Social Affairs, Affaires sociales, Science and des sciences et

Social Affairs, Affaires sociales, Science and des sciences et
Third Session
Fortieth Parliament, 2010-11
Troisième session de la
quarantième législature, 2010-2011
SENATE OF CANADA
SÉNAT DU CANADA
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Social Affairs,
Science and
Technology
Affaires sociales,
des sciences et
de la technologie
Chair:
Président :
The Honourable ART EGGLETON, P.C.
L’honorable ART EGGLETON, C.P.
Wednesday, December 15, 2010 (in camera)
Thursday, December 16, 2010 (in camera)
Wednesday, February 2, 2011
Thursday, February 3, 2011
Le mercredi 15 décembre 2010 (à huis clos)
Le jeudi 16 décembre 2010 (à huis clos)
Le mercredi 2 février 2011
Le jeudi 3 février 2011
Issue No. 18
Fascicule no 18
Thirteenth meeting on:
Treizième réunion concernant :
The study on Canada’s pandemic preparedness
L’étude sur l’état de préparation du Canada en cas de pandémie
Nineteenth meeting on:
Dix-neuvième réunion concernant :
The study on the accessibility of
post-secondary education in Canada
L’étude sur la question de l’accessibilité à
l’éducation postsecondaire au Canada
First and second meetings on:
Première et deuxième réunions concernant :
Current social issues pertaining to
Canada’s largest cities
Les enjeux sociaux d’actualité pour
les grandes villes canadiennes
INCLUDING:
THE FIFTEENTH REPORT OF THE COMMITTEE:
(The study on Canada’s pandemic preparedness)
Y COMPRIS :
LE QUINZIÈME RAPPORT DU COMITÉ
(L’étude sur l’état de préparation du Canada en cas de pandémie)
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
48554-48555-48566-48572
STANDING SENATE COMMITTEE ON
SOCIAL AFFAIRS, SCIENCE
AND TECHNOLOGY
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
AFFAIRES SOCIALES, DES SCIENCES ET
DE LA TECHNOLOGIE
The Honourable Art Eggleton, P.C., Chair
Président : L’honorable Art Eggleton, C.P.
The Honourable Kelvin Kenneth Ogilvie, Deputy Chair
Vice-président : L’honorable Kelvin Kenneth Ogilvie
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Braley
Callbeck
Cordy
* Cowan
(or Tardif)
Demers
Dyck
* LeBreton, P.C.
(or Comeau)
Martin
Merchant
Meredith
Nancy Ruth
Seidman
Braley
Callbeck
Cordy
* Cowan
(ou Tardif)
Demers
Dyck
* LeBreton, C.P.
(ou Comeau)
Martin
Merchant
Meredith
Nancy Ruth
Seidman
* Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 85(4), membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 85(4) du Règlement, la liste des
membres du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Nancy Ruth replaced the Honourable
Senator Eaton (February 3, 2011).
L’honorable sénateur Nancy Ruth a remplacé l’honorable
sénateur Eaton (le 3 février 2011).
The Honourable Senator Meredith replaced the Honourable
Senator Champagne, P.C. (February 1, 2011).
L’honorable sénateur Meredith a remplacé l’honorable sénateur
Champagne, C.P. (le 1er février 2011).
The Honourable Senator Demers replaced the Honourable
Senator Runciman (January 31, 2011).
L’honorable sénateur Demers a remplacé l’honorable sénateur
Runciman (le 31 janvier 2011).
The Honourable Senator Merchant replaced the Honourable
Senator Peterson (December 17, 2010).
L’honorable sénateur Merchant a remplacé l’honorable sénateur
Peterson (le 17 décembre 2010).
The Honourable Senator Runciman replaced the Honourable
Senator Demers (December 16, 2010).
L’honorable sénateur Runciman a remplacé l’honorable sénateur
Demers (le 16 décembre 2010).
The Honourable Senator Peterson replaced the Honourable
Senator Merchant (December 15, 2010).
L’honorable sénateur Peterson a remplacé l’honorable sénateur
Merchant (le 15 décembre 2010).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:3
ORDRE DE RENVOI
ORDER OF REFERENCE
Extract from the Journals of the Senate, Thursday, March 18,
2010:
Extrait des Journaux du Sénat du jeudi 18 mars 2010 :
Resuming debate on the motion of the Honourable Senator
Eggleton, P.C., seconded by the Honourable Senator Cordy:
Reprise du débat sur la motion de l’honorable sénateur
Eggleton, C.P., appuyée par l’honorable sénateur Cordy,
That the Standing Senate Committee on Social Affairs,
Science and Technology be authorized to examine and report
on current social issues pertaining to Canada’s largest cities. In
particular, the Committee shall be authorized to examine:
Que le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie soit autorisé à examiner, pour en
faire rapport, des enjeux sociaux d’actualité pour les grandes
villes canadiennes. Que le comité soit plus particulièrement
autorisé à examiner :
(a) poverty, housing and homelessness;
a) la pauvreté, le logement et l’itinérance;
(b) social inclusion and cohesion;
b) la cohésion et l’inclusion sociales;
(c) urban economies;
c) les économies urbaines;
(d) models for collaboration and co-operation among
governments;
d) des modèles de collaboration et de coopération entre
gouvernements;
That the study be national in scope, and include a focus on
the largest urban community in each of the provinces;
Que l’étude soit nationale et accorde une attention spéciale à
la plus importante collectivité urbaine de chacune des
provinces;
That the study report include proposed solutions, with an
emphasis on collaborative strategies involving federal,
provincial and municipal governments;
Que le rapport propose des solutions, en mettant l’accent sur
la coopération entre les administrations fédérale, provinciales
et municipales;
That the papers and evidence received and taken and work
accomplished by the Committee on this subject since the
beginning of the First Session of the Thirty-Ninth Parliament
be referred to the Committee; and
Que les documents reçus, les témoignages entendus, et les
travaux accomplis par le comité sur ce sujet depuis le début de
la première session de la trente-neuvième législature soient
renvoyés au comité;
That the Committee submit its final report no later than
December 31, 2011, and that the Committee retain all powers
necessary to publicize its findings until 180 days after the
tabling of the final report.
Que le comité présente son rapport final au plus tard
le 31 décembre 2011 et qu’il conserve tous les pouvoirs
nécessaires pour diffuser ses conclusions dans les 180 jours
suivant le dépôt du rapport final.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat,
Gary W. O’Brien
Clerk of the Senate
18:4
Social Affairs, Science and Technology
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Wednesday, December 15, 2010
(45)
OTTAWA, le mercredi 15 décembre 2010
(45)
[English]
3-2-2011
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology met in camera this day at 5:05 p.m., in room 705,
Victoria Building, the chair, the Honourable Art Eggleton, P.C.,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui à huis clos,
à 17 h 5, dans la pièce 705 de l’édifice Victoria, sous la présidence
de l’honorable Art Eggleton, C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Braley, Callbeck, Champagne, P.C., Cordy, Dyck, Eaton,
Eggleton, P.C., Martin, Ogilvie and Seidman (10).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Braley,
Callbeck, Champagne, C.P., Cordy, Dyck, Eaton, Eggleton, C.P.,
Martin, Ogilvie et Seidman (10).
In attendance: Sonya Norris and Daniel Thompson, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service.
Également présents : Sonya Norris et Daniel Thompson,
analystes, Service d’information et de recherche parlementaires.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Monday, June 28, 2010, the committee continued its study on
Canada’s pandemic preparedness. (For complete text of the order
of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 10.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le lundi 28 juin 2010, le comité poursuit son étude sur l’état de
préparation du Canada en cas de pandémie. (Le texte intégral de
l’ordre de renvoi figure au fascicule no 10 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 92,(2)(f), the committee considered a
draft report.
Conformément à l’article 92(2)f) du Règlement, le comité
examine l’ébauche d’un rapport.
It was agreed that the report be adopted with the requested
changes and that the steering committee be empowered to
approve the final version of the report.
Il est convenu d’adopter le rapport et les modifications
demandées et d’autoriser le comité de direction à approuver la
version finale.
At 6:25 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 18 h 25, le comité suspend ses travaux jusqu’à nouvelle
convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Thursday, December 16, 2010
(46)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le jeudi 16 décembre 2010
(46)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology met in camera this day at 9:01 a.m., in room 705,
Victoria Building, the chair, the Honourable Art Eggleton, P.C.,
presiding.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui à huis clos,
à 9 h 1, dans la pièce 705 de l’édifice Victoria, sous la présidence
de l’honorable Art Eggleton, C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Braley, Callbeck, Cordy, Dyck, Eggleton, P.C, Ogilvie, Peterson,
Runciman and Seidman (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Braley,
Callbeck, Cordy, Dyck, Eggleton, C.P., Ogilvie, Peterson,
Runciman et Seidman (9).
In attendance: Daniel Thompson and Havi Echenberg,
Analysts, Parliamentary Information and Research Service; and
Mona Ishack, Communications Officer, Communications
Directorate.
Également présents : Daniel Thompson et Havi Echenberg,
analystes, Service d’information et de recherche parlementaires; et
Mona Ishack, agente de communications, Direction des
communications.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, March 18, 2010, the committee continued its study on
the accessibility of post-secondary education in Canada. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 1.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le jeudi 18 mars 2010, le comité poursuit son étude sur la
question de l’accessibilité à l’éducation postsecondaire au
Canada. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 1 des délibérations du comité.)
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:5
Pursuant to rule 92,(2)(f), the committee considered a
draft report.
Conformément à l’article 92(2)f) du Règlement, le comité
examine l’ébauche d’un rapport.
At 10:02 a.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 10 h 2, le comité suspend ses travaux jusqu’à nouvelle
convocation de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, February 2, 2011
(47)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 2 février 2011
(47)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology met this day at 4:14 p.m., in room 2, Victoria
Building, the chair, the Honourable Art Eggleton, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 16 h 14, dans
la pièce 2 de l’édifice Victoria, sous la présidence de l’honorable
Art Eggleton, C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Braley, Callbeck, Cordy, Demers, Dyck, Eaton, Eggleton, P.C.,
Martin, Meredith, Ogilvie and Seidman (11).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Braley,
Callbeck, Cordy, Demers, Dyck, Eaton, Eggleton, C.P., Martin,
Meredith, Ogilvie et Seidman (11).
In attendance: Brian O’Neal and Brian Hermon, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service.
Également présents : Brian O’Neal et Brian Hermon, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, March 18, 2010, the committee began its study on
current social issues pertaining to Canada’s largest cities.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le jeudi 18 mars 2010, le comité amorce son étude sur les enjeux
sociaux d’actualité pour les grandes villes canadiennes.
WITNESSES:
TÉMOINS :
Maytree Foundation:
Maytree Fondation :
Ratna Omidvar, President.
As an individual:
Ratna Omidvar, présidente.
À titre personnel :
Fran Klodawsky, Associate Professor, Carleton University.
Fran Klodawsky, professeure associée, Université Carleton.
Ms. Klodawsky made a statement and answered questions.
Mme Klodawsky fait un exposé, puis répond aux questions.
Ms. Omidvar made a statement and answered questions.
Mme Omidvar fait un exposé, puis répond aux questions.
At 6:09 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
OTTAWA, Thursday, February 3, 2011
(48)
[English]
À 18 h 9, le comité suspend ses travaux jusqu’à nouvelle
convocation de la présidence.
ATTESTÉ :
OTTAWA, le jeudi 3 février 2011
(48)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology met this day at 10:28 a.m., in room 2, Victoria
Building, the chair, the Honourable Art Eggleton, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 10 h 28, dans
la pièce 2 de l’édifice Victoria, sous la présidence de l’honorable
Art Eggleton, C.P. (président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Braley, Callbeck, Cordy, Demers, Dyck, Eggleton, P.C., Martin,
Ogilvie, Seidman, Meredith and Nancy Ruth (11).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Braley,
Callbeck, Cordy, Demers, Dyck, Eggleton, C.P., Martin, Ogilvie,
Seidman, Meredith et Nancy Ruth (11).
In attendance: Brian O’Neal and Brian Hermon, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service.
Également présents : Brian O’Neal et Brian Hermon, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
18:6
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, March 18, 2010, the committee continued its study on
current social issues pertaining to Canada’s largest cities.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le jeudi 18 mars 2010, le comité poursuit son étude sur les
enjeux sociaux d’actualité pour les grandes villes canadiennes.
WITNESSES:
TÉMOINS :
Statistics Canada:
Statistique Canada :
Garnett Picot, Senior Analyst, Social Analysis Division.
Garnett Picot, analyste principal, Division de l’analyse sociale.
Citoyenneté et Immigration Canada :
Citizenship and Immigration Canada:
Deborah Tunis, directrice générale, Intégration.
Deborah Tunis, Director General, Integration.
Fondation Canada Ouest :
Canada West Foundation:
Robert Vineberg, chercheur associé.
Robert Vineberg, Senior Fellow.
Centre pour une réforme des politiques d’immigration :
Centre for Immigration Policy Reform:
Martin Collacott, porte-parole.
Martin Collacott, Spokesperson.
INSIGNIS Strategic Research Inc. :
INSIGNIS Strategic Research Inc.:
David Harris, directeur.
David Harris, Director.
Fédération canadienne des municipalités :
Federation of Canadian Municipalities:
Ben Henderson, Chair, Standing Committee on Social
Economic Development.
Ben Henderson, président, Comité permanent sur le
développement socioéconomique.
The chair made a statement.
Le président prend la parole.
Mr. Picot and Ms. Tunis each made statements and, together,
answered questions.
M. Picot et Mme Tunis font chacun un exposé puis, ensemble,
répondent aux questions.
À 11 h 38, la séance est suspendue.
At 11:38 a.m., the committee suspended.
À 11 h 42, la séance reprend.
At 11:42 a.m., the committee resumed.
Mr. Henderson, Mr. Vineberg, Mr. Collacott and Mr. Harris
each made a statement and, together, answered questions.
M. Henderson, M. Vineberg, M. Collacott et M. Harris font
chacun un exposé puis, ensemble, répondent aux questions.
At 12:39 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 12 h 39, le comité suspend ses travaux jusqu’à nouvelle
convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Jessica Richardson
Clerk of the Committee
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:7
RAPPORT DU COMITÉ
REPORT OF THE COMMITTEE
Wednesday, December 29, 2010
Le mercredi 29 décembre 2010
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology has the honour to table its
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie a l’honneur de déposer son
FIFTEENTH REPORT
QUINZIÈME RAPPORT
Your committee, which was authorized by the Senate on
Monday, June 28, 2010, to examine and report on Canada’s
pandemic preparedness, now tables its final report entitled:
Canada’s Response to the 2009 H1N1 Influenza Pandemic.
Votre comité, qui a été autorisé par le Sénat le lundi 28 juin 2010
à examiner, pour en faire rapport, l’état de préparation du Canada
en cas de pandémie, dépose maintenant son rapport final intitulé La
réponse du Canada à la pandémie de grippe H1N1 de 2009.
Respectueusement soumis,
Respectfully submitted,
Le président,
ART EGGLETON
Chair
(Text of the report appears following the evidence.)
(Le texte du rapport paraît après les témoignages.)
18:8
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Wednesday, February 2, 2011
OTTAWA, le mercredi 2 février 2011
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology met this day at 4:14 p.m. to study current issues
pertaining to Canada’s largest cities (topic: social inclusion and
cohesion).
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 16 h 14, pour
étudier les enjeux sociaux d’actualité pour les grandes villes
canadiennes (sujet : inclusion et cohésion sociales).
Senator Art Eggleton (Chair) in the chair.
[English]
Le sénateur Art Eggleton (président) occupe le fauteuil.
[Traduction]
The Chair: I call this meeting to order. Welcome to the
Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology. Today we are having the first meeting on a new
study, the second segment of our study of the social issues facing
the cities of Canada. The first segment took a considerable length
of time. This one will not take quite as much.
Le président : La séance est ouverte. Bienvenue à cette réunion
du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et
de la technologie. Nous entamons aujourd’hui une toute nouvelle
étude, à savoir le deuxième volet de notre étude des enjeux sociaux
pour les grandes villes canadiennes. Nous avons consacré beaucoup
de temps au premier volet; celui-ci sera plus court.
That first study produced the report In from the Margins: A
Call to Action on Poverty, Housing and Homelessness, which was
unanimously adopted by the Senate and which has received a fair
bit of attention and recognition across the country.
Le rapport Pauvreté, logement, itinérance : les trois fronts de la
lutte contre l’exclusion, adopté à l’unanimité par le Sénat, a été
publié à l’issue du premier volet. Ce rapport a reçu
considérablement d’attention et d’éloges un peu partout au pays.
In that study we learned about people who are socially
excluded, and therefore this second segment will deal with what
we need to do to ensure social inclusion. Eighty per cent of the
people in this country live in cities, so it is very important that we
pay attention to what is happening on social inclusion and social
cohesion issues in our cities.
Cette étude nous a permis d’en apprendre sur les personnes qui
vivent en marge de la société, et ce deuxième volet traitera donc
des gestes que nous devons poser pour assurer l’inclusion sociale.
Quatre-vingt pour cent des gens de ce pays vivent en milieu urbain
et, pour cette raison, il est très important de nous pencher sur les
questions d’inclusion et de cohésion sociales dans nos villes.
We have 12 meetings planned to look at how we can make
ourselves more socially inclusive and ensure that our population is
more engaged and participating in improving our communities
and thereby our country. In this first meeting we will do an
overview. In the notes you have received from our analysts, you
will see how the rest of the meetings will roll out. We will deal
with integration of immigrants, inclusion of Aboriginal and other
minorities, design and planning for inclusion, and safety in
urban areas.
Nous avons prévu 12 réunions pour examiner ce qu’il est
possible de faire pour améliorer l’inclusion sociale et pour nous
assurer que notre population s’engage davantage et qu’elle
contribue à l’amélioration de nos communautés et, par le fait
même, de notre pays. Cette première réunion sera consacrée au
survol de la question. Le déroulement des autres réunions est
exposé dans les documents rédigés par nos analystes, qui vous ont
été distribués. Nous traiterons de l’intégration des immigrants, de
l’inclusion des Autochtones et des autres minorités, des modèles et
des plans d’inclusion, ainsi que de la sécurité en milieu urbain.
Today we will hear from two witnesses, although one has yet to
arrive. Ratna Omidvar, President of the Maytree Foundation, is
coming in from Toronto, and travelling anywhere in Southern
Ontario today is rather difficult. She is travelling by train, so
hopefully she will be with us soon.
Aujourd’hui, nous entendrons deux témoins, même si l’un
d’eux tarde à arriver. Ratna Omidvar, présidente de la Maytree
Foundation, est dans un train en provenance de Toronto, et les
déplacements dans tout le Sud de l’Ontario sont plutôt laborieux
aujourd’hui. Espérons qu’elle se joindra à nous sous peu.
In the meantime, we have Fran Klodawsky, Associate
Professor at Carleton University in the Department of
Geography and Environmental Studies. Her research interests
include women’s initiatives to promote equality and inclusiveness
in cities, especially with regard to safety and municipal services,
and community, interurban, national and international efforts to
examine the significance of affordable housing and the dilemmas
that arise, including homelessness, when such housing is not
available.
Entretemps, nous entendrons Fran Klodawsky, professeure
associée au Département de géographie et d’études
environnementales de l’Université Carleton. Elle s’intéresse
notamment aux initiatives féminines visant à promouvoir
l’égalité et l’inclusion dans les villes, tout particulièrement du
point de vue de la sécurité et des services municipaux, de même
qu’aux efforts communautaires, interurbains, nationaux et
internationaux déployés en vue d’examiner l’importance du
logement abordable et les dilemmes qui se posent, dont
l’itinérance, lorsque de tels logements ne sont pas disponibles.
I will also welcome our newest senator, Senator Meredith from
Toronto, who has come to observe our committee.
J’aimerais également souhaiter la bienvenue à notre tout
nouveau sénateur, le sénateur Meredith, de Toronto, venu
observer notre comité.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
Since this is our first meeting of the year, happy new year, and
welcome back to the rest of you.
I will turn the floor over to Professor Klodawsky.
18:9
Puisqu’il s’agit de notre première rencontre de l’année, je vous
souhaite une bonne et heureuse année, et je vous souhaite de
nouveau la bienvenue parmi nous.
Je cède maintenant la parole à Mme Klodawsky.
Fran Klodawsky, Associate Professor, Carleton University, as an
individual: It is a pleasure and a privilege to speak to you today
and to contribute to setting the terms of discussion about social
inclusion and exclusion. These terms are linked to new thinking
about poverty reduction and citizenship. They acknowledge that
deprivation is more than simply a lack of adequate income and
that its opposite, what I will call full or substantive citizenship,
has to do with more than simply having enough money to cover
the basics of daily living.
Fran Klodawsky, professeure associée, Université Carleton, à
titre personnel : C’est un plaisir et un privilège pour moi de
m’adresser à vous aujourd’hui et de contribuer à délimiter les
paramètres de la discussion sur l’inclusion et l’exclusion sociales.
Ces paramètres renvoient à une nouvelle façon d’envisager la
réduction de la pauvreté et la citoyenneté. Ils reconnaissent que la
privation ne s’arrête pas à l’insuffisance de revenu et que son
contraire, ce que j’appelle la « citoyenneté substantielle ou à part
entière », représente beaucoup plus que seul le fait de disposer
d’un revenu suffisant pour voir aux essentiels de la vie
quotidienne.
Social inclusion, according to the Laidlaw Foundation, turns
public policy-making upside down. Rather than assume that there
is a one-size-fits-all approach to effectively address social
problems, policy-makers need to acknowledge diversity and
difference as potential resources and public policy as a key tool
to build places of meaning and engagement for all sorts of
individuals and groups.
La Laidlaw Foundation a affirmé que l’inclusion sociale
« chamboule complètement la formulation de politiques
publiques ». Plutôt que de présumer qu’une approche
universelle convient à tous les problèmes sociaux, les décideurs
doivent reconnaître que la diversité et la différence constituent des
ressources possibles et que la politique publique est un moyen
essentiel d’interpeller de façon significative les personnes et les
groupes de toutes sortes.
For Amartya Sen, whose ideas regarding individual capabilities
have been pivotal to this way of thinking, the point is that while
‘‘Income may be one of the most prominent means for a good life
without deprivation . . . it is not the only influence.’’ He argues
that ‘‘We must look at impoverished lives, and not just at depleted
wallets.’’
Amartya Sen, dont les idées sur les capacités individuelles
forment les piliers de ce mode de pensée, a affirmé que l’essentiel
réside dans ce qui suit : « Le revenu peut constituer le moyen le
plus important d’avoir une bonne vie sans privation, mais [...] ce
n’est pas la seule influence. » Il poursuit : « Nous devons nous
pencher sur les vies appauvries, et non seulement sur les
portefeuilles dégarnis. »
In thinking about capabilities and the factors that prevent
people from being able to act as full citizens, these arguments
serve to shift the focus to structures such as institutional
arrangements, global forces and the measures and attitudes that
feed feelings of powerlessness. The good news is that these sorts of
insights highlight the potentially vital role of both public and
private institutions at local, regional, national and international
levels. The bad news, though, is that they open up so many
potential avenues of intervention that it is difficult to know where
to begin and how to proceed.
Lorsqu’on songe aux capacités et aux facteurs qui entravent la
participation à la citoyenneté substantielle, ces arguments
recentrent l’attention sur des structures telles que les
arrangements institutionnels, les forces globales ainsi que les
mesures et attitudes qui alimentent le sentiment d’impuissance.
La bonne nouvelle, c’est que ces points de vue mettent en évidence
le rôle potentiellement essentiel des institutions publiques et privées
à l’échelle locale, régionale, nationale et internationale. Par contre,
ils ouvrent la voie à tant de possibilités d’intervention, qu’il est
difficile de déterminer par où commencer et comment s’y prendre.
Some scholars and policy-makers interpret these arguments to
conclude that the pre-eminent focus should be on access to
meaningful and well-paid employment, whereas for others
enhanced health and well-being are the more useful frameworks.
To these discussions I respond that policy effectiveness also needs
to acknowledge the overriding significance of context. Who you
are, where you live and how you are connected to others all make a
significant difference when it comes to inclusion and exclusion. I
will elaborate on this argument in the context of discussing the
question of who is excluded.
Pour certains universitaires et décideurs, il faudrait insister
principalement sur les emplois valorisants et bien rémunérés,
tandis que pour d’autres, il est plus utile d’axer les efforts sur la
santé et le mieux-être. Quant à moi, je suis d’avis que pour être
efficace, une politique doit aussi tenir compte de la place
prépondérante qu’occupe le contexte. Qui sommes-nous, où
vivons-nous et quels sont nos rapports avec les autres sont
autant de facteurs à considérer au regard de l’inclusion et de
l’exclusion. Sur ce point, je m’attarderai à présenter mes
arguments dans le contexte de ceux qui sont exclus.
Research has contributed to a general agreement that in large
Canadian cities, six groups are particularly at risk of social
exclusion: lone parents, overwhelmingly mothers; unattached
individuals aged 45 to 64, both female and male; Aboriginal
individuals living off-reserve; recent immigrants; people with
La recherche a mené à un consensus selon lequel dans les
grandes villes du Canada, six groupes sont particulièrement à
risque d’exclusion sociale : les parents seuls, à prédominance
féminine; les personnes sans liens familiaux âgées de 45 à 64 ans,
hommes et femmes confondus; les Autochtones hors réserve; les
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Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
significant activity limitations; those who fit into more than one
of these groups; and, finally, children of parents in these groups.
No one idea or response will help all of them.
immigrants récents; les personnes ayant une importante limitation
d’activité; les personnes faisant partie de plus d’un de ces groupes;
et enfin, les enfants de parents faisant partie d’un de ces groupes.
Aucune idée ou intervention ne permettra d’aider tous ces groupes.
I will expand on this argument by drawing from ongoing
longitudinal research about the experiences of individuals and
families who have been homeless. One common and not surprising
assumption is that, among people who are homeless, any stable
housing arrangement is better than living precariously in an
emergency shelter or on the street. The evidence, however, suggests
that even though housing is a necessary and fundamental element,
it is not always sufficient on its own to enhance quality of life.
À ce propos, je m’inspirerai d’études longitudinales en cours
sur les expériences des personnes et des familles qui ont été sans
abri. On ne s’en étonnera pas, l’un des postulats communs est que
chez les sans-abri, toute installation de logement stable est
préférable aux conditions de vie précaires d’un refuge d’urgence
ou de la rue. Toutefois, des éléments probants portent à croire que
même si le logement est un facteur essentiel et fondamental, il ne
suffit pas toujours, à lui seul, à améliorer la qualité de vie.
An intriguing finding from Ottawa with people who were
homeless when we began our research was that among the three
quarters of respondents who were stably housed two years after
being interviewed, there was no evidence that simply being in
housing had a positive effect on their mental health, but there was
a significant correlation between self-reported mental health
improvements and the respondents’ perceptions that they were
living in good-quality housing. Similarly, preliminary data from
ongoing comparative research in Ottawa, Toronto and
Vancouver suggests that the health status of those who are
homeless is very similar to individuals who are vulnerably housed
and at risk of becoming homeless, whereas both groups’ health
status was much worse than better-off housed Canadians.
Lorsque nous avons entamé notre recherche auprès de sansabri d’Ottawa, nous avons fait une constatation intrigante : chez
les trois quarts des répondants qui vivaient dans un logement
stable deux ans après l’entrevue, rien ne permettait de conclure
que le seul fait d’avoir un logement avait eu un effet positif sur
leur santé mentale. Une corrélation importante a toutefois été
établie entre l’amélioration de la santé mentale autodéclarée et la
perception des répondants selon laquelle leur logement était de
bonne qualité. De même, les données préliminaires d’une
recherche comparative menée à Ottawa, à Toronto et à
Vancouver portent à croire que l’état de santé des sans-abri est
très semblable à celui des personnes vivant dans des conditions de
logement précaires et qui sont à risque d’itinérance, et qu’il est
pire, bien pire que celui des Canadiens mieux logés.
Furthermore, in these same studies it has become clear that the
question of what constitutes good-quality housing also varies
between groups in very complex ways. There is, for example, welldocumented and widely replicated evidence that feeling safe in
one’s neighbourhood is of much greater concern and impact for
women than it is for their male peers.
En outre, ces mêmes études ont révélé que la définition de ce
que constitue un « logement de bonne qualité » varie d’un groupe
à l’autre, et ce, d’une façon très complexe. Par exemple, on
dispose de données probantes bien documentées et reproduites à
grande échelle qui permettent d’affirmer que le sentiment de
sécurité dans le quartier est une préoccupation beaucoup plus
grande et présente chez les femmes que chez leurs pairs masculins.
Other research suggests that differences between homeless
Canadian families and those born elsewhere are less substantial
than are the differences between singles and households with
children. Whereas the families tended to be homeless because of
economic factors and often were anxious to quickly re-establish
their lives as workers and community members, the singles tended
to be more burdened with serious physical and particularly
mental health issues.
D’autres études révèlent que les différences entre les familles
canadiennes sans abri et celles issues d’autres pays sont moins
importantes que celles qui opposent les célibataires et les ménages
avec enfants. Alors que l’itinérance chez les familles s’explique
généralement par des facteurs économiques et que ces familles
sont souvent pressées de réintégrer la vie active et la collectivité,
les célibataires tendent à être plus lourdement entravés par
d’importants problèmes de santé physique et mentale.
Even among the singles, women and girls tended to report
profiles of health and substance use problems that were distinct
from those of men and boys.
Même chez les célibataires, les femmes et les filles laissent
généralement entrevoir un profil de troubles de santé et de
dépendances qui se distingue de celui des hommes et des garçons.
This diversity has profound implications for thinking about
what the federal government might do to reduce social exclusion.
I agree with Meyer Burstein’s conclusion that ‘‘Different at-risk
groups require different policies. These policies engage different
levels of government, different public agencies and different civil
groups. As a result, consultation, co-ordination, and delivery
strategies will also differ.’’
Cette diversité a de profondes répercussions sur la réflexion à
propos de l’intervention possible du gouvernement fédéral pour
réduire l’exclusion sociale. Je suis d’accord avec la conclusion de
Meyer Burstein, selon laquelle « il faut appliquer différentes
politiques à différents groupes à risque. Ces politiques font
intervenir différents ordres de gouvernement, organismes publics
et groupes de la société civile. Les stratégies de consultation, de
coordination et de mise en oeuvre doivent donc, elles aussi,
être différentes. »
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:11
I want to elaborate briefly on his argument. When it comes to
promoting social inclusion, consultation needs to take a form that
encourages different groups to speak and to be heard. For
example, in Ottawa, the City for All Women Initiative is a
community-based group whose ‘‘aim is to strengthen the capacity
of the full diversity of women and the City of Ottawa to work in
partnership to create a more inclusive city and promote gender
equality.’’ In one of this organization’s projects, women from a
wide variety of backgrounds received training as focus group
facilitators. One of their assignments was to lead group
discussions about recreation programs within the city. As a
result, city staff who were working to prepare a new recreation
master plan were able to draw on insights from residents who had
not previously been heard from on these matters.
Permettez-moi d’élaborer brièvement sur ce point. Lorsqu’on
veut promouvoir l’inclusion sociale, il importe d’encourager
différents groupes à se faire entendre. Par exemple, à Ottawa,
l’initiative Une ville pour toutes les femmes est un groupe
communautaire dont le but est de « renforcer la capacité de la
pleine diversité des femmes et de la ville d’Ottawa à travailler en
partenariat afin de créer une ville plus inclusive et de promouvoir
l’égalité entre les sexes ». Dans le cadre d’un projet de l’Initiative,
des femmes de divers milieux ont reçu une formation de
facilitatrice de groupes de discussion. Elles ont ensuite dirigé un
groupe sur les programmes récréatifs proposés par la ville, ce qui
a permis aux employés municipaux chargés d’établir un nouveau
plan des loisirs de s’inspirer des points de vue de résidentes qui ne
s’étaient jamais exprimées auparavant.
When it comes to coordination and delivery, the focus needs to
be on facilitating how different levels and agencies work together
to achieve certain goals. Here I encourage committee members to
consider the positive features of such tripartite initiatives as the
Homeless Partnering Strategies and their predecessors. The
combination of dedicated funding, flexibility in local application
and the requirement for broad stakeholder engagement in
preparing a community plan might well be applicable with
regard to social issues other than homelessness.
Au chapitre de la coordination et de la mise en œuvre, il faut
faciliter la façon dont les organismes de différents niveaux
peuvent travailler ensemble pour atteindre un but commun.
J’encourage les membres du comité à se pencher sur les
particularités positives d’initiatives tripartites telles que la
Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance, ainsi que
d’autres programmes qui l’ont précédée. Combiner fonds,
souplesse d’application locale et besoins en matière
d’engagement des intervenants élargis pour créer un plan
communautaire est une approche qui peut tout aussi bien
s’appliquer à d’autres enjeux sociaux que l’itinérance.
Thank you for listening. I look forward to discussing these
matters with you.
Je vous remercie de m’avoir écoutée. J’attends avec impatience
d’approfondir toutes ces questions avec vous.
The Chair: Thank you very much.
Le président : Merci beaucoup.
What are the priorities around social inclusion in Canada, and
what do you think the federal government can do about it? You
mentioned in the latter part of your comments the concept that
was developed for the Homelessness Partnering Strategies, which
involved three orders of government coming together and
listening to what is coming out of the community regarding
developing that program, and you are saying that might be a
model. That is an interesting fact.
Quelles sont les priorités en matière d’inclusion sociale au
Canada et que peut faire le gouvernement fédéral à cet égard,
selon vous? Dans la dernière partie de vos observations, vous avez
parlé de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance,
qui a rassemblé trois ordres de gouvernement dont le mandat était
d’écouter ce que les gens des communautés avaient à dire au sujet
de l’élaboration de ce programme; vous dites que cette stratégie
pourrait servir de modèle. C’est intéressant.
Ms. Klodawsky: In terms of priorities, I think it is necessary to
begin to address basic needs, because until people have decent
housing and enough money for food they will not be able to begin
to think about other things that are also involved in feeling
included and feeling part of the life of cities and part of being a
citizen.
Mme Klodawsky : Pour ce qui est des priorités, je crois qu’il
faut d’abord commencer par répondre aux besoins essentiels, car
tant et aussi longtemps que les gens n’auront pas de logement
convenable ni assez d’argent pour payer l’épicerie, ils ne seront
pas en mesure de commencer à penser à d’autres facteurs qui
influent eux aussi sur le sentiment d’inclusion et qui font en sorte
que les gens ont l’impression d’être des citoyens qui participent à
la vie urbaine.
Those basic needs cannot be neglected, first and foremost. We
do have, especially in cities, a growing crisis in the lack of
affordability of housing and the inability to afford sufficient food.
There are more and more indications that those things are getting
worse, even though some efforts have been made to increase the
amount of affordable housing. That must be addressed first.
D’abord et avant tout, il faut veiller à ne pas négliger ces
besoins essentiels. Actuellement, la crise qui sévit tout
particulièrement dans les villes ne fait que s’aggraver en raison
du manque de logements abordables et de l’incapacité d’acheter
des quantités suffisantes de nourriture. Les indications sont de
plus en plus nombreuses à signaler une détérioration de la
situation, même si certains efforts ont été déployés pour
augmenter le nombre de logements abordables. Il faut voir à
cette question en premier.
18:12
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
In terms of federal government involvement, we need enabling
mechanisms to help public and private institutions and agencies
work together in a way that involves people who are currently
excluded. They need to be able to listen to what those people have
to say about how they will be able to become more included and
to work with those ideas in ways that effectively use the available
resources.
Pour ce qui est de la participation du gouvernement fédéral,
nous avons besoin de mécanismes d’habilitation pour aider les
institutions et agences publiques et privées à collaborer tout en
faisant place aux personnes qui, en ce moment, sont exclues. Ces
institutions et agences doivent être en mesure d’écouter ce que ces
gens ont à dire au sujet des facteurs qui faciliteraient leur inclusion,
et travailler avec ces idées tout en adoptant des méthodes
soucieuses de l’utilisation efficace des ressources disponibles.
There is potentially something quite useful in the model of the
Homelessness Partnering Strategy.
La Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance est un
modèle potentiellement très utile.
The Chair: Thank you for that answer.
Le président : Merci pour cette réponse.
Professor Hulchanski at the University of Toronto has done
some work on our city with respect to the divisions within it. He
originally talked about three cities in one, and now he is saying
that in Toronto the more well-off people are congregating in the
core, and in the inner suburbs rim there is decreasing involvement
in the community and decreasing economic status. In fact, one of
the alarming statistics he has cited is that in the city of Toronto
itself, the middle class has gone from 66 per cent back in the 1970s
down to 29 per cent today. A greater polarization is happening.
United Way Toronto recently came out with a report about
vertical poverty and the fact that many people with lower incomes
are now congregating in these towers.
Le professeur Hulchanski de l’Université de Toronto a réalisé
des recherches sur notre ville, à savoir sur les divisions qu’elle
comporte. À l’origine, il a parlé de trois villes en une, mais il dit
maintenant qu’à Toronto, les gens les plus aisés se rassemblent au
centre, tandis que ceux qui peuplent la proche banlieue participent
de moins en moins à la communauté et sont de moins en moins
fortunés. En fait, une des statistiques alarmantes citées dans ses
travaux est la suivante : dans la ville de Toronto à proprement
parler, la classe moyenne est passée de 66 p. 100 dans les
années 1970 à 29 p. 100 aujourd’hui. On observe une
polarisation de plus en plus importante. Centraide Toronto a
récemment publié un rapport au sujet de la pauvreté verticale et
du fait que de nombreuses personnes à plus faible revenu vivent
maintenant dans ces tours d’habitation.
How do you see social inclusion and social cohesion threatened
by all that?
Selon vous, en quoi ces choses risquent-elles de nuire à
l’inclusion et à la cohésion sociales?
Ms. Klodawsky: Absolutely, and it is not only in Toronto
where that sort of polarization is occurring. In general, I think
urban policy has concentrated too much on adding to what is
assumed to be a stable situation, adding affordable housing or
providing more in the way of social assistance, and forgetting
about the losses that are going on in affordable housing, the kinds
of urban dynamics that are feeding a polarization that is
problematic.
Mme Klodawsky : Absolument, et ce genre de polarisation ne
se produit pas uniquement à Toronto. En règle générale, j’estime
que les politiques urbaines se sont trop souciées d’ajouter à ce
qu’on présume être une situation stable, d’ajouter des logements
abordables ou de multiplier les possibilités d’aide sociale; elles ne
tiennent pas compte des pertes subies du côté des logements
abordables, des aspects de la dynamique urbaine qui contribuent
à une polarisation qui est problématique.
To begin to turn that around will take a concerted effort at the
level of the city in terms of urban redevelopment and what is
being built, where and for whom. This will be difficult; however,
without that, we will continue to have a situation where the
market will decide who is able to access the best parts of the city.
Those parts of the city will become more and more the centre of
where all good things happen, which leaves more and more people
further away from being able to access those good things.
La ville devra déployer un sérieux effort en matière de
réaménagement urbain si elle souhaite inverser cette tendance,
et devra prêter attention au type de constructions choisies, à leur
emplacement et aux gens à qui elles se destinent. La tâche sera
difficile; toutefois, sans ces mesures, la situation ne changera pas
et le marché continuera de déterminer qui aura accès aux
meilleurs quartiers de la ville. Ces quartiers deviendront de plus
en plus le noyau où se concentre tout ce qu’il y a de meilleur,
laissant un nombre grandissant de gens à l’écart.
The Chair: I will now turn to my colleagues. I am told that our
second panellist is at the train station and on her way here,
hopefully soon.
Le président : Je vais maintenant céder la parole à mes
collègues. On me dit que notre deuxième témoin est à la gare;
espérons qu’elle puisse se joindre à nous sous peu.
Senator Eaton: Dr. Klodawsky, for a long time I have been
interested in the relationship between homelessness and mental
health. You addressed mental health, but you did not make it one
of your groups. St. Michael’s Hospital in Toronto has done huge
studies about mental health and homelessness.
Le sénateur Eaton : Madame Klodawsky, je m’intéresse depuis
longtemps aux liens entre l’itinérance et la santé mentale. Vous
avez parlé de la santé mentale, sans pourtant en faire un de vos
thèmes. L’hôpital St. Michael’s de Toronto s’est livré à de vastes
études au sujet de la santé mentale et de l’itinérance.
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Affaires sociales, sciences et technologie
18:13
Ms. Klodawsky: You are right: I meant to infer that individuals
with mental health issues were part of the group with activity
limitations.
Mme Klodawsky : Vous avez raison. Je ne l’ai pas dit
explicitement, mais les personnes aux prises avec des troubles de
santé mentale font partie du groupe ayant des limitations d’activité.
Senator Eaton: We spend a lot of money, but I think we are
killing homeless people with kindness by not putting them into
housing where they have access to showers and food, where they
have their own room, where they get their pills every morning,
and where we are a little more forceful in keeping them off the
streets, number one.
Le sénateur Eaton : Nous dépensons beaucoup d’argent, mais
j’estime que nous faisons plus de mal que de bien en négligeant de
placer les itinérants dans des logements où ils ont accès à des
douches et à de la nourriture, où ils disposent de leur propre
chambre, où on leur donne chaque matin leurs médicaments et
où, premièrement, nous les empêchons plus fermement de se
retrouver de nouveau à la rue.
Could you talk about loss of community? You mentioned an
interesting word, ‘‘connect,’’ which to me was important. One can
perhaps eat badly and not have the best accommodations if one is
connected to community, if one connects to other people, or if
one feels that one has something in common with other people
around oneself.
Pourriez-vous parler de la dégradation des liens communautaires?
Vous avez parlé des rapports que nous entretenons avec les autres,
que je juge importants. Une personne pourrait éventuellement se
passer d’une saine alimentation et d’un logement hors pair si elle
entretient des rapports avec sa communauté, avec d’autres
personnes, ou si elle estime avoir quelque chose en commun avec
les gens de son entourage.
Could you elaborate on connectedness and what we could do
to build a sense of community, in an abstract sense?
Pourriez-vous parler davantage de ces rapports avec les autres
et de ce que nous pouvons faire pour instaurer un sentiment
d’appartenance à la communauté, au sens abstrait?
Ms. Klodawsky: Your arguments about community are
significant in that inclusion is about feeling part of things, and
feeling part of things means that you are connected to others; you
are not isolated. There is the question of how. Part of my response
would again be around the idea of consultation. In order to figure
out how to help people feel more included, those people have to
be part of the working through of how that happens. Again, there
is no one way of doing that.
Mme Klodawsky : Vous avancez d’importants arguments, à
savoir que l’inclusion, c’est sentir qu’on fait partie des choses; cela
sous-tend d’entretenir des rapports avec d’autres, de ne pas vivre
en isolement. Il y a également la question du comment. J’opterais
une fois de plus pour la consultation, du moins en partie. Pour
pouvoir en venir à déterminer comment accroître le sentiment
d’inclusion des gens, il faut les intégrer au processus qui les
mènera vers ce but. Ici encore, il n’y a pas de solution universelle.
Even with people who have some mental illness, the reasons for
their being mentally ill and what will help them get over that
illness vary in quite profound ways. One needs to be able to be in
a situation where, through working with different groups and
trying to figure out some of those ways of building community,
that will happen.
Même les personnes aux prises avec un trouble quelconque de
santé mentale n’ont pas tous développé leur maladie pour la
même raison et ne pourront se tourner vers une solution unique
pour surmonter leur problème; il y a là des divergences profondes.
Il faut pouvoir évoluer dans un contexte qui rendra la chose
possible, en collaborant avec différents groupes pour tenter de
déterminer comment en venir à développer ce sentiment
d’appartenance à la communauté.
Senator Eaton: Regent Park has just been redeveloped in
Toronto. Have they built a sense of community? Have they put
things there that will help people connect to one another?
Le sénateur Eaton : Le secteur de Regent Park vient tout juste
d’être réaménagé à Toronto. Ont-ils réussi à instaurer un
sentiment d’appartenance à la communauté? A-t-on mis des
choses en place là-bas qui aideront les gens à créer des liens les uns
avec les autres?
Ms. Klodawsky: I do not know enough about what is
happening now at Regent Park to be able to answer that
question with any authority.
Mme Klodawsky : Je n’en connais pas assez sur la situation
actuelle à Regent Park pour pouvoir donner une réponse éclairée
à cette question.
Senator Eaton: All I know is that they have tried to break free
from the usual subsidized housing and create a sense of
neighbourhood.
Le sénateur Eaton : Je sais simplement qu’ils ont essayé de se
libérer du modèle courant de logements subventionnés et de créer
un genre de voisinage.
Ms. Klodawsky: Let me tell you a little bit about an innovative
organization in Ottawa called Centretown Citizens Ottawa
Corporation, CCOC, which is a fairly large non-profit housing
corporation that began in the 1970s and now owns about
1,800 units in Ottawa.
Mme Klodawsky : J’aimerais vous parler un peu d’une
organisation novatrice fondée dans les années 1970 à Ottawa
appelée la Centretown Citizens Ottawa Corporation, la CCOC; il
s’agit d’une société de logement sans but lucratif, de taille assez
imposante, qui possède aujourd’hui quelque 1 800 unités de
logement à Ottawa.
18:14
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
CCOC began in an effort to try to make affordable housing
part and parcel of the Centretown community. Their original idea
was that they wanted to have mixed housing. They wanted to
have people paying market rents living next to people who were
subsidized, and also mixing up families and singles.
La CCOC a vu le jour pour tenter de faire du logement
abordable une partie intégrante de la communauté du centre-ville.
À l’origine, l’organisme souhaitait une mixité de logements. Elle
souhaitait que des locataires au prix du marché vivent aux côtés
de bénéficiaires de subventions, et que la communauté soit
composée de familles et de gens vivant seuls.
However, they did not stop there. They have a broad-based
governance structure. They have a number of committees and
they very much encourage tenants as well as community members
to get involved in those committee structures. Real governance
goes on there. Also, within the buildings they own, they
encourage engagement and involvement. There are all sorts of
interesting success stories about young single parents who move
in because they get a subsidized unit and end up discovering that
they have some facility for organizing or learning the skills they
would need to work there, for example.
Toutefois, la CCOC ne s’est pas arrêtée là. Elle s’est dotée
d’une structure de gouvernance élargie. Elle a créé des comités et
encourage fortement les locataires et les membres de la
communauté à s’y impliquer. On y pratique une réelle
gouvernance. De plus, grâce aux immeubles qu’elle possède, la
CCOC favorise l’engagement et la participation. Il y a toutes
sortes d’exemples de réussite mettant en vedette de jeunes chefs de
famille monoparentale qui emménagent dans le quartier parce
qu’ils obtiennent un logement subventionné, et qui finissent par
découvrir qu’ils ont un certain talent pour organiser ou pour
acquérir les capacités dont ils auraient besoin pour y travailler,
par exemple.
The question of social inclusion and how to get there is
complex. As I said, it does matter who you are, where you live,
and how you are connected to others. However, within situations,
trying to encourage a coming together of how people figure out
how to do things better has a lot of potential power.
La question de l’inclusion sociale et des moyens d’y arriver est
complexe. Comme je l’ai dit, votre identité, votre lieu de résidence
et les liens que vous entretenez avec les autres sont tous des
facteurs importants. Toutefois, dans chaque situation, il peut être
très utile d’encourager les gens à se rassembler pour déterminer
comment mieux faire les choses.
The Chair: Next on the list is Senator Meredith, our new
senator from Toronto. I am sorry we have all this Toronto
domination here at the moment, but we will spread out across the
country any minute now.
Le président : Notre nouveau sénateur, le sénateur Meredith de
Toronto, est le prochain sur la liste. Toronto est à l’avant-scène en
ce moment et je m’en excuse. Nous sommes cependant sur le point
de nous déployer un peu partout au pays.
Senator Meredith: It is a good thing.
Le sénateur Meredith : Heureusement.
Dr. Klodawsky, thank you for your report. As you know, my
background is dealing with youth. You mentioned immigrants. I
am concerned about immigrant youth and their inclusion.
Programs have been put forth by governments to deal with
immigrants who come this to country and then becoming settled.
There is the youth aspect of this. In your opinion, are we doing
enough where immigrant youth are concerned?
Madame Klodawsky, merci pour ce rapport. Comme vous le
savez, j’ai beaucoup travaillé auprès des jeunes. Vous avez parlé
des immigrants. Je me préoccupe du sort des jeunes immigrants et
de leur inclusion. Les gouvernements ont lancé des programmes
destinés aux immigrants qui viennent puis qui s’établissent au
Canada. Cette question comporte un volet « jeunesse ». À votre
avis, en faisons-nous assez à l’égard des jeunes immigrants?
You also mentioned several other groups, including
Aboriginals and single females. You spoke about limitations
with respect to seniors and the disabled, so I would imagine that
would be included in there. Specifically, seniors are becoming
more and more isolated.
Vous avez également parlé de plusieurs autres groupes, dont les
Autochtones et les femmes célibataires. Vous avez parlé des limites
en ce qui a trait aux personnes âgées et aux personnes handicapées,
alors je présume qu’on prend ces éléments en considération. Bref,
les personnes âgées sont de plus en plus isolées.
What are some of the measures we could take to ensure that
immigrant youth are properly being dealt with, again relating
back to the kind of criminality that some of them become engaged
in, negative behaviours and so on? Please elaborate on that a little
for me, and also comment on what we could do better to ensure
that our seniors are being taken care of.
Quelles seraient certaines des mesures que nous pourrions
adopter pour que les jeunes immigrants soient correctement pris
en charge, dans la mesure notamment où certains en viennent à se
livrer à des activités criminelles ou à des comportements négatifs?
Pourriez-vous nous en dire davantage à ce sujet, et nous parler un
peu de ce que nous pourrions améliorer pour voir à ce que nos
aînés ne soient pas laissés pour compte.
Ms. Klodawsky: It is interesting to think in a comparative and
contrasting way about seniors and immigrant youth with respect
to issues of social inclusion. It is quite clear that they have
different concerns. Different issues are front and centre on
their minds.
Mme Klodawsky : Il est intéressant d’établir la comparaison
entre les aînés et les jeunes immigrants, de la perspective de
l’inclusion sociale. Ces groupes ont clairement des préoccupations
différentes. Ils se soucient de choses distinctes.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:15
For youth, including immigrant youth, questions of having
access to jobs, hope for the future, feeling respected as a person
and not being looked at with suspicion when walking into a store
are front and centre. Seniors have other concerns. They are often
afraid of falling or other physical risk, so they tend to stay inside.
That might mean not getting enough exercise or not taking
advantage of social programs. They have very different sets of
concerns.
Les jeunes, y compris les jeunes immigrants, sont préoccupés
par l’accès aux emplois, les perspectives d’avenir et le respect
qu’on leur témoigne; ils ne veulent pas se faire regarder d’un œil
suspicieux lorsqu’ils entrent dans un magasin. Les personnes
âgées ont d’autres préoccupations. Elles ont souvent peur de
tomber ou de subir d’autres blessures, et c’est pourquoi elles ont
souvent tendance à ne pas sortir. Ces personnes ne font peut-être
pas suffisamment d’exercice ou ne retirent peut-être pas tout ce
qu’elles pourraient des programmes sociaux. Les préoccupations
de ces deux groupes sont très différentes.
To begin to work with both of those groups, I will say the same
things again and again: Work with these groups, listen to them
and ask them for their ideas. There have been wonderful examples
of sports initiatives with immigrant youth that have had positive
and long-lasting impacts. That is the sort of response to begin
with.
Pour ce qui est des choses qu’on peut faire pour ces groupes, je
répéterai sans cesse la même chose : il faut collaborer avec ces
groupes, les écouter et leur demander quelles sont leurs idées. Il y
a des exemples merveilleux, dont les initiatives sportives destinées
aux jeunes immigrants, qui ont eu des incidences positives et à
long terme. Voilà le genre de démarche à adopter en premier.
Senator Meredith: As Senator Eaton mentioned with respect to
redevelopment and housing, we have seen the mistakes of the past
in urban planning for many cities and the concrete jungles that
were created. The chair of the committee would be aware of how
poor urban planning took place 20 or 30 years ago and created
unsafe communities in Ontario. We need to get back to
redevelopment. All around this table are in favour of affordable
housing. How do we ensure that housing is developed in an
affordable price range?
Le sénateur Meredith : Comme l’a dit le sénateur Eaton au sujet
du réaménagement et des logements, nous avons vu les erreurs
commises dans le passé en matière de planification urbaine dans de
nombreuses villes, et ces jungles de béton qui ont été créées. Le
président du comité sait sans doute ce qui s’est passé il y a 20 ou
30 ans, lorsqu’une mauvaise planification urbaine a engendré des
communautés peu sûres en Ontario. Nous devons en revenir au
réaménagement. Toutes les personnes ici présentes sont en faveur
du logement abordable. Comment pouvons-nous nous assurer que
les logements sont créés dans une fourchette de prix abordables?
Regarding social programs, I am strongly for programs that
get people working, that provide appropriate jobs and training for
people. I have said this in several statements in my community
activism. Do you feel that government is creating opportunities
and providing access for individuals who want affordable housing
they can afford to pay for and appropriate jobs rather than
having them depend on social housing? Certainly, there are varied
opinions on this with respect to term limits on housing and so
forth. There must be a sense of non-dependency on social housing
because living in social housing comes with a whole host of social
issues. Can you elaborate on that for me?
En ce qui concerne les programmes sociaux, je suis fortement
en faveur de programmes qui mettent les gens au travail et qui
offrent des emplois et une formation appropriés aux gens. J’ai fait
cette déclaration plusieurs fois dans le cadre de mon action
communautaire. Êtes-vous d’avis que le gouvernement crée des
occasions et facilite l’accès pour les personnes qui désirent vivre
dans des logements abordables et dénicher des emplois
appropriés, plutôt que dépendre du logement social? Bien
entendu, les opinions divergent sur cette question, notamment
pour ce qui est de la durée des baux et ainsi de suite. Il faut
favoriser la non-dépendance au logement social, parce que vivre
dans des logements sociaux entraîne tout un lot de questions
sociales. Pourriez-vous m’en dire davantage à ce sujet?
Ms. Klodawsky: As a geographer, I have to begin by cautioning
all of you not to make assumptions about environmental
determinism. Just because there is a high-rise does not mean it
is a bad place to live. We can all think of examples of very nice
high-rise developments. That is just a caution.
Mme Klodawsky : En tant que géographe, je dois tout d’abord
vous mettre en garde de présumer quoi que ce soit à propos du
déterminisme environnemental. La seule présence d’une tour
d’habitation ne signifie pas pour autant qu’il s’agit d’un mauvais
endroit où vivre. Nous connaissons tous des complexes
d’habitation où il fait bon vivre. Je vous fais simplement cette
mise en garde.
With regard to affordable housing, there is a tremendous gap
between what it costs to build and maintain decent housing and
what people earning minimum wage or low wages can afford.
There is a tremendous gap between those two realities. A real
challenge is how to close that gap. It is a very difficult situation,
and I am not sure what the answer is except that more money
needs to be devoted to helping people access decent housing. They
Pour ce qui est du logement abordable, il y a un énorme fossé
entre ce que coûtent la construction et l’entretien de logements
décents et le prix que les gens rémunérés au salaire minimum ou à
faible revenu peuvent se payer. Il y a un immense écart entre ces
deux réalités. La réduction de cet écart pose un réel défi. C’est une
situation très difficile, et je ne suis pas certaine de la réponse, mais
je sais qu’il faut affecter davantage d’argent pour aider les gens à
18:16
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
will not be able to do it on their own and often will not be able to
do it through working because the wages they earn are not
sufficient to cover their costs.
accéder à des logements décents. Ils ne pourront y arriver seuls et,
souvent, ne pourront pas le faire simplement en travaillant, parce
que leur salaire n’est pas assez élevé par rapport aux coûts.
That structural dilemma is getting worse because of the nature
of the employment being generated. We do not have the kinds of
decent-paying factory jobs that employed many people without a
tremendous amount of post-secondary education. We have retail
and service jobs that do not pay well at all, and we have highly
paid professional jobs. That kind of polarization then becomes
part of what feeds into the polarization that happens at the level
of a city. There are some structural dilemmas that are very
difficult. Does that answer your question?
Ce dilemme structurel s’aggrave en raison de la nature des
emplois créés. Nous n’avons plus les emplois à salaire décent en
usine qu’occupaient de nombreuses personnes sans véritables
études postsecondaires. Nous avons des emplois mal rémunérés
dans les secteurs du détail et du service, et des emplois
professionnels très bien rémunérés. Ce genre de polarisation
contribue ensuite à celle qu’on observe au niveau des villes.
Certains dilemmes structurels posent d’énormes défis. Est-ce que
cela répond à votre question?
Senator Meredith: I believe so, yes.
Senator Callbeck: Dr. Klodawsky, you mentioned in your
presentation the City for All Women Initiative in Ottawa. The
aim was to create a more inclusive city and promote gender
equality. You took people from various backgrounds and taught
them how to be facilitators, and they had discussions on
recreation programs for the city.
Ms. Klodawsky: That is just one of their projects.
Le sénateur Meredith : Je crois bien, oui.
Le sénateur Callbeck : Madame Klodawsky, vous avez parlé
dans votre exposé de l’initiative City for All Women à Ottawa. Le
but était de créer une ville plus inclusive et de promouvoir l’égalité
entre les sexes. Vous avez pris des gens de divers milieux et leur
avez appris à devenir des facilitateurs; ils ont ensuite ouvert un
dialogue sur les programmes de loisirs pour la ville.
Mme Klodawsky : Il s’agit là d’un seul de leurs projets.
Senator Callbeck: What came out of those discussions that was
incorporated into a new recreation program? What came to light
during those discussions?
Le sénateur Callbeck : Quels points saillants de ces discussions
ont ensuite été intégrés à un nouveau programme de loisirs? Quels
éléments sont ressortis de ce dialogue?
Ms. Klodawsky: One of them had to do with user fees. Even if
the city has provisions to help people who cannot afford these
fees, the clear message from people was, ‘‘We would rather not go
because we are embarrassed. We do not want to tell anyone that
we do not have enough money, so we just will not go.’’ That is one
example.
Mme Klodawsky : L’un d’eux se rapportait aux frais imposés
aux usagers. Même si la ville applique des mesures pour venir en
aide aux personnes qui n’ont pas les moyens d’absorber ces coûts,
les gens ont lancé un message clair, qui était le suivant : « Nous
préférons ne pas y aller parce que nous avons honte. Nous y
renoncerons plutôt que de dire à qui que ce soit que nous n’avons
pas assez d’argent. » C’est un exemple.
Another example is the significance for some women of singlesex opportunities for swimming. Swimming was actually a very
attractive form of exercise, but if they were not able to swim
without men in the pool, they would exclude themselves from that
activity. Those are two examples that come to mind immediately.
Un autre exemple est l’importance accordée par certaines
femmes aux plages horaires réservées aux femmes dans les
piscines. En fait, la natation en intéressait plusieurs, mais
certaines femmes renoncent à cette activité si elles n’ont pas la
possibilité d’aller nager sans la présence d’hommes dans la piscine.
Voilà deux exemples qui me viennent immédiatement à l’esprit.
Senator Callbeck: The Standing Senate Committee on
Agriculture and Forestry did a study on rural poverty. One
witness talked a bit about legislation in Quebec that dealt
specifically with combatting poverty and social exclusion. Do you
know anything about that legislation?
Le sénateur Callbeck : Le Comité sénatorial permanent de
l’agriculture et des forêts s’est penché sur la pauvreté en milieu
rural. Un des témoins a parlé un peu des lois du Québec qui visent
précisément à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. En
savez-vous un peu sur ces lois?
Ms. Klodawsky: No, I am sorry; I do not know about it.
Mme Klodawskh : Non, je suis désolée, je ne sais rien à ce sujet.
Senator Callbeck: That is fine.
Le sénateur Callbeck : D’accord.
Senator Dyck: Thank you for your presentation, Dr. Klodawsky.
I was struck by your remarks on context and who the people are,
where they live and how they are connected with others. You
outlined the six different groups. What role do people in the
different groups have with respect to their ability to socialize and
engage with the mainstream community? Are they at a deficit
compared what we in the mainstream community would expect in
terms of social skills and literacy?
Le sénateur Dyck : Madame Klodawsky, merci de nous avoir
présenté ces observations. J’ai été frappée par vos remarques sur le
contexte et sur l’effet de l’identité des gens, du lieu où ils vivent et
des rapports qu’ils entretiennent avec les autres. Vous avez présenté
six groupes différents. Quel est le rôle des gens de ces groupes du
point de vue de leur capacité de socialiser et de participer à la vie
communautaire courante? Ont-ils des lacunes lorsqu’on les
compare aux attentes fixées par la communauté ordinaire en ce
qui concerne les aptitudes sociales et l’alphabétisation?
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:17
Literacy is a great predictor of a person’s overall health. Do we
know whether that is a problem, and if so, do we have programs
that teach people not only how to be happy, engaged and
productive in their own community but also how to bridge the gap
to what could be seen as a mainstream or another community?
Essentially, you are living in two different communities.
L’alphabétisation est un excellent paramètre de prévision en ce
qui concerne la santé globale d’une personne. Est-ce que nous
savons s’il y a un problème à cet égard et, dans l’affirmative, est-ce
que des programmes sont en place non seulement pour enseigner
aux gens à être heureux, engagés et productifs au sein de leur
communauté, mais également pour leur permettre de combler
l’écart qui les sépare d’une autre communauté ou de ce qu’on
pourrait appeler une collectivité ordinaire? Substantiellement,
nous sommes en présence de deux communautés différentes.
Ms. Klodawsky: Those are interesting observations. The notion
of how you are connected to others covers both groups in a way.
How you are connected with others at one level is about feelings
of family and having someone who cares for you that you can
depend on in times of need. However, how you are connected to
others also has to do with those less intensive ties that might
connect you to knowing about jobs and giving you information
about certain opportunities and advice about how to manoeuvre
in a system.
Mme Klodawsky : Vos observations sont intéressantes. La
question du lien avec les autres touche d’une certaine façon les
deux groupes. D’une part, l’intégration correspond au sentiment
d’avoir une famille, d’avoir quelqu’un qui se soucie de nous et sur
qui nous pouvons compter en cas de besoin. Par contre, le lien qui
unit une personne aux autres se définit également par des relations
moins étroites, qui font en sorte que cette personne peut être
avisée des emplois offerts, et qu’elle peut obtenir de l’information
sur certaines possibilités de même que des conseils sur la manière
d’évoluer dans un certain système.
Social inclusion needs to have both as characteristics. What
you do as a public institution to encourage one might well be
different than what you would do to encourage the other.
L’inclusion sociale doit prendre en compte ces deux aspects. Ce
que font les institutions publiques pour venir en aide à une
certaine personne peut très bien différer de ce qu’il faudrait faire
pour en aider une autre.
With regard to the one around families, you can think of
programs that help mothers and children and that provide
psychological services. I am sure you can all think of a host of
such programs.
En ce qui concerne le lien familial, on peut penser aux
programmes qui viennent en aide aux mères et aux enfants et qui
donnent accès à des services psychologiques. Je suis certaine que
vous pouvez penser à une foule de programmes de ce genre.
The other, trying to promote bridging between groups and
opportunities for connection, requires quite a different set of
initiatives, equally as important; it involves for example
community centres, where programs are not necessarily specific
to one group but rather provide opportunities for different
groups, such as among youth. Bringing Canadian-born and
immigrant youth together is quite vital. Getting them to know one
another as just plain kids is important, and that requires a whole
different but equally important set of initiatives.
L’autre aspect — les efforts pour rapprocher les groupes et
pour favoriser les occasions de les mettre en rapport — nécessite
un ensemble d’initiatives assez différentes, mais tout aussi
importantes. Il faut, par exemple, des centres communautaires
qui offrent des programmes qui ne visent pas nécessairement un
seul groupe, mais qui offrent plutôt des possibilités à différents
groupes, par exemple au sein de la communauté des jeunes.
Rapprocher les jeunes nés au Canada et les jeunes d’origine
étrangère est absolument capital. Les amener à se connaître les
uns les autres, simplement en tant qu’enfants, est un objectif
important, qui exige une série d’initiatives complètement
différentes, mais tout aussi importantes.
Senator Cordy: That was an excellent presentation. We had a
subcommittee on cities, and we saw some excellent programs
happening across the country. Non-profit and volunteer groups
were taking the initiative to ensure that people felt included within
the community. If you do not feel included in the community and
are not part of the community, then it is not a very good life for
you in Canada.
Le sénateur Cordy : Votre exposé était excellent. Dans le cadre
des travaux d’un sous-comité sur les villes, nous avons constaté
que d’excellents programmes sont mis en œuvre dans l’ensemble
du pays. Des groupes sans but lucratif et des regroupements de
bénévoles font preuve d’initiative pour faire en sorte que les gens
se sentent inclus au sein de leur communauté. Si une personne n’a
pas l’impression d’être incluse dans sa communauté, d’en faire
partie, la vie qui lui est réservée au Canada n’est guère fameuse.
We saw an excellent program when we went to Regent Park.
Senator Eaton spoke about that earlier. We saw that it was not
just providing the houses. It was tutoring and helping kids find
summer jobs through the Pathways to Education Program, which
is excellent.
Nous avons constaté l’existence d’un excellent programme
quand nous sommes allés à Regent Park. Le sénateur Eaton a
parlé de cela tout à l’heure. Nous avons constaté que le
programme en question ne se limite pas à fournir des
logements. Les jeunes reçoivent des conseils et de l’aide pour
trouver des emplois d’été grâce au programme Pathways to
Education, qui est un excellent programme.
Ms. Klodawsky: I am aware of that program.
Mme Klodawsky : Je connais ce programme.
18:18
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Senator Cordy: One thing we saw in housing, and the chair
referred to it earlier, is downtown redevelopment. I live in the
Halifax region. When you drive in downtown Halifax, you will
say, ‘‘Does it not look beautiful?’’ However, when you talk to the
people on the ground helping people living in poverty, you hear
that although it looks beautiful, it is pricing itself out of range for
the people who used to live in the downtown area. They are being
pushed further and further out, which compounds the problem
because they do not have transportation and they are going
further to get groceries and jobs and those kinds of things. They
are further removed from some of the support systems that they
would have. That is a big challenge when we look at housing.
Le sénateur Cordy : En ce qui concerne le logement, nous avons
notamment pu constater le phénomène du réaménagement des
centres-villes — dont le président a parlé un peu plus tôt. J’habite
dans la région d’Halifax. Quand on va se promener au centre-ville
d’Halifax, on se dit : « Est-ce que ce n’est pas superbe? »
Cependant, quand on parle aux gens qui aident, sur le terrain,
les personnes qui vivent dans la pauvreté, on apprend qu’en dépit
de son air magnifique, le centre-ville devient progressivement hors
de prix pour ceux qui y vivaient auparavant. Ces personnes sont
repoussées de plus en plus loin, ce qui aggrave le problème parce
qu’elles ne disposent d’aucun moyen de transport et qu’elles
doivent parcourir de plus grandes distances pour aller à l’épicerie,
pour chercher du travail, et cetera. On les éloigne encore plus de
certaines structures de soutien dont elles pourraient autrement
bénéficier. Cela représente un grand défi au regard de la question
du logement.
You raised many excellent points. I would like to pick up on the
quote by Meyer Burstein about different at-risk groups requiring
different policies. We are in government, and governments try to
make the right programs, but usually what happens is a cookiecutter approach. As soon as you try to veer off and put the square
peg in the round hole, suddenly you do not qualify for the funding
for a particular program. I remember talking to Jocelyne Greene,
who worked in Newfoundland on housing for those suffering from
poor mental health, and she said sometimes it is frustrating to sit
down and fill out the application forms.
Vous avez soulevé un grand nombre d’enjeux capitaux.
J’aimerais revenir sur la citation de Meyer Burstein selon
laquelle différentes politiques sont nécessaires pour répondre
aux besoins des différents groupes à risque. Nous sommes au sein
d’un gouvernement; les gouvernements essaient d’établir des
programmes adaptés aux circonstances, mais, habituellement,
l’approche adoptée est une approche universelle. Dès que l’on se
propose de procéder autrement, pour résoudre l’insoluble, on
cesse subitement d’être admissible au financement pour la mise en
œuvre d’un programme particulier. Je me rappelle une discussion
que j’ai eue avec Jocelyne Green, qui travaillait à Terre-Neuve,
dans le domaine du logement pour les personnes souffrant de
problèmes de santé mentale. Elle disait qu’il est parfois exaspérant
de remplir les formulaires de demande.
How can we get departments working together so that we have
education and housing and poverty and job training and all of
those things coming together so that you are not having to look
over a myriad of departments? It is bad enough looking through
one department when you know what department is applicable.
How do we do that? How do we make different policies for
different risk groups?
Comment peut-on amener les ministères à travailler de concert,
de façon à ce que l’éducation, le logement, la pauvreté, la
formation professionnelle et le reste soient regroupés, ce qui ferait
en sorte qu’il ne serait plus nécessaire de tenir compte d’une foule
de ministères? Il est déjà assez difficile de composer avec un seul
ministère, quand on sait à quel ministère on doit s’adresser.
Comment peut-on faire cela? Comment peut-on élaborer
différentes politiques pour différents groupes à risque?
Ms. Klodawsky: It is no easy task. There is no magic bullet for
that. I mentioned the Homelessness Partnering Strategy. This is
not the whole solution, but it is intriguing. Many people have felt
positively about the idea of the federal government providing
funding for municipalities to use to address a problem within a
sector, not to be directive on exactly how that money should be
spent but rather to require one community plan with broad
stakeholder engagement and to allow some flexibility in that
funding. I know the City of Ottawa experience more than any
other, although I have looked at the program across Canada, and
there is general agreement that it did allow some creativeness,
innovativeness and engagement. It got people talking to one
another and thinking across some of those silos. That is a piece
that I think is quite interesting.
Mme Klodawsky : Ce n’est pas une mince affaire. Il n’y a pas de
formule magique. J’ai parlé de la Stratégie des partenariats de
lutte contre l’itinérance. Ce n’est pas la panacée, mais cet exemple
donne à réfléchir. De nombreuses personnes se sont montrées
favorables à l’idée que le gouvernement fédéral fournisse aux
municipalités des fonds pour s’attaquer à un problème qui touche
un secteur en particulier, sans donner de directives rigoureuses sur
la manière dont les fonds doivent être dépensés, mais en exigeant
plutôt un plan communautaire assorti d’un engagement global
des intervenants et en autorisant une certaine souplesse
relativement à l’usage des fonds. Le cas de la V ille d’Ottawa
est celui que je connais le mieux, mais j’ai examiné le
fonctionnement du programme dans l’ensemble du Canada et,
de manière générale, on s’entend à dire qu’il a favorisé la créativité
et l’innovation et qu’il s’est avéré mobilisateur. Il a incité les gens
à se parler et à sortir d’un cadre de réflexion en vase clos. Je crois
que c’est un exemple très intéressant.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:19
Also, in terms of the federal government, there must be
incentives for departments working across silos. You need to
make it count where people are motivated in terms of evaluation
and budgets and how the system of rewards works. That is where
I think there is often a challenge. There are all sorts of good
statements about committee this and interdepartmental that, but
when it comes to managers being assessed for what happens in
their department, that same kind of horizontal working together
is not adequately recognized. I think more work needs to be done
in that area.
Il doit en outre y avoir, au sein du gouvernement fédéral, des
mesures qui incitent les ministères à ne plus travailler en vase clos.
Il faut prendre en considération ce qui motive les gens au chapitre
des évaluations et des budgets, de même que le fonctionnement du
système de récompenses. Je crois que c’est souvent là qu’il y a un
problème. On entend toutes sortes de commentaires positifs au
sujet du comité X, des travaux interministériels Y, mais lorsque
vient le temps d’évaluer les gestionnaires pour ce qui se fait au sein
de leur ministère, ces collaborations horizontales ne sont pas
suffisamment reconnues. Je crois qu’il faut en faire davantage
dans ce domaine.
Senator Cordy: Thank you. It would certainly also save money,
or the money could be better utilized if government departments
could work together. I also believe that the municipalities have
their ears to the ground and understand the needs of their
municipality better than the federal government in Ottawa, so we
have to trust they will use it.
Le sénateur Cordy : Je vous remercie. Cela permettrait
certainement aussi d’économiser de l’argent, ou les fonds
pourraient être mieux utilisés si les ministères pouvaient travailler
en collaboration. Je crois également que les municipalités sont aux
aguets et qu’elles comprennent mieux leurs besoins que le
gouvernement fédéral à Ottawa. Nous devons avoir confiance en
elles pour ce qui est de dépenser les fonds à bon escient.
Ms. Klodawsky: Another element, going along with what we
have been talking about, is that planning piece. We are all very
well aware that, on the ground, if you are living way out in the
suburbs with poor bus transportation, some of the policies that
sound so great on paper will not work or will not have the impact
they need to. In order to spur on planning to do the right thing,
you need the engagement of municipalities and the institutions
that influence land use planning.
Mme Klodawsky : La question de la planification est un autre
élément, qui va de pair avec ce dont nous parlons. Nous savons
tous très bien que, sur le terrain, certaines politiques, qui semblent
si formidables sur papier, ne fonctionneront pas comme elles le
devraient ou n’auront pas les répercussions escomptées pour les
personnes qui vivent loin, dans des banlieues mal desservies par les
services d’autobus. Pour donner l’impulsion à une planification
judicieuse, il faut mobiliser les municipalités et les institutions qui
exercent une influence sur l’aménagement du territoire.
Senator Cordy: The theoretical is not always the most practical.
Le sénateur Cordy : La solution théorique n’est pas toujours la
plus pratique.
Ms. Klodawsky: I tell my students that theory is very practical,
but you need to be able to bring it all together.
Mme Klodawsky : J’enseigne à mes étudiants que la théorie
peut fort bien être mise en pratique, mais qu’il faut être en mesure
de tout concilier.
Senator Cordy: You talked about the immigrant youth having
a hope for a better future. We saw in France a few years ago that
the immigrant youth came in with great hope, but after the second
generation when things were still not any better and they did not
feel any more included within the French society, there was a lot
of rioting. How do we take that hope and ensure that they have a
better life?
Le sénateur Cordy : Vous avez parlé des jeunes immigrants qui
espèrent un avenir meilleur. Il y a quelques années, de jeunes
immigrants pleins d’espoir sont arrivés en France. Cependant,
après la seconde génération, les choses ne s’étaient pas améliorées;
ils ne se sentaient pas plus inclus qu’auparavant au sein de la
société française, et il y a eu de nombreuses émeutes. Comment
pouvons-nous, à partir de leur espoir, nous assurer que ces jeunes
accèdent à une vie meilleure?
Ms. Klodawsky: From what I understand, it has to do with
feelings of being treated fairly, so that if a job were available, it
would not go to the person who had several generations in
France, but both candidates would compete equally. That is one
piece — feeling that who you are and your skills are recognized
for what you bring to the table as opposed to there being some
categorization of who you are. I think trust is part of it. Feeling
that you will be treated fairly is very important.
Mme Klodawsky : Selon ma compréhension des choses, il faut
qu’ils aient l’impression d’être traités de manière équitable, de
sorte que lorsqu’un emploi sera offert, il n’ira pas d’office à la
personne dont les ascendants sont Français depuis plusieurs
générations. Les deux candidats auront des chances égales. C’est
un élément de la solution : il faut qu’ils aient l’impression qu’on
reconnaît à leur juste valeur ce qu’ils sont et leurs compétences, au
lieu de sentir qu’ils sont catégorisés en fonction de leur origine. Je
crois que la confiance fait partie de la solution. L’impression
d’être traité équitablement est capitale.
Having available jobs that are decently paid that give you the
hope that if you work hard you will have enough money to have a
good life is becoming more and more of a challenge as well.
L’accès à des emplois assortis de salaires décents, qui
permettent d’espérer qu’un dur labeur procurera assez d’argent
pour vivre confortablement, devient également une préoccupation
de plus en plus critique.
18:20
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Senator Martin: Thank you very much for your presentation
today and for all the comments to my colleagues. I want to
connect to the last discussion regarding youth and community
and partnerships. I do believe that is an absolutely important
strategy for all communities across Canada. I have seen very
effective partnerships in Vancouver as well as in some of the other
cities we visited.
Le sénateur Martin : Je vous remercie beaucoup pour l’exposé
que vous nous avez présenté aujourd’hui et pour toutes les
réponses données à mes collègues. Je vais poursuivre sur la
question des jeunes, des communautés et des partenariats. Je crois
que c’est une stratégie d’une importance capitale pour toutes les
communautés du Canada. J’ai pu constater que des partenariats
très efficaces avaient été mis en place à Vancouver ainsi que dans
d’autres villes que nous avons visitées.
I want to refer to the quote you read from Meyer Burstein, that
‘‘Different at-risk groups require different policies’’ because of their
diverse needs. It is a challenge for us around this table to develop
policy that could somehow meet the needs of a broad range of
communities and at-risk groups. The key is partnerships and what
Senator Eaton said about being connected to community.
J’aimerais revenir sur la citation de Meyer Burstein que vous
nous avez lue, selon laquelle des politiques différentes doivent être
élaborées pour les différents groupes à risque, compte tenu de
leurs besoins divers. Élaborer des politiques qui, d’une manière ou
d’une autre, pourront répondre aux besoins d’un large éventail de
communautés et de groupes à risque représente un défi pour nous.
La clé de la réussite réside dans les partenariats et dans ce que le
sénateur Eaton a dit au sujet de l’intégration au sein de la
communauté.
For me that quote was one of the most important points you
raised, because that is what effect we can have, sitting around this
table, when legislation comes through. As we study these policies,
what role does the federal government have? We have a very
specific role, and when we look at what cities are doing, there are
many service organizations and community groups, and the
partners together will meet the needs of that community, but there
is a specific role for us.
À mes yeux, cette citation est un des points les plus importants
que vous avez soulevés, car elle ressortit au rôle que nous pouvons
jouer, nous qui siégeons à ce comité, lorsque la législation entre en
jeu. Quel est le rôle du gouvernement fédéral relativement à ces
politiques que nous examinons? Nous avons un rôle très précis à
jouer. Lorsque nous examinons ce que font les municipalités, nous
constatons qu’il y a de nombreuses organisations de services et de
nombreux groupes communautaires. Les partenaires répondent,
conjointement, aux besoins des communautés, mais un rôle précis
nous revient.
Could you perhaps elaborate on this quotation? His conclusion
is very true: It is quite complex, so one policy could not possibly
capture these needs.
Pouvez-vous développer davantage vos réflexions sur cette
citation? La conclusion est incontestable : le problème est
passablement complexe, et il n’est donc guère possible qu’une
politique unique puisse répondre à tous les besoins.
Ms. Klodawsky: The federal government has an important
leadership role as an enabler for certain constructive ideas to be
nurtured, to be encouraged, to be promoted, and also the federal
government has a very important role in providing the evidence
and information that allow different communities to have good
access to information and not have to reinvent the wheel every
time. I speak to the homelessness sector because it is the area I
know best in terms of the discussion we are having today.
Mme Klodawsky : Le gouvernement fédéral a un important rôle
de leadership à jouer, car c’est à lui de faire en sorte que certaines
idées constructives puissent se développer, et que ces idées soient
soutenues et promues. Il est également très important que le
gouvernement fédéral procure aux différentes communautés un
accès efficace aux données et aux informations dont elles ont
besoin, afin qu’elles n’aient pas à réinventer la roue chaque fois. Je
prends comme exemple le problème de l’itinérance, car c’est le sujet
que je connais le mieux dans le domaine qui nous occupe
aujourd’hui.
The Homelessness Partnering Strategy certainly has nothing and
never had anything to do with ending homelessness. The resources
that were made available to that initiative were far too modest and
they were criticized, rightly, for promising something they could
not achieve. However, insofar as the cities were and still are facing
incredibly difficult problems with individuals who are facing
homelessness, at least that money and the opportunity to work
with that money in ways that made the most sense for their
communities helped cities manage homelessness. I have written
about this. That particular program is really about managing, not
about ending homelessness. However, it did help them manage in
La Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance n’a pas
et n’a jamais eu pour objectif de mettre fin au problème de
l’itinérance. Les ressources qui ont été allouées à cette initiative
étaient beaucoup trop modestes, et des critiques ont été formulées,
à juste titre, parce que des promesses qui ne pouvaient être tenues
ont été faites. Cependant, dans la mesure où les villes étaient, et
sont toujours, aux prises avec des problèmes liés à l’itinérance
d’une incroyable complexité, on peut au moins dire que les fonds,
et la possibilité de les utiliser de la manière qui semblait la plus
sensée aux yeux des communautés, ont aidé les villes à gérer ces
problèmes. J’ai écrit sur cette question. Le programme dont nous
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:21
ways that involved more coordination, more innovation, and more
creative kinds of ways of dealing with this very difficult problem.
That is the way in which I believe this is a model.
parlons a pour objectif réel la gestion de l’itinérance, et non sa
disparition. Cependant, il a aidé les villes à mieux coordonner la
gestion de ce problème, et à l’aborder de manière novatrice, en
faisant preuve de créativité. C’est dans cette optique que j’estime
que c’est un modèle à suivre.
Senator Demers: At least 10 times the word ‘‘money’’ was
mentioned, and Senator Cordy mentioned the word, too. Every
time I am in a committee it is about money, and I understand
that. Do you feel the money is put to good use? Is there more red
tape? To your knowledge, does the money go into the right
channels? Does it go for the right situation? No matter how much
money you give, if it is not administered correctly or is not going
to the right channels but to the wrong pocket, we will be talking
here two years from now.
Le sénateur Demers : Le mot « argent » a été mentionné à
10 reprises au moins, et le sénateur Cordy a également parlé de la
question de l’argent. Chaque fois que je siège à un comité, la
discussion tourne autour de l’argent, et je comprends très bien
pourquoi. Avez-vous l’impression que l’argent est bien utilisé?
Y a-t-il plus de formalités administratives qu’avant? À votre
connaissance, est-ce que les fonds sont acheminés aux bons
endroits? Est-ce qu’ils sont alloués aux bons dossiers? Peu importe
les montants alloués, si les fonds ne sont pas administrés
correctement, ou s’ils ne se rendent pas où il faudrait, nous
serons toujours ici dans deux ans, à discuter de la même question.
Ms. Klodawsky: There is a real tension between having to
account for every dollar, making sure that it is spent in the right
way, and using that dollar for something that will help. There is a
real tension there. I have heard, in a number of different areas,
that the accountability demands have become so excessive that
they are using up a lot of energy that should actually be spent on
getting the programs off the ground. There is a dilemma there.
Mme Klodawsky : Il y a un antagonisme entre l’exigence de
rendre compte de chaque dollar dépensé, de garantir que les fonds
sont utilisés de la bonne façon, et l’idée que chacun de ces dollars
pourrait être utilisé pour faire quelque chose d’utile. Il y a deux
principes qui s’opposent. J’ai entendu des représentants d’un
certain nombre de secteurs affirmer que les exigences de reddition
de compte sont devenues tellement démesurées qu’elles absorbent
une grande partie de l’énergie qui devrait être consacrée à la mise
en œuvre des programmes. Nous sommes devant un dilemme.
Senator Demers: I am sure Senator Meredith went through that
a lot.
Le sénateur Demers : Je suis certain que le sénateur Meredith a
consacré beaucoup de temps à cette question.
I do not want to be disrespectful here, but do we not know
where the money goes sometimes?
Je ne veux pas être irrespectueux, mais arrive-t-il que nous ne
sachions pas à quels usages sont employés les fonds?
Ms. Klodawsky: No, I am saying that I believe we have gone
the other way. We know so much about what is happening to
every dollar that we are spending too much on the bureaucracy to
manage that money and not enough on getting the money out the
door into programs.
Mme Klodawsky : Non. Comme je l’ai dit, à mon avis, c’est
l’inverse qui se produit. Nous suivons avec tellement de rigueur ce
qu’il advient de chaque dollar, que nous affectons trop de
ressources aux formalités bureaucratiques relatives à la gestion de
l’argent, et pas assez à la mise en œuvre effective des programmes.
The Chair: I think we found when we did the study on poverty,
housing and homelessness that a lot of money was being spent,
but it was not being channelled in the right way. We came to the
conclusion that we did not really in the long run need more
money; we just needed to use the money better and spend it
smarter than we had been doing.
Le président : Je crois que nous avons constaté, lorsque nous
avons fait notre étude sur la pauvreté, le logement et l’itinérance,
que des fonds considérables étaient dépensés, mais que les
dépenses n’étaient pas réparties de la bonne façon. Nous en
étions arrivés à la conclusion que, à long terme, il n’était pas
vraiment nécessaire d’augmenter le financement, et qu’il nous
fallait simplement mieux utiliser l’argent et le dépenser de manière
plus éclairée que nous l’avions fait jusque-là.
