Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Social Affairs,
Science and
Technology
Affaires sociales,
des sciences et de
la technologie
Chair:
The Honourable KELVIN KENNETH OGILVIE
Président :
L’honorable KELVIN KENNETH OGILVIE
Wednesday, October 29, 2014
Thursday, October 30, 2014
Le mercredi 29 octobre 2014
Le jeudi 30 octobre 2014
Issue No. 22
Fascicule nº 22
Second and third meetings:
Deuxième et troisième réunions :
Examine and report on the increasing incidence
of obesity in Canada: causes, consequences
and the way forward
Examiner, pour en faire rapport, l’incidence
croissante de l’obésité au Canada : ses causes,
ses conséquences et les solutions d’avenir
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51684-51692
STANDING SENATE COMMITTEE ON
SOCIAL AFFAIRS, SCIENCE AND
TECHNOLOGY
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
AFFAIRES SOCIALES, DES SCIENCES ET
DE LA TECHNOLOGIE
The Honourable Kelvin Kenneth Ogilvie, Chair
Président : L’honorable Kelvin Kenneth Ogilvie
The Honourable Art Eggleton, P.C., Deputy Chair
Vice-président : L’honorable Art Eggleton, C.P.
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
* Carignan, C.P.
(or Martin)
Chaput
Cordy
* Cowan
(or Fraser)
Eggleton, C.P.
Enverga
Merchant
Ogilvie
Seidman
Seth
Stewart Olsen
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
Chaput
Cordy
* Cowan
(ou Fraser)
Eggleton, C.P.
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Enverga
Merchant
Ogilvie
Seidman
Seth
Stewart Olsen
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Wednesday, October 29, 2014
(48)
OTTAWA, le mercredi 29 octobre 2014
(48)
[English]
22:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science
and Technology met this day at 4:13 p.m., in room 2, Victoria
Building, the chair, the Honourable Kelvin Kenneth Ogilvie,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 16 h 13, dans
la salle 2 de l’édifice Victoria, sous la présidence de l’honorable
Kelvin Kenneth Ogilvie (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Chaput, Cordy, Eggleton, P.C., Enverga, Merchant, Nancy Ruth,
Ogilvie, Seidman, Seth and Stewart Olsen (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Chaput, Cordy, Eggleton, C.P., Enverga, Merchant, Nancy
Ruth, Ogilvie, Seidman, Seth et Stewart Olsen (10).
In attendance: Sonya Norris, Analyst, Parliamentary
Information and Research Services, Library of Parliament.
Également présente : Sonya Norris, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also present: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate
on Wednesday, February 26, 2014, the committee continued its
examination on the increasing incidence of obesity in Canada:
causes, consequences and the way forward. (For complete text
of the order of reference, see proceedings of the committee,
Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 26 février 2014, le comité poursuit son étude de
l’incidence croissante de l’obésité au Canada : ses causes, ses
conséquences et les solutions d’avenir. (Le texte intégral de l’ordre
de renvoi figure au fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Canadian Obesity Network:
Réseau canadien en obésité :
Ian Janssen, Chair, Science Committee.
Childhood Obesity Foundation:
Ian Janssen, président, Comité des sciences.
Childhood Obesity Foundation :
Dr. Tom Warshawski, Chair.
Dr Tom Warshawski, président.
The chair made a statement.
Le président ouvre la séance.
Mr. Janssen and Dr. Warshawski each made a statement and,
together, answered questions.
M. Janssen et le Dr Warshawski font chacun une déclaration
puis, ensemble, répondent aux questions.
At 6:12 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 18 h 12, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Thursday, October 30, 2014
(49)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le jeudi 30 octobre 2014
(49)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science
and Technology met this day at 10:28 a.m., in room 2, Victoria
Building, the chair, the Honourable Kelvin Kenneth Ogilvie,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 10 h 28, dans
la salle 2 de l’édifice Victoria, sous la présidence de l’honorable
Kelvin Kenneth Ogilvie (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Chaput, Cordy, Eggleton, P.C., Enverga, Merchant, Nancy Ruth,
Ogilvie, Seidman, Seth and Stewart Olsen (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Chaput, Cordy, Eggleton, C.P., Enverga, Merchant, Nancy
Ruth, Ogilvie, Seidman, Seth et Stewart Olsen (10).
In attendance: Sonya Norris, Analyst, Parliamentary
Information and Research Services, Library of Parliament.
Également présente : Sonya Norris, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
22:4
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Also present: The official reporters of the Senate.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, February 26, 2014, the committee continued its
study on the increasing incidence of obesity in Canada: causes,
consequences and the way forward. (For complete text of the order
of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 26 février 2014, le comité poursuit son étude de
l’incidence croissante de l’obésité au Canada : ses causes, ses
conséquences et les solutions d’avenir. (Le texte intégral de l’ordre
de renvoi figure au fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Preventive Cardiology, Saint Luke’s Mid America Heart Institute:
Preventive Cardiology, Saint Luke’s Mid America Heart Institute :
James DiNicolantonio, Doctor of Pharmacy and
Cardiovascular Research Scientist (by video conference).
James DiNicolantonio, docteur en pharmacie et chercheur en
santé cardiovasculaire (par vidéoconférence).
Health Law Institute, University of Alberta:
Health Law Institute, Université de l’Alberta :
Timothy Caulfield, Canada Research Chair.
Timothy Caulfield, Chaire de recherche du Canada.
The chair made a statement.
Le président ouvre la séance.
Mr. DiNicolantonio and Mr. Caulfield each made a statement
and, together, answered questions.
M. DiNicolantonio et M. Caulfield font chacun une
déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 11:55 a.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 11 h 55, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Jessica Richardson
Clerk of the Committee
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Wednesday, October 29, 2014
OTTAWA, le mercredi 29 octobre 2014
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science
and Technology met this day at 4:13 p.m. to study the increasing
incidence of obesity in Canada: causes, consequences and the way
forward.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 16 h 13, pour
étudier l’incidence croissante de l’obésité au Canada : ses causes,
ses conséquences et les solutions d’avenir.
Senator Kelvin Kenneth Ogilvie (Chair) in the chair.
[Translation]
The Chair: Welcome to the Standing Senate Committee on
Social Affairs, Science and Technology.
[English]
Le sénateur Kelvin Kenneth Ogilvie (président) occupe le
fauteuil.
[Français]
Le président : Je vous souhaite la bienvenue au Comité
sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la
technologie.
[Traduction]
I’m Kelvin Ogilvie from Nova Scotia, and I will ask my
colleagues to introduce themselves.
Je m’appelle Kelvin Ogilvie, sénateur de Nouvelle-Écosse, et je
vais demander à mes collègues de se présenter.
Senator Eggleton: Art Eggleton, a senator from Toronto,
which has a new mayor; I thought I’d slip that in. I’m deputy
chair of the committee. I was dragging this out so Senator
Merchant could get to her seat.
Le sénateur Eggleton : Art Eggleton, sénateur de Toronto, où il
y a un nouveau maire; je me suis dit que j’allais glisser cette
information. Je suis le vice-président du comité. Je prends mon
temps ici pour que la sénatrice Merchant puisse se rendre à sa
place.
Senator Merchant: I’m Pana Merchant from Saskatchewan.
La sénatrice Merchant : Je m’appelle Pana Merchant, sénatrice
de la Saskatchewan.
Senator Chaput: Maria Chaput from Manitoba.
La sénatrice Chaput : Maria Chaput, du Manitoba.
Senator Nancy Ruth: Nancy Ruth from Toronto.
La sénatrice Nancy Ruth : Nancy Ruth, de Toronto.
Senator Enverga: Tobias Enverga from Ontario.
Le sénateur Enverga : Tobias Enverga, de l’Ontario.
Senator Seth: Asha Seth from Toronto.
La sénatrice Seth : Asha Seth, de Toronto.
Senator Seidman: Judith Seidman, Montreal, Quebec.
La sénatrice Seidman : Judith Seidman, de Montréal, au
Québec.
The Chair: Honourable senators, we are starting a new order of
reference. This is a study to deal with the increasing incidence
of obesity in Canada: causes, consequences and the way forward.
We hope for a lot of emphasis on the latter and the way forward.
Le président : Chers collègues, nous commençons une étude,
aux termes d’un nouvel ordre de renvoi, qui consiste à examiner
l’incidence croissante de l’obésité au Canada : ses causes, ses
conséquences et les solutions d’avenir. Nous espérons mettre
l’accent sur les solutions d’avenir.
To put it on the record, on February 26, 2014, the Senate
adopted an order of reference authorizing the Standing Senate
Committee on Social Affairs, Science and Technology to examine
and report on the increasing incidence of obesity in Canada, its
causes, consequences and the way forward, including but not the
limited to food consumption trends, specific elements of diet, the
processed food industry, lifestyle, provincial and federal
initiatives, and international best practices.
Pour que cela soit inscrit au compte rendu, le 26 février 2014, le
Sénat a adopté un ordre de renvoi autorisant le Comité sénatorial
permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie à
examiner, pour en faire rapport, l’incidence croissante de l’obésité
au Canada : ses causes, ses conséquences et les solutions d’avenir,
notamment, mais pas exclusivement, les tendances alimentaires,
les éléments particuliers de l’alimentation, le secteur des aliments
transformés, le mode de vie, les initiatives provinciales et fédérales
et les pratiques exemplaires ailleurs dans le monde.
Today the committee is undertaking the first meeting in the
study. We will hear from the Canadian Obesity Network and the
Childhood Obesity Foundation. I gather we will receive an
overview of this complex subject to identify some of the key issues
Aujourd’hui, le comité entreprend la première réunion portant
sur cette étude. Il entendra des représentants du Réseau canadien
en obésité et de la Childhood Obesity Foundation. Je crois
comprendre que nous allons avoir une vue d’ensemble de ce sujet
22:6
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
involved and all other advice that they see fit to provide us with
today.
complexe et que nous pourrons ainsi relever les enjeux
fondamentaux en jeu et obtenir tout autre conseil que les
représentants pourraient juger bon de nous donner aujourd’hui.
By initial agreement we will proceed in the order the witnesses
are listed on the agenda. I welcome Ian Janssen, Chair, Science
Committee, to present first.
Comme convenu, les témoins vont présenter leur déclaration
selon l’ordre établi dans l’ordre du jour. Je souhaite la bienvenue à
Ian Janssen, président, Comité des sciences, qui va présenter son
exposé en premier.
Ian Janssen, Chair, Science Committee, Canadian Obesity
Network: This meeting is timely today. I don’t know if anyone
heard the news from Statistics Canada, the new report on obesity,
which says 26 per cent of adults in Canada are obese and roughly
13 per cent of children. The only good news is that figure has
plateaued in recent years so it is no longer going up, but it has yet
to decrease. Hopefully this committee can get us going on a
downward trend.
Ian Janssen, président, Comité des sciences, Réseau canadien en
obésité : La réunion d’aujourd’hui arrive à un moment opportun.
J’ignore si vous avez entendu les résultats du nouveau rapport sur
l’obésité de Statistique Canada, selon lequel 26 p. 100 des adultes
canadiens sont obèses, et le taux est d’environ 13 p. 100 chez les
enfants. La seule bonne nouvelle est que cette proportion s’est
stabilisée dans les dernières années, mais elle n’a pas encore
diminué. Nous espérons que le comité pourra nous donner un
élan dans ce sens.
In my day job I am a professor at Queen’s University, and part
of the work I do is to serve the Canadian Obesity Network as
their science chair.
Le jour, je suis professeur à l’Université Queen’s, et, dans le
cadre de ce travail, j’exerce la fonction de président du Comité des
sciences du Réseau canadien en obésité.
Before I get into the content, the Canadian Obesity Network is
essentially the largest network of obesity professionals. There are
over 10,000 members, most are Canadians, and the network is
growing. Membership is free. It is the only organization globally
where membership is free. Most professional organizations would
cost $500 a year to join.
Avant d’aborder le sujet de mon exposé, j’aimerais dire que le
Réseau canadien en obésité est essentiellement le plus grand
réseau de professionnels dans le domaine de l’obésité. Il compte
plus de 10 000 membres, pour la plupart des Canadiens, et le
réseau est en croissance. Il n’y a pas de frais d’adhésion. Il s’agit
de la seule organisation à l’échelle mondiale où les membres n’ont
pas à débourser de frais. La plupart des organisations
professionnelles perçoivent des frais annuels de 500 $.
The network includes all relevant stakeholders for obesity,
such as researchers like me, health professionals like medical
doctors, nurses, dietitians, kinesiologists, policy-makers. Lots of
people from the Public Health Agency and Health Canada are
members of the network, as well as lots of industry partners,
including the food and beverage industry, pharmaceutical
industry, the industry related to bariatric care. It encompasses
all of the relevant disciplines for obesity.
Le réseau comprend tous les intervenants du domaine de
l’obésité, tel que des chercheurs — comme moi —, des
professionnels de la santé — comme des médecins —, des
infirmières, des diététiciens et des kinésiologues ainsi que des
décideurs. Beaucoup de gens de l’Agence de la santé publique du
Canada et de Santé Canada sont membres du réseau, ainsi qu’un
grand nombre de partenaires du secteur privé, dont l’industrie des
aliments et des boissons, l’industrie pharmaceutique et l’industrie
liée aux soins bariatriques. Il réunit toutes les disciplines liées à
l’obésité.
CON’s vision is to reduce the mental, physical and economic
burden of obesity in Canada and its mission is to act as catalyst
for addressing obesity in Canada by bringing together people to
develop effective solutions to prevent and treat obesity. Again, it
is tackling both the prevention and treatment aspects.
Le but d’ensemble du RCO est de réduire le fardeau mental,
physique et économique de l’obésité au Canada, et il a pour
mission de déclencher un processus de lutte contre l’obésité au
Canada en réunissant des gens qui mettront au point des solutions
efficaces visant à prévenir et à traiter l’obésité. Encore une fois, il
s’agit de s’attaquer à la fois aux aspects liés à la prévention et au
traitement.
CON has three main strategic goals and those change every few
years. Our current goals address the stigma associated with excess
weight. These are things like bullying in children, discriminatory
hiring practices, discriminatory enrollments into colleges and
universities. It covers the full gamut of any interactions a person
suffering from obesity would have.
Le RCO se fixe trois grands objectifs stratégiques, qui changent
tous les deux ou trois ans. Nos objectifs actuels sont liés aux
stigmates associés à l’excédent de poids. On parle de choses
comme l’intimidation chez les enfants ainsi que les pratiques
discriminatoires en matière d’embauche ou d’admission dans les
collèges et les universités. Ces objectifs se rattachent à toute la
gamme d’interactions que pourrait avoir une personne souffrant
d’obésité.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:7
We want to change the way policy-makers and health
professionals approach obesity. In essence, we’re trying to
increase the attention given to obesity, increase the resources
given to obesity and recognize that obesity is a complex issue that
will require a complex solution. Quite often the solutions we come
up with are simple and therefore ineffective at solving the
problem.
Nous voulons changer l’approche des décideurs et des
professionnels de la santé à l’égard de l’obésité. Essentiellement,
nous essayons d’accroître l’attention accordée à l’obésité, ainsi
que les ressources qui lui sont consacrées, et d’amener les
intervenants à reconnaître que l’obésité est un enjeu complexe
qui exige une solution complexe. Bien souvent, les solutions que
nous trouvons sont simples et ne permettent donc pas de résoudre
le problème.
Another goal is to improve access to prevention and treatment
resources, which can be challenging, particularly in primary care.
Un autre objectif est d’améliorer l’accès aux ressources en
matière de prévention et de traitement, ce qui peut s’avérer
difficile parfois, surtout dans le domaine des soins primaires.
I will give examples of some of the things CON is doing to
address these goals. An example of an initiative to address the
stigma problem is what we call ‘‘Perfect at Any Size.’’ By way of
background, when the media portrays a person suffering from
obesity, it is done in a negative way, someone who is lazy, not
motivated and unattractive. This initiative is brought about to
give a portrayal of a person suffering from obesity in a positive
way. It’s creating positive messages and images that people
suffering from obesity can be eating well, physically active and
attractive individuals doing normal things in the world.
Je vais vous donner des exemples de ce que fait le RCO pour
atteindre ces objectifs. Nous avons une initiative visant le
problème de la stigmatisation appelé Perfect at Any Size. Voici
le contexte : lorsqu’une personne souffrant d’obésité est présentée
dans les médias, l’image est négative : il s’agit d’une personne
paresseuse, peu motivée et peu séduisante. L’initiative vise à
brosser un portrait positif des personnes souffrant d’obésité. Il
s’agit de créer des images et des messages positifs selon lesquels les
gens souffrant d’obésité peuvent bien manger, être actives et
séduisantes et faire des choses normales.
An example of an initiative we have for strategic goal number
two, which is to change the way professionals approach obesity, is
our obesity boot camp. It’s not a boot camp, as many people
think, where we’re there with children with obesity. It’s a boot
camp for new professionals and graduate students who are
working in obesity.
Une initiative associée à notre objectif stratégique numéro
deux, qui est de changer l’approche des professionnels à l’égard de
l’obésité, est notre camp d’entraînement pour l’obésité.
Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, il ne s’agit
pas d’un camp d’entraînement qui s’adresse aux enfants atteints
d’obésité. Il s’agit d’un camp d’entraînement à l’intention des
nouveaux professionnels et des étudiants des cycles supérieurs qui
travaillent dans le domaine de l’obésité.
Traditionally, we are taught in a silo. If you are a cell biologist,
you are taught cell biology. If you’re an epidemiologist, you’re
taught epidemiology. In obesity, you have to learn about the
different aspects of obesity, and that’s what the boot camp is
about. It’s a nine-day intensive course where we bring together
students from different areas, and they learn about all the
different complex areas of obesity.
Traditionnellement, les domaines d’enseignement sont isolés les
uns des autres. Si vous êtes biologiste cellulaire, on vous apprend
la biologie cellulaire. Si vous êtes épidémiologiste, on vous
apprend l’épidémiologie. Dans le domaine de l’obésité, il faut
apprendre les différents aspects de l’obésité, et c’est là le rôle du
camp d’entraînement. Il s’agit d’un cours intensif de neuf jours
qui regroupe des étudiants de différents domaines et qui porte sur
les différents aspects complexes de l’obésité.
Our boot camp has been held in Kananaskis — the same place
the G8 summit was held in 2002 — for the past few years, and I
have been participating in the boot camp for seven years. It’s a
really wonderful initiative.
Notre
l’endroit
quelques
initiative
Another activity we are doing to improve access to prevention
and treatment resources is what is called the 5As of Obesity
Management for primary care. The experience that many people
have when they go to see their primary care doctor is they get on
the scale and are weighed and it is determined how tall they are
and the doctor calculates a BMI and maybe says, ‘‘You know,
you need to lose a few pounds, so eat better and exercise more.’’
That’s about the extent of the help they are given. The 5As
initiative is meant to provide resources and training for primary
care doctors to do a better job of assessing and dealing with
obesity in their clinics.
Une autre activité que nous menons afin d’améliorer l’accès
aux ressources en matière de prévention et de traitement s’intitule
« The 5 A’s of Obesity Management » à l’intention des
responsables des soins primaires. Bien souvent, lorsqu’on va
voir son médecin, on monte sur le pèse-personne et on se fait
mesurer. Ensuite, en fonction du poids et de la taille, le médecin
calcule l’IMC, et dira peut-être : « Vous savez, vous devez perdre
quelques livres, alors mangez mieux et faites plus d’exercice. »
Voilà l’essentiel de l’aide qui est offerte. L’initiative des 5 A vise à
donner des ressources et une formation aux médecins de premier
recours pour qu’ils puissent mieux évaluer et gérer l’obésité dans
leur clinique.
camp d’entraînement se déroule à Kananaskis —
où s’est tenu le sommet du G8 en 2002 — depuis
années, et j’y participe depuis sept ans. Il s’agit d’une
tout à fait fantastique.
22:8
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
That’s a little bit again about the Canadian Obesity Network
and some of the things we are trying to do.
Alors, ce sont des exemples de choses que le Réseau canadien
en obésité essaie de faire.
We were asked today to comment about the causes and things
we can do to help solve the problem.
Aujourd’hui, on nous demande d’aborder les causes et les
choses que nous pouvons faire pour aider à résoudre le problème.
If you look at image 8 of my deck, it’s the busiest image that
you’re ever going to see. That’s the image that talks about the
causes of obesity. I am given 5 to 7 minutes to talk, and I could
spend 5,000 minutes going over this picture. It’s really meant to
show you how complex this issue is. This is called the Foresight
map. It was developed in the United Kingdom. It shows that there
are all kinds of things going on and all kinds of things relating to
each other.
Si vous regardez l’image 8 de mon diaporama, vous n’aurez
jamais vu une image aussi chargée. Cette image présente les causes
de l’obésité. J’ai cinq à sept minutes pour présenter mon exposé,
alors que je pourrais passer 5 000 minutes à parler de cette image.
Finalement, elle vise à montrer à quel point l’enjeu est complexe.
Il s’agit du diagramme de Foresight. Il a été créé au RoyaumeUni. Il montre qu’une foule d’éléments entrent en jeu et que toutes
sortes de choses sont interreliées.
Slide 9 tries to group those little boxes into different areas. If
you look at the central boxes, there is food consumption — what
you’re eating, how much you’re eating and those sorts of things.
There is your physical activity — how much you’re exercising,
how much you’re walking, how much you sit during the day when
you’re at work and those types of things. Then there are outside
factors that drive those behaviours. There is food production,
food environment, physical activity environment, social
influences, and then individual biology or genetics that will
influence all of those things.
À la diapositive 9, on essaie de regrouper ces éléments en
catégories. Si vous regardez les cercles centraux, il y a la
consommation d’aliments : ce que vous mangez, combien vous
en mangez et ce genre de choses. Il y a l’activité physique : à quel
point vous faites de l’exercice, à quel point vous marchez, à quel
point vous êtes assis durant la journée — au travail —, et ce genre
de choses. Ensuite, il y a des facteurs externes qui exacerbent ces
comportements. Il y a la production d’aliments, l’environnement
connexe, l’environnement lié aux activités physiques, les
influences sociales, puis la biologie et le patrimoine génétique
individuel qui influencent toutes ces choses.
It’s not a simple, silver-bullet problem. There are many things
going on. To solve obesity, because it is such a complex problem,
it requires complex solutions. You need to tackle many of those
causes of obesity and upstream determinants of obesity if you’re
going to see any benefit on a person’s body weight, particularly at
the population level. With that being said, most things that we’ve
done to try and solve obesity have been completely ineffective. We
would consider them to be not effective whatsoever. There are
very, very few examples of population level or community level
interventions that have worked over the long term and that have
been replicated in more than one setting.
Il ne s’agit pas d’un problème simple pour lequel il existe une
solution magique. Il y a trop de facteurs en jeu. Pour résoudre le
problème de l’obésité, puisqu’il est si complexe, il faut trouver des
solutions complexes. Il faut s’attaquer à de nombreuses causes de
l’obésité et aux déterminants de l’obésité en amont pour favoriser
une amélioration du poids des gens, surtout à l’échelle de la
population. Cela dit, la plupart de nos efforts pour résoudre le
problème de l’obésité se sont révélés complètement inefficaces.
Nous considérons qu’ils ne sont pas du tout efficaces. Il y a très,
très peu d’exemples d’interventions à l’échelle de la population ou
de la collectivité qui ont fonctionné à long terme et ont été
reproduites dans plus d’un contexte.
One of the only two or three examples in the world of
something that has been successful is something called EPODE.
That comes from research that was originally done in France. I
don’t remember what EPODE means in French, but essentially in
English it means ‘‘together let’s prevent childhood obesity.’’ It’s a
community-based intervention where there are lots of things
going on in the community. There is a project manager, a steering
committee, government involvement, usually the mayor or
someone high up at the municipal level and private partnerships
working together to tackle all of the different areas of obesity in
the community. They are doing things in the schools and
recreation centres. They are doing things in the libraries, in
some situations. They are doing things with the farmers. They are
doing all kinds of things simultaneously over a prolonged period
of time. This doesn’t work in the first year or first two years. It’s
not until three, four or five years of running this type of
intervention that you see any success.
Un des deux ou trois seuls exemples dans le monde de choses
qui ont fonctionné est le programme EPODE. Il est le fruit de
travaux de recherche initialement menés en France. Je ne suis pas
certain, mais je pense que l’acronyme EPODE veut dire
« ensemble, prévenons l’obésité des enfants ». Il s’agit d’une
intervention communautaire qui suppose la prise de nombreuses
mesures au sein de la collectivité. Il y a un chef de projet, un
comité directeur, une intervention municipale — habituellement le
maire ou une personne haut placée — et des partenariats privés
travaillant tous en collaboration pour s’attaquer aux différents
aspects de l’obésité dans la collectivité. Ils font des choses dans les
écoles et dans les centres de loisirs. Dans certains cas, ils font des
choses dans les bibliothèques. Ils font des choses avec les
agriculteurs. Ils font toutes sortes de choses en même temps, sur
une longue période. Cela ne fonctionne pas dans la première
année ou au cours des deux premières années. Il faut attendre,
trois, quatre ou cinq ans après le début de ce type d’intervention
constante pour voir des résultats.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:9
Ideally, you will have many different communities running this
type of intervention. There is also a central coordinating
committee that provides oversight to individual communities.
This would have scientific oversight and then additional resources
provided, because there is a lot of replication of what is going on
in the individual communities. They can help make sure there is a
lot of cross talk and that things working in one community can be
given to another community.
Idéalement, différentes collectivités mènent ce type
d’intervention. Il y a aussi un comité de coordination central
qui surveille chacune des collectivités. Il assure une surveillance
scientifique, puis offre des ressources supplémentaires, car
beaucoup de choses sont semblables d’une collectivité à l’autre.
Il peut s’assurer qu’il y a un dialogue entre les collectivités, de
sorte qu’une mesure qui fonctionne à un endroit puisse être
appliquée à un autre endroit.
For examples of some of the things that we are doing in
Canada right now, the example I will give first is a federal
initiative. I hate to say it, but the evidence is quite clear that this
particular initiative does not work. This is the Children’s Fitness
Tax Credit. If you are not familiar with it, as a parent, I have two
kids under age 18, so for each child I can claim $500 worth of
receipts for physical activity programming and things they do that
meet certain criteria. Depending on my income level, I might get
back up to $75 if I claim the entire $500. It’s $75 at the most. I
think last year it was about $5 for me, and I spent about $800 on
my two kids combined. It doesn’t actually make that much of a
difference. It’s about $100 million a year, I believe, that the
federal government spends on this initiative each year. There has
been more than the two research studies I’ve shown here, but
essentially they show that the people using this and the people
aware of it are the people who don’t need it. They are middleincome and high-income families, and they respond that this in no
way, shape or form influences whether they enroll their child in
the sport in the first place. It did not affect the physical activity
behaviour, which is the main thing. It’s meant to influence the
behaviour, and it simply does not. Again, it only tackles one very
small aspect of the behavioural component of obesity: organized
sport and physical activity in children. It doesn’t tackle anything
with nutrition. It doesn’t tackle active transportation or active
play. It doesn’t do a lot of things. This one thing is very small, and
it’s not going to influence obesity.
Quant à ce que nous faisons au Canada à l’heure actuelle, je
vais tout d’abord donner l’exemple d’une initiative fédérale. Je
regrette de devoir le dire, mais, selon les données probantes, il est
très clair que cette initiative particulière ne fonctionne pas. Il
s’agit du crédit d’impôt pour la condition physique des enfants.
Pour ceux qui ignorent ce que c’est, voici un exemple : j’ai deux
enfants âgés de moins de 18 ans et, pour chacun d’eux, je peux
déclarer des dépenses de 500 $, reçus à l’appui, pour des
programmes d’activité physique et des choses qui satisfont à
certains critères. Selon la fourchette de revenu à laquelle
j’appartiens, je peux récupérer jusqu’à 75 $ si je déclare le
montant intégral de 500 $. La remise est de 75 $ au plus. Je crois
que, l’année dernière, j’ai récupéré environ 5 $, après avoir
dépensé environ 800 $ pour mes deux enfants. Cela n’a pas une
grande incidence. Je crois que le gouvernement fédéral dépense
environ 100 millions de dollars par année dans le cadre de cette
initiative. Il y a eu d’autres d’études que les deux que j’ai montrées
ici, mais, essentiellement, elles révèlent que les gens qui recourent
à cette initiative et les gens qui savent qu’elle existe sont ceux qui
n’en ont pas besoin. Il s’agit de familles à revenu moyen et à
revenu élevé, qui disent que cette initiative n’a absolument pas la
moindre incidence sur le fait qu’ils inscrivent leur enfant à
l’activité. Elle n’a pas eu d’incidence sur le comportement à
l’égard de l’activité physique, ce qui est le but recherché. Elle vise
à influencer le comportement, et elle ne le fait tout simplement
pas. Encore une fois, elle s’attaque uniquement à un infime aspect
de la composante comportementale de l’obésité : le sport et les
activités physiques organisés chez les enfants. Elle n’a rien à voir
avec l’alimentation. Elle n’a rien à voir avec le transport actif ou le
jeu actif. Elle ne fait pas grand-chose. C’est une mesure très
modeste, qui n’a pas d’incidence sur l’obésité.
With that being said, most initiatives in Canada at the federal,
provincial and municipal level would not work because they are
too simplistic in their approach. In Canada, some provinces are
moving to things that we think are going to work. In Ontario, the
Ministry of Health and Long-term Care has recently funded what
is called the Healthy Kids Community Challenge. This is just
starting to roll out now. They are working on all of the contracts
with the communities. Forty-five communities have received up to
$1.5 million in funding. This is following the EPODE model.
There will be a central coordinating centre, Public Health
Ontario, that will provide oversight to the individual
communities. They will be given their $1.5 million and be
expected to follow the EPODE model that I talked about a few
moments ago and do lots of things in their community over a
prolonged period of time and hopefully we will see a difference.
Cela dit, la plupart des initiatives canadiennes — aux échelons
fédéral, provincial et municipal — ne fonctionneront pas parce
qu’elles suivent une approche trop simpliste. Au Canada,
certaines provinces commencent à adopter des choses qui —
selon nous — vont fonctionner. En Ontario, le ministère de la
Santé et des soins de longue durée a récemment financé un projet
qui s’appelle Action communautaire Enfants en santé. Cette
initiative en est à ses tout débuts. On travaille à établir tous les
contrats avec les collectivités. Quarante-cinq collectivités ont reçu
un financement pouvant aller jusqu’à 1,5 million de dollars. Cela
suit le modèle EPODE. Il y aura un centre de coordination
centrale, Santé publique Ontario, qui surveillera chacune des
collectivités. Elles recevront les 1,5 million de dollars et devront
suivre le modèle EPODE que je viens de décrire, et prendre de
nombreuses mesures sur leur territoire au cours d’une période
22:10
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
Quebec has done a similar initiative that is actually winding down
because they have lost the private funding for that. We’re hoping
that, in Ontario, we will see a difference.
prolongée, et nous espérons qu’elles donneront les résultats
escomptés. Une initiative semblable était en cours au Québec,
mais elle tire à sa fin, car elle a perdu le financement privé
nécessaire. Nous espérons que les résultats en Ontario seront
probants.
I will end with my last slide. I can’t say enough in five to seven
minutes, but the Canadian Obesity Network does host a five-day
conference every two years. Our next conference is in May,
coming up, so if you’re really interested in knowing more about
obesity, I could probably get you in there without paying the
registration fee because I have connections. We try and get the
decision-makers; we want them to have access. And we certainly
would encourage involvement for any or all people on the
committee.
Je vais terminer en présentant ma dernière diapositive. Je ne
saurais en dire assez en cinq à sept minutes, mais le Réseau
canadien en obésité tient une conférence de cinq jours tous les deux
ans. Notre prochaine conférence est en mai — c’est bientôt —,
alors, si vous vous intéressez vraiment à la question de l’obésité, je
pourrais probablement vous y faire admettre gratuitement grâce à
mes relations. Nous essayons de mobiliser les décideurs; nous
voulons qu’ils aient accès à l’information. Et nous encouragerions
certainement la participation de tous les membres du comité.
The Chair: You mentioned twice during your comments that
you had five to seven minutes, and that ballooned up to twelve
and a half. Your credibility with regard to impact on obesity may
come under challenge if we look at all aspects of this issue. But
seriously, thank you very much for your presentation. Now I’ll
turn to Dr. Tom Warshawski.
Le président : Vous avez mentionné deux fois durant votre
exposé que vous aviez de cinq à sept minutes, mais vous avez
atteint 12 minutes et demie. Votre crédibilité quant à l’incidence
sur l’obésité sera peut-être remise en question si nous envisageons
la question sous tous les angles. Mais, sérieusement, merci
beaucoup d’avoir présenté votre exposé. Je vais maintenant
donner la parole au Dr Tom Warshawski.
Dr. Tom Warshawski, Chair, Childhood Obesity Foundation:
Thank you. I wasn’t too sure how close we were going to be held
to that five to seven minutes, so I cut to the bare bones. I sent the
clerk three or four different versions of my talk because I kept
paring it down.
Dr Tom Warshawski, président, Childhood Obesity Foundation :
Merci. Je n’étais pas certain à quel point on allait nous faire
respecter ce délai de cinq à sept minutes, alors j’ai coupé tout ce
qui n’était pas essentiel. J’ai envoyé à la greffière trois ou quatre
versions de mon discours, car je n’arrêtais pas de l’élaguer.
The Chair: Because of the subject, I did allow him to go on.
Le président : Vu le sujet traité, je lui ai permis de poursuivre.
Dr. Warshawski: Excellent. I’m the chair of the Childhood
Obesity Foundation. I’m a consultant pediatrician from Kelowna,
British Columbia, but I’ve been involved in medical politics and
medical administration at a broad level for a number of years. I
became interested in childhood obesity from a policy level and
from the broader perspective out of frustration at the lack of the
ability to do much in the office. When you see a child or family in
the office and they are suffering from overweight and obesity, it is
very challenging and very difficult to reverse. Like Ian, we feel
that there needs to be a whole-of-society approach. A number of
things can be done. Some things, such as the tax credit, simply
don’t work.
Dr Warshawski : Fantastique. Je suis président de la
Childhood Obesity Foundation. Je suis expert-conseil en
pédiatrie à Kelowna, en Colombie-Britannique, mais je suis
actif en politique médicale et en administration médicale de façon
générale depuis un certain nombre d’années. J’ai commencé à
m’intéresser aux politiques relatives à l’obésité infantile et à
l’obésité infantile en général, parce que j’étais frustré de ne pas
pouvoir faire grand-chose dans mon cabinet. Lorsqu’on voit un
enfant ou une famille souffrant d’un surpoids et d’obésité qui
vient consulter, il est très difficile de renverser la situation.
Comme Ian, nous estimons qu’une approche sociétale est
nécessaire. Il y a un certain nombre de choses qu’on peut faire.
Certaines choses, comme le crédit d’impôt, ne fonctionnent tout
simplement pas.
The mission of the Childhood Obesity Foundation is to
identify, evaluate and promote the best practices, healthy eating
and active living to prevent obesity and the ensuing chronic
diseases. Thank you for inviting me to speak on the topic of
obesity in Canada: causes, consequences and the way forward.
My brief presentation will touch on the causes and focus on one
specific action, of which there are many, that can be taken by the
federal government. However, I’m more than happy to discuss all
aspects of this topic afterwards.
La Childhood Obesity Foundation a pour mission de recenser,
d’évaluer et de promouvoir des pratiques exemplaires ainsi que
des habitudes touchant l’alimentation saine et la vie active pour
prévenir l’obésité et les maladies chroniques qui s’ensuivent.
Merci de m’avoir invité à parler du sujet de l’obésité au Canada :
ses causes, ses conséquences et les solutions d’avenir. Au cours de
mon bref exposé, je ferai un survol des causes, puis je m’attacherai
à l’une des nombreuses mesures qui peuvent être prises par le
gouvernement fédéral. Toutefois, je serai ravi de discuter de tous
les aspects du sujet par la suite.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:11
We know Canada faces an epidemic of unhealthy weights
among citizens of all ages. Over 30 per cent of our children and
youth are overweight; and obesity in adults currently costs
Canadian taxpayers billions of dollars each year. This sum is
destined to increase dramatically as it reflects the burden of
obesity-related diseases when only 15 per cent of youth entered
adulthood overweight. We know that obesity-related chronic
disease cuts three to seven years off the expected lifespan of an
overweight adult. Unhealthy weights exact a significant toll in
terms of the dollars cost and the lives lost.
Nous savons que le Canada est aux prises avec une épidémie de
poids malsains chez ses citoyens de tous les âges. Plus de 30 p. 100
de nos enfants et de nos jeunes ont un surplus de poids, et, à
l’heure actuelle, l’obésité chez les adultes coûte aux contribuables
canadiens des milliards de dollars chaque année. Ce chiffre est
voué à monter en flèche, car il reflète le fardeau des maladies liées
à l’obésité à l’époque où seulement 15 p. 100 des jeunes passaient
à l’âge adulte avec un excédent de poids. Nous savons que les
maladies chroniques liées à l’obésité enlèvent de trois à sept ans à
l’espérance de vie d’un adulte faisant de l’embonpoint. Les poids
malsains constituent une charge considérable sur le plan des coûts
et des vies perdues.
The two strongest risk factors for the development of
unhealthy weights in children and youth are excessive exposure
to screen time and the overconsumption of sugary drinks. Screen
time is problematic because it displaces physical activity as
sedentary time increases; and it’s the medium used to market
unhealthy foods and beverages. Sugary drinks are uniquely
obesogenic. We know that sales are driven by effective marketing
campaigns directed at the young. Current evidence suggests that
excessive weight gain is usually the result of small, consistent
caloric imbalances of about 100 to 150 calories per day. That’s the
number of calories in a regular sized can of pop or one-ounce bag
of chips. Junk food and beverages are not harmless treats when
purchased at the rates desired by the food industry. Regular
consumption of these products is a major driver of the obesity
epidemic. The goal of pervasive marketing of junk food is to drive
overconsumption. It is clear that the marketing of unhealthy
foods and beverages is a major contributor to the obesity
epidemic.
Les deux principaux facteurs de risque de surpoids chez les
enfants et les jeunes sont l’excès de temps passé devant un écran et
la surconsommation de boissons sucrées. Le temps passé devant
l’écran pose problème, car il gruge le temps consacré à l’activité
physique au profit de la sédentarité; en outre, il s’agit du moyen
utilisé pour faire la promotion des aliments et des boissons
malsaines. Les boissons sucrées sont particulièrement obésogènes.
Nous savons que les ventes sont le fruit de campagnes de marketing
efficaces visant les jeunes. Selon les données probantes actuelles, un
gain de poids excessif est habituellement le résultat de petits
déséquilibres caloriques constants d’environ 100 à 150 calories par
jour. Il s’agit du nombre de calories dans une canette de boisson
gazeuse régulière ou un sac de croustilles d’une once. La malbouffe
et les boissons gazeuses ne sont pas des gâteries inoffensives
lorsqu’elles sont achetées à la fréquence que désire l’industrie des
aliments. La consommation régulière de ces produits est un grand
facteur de l’épidémie d’obésité. L’incessante publicité à l’égard de la
malbouffe a pour objectif la surconsommation. Il ne fait aucun
doute que la promotion de boissons et d’aliments malsains
contribue grandement à l’épidémie d’obésité.
We know that obesity is rarely due to gluttony or sloth and
that a lean-bodied person may owe as much to genetic good luck
as to strength of personality. We need to resist moralistic
judgment of the obese and recognize the power of food
marketing in creating a lifelong preference for unhealthy foods.
We also need to recognize the vital role of government in
enhancing our health.
Nous savons que l’obésité est rarement causée par la
gourmandise ou la paresse et que la minceur d’une personne
peut être imputable autant à un bon bagage génétique qu’à la
force de caractère. Nous devons éviter de tomber dans le jugement
moral des personnes obèses et reconnaître le rôle du marketing
alimentaire dans la création d’une préférence perpétuelle pour les
aliments malsains. Nous devons aussi reconnaître le rôle essentiel
du gouvernement sur le plan de notre santé.
Libertarians dismiss government involvement in shaping the
public’s behaviour as a manifestation of the nanny state. They
contend that the state should not interfere with the individual’s
right to decide unless the choice harms others. The classic
libertarian theory holds that if provided with full and relevant
information, individuals will act rationally to maximize outcomes.
However, Nobel Prize-winning work in behavioural economics
tells us a different story. Most adults often think irrationally and
are prone to making hasty choices. Most importantly, the
neurobiological design of children and youth renders them
particularly vulnerable to poor decision-making. Children need
our assistance in making good choices and should not be duped
into choosing unhealthy foods and beverages.
Les libertariens rejettent toute intervention du gouvernement
pouvant influencer le comportement du public, dénonçant l’État
providence. Ils sont d’avis que l’État ne devrait pas compromettre
le droit d’une personne de faire des choix, si ces choix n’ont pas
d’effet négatif sur les autres. Selon la théorie libertarienne
classique, l’individu qui a accès à de l’information complète et
pertinente agira de façon rationnelle afin de maximiser les
résultats. Toutefois, des travaux dans le domaine de l’économie
comportementale, pour lesquels un prix Nobel a été décerné,
témoignent d’une réalité différente. La plupart des adultes pensent
souvent de façon irrationnelle et sont portés à prendre des
décisions trop rapidement. Ce qui est encore plus important, c’est
que l’empreinte neurobiologique des enfants et des jeunes les rend
particulièrement vulnérables aux mauvaises décisions. Les enfants
22:12
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
ont besoin de notre aide pour faire de bons choix, et on ne devrait
pas les leurrer avec de la publicité au sujet des boissons et des
aliments malsains.
Over 90 per cent of Canadians believe that it is primarily the
responsibility of parents to ensure that children and youth achieve
a healthy weight. Canadian parents are also asking for a more
active role from government. Over 85 per cent want government
to restrict the marketing of unhealthy foods and beverages to their
children. Parents are asking for help in limiting the ability of
advertisers to undermine parental efforts to instill healthy habits
in their loved ones. The call for restricting the marketing of
unhealthy foods and beverages has a strong ethical and pragmatic
foundation.
Plus de 90 p. 100 des Canadiens estiment que les parents sont
les principaux responsables lorsqu’il s’agit de s’assurer que les
enfants et les jeunes ont un poids sain. Les parents canadiens
demandent aussi que le gouvernement joue un rôle plus actif. En
effet, plus de 85 p. 100 veulent que le gouvernement restreigne
le marketing de boissons et d’aliments malsains visant leurs
enfants. Les parents veulent de l’aide pour limiter la capacité des
annonceurs de miner les efforts qu’ils déploient en vue d’inculquer
des habitudes saines aux êtres qui leur sont chers. Or, cet appel à
l’adoption de restrictions touchant le marketing de boissons
et d’aliments malsains repose sur des fondements éthiques et
pragmatiques solides.
Children lack judgment and are blessed with credulity — a
readiness to believe with little evidence. This is a neurobiological
developmental stage and not amenable to media training.
Children under the age of five years cannot consistently
distinguish commercials from programming. At least one third
of 11-year-olds do not grasp the persuasive nature of ads. That
part of the brain responsible for executive thinking and decisionmaking is not fully developed until early adulthood.
Les enfants manquent de jugement et ont le don d’être
crédules; ils sont prêts à croire quelque chose avec peu de
preuve. Cela caractérise un stade du développement
neurobiologique, alors on ne peut apprendre aux enfants à se
méfier des médias. Un enfant de moins de cinq ans ne peut pas
toujours faire la distinction entre une publicité et une émission.
Au moins le tiers des enfants de 11 ans ne comprennent pas
l’objectif de persuasion des publicités. La partie du cerveau
responsable de la fonction exécutive et la prise de décisions
termine seulement son développement au début de l’âge adulte.
Children are hardwired to believe what they are told, yet most
of the foods and beverages marketed to them are unhealthy and
unfortunately marketing works. There is strong evidence that
children and youth eat what they watch and while they watch. It is
ethically irresponsible to market unhealthy foods and beverages
to children who are hardwired to trust us. We are betraying them
and ignoring our obligation to protect and nurture.
Les enfants croient ce qu’on leur dit, ils sont faits comme ça;
or, la plupart des aliments et des boissons qui leur sont proposés
dans la publicité sont malsains, et, malheureusement, le marketing
fonctionne. Il est prouvé que les enfants et les jeunes mangent ce
qu’ils voient et mangent pendant qu’ils regardent. Il est
irresponsable sur le plan éthique de vendre des boissons et des
aliments malsains à des enfants qui nous accordent une confiance
aveugle. Nous les trahissons et nous faisons fi de notre obligation
de les protéger et de les entourer de soins.
