Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14-15

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14-15
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14-15
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014-2015
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Human Rights
Droits de la personne
Chair:
Présidente :
The Honourable MOBINA S. B. JAFFER
L’honorable MOBINA S. B. JAFFER
Thursday, June 11, 2015
Monday, June 15, 2015
Thursday, June 18, 2015
Le jeudi 11 juin 2015
Le lundi 15 juin 2015
Le jeudi 18 juin 2015
Issue No. 19
Fascicule nº 19
Ninth, tenth and eleventh meetings:
Neuvième, dixième et onzième réunions :
Monitor issues relating to human rights and,
inter alia, to review the machinery of government
dealing with Canada’s international and
national human rights obligations
Surveiller l’évolution de diverses questions ayant trait aux droits
de la personne et à examiner, entre autres choses, les mécanismes
du gouvernement pour que le Canada respecte ses obligations
nationales et internationales en matière de droits de la personne
and
et
Tenth and eleventh (final) meetings:
Dixième et onzième (dernière) réunions :
Examine and report on how the mandates and
practices of the UNHCR and UNICEF have evolved
to meet the needs of displaced children in modern
conflict situations, with particular attention
to the current crisis in Syria
Étudier, pour en faire rapport, la façon dont les mandats
et les méthodes de l’UNHCR et de l’UNICEF ont évolué pour
répondre aux besoins des enfants déplacés dans les situations de
conflits contemporains, en prêtant une attention particulière
à la crise qui secoue actuellement la Syrie
INCLUDING:
THE TWELFTH REPORT OF THE COMMITTEE
(Special Study Budget (Study of the Hague
Abductions Convention) 2015-2016)
Y COMPRIS :
LE DOUZIÈME RAPPORT DU COMITÉ
(Budget pour étude spéciale (Étude de la convention
de La Haye sur l’enlèvement) 2015-2016)
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
52224-52235-52246
STANDING SENATE COMMITTEE ON
HUMAN RIGHTS
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
DROITS DE LA PERSONNE
The Honourable Mobina S. B. Jaffer, Chair
Présidente : L’honorable Mobina S. B. Jaffer
The Honourable Salma Ataullahjan, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Salma Ataullahjan
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Andreychuk
* Carignan, P.C.
(or Martin)
* Cowan
(or Fraser)
Eaton
Eggleton, P.C.
Hubley
Nancy Ruth
Ngo
Tannas
Andreychuk
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
* Cowan
(ou Fraser)
Eaton
Eggleton, C.P.
Hubley
Nancy Ruth
Ngo
Tannas
*Ex officio members
(Quorum 4)
* Membres d’office
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Ngo replaced the Honourable Senator
Enverga (June 16, 2015).
L’honorable sénateur Ngo a remplacé l’honorable sénateur
Enverga (le 16 juin 2015).
The Honourable Senator Enverga replaced the Honourable
Senator Ngo (June 15, 2015).
L’honorable sénateur Enverga a remplacé l’honorable sénateur
Ngo (le 15 juin 2015).
The Honourable Senator Nancy Ruth replaced the Honourable
Senator Marshall (June 9, 2015).
L’honorable sénatrice Nancy Ruth a remplacé l’honorable
sénatrice Marshall (le 9 juin 2015).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
18-6-2015
Droits de la personne
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Thursday, June 11, 2015
(35)
OTTAWA, le jeudi 11 juin 2015
(35)
[English]
19:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 8:01 a.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Mobina S. B. Jaffer, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 8 h 1, dans la pièce 9 de l’édifice Victoria,
sous la présidence de l’honorable Mobina S. B. Jaffer (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Andreychuk, Ataullahjan, Eaton, Eggleton, P.C., Hubley, Jaffer,
Nancy Ruth and Ngo (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Andreychuk, Ataullahjan, Eaton, Eggleton, C.P., Hubley,
Jaffer, Nancy Ruth et Ngo (8).
In attendance: Julia Nicol and Jean-Philippe Duguay, Analysts,
Parliamentary Information and Research Services, Library of
Parliament.
Également présents : Julia Nicol et Jean-Philippe Duguay,
analystes, Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also present: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, November 19, 2013, the committee continued its study
to monitor issues relating to human rights and, inter alia, to
review the machinery of government dealing with Canada’s
international and national human rights obligations. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le mardi
19 novembre 2013, le comité poursuit son étude afin de surveiller
l’évolution de diverses questions ayant trait aux droits de la
personne et d’examiner, entre autres choses, les mécanismes du
gouvernement pour que le Canada respecte ses obligations
nationales et internationales en matière de droits de la
personne. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 2 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Institute for Inclusive Security:
Institute for Inclusive Security :
Jacqueline O’Neill, Director (by video conference).
International Civil Society Action Network:
Sanam Naraghi-Anderlini, Co-founder (by video conference).
UN Women:
Nahla Valji, Policy Adviser and Officer in Charge, Peace and
Security Cluster (by video conference).
Women, Peace and Security Network - Canada:
Jacqueline O’Neill, directrice (par vidéoconférence).
International Civil Society Action Network :
Sanam Naraghi-Anderlini, cofondatrice (par vidéoconférence).
ONU Femmes :
Nahla Valji, conseillère en politiques et responsable, secteur
Paix et sécurité (par vidéoconférence.
Réseau Les femmes, la paix et la sécurité — Canada :
Beth Woroniuk, Steering Committee Member;
Beth Woroniuk, membre du comité directeur;
Jessica Tomlin, Executive Director, MATCH International.
Jessica Tomlin, directrice générale, MATCH International.
Ms. O’Neill made a statement and answered questions.
Mme O’Neill fait un exposé, puis répond aux questions.
Ms. Naraghi-Anderlini made a statement and answered
questions.
Mme Naraghi-Anderlini fait un exposé, puis répond aux
questions.
At 9:08 a.m., the committee suspended.
À 9 h 8, la séance est suspendue.
At 9:13 a.m., the committee resumed.
À 9 h 13, la séance reprend.
Ms. Valji made a statement and answered questions.
Mme Valji fait un exposé, puis répond aux questions.
Ms. Woroniuk made a statement and answered questions.
Mme Woroniuk fait un exposé, puis répond aux questions.
Ms. Tomlin made a statement and answered questions.
Mme Tomlin fait un exposé, puis répond aux questions.
19:4
Human Rights
At 10 a.m., the committee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, June 15, 2015
(36)
[English]
18-6-2015
À 10 heures, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation
de la présidence.
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 15 juin 2015
(36)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 4:01 p.m., in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Mobina S. B. Jaffer, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 16 h 1, dans la pièce 160-S de l’édifice du
Centre sous la présidence de l’honorable Mobina S. B. Jaffer
(président).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Andreychuk, Ataullahjan, Eaton, Enverga, Hubley, Jaffer and
Nancy Ruth (7).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Andreychuk, Ataullahjan, Eaton, Enverga, Hubley, Jaffer et
Nancy Ruth (7).
In attendance: Julia Nicol and Jean-Philippe Duguay, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Julia Nicol et Jean-Philippe Duguay,
analystes, Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, November 19, 2013, the committee continued its study
to monitor issues relating to human rights and, inter alia, to
review the machinery of government dealing with Canada’s
international and national human rights obligations. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le mardi
19 novembre 2013, le comité poursuit son étude afin de surveiller
l’évolution de diverses questions ayant trait aux droits de la
personne et d’examiner, entre autres choses, les mécanismes du
gouvernement pour que le Canada respecte ses obligations
nationales et internationales en matière de droits de la
personne. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 2 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Gildan Activewear Inc.:
Vêtements de sport Gildan :
Peter Iliopoulos, Senior Vice-President, Public and Corporate
Affairs, Head Office.
Loblaw Companies Limited:
Robert Chant, Senior Vice President, Corporate Affairs and
Communications (by video conference).
As an individual:
Syed Sajjadur Rahman, Senior Fellow, School of International
Development & Global Studies, University of Ottawa, and
Senior Associate, Universalia, Montreal.
Human Rights Watch:
Peter Iliopoulos, vice-président principal, Affaires publiques et
corporatives, siège social.
Compagnies Loblaw limitée :
Robert Chant, vice-président principal, Affaires corporatives et
communications (par vidéoconférence).
À titre personnel :
Syed Sajjadur Rahman, professionnel en résidence, École de
développement international et de mondialisation,
Université d’Ottawa, et associé principal, Universalia,
Montréal.
Human Rights Watch :
Nisha Varia, Director of Outreach for Women’s Issues (by
video conference).
Nisha Varia, directrice, Sensibilisation aux droits des femmes
(par vidéoconférence).
The chair made a statement.
La présidente ouvre la séance.
Messrs. Iliopoulos and Chant each made a statement and
answered questions.
MM. Iliopoulos et Chant font chacun un exposé, puis
répondent aux questions.
At 5:06 p.m., the committee suspended.
À 17 h 6, la séance est suspendue.
At 5:08 p.m., the committee resumed.
À 17 h 8, la séance reprend.
18-6-2015
Droits de la personne
Mr. Rahman and Ms. Varia each made a statement and
answered questions.
At 5:50 p.m., the committee suspended.
19:5
M. Rahman et Mme Varia font chacun un exposé, puis
répondent aux questions.
À 17 h 50, la séance est suspendue.
At 6:34 p.m., the committee resumed in camera, the deputy
chair, the Honourable Senator Ataullahjan, presiding.
À 18 h 34, la séance se poursuit à huis clos, sous la présidence
de l’honorable sénatrice Ataullahjan (présidente).
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, May 6, 2014, the committee continued its study to
examine and report on how the mandates and practices of the
UNHCR and UNICEF have evolved to meet the needs of
displaced children in modern conflict situations, with particular
attention to the current crisis in Syria. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 9.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le mardi
6 mai 2014, le comité poursuit son étude, pour en faire rapport, de
la façon dont les mandats et les méthodes de l’UNHCR et de
l’UNICEF ont évolué pour répondre aux besoins des enfants
déplacés dans les situations de conflits contemporains, en prêtant
une attention particulière à la crise qui secoue actuellement la
Syrie. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 9
des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
agenda (future business).
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
examine une ébauche de programme (travaux futurs).
At 7:23 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 23, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Thursday, June 18, 2015
(37)
[English]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le jeudi 18 juin 2015
(37)
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 8 a.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Mobina S. B. Jaffer, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 8 heures, dans la pièce 9 de l’édifice Victoria,
sous la présidence de l’honorable Mobina S. B. Jaffer (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Andreychuk, Ataullahjan, Eaton, Eggleton, P.C., Hubley, Jaffer,
Nancy Ruth and Ngo (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Andreychuk, Ataullahjan, Eaton, Eggleton, C.P., Hubley,
Jaffer, Nancy Ruth et Ngo (8).
In attendance: Julia Nicol and Jean-Philippe Duguay, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Julia Nicol et Jean-Philippe Duguay,
analystes, Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, November 19, 2013, the committee continued its study
to monitor issues relating to human rights and, inter alia, to
review the machinery of government dealing with Canada’s
international and national human rights obligations. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le mardi
19 novembre 2013, le comité poursuit son étude afin de surveiller
l’évolution de diverses questions ayant trait aux droits de la
personne et d’examiner, entre autres choses, les mécanismes du
gouvernement pour que le Canada respecte ses obligations
nationales et internationales en matière de droits de la
personne. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 2 des délibérations du comité.)
WITNESS:
TÉMOIN :
International Labour Organization:
Organisation internationale du Travail :
Dan Rees, Director of Better Work.
Dan Rees, directeur du programme Travailler mieux.
The chair made a statement.
La présidente ouvre la séance.
Mr. Rees made a statement and answered questions.
M. Rees fait un exposé, puis répond aux questions.
At 9:03 a.m., the committee suspended.
À 9 h 3, la séance est suspendue.
19:6
Human Rights
18-6-2015
At 9:06 a.m., pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee
resumed in camera to consider a draft report.
À 9 h 6, conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, la
séance se poursuit à huis clos afin que le comité examine une
ébauche de rapport.
It was agreed that senators’ staff be allowed to stay in the
room.
Il est convenu que le personnel des sénateurs soit autorisé à
rester dans la salle.
Il est convenu :
It was agreed:
Que l’ébauche de rapport soit adoptée;
That the draft report be adopted; and
Que le Sous-comité du programme et de la procédure soit
autorisé à y apporter les modifications nécessaires sur les
plans de la forme, de la grammaire et de la traduction et à
adopter la version finale du rapport.
That the Subcommittee on Agenda and Procedure be
empowered to approve the final version of the report, and
with any necessary editorial, grammatical and translation
changes required.
Il est convenu :
It was agreed:
That the chair seek permission in the Senate, at the
earliest opportunity, to deposit a report with the Clerk of
the Senate if the Senate is not then sitting.
Que la présidente demande la permission au Sénat, à la
première occasion, de déposer un rapport auprès du greffier
du Sénat si le Sénat ne siège pas.
At 9:20 a.m., pursuant to the order of reference adopted by the
Senate on Tuesday, May 6, 2014, the committee continued its
study to examine and report on how the mandates and practices
of the UNHCR and UNICEF have evolved to meet the needs of
displaced children in modern conflict situations, with particular
attention to the current crisis in Syria. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 9.)
À 9 h 20, conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 6 mai 2014, le comité poursuit son étude, pour en faire
rapport, de la façon dont les mandats et les méthodes de
l’UNHCR et de l’UNICEF ont évolué pour répondre aux besoins
des enfants déplacés dans les situations de conflits contemporains,
en prêtant une attention particulière à la crise qui secoue
actuellement la Syrie. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi
figure au fascicule no 9 des délibérations du comité.)
Pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee considered a draft
report.
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, le comité
examine une ébauche de rapport.
It was agreed:
Il est convenu :
That the draft report be adopted; and
Que l’ébauche de rapport soit adoptée;
That the Subcommittee on Agenda and Procedure be
empowered to approve the final version of the report, and
with any necessary editorial, grammatical and translation
changes required.
It was agreed:
Que le Sous-comité du programme et de la procédure soit
autorisé à y apporter les modifications nécessaires sur les
plans de la forme, de la grammaire et de la traduction et à
adopter la version finale du rapport.
Il est convenu :
That the chair seek permission in the Senate, at the
earliest opportunity, to deposit a report with the Clerk of
the Senate if the Senate is not then sitting.
Que la présidente demande la permission au Sénat, à la
première occasion, de déposer un rapport auprès du greffier
du Sénat si le Sénat ne siège pas.
At 10:05 a.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 10 h 5, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Mark Palmer
Clerk of the Committee
18-6-2015
Droits de la personne
19:7
RAPPORT DU COMITÉ
REPORT OF THE COMMITTEE
Thursday, June 11, 2015
Le jeudi 11 juin 2015
The Standing Senate Committee on Human Rights has the
honour to present its
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a
l’honneur de présenter son
TWELFTH REPORT
DOUZIÈME RAPPORT
Your committee, which was authorized by the Senate on
Thursday, February 27, 2014, to examine and report on
international mechanisms toward improving cooperation in the
settlement of cross-border family disputes, including Canada’s
actions to encourage universal adherence to and compliance with
the Hague Abductions Convention, and to strengthen
cooperation with non-Hague State Parties with the purpose of
upholding children’s best interests, respectfully requests funds for
the fiscal year ending March 31, 2016, and requests, for the
purpose of such study, that it be empowered to engage the services
of such counsel, technical, clerical and other personnel as may be
necessary.
Votre comité, qui a été autorisé par le Sénat le jeudi 27 février
2014 à examiner, pour en faire rapport, les mécanismes
internationaux visant à accroître la coopération pour régler les
disputes familiales transfrontalières, notamment les efforts du
Canada pour favoriser l’adhésion et la conformité universelles à la
convention de La Haye sur l’enlèvement et renforcer la
coopération avec les États non signataires, afin de défendre les
intérêts des enfants, demande respectueusement des fonds pour
l’exercice financier se terminant le 31 mars 2016 et demande qu’il
soit, aux fins de ses travaux, autorisé à embaucher tout conseiller
juridique et personnel technique, de bureau ou autre dont il
pourrait avoir besoin.
Pursuant to Chapter 3:06, section 2(1)(c) of the Senate
Administrative Rules, the budget submitted to the Standing
Committee on Internal Economy, Budgets and Administration
and the report thereon of that committee are appended to this
report.
Conformément au chapitre 3:06, article 2(1)c) du Règlement
administratif du Sénat, le budget présenté au Comité permanent
de la régie interne, des budgets et de l’administration ainsi que le
rapport s’y rapportant sont annexés au présent rapport.
Respectueusement soumis,
Respectfully submitted,
La présidente,
MOBINA S. B. JAFFER
Chair
19:8
Human Rights
18-6-2015
STANDING SENATE COMMITTEE ON
HUMAN RIGHTS
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES DROITS DE LA PERSONNE
STUDY THE INTERNATIONAL MECHANISMS
TOWARD IMPROVING COOPERATION IN THE
SETTLEMENT OF CROSS-BORDER FAMILY DISPUTES,
INCLUDING CANADA’S ACTIONS TO ENCOURAGE
UNIVERSAL ADHERENCE TO AND COMPLIANCE WITH
THE HAGUE ABDUCTIONS CONVENTION, AND TO
STRENGTHEN COOPERATION WITH NON-HAGUE
STATE PARTIES WITH THE PURPOSE OF
UPHOLDING CHILDREN’S BEST INTERESTS
ÉTUDE SUR LES MÉCANISMES INTERNATIONAUX
VISANT À ACCROÎTRE LA COOPÉRATION
POUR RÉGLER LES DISPUTES FAMILIALES
TRANSFRONTALIÈRES, NOTAMMENT LES EFFORTS
DU CANADA POUR FAVORISER L’ADHÉSION ET LA
CONFORMITÉ UNIVERSELLES À LA CONVENTION DE
LA HAYE SUR L’ENLÈVEMENT ET RENFORCER LA
COOPÉRATION AVEC LES ÉTATS NON SIGNATAIRES,
AFIN DE DÉFENDRE LES INTÉRÊTS DES ENFANTS
APPLICATION FOR BUDGET AUTHORIZATION
FOR THE FISCAL YEAR ENDING MARCH 31, 2016
DEMANDE D’AUTORISATION DE BUDGET POUR
L’EXERCICE FINANCIER SE TERMINANT
LE 31 MARS 2016
Extract from the Journals of the Senate, Tuesday,
March 31, 2015:
Extrait des Journaux du Sénat du mardi 31 mars 2015 :
The Honourable Senator Jaffer moved, seconded by the
Honourable Senator Munson:
L’honorable sénatrice Jaffer propose, appuyée par
l’honorable sénateur Munson,
That, notwithstanding the order of the Senate
adopted on Thursday, February 27, 2014, and Thursday,
December 11, 2014, the date for the final report of the
Standing Senate Committee on Human Rights in relation to
its examination of international mechanisms toward
improving cooperation in the settlement of cross-border
family disputes, including Canada’s actions to encourage
universal adherence to and compliance with the Hague
Abductions Convention, and to strengthen cooperation with
non-Hague State Parties with the purpose of upholding
children’s best interests be extended from March 31, 2015, to
February 29, 2016.
Que, nonobstant les ordres du Sénat adoptés
le jeudi 27 février 2014, et le jeudi 11 décembre 2014,
le dépôt du rapport final du Comité sénatorial permanent
des droits de la personne relativement à son examen des
mécanismes internationaux visant à accroître la coopération
pour régler les disputes familiales transfrontalières,
notamment les efforts du Canada pour favoriser
l’adhésion et la conformité universelles à la convention de
La Haye sur l’enlèvement et renforcer la coopération avec
les États non signataires, afin de défendre les intérêts des
enfants soit reporté du 31 mars 2015 au 29 février 2016.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat,
Charles Robert
Clerk of the Senate
18-6-2015
Droits de la personne
SUMMARY OF BUDGET
19:9
SOMMAIRE DU BUDGET
General Expenses
$1,000
Dépenses Générales
1 000 $
TOTAL
$1,000
TOTAL
1 000 $
The above budget was approved by the Standing Senate
Committee on Human Rights on 2015-06-04.
Le budget ci-dessus a été approuvé par le Comité sénatorial
permanent des droits de la personne le 4 juin 2015.
The undersigned or an alternate will be in attendance on the date
that this budget is considered.
Le soussigné ou son remplaçant assistera à la séance au cours de
laquelle le présent budget sera étudié.
Date
THE HONOURABLE MOBINA S. B. JAFFER
Chair, Standing Senate Committee on
Human Rights
Date
L’HONORABLE MOBINA S. B. JAFFER
Présidente du Comité sénatorial permanent des
droits de la personne
Date
THE HONOURABLE LEO HOUSAKOS
Chair, Standing Committee on Internal Economy,
Budgets and Administration
Date
L’HONORABLE LEO HOUSAKOS
Président du Comité permanent de la régie interne,
des budgets et de l’administration
19:10
Human Rights
18-6-2015
STANDING SENATE COMMITTEE ON
HUMAN RIGHTS
STUDY THE INTERNATIONAL MECHANISMS TOWARD IMPROVING COOPERATION IN THE SETTLEMENT OF
CROSS-BORDER FAMILY DISPUTES, INCLUDING CANADA’S ACTIONS TO ENCOURAGE UNIVERSAL ADHERENCE
TO AND COMPLIANCE WITH THE HAGUE ABDUCTIONS CONVENTION, AND TO STRENGTHEN COOPERATION
WITH NON-HAGUE STATE PARTIES WITH THE PURPOSE OF UPHOLDING CHILDREN’S BEST INTERESTS
APPLICATION FOR BUDGET AUTHORIZATION
FOR THE FISCAL YEAR ENDING MARCH 31, 2016
GENERAL EXPENSES
PROFESSIONAL AND OTHER SERVICES
Communications consultant graphic designer (0303)
Sub-total
Total of General Expenses
$ 1,000
1,000
$ 1,000
The Senate Administration has reviewed this budget application.
Blair Armitage, Principal Clerk,
Committees Directorate
Date
Bonnie Marga, Comptroller,
Finance and Procurement Directorate
Date
18-6-2015
Droits de la personne
19:11
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES DROITS DE LA PERSONNE
ÉTUDE SUR LES MÉCANISMES INTERNATIONAUX VISANT À ACCROÎTRE LA COOPÉRATION POUR RÉGLER
LES DISPUTES FAMILIALES TRANSFRONTALIÈRES, NOTAMMENT LES EFFORTS DU CANADA POUR FAVORISER
L’ADHÉSION ET LA CONFORMITÉ UNIVERSELLES À LA CONVENTION DE LA HAYE SUR
L’ENLÈVEMENT ET RENFORCER LA COOPÉRATION AVEC LES ÉTATS NON SIGNATAIRES,
AFIN DE DÉFENDRE LES INTÉRÊTS DES ENFANTS
DEMANDE D’AUTORISATION DE BUDGET POUR
L’EXERCICE FINANCIER SE TERMINANT LE 31 MARS 2016
DÉPENSES GÉNÉRALES
SERVICES PROFESSIONNELS ET AUTRES
Consultant en communication - graphiste (0303)
1 000 $
Sous-total
1 000
Total des dépenses générales
1 000 $
L’Administration du Sénat a examiné la présente demande d’autorisation budgétaire.
Blair Armitage, greffier principal,
Direction des comités
Date
Bonnie Marga, contrôleur,
Direction des finances et de l’approvisionnement
Date
19:12
Human Rights
18-6-2015
APPENDIX (B) TO THE REPORT
ANNEXE (B) AU RAPPORT
Thursday, June 11, 2015
Le jeudi 11 juin 2015
The Standing Committee on Internal Economy, Budgets and
Administration has examined the budget presented to it by the
Standing Senate Committee on Human Rights for the proposed
expenditures of the said Committee for the fiscal year ending
March 31, 2016, for the purpose of its special study on the Hague
Abductions Convention, as authorized by the Senate on
Thursday, February 27, 2014. The said budget is as follows:
Le Comité permanent de la régie interne, des budgets et de
l’administration a examiné le budget qui lui a été présenté par le
Comité sénatorial permanent des droits de la personne concernant
les dépenses projetées dudit Comité pour l’exercice se terminant le
31 mars 2016 aux fins de son étude spéciale sur la convention de la
Haye sur l’enlèvement, tel qu’autorisé par le Sénat le
jeudi 27 février 2014. Ledit budget se lit comme suit :
Human Rights (The Hague Abductions Convention)
Droits de la personne (Convention de la Haye sur l’enlèvement)
General Expenses
$1,000
Dépenses générales
1 000 $
Total
$1,000
Total
1 000 $
Respectfully submitted,
Respectueusement soumis,
Le président,
LEO HOUSAKOS
Chair
18-6-2015
Droits de la personne
19:13
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Thursday, June 11, 2015
OTTAWA, le jeudi 11 juin 2015
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 8:01 a.m. to monitor issues relating to human rights and,
inter alia, to review the machinery of government dealing with
Canada’s international and national human rights obligations
(topic: United Nations Security Council Resolution 1325 on
women, peace and security).
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 8 h 1, pour surveiller l’évolution de diverses
questions ayant trait aux droits de la personne et examiner, entre
autres choses, les mécanismes du gouvernement pour que le
Canada respecte ses obligations nationales et internationales en
matière de droits de la personne (sujet : la résolution 1325 du
Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la
sécurité).
Senator Mobina S. B. Jaffer (Chair) in the chair.
[English]
The Chair: Honourable senators, welcome to the Standing
Senate Committee on Human Rights and its thirty-fifth meeting
of the Second Session of the Forty-first Parliament. The Senate
mandated this committee to examine United Nations Security
Council Resolution 1325 on women, peace and security.
[Translation]
My name is Mobina Jaffer. I represent British Columbia in the
Senate and I chair this committee.
[English]
La sénatrice Mobina S. B. Jaffer (présidente) occupe le fauteuil.
[Traduction]
La présidente : Mesdames et messieurs les sénateurs, je vous
souhaite la bienvenue à la 35e séance du Comité sénatorial
permanent des droits de la personne de la deuxième session de la
41e législature. Le Sénat a donné mandat à notre comité
d’examiner la résolution 1325 du Conseil de sécurité des
Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité.
[Français]
Mon nom est Mobina Jaffer, je représente la ColombieBritannique au Sénat, et je suis présidente de ce comité.
[Traduction]
Before I proceed, I will have all the members introduce
themselves, and I will start with the deputy chair.
Avant de commencer, je vais demander à tous les membres du
comité de se présenter à tour de rôle, en commençant par la
vice-présidente.
Senator Ataullahjan: Salma Ataullahjan from Toronto,
Ontario.
La sénatrice Ataullahjan : Salma Ataullahjan, de Toronto, en
Ontario.
Senator Eaton: Nicky Eaton from Ontario.
Senator Hubley: Senator Elizabeth Hubley, Prince Edward
Island.
La sénatrice Eaton : Nicky Eaton, de l’Ontario.
La sénatrice Hubley : Elizabeth Hubley, Île-du-PrinceÉdouard.
Senator Nancy Ruth: Nancy Ruth from Toronto.
La sénatrice Nancy Ruth : Nancy Ruth, de Toronto.
Senator Eggleton: Art Eggleton, a senator from Toronto.
Le sénateur Eggleton : Art Eggleton, sénateur de Toronto.
The Chair: In 2000, the United Nations acknowledged a major
reality: that war and conflict is experienced differently by women.
By passing UN Resolution 1325, the Security Council made it
undeniable that there is a disproportionate and unique impact of
armed conflict on women.
La présidente : En 2000, les Nations Unies ont reconnu une
réalité importante : les guerres et les conflits ont des effets
différents pour les femmes. Avec l’adoption de la résolution 1325
des Nations Unies par le Conseil de sécurité, il est devenu
incontestable que les conflits armés ont des répercussions
distinctes et disproportionnées sur les femmes.
This resolution stressed the importance of women’s equal and
full participation in the prevention and resolution of conflicts,
peace building and peacekeeping. It calls on member states to
ensure women’s equal participation and full involvement in all
efforts for the maintenance and promotion of peace and security.
It urges all actors to increase the participation of women and
incorporate gender perspectives in all areas of peace building.
La résolution souligne l’importance d’une pleine participation
active des femmes, dans des conditions d’égalité, à la prévention et
au règlement des conflits ainsi qu’à la consolidation et au
maintien de la paix. Elle enjoint les États membres à faire en
sorte que les femmes participent pleinement, sur un pied d’égalité
avec les hommes, à tous les efforts visant à maintenir la paix et à
favoriser la paix et la sécurité. Elle invite instamment tous les
acteurs à accroître la participation des femmes et à prendre en
compte la parité des sexes dans tous les domaines liés à la
consolidation de la paix.
19:14
Human Rights
18-6-2015
I believe a key part of fulfilling this commitment is by every
country mandating national action plans. The importance of
national action plans cannot be overstressed. It holds countries
accountable not to other countries, but to their own country and
citizens.
L’obligation pour chaque pays d’établir un plan d’action
national est selon moi un élément clé dans la concrétisation de cet
engagement. On ne saurait trop insister sur l’importance de ces
plans d’action nationaux. Ils font en sorte que chaque pays a des
comptes à rendre, non pas aux autres États, mais bien à ses
propres citoyens.
National action plans ensure that each nation is accountable in
its commitment to UN Resolution 1325 and all other resolutions
supporting women, peace and security relative to its own inherent
abilities. This sets the bar at the highest possible point for each
country, making excuses based on their relative position to
another country obsolete.
Grâce à ces plans d’action nationaux, chaque pays doit
répondre de son engagement dans le contexte de la résolution
1325 des Nations Unies et des autres résolutions en faveur des
femmes, de la paix et de la sécurité, dans les limites de ses propres
responsabilités. Chaque pays est ainsi assujetti aux normes les
plus élevées qui soient et ne peut plus justifier ses lacunes en
comparant sa situation à celle d’un autre État.
[Translation]
It is only when countries commit to a comprehensive and fair
peace process, that one can ensue, and it is precisely through that
comprehensive and fair process that stable and, above all, lasting
peace can be achieved.
[English]
[Français]
C’est seulement lorsque nous nous y engagerons que nous
aurons véritablement un processus de paix compréhensif et
équitable, et c’est précisément au moyen de ce processus de paix
compréhensif et équitable que nous serons en mesure d’assurer
une paix stable, mais surtout durable.
[Traduction]
So this is not only a worthwhile commitment, but in fact a
necessary one.
Il s’agit donc d’un engagement non seulement souhaitable,
mais aussi nécessaire.
I’m really looking forward to hearing from our witnesses
today. These witnesses, I believe, are the most knowledgeable on
the subject of UN Resolution 1325.
Je me réjouis à la perspective d’entendre nos deux témoins
d’aujourd’hui qui connaissent très bien la résolution 1325 des
Nations Unies.
I would like to welcome Jacqueline O’Neill, Director of the
Institute for Inclusive Security; and Sanam Naraghi-Anderlini,
Co-founder of the International Civil Society Action Network.
Both of these women know more about 1325 than anyone I know.
Je veux souhaiter la bienvenue à Jacqueline O’Neill, directrice
de l’Institute for Inclusive Security; et Sanam Naraghi-Anderlini,
cofondatrice de l’organisme International Civil Society Action
Network. Je ne connais personne qui pourrait nous parler mieux
que ces deux femmes de la résolution 1325.
It’s an absolute privilege to have you both, once again,
presenting to our committee. At this time, I would also like to
recognize and thank you for always making yourselves available
to our committee with your expertise.
C’est un grand privilège pour nous de vous accueillir encore
une fois toutes les deux. Je veux aussi profiter de l’occasion pour
souligner le fait que vous acceptez toujours volontiers de mettre
votre expertise à la disposition de notre comité. Nous vous en
remercions.
Both women work in Washington D.C., so we will be hearing
from them by video conference. Welcome.
Comme ces deux femmes travaillent à Washington, elles vont
comparaître par vidéoconférence. Bienvenue à toutes les deux.
Jacqueline O’Neill, Director, Institute for Inclusive Security:
Good morning to the committee and thank you, madam chair.
It’s a pleasure to appear before this committee again. I want to
thank you for your continued attention to this issue. As a
Canadian myself, it’s always a pleasure to see the interest of the
Canadian Parliament in this issue. Working for an organization
that focuses on national action plans around the world, we can’t
overestimate the importance of parliamentary oversight on these
plans. I appreciate your taking that leadership step.
Jacqueline O’Neill, directrice, Institute for Inclusive Security :
Bonjour à tous les membres du comité et merci, madame la
présidente. C’est avec plaisir que je comparais encore une fois
devant vous. Je veux vous remercier de votre intérêt qui ne se
dément pas pour ces questions importantes. Comme je suis moimême Canadienne, je suis toujours ravie de voir le Parlement
canadien s’intéresser à ce dossier. Le travail de notre organisation
vise principalement les plans d’action nationaux un peu partout
sur la planète, et nous savons à quel point il est primordial que les
parlementaires supervisent la mise en œuvre de ces plans d’action.
Je me réjouis donc de vous voir prendre cette initiative.
18-6-2015
Droits de la personne
19:15
Last year, our organization was contracted by the Government
of Canada to do an assessment, an independent evaluation of
Canada’s national action plan. What I thought I could do this
morning is share with you the six top-level recommendations that
we made as a result of that process, keep it to that, and then take
your questions on anything else. Again, the government has given
us permission to speak about these findings and share these
recommendations. I’m very happy to do so with you this
morning.
L’an dernier, le gouvernement du Canada a mandaté notre
organisation pour mener une évaluation indépendante du plan
d’action national du Canada. J’ai pensé vous présenter ce matin
les six principales recommandations que nous avons formulées à
la suite de cette évaluation pour ensuite répondre à vos questions
sur tous les sujets qui vous interpellent. Le gouvernement nous a
autorisés à parler de nos conclusions et à vous faire part de ces
recommandations. Je suis très heureuse de pouvoir le faire ce
matin.
The first thing that we recommended the government do with
respect to its national action plan is to strengthen monitoring and
evaluation practices. Canada started off in a relatively a good
position in this area, given that it’s one of the few national action
plans in the world that actually had a monitoring and evaluation
framework when it was released. Not only did it have indicators,
but it also designated which institutions are responsible for
collecting information on those indicators.
Notre première recommandation au gouvernement concernant
son plan d’action national visait le renforcement des mesures de
suivi et d’évaluation. Le Canada a amorcé le processus dans une
position plutôt avantageuse, car son plan d’action était l’un des
seuls au monde à être assorti d’un cadre de suivi et d’évaluation
dès son adoption. Non seulement avait-on établi des indicateurs,
mais on y désignait en outre quelles institutions seraient chargées
de recueillir les données nécessaires au titre de ces indicateurs.
There is still progress to be made on that front. A few areas
that we recommended was first to establish both baseline
measures as well as to set clear targets for the different
indicators, so to give a betters sense of not just where we are
but where we want to go, specifically, against a different set of
measures.
Il y a toutefois encore lieu d’améliorer les choses à ce chapitre.
À cet effet, nous avons d’abord recommandé de fixer des points
de référence et des objectifs clairs pour les différents indicateurs,
de telle sorte que chacun sache bien où l’on se situe et quelles
cibles sont visées en fonction de différents paramètres.
Another thing that the plan doesn’t currently have right now is
what we would call ‘‘outcome indicators.’’ This is a sense of what
difference it made to do some of the activities that were noted, not
just the activity that’s designated but why and what was the result
of that activity.
Le plan canadien souffre aussi actuellement de l’absence de ce
qu’on pourrait appeler des indicateurs de résultats. Il s’agit en
quelque sorte de mieux connaître les impacts de quelques-unes des
activités prévues. On ne s’intéresse donc pas uniquement à
l’activité comme telle, mais aussi à ses justifications et à ses
résultats.
Third, and very related, is to introduce what we call
‘‘qualitative indicators.’’ Like most plans around the world,
Canada’s national action plan is very heavy on counting the
number of people trained, number of hours of workshops,
et cetera, but not as much on the difference that those activities
made. Sometimes those are best tracked not just through
counting, but through a series of other different types of
measures.
Dans le même ordre d’idées, il conviendrait également de
prévoir des indicateurs de qualité. Comme la plupart de ceux
établis ailleurs dans le monde, le plan d’action national du
Canada cherche d’abord et avant tout à comptabiliser le nombre
de personnes qui suivent une formation, le nombre d’heures
d’atelier et toutes sortes de données quantitatives semblables,
mais s’intéresse beaucoup moins aux répercussions de ces
activités. Dans certains cas, il vaut mieux ne pas se limiter à les
comptabiliser, mais utiliser toute une série de mesures procurant
un point de vue différent.
The second recommendation that we made was to release
regular simplified reports that address challenges as well as
successes. I know the committee also feels strongly about the
government releasing annual reports in a timely manner. We also
made the recommendation to simplify and, in fact, shorten the
report. As you’ve digested, it’s very long. The updates that we
receive, they have a lot of tracking activity. But it’s very difficult
to understand progress and to learn from that report, as opposed
to just getting a sense of the entire range of activity being
undertaken.
En deuxième lieu, nous avons recommandé la diffusion
régulière de rapports simplifiés traitant à la fois des difficultés
éprouvées et des succès obtenus. Je sais que votre comité
préconise vivement la publication de rapports annuels par le
gouvernement dans les délais impartis. Nous avons aussi
recommandé que le rapport soit simplifié et même abrégé. Pour
en avoir vous-mêmes pris connaissance, vous savez à quel point
ces rapports peuvent être longs. Une foule d’activités font l’objet
d’un suivi dans les mises à jour que nous recevons. Cela nous
fournit bien une indication de l’éventail des actions qui sont
entreprises, mais il est très difficile de voir si des progrès sont
effectivement réalisés et de savoir ce qu’il en est exactement grâce
à ce rapport.
19:16
Human Rights
18-6-2015
Our perspective was that if we want to really learn from our
implementation of the national action plan, we have to recognize
that sometimes less is more; less reporting on some specific
indicators and then ideally showing some clear visual year-byyear comparisons against some of the different indicators.
À notre avis, pour pouvoir vraiment tirer des enseignements de
la mise en œuvre de notre plan d’action national, il faut
comprendre que la simplicité donne parfois de meilleurs
résultats. Ainsi, il est peut-être préférable de ne pas chercher à
rendre des comptes au titre de tous les indicateurs pour se
concentrer sur la présentation visuelle claire de comparaisons
annuelles pour certains d’entre eux seulement.
The third recommendation we made was to consult more
regularly and more predictably with civil society. As you know,
the Canadian national action plan doesn’t specify a role for civil
society. It’s not written into the plan itself. DFATD has initialed
various consultations. What we heard from civil society,
specifically, would be that it would be important to set up a
regular schedule of meetings and to give significant notice, in
advance, to civil society for those conversations.
Troisièmement, nous avons recommandé que l’on consulte la
société civile de façon plus régulière et plus prévisible. Comme
vous le savez, le plan d’action national du Canada ne prévoit pas
de rôle précis pour la société civile. Il n’y a rien d’inscrit dans le
plan lui-même. Le ministère des Affaires étrangères, du
Commerce et du Développement a entrepris différentes
consultations. Nous avons ainsi appris que les citoyens
estimaient important d’établir un calendrier de consultation
avec préavis suffisant pour permettre à la société civile de
s’exprimer.
I’m pleased to say that we hosted what we call the National
Action Plan Academy here in D.C., last December, and we had a
delegation from Canada joining eight other countries. We had
government and civil society from Canada. At the academy in
D.C., the Canadian delegation committed to having twice-annual
meetings with government and civil society at fixed dates and
fixed times.
Je suis heureuse de pouvoir vous dire que nous avons organisé
en décembre dernier à Washington la National Action Plan
Academy, un symposium auquel a participé une délégation
canadienne composée de représentants du gouvernement et de
la société civile. Devant les huit autres pays représentés, la
délégation canadienne s’est engagée à tenir des rencontres
semestrielles à dates fixes entre les instances gouvernementales
et la société civile.
The fourth recommendation that we made was to create space
and encourage the sharing of good practices between
organizations. There’s an opportunity for much more learning
from each other within departments and across organizations
such as RCMP, DND, DFATD, et cetera. That could be as
simple as a monthly brown bag lunch within a department or it
could be something more formal like an annual recognition, an
award for individuals or key units.
La quatrième recommandation visait la création d’une tribune
pour la mise en commun des pratiques les plus efficaces des
différentes organisations. On pourrait en apprendre bien
davantage en sachant ce qui se fait de mieux dans les différents
ministères et organisations comme la GRC, le ministère de la
Défense nationale et le ministère des Affaires étrangères, du
Commerce et du Développement. Cela peut aller du simple dînercauserie informel au sein d’un ministère jusqu’à une cérémonie
annuelle de remise de prix pour les employés et les services qui se
sont distingués.
The fifth recommendation we made was to create and profile
high-level champions of the agenda. We heard repeatedly that
people really need to see that this issue of women’s inclusion is
firmly within the role and responsibility of senior leadership. For
example, updates on Canada’s national action plan
implementation could be featured regularly in interdepartmental
meetings between deputy ministers, or heads of missions could be
required to report on NAP implementation in annual meetings in
Ottawa.
Suivant notre cinquième recommandation, il faudrait désigner
parmi les cadres supérieurs des gens qui sont capables de faire
ressortir l’importance de ces questions. On nous répète sans cesse
qu’il est primordial de démontrer que l’intégration des femmes
relève bel et bien de la responsabilité de la haute direction. À titre
d’exemple, on pourrait profiter des rencontres interministérielles
entre sous-ministres pour présenter régulièrement des mises à jour
au sujet de la mise en œuvre du plan d’action national du Canada.
Les chefs de mission pourraient aussi être tenus de faire rapport
de cette mise en œuvre lors des réunions annuelles tenues à
Ottawa.
The sixth recommendation that we made was to reaffirm
Canada’s commitment to the national action plan being a policy
directive. We heard from many people that they took it primarily
as guidance rather than as a mandate or as an imperative, so it
would be important to have regular reminders coming from
the highest levels. This could look like a regular broadcast
communication from various ministers to all staff, perhaps
annually. It’s important it be from that level. There hasn’t been
Notre sixième recommandation visait la confirmation de
l’engagement du Canada en faveur de son plan d’action
national à titre de directive stratégique. Bien des gens nous ont
dit qu’ils considéraient surtout qu’il s’agissait d’orientations
générales, plutôt que d’un mandat ou d’un impératif à
proprement parler. Il serait donc important que les hautes
instances rappellent régulièrement que c’est bel et bien une
directive. Cela pourrait se faire au moyen de messages diffusés à
18-6-2015
Droits de la personne
19:17
a broadcast communication about the national action plan since
it was released. To do that annually would be important, and
perhaps ideally at the start of a strategic planning or budgeting
process.
intervalles réguliers, peut-être chaque année, par les différents
ministres à l’intention de l’ensemble de leurs employés. Il est
important que cela vienne du sommet de la hiérarchie. Il n’y a pas
eu de communication officielle au sujet du plan d’action national
depuis sa diffusion initiale. Il serait donc primordial que l’on fasse
ce rappel chaque année et, dans la mesure du possible, au début
d’un exercice de planification stratégique ou budgétaire.
I’ll leave it there, and I will be happy to take any or all of your
questions related to this.
Je vais m’arrêter là en vous répétant que je me ferai un plaisir
de répondre à toutes vos questions.
The Chair: Thank you.
La présidente : Merci.
Sanam Naraghi-Anderlini, Co-founder, International Civil
Society Action Network: Thank you very much for inviting me.
It’s a pleasure to be with you again. Thank you, madam chair.
Sanam Naraghi-Anderlini, cofondatrice, International Civil
Society Action Network : Merci beaucoup de m’avoir invitée à
comparaître devant vous. C’est toujours un plaisir pour moi.
Merci, madame la présidente.
I wanted to take this issue back down to its fundamentals. I
was in Erbil in Iraqi Kurdistan about 10 days ago, and the
importance of the agenda and where we see the gap between the
policy rhetoric, the planning that’s being done, the national action
plans that exist and the reality on the ground was very stark. I’ll
give you a few examples of what I saw.
J’aimerais en revenir aux aspects fondamentaux de la question.
Il y a une dizaine de jours à peine, j’étais à Erbil dans le Kurdistan
irakien où j’ai pu constater à mon grand désarroi à quel point
l’écart est important entre la réalité sur le terrain et les grands
discours qui accompagnent tout le processus des plans d’action
nationaux. Je vais vous donner quelques exemples de ce que j’ai
pu y observer.
I was at a regional meeting organized by one of our partners in
Iraq. They had brought together women from across the Arab
world, predominantly from Iraq and Syria, Lebanon, Libya and
elsewhere. The first thing that was very evident was that, as usual,
we’re seeing that women are very active on the ground, that even
the UN agencies and the international agencies these days say
they cannot do their work without civil society partners on the
ground, and yet these civil society organizations are incredibly
under-resourced. In Iraq itself, after 20 years of crisis after crisis,
the local organizations that are at the front lines of providing
relief, providing care to IDPs and others are not sustained. Still
much of the resources are not really reaching them, and yet they
are the ones being asked to implement the programs.
J’ai participé à une rencontre régionale organisée par l’un de
nos partenaires en Irak. On y avait rassemblé des femmes
provenant de tout le monde arabe, et notamment de l’Irak, de la
Syrie, du Liban et de la Lybie. Il était encore une fois manifeste
que les femmes sont très actives sur le terrain et que même les
agences des Nations Unies et les grandes organisations
internationales affirment désormais ne plus être en mesure
d’accomplir leur travail sans le concours local de partenaires au
sein de la société civile alors même que ces organisations civiles
souffrent d’un manque criant de ressources. En Irak même, après
20 années de crises successives, les organisations locales qui
s’emploient à aider directement, entre autres, les personnes
déplacées à l’intérieur du pays ne reçoivent aucun soutien. Une
grande partie des ressources déployées ne se rendent toujours pas
jusqu’à ces organisations auxquelles on demande pourtant de
mettre en œuvre les programmes.
I met two young girls my daughter’s age who had been
abducted by ISIS, sold, multiple cases of rape, and they had then
fled. What is disheartening is that here we are speaking a lot
about or there has been so much discussion about sexual violence
in conflict, and yet in this particular context, with all the evidence
that we have, very little care is provided to these victims and
others that will eventually emerge from under ISIS’s control.
They are deeply, deeply traumatized. There is no psychosocial
support or very little psychosocial support, and it’s absolutely
critical if we believe in this agenda that that support is provided
on the ground and that it’s prioritized.
J’ai rencontré deux jeunes filles de l’âge de la mienne qui
s’étaient échappées après avoir été kidnappées par l’EIIS, vendues
et violées à répétition. Il est décourageant de constater qu’à l’issue
de toutes nos discussions au sujet de la violence sexuelle dans les
zones de conflit, on puisse en faire aussi peu dans ce contexte
particulier, malgré toutes les preuves à notre disposition, pour
venir en aide à ces victimes et aux autres que ne manquera pas de
faire l’EIIS. Elles sont profondément traumatisées. Il n’y a que
très peu, voire pas du tout, de soutien psychologique, lequel est
pourtant absolument essentiel si nous voulons effectivement nous
employer à faire le nécessaire en priorité.
I went to a displacement camp for the IDPs, internally
displaced people. We heard the same stories that we’ve heard in
the last 20 years — that levels of gender-based violence are
incredibly high, that the women are taking on all the burden of
work in the camps, and that young girls are not going to school
J’ai visité un camp pour les personnes déplacées à l’intérieur de
leur propre pays. Nous avons pu y entendre les mêmes histoires
qui se répètent depuis 20 ans. Les niveaux de violence fondée sur
le sexe y sont incroyablement élevés, les femmes accomplissent le
gros du travail dans le camp, et les filles ne vont pas à l’école parce
19:18
Human Rights
18-6-2015
because there’s a fear that they’ll be harassed walking to school.
Even the simplest solutions — why don’t their fathers walk with
them to school or why isn’t there a bus — have not been
implemented, in part because the resources available to the local
organizations being asked to run this are limited and the
international community just isn’t there to provide the assistance.
que l’on craint qu’elles soient victimes de harcèlement en s’y
rendant. Même les solutions les plus simples — les pères
pourraient les accompagner ou il pourrait y avoir un autobus
— ne sont pas mises en œuvre, notamment parce que les
organisations locales responsables ont des ressources limitées et
que la communauté internationale n’est tout simplement pas
présente pour offrir l’aide requise.
There are other things, simple things, like the absence of
sanitary pads for women in these camps. This is 20 years of these
kinds of conversations, 15 years of this agenda, and still we see the
same story emerging over and over again.
Il y a aussi toutes sortes de problèmes plutôt simples, comme
l’absence de serviettes sanitaires pour les femmes séjournant dans
ces camps. Voilà maintenant 20 ans que nous discutons de ces
questions, 15 ans depuis l’adoption de la résolution, et les mêmes
problèmes ne cessent de se répéter.
I also met women who have been at the front lines of fighting
back the spread of extremism. I met two widows. They were Sunni
themselves, although they really recoiled from claiming what their
sect was. They had helped six soldiers hide from ISIS, had used
their own resources to provide them with fake ID and to drive
them through checkpoints and finally get them to safety. These
two women are now active in going to checkpoints and teaching
the soldiers and the government-supported militias that are there
how to treat civilians. We talk about security sector reform and
how important it is to have a perspective, and yet on the ground
we’re seeing local people doing this, and we’re not really paying
attention or providing them with the resources they need.
J’ai aussi rencontré des femmes qui sont sur la ligne de front
dans la lutte contre l’expansion de l’extrémisme. J’ai ainsi pu
parler à deux veuves d’origine sunnite, bien qu’elles ne tenaient
pas vraiment à parler de leur appartenance ethnique. Elles avaient
aidé six soldats à se cacher de l’EIIS, avaient utilisé leurs propres
ressources pour leur fournir de fausses pièces d’identité et les
avaient conduits jusqu’à des points de contrôle à partir desquels
ils avaient pu se retrouver en sécurité. Ces deux femmes
poursuivent maintenant leurs activités en visitant les points de
contrôle pour indiquer aux soldats et aux miliciens relevant du
gouvernement la façon dont ils doivent traiter les civils. Nous
parlons de la réforme du secteur de la sécurité et de l’importance
d’une perspective d’ensemble, mais nous ne portons pas vraiment
attention aux citoyens locaux qui agissent ainsi sur le terrain sans
disposer des ressources dont ils auraient besoin.
At this juncture, 15 years on, we know the technical
approaches. We have the contacts between international and
local activists. We know a lot about what should and could be
done, but it’s time for us to put the focus back on the ground
where the outcomes really matter.
Après 15 ans d’efforts dans ce dossier, nous connaissons bien
les paramètres techniques. Les contacts nécessaires ont été établis
entre les instances internationales et les activistes locaux. Nous
savons dans une large mesure ce qu’il convient de faire et ce qui
peut être réalisé, mais il est grand temps de réorienter les
projecteurs vers les actions concrètes qui permettent vraiment de
changer les choses.
I’ll end with one recommendation. Through ICAN, we have
been developing something called the Better Peace Tool. It’s really
a very practical guide for governments and for the UN system and
others who are supportive of the idea of having women involved
in peace processes and having gender perspectives in peace
processes. We’ve broken it down into practical steps in terms of
what could be done ‘‘pre-talks,’’ what could be done if talks are
already in process and especially what can be done at the time of
implementation.
Je vais vous soumettre en terminant une recommandation.
Notre réseau a conçu le Better Peace Tool, un guide pratique à
suivre pour les gouvernements et les agences des Nations Unies
qui sont favorables à l’intégration des femmes aux processus de
paix dans une perspective d’égalité entre les sexes. Nous avons
divisé la démarche en étapes simples afin que chacun puisse voir
ce qui peut être fait au moment des discussions préalables, lorsque
les pourparlers sont déjà en cours et, surtout, quand vient le temps
de la mise en œuvre.
For us, this tool is something that we are consulting on widely
with governments and civil society and international agencies.
The idea for us is that we need to move beyond the rhetoric of this
agenda to actually setting a standard of practice. It should no
longer be sufficient for us to say, ‘‘Oh, country X has a national
action plan,’’ or ‘‘We know that in the work plan of agency Y,
they support the involvement of women.’’ We need to be
measuring them against particular actions and standards of
practice. This tool is one very simple product, based on multiple
Cet outil est le fruit de vastes consultations auprès des
gouvernements, de la société civile et des agences
internationales. Nous voulions aller au-delà de la rhétorique
entourant cette résolution pour établir une norme de pratique. On
ne pourra plus se contenter de dire qu’un tel pays s’est doté d’un
plan d’action national ou qu’une telle agence appuie la
participation des femmes. Nous devons déterminer dans quelle
mesure les actions menées et les normes de pratique en usage
permettent d’atteindre les objectifs visés. Notre outil est un
18-6-2015
Droits de la personne
19:19
consultations, that actually provides that guidance. This is the
direction we think we should be moving in, looking at each sector.
produit très simple s’inspirant de multiples consultations qui
permet de savoir comment s’y prendre. C’est selon nous la
démarche qu’il convient d’adopter en considérant ce qui se passe
dans chaque secteur.
We have a colleague working through NATO who has
developed something called Gender Force. They’re looking at
the issues of prevention of sexual violence in conflict areas. We
have the initiatives existing through international organizations at
the local level, and we need to marry those with international
governmental processes and really bring back the essence of 1325,
which was essentially a partnership between civil society
governments and the UN. I think, more than ever, that that
tripartite partnership is going to be important if we’re serious
about this.
Sous l’égide de l’OTAN, nous avons un collègue qui a créé
l’organisation Gender Force. Ce groupe s’emploie à prévenir la
violence sexuelle dans les zones de conflit. Il y a des initiatives en
place au niveau local par le truchement d’organisations
internationales, et nous devons pouvoir les arrimer aux
processus des différents gouvernements pour en revenir à
l’essence même de la résolution 1325 qui misait sur un
partenariat entre la société civile, les gouvernements et les
Nations Unies. Si nous voulons vraiment obtenir des résultats
concrets, j’estime que ce partenariat tripartite est plus important
que jamais.
I’ll stop there. Thank you very much.
Je vais m’arrêter là. Merci beaucoup.
The Chair: Thank you very much.
La présidente : Merci beaucoup.
I’m going to start off. Both of you have spent a lot of time in
conflict areas and know how important it is to have both women
and men in any armed forces. I, of course, being from Canada,
will focus on my own country. I myself am deeply troubled that
Minister Kenney and the chief of the armed forces want to reduce
the targets for women from 25.1 per cent to 17.6 per cent
representation in the military. At our last session last year,
when the Assistant Deputy Minister of Policy, National Defence,
Ms. Sinclair, was here, she stated that in relation to the
percentage of women being deployed to peace operations:
Je vais poser les premières questions. Vous avez toutes les deux
passé beaucoup de temps dans des zones de conflit et savez à quel
point il est important que les forces armées puissent compter à la
fois sur des hommes et des femmes. Je trouve extrêmement
inquiétant que le ministre Kenney et le chef d’état-major de la
Défense souhaitent réduire de 25,1 p. 100 à 17,6 p. 100 les cibles
de représentation des femmes au sein de nos forces militaires.
Voici à cet effet ce qu’a déclaré Mme Sinclair, la sous-ministre
adjointe et responsable des politiques au ministère de la Défense
nationale lors de sa comparution devant le comité l’an dernier
concernant la proportion de femmes déployées lors d’opérations
de maintien de la paix :
With regard to targets, I must say that we don’t set
targets. We don’t set targets for the very best of reasons, and
that is that the CAF is completely integrated and people are
deployed based on their merit, qualification and experience,
and frankly, their gender has nothing to do with it.
En ce qui concerne les objectifs, je dois avouer que nous
n’en fixons pas. Pour la meilleure des raisons. En effet, les
forces armées sont tout à fait intégrées, et le déploiement du
personnel se fonde sur le mérite, les compétences et
l’expérience. Bien franchement, le sexe n’a rien à y voir.
I was very troubled by this. I later did speak to her, to be fair to
her, and we have asked her to come in and explain that again.
C’est une déclaration qui m’a beaucoup dérangée. Je lui ai
parlé par la suite pour lui donner la chance de s’expliquer à
l’occasion d’une nouvelle comparution devant nous.
To both of you, who are very experienced in this issue, what is
your opinion of having both genders represented in a substantial
way in our military forces to deal with issues of women, peace and
security?
Vous possédez toutes les deux une très vaste expérience de ces
questions et j’aimerais savoir ce que vous pensez de l’importance
d’une représentation significative des deux sexes au sein de nos
forces militaires pour traiter des enjeux touchant les femmes, la
paix et la sécurité.
Ms. O’Neill: I believe completely in targets, and I think they’re
essential in correcting an imbalance.
Mme O’Neill : Je suis tout à fait en faveur de l’établissement de
cibles, car j’estime qu’elles sont essentielles pour corriger le
déséquilibre actuel.
To pick up on your last point, we need both men and women in
our security forces not to deal just with issues of women, peace
and security but with issues of security generally. Too many
people think we need women in forces to deal with so-called
women’s issues. I have no idea what ‘‘women’s issues’’ actually
are. A beef that Sanam and I are often raising is that there is no
such thing as women’s issues. There are community issues,
Quant au dernier point que vous soulevez, nous avons besoin
d’hommes et de femmes au sein de nos forces de sécurité, pour
traiter non seulement des enjeux touchant les femmes, la paix et la
sécurité, mais des questions de sécurité d’une manière générale.
Trop de gens croient qu’il nous faut des femmes dans les forces
armées pour composer avec les problèmes de femme. Je n’ai
aucune idée de ce qu’on entend exactement par là. Sanam et moi-
19:20
Human Rights
18-6-2015
security issues, economic issues, stability issues, insurgency issues
and countering violent extremism. So the idea of women and men
in security forces as being essential for the stability and security of
communities writ large, not just for women, is the first step in
recognizing.
même faisons d’ailleurs souvent valoir que cette notion de
problèmes de femme ne correspond à rien de concret. Il y a des
problèmes communautaires, des problèmes de sécurité, des
problèmes économiques, des problèmes de stabilité et des
problèmes liés à l’insurrection et à l’extrémisme violent. Il faut
donc d’abord et avant tout reconnaître que la présence de femmes
et d’hommes au sein des forces de sécurité est essentielle pour
assurer la stabilité et la sécurité des communautés au sens large,
plutôt que seulement des femmes.
Second, we have an imbalance currently. We have a significant
over-proportion of men in our security forces. Unless we state
explicitly that we want to correct that imbalance, we can’t allow
organizational inertia to proceed and allow that imbalance to
sustain. I think setting targets is an essential way of saying that
this matters to us. It’s not something that we’re doing for women.
It’s not something by which we need to lower standards or
decrease the amount or the level of merit that these individual
candidates have in order to achieve this position. We’re saying
that we recognize the different value and benefit of having both
men and women in security forces. It’s important to us, and we’re
going to take proactive steps to get there. I couldn’t feel more
strongly about targets.
Par ailleurs, il y a actuellement un déséquilibre à ce chapitre.
Les hommes sont proportionnellement beaucoup trop nombreux
au sein de nos forces de sécurité. Nous devons exprimer
clairement notre volonté de mettre fin à ce déséquilibre, car
nous ne pouvons pas nous permettre de tolérer une inertie des
organisations en la matière. J’estime que l’établissement de cibles
à cet égard est une étape essentielle pour montrer l’importance
que revêt cette question pour nous. Ce n’est pas une chose que
nous devons faire uniquement pour les femmes. Il ne s’agit pas
d’abaisser nos normes ou nos critères de mérite dans la sélection
des candidats aux postes à combler. C’est simplement que nous
sommes conscients des avantages qui découlent de la présence de
femmes et d’hommes au sein des forces de sécurité. C’est un
objectif important à nos yeux et nous allons prendre des mesures
proactives pour y parvenir. Je suis donc tout à fait en faveur de
l’établissement de cibles.
Ms. Naraghi-Anderlini: I want to echo what Ms. O’Neill was
saying. In addition, I think we need to be looking at it in terms of
specifically when we’re talking about deployment into conflict
areas or as peacekeepers. If we have men only going in as
peacekeeping forces, their interactions with the community will be
incredibly limited. As you know, we’ve also had multiple incidents
of sexual exploitation by peacekeepers against communities that
have already been traumatized. We know that when women are
part of those forces, it changes the dynamics, the environment and
the entire notion of why they’re there.
Mme Naraghi-Anderlini : J’abonde dans le même sens que
Mme O’Neill à ce sujet. De plus, je pense qu’il faut songer à ce qui
se passe lorsque nous déployons des effectifs dans des zones de
conflit ou dans le cadre de missions de maintien de la paix. Si nos
forces de maintien de la paix se composent uniquement
d’hommes, leurs interactions avec la communauté vont être
extrêmement limitées. Comme vous le savez, il y a également eu de
nombreux cas d’exploitation sexuelle par des forces de maintien
de la paix à l’encontre de populations déjà fortement
traumatisées. Nous savons que lorsque des femmes sont
intégrées à ces missions, cela change totalement la dynamique,
le contexte de travail et la justification de l’intervention.
There are some practical reasons. It’s a confidence-building
measure that we need to recognize. Part of the question has to be:
Why is it that we think women don’t want to join these forces?
Are we doing effective outreach? Are we making the institutions
conducive for women to actually feel safe and feel that they have
equal opportunity in terms of moving forward? There’s the aspect
of how much our institutions are willing to adjust the daily spaces,
and so forth, to make it equitable for women and men to be
present at the same time.
Il y a certaines raisons d’ordre pratique. Il nous faut
reconnaître l’importance d’une telle mesure qui inspire
confiance. Il faut notamment s’interroger sur les raisons pour
lesquelles les femmes ne veulent pas joindre les rangs des forces
armées. Est-ce que nos efforts de rayonnement sont suffisants?
Est-ce que nos institutions sont propices à l’intégration des
femmes de telle sorte qu’elles s’y sentent en sécurité et qu’elles
sachent qu’elles bénéficient des mêmes possibilités d’avancement
que les hommes? Il s’agit de voir dans quelle mesure nos
institutions sont disposées à adapter leurs cadres de travail au
quotidien pour qu’hommes et femmes puissent s’y côtoyer en
toute équité.
On the targeting question going back to the issue of
peacekeepers broadly and whether it’s Canada or elsewhere, for
15 years we have been asking for higher percentages of women in
police forces and in military forces deployed in peacekeeping
contexts. Every time we say this, we’re told that they can’t find the
Pour ce qui est des cibles à établir au sein des forces de
maintien de la paix, au Canada comme ailleurs, voilà 15 ans que
nous réclamons que l’on augmente le pourcentage de femmes dans
les forces policières et militaires qui sont déployées dans le cadre
de telles missions. Chaque fois que nous formulons des
18-6-2015
Droits de la personne
19:21
women. We come across policewomen, women who have military
backgrounds, and women who used to be in armed groups in
many parts of the world who would be very capable and actually
want to be part of peacekeeping forces; but it’s an old boys’ club.
The benefits are better for the men, and so forth, so they don’t
necessarily want the women there.
revendications en ce sens, on nous répond qu’il est impossible de
trouver suffisamment de femmes. Nous rencontrons pourtant des
policières, d’anciennes militaires et des femmes qui ont fait partie
de groupes armés dans différentes régions du globe, et toutes ces
femmes seraient tout à fait aptes et disposées à participer à des
efforts de maintien de la paix, mais c’est une chasse gardée
masculine. Les conditions sont meilleures pour les hommes,
notamment pour ce qui est des avantages sociaux, ce qui montre
bien que l’on ne tient pas nécessairement à y accueillir des
femmes.
So the issue of targets is absolutely critical. One of the things
that governments should be doing is pressing to say, ‘‘If you want
to be a troop-contributing country for a UN peacekeeping
mission or any kind of mission, the percentage of women has to
be 25 per cent or 30 per cent; otherwise you don’t get to send
your troops.’’ We have to have some kind of incentive and some
kind of disincentive for the countries that are unwilling to do this.
It’s just better practice to have the balance and the diversity,
especially given that we are dealing with contexts where the
threats to security are coming from so many different sources and
places. It seems absurd not to want to have the diversity of your
society represented in your security forces.
Il est donc absolument essentiel de se fixer des cibles à
atteindre. Nos hautes instances devraient notamment exercer des
pressions sur ceux qui veulent déployer des troupes dans le cadre
d’une mission de maintien de la paix de l’ONU, ou de n’importe
quelle autre mission en fait, en leur imposant une proportion de
femmes de 25 à 30 p. 100. Il faut qu’il y ait des incitatifs en même
temps que des conséquences pour les pays qui ne sont pas prêts à
se conformer à cette exigence. Il est tout simplement préférable de
pouvoir compter sur un équilibre et une diversité des forces,
surtout lorsqu’on intervient dans des contextes où les menaces
pour la sécurité peuvent émaner de différentes sources. Et il
m’apparaît absurde de ne pas retrouver au sein des forces de
sécurité la même diversité qui caractérise une société.
The Chair: I have a lot of questions on this, but I will first go to
committee members. I’ll start with the deputy chair of the
committee, Senator Ataullahjan.
La présidente : J’aurais bien des questions à vous poser à ce
sujet, mais je vais d’abord laisser la parole à mes collègues en
débutant avec la vice-présidente du comité, la sénatrice
Ataullahjan.
Senator Ataullahjan: Thank you for your presentation this
morning.
La sénatrice Ataullahjan : Merci pour les exposés que vous
nous avez présentés.
This committee did a report in 2010 on the engagement of
women’s rights in Afghanistan and their role in decision making.
Women make up 27 per cent of the seats in Parliament but only
13 per cent on the peace council, while women comprise only
1 per cent of the police force.
En 2010, notre comité a produit un rapport sur l’engagement
des femmes afghanes et le rôle qu’elles jouent dans le processus
décisionnel. Les femmes occupent 27 p. 100 des sièges au
Parlement, mais seulement 13 p. 100 de ceux du conseil de paix,
alors qu’elles comptent pour seulement 1 p. 100 des effectifs
policiers.
What has improved in Afghanistan? We recently heard of
women reaching out and holding talks with the Taliban. The only
woman who wanted to be identified was Shukria Barakzai, who, a
few months earlier, survived a suicide attack. What has improved
for women in Afghanistan?
En quoi la situation s’est-elle améliorée en Afghanistan? Nous
apprenions récemment que des femmes vont de l’avant pour
entreprendre des pourparlers avec les talibans. La seule qui a
voulu s’identifier est Shukria Barakzai qui, quelques mois
auparavant, avait survécu à un attentat suicide. En quoi la
situation des Afghanes s’est-elle améliorée?
Ms. O’Neill: Improvements and steps backwards, certainly.
There are two women who were willing to be identified with those
talks, Shukria Barakzai and Fawzia Koofi, whom I think you
know. She also ran for President of Afghanistan two election
cycles ago.
Mme O’Neill : Il y a eu certes des progrès et des reculs. Il y a
deux femmes qui ont accepté de s’identifier dans le cadre de ces
pourparlers, soit Shukria Barakzai et Fawzia Koofi, que vous
connaissez sans doute. Elle a aussi brigué les suffrages à la
présidence de l’Afghanistan lors des avant-dernières élections.