I will start off the second round with a follow-up to what I
asked you earlier. The United Way report on vertical poverty said
that about 25 years ago, when housing was being built by the
private sector, certain percentages would be set aside for lowincome people and then modest and more moderate incomes, so
there would be a mixture of incomes, which led to a better
integration of people and a more inclusive kind of atmosphere to
live in. The United Way report said this is not happening
anymore, which I find disturbing. Have you found that in Ottawa
or other cities? Is this just a Toronto issue, or is it becoming more
prevalent?
Je vais amorcer le second tour en revenant sur ce que je vous ai
demandé plus tôt. Selon le rapport de Centraide sur la pauvreté
verticale, il y a environ 25 ans, quand des entreprises du secteur
privé bâtissaient des logements, un certain pourcentage de ceux-ci
était réservé aux personnes à faible revenu, puis aux personnes
touchant des revenus modestes ou modérés, ce qui faisait en sorte
que les différentes tranches de revenus étaient représentées. Cela
favorisait une meilleure intégration et un milieu de vie plus
inclusif. Le rapport de Centraide indique cependant que les choses
ne se passent plus ainsi, ce que je trouve dérangeant. Avez-vous
constaté la même chose à Ottawa ou dans d’autres villes? Ce
problème est-il propre à la ville de Toronto, ou est-ce qu’il devient
de plus en plus commun?
18:22
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Ms. Klodawsky: In fact, it is an issue internationally. It is a
global issue. It has to do with a number of quite specific changes
at one level that are all pushing in the same direction, the
direction of a much more market-oriented urban development.
Mme Klodawsky : En fait, c’est un phénomène qui s’observe à
l’échelle mondiale. Cela a à voir avec un certain nombre de
changements très particuliers, qui se jouent à un certain niveau et
qui exercent tous une pression dans une direction précise : celle
d’un développement urbain effectué en fonction du marché.
When the market decides, the attractive areas become the areas
where housing is built for people who can afford to pay a lot of
money to live in those areas, and it becomes much more difficult
to build housing for people who cannot afford very much.
Quand les décisions sont prises en fonction du marché, les
secteurs attrayants sont les secteurs où l’on bâtit des logements
pour des personnes qui peuvent débourser beaucoup d’argent
pour y résider. Dans un tel contexte, il devient beaucoup plus
difficile de construire des logements pour les gens moins fortunés.
In addition, the cost of building housing is growing very
rapidly. In Ottawa, the construction costs have risen dramatically
in the last several years, making it even more difficult to provide
more affordable housing. Those are a couple of responses.
Par ailleurs, les coûts liés à la construction de nouveaux
logements s’accroissent très rapidement. À Ottawa, les coûts de
construction ont augmenté de façon spectaculaire au cours des
quelques dernières années, ce qui fait en sorte qu’il est encore plus
difficile qu’avant d’offrir des logements à prix abordable. Ce sont
là deux éléments de réponse.
The Chair: Is it becoming a general issue in many communities?
Le président : Est-ce que le problème se généralise dans un
grand nombre de communautés?
Ms. Klodawsky: Yes. I was in New Delhi a few months ago. A
government minister speaking at a conference I attended pointed
out — and she captured it succinctly and well — that we are really
now facing a challenge of a city of beautification versus a city of
livelihoods. Maybe the city of livelihoods is not as pretty, but in
that city of livelihoods you have people able to access jobs, people
able to access some kind of way of making money, and people
able to have a full life.
Mme Klodawsky : Oui. J’étais à New Delhi il y a quelques mois.
Au cours d’une conférence à laquelle j’ai assisté, une ministre a
souligné — et elle l’a fait de manière concise et éloquente — que le
problème qui se pose actuellement est celui de l’opposition entre
des villes embellies et des villes où l’on gagne sa vie. L’idée d’une
ville où l’on gagne sa vie n’est peut-être pas aussi avenante, mais les
habitants d’une telle ville ont accès à des emplois, ils peuvent
gagner de l’argent d’une manière ou d’une autre, et ils ont la
possibilité de mener une vie entièrement satisfaisante.
Senator Braley: Part of it has to do with the original social
geography of building greenbelts around cities rather than spokes
through cities. It started in London, England, and was followed in
Toronto with the 407 and with the 401. It is the same thing and
the same mess. Hamilton is probably one of the worst
communities with 32 per cent. We do more with our volunteers
than we do with what goes through the money in the government
in different departments.
Le sénateur Braley : Une partie du problème découle de la
tendance, en géographie sociale, à construire des ceintures de
verdure autour des villes, plutôt que des bandes qui les traversent.
C’est un phénomène qui a commencé à Londres, en Angleterre, et
Toronto a emboîté le pas avec la 407 et la 401. C’est la même
chose et c’est le même gâchis. Hamilton est probablement un des
pires endroits, avec un taux de 32 p. 100. Nous faisons davantage
de travail avec nos bénévoles que ce qui se fait avec l’argent, au
sein du gouvernement et des différents ministères.
My wife is speaking tonight to 200 or 300 people at Out of the
Cold. Some guys drive themselves up in cars. They do not need to
be fed, but we got problems. In the north end schools, where they
go to the lower-income housing, we feed the youngsters breakfast.
They come to school. They start to get educated and start to
believe that they cannot and will not be on welfare for the rest of
their life. When I am interviewing people for jobs in all the
factories I have, the first question is, ‘‘What are the benefits?’’ If
they have to wait 90 days for benefits, they say they are not
interested in the job. They have been trained what to say to be
able to continue collecting welfare or other forms of government
assistance. This problem absolutely blows one away.
Mon épouse prononcera ce soir une allocution devant 200 ou
300 personnes, à Out of the Cold. Il y a des types qui ont des
voitures. Ils n’ont pas besoin d’être nourris, mais nous avons des
problèmes. Dans les écoles du secteur nord, où ils habitent les
logements pour les personnes à faible revenu, nous donnons à
déjeuner aux enfants. Ils vont à l’école. Ils accèdent au système
d’éducation et ils commencent à croire qu’ils ne peuvent pas
bénéficier, et qu’ils ne bénéficieront pas, de l’aide sociale pour le
reste de leur vie. Lors des entretiens d’embauche que je mène pour
combler des postes dans les différentes usines que je possède, la
première question qu’on me pose est : « Quels sont les avantages
sociaux? » S’ils doivent attendre 90 jours pour bénéficier des
avantages sociaux, ils disent que l’emploi ne les intéresse pas. Ils
ont appris ce qu’ils doivent dire pour pouvoir continuer de
bénéficier de l’aide sociale ou des autres formes d’aide fournies
par le gouvernement. C’est carrément ahurissant.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:23
If volunteers are managed, they can do a better job than paid
workers, because as soon as you get a group of people who are
paid, whether it is garbage collectors or what have you, rather
than volunteering they want to be paid, then unionized, et cetera.
That is why it costs us a fortune to do these things.
Des bénévoles gérés adéquatement peuvent accomplir un
meilleur travail que des employés salariés, car dès l’instant où
l’on fait exécuter un travail par un groupe de personnes qui
touchent un salaire, qu’il s’agisse d’éboueurs ou de quoi que ce
soit, ces personnes veulent être payées, puis elles veulent se
syndiquer et tout ce qui s’ensuit. C’est pour cette raison que ces
projets coûtent une fortune.
That is a long way from the basics of helping your neighbour
and reaching out and touching and spending your time
volunteering. So many things can be done to improve our
society, but we are not structured that way. We are structured for
accounting and seeking promotion, for making more money from
the system. It is unfortunate.
Nous sommes loin de l’idée fondamentale d’aider son
prochain, de lui tendre une main secourable et de consacrer son
temps à du travail bénévole. Il y a tant de choses qui peuvent être
faites pour améliorer notre société, mais nous ne sommes pas
structurés de la bonne façon. Notre structure est axée sur la
comptabilité et sur la recherche des promotions, l’objectif étant de
faire plus d’argent au sein du système. C’est malheureux.
Ms. Klodawsky: I will speak as a volunteer. I am the
vice-president of an organization in Ottawa called Multifaith
Housing Initiative. We are less than 10 years old, and we have
started to purchase housing because our mandate and our wish is
to increase the amount of affordable housing available in Ottawa.
Mme Klodawsky : Je vais vous répondre en ma qualité de
bénévole. Je suis vice-présidente d’une organisation d’Ottawa,
l’Initiative multiconfessionnelle sur l’habitation. Notre organisation
existe depuis moins de 10 ans. Nous avons commencé à acheter des
logements parce que notre mandat et notre désir sont d’accroître le
nombre de logements abordables disponibles à Ottawa.
Even though we have many volunteers, the work involved
requires staff in order to make things work. Volunteers need to be
managed and need to have someone they know will be in the
office that they can call. With housing units, the inhabitants need
to have someone to call if the plumbing breaks down. We still face
very rapidly increasing housing costs.
Même si nous avons un grand nombre de bénévoles, nous
avons besoin d’employés pour que les choses fonctionnent. Les
bénévoles ont besoin d’être gérés; ils ont besoin de savoir qu’il y a
une personne qu’ils pourront joindre en cas de besoin. Dans les
unités de logement, les locataires ont besoin d’une personne à qui
ils pourront téléphoner s’il y a des problèmes de plomberie. Nous
sommes encore aux prises avec des coûts de logement qui
augmentent très rapidement.
Senator Braley: Yes, the costs are going up because the
governments keep making different and additional rules. It costs
about $200 per foot to build a house under the current
regulations. Some build for $300 a foot and some for more. We
used to build them for a $100 a foot. I have several construction
companies, so I know the problem. It is a matter of what level you
want to deliver.
Le sénateur Braley : Oui, les coûts augmentent, et c’est parce
que les gouvernements continuent d’ajouter de nouvelles règles.
Selon la réglementation actuelle, la construction d’une maison
coûte environ 200 $ le pied. Certains construisent pour 300 $ le
pied, et d’autres pour plus cher encore. Dans le passé, ça
coûtait 100 $ le pied. Je possède plusieurs entreprises de
construction alors je sais de quoi je parle. La question est de
savoir où l’on souhaite être efficace.
There is a whole pile of problems, and who makes those
decisions? The key is that if you feed the youngsters breakfast and
lunch in kindergarten and grade 1, they come to school and they
learn and become better, in my opinion.
Il y a un tas de problèmes, et qui est-ce qui prend ces décisions?
Selon moi, la solution réside dans le fait que si l’on fournit à
déjeuner et à dîner à des enfants, à la maternelle et en première
année, ces enfants iront à l’école, ils recevront une éducation et ils
développeront des aptitudes.
Senator Meredith: Thank you again for your presentation.
Senator Eaton mentioned urban development and the strain that
is currently on the budgets of municipalities. Social programs,
which taxpayers’ dollars are going to, are sometimes the first to be
cut, and that ties into the inclusion of individuals.
Le sénateur Meredith : Je vous remercie pour votre exposé. Le
sénateur Eaton a parlé du développement urbain et des pressions
qui pèsent actuellement sur les budgets des municipalités. Les
programmes sociaux, financés par les contribuables, sont parfois
les premiers à être abolis, et cela est lié à la question de l’inclusion
sociale.
You spoke about the federal government being the lead and
providing the reports and providing the monies to fund these
types of programs. My colleague commented about grassroots
organizations that are doing effective work. Would money be
better spent if it were provided to those grassroots organizations,
which know their clients and are results-oriented, rather than
going through the bureaucracy of municipalities?
Vous avez dit que le gouvernement fédéral doit être le maître
d’oeuvre, qu’il doit fournir des rapports ainsi que des fonds pour
financer les programmes de ce genre. Ma collègue a parlé
d’organisations sur le terrain qui font réellement avancer les
choses. L’argent ne serait-il pas mieux utilisé s’il était alloué à ces
organisations, qui connaissent leurs clients et qui sont axées sur
les résultats, au lieu qu’on le fasse passer par la bureaucratie
des municipalités?
18:24
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
For example, would it be better to set up a computer centre to
teach young people software applications or how to repair
computers and then, taking it one step further, how to get a job?
Would money be better spent if it went directly to organizations
such as the Salvation Army, the Toronto City Mission and other
non-profit organizations that are making a difference and having
an impact on the lives of these individuals?
Par exemple, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux mettre en place
un centre d’informatique où l’on enseignerait aux jeunes à utiliser
des applications logicielles ou à réparer des ordinateurs et, pour
aller un peu plus loin, à se trouver un emploi? L’argent serait-il
mieux dépensé s’il allait directement à des organisations comme
l’Armée du Salut, la Toronto City Mission et d’autres
organisations sans but lucratif, qui peuvent changer les choses
et avoir un effet important sur la vie de ces personnes?
Giving dollars to municipalities is not effecting the changes
we need.
Nous n’obtenons pas les changements dont nous avons besoin
en allouant les fonds aux municipalités.
Ms. Klodawsky: I think you need both. You need government
to maintain and oversee the development of both hard and soft
infrastructure that is the framework for enabling community
groups, non-profit groups, grassroots groups to do their thing
effectively.
Mme Klodawsky : Je crois qu’il faut faire les deux. Il faut que le
gouvernement soit là pour assurer et superviser le développement
de l’infrastructure massive et de l’infrastructure accessoire, sans
lesquelles les groupes communautaires, les groupes sans but
lucratif et les groupes qui sont sur le terrain ne peuvent pas faire
leur travail efficacement.
If you are worried about the state of the road outside your
office and whether people will be able to get to your office without
breaking their legs, you will not be very effective. Infrastructure is
not flashy, but it is absolutely essential, and government is the
only institution that can take care of the spine that allows
everything else to function.
Si vous vous inquiétez de l’état de la route à l’extérieur de votre
bureau et si vous vous demandez si les gens seront capables de s’y
rendre sans se casser les jambes en chemin, vous ne serez pas très
efficace. L’infrastructure n’a rien de tape-à-l’œil, mais elle est
absolument essentielle, et le gouvernement est la seule institution
qui peut mettre en place la pierre d’angle sur laquelle repose tout
le reste.
Senator Meredith: That is infrastructure projects. I am not
talking about huge developments going on in cities, such as
building stadiums, which create jobs. I am talking about actual
impact on the lives of individuals who are excluded from society
because they are not getting access to certain programs, and nonprofits are delivering those services.
Le sénateur Meredith : Vous parlez de projets d’infrastructure.
Je ne pense pas aux immenses chantiers qui sont en cours dans les
villes et qui créent des emplois, comme la construction de stades.
Je pense plutôt aux incidences réelles sur la vie de personnes qui
sont exclues de la société parce qu’elles n’ont pas accès à certains
programmes, ainsi qu’aux organisations sans but lucratif qui
assurent la prestation de ces services.
Ms. Klodawsky: We have been talking about the problems of a
kind of urban redevelopment that is polarizing rich areas and poor
areas. Without proper planning, the jobs of all these grassroots
groups will be much harder. We need to be promoting the kinds of
initiatives that encourage mixed-income communities, so you really
do need both.
Mme Klodawsky : Nous parlons des problèmes issus d’un type
de réaménagement urbain qui entraîne le clivage quartiers richesquartiers pauvres. Le manque de planification adéquate rendra
beaucoup plus difficile le travail de tous ces groupes locaux. Nous
devons promouvoir les genres d’initiatives qui favorisent les
communautés à revenu mixte; il est donc véritablement essentiel
d’avoir les deux.
Senator Meredith: Thank you.
Le sénateur Meredith : Merci.
Senator Eaton: Why do we not use schools and churches more?
They used to be the focus of community life. Many churches sit
empty, and in many schools the teachers look at their watches and
leave at 3:30. I am not getting at the teachers, Senator Cordy, but
they have buildings, playgrounds, libraries and halls. Why are not
we using them more to drag people off the street to do things?
Le sénateur Eaton : Pourquoi n’avons-nous pas davantage
recours aux écoles et aux églises? Elles se trouvaient jadis au
cœur de la vie communautaire. De nombreuses églises sont là,
vides, et beaucoup d’enseignants surveillent leurs montres et
quittent les écoles à 15 h 30. Je ne m’en prends pas aux
enseignants, sénateur Cordy, mais on y trouve des immeubles,
des terrains de jeu, des bibliothèques et des grandes salles. Pourquoi
n’utilisons-nous pas ces infrastructures pour sortir les gens de la rue
et faire quelque chose?
Ms. Klodawsky: That is an interesting question. In Ontario the
school boards have a different governance structure than the city
planning departments. There are gaps in some places where much
more work could be done together. Some efforts are being made
now to do just that, but some barriers also that stand in the way.
Mme Klodawsky : C’est une question intéressante. En Ontario,
les conseils scolaires n’ont pas la même structure de gouvernance
que les services d’urbanisme des villes. Certains écarts existent
alors qu’une meilleure collaboration serait possible. On tente d’y
parvenir en ce moment, mais certains obstacles demeurent.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
Senator Eaton: Father Massman at St. Paul’s Basilica in
Toronto runs a breakfast club and drug-free days. He has
soccer groups for kids who live in the area. Muslim women come
to him for food baskets, and he has to be reminded that he cannot
hug them. He has reached out. He is a good example of someone
who has done that.
The Chair: I know him well.
18:25
Le sénateur Eaton : Le père Massman, de la basilique St. Paul’s
à Toronto, organise des journées sans drogues et un club des
petits-déjeuners. Il a formé des équipes de soccer pour les enfants
du secteur. Des femmes musulmanes viennent le voir pour obtenir
des paniers de denrées, et on doit lui rappeler qu’il n’a pas droit de
les serrer dans ses bras. Il a tendu la main à la communauté. Il est
un exemple.
Le président : Je le connais bien.
Senator Cordy: Perhaps Senator Eaton would like to shadow a
teacher for a couple of days.
Le sénateur Cordy : Peut-être que le sénateur Eaton aimerait
observer un enseignant pendant quelques jours.
Senator Eaton: After Mr. Layton has shadowed me for a
couple of days.
Le sénateur Eaton : Après que M. Layton m’aura observée
pendant quelques jours.
The Chair: Let me welcome Ratna Omidvar, who has come
from one city to another during very challenging weather
conditions. Welcome.
Le président : J’aimerais souhaiter la bienvenue à Ratna
Omidvar, qui s’est déplacée d’une ville à l’autre dans des
conditions météorologiques très difficiles. Bienvenue.
Ms. Omidvar is the president of the Maytree Foundation, a
private charitable foundation committed to reducing poverty and
inequality in Canada and to building strong civic communities.
The Maytree Foundation seeks to accomplish its objectives by
identifying, supporting and funding ideas, leaders and leading
organizations that have the capacity to make change and advance
the common good.
Mme Omidvar exerce les fonctions de présidente de la Maytree
Foundation, une fondation caritative privée dont le mandat est de
réduire la pauvreté et l’iniquité au Canada et de créer un fort
sentiment communautaire. La Maytree Foundation cherche à
atteindre ses objectifs en trouvant, en appuyant et en finançant
des idées, des dirigeants et des organisations de premier plan
capables d’agir comme vecteurs de changement et de favoriser le
bien collectif.
Ms. Omidvar has provided us with some materials: Cities of
Migration, DiverseCity Counts, and Maytree’s From Insecurity to
Prosperity: Practical Ideas for a Stronger Canada. That is what we
need, practical ideas on social inclusion and cohesion.
Mme Omidvar nous a fourni quelques documents, à savoir :
Cities of Migration, DiverseCity Counts, de même que From
Insecurity to Prosperity : Practical Ideas for a Stronger Canada,
publié par la Maytree Foundation. Voilà ce qu’il nous faut, des
idées pratiques sur l’inclusion et la cohésion sociales.
If you would like to make some opening remarks, we will then
have some questions for you.
Je vous invite à présenter une déclaration préliminaire, si vous
le voulez, après quoi nous vous poserons des questions.
Professor Klodawsky, you are welcome to stay. There may be
questions that you might want to answer further, too.
Madame Klodawsky, sentez-vous bien à l’aise de rester. Vous
voudrez peut-être ajouter un complément de réponse à certaines
questions.
Ratna Omidvar, President, Maytree Foundation: Thank you for
this invitation. I had severe doubts about whether I would make
it, but one does not really experience the true glory of this country
unless in a storm traveling by VIA Rail from Toronto to Ottawa.
I thank you for making sure that I experienced this, too.
Ratna Omidvar, présidente, Maytree Foundation : Merci pour
cette invitation. J’ai eu peur de ne pas pouvoir arriver à temps, et
je dois dire que voyager sur VIA Rail de Toronto à Ottawa en
cette journée de tempête est une expérience on ne peut plus
caractéristique de ce pays. Je vous remercie également d’avoir
rendu possible ma participation ici aujourd’hui.
I will not speak about all the work we do but rather will answer
your question around inclusion and exclusion. While inclusion
and exclusion are broadly understood as being about all of us, I
will focus my comments on recent immigrants and visible
minorities, for good reason. The foundation has done a lot of
work in this area. We also have a strong interest in the prosperity
of urban Canada.
Je ne parlerai pas de tous les travaux de la fondation; je
répondrai plutôt à votre question au sujet de l’inclusion et de
l’exclusion. Bien que l’inclusion et l’exclusion nous concernent
tous, je parlerai essentiellement des nouveaux immigrants et des
minorités visibles, et pour cause. La fondation s’est beaucoup
penchée sur la question. En outre, elle s’intéresse vivement à la
prospérité du Canada urbain.
Because of the intersection of who lives in urban Canada and
the future of urban Canada, the two issues are inextricably linked.
On the one hand, we all know that the prosperity of Canada, to a
large extent, depends on the prosperity and growth of its urban
centres. On the other hand, we know that these urban centres will
not flourish or prosper unless there is a large group of new
Ces deux questions sont inextricablement liées, parce que
l’avenir du Canada urbain est indissociable du facteur humain
qui le bâtit. D’une part, nous savons tous que la prospérité du
Canada dépend en grande partie de la prospérité et de la croissance
de ses centres urbains. D’autre part, nous savons également que ces
centres urbains ne pourront prospérer et se développer que s’il s’y
18:26
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
immigrants, who are primarily racial minorities, though not all;
75 per cent of immigrants are racial minorities. Forgive me if I
mix up the two terms. I think you get the picture.
établit un vaste groupe de nouveaux immigrants, composé
principalement, mais pas uniquement, de minorités raciales;
75 p. 100 des immigrants sont des minorités raciales. Pardonnezmoi si je mélange les deux termes. Je pense que vous comprenez.
I would say this about immigrants, racial minorities and
exclusion: Immigrants are particularly vulnerable, for a number
of reasons. They are overrepresented in the poverty statistics of
this country. They are twice as likely to be unemployed as the
average Canadian, and they are twice as likely to earn half as
much. Immigrants have restricted access to Employment
Insurance, for a number of structural reasons. They are also
likely to have more years of education and training. The votes of
visible minorities count for less because of historical electoral
arrangements in our country. In many cases, racial minorities in
large urban centres experience multiple examples of exclusion, not
just the one I think we are all likely to think about, which is
economic exclusion.
Voici ce que je dirais au sujet des immigrants, des minorités
raciales et de l’exclusion : les immigrants sont particulièrement
vulnérables, pour un certain nombre de raisons. Ils sont
surreprésentés dans les statistiques sur la pauvreté au Canada.
Ils sont deux fois plus susceptibles d’être sans emploi que le
Canadien moyen et ils sont deux fois plus susceptibles de toucher
un salaire qui soit la moitié du sien. Les immigrants ont un accès
limité à l’assurance-emploi, pour un certain nombre de raisons
d’ordre structurel. Ils sont également susceptibles de compter
davantage d’années d’études et de formation. Le vote des gens des
minorités visibles a moins de poids en raison de la nature du mode
de scrutin en vigueur depuis longtemps dans notre pays. Bien
souvent, les minorités raciales des grands centres urbains
connaissent plus d’un type d’exclusion, et non pas seulement
celui qui, je crois, vient probablement à l’idée de tout le monde,
soit l’exclusion économique.
Even if immigrants are employed or self-sufficient, they
experience exclusion of a different kind, and that is exclusion
from places of decision making, influence and power. In the
research package I provided, called DiverseCity Counts, we
counted the number of leadership positions in the Greater
Toronto Area, GTA, within five majority-minority cities, which
is the new language for cities like Markham, Brampton,
Mississauga, Richmond Hill and Toronto, where visible
minorities and immigrants make up close to the majority of the
population share. In these cities, where 49.5 per cent of the
residents are racial minorities, fewer than 14 per cent of visible
minorities own shares in companies, sit around boardrooms or
corporate headquarters, run large non-governmental
organizations, NGOs, or hold senior positions in public office.
We have collapsed that, and we count this every year. Last year it
was 13.5 per cent. This year it is 14 per cent, partly because we
have had some elections in the meantime, and we include political
leadership as part of this.
Même les immigrants qui ont un emploi ou qui sont autonomes
vivent une exclusion de type différent, soit celle d’être coupé des
centres de décision, d’influence et de pouvoir. Dans le document
de recherche que j’ai fourni, intitulé DiverseCity Counts, nous
avons compté le nombre de postes de commande dans la région
du Grand Toronto, RGT, dans cinq villes à minorité majoritaire,
comme on dit maintenant à propos de villes comme Markham,
Brampton, Mississauga, Richmond Hill et Toronto, dans
lesquelles les minorités visibles et les immigrants forment près
de la majorité de la population. Dans ces villes, dans lesquelles
49,5 p. 100 des résidents sont des gens des minorités raciales,
moins de 14 p. 100 des gens des minorités visibles détiennent des
parts dans les entreprises, fréquentent les salles de conseil ou les
sièges sociaux d’entreprises, dirigent de grandes organisations non
gouvernementales, ONG, ou occupent des postes de cadre
supérieur dans la fonction publique. Nous avons compilé les
données et nous faisons le compte chaque année. L’an dernier, il
s’établissait à 13,5 p. 100. Cette année, c’est 14 p. 100, en partie
parce qu’il y a eu des élections entretemps et que nous incluons le
leadership politique dans notre calcul.
There are also new trends in exclusion. The Temporary
Foreign Worker Program now brings into this country almost
as many temporary foreign workers as landed immigrants.
Temporary foreign workers have variable rights. Their rights
depend on which province they land in and which employer they
are working for. If they are low-skilled temporary foreign
workers, they are particularly vulnerable. I would suggest to
this group that we have opened the door to a failed experiment
from Europe, which is the Gastarbeiter, or guest worker,
program. It was predicated on exactly the same premise: Let us
bring in widgets to do the work. You do not get widgets, senators.
You get human beings, and that is the truth.
Des nouvelles tendances sont apparues dans l’exclusion. Le
Programme des travailleurs étrangers temporaires attire
maintenant dans ce pays presque autant de travailleurs
étrangers temporaires que de résidents permanents. Les
travailleurs étrangers temporaires ont des droits variables. Tout
dépend de la province dans laquelle ils se retrouvent et de
l’employeur pour lequel ils travaillent. Parmi eux, les travailleurs
peu spécialisés sont particulièrement vulnérables. Je prétends que
nous avons importé d’Europe un programme qui a été un échec, à
savoir le programme Gastarbeiter, ou programme des travailleurs
invités. Le principe de base était exactement le même : importons
de la main-d’oeuvre pour faire le travail. Mais il ne s’agit pas de
produits d’importation, mesdames et messieurs les sénateurs. Ce
sont des êtres humains, ne vous y trompez pas.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:27
A newer challenge is one of self-segregation within a number of
ethnic enclaves. We can look at Markham and Brampton. You
were talking about teachers. I know of schools where the only
white face is that of the teacher. When you add to that the speed
of information, globalization and travel, it is perfectly possible to
have a home in Toronto but to emotionally live and exist
somewhere else. This is what I would call spatial segregation and
exclusion overlaid with emotional exclusion.
Depuis peu, l’autoségrégation au sein d’un certain nombre
d’enclaves ethniques commence à former une nouvelle
problématique. Prenons le cas de Markham et de Brampton.
Vous avez parlé des enseignants. Je connais des écoles où le seul
visage pâle est celui de l’enseignant. Si on additionne la vitesse de
circulation de l’information, la mondialisation et les voyages, il est
parfaitement possible de résider à Toronto et de vivre et d’exister
émotionnellement ailleurs. C’est ce que j’appellerais la ségrégation et
l’exclusion géographiques doublées d’une exclusion émotionnelle.
I say all this with a healthy sense of admiration for what this
country has achieved. We are known the world over for our
success in immigration and for our models of multiculturalism. I
would suggest to you that our successes are in the medium and
long term. If you look at the rising numbers of immigrants who
own homes, who take out citizenship and who intermarry, these
are important indicators of inclusion. These are indicators in the
medium and long term. By the way, these accrue mostly to
national governments. In the short term, the issues of housing,
unemployment and underemployment are problems we are
having an increasingly hard time dealing with. Someone aptly
said that what we do is say, ‘‘Welcome to Canada, work hard, but
beware; it may be your children who will succeed, not you.’’
Mes propos s’accompagnent néanmoins d’un authentique
sentiment d’admiration pour ce que ce pays a accompli. Notre
pays est réputé dans le monde entier pour ses succès en matière
d’immigration et pour les modèles de multiculturalisme qu’il
propose. Pour moi, c’est à moyen et à long terme que nos succès
seront visibles. Le nombre croissant d’immigrants qui sont
propriétaires de leur résidence, qui prennent la citoyenneté et
qui se marient entre eux sont d’importants indicateurs d’inclusion.
Ils laissent entrevoir ce que sera la situation à moyen et à long
terme. En passant, cet état de choses bénéficie principalement aux
gouvernements nationaux. À court terme, nous avons de plus en
plus de difficulté à gérer les problèmes tels que ceux du logement,
du chômage et du sous-emploi. Quelqu’un a dit avec beaucoup de
justesse que notre attitude revient à dire : « Bienvenue au Canada,
travaillez d’arrache-pied, mais soyez prévenus : ce sont peut-être
vos enfants qui réussiront, pas vous. »
Another way of expressing this is that whilst we welcome
people into our metaphorical home and open the door widely, we
cannot quite bring ourselves to say, ‘‘Come and stand next to me
by the fireplace,’’ which is the centre of power.
On pourrait également dire par métaphore que nous
accueillons les autres dans notre maison, nous leur ouvrons
largement la porte, mais nous n’arrivons pas à nous décider à
dire : « Venez me rejoindre près du feu, » là où se trouve le siège
du pouvoir.
I sometimes use the terminology of integration and inclusion
side by side. They are linked concepts, but they are not the same.
Integration means that the immigrant or the racial minority fits
in, speaks the language, obeys the law, votes, and pays taxes.
Inclusion goes a step further. This is where the immigrant is an
active partner in changing institutions and in helping us to evolve
our systems and our structure.
J’utilise parfois les termes intégration et inclusion en parallèle.
Ce sont des notions reliées, mais qui n’ont pas tout à fait le même
sens. Intégration signifie que l’immigrant ou la personne d’une
minorité raciale fait partie de l’ensemble, parle la langue, obéit
aux lois, vote et paie des impôts. La notion d’inclusion va un peu
plus loin. Dans ce cas-là, l’immigrant est un partenaire actif du
changement des institutions et il nous aide à faire évoluer nos
systèmes et nos structures.
Think of one as part of participation and the other as
ownership. In integration, the onus is on the immigrant to do
his or her bit. In inclusion, I would suggest to you, the onus is just
as much on the host society to shift and change. Neither of these
happens accidentally. You must have intentions, instruments, and
investments.
On peut voir dans l’une l’idée de participation et dans l’autre,
celle de l’appropriation. Dans l’intégration, c’est à l’immigrant ou
à l’immigrante qu’il revient de faire son bout de chemin. Dans le
cas de l’inclusion, je dirais qu’il incombe tout autant à la société
d’accueil d’opérer une mutation. Les mouvements de ce genre ne
se produisent pas par accident. Ils sont le fruit d’une démarche qui
requiert des intentions, des instruments et de l’investissement.
I am sure no one around this table believes that inclusion is the
cure for all our ills. It does not mean we will all love each other or
live in la-la land. However, inclusion does have the power to
change the ‘‘me’’ and the ‘‘I’’ into the ‘‘us,’’ and I think that is
what we are talking about.
Je suis sûr que personne autour de cette table ne croit que
l’inclusion soit le remède à tous nos maux, que l’amour universel
régnera et que tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes
possible. Toutefois, l’inclusion recèle le pouvoir de transformer le
« moi » et le « je » en « nous », et tel est, je crois, ce dont nous
parlons ici.
I want to give you some practical examples of what Maytree
Foundation does. We are not an institution that describes the
problem without investing, in some part, in finding the solution.
Permettez-moi de vous donner quelques exemples concrets de
l’œuvre de la Maytree Foundation. Ce n’est pas une institution
qui se contente de poser le problème sans au moins essayer de
18:28
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Sometimes we fail, and we learn from failure. Often, because we
have thought these things out well, we find the sweet spot and are
able to work on it.
faire quelque chose pour trouver la solution. Nous connaissons
parfois l’échec et nous en tirons la leçon. Souvent, quand nous
avons bien cerné le problème, nous trouvons l’endroit précis où il
faut intervenir pour le corriger.
For instance, we started an experiment in Toronto to deal with
the systemic and apparently unsolvable problem of ensuring that
skilled immigrants who come to this country with education and
experience are in fact actually working in the jobs they were
technically selected for. You must have heard about the research
and the reports. We decided we would not do any research. We
were simply going to implement solutions on the ground, and we
would implement these solutions with employers since, after all,
they are the ones who hire. We summoned bank presidents and
some of Toronto’s most significant business leaders to the table,
and with them we crafted a number of practical, incremental
solutions.
Ainsi, nous avons entrepris à Toronto une expérience dans
laquelle nous nous attaquons au problème systémique et
apparemment insoluble consistant à faire en sorte que les
immigrants qualifiés, qui arrivent dans notre pays bardés de
diplômes et riches d’expérience, travaillent dans le domaine pour
lequel ils ont été techniquement sélectionnés. Vous avez sûrement
entendu parler de la recherche et des rapports. Nous avons décidé
que nous ne ferions pas de recherche. Nous allions tout
simplement mettre en œuvre des solutions sur le terrain et nous
le ferions de concert avec les employeurs, puisque, après tout, ce
sont eux qui embauchent. Nous avons convoqué des présidents de
banque et certains des principaux leaders du milieu des affaires de
Toronto et, de concert avec eux, nous avons mis au point un
certain nombre de solutions concrètes et graduelles.
This has been so successful that we are taking this idea to cities
across Canada, with the help of the J.W. McConnell Family
Foundation. We have initiatives in Toronto, Calgary, Vancouver,
Montreal — which is very gung-ho about following these
experiments — Calgary, Edmonton, Ottawa, Hamilton,
Kitchener, and so on. This is an example of sticking to work on
the ground, as I think you were saying, working with the people
on the ground to roll out solutions. However, what is different
about this is that we are working with employers. It is not just
aspirational social-justice speak; it is actual business speak. Trust
me: Gordon Nixon, the CEO of the Royal Bank, is involved in
this, and not only because he is a believer in equity. He knows his
bottom line and where talent is coming from. He knows who is
buying his products and who will be his customers in the future.
That is one example.
Nous avons connu un tel succès que nous exportons cette idée
vers d’autres villes du Canada avec l’aide de la Fondation de la
famille J.W. McConnell. Des initiatives ont vu le jour à Toronto,
à Calgary, à Vancouver, à Montréal — cette ville est très
enthousiasmée par ces expériences — Calgary, Edmonton,
Ottawa, Hamilton, Kitchener et ainsi de suite. C’est ainsi qu’on
travaille sur le terrain, comme vous avez dit, je crois, c’est-à-dire
travailler avec les gens sur le terrain pour faire naître des
solutions. Mais ce qu’il y a de différent dans le cas présent, c’est
que nous travaillons avec les employeurs. Il ne s’agit pas d’un
simple appel à plus de justice sociale; nous parlons affaires. Vous
pouvez me croire : Gordon Nixon, président-directeur général de
la Royal Bank, travaille avec nous et pas seulement parce qu’il est
partisan de l’équité. Il voit loin et il sait d’où vient le talent. Il sait
qui achète ses produits et qui seront ses clients dans l’avenir. Voilà
un exemple.
On the inclusion side, we are interested in ensuring that the
political landscape in the city is more reflective. We are not
talking about quotas, by the way. We are talking about what is
more reflective of the people who live in urban centres. We have a
school for would-be politicians who need to understand the lay of
the land, how to get nominated, and how to hire their campaign
managers. We train both campaign managers and candidates.
En ce qui concerne l’inclusion, nous avons à cœur de faire en
sorte que le paysage politique de la cité soit davantage
représentatif. Soit dit en passant, nous ne parlons pas de
quotas. Nous voulons en arriver à une représentation accrue des
gens qui vivent dans les centres urbains. Nous avons une école qui
s’adresse aux aspirants politiciens qui ont besoin de savoir de quoi
il retourne, comment être désigné candidat et comment recruter
leurs directeurs de campagne. Nous formons et les directeurs de
campagne et les candidats.
We are concerned about the fact that the only time the media
wants to speak to people like me is to talk about immigration and
multiculturalism. They do not talk to me about equalization or
health care transfers. We have developed a vibrant project with
the media, and we are pushing out new voices and perspectives as
much as we can.
Nous regrettons que les seules fois où les médias veulent parler
à des gens comme moi, ce soit pour parler d’immigration et de
multiculturalisme. Jamais ils ne s’adressent à moi pour parler de
péréquation ou de transfert de soins de santé. Nous avons conçu
un dynamique projet avec les médias et nous déployons un
maximum d’efforts pour faire entendre de nouvelles voix et
connaître de nouvelles perspectives.
Possibly the most interesting work we have done is around the
boardrooms of our cities and institutions. You know from any
city you are in that our system of democracy involves citizens
making decisions on the public good, our hospitals, museums,
NGOs, the Royal Ontario Museum, the university health
Ce sont sans doute nos démarches auprès des salles du conseil
de nos villes et de nos institutions qui ont été la partie la plus
intéressante de notre travail. Quelle que soit la ville où vous êtes,
vous savez que notre régime démocratique fait participer les
citoyens à la prise de décisions sur le bien public, les hôpitaux, les
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:29
network, et cetera. These are all places where significant power
and privilege are exercised on behalf of the public. We have
infiltrated more than 500 people who are qualified, able and ready
to serve the public good in these places of power and privilege.
musées, les ONG, le Musée royal de l’Ontario, le réseau de santé
universitaire, et cetera. Ce sont autant de lieux de pouvoir et de
privilège mis au service du public. Nous avons infiltré dans ces
lieux de pouvoir et de privilège plus de 500 personnes qui sont
compétentes, capables et disposées à servir le bien public.
Our search for solutions has taken us outside our borders. Just
because we are a success story in the eyes of the world in
immigration does not mean we do not have much to learn from
other cities. We have focused our work and our search for
solutions on cities because cities are a natural place. They can be
places of despair, creativity, innovation and exclusion. Sometimes
they can be all of these things at the same time.
Notre recherche de solutions nous a amenés à l’extérieur de nos
frontières. Le fait que, aux yeux du monde, nous soyons un
modèle de réussite en matière d’immigration ne signifie pas que
nous n’ayons rien à apprendre d’autres villes. Nous avons
concentré nos travaux et notre recherche de solutions sur les
villes parce que ce sont des lieux naturels. On peut y trouver du
désespoir, de la créativité, de l’innovation et de l’exclusion.
Parfois, elles réunissent toutes ces dimensions à la fois.
We are optimistic about the solutions that we have seen in
cities. I will give you a few examples. These will come to you as a
surprise: In Cardiff, the police force teaches English to refugees. It
is counterintuitive, I know, but because of that, new refugee
communities have developed trust over time with the instruments
of law and order, which traditionally they have not had. In
Germany, soccer is the name of the game and is a primary tool for
integration. I would suggest to you that we need to learn this
lesson in this country because we tend to focus on integration in
lonely ESL — English as a second language — classes in strip
malls, whereas you can build a nation on a hockey field when kids
play together side by side.
Les solutions que nous avons observées dans les villes ont de
quoi nous rendre optimistes. Permettez-moi de vous donner
quelques exemples. Tenez-vous bien : à Cardiff, le service de
police enseigne l’anglais aux réfugiés. Je sais qu’on ne s’attendrait
pas à une telle chose, mais les nouvelles collectivités de réfugiés
ont ainsi pu développer avec le temps une confiance dans les
instruments de défense de l’ordre public qu’ils n’avaient jamais
eue auparavant. En Allemagne, le soccer, si important là-bas,
constitue un outil d’intégration de première importance.
Permettez-moi de vous dire qu’il y a là une leçon à apprendre
pour nous, parce que nous avons trop souvent tendance à limiter
nos efforts d’intégration à l’enseignement de l’anglais langue
seconde offert dans des locaux de centres commerciaux, alors
qu’on peut édifier une nation sur un terrain de hockey, là où les
enfants jouent côte à côte.
I was at a mosque in Germany. Despite all the bad publicity
Germany gets, at the local level it is doing creative things. In
Duisburg, Marxloh is not only a mosque but also a community
centre. In one room, young kids are learning the Quran, and in
another room, German hausfrauen are enjoying their coffee
klatsch. They are doing this as a result of intensive community
planning. This is the one mosque in Europe where the prices of
properties surrounding the mosque have gone up and not down.
Je me trouvais devant une mosquée en Allemagne. Malgré tout
le mal qu’on dit de l’Allemagne, au niveau local, on y fait preuve de
créativité. À Duisbourg, le Miracle de Marxloh, ce n’est pas
seulement une mosquée, mais également un centre communautaire.
Dans une pièce, de jeunes enfants étudient le Coran, tandis que
dans une autre, des femmes allemandes participent au café-klatsch.
Cette réalité est le fruit d’une planification communautaire
intensive. C’est la seule mosquée en Europe autour de laquelle le
prix des propriétés a monté au lieu de descendre.
We have gathered more than 90 stories from across the world.
We are pushing these out to communities in Canada and
elsewhere because we believe firmly that place matters. People
may come to Canada, but they live in Toronto or Vancouver. The
first experience of inclusion or exclusion happens in the local
community. Attachment to your place through local institutions,
such as your schools, libraries, hockey fields, is so important. We
cannot emphasize enough attachment to local place as a way of
getting over the emotional segregation that I spoke about earlier.
Nous avons recueilli plus de 90 anecdotes dans le monde entier.
Nous les donnons en exemples aux collectivités du Canada et
d’ailleurs parce que nous avons la ferme conviction que le lieu
compte. Les gens viennent s’installer au Canada, mais c’est à
Toronto ou à Vancouver qu’ils vivent. C’est au niveau de la
collectivité locale qu’ils connaissent leur première expérience
d’inclusion ou d’exclusion. On ne saurait trop dire l’importance
de l’attachement à son lieu de résidence vécu à travers les
institutions locales telles que les écoles, les bibliothèques, les
terrains de hockey. On ne saurait trop souligner que l’attachement
à sa localité est un moyen de surmonter la ségrégation
émotionnelle dont je parlais tout à l’heure.
We know that inclusion is a two-way street; just as this side
must change, so the other side must change. There are some
encouraging signs. In Toronto we are building more cricket
pitches than baseball pitches given the obvious shifts in
demographics in our country. In Markham, which is home to
the largest enclave of ethnic minorities in Canada, primarily
L’inclusion, c’est bien connu, n’est pas une voie à sens unique;
si une partie doit changer, l’autre partie doit changer également.
On peut observer certains signes encourageants. À Toronto, il se
construit plus de terrains de cricket que de terrains de baseball en
raison de la transformation manifeste de la composition
démographique de notre pays. À Markham, ville où l’on trouve
18:30
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Chinese and South Asians, lessons are extremely instructive.
Lessons from business are extremely instructive. For example, the
banks have lowered the heights of their counters to adapt more
typically to the heights of people like me.
la plus importante enclave de minorités ethniques au Canada,
principalement des Chinois et des personnes originaires de l’Asie
du Sud, il y a de grandes leçons à tirer. L’exemple des entreprises
est particulièrement instructif. Ainsi, les banques ont réduit la
hauteur de leurs comptoirs pour accommoder les gens dont la
taille est généralement comparable à la mienne.
We have learned that cities go their own way. Notwithstanding
national and provincial policies, sentiments or media, because of
the daily business of living side by side and making sure life goes
on, they arrive at very practical, innovative solutions in the most
unlikely places, Cardiff being an example.
Nous avons appris que les villes font comme bon leur semble.
Indépendamment des politiques nationales et provinciales, des
sentiments ou des médias, la réalité quotidienne de la cohabitation
et la nécessité de faire en sorte que la vie continue les amènent à
trouver des solutions très concrètes et novatrices que l’on peut
observer dans des endroits aussi inattendus que Cardiff, par
exemple.
All actors are inclusion actors, such as the postman, the
businessman, the librarian, the school teacher and the neighbour.
I am always concerned when this conversation about inclusion
seems to put the inclusion types into one corner and everyone else
throughout the rest of the room. No; this is about all of us.
Tous les acteurs — facteurs, hommes d’affaires, bibliothécaires,
enseignants, voisins — sont des agents d’inclusion. Le discours qui
place les types d’inclusion dans un coin tandis que tout le monde
occupe le reste de la pièce a le don de m’agacer. L’inclusion, c’est
l’affaire de chacun de nous.
We have many of the right ingredients in place, which speaks to
our success in the mid-term and long term. We have our Charter,
a multiculturalism policy and a relatively short incubation period
before people can take out their citizenship. However, we also
need to focus on what happens on the ground. Jane Jacobs wisely
said that the level of government closest to the people is best
positioned to deliver services to the people. I would put my bets
on local government and local actions. I will stop there.
Beaucoup d’ingrédients sont réunis pour nous assurer le succès
à moyen et à long terme. Il y a notre charte, la politique de
multiculturalisme et une période d’incubation relativement courte
avant que le nouveau venu puisse obtenir sa citoyenneté. Nous
devons toutefois concentrer notre attention sur ce qui se passe sur
le terrain. Jane Jacobs a dit avec justesse que c’est le palier
d’administration publique le plus proche des gens qui est le mieux
placé pour assurer des services à la population. Je parierais sur le
gouvernement local et l’action locale. Je vais m’arrêter ici.
The Chair: You have a wealth of experiences. Thank you for
sharing with us.
Le président : Vous avez une riche expérience et nous vous
remercions de nous en avoir fait profiter.
I will start the questions. I mentioned earlier to Professor
Klodawsky two recent studies in Toronto that you would be
familiar with. One was done by the United Way on vertical
poverty, and the other was on the continuing work of Professor
Hulchanski. Some of the alarming information in these studies
seems to affect the issues of social inclusion. We are told by the
United Way that about 25 years ago we were integrating people
into high-rise buildings in various percentages according to
income. That integration is disappearing. We are told by
Professor Hulchanski that in terms of income and equality
issues, the wealthier are occupying the central core, while the
socio-economic status of the ribbon around the suburbs through
Scarborough and Etobicoke, for example, is decreasing. Another
alarming figure he gives is that the middle class is moving further
out. In Toronto, we have seen the middle class go from 66 per
cent down to 29 per cent between the 1970s and today.
Je vais commencer les questions. J’ai mentionné plus tôt, à
l’intention de la professeure Klodawsky, deux études récentes
effectuées à Toronto que vous connaissez sûrement. L’une a été
effectuée par Centraide et elle portait sur la pauvreté verticale,
tandis que l’autre portait sur les travaux poursuivis par le
professeur Hulchanski. Ces études recèlent de l’information
alarmante qui semble rejoindre la problématique de l’inclusion
sociale. Centraide nous a appris que, il y a environ 25 ans, on
intégrait les gens dans des bâtiments en hauteur selon différents
pourcentages en fonction du revenu. Cette façon de procéder est
en train de disparaître. Le professeur Hulchanski nous apprend
que, sur les plans du revenu et de l’égalité, les gens à l’aise
occupent le centre, tandis que la ceinture suburbaine qui passe par
Scarborough et Etobicoke, par exemple, voit son statut
socioéconomique régresser. Il nous fait part également d’un
autre chiffre préoccupant, à savoir que la classe moyenne s’éloigne
encore. À Toronto, elle est passée de 66 p. 100 dans les
années 1970 à 29 p. 100 aujourd’hui.
How do these add to the challenge of social inclusion?
Ms. Omidvar: I would add another circle around it. The
professor’s study is focused on the city of Toronto and the
doughnut effect, which he talks about. Another phenomenon
occurs. Immigrants and other racial minorities used to come to
Toronto. The Portuguese, the Jewish and other people lived in
Kensington Market but have moved to the suburbs. Today, they
Comment ces réalités influent-elles sur le défi de l’inclusion
sociale?
Mme Omidvar : J’ajouterais un cercle supplémentaire. L’étude
du professeur est axée sur la municipalité de Toronto et sur l’effet
« trou de beigne » dont il parle. Il se produit un autre phénomène.
Les immigrants et d’autres minorités raciales s’installaient
habituellement à Toronto. Les Portugais, les Juifs et d’autres
gens vivaient à Kensington Market, mais ils se sont déplacés vers
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:31
are moving directly to the suburbs, such as Markham,
Mississauga, Peel and Brampton, in part because housing is
cheaper there. However, they do not factor in transportation and
other costs to living in the suburbs.
la banlieue. Aujourd’hui, ils vont s’installer directement dans la
banlieue, soit Markham, Mississauga, Peel et Brampton, en partie
parce que le logement y est moins cher. Ils ne tiennent toutefois
pas compte de facteurs tels que le transport et les autres coûts que
comporte le fait de vivre en banlieue.
The waiting lists for social housing are enormous. We have had
no investment in affordable housing. I would say it is not only
social housing but also affordable housing. We do not have a
national housing strategy in this country. We do not have an
affordable housing strategy, unless you want to think about the
Canada Mortgage and Housing Corporation, CMHC, as one
instrument, and we do not have a transportation strategy. When
you put all those together, we find that people are pushed out to
places where there are fewer services, although the rents might be
cheaper. I know people who live in Thornhill, which is sort of
uptown Toronto, and work in Mississauga. Imagine what
happens to a factory worker, who is almost always an
immigrant, when the bus breaks down; she loses her job. It is
quite severe in Toronto. I will not speak for other cities.
Les listes d’attente de logement social sont interminables. Il n’y
a pas eu d’investissement dans du logement abordable. Il ne s’agit
pas seulement de logement social, mais également de logement
abordable. Il n’y a pas au Canada de stratégie nationale en
matière de logement. Nous n’avons aucune stratégie de logement
abordable, à moins d’imaginer que la Société canadienne
d’hypothèques et de logement, la SCHL, est un outil, et nous
n’avons pas de stratégie en matière de transport. Tous ces facteurs
mis ensemble font que les gens sont relégués vers des endroits où
ils ont moins de services, mais où les loyers peuvent être moins
élevés. Je connais des gens qui habitent à Thornhill, qui est en
quelque sorte le secteur résidentiel de Toronto, et qui travaillent à
Mississauga. Imaginez la situation d’une travailleuse d’usine,
presque toujours une immigrante, quand l’autobus tombe en
panne; elle perd son emploi. La vie est très dure à Toronto. Je ne
peux me prononcer sur les autres villes.
We need significant investments in the social infrastructure of
the city alongside vibrant community-based activities with NGOs.
The solutions are known; the action is simply not there.
Il faut consentir des investissements importants dans
l’infrastructure sociale de la ville parallèlement à de dynamiques
activités communautaires poursuivies avec les ONG. Les
solutions sont connues, mais rien ne bouge.
The Chair: You have said that you believe in place-based
solutions. You have pointed out the importance of the
government closest to the people. You mentioned Jacobs. At
the same time, you said earlier we all have to be concerned about
this. The federal level has to be concerned about this because most
people live in our cities. The quality of life in our cities affects our
future prosperity in this country. These are issues of concern at
the federal level.
Le président : Vous avez dit que vous croyez aux solutions issues
du milieu. Vous avez souligné l’importance des administrations
publiques les plus proches des gens. Vous avez mentionné Jacobs.
En même temps, vous avez dit précédemment que nous étions tous
concernés. Le palier fédéral doit se sentir concerné parce que la
plupart des gens vivent dans les villes. La qualité de vie dans nos
municipalités a un impact sur la prospérité future du pays. Ce sont
des questions qui intéressent le palier fédéral.
What can the federal level do given these different views that
you have expressed to help facilitate ensuring future prosperity
and quality of life through social inclusion, but still having it
primarily operating at a local level through either the municipality
or the non-profit organizations, the NGOs?
Dans le contexte des différents angles que vous avez présentés,
qu’est-ce que le palier fédéral peut faire pour contribuer à assurer
la prospérité future et la qualité de vie moyennant l’inclusion
sociale, mais en laissant néanmoins les choses fonctionner surtout
au niveau local, par l’intermédiaire soit de la municipalité soit
d’organisations sans but lucratif, les ONG?
Ms. Omidvar: I am not suggesting that the federal government
does not have a role. It has a very important role, especially in
setting national standards and frameworks. However, I am
always concerned when the federal government, from way up
here in Ottawa, starts prescribing what exactly should happen on
the ground. Municipalities, because they are closer to the people,
are better suited to understanding their needs, the needs of their
communities, the needs of their residents and the capacity of local
NGOs. This is important. We do not want to ascribe the same
thing to all NGOs. That is not the case. There is variable capacity
among NGOs. The local municipality is best positioned to know
who can do the job.
Mme Omidvar : Je ne suis pas en train de dire que le
gouvernement fédéral n’a aucun rôle à jouer. Il en a un très
important au contraire et c’est d’établir des normes et des cadres
nationaux. Mais je m’inquiète toujours quand le gouvernement
fédéral, du haut de la Colline du Parlement à Ottawa, se met à
prescrire ce qui devrait se faire sur le terrain. À cause de leur
proximité avec les gens, les municipalités sont mieux placées pour
comprendre leurs besoins, les besoins de leurs collectivités, ceux
de leurs résidents ainsi que la capacité des ONG locales. C’est
important. Nous ne voulons pas confier la même mission à toutes
les ONG. Ce n’est pas ce qui se fait. Les ONG n’ont pas toute la
même capacité. La municipalité, au niveau local, est la mieux
placée pour savoir qui peut faire le travail.
18:32
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
The federal government has to recalibrate its relationship with
municipalities. That has to be the starting point. It has to give
them more respect and more power. We are more proactive,
especially with MTV — Montreal, Toronto, Vancouver.
Le gouvernement fédéral doit réorienter sa relation avec les
municipalités. C’est par là qu’il faut commencer. Il doit les
respecter davantage et leur accorder plus de pouvoir. Nous
sommes davantage proactifs, en particulier avec MTV —
Montréal, Toronto, Vancouver.
The Chair: I thought that was a television station. Let me move
now to the committee, starting with the deputy chair of the
committee, Senator Ogilvie from Nova Scotia.
Le président : Je croyais que c’était une station de télévision. Je
donne maintenant la parole aux membres du comité, en
commençant par le vice-président du comité, le sénateur Ogilvie,
de la Nouvelle-Écosse.
Senator Ogilvie: Thank you for your presentation. I found it
refreshing and obviously enthusiastic with regard to this
challenging area. I have an observation at the beginning and
then a specific question for you.
Le sénateur Ogilvie : Merci pour votre exposé. Je l’ai trouvé
rafraîchissant et visiblement enthousiaste face à ce domaine
exigeant. Je vais commencer par faire une observation, puis je
vous poserai une question.
I was pleasantly struck by your referring to the fact that you do
not get involved in the research; you get involved in the
application, the action and moving forward. When we were
coming into this particular study and looking at some of the
background, it struck me that if we have not learned enough from
research by now, I am not sure much more research will help us.
Through the last 20-odd years of my life where I have paid some
attention to this, I have identified an enormous number of
examples that have been remarkably successful in various areas. It
seemed to me, and I thought you were implying, that we should
learn from these and implement and adapt from the many
successful examples.
J’ai été agréablement frappé par vos propos quand vous avez
dit que vous ne preniez pas part à la recherche; que votre rôle se
situe au niveau de l’application, de l’action et du mouvement en
avant. Quand nous avons abordé cette étude particulière et pris
connaissance du contexte, j’ai été frappé par le fait que si la
recherche ne nous a pas enseigné grand-chose jusqu’ici, je ne suis
pas sûr qu’un accroissement de la recherche nous sera utile. Au
cours de la vingtaine d’année de ma vie où je me suis intéressé à la
question, j’ai relevé un nombre considérable d’exemples de succès
remarquables dans différents domaines. Il me semblait — et c’est
ce que sous-entendaient vos propos, je crois — que nous devrions
en tirer les leçons et les mettre en œuvre en les adaptant.
My specific question for you is about the project you have that
is funded by the J.W. McConnell Family Foundation. My
experience is that that foundation is successful in choosing
projects that lead to some benefit to society. I am wondering
whether you would be willing to take a bit of time and give us a
little more sense of what that specific project is.
La question que je veux vous poser concerne votre projet
financé par la Fondation de la famille J.W. McConnell. D’après
mon expérience, cette fondation a le don de choisir des projets qui
apportent un certain bienfait à la société. J’aimerais que vous
preniez quelques minutes pour nous donner un aperçu de la
nature exacte de ce projet.
Ms. Omidvar: The Maytree Foundation and the J.W. McConnell
Family Foundation are like sisters in a way. Maytree floated this
local experiment in Toronto where we brought together employers,
NGOs, local government, provincial and federal government, our
universities and community colleges. We sat around a table like this
and said to ourselves that we will focus on designing and imagining
solutions for skilled immigrants. We will not do any research. We
will talk proactively to employers. We asked employers — the
banks, the consulting companies, the big legal companies, the tech
companies who hire in Toronto — what we need to do to open their
employment practices to immigrants. We crafted a number of
solutions. This worked very well. More than 4,000 people have
moved from unemployment to full employment, and I am talking
about jobs worth $50,000 and over.
Mme Omidvar : D’une certaine manière, la Maytree
Foundation et la Fondation de la famille J.W. McConnell sont
des organisations sœurs. Maytree a procédé à Toronto à une
expérience locale qui réunissait des employeurs, des ONG,
l’administration locale, les gouvernements provincial et fédéral,
nos universités et nos collèges communautaires. Nous nous
sommes assis autour d’une table semblable à celle-ci et nous
nous sommes dit que nous allions nous efforcer d’élaborer et de
concevoir des solutions pour les immigrants qualifiés. Pas
question de faire de la recherche. L’idée était de parler
proactivement aux employeurs. Nous avons demandé aux
employeurs — les banques, les entreprises de consultants, les
grosses firmes d’avocats, les sociétés de technologie qui
embauchent à Toronto — ce qu’il fallait faire pour faire
bénéficier les immigrants de leurs pratiques d’embauche. Nous
avons mis au point un certain nombre de solutions. Elles ont très
bien fonctionné. Plus de 4 000 personnes sont passées d’une
situation de chômage au plein emploi, et je vous parle d’emplois
de 50 000 $ et plus.
We turned our attention to other cities, and that is where
McConnell came in and said that together we will take the lessons
from Toronto and bring them to other cities.
Nous avons alors tourné notre attention vers d’autres villes et
c’est là que la fondation McConnell est entrée en scène en disant
qu’ensemble nous allions faire bénéficier d’autres villes des leçons
apprises à Toronto.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:33
I forgot to say that Halifax is a site for our work. We are
working in Halifax with the Greater Halifax Partnership, which is
kind of a quasi board of trade, and with their corporate members.
Halifax’s interests are slightly different than Toronto’s. It wants
to attract immigrants, so we have helped to create a similar table
to the one we had in Toronto.
J’ai oublié de dire que nous avons une antenne à Halifax. Nous
travaillons dans cette ville avec le Greater Halifax Partnership,
une sorte de chambre de commerce, et avec ses membres
corporatifs. Les intérêts d’Halifax diffèrent quelque peu de ceux
de Toronto. Elle veut attirer des immigrants et nous avons
contribué à créer une table semblable à celle que nous avions mise
sur pied à Toronto.
Obviously I am learning that in a country as big as Canada,
each place is different. I am also learning, senator, and you will
appreciate this, that everyone loves to hate Toronto: ‘‘What
worked in Toronto will not work here.’’ We are very sensitive
about local variations, but the agenda is moving forward in each
of the nine cities we have.
Je suis en train d’apprendre que, dans un pays de la taille du
Canada, chaque endroit est différent. J’apprends également,
monsieur le sénateur, et je crois que cela vous amusera, que
tout le monde aime détester Toronto : « Ce qui a marché à
Toronto ne marchera pas ici. » Nous sommes très sensibles aux
différences locales, mais nos projets avancent dans chacune des
neuf villes où nous sommes actifs.
Our objective over the next five years is to create a national,
pan-Canadian movement. I am here partly because I have
meetings tomorrow with other people. Our proposal to the
Government of Canada is that we should invest in what people
call a national mentoring program, which matches an
unemployed immigrant in a certain occupation with an
employed counterpart, as close as possible, through technology.
We have loads of research and data to say that this is low-hanging
fruit. It works. When you bring two people together, regardless of
nationality, if their commonality is their occupation, they start
speaking a different language to each other. They talk tech,
science or marketing or these other things, and they develop a
bond. An unintended outcome of the mentoring project is that
you walk in someone else’s shoes, and you start owning their story
and their success. Social cohesion — bang. We are huge
enthusiasts, and McConnell and Maytree will go to bat in
asking the federal government to spend X amount of dollars
on X, Y and Z. Let us look at where the results are not coming in,
because here are results that are black and white and proven.
Notre objectif pour les cinq prochaines années est de créer un
mouvement national, pancanadien. Ma présence ici s’explique en
partie par le fait que j’ai des réunions demain avec d’autres
personnes. Nous voulons proposer au gouvernement du Canada
d’investir dans ce qu’on appelle un programme national de
mentorat qui associerait un immigrant sans emploi dans un
certain domaine à un de ses semblables ayant un emploi dans un
domaine aussi proche que possible, grâce à la technologie. Nous
avons des tonnes de données de recherche qui indiquent que ce
serait simple à faire. Et ça marche. Mettez ensemble deux
personnes, quelle que soit leur nationalité; si elles ont en commun
une même activité professionnelle, le langage qu’elles emploient
pour se parler change du tout au tout. Elles parlent technologie,
science ou commercialisation, et que sais-je encore. Un lien
commence à les unir. L’une des conséquences inattendues du
projet de mentorat est qu’on se met à la place de l’autre, on se met
à s’approprier son histoire et ses succès. Résultat : la cohésion
sociale. Nous sommes d’incorrigibles enthousiastes et McConnell
et Maytree iront voir le gouvernement fédéral pour lui demander
de consacrer un montant X à X, Y et Z, et examinons ce qui ne
donne pas de résultats, parce qu’en voici qui sont incontestables,
noir sur blanc.
Senator Ogilvie: Thank you. That was helpful. I am confident
that our writers have recorded many of the important
observations you have brought to us. Certainly your own work
has received enormous credibility in its own right, and the
attraction of foundations such as those two provides outside and
independent verification of the importance of your work.
Le sénateur Ogilvie : Merci. Cela a été utile. Je suis sûr que nos
rédacteurs ont consigné bon nombre des importantes
observations dont vous nous avez fait part. Votre propre travail
vous a valu à juste titre une énorme crédibilité et la puissance
d’attraction des deux fondations dont nous parlons démontre de
façon objective l’importance de votre travail.
Senator Eaton: I was interested in everything you had to say,
but I have just a comment on leadership in Toronto. I was on the
board of the Royal Ontario Museum for 20 years. I am no longer,
but I was in the 1980s, 1990s and into the 2000s. I am still on the
board of the National Ballet of Canada and St. Michael’s
Hospital. We have a terrible time finding minority representation
on these boards. Often we approach people, and they say, ‘‘I am
raising money for my own centre, for my own charities in my own
community.’’ It is hard to get them interested in the wider
community. I know with the campaign at the ROM, we got good
Le sénateur Eaton : Tout ce que vous avez dit m’intéresse, mais
j’aurais un commentaire à faire concernant le leadership de
Toronto. J’ai fait partie du conseil d’administration du Musée
royal de l’Ontario pendant vingt ans. Je n’en fais plus partie, mais
j’y étais dans les années 1980, 1990 et au début des années 2000.
Je fais toujours partie du conseil du Ballet national du Canada et
de celui de l’hôpital St. Michael’s. Nous avons énormément de
difficulté à trouver des gens de groupes minoritaires pour siéger à
ces conseils. Certaines des personnes que nous abordons nous
répondent : « Je collecte de l’argent pour mon centre, pour mon
18:34
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
people, but it was very difficult. At St. Michael’s, it has been
difficult. The National Ballet has been very difficult. In fact, I can
phone you next week, and you can offer me some names.
organisme de charité dans ma communauté. » C’est difficile de les
intéresser à ce qui se passe hors des limites de leur communauté.
Je sais que la campagne que nous avons menée au Musée royal de
l’Ontario nous a permis d’attirer des gens de qualité, mais cela a
été très difficile. À St. Michael’s, cela a été difficile. Au Ballet
national, très difficile. En fait, je pourrais vous téléphoner la
semaine prochaine pour que vous me suggériez quelques noms.
Ms. Omidvar: I tend to both agree and somewhat disagree with
you. I think the National Ballet could be a challenge because of
the nature of the institution and what it occupies.
Mme Omidvar : Je suis à la fois d’accord et un peu en
désaccord avec vous. Je peux comprendre que le Ballet national
puisse être un cas difficile en raison de sa nature même et de son
secteur d’activité.
Senator Eaton: I just know it is hard.
Le sénateur Eaton : Je sais seulement que c’est difficile.
Ms. Omidvar: I know it is hard.
Mme Omidvar : Je le sais.
Senator Eaton: St. Michael’s Hospital is very difficult.
Le sénateur Eaton : Pour l’hôpital St. Michael’s, c’est très difficile.
Ms. Omidvar: One reason we took this on is because we came
across so many people like you, senator, and we said there must
be a systematic way of dealing with this problem as opposed to
simply who you know or who can you recommend. Therefore we
now have a database of more than 1,500 people.
Mme Omidvar : L’une des raisons pour lesquelles nous nous
sommes lancés dans une telle entreprise, c’est que nous avons
rencontré bien des gens comme vous, madame le sénateur, et nous
avons dit qu’il devait exister un moyen systématique de gérer ce
genre de problème, au lieu de chercher à savoir qui connaît qui et
qui vous pouvez me recommander. Nous avons donc une base de
données de plus de 1 500 personnes.
Senator Eaton: I will be happy to give Alayne Metrick, chair of
St. Michael’s Hospital Foundation, your name because we would
love to have greater representation.
Le sénateur Eaton : Je serais heureuse de transmettre votre nom
à Alayne Metrick, présidente de la St. Michael’s Hospital
Foundation, parce que nous aimerions vraiment une plus
grande représentation des minorités.
Ms. Omidvar: We can help you. I am not guaranteeing it.
Hospital foundations are a particularly hard one because they
want a significant amount of financial —
Mme Omidvar : Nous pouvons vous aider. Je ne vous garantis
rien. Les fondations d’hôpitaux sont des cas particulièrement
difficiles parce qu’elles demandent d’importants montants...
Senator Eaton: No, they want people to go into their
communities and raise money.
Le sénateur Eaton : Non, elles veulent que les gens aillent
recueillir de l’argent dans leurs communautés.
Ms. Omidvar: Fine. We can do that. It has to start somewhere,
right?
Mme Omidvar : Bien. Nous pouvons faire ça. Il faut bien
commencer quelque part, n’est-ce pas?
Senator Eaton: I agree, but that is not my question. My
question is this: Has technology — computer Internet access, fax,
Skype — made it easier for people to, as you say, live in one place
but have their heart and their connections still at home?
Le sénateur Eaton : Je suis d’accord, mais ce n’est pas ma
question. Ma question est la suivante : est-ce que la technologie —
l’accès à Internet, les télécopieurs, Skype — ont facilité la vie des
personnes qui, comme vous avez dit, vivent à un endroit, mais ont
le cœur et leurs relations là d’où elles sont venues?
Ms. Omidvar: Yes.
Mme Omidvar : Oui.
Senator Eaton: What is the answer to that?
Le sénateur Eaton : Quelle est l’explication?
Ms. Omidvar: Attachment to your local community. No matter
how attached you are to that other village, you still have to go out
of your house to buy the groceries and to get the newspaper. You
have to walk the street. I am a huge believer in keeping it local.
For instance, if communities are interested in planting trees in
their neighbourhood, just the project of working together to bring
that tree gives them ownership. We need to ensure that our public
spaces, our libraries, our schools, our sports fields, are places
where there is active participation.
Mme Omidvar : Une personne s’attache à sa collectivité locale.
Même si elle est très attachée à l’autre village, elle doit quand
même sortir de chez elle pour faire le marché et acheter le journal.
Elle doit marcher dans les rues de sa collectivité. Je crois
sincèrement que cet attachement doit demeurer local. Par
exemple, si les membres d’une collectivité souhaitent planter des
arbres dans le voisinage, le seul fait de travailler ensemble et de
planter ces arbres les rend en quelque sorte propriétaires. Nous
devons nous assurer que nos espaces publics, nos bibliothèques,
nos écoles et nos terrains sportifs sont des lieux où les gens
s’engagent à fond.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:35
I came to this country 25 years ago. I love telling this story. It
will give you a giggle. My daughter is a rhythmic gymnast, with
the ribbons and all of that stuff. I knew nothing about the sport.
All I knew is we needed our child to be in an activity so that she
could be away from television. I spent hours with mothers making
that horrible Canadian confection called peanut butter and jelly
sandwiches. That was my best integration experience.
Je suis arrivée dans ce pays il y a 25 ans. J’adore raconter cette
histoire; elle est amusante. Ma fille fait de la gymnastique
rythmique avec les rubans et tout le reste. Je ne connaissais rien de
ce sport. Tout ce que je savais, c’est que notre enfant devait
participer à une activité si nous voulions qu’elle ne soit pas collée
devant la télévision. J’ai vécu ma meilleure expérience en matière
d’intégration lorsque j’ai passé des heures à préparer, avec
d’autres mères, cette chose horrible que l’on appelle le sandwich
au beurre d’arachide et à la gelée.
Senator Eaton: You have opened the door to another question.
You are a woman with children, which picks up on one of your
groups — single women or women with children stuck at home.
That is an important part of bringing them into the community
and teaching them to volunteer and to have the nerve to go out.
Also, some women are not allowed or not encouraged to go out of
the house. Is that a problem? Do you see that as a challenge?
Le sénateur Eaton : Vous venez d’ouvrir la porte à une autre
question. Vous êtes une femme, vous avez des enfants, vous faites
donc partie d’un de vos groupes, soit les femmes seules ou les
mères monoparentales prises à la maison. Une grande partie du
travail consiste à les inciter à joindre la collectivité, à leur
apprendre à faire du bénévolat et à leur donner le courage de
sortir de chez elles. De plus, certaines femmes n’ont pas la
permission de sortir de chez elles ou ne sont pas encouragées à le
faire. Est-ce un problème pour vous?
Ms. Omidvar: These are all challenges, but I also know of
communities in Brampton where women who are not encouraged
to go out do develop what we would call bonding capital. I have
read Robert’s Putnam’s theories in Bowling Alone. We have
become such a diverse society that we do not eat together; we do
not talk together; and we do not even bowl together anymore. I
have seen encouraging signs of women coming together in
knitting, cooking or daycare clubs and developing bonding
capital. That is the first step. I do not have all the answers.
Mme Omidvar : Ce sont tous des problèmes, mais je sais
également qu’il existe des collectivités à Brampton où des femmes,
qu’on n’encourage pas à sortir de chez elles, développent des liens
d’attachement. J’ai lu les théories de Robert Putnam dans Bowling
Alone. Notre société est devenue tellement diversifiée que nous ne
mangeons plus ensemble, nous ne parlons plus ensemble, nous ne
jouons même plus aux quilles ensemble. Il y a des signes
encourageants. Par exemple, j’ai vu des femmes se réunir pour
tricoter, cuisiner ou créer des clubs de garde d’enfants et ainsi
tisser des liens d’attachement. C’est une première étape. Je n’ai
pas toutes les réponses.
Senator Eaton: Oh, but we were hoping you did.
Le sénateur Eaton : Oh, mais nous espérions que vous nous
apportiez ces réponses.
The Chair: I will move on now to our newest senator, from
Toronto, Senator Meredith.
Le président : La parole est maintenant à notre recrue, le
sénateur Meredith, de Toronto.
Senator Meredith: Thank you. This is enlightening. I could
have listened to you for another three hours, and I have
600 questions for you, but I wanted to still feel the love of my
colleagues here so I will not ask all 600 today.
Le sénateur Meredith : Merci. Ce que vous dites est instructif.
J’aurais pu vous écouter pendant des heures et j’ai des centaines
de questions pour vous, mais si je veux continuer à être aimé par
mes collègues, je ne les poserai pas toutes aujourd’hui.
I commend you on the work you are doing. In fact, I reached
out to you a few months ago, before I was appointed to the Senate
and my life changed in terms of my activism within the
community, working with Vidoll Regisford. He was here just
yesterday. That was with respect to having an impact on the
community and the work you are doing and the fact you have
taken a proactive approach with respect to results rather than
looking at reports. We know what the problems are, and you have
implemented some great things. I appreciate that.
Je vous félicite pour le travail que vous faites. En fait, je vous ai
tendu la main il y a quelques mois, avant que je ne sois nommé au
Sénat, et en travaillant avec Vidoll Regisford, mon point de vue
par rapport à ma participation à la vie communautaire a changé.
M. Regisford était ici hier pour parler des répercussions sur la
collectivité, du travail que vous faites, et du fait que vous avez
toujours utilisé une approche proactive axée sur des résultats
plutôt que vous contenter de lire des rapports. Nous sommes au
fait des problèmes et vous avez mis sur pied d’excellentes
solutions. Je vous en suis reconnaissant.
You have the mentorship program to link potential employers
with immigrants who come to this country. That is a vital
component, and I am glad to see that program started and that
you are getting some great traction on that.
Vous avez un programme de mentorat qui lie des employeurs
potentiels à des immigrants qui arrivent au pays. Cette
composante est primordiale et je me réjouis de constater que ce
programme a été lancé et qu’il gagne en popularité.
My question is with respect to credentials. What is being done?
Are you getting any negative feedback from the associations who
are not recognizing the credentials of those highly skilled
Ma question concerne les qualifications. Que faites-vous dans
ce domaine? Avez-vous reçu des commentaires négatifs de la part
des associations qui ne reconnaissent pas les qualifications des
18:36
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
immigrants who are coming to this country? What could this
committee and the government do to put more pressure,
legislation, what have you, to ensure those doors of opportunity
are opened to those highly skilled immigrants who come here?
immigrants hautement qualifiés qui arrivent au pays? Que
pourraient faire le comité et le gouvernement pour veiller à ce
que les portes soient ouvertes pour ces immigrants hautement
qualifiés? Accentuer la pression? Adopter des lois? Faire
autre chose?
Ms. Omidvar: This is a complex field; we could be here for a
full day, but I will give you the basics of my understanding. We
have worked with regulatory bodies in Ontario for a long time.
We have helped them create a network of their own that is
dedicated to developing best practices within the network —
engineers, doctors, veterinarians, teachers, what have you — so
that if the engineers find something interesting they can pass it on
to the teachers and so on. We thought that was a wise investment
of our resources.
Mme Omidvar : Ce domaine est complexe et nous pourrions
nous pencher sur la question toute la journée, mais je vais
simplement vous expliquer ce que j’ai compris à la base. Nous
collaborons avec les organismes réglementaires de l’Ontario
depuis longtemps. Nous les avons aidés à créer leur propre
réseau destiné à élaborer des pratiques exemplaires bien à eux —
ingénieurs, médecins, vétérinaires, enseignants et autres; ainsi, si
les ingénieurs font une trouvaille intéressante, ils peuvent la
transmettre aux enseignants, et ainsi de suite. Nous avons cru
qu’il s’agissait d’un investissement sage de nos ressources.
The Government of Ontario has passed the Fair Access to
Regulated Professions Act, FARPA, and it has the Fairness
Commission with Jean Augustine as the Fairness Commissioner,
whose mandate it is to ensure that credentialing bodies and
regulatory bodies are reporting out on numbers, processes,
complaints and things like that. Ontario is a little further ahead.
This is little known: More than 200 internationally trained
medical graduates are receiving internship opportunities in
Ontario. Progress has been made.
Le gouvernement de l’Ontario a adopté la Family Educational
Rights and Privacy Act, la FERPA, et il s’est doté d’une
commissaire à l’équité, Jean Augustine, dont le mandat est de
veiller à ce que les organismes d’accréditation et réglementaires
présentent des rapports concernant les données, les processus, les
plaintes et ainsi que d’autres renseignements. L’Ontario est un peu
en avance sur ce plan. Vous ne le saviez peut-être pas, mais plus de
200 diplômés en médecine de l’extérieur du pays ont eu la possibilité
de faire leur internat en Ontario. Nous avons fait des progrès.
I would say that because regulation of regulated occupations is
largely a provincial responsibility, the federal government can act
in developing an umbrella mechanism that works with the
provincial organizations, such as Professional Engineers
Ontario, that have national bodies, like the Canadian Council
of Professional Engineers. There are national memberships. I
would work with the national associations and I would bring
them together, as the government is doing. I would make sure that
the information to immigrants is getting through about the right
processes because there is a lot of misinformation. Maybe I would
even go beyond that and start talking to immigrants overseas
before they pack their bags — not the applicants but the visa
holders. I would say, ‘‘There are five or ten things you can do if
you want to practice engineering in Nova Scotia. Here are the
people you need to talk to, the universities, the upgrading, an
online mentor and all the papers you will need.’’ I would make it
easier on the immigrant, but I would also build capacity at the
national level.
Je dirais que, puisque la réglementation des titres protégés est
surtout une compétence provinciale, le gouvernement fédéral
pourrait agir en élaborant un mécanisme centralisé qui travaillerait
avec les organismes provinciaux membres d’associations nationales.
Par exemple, l’Ordre des ingénieurs de l’Ontario fait partie du
Conseil canadien des ingénieurs. Il est possible d’être membre à
l’échelle nationale. Je collaborerais avec les associations nationales et
je les réunirais, comme le fait déjà le gouvernement. Je veillerais à ce
qu’on fasse appel aux processus appropriés pour informer les
immigrants parce qu’il y a beaucoup de désinformation. J’irais peutêtre plus loin en parlant aux immigrants à l’étranger avant même
qu’ils ne fassent leurs valises — je ne vise pas les demandeurs; je
m’adresserais plutôt aux titulaires de visas. Je leur dirais qu’ils
doivent franchir près d’une dizaine d’étapes s’ils veulent être
ingénieurs en Nouvelle-Écosse. Je leur dirais à qui parler, je leur
donnerais le nom des universités concernées, je leur parlerais de
perfectionnement, de mentorat en ligne, ainsi que de tous les
documents dont ils auraient besoin. Je faciliterais la vie des
immigrants tout en améliorant les capacités à l’échelle nationale.
The Chair: This gives me an opportunity to put in an
advertisement here. A week from tomorrow, our session will be
on credentials. We will have a panel to talk about that whole
issue. This is the overview today. Many of the things that have
been talked about will come up again in more detail as we go
through the 12 meetings. This is the first of 12 meetings on this
topic.
Le président : Ces propos me donnent l’occasion de faire un
peu de publicité. Dans huit jours, nous parlerons des titres de
compétences. Un groupe de témoins viendra discuter de cette
question. Nous en faisons un survol aujourd’hui. Un grand
nombre d’éléments qui auront fait l’objet de discussions
aujourd’hui seront traités plus en détail au fil des 12 rencontres
prévues. Cette séance est la première sur le sujet.
Senator Seidman: I must say I am sitting here and I am
listening to you and I am marvelling at what you have to teach us
about this important issue. I do thank you for making it here on
the train and enduring this enormous snowstorm.
Le sénateur Seidman : Je dois dire qu’en étant assis ici et en
vous écoutant, je suis fasciné de voir tout ce que vous devez nous
apprendre au sujet de cette question importante. Je vous remercie
d’être montée dans le train et d’avoir enduré cette violente
tempête de neige.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
What I hear from you is proactive, independent and creative.
You are using the resources and the advantages that pillars of our
communities have to offer. I truly commend you for that. It is
practical in its approach. You mentioned Montreal, and I am
from Montreal. I do believe you have an affiliated program there
called Alliés Montréal?
Ms. Omidvar: Yes.
Senator Seidman: Could you tell me about it, please?
18:37
Ce que j’entends de votre part pourrait se décrire en ces termes :
proactif, indépendant et créatif. Vous utilisez les ressources et les
avantages offerts par les piliers de nos collectivités. Je vous félicite de
faire appel à cette approche pratique. Vous avez parlé de l’endroit
d’où je viens, Montréal. Je pense que vous avez un programme
affilié là-bas qui se nomme Alliés Montréal. Est-ce exact?
Mme Omidvar : Oui.
Le sénateur Seidman : Pourriez-vous me parler de ce programme,
s’il vous plaît?
Ms. Omidvar: It is the same program I described, the same
initiative with McConnell. It is a responsive approach. We put
ourselves out and ask cities if they want to work with us.
Montreal approached us.
Mme Omidvar : C’est le même programme que j’ai décrit, la
même initiative que nous avons lancée avec McConnell. Il s’agit
d’une approche adaptée. Nous nous présentons devant les
administrations municipales et nous leur demandons si elles
veulent travailler avec nous. Montréal nous a approchés.
In every city the convening authority is different. In Toronto it
is a private foundation, the Maytree Foundation; in Halifax it is
the board of trade; in Vancouver, it is the community foundation;
in Edmonton, it is the city.
Dans chaque ville, nous traitons avec une autorité convocatrice
différente. À Toronto, nous travaillons avec une fondation privée,
la Maytree Foundation. À Halifax, c’est avec la Chambre de
commerce. À Vancouver, c’est avec une fondation communautaire.
À Edmonton, c’est avec la municipalité.
Everything is different in Quebec. It amazes me. Montreal has
an association of elected officials. I am afraid I cannot pronounce
it, but it is an association of elected officials — provincial,
municipal and federal — from Montreal. This association put
forward the request that it wanted to work with us to develop
innovative programs. I believe the association’s champion is the
CEO of the National Bank, and of course Bell. I think they are
working with Bell, but I could be wrong. They are working with
significant employers in replicating some of the ideas that Halifax,
Toronto or Vancouver has innovated.
Tout est différent au Québec. Cette différence me fascine. À
Montréal, il y a une association d’élus. Je crains de ne pas être
capable de prononcer le nom, mais c’est une association d’élus
provinciaux, municipaux et fédéraux de Montréal. L’association a
demandé de travailler avec nous pour élaborer des programmes
novateurs. Je crois que le champion de l’association est le PDG de
la Banque Nationale et, bien entendu, il y a Bell. Je crois qu’ils
collaborent avec Bell, mais je peux me tromper. Ils travaillent avec
des employeurs importants en vue de reprendre des idées qui
viennent d’Halifax, de Toronto ou de Vancouver.
They are also taking many of our good ideas from around
Canada that employers have used. Employers are employers; it
does not matter where they are. If this works for the Royal Bank,
you bet Scotiabank will steal from it. They are translating, in a
culturally appropriate way, all our material into French, and they
have their own website.
Ils prennent également un grand nombre de nos bonnes idées
utilisées par les employeurs de partout au Canada. Les
employeurs étant ce qu’ils sont, leur emplacement n’a pas
d’importance. Si quelque chose fonctionne pour la Banque
Royale, vous pouvez être certains que la Banque Scotia va
s’approprier l’idée. Ils sont en train de traduire et d’adapter
culturellement tout notre matériel à l’intention des francophones
et ils ont leur propre site web.
It is an exciting initiative because the people around the table
are elected officials. They have their hands on the levers of power.
C’est une initiative intéressante parce que les personnes assises
à la table sont des élus. Ils ont les mains sur les leviers du pouvoir.
Senator Seidman: I appreciate that.
Ms. Omidvar: I would be happy to put you in touch with them.
Senator Seidman: I would appreciate that very much.
The Chair: I might add, the Toronto Region Immigrant
Employment Council was actually mentioned in our report on
poverty, housing and homelessness. It was mentioned with the
various best practices. You will remember we also said in that
report that we thought we should be helping to spread best
practices across the country.
Le sénateur Seidman : J’apprécie.
Mme Omidvar : Je serais ravie de vous mettre en contact
avec eux.
Le sénateur Seidman : Ce serait très apprécié.
Le président : J’aimerais ajouter que nous avons mentionné le
Toronto Region Immigrant Employment Council dans notre
rapport sur la pauvreté, le logement et l’itinérance. Nous en avons
parlé dans le cadre des pratiques exemplaires. Vous vous
souviendrez que nous avons également dit dans ce rapport que
nous devions contribuer à étendre ces pratiques exemplaires
partout au pays.
18:38
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
In the last federal budget a year ago, $20 million was put
toward spreading the Pathways to Education Program in much
the same way, adapting it to the local community and going on
the invitation of the local community.