In November 2010, an FPT task force published a framework
for action called ‘‘Curbing Childhood Obesity.’’ In it and in a
subsequent analysis, a key strategy was to look at ways to
decrease the marketing of unhealthy foods and beverages to
children and youth. It was suggested that corporations and the
advertisers they employ follow voluntary restraints in decreasing
the marketing of unhealthy foods and beverages and that they
work toward common guidelines. Some corporations devised
limits on marketing to kids under the umbrella of the Canadian
Children’s Food and Beverage Advertising Initiative, or what we
refer to as the CAI. In this initiative, each company sets its own
standards and then judges itself. Although the CAI found
corporations were successful in meeting the standards they set
for themselves, the program was not effective when gauged by
objective criteria, such as those employed in the United Kingdom.
This once more proves the old adage that the fox does a poor job
of guarding the chicken coop.
En novembre 2010, un groupe de travail FPT a publié un cadre
d’action intitulé « Freiner l’obésité juvénile ». Dans ce cadre et
dans une analyse ultérieure, une stratégie clé était de trouver des
façons de réduire le marketing de boissons et d’aliments malsains
ciblant les enfants et les jeunes. On a suggéré que les sociétés et les
annonceurs à leur service adoptent des contraintes volontaires
pour réduire le marketing de boissons et d’aliments malsains et
qu’ils travaillent à établir des lignes directrices communes.
Certaines sociétés ont fixé des limites relatives au marketing
visant les enfants dans le cadre de l’initiative canadienne pour la
publicité sur les aliments et les boissons destinée aux enfants, ce
que nous appelons l’ICP, où chaque entreprise établit ses propres
normes, puis s’autoévalue. L’ICP a révélé que les sociétés
réussissaient à atteindre les normes qu’elles se fixaient, mais que
le programme s’avérait inefficace lorsqu’on l’évaluait à l’aide de
critères objectifs, comme ceux employés au Royaume-Uni. Encore
une fois, l’expérience montre que les bons loups font de piètres
bergers.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:13
Given the inherent conflict of interest facing the food and
beverage industry as they strive to self-regulate, it is imperative
that the government accepts the role that parents request of it.
The federal government should follow the lead of the U.K. and
establish objective criteria for what constitutes healthy foods and
beverages and set limits on the marketing of foods and beverages
to children and youth. Government must monitor compliance,
and if significant breaches of the legislation occur, government
must enact consequences.
Compte tenu du conflit d’intérêts inhérent à
l’autoréglementation de l’industrie des aliments et des boissons,
il est impératif que le gouvernement accepte le rôle que les parents
lui demandent de jouer. Le gouvernement fédéral devrait suivre
l’exemple du Royaume-Uni et établir des critères objectifs pour
définir ce qu’on entend par des boissons et des aliments sains et
établir des limites régissant le marketing d’aliments et de boissons
aux enfants et aux jeunes. Le gouvernement doit surveiller la
conformité et, lorsqu’il y a une violation importante de la loi, il
doit prévoir des conséquences.
As stewards of the health care system, we have a pragmatic
interest in limiting the costs triggered by obesity-related chronic
disease. More importantly, we have a moral obligation to protect
our children and youth from the harm caused by the
overconsumption of junk food. It is time for Canada to devise a
policy framework to shield our children and youth from the
marketing of unhealthy foods and beverages. We request the help
of the Senate in helping us to move toward this goal. Thank you.
En notre qualité d’intendants du système de santé, nous avons
un intérêt pragmatique à limiter les coûts qu’entraînent les
maladies chroniques liées à l’obésité. Cela dit, nous avons surtout
l’obligation morale de protéger nos enfants et nos jeunes du tort
causé par la surconsommation de malbouffe. Il est temps que le
Canada conçoive un cadre stratégique pour protéger nos enfants
et nos jeunes du marketing de boissons et d’aliments malsains.
Nous demandons l’aide du Sénat pour atteindre cet objectif.
Merci.
The Chair: Thank you. We will move to questions.
Le président : Merci. Nous allons passer aux questions.
Senator Eggleton: Thank you both for being here and getting
us off to a good start on the subject matter. Mr. Janssen, you said
at the beginning, ‘‘26’’ and ‘‘13.’’ Can you explain again what they
are?
Le sénateur Eggleton : Merci beaucoup d’être venus et de nous
avoir aidés à partir du bon pied sur le sujet. Monsieur Janssen, au
début de votre exposé, vous avez dit « 26 » et « 13 ». Pouvez-vous
expliquer encore à quoi concordent ces chiffres?
Mr. Janssen: First, 26 per cent of adults, age 18 and older,
have obesity; and 62 per cent of adults are overweight or obese.
The norm is not normal weight but overweight or obese in
Canadian adults. Second, 13 per cent of children between 3 and
17 years are overweight or obese. For boys, it is 15 per cent and
for girls, it is 11 per cent. One in three children is overweight or
obese in the pediatric age range.
M. Janssen : Tout d’abord, 26 p. 100 des adultes — les
personnes âgées de 18 ans et plus — souffrent d’obésité; et
62 p. 100 des adultes font de l’embonpoint ou sont obèses. Chez
les adultes canadiens, la norme est non pas un poids santé, mais
de l’embonpoint ou de l’obésité. Ensuite, 13 p. 100 des enfants
âgés de 3 à 17 ans sont dans cette situation. Chez les garçons, il
s’agit de 15 p. 100, et chez les filles, de 11. Un enfant sur trois est
en surpoids ou obèse dans la fourchette d’âge pédiatrique.
Senator Eggleton: How is it measured?
Mr. Janssen: It’s BMI in this situation. In adults, we use a cut
point of 30 BMI to define obesity and a cut point of 25 BMI to
define overweight. BMI is simply your weight in kilograms
divided by your height in metres squared. In adolescents, it is
more complicated because they are growing and maturing, so we
use a different cut point to define overweight and obesity
depending on the age. It’s called a ‘‘growth chart.’’ For
example, for a 17-year-old, the BMI cut point to define obesity
is very close to what it is for an adult. For a five-year-old, it is very
different. It takes into consideration that children grow and
mature and in growing and maturing their BMI increases
naturally. You have to disentangle the natural growth and
development from the unnatural growth and development. In a
clinic to measure head circumference, height, weight and
everything else they use these growth charts; and they use BMI
charts as well.
Le sénateur Eggleton : Comment mesure-t-on cela?
M. Janssen : Dans ce cas-ci, par l’IMC. Chez les adultes, nous
utilisons un IMC de 30 pour définir l’obésité et un IMC de 25
pour définir la surcharge pondérale. L’IMC correspond tout
simplement au poids en kilogrammes divisé par la taille en mètres
au carré. Chez les adolescents, c’est plus compliqué, parce qu’ils
sont en pleine croissance et approchent l’âge de la maturité, alors
nous utilisons un différent seuil pour définir le surplus de poids et
l’obésité selon l’âge. On appelle cela une « courbe de croissance ».
Par exemple, pour un adolescent âgé de 17 ans, le seuil de l’IMC
pour définir l’obésité est très près de celui pour un adulte. Chez un
enfant de cinq ans, il est très différent. Il tient compte du fait que
les enfants grandissent et se développent et, ce faisant, leur IMC
augmente naturellement. Il faut établir la distinction entre la
croissance et le développement naturels et la croissance et le
développement non naturels. Dans une clinique, pour mesurer la
circonférence crânienne, la taille, le poids et tout le reste, on utilise
ces courbes de croissance; et on utilise aussi des graphiques au
sujet de l’IMC.
22:14
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
Senator Eggleton: Is BMI the gold standard? Is it the best
standard? Some people might dispute that. I certainly agree that
weight isn’t a measurement.
Le sénateur Eggleton : Est-ce que l’IMC est la norme par
excellence? Est-il la meilleure norme? Certains pourraient
contester cela. Je suis certainement d’accord pour dire que le
poids n’est pas une mesure.
Mr. Janssen: For population level surveillance, it is what we
use. Definitely in a clinical situation dealing with an individual
patient, I use the analogy of Arnold Schwarzenegger. I don’t
mean the current Schwarzenegger, but in his heyday of steroids
and bodybuilding, where he would have had an obese BMI yet be
muscular. At the population level, we haven’t seen an explosion of
bodybuilding and people having excess of muscle. In the clinical
situation, you don’t just rely on BMI; you rely on all the other
measures of health as well. There are other measures we use for
surveillance, including waist circumference, which is not impacted
by your musculature. The waist circumference data is worse than
the BMI data.
M. Janssen : Pour la surveillance à l’échelle de la population,
c’est ce que nous utilisons. Certes, en clinique, lorsque je traite un
patient particulier, j’utilise l’analogie d’Arnold Schwarzenegger.
Je parle non pas du Schwarzenegger actuel, mais lorsqu’il était au
sommet de sa carrière de culturiste et prenait des stéroïdes, à
l’époque où son IMC aurait indiqué qu’il était obèse, alors qu’il
était musclé. À l’échelle de la population, nous n’avons pas
observé d’explosion du culturisme et d’excès de muscles chez les
gens. En clinique, on ne s’en remet pas seulement à l’IMC; on
regarde aussi d’autres mesures de la santé. Il y a d’autres mesures
que nous utilisons pour surveiller la population, dont le tour de
taille, qui ne varie pas en fonction de la musculature. Les données
relatives au tour de taille sont plus sombres que celles de l’IMC.
Senator Eggleton: Do you think it’s more indicative of a person
being obese?
Le sénateur Eggleton : Croyez-vous qu’il s’agit d’un meilleur
indicateur de l’obésité chez une personne?
Mr. Janssen: It’s a slightly stronger indicator of many of the
health risks of obesity, for example, your risk for type 2 diabetes
and cardiovascular disease. The waist circumference is a better
predictor of that risk, a little better than the BMI. Regarding the
waist circumference data, we’ve seen people’s waist circumference
increasing at a faster rate than their BMI.
M. Janssen : Il s’agit d’un indicateur un peu plus solide des
nombreux risques de l’obésité pour la santé; par exemple, le risque
de diabète de type 2 et de maladie cardiovasculaire. Le tour de
taille est une meilleure mesure de ce risque, légèrement supérieure
à l’IMC. D’ailleurs, au sujet des données relatives au tour de
taille, nous avons vu le tour de taille augmenter plus rapidement
que l’IMC chez certaines personnes.
When Statistics Canada reported that the prevalence of obesity
has doubled in Canadian adults since 1980, the prevalence of
abdominal obesity has tripled in the same time frame. The
prevalence of childhood obesity based on BMI has gone up
threefold; based on waist circumference, it has gone up sevenfold
in the same time. The waist circumference data presents an even
scarier picture of the problem of obesity.
Statistique Canada a déclaré que la prévalence de l’obésité
avait doublé chez les adultes canadiens depuis 1980, mais la
prévalence de l’obésité abdominale a triplé durant la même
période. La prévalence de l’obésité infantile fondée sur l’IMC a
triplé, mais, lorsqu’on s’appuie sur le tour de taille, on constate
qu’elle s’est multipliée par sept durant la même période. Les
données relatives au tour de taille brossent un portrait encore plus
alarmant du problème de l’obésité.
Senator Eggleton: Do you have some description of these
different measurements, something you can file with us?
Le sénateur Eggleton : Avez-vous une description de ces
mesures, quelque chose que vous pouvez soumettre au comité?
Mr. Janssen: Yes, and I have all the statistics I can give you
from all the recent surveys. I’m an epidemiologist, so I have a
paper that summarizes all of these things.
M. Janssen : Oui, et j’ai toutes les statistiques des sondages
récents. Je suis épidémiologue, alors j’ai un document qui résume
toutes ces choses.
Senator Eggleton: Please send it to the clerk.
Le sénateur Eggleton : Veuillez l’envoyer à la greffière, je vous
prie.
You said that these latest numbers show that in the last few
years the figure hasn’t climbed. It climbed, I understand, from the
1980s — I don’t know to what point — and then it has levelled
off, but it hasn’t decreased. What’s the reason for this levelling
off?
Vous avez dit que, selon les dernières statistiques, le chiffre n’a
pas augmenté au cours des dernières années. Il a augmenté, si je
comprends bien, par rapport aux années 1980 — j’ignore dans
quelle mesure —, puis il s’est stabilisé, mais n’a pas diminué.
Pourquoi s’est-il stabilisé?
Mr. Janssen: Two things or a combination of both. One of
them could be that we have a certain percentage of the population
that’s susceptible. They have the genes that put them at high risk
for obesity. We’ve saturated the susceptible people, or we’re
M. Janssen : Pour deux raisons, ou une combinaison des deux.
Tout d’abord, il est possible qu’un certain pourcentage de la
population soit sujet à l’embonpoint et à l’obésité. Il y a des gènes
qui entraînent un risque d’obésité élevé. Soit toutes les personnes
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Affaires sociales, sciences et technologie
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starting to make a difference. We’ve done more things in the past
10 years to try to solve obesity than we were doing in the previous
10 years. These things, we hope, are starting to make a difference.
sujettes sont devenues obèses, soit nous commençons à changer
les choses. Nous en avons fait davantage au cours des 10 dernières
années pour essayer de résoudre le problème de l’obésité que
durant les 10 années avant cela. Nous espérons que ces choses
commencent à avoir une incidence.
Senator Eggleton: What do you think is prime amongst those
things? What has worked the most to keep this at a level?
Le sénateur Eggleton : Quelle est la priorité parmi ces choses?
Quelle mesure a le mieux fonctionné pour maintenir cette
proportion?
Mr. Janssen: I don’t think it’s any one thing. It’s many things
simultaneously. I don’t like to say we do this or that, or this policy
or this initiative. There are so many things. As I said, it’s lots of
things.
M. Janssen : Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une chose en
particulier. Ce sont de nombreux facteurs agissant simultanément.
Je n’aime pas dire que nous faisons ceci ou cela ou que nous avons
adopté telle politique ou lancé telle initiative. Il y a tant de choses.
Comme je l’ai dit, beaucoup de choses entrent en jeu.
Senator Eggleton: On the other hand, it’s not reducing?
Mr. Janssen: It’s not reducing. You have seen in some regions
of the world, some states in the U.S., where the prevalence was
very high, they’ve actually started to see it going down. Those are
the states where they are doing more, like Alabama.
Senator Eggleton: Like doing what?
Mr. Janssen: They’re doing more of everything — more
policies, more programs, more to the environment.
Senator Eggleton: Schools and things like that?
Le sénateur Eggleton : Toutefois, la proportion ne diminue pas.
M. Janssen : En effet, vous avez vu que, dans certaines régions
du monde, dans certains États américains où la prévalence était
très élevée, elle a commencé à diminuer. Ce sont les États où on en
fait plus, comme l’Alabama.
Le sénateur Eggleton : Comme quoi?
M. Janssen : Ils font plus de tout : plus de politiques, plus de
programmes et plus de mesures dans l’environnement.
Le sénateur Eggleton : Les écoles et des choses comme ça?
Mr. Janssen: Yes. Generally, the places that are investing or
doing more tend to be doing better, being more ambitious with
what they’re doing.
M. Janssen : Oui. En général, les endroits qui investissent
davantage ou qui en font plus obtiennent de meilleurs résultats,
car ils ont plus d’ambition.
Senator Eggleton: Dr. Warshawski, is it similar for children?
Has it levelled off?
Le sénateur Eggleton : Docteur Warshawski, est-ce la même
chose chez les enfants? La proportion s’est-elle stabilisée?
Dr. Warshawski: I would say that it has, and for the same
reason or a variation of what Ian said. Those who are most
susceptible to the current environment are fully saturated; they’ve
reached a peak.
Dr Warshawski : Je dirais que oui, pour la même raison que
celle invoquée par Ian, ou pour une raison analogue. Les sujets les
plus susceptibles de réagir à l’environnement actuel l’ont fait. Ils
ont atteint un sommet.
There are two things I want to add to Ian’s comments. We
know that the diseases that come from obesity are a reflection not
just of your BMI or your fat stores but also the duration that
you’ve been exposed to this. It’s not so much fat at 40, which is
dangerous — that three- to seven-year lifespan reduction — it’s
40 years of fat.
J’aimerais ajouter deux choses aux commentaires d’Ian. Nous
savons que les maladies découlant de l’obésité ne reflètent pas
seulement l’IMC ou les réserves de gras, mais aussi la durée
d’exposition. Ce n’est pas tant l’excédent de poids qui est
dangereux à 40 ans — la perte de trois à sept ans d’espérance
de vie —, c’est le fait de souffrir d’embonpoint pendant 40 ans.
In the cohort of teens that graduate into adulthood,
30 per cent are overweight and obese; in 1978, that was
15 per cent. The longer you’re exposed to high BMI, the greater
your chance of developing type 2 diabetes, coronary artery disease
and stroke. We’re going to see those resulting illnesses earlier
rather than later.
Parmi la cohorte d’adolescents qui ont atteint l’âge adulte,
30 p. 100 souffraient d’embonpoint ou d’obésité; en 1978, cette
proportion était de 15 p. 100. Plus vous êtes exposé longtemps à
un IMC élevé, plus vous êtes susceptibles de développer le diabète
de type 2 et des maladies coronariennes et de subir un accident
vasculaire cérébral. Nous allons donc voir ces maladies apparaître
plus tôt que tard.
The other fact I want to mention from Statistics Canada is that
this young adult cohort, because of the habits they learned in
childhood, are gaining weight at a much faster rate than older
adults do because they eat too much junk food, drink too many
sugary drinks and are sedentary. Statistics Canada data showed
that of the group that is between 18 and 24, if you follow them
L’autre fait que je voulais mentionner au sujet de Statistique
Canada, c’est que cette cohorte de jeunes adultes, à cause des
habitudes qui lui ont été inculquées dès l’enfance, prend du poids
beaucoup plus rapidement que les adultes âgés, car elle mange
trop de malbouffe, boit trop de boissons sucrées et est sédentaire.
Les données de Statistique Canada ont révélé que, dans le groupe
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Social Affairs, Science and Technology
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from eight years, of the overweight group, one third became
obese. Of the normal weight group, one third became overweight.
We have this one-way ramping up of this problem, and the sooner
you cross that threshold into that unhealthy weight, you
accumulate 30 or 40 years of exposure to the various cytokines.
Fat tissue isn’t just unsightly or heavy tissue. These are active
endocrine organs and do things to the body. The more exposure
you have, the greater the risk of developing these diseases. It’s
very problematic.
des 18 à 24 ans, si vous faites un suivi sur huit ans, parmi le
groupe de personnes en surpoids, le tiers devient obèse. Parmi le
groupe de personnes ayant un poids normal, le tiers a commencé à
faire de l’embonpoint. Il ne fait aucun doute que le problème
s’aggrave, et, plus vous franchissez le seuil du poids malsain
rapidement, alors, vous accumulez 30 ou 40 années d’exposition
aux différentes cytokines. Le tissu adipeux n’est pas seulement
inesthétique ou lourd. Il touche des organes endocrines et a une
incidence sur le corps. Plus vous y êtes exposé, plus vous risquez
de développer ces maladies. C’est un grave problème.
Senator Eggleton: What percentage of obese children become
obese adults? Do most of them carry it into adulthood, or is there
a drop-off?
Le sénateur Eggleton : Quel pourcentage de ces enfants devient
obèse à l’âge adulte? La plupart restent-ils obèses à l’âge adulte,
ou y a-t-il une diminution?
Mr. Janssen: It depends a bit on the age. When you talk about
adolescents, 16, 17, it’s 90, 95 per cent. When you’re talking
about a 2-year-old, it might only be 20 or 30 per cent. It depends
on the age.
M. Janssen : Cela varie un peu selon l’âge. Pour les adolescents —
les personnes âgées de 16 ou 17 ans —, la proportion est de 90 à
95 p. 100. Pour les enfants âgés de 2 ans, la proportion n’est peut-être
que de 20 ou 30 p. 100. Cela varie selon l’âge,
Dr. Warshawski: It’s a growth curve. We know in adulthood
there’s strong data. If you’re 30 years old and your BMI is 30,
these are the risk factors. For kids, we’re trying to extrapolate a
point on a curve, and say, ‘‘If you keep growing like this at this
rate, chances are when you’re 18, you’ll be 25.’’ There’s a lot more
guesswork.
Dr Warshawski : C’est une courbe de croissance. Nous savons
que, à l’âge adulte, les données sont solides. Si vous avez 30 ans et
un IMC de 30, il y a des facteurs de risque. Pour les enfants, nous
essayons de formuler des hypothèses selon une courbe et disons :
« Si vous continuez votre croissance à ce taux, lorsque vous aurez
18 ans, votre IMC sera probablement de 25. » C’est beaucoup
plus un jeu de devinettes.
Senator Eggleton: We talk about what people eat, nutritious or
non-nutritious foods, junk foods, et cetera. We also talk about
exercise. This person said to me it’s 90 per cent what you put in
your mouth and 10 per cent is lifestyle or exercise. Would you
agree with that?
Le sénateur Eggleton : Nous parlons de ce que mangent les
gens; les aliments nutritifs et non nutritifs, la malbouffe, et ce
genre de choses. Nous parlons aussi d’exercice. Quelqu’un m’a dit
que le poids dépendait à 90 p. 100 de ce que vous mettiez dans
votre estomac et à 10 p. 100 de votre mode de vie ou de l’exercice.
Partagez-vous cet avis?
Mr. Janssen: I’m a physical activity person, so I probably
would disagree.
M. Janssen : Je suis amateur d’activités physiques, alors je
dirais probablement que non.
Senator Eggleton: I’m asking the wrong person.
Le sénateur Eggleton : Je demande à la mauvaise personne.
Mr. Janssen: I think that’s an academic argument. I could find
evidence that would support either role. I could have somebody
who does not exercise, as we would define exercise, and could eat
a balanced diet and maintain a healthy weight. Alternatively, I
could find people who exercise heavily, don’t eat very well and
maintain a healthy weight. For some people, one strategy works,
and for some, it’s a combination of the two. It’s finding the right
balance that’s important, and that balance will be different for
each person.
M. Janssen : Je crois qu’il s’agit d’un argument théorique. Je
pourrais trouver des données pour prouver l’une ou l’autre des
positions. Je pourrais trouver quelqu’un qui ne fait pas
d’exercice — au sens où nous l’entendons —, mais qui aurait
une alimentation équilibrée et maintiendrait un poids santé. À
l’inverse, je pourrais trouver des gens qui font beaucoup
d’exercice, mais ne mangent pas très bien, et qui maintiennent
un poids santé. Pour certaines personnes, une stratégie
fonctionne, tandis que d’autres doivent combiner les deux.
L’important, c’est de trouver le bon équilibre, et il varie selon
chaque personne.
Dr. Warshawski: He’s more of the activity guy. I’m more of a
food guy. The fact is, it is both. You can’t separate the two. As
little as 20 minutes a day of physical activity prolongs lifespan. All
exercise is good; more is better. For nutrition, you have to eat
your fruits and vegetables. You have to eat well. It’s not either/or.
You have to do both.
Dr Warshawski : Il prône l’activité physique, tandis que moi,
c’est l’alimentation. Mais la réalité, c’est que les deux sont
importants. On ne saurait les séparer. L’activité physique, même
seulement à raison de 20 minutes par jour, prolonge l’espérance de
vie. Tout exercice est bon; il est toujours mieux d’en faire plus.
Quant à l’alimentation, il faut manger des fruits et les légumes. Il
faut bien manger. Il ne s’agit pas de choisir l’un ou l’autre. Il faut
faire les deux.
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:17
Mr. Janssen: With physical activity, it has to be a lot. With
twenty minutes a day, you don’t burn a lot of calories. I run a
marathon. I did a couple of weeks ago and it was very painful. I
could eat the amount of calories that I ran in a marathon in about
half an hour, especially if it’s a beverage, just suck it back.
M. Janssen : Pour l’activité physique, il faut en faire beaucoup.
En 20 minutes, on ne brûle pas beaucoup de calories. Je cours le
marathon. Je l’ai fait il y a quelques semaines, et c’était très
pénible. Je peux manger la quantité de calories que je brûle en
courant un marathon en environ une demi-heure, surtout si c’est
une boisson; quelques gorgées, et c’est fait.
The Chair: I think there was an important point here on the
issue of the difference between longevity and weight with regard
to the exercise issue.
Le président : Je crois que vous soulevez une idée très
importante ici en ce qui concerne la différence entre la longévité
et le poids relativement à la question de l’exercice.
Dr. Warshawski: Exercise has so many benefits. It’s the wonder
drug, if you can package it and sell it.
Dr Warshawski : L’exercice comporte tant d’avantages. C’est le
médicament miracle : si seulement on pouvait l’emballer et le
vendre.
The Chair: The point to interject was important. We don’t want
to take these flat as we observe all these things.
Le président : Votre intervention est importante : il ne faut pas
que nous interprétions ces choses sans égard à tous les autres
facteurs.
Senator Seidman: Thank you very much. As you can see, we’re
just beginning this study and are trying to understand some of the
issues.
La sénatrice Seidman : Merci beaucoup. Comme vous pouvez
le voir, nous en sommes au tout début de cette étude et nous
essayons de comprendre les enjeux.
I’d like to pursue the issue of the increasing incidence rates that
you were discussing with Senator Eggleton. We do know that
globally the incidence of obesity began to climb in the 1980s.
Dr. Janssen, you’re an epidemiologist, and I would like to ask
you what your evidence or hypotheses are about why the rates
began to climb in the 1980s, as they now taper off. In discussing
that, perhaps the issue is — and you touched on this a bit — what
measures we use of obesity. But was reliable weight data collected
pre-1980s?
J’aimerais poursuivre sur la question des taux d’incidence à la
hausse dont vous discutiez avec le sénateur Eggleton. Nous
savons que, à l’échelle mondiale, l’incidence de l’obésité a
commencé à augmenter dans les années 1980. Monsieur
Janssen, comme vous êtes épidémiologue, j’aimerais vous
demander sur quelles données ou hypothèses vous vous appuyez
pour expliquer pourquoi les taux ont commencé à augmenter
dans les années 1980 et que, maintenant, ils se stabilisent. À ce
chapitre, la question est peut-être de savoir — et vous en avez
parlé un peu — quelles mesures nous utilisons pour définir
l’obésité. Recueillait-on des données fiables sur le poids avant les
années 1980?
Mr. Janssen: We do have some data pre-1980s, dating back I
think as early as the 1950s, and from 1950 to 1980 in Canada, not
much change. And it’s the same thing globally in the developed
world. In the developing world, the trajectories are delayed by
about 20 years behind where we are in the high-income country,
so it’s a bit tricky there.
M. Janssen : Nous avons des données antérieures aux
années 1980, qui remontent aussi loin que les années 1950, et,
au Canada, de 1950 à 1980, il n’y a pas eu beaucoup de
changement. Et la situation est la même dans le monde
industrialisé. Dans le monde en développement, le cheminement
accuse un retard d’environ 20 ans par rapport aux pays à revenu
élevé, alors c’est un peu compliqué.
Why the 1980s? I think it deals with massive changes in food
production. For example, in the United States we talk about
sugary drinks and the impact they have, particularly soft drinks.
There was a big change in the sugar sweetener used. It went from
being sugar to corn-based sugar, high-fructose corn syrup. That
dealt with policies around corn production and the money
farmers are receiving to produce this corn. We’ve seen increases in
the price of fruit and vegetables going up higher than the rate of
inflation, whereas the increase in the price of soft drinks, junk
food and fast food has increased at a slower rate than inflation.
Pourquoi les années 1980? Je pense que c’est lié aux
changements majeurs qui se sont produits à l’égard de la
production alimentaire. Par exemple, aux États-Unis, on parle
des boissons sucrées — particulièrement des boissons gazeuses —
et de leurs répercussions. Il y a eu d’importants changements en ce
qui concerne les produits sucrants utilisés. Au début, c’était du
sucre, puis on a remplacé cela par du sucre à base de maïs et,
enfin, par du sirop de maïs à haute teneur en fructose. Cela tient à
certains choix de politiques concernant la culture du maïs et
l’argent que les agriculteurs recevaient pour en cultiver. Le prix
des fruits et légumes a augmenté plus rapidement que le taux
d’inflation, alors que celui des boissons gazeuses, de la malbouffe
et de la nourriture rapide a augmenté plus lentement que ce taux.
22:18
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
We’ve seen the number of McDonald’s and Burger Kings, and
you can buy food everywhere. I think I counted the number of
vending machines within a five-minute walk of my office and I
lost track after 50. I counted the number of fast-food restaurants
within a 15-minute walk of my office and I stopped at 15. So you
can buy it everywhere. It’s cheap. It’s easily accessible. It’s
convenient. We have more women in the workforce, so it’s hard
to make a meal. It’s more expensive to buy the foods, to make the
homemade, nutritious meal. The portion sizes are bigger. You
look at a standard soft drink now, it’s not the can; it’s the
750 millilitre bottle. So you drink more, eat more, it has more
calories in it. It has been happening, and a lot of it took off
around the 1980s.
Nous savons à quel point les restaurants McDonald’s et Burger
King sont omniprésents, et on peut acheter de la nourriture
partout. J’ai compté le nombre de machines distributrices à cinq
minutes de marche de mon bureau, et je crois avoir perdu le
compte après 50. J’ai aussi compté le nombre de restaurants à
service rapide à 15 minutes de marche de mon bureau, et je me
suis arrêté à 15. On peut donc acheter partout ce genre de
nourriture. Elle ne coûte pas cher. Elle est très accessible. Elle est
commode. Il y a plus de femmes sur le marché du travail, alors
faire les repas est plus difficile. Il coûte plus cher d’acheter des
aliments pour préparer soi-même un repas nutritif. Les portions
sont plus grosses qu’avant. Le format standard des boissons
gazeuses de nos jours, ce n’est plus une canette; c’est une bouteille
de 750 millilitres. Alors, on boit plus, on mange plus et on
consomme plus de calories. Voilà ce qui se passe, et c’est aux
alentours des années 1980 que les choses ont dégénéré.
From a physical activity standpoint, for adults, we saw it’s not
the exercise. It’s not what people do in their leisure time. If
anything, that’s improved. It’s what they’ve done in their
occupational time. So what are we doing here? Sitting. You
have computers, white-collar jobs, taking over from the bluecollar jobs where you’re doing light intensity stuff, but
continuously burning calories throughout the day. People are
using their cars to get everywhere, walking less.
Pour ce qui est de l’activité physique, nous savons que ce n’est
pas ce qui pose problème chez les adultes. Le problème n’est pas
ce que les gens font de leurs temps libres. On pourrait même dire
que, sur ce plan, les choses se sont améliorées. C’est plutôt ce
qu’ils font au travail qui est problématique. Que faisons-nous ici?
Nous restons assis. Les gens sont assis devant un ordinateur, ils
font du travail de col blanc, et cela remplace de plus en plus le
travail de col bleu, qui implique des tâches d’un faible niveau
d’intensité physique, mais permet de brûler des calories tout au
long de la journée. Les gens utilisent leur voiture pour aller
partout et marchent moins qu’avant.
With kids, it’s the same issue around that. Kids are actually
engaged in more organized sport now than in the 1980s, but you
don’t burn a lot of calories in organized sport. Where do you burn
calories? In active play. What do you not see outside on the
streets? Kids playing. There are a lot of things from the energy
intake, energy out. There are other behaviors. We call those the
big two. There are other things. There are changes in the
prevalence of smoking. Smoking actually increases your
metabolism. The way we regulate the temperature in our room
has changed. If it’s really cold in a room, you shiver more. If it’s
hot, you burn more calories getting rid of the heat. We sleep less.
That’s another behaviour implicated with obesity that doesn’t get
a lot of attention, but is important particularly in the teenage
years. There are lots of things behaviourally going on from the
physical activity, diet and these other things that might be
implicated in obesity as well.
Avec les jeunes, c’est la même situation. Ils pratiquent en fait
plus de sports organisés que dans les années 1980, mais ce genre
de sports ne permet pas de brûler beaucoup de calories. Qu’est-ce
qui permet d’en brûler beaucoup? Le jeu actif. Qu’est-ce qu’on ne
voit pas dans les rues? Des enfants qui jouent. Il y a beaucoup de
problèmes découlant d’un déséquilibre entre l’apport énergétique
et la dépense d’énergie. Il y a d’autres comportements. Ce sont les
deux principaux facteurs, selon nous. Mais il y en a d’autres,
comme des changements dans la prévalence du tabagisme. De fait,
fumer accélère le métabolisme. La façon dont nous réglons la
température dans notre chambre a changé. S’il fait très froid dans
une pièce, on frissonne davantage. S’il fait chaud, on brûle plus de
calories en évacuant la chaleur. On dort moins. C’est un autre
comportement associé à l’obésité qui est peu pris en compte, mais
qui a de l’importance, surtout durant l’adolescence. Il y a
beaucoup d’aspects comportementaux, comme l’activité
physique et le régime alimentaire, qui peuvent aussi contribuer à
l’obésité.
Senator Seidman: I appreciate that. You’ve offered a couple
of ideas as to why rates seem to be levelling off now, so either
we’re starting to make a difference or we’ve saturated the
genetic predisposition. But it leads me to ask: If you look at
other countries in the world less likely to have higher obesity
rates, like Japan, Norway and Italy, for example — this is my
understanding — do you have any hypothesis about that?
La sénatrice Seidman : Merci. Vous avez fourni deux
explications possibles de la stabilité des taux de nos jours, alors
soit nous commençons à faire des progrès, soit nous atteint le
plein potentiel de la prédisposition génétique. Mais cela m’amène
à une question : avez-vous une hypothèse au sujet d’autres pays
du monde — comme le Japon, la Norvège et l’Italie — qui sont, je
crois, moins susceptibles d’avoir un taux d’obésité élevé?
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:19
Mr. Janssen: Finland would be a good example. They are
doing a lot of things. They have very aggressive policies in
Finland. They have environments around nutrition and diet and
saturated fat, in particular, which have had tremendous benefits
on cardiovascular disease in Finland. They’re doing things that
are aggressive and at the government policy level that then trickle
down.
M. Janssen : La Finlande serait un bon exemple. Elle fait
beaucoup de choses. Il y a des politiques très strictes dans ce pays.
Son approche en matière de nutrition, d’alimentation et de gras
saturés, tout particulièrement, a occasionné d’immenses bienfaits
sur le plan de la prévention des maladies cardiovasculaires. Elle
met en œuvre des politiques gouvernementales vigoureuses qui
occasionnent ensuite un effet de ruissellement.
I think of the Netherlands, where my father was born. The
normal means of getting around in Amsterdam is by bicycle.
You’re not an outlier if you’re on a bicycle. Ottawa is a little bit
better than Kingston. In Kingston if you’re on a bicycle, in a lot
of places you’re taking your life in your own hands. The
environments are more conducive to physical activity. It’s the
normal. We talked about some economists and the default is to be
active in some situations, where our default is to get in a car and
drive everywhere.
Je pense aussi aux Pays-Bas, terre natale de mon père. Le
moyen de transport le plus courant à Amsterdam, c’est le vélo.
Pour faire comme tout le monde, c’est ainsi qu’il faut se déplacer.
Ottawa est un peu mieux que Kingston. Si vous vous déplacez à
vélo à Kingston, vous risquez votre vie dans bien des endroits.
L’environnement aux Pays-Bas est plus propice à l’activité
physique. C’est la norme dans ce pays. Nous en avons discuté
avec des économistes : dans certaines situations là-bas, l’activité
physique va de soi, alors qu’ici, ce qui va de soi, c’est d’utiliser sa
voiture pour aller partout.
Senator Seidman: If I could then move directly to something
that both of you mentioned, and that has to do with changing the
way policy-makers approach the issue of obesity.
La sénatrice Seidman : J’aimerais passer directement à un point
que vous avez tous deux soulevé et qui a trait à la nécessité de
changer l’approche des décideurs concernant la question de
l’obésité.
Dr. Warshawski, you mentioned this. In fact, you put out
something that’s very clearly a policy issue that has to do with
advertising directed at children.
Docteur Warshawski, vous en avez parlé. Vous avez d’ailleurs
clairement fait ressortir un problème de politique touchant la
publicité destinée aux enfants.
Dr. Janssen, you talked specifically about how we have to
change the way we approach obesity when we make policy.
Monsieur Janssen, vous avez dit que nous devions changer
notre approche liée à l’obésité au moment d’élaborer des
politiques.
I will ask the two of you to tell us briefly: If you had to put it in
a short, succinct summary, what advice would you give in terms
of changing the way we make policy or what would you see as an
approach that policy-makers could take in trying to do something
effective in this area?
J’aimerais que, tous les deux, vous répondiez brièvement à cette
question : si vous deviez rédiger un court sommaire, quels conseils
donneriez-vous pour changer la façon dont nous les élaborons, ou
quelle approche pensez-vous que les décideurs devraient adopter
pour améliorer la situation à ce chapitre?
Dr. Warshawski: I would say to enact a health lens on all
aspects of policy making. You mentioned the built environment,
the walkable cities in Europe, the relative food deserts, the easy
availability of junk food and junk drinks positioned right next
door to schools. There are all sorts of things that can be done.
Dr Warshawski : Selon moi, il faudrait que tous les aspects liés
à l’élaboration des politiques soient considérés sous l’angle de la
santé. Vous avez parlé de l’environnement bâti, des villes
piétonnes en Europe, de ce qu’on pourrait qualifier de déserts
alimentaires et de la grande accessibilité d’aliments et de boissons
néfastes pour la santé tout près des écoles. Ce sont tous des
aspects auxquels on peut s’attaquer.
When someone is looking at a zoning bylaw, Senator Eggleton,
this makes sense because it’s not making too much noise, traffic,
but just apply the health lens. How does this fit onto the broader
societal objective? At each level of governance there are things
that need to be taken into account at the municipal level. In
Kelowna they built two hockey rinks beside an indoor jogging
track and two soccer fields. They didn’t put a water fountain in
the facility, but they did have a central kiosk selling Slurpees, pop
and other things. I had to complain to the mayor and get a water
fountain put in there. It was a simple intervention and decreases
the consumption of sugary drinks. No one applied that lens at the
municipality.
Au moment d’élaborer un règlement de zonage, sénateur, il est
logique de tenir compte du bruit et de la circulation, mais il faut
simplement voir les choses sous l’angle de la santé. Comment le
règlement contribue-t-il à la réalisation de l’objectif de société
global? À chaque palier de gouvernance, il y a des points qui
doivent être pris en compte à l’échelon municipal. À Kelowna, on
a bâti deux patinoires à côté d’une piste de course intérieure et de
deux terrains de soccer. On n’avait pas aménagé de fontaine sur
place, mais il y avait un comptoir central qui vendait des sloches,
des boissons gazeuses et d’autres produits du genre. J’ai dû faire
une plainte au maire pour qu’on installe une fontaine. Cette
intervention toute simple a diminué la consommation de boissons
sucrées. Personne de la municipalité n’avait abordé la chose sous
cette optique.
22:20
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
What foods and beverages are allowed for sale in the
municipality, and at a provincial level what’s allowed to be sold
in schools, for school lunches. It’s mandatory physical activity,
not just physical education, so kids can be active.
À l’échelon municipal, il faut déterminer quels aliments et
boissons doivent être interdits de vente, et, à l’échelon provincial,
quels aliments peuvent être vendus dans les écoles pour dîner. Il
faut rendre l’activité physique — pas seulement l’éducation
physique — obligatoire pour que les jeunes soient actifs.
At the federal level, which is why I addressed those particular
comments here, what are the things at the federal jurisdiction? On
the airwaves, it’s not just TV marketing that is pervasive; it’s
Internet. It’s everywhere. We know that marketing to kids affects
their choices, their preferences. Parents give in, you’re pestered,
your 5-year-old is pulling on your sleeve, you’re tired and you buy
this stuff. How can it hurt? The cumulative impact is problematic.
À l’échelon fédéral — et c’est pourquoi j’ai fait de tels
commentaires tout à l’heure —, que peut-on faire? Sur le plan des
communications, il n’y a pas que la publicité à la télévision qui est
envahissante : il y a aussi celle sur Internet. Elle est partout. Nous
savons que la publicité visant les enfants influe sur leurs choix,
leurs préférences. Quand leur enfant de cinq ans n’arrête pas
d’insister et de tirer sur leur manche, les parents finissent par en
avoir assez et par céder, et ils achètent ce qu’il réclame. Quel mal y
a-t-il à cela? L’impact cumulatif est problématique.
Each level of government has to say what can we do, what’s
within our sphere of influence and how significant can our actions
be and move towards those. That’s our perspective.
Chaque ordre de gouvernement doit déterminer ce qu’il peut
faire, ce qui est de son ressort et l’impact que peuvent avoir ses
décisions, et il doit agir en ce sens. C’est notre point de vue.
Mr. Janssen: I agree, especially looking through a health lens
when you’re developing policies. I think there are also lots of
ideas, recommendations and best practices out there, so it’s not
like you have to draw something up from scratch. We talked
about the advertising. There is a lot of work globally on that, and
very good recommendations done by obesity researchers and task
forces on what those policies should look like. It’s the same thing
with sugar-sweetened beverages, soda taxes and things of that
nature. There are lots of things to call upon and without needing
to draw something up from scratch.
M. Janssen : Je suis d’accord, surtout pour ce qui est d’aborder
les choses sous l’angle de la santé au moment d’élaborer des
politiques. Je pense qu’il y a aussi beaucoup d’idées, de
recommandations et de pratiques exemplaires dont on peut
s’inspirer, alors ce n’est pas comme si on partait de zéro. Nous
avons parlé de la publicité. Il y a beaucoup de travail réalisé à ce
chapitre dans le monde ainsi que d’excellentes recommandations
de politiques émanant de chercheurs et de groupes de travail qui
s’intéressent à l’obésité. Il en va de même pour les boissons
sucrées, les taxes sur les boissons gazeuses et ce genre de choses. Il
y a beaucoup de choses dont on peut s’inspirer; on n’a pas à partir
de zéro.
Senator Seth: I think it is a very interesting topic, as you have
been saying, because there is an increasing rate of obesity
developing into chronic diseases in children and in adults. Last
week, I held a reception where we discussed how maternity and
childhood play a key role in the prevention and delay of adult
chronic disease through good nutrition, active lifestyle and
regular medical checkups.
La sénatrice Seth : Je trouve le sujet très intéressant, car —
comme vous l’avez dit — il y a un taux d’obésité croissant qui
entraîne des maladies chroniques chez les enfants et les adultes. La
semaine dernière, j’ai tenu une réception où nous avons discuté du
fait que la bonne alimentation, un mode de vie actif et des
examens médicaux fréquents durant la maternité et l’enfance
jouent un rôle clé pour ce qui est de prévenir et de retarder
l’apparition de maladies chroniques chez les adultes.
In spite of that, 20 per cent of children under 12 are already
suffering from a chronic disease. So my question is this: How can
you speak about obesity, which plays a role in the development of
chronic disease in children? This is the one question I have.
Malgré cela, 20 p. 100 des enfants de moins de 12 ans sont déjà
aux prises avec une maladie chronique. Alors, ma question est la
suivante : comment doit-on aborder la question de l’obésité, qui
joue un rôle dans le développement de telles maladies chez les
enfants? Voilà ma question.
Dr. Warshawski: One of the things we do — we’re called the
Childhood Obesity Foundation — is to try to shift toward getting
the habits right. It’s healthy eating and active living. We don’t
want parents to be overly focused on putting their Jimmy or Jane
on a scale if they’re overweight or obese. If you get the habits
right and are eating well — fruits and vegetables, whole grains,
low saturated fat — and being physically active, with 60 minutes
per day of moderate to vigorous physical activity, you’ll get the
life that’s right for you.
Dr Warshawski : Une chose que nous faisons — l’organisme
que je représente s’appelle la Childhood Obesity Foundation —,
c’est essayer d’amener les gens à prendre les bonnes habitudes, à
savoir bien manger et être actif. Nous ne voulons pas que les
parents soient trop préoccupés par le poids de leur garçon ou de
leur fille si leur enfant a un excédent de poids ou qu’il est obèse. Si
on adopte un mode de vie sain, qu’on mange bien — fruits et
légumes, grains entiers, aliments à faible teneur en gras saturé —
et qu’on est actif physiquement — c’est-à-dire qu’on fait chaque
jour 60 minutes d’activité physique modérée ou intense —, alors
on sera en santé.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:21
We also know that the manifestations of chronic disease begin
very early, as early as pre-school. There is a recent study out of
Italy, as a matter of fact, that looked at obese four- and five-year
olds, and they had a 5 to 10 per cent incidence of hyperlipidemia,
of hypertension and of changes that suggested that their arteries
were becoming thickened.
Nous savons aussi que les signes de maladies chroniques
apparaissent parfois même à l’âge préscolaire. D’ailleurs, une
récente étude menée en Italie sur des enfants obèses de quatre et
de cinq ans a révélé chez eux un taux d’incidence de 5 à 10 p. 100
d’hyperlipidémie et d’hypertension et certains changements
permettant de supposer que leurs artères s’étaient épaissies.
We know that adolescents, if they have metabolic syndrome,
which is a compilation of a big waist circumference, glucose
intolerance, hypertension and abnormal blood lipids, actually
show structural changes in their brains in MRI studies and
cognitive changes. They don’t think as well; their brains don’t
work as well. That ‘‘healthy mind, healthy body’’ adage is very
true.
