exigence de la déclaration d’emploi entraînerait l’amoncellement des marques
de commerce inutilisées dans le registre et rendrait l’approbation des marques de commerce plus
coûteuse pour les entreprises canadiennes. Selon lui, les avocats canadiens en droit de la
propriété intellectuelle s’opposent à la proposition de convertir un système fondé sur l’utilisateur
à un autre qui soit fondé sur l’enregistrement, et croient que les changements proposés se
traduiront d’abord en frais supplémentaires pour les entreprises canadiennes qui désirent
s’opposer à l’enregistrement d’une marque, et ensuite, en une augmentation de travail pour les
avocats.
28 En ce qui a trait à la mise en œuvre des trois traités aux États Unis, Bereskin & Parr a fait valoir
que la mise en œuvre s’est faite sans changements substantiels au droit national; de plus, le
système des États Unis garantit qu’il y a une intention de bonne foi d’utiliser la marque de
commerce au pays. Il a observé que, malgré l’application du Protocole de Madrid depuis dix ans
aux États Unis, certaines entreprises trouvent moins onéreux d’adopter d’autres méthodes pour
enregistrer une marque de commerce. Selon ce cabinet, les entreprises canadiennes pourront
continuer à avoir recours à des options d’enregistrement relativement moins coûteuses que celles
mises de l’avant dans le Protocole de Madrid. Il a reconnu que la profession juridique en général
ne s’oppose pas à la mise en œuvre du Protocole, mais elle est d’avis qu’il ne faut pas modifier
substantiellement la Loi sur les marques de commerce à cette fin. Enfin, il a affirmé qu’on
devrait prioritairement améliorer l’efficacité du Bureau des marques de commerce avant de
mettre en œuvre le Protocole de Madrid, car ce dernier impose de délais stricts dans le cadre du
processus de demande.
L’International Federation of Intellectual Property Attorneys (Fédération internationale des
avocats en droit de la propriété intellectuelle) a fait valoir que certains changements proposés
dans la section 25 représenteraient une restructuration fondamentale du système canadien
d’enregistrement des marques de commerce et que cette dernière nuirait aux propriétaires
canadiens de marques de commerce. Selon elle, le retrait de l’exigence de la déclaration
d’emploi aurait les conséquences suivantes : des frais supplémentaires pour les entreprises à
cause de l’augmentation du nombre de contestations auprès du Bureau du registraire des marques
de commerce et de la Cour fédérale; l’amoncellement des marques de commerce étrangères
inutilisées dans le registre; un statut indéterminé des droits des marques de commerce
enregistrées parce que les marques de commerce seraient associées à un nombre potentiellement
illimité de biens et services; et au doute constitutionnel quant à la validité du régime de marques
de commerce, si on en venait à autoriser l’enregistrement de marques de commerce inutilisées
dans le commerce. Selon cette fédération, les changements proposés relativement à la déclaration
d’emploi ne reçoivent l’appui ni des propriétaires de marques ni d’autres groupes qui travaillent
avec des marques de commerce; ils semblent d’ailleurs n’offrir aucun avantage aux entreprises
canadiennes.
Comme le cabinet Bereskin & Parr, l'International Federation of Intellectual Property Attorneys
a fait remarquer que ces exigences s’intègrent plus étroitement à un système de droit civil qu’à
un système de common law. De plus, le recours au Protocole de Madrid ne ferait qu’éviter des
coûts supplémentaires à une entreprise canadienne qui désirerait s’enregistrer aux États Unis, à
l’Union européenne et dans cinq ou six autres pays. Elle a considéré comme pertinente pour le
Canada l’approche empruntée par les États Unis quant à la mise en œuvre des trois traités,
l’adoption du protocole de Madrid aux États Unis n’ayant exigé que de minimes changements au
système national de marques de commerce. Quant au double système d’enregistrement des
29 marques de commerce en cours aux États Unis, cette fédération a observé que, malgré les
différentes exigences en matière d’enregistrement, tant les requérants nationaux qu’étrangers
doivent prouver l’utilisation de bonne foi de la marque de commerce avant la cinquième et la
sixième année suivant l’enregistrement. Enfin, elle a fait remarquer qu’il y a des droits
exécutoires supplémentaires liés aux marques de commerce en vertu du droit civil du Canada et
du Code civil du Québec, et que les modifications proposées à la Loi sur les marques de
commerce ne sont pas conformes à ces droits. Elle a suggéré de retirer les articles du projet de
loi C-31 qui modifieraient les articles 16, 30 et 40 de la Loi.