There are slow areas of progress, including related to the
National Action Plan for Women of Afghanistan. It’s something
that we’ve been involved in. It’s been a three-year process by
which 18 different parts of government have been involved,
working together to set various targets and lay out a strategy. It
includes a range of very Afghan-specific steps, including having
On note de lents progrès dans certains secteurs, notamment
grâce à la mise en œuvre du plan d’action national pour les
femmes en Afghanistan. Nous avons contribué à ce processus
triennal auquel ont participé 18 instances gouvernementales
distinctes dont la collaboration a permis d’établir différents
objectifs et de concevoir une stratégie. Celle-ci s’appuie sur un
19:22
Human Rights
18-6-2015
imams on Friday prayers discuss the issue related to women,
peace and security and women’s inclusion in decision making and
bringing this to a local level.
large éventail de mesures dont certaines sont particulières à
l’Afghanistan. On a ainsi demandé aux imams de profiter de la
prière du vendredi pour discuter des questions touchant les
femmes, la paix et la sécurité ainsi que de l’intégration des femmes
au processus décisionnel jusqu’au niveau local.
We’ve also been working with female members of the High
Peace Council at a provincial level, as you’ve identified, to build
their capacity and engagement in the process. Currently, the High
Peace Council is tasked with negotiating peace or negotiating with
the Taliban. The talks that occurred last week were outside the
process that the government set up of the High Peace Council,
including at the provincial level. We’ve been working to ensure
that women on those councils have the capacity to sit beside their
male colleagues and that their rights and priorities are heard.
Nous avons également collaboré avec des femmes membres du
Haut conseil pour la paix à l’échelon provincial, comme vous
l’avez indiqué, pour leur donner les moyens de s’engager à fond
dans le processus. Le Haut conseil de paix a actuellement pour
mandat de négocier la paix avec les talibans. Les échanges tenus la
semaine dernière ne relevaient pas du processus mis en place par le
gouvernement pour le Haut conseil de la paix, notamment pour ce
qui est des provinces. Nous nous employons à faire en sorte que
les femmes membres de ces conseils puissent y siéger au même
titre que leurs collègues masculins, et que l’on y tienne compte de
leurs droits et de leurs priorités.
Ms. Naraghi-Anderlini: The broader situation of what’s going
on across — I want to say ‘‘the region,’’ but then I think which
region are we talking about? Basically we’re seeing the pervasive
threat and spread of these extremist movements from
Afghanistan, Pakistan and through the other Stans, such as
Tajikistan and elsewhere.
Mme Naraghi-Anderlini : J’allais parler de la situation générale
dans la région, mais il convient de se demander de quelle région il
est question exactement. Nous voyons en effet cette menace
omniprésente des mouvements extrémistes s’étendre à partir de
l’Afghanistan et du Pakistan en passant par toutes ces provinces
et anciennes républiques comme le Tadjikistan.
The Taliban have been interesting because we’re seeing splits in
how they perceive women. Over the years, all of the advocacy and
experiences are finally bringing some element of them to the table
to say they would speak to women and engage on very practical
levels.
Il est intéressant de noter que nous observons certaines
avancées quant à la perception des femmes par les talibans.
Grâce à tous les arguments et les efforts déployés au fil des ans,
nous constatons certains progrès en ce sens qu’ils se disent
maintenant prêts à discuter avec des femmes et à travailler avec
elles dans des dossiers bien concrets.
But the broader security conditions overall are problematic.
This is something that we have to bear in mind. It’s really
important to make sure that the talks that happened in Oslo are
not ‘‘one off’’ and that they will be built on and expanded on and
that Afghan women will be part and parcel of all security-related
discussions. For a long time, they have been the early warning, the
canaries in the mine, telling us where threats are emerging and
where things are getting worse. Yet they really haven’t been at the
tables where the international community is making decisions for
their future.
Reste quand même que le contexte général en matière de
sécurité est problématique. C’est une réalité que nous ne devons
pas perdre de vue. Il est primordial de veiller à ce que les échanges
intervenus à Oslo ne deviennent pas un élément isolé. Il faut
plutôt miser sur ces efforts pour aller plus loin de telle sorte que
les femmes afghanes puissent participer à part entière à toutes les
discussions touchant la sécurité. Depuis longtemps, elles sont un
peu comme le canari dans la mine, un mécanisme d’alerte avancée
qui nous indique où de nouvelles menaces voient le jour et à quel
endroit la situation se détériore. Elles n’ont pourtant jamais eu
leur mot à dire lorsque la communauté internationale prend des
décisions qui concernent leur avenir.
I hope this particular incident that happened in Oslo last week
is the beginning of opening the space and allowing for them to
have their own voice more systematically at the international level
and then all the way down to the local level, where they have
already been very active.
J’ose espérer que ce qui est arrivé à Oslo la semaine dernière
marque le début d’une ère nouvelle où les femmes auront voix au
chapitre de façon plus systématique sur les tribunes
internationales comme à l’échelon local, où elles sont déjà très
actives.
I don’t think you can underestimate the spread of the extremist
threat at all. It’s something that we should all be concerned about.
Je ne crois pas que l’on puisse sous-estimer les risques associés
à l’expansion de la menace extrémiste. Nous devrions tous nous
en inquiéter vivement.
Senator Nancy Ruth: Ms. O’Neill, I want to ask about the
report you did for Canada. You may be aware that at one of our
military colleges a woman came in to talk about sexual
harassment and she was booed out. Then there were some
disclosures of evidence of this. Did you, in your discussions with
La sénatrice Nancy Ruth : Madame O’Neill, j’aurais une
question au sujet du rapport que vous avez produit pour le
Canada. Comme vous le savez peut-être, une femme qui parlait de
harcèlement sexuel dans l’un de nos collèges militaires a dû quitter
la classe sous les huées des élèves officiers. Il y a ensuite des
18-6-2015
Droits de la personne
19:23
the Canadian Forces, have any evidence that training on 1325
actually went down as low as training officers in our military
colleges?
informations qui ont été diffusées à cet effet. Dans vos discussions
avec les dirigeants des Forces armées canadiennes, vous a-t-on
indiqué que la formation relative à la résolution 1325 pouvait aller
jusqu’au niveau de nos officiers d’instruction dans les collèges
militaires?
Ms. O’Neill: We did, yes. Our assessment occurred before that
incident, so we weren’t at all looking into that. We did uncover
quite a lot of significant progress related to training both in the
RCMP and in DND.
Mme O’Neill : C’est ce que nous avons appris. Nous n’avons
pas examiné l’incident dont vous parlez, car il est postérieur à
notre évaluation. Nous avons constaté de nombreux progrès
d’importance en matière de formation, tant au sein de la GRC
qu’au ministère de la Défense nationale.
What’s challenging and goes back to the indicator question is
that we learned of a large number of training activities that were
taking place, including at that level, but we weren’t able to assess,
and there are no measures by which we can assess, the quality of
that training. We were told that topics of training include issues
related to sexual assault and a healthy working climate within the
forces, as well as the way those forces engage with host
communities around the world.
Malheureusement, et cela nous ramène à l’importance des
indicateurs, si nous avons pu apprendre que les activités de
formation étaient nombreuses, y compris au niveau que vous
mentionnez, nous n’avons par contre pas pu évaluer la qualité de
cette formation, et nous ne disposons d’aucun outil nous
permettant de le faire. On nous a indiqué que la formation
portait notamment sur les questions liées aux agressions sexuelles,
à un climat de travail sain au sein des Forces et aux modes
d’engagement de nos militaires auprès des collectivités où ils sont
déployés un peu partout sur la planète.
Again, because we weren’t able to measure and there are no
plans or there is no way of measuring attitude or behaviour
changes as a result of that training, we just don’t know what
difference it has made.
Cependant, comme il nous était impossible d’évaluer les
changements d’attitude ou de comportement résultant de cette
formation en l’absence de mécanismes permettant une telle
évaluation, nous ne savons tout simplement pas dans quelle
mesure cela a pu améliorer les choses.
Ms. Naraghi-Anderlini: To add to that, this is a problem that
we’ve seen across many countries, including the United States,
where on the one hand we’re told that they do gender or human
rights training, but when you look at the broad scope of what that
training is — a week, 10 days or however long the training
program is — a half-hour session on gender is absolutely useless,
to be honest with you. The question is: Who is going to give us
access to look at the content, to look at who is doing the training
and how these issues of protection and service to — they are there
to serve the community, to protect the community. How will that
really be integrated and woven in as a core element of what a
security or police force is meant to be doing? This is an opaque
world for those of us who look at it. We understand that we need
to look at the outcomes, but don’t have access to how the process
is designed.
Mme Naraghi-Anderlini : J’ajouterais que c’est un problème
que nous avons pu observer dans bien des pays du monde, y
compris les États-Unis. On se targue d’offrir de la formation sur
l’équité entre les sexes ou les droits de la personne, mais il faut
avouer très honnêtement qu’une simple demi-heure sur le sujet est
totalement inutile à l’intérieur d’un programme de formation qui
peut durer une semaine ou 10 jours, voire davantage. On se
demande maintenant qui va vouloir nous permettre d’examiner le
contenu de cette formation, de voir par qui elle est offerte et
comment on y aborde les enjeux liés à la protection des
populations et aux services à leur offrir. Comment pourra-t-on
vraiment intégrer le tout au cœur du mandat que doit remplir une
force de sécurité ou un corps policier? Nous comprenons bien que
ce sont les résultats qui importent, mais nous n’avons pas les
moyens de savoir comment le processus est conçu.
Senator Nancy Ruth: Would it be fair for me to assume that
when they are trained on how to use a particular kind of rifle or
machine gun that they get practice in it? In this kind of theory, is
there no identification of practice or of their behaviours within
their own college?
La sénatrice Nancy Ruth : Ai-je raison de présumer que les
militaires qui suivent une formation sur l’utilisation d’une arme à
feu ont la chance de s’entraîner avec celle-ci? À la suite des cours
théoriques portant sur les questions qui nous intéressent ici, y a-til un effort de concrétisation dans la pratique ou quant aux
comportements subséquents au sein même du collège?
You don’t have to answer that question. That’s a hypothetical.
C’est une question hypothétique à laquelle vous n’êtes pas
tenues de répondre.
Anyhow, it sounds like not much has happened since Elissa
Goldberg testified about the half-hour training many years ago
and that nothing has changed in Canada. That’s sort of
depressing to me.
Quoi qu’il en soit, il semble bien que peu de choses aient
changé au Canada depuis le témoignage d’Elissa Goldberg
concernant cette demi-heure de formation il y a bien des années
déjà. Je trouve cela plutôt décourageant.
19:24
Human Rights
The other question I wanted to ask was in terms of after a war,
if there ever is such a stage. Canada sold a lot of ATCO housing
units in Iraq after the Bush wars. But there was no definition by
our department or international trade people that the first group
of housing should go to women with children, the second group to
families with children and thirdly to everybody else. Have you
seen movement anywhere in the world with regard to national
governments involving themselves in trade relationships so that
there is preference for women and children?
18-6-2015
Mon autre question porte sur une situation qui pourrait se
produire à la suite d’une guerre, si jamais cela devait arriver à
nouveau. Le Canada a vendu un grand nombre de modules de
logement ATCO en Irak après les guerres menées par Bush. Les
gens de notre ministère ou nos responsables du commerce
international n’ont toutefois imposé aucune condition selon
lesquelles le premier groupe d’unités de logement aurait dû être
réservé aux femmes avec des enfants, le deuxième groupe aux
familles avec enfants et le troisième à tous ceux qui restent. Avezvous pu constater à l’échelle planétaire un mouvement des
gouvernements nationaux qui s’engageraient dans des relations
commerciales sur la base d’une préférence accordée aux femmes et
aux enfants?
Ms. O’Neill: I’ve never seen it.
Mme O’Neill : Je n’ai rien vu de pareil.
Have you?
Et vous?
Ms. Naraghi-Anderlini: No.
Mme Naraghi-Anderlini : Non.
Senator Nancy Ruth: It’s something that I hope Canada will do
in terms of Syria. For me it’s a positive thing that a country can
do in terms of training in the after-war stage.
La sénatrice Nancy Ruth : J’espère que le Canada adoptera une
approche semblable dans le cas de la Syrie. J’y vois une mesure
positive qu’un pays pourrait prendre dans une situation d’aprèsguerre.
Ms. O’Neill: I would like to jump in on your previous question
about training. Later this morning you will hear from Beth
Woroniuk, from the 1325 network. She was one the
representatives of Civil Society at this National Action Plan
Academy. One of things that Civil Society urged and advocated to
their colleagues in government from RCMP, DND and DFATD
in December was to enable Civil Society to go and observe
training. In this case, it was for RCMP training prior to their
deployment on oversees peacekeeping missions. The RCMP
committed to allowing Civil Society to do that, to sharing the
curriculum with inviting them to come in, observe and then
critique the training. A great question for Beth would be whether
or not that happened and what they observed.
Mme O’Neill : J’aimerais revenir à votre question précédente
concernant la formation. Vous allez entendre tout à l’heure le
témoignage de Beth Woroniuk du réseau 1325. Elle était l’une des
représentantes de la société civile à l’occasion de notre symposium
National Action Plan Academy. Elle a notamment fait valoir en
décembre que les collègues gouvernementaux au sein de la GRC
et des ministères de la Défense nationale et des Affaires étrangères
devraient permettre aux représentants de la société civile
d’observer les activités de formation. En l’espèce, il s’agissait
d’une formation dispensée aux agents de la GRC avant leur
déploiement dans le cadre de missions de maintien de la paix à
l’étranger. La GRC s’est engagée à fournir son programme de
cours aux représentants de la société civile, à les convier à venir les
observer avant d’en faire la critique. Il serait très intéressant que
vous demandiez à Beth si l’on a effectivement donné suite à cet
engagement, et, le cas échéant, qu’est-ce qui a pu être observé.
Your point on practising is exceptional as well. A lot of times
we see training, which is often lecturing, that is fit into a small
portion that’s captured in a broad human rights or some other
section, but then it’s not incorporated into all of the other aspects
of work. Something that we did was an assessment to the extent
that we could get access to simulations, exercises and war games
that the U.S. military was running with cadets and with others.
We found overwhelmingly, extremely low representation of
women in those simulations and exercises, and almost
exclusively women who are serving in the role of victim or a
very passive person in a community.
Votre argument concernant la mise en pratique est également
fort intéressant. Bien souvent nous voyons une formation
théorique qui s’inscrit dans un vaste programme touchant les
droits de la personne ou un autre sujet, sans toutefois que l’on en
intègre les enseignements à d’autres aspects du travail. Nous
avons essayé de déterminer dans quelle mesure nous pouvions
avoir accès aux simulations, aux exercices et aux jeux de guerre
que les forces armées américaines utilisent notamment avec leurs
élèves-officiers. Nous avons pu constater que les femmes étaient
très peu représentées dans la très grande majorité de ces
simulations et exercices, et qu’elles y figuraient presque toujours
dans un rôle de victimes ou de membres très passives de la
collectivité.
18-6-2015
Droits de la personne
19:25
Perhaps one of recommendations the committee might make
would be to examine some of the simulations and exercises that
both these cadets and various others in the military experience as
a way of applying what they are being trained on in a classroom
setting.
Votre comité pourrait peut-être notamment recommander que
l’on se serve de ces simulations et de ces exercices auxquels
participent les élèves-officiers et d’autres membres des forces
militaires pour mettre en pratique les enseignements théoriques
dispensés.
Ms. Naraghi-Anderlini: On the point about housing and the
preference for widows and children, I have one thought on a
recommendation. Before you put this in place — and we’d be
happy to facilitate access — engage Syrian civil society
organizations that are active, on the ground and working with
the communities. Ask them whether this would work, because the
last thing we would want is to inadvertently put widows at greater
risk because now they are getting something before the men get it;
so figuring out the best way of ensuring the intent, which is to
make sure that they are protected, that they get the housing, but
not put them at greater risk. If you wanted to, we could put you in
touch with a number of Syrians who are working on the issues.
Mme Naraghi-Anderlini : Pour ce qui est d’une éventuelle
recommandation en faveur d’une préférence accordée aux veuves
et aux enfants pour le logement, il y aurait peut-être un élément
que vous devriez prendre en considération. Avant de mettre en
place une telle mesure, il faudrait entrer en contact avec les
organisations de la société civile syrienne — et nous nous ferions
un plaisir de vous faciliter les choses — qui travaillent activement
au sein des collectivités pour leur demander s’ils estiment que cela
pourrait fonctionner. En effet, la dernière chose que l’on souhaite
faire, c’est de placer ces veuves dans une situation encore plus
risquée en leur octroyant un privilège avant que les hommes
l’obtiennent eux-mêmes. Il faudrait donc trouver la meilleure
façon d’atteindre l’objectif visé, à savoir de leur procurer un
logement sans les exposer à un risque plus élevé. Si vous le désirez,
nous pouvons vous mettre en contact avec différents intervenants
syriens qui sont actifs dans ce secteur.
Senator Nancy Ruth: That’s an excellent idea.
La sénatrice Nancy Ruth : C’est une excellente idée.
The Chair: I will go on the questions I was asking earlier.
La présidente : Je vais poursuivre les questions que j’avais
débutées tout à l’heure.
How can the Canadian Armed Forces define and measure
success in relation to the women, peace and security agenda? Both
of you work very much with our government, and I would like to
hear from you on that.
Comment les Forces armées canadiennes devraient-elles définir
et mesurer le succès du programme des femmes, de la paix et de la
sécurité? Vous avez beaucoup travaillé toutes les deux avec notre
gouvernement, et j’aimerais savoir ce que vous en pensez.
Also, how can discrimination against women in the Armed
Forces be prevented and addressed?
Par ailleurs, comment peut-on prévenir et éliminer la
discrimination envers les femmes dans les forces armées?
Ms. Naraghi-Anderlini: I think the question of the Armed
Forces specifically has its own complexities because it is obviously
a very male, macho environment. If we want women to enter into
these spaces on these forces, then we need to listen to them on a
range of things: What is it like within the cultural institution?
How safe do they feel? What are measures and mechanisms in
place if they are being harassed? The basic safety question is one
area. Is there accountability? That’s one thing.
Mme Naraghi-Anderlini : Je crois qu’il y a des complications
particulières dans le cas des forces armées étant donné qu’il s’agit
bien évidemment d’un milieu machiste et très masculin. Si nous
voulons vraiment intégrer les femmes à nos forces armées, nous
devons entendre ce qu’elles ont à dire au sujet de différentes
questions. Qu’en est-il de la culture institutionnelle? Dans quelle
mesure se sentent-elles en sécurité? Quels dispositifs et
mécanismes sont en place en cas de harcèlement? Il s’agit de
voir essentiellement si elles se sentent en sécurité. Y a-t-il reddition
de comptes?
But more than that, when we have talked to women globally
over the last 20 years, in all of my work, and we asked how they
define security and what the notion of security is for them, it’s
very much around human security issues. It’s around safety in the
community, clean water — it’s a range of things that is not just to
do with guns and tanks. It’s relevant to the context where we are
seeing deployment or conflict. The developmental aspects and the
underlying developmental causes of conflict are not really being
tackled, and we have put so much emphasis on the military side.
Par ailleurs, voilà maintenant 20 ans que nous demandons à
des femmes d’un peu partout sur la planète de nous donner leur
perception du concept de sécurité, et il en ressort que leur
perspective en la matière est assez générale. On ne pense pas
seulement aux armes et engins de guerre, mais plutôt à toute une
gamme de questions entourant la sécurité dans la collectivité,
comme la salubrité de l’eau. C’est une constatation tout à fait
pertinente dans les contextes où il y a conflit ou déploiement de
forces. Les aspects liés au développement et les causes sousjacentes du conflit qui y prennent racine ne sont pas vraiment pris
en compte; on met beaucoup plus l’accent sur l’aspect militaire.
19:26
Human Rights
18-6-2015
If we want more women to come into the Armed Forces and
have a transformative effect, which I think is the goal of this
particular agenda, then we should be listening to women in terms
of how they think the priorities should be changing for security
forces.
Si nous voulons qu’un plus grand nombre de femmes intègrent
les forces armées afin d’y transformer vraiment les choses, ce qui
correspond d’après moi au but visé dans ce contexte, alors nous
devrions prêter une oreille attentive aux points de vue qu’elles
peuvent exprimer quant aux priorités qui devraient évoluer au
sein des forces de sécurité.
I say this specifically right now in the context of the agenda
that’s emerging around countering violent extremism. It is so
military oriented. It is so focused on just chasing down the people
that are becoming radicalized. Specifically when it comes to
women, they are only interested in the handful of girls and young
women who are joining ISIS and going to Syria.
C’est particulièrement significatif dans le contexte de la
tendance actuelle qui caractérise les efforts pour contrer
l’extrémisme violent. L’orientation est tout à fait militaire. On
s’emploie essentiellement à traquer ceux qui se radicalisent. Dans
le cas plus particulier des femmes, on s’intéresse uniquement aux
rares filles et jeunes femmes qui joignent les rangs de l’EIIS et s’en
vont en Syrie.
When we talk to people in Washington or elsewhere about the
importance of having local women at the table to tell us how they
are doing demilitarization of forces, how they are engaging
security forces and their communities, what they see as the core
needs and what they want from the international community, that
message is completely lost.
Lorsque nous essayons de faire comprendre aux gens à
Washington comme ailleurs qu’il est important d’entendre le
point de vue des femmes du pays quant à la façon dont les forces
sont démilitarisées, quant à leur engagement auprès des forces de
sécurité et des communautés, quant aux besoins fondamentaux
qu’elles perçoivent et à leurs attentes auprès de la communauté
internationale, c’est comme si nous parlions dans le vide.
So we need more women. I think more women will actually
enhance the way in which we are responding to CVE issues, but
we also need to be prepared that if women are going to come in,
the institutions themselves have to be ready for significant
transformation.
La présence des femmes doit être plus importante. Je pense
qu’une plus forte présence permettra d’améliorer la façon dont
nous intervenons dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme
violent. Toutefois, nous devons également nous préparer, car une
présence accrue des femmes nécessitera une grande
transformation des institutions.
Ms. O’Neill: I completely agree with all of that and would like
to address your question of how we define and measure success of
implementing this agenda within the Canadian Forces?
Mme O’Neill : Je partage tous ces points de vue, et j’aimerais
répondre à votre question : comment les Forces canadiennes
devraient-elles définir et mesurer le succès du programme sur les
femmes, la paix et la sécurité?
There are a few measures that we could look to within the
institutions themselves. The first is the actual percentage of
women serving and then far, far deeper. What is the retention
level of women, particularly among different levels? Do we have a
situation where women come in and there is a bulge at the
bottom, but they are increasingly leaving the forces? As Sanam
was saying, are we examining this by asking what the reasons are
for that?
Il y a quelques données relatives aux institutions dont nous
pouvons tenir compte. Tout d’abord, il faut vérifier le
pourcentage réel de femmes dans les forces armées, puis aller
bien plus loin. Quel est le taux de maintien en poste des femmes,
particulièrement en fonction des échelons? Est-ce qu’il y a une
forte concentration aux niveaux inférieurs, mais un nombre
croissant de femmes qui quittent les forces? Comme le disait
Sanam, examinons-nous la situation en nous demandant quelles
sont les raisons?
Looking at the levels of service across different components of
the armed services, the RCMP as well, looking at the number of
women in leadership levels, and retaining this idea of critical
mass. I think what we see is that we can’t simply expect to add a
few women to an overwhelmingly male-dominated or
predominantly male-dominated culture and expect them to
speak for all women, to behave as we expect women to behave
and to represent women’s perspectives, et cetera. We have to
recognize that women are diverse, just as men are diverse, and
that we need the law of larger numbers in order to obtain the full
spectrum of benefits that we get from having a more diverse force.
Il s’agit d’examiner les niveaux de service dans les différents
volets des forces armées, de la GRC également, de vérifier le
nombre de femmes qui occupent des postes à des échelons
supérieurs et de retenir l’idée de masse critique. À mon avis, nous
constatons que nous ne pouvons pas simplement vouloir intégrer
quelques femmes de plus dans un milieu largement dominé par les
hommes et nous attendre à ce qu’elles s’expriment au nom de
toutes les femmes, se comportent de la façon dont nous croyons
qu’elles devraient se comporter et représentent les points de vue
des femmes, par exemple. Nous devons comprendre que tout
comme les hommes, les femmes forment un groupe diversifié, et
qu’il nous en faut un plus grand nombre pour obtenir l’ensemble
des avantages que procure une force plus diversifiée.
18-6-2015
Droits de la personne
19:27
There are areas we could look at to measure success within the
forces themselves. Of course, there is a whole level of impact in
the way those forces conduct themselves in their operations.
Measures along those lines would be the extent to which they have
constructive relationships with civilian communities, both within
Canada and within the theatres in which they are operating, and
the extent to which their definition of security evolves.
Nous pourrions examiner certains aspects pour mesurer le
succès du programme au sein des forces. Bien entendu, la façon
dont les forces se comportent dans le cadre de leurs activités a des
répercussions. À cet égard, il s’agirait de déterminer dans quelle
mesure leurs relations avec les populations civiles sont
constructives, que ce soit au Canada ou dans les théâtres
d’opérations, et à quel point la définition de la sécurité évolue.
As Sanam was saying, this much broader definition of security
that is beyond simply protection from tanks and guns in some
cases needs to evolve to a much broader sense of community
security, security both in the home and outside the home. It is not
always the military’s purview or mandate to be providing that but
to understand that there is a different sense of security that is
understood by communities they are serving. I recognize that we
need a set of measures to define progress within the forces and
then looking at the impact. That’s something we weren’t able to
do in our assessment, to look at the impact of the national action
plan in the communities in which Canadian Forces and diplomats
are working around the world.
Comme le disait Sanam, la définition plus vaste de la sécurité
qui ne se limite pas à la protection contre les chars d’assaut et les
fusils doit évoluer pour être davantage axée sur la sécurité des
collectivités, tant à la maison qu’ailleurs. Cela ne correspond pas
toujours au mandat des membres des forces, mais il s’agit pour
eux de comprendre que les collectivités qu’ils servent ont une
notion différente de la sécurité. Je sais qu’il nous faut un ensemble
mesures pour évaluer les progrès réalisés au sein des forces et leurs
répercussions. Nous n’avons pas pu le faire dans le cadre de notre
évaluation, soit examiner les répercussions du plan d’action
national dans les collectivités auprès desquelles les Forces
canadiennes et les diplomates travaillent dans le monde.
The Chair: Discrimination?
La présidente : Et pour ce qui est de la discrimination?
Ms. O’Neill: There are two points I’d make on this. The first is
that we won’t address discrimination or issues related to women’s
experience in the Armed Forces unless we more thoroughly
understand their contributions to the core mission or mandate of
our Armed Forces and recognize and fully appreciate the different
types of benefits that accrue to the services, that enhance the
mission of those services themselves, that improve their ability to
achieve our Canadian objectives via military operations. We
recognize that we need that diversity. We hear the ‘‘why’’ message
from the highest levels consistently, not just that we need to do it
because we have a mandate or there is a security council
resolution. We need to fundamentally internalize the benefits of
why we actually need women, and not just women, but why we
need diversity along a range of spectrums, a force that represents
the communities in which it serves.
Mme O’Neill : J’aimerais dire deux choses à ce sujet.
Premièrement, nous ne réglerons pas les problèmes de
discrimination ou les problèmes liés à ce que vivent des femmes
dans les forces armées à moins que nous comprenions bien leur
contribution à la mission de base ou au mandat de nos forces
armées et que nous comprenions bien les différents avantages de
leur présence pour les services, les avantages qui améliorent la
mission de ces services, qui augmentent leur capacité d’accomplir
nos objectifs canadiens dans le cadre d’opérations militaires.
Nous savons que nous avons besoin de cette diversité. Nous
entendons toujours des gens des plus hauts échelons se demander
pourquoi c’est nécessaire. Ce n’est pas que nous devons le faire
parce que nous avons un mandat ou parce qu’une résolution a été
adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous
devons faire voir aux gens les raisons pour lesquelles nous avons
besoin des femmes, et non seulement des femmes, mais de la
diversité à divers égards, d’une force qui représente les
collectivités qu’elle aide.
The second point is that we cannot accept that the culture of
any institution will not change. We have to recognize there are
ways to change that culture from within, and this is not something
where, if we have a military, it will be by definition a patriarchal,
male-dominated culture. We have seen transitions around the
world, and we need to recognize that we do need to change that
culture and that culture can be changed.
Deuxièmement, nous ne pouvons pas accepter que la culture
d’une institution, quelle qu’elle soit, ne puisse pas changer. Il nous
faut comprendre qu’il existe des moyens de changer cette culture
de l’intérieur, et il ne faut pas considérer que la culture d’une force
militaire se définit nécessairement comme patriarcale, dominée
par les hommes. Il y a des exemples de transition dans le monde,
et il nous faut comprendre que nous devons changer cette culture
et qu’il est possible de le faire.
The Chair: As you know, I have been involved in this issue of
women, peace and security for a long time. My anxiety is that
with young women from North America, Canada and Europe
getting involved and going to conflict zones, the focus will move
away from women in conflict zones to women who go from our
countries to the conflict zones. I’m really concerned that the
La présidente : Comme vous le savez, je m’intéresse à la
question des femmes, de la paix et de la sécurité depuis longtemps.
Compte tenu de la présence de jeunes femmes nord-américaines,
canadiennes et européennes dans les zones de conflit, je crains que
l’on porte moins attention aux femmes dans les zones de conflits
qu’aux femmes de nos pays qui se rendent dans ces zones. Je
19:28
Human Rights
18-6-2015
women, peace and security agenda will be taken over in our
countries around the dialogue on extremism. Would like you both
to comment on that?
crains vraiment que dans nos pays, le programme sur les femmes,
la paix et la sécurité soit absorbé par le débat sur l’extrémisme.
Voulez-vous toutes les deux nous dire votre point de vue à ce
sujet?
Ms. Naraghi-Anderlini: I think this was the point I was trying
to make also, that it’s becoming very distorted in terms of how
much time and attention and resources we are putting toward
trying to identify possible and potential — they are
predominantly young girls. The numbers are really not that
high. It is alarming, and the media is making a lot more of it than
it is. We are putting all this attention on resources there, and I
think it has multiple damaging impacts.
Mme Naraghi-Anderlini : Je crois que c’est ce que j’essayais de
dire également. Il y a une forte distorsion dans le temps,
l’attention et les ressources que nous consacrons à déterminer
les possibilités — on parle surtout de jeunes filles. Elles ne sont
vraiment pas aussi nombreuses qu’on le pense. C’est inquiétant, et
les médias exagèrent l’importance réelle de la situation. Nous
portons beaucoup d’attention aux ressources, ce qui a divers effets
néfastes, à mon avis.
The first is that we are turning these girls into heroes for a slew
of other girls that are wondering what to do and think that they
can get attention if they want attention. The copycat effect is
dangerous.
Premièrement, nous transformons ces filles en héroïnes aux
yeux de nombreuses autres filles qui se demandent quoi faire et
qui pensent pouvoir attirer l’attention si elles le veulent. Elles
risquent de les imiter.
The second is that the messaging that we are sending is that
unless you are radicalized, unless you become violent, we really
don’t care who you are, what you are and what you are doing.
Deuxièmement, le message que nous envoyons, c’est qu’à
moins de vous radicaliser, à moins de vous mettre à commettre
des actes violents, nous nous fichons de vous, de ce que vous êtes
et de ce que vous faites.
The third is that one of best ways to counter this flow of young
women into ISIS territory is to actually profile and show them the
voices and the work of women from Syria and Iraq and elsewhere
on the ground and what they have to say about what is Islam and
what is going on and what they need. The research that exists
right now shows that many of these girls are feeling a sense of
injustice. There is a sense of, ‘‘I need to do something because this
is a terrible conflict, and I want to contribute.’’ It’s coming from a
place of a good heart, but then they are being trapped into
thinking that going toward ISIS is the only way.
Troisièmement, l’une des meilleures façons de réduire le
nombre de jeunes femmes qui convergent vers le territoire de
l’EIIS, c’est de les informer sur le travail que les Syriennes et les
Irakiennes, entre autres, font sur le terrain et sur ce qu’elles ont à
dire au sujet de l’islam, de ce qui se passe et de leurs besoins. À
l’heure actuelle, les recherches montrent que bon nombre de ces
filles éprouvent un sentiment d’injustice. Elles sentent qu’elles ont
besoin de faire quelque chose parce que c’est un conflit terrible et
qu’elles veulent apporter leur contribution. Cela part d’un bon
sentiment, mais elles croient que rejoindre les rangs de l’EIIS est la
seule façon d’aider.
Finally, we need to start looking at these girls not as
perpetrators but actually as victims of trafficking and sexual
exploitation. They are being groomed online in the same way that
pedophiles and others groom people, basically creating a channel
for them to go join. Once they are there, they can’t leave. They’re
not allowed to leave. Here we are turning them into perpetrators.
We need to reframe the entire discourse around these young
women that are going.
Enfin, nous devons commencer à voir ces jeunes filles non pas
comme des coupables, mais bien comme des victimes de la traite
de personnes et de l’exploitation sexuelle. Elles se font piéger en
ligne de la même façon que les victimes de pédophiles et d’autres
personnes; essentiellement, on crée un réseau pour qu’elles
puissent se joindre à ces groupes. Une fois qu’elles sont là-bas,
elles ne peuvent plus partir. On leur interdit de le faire. Voilà que
nous les transformons en criminelles ici. Nous devons présenter
un tout autre discours sur les jeunes femmes qui s’en vont là-bas.
To your point about discrimination in the Armed Forces, one
of the biggest issues that Canada, Europe and elsewhere needs to
be looking at is how do we make sure that our institutions,
whether the military or government, our educational curricula,
et cetera, really reflect and represent the diversity of our society?
If second-generation and third-generation immigrants look at a
military force and see that it’s all white men, they don’t feel it’s
theirs and they belong to it. They don’t necessarily feel a
responsibility towards it. Making sure our institutions reflect the
diversity of our society is critical to the prevention of the kind of
conflict we are seeing.
En ce qui concerne la discrimination dans les forces armées,
l’une des plus importantes tâches dont le Canada, les pays
européens et d’autres pays doivent s’acquitter est celle de s’assurer
que nos institutions — que ce soit les forces armées, le
gouvernement ou le milieu de l’enseignement, par exemple —
reflètent vraiment la diversité de notre société. Si les immigrants
de deuxième et de troisième génération constatent que la force
militaire n’est constituée que d’hommes blancs, ils n’auront pas de
sentiment d’appartenance. Ils ne sentiront pas nécessairement
qu’ils ont un devoir. Nous assurer que nos institutions reflètent la
diversité de notre société est essentiel pour prévenir le type de
conflits qui ont lieu actuellement.
18-6-2015
Droits de la personne
19:29
Ms. O’Neill: It’s been fascinating to watch, and disheartening
in many ways, the dialogue in particular in this city around
countering violent extremism. Sanam was referencing this
fascination and fixation on foreign fighters. I think if there is
any silver lining to this, it is the recognition that women are
important actors one way or another.
Mme O’Neill : Il est fascinant de voir, et c’est décourageant à
divers égards — en particulier dans cette ville —, ce qu’on dit sur
la lutte contre l’extrémisme violent. Sanam a fait allusion à cette
fascination, à cette obsession pour les combattants étrangers. Je
pense que s’il y a un aspect positif à cela, c’est qu’on se rend
compte que les femmes jouent un rôle important d’une façon ou
d’une autre.
There was a stage where many people in either insurgency
groups or others felt that women were simply irrelevant and
would simply go along with whatever plan others decided for
them. What we are seeing here is that women need to be targeted
with a narrative, and ISIS is targeting women with a narrative,
tapping into this sense of wanting to battle injustice, have a
broader purpose, serve a community and create this so-called
Islamic state that they have been sold as something that is not.
The bottom line is that they are making decisions and having an
influence one way or another.
Il y a eu un moment où bien des gens, que ce soit des groupes
d’insurgés ou d’autres gens, pensaient que les femmes n’avaient
tout simplement pas d’importance et qu’elles ne feraient que
souscrire au plan défini pour elles. Ce que nous constatons ici,
c’est que les femmes doivent être ciblées par un message, ce que
fait l’EIIS en exploitant leur volonté de lutter contre l’injustice,
d’avoir un objectif plus large, de servir une collectivité et de créer
ce soi-disant État islamique qu’il fait passer comme quelque chose
qu’il n’est pas. En définitive, ces personnes prennent des décisions
et exercent une influence d’une manière ou d’une autre.
If anything comes from this fixation, it has to be the realization
that if we don’t target women with a narrative, ISIS and others
will be targeting women with this narrative. If nothing else, it’s a
step up from the perception that women are sort of irrelevant one
way or another.
S’il devait découler quelque chose de cette obsession, il faut que
ce soit le constat que si nous ne ciblons pas les femmes avec un
message, l’EIIS et d’autres groupes le feront. À tout le moins, c’est
une amélioration par rapport à l’idée selon laquelle les femmes
n’ont en quelque sorte pas d’importance.
Senator Ataullahjan: I wanted to ask about Burma. We are
hearing about the violence and human rights abuses. I know that
you are doing some work in the region. Can you tell me what kind
of programming you’re involved with and what is the state of
women’s rights in Burma, specifically the Rohingya Muslims?
La sénatrice Ataullahjan : Je veux vous poser des questions sur
la Birmanie. Nous entendons parler de la violence et des
violations des droits de la personne. Je sais que vous travaillez
un peu dans la région. Pouvez-vous me dire à quel type de
programme vous participez et quelle est la situation des droits des
femmes dans ce pays, surtout la situation des Rohingyas?
Ms. O’Neill: I am not in a position to speak thoroughly to the
issue. We’ve worked with a small number of women from Burma,
from Myanmar, who are very active in the ongoing peace
negotiations, trying to ensure that there are women’s voices in all
subsequent stages of the peace negotiations. Right now there are
something like 19 different ceasefires, and women are, in
particular, emphasizing the importance of women’s oversight
and influence in defining the terms of those ceasefires. But I
couldn’t speak more broadly to the status of women in Burma.
Mme O’Neill : Je ne suis pas en mesure de parler de ce sujet en
profondeur. Nous collaborons avec un petit nombre de femmes de
la Birmanie, du Myanmar, qui participent très activement aux
négociations de paix, en essayant de veiller à ce qu’il y ait des
femmes à toutes les étapes ultérieures des négociations de paix. À
l’heure actuelle, il y a environ 19 cessez-le-feu, et des femmes, en
particulier, soulignent l’importance du point de vue et de
l’influence des femmes sur la définition des conditions du
cessez-le-feu. Je ne peux cependant pas parler plus généralement
de la situation des femmes en Birmanie.
Ms. Naraghi-Anderlini: I think that is the extent to which we
know.
Mme Naraghi-Anderlini : Je pense que c’est tout ce que nous
savons.
Of course, we’re also seeing the question of the Muslims and
how that’s being handled, and clearly it is not being addressed
adequately. The question of what will happen to these people is
important as well. If we leave them, and their status in Burma,
their recognition that they are Burmese, is not addressed,
something else will come in and tap into them.
Bien entendu, il y a également la question de la situation des
musulmans et la façon dont elle est gérée, et de toute évidence, on
ne fait pas les choses convenablement. Il est également important
de se demander ce qui arrivera à ces gens. Si nous les laissons et
que la question de leur situation en Birmanie — la reconnaissance
qu’ils sont Birmans — n’est pas réglée, il leur arrivera autre chose.
This is like what I said earlier about the spread of extremism:
We are no longer in a world where we can forget about
communities and say they don’t matter, because groups have
mobilized and are tapping into those grievances and channeling
them in a different direction. That is something to bear in mind.
Cela revient à ce que j’ai dit tout à l’heure au sujet de la
propagation de l’extrémisme : nous ne vivons plus dans un monde
dans lequel nous pouvons oublier les collectivités et dire qu’elles
n’ont aucune importance, car des groupes se sont mobilisés et
exploitent cette grogne et l’amènent dans une autre direction. Il ne
faut pas l’oublier.
19:30
Human Rights
18-6-2015
Also, on the one hand we are seeing interesting progress
around attempts to bring women into peace processes in Burma,
and in the Philippines some extraordinary events are happening.
On the other hand is the fragility of these processes and the
inadvertent ways of international actors. For example, in the
Philippines recently, the U.S. had a military operation going after
terrorists. They basically put at risk a 17-year ceasefire process
and negotiation.
De plus, d’un côté, nous voyons une avancée intéressante pour
ce qui est de l’inclusion des femmes dans les processus de paix en
Birmanie, et il se passe des choses extraordinaires aux Philippines.
D’un autre côté, il y a la fragilité de ces processus et ce que des
acteurs internationaux font par inadvertance. Par exemple,
récemment, aux Philippines, les États-Unis menaient une
opération militaire contre des terroristes. Ils ont essentiellement
mis en péril 17 années consacrées à un processus sur le cessez-lefeu et à des négociations.
We have to be really cognizant of the community work being
done and the fragility of the process so that as international actors
we are not inadvertently doing harm by pursuing our own goals
and interests in some of these places.
Nous devons vraiment être conscients du travail qu’effectue la
collectivité et de la fragilité du processus, de sorte qu’en tant
qu’acteurs internationaux, nous ne causons pas du tort par
inadvertance dans la poursuite de nos objectifs dans certaines de
ces régions.
Senator Hubley: Thank you for your presentations this
morning.
La sénatrice Hubley : Je vous remercie de vos exposés.
Ms. O’Neill, you shared with us the six recommendations you
made on Canada’s national action plan. I’m wondering if you
have seen any change in Canada’s national action plan and, if you
have, if you could share that with us.
Madame O’Neill, vous nous avez présenté six
recommandations concernant le Plan d’action du Canada.
Avez-vous constaté des changements dans ce plan, et si oui,
pourriez-vous nous en parler un peu?
Ms. O’Neill: We haven’t followed up on the specific
recommendations that were made. We are looking to the
government’s next update or assessment that it will release.
Ms. Woroniuk, who is coming later, can give you a more
comprehensive assessment of some of the progress.
Mme O’Neill : Nous n’avons pas pris connaissance des
mesures que le gouvernement a prises pour donner suite à ces
recommandations. Nous attendons de voir son prochain rapport.
Mme Woroniuk, qui témoignera plus tard, pourra vous donner
plus de détails sur les progrès qui ont été réalisés.
A couple of main things have emerged: the point I mentioned
earlier related to Civil Society being invited to observe some of the
training curriculum and practice within the RCMP, as well as the
establishment of regular meetings between DFATD and Civil
Society. Those are two areas of progress we have seen, but we
would not expect to see changes and indicators, et cetera until
either a new national action plan is launched or an update is
created. I believe the current plan expires in 2016. We look
forward to seeing whether a new plan will be released or whether
it will be an update or revision. That would be the opportunity for
a more wholesale rethink of the indicator issue.
Évidemment, nous avons constaté certaines améliorations,
notamment ce dont j’ai parlé plus tôt au sujet de l’International
Civil Society Action Network, qui a été invité à examiner le
programme de formation et les pratiques en place au sein de la
GRC, ainsi que de la tenue de réunions régulières entre le
MAECD et l’organisation. Ce sont les deux principales
améliorations que nous avons observées, mais nous ne nous
attendons pas à voir d’autres changements ou indicateurs tant
qu’on n’annoncera pas un nouveau plan d’action national ou une
mise à jour du plan actuel. Je crois que ce plan prend fin en 2016.
Nous nous demandons si un nouveau plan sera présenté ou si on
procédera à une mise à jour ou une révision du plan. Ce serait
l’occasion de réexaminer toute la question des indicateurs.
The other things we have not yet seen but are hoping will
happen are the broadcast statements from the most senior levels
of different ministries. Again, I’m not sure whether it has
happened, but it could happen in a short time frame.
Par ailleurs,
aimerions voir,
hauts échelons
crois pas que
rapidement.
Senator Nancy Ruth: I want to follow up on the comments that
inferred that the military doesn’t always understand the
advantages or the benefits of having women involved in their
forces.
La sénatrice Nancy Ruth : J’aimerais revenir sur ce qui a été dit
à propos des militaires qui ne comprennent pas toujours les
avantages d’une présence féminine au sein de l’armée.
In Canada and many other western and northern countries,
this whole business of women on boards has become explosive.
There is draft legislation everywhere and we hear of stock
exchanges taking punitive behaviours. Has this group had any
impact on the hierarchy of the military to indicate that better
Au Canada, et dans bien d’autres pays occidentaux et
nordiques, on a mis l’accent sur l’importance de la présence des
femmes au sein des conseils d’administration. On a rédigé des
projets de loi partout, et on entend parler de mesures punitives
dans le domaine des valeurs mobilières. Est-ce que cela a eu une
ce que nous n’avons pas vu encore et que nous
c’est la diffusion des déclarations venant des plus
des différents ministères. Encore une fois, je ne
cela ait eu lieu, mais cela pourrait se faire
18-6-2015
Droits de la personne
decisions, higher profits and better productivity happen when you
put women in leadership? Have you seen any evidence of that in
the countries involved in this women-on-boards stuff? If not,
would you start looking and asking those questions around the
world for us?
Ms. O’Neill: We certainly would.
19:31
incidence sur la hiérarchie militaire, puisqu’il a été démontré que
la présence de femmes à des postes de direction améliorait la prise
de décisions, les profits et le rendement? Est-ce que vous avez
observé cela dans les pays qui ont cette question à cœur? Sinon,
pourriez-vous commencer à poser ce genre de questions dans le
monde entier?
Mme O’Neill : Certainement.
Norway is probably the country that has made the strongest
connections between the two areas you referenced: women in the
corporate sector and women in the public service. Norwegians
speak about the benefit of having women in the corporate sector.
They talk in economic terms about the difference it has made to
their GDP having woman in the workforce at different levels.
La Norvège est probablement le pays qui a établi les liens les
plus solides entre les deux : les femmes au sein des entreprises et
les femmes au sein de la fonction publique. Les Norvégiens
considèrent avantageux d’avoir des femmes au sein des
entreprises. Ils parlent de l’incidence économique que la
participation des femmes à différents échelons a eue sur leur PIB.
Often there is a strong aversion, which I don’t understand
within a security community, to learning lessons from other
sectors. People say to us all the time that when it comes to peace
negotiations, ‘‘Where’s the evidence?’’ We have to ask, ‘‘Where
are the inclusive peace talks?’’ When you have some, we’ll
document the heck out of them and draw lessons, but for now, the
best we have and the most we can do is draw lessons from other
analogous situations.
On est souvent réticent à tirer des leçons d’autres secteurs, ce
que je ne comprends pas d’ailleurs. Lorsqu’il s’agit de
négociations de paix, les gens nous demandent constamment des
preuves. Où sont les pourparlers inclusifs de paix? S’il y en avait,
on pourrait s’en inspirer, mais pour l’instant, le mieux qu’on
puisse faire, c’est tirer des leçons d’autres situations semblables.
You mentioned that there is no shortage of social science
research indicating that mixed groups make better decisions.
Groups that are all men or all women make weaker decisions,
regardless of the IQ of the individuals in those groups. I have not
seen an explicit link to those toward military service, but it is
something that absolutely has to be done. I would not be
surprised if it is occurring in some military academies across the
world.
Vous avez indiqué qu’il ne manque pas d’études en sciences
sociales révélant que les groupes mixtes prennent de meilleures
décisions. Les groupes strictement composés d’hommes ou de
femmes prennent de moins bonnes décisions, peu importe le QI
des membres de ces groupes. Je ne crois pas qu’on ait établi ce lien
au sein des forces armées, mais c’est quelque chose qui doit
absolument être fait. Je ne serais pas étonnée qu’on examine la
question dans des académies militaires partout dans le monde.
Ms. Naraghi-Anderlini: On the question of boards, I see it in
two ways. The Norwegian example is very important not only
because of the way they talk about the GDP question but also
because they have put in place countless very effective policies for
working mothers and families. The idea of having dual income
families actually conducive is something that other countries
should look at, including where we are sitting here. They have
terrible family planning, maternal leave and child care issues and
so forth, so they have put the infrastructure in place to enable
women to be effective.
Mme Naraghi-Anderlini : En ce qui a trait aux conseils
d’administration, je vois cela de deux façons. L’exemple de la
Norvège est très important, non seulement en raison de la manière
dont elle parle de son PIB, mais aussi parce qu’elle a établi de
nombreuses politiques très efficaces à l’intention des mères qui
travaillent et des familles. L’idée de favoriser les familles à double
revenu devrait être examinée par les autres pays, y compris notre
position. Ils ont une mauvaise planification familiale, des
problèmes relatifs aux congés de maternité et aux services de
garde, et cetera, alors ils ont mis en place les infrastructures
nécessaires pour permettre aux femmes d’être efficaces.
My other point regarding the question women on boards is
that we also have to be careful about how much of it is rhetoric
and how much of it is actually being practised even by the women
who are advocating for this. I’ve looked at the boards of some of
the companies from which we have some of the advocates, and
they don’t have 30 per cent on boards, or whatever the
percentages are. I’m saying that we should be practising what
we preach.
Si l’on considère la question des femmes au sein des conseils
d’administration, il faut s’assurer que ce n’est pas uniquement de
belles paroles et que c’est bel et bien mis en pratique, même par les
femmes qui pr ônent l’équité. J’ai vérifié les conseils
d’administration des entreprises au sein desquelles nous avons
des défenseurs, et les femmes ne représentent même pas 30 p. 100
des membres. Je dis simplement que nous devrions prêcher par
l’exemple.
At the end of day, we have to be cognizant of the fact that
militaries generally are being trained to make war. We say
‘‘defence,’’ but there is an element of war-making, so they are
going to be very closed to the idea of women coming in and saying
Au bout du compte, nous devons être conscients que les
militaires, de façon générale, sont formés pour faire la guerre.
Nous parlons de « défense », mais il y a un élément de guerre,
alors si les femmes arrivent en disant qu’il faut faire les choses
19:32
Human Rights
18-6-2015
that they should do things differently here and there. It’s a point
of changing thousands of years of culture, so of course they will
be resistant. We have to push and we have to change that culture.
différemment ici et là, il y aura forcément de la résistance. On se
trouve à changer des milliers d’années de culture. Nous devons
néanmoins exercer des pressions et changer cette culture.
Senator Nancy Ruth: Talking about culture, I want to raise
another issue, which Senator Jaffer raised, about young women
now going into the Armed Forces. I have been involved in polling
data for the last nine years on a restoration of O Canada! so that it
would include all races and all people. It’s interesting in the
polling data that people under 35 don’t see the issue at all, and
that polling is consistent even up to the last poll taken in
April this year before the vote in the House of Commons.
La sénatrice Nancy Ruth : En parlant de culture, j’aimerais
soulever une autre question, que la sénatrice Jaffer a abordée tout
à l’heure, au sujet des femmes qui entrent dans les forces armées.
Depuis neuf ans, je m’intéresse aux sondages entourant l’hymne
national du Canada et la possibilité de lui redonner un caractère
plus englobant afin qu’il tienne compte de toutes les races et tous
les gens. Selon les résultats du sondage, il est intéressant de
constater que les gens de moins de 35 ans ne voient pas le
problème du tout, et que ces résultats sont demeurés les mêmes
lors du dernier sondage réalisé en avril dernier avant le vote tenu à
la Chambre des communes.
This is an issue in this country. Is it an issue in other countries
you travel to? If so, how do you see that affecting the Armed
Forces, the RCMP or other policing agencies if young women go
into them, given the values that you are espousing?
C’est un problème ici. Est-ce un problème dans les autres pays
où vous êtes allée? Si oui, dans quelle mesure cela peut-il avoir une
incidence sur les forces armées, la GRC ou les autres services de
police, compte tenu des valeurs que vous préconisez?
Ms. O’Neill: I’m glad you mentioned that. I see it consistently.
I used to find it surprising but now I find it a little sad.
Mme O’Neill : Je suis contente que vous en parliez. C’est une
réalité qui m’a surprise au début, mais que je trouve maintenant
triste.
We’re often approached after talks, including one at West
Point, by young women who say, ‘‘This isn’t a problem for us. I
can understand how the generation before needed ‘feminists.’
There is something to do but we have a woman running for
President of the U.S. or Speaker of the House in the U.S. We’re
good.’’
On s’adresse souvent à nous après les discussions, et une fois à
West Point, une jeune femme nous a dit : « Ce n’est pas un
problème pour nous. Je comprends pourquoi on avait besoin de
féministes dans les générations précédentes. Il y a certes quelque
chose à faire, mais nous avons une femme candidate dans la
course à la présidence des États-Unis, alors ce n’est pas si mal. »
I consistently see, in part because of the issue Sanam was just
referencing, that once people start to get into their mid-thirties
and see how non-family friendly many of the career choices
they’ve made are — some of the star choices they have to make to
continue in military service — they begin to realize the value of
these institutional changes.
Ce que je remarque souvent, en partie à cause du problème
dont Sanam a parlé, c’est que lorsque les gens arrivent dans la mitrentaine, ils constatent à quel point la carrière qu’ils ont choisie
ne permet pas de concilier travail et famille — certains choix qu’ils
ont dû faire pour continuer dans l’armée — et ils commencent à
réaliser l’importance de ces changements institutionnels.
For example, in Bosnia we worked with the government this
year to revise their national action plan. They changed the
requirements of Bosnian military personnel to serve in overseas
peacekeeping missions. It’s an area of status and pride to serve on
international missions, but there is requirement that the Bosnian
military have seven continuous years of service. Women were
saying that they were disadvantaged by that because they couldn’t
take maternity leave. If they work six years, leave to have a baby
and then try to come back, they would have to start all over again.
So their national action plan changed it to be seven cumulative
years of service.
Par exemple, en Bosnie, nous avons travaillé avec le
gouvernement cette année pour réviser son plan d’action
national. Ils ont changé les exigences relatives au personnel
militaire bosnien déployé à l’étranger dans le cadre de missions de
maintien de la paix. La participation à des missions
internationales est une source de fierté, mais pour y prendre
part, dans ce pays, les militaires devaient avoir cumulé sept années
de service consécutives. Les femmes estimaient qu’elles étaient
désavantagées parce qu’elles ne pouvaient pas prendre de congé
de maternité. Par exemple, si elles travaillaient pendant six ans,
partaient en congé de maternité, puis réintégraient les forces, elles
devaient recommencer à zéro. Par conséquent, dans leur nouveau
plan d’action national, on exige désormais une période cumulative
de sept années.
There is a huge issue where young people don’t recognize the
institutional barriers that they will face, particularly later in their
career because they see 50 per cent women in their engineering or
medical classes at university. They don’t recognize until a little
Ce qui est problématique, c’est que les jeunes ne reconnaissent
pas les obstacles institutionnels auxquels ils devront faire face
plus tard dans leur carrière, parce qu’ils voient que 50 p. 100
des étudiants dans leurs cours d’ingénierie ou de médecine à
18-6-2015
Droits de la personne
19:33
later in their career, after about age 35, some of the ways these
barriers are going to affect them.
l’université sont des femmes. Ce n’est que plus tard dans leur
carrière, vers l’âge de 35 ans, qu’ils verront de quelle façon ils
seront touchés par ces obstacles.
Senator Nancy Ruth: How will that affect policy within the
military, if this is the pool that they’re drawing from for
promotion and so on?
La sénatrice Nancy Ruth : Dans quelle mesure cela aura-t-il une
incidence sur les politiques de l’armée, s’il s’agit des personnes qui
seront promues et ainsi de suite?
Ms. O’Neill: I think the positive is that you end up with a
larger pool at the lowest levels, so you get an intake of women
that is a little healthier and larger because they see themselves
having an option in these less traditional careers. But I think you
absolutely have to be listening to women within the forces about
the changes that need to be made for retention. That’s why I’d
make retention one of the key indicators of implementing this
agenda, but retention particularly in the 30- to 45-year range for
women, to see where they start funnelling off. Then you see this
dramatic shortage of women at senior leadership positions.
Mme O’Neill : Ce qui est bien, à mon avis, c’est qu’on se
retrouve avec beaucoup de recrues au départ qui ont fait le choix
de se diriger vers ces carrières moins traditionnelles. Toutefois, je
crois que vous devez absolument écouter les femmes au sujet des
changements qui sont nécessaires pour leur maintien en poste au
sein des forces. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ferais du
maintien en poste l’un des indicateurs clés, particulièrement chez
les femmes âgées entre 30 et 45 ans, afin de déterminer à partir de
quel moment elles commencent à partir. Ensuite, on observe une
pénurie importante de femmes aux échelons supérieurs.
Ms. Naraghi-Anderlini: To give you a comparison, a number of
years ago I was talking with someone from Ernst & Young, and
they had instituted a policy to try to get the gender disparity issues
resolved at the highest levels. They said the same thing: At entry
level it’s 50-50, and by the time people are in their thirties, it goes
down to 40-60 and then tails off. They were stuck at a 12 per cent
partner rate for having women. When they looked at the women
who were at that level, either they were single, didn’t have
children or their spouses were the primary caretakers of children
at home. If we assume that a lot of women will get married and
will have the roles of being the primary caretakers of children or
the elderly, the institutions they’re working for are not being
conducive to enable that. That’s one thing to bear in mind.
Mme Naraghi-Anderlini : Pour établir une comparaison, il y a
quelques années, je parlais avec quelqu’un de chez Ernst &
Young, et cette société avait mis en place une politique pour
tenter de régler les questions de disparité entre les sexes aux
échelons les plus élevés. Tous étaient unanimes : au début, la
proportion est de 50-50, et lorsque les gens atteignent la trentaine,
la proportion passe à 40-60, puis l’écart se creuse davantage par la
suite. On parle ici de 12 p. 100. Lorsqu’on a examiné la situation
de plus près, on a constaté que les femmes en poste étaient
célibataires et n’avaient pas d’enfant ou que leurs conjoints
s’occupaient principalement des enfants à la maison. Si nous
supposons qu’un grand nombre de femmes se marieront et
devront prendre soin de leurs enfants ou de leurs parents, les
institutions pour lesquelles elles travaillent ne sont pas favorables
aux familles. C’est un aspect qu’il ne faut pas négliger.
The flip side was that I was doing some research in South
Africa a number of years ago, because they did have a significant
security sector reform process and were cognizant of trying to
make the security sector more diverse and reflective of their
society, including not just women, but all the different ethnic
groups. I remember interviewing one gentleman and he said, ‘‘To
make people feel at home in the institution, you have to be
responsive to their needs. We have people here that if there’s a
funeral in their family, they have to be away for three weeks.
That’s not part of our standard policy, but we’ve adjusted and
changed it to make them feel okay about having to go for these
types of cultural traditional practices so that they can be
retained.’’ It’s the same principle for women. It really needs to
be looked at.
D’un autre côté, il y a quelques années, j’ai fait des travaux de
recherche en Afrique du Sud. On avait mis en place un important
processus de réforme du domaine de la sécurité parce qu’on
voulait rendre le secteur plus diversifié et représentatif de la
société, non seulement des femmes, mais aussi de tous les
différents groupes ethniques. Je me souviens d’avoir interviewé
un homme qui m’a dit : « Pour que les gens se sentent bien, vous
devez être attentifs à leurs besoins. Nous avons des gens ici qui
doivent s’absenter pendant trois semaines lorsqu’il y a des
funérailles dans leur famille. Cela ne fait pas partie de notre
politique habituelle, mais nous nous sommes ajustés et nous
voulons que les gens sentent qu’on respecte leurs pratiques
culturelles traditionnelles et qu’ils demeurent en poste. » C’est le
même principe pour les femmes. Il faut réellement y songer.
To be honest, we’re doing a study right now for UNDP on
gender disparity, and so much of the bias is around women who
have children won’t do this or that job. A, it’s not true, and B,
we’re finding a lot of the men are actually complaining about duty
stations and job conditions because they have children and
nobody cares about them. So perceptions are driving bad policy.
À vrai dire, nous menons une étude à l’heure actuelle pour le
compte du PNUD sur la disparité entre les sexes, et nous
remarquons que les gens croient à tort que les femmes qui ont des
enfants n’occuperaient pas tel ou tel emploi. D’une part, ce n’est
pas vrai, et d’autre part, nous constatons que beaucoup
d’hommes se plaignent de leurs postes et de leurs conditions de
travail parce qu’ils ont des enfants dont ils doivent prendre soin.
Par conséquent, les fausses impressions donnent lieu à des
politiques erronées.
19:34
Human Rights
18-6-2015
Senator Andreychuk: I wanted a clarification. There was a
statement made that I found troublesome, which was that we are
training our military to make war. That’s not my understanding.
It’s to defend our security and safety. That may mean that they
engage in a war. It just is not what I’m hearing. Therefore, the
perspective that you start with is important.
La sénatrice Andreychuk : J’aimerais apporter une précision.
Vous avez fait une déclaration que j’ai trouvée troublante. Vous
avez dit que nous enseignons à nos militaires à faire la guerre. Je
ne partage pas du tout votre avis. On les forme pour qu’ils nous
protègent et défendent notre sécurité. Évidemment, il est possible
qu’ils doivent participer à une guerre. Ce n’est pas ce que vous
avez dit. Par conséquent, il est important d’avoir une juste
perspective.
I’m involved with the NATO Parliamentary Assembly. We
heard from the person in charge of women’s issues within NATO
and assessing the progress of all NATO countries. I think it would
be an excellent resource to have here, to update us on what
NATO is doing, which is one of the key arms for our defence, and
Canada within that. I must say that it was very enlightening
because it is a difficult situation.
Je fais partie de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Nous
avons entendu la personne responsable des questions des femmes
au sein de l’OTAN au sujet des progrès réalisés par tous les pays
de l’OTAN. Je pense qu’il pourrait être très utile de faire
témoigner cette personne afin qu’elle fasse le point sur le travail de
l’OTAN, qui est l’une des principales organisations à assurer
notre défense. Je dirais que ce serait très pertinent parce qu’il
s’agit d’une situation difficile.
When you put it in the perspective of our security, then women
become even more important because they are part of the society
that we’re trying to protect, rather than looking at it on the flip
side, which is what we do when we engage in war. If we started
from what this representative was saying, it would be a much
more helpful approach for Canada and others. This is what
NATO is working on.
Lorsque nous envisageons la question dans le contexte de notre
sécurité, les femmes deviennent encore plus importantes
puisqu’elles font partie de la société que nous essayons de
protéger. C’est préférable que de s’attarder à l’envers de la
médaille, comme nous le faisons lorsque nous partons en guerre.
Si nous faisions ce que la représentante a dit, ce serait beaucoup
plus utile pour le Canada et pour d’autres. Voilà ce à quoi
travaille l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, ou
OTAN.
The Chair: Ms. O’Neill or Ms. Naraghi-Anderlini, do you
want to comment on what Senator Andreychuk said?
La présidente : Mesdames O’Neill ou Naraghi-Anderlini,
souhaitez-vous commenter les propos de la sénatrice
Andreychuk?
Ms. Naraghi-Anderlini: What we’ve seen in the last 10, 12 years
is that many of the militaries that we’re talking about are
engaging in various places, in a mixed world. On the one hand
they’re there supposedly to keep the peace, but they’re also
engaging. Increasingly we’re seeing that they are participating in
war, which is part of it.
Mme Naraghi-Anderlini : Ce que nous constatons depuis 10 à
12 ans, c’est que bien des armées dont nous parlons sont présentes
dans diverses régions d’un monde mélangé. Elles sont censées
maintenir la paix, mais elles participent aussi aux combats. Nous
constatons donc une participation de plus en plus fréquente à la
guerre, ce qui entre en ligne de compte.
We might say it’s for our security back home, but I work with
people on the ground who have to deal with the drones, the
bombings and so forth by our militaries from the West. It’s
looking at the perspective of where you sit and how you perceive
the presence of the military.
Certains diront que c’est pour assurer la sécurité à la maison,
mais je travaille avec des gens sur le terrain qui doivent composer
notamment avec les drones et les bombardements de nos armées
occidentales. La perception de la présence de l’armée dépend de
l’endroit où l’on se trouve.
I completely concur with you, as I said before, that I think
having women in the forces, having the diversity, especially in
police forces, is absolutely critical in all sorts of places in terms of
both defence at home, but also in terms of if we’re sending
peacekeepers out to engage with communities out there. But the
fact that militaries right now have always been male dominated
and over the last 10 years there’s been a consistent involvement
for many of the Western countries in fighting, then I think we
have to be fair about that — including NATO in Afghanistan. It’s
not had a very clear-cut role. It’s not the traditional peacekeeping
that we used to see in many parts of the world in the past.
Comme je l’ai dit, je suis tout à fait d’accord sur le fait que les
femmes et la diversité sont absolument essentielles au sein des
forces, et surtout des forces policières, dans toutes sortes de
milieux où nos deux forces évoluent au pays, mais également
lorsque nous envoyons des soldats de la paix aider les
communautés à l’étranger. Mais il faut selon moi reconnaître
qu’à ce jour, les armées ont toujours été à majorité masculine, et
qu’au cours des 10 dernières années, bien des pays occidentaux
ont participé constamment aux combats — y compris l’OTAN en
Afghanistan. Le rôle n’est pas très bien défini. Il ne s’agit pas du
rôle de maintien de la paix traditionnel que nous constations
autrefois dans bien des régions du monde.
That’s all I wanted to say. I’m sorry if you disagree with me.
C’est tout ce que je voulais dire. Je suis désolée si vous n’êtes
pas d’accord.
18-6-2015
Droits de la personne
19:35
Ms. O’Neill: Related to the point of NATO and Canada at the
UN and elsewhere, I think one of the most positive elements of
Canada’s national action plan is that it addresses the fact that
Canada can and should be an advocate for certain values within
these multilateral institutions. I think some of the indicators that
are set up to be tracked according to this plan don’t actually
capture the influence that we’re able to have and have had in
certain instances in some of these international settings.
Mme O’Neill : Pour ce qui est de la question sur l’OTAN et le
Canada au sein de l’Organisation des Nations Unies, ou ONU, et
ailleurs, je pense qu’un des volets les plus encourageants du plan
d’action national canadien est qu’il fait valoir que le pays peut et
doit défendre certaines valeurs au sein de ces organisations
multilatérales. Je crois que certains des indicateurs mesurés dans
le cadre du plan ne donnent pas vraiment une bonne
représentation de l’influence que nous pouvons avoir, et avons
eue dans certains contextes internationaux.
I often tell people about how Canada was the first country to
put women, peace and security on the G8 agenda. When we
hosted the G8, we put it on the agenda and it’s been there ever
since. That forces all G8 — now G7 — countries to be addressing
women, peace and security.
Je raconte souvent que le Canada a été le premier pays à
inscrire les femmes, la paix et la sécurité au programme du G8.
Lorsque nous avons été l’hôte du sommet du G8, nous avons mis
le sujet à l’ordre du jour, et il y a toujours sa place. Voilà qui
oblige tous les pays du G8 — désormais le G7 — à s’attarder à la
question des femmes, de la paix et de la sécurité.
Canada has stated the opportunity that it has to promote
Canadian values in these multilateral institutions and has written
it into its plan. I think we have an opportunity to track and to
build much more upon the positive influence that we can have in
organizations like that, where they’re eager to learn from good
practices from Canada and where we have many to share. I think
that’s an area that we really can build upon and recognize as a
strength of this plan. It may be harder to measure, but it is really
important, especially for a country the size and influence of
Canada.
Le Canada a déclaré devoir faire valoir les valeurs canadiennes
dans ces organisations multilatérales, ce qu’il a intégré à son plan.