Nous savons que, chez les adolescents qui ont le syndrome
métabolique — qui se caractérise par la présence d’un grand tour
de taille, une intolérance au glucose, de l’hypertension et la
présence anormale de lipides dans le sang —, il se produit des
changements dans la structure du cerveau — comme l’ont révélé
des tests d’IRM — ainsi que des changements cognitifs. Ces
jeunes ne réfléchissent pas aussi bien; leur cerveau ne fonctionne
pas aussi bien. L’adage « un esprit sain dans un corps sain » est
tout à fait fondé.
We’re seeing diseases caused by obesity in childhood, as you
say, and we have to work as a whole society to improve these
habits, that healthy eating and active living.
Nous voyons que des maladies sont causées par l’obésité à
l’enfance, comme vous l’avez dit, et toute la société doit se
mobiliser pour améliorer ses habitudes, c’est-à-dire bien manger
et adopter un mode de vie actif.
Senator Seth: How early can these children develop chronic
diseases?
La sénatrice Seth : À quel point ces maladies chroniques
peuvent-elles être précoces chez les enfants?
Dr. Warshawski: The chronic diseases that we normally talk
about associated with obesity are type 2 diabetes, cardiovascular
disease, hypertension and that sort of thing. We don’t see type 2
diabetes, usually, until adolescence — 13, 14, 15. Before, it was an
extremely rare disease in children. It used to be called ‘‘adult
diabetes,’’ versus ‘‘childhood onset diabetes.’’ It’s still relatively
uncommon, but the incidence has increased probably a
hundredfold because it really doesn’t happen until you’re 20 or
30. As for other chronic diseases, hypertension begins to happen,
but, in kids, there are not the outward manifestations, although it
does affect cognition. Your brain doesn’t work as well when it’s
perfused at high pressure as it does when it’s perfused at a normal
pressure. So it is there. It’s significant, and there are things we can
do. But, generally, it’s about healthy lifestyles — eating better and
being more active.
Dr Warshawski : Les maladies chroniques liées à l’obésité dont
il est habituellement question sont le diabète de type 2, les maladies
cardiovasculaires, l’hypertension, et cetera. Normalement, nous ne
voyons pas ces maladies avant l’adolescence, c’est-à-dire avant 13,
14 ou 15 ans. Avant, elles étaient extrêmement rares chez les
enfants. On parlait de « diabète des adultes », par opposition au
« diabète infantile ». Cela demeure relativement rare, mais le taux
d’incidence a probablement doublé, car c’est une maladie qui ne
devrait pas se manifester avant l’âge de 20 ou 30 ans. Pour ce qui
est des autres maladies chroniques, des cas d’hypertension
commencent à apparaître; les enfants ne présentent pas de
symptômes externes, mais cela nuit à leur cognition. Le cerveau
ne fonctionne pas aussi bien quand la pression sanguine est élevée
que lorsqu’elle est normale. Alors, le problème est là. C’est un
problème important, et il y a des mesures que nous pouvons
prendre. Mais, généralement, ce qui est déterminant, c’est le fait
d’avoir un mode de vie sain, c’est-à-dire manger mieux et être plus
actif.
Senator Seth: Is there any role from the start of pregnancy to
avoid obesity?
La sénatrice Seth : Y a-t-il autre chose que l’on peut faire dès le
début de la grossesse pour éviter l’obésité?
Dr. Warshawski: Absolutely. There is huge data about being
overweight and obese during pregnancy and the effects that has
on the newborn, including increased risk for obesity later on and
other diseases, even such as autism.
Dr Warshawski : Absolument. Il y a énormément de données
indiquant que l’excédent de poids ou l’obésité de la mère durant la
grossesse ont des conséquences pour le nouveau-né, comme le
risque accru de souffrir d’obésité plus tard au cours de sa vie ou
d’autres maladies, telles que l’autisme.
Mr. Janssen: It’s a field that’s called epigenetics, and it actually
carries forward more than one generation. For example, if my
grandmother was not doing things very well in her pregnancy with
my father, that would influence his genetics to a certain extent.
That would then carry over not only to him but also to me. There
is definitely an importance to having a healthy pregnancy, eating
well, being physically active and not gaining too much weight. As
M. Janssen : Ce domaine d’étude s’appelle l’épigénétique, et les
risques sanitaires se répercutent en fait sur plus d’une génération.
Par exemple, si ma grand-mère n’avait pas de très bonnes
habitudes de vie durant sa grossesse, cela aurait influé dans une
certaine mesure sur le bagage génétique de mon père, ce qui aurait
ensuite eu des répercussions non seulement sur lui, mais aussi sur
moi-même. Il est certainement important d’avoir une grossesse
22:22
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
I said, there are the five As of obesity management. There is a
specific one about pregnancy and appropriate weight gain for
pregnant women. Women suffering from obesity actually should
gain less weight during a pregnancy than a woman with a healthy
BMI.
saine, de bien manger, de faire de l’activité physique et de ne pas
prendre trop de poids. Comme je l’ai dit, ce sont les cinq principes
de la gestion de l’obésité. Il y en a un qui porte précisément sur la
grossesse et sur ce qui constitue une prise de poids appropriée
pour une femme enceinte. Les femmes obèses devraient en fait
prendre moins de poids durant la grossesse que celles qui ont un
IMC sain.
Senator Enverga: Thank you for the presentations; they were
great.
Le sénateur Enverga : Merci beaucoup pour vos exposés; ils
étaient très intéressants.
My first question will be: You mentioned that 26 per cent of
people are obese in Canada. How did you measure that, through
BMI or height-to-weight ratio? I don’t know how it was
measured.
Voici ma première question. Vous avez dit que 26 p. 100 de la
population canadienne était obèse. Sur quoi est basée cette
statistique? Est-ce sur l’IMC ou le rapport taille-poids? Je ne sais
pas quelle mesure a été utilisée.
Mr. Janssen: BMI, body mass index, is a ratio of your weight
for your height. Taller people will weigh more. If Tom stood up,
he’s very tall, so he will have a different weight allowance than
someone who is five-foot-two. It takes into consideration that
taller people weigh more. It is normalizing your weight for your
height.
M. Janssen : L’IMC — l’indice de masse corporelle — est le
rapport entre le poids et la taille. Les personnes de grande taille
sont plus pesantes. Si Tom voulait bien se lever, on verrait qu’il
est très grand, alors son poids santé sera différent de celui d’une
personne qui mesure cinq pieds deux pouces. L’indice tient
compte du fait que, plus on est grand, plus on est pesant. Il
indique le poids en fonction de la taille.
Senator Enverga: I notice a lot of people have a bigger frame.
They will be heavy, right, if they have a bigger frame? They are
short but with a bigger frame. Is that factored into the statistics?
Le sénateur Enverga : J’ai constaté que bien des gens ont une
forte charpente. Cela les rend pesants, n’est-ce pas? Certaines
personnes sont petites, mais bien charpentées. Est-ce pris en
compte dans les statistiques?
Mr. Janssen: At the population level, when we are doing this to
determine the surveillance of obesity, we figure that there are
people who are big boned, if we want to call it that. There are
people who were big boned in 1980 and 1950 and now. So they
kind of cancel each other out when looking at the prevalence of
obesity and how that has changed over time.
M. Janssen : Quand nous examinons cet indice à l’échelle de la
population pour surveiller la prévalence de l’obésité, nous tenons
pour acquis que certaines personnes ont une grosse ossature, si je
puis dire. C’était le cas en 1980 et en 1950, et c’est encore le cas
aujourd’hui. On peut donc considérer que ce facteur s’annule
quand on veut déterminer la prévalence de l’obésité et son
évolution au fil du temps.
As a doctor, if a patient comes in, you are not just measuring
their height and weight and saying that the BMI is the be all and
end all of health. You will measure their blood pressure, their
lipids, their behaviours and the other things that are important for
a patient’s health. The BMI is one of many measures of health
that you would use on an individual patient.
En tant que médecin, si un patient vient me voir, je ne fais pas
que vérifier sa taille et son poids et je ne lui dis pas que l’IMC est
l’ultime déterminant de la santé. Il faut vérifier sa tension
artérielle, ses lipides, ses comportements et d’autres facteurs
importants à ce chapitre. L’IMC n’est qu’une des nombreuses
mesures de santé utilisées pour évaluer l’état de santé d’un patient.
Senator Enverga: From what I read in some papers, obesity is
more like a natural physical trait of a person; is that correct?
Le sénateur Enverga : Selon ce que j’ai lu dans certains
journaux, l’obésité est surtout considérée comme un trait
physique naturel d’une personne; c’est juste?
Mr. Janssen: There is certainly a tremendous genetic
component to obesity. Data would suggest that up to
50 per cent of the variability in body weight is a manifestation
of your genes, your genetic predisposition. Certainly, there are
people who are predisposed to obesity. Their genes load the gun;
the environment pulls the trigger. That’s the environment of the
food and the unhealthy, inactive living. That’s what pulls the
trigger and then their susceptible genes make them into a person
who has a weight issue.
M. Janssen : Assurément, le bagage génétique influe
énormément sur l’obésité. Selon certaines données, jusqu’à
50 p. 100 de la variabilité du poids corporel est attribuée aux
gènes, à la prédisposition génétique. Les gènes chargent le fusil;
l’environnement appuie sur la gâchette. Par « environnement »,
j’entends l’alimentation et un mode de vie malsain, inactif. Voilà
l’élément déclencheur. Ensuite, les gènes font en sorte que la
personne développe un problème de poids.
Dr. Warshawski: I will just to Mr. Janssen’s statements
because I think your questions are good ones. There are a lot of
myths out there about BMI. Mr. Janssen talked about it earlier.
Dr Warshawski : Je veux juste revenir sur les commentaires de
M. Janssen, car je crois que vous posez de bonnes questions. Il y a
beaucoup d’idées fausses sur l’IMC. M. Janssen en a parlé plus
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:23
It’s the weight in kilos divided by the height squared. It is a way to
take into account height relative to weight. BMI, as a measure of
importance, was actually brought about by the insurance industry
as an actuarial measure. In 1920 or so, guys were looking around
trying to figure out who was at high risk and who was not. They
said, ‘‘These guys who are heavier, divided by their height, die
earlier, so we have to up their insurance.’’ The doctors got
involved, and the epidemiologists said, ‘‘What does this mean?’’
It’s a proxy measure for fat. It’s not the same as measuring body
fat through impedance or dumping someone in a vat of water, as
we sometimes do, or through skin calipers. It’s a proxy measure,
and, overall, it’s pretty good.
tôt. Il s’agit du poids en kilos divisé par la taille au carré. C’est une
façon de jauger la taille par rapport au poids. De fait, c’est
l’industrie des assurances qui a donné à l’IMC son importance
quand elle l’a adopté comme mesure actuarielle. Vers les années
1920, des gens ont voulu déterminer qui était hautement à risque
et qui ne l’était pas. Ils ont dit : « Ceux dont le poids divisé par la
taille est élevé meurent plus jeunes, alors nous devons augmenter
leurs primes d’assurance. » Les médecins se sont mis de la partie,
et les épidémiologistes ont dit : « Qu’est-ce que cela signifie? »
C’est une mesure indirecte du taux de graisse. Ce n’est pas la
même chose que mesurer la masse adipeuse par impédance, par
l’immersion de la personne dans une cuve d’eau — comme nous le
faisons parfois — ou par l’utilisation d’un adiposimètre. C’est une
mesure indirecte, et, globalement, cela fonctionne assez bien.
As Mr. Janssen said, there is no epidemic of muscularity out
there. When you go there and put someone on a scale and they’re
heavy, you know right away whether this is Arnold
Schwarzenegger and Rosie O’Donnell. You can tell right then
that this is going to be a problem.
Comme l’a dit M. Janssen, il n’y a pas d’épidémie de muscles.
Quand on fait monter une personne sur la balance et qu’on
constate qu’elle est pesante, on sait immédiatement s’il s’agit d’un
Arnold Schwarzenegger ou d’une Rosie O’Donnell. On peut voir
tout de suite si cela va poser problème.
You mentioned obesity as sort of a natural thing. It’s normal
now. As Mr. Janssen said, 60 per cent of adults are overly fleshy.
It’s the new normal. I just lost 25 pounds, actually, because I had
a heart attack two months ago. I had a good BMI. I ran. I ate
well. Stuff happens, right. I went on a low fat diet and lost
20 pounds. I’m 6’1 and 195. That’s actually a good size. My
secretary thinks I’m skin and bones because I was 220. That’s
what she compares me to. My BMI is probably 25. I’m a good
size, but the new normal is big. It’s not healthy. It’s just big.
Vous avez soulevé l’idée que l’obésité pouvait être une sorte de
phénomène naturel. C’est la norme, de nos jours. Comme l’a dit
M. Janssen, 60 p. 100 des adultes ont un excédent de poids. C’est
la nouvelle norme. D’ailleurs, je viens moi-même de perdre
25 livres parce que j’ai fait une crise cardiaque il y a deux mois.
Pourtant, mon IMC était bon. Je courais. Je m’alimentais bien.
Ce sont des choses qui arrivent, n’est-ce pas? J’ai suivi un régime
pauvre en graisses et j’ai perdu 20 livres. Je mesure six pieds un et
je pèse 195 livres. De fait, c’est une bonne taille. Ma secrétaire me
trouve maigre comme tout parce qu’avant, je pesais 220 livres. J’ai
probablement un IMC de 25. Ma taille est bonne, mais la nouvelle
norme, c’est d’être gros. Ce n’est pas d’être en santé. C’est juste
d’être gros.
Mr. Janssen: The new normal is a BMI of about 27. The BMI
of 25 is overweight, so the average Canadian adult is at about a
BMI of 27. That’s overweight.
M. Janssen : Un IMC normal de nos jours, c’est environ 27.
Un IMC de 25 indique un excédent de poids, et la moyenne chez
les adultes canadiens est d’environ 27. C’est trop.
Senator Enverga: That’s a general rule for everyone? You’re
obese if you have a BMI of 27.
Le sénateur Enverga : C’est une règle générale qui s’applique à
tous? On est obèse si on a un IMC de 27?
Mr. Janssen: That’s the average Canadian adult. We looked at
the fiftieth percentile. That’s a BMI of 27. A BMI of 25 defines
overweight.
M. Janssen : C’est la moyenne des adultes canadiens. Nous
avons calculé le 50e percentile, et cela donnait un IMC de 27. Un
IMC de 25 est le seuil qui détermine l’excédent de poids.
Senator Enverga: You stated here that parents need the
government to limit advertisements to children. Should we just
educate our parents instead of limiting advertisements? We should
educate the parents and say, ‘‘You don’t listen to this.’’ They have
control of their kids. They could say, ‘‘You can’t buy that. We’re
not supposed to buy those things.’’
Le sénateur Enverga : Vous avez dit que les parents ont besoin
que le gouvernement limite la publicité destinée aux enfants.
Devrions-nous simplement sensibiliser les parents au lieu de
limiter la publicité? Nous pourrions le faire et leur dire :
« N’écoutez pas cela. » Ils ont de l’autorité sur leurs enfants. Ils
pourraient leur dire : « Tu ne peux pas acheter cela. On ne doit
pas en acheter. »
Dr. Warshawski: Education just doesn’t do it. I’ll say that
much. I alluded to behavioural economics and what we know
about the way people make decisions and choices. People are not
rational machines like Spock that go through making rational
decisions all the time. We can make rational decisions and use a
lot of mental energies to really think things through every so often
Dr Warshawski : Sensibiliser les parents ne suffit pas, voilà
tout. J’ai parlé de l’économie comportementale et de ce que nous
savons sur la façon dont les gens font des choix et prennent des
décisions. Nous ne sommes pas des machines qui n’écoutent que
leur raison — comme Spock — et qui prennent toujours des
décisions rationnelles. Certes, un certain nombre de fois au cours
22:24
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
during the day, but we are inundated with hundreds of decisions
each day, and we give in. If we’re distracted and tired, we give in
more often.
de la journée, nous pouvons mobiliser beaucoup d’énergie
mentale pour bien réfléchir à nos choix et en arriver à des
décisions rationnelles, mais nous devons prendre des centaines de
décisions chaque jour, et nous finissons par céder. Quand nous
sommes distraits et fatigués, nous cédons plus souvent.
As Ian mentioned, there is food everywhere, and it’s cheap and
tasty and easy to get. Our kids are subjected to marketing not just
on television, but on their phones and on the Internet. It’s
embedded in television and movies. They are being taught to
consume food that is unhealthy. As a parent, if you’re a strong
parent with an iron will, you can say, ‘‘No, we’re not buying that,
and no, you can’t have it,’’ but it doesn’t work. That’s why we’re
seeing what’s happening in this epidemic.
Comme Ian l’a mentionné, la nourriture est partout, et elle est
bon marché, savoureuse et accessible. Nos jeunes sont bombardés
de publicité non seulement à la télévision, mais aussi sur leur
téléphone et sur Internet. Elle est intégrée aux émissions de
télévision et aux films. Elle leur apprend à consommer des
aliments malsains. Un parent avec une volonté de fer peut dire :
« Non, nous n’achèterons pas ceci, et non, tu ne peux pas avoir
cela », mais cela ne fonctionne pas. Voilà pourquoi on assiste à
une telle épidémie.
As Ian said, there are best practices and things that have been
adopted by the United Kingdom, South Korea, Finland and
Norway. Quebec has a total ban on marketing to kids under the
age of 12. There is ample precedent for this. It is doable and it is
workable.
Comme l’a dit Ian, certaines mesures et certaines pratiques
exemplaires ont été adoptées au Royaume-Uni, en Corée du Sud,
en Finlande et en Norvège. Le Québec a totalement interdit la
publicité destinée aux enfants de moins de 12 ans. Il existe de
nombreux antécédents à cet égard. C’est faisable, et cela peut
fonctionner.
Mr. Janssen: To add to that, it’s easy for me as a parent of a
three-year-old and a five-year-old to restrict. They’re not getting a
pop if I don’t give them a pop. They’re not watching TV unless I
turn it on for them. It’s easy. When they are 13 or 14, I want them
to be developing independence. I want them to be making their
own decisions because they’re becoming adults and that’s an
important part of their development. That is the age when I’m
concerned, when they are at the age of making their own decisions
and developing independence.
M. Janssen : J’ajouterais qu’il est facile pour moi, en tant que
parent d’enfants de trois et cinq ans, d’établir des limites. Si je ne
leur donne pas de boisson gazeuse, ils n’en auront pas. Ils ne
regardent pas la télé à moins que je l’allume pour eux. C’est facile.
Mais quand ils auront 13 ou 14 ans, je vais vouloir qu’ils
développent leur autonomie. Je vais vouloir qu’ils prennent leurs
propres décisions parce qu’ils vont devenir adultes et que cela
représente une partie importante de leur développement. C’est cet
âge-là qui me préoccupe : l’âge où ils devront prendre leurs
propres décisions et développer leur autonomie.
Senator Enverga: You mentioned Perfect at Any Size. Would
that be contradicting the fact that you want a BMI of 27 or
whatever? If you’re perfect at any size, that would eliminate a lot
of concerns, right?
Le sénateur Enverga : Vous avez parlé de l’initiative Perfect at
Any Size. Ne contredit-elle pas le fait que vous souhaitez un IMC
de 27, ou quelque chose du genre? Si on est parfait à n’importe
quelle taille, cela élimine beaucoup de préoccupations, n’est-ce
pas?
Mr. Janssen: It’s really meant to be a tool for the media, that
Perfect at Any Size initiative, where particularly for women and
young girls, where you have a BMI of 21, which is very low and
very healthy, and it’s portrayed as being heavy. It’s meant to say
that there are people who have weight issues and have obese BMI
that are physically active and eat well and are quite healthy.
Weight is not the be all and end all. It’s meant to be something to
decrease the stigma and recognize that people who are heavier can
be healthy and can do things that improve their health even if it
doesn’t impact their weight an ounce. If someone is physically
active, that’s going to have tremendous benefits on their health. If
they’re eating good foods, in other words, fruits and vegetables,
even if they’re overweight and obese, eating well will have
tremendous benefits on their health even if it doesn’t impact their
weight.
M. Janssen : Cette initiative est essentiellement un outil pour
les médias qui vise tout particulièrement les femmes et les jeunes
filles : pour elles, un IMC de 21 est très bas et très sain, mais c’est
perçu comme le signe d’un excédent de poids. L’initiative a pour
objectif de faire comprendre que certaines personnes qui ont un
problème de poids et un IMC indiquant l’obésité font de l’activité
physique, mangent bien et sont plutôt en santé. Le poids n’est pas
le seul déterminant. Par cette initiative, nous voulons nous
attaquer aux préjugés et faire comprendre aux gens que certaines
personnes corpulentes peuvent être en santé et avoir de saines
habitudes, même si cela n’a aucun effet sur leur poids. L’activité
physique a d’énormes bienfaits sur la santé des gens. Et quand une
personne s’alimente bien — c’est-à-dire qu’elle mange des fruits et
légumes —, c’est la même chose, même si elle a un excédent de
poids ou qu’elle est obèse, et même si son poids demeure le même.
Again, it’s meant primarily to say we have all of this stigma
and prejudice against persons suffering from obesity. It is not just
a matter of them not making appropriate decisions and not
Encore une fois, cette initiative vise surtout à envoyer le
message que nous avons tous des préjugés envers les personnes
qui souffrent d’obésité. Si elles sont obèses, ce n’est pas seulement
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:25
having the willpower. There are other factors that contribute to a
person’s weight — their job, how much money they make, where
they live, what the government is doing. Those are factors that
drive and impact their body weight as well, independent of the
decisions they make.
parce qu’elles ne prennent pas les bonnes décisions ou qu’elles
manquent de volonté. Il y a d’autres facteurs qui contribuent au
poids d’une personne, comme son travail, son revenu, son lieu de
résidence et les politiques du gouvernement. Voilà des facteurs qui
ont aussi une incidence sur le poids corporel, peu importe les
décisions qu’on prend.
Senator Merchant: Thank you for being with us. There is such
a plethora of low-calorie foods, zero-calorie colas and sugar
substitutes. From your studies, have these helped at all? Does it
help your body weight to drink something that has a different
sweetener? You read things that say that this isn’t helpful because
your body can’t distinguish the sweetness, whether it’s from sugar
or from something else. Has that helped at all?
La sénatrice Merchant : Merci de votre présence. Il y a
tellement d’aliments pauvres en calories, de boissons gazeuses
sans calories et de succédanés de sucre. Selon vos études, est-ce
que cela a eu des effets positifs? Est-ce bon pour le poids de boire
une boisson contenant autre chose que du sucre? On peut lire que
ce n’est pas le cas, car le corps ne peut pas goûter la différence
entre le sucre et d’autres substances. Les succédanés ont-ils eu des
bienfaits?
Dr. Warshawski: One of the policy platforms of Childhood
Obesity Foundation is to recommend a tax on sugary drinks.
There is a lot of noise around diet drinks. On big population
studies, you can see an association between diet drinks and an
increased risk of type 2 diabetes. That is probably what we call
reverse causation. People who are overweight tend to drink diet
drinks, and then you see that linkage. It’s secondary to the
overweight, not causing the overweight. There is robust data on
this. If you take people and for eight weeks have them drink a
sugary drink, the weight goes up. Switch them to a diet drink, and
the weight goes down. For the most part, these sugar-free drinks
on a population level are associated with less weight gain and are
less prone to the development of weight and obesity, which is not
to say they are totally safe. There are other questions about the
safety of aspartame and other things. There was recent data about
altering gut flora. I didn’t read the study. It was in Nature. I’m not
sure what that said. For the most part, when I talk to my kids, if
they need to drink a pop, I say, ‘‘Have a diet pop. Don’t drink
that 700 millilitres of Coke every day, because we know that’s
bad.’’
Dr Warshawski : Une des mesures stratégiques préconisées par
la fondation est de recommander une taxe sur les boissons
sucrées. On entend beaucoup parler des boissons diètes. Dans des
études menées auprès d’un vaste bassin démographique, on voit
que ces boissons sont associées à une augmentation du risque de
diabète de type 2, probablement par ce qu’on appelle un effet
causal inversé. Les personnes qui ont un excédent de poids ont
tendance à en boire, et on voit qu’il y a un lien. C’est sous-jacent
au surpoids, mais ce n’en est pas la cause. Des données fiables le
confirment. Si on fait boire des boissons sucrées à des gens
pendant huit semaines, leur poids va augmenter. Donnez-leur
ensuite des boissons diètes, et leur poids va diminuer. À l’échelle
de la population, ces boissons sans sucre sont surtout associées à
un gain de poids moindre et sont moins susceptibles de mener à
un excédent de poids et à l’obésité, ce qui ne veut pas dire pour
autant qu’elles sont tout à fait sans danger. Il y a d’autres
questions à se poser concernant l’innocuité de l’aspartame et
d’autres substances du genre. Selon certaines données récentes,
cela peut perturber la flore intestinale. Je n’ai pas lu l’étude. Elle a
été publiée dans Nature. Je ne suis pas certain de ce qu’elle disait.
Pour ma part, la plupart du temps, quand mes enfants veulent
boire une boisson gazeuse, je leur dis : « Bois une boisson diète.
Ne bois pas une bouteille de 700 millilitres de Coke chaque jour,
car nous savons que c’est malsain. »
Mr. Janssen: I’m biased because I’m a diet pop drinker.
Certainly, to drink a diet pop instead of a sugar pop is clear. The
evidence is still out on whether diet pop or diet soda and all those
artificial sweeteners are influencing metabolism. For example, I
start drinking my diet pop, and it’s sugary. It should make me feel
full, but it’s not hitting the signals in my brain and I’m actually
causing a resistance to that signal, according to some of the
research out there, so that when I do have a regular sugary drink,
that signal is not hitting me and I’m drinking more. It’s a very
controversial area of research right now. Lots of things are going
on about the diet pops and artificial sweeteners and what benefits
if any they actually have. Definitely, sugar drinks, not good. You
can’t go wrong with water.
M. Janssen : Je ne saurais être impartial, car je suis moi-même
un buveur de boissons diètes. À coup sûr, il vaut mieux boire une
boisson diète qu’une boisson sucrée. Il reste encore à déterminer si
les boissons gazeuses diètes et tous les édulcorants artificiels qu’il
y a dedans perturbent le métabolisme. Par exemple, quand je
commence à boire une boisson diète, je la trouve sucrée. Elle
devrait me rassasier, mais elle n’envoie pas le bon signal à mon
cerveau et — selon certains travaux de recherche — elle m’amène
en fait à développer une résistance à ce signal. Alors, quand je
bois une boisson sucrée ordinaire, mon cerveau ne reçoit pas non
plus le signal et je me trouve à en boire plus. C’est un volet très
controversé de la recherche à l’heure actuelle. Il y a beaucoup de
travaux qui sont menés au sujet des boissons gazeuses diètes et des
édulcorants artificiels et de leurs éventuels bienfaits. Assurément,
les boissons sucrées, ce n’est pas bon. L’eau est toujours un
meilleur choix.
22:26
Social Affairs, Science and Technology
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Senator Merchant: Well, that, too. There are so many waters
now that are promoted, bottled waters, that it’s very confusing.
People are not drinking tap water for health reasons. This has
nothing to do with weight.
La sénatrice Merchant : Eh bien, il faut aussi se pencher làdessus. Il y a tellement de marques de bouteilles d’eau
commercialisées que c’est très déroutant. Les gens ne boivent
pas d’eau du robinet pour des raisons de santé. Cela n’a rien à
voir avec le poids.
Can you for the record also tell us what words denote sugar?
When you look at something on a container or a recipe, there are
other sugars that do not go under the word ‘‘sugar.’’ What other
things are actual sugars that we should be watching out? Fructose
and what other things? Are there words that we should be familiar
with?
Aux fins du compte rendu, pourriez-vous aussi nous dire quels
mots indiquent la présence de sucre? Quand on lit la liste des
ingrédients sur un contenant ou dans une recette, il y a des sucres
qu’on désigne par d’autres mots. À quelles autres substances, qui
sont en fait du sucre, devrait-on faire attention? Le fructose, et
quoi d’autre? Y a-t-il d’autres mots que nous devrions connaître?
Dr. Warshawski: I’m not an expert on labelling, but Canada
has come out with new food labels that will tell you the grams of
sugar in a product. Unfortunately, it doesn’t differentiate added
sugar from natural sugar. If something has apples, they may
count the sugar from apples the same way that they would count
the sugar from corn syrup, and they are two very different things,
so that’s problematic. However, it does help out with what you’re
saying, which is the chemical alphabet soup, which is dextrose,
maltose, high fructose corn syrup. Which one is actually sugar?
They are all sugars. That’s a problem in labelling.
Dr Warshawski : Je ne suis pas un expert de l’étiquetage, mais
le Canada a élaboré de nouvelles étiquettes qui indiquent le
nombre de grammes de sucre dans un produit. Malheureusement,
on ne fait pas la distinction entre le sucre ajouté et le sucre naturel.
Si un produit contient des pommes, le sucre qu’elles contiennent
sera indiqué de la même façon que le sirop de maïs, alors qu’il
s’agit de deux choses très différentes. C’est donc problématique.
Tout de même, ces étiquettes sont utiles à l’égard du point que
vous avez soulevé quand vous parliez de ces substances aux noms
imprononçables que sont le dextrose, maltose et le sirop de maïs à
teneur élevée en fructose. Laquelle de ces substances est du sucre?
Elles le sont toutes. Il y a là un problème d’étiquetage.
Senator Enverga talked about people making decisions. Well,
when you look at a label, it’s hard to know what it means, so it
has to be simplified. Labels have to be simple. Canada has taken a
step towards that, but they need to differentiate added sugars
from natural sugars. If it says ‘‘added sugars,’’ try to avoid it.
Make it simple. Just try to avoid it.
Le sénateur Enverga a parlé des décisions que doivent prendre
les gens. Eh bien, quand on lit des étiquettes, il est difficile de
comprendre ce qu’elles impliquent, et c’est pourquoi on doit les
simplifier. Les étiquettes doivent être simples. Le gouvernement
canadien a fait un pas dans la bonne direction, mais il doit
prendre les moyens pour qu’on puisse faire la distinction entre des
sucres ajoutés et des sucres naturels. Si c’est écrit « sucre ajouté »,
essayez d’éviter ce produit. Simplifiez-vous la tâche. Essayez tout
simplement de les éviter.
Mr. Janssen: The other complexity is that a lot of things people
don’t think of as sugary drinks are sugary drinks. For example, if
I go to Tim Hortons or Starbucks and get coffee with shots of this
and that, those things have hundreds and hundreds of calories
and can be as calorically dense as a soft drink.
M. Janssen : L’autre aspect complexe, c’est que bien des gens
ne savent pas que certaines boissons sont en fait sucrées. Par
exemple, si je vais chez Tim Hortons ou chez Starbucks et que
j’achète un café avec des doses de telle et telle saveurs, j’ajoute
ainsi plusieurs centaines de calories qui peuvent rendre mon café
aussi calorique qu’une boisson gazeuse.
A lot of people don’t even understand that the things they are
drinking, and some of the fruit juices and drinking boxes that kids
have, are packed with calories and added sugars. There is a lot of
confusion by the general public. I am in the area, and I am
confused when I go to buy things. I am not a dietitian. I am more
on the physical activity side, but I do follow it, and it is confusing
even for me, having a level of expertise in the area about what is
sugared and added and not and what is good and bad. I can just
imagine the average Canadian really struggling with beverages in
particular. That’s why I say water, and not even bottled water. I
think for most Canadians, tap water will be very safe.
Bien des gens ne savent même pas que ce qu’ils boivent —
comme certains jus de fruits et les boissons en boîtes à boire
destinées aux enfants — est rempli de calories et de sucre ajouté. Il
y a beaucoup de confusion au sein de la population. Je travaille
dans le domaine et je suis moi-même dérouté quand je vais acheter
des choses. Je ne suis pas diététicien — je suis plutôt spécialiste de
l’activité physique —, mais je suis à l’affût des développements
dans ce domaine, et c’est déroutant même pour moi, alors que j’ai
une certaine expertise à l’égard de ce qui est sucré, de ce qui
constitue ou non un sucre ajouté et de ce qui est bon ou néfaste. Je
n’ai aucune difficulté à imaginer que les Canadiens ordinaires
aient du mal à différencier les bonnes et les mauvaises boissons.
C’est pour cela que j’ai dit qu’on ne peut pas se tromper avec de
l’eau, et encore, je ne parle pas de l’eau embouteillée. Pour la
majorité de la population, l’eau du robinet est un choix très sain,
je crois.
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:27
Dr. Warshawski: About water, as an advocate of taxing sugarsweetened beverages, we’re up against a behemoth with the sugarsweetened industry. In the States right now, there are cities such
as San Francisco and Berkeley that are trying to get a tax passed
on sugar-sweetened beverages. The beverage industry has put
more than $10 million into fighting the organizers of this who
have put up $200,000. It’s a David and Goliath battle. I promote
tap water, but we almost have to let the industry have an out.
We can’t take away everything they sell, such as bottled water
and juice, or they will kick up a storm. They recognize that sugarsweetened beverage sales are dropping and its product
differentiation proliferation; and people want something tasty.
My kids, who are 16 and 18, like the odd vitamin water. It only
has 10 calories per bottle, not 200 calories per can. They have to
have some outlet.
Dr Warshawski : En ce qui a trait à l’eau, un organisme comme
le nôtre, qui préconise une taxe sur les boissons sucrées, doit
affronter le géant qu’est l’industrie des boissons sucrées. Aux
États-Unis, en ce moment, il y a des villes qui essaient de faire
adopter une taxe sur les boissons sucrées, San Francisco et
Berkeley, par exemple. L’industrie des boissons a consacré plus de
10 millions de dollars à la campagne qu’elle mène contre les gens
qui préconisent la taxe, qui, eux, ont consacré 200 000 $ à leur
campagne. C’est David contre Goliath. Pour ma part, j’encourage
les gens à boire l’eau du robinet, mais il faut presque que nous
laissions une voie de sortie à l’industrie. Si nous lui enlevons tout
ce qu’elle vend, par exemple l’eau embouteillée, les jus, elle va
réagir fortement. Les représentants de l’industrie savent que les
ventes de boissons sucrées sont en baisse, et c’est pour cette raison
que les nouveaux produits prolifèrent; et les gens veulent des
boissons qui ont du goût. Mes enfants, qui ont 16 et 18 ans,
aiment à l’occasion boire de cette eau vitaminée qui se vend sur le
marché. Elle ne contient que 10 calories par bouteille,
comparativement à 200 calories par canette de boisson gazeuse.
Il faut que l’industrie ait un marché.
Mr. Janssen: To further address the sugar-sweetened beverage
tax, if there is a tax, it has to be significant. A lot of people talk
about 1 cent or 5 cents. It has to be meaningful. It’s similar with
cigarettes. If you add a tax of 10 cents on a pack of cigarettes, will
it affect behaviour? Probably not. People pay $9 for a pack of
cigarettes. I’m sure the majority of that amount is tax. The taxes
have to be significant and meaningful and have to reflect the
volume. For example, for a two-litre bottle, you should pay
50 times as much tax as you would pay for one can. It has to be
based on the volume, and the evidence is pretty clear on that.
M. Janssen : Pour poursuivre sur le sujet de la taxe sur les
boissons sucrées, s’il y a une taxe, il faut qu’elle soit élevée.
Beaucoup de gens parlent d’une taxe de 1 à 5 cents. Il faut que ce
soit une taxe qui ait une incidence. C’est un peu comme dans le
cas des cigarettes. Si on impose une taxe de 10 cents sur un paquet
de cigarettes, est-ce que les comportements vont changer?
Probablement pas. Les gens paient 9 $ pour un paquet de
cigarettes. Je suis convaincu que la majeure partie de cette somme
correspond aux taxes. Il faut que la taxe soit élevée, qu’elle ait une
incidence et qu’elle soit fonction du volume. Pour une bouteille de
2 litres, par exemple, on devrait payer 50 fois plus de taxes que
pour une seule canette. Il faut que la taxe soit fonction du volume,
et les études le montrent assez clairement.
Senator Merchant: I’m wondering about the move to have
restaurants post the number of calories in the food we order.
What is your opinion on that and has it worked? Can you give us
information about that?
La sénatrice Merchant : Je m’interroge au sujet de la mesure
consistant à exiger des restaurants qu’ils indiquent le nombre de
calories sur leur menu. Qu’en pensez-vous? Est-ce que c’est
efficace? Pouvez-vous nous donner de l’information là-dessus?
Mr. Janssen: I don’t think the evidence is very strong as to the
extent to which labels and calorie information influence
behaviours. It’s very challenging to influence a person’s
behaviour. For the consumer who is interested and wants to
know, I would encourage that information to be available. It is
challenging when you go into a place that is supposed to have that
information to find it and have it available. I sometimes want to
know more about the sodium content or whether as a vegetarian I
can eat it. It’s hard to get that information in many places. The
evidence is not very strong that it has meaningful impact on
behaviours; but there are things we need to look into.
M. Janssen : Je ne pense pas que les recherches soient très
concluantes en ce qui concerne l’influence de l’étiquetage du
nombre de calories sur les comportements. Il est très difficile
d’amener une personne à modifier son comportement. Je pense
que c’est une bonne chose que ces renseignements soient
accessibles aux consommateurs qu’ils intéressent et qui veulent
savoir ce genre de choses. Il est difficile de trouver cette
information et d’y avoir accès dans les endroits qui seraient
censés l’avoir. Parfois, je veux connaître la teneur en sel de ce que
je m’apprête à commander et savoir si je peux manger ce que je
vais commander, étant donné que je suis végétarien. À bien des
endroits, il est difficile d’obtenir ces renseignements. Les études ne
montrent pas d’incidence claire sur les comportements, mais il y a
des choses que nous devons examiner.
Dr. Warshawski: It is necessary but not sufficient. There have
been studies looking at teens outside McDonald’s and whether
the caloric content is actually a decision-making matrix. They say
Dr Warshawski : La mesure dont vous parlez est nécessaire,
mais insuffisante. Des études réalisées auprès d’adolescents qui
sortent de chez McDonald’s visaient à vérifier si le nombre de
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Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
no, their decision-making matrix is not based on calories and they
don’t think about the long-term consequences. We also know that
decision-making is not always made on a rational basis but often
on an emotional basis if a product is somewhat connected in your
brain as ‘‘feel good.’’ That’s why Coca-Cola likes to have its logo
at places where people feel good. They know that will influence
choice much more. McDonald’s likes to have its logo in
playgrounds because it is associated with good emotions. Often
that will have more power than that factual information will have.
Some people will look at the caloric count, so it is necessary, but
we have to do more than that.
calories faisait partie des facteurs de décision. D’après ces études,
les adolescents ne décident pas en fonction du nombre de calories
et ne pensent pas aux conséquences à long terme. Nous savons
aussi que les décisions ne sont pas toujours prises de façon
rationnelle et que les gens choisissent souvent un produit ayant
une valeur affective pour eux, lorsqu’il y a un lien quelconque
dans leur cerveau entre le produit et le fait de se sentir bien. C’est
pour cette raison que les gens de Coca-Cola aiment afficher leur
logo dans des endroits où les gens se sentent bien. Ils savent que
cela va beaucoup plus influencer leur choix. McDonald’s aime
afficher son logo dans les terrains de jeu, parce qu’ils sont associés
à des émotions positives. Souvent, ce genre de choses a plus
d’emprise sur les gens que l’information factuelle. Il y a des gens
qui vérifient le nombre de calories, alors il est nécessaire que cette
information soit indiquée, mais ce n’est pas suffisant.
Senator Nancy Ruth: I want to go back to BMI. You indicated
there was some sort of desegregated data in terms of men and
women and measurement. Have you desegregated the data in
terms of racial groups?
La sénatrice Nancy Ruth : Je voudrais revenir sur la question de
l’IMC. Vous avez parlé de l’existence d’un certain ensemble de
données désagrégées concernant l’indice de masse corporelle des
hommes et des femmes. Avez-vous désagrégé les données en
fonction des groupes raciaux?
Mr. Janssen: It’s about the perceptions of what a healthy
weight is. For women, in particular, if they don’t like the girl on
the Chatelaine cover, there is a perception that she is overweight,
even if she has a very healthy body weight. If a man has a BMI of
25-27, he is perceived as having a healthy weight. There is an
expectation of the ideal BMI for a woman that is different from
what is perceived as being a healthy BMI for a man. I’m sure
many ladies in here are familiar with that. That’s just the way the
public perceives things.
M. Janssen : C’est une question de perception du poids santé.
Les femmes, surtout, si elles n’aiment pas la fille sur la
page couverture de Châtelaine, elles pensent qu’elle a un surplus
de poids, même si son poids est tout à fait adéquat. Un homme
qui a un IMC de 25 à 27 est perçu comme ayant un poids santé.
L’IMC idéal pour une femme est différent de l’IMC sain pour un
homme. Je suis sûre que beaucoup de femmes ici présentes le
savent. Cela tient simplement à la façon dont le public perçoit les
choses.
The actual BMI that defines health risk as being elevated is the
same in men and women: A BMI of 25 is the point used to define
overweight in men and women; and a BMI of 30 is used to define
obesity.
En réalité, l’IMC correspondant au seuil de risque pour la
santé est le même chez les hommes et les femmes : les hommes et
les femmes qui un IMC de 25 et plus ont un surplus de poids, et
ceux et celles qui ont un IMC supérieur à 30 sont obèses.
Senator Nancy Ruth: My question is more. An Asian woman of
20 will look different from an Aboriginal woman in Canada. How
do you deal with those differences?
La sénatrice Nancy Ruth : Ma question est plutôt la suivante :
en général, les Asiatiques de 20 ans n’ont pas la même silhouette
que les femmes autochtones du Canada. Comment composezvous avez ces différences?
Mr. Janssen: With the exception of people of Southeast Asian
and Asian descent, we can use the same BMI cut points globally. I
can go to an African-American woman and use the BMI of
25 and a Caucasian woman in England and use the BMI of 25. In
Southeast Asia, the body fat for a given weight is higher on
average; so we tend to use lower thresholds to define the
overweight and obese in Southeast Asia. We use a BMI of 27 in
adults to define obesity and often a BMI of 23 to define
overweight, recognizing that for the same weight, on average,
Asians have more body fat and higher health risk than do other
racial groups.
M. Janssen : À l’exception des gens originaires d’Asie du SudEst et d’Asie, nous pouvons utiliser les mêmes seuils d’IMC pour
tout le monde. On peut appliquer le seuil d’un indice de masse
corporelle de 25 à une femme afro-américaine comme à une
Anglaise de race blanche. En Asie du Sud-Est, la masse adipeuse
correspond à un point donné plus élevé en moyenne, et nous
avons tendance à utiliser des seuils plus faibles pour définir le
surplus de poids et l’obésité dans cette région. Nous utilisons un
IMC de 27 pour définir l’obésité chez les adultes et souvent un
IMC de 23 pour définir le surplus de poids, sachant que, à poids
égal, les Asiatiques ont en moyenne une masse adipeuse
supérieure et sont exposés à un risque pour la santé plus grand
que les membres d’autres groupes raciaux.
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:29
Senator Nancy Ruth: Dr. Warshawski, you talked about the
criteria in the United Kingdom being objective and about the
drinking fountains, a few other things and higher taxes. Can you
tell us more about the U.K. criteria and any other ideas you have?
La sénatrice Nancy Ruth : Docteur Warshawski, vous avez
parlé de l’objectivité des critères utilisés au Royaume-Uni, des
fontaines, de quelques autres choses et de l’augmentation des
taxes. Pouvez-vous nous en dire plus au sujet des critères du
Royaume-Uni et nous faire part de vos autres idées, si vous en
avez d’autres?
Dr. Warshawski: The Childhood Obesity Foundation conducts
actual programs to help kids gain a healthy weight trajectory. We
teach kids about beverage choices and policy things that we
advocate based on best practices. The U.K. is one of many
countries that have been concerned. The WHO has also published
some recommendations on restricting the marketing of unhealthy
foods and beverages to children. It’s a complex issue.
Dr Warshawski : La Childhood Obesity Foundation mène des
programmes visant à aider les jeunes à prendre des habitudes qui
vont leur permettre d’atteindre un poids sain. Nous informons les
jeunes au sujet des choix de boissons qui s’offrent à eux et de
mesures stratégiques que nous préconisons et qui découlent des
pratiques exemplaires. Le Royaume-Uni est l’un des nombreux
pays ayant exprimé des préoccupations. L’OMS a par ailleurs
publié certaines recommandations visant à limiter la promotion
de boissons et d’aliments malsains auprès des enfants. C’est un
problème complexe.
In Canada, a number of NGOs have taken positions including
the Heart and Stroke Foundation, Dieticians of Canada and the
Canadian Medical Association. There are probably 15 or 20 in all.
Not surprisingly, very few of them are congruent. We are working
with the Heart and Stroke Foundation to bring people together in
an evidence base to try to develop a best practice recommendation
for the restricting of marketing foods and beverages to kids and
how best to achieve that.