Un groupe de plus de 228 spécialistes canadiens de la propriété intellectuelle ont exprimé dans
leur mémoire au comité leur appréhension devant le changement proposé à l’exigence de la
déclaration d’emploi. Ils ont déclaré que, tout en ne s’opposant pas à la mise en œuvre des trois
traités, ils croyaient que le retrait de l’exigence de la déclaration d’emploi ne s’imposait pas dans
le cadre de cette mise en œuvre. Ils ont exhorté le gouvernement fédéral à tenir des consultations
auprès des acteurs concernés à ce sujet. À l’instar de l’ International Federation of Intellectual
Property Attorneys, ils ont préconisé de retirer les articles du projet de loi C-31 qui modifieraient
les articles 16, 30 et 40 de la Loi sur les marques de commerce et les règles transitoires
afférentes, en attendant des études complémentaires.
Dans son mémoire présenté au comité, l’Association du Barreau canadien a également soulevé la
question du changement proposé à l’exigence de la déclaration d’emploi, qu’il dit ne pas être
nécessaire à la mise en œuvre des trois traités. Elle a mentionné que cette proposition de
changement pouvait se justifier par une « efficacité interne » au Bureau du registraire des
marques de commerce plutôt que par la protection des intérêts des entreprises canadiennes. Selon
l’Association, le gouvernement fédéral a certes tenu des consultations sur certains aspects de la
loi sur les marques de commerce, mais non sur les changements proposés relativement à
l’exigence de la déclaration d’emploi; ces changements sont énoncés dans les articles 330, 339 et
345 du projet de loi C-31. Elle a conseillé de retirer la section 25 du projet de loi C 31 pour que
les changements proposés puissent faire l’objet de nouvelles consultations.
L’Institut de la propriété intellectuelle du Canada a reconnu dans son mémoire présenté au
comité que la section 25 propose un certain nombre de changements positifs au système des
marques de commerce du Canada, notamment l’élargissement proposé de la définition du terme
« marque de commerce » et une modification qui rendrait possible la correction d’erreurs dans le
registre des marques de commerce. Toutefois, dans l’énoncé de ses préoccupations devant
l’élimination proposée de l’exigence de la déclaration d’emploi, il a conseillé de maintenir cette
exigence dans la Loi sur les marques de commerce, ou encore d’apporter d’autres modifications
qui veilleraient à ce que l’application repose sur l’emploi ou l’emploi projeté au Canada. Ces
modifications pourraient être les suivantes : inclure une définition de l’expression « projette
d’employer »; demander aux requérants étrangers d’inclure une déclaration de leur intention de
30 bonne foi d’utiliser la marque de commerce au Canada; et demander aux requérants de présenter
une preuve de l’emploi réel de la marque de commerce après son enregistrement ou à son
renouvellement. De plus, l’Institut a énuméré plus d’une dizaine de cas qu’il a qualifiés d’erreurs
techniques ou d’incohérences dans les versions anglaise et française de la section 25, et en a
proposé des corrections.
31 ANNEXE A : TÉMOINS
Le jeudi 1er mai 2014
Ministère des Finances :
L'honorable Joe Oliver, C.P., député, ministre des Finances;
Brian Ernewein, directeur général, Direction de la politique de l'impôt;
Toni Gravelle, directeur général, Direction de la politique du secteur financier;
Pierre Mercille, chef principal, législation, Législation sur la TPS;
Gervais Coulombe, chef, Politique de l’accise, Division de la taxe de vente;
Dean Beyea, directeur, Politique commerciale internationale;
Patrick Halley, chef, Politique tarifaire et commerciale;
Kevin Wright, chef, Division des marchés financiers;
David Smith, chef principal, Politiques sur le marché financiers;
James Wu, chef, Analyse des institutions financières;
Michèle Legault, économiste principale, Division des institutions financières;
Michèle Govier, chef, Recours commerciaux et relations commerciales.
Santé Canada :
Suzy McDonald, directrice générale, Direction des matières dangereuses utilisées au travail;
Jason Wood, directeur, Bureau d'élaboration de politiques et de programmes, Direction des
matières dangereuses utilisées au travail;
John Morales, avocat, Unité des Services juridiques.
Agence du Revenu du Canada :
Brian McCauley, sous-commissaire, Direction générale de la politique législative et des affaires
réglementaires.
32 Agence des services frontaliers du Canada :
Tammy Branch, directrice générale.
Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada :
Colin Bird, directeur, Direction du bois d'œuvre.