Dans le budget fédéral de l’année dernière, on a prévu
20 millions de dollars en vue d’étendre le programme Passeport
pour ma réussite d’une manière identique, en l’adaptant aux
collectivités locales qui nous invitent à le mettre en œuvre
chez elles.
Ms. Omidvar: Maybe you can help us get $20 million for our
little idea. No one gives me $20 million, senator.
Mme Omidvar : Peut-être pourriez-vous nous aider à obtenir
20 millions de dollars pour notre petite idée. Personne ne me
donne 20 millions, monsieur.
The Chair: There are people here who speak to Mr. Flaherty
more often than I do.
Le président : Il y a des gens ici qui parlent plus souvent à
M. Flaherty que moi.
Ms. Omidvar: That would be very nice. Thank you. We would
love to.
Mme Omidvar : Ce serait très gentil. Merci. Ce serait très
apprécié.
Senator Cordy: Thank you very much. I was delighted that the
Pathways program started this past fall in Nova Scotia. Having
seen it in Regent Park and other areas, I think it is an excellent
program.
Le sénateur Cordy : Merci beaucoup. J’ai été ravie lorsqu’on a
lancé le programme Passeport pour ma réussite l’automne dernier
en Nouvelle-Écosse. Comme je l’ai vu à l’œuvre à Regent Park
ainsi que dans d’autres régions, je pense que c’est un excellent
programme.
I am also delighted that you are working with the Greater
Halifax Partnership, because I think it will be a good
arrangement. We do need more immigrants coming to Atlantic
Canada, but I will speak specifically for Nova Scotia.
Je suis également heureuse de votre collaboration avec le
Partenariat du Grand Halifax, parce que je crois que cet
arrangement sera profitable. Nous avons besoin d’un plus grand
nombre d’immigrants dans les provinces de l’Atlantique, plus
particulièrement en Nouvelle-Écosse.
We are very lucky, because both presenters today have given us
a great start to our study on inclusion. Thank you both very
much. They were both excellent presentations.
Nous sommes très chanceux, parce que nos deux témoins du
jour nous ont permis de bien démarrer notre étude sur l’inclusion.
Merci beaucoup à vous deux. Vos exposés étaient excellents.
You talked about the need at the national level for national
standards and housing strategies, transportation strategies and
monitoring programs. You also said, on the other hand, that the
level of government closest to the people has a better handle on
what the needs are. We said earlier that we should not have a
cookie-cutter approach, that every community, even different
parts of communities, have different needs.
Vous avez parlé du besoin d’établir des normes nationales et
des stratégies de logement, de transport et de suivi à l’échelle
nationale. D’un autre côté, vous avez également dit que le palier
de gouvernement le plus près de la population est celui qui peut le
mieux déterminer quels sont les besoins. Nous avons dit plus tôt
que nous ne devions pas appliquer une recette unique pour tous,
mais que chaque collectivité, voire chaque segment de collectivité,
avait des besoins qui lui étaient propres.
Then you talked about examples of things happening in
Germany and Cardiff. Keeping in mind that the level of
government closest can meet the needs best, the federal
government certainly has a responsibility.
Vous avez ensuite donné des exemples de gestes qui ont été
accomplis en Allemagne et à Cardiff. Tout en gardant en tête le
fait que le palier de gouvernement le plus proche est celui qui
répond le mieux aux besoins, le gouvernement fédéral a
certainement des responsabilités.
Have you looked at federal governments outside of Canada
that have really done an excellent job? You mentioned Germany.
Does it have a program that we should be looking at? Is there an
example, looking at it from the federal perspective? We would be
the ones to create the national standards or the national
mentoring program, or indeed to funnel the money down to the
municipalities. I think one of you talked about the need to have
more trust in the municipalities that they would spend the money
in the best way.
Avez-vous observé ce que les gouvernements fédéraux à
l’extérieur du Canada ont fait comme excellent travail? Vous
avez mentionné l’Allemagne. Ce pays a-t-il un programme que
nous devrions examiner? Existe-t-il un exemple à suivre à l’échelle
fédérale? Nous serions ceux qui élaborent les normes nationales
ou le programme national de mentorat, ou qui enverraient
effectivement l’argent aux municipalités. Je crois que l’un d’entre
vous a dit qu’une plus grande confiance envers les municipalités,
qui dépenseraient l’argent de la meilleure manière possible.
Ms. Omidvar: In Prime Minister Blair’s time, social inclusion
was big language. He had a communities program; I forget what it
was called. I do not know whether you would remember that.
Mme Omidvar : À l’époque du premier ministre Blair, l’inclusion
sociale était un terme très à la mode. Son gouvernement avait un
programme axé sur les collectivités, je ne me souviens plus de son
nom. Je ne sais pas si vous vous en souvenez.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:39
The U.K. probably comes closest as an example, but not in this
context of cutting back and their notions of big society, with
citizens stepping up and taking on roles. That is not what I am
talking about. In Prime Minister Blair’s time, excellent
frameworks on social inclusion were put forward, and some
interesting work was done in what you would call marginalized
communities in London and other places. There was a significant
flow of money to places.
Le Royaume-Uni est probablement l’exemple le plus près de
notre situation, mais pas dans le contexte actuel de réduction des
dépenses et de Big Society où le rôle et la place des citoyens ont
une plus grande importance. Ce n’est pas ce que j’ai en tête. À
l’époque du premier ministre Blair, on a proposé d’excellents
cadres d’inclusion sociale, et un travail intéressant a été fait
auprès de ce qu’on appellerait les collectivités marginalisées de
Londres et d’ailleurs. On a dépensé beaucoup d’argent dans le
cadre de ces travaux.
I visited one of these places, and it was quite interesting to see
how they had turned themselves around. There was business;
there was mixed housing. It is never one strategy that makes it
work but a combination.
J’ai visité un de ces endroits, et il était très intéressant de
constater comment ils ont repris la situation en main. Il y avait
des commerces, des logements mixtes. Une seule stratégie ne suffit
pas; pour que ça marche, il faut une combinaison.
However, because social inclusion is, I think, politically a hard
concept to get your head around, there is no minister or ministry
for social inclusion. If I were ever in power — I do not have
political aspirations, and maybe I am going off topic here a
little — but our policy of multiculturalism is largely aspirational.
It does not really have any guts or glory attached to it. It has a
very weak ministry. Quite frankly, that word is so loaded with
myths and perceptions that it is time to do away with it.
Par contre, je pense que s’il n’existe aucun ministre ou ministère
de l’Inclusion sociale, c’est parce que l’inclusion sociale est un
concept difficile à comprendre sur le plan politique. Si j’étais au
pouvoir — je n’ai aucune ambition politique et peut-être que je
m’éloigne un peu du sujet —, mais notre politique sur le
multiculturalisme est surtout discrétionnaire. Cette politique est
fade. Le ministère qui en est chargé est très faible. Franchement, ce
mot est tellement chargé de mythes et de perceptions qu’il est temps
de nous en débarrasser.
I would say that is your opportunity. Replace the
multiculturalism policy with an inclusion policy, and then work
it from there. That is your opportunity. Some people would say
that is new wine in old bottles. I actually think it is a smart thing
for this group to think about, because you already have a
structure. You already have an investment, small as it may be,
and you can shift it to make it a policy about all of us.
À mon avis, voilà votre chance. Remplacez la politique sur le
multiculturalisme par une politique sur l’inclusion et servez-vousen comme base. Le moment est opportun. Certaines personnes
vous diront que c’est du pareil au même. Je pense qu’il s’agit
plutôt d’une bonne piste de réflexion pour votre groupe parce que
vous avez déjà une structure. Vous avez déjà investi, et même si
cet investissement est faible, vous pouvez faire en sorte qu’il se
transforme en une politique qui profitera à tous.
I get so irritated about the misperceptions on multiculturalism,
but I actually believe there is nothing we can do about it. The
genie is out of the bottle. People think that multiculturalism is
about this, but it is not; it is actually about that. No one is out
there correcting it. Let us just have a new wine bottle on the table.
That would be my suggestion. We probably come closest to it.
Les perceptions erronées concernant le multiculturalisme
m’irritent au plus haut point, mais je crois en réalité que nous
ne pouvons rien y faire. On ne peut plus remettre le dentifrice
dans le tube. Les gens ont une conception du multiculturalisme
qui est complètement différente de la réalité. Personne ne corrige
personne. Repartons donc en neuf. Voilà ce que je vous suggère.
C’est ce qui nous permettrait le plus de nous rapprocher.
Senator Cordy: I think the language would be important.
Senator Martin: I am inspired by what I have just heard. In
terms of language, I have always said we say ‘‘foreign’’
credentials, and when we talk about negative things, it is a
‘‘global’’ recession or a ‘‘global’’ pandemic. I always thought
‘‘international credentials’’ sounds so much better.
Ms. Omidvar: Yes. I think language is important.
Le sénateur Cordy : Je crois que le vocabulaire utilisé serait
important.
Le sénateur Martin : Ce que j’ai entendu m’a inspiré. En ce qui
concerne le vocabulaire, j’ai toujours dit qu’on parlait de
qualifications « étrangères » et que lorsque nous parlions
d’éléments négatifs, nous parlions d’une récession ou d’une
crise « mondiale ». J’ai toujours cru qu’une qualification
« internationale » était une expression plus appropriée.
Mme Omidvar : Oui. Je pense que le vocabulaire est important.
Senator Martin: Thank you for your passionate presentations.
Le sénateur Martin : Je vous remercie pour vos exposés
passionnés.
The Chair: It turned out that we heard you in two segments.
Professor Klodawsky carried us through the first part, and you,
Ms. Omidvar, carried us through the second part of this meeting.
Le président : Finalement, nous vous avons entendues en deux
segments. Nous avons discuté avec Mme Klodawsky pendant la
première partie, puis madame Omidvar, nous avons eu la chance
18:40
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
You both have provided a valuable overview for us to start this
study. Hopefully it will come to some good conclusions and
recommendations on inclusion.
de vous entendre pendant la deuxième partie. Toutes les deux,
vous nous avez présenté un survol important pour commencer
notre étude. J’espère que nous pourrons en tirer de bonnes
conclusions et recommandations en ce qui concerne l’inclusion.
Thank you very much, and thank you both for getting here
through all the snow. It was a little less travel for Professor
Klodawsky; certainly more for Ms. Omidvar.
Merci beaucoup, notamment pour avoir fait le voyage sous la
neige. Le voyage était un peu moins long pour Mme Klodawsky,
mais c’était certainement un périple pour Mme Omidvar.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Thursday, February 3, 2011
OTTAWA, le jeudi 3 février 2011
The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and
Technology met this day at 10:28 a.m. to continue its study on
current social issues pertaining to Canada’s largest cities. (topic:
Social inclusion and cohesion).
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences
et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 10 h 28, pour poursuivre
son étude sur les enjeux sociaux d’actualité pour les grandes villes
canadiennes. (sujet : La cohésion et l’inclusion sociale).
Senator Art Eggleton (Chair) in the chair.
[Translation]
The Chair: Welcome to the Standing Senate Committee on
Social Affairs, Science and Technology.
[English]
Le sénateur Art Eggleton (président) occupe le fauteuil.
[Français]
Le président : Bienvenue au Comité sénatorial permanent des
affaires sociales, des sciences et de la technologie.
[Traduction]
Today we continue our study on social inclusion in Canada’s
cities, in particular the integration of immigrants. Today, we have
two panels of witnesses. The first panel is government officials
and the second panel includes four representatives of community
organizations.
Aujourd’hui, nous continuons notre étude sur l’inclusion
sociale dans les villes canadiennes, en particulier l’intégration
des immigrants. Nous accueillons deux groupes de témoins. Le
premier groupe compte des fonctionnaires et le second, quatre
représentants d’organismes communautaires.
Garnett Picot, Senior Analyst, Social Analysis Division,
Statistics Canada: Honourable senators, I will provide an
overview of economic integration of immigrants in Canada.
Slide 2 illustrates employment and unemployment rates from 2006
to 2010 among people aged 25 to 64 years of age.
Garnett Picot, analyste principal, Division de l’analyse sociale,
Statistique Canada : Honorables sénateurs, je vais vous donner un
aperçu de l’intégration économique des immigrants. La
diapositive 2 présente les taux d’emploi et de chômage des
années 2006 à 2010 chez les immigrants âgés de 25 à 64 ans.
The basic story is that the employment population ratio — the
percent of the population employed — for men is about the same
among immigrants as it is among the Canadian-born. The same is
not true for women, for whom the employment rates are quite a
bit lower.
Pour l’essentiel, les ratios emplois-population — la proportion
de la population qui a un emploi — du côté des hommes, sont à
peu près semblables chez les immigrants et chez les gens nés au
Canada. Ce n’est pas le cas des femmes, dont le taux d’emploi est
nettement plus faible.
The real story in this chart is the unemployment rates. The
unemployment rates are higher among immigrants no matter how
long they have been in Canada, than they are among the
Canadian- born. This holds true for both men and women. That
is the basic story regarding employment and unemployment.
L’autre élément important, c’est le taux de chômage. Il est plus
élevé chez les immigrants, peu importe depuis combien de temps
ils vivent au Canada, que chez les gens nés au pays. C’est vrai tant
pour les hommes que pour les femmes. C’est ce qui constitue
l’essentiel en ce qui concerne les taux d’emploi et de chômage.
However, employed immigrants have seen their earnings fall
continuously since about 1980. As a result, their low-income rates
have been rising. You can see that on slide 3. At the left-hand side,
the green line at the top of the chart indicates the low-income rate
among recent immigrants who have been in Canada for less than
five years compared to the Canadian-born. In 1980, the lowincome rate was about 1.4 times that of the Canadian-born for
recent immigrants.
Toutefois, le revenu des immigrants qui ont un emploi baisse
constamment depuis 1980 environ. Par conséquent, leur taux de
faible revenu augmente. C’est ce que montre la diapositive 3. Du
côté gauche, la ligne verte sur le graphique représente le taux de
faible revenu des immigrants nouvellement arrivés, soit ceux qui
sont au Canada depuis moins de cinq ans, comparé à celui des
gens nés au Canada. En 1980, le taux de faible revenu des
nouveaux immigrants était environ 1,4 fois plus élevé que celui
des gens nés au Canada.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:41
It increased steadily to about 2.7 times that of the Canadianborn by 1995. There was some recovery in the late 1990s, which we
will talk about in a few minutes, followed by deterioration by 2005.
The actual low-income rate story is of declining low-income rates
among the Canadian-born and rising low-income rates among
immigrants.
En 1995, ce taux avait augmenté de façon constante et était
2,7 fois plus élevé que celui des gens nés au Canada. À la fin des
années 1990, il y a eu une amélioration dont je vais parler dans
quelques minutes, qui a été suivie d’une détérioration en 2005. Le
taux de faible revenu se résume à une diminution chez les gens nés
au Canada et à une augmentation chez les immigrants.
In 1980 among the Canadian-born, the low-income rate was
17.2 per cent. By 2005, that had fallen to 13.3 per cent — an
improvement among the Canadian-born but among immigrants
the low-income rate rose. Among recent immigrants in Canada
less than five years, the low-income rate rose from 24.6 per cent
in 1980 to about 36 per cent in 2005. There has been deterioration
generally speaking in economic outcomes.
En 1980, le taux de faible revenu chez les gens nés au Canada
était de 17,2 p. 100. En 2005, ce taux avait chuté à 13,3 p. 100 —
il y a eu une amélioration du côté des gens nés au Canada, mais
une détérioration du côté des immigrants. Chez les nouveaux
immigrants qui sont au Canada depuis moins de cinq ans, le taux
de faible revenu est passé de 24,6 p. 100 en 1980 à 36 p. 100
en 2005. Il y a eu une détérioration générale dans les résultats
économiques.
Slide 4 shows what the literature has been telling us about why
this deterioration took place. I will discuss four reasons for the
deterioration. The first is changing source countries. Everyone
knows that during the 1970s and 1980s immigration shifted away
from Europe to Africa, the Caribbean and mainly Asia.
Associated with this shift were issues about language and the
perceived values of foreign work experience and education in
these new source regions. Together it is hard to separate those
effects, but together they accounted for probably one third of the
drop in earnings between 1980 and 2000.
La diapositive 4 présente les facteurs qui, selon les recherches,
expliquent cette détérioration. Je vais parler de quatre facteurs.
Tout d’abord, il y a le changement de pays sources. Tout le monde
sait qu’au cours des années 1970 et 1980, le lieu de provenance des
immigrants est passé de l’Europe à l’Afrique aux Caraïbes et à
l’Asie principalement. Des problèmes de langue et de valeur
perçue de l’expérience de travail et des études à l’étranger en ont
découlé. Il est difficile d’évaluer séparément les effets, mais ils
représentent ensemble probablement le tiers de la diminution des
revenus entre 1980 et 2000.
The second reason is foreign work experience. We read a great
deal about this in the literature. In 1980, when an immigrant came
to Canada with 10 to 15 years of work experience, he or she was
paid for that work experience. Today, when an immigrant comes
to Canada, the immigrant receives zero remuneration for that
work experience. That has fallen dramatically and is part of the
story regarding declining earnings.
Un autre facteur, c’est l’expérience de travail à l’étranger. Les
recherches traitent beaucoup de cette question. En 1980,
lorsqu’un immigrant qui avait 10 ou 15 ans d’expérience venait
au Canada, son salaire était déterminé en fonction de cette
expérience. Aujourd’hui, lorsqu’un immigrant vient au Canada,
on ne tient pas compte de son expérience de travail. Les revenus
ont baissé de façon spectaculaire, et c’est l’un des facteurs qui
expliquent la diminution des revenus.
Since 2000, the reasons have changed somewhat as to why we
see this deterioration. The main reason since 2000 was the IT bust
in the early 2000s. In the late 1990s, we had the IT boom, and
Canada responded by bringing a large number of engineers and
IT workers into Canada through immigration. That high level of
immigration of engineers and IT workers continued into the
early 2000s. Then we hit the IT bust in 2001, which lasted through
to 2005. Immigrants in those occupations were hit hard during
that period when their earnings fell quite significantly and that
explains much of the decline.
Depuis 2000, les facteurs qui expliquent cette détérioration ont
en quelque sorte changé. Le facteur principal, c’est l’effondrement
des TI qui est survenu au début des années 2000. À la fin des
années 1990, il y a eu un boom des TI, et le Canada a réagi en
faisant venir un grand nombre d’ingénieurs et de travailleurs dans
ce secteur au pays. Le taux élevé d’immigration d’ingénieurs s’est
maintenu au début des années 2000. En 2001, toutefois, il y a eu
un effondrement des TI dont l’effet s’est fait sentir jusqu’en 2005.
Les immigrants qui travaillaient dans le domaine ont été
durement touchés au cours de cette période, car les revenus ont
chuté considérablement, et c’est ce qui explique en grande partie
la baisse.
We know that immigrants are affected disproportionately
during recessions. During the recent recession, their employment
rate fell, and their unemployment rate rose more than you would
see among the Canadian-born. That was also true during the early
1990s recession.
Nous savons que les immigrants sont touchés de façon
disproportionnée par les récessions. Au cours de la dernière
récession, leur taux d’emploi a diminué et leur taux de chômage a
augmenté plus que celui des Canadiens d’origine. Il en fut également
de même au cours de la récession du début des années 1990.
Slide 5 shows that it is not all bad news. There was
improvement in outcomes during some periods. During the
late 1990s, earnings rose among entering immigrants, which had
to do with changing educational attainment and changing class.
As a result of the changes in the selection system in the
early 1990s, the educational attainment of immigrants rose
La diapositive 5 montre qu’il n’y a pas que de mauvaises
nouvelles. Les résultats se sont améliorés au cours de certaines
périodes. À la fin des années 1990, le revenu des nouveaux
immigrants a augmenté en raison des changements concernant le
niveau d’études et les catégories. En raison des changements qui
ont été effectués dans le système de sélection au début des
18:42
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
significantly through the 1990s. That improved their economic
outcomes in the aggregate. As well, a higher percentage was
coming in on the economic classes compared to the family class,
which also affected outcomes positively. We saw a similar thing
in 2005 and 2006 that was associated with changes in the selection
rules and earnings of workers in the Federal Skilled Worker
Program improved it. It is important to note that principal
applicants in the skilled economic class continue to have the best
economic outcomes among immigrants.
années 1990, le niveau d’études des immigrants a augmenté
sensiblement pendant la décennie qui a suivi. Par conséquent,
leurs résultats économiques se sont améliorés dans l’ensemble. De
plus, une proportion plus élevée venait de la catégorie
« immigration économique » que de la catégorie « regroupement
familial », ce qui a aussi influencé les résultats positivement. Nous
avons observé un phénomène similaire en 2005 et en 2006 en raison
des changements apportés aux règles de sélection et les revenus des
travailleurs issus du Programme des travailleurs qualifiés ont
permis l’amélioration des résultats. Il est important de souligner
que les demandeurs principaux de la catégorie des travailleurs
indépendants qualifiés continuent de présenter les meilleurs
résultats économiques parmi les immigrants.
Moving to slide 6, we have been talking about the economic
integration of immigrants, the deterioration by and large since
the 1980s, and the economic outcomes and improvement in some
periods. One could take a longer-term view of economic
integration and think about the children of immigrants. In this
area Canada is doing quite well.
Passons à la diapositive 6. Nous avons parlé de l’intégration
économique des immigrants, de la détérioration générale depuis
les années 1980, ainsi que des résultats économiques et de
l’amélioration au cours de certaines périodes. On pourrait
toutefois examiner les perspectives à plus long terme de
l’intégration économique et penser à la situation des enfants
d’immigrants. Sur ce plan, le Canada fait plutôt bonne figure.
We will look at the results for both childhood immigrants,
often referred to as the 1.5 generation; these children are
immigrants prior to the age of 12 years. We will look at the
true second generation of Canadian-born children of immigrants.
The results for both groups are very similar. The educational
attainment of these children is much superior to the educational
attainment of the children of Canadian-born.
Nous allons examiner les résultats des enfants immigrants,
qu’on appelle souvent la génération 1,5; ces enfants sont des
immigrants de moins de 12 ans. Nous allons examiner la réelle
deuxième génération d’enfants nés au pays d’immigrants. Les
résultats des deux groupes sont très semblables. Le niveau
d’études de ces enfants est bien supérieur à celui des enfants
d’immigrants nés au Canada.
Slide 6 shows the percent of 25-year olds to 34-year-olds who
had a university degree in 2006. Shown on the left-hand side at the
bottom under the column entitled All, 36 per cent of the children
of immigrants had a university degree. The right-hand side shows
that 24 per cent of the children of Canadian-born parents had a
university degree. This chart also shows the tremendous variation
by source region — it depends where the parents came from. If
the immigrant parents were Chinese, 62 per cent of their children
obtained a university degree. If the parents were from Pakistan or
India, 50 per cent earned a degree. If the parents were from the
Caribbean, 28 percent of their children earned a degree. Most
groups still had rates above those of Canadian-born parents. The
children are achieving quite high levels of educational attainment.
La diapositive 6 montre la proportion des 25 à 34 ans qui
avaient un diplôme universitaire en 2006. En bas, à gauche, sous
la colonne « Tous », 36 p. 100 des enfants d’immigrants avaient
un diplôme universitaire. À droite, on indique que 24 p. 100 des
enfants d’immigrants nés au Canada avaient un diplôme
universitaire. Ce tableau montre également une énorme
variation selon la région — le lieu d’origine des parents. Si les
parents immigrants étaient d’origine chinoise, 62 p. 100 de leurs
enfants ont obtenu un diplôme universitaire. S’ils venaient du
Pakistan ou de l’Inde, 50 p. 100 ont obtenu un diplôme. S’ils
venaient des Caraïbes, 28 p. 100 ont obtenu un diplôme. Dans la
plupart des groupes, les taux d’obtention de diplôme universitaire
étaient plus élevés que celui des enfants d’immigrants nés au
Canada. Le niveau d’études des enfants est très élevé.
Slide 7 shows that as a result of this high level of educational
attainment, they are doing well in the labour market. The rates of
employment and unemployment among the children of
immigrants are as good as or better than those of the children
of Canadian-born parents. These children of immigrants are
much more likely to be in professional occupations because of
their high level of educational attainment, and their earnings are
6 per cent to 10 per cent higher than the earnings of the children
of the Canadian-born parents.
La diapositive 7 montre que grâce à leur niveau d’études élevé,
ils s’en sortent bien sur le marché du travail. Les taux d’emploi
sont égaux ou plus élevés et les taux de chômage sont égaux ou
plus faibles chez les enfants d’immigrants que chez les enfants
d’immigrants nés au Canada. Les enfants d’immigrants sont plus
susceptibles d’obtenir des emplois de professionnels grâce à leur
niveau d’études élevé, et leur revenu est de 6 à 10 p. 100 supérieur
à celui des enfants d’immigrants nés au Canada.
The reason for this has to do with what happens in the lesseducated families. Take two families, one Canadian-born and the
other an immigrant family, where the parents have high levels of
educational attainment. The kids from those families will do about
the same in terms of educational outcomes. Take two such families
Cette situation s’explique par ce qui se passe dans les familles
moins instruites. Comparons deux familles : l’une née au Canada
et l’autre, immigrante, dont les parents ont un niveau d’études
élevé. Les enfants qui proviennent de ces familles auront à peu
près le même niveau d’études. Si l’on prend les deux mêmes
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:43
where the parents have lower levels of educational attainment; the
kids from the immigrant family will achieve much higher levels of
educational attainment than the kids from the Canadian-born
family. That is the real difference between the children of
immigrants and the children of Canadian-born parents.
catégories de familles dont les parents ont un niveau d’études
moins élevé, les enfants de la famille immigrante auront un niveau
d’études plus élevé que les enfants de la famille née au Canada.
C’est la vraie différence entre les deux catégories.
Moving to slide 8 to summarize, economic outcomes of
entering immigrants has deteriorated generally since the 1980s.
The reasons for this determination vary from period to period,
but language issues are likely important. One study shows that the
differences between immigrants and the Canadian-born in literacy
in English or French accounted for about three quarters of the
wage gap between immigrants and the Canadian-born. Language
is very important.
En résumé, si nous regardons la diapositive 8, la situation
économique des immigrants s’est généralement détériorée depuis
les années 1980. Les facteurs varient d’une période à l’autre, mais
la question linguistique est probablement importante. D’après
une étude, les différences entre la littératie en anglais et en français
représentent environ les trois quarts des écarts de revenu entre les
immigrants et les gens nés au Canada. La langue est un facteur
très important.
We did see some improvement in the late 1990s and the
mid-2000s associated with changes in the selection system and
with economic recovery. If you take a longer-term perspective,
Canada does very well, particularly compared to the Europeans
and even compared to the Americans. The educational outcomes
are high, and their labour market outcomes are very good.
Des améliorations ont été constatées à la fin des années 1990 et
au milieu des années 2000, en raison des changements apportés au
système de sélection et de la reprise économique. Dans une
perspective à long terme, le Canada fait très bonne figure, surtout
si on le compare aux pays européens et même aux États-Unis. Le
niveau d’études est élevé et la situation sur le marché du travail est
très bonne.
The Chair: Thank you very much. That is rich information to
have. We will now hear from Deborah Tunis from Citizenship
and Immigration Canada.
Le président : Merci beaucoup. Ce sont là de riches
renseignements. Nous allons maintenant entendre Deborah
Tunis, qui représente Citoyenneté et Immigration Canada.
[Translation]
Deborah Tunis, Director General, Integration, Citizenship and
Immigration Canada: Mr. Chair, I am very pleased that this
committee has chosen to examine immigrant integration through
the lens of cities. Newcomers arrive in Canada, but most often
settle in Canada’s largest cities. Our efforts to settle immigrants
and facilitate the ability of cities, communities, and the private
sector to accommodate and include immigrants can play an
important role in their successful integration.
[English]
[Français]
Deborah Tunis, directrice générale, Intégration, Citoyenneté et
Immigration Canada : Monsieur le président, je suis très heureuse
que le comité ait décidé de se pencher sur l’intégration des
immigrants dans le contexte des villes. La plupart du temps, les
nouveaux arrivants s’établissent dans les grandes villes après leur
arrivée au Canada. Nos efforts pour aider les immigrants à
s’établir et pour augmenter la capacité des villes, des
communautés et du secteur privé à accueillir et à inclure les
immigrants peuvent jouer un rôle important dans leur intégration.
[Traduction]
I want to go over a brief description of the suite of programming
and interventions that the Government of Canada and provinces
and territories are providing to newcomers; second, a bit about
how we work with provinces and territories on these issues; and
third, very briefly, because Mr. Picot has given such a good
overview, outcomes.
Premièrement, je veux vous donner une vue d’ensemble des
interventions et des programmes que le gouvernement du Canada,
les provinces et les territoires offrent aux nouveaux immigrants;
deuxièmement, je veux parler un peu de la façon dont nous
collaborons avec les provinces et les territoires à cet égard; et
troisièmement, je veux parler des résultats obtenus, mais très
brièvement, car M. Picot en a donné un bon aperçu.
First, in terms of our programs, yesterday, with Ratna
Omidvar, you started to get into the issues about the difference
between settlement and integration. We see settlement as the first
phase on the pathway to integration, and much of the
concentration of the Government of Canada’s programs is in
those early years of immigrants’ early establishment. Once people
decide to take on Canadian citizenship, which we regard as a big
landmark in that pathway to integration, we continue to track
how newcomers and immigrants are doing, but most of the
programming is then just whatever society is providing.
Tout d’abord, pour ce qui est de nos programmes, hier, vous
avez commencé à discuter de la différence entre l’établissement et
l’intégration avec Ratna Omidvar. Nous considérons
l’établissement comme la première étape vers l’intégration, et les
programmes du gouvernement du Canada sont en grande partie
axés sur les premières années de l’établissement des immigrants.
Une fois que les gens décident de demander la citoyenneté
canadienne, que nous considérons comme une étape importante
vers l’intégration, nous continuons à suivre les nouveaux arrivants
et les immigrants pour voir comment vont les choses, mais la
plupart des programmes correspondent seulement à ce que la
société offre.
18:44
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
In terms of the work of settlement services, when you did your
poverty study, you highlighted the role of settlement service
agencies. As I look at it, it has transformed incredibly from what
was kind of a small, informal, largely charitable organization based
sector in the 1970s to an active, professional, strong sector in terms
of the provision of settlement services today. Part of that has been
the investment that the Government of Canada, provinces, and
territories have been making. When you look back in the 1990s,
about $25 million was being spent on settlement services. Today,
we are up in the $850 million range in terms of what the
Government of Canada has invested in that sector.
En ce qui concerne le travail des services d’établissement,
lorsque vous avez fait votre étude sur la pauvreté, vous avez
souligné le rôle des organismes de services d’établissement. De la
façon dont je vois les choses, les services d’établissement ont
incroyablement changé en passant d’un petit secteur informel
reposant en grande partie sur les organisations caritatives dans les
années 1970, à un secteur actif, professionnel et fort de nos jours.
Cette situation s’explique en partie par les investissements du
gouvernement du Canada, des provinces et des territoires. Dans
les années 1990, environ 25 millions de dollars étaient investis
dans les services d’établissement. De nos jours, le gouvernement
du Canada investit jusqu’à 850 millions de dollars dans ce secteur.
At the same time, there has been a wide range of interest in
other players, such as municipalities. In the Canada-Ontario
Immigration Agreement, we have a separate memorandum of
understanding with the City of Toronto. Local immigration
partnerships have been developed in Ontario to try to bring
together business, community groups, municipalities and others.
Certainly social service institutions, faith groups and cultural
groups are all playing a big, active role.
De plus, une vaste gamme d’autres acteurs ont montré leur
intérêt, comme les municipalités. Dans le cadre de l’Accord
Canada-Ontario sur l’immigration, nous avons signé un protocole
d’entente distinct avec la ville de Toronto. Des partenariats
locaux en matière d’immigration ont été créés en Ontario pour
réunir les entreprises, les groupes communautaires, les
municipalités, et cetera. Les établissements de services sociaux,
les groupes confessionnels et les groupes culturels jouent
certainement un rôle actif important.
Under the Settlement Program, we have almost 400 service
provider organizations across Canada, funded through
900 contribution agreements, to deliver programming. In 2009-10,
this supported about 76,000 immigrants to take language training,
often language instruction for newcomers to Canada, or the
Enhanced Language Training programming; 137,000 to receive
information and orientation services; and 8,500 newcomers
participated in the Community Connections programming.
Dans le cadre du programme d’établissement, près de
400 fournisseurs de services de partout au Canada sont financés
grâce à 900 ententes de contribution pour fournir des
programmes. C’est ce qui, en 2009-2010, a permis à environ
76 000 immigrants de recevoir une formation linguistique,
souvent dans le cadre des Cours de langue pour les immigrants
au Canada ou des Cours de langue de niveau avancé, à environ
137 000 immigrants de recevoir des services d’information et
d’orientation et à environ 8 500 nouveaux arrivants de participer
aux programmes d’établissement de liens communautaires.
We do offer some services overseas, such as Canadian
Orientation Abroad and the Welcome to Canada initiatives.
Next week I believe you will hear from my colleague about the
Foreign Credentials Referral Office and some of the work they
are doing overseas with the ACCC, the Association of Canadian
Community Colleges.
Nous offrons des services à l’étranger, comme les initiatives
Orientation canadienne à l’étranger et Bienvenue au Canada. La
semaine prochaine, je crois que mon collègue viendra vous parler
du Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences
étrangers et d’une partie du travail qu’on y effectue à l’étranger
en collaboration avec l’ACCC, l’Association des collèges
communautaires du Canada.
Once people arrive in Canada, we are keen on getting them
through assessments and into language training because, as
Mr. Picot says, language is such a key to economic outcomes but
also to making connections with their communities. All of the
research that we have undertaken shows that language is the
absolute key piece.
Une fois que les gens sont arrivés au Canada, nous tenons à ce
qu’ils fassent des évaluations et qu’ils suivent une formation
linguistique, car, comme M. Picot le dit, la langue est tellement
essentielle pour obtenir de bons résultats économiques, mais
également pour créer des liens avec la collectivité. Toutes les
recherches que nous avons entreprises indiquent que la langue est
l’élément le plus essentiel.
We are increasingly doing programming in the labour market
access area. We offer the basic kinds of services, such as resumé
writing and preparation, but there is also focus on the soft skills,
such as how do you prepare for interviews and how the Canadian
workplace differs from workplaces in other parts of the world.
Nous offrons de plus en plus de programmes qui portent sur
l’accès au marché du travail. Nous offrons les services de base,
comme l’aide à la préparation du curriculum vitae, mais nous
nous concentrons également sur l’acquisition de compétences
générales liées, par exemple, à la préparation à une entrevue et
aux différences entre le marché du travail canadien et d’autres
marchés du travail dans le monde.
Focussing on the two-way street of integration, we have our
Community Connections stream, which has been focused
traditionally on connecting newcomers with established
Pour que l’intégration soit un processus bidirectionnel, nous
avons le volet Liens avec la collectivité, qui consiste à établir des
liens entre les nouveaux arrivants et les Canadiens établis, et les
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:45
Canadians, and the activities that have happened in communities
like the local immigration partnerships are funded through
that stream.
activités qui sont menées dans les collectivités, comme le
partenariat local en matière d’immigration, sont financées par
ce volet
I will talk just very briefly about the federal-provincial
arrangements. With the Canada-Quebec accord, the
Government of Canada agreed that Quebec would have full
responsibility for settlement and selection, and they also provide
services to refugees. In other parts of the country, British
Columbia and Manitoba, provinces are supposed to be
achieving comparable outcomes to the Government of Canada’s
services, but they have responsibility for the design and delivery.
In Alberta and Ontario, we have various forms of
co-management, and we have just begun the renegotiation of
the Canada-Ontario Immigration Agreement.
Je vais parler très brièvement des arrangements entre les paliers
fédéral et provinciaux. Dans le cadre de l’Accord Canada-Québec,
le gouvernement du Canada a accepté que le Québec soit
pleinement responsable de l’établissement et de la sélection et
qu’il fournisse des services aux réfugiés. Des provinces comme la
Colombie-Britannique et le Manitoba sont censées, quant à elles,
offrir des services comparables à ceux du gouvernement du
Canada, tout en étant aussi responsables de leur conception et de
leur prestation. En Alberta et en Ontario, il existe différentes
formes de cogestion, et nous venons d’entamer la renégociation de
l’Accord Canada-Ontario sur l’immigration.
You have heard from Mr. Picot about the importance we see
of the education system in terms of being a big leveller for secondgeneration children of immigrants. Provinces and territories make
significant investments in terms of health systems, education
systems, social services support, recognition of foreign
credentials, legal aid and business development.
Comme vous l’avez entendu, M. Picot a parlé de l’importance
que joue l’éducation pour égaliser les chances de réussite des
enfants d’immigrants de la deuxième génération. Les provinces et
les territoires font des investissements considérables dans les
systèmes de santé et d’éducation, le soutien aux services sociaux,
la reconnaissance des titres de compétences étrangers, l’aide
juridique et le développement d’entreprise.
I will not talk much about outcomes because Mr. Picot has
given you such a rich overview of that subject. When we look at
how immigrants are doing. We see very high rates of
naturalization, the highest in the world, with comparable levels
of political activity and engagement to those of Canadian-born. We
see high levels of community voluntary activity, a strong sense of
belonging and satisfaction about life in Canada, and strong
outcomes for second-generation Canadians. When you ask
immigrants, having come here and had the experience, if they
still would have made that decision, three quarters of them say yes.
Je ne parlerai pas beaucoup des résultats, car M. Picot vous en a
donné un très bon aperçu. Lorsque nous regardons la situation des
immigrants, nous constatons qu’ils ont un taux très élevé de
naturalisation, le plus élevé au monde, et un niveau d’activités et
d’engagement politiques comparable à ceux de la population née
au Canada. Nous observons un niveau élevé d’activités bénévoles
communautaires, un sentiment élevé d’appartenance, une
satisfaction par rapport à leur vie au Canada et de bons résultats
pour la seconde génération au Canada. Lorsqu’on demande à des
immigrants qui se sont installés ici et qui connaissent maintenant le
processus s’ils prendraient la même décision aujourd’hui, les trois
quarts d’entre eux répondent par l’affirmative.
In terms of areas of concern, this committee has already looked
at some of the issues around poverty. The earnings, the
employment rates, are matters of concern. We continue to think
about whether there are signs of resistance to integration in parts
of the country and whether there are things that interventions
such as some of the youth programming could address in terms of
radicalization or other cultural or social practices.
En ce qui a trait aux sujets de préoccupation, le comité s’est
déjà penché sur les problèmes liés à la pauvreté. Le revenu et le
taux d’emploi sont des sujets de préoccupation. Nous continuons
à nous demander s’il y a des signes de résistance à l’intégration
dans certaines parties du pays et si l’on peut intervenir comme on
le fait dans le cadre des programmes jeunesse contre la
radicalisation ou d’autres pratiques culturelles ou sociales.
Mr. Picot talked about the recent evaluation of the Federal
Skilled Worker Program, which did show that immigrants selected
under that stream were doing better than others selected prior to
that program. During this last year, we have completed evaluations
and an audit of all aspects of the Settlement Program, language, the
host program and other services.
M. Picot a parlé de l’évaluation récente du volet fédéral du
Programme des travailleurs qualifiés, qui a montré que les
immigrants sélectionnés dans le cadre de ce volet avaient de
meilleurs résultats que d’autres qui avaient été sélectionnés avant
la mise en œuvre du programme. Au cours de la dernière année,
nous avons terminé les évaluations et une vérification de tous les
aspects du Programme d’établissement : la formation linguistique,
le programme d’accueil et d’autres services.
When we look forward, clearly one of the big changes in the
last few years has been trying to extend the benefits of
immigration across the country. Provinces like P.E.I., as
Senator Callbeck would know, that at one time did not receive
many immigrants, have used their provincial nominee programs
and other programs, and the benefits of immigration are being
spread across the country. We still see 62 per cent of immigrants
Ensuite, il est clair que l’un des grands changements qui se sont
produits ces dernières années a consisté à tenter d’étendre les
avantages de l’immigration partout au pays. Le sénateur Callbeck
doit savoir que des provinces comme l’Île-du-Prince-Édouard qui,
à une époque, n’accueillaient pas beaucoup d’immigrants,
utilisent leurs programmes des candidats des provinces et
d’autres programmes, et que tout le pays profite des avantages
18:46
Social Affairs, Science and Technology
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going to Montreal, Toronto and Vancouver, but increasingly, you
are seeing the other provinces being very active in both attracting
and trying to retain newcomers across the country.
de l’immigration. Parmi les immigrants, encore 62 p. 100
s’installent à Montréal, à Toronto et à Vancouver, mais partout
ailleurs au pays, les provinces sont de plus en plus actives dans
leurs efforts d’attirer et de retenir de nouveaux arrivants chez eux.
We have been trying to work with our provincial partners to
understand the outcomes across the country. I would be happy to
answer more about that as you have questions.
Nous tentons de travailler avec nos partenaires provinciaux
pour comprendre les résultats partout au Canada. Je serai ravie de
répondre à vos questions à ce sujet.
The Chair: Mr. Picot, in your determinants of economic
deterioration, you mentioned language, foreign work experience
and some other areas as well. Anecdotally, I have heard that you
would add to that the credentials, which were not mentioned.
How much of a factor are credentials?
Le président : Monsieur Picot, parmi les facteurs de
détérioration économique que vous avez mentionnés, vous avez
parlé de la langue, de l’expérience de travail à l’étranger et
d’autres éléments. J’ai entendu dire que les titres de compétences
seraient également du nombre, mais vous ne les avez pas
mentionnés. Dans quelle mesure les titres de compétences
constituent-ils un facteur?
In terms of lack of work experience, we are told that in some
cases people have difficulty finding a job because of cultural
differences between the employer and the applicant; that a person
of a similar cultural background has a better chance of getting the
job; and that it can escalate to racism. You have not mentioned
any of these issues. When you look more deeply at the reasons, do
any of those factors arise?
En ce qui concerne le manque d’expérience de travail, on nous
a dit que dans certains cas, les gens ont de la difficulté à trouver
un emploi à cause des différences culturelles entre l’employeur et
eux; une personne qui vient d’un milieu culturel similaire à celui
de l’employeur a plus de chances d’obtenir l’emploi voulu, et c’est
ce qui mène au racisme. Vous n’avez pas parlé de ces enjeux. Si
vous examinez les raisons plus en profondeur, est-ce que ces
autres facteurs surgissent?
The Centre for Immigration Policy Reform says that fewer
than 18 per cent of permanent residents admitted to Canada are
evaluated based on skills, education and the command of an
official language. Given that the basic numbers indicate that
about 60 per cent of immigrants are economic applicants, how do
you bring that down to 18 per cent? Perhaps one explanation is
that the 60 per cent includes families of the people coming to
Canada.
Selon le Centre pour une réforme des politiques d’immigration,
moins de 18 p. 100 des résidents permanents admis au Canada
sont évalués en fonction de leurs compétences, de leur éducation
et de leur maîtrise d’une des deux langues officielles. Étant donné
que d’après les chiffres, environ 60 p. 100 des immigrants font
partie de la catégorie « immigration économique », comment
peut-on parler de 18 p. 100? C’est peut-être parce que les
60 p. 100 incluent les membres de la famille des gens qui
viennent au Canada.
Do you agree with that figure? What are your comments about
the other determinant factors?
Ces chiffres sont-ils exacts, à votre avis? Que pensez-vous des
autres facteurs?
Mr. Picot: Yes, I agree with that figure. About 17 per cent or
18 per cent are evaluated and the others are family members. As
well, other programs are included in the economic class, such as
the entrepreneur and investment programs. Those numbers
are correct.
M. Picot : Oui, ces chiffres sont exacts. Environ 17 ou
18 p. 100 sont évalués et les autres sont des membres de la
famille. De plus, d’autres programmes sont inclus dans la
catégorie « immigration économique », comme les programmes
pour entrepreneurs et les programmes d’investissements. Ces
chiffres sont bons.
If the 18 per cent of principal applicants who are evaluated
under the selection system come here with high levels of
educational attainment, it is likely that their family will have
high levels of educational attainment as well because there is a
positive correlation between educational attainments of spouses.
Although the selection system applies only to the 18 per cent, it
affects the characteristics of the whole 60 per cent, I would say.
Si les 18 p. 100 des demandeurs principaux qui sont évalués
dans le cadre du système de sélection viennent ici et qu’ils ont un
niveau d’études élevé, il est probable que leur famille ait un niveau
d’études élevé également, car il y a une corrélation positive entre
les niveaux d’études des conjoints. Bien que le système de sélection
ne s’applique qu’aux 18 p. 100, je dirais que cela a des
répercussions sur les caractéristiques des 60 p. 100.
The Chair: Do you have a comment on the rest of my question?
Le président : Voulez-vous intervenir au sujet de mes autres
questions?
Mr. Picot: Yes, on credentialism, I was talking mainly about
the research that exists to explain the decline in earnings between
1980 and 2005. Credentialism, as it turns out, does not show up as
a major determinant of that decline because credentialism
problems would have had to increase or become more severe
over that period. There is no doubt that credentialism issues
M. Picot : Oui, en ce qui concerne les titres de compétences, je
parlais surtout de la recherche qui explique la baisse des revenus
entre 1980 et 2005. Il se trouve que les titres de compétences ne
constituent pas un facteur majeur de cette baisse, car les
problèmes qui y sont liés se seraient aggravés au cours de cette
période. Il ne fait aucun doute que les problèmes liés aux titres de
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Affaires sociales, sciences et technologie
18:47
create a problem, but we have no evidence that they have
increased over the period. At any time, credentialism is important
but it has not come up in the research in explaining the decline.
compétences sont réels, mais rien ne nous prouve qu’ils se soient
aggravés au cours de la période. Les titres de compétences sont
toujours importants, mais ils n’ont pas été soulevés dans la
recherche en tant que facteur de la baisse des revenus.
Credentialism probably affects directly 15 per cent to
20 per cent of immigrants — those who are in a specific
occupation such as medicine, accounting or engineering,
perhaps. That is far from all immigrants and, therefore, is the
other reason that credentialism does not come up in this research.
Les titres de compétences ont probablement des répercussions
directes sur 15 à 20 p. 100 des immigrants — ceux qui ont des
compétences dans un domaine donné, comme la médecine, la
comptabilité ou l’ingénierie. C’est loin d’être le cas de tous les
immigrants, et c’est l’autre raison pour laquelle les titres de
compétences ne sont pas soulevés dans la recherche.
There is not much research in the economic community that
speaks to these cultural differences. We know that there is a
problem of declining economic returns to foreign experience.
However, in the economics community no one has done much
work on why that is so, such as the cultural differences. Therefore,
it is not included in the list.
Dans le milieu économique, peu de recherches traitent des
différences culturelles. Nous savons qu’il y a une baisse de
retombées économiques liée à l’expérience de travail à l’étranger.
Toutefois, personne dans le milieu économique ne s’est beaucoup
penché sur la question de savoir pourquoi il en est ainsi,
notamment en ce qui concerne les différences culturelles. C’est
pourquoi je n’en ai pas parlé.
The Chair: Ms. Tunis, you talked about the Settlement
Program and its importance, which, we are hearing, will face a
cut back in funding. How will this impact the ability to integrate
people into our communities in big cities where most of them
choose to settle? Both of you talked about the importance of
language. What is being done about it? You said that we want to
get people into language training. Obviously, the way it was done
in the past did not work because it is showing up as a rising
problem. What are you doing about language? I have a question
on orientation services abroad. Are people being levelled with
about the possibilities of getting a job in Canada? Will they run
into this lack of work experience or are they being told that with
their degree, they will do wonderfully. Many who come here find
that they will not do wonderfully because they cannot get the job.
There is one question in three parts.
Le président : Madame Tunis, vous avez parlé de l’importance
du Programme d’établissement, dont le financement sera réduit,
comme nous l’avons entendu. De quelle façon cela se répercuterat-il sur la capacité d’intégrer des gens dans les collectivités de nos
grandes villes, où la plupart d’entre eux choisissent de s’établir?
Vous avez tous les deux parlé de l’importance de la langue. Que
fait-on à cet égard? Vous avez dit que nous voulons faire suivre
une formation linguistique aux gens. De toute évidence, dans le
passé, notre façon de faire n’a pas fonctionné, car il semble que le
problème prend de l’ampleur. Que faites-vous en matière de
langue? J’ai une question au sujet des services d’orientation à
l’étranger. Donne-t-on l’heure juste aux gens quant à leurs
possibilités d’obtenir un emploi au Canada? Vont-ils se heurter au
manque d’expérience de travail ou leur dit-on qu’avec un diplôme,
tout se passera merveilleusement bien? Bon nombre d’entre eux
qui viennent ici trouvent que tout ne se passe pas
merveilleusement bien, car ils ne peuvent pas obtenir l’emploi
qu’ils veulent. C’est une question à trois volets.
Ms. Tunis: Those are three big questions. In terms of the
reductions happening to the settlement program in Ontario, the
envelope is distributed across the country. When the CanadaOntario Immigration Agreement was negotiated in 2005, Ontario
had its highest number overall percentage of immigrants coming
to Canada at 140,000. That figure has gone down by about
25 per cent to 106,000 in terms of their share as other provinces
become more active in recruiting. It is not just the overall numbers
but is also the share. Minister Kenney made a decision in the fall
to allocate the funding across the country in a way that would
balance the levels of intake across the country.
Mme Tunis : Il s’agit de trois questions importantes. En ce qui
a trait aux réductions dans le financement du Programme
d’établissement en Ontario, les fonds sont distribués partout au
pays. Lors des négociations sur l’Accord Canada-Ontario sur
l’immigration en 2005, l’Ontario accueillait sa plus grande
proportion d’immigrants, soit 140 000 personnes. Ce chiffre a
baissé à 106 000 immigrants, ce qui représente une baisse
d’environ 25 p. 100, car les autres provinces sollicitent plus
activement les immigrants. Il ne s’agit pas seulement des chiffres
dans leur ensemble, mais également de la part que reçoit chaque
province. Le ministre Kenney a pris la décision cet automne de
distribuer les fonds partout au pays de manière à équilibrer la
répartition des nouveaux arrivants dans l’ensemble du pays.
In terms of the impact in Ontario, I truly believe that a
significant amount of settlement service will continue to be
provided in the province. There is some realignment and some
organizations will no longer be funded but new organizations will
be funded that have not been funded in the past. Employees in the
regional offices are confident that they can deliver the same kinds
En ce qui a trait aux répercussions en Ontario, je crois vraiment
qu’on offre un grand nombre de services d’établissement dans la
province. Il y a une réorganisation et certains organismes ne
recevront plus de financement, mais d’autres organismes qui n’en
recevaient pas auparavant en recevront. Les employés des
bureaux régionaux sont convaincus qu’ils peuvent atteindre les
18:48
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
of outcomes that are needed. It is a time of change and we are
trying to focus more on the outcomes of the programs. We hope
that it will be successful.
objectifs demandés. C’est une période de changements, et nous
tentons de nous concentrer davantage sur les objectifs des
programmes. Nous espérons que cela portera fruits.
Through the Canada-Ontario Immigration Agreement, there
was a commitment to try to work jointly to line up provincial
English as a second language and French as a second language
programs with our LINC classes — Language Instruction for
Newcomers to Canada. A pilot project is being launched around a
coordinated language assessment and referral system and we are
trying to get these two systems across the country. We did a study
with provinces about how many people are taking part in
provincial ESL and FSL programs and how many people are
taking part in classes under LINC. The number is significant at
about 250,000 across the country. A great deal of work has been
done. We have done an evaluation of the LINC program to
identify what we can do better in the classrooms. We know that
we do a good job with reading and writing skills but we need to do
more with listening and speaking skills. We are testing a portfolio
assessment that we borrowed in a way from Manitoba that is very
task-focused. For example, it assesses going to a doctor and
having a successful discussion in English or French or navigating
successfully a parent-teacher interview. The program identifies
specific tasks and determines whether they will meet with success
through the language.
Dans le cadre de l’Accord Canada-Ontario sur l’immigration,
on s’est engagé à tenter de travailler de concert pour aligner les
programmes de cours d’anglais et de français langue seconde
offerts dans la province sur notre programme CLIC — ou Cours
de langue pour les immigrants au Canada. Un projet pilote est
lancé pour la mise en place d’un système unique coordonné
d’examen et de référence linguistiques, et nous essayons
d’implanter ces deux systèmes partout au pays. Nous avons fait
une étude avec des provinces sur le nombre de personnes qui
participent aux programmes d’anglais et de français langue
seconde et le nombre de personnes qui participent au
programme CLIC. Les chiffres sont considérables : on parle
d’environ 250 000 personnes partout au pays. Beaucoup de
travail a été fait. Nous avons évalué le programme CLIC afin
de déterminer ce que nous pouvons améliorer dans les salles de
classe. Nous savons que nous faisons du bon travail en ce qui a
trait aux aptitudes à la lecture et à l’écriture, mais nous devons en
faire davantage sur le plan des aptitudes à l’écoute et à
l’expression orale. Nous mettons à l’essai un programme
d’évaluations très axé sur des tâches que nous avons emprunté
au Manitoba, en quelque sorte. Par exemple, il consiste à évaluer
l’aptitude des gens à mener une discussion en anglais ou en
français chez le médecin ou à avoir un entretien avec un
enseignant. Le programme cible des tâches précises et détermine
si les gens sont capables de les accomplir dans la langue visée.
In terms of orientation abroad, there are many different
influences on people, including what friends and family tell
people. We have programming on our website; there is
programming provided by the International Organization for
Migration or other service providers; and there are immigration
consultants. Certainly, we are hearing loudly and clearly from
newcomers that when they come to Canada, they would like to
have been told more realistically about some of the challenges
surrounding credential recognition and others. The project the
Association of Canadian Community Colleges, ACCC, is
working on attempts to do individual needs assessments and to
be straight with newcomers overseas about some of the challenges
they will face.
En ce qui concerne les services d’orientation à l’étranger,
différents éléments influencent les gens, y compris ce que disent
leurs amis et leur famille. Nous offrons des programmes sur notre
site web; l’Organisation internationale pour les migrations et
d’autres fournisseurs de services offrent des programmes; et des
consultants en immigration offrent des services. Il est certain que
beaucoup de nouveaux arrivants nous disent clairement qu’ils
auraient voulu qu’on leur donne vraiment l’heure juste sur certaines
difficultés qui les attendaient au Canada, notamment celles liées à la
reconnaissance des titres de compétences. Dans le cadre de son
projet, l’Association des collèges communautaires du Canada,
l’ACCC, tente d’évaluer les besoins précis et de donner l’heure juste
aux nouveaux arrivants quant aux difficultés qui les attendent.
Senator Ogilvie: Mr. Picot, on slide 6 you illustrate the
percentage of 25 to 35 year olds with a degree. I assume you are
referring to university degrees.
Le sénateur Ogilvie : Monsieur Picot, la diapositive 6 montre la
proportion des gens de 25 à 35 ans qui sont diplômés. Je suppose
que vous faites référence aux diplômes universitaires.
Mr. Picot: Yes.
Senator Ogilvie: Do we have statistics on those with trade
certification or other kinds of certification that would qualify
under a PSC rubric?
Mr. Picot: Yes.
Senator Ogilvie: Would you think that that tracks roughly the
same, or is there, from your memory, a significant difference?
Mr. Picot: Going from my memory is a problem.
M. Picot : Oui.
Le sénateur Ogilvie : Avons-nous des statistiques sur les gens
qui ont des certificats de compétence ou d’autres certificats qui
seraient reconnus par la Commission de la fonction publique?
M. Picot : Oui.
Le sénateur Ogilvie : Diriez-vous que les pourcentages sont à
peu près les mêmes ou, de mémoire, pensez-vous qu’il y a une
différence importante?
M. Picot : C’est difficile pour moi de vous répondre de mémoire.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
Senator Ogilvie: If you do not want to answer my question
now, you can get back to me with an answer.
Mr. Picot: Absolutely.
18:49
Le sénateur Ogilvie : Si vous ne voulez pas répondre à ma
question maintenant, vous pouvez me faire parvenir la réponse
plus tard.
M. Picot : Absolument.
Senator Ogilvie: If I understood you correctly, you said that
children of parents in the three plus category had roughly the
same overall result as Canadians in general, but I thought I heard
you make a comment with regard to children of lower income
parents from the immigrant group having a greater success rate
than lower income groups from Canadian families. Did I hear
that correctly?
Le sénateur Ogilvie : Si je vous ai bien compris, vous avez dit
que les enfants d’immigrants nés au Canada, soit la
troisième génération et plus, obtenaient à peu près les mêmes
résultats que les Canadiens en général, mais je croyais vous avoir
entendu dire que les enfants des immigrants à faible revenu
réussissent mieux que les enfants des autres familles canadiennes à
faible revenu. Vous ai-je bien compris?
Mr. Picot: Close, it is the kids from lower education families
where the parents have lower levels of education.
M. Picot : Vous m’avez presque bien compris : il s’agit des
enfants venant de familles dont le niveau d’études est moins élevé,
dont les parents ont un niveau d’études moins élevé.
Senator Ogilvie: Thank you. I did hear education, but I said
income. So I heard the education part correctly.
Le sénateur Ogilvie : Merci. J’ai entendu « éducation », mais
j’ai dit « revenu ». J’ai donc bien compris la partie sur l’éducation.
Mr. Picot: Yes.
Senator Ogilvie: My final question is on slide 3. If I understand
correctly the numbers on the left, the 2.5 would mean that the
group is 2.5 times as likely to be in a low income group?
Mr. Picot: Correct.
Senator Ogilvie: If there were a family of seven, are only the
employed members counted, or is it the average of the family
unit?
Mr. Picot: Everyone in the family is counted.
M. Picot : Oui.
Le sénateur Ogilvie : Ma dernière question porte sur la
diapositive 3. Si je comprends bien les chiffres de gauche, ce
qu’on entend par 2,5 c’est que le groupe est 2,5 fois plus
susceptible d’avoir un faible revenu, n’est-ce pas?
M. Picot : C’est exact.
Le sénateur Ogilvie : Par exemple, si une famille compte sept
personnes, tient-on compte uniquement de celles qui ont un
emploi, ou calcule-t-on la moyenne pour la famille?
M. Picot : Tous les membres de la famille sont pris en compte.
Senator Ogilvie: If there is a one wage earner, the net income
would be divided by seven?
Le sénateur Ogilvie : S’il n’y a qu’un salaire dans la famille,
divise-t-on le revenu net par sept?
Mr. Picot: It is family income, not a single wage earner. The
total family income is used, and the data are adjusted for family
size.
M. Picot : Il s’agit du revenu familial et non d’un seul salaire.
On utilise le revenu familial, et les données varient en fonction du
nombre de membres que compte la famille.
Senator Ogilvie: The other part of that question is the big jump
between 1990 and 1995. Does this relate in any way to sources of
immigrants, that is, countries of origin?
Le sénateur Ogilvie : L’autre volet de ma question est lié à
l’énorme bond qu’on a fait entre 1990 et 1995. Est-ce lié de
quelque façon que ce soit au pays d’origine des immigrants?
Mr. Picot: No, senator, not much during that period. Most of the
effective changing source regions were really in the 1970s and 1980s.
Source regions did not change much after that time.
M. Picot : Non, monsieur le sénateur, pas au cours de cette
période. La plupart des changements de régions sources ont eu
lieu concrètement dans les années 1970 et 1980. Elles n’ont pas
changé beaucoup par la suite.
Senator Ogilvie: Were there other factors?
Le sénateur Ogilvie : Y a-t-il eu d’autres facteurs?
Mr. Picot: A lot of that was the recession of the early 1990s and
the fact that immigrants were harder hit by that recession.
M. Picot : C’était en grande partie dû à la récession du début
des années 1990 et au fait que les immigrants ont été plus
durement touchés par cette récession.
Senator Martin: Ms. Tunis, what do you think of a pilot
project run by a Vancouver-based organization called SUCCESS.
They launched it in Taipei and Seoul, and it is called Active
Engagement and Integrated Project, and it is to look at successful
would-be immigrants to Canada. In Seoul, for instance, they have
a group that undergoes orientation and training, with language
and culture and number of different topics there are specific
workshops. The group of them graduate, so to speak, so that
when they go to Canada, they have a sense of connectedness and
Le sénateur Martin : Madame Tunis, que pensez-vous d’un
projet pilote que mène l’organisme de Vancouver SUCCESS?
L’organisme a lancé à Taipei et à Séoul l’Active Engagement and
Integrated Project destiné aux futurs immigrants. À Séoul par
exemple, il y a un groupe à qui l’on offre de l’orientation, de la
formation et des ateliers sur la langue, la culture et divers sujets.
Les participants reçoivent un diplôme, si on veut, de sorte que
lorsqu’ils arrivent au Canada, ils ont le sentiment d’avoir des liens
et forment une minicollectivité. Le projet semble fonctionner.
18:50
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
form a mini community. It sounds very successful. From what I
have heard, it answers Senator Eggleton’s question about
immigrants being more prepared than if they come to a country
without any preparation. It is a pilot project. Are you aware of it,
and are there plans to continue these types of projects?
D’après ce que j’ai entendu, c’est une réponse à la question du
sénateur Eggleton au sujet des immigrants mieux préparés que
s’ils entraient dans un pays sans s’y être préparés. C’est un projet
pilote. Le connaissez-vous, et prévoyez-vous poursuivre ce type
de projets?
Ms. Tunis: SUCCESS and their active engagement, AEIP,
operate on the notion of trying to connect newcomers or overseas
prospective arrivals with a community here in Canada. Their
work has shown great promise. We funded SUCCESS for the last
three years and have just committed to funding for 2011-12, so we
can evaluate that model versus what we have doing with the IOM
in other countries such as the Philippines and other places and
what the ACCC has been doing. The preliminary things I have
been seeing are very promising in terms of that strong connection
that they seem to be able to make by getting the settlement service
providers in Canada connected and understanding the needs of
newcomers before they arrive. We think it is a great project.
Mme Tunis : L’idée de base de SUCCESS et de son Active
Engagement and Integrated Project, c’est d’essayer d’établir des
liens entre des nouveaux arrivants ou des arrivants potentiels et une
collectivité du Canada. Le travail de cet organisme s’avère très
prometteur. Nous avons financé SUCCESS au cours des trois
dernières années et nous venons de nous engager à le financer
en 2011-2012, et nous pourrons donc évaluer ce modèle par rapport
au travail que nous faisons avec l’Organisation internationale pour
les migrations dans d’autres pays, comme les Philippines, et à ce que
fait l’ACCC. D’après mes premières observations, le projet s’avère
très prometteur en ce qui a trait aux liens solides que SUCCESS
semble être capable de forger en établissant la communication entre
des fournisseurs de services d’établissement au Canada et en
comprenant les besoins des nouveaux arrivants avant leur arrivée. À
notre avis, c’est un grand projet.
Senator Martin: They are creating a bridge to communities in
Canada. We are aware of it, and I think that will be very effective.
Le sénateur Martin : Ils créent un pont avec des collectivités du
Canada. Nous connaissons le projet, et je crois qu’il sera
très efficace.
Another pilot project is a type of entrepreneurial mentorship
program, where investor immigrants coming to Canada are
paired with a willing businessperson or a business in Canada, for
either a year or whatever time period. In that period, they work
alongside an experienced businessperson to understand the
differences in business in Canada versus where they have come
from. That kind of pairing can be successful. Have you seen those
programs across Canada? I know SUCCESS has done it, but I
have heard about these other programs.
Il y a un autre projet pilote qui est en quelque sorte un
programme de mentorat destiné aux entrepreneurs, dans lequel
des investisseurs immigrants qui viennent au Canada sont jumelés
à des gens d’affaires ou une entreprise au Canada pour une
période d’un an par exemple. Au cours de cette période, ils
travaillent avec un homme ou une femme d’affaires d’expérience
pour comprendre les différences entre la façon de faire des affaires
au Canada et dans le pays d’où ils viennent. Ce type de jumelage
peut fonctionner. Avez-vous vu de tels programmes au Canada?
Je sais que SUCCESS l’a fait, mais j’ai entendu parler d’autres
programmes.
Ms. Tunis: I have not heard about that particular project. It
sounds like some of the projects that Ratna Omidvar and
Elizabeth McIsaac do with organizations trying to focus on what
they can do with immigrants. I have not heard the specific focus
on investors. I know that Ratna Omidvar is meeting with our
deputy to talk about mentorship programs that Maytree wants to
propose. I would be happy to follow up with you on that.
Mme Tunis : Je n’ai pas entendu parler de ce projet précis. Il
semble ressembler à certains des projets que Ratna Omidvar et
Elizabeth McIsaac mettent en œuvre avec des organismes et qui
sont axés sur ce qu’ils peuvent faire avec les immigrants. Je n’ai
pas entendu parler d’un programme axé sur les investisseurs. Je
sais que Ratna Omidvar rencontre notre sous-ministre pour
discuter des programmes de mentorat que Maytree veut proposer.
Je serai heureuse de faire un suivi à ce sujet.
Senator Martin: It is true that in the first five years, many
business people give up and go back to their countries, because it
is very difficult for them here in Canada. With resistance to
integration, there is also resistance to inclusion, so if you look at
both ends, it is about educating all of us that it is a partnership
and will benefit both.
Le sénateur Martin : Il est vrai que, au cours des cinq premières
années, beaucoup de gens d’affaires abandonnent et retournent
dans leurs pays, car c’est très difficile pour eux de vivre au
Canada. En plus de la résistance à l’intégration, il y a la résistance
à l’inclusion; donc, d’un côté comme de l’autre, il s’agit de dire à
tous que ce partenariat sera avantageux pour les deux parties.
Senator Seidman: I am still absorbed, Mr. Picot, in your
wonderful statistics. I am trying to understand the rising lowincome rates among immigrants. I can see a pretty stable trend
over a very long period of time among the different periods of
time since immigration and remaining in our country. I am trying
to understand that, especially the fact that the most recent
Le sénateur Seidman : Monsieur Picot, je suis toujours
concentré sur vos merveilleuses statistiques. J’essaie de
comprendre la hausse des taux de faible revenu des immigrants.
Je constate que pour les différentes périodes comprises entre
l’immigration et le temps passé au Canada, il y a une tendance
assez stable qui s’étire sur une très longue période. J’essaie de
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:51
immigrants who arrive here in the zero-to-five-year period have
an ever-increasing level of relatively low income. Is there some
way for me to understand this? I am not getting it.
comprendre ce phénomène, en particulier le fait que pour les
immigrants récents, ceux qui sont ici depuis cinq ans ou moins, les
taux de faible revenu sont en augmentation constante. Comment
dois-je interpréter ces données? Je ne comprends pas.
Mr. Picot: If you could look at page 10, the explanation is on
this supplementary slide. This looks at earnings rather than lowincome rates. Most of low income is determined by the earnings in
the family, whether they are in low income or not. Let us take the
orange line at the top. These are immigrants who entered during
the late 1970s. You can see that when they enter, they earn about
90 per cent of the Canadian-born. The longer they stay in
Canada, the better they do. Their earnings actually rise quite
significantly through time, and that causes their low-income rates
to fall. That is why you see the big difference between the lowincome rates among immigrants who have been here from zero to
five years. It will always be higher, and it always was, than the
immigrant who has been here 15 or 20 years. Their labour market
outcomes improve over time as you can see from this chart.
M. Picot : Si vous regardez à la page 10, c’est sur cette
diapositive supplémentaire que vous trouverez l’explication. Ici,
on tient compte du revenu plutôt que du taux de faible revenu.
Habituellement, le faible revenu est calculé en fonction du revenu
de la famille, qu’il se situe dans les faibles revenus ou non.
Prenons la ligne orange, en haut. Il s’agit d’immigrants qui sont
arrivés au Canada à la fin des années 1970. Vous pouvez
constater qu’à leur arrivée, ils gagnaient environ 90 p. 100 du
revenu des Canadiens nés au Canada. Plus ils restent longtemps
au pays, plus leur situation s’améliore. En réalité, leur revenu
augmente considérablement au fil des ans, ce qui fait baisser leur
taux de faible revenu. C’est pourquoi il y a un si grand écart
comparativement au taux de faible revenu des immigrants de la
catégorie des zéro à cinq ans. Ce taux sera toujours plus élevé —
et l’a toujours été — que pour les immigrants qui sont ici
depuis 15 ou 20 ans. Leur succès sur le marché du travail
s’améliore au fil du temps, comme l’indique ce graphique.
Senator Seidman: Ms. Tunis, you said that you are working
with provincial and territorial partners. I assume that also
includes municipalities because we know that immigration is
multilevel. Would you tell us a little bit about those challenges?
Le sénateur Seidman : Madame Tunis, vous avez dit que vous
travaillez avec des partenaires des provinces et des territoires. Je
présume que cela inclut aussi les municipalités, puisque, comme
nous le savons, l’immigration a de multiples facettes. Pouvez-vous
nous parler un peu des défis que cela représente?
Ms. Tunis: Is your question about how we achieve consensus at
the federal-provincial table or about how we work with
municipalities?
Mme Tunis : Votre question porte-t-elle sur la manière dont
nous arrivons à un consensus à la table fédérale-provinciale ou sur
notre travail avec les municipalités?
Senator Seidman: Please give us an overview of how you work
with them and the challenges.
Le sénateur Seidman : Donnez-nous un aperçu de votre travail
avec les différents intervenants et des difficultés rencontrées.
Ms. Tunis: The focus of our work with federal-provincial
partners is about how we can determine the differences our
programs are making. We determine the indicators that we all
agree on that we want to see during the settlement phase and
during the integration phase and how to measure that.
Mme Tunis : Notre travail avec nos partenaires fédéraux et
provinciaux est centré sur les méthodes à utiliser pour connaître les
résultats de nos programmes. Nous convenons des indicateurs que
nous voulons examiner pendant les étapes d’établissement et
d’intégration et des méthodes employées pour mesurer les résultats.
Canada has welcomed immigrants for hundreds of years. It is
part of our fabric. We have adopted the two-way street, and other
countries look up to our integration and settlement programs.
However, we have not always been as effective as we could be
about truly measuring the outcomes. What difference does it
make for someone to participate in a language class or be part of
a mentorship program? The focus of our work is to decide on the
indicators and outcomes. We went to deputy ministers at a
federal-provincial territorial table in December 2010 and reached
agreement on funding for a survey across the country to gain a
sense of how we will measure our success.
Le Canada accueille des immigrants depuis des centaines
d’années. Cela fait partie de notre tissu social. Nous avons adopté
une démarche bidirectionnelle, et d’autres pays envient nos
programmes d’intégration et d’établissement. Cependant, pour
ce qui est d’une mesure réelle des résultats, nous n’avons pas
toujours été aussi efficaces que nous aurions pu l’être. En quoi la
participation à un cours de langue ou à un programme de
mentorat peut-elle aider quelqu’un? Notre travail consiste à
décider quels indicateurs utiliser et comment mesurer les résultats.
En décembre 2010, nous avons rencontré les sous-ministres à
l’occasion d’une conférence fédérale, provinciale et territoriale et
nous avons conclu une entente sur le financement d’une étude
nationale visant à nous donner une idée des méthodes que nous
emploierons pour mesurer nos réalisations.
Regarding municipalities, I have been invited to meetings of
the Federation of Canadian Municipalities. We have made more
progress in Ontario through the local immigration partnerships
and through the memorandum of understanding with the City of
Toronto on having a seat at the table and committees that bring
Pour ce qui est des municipalités, j’ai été invitée aux réunions
de la Fédération canadienne des municipalités. Nous avons fait
plus de progrès en Ontario grâce aux partenariats locaux et au
protocole d’entente avec la ville de Toronto qui nous permet
d’assister aux négociations et aux comités qui réunissent les
18:52
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
together federal, provincial and municipal decision makers. In
Quebec, the ‘‘Table de concertation’’ brings together local
communities to develop plans. The system in Quebec is a bit
different and is focused on language training and other things.
décideurs fédéraux, provinciaux et municipaux. Au Québec, la
table de concertation réunit les collectivités locales afin d’élaborer
des stratégies. Au Québec, le système est quelque peu différent; il
est centré sur la formation linguistique et d’autres choses.
Senator Callbeck: Mr. Picot, on page 4, you illustrate the
determinants of economic deterioration. You said that in the
1980s when immigrants came to Canada, they were paid for their
experience, which no longer happens. In response to a question,
you said that factor has not been studied much. Do you have
thoughts on why that is the case?
Le sénateur Callbeck : Monsieur Picot, à la page 4, vous
indiquez les facteurs de la détérioration économique. Vous avez
dit que dans les années 1980, les immigrants arrivants étaient
payés en fonction de leur expérience, ce qui n’est plus le cas. En
réponse à une question, vous avez dit qu’il y a eu peu d’études à ce
sujet. Pour quelle raison, à votre avis?
Mr. Picot: They are only thoughts because I have not seen any
studies. I never went beyond observing this as a fact. It might
have something to do with the differences in technologies used in
some occupations in China or in India as compared to Canada,
although that is changing with the global growth in that sector.
Beyond that thought, I am not sure, to be honest. We do not
know much about this. I do not have much other speculation.
M. Picot : Ce sont seulement des réflexions, parce que je n’ai
pas vu d’études à ce sujet. Je suis contenté de constater ce fait.
Cela pourrait avoir rapport avec les différences entre les
technologies utilisées dans certains domaines en Chine ou en
Inde comparativement au Canada, même si cela est en train de
changer, compte tenu de la croissance mondiale dans ce secteur. À
part de cela, je ne suis pas certain, pour être honnête. Nous n’en
savons pas beaucoup à ce sujet. Je n’ai pas beaucoup d’autres
hypothèses.
Senator Callbeck: Did that happen gradually?
Le sénateur Callbeck : Cela s’est-il produit graduellement?
Mr. Picot: Yes, it happened over 20 years and mainly among
the non-traditional source regions, which are becoming the
traditional source regions. This did not happen among
immigrants from Europe. We see it among immigrants from
China, India and other large countries in Asia.
M. Picot : Oui, cela s’est produit sur 20 ans, principalement
dans les régions sources non traditionnelles, mais qui sont en voie
de le devenir. Cela ne s’est pas produit chez les immigrants en
provenance d’Europe. Nous voyons ce phénomène chez les
immigrants en provenance de la Chine, de l’Inde et d’autres
grands pays d’Asie.
Senator Callbeck: The fourth point is about immigrants being
disproportionately affected during economic downturns. Does
that apply to all immigrants? Will immigrants who have been here
for 20 years be as affected as newer immigrants to Canada?
Le sénateur Callbeck : Le quatrième point porte sur les
immigrants touchés de façon disproportionnée par les crises
économiques. Cela s’applique-t-il à tous les immigrants? Ceux qui
sont ici depuis 20 ans seront-ils aussi touchés que les nouveaux
arrivants?
Mr. Picot: It will not affect them as much. As with most
outcomes, they improve as the immigrant is in Canada for a
longer time. The people who feel the affect of this more are recent
immigrants during the recession. I am trying to think of the
numbers but off-hand I cannot recall. I do not believe that we see
that among immigrants who have been in Canada more than
20 years. My recollection is that the economic outcomes for
immigrants who have been in Canada more than 20 years look
like those for Canadian-born in terms of economic outcomes.
M. Picot : Ils ne seront pas frappés aussi durement. Comme
pour la plupart des résultats, il y a une amélioration en fonction
du temps que l’immigrant a passé au Canada. Les personnes les
plus touchées par la récession sont les nouveaux immigrants.
J’essaie de me souvenir des chiffres, mais ils m’échappent. Je ne
crois pas que l’on observe une telle chose chez les immigrants qui
sont au Canada depuis plus de 20 ans. À ma connaissance, les
résultats économiques des immigrants de cette catégorie sont
semblables à ceux des Canadiens nés au Canada.
Senator Callbeck: Ms. Tunis, you talked about how the federal
government funding has been increased. You said that there are
400 organizations. How is the funding determined? Does it go to
the provinces that then determine the service provider
organizations or does the federal government deal directly with
those organizations?
Le sénateur Callbeck : Madame Tunis, vous avez parlé de
l’augmentation du financement par le gouvernement fédéral. Vous
avez dit qu’il y a 400 organismes. Quels sont les critères
d’attribution du financement? Est-il versé aux provinces, qui
décident ensuite quels organismes offriront les services, ou est-ce le
gouvernement fédéral qui traite directement avec ces organismes?
Ms. Tunis: In Quebec, B.C. and Manitoba, the money is
transferred to the provinces and they do calls for proposals to
determine how the money will be allocated.
Mme Tunis : Au Québec, en Colombie-Britannique et au
Manitoba, l’argent est versé à la province, qui va ensuite en
appel d’offres pour décider de la répartition des fonds.
In the other provinces and territories, regional offices work
with the provinces to identify priorities. They do calls for
proposals, and CIC manages the contribution agreements with
Dans les autres provinces et territoires, les bureaux régionaux
travaillent en collaboration avec la province pour établir les
priorités. Ils s’occupent des appels d’offres, et CIC gère les
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:53
the service providers. For example, CIC funds the PEI
Association for Newcomers to Canada. Other service providers
in P.E.I. receive funding as well.
ententes de contribution avec les fournisseurs de services. Par
exemple, CIC finance la PEI Association for Newcomers to
Canada. D’autres fournisseurs de services de l’Île-du-PrinceÉdouard reçoivent aussi du financement.
Senator Cordy: We are in the early stages of our study so this
information is very helpful.
Le sénateur Cordy : Notre étude ne fait que commencer; ces
renseignements nous sont donc très utiles.
We talked about integration and inclusion, or exclusion as the
case may be. Ms. Tunis, I was surprised that you said immigrants
have comparable levels of political activity. We heard yesterday
from Ms. Ratna Omidvar, who appeared before the committee,
that immigrants are often excluded from decision-making
positions. I use the term ‘‘political activity’’ not in a partisan
way but in terms of community board representation and other
kinds of political activities. She said that they are working hard on
that because boards are still not representative of the communities
in which people live and to which immigrants are moving —
mainly Toronto, Vancouver, Montreal as well as smaller cities
like Halifax. How do you determine the comparable levels of
political activity levels for immigrants? I found your comment
quite surprising.
Nous avons parlé d’intégration, d’inclusion ou d’exclusion,
selon le cas. Madame Tunis, j’ai été surprise lorsque vous avez dit
que les immigrants ont un taux de participation aux activités
politiques comparables. Hier, dans son témoignage au comité,
Mme Ratna Omidvar nous a dit que les immigrants sont souvent
exclus des postes de décideurs. J’utilise l’expression « activité
politique » non pas de façon partisane, mais dans le sens de
représentant auprès d’un conseil communautaire ou d’autres
formes d’activités politiques. Elle a dit que les immigrants s’y
emploient activement parce que les conseils ne sont pas
représentatifs des collectivités dans lesquelles les gens vivent et
où les immigrants s’installent, surtout Toronto, Vancouver,
Montréal, de même que des villes plus petites comme Halifax.
Quels critères utilisez-vous pour déterminer que les taux de
participation aux activités politiques sont comparables? J’ai
trouvé votre commentaire plutôt surprenant.
Ms. Tunis: I referred to voting rates, which are comparable. In
terms of representation in the House of Commons or the Senate,
or at local levels, many studies show that there is not the same
level of representation as the percentage within the population.
Mme Tunis : Je parlais de la participation aux élections, qui est
comparable. Pour ce qui est de la représentation à la Chambre des
communes, au Sénat ou à l’échelle locale, beaucoup d’études
indiquent que la représentation des immigrants n’est pas égale à
leur pourcentage dans la population.
Ms. Omidvar’s work with ALLIES, Assisting Local Leaders
with Immigrant Employment Strategies, to secure representation
on boards is terrific work. The more inclusive and probably more
accurate definition of ‘‘political’’ that you are using is much
broader than the more limited meaning I was talking about.
Le travail que fait Mme Omidvar au sein d’ALLIES, Assisting
Local Leaders with Immigrant Employment Strategies, pour
assurer la représentation des immigrants dans des conseils, est
fantastique. La définition plus inclusive et probablement plus
juste de « politique » que vous utilisez est beaucoup plus large que
celle dont je parlais, qui est plus limitée.
Senator Cordy: Yours is simply about voting.
Le sénateur Cordy : La vôtre concerne simplement le vote.
Ms. Tunis: Yes and that is the area where it reaches comparable
levels.
Mme Tunis : Oui, et c’est dans ce domaine que les résultats
sont comparables.
Senator Meredith: Mr. Picot, with respect to the 24 per cent of
Canadian-born as shown on slide 6, why is that percentage so
low? Is it due to lack of post-secondary education due to cost?
Why is that percentage lower than that of the Caribbean or the
Philippines?
Le sénateur Meredith : Monsieur Picot, relativement au
pourcentage de 24 p. 100 pour les enfants d’immigrants nés au
Canada que l’on peut voir à la diapositive no 6, pourquoi est-il si
bas? Est-ce dû à un manque d’éducation postsecondaire en raison
des frais de scolarité? Pourquoi ce pourcentage est-il plus bas que
pour les enfants d’immigrants des Caraïbes ou des Philippines?
Mr. Picot: I would not characterize it as low. We send quite a
high percentage of our children on to universities compared to
many other countries.
M. Picot : Je ne le qualifierais pas de bas. Comparativement
aux autres pays, nous envoyons un pourcentage assez élevé de nos
enfants à l’université.
There are a number of reasons for the difference. Educational
attainment of the immigrant parent is higher than the educational
attainment of the Canadian-born parent. Immigrants have higher
levels of educational attainment than Canadians as a whole, and
we know that if the parent has a university degree, the likelihood
of the child going on to university is much higher than if the
parent does not. Educational attainment of the immigrant parents
is one of the big reasons.
Il y a un certain nombre de raisons qui expliquent cet écart. Le
niveau de scolarité des parents immigrants est plus élevé que celui
des parents nés au Canada. Dans l’ensemble, les immigrants ont
un niveau de scolarité plus élevé que les Canadiens, et nous savons
que si un parent détient un diplôme universitaire, la probabilité
que son enfant fréquente l’université est plus élevée que si le
parent n’en a pas. Le niveau de scolarité des parents immigrants
est l’une des principales raisons.
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Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Location is another reason, believe it or not. People who live in
large cities are more likely to get higher levels of education.
Immigrants tend to be concentrated in the three largest cities, so
that also drives up the educational attainment.
Croyez-le ou non, l’endroit où on habite est aussi un facteur.
Les gens qui habitent dans les grandes villes sont plus susceptibles
d’avoir un niveau de scolarité plus élevé. Les immigrants ont
tendance à être concentrés dans les trois plus grandes villes, ce qui
fait aussi augmenter le niveau de scolarité.
There are then the differences among source region groups. We
have no measure of this, but it is pretty clear that some immigrant
groups value education more than others, such as the Chinese,
Indians and Pakistanis, and that is clearly reflected in these rates.
Those are the big differences.
Ensuite, il y a des différences entre les groupes de différentes
régions sources. Nous n’avons pas de données à ce sujet, mais il
est assez évident que certains groupes tels que les Chinois, les
Indiens et les Pakistanais accordent plus d’importance à
l’éducation que d’autres, et les chiffres reflètent cette réalité. Ce
sont là les grandes différences.
Even after you account for all those differences — educational
attainment, location and ethnic group — there remains an
unexplained gap between the educational attainment of the
children of Canadian-born parents and the educational
attainment of the children of immigrants.
Même après avoir tenu compte de tous ces facteurs — le niveau
de scolarité, le lieu de résidence et le groupe ethnique —, on ne
s’explique toujours pas l’écart entre le niveau de scolarité des
enfants de parents nés au Canada et celui des enfants d’immigrants.
Senator Meredith: Ms. Tunis, I am aware that CIC has built
some super welcome centres. We are talking about the allocation
of resources. I know about Mississauga. We heard yesterday
about where immigrants are moving to in the 905 region;
Richmond Hill, Newmarket and Markham.
Le sénateur Meredith : Madame Tunis, je sais que CIC a
construit de grands centres d’accueil. Nous parlons de répartition
des ressources. Je connais celui de Mississauga. Hier, on nous a
dit où s’installent les immigrants dans la région du 905 :
Richmond Hill, Newmarket et Markham.
How is the allocation of resources to these 400 service
providers determined? My background is with grassroots. Are
we ensuring that the immigrants are being serviced rather than
spending the money on all the bureaucracy that goes with
organizations? How is it determined? How are the results tracked
to ensure that the services are being provided?
Comment décide-t-on de la répartition des ressources entre les
400 fournisseurs de services? J’ai des origines modestes. Nous
assurons-nous que les immigrants reçoivent des services plutôt
que de dépenser l’argent pour l’administration qui va de pair avec
ces organismes? Quel est le processus décisionnel? Quel genre de
suivi fait-on pour s’assurer de la prestation des services?
Ms. Tunis: With the Canada-Ontario Immigration Agreement,
Ontario received an increase from about $100 million to over
$400 million this past year. Next year it will be $346 million,
which is still a tripling of the investment.
