Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Human Rights
Droits de la personne
Chair:
The Honourable MOBINA S. B. JAFFER
Présidente :
L’honorable MOBINA S. B. JAFFER
Monday, March 31, 2014
Le lundi 31 mars 2014
Issue No. 5
Fascicule no 5
Second meeting on:
Deuxième réunion concernant :
Study the international mechanisms toward improving
cooperation in the settlement of cross-border family
disputes, including Canada’s actions to encourage
universal adherence to and compliance with the Hague
Abductions Convention, and to strengthen cooperation
with non-Hague State Parties with the purpose of
upholding children’s best interests
L’étude sur les mécanismes internationaux visant à
accroître la coopération pour régler les disputes familiales
transfrontalières, notamment les efforts du Canada pour
favoriser l’adhésion et la conformité universelles à la
convention de La Haye sur l’enlèvement et renforcer la
coopération avec les États non signataires, afin de défendre
les intérêts des enfants
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51293
STANDING SENATE COMMITTEE ON
HUMAN RIGHTS
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
DROITS DE LA PERSONNE
The Honourable Mobina S. B. Jaffer, Chair
Présidente : L’honorable Mobina S. B. Jaffer
The Honourable Salma Ataullahjan, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Salma Ataullahjan
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Andreychuk
Ataullahjan
* Carignan, P.C.
(or Martin)
* Cowan
(or Fraser)
Eggleton, P.C.
Hubley
Ngo
Seidman
Unger
* Ex officio members
(Quorum 4)
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Andreychuk
Ataullahjan
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
* Cowan
(ou Fraser)
* Membres d’office
(Quorum 4)
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Eggleton, C.P.
Hubley
Ngo
Seidman
Unger
31-3-2014
Droits de la personne
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS VERBAL
OTTAWA, Monday, March 31, 2014
(7)
OTTAWA, le lundi 31 mars 2014
(7)
[English]
5:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day, at 5:01 p.m., in room 160-S, Centre Block, the deputy chair,
the Honourable Salma Ataullahjan, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 17 h 1, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Salma Ataullahjan
(vice-présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Andreychuk, Ataullahjan, Eggleton, P.C., Hubley, Ngo, Seidman
and Unger (7).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Andreychuk, Ataullahjan, Eggleton, C.P., Hubley, Ngo,
Seidman et Unger (7).
In attendance: Julia Nicol and Shauna Troniak, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présentes : Julia Nicol et Shauna Troniak, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officielles du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, February 27, 2014, the committee continued its study
of the international mechanisms toward improving cooperation in
the settlement of cross-border family disputes, including Canada’s
actions to encourage universal adherence to and compliance with
the Hague Abductions Convention, and to strengthen
cooperation with non-Hague State Parties with the purpose of
upholding children’s best interests. (For the complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 3.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat, le jeudi
27 février 2014, le comité poursuit son étude sur les mécanismes
internationaux visant à accroître la coopération pour régler les
disputes familiales transfrontalières, notamment les efforts du
Canada pour favoriser l’adhésion et la conformité universelles à la
convention de La Haye sur l’enlèvement et renforcer la
coopération avec les États non signataires, afin de défendre les
intérêts des enfants. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 3 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Justice Canada:
Justice Canada :
Laurie Wright, Assistant Deputy Minister, Public Law Sector;
Laurie Wright, sous-ministre adjointe, Secteur du droit public;
Marie Riendeau, Counsel, International Private Law Section;
Marie Riendeau, avocate, Section du droit privé international;
Sandra Zed Finless, Senior Counsel, Foreign Affairs, Trade
and Development Canada, Legal Services.
Sandra Zed Finless, avocate, Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada, Services juridiques.