Je pense que nous avons la possibilité de vérifier l’influence
positive que nous pouvons exercer dans ce genre d’organisations,
et d’aller encore plus loin, puisque les autres veulent tirer des
leçons des pratiques exemplaires canadiennes, et que nous en
avons un grand nombre à partager. Je pense que nous pouvons
vraiment miser sur ce domaine et le considérer comme une force
du plan. La question est peut-être plus difficile à mesurer, mais
elle est fort importante, surtout pour un pays de la taille et de
l’influence du Canada.
The Chair: I want to take the opportunity on behalf of the
committee to thank both of you. You are exceptionally busy and
you always make yourselves available to our committee, at short
notice, so we can continue to learn what’s happening on
Resolution 1325. We look forward to working with you in the
future. Thank you very much.
La présidente : Au nom du comité, je tiens à vous remercier
toutes les deux. Vous êtes particulièrement occupées, mais vous
trouvez toujours du temps pour notre comité, même à la dernière
minute. Vous nous avez permis d’en apprendre davantage sur ce
qu’il advient de la résolution 1325, et nous avons hâte de travailler
avec vous ultérieurement. Merci beaucoup.
Next, by video conference from New York, we have with us,
from UN Women, Nahla Valji, Policy Adviser and Officer in
Charge of the Peace and Security Cluster.
Nous accueillons maintenant la représentante d’ONU
Femmes, Nahla Valji, conseillère en politiques et responsable du
secteur Paix et sécurité, qui comparaît par vidéoconférence à
partir de New York.
We’re happy to have you with us today, Nahla, as another
Canadian working in the UN system. You have appeared here
before, and we appreciate your presence.
Nahla, nous sommes ravis que vous soyez avec nous
aujourd’hui, vous qui êtes une autre Canadienne travaillant au
sein du système onusien. Vous avez déjà témoigné, et nous vous
remercions de votre présence.
We will also hear from Beth Woroniuk and Jessica Tomlin
from the Women, Peace and Security Network. Everything I
know about 1325, I’ve learned from Ms. Woroniuk. I’m glad you
are here as well. We will have a lot of questions for you.
Nous allons également entendre le témoignage de Beth
Woroniuk et de Jessica Tomlin, les représentantes du Réseau
Les femmes, la paix et la sécurité. Tout ce que je sais à propos de
la résolution 1325, je l’ai appris de Mme Woroniuk. Je suis ravi
que vous soyez vous aussi présentes. Nous aurons beaucoup de
questions à vous poser.
We will start with Ms. Valji’s presentation.
Nahla Valji, Policy Adviser and Officer in Charge, Peace and
Security Cluster, UN Women: Thank you, Madam Chair and
committee members, for the invitation to be with you today.
Nous allons commencer par l’exposé de Mme Valji.
Nahla Valji, conseillère en politiques et responsable, secteur Paix
et sécurité, ONU Femmes : Madame la présidente, mesdames et
messieurs les membres du comité, je vous remercie de m’avoir
invitée aujourd’hui à discuter avec vous.
19:36
Human Rights
18-6-2015
I want to thank the Canadian government. As you know,
Canada leads the Friends of 1325 at the UN and, for the last year
and a half, has led a separate group of friends for the Global
Study on the Implementation of Resolution 1325. This is the
review study that UN Women has been charged with for the
Security Council, reviewing 15 years of implementation of 1325,
looking at where we are at the moment, where the obstacles and
challenges have been regarding implementation and where we
need to go in terms of future implementation.
Je tiens à remercier le gouvernement canadien. Comme vous le
savez, le Canada est à la tête du groupe des amis de la
résolution 1325 à l’ONU, et il dirige depuis un an et demi un
groupe distinct d’amis de l’étude mondiale sur la mise en œuvre de
la résolution 1325. Le Conseil de sécurité a confié le mandat de cet
examen à ONU Femmes, qui doit étudier la mise en œuvre de la
résolution 1325 au cours des 15 dernières années. Nous devons
évaluer où nous en sommes à l’heure actuelle, quels ont été les
obstacles et les défis à la mise en œuvre, et quelle direction nous
devons prendre pour la suite des choses.
Having Canada play a leadership role and convene a group of
friends has been incredibly useful for UN Women. It has provided
a platform for us, for member state consultations, for inputs, and
for the support that we’ve needed over the last year and a half to
take forward this project. For that, I want to begin by saying
thank you.
Il a été incroyablement utile pour ONU Femmes que le Canada
joue un rôle de premier plan et forme un groupe d’amis. Ces
efforts nous ont servi de tribune pour consulter les États
membres, recueillir des commentaires et obtenir l’aide dont
nous avons besoin depuis un an et demi afin de faire avancer le
projet. Voilà donc pourquoi je tenais à commencer par dire merci.
This year is important for the Women, Peace and Security
agenda as it’s been 15 years since the passage of Resolution 1325
in 2000. We’ve had six subsequent resolutions on women, peace
and security in the Security Council. We’ve also diversified and
deepened the normative agenda.
Cette année est importante pour le programme sur les femmes,
la paix et la sécurité puisque la résolution 1325 a été adoptée il y a
15 ans, soit en 2000. Il y a eu six résolutions subséquentes sur les
femmes, la paix et la sécurité au Conseil de sécurité. Nous avons
également diversifié et approfondi le programme normatif.
In 2013, CEDAW passed general recommendation 30 on the
same day that Resolution 2122 was passed. This is an incredibly
important accountability tool because CEDAW is one of the most
ratified treaties and takes this agenda beyond the Security Council
to be more fully about prevention and recovery efforts as well.
En 2013, le Comité pour l’élimination de la discrimination à
l’égard des femmes, ou CEDAW, a adopté sa recommandation
générale 30 la journée même de l’adoption de la résolution 2122. Il
s’agit d’un outil de reddition de comptes extrêmement important
puisque le CEDAW est un des traités ayant été ratifiés par le plus
grand nombre de pays. Son programme va au-delà de la mission
du Conseil de sécurité, et s’attarde davantage aux efforts de
prévention et de rétablissement aussi.
It’s also an important year within the UN system. We have
three peace and security reviews running simultaneously in
addition to the women, peace and security review. Of course the
UN system is undertaking a review of some 30 peace operations
missions with a budget of $9 billion. The most visible component
of the UN system in countries is under review, as is the peacebuilding architecture of the UN system. We have these three peace
and security reviews running simultaneously. UN Women has
consistently said that there should have been only one review and
that we should be looking at the cycles of conflict and fragility
and women’s participation in gender equality within that.
However, we have these three panels.
Il s’agit également d’une année importante au sein du système
onusien. Nous réalisons trois examens simultanés sur la paix et la
sécurité, en plus d’un examen sur les femmes, la paix et la sécurité.
Bien entendu, le système onusien entreprend l’examen de quelque
30 missions de paix avec un budget de 9 milliards de dollars.
Aussi, le volet le plus visible de l’ONU dans certains pays est
actuellement à l’étude, de même que la structure de consolidation
de la paix du système onusien. Nous réalisons donc ces trois
examens simultanés sur la paix et la sécurité. ONU Femmes a
toujours soutenu qu’il n’aurait dû y avoir qu’un examen. Nous
devrions nous attarder aux cycles des conflits et de la fragilité, de
même qu’à la participation des femmes à l’égalité entre les sexes
dans ce contexte. Or, nous nous retrouvons avec ces trois groupes.
We also have the post-2015 agenda, the sustainable
development goals, or SDGs, and the World Humanitarian
Summit next year. It’s an important year within the UN but more
importantly within the international community as a whole. It’s a
real moment of both reflection and an opportunity for us to think
about how we approach some of the challenges we face globally at
the moment.
Nous avons aussi le programme pour l’après 2015, les objectifs
de développement durable, ou ODD, et le Sommet mondial sur
l’aide humanitaire, qui se tiendra l’année prochaine. C’est une
année importante pour l’ONU, mais encore plus pour l’ensemble
de la communauté internationale. Le moment est véritablement
propice à la réflexion; nous avons l’occasion de songer à la façon
d’aborder certaines difficultés que nous rencontrons actuellement
à l’échelle mondiale.
18-6-2015
Droits de la personne
19:37
With regard to peace and security, we are seeing now a period
of time when, as I said, cycles of fragility and conflict relapse into
conflict. The rise of violent extremism is perhaps the largest peace
and security threat that we face at the moment.
Pour ce qui est de la paix et de la sécurité, nous traversons
actuellement une période où les cycles de la fragilité et des conflits
relancent les hostilités, comme je l’ai dit. La montée de
l’extrémisme violent constitue peut-être actuellement la plus
grande menace à la paix et à la sécurité.
We’re seeing increasingly entrenched long-term conflicts. For
the first time since World War II, we have the largest displaced
population of the last 70 years. The average period of time that
these displaced populations will spend displaced will be over
20 years. We’re facing new challenges and threats to peace and
security. The relationship between emergencies, humanitarian
conflict, fragility and violent extremism provides a context in
which we really need to rethink our tools, approaches and what
we are doing differently to address the new context.
Nous constatons la présence de conflits à long terme de plus en
plus établis. Nous avons les plus grandes populations déplacées
des 70 dernières années, soit depuis la Seconde Guerre mondiale.
Ces personnes demeureront en moyenne plus de 20 ans loin de
chez eux. Nous rencontrons de nouvelles difficultés et menaces à
la paix et à la sécurité. Compte tenu du contexte des urgences, du
conflit humanitaire, de la fragilité et de l’extrémisme violent, nous
devons vraiment repenser nos outils, nos démarches et ce que
nous faisons différemment pour réagir à ce nouveau cadre.
I believe that the women, peace and security resolution is one
of the tools that we need to revisit concretely to look at the
contribution it can make to supporting us to achieve sustainable
peace and real security.
Je crois que la résolution sur les femmes, la paix et la sécurité
est un des outils que nous devons réévaluer concrètement pour
voir comment il peut nous aider à instaurer une paix durable et
assurer une réelle sécurité.
Over the last decade, we’ve had growing evidence on the
relationship between women’s participation and our effectiveness
in the area of peace and security. We know, for example, that if
we can increase the number of female peacekeepers among our
troops, it increases the credibility of our peacekeeping forces. It
gives us access to communities and new sources of information. It
increases the reporting of gender-based crimes, gives us access to
early warning information, and decreases the incidence of sexual
exploitation and abuse. Yet, 15 years on, the number of female
peacekeepers we have in the UN system is less than 3 per cent.
This has been one area of incredible resistance within the agenda
over the last 15 years.
Au cours de la dernière décennie, il y a eu des preuves de plus
en plus évidentes du rapport entre la participation des femmes et
notre efficacité dans le milieu de la paix et de la sécurité. Nous
savons par exemple que le fait d’augmenter le nombre de femmes
responsables de la paix au sein de nos troupes rehausse la
crédibilité de nos forces de maintien de la paix. Les femmes nous
donnent accès à certaines communautés et à de nouvelles sources
d’information. Leur présence favorise le signalement des crimes
fondés sur le genre, nous donne accès aux alertes rapides, et
diminue l’incidence de l’exploitation sexuelle et des agressions
sexuelles. Pourtant, le système onusien compte moins de 3 p. 100
de femmes responsables de la paix après 15 ans. Cet aspect du
programme a donc rencontré une vive résistance au cours des
15 dernières années.
We’re also increasingly seeing evidence that women’s
participation, gender-equality and women’s empowerment form
a concrete buffer to the spread off radicalization and violent
extremism. This is something that I believe the international
community and the Security Council itself have increasingly
realized over the past year. We see with violent extremists that
what is common to their agenda is a push-back on women’s rights
and oppression of gender equality. We need to make sure what is
common to our agenda is women’s empowerment as a buffer to
radicalization. We have the evidence with regard to that.
En outre, nous constatons de plus en plus que la participation
des femmes, l’égalité entre les sexes et le renforcement du pouvoir
des femmes contribuent concrètement à prévenir la propagation
de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Je crois que le
milieu international et le Conseil de sécurité l’ont de plus en plus
remarqué au cours de la dernière année. Nous constatons que les
extrémistes violents cherchent souvent à faire reculer les droits des
femmes et à briser l’égalité entre les sexes. En revanche, nous
devons veiller à ce que tout le monde favorise le renforcement du
pouvoir des femmes, puisqu’il s’agit d’une protection contre la
radicalisation. Nous avons des preuves à ce chapitre.
We increasingly have the evidence with regard to women’s
economic recovery post-conflict, accelerating growth, stability for
communities and increasing our peace dividends. Through the
global study that we’ve been working on for the past year, we now
have empirical evidence on the correlation between women’s
participation in peace processes, the conclusion of talks, the
implementation of agreements and the sustainability of peace.
Nous avons de plus en plus de preuves quant au rôle que jouent
les femmes dans la reprise économique suivant un conflit, dans la
croissance accélérée, dans la stabilité des collectivités, et dans
l’augmentation des dividendes de la paix. Grâce à l’étude
mondiale à laquelle nous travaillons depuis un an, nous avons
désormais des données empiriques sur la corrélation entre la
participation des femmes au processus de paix, la conclusion des
pourparlers, la mise en œuvre des ententes, et le maintien d’une
paix durable.
19:38
Human Rights
18-6-2015
growing, unambiguous empirical
us that women’s participation and
operational effectiveness as the
peace and security.
Nous avons essentiellement de plus en plus de données
empiriques et sans équivoque nous démontrant que la
participation et l’inclusion des femmes sont au cœur de notre
efficacité opérationnelle, en tant qu’organisation internationale de
la paix et de la sécurité.
What does that mean in terms of where we need to go from
here in order to utilize this tool that we have?
Qu’est-ce que cela veut dire? Quelle direction devons-nous
prendre pour mettre à profit cet outil à notre disposition?
First, we need to stop treating this agenda as an add-on
agenda. We need to stop seeing it as a tick box agenda that we can
address if we have any additional resources, political will or desire
to do so, often after the fact and many years down the road. We
have to see this as core to all of our peace and security efforts.
Tout d’abord, il faut arrêter de considérer la question comme
un programme complémentaire. Nous devons cesser de croire que
c’est une case que nous pouvons cocher si jamais nous avons plus
de ressources, une volonté politique ou un désir de le faire,
souvent après coup ou des années plus tard. La question doit être
au cœur de l’ensemble de nos efforts relatifs à la paix et à la
sécurité.
One of the biggest challenges and obstacles we’ve identified
through the global study is the financing issue. OECD-DAC
commissioned research for us looking at financing peace and
security. Less than 2 per cent of the money that goes into peace
and security contexts is utilized to address women’s needs and to
further women’s participation.
Dans le cadre de l’étude mondiale, nous avons constaté que la
question du financement constitue un des plus grands obstacles.
Le Comité d’aide au développement, ou CAD, de l’Organisation
de coopération et de développement économiques, ou OCDE,
nous a commandé une étude sur le financement en matière de paix
et de sécurité. Il semble que moins de 2 p. 100 des fonds octroyés
à la paix et à la sécurité servent à combler les besoins des femmes
et à encourager leur participation.
I should note that within this, Canada scores as one of the
highest countries within OECD in terms of ensuring gender
mainstreaming within their funding to conflict and crisis contexts.
But what remains is a huge obstacle with regard to financing.
Je dois dire qu’à ce chapitre, le Canada est un des meilleurs
pays de l’OCDE, puisqu’il s’assure de tenir compte des genres
dans le financement en contexte de conflit et de crise. Mais du
reste, il s’agit d’un obstacle important du côté du financement.
Further obstacles include consistent political will. We need to
stop having an add-on approach, which means that in some
contexts we will push for women’s participation and in others we
will accept an excuse of cultural resistance that we often
encounter. Financing political will, structural reform, within the
UN system and within the international community and greater
expertise to take forward this agenda are just a few of the areas
that are coming out from the global study and will be
recommendations that will be taken forward in October during
the high-level review.
Parmi les autres obstacles, il y a notamment la cohérence de la
volonté politique. Nous devons cesser de considérer la question
comme étant complémentaire, de sorte que nous favorisons la
participation des femmes dans certains contextes, alors que nous
acceptons ailleurs l’excuse de la résistance culturelle, qui revient
souvent. Le financement de la volonté politique, la réforme
structurelle du système des Nations Unies et de la communauté
internationale, et le développement de l’expertise permettant de
faire avancer le programme sont seulement quelques-uns des
volets qui ressortent de l’étude mondiale, et qui feront l’objet de
recommandations soumises en octobre dans le cadre de l’examen
de haut niveau.
As UN Women, we’ve begun to do outreach to member states
to share some of these findings and recommendations and to
encourage that we come out of October with a transformative
agenda, with something that looks different than it has for the
past 15 years, with real, concrete commitments to take this agenda
forward and to see it as a tool to address the current peace and
security context that we have globally, rather than simply an addon and tick box agenda as it has been for the past 15 years.
Chez ONU Femmes, nous avons commencé à tendre la main
aux États membres pour leur faire connaître certaines des
conclusions et des recommandations, de sorte que nous ayons
après octobre un programme de transformation n’ayant rien à
voir avec celui des 15 dernières années. Il faut véritablement et
concrètement s’engager à faire avancer le programme, et le
considérer comme un outil permettant d’aborder le contexte
mondial actuel de paix et de sécurité, plutôt que comme un simple
programme complémentaire ou une simple case à cocher tel que
c’est le cas depuis 15 ans.
Essentially we have a
evidence base which shows
inclusion is core to our
international community on
The Chair: Thank you very much, Ms. Valji.
Now we will go to Ms. Woroniuk, from the Women, Peace and
Security Network.
La présidente : Merci beaucoup, madame Valji.
C’est maintenant au tour de Mme Woroniuk, du Réseau Les
femmes, la paix et la sécurité.
18-6-2015
Droits de la personne
19:39
Beth Woroniuk, Steering Committee Member, Women, Peace
and Security Network - Canada: Thank you very much, Madam
Chair, and good morning to you all. I would like to thank the
committee for the opportunity to appear today. I’m a member of
the steering committee of the Women, Peace and Security
Network - Canada.
Beth Woroniuk, membre du comité directeur, Réseau Les
femmes, la paix et la sécurité — Canada : Merci beaucoup,
madame la présidente. Bonjour tout le monde. J’aimerais
remercier le comité de me donner la chance de comparaître
aujourd’hui. Je suis membre du comité directeur du Réseau Les
femmes, la paix et la sécurité — Canada.
As you may be aware, our network is made up of over
60 Canadian organizations and individuals, including the
MATCH International Women’s Fund.
Comme vous le savez peut-être, notre réseau comprend plus de
60 organisations canadiennes et personnes, y compris le
MATCH International Women’s Fund.
We have two objectives. One is to promote and monitor the
efforts of the Government of Canada to implement and support
the United Nations Security Council resolutions on women, peace
and security, and the second is to provide a forum for exchange
and action amongst Canadian civil society on this same theme.
We operate as volunteers with no office and no budget.
Nous poursuivons deux objectifs. Le premier consiste à
promouvoir et à surveiller les efforts du gouvernement du
Canada visant à mettre en œuvre et à appuyer les résolutions
du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et
la sécurité. Le deuxième est d’offrir à la société civile canadienne
une tribune d’échange et d’action sur ce thème. Nous sommes des
bénévoles sans bureau et sans budget.
In my comments today, I will cover three broad areas: first,
positive developments; second, ongoing concerns; and third,
priorities for action.
Dans mon intervention d’aujourd’hui, je vais aborder trois
grands sujets : les réalisations positives; les préoccupations
constantes; et les priorités d’action.
We are pleased to report that there have been some positive
developments since we appeared before you last year. As
mentioned by Jacqueline O’Neill, the network is now holding
biannual meetings with the interdepartmental working group on
women, peace and security, chaired by the Stabilization and
Reconstruction Task Force, or START, in the Department of
Foreign Affairs, Trade and Development.
Nous sommes heureux d’annoncer qu’il y a eu certaines
réalisations positives depuis notre comparution l’an dernier.
Comme Jacqueline O’Neill l’a mentionné, le réseau tient
actuellement des réunions semestrielles avec le groupe de travail
interministériel sur les femmes, la paix et la sécurité, présidé par le
Groupe de travail pour la stabilisation et la reconstruction
du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du
Développement.
As a second positive development, as Ms. O’Neill also
mentioned, we are pleased to note that the RCMP has extended
an invitation to our network to observe parts of their
pre-deployment training and advise on improvements. We have
had several informative meetings with the RCMP and look
forward to working with them on this important issue.
Pour ce qui est de la deuxième réalisation positive, que
Mme O’Neill a également mentionnée, nous sommes heureux de
constater que la GRC a invité notre réseau à observer une partie
de l’instruction préalable au déploiement et à formuler des
conseils sur les améliorations à y apporter. Nous avons eu
plusieurs séances d’information avec la GRC, et nous nous
réjouissons de travailler avec elle sur cette question importante.
As a third positive development, we commend the government
for its recent statement on the United Nations’ response to sexual
exploitation and abuse by peacekeepers, both military and
civilian. Civil society will be monitoring the mandate and
composition of the external independent review recently
announced by the UN Secretary-General to ensure that it is
truly the impartial, independent and broad review of the UN’s
system-wide handling of sexual exploitation and abuse that is so
urgently needed.
En troisième lieu, nous félicitons le gouvernement de sa
déclaration récente sur la réponse de l’ONU à l’égard des gestes
d’exploitation sexuelle et d’agressions sexuelles perpétrés par des
responsables militaires et civils du maintien de la paix. La société
civile surveillera le mandat et la composition de l’examen externe
indépendant, annoncé récemment par le secrétaire général de
l’ONU, pour veiller à ce qu’il s’agisse vraiment de l’examen
impartial, indépendant et vaste dont nous avons besoin de toute
urgence, et à ce qu’il porte sur la réaction de l’ensemble du
système onusien devant l’exploitation sexuelle et les agressions
sexuelles.
Despite these advances, we continue to have major and
ongoing concerns regarding gaps in Canada’s positions and
actions on the women, peace and security agenda.
Malgré ces progrès, nous avons encore des préoccupations
majeures et continues en raison des lacunes qui subsistent du côté
des positions et des actions du Canada en ce qui a trait aux
femmes, à la paix et à la sécurité.
19:40
Human Rights
18-6-2015
First, we continue to be frustrated by the lack of regular and
timely reporting on Canada’s national action plan. As you are
aware, the report for the period April 2013 to March 2014 has yet
to be released. Even if this report were to be released tomorrow,
the information in it would be significantly out of date.
Tout d’abord, nous sommes encore frustrés de l’absence de
rapports réguliers soumis dans un délai raisonnable à propos du
plan d’action national du Canada. Comme vous le savez, le
rapport d’avril 2013 à mars 2014 n’est pas encore publié. Même
s’il était publié demain, les informations qu’il présenterait ne
seraient vraiment plus à jour.
Nor have we seen the midterm review conducted last year. This
was referred to by Ms. O’Neill. In fact, today was the first time
we’ve heard the recommendations of that report.
Nous n’avons pas vu non plus l’examen de mi-parcours mené
l’an dernier. Mme O’Neill l’a mentionné. En fait, c’était la
première fois aujourd’hui que nous entendions les
recommandations issues de ce rapport.
With these delays in reporting, we do not know what progress,
if any, has been made by the Canadian government on these
important commitments.
Avec ces retards, nous ne savons pas quels progrès ont été faits,
s’il y en a eu, par le gouvernement du Canada à l’égard de ces
engagements importants.
A second concern is that we are disappointed by the lack of
Canadian action on two major issues. The first is the failure to
fund the full range of sexual and reproductive health services,
including those related pregnancy resulting from rape, and this
was recognized in the UN Security Council Resolution 2122. The
second is Canada’s failure to sign the arms trade treaty. Inaction
on these issues undermines efforts to address and respond to the
full range of peace and security issues.
Aussi, nous sommes déçus par l’inaction du Canada dans deux
grands dossiers. Il y a premièrement l’absence de financement de
toute la gamme de services en santé sexuelle et reproductive, y
compris les services entourant les grossesses forcées, un besoin
reconnu par la résolution 2122 du Conseil de sécurité des Nations
Unies. Deuxièmement, le Canada n’a pas signé le traité sur le
commerce des armes. L’inaction du gouvernement sur ces deux
fronts vient miner les efforts déployés pour remédier aux
différents problèmes liés à la paix et à la sécurité.
Our third concern is that we are also disappointed by the slow
response of the government and the Department of National
Defence to the recommendations of the recent inquiry chaired by
retired Supreme Court Justice Marie Deschamps on sexual abuse
in the Canadian Armed Forces.
Nous sommes par ailleurs déçus par la lenteur du
gouvernement et du ministère de la Défense nationale à réagir
aux recommandations formulées par la commission présidée par
la juge Marie Deschamps, qui s’est penchée récemment sur les
agressions sexuelles au sein des Forces armées canadiennes.
In conclusion, we would like to highlight the following
priorities. First, the Canadian engagement in conflict prevention
and supporting women’s involvement in conflict resolution
should be given a higher priority. You notice this issue was
raised both by UN Women and by the speakers on our first panel.
The goal is not to make war safe for women but rather contribute
to the peaceful resolution of armed conflict. We urge the
government to provide strong and consistent support for
involving women in negotiations and efforts to resolve the
numerous conflicts the world is currently facing.
En conclusion, nous aimerions mettre l’accent sur les priorités
suivantes. Premièrement, il faudrait donner plus d’attention à
l’engagement du Canada dans la prévention des conflits et mieux
soutenir la participation des femmes à la résolution des conflits.
Vous aurez remarqué que ce point a été soulevé par ONU
Femmes, ainsi que par les témoins du premier groupe. Le but n’est
pas de faire en sorte que la guerre soit sécuritaire pour les femmes,
mais plutôt de contribuer à un règlement pacifique des conflits
armés. Nous pressons le gouvernement d’offrir un soutien ferme
et continu afin d’inclure les femmes aux négociations et aux
efforts visant à résoudre les nombreux conflits qui secouent
actuellement le monde.
A second priority is that Canada should make significant
financial contributions to local grassroots women’s organizations
to build their leadership and support their participation in all
aspects of peace building, conflict prevention, peace negotiations
and economic recovery. We can only reinforce the point made by
Sanam Naraghi-Anderlini that many of these organizations
are operating with very little resources despite incredible
responsibility placed on them. This includes providing support
for the soon-to-be-launched global acceleration instrument. My
colleague Ms. Tomlin will address these issues in more detail.
Deuxièmement, le Canada devrait fournir d’importantes
contributions financières aux organisations de femmes locales
pour les aider à bâtir leur leadership et à soutenir leur
participation à tous les aspects de la consolidation de la paix,
de la prévention des conflits, des négociations de paix et de la
reprise économique. Nous ne pouvons que réitérer le point de vue
exprimé par Sanam Naraghi-Anderlini, soit que ces organisations
doivent fonctionner avec très peu de ressources, malgré les
responsabilités incroyables qui reposent sur elles. Cela implique
également d’offrir du soutien pour le lancement imminent du
cadre d’accélération des OMD. Ma collègue, Mme Tomlin, va
vous en parler plus longuement.
18-6-2015
Droits de la personne
19:41
As a final priority, we would like to highlight an emerging but
little discussed problem, namely sexual violence against those
working for humanitarian organizations. Investigations
conducted by one member of our network has found little
research to date or statistics on this issue despite widespread onthe-ground knowledge of this crime occurring. Canada should
demand zero tolerance policies for all organizations receiving
humanitarian assistance and work to ensure stronger
international sexual abuse and exploitation prevention and
accountability systems.
Pour la troisième et dernière priorité, nous aimerions mettre en
lumière un problème émergent dont on parle peu, c’est-à-dire la
violence sexuelle contre les travailleurs des organisations
humanitaires. Des recherches menées par un des membres de
notre réseau ont révélé que très peu d’études avaient été faites à
date sur la question et qu’il existait peu de statistiques à cet égard,
malgré le fait que c’est un crime largement reconnu sur le terrain.
Le Canada devrait exiger des politiques de tolérance zéro pour
toutes les organisations recevant de l’aide humanitaire et voir à
l’établissement de systèmes internationaux plus stricts de
prévention et de responsabilisation en matière d’agression et
d’exploitation sexuelles.
We would like to thank senators for the invitation to appear
before the committee today and we welcome the opportunity to
engage with you in the future. With the fifteenth anniversary of
Security Council Resolution 1325 being marked this fall and all
the important processes happening internationally, 2015 is an
important year. We hope that it will be a year that marks a new
chapter with concrete progress and actual implementation of the
goals behind the UN Security Council resolution on women,
peace and security.
Nous tenons à remercier les sénatrices et sénateurs de nous
avoir invités à comparaître devant le comité aujourd’hui, et nous
serons heureux de collaborer avec lui de nouveau. Avec le
quinzième anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de
sécurité cet automne, et tous les importants processus qui ont
cours à l’échelle internationale, 2015 sera une année importante.
Nous espérons qu’elle marquera un nouveau chapitre et qu’elle
verra de véritables progrès dans la mise en œuvre des objectifs
derrière la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU concernant
les femmes, la paix et la sécurité.
Thank you very much.
Merci beaucoup.
The Chair: Thank you.
La présidente : Merci.
We will hear from Ms. Tomlin now, who has previously been
before this committee. It’s always a pleasure to have you back.
Nous allons maintenant entendre Mme Tomlin, qui n’en est
pas à sa première comparution devant le comité. C’est toujours un
plaisir de vous recevoir.
Jessica Tomlin, Executive Director, MATCH International,
Women, Peace and Security Network - Canada: Thank you very
much, Madam Chair, and good morning to you all. I would like
to thank the committee for the invitation to appear before you
today.
Jessica Tomlin, directrice générale, MATCH International,
Réseau Les femmes, la paix et la sécurité — Canada : Merci
beaucoup, madame la présidente, et bonjour à tous. Merci au
comité de m’avoir invitée à comparaître devant lui aujourd’hui.
My name is Jessica Tomlin, and I’m the Executive Director of
the MATCH International Women’s Fund. As many of you
around the table will know, we have been supporting women’s
movements over the last 40 years. We are Canada’s only
international women’s fund, and we strive to channel more
resources directly into women-led, community-based
organizations that serve women and girls.
Je m’appelle Jessica Tomlin et je suis la directrice générale du
fonds pour les femmes de MATCH International. Comme bon
nombre d’entre vous le savent, nous soutenons les mouvements
pour les droits des femmes depuis 40 ans. Nous administrons le
seul fonds canadien consacré à l’avancement des femmes à
l’échelle internationale, et nous tâchons d’acheminer plus de
ressources directement aux organisations communautaires
dirigées par des femmes et qui offrent des services aux femmes
et aux filles.
We support organizations in 25 countries globally, and because
of this, my remarks today will focus on the vital role women’s
organizations are playing across the broad spectrum of women’s
peace and security.
Nous soutenons des organisations dans 25 pays à l’échelle du
globe, et c’est pour cela que mes commentaires d’aujourd’hui vont
surtout porter sur le rôle crucial que jouent les organisations pour
femmes à l’égard du large spectre d’activités qui touchent à la paix
et à la sécurité des femmes.
Two years ago, the MATCH fund launched a global call for
proposals to take the pulse on the state of women’s organizations
around the world, many of them in conflict-torn countries. We
received nearly 1,000 proposals, the large majority, 75 per cent of
which, asking for money in relation to combatting violence
against women. It still remains, conflict or no conflict, the most
Il y a deux ans, le fonds MATCH a lancé un appel mondial de
propositions pour connaître la situation des organisations pour
femmes du monde entier, bon nombre se trouvant dans des pays
déchirés par les conflits. Nous avons reçu près de 1 000
propositions, et la grande majorité, 75 p. 100 d’entre elles,
demandaient du financement pour lutter contre la violence faite
19:42
Human Rights
18-6-2015
pervasive issue standing in the way of women’s full realization of
their rights. Of these thousand or more proposals, we received $3
million worth of requests from women’s organizations working
specifically in conflict-torn countries. We were able to fund seven.
I’m here today on behalf of the other 159.
aux femmes. Conflit ou non, cette problématique est encore
omniprésente et est celle qui freine le plus les femmes dans la
pleine réalisation de leurs droits. C’est un peu plus d’un millier de
propositions que nous avons reçues, et quelque 3 millions de
dollars en demandes de la part d’organisations pour femmes
travaillant précisément dans des pays en situation de conflit. Nous
avons pu en financer sept. Je suis ici aujourd’hui pour parler au
nom des 159 autres.
When I last spoke to this committee in March 2014, I shared
that the average annual income of a grassroots, community-led
women’s organization was $20,000 annually. This figure has
dropped significantly to $12,000 in sub-Saharan Africa.
La dernière fois que je me suis adressée au comité, en mars
2014, j’ai mentionné que les revenus annuels moyens des
organisations communautaires locales pour femmes étaient de
20 000 $. Ce chiffre a chuté considérablement en Afrique
subsaharienne, soit à 12 000 $.
Today let me also highlight that 48 per cent of these
organizations never receive core funding for day-to-day
necessities. Half of these organizations do not have funding for
turning on the lights, powering the Internet, much less hiring
staff. It is therefore no surprise that one in five of these
organizations regularly face the heartbreaking decision to close
their doors forever.
Aujourd’hui, permettez-moi d’ajouter que 48 p. 100 de ces
organisations n’ont jamais reçu de financement de base pour leurs
besoins quotidiens. La moitié d’entre elles n’ont pas d’argent pour
allumer les lumières, avoir une connexion Internet, et encore
moins pour embaucher du personnel. Il n’est donc pas surprenant
qu’une organisation sur cinq doive prendre la décision crève-cœur
de fermer ses portes pour toujours. Cela arrive régulièrement.
Yet these are the organizations that have the greatest positive
impact on women living in conflict. When they close their doors
due to a lack of funding, women cannot access valuable services.
These are the women that stand in the way of the side effects of
violent conflict in its many ugly forms: early forced marriage,
trafficking, rape and other forms of extreme violence. I implore
the committee to see the work that women do at the grassroots as
an essential part of brokering peace. I will illustrate this quickly
by drawing on examples of women’s organizations that we
currently support working in situations of conflict.
Ce sont pourtant des organisations qui ont un effet plus que
positif sur les femmes en situation de conflit. Quand le manque de
fonds les pousse à fermer leurs portes, les femmes n’ont plus accès
à des services importants. Ce sont ces femmes qui subissent les
contrecoups des conflits violents, et ils se présentent sous bien des
formes, toutes plus hideuses les unes que les autres : mariage forcé
précoce, traite de personnes, viol et autres formes de violence
extrême. J’implore le comité de voir le travail que font les femmes
sur le terrain comme un élément essentiel de la négociation
d’accords de paix. Je vais l’illustrer rapidement en vous donnant
des exemples d’organisations pour femmes que nous soutenons
actuellement et qui travaillent dans des situations de conflit.
During the 2014 protests in Ukraine, women’s organizations
were the ones staffing hotlines and volunteering at pop-up
medical clinics. It is also these women’s organizations that are
working hard to mitigate the rise in trafficking because 1 in
10 Ukrainians know of a woman who has been trafficked since
the onset of this conflict.
Durant les manifestations en Ukraine en 2014, les
organisations pour femmes étaient celles qui fournissaient
l’effectif des lignes d’aide et les bénévoles aux cliniques
médicales improvisées. Ce sont aussi ces organisations pour
femmes qui travaillent fort pour freiner la montée de la traite de
personnes, car en Ukraine, 1 personne sur 10 connaît une femme
qui en a été victime depuis le début du conflit.
In Uganda, an organization by the name of Akina Mama wa
Afrika that we support ensures that women in the Great Lakes
region are included in peace negotiation processes. This year, the
Pan-African Association reviewed the implementation of the
Kampala declaration, and 90 per cent of the organization’s
recommendations were taken up by the Ugandan government.
En Ouganda, une organisation que nous finançons, du nom
d’Akina Mama wa Afrika, veille à ce que les femmes de la région
des Grands Lacs soient incluses aux processus de négociation de
la paix. Cette année, l’Association panafricaine a révisé la mise en
œuvre de la Déclaration de Kampala, et 90 p. 100 des
recommandations de l’organisation ont été adoptées par le
gouvernement ougandais.
In the DRC, 1.7 million women in a 2011 survey reported
having been raped, most often by armed combatants. Midwives of
a South Kivu women’s organization noticed that a significant
number of pregnant women with whom they worked were
carrying the child of their rapist. Due to the midwives’ unique
Dans un sondage mené en 2011 en République démocratique
du Congo, 1,7 million de femmes ont dit avoir été victimes de viol,
la plupart du temps par des combattants armés. Les sages-femmes
d’une organisation pour femmes du Sud-Kivu ont rapporté qu’un
grand nombre des femmes enceintes qu’elles avaient suivies
18-6-2015
Droits de la personne
19:43
position within the community, this organization provided
midwives with training to deliver trauma services to these
pregnant rape survivors.
portaient l’enfant de leur violeur. Étant donné la position unique
occupée par les sages-femmes dans la collectivité, l’organisation
les a formées pour qu’elles puissent offrir des services de
traumatologie aux survivantes de viol enceintes.
In Colombia, sexual violence is widespread and has been used
by all sides in the conflict as a war strategy. A recent study
situated the impunity rate for these crimes at 98 per cent.
Women’s groups worked tirelessly over years to pass a new law
just last year that protects survivors and improves access to
justice.
En Colombie, la violence sexuelle est très répandue et elle a été
utilisée par toutes les parties au conflit comme stratégie de guerre.
Une étude récente indique que 98 p. 100 de ces crimes restent
impunis. Les groupes de femmes ont travaillé sans relâche
pendant des années pour faire adopter une loi qui protège les
survivantes et qui améliore l’accès à la justice. Cette nouvelle loi a
été adoptée l’an dernier seulement.
In spite of the fact that these organizations run wide and deep,
responding in ways few others can, they remain the most
underfunded asset in the international peace and security effort.
In April 2015, Canada announced an additional $5.5 million to
address sexual and gender-based violence in fragile and conflictaffected areas.
Même si elles bénéficient d’un appui considérable, et qu’elles
peuvent intervenir comme bien peu le peuvent, ces organisations
sont encore les ressources les plus sous-financées dans l’effort
international de paix et de sécurité. En avril 2015, le Canada a
annoncé 5,5 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre
la violence sexuelle et la violence fondée sur le genre dans les
régions fragiles et minées par les conflits.
As the most recent government progress report on Canada’s
action plan specifically states:
Je cite le dernier rapport d’étape du gouvernement sur le plan
d’action du Canada :
The empowerment of women, in decision-making
processes, including for conflict resolution, is central to
Canada’s foreign policy.
L’autonomisation des femmes au regard des processus
décisionnels, y compris en ce qui a trait à la résolution de
conflits, constitue le cœur de la politique étrangère du
Canada.
By all means, this is a welcome and necessary commitment.
However, of the organizations that receive that $5.5 million, not
one of them is a women’s rights organization. By that, I mean an
organization that is led by women working to support women and
girls and working at the community level. We cannot empower
women if we are unwilling to increase our direct support to
women and organizations in conflict zones.
Cet engagement est bien entendu le bienvenu et il s’agit d’un
engagement nécessaire. Cependant, parmi toutes les organisations
qui bénéficieront des 5,5 millions de dollars, pas une n’est une
organisation de défense des droits des femmes. Je veux dire par là
qu’on ne finance aucune organisation communautaire dirigée par
des femmes et qui travaille pour les femmes et les filles. On ne peut
pas favoriser l’autonomie des femmes en refusant d’accroître le
soutien direct aux femmes et aux organisations pour femmes dans
les zones de conflit.
I once again reiterate that Canada must commit in a
significant, long-term way to grassroots women’s organizations
as they are an essential asset in building lasting peace.
Je répète que le Canada doit prendre un engagement marqué et
à long terme envers les organisations de femmes locales, car elles
constituent un élément essentiel à l’établissement d’accords de
paix durables.
To conclude, I would also like to echo my support for the
Global Acceleration Instrument for Women’s Peace and Security,
which is on track to launch next fall. This instrument is just one of
the ways we can work together to put much-needed funding into
the hands of women in conflict areas. Propping up those
organizations will ensure higher success in brokering peace and
keeping people safe.
En conclusion, j’aimerais affirmer mon soutien à l’instrument
d’accélération mondial pour les femmes, la paix et la sécurité; les
choses vont bon train et l’instrument devrait être lancé en
automne prochain. Ce n’est là qu’une des manières dont nous
pouvons acheminer aux femmes dans les zones de conflit le
financement dont elles ont tellement besoin. Outiller ces
organisations, c’est assurer un processus de paix plus
prometteur et veiller à la sécurité de la population.
Thank you very much for your time and for listening to me
today. I would be very happy to answer senators’ questions.
Merci beaucoup de m’avoir accordé votre temps et votre
attention aujourd’hui. Je serais très heureuse de répondre aux
questions des sénateurs.
The Chair: Thank you very much.
La présidente : Merci beaucoup.
We will go to Senator Eaton first.
La sénatrice Eaton est notre première intervenante.
19:44
Human Rights
Senator Eaton: To the UN, do we have data or research
showing why women are not lining up to join the military? I
understand the roadblocks woman in the military would face,
which were explained to us by the previous panel, but do we
actually have data showing why women are not interested in
joining police, peacekeepers and the military? If so, what does it
show?
Ms. Valji: Thank you very much for that question.
18-6-2015
La sénatrice Eaton : Je m’adresse à l’ONU. Avons-nous des
données ou des recherches qui indiquent pourquoi les femmes ne
sont pas très nombreuses à se joindre aux forces militaires? Je
comprends que les femmes militaires se butent à divers obstacles,
qui nous ont été expliqués par les témoins précédents, mais avonsnous des données qui nous montrent vraiment pourquoi les
femmes sont moins enclines à joindre les rangs des forces
policières et militaires et des Casques bleus? Si oui, que nous
apprennent ces données?
Mme Valji : Merci beaucoup de poser la question.
When looking at why we have such low numbers of women
peacekeepers, we are finding that two obstacles feed into that. The
first is the concrete obstacles coming into the national military.
We find consistently that the numbers deployed from the national
military by troop-contributing countries to peacekeeping forces is
even lower than women’s participation in the national military.
We have a range of obstacles women face coming into the
national military, and many of these are institutional and cultural
challenges.
Quand on cherche à savoir pourquoi il y a si peu de femmes
dans les Casques bleus, on se rend compte que deux obstacles sont
à blâmer. Il y a premièrement les barrières concrètes associées au
service militaire national. On remarque qu’il y a encore moins de
femmes déployées par les pays qui contribuent aux efforts de
maintien de la paix que le taux de participation des femmes aux
services militaires nationaux. Les femmes doivent surmonter toute
une gamme d’obstacles pour se joindre aux services militaires
nationaux, et bon nombre d’entre eux sont de nature
institutionnelle et culturelle.
UN Women recently ran the first pilot two-week training of
female military officers. The idea of that was to create a pool of
women military officers who are ready for rapid deployment to
peacekeeping forces, to be used in particular for outreach to
communities for early warning information, gender crimes
investigations, et cetera. What we found as a side outcome of
this two-week training was that it built a community of practice
within the women who were sharing common experiences of
harassment, abuse, obstacles within their national militaries, as
well as obstacles within their deployment to peacekeeping.
ONU Femmes a récemment mené le premier projet-pilote de
formation des femmes militaires, qui s’est échelonné sur deux
semaines. L’idée était de créer un bassin de femmes militaires
prêtes à être déployées rapidement dans les forces de maintien de
la paix, notamment pour intervenir auprès de la communauté et
disséminer les informations d’alerte précoce, prendre part aux
enquêtes sur les crimes fondés sur le genre, et cetera. Cette
formation de deux semaines a en plus permis de bâtir une
communauté de pratique au sein des participantes, qui
échangeaient leurs expériences à propos du harcèlement, des
agressions, des obstacles à l’intérieur de leurs forces militaires
nationales, mais aussi des obstacles que posait leur déploiement à
la mission de maintien de la paix.
From the national militaries to the peacekeeping, we are
finding that some of the troop-contributing countries are stating
that it costs them more to deploy women, which I don’t believe
stands up to scrutiny. However, one of the issues they do raise is
that as the UN, we don’t have the facilities on the ground for
women’s deployment and that we don’t have separate facilities;
for example, safe spaces, sanitation facilities, et cetera.
Certains pays qui déploient des troupes aux efforts de maintien
de la paix affirment qu’il leur coûte plus cher de déployer des
femmes, mais je ne crois pas que cet argument tienne la route. Ils
ont cependant raison de souligner que les Nations Unies n’ont pas
d’installations distinctes sur le terrain pour faciliter le déploiement
des femmes; il n’y a pas, par exemple, d’espaces sécuritaires,
d’installations sanitaires, et ainsi de suite.
So one of the things that we are looking at is whether we can
create a financial incentive scheme to deploy more female
peacekeepers. We pay a premium for peacekeeping trips that
deploy quickly to dangerous areas and for gender balance that
then helps to address it within the national militaries as well.
Nous envisageons entre autres la possibilité d’offrir un
programme d’incitatifs monétaires afin qu’un plus grand
nombre de femmes militaires soient déployées aux missions de
maintien de la paix. Nous versons une prime aux missions de
maintien de la paix déployées rapidement vers des zones
dangereuses et aussi pour des effectifs assurant l’équilibre
hommes-femmes, et cela aide également au sein des forces
militaires nationales.
Senator Eaton: What I wanted to do was start at the beginning.
Are there as many women applying to enter the military and
police forces in countries like Canada and the U.S. as there are
men? Do we have data showing that?
La sénatrice Eaton : En fait, je voulais commencer au début. Y
a-t-il autant de femmes que d’hommes qui souhaitent entrer dans
l’armée et la police dans des pays comme le Canada et les ÉtatsUnis? Avons-nous des données à cet égard?
18-6-2015
Droits de la personne
19:45
Ms. Valji: I’m not aware of Canada’s specific data. We could
certainly have a look at that.
Mme Valji : Je ne connais pas les données pour le Canada.
Nous pourrions certainement nous informer sur ce sujet.
We do run into even the challenge of finding out what the
gender numbers are in national militaries globally. One of the
reasons for this is obviously countries are often not keen to
disclose this information for security purposes.
Il est également difficile de trouver des données sur le sexe pour
les armées nationales dans le reste du monde. C’est
manifestement, entre autres raisons, parce que les pays hésitent
souvent à divulguer ce renseignement pour des raisons de sécurité.
What I can tell you from experience is that the numbers are
certainly not the same. We find that a package of measures,
whether quotas, temporary special measures, institutional reform,
et cetera, is needed to increase these numbers. They are also
different by country and different by police and military.
Selon mon expérience, ces données ne sont certainement pas les
mêmes. Nous constatons qu’une série de mesures, qu’il s’agisse de
quotas, de mesures spéciales temporaires, de réformes
institutionnelles, et cetera, sont nécessaires pour accroître ces
nombres. Elles diffèrent également selon le pays, le service de
police et l’armée.
We have made significant gains in increasing the number of
women police officers, including in peacekeeping troops, but we
have not made the same gains in national militaries and
peacekeeping forces.
Nous avons augmenté de façon importante le nombre
d’agentes de police, y compris dans les troupes de maintien de
la paix, mais nous n’avons pas réussi à augmenter leur nombre
dans l’armée et les troupes de maintien de la paix de chaque pays.
Ms. Woroniuk: I think it’s a question for when the RCMP and
the Department of National Defence appear before you, but we
certainly know that the numbers of women currently serving in
these two institutions are very low and there has been only
marginal or slow progress. I assume it would be a reflection of the
number of people opting for those as career choices in the
beginning.
Mme Woroniuk : Je crois que c’est une question que vous
devriez poser aux représentants de la GRC et du ministère de la
Défense nationale lorsqu’ils comparaîtront devant le comité, mais
nous savons certainement que le nombre de femmes qui servent
actuellement dans ces deux institutions est très bas et que les
progrès sont faibles ou très lents. Je présume que cela reflète le
nombre de personnes qui choisissent ces carrières au départ.
Senator Eaton: I am trying to get to the root causes.
La sénatrice Eaton : J’essaie de déterminer les causes
fondamentales.
Ms. Woroniuk: As a young woman, if you saw the media
coverage of several recent events, including the Deschamps
inquiry and the incident that happened at the Royal Military
College that Senator Nancy Ruth referred to, if you saw that, it
would perhaps make you question a decision to enter the military
as a career.
Mme Woroniuk : Une jeune femme qui a suivi la couverture
médiatique de plusieurs événements récents, notamment l’enquête
Deschamps et l’incident qui s’est produit au Collège militaire
royal et auquel la sénatrice Nancy Ruth a fait référence, pourrait
remettre en question sa décision de faire carrière dans l’armée.
Senator Eaton: I could say, too, that every time we see a body
coming back from Afghanistan or a conflict zone, that might
discourage men from going into the military.
La sénatrice Eaton : J’aimerais ajouter que chaque cadavre que
nous voyons revenir de l’Afghanistan ou d’une zone de conflit
pourrait décourager les hommes d’entrer dans l’armée.
I hear your point. It would be interesting to have hard data as
to why women are not lining up to join the military.
Je comprends votre point de vue. Il serait intéressant d’avoir
des données sur les raisons pour lesquelles les femmes n’entrent
pas en grand nombre dans l’armée.
Thank you.
Merci.
Senator Ataullahjan: Ms. Valji, I feel that the situation for
women and girls cannot be changed without changing the
attitudes of men and boys. Are there any efforts being focused
on men and boys? The recent HeForShe campaign attracted a lot
of attention. However, we did see the reaction to some men to
Emma Watson. She faced a lot of criticism, and some of it was
quite brutal. Has that campaign had any relation to peace and
security efforts?
La sénatrice Ataullahjan : Madame Valji, j’ai l’impression que
la situation des femmes et des filles ne changera pas si on ne
modifie pas l’attitude des hommes et des garçons. A-t-on déployé
des efforts axés sur les hommes et les garçons? La récente
campagne du mouvement pour l’égalité des sexes HeForShe a
attiré beaucoup d’attention. Toutefois, nous avons observé la
réaction de certains hommes au discours d’Emma Watson. Elle a
reçu beaucoup de critiques, et certaines étaient assez violentes.
Cette campagne a-t-elle été liée aux efforts pour la paix et la
sécurité?
Ms. Valji: Yes. In fact, we are working closely with our
executive office to take forward the HeForShe campaign and
engage it with the work that we’re doing on peace and security.
Mme Valji : Oui. En fait, nous collaborons étroitement avec
notre bureau principal pour faire progresser la campagne
HeForShe et l’intégrer à nos travaux liés à la paix et à la
19:46
Human Rights
18-6-2015
Part of what we are looking at doing, as the HeForShe campaign
took off, is now trying to link this to concrete actions. In the area
of peace and security, we have created concrete actions targeted at
specific actors within peace and security, actions that they can
take forward in order to further the women, peace and security
agenda.
sécurité. Nous cherchons en partie à lier la campagne HeForShe à
des mesures concrètes. Nous avons créé des mesures concrètes
axées sur les principaux acteurs des efforts visant la paix et la
sécurité, et elles peuvent être mises en œuvre pour faire avancer les
programmes sur les femmes, la paix et la sécurité.
I think the engagement of men and boys is crucially important,
but I think you also point to something when you talk about the
reaction to Emma Watson’s speech. As I was saying, as the
international community was facing the rising threat of violent
extremism, we are less willing to look at a global rise of
conservativism and a backlash on women’s right. That is, in
fact, all connected. The focus out there detracts from the fact that
there is a rising conservativism that we see every year at the UN
during the Commission on the Status of Women, a push-back on
women and girl’s rights that I believe feeds into a global pushback on women and girl’s rights that we really need to guard
against. Yes to engaging men and boys, whether they be
government officials, whether they be diplomats, whether they
be peacekeepers. A huge area of our work as UN Women is
training of peacekeepers on pre-deployment training, on
prevention of sexual violence, and finding the individual
champions that are needed to take this agenda forward.
Je crois que l’engagement des hommes et des garçons est
extrêmement important, mais je pense que vous avez également
souligné un point notable lorsque vous avez parlé des réactions au
discours d’Emma Watson. Comme je le disais, pendant que la
communauté internationale est confrontée à la menace croissante
posée par l’extrémisme violent, nous sommes moins portés à
examiner la montée du conservatisme à l’échelle mondiale et la
régression des droits des femmes. Tous ces éléments sont liés les
uns aux autres, et l’attention est détournée de la montée du
conservatisme que nous observons chaque année à l’ONU
pendant la Commission de la condition de la femme, c’est-à-dire
une régression des droits des femmes et des filles qui, je crois,
s’intègre dans une régression des droits des femmes et des filles à
l’échelle mondiale contre laquelle nous devons vraiment nous
protéger. Oui, il faut obtenir la participation des hommes et des
garçons, qu’il s’agisse de représentants des gouvernements, de
diplomates ou de soldats du maintien de la paix. Les travaux
d’ONU Femmes sont grandement axés sur la formation préalable
au déploiement des soldats du maintien de la paix, sur la
prévention de la violence sexuelle, et sur la recherche de
champions individuels nécessaires pour faire progresser cette
initiative.
Senator Ataullahjan: Talking about peacekeepers, there have
been consistent allegations of sexual abuse in UN peacekeeping
operations, recently in transactions for food and medicine in
Haiti. How did this happen? Was 1325 or related resolutions on
women integrated into the peacekeepers’ training? What has been
done to resolve this? This culture of sexual abuse seems to follow
UN peacekeeping forces wherever they go.
La sénatrice Ataullahjan : En parlant des soldats du maintien
de la paix, il y a constamment des allégations d’agression sexuelle
pendant les activités de maintien de la paix de l’ONU, et
récemment dans des activités liées à la distribution de nourriture
et de médicaments en Haïti. Comment cela s’est-il produit? La
résolution 1325 ou des résolutions connexes sur les femmes ontelles été intégrées à la formation des soldats du maintien de la
paix? Qu’a-t-on fait pour résoudre ce problème? Cette culture de
l’agression sexuelle semble suivre les forces de maintien de la paix
de l’ONU partout où elles se rendent.
Mme Valji : Il faut se pencher sur plusieurs enjeux dans ce cas-
Ms. Valji: There are different issues to look at here.
ci.
With regard to CAR, those were not in fact UN troops at the
time. They were French troops. However, if you follow the
trajectory of what happened in terms of reporting, the slowness of
response, the inadequacy, et cetera, there is an effort to address
all of that currently with regard to investigations of MINUSCA
within the country, as well as the recent establishment of an
investigation by the Secretary-General into this issue as well.
En ce qui concerne la République centrafricaine, à l’époque, il
ne s’agissait pas de troupes de l’ONU, mais plutôt de troupes
françaises. Toutefois, si vous suivez la trajectoire des événements
signalés, des efforts ont été entrepris en ce qui concerne la lenteur
et le caractère inadéquat des réponses, et cetera, par l’entremise
des enquêtes menées par MINUSCA dans le pays, et récemment,
le secrétaire général a également lancé une enquête relativement à
cette affaire.
I believe these issues are much more structural. As you note, we
seem to see periodic scandals of this nature arising. I do think that
if we relate this back to the women, peace and security agenda, we
know that where we have increased numbers of female
peacekeepers, the incidents of SEA decrease. There is a different
Je crois que ces enjeux sont beaucoup plus structuraux.
Comme vous l’avez souligné, des scandales de cette nature
semblent se produire de façon récurrente. Je pense que nous
pouvons établir un lien avec les femmes, le maintien de la paix et
la sécurité, car nous savons que dans les endroits où il y a
18-6-2015
Droits de la personne
19:47
institutional culture that comes with women’s participation and
inclusion. I believe that is one of the concrete areas that we need
to be look at furthering.
davantage de femmes soldats du maintien de la paix, les incidents
liés à l’exploitation et à la violence sexuelle diminuent. Une
culture institutionnelle différente accompagne la participation et
l’intégration des femmes. Je crois que c’est l’un des domaines
concrets que nous devons envisager de faire progresser.
In terms of the investigation, the reporting and the response, all
of that requires a much more concerted reply. I know that
General Dallaire has been leading the Code Blue initiative, calling
for an international commission of inquiry into sexual
exploitation and abuse within the UN. This is one of the things
coming out of the global study on 1325: Whether it be revoking
immunity for peacekeepers or independent investigations, some
kind of mechanism needs to be much more consistently put in
place.
Toutefois, l’enquête, les signalements et les réponses sont des
éléments qui nécessitent une action beaucoup plus concertée. Je
sais que le général Dallaire a dirigé l’initiative Code bleu, et a
demandé la mise sur pied d’une commission internationale
d’enquête sur l’exploitation et la violence sexuelle au sein de
l’ONU. C’est l’un des éléments découlant de l’étude globale sur la
résolution 1325, à savoir qu’il faut mettre en place un mécanisme
beaucoup plus cohérent, par exemple l’élimination de l’immunité
dont profitent les soldats du maintien de la paix ou la tenue
d’enquêtes indépendantes.
Senator Andreychuk: I want to pursue the peacekeeping issues.
With Resolution 1325, we focus in on our own countries, and I
think that’s important, but the conflict zones and the women in
those areas are of prime concern to me.
La sénatrice Andreychuk : J’aimerais continuer de parler
des enjeux liés au maintien de la paix. Dans le cadre de la
résolution 1325, nous nous concentrons sur nos propres pays, et
je crois que c’est important, mais ce qui me préoccupe le plus, ce
sont les zones de conflit et les femmes qui se trouvent dans ces
régions.
There was a lot of talk in my work that women don’t get a
chance in some of these countries to be peacekeepers, and not just
because of all the other barriers for women in the military.
Peacekeepers get more money than the local national forces, and
therefore the lineup is usually from the traditional group and
women are less able to access the peacekeeping positions. You’ve
said they make a difference when they are there, and I tend to
agree, but some of the barriers are just financial. Can you
comment on that?
Dans le cadre de mon travail, on a beaucoup discuté du fait
que les femmes n’ont pas l’occasion, dans certains de ces pays,
d’être des soldats du maintien de la paix, et ce n’est pas seulement
attribuable à tous les autres obstacles auxquels sont confrontées
les femmes dans l’armée. En effet, les soldats du maintien de la
paix reçoivent plus d’argent que ceux des forces locales nationales;
les membres des groupes traditionnels en font donc davantage
partie et les femmes sont moins en mesure d’avoir accès aux
postes liés au maintien de la paix. Vous avez dit qu’elles font une
différence lorsqu’elles sont présentes, et j’ai tendance à être
d’accord avec vous, mais il y a tout simplement des obstacles sur
le plan financier. Pourriez-vous formuler des commentaires à cet
égard?
Secondly, I have been monitoring this but not that closely, but
we need to set up institutions and awareness in, say, Africa. The
Kofi Anan International Peacekeeping Training Centre, for
example, should have a strong component about women in
conflict zones, women who have lived through it being mentors
and being in charge of the programs, because they know better on
the ground what is necessary than we do from outside. Can you
comment on the progress of those?
Deuxièmement, j’ai suivi cette question, mais je ne l’ai pas
suivie de très près, et nous devons fonder des institutions et mener
des efforts de sensibilisation, notamment en Afrique. Le Centre
international Kofi Annan de formation au maintien de la paix
devrait offrir un solide volet sur les femmes dans les zones de
conflit, et des femmes qui ont vécu dans ces conditions devraient
diriger les programmes, car elles savent mieux que les intervenants
de l’extérieur ce qu’il est nécessaire d’accomplir sur le terrain.
Pourriez-vous formuler des commentaires sur les progrès
accomplis dans le cadre de ces initiatives?
Ms. Valji: Thank you, senator, for that question.
With regard to the financial obstacles, absolutely, and one of
the reasons for one of the concrete recommendations coming out
the global study that would really benefit from support of
countries such as Canada is the question of financial
incentivization for troop-contributing countries. As I was
saying, we pay a premium to troop-contributing countries who
are willing to deploy faster and to more dangerous areas,
Mme Valji : Merci, madame la sénatrice, d’avoir posé la
question.
En ce qui concerne les obstacles financiers, c’est absolument
vrai, et l’une des recommandations concrètes découlant de l’étude
globale qui pourraient vraiment profiter de l’appui de pays tel le
Canada est la question des mesures incitatives financières pour les
pays qui fournissent des troupes. Comme je le disais, nous payons
un surplus aux pays qui fournissent des troupes qui acceptent de
se déployer plus rapidement et dans des régions plus dangereuses,
19:48
Human Rights
18-6-2015
et cetera. We need a gender balance premium. We need to be
incentivizing troop-contributing countries to be increasing the
number of women that they are deploying. This would also create
internal incentives within their national militaries to bring more
women on board. That’s a concrete way in which we can move
forward to address the financial obstacles, but also through
financial incentives.
et cetera. Nous devons maintenant prévoir un surplus pour les
troupes qui présentent un équilibre entre les sexes. Nous devons
prendre des mesures qui incitent les pays qui fournissent des
troupes à accroître le nombre de femmes déployées. Cela
encouragera également les armées nationales à recruter
davantage de femmes. C’est un moyen concret de résoudre ces
obstacles financiers, mais également par l’entremise de mesures
incitatives financières.
With regard to the Kofi Annan International Peacekeeping
Training Centre, I absolutely agree. In the last two years, they
have had a relationship with the Office of the Special
Representative of the Secretary-General for Sexual Violence in
Conflict. The UN system has been working with them
systematically to do training of AU troops, in particular, on
prevention of sexual violence.
En ce qui concerne le Centre international Kofi Annan de
formation au maintien de la paix, je suis tout à fait d’accord. Au
cours des deux dernières années, ses représentants ont entretenu
des liens avec le Bureau de la représentante spéciale du secrétaire
général chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans les
conflits armés. Le système de l’ONU a collaboré
systématiquement avec ses représentants pour offrir de la
formation aux troupes de l’UA, en particulier, sur la prévention
en matière de violence sexuelle.
I absolutely agree with you; I think we need more women who
have been affected by conflict leading these. What we have found,
however, is that what increases our effectiveness is also
operational training. For example, the training that UN
Women does on prevention of sexual violence for peacekeepers
has been designed by General Patrick Cammaert, a former force
commander in Eastern DRC. It was designed by the military, for
the military. We find that it gets more traction and
implementation when it is designed in that way. But I think it
needs to be coupled with greater participation of women impacted
by conflict so that they can also see the consequences and the
objectives of the training at the end of the day.
Je suis tout à fait d’accord avec vous, et je pense qu’il faut
confier la direction de ces initiatives à davantage de femmes
touchées par ces conflits. Toutefois, nous avons découvert que la
formation opérationnelle nous permet également d’être plus
efficaces. Par exemple, la formation sur la prévention de la
violence sexuelle offerte par ONU Femmes aux soldats du
maintien de la paix a été conçue par le général Patrick
Cammaert, un ancien commandant de la force dans l’Est de la
RDC. Elle a été conçue par l’armée et pour l’armée. Nous avons
observé qu’elle est mieux suivie et mise en œuvre lorsqu’elle est
conçue de cette façon. Mais je crois que cette initiative doit être
combinée à une plus grande participation des femmes touchées
par les conflits, afin qu’elles puissent également observer les
conséquences et les objectifs de la formation au bout du compte.
The Chair: Ms. Valji, one of my concerns is young women
from the West going to conflict zones, and the focus becomes on
them rather than on the women in the conflict zones. You put it
very profoundly when you talked about women’s empowerment
being a concrete buffer to radicalization. Can you expand on that,
please?
La présidente : Madame Valji, je suis notamment préoccupée
par les jeunes femmes de l’Occident qui se rendent dans les zones
de conflit et qui deviennent le point d’intérêt plutôt que les
femmes dans les zones de conflit. Vous avez expliqué très
éloquemment la façon dont l’autonomisation des femmes
permet d’atténuer la radicalisation. Pourriez-vous approfondir
ce sujet?
Ms. Valji: Absolutely. We see that where there is greater
gender equality, the chances of radicalizing young men to an
agenda, which at its core is a push-back on women’s rights and
gender equality, becomes more difficult. It is more difficult to
have young men accepting an agenda of oppression if they have
been raised in communities with mothers and sisters and who are
educated with women in positions of political power. It is more
difficult to socialize young men into gender inequality when that
has not resonated with their own experiences. This is the first
thing. So when we talk about prevention, we need to be looking at
this as a concrete tool of prevention.
Mme Valji : Absolument. Nous constatons que dans les
endroits où il y a une plus grande égalité entre les sexes, il
devient plus difficile de radicaliser les jeunes hommes dans un
certain programme qui vise à faire régresser les droits des femmes
et l’égalité entre les sexes. Il est plus difficile de faire accepter à des
jeunes hommes un programme visant l’oppression s’ils ont été
élevés dans des collectivités où leur mère et leurs sœurs sont
éduquées, et où des femmes sont actives dans la sphère politique.
Mais il est plus difficile de socialiser des jeunes hommes à l’égalité
entre les sexes lorsque cela ne correspond pas à leur propre
expérience. C’est la première chose. Il s’ensuit que lorsque nous
parlons de prévention, nous devons envisager d’avoir recours à ce
type d’outil concret.
With regard to the focus on women’s recruitment from
Western countries, I absolutely agree. That is one the challenges
we have encountered. We are seeing an increased focus on
Je conviens tout à fait que l’attention est axée sur le
recrutement des femmes des pays occidentaux. C’est l’un des
défis auxquels nous avons fait face. Nous constatons qu’on se
18-6-2015
Droits de la personne
19:49
women, peace and security and violent extremism, but much of
that has been on the recruitment from Western countries, rather
than a focus on the work women’s organizations are doing on the
ground to prevent, address and demobilize radicalization.
concentre de plus en plus sur les femmes, la paix, et la sécurité et
l’extrémisme violent, mais on se concentre en grande partie sur le
recrutement dans les pays occidentaux, plutôt que de se
concentrer sur le travail accompli par les organisations de
femmes sur le terrain pour prévenir la radicalisation et lutter
contre ce fléau.
But we do need to be looking at what are the driving factors,
even for women’s recruitment from the West, because that links
to the underpinnings of this agenda. This is a gap area. The push
and pull factors for recruitment are different for different contexts
and groups. This is a gap area that UN Women is trying to look
into at the moment by conducting research into the push and pull
factors for recruitment. How do we integrate that into countermessaging? How do you also integrate that into de-radicalization
of returning fighters?
Mais nous devons cerner les facteurs déterminants, même en ce
qui concerne le recrutement des femmes en Occident, car ils
mènent aux éléments fondamentaux de ce programme. Cela
représente une lacune. Les facteurs d’attirance et de répulsion liés
au recrutement diffèrent selon les contextes et les groupes. C’est
une lacune qu’ONU Femmes tente actuellement de combler en
menant des recherches sur les facteurs d’attirance et de répulsion
liés au recrutement. Comment intégrons-nous cela dans les
messages de lutte contre la radicalisation? Et comment intègre-ton cela dans le processus de déradicalisation des soldats qui
reviennent au pays?
I think the focus, as my two colleagues have said, needs to be
much more on women’s organizations, women’s civil society, on
the ground, who are concretely doing this work on a daily basis,
whether it be addressing the trauma of sexual-violence survivors,
documentation, prevention, early warning — that is our first-line
response.
Comme mes deux collègues l’ont dit, je crois que nous devons
nous concentrer beaucoup plus sur les organisations de femmes, et
sur les femmes de la société civile qui sont sur le terrain et qui
accomplissent ce travail concrètement jour après jour, qu’il
s’agisse de traiter les traumatismes des survivants d’agression
sexuelle, de documenter les événements, de mettre en œuvre des
mesures de prévention, de sonner l’alarme — ce sont nos
intervenantes de première ligne.