Mme Tunis : Dans le cadre de l’Accord Canada-Ontario sur
l’immigration, l’Ontario a bénéficié d’une augmentation :
l’investissement est passé d’environ 100 millions de dollars
à 400 cette année. L’an prochain, ce sera 346 millions, ce qui
représente tout de même le triple.
Much innovation occurred during that time. It is good to bring
service providers together in one location, such as at the Vaughan
welcome centre, so that newcomers can have language training,
labour market programs and Community Connections.
Il y a eu beaucoup d’innovation pendant cette période. C’est une
bonne chose de regrouper les fournisseurs de services en un seul
lieu, comme au centre d’accueil de Vaughan. Les immigrants
peuvent y suivre des cours de langue, avoir accès à des programmes
de soutien à l’emploi et à Connexions Communautaires.
Part of the reason for some organizations continuing to be
funded and others not is to try to ensure that we are getting the
desired outcomes for immigrants. We are trying to be clear about
what outcomes we want to see, and those are newcomers having
language skills, labour market skills, connections to the
community, and getting what they need in terms of information
and awareness.
Notre objectif, qui est de s’assurer que nous obtenons les
résultats voulus pour les immigrants, explique en partie pourquoi
certains organismes continuent de recevoir du financement et
d’autres, non. Nous essayons d’établir clairement les objectifs.
Nous voulons que les nouveaux arrivants acquièrent des capacités
langagières et des compétences liées au marché du travail, qu’ils
tissent des liens avec la communauté et qu’ils reçoivent les
renseignements et les connaissances dont ils ont besoin.
We have had in place for some years a data collection system
called iCAMS, Audit of Immigrant-Contribution Accountability
Measurement System. That system tracks participants and is
trying to track some of the outcomes. There was a call for
proposals last June. Over 700 organizations submitted bids
valuing over $700 million, so choices had to be made. They
were reviewed in terms of track record with the department as
Depuis quelques années, nous avons un système de cueillette de
renseignements qu’on appelle iSMRP, Système de mesure pour la
reddition des comptes concernant les programmes de
contributions de l’immigration. Grâce à ce système, on suit les
participants et on essaie de mesurer certains des résultats. Il y a eu
un appel d’offres en juin dernier. Plus de 700 organismes ont
présenté des soumissions valant plus de 700 millions de dollars;
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:55
well as in terms of what outcomes they are achieving and how
efficiently and effectively, and what results they are committing to
in terms of demonstrating that.
nous avons donc dû faire des choix. Nous avons évalué les
organismes en fonction de leur dossier auprès du ministère, de
l’efficacité avec laquelle ils y parviennent et des résultats qu’ils
s’engagent à atteindre.
Senator Meredith: Immigrant youth were not included in terms
of just these welcome centres, and I finding it shocking that they
did not plan for immigrant youth. That is just for information
purposes.
Le sénateur Meredith : Seulement pour ces centres d’accueil, les
jeunes ne sont pas inclus, et je suis stupéfait de constater qu’on n’a
rien prévu pour les jeunes immigrants. Je vous dis cela simplement
à titre de renseignement.
Senator Dyck: Thank you for your presentation. I love
numbers. I was looking at them and wondering about the
intersection between race and gender.
Le sénateur Dyck : Merci de votre exposé. J’adore les chiffres.
Je les regardais et je m’interrogeais sur le lien entre la race et
le genre.
You have a category of Canadian-born. I consider myself
Canadian-born, but I am of mixed race. My father immigrated
to Canada.
Vous avez une catégorie pour les Canadiens nés au Canada. Je
me considère comme tel, mais je suis né de parents de races
différentes. Mon père a immigré au Canada.
Mr. Picot: ‘‘Canadian-born’’ is exactly what it says; anyone
who is born in Canada, independent of his or her background.
M. Picot : « Canadiens nés au Canada » signifie exactement ce
que cela dit : il s’agit de toutes les personnes nées au Canada, peu
importe leur origine ethnique.
Senator Dyck: I was intrigued by your data on how immigrants
are disproportionately affected when there is an economic
downturn such as there was in the 1990s. Thank you for that
data. I am going to mention that at a talk I am giving next week.
Now I have firm evidence.
Le sénateur Dyck : Je suis intrigué par vos données qui révèlent
que les immigrants sont touchés de façon disproportionnée
pendant les périodes de récession comme celle des années 1990.
Merci d’avoir fourni ces données. Je vais en parler dans
l’allocution que je prononcerai la semaine prochaine. J’ai
maintenant des preuves concrètes.
Can you segregate out of that Canadian-born visible minorities?
Pouvez-vous séparer les données pour les membres de
minorités visibles nés au Canada?
Mr. Picot: Yes, we can.
M. Picot : Oui.
Senator Dyck: Is that data available?
Le sénateur Dyck : Ces données sont-elles disponibles?
Mr. Picot: We can make it available. I do not have the results
off the top of my head.
M. Picot : Nous pouvons vous les fournir. Je n’ai pas les
chiffres en tête.
Senator Dyck: Can you dissect out the difference between men
and women within that category on the chart?
Le sénateur Dyck : Pouvez-vous établir les différences entre les
hommes et les femmes pour la catégorie que l’on trouve sur le
graphique?
Mr. Picot: Yes.
M. Picot : Oui.
Senator Dyck: It is my feeling, from my experience and from
what I have heard has been experienced, that it is a double
whammy for women and visible minorities, or immigrants who
are visibly or even auditorily different.
Le sénateur Dyck : Selon mon expérience et les témoignages
que j’ai entendus sur ce qui se passe en réalité, j’ai l’impression
que les femmes et les minorités visibles, ou les immigrants qui ont
des problèmes de vision ou même de l’ouïe sont doublement
touchés.
Mr. Picot: It depends on the recession. In fact, many
economists are referring to the most recent recession as a men’s
recession because the industries that were hit hardest were those
that tend to employ men. If you look at how immigrants are
doing compared to the Canadian-born, you see a dramatic
difference among the men but not much among the women. In the
most recent recession, women, immigrant or Canadian-born, were
not as hard hit. It depends on the characteristics of the recession.
M. Picot : Cela dépend de la récession. En réalité, beaucoup
d’économistes parlent de la dernière récession comme d’une
récession d’hommes parce que les industries les plus touchées
sont celles qui ont tendance à employer des hommes. Si on
compare les résultats entre les immigrants et les Canadiens nés au
Canada, on observe un écart considérable pour les hommes, tandis
que pour les femmes, il n’est pas aussi grand. Pendant la dernière
récession, les femmes — immigrantes ou nées au Canada — n’ont
pas été aussi durement touchées. Cela varie en fonction des
caractéristiques de la récession.
Senator Dyck: On page 2 you indicate the Canadian-born
unemployment rates between men and women. I am surprised
that the unemployment rate for women is lower.
Le sénateur Dyck : À la page 2, vous indiquez les taux de
chômage des femmes et des hommes nés au Canada. Je suis surpris
de voir que le taux de chômage des femmes est moins élevé.
18:56
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Mr. Picot: Yes. There is the same explanation for that. This
covers the period 2006 to 2010 and includes the recession. Men
were really hit in this recent recession and that drove up their
unemployment rate relative to women.
M. Picot : Oui. L’explication est la même. Ces données sont
pour la période de 2006 à 2010 et comprennent la récession. Les
hommes sont durement touchés par la dernière récession, ce qui a
fait grimper leur taux de chômage par rapport à celui des femmes.
Senator Dyck: On page 4 you talk about how immigration has
moved away from Europe and now more people are coming from
Asia, the Caribbean and so on. Is part of the reason we do not
value the foreign work experience is simply because we do not
have enough people in high enough positions who understand the
educational systems, the culture or the work that goes on in Asia
and the Caribbean? Is it a matter of systemic racism or systemic
barriers?
Le sénateur Dyck : À la page 4, vous indiquez que
l’immigration vient maintenant davantage d’Asie, des Caraïbes,
et cetera, plutôt que d’Europe. Le peu de valeur que nous
accordons à l’expérience de travail à l’étranger est-il attribuable
au fait que nous n’avons pas assez de personnes aux échelons
supérieurs qui connaissent les systèmes d’éducation, la culture ou
le travail qui se fait en Asie ou dans les Caraïbes? Est-ce une
question de racisme systémique ou d’obstacle structurel?
Mr. Picot: I have never seen a study that looked at that
specifically. It is difficult for employers, or even universities, to
evaluate some of the universities, for instance, because they are
not aware of them. That is possible. I, at least, know almost
nothing about that.
M. Picot : Je n’ai pas connaissance d’études portant sur ce
point précis. Il est difficile pour les employeurs ou même pour les
universités d’évaluer certaines des universités, par exemple, parce
qu’on ne les connaît pas. C’est possible. Pour ma part, du moins,
je ne sais pratiquement rien à ce sujet.
Senator Dyck: Are there any programs that send Canadian
administrators or decision makers to other countries to give them
training on what the educational institutions are like in other
countries? I know that they try to do that at some universities.
They will send people to a university in China to get a better
understanding of what is happening there so that we can evaluate
the credentials in academics so that we can rate them in a more
equitable manner.
Le sénateur Dyck : Existe-t-il des programmes de formation
qui prévoient l’envoi d’administrateurs ou de décideurs canadiens
dans d’autres pays afin de leur donner des connaissances sur les
établissements d’enseignement de ces pays? Je sais que certaines
universités essaient de le faire. Elles envoient des gens dans une
université chinoise pour avoir une bonne idée de ce qui s’y passe
afin de mieux évaluer les diplômes et de le faire de façon plus
équitable.
Mr. Picot: I have heard many proposals to do exactly that. I
have not actually seen any such programs, but that does not mean
they do not exist. It is not my field.
M. Picot : J’ai entendu beaucoup de propositions selon
lesquelles il faut agir en ce sens. Je n’ai pas connaissance de tels
programmes, mais cela ne veut pas dire qu’ils n’existent pas. Ce
n’est pas mon domaine.
Ms. Tunis: CIC does not do that. However, I was at a
Conference Board of Canada event last week, at the Leaders’
Roundtable on Immigration, and heard that Anne Golden had
taken a group of business leaders to India to look at comparable
business practices in other parts of the world. I know the chamber
of commerce and the Conference Board of Canada are trying to
do some joint work around comparable work experience.
Mme Tunis : CIC ne fait pas cela. Toutefois, j’ai assisté à une
activité du Conference Board du Canada la semaine dernière, dans
le cadre de la Table ronde des dirigeants sur l’immigration, et j’ai
entendu dire qu’Anne Golden avait amené un groupe de dirigeants
d’entreprises en Inde pour connaître les pratiques commerciales
utilisées dans d’autres parties du monde. Je sais que la chambre de
commerce et le Conference Board du Canada essaient de travailler
ensemble sur la question de l’expérience de travail.
Senator Demers: This is more an observation, and certainly, I
do not have Senator Meredith’s background. Two of our best
friends, of my wife and I, are immigrants, and two of their kids
are going to university. They have done very well for themselves.
Le sénateur Demers : Ceci est plutôt une remarque et,
évidemment, je n’ai pas l’expérience du sénateur Meredith.
Deux de nos meilleurs amis, à ma femme et moi, sont des
immigrants, et deux de leurs enfants vont à l’université. Ils ont
bien réussi.
When someone leaves a country, it is to have a better life.
People take their families to a new country filled with hope of a
better future for their children. There are many people here, as
Senator Martin indicated, who go back home.
Quand quelqu’un quitte un pays, c’est pour avoir une vie
meilleure. Les gens amènent leur famille dans un nouveau pays
dans l’espoir d’assurer un meilleur avenir à leurs enfants. Comme
l’a indiqué le sénateur Martin, beaucoup de nos immigrants
retournent dans leur pays d’origine.
In Quebec, we have a lot of immigrants, unfortunately, of very
violent crimes and all that, they come here, we open the door and,
after that, for some, it is like, ‘‘Take care of yourself, have a good
time.’’ They just cannot do it on their own. I see 40 per cent in
Au Québec, nous avons beaucoup d’immigrants.
Malheureusement, nous avons beaucoup de crimes très violents
et des choses comme cela. Ils viennent ici, nous ouvrons la porte,
et dans certains cas, on dit : « Prenez soin de vous, amusez-vous
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Affaires sociales, sciences et technologie
18:57
Toronto, 20 per cent in Vancouver, 10 per cent in the Province of
Quebec. They seem to integrate very well in our province, even
though it is basically French.
bien.» Ils ne peuvent pas y arriver seuls. Je vois des chiffres de
40 p. 100 à Toronto, 20 p. 100 à Vancouver et 10 p. 100 au
Québec. Ils semblent très bien s’intégrer dans notre province,
même si, fondamentalement, elle est francophone.
We have many people who do not get the opportunity except if
they are white collars. The white collars seem to do well. Those
people have hope, and they come here to realize that we are not
there for them. I am talking about these people, who are
wonderful human beings, and came here with nothing and built
everything they have. The big picture is there, but around it is not
very pretty. Does it make sense? Maybe you will not say it.
Beaucoup de personnes n’ont pas de possibilité d’emploi à
moins d’être des cols blancs, qui semblent bien réussir. Ces
personnes ont de l’espoir, et elles viennent ici pour se rendre
compte que nous ne sommes pas là pour elles. Je parle de ces
personnes, des êtres humains extraordinaires qui sont arrivés ici
les mains vides et qui ont bâti tout ce qu’ils ont de leurs propres
mains. Voilà le tableau d’ensemble, mais tout autour, ce n’est pas
très joli. Est-ce logique? Vous ne le direz peut-être pas.
Ms. Tunis: One of our concerns is that it appears economic
outcomes in Quebec are lower than in other parts of the country.
That may be related to things around their economy and industry.
Certainly the Government of Quebec, when I look at their
programs, has great programs. They have great language training,
great Community Connections, all of those kinds of things. We
need to understand what is not working. The province is very
involved in selection, they try to pick the crème de la crème, and
they pick first dibs on the refugees, first dibs on selection. There is
still work to be done. Hopefully your committee’s report will help
clarify some things.
Mme Tunis : Une de nos préoccupations, c’est que les résultats
économiques au Québec semblent plus bas que dans d’autres
parties du pays. Il pourrait y avoir un lien avec son économie et
son industrie. Lorsque je regarde les programmes du
gouvernement du Québec, il ne fait aucun doute qu’ils sont
formidables. Le Québec a d’excellents cours de langues et
programmes d’intégration communautaire et toutes les choses
de ce genre. Nous devons comprendre ce qui ne fonctionne pas.
La province participe activement à la sélection des immigrants,
elle essaie de choisir la crème de la crème, elle a le premier choix
pour les réfugiés et le premier choix pour la sélection. Il reste du
travail à faire. Nous espérons que le rapport du comité permettra
d’éclaircir certains points.
Senator Nancy Ruth: Ms. Tunis, I come from Toronto, and
there have been many comments about the cuts. I was pleased to
hear there was only a 25 per cent cut in Ontario and the numbers
are larger than the press would lead us to believe.
Le sénateur Nancy Ruth : Madame Tunis, je viens de Toronto,
et il y a eu beaucoup de commentaires au sujet des compressions.
J’ai été heureuse d’apprendre que les compressions n’étaient que
de 25 p. 100 en Ontario et que les chiffres sont plus élevés que ce
que la presse nous laisse entendre.
There is some concern in Toronto that these are race or gender
specific cuts. In your response to Senator Meredith, you did not
use the phrase ‘‘economies of scale,’’ but you talked about joint
language labs and so on that made me believe the South Asian
Women’s Centre was cut because it was too small to go on. Many
such centres have been chopped out of existence. Did single
groups experience the heaviest cuts?
À Toronto, on est quelque peu préoccupé par le fait que ces
compressions seraient liées à la race et au genre. Dans votre
réponse à la question posée par le sénateur Meredith, vous n’avez
pas employé l’expression « économies d’échelle », mais vous avez
plutôt parlé de laboratoires de langues conjoints, et cetera, ce qui
m’a porté à croire que le South Asian Women’s Centre a fait
l’objet de compressions parce qu’il était trop petit pour pouvoir
continuer. Beaucoup de centres de ce genre ont été supprimés. Les
petits groupes ont-ils subi les compressions les plus importantes?
If this is about economies of scale, women often need to learn
by themselves with pedagogy that is particularly geared to women
learners, and most curricula are not. What is the federal
government doing to compensate, if they are wiping out
women’s centres?
Si c’est une question d’économies d’échelle, les femmes ont
souvent besoin d’apprendre d’elles-mêmes grâce à des méthodes
particulièrement adaptées pour les femmes étudiantes, ce qui n’est
pas le cas de la plupart des programmes d’études. Que fait le
gouvernement fédéral pour remédier à cette lacune, s’il élimine les
centres pour femmes?
Ms. Tunis: I will try to address your question in three parts.
There was certainly no desire to target ethno specific
organizations, and the instructions we got from our minister’s
office was not to do that when officials looked at them.
Mme Tunis : Je vais essayer de répondre à votre question en
trois parties. Il n’y avait certainement aucune intention de cibler des
organismes ethnospécifiques, et les directives du cabinet de notre
ministre étaient que lorsque les fonctionnaires examineraient la
situation de ces organismes, il ne fallait pas agir ainsi.
I realize I am in the presence of the former mayor of Toronto.
That city has been such a hub for immigrants for so many years,
and so there are so many service providers. When we look at the
patterns of where immigrants are moving to, they are moving out
to parts outside of the downtown core. As a result, we wanted the
Je suis consciente que je suis en présence de l’ancien maire de
Toronto. Cette ville a été un pôle si important pour les
immigrants au fil des ans, et on y trouve tant de fournisseurs de
services. Lorsque nous examinons les tendances sur
l’établissement des immigrants, on constate qu’ils s’établissent à
18:58
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
funding to follow the immigrants, because parts of downtown
Toronto are gentrified and they cannot afford to live there. They
are living in other parts of town, so we wanted to do some
rebalancing.
l’extérieur du centre-ville. En conséquence, nous voulions que le
financement suive les immigrants, parce que certaines parties du
centre-ville de Toronto sont embourgeoisées et que les immigrants
n’ont pas les moyens de s’y établir. Ils vivent dans d’autres parties
de la ville; nous voulions donc équilibrer les choses.
I got a call from Member of Parliament Gerard Kennedy
specifically about the South Asian Women’s Centre. I will not get
into funding decisions about specific organizations, and in my job
in Ottawa, I do not get into that level of detail anyway.
Le député Gerard Kennedy m’a appelée pour me parler
précisément du South Asian Women’s Centre. Je ne donnerai pas
de détails sur le financement de certains organismes en particulier;
dans mon travail à Ottawa, je n’examine pas les choses aussi en
détail de toute façon.
Certainly one of the big improvements during the last five years
in Ontario has been language instruction for seniors, special
programs for women and providing child minding for the LINC
classes. We expanded that to all of our settlement programs,
because child minding was identified as such a barrier to women’s
participation.
Les grandes améliorations des cinq dernières années en Ontario
sont sans contredit le programme des cours de langue pour les
personnes âgées, les programmes spéciaux pour les femmes et la
prestation de services de garde d’enfants pour les participants au
programme CLIC. Nous avons étendu cette mesure à tous nos
programmes d’établissement parce qu’il a été conclu que la garde
d’enfants était un obstacle important à la participation des femmes.
We have not done as much on youth, as Senator Meredith has
pointed out, as we should have done during that period of time,
but there have been many innovations in Ontario to provide
women’s courses and seniors’ courses as well.
Comme l’a fait remarquer le sénateur Meredith, nous n’avons
pas autant travaillé auprès des jeunes que nous aurions dû le faire
pendant cette période, mais en Ontario, on a beaucoup innové
pour offrir des cours aux femmes et aussi aux aînés.
Senator Braley: We had a lot of immigrants in our tool and die
shops and what have you in Hamilton, and they did a great job.
In the last 20 years, however, they have been bringing relatives or
friends who are not as well educated, but to help improve the
family life. Is that taken into your numbers as being separated out
in presenting the numbers with regard to your educational status
and earnings status?
Le sénateur Braley : Nous avons accueilli beaucoup
d’immigrants dans nos ateliers pour outilleurs-ajusteurs et dans
ce que vous avez à Hamilton, et ils font un travail fantastique.
Cependant, au cours des 20 dernières années, ils ont fait venir des
membres de leur famille ou des amis qui n’avaient pas un niveau
de scolarité aussi élevé, mais qui pouvaient aider à améliorer la vie
de famille. En tenez-vous compte de façon distincte lorsque vous
présentez vos chiffres sur le niveau de scolarité et le revenu?
There is a big gap in the $15 to $20 per hour and the
toolmaker’s $22 to $32 an hour. Those immigrants who were here
30 years ago have been bringing in friends and relatives who are
not well educated. The original immigrants were skilled, and they
are bringing in their friends to offer them a better way of life.
Il y a un écart important entre le revenu de 15 à 20 $ l’heure et le
revenu des outilleurs-ajusteurs, qui est de 22 à 32 $ l’heure. Les
immigrants qui sont arrivés il y a 30 ans ont fait venir des amis et
des membres de leur famille qui n’avaient pas un niveau de scolarité
aussi élevé. Les premiers immigrants étaient qualifiés, et ils ont fait
venir leurs amis pour leur offrir un meilleur mode de vie.
Mr. Picot: Those people are in the numbers. The numbers we
are talking about, when talking about the rising educational
attainment of immigrants, we are talking about all immigrants,
whether they came in under the family class.
M. Picot : Ces personnes sont incluses dans les statistiques.
Lorsque nous parlons de l’augmentation du niveau de scolarité
des immigrants, les chiffres que nous vous donnons incluent tous
les immigrants, peu importe s’il s’agit d’immigrants venus ici dans
la catégorie du regroupement familial.
Senator Braley: The number does not matter.
Le sénateur Braley : Le chiffre est sans importance.
Mr. Picot: They are in there.
M. Picot : Ils sont inclus.
Senator Braley: The Asian people that we hire today, most of
them have been sent here to university, and we hire them from the
university and they apply to live here permanently. They are from
a much higher level of education.
Mr. Picot: Yes.
Senator Braley: They skew the numbers, and you have to really
understand what the numbers mean.
Le sénateur Braley : Pour la plupart, les Asiatiques que nous
engageons aujourd’hui ont été envoyés dans nos universités, et
nous les engageons à la fin de leurs études et ils présentent une
demande de résidence permanente. Ils ont un niveau de scolarité
beaucoup plus élevé.
M. Picot : Oui.
Le sénateur Braley : Ils ont une incidence sur les chiffres, et
vous devez vraiment savoir ce que représentent les chiffres.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:59
Mr. Picot: We have not looked directly at vocational trades,
tool and die, for instance. Someone else asked that question
earlier, and we will have a look at that when we go back. The shift
in educational attainment has been toward university graduates.
M. Picot : Nous ne nous sommes pas penchés sur la formation
professionnelle, comme les outilleurs-ajusteurs, par exemple.
Quelqu’un d’autre a posé cette question plus tôt, et nous
l’étudierons. En matière de scolarité, la tendance est du côté des
diplômés universitaires.
The Chair: Thank you very much. We ran a little bit over time,
but your contribution to this process has been a very valuable.
Thank you, Mr. Picot and Ms. Tunis.
Le président : Merci beaucoup. Nous avons un peu dépassé le
temps alloué, mais votre contribution au processus nous a été très
utile. Monsieur Picot, madame Tunis, merci.
Colleagues, we will bring on the second panel of witnesses. Our
first witness is Ben Henderson, who is Chair of the Standing
Committee on Social Economic Development of the Federation
of Canadian Municipalities. Mr. Henderson is a city councillor
from Edmonton. Next, we have Robert Vineberg, Senior Fellow
of the Canada West Foundation, which is a leading source of
strategic insight, conducting and communicating nonpartisan economic and public policy research of importance to
the four Western provinces and to all Canadians. Then we have
Martin Collacott, from the Centre for Immigration Policy
Reform. That organization was founded recently, in 2009. It
grew out of discussions among a group of concerned individuals
from across the country on the need for major changes to
immigration policy and the creation of a national organization to
advocate for reform. Next, we have David Harris, who is a lawyer
and Director of INSIGNIS Strategic Research Inc. He is the
former chief of strategic planning of the Canadian Security
Intelligence Service, CSIS.
Chers collègues, nous allons accueillir le deuxième groupe de
témoins. Notre premier témoin est Ben Henderson, qui est
président du Comité permanent sur le développement
socioéconomique de la Fédération canadienne des municipalités.
M. Henderson est un conseiller de la ville d’Edmonton. Ensuite,
nous entendrons Robert Vineberg, chercheur associé de la
Fondation Canada Ouest, qui est une des principales sources
d’observations sur les stratégies qui mène des études et publie des
rapports non partisans sur d’importantes recherches en matière
d’économie et de politique publique qui sont essentielles aux
quatre provinces de l’Ouest et à tous les Canadiens. Ensuite, nous
accueillons Martin Collacott, du Centre pour une réforme des
politiques d’immigration. Cet organisme a été fondé récemment,
en 2009. Il est issu des discussions d’un groupe de personnes de
partout au pays préoccupées par la nécessité d’apporter des
changements importants aux politiques d’immigration et de créer
un organisme national pour faire la promotion de cette la
réforme. Pour terminer, nous accueillerons David Harris, qui est
avocat et directeur de INSIGNIS Strategic Research Inc. Il est
l’ancien chef de la planification stratégique du Service canadien
du renseignement de sécurité, le SCRS.
Ben Henderson, Chair, Standing Committee on Social Economic
Development, Federation of Canadian Municipalities: Thank you
for having me here today. I am an Edmonton city councillor, but
I am here today as the Chair of the Federation of Canadian
Municipalities Committee on Social Economic Development. For
those of you who are not familiar with FCM, we represent almost
2,000 municipalities across Canada, with over 90 per cent of this
country’s population.
Ben Henderson, président, Comité permanent sur le
développement socioéconomique, Fédération canadienne des
municipalités : Merci de m’accueillir ici aujourd’hui. Je suis un
conseiller de la ville d’Edmonton, mais je suis ici aujourd’hui à
titre de président du Comité permanent sur le développement
socioéconomique de la Fédération canadienne des municipalités.
Pour ceux qui ne connaissent pas la FCM, nous regroupons près
de 2 000 municipalités au Canada, ce qui représente 90 p. 100 de
la population du pays.
FCM is here to talk about municipal government’s research
and findings about social issues pertaining to Canada’s cities and
communities with a focus on immigrant integration.
La FCM est ici pour parler de la recherche menée par les
municipalités sur les questions sociales liées aux villes et aux
collectivités canadiennes, dans l’optique de l’intégration de
l’immigration.
I would like first to commend this committee for the work it
has done in analyzing the issue of poverty and housing overall,
and for recognizing that newcomers to Canada are
overrepresented in our poverty cycles. Getting immigration
policy right has never been more crucial to the success of
Canada, Canadians and the communities in which we live. With
an aging population growing faster than any other age cohort,
and stagnant birth rates, 100 per cent of our new labour growth
will come from new immigrants starting this year, 2011.
J’aimerais d’abord féliciter vote comité pour le travail
d’analyse des problèmes que sont la pauvreté et le logement en
général et d’avoir reconnu que les nouveaux arrivants au Canada
sont surreprésentés dans nos cycles de la pauvreté. Créer une
politique d’immigration juste n’a jamais été aussi essentiel pour
les succès du Canada, des Canadiens et des collectivités dans
lesquelles nous vivons. Étant donné que le groupe des personnes
âgées augmente plus rapidement que les autres groupes d’âge et
que le taux de natalité est stagnant, 100 p. 100 de la croissance de
notre population active viendra des nouveaux immigrants à
compter de cette année.
18:60
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
The federal government has rightly emphasized attracting and
retaining immigrants to ensure a strong economic and cultural
future for Canada. Still, we are before you today to discuss the
reality that new immigrants continue to face significant barriers to
success and are falling behind their non-immigrant counterparts.
À juste titre, le gouvernement fédéral a mis l’accent sur la
nécessité d’attirer et de retenir les immigrants afin d’assurer au
Canada un avenir économique et culturel prospère. Toutefois,
nous sommes devant vous aujourd’hui pour discuter des obstacles
au succès que doivent affronter les immigrants, qui accusent un
retard par rapport à leurs concitoyens nés au Canada.
FCM’s research of communities across the country shows that,
unlike the previous generation of immigrants, newcomers are not
catching up to their Canadian-born counterparts within the first
10 years of arrival. Newcomers are earning less and taking longer
to find affordable housing and jobs that match their skills and
education levels.
Les études de la FCM sur les collectivités de partout au pays
démontrent que contrairement aux générations d’immigrants
précédentes, les nouveaux arrivants ne rattrapent pas leurs
concitoyens nés au Canada dans les 10 années suivant leur
arrivée. Leur revenu est plus bas et il leur faut plus de temps pour
trouver un logement abordable et un emploi qui correspond à
leurs compétences et à leur niveau de scolarité.
In terms of households with incomes below the low-income
cut-off, established by Statistics Canada, recent immigrant
households with low incomes accounted for 43 per cent of all
recent immigrant households in 2006, nearly three times the
proportion in non-immigrant households.
Pour ce qui est des ménages dont le revenu est plus bas que le
niveau de faible revenu établi par Statistique Canada, en 2006, les
ménages des nouveaux immigrants à faible revenu représentaient
43 p. 100 de l’ensemble des ménages des nouveaux immigrants,
soit un taux trois fois plus élevé que les ménages non immigrants.
What is becoming evident is that a much broader range of
services, beyond the traditional language and employment
services, are needed to ensure the long term, successful
settlement and integration. Great numbers of new immigrants
access municipal services like housing, recreation, library services,
child care and public transit. These services play a significant role
in their settlement process.
Ce qui devient évident, c’est qu’une gamme beaucoup plus
étendue de services, autres que les services traditionnels comme les
cours de langue et l’aide à l’emploi, est nécessaire pour assurer le
succès à long terme de l’établissement et de l’intégration des
immigrants. Un nombre très élevé d’immigrants a recours aux
services municipaux comme le logement, les loisirs, les
bibliothèques, la garde d’enfants et le transport en commun.
Ces services jouent un rôle essentiel dans le processus
d’établissement.
In a world where talented workers are highly mobile,
communities must also ensure a high quality of life and a
welcoming environment. Surveys of newcomers consistently show
that proximity to family and friends, the chance to own a home
and establishing communities are top priorities, placing
municipally based services at the forefront of immigrants’
needs. Further, when immigrants do not succeed, local services
like shelters and food banks figure prominently in meeting the
needs of newcomers. The Toronto Board of Trade estimates that
it costs Canada $2.25 billion in lost economic activity when we
fail to better integrate immigrants into the economy.
Dans un monde dans lequel les travailleurs talentueux sont très
mobiles, les collectivités doivent aussi fournir une très bonne
qualité de vie et un environnement accueillant. Les sondages
auprès des nouveaux arrivants indiquent invariablement que la
proximité de la famille et des amis, la possibilité d’acheter une
maison et d’établir des communautés sont les priorités, ce qui
place les services municipaux à l’avant-scène des besoins des
immigrants. De plus, lorsque les immigrants ne réussissent pas, les
services locaux comme les refuges et les banques alimentaires
jouent un rôle primordial dans la satisfaction des besoins des
nouveaux arrivants. La chambre de commerce de Toronto estime
qu’au Canada, l’échec de l’intégration des immigrants dans
l’économie entraîne une perte d’activité économique d’une
valeur de 2,25 milliards de dollars.
Municipalities that provide much of the front-line services new
Canadians need to be successful have been left out of the
immigration policy development, program design and budget
allocations. The majority of municipalities are neither mandated
nor funded to provide immigrant support services, and lack the
resources and fiscal tools they need to meet these new
responsibilities that are so critical to their economic success.
Les municipalités, qui fournissent la majorité des services de
première ligne dont les nouveaux Canadiens ont besoin pour
connaître du succès, ont été écartées de l’élaboration des
politiques sur l’immigration, de la conception des programmes
et de la répartition des budgets. La majorité des municipalités
n’ont ni le mandat ni le financement pour fournir des services
d’appui à l’immigration. Les municipalités n’ont pas les
ressources et les mesures fiscales nécessaires pour assumer ces
nouvelles responsabilités si cruciales à leur réussite économique.
As a step toward greater success for new immigrants,
municipalities are calling for improved collaboration among all
three orders of government when it comes to developing immigrant
settlement strategy. They are calling for alignment with federal
housing and transit initiatives with federal immigration policy to
Tout d’abord, pour favoriser la réussite des nouveaux
immigrants, les municipalités demandent une meilleure
collaboration entre les trois ordres de gouvernement dans
l’élaboration d’une stratégie d’établissement des immigrants.
Elles demandent l’harmonisation des initiatives fédérales en
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:61
ensure better outcomes for communities and newcomers and
avoiding a return to the 1990s when federal and provincial
governments balanced their books by downloading responsibilities
and cost onto the property-tax payers.
matière de logement et de transport en commun avec les
politiques fédérales sur l’immigration afin d’assurer la réussite
des collectivités et d’éviter un retour aux années 1990, lorsque le
gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux ont
atteint l’équilibre budgétaire en refilant les responsabilités et les
coûts aux contribuables des municipalités.
As our economic, social and cultural future depends on
attracting and retaining immigrants, we need to engage the
cities and towns they are coming to. Without a decent place to
live, access to child care, an affordable and reliable way to get to
and from work, and communities that embrace what they have to
offer, newcomers will continue to fall behind and Canada will not
meet its economic and social objectives. Thank you.
Puisque notre avenir économique, social et culturel dépend de
notre capacité d’attirer et de retenir les immigrants, nous devons
assurer la participation des villes où ils s’établissent. Sans endroit
convenable pour vivre, avoir accès à des services de garde
d’enfants et à des moyens de transport abordables et fiables pour
se rendre au travail et en revenir, sans collectivités prêtes à
accepter ce qu’ils ont à offrir, les nouveaux arrivants continueront
à accuser du retard et le Canada n’atteindra pas ses objectifs
sociaux et économiques. Merci.
Robert Vineberg, Senior Fellow, Canada West Foundation:
Mr. Chair and honourable senators, thank you very much for the
opportunity to appear before you this morning and to speak a
little bit about the background to the extent of federal provincial
cooperation in the area of immigration.
Robert Vineberg, chercheur associé, Fondation Canada Ouest :
Monsieur le président, honorables sénateurs, merci beaucoup de
me donner l’occasion de comparaître devant vous ce matin pour
vous parler brièvement du contexte de la collaboration fédéraleprovinciale dans le domaine de l’immigration.
[Translation]
Even though my presentation was in English, I would be happy
to answer your questions in the official language of your choice.
[English]
[Français]
Bien que me présentation soit en anglais, il me fera plaisir de
répondre à vos questions dans la langue officielle de votre choix.
[Traduction]
A century ago, Canadians were obsessed by whether the
‘strange’ immigrants from Russia, Galacia and Ukraine would
ever integrate successfully. Canadians were then, and are now, in
a hurry to see immigrants become ‘‘Canadian.’’ However, then, as
today, integration was a long process, often taking generations.
We, as the host population, need to appreciate that fact.
Il y a un siècle, les Canadiens étaient extrêmement préoccupés
par la question de savoir si les « étranges » immigrants venus de
Russie, de Galicie et d’Ukraine réussiraient un jour à s’intégrer.
Les Canadiens étaient alors impatients de voir les immigrants
devenir Canadiens, et ils le sont encore aujourd’hui. Mais à
l’époque, tout comme aujourd’hui, l’intégration était un long
processus nécessitant souvent des générations et nous, la
population hôte, devons tenir compte de ce fait.
A second issue, that seems new but is not, is provincial
involvement in immigration. Section 95 of the Constitution
provides for concurrent jurisdiction in immigration. How has this
constitutional right been exercised in recent years?
Une deuxième question qui peut sembler nouvelle, mais qui ne
l’est pas, est la participation des gouvernements provinciaux dans
le dossier de l’immigration. L’article 95 de la Constitution prévoit
l’exercice concomitant des compétences en matière d’immigration.
Comment ce droit constitutionnel a-t-il été exercé ces dernières
années?
In the 1960s Quebec assumed the lead in seeking a provincial
role. The Quiet Revolution had led to openness to immigration,
and Quebec pushed the federal government to select more
francophone immigrants, but without success. The federal
bureaucracy at the time was not able to react to that request.
Dans les années 1960, le Québec a pris l’initiative dans la
recherche d’un rôle pour les provinces. La Révolution tranquille
avait mené à une ouverture à l’égard de l’immigration et le
Québec a tenté de pousser le gouvernement fédéral à sélectionner
davantage d’immigrants francophones, mais sans succès.
L’appareil gouvernemental fédéral n’avait pas la capacité de
répondre à cette requête.
In 1965 Quebec created its own immigration service to promote
francophone immigration. This resulted in the first modern
federal-provincial immigration agreement in 1971, and it allowed
Quebec to place officers abroad to counsel immigrants destined to
Quebec. In 1975, this was amended, and immigrants destined to
Quebec were required to receive counselling from a Quebec
immigration officer.
Le Québec a donc créé en 1965 son propre service de
l’immigration visant à promouvoir l’immigration francophone.
Le résultat a été la première entente fédérale-provinciale moderne
en matière d’immigration, en 1971. Cette entente permettait au
Québec d’avoir des agents en poste à l’étranger pour conseiller les
immigrants destinés au Québec. En 1975, cette entente a été
modifiée, et les immigrants destinés au Québec devaient
rencontrer un conseiller en immigration du Québec.
18:62
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
Meanwhile, the federal government published its Green Paper
in 1974, and it stated:
Pendant ce temps, le gouvernement fédéral a publié son livre
vert en 1974. On y déclarait notamment ceci :
. . . there is no constitutional bar to more active and
widened collaboration between the central government and
the provinces, the purpose being to make immigration
policy more sensitive to the provinces’ and territories’
requirements.
Il n’existe aucun obstacle constitutionnel à une
collaboration plus active et plus large entre le gouvernement
central et les gouvernements provinciaux, en vue de mieux
adapter la politique en matière d’immigration aux besoins des
provinces et des territoires.
When the new Immigration Act of 1976 came into force two
years later, it required consultation with the provinces on levels
and settlement and it provided legislative authority for federalprovincial agreements.
Donc, quand la nouvelle Loi sur l’immigration de 1976 est
entrée en vigueur deux ans plus tard, elle prévoyait que les
provinces devaient être consultées quant au nombre d’immigrants
et à leur établissement et prévoyait une autorisation législative
pour les ententes fédérales-provinciales.
The federal government moved quickly to conclude a new
agreement with Quebec and first agreements with Nova Scotia
and Saskatchewan. The only one with real substance was that of
Quebec, and from 1978 Quebec’s approval was required for the
landing of an independent immigrant, essentially making it a
Quebec decision.
Le gouvernement fédéral a rapidement conclu une nouvelle
entente avec le Québec, et des ententes initiales avec la NouvelleÉcosse et la Saskatchewan, mais la seule qui était réellement
substantielle était celle avec le Québec. Cette entente prévoyait, à
partir de 1978, que le Québec devait donner son approbation pour
l’établissement des immigrants indépendants, ce qui en faisait
essentiellement une décision du Québec.
The provisions in that agreement were to be included in both
the Meech Lake and Charlottetown accords. When these failed,
the government reached a new Canada-Quebec accord in 1991,
the one currently in force, and it confirmed Quebec’s control over
selection of independent immigrants and transferred settlement
programs and federal funding to Quebec with quite generous
financial arrangements.
Les dispositions contenues dans l’entente conclue avec le
Québec devaient être incluses dans l’Accord du lac Meech et dans
celui de Charlottetown. Quand ces ententes ont échoué, une
nouvelle entente Canada-Québec a été négociée en 1991. Celle-ci,
toujours en vigueur, confirmait les pouvoirs du Québec en matière
de sélection des immigrants indépendants et transférait les
programmes d’établissement et le financement fédéral au
Québec, avec des dispositions financières très généreuses.
Quebec’s success in this respect opened the door to requests
from other provinces. In particular, the Prairie provinces, led by
Manitoba, were concerned also that federal selection was not
directing a fair share of immigration to the West.
Le succès du Québec a encouragé les autres provinces à
présenter elles aussi des demandes. Les provinces des Prairies,
notamment, avec à leur tête le Manitoba, étaient préoccupées par
le fait que la sélection fédérale n’acheminait pas une juste part des
immigrants vers l’Ouest.
CIC did not want to have 10 Canada-Quebec type agreements
but needed to be seen to be responsive, and accordingly the
Provincial Nominee Program was developed. Originally this was
to be a pilot with 1,000 per year national maximum, and it would
allow provinces to select some immigrants on the basis of
regional, as opposed to national, labour market needs.
Citoyenneté et Immigration Canada ne souhaitait pas se
retrouver avec 10 équivalents de l’entente Canada-Québec, mais
devait conserver une apparence de réceptivité. Par conséquent, le
Programme des candidats des provinces a été élaboré. Il s’agissait
au départ d’un projet pilote assorti d’un maximum annuel de
1 000 candidats qui permettrait aux gouvernements provinciaux
de sélectionner certains immigrants en fonction des besoins du
marché du travail régional plutôt que national.
It was the impetus for a new round of federal-provincial
agreements, and the first of these was signed with Manitoba in
October 1996. It provided for future annexes for provincial
nominees, and also for settlement. Over the next few years
agreements were negotiated for provincial nominees with all
provincial and territorial jurisdictions except Nunavut.
Ce programme a donné le signal d’une nouvelle série d’ententes
fédérales-provinciales, et la première nouvelle entente a été signée
par le Manitoba en octobre 1996. Elle prévoyait des annexes pour
le PCP ainsi que pour l’établissement, qui seraient conclues à une
date ultérieure. Au cours des années suivantes, des ententes ont
été conclues avec l’ensemble des provinces et des territoires pour
le PCP, à l’exception du Nunavut.
At the same time, CIC proposed settlement realignment. This
was driven by program review in the mid-1990s, and CIC decided
that settlement could equally well be delivered by the provinces;
À la même époque, CIC a proposé le réaménagement de
l’établissement. Cette démarche découlait de l’examen des
programmes au milieu des années 1990, et CIC a décidé que
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:63
$62 million was added to the budget as an incentive, but only
Manitoba and B.C. were interested. They entered into agreements
and started delivering settlement programs in 1999.
l’établissement pouvait tout aussi bien être exécuté par les
provinces. Une somme de 62 millions de dollars a été ajoutée au
budget de l’établissement à titre de mesure incitative, mais seuls le
Manitoba et la Colombie-Britannique se sont montrés intéressés.
Ces provinces ont conclu des ententes et ont entrepris la
prestation de programmes d’établissement en 1999.
While Quebec’s settlement funding continues to rise according
to the formula in their agreement, in every other province it was
frozen at mid-1990s levels. By 2003-04, Ontario led the charge and
included settlement in their multi-billion-dollar fiscal imbalance
argument.
Mais alors que le financement de l’établissement au Québec
continuait de croître, conformément aux dispositions de leur
entente, dans toutes les autres provinces, il était gelé au niveau du
milieu des années 1990. En 2003-2004, l’Ontario a pris les devants
et a inclus l’établissement dans son argumentation sur le
déséquilibre fiscal de plusieurs milliards de dollars.
In 2005, when the first ever bilateral immigration agreement
with Ontario was signed, it provided for an increase of almost
$1 billion in settlement funding over five years. This made
Ontario happy, but not the other provinces. Alberta and British
Columbia sought the same deal, with B.C. Minister Oppal, and
then Minister of Intergovernmental Affairs of Alberta, Ed
Stelmach, being very vociferous. Over the next three years, the
settlement budget was increased for other provinces as well, to
create a situation of rough parity.
La première entente bilatérale jamais conclue avec l’Ontario en
matière d’immigration, en 2005, prévoyait donc une augmentation
de presque un milliard de dollars en financement de l’établissement
sur une période de cinq ans. L’Ontario était satisfait, mais non les
autres provinces. L’Alberta et la Colombie-Britannique ont tenté
d’obtenir une entente semblable; le ministre Oppal, de la ColombieBritannique et le ministre des Affaires intergouvernementales de
l’Alberta, Ed Stelmach, ont d’ailleurs défendu leur point de vue
avec véhémence. Au cours des trois années suivantes, le budget
d’établissement des autres provinces a aussi été augmenté, afin
d’atteindre une certaine parité.
Currently, there are three different funding models. Quebec
funding is in the form of a grant and on an ongoing basis. It
started at $75 million in 1991 and has risen to $258 million. This
does not reflect the increase in immigration, which is much lower.
It is a formula based on the increase of GDP nationally.
Il existe actuellement trois modèles de financement. Le
financement accordé au Québec est versé sous forme de
subvention et de manière continue; il a commencé avec
75 millions de dollars en 1991, et atteint maintenant 258 millions
de dollars. Ces données ne tiennent pas compte de l’augmentation
de l’immigration, qui est beaucoup moins élevée; il s’agit d’une
formule calculée d’après l’augmentation du PIB à l’échelle
nationale.
Funding to Ontario has been separate under Canada-Ontario
Immigration Agreement, COIA, from 2006 through to this fiscal
year, and increased annually. In all other provinces, funding is
subject to a Settlement Allocation Model, based on a three-year
rolling average of immigrants received and adjusted for the
number of refugees.
Conformément à l’Accord Canada-Ontario sur l’immigration
(ACOI), le financement accordé à l’Ontario a été distinct, de 2006
à l’exercice financier actuel, et augmentait tous les ans. Dans
toutes les autres provinces, le financement est assujetti au modèle
d’affectation des fonds pour l’établissement, reposant sur une
moyenne mobile sur trois ans du nombre d’immigrants reçus et
ajusté pour tenir compte du nombre de réfugiés.
Last December, CIC announced settlement funding for the
coming fiscal year, and with the end of the five-year funding
commitment to Ontario, as Deborah Tunis mentioned earlier, the
funding formula now includes all provinces and territories except
Quebec. This resulted in Ontario funding declining by $44 million
in 2011-12. On the other hand, on the Prairies, where immigration
in the last decade has increased from about 19,000 to 47,000, the
increase is $12 million.
En décembre dernier, CIC a annoncé le financement destiné à
l’établissement pour le prochain exercice financier, et avec la fin
de l’engagement de financement quinquennal envers l’Ontario,
comme l’a souligné plus tôt Deborah Tunis, la formule englobe
maintenant toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception
du Québec. Par conséquent, le financement de l’Ontario a
diminué de 44 millions de dollars en 2011-2012. Par contre,
dans les Prairies, où l’immigration est passée d’environ 19 000 à
47 000 au cours des 10 dernières années, le financement s’est
accru de 12 millions de dollars.
Mr. Chair, you had asked about the cut in overall funding, and
I am speculating, but I believe that that was due to the strategic
review, which CIC was subject to in 2010. Most departments have
had to come up with roughly 5 per cent of their overall budget. I
think that is what happened to the $50 million.
Monsieur le président, vous aviez demandé des précisions à
propos des réductions dans le financement en général et ce n’est que
spéculation de ma part, mais je pense qu’elles découlent de l’examen
stratégique auquel CIC a été soumis en 2010. La plupart des
ministères ont dû fournir à peu près 5 p. 100 de leur budget global.
Je pense que c’est ce qui est arrivé aux 50 millions de dollars.
18:64
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
In terms of differing settlement arrangements, Canada has now
four models, and my description is little different from that of
Ms. Tunis. There has been devolution to the provinces of Quebec,
Manitoba and B.C. There is co-management in Alberta, what I
have called in-depth formal consultation in Ontario and sole
federal delivery in all the other provinces and territories.
Le Canada a maintenant quatre modèles en ce qui a trait aux
différentes dispositions sur l’établissement et ma description est
un peu différente de celle de Mme Tunis. Tout d’abord, il y a eu le
transfert des responsabilités au Québec, au Manitoba et à la
Colombie-Britannique, l’établissement de la cogestion en Alberta,
ce que j’appelle la consultation officielle en profondeur avec
l’Ontario, et finalement l’exécution par le fédéral seulement pour
toutes les autres provinces et les autres territoires.
In summary, the federal government has adopted regionalization
and devolution in two important areas of immigration: selection
and settlement. This allows provinces to tailor programs to be more
suited to their own needs. There is now much more flexibility, but
on the other hand less uniformity.
En résumé, le gouvernement fédéral a adopté une approche de
régionalisation et de transfert de responsabilités pour deux aspects
importants de l’immigration, soit la sélection et l’établissement.
Cette approche permet aux provinces d’adapter les programmes
afin qu’ils conviennent mieux à leurs besoins. Il y a maintenant
beaucoup plus de souplesse, mais moins d’uniformité.
The history of federal-provincial-territorial relations in
immigration has been one of ebb and flow ever since
Confederation. However, the provinces and territories are fully
engaged and are recognized as a permanent part of the immigration
system in Canada. Such a regime of consultation and cooperation
is by no means easy to manage, but it is far better for immigrants
and better for Canada as well.
L’histoire des relations fédérales-provinciales-territoriales a été
marquée par la fluctuation depuis la Confédération. Toutefois, les
provinces et les territoires sont des participants à part entière et
sont reconnus comme des éléments permanents du système
d’immigration du Canada. Un tel régime de consultation et de
coopération n’est certainement pas facile à gérer, mais il est bien
préférable pour les immigrants ainsi que pour le Canada lui-même.
In the future, the challenge will be to retain this flexibility while
still maintaining program integrity.
À l’avenir, la difficulté consistera à conserver cette souplesse
tout en maintenant l’intégrité du programme.
The Chair: Thank you very much. Now we have Martin
Collacott, who is from the Centre for Immigration Policy Reform,
but I did not mention he is also a senior fellow at the Fraser
Institute.
Le président : Merci beaucoup. Nous allons maintenant
entendre Martin Collacott, du Centre pour une réforme des
politiques d’immigration, mais laissez-moi d’abord rectifier mon
oubli et mentionner qu’il est également chercheur principal à
l’Institut Fraser.
Martin Collacott, Spokesperson, Centre for Immigration Policy
Reform: Honourable senators, I was asked to comment on the
integration of immigrants, particularly social integration. I will
raise some problems, or potential problems, because we have
heard, I think, on the positive side and where things can be
improved and so on, but I think you want to hear all aspects of
the issues.
Martin Collacott, porte-parole, Centre pour une réforme des
politiques d’immigration : Honorables sénateurs, on m’a demandé
de commenter l’intégration des immigrants, notamment leur
intégration sociale. Je vais soulever certains problèmes, ou
certains problèmes potentiels, parce que je pense que nous
avons entendu parler de ce qui allait bien et des améliorations à
apporter, mais je crois qu’il est important d’aborder la question
sous tous ses aspects.
I might mention that, like most Canadians, I think that
Canadian society has been made a much more interesting place
than when I was a youngster because of the diversity brought by
new immigrants. I would add that my own family reflects this
diversity. My parents were immigrants from the United Kingdom,
but my wife is from Asia: Her father is from China and her
mother is from Vietnam. We are pleased that our children can
speak Vietnamese. Diversity has been good up to a point, but we
have to look at how far we can go in this. I will mention, in my
career I worked for the Ontario government in the Ministry of
Education for several years as citizenship adviser, working with
programs for immigrants.
J’aimerais souligner que je pense, comme la plupart des
Canadiens, que notre société est plus intéressante maintenant
qu’à l’époque de ma jeunesse, et nous le devons à la diversité que
les immigrants y ont insufflée. Je peux aussi dire que ma propre
famille reflète cette diversité. En effet, mes parents ont immigré du
Royaume-Uni et ma femme vient de l’Asie. De plus, son père
vient de la Chine et sa mère du Vietnam et nous sommes heureux
que nos enfants puissent parler vietnamien. La diversité, donc, a
été une bonne chose jusqu’à un certain point, mais nous devons
maintenant nous demander jusqu’où nous pouvons aller. Je veux
préciser qu’au cours de ma carrière, j’ai travaillé pendant de
nombreuses années pour le gouvernement de l’Ontario, en tant
que conseiller en citoyenneté au ministère de l’Éducation, où je
m’occupais des programmes pour les immigrants.
I think we must take a close look at what some of the problems
may be. I do not think we want to have here what happened in
Europe where, for many years, they thought things were going
well, but now they find there are some major problems.
Je pense que nous devrions examiner attentivement certains
problèmes potentiels. En effet, je ne crois pas que nous voulons
qu’il nous arrive la même chose qu’en Europe, c’est-à-dire de
penser que tout va bien pendant des années, pour finalement se
rendre compte de l’existence de problèmes graves.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:65
Let us look at some of the specific aspects that could be
problematic. Just a few decades ago, cities like Vancouver and
Toronto were mostly White. I guess the term now is non-visible
minority. I will use ‘‘White’’ for short.
Examinons certains des aspects qui pourraient représenter un
problème. Par exemple, il y a seulement quelques dizaines
d’années, la population de villes comme Vancouver et Toronto
était surtout composée de Blancs, quoique de nos jours, on dit
plutôt minorité non visible. Je vais quand même utiliser
« Blancs » pour simplifier.
The Statistics Canada projections published last year show that
Toronto, which now has about 42 per cent visible minorities, by
2030 will have 62 per cent visible minorities and Vancouver will
have 59 per cent. These are very dramatic changes and the
question is how smoothly they can take place. If you had a city in
China or India whose population was 99 per cent Chinese or
Indian and a few decades later those respective cities were 60 per
cent non-Chinese or non-Indian, with people of different
backgrounds, I believe you would have some strong reaction.
How far can we go on this?
Les projections de Statistique Canada publiées l’année dernière
indiquent que la ville de Toronto, où 42 p. 100 de la population
appartient à une minorité visible, verra cette proportion grimper à
62 p. 100 en 2030. À Vancouver, elle atteindra 59 p. 100. Il s’agit
de changements assez spectaculaires et la question est de savoir à
quel point ils peuvent se dérouler sans heurts. Par exemple, si une
ville de la Chine ou de l’Inde avait une population à 99 p. 100
chinoise ou indienne et que quelques décennies plus tard, ces
mêmes villes affichaient une population à 60 p. 100 non chinoise
ou non indienne, composée de gens issus de différents milieux, je
crois que vous réagiriez assez vivement. Jusqu’où peut-on aller?
At one point in my career I worked for CIDA for five years in
the northern part Borneo. However, in the southern part, called
Kalimantan, the Indonesia government decided to move many
people from more heavily populated areas there. They looked the
same as the natives, they all spoke Indonesian, they were all from
the same country, but at some point the locals felt overwhelmed
and they rose up and beheaded 400 of the newcomers. I do not
think that will happen here, but when you have a change that is
too rapid and too dramatic, you have to monitor it more
carefully.
À un certain moment dans ma carrière, j’ai travaillé pour
l’ACDI pendant cinq ans dans le Nord de Bornéo. Le
gouvernement indonésien avait alors décidé de réduire la
population de certaines régions populeuses en déplaçant de
nombreuses personnes vers la région de Kalimantan, dans le sud.
Ces gens ressemblaient aux Autochtones de leur région d’accueil, ils
parlaient tous indonésien, ils venaient tous du même pays, mais les
habitants de la région ont fini par se sentir envahis; ils se sont
révoltés et ont décapité 400 des nouveaux arrivants. Je ne pense pas
que cela va se produire ici, mais il reste qu’un changement
spectaculaire et trop rapide doit être suivi de plus près.
I raised this subject in a paper published by the Fraser Institute
in 2002. The Vancouver Sun, in its report on the paper, used the
headline that Vancouver could see race riots. I did not say that in
my paper, nor did the article itself. I simply quoted from some
parliamentary papers and Foreign Affairs papers, but this is an
issue we should monitor more closely.
J’ai abordé le sujet dans un article publié par l’Institut Fraser
en 2002. Le Vancouver Sun, dans un reportage sur l’article, a
utilisé un titre qui laissait entendre que Vancouver pourrait
devenir le théâtre d’émeutes raciales. Je n’ai jamais dit cela dans
mon article, et le journal n’en parlait pas non plus dans le sien.
Tout ce que j’ai fait, c’est de citer certains documents
parlementaires et certains articles provenant des Affaires
étrangères, mais il s’agit tout de même d’une question que nous
devrions approfondir.
Garnett Picot, who spoke to you earlier this morning, did not
mention all of his work. He has done a tremendous amount of
great work. He mentioned the dramatic increase in visible
minority communities in our larger cities. They went from six
in 1981 to 254 in 2001.
Garnett Picot, qui s’est adressé à vous plus tôt, n’a pas
mentionné tous ses travaux; il a en effet un impressionnant bagage
professionnel. Il a parlé de l’augmentation spectaculaire des
groupes de minorités visibles dans nos plus grandes villes, qui sont
passés de 6 en 1981 à 254 en 2001.
I think there is no question that a newcomer from a very
different culture and language group will be more comfortable
living among people who speak the same language, but this does
slow down integration. A study released last year by Zheng Wu, a
University of Victoria sociology professor, found that in a
neighbourhood, the higher the concentration of people of their
own ethnic group, the more slowly adult immigrants feel they
belong to Canada. Other factors that slow the integration of
immigrants are the availability of satellite TV, cheap longdistance phone calls, the Internet and ease of travel back to their
homeland, which we did not have to deal with 100 years ago.
Je pense qu’il va sans dire qu’un nouvel arrivant possédant un
bagage culturel et linguistique très différent se sentira plus à l’aise
de s’installer dans un groupe qui partage sa langue, mais cela
ralentira son intégration. Dans une étude publiée l’année dernière,
Zheng Wu, professeur de sociologie à l’Université de Victoria, a
découvert que plus il y a de gens partageant leur provenance
ethnique dans leur quartier, plus les immigrants adultes vont
prendre du temps avant de se sentir pleinement Canadiens. Il
existe d’autres facteurs qui ralentissent l’intégration des
immigrants, comme l’accès à la télévision par satellite, les appels
interurbains abordables, Internet et la facilité de voyager dans le
pays d’origine, tous des facteurs dont nous n’avions pas à nous
occuper il y a un siècle.
18:66
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
This has implications in a number of ways. Robert Putnam, an
American academic, released a report in 2007 and wrote:
Toutes sortes de répercussions s’ensuivent. Par ailleurs, Robert
Putnam, un universitaire américain, a publié en 2007 un rapport
dans lequel il a écrit ceci :
In ethnically diverse neighbourhoods, residents of all
races tended to hunker down. Trust . . . is lower, altruism
and community cooperation more rare, friends fewer.
Dans les quartiers où se côtoyaient plusieurs ethnies, les
résidents de toutes les races avaient tendance à se replier sur
eux-mêmes. La confiance... est moindre, l’altruisme et la
coopération communautaire plus rares, les amitiés moins
fréquentes.
His conclusion was that immigration and ethnic diversity tend to
reduce social solidarity and social capital. Putnam is a diversity
advocate. When he did his research, he was not happy with what
came out of it. He tried for several years to find reasons why it
was not correct, but he could not do so. He had to go with his
conclusions.
Il en a conclu que l’immigration et la diversité ethnique avaient
tendance à diminuer la solidarité sociale et le capital social.
Pourtant, Putnam appuie la diversité; lorsqu’il a mené son étude,
il n’en a pas aimé les conclusions. Pendant plusieurs années, il a
tenté de les infirmer, mais il n’y est pas parvenu. Il a donc dû les
publier.
There are some positive signs. There is quite a high rate of
intermarriage among people of different religious and ethnic
backgrounds. In Vancouver, for instance, it is up to 7 per cent of
all marriages and in the 20- to 29-year-old range it is 12.9 per cent.
However, when you look closely, this is uneven because some
groups mix and intermarry much more than others. I do not have
time to go into the details, but I can give them to you if you are
interested.
Il y a cependant des signes positifs. Par exemple, le taux de
mariage entre personnes appartenant à différentes religions et à
différentes ethnies est assez élevé. À Vancouver, ces mariages
représentent jusqu’à 7 p. 100 de tous les mariages et cette
proportion atteint 12.9 p. 100 chez les 20 à 29 ans. Un examen
attentif révèle cependant des inégalités, puisque certains groupes
se mélangent et se marient entre eux beaucoup plus que les autres.
Je n’ai pas suffisamment de temps pour entrer dans les détails,
mais je peux vous les donner si cela vous intéresse.
There are national security aspects to this large-scale
immigration, and I think Mr. Harris may be talking about that.
There could also be foreign policy implications. I will mention one
particular community, not because it is the only one of interest
but because it is the one that is growing most quickly. You may
have seen an article in Tuesday’s National Post stating that
by 2030 Canada’s Muslim population will triple and they will go
from being less than 100,000 in 1981 to being 2.7 million and
6.6 per cent of the population by 2030.
Cette immigration massive a un effet sur certains aspects liés à
la sécurité nationale et je pense que M. Harris va peut-être en
parler. Cela pourrait aussi engendrer des répercussions sur la
politique étrangère. Je vais parler d’un groupe en particulier, non
parce qu’il s’agit du seul exemple pertinent, mais parce qu’il s’agit
du groupe qui grandit le plus rapidement. Vous avez peut-être vu,
dans le National Post de mardi, un article selon lequel la
population musulmane du Canada va tripler d’ici 2030, passant
de moins de 100 000 représentants en 1981 à 2,7 millions en 2030,
ce qui représentera 6,6 p. 100 de la population.
I say ‘‘Muslim community’’ because there is not really just one.
Canada has one of the most diverse Muslim communities among
many different countries, which is a plus in terms of integration.
We are also better off than the situation in Europe because many
of our Muslims came as independent immigrants and are well
qualified and much better placed to integrate into Canadian
society than many of those in Europe.
Je parle de « groupes musulmans », parce qu’il n’y en a pas
qu’un seul. Les groupes musulmans du Canada comptent parmi
les plus diversifiés dans un grand nombre de pays, ce qui favorise
leur intégration. Notre situation est également plus enviable qu’en
Europe, car un bon nombre de nos musulmans sont des
immigrants indépendants très qualifiés qui sont plus aptes à
intégrer la société canadienne que le sont beaucoup de ceux qui se
sont établis en Europe.
A survey conducted in 2007 showed that 80 per cent of
Canadian Muslims are broadly happy with their lives in Canada
and only 17 per cent think Canadians were hostile towards their
religion. There are also significant differences. There was a huge
difference in their attitude toward Canadian values on the role
and the status of women in Canada. Only 12 per cent supported
what are called the Toronto 18, the group of terrorists who
planned to behead the Prime Minister and blow up the Parliament
buildings. That is only about 100,000 people, but their rapid
growth could change our foreign policy. In 1981 they were one
third the size of the Jewish community and by 2030 they will be
Un sondage mené en 2007 révèle que 80 p. 100 des musulmans
canadiens sont très satisfaits de leur vie au Canada et que
seulement 17 p. 100 estiment que les Canadiens étaient hostiles
envers leur religion. Mais il y aussi des différences importantes. Par
exemple, il y avait une très grande différence dans leur attitude à
l’égard des valeurs canadiennes en ce qui a trait au rôle et au statut
de la femme au Canada. Aussi, seulement 12 p. 100 appuyaient
les 18 de Toronto, c’est-à-dire le groupe de terroristes qui voulait
décapiter le premier ministre et faire sauter les édifices du
Parlement. Ils ne représentent qu’environ 100 000 personnes,
mais leur croissance rapide pourrait transformer notre politique
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:67
six and half times the size of the Jewish community. We may have
to start to shift our foreign policy on the Middle East. That is a bit
down the line, but it is a consideration we have to think about.
étrangère. En 1981, leur population n’équivalait qu’au tiers de celle
de la communauté juive alors qu’en 2030, elle sera six fois et demie
plus importante. Nous devrons peut-être commencer à modifier
notre politique étrangère concernant le Moyen-Orient. Il est un peu
tôt pour en parler, mais nous devons commencer à y penser.
I would like to raise one other thing. There is the issue that
while we have these problems of integration, we must accept them
because we need immigrants economically or demographically,
that the population is getting older and we need more workers to
pay taxes to fund social programs. I believe all of these
assumptions are highly questionable. Some of the experts — I
am sure we will get different views around the table — say we do
need large numbers of immigrants anyway. The data I have
studied say we do not need large levels of immigration, we do not
benefit from a larger population and in fact it is costing us a great
deal of money because of the poverty levels. There is a question of
the success of the children of immigrants and we could discuss
that at some length.
Je voudrais mentionner une autre chose : certaines personnes
affirment que même si nous avons ces problèmes d’intégration,
nous devons nous y faire; apparemment, nous avons besoin des
immigrants sur le plan économique ou démographique, car nous
avons une population vieillissante et nous aurons besoin de plus de
travailleurs pour payer l’impôt qui financera les programmes
sociaux. Cependant, je crois que toutes ces suppositions sont
extrêmement douteuses. Certains experts — et je suis sûr que nous
obtiendrons des avis différents autour de cette table —, affirment
que de toute façon, nous avons bel et bien besoin d’un grand
nombre d’immigrants. Les données que j’ai étudiées révèlent que ce
n’est pas le cas, que nous ne tirons aucun avantage d’une
population plus nombreuse et qu’en fait, cela nous coûte très
cher à cause de la pauvreté. Il y a aussi la question de la réussite des
enfants d’immigrants; nous pourrions en discuter longtemps.
This is the question: Should we not be looking more closely at
whether we really do benefit economically or demographically from
high immigration levels? I have concluded that we do not. I do not
have any particular vested interest but some of the people involved
do have vested interest in high immigration levels for one reason or
another. I think you have to look at the potential social integration
problems in the context of do we really need so many people and do
we need to bring in some that are rather problematic.
Tout se résume donc à cette question : devrions-nous examiner
de plus près si l’accueil d’un plus grand nombre d’immigrants
nous procure vraiment des avantages sur les plans économique et
démographique? Pour ma part, j’en conclus que la réponse est
non. La question ne me touche pas directement, mais certaines
personnes sont particulièrement intéressées à une forte
immigration pour une raison ou une autre. Je pense que nous
devons penser aux problèmes potentiels liés à l’intégration sociale,
tout en nous demandant si nous avons vraiment besoin de tant de
gens et si nous devrions accueillir des cas qui peuvent se révéler
assez problématiques.
This is what I would like to leave you with. These questions do
have to be considered. We have among the highest per capita
immigration levels in the world. We are causing very dramatic
changes in the larger cities that could lead to serious problems,
and I think we should be looking at that earlier rather than later.
J’aimerais que vous y réfléchissiez, car il s’agit de questions que
nous devons nous poser. En effet, notre taux d’immigration par
habitant est parmi les plus hauts du monde, ce qui provoque des
changements spectaculaires dans les grandes villes. Ces
changements pourraient éventuellement poser de graves
problèmes, et je pense que nous devrions plutôt prévenir que guérir.
David Harris, Director, INSIGNIS Strategic Research Inc.:
Honourable senators, a decade or so ago I testified before a
United States congressional subcommittee that Canada was a
land of 29 million; today, that number has rocketed to almost
34 million. Canada’s immigration intake is the biggest per capita
in the world, at about a quarter million per annum. Immigration
Minister Jason Kenney boasted that we welcomed 519,000
newcomers altogether in a single, recent year.
David Harris, directeur, INSIGNIS Strategic Research Inc. :
Honorables sénateurs, il y a environ 10 ans, j’ai déclaré devant un
sous-comité du Congrès américain que le Canada comptait
29 millions d’habitants; depuis, la population a augmenté en
flèche, pour atteindre aujourd’hui presque 34 millions. Le Canada
accueille plus d’immigrants par habitant que n’importe quel pays
au monde, avec environ un quart de million par année. Le
ministre de l’Immigration, Jason Kenney, était fier d’annoncer
que nous avions récemment accueilli 519 000 nouveaux arrivants
au cours d’une même année.
One cannot discuss immigrant integration in the national
security and public safety context without appreciating the sheer
magnitude of Canada’s immigration, refugee and related intakes.
Such numbers may not be an issue on planets rejoicing in peace
Il est impossible de parler de l’intégration des immigrants au
Canada dans un contexte de sécurité nationale et publique sans
prendre en compte le nombre considérable d’immigrants, de
réfugiés et d’autres nouveaux arrivants que le pays accueille. On
18:68
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
and prosperity, but here on Earth, in Canada, things are different.
Mass immigration of Canada’s kind has potential adverse
consequences for security and stability.
n’aurait peut-être pas à se soucier de la question sur une planète
où règnent la paix et la prospérité, mais sur la Terre, et au
Canada, les choses fonctionnent différemment. L’immigration
massive telle qu’on la connaît au Canada peut entraîner des
conséquences fâcheuses sur la sécurité et la stabilité du pays.
Population movements are relevant to many Canadian security
challenges. CSIS Director Richard Fadden signalled concerns
about China’s political influence operations — operations that
can involve expatriates and others, and go directly to the
sovereignty and independence of this nation.
Les mouvements de population font partie intégrante d’un bon
nombre de défis liés à la sécurité nationale. Le directeur du SCRS,
Richard Fadden, a émis des inquiétudes au sujet des manœuvres
d’influence politique de la part de la Chine — des manœuvres qui
peuvent impliquer des expatriés ou d’autres individus, et affecter
directement la souveraineté et l’indépendance de notre pays.
Regarding terrorism, Ontario’s Court of Appeals recently
reflected with foreboding on the broadening vistas of violence in
an age of mega-terror. We face an existential threat, warned the
judge. Indeed, Iran, with its nuclear weapons’ development and
thousands volunteering for suicide missions, has an aggressive
presence in this very city, variously relying on and victimizing its
expatriates.
En ce qui a trait au terrorisme, la Cour d’appel de l’Ontario
s’est récemment penchée sur les perspectives grandissantes de la
violence dans une époque marquée par une peur omniprésente. En
effet, l’Iran, qui met au point des armes nucléaires et peut compter
sur des milliers de volontaires pour des missions suicides, se fait
activement remarquer dans la ville où nous nous trouvons
présentement, que ce soit en se faisant aider par ses expatriés ou
en les persécutant.
Let me focus on one of the leading threats: Islamic terrorism,
and its handmaiden, Islamism — that is, radical Islam. This
particularly instructive issue involves direct risks of violence, but
also an ideology that even in a nominally non-violent form
presents a challenge to social cohesion and constitutional rights.
Je me pencherai maintenant sur l’une des principales menaces :
le terrorisme islamiste, et sa servante, l’islamisme ou islam radical.
Cette question particulièrement instructive implique des risques
de violence directe, mais aussi une idéologie qui, même sous une
forme théoriquement non violente, est un défi à la cohésion
sociale et aux droits constitutionnels.
In recent years, tens of thousands came to Canada from
Muslim-majority lands. At a time when radical Islam is a threat
and nine of 10 Canadian Muslims are foreign-born, one must ask
about the attitudes newcomers bring from source countries. This,
especially when Mr. bin Laden has targeted our country.
Ces dernières années, des dizaines de milliers d’immigrants sont
venus au Canada en provenance de pays à majorité musulmane. À
une époque où l’islam radical est une menace, et où neuf
musulmans canadiens sur 10 sont nés à l’étranger, on ne peut que
s’interroger sur les attitudes que ceux-ci apportent de leur pays
d’origine, surtout quand on songe que M. ben Laden a pris notre
pays pour cible.
In former days of lower numbers, a newcomer’s radical
tendencies might more readily have been overwhelmed by
Canada’s ambient liberal-pluralist atmosphere. Today, however,
the huge intake means a growing number of ethnic concentrations
or enclaves, from six in 1981 to 254 in 2002, according to a
Canadian government study. This hints at increasing separation
of communities, some of it self-imposed, and the undermining of
integrationist hopes, notably including hopes of integration of
Charter values.
Lorsque les taux d’immigration étaient faibles, les tendances
radicales d’un nouvel arrivant pouvaient plus facilement être
noyées dans la masse libérale et pluraliste. Les arrivées massives
d’aujourd’hui supposent un nombre croissant de concentrations
ethniques ou d’enclaves qui, selon une étude du gouvernement
canadien, sont passées de 6 en 1981 à 254 en 2002. Cela pourrait
aussi supposer un isolement croissant — et quelquefois
volontaire — des communautés et la remise en cause des espoirs
d’intégration, surtout par rapport aux valeurs de la Charte.
Recent Pew Global attitudes surveys looked at Muslim
attitudes in several Muslim-majority countries. One can hardly
deduce from attitudes in a given country, the attitudes of émigrés
from that country. Some may leave homelands precisely
because they depart from homeland attitudes — may, indeed,
be bona fide refugees. Think of Christians, Jews and moderate
Muslims who for years have been persecuted under the Islamist
apartheid systems prevalent in a number of Muslim lands.
Nevertheless, poll results suggest security challenges for
Canada, present and developing.
Des sondages récents sur l’attitude des musulmans dans
plusieurs pays où ils constituent la majorité ont été menés dans
le cadre du Pew Research Center’s Global Attitudes Project. On
peut difficilement déduire, à partir des attitudes constatées dans
un pays donné, celles des émigrés de ce pays. En effet, certains
peuvent être partis, précisément parce que leurs attitudes n’étaient
pas conformes à celles de la majorité, faisant ainsi d’eux de
véritables réfugiés. Pensons aux chrétiens, aux juifs et aux
musulmans modérés, qui pendant des années ont été persécutés
dans les régimes d’apartheid islamiste répandus dans des pays
musulmans. En dépit de ces considérations, les sondages laissent
entendre pour le Canada des problèmes de sécurité, dès
maintenant et pour l’avenir.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:69
As hundreds fly from Egypt’s upheaval to Canada, consider
that 59 per cent of Muslim Egyptians prefer Islamists, radical
Muslims, in charge, versus 27 per cent wanting modernizers.
Eighty-four per cent favour death for converts from Islam, a fact
that has been noted by some fearful Coptic Christians in Canada.
Eighty-two per cent want death for adultery. Seventy-seven per
cent want whipping and amputations for thieves. One in five
Egyptian Muslims sympathizes with our al Qaeda enemy.
Roughly 20,000 permanent residents came from Egypt in the
past 10 years.
Alors que des centaines d’Égyptiens fuient les bouleversements
de leur pays pour s’installer au Canada, songez au fait que
59 p. 100 des Égyptiens musulmans préfèrent voir les islamistes, ou
musulmans radicaux, prendre le pouvoir, par rapport à 27 p. 100
qui privilégient les tenants du modernisme. Quatre-vingt quatre
pour cent sont en faveur de la peine de mort pour les musulmans
qui se sont convertis à une autre religion, fait inquiétant pour
certains chrétiens coptes du Canada. Quatre-vingt deux pour cent
veulent voir l’adultère sanctionné par la peine de mort et 77 p. 100
le vol sanctionné par le fouet ou l’amputation. Un musulman
égyptien sur cinq sympathise avec notre ennemi Al-Qaïda. Songez
maintenant qu’environ 20 000 résidents permanents sont venus
d’Égypte au cours des 10 dernières années.
In Jordan, Pakistan and Nigeria, those favouring death for
conversion amount to 86 per cent, 76 per cent and 51 per cent,
respectively. Thirty-four per cent of Jordanian and almost onehalf of Nigeria’s Muslims favour al Qaeda. As for the West’s
Iran-created Hezbollah enemy, 54 per cent of Jordanian Muslims
favour it, like 92 per cent of Lebanon’s Shia Muslims and 40 per
cent of Indonesian Muslims. Only about a one-third of Pakistan’s
Muslims view unfavourably the Islamic terror organization that
flailed Mumbai in 2008.
En Jordanie, au Pakistan et au Nigeria, les tenants de la peine
de mort pour conversion sont respectivement de 86, 76 et
51 p. 100. Trente-quatre pour cent des Jordaniens et près de la
moitié des musulmans du Nigeria sont en faveur d’Al-Qaïda.
Quant au Hezbollah, l’ennemi de l’ouest créé par l’Iran, il a la
faveur de 54 p. 100 des musulmans de Jordanie, 92 p. 100 des
musulmans chiites du Liban et de 40 p. 100 des musulmans
indonésiens. Seulement environ un tiers des musulmans du
Pakistan voit d’un mauvais œil l’organisation terroriste
islamique qui a frappé Mumbai en 2008.
Does extremism travel well? A 2007 Environics poll says 12 per
cent of Canadian Muslims could justify a Toronto 18 type plot
calling for mass-casualty attacks in Canada, including invading
these parliamentary precincts and beheading the Prime Minister.
That means that between 49,000 and 119,000 Canadians could
justify making war on fellow Canadians today. Perhaps such
attitudes are reflected in the increasing number of terrorism cases.
Est-ce que l’extrémisme s’exporte bien? Selon un sondage
réalisé par Environics en 2007, 12 p. 100 des musulmans
canadiens pourraient justifier le type de complot fomenté par
les 18 de Toronto et qui prévoyait de nombreuses victimes au
Canada, l’invasion du Parlement et la décapitation du premier
ministre. Autrement dit, entre 49 000 et 119 000 Canadiens
pourraient aujourd’hui justifier une guerre contre leurs
concitoyens. Peut-être que de telles attitudes expliquent le
nombre croissant de cas de terrorisme.
Meanwhile, troubling interests are indoctrinating our Muslim
youth. The Muslim Association of Canada, MAC, a major group,
boldly declares on its website its allegiance to the tradition of
Hassan al Banna and the Muslim Brotherhood — the
organization causing dread in Egypt and beyond.
Parallèlement, d’inquiétants groupes d’intérêt endoctrinent nos
jeunes musulmans. Une grande organisation, l’Association
musulmane du Canada, affirme haut et fort sur son site web
son allégeance à la tradition de Hassan al-Banna et des Frères
musulmans — la même organisation qui sème l’effroi en Égypte
et ailleurs.
This is problematic. The Muslim Brotherhood’s motto is:
‘‘Allah is our objective. The Prophet is our leader. The Qur’an is
our law. Jihad is our way. Dying in the way of Allah is our highest
hope.’’ The captured 1991 Muslim Brotherhood strategic plan for
Canada and the U.S. declares that:
Cette situation est problématique. La devise des Frères
musulmans est : « Allah est notre objectif, le Prophète notre
chef, le Coran notre loi, le djihad notre mode de vie, et mourir au
combat sur le chemin d’Allah notre plus grand espoir. » Selon le
plan stratégique pris aux Frères musulmans en 1991 et touchant le
Canada et les États-Unis :
The process of settlement — essentially colonization — is a
’Civilization-Jihadist Process,’ with all the word means. The
Ikhwan — the Muslim Brotherhood — must understand
that their work in America is kind of a grand jihad in
eliminating and destroying the Western civilization from
within and sabotaging its miserable house. . .
Le processus d’installation — essentiellement la colonisation —
est un « processus de civilisation djihadiste », avec tout ce que
cela implique. L’Ikhwan (fraternité musulmane) doit
comprendre que son travail en Amérique est une sorte de
grand djihad visant l’élimination et la destruction de la
civilisation occidentale de l’intérieur et le sabotage de sa
misérable demeure...
Among other organizations, there is also the disturbing
Canadian Council on American-Islamic Relations, CAIR-CAN,
the Canadian chapter of a Saudi-funded U.S. unindicted
co-conspirator organization. CAIR-CAN is known for its
Entre autres organisations, mentionnons aussi l’inquiétant
Conseil canadien des relations américano-islamiques, le
CAIR-CAN, chapitre de l’organisation coconspiratrice financée
par les Saoudiens et qui n’a fait l’objet d’aucune condamnation.
18:70
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
divisive, poorly documented insistence that Muslims are subject to
broad-ranging persecution in Canada. Under its first chair,
Dr. Sheema Khan, CAIR-CAN joined its U.S. mother
organization in unsuccessful ‘‘libel-lawfare’’ court assaults on
commentators and constitutional free expression, in an effort to
silence questions about CAIR and CAIR-CAN, their origins and
agenda. This record, incidentally, has not stopped the RCMP’s
Community Outreach Program, and a handful of other
government entities, from stumbling into dealings with
CAIR-CAN, much to the periodic embarrassment of officials.
Le Conseil est connu pour ses idées non documentées, qu’il diffuse
avec insistance et qui divisent l’opinion, selon lesquelles les
musulmans font l’objet d’une persécution à grande échelle au
Canada. Sous la gouverne de son premier président, M. Sheema
Khan, le Conseil s’est associé à l’organisation mère américaine
dans une campagne de procès en diffamation qu’il mènera en vain
contre tous les tenants de la libre expression en vertu de la
constitution. Il visait par là à réduire au silence les questions qu’il
suscitait, ses origines et son programme. Soit dit en passant, cette
réputation n’a pas empêché le Programme de sensibilisation
communautaire de la GRC et quelques autres instances
gouvernementales de conclure des ententes avec le Conseil, au
grand embarras des autorités.
Reacting to news that Canadian Muslim numbers,
currently 940,000, will triple by 2030, a prominent liberal Muslim
warned this week that:
À propos de l’information selon laquelle le nombre de
musulmans canadiens, qui est actuellement de 940 000, triplera
d’ici 2030, un éminent musulman libéral a fait cette semaine la
mise en garde suivante :
. . . what is different from other immigrant groups is there is
a subgroup among Muslims, I call Islamists, who come here
with the intention of destroying the social fabric of the
country. . . . That is very unusual for an immigrant group
and will be more of a problem in the future.
[...] Ce qui est différent des autres groupes d’immigrants,
c’est qu’il y a chez les musulmans un sous-groupe, que
j’appelle les islamistes, qui viennent ici avec l’intention de
détruire le tissu social du pays... C’est très inhabituel pour
un groupe d’immigrants et ce sera de plus un problème
à l’avenir.
Meanwhile, a few months ago, the moderate Muslim Canadian
Congress raised other issues of internal security. It declared itself
‘‘troubled by the fact that Islamists had managed to penetrate the
highest levels of the Ottawa bureaucracy and the political
apparatus of all political parties’’.
Parallèlement, le Congrès musulman canadien, qui est de
tendance modérée, a soulevé il y a quelque mois d’autres
questions de sécurité intérieure. Il s’est dit en effet « inquiet du
fait que les islamistes avaient réussi à pénétrer les plus hauts
niveaux de la bureaucratie d’Ottawa et de l’appareil politique de
tous les partis ».
Such arresting assertions must be tested and evaluated for
accuracy. In the meantime, the combination of religious violence,
sharia values, demographic shifts and associated considerations
means that it is high time that Canadians asked direct questions
about the managing of related policy, and the risks of failed
integration.
Il faut mettre en doute et évaluer l’exactitude d’affirmations
aussi péremptoires. En attendant et vus la violence religieuse, les
valeurs de la charia, les changements démographiques et autres
considérations connexes, il est grand temps que les Canadiens
posent ouvertement des questions sur la gestion des politiques en
la matière et sur les risques d’échec de l’intégration.
The Chair: Thank you to all of you for your submissions.
Obviously they are quite varied.
Le président : Merci à vous tous pour vos exposés, qui sont
certainement très variées.
Mr. Henderson, in terms of the collaboration issue that you
raise here, and it is a long-time issue for the FCM, are there
models of how this works well? Is it an uneven situation in terms
of consultations involving the municipal level of government?
M. Henderson, à propos de la question de collaboration que
vous soulevez ici, et il s’agit d’une question de longue date pour la
FCM, y a-t-il des exemples de collaboration réussie? Les nivaux
de consultation sont-il différents d’une municipalité à l’autre?
Mr. Henderson: The one model that seems to be working well
and is a good step in the right direction and certainly can be
looked at elsewhere is the Canada-Ontario-Toronto agreement.
The reality is there are a many things municipalities are already
doing because there are priorities for the communities that I think
are a major part of integrating people quickly and effectively into
our municipalities so they can become productive as quickly as
possible. That is what the municipalities want, that is what the
provinces want and is what the federal government wants. Just
being able to work together to make sure we are using all of those
things effectively and being able to collaborate on what those are
about is really critical and that is the one model out there that is
proving effective.
M. Henderson : Le modèle qui semble bien fonctionner et est
un bon pas dans la bonne direction — qui pourrait donc être
utilement imité — est l’entente entre le Canada, l’Ontario et la
ville de Toronto. En réalité, il y a déjà beaucoup de choses que
font les municipalités, car elles sont prioritaires pour la
collectivité, par exemple l’intégration la plus rapide et la plus
efficace possible des immigrants afin qu’ils deviennent productifs.
C’est ce que les municipalités veulent, c’est ce que les provinces
veulent et ce que le gouvernement fédéral veut. Le fait d’être en
mesure de collaborer pour s’assurer d’utiliser tous ces éléments de
manière efficace et en convenant de leurs tenants et aboutissants
est vraiment critique. C’est un modèle qui s’avère efficace.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:71
The Chair: Mr. Collacott, you said you were not impressed
with the advocates that need to have immigration to keep our
economy moving forward. A number of organizations have said
that — business organizations — and the Board of Trade in
Toronto. However, there is a fair bit of study that indicates we
have a demographic challenge of an aging population and a
shrinking workforce. What you seem to be talking about here is
slowing up the immigration and, if you are doing that, how will
you meet the needs of the workforce?