Au Canada, un certain nombre d’ONG ont pris position,
notamment la Fondation des maladies du cœur, les Diététistes
du Canada et l’Association médicale canadienne. Il y en a
probablement 15 ou 20 en tout. Comme on pouvait s’y attendre,
ces positions sont rarement concordantes. Nous collaborons avec
la Fondation des maladies du cœur pour essayer de ramener ces
positions dans un cadre factuel et pour formuler une
recommandation exemplaire concernant la limitation de la
promotion d’aliments et de boissons auprès des enfants et la
meilleure façon d’y parvenir.
The U.K. developed what they thought would be an
appropriate nutrient profile based on the amount of sugar, fat
and salt in all food. Eventually you have to draw a threshold and
say that if something’s more than 50 per cent of the daily salt
intake then it’s dangerous. We are getting data on where the
danger level is for added sugars at around 200 calories per day for
an adult and also for fats, in particular trans fats and saturated
fats. It’s doable. You can get the 80 per cent solution on what is
healthy and unhealthy.
Au Royaume-Uni, on a mis au point ce qu’on pensait être un
profil nutritionnel adéquat fondé sur la teneur en sucre, en
matières grasses et en sel de tous les aliments. À un moment
donné, il faut établir un seuil et dire qu’un aliment est dangereux
s’il contient plus de la moitié de l’apport en sel quotidien
recommandé. Nous obtenons des données sur le seuil de danger
pour le sucre ajouté, qui serait d’environ 200 calories par jour
pour un adulte, et aussi pour les matières grasses, et surtout les
gras trans et les gras saturés. C’est réalisable. On peut en arriver à
80 p. 100 d’une solution au problème de ce qui est bon et de ce qui
est mauvais pour la santé.
They said they would define ‘‘healthy’’ and ‘‘unhealthy.’’ Now,
they have to define ‘‘child.’’ I mentioned that the brain is not fully
developed until you are in your 20s in terms of decision-making,
but it’s pretty good by the time you’re 18 and terrible at 12. Where
along that spectrum do you want to draw the line? They drew it at
16. They took a narrow approach to marketing and said it’s
television; but we know marketing is more pervasive than that. In
Canada television accounts for probably 80 per cent of marketing
and most of it is still domestic. You can capture a lot if you focus
on television.
Le gouvernement britannique a dit qu’il définirait « sain » et
« malsain ». Maintenant, il doit définir « enfant ». J’ai mentionné
le fait que le cerveau n’est pas pleinement développé avant la
vingtaine sur le plan de la prise de décisions, mais le
développement est assez avancé à l’âge de 18 ans et très peu à
l’âge de 12 ans. Quel âge faut-il choisir pour le seuil? Le
gouvernement a décidé de l’établir à 16 ans. Il a envisagé le
marketing de façon étroite et tenu compte seulement de la
télévision, mais nous savons que le marketing est plus insidieux
que cela. Au Canada, la télévision compte probablement pour
80 p. 100 du marketing, et le contenu est encore canadien en
majeure partie. On peut ratisser assez large en se concentrant sur
la télévision.
Then you have to ask what constitutes children’s
programming. If it is Barney, that’s children’s programming. If
it’s The Voice at 7 p.m., the great majority of children watching
are going to be reached by an ad at that time. There are nuances
Ensuite, il faut se demander quelles sont les émissions pour les
enfants. Barney est une émission pour enfants. Mais si La voix, à
19 heures, en est une aussi, la vaste majorité des enfants qui
regardent cette émission verront une publicité diffusée à cette
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and shades here that we are trying to work together. If we get our
internal act together based on best practices, then we can come to
government with a cohesive policy recommendation. Taxing
sugar in beverages is one that has been enacted in a number of
countries. Most recently, Mexico introduced a 10 per cent tax on
sugar-sweetened beverages.
heure. Il y a des nuances que nous essayons d’examiner ensemble.
Si nous arrivons à nous entendre entre nous sur des pratiques
exemplaires, cela nous permettra de présenter une recommandation
stratégique cohérente au gouvernement. La taxe sur le sucre ajouté
aux boissons est une mesure qui a été prise dans beaucoup de pays.
Tout récemment, le Mexique a instauré une taxe de 10 p. 100 sur
les boissons sucrées.
For whatever reason, it’s been effective. They’re seeing a
reduction of about 10 per cent in the consumption of sugary
drinks and a switch to water. Mexico isn’t Canada so their
disposable income is less, which may have a bigger hit.
Pour une raison ou pour une autre, cette mesure a été
efficace. On a constaté une réduction d’environ 10 p. 100 de la
consommation de boissons sucrées et le remplacement de ces
boissons par l’eau. Le Mexique, ce n’est pas le Canada, et le
revenu disponible des gens y est moins important, ce qui fait que
l’incidence de la mesure a pu être plus grande qu’elle ne le serait
ici.
For whatever reason, they are making the switch. A tax would
do a couple of things. It would capture the externality of drinking
that product. If you’re drinking a lot of sugary drinks, you’re
unhealthy, drive up health care costs, pay as much as the person
down the street who just drinks water. It’s user pay. If you drink
more, you pay for it.
Pour une raison ou pour une autre, les gens passent à l’eau.
Une taxe permettrait d’accomplir deux ou trois choses. Elle
permettrait de tenir compte du coût externalisé de consommation
des produits en question. Lorsqu’une personne boit beaucoup de
boissons sucrées et qu’elle est en mauvaise santé, cela fait grimper
le coût des soins de santé, mais la personne paie la même part
qu’une autre qui ne boit que de l’eau. C’est le principe de
l’utilisateur payeur. Si on boit plus de boissons sucrées, on paie
une part plus importante.
Another reason is that it becomes a point-of-purchase
reminder. This is bad. Society says you drink this, it’s more
dangerous. That’s why, when France introduced a tax on sugary
drinks, the beverage company said, ‘‘Don’t say it has anything to
do with obesity. Do it, but don’t say why.’’ They said, ‘‘No, we’re
going to say why.’’ They also showed a reduction.
Une autre raison, c’est que la taxe devient un rappel au point
de vente. C’est mauvais. La société vous dit que ce produit est plus
dangereux que les autres pour la santé. C’est pour cette raison
que, lorsque la France a instauré une taxe sur les boissons sucrées,
les fabricants de boissons ont demandé au gouvernement de ne
pas établir de lien avec l’obésité. Ils lui ont dit d’instaurer la taxe,
mais sans dire pourquoi. Le gouvernement a refusé et a voulu
expliquer pourquoi il instaurait une taxe. Dans ce pays-là aussi,
on a constaté une réduction de la consommation.
Then the third reason is that as you raise the price of
something, the price elasticity concept, things get more expensive,
you buy less. Tobacco is a perfect example. As price went up,
consumption went down, although other things were done in
conjunction. There are different policy things that can be done,
which can be effective. We’re up against huge industry blowback
on sugary drink taxation. When you talk about restricting
marketing on foods and beverages, there’s a group called the
Concerned Children’s Advertisers and once they get wind of what
you’re up to, they will probably want to come and make a
presentation. They’re concerned, but they’re concerned about the
profits. They’re a front group for the candy groups; it’s Cadbury,
Neilson, Pepsi, Coke. They are concerned and will have things to
say about media literacy and all the rest, but it’s not evidencebased. When you do your due diligence, you’ll get these people
coming to speak.
La troisième raison, c’est que, lorsqu’on augmente le prix d’une
chose, selon le principe de l’élasticité des prix, les gens en achètent
moins. Le tabac est un exemple parfait. Lorsque les prix ont
augmenté, la consommation a diminué, quoique d’autres mesures
ont été prises en même temps. Diverses mesures stratégiques
peuvent être efficaces. Nous subissons un contrecoup énorme de
la taxe sur les boissons sucrées qui vient de l’industrie. Au sujet de
la limitation de la promotion des aliments et des boissons, il y a un
groupe qui porte le nom d’Annonceurs responsables en publicité
pour enfants, et, lorsque les représentants de ce groupe
entendront parler de ce que vous faites, ils voudront
probablement venir témoigner. Ils sont préoccupés, certes, mais
cette préoccupation porte sur les profits. C’est un groupe qui sert
de façade aux entreprises du secteur de la confiserie, c’est-à-dire
Cadbury, Neilson, Pepsi et Coke. Ils sont préoccupés, et ils auront
des choses à vous dire au sujet de la connaissance des médias et du
reste, mais rien de tout cela n’est fondé sur des données probantes.
Par diligence raisonnable, vous entendrez le témoignage de ces
gens.
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Senator Nancy Ruth: What happened to milk? Do you think
there’s any hope that the soft drink industries might diversify in
dairy?
La sénatrice Nancy Ruth : Qu’est-il advenu du lait? Pensezvous qu’il y a un espoir quelconque que les fabricants de boissons
gazeuses diversifient leurs gammes et commencent à offrir des
produits à base de lait?
Dr. Warshawski: They’re invested in soft drinks, and water is
cheaper to colour and add flavour to than it is to milk a cow. The
dairy industry is active enough, I would say. I’ll leave it at that.
Dr Warshawski : Ils ont beaucoup investi dans les boissons
gazeuses, et colorer et aromatiser de l’eau coûte moins cher que
traire des vaches. Je dirais que l’industrie laitière est suffisamment
active. Je vais m’en tenir à cela.
Mr. Janssen: I wanted to comment a little bit more. We talk
about the taxing of the sugar sweetened beverages, and there will
be resistance to that. I think the beverage industry would rather
have regulation that is uniform across the sector. For example,
you say a can of soft drink could only include X number of
calories. If it’s now 200 calories, it could only be 180 calories, so
there has to be a 10 per cent reduction across the board for
everyone. They would be much more amenable to that type of
regulation than they would be to any tax that’s specifically
identifying their product.
M. Janssen : Je voulais ajouter une petite chose. Nous parlons
d’imposer une taxe sur les boissons sucrées, et il va y avoir une
certaine résistance à cette taxe. Je pense que l’industrie des
boissons préférerait que la réglementation soit uniforme à
l’échelle du secteur. Il serait possible par exemple de prescrire le
nombre de calories que peut contenir une boisson gazeuse. S’il y a
200 calories dans une canette de boisson gazeuse à l’heure
actuelle, le nombre de calories prescrit pourrait être de 180, de
sorte qu’il devrait y avoir une réduction de 10 p. 100 pour tout le
monde. L’industrie serait beaucoup moins réticente à une
réglementation de ce genre qu’à toute taxe ciblant ses produits
en particulier.
The Chair: I’m not going to take a stand on this, but it would
depend on what the substitute was. As we already heard, that
could be worse than the thing. I take your idea, but we must put
that in the context of how it would be framed in terms of the
substitute.
Le président : Je ne vais pas prendre position sur le sujet, mais
cela serait fonction du succédané utilisé. Nous avons déjà entendu
dire qu’il peut être pire que le produit qu’il remplace. Votre idée a
du sens, mais il faudrait encadrer l’utilisation de succédanés.
Senator Cordy: It’s an interesting start to our study. It has been
great.
La sénatrice Cordy : Notre étude commence bien. Ce qui s’est
dit jusqu’à maintenant est très intéressant.
I’d like to go back to Professor Janssen. You spoke about
stigma among children. I taught elementary school for 30 years
and I would say hands down the biggest form of discrimination
and stigma among elementary school students would be against
students who are overweight. Your idea of having a program to
deal with this is an excellent idea, but how do you do that with
your terminology about everybody is perfect?
J’aimerais revenir à M. Janssen. Vous avez parlé de
stigmatisation chez les enfants. J’ai enseigné au primaire
pendant 30 ans, et je dirais que la pire forme de discrimination
et de stigmatisation chez les élèves du primaire est de loin celle
dont sont victimes les élèves qui ont un surplus de poids. Votre
idée de mettre en place un programme pour vous attaquer à ce
problème est excellente, mais comment utilisez-vous votre
message selon lequel tout le monde est parfait?
Mr. Janssen: Perfect at Any Size.
M. Janssen : Perfect at Any Size.
Senator Cordy: How do you do that? I agree with that, because
it became almost a Catch-22 situation. The students who were
discriminated against were then the kids left out of games of tag
and whatever on the school ground. How do you do messaging, in
terms of Perfect at Any Size, in addition to looking at lifestyle
changes perhaps?
La sénatrice Cordy : Comment utilisez-vous ce message? Je suis
d’accord là-dessus, car c’était presque devenu une situation sans
issue. Les élèves qui étaient victimes de discrimination étaient
aussi ceux que les autres empêchaient de participer à des jeux
comme la tague dans la cour d’école. Dans le cadre de votre
campagne, outre le fait d’examiner les façons de modifier le mode
de vie, comment diffusez-vous vos messages?
Mr. Janssen: It wouldn’t be done within the context of the
Perfect at Any Size campaign. The Canadian Obesity Network is
working with another group called PREVNet, which stands for
Promoting Relationships and Eliminating Violence Network. It’s
preventing violence in relationships and largely dealing with
bullying. It’s about incorporating weight-related issues into
existing bullying interventions in the school. Quite often it’s not
addressed in those initiatives, interventions. We talk about all
M. Janssen : Cela ne se ferait pas dans le contexte de la
campagne Perfect at Any Size. Le Réseau canadien en obésité
collabore avec un autre groupe, le PREVNet, qui est le nom court
qu’on utilise pour parler du Réseau pour la promotion de
relations saines et l’élimination de la violence. Ce groupe travaille
à la prévention de la violence dans les relations et s’attaque
surtout au problème de l’intimidation. Il s’agit d’intégrer les
questions liées au poids dans les interventions effectuées dans
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Social Affairs, Science and Technology
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these other things and they leave out the weight-related issues. It
wouldn’t be part of Perfect at Any Size; it would be done within
the context of a bullying intervention.
les écoles relativement à l’intimidation. Bien souvent, le poids
n’est pas abordé dans ces initiatives, ces interventions. Nous
parlons de toutes sortes de choses, mais négligeons d’aborder les
problèmes liés au poids. Cela ne se ferait pas dans le cadre de
Perfect at Any Size; ce serait dans le contexte d’une intervention
portant sur l’intimidation.
Part of what we’re trying to do is raise awareness that with
obesity and a lot of it has historically been that it’s the person’s
fault. If you could only eat better, exercise more and you weren’t
so lazy and had the willpower to stay away from the candy. We’re
trying to educate people that it’s much more complicated than
that. That is getting through in the schools. I published a paper on
obesity and bullying about 10 years ago and it was one of the very
first papers on that topic. Now there’s an explosion of papers on
that topic. It’s really on the radar now. Wendy Craig, who is also
a professor at Queen’s University and a colleague of mine that
leads PREVNet, is doing wonderful things in incorporating
weight-related issues into the bullying prevention initiatives in the
schools.
Une chose que nous essayons de faire, entre autres, c’est de
sensibiliser les gens au fait que ce n’est pas de la faute d’une
personne si elle est obèse. On pense souvent qu’il suffirait que la
personne mange mieux, fasse plus d’exercice, soit moins
paresseuse et ait la volonté de résister à la tentation de manger
des bonbons. Nous essayons de sensibiliser les gens au fait que
c’est beaucoup plus complexe que cela. Le message commence à
passer dans les écoles. J’ai écrit un article sur l’obésité et
l’intimidation il y a 10 ans, et c’était l’un des premiers articles
publiés sur le sujet. Aujourd’hui, il y en a plein. C’est vraiment un
sujet qui fait partie des préoccupations. Wendy Craig, qui
enseigne elle aussi à l’Université Queen’s et donc une collègue à
moi, dirige le réseau PREVNet et fait de l’excellent travail pour ce
qui est d’intégrer les questions liées au poids aux initiatives de
prévention de l’intimidation dans les écoles.
Senator Cordy: That’s really good to hear because, as you said
earlier, it was something you noticed a lot.
La sénatrice Cordy : Je suis vraiment contente de vous
l’entendre dire, car c’était quelque chose qu’on remarquait
souvent, comme vous le disiez tout à l’heure.
I’m also wondering about whether or not you’ve noticed
particular demographic groups. I’m speaking particularly about
economic groups because, as others have said earlier, it’s
expensive to eat a healthy diet. If you look at two litres of pop,
soda, it is $1.29, sometimes 99 cents. Two litres of milk is more
than double that. Have you done any studies in that area?
Je me demande aussi si vous avez remarqué que l’incidence de
l’obésité est particulièrement élevée au sein de certains groupes
démographiques. Je pense surtout au facteur économique,
puisque bien manger coûte cher, comme d’autres l’ont dit plus
tôt. Une bouteille de deux litres de boisson gazeuse coûte 1,29 $,
parfois même 99 ¢. Un carton de lait du même format coûte plus
de deux fois plus cher. Avez-vous fait des recherches dans ce
domaine?
Mr. Janssen: There is a subtle correlation with poverty
measures, and it’s probably the extreme level of poverty. When
you have 25 per cent of the population being obese, 62 per cent
being overweight, it hits everybody. Certain groups are more
disadvantaged. The biggest issue would be in the Aboriginal
population where you would see obesity, not overweight,
exceeding 60 per cent, even more so in isolated communities in
the Far North. So that would be the one group in Canada that is
certainly at the highest — I say one group, recognizing that there
are many distinct groups within the Aboriginal population. But
with Aboriginals, particularly on reserve, where we have very little
information, the prevalence of obesity is very high and very
strongly linked to the increased risk of diabetes that you see in
that population.
M. Janssen : Il y a une corrélation subtile entre l’obésité et les
indicateurs de pauvreté, et il s’agit probablement dans ce cas-ci de
la pauvreté extrême. Comme 25 p. 100 de la population est obèse
et que 62 p. 100 des gens ont un surplus de poids, ça touche tout
le monde. Certains groupes sont plus désavantagés que d’autres.
Le problème est le plus criant chez les Autochtones, où le taux
d’obésité, et non le surplus de poids, dépasse les 60 p. 100, et est
encore plus élevé dans les collectivités isolées du Grand Nord.
Voilà donc le groupe du Canada où le taux est assurément le plus
élevé... Je dis le groupe même si je sais que la population
autochtone est composée de nombreux groupes distincts. Mais
chez les Autochtones, surtout dans les réserves, pour lesquelles
nous avons très peu d’information, la prévalence de l’obésité est
très élevée et très fortement liée au risque accru de diabète qu’on
constate au sein de cette population.
Dr. Warshawski: I’m not an epidemiologist, but I pay close
attention to the statistics because I’m quite interested in this side
as well. My understanding, and correct me if I’m wrong, is that
the socio-economic linkage is lower SES women tend to have a
Dr Warshawski : Je ne suis pas épidémiologiste, mais je suis les
statistiques de près, car cet aspect de la question m’intéresse aussi
beaucoup. D’après ce que je comprends — et vous me corrigerez
si je me trompe —, la corrélation est la suivante : les femmes au
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higher risk of being obese and lower SES men have a lower risk of
being obese. They’re physically active in their jobs.
Senator Cordy: What is SES?
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SSE faible sont plus à risque d’être obèses que les autres, et les
hommes au SSE faible ont tendance à être moins à risque d’être
obèse que les autres. Ils occupent des postes qui sont exigeants
physiquement.
La sénatrice Cordy : Qu’est-ce que le SSE?
Dr. Warshawski: Socio-economic status. I try not to lapse into
jargon. I’ve done quite well most of the day. If you’re poorer as a
woman, you tend to be more overweight. In kids, there seems to
be a flat line. In the data we have, the 2004 Canadian Community
Health Survey didn’t really show a link between incomes. Where
the link is fairly strong is in education. So the more educated the
adult is, the lower the risk of overweight and obesity. That seems
to be a bit independent of income, but I also perhaps wonder if
they’re better educated, they’re better able to fend off marketing,
fend off these things. I’m not too sure. You might want to
comment on education.
Dr Warshawski : Le statut socioéconomique. J’essaie d’éviter
de tomber dans le jargon. J’ai assez bien réussi pendant la majeure
partie de la journée. Les femmes pauvres ont plus souvent un
surplus de poids que les autres. Chez les enfants, il ne semble pas y
avoir de corrélation. D’après les données dont nous disposons,
celles de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes
de 2004, il n’y a pas vraiment de lien entre le revenu et le surplus
de poids. Cependant, il y a un lien important avec l’éducation.
Plus un adulte est éduqué, plus le risque de surplus de poids est
faible. Ce facteur semble être indépendant du revenu dans une
certaine mesure, mais je me demande aussi si les gens qui ont plus
d’éducation sont capables de mieux se défendre contre la publicité
et les choses de ce genre. Je ne suis pas très certain. Vous pourriez
peut-être dire quelque chose au sujet de l’éducation.
Mr. Janssen: I think there are associations, but they are subtle.
They’re very subtle. They’re also inconsistent with men, women
and children. It’s not a strong determinant. There’s a better
linkage with the behaviours, particularly diet behaviours and the
type of physical activity they might do. There’s a link more with
the behaviours, which I think is more important than the obesity
itself.
M. Janssen : Je pense qu’il y a des liens, mais qu’ils sont
subtils, très subtils. Ils sont aussi variables, chez les hommes, les
femmes et les enfants. Ce n’est pas un déterminant probant. Le
lien est plus fort avec les comportements, surtout avec les
comportements liés au régime alimentaire et au type d’activité
physique que les gens font. C’est davantage lié aux
comportements, qui, selon moi, sont plus importants que le fait
d’être obèse en tant que tel.
Senator Cordy: I also thought about your comment — I forget
who made it — that it’s not necessarily organized sports that’s the
be-all and end-all. If you’re playing a hockey game, you’re sitting
on the bench for much of the time, but it is the physical activity.
You don’t see the kids outside running.
La sénatrice Cordy : J’ai aussi pensé à votre observation — je
ne me rappelle plus qui l’a faite — selon laquelle les sports
d’équipe ne sont pas nécessairement la solution à tous les
problèmes. On reste assis sur le banc pendant une bonne partie
du temps lorsqu’on joue au hockey, mais c’est ça l’activité
physique. Les enfants ne sont pas dehors à courir.
Mr. Janssen: My area of research is physical activity and
obesity in children. When you play an organized sport, I use the
analogy that you have mom, dad, the child playing in the sport
and the other kid in the family who get in the van, drive
30 minutes to the arena to watch one kid play a game for an hour,
but only get 20 minutes of activity because the Zamboni takes
10 minutes. They’re on the bench for a big part of the game, and
then you drive home and stop at Tim Hortons to reward
everybody with the Timbits and all that kind of stuff. We call that
compensation.
M. Janssen : Mes recherches portent sur l’activité physique et
l’obésité chez les enfants. Lorsque je parle de sport d’équipe, je dis
que maman, papa, l’enfant qui fait partie de l’équipe et l’autre
enfant de la famille montent dans la minifourgonnette, font 30
minutes de route pour se rendre au centre sportif regarder un
enfant jouer pendant une heure, mais, en réalité, il ne fait que 20
minutes d’activité physique, parce que le passage de la zamboni
prend 10 minutes. Il passe beaucoup de temps sur le banc pendant
la partie, et ensuite la famille rentre à la maison, et on arrête au
Tim Hortons pour récompenser tout le monde en achetant des
Timbits et toutes les choses de ce genre. Nous appelons ça une
récompense.
Organized sport is great. Don’t get me wrong. I grew up
playing lots of organized sports. It’s great for a lot of reasons. In
terms of a strategy to fight obesity, it is not going to work because
you just don’t do it enough. You’re going to play hockey a couple
of times a week.
Les sports d’équipe sont une très bonne chose, ne pensez pas
que je dise le contraire. J’ai fait beaucoup de sports d’équipe
pendant ma jeunesse. C’est une bonne chose pour beaucoup de
raisons. Comme stratégie de lutte contre l’obésité, cependant, ils
ne donneront pas de résultat, parce que ça ne suffit pas. On joue
au hockey deux ou trois fois par semaine.
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When you talk about active play, this is something every kid
can do and for several hours every day, and they have the time.
The average Grade 6 student in Canada is spending five or six
hours a day in front of a screen. That’s more time in a year they
spend in front of a screen in their free time than in a classroom.
They have the time to be engaging in play. It’s there. We talked
earlier on about the shifts since the 1980s. When I was growing up
in the 1980s, we were outside playing, and now I think kids are
inside being bombarded with screens.
Lorsqu’on parle de jouer activement, c’est quelque chose que
tous les enfants peuvent faire pendant plusieurs heures par jour, et
ils ont le temps de le faire. Les élèves de la 6e année passent en
moyenne cinq ou six heures par jour devant un écran. Au bout de
l’année, ils ont passé plus de temps à regarder un écran dans leur
temps libre qu’en classe. Ils ont le temps de jouer. La possibilité
est là. Nous avons parlé plus tôt des changements qui ont eu lieu
depuis les années 1980. J’étais petit à l’époque, et nous jouions
dehors alors qu’aujourd’hui, je pense que les gens restent à
l’intérieur et subissent le bombardement des écrans.
Senator Cordy: What about the percentage of people who lose
weight? We hear about all these magic diets. Again, the emphasis
is on diets, not on lifestyle changes. What percentage of people,
and it doesn’t have to be a percentage specifically, but in general
terms, who lose significant amounts of weight who actually keep
it off and make a lifestyle change, not just a diet change?
La sénatrice Cordy : Qu’en est-il du pourcentage de gens qui
perdent du poids? Nous entendons parler de tous ces régimes
miracles. Encore là, l’accent est mis sur les régimes, et non sur le
changement de mode de vie. Quelle proportion des gens — et je ne
vous demande pas un pourcentage précis — qui perdent beaucoup
de poids réussissent à ne pas le reprendre et à changer de mode de
vie, et non à changer simplement de régime?
Mr. Janssen: The percentage is very low. Less than 5 per cent
of people who lose a significant amount of weight — it might even
be less than 1 per cent — are able to maintain that weight loss for
the long term. When I say ‘‘long term,’’ this is two years plus.
There’s a registry in the United States of people who have lost, I
believe 50 or more pounds and who have been able to maintain
that. The evidence is very clear that these people are very
meticulous with their calorie counting. You get stories of people
carrying their own salad dressing in their purse when they go out
to a restaurant, and they are very active. Again, it’s not that
they’re doing a bit of the food. They’re doing both. Physical
activity, particularly for the maintenance of lost weight, is very
important. It’s very hard to expend enough calories to lose
weight. You have to exercise about an hour a day every day to
lose one pound a week. Walk briskly for an hour a day, every day.
It’s doable. I’ve been in studies where we’ve been able to get
people to do it. It’s tough. It’s much easier to reduce your calories
by eating less than it is to exercise more. When it comes to
maintaining the weight loss, particularly for the long term, the
evidence is very clear that adding the physical activity component
is very important, if not required in many cases.
M. Janssen : Le pourcentage est très faible. Moins de 5 p. 100
des gens qui perdent beaucoup de poids — c’est peut-être même
moins de 1 p. 100 — arrivent à maintenir leur nouveau poids à
long terme. Lorsque je dis « long terme », je veux dire au moins
deux ans. Il y a un registre aux États-Unis des gens qui ont perdu
au moins 50 livres, je crois, et qui ont réussi à ne pas les reprendre.
Les études montrent très clairement que ce sont des gens qui
comptent les calories de façon très méticuleuse. On entend parler
de gens qui apportent leur propre vinaigrette dans leur sac
lorsqu’ils vont au restaurant, et ce sont des gens très actifs. Encore
une fois, ce n’est pas qu’ils changent un peu de régime. Ils font les
deux. L’activité physique est très importante, surtout pour ne pas
reprendre le poids perdu. Il est très difficile de dépenser
suffisamment de calories pour perdre du poids. Il faut faire de
l’exercice pendant une heure par jour pour perdre une livre par
semaine. Marcher rapidement pendant une heure par jour, chaque
jour. C’est faisable. J’ai pris part à des études dans le cadre
desquelles nous avons été en mesure d’amener des gens à le faire.
C’est difficile. Il est beaucoup plus facile de réduire le nombre de
calories en mangeant moins que de faire plus d’exercice. Lorsqu’il
s’agit de ne pas reprendre le poids perdu, surtout à long terme, les
études montrent très clairement que l’ajout de ce volet d’activité
physique est très important, voire nécessaire dans bien des cas.
Dr. Warshawski: That’s why prevention is so critical, because
once it’s established, excess weight is hard to take off. The body
will do everything it can not to allow you to lose weight. We’re
evolutionarily pre-equipped to eat as much as we can, whenever
we can, not be active and save the additional calories as fat to
prepare us for those lean times. When the body all of a sudden
perceives lean times — there are no more calories coming in —
you slow down your basal metabolic rate. The body makes all
sorts of adjustments to slow down the weight loss. Then when you
begin to eat again, it saves it all back because it wants to get back
that fat. It’s very hard to take it off and keep it off once you have
done it. Ideally, you have to prevent. But you can’t forget about
Dr Warshawski : C’est pour cette raison que la prévention est si
cruciale, car une fois qu’on l’a pris, il est très difficile de se
débarrasser de l’excédent de poids. Le corps fait tout ce qu’il peut
pour empêcher la perte de poids. Notre évolution nous a
conditionnés à manger le plus que nous pouvons lorsque c’est
possible, à ne pas être actifs et à stocker les calories
supplémentaires dans nos tissus adipeux pour nous préparer à
affronter les périodes de vaches maigres. Lorsque le corps perçoit
tout à coup le début d’une période de vaches maigres — lorsque
les calories cessent d’entrer, le métabolisme de base ralentit. Le
corps procède à toutes sortes de rajustements pour ralentir la
perte de poids. Ensuite, lorsqu’on recommence à manger il
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22:35
those who have gained excess weight because there are health
implications. We have to put more of a focus on meaningful
prevention.
cherche à renouveler les réserves adipeuses. Il est très difficile de
perdre du poids et de ne pas le reprendre, une fois qu’on l’a déjà
fait. Idéalement, il faut prévenir. Mais il ne faut pas oublier les
gens qui ont pris un surplus de poids, car cela a des répercussions
sur la santé. Nous devons mettre davantage l’accent sur la vraie
prévention.
Mr. Janssen: It’s better not to have lost the weight at all than
to have lost the weight and put it back on and be going on a yoyo, up and down. It’s better to not lose the weight in the first
place.
M. Janssen : Il vaut mieux ne pas perdre de poids que d’en
perdre et le reprendre, d’avoir le poids qui monte et qui descend
comme un yo-yo. Il vaut mieux ne pas perdre de poids au départ.
Senator Cordy: You both touched on it. I know in Canada we
have asked industry to voluntarily reduce the sodium and
transfats in their products. Some industries and some areas
have done it. Many have not. Do volunteer requirements for
industry work?
La sénatrice Cordy : Vous avez tous les deux parlé du prochain
sujet que je veux aborder. Je sais que, au Canada, nous avons
demandé à l’industrie de réduire volontairement la teneur en sel et
en gras trans de leurs produits. Certains secteurs l’ont fait.
Beaucoup ne l’ont pas fait. Est-ce que les critères que l’industrie
s’impose volontairement fonctionnent?
Dr. Warshawski: Certainly not when it comes to marketing of
unhealthy foods and beverages. I talked about the Canadian
Children’s Food and Beverage Advertising Initiative. This gives
the illusion of meaningful restrictions. They set their own
guidelines. Each corporation says, ‘‘This is what we’re going to
do. This is how we define ’unhealthy,’‘‘ and then they say, ‘‘We
made it; we did it,’’ and then publish their results and say they did
it all.
Dr Warshawski : Certainement pas lorsqu’il s’agit de la
publicité concernant les boissons et les aliments mauvais pour la
santé. J’ai parlé de l’Initiative canadienne pour la publicité sur les
aliments et les boissons destinée aux enfants. Elle crée l’illusion
qu’il y a des restrictions importantes. Les entreprises se sont
donné leurs propres lignes directrices. Chaque société détermine
ce qu’elle va faire et établit sa propre définition d’« aliment
mauvais pour la santé », puis elle publie ses résultats et affirme
avoir atteint tous ses objectifs.
If you compare companies that belong to the Canadian
Children’s Food and Beverage Advertising Initiative (CAI) to
those that don’t and look at what they actually market, the people
who belong to CAI market way worse stuff than those that don’t
belong. So it was an opportunity for those to greenwash or
whitewash to make it look like they were doing things.
Si on compare les entreprises qui participent à l’Initiative
canadienne pour la publicité sur les aliments et les boissons
destinée aux enfants à celles qui n’y participent pas et qu’on
examine ce qu’elles vendent, les entreprises membres vendent des
produits qui sont beaucoup plus néfastes que celles qui ne sont
pas membres. L’initiative était donc l’occasion pour ces
entreprises de rétablir leur image et de donner l’impression
qu’elles prenaient les devants.
Voluntary regulation simply doesn’t work when it comes to
advertising, and I don’t think it works in any meaningful way
when you have a conflict of interest. Your job as a corporation is
to make money for your shareholders. It’s not health promotion.
All of us with RRSPs want our guys to be following the bottom
line and make money on our investments — ‘‘your job is not
health promotion; let someone else do that.’’ We can’t expect
them to self-regulate.
La réglementation volontaire ne fonctionne tout simplement
pas en publicité, et je ne pense pas qu’elle fonctionne vraiment
lorsqu’il y a un conflit d’intérêts. La tâche de la société consiste à
rapporter de l’argent à ses actionnaires. Elle n’est pas là pour
promouvoir la santé. Tous ceux d’entre nous qui ont des REER
veulent que les responsables s’occupent des recettes nettes et
fassent en sorte que nos investissements rapportent; leur tâche
n’est pas de promouvoir la santé, et il vaut mieux qu’ils laissent
quelqu’un d’autre s’occuper de cela. Nous ne pouvons pas nous
attendre à ce que les sociétés se réglementent elles-mêmes.
Mr. Janssen: The recommendation a few years ago was lower
the sodium. I believe it was Campbell’s that lowered the sodium
content in their soups. They were one of the few that did, and you
saw all the nice commercials about it. Sales went down. What did
they do? They jacked the sodium content back up to where it was
before because everybody else in the industry was not regulating
to the same standard they were, because it was self-regulation.
M. Janssen : Il y a quelques années, la recommandation était
de réduire la teneur en sel. Je pense que c’est Campbell qui a
abaissé la teneur en sel de ses soupes. C’est l’une des rares
entreprises à l’avoir fait, et vous avez vu toutes les belles annonces
là-dessus. Les ventes ont diminué. Qu’est-ce que Campbell a fait?
Elle a rétabli la teneur en sel de ses produits, vu qu’aucune autre
entreprise du secteur n’appliquait les mêmes normes qu’elles,
étant donné qu’il s’agissait de normes qu’elle s’était données ellemême.
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Social Affairs, Science and Technology
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Senator Chaput: Senator Cordy touched on a few of the
questions that I had, but regarding sodium, you’ve talked a lot
about sugar and how it contributes to obesity. We know that too
much sodium is unhealthy, but does it also contribute to obesity?
La sénatrice Chaput : La sénatrice Cordy a abordé quelquesunes des questions que je voulais poser, mais, en ce qui concerne le
sel, vous avez beaucoup parlé du sucre et du fait qu’il contribue à
l’obésité. Nous savons que trop de sel est mauvais pour la santé,
mais est-ce que le sel contribue aussi à l’obésité?
Mr. Janssen: It’s not a calorie. It’s not energy. It’s more the
types of foods that might contain a lot of sodium, processed
foods, things like that. It might be more of an indication or a
reflection of types and patterns of foods and the way people are
eating and their behaviours. It’s not about the salt itself, unless
the salt makes you get thirsty and chug back a sugar-sweetened
beverage. It just goes with the types of things you’re eating, chips
and pretzels and so forth.
M. Janssen : Le sel ne contient pas de calories ni d’énergie. Ce
sont plutôt les types d’aliments qui sont susceptibles de contenir
beaucoup de sel, les aliments transformés, entre autres, qui
peuvent contribuer à l’obésité. Il s’agit peut-être plutôt d’une
indication ou d’un reflet du type d’aliments que les gens mangent,
de leurs tendances et de leurs comportements. Ce n’est pas le sel
en soi qui contribue à l’obésité, sauf dans le cas où il donne soif et
où la personne engloutit une boisson sucrée pour se désaltérer.
Les boissons sucrées accompagnent naturellement certaines
choses qu’on mange, les croustilles et les bretzels, entre autres.
Dr. Warshawski: There’s a book called Salt Sugar Fat written
by a reporter. It is a very good book and he talks about how foods
are engineered. Where salt would contribute is in the crafting of
the bliss point. When you look at potato chips, for example,
which I love, barbecued potato chips have a mixture of salt, sugar
and fat. Chemists adjust the amount of each of these proportions
so you cannot stop eating these. They say that’s the point. That’s
where salt comes in, I would say.
Dr Warshawski : Il y a un livre intitulé Sucre, sel et matières
grasses qui a été écrit par un journaliste. C’est un très bon livre, et
l’auteur parle de la façon dont les aliments sont mis au point. Le
sel joue un rôle dans la création d’un aliment entièrement
satisfaisant. Si nous prenons l’exemple des croustilles, que j’adore,
les croustilles à saveur de barbecue contiennent un mélange de sel,
de sucre et de matières grasses. Des chimistes déterminent la
proportion de chacun de ces ingrédients de façon à ce que nous ne
puissions pas nous empêcher de continuer à manger des
croustilles. Ils disent que c’est le but. Je dirais que c’est à cet
égard que le sel intervient.
Senator Chaput: Do you think behaviours are starting to
change in Canada? I think more and more we see in supermarkets,
as an example, people shopping and checking the amount of sugar
on the labels, whether they’re seniors or families or even
teenagers.
La sénatrice Chaput : Selon vous, est-ce que les comportements
commencent à changer au Canada? Je pense que, dans les
supermarchés, par exemple, nous voyons de plus en plus les gens
vérifier la quantité de sucre sur l’étiquette, que ce soit des
personnes âgées, des parents ou des adolescents, même.
In schools, we see a change in physical activities. I’ll give you
an example. My granddaughter is in Grade 12, and for physical
activities, she has so many hours of physical activity in the gym,
but then also, out of school it can be a question of whether she
walked the dog or used her bicycle to go to school, that kind of
thing. Do you think that behaviours are beginning to change or
not that much?
Dans les écoles, nous observons un changement touchant les
activités physiques. Je vais vous donner un exemple. Ma petitefille est en 12e année, et elle passe un nombre d’heures donné à
faire de l’activité physique au gymnase, mais il y a aussi la
question de savoir si elle a promené le chien ou si elle a pris son
vélo pour se rendre à l’école. Croyez-vous que les comportements
soient en train de changer, ou pensez-vous que les changements
sont minimes?
Mr. Janssen: I’m talking about children here, and their overall
physical activity is not pointing to a positive change. When we
look at different areas of physical activity, for example,
participation in organized activities, in particular, and things
that are organized at school and outside in the community, we are
seeing an increase.
M. Janssen : Je parle des enfants, et, de façon générale, il ne
semble pas y avoir de changement positif en ce qui a trait à
l’activité physique. Lorsque nous examinons les différents volets
de l’activité physique, par exemple la participation à des activités
organisées à l’école et à l’extérieur dans la collectivité, nous
constatons une augmentation de la participation.
When we’re looking at the unorganized things such as active
play, walking to get places, which actually should contribute to a
majority of a child’s physical activity, those are probably going in
the opposite direction. We don’t have good measures of those
things. We do with active transportation to school. We’ve seen in
one generation the prevalence of kids that normally walk and bike
to school be halved. It was over 40 per cent. Now it’s at about
Lorsque nous examinons des activités non organisées comme le
fait de jouer activement, de marcher pour se rendre quelque part,
c’est-à-dire les activités qui devraient compter pour la majeure
partie de l’activité physique que font les enfants, la tendance est
probablement inverse. Nous ne disposons pas de bons indicateurs
à ce chapitre. Nous en avons pour le transport actif pour se
rendre à l’école. En une génération, nous avons vu la proportion
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Affaires sociales, sciences et technologie
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25 or 30 per cent. We do know that active transportation to
school has gone down, and I imagine it’s even worse if we talk
about walking to the corner store — just utilitarian travel.
d’enfants qui marchent ou prennent leur vélo pour se rendre à
l’école diminuer de moitié. Cette proportion était de plus de
40 p. 100. Aujourd’hui, elle est d’environ 25 ou 30 p. 100. Nous
savons que le transport actif pour se rendre à l’école a diminué, et
j’imagine que c’est encore pire lorsqu’il s’agit de marcher pour se
rendre au dépanneur, lorsqu’il s’agit seulement de déplacements
utilitaires.
Senator Chaput: What can we do? What should we do? What’s
the first step?
La sénatrice Chaput : Que pouvons-nous faire? Que devrionsnous faire? Quelle est la première étape?
Dr. Warshawski: I would say again that it’s a whole-of-society
approach. When you say what could ‘‘we’’ do, if it means as a
legislative body, I think there are things that can be done.
Dr Warshawski : Je dirais encore une fois qu’il s’agit d’une
démarche qui doit être faite par l’ensemble de la société. Lorsque
vous me demandez ce que « nous » pouvons faire, si ce « nous »
désigne l’organe législatif, je pense qu’il y a des choses qu’il est
possible de faire.
One of the drivers for food choices and preferences is
marketing and marketing to kids. You asked if things are
changing. Sugar sweetened beverage consumption is dropping off
worldwide and that’s part of a growing awareness of the ill effects
of sugar. Next is labelling — effective labelling, not just labelling
in a way that you need a degree in biochemistry to figure out
what’s going on. Effective labelling, say with a green light, red
light, yellow light system. You look at this package and it is a
green light. It is all kale chips and canola oil, so it’s a green light;
kids, have as much as you want. However, with a red light, let’s
think about this. That’s very effective.
Un facteur important des choix et des préférences alimentaires,
c’est la publicité en général et la publicité visant les enfants en
particulier. Vous me demandez si les choses changent. La
consommation de boissons sucrées diminue dans le monde, et
cela est attribuable en partie à la sensibilisation aux effets néfastes
du sucre. La prochaine étape, c’est l’étiquetage — un étiquetage
efficace, qui n’exige pas que la personne qui consulte l’étiquette ait
un diplôme en biochimie pour comprendre ce qui se passe. Un
étiquetage efficace, disons avec un système de feu vert, rouge ou
jaune. S’il y a un feu vert sur l’emballage, par exemple pour des
croustilles de kale dans l’huile de canola, on pourrait laisser les
enfants en manger autant qu’ils veulent. Mais si c’était un feu
rouge sur l’emballage, cela donne à réfléchir. C’est un système très
efficace.
My kids used to go to swim class and the vending machines
would have a happy face or a frowning face. I would tell them to
choose the happy face. It takes it away from parents having to say
these things. When you go down a shopping aisle and you have a
bunch of shopping to do, it’s exhausting to look at every label and
think ‘‘How much fibre is in that? Is that for a 30- or a 50-gram
serving? How much am I going to eat? How much fat is in that?’’
You must have things simplified. We can do lots of things with
labelling, taxation and restrictive marketing to kids at the federal
level.
Quand mes enfants suivaient un cours de natation, il y avait un
visage souriant ou un visage fâché sur les machines distributrices.
Je leur disais de choisir les produits correspondant au visage
souriant. De cette façon, les parents n’ont pas à tout expliquer aux
enfants. Quand on a beaucoup de choses à acheter, il est épuisant
d’avoir à consulter toutes les étiquettes pour vérifier la teneur en
fibres, pour déterminer si elle correspond à une portion de 30 ou
de 50 grammes, de se demander quelle quantité du produit on va
manger et de vérifier la quantité de matières grasses que le produit
contient. Il faut que ce soit simplifié. Il y a beaucoup de choses à
faire à l’échelon fédéral au chapitre de l’étiquetage, de
l’imposition de taxes et de la réglementation de la publicité
visant les enfants.
Mr. Janssen: At the federal level it’s easier to tackle the food,
diet and nutrition issues. I believe with the physical activity issues,
particularly in children, it’s more things that will be regulated at
the municipality level. For children, again, it’s about doing more
active play and transportation. The underlying things that will
determine that are parents and kids feeling safe and letting the
kids go outside feeling safe in the neighbourhoods.
M. Janssen : À l’échelon fédéral, il est plus facile de s’attaquer
aux problèmes liés aux aliments, au régime alimentaire et à la
nutrition. Je pense que, en ce qui concerne l’activité physique,
surtout chez les enfants, ce sont des choses qui relèvent plutôt
d’une réglementation municipale. Encore une fois, l’objectif est
que les enfants soient plus actifs dans leurs jeux et dans le
transport. Le facteur déterminant, à cet égard, c’est que les
parents sentent que leur enfant est en sécurité dans le quartier et le
laissent jouer dehors et que les enfants se sentent en sécurité eux
aussi.
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Social Affairs, Science and Technology
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A lot of it involves misconceptions about the safety issues. You
have one child hit by a car and everybody hears about it for weeks
on end. However, you have one child in a car that gets in an
accident and you don’t hear about that. You have one
kidnapping, which is usually by a parent, and you’ll hear about
that in the news for an extended period of time. There’s this
perception that it’s very unsafe for children to be outside, on the
streets, walking to places and playing. In actuality, environments
today are much safer than they were one generation ago. It’s
about the sense for physical activity in children. It’s not about
organizing more but about doing the traditional things and more
the sense of community, neighbourhood and safety. I think that’s
more a municipality thing. There could be some help from the
federal level, but it’s more things that have to happen in the
municipalities than initiatives done at the federal level.