I want to use this as an opportunity to mention and thank my
colleagues for mentioning the Global Acceleration Instrument on
Women, Peace and Security. This will be launched in
October alongside the high-level review of the Security Council.
This is an initiative of the Civil Society of the UN and member
states, jointly together. Canada has played a real leadership role
in helping to get to this point. This is about concretely getting the
resources, the expertise, the capacity to women’s organizations on
the ground as well as to supporting crisis countries for their
implementation of women, peace and security, particularly during
the funding gap that we see during crisis and conflict.
J’aimerais profiter de cette occasion pour remercier mes
collègues d’avoir mentionné le Global Acceleration Instrument
on Women Peace and Security. Cette initiative sera lancée en
octobre, en même temps que l’examen de haut niveau du Conseil
de sécurité. Il s’agit d’une initiative mixte de la société civile de
l’ONU et des États membres. Le Canada a joué un rôle de chef de
file dans les efforts liés à l’élaboration de cette initiative. Il s’agit
de fournir concrètement les ressources, l’expertise et la capacité
nécessaires aux organisations de femmes sur le terrain ainsi qu’un
soutien aux pays en crise en vue de la mise en œuvre de l’initiative
sur les femmes, la paix et la sécurité, surtout pendant les périodes
d’interruption du financement qui se produisent pendant les crises
et les conflits.
As I said, less than 2 per cent of our funding goes to addressing
women, peace and security in these crisis contexts, and this is
simply inadequate to allow us to achieve what we need to in terms
of sustainable peace.
Comme je l’ai dit, moins de 2 p. 100 de notre financement est
consacré aux initiatives sur les femmes, la paix et la sécurité dans
ces contextes de crise, et c’est tout simplement insuffisant pour
nous permettre de prendre les mesures nécessaires pour instaurer
une paix durable.
The Chair: Thank you very much.
To both Ms. Tomlin and Ms. Woroniuk, when you go to
conflict zones, Canada is very much respected. Canada’s work is
respected, and that continues. But my frustration is that the lead
we took on the women, peace and security agenda in 2000 and for
many years afterwards, we have lost our way. I am very frustrated
that we have not even had a national action plan since 2013, and
even that plan happened after a lot of push from this committee.
What is going on?
La présidente : Merci beaucoup.
Madame Tomlin et madame Woroniuk, le Canada est très
respecté dans les zones de conflit. On respecte le travail accompli
par le Canada là-bas, et c’est toujours le cas aujourd’hui.
Toutefois, ma frustration est causée par le fait que nous avons
perdu l’avance que nous avions prise dans le programme sur les
femmes, la paix et la sécurité en l’an 2000 et pendant les années
suivantes. Je trouve très frustrant que nous n’ayons même pas de
plan d’action national depuis 2013, et même ce plan a été établi
après de nombreuses demandes de notre comité. Que se passe-t-il?
19:50
Human Rights
Ms. Woroniuk: I agree.
18-6-2015
Mme Woroniuk : Je suis d’accord.
What we hear from our members as they travel around the
world is that Canada used to be a very important player on the
global stage and locally. We had programs that supported human
rights initiatives and women’s organizations in different countries
that were previously funded by CIDA. These were cut a number
of years ago. People are saying, ‘‘Where is Canada’s leadership
now?’’
Nos membres nous disent, lorsqu’ils voyagent autour du
monde, que le Canada était autrefois un acteur très important sur
la scène mondiale et locale. En effet, nous avions des programmes
autrefois financés par l’ACDI qui appuyaient les initiatives en
matière de droits de la personne et les organisations de femmes
dans différents pays. Ces subventions ont été supprimées il y a
quelques années. Les gens se demandent maintenant où est passé
le leadership du Canada.
We hear that this government has undertaken specific
initiatives in terms of action at the G8, as Ms. Tomlin
mentioned, the announcements on funding for prevention of
sexual violence and conflict, but there doesn’t seem to be a
coherent overall approach of leadership, resources and dedication
to women’s rights on this particular agenda.
Nous entendons dire que le gouvernement a entrepris des
initiatives concernant des mesures précises au G8, comme
Mme Tomlin l’a mentionné, c’est-à-dire qu’il a annoncé le
financement d’initiatives de prévention en matière de violence
sexuelle et de conflits, mais ce programme ne semble pas profiter
d’une approche globale et cohérente sur le leadership, les
ressources et la protection des droits des femmes.
In terms of the national action plan, it runs until 2016, but
what we’ve seen consistently is a major lag in reporting on the
plan. As I mentioned in our remarks, we are still waiting for the
report to cover the period up to March of 2014. So we don’t know
in a coherent fashion what’s been happening, what’s been
achieved and what the results are. As civil society organizations,
we are often left a bit in the dark about what is actually happening
and how the government is fulfilling the obligations that it set out
in the national action plan.
En ce qui concerne le plan d’action national, il sera exécuté
jusqu’en 2016, mais nous observons constamment des retards
importants en ce qui concerne la production de rapports à cet
égard. Comme je l’ai mentionné dans notre exposé, nous
attendons toujours le rapport sur la période couvrant jusqu’à
mars 2014. Nous ne savons donc pas, de façon cohérente, ce qui se
passe et ce qui a été accompli et nous ne connaissons pas les
résultats. En tant qu’organismes de la société civile, nous sommes
souvent tenus un peu à l’écart au sujet de ce qui se passe et de la
façon dont le gouvernement remplit ses obligations prises dans le
plan d’action national.
Ms. Tomlin: I would just add that for me it’s the notion of
watering the roots and building and strengthening women’s
movements. We have incredible longitudinal research that points
to the fact that women’s movements are the first line of defence
across a number of issues, peace and security being one. As
funding cycles become increasingly unpredictable, project
oriented and indicator focused, there is the nuance of the way
in which women’s organizations work, often times with a
community garden, a women’s shelter, an outreach program
and a men’s counselling session all under one roof that they may
not have the rent for. These kinds of things are happening all the
time. It’s very difficult sometimes for these organizations to play
the game that other international NGOs or bigger players can do;
and because of that, women’s organizations have really suffered.
That has ultimately, I believe, had a big impact in terms of how
that women’s movement is sustained over time. I would argue
that that is perhaps part of the problem now because it’s been so
crippled over the last decade.
Mme Tomlin : J’aimerais seulement ajouter qu’à mon avis, il
faut favoriser et renforcer les mouvements de femmes. Nous
avons d’incroyables recherches longitudinales qui laissent croire
que les mouvements de femmes représentent la première ligne de
défense à plusieurs égards, notamment lorsqu’il s’agit des efforts
pour la paix et la sécurité. À mesure que les cycles de financement
deviennent de plus en plus imprévisibles et axés sur les projets et
les indicateurs, il faut tenir compte de la façon dont les
organismes de femmes fonctionnent, souvent avec un jardin
communautaire, un centre d’hébergement de femmes, un
programme de sensibilisation et une séance de counseling pour
les hommes, le tout sous un même toit, même si ces organismes
n’ont parfois pas suffisamment d’argent pour payer le loyer. Cela
se produit tout le temps. Il est parfois très difficile, pour ces
organismes, d’agir comme d’autres ONG internationales ou
comme d’autres acteurs plus importants peuvent le faire; par
conséquent, ces organismes de femmes ont grandement souffert.
Au bout du compte, je crois que cela influe beaucoup sur la
durabilité d’un mouvement de femmes. Je ferais valoir que cela
fait peut-être partie du problème actuel, car c’est très difficile
depuis la dernière décennie.
The Chair: There is a great concern that we are not moving as
swiftly as we were on the women, peace and security agenda,
especially when it comes to national action plans. We have asked
DFATD and Defence to come and explain it to us, and hopefully
they will come soon. We will take your concerns to them.
La présidente. : Nous sommes grandement préoccupés par le
fait que nous n’agissons pas aussi rapidement qu’autrefois en ce
qui concerne l’initiative sur les femmes, la paix et la sécurité,
surtout lorsqu’il s’agit des plans d’action nationaux. Nous avons
demandé au MAECD et au ministère de la Défense nationale de
18-6-2015
Droits de la personne
19:51
nous expliquer ce qui se passe, et nous espérons que leurs
représentants comparaîtront bientôt. Nous leur communiquerons
vos préoccupations.
I want to thank Ms. Valji of UN Women, Ms. Woroniuk of
the Women’s Peace Network and Ms. Tomlin from MATCH
International. You always make yourselves available to make our
work flourish and so we greatly appreciate it. Thank you very
much.
(The committee adjourned.)
J’aimerais remercier Mme Valji, d’ONU Femmes,
Mme Woroniuk, du Réseau Les femmes, la paix et la sécurité,
et Mme Tomlin, de MATCH International. Vous vous libérez
toujours pour nous aider dans nos travaux, et nous vous en
sommes grandement reconnaissants. Merci beaucoup.
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, June 15, 2015
OTTAWA, le lundi 15 juin 2015
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 4:01 p.m. to monitor issues relating to human rights and,
inter alia, to review the machinery of government dealing with
Canada’s international and national human rights obligations
(topic: Corporate Social Responsibility (CSR) and garment
workers).
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne
se réunit aujourd’hui, à 16 h 1, pour surveiller l’évolution de
diverses questions ayant trait aux droits de la personne et pour
examiner, entre autres choses, les mécanismes du gouvernement
pour que le Canada respecte ses obligations nationales et
internationales en matière de droits de la personne (sujet : la
responsabilité sociale des entreprises (RSE) et les travailleurs du
textile).
Senator Mobina S. B. Jaffer (Chair) in the chair.
[English]
The Chair: Honourable senators, welcome to the thirty-sixth
meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights
during the Second Session of the Forty-first Parliament.
[Translation]
The Senate gave our committee the mandate to study issues
pertaining to human rights both in Canada and abroad.
[English]
La sénatrice Mobina S. B. Jaffer (présidente) occupe le fauteuil.
[Traduction]
La présidente : Honorables sénateurs, bienvenue à la 36e séance
du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, tenue
au cours de la deuxième session de la 41e législature.
[Français]
Le Sénat a confié à notre comité le mandat d’examiner les
questions liées aux droits de la personne au Canada et à
l’étranger.
[Traduction]
My name is Mobina Jaffer. I’m from British Columbia and am
the chair of the committee. I will now ask the rest of the members
of the committee to introduce themselves. I will start with the
deputy chair.
Je m’appelle Mobina Jaffer. Je viens de la ColombieBritannique, et je suis présidente du comité. Je vais maintenant
demander aux autres membres du comité de se présenter, en
commençant par la vice-présidente.
Senator Ataullahjan: Senator Salma Ataullahjan from Toronto,
Ontario.
La sénatrice Ataullahjan : Je suis la sénatrice Salma
Ataullahjan, de Toronto, en Ontario.
Senator Eaton: Nicky Eaton, Ontario.
Senator Andreychuk: Raynell Andreychuk, Saskatchewan.
La sénatrice Eaton : Nicky Eaton, de l’Ontario.
La sénatrice Andreychuk : Raynell Andreychuk, de la
Saskatchewan.
Senator Enverga: Tobias Enverga, Ontario.
Le sénateur Enverga : Tobias Enverga, de l’Ontario.
Senator Nancy Ruth: Nancy Ruth, Ontario.
La sénatrice Nancy Ruth : Nancy Ruth, de l’Ontario.
Senator Hubley: Elizabeth Hubley, Prince Edward Island.
The Chair: Thank you.
La sénatrice Hubley : Elizabeth Hubley, de l’Île-du-PrinceÉdouard.
La présidente : Merci.
19:52
Human Rights
Garment manufacturing is an important source of jobs in the
developing world. The great flexibility and decentralization of
that industry, together with its generalized recourse to
subcontracting, complicate the implementation of adequate
health and safety standards.
[Translation]
In many garment exporting countries, such as Bangladesh,
India and Vietnam, thousands of workers are exposed to
dangerous working conditions and other risks to their health
and safety.
[English]
On April 24, 2013, Rana Plaza, an eight-storey building
containing five garment factories, located on the outskirts of the
capital of Bangladesh, collapsed killing approximately
1,127 workers and injuring thousands. This was the worst of a
series of fatal accidents that took place in the garmentmanufacturing industry in Bangladesh. Among those, there
were also the November 2012 fire where over 100 people were
killed and the fire in October 2013 where there were seven dead
and 50 injured.
[Translation]
The private sector has human rights obligations, including in
workplaces. Employees from numerous communities around the
world have won the right to work in healthy and safe working
conditions, earn a living wage and have reasonable working
hours.
[English]
18-6-2015
La fabrication de vêtements est une importante source
d’emplois dans les pays en développement. La grande souplesse
et la décentralisation de cette industrie, conjuguées au recours
généralisé à la sous-traitance, compliquent la mise en œuvre de
normes adéquates en matière de santé et de sécurité.
[Français]
Dans bien des pays exportateurs de vêtements, comme le
Bangladesh, l’Inde et le Vietnam, des milliers de salariés sont
exposés à des conditions de travail dangereuses et à d’autres
risques pour leur santé et leur sécurité.
[Traduction]
Le 24 avril 2013, Rana Plaza, un immeuble de huit étages
occupé par cinq fabriques de vêtements et situé dans la périphérie
de la capitale du Bangladesh, a causé la mort d’environ
1 127 travailleurs et blessé des milliers de personnes en
s’effondrant. C’était le pire d’une série d’accidents fatals qui ont
touché l’industrie du vêtement du Bangladesh. Au nombre de ces
accidents, on retrouve également l’incendie de novembre 2012 qui
a entraîné la mort de plus de 100 personnes et l’incendie d’octobre
2013 qui a tué sept personnes et qui en a blessé 50 autres.
[Français]
Le secteur privé a des obligations en matière de droits de la
personne, notamment dans les milieux de travail. Des employés de
nombreuses collectivités dans le monde ont réussi à obtenir le
droit de travailler dans des conditions saines et sécuritaires, de
recevoir un salaire suffisant et d’avoir un horaire de travail
raisonnable.
[Traduction]
When workers’ health and safety are not protected, when
wages do not allow for a reasonable standard of living and when
workers are intimated for trying to unionize, a number of rights
recognized in the international human rights convention to which
Bangladesh is a party are engaged. Unfortunately, although
Bangladesh has ratified a number of international human rights
conventions, such as the ILO Labour Inspection Convention in
1972, the Rana Plaza collapse and other similar events
demonstrate that there is significant room for improvement in
implementation and that effective enforcement is still required.
Lorsque la santé et la sécurité des travailleurs ne sont pas
protégées, lorsque les salaires ne garantissent pas un niveau de vie
raisonnable et lorsque les travailleurs sont victimes d’intimidation
pour avoir tenté de former un syndicat, on porte atteinte à un
certain nombre de droits reconnus par la convention
internationale sur les droits de la personne, que le Bangladesh a
signée. Bien que le Bangladesh ait ratifié plusieurs conventions
internationales sur les droits de la personne, comme la
Convention de l’OIT sur l’inspection du travail en 1972,
l’effondrement du Rana Plaza et d’autres événements
semblables démontrent que leur mise en œuvre pourrait être
grandement améliorée et qu’il faut encore appliquer efficacement
les conventions.
We have a number of panels this afternoon to look at the issue
of the garment industry and corporate social responsibility. To
begin with, we have, from Gildan Activewear Inc., Peter
Iliopoulos, Senior Vice-President, Public and Corporate Affairs;
and, appearing via video conference from Loblaw Companies
Limited, Robert Chant, Senior Vice President, Corporate Affairs
and Communications.
Nous accueillons cet après-midi plusieurs groupes d’experts
afin d’étudier la question de l’industrie du vêtement et de la
responsabilité sociale des entreprises. Pour commencer, nous
recevons un représentant de Vêtements de sport Gildan : Peter
Iliopoulos, vice-président principal, Affaires publiques et
corporatives. Puis nous entendrons par vidéoconférence un
représentant des Compagnies Loblaw Limitée : Robert Chant,
vice-président principal, Affaires corporatives et communications.
We will start with Mr. Iliopoulos.
Nous allons commencer par entendre M. Iliopoulos.
18-6-2015
Droits de la personne
Peter Iliopoulos, Senior Vice-President, Public and Corporate
Affairs, Head Office, Gildan Activewear Inc.: Thank you, Madam
Chair. Let me begin by expressing my gratitude for allowing me to
appear today. We have tremendous respect for the work of your
committee, and we are particularly excited to contribute to your
examination on the rights of garment workers and corporate
social responsibility.
[Translation]
I am the Senior Vice-President of Public and Corporate Affairs
at Gildan.
[English]
19:53
Peter Iliopoulos, vice-président principal, Affaires publiques et
corporatives, siège social, Vêtements de sport Gildan : Merci,
madame la présidente. Permettez-moi de commencer par vous
remercier de m’avoir autorisé à comparaître aujourd’hui. Nous
avons beaucoup de respect pour le travail que votre comité
accomplit, et nous nous réjouissons particulièrement de pouvoir
contribuer à votre étude sur les droits des travailleurs du vêtement
et sur la responsabilité sociale des entreprises.
[Français]
Je suis vice-président principal des affaires publiques et
corporatives chez Gildan.
[Traduction]
I would like to start by giving you a brief overview of Gildan’s
operations. We are a vertically integrated apparel manufacturer
with our manufacturing hubs located in Central America and the
Caribbean basin. In 2010, we acquired a vertically integrated
manufacturing facility in Bangladesh. As part of our vertical
integration, we also conduct yarn-spinning operations in the
United States. We employ approximately 42,000 people. We pride
ourselves on our ability to deliver a high-value, quality product to
our customers, leveraged against our leading social and
environmental practices and Canadian corporate governance
profile.
J’aimerais commencer par vous donner un bref aperçu des
activités de Gildan. Gildan est un fabricant de vêtements intégré
verticalement dont les centres manufacturiers sont situés en
Amérique centrale et dans le bassin des Caraïbes. En 2010,
nous avons acheté une installation manufacturière intégrée
verticalement au Bangladesh. Dans le cadre de notre intégration
verticale, nous menons également des activités de filature aux
États-Unis. Nous employons environ 42 000 personnes. Nous
sommes fiers d’être en mesure de livrer des produits de grande
valeur et de grande qualité à nos clients, tout en appliquant nos
pratiques sociales et environnementales de premier plan et en
maintenant le profil de gouvernance des entreprises canadiennes.
We service our product into two primary markets. We sell Tshirts, sports shirts and fleece in the wholesale distribution
channel where we currently have the largest market share in
Canada and the United States. We have also expanded our
product line to include socks, hosiery and underwear in order to
provide a full product line offering in the retail channel in
addition to our activewear product line.
Nous commercialisons nos produits dans deux principaux
marchés. Nous vendons des T-shirts, des chemises de sport et des
vêtements en molleton dans le réseau de distribution de gros, où
nous détenons en ce moment la plus importante part du marché
au Canada et aux États-Unis. Nous avons également élargi notre
gamme de produits en ajoutant à nos vêtements de sport des
chaussettes et des sous-vêtements afin d’offrir une gamme plus
complète au réseau de vente au détail.
With respect to our operations in Honduras, which represent
the most significant piece of our overall manufacturing
production, we operate four textile manufacturing facilities, two
integrated sock manufacturing facilities and four sewing facilities,
which are responsible for producing our activewear and
underwear products. In total, this represents a capital
investment of approximately $500 million in the last five years
alone. We have over 26,000 employees in the country.
En ce qui a trait à nos activités au Honduras, qui représentent
le plus gros volet de notre production manufacturière globale,
nous exploitons quatre installations de fabrication de textiles,
deux installations intégrées de fabrication de chaussettes et quatre
ateliers de couture, lesquels sont chargés de produire nos
vêtements de sport et nos sous-vêtements. Ces installations
représentent environ 500 millions de dollars de dépenses en
immobilisations au cours des cinq dernières années seulement.
Nous employons plus de 26 000 travailleurs dans ce pays.
Our vertically integrated manufacturing facility in Bangladesh
employs over 2,000 people and represents a very small portion of
our overall production capacity. Since our acquisition of this
facility in 2010, we have invested over $1 million in building
enhancements, the installation of a waste water treatment plant
and an upgrade of equipment. The purpose of this facility is to
service our business in Europe and Asia.
Au Bangladesh, notre usine de fabrication intégrée
verticalement emploie plus de 2 000 personnes et représente une
très petite part de l’ensemble de notre capacité de production.
Depuis que nous avons acheté cette installation en 2010, nous
avons investi plus d’un million de dollars pour procéder à des
améliorations du bâtiment, installer une usine de traitement des
eaux usées et mettre à jour les équipements. Cette installation vise
à soutenir nos activités en Europe et en Asie.
19:54
Human Rights
18-6-2015
Our corporate social responsibility program, the Gildan
Genuine Stewardship commitment, is based on four core pillars:
people, community, environment and product. CSR represents a
key component of our overall business strategy, and we believe
our practices position us as a leader in the industry.
Notre programme de responsabilité sociale d’entreprise,
l’engagement véritable de Gildan pour l’intendance, ou Gildan
Genuine Stewardship, est basé sur quatre piliers : les gens,
l’environnement, la communauté et le produit. La RSE représente
un élément clé de notre stratégie d’entreprise globale, et nous
pensons que nos pratiques nous placent en tête de l’industrie.
Our social compliance program includes a strict code of
conduct based on internationally recognized standards and
encompasses a thorough audit process that includes the
conducting of both independent and third-party audits at each
of our facilities on a regular basis. Our labour compliance
program has been accredited by the Fair Labor Association since
2007. In fact, Gildan was the first vertically integrated apparel
manufacturer to be accredited by the FLA.
Notre programme de conformité sociale inclut un code de
conduite strict basé sur des normes reconnues à l’échelle
internationale et un processus de vérification très rigoureux,
notamment par le biais de vérifications régulières indépendantes
et de vérifications périodiques par un tiers dans chacune de nos
installations. Notre programme de conformité aux normes de
travail est accrédité par la Fair Labor Association depuis 2007. En
fait, Gildan était le premier fabricant de vêtements intégré
verticalement à être accrédité par la FLA.
In addition, each of our sewing facilities has been certified by
the Worldwide Responsible Accredited Production program.
Since 2009, Gildan has been annually recognized by JantziMacleans as one of Canada’s 50 best corporate citizens. Gildan is
also the only North American company in the textiles, apparel
and luxury goods industry to be listed on the Dow Jones
Sustainability World Index, which is among the most prestigious
benchmarks for corporate sustainability worldwide.
En outre, chacune de nos installations de couture a été certifiée
par le programme Worldwide Responsible Accredited
Production. Depuis 2009, Gildan est reconnu annuellement par
Jantzi-Macleans comme étant l’une des 50 meilleures entreprises
citoyennes au Canada. Gildan est aussi la seule entreprise nordaméricaine du secteur du textile, du vêtement et des produits de
luxe à être inscrite dans le Dow Jones Sustainability World Index,
qui fait partie des points de référence les plus prestigieux de la
planète en matière de viabilité des entreprises.
The working conditions we offer our employees at our
worldwide locations include competitive compensation that is
significantly above the industry minimum wage, 24-hour access to
on-site medical clinics staffed with 27 doctors and 55 nurses, free
transportation to and from work, and subsidized meals. We are
currently in the process of implementing a best-in-class
ergonomics program in collaboration with the Ergonomics
Center of North Carolina, which we expect to first complete in
Honduras and subsequently at each of our other locations.
Les conditions de travail que nous offrons à nos employés dans
nos installations du monde entier incluent une rémunération
concurrentielle bien supérieure au salaire minimum de l’industrie,
un accès à des cliniques médicales sur place où travaillent
27 médecins et 55 infirmiers à raison de 24 heures par jour, un
service de navette gratuit pour nos employés et des repas
subventionnés. Nous sommes actuellement en train de mettre en
œuvre l’un des meilleurs programmes d’ergonomie en
collaboration avec l’Ergonomics Center de la Caroline du Nord,
qui devrait voir le jour en premier au Honduras, pour ensuite être
mis en œuvre dans chacune de nos autres installations.
We have also inaugurated three schools for back health in
Honduras. Most recently, we have developed a school for
shoulder health at one of our sewing facilities in Honduras.
Nous avons également inauguré trois écoles pour la santé du
dos au Honduras et, tout récemment, nous avons établi une école
pour la santé des épaules à l’un de nos ateliers de couture du
Honduras.
To better integrate our production processes and corporate
social responsibility practices in Bangladesh, we have leveraged
our more than 10 years of experience in Honduras and sent a
team of skilled managers in order to train the local management
team and help them integrate the Gildan standard.
Pour mieux intégrer nos processus de production et nos
pratiques de responsabilité sociale d’entreprise au Bangladesh,
nous avons fait appel à plus de 10 années d’expérience au
Honduras et avons envoyé une équipe de gestionnaires qualifiés
pour former l’équipe de gestion locale et l’aider à intégrer la
norme Gildan.
Among the many safety measures implemented in Bangladesh
since the acquisition are the reinforcement of the building
structure following the recommendations of an independent,
U.S.-based engineering firm, annual audits by third-party safety
and loss-prevention specialists, external fire escapes, and regular
inspections and fire drills. The facility has an emergency response
Parmi les nombreuses mesures de sécurité mises en œuvre au
Bangladesh depuis notre acquisition, citons le renforcement de
l’ossature du bâtiment à la suite des recommandations d’un
cabinet d’ingénieurs indépendants établi aux États-Unis; des
vérifications annuelles menées par des tiers spécialisés en sécurité
et en prévention des pertes; l’installation d’issues de secours
18-6-2015
Droits de la personne
19:55
brigade team comprised of 240 employees. One recent fire drill at
our facility resulted in the successful evacuation of four floors of
employees in a span of six minutes.
externes; et des inspections régulières ainsi que des exercices
d’évacuation en cas d’incendie. L’installation est dotée d’une
équipe d’intervention d’urgence composée de 240 employés. Dans
le cadre d’un exercice récent d’évacuation en cas d’incendie, nos
employés, qui sont répartis sur quatre étages, ont réussi à évacuer
le bâtiment en six minutes.
In 2014 alone, over 1,700 hours were spent on training related
to health and safety. In July 2014, our facility in Bangladesh also
underwent a structural, electrical and fire-safety inspection by the
Accord on Fire and Building Safety in Bangladesh program.
En 2014 seulement, plus de 1 700 heures ont été passées à offrir
de la formation en santé et sécurité. En juillet 2014, la structure, le
câblage électrique et les mécanismes de sécurité en cas d’incendie
de notre installation du Bangladesh ont également fait l’objet
d’inspections menées dans le cadre du programme de l’Accord sur
la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh.
Overall, the working conditions we offer our employees, which
represent our greatest asset and success factor, are of paramount
importance to us.
Dans l’ensemble, les conditions de travail que nous offrons à
nos employés, qui représentent notre plus précieux atout et
facteur de réussite, sont d’une importance primordiale pour nous.
This has been a brief summary of Gildan and our CSR
practices.
J’ai résumé brièvement les activités de Gildan et nos pratiques
de RSE.
I would like to conclude by addressing the role Canada can
play going forward, in particular with the 2013 Rana Plaza
tragedy in Bangladesh. First, we believe Canada can play a
leading role in corporate social responsibility by establishing
mechanisms to ensure that all products entering the commerce of
Canada originate from manufacturers that adhere to
internationally recognized labour standards and health and
safety practices in working conditions. In fact, Canada has
previously included labour standards in free trade agreements.
J’aimerais conclure en parlant du rôle que le Canada pourrait
jouer dans les années à venir, compte tenu en particulier de la
tragédie de 2013 à l’immeuble Rana Plaza au Bangladesh.
Premièrement, nous croyons que le Canada peut jouer un rôle
de chef de file dans le domaine de la responsabilité sociale des
entreprises en établissant des mécanismes qui garantissent que
tous les produits qui entrent au Canada à des fins commerciales
proviennent de fabricants qui respectent les normes du travail
internationalement reconnues et qui adoptent des pratiques de
santé et de sécurité au chapitre des conditions de travail. En fait,
le Canada a dans le passé intégré le respect des normes du travail
dans des accords de libre-échange.
Specifically, we ask that the Canadian government reconsider
the provision of duty-free access from Bangladesh under the Least
Developed Country Tariff, the LDCT, as a means of pressuring
manufacturers in Bangladesh to improve safety standards in the
country to an acceptable level and to ensure that the country is in
full compliance with internationally recognized labour standards.
En particulier, nous demandons que le gouvernement canadien
se penche de nouveau sur l’accès en franchise de droits accordé au
Bangladesh en vertu du Tarif des pays les moins développés, ou
du TPMD. Le retrait de cet avantage pourrait être une façon
d’exercer des pressions sur les manufacturiers du Bangladesh afin
de les inciter à améliorer les normes de sécurité en vigueur dans
leur pays jusqu’à ce qu’elles atteignent un niveau acceptable, ainsi
que de garantir que le pays respecte complètement les normes du
travail reconnues à l’échelle internationale.
Take into consideration that Bangladesh is the second-largest
exporter of apparel to Canada after China and remains by far the
largest LDCT beneficiary with annual imports into Canada in
excess of $1 billion. Furthermore, Bangladesh is the fourth-largest
supplier of apparel by volume to the U.S., despite the fact that
unlike in Canada, they do not benefit from duty-free access to the
U.S. The United States has also recently suspended Bangladesh
from its GSP program for its poor track record with respect to
labour practices. In addition, local manufacturers benefit from
government export subsidies relating to power costs and yarn
purchases.
Il faut tenir compte du fait que le Bangladesh est le deuxième
pays exportateur de vêtements au Canada en importance après la
Chine et qu’avec ses exportations vers le Canada de l’ordre de
plus d’un milliard de dollars, il demeure de loin le plus important
bénéficiaire du TPMD. En outre, sur le plan du volume, le
Bangladesh est le quatrième fournisseur de vêtements aux ÉtatsUnis en importance, en dépit du fait qu’il ne bénéficie pas là-bas
du même accès en franchise de droits dont il jouit au Canada. Les
États-Unis ont également retiré le Bangladesh de leur programme
lié au Système généralisé de préférences, en raison de son bilan
déplorable au chapitre des pratiques de travail. De plus, les
fabricants locaux bénéficient de subventions gouvernementales à
l’exportation liées aux coûts d’électricité et aux achats de fils.
19:56
Human Rights
18-6-2015
All of the data supports the hypothesis that Bangladesh is the
lowest-cost global supplier of apparel, and the imposition of
strong labour and safety standards will not hurt the
competitiveness of the country as they can still compete
effectively without tariff concessions.
L’ensemble des données appuie l’hypothèse selon laquelle le
Bangladesh est le fournisseur mondial de vêtements ayant les
coûts les plus bas, et l’imposition de normes rigoureuses en
matière de travail et de sécurité ne nuira pas à la compétitivité du
pays, puisque, même en l’absence de concessions tarifaires, il est
capable de soutenir efficacement la concurrence.
In closing, I would like to thank the committee for this
invitation, and I look forward to your questions.
J’aimerais conclure en remerciant le comité de son invitation.
Je me réjouis à la perspective de répondre à vos questions.
The Chair: Thank you for your presentation. I would also like
to recognize that you have always been open to working with us,
and I appreciate it.
La présidente : Je vous remercie de votre exposé. J’aimerais
également mentionner que vous êtes toujours disposés à travailler
avec nous, ce dont je vous suis reconnaissante.
We are now going to hear from Robert Chant.
Nous allons maintenant entendre Robert Chant.
Robert Chant, Senior Vice President, Corporate Affairs and
Communications, Loblaw Companies Limited: Madam Chair and
committee members, thank you for the opportunity to appear
here today and to update the committee and Canadians on the
ongoing progress we are making in improving sourcing standards
for the apparel industry in developing economies. The Rana Plaza
collapse in Bangladesh on April 24, 2013, was a tragic event that
deeply shook us and the global garment industry as a whole.
Robert Chant, vice-président principal, Affaires corporatives et
communications, Compagnies Loblaw limitée : Madame la
présidente, chers membres du comité, je vous remercie de
l’occasion qui m’est donnée aujourd’hui de comparaître et de
communiquer au comité et aux Canadiens les progrès que nous
réalisons continuellement en vue d’améliorer les normes des
fournisseurs de l’industrie du vêtement établis dans des pays en
développement. L’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, qui a
eu lieu au Bangladesh le 24 avril 2013, est un événement tragique
qui nous a ébranlés profondément, tout comme il a ébranlé
l’industrie mondiale du vêtement.
Reports say there were 28 global apparel brands producing in
Rana Plaza. On behalf of our entire Loblaw organization, I want
to once again extend our thoughts and prayers to the victims and
families who lost loved ones in the building complex and to those
injured who continue to recover.
Les rapports indiquent que 28 marques mondiales de
vêtements étaient produites dans l’immeuble Rana Plaza. Au
nom de l’ensemble de l’organisation Loblaw, je tiens une fois de
plus à offrir nos pensées et nos prières aux victimes et aux familles
qui ont perdu des êtres chers dans ce complexe, ainsi qu’aux
blessés qui continuent de se rétablir.
I want to once again acknowledge and thank the Canadian
government, former high commissioner Heather Cruden and the
officials at the Department of Foreign Affairs, Trade and
Development for all the work they have done and for their
continued support of relief efforts.
Je souhaite encore une fois reconnaître et remercier le
gouvernement canadien, l’ancienne haute-commissaire Heather
Cruden et les représentants officiels du ministère des Affaires
étrangères, du Commerce et du Développement pour tout le
travail qu’ils ont accompli et pour l’aide qu’ils continuent
d’apporter aux efforts de secours.
The tragedy in Bangladesh launched a global conversation on
building and safety standards in apparel factories and the ethical
sourcing obligation of companies that do business with these
vendors and factories. While we have been widely acknowledged
as a leading voice in this conversation, we understand that actions
speak louder than words. Today, I want to outline the actions
Loblaw has taken to date.
La tragédie du Bangladesh a lancé à l’échelle mondiale une
conversation sur les normes de construction et de sécurité dans les
fabriques de vêtements et sur les obligations morales des
entreprises qui font affaire avec ces fournisseurs et ces
fabriques. Bien qu’il soit généralement reconnu que Loblaw
joue un rôle de chef de file dans cette conversation, nous
comprenons que les gestes sont plus éloquents que les paroles.
Aujourd’hui, je tiens donc à décrire les mesures que Loblaw a
prises jusqu’à maintenant.
Two years ago in the wake of the collapse, Loblaw’s executive
chairman and president, Galen Weston, committed Loblaw to
strong action — a course of action rooted in the belief that the
garment industry with well-built, safe buildings could indeed be a
force for good.
Il y a deux ans, à la suite de l’effondrement, le président
exécutif de Loblaw, Galen Weston, a promis que l’entreprise
prendrait des mesures énergiques, des mesures fondées sur la
croyance qu’avec des bâtiments bien construits et sécuritaires,
l’industrie du vêtement pourrait effectivement être une force du
bien.
18-6-2015
Droits de la personne
19:57
Loblaw’s immediate commitments after the tragedy were to
help bring about improvements in vendor building standards and
audits, to place Canadians on the ground to oversee vendors, to
support community projects and provide short-term and longterm compensation to the victims and their families.
Immédiatement après la tragédie, Loblaw s’est engagée à
contribuer à l’amélioration des normes de construction des
fournisseurs et des vérifications dont ils font l’objet, à envoyer
des Canadiens sur place afin de superviser les fournisseurs, à
appuyer des projets communautaires et à indemniser à long terme
et à court terme les victimes et leur famille.
These continue to be our commitments, and we are making
meaningful progress in fulfilling them. We believed then, as we do
today, that we could do more good by sourcing products from
Bangladesh than by exiting and choosing to source from other
countries, as some companies have done in the wake of the
collapse.
Voilà les engagements que nous continuons d’honorer, et nous
progressons considérablement dans la satisfaction de ces
engagements. Nous étions d’avis à l’époque, comme nous le
sommes encore maintenant, que nous pourrions avoir un effet
plus positif en continuant de commander des produits du
Bangladesh qu’en abandonnant ces fournisseurs et en
choisissant d’acheter nos produits dans d’autres pays, comme
certaines entreprises l’ont fait à la suite de l’effondrement.
Let me start by addressing the improvements in vendor
building standards and audits. Loblaw was one of the earliest
signatories of the Accord on Fire and Building Safety in
Bangladesh and the only Canadian company to do so for many
months. Now one more Canadian company has signed the
accord, and there are over 200 signatories internationally.
Permettez-moi de commencer par décrire les améliorations qui
ont été apportées aux normes de construction des fournisseurs et
aux vérifications dont ils font l’objet. Loblaw a été l’une des
premières entreprises à signer l’Accord sur la sécurité incendie et
la sécurité des bâtiments au Bangladesh et est demeurée la seule
entreprise canadienne à l’avoir fait pendant de nombreux mois.
Maintenant, une autre entreprise canadienne a signé l’accord, et il
y a plus de 200 signataires à l’échelle internationale.
This legally binding five-year agreement is a comprehensive
initiative to improve working conditions in the Bangladeshi
garment industry. It includes independent safety inspections at
factories and provides transparency and accountability with
public reporting results, which are posted online and released to
international media. When safety issues are identified, vendors
have to commit to addressing the deficiencies while helping ensure
the factory workers are paid their salaries, thereby protecting
workers from income interruption.
Cet accord quinquennal juridiquement contraignant est une
initiative globale visant à améliorer les conditions de travail dans
l’industrie du vêtement. Elle prévoit des inspections de sécurité
indépendantes dans les fabriques et assure la transparence et la
reddition de comptes en exigeant la publication des résultats des
inspections en ligne et dans les médias internationaux. Lorsque
des problèmes de sécurité sont signalés, les fournisseurs doivent
s’engager à combler ces lacunes, tout en protégeant les travailleurs
contre une interruption de revenu en veillant à ce qu’ils touchent
leurs salaires.
Loblaw has completed audits of all the factories that our
approved vendors use in Bangladesh. We have removed those that
did not meet standards from our approved vendor list, and we
continue to support those who did or those who have undertaken
the necessary remedial actions that we identified through those
audits. To date, close to 1,500 factories have been inspected in
Bangladesh pursuant to the accord. As of May 20, 2015,
remediated factories are coming back online and are being put
back into production. Loblaw continues to be committed to the
accord.
Loblaw a fini de vérifier toutes les fabriques que nos
fournisseurs approuvés utilisent au Bangladesh. Nous avons
retiré de notre liste de fournisseurs approuvés ceux qui faisaient
appel à des fabriques non conformes aux normes établies. Nous
continuons d’appuyer les fournisseurs qui respectent ces normes,
ainsi que ceux qui ont pris les mesures requises pour corriger les
problèmes que les vérifications nous ont permis de signaler.
Jusqu’à maintenant, près de 1 500 fabriques ont été inspectées au
Bangladesh, conformément à l’accord. Depuis le 20 mai 2015, des
fabriques ayant remédié à leurs problèmes reprennent leurs
activités et recommencent à produire des vêtements pour nous.
Loblaw est toujours résolu à appuyer l’accord.
We’ve also extended building, fire and safety assessments to
factories that our approved vendors used in Thailand, Cambodia,
Sri Lanka, Vietnam and India.
Nous avons également étendu les évaluations des normes de
construction et de sécurité-incendie aux fabriques que nos
fournisseurs approuvés utilisent en Thaïlande, au Cambodge, au
Sri Lanka, au Vietnam et en Inde.
New and current factories are only approved for use by a
vendor once an audit is complete, and not before. If a vendor’s
factory does not pass the audit, then the vendor is given an
Un fournisseur ne peut faire appel à une nouvelle fabrique ou
une fabrique déjà en service tant qu’elle n’a pas été approuvée à la
suite d’une vérification. Si, après la vérification, la fabrique d’un
19:58
Human Rights
18-6-2015
opportunity to comply, failing which the vendor may not use that
factory to supply Loblaw.
fournisseur n’est pas approuvée, nous lui donnons l’occasion de se
conformer aux normes, à défaut de quoi le fournisseur ne peut se
servir de cette usine pour confectionner des vêtements pour
Loblaw.
One issue identified in carrying out the audit process is the need
for improved fire and safety training at the factory level for
managers and employees. Loblaw now funds this training
wherever audits identify a need. We continue to monitor and
evaluate all of our offshore suppliers using the internationally
recognized Workplace Conditions Assessment and our own
supplier code of conduct. At every port of origin where Loblaw
procures goods outside of Canada and the U.S., our global
logistics provider checks the supplier’s name and factory against
the Loblaw list of approved suppliers.
L’un des problèmes que le processus de vérification a révélés est
lié à la nécessité d’améliorer la formation en matière de sécuritéincendie des gestionnaires et des employés des fabriques. Loblaw
finance maintenant cette formation chaque fois que les
vérifications signalent un besoin à cet égard. Nous continuons
de surveiller et d’évaluer tous nos fournisseurs étrangers à l’aide
du programme Workplace Conditions Assessment qui est
reconnu à l’échelle mondiale et de notre propre code de
conduite des fournisseurs. À chaque port d’origine, à l’extérieur
du Canada et des États-Unis, où Loblaw se procure des
marchandises, notre fournisseur de logistique pour échanges
internationaux s’assure que le nom du fournisseur et la fabrique
figurent sur la liste des fournisseurs approuvés de Loblaw.
One of challenges in global sourcing is ensuring that these
standards are continually met and maintained. As such, we
committed in 2013 to having Canadian boots on the ground to
ensure we are connected to what is happening in these countries.
Loblaw’s supply chain has formed a compliance team to work on
the ground in the regions where much of the production of our
international vendors occurs. These are regions such as Vietnam,
Cambodia and Bangladesh.
Un des défis de l’approvisionnement sur le marché
international est de veiller à ce que ces normes soient
constamment respectées et appliquées. En conséquence, nous
nous sommes engagés en 2013 à avoir des Canadiens sur place
pour faire en sorte que nous soyons au fait de ce qui se passe dans
ces pays. La chaîne d’approvisionnement de Loblaw a formé une
équipe de conformité pour travailler sur le terrain dans les régions
où sont produits la plupart des biens de nos fournisseurs à
l’étranger. Il s’agit de régions comme le Vietnam, le Cambodge et
le Bangladesh.
Under the direction of our senior director of supply chain
located in Hong Kong, China, we have placed six managers on
the ground in the region, and we are supplementing those six with
additional production compliance team of 20 personnel — a total
of 26 employees on the ground in the region.
Sous la direction de notre directeur principal de la chaîne
d’approvisionnement située à Hong Kong, en Chine, nous avons
placé six gestionnaires sur le terrain dans la région que nous
appuyons en leur affectant une équipe supplémentaire de
conformité de la production de 20 membres — il y a donc
26 employés au total sur place dans la région.
Aklima Nipa, the manager of Loblaw offshore compliance in
Bangladesh, explains:
Aklima Nipa, gestionnaire de la conformité à l’étranger de
Loblaw au Bangladesh, donne l’explication suivante :
I work with local factories in Bangladesh once their building
fire and safety assessments are completed. I review the
findings and help ensure that remediation plans are
compliant.
Je travaille avec des usines locales au Bangladesh une fois
qu’elles ont terminé les évaluations de la protection contre
les incendies et de la sécurité de leurs immeubles. J’examine
les observations et je fais en sorte que les plans correctifs
soient conformes aux normes.
Having people like Aklima on the ground provides Loblaw
with greater oversight of the vendors and the factories they use. It
allows us to respond to concerns with greater local knowledge and
speed, and to help ensure that every product brought into a
Loblaw store is produced in a manner that reflects Canadian
values.
Le fait d’avoir des personnes comme Aklima sur le terrain
permet à Loblaw de mieux superviser les fournisseurs et les usines
qu’ils utilisent. Cela nous permet d’apaiser les préoccupations
plus rapidement en nous fondant sur de meilleures connaissances
locales et de veiller à ce que chaque produit vendu dans un
magasin Loblaw soit fabriqué d’une façon qui reflète les valeurs
canadiennes.
The impact of all these initiatives for customers is that only
products from approved vendors using approved factories that
have been audited make their way into our stores. Dealing with
building and safety matters is a very important part of that
Pour les clients, toutes ces initiatives font en sorte que les seuls
produits vendus dans nos magasins sont ceux qui proviennent de
fournisseurs faisant appel à des usines approuvées qui ont fait
l’objet d’une vérification. S’il est primordial de s’occuper de ces
18-6-2015
Droits de la personne
19:59
progress, but we can’t lose sight of the human impact of the
collapse. That’s why we have implemented meaningful support
and compensation at the community level.
questions de construction et de sécurité pour avancer, nous
devons cependant aussi tenir compte des répercussions que
l’effondrement a eues sur les vies humaines. Voilà pourquoi
nous avons mis en place un mécanisme de soutien et
d’indemnisation à l’échelon communautaire.
Loblaw has committed to getting those injured and affected
back to work and back to their communities. We have partnered
with two local organizations to provide these services on the
ground. Through our THRIVE Project, Loblaw partnered with
Save the Children Bangladesh to address critical health care issues
and to provide peer counselling and education and child
protection. Through our REVIVE Project, Loblaw has
partnered with the Centre for the Rehabilitation of the
Paralysed in Savar to assist victims and their families to obtain
the medical help and assistance needed to reintegrate into the
community.
Loblaw s’est engagée à faire en sorte que les personnes blessées
et touchées par la tragédie retournent au travail et dans leurs
collectivités. Nous avons formé des partenariats avec deux
organismes locaux pour offrir ces services sur place. Par
l’intermédiaire de son programme THRIVE, Loblaw a établi un
partenariat avec Aide à l’enfance Bangladesh pour répondre à des
questions de soins de santé cruciales et offrir des services
d’entraide par les pairs, d’éducation et de protection de
l’enfance. Grâce à son programme REVIVE, Loblaw a travaillé
en partenariat avec le Centre for the Rehabilitation of the
Paralysed à Savar pour soutenir les victimes et leurs familles afin
qu’elles obtiennent l’aide médicale dont elles ont besoin pour
réintégrer leur collectivité.
Loblaw also continues to deliver on its commitment to provide
short- and long-term compensation for victims and their families.
Loblaw has voluntarily provided direct financial assistance to
survivors and families through our contribution to the trust fund
for long-term compensation, which was established by the
International Labour Organization.
Loblaw continue aussi d’honorer l’engagement qu’elle a pris
d’offrir des indemnités à court et à long terme aux victimes et à
leurs familles. Elle leur a volontairement offert une aide financière
directe par le truchement de sa contribution au fonds de fiducie
mis en place par l’Organisation internationale du Travail.
Last week, the ILO announced that we have reached the target
set of $30 million raised, and to date approximately $10 million
has been allocated to the almost 3,000 impacted individuals and
families.
La semaine dernière, l’OIT a annoncé qu’elle avait atteint la
cible de 30 millions de dollars qu’elle s’était fixée et que, à ce jour,
environ 10 millions de dollars avaient été affectés auprès de
3 000 personnes et familles touchées.
In addition to a voluntary financial commitment to the trust
fund, Loblaw plays a leadership role in the fund by serving as one
of four representatives of the international brand community.
En plus de son engagement financier volontaire à l’égard du
fonds de fiducie, Loblaw joue un rôle de premier plan en y
siégeant comme l’un des quatre représentants de la communauté
de l’image de marque internationale.
Madam Chair, as you can see, Loblaw continues to be
committed to ethical sourcing and to keeping apparel
production in the region. In countries like Bangladesh, the
garment industry provides unprecedented opportunities for
economic empowerment, particularly for women. Of the more
than 4 million Bangladeshi garment workers, more than
80 per cent are women, and as Heather Cruden, the former
high commissioner to Bangladesh said, this large and growing
sector is critical to Bangladesh’s economy and is responsible for
significant increases in women’s employment and economic
empowerment in the country.
Madame la présidente, comme vous le voyez, Loblaw réaffirme
son engagement à l’égard de l’approvisionnement éthique et du
maintien de la confection de vêtements dans la région. Dans des
pays comme le Bangladesh, l’industrie du vêtement offre des
possibilités sans précédent de responsabilisation économique,
surtout pour les femmes. Des 4 millions et plus de travailleurs
bangladais de l’industrie du vêtement, plus de 80 p. 100 sont des
femmes. Comme l’a déclaré Heather Cruden, ancienne hautcommissaire au Bangladesh, ce secteur important et croissant est
crucial pour l’économie bangladaise et est responsable d’une
hausse considérable du nombre de femmes sur le marché du
travail et de la responsabilisation économique dans ce pays.
When Rana Plaza collapsed in April of 2013, Loblaw took
immediate action to assist with relief efforts and evaluate our
commitment to ethical sourcing in the region. To date, we’ve done
the following: We’ve provided $5 million to relief efforts in
Bangladesh; we have partnered with NGOs to carry out the
THRIVE and REVIVE projects; we’ve taken measurable steps to
help improve building and safety standards in the factories
producing products that supply our stores; we have remained
committed to the accord and the work it does; we have audited all
Lorsque le Rana Plaza s’est effondré en avril 2013, Loblaw a
pris des mesures immédiates pour participer aux efforts de secours
et évaluer notre engagement à l’égard de l’approvisionnement
éthique dans la région. Voici les mesures que nous avons prises à
ce jour : nous avons versé 5 millions de dollars d’aide humanitaire
au Bangladesh; nous avons établi des partenariats avec des ONG
pour exécuter les programmes THRIVE et REVIVE; nous avons
fait des démarches mesurables pour améliorer les normes en
matière de construction et de sécurité dans les usines où sont
19:60
Human Rights
18-6-2015
of our offshore vendors and the factories used to manufacture
and supply product to us; and where the vendor and/or the
factory does not pass the audit, we either discontinue immediately
or allow them to update their facilities as required.
produits les biens vendus dans nos magasins; nous avons
maintenu notre engagement à l’égard de l’accord et du travail
qu’il accomplit; nous avons procédé à des vérifications auprès de
nos fournisseurs à l’étranger et des usines qu’ils utilisent pour
fabriquer les biens qu’ils nous fournissent; et, dans les cas où le
fournisseur ou l’usine n’a pas obtenu la cote, nous mettons
immédiatement fin à notre collaboration ou nous leur donnons un
sursis pour qu’ils puissent mettre à jour leurs installations au
besoin.
We have extended our commitment to offshore vendors and
factories in other developing countries as well from which we
source product. We have put boots on the ground and established
Canadian compliance teams in countries where we our vendors
manufacture and source product in order to assist with our goal
of ensuring that garments are produced in a way that reflects
Canadian values. Long-term change in the garment industry
requires the ongoing and active participation of all who operate in
the region through individual actions and broader industry
commitments.
Nous avons élargi notre engagement pour englober aussi les
fournisseurs à l’étranger et les usines dans d’autres pays en
développement d’où proviennent nos produits. Nous avons
envoyé des personnes sur place et formé des équipes de
conformité canadiennes dans des pays où nos fournisseurs
fabriquent et obtiennent des produits afin de nous aider à faire
en sorte que les vêtements soient produits d’une façon qui reflète
les valeurs canadiennes. Pour réaliser des changements à
long terme dans l’industrie du vêtement, il faut que tous les
intervenants dans la région participent activement et
continuellement en prenant des mesures chacun de leur côté et
des engagements au sein de l’industrie en général.
We remain committed to such long-term change and
appreciate the role that it can play as an agent for such change.
Nous sommes résolus à apporter ce changement à long terme et
sommes conscients du rôle qu’il peut jouer.
Thank you for your time today and for inviting us to speak
with you.
Merci de l’attention que vous m’avez accordée aujourd’hui et
merci aussi de m’avoir invité à témoigner devant vous.
The Chair: Thank you very much, Mr. Chant. We will now go
on to questions.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur Chant. Nous allons
maintenant passer à la période de questions.
I have a question for you, Mr. Chant. I commend Loblaw’s
leadership role when the building collapsed, and if I’m not
mistaken, I think you were the first to really take a stand.
J’ai une question pour vous, monsieur Chant. Je félicite
Loblaw pour le leadership dont elle a fait preuve lorsque
l’immeuble s’est effondré; si je ne m’abuse, je pense qu’elle a été
la première à vraiment prendre position.
You spoke about $10 million being disbursed of the
$30 million, but we understand there are still a lot of people
who have not been compensated. Can you tell us what’s going on
and why, after all these years, they are still not compensated?
Vous avez dit qu’environ 10 millions de dollars sur 30 millions
avaient été déboursés, mais nous croyons comprendre que bien
des gens n’ont toujours pas été indemnisés. Pouvez-vous nous dire
ce qui se passe et pourquoi, après toutes ces années, ils n’ont
toujours pas touché d’indemnités?
Mr. Chant: As disappointing as it is, it has taken this long to
reach the agreed upon target, and when I say ‘‘agreed upon,’’ it
was agreed upon by international labour organizations, local
labour groups in Bangladesh, the Government of Bangladesh, the
on-the-ground industry and the brands to raise $30 million. More
than a year ago, Loblaw committed $3.5 million to this fund,
which as a percentage of the total was significantly more than our
share, I suppose, if you want to put it that way, of the total leadin. It was not until last week, in fact, through an anonymous
donor, that our target was reached.
M. Chant : Aussi décevant que cela puisse l’être, il a fallu
tout ce temps pour atteindre la cible dont nous avions
convenu, et quand je dis « dont nous avions convenu », je veux
dire dont les organisations internationales du travail, les
groupes professionnels locaux au Bangladesh, le gouvernement
bangladais, l’industrie sur le terrain et les marques ont convenu
pour collecter 30 millions de dollars. Il y a plus d’un an, Loblaw
s’est engagée à verser 3,5 millions de dollars à ce fonds, ce qui
représente — en pourcentage — une part bien plus importante du
montant total que celle qui nous revenait, je suppose. En fait, il a
fallu attendre le don d’un bailleur de fonds anonyme la semaine
dernière pour atteindre notre cible.
The fund, overseen by the International Labour Organization,
provided funds for victims as the money has flowed in, but it did
not have money to provide until the money actually arrived. Not
all of it has arrived. The $30 million is in the form of actual cash
Le fonds, géré par l’Organisation internationale du Travail, a
versé des indemnités aux victimes au fur et à mesure qu’il a reçu
du financement pour ce faire, mais il n’avait rien à offrir avant de
recevoir des fonds. Nous n’avons pas encore tout reçu. Les
18-6-2015
Droits de la personne
19:61
payments, and our commitment was fulfilled over a year ago. Not
all of the $30 million has arrived in the bank, so to speak, but we
are very confident that the full amount will flow very shortly.
30 millions de dollars sont fournis sous forme de paiements en
espèces, et nous avons honoré notre engagement il y a plus d’un
an. La totalité des 30 millions de dollars n’est pas arrivée à la
banque, pour ainsi dire, mais nous sommes convaincus que nous
recevrons le plein montant sous peu.
The Chair: Do you have any idea how many people have been
compensated and how many are waiting?
La présidente : Avez-vous une idée du nombre de personnes qui
ont été indemnisées et du nombre qui attendent de l’être?
Mr. Chant: I honestly don’t have the actual number of those
compensated. I think that the full 3,000 that have been identified
have received partial payment, but I don’t want to say that in
absolute terms. That’s my understanding. As I mentioned, the
total amount flowed to date is approximately US$10 million of
the $30 million.
M. Chant : Honnêtement, je ne connais pas le nombre exact de
personnes qui ont été indemnisées. Je pense que les
3 000 personnes qui ont été identifiées ont reçu un paiement
partiel, mais je ne veux pas l’affirmer en termes absolus. Voilà ce
que je crois comprendre. Comme je l’ai mentionné, sur les
30 millions de dollars, le montant total qui a été versé à ce jour est
d’environ 10 millions de dollars américains.
The Chair: Mr. Iliopoulos, in your opening remarks you stated
that you pay above industry minimum, which I was very pleased
to hear. I have two questions on that. Is the minimum wage
sufficient to have employees meet basic needs like food and
shelter?
La présidente : Monsieur Iliopoulos, dans vos remarques
liminaires, vous avez affirmé que vous versez des salaires
supérieurs au minimum de l’industrie, ce que j’ai été ravie
d’entendre. J’ai deux questions à ce sujet. Le salaire minimum estil suffisant pour permettre aux employés de répondre à des
besoins de base comme la nourriture et le logement?
Mr. Iliopoulos: When you look at the compensation package
we offer our employees, the wage compensation is only one
element of what we do for our employees. We pay wages
significantly above minimum wage, but over and above that,
recognizing the needs of individuals in the country, we offer a
variety of other benefits to these employees, including subsidized
meals, transportation to and from work, and full access to
medical clinics we have set up at each our facilities, which are
staffed with doctors and nurses to deal with not just whatever
injuries may occur but also general health care and helping
prenatal care as well.
M. Iliopoulos : Lorsque vous prenez les indemnités que nous
versons à nos employés, la rémunération n’est qu’une partie de ce
que nous leur offrons. Nous versons des salaires considérablement
supérieurs au salaire minimum mais, au-delà de cela, en
reconnaissance de leurs besoins, nous leur offrons divers autres
avantages, y compris des repas subventionnés, le transport allerretour entre la maison et le travail, et un accès complet à des
cliniques médicales que nous avons installées dans chacune de nos
usines et dans lesquelles travaillent des médecins et des infirmières
aptes à traiter non seulement les blessures potentielles, mais aussi
à offrir des soins de santé généraux et prénataux.
We offer financing for education for our employees and
continuous training. We look at it as a global piece when we look
at the total benefits we offer our employees in terms of providing
them with the things necessary to fulfill their basic needs.
Nous finançons la formation et l’éducation permanente de nos
employés. Nous envisageons la chose globalement lorsque nous
examinons tous les avantages que nous offrons à nos employés
pour ce qui est leur fournir ce dont ils ont besoin pour combler
leurs besoins essentiels.
The Chair: As you know, we have been hearing from a number
of witnesses on this issue, and if I am not mistaken, a witness last
week said your operations in Haiti do not respect minimum
wages. Can you comment on that?
La présidente : Comme vous le savez, nous avons entendu un
certain nombre de témoignages sur ce point et, si je ne m’abuse,
un témoin a dit la semaine dernière que vos usines en Haïti ne
respectent pas le salaire minimum. Pouvez-vous vous prononcer
là-dessus?
Mr. Iliopoulos: First, one clarification: We do not have
manufacturing operations in Haiti. We work through thirdparty contractors. There has been a lot of debate over the last
couple of years about the interpretation of the minimum wage
legislation in Haiti. The labour code in Haiti that addresses
minimum wage makes reference to a payment both of 200 gourdes
per day in an eight-hour work day and 300 gourdes per day in an
eight-hour work day. We took a proactive approach back in
November of 2013, and we obligated the third-party contractors
that we are dealing with in Haiti to respect the higher threshold,
the payment of 300 gourdes per day in an eight-hour workday.
We followed that up. It is tied to a piece rate, so essentially it’s
M. Iliopoulos : Premièrement, je dois clarifier un point : nous
n’avons pas d’activités de fabrication en Haïti. Nous faisons appel
à des entrepreneurs tiers. Il y a eu beaucoup de débats au cours
des deux dernières années concernant l’interprétation de la loi sur
le salaire minimum en Haïti. Les dispositions du code du travail
qui portent sur le salaire minimum font référence à un paiement à
la fois de 200 gourdes par jour pendant une journée de travail de
huit heures et de 300 gourdes par jour pendant une journée de
travail de huit heures. Nous avons privilégié une approche
proactive en novembre 2013 en obligeant les entrepreneurs tiers
avec lesquels nous faisons affaire en Haïti à respecter un seuil plus
élevé, à savoir le paiement de 300 gourdes par jour pour une
19:62
Human Rights
18-6-2015
based on reasonable efficiency levels. We worked collaboratively
with the primary apparel unions in the country to establish a
reasonable efficiency rate that was acceptable to all parties, which
we agreed to.
journée de travail de huit heures. Nous en avons fait le suivi. Il est
calculé à la pièce, alors il est, en gros, fondé sur des niveaux
d’efficacité raisonnables. Nous avons travaillé en collaboration
avec les principaux syndicats des travailleurs du vêtement dans le
pays pour déterminer un taux d’efficacité raisonnable que toutes
les parties jugeaient acceptable, dont nous avons convenu.
Then, essentially, we requested that each of our contractors
operating in Haiti respect this piece rate payment to reach the
300 gourdes per day. We followed that up with independent
audits to ensure that the compliance is there, and in fact we took
it one step further, where, essentially, for one of our contractors,
we facilitated the signing of an agreement between the contractor
facility and the unions to respect the payment of the 300 gourdes
per day, the piece rate that we agreed upon with the unions. We
are now working with the other contractor to do the same and
will continue ongoing audit compliance to ensure that the
contractors are respecting the piece rate that we agreed upon
with the unions.
Ensuite, grosso modo, nous avons demandé à chacun de nos
entrepreneurs tiers en Haïti de respecter ce taux de paiement à la
pièce pour atteindre les 300 gourdes par jour. Nous avons fait un
suivi avec des vérifications indépendantes pour veiller à ce qu’il y
ait bien conformité; en fait, nous sommes allés plus loin : dans le
cas d’un entrepreneur, nous avons facilité la signature d’un accord
entre son installation et les syndicats pour respecter le paiement de
300 gourdes par jour, le taux à la pièce dont nous avions convenu
avec les syndicats. Nous travaillons maintenant avec l’autre
entrepreneur à en faire autant et nous continuerons de vérifier la
conformité pour veiller à ce que les entrepreneurs respectent le
taux à la pièce dont il a été convenu avec les syndicats.
The Chair: We will now go on to the deputy chair of the
committee.
La présidente : La parole est maintenant à la vice-présidente du
comité.
Senator Ataullahjan: Thank you, both of you, for your
presentations. My question is to both of you. Last year, Syed
Sajjadur Rahman, who is a professor at the School of
International Development and Global Studies at the University
of Ottawa, stated that for foreign buyers, the major concern is
getting the product at the lowest cost possible. If Bangladesh
cannot supply it, they will get it elsewhere.
La sénatrice Ataullahjan : Merci à vous deux pour vos exposés.
Ma question s’adresse à vous deux. L’an dernier, Syed Sajjadur
Rahman, qui est professeur à l’École de développement
international et de mondialisation à l’Université d’Ottawa, a
déclaré que la principale préoccupation des acheteurs étrangers
est d’obtenir le produit au prix le plus bas possible. Si le
Bangladesh ne peut pas l’offrir, un autre pays le fera.
If Bangladesh were to implement higher standards and fair
working conditions, resulting in higher cost, would your
companies still be prepared to keep the factories in the country,
even if other countries were cheaper?
Si le Bangladesh instaurait des normes plus élevées et des
conditions de travail équitables, ce qui ferait augmenter les coûts,
vos entreprises seraient-elles prêtes à garder les usines dans le pays
même si le travail pouvait être fait à moindre coût ailleurs?
Mr. Iliopoulos: From our perspective, as a vertically integrated
manufacturer, like in Bangladesh, we actually don’t deal with
third-party contractors. We have our own facilities on the ground
in Bangladesh. We’ve taken a very proactive approach, and the
view we take, in no matter what country we operate in, be it in
Honduras or the Dominican Republic or Bangladesh, is exporting
Canadian values to the countries in which we operate. So the
working conditions and the benefits that I outlined in my opening
remarks we apply consistently, whether that’s in Bangladesh,
Honduras or the Dominican Republic, irrespective of the country
in which we operate. As I mentioned, CSR, for us, is a critical
component of the overall business strategy of the company, and
we would never compromise in that respect in terms of the
production and manufacture of our products. From our
perspective, this will always be a critical component of the
operations of the company and our overall business strategy.
M. Iliopoulos : De notre point de vue, à titre de fabricant
intégré verticalement, comme au Bangladesh, nous ne faisons pas
affaire avec des entrepreneurs tiers. Nous avons nos propres
installations sur le terrain là-bas. Nous avons privilégié une
approche très proactive, et nous sommes d’avis que, quel que soit
le pays dans lequel nous faisons des affaires, que ce soit au
Honduras, en République dominicaine ou au Bangladesh, nous y
exportons les valeurs canadiennes. Alors nous appliquons
constamment les conditions de travail et les avantages que j’ai
décrits dans mes remarques liminaires, que ce soit au Bangladesh,
au Honduras ou en République dominicaine; le pays n’a pas
d’importance. Comme je l’ai mentionné, pour nous, la
responsabilité sociale des entreprises est un élément essentiel de
la stratégie de gestion globale de l’entreprise, et nous ne ferions
jamais de compromis lorsqu’il est question de la production et de
la fabrication de nos produits. De notre point de vue, ce sera
toujours un élément essentiel des activités de l’entreprise et de
notre stratégie de gestion globale.
Mr. Chant: Deputy chair, it’s nice to chat with you again. I
think you are aware that immediately after the collapse of Rana
Plaza we made the decision that we are committed to remaining in
Bangladesh, remaining in the form of sourcing from Bangladesh.
M. Chant : Madame la vice-présidente, c’est un plaisir de
discuter avec vous une fois de plus. Je pense que vous savez
qu’immédiatement après l’effondrement du Rana Plaza, nous
avons décidé que nous étions déterminés à rester au Bangladesh,
18-6-2015
Droits de la personne
19:63
We do not own our own factories in the country. However, it
became very clear to us very quickly that probably the worst thing
we could do would be to stop sourcing from that country. The
impact would be significant, particularly if the entire garment
industry were to collapse as a result of decisions taken by multiple
companies. That would be disastrous.
c’est-à-dire à garder ce pays comme source d’approvisionnement.
Nous ne possédons pas nos propres usines dans le pays.
Cependant, nous avons très rapidement compris que la pire
chose que nous puissions probablement faire serait d’arrêter de
nous approvisionner là-bas. L’incidence serait considérable, en
particulier si l’industrie du vêtement tout entière devait
s’effondrer à cause de décisions prises par diverses entreprises.
Ce serait désastreux.
In fact, during my visit there, several weeks after April 24, it
was, over and over again, made abundantly clear to me that
everyone we spoke to, from the highest offices of government to
local vendors, local factory owners and local workers, wanted us
to remain, so we made that commitment. We further signed the
Accord on Fire and Building Safety in Bangladesh, which is a
five-year accord. It is not a one-month accord or a one-year
accord. It’s long-term commitment, and that requires us to
maintain the same volumes in the country as we had at the time of
the tragedy.
En fait, pendant ma visite là-bas, plusieurs semaines après le
24 avril, toutes les personnes à qui nous avons parlé — des plus
hauts fonctionnaires aux fournisseurs locaux, aux propriétaires
d’usines locales et aux travailleurs locaux — nous ont clairement
indiqué, et maintes fois répété, qu’ils voulaient que nous restions
au Bangladesh, alors nous nous sommes engagés à le faire. Nous
avons, en outre, signé l’Accord sur les incendies et la sécurité des
bâtiments au Bangladesh. Il ne s’agit pas d’un accord d’un mois
ou d’une année, mais bien d’un accord quinquennal. C’est un
engagement à long terme qui exige de nous que nous maintenions
les mêmes volumes dans le pays qu’au moment de la tragédie.
Of course, we require all of our vendors and all of the factories
that produce product for us to live by our supplier code of
conduct, which we think is a very robust and contemporary code.
It reflects, we believe, the appropriate high level of respect for
labour and human rights, and, of course, we would expect all of
our vendors to live by that, including the references to abiding by
local labour laws.