Le président : Monsieur Collacott, vous avez dit que vous
n’étiez pas impressionné par ceux qui prônent l’immigration pour
que notre économie puisse continuer de progresser. C’est ce que
font valoir par exemple certaines organisations et la Chambre de
commerce de Toronto. Cela dit, il y a pas mal d’études selon
lesquelles nous devons relever le défi d’une population vieillissante
et du déclin de la population active. De votre côté, vous semblez
prôner le ralentissement de l’immigration. Comment donc
répondrez-vous aux besoins de la population active?
Mr. Collacott: There is no question that there is a demographic
challenge. We know the number of people over 65 years of age as
a proportion of the population will almost double in the next
30 years. That has to be dealt with somehow.
M. Collacott : Il ne fait aucun doute qu’il y a un défi
démographique. Nous savons que la population âgée de plus de
65 ans va presque doubler dans les 30 prochaines années. Il faut
s’en préoccuper.
The fact is though that there are a lot of excellent analyses, one
of the best by the C.D. Howe Institute, that show immigration
simply is not a practical way of dealing with it. The C.D. Howe
Institute said if you want to keep the proportions the same between
people under 65 years and over 65 years, you have to get your
population up to 164.5 million by the year 2050, which is in
39 years, and you must bring in 7 million immigrants a year. The
reason for that is that immigration has almost no impact on the
proportion of older and younger people. Immigrants get older just
like Canadians and within a generation they have smaller families.
Beaucoup d’excellentes analyses ont été menées, l’une des
meilleures par l’Institut CD Howe, selon lesquelles l’immigration
n’est tout simplement pas un moyen pratique de régler le problème.
Selon l’institut, pour maintenir les mêmes proportions entre les
gens âgés de moins de 65 ans et ceux âgés de plus de 65 ans, il
faudrait que la population atteigne 164,5 millions d’habitants d’ici
l’an 2050, soit dans 39 ans. Et pour ce faire, il faudrait accueillir
7 millions d’immigrants par an. Cela s’explique par le fait que
l’immigration n’a pratiquement aucune incidence sur la proportion
de gens âgés et de jeunes. Les immigrants vieillissent comme
l’ensemble de la population canadienne et d’une génération à
l’autre leur nombre d’enfants diminue.
Yes, there is the problem of funding the larger percentage of
older people; but, no, immigration does not provide any kind of
practical solution. However, 90 per cent of Canadians believe that
we need immigrants because the population is getting older and
we need the workers. It is simply not true and it has been
documented over and over again that it is not true.
Certes, l’augmentation de la population âgée pose un problème
de financement, mais l’immigration n’offre pas de solution
pratique à cet égard. Or, 90 p. 100 des Canadiens croient que
nous avons besoin des immigrants parce que la population vieillit
et qu’il nous faut des travailleurs. Cela n’est tout simplement pas
vrai et a été documenté à maintes reprises.
On the Centre of Immigration Policy Reform website, you can
click on the C.D. Howe report. It provides some excellent
analysis, but I also deal with the same issues in my 2002 paper.
Sur le site web du Centre pour une réforme des politiques
d’immigration, vous trouverez un rapport de l’Institut C.D. Howe,
qui offre une excellente analyse de la situation, mais je traite des
mêmes questions dans mon article de 2002.
You look a little skeptical, Mr. Chair. Most Canadians believe
this firmly and it is absolutely untrue, so I have to be blunt. That
is not a justification for immigration.
Vous avez l’air un peu sceptique, monsieur le président. La
plupart des Canadiens le croient fermement et c’est absolument
faux. Je dois donc être franc. Ce n’est pas une justification pour
l’immigration.
The Chair: Mr. Harris, are you suggesting that we not allow
Muslims into the country because they might be one of these
percentages?
Le président : M. Harris, proposez-vous de ne pas laisser les
musulmans entrer au pays parce qu’ils pourraient être du
nombre?
Mr. Harris: We have to bring our numbers into line with public
safety is what is comes to, and that implies the capacity of the
government and security services effectively and meaningfully to
screen all people coming in from all parts of the world.
M. Harris : Nous devons en arriver à un nombre qui soit en
accord avec la sécurité publique, ce qui implique la capacité du
gouvernement et des services de sécurité de trier de façon efficace
et significative les gens arrivant du monde entier.
Part of the difficulty is that when one is talking about
519,000 newcomers, it is neither practically nor convincingly the
case that one can meaningfully screen these numbers. We deceive
ourselves in proceeding otherwise.
Une partie du problème vient du fait que lorsqu’on parle de
519 000 nouveaux arrivants, on n’arrivera pas à nous convaincre
qu’il est possible de les trier tous. C’est se tromper que de le croire.
18:72
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
It does not augur well that two of the immense, enormous
concentrations of individuals may include some individuals who
share self-isolating preferences that go completely against the
basic values, including the Charter values of this country. It does
not augur well in the somewhat dangerous world in which we
finding ourselves living today.
Il n’est pas de bon augure que deux immenses groupes soient
composés de gens qui préfèrent s’isoler, ce qui va complètement à
l’encontre de nos valeurs fondamentales, dont celles de la Charte.
Cela n’augure rien de bon dans le monde quelque peu dangereux
dans lequel nous vivons aujourd’hui.
The Chair: I point out that in the case of the Toronto 18 and in
a number of other countries, that many of the terrorists are
domestic folks, people born in the country or raised in the country
since childhood. What are you suggesting?
Le président : Je vous signale que dans le cas des 18 de
Toronto, ainsi que dans d’autres pays, bien des terroristes étaient
des nationaux, des gens nés dans le pays ou qui y avaient été
élevés depuis l’enfance. Qu’en dites-vous?
Mr. Harris: That is precisely correct. When you look at those
situations, including the Toronto 18, you find there is a symbiotic
relationship between some of those who are homegrown and
those who are foreign-born or have come from abroad.
M. Harris : Vous avez parfaitement raison. Dans ces cas-là,
dont celui des 18 de Toronto, on constate une relation
symbiotique entre certains de ceux qui viennent de chez nous et
ceux qui sont nés à l’étranger ou en viennent.
This is complicated immensely by the fact that we are finding a
great deal of money pouring into various Islamist facilities in
Canada from Gulf and other radical jurisdictions. I salute the
work of the Muslim Canadian Congress, a brave group of people
who have consistently and constantly, often in the face of
considerable opposition from Islamist interests stated this case
and what I am pointing out here today.
Le fait que l’argent coule à flot en provenance du Golfe et
d’autres pays vers divers établissements islamistes radicaux du
Canada, vient énormément compliquer la situation. Je salue donc
le travail du Congrès musulman canadien, composé de gens
courageux, qui n’a eu de cesse, souvent face à une opposition
considérable des intérêts islamistes, de faire valoir les arguments
que je porte aujourd’hui à votre attention.
Senator Meredith: Mr. Harris, you have painted a dismal
picture of the Muslim community in that it seems you are
classifying almost all Muslims immigrants as problematic.
Le sénateur Meredith : Monsieur Harris, vous avez brossé un
sombre tableau de la communauté musulmane en classant comme
gens à problèmes presque tous leurs membres.
When you look at some of the reports in the last few months
with respect to terrorism, and the fact that a lot of the attacks
were not even done by Muslims, but there were other groups that
were reported to be Muslims and these reports were in the media,
it is troubling.
Lorsqu’on examine les rapports des derniers mois sur le
terrorisme et le fait que nombre de ces attaques n’ont même pas
été lancées par des musulmans, mais par d’autres groupes signalés
comme musulmans et que ces rapports étaient diffusés par les
médias, on ne peut qu’être troublé.
My background is dealing with and working with the faith
community. There are many moderate faith leaders; there are
those who love this country and have embraced this country and
have made great contributions to this country. I am a little taken
aback by your report. This type of hype that puts Canada on edge
takes me aback.
Mon expérience m’a amené à travailler avec la communauté
des fidèles. Les chefs religieux modérés sont nombreux. Ils aiment
ce pays, ils l’ont adopté et y ont fait d’immenses contributions. Je
suis un peu surpris par votre rapport. Ce type de battage
médiatique qui place le Canada sous tension me surprend.
Are you suggesting that we start screening just Muslims to
ensure that they are not a security risk? Are you suggesting that
we are not doing that?
Voulez-vous dire qu’il faut commencer à trier les seuls
musulmans pour être sûr qu’ils ne présentent pas de risque
sécuritaire? Nous reprochez-vous de ne pas le faire?
Mr. Harris: First, I believe that I repeatedly in the course of my
statement referred to ‘‘moderate Muslims,’’ among whom I count
a considerable number of my associates and sources. These people
are the heroes of this country and have stood up against a number
of threats, which are deepening and broadening even as we speak.
I want to make that clear. My statement is available to the
committee. It has been submitted and it is beyond any kind of
doubt as to the gist of what I am saying in that regard.
M. Harris : Tout d’abord, je crois avoir fait à maintes reprises
dans ma déclaration allusions aux « musulmans modérés » qui
constituent un nombre considérable de mes associés et de mes
sources. Ces gens sont les héros de ce pays et se sont dressés contre
un certain nombre de menaces, qui s’accentuent et s’élargissent en
ce moment même. Je veux être clair. Ma déclaration est à la
disposition du comité. Elle a été présentée et ne fait pas l’ombre
d’un doute sur la teneur de ce que j’ai dit en substance.
We face a serious threat. We will have to look at people from
the perspective of radicalism, that is, those individuals as
newcomers who may bring with them values that are
specifically hostile to the Canadian Charter and, indeed, to their
fellow future citizens. This is an important situation.
Nous faisons face à une menace sérieuse. Nous devrons déceler
le radicalisme, celui des nouveaux arrivants porteurs de valeurs
précisément hostiles à la Charte canadienne et, en fait, à leurs
futurs concitoyens. La situation est grave.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:73
You will forgive my bridling at the suggestion of hype. We
have avoided almost heroically, for many years the harsh realities
that we now face. These realities endanger, first and foremost,
moderate Muslims.
Vous me pardonnerez de m’élever contre l’accusation de
battage médiatique. Nous avons évité presque héroïquement,
pendant de nombreuses années, les dures réalités que nous
connaissons aujourd’hui. Ces réalités mettent avant tout en
danger les musulmans modérés.
Let me give you an example from within days, not weeks or
months. Mr. Tarek Fatah, a distinguished Muslim writer,
founder of a Muslim rights organization in this country, was
prevented on police advice this past Friday from engaging in a
debate with an imam at the NAMF mosque in Scarborough,
Ontario, because the police could not guarantee his safety. There
were a number of associated reasons I would be happy to go into
as to why this was conceived to be the case.
Permettez-moi de vous donner un exemple qui remonte non
pas à des semaines ou à des mois, mais à quelques jours. M. Tarek
Fatah, distingué écrivain musulman et fondateur d’une
organisation des droits des musulmans au pays s’est vu
interdire, sur les conseils donnés par la police vendredi dernier,
un débat avec un imam à la mosquée NAMF à Scarborough, en
Ontario. Le motif invoqué est que la police ne pouvait pas
garantir sa sécurité. Il y avait d’autres raisons entourant l’affaire
et que je serais heureux de vous présenter.
We found, although this may or may not be directly relevant,
that a few weeks ago Library and Archives Canada in effect
banned the film Iranium based on representations from that
esteemed democracy Iran, and possible fellow travellers within
this city of that country.
Ce n’est peut-être pas directement pertinent à l’affaire, mais il y
a quelques semaines Bibliothèque et Archives Canada a interdit le
film Iranium en acceptant les représentations faites par l’estimée
démocratie de l’Iran et dans l’éventualité qu’il y ait en ville des
touristes de ce pays.
A Canadian Muslim has just gone abroad and has been
prevented from speaking at the University of Birmingham in
England because the police could not guarantee her safety. This is
going on and I might suggest that it is largely unknown to even
our legislators and political leaders.
Une musulmane canadienne s’est vue interdire de prendre la
parole à l’Université de Birmingham en Angleterre parce que la
police ne pouvait pas garantir sa sécurité. Et ce ne sont pas les
seuls cas qui, je crois, échappent à la connaissance même de nos
législateurs et dirigeants politiques.
It is extremely valuable that you have highlighted these crucial
issues, including the tremendous efforts being made by bona fide
moderates. In some ways it is a regrettable term to have to use, to
talk in terms of moderates versus others, but there are many
individuals and groups who masquerade, who are sometimes
described as ‘‘faux moderates,’’ and who even find their way in
front of various parliamentary committees in that guise. That is
the extent of my response.
Les questions cruciales que vous avez soulevées, dont les efforts
considérables déployés par les modérés de bonne foi, sont
extrêmement intéressantes. À certains égards, il est regrettable
de parler des « modérés » par rapport aux autres, mais il y a
beaucoup de particuliers et de groupes qui se font passer comme
tels — on les qualifie parfois de « faux modérés » — qui
s’arrangent même sous ce couvert à se faire entendre par des
comités parlementaires. Voilà ce que j’ai à dire.
Senator Meredith: You talked, and the chair has already raised
this with you, about the levels of immigration. We know that
immigrants — I came to this country over 35 years ago — make
great contributions to this country. We know that culturally and
economically when immigrants come here — whether they be
from Sri Lanka, India or elsewhere — there is a sense of let us give
back, let us contribute. Within the GTA, an individual from Sri
Lanka who has been here for 20 years is now feeding the poor. He
has put his two daughters through university and has contributed
well to the Canadian society.
Le sénateur Meredith : Vous avez parlé, et le président a déjà
abordé la question avec vous, des niveaux d’immigration. Nous
savons que les immigrants — je suis venu dans ce pays il y a
35 ans — font de grandes contributions à ce pays. Nous savons
que lorsque les immigrants viennent ici — que ce soit du Sri
Lanka, de l’Inde ou d’ailleurs — se sentent redevables et
souhaitent apporter leur contribution aux plans culturel et
économique. Dans la région du Grand Toronto, un Sri-lankais
qui est ici depuis 20 ans donne aujourd’hui à manger aux pauvres.
Il a envoyé ses deux filles à l’université et a contribué ainsi à la
société canadienne.
On your position of let us curtail or let us look at the numbers
that are coming in, we see a decline in the demographics and the
age of Canadians in terms of population growth in some of our
cities. I understand the security aspect. I understand we need to
screen individuals who come to this country to ensure they will be
contributors. However, I believe we need to put the mechanisms
in place to ensure the immigrants who come here receive the
necessary tools to succeed; thus the allocation of resources and
our welcoming centres to get them up and running. I think they
are great contributors to this country.
À propos de votre position sur la question de savoir s’il faut
restreindre l’immigration ou en surveiller les volumes, nous
constatons une baisse de la démographie et le vieillissement de
la population dans certaines de nos villes. Je comprends l’aspect
sécurité. Je comprends que nous cherchions à savoir si les
candidats à l’immigration vont contribuer à la société. Cependant,
je crois que nous devons mettre en place les mécanismes qui leur
fourniront les outils nécessaires pour réussir; d’où la nécessité de
dégager des ressources et d’ouvrir des centres d’accueil pour qu’ils
soient rapidement fonctionnels. Je pense en effet qu’ils apportent
d’immenses contributions à ce pays.
18:74
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
On your point of saying we should govern, what is the basis of
that in terms of the numbers we need to have in this country to
allow our economies to grow and so forth?
À propos de votre commentaire sur la nécessité de gouverner,
quels sont les volumes d’immigrants que nous devrions avoir pour
que nos économies puissent continuer de se développer?
Mr. Collacott: The research shows that we do need some
immigrants, but we need to do a better job of getting Canadians
into the workforce and providing training.
M. Collacott : La recherche montre que nous avons besoin
d’immigrants, mais nous devons faire plus pour intégrer les
Canadiens au marché du travail et pour les former.
I will quote from Alan G. Green, an emeritus professor of
economics at Queen’s University. Professor Green pointed out
that we ‘‘. . . have the educational facilities to meet our domestic
needs for skilled workers in all but extreme circumstances.’’ He
goes on to note that in bringing in workers from abroad, we
‘‘substitute for the education of domestic workers.’’
Alan G. Green, professeur émérite d’économie à l’Université
Queen’s a déclaré à ce sujet : « Nous avons assez d’établissements
d’enseignement pour répondre à nos besoins en main-d’œuvre
qualifiée dans toutes les circonstances, à de rares exceptions près »
et il ajoute : « faire venir des travailleurs de l’étranger ne doit pas
se substituer à l’éducation de nos propres travailleurs. »
I do not think we have looked carefully enough at whether we
are doing enough for Canadians, and by ‘‘Canadians,’’ I include
people already here from other countries. I think we want to make
our immigrants as successful as possible. Garnett Picot told us,
pretty dramatically, that many newcomers are not successful.
Some of their children are doing better and I would like to make
comments on that interesting area but I do not have time.
Je ne pense pas que nous ayons suffisamment cherché à savoir
si nous en faisons assez pour les Canadiens, et par « Canadiens »,
j’entends les immigrants déjà installés ici. Nous voulons — je
crois — que nos immigrants réussissent le mieux possible. Garnett
Picot nous a dit, de façon assez claire, que beaucoup d’entre eux
n’y arrivent pas. Certains de leurs enfants s’en sortent mieux.
J’aurais voulu faire des commentaires sur cet intéressant sujet,
mais je n’ai pas le temps.
The fact is that recent immigrants are not doing as well as
earlier immigrants. There are estimated to be quite large costs for
Canadians, which I can go into probably another day — tens of
billions a year.
Le fait est que les immigrants récents ne réussissent pas aussi
bien que leurs prédécesseurs. On pense qu’ils coûtent très chers
aux Canadiens — des dizaines de milliards par an — ce dont je
parlerai sans doute un autre jour.
What is critical is that we should be using more Canadians.
When you bring in large numbers of workers from abroad, you
discourage Canadians from getting into the job market. We have
to strike a better balance between how many immigrants we need
and how well we are drawing into the workforce people who are
already here — Canadians and permanent residents who have
already arrived.
Ce qui est critique, c’est que nous devrions utiliser plus de
Canadiens. Quand vous faites venir un grand nombre de
travailleurs de l’étranger, vous découragez les Canadiens
d’entrer sur le marché du travail. Nous devons trouver un
meilleur équilibre entre le nombre d’immigrants dont nous avons
besoin et les modes d’intégration de ceux qui sont déjà ici — les
Canadiens et les résidents permanents.
Rather than bringing in massive additional numbers, we have
to do a better job of making sure the people here are successful
economically and in integrating. The current numbers do not
augur well.
Plutôt que d’augmenter la masse d’immigrants, nous devons
faire plus pour faire en sorte que les gens qui sont déjà ici
réussissent au plan économique et s’intègrent. Les chiffres réels ne
sont pas de bon augure.
Senator Dyck: Thank you for your presentations. You have
covered many important and sensitive topics.
Le sénateur Dyck : Je vous remercie de vos exposés. Vous avez
couvert de nombreux sujets importants et sensibles.
My first question has to do with the need for immigration in
terms of the labour market. Mr. Henderson, you said that 100 per
cent of our new labour growth will come from new immigrants.
Mr. Collacott argues that we do not need to bring in immigrants.
La première question que je me pose a trait à la nécessité de
l’immigration pour avoir de la main-d’œuvre. M. Henderson
affirme que 100 p. 100 de la main-d’œuvre à venir sera composée
d’immigrants. M. Collacott fait valoir que nous n’avons pas
besoin d’immigrants.
My question is, with respect to the Prairies, and Saskatchewan
in particular, which is where I am from. With Manitoba and
Saskatchewan combined, we have one-third of the entire Canadian
Aboriginal population, and in each of those provinces, Aboriginals
make up about 15 per cent of the population.
Je m’interroge aussi au sujet des Prairies, et en particulier de la
Saskatchewan, d’où je viens. À eux deux, le Manitoba et la
Saskatchewan comprennent un tiers de toute la population
autochtone, qui, dans chacune de ces provinces, représente
environ 15 p. 100 de la population.
In terms of filling labour shortages, do you think we need to
focus on that population?
Pensez-vous que nous devons nous concentrer sur cette
population pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre?
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:75
Mr. Henderson: I would say absolutely. I do not want to speak
on behalf of the city of Edmonton because I know you have one
of our people working on diversity inclusion coming to speak to
you next week. They are also working on precisely that question.
We do not differentiate in the city of Edmonton.
M. Henderson : Absolument, à mon avis. Je ne parlerai pas de
la ville d’Edmonton, puisque l’un de nos agents qui se spécialise
sur l’inclusion et la diversité viendra en parler la semaine
prochaine. Et c’est précisément la question qui les intéresse. À
Edmonton, nous ne faisons pas de différence.
What I would say from the city’s perspective is we are keenly
aware that any growth and economic growth in our city must be
from finding new sources of labour. Again, I will use my own city
as an example: Part of the pressure is coming from the Edmonton
Economic Development Corporation, which recognizes the
labour force shortages will be a big problem for growth. I know
the same is true in Saskatchewan. You have had substantial
growth in the last while and we know three years ago we got in a
real bind, and I do not think that kind of situation will go away.
Je dirais ceci à propos de la façon dont la ville voit les choses :
nous sommes bien conscients du fait que pour croître et
progresser économiquement, la ville a encore besoin de maind’œuvre. Je vais encore prendre ma ville comme exemple : la
pression provient en partie de la société de développement de la
ville d’Edmonton, qui reconnaît que le manque de main-d’œuvre
sera un gros problème pour la croissance. Je sais qu’il en va de
même en Saskatchewan. La province a connu une croissance
importante ces derniers temps et il y a trois ans, elle s’est retrouvée
dans une vraie impasse. Et je ne pense pas que ce genre de
situation va se régler.
We need to absolutely develop and better use the people we
have. We need to better integrate everyone who is underutilized.
We are going to be short of skilled people, and if we want growth
in any of these areas, it will have to be fuelled from immigration.
That is what the numbers are telling us.
Nous devons absolument développer et mieux utiliser notre
main-d’œuvre. Nous devons mieux intégrer tous ceux qui sont
sous-utilisés. Nous allons être à court de personnel qualifié, et si
nous voulons la croissance dans l’un de ces domaines, elle devra
venir de l’immigration. C’est ce que révèlent les chiffres.
Mr. Vineberg: I want to comment on the economic impact of
the levels of immigration and also the security issues that
Mr. Harris raised.
M. Vineberg : Je voudrais faire un commentaire sur l’impact
économique des niveaux d’immigration et les questions de sécurité
que M. Harris a soulevées.
On immigration levels, probably the best study of the economic
impact was a 1991 Economic Council of Canada study entitled,
New Faces in the Crowd: Economic and Social Impacts of
Immigration. It agreed that immigration did not have a huge
impact in increasing per capita GDP; it was very marginal.
However, you should consider two other things. While Canada is a
country with one of the highest GDPs per capita in the world, why
should bringing in immigrants increase the overall GDP? What
larger numbers of immigrants do is basically amortize the cost of
the infrastructure of this vast country. We do not build new
airports for immigrants coming into the country; we do not
increase the size of the Department of National Defence for the
number of new immigrants coming into this country. However, as
the immigrants establish themselves and start paying taxes, the
overall cost of government in Canada, per capita, should go down.
There should be a financial advantage to all Canadians having
more people funding the governmental activities in the country.
C’est le Conseil économique du Canada qui a probablement
publié en 1991 la meilleure étude sur la portée économique de
l’immigration, Le nouveau visage du Canada : incidence économique
et sociale de l’immigration. On y affirme que l’immigration n’a pas
eu d’incidence significative sur l’augmentation du PIB par habitant,
mais une incidence très marginale. Il faut cependant tenir compte
de deux autres facteurs. Si le Canada a l’un des PIB les plus élevés
par habitant au monde, pourquoi l’immigration augmenterait-elle
son niveau global? Fondamentalement, l’accroissement de
l’immigration amortit le coût des infrastructures de ce vaste pays.
L’arrivée des nouveaux immigrants ne nous force pas à construire
des aéroports ou augmenter la taille du ministère de la Défense
nationale. Mais lorsque ceux-ci s’établissent et commencent à payer
des taxes, le coût global du gouvernement par habitant diminue. Il
est logiquement avantageux que plus de gens financent les activités
du gouvernement.
In terms of the potential security risk posed by Islamists, I
think the committee may want to speak to Mr. Fadden or other
people in CSIS in terms of the security screening process for
people from the Middle East.
À propos des risques à la sécurité que pourraient poser les
islamistes, je pense que le comité voudra peut-être entendre
M. Fadden ou d’autres agents du SCRS qui nous parleraient des
contrôles dont font l’objet les gens du Moyen-Orient.
During the Cold War when we had no ability to effectively
screen people from behind the Iron Curtain, very few immigrants
were admitted to Canada because they could not get a security
clearance. If we are having trouble screening people from certain
countries in the Middle East because of Islamic fundamentalism,
perhaps we need to look at certain specific restrictions based on
Pendant la guerre froide, nous n’avions pas la capacité de trier
efficacement les gens qui venaient de derrière le rideau de fer.
Ainsi, très peu de candidats ont été admis au Canada parce qu’ils
ne pouvaient pas obtenir d’habilitation de sécurité. Si nous avons
de la difficulté à sélectionner des gens provenant de certains pays
du Moyen-Orient en raison de l’intégrisme islamique, nous
18:76
Social Affairs, Science and Technology
3-2-2011
individuals and the inability to assess them properly rather than
any blanket refusal to bring in certain groups, which would
amount to discrimination and would be contrary to the Charter.
devrions peut-être envisager certaines restrictions en fonction des
candidats et tenir compte de l’impossibilité de les évaluer
correctement, plutôt que de refuser généralement l’entrée de
certains groupes, ce qui équivaudrait à une discrimination et serait
contraire à la Charte.
Mr. Collacott: As Mr. Henderson pointed out, 100 per cent of
our increase in workforce will come from immigration; that is
true. We are now somewhere between 70 per cent and 100 per
cent. The fact is that a country’s prosperity does not depend on a
constantly growing workforce; it depends on good economic
policies and high levels of productivity. It is quite correct, 100 per
cent will be from immigration but the fact is that will not increase
our well-being.
M. Collacott : Comme l’a souligné M. Henderson, le
doublement de notre main-d’œuvre proviendra de l’immigration,
et c’est vrai. Les taux sont aujourd’hui de l’ordre de 70 à
100 p. 100. Le fait est que la prospérité d’un pays ne dépend pas
d’une main-d’œuvre sans cesse croissante, mais de bonnes
politiques économiques et de niveaux élevés de productivité. C’est
donc bien vrai, le doublement de notre main-d’œuvre proviendra de
l’immigration, mais cela n’augmentera pas notre bien-être.
Productivity is an interesting question because one of the
reasons for Canada’s lag in productivity is that we have
substituted labour for capital investments that will increase
productivity. I am glad that Mr. Vineberg mentioned the
Economic Council of Canada report. The report is 20 years old
but it was spot on concerning almost all the issues.
La productivité est une question intéressante parce que l’une
des raisons pour lesquelles celle du Canada est à la traîne est que
nous avons substitué par la main-d’œuvre les investissements en
capitaux qui lui sont propices. Je suis heureux que M. Vineberg
ait mentionné le rapport du Conseil économique du Canada.
Certes, ce rapport date de 20 ans mais il reste d’actualité sur la
quasi-totalité des questions.
On the question of infrastructure, actually, we did need
immigrants to justify our infrastructure when we built the
national railways and we needed more people to use them. The
railways were first among promoting high immigration.
À propos des infrastructures, nous avons eu besoin des
immigrants pour construire les chemins de fer nationaux et
nous avons besoin de gens pour les utiliser. Ce sont donc les
chemins de fer qui ont le plus justifié l’immigration.
New infrastructure, particularly around major cities is
extremely costly. In fact it is more costly than beneficial in
many respects, so infrastructure creation is interesting, yes, we
need more because of immigrants but no, it is costing us, it is not
saving us.
Les nouvelles infrastructures par contre, en particulier celles
qui sont construites en périphérie des grandes villes, sont
extrêmement coûteuses. À bien des égards, leurs coûts dépassent
leurs avantages. Les nouvelles infrastructures sont utiles, et nous
en avons besoin à cause des immigrants, mais elles sont coûteuses
et ne nous font rien épargner.
The Chair: Let me point out that the purpose of our study is
social inclusion. We are not strictly dealing with the question of
immigration, but how people integrate into our society and how
we can improve upon the cohesion and the inclusion in our
society of people coming to this country.
Le président : Permettez-moi de souligner que le but de notre
étude est l’inclusion sociale. Nous ne parlons pas strictement
d’immigration, mais de la façon dont les gens s’intègrent dans la
société et des moyens d’améliorer la cohésion et l’inclusion des
nouveaux venus.
Senator Callbeck: Mr. Henderson, you talked about
municipalities being left out of immigration policy development
and program design. In answer to a question from the chair, you
said that you felt Ontario had a good model. Can you tell us
about that model?
Le sénateur Callbeck : Monsieur Henderson, vous avez parlé
des municipalités qu’on ne consulte pas à propos de la conception
du programme et des politiques d’immigration. En réponse à une
question du président, vous avez dit que, à votre avis l’Ontario
avait un bon modèle. Pouvez-vous nous en parler?
Mr. Henderson: My understanding of that model, and I
apologize if I do not have all the details, and I believe it is
specific to a memorandum of understanding between Toronto, the
Ontario government and the Government of Canada. The MOU is
to get together and have a look at provision of services around
integration to ensure that services are being used effectively, that
they fit together, that all the bases are being covered.
M. Henderson : Ce que je comprends de ce modèle — et je suis
désolé de n’en pas connaître tous les détails —, c’est qu’il s’agit
d’un protocole d’entente entre Toronto, le gouvernement de
l’Ontario et celui du Canada. Il prévoit le regroupement de tous
les services associés à l’intégration afin que ces services soient
utilisés efficacement, qu’ils s’imbriquent les uns dans les autres et
qu’ils couvrent tous les besoins fondamentaux.
Clearly, Toronto has been in a situation for many years where
it has been dealing with these questions. The major advantage is it
allowed all the orders of government to sit down and look at what
they were doing and actually make sure that this was being put
forward and delivered in a way that made sense, was effective, and
actually dealt with many of the questions that have arisen.
Toronto a eu manifestement à traiter de ces questions pendant
de nombreuses années. Le principal avantage du protocole est
qu’il a permis à tous les ordres de gouvernement d’examiner leurs
mesures respectives et de les appliquer de manière cohérente et
efficace, et en fonction des besoins.
3-2-2011
Affaires sociales, sciences et technologie
18:77
It is an interesting model that could be used but I would also
stress that every municipality has different concerns. Part of this is
about working with municipalities to ensure we can deal with the
specific, on-the-ground work being done, and ensuring that all the
players, which includes the province and the federal government
as a primary player, can look at what is being done to meet what
is a collective goal for all of us.
C’est un modèle intéressant qui mérite d’être imité, mais je
voudrais aussi souligner que chaque municipalité a ses propres
préoccupations. Il convient notamment de collaborer avec elles
pour traiter des particularités de leur situation et des mesures qui
sont prises sur le terrain, et de veiller à ce que tous les
intervenants, dont la province et le gouvernement — qui est
l’intervenant de premier plan — puissent examiner ce qui ce fait
pour atteindre l’objectif collectif auquel nous aspirons tous.
Senator Callbeck: How long has that agreement been in effect?
Le sénateur Callbeck : Depuis quand l’entente est-elle
en vigueur?
Mr. Henderson: I think it is pretty recent; five years.
M. Henderson : Elle est assez récente; elle remonte à cinq ans,
je crois.
The Chair: Thank you very much. Senator Martin’s question
has been answered. You have given us a lot of useful information.
We will carry on next week on our study on social inclusion.
(The committee adjourned.)
Le président : Je vous remercie beaucoup. On a répondu à la
question du sénateur Martin. Vous nous avez donné beaucoup
d’informations utiles. Nous poursuivrons la semaine prochaine
notre étude sur l’inclusion sociale.
(La séance est levée.)
Canada’s Response to the
2009 H1N1 Influenza Pandemic
The Honourable Art Eggleton, P.C.
Chair
The Honourable Kelvin K. Ogilvie
Deputy Chair
Standing Senate Committee on
Social Affairs, Science and
Technology
December 2010
For more information please contact us
by email SOC-AFF-SOC@sen.parl.gc.ca
by phone: (613) 990-0088
toll-free: 1 800 267-7362
by mail: The Standing Senate Committee on
Social Affairs, Science and Technology
Senate, Ottawa, Ontario, Canada, K1A 0A4
This report can be downloaded at:
http://senate-senat.ca/SOCIAL.asp
Ce rapport est également offert en français
TABLE OF CONTENTS
THE COMMITTEE ....................................................................................................................... iii
ORDER OF REFERENCE ............................................................................................................ iv
GLOSSARY ................................................................................................................................... v
EXECUTIVE SUMMARY .......................................................................................................... vii
1.
INTRODUCTION................................................................................................................. 1
2.
CONTEXT ............................................................................................................................ 1
1. Overview of Influenza Pandemics ........................................................................................ 1
a.
The Spanish Flu: 1918–1919 ........................................................................................ 2
b.
The Asian Flu: 1957–1958 ........................................................................................... 2
c.
The Hong Kong Flu: 1968–1969 .................................................................................. 2
2. International Preparedness and Response ............................................................................. 3
a.
WHO International Health Regulations ....................................................................... 3
b.
WHO Pandemic Influenza Preparedness and Response............................................... 4
c.
North American Pandemic Plan ................................................................................... 6
d.
The Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector .................................... 7
3. Roles of the Federal, Provincial and Territorial Governments in Public Health ................ 10
a.
Public Health: A Shared Authority............................................................................. 12
b.
Constitutional Sources of Provincial Jurisdiction over Public Health ....................... 12
c.
Constitutional Sources of Federal Jurisdiction over Public Health ............................ 13
d.
Limits of Federal and Provincial Powers in Public Health: ....................................... 15
4. Organization of public health delivery in Canada ............................................................... 16
a.
Federal ........................................................................................................................ 16
b.
Provincial/Territorial .................................................................................................. 20
c.
Municipal/regional...................................................................................................... 20
5. The 2009 Influenza H1N1 Pandemic .................................................................................. 21
3.
COMMITTEE FINDINGS ................................................................................................. 23
1. Roles and Responsibilities of the Federal, Provincial and Territorial (F/P/T) Governments
in Public Health ................................................................................................................... 23
2. Canada’s Pandemic Influenza Plan for the Health Sector................................................... 25
i
3. Communications and Messaging ........................................................................................ 27
4. Vaccines and Antivirals ...................................................................................................... 30
a.
Vaccines...................................................................................................................... 30
b.
Antivirals .................................................................................................................... 35
5. Data Collection, Surveillance and Analysis ........................................................................ 35
6. Capacity for Public Health Service Delivery ...................................................................... 38
7. Collaboration and Consultation ........................................................................................... 39
8. First Nations and Inuit ......................................................................................................... 40
9. Research .............................................................................................................................. 42
4.
RECOMMENDATIONS .................................................................................................... 45
1. Roles and Responsibilities of the Federal, Provincial and Territorial Governments in Public
Health .................................................................................................................................. 45
2. The Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector ........................................... 45
3. Communications and Messaging ........................................................................................ 46
4. Vaccines and Antivirals ...................................................................................................... 48
5. Data Collection, Surveillance and Analysis ........................................................................ 49
6. Capacity ............................................................................................................................... 50
7. Collaboration and Consultation ........................................................................................... 50
8. First Nations and Inuit ......................................................................................................... 51
9. Research .............................................................................................................................. 52
5.
CONCLUSION ................................................................................................................... 54
APPENDIX A ............................................................................................................................... 55
ii
THE COMMITTEE
The following Senators have participated in the study:
The Honourable Art Eggleton, P.C., Chair of the committee
The Honourable Kelvin K. Ogilvie, Deputy Chair of the committee
and
The Honourable Senators:
David Braley;
Catherine Callbeck;
Andrée Champagne, P.C.;
Jane Cordy;
Jacques Demers;
Lillian Eva Dyck;
Nicole Eaton;
Yonah Martin;
Pana Merchant;
Judith Seidman.
Ex-Officio members of the committee:
The Honourable Senators Marjory LeBreton, P.C. (or Gérald Comeau) and James Cowan
(or Claudette Tardif).
Other Senators who have participated from time to time in the study:
The Honourable Senators Dickson, Fairbairn, Kochhar, Lang, Marshall, Poirier and
Wallace.
STAFF OF THE COMMITTEE
Odette Madore, Chief, Social, Health and Cultural Affairs Section, Parliamentary Information
and Research Service, Library of Parliament;
Sonya Norris, Analyst, Parliamentary Information and Research Service, Library of Parliament;
Molly Shinhat, Communications Officer, Communications Directorate;
Diane McMartin, Administrative Assistant; and
Jessica Richardson, Clerk of the committee.
iii
ORDER OF REFERENCE
Extract from the Journals of the Senate, Monday, June 28, 2010:
The Honourable Senator Ogilvie moved, seconded by the Honourable Senator
Eggleton, P.C.:
That the Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and Technology be
authorized to examine and report on Canada's pandemic preparedness;
That in particular the Committee be authorized to examine issues concerning
Canada's past pandemic preparedness, lessons learned from the response to the 2009
pandemic virus (H1N1), the roles of all levels of government in pandemic preparedness,
and Canada's future pandemic preparedness;
That the Committee's examination include processes and ethical issues related to
pandemic preparedness;
That the Committee submit its final report no later than October 31, 2010, and that
the Committee retain all powers necessary to publicize findings of the Committee until
January 31, 2011.
After debate,
The question being put on the motion, it was adopted.
Extract from the Journals of the Senate, Tuesday, September 28, 2010:
The Honourable Senator Eggleton, P.C. moved, seconded by the Honourable Senator
Smith, P.C.:
That notwithstanding the order of the Senate adopted on June 28, 2010, the date for
the presentation of the final report by the Standing Senate Committee on Social Affairs,
Science and Technology on Canada's pandemic preparedness be extended from October
31, 2010 to December 31, 2010 and that the date until which the committee retains
powers to allow it to publicize its findings be extended from January 31, 2011 to March
31, 2011.
The question being put on the motion, it was adopted.
Gary W. O’Brien
Clerk of the Senate
iv
GLOSSARY
CEPR – Centre for Emergency Preparedness and Response
CFIA – Canadian Food Inspection Agency
CIHR – Canadian Institutes of Health Research
CMOH – Chief Medical Officer of Health
CPHLN – Canadian Public Health Laboratory Network
CPHO – Chief Public Health Officer
CPIRN – CIHR-PHAC Influenza Research Network
EA – Emergencies Act
EMA – Emergency Management Act
EOC – Emergency Operations Centre
FNIHB – First Nation and Inuit Health Branch (Health Canada)
F/P/T – Federal/Provincial/Territorial
GSK – GlaxoSmithKline
IDEPB – Infectious Disease and Emergency Preparedness Branch, PHAC
CIRID – Centre for Immunization and Respiratory Infectious Disease, PHAC
IHRs – International Health Regulations
MOU – Memorandum of Understanding
NESS – National Emergency Stockpile System
NML – National Microbiology Laboratory
PIC – Pandemic Influenza Committee
PCC – Pandemic Coordination Committee
PHAC – Public Health Agency of Canada
v
PHN – Pan-Canadian Public Health Network
POGG – Peace, Order and Good Government
PPHB – Population and Public Health Branch, Health Canada
PWGSC – Public Works and Government Services Canada
SAC – Special F/P/T Advisory Committee on the H1N1 virus
SARS – Severe Acute Respiratory Syndrome
SPP – Security and Prosperity Partnership
WHO – World Health Organization
vi
EXECUTIVE SUMMARY
On June 15, 2010, the Honourable Leona Aglukkaq, Minister of Health, requested that the
Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and Technology undertake a review of
Canada’s response to the 2009 H1N1 influenza pandemic. The committee heard from
representatives of the federal government, several provincial and territorial governments,
healthcare professions, First Nations and Inuit organizations, and the research community as it
focussed its review on the federal government’s role in the pandemic response. The committee
also heard from first responders and front-line workers, and would like to express its
appreciation for their hard work and dedication in contributing to community preparedness. This
document contains the committee’s findings as well as 17 recommendations and is intended to
complement other ‘lessons learned’ exercises in Canada.
Overall, the committee found that the planning that began many years ago and that had been
ramped up in recent years proved successful. Canada’s response as a result of years of planning
effectively reduced the impact of the H1N1 influenza pandemic. However, the committee would
like to emphasize the importance of pandemic readiness and the need to maintain a focus on
pandemic planning. In this regard it is recommending that the Government of Canada renew the
funding for Pandemic Preparedness in Federal Budget 2011.
In addition, several themes emerged with respect to those areas that could be further
strengthened. These themes are as follows:









Roles of the federal, provincial and territorial governments in public health
Canada’s Pandemic Influenza Plan for the Health Sector
Communications and messaging
Vaccines and antivirals
Data collection, surveillance and analysis
Capacity for public health service delivery
Collaboration and consultation
First Nations and Inuit
Research
In the context of the roles of the various levels of government, the committee is calling for
greater use of federal/provincial/territorial agreements as a means to create more uniformity
between and among jurisdictions in their respective responses to pandemics. With respect to
Canada’s Pandemic Influenza Plan, the committee finds that future revisions should be regularly
and rigorously tested.
The committee heard considerable testimony expressing concerns and challenges with respect to
communication and messaging. In this regard, the committee is calling for the communications
annex to Canada’s Pandemic Influenza Plan to be updated so as to clarify the roles and
vii
responsibilities of the different levels of government. It is also recommending that the Public
Health Agency of Canada consult widely on how best to communicate real-time policy decisions
as well as how to harmonize messaging. The committee also recommends that the use of social
media and the consultation of health professionals be included as it moves forward with its
examination of communication policies. Finally, the committee is calling on the Public Health
Agency of Canada to launch public awareness campaigns, including the use of social media,
which are aimed at various aspects of public health such as vaccine safety and effectiveness.
The Pandemic vaccine was another issue for which several concerns were raised. In response to
these concerns the committee finds that the next ten-year federal/provincial/territorial contract
that is to be established in 2011 must include a backup supplier and that the government must
take steps to ensure that the backup supplier will add to Canada’s ability to ensure access to a
safe and sufficient supply of pandemic vaccine. In addition, the committee heard that the
packaging chosen for the vaccine, that is the number of doses per vial and the number of vials
per box, should be more relevant to the end user. Therefore, the committee recommends that the
manufacturer consult the Public Health Agency of Canada prior to making this determination.
Finally, the committee is concerned that the logistics of implementing the necessary vaccination
programs for expedient inoculation of all Canadians who want to be vaccinated was not fully
appreciated. As such, it is recommending that mass vaccination programs be more thoroughly
explored and tested.
With respect to data collection, surveillance and analysis, the committee would like to see greater
use of electronic resources. As such, it is recommending implementation of electronic public
health surveillance applications as well as electronic health records systems. In terms of capacity
for public health service delivery, the committee is calling for the Public Health Agency to
monitor the scope of practice of paramedics and pharmacists in jurisdictions across Canada in
order that they be included wherever possible as a valuable resource during public health
emergencies. In addition the committee would like the Public Health Agency of Canada to work
with the provinces and territories to encourage greater interconnectivity between the different
health care infrastructures, namely acute care, primary care, clinical care and public health care.
It notes that these measures will contribute to increased surge capacity in hospitals.
In terms of collaboration and consultation, the committee is calling for broader inclusion of
health professionals. It is also recommending that the Public Health Agency of Canada establish
formal collaborative arrangements with provincial public health agencies so as to make efficient
use of resources and expertise.
The committee would also like to make recommendations specific to First Nations and Inuit
populations. While the committee commends the efforts made to ensure that remote communities
and on-reserve First Nations received necessary interventions such as antivirals and vaccine, it is
concerned about public health infrastructure in general. The committee is calling for Health
viii
Canada’s First Nation and Inuit Health Branch, the Public Health Agency of Canada and Indian
and Northern Affairs Canada to identify those communities where unhealthy conditions exist,
such as poor access to clean water and overcrowding, that make the residents vulnerable to
communicable disease and to address these public health concerns. The committee is also calling
for improvements to the reporting systems for data collection and surveillance for aboriginal
groups. Finally the committee recommends that the federal government enter into discussions
with representatives from First Nation and Inuit organizations and communities with the aim to
clarify its role in a public health emergency.
The final area of concern identified during this study was that of research. The committee
recommends that research be included in the ongoing focus on pandemic preparedness, In this
regard the committee recommends that the infrastructure must be maintained for influenza
research and is calling on the federal government to provide dedicated and sustained funding in
this regard.
The committee commends the Public Health Agency of Canada for its role on the international
stage and acknowledges the leadership role that Canada played in collaborating with various
jurisdictions as well as providing assistance and certain expertise to those countries that were less
well-equipped. The report examines the key areas of concern and includes recommendations to
strengthen Canada's pandemic preparedness plan for the future.
ix
1. INTRODUCTION
On June 15, 2010, the Honourable Leona Aglukkaq, Minister of Health, requested that the
Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and Technology undertake a review of
Canada’s response to the 2009 influenza H1N1 pandemic. The committee agreed and between
September 29 and October 29, 2010 it examined the issue to reveal the lessons learned from this
public health challenge with a view to improving Canada’s preparedness for future pandemics.
Over the course of 9 hearings and one roundtable discussion, the committee heard testimony
from representatives of the federal government, several provincial and territorial governments,
healthcare professions, First Nations and Inuit organizations, first responders, front-line workers,
and the research community. Finally, the committee sought input from other countries as well as
from bioethicists and health law experts.
2.
CONTEXT
1. Overview of Influenza Pandemics
Influenza is a respiratory illness caused by viruses which can be classified as type A, B or C.
Type A influenza viruses can infect both humans and animals and pose the greatest risk for
pandemics. Type B influenza viruses affect only humans and have not been associated with any
pandemics. Type C influenza viruses can affect humans and animals, are associated with mild
illness in humans and are not associated with pandemics.
Influenza is highly contagious, affecting mainly the nose, throat, bronchi and, occasionally, the
lungs, and is characterized by sudden onset of high fever, aching muscles, headache and severe
malaise, dry cough, sore throat and rhinitis. 1 Some symptoms of influenza are similar to those of
the common cold, however, onset of colds is over the course of a few days, and they are rarely
associated with fever, chills and fatigue.
As with any communicable disease, influenza can be subject to regional, national or international
outbreaks. The World Health Organization (WHO) considers a disease outbreak to be an
epidemic when there are more cases of that particular disease than normal in a given geographic
area, whereas a pandemic is worldwide epidemic. An influenza pandemic may occur when a new
or novel influenza virus appears against which the human population has no immunity, it can be
either mild or severe in the illness and deaths that it causes, and the severity of a pandemic can
change over the course of that pandemic. 2
1
WHO, “Influenza,” http://www.who.int/topics/influenza/en/ (accessed 1 November 2010).
2
WHO, “Pandemic Preparedness”, http://www.who.int/csr/disease/influenza/pandemic/en/ (accessed 1
November 2010)
1
Influenza pandemics over the last century have ranged in severity and impact and are
summarized below.
a. The Spanish Flu: 1918–1919
The 1918 Spanish Flu was caused by a strain of H1N1 influenza virus. The pandemic was quite
severe as it is estimated to have, over the course of three waves of this pandemic, infected one
third of the global population (approximately 500 million people), resulting in 50-100 million
deaths. 3 The wide range in estimates is due in part to secondary bacterial infections that seemed
to be characteristic in many individuals infected with this strain of flu virus. 4
b. The Asian Flu: 1957–1958
In February 1957, scientists in Melbourne, London and Washington, DC were alerted to an
influenza outbreak in Hong Kong where 250,000 people were infected within a short period of
time. By May of that year the virus had spread worldwide. The 1957 pandemic marked the first
time that analytical laboratory techniques were available to understand the outbreak as it
unfolded. The H2N2 influenza virus responsible for this pandemic replaced the H1N1 virus that
had been circulating among the population since the Spanish flu and was subsequently replaced
by the virus of the Hong Kong Flu described below. 5
c. The Hong Kong Flu: 1968–1969
The influenza outbreak known as the Hong Kong Flu also originated in Asia, but was unique in
that there were several small epidemics occurring simultaneously scattered geographically and
often differing in clinical impact. This may have been due to the partial immunity to a portion of
the H3N2 Hong Kong Flu virus. To date, this influenza virus is still present in the human
population and continues to pose a risk. 6
The timing and nature of influenza pandemics is unpredictable but it is a certainty that influenza
pandemics will emerge periodically, on average every 30 to 40 years. As such, much effort has
been put into preparedness and response planning. Below is an overview of International and
Canadian pandemic plans.
3
4
5
6
J. K. Taubenberger, and D. M. Morens, “1918 Influenza: the mother of all pandemics,” Emerging Infectious
Diseases, 2006, Vol. 12, No. 1, pp. 15–22.
E. D. Kilbourne, “Influenza Pandemics of the 20th Century,” Emerging Infectious Diseases, 2006, Vol. 12,
No. 1, pp. 9–14.
Ibid.
Ibid.
2
2. International Preparedness and Response
Pandemic planning and response in Canada is guided by several key international frameworks,
regulations, standards and guidelines. These include various WHO agreements as well as other
frameworks such as the International Partnership on Avian and Pandemic Influenza, the World
Organization for Animal Health, the World Trade Organization, and the North American Free
Trade Agreement. The main international obligations and frameworks that guide Canada’s
response to an influenza pandemic are outlined below.
a. WHO International Health Regulations
Like all participating WHO member states, Canada must meet international health obligations
outlined in The International Health Regulations (IHRs), which were first adopted by the Health
Assembly in 1969 and most recently updated in May 2005 to reflect in part lessons learned from
the 2003 Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) outbreak. 7 These most recent IHRs came
into force on June 15, 2007.
The IHRs seek “to prevent, protect against, control and provide a public health response to the
internal spread of disease in ways that are commensurate with and restricted to public health
risks, and which avoid unnecessary interference with internal traffic and trade.” Under the IHRs:
•
•
•
•
7
Canada and participating member states must ensure that the human rights of
persons and travellers are protected in the context of a disease outbreak;
Canada and other participating States must develop specified minimum core
public health capacities such as surveillance system(s) and capabilities to address
the risk of international spread of a given disease at ports, airports and ground
crossings;
Canada and other participating States must notify the WHO of a public health
emergency of international concern within 24 hours of assessment in accordance
with the case definition established by WHO, as well as provide follow up
information such as case definitions, laboratory results and data on morbidity and
mortality; and,
National and WHO IHR Focal Points are established to facilitate urgent
communications between State Parties and the WHO. The Public Health Agency
WHO, International Health Regulations (2005),
http://whqlibdoc.who.int/publications/2008/9789241580410_eng.pdf (accessed 1 November 2010).
3
of Canada’s (PHAC’s) Centre for Emergency Response and Preparedness (CEPR)
is Canada’s national focal point. 8
The IHRs also provide the mandate for the WHO to collect reports of potentially serious public
health risks and to coordinate the necessary international response. In the event of a pandemic,
the WHO is responsible for selecting the pandemic vaccine strain and the appropriate time to
move from seasonal influenza vaccine production to that of the pandemic vaccine. This is done
in collaboration with WHO Collaborating Centres for influenza, national regulatory reference
laboratories and other key stakeholders. 9
b. WHO Pandemic Influenza Preparedness and Response
Pandemic preparedness and response in Canada is also informed by the WHO guidance
document, Pandemic Influenza Preparedness and Response. This document describes the
recommended measures and systems to appropriately respond to an influenza pandemic. It was
updated in 2009, in part to align with the most recent IHRs, and is accompanied by several
supporting documents focusing on specific aspects and tools for planning, preparedness and
response, which can together be used to inform national planning. 10
A key aspect of the guidance document is the emphasis on a “whole-of-society” approach to
pandemic planning and preparedness, where all sectors of society should be engaged
participants. For example, national governments could lead the overall coordination and
communication during a pandemic response, the health sector would provide epidemiological,
clinical and virological information and response, and the non-health sector could ensure that
economic and social impacts are addressed. Moreover, it is suggested that civil society, families
and individuals could work to raise awareness, promote accurate communication of information,
and reduce the spread of illness through the uptake of pandemic control measures. 11
In addition to defining the various roles and responsibilities related to pandemic preparedness
and response, the WHO has introduced a framework to describe the progression or lifecycle of a
pandemic (see Table 1). This framework allows for activities of both affected and non-affected
regions to be described. It should be noted that this framework does not directly capture the
8
9
10
11
Government of Canada, Public Health Agency of Canada, http://www.infosource.gc.ca/inst/ahs/fed04eng.asp (accessed 1 November 2010).
WHO, “Pandemic influenza preparedness and response,”
http://www.who.int/csr/disease/influenza/PIPGuidance09.pdf, p. 10, (accessed 1 November 2010).
Ibid., p. 9.
Ibid., p. 20.
4
extent of morbidity12 nor mortality associated with the pandemic, and as such may not
completely reflect the virulence or severity of illness associated with the virus.
Table 1 – WHO Pandemic Phase Description, 2009
Pandemic Preparedness
1
4
2
3
5
6
Post Peak Period
Possible New
Wave
Post Pandemic
Period
Sources:
Main Actions in
Affected Regions
Description
Pandemic
response and
mitigation
Phase
No animal influenza virus circulating among
animalhave been reported to cause infection in humans.
An animal influenza virus circulating in domesticated or
wild animals is known to have caused infection in
humans and is therefore considered a specific potential
pandemic threat.
An animal or human-animal influenza reassortant virus
has caused sporadic cases or small clusters of disease in
people but has not resulted in human-to-human
transmission sufficient to sustain community-level
outbreaks.
Human to human transmission of the virus able to
sustain community level outbreaks has been verified.
Virus has caused sustained community level outbreaks
in two or more countries in one WHO region.
Virus has also caused sustained community level
outbreaks in at least one other country in another WHO
region.
Levels of pandemic influenza in most countries with
adequate surveillance have dropped below peak levels.
Level of pandemic influenza activity in most countries
with adequate surveillance rising again.
Levels of influenza activity have returned to the levels
seen for seasonal influenza in most countries with
adequate surveillance.
Producing, implementing, exercising
and harmonizing national pandemic
influenza preparedness plans with
national emergency preparedness and
response plans.
Rapid containment.
Pandemic response: each country to
implement actions as called for in their
national plans.
Evaluation of response; recovery;
preparation for possible second wave.
Renewed response.
Evaluation of response; revision of
plans; recovery.
Table prepared by the Library of Parliament using data obtained from the WHO, WHO Pandemic
Phase Descriptions and Main Actions by Phase, http://www.who.int/csr/disease/
influenza/pandemic_phase_descriptions_and_actions.pdf; and WHO, “Pandemic influenza
preparedness and response,” http://www.who.int/csr/disease/influenza/pipguidance2009/ en/index.html
(accessed 20 August 2010).
Within each of the phases of a pandemic, actions taken in pandemic preparedness and response
can be focused within the five basic components: 13
1. Planning and coordination: Providing leadership and coordination of various stakeholders and
ensuring that pandemic preparedness is appropriately integrated into national emergency
preparedness frameworks. This includes regular revision of plans, coordination of resources and
12
Morbidity refers to any departure, subjective or objective, from a state of physiological or psychological wellbeing, whereas the mortality rate captures the frequency of occurrence of death in a defined population during a
specified interval of time.
13
WHO, “Pandemic Preparedness and Response”, p. 11.
5
capacities, as well as reviewing lessons learned and sharing experiences with the international
community.
2. Situation monitoring and assessment: This entails the collection, interpretation and sharing of
information on pandemic risk, and once under way, on pandemic activity. This requires a robust
national surveillance system with the capacity to increase monitoring in a rapid and
comprehensive manner, while being able to continue longer term surveillance after the peak
pandemic period to detect subsequent potential waves.
3. Reducing the spread of disease: Depending on the “social distance” between individuals,
families and communities, actions to reduce the spread of disease may include promoting
protective behaviours and containment protocols (if necessary).
4. Continuity of health care provision: This includes the preparation and implementation of
contingency plans that allow for the health care systems at all levels to continue to provide
essential services throughout the pandemic.
5. Communications: Effective communication before and during a pandemic, as well as the
provision and exchange of information between the public, partners and key stakeholders allows
for well-informed decision making and the use of appropriate subsequent action plans. The
World Health Organization Outbreak Communication Guide suggests that communication
planning focus on the five principles of planning, trust, transparency, announcing early, and
listening. 14 Related activities may include promoting and communicating recommended
interventions to reduce risk, and providing updates to the public and key stakeholders on the state
of the pandemic.
c. North American Pandemic Plan
In addition to meeting its international obligations and commitments, Canada is an active
participant in regional pandemic preparedness and response frameworks in the context of the
Security and Prosperity Partnership (SPP) of North America. Given the interdependence of
Canada the United States and Mexico, the SPP was launched in March 2005 to provide a flexible
means for a dialogue, priority setting, collaboration and action on issues affecting the security,
prosperity and quality of life of Canadians, Americans and Mexicans. It addresses issues such as
border facilitation, the environment and food and product safety. 15
14
15
WHO, “World Health Organization Outbreak Communication Planning Guide,” 2008,
http://www.searo.who.int/LinkFiles/CDS_WHO_Outbreak_Comm_Planning_Guide.pdf (accessed 1 November
2010).
Government of Canada, “About SPP,” http://www.spp-psp.gc.ca/eic/site/spp-psp.nsf/eng/ h_00003.html
(accessed 1 November 2010).
6
In March 2006, the leaders of Canada, Mexico and the United States met at the SPP summit and
committed to the development of a comprehensive, coordinated influenza preparedness plan for
North America. The resulting plan known as the North American Plan for Avian and Pandemic
Influenza was released in August 2007 and seeks to: detect, contain and control an avian
influenza outbreak and prevent transmission to humans; prevent or slow the entry of a novel
strain of human influenza to North America; minimize illnesses and deaths; and, sustain
infrastructure and mitigate the impact to the economy and the functioning of society. 16
d. The Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector
i.
Development of the Influenza Pandemic Plan
Since 1988, Canada has had an influenza pandemic plan which has undergone several revisions
in light of new evidence, experience and regional and international commitments and
obligations. The most recent iteration, The Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health
Sector 17 (the Plan) was released in 2006 and is the result of a collaborative process led by the
Pandemic Influenza Committee (PIC). This committee, which was created in 2001, consisted of
representatives from all provinces and territories, and expertise was provided by Chief Medical
Officers of Health, epidemiologists, virologists, communicable disease specialists, clinical,
public health and laboratory specialists and ethicists. The PHAC’s Centre for Infectious Disease
Prevention and Control coordinated the development of this edition of the Plan in collaboration
with its CEPR, with direction from the PIC. 18
With the establishment of the Pan-Canadian Public Health Network in 2005, PIC was subsumed
within its working group structure, reporting to the Communicable Disease Control Expert
Group. 19 PIC continued to revise the Annexes of the Canadian Pandemic Influenza Plan for the
Health Sector until 2009 and formally ceased to exist at the end of that process.
The Plan undergoes updates and revisions as new information and experience become available.
For example, several of the annexes which support some of the specific operational details of the
Plan have been updated and included in the current version of the Plan, including Annex BInfluenza Pandemic Planning Considerations in On Reserve First Nations Communities (updated
June 2009) and Annex K- Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector:
Communications Annex (updated October 2009).
16
17
18
19
Security and Prosperity Partnership of North America, “North American Plan for Avian and Pandemic
Influenza,” 2007, http://www.spp-psp.gc.ca/eic/site/spp-psp.nsf/vwapj/pandemicinfluenza.pdf/$FILE/pandemic-influenza.pdf (accessed 1 November 2010).
Government of Canada, The Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector, 2006, http://www.phacaspc.gc.ca/cpip-pclcpi/pdf-e/cpip-eng.pdf (accessed 1 November 2010).
Ibid, preface.
Ibid., introduction, p. 6.
7
ii.
Scope of the Plan
The scope of the Plan is national in focus with recognition that operational details need to be
established in each jurisdiction’s own plan. In addition, the Plan has a health sector focus which
includes health emergency responders, health planners, health care workers, public health
laboratories, as well as those involved in the manufacture, registration and supply of
pharmaceuticals. Moreover, the Plan highlights that the primary intended audiences are the
provincial and territorial (P/T) Ministries of Health.
The Plan recognizes that the health sector focus does not fully address emergency response
activities and business continuity issues, which would be expected to play an important role in
mitigating societal disruption. These aspects were included in the 2004 version of the Plan;
however, the 2006 version addresses these issues in Annex L – Federal Emergency Preparedness
and Response System. This annex describes the federal system for addressing emergencies and
outlines the emergency response plan for the federal Health Portfolio. 20 In addition, it
acknowledges other relevant planning documents that may intersect with the Plan including the
Federal Emergency Response Plan, 2009 which describes the general roles and responsibilities
of federal departments in an emergency, as well as the Health Portfolio Emergency Response
Plan, 2009, which focuses on the responsibilities specific to the federal health portfolio during an
emergency.
iii.
Goals and Objectives
The goal of the Plan is primarily to minimize serious illness and overall deaths, and secondarily
to minimize the resultant societal disruption among Canadians. Objectives of the Plan are:
•
20
To assist and facilitate appropriate planning and response at all levels of
government by: developing, through a federal/provincial/territorial collaborative
process, a national Plan that is acceptable and applicable to stakeholders and that
clearly identifies roles and responsibilities; developing a Plan that is sufficiently
flexible to account for the unknown epidemiology of a pandemic and the needs of
different stakeholders; recommending planning considerations for the appropriate
prevention, care and treatment during a pandemic; and, recommending planning
considerations for appropriate communications, resource management and
preventive measures to minimize societal disruption from a health sector
perspective,
The Health Portfolio includes Health Canada, the Public Health Agency of Canada, the Canadian Institutes of
Health Research, the Hazardous Materials Information Review Commission, the Patented Medicine Prices
Review Board and Assisted Human Reproduction Canada.
8
•
•
To provide a Plan that is reviewed on an annual basis to ensure the incorporation
of new developments and to ensure consistencies with best practices, and
To provide an evaluated Plan that is sufficiently clear and comprehensive to
ensure operational validities.
iv.
Federal, Provincial and Territorial Roles and Responsibilities under the
Plan
The roles and responsibilities of the PIC and the federal/provincial/territorial (F/P/T) Ministers of
Health with respect to the Plan were detailed in a Working Agreement between Deputy Ministers
of Health in March 2001. The Working Agreement is an iterative document that allows for roles
and responsibility components to be adapted or added as they are developed. This agreement was
drafted prior to the creation of PHAC in September 2004. In general, the F/T/P roles and
responsibilities can be described as follows below 21
•
•
•
•
21
The federal government, through Public Safety Canada (PS), is responsible for the
nationwide coordination of the pandemic influenza response, including
surveillance, international liaison and coordination of the vaccine response.
Joint responsibilities of the F/P/T Ministers of Health include ensuring the
distribution of plans to all organizations that may be involved in the pandemic
response and liaison with these stakeholders on an ongoing basis. The Ministers
of Health may also be involved in planning simulation exercises once plans
(national, federal and P/T) are in place. Development of cost estimates and
options for decision makers will also be a joint F/P/T responsibility.
The P/T governments are responsible for mobilizing their contingency plans and
resources. Health emergency response commences at the local level and moves up
the line to P/T levels and then to the federal level of government.
Local public health authorities are responsible for planning local responses to an
influenza pandemic with direction from both the P/T and federal levels. This
involves liaising with local stakeholders (e.g., emergency responders, hospitals,
and mortuary services) in advance of a pandemic to facilitate a coordinated
response if pandemic influenza strikes a community. It is likely that the local
public health authorities, through existing or enhanced surveillance, may be the
first ones to detect influenza in their communities. It is essential that the lines of
communication in communities and up the line to the P/T and federal levels are
clear and established in advance of a pandemic.
Government of Canada, The Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector, 2006, Introduction, p. 5.
9
v.
Planning Assumptions
The Plan is based on several key assumptions informed by past experience and current
knowledge.
•
Origin: The next pandemic will first emerge outside of Canada and be present in
Canada within 3 months, although it could be sooner given the speed of
population mobility.
•
Timing: The virus could arrive at any time during the year (i.e., not just during flu
season), and the first peak of illness could occur within 2–4 months after the virus
arrives in Canada, followed by the first peak in mortality (after approximately 1
month). There will likely be two or more waves of illness and each wave may go
across Canada in 1–2 months affecting several locations simultaneously.
•
Epidemiology: The incubation period, method of transmission and period of
communicability are based on current understanding of the influenza virus. It is
assumed that a pandemic influenza virus will transmit efficiently from person to
person allowing for large numbers of individuals to be infected. It is expected that
there are specific groups that will be at increased risk for complications or poor
clinical outcomes.
•
Impact: Over 70% of the population will be infected, but only 15–35% will
become clinically ill – the rest of the population having asymptomatic infection.
Mortality is expected to be between 0.4–2% of the population depending on the
pathogenicity (or clinical severity) of the pandemic virus.
•
Absenteeism: During an outbreak, a workplace absenteeism rate of between 20–
25% can be expected (as compared to 8% during a normal winter). Rates would
be influenced by factors such as the type of work, extent of social interactions,
and implementation of measures that encourage infected individuals to stay at
home.
3. Roles of the Federal, Provincial and Territorial Governments in Public Health
Public health differs from health care because its focus is on the health of the population as a
whole, rather than the health of the individual patient, and because its emphasis is on the
prevention of disease rather than clinical care. While no national consensus currently exists
regarding the main functions of a public health system, the following six activities could be
considered as essential functions: health protection, health surveillance, disease and injury
prevention, population health assessment, health promotion and public health emergency
10
preparedness and response. 22 Details regarding each of these specific functions and related
programming areas are outlined in Table 3 below.
Table 3 – Essential Functions of Public Health Systems in Canada
Essential Public
Health Functions
Health Protection
Health Surveillance
Overview
Protection of the public from a variety of hazards,
including: carriers of infectious diseases, food, drugs,
consumer products, pesticides, improper waste
disposal, impure drinking water, dangerous motor
vehicles, second-hand smoke etc.
•
Health surveillance is the epidemiological practice of
monitoring data on diseases, health conditions, health
factors and cases of illness. Health surveillance allows
for the detection of public health threats, enabling
earlier responses thereby mitigating the impact of the
threat.
•
•
•
•
•
•
•
•
Disease and Injury
Prevention
Many diseases can either be prevented or delayed,
while injuries can be avoided.
•
•
•
Population Health
Assessment
Population health assessment is the ability to
understand the health of populations, including the
socio-economic factors that underlie health.
•
•
•
•
•
Health Promotion
22
Health promotion involves the development and
implementation of public policy and communitybased interventions that support healthier and safer
behaviours, which in turn contribute to the prevention
of disease and injury.
•
•
Examples of Public Health
Interventions
and/or Programming
Regulatory frameworks for the
control of infectious disease,
such as quarantine legislation.
Restaurant inspections.
Water treatment monitoring.
Air quality
monitoring/enforcement.
Periodic health surveys.
Cancer and other disease
registries.
Communicable disease
reporting.
Ongoing analysis of data
to identify disease trends or
emerging problems.
Monitoring of adverse
reactions to vaccinations.
Immunizations.
Investigation and
outbreak control.
Encouraging of healthy
behaviours, such as not
smoking and physical activity.
Early detection of cancers.
Safe roads, etc.
Community health needs
assessments.
Health status and health
system report cards.
Tracking and reporting
determinants of health.
The creation of physical and
social environments that
support health (e.g., bike
paths).
Advocacy for health public
policies and behaviours.
The National Advisory Committee on SARS and Public Health (Health Canada), “Learning from SARS:
Renewal of Public Health in Canada,” 2003, p. 46, http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/sarssras/pdf/sars-e.pdf, (accessed 1 November 2010)
11
Essential Public
Health Functions
Examples of Public Health
Interventions
and/or Programming
Participating in pandemic
preparedness and response
planning.
Overview
Public health systems must be able to respond to
•
public health emergencies involving natural and
human induced disasters that have an impact on
population health, such as infectious disease outbreaks
and/or nuclear attacks.
Source: Table prepared by the Library of Parliament using data obtained from the National Advisory Committee on
SARS and Public Health, pp. 45–48; and PHAC, “What We Do,” http://www.phac-aspc.gc.ca/ about_apropos/whateng.php.
Public Health
Emergency
Preparedness and
Response 23
a. Public Health: A Shared Authority
The Constitution Act, 1867, outlines the division of responsibilities between the federal and
provincial governments. Neither “health” nor “public health” was specifically assigned to one
level of government. 24 This was due to the fact that at the time, the administration of health and
public health was still at an early stage, based upon the assumption that health was a private
matter and state assistance to improve or protect the health of the citizen was highly exceptional
and tolerable only in emergencies such as epidemics. 25 Due to this lack of clarity in the
constitutional division of powers in relation to health and public health, both levels of
government may legislate in these areas. As the Supreme Court of Canada has stated, “Health is
not a matter which is subject to specific constitutional assignment but instead is an amorphous
topic which can be addressed by valid federal or provincial legislation, depending upon the
circumstances of each case on the nature and scope of the health problem in question.” 26
b. Constitutional Sources of Provincial Jurisdiction over Public Health
Jurisdiction over public health has therefore been derived from other powers outlined in the
Constitution. Section 92(13) of the Constitution Act, 1867 grants the provinces jurisdiction over
“property and civil rights,” which has been interpreted broadly to include public health. 27 In
addition, further provincial authority over public health is derived from section 92(16), which
grants the provinces power over “matters of a local or private nature” of which health and public
health is considered a part. 28 Moreover, section 92(8) of the Constitution grants provinces
23
24
25
26
27
28
It is important to note that the Public Health Agency of Canada [PHAC] has included preparedness and response
to public health emergencies, such as pandemics, as part of its mandate. PHAC, “What We Do” http://www.phacaspc.gc.ca/about_apropos/what-eng.php.
Nola M. Ries, “Legal Foundations of Public Health in Canada,” in Public Health Law & Policy in Canada, 2nd
ed., ed. Bailey et al., Lexis Nexis Canada Inc., Markham, 2008, p.10.
Elaine Gibson, “Public Health Information, Federalism and Politics,” Health Law Review, Vol. 16, No. 1, 2007,
p. 5.
Reis (2008). p. 10
Kumanan Wilson, “The Complexities of Multi-level Governance in Public Health,” Canadian Journal of Public
Health, Vol. 95, No. 6, December 2004, p. 409.
Ibid.
12
jurisdiction over municipalities, which had been responsible for public health interventions prior
to Confederation. 29
Provinces and territories have exercised jurisdiction over public health by enacting public health
legislation that grants powers to public health officials to carry out various functions, including:
monitoring the health of residents, providing independent advice to the government on public
health issues, and activities related to communicable disease control and health hazard
mitigation. 30 While public health statutes vary across jurisdictions, some contain specific
provisions related to public health emergencies, such as epidemics and disease outbreaks, that
enable the Lieutenant Governor in Council to declare a provincial/territorial public health
emergency, thereby authorizing the provincial/territorial government to impose measures such
as: travel restrictions, orders to provide essential goods and services, including medical
assistance and supplies. 31
c. Constitutional Sources of Federal Jurisdiction over Public Health
The federal government derives its authority over public health, in part, from its power over
quarantine under section 91(11) of the Constitution. However, the federal power over quarantine
is limited to imposing quarantine on individuals or conveyances entering and leaving the
country. Under this authority, the federal government introduced the Quarantine Act in 1872,
which was replaced by the new Quarantine Act in 2005. The Act empowers the federal Minister
of Health to designate quarantine stations throughout Canada and appoint quarantine officers to
inspect conveyances, such as ships, aircraft and motor vehicles, and to decontaminate them in
cases of infestation. In addition, they may also screen individuals and where the officer has
reasonable grounds to believe that the person is ill, may carry an infectious or contagious disease
or may have been exposed to such a disease, the officer may request a medical examination and,
upon refusal, may order the person into detention. 32
In addition to its powers over quarantine, the federal government derives jurisdiction over public
health through its criminal law power under section 91(27) of the Constitution. This enables
Parliament to enact legislation that protects Canadians from hazards that could be dangerous to
public health; this would include legislation pertaining to the safety of food and drugs or to
environmental contaminants. 33
Most significantly, the federal government has authority to act in the context of a public health
emergency, such as a pandemic, under section 91 of the Constitution, which grants power over
29
30
31
32
33
Gibson (2007), p. 5.
Ries (2008), p. 16.
Ibid., p. 20.
Ibid., p. 13.
Ibid.
13
“peace, order and good government” (POGG). The POGG power allows Parliament to pass
legislation that regulates matters related to national health and welfare. 34 It consists of two
branches: an emergency branch, which in times of emergency, allows Parliament to enact laws
that would normally lie within the jurisdiction of provincial legislatures; and, a national
dimensions branch, which allows Parliament to make laws in areas that concern Canada as a
whole. 35
However the POGG power may only be used to regulate matters in which provinces are either
unable to regulate effectively on their own, or the failure of one province to regulate would affect
the health and welfare of residents in another province. Moreover, the extent to which the federal
government may apply this power without the consent of the provinces remains uncertain and
subject to the interpretation of the courts. 36
Currently, there are two statutes that grant the federal government authority to prepare for and
act in the context of a public health emergency: the Emergencies Act (EA) and the Emergency
Management Act (EMA), both of which are under the purview of the Public Safety Canada. The
EMA provides the authority for the federal government to build capacity and develop plans to
respond to emergencies. This is interpreted to include public health threats arising from natural
disasters, infectious diseases and deliberate acts of bioterrorism. However, the EMA specifies
that the federal emergency preparedness plan may only be implemented within a province if the
province or local authority within that province has given the federal government consent. 37
Meanwhile, the Emergencies Act, which replaced the War Measures Act in 1988, grants the
federal government authority to act if an emergency situation occurs such as a public welfare
emergency, which includes a real or imminent emergency caused by a disease “that results or
may result in a danger to life or property, social disruption or a breakdown in the flow of
essential goods, services or resources, so serious as to be a national emergency.” 38 The
declaration of an emergency under the EA authorizes the federal government to prohibit travel,
establish emergency hospitals, direct persons to provide essential services and make emergency
payments. However, under the EA, the federal government must consult with the affected
provinces and may not declare an emergency when the effects of the emergency are confined to
one province.
34
35
36
37
38
Wilson (2004), p. 410.
Marlisa Tiedemann, Bill C-5: Public Health Agency of Canada Act, LS-523E, Parliamentary Information and
Research Service, Library of Parliament, Ottawa, 26 April 2006, p. 2,
http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/LegislativeSummaries/39/1/c5-e.pdf.
Wilson (2004), p. 410
The EMA is available online from the Department of Justice website at;
http://laws.justice.gc.ca/PDF/Statute/E/E-4.56.pdf (accessed 2 November, 2010)
The EA is available online from the Department of Justice website; http://laws.justice.gc.ca/PDF/Statute/E/E4.5.pdf (accessed 2 November, 2010)
14
Under the Constitution, the federal government may also involve itself in public health through
the use of its spending power, which is inferred from Parliament’s jurisdiction over public debt
and property (section 91(1)(a)) and its general taxing power (section 91(3)), which enables the
federal government to raise funds and spend them in any way that it deems necessary. 39 This
could include providing federal transfers to the provinces for public health programs and/or
entering into legal contracts to develop public health initiatives, such as the purchasing of
vaccines or antiviral stockpiles. 40
In addition to these broad powers related public health, the federal government has
responsibilities for certain groups of people under section 91 of the Constitution, including:
military, militia, and naval services; First Nations and Inuit; and federal inmates. Under section
95, the federal government also has jurisdiction over immigrants concurrently with the
provinces. As such, the federal government is responsible for the provision of certain public
health services, such as immunizations, to these groups of people. 41
Finally, the federal government has authority to implement international public health treaties
and/or regulations through its power to regulate trade and commerce of an inter-provincial or
international nature under section 91(11) of the Constitution. 42 For example, the federal
government is responsible for ensuring that Canada meets its obligations under the WHO’s
IHRs, which outline a framework for state response to a disease outbreak, including Canada’s
reporting requirements to the WHO and its obligations to maintain certain capacities for disease
surveillance and response. 43
d. Limits of Federal and Provincial Powers in Public Health:
i.
The Canadian Charter of Rights and Freedoms
All public health legislation in Canada must be consistent with the Canadian Charter of Rights
and Freedoms 44 and any statute may be challenged if affected persons believe that their Charter
rights have been violated. When any level of government institutes restrictive measures to
protect public health, these measures may violate Charter rights to liberty, personal security,
39
40
41
42
43
44
Marlisa Tiedemann, The Federal Role in Health and Health Care, PRB 08-58E, Parliamentary Information and
Research Service, Library of Parliament, Ottawa, 20 October 2008, p. 2,
http://lpintrabp.parl.gc.ca/lopimages2/prbpubs/pdf/bp1000/prb0858-e.pdf.
Wilson (2004), p. 410.
Tiedemann (2008), p.3
Ibid.
Barbara von Tigerstrom, “Public Health”, in Canadian Health Law and Policy, 3rd ed., ed. Jocelyn Downie et al.,
Lexis Nexis, Markham, July 2007, p. 483.
Canadian Charter of Rights and Freedoms, Part I of the Constitution Act, 1982, being Schedule B to the Canada
Act 1982 (U.K.), 1982, c. 11.
15
association with others, freedom from discrimination and right to privacy. 45 Individuals therefore
may seek judicial review of such measures. However, section 1 of the Charter also stipulates that
protected individual rights are subject to reasonable limits that can be justified in a free and
democratic society. 46 This means that any government violation of these rights may be justified
as long as the government’s goal is sufficiently pressing and substantial to warrant restrictions on
fundamental liberties. Furthermore, the limits imposed on individual rights must be rationally
connected to achieving the government’s goal. Finally, the public benefit that is to be gained by
the restriction of individual rights must be proportionate to its harmful impact on the individual.
4. Organization of public health delivery in Canada
As the federal and provincial/territorial governments share responsibilities for public health, each
level of government has developed its respective structures and institutions to carry out the
essential functions of public health systems. This section outlines how public health is organized
and delivered at the federal, provincial/territorial and municipal levels of government.
a. Federal
i.
Public Health Agency of Canada (PHAC)
The 2003 SARS outbreak illustrated that there was a need to enhance public health preparedness
and infrastructure in Canada. Reports evaluating Canada’s response to the outbreak found that
federal leadership in a public health emergency needed to be strengthened through the
establishment of a federal agency specifically responsible for public health and the creation of
new mechanisms for improved F/P/T collaboration and coordination in public health. 47
Prior to the SARS outbreak, the federal government’s public health functions were carried out by
Health Canada’s Population and Public Health Branch (PPHB), which was headquartered in
Ottawa with regional offices across the country. Components of PPHB included the Centres for
Infectious Disease Prevention and Control, Chronic Disease Prevention and Control, Emergency
Preparedness and Response, Surveillance Coordination and Health Human Development. The
National Advisory Committee on SARS and Public Health found that this arrangement of public
health placed within the context of a larger department meant that there was no specific federal
public health focal point. 48
Additionally, the National Advisory Committee on SARS and Public Health felt that the PPHB
was not in a position to address effectively the jurisdictional disputes that arose in the context of
45
46
47
48
Nola M. Ries, “Legal Issues in Disease Outbreaks: Judicial Review of Public Health Powers,” Health Law
Review, Vol. 16, No. 1, 2007, p. 12.
R. v. Oakes, [1986], 1 SCR 103
Tiedemann (2006).
Ibid.
16
SARS.49 For example, the federal government does not have constitutional authority to require
that provinces and territories transfer health surveillance information. Consequently, when the
federal government did not receive sufficient information from the Government of Ontario, it
was unable to inform the WHO of the actual degree of severity of the outbreak, resulting in the
WHO imposing a travel advisory on the City of Toronto. 50
As a result of these recommendations, Parliament passed legislation in 2006 establishing the
PHAC and the role of the Chief Public Health Officer, which outlines measures that the
Government of Canada may take in area of public health, including health protection and
promotion, population health assessment, health surveillance, disease and injury prevention and
public health emergency preparedness and response. These public health measures may be
accomplished through; collaboration with other public health bodies in order to coordinate
federal policies; cooperation and consultation with provincial and territorial governments; and,
cooperation with foreign governments and international organizations and other interested
parties. 51
The Chief Public Health Officer, whose role was established under this statute, must be a public
health professional who also acts as the deputy head of the Agency. The Chief Public Health
Officer’s main duties include:
•
•
•
•
Acting as lead health professional of the Government of Canada in relation to
public health;
Communicating with governments, public health authorities or organizations in
the public health field within Canada or internationally;
Communicating with the public, voluntary organizations in the public health field
or the private sector for the purpose of providing information, seeking their views
regarding public health issues; and,
Submitting an annual report to the Minister of Health on the state of public health
in Canada.
PHAC is the primary agency within the health portfolio responsible for assisting the Minister of
Health in co-ordinating overall national public health activities, including responding to a public
health emergency. PHAC carries out its activities through two branches: the Planning and Public
Health Integration Branch and the Infectious Disease and Emergency Preparedness Branch
(IDEPB). The IDEPB focuses on preventing, eliminating and controlling infectious diseases and
maintaining the safety and health security of people both nationally and internationally. It works
49
50
51
Ibid.
Nola M. Ries, “Legal Foundations for a National Public Health Agency in Canada,” Canadian Journal of
Public Health, Vol. 96, No. 4, p. 282.
The Public Health Agency of Canada Act is available online from the Department of Justice website at;
http://laws.justice.gc.ca/PDF/Statute/P/P-29.5.pdf (accessed 2 November, 2010)
17
in partnership with other federal government agencies, provinces and territories, as well as other
national and international partners. Representatives from IDEPB work in conjunction with the
Pan-Canadian Health Network (see below) to develop and update the Canadian Pandemic
Influenza Plan for the Health Sector.
IDEPB is made up of four program centres and two laboratories. Those that play key roles in
federal pandemic preparedness and response include the National Microbiology Laboratory
(NML), the Centre for Immunization and Respiratory Infectious Disease (CIRID) and the CEPR.
NML’s key activities include: surveillance for infectious diseases; reference microbiology and
quality assurance; preparedness and response to biological threats; and applied and fundamental
research. With respect to the two centres involved in pandemic preparedness, CIRID focuses on
strengthening Canada’s ability to manage and respond to emerging and re-emerging infectious
disease and respiratory infections, including pandemic influenza, while CEPR is Canada’s
central coordinating point for public health security issues. CEPR’s main responsibilities include:
•
•
•
•
•
•
developing national emergency response plans for PHAC and Health Canada;
monitoring outbreaks and global disease events;
assessing public health risks during emergencies;
ensuring that Canada’s health and emergency policies are in line with threats to
public health security;
developing federal public health rules for laboratory safety and security, and
quarantine; and
acting as the primary federal health authority on bioterrorism, emergency health
services and emergency response. 52
ii.
The Pan-Canadian Public Health Network
In order to foster greater F/P/T collaboration in public health, Canada’s F/P/T Ministers of
Health established the Pan-Canadian Public Health Network (PHN) in 2005. The mandate of the
PHN includes: information sharing; providing policy and technical advice to F/P/T Deputy
Ministers of Health on public health matters, including pandemic planning and preparedness;
and, providing support to jurisdictions during public health emergencies and/or crises. It is
governed by a 17-member Council that includes representatives from federal, provincial and
territorial governments. It is co-chaired by an appointed provincial/territorial representative and
the federal Chief Public Health Officer. The Council reports on behalf of the Network to the
F/P/T Deputy Ministers of Health and then onto the Council of Ministers.
52
PHAC, Centre for Emergency Preparedness and Response, http://www.phac-aspc.gc.ca/cepr-cmiu/indexeng.php (accessed 2 November, 2010)
18
The work of the PHN is carried out by six expert working groups made up of academics,
scientists, public servants and members of non-governmental organizations, who work in the
following areas: communicable disease control, emergency preparedness and response, Canadian
public health laboratories, surveillance and information, chronic disease and injury prevention
and control and health promotion. 53
iii.
Health Canada
While most of the federal responsibilities for public health have been transferred to PHAC,
Health Canada maintains certain key functions related to public health and public health
emergency preparedness and response. In particular, Health Canada has some responsibility for
health protection of First Nations and Inuit populations. However, the jurisdictional framework
in this regard is complex and has a direct impact on the type and scope of health services
provided to Aboriginal groups. Aboriginal-specific federal programs are only available to First
Nations residing on reserve and in some cases to the Inuit in northern territories.
The federal government maintains that the provision of health care to First Nations on reserve is
a matter of custom and policy rather than a treaty right. The First Nations and Inuit Health
Branch of Health Canada provides public health services and non-insured health benefits for
First Nations communities and Inuit.
In addition, Health Canada is responsible for the health protection of federal public service
workers and federal emergency responders. Health Canada is also responsible for the approval
and safety monitoring of anti-viral drugs and vaccines necessary to address public health threats,
such as a pandemic. Finally, Health Canada shares certain public health functions with PHAC,
including the administration of the Quarantine Act, where Health Canada is responsible for its
administration and enforcement relating to conveyances of goods and cargo and other services,
while PHAC is responsible for its enforcement in relation to international travellers. Health
Canada and PHAC work together to engage and coordinate public health efforts among domestic
and international health partners. 54
iv.