À ce chapitre, il y a beaucoup de fausses perceptions en ce qui
concerne la sécurité. Lorsqu’un enfant se fait frapper par une
voiture, tout le monde en entend parler pendant des semaines.
Pourtant, lorsqu’il y a un accident et qu’un enfant se trouve dans
la voiture, on n’en entend pas parler. Lorsqu’un enfant se fait
enlever, par un parent, habituellement, on en entend parler dans
les actualités pendant longtemps. Les gens pensent qu’il est très
dangereux pour les enfants d’être à l’extérieur, dans les rues, pour
se rendre quelque part ou pour jouer. En réalité, les rues sont
beaucoup plus sûres qu’elles ne l’étaient pour la génération
précédente. Il faut penser davantage à l’activité physique que font
les enfants. Il s’agit non pas d’organiser plus d’activités, mais
plutôt de faire ce qui se faisait autrefois et de favoriser le
sentiment d’appartenance à la collectivité, au quartier, et le
sentiment de sécurité. Je pense que cela relève davantage des
municipalités. Le gouvernement fédéral peut apporter une
contribution, mais il s’agit davantage de choses qui doivent se
faire dans les municipalités que d’initiatives menées à l’échelon
fédéral.
Senator Stewart Olsen: My apologies for missing your
presentations. I have read through them, though.
La sénatrice Stewart Olsen : Je m’excuse d’avoir raté vos
exposés. Je les ai lus, par contre.
I do want to ask your opinion. I think it’s really difficult today
to lose weight. One reason, I think, is because of the plethora of
stuff out there that says you can lose weight by this or by that. If
you adopt a certain style, wait five years and, sure enough, you’re
going to get a new study that says it wasn’t good. What you did
was dumb because fats are good for you.
J’aimerais avoir votre opinion. Je pense qu’il est très difficile de
perdre du poids aujourd’hui. L’une des raisons pour lesquelles
c’est difficile, je crois, c’est qu’on nous présente toutes sortes de
méthodes pour le faire. Choisissez-en une, et vous pouvez être sûr
que dans cinq ans, une nouvelle étude montrera qu’elle n’était pas
bonne. Le choix d’éviter le gras était stupide, parce que le gras est
bon pour la santé.
I don’t know. I think we’re complicating some things. It’s
going to be really hard to come up with a good answer in this
report because everything is so complicated and overwhelming.
For instance, you talk a lot about BMI. Most people are now
saying BMI actually means nothing. I know you say it, but that’s
what people hear. There is a plethora of stuff out there that
people hear. What are they supposed to listen to? That’s my big
question for you.
Je ne sais pas. Je pense que nous compliquons certaines choses.
Il va être très difficile de présenter une bonne solution dans le
rapport, étant donné que tout est si compliqué et nous dépasse.
Vous parlez par exemple de l’IMC. La plupart des gens disent
maintenant que l’IMC n’a aucune incidence. Je sais que vous dites
qu’il en a une, mais c’est ce que les gens entendent dire. Les gens
entendent toutes sortes de points de vue. À qui devraient-ils se
fier? C’est la grande question que je vous adresse.
Dr. Warshawski: There are two things, I guess. One is with
the Childhood Obesity Foundation, we promote a 5, 2, 1,
0 rule because I’m a believer in keeping things simple. The
American Academy of Pediatrics says the same thing. We have a
program in B.C. that also promotes this: eat five or more servings
of fruits and vegetables per day; limit your screen time to no more
than two hours per day; get one hour or more of physical activity;
and no sugary drinks. If you can do that, you’ll get the weight
that’s right for you. That’s a little rule of thumb. It can’t be too
complicated. Michael Pollan, is an excellent food writer — you
may have read The Omnivore’s Dilemma or some of his other
work. His mantra is: eat food that your great-grandmother would
recognize as a food. If you have to look at this and say what do I
do with this, don’t eat it. Eat mainly plants and not too much.
You must have a few simple rules to go by. If you do that, then
you’re going to do okay.
Dr Warshawski : J’ai deux choses à dire là-dessus, je crois. La
première, c’est que, à la Childhood Obesity Foundation, nous
préconisons l’utilisation de la règle du 5, 2, 1, 0, car je crois qu’il
faut transmettre un message simple. L’American Academy of
Pediatrics dit la même chose. Il y a un programme en ColombieBritannique qui préconise la même règle. Mangez au moins cinq
portions de fruits et légumes par jour; ne restez pas devant un écran
pendant plus de deux heures par jour; faites au moins une heure
d’activité physique et évitez toute boisson sucrée. Si vous arrivez à
respecter cette règle, vous aurez le bon poids. C’est une petite règle
pratique. Il ne faut pas que ce soit trop compliqué. Michael Pollan
est un excellent auteur qui écrit sur l’alimentation — vous avez
peut-être lu Le Dilemme de l’omnivore ou d’autres de ses livres. Le
mot d’ordre est le suivant : mangez des aliments que votre grandmère considérerait comme tels. Si vous êtes obligé de vous
demander ce que vous avez devant vous, n’en mangez pas.
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Mangez surtout des végétaux, et pas en trop grande quantité. Il
faut se donner quelques règles simples à suivre. Vous irez bien si
vous le faites.
I agree with what you said. The medical nutrition professions
say don’t eat eggs. Then, eggs are okay. What about margarine?
Oh, margarine has trans fat. That was a problem. You are going
back and forth. Go back to basics and exercise.
Je suis d’accord avec ce que vous avez dit. Les nutritionnistes
nous ont dit de ne pas manger d’œufs, puis nous ont dit que nous
pouvions en manger. Et la margarine? Oh, la margarine contient
des gras trans, donc ce n’est pas un bon aliment. Ça change
constamment. Revenez aux choses simples et faites de l’exercice.
Mr. Janssen: My advice is this: Do not focus at all on the
weight and BMI. As you said, people will get their backs up to
that. They won’t respond to that.
M. Janssen : Ce que je vous conseille, c’est de ne pas du tout
mettre l’accent sur le poids et sur l’IMC. Comme vous le disiez, les
gens vont se braquer. Ils ne réagiront pas.
You weren’t here for the presentation, but in our program that
the ministry is rolling out at the community level there’s no
mention of weight. It’s Healthy Kids Community Challenge. I
hope there’s nothing at all in the materials sent to the
communities that mentions BMI, weight or anything like that.
It will be about behaviours; focus on the behaviours.
Vous n’étiez pas ici pendant l’exposé, mais, dans notre
programme que le ministère déploie à l’échelon communautaire,
il n’est aucunement question de poids. Il s’agit du programme
Action communautaire Enfants en santé. J’espère qu’il n’y a rien
au sujet de l’IMC, du poids et d’autres choses de ce genre dans le
matériel envoyé aux collectivités. Le programme est axé sur les
comportements.
My other comment is that whatever the diet flavour of the
week is, I don’t really care. The evidence is clear that it’s the
compliance that’s important. If you go on this diet or that diet, or
eat this fat or that fat, or choose this program or that one, it’s
about the compliance. People who comply with the programs,
irrespective of what they are, are more successful than people who
don’t. It’s about long compliance and sustainability. If you go on
a diet and you’re not going to be able to sustain it — for example,
I can never eat carbohydrates or whatever it is — and you can’t
maintain it, then it won’t work. It’s about doing things that are
sustainable and people’s ability to comply with whatever that diet
or physical or exercise program is.
L’autre chose que je veux dire, c’est que je me soucie peu des
modes en matière de régime alimentaire. Les études montrent
clairement que c’est l’assiduité qui importe. Qu’on suive tel ou tel
régime, qu’on mange tel ou tel type de gras ou qu’on choisisse un
programme ou un autre, ce qui compte, c’est l’assiduité. Les gens
qui suivent assidûment un programme, peu importe lequel,
connaissent plus de succès que les autres. Ce qui compte, c’est
l’assiduité et la persistance. Si vous commencez un régime que
vous n’arriverez pas à suivre — par exemple un régime dans lequel
on ne peut jamais manger de glucides ou d’autres choses — cela
ne fonctionnera pas. Ce qui compte, c’est de faire des choses
qu’on peut continuer de faire à long terme et la capacité des gens
de continuer de suivre le régime alimentaire ou le programme
d’activité physique ou d’exercice qu’ils ont choisi.
Senator Stewart Olsen: I certainly understand that. Thank you.
I think the simplicity will be very good if we can stick to that in
our report as well.
La sénatrice Stewart Olsen : Je comprends très bien ce que vous
dites. Merci. Je pense que l’idée de simplicité pourrait être une très
bonne idée à évoquer dans notre rapport également.
When you say go back to traditions, I can because I grew up in
a poor family and I’m older. That was when the traditions were
such that you had meat; you probably didn’t have dessert and
stuff like that. Kids today can’t go back to anything traditional
because they’ve been eating McDonald’s. Our terminology on
things like that is an expectation that we can’t do. You say they
should walk to school. That’s fine. But if you live in a rural area,
kids can’t because they’re bused two hours a day to school. It’s
facing what we have today and trying to come up with more
realistic solutions. I’m not in any way criticizing you; everything is
good. However, I am saying that parents face a huge amount of
difficulty keeping kids on any kind of schedule. Most parents
work. They can’t say you can only be on your computer for two
or three hours, because, let’s face it; it’s not going to be workable.
The dilemma is huge, I think.
Lorsque vous parlez de revenir aux traditions, il est possible
pour moi de le faire, parce que j’ai grandi dans une famille pauvre
et que je suis âgée, maintenant. À l’époque, on mangeait de la
viande, et il y avait rarement du dessert et des choses de ce genre.
Les enfants d’aujourd’hui ne peuvent revenir aux traditions,
puisqu’ils ont mangé chez McDonald’s. Les expressions que nous
utilisons pour parler de choses de ce genre supposent des attentes
que nous ne pouvons pas combler. Vous dites que les enfants
devraient marcher pour se rendre à l’école. C’est très bien. Mais
en région rurale, ils ne peuvent pas le faire, puisqu’ils passent deux
heures par jour dans l’autobus. Il s’agit d’affronter les problèmes
qui existent aujourd’hui et d’essayer de trouver des solutions
réalistes. Je ne cherche pas du tout à vous critiquer; tout ce que
vous avez dit est très bien. Ce que je dis, cependant, c’est que les
parents ont énormément de difficulté à faire respecter un horaire
quelconque aux enfants. La plupart des parents travaillent. Ils ne
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Social Affairs, Science and Technology
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peuvent pas ordonner à leurs enfants de ne passer que deux ou
trois heures devant l’ordinateur parce que, concrètement, ça ne
fonctionnera pas. Le dilemme est énorme, je crois.
Mr. Janssen: Certainly. I’m a parent. I don’t know if you were
here, but I have a 5-year-old and a 3-year-old who go to school.
We’re 10 kilometres to school so they take the bus. I walk them to
the bus stop which is three or four blocks away; I don’t drive them
in my car. When we go downtown, we don’t drive from store to
store. We park somewhere. We live on the outskirts of the city.
There are ways that we can get active transportation into our
lives. When we go to the big box stores, we don’t drive. There are
creative solutions. I often say why do they have to drop my kids
off at the school? There’s a Tim Hortons that connects through a
path at the school that is half a kilometre away. Drop them off at
the Tim Hortons. Of course, there are the liability issues and other
things there that they would get tied up in, but there are creative
solutions to these types of problems.
M. Janssen : Certainement. J’ai moi-même des enfants. Je ne
sais pas si vous étiez ici quand je l’ai dit, mais j’ai un enfant de
5 ans et un de 3 ans qui vont à l’école. L’école est à 10 kilomètres
de la maison, alors ils prennent l’autobus. Je les reconduis à l’arrêt
d’autobus à pied, trois ou quatre pâtés de maisons plus loin. Je ne
prends pas la voiture. Lorsque nous allons en ville, nous ne
prenons pas la voiture pour faire le trajet d’un magasin à l’autre.
Nous nous stationnons quelque part. Nous vivons à la limite de la
ville. Il y a toujours des façons d’intégrer le transport actif dans
notre vie. Lorsque nous allons dans les grands magasins, nous ne
prenons pas la voiture. Il y a des solutions créatives. Je dis
souvent : pourquoi faut-il que l’autobus dépose mes enfants à
l’école? Il y a un Tim Hortons à partir duquel il y a un sentier de
un demi-kilomètre qui se rend à l’école. L’autobus pourrait laisser
les enfants au Tim Hortons. Évidemment, il y a des enjeux liés à la
responsabilité et d’autres choses que l’école devrait démêler, mais
il y a des solutions créatives aux problèmes de ce genre.
Dr. Warshawski: I’ll echo Ian’s sentiment, too, about it’s the
habits and not focusing on weight. You talked about mealtimes.
We know that mealtimes are important for family cohesion and
mental health. We know that physical activity is important for
cognition. Kids who are physically active learn better in school.
We have to market this. This is social marketing as well. There are
forces, but these forces, McDonald’s and Coke, spend billions of
dollars persuading people to do healthy things. The federal
government as well can take a role in assertive marketing about
things that really do matter. Family meals decrease the risk of
depression and anxiety and improve school performance. You
have to package it as a lot of reasons to do this, as opposed to not
to do it. Think a bit outside our silos as a doctor and obesity.
Again, although we’re called the Childhood Obesity Foundation,
everything we promote now is about healthy habits. You get the
habits right and you’ll have a healthy life.
Dr Warshawski : Je suis du même avis qu’Ian, c’est-à-dire qu’il
faut se concentrer sur les habitudes, et non sur le poids. Vous avez
parlé des heures de repas. Nous savons qu’elles sont importantes
pour la cohésion de la famille et la santé mentale. Nous savons
que l’activité physique est importante pour la cognition. Les
enfants qui sont actifs physiquement apprennent mieux à l’école.
Il faut faire la promotion de ces idées. C’est du marketing social
aussi. Il y a des forces en jeu, mais les entreprises qui en sont à
l’origine, McDonald’s et Coke, dépensent des milliards de dollars
pour persuader les gens de poser des gestes favorables à leur santé.
Le gouvernement fédéral peut lui aussi jouer un rôle et faire du
marketing positif au sujet des choses qui comptent vraiment. Les
repas en famille font diminuer le risque de dépression et d’anxiété
et contribuent à l’amélioration des résultats scolaires. Il faut
présenter un ensemble de raisons de faire quelque chose, plutôt
que de présenter les raisons pour éviter un certain geste. Comme
médecins, nous devons envisager l’obésité en dehors du cadre de
notre travail. Encore une fois, même si notre formation s’appelle
la Childhood Obesity Foundation, tout ce dont nous faisons la
promotion aujourd’hui a trait aux habitudes saines. Acquérir de
saines habitudes est la clé de la santé.
Mr. Janssen: There are examples of successful interventions
around setting rules for screen times, not putting screens in
children’s bedrooms. Putting a television in a child’s bedroom is
like giving them a pack of cigarettes. That’s absolutely ridiculous.
The same applies to computers and letting kids have cellphones in
their rooms when they’re trying to sleep and they have text
messages coming in at three o’clock in the morning that they need
to respond to. There are rules and regulations and things parents
can do to help control those types of behaviours.
M. Janssen : Il est possible d’établir des règles qui fonctionnent
pour ce qui est du temps que les enfants passent devant un écran,
par exemple le fait de ne pas mettre d’écran dans leur chambre à
coucher. Mettre une télévision dans la chambre à coucher d’un
enfant, c’est comme lui donner un paquet de cigarettes. C’est tout
à fait ridicule. Cela s’applique aussi aux ordinateurs et au fait de
laisser des enfants garder un téléphone cellulaire dans leur
chambre lorsqu’ils dorment. Ils reçoivent des messages textes à
3 heures du matin auxquels ils doivent répondre. Il y a des règles
que les parents peuvent adopter et des choses qu’ils peuvent faire
pour limiter les comportements de ce genre.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:41
Senator Stewart Olsen: If I may, what you’re really saying is get
them while they’re young because when they get to 13, 14 and 15
they’re not going to listen to you telling them they can’t be on the
cellphones or on the screens or whatever.
La sénatrice Stewart Olsen : Si vous permettez, ce que vous
dites, au fond, c’est qu’il faut établir les règles pendant que les
enfants sont jeunes, parce que, lorsqu’ils auront 13, 14 ou 15 ans,
ils n’écouteront plus lorsqu’on leur dira de lâcher le téléphone
cellulaire ou l’ordinateur.
Mr. Janssen: It’s certainly easier to start younger than to go
back. As with anything, you start young on a healthy track and
it’s easier to maintain that then it is to go down the unhealthy
track and improve, yes.
M. Janssen : Il est certainement plus facile de commencer tôt
que de réparer le tort qui a été fait. Comme pour tout le reste, il
est plus facile de maintenir des habitudes saines acquises dès le
jeune âge que de s’améliorer lorsqu’on a pris des habitudes
malsaines.
Dr. Warshawski: I say get them while you can. Parents in
prenatal classes are very receptive to ideas about how to teach
their kids about reducing screen time and limiting junk food.
Five- and six-year-olds believe everything so you can tell them
things — you have to be true of course — so you get a chance to
indoctrinate them.
Dr Warshawski : Je pense qu’il faut établir les règles pendant
que c’est possible. Les futurs parents qui suivent des cours
prénataux sont très réceptifs aux idées concernant la façon
d’enseigner à leurs enfants qu’il faut limiter le temps passé devant
un écran et la consommation de malbouffe. Les enfants de 5 ou
6 ans croient tout ce qu’on leur dit, alors, sans leur mentir,
évidemment, on peut les endoctriner à cet âge.
Teens, unfortunately, what they’re most concerned about is
their complexion and their weight so it’s sex appeal. How do we
package this and what will work for them? Let’s think outside the
still boring doctor talk and think about what will work at every
age.
Malheureusement, ce qui préoccupe le plus les adolescents,
c’est leur teint de peau et leur poids, donc leur charme. Comment
nous y prendre pour leur présenter de saines habitudes et trouver
une formule qui fonctionnera pour eux? Essayons de sortir du
discours ennuyeux des médecins et de trouver quelque chose qui
fonctionnera à tous les âges.
Senator Eggleton: It may be that you might better be able to
submit some stuff in writing to this question, but I welcome any
quick answers.
Le sénateur Eggleton : Il se peut qu’il soit plus facile pour vous
de répondre à ma question par écrit, mais je serais heureux
d’obtenir une réponse rapide si possible.
Coming back to the federal level and what we would legislate
here, Dr. Warshawski mentioned three. First, you mentioned
marketing the television stuff, the broadcasting stuff; second, a
more simplified kind of labelling system — red light, green light,
that kind of thing; and third, you mentioned taxation. Are there
good examples of these in an international context?
Pour en revenir au gouvernement fédéral et aux choses à
l’égard desquelles nous pourrions adopter des dispositions
législatives, le Dr Warshawski a mentionné trois choses.
Premièrement, vous avez parlé de la publicité à la télé;
deuxièmement, d’un système d’étiquetage simplifié — un feu
rouge, un feu vert et des choses de ce genre —; et troisièmement,
de l’imposition de taxes. Y a-t-il de bons exemples de ces choses
ailleurs dans le monde?
Dr. Warshawski: Yes, plenty actually. For restriction of the
marketing of food and beverages to kids, we had a webinar a few
weeks ago — I can send you the link and you can look at it on our
website — on international best practices. It involved the United
Kingdom, Finland, Mexico, South Korea and Quebec as a
distinct society. They all had variations on how they restrict the
marketing of foods and beverages to children. There are plenty of
examples out there.
Dr Warshawski : Oui, il y en a plein, en fait. Pour ce qui est de
limiter la promotion d’aliments et de boissons auprès de jeunes,
nous avons tenu un webinaire il y a quelques semaines — je
pourrais vous faire parvenir le lien, et vous pourriez regarder le
webinaire sur notre site web — sur les pratiques exemplaires
internationales. Les pays dont il a été question sont le RoyaumeUni, la Finlande, le Mexique, la Corée du Sud et le Québec en tant
que société distincte. Dans tous ces pays, il y a des variations en ce
qui a trait à la façon dont on limite la promotion d’aliments et de
boissons auprès des enfants. Il y a plein d’exemples.
On taxation of sugar sweetened beverages, Mexico just
enacted, France has got it, Hungary has it, so it’s out there in
different jurisdictions and hopefully Berkeley and San Francisco
will have it soon as well.
Pour ce qui est de la taxe sur les boissons sucrées, le Mexique
vient d’adopter une loi, la France en a une, et la Hongrie
également, donc c’est quelque chose qui existe dans divers pays, et
j’espère que Berkeley et San Francisco auront aussi un règlement
là-dessus bientôt.
22:42
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
On labelling, I believe England has an example of effective
food labelling and there are some private groups in the States
including one supermarket chain that I don’t know but I can
compile that and send it to you.
Pour ce qui est de l’étiquetage, je pense qu’un exemple de
système efficace d’étiquetage des aliments, c’est celui qui a été mis
en place en Angleterre, et il y a des groupes privés aux États-Unis
qui étiquettent les aliments, dont une chaîne de supermarchés que
je ne connais pas, mais je peux retrouver l’information ou la
transmettre.
Senator Eggleton: Yes, could you compile that and send it to
the clerk?
Le sénateur Eggleton : Oui, pouvez-vous assembler
l’information et la transmettre à la greffière?
Dr. Warshawski: Yes.
Dr Warshawski : Oui.
Mr. Janssen: I’ve seen something even in Australia where they
are equating the calories to the amount of exercise you would
have to do. They would say that this is equivalent to doing a
30-minute walk or a 1-hour walk.
M. Janssen : J’ai même vu que, en Australie, on présente
l’équivalent en exercice des calories qu’un produit contient. On dit
par exemple que les calories que contient un aliment
correspondent à une marche de 30 minutes ou d’une heure.
Senator Eggleton: Please send us any of those links or data.
That would be great. Thank you.
Le sénateur Eggleton : Faites-nous parvenir tous ces liens ou
toutes ces données, s’il vous plaît. Ce serait très apprécié. Merci.
The Chair: We’ve had a pretty good overview for the first
meeting on this topic. I wanted to ask a couple of specific
questions, one for clarification. Dr. Janssen, I wasn’t quite sure I
got it correctly but this is what I thought I heard you say but I
may have had it backwards: It’s better to lose weight and regain it
than not to lose the weight at all. I’m sure it has to be backwards.
Le président : Nous avons eu droit à un survol assez complet,
pour notre première séance sur le sujet. Je voulais poser deux ou
trois questions précises, dont une pour obtenir un éclaircissement.
Monsieur Janssen, je ne suis pas tout à fait sûr d’avoir bien
compris, mais voici ce que j’ai cru vous entendre dire, quoique j’ai
pu comprendre le contraire : il vaut mieux perdre du poids et le
reprendre que de ne pas le perdre du tout. Je suis sûr que vous
avez dit le contraire.
Mr. Janssen: I think I said it backwards. I apologize for that. It
is a terrible thing to be on a yo-yo, as we say, up and down, up
and down.
M. Janssen : Je pense que j’ai dit le contraire. Je m’excuse.
Lorsque le poids monte et descend comme un yo-yo, selon
l’expression que nous utilisons, c’est vraiment pénible.
The Chair: That’s what I thought. If I heard you correctly I was
going to ask you to explain that because everything I have read
suggested that’s exactly the worst thing to do.
Le président : C’est ce que je pensais. Je vous aurais demandé
une explication si ce que j’avais compris était la bonne chose,
parce que tout ce que j’ai lu me porte à croire que c’est la pire
chose à faire.
Indeed, with regard to Dr. Warshawski’s comments with
regard to this, the data that I have read indicates that the body
has a memory in regard to weight in terms of this issue, when it
goes below and wants to come back and feel healthy again but
there is a swing and the way it brings it back tends to force the
body beyond the original weight in terms of the actual
experiential issues.
Effectivement, par rapport à ce que le Dr Warshawski a dit làdessus, selon les données que j’ai vues, le corps a une espèce de
mémoire du poids, et lorsque le poids diminue et que le corps veut
le faire remonter vers un poids sain, il a tendance à le faire
remonter plus haut que le poids initial.
Dr. Warshawski: That aspect of physiology isn’t my expertise
but I’m informed an obesity series in the Lancet a few years back
where they looked at how the body adjusts in terms of the basal
metabolic rate. If you’re 30-kilos overweight, the first 10 kilos is
really easy to lose, the next 10 kilos is harder to lose and the next
10 take twice as long as the first because of the body is changing
its metabolic rate. It’s trying so hard to save those calories and
that then predisposes you at the same caloric intake to save more
as fat.
Dr Warshawski : Je ne suis pas expert de l’aspect physiologique
de la chose, mais j’ai lu dans le Lancet, il y a quelques années, une
série d’articles sur l’obésité qui portaient sur la façon dont le corps
s’adapte sur le plan du métabolisme de base. Une personne qui a
un surplus de poids de 30 kilos peut facilement perdre les
10 premiers kilos, puis les 10 kilos suivants sont plus difficiles à
perdre, et les 10 derniers prennent deux fois plus de temps que les
10 premiers à perdre, parce que le métabolisme change. Le corps
cherche à tout prix à conserver ses calories, ce qui fait que, pour
un même apport en calories, la personne va en stocker davantage
dans ses tissus adipeux.
I would just say a caveat in terms of the yo-yo effect. You
probably know the literature, but in the New England Journal of
Medicine last year they had ‘‘Obesity Myths’’ as one of their
Je voudrais par contre nuancer ce que nous avons dit au sujet
de l’effet yo-yo. Vous connaissez probablement les études qui ont
été publiées sur la question, mais, l’an dernier, dans le New
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:43
articles and one actually questioned that data on the yo-yo. I’m
only going to say I don’t know the answer to this but I would say
that if they don’t know and I don’t know then I don’t know if
anybody knows the whole answer on that.
England Journal of Medicine, il y avait un article sur les mythes
liés à l’obésité, et les données concernant l’effet yo-yo étaient
remises en question. Je vais me contenter de dire que je ne connais
pas la réponse à cette question, mais j’ajouterais que si les gens qui
écrivent dans le New England Journal of Medicine ne la
connaissent pas et que je ne la connais pas moi non plus, je ne
sais pas si quelqu’un connaît la vraie réponse à cette question.
I would say that it’s better to try to lose some weight. It’s better
to adopt healthy habits, be physically active and eat the right
foods. If you are physically active for 20 minutes a day it’s not the
best but it will move you in the right direction. Eat more fruits
and vegetables and it will displace the junk food from you diet.
Take water; if you do that you’ll probably lose a bit of weight.
Je dirais qu’il est préférable d’essayer de perdre un peu de
poids. Il est préférable d’adopter des habitudes saines, d’être actif
physiquement et de bien s’alimenter. Si vous faites de l’activité
physique pendant 20 minutes par jour, sans être idéal, cela va
vous mettre sur la bonne voie. Mangez plus de fruits et de
légumes, ce qui va éliminer la malbouffe de votre régime
alimentaire. Buvez de l’eau, ce qui va probablement vous faire
perdre un peu de poids.
For someone with type 2 diabetes, losing as little as 15 per cent
of your body weight makes huge changes in your life expectancy
so some is better than nothing. It’s lifestyle.
Pour les personnes qui souffrent de diabète de type 2, le fait de
perdre 15 p. 100 seulement de leur masse corporelle a une
incidence énorme sur leur espérance de vie, alors il vaut mieux
perdre un peu de poids que pas du tout. C’est une question de
mode de vie.
The Chair: On that note I will come back to the issue of
activity, which I’m convinced from being very old now and having
observed a great deal of things that general activity by individuals,
particularly children, is an enormously important issue. My own
bias is that the school system has driven that out of the general
behaviour with regard to the idea that the school has to be an
incredibly safe environment. Many schools won’t even allow a
soccer ball in the playground, or any kind of activity that involves
bursts of activity, largely initially aimed at young males who were
very active and very aggressive in the area, which of course
allowed them, when I was kid, to burn up those calories to
become very active and it created a general attitude in terms of life
activity. They are doing this at an age when children are
exceedingly susceptible to instruction from authority.
Le président : Là-dessus, je vais revenir sur la question de
l’activité, dont je suis convaincu, maintenant que je suis très vieux
et que j’ai pu observer beaucoup de choses, qu’elle est une chose
extrêmement importante, pour les gens en général, mais surtout
pour les enfants. Mon point de vue subjectif, c’est que le système
scolaire a supprimé le désir de faire de l’activité physique du
comportement général des élèves en appliquant l’idée qu’il faut
que l’école soit un milieu très sûr. Beaucoup d’écoles interdisent
même aux élèves de jouer avec un ballon de soccer ou de faire
toute activité qui peut devenir très intense par moment, c’est-àdire les activités qui, au départ, visaient les jeunes garçons très
actifs et très agressifs et leur permettaient évidemment, lorsque
j’étais petit, de brûler des calories et de devenir très actifs. En
outre, cela créait une attitude axée sur l’activité dans la vie en
général. L’école leur interdit de se livrer à ces activités à un âge où
les enfants sont extrêmement perméables à l’influence des gens qui
ont une autorité sur eux.
If the idea of being very active and very busy and bumping and
so on, if those kinds of things are considered to be both unhealthy
or wrong — largely they are considered to be wrong because they
are considered to be adverse activities in the environment — it
could have a very significant long-term impact on the way in
which children will look at the idea of random activity, which, as
you both indicated, tends to be one that burns up more calories in
a period of time then the organized sports.
Si l’idée d’être très actif, d’être très occupé et de faire des sports
où on se fonce dedans, et ainsi de suite; si ces choses sont
considérées comme étant malsaines ou mauvaises — elles sont
surtout considérées comme étant mauvaises parce qu’on juge que
ce sont des activités néfastes dans l’environnement —, cela
pourrait avoir des répercussions très importantes à long terme sur
la façon dont les enfants envisageront plus tard l’idée de l’activité
aléatoire qui, comme vous l’avez dit tous les deux, a tendance à
brûler plus de calories que les sports organisés pour une même
période d’activité.
Do you have a quick comment?
Mr. Janssen: I am in 100 per cent agreement with what you
said. In Ontario we do things in the curriculum time. We have
something called ‘‘daily physical activity’’ and I believe they have
that now in B.C. and Alberta as well, where it’s 20 minutes a day
Avez-vous un bref commentaire à faire?
M. Janssen : Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous avez
dit. En Ontario, l’activité physique se fait pendant les heures de
classe. Il y a ce qu’on appelle l’« activité physique quotidienne »,
et je pense que cela existe aussi en Colombie-Britannique et en
22:44
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
of required moderate to vigorous physical activity. We’re not sure
about the compliance. It’s probably quite poor, but that’s the best
evidence we have.
Alberta maintenant; c’est-à-dire que les enfants doivent faire
chaque jour 20 minutes d’activité d’intensité modérée à élevée.
Nous ne sommes pas sûrs qu’ils le font. Le taux de conformité est
probablement assez faible, mais nous n’avons pas de données plus
précises.
Where we’re seeing the real problem is the decrease in recess
time. In Ontario we have something called ‘‘the balanced day’’ so
they get a 40-minute break in the morning and a 40-minute break
in the afternoon and 20 minutes of each of those is for nutrition
and 20 minutes outside time. They get 40 minutes of outside time,
which is highly regulated and supervised and I’m sure much more
so than when we grew up.
Le vrai problème que nous voyons, c’est la diminution du
temps de récréation. En Ontario, il y a ce qu’on appelle « la
journée équilibrée », et les enfants ont une pause de 40 minutes
durant la matinée et une autre pause de 40 minutes durant l’aprèsmidi, et, là-dessus, il y a 20 minutes qui sont consacrées à
l’alimentation et 20 minutes que les enfants passent dehors. Ils
sont donc dehors pendant 40 minutes par jour, et ils sont
surveillés de près et doivent respecter toutes sortes de règles
pendant ce temps-là, beaucoup plus que lorsque nous étions
petits, j’en suis convaincu.
I think it’s not allowing the boys in particular to learn how to
take risks, manage their risks, and there’s a whole line of research
on this that suggests if you’re not learning how to take these
manageable risks at a young age then when you get to be a
teenager and adult and you’re put into very dangerous situations
you won’t know how to manage those risks.
Je pense qu’on ne permet pas aux garçons en particulier
d’apprendre à prendre des risques, à gérer le risque, et il y a toute
une série d’études là-dessus qui montrent que, si on n’apprend pas
à prendre des risques raisonnables à un jeune âge, on ne saura pas
comment gérer le risque à l’adolescence ni à l’âge adulte lorsqu’on
se retrouve dans une situation où il y a un danger important.
There are examples of kids at age 14 not being able to walk
across fairly busy intersections. Two years later they are going to
be in a car driving through those intersections. Kids need to be
put at manageable risk that they’re capable of for their age and
that will help with their long-term development.
Il y a des exemples de jeunes qui, à l’âge de 14 ans, ne sont pas
capables de traverser d’intersections où la circulation est assez
forte. Deux ans plus tard, ils vont les traverser en voiture. Il faut
que les enfants soient exposés à un risque raisonnable qu’ils sont
capables de gérer compte tenu de leur âge, ce qui favorisera leur
développement à long terme.
Dr. Warshawski: One point is that everyone looks to schools
for the answer. In school you’ve got to do this, you’ve got to do
that. We’ve worked a lot with schools and they get really ticked
off now because they have the basic reading, writing and
arithmetic, along with morality, nutrition and everything else
they have to teach. Schools are doing the best they can. They are
underfunded and it has to be a priority of the provincial
governments, which are responsible for education, to fund
schools appropriately to have daily quality physical activity
taught by qualified physical educators, so that when they spend
30 minutes on physical activities they are actually exercising and
doing things. That’s number one.
Dr Warshawski : Une chose qu’il faut dire, c’est que tout le
monde s’attend à ce que ce soit les écoles qui trouvent la solution.
Il faut faire ceci et cela à l’école. Nous avons beaucoup collaboré
avec les écoles, et les gens qui y travaillent deviennent vraiment
fâchés maintenant, parce qu’ils doivent enseigner aux élèves à lire,
à écrire et à compter, en plus de leur enseigner la morale, la
nutrition et tout le reste. Les écoles font ce qu’elles peuvent.
Elles ne reçoivent pas assez de financement, il faut que les
gouvernements provinciaux, qui sont responsables de l’éducation,
fassent une priorité du financement des écoles pour qu’elles
offrent des périodes d’activité physique de qualité qui soient
dirigées par des professeurs d’éducation physique qualifiés, de
sorte que, lorsque les élèvent passent 30 minutes à faire de
l’activité physique, ils fassent vraiment de l’exercice. Voilà la
première chose.
Another thing with regard to schools is the fact there is a twotiered education system around physical activity. Private schools
almost all have mandatory physical activity every single day. They
recognize the link between learning and physical activity. In
Canada, we, and rightly so, are justifiably proud and defensive of
our health care system, the fact that it is universal, but we’re
working into this two-tiered education system where the private
schools do everything they can to help their kids succeed,
including daily physical activity, and at the public school level
Une autre chose en ce qui concerne les écoles, c’est que le
système d’éducation est divisé en deux pour ce qui est de l’activité
physique. Presque toutes les écoles privées obligent leurs élèves à
faire de l’activité physique chaque jour. Elles reconnaissent
l’existence d’un lien entre l’apprentissage et l’activité physique.
Au Canada, nous sommes fiers de notre système de santé, à juste
titre, et nous le défendons, notamment parce qu’il est universel,
mais nous devons composer avec un système d’éducation divisé en
deux dans lequel les écoles privées font tout ce qu’elles peuvent
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:45
we are sacrificing physical activity, because we think it doesn’t
help academics.
pour aider leurs élèves à réussir, notamment en leur faisant faire
de l’activité physique tous les jours, et où les écoles publiques
sacrifient l’activité physique, parce que nous n’estimons pas
qu’elle contribue à la réussite scolaire.
In B.C. a few years ago the now-premier, Christy Clark, tried
to introduce mandatory physical activity in high school. Parents
rebelled, thinking that their kids would suffer academically. There
is a lack of integration and recognition that this isn’t about weight
loss or preservation. You’re going to think better and learn better.
That has to be taught.
En Colombie-Britannique, il y a quelques années, Christy
Clark, qui est maintenant première ministre de la province, a
essayé d’instaurer l’activité physique obligatoire dans les écoles
secondaires. Les parents se sont rebellés, pensant que leurs enfants
réussiraient moins bien à l’école. Il y a un manque d’intégration et
de reconnaissance du fait que ce n’est pas une question de perte de
poids ou de maintien du poids. Les élèves qui font de l’activité
physique ont les idées plus claires et apprennent mieux. Il faut que
nous enseignions cela.
The Chair: When I was a kid it didn’t cost anything to play
outside in the yard. Organized physical activity costs a great deal.
There is an inverse relationship between the benefit and the level.
Le président : Quand j’étais petit, on jouait dans la cour, et ça
ne coûtait rien. L’activité physique organisée coûte cher. Les effets
bénéfiques et le degré d’organisation sont inversement
proportionnels.
In addition to the generalizations that are important to us that
Senator Eggleton summarized, one of the observations that was
important is that we have to understand there isn’t a one-size-fitsall body type and gene type and so on, but we can look at society
as a whole and consider these things in large areas.
En plus des considérations générales qui sont importantes pour
nous et que le sénateur Eggleton a résumées, une observation
importante qui a été formulée, c’est que nous devons comprendre
que tout le monde n’a pas le même corps ni les mêmes gènes, mais
que nous pouvons examiner la société dans son ensemble et
réfléchir à ces questions dans un contexte élargi.
With my bias as a chemist and my background I wouldn’t
touch a sugar alternative under any circumstance. I would far
rather learn to avoid sweetening my coffee and tea if the
alternative is taking any kind of substitute. I know the
structures of those things, and I will not mention any one
because they are watching upstairs. I don’t want to spend the rest
of my career in court.
Étant donné mon expérience et le fait que j’ai été chimiste, je ne
toucherais jamais à un succédané du sucre. Je préférerais de loin
m’habituer à ne pas sucrer mon café ou mon thé que d’avoir à
utiliser un succédané quelconque. Je connais la structure de ces
produits, dont je ne mentionnerai le nom d’aucun en particulier,
car on me surveille d’en haut. Je ne veux pas passer le reste de ma
carrière devant les tribunaux.
Perhaps to me the best and clearest sign of the complexity of
the issue that we had before us, Dr. Janssen, was your slide. I
think this summarized for me the tremendous forest that we have
to get through and try and identify some trees and then put back
together some of the packages that you reduced some of these
down into and try to find a way to deal with that.
Le meilleur indicateur de la complexité de la question qui nous
a été soumise, c’est peut-être votre diapositive, monsieur Janssen.
Je pense qu’elle permet de voir en un coup d’œil le labyrinthe que
nous devons traverser et le travail que nous devons faire pour
isoler certains éléments et ensuite rétablir les liens entre certaines
choses que vous avez cernées pour essayer de trouver une solution
au problème.
With that, I thank you both on behalf of the committee for
being here.
Là-dessus, au nom du comité, je vous remercie d’être venus.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Thursday, October 30, 2014
OTTAWA, le jeudi 30 octobre 2014
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science
and Technology met this day at 10:28 a.m., to examine and
report on the increasing incidence of obesity in Canada: causes,
consequences and the way forward.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 10 h 28,
pour examiner, afin d’en faire rapport, l’incidence croissante de
l’obésité au Canada : ses causes, ses conséquences et les solutions
d’avenir.
Senator Kelvin Kenneth Ogilvie (Chair) in the chair.
Le sénateur Kelvin Kenneth Ogilvie (président) occupe le
fauteuil.
22:46
Social Affairs, Science and Technology
[Translation]
The Chair: Welcome to the Standing Senate Committee on
Social Affairs, Science and Technology.
[English]
I’m Kelvin Ogilvie from Nova Scotia, chair of the committee,
and I will invite my colleagues to introduce themselves.
Senator Seidman: Judith Seidman, Montreal, Quebec.
Senator Stewart Olsen: Carolyn Stewart Olsen, New
Brunswick.
30-10-2014
[Français]
Le président : Je vous souhaite la bienvenue au Comité
sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la
technologie.
[Traduction]
Je m’appelle Kelvin Ogilvie et je viens de la Nouvelle-Écosse. Je
préside le comité et je vais inviter mes collègues à se présenter euxmêmes.
La sénatrice Seidman : Judith Seidman, Montréal, Québec.
La sénatrice Stewart Olsen : Carolyn Stewart Olsen, NouveauBrunswick.
Senator Enverga: Tobias Enverga, Ontario.
Le sénateur Enverga : Tobias Enverga, Ontario.
Senator Cordy: Jane Cordy, Nova Scotia.
La sénatrice Cordy : Jane Cordy, Nouvelle-Écosse.
Senator Merchant: Pana Merchant, Saskatchewan.
La sénatrice Merchant : Pana Merchant, Saskatchewan.
Senator Eggleton: Art Eggleton, Ontario, deputy chair of the
committee.
Le sénateur Eggleton : Art Eggleton, Ontario, vice-président du
comité.
The Chair: We are in our order of reference from the Senate of
Canada to continue our study on the increasing incidence of
obesity in Canada, its causes, consequences and the way forward.
Le président : L’ordre de renvoi émanant du Sénat du Canada
nous invite à poursuivre notre examen de l’incidence croissante de
l’obésité au Canada, de ses causes, de ses conséquences et des
solutions d’avenir.
We have two witnesses with us this morning. I will introduce
them as I invite them to speak. Following their presentations, I
will open the floor up to questions.
Nous allons entendre deux témoins ce matin. Je vais les
présenter lorsque je les inviterai à prendre la parole. Après leurs
exposés, vous pourrez poser vos questions.
At the outset, I invite Dr. James DiNicolantonio, Doctor of
Pharmacy and Cardiovascular Research Scientist, who is in the
Preventive Cardiology, Saint Luke’s Mid America Heart
Institute. We are delighted to have you with us, and I invite
you to make your presentation.
J’invite pour commencer M. James DiNicolantonio, docteur
en pharmacie et chercheur en santé cardiovasculaire, Preventive
Cardiology, du Saint Luke’s Mid America Heart Institute. Nous
sommes ravis de vous avoir avec nous et je vous invite à présenter
votre exposé.
James DiNicolantonio, Doctor of Pharmacy and Cardiovascular
Research Scientist, Preventive Cardiology, Saint Luke’s Mid
America Heart Institute: Thank you. My name is James
DiNicolantonio. As you said, I’m a cardiovascular research
scientist in the Department of Preventive Cardiology, Saint
Luke’s Mid America Heart Institute, Kansas City, Missouri. I’m
also a doctor of pharmacy. The topic today is refined
carbohydrates and added sugars as principal drivers of obesity.
James DiNicolantonio, docteur en pharmacie et chercheur en
santé cardiovasculaire, Preventive Cardiology, Saint Luke’s
Mid America Heart Institute : Merci. Je m’appelle James
DiNicolantonio. Comme vous l’avez dit, je suis un chercheur en
santé cardiovasculaire au département de cardiologie préventive
du Saint Luke’s Mid America Heart Institute, Kansas City, au
Missouri. Je suis également docteur en pharmacie. Le sujet dont je
vais parler aujourd’hui concerne les glucides raffinés et les sucres
ajoutés en tant que principaux facteurs de l’obésité.
Most of us are familiar with the prevailing dogma in regard to
the cause and treatment of obesity. It focuses on calories. We eat
too much, we don’t exercise enough. This puts us in a positive
caloric state, which leads to obesity, and thus the treatment for
obesity is that we need to restrict calories and we need to work out
more.
La plupart d’entre nous connaissent bien la croyance
dominante au sujet de la cause et du traitement de l’obésité.
Elle est axée sur les calories. Nous mangeons trop et nous ne
faisons pas suffisamment d’exercice. Cela nous place dans un
équilibre calorique positif qui cause l’obésité; l’obésité doit donc
se traiter en limitant le nombre des calories consommées et en
faisant davantage d’exercice.
The problem with calorie-focused thinking is it supports the
notion that in order to lose weight, you have to eat less calories
than you burn and that all calories are the same. It does not
matter what foods you eat. If they’re mainly fat, protein or
carbohydrate, it doesn’t matter. If you eat 1,000 calories of
Le problème que pose le raisonnement axé sur les calories est
qu’il part de l’idée que pour perdre du poids, il suffit de
consommer moins de calories que celles que l’on brûle et que
toutes les calories sont équivalentes. Peu importe le genre
d’aliment que vous mangez. Qu’il contienne principalement du
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:47
salmon or white rice, as long as you restrict calories, you will lose
weight. Of course, when you restrict calories, your metabolism
slows down, thus defeating the purpose of restricting calories in
the first place. Additionally, fat promotes satiety, whereas refined
carbohydrates and added sugars promote hunger. So caloriefocused thinking doesn’t take these metabolic considerations into
account.
gras, des protéines ou des glucides, cela ne fait aucune différence.