Bien entendu, nous exigeons de tous nos fournisseurs et de
toutes les usines qui produisent des biens pour nous de respecter
notre code de conduite des fournisseurs, que nous estimons être
très solide et contemporain. Selon nous, il reflète le niveau élevé
approprié de respect des droits du travail et de la personne et, bien
sûr, nous nous attendons à ce que tous nos fournisseurs s’y
conforment, y compris en ce qui concerne les références au respect
de la législation locale du travail.
I suppose I could say that within reason, if there were
significant changes that made a particular region or particular
country or particular vendor not competitive with other
jurisdictions or other competitors, that would be taken into
consideration, but our commitment is to continue to source from
Bangladesh.
Je suppose que je pourrais dire que, dans des limites
raisonnables, s’il y avait des changements importants qui
faisaient en sorte qu’une région, un pays ou un fournisseur en
particulier ne soit plus concurrentiel face à d’autres
administrations ou concurrents, nous en tiendrions compte,
mais nous nous sommes engagés à continuer à nous
approvisionner au Bangladesh.
Senator Ataullahjan: Thank you, Mr. Chant. It’s nice to chat
with you again.
La sénatrice Ataullahjan : Merci, monsieur Chant. C’est un
plaisir de discuter avec vous une fois de plus.
I commend Loblaw on being active on this issue and providing
compensation to the victims, and I also thank you for your
support of the over 3 million female workers.
Je félicite Loblaw d’agir dans ce dossier et d’indemniser les
victimes, et je vous remercie aussi du soutien que vous offrez aux
plus de 3 millions de travailleuses.
As to the issue of subcontracting, do you do any kind of
subcontracting? We’ve heard that that’s where the big issues are.
Pour ce qui est de la question de la sous-traitance, en faitesvous? Nous avons entendu dire que c’était la principale cause de
problèmes.
Mr. Chant: We understand that’s where the big issues are as
well. We allow subcontracting only on an authorized basis. If a
vendor or a factory requires going to another factory for
subcontracting purposes, that subcontracting factory would
have to be one of our approved and audited factories. It would
be treated like any other factory that we have in our list of
approved factories. We have zero tolerance for unauthorized
subcontracting.
M. Chant : Nous croyons aussi comprendre que c’est la
principale cause de problèmes. Nous ne permettons la soustraitance qu’avec autorisation. Si un fournisseur doit faire appel à
une autre usine aux fins de sous-traitance, cette usine devrait faire
partie de celles qui ont fait l’objet d’une vérification de notre part
et que nous avons approuvées. Elle serait traitée comme toute
autre usine qui figure sur notre liste d’usines approuvées. Nous ne
tolérons aucunement les contrats de sous-traitance non autorisés.
19:64
Human Rights
18-6-2015
Senator Eaton: Thank you both. It’s a very interesting subject.
What has the reaction of the Bangladeshi government been to
you, Mr. Iliopoulos? Because you have a very high standard of
corporate social responsibility, obviously. You are still very
competitive. You, Mr. Chant, do it another way; you
subcontract. Has the Bangladeshi government come back to
Loblaw and said, ‘‘Yes, and what do you recommend? We are
very supportive of the changes you are trying to bring?’’ Did they
hold Gildan research up as a model, for instance?
La sénatrice Eaton : Merci à tous les deux. C’est un sujet très
intéressant. Quelle a été la réaction du gouvernement bangladais à
votre égard, monsieur Iliopoulos, étant donné que vous avez
manifestement des normes très élevées de responsabilité sociale
des entreprises? Vous êtes toujours très concurrentiel. Vous,
monsieur Chant, vous fonctionnez d’une autre façon. Vous avez
recours à la sous-traitance. Le gouvernement bangladais a-t-il dit
à Loblaw : « Oui, et que recommandez-vous? Nous sommes très
favorables aux changements que vous essayez d’instaurer? » Ontils pris la recherche de Gildan comme modèle, par exemple?
Mr. Iliopoulos: From our perspective, as I mentioned, how we
try to run our business model is exporting Canadian values,
regardless of the country in which we operate. We view what we
are trying to do in the country, be it in Honduras or in
Bangladesh, notwithstanding wherever we are operating,
whatever government we are dealing with, as trying to raise the
bar with respect to corporate social responsibility practices and
environmental practices. We won’t waver from that. We won’t
alter —
M. Iliopoulos : Comme je l’ai mentionné, de notre point de vue,
notre modèle opérationnel consiste à exporter les valeurs
canadiennes, quel que soit le pays dans lequel nous faisons des
affaires. Nous percevons nos activités dans le pays — que ce soit
au Honduras ou au Bangladesh ou quel que soit l’endroit ou le
gouvernement avec lequel nous faisons affaire — comme une
façon de rehausser la barre en ce qui touche les pratiques en
matière de responsabilité sociale des entreprises et les pratiques
environnementales. Nous n’allons pas en déroger. Nous ne
modifierons pas...
Senator Eaton: But has the Bangladeshi government responded
to your great example?
La sénatrice Eaton : Mais le gouvernement bangladais a-t-il
tenu compte de votre excellent modèle?
Mr. Iliopoulos: We have not engaged in any significant
discussions with them. Our focus is really on running our
operations at the highest standard with respect to corporate
social responsibility.
M. Iliopoulos : Nous n’avons pas entrepris de discussions
importantes avec le gouvernement bangladais. Notre objectif est
d’exercer nos activités selon les normes les plus élevées en matière
de responsabilité sociale d’entreprise.
Senator Eaton: Mr. Chant, how has the Bangladeshi
government received what you’ve tried to do there, or has there
been no reaction at all?
La sénatrice Eaton : Monsieur Chant, comment le
gouvernement bangladais a-t-il réagi à ce que vous tentez de
faire là-bas? A-t-il seulement réagi?
Mr. Chant: There has been limited reaction. I must say that the
high commissioner, located in Ottawa, has been very helpful and
very pleasant to deal with. Our direct meetings with the
Bangladeshi government included meetings with the labour and
justice minister. That was over a year ago and prior to that as
well.
M. Chant : Il y a eu peu de réaction. Je dois dire que nos
relations avec le haut-commissaire, qui est à Ottawa, ont été très
utiles et très plaisantes. Lors de nos réunions avec le
gouvernement du Bangladesh, nous avons rencontré
personnellement le ministre du Travail et de la Justice. C’était il
y a plus d’un an, et aussi avant cela.
I would say that more could be done on the ground in
Bangladesh to drive improvements, but I believe that both the
BGMEA, which is the garment industry association, and the
Government of Bangladesh have made a good effort to encourage
the degree of inspections and auditing and encourage the
upgrading and improvements to the factory situation there.
À mon avis, il serait possible d’en faire plus sur le terrain, au
Bangladesh, pour apporter des améliorations, mais je crois que
l’association de l’industrie du vêtement, la BGMEA, et le
gouvernement du Bangladesh fournissent de bons efforts afin
qu’il y ait un nombre suffisant d’inspections et de vérifications et
que l’on modernise et améliore les installations dans les usines làbas.
Senator Eaton: Mr. Iliopoulos, you talked about their dutyfree access to Canada. The United States has lifted that access.
La sénatrice Eaton : Monsieur Iliopoulos, vous avez parlé de
l’accès en franchise de droits au Canada. Les États-Unis ont
supprimé cet accès.
Mr. Iliopoulos: With respect to apparel products, the United
States never offered duty-free access to Bangladesh. The GSP
program offered duty-free access in other areas outside of
apparel, in other industries. Very recently, in light of the poor
labour track record in Bangladesh, they actually suspended the
country from GSP preference.
M. Iliopoulos : Les États-Unis n’ont jamais offert au
Bangladesh un accès en franchise de droits pour les vêtements.
Le programme du SGP offrait un accès en franchise de droits
dans d’autres secteurs que celui du vêtement, dans d’autres
industries. Très récemment, compte tenu du bilan médiocre du
Bangladesh en matière de conditions de travail, les États-Unis ont
retiré le pays de la liste du SGP.
18-6-2015
Droits de la personne
19:65
Senator Eaton: If you or other people don’t have their own
manufacturing areas, Mr. Chant, a subcontract, have you tried to
lobby the Canadian government to have them lift this tariff-free
access?
La sénatrice Eaton : Si une compagnie n’a pas ses propres
installations de fabrication, comme celle de M. Chant, qui soustraite... Avez-vous tenté de convaincre le gouvernement canadien
de supprimer cet accès en franchise de droits?
Mr. Iliopoulos: We raised this previously over the last couple of
years with the Canadian government in terms of using it as
leverage, essentially, to raise the bar and raise the standard with
respect to CSR in the country. To date, Bangladesh still benefits
from the duty-free access into Canada.
M. Iliopoulos : Au cours des dernières années, nous avons
soulevé cette question auprès du gouvernement canadien et lui
avons suggéré de s’en servir essentiellement comme moyen de
rehausser les normes relatives à la RSE au pays. À ce jour, le
Bangladesh bénéficie encore d’un accès en franchise de droits au
Canada.
The point we’re trying to make, using the United States as an
example, where they do not have duty-free access into the U.S.
and never had duty-free access to the United States, is that they’re
still at the top echelon in terms of apparel imports into the
country, so the U.S. is a prime example in terms of demonstrating
that Bangladesh doesn’t need the duty-free access for the industry
to thrive. From our perspective, what we’re trying to say here is
use this as leverage, essentially, to raise the bar from the CSR
perspective and make local manufacturers in the country more
accountable. We won’t change the way we do things. The way we
do things in the country we will continue to do and will continue
to be a leading example. There is a role here that we believe
governments can play and the Canadian government can play in
terms of helping raise that bar.
Ce que nous tentons de faire valoir, en utilisant l’exemple des
États-Unis, où le Bangladesh n’a pas et n’a jamais eu d’accès en
franchise de droits, c’est qu’ils se classent tout de même parmi les
premiers sur le plan des importations de vêtements au pays.
L’exemple des États-Unis illustre donc parfaitement que le
Bangladesh n’a pas besoin d’un accès en franchise de droits
pour que l’industrie soit prospère. Ce que nous voulons dire, c’est
qu’on devrait s’en servir essentiellement pour rehausser les
normes sur le plan de la RSE et responsabiliser davantage les
fabricants locaux. Nous ne changerons pas notre façon de faire.
Nous garderons notre façon de faire les choses au pays et nous
continuerons de montrer la voie à suivre. Nous estimons que les
gouvernements et le gouvernement canadien peuvent jouer un rôle
afin d’améliorer les choses.
Senator Eaton: If you have any further recommendations,
would you send them to the chairman? That might be useful for
our report.
La sénatrice Eaton : Si vous avez d’autres recommandations à
formuler, pourriez-vous les faire parvenir au président? Cela
pourrait nous être utile pour notre rapport.
Mr. Chant, have you put any pressure on the Canadian
government to lift the tariff-free access?
Monsieur Chant, avez-vous exercé des pressions auprès du
gouvernement canadien afin qu’il supprime l’accès en franchise de
droits?
Mr. Chant: No, we have not. We don’t see it as our place to
determine the mechanisms by which the Government of Canada
would provide social aid or trade policies for the country. That’s
entirely up to individuals such as you and the government. We are
relatively agnostic to those types of issues. We do, however,
enforce our own supplier code of conduct. We have
acknowledged the shortcomings of the industry in terms of
building integrity, and that has changed. We’ve made some
significant changes to standards across the industry. Through
vehicles such as the Accord on Fire and Building Safety in
Bangladesh, I believe that we’re making the progress we need to
make. The decisions on trade policy and aid programs and how
those are delivered rest with the government, we believe.
M. Chant : Non. Nous estimons qu’il ne nous appartient pas
de déterminer les mécanismes par lesquels le gouvernement du
Canada offrirait des programmes d’aide sociale ou adopterait des
politiques commerciales pour le pays. Cette décision revient
entièrement à des personnes comme vous et au gouvernement.
Nous n’avons pas vraiment d’opinion bien arrêtée sur ces
questions. Toutefois, nous appliquons notre propre code de
conduite des fournisseurs. Nous avons reconnu les lacunes de
l’industrie en ce qui concerne l’intégrité des bâtiments, et il y a eu
des changements. Nous avons modifié considérablement les
normes dans l’industrie. Grâce à des outils comme l’Accord sur
les incendies et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, je crois
que nous réalisons les progrès nécessaires. Les décisions en
matière de politiques commerciales et de prestation de
programmes d’aide appartiennent au gouvernement, selon nous.
Senator Eaton: I find that surprising after you have told me
that the Bangladeshi government has not been that actively
responsive to what you’re trying to do in the country, and, on the
other hand, you don’t deal with the Bangladeshi government and
you’re not trying to get more leverage, pushing the Canadian
government to perhaps apply a little leverage. Anyway, you have
your policies, and that’s fine. Thank you very much.
La sénatrice Eaton : Je trouve surprenant que vous me disiez
que le gouvernement bangladais ne réagit pas de façon proactive à
ce que vous tentez de faire dans le pays et que, d’un autre côté,
vous ne traitez pas avec le gouvernement bangladais et que vous
ne tentez pas d’avoir plus de latitude, de convaincre le
gouvernement canadien de peut-être appliquer un peu de
pression. Quoi qu’il en soit, vous avez vos politiques, et c’est
bien ainsi. Merci beaucoup.
19:66
Human Rights
18-6-2015
Senator Hubley: Welcome, and thank you for your
presentations today. My question is for Mr. Iliopoulos.
Gildan’s website states that it has a goal to visit 100 per cent of
its manufacturing facilities, including third-party contractors, at
least once in an 18-month base period. It also says that in 2013
Gildan internal auditors or third-party auditors mandated by
Gildan audited 91 per cent of your overall manufacturing
facilities at least once. After that, the facilities not yet audited
would be visited before the end of the second quarter of fiscal
2014. Could you tell me if this happened? Who do you use as
third-party auditors, and how are they chosen?
La sénatrice Hubley : Soyez les bienvenus. Je vous remercie de
vos exposés aujourd’hui. Ma question s’adresse à M. Iliopoulos.
Sur le site de Gildan, on indique que la société s’est fixé comme
objectif de visiter la totalité de ses installations de fabrication, y
compris celles de ses sous-traitants, au moins une fois tous les
18 mois. On indique également qu’en 2013, 91 p. 100 de vos
installations de fabrication ont été visitées au moins une fois par
les vérificateurs internes de Gildan ou par des vérificateurs
externes engagés par Gildan, et que les installations n’ayant pas
encore été visitées le seraient avant la fin du deuxième trimestre de
2014. Pourriez-vous me dire si on l’a fait? Qui sont les
vérificateurs externes? Comment sont-ils choisis?
Mr. Iliopoulos: Yes, I can confirm that it happened. Our policy
is to conduct our audits over an 18-month period. We strive to do
it once a year, annually, as you can see from the statistics you
mentioned of 91 per cent. Yes, I can confirm that the balance was
audited within the six-month period after that year end, and we
continue. We will very shortly be releasing our 2014 corporate
social responsibility report, and you will see similar results, and
we will continue to adhere to that policy.
M. Iliopoulos : Oui, je peux vous confirmer que cela a été fait.
Notre politique consiste à effectuer nos vérifications tous les
18 mois. Nous nous efforçons de le faire annuellement, une fois
par an, comme l’indique le pourcentage que vous avez mentionné,
soit 91 p. 100. Oui, je peux vous confirmer que le reste a été vérifié
dans un délai de six mois après la fin de l’année, et nous
continuons de le faire. Nous publierons très bientôt notre rapport
de 2014 sur la responsabilité sociale de l’entreprise; vous verrez
des résultats similaires, et nous continuerons de respecter cette
politique.
With respect to the third-party audits we conduct, there is a
combination, varying groups, essentially. We have our own
internal social compliance team which essentially reports up to
our corporate head office in Montreal. These individuals
essentially conduct independent, third-party audits at all of our
facilities and our third-party contract facilities. These audits are
unannounced, so the local manufacturing facility will not be
aware when we show up to do the audit, when the social
compliance team shows up. We apply the same approach with
respect to our third-party contractors. There are specialists in the
area that we also use to help us in terms of performing third-party
contractor audits. These are organizations that are specialized in
social compliance, and essentially they work with us in conducting
audits.
En ce qui a trait aux vérifications externes, elles sont effectuées
par divers groupes. Nous avons notre équipe interne de
conformité sociale qui présente ses rapports au siège social de
notre entreprise, à Montréal. Ces personnes effectuent des
vérifications externes et indépendantes dans toutes nos
installations et dans les installations des sous-traitants. Ces
vérifications sont faites sans préavis; les installations locales de
fabrication ne savent pas à quel moment l’équipe de conformité
sociale se présentera pour effectuer une vérification. Nous
utilisons la même méthode en ce qui concerne nos soustraitants. Nous avons également recours à des spécialistes dans
ce domaine, qui nous aident à effectuer les vérifications dans les
installations des sous-traitants. Ce sont des organisations
spécialisées dans le domaine de la conformité sociale qui nous
aident à effectuer les vérifications.
Over and above that, our customers will also conduct their own
audits of our facilities, like a Walmart, for example, or a Nike or
Adidas. They will send their own social compliance teams,
notwithstanding the fact that we do our own social compliance
monitoring. They will send their own social compliance team to
do their own audits.
En plus de cela, nos clients, comme Wal-Mart, Nike ou Adidas,
effectuent aussi leurs propres vérifications de nos installations. Ils
envoient leurs équipes de conformité sociale, malgré le fait que
nous effectuons notre propre surveillance de la conformité sociale.
Ils envoient leurs équipes de conformité sociale pour faire leurs
propres vérifications.
Over and above that, there are third-party organizations. I
mentioned that we were the first vertically integrated apparel
manufacturer to be accredited by the Fair Labor Association. As
part of the accreditation program that the FLA has, they conduct
their own audits as well of facilities of their accredited members,
so that is one example. WRAP is another organization that
conducts their audits for granting their certification. Various
different audits are conducted regularly at our facilities.
Des organismes tiers collaborent également. J’ai mentionné
que nous sommes le premier fabricant de vêtements verticalement
intégré à être accrédité par la Fair Labor Association. Dans le
cadre de son programme d’accréditation, la FLA effectue
également ses propres vérifications des installations de ses
membres accrédités; voilà donc un exemple. Le WRAP est un
autre organisme qui effectue des vérifications avant d’accorder sa
certification. Diverses vérifications sont effectuées régulièrement
dans nos installations.
18-6-2015
Droits de la personne
19:67
Senator Hubley: The results of the 2013 audit are summarized
on your website, though the specifics from contractor facilities are
lacking. There were 535 non-compliances found, of which 31 were
major, 230 were moderate and 274 were minor. What kinds of
problems were found, and how did you address them?
La sénatrice Hubley : Les résultats de la vérification de 2013
sont présentés sur votre site web, bien qu’il manque des
détails concernant les installations des entrepreneurs. Il y a eu
535 non-conformités, dont 31 étaient majeures, 230 étaient
modérées et 274 étaient mineures. Quels types de problèmes ont
été détectés, et comment les avez-vous réglés?
Mr. Iliopoulos: Varying degrees. Essentially, first it’s important
to understand that the vast majority of the production in our
operations comes from Gildan-owned facilities. The third-party
contractors we use represent a very small proportion of the total
production capacity of the company.
M. Iliopoulos : Ils variaient beaucoup. D’abord, il est
important de comprendre que la majorité de notre production
provient des installations appartenant à Gildan. Les soustraitants à qui nous faisons appel ne représentent qu’une très
petite proportion de la capacité totale de production de la
compagnie.
In terms of the compliance findings, it could be record keeping
with respect to compensation. It could be various health- and
safety-related matters of varying degrees, and environmental
matters as well. When we conduct an audit, and with respect to
the findings that we find for each facility, we immediately put into
place a remediation plan. Working with the local manufacturing
facility, or in the case of a contractor, with the contractor, we will
follow that up with an audit to ensure that there was a proper
remediation. We won’t just accept the local facility telling us
they’ve remediated the items identified. The same independent
team will go back and conduct a follow-up audit to ensure that all
the remediation was done effectively and is in line with our strict
code of conduct. With these types of findings, as we continue to
audit our facilities on an annual basis, we keep in mind past
findings to ensure that the remediation continues into the future.
Pour ce qui est des constatations sur la conformité, il pourrait
s’agir de la tenue de documents relatifs à la rémunération. Il
pourrait s’agir de diverses questions liées à la santé et à la sécurité,
ainsi qu’à l’environnement. À la suite de la vérification, nous
mettons immédiatement en place les mesures correctives
appropriées en fonction des constatations faites dans chaque
installation. En collaboration avec l’usine de fabrication locale,
ou avec le sous-traitant, nous effectuons une vérification de suivi
pour nous assurer que des mesures de correction adéquates ont
été prises. Nous ne nous contentons pas d’accepter que l’usine
locale nous dise avoir corrigé les problèmes détectés. La même
équipe indépendante retournera effectuer une vérification de suivi
pour s’assurer que toutes les mesures correctives adéquates ont été
prises, et qu’elles respectent notre code de conduite rigoureux.
Grâce à ce type de suivi, en continuant de vérifier nos installations
chaque année, nous pouvons tenir compte des constatations
relatives aux vérifications antérieures afin de nous assurer que
l’on continue d’appliquer les mesures correctives.
Senator Nancy Ruth: When you hire subcontractors, what is
the reason you’re hiring them?
La sénatrice Nancy Ruth : Pour quelle raison faites-vous appel
à des sous-traitants?
Mr. Iliopoulos: A lot of times it’s certain specialty products
that we make where we’ll deal with a third-party contractor
because we don’t have the necessary expertise within our facility.
I’ll give you an example. We own the Gold Toe Brand, and we
make dress socks as well. For a lot of that production, we’ll use
third-party contractors to make those products. Notwithstanding
that, the code of conduct that we apply at our facilities, we apply
that very same code of conduct at our third-party contractor
facilities and expect our third-party contractors to abide by the
same standards that we expect our own internal manufacturing
facilities to abide by.
M. Iliopoulos : Bien souvent, nous faisons appel à un soustraitant pour certains de nos produits spécialisés, parce que nous
n’avons pas l’expertise nécessaire dans notre installation. Je vais
vous donner un exemple. Nous possédons la marque Gold Toe et
nous fabriquons également des chaussettes habillées. Nous faisons
appel à des sous-traitants pour fabriquer une bonne partie de ces
produits. Néanmoins, nous appliquons le même code de conduite
dans les installations de nos sous-traitants que dans nos propres
installations, et nous nous attendons à ce que les sous-traitants
respectent les normes qui doivent être respectées dans nos propres
installations de fabrication.
Senator Nancy Ruth: Can you help me understand? In
Bangladesh, for instance, where I have seen your factory and
was very impressed by it, why is it places like Rana Plaza could
still, I assume, undercut your price? I have no idea whether that’s
true, but how is it that these small businesses that are
subcontracting to Loblaw, or anybody else, can still make their
profit, still abuse workers, when there is a choice of suppliers like
Loblaw buying wholesale or maybe retail from you for various
products? You don’t make the whole line of Joe Fresh, but you do
make the T-shirts and so on.
La sénatrice Nancy Ruth : Pourriez-vous m’aider à
comprendre? Au Bangladesh, par exemple, où j’ai visité votre
usine, qui m’a impressionnée, comment se fait-il qu’une fabrique
comme le Rana Plaza pouvait encore, je présume, vendre à des
prix inférieurs aux vôtres? J’ignore si c’est vrai, mais comment se
fait-il que les petites entreprises qui font de la sous-traitance pour
Loblaw, ou n’importe qui d’autre, puissent tout de même faire des
profits, abuser des travailleurs, alors qu’il y a de multiples
fournisseurs comme Loblaw qui achètent vos divers produits en
gros ou au détail? Vous ne fabriquez pas toute la gamme des
articles Joe Fresh, mais vous fabriquez les t-shirts, entre autres.
19:68
Human Rights
18-6-2015
How is it that everybody is making money? Those small
subcontractors — well, they’re small and you’re huge, but apart
from that, why can’t the standards be more similar? You are an
industry test.
Comment se fait-il que tout le monde fasse de l’argent? Les
petits sous-traitants... En fait, ils sont petits et vous êtes énorme,
mais à part cela, pourquoi les normes ne peuvent-elles pas être
plus uniformes? Vous êtes un modèle pour l’industrie.
Mr. Iliopoulos: I can’t speak for other contractors in the region
regarding their profitability and how they generate their profits,
but I can tell you that we believe that we’re cost-competitive
globally in terms of how we have established our supply chain.
We have been in this business since 1984, when the company was
first incorporated, and we have put a significant focus on our
CSR practices. We leveraged the experience we had in Honduras,
for example, over the last 10-plus years in terms of building a
robust social compliance program, and we’ve used that essentially
as the model for when we went into Bangladesh.
M. Iliopoulos : Je ne peux parler de la rentabilité des autres
sous-traitants de la région et de la façon dont ils font des profits,
mais je peux vous dire que nous estimons être concurrentiels à
l’échelle mondiale sur le plan des coûts grâce à la manière dont
nous avons établi notre chaîne d’approvisionnement. Nous
sommes en affaires depuis 1984, année où la société a été
constituée en personne morale, et nous mettons beaucoup l’accent
sur nos pratiques en matière de RSE. Nous avons tiré parti de
notre expérience au Honduras, par exemple, depuis plus de
10 ans, pour mettre sur pied un solide programme de conformité
sociale, et nous l’avons utilisé comme modèle au Bangladesh.
We feel that we’re a large-scale, vertically integrated
manufacturer that can provide competitive pricing and can
compete with whatever apparel import products globally.
Essentially, we believe that our model works. We believe that
cutting corners in corporate social responsibility should not be
acceptable in producing a product, which is why we place the
emphasis we do on our CSR program.
Nous estimons être un fabricant à grand volume et
verticalement intégré qui peut offrir des prix compétitifs et dont
les produits peuvent rivaliser avec n’importe quels vêtements
importés dans le monde. Essentiellement, nous croyons que notre
modèle fonctionne. Nous croyons qu’en ce qui concerne la
responsabilité sociale des entreprises, il ne devrait pas être
acceptable de faire les choses à moitié lors de la fabrication
d’un produit; c’est pourquoi nous mettons l’accent sur notre
programme de RSE.
Senator Nancy Ruth: Mr. Chant, why would Loblaw not buy
the products it can from Gildan and avoid the subcontractors that
have different labour practices, building standards and so forth?
La sénatrice Nancy Ruth : Monsieur Chant, pourquoi Loblaw
n’achèterait-il pas certains produits de Gildan afin d’éviter de
faire appel à des sous-traitants qui ont notamment des pratiques
de travail et des normes de construction différentes?
Mr. Chant: Senator Nancy Ruth, let me be clear. We do not
procure from subcontractors who aren’t authorized, effectively
making them contractors. We don’t do that. We do not contract
from anyone who doesn’t meet our high standards. We’ve been
auditing all of our factories, or all the factories we source from
directly.
M. Chant : Sénatrice Nancy Ruth, je veux être bien clair : nous
ne nous approvisionnons pas auprès de sous-traitants non
autorisés. Nous ne le faisons pas. Nous ne concluons pas de
contrat avec ceux qui ne respectent pas nos normes élevées. Nous
effectuons des vérifications dans toutes nos usines, ou toutes les
usines dans lesquelles nous nous approvisionnons directement.
I can’t speak to why we’re not sourcing from anyone else or
why we source from the factories we do. The vendors we procure
from meet our supplier code of conduct and live by our very
vigorous and high standards.
Je ne sais pas pourquoi nous nous approvisionnons auprès de
ces usines et pas ailleurs. Les fournisseurs des produits respectent
notre code de conduite des fournisseurs ainsi que nos normes très
rigoureuses et très élevées.
I disagree with your assumption that we’re procuring from
subcontractors who aren’t meeting those standards.
Je ne suis pas d’accord lorsque vous laissez entendre que nous
nous approvisionnons auprès de sous-traitants qui ne respectent
pas ces normes.
Senator Andreychuk: Thank you to both witnesses for
appearing.
La sénatrice Andreychuk : Je remercie les deux témoins de leur
présence.
One of the areas that we haven’t canvassed is this: In the
Foreign Affairs and International Trade Committee, we have had
Gildan in on the Honduran trade agreement, and we track trade
possibilities. Virtually every company and business that comes
before us says they want to work in a secure and safe
environment, so they are assessing risk. To the extent that,
increasingly, companies are saying to us risk is the human rights
factors, the work conditions, et cetera, which are factored in,
Il y a un élément dont nous n’avons pas discuté. Au Comité des
affaires étrangères et du commerce international, nous avons
entendu le représentant de Gildan au sujet de l’accord commercial
avec le Honduras, et nous surveillons les débouchés commerciaux.
Pratiquement toutes les sociétés et les entreprises qui
comparaissent au comité affirment vouloir travailler dans un
environnement sûr; par conséquent, elles évaluent les risques, au
point où, de plus en plus, elles nous disent tenir compte des
18-6-2015
Droits de la personne
19:69
partly because there is so much transparency and scrutiny, and
people within their own countries and outside are raising these
issues.
facteurs liés aux droits de la personne, aux conditions de travail,
et cetera, en partie parce qu’il y a beaucoup de transparence et de
surveillance, mais aussi parce que les gens soulèvent ces questions
dans leur propre pays et ailleurs.
To both gentlemen: How do you assess, not beyond your
corporate social responsibility but in the business venture, how do
you determine whether this is a country you want to work in? I
recall on Gildan, the comment was made that Honduras wasn’t a
safe place to do business until there appeared to be a turnaround
in the government and some movement towards addressing some
of the issues in their country, and then you felt comfortable
enough to go in there. How do you weigh that beyond corporate
responsibility, that issue of where you’re going to go to work?
Ma question s’adresse aux deux témoins. Comment évaluezvous, non pas au-delà de votre responsabilité sociale, mais dans
l’entreprise commerciale... Comment déterminez-vous s’il s’agit
d’un pays dans lequel vous voulez travailler? Je me rappelle le
témoignage de Gildan; vous aviez mentionné que le Honduras
n’était pas un endroit sûr pour faire des affaires jusqu’à ce qu’il
semble y avoir un revirement au gouvernement et qu’on déploie
des efforts afin de s’attaquer à certains problèmes; vous vous étiez
alors sentis suffisamment à l’aise pour aller dans ce pays.
Comment déterminez-vous, au-delà de la responsabilité de
l’entreprise, à quel endroit vous irez vous installer?
Mr. Iliopoulos: From our perspective, security is just as
important as corporate social responsibility. Our employees are
our most valuable asset. We make a significant investment to
ensure that we provide safe working conditions in the countries in
which we operate, whether it’s Honduras, Bangladesh, the
Dominican Republic or any other country in which we have an
operating presence.
M. Iliopoulos : De notre point de vue, la sécurité est tout aussi
importante que la responsabilité sociale de l’entreprise. Nos
employés sont notre atout le plus précieux. Nous faisons des
investissements considérables afin d’assurer des conditions de
travail sécuritaires dans les pays où nous sommes installés, que ce
soit au Honduras, au Bangladesh, en République dominicaine ou
ailleurs.
It is one of many factors that we consider. We have a
significant presence in Honduras. We find that there is a very
skilled and qualified workforce in the country.
C’est l’un des nombreux facteurs dont nous tenons compte.
Nous avons des activités importantes au Honduras, où la maind’œuvre est très compétente et qualifiée.
Proximity to market is also very important for us. Canada and
the United States are two of our biggest markets. We believe, in
terms of replenishment, in servicing our customers, that proximity
to market is also very important. How we approach this
essentially is making a significant investment to ensure safe and
secure working conditions.
La proximité des marchés est également très importante pour
nous. Le Canada et les États-Unis sont deux de nos principaux
marchés. Nous estimons que la proximité des marchés est aussi
très importante sur le plan du réapprovisionnement et des services
à nos clients. Notre approche consiste essentiellement à faire des
investissements importants afin que les conditions de travail
soient sécuritaires.
In Honduras, for example, we have ATM machines inside our
facility so that employees can access money in a safe and secure
environment as opposed to other locations which are not as
secure. That’s another important reason why we offer
transportation for our employees to and from work, picking
them up at a safe location, bringing them to the facility and then
dropping them off at a safe location.
Au Honduras, par exemple, nous avons des guichets
automatiques à l’intérieur de notre usine afin que les employés
puissent retirer de l’argent dans un endroit sûr, plutôt que dans
des endroits peu sûrs. C’est une autre raison importante pour
laquelle nous offrons des services de transport à nos employés
pour se rendre au travail et en revenir; nous allons les chercher
dans un endroit sûr, nous les conduisons à l’usine, puis nous les
déposons dans un endroit sûr.
It’s an important consideration, for sure. Without question, it’s
something that we put significant value and investment into.
C’est certainement un aspect important. Il ne fait aucun doute
que c’est un élément auquel nous consacrons beaucoup
d’attention et d’investissements.
Mr. Chant: As for Loblaw, as mentioned, we don’t operate
factories in these countries; we don’t have an ownership position
in factories in any of these countries. Our decisions of where to
source are driven by a wide range of factors, but I would say we
have a number of sources of information as to the relative safety,
security and credibility of both vendors and factories that we’re
dealing with.
M. Chant : Pour ce qui est de Loblaw, comme on l’a
mentionné, nous n’avons pas d’usines dans ces pays; nous ne
détenons pas de participation dans les usines de ces pays. Nous
déterminons où nous voulons nous approvisionner en fonction
d’un large éventail de facteurs, mais je dirais que nous avons
plusieurs sources de renseignements sur la sécurité et la crédibilité
des fournisseurs et des usines avec lesquels nous traitons.
19:70
Human Rights
18-6-2015
We’re increasingly satisfied with the audit process we have put
in place. Our third-party audit organization is Intertek. They’re
an internationally recognized leader in this field, and they provide
us with advice as well. The safety and security of the employees,
the workers at the factories from which we’re sourcing, we believe
increased and is satisfied to a large degree by the audit process
that we have put in place.
Nous sommes de plus en plus satisfaits du processus de
vérification que nous avons mis en place. Notre organisation
responsable de la vérification par une tierce partie est Intertek, qui
est un chef de file reconnu mondialement dans le domaine et qui
nous fournit également des conseils. La sécurité de nos employés
et des travailleurs dans les usines qui nous fournissent des services
a, à notre avis, augmenté, et nous sommes largement satisfaits du
processus de vérification que nous avons mis en place.
Senator Andreychuk: Mr. Chant, certainly in the papers now
there are comments and reviews that the Bangladesh government
has been slow to respond to these issues, and only when there is
some international scrutiny do they come forward, including with
criminal charges — at least it seems from this point of view.
La sénatrice Andreychuk : Monsieur Chant, la presse a
certainement fait état de la lenteur du gouvernement du
Bangladesh à s’atteler à ces enjeux. Ce n’est que lorsque la
communauté internationale s’intéresse au dossier que le
gouvernement réagit — du moins de notre point de vue —,
notamment en portant des accusations au criminel.
Are there countries that you will not go in and work or source
from, or are you basing it only on the factors you have pointed
out to us? In other words, do you take any moral judgment on a
country and its governance?
Y a-t-il des pays dans lesquels vous ne vous installerez pas et
auprès desquels vous ne ferez pas d’achat, ou bien prenez-vous
votre décision uniquement en fonction des facteurs que vous nous
avez signalés? En d’autres termes, portez-vous un jugement moral
sur un pays et la façon dont il est gouverné?
Mr. Chant: We do. We look to advice from the Canadian
government for some of the inputs into those decisions. The
number of countries that we source from is relatively small. It
includes, of course, the United States and Mexico, but, as I
mentioned, countries like India, Vietnam, Bangladesh, Indonesia,
China — all countries with which Canada has trade relationships
and that we’re comfortable sourcing from.
M. Chant : Oui, nous le faisons. Dans nos décisions, nous
tenons compte des conseils que nous fournit le gouvernement
canadien. Les pays dans lesquels nous nous approvisionnons sont
relativement peu nombreux. Ils comprennent évidemment les
États-Unis et le Mexique, mais aussi, comme je l’ai mentionné,
des pays comme l’Inde, le Vietnam, le Bangladesh l’Indonésie et la
Chine, autant de pays avec lesquels le Canada a des échanges
commerciaux et auprès desquels nous sommes à l’aise de nous
approvisionner.
Senator Enverga: Thank you for the presentations, gentlemen.
Le sénateur Enverga : Merci de vos exposés, messieurs.
When you deal country to country, what can you describe to us
in terms of the minimum working conditions that you require for
every company that you deal with? Do you have any minimum
working environment, or is the minimum working environment
the same from one country to another?
Lorsque vous traitez avec un pays donné, quelles sont les
conditions de travail minimales que vous exigez des entreprises
avec lesquelles vous faites affaire? Avez-vous des conditions de
travail minimales ou bien ces conditions sont-elles les mêmes d’un
pays à l’autre?
Mr. Iliopoulos: From our perspective, we essentially own the
vast majority of our manufacturing, so the standards we put in
place will not vary from country to country. The working
conditions I talked about where we pay wages that are
significantly above the industry minimum wage, the on-site
medical clinics with doctors and nurses, the transportation for
our employees, the subsidies of the meals, the educational training
that we provide, the financial aid for education that we provide,
we provide that consistently, whether it’s in Bangladesh or
Honduras or the Dominican Republic. Notwithstanding the
country in which we operate, we apply consistently the standard
we put in place from a corporate social responsibility perspective
at all of our operations. That’s a critical component of our
company’s business strategy.
M. Iliopoulos : En ce qui nous concerne, nous sommes
propriétaires de la vaste majorité des usines de sorte que les
normes que nous mettons en place sont les mêmes d’un pays à
l’autre. Les conditions de travail dont je vous ai parlé, à savoir des
salaires considérablement plus élevés que le salaire minimum de
l’industrie, les dispensaires en usine où travaillent des médecins et
des infirmières, le transport des employés, les repas
subventionnés, la formation et l’aide financière pour
l’éducation, tous ces services sont offerts partout, que ce soit au
Bangladesh, au Honduras ou en République dominicaine. Quel
que soit le pays dans lequel nous opérons, nous appliquons dans
toutes nos usines la norme mise en place dans une perspective de
responsabilité sociale des entreprises. C’est un élément critique de
notre stratégie d’affaires.
Mr. Chant: The criteria we apply to all the factories that our
vendors source from are clearly outlined in our supplier code of
conduct. It includes fundamental things: no child labour;
employment must be freely chosen, which may seem to you and
me like a very normal and natural issue, but it’s something that
M. Chant : Les critères que nous appliquons à toutes les usines
auprès desquelles s’approvisionnent nos vendeurs sont clairement
définis dans notre code de conduite du fournisseur. Ces critères
portent sur des points fondamentaux tels que l’interdiction du
travail des enfants. L’emploi doit être accepté librement, ce qui
18-6-2015
Droits de la personne
19:71
isn’t always respected, and we demand that; no discrimination; no
abuse; no harassment; and workers must be allowed to assemble
freely and to discuss whatever issues they want. Of course, local
employment laws must be respected. Working hours can’t be
excessive. A reasonable living wage must be paid, and that’s on
the basis of the local minimum wages assigned by governments in
various countries where we’re sourcing. Working conditions have
to be safe, and ethical conduct has to be respected at all times.
peut paraître évident pour vous et moi, mais qui n’est pas toujours
respecté. Nous l’exigeons donc. Par ailleurs, la discrimination, les
mauvais traitements et le harcèlement sont interdits, et les
travailleurs doivent être autorisés à se réunir librement pour
discuter de tous les sujets de leur choix. Évidemment, les lois
locales concernant l’emploi doivent être respectées. Les heures de
travail ne peuvent être excessives. Un salaire raisonnable doit être
versé en fonction du salaire minimum fixé par le gouvernement
des divers pays où nous nous approvisionnons. Les conditions de
travail doivent être sécuritaires et les normes d’éthique respectées.
Our supplier code of conduct is the basis on which we
determine whether a factory is worthy of our sourcing from them.
C’est en fonction de notre code de conduite que nous
déterminons si une usine est digne de faire partie de nos
fournisseurs.
Senator Enverga: Mr. Chant, when you mentioned assembling
freely, do you mean you are condoning or making it possible for
unions to exist in factories or something like that?
Le sénateur Enverga : Monsieur Chant, lorsque vous parlez de
la liberté de réunion, cela veut-il dire que vous acceptez les
organisations syndicales dans vos usines?
Mr. Chant: Yes, in fact, if I read from our code of conduct,
under ‘‘freedom of association must be respected,’’ it reads further
that workers or their representatives must be permitted to
associate and bargain collectively. Workers’ activities with
respect to their rights and interests, including association and
collective bargaining, must be permitted to take place in the
workplace.
M. Chant : Oui, en fait, sous la rubrique « La liberté de
réunion doit être respectée », on stipule que les travailleurs ou
leurs représentants doivent être autorisés à se réunir et à négocier
collectivement. Les activités que les ouvriers mènent par rapport à
leurs droits et à leurs intérêts, y compris les réunions et la
négociation collective, doivent être autorisées sur les lieux de
travail.
Senator Enverga: Is that the same thing for your company?
Le sénateur Enverga : Est-ce la même chose pour votre
entreprise?
Mr. Iliopoulos: Absolutely. From our perspective, freedom of
association is a fundamental component of our code of conduct.
If you look at our manufacturing operations today, about
10,000 of our employees are currently unionized employees that
are operating under a collective bargaining agreement. Another
11,000 employees are actually represented by unions at our
facilities. When you compare the benefits and working conditions
that we offer at our unionized facilities with our non-unionized
facilities, again, I go back to the same message that it is consistent.
M. Iliopoulos : Absolument. De notre point de vue, la liberté
de réunion est un élément fondamental de notre code de conduite.
Dans nos usines aujourd’hui, environ 10 000 employés sont
actuellement syndiqués et travaillent aux termes d’une convention
collective. Onze mille autres sont représentés par des syndicats.
Quand on compare les avantages sociaux et les conditions de
travail que nous offrons aux employés syndiqués par rapport à
ceux qui ne le sont pas, on constate qu’ils sont uniformes.
Senator Hubley: My question has been answered.
La sénatrice Hubley : On a répondu à ma question.
Senator Ataullahjan: Mr. Chant, you just said you have zero
tolerance for substandard factories. On the issue of
subcontracting, how do you authorize subcontractors? Who
audits them, and what process is in place? Could you elaborate?
La sénatrice Ataullahjan : Monsieur Chant, vous venez de dire
que vous ne tolérez absolument pas les usines qui ne répondent
pas aux normes. Mais comment agréez-vous les sous-traitants?
Qui les vérifie et quel est le processus en place? Pouvez-vous
élaborer à ce sujet?
Mr. Chant: It would be subject to our vendor making a request
of us for permission, and we would have to get the details of the
decision as to why they need to undertake that, and then an audit
would have to be ordered and conducted and the results reviewed
before we would approve the factory to be used.
M. Chant : Il incomberait à notre vendeur de faire une
demande d’autorisation auprès de nous. De notre côté, nous
prendrions connaissance des détails qui ont abouti à cette
démarche. On ordonnerait ensuite une enquête dont les résultats
seraient examinés avant que l’usine ne puisse être agréée.
Senator Ataullahjan: Who would audit them? Is it someone you
would choose?
La sénatrice Ataullahjan : Qui procéderait à la vérification?
Quelqu’un de votre choix?
Mr. Chant: We have a third party audit company, Intertek, a
highly recognized international organization that works for many
in the apparel industry. They conduct the audits on our behalf.
Our on-the-ground staff would be involved. Upon the outcome of
M. Chant : Nous avons une entreprise responsable de la
vérification par une tierce partie, la société de réputation
mondiale Intertek, qui travaille pour de nombreuses entreprises
du vêtement. Elle s’occupe des vérifications en notre nom,
19:72
Human Rights
18-6-2015
the audit, it would be reviewed, and if the audit was clear, then the
approval would be given. If remediation or improvements were
required, our local staff would work with the factory owners to
ensure that those improvements were made before approval was
given to start production, before a purchase order were issued.
vérifications auxquelles est associé le personnel sur place. Si les
résultats de la vérification sont concluants, l’autorisation est
accordée. S’il faut apporter des correctifs ou des améliorations,
notre personnel local travaillera avec les propriétaires de l’usine
pour s’assurer qu’ils soient apportés avant que l’on n’autorise le
démarrage de la production et avant qu’un ordre d’achat ne soit
émis.
The Chair: Mr. Chant, I have one question of you. I’m curious
why Loblaw decided to join the Alliance for Bangladesh Worker
Safety instead of the Accord on Fire and Building Safety in
Bangladesh.
La présidente : J’ai une question à vous poser, monsieur Chant.
Je me demande pourquoi Loblaw a-t-elle décidé de se joindre à
l’Alliance for Bangladesh Worker Safety plutôt qu’à l’Accord on
Fire and Building Safety.
Mr. Chant: Madam Chair, I don’t want to correct you, but we
joined the Accord on Fire and Building Safety in Bangladesh, not
the Alliance for Bangladesh Worker Safety. We signed up for the
accord for one reason primarily, and that is that we believe the
accord most effectively stood up for workers’ rights and the
protection of workers.
M. Chant : Je ne veux pas vous contredire, madame la
présidente, mais nous nous sommes joints à l’Accord on Fire
and Building Safety in Bangladesh et non à l’Alliance for
Bangladesh Worker Safety. Nous avons signé cet accord parce
que c’est lui qui, à notre avis, protège le mieux les droits des
travailleurs.
I think I mentioned in my opening remarks the requirement of
signatories to the accord to ensure workers were compensated
while factories were repaired and renovated or upgraded,
whatever improvements needed to be made, which sometimes
can result in the displacement of workers. It’s the obligation of the
brands, the vendors and the factory owners to ensure that those
workers aren’t simply released from duty while the improvements
are made. We thought that was a particularly important reason
for signing the Accord on Fire and Building Safety in Bangladesh.
J’ai mentionné dans mes remarques liminaires que les
signataires doivent s’assurer que les travailleurs soient
indemnisés pendant les réparations ou les mises à niveau
d’usine, quelles qu’elles soient, qui nécessitent le déplacement
des ouvriers. Les responsables de la marque, les vendeurs et les
propriétaires de l’usine ont l’obligation de s’assurer que les
travailleurs ne sont pas tout simplement mis à pied pendant les
rénovations. C’est pour cette raison particulièrement importante
que nous avons signé l’Accord on Fire and Building Safety in
Bangladesh, qui stipule cette mesure.
If I might, Madam Chair, I’d like to point out that we
are Canada’s largest private sector employer, with over
100,000 unionized employees. We’re very proud of that fact and
would not want to let our workforce — our colleagues — down,
and so the portion of our supplier code of conduct that points to
freedom of association and collective bargaining is critically
important.
Si vous me le permettez, madame la présidente, j’aimerais
signaler que nous sommes le plus grand employeur du secteur
privé au Canada, avec plus de 100 000 employés syndiqués. Nous
en sommes très fiers et nous ne voudrions pas décevoir notre
main-d’œuvre — nos collègues. Voilà pourquoi nous estimons
essentielle la partie de notre code de conduite du fournisseur qui
traite de la liberté de réunion et de la négociation collective.
The Chair: Thank you very much, and thank you for your
presentation, Mr. Chant. Certainly, you have shown leadership in
this area. We are appreciative and look forward to working with
you in the future because we will continue with this study when
Parliament is reconvened in the next session. We thank you.
La présidente : Merci beaucoup et merci de votre exposé,
monsieur Chant. Vous faites certainement preuve de leadership
dans ce domaine. Nous vous en sommes reconnaissants et nous
nous réjouissons à la perspective de collaborer de nouveau avec
vous, puisque cette étude se poursuivra à la prochaine session
parlementaire. Merci.
Mr. Iliopoulos, we want to thank you. As Senator Nancy Ruth
said, she and I were in Dhaka, and we did go to your
manufacturing plant there and were very impressed.
Nous tenons à vous remercier, monsieur Iliopoulos. Comme l’a
indiqué la sénatrice Nancy Ruth, elle et moi avons visité votre
usine de fabrication de Dhaka, qui nous a beaucoup
impressionnées.
We thank both of you and hope that you will continue working
with us on this study.
Nous vous remercions tous les deux et espérons que vous
continuerez de collaborer avec nous dans cette étude.
Members, we will now continue with the next witness. I’m very
pleased to welcome Syed Sajjadur Rahman, Senior Fellow,
School of International Development and Global Studies,
University of Ottawa, and Senior Associate, Universalia,
Montreal. He also worked with CIDA for over 20 years.
Nous allons maintenant, chers collègues, entendre notre
prochain témoin. Je suis ravie d’accueillir Syed Sajjadur
Rahman, professionnel en résidence, École de développement
international et de mondialisation, Université d’Ottawa, et associé
principal, Universalia, Montréal. Il a également travaillé pendant
plus de 20 ans à l’ACDI.
18-6-2015
Droits de la personne
19:73
We are really happy to have Mr. Rahman here today. I think I
speak for the committee when we say that he is a person we really
appreciate hearing from. He gives us a lot of time, and we always
look forward to hearing his insightful remarks on this issue.
Nous sommes réellement heureux d’accueillir aujourd’hui
M. Rahman. Pour tout le comité, c’est quelqu’un dont nous
aimons beaucoup entendre les témoignages. Il nous consacre
beaucoup de temps et nous nous réjouissons toujours à la
perspective d’entendre ses observations éclairées.
Mr. Rahman, welcome. We are happy you are doing this again
for us. I understand you have some remarks.
Bienvenue, monsieur Rahman. Nous sommes heureux que
vous soyez de nouveau parmi nous. Je crois comprendre que vous
avez une allocution liminaire à faire.
Syed Sajjadur Rahman, Senior Fellow, School of International
Development & Global Studies, University of Ottawa, and Senior
Associate, Universalia, Montreal, as an individual: Madam Chair,
distinguished senators, thank you for asking me to appear once
again before your committee.
Syed Sajjadur Rahman, professionnel en résidence, École de
développement international et de mondialisation, Université
d’Ottawa, et associé principal, Universalia, Montréal, à titre
personnel : Madame la présidente, distingués sénateurs et
sénatrices, merci de m’avoir invité de nouveau à comparaître
devant votre comité.
This is a topic of significant Canadian and global interest, and
one of particular interest to me. It’s nice to be on the Hill on the
day Bono was here because it shows that people care about
international development. That’s nice, at least from my point of
view, because I have been a student of international development
all my life. I’ve spent 21 years at CIDA, mostly in senior
management levels. I’m a senior fellow at the School of
International Development and Global Studies in Bangladesh at
the University of Ottawa, and I’m also originally from
Bangladesh.
Ce sujet suscite un vif intérêt au Canada et dans le monde, et il
m’intéresse tout particulièrement. C’est bien d’être présent sur la
colline en même temps que Bono, car cela montre que les gens se
soucient du développement international. En tout cas, c’est bien
pour moi, qui ai étudié toute ma vie le développement
international. Pendant 21 ans, j’ai surtout occupé des postes de
cadre à l’ACDI. Je suis par ailleurs professionnel en résidence à
l’École de développement international et de mondialisation de
l’Université d’Ottawa. Je suis moi-même originaire du
Bangladesh.
Before I start my remarks let me just say I’m not a company
man. I’m not from Loblaw or from Gildan, and I do not represent
any interests or anything, so my remarks are essentially those of
someone observing the scenario in Bangladesh or in places like
that and my take on the situation regarding garment workers and
in particular corporate social responsibilities.
Avant de commencer, je tiens à dire que je ne suis pas un
homme d’affaires. Je ne représente ni Loblaw, ni Gildan, ni aucun
autre intérêt d’ailleurs. Mes remarques découlent essentiellement
de mes observations au Bangladesh et dans d’autres pays, et de
mon point de vue sur la situation des travailleurs du vêtement et
sur les responsabilités sociales de l’entreprise.
Let me just start with a very broad statement: The purpose of
human endeavour is to improve in a sustainable manner the
quality of life for all peoples of the world. Since most of humanity
works for a living, it stands to reason that this improvement must
include a safe, secure and satisfactory work environment.
Je commencerai par une déclaration très générale. Toute
entreprise humaine a pour but d’améliorer de façon durable la
qualité de vie de tous les peuples du monde. Puisque la majorité
de l’humanité travaille pour vivre, il est logique que les
améliorations concernent un milieu de travail sécuritaire et
satisfaisant.
Today we are addressing a specific component of this general
principle. How can we improve the working lives of garment
workers, and who will ensure that this happens? In particular,
what role do business corporations play?
Nous traitons aujourd’hui un aspect particulier de ce grand
principe. Comment pouvons-nous améliorer la vie des travailleurs
du vêtement et qui doit s’en charger? En particulier, quel rôle les
sociétés doivent jouer à cet égard?
I want to quickly highlight four aspects in the next few
minutes. First, why are you discussing this issue? Second, who
should be a party to finding a solution? Third, what are their
responsibilities? Does corporate social responsibility fit into a
sustainable solution? And finally I want to talk about the concept
of collective responsibilities. Then we can have a discussion.
That’s the part I personally enjoy the most.
Je résumerai rapidement quatre aspects du dossier.
Premièrement, pourquoi avons-nous ce débat? Deuxièmement,
quelles sont les parties prenantes à une solution? Troisièmement,
quelles responsabilités doivent-elles assumer? Est-ce que la
responsabilité sociale des entreprises s’inscrit dans une solution
durable? Et finalement, je veux parler du concept des
responsabilités collectives. Nous aurons ensuite une discussion,
qui est la partie que j’apprécie le plus.
So why do we keep on discussing this issue? Because two years
ago the Rana Plaza, a building housing several garment factories
in Bangladesh, collapsed killing more than 1,100 workers and
Pourquoi donc continuons-nous à débattre de cette question?
Parce qu’il y a deux ans, l’immeuble Rana Plaza, qui abritait
plusieurs usines de vêtements au Bangladesh, s’est effondré,
19:74
Human Rights
18-6-2015
injuring many others. The workers were forced to come to work
and to their death in patently dangerous circumstances. Greed
and avarice led to a blatant disregard for the lives of people.
causant la mort de plus de 1 100 ouvriers et de très nombreux
blessés. Les ouvriers ont été forcés de venir au travail et sont
morts dans des circonstances dangereuses flagrantes. L’appât du
gain et l’avarice ont fait fi de la vie des gens.
Sadly, Bangladesh is not the only country where workers’
rights and safety are compromised, abused and ignored. This is an
endemic scenario. The issue is what can be done to prevent the
repetition of incidents like Rana Plaza.
Malheureusement, le Bangladesh n’est pas le seul pays où les
droits et la sécurité des travailleurs sont compromis, mis à mal et
ignorés. Ce scénario se voit partout. La question est de savoir ce
que l’on peut faire pour prévenir des incidents comme celui du
Rana Plaza.
This leads to my second point: Who should be a party to
finding a solution? The first of these parties is we the consumers.
We want the best products, whether it is shirts, jeans or T-shirts,
at the lowest possible price. The retail stores, like Loblaws or
others, who are in competition for our money, try to outdo each
other and look for the lowest-cost producer who can provide
these products. In the garment industry, these producers are most
often located in Bangladesh or countries like it.
Ce qui m’amène à mon deuxième point. Quelles sont les parties
prenantes à une solution? La première, ce sont nous, les
consommateurs. Nous voulons les meilleurs produits, qu’il
s’agisse de chemises, de jeans et de T-shirts, au prix le plus bas
possible. Les détaillants comme Loblaws et autres, qui rivalisent
entre eux pour avoir notre argent, cherchent à se surpasser pour
trouver ceux qui pourront leur fournir ces produits au plus bas
prix. Dans l’industrie du vêtement, ces producteurs sont le plus
souvent situés au Bangladesh ou dans des pays semblables.
Within the industry there are the workers and the owners.
These industries are regulated, hopefully, by the domestic
governments in terms of the production processes and by the
Government of Canada and other importing governments in
terms of exports of the garments. There are six groups of actors in
this process: the consumers, the retailers, the owners of the
factories, the workers and the two governments.
Au sein de l’industrie, il y a les ouvriers et les propriétaires. Les
industries sont réglementées, on l’espère, par les gouvernements
nationaux, s’agissant des processus de production et par le
gouvernement du Canada et d’autres pays importateurs,
s’agissant des exportations. Six groupes interviennent dans le
processus : les consommateurs, les détaillants, les propriétaires
d’usine, les travailleurs et les deux gouvernements.
I now come to my third point. What are the responsibilities of
each of these groups in finding sustainable solutions to providing
better working conditions for the garment workers?
J’en arrive à un troisième point. Que doit faire chacun de ces
groupes pour trouver des solutions durables afin d’améliorer les
conditions de travail des ouvriers du vêtement?
The first consideration is whether we consumers are prepared
to pay higher prices in order to absorb part of the increasing costs
that will be required to provide better working conditions. The
fair trade type of solutions — in reading the transcripts I saw you
heard a bit about those — are all based on this premise and are
well-meaning. However, they represent a minuscule portion of
global trade and are not the mainstream nor a sustainable
solution.
Premier point à examiner, nous, les consommateurs, sommesnous prêts à payer des prix plus élevés pour couvrir
l’augmentation des coûts occasionnée par l’amélioration des
conditions de travail. Les solutions de type commerce équitable —
j’ai vu, en lisant les transcriptions, qu’on avait abordé le sujet —
sont toutes fondées sur cette hypothèse et bien intentionnées. Elles
ne représentent toutefois qu’une infime partie des échanges
mondiaux. Elles ne participent donc pas d’un courant dominant
et ne sont pas durables.
Studies have also found that benefits from these types of
arrangements often do not accrue to the workers. I would be
happy to answer questions on that.
Les études qui ont été menées à ce sujet montrent que les
avantages de ces types d’arrangement ne profitent souvent pas
aux travailleurs. Je serai heureux de répondre à vos questions à ce
sujet.
Finally, sad to say but it is true, we the consumers are a selfish
lot. It is in our DNA that we always look for the best bargain, and
in the market system that is the norm.
Finalement, et c’est triste à dire, mais c’est vrai, nous, les
consommateurs, sommes égoïstes. C’est plus fort que nous, nous
cherchons les aubaines, qui sont la norme dans le système
commercial.
The second group I want to talk about is the governments. The
role for these entities is clear: Make sure the proper rules and
standards are in place about workers’ rights and safety; make
double sure they’re implemented. If the developing countries do
not have the capacity to frame and implement these rules and
standards, countries like Canada can help them build a capacity
to do so.
Le deuxième groupe dont je veux parler est les gouvernements
dont le rôle est clair. Ils doivent s’assurer que les règles et les
normes appropriées sont en place s’agissant des droits et de la
sécurité des travailleurs, et vérifier à deux fois qu’elles sont mises
en œuvre. Si les pays en développement n’ont pas les capacités
d’encadrer et de mettre en œuvre ces règles et ces normes, des pays
comme le Canada peuvent les aider à les bâtir.
18-6-2015
Droits de la personne
19:75
Should Canada impose punitive measures if the production
facilities are not up to standards? I have argued before this
committee that this is similar to cutting off your nose to spite your
face. An embargo, say on Bangladesh garment exports, will hurt
the poor workers, especially women.
Le Canada devrait-il imposer des mesures punitives si les usines
de production ne sont pas aux normes? J’ai déjà fait valoir au
comité que cela empirerait la situation. Un embargo imposé, par
exemple, sur les exportations de vêtements du Bangladesh, fera du
tort aux travailleurs pauvres, surtout les femmes.
Let me now talk about the industries: the retailers here and the
producers in Bangladesh and other countries. The primary
market behaviour for this group is profit maximization. The
issues are over what period profit maximization and whether they
have any social obligations beyond simple profit maximization.
Venons-en aux industries, à savoir les détaillants d’ici et les
producteurs du Bangladesh et d’autres pays. Le comportement
primaire de ces groupes vise la maximisation du profit, mais sur
quelle durée et assortie de quelles obligations sociales?
This is where corporate responsibility, or CSR, comes in. CSR
has been defined as voluntary activities undertaken by a company
to operate in an economic, social and environmentally sustainable
manner. I underline the word ‘‘voluntary.’’ This is a critical word.
It suggests that businesses are ready to be accountable to a wider
range of stakeholders beyond their shareholders and investors.
The reason why this might be the case is because at this point in
time there are some demands for greater corporate disclosures
from groups like communities, investors and activist
organizations. There is some evidence that some socially
conscious consumers are either rewarding or punishing
companies based on their perceived social performance.
C’est là qu’intervient la responsabilité sociale des entreprises,
ou RSE que l’on définit comme les activités menées
volontairement par une entreprise pour opérer de façon durable
aux plans économique, social et environnemental. J’insiste sur le
mot « volontairement » qui laisse entendre que l’entreprise est
prête à rendre compte à une plus large gamme de parties
prenantes que les simples actionnaires et investisseurs. Cette
attitude pourrait découler de groupes comme les collectivités, les
investisseurs et les organisations militantes qui exigent que les
sociétés rendent davantage de comptes. Il est établi que des
consommateurs qui ont une certaine conscience sociale
récompensent ou punissent des entreprises selon le rendement
social perçu de leur part.
Second is some investor pressure from the way they assess a
company’s performance that might include ethical concerns.
Third is a concern for reputation. Some companies are
introducing codes of conduct, as you heard the Loblaws person
talk about, for their suppliers in order to protect their own
reputations.
Deuxièmement, l’évaluation du rendement d’une entreprise de
la part des investisseurs peut porter sur des considérations
éthiques. Troisièmement, il y a le souci de la réputation.
Certaines entreprises instaurent des codes de conduite destinés à
leurs fournisseurs — comme en a parlé le représentant de Loblaws
— pour protéger leur réputation.
But the practice of CSR must be seen in the context of profit
maximization. The longer the time horizon, the more the
producers and the retailers will be inclined to take into account
considerations beyond the financial bottom line. Building a stable
industry requires a stable workforce and a secure workplace, but
alas, the garment industry is fickle and especially susceptible to
marginal variations in cost. An increase of 10 cents in the cost of
production of a shirt can lead a retailer to look elsewhere for their
supply. Unless there are strong pressures — and I stress the word
‘‘strong’’ — there is little incentive for owners to implement
concepts like CSR.
Mais la pratique de la RSE doit être envisagée dans le contexte
de la maximisation des profits. Plus l’horizon est lointain, plus les
producteurs et les détaillants seront enclins à tenir compte de
considérations autres que purement financières. Une industrie
stable suppose une main-d’œuvre stable et un milieu de travail
sécuritaire. Malheureusement, l’industrie du vêtement est volatile
et particulièrement sensible à des variations marginales des coûts.
Une augmentation de 10 centimes du coût de production d’une
chemise peut amener un détaillant à s’approvisionner ailleurs. À
moins de pressions fortes — et j’insiste sur le mot « fortes » — les
propriétaires seront très peu enclins à mettre en œuvre des
concepts comme la RSE.
The academic evidence on the impact of CSR on working
conditions is mixed. Agencies like the U.K.’s Department for
International Development has argued that by following socially
responsible practices, the growth generated by the private sector
would be more inclusive, equitable and poverty reducing.
Les données universitaires au sujet de l’incidence de la RSE sur
les conditions de travail sont ambivalentes. Des organismes tels
que le ministère du Développement international du RoyaumeUni ont soutenu que l’application de pratiques socialement
responsables rendrait la croissance générée par le secteur privé
plus inclusive, plus équitable et plus apte à réduire la pauvreté.
However, others have questioned this claim. They cite a lack of
empirical evidence and a real business case for corporate social
responsibility, as well as unresolved governance questions. Yet
Certains ont toutefois contesté cette affirmation en citant un
manque de données empiriques, l’absence d’une véritable analyse
de rentabilisation au sujet de la responsabilité sociale des
19:76
Human Rights
18-6-2015
others argue that the current CSR agenda is inappropriate for
addressing development goals.
entreprises ainsi que des questions de gouvernance non résolues.
D’autres soutiennent que le programme existant de RSE ne
convient pas pour atteindre des objectifs en matière de
développement.
Finally let me talk about the notion of collective responsibility.
My observation is that businesses are unlikely to implement CSR
by themselves without any external pressures from civil society
organizations, efficient labour movements and meaningful
representation from local communities. But the most important
impetus must come from governments in the form of enforced
rules and regulations that guarantee safe and secure workplaces.
Pour terminer, permettez-moi de parler du concept de
responsabilité collective. Selon ce que j’ai observé, sans les
pressions extérieures exercées par des organisations de la société
civile, et en l’absence de mouvements ouvriers efficaces et d’une
représentation convenable des collectivités locales, il est peu
probable que les entreprises appliquent elles-mêmes la RSE.
Toutefois, ce qui compte le plus, c’est l’impulsion donnée par les
gouvernements au moyen de l’application de règles et de
règlements qui garantissent la sécurité en milieu de travail.
This is not a negative comment on the behaviour of business
organizations. Just as we, the consumers, look for the best
product at the lowest price, so do the enterprises.
Je ne cherche pas à critiquer le comportement des entreprises.
Tout comme nous — les consommateurs —, les entreprises
tentent d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix.
As Michael Porter and Mark Kramer said in the Harvard
Business Review of December 2006, ‘‘Corporations are not
responsible for all the world’s problems, nor do they have the
resources to solve them all. . . . a well-run business . . . can have a
greater impact on social good than any other institution or
philanthropic organization.’’
Comme Michael Porter et Mark Kramer l’ont dit dans le
Harvard Business Review de décembre 2006, « les sociétés ne sont
pas responsables de tous les problèmes du monde, et elles n’ont
pas les ressources nécessaires pour tous les régler [...] une
entreprise bien gérée [...] peut avoir une plus grande incidence
sur le bien collectif que n’importe quelle institution ou
organisation philanthropique. »
I actually happen to agree with that sentiment. The calls for
CSR should not divert attention from the responsibilities of the
state. Governments in developing countries need to accept greater
responsibility for ensuring that workers are assured of a safe,
secure and satisfactory workplace. We should help them to do so
if they do not have the capacity, and we should insist that these
rules are put in place.
Je souscris à cette opinion. Les appels en faveur de la RSE ne
devraient pas détourner l’attention des responsabilités de l’État.
Les gouvernements des pays en développement doivent assumer
une plus grande part de responsabilités pour garantir que les
travailleurs puissent avoir un milieu de travail sûr et satisfaisant.
Nous devrions les aider s’ils n’ont pas la capacité nécessaire, et
nous devrions insister pour que ce genre de règles soit mis en
place.
Let me end with the notion of collective responsibility. It is the
responsibility of all of the six actors that I mentioned before to
ensure that workers have a good place to work in. The chain
starts with the consumers who should be willing to pay a higher
price. This higher price should be transformed into higher wages
and better workplaces by the industries, and the government
should ensure that all of this happens and that the well-being of
the workers is assured.
J’aimerais terminer en parlant du concept de responsabilité
collective. Il incombe aux six acteurs dont j’ai parlé plus tôt de
voir à ce que les travailleurs aient un bon milieu de travail. Tout
commence avec les consommateurs qui devraient être disposés à
payer un prix plus élevé. Les industries devraient profiter de ce
prix plus élevé pour offrir de meilleurs salaires et de meilleurs
milieux de travail, tandis que le gouvernement devrait s’assurer
que c’est ce qu’elles font et que le bien-être des travailleurs est
garanti.
That is what I mean by collective responsibility. In the words of
the Three Musketeers, for those of you who know the reference,
‘‘All for one, and one for all.’’