Public Safety Canada
Public Safety Canada is responsible for the coordination of a whole-of-government response to
an emergency. Under the Emergency Management Act, Public Safety Canada has developed a
Federal Emergency Response Plan that is an “all-hazards” response plan, which is designed to
respond to any type of emergency, such as a nuclear attack or an influenza pandemic. In the
context of a public health emergency, PHAC is designated the primary or lead department, while
53
54
Pan-Canadian Public Health Network, About the Network: The Pan-Canadian Public Health Network: An
Overview, http://www.phn-rsp.ca/About_e.html.
From: Government of Canada, “Health Portfolio Emergency Response Plan,” September 2009.
19
Public Safety Canada provides support to PHAC by coordinating the overall federal public
health and emergency response effort, as well as ensuring the maintenance of critical
infrastructure and services. 55
b. Provincial/Territorial
Primary legislative authority for public health activities in Canada remains at the P/T level of
government. As such, each province or territory has established a Chief Medical Officer of
Health (CMOH) or equivalent. The CMOH advises the provincial/territorial government on
public health matters and may also be the director of the health department, or public health
department of the provincial/territorial government. Public health policy development, programs,
and funding allocations are the responsibility of either a health department, or a department
designated specifically for public health such as the British Columbia Centre for Disease
Control. In addition, provincial/territorial departments of health/public health are also
responsible for the development and implementation of pandemic contingency plans and
guidelines, including: surveillance, prevention, treatment and control. 56
c. Municipal/regional
Responsibility for the actual delivery of most public health services remains at the local
or regional level, including planning the local response to an influenza pandemic. Yet it
is important to note that local/regional governments must deliver these services in accordance
with provincial/territorial public health statutes and regulations, as well as other policies,
directives and conditions for funding. Moreover, in the context of a national pandemic, local
public health responses must also be coordinated with federal responses.
In Canada, four governance patterns exist for the delivery of public health services at the local
level. The most common model is the Regional Health Authority/District, where locally elected
or appointed boards are responsible for the provision of health services within a defined
geographical area. In this model, the delivery of public health services is combined with the
delivery of other health services. This model is the most common pattern in the western
provinces, as well as the Maritimes. Another model of Regional/District boards also consists of
locally elected or appointed boards, but these boards are only responsible for public health. The
model is most common in Newfoundland. The third pattern consists of municipal or county
boards that are appointed by municipalities and the provinces to carry out public health
functions, as well as other community services. This model remains in Ontario. Finally, in Prince
Edward Island services are delivered at the provincial level. Each of these local or regional
55
56
Government of Canada, Federal Emergency Response Plan, December 2009, p. 1,
http://www.publicsafety.gc.ca/prg/em/_fl/ferp-eng.pdf.
This section is drawn from: The National Advisory Committee on SARS and Public Health (Health Canada),
“Learning from SARS: Renewal of Public Health in Canada,” 2003, p. 50.
20
public health units are supported by a medical officer of health, a licensed physician with postgraduate training in public health. 57
5. The 2009 Influenza H1N1 Pandemic
A new strain of influenza virus was identified in April 2009 as type A H1N1. The new virus
spread rapidly in several countries and on June 11, 2009 the WHO announced that the H1N1
outbreak had met the criteria to be considered a pandemic. In Canada, the first reported cases of
patients displaying symptoms of H1N1 were confirmed on April 23, 2009. By June 11, 2009,
H1N1 had spread in to all provinces and territories. On August 10, 2010, the WHO declared the
end of the H1N1 pandemic.
Canada experienced two distinct waves of pandemic H1N1 in 2009, the first wave was in the
spring and second wave was in the fall, peaking in early June 2009 and early November 2009,
respectively. The first wave was substantially larger than the second wave and resulted in a 4-5
fold increase in hospitalizations and deaths.
A total of 40,185 laboratory-confirmed cases of H1N1 were reported to the PHAC during the
pandemic. 58 Of this total, 8,678 cases were hospitalized, of whom 1,473 (16.9%) cases were
admitted to the intensive care unit. Some 60% of those admitted to intensive care required
ventilation. Overall, 428 (4.9%) Canadians died with H1N1, a mortality rate of approximately
1.3 per 100,000population. 59
The 2009 H1N1 pandemic marked the first pandemic of the 21st century as well as the first
pandemic to be tackled not only with a vaccine but also antiviral medication. It was also the first
opportunity for the global community to use the pandemic influenza preparedness and response
plans that had been created and updated over the past two decades.
57
58
59
Ibid., pp. 49-50.
It should be noted that the number of confirmed cases reported is likely underestimated since not all cases were
confirmed by laboratory analysis.
All statistics provided are from PHAC’s Fluwatch surveillance program.
21
3. COMMITTEE FINDINGS
The following summary of the witness testimony is arranged to reflect those areas in which
concerns were raised. These areas are:
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Roles of the federal, provincial and territorial governments in public health;
Canada’s Pandemic Influenza Plan for the Health Sector;
Communications and messaging;
Vaccines and antivirals;
Data collection, surveillance and analysis;
Capacity for public health service delivery;
Collaboration and consultation;
First Nations and Inuit; and,
Research.
1. Roles and Responsibilities of the Federal, Provincial and Territorial (F/P/T)
Governments in Public Health
Throughout its hearings the committee heard that there has been substantial improvement in the
public health realm, specifically since the 2003 SARS outbreak and the subsequent creation of
the Public Health Agency of Canada (PHAC). As stated earlier, public health is a shared
responsibility in Canada and both the federal and provincial/territorial levels of government have
legislation in this regard. Their respective roles depend on the circumstances, scope and nature of
the issue. Witnesses agreed in general that the division of roles among the different levels of
government was reasonable and was not itself in dispute.
While PHAC officials indicated that the federal government took a leadership role in disease
surveillance, antiviral and vaccine programs, infection prevention measures, collection of clinical
care guidelines, public health communication, research, and laboratory testing during the H1N1
pandemic, some witnesses stated that the federal government should have been more emphatic
about its leadership role. That is, some front-line workers felt that the shared responsibility for
public health should come under explicit federal leadership. Witnesses proposed different
mechanisms by which a uniform national approach could be achieved. These ranged from further
nurturing the current approach of consulting with provinces and territories, to establishing
mutual agreements among the jurisdictions, to harmonizing legislation between the provinces
and territories, to utilizing the peace, order and good government head of power granted under
the Constitution. However, it was pointed out that the goal of a pandemic response should be to
have a uniform national response.
Federal government officials described the unprecedented level of cooperation between
jurisdictions but emphasized that the provision of health services is a provincial responsibility.
23
Provincial officials expressed overall satisfaction with the level of cooperation between
governments as well but felt that determination of how to implement decisions within their
jurisdiction should be left to them. As such, the committee was told, consultation and
collaboration with the provinces and territories was the preferable route to achieving uniformity
across the country. In this respect the committee heard about federal/provincial/territorial
Memoranda of Understanding (F/P/T MOUs). These are the F/P/T MOUs on: the Sharing of
Information During a Public Health Emergency, the Provision of Mutual Aid in Relation to
Health Resources During an Emergency Affecting the Health of the Public and, Roles and
Responsibilities in Pandemic Influenza Preparedness and Responses – 2009 H1N1 Outbreak.
These agreements describe the general intention of the parties but are not legally binding.
The committee heard from health law experts and bioethicists that provinces and territories
should harmonize their public health legislation, particularly statutes relating to pandemic or
other public health emergencies. It was pointed out that there are inconsistencies between some
provincial/territorial plans and Canadian law which can be potentially damaging to the
efficiency, effectiveness, and legitimacy of the responses, as well as to public trust in the system.
It was proposed that this could be accomplished, as it has been in other areas, through the
Uniform Law Conference of Canada, while still respecting jurisdictional realities. These
witnesses also called attention to the report of the National Advisory Committee on SARS and
Public Health which also made recommendations about harmonization of legislative frameworks
for public health emergencies. 60 The committee heard that the F/P/T governments need to engage
health law and health policy experts in a thorough review of constitutional powers, federal,
provincial and territorial legislation, as well as Canadian common law. This would permit a
determination of the legal status of the measures found to be necessary to meet the public health
goal that is in the interests of all Canadians.
Finally, the committee heard that a public health emergency, such as an influenza pandemic, may
warrant the use of the Peace, Order and Good Government (POGG) head of power. It was
suggested that now is the time to sort out the relationship of pandemic to emergency powers and
to communicate this to the provinces and territories. A discussion on this difficult issue at a time
when there is no imminent public health threat would help to avoid inaction and confusion at a
time of crisis. Most witnesses agreed that a cooperative and collaborative approach with the
provinces and territories is preferable. However, under the POGG, a legislative back up plan
would be available if needed.
In regard to federal leadership, the committee clearly heard that the Minister of Health is the lead
minister in emergencies involving health events and that PHAC assumes the primary role.
According to Public Safety Canada, this operating structure worked well during the H1N1
60
David Naylor, The report of the National Advisory Committee on SARS and Public Health, “Learning from
SARS: Renewal of Public Health in Canada,” October 2003.
24
pandemic. Committee members were made aware of the federal health portfolio’s response
structure and procedures for federal staff. The Health Portfolio’s Emergency Response Plan is a
requirement of the Emergency Management Act. This plan operationalizes the joint response of
those departments and agencies involved to any emergency and the committee was told that it
had been tested a number of times prior to the H1N1 outbreak. The committee members visited
the Emergency Operations Centre (EOC), managed and maintained by PHAC, and were told
how rapid and on-going response is coordinated through this centre. It was told that the EOC was
activated in the earliest days of the H1N1 detection, before it became an international concern,
and remained active 24 hours a day, 7 days a week for most of the declared pandemic period.
2. Canada’s Pandemic Influenza Plan for the Health Sector
Overall witnesses acknowledged that Canada’s preparedness and response was satisfactory.
Canada’s Chief Public Health Officer (CPHO), Dr. David Butler-Jones, emphasized that
Canada’s Pandemic Influenza Plan (the Plan) allowed Canada to: create, approve, produce and
distribute vaccine to the H1N1 virus; achieve high vaccination rates; access to stockpiles of
antiviral treatments; target vulnerable populations; and, launch national public awareness and
advertising campaigns. He stated, “Canadians, together with their communities, institutions and
governments, responded effectively, as did those around the world. Our collective response
could not have happened had it not been for years of planning and the Government of Canada's
investment in this planning effort.” 61
As such, the committee was told the impact of the 2009 H1N1 was reduced, although it also
heard that it is very difficult to measure how much the Plan reduced the burden of the influenza.
Many witnesses emphasized that Canada was a leader in many facets of its response to the
pandemic from identification of the H1N1 virus, to vaccine production and delivery, to
information-sharing on the global stage. Although it was pointed out that the Plan assumed a
‘moderately severe pandemic, allowing a certain degree of scalability up or down, government
officials recognized that the flexibility of the Plan was not sufficient. Government officials, both
federal and provincial/territorial, as well as front-line workers suggested that a revised Plan
should reflect the reality that influenza pandemics have exhibited different levels of severity in
the past, and that the Plan should be sufficiently flexible such that it can be scalable and
adaptable to this, as well as responsive to emerging scientific knowledge and to the severity of
the virus changing during the pandemic. It was suggested that a scalable pandemic plan would
outline activities that are responsive in real-time to observations on the ground, rather than a
potential worst case scenario. In this regard, committee members heard that Saskatchewan had
accelerated its revision of the provincial pandemic plan to encompass a range of clinical severity
61
Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and Technology, Evidence, 29 September, 2010, No.
012, 3rd Session of the 40th Parliament.
25
and to make risk assessment a key in determining the appropriate response rather than having a
proscriptive response.
Several witnesses suggested that Canada did not take the opportunity of the seasonal influenza to
improve upon the Plan and make the necessary preparations. The committee was told that an
ongoing evaluation of seasonal flu would help to build the necessary infrastructure and provide
the means to rehearse certain aspects of pandemic preparedness. The Minister of Health, the
Honourable Leona Aglukkaq, stated that the H1N1 pandemic was the first real test of the Plan.
Several witnesses suggested that more, and regular, trial exercises should have been
implemented prior to the appearance of the H1N1 virus in 2009 and should include all parties
down to the local level, including the health care providers. Such exercises may have been
successful in highlighting some of the concerns that are discussed below in the areas of
communications and messaging, vaccines and antivirals, surveillance, data collection and
analysis, capacity, collaboration, research, and First Nations and Inuit populations.
Similarly, Public Safety Canada highlighted that some of the federal agencies and departments
had not yet tested their own influenza pandemic plans prior to the H1N1 pandemic. In summer
2009, Public Safety Canada instructed departments and agencies that their plans needed to be
exercised. A follow up on this prior to the second wave indicated that 70% had complied and by
the time the second wave had passed, 90% of departments and agencies had complied with the
testing requirement.
In addition, in the event of a pandemic, as was the case with H1N1, Public Safety Canada works
with the federal departments and agencies responsible for critical infrastructure to produce daily
reports of pandemic impact. The committee heard that fortunately in the case of this past
pandemic, there were no impacts on critical infrastructure. Public Safety Canada also works on a
number of emergency management initiatives in collaboration with senior officials from the
provinces and territories. Finally, the department launched, in 2006, a private sector pandemic
working group comprised of representatives from the ten critical infrastructure sectors. The
purpose of the working group is to ensure a consistent approach to pandemic influenza planning
and preparedness.
A number of witnesses suggested that there should have been development of national clinical
guidelines. The committee heard that at the outset of the H1N1 pandemic there was a perception
by some that PHAC would be providing leadership in the guidance on clinical care. The
committee was told that a Clinical Care and Antiviral Task Group was established within the
Public Health Network structure; however, its mandate had been unclear. Eventually its mandate
was determined to be one of providing a forum to facilitate and support the development of
clinical guidelines through consultation with national organizations. Due to the delay in
establishing the role of this group, the committee was told that most jurisdictions developed their
own guidelines.
26
Another criticism of the Plan pertained to its scope. The current Plan focuses on the health
sector, although annexes to the Plan provide information for a broader scope. That is, Annex LThe Federal Emergency Preparedness and Response System, and Annex O-The Role of
Emergency Social Services in Planning for Pandemic Preparedness in Canada, provide
preparedness information for services outside those of health care provision. In this respect, the
committee heard that for specifics that fall outside of the public health context, Public Safety
Canada is responsible under the Emergency Management Act to ensure that each of the federal
departments and agencies has developed and implemented its own emergency preparedness plan.
The committee also heard from the Canadian Food Inspection Agency (CFIA), which is part of
the Agricultural Portfolio, and heard about its role in the H1N1 pandemic. CFIA indicated that it
works closely with other members of the Agricultural Portfolio on emerging animal health issues
as well as with the Department of Foreign Affairs and International Trade on the economic
implications from border closures to Canadian animal and animal products. In this regard, CFIA
has pursued a Memorandum of Understanding with the United States and Mexico to promote
consistent responses in the three countries to minimize confusion in the marketplace.
Some witnesses referred to the Pandemic Preparedness budget of 2006 which set aside $1 billion
over five years. This included $400 million in contingency funding and $600 million to be
distributed among PHAC ($367 million), Health Canada ($16.5 million), CFIA ($195 million)
and the Canadian Institutes of Health Research (CIHR) ($21.5 million). The committee was told
that this funding will expire in March 2011 and heard that it should be renewed so that Canada
can maintain capacity and infrastructure, effectively consult and update the Plan, and retain and
build upon our research accomplishments. The Minister of Health stated in her testimony to the
committee that a similar approach would be taken to replenish the resources needed to
implement a pandemic plan.
The committee heard that a robust public health infrastructure would improve Canada’s capacity
to respond to public health outbreaks. It was emphasized by health officials that there needs to be
more attention paid to public health in order to build public trust in the system. In turn, public
trust would ensure more public confidence in pandemic response in times of public health
outbreaks. It was also pointed out that harmonization of public health practices and consequently
of pandemic plans, such that there is little or no variation across jurisdictions, would result in
greater public trust and confidence.
3. Communications and Messaging
Several witnesses commended the federal government, particularly PHAC and Dr. Butler-Jones,
on the unprecedented communications effort it made during the H1N1 pandemic. Comparisons
were again drawn to the SARS crisis and how much improved the communications were
between the F/P/T governments. The committee heard that it was unique for a Deputy Head, the
Chief Public Health Officer Dr. Butler-Jones, and not a Minister, to be the visible official during
27
an emergency. All witnesses who commented on this agreed that the CPHO was the right lead
for communicating to Canadians on the H1N1 situation and that he performed the task very well.
Despite the fact that communications was handled much better than it was during SARS and that
our CPHO was complimented on his performance by many witnesses, communications and
messaging were the most frequently criticized issues during the study. This issue is vast and
includes the federal government’s communication and messaging to the Canadian public, their
communication with the P/T governments, their role, if any, in the messaging available to
Canadians via different media, and the responsibility for two-way communications, whether
possible or helpful.
Overall, the federal government’s messages to the Canadian public were viewed as very
consistent and successful. Successful messages included updates on the status of the pandemic
early on and promotion of measures to reduce the spread of illness such as coughing and
sneezing into the arm, hand washing and the use of hand sanitizer. The committee heard from
some witnesses however, that in some instances the messages delivered by PHAC were
confusing and an example of this was on the subject of vaccine safety. Canada’s primary H1N1
vaccine was an adjuvanted formulation. As the safety data on this type of vaccine did not include
pregnant women, assurances could not be given in this respect. This was not to say, however,
that there was any indication that it was unsafe. Because of the lack of safety data for adjuvanted
vaccine use in pregnant women, Canada also ordered some unadjuvanted vaccine, which is what
the seasonal influenza vaccine has traditionally been. Some witnesses described the messages
explaining the adjuvanted versus the unadjuvanted vaccine as confusing and unclear.
Messaging about vaccine availability was also cited as being confusing. PHAC’s message to
Canadians was that enough vaccine would be made available so that all who wished to be
immunized would be. However, they were also told that only certain groups would get priority.
Canadians wondered why there was a need to prioritize if there would be enough vaccine for all.
Witnesses suggested that this was easily explainable as not all vaccine would be available on day
one, but stated that the government’s message on this was not clear.
The committee was told that the confusing message could have been avoided with more effective
communications strategies. It heard that communication with the public should have included
clear explanations about the capacity to produce vaccine and deliver it through vaccination
clinics and that these limitations dictate that the most vulnerable should get priority. The
committee heard that the science firmly supported PHAC’s recommendations but they were not
successful in relaying that information. It was told that the level of public trust in the federal
government, and in particular PHAC, is directly affected by the success of their communications.
Communication and messaging as it filtered down through the levels of government to the local
level and the role played by the media were also issues of great interest to many of the witnesses.
Annex K of the Plan relates to communications and it provides the framework for consistent and
28
coordinated public communications for PHAC, Health Canada and the P/T governments.
Although the committee heard from PHAC that the communication networks were tested ahead
of time, the annex only provides guidance. As one witness put it, “Many voices, one message”.
Several witnesses questioned whether this can truly be achieved in a free and democratic society.
Overall, federal and provincial/territorial witnesses were pleased with the level of cooperation
between governments; however, some expressed the need to harmonize communication. In this
respect, the committee heard that the F/P/T communications officials teleconferenced daily with
a view to providing clear and consistent messages.
As messaging extended down from the provincial and territorial level to the local level, health
care professionals indicated that their information was coming from multiple sources. The
committee heard that while this did not necessarily mean that the messages were inconsistent,
they indicated that health care professionals were too busy to sort through all of this information
in order to determine the central message. In this regard the committee heard that better linkages
should be established with the primary and acute care systems. Witnesses described how the
public health system has established links within provinces, between provinces and with the
federal government due to the nature of the work they do. This has not historically been the case
within the primary or acute care communities but it is essential to appreciate that these systems
become vital in a public health emergency. In this regard, the committee heard that these
linkages should include two-way communication by embedding primary care expertise into
public health planning.
Much of the concern about conflicting messaging was in reference to opposing viewpoints
expressed in the media. It was generally agreed that this cannot be controlled but the impact
could be minimized. One way to minimize the impact is to increase the level of trust in public
officials, preferably prior to the onset of a public health concern. It was suggested that the public
would be more liable to have confidence in messages delivered by credible public officials with
whom public trust has already been established and will be less likely to give credence to
‘talking heads’.
Another way to minimize the impact of contradictory messages from those who may not be
experts is to have established linkages with the media, again during times when there is not a
public health threat. The committee heard that there is willingness among the mainstream media
to be helpful as they have an interest in educating the public and, as such, there should have been
partnerships developed with key trusted opinion leaders and the media. As well, PHAC indicated
that it attempted to counter misinformation that was circulating on the internet with a team of
media relation officers under its “Detect and Correct” system. The committee commends PHAC
for this effort. PHAC indicated that in future it would ramp up this effort in order to respond
more aggressively.
29
Consistency of messaging becomes more complex when we consider new media. Several
witnesses commented on the challenge of addressing the misinformation that circulated on the
internet. This included established websites, Facebook, Twitter and blogs. The committee was
told that this cannot be controlled but the information coming from government can be. It was
also suggested that partnering with opinion leaders, respected and trusted by the public, could be
one way of minimizing the impact of misinformation. It also heard that governments must also
embrace the social media and develop ways of using them in an appropriate and proportionate
way so as to stay focussed on the overall public health threat.
The committee also heard about less conventional means of communicating that the government
may wish to consider. The vaccine manufacturer suggested that it could be a facilitator of
communications between the public and the private sector. The pharmacies conveyed that they
are ideally positioned to provide information on vaccine and antiviral use, as well as general
information on infectious illness like influenza and the non-medical interventions including
personal hygiene and social distancing. The committee heard that this means of communicating
to the public would be effective as the level of trust for pharmacists is already high.
The issue of communicating best practices was raised throughout the study. As officials stated,
regardless of the planning that occurs, there will always be lessons learned during a pandemic or
other public health emergency. In this respect, several witnesses spoke of the need to create a
mechanism whereby best practices can be made available to other jurisdictions. Some noted the
example of mass vaccination programs where jurisdictions experienced different levels of
success. It was suggested that if there was a central point where best practices could be posted
and accessed, some of the difficulties encountered may have been avoidable and that this type of
informal information sharing may have helped to save time and resources when both of these are
scarce.
4.
Vaccines and Antivirals
a.
Vaccines
Considerable discussion centred on vaccines over the course of this study and included testimony
with respect to: the F/P/T contract; regulatory approval; packaging; distribution, programs and
coverage; and, prioritization.
i.
F/P/T Contract
The committee heard from Public Works and Government Services Canada (PWGSC), which
runs the F/P/T Group Purchasing Program for drugs and vaccines. The Program, which was
launched in 1973, allows all jurisdictions to benefit from cost savings achieved through
economies of scale as it purchases influenza vaccine on behalf of all provinces and territories as
well as the six federal departments for which there is federal authority for health care, namely;
30
the military, Royal Canadian Mounted Police, First Nations on-reserve, veterans, federal inmates
and refugees.
The committee heard that, in 2000, as part of pandemic planning that Canada had initiated in
1998, requests for proposals were posted seeking a domestic pandemic vaccine supplier. At that
time PWGSC learned that only one company was interested in establishing sufficient capacity to
produce enough vaccine to immunize the entire Canadian population in the event of an influenza
pandemic. In 2001, a ten year contract was awarded to ID Biochemical which required that the
company supply 100% of Canada’s influenza vaccine requirements in the event of a pandemic.
The contract also granted the company 50% of Canada’s seasonal influenza vaccine
requirements, in order to ensure that the company would retain sufficient capacity to fulfill
pandemic requirements. In addition, Canada would have priority, meaning that the company,
which is now owned by GlaxoSmithKline, would have to fulfil Canada’s quota before supplying
any other purchasers. As GlaxoSmithKline retains 25% of the remaining 50% of seasonal
influenza vaccine supply, GSK is under contract to deliver 75% of Canada’s seasonal influenza
vaccine as well as 100% of its pandemic influenza vaccine. The committee heard that over the
course of this ten year contract, the company was paid a ‘pandemic readiness fee’ but was not
told its value. PWGSC clarified that the seasonal influenza vaccine is paid for entirely by the
provinces and territories while the cost of the pandemic vaccine is shared between the federal
and P/T governments 60:40 respectively.
The committee heard that securing a domestic supplier that would provide priority access to
vaccine for Canada was essential for our success in obtaining sufficient vaccine for all
Canadians. Witnesses revealed that some countries that had not secured their own domestic
supply were still waiting for vaccine in January 2010. The committee was told that the order was
made eight years ago but that the number of doses requested, 50.4 million, was made in summer
2009. This order was based on 75% uptake and two doses per person. As information became
available indicating that only one dose was required, this order was reduced. Government
witnesses emphasized that the price that had been negotiated was very favourable and that
Canada paid much less than other Western nations. Witnesses also emphasized that some of the
cost of purchasing the H1N1 vaccine will be recouped in seasonal influenza vaccine programs.
The committee heard that seven eighths of the cost of the H1N1 vaccine was the adjuvant, to
which the antigen had to be mixed. This unused adjuvant component has been retained for future
use.
The current ten-year contract expires in 2011. In preparation for the next contract, PWGSC
indicated that an industry consultation was held in March 2010. This was attended by six
suppliers, although only one supplier currently has the facilities to produce the vaccine
domestically. In April 2010, two requests for proposals were issued. These correspond somewhat
to the current influenza contracts with the added change of having a backup supplier of pandemic
vaccine. There is no requirement for the backup supplier to be domestic. Another difference that
31
the committee was told of is that there will be greater consultation and collaboration with the
provinces in the next contract. Of the six suppliers who attended the industry consultation, three
suppliers have responded to the two requests. This is an ongoing process.
ii.
Regulatory Approval
Health Canada is responsible for assessing the safety, quality and efficacy of drugs in Canada,
including vaccines, and issuing approval to market those drugs in Canada. The H1N1 vaccine
posed an additional challenge for issuing that approval in that it differed from the seasonal
influenza vaccine as it contained an adjuvant, a substance included in the vaccine formulation
that increased the effectiveness of the vaccine. As such, in general a smaller dose of adjuvanted
vaccine is needed to elicit an immune response. The committed heard how Health Canada was
able to expedite approval of the vaccine without compromising safety. Health Canada officials
discussed their success in being able to approve the vaccine, ArepanrixTM, as it was being
produced. This was due to the high level of planning and collaboration with international
counterparts, particularly the United States, the European Union and Australia, so that Canada
had access to global data. In this way, Canada was able to approve the adjuvanted H1N1 vaccine
using data that was being collected and assessed in real-time.
iii.
Packaging
Several witnesses commented on the packaging of the H1N1 vaccine. The decision on how to
package the vaccine was made by the manufacturer, GSK, in order to accelerate getting vaccine
distributed, and was made under the assumption that vaccine would be provided almost
exclusively in mass vaccination clinics. The vaccine was packaged in boxes of 50x10 millilitre
vials, for a total of 500 doses. These vials required further mixing at the point of delivery where
the 10ml vial would each have to be mixed with the H1N1 antigen. Once mixed, the vial had a
limited shelf life of 24 hours.
Witnesses indicated that this packaging was problematic for a number of reasons. First, boxes of
500 vaccine doses were unsuitable for physician offices. Several witnesses expressed frustration
that such large packaging was chosen and questioned why it was assumed that the vaccine would
not be delivered through doctors’ offices.
Second, witnesses pointed out that those physicians who did wish to order vaccine were required
to go through a pre-qualification process in order to be eligible, including the need for a type of
fridge not previously required for vaccine storage. This pre-qualification requirement further
slowed down the process of vaccine delivery to the public.
Third, some jurisdictions chose to re-package the large boxes before sending them on to final
destinations. In addition to the time required to physically re-package the product there were also
32
regulatory hurdles to solve as the packaging of vaccines is regulated under the Food and Drug
Regulations. As such, there were further delays resulted in delivering vaccine to the end users.
iv.
Distribution, Programs and Coverage
Witnesses were pleased overall with Canada’s performance in supplying vaccine across the
country and they stressed that the H1N1 pandemic marked the largest single vaccination program
in Canadian history. Witnesses from GSK testified that within 20 weeks, despite some
production problems, they were able to develop a vaccine and begin mass production. They
indicated that the seasonal influenza vaccine typically takes seven months.
The committee was told that although Canada was not the first country to have a vaccine
available, it was among the first eight. It also heard that China was the first country to have a
vaccine at week 39 but was only able to obtain a small amount of vaccine relative to its
population, whereas Canada had sufficient vaccine to immunize anyone who wished it.
Government officials also pointed out that Canada was able to complete the vaccine programs
faster than other countries, with the exception of Australia.
Witnesses expressed some concerns about the distribution of vaccine. This concern related to the
unpredictability for jurisdictions of knowing how much vaccine was going to be received for
distribution. Although all jurisdictions were aware of distribution projections, frequently
production challenges meant that the amount delivered to jurisdictions was altered with short
notice. Representatives from Ontario expressed frustration that supply never matched up with
demand. Federal government officials explained that production disruptions are unavoidable but
suggested the communications involved could have been improved. The committee also heard
the concern that the normal, well-established distribution chains should have been utilized.
Federal government officials indicated that, in fact, they had been, but they acknowledged that
individual jurisdictions could use whatever supply mechanism worked best for them. The
committee heard from British Columbia’s Provincial Health Officer that his province did rely on
the standard supply chain but that Nova Scotia changed the way it distributed the vaccine as it
felt that its traditional distribution to doctors’ offices would have been too time consuming.
Witnesses also discussed the difficulties encountered regionally in implementing mass
vaccination clinics. Some witnesses acknowledged that the Plan did not foresee the difficulties in
trying to vaccinate a significant proportion of the population in a very short timeframe. Others
pointed out that this was further complicated by the second wave of the pandemic appearing
earlier than what is normally observed for influenza.
Canada also performed well in terms of overall uptake of vaccine. While the coverage rate varied
considerably across the country, several witnesses stated that Canada, as a whole, realized a
coverage rate of more than 40%, and that this was second only to Sweden, which achieved
coverage of 70%. Members were told that the United States, which had started sooner than
33
Canada, experienced several production difficulties, had limited supply and realized about a 20%
coverage rate, Australia about 25%, Japan around 12% and only 7% in the United Kingdom.
Within Canada, witnesses indicated that coverage rates varied with a trend towards higher
coverage rates in the east and the highest rates in the northern, remote communities. Rates that
were quoted by witnesses were B.C. 41%, Saskatchewan 50%, Ontario 38%, Newfoundland
80% and health care workers reached a coverage rate of 66%.
v.
Prioritization
Several witnesses stated that much of the confused messaging related to vaccine prioritization. In
September 2009, PHAC issued, in accordance with WHO guidelines, a list that proposed a
prioritization of groups for vaccination. PHAC testified that this list had been developed
collaboratively with the provinces and territories. The list was developed because although
sufficient vaccine would become available to immunize all those who wished to receive the
vaccine, it would not be available at the same time. Indeed, even if it could be made available all
at once, it would not be possible to vaccinate everyone at once. As such, the prioritization list
identified those most at risk for complications from the H1N1 influenza. The committee heard
that the list was only considered a guideline and that jurisdictions could implement it as was
considered best for their circumstances. The first priority group was identified by PHAC as;
persons under 65 years old with chronic conditions, pregnant women and children six months to
five years, individuals living in rural and remote settings, health care providers involved in
pandemic response as well as those delivering essential services and, those in contact with
infants less than six months old or immunocompromised persons. The second priority group
included essentially everyone else, including first responders.
The committee heard from several first responders (i.e., fire fighters) and front-line workers (i.e.,
teachers) that they should have been included earlier in the prioritization list. In this regard, it
was told that the two goals of the Plan conflict. These goals are to minimize illness and mortality
due to the pandemic while also minimizing social disruption. As such, one of these had to be
chosen over the other and the decision was made to focus on minimizing illness and death of
those most vulnerable to the H1N1 virus and those who care for them.
Witnesses criticized the manner by which this was communicated as well as the fact that they
were merely guidelines and that jurisdictions could, and did, deviate from them. The committee
heard that PHAC could have done a better job of explaining the prioritization and emphasizing
that jurisdictional and regional concerns would dictate whether there would be variation from
one area to the next within Canada.
Witnesses pointed out that the prioritization was justifiable in terms of being evidence based but
was difficult to implement on the ground. Health care providers questioned how to enforce this
list as individuals indentified on the list do not live in isolation but rather as families and as
communities. The committee was asked whether it is ethical or moral to only immunize the
34
pregnant woman who presents at the clinic with her husband and children who may not be
considered priorities.
b.
Antivirals
Witnesses spoke of the important contribution that antivirals make to pandemic preparedness
since vaccine will not be available during the first wave of a pandemic, at least with the today’s
technologies. As such, antivirals become the first line of defence when prevention measures such
as hand washing, social distancing, etc., have failed. PWGSC explained that the F/P/T Group
Purchasing Program for drugs and vaccines coordinates two stockpile systems in Canada. One is
the National Emergency Stockpile System (NESS), which is federally owned and funded. The
NESS provides a rapid response to support the efforts of provinces and territories when facing an
influenza pandemic. The second is a provincially and territorially funded and administered
supply of antivirals.
The committee heard that the NESS was accessed during the H1N1 pandemic and that its use
increased significantly between the first and second waves resulting in a reduction in
complications, hospitalizations and death. Roche Canada, the manufacturer of Tamiflu, one of
the antivirals included in the stockpile, indicated that about 500,000 treatment doses were
prescribed in Canada between May and December 2009. Roche indicated that it worked closely
with PHAC as well as the Canadian Pharmacists Association to ensure that up to date
information was available at all times.
Dr. Butler-Jones indicated that clinical guidelines on the use of antivirals for H1N1 evolved over
time. He stated that the conventional wisdom had been at the outset of the pandemic that
antivirals would only be effective if administered within 48 hours of the onset of symptoms.
However, it was later determined that they should be administered even after that time period,
despite perhaps having a diminished effectiveness.
The committee heard that preparedness in terms of large scale distribution and use of antivirals
was not tested during the H1N1 outbreak, nor prior to it. It was suggested that details for
deploying interventions other than vaccines, such as the distribution of antiviral stockpiles need
to be thoroughly tested. Concern was also raised pertaining to the shelf life of antivirals and the
need to keep the stockpile up to date. Finally, with respect to antiviral resistance, members heard
that this was being monitored but that it would not be possible to consistently test all patient
samples for resistance but rather to pursue those who did not respond well to antiviral treatment.
5. Data Collection, Surveillance and Analysis
Canada’s CPHO suggested that Canada has one of the best surveillance systems in the world in
terms of tracking data such as hospitalizations, intensive care admissions and mortality rate, but
he stated that this is not generated in real time. That in fact, much of the data is collected after the
35
fact. He clarified that there is one stream of data that must be collected in real time in order to
help officials and health providers manage the situation and a second stream of data that is only
required for later reflection. Testimony heard throughout the course of this study referred more
to data collection, surveillance and analysis required in real time in order to respond to and
manage this public health emergency.
The committee was advised that while Health Canada is responsible for approving vaccines,
PHAC is responsible for monitoring adverse events associated with their use. PHAC maintains
an adverse event database which it monitors closely. Witnesses indicated that concerns about
adverse events would be communicated back through the PHN. The committee heard concern
that this system is a passive one which only collects adverse event reports that have been
submitted by health care professionals, the manufacturer, and in some cases the public. It heard
that this system could be made more pro-active if it could be linked with electronic medical
records that could specifically request information on adverse events.
Concern was expressed by several witnesses, particularly public health representatives, that
Canada was not adequately prepared in the areas of data collection, surveillance and analysis.
With respect to analysis of patient samples to generate data on the H1N1 virus, witnesses spoke
of the Canadian Public Health Laboratory Network (CPHLN) which is Canada’s national
association of public health laboratory professionals and was described as a unified voice for
federal and provincial member laboratories while providing a forum for public health laboratory
leaders to share knowledge. The CPHLN allowed for smooth communication between the
National Microbiology Laboratory (NML) and the provincial public health laboratories. Several
witnesses agreed that Canada’s public health laboratories performed well during the pandemic in
analyzing samples. They stated that there was a close working relationship between federal and
provincial public health laboratories which ensured a cohesive and strong national response.
Witnesses from the CPHLN revealed that within days of the H1N1 strain being discovered, the
NML developed and shipped H1N1 diagnostic tools to provincial public health laboratories
thereby quickly decentralizing laboratory testing in Canada. The provincial public health
laboratories also had access to the laboratory preparedness guidelines that the Pandemic
Influenza Laboratory Preparedness Network, a subgroup of CPHLN, had developed for the Plan.
However, members heard that this was not the case when it came to surveillance. Several
witnesses emphasized the importance of robust surveillance systems and suggested that without
reliable surveillance, effective response to any public health threat is difficult. The committee
was told that insufficient resources are currently dedicated to this component of pandemic
response. Some witnesses suggested that surveillance issues were not given adequate weight.
They testified that members of the Surveillance, Epidemiology and Laboratory Task Group,
which advised the Pandemic Coordinating Committee within the PHN, felt as though, in their
efforts to analyze data in real time and provide background to support decisions made at higher
levels, their advice and recommendations were underappreciated.
36
The committee heard that, prior to the pandemic, PHAC’s surveillance group consisted of only
four people; a medical specialist, a senior epidemiologist, a junior epidemiologist and a
virologist. During the pandemic, this number increased slightly. It was suggested that this is
inadequate. The committee was informed about the challenges faced when trying to respond to
developments in real time given resource restrictions and complex communication networks.
Committee members were told that there is a need to establish, as well as rehearse a national
process for rapidly generating, appraising, incorporating and communicating new evidence
during a crisis in real time. They heard that Canada lacks sufficient epidemiologists and
methodologists to interpret and appraise the data rapidly. Further, the committee was told that the
rapid response required in a crisis requires a nimble, well-rehearsed system, for which the
infrastructure must already exist and be properly resourced. In addition, that part of this
infrastructure should include improved linkages between the epidemiological or analysis, side
and the laboratory, or data generating and collection side.
In terms of surveillance, which was described as critical in underpinning every aspect of
controlling influenza, witnesses indicated that there has been improvement since SARS but that
more needs to be done. For example, while some provinces, such as Quebec, have implemented
registries to track vaccination rates, others, such as British Columbia, do not. Committee
members heard that concerns about surveillance extend to poor monitoring among swine
populations. For example, the committee heard that there is a span of ten years for which there is
no data on circulating swine viruses.
Committee members also heard about a partnership that PHAC entered into with Rx Canada
shortly after the H1N1 outbreak had been detected, to augment Canada’s surveillance capacity.
Rx Canada, a pharmacy sponsored organization, implemented a pharmacy surveillance system
that would track the sales of prescription antivirals as well as over the counter influenza
medication. The organization indicated that within one week of entering into the agreement with
PHAC, over 2,500 pharmacies in all provinces began supplying Rx Canada with daily
prescription data for antiviral medication as well as daily sales information for products used in
the early treatment of influenza symptoms, such as cough and cold medications. Data was
supplied through a central data hub called Rx Gateway. This system, the committee was told,
was able to detect the surge in influenza-like symptoms weeks before PHAC’s FluWatch
surveillance system. Rx Canada stated that funding for the existing contract ends in November
2010 and suggested that their surveillance system should be recognized as an essential
component of the pandemic surveillance system and should be funded on a permanent basis.
Many witnesses stressed the urgent need for electronic systems to assist in data collection and
surveillance activities. Some discussed the public health surveillance IT application called
Panorama that is currently under development. British Columbia’s Ministry of Health is
managing the project and every province and territory is collaborating on its application and
design. When complete, members were told, public health officials from across Canada will be
37
better equipped to manage information during infectious disease outbreaks. Disappointment was
expressed that this system had not been more developed at the outset of the H1N1 pandemic and
many witnesses urged the development of the pan-Canadian electronic surveillance system.
Other witnesses discussed electronic health records in primary care and how these may have
facilitated surveillance and communications.
6. Capacity for Public Health Service Delivery
The committee heard that Canada’s ability to face a public health crisis had improved since
SARS and how the years of planning since that time allowed Canada to perform well in several
respects during the H1N1 pandemic. Nevertheless, despite the mild severity associated with the
H1N1 pandemic, many witnesses testified that Canada’s resources were pushed to their limit.
Federal and provincial officials, as well as public health representatives, felt that had the
pandemic been any more severe Canada would not have been able to keep up. Many of the
concerns that were raised in this regard came back to the observation by some witnesses
mentioned earlier that there needs to be more focus on public health generally. This would bring
about the needed changes to the public health infrastructure that would in turn increase our
capacity to respond to public health emergencies. Some public health witnesses suggested that
the seasonal influenza provides the opportunity to build upon the public health infrastructure.
Health care professionals pointed out that the failure to build a robust public health infrastructure
meant that public health units pulled in resources from other programs resulting in critical
services being delayed, suspended or cancelled.
One area that was discussed as a means of enhancing surge capacity had to do with the sharing of
health human resources between jurisdictions. Health professionals were concerned that labour
mobility issues need to be addressed. In this respect the committee was told about the F/P/T
MOU on the Provision of Mutual Aid in Relation to Health Resources During an Emergency
Affecting the Health of the Public. This includes an agreement on the movement of health
providers from one jurisdiction to another when requested.
The committee heard that innovative approaches need to be considered in order to increase surge
capacity. Witnesses suggested that greater use could be made of health care providers outside of
those traditionally called upon during health emergencies. Paramedics suggested that they are an
untapped resource as they feel they could provide service in public safety, emergency
management and preparedness, mitigation, response and recovery during a pandemic. The
committee was told that greater use could have been made of paramedics, particularly in the area
of vaccination clinics. The committee also heard that expanding the scopes of practice of some
health professionals would help to address the strain on human resources. The Canadian
Pharmacists Association representative discussed how some jurisdictions expanded their scope
of practice to include immunization authority and issuing prescriptions for antivirals. He
indicated that most provinces intend to implement legislation giving pharmacists prescriptive
38
authority. Another idea promoted during the study was to make use of health professionals who
have retired, although the committee was cautioned that individuals would still have to be
licensed where required by the jurisdiction. It was also emphasized that these options for
addressing surge capacity are subject to provincial or territorial authority.
The committee heard from provincial officials that jurisdictions implemented certain strategies in
an effort to reduce the strain on the health system. For example, British Columbia implemented a
new fee structure which allowed physician’s to be compensated for taking calls at their offices
from people concerned that they were affected by H1N1. This approach reduced the number of
potentially infectious people presenting at doctors’ offices for advice. As the crisis passed, the
province removed this fee. This approach compares to the practice implemented in the United
Kingdom. The committee was told that concerned citizens in the United Kingdom had access to
a central phone number where they could receive assessment as well as be prescribed antivirals if
necessary.
PHAC officials emphasized that the response plan allowed them to pull human resources from
across different areas of the Agency. However, PHAC also stated that operation of the
Emergency Operations Centre 24 hours a day, seven days a week for several weeks put PHAC at
risk of exhausting its human resources. As one federal official emphasized, it was a marathon,
not a sprint.
7. Collaboration and Consultation
PHAC officials discussed international collaboration and described it as unprecedented.
Representatives from Mexico described the close relationship they enjoyed with the NML. They
related the chain of events that transpired during April 2009 when the NML received samples
from Mexico for typing and the resultant realization that a novel influenza virus was the subject
of an outbreak in that country. Committee members also heard that PHAC sent specialists to
Mexico to set up and teach their public health laboratory personnel to process and test samples
there.
With respect to collaboration and consultation within Canada, the committee learned about the
PHN, which was created in 2005, and the committee structure within it supporting all of its
functions. The committee was told that the PHN structure was led by the Special F/P/T Advisory
Committee (SAC) on the H1N1 virus, which was specifically created within the existing PHN
structure in response to the pandemic. It was composed of the members of the Public Health
Network Council which heads up the PHN, and the Chief Medical Officers of Health from the
provinces and territories. Next in PHN’s structure was the Pandemic Coordination Committee
(PCC).
These two committees were supported by the work of issue specific task groups, including
clinical care and antivirals, vaccines, communications, etc., as well as a number of expert groups,
39
such as the emergency preparedness and response expert group, and the CPHLN. Together these
groups supplied recommendations and advice to the executive SAC and managerial PCC. The
PHN was described to committee members as having successfully allowed for an unprecedented
level of consultation and collaboration between the federal government and the provincial and
territorial governments. It was described by PHAC as providing the structure for facilitating a
coherent national response during H1N1.
The committee was told that the collaboration encouraged by the structure of the PHN extended
to professional organizations who were also involved in offering their help. For example, the
CPHO indicated that clinicians, public health specialists, intensive care personnel, etc., were
brought together in spring 2009 to discuss treatment options in order to improve clinical
outcomes during the second wave. Some witnesses suggested that the consultation be extended
to include health care professionals on the PHN. It was pointed out that policy decisions made
during an emergency that may be evidence-based, may not be possible to implement on the
ground. They further suggested that, had they been consulted at the level of the PHN, policies
could have been altered to be more practical. The committee also heard that stakeholder groups
were not actively involved in the tabletop exercises but rather were put to the side in an
observation capacity. It was pointed out that in order to effectively test the Plan, it must be tested
right down to the ground level where it is operationalized.
Several witnesses spoke about the frequency of contact between governments, whether at the
Ministerial, Deputy Ministerial, official or expert level through the various committees and
expert groups of the PHN. While some witnesses who were on SAC described this
communication as being two-way, indicating that federal officials made themselves available if
requests were made of them to meet via teleconference, others suggested that broader access to
members of the committee was difficult.
The committee heard from federal and provincial public health officials that a formalized
collaboration between the provincial public health agencies would help to increase Canada’s
capacity to respond to public health emergencies. The committee heard that the public health
agencies of British Columbia, Ontario and Quebec each had their own strengths which, if
properly integrated within a collaborative public health effort, could be more effectively utilized
across the country. Other previously discussed issues should be reiterated here in the context of
collaboration. These include the MOUs described earlier, the relationships with the provincial
public health laboratories, and creation of stronger links with other health care systems, such as
acute care.
8. First Nations and Inuit
Federal, provincial and territorial officials, as well as representatives from First Nation and Inuit
organizations, appeared at committee to discuss the H1N1 response. Health Canada officials
described pandemic planning for, and their response to, on-reserve First Nations communities.
40
The committee heard about the collaboration between Health Canada’s First Nation and Inuit
Health Branch (FNIHB), PHAC and First Nations representatives to harmonize activities
described in the Plan. It was told that 80% of First Nations communities had pandemic plans in
place prior to the appearance of H1N1. With the appearance of the novel virus, the federal
government worked with on-reserve First Nation communities to increase the number of
communities with pandemic plans and assisted in the testing of the plans. In this regard,
committee members were told about Annex B to the Plan, Influenza Planning Considerations in
On-Reserve First Nations Communities.
Overall, federal government officials stated that response efforts to H1N1 were quite successful.
They spoke of the vulnerability of the Aboriginal population to H1N1 and that the virus appeared
very early on in these communities. They described the first wave of the pandemic as being
severe and in terms of Aboriginal people making up a disproportionate amount of the
hospitalizations, intensive care admissions and deaths. Witnesses discussed the important role
played by antivirals during the first wave of the pandemic. Due to the severity of illness in onreserve First Nation communities, Health Canada’s non-insured health benefits program took
initiative early on to cover the cost of prescription antivirals. In response to lessons learned from
the severe impact of H1N1 in northern Manitoba during the first wave, FNIHB worked to preposition antivirals in all of the remote and isolated on-reserve First Nations Communities.
The committee heard from Aboriginal organizations that future revisions of the Plan should
include increased consultation with Aboriginal peoples. It was indicated that no formal
mechanism exists currently for direct consultation with First Nations, Inuit or Métis within the
PHN. However, Health Canada pointed out that First Nations considerations were brought up
and integrated at all planning stages and that FNIHB was a member of SAC as well as all task
groups within PHN, and was a co-chair on the Remote and Isolated Communities task group.
The committee heard that Aboriginal peoples need a forum where they can come together and
discuss health related issues. Such a forum could be used in collaboration towards planning for
an upcoming pandemic. Many witnesses felt that work in this area needs to be expanded and that
any updates to Annex B of the plan should be done in consultation with First Nations groups.
One of the areas of focus pertained to the federal versus the provincial/territorial roles and
responsibilities in health. The committee heard that the division of roles and responsibilities
between Canada’s federal, provincial and territorial governments has not been clearly articulated.
As a result, jurisdictional disputes regarding funding as well as delays in decision making for the
provision of services were encountered during the 2009 pandemic. According to the federal
government, on-reserve First Nations communities received funding through regional Health
Canada offices. Witnesses felt that Chiefs should be given more authority in determining fund
allocation in the best interest of their communities.
41
While there was agreement that the federal government is responsible for the provision of health
care services in on-reserve First Nation communities, the committee heard disagreement
regarding the role of the federal government in regards to health programs in Inuit communities.
Inuit representatives suggested that the Plan should include a section specifically focused on the
Inuit and developed in consultation with them. They felt that, in its current form, the plan does
not address the unique needs of Inuit communities. The committee heard that the need for an
Inuit-specific annex to the Plan was brought to the attention of provincial and territorial leaders
by the Minister of Health last year and was rejected. The committee was told that the Inuit live in
the provinces and territories and that their health care is delivered by those governments.
Although the Plan does include Annex B for remote and isolated communities, some witnesses
indicated that the annex is not culturally appropriate. In addition, witnesses suggested that it was
developed too late. Specifically, members heard that health authorities in the Northwest
Territories and Nunavut could not use it.
Vaccination programs were described as very successful, where higher coverage rates were
reached than for the general Canadian population. Identified as a vulnerable population on the
vaccine prioritization list, Health Canada witnesses described how mass vaccination clinics were
held in rural and remote communities as early as October 26, 2009, achieving overall coverage
rates of 64% in on-reserve First Nations communities. They observed that the severe illness and
mortality witnessed during the first wave was not repeated during the second. In fact, no deaths
were reported. Some representatives from Aboriginal organizations pointed out that these
observations pertained only to on-reserve First Nations and that 60% of the aboriginal population
live in urban centres. With respect to the prioritization list for the vaccine as well as service
delivery, the committee heard that guidelines for these communities must be culturally sensitive.
Several witnesses suggested that the social determinants of health must be addressed in Canada’s
on-reserve First Nations and Inuit communities in order to improve overall public health issues.
Specifically, several witnesses emphasized that overcrowding, poor housing conditions, lack of
access to clean water, underlying chronic health issues and poor socio-economic status all
contributed to increasing the spread and severity of the pandemic in these communities. In
addition, witnesses expressed a need to improve public health infrastructure. The committee was
told that public health resources were stretched to capacity during the pandemic and the
infrastructure in these vulnerable communities would have been incapable of handling the
second wave had it been as severe as the first one.
9. Research
PHAC officials indicated that the need to establish better research capacity to respond to public
health concerns was acknowledged following SARS. As such, a research network had been
established prior to the appearance of the H1N1 virus. In this respect, the committee heard about
the Pandemic Preparedness Strategic Research Initiative which established the CIHR-PHAC
42
Influenza Research Network (CPIRN). The CPIRN was described as having encouraged
scientists, who are naturally competitive, to work together for a common good. In addition to
funding several research protocols over the years, the CPIRN also held meetings which served to
inform the research community and the stakeholders to work in coordination in order to respond
effectively to public health challenges.
Several areas of research were discussed during the study. CIHR described its involvement in
funding clinical trials to assess the safety and efficacy of the H1N1 vaccine, strategies for
deploying mass vaccination programs, improvement of vaccine coverage, etc. In addition, the
committee heard that there are many aspects of seasonal influenza that are not well understood
and that this should be an area of focus. Several witnesses commented on the need to develop
and approve vaccines produced through new technologies. Witnesses talked about cell-based and
DNA-based vaccine technologies that have the potential to replace or supplement the traditional
egg-based vaccine technology. Committee members heard that these technologies may someday
result in faster vaccine production. The committee heard that more research is required in this
area to further perfect the technologies as well as to determine how to scale up production to the
levels required for commercial purposes. It was also suggested that work being done in the area
of HIV vaccine development may prove helpful in the development of vaccines to other viruses
including influenza.
The possibility of stockpiling vaccines was also mentioned and this is an area that has received
research funding in Canada in the past. The committee heard about the need to invest in the
development of more rapid tests for the detection of influenza virus. Members heard that the
sensitivity of the available test is poor and that it often does not detect the virus. Tests with
greater sensitivity would improve the confidence of health care providers who must decide
whether or not to prescribe antivirals. Witnesses emphasized that clinical research requires
approval of the research protocol, including ethical approval from a research ethics board. Often
clinical trials are scattered across the country, with approvals being required at every centre
involved in the trial. Witnesses suggested that if the approval process could be centralized with
the pre-approval of protocols, time won’t be wasted during a pandemic. In terms of rapid
response, the committee was told that while federal departments and agencies have rapid
response mechanisms, research does not. However, PHAC officials testified that it would be
nearly impossible to establish a rapid response research team that could be deployed across the
country.
The committee learned that the CPIRN was funded with the $21.5 million granted to CIHR
under the pandemic preparedness funding supplied in the 2006 federal budget described earlier,
which sunsets in March 2011. This research allocation was further matched with $24.2 million in
public and private funds. Witnesses suggested that Canada’s ability to rapidly and efficiently
respond to infectious agents would be threatened if this funding is not renewed. The committee
heard that dedicated funding is necessary if Canada is to remain a leader in pandemic
43
preparedness. Further it was told that Canada will lose the researchers who have become experts
in this field to other areas of research or to other countries if the funding is not sustained and
dedicated. PHAC officials agreed that research infrastructure needs to be maintained.
44
4. RECOMMENDATIONS
1. Roles and Responsibilities of the Federal, Provincial and Territorial Governments in
Public Health
The committee agrees that there should be greater uniformity across the provinces and territories
when responding to public health issues. The committee would like to see more accomplished
through federal/provincial/territorial discussions and Memoranda of Understanding (MOU) as
opposed to relying on legislation. The committee sees the work done on establishing Memoranda
of Understanding (MOUs) between the federal and provincial/territorial governments as a
positive step in achieving a truly national approach to public health. The committee would like to
see the MOUs on information sharing and t mutual aid finalized as well as more MOUs
developed. The committee also notes that these agreements should be made enforceable
wherever possible.
RECOMMENDATION 1
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada finalize the current Memoranda of Understanding, expand the
number of issues addressed through this mechanism and work toward
making them legally binding.
2. The Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector
Public health officials (and health care professionals) concur that Canada has improved
measurably from its response to SARS in 2003. The Canadian Pandemic Influenza Plan for the
Health Sector (the Plan) was collaboratively developed with the provinces and territories. The
Plan was originally released in 2006 and is regularly updated. The scope of the Plan is national in
focus with recognition that operational details need to be established in each jurisdiction’s own
pandemic plan. The Plan sets out the roles and responsibilities of the various levels of
government for both preparedness and response activities.
However, there is general agreement that there is more room for improvement. As governments
conduct their lessons learned exercises and report on their respective performances during the
H1N1 pandemic, the committee is of the opinion that revision of the Plan should not result in a
plan for the last pandemic, as some witnesses pointed out. That while it is imperative that we
learn lessons from H1N1, all pandemics are unique. Further, the committee agrees with the
testimony from several witnesses that the Plan must be regularly and rigorously tested.
45
RECOMMENDATION 2
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada, in collaboration with the provinces and territories:
•
•
•
Revise the Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector
to make it scalable to mild, moderate and severe pandemics as well as
responsive and flexible as new information becomes available;
Implement regular and rigorous testing of the revised Canadian
Pandemic Influenza Plan for the Health Sector; and,
Promote the active participation of all stakeholders.
The committee agrees with witnesses who stressed the importance of maintaining a focus on
pandemic planning. Members feel that in doing so, not only will Canada’s ability to respond to
other public health threats be augmented, but that the country’s public health infrastructure will
also benefit. The committee would like to emphasize that the timing of the next pandemic is not
predictable and could arrive at any time. As such, pandemic preparedness should always be on
the government’s agenda and the committee urges it to renew pandemic preparedness funding.
RECOMMENDATION 3
The committee therefore recommends that the Government of Canada
includes renewed funding for pandemic preparedness planning in its 2011
Budget.
3. Communications and Messaging
The committee is concerned that communications and messaging did not receive enough
attention in the pandemic planning process, for example it notes that Annex K to the Plan on
communications has not been updated since October 2006. Jurisdictional challenges must be
resolved prior to the next public health emergency. In this regard some provincial officials
suggested that roles and responsibilities of the federal, provincial and territorial governments
need to be clarified. The committee would like to emphasize that there is a clear need to act as
uniformly as possible across Canada since influenza, and other infectious illnesses, are blind to
borders. The committee understands the challenges posed when trying to deliver consistent
messaging when the science is evolving and there remain many unknowns but would like to
emphasize that in order to build and maintain public trust there needs to be effective
communication and consistent, harmonized messaging. The committee would like to reiterate a
particularly meaningful sentiment expressed during its study, “Many voices, one message.”
The committee acknowledges that despite considerable efforts by all levels of government to
deliver harmonized messages, the public became confused from conflicting messages that
46
originated from non-official sources. While conflicting messages were frequently in the main
media, the new social media proved to be a particular concern. Finally, the committee would like
to see the federal government take a more active role in public awareness campaigns about
public health issues during inter-pandemic periods. It agrees with witnesses who emphasized a
need to focus on public health in general and sees this as a means to increase overall trust in
Canada’s public health system.
RECOMMENDATION 4
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of Canada:
•
•
•
•
•
Ensure that Annex K on communications is updated when the Canadian
Pandemic Influenza Plan for the Health Sector is revised;
Collaborate with the provincial and territorial governments to clarify
roles and responsibilities in regard to communications;
Study ways of communicating real-time policy decisions and ensuring
harmonized messaging and in doing so, consult widely across Canada;
Develop and evaluate social media as another means of helping the public better
manage their health , as it studies ways of ensuring harmonized messages; and,
launch aggressive public health campaigns that involve social media,
which include, but are not limited to public health measures and vaccine
safety and effectiveness. .
The committee agrees that the messaging issued by the federal government during a pandemic
should include information that clearly separates the geographic spread of the virus from its
severity. It agrees with those witnesses who were concerned that a pandemic was only defined in
terms of its geographic spread and suggests that, should Canada have to invoke its Plan again in
the future, Canadians be kept informed of the virus’ severity.
RECOMMENDATION 5
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada’s pandemic planning, with respect to communications, include
specific requirements to define the pandemic in terms of severity of disease,
not only the geographic spread, with the acknowledgement that this
information can change depending on the evolving science.
The committee commends the open and transparent communication that existed during the H1N1
pandemic between the federal, provincial and territorial governments and agrees that there has
been considerable improvement since SARS. It acknowledges that not only was there good
communication from the Public Health Agency of Canada to the provincial and territorial
governments but that the Public Health Agency of Canada was responsive to requests from
47
provincial and territorial governments for information. However, the committee agrees with
those witnesses who suggested that communications could be strengthened with external
partners, including hospitals and clinicians. It agrees that this level of communication would be
even more crucial in a more severe pandemic.
RECOMMENDATION 6
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada encourage its provincial and territorial counterparts to:
•
•
explore ways in which they can strengthen two-way communications
with health providers; and,
establish communications network for all health care providers
through collaboration with their representative national associations.
4. Vaccines and Antivirals
The committee is pleased with the manner in which Canada secured a long term contract for
domestically produced pandemic influenza vaccine. It agrees that a domestic supply was
necessary in order to ensure a secure supply for Canadians. It also agrees that the next contract
must also include a backup supplier, given the difficulties that can be encountered during
production. The committee notes the potential risk involved of having a non-domestic supplier of
vaccine in that Canada may not have priority. Although the committee would prefer to see a
domestic backup supplier, members understand that this may not be possible.
RECOMMENDATION 7
The committee therefore recommends that the Government of Canada
explore ways of ensuring that a backup supplier will add to Canada’s ability
to ensure vaccine supply in the event of a future influenza pandemic.
The committee heard from several witnesses, including federal government officials, that the 500
dose packaging chosen for the H1N1 vaccine was too large. It is concerned that this decision was
taken solely by the supplier and questions why so little consultation was done in this regard. It
agrees that the end-user must be considered when deciding on packaging format.
RECOMMENDATION 8
The committee therefore recommends that the Government of Canada, in
collaboration with the provinces and territories, ensure that the next F/P/T
contract for pandemic influenza vaccine, that is to be signed in 2011, includes
a requirement that the supplier consult with the Public Health Agency of
48
Canada when deciding on packaging formats and that the contract list the
type and amount of consultation required.
The committee noted that the full scope of implementing mass vaccination clinics across the
country was not fully appreciated. It questions how the different levels of government could have
dedicated so many resources in pandemic planning, where it was recognized that a vaccine was a
main focus, without having properly tested this aspect.
RECOMMENDATION 9
The committee therefore recommends that the Government of Canada work
with the provinces and territories to thoroughly test the logistics of
implementing mass vaccination clinics, whether at community centres,
schools, businesses, etc., particularly in a limited timeframe, with a view to
determining the limits of this practice.
5. Data Collection, Surveillance and Analysis
The committee agrees that Canada needs to have the infrastructure to support a pan-Canadian
electronic public health surveillance system, while acknowledging the jurisdiction challenges
that such a system faces. It is encouraged by the efforts so far but would like to see all parties to
continue in their efforts as such a system would be beneficial to the public health system in
general and not just helpful in times of public health outbreaks. The committee suggests that, if
properly done, electronic systems have the potential to greatly enhance surveillance,
epidemiological and analytical capacity as well as the ability to do science and evaluation in realtime. As one component of this, the committee sees value in the system used during the H1N1
pandemic known as RxGateway which tracked prescription antiviral and over the counter
influenza medication sales and suggests that the Public Health Agency of Canada determine
what ongoing surveillance could be provided by such a system. Similarly, the committee is
encouraged about the creation of system known as Panorama and urges its further development
and implementation. The committee also agrees that the implementation of electronic health
record systems, an initiative led by Canada Health Infoway, needs to be accelerated as it would
facilitate the functions of data collection and surveillance.
RECOMMENDATION 10
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada work with its provincial and territorial counterparts to fully develop
and implement the public health surveillance IT application known as
Panorama and that; Canada Health Infoway Inc. increase efforts to
implement electronic health record systems across Canada.
49
6. Capacity
The committee was told that the Public Health Agency of Canada contacted the paramedics to
request assistance during the pandemic. The committee commends the Agency for having taken
this initiative and suggests that this resource should be further accessed in times of a public
health emergency. Similarly, the committee considers the contribution that can be made by
pharmacists was not fully realized during the H1N1 pandemic.
RECOMMENDATION 11
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada monitor the status of the scope of practice of pharmacists and
paramedics across Canada with a view to ensuring that they be included as a
health care resource for prescribing antivirals and providing vaccinations
during future influenza pandemics.
The committee agrees with witnesses who suggested that addressing surge capacity in the public
health system is difficult but must be undertaken in order prepare for future pandemics.
RECOMMENDATION 12
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada work with its provincial and territorial counterparts to urge them to
establish linkages between health care systems in their respective
jurisdictions, such as public, acute, clinical and primary care, with a view to
improving the surge capacity of the public health system, including within
hospitals, in times of emergency.
7. Collaboration and Consultation
The committee commends PHAC and the PHN for the considerable amount of collaboration and
consultation that occurred during the H1N1 pandemic. Canada’s role on the global stage was
impressive and the efforts made to include and engage all necessary stakeholders within Canada
were laudable. While the committee is sympathetic to those front line workers and first
responders who expressed a desire to be included in consultations, it agrees that this should be
more of a provincial and territorial priority and that the PHN structure is appropriate but that
more attention may need to be paid to who the task groups consult as they prepare advice for the
Special Advisory Committee. In addition, it agrees that more ground level stakeholders,
particularly the health care providers and first responders should be included in the tabletop
exercises that test the Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector, and that their role
should be more participatory.
50
RECOMMENDATION 13
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada:
•
•
•
Consider the composition of the task groups within the Public Health
Network structure with a view to including more health professionals;
Ensure that health professionals be actively involved in the tabletop
exercises that test the Canadian Pandemic Influenza Plan for the
Health Sector; and,
Recognize the importance of community preparedness, including
clinics and major tertiary care hospitals and the valuable contribution
by first responders.
Finally, the committee agrees that a formalized collaboration between the provincial public
health agencies would help to increase Canada’s capacity to respond to public health
emergencies.
RECOMMENDATION 14
The committee therefore recommends that the Public Health Agency of
Canada strive to include in its revised Canadian Pandemic Influenza Plan for
the Health Sector a formal collaboration between itself and provincial public
health agencies in order to maximize resources and expertise in future
pandemics.
8. First Nations and Inuit
The committee would like to express its concern at the lack of progress in addressing the status
of the social determinants of health in on-reserve First Nation and Inuit communities. The
committee agrees with those witnesses who emphasized that the overcrowding, lack of access to
clean water, etc., make these communities more vulnerable to public health outbreaks. The
committee is of the view that there needs to be greater attention paid overall to public health, as
recommended above.
RECOMMENDATION 15
The committee therefore recommends that Health Canada’s First Nations
and Inuit Health Branch work collaboratively with Indian and Northern
Affairs Canada as well as the Public Health Agency of Canada to identify
and address the conditions particular to on-reserve First Nations and Inuit
communities such as overcrowding and poor access to clean water that make
51
them vulnerable to communicable diseases, including pandemic influenza,
and that this collaboration include measures to improve the public health
infrastructure.
The committee notes that concerns pertaining to data collection, surveillance and analysis, as
well as the need for a centralized collection of best practices, as described earlier in this report,
were also specifically discussed in the context of all aboriginal groups. The committee agrees
that these issues should be reviewed in the context of the aboriginal population.
RECOMMENDATION 16
The committee therefore recommends that Health Canada and the Public
Health Agency of Canada consider including, in future revisions of the
Canadian Pandemic Influenza Plan for the Health Sector, appropriate
parameters and improved reporting systems for surveillance, data collection
and analysis, as well as a centralized collection of best practices for
aboriginal groups.
Finally, the committee is concerned by the apparent confusion over the roles and responsibilities
of the federal government as they pertain to health services and public health programs for onreserve First Nation and Inuit people. It sees a need for the federal government, in collaboration
with its provincial and territorial counterparts, to engage First Nation and Inuit organizations in
an open and transparent discussion in this regard. The committee notes that the concerns it heard
regarding aboriginal representation on the PHN, as well as updating the Canadian Pandemic
Influenza Plan for the Health Sector, including Annex B and maintaining a focus on the need for
cultural sensitivity, can also be addressed in this forum.
RECOMMENDATION 17
The committee therefore recommends that Health Canada’s First Nations
and Inuit Health Branch and the Public Health Agency of Canada initiate
discussions with provincial and territorial governments and representatives
from First Nation and Inuit organizations and communities with a view to
clarifying the federal government’s role in a public health emergency.
9. Research
The committee agrees that research capacity must be maintained if Canada is to remain a leader
in pandemic preparedness and response. It understands that an overall focus on public health and
the research required to support this focus will also improve Canada’s ability to respond future
influenza pandemics.
52
RECOMMENDATION 18
The committee therefore recommends that the Government of Canada
ensure that future federal pandemic preparedness and response budgets
provide dedicated and sustained funding for research.
53
5. CONCLUSION
The committee congratulates everyone involved in responding to the 2009 H1N1 influenza
pandemic. Overall, the planning that started many years ago and that had been ramped up in
recent years proved successful. Canada’s response as a result of years of planning effectively
reduced the impact of this novel influenza virus. Input from international counterparts,
particularly Mexico and the United Kingdom, emphasized Canada’s leadership role during the
pandemic. However, Canada, and the world, was fortunate that the pandemic was not more
severe and it is possible that Canada’s current pandemic plan and the country’s public health
infrastructure would not have been able to optimally address a harsher influenza pandemic.
Canada needs to remain vigilant, learn from experiences of the H1N1 pandemic and continue to
strengthen not only its plan but its public health systems.
54
APPENDIX A
WITNESSES
Wednesday, September 29, 2010
Public Health Agency of Canada
Dr. David Butler-Jones, Chief Public Health Officer
BC Centre for Disease Control
Dr. Danuta Skowronski, Epidemiology Lead for Influenza
and Emerging Respiratory Pathogens
Mount Sinai Hospital
Dr. Donald E. Low, Microbiologist-in-Chief
As an individual
Dr. Susan Tamblyn, Public Health Consultant
Thursday, September 30, 2010
Health Canada
Dr. Paul Gully, Senior Medical Advisor
Public Safety Canada
Daniel Lavoie, Associate Assistant Deputy Minister,
Emergency Management and National Security Branch
Canadian Food Inspection Agency Paul Mayers, Associate Vice-President, Programs
Catherine Airth, Associate Vice-President, Operations
Public Health Agency of Canada
Dr. Theresa Tam, Director General, Centre for Emergency
Preparedness and Response
Wednesday, October 6, 2010
Public Works and Government
Services Canada
Francine Brisebois, Senior Director, Commercial and
Consumer Products Directorate
Henry Kreker, Manager, Influenza Vaccine Project
Tom Ring, Assistant Deputy Minister, Acquisitions Branch
Health Canada
Elwyn Griffiths, Director General, Biologics and Genetic
Therapies Directorate
Meena Ballantyne, Assistant Deputy Minister, Health
Products and Food Branch
Public Health Agency of Canada
Dr. Barbara Law, Chief Vaccine Safety, Centre for
Immunization and Respiratory Infectious Diseases
Dr. John Spika, Director General, Centre for immunization
and respiratory infectious disease
Canadian Pharmacists Association Jeff Poston, Executive Director
55
Janet Cooper, Senior Director, Membership and Professional
Affairs
GlaxoSmithKline Canada
Paul Lucas, President and CEO
Roche Canada
Jim Hall, Vice-President, Urgent Care
Anne-Marie Hayes, Business Manager, Government, Urgent
Care
Rx Canada
Wendy Nelson, President and CEO
Jeff Aramini, Senior Consulting Epidemiologist
Thursday, October 7, 2010
Public Health Agency of Canada
Frank Plummer, Scientific Director General, National
Microbiology Laboratory
Institute of Epidemiological
Diagnosis and Reference
Celia Alpuche, Deputy Director General
As an individual
sociate Professor, Department of Microbiology and
ie University
Monday, October 18, 2010
Health Canada
Glenda Yeates, Deputy Minister
Public Health Agency of Canada
Dr. Gregory Taylor, Director General, Office of the Public
Health Practice
Dr. John Spika, Director General, Centre for Immunization
and Respiratory Infectious Diseases
Ministry of Health and Long-Term Allison Stuart, Assistant Deputy Minister, Public Health
Care, Province of Ontario
Division
Province of Ontario
Dr. Arlene King, Chief Medical Officer of Health
Province of British Columbia
Dr. Perry Kendall, Provincial Health Officer
Province of Nova Scotia
Duff Montgomerie, Deputy Minister, Health Promotion and
Protection
Province of Saskatchewan
Dr. Moira McKinnon, Chief Medical Health Officer
Thursday, October 21, 2010
Health Canada
Shelagh Jane Woods, Director General, Primary Health and
Public Health Directorate, First Nations and Inuit Health
Branch
56
Dr. Paul Gully, Senior Medical Advisor
Aboriginal Nurses Association of
Canada
Rosella Kinoshameg, President
Assembly of First Nations
Angus Toulouse, Regional Chief
Assembly of Manitoba Chiefs
Ron Evans, Grand Chief
Government of Nunavut
Dr. Isaac Sobol, Chief Medical Officer of Health
Indigenous Physicians Association Dr. Darlene Kitty, Board Member
of Canada
Inuit Tapiriit Kanatami
Mary Simon, President
Elizabeth Ford, Director, Health and Social Development
Friday, October 22, 2010
Canadian Public Health
Association
Dr. Isra Levy, Member
Debra Lynkowski, Chief Executive Officer
Canadian Standards Association
Suzanne Kiraly, Executive Vice-President, Government
Relations
Canadian Association of Fire
Chiefs
Robert Simonds, President
Canadian Healthcare Association
Pamela Fralick, President and CEO
Canadian Nurses Association
Claire Betker, Member, Board of Directors
Joyce Douglas, Nurse Consultant
Paramedic Association of Canada
Greg Furlong, Director
Canadian Medical Association
Dr. Jeffrey Turnbull, President
Dr. Maura Ricketts, Director, Office of Public Health
RiskAnalytica
Paul Smetanin, President and Chief Executive Officer
Ontario Power Generation Inc.
Gian Di Giambattista, Director, Emergency Management
and Business Continuity
Canadian Teachers' Federation
Mary-Lou Donnelly, President
Myles Ellis, Director of Economic and Member Services
Federation of Canadian
Municipalities
Claude Dauphin, Third Vice-President
Alain Normand, Member, Pandemic Preparedness Working
Group
57
The Conference Board of Canada
John Neily, Director, National Security and Public Safety
Wednesday, October 27, 2010
As an individual
Bhagirath Singh, Director, Centre for Human Immunology,
University of Western Ontario
Françoise Baylis, Professor, Department of Bioethics,
Dalhousie University
Dr. Ross Upshur, Director, University of Toronto Joint
Centre for Bioethics
Thursday, October 28, 2010
Department of Health, United
Kingdom
David Harper, Director General of Health Improvement and
Protection
Ministry of Health, Mexico
Dr. Mauricio Hernandez-Avila, Deputy Minister of
Prevention and Health Promotion
Dr. Hugo Lopez Gatell Ramirez, Director General of
Epidemiology
Friday, October 29, 2010
Health Canada
The Honourable Leona Aglukkaq, P.C., M.P, Minister
Glenda Yeates, Deputy Minister
Meena Ballantyne, Assistant Deputy Minister, Health
Products and Food Branch
Dr. Paul Gully, Senior Medical Advisor
Public Health Agency of Canada
Dr. David Butler-Jones, Chief Public Health Officer
Elaine Chatigny, Director General, Communications
Dr. Frank Plummer, Scientific Director General, National
Microbiology Laboratory
Canadian Medical Association
Dr. Maura Ricketts, Director, Office of Public Health
Canadian Standards Association
Suzanne Kiraly, Executive Vice-President, Government
Relations
Province of British Columbia
Dr. Perry Kendall, Provincial Health Officer
As an individual
Dr. Todd Hatchette, Associate Professor, Department of
Pathology, Dalhousie University
58
La réponse du Canada à la
Pandémie de grippe H1N1 de 2009
L’honorable Art Eggleton, C.P.
Président
L’honorable Kelvin K.Ogilvie
Vice-président
Comité sénatorial permanent des
affaires sociales, des sciences et
de la technologie
Décembre 2010
Pour plus d’information, prière de communiquer avec nous
par courriel : soc-aff-soc@sen.parl.gc.ca
par téléphone : (613) 990-0088
sans frais : 1 800 267-7362
par la poste : Comité sénatorial permanent des affaires sociales,
des sciences et de la technologie
Sénat, Ottawa (Ontario), Canada, K1A 0A4
Le rapport peut être téléchargé à l’adresse suivante :
www.senate-senat.ca/social-f.asp
This report is also available in English
TABLE DES MATIÈRES
LE COMITÉ .................................................................................................................................. iv
ORDRE DE RENVOI..................................................................................................................... v
GLOSSAIRE.................................................................................................................................. vi
SOMMAIRE EXÉCUTIF............................................................................................................ viii
1.
`INTRODUCTION ............................................................................................................. 1
2.
CONTEXTE ....................................................................................................................... 1
1.
2.
3.
4.
5.
3.
Retour sur les précédentes pandémies de grippe ................................................................ 1
a.
La grippe espagnole : 1918 – 1919 ............................................................................ 2
b.
La grippe asiatique : 1957 – 1958 .............................................................................. 2
c.
La grippe de Hong-Kong : 1968 – 1969 .................................................................... 2
Préparation et interventions internationales en cas de pandémie........................................ 3
a.
Règlement sanitaire international de l’OMS.............................................................. 3
b.
Préparation et interventions de l’OMS en cas de grippe pandémique ....................... 4
c.
Plan nord-américain de lutte contre les pandémies.................................................... 7
d.
Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé ... 7
Les rôles des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en matière de santé
publique............................................................................................................................. 11
a.
Répartition des compétences en matière de santé publique ..................................... 13
b.
Origines constitutionnelles de la compétence des provinces en santé publique ...... 14
c.
Origines constitutionnelles de la compétence du gouvernement fédéral en santé
publique.................................................................................................................... 14
d.
Limites des pouvoirs fédéraux et provinciaux dans le domaine de la santé publique :
.................................................................................................................................. 17
Organisation et prestation des services de santé publique au Canada .............................. 17
a.
Santé publique fédérale ............................................................................................ 18
b.
Santé publique provinciale/territoriale ..................................................................... 22
c.
Santé publique municipale/régionale ....................................................................... 22
La pandémie de grippe H1N1 de 2009 ............................................................................. 23
CONSTATATIONS DU COMITÉ .................................................................................. 25
1.
Rôles et responsabilités des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en matière
de santé publique............................................................................................................... 25
2.
Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé .......... 27
3.
Messages et communications ............................................................................................ 30
ii
5.
3.
Santé publique provinciale/territoriale ................................................................................. 22
c.
Santé publique municipale/régionale ................................................................................... 22
La pandémie de grippe H1N1 de 2009 .......................................................................................... 23
CONSTATATIONS DU COMITÉ ............................................................................................... 25
1.
Rôles et responsabilités des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en matière de
santé publique ................................................................................................................................ 25
2.
Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé........................ 27
3.
Messages et communications ......................................................................................................... 30
4.
Vaccins et antiviraux...................................................................................................................... 33
a.
Vaccins ................................................................................................................................. 33
i.
Contrat FPT .......................................................................................................................... 33
ii.
Réglementation de l’approbation ......................................................................................... 34
iii.
Conditionnement .................................................................................................................. 35
iv.
Distribution, programmes et couverture............................................................................... 35
v.
Établissement des priorités................................................................................................... 37
b.
Antiviraux ............................................................................................................................ 38
5.
Collecte, surveillance et analyse des données................................................................................ 38
6.
Capacité de prestation des services de santé publique ................................................................... 41
7.
Collaboration et consultation ......................................................................................................... 42
8.
Collectivités autochtones ............................................................................................................... 44
9.
Recherche....................................................................................................................................... 46
4.
5.
b.
RECOMMANDATIONS .............................................................................................................. 49
1.
Rôles et responsabilités des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en matière de
santé publique ................................................................................................................................ 49
2.
Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé........................ 49
3.
Messages et communications ......................................................................................................... 50
4.
Vaccins et antiviraux...................................................................................................................... 52
5.
Collecte, surveillance et analyse de données ................................................................................. 54
6.
Capacité de prestation de services de santé publique..................................................................... 54
7.
Collaboration et consultation ......................................................................................................... 55
8.
Collectivités autochtones ............................................................................................................... 56
9.
Recherche....................................................................................................................................... 57
CONCLUSION .............................................................................................................................. 59
ANNEXE A ................................................................................................................................................ 61
iii
LE COMITÉ
Les honorables sénateurs ayant participé à cette étude :
L’honorable Art Eggleton, C.P., président
L’honorable Kelvin Kenneth Ogilvie, vice-président
et
Les honorables sénateurs :
David Braley ;
Catherine S. Callbeck ;
Andrée Champagne, C.P. ;
Jane Cordy ;
Jacques Demers ;
Lillian Eva Dyck ;
Nicole Eaton ;
Yonah Martin ;
Pana Merchant;
Judith Seidman
Membres d’office du comité :
Les honorables sénateurs Marjory LeBreton, C.P. (ou Gerald Comeau James Cowan (ou
Claudette Tardif)
Autres sénateurs ayant participé de temps en temps à cette étude :
Les honorables sénateurs Dickson, Fairbairn, Kochhar, Lang, Marshall, Poirier et
Wallace.
MEMBRES DU PERSONNEL
Odette Madore, Chef, Section des affaires sociales, culturelles et santé, Service d'information et
de recherche parlementaires, Bibliothèque du Parlement
Sonya Norris, Analyste, Service d'information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement
Molly Shinhat, agente de communications, direction des communications
Diane McMartin, adjointe administrative, et
Jessica Richardson, greffière du comité
iv
ORDRE DE RENVOI
Extrait des Journaux du Sénat du lundi 28 juin 2010 :
L'honorable sénateur Ogilvie propose, appuyé par l'honorable sénateur Eggleton,
C.P.,
Que le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la
technologie soit autorisé à examiner, afin d'en faire rapport, l'état de préparation du
Canada en cas de pandémie;
Qu'en particulier le Comité soit autorisé à examiner les questions relatives aux
mesures prises par le Canada dans le passé en vue de se préparer en cas de pandémie, les
leçons apprises à la suite du virus de pandémie (H1N1) en 2009, le rôle de tous les ordres
de gouvernement en ce qui concerne l'état de préparation en cas de pandémie, ainsi que
l'état de préparation du Canada en cas de pandémie pour l'avenir;
Que l'étude du Comité porte sur les processus et les questions éthiques ayant trait à
l'état de préparation en cas de pandémie;
Que le Comité présente son rapport final au plus tard le 31 octobre 2010 et qu'il
conserve tous les pouvoirs nécessaires pour faire connaître ses conclusions jusqu'au 31
janvier 2011.
Après débat,
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Extrait des Journaux du Sénat du mardi 28 septembre 2010 :
L'honorable sénateur Eggleton, C.P. propose, appuyé par l'honorable sénateur Smith,
C.P.,
Que par dérogation à l'ordre adopté par le Sénat le 28 juin 2010, la date pour la
présentation du rapport final du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des
sciences et de la technologie sur l'état de préparation du Canada en cas de pandémie soit
reportée du 31 octobre 2010 au 31 décembre 2010 et que la date jusqu'à laquelle le
comité conserve les pouvoirs pour faire connaître ses conclusions soit reportée du 31
janvier 2011 au 31 mars 2011.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat,
Gary W. O’Brien
v
GLOSSAIRE
ACIA – Agence canadienne d’inspection des aliments
ACSP – Administrateur en chef de la santé publique du Canada
ASPC – Agence de la santé publique du Canada
CCP – Comité de coordination en cas de pandémie
CCS – Comité consultatif spécial FPT sur le virus de la grippe H1N1
CIMRI – Centre de l’immunisation et des maladies respiratoires infectieuses (ASPC)
CMIU – Centre de mesures et d’interventions d’urgence
COU – Centre des opérations d’urgence
CPI – Comité sur la pandémie de l’influenza
DGMIMU – Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d’urgence (ASPC)
DGSPNI – Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (Santé Canada)
DGSPSP – Direction générale de la santé de la population et de la santé publique (Santé Canada)
FPT – Fédéral/Provincial/Territorial
GSK – GlaxoSmithKline
IRSC – Instituts de recherche en santé du Canada
LNM – Laboratoire national de microbiologie
MHC – Médecin-hygiéniste en chef
OMS – Organisation mondiale de la santé
PSP – Partenariat pour la sécurité et la prospérité
RLSPC – Réseau des laboratoires de santé publique du Canada
RNS – Réserve nationale de secours
RPSP – Réseau pancanadien de santé publique
RSI – Règlement sanitaire international
SRAS – Syndrome respiratoire aigu sévère
vi
TPSGC – Travaux publics et services gouvernementaux Canada
vii
SOMMAIRE EXÉCUTIF
Le 15 juin 2010, l’honorable Leona Aglukkaq, ministre de la Santé, a demandé au Comité
sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie d’entreprendre une
étude sur l’intervention du Canada pendant la pandémie de grippe H1N1 de 2009. Le Comité a
entendu les témoignages de représentants du gouvernement fédéral, de plusieurs gouvernements
provinciaux et territoriaux, de professionnels de la santé, des Premières nations et des Inuits,
ainsi que de la communauté scientifique lorsqu’il s’est penché sur le rôle du gouvernement
fédéral dans l’intervention en cas de pandémie. Il a également entendu les témoignages de
premiers intervenants et d’intervenants de première ligne qu’il souhaiterait remercier pour les
efforts qu’ils ont déployés et le dévouement dont ils ont fait preuve en contribuant à la
préparation des collectivités. Le présent document, qui renferme les constatations du comité ainsi
que 17 recommandations, a pour objet de contribuer à « tirer les leçons » de la pandémie du
H1N1 au Canada.
Le comité constate que, de façon générale, la planification, qui avait débuté il y a de nombreuses
années et s’était accélérée au cours des dernières années, s’est révélée un succès. Grâce à ces
années de préparation, l’intervention du Canada a réussi à minimiser les répercussions de la
pandémie de grippe H1N1. Cependant, le comité souhaiterait souligner l’importance de la
préparation à la pandémie et le besoin de mettre l’accent sur la planification de l’intervention en
cas de pandémie. C’est pourquoi il recommande au gouvernement de renouveler le financement
de la préparation à la pandémie dans le budget fédéral 2011.