Que vous mangiez 1 000 calories de saumon ou de riz blanc, vous
allez perdre du poids pourvu que vous limitiez le nombre des
calories consommées. Bien sûr, lorsque vous limitez les calories
consommées, votre métabolisme ralentit, ce qui va à l’encontre du
but initial de la décision de limiter les calories. De plus, les gras
favorisent la sensation de satiété, alors que les glucides raffinés et
les sucres ajoutés favorisent la faim. L’argument fondé sur les
calories ne tient donc pas compte de ces considérations liées au
métabolisme.
There is now an overwhelming body of evidence that shows
that when you restrict carbohydrates without restricting calories
there is prolonged weight loss and more importantly most of that
weight loss is fat loss. The classic example is from Dr. Alfred
Pennington in 1949. He took overweight DuPont executives and
put them on a low carbohydrate diet. These individuals ate over
3,000 calories per day, and while restricting carbohydrates they
were able to lose approximately two pounds per week.
Il existe aujourd’hui une pléthore d’études qui démontrent que
le fait de limiter les glucides sans limiter les calories entraîne une
perte de poids prolongée et surtout, une perte de poids qui touche
principalement les graisses. L’exemple classique est l’étude de
M. Alfred Pennington de 1949. Il a pris des membres de la haute
direction de la société DuPont qui souffraient d’embonpoint et
leur a fait suivre un régime faible en glucides. Ces personnes
consommaient plus de 3 000 calories par jour et en réduisant les
glucides, elles ont réussi à perdre près de deux livres par semaine.
An alternative view on obesity is that the consumption of
refined carbohydrates and added table sugar as well as highfructose corn syrup alters our physiology and our hormones,
leading to a state of internal starvation. And it is this internal
starvation that causes us to eat more and exercise less. In essence,
eating more and exercising less is not the cause of obesity; it’s a
side effect of over-consuming these types of foods.
Il y a un autre point de vue sur l’obésité. La consommation de
glucides raffinés et de sucres ajoutés, ainsi que de sirop de maïs
riche en fructose, modifie notre physiologie et nos hormones, ce
qui est à l’origine d’un état de privation interne. Et c’est cette
privation interne qui nous amène à manger davantage et à faire
moins d’exercice. Pour l’essentiel, le fait de manger davantage et
de faire moins d’exercice n’est pas la cause de l’obésité; c’est un
effet secondaire qui découle de la surconsommation de ces types
d’aliments.
An example of hormones driving such problems with our
storage of fat would be that these refined carbohydrates and
added sugars cause insulin resistance, raising our hormone
insulin. When this occurs, if you take two people and one has a
higher level of insulin, they will store more fat than someone
without a high level, even if they are consuming the same amount
of calories.
Un exemple du fait que les hormones sont à l’origine de ces
problèmes qui touchent le stockage des graisses est que ces
glucides raffinés et sucres ajoutés causent une insulinorésistance,
ce qui élève le taux d’insuline, une hormone. Lorsque cela se
produit, si vous prenez deux personnes dont l’une a un niveau
d’insuline élevé, cette personne accumulera davantage de graisses
qu’une personne qui n’a pas un niveau d’insuline élevé, même si
les deux consomment le même nombre de calories.
A perfect example would be an adolescent going through
puberty. They are going to grow at a faster rate because of their
altered hormones. Is it so hard to believe that our food can alter
our hormones to cause us to become fatter?
L’exemple parfait est celui d’un adolescent au moment de la
puberté. Il grandit plus rapidement parce que ses hormones ont
changé. Est-il vraiment difficile de croire que notre alimentation
peut modifier nos hormones et nous faire grossir?
Another example of how these foods cause us to store more fat
is that the higher insulin levels store fats in protein so our body
cannot liberate the source of energy for ourselves to use and thus
we are in a semi-starved state. Additionally, the insulin resistance
does not let glucose into the cell as readily, and our cells are
literally semi-starved, and that’s why we are over-consuming.
Un autre exemple du fait que ces aliments nous amènent à
accumuler des graisses est que les niveaux élevés d’insuline ont
pour effet d’accumuler les graisses dans les protéines de sorte que
notre corps ne peut libérer cette source d’énergie pour l’utiliser, ce
qui crée un état de semi-privation. De plus, l’insulinorésistance ne
permet pas au glucose de pénétrer aussi facilement dans les
cellules, et nos cellules sont littéralement en état de semiprivation; c’est la raison pour laquelle nous mangeons trop.
Another point with higher insulin levels caused by
consumption of these foods is that they reduce the burning of
fat, and hence we become fatter. Lastly, a high level of insulin
causes lepton resistance. Lepton is the hormone our fat cells
Un autre aspect des niveaux d’insuline élevés causés par la
consommation de ces aliments est que ces niveaux ont pour effet
de réduire la combustion des graisses et par conséquent, nous
amènent à prendre du poids. Enfin, un niveau élevé d’insuline
22:48
Social Affairs, Science and Technology
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release, telling our brain we have enough energy, we can stop
eating; we can start exercising. That pathway is blunted when you
over-consume these types of foods.
cause une résistance à la leptine. La leptine est l’hormone que
libèrent nos cellules graisseuses et qui dit à notre cerveau que nous
avons suffisamment d’énergie, que nous pouvons nous arrêter de
manger; nous pouvons commencer à faire de l’exercice. Ce chemin
est moins marqué lorsque l’on consomme trop de ce genre
d’aliments.
Now we’re going to discuss how we got here. Approximately
200 years ago we only consumed 4 pounds of added sugar per
year per person. We are now consuming, in the United States, up
to 151 pounds of refined sugar per year. Our bodies are not
equipped to handle such a high amount of sugar.
Nous allons maintenant parler de la façon dont nous en
sommes arrivés à la situation actuelle. Il y a environ 200 ans, nous
consommions seulement quatre livres de sucre ajouté par année,
par personne. Nous consommons aujourd’hui, aux États-Unis,
jusqu’à 151 livres de sucre raffiné par année. Nos corps ne sont
pas faits pour absorber une telle quantité de sucre.
We have countless amounts of data including the National
Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) data that
clearly indicate that the rise in obesity and diabetes in the United
States from 1960 onward was almost 100 per cent driven by an
increase in carbohydrates. During this time, saturated fat was not
increasing. We had an approximate intake of 375 grams of carbs
in 1960, which jumped above 500 grams after 1995. During this
period of time, obesity doubled from 13 per cent to greater than
26 per cent.
Nous possédons des quantités considérables de données, y
compris celles de la National Health and Nutrition Examination
Survey (NHANES) (Enquête nationale sur la nutrition et la santé)
qui établissent clairement que l’augmentation de l’obésité et du
diabète aux États-Unis à partir de 1960 a été causée pratiquement
à 100 p. 100 par l’augmentation de la consommation des glucides.
Pendant cette époque, les graisses saturées n’ont pas augmenté.
Nous consommions environ 375 grammes de glucides en 1960,
quantité qui est passée à plus de 500 grammes après 1995.
Pendant cette période, l’obésité a doublé passant de 13 à plus de
26 p. 100.
We have association studies showing that sugar-sweetened
beverages increase body mass index as well as obesity, and a
prospective trial following 548 children, for each additional
serving of a sugar-sweetened beverage, BMI increased
significantly and the frequency of obesity significantly increased.
Il existe des études d’association qui montrent que les boissons
sucrées augmentent l’indice de masse corporelle ainsi que l’obésité
et une expérience prospective consistant à suivre 548 enfants a
montré que, pour chaque portion supplémentaire de boisson
sucrée, l’IMC augmentait de façon significative et que la
fréquence de l’obésité augmentait également de façon
significative.
When we look at trials of basically free-living people, this is
what is happening in the real world, they are able to eat and drink
whatever they want and as much as they want. If they are supplied
with sugar — in this particular study, they were supplied with
soda — that group increased their body weight significantly,
whereas those that were not provided soda or those provided
artificial sweeteners lost body weight. All patients received three
interventions, either being provided soda, diet soda or no soda for
three weeks.
Lorsque nous examinons les expériences portant sur des
personnes qui choisissent librement leurs aliments, voici ce qui
se passe dans la réalité, les gens boivent et mangent ce qu’ils
veulent et autant qu’ils veulent. Quand on leur fournissait du
sucre — dans cette étude particulière, on leur donnait des
boissons gazeuses — ces gens augmentaient leur poids corporel de
façon significative, alors que ceux qui ne recevaient pas de
boissons gazeuses ou recevaient des boissons gazeuses avec un
édulcorant artificiel perdaient du poids. Tous les patients faisaient
l’objet de trois interventions, on leur donnait accès à des boissons
gazeuses, à des boissons gazeuses avec édulcorant artificiel ou à
aucune boisson gazeuse, et ce, pendant trois semaines.
If we were to provide 500 calories of chicken, would we see an
increase in weight? The point of this trial is when you give
someone access to sugar and soda, they will increase their body
weight.
Si nous leur avions proposé 500 calories de poulet, pensez-vous
que leur poids aurait augmenté? Le but de cette expérience était de
démontrer que, lorsque l’on donne à quelqu’un accès à du sucre et
à des boissons gazeuses, cette personne prend du poids.
In the same trial, when these individuals were provided with
soda, their calorie consumption was almost 400 times that of
when they were not provided soda. Their calorie consumption
throughout the day was over 500 calories more than those
provided diet soda. Bottom line, when we increase our intake of
Au cours de la même expérience, lorsqu’on fournissait à ces
personnes des boissons gazeuses, elles consommaient près de
400 fois plus de calories que si on ne leur offrait pas de boissons
gazeuses. Elles consommaient au cours d’une journée 500 calories
de plus que celles à qui l’on donnait des boissons-diètes. En
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:49
sugar-sweetened beverages, there is an increase in total caloric
intake, thus sugar-sweetened beverages drive us to consume more
calories.
fin de compte, lorsque nous augmentons notre consommation de
boissons sucrées, cela augmente notre consommation totale
de calories, ce qui démontre que les boissons sucrées nous
amènent à consommer davantage de calories.
Those who argue that sugar is no more harmful than any other
type of food when matched for calories, which is also untrue, are
missing the point. If a calorie is a calorie, it should not matter
what was provided. Overall intake of calories should be the same
throughout the day, but when men and women started consuming
soda, they started consuming more calories.
Ceux qui soutiennent que le sucre n’est pas plus dangereux que
d’autres types d’aliments, lorsqu’on compare sa teneur en
calories, ce qui est également faux, ne comprennent pas le
problème. Si une calorie n’était qu’une calorie, peu importerait
l’aliment consommé. La consommation totale de calories devrait
être la même tout au cours de la journée, mais lorsque les hommes
et les femmes ont commencé à boire des boissons gazeuses, ils ont
commencé également à consommer davantage de calories.
Another trial supporting this is an ad libitum study in freeliving population; they could eat and consume as much as they
wanted. When they were provided sugar, they had significant
increase in body fat and fat mass. They gained 3 and half pounds
in just 10 weeks, 3 pounds of which was fat, whereas those
provided artificial sweeteners lost weight.
Il y a une autre expérience qui appuie cet argument; c’est une
étude ad libitum d’une population ayant libre choix; ces personnes
pouvaient manger et consommer tout ce qu’elles voulaient.
Quand on leur offrait du sucre, elles augmentaient de façon
significative leur gras corporel. Elles ont pris trois livres et demie
en 10 semaines, dont trois livres étaient de la graisse, alors que
celles à qui on donnait des édulcorants artificiels avaient perdu du
poids.
How did this happen in this trial? Those provided sugar
significantly increased their total caloric intake from baseline.
They began to consume over 350 calories more per day. They
increased their intake of calories versus the artificial sweetener
group by over 600 calories per day. This is what happens in a freeliving population. In essence, someone who used to consume
2,350 calories, once they are provided with sugar, they now eat
2,700 calories per day.
Qu’est-ce qui explique les résultats de cette expérience? Ceux à
qui l’on fournissait du sucre ont augmenté de façon significative
leur consommation totale de calories par rapport au montant
de base. Ces personnes ont commencé à consommer plus de
350 calories de plus par jour. Elles ont augmenté de plus de
600 calories par jour leur consommation de calories par rapport
au groupe qui utilisait des édulcorants artificiels. C’est ce qui
arrive dans une population à libre choix. Pour l’essentiel, la
personne qui consommait auparavant 2 350 calories, en
consommait désormais 2 700 par jour, si on lui fournissait du
sucre.
These studies are not outliers. In a 2012 meta-analysis in the
British Medical Journal, produced by Lisa Te Morenga and
colleagues, they gathered 15 randomized, controlled trials of ad
libitum studies, clearly showing when sugar is increased, body
weight is increased. When you reduce sugar, body weight is
reduced.
Ces études ne sont pas des aberrations. Dans une méta analyse
de 2012, publiée dans le British Medical Journal, effectuée par Lisa
Te Morenga et ses collègues, les chercheurs ont réuni 15 expériences
aléatoires et contrôlées d’études ad libitum, qui démontraient
clairement que l’augmentation de la consommation de sucre
entraînait une prise de poids. Lorsque l’on réduit le sucre, le
poids corporel diminue.
Now we are going to discuss conflicts to the food industry.
This was a systematic review of systematic reviews, meaning they
combined all the trials they found, and when they looked at all the
trials with financial conflicts to the food industry, 83.3 per cent
found insufficient support of a positive association between
sugar-sweetened beverages, consumption and weight gain.
However, when they looked at the trials without conflicts of
interest to the food industry, they found the exact opposite —
83.3 per cent found a positive association with weight gain.
Nous allons maintenant parler des conflits d’intérêts avec
l’industrie alimentaire. Il s’agissait d’un examen systématique, ce
qui veut dire que cette analyse combinait toutes les expériences
précédentes, et lorsque les chercheurs ont examiné toutes les
expériences où il y avait des conflits d’intérêts financiers avec
l’industrie alimentaire, 83,3 p. 100 de ces études montraient qu’il
n’y avait pas suffisamment de preuves pour établir une
association positive entre les boissons sucrées, la consommation
et le gain de poids. Par contre, lorsque les chercheurs ont examiné
les expériences qui n’étaient pas associées à des conflits d’intérêts
avec l’industrie alimentaire, ils ont constaté exactement le
contraire — 83,3 p. 100 des études faisaient état d’une
association positive avec le gain de poids.
22:50
Social Affairs, Science and Technology
In summary, conflicts to the food industry significantly affect
the association of sugar-sweetened beverages with weight gain.
That concludes my presentation. Thank you.
30-10-2014
En résumé, la situation de conflit d’intérêts avec l’industrie
alimentaire touche de façon significative l’association des
boissons sucrées avec le gain de poids.
Voilà qui termine mon exposé. Je vous remercie.
Timothy Caulfield, Canada Research Chair, Health Law
Institute, University of Alberta: Thank you for the opportunity
to speak to you today. I think this is an incredibly important topic
and I’m thrilled that the Canadian government is taking it on.
Timothy Caulfield, Chaire de recherche du Canada, Health Law
Institute, Université de l’Alberta : Merci de m’offrir la possibilité
de m’adresser à vous aujourd’hui. Il s’agit là d’un sujet
extrêmement important et je suis très heureux que le
gouvernement canadien ait décidé de s’en occuper.
I will talk largely about policy options and what the evidence
says about policy options.
Je vais principalement parler d’options stratégiques et de ce que
les faits nous disent au sujet des options stratégiques.
I propose, as outlined in my brief, three tentative steps forward
and three things that I feel can be de-emphasized and reasons that
these three things should be de-emphasized.
Je propose, comme je l’explique dans mon mémoire, trois
améliorations possibles et trois choses auxquelles il faudrait,
d’après moi, accorder moins d’importance ainsi que les raisons
pour lesquelles il faudrait réduire cette importance.
As you probably heard already and probably know, this is a
very complicated issue that’s going to require a multi-pronged
approach from a policy perspective. It’s going to require
coordination among federal, provincial and regional
governments and it will require a variety of different legal tools.
Comme vous l’avez probablement déjà entendu et le savez déjà,
il s’agit là d’un problème très complexe qui fait appel à une
approche multivolets pour ce qui est d’une perspective
stratégique. Il faudra que les gouvernements régionaux,
provinciaux et fédéral coordonnent leurs efforts et qu’ils
utilisent toute une gamme d’outils juridiques.
History has told us that legal tools can work in this area if we
look toward things like smoking and alcohol. Legal tools have
been shown to be effective. Unfortunately, again, as I’m sure
you’ve already heard, I think obesity is a much more complicated
situation as compared to, say, smoking. We all eat, we all need to
eat; it’s a culture thing and, therefore, it can be difficult to actually
change people’s behaviour in this regard.
L’histoire nous apprend que les outils juridiques donnent de
bons résultats dans ce domaine, si nous pensons à des choses
comme le tabagisme et l’alcool. Les outils juridiques ont démontré
leur efficacité. Malheureusement, encore une fois, et je suis sûr
qu’on vous l’a déjà dit, l’obésité est un phénomène beaucoup plus
complexe que, disons, le tabagisme. Nous mangeons tous, nous
avons tous besoin de manger; c’est un geste culturel et il est, par
conséquent, difficile de modifier le comportement des gens dans
ce domaine.
In addition, I’m an evidence-based person. I believe in
evidence-based policy. It’s at the core of what I do as a health
policy expert, so this area is very frustrating for me because the
evidence around what legal tools really work is pretty thin.
En outre, je suis une personne qui aime se baser sur les faits. Je
privilégie les stratégies fondées sur des faits. Cet aspect est au
cœur de mon travail d’expert en politiques de santé, de sorte que
je trouve ce domaine très frustrant parce qu’il existe très peu
d’études portant sur l’efficacité des outils juridiques.
As a result of that, I do find it difficult to make definitive
recommendations about what type of regulatory tool would be
best. But, again, as everyone in this room knows, this is a severe
problem and we need to take action. Therefore, I think that the
recommendations I am going to make right now do have evidence
to support their move and in addition to that, the unintended
consequences of these policy moves would be beneficial regardless
of whether they actually resulted in weight loss on a population
level.
C’est pourquoi il me paraît difficile de faire des
recommandations définitives au sujet des outils réglementaires
qu’il faudrait privilégier. Mais encore une fois, comme tous ceux
qui sont dans la salle le savent, le problème est grave et nous
devons faire quelque chose. C’est la raison pour laquelle j’estime
que les recommandations que je vais présenter maintenant
reposent sur des faits et qu’en outre, les conséquences imprévues
de ces décisions stratégiques pourraient être positives qu’elles
entraînent ou non une perte de poids au sein de notre population.
In addition, it’s important to know, and this builds on things
you’ve already heard, you probably know the data on weight loss
is grim on a population level. It is very difficult to get populations
to lose weight. A recent study in Lancet found that virtually no
country has been successful in driving down population level
obesity rates. Nevertheless, I feel that we need to move forward.
De plus, il est important de le savoir, et cela vient compléter des
choses qu’on vous a déjà dites, vous savez probablement que les
données relatives à la perte de poids sont sombres, si l’on se place
au niveau de la population. Il est très difficile d’amener une
population à perdre du poids. D’après une étude récente publiée
dans Lancet, il n’y a pratiquement aucun pays qui ait réussi à
réduire le taux d’obésité de sa population. Je pense néanmoins que
nous devons tout de même intervenir.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:51
There are many recommendations that we could put forward,
as I say in my brief; these are just to get the conversation started.
The first recommendation is a solid one and has evidence to
support its implementation, that is, the restricting of marketing to
children of food and particularly of junk food.
Je pourrais vous présenter toute une série de recommandations,
comme je le dis dans mon mémoire; je veux simplement démarrer
la conversation en vous en présentant quelques-unes. La première
recommandation est solide et nous disposons de données qui
justifient sa mise en œuvre; à savoir, limiter la vente aux enfants
de certains aliments, et en particulier la malbouffe.
There is a solid body of evidence that has demonstrated that
advertising does impact children’s preferences for food; it does
impact what families eat. That body of evidence is very solid.
There is also some evidence that restricting advertising can impact
those preferences, even evidence from Canada.
Il existe de solides études qui démontrent que la publicité
influence les préférences des enfants en matière d’aliments; elle
influence ce que mangent les familles. Cet ensemble d’études est
très solide. Il existe également certaines données qui démontrent
que limiter la publicité peut influencer ces préférences, et certaines
d’entre elles sont canadiennes.
One of my overall conclusions is that these policies should
really point Canada toward a healthy food culture, a healthy
lifestyle culture, and even if this does not have a dramatic impact
on obesity, this is a wise decision for children.
Une de mes conclusions générales est que ces stratégies
devraient amener le Canada à s’orienter vers une culture
favorisant une alimentation saine, un mode de vie sain, et même
si une telle orientation n’avait pas un effet spectaculaire sur
l’obésité, ce serait une décision sage pour les enfants.
The second recommendation, and this builds very nicely on the
last presentation, is taxing sugar-sweetened beverages. As you
heard, there is ample evidence to suggest that the increase in the
consumption of sugar-sweetened beverages is at least correlated,
associated with weight gain. This is one where I struggle because
there is conflicting evidence about the utility of attacks on sugarsweetened beverages. The data is somewhat conflicting, but I
think in the aggregate it signals in a positive direction. There is
relatively recent data from Mexico, which implemented a
10 per cent tax on beverages, that it can have a positive impact
on the consumption of beverages.
La deuxième recommandation, et elle s’intègre très bien avec le
dernier exposé que vous avez entendu, consiste à taxer les
boissons sucrées. Comme vous l’avez entendu, il existe de
nombreuses études qui démontrent qu’il existe au moins une
corrélation, et une association entre la consommation de boissons
sucrées et le gain de poids. C’est une question dont je ne suis pas
sûr de la réponse, parce que les études qui portent sur l’utilité de la
lutte contre les boissons sucrées sont contradictoires. Les données
sont quelque peu contradictoires, mais je pense que, dans
l’ensemble, elles montrent que c’est bien une direction positive.
Il existe des données relativement récentes qui proviennent du
Mexique, un pays qui vient d’imposer une taxe de 10 p. 100 sur
ces boissons et qui montrent que cette taxe peut avoir un impact
positif sur la consommation de ces boissons.
Now the problem, as many of your witnesses may have already
noted, is that we don’t know if that will really have an impact on
obesity rates. We just know it has resulted in a reduction of the
consumption of beverages. I like to be optimistic. I like to believe
it will eventually have that long-term effect, but we don’t know
yet. There is also concern there may be compensation behaviour
so people turn from drinking soda to some other unhealthy
beverage. These are things we need to monitor.
Le problème bien sûr, comme un grand nombre de témoins
l’ont peut-être déjà fait remarquer, est que nous ne savons pas si
cela aura vraiment un effet sur les taux d’obésité. Nous savons
que cela va entraîner une réduction de la consommation de ces
boissons. Je suis optimiste par nature. J’aime croire que cela aura
éventuellement un effet à long terme, mais nous ne le savons pas
encore. Il y a aussi le risque que par compensation, les gens
délaissent les boissons gazeuses pour consommer d’autres
boissons malsaines. Ce sont là des choses qu’il faudrait surveiller.
My third recommendation — I’m cheating here because it’s a
little bit of a catch-all — we need to develop policies. And this is
where we need coordination between all levels of government. We
need to create a policy where we have healthy food environments.
That means everything from hospitals to schools to universities
where we are promoting access to healthy food, and if we can’t do
it at the government level it becomes very difficult to implement
this at a broader societal level.
Ma troisième recommandation — je triche un peu ici parce
qu’elle est de nature très générale — est qu’il faut adopter des
stratégies. C’est pourquoi tous les paliers de gouvernement
doivent s’entendre pour coordonner leurs efforts. Nous devons
adopter une stratégie qui aura pour effet de créer des
environnements alimentaires sains. Cela englobe tout, depuis les
hôpitaux, jusqu’aux écoles, aux universités où nous faisons la
promotion d’une alimentation saine et si nous ne pouvons pas le
faire au palier gouvernemental, il sera alors très difficile de mettre
en œuvre une telle stratégie au niveau plus vaste de la société.
Again, there is some evidence about the importance — and this
builds on the last presentation — of having easy access to healthy
food. There is some evidence that shows if you have that access
Encore une fois, il existe des données qui font ressortir
l’importance — et cela s’harmonise avec le dernier exposé —
d’avoir facilement accès à des aliments sains. Il existe certaines
22:52
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
people are more likely to make healthy choices. This builds on the
whole research around the nudge kind of mentality, and this is an
important way forward.
études qui montrent que les gens qui ont accès à des aliments sains
risquent davantage de faire des choix sains. Cela s’appuie sur
toute la recherche qui a porté sur la notion d’améliorations
progressives, et c’est là une amélioration importante.
As I said at the beginning, what we want to promote globally is
a healthy lifestyle, a healthy approach to lifestyle. Whether people
lose weight or not, I think all of these suggestions, and I have
others, make sense.
Comme je l’ai dit au début, ce que nous voulons promouvoir,
d’une façon générale, est un mode de vie sain, une approche saine
à notre manière de vivre. Peu importe que les gens perdent ou non
du poids par la suite, toutes ces suggestions, et j’en ai d’autres,
sont justifiées.
I now turn to three more controversial things that we can deemphasize. I am concerned that the promotion of these three
messages can confuse the discussion and policy debates around
obesity.
Je vais maintenant aborder trois aspects plus controversés dont
nous devrions réduire l’importance. Je crains que la promotion de
ces trois messages introduise de la confusion dans la discussion et
dans les débats au sujet des stratégies en matière d’obésité.
There are so many myths out there about our food culture. It’s
ridiculous, and I get frustrated about it. There are so many myths;
there are so many crazy diets; there are so many myths about how
best to lose weight, and the government needs to promote a
simple, actionable message around how Canadians should eat.
Il y a tant de mythes au sujet de notre culture alimentaire. Cela
est ridicule et m’irrite beaucoup. Il y a tellement de mythes; il y a
tellement de régimes stupides; il y a tellement de mythes sur la
meilleure façon de perdre du poids et le gouvernement doit
diffuser un message simple et concret au sujet de ce que devraient
manger les Canadiens.
The first one is the idea that we can use exercise as a primary
weight loss strategy. This again builds nicely on the last
presentation you heard.
Le premier mythe est l’idée que l’exercice est la première
solution pour perdre du poids. Là encore, cela s’intègre très bien
au dernier exposé que vous venez d’entendre.
Exercise is simply one of the most important things you can do
for your health. There is no doubt about it. In fact, I would say
exercising and stopping smoking may be the single two most
important things you can do for your health, but there is not a lot
of evidence that exercise works as a primary strategy for weight
loss. We can talk about this. This is a bit of a controversial
statement. I don’t think it’s controversial in the academic
literature; it’s more controversial in the pop culture literature,
because there is this assumption it’s the way we should lose
weight. One of the reasons I think it is so important is that the
food industry can use the idea that you can lose weight through
exercise alone as a way to maintain the consumption of things like
Coke. Exercise for half an hour and have a Coke is the kind of
messaging that can stay alive if we don’t do something about this
myth.
L’exercice est effectivement une des meilleures choses que l’on
puisse faire pour sa santé. Cela est certain. En fait, je dirais que
faire de l’exercice et cesser de fumer sont peut-être les deux choses
les plus importantes que l’on puisse faire pour être en bonne
santé, mais il n’existe pas beaucoup d’études qui démontrent que
l’exercice est une excellente stratégie pour perdre du poids. Nous
pouvons parler de cet aspect. C’est là une affirmation quelque peu
controversée. Je ne pense pas qu’elle soit controversée dans les
études universitaires; elle est davantage controversée dans les
articles des magazines populaires parce qu’il y a cette idée que
c’est la bonne façon de perdre du poids. Une des raisons pour
laquelle cela me paraît aussi important, c’est que l’industrie
alimentaire risque de mettre de l’avant l’idée que l’on peut perdre
du poids en faisant uniquement de l’exercice, et que l’on peut ainsi
continuer à consommer des choses comme le Coca-Cola. Faites
une demi-heure d’exercice et buvez un Coca-Cola, voilà le genre
de message qui peut perdurer si nous ne faisons rien à propos de
ce mythe.
The second one I also think is controversial. This is the idea
that we use genetic information, genetics and high-tech solutions
to fix this problem. There is a big push right now to personalize
medicine. I think it is a fantastic move. There is a lot of exciting
research going on in this domain, but there is very little evidence
to support the idea that we can use high-tech solutions like
genetics to solve the obesity problem on a population level.
Le deuxième est également, à mon avis, controversé. C’est
l’idée d’utiliser l’information génétique, la génétique et les
solutions de haute technologie pour résoudre le problème. Il
existe à l’heure actuelle une grande tendance vers la
personnalisation de la médecine. Cela me paraît être une
évolution fantastique. Il se fait beaucoup de recherches très
intéressantes dans ce domaine. Mais il existe très peu de données
qui permettent d’affirmer que nous pouvons utiliser des solutions
axées sur la haute technologie, comme la génétique, pour résoudre
le problème de l’obésité dans la population.
First, there is very little evidence currently to suggest that
genetic testing is very predictive of future obesity. Absolutely,
obesity has a genetic component to it but given the current
Premièrement, il existe à l’heure actuelle très peu de données
qui montrent que les analyses génétiques permettent de prédire
utilement le risque d’obésité. Il est tout à fait exact que l’obésité a
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:53
technology it is not terribly predictive. Second, and probably
most important, there is very little evidence that people change
their behaviour based on genetic risk information even though
people often believe they will.
une composante génétique, mais avec la technologie actuelle, cette
composante n’a pas une grande valeur prédictive. Deuxièmement,
et probablement surtout, il existe très peu de preuves montrant
que les gens changent leur comportement à cause de
renseignements indiquant un risque génétique, même si les gens
croient souvent qu’ils le feront.
The last is what is most important here. I am concerned that an
emphasis on these high-tech solutions on things like genetics deemphasizes the need for social change.
Le dernier élément est celui qui est le plus important ici. Je
crains qu’accorder de l’importance à ces solutions de haute
technologie avec des choses comme la génétique diminue
l’importance que nous accordons à la nécessité de changer la
société.
The third one I will highlight is the spread and constant
mention of special diets, supplements and gimmick diets. This
may seem like it does not belong as a discussion topic for this
committee, but I think it is important. Governments around the
world can get more aggressive through truth in advertising, for
example, to tackle the kind of misinformation that flows from the
diet industry as to how to lose weight. There is evidence that
shows that when people are bombarded with all this conflicting
information about diet and nutrition, they stop listening.
Le troisième aspect dont je vais parler est le fait que l’on
mentionne constamment et partout les régimes spéciaux, les
suppléments et les régimes bidon. On pourrait penser que cet
aspect ne devrait pas être abordé comme sujet de discussion avec
le comité, mais il me paraît important. Les gouvernements du
monde entier pourraient être plus agressifs en exigeant la vérité
dans la publicité, par exemple, pour lutter contre le genre de
fausses informations que fait circuler l’industrie des régimes de
perte de poids. Il y a des études qui indiquent que les gens arrêtent
d’écouter lorsqu’on les bombarde de tous ces renseignements
contradictoires au sujet des régimes et de la nutrition.
This brings me back to a point I made earlier. I do think the
Canadian government needs to pass on a clear, consistent, simple
message about how to eat a healthy diet and what a healthy
lifestyle looks like. That should be the global goal: the promotion
of a healthy lifestyle.
Cela me ramène à une remarque que j’ai faite il y a un instant.
Je suis convaincu qu’il faut que le gouvernement canadien diffuse
un message sain, cohérent et clair sur ce qu’est un régime sain et à
quoi ressemble un mode de vie sain. Ce devrait être là le but
principal : la promotion d’un mode de vie sain.
I will end there and look forward to your questions.
Je vais m’arrêter ici et j’ai hâte de répondre à vos questions.
The Chair: Thank you, Mr. Caulfield.
Le président : Merci, monsieur Caulfield.
Senator Eggleton: Thank you, both, for your presentations. I
will start with Mr. DiNicolantonio, who I see is from Kansas
City. I hope there is not too much grieving going on there after
the baseball game last night. They had a good year, better than
my team in Toronto.
Le sénateur Eggleton : Je vous remercie tous les deux pour vos
exposés. Je vais d’abord m’adresser à M. DiNicolantonio, qui
vient apparemment de Kansas City. J’espère que les gens de cette
ville ne sont pas trop tristes après la partie de baseball d’hier soir.
Cette équipe a connu une bonne année, meilleure que mon équipe
de Toronto.
I gather what you’re saying is that not all calories are the same.
With certain calories, you’re not going to lose weight, and other
calories could be a help. You talked about the low carb factor in
all of this, which sounds to me a lot like a number of diet plans,
like Dr. Atkins and some of the others that followed on after him.
Is your essential message that you can’t just watch calories but
you have to watch what the food substance is?
Vous semblez dire que toutes les calories ne se valent pas. Avec
certaines calories, vous ne perdez pas de poids alors que d’autres
calories pourraient vous aider à le faire. Vous avez parlé de
réduire les glucides au cours de votre exposé, ce qui ressemble à de
nombreux régimes, comme celui du Dr Atkins et de certains
autres qui l’ont suivi. Votre message central est-il qu’il ne suffit
pas de surveiller les calories, mais également de surveiller le genre
d’aliments consommés?
Mr. DiNicolantonio: That’s correct, these rapidly absorbable
carbohydrates. I’m not referring to legumes and lentils and
healthy real food that is high in natural carbohydrate that is
broken slowly and comes with fibre and all these other healthy
vitamins and minerals. I am referring to rapidly absorbable carbs,
including beer, but particularly I am referring to substances likely
honey. Fruit juice is not off the table either, and neither are syrups
like agave syrup if they contain fructose. Fructose is a molecule
that not only causes insulin resistance in the body but is highly
M. DiNicolantonio : C’est exact, ce sont ces glucides qui
s’absorbent très rapidement. Je ne parle pas des légumes, des
lentilles et des aliments vrais et sains qui contiennent beaucoup de
glucides naturels qui se décomposent lentement, qui viennent avec
des fibres et tous ces autres minéraux et vitamines qui sont bons
pour la santé. Je faisais référence aux glucides qui s’absorbent
rapidement, notamment la bière, mais en particulier, à des
substances comme le miel. Les jus de fruits ne sont pas non plus à
écarter, ni les sirops, comme le sirop d’agave s’ils contiennent du
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Social Affairs, Science and Technology
addictive. If you look at studies in animals, they prefer sugar over
nicotine and cocaine. If they’re eating a diet and are totally fine,
and then you introduce sugar, many studies have shown they will
malnourish themselves to death by over-consuming sugar. Sugar
acts like an addictive substance and causes us to over-consume.
My child asks for sugar, not protein or fat. It causes us to crave
the substance, and it leads to withdrawal and symptoms of
substance abuse. These types of substances are being infused into
our drinks and our food supply, and 80 per cent of the
supermarket has added sugar to it in the United States, so this
is a serious issue.
Senator Eggleton: Thank you. That’s very clear.
30-10-2014
fructose. Le fructose est une molécule qui a non seulement pour
effet de favoriser la résistance à l’insuline, mais qui crée également
une très forte dépendance. Les études faites sur les animaux
montrent qu’ils préfèrent le sucre à la nicotine et à la cocaïne. S’ils
mangent des aliments qui leur conviennent bien et que vous
ajoutiez ensuite du sucre, de nombreuses études ont démontré
qu’ils vont mal se nourrir jusqu’à en mourir parce qu’ils
consomment trop de sucre. Le sucre crée une dépendance et
nous amène à trop en consommer. Mon enfant me demande du
sucre, jamais des protéines ou des graisses. Le sucre crée un état
de manque; il fait apparaître des symptômes de sevrage et entraîne
une consommation excessive de cette substance. On ajoute ces
substances à nos boissons et à nos aliments; 80 p. 100 des
aliments vendus dans les supermarchés aux États-Unis
contiennent du sucre ajouté, c’est donc une question grave.
Le sénateur Eggleton : Merci. Voilà qui est très clair.
Both of you used the terminology ‘‘sugar-sweetened
beverages.’’ That suggests to me that you are talking about not
only beverages sweetened with sugar but the artificial sweeteners
as well. Are you including both? Of the sweeteners that are out
there, are some safer than others? We’ve had some that have come
and gone, and now the latest craze seems to be Stevia as a
substitute for sugar. There is not a clear consensus that all these
things are safe. What is your take on this?
Vous avez tous les deux utilisé l’expression « boissons
sucrées ». Cela semble indiquer, d’après moi, que vous parlez
non seulement des boissons sucrées, mais également des
édulcorants artificiels. Parlez-vous des deux? Parmi les
édulcorants qui sont sur le marché, y en a-t-il qui sont meilleurs
que d’autres? Il y en a un certain nombre qui sont apparus et qui
ont disparu et maintenant, la dernière mode semble être d’utiliser
le stévia pour remplacer le sucre. Il n’y a pas de consensus clair au
sujet de l’innocuité de ces produits. Quel est votre avis sur cette
question?
Mr. DiNicolantonio: In regard to safety, I don’t think we have
the studies long term to say what is safe and what is not. When
I’m referring to added sugars, I refer to sweeteners that contain
the substance called fructose. Table sugar, also known as sucrose,
is 50 per cent fructose and 50 per cent glucose. If it has fructose
in it, it causes insulin resistance and all these metabolic side
effects. Fructose is primarily metabolized by the liver, and the
liver simply cannot metabolize it without eventually being a fatty
liver. Glucose can be metabolized throughout the entire body.
When I talk about sugar-sweetened beverages, I’m also referring
to sports drinks like Gatorade and lemonade-type beverages that
have this sugar, the high-fructose corn syrup, in them. It is not
just soda but anything that contains fructose.
M. DiNicolantonio : Pour ce qui est de l’innocuité, je ne pense
pas qu’il existe des études à long terme qui nous permettent de
dire ce qui est sans danger et ce qui ne l’est pas. Lorsque je fais
référence aux sucres ajoutés, je fais référence aux édulcorants qui
contiennent une substance appelée fructose. Le sucre ordinaire,
que l’on appelle également le sucrose, contient 50 p. 100 de
fructose et 50 p. 100 de glucose. S’il contient du fructose, il
entraîne une résistance à l’insuline et tous ces effets secondaires
sur le métabolisme. Le fructose est principalement métabolisé par
le foie et le foie ne peut le métaboliser sans éventuellement
entreposer des graisses. Le glucose peut être métabolisé dans
l’ensemble du corps. Lorsque je parle de boissons sucrées, je fais
également référence aux boissons sportives comme le Gatorade et
aux boissons du genre limonade qui contiennent ce sucre, ce sirop
de maïs à taux de fructose élevé. Il ne s’agit pas uniquement des
boissons gazeuses, mais de toutes celles qui contiennent du
fructose.
Mr. Caulfield: I think this is a great question. I will look at it
from the perspective of policy. It does create a real challenge for
policy because so many of the policies focus on pop, or soda in
U.S. language. The problem, as just noted, is that fruit juice has
the same impact. I think fruit juice is largely pop without the fizz.
In fact, I think that, as also noted by Dr. DiNicolantonio, liquid
calories are generally not as satiating. They don’t make people
feel as full. From a policy perspective, it does become challenging
if we’re talking about taxing these beverages because I personally
M. Caulfield : C’est une excellente question. Je vais l’examiner
du point de vue des stratégies. Cela crée un réel problème pour les
stratégies parce qu’il y en a tellement qui visent les boissons
gazeuses. Le problème, comme vous venez de le faire remarquer,
est que les jus de fruit ont le même effet. Je dirais que les jus de
fruit sont tout simplement des boissons gazeuses sans les
bulles. En fait, je dirais, comme l’a déjà fait remarquer
M. DiNicolantonio, que les calories liquides d’une boisson ne
donnent pas la même sensation de satiété. Les gens ne sentent pas
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:55
think a sports drink is as bad as a coke in this realm. We need to
think more broadly than just pop. We need to think about the
social impact of liquid calories in general.
qu’ils ont assez bu. Du point de vue des stratégies, il me paraît
délicat de taxer ces boissons, parce que je pense que ces boissons
énergétiques sont aussi mauvaises que le Coca-Cola dans ce
domaine. Il ne faudrait pas penser uniquement aux boissons
gazeuses. Nous devons réfléchir aux répercussions sociales des
calories sous forme liquide, en général.
Senator Eggleton: I’m also struggling with what the best
measurement is. BMI gets used more frequently than others, and
some say waist circumference should be the measurement of who
is overweight and who is obese. What are your thoughts on this?
Le sénateur Eggleton : Je m’interroge également sur la
meilleure façon de mesurer l’obésité. On utilise plus
fréquemment l’IMC que les autres mesures. Certains disent que
le tour de taille est la mesure qui permet de savoir qui est en
surpoids et qui est obèse. Quel est votre avis sur cette question?
Mr. DiNicolantonio: I can start by saying that if you want
something easy, the waist to hip ratio is going to be better.
However, what we’re really talking about is fat around our organs
as the issue, not subcutaneous fat. We clearly know from trials
from Kimber Stanhope that fructose causes visceral adiposity.
That is the fat that you cannot see. It is underneath your
abdominal cavity. It is contained within the peritoneal cavity.
You can only see it on an MRI.
M. DiNicolantonio : Je pourrais commencer par dire que si
vous voulez une mesure simple, c’est le rapport tour de taille et
tour de hanche qui est le meilleur. Mais ici nous parlons en réalité
de la graisse qui entoure nos organes et non pas de la graisse souscutanée. Nous savons, à partir des expériences de Kimber
Stanhope, que le fructose cause l’adiposité viscérale. C’est la
graisse que vous ne pouvez pas voir. Elle se trouve sous votre
cavité abdominale. Elle est située dans la cavité péritonéale. Vous
ne pouvez la voir que par IRM.
We are talking about body fatness, but we can’t see it. We’re
getting fatty livers, and our kidneys and pancreas are becoming
fat. Our muscle is becoming fat. How can we monitor this? When
we look at body weight, we can gain muscle, and we are gaining
weight but we’re healthy. We can lose weight, but we can be
becoming more fat and could have less muscle. We really don’t
want to look at it from the standpoint of pounds. BMI is also a
terrible measure because you could be muscular and short and
very fit, and you would be considered unhealthy. We need to look
beyond BMI. Waist to hip ratio is a little better. Waist
circumference is somewhat of a marker of visceral adiposity,
but not necessarily. Of course we are not going to put MRIs to
everyone to see how fat they are, but that’s the issue. It’s called
thin on the outside and fat on the onside. That’s what fructose
causes.
Nous parlons de la graisse corporelle, mais nous ne pouvons
pas la voir. Les graisses s’introduisent dans le foie, dans nos reins
et dans notre pancréas. Les graisses s’accumulent dans nos
muscles. Comment pouvons-nous suivre tout ceci? Si nous
parlons de poids corporel, nous pouvons nous muscler et
prendre ainsi du poids, mais nous serons en bonne santé. Nous
pouvons perdre du poids, mais nous pourrions en fait avoir
davantage de graisse et moins de muscle. Il ne faut vraiment pas
parler de ce phénomène en termes de kilos. L’IMC est une très
mauvaise mesure parce qu’une personne peut être musclée, de
petite taille et très en forme, mais elle serait considérée comme
n’étant pas en bonne santé. Il faut aller au-delà de l’IMC. Le
rapport taille et hanches est un peu plus précis. Le tour de taille
reflète jusqu’à un certain point l’adiposité viscérale, mais pas
toujours. Bien sûr, nous n’allons pas utiliser l’IRM pour tout le
monde pour mesurer l’embonpoint, mais c’est la question. On
parle de quelqu’un qui est maigre à l’extérieur et qui a de la graisse
à l’intérieur. C’est ce que fait le fructose.
Mr. Caulfield: You will hear a lot of the same messaging, and
it’s great when you hear a consistent message. I think again the
doctor would agree that there is a building consensus that it’s not
a great health measure on an individual level. BMI remains when
you’re doing population health research, and it’s a useful metric
when you’re comparing countries, comparing populations, and
perhaps even when you’re measuring the effectiveness of a given
policy implementation or given policy strategy. I think BMI
remains useful on a population level, but increasingly the research
community is recognizing it’s not that effective as a metric of
individual health.
M. Caulfield : Vous allez entendre très souvent ce genre de
message et c’est une excellente chose que ce soit toujours le même
message. Je pense également que mon collègue vous dirait que,
d’une façon générale, cette mesure n’est pas un bon indice de la
santé lorsqu’on l’applique chez les individus. L’IMC est utile pour
la recherche sur la santé de la population et c’est une mesure
pratique pour comparer des pays, des populations, et peut-être
même lorsque l’on mesure l’efficacité de la mise en œuvre d’une
stratégie donnée ou même d’une stratégie. Je pense que l’IMC est
toujours utile au niveau de la population, mais le secteur de la
recherche reconnaît de plus en plus que ce n’est pas une mesure
efficace de la santé de l’individu.
The example I always use is you could go to the Olympic
Games and watch the start of the 100 metre final, with some of
the fittest human beings on planet Earth, and they are probably
Il y a un exemple que je prends toujours, c’est celui des Jeux
olympiques et du départ de la finale du 100 mètres; ces coureurs
sont peut-être les êtres humains les plus en forme de la planète
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Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
all, from a BMI perspective, either obese or overweight. On an
individual level, there are different metrics to use. BMI remains
useful as a metric on a population epidemiological level.
terre, mais du point de vue de l’IMC, ils sont probablement tous
obèses ou en surpoids. Sur une base individuelle, on peut utiliser
d’autres mesures. L’IMC conserve son utilité pour mesurer le
niveau épidémiologique d’une population.