Foreign Affairs, Trade and Development Canada:
Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada :
William Crosbie, Assistant Deputy Minister, Consular,
Security and Legal Branch, Chief Security Officer and
Legal Adviser;
William Crosbie, sous-ministre adjoint, Secteur des services
consulaires, juridiques et de la sécurité, agent principal de la
sécurité et conseiller juridique;
Béatrice Maillé, Director General, Consular Policy Bureau;
Béatrice Maillé, directrice générale, Direction générale,
Politique consulaire;
Leslie Scanlon, Director General, Consular Operations
Bureau.
Leslie Scanlon, directrice générale, Direction générale,
Opérations consulaires.
Missing Children Society of Canada:
Missing Children Society of Canada :
Amanda Pick, Executive Director.
Amanda Pick, directrice executive.
International Social Service — Canada:
Service Social International — Canada :
Dick Chamney, Board President;
Sylvie Lapointe, Director of Services.
International Centre for Missing and Exploited Children:
Ernie Allen, President and CEO (by video conference).
Dick Chamney, président;
Sylvie Lapointe, directrice des services.
International Centre for Missing and Exploited Children :
Ernie Allen, président et chef de la direction (par
vidéoconférence).
5:4
Human Rights
31-3-2014
La présidente fait une déclaration.
The chair made an opening statement.
Ms. Wright and Mr. Crosbie each made a statement and,
together with Ms. Riendeau, Ms. Zed Finless, Ms. Maillé and
Ms. Scanlon, answered questions.
Mme Wright et M. Crosbie font une déclaration puis, avec
Mmes Riendeau, Zed Finless, Maillé et Scanlon, répondent aux
questions.
At 6:34 p.m., the committee suspended.
À 18 h 34, la séance est suspendue.
At 6:53 p.m., the committee resumed.
À 18 h 53, la séance reprend.
Ms. Pick, Messrs. Chamney and Allen each made a statement
and, together with Ms. Lapointe, answered questions.
Mme Pick et MM. Chamney et Allen font une déclaration
puis, avec Mme Lapointe, répondent aux questions.
At 7:46 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 46, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Adam Thompson
Clerk of the Committee
31-3-2014
Droits de la personne
5:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, March 31, 2013
OTTAWA, le lundi 31 mars 2013
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day, at 5:01 p.m., to study the international mechanisms toward
improving cooperation in the settlement of cross-border family
disputes, including Canada’s actions to encourage universal
adherence to and compliance with the Hague Abduction
Convention, and to strengthen cooperation with non-Hague
State Parties with the purpose of upholding children’s best
interests.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 17 h 1, pour étudier les mécanismes
internationaux visant à accroître la coopération pour régler les
disputes familiales transfrontalières, notamment les efforts du
Canada pour favoriser l’adhésion et la conformité universelles à la
convention de La Haye sur l’enlèvement et renforcer la
coopération avec les États non signataires, afin de défendre les
intérêts des enfants.
Senator Salma Ataullahjan (Deputy Chair) in the chair.
[English]
The Deputy Chair: Honourable senators, welcome to the
seventh meeting of the Second Session of the Forty-first
Parliament of the Standing Senate Committee on Human
Rights. Our committee has been mandated by the Senate to
examine issues related to human rights in Canada and abroad.
My name is Salma Ataullahjan and, as deputy chair of the
committee, it is my pleasure to welcome you to this meeting.
Before I continue, I would like my colleagues to introduce
themselves.
Senator Seidman: Senator Judith Seidman from Montreal,
Quebec.
La sénatrice Salma Ataullahjan (vice-présidente) occupe le
fauteuil.
[Traduction]
La vice-présidente : Honorables sénateurs, bienvenue à cette
septième réunion de la deuxième session de la 41e législature du
Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Notre
comité a reçu du Sénat le mandat d’examiner les questions de
droits de la personne au Canada et à l’étranger. Je m’appelle
Salma Ataullahjan et, en qualité de vice-présidente du comité, j’ai
le plaisir de vous souhaiter la bienvenue.
Avant de continuer, j’invite mes collègues à se présenter.
La sénatrice Seidman : Je suis la sénatrice Judith Seidman, de
Montréal, Québec.