Par ailleurs, plusieurs thèmes se sont dégagés au regard des domaines dans lesquels des
améliorations pourraient être apportées. Ces thèmes sont les suivants :









les rôles des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en matière de santé
publique;
le Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé;
les messages et la communication;
les vaccins et les antiviraux;
la collecte, la surveillance et l’analyse des données;
la capacité de prestation des services de santé publique;
la collaboration et la consultation;
les collectivités autochtones;
la recherche.
Pour ce qui est du rôle des divers ordres de gouvernement, le comité recommande un recours
accru à des protocoles d’entente fédéraux/provinciaux/territoriaux afin de favoriser
l’uniformisation des mesures d’intervention des différents gouvernements en cas de pandémie.
Quant au Plan canadien de lutte contre l’influenza, le comité juge que ses prochaines révisions
devraient être soumises à des essais réguliers et rigoureux.
viii
Le comité a entendu de très nombreux témoignages portant sur les problèmes et les enjeux
relatifs à la communication et aux messages. Le comité demande donc à ce que l’annexe du Plan
canadien de lutte contre l’influenza relative aux communications soit mise à jour afin de clarifier
les rôles et les responsabilités des différents ordres de gouvernement. Il recommande aussi que
l’Agence de la santé publique du Canada entreprenne une vaste consultation sur les meilleurs
moyens de communiquer en temps réel les décisions prises en matière de politiques et
d’harmoniser les messages diffusés. Le comité recommande également de recourir aux médias
sociaux et de consulter les professionnels de la santé dans le cadre de l’examen que l’Agence de
la santé publique du Canada doit entreprendre de ses politiques de communication. Le Comité
recommande enfin à l’Agence de la santé publique du Canada de lancer, en recourant notamment
aux médias sociaux, une campagne de sensibilisation à différents aspects de la santé publique,
tels que l’innocuité et l’efficacité des vaccins.
Le vaccin contre la pandémie a également suscité de nombreux commentaires inquiets. En
réponse à ces derniers, le comité juge que le prochain contrat fédéral/provincial/territorial de 10
ans qui doit être établi en 2011 doit inclure un fournisseur de réserve et que le gouvernement doit
prendre les mesures nécessaires pour garantir que ce dernier permette au Canada de renforcer sa
capacité à disposer d’une source sûre et suffisante de vaccins en cas de pandémie. De plus, le
comité s’est vu dire que le conditionnement 1 choisi pour le vaccin, à savoir le nombre de doses
par fiole et le nombre de fioles par boîte, devrait être mieux adapté à l’utilisateur final. C’est
pourquoi le comité recommande que le fabricant consulte l’Agence de la santé publique du
Canada avant toute décision à ce sujet. Le comité s’inquiète également que l’on n’ait pas pris la
pleine mesure de la complexité de la mise en œuvre de programmes d’immunisation permettant
la vaccination de tous les Canadiens voulant se faire vacciner. C’est pourquoi il recommande que
les programmes de vaccination de masse fassent l’objet d’examens et d’essais approfondis.
Le comité souhaiterait, en matière de collecte, de surveillance et d’analyse des données, un plus
grand usage des ressources électroniques. Il recommande donc la mise en place d’applications
électroniques de surveillance de la santé publique, ainsi que de systèmes de dossiers de santé
électroniques. En matière de prestation des services de santé publique, le comité demande à
l’Agence de la santé publique du Canada d’assurer, dans l’ensemble du Canada, un suivi des
champs de compétences des pharmaciens et du personnel paramédical afin que l’on puisse, là où
cela est possible, faire appel à ces précieuses ressources en cas d’urgence en santé publique. Le
comité souhaiterait enfin que l’Agence de la santé publique du Canada encourage les provinces
et les territoires à établir des liens plus étroits entre leurs systèmes respectifs de soins de santé de
courte durée, primaires, cliniques et publics, car il estime que ces mesures contribueront à
accroître la capacité d’appoint des hôpitaux.
Le comité recommande, en matière de collaboration et de consultation, une plus grande inclusion
des professionnels de la santé. Il recommande également à l’Agence de la santé publique
1
La terme ‘conditionnement’ veut dire emballage, mais il est spécifique aux médicaments.
ix
du Canada de conclure des ententes de collaboration officielles avec les organismes de santé
publique provinciaux afin de tirer le meilleur parti possible de leurs ressources et de leurs
compétences respectives.
Le comité souhaite également formuler certaines recommandations relatives aux collectivités
autochtones. Le comité se félicite des efforts déployés pour garantir que les collectivités
éloignées et les Premières nations vivant dans les réserves reçoivent les moyens d’intervention,
tels que les antiviraux et les vaccins, nécessaires, mais il s’inquiète de l’état général de
l’infrastructure de santé publique. Le comité recommande donc à la Direction générale de la
santé des Premières nations et des Inuits, en collaboration avec l’Agence de la santé publique du
Canada et les Affaires indiennes et du Nord Canada, d’identifier les collectivités où des
conditions d’insalubrité, telles que des difficultés d’accès à de l’eau propre ou le surpeuplement,
font que les résidents sont plus vulnérables aux maladies transmissibles et de remédier à ces
problèmes de santé publique. Le comité recommande également l’amélioration du système de
collecte, de surveillance et d’analyse des données relatives à ces collectivités autochtones. Le
comité recommande enfin que le gouvernement fédéral entame des discussions avec les
représentants des organisations et des collectivités des Premières nations et des Inuits dans le but
de clarifier son rôle en cas d’urgence de santé publique.
Le dernier domaine au regard duquel des inquiétudes ont été exprimées dans le cadre de l’étude
du comité est celui de la recherche. Le comité recommande donc que la recherche soit incluse
dans les priorités permanentes de la préparation à une pandémie. Il recommande également, par
conséquent, que l’infrastructure de recherche sur la grippe soit maintenue et que le gouvernement
fédéral lui alloue un financement spécifique durable.
Le comité félicite l’Agence de la santé publique du Canada pour son rôle sur la scène
internationale et reconnaît le rôle de chef de file qu’a joué le Canada en collaborant avec
différents gouvernements, de même qu’en fournissant aide et expertise aux pays qui disposaient
de ressources moins importantes. Le présent rapport porte sur les principaux points ayant suscité
des inquiétudes et renferme des recommandations visant à renforcer le plan de préparation du
Canada en cas de nouvelle pandémie
x
1.
INTRODUCTION
Le 15 juin 2010, l’honorable Leona Aglukkaq, ministre de la Santé, a demandé au Comité
sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie d’entreprendre une
étude sur l’intervention du Canada pendant la pandémie de grippe H1N1 de 2009. Le Comité a
accepté et a, du 29 septembre au 29 octobre 2010, examiné la question afin de tirer les leçons de
cette crise de santé publique en vue d’améliorer l’état de préparation du Canada en cas de
nouvelle pandémie. Le Comité a entendu, au cours de neuf réunions et d’une table ronde, les
témoignages de représentants du gouvernement fédéral, de plusieurs gouvernements provinciaux
et territoriaux, des professionnels de la santé, des Premières nations et des Inuits, des premiers
intervenants et des intervenants de première ligne, ainsi que de la communauté scientifique. Le
Comité a enfin consulté les représentants d’autres pays, ainsi que des bioéthiciens et des experts
en droit de la santé.
2.
CONTEXTE
1. Retour sur les précédentes pandémies de grippe
La grippe est une maladie respiratoire causée par un virus qui peut être de type A, B ou C. Les
virus de type A, qui peuvent infecter les humains comme les animaux, sont ceux qui présentent
le plus de risques de pandémie. Les virus de type B, qui n’infectent que les humains, n’ont
jamais été associés à une pandémie. Les virus de type C, qui peuvent infecter les humains
comme les animaux, sont à l’origine de grippes bénignes qui n’ont jamais été associées à des
pandémies.
La grippe est une infection virale qui touche principalement le nez, la gorge, les bronches et,
éventuellement, les poumons. L’infection se caractérise par l’apparition brutale d’une forte
fièvre, des myalgies, des céphalées, un mauvais état général, une toux sèche, une gorge irritée et
une rhinite 2. Les symptômes de la grippe sont similaires à ceux d’un simple rhume, mais
l’apparition du rhume est progressive, sur plusieurs jours, et rarement associée à de la fatigue, à
de la fièvre et à des frissons.
Comme pour toute autre maladie transmissible, la grippe peut connaître des éclosions régionales,
nationales ou internationales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu’une
éclosion de maladie devient une épidémie lorsque le nombre de personnes ayant contracté la
maladie est plus élevé que la normale dans une région géographique donnée, tandis qu’une
pandémie est une épidémie à l’échelle mondiale. Une pandémie de grippe peut se déclencher
lorsqu’un nouveau virus apparaît au sein d’une population humaine qui n’est pas immunisée
2
OMS, « Grippe », http://www.who.int/topics/influenza/fr/index.html, consulté le 1er novembre 2010.
1
contre ce denier. Elle peut être grave ou bénigne en termes de cas ou de décès, et la gravité de la
pandémie peut évoluer avec le temps 3.
Les pandémies de grippe du siècle dernier, dont l’étendue et la gravité ont varié, sont résumées
ci-dessous :
a. La grippe espagnole : 1918 – 1919
La grippe espagnole de 1918 a été causée par une souche de virus H1N1. La pandémie fut
relativement grave puisqu’on estime qu’elle a, en trois vagues, infecté un tiers de la population
mondiale (soit environ 500 millions de personnes) et a causé de 50 à 100 millions de morts 4.
L’important écart dans les estimations est en partie dû aux infections bactériennes secondaires
qui semblent être fréquentes chez les personnes ayant contracté cette souche de virus de la
grippe 5.
b. La grippe asiatique : 1957 – 1958
En février 1957, des scientifiques de Melbourne, Londres et Washington (D.C.) ont été alertés
d’une éclosion de grippe à Hong Kong où 250 000 personnes avaient été infectées en un très
court laps de temps. En mai de la même année, le virus s’était répandu dans le monde entier. La
pandémie de 1957 fut la première dont des techniques de laboratoire analytiques ont permis de
comprendre l’éclosion et la progression. Le virus de la grippe H2N2 responsable de cette
pandémie a remplacé le virus H1N1 qui circulait dans la population mondiale depuis la grippe
espagnole, puis a été à son tour remplacé par le virus de la grippe de Hong-Kong décrit cidessous 6.
c. La grippe de Hong-Kong : 1968 – 1969
L’éclosion de la grippe dite de Hong Kong s’est également produite en Asie, mais cette grippe
s’est distinguée des autres par l’apparition simultanée, dans diverses régions du monde, de
plusieurs petites épidémies qui n’ont pas eu la même incidence clinique. Cet état de fait est peutêtre attribuable à une immunité partielle de la population mondiale à une fraction du virus H3N2
causant la grippe de Hong Kong. Ce virus de la grippe demeure toujours présent dans la
population humaine et continue de poser un risque 7.
3
4
5
6
7
OMS, « Pandemic Preparedness », http://www.who.int/csr/disease/influenza/pandemic/en/,
consulté le 1er novembre 2010 [cette page n’est pas disponible en français].
J. K. Taubenberger et D. M. Morens, « 1918 Influenza : the mother of all pandemics », Emerging Infectious
Diseases, 2006, vol. 12, nº 1, p. 15–22.
E. D. Kilbourne, « Influenza Pandemics of the 20th Century », Emerging Infectious Diseases, 2006, vol. 12, nº
1, p. 9–14.
Ibid.
Ibid.
2
L’apparition et la nature des pandémies de grippe demeurent imprévisibles, mais on peut être
certain qu’une pandémie apparaîtra de façon périodique tous les 30 à 40 ans environ. C’est
pourquoi beaucoup d’efforts ont été déployés afin de se préparer et d’intervenir en cas de
nouvelle pandémie. Voici les plans de préparation et d’intervention en cas de pandémie de la
communauté internationale et du Canada.
2. Préparation et interventions internationales en cas de pandémie
La planification et les interventions en cas de pandémie au Canada s’appuient sur plusieurs
importants cadres, règlements, normes et lignes directrices internationaux, tels que les accords de
l’OMS, ainsi que divers autres cadres comme ceux du Partenariat international contre la grippe
aviaire pandémique, de l’Organisation mondiale de la santé animale, de l’Organisation mondiale
du commerce et de l’Accord de libre-échange nord-américain. Sont détaillés ci-dessous les
principaux cadres et obligations sur lesquels s’appuient les interventions du Canada en cas
d’épidémie de grippe.
a. Règlement sanitaire international de l’OMS
Comme tous les États Parties de l’OMS, le Canada se doit de respecter les obligations
internationales en matière de santé qui figurent dans le Règlement sanitaire international (RSI),
adopté pour la première fois par l’Assemblée de la Santé en 1969 et modifié pour la dernière fois
en mai 2005 afin de, notamment, tenir compte des leçons tirées de l’épidémie de syndrome
respiratoire aigu sévère (SRAS 8). La dernière version de ce règlement est entrée en vigueur le 15
juin 2007.
Le RSI vise « à prévenir la propagation internationale des maladies, à s’en protéger, à la
maîtriser et à y réagir par une action de santé publique proportionnée et limitée aux risques
qu’elle présente pour la santé publique, en évitant de créer des entraves inutiles au trafic et au
commerce internationaux ». En vertu du RSI :
•
•
•
8
Le Canada et les autres États Parties doivent veiller à ce que les droits humains
des personnes et des voyageurs soient respectés en cas d’éclosions de maladies.
Le Canada et les autres États Parties doivent développer des capacités essentielles
minimales en santé publique comme des systèmes de surveillance et des capacités
leur permettant de faire face au risque d’une propagation internationale d’une
maladie aux ports, aux aéroports et aux postes-frontières terrestres.
Le Canada et les autres États Parties doivent notifier l’OMS d’une urgence de
santé publique de portée internationale dans les 24 heures suivant l’évaluation de
la situation conformément à la définition des cas établie par l’OMS et fournir des
Organisation mondiale de la santé, Règlement sanitaire international (2005),
http://whqlibdoc.who.int/publications/2008/9789242580419_fre.pdf, consulté le 31 août 2010.
3
•
renseignements de suivi comme les définitions de cas, les résultats de laboratoire
et les données relatives à la morbidité et à la mortalité.
Le RSI établit, pour l’OMS et dans chaque pays, des points focaux afin de
faciliter les communications urgentes entre l’OMS et les États Parties. Le Centre
de mesures et d’interventions d’urgence (CMIU) de l’Agence de la santé publique
du Canada (ASPC) est le point focal national du Canada 9.
Le RSI accorde aussi à l’OMS le mandat de recueillir les rapports de risques potentiellement
graves pour la santé et de coordonner les interventions internationales nécessaires. En cas de
pandémie, l’OMS est chargée de choisir la souche du vaccin contre la grippe pandémique et le
moment approprié pour passer de la production de vaccins contre la grippe saisonnière à la
production de vaccins contre la pandémie. Ce moment est choisi de concert avec les centres
collaborateurs de l’OMS pour la grippe, les laboratoires de référence réglementaires nationaux et
les autres intervenants clés 10.
b. Préparation et interventions de l’OMS en cas de grippe pandémique
La préparation et les interventions du Canada en cas de grippe pandémique s’appuient également
sur le document d’orientation de l’OMS intitulé Préparation et action en cas de grippe
pandémique. Ce document décrit les mesures et les systèmes recommandés pour faire face
adéquatement à une grippe pandémique. Il a été mis à jour en 2009, notamment pour refléter le
plus récent RSI, et plusieurs documents d’accompagnement portent sur des éléments et des outils
précis nécessaires à la planification, à la préparation et aux interventions dont les pays peuvent se
servir à des fins de planification 11.
Il convient de noter que le document d’orientation met l’accent sur le rôle de l’ensemble de la
société à la planification et à la préparation en cas de grippe pandémique, tous les secteurs de la
société étant appelés à participer aux efforts en vue d’endiguer la grippe. À titre d’exemple, les
gouvernements nationaux dirigeraient les mesures de coordination et de communication
globales, le secteur de la santé s’occuperait de l’information et de la riposte aux plans
épidémiologique, clinique et virologique et les secteurs non sanitaires veilleraient à atténuer les
conséquences économiques et sociales de la pandémie. En outre, l’OMS propose que la société
civile, les familles et les particuliers œuvrent à sensibiliser la population à la situation, diffusent
une information juste et réduisent la propagation de la maladie par l’adoption de mesures de
contrôle pandémiques 12.
9
10
11
12
Gouvernement du Canada, Agence de santé publique du Canada, http://www.infosource.gc.ca/inst/ahs/fed04fra.asp, consulté le 1er novembre 2010.
OMS, Préparation et action en cas de grippe pandémique, p. 10,
http://www.who.int/csr/disease/influenza/pipguidance09FR.pdf, consulté le 1er novembre 2010.
Ibid., p. xi.
Ibid., p. 8.
4
En plus de définir les rôles et responsabilités de chacun quant à la préparation et aux
interventions en cas de pandémie, l’OMS décrit la progression ou le cycle de vie d’une pandémie
(voir tableau 1). Ce cadre énumère les activités devant être menées tant dans les régions touchées
par la pandémie que celles qui ne le sont pas. Ce cadre n’établit cependant pas directement la
morbidité 13 ou la mortalité attribuable à la pandémie et ne reflète donc pas nécessairement la
virulence ou la gravité de la maladie causée par le virus.
Tableau 1 – Description des phases de pandémie par l’OMS (2009)
Préparation à la pandémie
Description
1
Réaction et mesure
d’atténuation
Phase
4
2
3
5
6
Période suivant le
pic de la pandémie
13
Principales mesures dans les pays
touchés
Aucun cas d’infection chez l’homme dû à un virus
circulant chez les animaux n’a été signalé.
Un virus grippal animal circulant chez des animaux
domestiques ou sauvages a provoqué des infections chez
l’homme et est de ce fait considéré comme constituant
une menace potentielle de pandémie.
Un virus grippal réassorti animal ou animal-humain a
été à l’origine de cas sporadiques ou de petits groupes
de cas de grippe dans la population, mais n’a pas
entraîné de transmission interhumaine suffisamment
efficace pour maintenir les flambées à l’échelon
communautaire.
La transmission interhumaine d’un virus grippal
réassorti animal ou animal-humain capable de
provoquer des flambées à l’échelon communautaire a
été vérifiée.
Le même virus a provoqué des flambées soutenues à
l’échelon communautaire dans au moins deux pays
d’une région de l’OMS.
Le même virus a provoqué des flambées soutenues à
l’échelon communautaire dans au moins un pays d’une
autre région de l’OMS.
Le nombre de cas de grippe pandémique a chuté audessous de celui observé lors du pic dans la plupart des
pays exerçant une surveillance adéquate.
Élaboration, mise en œuvre, essai et
harmonisation des plans nationaux de
préparation et d’action en cas de
pandémie de grippe avec les plans
nationaux de préparation et d’intervention
d’urgence
Endiguement rapide
Riposte à la pandémie : chaque pays doit
mettre en œuvre les mesures précisées
dans son plan national.
Évaluation de la riposte; remise en état;
préparation à une éventuelle deuxième
vague
Nouvelle vague
éventuelle
L’activité de la grippe pandémique augmente à nouveau
dans la plupart des pays exerçant une surveillance
adéquate.
Riposte
Période postpandémique
L’activité grippale a retrouvé les niveaux normalement
observés pour la grippe saisonnière dans la plupart des
pays exerçant une surveillance adéquate.
Évaluation de la riposte; révision des
plans; remise en état
La morbidité désigne tout écart, subjectif ou objectif, par rapport à un état de bien-être physiologique ou
psychologique, alors que la mortalité reflète la fréquence des décès au sein d’une population définie au cours
d’un intervalle de temps donné.
5
Sources :
Tableau préparé par la Bibliothèque du Parlement au moyen de données tirées de OMS, WHO
Pandemic Phase Descriptions and Main Actions by Phase, http://www.who.int/csr/disease/
influenza/pandemic_phase_descriptions_and_actions.pdf [cette page n’est pas disponible en
français] et OMS, Préparation et action en cas de grippe pandémique,
http://www.who.int/csr/disease/influenza/pipguidance2009/fr/index.html, consultés le 20 août
2010.
Au cours de chaque phase d’une pandémie, les mesures prises pour s’y préparer et y riposter
peuvent s’articuler autour de cinq éléments clés 14 :
1. Planification et coordination : Il s’agit de fournir une direction et une coordination
intersectorielles et de veiller à ce que la préparation à la pandémie soit adéquatement intégrée
aux cadres nationaux de préparation aux urgences. Cela suppose une révision régulière des plans,
la coordination des ressources et des capacités ainsi que l’examen des leçons tirées et le partage
des expériences avec la communauté internationale.
2. Suivi et évaluation de la situation : Il s’agit d’organiser la collecte, l’interprétation et la
diffusion de l’information sur les risques de pandémie et, une fois en cours, sur l’activité
pandémique. Ces mesures exigent la mise en place d’un solide système de surveillance national
ayant la capacité d’accroître et d’étendre son action de façon rapide tout en pouvant continuer à
surveiller la situation après le pic de la pandémie pour détecter les vagues subséquentes
éventuelles.
3. Réduction de la propagation de la maladie : Il s’agit, en fonction des « distances sociales »
existant entre les individus, les familles et les collectivités, de prendre des mesures visant à
réduire la propagation de la maladie, telles que d’encourager les comportements de protection et
d’établir des protocoles d’isolement (si nécessaire).
4. Continuité de la fourniture des soins de santé : Il s’agit notamment de préparer et de mettre en
place des plans d’urgence permettant de garantir que le système de soins de santé puisse, à tous
les niveaux, continuer de fournir des services essentiels durant toute la pandémie.
5. Communications : Il s’agit d’assurer des communications efficaces avant et durant une
pandémie, ainsi qu’une diffusion auprès du public, des partenaires et des principaux intervenants
de l’information sur laquelle peuvent s’appuyer des décisions éclairées ainsi que des plans
d’action appropriés. Le Guide de l’OMS sur la planification de la communication lors des
flambées de maladies propose que la communication repose sur les cinq principes suivants :
planification, confiance, transparence, annonce précoce et écoute 15. Les activités connexes
peuvent comprendre la promotion et la diffusion des interventions recommandées dans le but
14
15
OMS, Préparation et action en cas de grippe pandémique, p. xiii.
OMS, Guide de l’OMS sur la planification de la communication lors des flambées de maladies, 2008,
http://whqlibdoc.who.int/publications/2009/9789242597448_fre.pdf, consulté le 1er novembre 2010.
6
d’atténuer les risques et de fournir des mises à jour au public et aux principaux intervenants sur
la progression de la pandémie.
c. Plan nord-américain de lutte contre les pandémies
Le Canada ne se conforme pas seulement à ses obligations et à ses engagements internationaux,
mais participe activement aux plans régionaux de préparation et de riposte aux pandémies dans le
cadre du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP) dont font aussi partie
les États-Unis et le Mexique. Étant donné l’interdépendance de nos trois pays, le PSP a été lancé
en mars 2005 afin d’offrir un cadre souple de dialogue, de détermination des priorités, de
collaboration et d’intervention dans les domaines liés à la sécurité, à la prospérité et à la qualité
de vie des Canadiens, des Américains et des Mexicains. Il porte sur divers enjeux tels que la
facilitation de la circulation aux frontières, l’environnement, ainsi que la sécurité des aliments et
des produits 16.
En mars 2006, les dirigeants du Canada, du Mexique et des États-Unis, réunis lors du sommet
du PSP, se sont engagés à élaborer un plan global coordonné de préparation aux pandémies en
Amérique du Nord. Ce plan, connu sous le nom de Plan nord-américain contre l’influenza
aviaire et la pandémie d’influenza, a été rendu public en août 2007. Il définit les objectifs
suivants : détecter, limiter et contrôler une éclosion de grippe aviaire et prévenir la transmission à
l’être humain, prévenir ou ralentir la propagation d’une nouvelle souche de grippe humaine en
Amérique du Nord, réduire au minimum la mortalité et la morbidité, ainsi qu’étayer les
infrastructures et atténuer les effets d’une telle épidémie sur l’économie et sur le fonctionnement
de la société 17.
d. Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé
i.
Élaboration d’un plan de lutte contre la pandémie de grippe
Dès 1998, le Canada s’est doté d’un plan de lutte contre la pandémie de grippe qui a été révisé à
plusieurs reprises en fonction de l’évolution des données et des expériences, ainsi que de ses
obligations et engagements régionaux et internationaux. La plus récente version du Plan
canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé 18 a été rendue
publique en 2006. Ce Plan résulte d’un processus de collaboration mené sous la direction du
Comité sur la pandémie de l’influenza (CPI). Ce comité, mis sur pied en 2001, se composait de
représentants des provinces et des territoires, et notamment de médecins-hygiénistes en chef,
d’épidémiologistes, de virologistes, de spécialistes des maladies transmissibles, des soins
16
17
18
Gouvernement du Canada, « Au sujet du PSP », http://www.spp-psp.gc.ca/eic/site/spppsp.nsf/fra/h_00003.html, consulté le 1er novembre 2010.
Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité, Plan nord-américain contre l’influenza aviaire et la
pandémie d’influenza, 2007, http://montebello2007.gc.ca/doc/pandemic_fr.pdf, consulté le 1er
novembre 2010.
Gouvernement du Canada, Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé,
2006, http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/pdf-f/cpip-fra.pdf consulté le 1er novembre 2010.
7
cliniques et de la santé publique, de représentants des laboratoires et d’éthiciens. Le Centre de
prévention et de contrôle des maladies infectieuses de l’Agence de la santé publique du Canada
(ASPC) a coordonné l’élaboration de la présente version du Plan avec le CMIU de l’ASPC, et ce,
sous la direction du CPI19.
À la création, en 2005, du Réseau pancanadien de santé publique, le CPI a été intégré à la
structure de comités du Réseau et relève désormais du groupe expert en contrôle des maladies
transmissibles 20. Le CPI a poursuivi la révision des annexes du Plan canadien de lutte contre la
pandémie d’influenza dans le secteur de la santé jusqu’en 2009 et a officiellement cessé
d’exister à la fin du processus.
Le Plan est continuellement révisé et mis à jour pour refléter les dernières données et expériences
connues. Plusieurs annexes donnant des précisions sur le fonctionnement du Plan ont ainsi été
mises à jour dans la version la plus récente du Plan : l’annexe B, « Considérations relatives au
plan de lutte contre la pandémie de l’influenza pour les collectivités des Premières nations vivant
dans les réserves », a été mise à jour en juin 2009 et l’annexe K, « Communications », a été mise
à jour en octobre 2009.
ii.
Portée du Plan
Le Plan a une portée nationale, mais tient compte du fait que le détail de sa mise en œuvre relève
des compétences provinciales ou territoriales. De plus, le Plan est axé sur le secteur de la santé,
qui comprend les intervenants d’urgence en santé, les planificateurs des services de santé, les
travailleurs de la santé, les laboratoires de santé publique, de même que les personnes participant
à la fabrication, à l’homologation et à l’approvisionnement des produits pharmaceutiques. Le
Plan précise, par ailleurs, que les ministres provinciaux et territoriaux de la Santé sont les
premiers visés par ce dernier.
Le fait que le Plan soit axé sur le secteur de la santé ne règle pas totalement les questions
relatives aux interventions d’urgence et à la continuité des activités, dont on peut s’attendre à ce
qu’elles jouent un rôle important dans l’atténuation des perturbations sociales. Ces questions
étaient traitées dans la version du Plan datant de 2004, mais la version de 2006 ne les aborde
qu’à l’annexe L, « Système fédéral de préparation et d’intervention d’urgence », laquelle décrit
le plan d’interventions d’urgence dans le cadre du portefeuille fédéral en matière de santé 21.
Cette version fait également mention d’autres documents de planification pertinents pouvant
recouper le Plan, dont le Plan fédéral d’intervention d’urgence de 2009, qui décrit les
responsabilités et les rôles généraux des ministères fédéraux en cas d’urgence, ainsi que le Plan
19
20
21
Ibid, Préface.
Ibid., Introduction, p. 6.
Le portefeuille de la santé inclut Santé Canada, l’Agence de la santé publique du Canada, les Instituts de
recherche en santé du Canada, le Conseil de contrôle des renseignements relatifs aux matières dangereuses, le
Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés et Procréation assistée Canada.
8
d’intervention d’urgence du portefeuille de la santé de 2009, qui met l’accent sur les
responsabilités en cas d’urgence propres au portefeuille fédéral de la Santé.
iii. Buts et objectifs
Le but du Plan est, premièrement, de réduire au minimum la morbidité grave et la mortalité en
général et, en second lieu, de réduire au minimum les perturbations sociétales au sein de la
population canadienne. Les objectifs du Plan sont :
•
•
•
Aider et faciliter la planification et les interventions à tous les paliers de
gouvernement : en élaborant, par un processus de collaboration fédéral-provincial
territorial, un Plan national qui soit acceptable et applicable pour tous les
intervenants et qui définisse clairement les rôles et les responsabilités, en
élaborant un Plan qui soit suffisamment souple pour tenir compte de
l’épidémiologie inconnue d’une pandémie et des besoins des différents
intervenants, en formulant des recommandations en matière de planification
visant à assurer l’efficacité des mesures de prévention, des soins et des traitements
durant une pandémie et en formulant des recommandations en matière de
planification visant à assurer l’efficacité des communications, de la gestion des
ressources et des mesures préventives, de manière à réduire au minimum les
perturbations sociales du point de vue du secteur de la santé.
Faire en sorte que le Plan soit révisé annuellement afin de tenir compte des faits
nouveaux et de suivre les meilleures pratiques.
Faire en sorte que le Plan soit suffisamment clair et complet pour en assurer la
viabilité opérationnelle.
iv.
Rôles et responsabilités des gouvernements fédéral, provinciaux et
territoriaux dans le cadre du Plan
Les rôles et les responsabilités du CPI et des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT)
de la Santé en matière de mise en œuvre du Plan sont précisés dans un accord de fait conclu entre
les sous-ministres de la Santé en mars 2001. Il s’agit d’un document itératif qui permet de
modifier les rôles et responsabilités et d’en ajouter d’autres à mesure qu’ils sont définis. Cet
accord a été rédigé avant la mise sur pied de l’ASPC en septembre 2004. Les rôles et les
responsabilités des différents paliers de gouvernement peuvent, de façon générale, être décrits
comme suit 22 :
•
22
Le gouvernement fédéral, par l’entremise de Sécurité publique Canada (SP), est
responsable de la coordination nationale des interventions en cas de pandémie de
Gouvernement du Canada, Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé,
2006, Introduction, p. 5.
9
•
•
•
grippe, y compris de la surveillance, de la liaison internationale et de la
coordination des mesures de vaccination.
Les responsabilités conjointes des ministères FPT de la Santé consistent à assurer
la distribution des plans à toutes les organisations pouvant être appelées à prendre
part aux interventions en cas de pandémie et à maintenir une liaison continue avec
ces intervenants. Les ministères de la Santé peuvent également participer à la
planification des exercices de simulation une fois que les plans (nationaux,
fédéraux, provinciaux et territoriaux) seront en place. L’élaboration des
estimations de coûts et des possibilités s’offrant aux décideurs est également une
responsabilité conjointe FPT.
Les gouvernements provinciaux et territoriaux (PT) sont responsables de la mise à
exécution de leurs plans d’urgence et de la mobilisation de leur personnel
d’urgence. Les interventions d’urgence en matière de santé commencent à
l’échelle locale puis montent au palier PT et, ensuite, au palier fédéral.
Les autorités locales de santé publique sont responsables de la planification des
interventions locales en cas de pandémie de grippe sous la direction des paliers
PT et fédéral. Pour ce faire, elles doivent notamment établir des liens avec des
partenaires locaux (p. ex., intervenants d’urgence, hôpitaux, services funéraires)
avant une pandémie afin de faciliter une intervention coordonnée dans
l’éventualité où la collectivité serait touchée par la pandémie. Il est probable que
les autorités locales de santé publique, grâce aux mécanismes actuels de
surveillance ou à une surveillance accrue, soient les premières à déceler la
présence de la grippe dans leur collectivité. Il est essentiel que les voies de
communication au sein des collectivités et entre les collectivités et les paliers PT
et fédéral soient clairement établies avant une pandémie.
v.
Hypothèses de planification
Le Plan canadien est fondé sur plusieurs hypothèses principales qui s’appuient sur les
expériences passées et les connaissances actuelles :
•
Origine : La prochaine pandémie apparaîtra d’abord à l’extérieur du
Canada et sera présente au Canada dans les trois mois suivant son
émergence dans le monde, mais elle pourrait arriver beaucoup plus
rapidement en raison de la grande mobilité de la population.
•
Évolution : Le virus pandémique peut arriver au Canada à tout moment
(c.-à-d., éventuellement en dehors de la saison grippale), et le premier pic
de la maladie peut se produire dans les deux à quatre mois suivant
l’arrivée du virus, puis être suivi par le premier pic de mortalité (après 1
mois environ). On croit qu’il y aura au moins deux vagues pandémiques et
que chaque vague balayera le Canada en un ou deux mois et touchera
plusieurs endroits simultanément.
10
•
Épidémiologie : La période d’incubation, la période de transmissibilité et
le mode de transmission prévus du virus se fondent sur notre
compréhension actuelle du virus de la grippe. On s’attend à une
transmission interhumaine efficace du virus de la grippe pandémique qui
infectera un grand nombre de personnes. On croit aussi que les risques de
complications ou de détériorations causées par le virus seront plus élevés
chez certains groupes de personnes.
•
Répercussions : Plus de 70 % de la population sera infectée au cours de la
pandémie, mais seulement entre 15 et 35 % des gens seront cliniquement
malades, le reste de la population présentant une infection
asymptomatique. On prévoit un taux de mortalité parmi la population
allant de 0,4 à 2 % selon la pathogénicité (ou gravité clinique) du virus
pandémique.
•
Absentéisme : En cas d’éclosion de la maladie, on peut s’attendre à un taux
d’absentéisme oscillant entre 20 et 25 % (comparativement à 8 % durant
un hiver normal). Le taux d’absentéisme pourrait être influencé par des
facteurs tels que le type de travail exécuté, l’étendue des interactions
sociales et la mise en œuvre de mesures encourageant les personnes
infectées à demeurer à la maison.
3. Les rôles des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en matière
de santé publique
La santé publique se distingue des soins de santé, par le fait qu’elle est axée sur la santé de la
population en général plutôt que sur la santé de chaque patient, et qu’elle se préoccupe davantage
de la prévention des maladies que de leur traitement clinique. Bien qu’il n’existe actuellement
aucun consensus à l’échelle nationale quant aux fonctions essentielles d’un système de santé
publique, six activités peuvent être tenues pour essentielles. Il s’agit de la protection de la santé,
de la surveillance de la santé, de la prévention des maladies et des blessures, de l’évaluation de la
santé de la population, de la promotion de la santé et, enfin, de la préparation et de l’intervention
en cas d’urgence de santé publique 23. Le tableau 3 détaille chacune de ces fonctions et des
secteurs de programmes correspondants.
23
Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique (Santé Canada), Leçons de la crise du SRAS, 2003,
p. 48, http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/sars-sras/pdf/covpreftc-f.pdf, consulté le 1er novembre 2010.
11
Tableau 3 – Fonctions essentielles des systèmes de santé publique au Canada
Fonctions
essentielles
Protection de la
santé
Aperçu
Exemples d’intervention ou
de programme de santé
publique
Englobe la protection de la population contre divers dangers,
y compris les dangers relatifs aux vecteurs de maladies
infectieuses, aux aliments, aux médicaments et aux drogues,
aux produits de consommation, aux pesticides, à
l’élimination inadéquate des déchets, à l’eau impropre à la
consommation, aux véhicules motorisés dangereux, à la
fumée secondaire, etc.
•
•
•
•
Surveillance de la
santé
Pratique de l’épidémiologie qui consiste à surveiller les
données sur les maladies, les conditions de santé, les facteurs
de santé et les cas de maladie. Elle permet la détection des
menaces pour la santé et l’intervention rapide, atténuant le
cas échéant les répercussions de la menace.
•
•
•
•
•
Prévention des
maladies et des
blessures
De nombreuses maladies peuvent être prévenues ou freinées,
et les blessures peuvent être évitées.
•
•
•
•
Évaluation de la
santé de la
population
L’évaluation de la santé de la population est la capacité de
comprendre la santé des populations, y compris les facteurs
socioéconomiques sous-jacents.
•
•
•
•
Promotion de la
La promotion de la santé comprend l’élaboration et la mise
12
•
Cadres réglementaires de
contrôle des maladies
infectieuses, comme la
Loi sur la mise en
quarantaine
Inspection des restaurants
Surveillance du
traitement des eaux
Surveillance de la qualité
de l’air et mesures
d’application connexes
Enquêtes périodiques sur
la santé
Registre du cancer et
registres concernant
d’autres maladies
Déclaration des maladies
transmissibles
Analyse continue des
données pour cerner les
tendances ou découvrir
les nouveaux problèmes
Surveillance des effets
indésirables des vaccins
Immunisation
Enquête sur les flambées
épidémiques, et contrôle
de celles-ci
Promotion des
comportements sains
(p. ex. ne pas fumer ou la
pratique d’activités
physiques)
Détection précoce des
cancers
Routes sûres, etc.
Évaluation des besoins
sanitaires des
collectivités
Rapports sur l’état de
santé, rapports sur le
système de santé
Suivi et déclaration des
déterminants de la santé
Favoriser la création de
milieux physiques et
Fonctions
essentielles
santé
Aperçu
Exemples d’intervention ou
de programme de santé
publique
en œuvre de politiques gouvernementales et de mesures
communautaires favorisant des comportements plus sains et
plus sûrs, qui à leur tour contribuent à la prévention des
maladies et des blessures.
Préparation et
intervention en cas
d’urgence de santé
publique 24
Les systèmes de santé publique doivent être en mesure de
réagir aux urgences de santé publique en cas de catastrophe
d’origine naturelle ou humaine ayant des répercussions sur la
santé des populations, comme une épidémie ou une attaque
nucléaire.
•
•
sociaux favorables à la
santé (p. ex. les pistes
cyclables)
Défense des politiques
gouvernementales en
santé et des
comportements sains
Participation à la
planification des mesures
préparatoires et
d’intervention en cas de
pandémie
Sources : Tableau préparé par la Bibliothèque du Parlement au moyen de données tirées de Comité consultatif
national sur le SRAS et la Santé publique, Leçons de la crise du SRAS p. 48-50, et ASPC, Que faisons-nous?,
http://www.phac-aspc.gc.ca/about_apropos/what-fra.php.
a. Répartition des compétences en matière de santé publique
La Loi constitutionnelle de 1867 expose les grandes lignes de la séparation des responsabilités
entre le gouvernement fédéral et les provinces. Toutefois, la « santé » et la « santé publique » ne
font pas partie des domaines attribués à un niveau de gouvernement particulier 25. Cela est dû au
fait que, à l’époque, l’administration de la santé et de la santé publique en était à ses débuts, et
que l’on considérait, d’une part, que la santé était une question personnelle, et d’autre part, que
l’intervention de l’État en vue d’améliorer ou de protéger la santé, mesure extrêmement rare,
n’était justifiable qu’en cas d’urgence, comme dans les cas d’épidémies 26. En raison de ce flou
constitutionnel dans la répartition des compétences en santé, les deux paliers de gouvernement
peuvent légiférer dans ce domaine. La Cour suprême du Canada a déclaré à ce sujet que « […] la
“santé” n’est pas l’objet d’une attribution constitutionnelle précise, mais constitue plutôt un sujet
indéterminé que les lois fédérales ou provinciales valides peuvent aborder selon la nature ou la
portée du problème de santé en cause dans chaque cas 27 ».
24
25
26
27
Il est important de noter que la préparation et l’intervention en situation d’urgence de santé publique, comme
dans le cas d’une pandémie, font partie du mandat de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Voir
ASPC, Que faisons-nous?, http://www.phac-aspc.gc.ca/about_apropos/what-fra.php.
Nola M. Ries, « Legal Foundations of Public Health in Canada », Public Health Law & Policy in Canada,
2e édition, Bailey et coll., Markam, Lexis Nexis Canada inc., 2008, p. 10.
Elaine Gibson, « Public Health Information, Federalism and Politics », Health Law Review, vol. 16, no 1, 2007,
p. 5.
Reis, 2008, p. 10.
13
b. Origines constitutionnelles de la compétence des provinces en santé publique
La compétence en santé publique découle donc d’autres pouvoirs mentionnés dans la
Constitution. Le paragraphe 92(13) de la Loi constitutionnelle de 1867 octroie en effet aux
provinces des pouvoirs relatifs à la propriété et aux droits civils, et il est généralement admis que
la santé publique est incluse dans ces pouvoirs 28. De plus, le paragraphe 92(16) attribue aux
provinces d’autres compétences en santé publique en leur accordant la responsabilité des
questions d’une nature locale ou privée, dont la santé publique fait partie 29. Enfin, selon le
paragraphe 92(8), les provinces ont préséance sur les municipalités, qui étaient, à l’époque,
responsables des mesures en santé publique avant la Confédération 30.
Les provinces et les territoires ont exercé leurs pouvoirs en matière de santé publique en adoptant
des lois qui attribuent certains pouvoirs à des agents responsables de la santé publique et leur
permettent de remplir diverses fonctions, dont surveiller la santé des citoyens, offrir des conseils
impartiaux au gouvernement sur les questions de santé publique et mener des activités de
contrôle des maladies transmissibles et d’atténuation des menaces pour la santé 31. Bien que les
lois sur la santé publique diffèrent d’une province ou d’un territoire à l’autre, certaines d’entre
elles comprennent des dispositions particulières concernant les urgences de santé publique,
comme les épidémies et les éclosions de maladies, qui permettent au lieutenant-gouverneur en
conseil de déclarer l’état d’urgence de santé publique et, par conséquent, à la province ou au
territoire concerné, d’imposer certaines mesures et, par exemple, de restreindre les déplacements
ou bien encore d’ordonner l’approvisionnement en biens et la prestation de services essentiels,
notamment en ce qui a trait à l’assistance et aux fournitures médicales 32.
c. Origines constitutionnelles de la compétence du gouvernement fédéral en santé
publique
Les pouvoirs du gouvernement fédéral en santé publique découlent en partie du pouvoir sur les
mesures de quarantaine que lui attribue le paragraphe 91(11) de la Constitution. Ce pouvoir se
limite toutefois à l’imposition de la quarantaine aux personnes et aux véhicules qui entrent au
pays ou qui en sortent. En vertu de cette compétence, le gouvernement fédéral a adopté, en 1872,
la Loi sur la quarantaine qui a été remplacée, en 2005, par une nouvelle Loi sur la mise en
quarantaine. Cette loi donne au ministre fédéral de la Santé le pouvoir de mettre en place des
installations de quarantaine et de désigner des agents de quarantaine pour inspecter des
véhicules, tels que des navires, des aéronefs et des véhicules motorisés, et pour assurer leur
décontamination en cas d’infestation. Un agent de quarantaine peut par ailleurs effectuer une
vérification auprès d’une personne et exiger un examen médical s’il a un motif raisonnable de
penser que celle-ci est malade, qu’elle puisse être porteuse d’une maladie infectieuse ou
28
29
30
31
32
Kumanan Wilson, « The Complexities of Multi-level Governance in Public Health », Revue canadienne de
santé publique, vol. 95, no 6, décembre 2004, p. 409.
Ibid.
Gibson, 2007, p. 5.
Ries, 2008, p. 16.
Ibid., p. 20.
14
contagieuse ou qu’elle puisse avoir été exposée à la maladie. En cas de refus d’obtempérer,
l’agent peut aussi ordonner la mise en détention de la personne 33.
En plus d’une compétence en matière de quarantaine, la Loi constitutionnelle de 1867, aux
termes du paragraphe 91(27), attribue au gouvernement fédéral des pouvoirs en matière
criminelle qui établissent sa compétence en santé publique. Elle permet au Parlement d’adopter
des lois qui protègent la population canadienne des menaces à sa santé, comme celles se
rapportant aux aliments, aux médicaments et aux drogues, ainsi qu’aux contaminants
environnementaux 34.
Plus important encore, l’article 91 de la Loi constitutionnelle de 1867 accorde au gouvernement
fédéral un pouvoir de faire des lois « pour la paix, l’ordre et le bon gouvernement » qui lui
permettent d’intervenir en situation d’urgence de santé publique, comme en cas de pandémie. En
vertu de ce pouvoir, le Parlement peut adopter des lois encadrant les questions de santé nationale
et de bien-être social 35. Deux aspects de ce pouvoir sont applicables à la santé publique, soit
l’aspect « situation d’urgence », qui donne au Parlement la compétence de promulguer, de façon
temporaire, des lois qui seraient normalement de compétence provinciale, et l’aspect
« dimensions nationales », qui donne au Parlement la compétence de promulguer des lois dans
des domaines qui concernent le Canada dans son ensemble 36.
Le pouvoir de légiférer pour maintenir la paix, l’ordre et le bon gouvernement ne peut toutefois
s’exercer que lorsque les provinces sont incapables de réglementer efficacement une situation, ou
lorsque le manque de réglementation dans une province, relativement à cette situation, peut avoir
des répercussions sur la santé des résidants d’une autre province. De plus, les limites de cette
capacité qu’a le gouvernement fédéral de légiférer sans l’accord des provinces demeurent
incertaines et sont sujettes à l’interprétation des tribunaux 37.
Deux lois donnent actuellement au gouvernement fédéral le pouvoir de se préparer et
d’intervenir en cas d’urgence de santé publique. Il s’agit de la Loi sur les mesures d’urgence et
de la Loi sur la gestion des urgences, toutes deux administrées par Sécurité publique Canada. La
Loi sur la gestion des urgences donne au gouvernement fédéral le pouvoir de renforcer les
capacités et d’établir des plans pour intervenir en cas d’urgence. Ce dernier terme est interprété
comme s’appliquant notamment aux menaces pour la santé publique découlant de catastrophes
naturelles, de maladies infectieuses ou d’actes délibérés de bioterrorisme. La Loi prévoit
33
34
35
36
37
Ibid., p. 13.
Ibid.
Wilson, 2004, p. 410.
Marlisa Tiedemann. « Projet de loi C-5 : Loi sur l’Agence de la santé publique du Canada », Bibliothèque du
Parlement, publication LS-523F, 26 avril 2006, p. 4,
http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/LegislativeSummaries/39/1/c5-f.pdf.
Wilson, 2004, p. 410
15
cependant que le plan fédéral de préparation aux situations d’urgence ne peut être mis en œuvre
dans une province que si le gouvernement provincial ou les autorités locales y consentent 38.
Pour sa part, la Loi sur les mesures d’urgence, qui remplace depuis 1988 la Loi sur les mesures
de guerre, donne au gouvernement fédéral le pouvoir d’intervenir en situation d’urgence, comme
en cas de sinistre, y compris en situation de crise ou d’urgence imminente découlant d’une
maladie et « comportant le risque de pertes humaines et matérielles, de bouleversements sociaux
ou d’une interruption de l’acheminement des denrées, ressources et services essentiels d’une
gravité telle qu’elle constitue une situation de crise nationale 39 ». En vertu de la Loi sur les
mesures d’urgence, la déclaration d’un sinistre autorise le gouvernement fédéral à interdire les
déplacements, à établir des hôpitaux d’urgence, à donner ordre à des personnes de fournir des
services essentiels, ainsi qu’à verser des paiements d’urgence. Toutefois, le gouvernement
fédéral doit consulter les provinces touchées et ne peut déclarer un sinistre lorsque celui-ci ne
touche qu’une seule province.
Aux termes de la Constitution, le gouvernement fédéral peut aussi intervenir en santé publique
par l’exercice de son pouvoir de dépenser, qui découle de la compétence attribuée au Parlement
en matière de dette et de propriété publiques (par. 91(1A)) et de son pouvoir général
d’imposition (par. 91(3)), qui lui permettent de se procurer des ressources et de les dépenser ou
les redistribuer, et ce, de toutes les façons qu’il juge nécessaires 40. Le gouvernement fédéral peut
ainsi effectuer des paiements de transfert aux provinces à l’appui de programmes de santé
publique, ou encore conclure des ententes concernant des mesures de santé publique, comme
l’achat de vaccins ou la mise en réserve d’antiviraux 41.
En plus de ces compétences générales en matière de santé publique au pays, les responsabilités
du gouvernement fédéral s’étendent aussi, en vertu de l’article 91 de la Loi constitutionnelle de
1867, à certains groupes de personnes, y compris à celles engagées dans une milice ou qui sont
en service militaire ou naval, aux membres des Premières nations et aux Inuits, ainsi qu’aux
détenus sous responsabilité fédérale. Selon l’article 95, le gouvernement fédéral détient
également des pouvoirs, concurrents à ceux des provinces, quant aux immigrants. Il est, par
conséquent, responsable de la prestation de certains services de santé publique, par exemple
d’immunisation, à ces groupes de personnes 42.
Enfin, le gouvernement fédéral a aussi le pouvoir de mettre en œuvre des traités internationaux
sur la santé publique ou encore d’appliquer des règlements grâce à sa compétence sur le
38
La Loi sur la gestion des urgences est disponible sur le site Web du ministère de la Justice,
http://laws.justice.gc.ca/PDF/Statute/E/E-4.56.pdf, consulté le 2 novembre 2010.
39
La Loi sur les mesures d’urgence est disponible sur le site Web du ministère de la Justice,
http://laws.justice.gc.ca/PDF/Statute/E/E-4.5.pdf, consulté le 2 novembre 2010.
40
Marlisa Tiedemann, « Le rôle fédéral dans le domaine de la santé et des soins de santé », PRB 08-58F,
20 octobre 2008, p. 2, http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/prb0858-f.pdf.
41
Wilson, 2004, p. 410.
42
Tiedemann, 2008, p. 3
16
commerce interprovincial et international découlant du paragraphe 91(11) de la Constitution 43. Il
doit par exemple veiller à ce que le Canada respecte ses obligations aux termes du RSI de l’OMS
qui expose les grandes lignes d’un cadre d’intervention des États en cas de flambées
épidémiques, y compris les exigences en matière de communication à l’OMS, et leur obligation
de maintenir leur capacité à surveiller l’évolution des maladies et à intervenir en la matière 44.
d. Limites des pouvoirs fédéraux et provinciaux dans le domaine de la santé
publique :
i.
La Charte canadienne des droits et liberté
Toute loi canadienne sur la santé publique doit être conforme à la Charte canadienne des droits
et libertés 45 et peut être contestée si une personne visée par une telle loi croit que ses droits
garantis par la Charte ont été violés. Les mesures restrictives adoptées par l’un ou l’autre des
ordres de gouvernement en vue de protéger la santé publique peuvent aller à l’encontre de divers
droits garantis par la Charte, tels que le droit à la liberté, le droit à la sécurité personnelle, le droit
d’association, le droit de ne pas être victime de discrimination et le droit à la vie privée 46. Par
conséquent, ces mesures peuvent faire l’objet d’une demande de révision judiciaire. Toutefois,
l’article 1 de la Charte précise que les droits individuels protégés sont soumis à des limites
raisonnables dont la justification peut se démontrer dans le cadre d’une société libre et
démocratique 47. Autrement dit, toute violation de ces droits par le gouvernement est justifiable
dans la mesure où son objectif est suffisamment urgent et important pour légitimer une
restriction des droits fondamentaux. De plus, les limites imposées aux droits individuels doivent
avoir un lien rationnel avec l’atteinte de cet objectif. Enfin, l’avantage que retire la population
d’une restriction des droits individuels doit être proportionnel au tort causé à la personne.
4. Organisation et prestation des services de santé publique au Canada
Étant donné que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux se partagent les
responsabilités relatives à la santé publique, chaque palier a établi ses propres structures et
institutions pour remplir les fonctions essentielles propres à un système de santé publique. Cette
section présente l’organisation et la prestation des services de santé publique des administrations
fédérale, provinciales, territoriales et municipales.
43
44
45
46
47
Ibid.
Barbara Von Tigerstrom, « Public Health », Canadian Health Law and Policy, 3e édition, Jocelyn Downie et
coll., Markham, Lexis Nexis, juillet 2007, p. 483.
Charte canadienne des droits et libertés, partie I de la Loi constitutionnelle de 1982, édictée comme l'annexe B
de la Loi de 1982 sur le Canada, 1982, (R.-U.), ch. 11.
Nola M. Ries « Legal Issues in Disease Outbreaks: Judicial Review of Public Health Powers », Health Law
Review, vol. 16, no 1, 2007, p. 12.
R. c. Oakes, [1986] 1 R.C.S. 103.
17
a. Santé publique fédérale
i. Agence de la santé publique du Canada (ASPC)
En 2003, l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) au Canada a mis en lumière le
besoin d’améliorer le niveau de préparation et les infrastructures du pays en matière de santé. Les
rapports évaluant l’intervention du Canada face à l’épidémie ont conclu que, dans les cas
d’urgences de santé publique, le rôle de chef de file du gouvernement fédéral devait être renforcé
par l’établissement d’un organisme fédéral consacré à la santé publique et la mise en place de
nouveaux mécanismes pour améliorer la collaboration fédérale-provinciale-territoriale (FPT) et
la coordination de la santé publique entre ces différents ordres de gouvernement 48.
Avant l’épidémie de SRAS, les fonctions de santé publique du gouvernement fédéral étaient
assurées par la Direction générale de la santé de la population et de la santé publique (DGSPSP),
qui possédait un bureau principal à Ottawa et d’autres bureaux régionaux dans tout le pays. Au
sein de la DGSPSP étaient regroupés le Centre de prévention et de contrôle des maladies
infectieuses, le Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques, le Centre de
mesures et d’interventions d’urgence, le Centre de coordination de la surveillance et le Centre du
développement de la santé humaine. Le Comité consultatif national sur le SRAS et la santé
publique a conclu que ce type d’organisation de la santé publique au sein d’un grand ministère ne
permettait pas de focaliser les efforts fédéraux dans ce domaine 49.
De plus, selon le Comité consultatif national sur le SRAS et la santé publique, la DGSPSP ne
pouvait pas assurer une résolution adéquate des conflits de compétence survenus pendant
l’épidémie de SRAS 50. Le gouvernement fédéral, par exemple, ne disposait pas de l’autorité
constitutionnelle nécessaire pour exiger que les provinces et les territoires lui transmettent des
données de surveillance de la santé. Par conséquent, le gouvernement fédéral, n’ayant pas reçu
suffisamment de renseignements du gouvernement de l’Ontario, n’a pas été en mesure
d’informer l’OMS du degré de gravité réel de l’épidémie, ce qui a mené cette dernière à émettre
des recommandations d’urgence pour les voyages à Toronto 51.
Donnant suite à ces recommandations, le Parlement a adopté en 2006 une loi afin de créer
l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et le poste d’administrateur en chef de la santé
publique, et définir les mesures que peut prendre le gouvernement du Canada dans le domaine de
la santé publique, et, notamment, en matière de protection et de promotion de la santé,
d’évaluation et de surveillance de l’état de santé de la population, de prévention des maladies et
des blessures, ainsi que de préparation et d’intervention en cas d’urgence sanitaire. La mise en
œuvre des ces mesures peut s’appuyer sur la collaboration avec d’autres organismes de santé
48
49
50
51
Tiedemann, 2006.
Ibid.
Ibid.
Nola M. Ries, « Legal Foundations for a National Public Health Agency in Canada », Revue canadienne de
santé publique, vol. 96, no 4, p. 282.
18
publique afin d’assurer la coordination des politiques fédérales en matière de santé publique, la
consultation et la coopération avec les gouvernements provinciaux et territoriaux dans le
domaine de la santé publique et la coopération avec les gouvernements étrangers et les
organisations internationales, ainsi qu’avec les autres intervenants dans le domaine de la santé
publique 52.
L’administrateur en chef de la santé publique, dont la nomination est prévue par cette même loi,
doit être un professionnel de la santé publique qui agit au titre d’administrateur général de
l’Agence. Ses principales fonctions sont :
•
•
•
•
la tenue du rôle de premier professionnel de la santé de l’administration publique
fédérale en matière de santé publique;
la communication avec les gouvernements, les autorités sanitaires et les
organismes œuvrant dans le domaine de la santé publique, tant au Canada qu’à
l’étranger;
la communication avec le public, les organismes bénévoles du domaine de la
santé publique et le secteur privé aux fins d’information ou de consultation en
matière de santé publique;
la présentation au ministre d’un rapport annuel sur l’état de la santé publique au
Canada.
L’ASPC est devenue, au sein du portefeuille de la santé, le principal organisme chargé de
soutenir le ministère de la Santé dans la coordination de l’ensemble des activités nationales de
santé publique, et, notamment, des interventions en cas d’urgences de santé publique. L’ASPC
mène ses activités dans le cadre de deux directions générales principales : la Direction générale
de la planification et de l’intégration de la santé publique ainsi que la Direction générale des
maladies infectieuses et des mesures d’urgence (DGMIMU). Cette dernière travaille surtout à la
prévention, à l’élimination et au contrôle des maladies infectieuses ainsi qu’à la protection des
personnes et de leur santé à l’échelle nationale et internationale. Elle collabore avec des
organismes fédéraux, les provinces et les territoires, ainsi que d’autres partenaires, et ce, tant au
Canada qu’à l’étranger. Les représentants de la DGMIMU travaillent de pair avec le Réseau
pancanadien de santé publique (voir ci-dessous) à l’élaboration et à la révision du Plan canadien
de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé.
La DGMIMU gère quatre programmes et deux laboratoires. Ceux qui jouent le rôle le plus
important dans la capacité de préparation et d’intervention du gouvernement fédéral sont : le
Laboratoire national de microbiologie (LNM), le Centre de l’immunisation et des maladies
respiratoires infectieuses (CIMRI) et le CMIU. Les principales activités du LNM sont la
recherche fondamentale et appliquée. Pour ce qui est de la préparation à une pandémie, le CIMRI
52
La Loi sur l’Agence de la santé publique du Canada est disponible sur le site Web du ministère de la Justice,
http://laws.justice.gc.ca/PDF/Statute/P/P-29.5.pdf, consulté le 2 novembre 2010.
19
se consacre au renforcement de la capacité de gestion et d’intervention du Canada en cas de
maladies infectieuses et d’infections respiratoires émergentes ou réémergentes, dont une
pandémie de grippe, tandis que le CMIU constitue le centre de coordination des questions de
sécurité relatives à la santé publique. Les principales tâches du CMIU sont :
•
•
•
•
•
•
l’élaboration des plans d’urgence nationaux pour le compte de l’Agence de la
santé publique du Canada et de Santé Canada;
la surveillance des épidémies et des maladies se déclarant à l’échelle mondiale;
l’évaluation des risques pour la santé publique en cas d’urgence;
la vérification du caractère adéquat des politiques canadiennes sur la santé et des
mesures d’urgence par rapport aux menaces pour la sécurité générale et la santé
publique;
l’élaboration de règles fédérales de santé publique qui régissent la sécurité en
laboratoire et la quarantaine;
le rôle d’autorité principale en santé du gouvernement du Canada en ce qui a trait
au bioterrorisme, aux services de santé d’urgence et à l’intervention en cas
d’urgence 53.
ii.
Réseau pancanadien de santé publique
En 2005, les ministres FPT de la Santé au Canada ont créé le Réseau pancanadien de santé
publique (RPSP) dans le but d’améliorer la collaboration FPT en matière de santé publique. Le
mandat de ce réseau comprend, notamment, la diffusion de l’information, la formulation de
conseils stratégiques et techniques aux sous-ministres de la santé FPT sur les questions de santé
publique, y compris la planification et la préparation en cas d’épidémie, et le soutien des
autorités pendant les urgences ou les crises. Le Réseau est dirigé par un conseil de 17 membres,
dont des représentants FPT, qui est coprésidé par un représentant provincial ou territorial et
l’administrateur en chef de la santé publique du gouvernement fédéral. Le conseil rend des
comptes, au nom du Réseau, aux sous-ministres FPT de la Santé et au Conseil des ministres.
Les tâches du Réseau sont confiées à six groupes d’experts constitués d’universitaires, de
scientifiques ainsi que de membres de la fonction publique et d’organisations non
gouvernementales, qui œuvrent dans les domaines suivants : contrôle des maladies
transmissibles, préparation et intervention en cas d’urgence, laboratoires canadiens de santé
publique, surveillance et information, prévention et contrôle des maladies chroniques et des
blessures, ainsi que promotion de la santé 54.
53
54
ASPC, Centre de mesures et d’interventions d’urgence, http://www.phac-aspc.gc.ca/cepr-cmiu/index-fra.php,
consulté le 2 novembre 2010.
Réseau pancanadien de santé publique, Au sujet du Réseau : Le Réseau de santé publique pancanadien : Vue
d’ensemble, http://www.phn-rsp.ca/About_f.html.
20
iii.
Santé Canada
Même si la plupart des responsabilités fédérales en matière de santé publique ont été confiées à
l’ASPC, Santé Canada conserve certaines fonctions clés en matière de santé publique ainsi qu’en
ce qui a trait à la préparation et à l’intervention en cas d’urgence. Santé Canada possède
notamment certaines responsabilités en matière de protection de la santé des Premières nations et
des Inuits. Cependant, le partage des compétences relatives aux Autochtones constitue une
question extrêmement complexe qui a un impact direct sur les services de santé offerts aux
groupes autochtones. De plus, seuls les membres des Premières nations habitant dans les réserves
et, dans certains cas, les Inuits des territoires du Nord ont accès aux programmes fédéraux
destinés aux Autochtones.
Le gouvernement fédéral affirme que la prestation de soins médicaux aux Indiens inscrits vivant
dans les réserves est une politique établie dans l’usage plutôt qu’un droit issu d’un traité.
La Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada offre des
services de santé publics et des services de santé non assurés aux communautés des Premières
nations et aux Inuits.
De plus, Santé Canada est responsable de la protection de la santé des travailleurs des services
publics fédéraux et des intervenants d’urgence fédéraux. Santé Canada est également chargé de
l’approbation et du contrôle de l’innocuité des médicaments et des vaccins antiviraux nécessaires
afin d’enrayer les menaces pour la santé publique, dont les pandémies. Enfin, Santé Canada
partage avec l’ASPC certaines fonctions de santé publique, par exemple l’administration de la
Loi sur la mise en quarantaine. De son côté, Santé Canada se charge de l’administration et de
l’application de la loi en ce qui a trait au transport de marchandises et de fret, tandis que l’ASPC
voit à l’application de la loi pour les voyageurs internationaux. De plus, Santé Canada et l’ASPC
travaillent de concert à la promotion et à la coordination des efforts en matière de santé publique
parmi les partenaires nationaux et internationaux dans le domaine de la santé 55.
iv.
Sécurité publique Canada
Sécurité publique Canada est chargée de la coordination d’une intervention pangouvernementale
en cas d’urgence. En vertu de la Loi sur la gestion des urgences, Sécurité publique Canada a
élaboré le Plan fédéral d’intervention d’urgence, un plan d’intervention « tous risques » conçu
pour permettre une intervention quel que soit le type d’urgence, qu’il s’agisse d’une attaque
nucléaire ou d’une pandémie de grippe. Dans le cas d’une urgence de santé publique, l’ASPC est
désignée comme organisme principal ou responsable et Sécurité publique Canada se voit chargée
d’assurer le soutien de l’ASPC en coordonnant l’ensemble des efforts fédéraux en matière
55
Gouvernement du Canada, Plan d’intervention d’urgence du portefeuille de la santé, septembre 2009.
21
d’intervention et de santé publique, ainsi qu’en garantissant le maintien des infrastructures et des
services essentiels 56.
b. Santé publique provinciale/territoriale
Au Canada, l’autorité législative principale en matière d’activités de santé publique est détenue
par les provinces et les territoires. Ainsi, chaque province ou territoire dispose d’un médecinhygiéniste en chef (MHC) ou équivalent. En plus de conseiller les provinces ou les territoires sur
les questions de santé publique, le médecin-hygiéniste en chef peut occuper le poste de directeur
au sein du ministère de la Santé ou de la Santé publique d’une province ou d’un territoire.
L’élaboration de politiques, la mise en place de programmes et l’allocation de fonds, dans le
domaine de la santé publique, relèvent soit d’un ministère de la Santé, soit d’un organisme
spécialement chargé de la santé publique, comme le Centre d’épidémiologie de la ColombieBritannique. De plus, il incombe aux ministères de la Santé ou de la Santé publique des
provinces ou des territoires d’établir et de mettre en œuvre des plans d’urgence et des lignes
directrices en cas de pandémie, notamment en ce qui a trait à la surveillance, à la prévention, au
traitement et au contrôle 57.
c. Santé publique municipale/régionale
Dans les faits, la prestation de la plupart des services de santé publique relève des autorités
municipales ou régionales, y compris la planification des interventions locales en cas de
pandémie de grippe. Toutefois, il est important de souligner que ces autorités doivent assurer la
prestation de ces services de santé conformément aux lois et aux règlements provinciaux ou
territoriaux applicables, ainsi qu’à d’autres politiques, directives et conditions de financement.
De plus, l’intervention des services de santé publique locaux doit, en cas de pandémie nationale,
être coordonnée avec celles du gouvernement fédéral.
Au Canada, quatre modèles de gouvernance existent pour la prestation de services de santé
publique locaux. Le modèle le plus répandu est celui de l’autorité ou du district régional, où des
conseils élus ou nommés au niveau local sont chargés de la prestation de services de soins de
santé dans une région géographique donnée. Dans ce modèle, la prestation de services de santé
publique est jumelée à celle d’autres services de santé. C’est le modèle le plus courant dans les
provinces de l’Ouest et dans les Maritimes. Un autre modèle est celui des conseils régionaux ou
de district, également constitué de membres élus ou nommés au niveau local, mais ne s’occupant
que de santé publique. Ce modèle se retrouve surtout à Terre-Neuve-et-Labrador. Le troisième
modèle s’appuie sur des conseils municipaux ou des conseils de comté nommés par les
municipalités et les provinces pour assurer les fonctions de santé publique et d’autres services
communautaires. Ce modèle demeure celui de l’Ontario. Enfin, à l’Île-du-Prince-Édouard, les
56
57
Gouvernement du Canada, Plan fédéral d’intervention d’urgence, décembre 2009, p. 1,
http://www.publicsafety.gc.ca/prg/em/_fl/ferp-fra.pdf.
Cette section a été rédigée à partir de l’article intitulé Leçons de la crise du SRAS : Renouvellement de la santé
publique au Canada, Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique (Santé Canada), 2003, p. 52.
22
services sont provinciaux. Chacune de ces structures de santé publique locale ou régionale est
conseillée par un médecin-hygiéniste, c’est-à-dire un médecin autorisé qui a fait des études
supérieures en santé publique 58.
5. La pandémie de grippe H1N1 de 2009
Une nouvelle souche de virus de la grippe, de type A(H1N1), a été identifiée en avril 2009. Le
virus s’est rapidement répandu dans plusieurs pays et, le 11 juin 2009, l’OMS a annoncé que
l’éclosion de la grippe H1N1 répondait aux critères définis pour une pandémie. Au Canada, le
premier cas confirmé de grippe H1N1 a été signalé le 23 avril 2009 et, au 11 juin 2009, le virus
s’était répandu dans l’ensemble des provinces et des territoires. Le 10 août 2010, l’OMS a
annoncé la fin de la pandémie de H1N1.
Le Canada a connu, en 2009, deux vagues distinctes de pandémie de grippe H1N1, la première
au printemps, et la seconde à l’automne, la première ayant culminé au début de juin 2009, et la
seconde au début de novembre 2009. La première vague a été beaucoup plus importante que la
seconde avec 4 à 5 fois plus d’hospitalisations et de décès.
Un total de 40 185 cas de grippe H1N1 confirmés par laboratoire ont été signalés à l’ASPC
durant la pandémie 59. Sur ce total, 8 678 cas ont été hospitalisés, dont 1 473 (16,9 %) en service
de soins intensifs. Environ 60 % des cas admis en soins intensifs ont dû être mis sous respirateur.
Au total, 428 Canadiens (4,9 %) sont décédés des suites de la grippe H1N1, soit un taux de
mortalité d’environ 1,3 pour 100 000 60.
La pandémie de H1N1 de 2009 a été la première pandémie du XXIe siècle, ainsi que la première
pandémie combattue non seulement au moyen d’un vaccin, mais également d’antiviraux. Pour la
première fois également, la communauté internationale a eu l’occasion de mettre en œuvre les
plans de préparation et d’intervention en cas d’épidémie de grippe qui avait été établis et mis à
jour au cours des deux dernières décennies.
58
59
60
Ibid., p. 51-52.
Il convient de souligner que le nombre de cas confirmés est probablement inférieur au nombre de cas réels,
puisque tous les cas n’ont pas été confirmés par des analyses de laboratoire.
Tous ces chiffres sont tirés du programme de Surveillance de l’influenza de l’ASPC.
23
3. CONSTATATIONS DU COMITÉ
Le résumé des témoignages qui suit est organisé en fonction des sujets qui ont été soulevés par
les témoins. Ces sujets sont :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
les rôles des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en matière de santé
publique;
le Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé
les messages et la communication;
les vaccins et les antiviraux;
la collecte, la surveillance et l’analyse des données;
la capacité de prestation des services de santé publique;
la collaboration et la consultation;
les collectivités autochtones;
la recherche.
1. Rôles et responsabilités des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en
matière de santé publique
Durant les audiences, le comité s’est fait dire que d’importantes améliorations avaient été
apportées dans le domaine de la santé publique, en particulier depuis l’éclosion de SRAS en
2003 et la création subséquente de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Comme on
l’a déjà mentionné, la santé publique au Canada est une responsabilité partagée, régie par des lois
fédérales, provinciales et territoriales. Les rôles des différents ordres de gouvernement sont
fonction des circonstances, de la portée et de la nature des situations. De façon générale, les
témoins ont convenu que la répartition des rôles entre les différentes compétences était
raisonnable et qu’elle n’était pas, à proprement parler, remise en question.
Des représentants de l’ASPC ont indiqué que durant la pandémie de grippe H1N1, le
gouvernement fédéral a joué un rôle de premier plan au chapitre de la surveillance de la maladie;
des programmes d’immunisation et d’administration d’antiviraux; des mesures de prévention des
infections; des lignes directrices sur les soins cliniques; des communications de santé publique et
des tests en laboratoire, mais pour certains témoins, le gouvernement fédéral aurait pu se montrer
plus énergique. Certains intervenants de première ligne estimaient en effet que la responsabilité
partagée en matière de santé publique devrait relever explicitement d’un leadership fédéral. Des
témoins ont proposé différents moyens d’uniformiser l’intervention au niveau national,
notamment cultiver l’approche actuelle de consultation des provinces et des territoires en vue de
conclure des ententes mutuelles entre les différentes compétences; harmoniser la législation
provinciale et territoriale et appliquer les pouvoirs constitutionnels en matière de paix, d’ordre et
de bon gouvernement. Cependant, ils ont souligné que, en situation de pandémie, le but de
l’intervention devrait porter sur l’uniformisation de l’intervention nationale.
25
Des responsables fédéraux ont parlé de la collaboration sans précédent des compétences, mais
souligné que la prestation des services de santé relève des provinces. Les représentants des
provinces se sont dits globalement satisfaits de la collaboration entre les gouvernements, mais
ont indiqué qu’on devrait les laisser décider de la façon de mettre en œuvre les décisions dans
leur territoire. Ainsi, le comité s’est fait dire que la consultation et la collaboration des provinces
et territoires étaient la voie à suivre pour uniformiser l’intervention à l’échelle nationale. À ce
propos, les témoins ont informé le comité de l’existence de protocoles d’entente
fédéraux/provinciaux/territoriaux (FPT). Il s’agit du Protocole d’entente fédéral-provincialterritorial sur le partage de renseignements pendant une urgence de santé publique, du
Protocole d’entente fédéral, provincial et territorial sur la prestation d’une aide mutuelle en
rapport avec les ressources en santé lors d’une situation d’urgence mettant en cause la santé
publique et du Protocole d’entente sur les rôles et les responsabilités en cas de pandémie
d’influenza et sur les interventions dans le secteur de la santé lors de l’éclosion de la grippe
H1N1 en 2009. Ces protocoles d’entente décrivent l’intention générale des parties, mais n’ont
pas force exécutoire,.
Des experts du droit de la santé et des bioéthiciens ont affirmé que les provinces et les territoires
devraient harmoniser leurs lois en matière de santé publique, notamment celles qui ont trait aux
pandémies et autres urgences de santé publique. Selon eux, certains plans provinciaux et
territoriaux divergent sur certains aspects de la loi canadienne et cette incohérence pourrait
entraver l’efficacité, l’efficience et la légitimité des interventions, en plus de miner la confiance
du public envers le système. Comme cela s’est fait dans d’autres secteurs, ces témoins ont
proposé de recourir à la Conférence pour l’harmonisation des lois au Canada afin de remédier
aux lacunes et de tenir compte des réalités des différentes compétences. Ils ont attiré l’attention
du comité sur le rapport du Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique, qui
avait, lui aussi, recommandé d’harmoniser les cadres législatifs s’appliquant aux urgences de
santé publique 61. Le comité s’est fait dire que les gouvernements FPT devraient engager des
experts en politique et en droit de la santé dans une revue exhaustive des pouvoirs
constitutionnels, des lois fédérales, provinciales et territoriales, ainsi que de la common law
canadienne, Un tel processus permettrait de déterminer le statut juridique des mesures jugées
nécessaires pour atteindre le but en matière de santé publique qui consiste à agir dans l’intérêt de
tous les Canadiens.
Enfin, selon des témoins, une urgence de santé publique, comme une pandémie de grippe, peut
justifier le recours aux pouvoirs en matière de paix, d’ordre et de bon gouvernement (POBG). Ils
ont avancé que le moment était bien choisi pour définir les liens entre les pouvoirs associés à une
pandémie et à une urgence et de communiquer cette information aux provinces et aux territoires.
Discuter de cette question épineuse alors qu’aucune menace ne plane sur la sécurité publique
pourrait permettre d’éviter l’inaction et la confusion en temps de crise. La plupart des témoins se
61
David Naylor, Leçons de la crise du SRAS : Renouvellement de la santé publique, Un rapport du Comité
consultatif national sur le SRAS et la Santé publique, octobre 2003.
26
sont dits d’avis qu’il était préférable de miser sur la coopération et la collaboration avec les
provinces et les territoires. Mais, en vertu du principe de POBG, un plan de rechange juridique
serait disponible en cas de besoin.
Sur la question du leadership fédéral, le comité s’est fait dire clairement que c’est le ministre de
la Santé qui est responsable des situations d’urgence de santé, mais que l’ASPC joue le premier
rôle. Selon Sécurité publique Canada, cette structure a bien fonctionné durant la pandémie de
grippe H1N1. Les témoins ont expliqué la structure et les modalités d’intervention du
programme de santé fédéral. Le Plan d'intervention d'urgence du portefeuille de la Santé est
prévu par la Loi sur la gestion des urgences. Ce Plan, qui opérationnalise l’intervention
concertée des ministères et organismes visés en cas de situation d’urgence, a été, selon ce que
l’on a déclaré au comité, mis à l’essai de nombreuses fois avant l’éclosion de la grippe H1N1. Le
comité a visité le Centre des opérations d’urgence (COU), géré par l’ASPC, et s’est fait
expliquer la façon dont les interventions rapides et permanentes sont coordonnées par le Centre.
Le Centre a été mis en service dès que le virus H1N1 a été détecté, avant qu’il ne devienne une
source d’inquiétude internationale, et il est demeuré opérationnel 24 heures sur 24, 7 jours sur 7,
pendant pratiquement toute la période de pandémie déclarée.
2. Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé
Globalement, les témoins ont reconnu que la préparation et l’intervention du Canada avaient été
satisfaisantes. L’administrateur en chef de la santé publique du Canada (ACSP), le Dr David
Butler-Jones, a insisté pour dire que le Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza (le
Plan) a permis au Canada de créer, d’approuver, de produire et de distribuer le vaccin contre le
virus H1N1, d’obtenir un taux élevé d’immunisation, de donner accès aux réserves d’antiviraux,
de cibler les populations vulnérables et de lancer des campagnes publicitaires ou de
sensibilisation du public à l’échelle nationale. Il a déclaré : « les Canadiens et Canadiennes,
conjointement avec leur milieu, leurs institutions et leurs gouvernements, ont réagi efficacement,
tout comme cela a été le cas à l’échelle mondiale. Cette réponse collective aurait été impossible
sans les années de planification et les investissements en ce sens du gouvernement du
Canada 62. »
Ainsi, le comité a appris que les répercussions de la grippe H1N1 en 2009 ont été moins
importantes que prévu, bien qu’il soit très difficile de déterminer dans quelle mesure cela est
attribuable au Plan. Nombre de témoins ont souligné que le Canada était un chef de file sur bien
des aspects de l’intervention, notamment pour ce qui est de l’identification du virus H1N1, de la
production et de la livraison du vaccin et de la mise en commun d’informations à l’échelle
mondiale. Bien qu’on ait souligné que l’hypothèse sur laquelle le Plan reposait était celle de la
pandémie « de gravité modérée », ce qui permettait, avec une certaine souplesse, d’échelonner ce
62
Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, Témoignages,
29 septembre 2010, fascicule no 12, 3e session, 40e législature.
27
dernier à la hausse ou à la baisse, les responsables du gouvernement ont reconnu que le Plan ne
prévoyait pas suffisamment de souplesse. Des responsables fédéraux, provinciaux et territoriaux,
ainsi que des intervenants de première ligne ont laissé entendre qu’un plan révisé devrait être
adapté à la réalité selon laquelle les pandémies de grippe se sont manifestées à différents degrés
de gravité dans le passé et que le Plan devrait être assez souple pour pouvoir être adapté à la
situation, tenir compte des nouvelles connaissances scientifiques et suivre l’évolution de la
gravité du virus durant la pandémie. Un plan échelonnable en cas de pandémie prévoirait des
mesures donnant suite, en temps réel, aux observations sur le terrain, plutôt qu’à un scénario de
la pire éventualité. À ce propos, le comité a appris que la Saskatchewan avait accéléré la revue
de son plan provincial en cas de pandémie pour y intégrer plusieurs degrés de gravité clinique et,
au lieu de prescrire une intervention donnée, faire en sorte que l’intervention retenue soit fondée
essentiellement sur l’évaluation des risques.
Selon plusieurs témoins, le Canada n’a pas tiré profit de la grippe saisonnière pour améliorer le
Plan et se préparer adéquatement. Une évaluation permanente de la grippe saisonnière
permettrait d’ériger l’infrastructure nécessaire et de mettre à l’épreuve certains éléments de la
préparation à une pandémie. La ministre de la Santé, l’honorable Leona Aglukkaq, a déclaré que
la pandémie de grippe H1N1 était la première épreuve véritable du Plan. Plusieurs témoins ont
indiqué qu’il aurait dû y avoir plus d’essais réguliers avant l’éclosion du virus en 2009, et que
tous les intervenants jusqu’à l’échelon local, y compris les travailleurs de la santé, auraient dû y
prendre part. De tels exercices auraient pu faire ressortir certains des problèmes dont il sera
question plus loin au sujet de la communication et de la diffusion des messages, des vaccins et
des antiviraux, de la surveillance, de la collecte et de l’analyse des données, de la capacité, de la
collaboration, de la recherche et des collectivités autochtones.
Sécurité publique Canada a souligné que certains des ministères et organismes fédéraux
n’avaient pas éprouvé leurs plans en cas de pandémie de grippe avant celle de la grippe H1N1. À
l’été 2009, Sécurité publique Canada a avisé les ministères et organismes qu’ils devaient exercer
leurs plans. Un suivi réalisé avant la deuxième vague a permis de constater que 70 % des
ministères et organismes s’étaient conformés à la directive; après la deuxième vague, ils étaient
90 % à l’avoir fait.
En outre, dans l’éventualité d’une pandémie, comme cela a été le cas de la grippe H1N1,
Sécurité publique Canada élabore, avec les ministères et organismes fédéraux chargés de
l’infrastructure essentielle, des rapports quotidiens sur l’état de la situation; heureusement, la
dernière pandémie n’a eu aucune incidence sur l’infrastructure essentielle. Sécurité publique
Canada participe par ailleurs à plusieurs initiatives de gestion des urgences en collaboration avec
des hauts responsables des provinces et des territoires et en 2006, il a mis sur pied un groupe de
travail du secteur privé sur la planification des mesures à prendre en cas de pandémie. Composé
de représentants de 10 secteurs de l’infrastructure essentielle, ce groupe doit veiller à
l’uniformisation de la préparation et de la planification des pandémies de grippe.
28
Plusieurs témoins ont indiqué qu’il faudrait élaborer des lignes directrices cliniques nationales.
Au début de la pandémie, certains avaient l’impression que l’ASPC assumerait le leadership en
ce qui a trait à l’orientation des soins cliniques. Un Groupe de travail sur les soins cliniques et les
vaccins pandémiques a été mis sur pied dans la structure du Réseau de la santé publique, mais
son mandat était flou. Ultérieurement, il a été établi que le mandat du Groupe de travail
consisterait à offrir une tribune pour faciliter et appuyer l’élaboration de lignes directrices
cliniques en consultation avec des organisations nationales. Parce qu’on a tardé à arrêter le rôle
du Groupe de travail, la plupart des compétences ont élaboré elles-mêmes leurs propres lignes
directrices.
Le Plan a aussi été critiqué pour sa portée. Même si le Plan actuel met l’accent sur le secteur de
la santé, ses annexes fournissent des renseignements plus larges. Par exemple, l’annexe L,
Système fédéral de préparation et d’intervention d’urgence, et l’annexe O, Le rôle des services
sociaux d’urgence dans la planification en cas de pandémie de grippe au Canada, traitent de la
préparation de services autres que ceux de santé. À ce propos, le comité s’est fait dire que pour
les aspects qui ne relèvent pas de la santé publique, Sécurité publique Canada, en vertu de la Loi
sur la gestion des urgences, a la responsabilité de veiller à ce que tous les ministères et
organismes fédéraux élaborent et mettent en œuvre leurs propres plans de préparation d’urgence.
Des représentants de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), qui relève du
portefeuille de l’Agriculture, sont venus expliquer le rôle tenu par l’Agence dans la pandémie de
grippe H1N1. L’Agence collabore étroitement avec d’autres secteurs du portefeuille de
l’Agriculture sur les questions émergentes qui ont trait à la santé animale, ainsi qu’avec le
ministère des Affaires étrangères et du Commerce international sur les répercussions
économiques de la fermeture des frontières aux animaux et aux produits animaux en provenance
du Canada. À cet égard, l’ACIA a travaillé à un protocole d’entente avec les États-Unis et le
Mexique en vue d’uniformiser les interventions des trois pays et de réduire au minimum la
confusion dans le marché.
Certains témoins ont parlé du budget de 2006 alloué à la préparation en cas de pandémie, soit
1 milliard de dollars sur cinq ans. Ce montant prévoit une réserve pour éventualités de
400 millions de dollars et répartit 600 millions de dollars entre l’ASPC (367 millions), Santé
Canada (16,5 millions), l’ACIA (195 millions) et les Instituts de recherche en santé du Canada
(IRSC) (21,5 millions). Ces fonds viennent à échéance en mars 2011, mais ils devraient être
renouvelés si l’on veut que le Canada soit en mesure de maintenir sa capacité et son
infrastructure, de mener des consultations efficaces et de mettre à jour le Plan, et de faire fond
sur les réalisations en matière de recherche. Dans son témoignage au comité, la ministre de la
Santé a déclaré qu’une approche semblable serait adoptée de sorte qu’on dispose des ressources
nécessaires à la mise en œuvre d’un plan en cas de pandémie.
Des témoins ont affirmé au comité qu’une infrastructure de santé solide améliorerait la capacité
du Canada à intervenir en cas de crise de santé publique. Des responsables de la santé ont
29
indiqué qu’il faut s’attarder davantage à la santé publique si l’on veut stimuler la confiance du
public à l’égard du système. Cette confiance favorisera à son tour l’assurance manifestée par la
population envers l’intervention en cas de pandémie, si une éclosion devait menacer la santé
publique. De même, les pratiques de santé publique et, par conséquent, les plans en cas de
pandémie, devraient être harmonisés, de sorte que les différences d’une compétence à l’autre
soient minimes ou nulles, ce qui aura, encore une fois, un effet positif sur la confiance du public.
3. Messages et communications
Plusieurs témoins ont félicité le gouvernement fédéral, notamment l’ASPC et le Dr Butler-Jones,
pour les efforts de communication sans précédent déployés durant la pandémie de grippe H1N1.