Senator Stewart Olsen: Dr. DiNicolantonio, I want to clarify
something that is maybe a bit confusing to our viewers here, and
that’s your use of the word ‘‘soda.’’ On some of your slides, it’s
just the word ‘‘soda.’’ Are you talking about the sweetened colas
and soft drinks? I know you mentioned unsweetened or diet soda.
La sénatrice Stewart Olsen : M. DiNicolantonio, j’aimerais
préciser quelque chose qui est un peu difficile pour nos spectateurs
et c’est votre emploi du mot « boisson gazeuse ». Dans certaines
de vos diapositives, il n’y a que le mot « boisson gazeuse ».
Parlez-vous des boissons gazeuses sucrées et des Coca-Cola
sucrés? Je sais que vous avez parlé de boissons gazeuses diètes ou
non sucrées.
Mr. DiNicolantonio: That’s actually the terminology that was
used in the trial, but obviously what I’m referring to is any type of
liquid calorie that contains fructose. That is really what the issue
is.
M. DiNicolantonio : C’est en fait la terminologie qui était
utilisée dans cette expérience, mais il est évident que je fais
référence à n’importe quel type de calorie sous forme liquide qui
contient du fructose. Le problème est en fait là.
Senator Stewart Olsen: Professor Caulfield, I think this is going
to be one of the most depressing studies that we have ever done
because for some people, the only joy they now have is eating.
La sénatrice Stewart Olsen : M. Caulfield, je crois que cette
étude va sans doute être une des études les plus déprimantes que
nous ayons jamais effectuées, parce que pour certaines personnes,
le seul plaisir dans la vie est celui de manger.
I’m trying to figure out how we can possibly impose
regulations on what is essentially a basic need. People will
resent that — the freedom of it. I know you support it, but I think
it’s difficult. Do you have any ideas?
J’essaie d’imaginer comment nous pourrions réglementer ce qui
est essentiellement un besoin fondamental. Les gens vont très mal
accepter ce genre de chose — perdre leur liberté. Je sais que vous
êtes en faveur de mesures de ce genre, mais cela me parait difficile.
Avez-vous des idées?
Mr. Caulfield: You’re right. Whenever these bans or
regulations are put forward, you do hear cries of ‘‘liberty’’ and
‘‘nanny state.’’ You saw that in New York, and probably today in
California, where they’re debating their soda tax. You even saw it
in Mexico, where there was resistance to it.
M. Caulfield : Vous avez raison. Chaque fois que l’on propose
ce genre d’interdiction ou de réglementation, il y en a qui crie
« liberté » et « nounoucratie ». Vous avez vu la situation à New
York, et peut être aujourd’hui en Californie, parce qu’on parle de
taxer les boissons gazeuses. On a connu la même chose au
Mexique et cela a suscité un mouvement de résistance.
Throughout the world, there have been focus groups and
surveys done. In general, people are tentatively supportive of
these kinds of measures. That’s one of the reasons I’m so
concerned about things like the ‘‘genetic myth.’’ There is a study
from Yale that showed that if you cast obesity as an individual
problem, or as a disease, people are less willing to accept a
government intervention or a government strategy. It’s called the
framing phenomenon. If it’s framed as a broader social problem,
then people are much more willing to accept it.
Dans le monde entier, on a tenu des groupes de discussion et
effectué des enquêtes. D’une façon générale, les gens sont
légèrement favorables à ce genre de mesures. C’est une des
raisons pour lesquelles des idées comme le « mythe génétique »
m’inquiètent. Il y a une étude effectuée à Yale qui montre que, si
l’on présente l’obésité comme un problème individuel ou comme
une maladie, les gens ont moins tendance à accepter l’intervention
du gouvernement ou les stratégies gouvernementales. Cela
s’appelle jouer sur la présentation du phénomène. S’il est
présenté comme un problème social plus large, alors les gens
sont davantage enclins à l’accepter.
In this realm, there is tentative broad support for government
intervention and there have been specific studies on things like the
banning of marketing to kids. There is generally really good
acceptance of that. Also, there has been some acceptance for
taxes. The resistance becomes greater when you say that you can’t
have this, when it becomes an all-out ban, or when the
government says you can’t eat this anymore.
Dans ce domaine, il existe, d’une façon générale, un appui assez
large pour les interventions du gouvernement et on a effectué des
études précises sur des mesures comme l’interdiction du marketing
visant les enfants. Ce genre de mesure est généralement bien
accepté. Les taxes ont également été relativement bien acceptées.
La résistance devient plus forte lorsque le gouvernement refuse
certaines choses à la population, lorsque cela devient une
interdiction générale ou lorsque le gouvernement dit que la
population ne peut plus manger tel aliment.
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:57
It is a challenge, but currently there is tentative and broad
support for government getting involved in this area, particularly
where you are trying to nudge the population in a direction,
you’re trying to promote healthy choices, and you are not saying,
‘‘You can’t have this substance.’’
C’est un défi, mais à l’heure actuelle, il existe un consensus
assez large en faveur de l’intervention du gouvernement dans ce
domaine, en particulier lorsqu’on essaie de pousser la population
dans une direction, ce qui revient à faire la promotion des choix
santé et que le gouvernement ne dit pas : « Vous ne pouvez pas
avoir accès à cet aliment. »
Senator Stewart Olsen: We’re starting to hear two messages: we
don’t want to stigmatize people who are obese, but we want
people not to be obese. That’s a real difficulty. This was tried
when we taxed cigarettes. That didn’t work. The only thing that
really worked with smoking was peer pressure and people saying,
‘‘Don’t breathe that in my face.’’ I’m not sure how we can sort
that out.
La sénatrice Stewart Olsen : Nous commençons à entendre
deux messages : nous ne voulons pas stigmatiser les obèses, mais
nous ne voulons pas que les gens soient obèses. C’est là un grave
problème. C’est ce que nous avons essayé de faire lorsque nous
avons taxé les cigarettes. Cela n’a pas fonctionné. La seule chose
qui ait vraiment donné des résultats avec le tabagisme a été la
pression exercée par les pairs et le fait que les gens ont commencé
à dire : « Ne m’envoie pas ta fumée dans le visage. » Je ne sais pas
très bien comment nous allons pouvoir régler tout cela.
Mr. Caulfield: This is a superb question and I’m smiling
because I had a section in my brief on weight bias. I took that off
because I didn’t want to give you too much and I wanted to keep
my message simple.
M. Caulfield : C’est une question vraiment superbe et je souris
parce que, dans mon mémoire, j’ai une section qui traite du biais
anti surpoids. Je l’ai sautée parce que je ne voulais pas mentionner
trop de choses et que je voulais que mon message demeure simple.
You are correct. The weight bias issue is one reason, amongst
many, that makes it such a challenging area. You don’t want to
blame the individual, but the individual is part of the story. The
choices they make are part of the story. It is a real challenge.
There are also studies that have shown that increasing
stigmatization, such as increasing weight bias, makes it more
difficult for people to lose weight.
Vous avez raison. Le biais anti surpoids est une des raisons,
parmi de nombreuses autres, qui fait que cette question est très
complexe. Il ne faut pas blâmer l’individu, mais l’individu fait
partie de l’ensemble. Les choix des individus font partie de
l’ensemble. C’est un véritable défi. Il y a également des études qui
ont montré que le renforcement de la stigmatisation, comme
l’augmentation du biais anti surpoids, complique les choses pour
les personnes qui veulent perdre du poids.
Senator Stewart Olsen: Absolutely.
La sénatrice Stewart Olsen : Absolument.
Mr. Caulfield: It is a phenomenal challenge. That’s why I think
a healthy lifestyle needs to be promoted. I think the government
can play that role.
M. Caulfield : C’est un défi phénoménal. C’est pourquoi il faut
promouvoir les modes de vie sains. Je pense que le gouvernement
peut jouer ce rôle.
There is data on the fit-fat debate, and Dr. DiNicolantonio
could comment on this, that if you adopt a healthy lifestyle,
whether you lose weight or not, you are going to be healthier. If
you’re being more active, eating more fruits, vegetables and whole
grains, then you will be healthier whether you lose weight or not.
The country will be healthier. I always gravitate towards policies
that promote that global healthy lifestyle, hoping that it will also
have the effect of reducing obesity.
Il existe des données sur la question forme ou surpoids et
M. DiNicolantonio pourrait vous en parler; si vous adoptez un
style de vie sain, que vous perdiez du poids ou non, vous serez en
meilleure santé. Si vous êtes plus actif, mangez davantage de
fruits, de légumes et de céréales entières, alors vous serez en
meilleure santé que vous perdiez du poids ou non. La population
sera en meilleure santé. J’ai toujours tendance à favoriser les
stratégies qui font la promotion d’un mode de vie généralement
sain, en espérant que cela aura également pour effet de réduire
l’obésité.
The Chair: Dr. DiNicolantonio, do you want to add anything
to that?
Le président : Monsieur DiNicolantonio, voulez-vous ajouter
quelque chose à cela?
Mr. DiNicolantonio: I would like to comment on health policy.
Why don’t we give food companies an incentive to grow and
produce real and healthy food? Can we subsidize healthy food?
M. DiNicolantonio : J’aimerais faire un commentaire sur les
stratégies en matière de santé. Pourquoi ne pas donner aux
sociétés qui fabriquent des aliments un incitatif qui les amènerait
à produire des aliments sains et nutritifs? Pourrions-nous
subventionner les aliments sains?
The Chair: We have noted that suggestion. Thank you very
much.
Le président : Nous avons noté cette suggestion. Merci.
22:58
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
Senator Merchant: Thank you to our guests. I’m a little
conflicted because I don’t think that the government can really
tell people how to live their lives. People should be in control of
that aspect themselves. You can give information, as you have
this morning. Mr. Caulfield, you are more interested in a healthy
lifestyle, as opposed to being interested in losing weight. This is a
study about obesity.
La sénatrice Merchant : Merci à nos invités. J’éprouve quelques
difficultés parce que je ne pense pas que le gouvernement puisse
vraiment dire aux gens comment ils doivent vivre. Ce sont les gens
qui doivent s’occuper eux-mêmes de cet aspect. On peut toujours
donner de l’information, comme vous l’avez fait ce matin.
Monsieur Caulfield, vous vous intéressez davantage à un mode
de vie sain, par opposition à perdre du poids. Notre étude porte
sur l’obésité.
I’m not sure that we, the government, should be telling people
exactly how to live their lives. I find that difficult.
Je ne suis pas sûre que le gouvernement doive dire aux gens
comment ils devraient vivre. Je trouve cela difficile.
Could you tell us about some healthy foods that people should
consume? For instance, you talked about fruit juices, but what
about fruit? What is the sugar level in fruit? Can you eat too much
fruit?
Pouvez-vous nous parler des aliments sains que les gens
devraient consommer? Par exemple, vous avez parlé des jus de
fruit, mais que pensez-vous des fruits? Quel est le niveau de sucre
dans un fruit? Peut-on manger trop de fruits?
Mr. DiNicolantonio: I think fruit and vegetables are healthy.
Anything that the hunter-gatherers could pick or if you can grow
it, then it is healthy. Almonds are healthy. Can your government
afford to have a population that is sick? We say that we can’t
control people. Will there be enough government funds left, if
everyone is sick? If we do not get this under control, it’s going to
affect everybody. I think healthy food includes things such as
animals that are set to pasture. There is no problem with eating
saturated fat, if it comes from an animal that has been eating
grass. That’s a common myth.
M. DiNicolantonio : Je pense que les fruits et les légumes sont
des aliments sains. Tout ce que les chasseurs-cueilleurs pouvaient
ramasser, ou les aliments que vous faites pousser, ce sont tous des
aliments sains. Les amandes sont un aliment sain. Votre
gouvernement peut-il se permettre d’avoir une population en
mauvaise santé? Nous disons que nous ne pouvons pas contrôler
les gens. Restera-t-il suffisamment de fonds publics si toute la
population est malade? Si nous n’arrivons pas à contrôler ce
phénomène, il va toucher la population entière. Je pense que
parmi les aliments sains, il y a des choses comme les animaux qui
sont élevés en liberté. Il n’est pas mauvais de manger des graisses
saturées, si elles viennent d’un animal nourri à l’herbe. C’est un
mythe très courant.
There are tons of populations that are eating real whole food, if
they eat animals that are grazers, such as the Masai in Africa, the
Native Americans, the Eskimos that ate mostly caribou, seals,
and things of that nature. If it has a food label on it, then it’s not
normally healthy for you. If there are more than a couple of
ingredients on the food label then you can assume it’s probably
processed and therefore not healthy.
Il y a de nombreux peuples qui mangent de vrais aliments, s’ils
mangent des animaux qui se nourrissent d’herbe, comme les
Masai en Afrique, les Indiens d’Amérique, les Esquimaux qui
mangeaient principalement du caribou, des phoques et des
choses de ce genre. S’il y a une étiquette sur l’aliment, alors
habituellement il n’est pas bon pour vous. S’il y a plus que
quelques ingrédients sur l’étiquette d’un aliment, alors vous
pouvez tenir pour acquis que cet aliment a été transformé et qu’il
n’est donc pas bon pour la santé.
Mr. Caulfield: I sympathize with the idea that the government
shouldn’t be interfering in individuals’ lives. It is a real challenge.
As a law professor, this is at the core of some of the work that we
do in this area. The government always tries to promote healthy
things. We have rules about traffic, smoking, about kids going to
school, and how restaurants can operate. I could go on and on.
M. Caulfield : J’accepte très bien l’idée que le gouvernement ne
devrait pas se mêler de la vie des citoyens. C’est un véritable défi.
En tant que professeur de droit, cet aspect est au cœur du travail
que nous effectuons dans ce domaine. Le gouvernement essaie
toujours de promouvoir la santé. Nous avons des règles pour la
circulation routière, pour le tabagisme, pour la fréquentation des
écoles par les enfants et pour l’exploitation des restaurants. Je
pourrais continuer longtemps.
This is clearly a tremendous issue for the developed world.
Some people have argued that it is the number one public health
concern on planet Earth right now. Some kind action needs to be
taken.
C’est bien manifestement une question très grave pour le
monde développé. Certains affirment que c’est le problème
numéro un en matière de santé publique sur la planète terre à
l’heure actuelle. Il faut donc faire quelque chose.
When I said that I want to promote a healthy lifestyle, I meant
that. I also think that we do need to think of strategies for weight
loss. One reason is because we have such a level of evidence of
how we can make populations lose weight. I think we should
Lorsque je dis que je souhaite favoriser un mode de vie sain,
c’est ce que je veux dire. Je pense également que nous devrions
réfléchir aux stratégies favorisant la perte de poids. Une des
raisons est que nous disposons à l’heure actuelle de nombreuses
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:59
adopt policies with the goal of helping populations lose weight,
but also include the broader impact of promoting a healthy
lifestyle, which will make populations healthier.
études qui montrent comment amener une population à perdre du
poids. Je pense que nous devrions adopter des stratégies dans le
but d’aider la population à perdre du poids, mais aussi à
mentionner les répercussions plus larges de l’adoption d’un mode
de vie sain, ce qui améliorera la santé de la population.
The other thing I haven’t emphasized is the importance of
childhood obesity. We want to make sure the next generation is
healthy, in that it has a healthy weight, a healthy attitude towards
food, and understands what a healthy diet looks like.
L’autre aspect sur lequel je n’ai pas insisté est l’importance de
l’obésité chez les enfants. Nous voulons veiller à ce que la
génération suivante soit en bonne santé, qu’elle ait un poids santé,
une attitude saine à l’égard des aliments et qu’elle comprenne ce
qu’est un régime sain.
I think the government needs to be involved and there is
support in the Canadian population for that.
Le gouvernement doit, d’après moi, intervenir et il bénéficie sur
ce point d’un appui dans la population canadienne.
I also would like to talk about a healthy diet. Again, I look at
this from a 30,000-foot view. I think the message needs to be
simple and clear: fruits and vegetables, whole grains and lean
protein. It needs to be a simple message. The only diet that really
has solid clinical data to support it is the Mediterranean diet or
some variation of it. We need to keep the message simple.
J’aimerais également parler d’un régime santé. Encore une fois,
je regarde cela de très haut. Je pense que le message doit être
simple et clair : des fruits et des légumes, des céréales entières et
des protéines faibles en gras. Il faut que le message soit simple. Le
seul régime pour lequel nous disposons de solides données
cliniques est le régime méditerranéen ou une variation de ce
régime. Il faut que le message soit simple.
Senator Merchant: I’m glad to hear that. I was wondering
where I can buy these very healthy foods. Where can I find the
meat that the Masai eat? For families we have to be realistic.
Where will families shop? Meats are full of antibiotics, and
vegetables are full of fertilizers and things that are detrimental to
the quality we want. Organic farming hasn’t really taken off. It’s
expensive, and not everybody can afford it. Where would families
who want to support your ideals and are concerned about their
children shop? Of course we want everybody to be healthy
because health costs affect every one of us. How do we put this
into practice?
La sénatrice Merchant : Je suis heureuse de l’entendre. Je me
demandais où je pourrais acheter ces aliments très sains. Où
pourrais-je trouver la viande que mangent les Masai? Pour les
familles, il faut être réaliste. Où les familles vont-elles acheter leur
nourriture? La viande est pleine d’antibiotiques, les légumes de
fertilisants et de choses qui vont à l’encontre de la qualité
recherchée. L’agriculture biologique n’a pas vraiment décollé. Ces
produits sont coûteux et tout le monde ne peut pas se les
permettre. J’aimerais savoir où les familles, qui veulent appuyer
vos idées et qui s’inquiètent de leurs enfants, vont-elles acheter
leur nourriture? Bien sûr, nous souhaitons que tout le monde soit
en bonne santé parce que les coûts des services de santé touchent
chacun d’entre nous. Comment mettre tout cela en pratique?
Mr. Caulfield: I feel very strongly about this. Your comment is
a wonderful reflection of one of the last points I made in my
presentation. We have to avoid this confused messaging. We need
a simple message for the Canadian public: Eat lots of fruits and
vegetables, eat whole grains, and eat a balanced diet. I think all of
these things, GMOs, organic, and so on, are at the margins. When
we’re speaking to the population level, let’s get the basics right.
Get people eating more fruits and vegetables, more nuts, and
healthy proteins. Keep it simple and we could cause a sea change.
Then we can start worrying about whether it’s organic.
M. Caulfield : C’est un aspect qui me tient à cœur. Votre
commentaire illustre magnifiquement une des dernières
remarques que j’ai faites dans mon exposé. Il faut éviter de
donner des messages confus. Il faut donner à la population
canadienne un message simple : mangez beaucoup de fruits et des
légumes, mangez des céréales entières, ayez une alimentation
équilibrée. Je pense que toutes ces autres choses, les OGM, les
aliments biologiques et le reste sont marginaux. Lorsque nous
nous adressons à la population, il faut être clair sur les
fondamentaux. Que les gens mangent davantage de fruits et de
légumes, davantage de noix et des protéines saines. Il faut
simplifier les choses et cela pourrait changer énormément la
situation. Nous pourrons ensuite nous demander si ces aliments
sont biologiques.
I just wrote a piece on organic food, and there is no solid
evidence that organic food is more nutritious. When we move on
to whether it’s less safe and there’re more pesticides, I think the
data becomes more questionable. There is still no evidence that
conventional food has unsafe levels of pesticides. The concern and
Je viens d’écrire un article au sujet des aliments biologiques et
j’ai mentionné qu’il n’existait aucune donnée solide établissant
que les aliments biologiques étaient plus nutritifs que les autres.
Lorsqu’il s’agit de savoir ce qui est moins bon pour la santé et s’il
y a davantage de pesticides, je crois que les données sont plus
22:60
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
focus should be eating an appropriate amount of fruits and
vegetables, not whether they have pesticides and whether they are
organic.
douteuses. Nous ne disposons encore d’aucun élément indiquant
que les aliments conventionnels contiennent des niveaux
dangereux de pesticide. L’essentiel est de consommer une
quantité appropriée de fruits et de légumes, et non pas de
chercher à savoir s’ils contiennent des pesticides et s’ils sont
biologiques.
The impact of organic versus conventional on the environment
becomes even more controversial, and that is not the topic for this
committee.
L’impact de l’agriculture biologique comparée à l’agriculture
conventionnelle sur l’environnement est encore très controversé et
ce n’est pas le sujet dont traite ce comité.
The Chair: Do you have any additional comment on this,
Mr. DiNicolantonio?
Le président : Avez-vous d’autres commentaires à faire sur ce
point, monsieur DiNicolantonio?
Mr. DiNicolantonio: I agree, in general. Let’s keep it simple
and focus on something as simple as eating more fruits and
vegetables. With regard to organic, I recently published an invited
commentary on the large meta-analysis in the British Journal of
Nutrition, which combined 350 studies and showed that organic
crops had 50 per cent less heavy-metal cadmium toxicity, fewer
pesticides and more phytonutrients. It comes down to the soil, so
organic crops are not inherently healthy. I agree that we need to
make it a simple message. Eating real food is what needs to occur,
and subsidizing healthy food is a good start.
M. DiNicolantonio : D’une façon générale, je suis d’accord
avec le témoin. Il faut demeurer simple et axer le message sur une
chose aussi simple que de manger davantage de fruits et de
légumes. Pour ce qui est des aliments biologiques, je viens de
publier un commentaire qu’on m’avait demandé de faire sur une
grande méta-analyse publiée dans le British Journal of Nutrition,
qui regroupait 350 études et montrait que les aliments biologiques
étaient moitié moins toxiques pour ce qui est du cadmium, des
métaux lourds et des pesticides et contenaient davantage de
phytonutrients. Cela vient en fait du sol, de sorte que les aliments
biologiques ne sont pas meilleurs par nature. Je souscris à l’idée
qu’il faut que le message soit simple. Il faut que la population
mange de vrais aliments et subventionner les aliments sains est un
bon début.
Senator Seidman: We might just head into the confusion of
consistency of nutritional guidelines and indices that are used to
measure them and the whole issue of labelling. I would suggest,
Dr. DiNicolantonio, that as a cardiovascular research scientist
you might understand that the cardiovascular research field might
have been responsible for a gold standard paradigm in the
Framingham cohort study that led to the development of
nutritional guidelines that lasted decades and decades. It
focused on the whole aspect of saturated fat and didn’t deal
with issues of sugar.
La sénatrice Seidman : Nous pourrions aussi débattre de la
confusion que crée le manque de cohérence des lignes directrices
nutritionnelles et des indices utilisés pour les mesurer, et nous
pencher sur la question de l’étiquetage. Je dirais, monsieur
DiNicolantonio, qu’en tant que chercheur dans le domaine de la
santé cardiovasculaire, vous comprenez sûrement que ce domaine
est peut-être à l’origine du paradigme qui a servi de norme de
référence dans l’étude de la cohorte de Framingham et qui a mené
à l’élaboration des lignes directrices nutritionnelles qui ont
dominé le milieu pendant des décennies. Ces lignes directrices
étaient centrées sur la problématique des gras saturés et laissaient
complètement de côté les problèmes liés aux sucres.
With respect to nutritional guidelines, indices, what they’re
based on, their consistency, and what we can do for Canadians, I
would appreciate hearing something from both of you. You have
both talked about basic, simple guidelines but the fact is we don’t
have basic, simple guidelines. We have indices and label usage.
How can we help Canadians understand the important issues,
both with nutritional guidelines and correct labelling?
En ce qui concerne les lignes directrices nutritionnelles, les
indices, leur cohérence et ce sur quoi ils sont fondés, j’aimerais
connaître votre opinion à tous les deux. Que pourrions-nous faire,
selon vous, pour aider les Canadiens? Vous avez tous deux parlé
de lignes directrices de base simples, mais le fait est que nous
n’avons pas de telles lignes directrices. Nous avons des indices et
des tableaux d’information nutritionnelle. Quels types de lignes
directrices et d’étiquetage nutritionnels pourrions-nous adopter
pour aider les Canadiens à comprendre les points essentiels?
I would like to mention, as you both made reference to Mexico,
the fact that this year they put a levy of 8 per cent on food with an
energy content exceeding 275 kilocalories per 100 grams. What is
your reaction to that in terms of what scientific basis they may
have used for that and how valid it would be?
Puisque vous avez tous deux évoqué le cas du Mexique,
j’aimerais rappeler que ce pays a imposé une taxe de 8 p. 100 sur
les aliments dont le contenu calorique est supérieur à 275 calories
par 100 grammes. Comment réagissez-vous à cela? Sur quelle base
scientifique cette initiative s’appuie-t-elle, et à quel point est-elle
valide?
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:61
Mr. DiNicolantonio: Taxing foods that are high in calories is
the wrong approach. We know that satiating foods have more fat
and contain more calories per gram. We don’t care about how
dense the food is in calories at that point. We care whether that
food substance will drive continuous consumption of food. It is
generally the lower calorie foods doing that — higher in sugar,
lower in fat.
M. DiNicolantonio : La taxation sélective sur les aliments à
haute teneur calorique est une mauvaise façon de composer avec
le problème. Nous savons que les aliments qui ont un effet
rassasiant contiennent davantage de gras et de calories par
gramme. Pour l’instant, oublions la densité calorique de l’aliment.
Ce qui nous intéresse, c’est de savoir si cet aliment mènera à la
consommation continue de nourriture. En général, c’est ce que
font les aliments à plus basse teneur calorique — ceux qui
contiennent plus de sucres et peu de gras.
With regard to guidelines, I would follow the American Heart
Association, which recommends no more than six teaspoons of
sugar for women and no more than nine for men daily; or follow
the World Health Organization that recently dropped their
recommended added-sugar intake to less than 5 per cent for
ideal health. This conflicts with the Institute of Medicine, which
says you can eat up to 25 per cent of your calories from added
sugars. I would go with the more consistent message of reducing
the total caloric consumption of added sugars to less than
10 per cent of total calories.
En ce qui concerne les lignes directrices, je suivrais celles de
American Heart Association, qui recommande un maximum
quotidien de six cuillères à thé de sucre pour les femmes et de neuf
pour les hommes, ou encore celles de l’Organisation mondiale de
la Santé qui a récemment réduit à moins de 5 p. 100 la
consommation de sucres recommandée pour un état de santé
idéal. Cela va à l’encontre de l’Institute of Medicine, qui dit que
25 p. 100 des calories nécessaires peuvent provenir de sucres
ajoutés. Je pencherais pour le message le plus cohérent, celui qui
consiste à réduire la consommation de sucres ajoutés à moins de
10 p. 100 de l’apport calorique total.
Mr. Caulfield: I’ll start with Mexico. As I said in my
introduction, it pains me to recommend taxing sugar because I
am an evidence-based person and I don’t think that there is a
definitive evidence base behind it. A 2013 meta-analysis of
existing data suggests that it may lead to a reduction in obesity;
but I’m not totally sold on that. I think it will lead to a reduction
in the consumption of these kinds of beverages but I’m okay with
that. As I said, it may lead to a healthy lifestyle and hopefully to a
culture that eventually lowers the obesity rate.
M. Caulfield : Je commencerai par l’exemple du Mexique.
Comme je l’ai mentionné en introduction, j’ai du mal à
recommander l’imposition d’une taxe sur les sucres, parce que je
suis quelqu’un qui se fie aux données probantes et selon moi,
aucune preuve concluante ne vient étayer l’existence d’une
relation positive entre la consommation de boissons sucrées et le
gain de poids. Une méta-analyse des données existantes effectuée
en 2013 donne à penser que cette mesure peut mener à une
réduction de l’obésité, mais je ne suis pas totalement vendu à cette
idée. Je crois que cette mesure entraînera une réduction de la
consommation de ces types de boissons, ce que je ne peux
qu’approuver. Comme je l’ai dit, elle pourrait favoriser la
promotion d’un mode de vie sain et, espérons-le, donner lieu à
une diminution du taux d’obésité.
With respect to food guidelines, I completely agree with you.
The Canadian food guide is incredibly confusing. For one of my
books, I tried to follow it. I get lost in portions so it was very
difficult. I actually like the ‘‘my plate’’ approach they have in the
United States. It’s much simpler and when I’m speaking to the
general public, this is the approach I take. Think about what
you’re going to eat in a day as a daily plate: 50 per cent should be
fruits and vegetables, one portion should be whole grains, one
portion protein and a little sliver for junk. That’s much easier for
people to think about on a day-to-day basis.
En ce qui concerne les lignes directrices nutritionnelles,
j’abonde entièrement dans votre sens. Le Guide alimentaire
canadien porte vraiment à confusion. J’ai essayé de le suivre pour
un de mes livres, mais je n’arrivais pas à comprendre clairement la
question des portions. J’aime beaucoup l’approche utilisée aux
États-Unis et qu’on a baptisée « Mon assiette ». Elle est beaucoup
plus simple. C’est celle que j’utilise quand je m’adresse au grand
public. Pensez à tout ce que vous allez manger au cours d’une
journée comme étant le contenu d’une assiette quotidienne :
50 p. 100 doivent être composés de fruits et de légumes; l’autre
moitié comprend une portion de grains entiers, une portion de
protéines et une toute petite part de malbouffe. Les gens ont
beaucoup plus de facilité à penser en termes d’assiette
quotidienne.
I really believe there are five or six things that human beings
can do that will take them 95 per cent of the way to a healthy life.
Everything else is on the margins. Don’t smoke; exercise regularly
with a little bit of vigorous exercise; eat real food, as has been
mentioned; try to maintain a healthy weight, which is very tough;
and take some preventive strategies, such as wearing a helmet
Je crois sincèrement qu’il existe cinq ou six choses que les gens
peuvent faire pour accomplir 95 p. 100 du parcours vers une vie
en bonne santé. Tout le reste est accessoire. Ne pas fumer, faire de
l’exercice régulièrement en y incluant un peu d’exercices
vigoureux, manger de vrais aliments, comme nous l’avons dit
plus tôt, essayer de maintenir un poids santé, ce qui n’est pas
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Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
when you ride a bike, a seat belt when you drive a car, and try to
get a good night’s sleep. The other thing is to have good
relationships and love someone. If you do those things, you are
95 per cent of the way to a healthy lifestyle. That’s a message that
the government could get behind.
facile, et recourir à quelques stratégies de prévention telles que le
port du casque à vélo, le port de la ceinture de sécurité en voiture
et de bonnes nuits de sommeil. L’autre étant l’entretien de bonnes
relations avec son entourage et l’amour d’une autre personne. Si
vous faites tout cela, vous aurez parcouru 95 p. 100 du chemin
vers un mode de vie sain. Voilà un message que le gouvernement
pourrait faire valoir.
Senator Seidman: Neither of you has said anything about
labelling. I know that doesn’t necessarily fit with your message, in
a way, because you are presenting very basic elements about how
we manage our dietary intake. Labelling is a fact of life in our
society, and we all go to grocery stores. I’m sure it increases my
time spent in the grocery store by at least an hour trying to
understand labels because they’re so complicated and confusing.
La sénatrice Seidman : Aucun d’entre vous n’a abordé le sujet
de l’étiquetage. Je sais que dans un certain sens, ce sujet ne cadre
pas nécessairement avec le message que vous livrez et qui consiste
à présenter des éléments de base sur la façon de gérer notre apport
alimentaire quotidien. Dans notre société, l’étiquetage est une
réalité bien concrète, tout le monde fait son épicerie. Je suis
convaincue que j’y passe une heure de plus que nécessaire rien
qu’à essayer de comprendre les étiquettes, qui sont tellement
compliquées et tellement confuses.
Is there something that you could recommend in terms of
simplifying this? You’re for simplifying and I totally agree with
simplifying labelling.
Avez-vous une recommandation pour simplifier tout cela?
Vous préconisez la simplicité et je serais entièrement d’accord
pour une simplification de l’étiquetage.
Mr. Caulfield: Yes. One of the reasons I didn’t emphasize
labelling — and I mentioned it briefly in my brief and I think
Dr. DiNicolantonio would agree with this — is that real food
doesn’t need a label. Fruits, bananas and asparagus don’t need
labels. In addition, there is some evidence from Australia that a
simple message like the stoplight message may be best where you
give these broad recommendations.
M. Caulfield : Oui. L’une des raisons pour lesquelles je n’ai pas
insisté sur l’étiquetage — je l’ai mentionné brièvement dans mon
mémoire et je crois que M. DiNicolantonio serait d’accord avec
moi — c’est que la vraie nourriture n’a pas besoin d’étiquette. Les
fruits, les bananes et les asperges se passent d’étiquette. En outre,
des données probantes recueillies en Australie révèlent qu’un
message simple, fondé sur l’utilisation d’un code couleur allant du
vert au rouge, comme celui des feux de circulation, peut s’avérer la
meilleure façon de transmettre des recommandations générales.
Colleagues of mine at the University of Alberta have also
produced a stop-light approach. Green is really healthy, orange is
not very much and red don’t eat or eat less of. The problem then
is what you put in those categories. I think there would be a lot of
disagreement. I disagree with a lot of things that are in the yellow,
I think they should be in the red, but beyond that challenge I
think a simple messaging like that is probably best.
Des collègues de l’Université de l’Alberta ont également mis au
point une approche fondée sur le système des feux de circulation.
Le vert désigne les aliments sains, le jaune ceux de qualité
nutritionnelle médiocre et le rouge, les aliments à bannir ou à
restreindre. Le problème consiste à déterminer quels aliments
vous allez classer dans ces catégories. Je crois qu’il y aurait bien
des désaccords autour de cette question. Je ne suis pas d’accord
avec mes collègues sur un grand nombre d’aliments qu’ils ont
classés dans la catégorie jaune et qui, selon, moi, auraient dû être
dans la rouge, mais mise à part cette difficulté, je pense qu’un
message aussi simple que celui-là est probablement la meilleure
façon de faire.
Mr. DiNicolantonio: I have two additions to that. I would say
stop highlighting calories in bold, big letters and start highlighting
added sugars because, as I said before, for highlighting calories,
now we’re avoiding high fat calorie foods that are satiating and
eating lower fat, higher refined carbohydrate and foods higher in
added sugars.
M. DiNicolantonio : J’aimerais souligner deux autres points.
Cessons d’indiquer les calories en gros caractères gras et
commençons plutôt à attirer l’attention sur les sucres ajoutés,
car comme je l’ai dit plus tôt, le fait de nous centrer sur les calories
nous a amenés à éviter les aliments rassasiants dont la haute
teneur en calories provient des gras, pour nous tourner vers des
aliments riches en glucides hautement raffinés ou à forte teneur en
sucres ajoutés.
Let’s start highlighting added sugars and decreasing emphasis
on the calories because the quality of the food drives our total
calorie consumption throughout the day. We want to look at
Commençons à mettre l’accent sur les sucres ajoutés et à
reléguer les calories au second plan, parce que c’est la qualité des
aliments qui détermine notre consommation totale de calories
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Affaires sociales, sciences et technologie
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quality drives quantity, not looking at quantity calories on the
label.
quotidiennes. Nous voulons que la quantité d’aliments
consommés soit dictée par la qualité et non par le nombre de
calories indiqué sur l’étiquette.
Senator Seidman: With regard to what you’re suggesting about
labelling, are there any international standards? There will be a
big issue between what’s healthy and what’s not. I agree
Mr. Caulfield that there are serious questions about that.
Le sénateur Seidman : Existe-t-il des normes internationales en
matière d’étiquetage? La grande question sera d’établir ce qui est
sain et ce qui ne l’est pas. Je suis d’accord avec M. Caulfield, de
sérieuses questions se posent à cet égard.
Is there anything that you could recommend to us in terms of
international guidelines or other countries that have successfully
tackled this issue?
Pouvez-vous nous faire des recommandations à la lumière des
lignes directrices internationales ou de pays qui ont réussi à régler
ce problème?
Mr. Caulfield: There are research protocols going on around
the world. Even in Canada there have been some research
protocols. Australia is a good example that you can turn to. I
believe in the U.K. they have also used different kinds of labelling
approaches. I think there are places that we can turn to. Even
there we see there is a great variance in how it’s labelled.
M. Caulfield : Il y a des protocoles de recherche en cours
partout dans le monde, et même au Canada. L’Australie est un
bon exemple. Le Royaume-Uni a également utilisé différents
types d’approches en matière d’étiquetage. Je crois qu’il y a
plusieurs pays auxquels s’adresser. Même à l’intérieur d’un même
pays, il y a beaucoup de variation sur la manière d’étiqueter les
aliments.
One of the concerns I have with labelling and it does go back to
something I said before is it does kind of push us away from
eating the real foods because things that need to be labelled are
generally processed or packaged and there should be an emphasis.
Again, this is something the government can help with moving
towards is eating things that don’t necessarily come in a package.
Une de mes préoccupations au sujet de l’étiquetage — et cela
revient à ce que j’ai dit tout à l’heure —, c’est qu’il me semble que
l’étiquetage nous éloigne de la vraie nourriture. Je crois que nous
devrions insister sur le fait que les aliments qui doivent être
étiquetés sont généralement des aliments transformés et emballés.
Je le répète, s’il est une chose que le gouvernement peut faire pour
améliorer la situation, c’est inciter la population à consommer
davantage de produits qui ne sont pas vendus dans un emballage.
Senator Seth: I can see that Professor Caulfield and
Dr. DiNicolantonio have been suggesting a dietary problem
containing a high level of carbohydrates under the policy and we
have an increasing rate of obesity. Have you thought about the
fact that in 2014 the OECD also states that there is a link between
excess weight and education levels? In addition, the OECD
indicates that physician and dietitian counselling has the biggest
impact as a preventive strategy and extending the life expectancy.
La sénatrice Seth : Le professeur Caulfield et
M. DiNicolantonio ont laissé entendre que devant l’incidence
croissante de l’obésité au sein de la population, la politique devait
tenir compte de l’existence du problème alimentaire lié aux
aliments à forte teneur en glucides. Savez-vous que, en 2014,
l’OCDE a établi l’existence d’une relation entre le surpoids et le
niveau de scolarité? Selon cette même organisation, les services de
counseling nutritionnel d’un médecin ou d’un diététicien
constituent la stratégie ayant le plus grand impact en matière de
prévention de l’obésité et de prolongation de l’espérance de vie en
santé.
In your opinion, do you think Canada should focus more on
funding education and raising education levels as an obesity
prevention tool and also expanding the ability of physician and
dietitian counselling? Would that help?
À votre avis, le Canada devrait-il se concentrer davantage sur
le financement de l’éducation et l’amélioration des niveaux de
scolarisation en tant qu’outils de prévention de l’obésité? Devraitil aussi accroître la capacité de counseling des médecins et des
diététistes? Serait-ce une solution efficace?
Mr. Caulfield: These are excellent questions. I think it really
speaks to the complexity of the problem. There is absolutely a
socio-economic dimension to obesity and the populations that are
obese. There is also evidence that, for example, when you take
people and they are in a healthy environment, like a school
environment, they are more likely to eat healthy. There is
depressing data that kids put on a lot of weight in the summer, for
example, because they are outside of an environment where what
they eat is more monitored.
M. Caulfield : Ce sont de très bonnes questions. Elles montrent
bien la complexité du problème. Il ne fait aucun doute qu’il existe
une dimension socio-économique au phénomène de l’obésité et de
sa prévalence au sein de certains groupes. On a également la
preuve, par exemple, que les personnes qui vivent dans un
environnement sain, comme le milieu scolaire, sont plus
susceptibles de manger sainement. Des données troublantes
indiquent, par exemple, que les enfants prennent beaucoup de
poids durant l’été, alors qu’ils ne se trouvent plus dans un
environnement où il y a moins de surveillance sur ce qu’ils
mangent.
22:64
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
If I heard you correctly, education has to be part of the
solution. Also, I think that starting even in our elementary
schools we need to start educating kids about how to cook, about
healthy food and about eating habits. I don’t think that happens
as much as it used to and I think we could introduce that. A
colleague like Yoni Freedhoff from Ottawa is someone who really
advocates this. He thinks part of the problem is this disconnect
people have with food and we need to make food preparation
more part of our culture.
Si je vous ai bien comprise, l’éducation doit faire partie de la
solution. Aussi, je pense qu’il faut commencer à apprendre aux
enfants à cuisiner, et à leur parler d’aliments sains et de saines
habitudes alimentaires dès le primaire. Je pense que cela ne se fait
pas autant que par le passé et j’estime qu’il faudrait réintégrer cet
enseignement dans le programme scolaire. J’ai un collègue à
Ottawa, Yoni Freedhoff, qui travaille très fort en ce sens. Selon
lui, le problème de l’obésité est en grande partie attribuable au fait
que les gens sont déconnectés de la nourriture et qu’il faut
réintroduire la préparation des repas dans notre culture.
I’m not sure if I answered your question completely, but I do
think education and promoting education is part of the story.
Je ne suis pas certain d’avoir répondu à toute votre question,
mais je crois que l’éducation et la promotion de l’éducation font
partie de la solution.
Mr. DiNicolantonio: I agree, but I think we need to promote
the right message. I think the wrong message has been promoted
since the 1970s that it should be all about low fat. I agree with
point one but I think we need to promote the correct message
now.
M. DiNicolantonio : Je suis d’accord avec vous, mais je pense
qu’il est important d’envoyer le bon message. Depuis les
années 1970, on a fait circuler le mauvais message que tout était
affaire de faible teneur en gras. Je suis d’accord avec votre premier
point, mais je crois qu’il est maintenant temps de faire passer le
bon message.
Senator Seth: How do we do that?
La sénatrice Seth : Comment s’y prendre?
Mr. DiNicolantonio: I believe we need to focus on reducing
rapidly absorbable carbohydrates and added sugars as the main
dietary villain causing obesity and metabolic syndrome, and it’s
not necessarily fat. That’s what I think the key message is.
M. DiNicolantonio : Je crois qu’il faut mettre l’accent sur la
réduction des glucides et des sucres rapidement absorbables et
montrer du doigt que ce sont eux, et pas nécessairement les gras,
les principaux responsables de l’obésité et du syndrome
métabolique. À mon avis, c’est ça le message clé.
Senator Seth: Today I learned something from you when you
told us about soda. A lot of people are unaware that soda has
lowest calories and now it is a variety of the soda you get. This
kind of awareness is very important in the public. How should we
give the message? I’m sure in most of the population people do
not understand. These are the important points of how should we
counsel dietitians and giving awareness about the diet.
La sénatrice Seth : Aujourd’hui, vous m’avez appris quelque
chose quand vous avez parlé des boissons gazeuses. Beaucoup de
gens ne savent pas que certaines boissons gazeuses contiennent
peu de calories et que tout dépend du type de ce que vous
choisissez. Il est très important de sensibiliser le public à ce fait.
Comment devons-nous communiquer le message? Je suis certaine
que la plupart des gens ne comprennent pas cela. Voilà les points
importants sur lesquels il faudrait insister auprès des diététistes
afin de contribuer à l’amélioration des connaissances sur
l’alimentation.
Mr. DiNicolantonio: I think there’s confusion even in the ADA
in the United States. They tell diabetics that they need at least
120 grams of carbohydrates because they think the brain needs
that much glucose. They’re wrong and they’re right because fats
and proteins can be turned into glucose in the body, so you don’t
need any exogenous carbohydrate to live. You can consume pure
fat and pure protein and be totally fine. Seventy-five per cent of
the brain can function on ketone bodies from the liver producing
fatty acids. The other 25 per cent is from endogenously produced
glucose, which does not require exogenous carbohydrate.
M. DiNicolantonio : Je crois que la confusion existe même au
sein de l’American Diabetes Association, l’ADA. On dit aux
personnes diabétiques qu’elles doivent consommer un minimum
de 120 grammes de glucides, car on considère que cela correspond
à la quantité de glucose dont le cerveau a besoin. Cette assertion
est à la fois juste et fausse, parce que le corps peut transformer les
lipides et les protéines en glucose. Il n’est donc pas nécessaire de
consommer des glucides exogènes pour vivre. On peut consommer
des lipides purs et des protéines pures, et se porter très bien.
Soixante-quinze pour cent du cerveau peut fonctionner avec les
corps cétoniques produits dans le foie à partir des acides gras.
L’autre 25 p. 100 fonctionne avec le glucose produit de façon
endogène, ce qui ne requiert pas de glucides exogènes.
Most people do not get that message and the ADA is still
promoting carbohydrates because of this common misconception
that we need to be consuming carbohydrates or our brains are
going to die, and it’s just simply incorrect.
La plupart des gens ne sont pas au courant de cela et l’ADA
continue à promouvoir les glucides, parce que les gens croient à
tort que le cerveau cessera de fonctionner s’il manque de glucides.
Or, cela est tout à fait faux.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:65
Senator Enverga: We are talking about food labelling,
messaging, and we have to deal with advertising. What I was
thinking is maybe there is something wrong with how we define
people. How will you tell if you’re just fat or just overweight or
when does overweight become obese? Is there a way for us to tell
everybody about that so that they will be able to control their
intake?