C’est ce que j’entends par responsabilité collective. Comme le
disaient les trois mousquetaires, pour ceux qui connaissent
l’expression : « Un pour tous et tous pour un. »
Thank you. I look forward to the discussion.
Merci. J’attends la discussion avec impatience.
The Chair: Thank you very much, Mr. Rahman, for once again
giving us your time.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur Rahman, de nous
donner encore une fois de votre temps.
I have a question for you. One challenge that exists in
Bangladesh is that if the price goes a little higher, there is always
the fear that the garment industry could move to another country.
Those of us who care about Bangladesh and about what is
happening to the women there obviously don’t want them not to
J’ai une question pour vous. L’un des problèmes du
Bangladesh, c’est qu’une légère hausse des prix se traduit
toujours par la crainte que l’industrie du vêtement s’installe
dans un autre pays. Ceux d’entre nous qui se soucient du
Bangladesh et de la situation des femmes qui y vivent ne veulent
18-6-2015
Droits de la personne
have a job. I am really struggling as to what role Canada should
be playing in ensuring a better life, a better quality of life, more
safety for these women who work for our luxury.
19:77
évidemment pas qu’elles se retrouvent sans emploi. J’ai beaucoup
de difficulté à déterminer quel rôle devrait jouer le Canada pour
améliorer la vie et la sécurité de ces femmes qui travaillent pour
notre confort.
Mr. Rahman: Shall I answer now?
M. Rahman : Voulez-vous que je réponde maintenant?
The Chair: Yes, please.
La présidente : Oui, s’il vous plaît.
Mr. Rahman: I appreciate the fact that you are asking the
question especially for the women, but the answer applies to all
workers, though especially the women because the garment
industry has been a major source of empowerment for the women
in Bangladesh, without a doubt.
M. Rahman : Je suis conscient que votre question vise surtout
les femmes, mais la réponse s’applique à tous les travailleurs,
quoique les femmes soient particulièrement concernées étant
donné que l’industrie du vêtement au Bangladesh représente une
grande source d’indépendance pour elles; cela ne fait aucun doute.
Let me try to answer with an example. In Canada, would you
ask the restaurateurs association to self-regulate? Would you not
have health inspectors go to visit the restaurants to ensure that
they are maintaining proper standards? If that’s the case, we
should have the same rule everywhere. It should be the
responsibility of the Government of Bangladesh to ensure that
the proper standards are in place. The question is: (a) Do they
have the capacity? (b) Do they have the willingness?
Je vais essayer de répondre à l’aide d’un exemple. Au Canada,
demanderiez-vous à l’association des restaurateurs de
s’autoréglementer? Ne voudriez-vous pas que des inspecteurs en
santé publique se rendent dans les restaurants pour s’assurer que
des normes adéquates y sont appliquées? Si c’est le cas, nous
devrions appliquer la même règle partout. Il incombe au
gouvernement du Bangladesh de s’assurer que des normes
adéquates sont en place. Voici la question qu’il faut poser :
premièrement, avons-nous la capacité, et deuxièmement, avonsnous la volonté?
On the capacity question, Canada can, without a doubt, help
because Canada has had a long history of enforcing regulations
that are meant for social well-being, whether in industry or other
places. Canada can, without a doubt, provide help in terms of
how to do standardization, how to build better workplaces and so
on.
À propos de la capacité, il ne fait aucun doute que le Canada
peut aider, car il applique depuis longtemps des règlements conçus
pour assurer le bien-être collectif, que ce soit dans l’industrie ou
ailleurs. Le Canada peut sans aucun doute offrir de l’aide en
matière de normalisation, d’amélioration des milieux de travail et
ainsi de suite.
The one caveat I have with that is that it should not be done on
a grand basis. I’m an old aid man. We should not give the money
away. We should not say, ‘‘Here is $10 million. Go figure out how
to do it better.’’ We should do it on the basis of returns for, if you
like, services because, after all, we will be helping businesses. So
that’s the first thing. Canada can, without a doubt, help in setting
the standards, but the second, more critical question is whether
the government of Bangladesh is willing to impose or implement
or enforce the standard. That is a more difficult political question,
and, on that, the answer rests outside of Canada. There has been
no instance in history where external actors have been able to
enact fundamental governance reforms in a country. That
willingness has to come from the country itself. The question
becomes, is Bangladesh in a position where such willingness is
evident or will hopefully be evident soon? The answer is probably
yes, especially because the fellow who owned the Rana Plaza just
got a death sentence for his role in the tragic incident. So, over
time, in a democratic process, accountability will emerge, and if
one looks at the history of the world and democratic societies
everywhere, this is how it happens.
La seule réserve que j’ai à ce sujet, c’est ce que cela ne devrait
pas être fait à grande échelle. Je suis vieux jeu quand il s’agit
d’accorder de l’aide. Il ne faudrait pas se contenter de donner
l’argent. Nous ne devrions pas dire : « Voici 10 millions de
dollars; à vous de déterminer comment faire mieux. » Il faudrait
que cela soit en échange, si vous voulez, de services rendus, car,
après tout, nous aiderons des entreprises. C’est la première chose.
Il ne fait aucun doute que le Canada peut aider à établir les
normes, mais la deuxième chose, la question cruciale, est de savoir
si le gouvernement du Bangladesh est prêt à imposer, à mettre en
œuvre ou à appliquer les normes. C’est une question politique plus
complexe et, dans ce cas-ci, la réponse se trouve à l’extérieur du
Canada. Il n’est jamais arrivé que des intervenants externes soient
en mesure de procéder dans un pays à des réformes fondamentales
en matière de gouvernance. Il faut que ce soit le pays même qui
veuille procéder ainsi. La question est donc de savoir si le
Bangladesh est disposé à agir ainsi ou, espérons-le, s’il le sera
bientôt. La réponse est probablement affirmative, notamment
parce que le propriétaire du Rana Plaza a été condamné à mort
compte tenu de son rôle dans l’incident tragique qui s’est produit.
Donc, avec le temps, dans le cadre d’un processus démocratique,
la reddition de comptes verra le jour. Lorsqu’on regarde l’histoire
du monde et de l’ensemble des sociétés démocratiques, on
constate que c’est toujours ainsi que cela se produit.
19:78
Human Rights
18-6-2015
How much time will it take for that to happen and so on? We
can go back to the industrial revolution and look at the child
workers in England. How long did it take to abolish that practice?
Combien de temps faudra-t-il attendre? Nous pouvons revenir
à la révolution industrielle et aux enfants astreints au travail en
Angleterre. Combien de temps aura-t-il fallu attendre avant que
cette pratique soit abolie?
To answer your question, senator, in terms of building the
capacity of the Government of Bangladesh to enact the rules and
regulations and to implement them, the Government of Canada,
in association with other Canadians, can help in building the
capacity of the government and perhaps the industry associations.
Pour répondre à votre question, madame la sénatrice, le
gouvernement du Canada, en association avec d’autres
Canadiens, peut aider à renforcer la capacité du gouvernement
du Bangladesh — et peut-être celle des associations industrielles —
à établir les règles et les règlements nécessaires et à les mettre en
œuvre.
In terms of the willingness of the government to implement and
enforce the rules, we shall have to let the democratic process take
its course. That’s the best answer I have.
Pour ce qui est de la volonté du gouvernement à mettre en
œuvre et à appliquer les règles, nous devrons laisser le processus
démocratique suivre son cours. C’est la meilleure réponse que je
peux vous donner.
Senator Ataullahjan: You kind of answered my question, which
was, just looking at what you said, that governments in
developing countries need to accept greater responsibility.
La sénatrice Ataullahjan : Vous avez dans une certaine mesure
répondu à ma question. Elle portait, comme vous le disiez, sur la
nécessité que les gouvernements des pays en développement
acceptent une plus grande part de responsabilités.
Talking about the Bangladesh government, given the current
political atmosphere, do they have the capacity and the will to
implement and enforce international rules and regulations, such
as the ILO principles?
À propos du gouvernement du Bangladesh, dans le contexte
politique actuel, a-t-il la capacité ou la volonté de mettre en œuvre
et d’appliquer des règles et des règlements internationaux, comme
les principes de l’OIT?
Mr. Rahman: Do they have the technical capacity? Yes.
Perhaps they might need a little bit of help. Do they have the
willingness? I’m not so sure. The good news there is that in
Bangladesh a democratic process is under way. The best indicator
of that is that there are elections. People get elected. One might
argue that the elections are flawed, that there are scenarios that
are corrupt and that votes are rigged, et cetera. True, but I’d like
you to give me an example of a democratic country where, when
democracy was first being founded, such practices did not
happen. In a nascent democratic process, you will get flawed
democracy, but the hope is that over time accountability will
emerge. Our best hope for that to do so is the democratic process.
M. Rahman : A-t-il la capacité technique? Oui. Il aura peut-être
besoin d’un peu d’aide. A-t-il la volonté nécessaire? Je ne suis pas
certain. La bonne nouvelle, c’est qu’un processus démocratique est
en cours au Bangladesh. La tenue d’élections est ce qui en témoigne
le mieux. Des gens sont élus. On pourrait soutenir que les élections
sont entachées d’irrégularités, qu’il y a des cas de corruption, que le
vote est truqué et ainsi de suite. C’est vrai, mais j’aimerais que
vous me donniez l’exemple d’un pays démocratique où de telles
pratiques n’ont pas eu lieu lorsque la démocratie y a été instaurée.
Lorsqu’on s’engage sur la voie de la démocratie, la démocratie est
imparfaite, mais on espère qu’un mécanisme de reddition de
comptes verra le jour avec le temps. C’est pour nous la meilleure
façon d’y parvenir.
Senator Andreychuk: I take your point about the political will
and the capacity, but do they understand — not the governance
and those issues — how, in this interconnected world, they have
to respond on those issues, not only for the benefit of their own
people but for the economic well-being of the country? You
cannot ignore it. You could have maybe 20 years ago, 30 years
ago. You shouldn’t have, but could have. Now, if they are going
to want to attract business, they are going to have to make some
of those assurances. Have they made that equation?
La sénatrice Andreychuk : Je comprends ce que vous dites au
sujet de la volonté politique et de la capacité, mais savent-ils —
pas au sujet de la gouvernance et des questions connexes —
comment, dans notre monde interconnecté, ils doivent donner
suite à ces questions, non seulement dans l’intérêt de leur
population, mais aussi pour le bien-être économique du pays?
Ils ne peuvent pas l’ignorer. C’était possible il y a 20 ou 30 ans. Ils
n’auraient pas dû l’ignorer, mais c’était possible. De nos jours,
s’ils veulent attirer les entreprises, ils devront offrir certaines de
ces garanties. Ont-ils pris cela en considération?
Mr. Rahman: I think they have. Have they made it in total?
This is the power of the market in some ways. If the market kind
of signals — market meaning consumers here — that, look, we are
not going to buy your goods if they are not produced the right
way or if the workers are not guaranteed proper or safe and
secure working conditions or paid proper wages, that signal
would be heard loud and clear, without a doubt. That’s what
business is all about.
M. Rahman : Je crois que oui. Ont-ils fait le tour de la
question? Dans une certaine mesure, nous parlons du pouvoir des
marchés. Si les marchés laissent entendre — j’entends par là les
consommateurs — qu’ils ne vont pas acheter leurs produits parce
qu’ils ne sont pas fabriqués de la bonne façon ou parce que rien ne
garantit un milieu de travail adéquat et sûr et de bonnes
conditions de travail, ce message serait clairement entendu, sans
aucun doute. C’est là-dessus que repose le monde des affaires.
18-6-2015
Droits de la personne
19:79
But is that signal evident? As I’m arguing in my opening
presentation, unfortunately, the market signal is that I want to
buy the best product at the lowest price. Do I really care about
how it is made, and so on? Do I really want to know?
Cela dit, le message est-il clair? Comme je l’ai affirmé dans ma
déclaration liminaire, malheureusement, le message envoyé par les
marchés est que l’on veut obtenir le meilleur rapport qualité-prix.
Se préoccupe-t-on vraiment de la façon dont un produit est
fabriqué et de questions semblables? Veut-on vraiment le savoir?
What we have now — and this is very interesting; it’s where fair
trade and all that stuff come in — is a group of socially conscious
consumers in a society like Canada and the United States where
they’re willing to pay a higher price for a product that is properly
made.
Ce que nous avons maintenant — et c’est très intéressant et ici
que le commerce équitable et tout ce qui s’y rattache entrent en
ligne de compte —, c’est un groupe de consommateurs
responsables sur le plan social, dans des pays comme le Canada
et les États-Unis, qui sont prêts à payer plus cher pour un produit
fabriqué convenablement.
I teach globalization at the University of Ottawa for masters
students and I had them do papers on fair trade. Basically, these
markets are not mainstream markets in the sense that they are a
small portion of the market. There is a small, niche market where
there are socially conscious consumers who are willing to pay the
higher price. However, for the overwhelming majority, the market
is the market. I want the best products for the lowest price.
J’enseigne la mondialisation aux étudiants de maîtrise de
l’Université d’Ottawa, et je leur ai demandé d’écrire des essais sur
le commerce équitable. En gros, ce ne sont pas des marchés
traditionnels dans la mesure où ils ne représentent qu’une petite
partie de l’ensemble des marchés. Il existe un petit créneau dans
lequel des consommateurs responsables sur le plan social sont
prêts à payer plus cher. Toutefois, dans la grande majorité des cas,
le marché est le marché. On veut le meilleur rapport qualité-prix.
Will the market provide the signal? If it does, it will be heard,
no question. It will not take a government, an association or
anybody; the market will be loud and clear.
Le marché se prononcera-t-il en ce sens? Si c’est le cas, on y
donnera suite, cela ne fait aucun doute. Il ne sera pas nécessaire
qu’un gouvernement, une association ou autre intervienne; le
marché sera très clair.
Senator Andreychuk: Corporate social responsibility has been a
way that our society has said, first, we don’t want our companies
participating in practices that are harmful and don’t meet
international standards, et cetera. You don’t think that has
impacted societies and gone beyond niche awareness? Do you not
think that is broadening?
La sénatrice Andreychuk : Par l’entremise de la responsabilité
sociale des entreprises, notre société a entre autres dit, tout
d’abord, qu’elle ne veut pas que nos entreprises appliquent des
pratiques néfastes qui vont à l’encontre des normes
internationales. Vous ne semblez pas croire que cela a eu des
répercussions sur la société au-delà du créneau des gens
sensibilisés. Ne pensez-vous pas que c’est un mouvement qui
prend de l’ampleur?
Mr. Rahman: From a lifetime of experience, any voluntary
arrangement can be broken without any fear of persecution.
Where it matters is where there is a stick.
M. Rahman : Tout au long de ma vie, j’ai constaté que l’on
peut mettre fin à toute entente volontaire sans crainte de
persécution. Seules les ententes assorties d’une sanction ont des
répercussions.
I read the testimony of the EDC person who came to your
committee. When EDC says to a Canadian company, ‘‘I’m not
going to give you a loan to set up a country in country X if you
don’t meet this and that conditions,’’ that matters. It provides a
signal that says that I have to do this and that before I can get the
loan. That’s a market signal.
J’ai lu le témoignage de la représentante d’EDC qui a comparu
devant votre comité. Quand EDC dit à une entreprise canadienne
qu’il ne lui accordera pas de prêt pour s’installer dans un certain
pays si elle ne respecte pas certaines conditions, cette approche
donne des résultats. Cela signifie qu’il faut prendre certaines
mesures avant d’obtenir le prêt. C’est un message des marchés.
Let me use an example of something you would appreciate,
namely the Convention on the Elimination of All Forms of
Discrimination against Women, CEDAW. All countries of the
world have signed this. When I was at CIDA, I was head of Asia,
and we used to finance projects for CIDA. Look at the incidence
of implementation of CEDAW. When we did studies, we found
that they signed it, but the implementation is not where it’s
supposed to be. You ask why that is the case? It is because it is a
voluntary agreement. It is a voluntary arrangement and,
ultimately, sovereign power dominates.
Prenons l’exemple d’un accord que vous connaissez, à savoir la
Convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes, la CEDEF. Tous les pays
du monde l’ont signée. Quand je travaillais à titre de chef de la
Direction générale de l’Asie à l’ACDI, nous avions l’habitude de
financer des projets. Regardez l’incidence de la mise en œuvre de
la CEDEF. Dans le cadre de nos études, nous avons constaté que,
même si les pays l’avaient signée, elle n’était pas mise en œuvre où
elle devait l’être. Vous vous demandez pourquoi. C’est parce qu’il
s’agit d’une entente volontaire. C’est une entente volontaire et, au
bout du compte, le pouvoir souverain l’emporte.
19:80
Human Rights
Where there is a signal that matters, people will listen.
18-6-2015
Lorsque les gens savent qu’il y aura des conséquences, ils
écoutent.
Senator Ataullahjan: Mr. Rahman, as someone who has been
through Rana Plaza and visited a factory that was well run —
that is, the workers were well looked after; medical facilities were
available on every floor — I’m a great believer in keeping the
factories in Bangladesh because it supports over 3 million women.
La sénatrice Ataullahjan : Monsieur Rahman, j’ai visité le site
de Rana Plaza ainsi qu’une usine qui était bien gérée, où les
travailleurs étaient bien traités et disposaient d’installations
médicales à chaque étage. Je crois fermement au maintien des
usines du Bangladesh parce qu’elles aident plus de 3 millions de
femmes.
Sohel Rana, along with his parents, was recently charged with
murder, as were the owners of several other factories in the
building and half a dozen government officials, too. Do you think
the measures that they’ve taken, these punitive measures, will
make a difference in Bangladesh? Will other owners think twice
before sending workers into unsafe conditions?
Sohel Rana, ainsi que ses parents, a récemment été accusé de
meurtre, à l’instar d’autres propriétaires d’usine de l’immeuble et
d’une demi-douzaine de fonctionnaires. Pensez-vous que les
mesures qui ont été prises, les mesures punitives, changeront les
choses au Bangladesh? D’autres propriétaires y penseront-ils à
deux fois avant de faire travailler des gens dans des conditions
dangereuses?
Mr. Rahman: Absolutely. It’s like you’re going to be dead if
you don’t provide good conditions, right? That’s the signal that’s
been sent.
M. Rahman : Tout à fait. Ne pas offrir de bonnes conditions
revient un peu à signer son arrêt de mort, n’est-ce pas? C’est le
message qui est envoyé.
The corollary would be that one has to distinguish between
au courant producers and producers who are not that savvy in
terms of where international conditions are going. The larger
producers and the more savvy producers are retooling their
factories because they recognize that it will come to a point where
people are going to demand that the factories are up to standard;
otherwise, they will not be able to sell their goods. It’s also
efficient.
Le corollaire serait qu’il faut distinguer les producteurs qui
sont au courant de l’évolution des attentes internationales en
matière de conditions de travail de ceux qui ne l’ont pas bien
suivie. Les grands producteurs et les producteurs plus perspicaces
modernisent leurs usines parce qu’ils savent que, à un moment
donné, les gens demanderont qu’elles respectent les normes. À
défaut de procéder ainsi, ils ne pourront pas vendre leurs
produits. C’est également une question d’efficience.
Market conditions are dictating efficiency. Market conditions
are dictating that you set up conditions or factories that are in
many ways more modern, safer and more state of the art. It is the
evolution of an industry. The simplest example I can give of that
is the computer industry in South Korea or Taiwan. When they
started, they were simple assemblers and they used to scrounge
parts. They are now the biggest producers of mobile telephones
and televisions, and their factories are the envy of the world in the
electronics industry. They didn’t do this because somebody told
them to, they did this because the markets demanded it. The
markets signaled that was the way they should go. I’m confident
that that’s how the industry will evolve. You’re absolutely right,
senator, punitive signals such as those are extremely important.
Les conditions du marché déterminent l’efficience. Elles
prescrivent des conditions ou des usines qui sont à bien des
égards plus modernes, plus sécuritaires et à la fine pointe de la
technologie. C’est l’évolution d’une industrie. L’exemple le plus
simple que je peux donner est celui de l’industrie de l’informatique
en Corée du Sud ou à Taïwan. À ses débuts, il n’y avait que de
simples usines d’assemblages qui utilisaient des pièces récupérées.
L’industrie comprend maintenant les premiers fabricants de
téléphones cellulaires et de téléviseurs dont les usines font
l’envie du monde entier dans le domaine de l’électronique. Ces
fabricants n’ont pas répondu à la demande d’une personne, mais
plutôt à la demande des marchés. Les marchés ont indiqué que
c’était la voie à emprunter. Je suis persuadé que c’est ainsi que
l’industrie évoluera. Vous avez tout à fait raison, madame la
sénatrice, les mesures punitives de ce genre sont extrêmement
importantes.
Senator Hubley: Thank you for being here this afternoon. In
your previous testimony here, you offered suggestions about how
Canada can ensure worker protections, and you stated that we
should not prohibit or limit imports because this only hurts the
workers.
La sénatrice Hubley : Merci d’être ici cet après-midi. À
l’occasion de votre comparution précédente devant notre
comité, vous avez formulé des recommandations quant à la
façon dont le Canada peut assurer la protection des travailleurs,
et vous avez dit que nous ne devrions pas interdire ou limiter les
importations étant donné que cette mesure nuit seulement aux
travailleurs.
Last week, we heard from Barry Laxer of Radical Design in
Montreal, who told us about the good working conditions for his
employees at his two Bangladeshi factories. But he said that he
had to close down the larger one because two of his primary
La semaine dernière, nous avons entendu Barry Laxer, de
Radical Design, à Montréal, qui nous a parlé des bonnes
conditions de travail de ses employés dans ses deux usines
bangladaises. Il a toutefois dit qu’il a dû fermer la plus grande
18-6-2015
Droits de la personne
19:81
customers pulled out of Bangladesh because of the bad press.
Here is a fellow who, by his own account, was providing good and
safe jobs, but now he is not because of the backlash.
parce que deux de ces principaux acheteurs se sont retirés du
Bangladesh en raison de la mauvaise presse. Voilà l’exemple d’une
personne qui, de son propre aveu, offrait de bons emplois dans un
milieu sécuritaire, ce qu’elle ne fait plus à cause du mouvement de
protestation.
His former employees are unemployed or may be working
elsewhere in poor conditions. What can be done, if anything, to
prevent this sort of thing from happening?
Ses anciens employés sont sans emploi ou doivent travailler
ailleurs dans de mauvaises conditions. Que pouvons-nous faire, si
c’est possible, pour prévenir ce genre de situation?
Mr. Rahman: I’m afraid not much, because it’s like company X
contracts a company in Bangladesh to produce garments and then
at one point decides to pull out and produce elsewhere, which is
what’s happening in this case.
M. Rahman : Je crains que nous ne puissions pas faire grandchose, car il s’agit d’une entreprise qui signe un contrat de
fabrication de vêtements avec une entreprise bangladaise et qui
décide à un certain moment d’y mettre fin pour déménager sa
production. C’est ce qui s’est passé dans ce cas-ci.
I don’t know of any rules and regulations that can prohibit this
company from pulling out. For that company, it’s purely a
market decision in some ways. Unless there are some egregious
reasons for having pulled out, it’s the right of the owners of that
company to decide where they want to produce.
Je ne connais aucune règle ou aucun règlement qui peut
interdire à cette entreprise de se retirer. Pour elle, c’est strictement
une décision commerciale, d’une certaine façon. À moins qu’ils se
soient retirés pour des raisons répréhensibles, les propriétaires de
cette entreprise ont le droit de choisir l’endroit où leurs produits
seront fabriqués.
On the other hand, if the question was that the company pulled
out of Bangladesh because they said that we would not like to buy
garments that are produced in unsanitary, unsafe conditions, that
might be interesting, but we haven’t seen that happen.
En revanche, s’il s’agissait d’une entreprise qui s’est retirée du
Bangladesh parce qu’elle ne voulait pas que ses vêtements soient
fabriqués dans des conditions insalubres et dangereuses, cela
pourrait être intéressant, mais nous n’avons jamais vu ce genre de
situation.
Senator Enverga: Thank you for the presentation. You
mentioned earlier that it’s usually the price that dictates the
habits of consumers. However, when you look at signature
brands, they are ridiculously priced items.
Le sénateur Enverga : Merci de votre exposé. Vous avez
mentionné tout à l’heure que c’est généralement le prix qui
détermine les habitudes des consommateurs. Cependant, dans le
cas des marques homologuées, les prix sont exorbitants.
Do you think it’s wise to maybe put them to a higher standard
of worker rights, or maybe they should pay a lot more for these
workers if the products are being produced in, let’s say,
Bangladesh? Do you think it’s wise to do that?
Pensez-vous qu’il est judicieux d’appliquer des normes plus
élevées en ce qui concerne les droits des travailleurs, ou les
entreprises devraient-elles payer beaucoup plus pour ces
travailleurs si les produits sont fabriqués au Bangladesh, par
exemple? Pensez-vous que c’est une bonne idée?
Mr. Rahman: Let’s take examples — Polo, Armani and
Lacoste. Should they be paying? They do, actually, because
most of the brands work with the higher-end manufacturing
concerns in Bangladesh. I know them. I know the people who
produce these kinds of goods and this kind of apparel in
Bangladesh, and they are the higher end. They are the ones that
have the state-of-the-art facilities. Why? Because that’s what the
market wants. That apparel needs to be produced at a higher
standard of manufacturing than your average T-shirt or shirt.
Because they need to be produced to a higher standard, the
equipment and the facilities need to be of a higher standard as
well. The workers need to have higher skill levels as well. Because
the workers have higher skill levels, they get higher wages. Yes, in
fact, those factories are really very good.
M. Rahman : Prenons quelques exemples — Polo, Armani et
Lacoste. Ces entreprises devraient-elles payer? Elles le font en fait,
car la majorité des marques travaillent avec des établissements de
fabrication haut de gamme au Bangladesh. Je les connais. Je
connais les gens qui fabriquent ce genre de produits et ces
vêtements au Bangladesh, et c’est plus haut de gamme. Ils
travaillent dans des établissements ultramodernes. Pourquoi?
Parce que c’est ce que le marché veut. Ces vêtements doivent être
fabriqués selon des normes de fabrication plus élevées que les
normes pour fabriquer un T-shirt ou un chandail ordinaire. Pour
cette raison, l’équipement et les installations doivent respecter des
normes plus élevées également. Les travailleurs doivent être plus
qualifiés. Donc, parce qu’ils sont plus qualifiés, ils sont mieux
rémunérés. Ce sont vraiment de très bonnes usines.
Senator Enverga: On another note, I know that there are
differences between factories and from one factory to another,
from one country to another. However, for the basic consumer,
it’s hard to determine whether this kind of garment is being
produced here or being produced under certain kinds of
Le sénateur Enverga : Par ailleurs, je sais qu’il y a des
différences d’une usine à l’autre, d’un pays à l’autre. Toutefois,
pour le consommateur moyen, il est difficile de savoir si un
vêtement est fabriqué ici ou dans des conditions particulières.
Quelle est la meilleure chose que le consommateur puisse faire?
19:82
Human Rights
18-6-2015
conditions. What’s the best thing that the consumer can do? Is
there any watchdog that monitors these kinds of factories? Is
there something we could look after? As a consumer, maybe I
should be able to search this kind of product on a certain location.
Y a-t-il un organisme qui surveille ces usines? Pouvons-nous
exercer une certaine surveillance? En tant que consommateur, je
devrais pouvoir faire des recherches sur ce type de produit
fabriqué à un emplacement en particulier.
Mr. Rahman: This is like the Good Housekeeping Seal of
approval, right? Somebody stamps it and says this was produced
in a factory that had good working conditions. One could, for
example, think of an organization that provides that type of
signal in the sense that this apparel was produced in this type of
condition.
M. Rahman : C’est un peu comme le sceau d’approbation,
n’est-ce pas? Quelqu’un appose un sceau pour indiquer que le
vêtement a été fabriqué dans une usine où les conditions de travail
sont bonnes. On pourrait, par exemple, penser à un organisme qui
appose ces sceaux.
But the question to ask is, will it influence the consumers? Will
it influence the consumers in terms of buying the products that are
produced in these conditions? For certain consumers, that will
matter, because they will care how the workers are treated. But
what the market is saying is that for the overwhelming majority,
that’s not really the most important concern.
La question à poser est la suivante : ce sceau influencera-t-il les
consommateurs? Aura-t-il une incidence sur leur décision
d’acheter les produits qui sont fabriqués dans ces conditions?
Pour certains consommateurs, c’est important, car ils se soucient
de la façon dont les travailleurs sont traités. Mais d’après le
marché, pour la vaste majorité des consommateurs, ce n’est pas
vraiment une préoccupation importante.
Senator Enverga: Do you believe that most of the countries
follow the same guidelines for workers’ rights? Would you be able
to let us know if you know anything about certain countries that
are not following the international agreements or something like
that?
Le sénateur Enverga : Croyez-vous que la majorité des pays
suivent les mêmes lignes directrices en matière de droits des
travailleurs? Seriez-vous en mesure de nous dire si certains pays ne
respectent pas les accords internationaux, par exemple?
Mr. Rahman: Yes. I can talk about Asia. I spent a lifetime
studying that. In economics, we have this thing called the product
cycle, which means that when you start off the process, you
produce the cheapest possible goods in countries where there is a
surplus of labour. Because there is a surplus of labour, wages are
low, and therefore you can produce stuff at a low price. As you
move along the path, and take South Korea, Taiwan, Malaysia,
Thailand and so on, as they move up the path, demand for these
products grows, and wages grow. As wages grow, you move on to
higher-end products. As you move into more and more higherend products, your facilities are getting better. Not only that, but
the process takes the country to a development context.
M. Rahman : Oui. Je peux parler de l’Asie. J’ai passé ma vie à
étudier ce sujet. En économie, il y a ce concept que nous appelons
le cycle de production, ce qui signifie qu’au début du processus,
vous produisez les marchandises au plus bas prix possible dans
des pays où il y a un excédent de main-d’œuvre. En raison de cet
excédent de main-d’œuvre, les salaires sont bas et, par conséquent,
vous pouvez produire à bas prix. Ailleurs, notamment en Corée
du Sud, à Taïwan et en Malaisie, la demande pour ces produits
augmente, si bien que les salaires augmentent. Lorsque les salaires
augmentent, on passe à des produits plus haut de gamme. C’est
sans compter que le processus place le pays dans un contexte de
développement.
Let me put it this way: When the development process starts,
when you’re very poor, all you care about is food in your belly, a
place to stay and maybe children go to school. But when you’ve
met those needs, you want something more out of life. You want
human rights. You want to be able to express your opinions. Once
you reach that stage, that is when what you describe happens.
Because you say, ‘‘I have met my basic needs, and now I want a
better place to work. I want to express my opinion. I want you to
be accountable for your actions.’’ When that happens, things get
better. Working conditions get better, and people’s lives get
better. That is the story of a country like Canada. The U.S. is
exactly the same story. As the accountability standards grow with
the standard of living, so do the working conditions.
Je m’explique : lorsque le processus de développement
commence, lorsque vous êtes très pauvre, tout ce qui vous
préoccupe, c’est de mettre du pain sur la table, d’avoir un endroit
où vivre et de pouvoir envoyer vos enfants à l’école. Lorsque ces
besoins sont satisfaits, vous voulez plus. Vous voulez jouir des
droits de la personne. Vous voulez pouvoir exprimer vos opinions.
Lorsque vous en arrivez là, c’est à ce moment-là que ce que vous
décrivez arrive. Vous dites : « Mes besoins fondamentaux sont
satisfaits, je veux maintenant travailler dans un meilleur lieu de
travail, je veux exprimer mon opinion et je veux que vous
répondiez de vos actes. » C’est à ce moment-là que les choses
s’améliorent. Les conditions de travail et la vie des gens
s’améliorent. C’est l’histoire d’un pays comme le Canada. Il en
va de même pour les États-Unis. Lorsque les normes en matière
de responsabilité s’améliorent, la qualité de vie et les conditions de
travail des gens s’améliorent aussi.
Senator Enverga: Is that a country we’re supposed to be buying
from?
Le sénateur Enverga : Est-ce un pays auquel nous sommes
censés acheter des produits?
Mr. Rahman: It’s difficult to say.
M. Rahman : C’est difficile à dire.
18-6-2015
Droits de la personne
Senator Andreychuk: Where sanctions are.
19:83
La sénatrice Andreychuk : Il y a des sanctions.
Mr. Rahman: For example, the one I remember is South
Africa, but that was a political reason. That was apartheid.
Because of outright and blatant racial discrimination, Canada
and other countries specifically said, ‘‘We do not want to do
business with you.’’ But in a purely business sense, like in a purely
business consideration, do I recall a scenario where we said, ‘‘We
are not going to buy from you because you treat your workers
very badly?’’ Honestly, I don’t remember any scenario like that.
M. Rahman : Par exemple, je me souviens de l’Afrique du Sud,
mais c’était pour une raison politique. Il y avait l’apartheid. En
raison de la discrimination raciale flagrante, le Canada et d’autres
pays ont précisément dit : « Nous ne voulons pas faire des affaires
avec vous. » Mais d’un point de vue strictement commercial, estce que je me souviens d’un cas où nous avons dit à un pays que
nous n’allions pas acheter ses produits parce qu’il traite très mal
ses travailleurs? Honnêtement, je ne me rappelle pas que ce soit
déjà arrivé.
The Chair: I have a question concerning the future of the
garment industry. I apologize, but I come back to the issue of
women. You said something that’s so profound in many ways.
When you’re hungry, you will take any job. That’s so true. But
when your basic needs are met, then you are looking for
education for your children, hospitals, safety for you so you can
survive to be there the next day for your child.
La présidente : J’ai une question concernant l’avenir de
l’industrie du vêtement. Je suis désolée, mais je reviens à la
question des femmes. Vous avez fait une observation très
marquante. Lorsque vous avez faim, vous êtes prêt à accepter
n’importe quel emploi. C’est tellement vrai. Mais lorsque vos
besoins fondamentaux sont satisfaits, alors vous voulez une
éducation pour vos enfants, l’accès aux soins hospitaliers et une
sécurité pour pouvoir être là pour votre enfant.
Mr. Rahman: Yes.
The Chair: All this seems a little precarious. We’re not quite
there. Maybe I’m mistaken. We’re not quite there with
Bangladesh. There is still a stage between not hungry but not
quite fighting for quality of life.
M. Rahman : Oui.
La présidente : Tout cela semble un peu précaire. Nous ne
sommes pas encore rendus là. Je me trompe peut-être. Nous ne
sommes pas rendus là avec le Bangladesh. Il y a une marge entre
ne pas avoir faim et lutter pour jouir d’une meilleure qualité de
vie.
Mr. Rahman: Exactly.
M. Rahman : Exactement.
The Chair: So what next?
La présidente : Alors que se passe-t-il ensuite?
Mr. Rahman: This is a question right after my heart. I’ve been
doing a lot of work on development stages of different countries.
Bangladesh right now has per capita income of about $1,010. This
is a very average number. The cut-off point for a low-middleincome country is $1,045, so Bangladesh is very close to becoming
a low-middle-income country. In fact, it will become so within the
next three or four years, at most.
M. Rahman : C’est une question qui me tient à cœur. Je fais
beaucoup de travail en matière de développement dans différents
pays. À l’heure actuelle, le revenu par habitant au Bangladesh est
d’environ 1 010 $. C’est un chiffre moyen. Le seuil pour un pays à
revenu faible et moyen est de 1 045 $. Le Bangladesh est sur le
point de devenir un pays à revenu faible et moyen. En fait, il le
deviendra au cours des trois ou quatre prochaines années, tout au
plus.
That has a bearing on the question that you asked, because as
women get empowered in terms of income earning and so on,
independence and the democratic process develop along with it.
People will demand more, not only from their leaders but from
other places, too. Labour will get more organized. They will be
more thorough. They will be more demanding about the
conditions in which they live.
Ce que je viens de dire a un rapport avec la question que vous
avez posée, car lorsque les femmes deviennent autonomes et
touchent un revenu, on constate une évolution au chapitre de
l’indépendance et de la démocratie. Les gens exigeront plus, non
seulement de leurs dirigeants, mais à d’autres niveaux également.
Les milieux de travail seront plus organisés et rigoureux. Les gens
exigeront de meilleures conditions de vie.
Right now, you’re absolutely right. Bangladesh is almost
hovering over the edge of the next stage. In fact, if you like, I’ll
forward you a paper that we wrote for a conference recently by
the Canadian Association for the Study of International
Development, which we called ‘‘Development Partnerships in
Middle-Income Countries: the Transition Phase in Bangladesh,’’
which talks about exactly this subject.
À l’heure actuelle, vous avez tout à fait raison. Le Bangladesh
est sur le point de passer à la prochaine étape. En fait, je vais vous
faire parvenir un document que nous avons rédigé récemment
pour une conférence de l’Association canadienne pour l’étude du
développement international que nous avons intitulé
« Partenariats pour le développement dans les pays à moyen
revenu : phase de transition au Bangladesh ». Le document porte
sur ce sujet précis.
The Chair: I would appreciate it if you would be so kind as to
send us that paper.
La présidente : Je vous serais reconnaissante de bien vouloir
nous faire parvenir ce document.
19:84
Human Rights
18-6-2015
Mr. Rahman: And the question is, are they ready? One thing
you have to know about the Bangladeshi people is that they’re
politically extremely savvy. That country is going to mature
politically, and that’s the fundamental, and the fundamental need
for that to happen is for the elections to continue. Bangladesh
cannot afford to have a non-democratic process take over. That’s
the fundamental issue. If there is a foreign policy issue objective in
Canada for Bangladesh, that would be the primary subject.
M. Rahman : Ce qu’il faut se demander, c’est si le Bangladesh
est prêt. Une chose qu’il faut savoir au sujet des Bangladais, c’est
qu’ils s’y connaissent beaucoup en politique. Le pays va gagner en
maturité sur le plan politique, et pour ce faire, il faut absolument
qu’il continue de tenir des élections. Le Bangladesh ne peut pas se
permettre d’avoir un processus non démocratique. C’est un
élément fondamental. Si on met en place une politique étrangère
au Canada pour le Bangladesh, il faudrait que ce soit le sujet
principal de cette politique.
The Chair: Mr. Rahman, it’s always such a pleasure. You
make us think. Actually, you make us uncomfortable, and so you
should. You make us think. Thank you so much once again for
being here. We certainly appreciate your presence.
La présidente : Monsieur Rahman, il est toujours très agréable
de vous recevoir. Vous nous faites réfléchir. En fait, vous nous
faites sortir de notre zone de confort, et c’est très bien. Vous nous
faites réfléchir. Merci encore une fois d’être ici. Nous vous
sommes reconnaissants d’être venu.
Senator Salma Ataullahjan (Deputy Chair) in the chair.
La sénatrice Salma Ataullahjan (vice-présidente) occupe le
fauteuil.
The Deputy Chair: Honourable senators, I would now like to
welcome our final witness, who is appearing via video conference.
From Human Rights Watch, we welcome Nisha Varia, Director
of Outreach for Women’s Issues.
La vice-présidente : Honorables sénateurs, j’aimerais
maintenant souhaiter la bienvenue à notre dernier témoin, qui
comparaît par vidéoconférence. De Human Rights Watch, nous
accueillons Nisha Varia, directrice, Sensibilisation aux droits des
femmes.
I understand that you have some opening remarks to present to
us, and then you will be available to answer the senators’
questions.
Je crois savoir que vous avez une déclaration préliminaire à
nous présenter, et vous serez ensuite disposée à répondre aux
questions des sénateurs.
Nisha Varia, Director of Outreach for Women’s Issues, Human
Rights Watch: Thank you. It’s a pleasure to be able to speak to
you today. I will keep my opening remarks very short, and I look
forward to the questions that you may have.
Nisha Varia, directrice, Sensibilisation aux droits des femmes,
Human Rights Watch : Merci. Je suis ravie de pouvoir discuter
avec vous aujourd’hui. Mon exposé sera très bref. Je me ferai un
plaisir de répondre à vos questions.
As you may know, Human Rights Watch is an international
organization. We work in about 90 countries around the world on
a range of human rights issues, from those that occur in armed
conflict to women’s and children’s rights. Labour rights have been
a big priority, as well.
Comme vous le savez sans doute, Human Rights Watch est une
organisation internationale. Nous travaillons dans environ
90 pays dans le monde sur un éventail d’enjeux liés aux droits
de la personne, notamment les violations des droits des femmes et
des enfants dans des conflits armés. Les droits du travail
constituent une grande priorité également.
Most recently, we have done two investigations on abuses
against workers in the garment sector. One is a report on the
garment workers in Cambodia. I’ll speak about some of the main
findings of this report. It involves a number of companies and
brands that source from Cambodia, including some in Canada,
including Joe Fresh. The second report looks at labour rights
abuses in the garment sector in Bangladesh.
Récemment, nous avons mené deux enquêtes sur des cas de
mauvais traitement à l’endroit de travailleurs dans le secteur du
vêtement. L’une d’elles a été menée au Cambodge. Je vais parler
des principales conclusions du rapport. Le premier rapport porte
sur plusieurs entreprises et marques qui font appel à des usines au
Cambodge. Certaines de ces entreprises sont canadiennes, dont
Joe Fresh. Le deuxième rapport se penche sur des violations des
droits des travailleurs dans le secteur du vêtement au Bangladesh.
To give you a brief summary of our findings, we find that there
continue to be many problems in workplace conditions in both of
these sectors. To take Cambodia first, we interviewed hundreds of
garment workers across five different provinces in more than
70 different factories. Some of the main problems that we
encountered were a very broad use of forced overtime. Another
was the overuse of short-term contracts; many times workers
would be kept on two- to three-month contracts for years at a
time. This served as a way to avoid paying benefits to those
workers. It also made it very easy to fire those workers who
Pour vous résumer brièvement nos conclusions, nous avons
constaté qu’il existe encore de nombreux problèmes concernant
les conditions de travail dans ces deux pays. Pour le Cambodge
d’abord, nous avons interrogé des centaines de travailleurs du
vêtement dans cinq provinces différentes et dans plus de 70 usines
différentes. L’un des principaux problèmes qu’on nous a signalés
est l’utilisation très fréquente du temps supplémentaire forcé. Il y
a aussi l’utilisation excessive des contrats à court terme. Il arrive
très souvent que les travailleurs soient embauchés pour des
contrats de deux ou trois mois, et ce, pendant des années. C’est
18-6-2015
Droits de la personne
19:85
wished to form unions. And it also made it very easy to dismiss
workers who became pregnant; we documented a lot of
pregnancy-based discrimination.
pour éviter de devoir leur payer des avantages sociaux. Il est aussi
très facile de congédier les travailleurs qui souhaitent former des
syndicats ou de renvoyer les travailleuses enceintes. Nous avons
recensé de nombreux cas de discrimination fondée sur la
grossesse.
There was an increase in the minimum wage in Cambodia.
Along with that increase, we saw that the intensity of workers’
production also increased. So in the same amount of time,
workers were sometimes now forced to produce more garments
than before. They had to work faster and faster, and there was
more pressure not to take rest or water breaks. Those workers
who had any medical issues and wanted to take sick leave really
often had the choice between continuing to work while they were
ill or losing their job.
On a augmenté le salaire minimum au Cambodge. On a
également constaté une augmentation de la production des
travailleurs. Donc, au cours d’une même période de temps, les
travailleurs étaient parfois forcés de fabriquer plus de vêtements
que par le passé. Ils devaient travailler plus rapidement et
subissaient des pressions pour ne pas prendre de pauses pour se
reposer ou boire de l’eau. Les travailleurs qui souffraient de
problèmes de santé et qui voulaient prendre un congé de maladie
devaient très souvent choisir entre travailler même s’ils étaient
malades ou perdre leur emploi.
We found a lot of intimidation of workers trying to form
independent unions. Currently, there is a trade union bill being
discussed in Cambodia that would make it even more difficult.
Nous avons relevé que les travailleurs qui essayaient de former
des syndicats indépendants étaient souvent victimes
d’intimidation. Un projet de loi sur les syndicats qui rendrait la
création de syndicats plus difficile fait actuellement l’objet de
discussions au Cambodge.
Moving to Bangladesh, there has been a lot of attention toward
Bangladesh and the different efforts there to try to avoid disasters
such as the Rana Plaza factory collapse. While there have been
some improvements in terms of the labour law and a small
increase of the number of labour unions, our report really focused
on the attacks and intimidation of workers who either formed
trade unions or tried to join them. These were pretty egregious
attacks where workers might be physically beaten and/or would
lose their jobs. Many of the workers who were women would have
sexualized threats against them. So while there was some space for
workers to organize, they also faced increased backlash. That’s
what the Bangladesh report focuses on.
Passons maintenant au Bangladesh. Le Bangladesh et les
efforts pour éviter des tragédies comme l’effondrement de l’usine
Rana Plaza ont beaucoup attiré l’attention. Bien qu’il y ait eu des
améliorations en matière de droit du travail et une légère hausse
du nombre de syndicats, notre rapport s’est vraiment penché sur
les mauvais traitements et sur l’intimidation dont sont victimes les
travailleurs qui ont formé des syndicats ou qui ont essayé de
joindre un syndicat. Il est question ici de mauvais traitements
graves où des travailleurs ont été battus ou ont perdu leur emploi.
Un grand nombre de femmes ont fait l’objet de menaces à
caractère sexuel. Même si les travailleurs pouvaient se syndiquer,
ils étaient confrontés à de graves conséquences. C’est ce sur quoi
le rapport sur le Bangladesh met l’accent.
I will conclude by saying that we have been engaging with
many of the brands that source. I’ve been involved with our
efforts on Cambodia and talking with companies, such as Joe
Fresh, Marks & Spencer, Armani, Gap, Adidas and H&M. It has
been an interesting experience to see how the companies have
reacted to our same findings on the ground but a different level of
response in terms of the protections they will provide.
Je vais conclure en disant que nous travaillons avec un grand
nombre de marques qui font appel à des usines à l’étranger. Je
participe aux efforts que nous déployons au Cambodge et discute
avec des entreprises telles que Joe Fresh, Marks & Spencer,
Armani, Gap, Adidas et H&M. Il est intéressant de voir le
nombre d’entreprises qui ont réagi aux conclusions qui ont été
dégagées quant aux conditions de travail, mais elles ont eu des
réactions différentes pour ce qui est des mesures de protection
qu’elles offriront.
Our main recommendations are about increasing transparency
in the supply chains, ensuring whistle-blower protections for
workers; addressing the overuse and exploitation of short-term
contracts, which really affects working conditions for garment
workers; and generally creating a safer space for workers to
organize.
Nos principales recommandations consistent à accroître la
transparence dans les chaînes d’approvisionnement, à mettre en
place des mesures de protection des dénonciateurs pour les
travailleurs, à lutter contre l’utilisation excessive ou abusive des
contrats à court terme, ce qui nuit vraiment aux conditions de
travail des travailleurs du vêtement et, de façon générale, à créer
un milieu plus sécuritaire pour que les travailleurs puissent se
syndiquer.
I’ll stop it at that.
Je vais m’arrêter ici.
19:86
Human Rights
18-6-2015
The Deputy Chair: I have a couple of questions. In Bangladesh,
the majority of the workers are women, over 3 million. What does
it mean to the empowerment of women in Bangladesh? I also
realize that if these women did not work in the garment factories,
a lot of them would not have jobs. It seems to be that in
Bangladesh, women working in the factories is welcomed and not
frowned upon, and it is easier for the families to let their girls go
because the majority of females are working in factories.
La vice-présidente : J’ai quelques questions. Au Bangladesh, la
majorité des travailleurs sont des femmes, soit plus de trois
millions. Qu’est-ce que cela signifie pour l’autonomisation des
femmes au Bangladesh? Je sais également que si ces femmes ne
travaillaient pas dans des usines de vêtements, bon nombre
d’entre elles n’auraient pas d’emploi. Au Bangladesh, il n’est pas
mal vu que les femmes travaillent dans des usines de vêtements. Il
est donc plus facile pour les familles de permettre à leurs filles de
travailler, car la majorité des femmes travaillent dans les usines.
If they were not working in the garment industry, what other
things could these women do? Also, with the status of working
benefits, you briefly touched on maternity leave. But we are also
talking about issues such as proper bathroom facilities and
handling of sexual harassment.
Si elles ne travaillent pas dans l’industrie du vêtement, que
peuvent-elles faire d’autre? Aussi, lorsque vous avez parlé des
avantages sociaux, vous avez brièvement abordé la question des
congés de maternité. Mais nous discutons également de questions
telles que des installations sanitaires appropriées et le traitement
des cas de harcèlement sexuel.
Ms. Varia: These jobs are an incredibly important source of
employment for women in Bangladesh, and we have found that
having their own source of income can be very empowering for
women.
Mme Varia : Ces emplois sont une source d’emploi
extrêmement importante pour les femmes au Bangladesh, et
nous avons constaté que le fait de gagner un salaire donne de
l’autonomie aux femmes.
There are a number of different impacts that this may have.
Having the opportunity for a good job can help to delay the age
of marriage and delay child-bearing. Bangladesh has one of the
highest rates of child marriage in the world. More than
50 per cent are married at a young age. When there are good
education opportunities and when families know that their
daughters can provide and support their families economically,
this can help delay marriage and the problem that is affecting the
whole country.
Ces emplois peuvent avoir différentes répercussions. La
possibilité d’occuper un bon emploi peut contribuer à retarder
l’âge du mariage et la maternité. Le Bangladesh a l’un des plus
hauts taux de mariages d’enfants dans le monde. Plus de 50 p. 100
des gens se marient à un jeune âge. Lorsqu’il y a de bonnes
possibilités d’éducation et que les familles savent que leurs filles
peuvent les aider financièrement, cela peut retarder le mariage et
contribuer à régler le problème du mariage précoce au pays.
It also can help with relations within the household. There is a
lot of evidence to show that women who have control over
economic resources may be better able to avoid or to leave
abusive relationships. It plays a big factor in terms of domestic
violence as well.
Ces emplois peuvent également aider les relations dans le
ménage. De nombreux éléments de preuve montrent que les
femmes qui ont le contrôle de leurs revenus ont plus de chances
d’éviter d’être dans une relation abusive ou de quitter cette
relation. C’est un facteur clé pour prévenir la violence conjugale
également.
There is no doubt that having a steady source of income can be
very empowering for workers. With keeping these jobs, many
times when we are talking about these abuses, people have asked
us whether there should be boycotts or if the companies should
pull out of these factories if we have these conditions.
Il ne fait aucun doute que le fait d’avoir une source de revenus
régulière peut donner beaucoup d’autonomie aux travailleurs.
Lorsque nous parlons de ces abus, les gens nous ont demandé si
nous devrions procéder à des boycotts ou si les entreprises
devraient cesser de faire affaire avec ces usines où les conditions
de travail sont mauvaises.
We believe those jobs are very important, and we would like to
see that the workplace conditions improve, and that they do
address many of the gender-specific concerns that come up with a
predominantly female workforce, such as maternity benefits and
making accommodations for workers who are pregnant. Many
times they may be standing for very long hours and not have the
facilities to sit or to take extra rest breaks that may be necessary.
Breastfeeding facilities and sexual harassment are issues. What
we found in Bangladesh, for those workers who are trying to
unionize, is that many of the threats directed at them included
Nous croyons que ces emplois sont très importants, et nous
aimerions que les conditions de travail s’améliorent. Nous
voulons également que ces usines règlent les problèmes de
discrimination fondée sur le sexe qui surviennent dans une
main-d’œuvre à prédominance féminine, tels que les prestations
de maternité et des mesures d’adaptation pour les travailleuses
enceintes. Bien souvent, elles sont debout pendant de longues
heures et ne peuvent pas s’asseoir ou prendre des pauses
supplémentaires qui peuvent être nécessaires. L’absence de salles
pour l’allaitement et le harcèlement sexuel posent problème. Ce
18-6-2015
Droits de la personne
19:87
threats of rape or very derogatory comments quite gendered in
nature.
que nous avons constaté au Bangladesh, c’est que les travailleuses
qui essaient de se syndiquer font l’objet de nombreuses menaces,
dont des menaces de viol, ou de remarques très désobligeantes à
caractère sexuel.
The Deputy Chair: Is there an understanding within the
factories where they work that sexual harassment has no place
in the workplace? I’ve seen it where women have to face all these
comments on how they look. How do you go about making the
managers understand that that is not acceptable?
La vice-présidente : Est-il établi dans ces usines que le
harcèlement sexuel n’a pas sa place dans le lieu de travail? J’ai
vu des cas où des femmes ont reçu des commentaires sur leur
apparence. Comment faites-vous comprendre aux directeurs que
c’est inacceptable?
Ms. Varia: Right now, this is not standard in the workplace.
The concept of sexual harassment can vary from facility to
facility. In general, from the interviews we had with workers, it
was something that was accepted, seen as the status quo and not
seen as something they felt they had much space or ability to
complain about.
Mme Varia : En ce moment, ce n’est pas normalisé dans les
lieux de travail. La notion de harcèlement sexuel peut être perçue
différemment d’une usine à l’autre. De façon générale, d’après les
entretiens que nous avons eus avec les travailleuses, le
harcèlement sexuel est accepté, puisque la situation ne change
pas. Elles n’ont pas l’impression de pouvoir se plaindre.
This is where I think there is an important role for a number of
actors. The brands that are sourcing from these garment factories
play an important role because those business relationships are so
important, saying that sexual harassment and dignity in the
workplace are important, a part of the workplace conditions. It’s
much easier to focus on safety conditions or looking at wages, and
often some of these gender concerns get marginalized and
sidelined in the discussion.
C’est là où divers acteurs ont un rôle important à jouer, à mon
avis. Les marques qui s’approvisionnent dans ces ateliers de
fabrication de vêtement jouent un rôle important, parce que les
relations d’affaires sont très importantes, il faut donc dire que le
harcèlement sexuel et la dignité en milieu de travail sont des
dimensions importantes des conditions de travail. Il est beaucoup
plus facile de mettre l’accent sur la sécurité des travailleurs ou de
regarder les salaires, et bien souvent, les questions liées à l’égalité
entre les sexes sont laissées de côté dans la discussion.
Bringing it up as an important standard that’s central and
important is one thing. Government also plays a role. There are
provisions in the law on sexual harassment, and there needs to be
greater awareness about what those are for this to be
disseminated. There also have to be monitoring and
enforcement, and when the enforcement happens, it has to be
widely publicized so that people understand it is being taken
seriously.
Il faut donc en faire une norme centrale et importante. Le
gouvernement a aussi un rôle à jouer. Il y a des dispositions
législatives sur le harcèlement sexuel et il faut accroître la
sensibilisation pour les faire connaître. Il doit également y avoir
de la surveillance et des mécanismes d’application de la loi, et
lorsqu’il y a des interventions à ce chapitre, elles doivent recevoir
beaucoup de publicité pour que les gens comprennent que c’est
pris au sérieux.
Senator Enverga: Thank you for the presentation. You
mentioned earlier that you found out some issues with regard to
certain factories in Cambodia and Bangladesh and you reported
them to businesses. What were the reactions? Could you let us
know, and have there been changes? What is normal? What are
you doing right now? Are they doing the same thing?
Le sénateur Enverga : Je vous remercie de votre exposé. Vous
avez mentionné avoir constaté des problèmes dans certains
ateliers au Cambodge et au Bangladesh, et les avoir signalés aux
entreprises concernées. Quelles ont été leurs réactions? Pouvezvous nous dire si les choses ont changé? Quelle est la norme? Que
faites-vous en ce moment? Est-ce que ces ateliers continuent de
faire comme avant?
Ms. Varia: Thank you for that question. We have been
transparent in our research from the very outset. We wrote
these companies as soon as we found any evidence that there were
workplace abuses happening in their supply chain, and we found
a pretty different response across the different companies.
Mme Varia : Je vous remercie de cette question. Nous avons
été transparents dans nos recherches dès le début. Nous avons
écrit à ces entreprises dès que nous avons constaté qu’il y avait des
violences en milieu de travail dans leur chaîne
d’approvisionnement, et nous avons observé des réactions très
différentes d’une entreprise à l’autre.
For example, Adidas and H&M showed immediate concern
about our findings and have been very cooperative in working
with us to find ways to address these issues.
Par exemple, Adidas et H&M ont immédiatement été alarmés
de nos conclusions et ont très bien collaboré avec nous pour
trouver des façons de remédier à la situation.
On the first count, one of the things we have recommended is
that these companies disclose the names of their suppliers in their
supply chain. Right now, it’s very difficult to monitor for the
abuse that is happening. For example, if we wanted to take a
Pour commencer, nous avons notamment recommandé que les
entreprises divulguent le nom de leurs fournisseurs dans la chaîne
d’approvisionnement. En ce moment, il est très difficile de
surveiller ce qui se passe. Par exemple, si nous voulons cibler
19:88
Human Rights
18-6-2015
company and say we’re going to do an investigation on what
happens in their supply chain, it’s difficult because we don’t know
the actual factories. The way we did the investigations is we went
to the factories first, and we had to do a lot of investigative work
and piece it together. We found the labels on the clothes that these
workers were sewing, and we had to piece it together from the
ground up. And that makes monitoring so much more difficult.
une entreprise et vérifier ce qui se passe dans sa chaîne
d’approvisionnement, c’est difficile, parce que nous ne savons
pas avec quels ateliers précisément elle fait affaire. Dans le cadre
de nos enquêtes, nous avons commencé par visiter les ateliers, puis
nous avons dû fouiller beaucoup pour rassembler les morceaux du
casse-tête. Nous avons vu les étiquettes sur les vêtements que les
travailleurs étaient en train de coudre, et nous avons dû
rassembler nous-mêmes tous les morceaux du casse-tête. Cela
rend la surveillance beaucoup plus difficile.
H&M and Adidas have agreed. They publicly disclose the list
of their suppliers. Marks & Spencer has agreed to begin doing this
next year. We recommended this to Joe Fresh and Loblaw, and
they have yet to agree to that. We are having a discussion with
them.
H&M et Adidas ont accepté de collaborer. Ils ont divulgué
publiquement leur liste de fournisseurs. Marks & Spencer a
accepté de le faire à compter de l’année prochaine. Nous avons
recommandé la même chose à Joe Fresh et à Loblaw, qui ne nous
ont pas encore donné leur accord. Nous sommes en discussion
avec ces entreprises.
The second issue is the use of short-term contracts, and this
violates Cambodian labour law. You cannot keep workers on
short-term contracts for more than two years, and we found that
many of these factories were violating that aspect of Cambodian
labour law. Again, H&M and Marks & Spencer are looking into
how to look at their orders and their relationships with these
suppliers to find out. A lot of times, they did not even have the
information about the use of short-term contracts, so it was
understanding that they had to monitor and if it was being
abused, then they had to work with their supplier to change that.
Il y a aussi le problème du recours aux contrats à court terme,
qui contrevient aux lois cambodgiennes sur le travail. On ne peut
pas employer des travailleurs dans le cadre de contrats à court
terme pendant plus de deux ans, et nous avons constaté que
beaucoup d’ateliers contrevenaient à cette disposition du droit du
travail cambodgien. Encore une fois, H&M et Marks & Spencer
sont en train d’examiner leurs commandes et leurs relations avec
ces fournisseurs pour mettre la situation au clair. Bien souvent, ils
ne savaient même pas que ces ateliers utilisaient des contrats à
court terme; il fallait donc leur faire comprendre qu’ils devaient
vérifier ce genre de chose et travailler avec leurs fournisseurs en
cas d’abus pour les aider à rectifier le tir.
In terms of the pregnancy-based discrimination, we think this
could be addressed in part by the use of longer-term contracts. It
is usually exploiting that this worker is clearly pregnant, they’re
starting to show at five or six months, and then the employer
would not renew the contract. We think the longer-term contracts
will help to address the issue.
Pour ce qui est de la discrimination des femmes enceintes, nous
croyons qu’une partie de la solution se trouve dans les contrats à
long terme. Ces fabriques exploitent souvent les travailleuses
manifestement enceintes, dont le ventre commence à paraître ou
de cinq ou six mois. L’employeur ne renouvelle alors pas leur
contrat. Nous croyons que des contrats à plus long terme
contribueraient à remédier au problème.
Senator Enverga: When did you tell this company about the
issues that you just mentioned? Was it last year or a few years
ago?
Le sénateur Enverga : Quand avez-vous informé les dirigeants
de cette entreprise des problèmes que vous venez de mentionner?
Était-ce l’an dernier ou il y a plusieurs années?
Ms. Varia: We initially sent out our findings in the spring
of 2014. We had some dialogue with these companies throughout
the summer. Just to reference Joe Fresh, they first responded to
us in the fall of 2014. They did not have a very detailed
response. For the most part, they said that their business and
competitive interests precluded implementing several of our
recommendations.
Mme Varia : Nous leur avons fait parvenir nos constats au
printemps 2014. Nous avons eu des échanges avec eux pendant
tout l’été. Au sujet de Joe Fresh, ses dirigeants ne nous ont pas
répondu avant l’automne 2014. Leur réponse n’était pas très
détaillée. En gros, ils nous ont dit que leurs affaires et intérêts
concurrentiels les empêchaient de mettre en œuvre bon nombre de
nos recommandations.
We published our final report on findings and
recommendations in March of 2015; so it was a year after we
had first alerted them to our concerns and given them an
opportunity to respond. After that public release, I came to
Toronto and was able to meet with representatives of Joe Fresh.
They were much more open to discussing our recommendations.
We’re now waiting to see if they can take some further action on
these recommendations, but we have yet to get any concrete
commitments.
Nous avons publié notre rapport final sur nos constats et nos
recommandations en mars 2015, donc un an après les avoir avisés
de nos préoccupations et leur avoir laissé l’occasion d’y réagir.
Après sa publication, je suis venue à Toronto et j’ai pu rencontrer
des représentants de Joe Fresh. Ils étaient alors beaucoup plus
ouverts à la perspective de discuter de nos recommandations.
Nous attendons maintenant de voir s’ils pourront prendre des
mesures en conséquence, mais ils n’ont encore pris aucun
engagement concret.
18-6-2015
Droits de la personne
19:89
Senator Enverga: You were talking about Adidas earlier and
another company where you recommended some actions. What
percentage of the recommendations have they done after one
year? Did you make any progress? Which ones were followed and
which were not?
Le sénateur Enverga : Vous avez parlé d’Adidas et d’une
autre entreprise à qui vous aviez recommandé des mesures.
Quel pourcentage des recommandations ont-elles mises en
œuvre un an plus tard? Avez-vous observé des progrès? Quelles
recommandations ont été suivies et lesquelles ne l’ont pas été?
Ms. Varia: Adidas started to implement our recommendations
very quickly after we first contacted them — I would say about
three months later. They introduced an anti-retaliation
clause into their code of conduct and their supplier agreements.
They already had a policy where they were disclosing their
supplier list. I don’t have an exact percentage of which
recommendations they implemented. They engaged with us
substantively on our main recommendations and introduced
this new anti-retaliation clause. We helped to introduce them to
some of the labour advocates on the ground in Cambodia so that
they were able to translate it, disseminate it among the workers
and try to increase the use of their complaints mechanism. We
thought that was a good model.
Mme Varia : Adidas a commencé à mettre nos
recommandations en œuvre très rapidement après notre
première communication, je dirais environ trois mois plus tard.
L’entreprise a intégré une disposition contre les représailles à son
code de conduite et aux accords qu’elle conclut avec ses
fournisseurs. Elle avait déjà pour politique de divulguer sa
liste de fournisseurs. Je n’ai pas le pourcentage exact des
recommandations qu’elle a mises en œuvre. Elle s’est engagée de
façon tangible à suivre nos principales recommandations et a
adopté cette nouvelle disposition contre les représailles. Nous
l’avons aidée en mettant ses dirigeants en contact avec des avocats
du travail sur le terrain, au Cambodge, pour qu’ils puissent la
traduire, la communiquer aux travailleurs et essayer de les amener
à utiliser davantage leur mécanisme de plainte. Nous trouvons
que c’est un bon modèle.
H&M last year began to implement some of the
recommendations. They’re taking the first step of surveying
their suppliers to see which ones are using the short-term
contracts. Now, they’re coming up with a way to lower that
proportion and make sure that they are abiding by Cambodian
labour law. The other companies we’re looking at really began to
engage with us only after the report became public. That includes
Gap, Armani and Marks & Spencer. We’re trying to use the
examples of what Adidas and H&M have done to encourage these
other companies to follow suit.
H&M a commencé l’an dernier à mettre en œuvre certaines de
nos recommandations. Elle a commencé par sonder ses
fournisseurs pour savoir lesquels utilisaient des contrats à court
terme. Elle travaille actuellement à trouver des moyens de réduire
la proportion de ses fournisseurs qui en utilisent et à faire en sorte
qu’ils respectent le droit du travail cambodgien. Les autres
entreprises dans notre mire n’ont commencé à discuter avec nous
qu’après la publication de notre rapport. Il y a notamment Gap,
Armani et Marks & Spencer. Nous essayons d’utiliser les
exemples d’Adidas et de H&M pour inciter les autres
entreprises à faire de même.
Senator Enverga: Do you follow up with people who
complained before? Do you go back to them and ask them
what happened? Are you satisfied at this time? Is that how you
have been doing it?
Le sénateur Enverga : Faites-vous un suivi auprès des gens
ayant porté plainte auparavant? Retournez-vous leur demander
ce qui s’est passé? Êtes-vous satisfait de leurs réponses à ce stadeci? Est-ce votre façon de procéder?
Ms. Varia: We are in close touch with a lot of the groups in
Cambodia. We go back and forth and have a presence in
Cambodia to be able to follow up. Yes, we do that to see whether
they have noticed any changes in the actual factories where they
are working and whether they have had direct contact with the
brands, and what their relationship has been with them in terms
of labour inspections. Yes, that’s how we try to monitor what
happens as time goes by.
Mme Varia : Nous sommes en contact étroit avec beaucoup de
groupes au Cambodge. Nous nous y rendons souvent, et nous
avons une présence au Cambodge pour faire un suivi.
Effectivement, c’est ce que nous faisons pour savoir si ces
personnes ont remarqué des changements dans les ateliers où elles
travaillent et si elles ont eu des contacts directs avec des
représentants des marques, puis quel genre de rapports elles ont
eu avec eux dans le cadre des inspections des conditions de travail.
En effet, c’est la façon dont nous surveillons l’évolution de la
situation.
Senator Eaton: Thank you very much for your presentation.
La sénatrice Eaton : Je vous remercie beaucoup de cette
présentation.
Does Human Rights Watch, as an international organization,
work with governments? Do you go to the Cambodian or
Bangladeshi government or the Canadian government and say,
‘‘Why don’t you stop making Bangladesh a tariff-free zone?’’ Do
À titre d’organisation internationale, Human Rights Watch
travaille-t-elle avec les gouvernements? Allez-vous voir le
gouvernement du Cambodge, du Bangladesh ou du Canada;
demandez-vous au gouvernement canadien, par exemple,
19:90
Human Rights
18-6-2015
you get politically involved as well, or is that not within your
scope?
pourquoi il continue de désigner le Bangladesh zone franche de
droits de douane? Intervenez-vous dans la sphère politique ou
n’est-ce pas du tout dans votre mandat?
Ms. Varia: Thank you for that question. We get involved in
some ways and not in others. In terms of meeting and engaging
with governments, that is always something we attempt to do.