Senator Ngo: Senator Ngo from Ontario.
Le sénateur Ngo : Sénateur Ngo, de l’Ontario.
Senator Unger: Betty Unger from Alberta.
La sénatrice Unger : Betty Unger, de l’Alberta.
The Deputy Chair: Honourable senators, at our meeting on
December 2, 2013, the committee agreed to study international
mechanisms to resolve cross-border family disputes. The goal of
the study is toward improving cooperation in the settlement of
cross-border family disputes, including Canada’s action to
encourage universal adherence to and compliance with the
Hague Abduction Convention and to strengthen cooperation
with the non-Hague State Parties with the purpose of upholding
children’s best interests.
La vice-présidente : Honorables sénateurs, le comité est
convenu, lors de sa réunion du 2 décembre 2013, d’étudier les
mécanismes internationaux visant à résoudre les différends
familiaux transfrontaliers. Notre objectif est d’améliorer la
coopération pour régler les différends familiaux transfrontaliers,
notamment les efforts du Canada pour favoriser l’adhésion et la
conformité universelles à la Convention de La Haye sur
l’enlèvement et renforcer la coopération avec les États non
signataires, afin de défendre les intérêts des enfants.
The problem of international parental child abduction, while
not new, has grown over the past few decades, with general
increases in international travel, international relationships and
rates of divorce and legal separation. In such cases, a child is
removed from his or her home environment, referred to as the
habitual residence, transported to another jurisdiction by one
parent, and may or may not have any further contact with the
parent left behind. Cases of international parental abduction can
be particularly challenging for those involved. Depending on the
circumstances in each case, the abduction can have grave social,
psychological, even physical consequences for both the child and
the left-behind parent. In addition, the differences in legal systems
between states as well as the physical distances often involved
Bien qu’il ne soit pas nouveau, le problème de l’enlèvement
transnational d’enfants par un parent a pris de l’ampleur au cours
des dernières décennies du fait de l’augmentation générale des
voyages internationaux, des relations internationales et des taux
de divorce et de séparation. Dans ces situations, l’enfant est retiré
de son environnement familial, généralement désigné résidence
habituelle, par l’un des parents pour être transporté dans une
autre juridiction, auquel cas il peut parfois n’avoir plus aucun
contact avec l’autre parent. Les affaires d’enlèvement
international par un parent sont particulièrement pénibles pour
toutes les parties. Selon les circonstances, l’enlèvement peut avoir
de graves conséquences sociales, psychologiques, et même
physiques, à la fois pour l’enfant et pour le parent délaissé. En
5:6
Human Rights
31-3-2014
make locating and returning internationally abducted children a
difficult international legal problem.
outre, les différences de régime juridique entre les États, ainsi que
les grandes distances en jeu, font que retrouver et renvoyer à sa
résidence habituelle un enfant enlevé internationalement pose
souvent un problème difficile de droit international.
To begin our hearings today, I welcome our first panel from
Justice Canada, Laurie Wright, Assistant Deputy Minister, Public
Law Sector; Marie Riendeau, Counsel, International Private Law
Section; Sandra Zed Finless, Senior Counsel, Foreign Affairs,
Trade and Development Canada, Legal Services.
Pour commencer nos audiences aujourd’hui, j’accueille tout
d’abord, de Justice Canada, Laurie Wright, sous-ministre
adjointe, Secteur du droit public; Marie Riendeau, avocate,
Secteur du droit privé international; Sandra Zed Finless, avocate,
Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada,
Services juridiques.
Our second panel is from Foreign Affairs, Trade and
Development Canada: William Crosbie, Assistant Deputy
Minister, Consular, Security and Legal Branch, Chief Security
Officer and Legal Adviser; Béatrice Maillé, Director General,
Consular Policy Bureau; and Leslie Scanlon, Director General,
Consular Operations Bureau.