Le sénateur Enverga : Nous parlons d’étiquetage nutritionnel et
de message, mais n’oublions pas la publicité. Je pense qu’il y a
peut-être un problème dans notre façon de définir les gens.
Comment savoir si une personne est tout simplement corpulente
ou si elle a un surplus de poids? À quel moment le surplus de
poids devient-il de l’obésité? Est-il possible d’expliquer cela à tout
le monde et faire en sorte que chacun puisse contrôler son apport
alimentaire?
Mr. Caulfield: This is one of my favourite topics, actually. I
present on it all the time.
M. Caulfield : À vrai dire, c’est l’un de mes sujets préférés. Je
fais toujours des présentations sur ce sujet.
Human beings are terrible at evaluating themselves and
knowing what they look like, how much they weigh, and they’re
also really terrible at evaluating their children. There have been
studies that have shown that a very large percentage of parents
who have obese kids think their kids are of normal weight. People
often think that they are a normal weight when they’re obese.
Les êtres humains ne sont pas très doués pour s’autoévaluer,
être conscients de leur apparence et de leur poids. Et ils le sont
encore moins lorsqu’il s’agit d’évaluer leurs enfants. Des études
ont montré qu’une très forte proportion de parents d’enfants
obèses croient que leurs enfants ont un poids normal. Et souvent,
les gens obèses croient avoir un poids normal.
When I present it’s a funny presentation and forgive me for my
flippant remark but I think it makes a point. I often stand up and
say most men — and I present data to show this — are shorter,
fatter and uglier than they think they are and there is data to
support that.
Quand je fais un exposé sur le sujet, j’y mêle beaucoup
d’humour. Pardonnez-moi cette remarque un peu légère, mais je
crois que la méthode donne des résultats. Souvent, je me lève en
déclarant que la plupart des hommes — données à l’appui — sont
moins grands, plus gros et plus laids qu’ils le pensent et qu’il existe
des données pour le confirmer.
We all have these powerful cognitive biases that come into play
here. There are cognitive biases about what we look like and
cognitive biases about how much we eat. We all think we eat less.
Has anyone ever tried a diet diary? It’s incredible. I did a diet
diary and I ate 40 per cent more than I thought I did and people
lie to themselves on diet diaries by about 20 per cent, even when
they think they’re not doing it. People think they burn more
calories when they work out. There was a study, recently, that
showed that, often, it’s four times as much as they actually
burned. People are terrible at guessing the calories in foods. They
underestimate the calories in restaurant food by 100 per cent. If
you go to a restaurant and think something is 400 calories, it’s
800 calories. We have all of these cognitive biases. It’s very
difficult to fight these cognitive biases, but just becoming aware of
them is a step in the right direction.
De puissants biais cognitifs interviennent chez chacun d’entre
nous. Ces déviations de la perception touchent l’idée que nous
nous faisons de notre apparence et de ce que nous mangeons.
Nous sous-évaluons tous ce que nous mangeons. Vous avez déjà
tenu un journal alimentaire? C’est incroyable. J’en ai tenu un et je
me suis aperçu que je mangeais 40 p. 100 plus que ce que je
croyais. Les personnes qui tiennent un journal alimentaire se
mentent à elles-mêmes. Même lorsqu’elles pensent parler en toute
honnêteté, il existe un écart de 20 p. 100 entre leurs estimations et
la réalité. De même, les gens surévaluent le nombre de calories
qu’ils brûlent en faisant de l’exercice. Une étude récente a montré
qu’ils croient brûler quatre fois plus de calories qu’ils ne le font en
réalité. Les gens sont terribles pour évaluer le nombre de calories
contenues dans les aliments. Ils sous-estiment de 100 p. 100 le
nombre de calories contenues dans la nourriture servie au
restaurant et ils croient qu’un aliment contient 400 calories
tandis qu’il en contient 800. Nous sommes tous victimes de ces
biais cognitifs. Il est très difficile de les combattre, mais en être
conscients constitue un pas dans la bonne direction.
Mr. DiNicolantonio: I think this is a great topic because you
can certainly be fat and fit, and you can be thin and unhealthy.
Being thin and unhealthy is also known as metabolic obesity.
How do we identify those who look thin but are unhealthy? A
really good marker is high triglycerides and low HDL. Basically,
that’s just a marker of insulin resistance. Insulin resistance is
driving high blood pressure and obesity. What can we do to try to
figure out the people who have metabolic obesity? High
triglycerides and low HDL is an easy way, versus just looking
at someone and asking, ‘‘Are they thin, or are they overweight?’’
M. DiNicolantonio : Voilà un point de vue très intéressant,
mais on peut aussi être gros et en forme, comme on peut être
mince et en mauvaise santé. On sait également que la minceur
associée à une mauvaise santé correspond à de l’obésité
métabolique. Comment reconnaître les personnes qui sont
minces, mais en mauvaise santé? Un taux élevé de triglycérides
et un faible taux de cholestérol HDL sont de bons indicateurs
diagnostiques. En fait, il s’agit tout simplement d’un marqueur
de l’insulinorésistance. La résistance à l’insuline stimule
l’hypertension artérielle et l’obésité. Comment faire pour
22:66
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
identifier les personnes atteintes d’obésité métabolique? Le taux
élevé de triglycérides et le faible taux de cholestérol HDL sont des
moyens faciles, bien préférables à la mesure du poids de
l’intéressé.
Senator Enverga: What you are saying is that there is no real
way to find out where you stand, whether you should stop this or
when to stop this. When do you need more nutrition? There is no
way, right?
Le sénateur Enverga : Vous voulez dire qu’il n’y a aucun moyen
de savoir à quoi s’en tenir, s’il faut arrêter de consommer ceci ou
cela ou quand arrêter, c’est bien cela? Quand doit-on se nourrir
plus? Il n’y a donc pas moyen?
Mr. Caulfield: There is no magical test, and that is one reason
why I think getting a battery of tests is not the way. I don’t think
that all Canadians need to get screened, for example. That’s why,
again — I know I sound like a broken record — a healthy lifestyle
needs to be promoted. If you take those elements of a healthy
lifestyle, you are going to become healthier. Having said that,
BMI, waist circumference and these other things are ways that
individuals can start to do a check on themselves.
M. Caulfield : Il n’y a pas de formule magique, et c’est l’une
des raisons pour lesquelles je pense qu’il est inutile de faire passer
une série de tests. Je ne crois pas, par exemple, que tous les
Canadiens devraient subir des tests de dépistage. C’est pourquoi
je dis — je me répète, je sais! — qu’il faut promouvoir un mode de
vie sain. En adoptant un mode de vie sain, on améliore sa santé.
Cela dit, l’IMC, le tour de taille et tous ces éléments d’évaluation
peuvent servir à entamer un examen personnel.
Most men — I always like to pick on them because they are
simpler creatures — generally put on weight right from university.
Most people do. Sixty per cent of the population is overweight or
obese. This is a broad problem, and I think the messaging can
target the population. It doesn’t necessarily have to target
individuals.
La plupart des hommes — j’aime bien m’en prendre à eux
parce que ce sont des créatures plus simples — commencent à
prendre du poids dès l’université. C’est le cas de la plupart des
gens. Soixante pour cent de la population souffre de surpoids ou
d’obésité. C’est un problème global, et je pense que le message
peut s’adresser à la population générale. Il n’est pas nécessaire de
viser des personnes en particulier.
Senator Enverga: Can we possibly make a guideline, say ‘‘If
you are 10 pounds more weight than this?’’ Is there a way to do
this that will help our population to do this?
Le sénateur Enverga : Pourrait-on envisager une directive
disant, par exemple, « si vous dépassez ce poids de 10 livres »...?
Y a-t-il moyen de faire ça pour aider la population?
The Chair: A quick answer to end this. I think both of you have
answered the whole issue, overall, with regard to the issue of
healthy lifestyle versus being able to specifically identify. I think
they’ve both said very clearly that you can’t do what you are
asking for.
Le président : Une réponse rapide pour terminer. Je pense que
vous avez tous les deux répondu à la question générale de la
promotion d’un mode de vie sain par opposition au dépistage
spécifique. Je pense qu’ils ont tous les deux clairement dit qu’on
ne peut pas faire ce que vous demandez.
Senator Enverga: But we should. We should have some
standard for everybody.
Le sénateur Enverga : Et pourtant il faudrait. On a besoin
d’une norme générale.
Mr. Caulfield: The hope was that BMI was going to do it, but
BMI is flawed.
M. Caulfield : On espérait que l’IMC joue ce rôle, mais cet
indicateur à lui seul ne suffit pas.
The Chair: We will fight that out in committee after we have
had the study, senator.
Le président : Sénateur, nous discuterons de cette question en
comité après réception de l’étude.
Senator Cordy: Your comments today have been most
interesting, so thank you.
La sénatrice Cordy : Les remarques formulées aujourd’hui sont
tout à fait intéressantes, je vous en remercie.
I’m interested in the restricting of marketing to children of
unhealthy foods, particularly those high in sugars. It seems like a
pretty simple thing to do. I guess until government gets involved,
and then we complicate it.
Ce qui retient mon attention, c’est l’idée de limiter la
commercialisation d’aliments malsains — notamment les
aliments riches en sucre — auprès des enfants. Il me semble que
c’est simple, du moins jusqu’au moment où le gouvernement s’en
mêle, et c’est là que les choses se compliquent.
Has this initiative been successful in any other jurisdictions? If
you are looking at restricting the marketing to children, would
you do it certain hours of the day, like Saturday morning or
between the hours of four and eight or nine o’clock in the evening,
or would you do it related to children’s programming specifically,
Ce genre d’initiative a-t-il donné des résultats ailleurs? Si l’on
envisage de limiter la commercialisation de produits auprès des
enfants, devrait-on viser certaines heures de la journée, par
exemple le samedi matin ou entre 16 heures et 20 heures ou
21 heures, ou conviendrait-il plutôt d’intégrer le projet aux
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Affaires sociales, sciences et technologie
22:67
which might be more challenging because you’d have to examine
every channel. Have you thought about how it could be done?
programmes destinés aux enfants, ce qui pourrait se révéler plus
difficile parce qu’il faudrait examiner les émissions de chaque
chaîne. Qu’en pensez-vous?
Mr. Caulfield: It is going to be very difficult for a number of
reasons. First, there are so many different ways that you can
advertise to kids now, like social media. Throughout the Internet,
there are Internet games that market to kids. So we have
suggested — and colleagues like Kim Raine at the University of
Alberta have suggested — a blanket ban on advertising towards
kids of junk food. In other words, all advertising to kids should be
banned. That will be very difficult to implement for some of the
reasons that have already been highlighted here, but I think it is a
starting place.
M. Caulfield : Ce sera très difficile pour un certain nombre de
raisons. Premièrement, la publicité destinée aux enfants passe
aujourd’hui par de multiples canaux, comme les médias sociaux.
On trouve sur Internet énormément de jeux auxquels sont
associées des publicités destinées aux enfants. Nous sommes
d’avis — ainsi que l’ont suggéré des collègues comme Kim Raine,
de l’Université de l’Alberta — qu’il vaudrait mieux interdire
complètement toute commercialisation d’aliments sans valeur
nutritive auprès des enfants. Ce sera très difficile à mettre en
œuvre pour certaines des raisons que nous avons déjà évoquées
ici, mais je pense que ce serait un début.
The other challenge, of course, is the leakage from other
jurisdictions. So much of our media comes from the United States
and kids will be exposed to that. I do think that whatever has to
be done has to be relatively broad, given all of the reasons I’ve
just said.
Mais il y a bien sûr le problème des fuites de l’étranger. Nos
émissions viennent en grande partie des États-Unis, et les enfants
y seront exposés. Je crois qu’il faut penser en termes assez larges
pour toutes les raisons dont je viens de parler.
There is some evidence and, again, most of the evidence is
suggestive of a reduction of exposure to kids of bad advertising.
The evidence, in other words, says that, yes, if you put these bans
and these kinds of restrictions in place, it does reduce the amount
of exposure that kids get to this kind of information. And that
could be a good thing because we know this exposure does have
an impact on food preferences. What we don’t have a good sense
of is whether, over the long term, it will reduce obesity rates.
On constate en effet, là encore, que les faits semblent militer en
faveur d’une réduction de l’exposition des enfants à de la
mauvaise publicité. Autrement dit, oui, en instaurant ce genre
d’interdiction générale ou de restrictions, on réduit le degré
d’exposition des enfants à ce genre d’information. Et ce pourrait
être une bonne chose puisque nous savons que cette exposition a
un effet sur les préférences alimentaires. Ce que nous ne savons
pas précisément, c’est si cela peut, à long terme, réduire les taux
d’obésité.
My fall-back position is that, even if it doesn’t do that, it’s still
a good policy because it will promote healthier eating, the
reduction of food with added sugar, et cetera. Yes, there is a little
bit of evidence, and I think that the ban needs to be broad.
Ma position de repli est que, même si ce n’est pas le cas, cela
demeure une bonne politique parce qu’on y fait la promotion
d’une alimentation plus saine, d’une réduction des aliments
additionnés de sucre, et cetera. Oui, quelques éléments l’attestent,
et je pense que l’interdiction devrait être large.
Senator Cordy: Is there any jurisdiction where this is already
taking place?
La sénatrice Cordy : A-t-on déjà pris ce genre de mesures
quelque part?
Mr. Caulfield: Quebec.
M. Caulfield : Au Québec.
Senator Cordy: You are correct because so much of our media
comes from the United States, so it would have to be in
conjunction, I would think, with both areas.
La sénatrice Cordy : Il est vrai que beaucoup de nos émissions
viennent des États-Unis. Il faudrait donc s’entendre sur des
mesures des deux côtés.
You both spoke about simple messaging and healthy lifestyle,
which, I think, is definitely the way to go. I think the advertising
on the amount of sugar in soda is starting to work because there is
a decrease in sales of soda. The most effective thing for me was
the picture of how many sugar cubes are actually in a can of soda.
Rather than anything that would be on the label or reading
anything about, it is the actual visual, seeing that, I think.
Vous avez tous les deux suggéré de formuler des messages
simples axés sur l’adoption d’un mode de vie sain, et je crois que
c’est vraiment la voie à suivre. Je pense que l’information diffusée
sur le volume de sucre dans les boissons gazeuses commence à
avoir de l’effet, car les ventes sont en baisse. La chose la plus
efficace que j’aie vue est l’image du nombre de cubes de sucre
contenus dans une cannette de boisson gazeuse. Je crois que c’est
l’impact visuel de l’image en comparaison de ce qui pourrait être
écrit sur l’étiquette ou de toute autre information sur ce contenu.
22:68
Social Affairs, Science and Technology
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Should we be doing simple visual advertising to show that? I
think people are getting that it’s in the soda. I don’t think they are
getting the fact that it’s in sports drinks and juices.
Devrait-on simplement faire de la publicité visuelle pour faire
comprendre cela? Je pense que les gens comprennent qu’il s’agit
du contenu d’une boisson gazeuse. Mais je ne crois pas qu’ils se
rendent compte qu’il peut s’agir aussi bien d’une boisson
énergétique ou d’un jus de fruit.
Mr. Caulfield: I agree with you. I personally think we should
target all beverages with added sugar, including sports drinks.
There is no evidence to support the consumption of sports drinks,
even for athletic performance. The evidence is very thin that
people need these drinks at all. I absolutely think it should be
targeted that way. There was another interesting study that
demonstrated the degree to which people are confused. There was
a study from the United States that was trying to explore the
amount of confusion that people have around how to eat in a
healthy manner. It found that people thought that doing their
taxes was easier than determining what they should eat. If we are
in that situation, it is grim.
M. Caulfield : Je suis d’accord. À mon avis, on devrait viser
toutes les boissons additionnées de sucre, y compris les boissons
énergétiques. Rien ne permet de penser que la consommation de
boissons énergétiques est une bonne chose, même pour la
performance athlétique. Il y a fort peu de raisons de croire que
les gens ont un quelconque besoin de ce genre de boisson. Je suis
convaincu qu’il faudrait viser un large éventail de boissons. Une
autre étude intéressante révèle le degré de confusion des gens. Il
s’agit d’une étude américaine sur l’état d’esprit des gens en matière
de saine alimentation : le résultat est que les gens trouvent plus
facile de remplir leur déclaration d’impôt que de décider ce qu’ils
doivent manger. Si nous en sommes là, c’est une bien triste réalité.
My colleague, Arya Sharma, did a similar study in Canada —
maybe you’ve heard about it — with the same results. People are
very confused. Let’s get a simple message, start with the basics
and build from there.
Mon collègue Arya Sharma a effectué la même étude au
Canada — vous en avez peut-être entendu parler — et obtenu les
mêmes résultats. Les gens ne savent pas du tout à quoi s’en tenir.
Commençons donc par un message simple, par les rudiments, et
construisons à partir de là.
Mr. DiNicolantonio: I completely agree. Let’s say we look at a
12-ounce can of soda, and it says 39 grams of sugar. Most people
are not going to understand what that means. When you can
visually put, let’s say, the amount of teaspoons, showing level
scoops of sugar — let’s say you put that there are 10 teaspoons of
sugar in a 12-ounce coke — that makes sense visually, and it is
easier for everyone to understand how much sugar is in these
types of foods.
M. DiNicolantonio : Je suis tout à fait d’accord. Supposons que
nous avons devant nous une canette de 12 onces de boisson
gazeuse et que l’étiquette indique un contenu de 39 grammes de
sucre. La plupart des gens ne comprendront pas ce que cela veut
dire. Si on peut traduire en image, disons, le nombre de cuillerées
correspondant aux portions de sucre — mettons 10 cuillerées de
sucre dans un verre de coke de 12 onces, c’est clair visuellement, et
il est plus facile pour tout le monde de comprendre le volume de
sucre contenu dans ce type d’aliment.
Senator Cordy: There is confusion. When I’m shopping in the
grocery store, I see people taking a can or a package and looking
at the ingredients on the back. I’d been looking for a while and
would pick up a product that would say low in sugar. Then, when
you read the ingredients, it’s sky high in sodium. The confusion is
a reality for Canadians or Americans, for consumers in general.
That’s what I found when I started looking at packages. Sodium
is not great for you either. Senator Eggleton raised a question
earlier related to artificial sweeteners. From what I’ve heard
about aspartame, it is not something that I want to have in my
body, so, are we going to take people from drinking a regular
soda to a soda filled with aspartame? I don’t know anything
about stevia, but that’s the new one coming out. What do we do
about that?
La sénatrice Cordy : Ce n’est pas clair. Quand je fais mes
courses à l’épicerie, je vois des gens qui vérifient les ingrédients sur
l’étiquette d’une cannette ou d’un emballage. Ils cherchent un
moment, puis choisissent un produit à faible teneur en sucre.
Mais, si vous lisez bien la liste des ingrédients, la teneur en sodium
est très élevée. Rien n’est clair pour les Canadiens ou pour les
Américains et pour les consommateurs en général. C’est ce que
j’ai constaté quand j’ai commencé à vérifier les étiquettes des
emballages. Le sodium n’est pas bon pour la santé non plus. Le
sénateur Eggleton a soulevé une question tout à l’heure au sujet
des édulcorants artificiels. D’après ce que j’ai entendu dire sur
l’aspartame, je n’ai pas très envie d’en ingérer. Alors nous allons
décourager les gens de consommer une boisson gazeuse ordinaire
pour les inciter à préférer une boisson remplie d’aspartame? Je ne
sais rien du stévia, mais c’est la dernière nouveauté. Alors, que
faire?
Mr. Caulfield: Again we have people looking at labels. One of
the other problems is this idea of a health halo. Perhaps people
have heard about this already. When things say sugar-free, fatfree, organic, gluten-free or GMO-free, people assume it is
healthy and will eat more of it. This goes back to the idea of
simple messaging that will talk about the key components in a
product.
M. Caulfield : Voilà, les gens lisent les étiquettes, et l’idée d’une
aura santé associée à un produit est un problème supplémentaire.
Peut-être l’avez-vous déjà constaté : quand un produit est non
sucré, sans gras, biologique, exempt de gluten et sans OGM, les
gens estiment qu’il est sain et ils vont en consommer encore plus.
Nous en revenons ici à l’idée d’un message simple sur les
principales composantes d’un produit.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:69
With respect to artificial sweeteners — and I believe the doctor
mentioned this earlier — the data on harm is equivocal. There is
no strong data either way on the harm associated with it. I think
there is some on both sides. I’m not concerned about the harm;
maybe I’m being naive. I think you should avoid those kinds of
drinks altogether. Correlation data suggests that these sugarsweetened beverages increase your appetite for some of the
reasons noted and it is correlated with weight gain. The problem
is that these are association studies; we don’t have causation why
that might happen. I’m skeptical of artificially flavoured drinks
for those reasons, but I’m waiting for more data to accumulate.
The doctor may be able to help us.
Pour ce qui est des édulcorants artificiels — et je crois que
M. DiNicolantonio l’a indiqué plus tôt, les données relatives aux
torts qu’ils causeraient sont équivoques. On ne dispose pas de
données solides dans un sens ou dans l’autre. On en trouve aussi
bien pour que contre. Je ne suis pas inquiet, mais peut-être suis-je
naïf. Je pense qu’il faut éviter toutes ces boissons sans exception.
Selon les données de corrélation, les boissons additionnées de
sucre font augmenter votre appétit pour certaines des raisons déjà
indiquées, en corrélation avec la prise de poids. Malheureusement,
ces études permettent de relier les éléments sans pour autant
donner une idée du lien de causalité. C’est pourquoi je ne crois
guère à la valeur des boissons à saveur artificielle, mais j’attends
qu’on obtienne d’autres données. M. DiNicolantonio pourra
peut-être nous en dire plus.
Mr. DiNicolantonio: I agree that we need to keep the message
simple. We also need to realize the unintended consequences of
these types of recommendations of reducing the consumption of
sugar-sweetened beverages. We don’t want people consuming
more diet soda. I don’t think it is healthy. It may promote
increased intake of food and an altered, harmful microbiota that
may lead to insulin resistance as well.
M. DiNicolantonio : Je crois aussi que le message doit rester
simple. Il faut aussi prendre la mesure des conséquences
imprévues de recommandations invitant la population à réduire
la consommation de boissons additionnées de sucre. Nous ne
voulons pas que les gens consomment plus de boissons gazeuses
diètes. Ce n’est pas sain. Et cela risque d’augmenter l’appétit et de
favoriser l’ingestion de micro-organismes altérés et nocifs
susceptibles de provoquer également une résistance à l’insuline.
The jury is still out on diet soda. We don’t want people to
switch from sugar-sweetened beverages to diet soda; that is not
the point. We want them to eat real food. The message needs to be
that we should be reducing our consumption of sugar-sweetened
beverages because right now I have seen stats that state
consumption is 40 to 50 gallons per person per year. Clearly we
are over-consuming these substances. As noted before, liquid
calories aren’t as satiating, so the unintended consequences of
reducing sugar-sweetened beverages are going to be a lot less than
the benefits gained.
Les avis sont partagés concernant les boissons gazeuses diètes.
Nous ne voulons pas que les gens passent des boissons
additionnées de sucre aux boissons diètes. Là n’est pas la
question. Nous voulons qu’ils consomment de vrais aliments. Le
message doit inciter à réduire la consommation de boissons
additionnées de sucre parce que, selon les statistiques actuelles,
chaque personne en consomme de 40 à 50 gallons par année. On
voit bien qu’il y a surconsommation de ces substances. Comme
nous l’avons vu, les calories liquides ne rassasient pas autant, de
sorte que les conséquences imprévues de la réduction de la
consommation de boissons additionnées de sucre seront bien
moindres que les avantages obtenus.
Senator Nancy Ruth: I’m someone who reads salt and sugar
labels regularly, especially if I don’t have to take my magnifying
glass out to read them. Labelling is a huge issue for me and there
is no reason they could not enlarge that stuff.
La sénatrice Nancy Ruth : Je lis régulièrement les étiquettes
pour connaître la teneur en sel et en sucre des produits, surtout si
je n’ai pas besoin de mes lunettes. L’étiquetage est à mon sens un
enjeu énorme, et il n’y a pas de raison de ne pas agrandir
l’imprimé des étiquettes.
I wanted to ask about being satisfied with what you eat. For
instance, if I ate a banana I would not be as immediately satisfied
as if I ate an apple because an apple takes a lot more work to
chew. When you want this framework of good foods to eat, are
you concerned about those that one can eat quickly, like a
banana, rather than those that take longer to eat, like an apple?
Je voudrais soulever la question du rassasiement. Par exemple,
si je mange une banane, je ne suis pas aussi rapidement rassasiée
que si je mange une pomme, parce qu’il faut plus de temps pour
mâcher une pomme. Quand vous parlez de ce cadre alimentaire,
pensez-vous aux aliments qu’on peut manger rapidement, comme
une banane, plutôt qu’à ceux qui prennent plus de temps à
ingérer, comme une pomme?
Mr. Caulfield: Again, there is some evidence to support this.
I’m not a big fan of the smoothies and the juice craze. These are
liquid calories that are easily consumed. When I talk to the
general public, I say imagine the fruit that’s in a smoothie and you
have to eat that fruit one at a time. You will feel much more
satiated for a lot of reasons in addition to those pointed out by
M. Caulfield : Là encore, certains éléments l’attestent. Je ne
suis pas un adepte des smoothies et je ne partage pas
l’engouement pour les jus. Ce sont des calories liquides faciles à
ingérer. Lorsque je m’adresse au public, je dis : imaginez les fruits
qui se trouvent dans le smoothie et que vous devez les manger un
par un. Vous vous sentirez beaucoup plus rassasié, et ce pour
22:70
Social Affairs, Science and Technology
30-10-2014
Dr. DiNicolantonio, namely that, from a biological perspective,
they are more satiating. The process of eating it takes longer and
there is evidence to support that idea.
toutes sortes de raisons en plus de celles qu’a mentionnées
M. DiNicolantonio. Autrement dit, du point de vue biologique,
ces aliments sont plus rassasiants. Il faut plus de temps pour les
manger, et les faits attestent cette idée.
Let’s keep it real food for now and worry about the details of
banana versus apple for down the road. Let’s keep it big and real
for the general public right now. If we get anywhere near where
we want the amount of real food consumption to be in Canada,
we can worry about those details later.
Restons-en aux vrais aliments pour l’instant et laissons la
comparaison entre la banane et la pomme pour plus tard.
Contentons-nous de passer un message général et concret à la
population pour l’instant. Si nous arrivons à augmenter de
quelque façon la consommation de vrais aliments dans la
population canadienne, nous pourrons alors nous occuper de
ces détails.
Mr. DiNicolantonio: I have no further comment; I completely
agree.
M. DiNicolantonio : Je n’ai rien d’autre à dire. Je suis tout à
fait d’accord.
Senator Eggleton: I’m down to water now. We’re making
progress here.
Le sénateur Eggleton : Je suis à l’eau désormais, quant à moi.
Notre réflexion progresse ici.
I’ve read publications both in the United States and in Canada
about how the industry can trick people into believing things are
healthier than they are. I’m getting at the whole point of
advertising directed at children. The cereal boxes say there is some
fruit in them, but really there is a lot of sugar. The industry got
together and said they would stop directing advertising to
children. Some said they would stop doing it; others said they
were only going to stop doing it with respect to approved foods,
whatever that is. Some of the biggest names — Coca-Cola,
McDonald’s, you name it — were all involved. This was only
about a month or so ago.
J’ai lu des publications américaines et canadiennes sur les
moyens employés par les entreprises pour faire croire aux gens
que ce qu’ils consomment est plus sain que ce ne l’est en réalité.
J’en suis à la question de la publicité destinée aux enfants. Les
boîtes de céréales indiquent qu’elles contiennent des fruits, mais,
en réalité, il y a beaucoup de sucre. Les entreprises se sont
concertées et ont déclaré qu’elles cesseraient de faire de la
publicité destinée aux enfants. Certaines ont dit qu’elles
arrêteraient complètement et d’autres, qu’elles ne le feraient
qu’à l’égard des aliments approuvés... encore faudrait-il savoir de
quoi il s’agit. Quelques-unes des plus grandes marques — CocaCola, McDonald, et cetera — ont participé à cette concertation.
C’était il y a environ un mois.
Is that something we can — I hate to use this word — ‘‘trust’’?
What do you think about that? Will that fool people into thinking
that they are really going to stop targeting kids when they will just
find some other way of doing it?
Pouvons-nous avoir « confiance », mot que je déteste? Qu’en
pensez-vous? Les gens croiront-ils vraiment que ces entreprises
vont vraiment cesser de viser les enfants alors qu’elles vont
simplement trouver d’autres moyens de le faire?
Mr. Caulfield: I think the industry is tremendously nimble and
will figure out ways to advertise to kids, full stop.
M. Caulfield : Les entreprises savent réagir rapidement et
trouveront d’autres moyens de faire de la publicité auprès des
enfants, un point c’est tout.
An example I often fall back on ties into the exercise point that
I made. This often happens around the time of the Olympics or
other sporting events. That is, they will have advertising for the
Olympics and then an advertising campaign with a kid playing
with their father and having fun and then having a drink
afterwards. Is that an ad aimed at a child? I don’t know, but the
message is be active, be healthy, and drink a Coke when you’re
done.
J’utilise souvent un exemple qui renvoie à la question de
l’exercice dont j’ai déj à parlé. Cela se produit plus
particulièrement durant les Jeux olympiques ou de grands
championnats sportifs. La publicité porte sur les Jeux
olympiques, et une campagne publicitaire met en scène un
enfant jouant avec son père, partageant un moment de plaisir et
ensuite une boisson. Cette publicité vise-t-elle l’enfant? Je n’en sais
rien, mais le message dit qu’il faut être actif, en bonne santé, puis
boire un Coke.
I remain deeply skeptical. Studies have shown that these
voluntary bans or rollbacks have not been overly successful. They
have to figure out a way to get to kids and they want to create
brand loyalty. There is evidence that that brand loyalty works. If
you get someone who is a fan of Coke as a teenager, they
probably will be a fan their whole life. I know my son is. That is a
real challenge.
Je reste extrêmement sceptique. Des études ont permis de
constater que ces interdictions ou réductions volontaires n’ont pas
donné beaucoup de résultats. Les entreprises doivent trouver des
moyens d’atteindre les enfants et elles veulent les fidéliser. La
fidélisation, ça fonctionne, on le sait. L’adolescent qui aime le
Coke l’aimera probablement toute sa vie. C’est le cas de mon fils.
Et c’est un vrai problème.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:71
I do think the allusion of healthy food is a real problem. There
are cycles of it. One right now is gluten-free products. Something
is gluten free and, therefore, somehow it is healthy when there is
no evidence that is true. Often, it has more sodium and other
kinds of substances that are not healthy in it. This whole idea of a
health halo and finding ways of projecting this image of
healthiness is problematic.
Je pense vraiment que la référence aux aliments sains est un
problème réel. Il y a des cycles. La mode actuelle est aux produits
sans gluten. Tout ce qui est sans gluten est considéré comme sain
alors que rien ne permet de dire que c’est le cas. Ces produits
contiennent pourtant souvent plus de sodium et d’autres
substances qui ne sont pas saines. Cette aura santé et les
moyens employés pour projeter cette image sont problématiques.
Senator Merchant: We talked about sugars this morning and
carbohydrates. Can you tell us something about fat? Can we
consume too much fat? You seem to indicate that low-fat diets
have failed. Could you tell us a bit about eating too much fat?
La sénatrice Merchant : Nous avons parlé des sucres et des
glucides ce matin. Pourriez-vous nous dire quelque chose sur les
matières grasses? Est-il possible d’en consommer trop? Vous
sembliez dire que les régimes pauvres en graisses ne fonctionnent
pas. Pourriez-vous nous parler de la surconsommation de
matières grasses?
Mr. DiNicolantonio: Sure. We’re cooking with fats. Some
people cook with butter, or with olive oil, or with the omega-6
polyunsaturated fats. And that would include corn, safflower,
cotton seed — soybean has a little omega-3. But saturated fat is
hard to oxidize. That means there are no double bonds and it is
not susceptible to oxidation, whereas the polyunsaturated fatty
acids, like soy, corn oil and safflower oil, which have been infused
into our diet since 1920, are unhealthy. The most recent metaanalysis in 2013 from Chris Ramsden and colleagues in the British
Medical Journal showed that when you replaced saturated fat,
even if it contained trans fat, with polyunsaturated fats like corn
oil and safflower oil, there was increase in mortality and increase
in cardiovascular death. It seems that these omega-6 fats are
highly susceptible to oxidation and they’re being used in
restaurants. We are switching now from trans fats to these
easily oxidized polyunsaturated fats instead of sticking with the
beef tallow or the butter that is not easily oxidized. That is a huge
issue with respect to cardiovascular health and potentially cancer
because of the oxidized stress that these omega-6 fatty acids are
inducing. It is also extracting these seed oils with hexane, or other
chemicals, which oxidizes these oils. They are being infused into
our products and are considered healthy because they might lower
cholesterol. We are not looking at if they are oxidized or not. I
think there is a huge misconception with saturated fat. We think
that it’s unhealthy when in my personal opinion I think it’s
extremely healthy, whereas we think these omega-6s are healthy
because they lower cholesterol, and yet randomized controlled
evidence indicates the exact opposite.
M. DiNicolantonio : Certainement. Nous faisons la cuisine
avec des matières grasses. On emploie selon le cas du beurre, de
l’huile d’olive ou des acides gras polyinsaturés oméga-6. Cela
comprend le maïs, le carthame, les graines de coton; quant aux
graines de soja, elles contiennent un peu d’oméga-3. Mais les
graisses saturées s’oxydent difficilement. Cela veut dire qu’il n’y a
pas de liaisons doubles et qu’elles ne peuvent pas s’oxyder, alors
que les acides gras polyinsaturés, comme l’huile de soja, l’huile de
maïs et l’huile de carthame, qui font partie de notre régime depuis
1920, ne sont pas sains. Les résultats de la plus récente métaanalyse ont été publiés en 2013 par Chris Ramsden et ses collègues
dans le British Medical Journal : ils révèlent que, si on remplace
les graisses saturées — même si elles contiennent du gras trans —
par des graisses polyinsaturées comme l’huile de maïs et l’huile de
carthame, on enregistre une augmentation de la mortalité et des
décès pour cause de maladie cardiovasculaire. Il semble que ces
acides gras oméga-6 soient très oxydables et qu’ils soient
couramment employés dans les cuisines de restaurant. Nous
sommes en train de passer des gras trans aux acides gras
polyinsaturés si facilement oxydables au lieu de continuer à
utiliser le suif de bœuf ou le beurre, qui eux ne s’oxydent pas
facilement. Le risque de maladie cardiovasculaire, voire de cancer,
que présente le stress oxydant induit par les acides gras oméga-6
est un énorme problème. Ces huiles sont également oxydées par
leur mode d’extraction à l’aide d’hexane ou d’autres produits
chimiques. Elles sont intégrées à nos produits et sont considérées
comme saines parce qu’elles pourraient faire baisser le taux de
cholestérol. On ne se pose pas la question de leur oxydation. Je
pense qu’il y a un énorme malentendu sur les graisses saturées. On
pense que ce n’est pas sain, alors que, à mon avis, c’est très sain.
Et on pense que les oméga-6 sont sains parce qu’ils font baisser le
taux de cholestérol, alors que les résultats d’évaluations
comparatives randomisées indiquent exactement le contraire.
Senator Enverga: We talk about all kinds of foods, healthy
foods and all those things, fruits, vegetables; however, my
question is about processed foods. Are they generally good or
what do I have to look at for this?
Le sénateur Enverga : Nous parlons de toutes sortes d’aliments,
d’aliments sains et tout ça, de fruits, de légumes... mais je
m’interroge sur les aliments transformés. Sont-ils généralement
bons ou que devrait-on vérifier?
The Chair: Okay. We don’t want an entire analysis of the
processed food industry. If you have a quick comment, please. If
not, we will move past it.
Le président : Très bien. Nous ne voulons pas d’une analyse
intégrale du secteur des aliments transformés ici. Si vous voulez
faire une brève remarque, je vous en prie. Sinon, passons à autre
chose.
22:72
Social Affairs, Science and Technology
Mr. Caulfield: Simple messaging, I think we should try to
avoid processed food.
Mr. DiNicolantonio: Agreed.
30-10-2014
M. Caulfield : C’est simple, il faut essayer d’éviter les aliments
transformés.
M. DiNicolantonio : Je suis d’accord.
The Chair: This is been a great meeting. You have both been
extremely clear on issues. Your messaging has been very clear,
with one exception. Professor Caulfield, when you brought beer
into this, you lost me completely.
Le président : Cette réunion a été très intéressante. Vous avez
tous les deux été très clairs. Vos commentaires étaient limpides, à
une exception près. Professeur Caulfield, lorsque vous avez parlé
de la bière, vous m’avez complètement perdu.
Mr. Caulfield: I’m guilty here too because I drink black coffee,
water and beer.
M. Caulfield : Je plaide coupable, parce que je bois du café
noir, de l’eau et de la bière.
The Chair: We are in the same what we call ‘‘diet range’’ here. I
must say that I have been very pleased to hear you both helping us
with regard to the fact that you said there is no simple way of
dealing with who is obese and who is not just on the basis of these
simple indicators. You have both illustrated that certain
indicators are useful in maybe a general way, but then you have
to interpret it back to the individual. The reality is, if you want to
get to scientific analysis, you have to go internally, look at your
organs, each one, and that will not help the average person on an
average day do anything.
Le président : Nous voilà dans le même « cadre alimentaire ».
je dois dire que j’ai eu grand plaisir à vous écouter tous les deux
nous expliquer qu’il n’existe pas de façon simple de décider qui est
obèse et qui ne l’est pas en fonction de ces seuls indicateurs. Vous
avez clarifié le fait que certains indicateurs peuvent être utiles à
titre général, mais qu’il faut ensuite les interpréter en fonction de
l’intéressé. En fait, si l’on veut faire une analyse scientifique, il
faut examiner l’organisme, ses organes, un par un, et cela n’aide
en rien la personne ordinaire dans sa vie quotidienne.
We have to come back to the messaging with regard to lifestyle.
That seems to be a trend we are moving toward here. That’s
understandable. It’s easy; it fits into the pattern that you both
have indicated and fits within a collection of items that are simple
to understand with regard to a healthy lifestyle.
Il faut en revenir au mode de vie. Cela semble être la tendance à
suivre. Et c’est compréhensible. C’est simple et cela s’intègre au
cadre que vous avez tous deux indiqué et à une série d’éléments
simples à comprendre en matière de mode de vie sain.
One issue again is emerging, and of course it has been emerging
in the literature and various industries have been fighting one
another over, whether it’s sugar or fat, though the sugar industry
does not like the idea that we are moving to the idea that it is
really sugar that is the major issue. In terms of simple labelling,
you use the Australian indicator of the traffic light, but it covers a
number of things in getting to there.
Il en ressort un problème, une fois encore. On en parle bien sûr
dans les ouvrages spécialisés, et les diverses entreprises se font la
lutte — qu’il s’agisse de sucre ou de gras —, encore que le secteur
du sucre n’apprécie guère qu’on se mette à penser que c’est le
sucre qui est le problème primordial. Du point de vue de
l’étiquetage, vous employez l’indicateur en vigueur en Australie, à
savoir le feu de circulation, mais pour en arriver là, il faut régler
un certain nombre de choses.
If sugar is really the big baddy, why not use a traffic light that
shows the level of sugar per unit in that food? If we come down to
that, the idea it is really sugar, why do we not have a simple, clear,
family-oriented label that indicates the amount of sugar per
whatever in a given food?
Si le sucre est le gros méchant, pourquoi ne pas utiliser un feu
de circulation indiquant la teneur en sucre par unité dans l’aliment
en question? Si l’on s’en tient à l’idée que c’est vraiment le sucre
qui est en cause, pourquoi ne pas mettre une étiquette simple,
claire, « familiale », qui indiquerait la teneur en sucre par volume
ou unité dans tel ou tel aliment?
Mr. Caulfield: I don’t want to end our terrific discussion on
what is potentially a disagreement, but I do think sugar is
tremendously problematic for all the reasons you heard. I think at
the government level we need to keep the message simpler and not
focus necessarily on a particular substance. This is the messaging
to the public, but having said that, I agree with everything that
has been said. I think we need to try to concentrate on
communicating with the public what a healthy nutritious diet
looks like, and a healthy nutritious diet doesn’t have a lot of
added sugar. If we do that, I think it makes it more consistent and
more sustainable, and I also think we’re more likely to have the
public internalize that message.
M. Caulfield : Je ne tiens pas à mettre fin à cette très
intéressante discussion sur ce qui pourrait constituer un
désaccord, mais je pense que le sucre est un énorme problème
pour toutes les raisons qui ont été évoquées ici. Je pense que le
gouvernement devrait adresser un message plus simple à la
population et éviter de viser une substance en particulier. Le
message s’adresse à la population. Cela dit, je suis d’accord avec
tout ce qui a été dit ici. Je pense que nous devons essayer de faire
comprendre à la population ce qu’est un régime alimentaire sain
et qu’un tel régime contient peu de produits additionnés de sucre.
Je crois que, ainsi, le message sera plus cohérent et durable et que
les gens pourront plus facilement l’intérioriser.
30-10-2014
Affaires sociales, sciences et technologie
22:73
Mr. DiNicolantonio: I agree. But I also agree that it makes
sense as well to somehow include added sugars in the category of
creating this traffic light because most of the population doesn’t
understand the harms of added sugars. If we could somehow put
that on a label easily, it just makes sense; but of course the simpler
message is eat real food, right? Day to day, when people are going
to be looking at the label, we need to give them something to
direct them, and that is a beautiful way to do it.
M. DiNicolantonio : Je suis d’accord. Mais je crois aussi qu’il
serait également utile d’inclure les sucres ajoutés dans ce système
d’avertissement, parce que la plupart des gens ne comprennent
pas le mal que font ces sucres. S’il était possible de le préciser sur
l’étiquette, cela serait utile, mais, évidemment, le message est
d’abord de consommer de vrais aliments, n’est-ce pas! Nous
devons donner aux gens qui vont lire ces étiquettes jour après jour
des indications utiles, et c’est un bon moyen de le faire.
The Chair: I also agree with Professor Caulfield with regard to
the artificial sweeteners. I mentioned yesterday I’m a chemist, and
I can tell you I wouldn’t consume any one of those for a number
of reasons, understanding both what their structures are and also
the past issues.
Le président : Je suis d’accord avec le professeur Caulfield au
sujet des édulcorants artificiels. J’ai dit hier que j’avais une
formation de chimiste et je peux vous dire que je ne consommerais
aucun de ces produits pour un certain nombre de raisons, puisque
j’en connais la structure et les problèmes qu’ils ont posés.
I rarely ever bring myself into these kinds of things in a
personal way, but I can tell you that I’ve worked out my entire
life, and according to the BMI indicator my entire life I have been
overweight. I do not think any other measure would indicate that
would be the case. We do have all of these issues that you both
have so well illustrated today in terms of the complexity of issue
but the importance of bringing it back to some simple issue that
will give guidance in some way to our society.
Je mêle rarement ma vie personnelle à ces enjeux, mais je peux
vous dire que j’ai fait de l’exercice toute ma vie et que, selon
l’IMC, j’ai été en surpoids toute ma vie. Je ne pense pas que
d’autres indicateurs donneraient le même résultat. Les questions
dont vous avez tous les deux si bien illustré la complexité
aujourd’hui, nous les partageons, et il importe de les réduire à un
enjeu simple qui puisse donner une certaine direction à la
population.
On behalf of our committee, I will repeat what I said at the
outset of my remarks: You have been remarkably clear in your
presentations and in your answers to us, and I can’t thank you
enough for your appearance before us today.
Au nom du comité, je vais réitérer ce que j’ai dit tout à l’heure :
vous avez fait tous deux des exposés et donné des réponses
remarquablement claires, et je ne saurais vous remercier assez
d’être venus nous voir aujourd’hui.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Wednesday, October 29, 2014
Le mercredi 29 octobre 2014
Canadian Obesity Network:
Réseau canadien en obésité :
Ian Janssen, Chair, Science Committee.
Childhood Obesity Foundation:
Dr. Tom Warshawski, Chair.
Ian Janssen, président, Comité des sciences.
Childhood Obesity Foundation :
Dr Tom Warshawski, président.
Thursday, October 30, 2014
Le jeudi 30 octobre 2014
Preventive Cardiology, Saint Luke’s Mid America Heart Institute:
Preventive Cardiology, Saint Luke’s Mid America Heart Institute :
James DiNicolantonio, Doctor of Pharmacy and Cardiovascular
Research Scientist (by video conference).
Health Law Institute, University of Alberta:
Timothy Caulfield, Canada Research Chair.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
James DiNicolantonio, docteur en pharmacie et chercheur en santé
cardiovasculaire (par vidéoconférence).
Health Law Institute, Université de l’Alberta :
Timothy Caulfield, Chaire de recherche du Canada.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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