From the outset of our research in both of these countries, we
write letters to the government and request meetings with the
relevant ministries and officials to gather information and a get
good picture of what is happening on the ground. In the same way
that we try to engage with companies by sharing our findings and
recommendations, we’ve done the same. The challenge is that
sometimes these governments are not always receptive to us.
Mme Varia : Je vous remercie de cette question. Nous
intervenons de certaines façons, mais pas systématiquement.
Nous essayons toujours de rencontrer des représentants des
gouvernements et de susciter leur engagement. Dès que nous
avons commencé nos recherches sur ces deux pays, nous avons
écrit des lettres au gouvernement et avons demandé des
rencontres avec les représentants des ministères pertinents pour
obtenir de l’information et brosser un bon portrait de la situation
sur le terrain. De la même façon que nous essayons de mobiliser
les entreprises en leur communiquant nos constats et nos
recommandations, nous tendons la main aux gouvernements.
Cela dit, les gouvernements ne sont pas toujours réceptifs.
For example, in Bangladesh, particularly because we work on a
range of human rights issues in the country, the government is not
that open to dialogue with us as an institution because we are
criticizing the government for extrajudicial killings and a number
of issues; so they have not been that willing to engage. In
Cambodia, we were able to meet at a senior level with the
Ministry of Labour and Vocational Training and the Ministry of
Commerce. One of the challenges there is getting things done. As
well, conflicts of interest often occur between the labour ministry
and the business sector, where there is significant financial interest
that makes them reluctant to pursue some of our
recommendations.
Par exemple, au Bangladesh, comme nous nous préoccupons
de diverses questions de droits de la personne dans ce pays, le
gouvernement n’est pas très ouvert au dialogue avec nous, parce
que notre institution critique le gouvernement pour ces exécutions
sommaires, entre autres. Il n’est donc pas très enclin à collaborer
avec nous. Au Cambodge, nous avons réussi à rencontrer des
hauts gestionnaires du ministère du Travail et de la Formation
professionnelle et du ministère du Commerce. La difficulté, làbas, c’est d’obtenir des résultats concrets. De même, il y a souvent
des conflits d’intérêts entre le ministère du Travail et le secteur
privé, le ministère est souvent réticent à suivre nos
recommandations en raison d’intérêts financiers importants qui
entrent en jeu.
Senator Eaton: Are there any kind of labour associations there,
or is all union activity forbidden?
La sénatrice Eaton : Y a-t-il des genres d’associations de
travailleurs là-bas ou est-ce que toute activité syndicale y est
interdite?
Ms. Varia: Interestingly, it’s very different in the two countries.
Before I answer that question, I’ll just say that we also engage
with governments where many of these brands are headquartered.
Actually, I was in Ottawa maybe a month ago and met with
officials from the Department of Foreign Affairs and others to
brief them on our findings and to share these recommendations.
Mme Varia : Curieusement, la situation est très différente entre
ces deux pays. Avant de répondre à cette question, j’aimerais
simplement ajouter que nous approchons aussi les gouvernements
des pays où ces marques ont leurs bureaux principaux. D’ailleurs,
je suis venue à Ottawa il y a environ un mois, pour rencontrer des
fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, entre autres,
pour les informer de nos conclusions et leur faire part de ces
recommandations.
In terms of the trading in activity, in Bangladesh fewer than
10 per cent of the garment workers are in unions or worker
organizations. It’s still a very difficult and hostile climate in which
to join unions. Again, about the threats, I could read you some of
the testimony, which is quite egregious with pregnant women
being beaten and serious physical retaliation for forming unions.
Pour ce qui est de l’activité commerciale au Bangladesh, moins
de 10 p. 100 des travailleurs des fabriques de vêtements font
partie de syndicats ou d’associations de travailleurs. Le climat
demeure très difficile et hostile aux syndicats. Encore une fois, au
sujet des menaces utilisées, je pourrais vous lire des témoignages
assez épouvantables de femmes enceintes qui se sont fait battre et
ont subi des représailles physiques graves pour avoir créé des
syndicats.
In Cambodia it’s quite different. You see that there are a
number of unions, but many are government-controlled. The
unions don’t really represent the workers’ interests. There is a
very small space for independent unions to organize; and usually
a lot of obstacles are put in their way to register. They may have
to have a large number of workers — much higher than
Au Cambodge, c’est très différent. Il y a des syndicats, mais
beaucoup sont sous l’emprise du gouvernement. Les syndicats ne
représentent pas vraiment les intérêts des travailleurs. Il y a très
peu de place pour que des syndicats indépendants s’organisent, et
ils sont habituellement confrontés à beaucoup d’obstacles dans le
processus d’enregistrement. Ils peuvent devoir représenter un très
18-6-2015
Droits de la personne
19:91
international standards — to be able to present an application to
register. Then they have to present all these types of police
certificates. There are many hoops they have to jump through, so
it becomes very difficult for them to operate. You have different
scenarios in the two countries.
grand nombre de travailleurs, beaucoup plus que selon les normes
internationales, pour pouvoir présenter une demande
d’enregistrement. Ils doivent ensuite présenter toutes sortes de
certificats de police. Ils doivent faire toutes sortes de pirouettes, si
bien qu’il est très difficile de constituer un syndicat. Les scénarios
sont différents dans les deux pays.
Senator Eaton: We’ve heard that Myanmar is probably the
next Bangladesh. Have you heard that the next cheap place to
make garments will be there?
La sénatrice Eaton : On nous a dit que le Myanmar serait
probablement le prochain Bangladesh. Avez-vous entendu dire
que le prochain pays où fabriquer des vêtements à moindre coût
serait le Myanmar?
Ms. Varia: Yes, there is a lot of interest in Myanmar or Burma
to be the next place. This is where we think that it’s very
important to take the lessons learned from Bangladesh and
Cambodia to make sure the same mistakes are not repeated. In
particular, there is not a strong history of workers organizing in
Burma. We have to think about how there will be effective
complaint mechanisms and effective labour monitoring.
Mme Varia : Oui, il y a beaucoup d’intérêt envers le Myanmar
ou la Birmanie pour les prochaines grandes fabriques. Il nous
semble très important de tirer des leçons de l’expérience du
Bangladesh et du Cambodge pour que les mêmes erreurs ne s’y
répètent pas. Je souligne particulièrement la forte histoire de la
Birmanie pour ce qui est de l’organisation des travailleurs. Il faut
réfléchir à la mise en place de mécanismes de plaintes et de
surveillance du travail efficaces.
One thing I’ve noticed overall in the garment sector is that
there has been an increased reliance on the use of inspections as a
way to ensure that workplace conditions are decent or to make
sure that there won’t be another factory fire the way there was in
Bangladesh.
J’ai remarqué, dans le secteur du vêtement en général, qu’on se
fie de plus en plus aux inspections pour s’assurer que les
conditions de travail sont décentes ou pour éviter qu’un autre
incendie comme celui qui a détruit un atelier au Bangladesh ne se
produise.
From my experience, those inspections are generally very weak.
It’s very difficult for an inspection team to come once a month or
once every three months and really be able to uncover everything
that’s happening. Often what happens is that even if it’s an
unannounced inspection, they’ll be kept at the gate for half an
hour. One of the things we documented was child labour. Half an
hour is enough for them to get the children out of the way and
hidden from inspectors.
D’après mon expérience, ces inspections sont généralement très
faibles. Il est très difficile pour une équipe d’inspecteurs de passer
une fois par mois ou tous les trois mois et de vraiment arriver à
découvrir tout ce qui se passe. Bien souvent, même si l’inspecteur
ne s’est pas annoncé, on va le garder à la porte une demi-heure.
Nous avons documenté la question du travail des enfants. Une
demi-heure suffit pour chasser les enfants et les cacher des
inspecteurs.
Inspections really have to be complemented by strong worker
organizations because that’s the only way workers feel
empowered to raise complaints and have the assistance and
support to see it through the process.
Les inspections doivent vraiment s’accompagner
d’organisations syndicales fortes, parce que c’est la seule façon
de faire en sorte que les travailleurs sentent qu’ils peuvent porter
plainte et recevoir de l’aide.
Senator Jaffer: My question is what should Canada be doing?
There are all kinds of questions. One is that when these abuses
happen maybe we should boycott the garments or the
manufacturers of these garments and have sanctions against
them or we should move to another country.
La sénatrice Jaffer : J’aimerais vous demander ce que le
Canada doit faire. Il y a toutes sortes d’enjeux. L’une des
possibilités serait de boycotter les vêtements ou leurs fabricants et
de leur imposer des sanctions quand nous observons ce genre de
violation ou de nous tourner vers un autre pays.
My bias is I don’t want to do either of those things because I
have met with those young women and I know that this is their
livelihood. You do outreach. What would you advise us as to
what Canada should do, or Canadian parliamentarians, to have
these women have their jobs but have a better quality of life and,
most important, security in the workplace? I know you have
covered this, but can you expand on that please?
Cependant, je suis biaisée et je ne voudrais prendre aucune de
ces mesures, parce que j’ai rencontré des jeunes femmes qui
travaillent dans ces ateliers et que je sais que c’est leur
mode de subsistance. Vous faites de la sensibilisation. Que
recommanderiez-vous au Canada, aux parlementaires canadiens,
pour que ces femmes conservent leur emploi, mais qu’elles aient
une meilleure qualité de vie et surtout, qu’elles soient en sécurité
au travail? Je sais que vous en avez déjà parlé, mais pouvez-vous
nous donner plus de détails, s’il vous plaît?
Ms. Varia: I’m very much in agreement that these jobs are very
important and that what we would not want to see is pulling out
of these countries or these factories because there’s concern about
Mme Varia : Je suis tout à fait d’accord pour dire que ces
emplois sont très importants et que nous ne voudrions pas vous
voir vous retirer de ces pays ou de ces ateliers en raison des
19:92
Human Rights
18-6-2015
the workplace conditions. Actually, we need a greater and deeper
engagement to improve the conditions and to focus on
remediation and improving the conditions. These jobs are
important; they have a number of social and economic benefits
beyond just providing these women jobs. They often have many
health and education benefits for their families.
mauvaises conditions de travail qui y règnent. Il faut plutôt
intensifier nos efforts et aller plus loin pour améliorer les
conditions de travail; il faut davantage mettre l’accent sur
l’assainissement du milieu et l’amélioration des conditions. Ces
emplois sont importants; ils ont divers avantages sociaux et
économiques, au-delà du simple fait qu’ils procurent du travail à
ces femmes. Leurs familles en retirent souvent beaucoup
d’avantages sur les plans de la santé et de l’éducation.
In terms of what Canada can be doing, one thing is much
stronger engagement with Canadian companies around the
measures they are taking for due diligence in their supply
chains. Right now most of these codes of conduct or these due
diligence practices are voluntary. In an ideal world we would like
to see actual requirements, that it’s not just a choice for those
companies that have decided it’s good for their image to be seen
as socially responsible but actually a requirement.
Pour ce qui est de ce que le Canada peut faire, il pourrait
d’abord intervenir de façon beaucoup plus forte auprès des
entreprises canadiennes pour s’assurer qu’elles prennent des
mesures pour assurer la qualité des conditions dans leur chaîne
d’approvisionnement. En ce moment, la plupart des codes de
conduite et des lignes directrices sur la diligence raisonnable sont
de nature volontaire. Dans un monde idéal, il y aurait des
obligations concrètes, il ne reviendrait pas simplement à ces
entreprises de décider de ce qui est bon pour leur image pour être
perçues comme socialement responsables, ce serait une exigence.
One of those due diligence policies is to be transparent about
their supply chains, to disclose who their suppliers are so that we
can see a list of the 15 factories in Cambodia that supply this
company and they can be adequately monitored.
L’une des politiques possibles pour faire preuve de diligence
raisonnable consiste à être transparent sur sa chaîne
d’approvisionnement, à divulguer la liste de ses fournisseurs
pour que le public connaisse les 15 usines du Cambodge qui
approvisionnent telle entreprise et qu’on puisse exercer une
surveillance adéquate.
The other thing is there are a number of initiatives at the
international level where I think Canada is already playing a very
constructive role, but for it to continue to do so. Canada is a
contributor to the ILO’s Better Work program, and this is really
one of the best initiatives we’ve seen for monitoring factory
conditions on the ground.
Il y a également diverses initiatives internationales dans
lesquelles je crois que le Canada joue déjà un rôle très
constructif, mais il doit continuer de le faire. Le Canada
contribue au programme Travailler mieux de l’OIT, et c’est
vraiment l’un des meilleurs programmes que nous ayons vus pour
surveiller les conditions de travail sur le terrain, dans les usines.
In Cambodia in particular, where there are a number of thirdparty inspectors, we found the Better Work program, the Better
Factories Cambodia program, was really doing the best job in
terms of monitoring, and we wanted to see it expanded. Right
now they don’t have the resources to expand to the
subcontracting factories where the worst abuses happen. They
are only monitoring the big, export-oriented factories and not the
smaller suppliers. I think that continued and perhaps expanded
support of the ILO’s Better Work program would be great.
Au Cambodge, en particulier, où il y a beaucoup d’inspecteurs
indépendants, nous avons constaté que le programme Travailler
mieux pour le Cambodge était vraiment le plus efficace pour
exercer une surveillance, et nous voudrions qu’il soit encore plus
répandu. En ce moment, l’OIT n’a pas suffisamment de ressources
pour inspecter les usines de sous-contractants, où les pires
violations surviennent. Il ne surveille que les grandes usines
axées sur l’exportation et non les petits fournisseurs. Je pense qu’il
serait bon de continuer d’appuyer le programme Travailler mieux
de l’OIT et peut-être d’en accroître le financement.
With the outcome of the G7 summit, the outcome documents
were talking about transparency in the supply chain, about these
due diligence procedures, about a vision zero fund and I think for
Canada to play a leadership role in ensuring that these don’t just
remain nice words in a statement but actually have concrete
implications on the ground would be critical.
Les documents publiés à l’issue du sommet du G7
soulignaient la nécessité d’améliorer la transparence de la
chaîne d’approvisionnement et de mettre en place des
procédures de diligence raisonnable ainsi qu’un Fonds vision
zéro, et je crois que le Canada peut jouer un rôle de leadership
pour faire en sorte que cela se concrétise sur le terrain. C’est
essentiel.
Senator Jaffer: We had an earlier witness, Mr. Rahman, who is
very knowledgeable about Bangladesh, and we really respect his
work. He said something, and I hope I don’t misquote him, like
part of the issue is the responsibility of the consumer as well. If I
am not mistaken, he said it’s in our DNA to find the best bargain.
There is not just the responsibility on the Canadian government,
La sénatrice Jaffer : Nous avons reçu un témoin tout à l’heure,
M. Rahman, qui connaît très bien le Bangladesh, et nous
respectons beaucoup son travail. Il a dit, si je ne m’abuse, que
le consommateur a également une part de responsabilité. Si j’ai
bien compris, il a dit que c’est dans notre nature de rechercher la
meilleure aubaine. Il n’y a pas seulement la responsabilité du
18-6-2015
Droits de la personne
19:93
but there is also the responsibility on Canadians as to how we
support workers, especially women, in the developing countries.
You do this work, so can you talk to us as consumers about what
we could be doing? What should we be demanding?
gouvernement fédéral. Il y a aussi la responsabilité des Canadiens
quand il s’agit d’appuyer les travailleurs, particulièrement les
femmes, dans les pays en développement. Vous travaillez dans ce
domaine, alors pouvez-vous nous dire ce que nous pourrions faire
en tant que consommateurs? Que devrions-nous exiger?
Ms. Varia: Consumers should demand information. My
experience when we talk to different groups, when we talk to
the public, is that when people know what the conditions are,
nobody wants to be part of a process where the clothes they have
bought have been made by exploiting somebody else’s labour.
Mme Varia : Les consommateurs devraient exiger de
l’information. Quand nous discutons avec différents groupes,
avec le public, nous constatons que lorsque les gens sont au
courant des conditions de travail, ils ne veulent pas acheter des
vêtements fabriqués par quelqu’un qui est exploité au travail.
Part of the issue is that consumers often don’t know the
conditions in which their clothes are made. The first thing
consumers need to do is demand information. They should know
by looking at a label or by looking on a website that this company
has met these label standards and we can be assured they have
met these minimum standards. Right now that information is
simply not available. It’s not available to normal consumers, and
it’s not available to a group like Human Rights Watch that can
spend months or years doing investigative work to find that out.
Le problème vient notamment du fait que les consommateurs
ne savent pas la plupart du temps dans quelles conditions
travaillent les travailleurs du textile. Alors, ce que doivent faire les
consommateurs en premier lieu, c’est exiger de l’information. Ils
devraient savoir en examinant une étiquette ou en consultant un
site web que l’entreprise en question respecte des normes
d’étiquetage ainsi que des normes minimales. Actuellement,
cette information n’est tout simplement pas disponible. Les
consommateurs n’y ont pas accès, pas plus que des organismes
comme Human Rights Watch, qui peuvent enquêter pendant des
mois ou des années afin de trouver cette information.
Consumers need to let these companies know that they care
and that they’re willing to spend more. It may mean an increased
cost for some of their clothes. From more informal discussions, I
think most people would be happy to spend what would usually
be a matter of a few extra dollars to ensure that they are not
contributing to a system that exploits workers because the
primary motivation is to get the cheapest price on the sale rack.
Les consommateurs doivent faire savoir à ces entreprises qu’ils
se préoccupent des conditions de travail et qu’ils sont disposés à
payer plus cher. Cela peut vouloir dire qu’ils sont prêts à payer un
prix plus élevé pour certains vêtements. D’après des discussions
informelles que nous avons eues, je peux dire qu’à mon avis la
plupart des gens voudraient bien payer quelques dollars de plus
pour éviter de contribuer à un système qui exploite les travailleurs
parce que ce qui compte le plus c’est de payer le moins cher
possible.
Senator Jaffer: You do outreach on women’s issues. I’m
actually really confused; I have to do more work on this. I put this
dilemma to you: It’s on compensation. First I thought there was
$30 million in the bank to be given out to victims, but after
hearing from Mr. Chant of Loblaw, I didn’t understand if the
money was in the bank or if it was committed, but he says
$10 million has been disbursed and $20 million is still to be
disbursed.
La sénatrice Jaffer : Vous faites de la sensibilisation au sujet
des questions qui touchent les femmes. Je ne comprends pas très
bien; je dois examiner cela de plus près. Je veux vous parler de
l’indemnisation. Au départ, je croyais qu’il y avait un fonds de
30 millions de dollars pour indemniser les victimes, mais après
avoir écouté M. Chant de Loblaw, je ne savais pas si l’argent était
déjà dans les coffres ou si on s’était engagé à verser cette somme,
mais il a expliqué que 10 millions de dollars avaient été versés et
qu’il restait encore 20 millions de dollars à débourser.
Are parents or families whose children or parents died being
compensated? Are people who were hurt being compensated? Are
people who were injured being compensated? How is the
compensation scheme working?
Est-ce que les parents ou les familles dont les enfants ou les
parents sont décédés reçoivent une indemnisation? Est-ce que les
personnes qui ont été blessées reçoivent une indemnisation?
Comment fonctionne le système d’indemnisation?
Ms. Varia: Let me just check. Most of my focus has been on
Cambodia, and my colleagues have done this work.
Mme Varia : Je vais devoir m’informer. Je me suis concentrée
sur le Cambodge, mais mes collègues se sont penchés là-dessus.
Senator Jaffer: If you don’t know this now, you can give it to
us later. I’m putting you on the spot, and I don’t mean to do that.
La sénatrice Jaffer : Si vous n’avez pas cette information en
main, vous pouvez nous la faire parvenir plus tard. Je ne veux pas
vous mettre sur la sellette.
Ms. Varia: I will send you the response because I know this is
something they looked into.
Mme Varia : Je vous enverrai cette information, car je sais que
mes collègues se sont penchés là-dessus.
19:94
Human Rights
18-6-2015
One of the issues is that a lot of the compensation has gone to
the most high-profile victims, which are those of the Rana Plaza
factory fire. However, there was another factory fire with Tazreen
Fashions, and so there are people who have greatly suffered, and
families who have lost one of their members who haven’t received
access to any compensation whatsoever. That’s one of the issues:
Not everybody who has been affected by these workplace
disasters has access to compensation.
L’un des problèmes est qu’une grande partie des indemnités
ont été versées aux victimes dont on a beaucoup parlé, c’est-a-dire
celles de l’incendie du Rana Plaza. Cependant, il y a eu un autre
incendie dans l’usine de Tazreen Fashions, qui a causé beaucoup
de souffrance, et des familles qui ont perdu un des leurs n’ont pas
encore reçu d’indemnisation. Ce ne sont pas toutes les personnes
qui sont touchées par ces catastrophes qui ont droit à une
indemnisation. C’est l’un des problèmes.
I know there are a lot of concerns about whether the
compensation has been enough. I will check with my colleagues
and get back to you on exactly how they’re distributing it among
the families and for those who are dealing with injuries or
disabilities as a result.
Je sais que bien des gens se demandent si les personnes ont reçu
une indemnisation suffisante. Je vais consulter mes collègues pour
pouvoir vous dire comment exactement les sommes sont réparties
au sein des familles et des personnes qui vivent maintenant avec
des blessures ou un handicap à cause de ces catastrophes.
Senator Jaffer: In your answer, if you are able — I don’t mean
to have you do a lot of work, but it would help us.
La sénatrice Jaffer : Je ne veux pas vous donner davantage de
travail, mais si vous pouviez nous fournir cette réponse, cela nous
serait utile.
Ms. Varia: I would be happy to.
Mme Varia : Je serai ravie de vous transmettre cette réponse.
Senator Jaffer: Thank you. If you are able to please tell us if
just the people with direct compensation are only on the Rana
collapse or if it is also the two fires. From what I understand,
people who were involved in the fires earlier on have not been
compensated.
La sénatrice Jaffer : Je vous remercie. Ce serait utile aussi de
nous préciser si les personnes qui ont été directement indemnisées
sont seulement celles touchées par l’effondrement du Rana Plaza
ou si ce sont également celles touchées par l’autre incendie.
D’après ce que j’ai compris, les victimes des incendies précédents
n’ont pas été indemnisées.
I’m not asking you a question, but if you can find out exactly
who has been compensated, it would really help our work moving
forward on corporate social responsibility to get an idea on the
ground as to how the compensation package is working out. That
would really help us. Thank you very much.
Ce n’est pas une question, j’aimerais seulement savoir, si vous
pouvez nous le dire, qui a été indemnisé, car cela nous aiderait
grandement à faire progresser nos travaux sur la responsabilité
sociale des entreprises si nous avions une idée du fonctionnement
du régime d’indemnisation. Cela nous serait très utile. Je vous
remercie beaucoup.
The Deputy Chair: Could I add to that? We have heard that
135 people’s DNA was not found. Will those families be
compensated?
La vice-présidente : Puis-je ajouter quelque chose? Nous avons
entendu dire que l’ADN de 135 personnes n’a pas été trouvé. Estce que ces familles seront indemnisées?
Have you looked at factories in other parts of Asia? When I
was in Vietnam recently, at the airport I saw a huge shipment of
garments — I won’t say the company’s name — which was being
shipped to North America, Canada, I don’t know where. Have
you looked at them, the recent fire in the Philippines? Have you
looked at workers’ rights in those places?
Avez-vous examiné la situation dans des usines ailleurs en
Asie? Lorsque j’étais au Vietnam récemment, j’ai vu à l’aéroport
une énorme cargaison de vêtements — je vais taire le nom de
l’entreprise — qui devait être expédiée en Amérique du Nord,
peut-être au Canada, je ne le sais pas. Vous êtes-vous penchée sur
la situation des victimes de l’incendie survenu récemment aux
Philippines? Avez-vous examiné la situation des droits des
travailleurs dans ces régions?
The other thing I would like you to give me an update on is the
Better Work program. What is it? How did it come to be, and
who is involved in that?
J’aimerais aussi que vous nous donniez des renseignements au
sujet du programme Travailler mieux. De quoi s’agit-il? Comment
a-t-il été créé et qui y participe?
Ms. Varia: I will check with my colleagues about those
135 individuals whose DNA was not matched.
Mme Varia : Je vais consulter mes collègues au sujet de ces
135 personnes dont on n’a pas trouvé l’ADN.
In terms of other countries where we are working, we have not
done any work in Vietnam. For us, access is difficult, as an NGO,
to work there. We don’t have the freedom to operate there freely.
Pour ce qui est des autres pays où nous travaillons, je peux
vous dire que nous n’avons pas travaillé au Vietnam. Il est difficile
pour nous, en tant qu’ONG, d’aller travailler là-bas. Nous ne
pouvons pas y travailler librement.
18-6-2015
Droits de la personne
19:95
In terms of the Philippines, we do some monitoring. We
haven’t done an in-depth investigation the way we have in
Bangladesh and Cambodia, but we have been trying to be in
touch about what’s happened there.
Aux Philippines, nous effectuons un certain suivi. Nous
n’avons pas mené une enquête approfondie comme nous l’avons
fait au Bangladesh et au Cambodge, mais nous essayons de nous
tenir au courant de ce qui se passe là-bas.
I can check. I remember that they checked into what happened
with that factory fire or what happened there, but it was
something that we ended up feeling we were not going to do a
deeper investigation into, so I can find out the reason why.
Je peux m’informer. Je me souviens que mes collègues se sont
renseignés sur ce qui s’est passé à la suite de l’incendie de cette
usine, mais il a été décidé de ne pas mener une enquête
approfondie, et je peux me renseigner pour connaître le motif
de cette décision.
The ILO’s Better Work program, especially in the case of
Cambodia, the idea was to try to create a model of what good
labour inspections could look like and to learn from the
experiences of companies as they try to address these issues, to
provide training to companies and technical assistance to them
around what could be important components of their company
policies, their supplier contracts, and to do the inspections, and
then after such inspections take place, to provide advisory
services. It’s not just, ‘‘You’ve gotten this inspection, and we
found these problems, so just fix it,’’ but to actually really help
guide and provide support to those companies: ‘‘Here are the
actions you could take. This is who you might need to hire. Here
are some training modules that we have prepared that you could
use.’’ It’s a very hands-on support to companies to addressing
these issues.
Le programme Travailler mieux de l’OIT a été créé dans le but,
particulièrement en ce qui concerne le Cambodge, de créer un
exemple d’inspections rigoureuses des milieux de travail et d’aider
les entreprises qui essaient de régler les problèmes, en leur offrant
de la formation et de l’aide sur les aspects techniques en vue de
leur indiquer quels pourraient être les éléments importants de
leurs politiques et de leurs contrats avec les fournisseurs. Il s’agit
aussi de leur offrir des conseils à l’issue des inspections. Il ne s’agit
pas simplement de leur dire « Nous avons effectué l’inspection et
nous avons trouvé certains problèmes, alors organisez-vous pour
y remédier. » L’idée est plutôt d’orienter et d’appuyer les
entreprises en leur suggérant des mesures à prendre, en leur
proposant des personnes qu’elles pourraient embaucher et en leur
fournissant des modules de formation qui ont été préparés et
qu’elles pourraient utiliser. Il s’agit d’un soutien très concret offert
aux entreprises qui doivent s’attaquer à ces problèmes.
It’s not perfect, but we have found that they’ve been doing a
good job of identifying some of the most serious abuses. For
example, in their inspections in Cambodia, they found out that
94 per cent of the factories they were looking at used forced
overtime. Partly it came about as the U.S. and the EU were giving
preferential status to Cambodia and to Bangladesh, and they
knew that there was going to be this surge in expansion of their
garment sectors. There was this agreement with the ILO to come
up with this program to also introduce safeguards for workplace
conditions at the same time.
Le programme n’est pas parfait, mais nous avons constaté qu’il
a permis de cerner certaines des atteintes aux droits les plus
graves. Par exemple, lors des inspections au Cambodge, on a
découvert que 94 p. 100 des usines imposaient aux travailleurs
d’effectuer des heures supplémentaires. Le programme a été
mis sur pied parce que les États-Unis et l’Union européenne
accordaient un statut préférentiel au Cambodge et au Bangladesh
parce qu’ils savaient qu’il y aurait une expansion dans le secteur
du vêtement dans ces pays. Ils se sont entendus avec l’OIT pour
mettre sur pied ce programme établissant aussi des mesures de
protection pour les travailleurs.
That’s a bit of how it came about.
C’est ainsi en quelque sorte que le programme a vu le jour.
Senator Nancy Ruth: A couple of us have been to the Gildan
factory in Bangladesh outside of Dhaka, and we had them
testifying here today. They seem to be a pretty high industry
standard. I wonder if you would concur with that, and do you use
that as an example when talking to governments or other
manufacturers, that they look at the kind of audits and
workplace standards and wages and health and education that
Gildan does?
La sénatrice Nancy Ruth : Certains d’entre nous ont visité
l’usine de Gildan au Bangladesh, à l’extérieur de Dhaka, et un
représentant de l’entreprise a témoigné tout à l’heure. Elle semble
avoir placé la barre assez haute. J’aimerais savoir si vous pensez
que c’est le cas et si vous citez cette entreprise en exemple lorsque
vous rencontrez des représentants de gouvernements ou d’autres
entreprises. Leur dites-vous de s’inspirer des vérifications, des
normes en milieu de travail et des régimes de rémunération et de
soins de santé mis en place chez Gildan?
Ms. Varia: I would need to check with my colleagues who have
focused on the Bangladesh work. I have been more involved in
our Cambodia work.
Mme Varia : Je vais devoir consulter mes collègues qui ont
examiné la situation au Bangladesh. Je me suis davantage
concentrée sur le Cambodge.
I can say that we have not been using them as an example. I
would have to see if there is any particular reason for that. It’s not
one that my Bangladesh colleagues have shared with us as one
that we should share.
Je peux vous dire que nous ne citons pas cette entreprise en
exemple. Il faudrait que je m’informe pour savoir s’il y a une
raison particulière à cela. Mes collègues au Bangladesh ne m’en
ont pas fait part.
19:96
Human Rights
18-6-2015
Senator Nancy Ruth: Is there a company that you saw in
Cambodia or heard about in Bangladesh that you would want to
use as a model?
La sénatrice Nancy Ruth : Y a-t-il une entreprise au Cambodge
ou dont vous avez entendu parler au Bangladesh que vous
voudriez citer en exemple?
Ms. Varia: What we have found out so far is that even for the
companies with the best practices, it’s not that they’re able to
eliminate all of the labour abuses in their factories, but it’s a
question of how quickly did they identify it and how quickly do
they respond. These are very complex environments on the
ground, and I think that a lot of these changes will take some time
to actually really be able to guarantee the types of conditions that
we all think are critical to have.
Mme Varia : Ce que nous avons observé jusqu’à maintenant,
c’est que, même les entreprises qui ont adopté les meilleures
pratiques ne sont pas nécessairement en mesure de mettre fin à
toutes les atteintes aux droits des travailleurs dans leurs usines,
mais elles sont capables de les reconnaître rapidement et d’y
remédier rapidement. Ces enjeux sont très complexes, et je pense
qu’il faudra du temps avant qu’un grand nombre de ces
changements se traduisent par des conditions de travail que
nous jugeons tous essentielles.
In that case, I don’t have the names of actual suppliers, but in
terms of the brands, especially with Adidas, we keep on using
them as an example, in their response, of the due diligence
procedures that they’re putting in place to prevent as many of
these workplace abuses as possible, and then how they respond,
having effective complaint mechanisms, following up with
workers on the ground. Having a presence on the ground
makes a really big difference.
Dans ce cas-là, je ne connais pas les noms des fournisseurs,
mais pour ce qui est des compagnies, nous citons souvent Adidas
en exemple, qui a mis en place des procédures de diligence
raisonnable en vue de prévenir le plus grand nombre possible de
violations des droits. Elle a aussi mis en place un mécanisme de
règlement des plaintes, qui prévoit un suivi auprès des employés
sur le terrain. Avoir une présence sur le terrain permet vraiment
d’améliorer les choses.
There are definitely shared factors that we see that can be
indicators where there might be greater problems versus others.
One of them is when most of the sustainability or CSR folks are in
headquarters and there is not a strong presence on the ground. It’s
very important to have a physical presence on the ground where
suppliers are to really improve the quality of monitoring and to
respond to any problems that are identified.
Il y a définitivement des facteurs communs qui peuvent nous
indiquer où il pourrait y avoir des problèmes importants.
L’absence d’une présence sur le terrain est l’un de ces facteurs.
C’est un problème lorsque la plupart des employés chargés de la
responsabilité sociale travaillent au siège social. Il est très
important d’avoir une présence sur le terrain, où se trouvent les
fournisseurs, pour pouvoir véritablement améliorer la surveillance
et intervenir lorsqu’il y a des problèmes.
Senator Jaffer: I have a question regarding the auditing and
inspecting of factories. Is it sufficient? We heard about the Accord
on Fire and Building Safety in Bangladesh and the Alliance for
Bangladesh Worker Safety. Which is more effective? Do you see a
change or is it just words? I’m not judging. I just want to know,
because we’re not on the ground.
La sénatrice Jaffer : J’ai une question au sujet des vérifications
et des inspections des usines. Est-ce suffisant? Nous avons
entendu parler de l’Accord sur la sécurité incendie et la sécurité
des bâtiments au Bangladesh et de l’Alliance pour la sécurité des
travailleurs du Bangladesh. Qu’est-ce qui est le plus efficace?
Avez-vous constaté un changement ou est-ce que ce ne sont que
des belles paroles? Je ne porte pas de jugement; je veux seulement
savoir ce qu’il en est, car nous ne sommes pas sur le terrain.
Senator Nancy Ruth and I saw this Gildan factory, and we
were impressed, but we don’t have much to compare it with. Are
the current systems more effective than they were previously?
La sénatrice Nancy Ruth et moi-même avons visité l’usine de
Gildan et nous avons été impressionnées, mais nous ne sommes
pas en mesure de la comparer à d’autres. Est-ce que les régimes
actuels sont plus efficaces qu’auparavant?
Ms. Varia: I think there is definitely a feeling that conditions
have improved in comparison to the past. Whether they are
adequate for what’s necessary, important changes still need to be
made, and there are many changes that may be there in the law
but have yet to be implemented.
Mme Varia : Je crois que nous avons définitivement le
sentiment que les conditions se sont améliorées. Il y a encore
des changements importants qui doivent être apportés pour
obtenir les conditions nécessaires, et il y a de nombreux
changements qui figurent dans les lois mais qui n’ont pas
encore été mis en œuvre.
In terms of inspections, some of the improvements, the number
of labour inspectors has quadrupled, and that is a good thing
because before there literally wasn’t the capacity to even inspect
those factories. There has been some progress.
Pour ce qui est des inspections, il y a eu des améliorations. Le
nombre d’inspecteurs a quadruplé, ce qui est une bonne chose, car
auparavant, il n’y avait même pas les ressources nécessaires pour
inspecter ces usines. Il y a donc eu des progrès.
18-6-2015
Droits de la personne
19:97
In terms of how well those inspections are done, and are they
really finding all the problems that are taking place, the answer to
that is no, that it’s very easy for factories to learn that there is
going to be an inspection and to pretty things up before inspectors
come.
Pour ce qui est de la qualité des inspections et de la question de
savoir si elles permettent de déceler tous les problèmes, je peux
vous dire que ce n’est pas le cas, car les usines peuvent très
facilement savoir qu’une inspection aura lieu, alors elles peuvent
faire en sorte que tout soit parfait lors de la visite des inspecteurs.
There is also a lot of corruption. At least in the case of
Cambodia, we interviewed labour inspectors who were candid
with us in saying they were paid off to give favourable labour
inspections. When you’re working in countries where that type of
corruption is pretty widespread, that’s something that has to be
addressed as well.
Il y a aussi beaucoup de corruption. Au Cambodge, nous avons
interrogé des inspecteurs qui nous ont avoué avoir été payés pour
remettre un rapport d’inspection satisfaisant. Lorsqu’on travaille
dans un pays où ce genre de corruption est assez répandu, il faut
s’attaquer également à ce problème.
I think inspections are important. The fact that we have seen
an expansion is good, but how to ensure their quality and how to
ensure that they’re complemented by other enforcement
mechanisms is important, that they should just be a part of the
solution and not the whole solution; and enforcement of the
labour laws, having a space for workers to organize and protest;
and to have direct channels to the brands. Sometimes they may
not be able, realistically or practically, to complain to their
factory management. They should also have direct channels to
complain to the brands that are part of international companies
and may have a better response.
Je crois que les inspections sont importantes. Il y en a
davantage, et c’est une bonne chose, mais il est important de
veiller à la qualité de ces inspections et de s’assurer qu’elles sont
complétées par des mécanismes d’application de la loi. Elles
devraient faire partie de la solution, et non pas être la solution en
soi. Il faut aussi appliquer les lois du travail et permettre aux
travailleurs de se syndiquer, de manifester et de pouvoir
communiquer directement avec l’entreprise. Parfois, les
travailleurs ne sont pas en mesure de déposer une plainte auprès
de la direction de l’usine. Ils devraient pouvoir adresser leurs
plaintes directement à l’entreprise, qui est une multinationale et
qui pourrait intervenir efficacement.
The Deputy Chair: I have one final question. Last week we
heard from Barry Laxer of Radical Design Limited, who
emphasized the living wage as opposed to the minimum wage.
He emphasized the workers’ ability to purchase food, for
example, in addition to establishing health and safety standards
in the workplace. Would you support the case for a living wage,
and has Human Rights Watch done any work in the area?
La vice-présidente : J’ai une dernière question à poser. La
semaine dernière, nous avons entendu Barry Laxer, de Radical
Design Limited, qui a accordé davantage d’importance au salaire
décent qu’au salaire minimum. Il a parlé surtout de la capacité des
travailleurs de se nourrir, par exemple, et de l’établissement de
normes en matière de santé et de sécurité au travail. Est-ce que
vous préconisez un salaire décent, et est-ce que Human Rights
Watch s’est penché là-dessus?
Ms. Varia: We would absolutely support a living wage. The
minimum wage is often the bare minimum. When you have people
who are working from morning until night, every day, and they
are not able to meet their basic necessities, that’s of great concern.
You look at how low the wages are. Again, in Cambodia, they
just had an increase from $80 a month to $100 a month, and
that’s really not enough to meet a lot of the basic necessities.
That’s why you will find that many of the workers wish to
perform many hours of overtime, every day, because their actual
wage is simply insufficient. This is something that we do support.
Mme Varia : Nous préconisons tout à fait un salaire décent. Le
salaire minimum correspond souvent au minimum vital. La
situation est très préoccupante lorsque des gens qui travaillent du
matin au soir, tous les jours, ne sont même pas en mesure de
subvenir à leurs besoins de base. Les salaires sont très bas. Au
Cambodge, le salaire des travailleurs vient de passer de 80 $ par
mois à 100 $ par mois, mais cela ne suffit vraiment pas à combler
un grand nombre des besoins de base. C’est pourquoi de
nombreux travailleurs veulent effectuer plusieurs heures
supplémentaires chaque jour. Leur salaire n’est tout simplement
pas suffisant. Nous sommes donc en faveur de cela.
The Deputy Chair: Seeing no other questions, I want to thank
you, Ms. Nisha Varia, for your time. As you can see, there was a
lot of interest. Maybe in the future we will be talking to you again.
La vice-présidente : Puisqu’il n’y a pas d’autres questions, je
vais vous remercier, madame Nisha Varia, d’avoir pris le temps de
comparaître devant nous. Comme vous avez pu le constater, c’est
un sujet qui suscite beaucoup d’intérêt. Peut-être que nous aurons
l’occasion dans l’avenir de discuter encore une fois avec vous.
Senators, there is some other business that I would like to deal
with.
Mesdames et messieurs les sénateurs, il y a un autre point à
aborder.
Senator Jaffer: Can I move a motion that if the Syrian report is
not able to be tabled before the Senate rises, that we table it with
the Clerk at a later date?
La sénatrice Jaffer : Puis-je proposer que, si le rapport sur la
Syrie ne peut pas être déposé avant l’ajournement du Sénat, nous
le déposions plus tard auprès du greffier?
19:98
Human Rights
Senator Eaton: I second the motion.
Senator Jaffer: By explanation, we may not be able to finish
the complete report and we may need to table it late.
La sénatrice Eaton : J’appuie la motion.
La sénatrice Jaffer : Il se pourrait que nous ne soyons pas en
mesure de terminer le rapport et que nous devions le déposer plus
tard.
The Deputy Chair: Agreed?
La vice-présidente : Est-ce d’accord?
Hon. Senators: Agreed.
Des voix : D’accord.
Senator Jaffer: Thank you.
La sénatrice Jaffer : Je vous remercie.
The Deputy Chair: Thank you, senators.
(The committee adjourned.)
18-6-2015
La vice-présidente : Je vous remercie, mesdames et messieurs les
sénateurs.
(La séance est levée.)
OTTAWA, Thursday, June 18, 2015
OTTAWA, le jeudi 18 juin 2015
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 8 a.m. to monitor issues relating to human rights and, inter
alia, to review the machinery of government dealing with
Canada’s international and national human rights obligations
(topic: Corporate Social Responsibility (CSR) and garment
workers).
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 8 heures, pour surveiller l’évolution de
diverses questions ayant trait aux droits de la personne et
examiner, entre autres choses, les mécanismes du gouvernement
pour que le Canada respecte ses obligations nationales et
internationales en matière de droits de la personne (sujet : la
responsabilité sociale des entreprises (RSE) et les travailleurs du
textile).
Senator Mobina S. B. Jaffer (Chair) in the chair.
[English]
The Chair: Honourable senators, welcome to the thirty-seventh
meeting of the Second Session of the Forty-first Parliament of the
Standing Senate Committee on Human Rights.
[Translation]
The Senate has given our committee the mandate to examine
issues relating to human rights in Canada and abroad.
[English]
La sénatrice Mobina S. B. Jaffer (présidente) occupe le fauteuil.
[Traduction]
La présidente : Honorables sénateurs, je vous souhaite la
bienvenue à cette 37e séance du Comité sénatorial permanent des
droits de la personne de la deuxième session de la 41e législature.
[Français]
Le Sénat a confié à notre comité le mandat d’examiner les
questions liées aux droits de la personne au Canada et à
l’étranger.
[Traduction]
My name is Mobina Jaffer, I’m from British Columbia and I’m
the chair of the committee. Before I continue, I will ask the
members to introduce themselves starting with the deputy chair.
Je m’appelle Mobina Jaffer. Je viens de la Colombie-Britannique
et je suis présidente du comité. Avant de poursuivre, je vais
demander aux membres de se présenter. Nous allons commencer
par la vice-présidente.
Senator Ataullahjan: Salma Ataullahjan, Toronto, Ontario.
La sénatrice Ataullahjan : Salma Ataullahjan, de Toronto, en
Ontario.
[Translation]
Senator Eaton: Nicole Eaton, from Toronto, Ontario.
[English]
Senator Eggleton: I’ll make it three from Toronto. Art
Eggleton.
Senator Hubley: Elizabeth Hubley, Prince Edward Island.
[Français]
La sénatrice Eaton : Nicole Eaton, de Toronto, en Ontario.
[Traduction]
Le sénateur Eggleton : Comme les deux autres, je suis aussi de
Toronto. Je m’appelle Art Eggleton.
La sénatrice Hubley : Elizabeth Hubley, Île-du-PrinceÉdouard.
18-6-2015
Droits de la personne
The Chair: Garment manufacturing is an important source of
jobs in the developing world. The great flexibility and
decentralization of that industry, together with its generalized
recourse to subcontracting, complicate the implementation of
adequate health and safety standards.
[Translation]
In many garment exporting countries such as Bangladesh,
India and Vietnam, thousands of salaried workers are exposed to
dangerous working conditions and other risks to their health and
safety.
[English]
On April 24, 2013, Rana Plaza, an eight-storey building
containing five garment factories located on the outskirts of the
capital of Bangladesh, collapsed, killing approximately
1,127 workers and injuring thousands. This was the worst of a
series of fatal accidents that took place in the garment
manufacturing industry in Bangladesh. Among these were also
the November 2012 fire where over 100 people were killed, and
the fire in October 2013 where there were 7 dead and 50 injured.
[Translation]
The private sector has human rights obligations, in the
workplace particularly. In many communities throughout the
world, employees have obtained the right to work in safe and
healthy conditions, to receive sufficient wages, and to have
reasonable work schedules.
[English]
19:99
La présidente : L’industrie du vêtement est une importante
source d’emplois dans les pays en développement. La grande
souplesse et la décentralisation qui caractérisent cette industrie,
combinées au recours généralisé à la sous-traitance, compliquent
l’application de normes adéquates en matière de santé et de
sécurité.
[Français]
Dans bien des pays exportateurs de vêtements comme le
Bangladesh, l’Inde et le Vietnam, des milliers de salariés sont
exposés à des conditions de travail dangereuses et à d’autres
risques pour leur santé et leur sécurité.
[Traduction]
Le 24 avril 2013, le Rana Plaza, un immeuble de huit étages
abritant cinq usines de vêtements situé en banlieue de la capitale
du Bangladesh, s’est effondré, et environ 1 127 travailleurs ont été
tués et des milliers d’autres ont été blessés. C’est la catastrophe
mortelle la plus grave d’une série qui a touché l’industrie du
vêtement au Bangladesh. En effet, il y avait eu en novembre 2012
un incendie, où plus d’une centaine de personnes avaient perdu la
vie, et en octobre 2013, un autre incendie a causé 7 décès et fait
50 blessés.
[Français]
Le secteur privé a des obligations en matière de droits de la
personne, notamment dans les milieux de travail. Les employés de
nombreuses collectivités dans le monde ont réussi à obtenir le
droit de travailler dans des conditions saines et sécuritaires, de
recevoir un salaire suffisant et d’avoir un horaire de travail
raisonnable.
[Traduction]
When workers’ health and safety are not protected, when
wages do not allow for a reasonable standard of living, and when
workers are intimidated for trying to unionize, a number of rights
recognized in international human rights conventions to which
Bangladesh is a party are engaged.
Lorsque la santé et la sécurité des travailleurs ne sont pas
assurées, lorsque les salaires ne suffisent pas à garantir un niveau
de vie raisonnable et lorsque les travailleurs font l’objet
d’intimidation quand ils essaient de se syndiquer, on touche à
un certain nombre des droits reconnus par des conventions
internationales sur les droits de la personne, dont le Bangladesh
est signataire.
Unfortunately, although Bangladesh has ratified a number of
international human rights conventions such as the ILO’s Labour
Inspection Convention 1972, the Rana Plaza collapse and other
similar events demonstrate that there is significant room for
improvement and implementation of effective enforcement is still
required.
Malheureusement, même si le Bangladesh a ratifié un certain
nombre de conventions internationales sur les droits de la
personne, comme la Convention sur l’inspection du travail de
l’OIT, en 1972, l’effondrement du Rana Plaza et d’autres
accidents similaires démontrent qu’il y a amplement place à
l’amélioration relativement à l’application de ces conventions.
Cette application doit être plus efficace.
The committee is studying the situation because Canadians
benefit from the cheap garments that these factories produce. We
are looking at Canada’s corporate and social responsibilities.
Le comité se penche sur cette situation parce que les Canadiens
achètent ces vêtements à bas prix fabriqués dans ces usines. Nous
étudions aujourd’hui la responsabilité sociale des entreprises.
To begin our hearing today, I welcome, from the International
Labour Organization, Mr. Dan Rees, Director of Better Work.
Pour commencer, j’aimerais souhaiter la bienvenue à M. Dan
Rees, directeur du programme Travailler mieux à l’Organisation
internationale du Travail.
19:100
Human Rights
18-6-2015
Mr. Rees, thank you very much for making yourself available
today. We are very looking very forward to hearing from you
today and, just so you know, we are going to continue this study
when we return and we hope in the future also ILO will work
with us.
Monsieur Rees, je vous remercie beaucoup de vous être libéré
aujourd’hui pour comparaître devant nous. Nous avons très hâte
de vous entendre aujourd’hui. Sachez que nous allons poursuivre
cette étude lorsque les travaux reprendront au Parlement et nous
espérons avoir l’occasion dans l’avenir de travailler avec l’OIT.
I understand you have some remarks, so I will ask you to start.
Je sais que vous avez préparé une déclaration liminaire, alors je
vous cède la parole.
Dan Rees, Director of Better Work, International Labour
Organization: Thank you very much, Madam Chair and
distinguished members of the committee. It is a privilege to
receive the invitation to appear today. I welcome the opportunity
to discuss workers’ rights and the global garment industry, as well
as the ILO and Canada’s role in improving working conditions.
Dan Rees, directeur du programme Travailler mieux,
Organisation internationale du Travail : Je vous remercie
beaucoup, madame la présidente et membres distingués du
comité. C’est un privilège pour moi d’avoir été invité à
comparaître devant vous aujourd’hui. Je suis heureux d’avoir
l’occasion de discuter des droits des travailleurs et de l’industrie
mondiale du vêtement ainsi que de la contribution de l’OIT et du
Canada à l’amélioration des conditions de travail.
The annual International Labour Conference of the
International Labour Organization negotiates and adopts
minimum international labour standards in instruments we call
conventions which sovereign states ratify into national law. The
ILO has a supervisory mechanism to monitor government
compliance with these treaty obligations and to report publicly
on whether these obligations are being met.
Lors de la Conférence internationale du travail de
l’Organisation internationale du Travail, qui a lieu chaque
année, des normes de travail internationales minimales sont
négociées et adoptées puis incluses dans des instruments que nous
appelons des conventions, que des États souverains ratifient et
intègrent dans leur législation. L’OIT s’est dotée d’un mécanisme
de surveillance pour surveiller le respect des obligations issues de
ces conventions et pour faire rapport publiquement du respect de
ces obligations.
The ILO also supports its member states with an extensive
program of technical assistance in order that they are more able to
implement these conventions and significant elements of this
technical cooperation focus on global supply chains and the
garment sector in particular.
L’OIT soutient également les États membres grâce à un
important programme d’aide technique, qui sert à les épauler dans
la mise en œuvre des conventions. Une grande partie de cette aide
est axée sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et sur
l’industrie du vêtement en particulier.
The ILO is grateful for the support and partnership of Canada,
which is among the ILO’s top 10 donors. Through employment
and social development, Canada is contributing to ILO’s work on
the labour dimensions of international trade and economic
integration in seven countries with which Canada has bilateral
trade agreements. And through the Department of Foreign
Affairs, Trade and Development, Canada is supporting an ILO
portfolio of some $30 million U.S. on promoting employment and
skills for young people in Morocco and Egypt and on improved
labour migration in Southeast Asia, as well as the joint
contribution with the Netherlands and the U.K. on the ILO’s
program to support reform in the garment sector in Bangladesh.
L’OIT remercie le Canada pour son soutien et sa collaboration.
Votre pays figure parmi les 10 plus importants donateurs de
l’OIT. Grâce au ministère de l’Emploi et du Développement
social, le Canada contribue au travail de l’OIT sur les aspects du
commerce international liés au travail et sur l’intégration
économique de sept pays avec lesquels le Canada a conclu un
accord commercial bilatéral. Par l’entremise du ministère des
Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, le
Canada contribue au budget de 30 millions de dollars américains
de l’OIT consacré à la promotion de l’emploi et du développement
des compétences auprès des jeunes au Maroc et en Égypte ainsi
qu’à l’amélioration de la gestion des migrations de la maind’œuvre en Asie du Sud-Est. Le Canada contribue également,
conjointement avec les Pays-Bas et le Royaume-Uni, au
programme de l’OIT destiné à appuyer les réformes dans
l’industrie du vêtement au Bangladesh.
Given your opening remarks, Madam Chair, I note that the
committee’s discussion has touched on Canada’s support for
reform in the ready-made garment industry in Bangladesh. So if I
may, I could just start with some update of progress and some of
the challenges ahead with respect to the work in Bangladesh.
Vous avez dit tout à l’heure, madame la présidente, que les
discussions du comité ont porté notamment sur l’appui du
Canada aux réformes dans le secteur du prêt-à-porter au
Bangladesh. Alors, si vous me le permettez, je vais d’abord faire
le point sur les progrès et aborder les défis à venir en ce qui
concerne le travail à faire au Bangladesh.
18-6-2015
Droits de la personne
19:101
Firstly, and I think positively, the ILO welcomes the recent
news that all the funds have been raised for the payment of fair
compensation to the victims of Rana Plaza. Final payments
should be made in the weeks ahead, and I think this represents a
significant achievement and a very positive example of the
industry working together.
Premièrement, l’OIT a été heureuse d’apprendre récemment
que tous les fonds ont été réunis pour indemniser équitablement
les victimes du Rana Plaza. Les derniers paiements devraient être
effectués dans les prochaines semaines, et je crois que cela
représente une grande réussite et un très bel exemple de
collaboration au sein de l’industrie.
With that said, I think it’s important that the national
employment injury scheme is now established in Bangladesh,
learning from the lessons of providing compensation to victims of
recent disasters, and the ILO is engaging with its constituents in
Bangladesh and donor partners in pursuit of that goal.
Cela dit, je crois qu’il est important qu’un régime national
d’assurance contre les accidents du travail soit mis en place au
Bangladesh, à la lumière de l’expérience de l’indemnisation des
victimes des récentes tragédies. L’OIT s’engage avec ses
partenaires au Bangladesh et des donateurs à travailler à la
réalisation de cet objectif.
A priority following the Rana Plaza disaster was, of course, to
ensure factory safety, building safety and fire safety, and by the
end of last month around 80 per cent of the export-orientated
factories in the industry have been inspected for structural safety,
for wiring safety and for fire safety.
Après l’effondrement du Rana Plaza, la priorité était bien
entendu d’assurer la sécurité dans les usines, la sécurité des
immeubles et la sécurité incendie. À la fin du mois dernier,
environ 80 p. 100 des usines dont la production est destinée à
l’exportation avaient été inspectées afin de vérifier la sécurité
électrique, structurelle et incendie.
While relatively few factories have been closed — the number is
around 32 — many more have been kept open by reducing very
significant safety risks. So I think we can say that in the factories
in Bangladesh, or 80 per cent of them, risks have been
significantly reduced since the Rana Plaza collapse. We remain
focused on completing the remaining 20 per cent of factory
inspections and that does require the government’s cooperation to
verify that factories that claim to be closed are indeed closed and
to deal with those factories which are not co-operating.
Même si des usines relativement neuves ont été fermées —
environ 32 — beaucoup d’autres ont largement réduit les risques
pour la sécurité et sont demeurées ouvertes. Alors je crois qu’on
peut dire que dans les usines au Bangladesh, je dirais 80 p. 100
d’entre elles, les risques ont été considérablement réduits depuis
l’effondrement du Rana Plaza. Nous continuons de veiller à ce
que les inspections soient effectuées dans 20 p. 100 des usines qui
n’ont pas encore été inspectées. Il faudra aussi que le
gouvernement s’assure que les usines qui ont déclaré avoir
fermé leurs portes sont effectivement fermées et qu’il s’occupe
des usines qui ne collaborent pas.
On the legislative environment, there have been some
improvements since the Rana Plaza collapse. The amendments
to the Bangladesh Labour Act in 2013 provide, for example, for
the establishment of occupational health and safety committees
and make it somewhat easier for trade unions to register.
Sur le plan de la législation, il y a eu des progrès depuis
l’effondrement du Rana Plaza. Des modifications apportées en
2013 à la Loi sur le travail du Bangladesh prévoient, par exemple,
la mise sur pied de comités de santé et de sécurité au travail et
facilitent un peu l’agrément des syndicats.
Since the amendments, the number of trade unions in the
sector has risen from around 130 to 450. However, there is
certainly room for improvement. The implementing rules, which
are required by the Bangladesh Labour Act, are now needed and
they need to be published without delay.
Depuis que ces modifications ont été apportées, le nombre de
syndicats dans l’industrie est passé d’environ 130 à 450. Il y a
cependant place à l’amélioration. Les règlements d’application,
qui sont exigés par la Loi sur le travail du Bangladesh, doivent
être publiés sans tarder.
Further legislative changes are needed to advance the effective
implementation of International Labour Organization
conventions 87 and 98 that deal with freedom of association
and right to collective bargaining. And workers in export
processing zones need to have the same rights and protections
as those outside the zones. The EPZ Act, which is currently being
reviewed and finalized, should ensure this.
D’autres modifications législatives sont nécessaires pour
accélérer la mise en œuvre efficace des conventions 87 et 98 de
l’Organisation internationale du Travail qui portent sur la liberté
d’association et le droit à la négociation collective. En outre, les
travailleurs dans les zones franches industrielles doivent bénéficier
des mêmes droits et des mêmes protections que ceux qui ne
travaillent pas dans ces zones. La loi sur les ZFI, qui est en train
d’être révisée et finalisée, devrait garantir cela.
The reforms have improved the capacity of the regulatory
authorities. The department for inspections for factories and
establishments is now better resourced and more professional.
The number of labour inspectors has increased from around 90 to
over 280, and most of these have been trained by the ILO and
other partners.
Les réformes ont contribué à améliorer la capacité des
organismes de réglementation. Le ministère responsable des
inspections des usines et des immeubles dispose de davantage de
ressources et travaille de façon plus professionnelle. Le nombre
d’inspecteurs est passé d’environ 90 à plus de 280, et la plupart
d’entre eux ont été formés par l’OIT et d’autres partenaires.
19:102
Human Rights
18-6-2015
The fire service has also boosted its number of inspectors from
55 to 265, and progress has been made to ensure these regulatory
bodies are more coordinated in the follow-up from the safety
inspections.
Le nombre d’inspecteurs au service d’incendie a également
augmenté; il est passé de 55 à 265. Des améliorations ont aussi été
apportées pour faire en sorte que le travail de ces organismes de
réglementation soit davantage coordonné à la suite des
inspections de sécurité.
Looking ahead, I think we see the need to ensure that the
regulatory and oversight mechanisms can ensure a safer working
environment once the external support — the intensive external
support from our partners — fades, as it will do with the accord
and the alliance, both of which are due to end in 2018.
Dans l’avenir, je crois qu’il sera nécessaire de veiller à ce que les
mécanismes de réglementation et de surveillance puissent garantir
un milieu de travail sécuritaire une fois que le soutien externe — le
soutien important offert par nos partenaires — s’estompera, car
l’accord et l’alliance prendront fin en 2018.
We’re seeing some initial steps towards making better workers’
rights. The Department of Labour has introduced a hotline for
workers to complain and established an online trade union
registration system, both in March of this year. The hotline has
registered some 1,500 calls in its first six weeks. But, again, more
needs to be done for the realization of freedom of association and
to create the trust, confidence and social dialogue in the industry.
Anti-trade union discrimination and unfair labour practices must
be systematically addressed where they arise and a credible
dispute resolution system needs to be developed in order to deal
transparently with disputes.
Des mesures commencent à être prises pour améliorer les droits
des travailleurs. Le ministère du Travail a créé en mars dernier un
service téléphonique des plaintes ainsi qu’un système
d’enregistrement en ligne des syndicats. Le service téléphonique
a reçu quelque 1 500 appels au cours des six premières semaines.
Toutefois, je le répète, il faut faire davantage pour permettre la
liberté d’association et pour établir la confiance et un dialogue
social au sein de l’industrie. Il faut s’attaquer systématiquement à
la discrimination antisyndicale et aux pratiques de travail
déloyales et un mécanisme sérieux de règlement des différends
doit être créé afin de résoudre les différends de façon
transparente.
I’ll turn, if I may, to the Better Work program. Better Work is
a partnership between the International Labour Organization and
the International Finance Corporation. It’s a global program of
those two international institutions to improve working
conditions in the global garment industry and to improve
competitiveness. Some observations may also be of interest to
the committee.
Je vais maintenant parler, si vous le voulez bien, du programme
Travailler mieux. Il s’agit d’un partenariat entre l’Organisation
internationale du Travail et la Société financière internationale. Il
s’agit d’un programme mondial créé par ces deux institutions
internationales qui vise à améliorer les conditions de travail dans
l’industrie mondiale du vêtement et à améliorer la compétitivité.
Certaines observations pourraient intéresser le comité.
Better Work engages at a factory level to assess compliance
with international labour standards and national labour law and
to provide advisory training and support at factory level to make
improvements. The program operates currently in around
1,300 factories in Cambodia, Haiti, Indonesia, Jordan, Lesotho,
Nicaragua and Vietnam — many markets that the Canadian
companies source from — and we’re establishing a program in
Bangladesh.
Le programme Travailler mieux s’emploie à évaluer la mesure
dans laquelle les usines respectent les normes du travail
internationales et le droit du travail national ainsi qu’à offrir de
la formation et du soutien aux usines pour qu’elles apportent des
améliorations. Le programme est appliqué actuellement dans
environ 1 300 usines au Cambodge, en Haïti, en Indonésie, en
Jordanie, au Lesotho, au Nicaragua et au Vietnam — des marchés
où s’approvisionnent des entreprises canadiennes — et nous
sommes en voie de l’appliquer au Bangladesh.
Assessing factory compliance allows Better Work to
benchmark progress made in improving working conditions. At
a baseline, the most common areas of non-compliance found tend
to be in occupational safety and health, such as handling of
hazardous chemicals, excessive heat and noise, emergency
preparedness, as well as working time and social security issues.
En évaluant dans quelle mesure les usines respectent les
normes, le programme Travailler mieux permet de voir les
progrès qui ont été réalisés sur le plan de l’amélioration des
conditions de travail. C’est dans le domaine de la santé et de la
sécurité au travail que le respect des normes fait défaut le plus
souvent, précisément en ce qui concerne la manutention des
produits chimiques dangereux, la gestion de la chaleur et du bruit,
l’état de préparation en cas d’urgence, les heures de travail et la
sécurité sociale.
Since the program’s establishment, compliance has improved
steadily across most of the conditions in all of the countries where
we work.
Depuis la mise en œuvre du programme, le respect des normes
s’est amélioré constamment dans la plupart des domaines dans
tous les pays où nous travaillons.
For example, in the last year, in Indonesia, compliance with
working environment and welfare facility indicators has
increased by 25 per cent and 18 per cent respectively. In
Par exemple, au cours de la dernière année, en Indonésie, le
respect des conditions de travail et les indicateurs de bien-être ont
augmenté de 25 p. 100 et de 18 p. 100 respectivement. Au
18-6-2015
Droits de la personne
19:103
Vietnam, compliance with occupational safety and health
management systems has improved by 26 per cent, and the
factories are 25 per cent more compliant on chemicals and
hazardous substances handling than they were when the
program began. These kinds of results are typical of the program.
Vietnam, le respect des systèmes de gestion de la santé et de la
sécurité au travail s’est amélioré de 26 p. 100, et les usines
respectent davantage les normes en matière de manutention des
produits chimiques et dangereux qu’avant la mise en œuvre du
programme. À ce chapitre, l’augmentation est de 25 p. 100. Ce
sont là des résultats typiques qui résultent de la mise en place du
programme.
The impact of Better Work is assessed by academic institutions
that gather statistically relevant data independently of Better
Work. A key finding of the Better Work program is that decent
work is not only good for workers but it’s good for business too.
L’incidence du programme Travailler mieux est évaluée par des
établissements d’enseignement qui recueillent des données
statistiquement pertinentes de façon indépendante. Ce qu’ils ont
observé, c’est que le travail décent, favorisé par le programme
Travailler mieux, est profitable non seulement pour les
travailleurs, mais aussi pour les entreprises.
Recent research in Vietnam demonstrates that the profitability
of garment factories increases as working conditions improve.
Profitability itself is driven by increased productivity among
workers in better working environments and the financial benefit
is accrued by the factory and shared with the workers in the form
of higher wages.
Des recherches récentes menées au Vietnam montrent que la
rentabilité des fabriques de vêtements augmente avec
l’amélioration des conditions de travail. La rentabilité elle-même
vient de la productivité accrue des travailleurs dans un meilleur
climat de travail, et la fabrique en retire des avantages financiers,
qu’elle partage avec les travailleurs sous la forme de salaires plus
élevés.
As a last remark, I think importantly, improvements in
compliance translate directly into workers’ enhanced well-being
and have a dramatic effect on the country’s social and economic
development.
Pour terminer, je trouve important de souligner que
l’amélioration de la conformité se traduit directement par un
bien-être accru chez les travailleurs et a un effet énorme sur le
développement social et économique du pays.
For example, we know from our research that a 5 per cent
improvement in compliance to labour law at a factory level is
associated with a 10 per cent increase in worker income and a
9 per cent increase in the remittances that migrant workers send
home, which has many benefits, including improvements in
workers’ health.
Par exemple, nos recherches nous apprennent qu’une
amélioration de 5 p. 100 de la conformité aux lois du travail à
l’usine génère une augmentation de 10 p. 100 du revenu du
travailleur et de 9 p. 100 de l’argent que les travailleurs migrants
envoient chez eux, ce qui est très bénéfique, notamment sur la
santé des travailleurs.
With that, Madam Chair, I close and invite any questions
during the discussion.
Sur ce, madame la présidente, je m’arrête et je vous invite à me
poser des questions pendant la discussion.
The Chair: Thank you very much for your presentation. Many
of us have questions for you, but I just wanted a clarification on
what you mentioned about the International Finance
Corporation. How is that set up, and who funds it?
La présidente : Merci infiniment de votre exposé. Nous sommes
nombreux à avoir des questions à vous poser, mais j’aimerais
d’abord vous demander une précision sur la Société financière
internationale. Quelle est sa structure et qui la finance?
Mr. Rees: Thank you. Better Work is a partnership of the ILO
and the IFC that is constituted in a cooperation agreement that
both organizations signed in 2009. As director of the Better Work
program, I report to a joint management committee of both
organizations that ultimately make the strategy decisions of the
program, and both organizations accept responsibility for
resource mobilization and supporting the program to develop
the people and the resources to implement its objective. So it’s a
partnership that’s run jointly.
M. Rees : Travailler mieux est un partenariat entre l’OIT et la
SFI, qui découle d’un accord de coopération signé par les deux
organisations en 2009. En tant que directeur du programme
Travailler mieux, je fais rapport à un conseil d’administration
mixte composé des deux organisations, qui prend les décisions
stratégiques liées au programme, et les deux organisations
acceptent la responsabilité de la mobilisation de ressources et
appuient le programme par le développement des compétences
professionnelles et l’affectation des ressources nécessaires pour
atteindre son objectif. C’est donc un partenariat administré
conjointement.
In terms of funding, we have a number of funding sources. The
global program — so that’s the global partnership — the biggest
donors are the Swiss, the Netherlands, Denmark and the United
States of America, and country-level programs are supported by
Son financement provient de diverses sources. Pour le
programme mondial — c’est donc un partenariat mondial —,
les plus grands donateurs sont la Suisse, les Pays-Bas, le
Danemark et les États-Unis d’Amérique, et pour les
19:104
Human Rights
18-6-2015
indeed those donors, as well as other donors. For example,
Canada supports the Bangladesh program together with the
United Kingdom and the Netherlands.
programmes nationaux, d’autres donateurs s’ajoutent à ceux que
je viens de nommer. Par exemple, le Canada contribue au
programme du Bangladesh en collaboration avec le RoyaumeUni et les Pays-Bas.
We also have a donor replacement strategy, because we
provide a public good, as I reflected in my remarks, as well as a
private good. We do charge businesses for participation in the
program. It is our intention over time in the big Asia programs to
replace donor funds with revenue from business, and we are quite
well along that path in most of the Asia programs.