Nous accueillerons ensuite, comme deuxième groupe de
témoins, du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et
du Développement, William Crosbie, sous-ministre adjoint,
Secteur des services consulaires, juridiques et de la sécurité,
Agent principal de la sécurité et conseiller juridique; Béatrice
Maillé, directrice générale, Direction générale, Politique
consulaire; et Leslie Scanlon, directrice générale, Direction
générale, Opérations consulaires.
Thank you for joining us today. I understand that you have
some opening remarks to present, and then you will be available
to answer questions.
Merci à tous et toutes d’être venus aujourd’hui. Je crois
comprendre que vous avez quelques déclarations liminaires, après
quoi nous ouvrirons une période de questions.
Laurie Wright, Assistant Deputy Minister, Public Law Sector,
Justice Canada: Thank you and good afternoon, Madam Deputy
Chair and honourable members of the committee. I am Laurie
Wright, Assistant Deputy Minister, Public Law Sector at Justice
Canada. I would like to begin by thanking honourable senators
for giving us the opportunity to contribute to this important study
on international mechanisms to improve cooperation in the
settlement of cross-border family disputes.
Laurie Wright, sous-ministre adjointe, Secteur du droit public,
Justice Canada : Merci, madame la vice-présidente, honorables
membres du comité. Je m’appelle Laurie Wright et je suis sousministre adjointe, Secteur du droit public, à Justice Canada. Je
tiens d’emblée à remercier les honorables sénateurs de nous
donner l’occasion de contribuer à cette étude importante des
mécanismes internationaux visant à améliorer la coopération
pour régler les différends familiaux transfrontaliers.
[Translation]
[Français]
Addressing the needs of children and their parents in the
context of family disputes is an important area of Justice
Canada’s work, both domestically and internationally.
Répondre aux besoins des enfants et de leurs parents, dans le
contexte de conflits familiaux, constitue un aspect important des
activités du ministère de la Justice du Canada, tant à l’échelle
nationale qu’à l’échelle internationale.
When families experience a separation or divorce, they must
deal with important emotional, financial and legal issues. Ideally,
parents are able to make arrangements for continuing to parent
their children cooperatively. However, conflicts that precipitated
the family breakdown, or new issues such as a possible move by
one parent to another country, may make this very difficult.
Lorsqu’une famille vit une séparation ou un divorce, elle doit
faire face à des questions émotionnelles, financières et juridiques
majeures. Dans un monde idéal, les parents sont en mesure de
prendre des dispositions pour continuer à s’occuper de leurs
enfants dans un esprit de collaboration. Cependant, les conflits
qui ont provoqué l’éclatement de la famille ou de nouvelles
questions, comme la possibilité qu’un parent déménage dans un
autre pays, peuvent rendre cette collaboration très difficile.
The topic of the committee’s study is therefore of great
importance to a large number of Canadian families with ties in
other countries, and of particular importance to the well-being of
our most precious asset, our children.
Pour un grand nombre de familles canadiennes qui ont des
liens dans d’autres pays, le sujet de l’étude du comité est donc de
la plus haute importance. Il est plus particulièrement crucial pour
le bien-être de nos enfants qui sont notre ressource la plus
précieuse.
[English]
In my opening remarks, I will touch briefly on the following:
first, Canada’s participation in the work of the Hague Conference
on Private International Law, which is a global international
[Traduction]
Dans ces observations préliminaires, j’aborderai brièvement
plusieurs sujets. Premièrement, la participation du Canada aux
travaux de la Conférence de La Haye de droit international privé,
31-3-2014
Droits de la personne
5:7
organization whose objective is to develop international treaties
to address cross-border issues in many areas of private law,
including family law.
qui est une organisation mondiale dont l’objectif consiste à
élaborer des traités internationaux portant sur des questions
transfrontalières dans plusieurs domaines du droit privé,
notamment le droit de la famille.