En faisant la comparaison avec la crise du SRAS, ils ont souligné que la communication entre le
fédéral, les provinces et les territoires s’était grandement améliorée. Certains ont indiqué qu’il
était assez singulier qu’un administrateur général, à savoir l’administrateur en chef de la santé
publique, le Dr Butler-Jones, et non un ministre, ait été la figure de proue dans cette situation
d’urgence. Tous ceux qui se sont exprimés à ce sujet ont dit que l’ACSP était le mieux placé
pour communiquer avec les Canadiens à propos de la grippe H1N1 et qu’il s’était très bien tiré
d’affaire.
Malgré la nette amélioration des communications par rapport à la crise du SRAS et les éloges
dont l’ACSP a été l’objet, ce sont les messages et la communication qui ont été le plus souvent
critiqués durant l’étude. Cette question est vaste et englobe la communication du gouvernement
fédéral avec les Canadiens et les messages qui leur étaient destinés; la communication du fédéral
avec les provinces et les territoires, les rôles de chacun, le cas échéant, dans les messages
diffusés aux Canadiens par différents médias; et la responsabilité à l’égard des communications
bidirectionnelles, si elle était possible ou utile.
Globalement, les messages du gouvernement fédéral diffusés à la population canadienne ont été
perçus comme très uniformes et efficaces. Au nombre des messages efficaces, mentionnons les
mises à jour sur l’état de la pandémie dès le début, ainsi que la promotion de moyens de réduire
la propagation de la maladie, dont tousser et éternuer dans le creux du coude, se laver les mains
et utiliser un désinfectant pour les mains. Quelques témoins ont mentionné que, parfois, les
messages livrés par l’ASPC créaient de la confusion, par exemple en ce qui a trait à l’innocuité
du vaccin. Au Canada, le principal vaccin contre la grippe H1N1 était adjuvanté. Parce que les
données sur l’innocuité de ce type de vaccin n’incluaient pas les femmes enceintes, on ne pouvait
offrir aucune garantie pour ce groupe, ce qui ne voulait toutefois pas dire qu’on avait des raisons
de croire que le vaccin n’était pas sécuritaire. Mais faute de données sur l’innocuité des vaccins
avec adjuvants pour les femmes enceintes, le Canada a aussi commandé un vaccin sans adjuvant,
soit le type de vaccin habituellement administré contre la grippe saisonnière. Certains témoins
ont dit des messages qui expliquaient la différence entre les vaccins avec et sans adjuvant qu’ils
étaient vagues et créaient de la confusion.
30
Les messages sur la disponibilité du vaccin ont été qualifiés, eux aussi, de confus. L’ASPC a
avisé les Canadiens qu’il y aurait suffisamment de doses pour tous ceux qui voudraient se faire
immuniser, tout en soulignant que certains groupes seraient traités en priorité. Les Canadiens se
sont demandé pourquoi il fallait établir une priorité alors qu’il devait y avoir suffisamment de
vaccins pour tout le monde. Des témoins ont indiqué qu’il aurait été facile d’expliquer que toutes
les doses ne pourraient être disponibles la première journée; néanmoins, le message du
gouvernement à ce sujet n’était pas clair.
Cette confusion aurait pu être évitée par des stratégies de communication plus efficaces. Les
messages à la population auraient dû expliquer plus clairement la capacité de production du
vaccin et de livraison aux cliniques d’immunisation, et dire que ces contraintes faisaient en sorte
que les plus vulnérables seraient traités en priorité. Le comité a appris que les scientifiques
appuyaient fermement les recommandations de l’ASPC, mais qu’ils n’avaient pas su relayer
cette information adéquatement. Le degré de réussite de la communication a influé directement
sur la confiance de la population à l’égard du gouvernement fédéral et de l’ASPC, en particulier.
Les témoins ont eu beaucoup à dire sur le filtrage des messages destinés aux provinces et
territoires jusqu’aux localités, et sur le rôle des médias. L’annexe K du Plan traite des
communications et établit le cadre d’une communication publique coordonnée et uniforme pour
l’ASPC, Santé Canada et les gouvernements provinciaux et territoriaux. L’ASPC a bien affirmé
que les réseaux de communication avaient fait l’objet de tests préliminaires, mais l’annexe ne
fournit qu’une orientation. Un témoin a affirmé : « de nombreuses voix, un seul message », et
plusieurs se sont demandé si cela était réellement faisable dans une société libre et démocratique.
Globalement, les responsables fédéraux, provinciaux et territoriaux se sont dits satisfaits de la
coopération des gouvernements; toutefois, certains ont indiqué qu’il était nécessaire
d’harmoniser la communication. À ce propos, le comité a appris que les responsables fédéraux,
provinciaux et territoriaux des communications se sont réunis quotidiennement par
téléconférence dans le but de formuler des messages clairs et cohérents.
Les messages étaient diffusés par les provinces et territoires aux localités, mais selon les
professionnels de la santé, l’information provenait de multiples sources. Cela ne signifiait pas
nécessairement que les messages n’étaient pas uniformes, mais les professionnels de la santé
étaient trop occupés pour trier toute cette information en vue de déterminer quel était le message
central. À ce propos, le comité s’est fait dire que de meilleurs liens devraient être créés entre les
systèmes de soins primaires et de courte durée. Des témoins ont expliqué que des liens existent
déjà dans le système de santé publique dans les provinces, entre celles-ci et avec le
gouvernement fédéral, selon la nature du travail. Cela n’est pas le cas dans les milieux des soins
primaires et de courte durée, mais il faut comprendre que ces services deviennent essentiels en
situation d’urgence de santé publique. Par conséquent, les réseaux devraient favoriser la
communication bidirectionnelle et intégrer une expertise en soins primaires à la planification de
la santé publique.
31
L’essentiel des préoccupations sur les messages contradictoires portait sur la divergence des
points de vue exprimés dans les médias. On convient, en général, qu’on ne peut contrôler
l’expression de ces points de vue, mais il est toutefois possible d’atténuer l’impact. L’un des
moyens d’y parvenir est de stimuler la confiance de la population à l’égard des fonctionnaires,
préférablement dès que survient un problème de sécurité publique. La population serait alors plus
portée à donner foi aux messages livrés par des fonctionnaires crédibles, en qui elle a déjà
confiance, plutôt qu’à des « têtes parlantes ».
Une autre façon de réduire l’incidence des messages contradictoires véhiculés par des personnes
qui ne sont pas des experts est de nouer des liens préalables avec les médias, dans les périodes où
aucune menace ne plane sur la santé publique. Le comité s’est fait dire que les médias grand
public veulent être utiles puisqu’ils ont un intérêt dans l’éducation de la population, c’est
pourquoi des partenariats entre des leaders d’opinion de confiance et les médias devraient être
conclus. L’ASPC a indiqué par ailleurs qu’elle avait tenté de contrer la désinformation qui
circulait sur Internet avec l’aide d’une équipe d’agents de relations avec les médias grâce à son
système de « détection et correction ». Le comité souligne les efforts de l’ASPC à cet égard.
L’ASPC a indiqué qu’à l’avenir, elle se concentrerait davantage sur cette question afin d’être en
mesure de réagir plus rigoureusement.
L’uniformisation des messages se complique lorsqu’on inclut les nouveaux médias. Plusieurs
témoins ont parlé des défis qui se posent lorsqu’on veut s’attaquer à la désinformation qui circule
sur Internet, notamment dans des sites Web reconnus, comme Facebook, Twitter et certains
blogues. Le comité a appris qu’il était impossible de contrôler ces sites, mais qu’on pouvait le
faire pour l’information diffusée par le gouvernement. On a indiqué qu’une façon d’atténuer
l’incidence de la désinformation pourrait être de nouer des partenariats avec des leaders
d’opinion, qui bénéficient du respect et de la confiance de la population. Par ailleurs, les
gouvernements doivent se tourner vers les médias sociaux et trouver des moyens de s’en servir,
d’une façon mesurée, afin de garder le cap sur les menaces qui se posent pour la santé publique.
Les audiences ont porté sur des moyens de communication non conventionnels que le
gouvernement pourrait envisager d’adopter. Le fabricant du vaccin a proposé d’agir comme
facilitateur pour la communication entre la population et le secteur privé. Les pharmaciens ont
fait savoir qu’ils étaient les mieux placés pour donner de l’information sur l’utilisation des
vaccins et des antiviraux, ainsi des renseignements généraux sur les maladies infectieuses telles
que la grippe et les interventions non médicales, y compris les mesures d’hygiène personnelle et
d’isolement social. Ces moyens de communiquer avec le public pourraient être efficaces, étant
donné que les pharmaciens bénéficient déjà d’une grande confiance de la population.
Durant l’étude, la question de la communication de pratiques exemplaires a été soulevée.
Comme certains responsables l’ont déclaré, peu importe la planification, il y aura toujours des
leçons à tirer d’une pandémie ou d’autres situations d’urgence en santé publique. Plusieurs
témoins ont parlé du besoin de créer un mécanisme pour diffuser des pratiques exemplaires à
32
d’autres compétences. Certains ont cité l’exemple des programmes d’immunisation de masse,
qui ont connu différents degrés de réussite selon les compétences. On a mentionné que si on
avait eu accès à un registre central de pratiques exemplaires, certains problèmes auraient pu être
évités et que ce type d’échange d’information aurait pu permettre d’épargner temps et ressources,
deux denrées rares.
4. Vaccins et antiviraux
a.
Vaccins
Dans le cadre de son étude, le comité a longuement discuté des vaccins, et les témoignages ont
porté entre autres sur le contrat FPT, la réglementation de l’approbation, le conditionnement 63, la
distribution, les programmes et la couverture, ainsi que l’établissement des priorités.
i.
Contrat FPT
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC), qui exécute le Programme
fédéral-provincial-territorial d’achat collectif de médicaments et de vaccins, a expliqué la nature
du programme au comité. Lancé en 1973, le programme permet à toutes les compétences de
bénéficier d’économies d’échelle grâce à l’achat groupé de vaccins contre la grippe pour toutes
les provinces et les territoires, ainsi que pour les six ministères fédéraux autorisés à fournir des
services de santé aux militaires, aux membres de la Gendarmerie royale du Canada, aux
Premières nations habitant dans des réserves, aux anciens combattants, aux détenus fédéraux et
aux réfugiés.
En 2000, dans le cadre de la planification de la pandémie entamée en 1998, des demandes de
propositions ont été lancées en vue de trouver un fournisseur canadien de vaccins contre la
grippe en cas de pandémie. À l’époque, TPSGC avait appris qu’une seule entreprise était
intéressée à se doter de la capacité de produire suffisamment de vaccins pour immuniser toute la
population canadienne dans l’éventualité d’une pandémie. En 2001, un contrat de 10 ans a été
attribué à ID Biochemical aux termes duquel l’entreprise devait répondre à la totalité des besoins
du Canada en matière de vaccins contre la grippe si une pandémie survenait. De plus, le contrat
prévoyait que l’entreprise fournirait 50 % des vaccins contre la grippe saisonnière, ce qui lui
permettrait de maintenir une capacité suffisante en cas de pandémie. En outre, le Canada aurait la
priorité, ce qui signifiait que l’entreprise, aujourd’hui la propriété de GlaxoSmithKline (GSK),
devrait fournir les doses requises au Canada avant d’approvisionner d’autres clients. Étant donné
que GSK conserve 25 % des 50 % restants de l’approvisionnement de vaccins contre la grippe
saisonnière, elle doit fournir, en vertu du contrat, 75 % des vaccins contre la grippe saisonnière
ainsi que 100 % des vaccins contre la grippe en cas de pandémie. Le comité a appris qu’au cours
des 10 années du contrat, l’entreprise avait touché des « droits de préparation à la pandémie »,
mais le comité n’a pas su à combien s’élevaient ces droits. TPSGC a précisé que le vaccin contre
63
La terme ‘conditionnement’ veut dire emballage, mais il est spécifique aux médicaments
33
la grippe saisonnière est payé entièrement par les provinces et les territoires, tandis que le
fédéral, et les provinces et territoires se partagent les coûts du vaccin en cas de pandémie dans
une proportion de 60:40.
Le comité s’est fait dire qu’il était essentiel de conclure une entente avec un fournisseur canadien
qui approvisionnerait le Canada en priorité si l’on voulait s’assurer d’avoir suffisamment de
doses pour tous les Canadiens. Des témoins ont dit qu’en janvier 2010, certains pays qui
n’avaient pas conclu de tels accords n’avaient toujours pas reçu leurs vaccins. On a expliqué par
ailleurs au comité que la commande avait été passée il y a huit ans, mais que le nombre de doses
demandées, soit 50,4 millions, avait été produit à l’été 2009. Cette commande était basée sur un
taux de vaccination de 75 %, à raison de deux doses par personne. Lorsqu’on a su qu’une seule
dose serait nécessaire, la commande a été réduite. Les témoins du gouvernement ont insisté pour
dire que le prix qui avait été négocié était très avantageux et que les Canadiens avaient payé
beaucoup moins que les habitants d’autres pays occidentaux. Les témoins ont souligné par
ailleurs que les coûts d’achat du vaccin contre la grippe H1N1 seraient recouvrés dans les
programmes de vaccination contre la grippe saisonnière. Le comité a appris que sept huitièmes
des coûts du vaccin étaient attribuables à l’adjuvant, auquel il faudrait incorporer l’antigène.
L’adjuvant non utilisé serait conservé pour usage ultérieur.
Le contrat de 10 ans actuellement en vigueur vient à échéance en 2011. TPSGC a fait savoir que,
en préparation du prochain contrat, il a mené en mars 2010 une consultation à laquelle on
participé six fournisseurs, dont un seul est doté des installations nécessaires pour produire le
vaccin au Canada. En avril 2010, deux demandes de proposition ont été lancées. Ces deux
demandes correspondent presque en tous points aux contrats actuels de vaccins contre la grippe,
sauf qu’elles exigent un fournisseur de réserve en cas de pandémie. Il n’est pas exigé que ce
dernier soit installé au pays. De plus, le nouveau contrat prévoira une plus grande collaboration
avec les provinces. Des six fournisseurs présents à la consultation, trois ont donné suite aux deux
demandes. Le processus suit son cours.
ii.
Réglementation de l’approbation
Santé Canada est responsable d’évaluer l’innocuité, la qualité et l’efficacité des médicaments au
Canada, dont les vaccins, et d’approuver la commercialisation de ces produits au pays. Le vaccin
contre la grippe H1N1 pose un défi supplémentaire pour l’approbation, puisqu’il contient un
adjuvant, une substance intégrée à la formule du vaccin pour le rendre plus efficace; une petite
dose de vaccin avec adjuvant suffit donc généralement à provoquer une réaction immunitaire.
Des témoins ont expliqué au comité comment Santé Canada avait été en mesure d’accélérer
l’approbation du vaccin sans compromettre son innocuité. Des représentants de Santé Canada ont
expliqué comment ils avaient réussi à approuver le vaccin, ArepanrixMC, pendant sa production.
Grâce à une bonne planification et à la collaboration d’autres pays, dont les États-Unis, l’Union
européenne et l’Australie, le Canada a eu accès aux données mondiales et ainsi pu approuver le
34
vaccin avec adjuvant contre la grippe H1N1 à partir de données recueillies et évaluées en temps
réel.
iii.
Conditionnement
Plusieurs témoins ont parlé du conditionnement du vaccin contre la grippe H1N1. C’est le
fabricant GSK qui a décidé du type de conditionnement qui serait utilisé pour accélérer la
distribution. La décision reposait sur l’hypothèse selon laquelle le vaccin serait fourni presque
exclusivement aux cliniques de vaccination de masse. C’est ainsi qu’il a été conditionné dans des
boîtes de 50 fioles de 10 millilitres, pour un total de 500 doses. Au point de livraison, les fioles
devaient être mélangées avec l’antigène H1N1. Après le mélange, les fioles pouvaient être
conservées pendant 24 heures.
Des témoins ont indiqué que ce conditionnement avait posé problème pour plusieurs raisons.
Premièrement, les boîtes de 500 doses étaient trop volumineuses pour les cabinets de médecins.
Plusieurs témoins se sont dits frustrés que l’on ait opté pour de si gros envois et se sont demandé
pourquoi on avait présumé que le vaccin ne serait pas livré aux cabinets de médecins.
Deuxièmement, les médecins qui voulaient commander le vaccin devaient se soumettre à un
processus de sélection préalable afin d’être admissibles, et disposer, entre autres, d’un type de
réfrigérateur jamais exigé auparavant pour la conservation des vaccins. Ce processus a ralenti
davantage la vaccination de la population.
Troisièmement, certaines compétences ont décidé de réemballer les grosses boîtes avant de les
expédier. Outre le temps requis pour réemballer le produit, certains problèmes de réglementation
se sont posés, le conditionnement des vaccins étant régi par le Règlement sur les aliments et
drogues. Par conséquent, la livraison du vaccin aux utilisateurs finaux a encore une fois été
retardée.
iv.
Distribution, programmes et couverture
Des témoins se sont dits satisfaits de la performance globale du Canada pour ce qui est de fournir
le vaccin au pays et ils ont souligné que la pandémie de grippe H1N1 avait marqué la plus
importante campagne de vaccination de l’histoire du Canada. Des témoins de GSK ont indiqué
qu’en 20 semaines, malgré quelques problèmes de production, l’entreprise a été en mesure de
développer un vaccin et d’entamer la production de masse. Ils ont indiqué que le vaccin contre la
grippe saisonnière prend habituellement sept mois.
Même si le Canada n’a pas été le premier à disposer d’un vaccin, il s’est classé parmi les huit
premiers. La Chine, première à avoir un vaccin à la 39e semaine, n’en a toutefois obtenu qu’une
infime quantité par rapport à sa population. Le Canada, quant à lui, en a eu suffisamment pour
immuniser tous ceux qui le désiraient. Les responsables du gouvernement ont souligné que le
35
Canada s’est acquitté des programmes d’immunisation plus rapidement que d’autres pays, à
l’exception de l’Australie.
Des témoins ont mentionné quelques problèmes à propos de la distribution du vaccin. Par
exemple, il était impossible, pour les compétences, de prévoir le nombre de doses qui leur
seraient livrées aux fins de distribution. Même si elles connaissaient les projections en matière de
distribution, les problèmes fréquents de la production ont entraîné des changements, à brève
échéance, quant aux quantités livrées. En Ontario, le fait que l’approvisionnement ne
correspondait jamais à la demande a été une source de frustration. Les responsables fédéraux ont
expliqué que les problèmes de production étaient inévitables, mais que la communication aurait
certainement pu être meilleure. De même, certains ont laissé entendre que les chaînes de
distribution habituelles, bien établies, auraient pu être utilisées. Les responsables fédéraux ont
répondu qu’elles l’avaient été, tout en reconnaissant que les compétences auraient pu avoir
recours aux mécanismes qui répondaient le mieux à leurs besoins. Le comité a appris de
l’administrateur provincial de la santé publique de la Colombie-Britannique que cette province
avait eu recours à la chaîne d’approvisionnement habituelle, tandis que la Nouvelle-Écosse avait
modifié la façon dont elle distribue les vaccins, car on croyait que la distribution aux cabinets de
médecins aurait pris trop de temps.
Des témoins ont parlé des difficultés rencontrées à l’échelle régionale lors de la mise en place
des cliniques de vaccination de masse. Certains ont reconnu que le Plan n’avait pas anticipé les
difficultés éventuelles associées à la vaccination d’une proportion importante de la population
dans un très court laps de temps. D’autres ont mentionné que ce processus avait été compliqué
davantage par la deuxième vague de la pandémie, qui s’était produite plus tôt que ce qu’on
observe normalement avec la grippe.
De même, le Canada s’est bien tiré d’affaire en ce qui a trait au taux global d’immunisation.
Alors que le taux de couverture variait considérablement d’une région à l’autre, globalement, le
Canada a obtenu un taux de couverture d’environ 45 % (plus de 40 % selon certains témoins),
devancé uniquement par la Suède (70 %). Les États-Unis, qui ont commencé plus tôt que le
Canada, ont connu plusieurs difficultés de production et disposaient d’un approvisionnement
limité; leur taux de couverture n’a atteint que 20 %. L’Australie a obtenu un taux d’environ
25 %, le Japon, d’environ 12 % et le Royaume-Uni, de seulement 7 %. Au Canada, des témoins
ont indiqué que les taux de couverture avaient évolué selon une tendance à la hausse vers l’Est,
et les taux les plus élevés ont été observés dans les collectivités éloignées du Nord. Selon les
témoins, les taux de couverture se sont établis à 41 % en Colombie-Britannique, à 50 % en
Saskatchewan, à 38 % en Ontario et à 80 % à Terre-Neuve; chez les travailleurs de la santé, le
taux de couverture a atteint 66 %.
36
v.
Établissement des priorités
Plusieurs témoins ont déclaré que l’essentiel de la confusion engendrée par les messages avait
trait à l’établissement des priorités pour la vaccination. En septembre 2009, l’ASPC a publié,
conformément aux lignes directrices de l’OMS, une liste des groupes prioritaires éventuels pour
la vaccination. Les représentants de l’ASPC ont déclaré que cette liste avait été dressée en
collaboration avec les provinces et les territoires. Elle avait été établie parce que, même si on
savait qu’on disposerait de doses suffisantes de vaccin pour immuniser tous ceux qui voudraient
le recevoir, elles ne seraient pas toutes disponibles en même temps. Et même si elles l’avaient
été, il n’aurait pas été possible de vacciner tout le monde à la fois. La liste classait donc par ordre
de priorité les groupes les plus à risque de complications. Selon ce que le comité a appris, la liste
était considérée comme un guide et les compétences pouvaient l’adapter à leurs circonstances
particulières. Le premier groupe prioritaire, selon l’ASPC, était les personnes de moins de 65 ans
atteintes d’états chroniques, les femmes enceintes et les enfants âgés de 6 mois jusqu’à moins de
5 ans, les personnes résidant dans des localités ou des communautés éloignées et isolées, les
travailleurs de la santé participant à l’intervention de lutte contre la pandémie ou dispensant des
soins de santé essentiels, les personnes en contact avec des nourrissons âgés de moins de six
mois ou les personnes immunodéficientes. Le second groupe incluait pratiquement toutes les
autres personnes, y compris les premiers intervenants.
Le comité s’est fait dire par plusieurs premiers intervenants (pompiers, etc.) et intervenants de
première ligne (enseignants, etc.) qu’ils auraient dû faire partie des premiers groupes prioritaires.
À ce propos, le comité s’est fait dire que les deux objectifs du Plan étaient conflictuels. Ces
objectifs étaient de réduire au minimum les cas graves et la mortalité attribuables à la pandémie,
tout en atténuant le plus possible les perturbations sociales. Parce qu’il fallait prioriser l’un ou
l’autre de ces objectifs, on a choisi de se concentrer sur la maladie et la mortalité chez les plus
vulnérables ainsi que chez ceux qui prennent soin de ces personnes.
Des témoins ont critiqué la manière dont ces priorités ont été communiquées ainsi que le fait
qu’il s’agissait simplement de lignes directrices et que les compétences pouvaient y déroger, ce
qu’elles ont fait. Le comité s’est fait dire que l’ASPC aurait pu mieux expliquer les priorités et
insister sur le fait que les dérogations éventuelles seraient fondées sur les problèmes propres aux
compétences ou aux régions.
Des témoins ont souligné que l’établissement de priorités se justifiait, fondées sur des éléments
probants, mais qu’il était difficile d’appliquer ces priorités sur le terrain. En effet, des travailleurs
de la santé se sont demandé comment appliquer cette liste puisque les personnes visées ne
vivaient pas en isolement, mais au sein de familles et de collectivités. Ils ont demandé au comité
s’il était éthique ou moral de n’immuniser que les femmes enceintes qui se présentaient à la
clinique avec leur époux et leurs enfants, considérés par ailleurs comme non prioritaires.
37
b.
Antiviraux
Des témoins ont parlé du rôle important joué par les antiviraux dans la préparation à une
pandémie étant donné que le vaccin n’est habituellement pas disponible durant la première
vague, du moins, avec les technologies actuelles. Les antiviraux constituent donc la première
ligne de défense lorsque les mesures de prévention telles que le lavage des mains et l’isolement
social ont échoué. TPSGC a expliqué que le Programme fédéral-provincial-territorial d’achat
collectif de médicaments et de vaccins coordonne deux systèmes d’accumulation de réserves. Le
premier, la Réserve nationale de secours (RNS), est géré et financé par le fédéral. Le RNS
permet d’aider rapidement les provinces et les territoires à réagir à une pandémie de grippe. Le
deuxième est financé et administré par les provinces et les territoires et consiste en
l’approvisionnement d’antiviraux.
Le comité a appris qu’on avait eu recours à la RNS durant la pandémie de grippe H1N1 et que
cette utilisation s’était accrue considérablement entre la première et la deuxième vague, ce qui
avait contribué à réduire les complications, les hospitalisations et la mortalité. Roche Canada, le
fabricant de Tamiflu, l’un des antiviraux de la RNS, a fait savoir qu’environ 500 000 doses de
traitement avaient été prescrites au Canada de mai à décembre 2009. L’entreprise a indiqué
qu’elle avait collaboré étroitement avec l’ASPC ainsi qu’avec l’Association des pharmaciens du
Canada pour veiller à ce que des renseignements à jour soient disponibles en tout temps.
Le Dr Butler-Jones a indiqué que les lignes directrices cliniques sur l’utilisation des antiviraux
pour la grippe H1N1 ont évolué avec le temps. Il a expliqué que les idées reçues voulaient qu’au
début de la pandémie, les antiviraux ne seraient efficaces que s’ils étaient administrés dans les
48 heures après l’apparition des symptômes. Il a toutefois été déterminé par la suite qu’ils
pouvaient être administrés après ce délai, même si leur efficacité était réduite.
La préparation à la distribution et à l’utilisation à grande échelle des antiviraux n’a pas été
éprouvée durant ou avant l’éclosion de grippe H1N1. On a laissé entendre que les marches à
suivre pour les interventions autres que la vaccination, dont la distribution des antiviraux,
devraient être rigoureusement mises à l’épreuve. On a émis des commentaires concernant la
durée de conservation des antiviraux et de la nécessité de garder les réserves à jour. Pour ce qui a
trait enfin à la résistance aux antiviraux, le comité s’est fait dire qu’elle faisait l’objet d’un suivi,
mais qu’il ne serait pas possible de tester tous les échantillons de patients continuellement pour
déterminer s’ils ont développé une résistance et qu’il vaudrait mieux se concentrer sur ceux qui
ont mal réagi au traitement par antiviraux.
5. Collecte, surveillance et analyse des données
L’administrateur en chef de la santé publique a laissé entendre que le Canada est doté de l’un des
meilleurs systèmes au monde en ce qui a trait à la surveillance des données sur les
hospitalisations, les admissions aux unités de soins intensifs et les taux de mortalité, mais que ces
informations ne sont pas produites en temps réel. En fait, l’essentiel des données est recueilli
38
après coup. Il a précisé qu’il est nécessaire de collecter un premier ensemble de données en
temps réel pour aider les responsables et les travailleurs de la santé à gérer la situation, puis un
second pour examen ultérieur. Les témoignages livrés dans le cadre de la présente étude ont
porté davantage sur la collecte, la surveillance et l’analyse des données en temps réel pour gérer
une telle urgence de santé publique et y intervenir.
Le comité s’est fait dire que Santé Canada est responsable d’approuver les vaccins, mais que
c’est l’ASPC qui doit suivre les effets indésirables qui y sont associés. L’ASPC tient à jour une
base de données sur les effets indésirables, laquelle base de données fait l’objet d’un suivi étroit.
Des témoins ont indiqué qu’ils se demandaient si les cas d’effets indésirables seraient signalés au
RPSP. Certains ont qualifié le système de passif et indiqué qu’il ne permet de recueillir que les
rapports d’effets indésirables transmis par les professionnels de la santé, le fabricant et, dans
certains cas, le public. On a indiqué que ce système pourrait être géré plus proactivement s’il
était relié aux dossiers médicaux électroniques et pouvait faire l’objet d’interrogations précises
sur les effets indésirables.
Plusieurs témoins, notamment des représentants de la santé publique, ont affirmé que le Canada
n’était pas bien préparé dans les domaines de la collecte, de la surveillance et de l’analyse des
données. En ce qui a trait à l’analyse des échantillons de patients en vue d’obtenir des données
sur le virus H1N1, des témoins ont mentionné le Réseau des laboratoires de santé publique du
Canada (RLSPC), une association nationale de professionnels des laboratoires de santé publique
dont le rôle est de servir de tribune aux chefs de file des laboratoires de santé publique pour leur
permettre d’échanger des connaissances. Le RLSPC a facilité la communication entre le
Laboratoire de microbiologie nationale (LMN) et les laboratoires provinciaux de santé publique.
Plusieurs témoins ont reconnu que durant la pandémie, les laboratoires de santé publique du
Canada ont affiché un bon rendement en ce qui a trait à l’analyse des échantillons. Grâce à
l’étroite collaboration des laboratoires provinciaux, l’intervention nationale a été solide et
cohésive. Des témoins du RLSPC ont révélé que quelques jours après la découverte de la souche
du virus H1N1, le LMN a élaboré des outils de diagnostic et les a distribués aux laboratoires
provinciaux, décentralisant ainsi rapidement les tests en laboratoire effectués au Canada. Les
laboratoires de santé publique ont également eu accès à des lignes directrices en matière de
préparation élaborées pour le Plan par le Réseau de préparation des laboratoires à une pandémie
d’influenza, un sous-groupe du RLSCP.
Toutefois, le comité a appris que la situation était tout autre en ce qui a trait à la surveillance.
Plusieurs témoins ont souligné l’importance de systèmes de surveillance solides et ont laissé
entendre que, sans une surveillance fiable, il est difficile d’intervenir efficacement devant une
menace pour la santé publique. Le comité s’est fait dire que les ressources actuellement affectées
à ce volet de l’intervention en cas de pandémie sont insuffisantes. Certains témoins ont affirmé
qu’on n’accordait pas suffisamment d’importance aux questions de surveillance. Ils ont déclaré
au comité que des membres du Groupe de travail de la surveillance, de l’épidémiologie et des
analyses en laboratoire, qui a conseillé le Comité de coordination de la lutte contre la pandémie
39
au RPSP, estimaient que, malgré leurs efforts pour analyser les données en temps réel et fournir
des renseignements d’appui pour les décisions aux échelons supérieurs, leurs conseils et leurs
recommandations n’étaient pas reconnus à leur juste valeur.
Le comité a appris qu’avant la pandémie, le groupe de la surveillance de l’ASPC n’était formé
que de quatre personnes : un médecin spécialiste, un épidémiologiste principal, un
épidémiologiste subalterne et un virologiste. Durant la pandémie, quelques renforts ont été
consentis. Selon les témoins, ces renforts étaient insuffisants. Des témoins ont parlé des défis qui
se posent lorsqu’on tente de réagir à l’évolution d’une situation en temps réel avec des ressources
limitées et des réseaux de communication complexes. Le comité a compris qu’il importe
d’établir et d’éprouver un processus national permettant d’obtenir, d’évaluer, d’intégrer et de
communiquer rapidement les nouveaux éléments probants durant une crise, et ce, en temps réel.
Selon les témoins, il n’y a pas suffisamment d’épidémiologistes et de méthodologistes au Canada
pour pouvoir interpréter et évaluer les données rapidement. En outre, l’intervention rapide en
temps de crise doit reposer sur un système efficace et éprouvé, doté d’une infrastructure existante
et de ressources suffisantes. Par ailleurs, cette infrastructure devrait mieux relier le volet
épidémiologie ou analyse et celui des laboratoires ou de la collecte et de la production des
données.
En ce qui a trait à la surveillance, considérée comme essentielle au soutien de tous les aspects du
contrôle de la grippe, des témoins ont indiqué qu’il y avait eu des améliorations depuis le SRAS,
mais qu’il restait encore à faire. Par exemple, certaines provinces, dont le Québec, ont développé
des registres pour suivre les taux d’immunisation, tandis que d’autres, comme la ColombieBritannique, ne l’ont pas fait. Parmi les plaintes à propos de la surveillance, les témoins ont
mentionné les lacunes en matière de suivi des populations porcines. Par exemple, le comité a
appris qu’il y a une période de 10 ans au cours de laquelle on ne dispose d’aucune donnée sur la
circulation des virus porcins.
Les témoins ont mentionné l’existence d’un partenariat entre l’ASPC et Rx Canada, conclu peu
après l’éclosion de la grippe H1N1, pour renforcer la capacité de surveillance du Canada.
Rx Canada, un organisme commandité par des pharmacies, a en effet instauré un système de
surveillance des pharmacies qui fait le suivi des ventes de traitements par antiviraux sous
ordonnance ainsi que de médicaments contre la grippe en vente libre. L’organisme a indiqué
qu’une semaine après avoir conclu l’entente avec l’ASPC, plus de 2 500 pharmacies de toutes les
provinces ont commencé à l’alimenter quotidiennement en données sur les ordonnances et sur les
ventes de produits utilisés pour le traitement précoce des symptômes de la grippe, notamment
des médicaments contre la toux et le rhume. Les données sont fournies par le biais d’une
passerelle centrale appelée Rx Gateway. Ce système, a appris le comité, a permis de détecter
l’intensification de l’apparition de symptômes de la grippe des semaines avant celui de l’ASPC,
appelé Surveillance de l’influenza. Rx Canada a déclaré que le contrat en cours prend fin en
novembre 2010 et que son système devrait être reconnu comme un élément essentiel de la
surveillance des pandémies et financé sur une base permanente.
40
De nombreux témoins ont insisté sur l’urgence d’établir un système électronique de collecte et de
surveillance des données. Certains ont cité l’application de surveillance de la santé publique,
Panorama, en voie de développement. Le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique gère
le projet, et chaque province et territoire collabore à son application et à sa conception. Lorsqu’il
sera terminé, les responsables de la santé publique de tout le pays seront mieux équipés pour
gérer l’information durant les éclosions de maladies infectieuses. Certains se sont dits déçus que
le développement du système n’ait pas été plus avancé au début de la pandémie de grippe H1N1,
et nombre de témoins ont demandé avec insistance qu’un système de surveillance électronique
pancanadien soit élaboré. D’autres ont parlé des dossiers de santé électronique pour les soins
primaires et de la façon dont ils auraient pu faciliter la surveillance et la communication.
6. Capacité de prestation des services de santé publique
Des témoins ont expliqué au comité que le Canada avait, depuis l’épidémie de SRAS, amélioré
sa capacité à intervenir en cas de crise de santé publique et comment des années de planification,
depuis cette crise, avait permis au Canada d’obtenir de bons résultats dans plusieurs domaines
durant la pandémie de grippe H1N1. Cependant, et malgré le caractère relativement bénin de la
pandémie, de nombreux témoins ont affirmé que les ressources du Canada avaient été
extrêmement sollicitées. Les représentants des gouvernements fédéral et provinciaux, de même
que ceux de la santé publique, ont déclaré que si la pandémie avait été plus grave, le Canada
n’aurait pas, selon eux, été capable d’y faire face. Bon nombre des inquiétudes exprimées à ce
sujet ont fait écho aux observations de témoins précédemment cités quant au fait qu’il faudrait
accorder une plus grande importance à la santé publique. Cela permettrait d’apporter à
l’infrastructure de santé publique les modifications nécessaires pour accroître la capacité
d’intervention en cas d’urgences de santé publique. Des représentants de la santé publique ont
suggéré que la grippe saisonnière constitue l’occasion de rechercher les moyens de renforcer
l’infrastructure de santé publique. Les professionnels des soins de santé ont quant à eux souligné
que, faute d’une infrastructure de santé publique assez robuste, les unités de santé publique ont
accaparé les ressources d’autres programmes, ce qui a entraîné le retard, la suspension ou
l’annulation de services essentiels.
Certains témoins ont évoqué la possibilité, afin d’améliorer la capacité d’appoint, que les
différents ordres de gouvernement partagent leurs ressources humaines en santé. Les
professionnels de la santé se sont dits inquiets des problèmes de mobilité de la main-d’œuvre qui
restent à régler. À ce sujet, le comité a appris l’existence d’un Protocole d’entente (FPT) sur la
prestation d’une aide mutuelle en rapport avec les ressources en santé lors d’une situation
d’urgence mettant en cause la santé publique. Ce dernier permet aux prestataires de services de
santé d’être transférés d’un gouvernement à un autre lorsqu’un gouvernement en fait la demande.
Certains témoins ont déclaré au comité qu’il fallait adopter des approches novatrices pour
augmenter la capacité d’appoint. Ils ont suggéré de faire un meilleur usage des prestataires de
soins de santé autres que ceux auxquels on fait traditionnellement appel en cas d’urgences en
41
santé. Les représentants du personnel paramédical ont souligné que ce dernier constituait une
ressource négligée qui pourrait, durant une pandémie, participer aux activités de sécurité
publique, de préparation et de gestion des urgences, d’atténuation, d’intervention et de reprise.
Ils ont déclaré au comité qu’on aurait pu les mettre plus à contribution, tout particulièrement
dans les cliniques de vaccination. On a également expliqué au comité qu’il serait utile d’élargir le
champ de compétences de certains professionnels de la santé afin de pallier l’épuisement des
ressources humaines. Le représentant de l’Association des pharmaciens du Canada a expliqué
comment certains gouvernements avaient élargi leurs compétences afin d’y inclure
l’immunisation et la prescription d’antiviraux. Il a souligné que la plupart des provinces
prévoient accorder aux pharmaciens le pouvoir de prescrire des médicaments. Une autre idée
mise de l’avant a été de faire appel aux professionnels de la santé retraités, mais on a rappelé au
comité que ces derniers, pour pratiquer, devaient toujours posséder un permis d’exercice valide,
émis par le gouvernement dont ils relèvent. Il a également été souligné que les options
permettant de disposer de ressources d’appoint relevaient avant tout des compétences
provinciales ou territoriales.
Des représentants des provinces ont déclaré au comité que leurs gouvernements avaient mis en
place certaines stratégies visant à réduire l’épuisement des ressources humaines. Ainsi, la
Colombie-Britannique, par exemple, a instauré une nouvelle structure de frais qui a permis aux
médecins d’être rémunérés pour répondre de leur bureau aux appels téléphoniques des personnes
craignant d’avoir contracté la grippe H1N1. Cette stratégie a permis de réduire le nombre de
personnes peut-être contaminées se rendant au bureau de leur médecin pour le consulter. Une
fois la crise passée, la province a supprimé cette structure de frais. Cette stratégie se rapproche de
celle adoptée par le Royaume-Uni, où les citoyens inquiets pouvaient appeler un numéro unique
afin de faire évaluer leurs symptômes et, le cas échéant, se faire prescrire des antiviraux.
Les représentants de l’ASPC ont souligné que leur plan d’intervention leur avait permis de
recourir aux ressources humaines des différents secteurs de l’Agence, mais que le
fonctionnement de leur Centre des opérations d’urgence, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pendant
plusieurs semaines, avait failli mener à l’épuisement des ressources humaines de l’Agence.
Comme l’a souligné un représentant du gouvernement fédéral, il s’agissait d’un marathon, et non
d’un sprint.
7. Collaboration et consultation
Les représentants de l’ASPC, évoquant la collaboration internationale, ont souligné que cette
dernière avait atteint un niveau sans précédent. Des représentants du Mexique ont évoqué les
relations étroites qui les ont unis au LNM . Ils ont raconté comment, en avril 2009, le LNM avait
reçu du Mexique les échantillons qui lui ont permis de déterminer que l’éclosion de grippe dans
le pays était due à un nouveau virus. Le comité a également appris que l’ASPC avait envoyé au
Mexique certains de ses spécialistes afin de former le personnel des laboratoires de santé
publique mexicains à traiter les échantillons sur place.
42
Pour ce qui est de la collaboration et de la consultation à l’intérieur des frontières du Canada, le
Comité s’est fait expliquer le fonctionnement du RPSP, créé en 2005, ainsi que du comité interne
en assure la gestion. Le comité a ainsi appris qu’un Comité consultatif spécial FPT sur le virus de
la grippe H1N1 (CCS) avait été spécifiquement créé au sein du RPSP afin de gérer la pandémie.
Ce comité était composé de membres du conseil qui dirige le RPSP, ainsi que des médecinshygiénistes en chef des provinces et des territoires. Un Comité de coordination en cas de
pandémie (CCP), relevant du CCS, avait également été créé au sein du RPSP.
Ces deux comités fondaient leurs décisions sur les conseils de groupes de travail, spécialisés
dans des domaines tels que les soins cliniques, les antiviraux, les vaccins, les communications,
ainsi que de groupes d’experts en préparation et en intervention d’urgence et du RLSPC. Ces
différents groupes fournissaient recommandations et conseils au CCS, qui assurait le rôle de
comité de direction, ainsi qu’au CCP, qui assurait le rôle de comité de gestion. Comme cela a été
expliqué au comité, le RPSP a permis d’obtenir un niveau de collaboration et de consultation
sans précédent entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux.
Selon l’ASPC, c’est grâce à sa structure qu’il a été possible d’organiser une intervention
nationale cohérente durant la pandémie de grippe H1N1.
Le comité a appris que la collaboration favorisée par la structure du RPSP s’était étendue aux
organisations professionnelles qui avaient offert leurs services. L’administrateur en chef de la
santé publique a ainsi expliqué que les représentants des cliniciens, des spécialistes de la santé
publique, du personnel des soins intensifs, etc., avaient été réunis au printemps 2009 afin de
discuter de méthodes de traitement qui pourraient permettre d’améliorer les résultats cliniques
lors de la deuxième vague. Plusieurs témoins ont suggéré que la consultation aurait pu aller
jusqu’à inclure des professionnels des soins de santé du RPSP. Ils ont en effet souligné que les
décisions en matière de politiques prises durant une situation d’urgence, qui peuvent être fondées
sur des données probantes, sont parfois impossibles à mettre en œuvre sur le terrain. Ils ont
également souligné que, s’ils avaient été consultés au niveau du RPSP, ces politiques auraient pu
être modifiées afin de les rendre plus facilement applicables. Le comité a par ailleurs appris que
les différents groupes d’intervenants n’avaient pas été invités à participer activement aux
exercices de simulation, mais avaient été relégués au simple rôle d’observateurs. Des témoins ont
souligné que, pour s’assurer de l’efficacité du Plan, il faudrait que la simulation inclue tous les
niveaux d’intervention, jusque sur le terrain, car c’est là que ce plan est mis en œuvre.
Plusieurs témoins ont abordé la question de la fréquence des communications entre
gouvernements, que ce soit au niveau des ministres, des sous-ministres, des responsables ou des
experts, dans le cadre des divers comités et des groupes d’experts du RPSP. Si des témoins qui
faisaient partie du CCS ont déclaré que ces communications étaient bidirectionnelles, et que les
responsables fédéraux savaient se rendre disponibles si l’on souhaitait communiquer avec eux
par téléconférences, d’autres témoins ont affirmé qu’il était difficile, pour une personne hors
d’un gouvernement, d’avoir accès aux membres de ce comité.
43
Les responsables fédéraux et provinciaux de la santé publique ont déclaré au comité qu’il serait
utile, afin d’accroître la capacité du Canada à intervenir en cas d’urgences de santé publique,
d’officialiser la collaboration entre les organismes de santé publique provinciaux. Le comité s’est
vu expliquer que les organismes de santé publique de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et
du Québec possédaient chacun leurs points forts, et que l’intégration de ces derniers dans un
effort collaboratif de santé publique pourrait permettre d’en tirer un meilleur parti partout dans le
pays. D’autres questions déjà citées, comme celles des protocoles d’entente, des relations avec
les laboratoires provinciaux de santé publique, et de l’établissement de liens plus étroits avec
d’autres systèmes de soins de santé, tels que celui des soins de courte durée, ont également été
abordées dans le contexte de la collaboration.
8. Collectivités autochtones
Des représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ainsi que des
organisations des Premières nations et des Inuits, ont expliqué au Comité comment s’était
déroulée l’intervention en matière de lutte contre la grippe H1N1 dans les collectivités
autochtones. Les représentants de Santé Canada ont expliqué leur plan de préparation, et
d’intervention, dans les collectivités des Premières nations vivant dans les réserves. Le comité a
appris comment la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI),
l’ASPC et les représentants des Premières nations avaient collaboré à harmoniser les activités
décrites dans le Plan. Les témoins ont déclaré au Comité que 80 % des collectivités des
Premières nations disposaient de plans de lutte contre la pandémie avant l’éclosion de la grippe
H1N1. Dès l’apparition du nouveau virus, le gouvernement fédéral a travaillé en collaboration
avec les collectivités de Premières nations vivant dans des réserves à accroître le nombre de
collectivités dotées d’un plan de lutte contre la pandémie et à aider ces dernières à le mettre à
l’essai. Des témoins ont mentionné que le Plan comportait, à cet effet, une annexe B,
« Considérations relatives au plan de lutte contre la pandémie d’influenza pour les collectivités
des Premières nations vivant dans les réserves ».
Les représentants du gouvernement fédéral ont affirmé que les efforts de lutte contre la grippe
H1N1 avaient, dans l’ensemble, donné d’assez bons résultats. Ils ont évoqué la vulnérabilité des
populations autochtones au virus de la grippe H1N1, qui est apparu très tôt dans les collectivités
autochtones. Ils ont également indiqué que la première vague avait eu, dans les populations
autochtones, des répercussions graves en termes d’hospitalisations, d’admissions aux soins
intensifs et de décès. Les témoins ont souligné le rôle important qu’ont joué les antiviraux durant
la première vague de la pandémie. En raison de la gravité de la maladie dans les collectivités des
Premières nations vivant dans des réserves, le Programme des services de santé non assurés de
Santé Canada a pris très tôt l’initiative de rembourser les coûts des antiviraux prescrits. Tirant les
leçons des répercussions graves de la grippe H1N1 dans le Nord du Manitoba durant la première
vague, la DGSPNI s’est efforcée d’approvisionner à l’avance en antiviraux toutes les
collectivités éloignées et isolées des Premières nations vivant dans des réserves.
44
Les représentants des organisations autochtones ont déclaré au comité que les prochaines mises à
jour du Plan devraient se faire dans le cadre d’une consultation accrue des populations
autochtones. Ils ont par ailleurs souligné qu’il n’existait actuellement, dans le RPSP, aucun
mécanisme officiel de consultation des Premières nations, des Inuits ou des Métis. Santé Canada
a cependant rappelé que le cas des Premières nations avait été abordé et pris en considération à
toutes les étapes de la planification, et que la DGSPNI faisait partie du CCS, ainsi que de tous les
autres groupes de travail du RPSP, et qu’elle coprésidait le Groupe de travail sur les collectivités
éloignées et isolées. Des témoins ont expliqué au comité que les populations autochtones avaient
besoin d’un forum où se réunir et discuter des questions de santé. Un tel forum pourrait être un
lieu de collaboration utile à la planification d’une prochaine pandémie. De nombreux témoins
sont d’avis que la question mérite d’être approfondie, et que toute mise à jour de l’annexe B
devrait être faite en consultation avec les représentants des organisations des Premières nations.
Un point problème qui a été fréquemment abordé est celui de la répartition des rôles et des
responsabilités en matière de santé entre les gouvernements fédéral et provinciaux/territoriaux.
On a affirmé au comité que la division des rôles et des responsabilités entre les gouvernements
fédéral, provinciaux et territoriaux n’est pas clairement définie. Cela a occasionné, durant la
pandémie de 2009, des querelles intergouvernementales en matière de financement, de même
que des retards dans les prises de décision relatives à la prestation des services. Selon les
représentants du gouvernement fédéral, les collectivités des Premières nations vivant dans des
réserves ont reçu des fonds par l’intermédiaire des bureaux régionaux de Santé Canada. Des
témoins se sont déclarés favorables à ce que l’on accorde plus de pouvoirs aux chefs en matière
d’allocation des fonds dans l’intérêt de leurs collectivités.
Si tout le monde s’entend sur le fait que le gouvernement fédéral est responsable de la prestation
des services de soins de santé dans les collectivités des Premières nations vivant dans des
réserves, le comité a entendu des opinions divergentes quant au rôle du gouvernement fédéral
dans l’administration des programmes de santé dans les collectivités inuites. Les représentants
des Inuits ont suggéré d’inclure dans le Plan une section, spécifiquement consacrée aux Inuits,
qui soit élaborée en consultation avec eux. Ils jugent que, dans sa forme actuelle, le Plan ne traite
pas des besoins qui sont propres aux collectivités inuites. Le comité a appris que le ministre de la
Santé avait souligné à ses homologues provinciaux et territoriaux, le besoin d’ajouter au Plan une
annexe relative aux Inuits, mais que l’idée avait été rejetée. On a expliqué au comité que, étant
donné que les Inuits vivent sur des terres qui appartiennent aux provinces et aux territoires, ce
sont les gouvernements de ces derniers qui assurent la prestation de leurs soins de santé. Bien
que le Plan comporte une annexe B consacrée aux collectivités éloignées et isolées, certains
témoins ont affirmé que cette annexe n’est pas adaptée à la culture inuite. D’autres témoins ont
également ajouté qu’elle avait été élaborée trop tard. On a plus spécifiquement affirmé au comité
que les autorités des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut n’avaient pas pu l’utiliser.
Le comité a appris que les programmes de vaccination avaient connu un grand succès, avec un
taux de couverture plus élevé que celui de la population canadienne en général. Les représentants
45
de Santé Canada ont expliqué comment, les populations autochtones ayant été identifiées comme
vulnérables sur la liste de priorité de la campagne de vaccination, des cliniques de vaccination de
masse, installées dans les collectivités rurales et éloignées dès le 26 octobre 2009, avaient permis
d’atteindre des taux généraux de couverture de 64 % dans les collectivités des Premières nations
vivant dans des réserves. Ils ont constaté que la morbidité et la mortalité n’avaient pas été aussi
graves durant la seconde vague que durant la première. En fait, aucun décès n’a été signalé.
Certains représentants des organisations autochtones ont souligné que ces données ne
s’appliquaient qu’aux Premières nations vivant dans des réserves, alors que 60 % de la
population autochtone vit dans des centres urbains. Quant à la liste de priorité pour la campagne
de vaccination et la prestation des services, le comité a appris que les lignes directrices
applicables devaient, dans ces collectivités, être adaptées au contexte culturel.
Plusieurs témoins ont suggéré de se pencher sur les déterminants sociaux de la santé des
collectivités des Premières nations vivant dans des réserves et des Inuits afin d’améliorer
l’ensemble des questions de santé publique. Certains témoins ont plus particulièrement cité la
surpopulation, les mauvaises conditions de logement, l’absence d’accès à de l’eau propre, les
problèmes de santé chroniques sous-jacents et les mauvaises conditions socio-économiques
comme facteurs contribuant à la propagation et à la gravité d’une pandémie dans ces
collectivités. Par ailleurs, des témoins ont souligné le besoin d’améliorer l’infrastructure de santé
publique. Le comité a appris que, durant la pandémie, les ressources en santé publique avaient
été extrêmement sollicitées et que l’infrastructure, dans ces collectivités vulnérables, n’aurait pas
permis de faire face à une seconde vague aussi grave que la première.
9. Recherche
Les représentants de l’ASPC ont souligné que le besoin de se doter d’une meilleure capacité de
recherche afin de traiter les problèmes de santé publique avait été mis en évidence à la suite de
l’épidémie de SRAS. Un réseau de recherche avait ainsi été mis en place avant l’apparition du
virus de la grippe H1N1. Le comité a également appris que l’Initiative de recherche stratégique
sur la capacité d'intervention en cas de pandémie avait établi un Réseau de recherche sur
l’influenza de l’ASPC et des IRSC. Ce réseau, selon les témoins, a permis d’inciter des
scientifiques, habitués à travailler dans un milieu concurrentiel, à collaborer pour le bien
commun. Ce réseau a permis, outre le financement de plusieurs protocoles de recherche au cours
des dernières années, l’organisation de réunions où la communauté scientifique et les différents
intervenants ont appris à collaborer afin de travailler efficacement en cas de problèmes de santé
publique.
46
Plusieurs domaines de recherche ont été abordés dans le cadre de l’étude. Les représentants des
IRSC ont expliqué comment ils ont participé au financement des essais cliniques visant à évaluer
l’innocuité et l’efficacité du vaccin contre la grippe H1N1, mis en place des stratégies de
vaccination de masse, amélioré le taux de couverture, etc. Le comité a également appris que de
nombreux aspects de la grippe saisonnière demeuraient mal compris, et que ces derniers
devraient également faire l’objet de recherches. Plusieurs témoins ont évoqué le besoin
d’élaborer et d’approuver des vaccins produits au moyen de nouvelles technologies. Des témoins
ont mentionné des technologies de production de vaccins à partir de cellules ou d’ADN qui
pourraient remplacer ou complémenter la production traditionnelle de vaccins à partir d’œufs.
Ces nouvelles technologies pourraient un jour accélérer la production de vaccins, mais devraient
faire l’objet de recherches complémentaires afin d’être perfectionnées et d’atteindre le niveau de
production requis à des fins de commercialisation. Le comité a enfin appris que les progrès
accomplis dans la recherche d’un vaccin contre le VIH pourraient avoir des retombées sur la
production d’autres vaccins tels que celui de la grippeLe comité a appris que le Canada avait
également financé des recherches sur la possibilité de constituer des réserves de vaccins. Il a
également appris qu’il fallait investir dans le développement de tests de dépistage du virus de la
grippe qui soient plus rapides. La sensibilité des tests existants est faible, et le virus n’est parfois
pas dépisté. Des tests d’une plus grande sensibilité permettraient aux prestataires de soins de
santé de pouvoir décider, en connaissance de cause, s’ils doivent ou non prescrire des antiviraux.
Des témoins ont rappelé que les recherches cliniques étaient assujetties à l’approbation des
protocoles de recherche, notamment par un comité d’éthique de la recherche. Les essais cliniques
sont parfois disséminés dans tout le pays, et doivent être approuvés par tous les centres où ces
essais sont menés. Des témoins ont proposé que le processus d’approbation soit fusionné avec le
processus de préapprobation du protocole afin d’éviter de perdre du temps en cas de pandémie.
Le comité a appris que, si les ministères et les agences fédéraux disposent de mécanismes
d’intervention rapide, tel n’est pas le cas dans le domaine de la recherche. Les représentants de
l’ASPC ont cependant affirmé qu’il serait presque impossible de mettre sur pied une équipe
d’intervention rapide en recherche pouvant être déployée à travers tout le pays.
Le comité a enfin appris que le Réseau de recherche sur l’influenza de l’ASPC et des IRSC était
financé grâce aux 21,5 millions de dollars que les IRSC ont reçus dans le cadre du Financement
pour la préparation en cas de pandémie prévu dans le budget de 2006, déjà évoqué, qui doit
prendre fin en mars 2011. À ce financement se sont ajoutés par la suite 24,2 millions de fonds
publics et privés. Des témoins ont affirmé que la capacité du Canada à intervenir rapidement et
efficacement contre un agent infectieux serait remise en cause si ce financement n’était pas
renouvelé. Ils ont déclaré au comité que la préparation à une pandémie devait continuer à faire
l’objet d’un financement propre si le Canada souhaitait demeurer un chef de file dans le
domaine. Ils ont également déclaré que les chercheurs canadiens qui sont devenus des experts en
la matière risqueraient de quitter ce domaine de recherche, ou le pays, si un financement propre
n’était pas maintenu. Les représentants de l’ASPC ont confirmé que l’infrastructure de recherche
devait être préservée.
47
4. RECOMMANDATIONS
1. Rôles et responsabilités des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en
matière de santé publique
Le comité reconnaît le besoin d’une plus grande uniformité dans la façon dont les provinces et
les territoires interviennent en cas de problèmes de santé publique. Le comité souhaiterait que les
gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux recourent plus à des consultations et à des
protocoles d’entente, plutôt que de simplement s’appuyer sur la législation. Le comité juge que
les négociations relatives à l’établissement de protocoles d’entente entre les gouvernements
fédéral, provinciaux et territoriaux constituent un progrès vers une gestion véritablement
nationale de la santé publique. Il souhaiterait que les protocoles d’entente en matière de partage
de l’information et d’aide réciproque soient conclus, et que d’autres protocoles d’entente de la
sorte soient mis en œuvre. Le comité juge également que ces protocoles devraient, autant que
possible, être rendus exécutoires.
RECOMMANDATION 1
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada s’attache à conclure le protocole d’entente en cours de
négociation, étende ce mécanisme à d’autres questions, et cherche à rendre
ces protocoles exécutoires.
2. Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé
Les responsables de la santé publique (et les professionnels des soins de santé) s’entendent sur le
fait que le Canada a accompli des progrès notables en matière d’intervention depuis l’épidémie
de SRAS de 2003. Le Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de
la santé a été élaboré en collaboration avec les provinces et les territoires. Ce Plan a été rendu
public en 2006 et est régulièrement mis à jour. Sa portée est nationale, mais tient compte du fait
que le détail de sa mise en œuvre doit être établi dans le cadre du plan de lutte contre la
pandémie de chacun des ordres de gouvernement. Il définit donc les rôles et les responsabilités
de ces derniers en termes d’activités de préparation et d’intervention.
Cependant, ils s’entendent pour affirmer que des progrès peuvent encore être accomplis. Puisque
les gouvernements tirent les leçons de la pandémie de grippe H1N1 et évaluent l’efficacité de
leur intervention durant cette dernière, le comité est d’avis, comme des témoins l’ont souligné,
que le Plan ne devrait pas être mis à jour au regard de la dernière pandémie. Même s’il est
impératif de tirer les leçons de la pandémie de grippe H1N1, toute pandémie est unique en son
genre. De plus, le comité juge, comme l’on fait remarquer plusieurs témoins, que le Plan devrait
être régulièrement et rigoureusement mis à l’essai.
49
RECOMMANDATION 2
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique du
Canada, en collaboration avec les provinces et les territoires :
•
•
•
mette à jour le Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza
dans le secteur de la santé afin de l’adapter à des pandémies bénignes,
modérées ou graves et de le rendre susceptible d’être adapté à de
nouvelles informations;
mette en place des procédures d’essai régulier et rigoureux du Plan
canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la
santé;
favorise la participation active de tous les intervenants.
Le comité partage l’avis des témoins qui ont souligné l’importance de maintenir l’accent sur la
préparation à une pandémie. Le comité juge que, ce faisant, non seulement le Canada
augmentera sa capacité à intervenir en cas de nouvelle menace pour la santé publique, mais que
l’infrastructure de santé publique du pays en sera améliorée. Le comité souhaiterait rappeler qu’il
est impossible de prédire quand se produira la prochaine pandémie et qu’elle pourrait se produire
n’importe quand. Pour cette raison, la préparation à une pandémie devrait toujours faire partie
des priorités du gouvernement et le comité exhorte donc ce dernier à renouveler le financement
pour la préparation en cas de pandémie.
RECOMMANDATION 3
Le Comité recommande par conséquent que le gouvernement du Canada
prévoie le renouvellement du financement de la préparation en cas de
pandémie dans son budget de 2011.
3. Messages et communications
Le comité s’inquiète du fait qu’on n’ait pas, dans le processus de planification de la lutte contre
la pandémie, accordé suffisamment d’attention aux communications et aux messages, car il a
remarqué, par exemple, que l’annexe K du Plan, relative aux communications, n’a pas été mise à
jour depuis octobre 2006. Les problèmes de répartition des compétences entre les différents
gouvernements devront être réglés avant la prochaine urgence de santé publique. Certains
responsables provinciaux sont d’avis que les rôles et les responsabilités des gouvernements
fédéral, provinciaux et territoriaux doivent être clarifiés. Le comité souhaiterait souligner qu’il
est clairement impératif d’uniformiser les communications dans tout le pays, car la grippe,
comme toute maladie infectieuse, ne connaît pas de frontières. Le comité est conscient des
difficultés que pose le fait de diffuser des messages uniformes alors que les connaissances
scientifiques évoluent et qu’il demeure de nombreuses inconnues, mais il souhaiterait insister sur
le fait que, pour gagner et conserver la confiance du public, il est nécessaire de garantir une
50
communication efficace, ainsi que des messages uniformes et harmonisés. Le comité souhaiterait
rappeler à ce sujet un commentaire particulièrement significatif formulé durant son étude : « De
nombreuses voix, un seul message ».
Le comité constate que, malgré les efforts considérables déployés par tous les ordres de
gouvernement pour diffuser des messages harmonisés, des messages contradictoires provenant
de sources non officielles ont semé la confusion dans le public. Même si ces messages
contradictoires ont souvent été repris par les grands médias, les nouveaux médias sociaux
semblent devoir plus particulièrement constituer un sujet de préoccupation. Enfin, le comité
souhaiterait voir le gouvernement fédéral jouer un rôle plus actif dans les campagnes publiques
de sensibilisation aux questions de santé menées entre les pandémies. Le comité juge, comme
certains témoins, qu’il faut mettre l’accent sur la santé publique en général et voit en cela un
moyen d’accroître la confiance générale dans le système de santé publique du Canada.
RECOMMANDATION 4
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada :
•
•
•
•
•
s’assure que l’annexe K relative aux communications soit mise à
jour lors de la prochaine révision du Plan de lutte contre la
pandémie d’influenza dans le secteur de la santé;
collabore avec les gouvernements des provinces et des territoires à
clarifier les rôles et les responsabilités de chacun en matière de
communications;
étudie les moyens de communiquer en temps réel les décisions
prises en matière de politique et d’assurer l’harmonisation des
messages diffusés, et ce, dans le cadre d’une vaste consultation
pancanadienne;
élabore et évalue les médias sociaux comme nouveaux moyens
d’aider le public à mieux prendre soin de sa santé tout en
recherchant des façons d’assurer l’harmonisation des messages
diffusés;
lance, notamment dans les médias sociaux, une campagne
accrocheuse en matière de santé publique portant notamment,
mais sans s’y limiter, sur les mesures de santé publique, ainsi que
sur l’innocuité et l’efficacité des vaccins.
Le comité juge que les messages diffusés par le gouvernement fédéral durant une pandémie
devraient clairement faire la distinction entre la propagation géographique de la grippe et sa
gravité. Il va en cela dans le sens des témoins qui se sont déclarés inquiets que la pandémie n’ait
51
été définie qu’en termes de propagation géographique et suggère que le gouvernement canadien,
s’il doit à nouveau mettre ce Plan en œuvre, informe la population de la gravité de la grippe.
RECOMMANDATION 5
Le comité recommande par conséquent que le plan de lutte contre la
pandémie de l’Agence de la santé publique du Canada inclue, en matière
de communications, des exigences précises quant au fait de définir la
pandémie en termes de gravité, et non uniquement de propagation
géographique, de la maladie, tout en tenant compte du fait que
l’information fournie peut évoluer avec les progrès de la science.
Le comité se réjouit de l’ouverture et de la transparence des communications entre les
gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux durant la pandémie de grippe H1N1 et
confirme que des progrès considérables ont été accomplis depuis l’épidémie de SRAS. Non
seulement le comité reconnaît-il la qualité de la communication établie par l’Agence de la santé
publique du Canada avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, mais également le fait
que l’Agence ait pris soin de répondre aux demandes d’information de ces gouvernements.
Cependant, le comité juge, comme certains témoins, que les communications avec les partenaires
extérieurs, tels que les hôpitaux et les cliniciens, auraient pu être renforcées. Le comité est par
ailleurs conscient que le degré de communication pourrait être encore plus vital en cas de
pandémie plus grave.
RECOMMANDATION 6
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada encourage ses partenaires provinciaux et territoriaux à :
•
•
étudier les moyens de renforcer les communications
bidirectionnelles avec les prestataires de soins de santé;
établir un réseau de communications des prestataires de soins de
santé en collaboration avec les organisations nationales
représentant ces derniers.
4. Vaccins et antiviraux
Le comité approuve la façon dont le Canada a conclu un contrat à long terme pour la production
nationale de vaccins contre les grippes pandémiques. Il juge en effet qu’une production nationale
était nécessaire pour garantir l’approvisionnement des Canadiens. Il juge également que le
prochain contrat relatif à l’approvisionnement en vaccins pour une pandémie devra également
inclure un fournisseur de réserve en raison des difficultés qui peuvent être rencontrées en cours
de production. Le comité est conscient des risques associés au fait de faire appel à un fournisseur
52
de vaccins étranger qui pourrait ne pas accorder la priorité au Canada. Le comité préférerait que
le fournisseur de réserve soit canadien, mais comprend que cela ne soit peut-être pas possible.
RECOMMANDATION 7
Le comité recommande par conséquent que le gouvernement du Canada
étudie les moyens de s’assurer qu’un fournisseur de réserve permette de
renforcer la capacité du Canada à garantir son approvisionnement en
vaccins en cas de nouvelle pandémie de grippe.
Plusieurs témoins, dont des représentants du gouvernement fédéral, ont déclaré au comité que le
conditionnement par lots de 500 doses choisi pour le vaccin contre la grippe H1N1 était trop
volumineux. Le comité s’inquiète du fait que le choix de ce conditionnement ait été fait par le
seul fournisseur et se demande pourquoi il y a eu si peu de consultations à ce sujet. Il pense que
l’utilisateur doit être pris en considération dans le choix du conditionnement.
RECOMMANDATION 8
Le comité recommande par conséquent que le gouvernement du Canada,
en collaboration avec les provinces et les territoires, s’assure que le
prochain contrat FPT pour un vaccin contre une grippe pandémique, qui
doit être conclu en 2011, comprenne des dispositions spécifiant que le
fournisseur doit consulter l’Agence de la santé publique du Canada sur le
choix du format de conditionnement et précisant le type et le nombre de
consultations requises à cette fin.
Le comité a constaté que l’on n’ait pas pris la pleine mesure de l’ampleur de la tâche qui consiste
à ouvrir des cliniques de vaccination de masse dans tout le pays. Le comité s’interroge sur la
façon dont tant d’ordres de gouvernement différents ont pu consacrer tant de ressources à la
planification de la lutte contre la pandémie, que l’on savait devoir être axée sur une campagne de
vaccination massive, sans que ce dernier aspect ait fait l’objet d’essais concrets.
RECOMMANDATION 9
Le comité recommande par conséquent que le gouvernement du Canada,
en collaboration avec les provinces et les territoires, soumette le plan de
mise œuvre des cliniques de vaccination de masse, que ce soit dans des
centres communautaires, des écoles, des commerce ou autres, à des essais
approfondis, tout particulièrement dans des délais serrés, afin d’établir
les limites logistiques de ce plan.
53
5. Collecte, surveillance et analyse de données
Le comité est d’avis que le Canada doit se doter d’une infrastructure permettant de mettre en
place un système pancanadien de surveillance électronique de la santé publique, mais il est
également conscient des problèmes de compétences qu’un tel système peut poser. Il apprécie
efforts déjà entrepris en ce sens, mais souhaiterait que toutes les parties poursuivent leurs efforts
en vue d’établir un système de surveillance de la santé publique en général, et pas seulement un
système qui soit utilisé en cas de crises de santé publique. Le comité suggère que, s’il est
adéquatement conçu, un tel système électronique pourrait grandement accroître la capacité de
surveillance et d’analyse épidémiologique, de même que celle de mener des travaux scientifiques
et d’évaluation en temps réel. Le comité pense qu’il serait avantageux d’intégrer dans un tel
système des éléments tels que Rx Gateway qui a permis, durant la pandémie de grippe H1N1,
d’assurer le suivi des ventes d’antiviraux sur ordonnance et de médicaments contre la grippe sans
ordonnance, et suggère que l’Agence de la santé publique du Canada établisse quel type de
surveillance continue pourrait être assuré par un tel système. Le comité est également satisfait de
la création du système appelé Panorama et souhaite que l’on poursuive son développement et sa
mise en œuvre. Le comité pense également que la mise en œuvre d’un système de dossiers de
santé électroniques, qui est une initiative pilotée par Inforoute Santé du Canada, doit être
accélérée, car elle permettra la collecte et la surveillance des données.
RECOMMANDATION 10
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada, en collaboration avec ses partenaires provinciaux et
territoriaux, achève le développement et procède à la mise en œuvre
d’une application de TI en surveillance de la santé publique appelée
Panorama;
Inforoute Santé du Canada Inc. accroisse ses efforts visant à mettre en
place un système de dossiers de santé électroniques partout au Canada.
6. Capacité de prestation de services de santé publique
Le comité a appris que l’Agence de la santé publique du Canada avait fait appel à l’aide du
personnel paramédical durant la pandémie. Le comité félicite l’Agence de cette initiative et
suggère de faire de nouveau appel à cette ressource en cas d’urgence de santé publique. De
même, le comité juge que l’on n’a pas su tirer pleinement parti de la contribution qu’auraient pu
apporter les pharmaciens durant la pandémie de grippe H1N1.
RECOMMANDATION 11
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada assure le suivi des champs de compétences des pharmaciens et
54
du personnel paramédical afin de s’assurer qu’ils soient inclus dans les
ressources en soins de santé appelées à assurer la vaccination et la
prescription d’antiviraux lors de la prochaine pandémie de grippe.
Le comité pense, comme certains témoins, qu’il est difficile de disposer de ressource d’appoint
en santé publique, mais juge qu’il est nécessaire de faire des efforts en ce sens en prévision des
prochaines pandémies.
RECOMMANDATION 12
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada exhorte ses partenaires provinciaux et territoriaux à établir
des liens entre leurs systèmes de soins de santé respectifs et, notamment,
entre leur système de soins publics, de courte durée, cliniques et
primaires, en vue d’améliorer les ressources d’appoint dont disposent
leur système de santé publique, et notamment leurs hôpitaux, respectifs
en cas d’urgence.
7. Collaboration et consultation
Le comité félicite l’ASPC et le RPSP de leurs efforts considérables en matière de collaboration
et de consultation durant la pandémie de grippe H1N1. Le rôle du Canada, sur la scène
internationale, a été remarquable, et les efforts déployés pour inclure et faire participer tous les
intervenants nécessaires méritent d’être loués. Bien que le comité comprenne les préoccupations
des premiers intervenants et des intervenants de premières lignes, qui désirent être inclus dans les
consultations, il convient qu’il s’agit principalement d’une priorité de compétence provinciale ou
territoriale et que la structure du RPSP reflète cette réalité, mais qu’il conviendrait de prêter plus
d’attention à ceux que consultent les groupes de travail lorsqu’ils rédigent des conseils destinés
au Comité consultatif spécial. De plus, le comité convient que plus d’intervenants sur le terrain,
notamment parmi les prestataires de soins de santé et les premiers intervenants, devraient
participer plus activement aux exercices de simulation qui permettent de mettre à l’essai le Plan
canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé.
RECOMMANDATION 13
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada :
•
•
réexamine la composition de leurs groupes de travail, au sein de la
structure du Réseau pancanadien de santé publique, en vue d’y
inclure plus de professionnels de la santé;
s’assure que les professionnels de la santé participent activement
aux exercices de simulation utilisés pour mettre à l’essai le Plan
55
•
canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur
de la santé;
reconnaisse l’importance de la préparation des collectivités,
notamment des cliniques et des principaux hôpitaux de soins
tertiaires, ainsi que la contribution précieuse des premiers
intervenants.
Enfin, le comité juge que l’officialisation de la collaboration entre les organismes de santé
publique provinciaux permettrait d’accroître la capacité du Canada à intervenir en cas d’urgence
de santé publique.
RECOMMANDATION 14
Le comité recommande par conséquent que l’Agence de la santé publique
du Canada s’efforce, lors de la prochaine révision du Plan canadien de
lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé, d’y
inclure une collaboration officielle entre l’Agence et les organismes de
santé publique provinciaux afin de tirer le meilleur parti possible de leurs
ressources et de leurs compétences respectives en cas de nouvelle
pandémie.
8. Collectivités autochtones
Le comité souhaite exprimer son inquiétude quant au manque de progrès accomplis au regard des
déterminants sociaux de la santé dans les collectivités des Premières nations vivant dans les
réserves ainsi que dans collectivités inuites. Le comité juge, comme l’ont souligné certains
témoins, que la surpopulation, l’absence d’accès à de l’eau propre, etc., rendent ces collectivités
plus vulnérables aux crises de santé publique. Le comité est d’avis que, comme il l’a
précédemment recommandé, il est besoin de prêter une plus grande attention à la santé publique.
RECOMMANDATION 15
Le comité recommande par conséquent que la Direction générale de la
santé des Premières nations et des Inuits, en collaboration avec Affaires
indiennes et du Nord Canada et l’Agence de la santé publique du Canada,
travaille à définir et pallier les conditions particulières, telles que le
surpeuplement et les difficultés d’accès à de l’eau propre, qui font que les
collectivités des Premières nations vivant dans les réserves, ainsi que les
collectivités inuites, sont plus vulnérables aux maladies transmissibles,
notamment à une grippe pandémique, et que cette collaboration vise
également à améliorer l’infrastructure de santé publique.
56
Le comité a constaté que certaines questions relatives à la collecte, à la surveillance et à l’analyse
de données, de même que le besoin de disposer d’un registre central des pratiques exemplaires,
précédemment traités, ont également été abordés dans le contexte particulier des populations
autochtones. Le comité reconnaît que ces questions méritent d’être examinées dans le contexte
particulier de la population autochtone.
RECOMMANDATION 16
Le comité recommande par conséquent que Santé Canada et l’Agence de
la santé publique du Canada envisagent, dans les prochaines révisions du
Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la
santé, d’y inclure, pour les populations autochtones, les paramètres
pertinents, un meilleur système de collecte, de surveillance et d’analyse de
données, ainsi qu’un registre central des pratiques exemplaires.
Enfin, le comité s’inquiète de la confusion semblant régner quant aux rôles et aux responsabilités
du gouvernement fédéral en matière de services de santé et de programmes de santé publique
destinés aux Premières nations vivant dans les réserves et aux Inuits. Il considère que le
gouvernement fédéral, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux,
devrait entamer sur la question des discussions ouvertes et transparentes avec les organisations
des Premières nations et des Inuits. Le comité constate qu’un tel forum pourrait permettre de
remédier aux inquiétudes qui lui ont été exprimées quant à la représentation des Autochtones au
RPSP, à la mise à jour du Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur
de la santé, et notamment de son annexe B, ainsi qu’à la nécessité de prendre en compte le
contexte culturel.
RECOMMANDATION 17
Le comité recommande par conséquent que la Direction générale de la
santé des Premières nations et des Inuits et l’Agence de la santé publique
du Canada entament des discussions avec les gouvernements provinciaux
et territoriaux, ainsi qu’avec les représentants des organisations des
Premières nations et des Inuits, afin de clarifier le rôle du gouvernement
fédéral en cas d’urgence de santé publique.
9. Recherche
Le comité croit que le Canada doit maintenir sa capacité de recherche afin de conserver son rôle
de chef de file en matière de préparation et d’intervention en cas de pandémie. Le comité juge
que mettre l’accent sur la santé publique et la recherche en général afin d’atteindre cet objectif
permettra également d’améliorer la capacité du Canada à intervenir en cas de nouvelle pandémie
de grippe.
57
RECOMMANDATION 18
Le comité recommande par conséquent que le gouvernement du Canada
s’assure que les prochains budgets fédéraux de préparation et d’intervention en
cas de pandémie comprennent un financement durable spécifiquement alloué à
la recherche.
58
5. CONCLUSION
Le comité félicite tous les intervenants qui ont participé à la lutte contre la pandémie de grippe
H1N1 de 2009. Il constate que, de façon générale, la planification, qui avait débuté il y a de
nombreuses années et s’était accélérée au cours des dernières années, s’est révélée un succès.
Grâce à ces années de préparation, l’intervention du Canada a réussi à minimiser les
répercussions de ce nouveau virus de la grippe. Les commentaires formulés par nos partenaires
internationaux, et plus particulièrement par le Mexique et le Royaume-Uni, ont mis en évidence
le rôle de chef de file du Canada durant la pandémie. Cependant, ce dernier, comme le reste du
monde, a eu la chance que la pandémie ne soit pas plus grave, et il est possible que le plan actuel
de lutte contre la pandémie du Canada, tout comme son infrastructure de santé publique, n’ait
pas permis d’intervenir de façon optimale en cas d’épidémie de grippe plus grave. Le Canada
doit demeurer vigilant, tirer les leçons de la pandémie de grippe H1N1, et continuer de renforcer,
non seulement son plan, mais également ses systèmes de santé publique.
59
ANNEXE A
LISTE DES TÉMOINS
Le mercredi 29 septembre 2010
Agence de la santé publique du
Canada
Dr David Butler-Jones, administrateur en chef de la santé
publique
BC Centre for Disease Control
Dr Danuta Skowronski, chef, Épidémiologie - Influenza
et nouveaux pathogènes respiratoires
Hôpital Mount Sinai
Dr Donald E. Low, microbiologiste en chef
À titre personnel
Dr Susan Tamblyn, conseillère en santé publique
Le jeudi 30 septembre 2010
Santé Canada
Dr Paul Gully, conseiller médical principal
Sécurité publique Canada
Daniel Lavoie, sous-ministre adjoint délégué, secteur de
la gestion des mesures d'urgence et de la sécurité
nationale
Agence canadienne d'inspection des
aliments
Paul Mayers, vice-président associé, programmes
Catherine Airth, vice-présidente associée, opérations
Agence de la santé publique du
Canada
Dr Theresa Tam, directrice générale, Centre des mesures
et d'interventions d'urgence
Le mercredi 6 octobre 2010
Travaux publics et services
gouvernementaux Canada
Francine Brisebois, directeur principal, Direction des
produits commerciaux et de consommation
Henry Kreker, gestionnaire, Projet d'immunisation
antigrippale
Tom Ring, sous-ministre adjoint, Direction générale des
approvisionnements
Santé Canada
Elwyn Griffiths, directeur général, Direction des produits
biologiques et des thérapies génétiques
Meena Ballantyne, sous-ministre adjointe, Direction
générale des produits de santé et des aliments
Agence de la santé publique du
Canada
Dr Barbara Law, chef de sécurité des vaccins, Centre de
l'immunisation et des maladies respiratoires infectueuses
Dr John Spika, directeur général, Centre de
l'immunisation et des maladies respiratoires infectueuses
61
Association des pharmaciens du
Canada
Jeff Poston, directeur exécutif
Janet Cooper, directrice principale, Affaires
professionnelles et relations avec les membres
GlaxoSmithKline Canada
Paul Lucas, président et chef de la direction
Roche Canada
Jim Hall, vice-président, Soins d'urgence
Anne-Marie Hayes, gestionnaire des opérations,
gouvernement Soins d’urgence
Rx Canada
Wendy Nelson, présidente et chef de direction
Jeff Aramini, épidémiologiste-conseil principal
Le jeudi 7 octobre 2010
Agence de la santé publique du
Canada
Frank Plummer, directeur général des programmes
scientifiques, Laboratoire national de microbiologie
Institut de diagnostic et de référence
épidémiologique
Celia Alpuche, directrice générale adjointe
À titre personnel
Dr Todd Hatchette, professeur associé, Direction de la
microbiologie et de l'immunologie, Université Dalhousie
Le lundi 18 octobre 2010
Santé Canada
Glenda Yeates, sous-ministre
Agence de la santé publique du
Canada
Dr Gregory Taylor, directeur général, Bureau de la
pratique en santé publique
Dr John Spika, directeur général, Centre de
l'immunisation et des maladies respiratoires infectueuses
Ministère de la santé et des soins de
longue durée, province de l'Ontario
Allison Stuart, sous-ministre adjointe, Division de la
santé publique
Province de l'Ontario
Dre Arlene King, médecin hygiéniste en chef
Province de la Colombie-Britannique
Dr Perry Kendall, administrateur des soins de santé
Province de la Nouvelle-Écosse
Duff Montgomerie, sous-ministre, Promotion et
Protection de la santé
Province de la Saskatchewan
Dre Moira McKinnon, chef des Services de santé
Le jeudi 21 octobre 2010
Santé Canada
Shelagh Jane Woods, directrice générale, Direction
générale de la santé des Premières nations et des Inuits
Paul Gully, conseiller médical principal
62
Association des infirmières et
infirmiers autochtones du Canada
Rosella Kinoshameg, présidente
Assemblée des Premières Nations
Angus Toulouse, chef régional
Assembly of Manitoba Chiefs
Ron Evans, grand chef
Gouvernement du Nunavut
Dr Isaac Sobol, médecin hygiéniste en chef
Association des médecins indigènes
du Canada
Dre Darlene Kitty, membre du conseil de direction
Inuit Tapiriit Kanatami
Mary Simon, présidente
Elizabeth Ford, directrice, Développement social et de la
santé
Le vendredi 22 octobre 2010
Association canadienne de la santé
publique
Dr Isra Levy, membre
Debra Lynkowski, chef de la direction
Association canadienne de
normalisation
Suzanne Kiraly, vice-présidente exécutive, Relations
gouvernementales
Association canadienne des chefs de
pompier
Robert Simonds, président
Association canadienne des soins de
santé
Pamela Fralick, présidente et chef de la direction
Association des infirmières et
infirmiers du Canada
Claire Betker, membre, Conseil de direction
Joyce Douglas, infirmière-conseil
Association des paramédics du Canada Greg Furlong, directeur
Association médicale canadienne
Dr Jeffrey Turnbull, président
Dre Maura Ricketts, directrice, Bureau de la santé
publique
RiskAnalytica
Paul Smetanin, président et chef de la direction
Ontario Power Generation Inc
Gian Di Giambattista, directeur, Gestion des mesures
d'urgences et continuité des opérations
Fédération canadienne des
enseignantes et des enseignants
Mary-Lou Donnelly, présidente
Myles Ellis, directeur, Services économiques et aux
membres Directeur, Services économiques et aux
membres
63
Fédération canadienne des
municipalités
Claude Dauphin, troisième vice-président
Alain Normand, membre, Groupe de travail sur la
pandémie
Le Conference Board du Canada
John Neily, directeur, Sécurité nationale et sécurité
publique
Le mercredi 27 octobre 2010
À titre personnel
Bhagirath Singh, directeur, Centre de l'immunologie
humaine, Université Western Ontario
Françoise Baylis, professeure, Département de
bioéthique, Université Dalhousie
Dr Ross Upshur, directeur, Joint Centre for Bioethics de
l'Université de Toronto
Instituts de recherche en santé du
Canada
Dr Alain Beaudet, président
Le jeudi 28 octobre 2010
Ministère de la santé, Mexique
Dr Mauricio Hernandez-Avila, sous-ministre de la
prévention et promotion des soins de santé
Dr Hugo Lopez Gatell Ramirez, directeur général en
épidémiologie
Ministère de la santé, Royaume-Uni
David Harper, directeur général, Protection et
amélioration de la santé
Le vendredi 29 octobre 2010
Santé Canada
L'honorable Leona Aglukkaq, C.P., députée et ministre
Glenda Yeates, sous-ministre
Meena Ballantyne, sous-ministre adjointe, Direction
générale des produits de santé et des aliments
Dr Paul Gully, conseiller médical principal
Agence de la santé publique du
Canada
Elaine Chatigny, directrice générale, Communications
Dr Frank Plummer, directeur général des programmes
scientifiques, Laboratoire national de microbiologie
Dr David Butler-Jones, administrateur en chef de la santé
publique
Association médicale canadienne
Dre Maura Ricketts, directrice, Bureau de la santé
publique
Association canadienne de
normalisation
Suzanne Kiraly, vice-présidente exécutive, Relations
gouvernementales
64
Province de la Colombie-Britannique Dr Perry Kendall, administrateur des soins de santé
À titre personnel
Dr Todd Hatchette, professeur associé, Direction de la
pathologie, Université Dalhousie
65
WITNESSES
TÉMOINS
Wednesday, February 2, 2011
Le mercredi 2 février 2011
As an individual:
À titre personnel :
Fran Klodawsky, Associate Professor, Carleton University.
Maytree Foundation:
Ratna Omidvar, President.
Fran Klodawsky, professeure associée, Université Carleton.
Maytree Fondation :
Ratna Omidvar, président.
Thursday, February 3, 2011
Le jeudi 3 février 2011
Statistics Canada:
Statistique Canada :
Garnett Picot, Senior Analyst, Social Analysis Division.
Citizenship and Immigration Canada:
Deborah Tunis, Director General, Integration.
Canada West Foundation:
Robert Vineberg, Senior Fellow.
Centre for Immigration Policy Reform:
Martin Collacott, Spokesperson.
INSIGNIS Strategic Research Inc.:
David Harris, Director
Federation of Canadian Municipalities:
Ben Henderson, Chair, Standing Committee on Social Economic
Development.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Garnett Picot, analyste principal, Division de l’analyse sociale.
Citoyenneté et Immigration Canada :
Deborah Tunis, directrice générale, Intégration.
Fondation Canada Ouest :
Robert Vineberg, chercheur associé.
Centre pour une réforme des politiques d’immigration:
Martin Collacott, porte-parole.
INSIGNIS Strategic Research Inc. :
David Harris, directeur.
Fédération canadienne des municipalités :
Ben Henderson, président, Comité permanent sur le développement
socioéconomique.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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