Nous avons également une stratégie de remplacement des
donateurs, parce que ce programme profite tant au bien public,
comme je l’ai expliqué dans mon exposé, qu’aux intérêts privés.
Nous demandons une contribution aux entreprises qui participent
au programme. Notre intention à long terme pour les grands
programmes en Asie, c’est que les revenus d’entreprises en
viennent à remplacer les dons, et nous cheminons très bien vers
cet objectif dans la plupart des programmes qui visent l’Asie.
The Chair: One of the things we have been quite concerned
about is compensation. We know that $30 million has been put
into the fund. Hopefully people will be compensated.
La présidente : Nous nous préoccupons beaucoup de
l’indemnisation. Nous savons que 30 millions de dollars ont été
investis dans le fonds. J’espère que les gens vont être indemnisés.
I understand $10 million has been disbursed, but there is still
$20 million to be disbursed. You have people on the ground
obviously. Are you satisfied that this $20 million will be
distributed fairly? Can you give us some idea of how it will be
distributed to make sure all those who are injured and families
that have lost their loved ones will be compensated fairly?
Je crois comprendre que 10 millions de dollars ont déjà été
dépensés, mais qu’il en reste encore 20. De toute évidence, vous
avez du personnel sur le terrain. Avez-vous confiance que ces
20 millions de dollars vont être distribués équitablement? Pouvezvous nous donner une idée de la façon dont cet argent sera
distribué pour que toutes les personnes blessées et les familles qui
ont perdu un être cher reçoivent une indemnité équitable?
Mr. Rees: Certainly. Just to clarify, the Rana Plaza
Coordination Committee is an initiative of all stakeholders in
the industry. It is joined by the Government of Bangladesh as well
as the manufacturers, the trade unions and NGOs, as well as
international brands and trade unions. The ILO was asked to act
as its neutral and independent chair and to establish this trust
fund.
M. Rees : Certainement. Je tiens d’abord à préciser que le
Comité de coordination du Rana Plaza rassemble tous les
intervenants de l’industrie. Le gouvernement du Bangladesh y
est représenté, de même que les fabricants, les syndicats, les ONG
et les marques internationales. L’OIT s’est vu confier la tâche
d’assurer une présidence neutre et indépendante pour
l’établissement de ce fonds en fiducie.
From that position, I can make the following remarks:
Currently the arrangement, which covers all the workers in the
Rana Plaza disaster, has distributed 70 per cent of awards. There
are some exceptional cases, but almost all awards have been
calculated and disbursed at 70 per cent. The remaining funds that
have been raised recently will allow the committee to disburse the
remaining 30 per cent of funds that were calculated, as well as
some other payments, for example, for long-term medical care.
Ainsi, je peux faire l’observation suivante : jusqu’à maintenant,
cette entente, qui s’applique à tous les travailleurs touchés par la
catastrophe du Rana Plaza, a permis de distribuer 70 p. 100 des
indemnités. Il y a des cas exceptionnels, mais presque toutes les
indemnités ont été calculées et versées, 70 p. 100. Les fonds qui
restent, qui ont été recueillis récemment, permettront au comité de
verser les 30 p. 100 des indemnités calculées qui restent, de même
que de faire quelques autres paiements, pour des soins médicaux à
long terme, par exemple.
The committee set up a claims administration service that is
overseen by three commissioners: Dr. Mojtaba Kazazi, the
former UN Commissioner for Compensation; and two judges of
Bangladesh who oversee the integrity of the scheme.
Le comité a créé un service d’administration des demandes, qui
est supervisé par trois commissaires : M. Mojtaba Kazazi, ancien
commissaire d’indemnisation de l’ONU, et deux juges du
Bangladesh, qui s’assurent de l’intégrité de son fonctionnement.
There have been a number of partnerships developed with
NGOs in order to provide counselling and follow-up so that, in
the best efforts of the committee, they can understand the needs of
the claimants; to ensure, as they have, that all claimants have
bank accounts and that funds have been paid; and then to provide
the ongoing care and referral services that may be needed,
particularly for those who have long-term medical needs.
Divers partenariats ont été établis avec des ONG pour offrir
des conseils aux demandeurs et assurer un suivi; ils sont là pour
comprendre les besoins des demandeurs, pour le bon
fonctionnement du comité. Ils veillent aussi à ce que tous les
demandeurs aient un compte bancaire et à ce qu’ils reçoivent leurs
indemnités, puis ils leur offrent des services d’aiguillage et de soins
à long terme, au besoin, particulièrement pour ceux ayant des
besoins médicaux à long terme.
18-6-2015
Droits de la personne
19:105
It’s through this network of NGOs and support services that
this temporary arrangement is intending to provide that ongoing
care.
C’est grâce à ce réseau d’ONG et de services de soutien que ce
comité temporaire compte offrir des services à long terme.
Senator Ataullahjan: Thank you for your presentation this
morning. The Better Work program works alongside the
Bangladesh government. How open are they to your suggestions?
La sénatrice Ataullahjan : Je vous remercie de votre exposé de
ce matin. Le programme Travailler mieux se déploie en
collaboration avec le gouvernement du Bangladesh. À quel
point est-il ouvert à vos recommandations?
Mr. Rees: I think it’s fair to say that the Better Work program
is received with a lot of enthusiasm from the Bangladesh
government and indeed the other constituents. We’ve been
engaging with them now for a period of some three years,
explaining the benefits of the program but also how we operate,
and I think I would characterize that relationship as pretty warm,
pretty open.
M. Rees : Je pense qu’on peut dire que le gouvernement du
Bangladesh accueille avec beaucoup d’enthousiasme le
programme Travailler mieux, tout comme les autres parties.
Nous travaillons avec lui depuis environ trois ans, nous lui
expliquons les avantages du programme, mais aussi comment
nous fonctionnons, et je pense que je qualifierais cette relation
d’assez chaleureuse et ouverte.
I will say that, before the Better Work program can become
fully operational in Bangladesh, we do need to have these
implementing rules. The structure of the law in Bangladesh
creates a more general law and then creates the need for more
detailed implementing regulations. For us to go into workplaces
and assess their compliance, we need to know what the rules are.
Those rules are currently being finalized, but we need them to be
published.
Je dirais aussi qu’avant que le programme Travailler mieux soit
parfaitement déployé au Bangladesh, il nous faut des règles de
mise en œuvre. La structure législative, au Bangladesh, crée un
cadre assez général qui nécessite la prise de règlements de mise en
œuvre détaillés. Nous devons connaître les règles pour pouvoir
nous rendre sur les lieux de travail et évaluer le degré de
conformité de chacun. Le gouvernement est en train d’y mettre la
touche finale, mais il faut que ces règles soient publiées.
Our engagement so far has been a bit of a warm-up exercise, if
I can characterize it like that. We’ve had plenty of time to explain
ourselves to the factories and the workers’ organizations and the
government, but the acid test comes when we start to do factory
assessments, when we ultimately make those public and when we
do our advisory work. That’s the phase we’re just about to get
into, hopefully when we get these implementing rules in the next
few weeks.
Nos efforts à ce jour ressemblent plutôt à un réchauffement, si
je peux m’exprimer ainsi. Nous avons eu amplement le temps de
nous expliquer aux usines, aux organisations de travailleurs et au
gouvernement, mais le véritable test ne viendra que quand nous
commencerons à évaluer la situation dans les usines, quand nous
rendrons nos constats publics et que nous ferons véritablement
notre travail consultatif. C’est la phase que nous nous apprêtons à
amorcer, dès que les règles de mise en œuvre seront établies, et
nous les espérons au cours des prochaines semaines.
Senator Ataullahjan: An overwhelming majority of the garment
workers in Bangladesh are women. How have you approached
that? Were the women consulted?
La sénatrice Ataullahjan : Une écrasante majorité des
travailleurs de l’industrie du vêtement, au Bangladesh, sont des
femmes. Comment en tenez-vous compte? Les femmes ont-elles
été consultées?
Mr. Rees: We had a long consultation period prior to
establishing our program and our process for consulting is
through workers’ organizations and employers’ organizations. To
the extent that those organizations represent women workers and
engage with them, then, yes, we certainly have.
M. Rees : Nous avons tenu une longue période de
consultations avant d’établir notre programme, et nous sommes
passés pour cela par les organisations de travailleurs et
d’employeurs. Donc dans la mesure où ces organisations
représentent bel et bien les travailleuses et les font participer à
la démarche, oui, nous les avons consultées.
Women are a strong focus of our program. We work in an
industry where 80 to 85 per cent of the workers are women and
we measure the impact of our program through a gender lens in
order to determine what impacts there are for women and how to
improve those. We have many protocols in place in terms of how
we carry out our work and in terms of the need for gender balance
in our teams and specialist training to engage with women
workers, some of whom are vulnerable, in order to gather
information and give advisory services.
Les femmes sont au cœur de notre programme. Nous ciblons
une industrie où de 80 à 85 p. 100 des travailleurs sont des
femmes, et nous mesurons l’incidence de notre programme sous
l’angle comparatif entre les sexes pour comprendre quels en sont
les effets sur les femmes et comment les améliorer. Nous avons
beaucoup de protocoles en place sur la façon de mener notre
travail et sur l’équilibre entre les hommes et les femmes au sein de
nos équipes; nous offrons de la formation spécialisée pour tisser le
dialogue avec les travailleuses, dont certaines sont vulnérables,
pour recueillir de l’information et offrir des services consultatifs.
19:106
Human Rights
18-6-2015
I hope that answers the question, but I can go into more detail
about the gender analysis that we do if that’s helpful.
J’espère que cela répond à votre question, mais je peux vous
parler plus en détail de l’analyse comparative entre les sexes que
nous effectuons, si cela vous est utile.
Senator Ataullahjan: No. What I would like to know is: You
speak of working with organizations. Are there any women in
those organizations who can put forward women’s views and
women’s issues?
La sénatrice Ataullahjan : Non. Voici ce que j’aimerais savoir :
vous affirmez travailler avec diverses organisations. Y a-t-il des
femmes au sein de ces organisations qui peuvent exprimer le point
de vue des femmes et souligner les problèmes auxquels elles sont
confrontées?
Mr. Rees: Yes. I think yes is the short answer. Certainly, for
example, I have personal experience, but we’ve also engaged with
workers’ organizations that have women leaders, women
stewards, women officials who speak to the position of women
workers in the industry. When we work at a factory level and do
intensive work with the factories, as we do, it’s our practice to
support the selection of worker representatives, to engage with
them and to encourage gender balance through our work.
M. Rees : En gros, oui. Je peux vous parler de mon expérience
personnelle, mais nous avons également tissé des liens avec des
organisations de travailleurs dirigées par des femmes, qui ont des
déléguées féminines, des directrices qui expriment la position des
travailleuses dans l’industrie. Quand nous travaillons
intensivement avec les usines, comme nous le faisons, nous
encadrons la sélection des représentants des travailleurs, nous
sollicitons leur participation et nous favorisons l’équilibre entre
les hommes et les femmes.
Yes, the program is very focused on women’s issues. Wherever
we can, we engage with organizations that have expertise and
knowledge to be able to do that.
Oui, ce programme met beaucoup l’accent sur les femmes. Dès
que nous le pouvons, nous collaborons avec les organisations qui
ont les compétences et les connaissances nécessaires pour cela.
Senator Eggleton: Thank you very much for your progress
report. It certainly indicates that there is a lot of advancement in
this whole area, but the challenges are still formidable, as I think
you would recognize. We have companies doing business in places
like Bangladesh under the situation of globalization, the desire to
keep their costs down because of competition. That’s a formal
motivator. Keeping the cost down is, unfortunately, more of a
motivator for these companies than corporate responsibility is.
Le sénateur Eggleton : Je vous remercie beaucoup de ce rapport
sur l’avancement de votre programme. Il nous montre clairement
qu’il y a beaucoup d’avancées dans ce domaine, mais que les défis
restent colossaux, comme vous l’admettez sans doute. Nous avons
des entreprises qui font des affaires dans des pays comme le
Bangladesh en cette ère de mondialisation, parce qu’elles veulent
garder leurs coûts le plus bas possible pour rivaliser avec la
concurrence. C’est le grand motivateur officiel. Malheureusement,
ces entreprises sont plus motivées par la réduction des coûts que
par la responsabilité d’entreprise.
On top of that, there are the inadequate local laws, country
laws or enforcement, not to mention intimidation, particularly for
those who try to form unions.
Ajoutez à cela des lois locales inadéquates, les lois ou leur
application par les différents pays, sans mentionner
l’intimidation, particulièrement envers ceux et celles qui essaient
de former des syndicats.
Let me ask you about a couple of things. First, you mentioned
a hotline. How confident are workers in using that hotline?
Because they are going to be afraid of being exposed and
retaliation being carried out. You mentioned that 1,500 people
have used it, but just how effective is that hotline?
Permettez-moi de vous questionner sur deux ou trois choses.
Vous avez d’abord mentionné la création d’une ligne directe. À
quel point croyez-vous que les travailleurs vont utiliser cette ligne
directe? Parce qu’ils vont avoir peur d’être exposés et de subir des
représailles. Vous avez mentionné que 1 500 personnes l’avaient
utilisée, mais à quel point cette ligne directe est-elle efficace?
My second question on this deals with unions. You may have
given us a statistic on union formation, but I don’t recall you
doing that. Could you tell me how that is advancing?
Ma deuxième question porte sur les syndicats. Vous nous avez
peut-être donné des statistiques sur la formation de syndicats,
mais je les ai oubliées. Pouvez-vous me dire comment la situation
évolue?
Mr. Rees: Certainly. On the hotline issue, I’m not sure how
robustly I can answer that question. The hotline is in progress
because the constituents in Bangladesh agreed that they would
trial that as a technique, along with many others. It’s a pilot
project, and the purpose is to answer the exact question that you
asked.
M. Rees : Certainement. Je ne sais pas trop à quel point je peux
vous fournir une réponse solide à la question sur la ligne directe.
C’est un essai qui se poursuit, parce que les gens du Bangladesh
ont accepté d’essayer cette technique, parmi beaucoup d’autres.
C’est un projet pilote, et il vise justement à répondre à la question
que vous posez.
18-6-2015
Droits de la personne
19:107
My long experience of engaging with the garment industry tells
me that workers only call a hotline if they’re confident that their
issues are going to be resolved and that they’re not placed at risk
from doing it.
D’après ma longue expérience dans l’industrie du vêtement, je
crois que les travailleurs n’utiliseront une ligne directe que s’ils
croient vraiment qu’elle va leur permettre de régler leurs
problèmes et qu’ils ne s’exposent à aucun risque ce faisant.
I think we need to evaluate what kind of complaints have come
through in the first six weeks and how those are being used. I
think that’s the only fair comment I can give in this particular
instance right now.
Je pense qu’il faut évaluer le type de plaintes déposées au cours
des six premières semaines et à quoi elles serviront. Je pense que
c’est la seule réponse honnête que je peux vous donner à ce sujet
en ce moment.
Of course this is only one technique and it was being trialed in
order to increase the atmosphere in which workers’ voices can be
raised. It’s not a substitute for representative organizations, trade
unions and workers’ organizations that are there to protect
workers and advance their rights through collective bargaining,
through industrial relations. I think that needs to be made clear.
Bien sûr, ce n’est qu’une technique parmi d’autres, qui est mise
à l’essai pour favoriser des conditions dans lesquelles les
travailleurs peuvent s’exprimer davantage. Elle ne remplace en
rien les organisations représentatives, les syndicats et les
organisations de travailleurs qui sont là pour protéger les
travailleurs et faire valoir leurs droits par les négociations
collectives et les relations industrielles. Je pense qu’il faut que ce
soit dit sans équivoque.
To answer your question directly about the number of unions
in the sector, that has gone from 130, which was the figure at the
beginning of 2013, to 450 at present. So there’s been an increase in
the number of unions.
Pour répondre directement à votre question sur le nombre de
syndicats qu’il y a dans le secteur, si je ne me trompe pas, il y en
avait 130 au début de 2013 et il y en a désormais 450. Le nombre
de syndicats a donc augmenté.
The reforms that have been implemented during that time have
been some amendments to the Bangladesh Labour Act, which
make it easier for unions to register, but also the revision of the
process by which trade unions register and the decision making
being made more open and transparent, which is generally
regarded to have removed some political interference in the
process of trade union registration.
Les réformes mises en œuvre pendant cette période découlent
de modifications à la Loi sur le travail du Bangladesh, qui a
facilité l’enregistrement des syndicats, mais qui a aussi permis une
révision de tout le processus d’enregistrement des syndicats et du
processus décisionnel, pour le rendre plus ouvert et transparent,
un changement généralement jugé efficace pour réduire
l’ingérence politique dans le processus d’enregistrement des
syndicats.
I think that’s the process. I would agree with your synopsis that
this is progress but limited progress for now and that there is more
to do.
Je pense que c’est ainsi que les choses évoluent. Je suis d’accord
avec votre synthèse selon laquelle il s’agit de progrès, mais qu’ils
sont encore limités et qu’il reste beaucoup à faire.
Senator Eggleton: The G7 leaders recently met in Germany and
apparently committed to supporting a program called Vision
Zero Fund. This would be established in cooperation with the
ILO, with the aim of preventing and reducing workplace deaths
and serious injuries. Tell me more about that fund, the objectives
of it, how it will advance the agenda that we’re talking about in
terms of garment workers.
Le sénateur Eggleton : Les dirigeants du G7 se sont réunis
récemment en Allemagne et se seraient engagés à appuyer un
programme qu’on appelle le Fonds vision zéro et qui serait établi
en collaboration avec l’OIT, dans le but de prévenir et de réduire
les décès et les blessures graves en milieu de travail. Parlez-moi
davantage de ce fonds, de ses objectifs et de la façon dont il va
contribuer à l’atteinte des objectifs dont nous parlons ici pour les
travailleurs de l’industrie du vêtement.
Mr. Rees: Okay. This was an initiative championed by
Germany as part of their presidency and one of a number of
initiatives that the presidency has set out on the whole agenda of
supply chains and the responsibility of business and other actors
with respect to working conditions in supply chains. Vision Zero
is so-called because the vision is to reduce accidents in the
workplace to zero. It is intended as a fund to which different
member states contribute, to which the private sector contributes,
and that is a trust fund for the development of new strategies,
strategies that can impact, at scale, improving safety and health in
less developed countries with export-led growth strategies. At the
moment it is an idea very much under development. It is being
consulted within the G7 grouping, but one that we have every
confidence will be defined over the summer months, by the
M. Rees : D’accord. Cette initiative est venue de l’Allemagne,
pendant sa présidence, et elle fait partie d’une série d’initiatives
établies par la présidence pour améliorer les chaînes
d’approvisionnement et la responsabilité des entreprises et des
autres acteurs concernant les conditions de travail dans les
chaînes d’approvisionnement. Vision zéro évoque l’idée de réduire
à néant les incidents en milieu de travail. Cela se veut un fonds
auquel divers États membres contribuent, auquel le secteur privé
contribue. Il s’agit d’un fonds en fiducie pour l’élaboration de
nouvelles stratégies à grande échelle susceptibles d’améliorer la
santé et la sécurité dans les pays les moins développés qui
déploient des stratégies de croissance axées sur l’exportation. Pour
l’instant, c’est encore une idée en gestation. Elle fait l’objet de
consultations au sein du G7, mais nous sommes très conscients
19:108
Human Rights
18-6-2015
October period. Its vision is to try to get to scale to drive
collaboration and to back those strategies that can really make a
big difference in terms of reducing accidents in those particular
industries. It is not specific to the garment industry. I think the
intention is to go to other industries and to develop something
that has legs and runs for some years to come.
qu’elle sera mieux définie pendant l’été, d’ici octobre. L’objectif
est de susciter la collaboration à grande échelle et de favoriser les
stratégies susceptibles de contribuer fortement à la réduction du
nombre d’accidents dans ces entreprises. Ce n’est pas propre à
l’industrie du vêtement. Je pense que l’intention est d’inclure
d’autres industries également et de créer un programme robuste
sur plusieurs années.
Senator Eggleton: What is the level of the funding commitment
made by the G7?
Le sénateur Eggleton : Quelle est l’ampleur de l’engagement
financier à ce jour au sein du G7?
Mr. Rees: The funding commitments have not been finalized.
There have been some initial commitments made. I’m hesitating
to tell you because I don’t know whether those have been made
public, but I can undertake to get back to you with whatever
information is public or, indeed, to keep this committee updated
as that information becomes public, sir.
M. Rees : Les pays du G7 n’ont pas encore tous pris leurs
engagements. Certains se sont déjà engagés. J’hésite à vous en
parler parce que je ne sais pas trop si ces engagements sont déjà
publics, mais je peux vous promettre de faire parvenir toute
l’information publique au comité ou de vous tenir au courant dès
que l’information deviendra publique, monsieur.
Senator Eggleton: Thank you very much.
Le sénateur Eggleton : Merci beaucoup.
Senator Eaton: This is not a black and white question. With all
these reforms that the world seems to want to — and especially
you — put on Bangladesh to make conditions for workers safe
and appropriate, how far do you think the Bangladesh
government wants to actually go before they will feel that
they’re becoming uncompetitive as a country for fast, cheap
fashion? In other words, people are already turning to Cambodia,
Vietnam and Burma. Is this a concern of the Bangladeshis or do
you think they really have intentions of trying to bring their
labour standards up?
La sénatrice Eaton : Ce n’est pas tout noir ni tout blanc.
Compte tenu de toutes ces réformes que le monde, et
particulièrement vous, semble vouloir imposer au Bangladesh
pour rendre les conditions de travail plus sûres et adéquates,
jusqu’où le gouvernement du Bangladesh vous semble-t-il prêt à
aller avant de craindre de perdre son avantage concurrentiel pour
la mode rapide et à bon marché? Autrement dit, les gens se
tournent déjà vers le Cambodge, le Vietnam et le Myanmar.
Croyez-vous que cela inquiète les Bangladais ou qu’ils ont
vraiment l’intention d’améliorer leurs normes du travail?
Mr. Rees: It’s difficult and, indeed, I can’t speak for the
Bangladesh government or the Bangladesh industry. It’s a vast
industry, of course, which employs some 4 million workers in the
export sector. But let me say this: I think there is certainly a
strong mood for reform in some parts of the industry and there is
resistance in other parts of the industry. There is clearly a fear
that is often expressed that improvements in working conditions
and in workers’ rights could drive costs that could make the
industry uncompetitive. This is not just a fear I hear in
Bangladesh; it’s one I hear around the world.
M. Rees : Ce n’est pas simple, et effectivement, je ne peux pas
m’exprimer au nom du gouvernement du Bangladesh ou de
l’industrie Bangladaise. C’est une vaste industrie, bien sûr, qui
emploie quelque 4 millions de travailleurs dans le secteur de
l’exportation. Mais permettez-moi de vous dire ceci : je constate
un désir manifeste de réforme dans certaines parties de l’industrie
et de la résistance dans d’autres. Il est clair qu’il y a des gens qui
craignent que l’amélioration des conditions de travail et des droits
des travailleurs fasse augmenter les coûts et ne rende l’industrie
non compétitive, les gens le disent souvent. Ce n’est pas une
crainte que j’entends seulement au Bangladesh; je l’entends
partout dans le monde.
It’s there, but I think it’s also true that Bangladesh is a country
with some of the lowest labour costs in the global industry and I
think it’s clear from recent developments and disasters that you
can’t compete simply on the basis of low cost without taking due
account of law, of international standards and the demands of the
international market for decency.
Cette crainte existe donc bel et bien, mais je pense qu’il est vrai
aussi que le Bangladesh est l’un des pays où les coûts de la
main-d’œuvre sont parmi les plus bas au monde. Il m’apparaît
clair d’après les événements récents et les catastrophes survenues
qu’on ne peut pas être concurrentiel simplement grâce à des coûts
faibles si l’on ne respecte pas la loi, les normes internationales et
les exigences de décence des marchés internationaux.
We are seeing a very strong push from many of the source
markets, including Canada, the U.S. and Europe, for more
transparency in how clothes are made and a greater focus on
decent work and other issues too.
Nous constatons beaucoup de pressions de la part des marchés
sources, dont le Canada, les États-Unis et l’Europe, en faveur
d’une plus grande transparence sur la façon dont les vêtements
sont fabriqués, de conditions de travail décentes et d’autres choses
aussi.
18-6-2015
Droits de la personne
19:109
This demand for improvement is very much part of the
competitive edge in this industry and it’s becoming more so. If
you look, for example, at Bangladesh, over 200 global brands
have joined the Bangladesh Accord, almost the entire industry in
North America is engaging through the alliance. This is a further
sign that the drivers at the top to industry want to ensure there’s
safety and health at work and there is more incentive for good
working conditions. The trick is to articulate that in terms of price
and competitiveness within the industry.
Les améliorations que ces pays réclament contribuent
beaucoup aux avantages concurrentiels qu’on peut avoir dans
cette industrie et ce, de plus en plus. Si on prend l’exemple du
Bangladesh, plus de 200 marques internationales ont adhéré à
l’Accord du Bangladesh, si bien que presque toute l’industrie
nord-américaine participe à cette alliance. C’est un autre signe que
les personnes les plus influentes de l’industrie veulent favoriser la
santé et la sécurité au travail, de même que de bonnes conditions
de travail. Il suffit de formuler tout cela en termes de prix et de
compétitivité au sein de l’industrie.
My second response is this: Our evidence from the Better Work
program shows clearly that those companies in our program that
have better working conditions are more profitable. For example,
of companies in Vietnam, those factories where workers say
they’re fairly treated, they’re free from discrimination, that they
feel safe at work and they know what they’re supposed to be paid
and they’re paid that, those are the factories that are 7 per cent
more profitable than those factories where workers say that’s not
true.
Ma deuxième réponse est celle-ci : les résultats du programme
Travailler mieux montrent clairement que les entreprises
participant à notre programme qui ont les meilleures conditions
de travail sont les plus rentables. Par exemple, au Vietnam, les
usines où les travailleurs affirment être traités équitablement, sans
discrimination, se sentir en sécurité au travail et savoir quelle
rémunération ils doivent recevoir et la reçoivent effectivement
sont 7 p. 100 plus rentables que les usines où les travailleurs n’en
disent pas autant.
In fact, there is a competitive edge to doing decent work and
doing it well. It might sound counterintuitive, but there’s a
growing body of evidence that it’s good for business in the longer
term.
En fait, il y a un avantage concurrentiel à faire du travail
décent et à bien le faire. Cela peut sembler contre-intuitif, mais il y
a de plus en plus de données probantes qui prouvent que c’est bon
pour les affaires à long terme.
Senator Eaton: I don’t disagree with you. I am wondering,
though, several years ago there was certainly a campaign in North
America — and I don’t know whether it was in Europe — about
blood diamonds. It started I think with Harry Winston in New
York who started buying Canadian diamonds, that these were not
blood diamonds. Some people consciously went out and started
looking for Canadian diamonds as opposed to blood diamonds,
i.e. South African diamonds.
La sénatrice Eaton : Je ne le conteste pas. Je me questionne,
toutefois, sur une campagne menée il y a plusieurs années en
Amérique du Nord — je ne sais pas si elle a touché l’Europe aussi
— sur les diamants de sang. Je pense que tout avait commencé
avec Harry Winston, à New York, qui s’était mis à acheter des
diamants canadiens, parce que ce n’étaient pas des diamants de
sang. Certaines personnes se sont donc mises à chercher
consciemment des diamants canadiens plutôt que des diamants
de sang, c’est-à-dire des diamants sud-africains.
As an international organization, what if you had a brand that
you —
En tant qu’organisation internationale, qu’arriverait-il si une
marque...
The Chair: I just want to correct that. Blood diamonds are not
from South Africa but Sierra Leone.
La présidente : J’aimerais simplement rectifier une chose : les
diamants de sang ne sont pas ceux de l’Afrique du Sud, mais du
Sierra Leone.
Senator Eaton: Sierra Leone? I’m sorry about that. But you got
my point.
La sénatrice Eaton : Du Sierra Leone? Je m’excuse. Mais vous
avez compris ce que je voulais dire.
The Chair: Yes.
La présidente : Oui.
Senator Eaton: What if there was a brand or a sticker that you
could give to manufacturers in all of those countries that had
good labour standards that would help the consumer? So there’s a
T-shirt here for $4 that doesn’t have the sticker but there’s a
T-shirt here for $5 that has the sticker. Would that help put
pressure on countries like Vietnam, Cambodia, Bangladesh and
Mumbai?
La sénatrice Eaton : Que penseriez-vous de donner une
désignation ou une étiquette aux fabricants de tous ces pays qui
respectent de bonnes normes du travail pour aider le
consommateur? Il pourrait ainsi choisir entre un T-shirt à 4 $
sans cette étiquette et un T-shirt à 5 $ avec cette étiquette. Est-ce
que cela aiderait à mettre de la pression sur des pays comme le
Vietnam, le Cambodge, le Bangladesh et Mumbai?
Mr. Rees: It’s a very interesting question and it’s one that the
industry has asked a number of times before. I think the
experience to date is that brands are reluctant to seek
M. Rees : C’est une question très intéressante, que l’industrie
s’est posée à maintes reprises. Je crois que l’expérience à ce jour
montre que les marques hésitent à faire la promotion de leurs
19:110
Human Rights
18-6-2015
enhancement of their brand and reputation on the issue of labour
rights. Where that has been done, those tend to be niche products
that speak to a niche market.
produits et de leur réputation en fonction des droits des
travailleurs. Le cas échéant, cela semble être pour des produits
de niche destinés à un marché de niche.
At the moment that idea has not gained traction in terms of
becoming mainstream. One of the main reasons is that many of
the brands fear that there is a significant gulf in the expectations
of their consumers and the reality is that is a very poor supply
chain that perhaps they don’t control as well as they should.
There’s a gap that makes it hazardous for them to make this idea
mainstream.
Pour l’instant, cette idée n’est pas encore la plus répandue.
L’une des principales raisons à cela, c’est que beaucoup de
marques craignent que cela crée énormément d’attentes chez les
consommateurs, alors que la réalité est telle que la chaîne
d’approvisionnement reste très faible et qu’elles ne la maîtrisent
pas aussi bien qu’elles le devraient. Elles manquent d’outils de
contrôle, il serait donc dangereux pour elles de favoriser ce
concept.
For the moment, the most productive strategies are likely to be
more supply side than demand side. There is push, in some
pockets, for standards to be put on labels and we have to see how
they develop. Certainly the focus of the International Labour
Organization and many within the industry has been to try and
strengthen the adherence to good working practices as a condition
of doing business, to almost make it pre-competitive. So our focus
has been very much on trying to raise the floor, on trying to create
a stronger enforcement environment and trying to encourage an
environment in which civil and political freedoms come to the fore
and workers can organize because we think that it’s
predominantly a supply side problem. Also, the consumer, dare
I say, is somewhat duplicitous and certainly and indignantly
expects good working conditions but also demands, as has been
said previously, a very competitive price. Those two things are not
joining up yet in a clear demand side proposition for the majority
of the industry.
Pour l’instant, les stratégies les plus productives sont
généralement plus axées sur l’offre que sur la demande. Certains
groupes exercent des pressions pour l’inscription de normes sur les
étiquettes, et nous devrons voir comment la situation évolue. Une
chose est sûre : pour l’instant, l’Organisation internationale du
Travail et beaucoup d’acteurs de l’industrie cherchent surtout à
renforcer l’adhésion à de bonnes pratiques de travail et d’en faire
une condition d’affaires, pour que ce soit presque un prérequis de
la compétitivité. Nous cherchons donc surtout à relever la barre, à
essayer de créer des conditions de mise en application plus
rigoureuses et à favoriser un environnement dans lequel les
libertés civiles et politiques sont mises de l’avant et les travailleurs
peuvent s’organiser, parce que nous croyons que c’est surtout
un problème au niveau de l’offre. J’oserais dire aussi que le
consommateur est parfois contradictoire dans ses demandes et
réclame à hauts cris de bonnes conditions de travail, mais exige
aussi, comme nous l’avons déjà dit, un prix très concurrentiel. Ces
deux éléments ne se concilient pas encore dans une demande claire
dans la majorité des domaines.
Senator Hubley: Good morning, Mr. Rees. Thank you for your
presentation. Last week we heard from Bob Jeffcott from the
Maquila Solidarity Network. He told the committee — and I will
give you his direct quote:
La sénatrice Hubley : Bonjour, monsieur Rees. Je vous
remercie de votre exposé. La semaine dernière, M. Bob Jeffcott,
du Maquila Solidarity Network, a dit ceci au comité — et je le
cite :
. . . self-regulation in the private sector social auditing
model has failed to fill the regulatory gap left by
governments that are either unwilling or unable to enforce
their labour standards.
[...] l’autoréglementation et le modèle de vérification sociale
du secteur privé n’ont pas su combler le vide créé par les
administrations qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas
faire appliquer le règlement en matière de normes de travail.
Would you comment on whether you feel this is true? If so,
what can we do about it?
Pourriez-vous nous dire si vous croyez que c’est vrai? Si c’est le
cas, que pouvons-nous faire à cet égard?
Mr. Rees: Let me answer your question directly. I think Bob
Jeffcott’s quote is insightful and accurate. The experiment with
self-regulation in the sense of codes of practice that are
voluntarily implemented in supply chains in the manner they
have been has not driven the kind of improvement that was
intended, expected or, indeed, demanded. There is wide
recognition in the industry that simply relying on these
voluntary social audits is not a productive way forward.
M. Rees : Permettez-moi de répondre à votre question
directement. Ce qu’a dit Bob Jeffcott est pertinent et exact.
L’autoréglementation, c’est-à-dire les codes de pratique qui sont
appliqués volontairement dans les chaînes d’approvisionnement
de la façon dont ils le sont, n’a pas entraîné les améliorations
voulues, prévues ou exigées. Dans l’industrie, il est largement
admis que s’appuyer simplement sur cette vérification sociale
volontaire ne constitue pas une solution productive.
So what would we intend to do about it? If I revert back to my
experience in Better Work, we do, of course, use this tool of
assessing factories’ compliance. We do make the compliance
Que voudrions-nous faire à cet égard? Si je reviens à mon
expérience dans le cadre du programme Travailler mieux, bien
entendu, nous utilisons cet outil d’évaluation de la conformité des
18-6-2015
Droits de la personne
19:111
results available to the factory and to the brand and increasingly
disclosing that information publicly. But we think it is only one
tool amongst many.
usines. Nous mettons les résultats de l’évaluation à la disposition
de l’usine et de la marque et de plus en plus, nous rendons
l’information publique. Toutefois, nous croyons que c’est
seulement un outil parmi tant d’autres.
The purpose and the power of corporate social responsibility
is, yes, to act and to have strong due diligence in the supply chain.
We need a lot more transparency about that and a lot more
openness about what conditions are being found and what
improvement is being made. That would help a lot. The best form
of verification about what is happening in factories and facilities
is to be more and more open about the reality that’s going on and
for brands to be clear about who they’re supplying from. I do
think that would help.
Il est vrai que l’objectif et la force de la responsabilité sociale
sont liés à l’action et à la diligence raisonnable dans la chaîne de
valeur. Il nous faut une transparence accrue sur ce plan et sur les
conditions et les améliorations apportées. Ce serait très utile. La
meilleure forme de vérification de ce qui se passe concrètement
dans les usines et les installations, c’est la transparence quant à ce
qui se passe concrètement, et il faut que les marques disent
clairement où elles s’approvisionnent. Je crois que ce serait utile.
From the ILO’s perspective, we choose to work with global
brands and attempt to harness the commercial influence of supply
chains because we also want to build stronger governance in the
industries where we work. I don’t think the scrutiny of
multinational companies is a substitute for good law that’s well
enforced, for strong industrial relations and for social dialogue.
Du côté de l’OIT, nous choisissons de travailler avec des
marques mondiales et nous essayons d’utiliser l’influence
commerciale des chaînes d’approvisionnement, car nous voulons
également renforcer la gouvernance des industries dans lesquelles
nous travaillons. Je ne crois pas que la surveillance des
multinationales peut remplacer de bonnes lois bien appliquées,
des relations de travail fortes et un dialogue social.
Our intention in the Better Work program is to harness those
influences in order to deliberately increase those outcomes. The
sustainable solution for Bangladesh, Vietnam, Cambodia and
other places has to be the industry encouraging stronger law that
is better enforced, more transparency and stronger industrial
relations. These are the things, in the end, that 95 years of the ILO
has shown really work for business and for workers.
Dans le cadre du programme Travailler mieux, nous avons
l’intention d’utiliser cette influence pour améliorer les choses à cet
égard. La solution durable pour le Bangladesh, le Vietnam, le
Cambodge et d’autres pays, c’est que l’industrie encourage
l’adoption de lois plus rigoureuses mieux appliquées et favorise
une plus grande transparence et l’amélioration des relations de
travail. Au bout du compte, les 95 années d’expérience de l’OIT
ont vraiment montré que ce sont ces éléments qui fonctionnent
pour les entreprises et les travailleurs.
Senator Hubley: We had also heard from the Solidarity Center
and we were told that there’s no substitute for direct worker voice
in order to advance workers’ rights, like to form unions or to
undertake collective bargaining. I believe in your previous
response you did certainly support that.
La sénatrice Hubley : Une représentante du Solidarity Center a
également comparu devant notre comité, et elle nous a dit qu’il
n’y a rien qui permet de remplacer le droit des travailleurs
d’intervenir directement pour promouvoir les droits des
travailleurs, comme par la syndicalisation et le recours à des
négociations collectives. Votre réponse précédente m’indique que
vous êtes du même avis.
How realistic would it be to push for workers’ rights, to
unionize in every country where Canadian companies are
operating?
Pensez-vous qu’il est réaliste de préconiser la reconnaissance
des droits des travailleurs, la syndicalisation dans tous les pays où
des entreprises canadiennes mènent des activités?
Mr. Rees: Certainly there’s no substitute for workers’ voice
and for workers choosing their own organizations, and the ILO’s
international conventions certainly reflect that value.
M. Rees : Il est certain que rien ne peut remplacer le droit des
travailleurs d’intervenir et de choisir leurs propres organisations,
une valeur que les conventions internationales de l’OIT reflètent.
In the end, though, it is for workers to choose whether they
want to be represented by a trade union and it is for unions to
bargain with employees in order to achieve collective bargaining
agreements.
Toutefois, au bout de compte, il appartient aux travailleurs de
déterminer s’ils veulent être représentés par un syndicat, et aux
syndicats de s’entendre avec les employés pour signer des
conventions collectives.
I would say that it is absolutely right and proper that nation
states should insist on the conditions of freedom of association
and right to collective bargaining. The environment is there for
workers to organize and to belong to those organizations they
wish to and that employers’ organizations and workers’
organizations both have the freedoms to do that.
Je dirais qu’il est tout à fait indiqué que des États-nations
insistent sur le respect des conditions de liberté d’association et du
droit à la négociation collective. Les travailleurs ont
l’environnement qui leur permet de former ces organisations et
d’en être membres s’ils le souhaitent et les organisations
d’employeurs et de travailleurs sont libres de le faire.
19:112
Human Rights
The reality is that in many garment-producing countries, those
freedoms don’t exist or are severely inhibited. The push from
responsible member states should be to open up the civil and
political freedoms to enable workers to be part of the
organizations they choose to represent, but the job of
unionization belongs with workers and with trade unions.
The Chair: Mr. Rees, I have a few questions of you.
One of the things you have said is that there has been an
increase in trade unions, which is a good thing, but I’m not so sure
that should be a way to judge, because a few trade unions that are
strong may have more power than many small unions. I would
like you to comment on that, because just to say ‘‘more unions’’ is
not necessarily more rights for workers. We need stronger unions
rather than many weaker unions.
I would like your reflection on that, please.
18-6-2015
Le fait est que dans bon nombre de pays producteurs de
vêtements, ces libertés n’existent pas ou sont gravement minées.
Les États membres responsables devraient prôner une ouverture
aux libertés civiles et politiques pour permettre aux travailleurs de
faire partie des organisations qu’ils choisissent de représenter,
mais le travail de syndicalisation appartient aux travailleurs et aux
syndicats.
La présidente : Monsieur Rees, j’ai quelques questions à vous
poser.
Vous avez dit entre autres que le nombre de syndicats a
augmenté, ce qui est positif, mais je ne suis pas certaine que cela
devrait servir à évaluer la situation, car un petit nombre de
syndicats forts peuvent avoir plus de capacités qu’un grand
nombre de syndicats faibles. J’aimerais que vous donniez votre
point de vue à ce sujet, car une augmentation du nombre de
syndicats ne se traduit pas nécessairement par une augmentation
des droits accordés aux travailleurs. Il nous faut un plus grand
nombre de syndicats forts plutôt que de nombreux syndicats plus
faibles.
J’aimerais savoir ce que vous en pensez.
Mr. Rees: The figures I gave were pertinent to Bangladesh,
where there has been an increase from a very small base in the
number of factory-level unions. These were the number of
factories where the women and men have chosen to register
their trade union in the environment of the reforms that have
taken place.
M. Rees : Les données que j’ai fournies concernent le
Bangladesh, où le nombre de syndicats dans les usines,
auparavant très limité, a augmenté. Cela correspond au nombre
d’usines dans lesquelles les femmes et les hommes ont choisi
d’inscrire leur syndicat dans le cadre des réformes qui ont eu lieu.
You are absolutely right that these represent many unions at
factory level. The trade unions in Bangladesh do complain that
their ability to federate and join factory-level unions in single
federations is difficult and inhibited. Certainly that is one of the
features of strong trade unions, in that there is unity within the
workers’ movement — that’s good for the workers — but also
employers around the world frequently say they want to deal with
one, possibly two, partners and not many fragmented
organizations.
Vous avez tout à fait raison de dire qu’il s’agit de bon nombre
de syndicats dans les usines. Les syndicats au Bangladesh se
plaignent qu’il est difficile, voire interdit, de se fédérer et de réunir
des syndicats d’usines sous une fédération syndicale. C’est l’une
des caractéristiques des syndicats forts, en ce sens qu’il y a une
unité au sein du mouvement des travailleurs — c’est bon pour les
travailleurs —, mais des employeurs de partout dans le monde
disent fréquemment qu’ils veulent traiter avec une ou peut-être
deux partenaires et non avec de nombreuses organisations
fragmentées.
I agree with your statement. To reiterate, there have been some
improvements in the environment in Bangladesh. We have seen
some growth in the factory-level unions, but there’s a long way to
go, both in terms of future reform of law, if it’s to meet the
requirements of the international core labour standards, and
there’s a long way to go in terms of practice before the
environment is truly open and free for workers to organize as
they wish.
J’appuie ce que vous dites. Je veux rappeler qu’au Bangladesh,
les conditions se sont améliorées. Il y a quelques améliorations du
côté des syndicats d’usine, mais il reste encore beaucoup de
chemin à faire, tant sur le plan d’une réforme du droit — pour que
les exigences des normes fondamentales du travail internationales
soient respectées — que sur le plan des pratiques avant que le
milieu permette pleinement aux travailleurs de se syndiquer
comme bon leur semble.
The Chair: This past Monday we heard from a representative
of Human Rights Watch who commented that Better Work
inspects and monitors larger factories but not the smaller factories
that are subcontracted. Is that still the case? Do you have plans to
begin inspecting smaller factories?
La présidente : Lundi passé, une représentante de Human
Rights Watch nous a dit que le programme Travailler mieux
inspecte et surveille les grandes usines, mais pas les petites usines
de sous-traitants. Est-ce toujours le cas? Prévoyez-vous
commencer à inspecter de plus petites usines?
Mr. Rees: That observation is by and large true. Our strategy
at this stage of our development is to engage with the primary
exporting units. In some cases, where we can and where we have
M. Rees : Cette observation est vraie de façon générale. À ce
stade-ci, notre stratégie consiste à établir des liens avec les unités
d’exportations primaires. Dans certains cas, lorsque nous le
18-6-2015
Droits de la personne
19:113
the capacity, we go to the smaller and subcontracted units. For
example, we’re doing that in increasing number in Cambodia,
where we have an agreement with the government and the parties
there that we can move in that direction.
pouvons, nous le faisons avec les unités de sous-traitance. Par
exemple, nous faisons cela pour ce qui est de l’augmentation du
nombre au Cambodge, où nous avons une entente avec le
gouvernement et les parties qui nous permet d’aller dans cette
direction.
I would say this as well: It is important that there’s
transparency about the law being applied in garment factories.
One way to do this is through Better Work monitoring the work
of each factory. But we need to think beyond the strategy of
trying to change the world one factory at a time.
Je dirais également ceci : la transparence est importante en ce
qui a trait aux lois qui sont appliquées dans les usines de
vêtements. L’une des façons de procéder, c’est par l’intermédiaire
du programme Travailler mieux, par la surveillance du travail de
chaque usine. Il ne faut pas cependant nous en tenir à la stratégie
consistant à changer le monde une usine à la fois.
I come back to this notion that Better Work is best where we
can support broader reform in the industry. Our vision should be
to strengthen the governance of those that should be governing
labour markets — that’s government, strong national institutions
and independent worker and employer organizations.
Je reviens à cette notion selon laquelle le programme Travailler
mieux est meilleur lorsque nous pouvons appuyer une plus vaste
réforme dans l’industrie. Nous devrions envisager de renforcer
la gouvernance des acteurs qui devraient régir les marchés du
travail — le gouvernement, les institutions nationales et les
organisations de travailleurs et d’employeurs indépendantes.
I think we would hesitate to get drawn into the idea that we
should be in every factory in the world. What we attempt to do is
to try and change the culture of compliance in an industry by
engaging with a critical mass of international brands and a critical
mass of the employees in the industry to show them it is in their
interest to have better working conditions. That then stimulates
broader improvement in other areas in terms of governance.
That’s our strategy for each of the countries where we work.
Je crois que nous hésiterions à tomber dans l’idée que nous
devrions agir dans chaque usine du monde. Nous essayons de
changer la culture axée sur la conformité dans une industrie en
collaborant avec une masse critique de marques internationales et
d’employés pour leur montrer qu’il est dans leur intérêt d’avoir de
meilleures conditions de travail. Il en résulte alors d’autres
améliorations ailleurs sur le plan de la gouvernance. Voilà notre
stratégie pour tous les pays dans lesquels nous travaillons.
Senator Ngo: Thank you, sir, for your presentation. I have
some follow up questions. Theoretically speaking, whatever you
say is right, but the two factories are not right. You say it is up to
the workers to form the unions. It is up to the workers’ voices to
raise the questions and so on, but, if you come to a country where
the country bans the unions and the factories belong to the
government officials, how do you do that? Theoretically, you say
it is good, and, from last week, Human Rights Watch says that
they’re banned from going into Vietnam.
Le sénateur Ngo : Monsieur, je vous remercie de votre exposé.
J’ai quelques questions complémentaires. Théoriquement, tout ce
que vous dites est vrai, mais dans les deux usines, cela ne va pas.
Vous dites qu’il appartient aux travailleurs de former un syndicat,
que c’est à eux de soulever les questions, et ainsi de suite.
Cependant, dans un pays qui interdit les syndicats et où les usines
appartiennent aux représentants du gouvernement, comment estce possible? Théoriquement, vous dites que c’est bien, mais la
semaine dernière, la représentante de Human Rights Watch a dit
que le Vietnam empêche son organisme d’y travailler.
What are you going to do? You say that you would like to
discuss, to talk with the government, to improve the standard and
so on. You mentioned Vietnam. That’s the question I’m asking.
Vietnam is banning unions. They’re not allowed to form unions.
Qu’allez-vous faire? Vous dites que vous aimeriez discuter,
parler avec le gouvernement, améliorer les normes, et cetera. Vous
avez parlé du Vietnam. C’est la question que je me pose. Le
Vietnam interdit la syndicalisation. Il n’est pas permis d’y former
des syndicats.
Mr. Rees: Yes.
Senator Ngo: And the manufacturing company belongs to the
government officials. It is not a private company. So the workers
don’t have the voice, and you say they get paid. They don’t get
paid according to what you say. If you say that their salary is
about $1 an hour, they receive 50 cents. The other 50 cents goes to
the employers, those being the government officials. What are you
going to do about that? Those are my questions.
M. Rees : Oui.
Le sénateur Ngo : De plus, l’entreprise de fabrication
appartient aux représentants du gouvernement. Il ne s’agit pas
d’une entreprise privée. Les travailleurs n’ont donc pas voix au
chapitre, et vous dites qu’ils sont payés. Selon ce que vous dites,
ils ne sont pas payés. Si leur salaire est d’environ 1 $ l’heure,
ils reçoivent 50 cents. L’autre moitié va aux employeurs, soit les
représentants du gouvernement. Que ferez-vous à ce sujet? Voilà
les questions que je me pose.
19:114
Human Rights
18-6-2015
Mr. Rees: Good questions, both, and, as I remarked earlier,
the garment industry is certainly producing in countries where
freedom of association or right to collective bargaining don’t exist
and Vietnam is one of them.
M. Rees : Ce sont de bonnes questions, et comme je l’ai déjà
dit, l’industrie du vêtement produit dans des pays où la liberté
d’association ou le droit à la négociation collective n’existent pas,
et le Vietnam en est un exemple.
What are we doing in Vietnam? Well, we are obviously obliged
to engage within the context of the national law, where there is
limited room for opening up the space on collective bargaining.
Certainly, freedom of association, at this time, does not exist.
What we do is we engage; we take a long-term view and a reform
view. I think the ILO has been in very meaningful discussions
with the Government of Vietnam about its willingness to move
toward the ratification of those conventions on freedom of
association and right to collective bargaining. I think we
recognize that the industry is changing. That, as Vietnam
chooses to open up to the international market, there are
certain reforms that it will make.
Que faisons-nous au Vietnam? Eh bien, nous sommes
évidemment obligés d’agir en fonction de la législation du pays,
dans le cadre de laquelle il est difficile d’intégrer la négociation
collective. Il est certain qu’actuellement, la liberté d’association
n’existe pas. Nous adoptons une vision à long terme et une
démarche axée sur la réforme. Je crois que l’OIT a des discussions
très importantes avec le gouvernement vietnamien au sujet de sa
volonté de ratifier les conventions sur la liberté d’association et
sur le droit à la négociation collective. Je pense que nous savons
que l’industrie change et qu’en ouvrant ses portes au marché
international, le Vietnam procédera à certaines réformes.
Better Work attempts to be a place where those national
institutions, the workers and employers, can actually experiment
with new forms of self-expression. For example, about three years
ago, we began the practice of free and fair elections in the garment
industry in Vietnam. That was new at the time. It was somewhat
cutting edge.
Le programme Travailler mieux vise à fournir une occasion
pour ces institutions nationales, les travailleurs et les employeurs,
d’expérimenter de nouvelles formes d’expression. Par exemple, il y
a environ trois ans, nous avons commencé la pratique d’élections
libres et justes dans l’industrie du vêtement au Vietnam. C’était
nouveau à l’époque. C’est avant-gardiste en quelque sorte.
We noticed that, as workers have the confidence to elect their
own officials and as we can train them in negotiation skills, as well
as managers in negotiation skills, the capacity within the factory
improves to identify and resolve issues. We also noticed that these
forms of selection became ratified in law reforms in Vietnam, and
now, as Vietnam is moving towards further reforms, we think we
can position the program as a place where the national
institutions, as well as workers on the factory floor, can begin
to express themselves further as they move towards more
openness in terms of freedom of association and right to
collective bargaining. So it is a long-term view. It is investing in
what we can do to improve working conditions, and it is
supporting what change there is, at the pace, very much, at which
Vietnam is willing to go to move toward more open civil and
political freedoms. That’s our strategy in Vietnam.
Nous avons constaté qu’une fois que les travailleurs ont acquis
la confiance nécessaire pour élire leurs propres représentants et
que nous leur avons enseigné des techniques de négociation — de
même qu’aux gestionnaires — l’usine est mieux à même de cerner
et de résoudre les problèmes. Nous avons également constaté que
ces formes de sélection ont été ratifiées dans des réformes
législatives au Vietnam. De plus, maintenant, au moment où le
Vietnam se prépare à entamer de nouvelles réformes, nous
pensons que nous pouvons orienter le programme de sorte qu’il
soit un outil permettant aux institutions nationales, de même
qu’aux travailleurs de l’usine, de s’exprimer davantage à mesure
qu’ils s’ouvrent à la liberté d’association et au droit à la
négociation collective. Il s’agit donc d’une vision à long terme.
Il s’agit d’investir dans les mesures que nous pouvons prendre
pour améliorer les conditions de travail et de soutenir les
changements effectués par le Vietnam, au rythme qu’il est prêt à
suivre pour respecter les libertés civiles et politiques. C’est la
stratégie que nous menons au Vietnam.
We also work in Jordan. When the Better Work program
started in Jordan, it was certainly not at all clear that it was lawful
for the 90 per cent of workers in that industry who are migrant to
join the trade union. Today, every single one of them is
represented in a collective agreement with the independent
union in the garment sector, in what is a very clear and
relatively strong collective agreement with the employers. That
process came about because Better Work was able to position
itself as a place where workers’ and employers’ interests could
begin to discuss these problems that we were highlighting and to
strengthen their ability to bargain and then, ultimately, to create
this contract, which, I’m happy to say, is supported in part by
Nous travaillons également en Jordanie. Lorsque le
programme Travailler mieux y a été lancé, il n’était pas du tout
évident que la législation autorisait les 90 p. 100 de travailleurs de
cette industrie qui sont des migrants de s’affilier au syndicat.
Aujourd’hui, chacun d’eux est représenté dans une entente
collective avec le syndicat indépendant dans le secteur du
vêtement, dans ce qui constitue une convention collective claire
et relativement solide conclue avec les employeurs. Le processus a
pu être établi parce que Travailler mieux a pu se positionner
comme un endroit où les travailleurs et les employeurs pouvaient
commencer à discuter des problèmes que nous mettions en
évidence, à renforcer leur capacité de négocier et, en définitive, à
18-6-2015
Droits de la personne
19:115
Canadian expertise as we give them ongoing support to
implement that contract.
créer ce contrat qui — et je suis ravi de le dire — est appuyé en
partie par des spécialistes canadiens alors que nous aidons de
façon continue à mettre le contrat en œuvre.
It is a difficult question, and I don’t have a magic wand or a
simple answer. We try to position ourselves to do everything we
can to promote ongoing reform and to implement the ILO
conventions over the longer period. That’s our strategy.
C’est une question difficile, et je n’ai pas de solution magique
ou de réponse simple. Nous essayons de nous donner les moyens
de faire tout ce que nous pouvons pour favoriser une réforme
permanente et mettre en œuvre les conventions de l’OIT à plus
long terme. Voilà notre stratégie.
Senator Ngo: Did you try one or two manufacturers? You
mentioned that Vietnam has some companies that already have
some collective bargaining and are unionized, too, and have the
freedom of assembly and so on. I don’t think so. So far, there’s
nothing there. What are you going to do in order to change that?
Do you talk directly with the government or the union or the
employers?
Le sénateur Ngo : Êtes-vous allé voir un ou deux fabricants?
Vous avez dit qu’au Vietnam certaines entreprises ont déjà un
processus de négociations collectives et sont déjà un syndicat et
ont déjà la liberté de réunion, et cetera. Je ne crois pas que ce soit
le cas. Jusqu’à maintenant, il n’y a rien. Qu’allez-vous faire pour
changer la situation? Parlez-vous directement avec le
gouvernement ou le syndicat ou les employeurs?
Mr. Rees: Sorry?
M. Rees : Excusez-moi?
Senator Ngo: Did you discuss directly with the government or
the employers of the company in order to form the unions and
then to have the collective bargaining for the workers?
Le sénateur Ngo : Avez-vous discuté directement avec le
gouvernement ou les employeurs de l’entreprise afin que des
syndicats soient créés et que les travailleurs puissent avoir accès à
la négociation collective?
Mr. Rees: Just to be clear, it is not lawful currently in Vietnam
to form an independent union at a workplace level. Of course, we
don’t engage in unlawful activities in the countries where we
work. It is lawful and somewhat new for workers to elect their
own representatives in participation committees and to begin the
process of identifying what their issues are and to begin a process
of bringing these to management in order to resolve them and to
improve working conditions.
M. Rees : Je veux seulement préciser qu’il est présentement
illégal au Vietnam de former un syndicat indépendant dans le
milieu de travail. Bien entendu, nous ne menons pas d’activités
illégales dans les pays où nous travaillons. Il est légal et en
quelque sorte nouveau pour les travailleurs d’élire leurs propres
représentants dans des comités de participation et de commencer
à déterminer quels sont leurs problèmes et à en faire part aux
gestionnaires pour les résoudre et améliorer les conditions de
travail.
There is one trade union in Vietnam. It is part of the party
apparatus; it is the VGCL. Within that context, it is very limited
what you can do in order to promote directly freedom of
association and the right to collective bargaining in the long term,
while acting within the law of the land. The ILO is in Vietnam at
the request of the government and the other constituents, and we
will observe the law of the land.
Il y a un syndicat au Vietnam. Il s’agit de la Confédération
générale du travail du Vietnam, ou CGTV, qui fait partie de
l’appareil du parti. Dans ce contexte, ce qu’on peut faire pour
promouvoir directement la liberté d’association et le droit à la
négociation collective à long terme tout en respectant les lois du
pays est très limité. L’OIT est présente au Vietnam à la demande
du gouvernement et des autres parties prenantes, et nous
respecterons la loi du pays.
My point is that, in the changing environment in Vietnam,
there has been some room within the law to promote greater
participation of workers and greater engagement of workers in
the problems that they face within the workplace and to
strengthen it with negotiation skills. As the VGCL reforms — it
is going through a process of reform — and as the legal
environment in Vietnam reforms as well and opens up more space
for freedom of association and right to collective bargaining —
and it is our expectation that it will — then we continue to
support what opportunities there are for workers and employers
to assert their rights in terms of being able to bargain and form
the associations that they can.
Ce que je dis, c’est que dans le climat changeant du Vietnam, la
législation laisse une certaine marge de manœuvre favorisant une
plus grande participation des travailleurs et leur permettant d’agir
sur les problèmes auxquels ils font face dans leur milieu de travail,
ce qui est renforcé par des techniques de négociation. Puisque la
CGTV se réforme — elle suit un processus de réforme — et que le
cadre juridique se réforme également et ouvre davantage la voie
au respect de la liberté d’association et du droit à la négociation
collective — et nous nous attendons à ce que ce soit le cas —,
alors nous continuons à soutenir les possibilités qu’ont les
travailleurs et les employeurs de faire valoir leurs droits, d’être
en mesure de négocier et de créer les associations qu’ils peuvent
créer.
19:116
Human Rights
18-6-2015
That’s what we do. I don’t mean to imply, in any way, that
these conditions exist. They don’t, by definition. What I’m saying
is that there are subtleties within this where you can increase the
participation, and as reform increases in Vietnam — and again it
is our expectation that it will — there are things that the Better
Work program can do to support that space opening up.
C’est ce que nous faisons. Je ne veux insinuer d’aucune façon
que ces conditions existent. En principe, ce n’est pas le cas. Ce que
je dis, c’est que certaines subtilités peuvent accroître la
participation, et puisque les réformes augmentent au Vietnam
— et encore une fois, nous nous attendons à ce que cela se
produise —, des mesures peuvent être prises dans le cadre du
programme Travailler mieux pour appuyer cette voie qui s’ouvre.
Senator Andreychuk: I just have a comment on the work of the
ILO. Having been involved for over 30 years, I know the original
actions of ILO were always toward the agreements and the
definitions, et cetera. Over the years, I have seen it evolve into
understanding what the workplace is, involving the government
and the companies, and so I would encourage the ILO to continue
finding new ways and means as you have been in your mandate. It
is one that works very well with human rights, rather than with
the strict interpretations that used to be taken. I hope that
direction continues.
La sénatrice Andreychuk : Je ne veux faire qu’une observation
sur le travail de l’OIT. Puisque je m’intéresse à ces questions
depuis plus de 30 ans, je sais qu’au départ, les mesures de l’OIT
portaient toujours sur les accords et les définitions, et cetera. Au
fil du temps, j’ai vu les choses évoluer quant à la compréhension
de ce qu’est le milieu de travail, à la participation du
gouvernement et des entreprises. J’encourage donc l’OIT à
continuer à trouver de nouveaux moyens, comme vous le faites
dans votre mandat. C’est un aspect qui fonctionne très bien sur le
plan des droits de la personne, plutôt que les interprétations
strictes qui étaient habituellement faites. J’espère que l’on
continuera dans cette voie.
The Chair: I have one last question, if I may. The declaration of
the G7 summit that recently took place in Germany stated that
the G7 countries:
La présidente : J’ai une dernière question, si vous me le
permettez. Voici un passage de la déclaration des dirigeants des
pays du G7 dans le cadre du sommet du G7 qui a eu lieu
récemment en Allemagne :
. . . will strive for better application of internationally
recognized labour, social and environmental standards,
principles and commitments (in particular UN, OECD,
ILO and applicable environmental agreements) in global
supply chains.
[...] [n]ous nous efforcerons de mieux faire respecter, dans les
chaînes d’approvisionnement mondiales, les normes, les
principes et les engagements internationalement reconnus
dans le domaine du travail et dans le domaine social et
environnemental (en particulier ceux de l’ONU, de l’OCDE
et de l’OIT, ainsi que les accords sur l’environnement
applicables).
What impact do you think this will have on garment workers?
Quels effets cela aura sur les travailleurs du vêtement, à votre
avis?
Mr. Rees: Let me say this, and also with acknowledgement to
the previous comment: There is a significant gap between law and
practice in many countries of the world. It’s one thing for member
states to ratify conventions, and it’s important that they do, but
there is a significant gap between labour law and labour practice
in many countries around the world and it’s not just the garment
industry.
M. Rees : Pour répondre à votre question et compte tenu de
l’observation précédente, permettez-moi de dire ceci : dans bon
nombre de pays, il y a un écart important entre le droit et ce qui se
passe concrètement. Les États membres ratifient des conventions,
ce qui est bien, et c’est important qu’ils le fassent, mais dans bien
des pays, il y a un écart considérable entre le droit du travail et les
pratiques de travail, et il ne s’agit pas seulement de l’industrie du
vêtement.
What impact I hope for with G7 acting together, joined, I
hope, by many other governments, is to make a significant push
for the conditions of decent work in their own relationships with
trading partners and with development partners around the
world. I think decent workers and the conditions of decent
workers is a fundamental pillar of national development
strategies. It’s clearly going to be a key sustainable development
goal and it’s been rather overlooked in the past in terms of the
importance of labour regulation to business and the importance
of good, solid regulation in order to enable competition to take
place.
J’espère que le G7, dans un effort collectif, et que bien d’autres
gouvernements militeront pour des conditions de travail et des
emplois décents dans le cadre de leurs relations avec leurs
partenaires commerciaux et leurs partenaires du développement
dans le monde. Je crois que le travail décent et de bonnes
conditions constituent un pilier fondamental des stratégies de
développement nationales. De toute évidence, ce sera un objectif
de développement durable essentiel, qui a été plutôt négligé dans
le passé quant à l’importance des règlements sur le travail pour les
entreprises et d’une bonne réglementation pour favoriser la
concurrence.
18-6-2015
Droits de la personne
19:117
There is a significant gap there and our hope is that through
development assistance, through more resources mobilized,
through the influence of the G7 and other governments, there is
greater focus and attention on this problem of closing the gap
between law and practice. That’s about strengthening national
institutions, encouraging firms at the top of the supply chain to be
more responsible in their own practices and the way they order
product and price product, and it’s ultimately about G7 and other
countries asserting their influence that this is of value in the world
they want to see achieved and international trade should be built
on the floor of decency and decent work.
L’écart est important, et nous espérons que grâce à l’aide au
développement, à la mobilisation d’un plus grand nombre de
ressources, à l’influence du G7 et d’autres gouvernements, on
accordera plus d’attention à ce problème pour réduire l’écart entre
le droit et les pratiques. Il s’agit de renforcer les institutions
nationales, d’inciter les entreprises se trouvant au sommet de la
chaîne d’approvisionnement à être plus responsables dans le cadre
de leurs pratiques et la façon dont elles commandent le produit et
en fixent le prix, et au bout du compte, il faut que les pays du G7
et d’autres pays exercent leur influence et fassent valoir que c’est
pertinent dans le monde qu’ils veulent et que le commerce
international soit basé sur la décence et le travail décent.
The Chair: Mr. Rees, thank you for making yourself available.
We still have many questions but we have run out of time. We
appreciate you making time for us and we look forward to
working with you in the future.
La présidente : Monsieur Rees, je vous remercie d’avoir été
présent. Il nous reste encore beaucoup de questions, mais notre
temps est écoulé. Nous vous remercions d’avoir pris le temps de
comparaître devant notre comité et nous avons hâte de collaborer
avec vous.
(The committee continued in camera.)
(La séance se poursuit à huis clos.)
WITNESSES
TÉMOINS
Thursday, June 11, 2015
Le jeudi 11 juin 2015
Institute for Inclusive Security:
Institute for Inclusive Security :
Jacqueline O’Neill, Director (by video conference).
International Civil Society Action Network:
Sanam Naraghi-Anderlini, Co-founder (by video conference).
UN Women:
Nahla Valji, Policy Adviser and Officer in Charge, Peace and
Security Cluster (by video conference).
Women, Peace and Security Network - Canada:
Jacqueline O’Neill, directrice (par vidéoconférence).
International Civil Society Action Network :
Sanam Naraghi-Anderlini, cofondatrice, (par vidéoconférence).
ONU Femmes :
Nahla Valji, conseillère en politiques et responsable, secteur Paix et
sécurité (par vidéoconférence).
Réseau Les femmes, la paix et la sécurité - Canada :
Beth Woroniuk, Steering Committee Member;
Beth Woroniuk, membre du comité directeur;
Jessica Tomlin, Executive Director, MATCH International.
Jessica Tomlin, directrice générale, MATCH International.
Monday, June 15, 2015
Le lundi 15 juin 2015
Gildan Activewear Inc.:
Vêtements de sport Gildan :
Peter Iliopoulos, Senior Vice-President, Public and Corporate
Affairs, Head Office.
Loblaw Companies Limited:
Robert Chant, Senior Vice President, Corporate Affairs and
Communications (by video conference).
As an individual:
Syed Sajjadur Rahman, Senior Fellow, School of International
Development & Global Studies, University of Ottawa, and
Senior Associate, Universalia, Montreal.
Human Rights Watch:
Nisha Varia, Director of Outreach for Women’s Issues (by video
conference).
Peter Iliopoulos, vice-président principal, Affaires publiques et
corporatives, siège social.
Compagnies Loblaw limitée :
Robert Chant, vice-président principal, Affaires corporatives et
communications (par vidéoconférence).
À titre personnel :
Syed Sajjadur Rahman, professionnel en résidence, École de
développement international et de mondialisation, Université
d’Ottawa, et associé principal, Universalia, Montréal.
Human Rights Watch :
Nisha Varia, directrice, Sensibilisation aux droits des femmes (par
vidéoconférence).
Thursday, June 18, 2015
Le jeudi 18 juin 2015
International Labour Organization:
Organisation internationale du Travail :
Dan Rees, Director of Better Work.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Dan Rees, directeur du programme Travailler mieux.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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Thank you for your participation!

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