Banque du Canada :
Rob Turnbull, conseiller spécial, Système financier.
Société d'assurance-dépôts du Canada :
Mark Maltais, directeur, Trésorerie et Gestion de placement.
Le mercredi 7 mai 2014
Ministère des Finances :
David Murchison, directeur, Secteur financier;
Rachel Grasham, chef, Division du secteur financier.
Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada :
Darlene Boileau, sous-directrice, Politiques stratégiques et affaires publiques.
Agence des services frontaliers du Canada :
Colette Cibula, directrice, Gestion du programme des recours, Direction des recours.
Bureau d'assurance du Canada :
Garry Robertson, CFE, directeur national, Services d’enquête.
Association des courtiers d'assurances du Canada :
Steve Masnyk, directeur, Affaires publiques.
Comptables professionnels agréés du Canada :
Matthew McGuire, président, Comité sur le blanchiment de fonds.
33 Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes :
Frank Zinatelli, vice-président et avocat général.
Le jeudi 8 mai 2014
Industrie Canada :
Darlene Carreau, présidente, Commission des oppositions des marques de commerce;
Anne-Marie Monteith, directrice, Direction de la politique du droit d'auteur et des marques de
commerce;
Paul Halucha, directeur général, Direction générale des politiques-cadres du marché.
Manufacturiers et exportateurs du Canada :
Philip Turi, avocat général et directeur, Services d’affaires mondiaux.
Chambre de commerce du Canada :
Scott Smith, directeur principal, Propriété intellectuelle et politique d’innovation.
Bereskin & Parr, Droit de la propriété intellectuelle :
Dan Bereskin, associé.
Fédération internationale des conseils en propriété intellectuelle :
Coleen Morrison, vice-présidente;
Robert Storey, président, Commission d'adhésion.
Le mercredi 14 mai 2014
Association des banquiers canadiens :
Marina Mandal, conseillère juridique principale;
Kenneth Thorlakson, vice-président et avocat général associé, Banque Scotia.
Association des courtiers d'assurances du Canada :
Steve Masnyk, directeur, Affaires publiques.
34 Association canadienne des compagnies d'assurance mutuelles :
Normand Lafrenière, président.
The Co-operators Group :
Frank Lowery, vice-président principal, secrétaire et chef du contentieux.
Assurance Economical :
Karen Gavan, présidente et chef de la direction.
Le jeudi 15 mai 2014
Association canadienne des producteurs pétroliers :
Bob Bleaney, vice-président, Ottawa, Est du Canada et Canada atlantique;
Paul Barnes, gestionnaire, Canada atlantique et arctique.
Société canadienne du cancer :
Rob Cunningham, analyste principal des politiques.
Fondation des maladies du coeur du Canada :
Manuel Arango, directeur, Politique de la santé.
Association médicale canadienne :
Dr Chris Milburn, membre du Comité des soins et de la promotion de la santé;
Jill Skinner, directrice associée, Bureau de la santé publique.
35 ANNEXE B : MÉMOIRES

Association canadienne de produits de consommation spécialisés

L’Association du barreau canadien

Institut de la propriété intellectuelle du Canada

Professionnels en droit de la propriété intellectuelle de cabinets d’avocats et d’entreprises
de partout au Canada
36 WITNESSES
Thursday, May 29, 2014
The Honourable Senator Pierrette Ringuette, sponsor of the bill.
Department of Finance Canada:
TÉMOINS
Le jeudi 29 mai 2014
L’honorable sénatrice Pierrette Ringuette, marraine du projet de loi.
Ministère des Finances Canada :
David Murchison, Director, Financial Sector Division;
David Murchison, directeur, Secteur financier;
Erin O’Brien, Chief, Financial Sector Stability - International,
Financial Sector Division.
Erin O’Brien, chef, Secteur de la stabilité financière - Internationale,
Division du secteur financier.
Financial Consumer Agency of Canada:
Kevin Thomas, Acting Director, Compliance and Enforcement
Branch.
Competition Bureau:
Agence de la consommation en matière financière du Canada :
Kevin Thomas, directeur par intérim, Direction de la conformité et
application.
Bureau de la concurrence :
Richard Bilodeau, Assistant Deputy Commissioner, Civil Matters
Branch Division B;
Richard Bilodeau, sous-commissaire adjoint, Direction générale des
affaires civiles Division B;
Nadia Brault, Senior Officer, Civil Matters Branch Division B.
Nadia Brault, agente principale, Direction générale des affaires
civiles Division B.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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