Second, I will also address the Minister of Justice’s
responsibilities as the federal central authority for the
Convention on the Civil Aspects of International Child
Abduction, or the child abduction convention. The Minister of
Justice has been responsible for Canada’s participation in the
Hague Conference on Private International Law since 1968. Since
family law in Canada is shared between federal and provincial
jurisdictions, Justice Canada’s work at the Hague Conference is
done in close collaboration with the provinces and territories.
Deuxièmement, les responsabilités du ministre de la Justice en
qualité d’autorité centrale fédérale dans le cadre de la Convention
sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants, ou
Convention sur l’enlèvement d’enfants. Depuis 1968, le ministre
de la Justice est chargé de la participation du Canada à la
Conférence de La Haye sur le droit international privé. Comme le
droit de la famille est au Canada une compétence fédérale et
provinciale partagée, le ministère de la Justice du Canada
accomplit son travail à la Conférence de La Haye en étroite
collaboration avec les provinces et territoires.
[Translation]
Canada has been a party to the Child Abduction Convention
since 1983. Justice officials are working with their provincial and
territorial counterparts on the implications of the possible
implementation in Canada of two other Hague family law
conventions: the Convention on the Protection of Children and
the Convention on the International Recovery of Child Support
and Other Forms of Family Maintenance.
[English]
[Français]
Le Canada est partie à la Convention sur l’enlèvement
international d’enfants depuis 1983. Les fonctionnaires du
ministère de la Justice du Canada travaillent avec leurs
homologues provinciaux et territoriaux sur les répercussions de
la mise en œuvre possible au Canada de deux autres conventions
de La Haye dans le domaine du droit de la famille : la Convention
sur la protection des enfants et la Convention sur le recouvrement
international des aliments destinés aux enfants et à d’autres
membres de la famille.
[Traduction]
These three Hague conventions address first, parental
abduction; second, cross-border issues relating to parental
responsibility, custody access and child protection; and, third,
cross-border issues relating to child support.
Ces trois conventions de La Haye portent sur les sujets
suivants : l’enlèvement d’enfants par des parents; les questions
transfrontalières concernant la responsabilité parentale, la garde,
le droit de visite et la protection de l’enfant; et les questions
transfrontalières concernant les aliments destinés aux enfants.
I understand you have received an overview of the Convention
on the Civil Aspects of International Child Abduction and of the
Convention on Protection of Children and Co-Operation in
Respect of Intercountry Adoption. Canada played a leadership
role within the Hague Conference in the development of all three
conventions.
Je crois comprendre que vous avez reçu un aperçu de la
Convention sur l’enlèvement d’enfants et un aperçu de la
Convention sur la protection des enfants et la coopération en
matière d’adoption internationale. Au sein de la Conférence de La
Haye, le Canada a joué un rôle de chef de file dans l’élaboration
de ces trois conventions.
Since their adoption internationally, Justice officials, with their
provincial and territorial counterparts, support the work of the
Hague Conference by contributing expertise to ongoing work on
them. For example, in the context of regular international
meetings to review the operation of the conventions, which are
commonly called special commission meetings, Justice officials
have presented or promoted proposals to enhance their
implementation and operation, and our experts have
participated in the development of tools such as guides to good
practice or practical handbooks.
Depuis leur adoption à l’échelle internationale, les
fonctionnaires du ministère de la Justice, de concert avec leurs
homologues provinciaux et territoriaux, appuient les travaux de la
Conférence de La Haye en fournissant leur expertise aux travaux
qui se poursuivent à l’égard de ces conventions. À titre d’exemple,
dans le cadre des réunions internationales régulières visant à
examiner le fonctionnement des conventions, communément
appelées « réunions de la Commission spéciale », les
fonctionnaires du ministère de la Justice ont présenté ou fait
valoir des propositions visant à améliorer leur mise en œuvre et
leur fonctionnement, et nos spécialistes ont participé à la mise au
point d’outils tels que des guides de bonnes pratiques et des
manuels pratiques.
5:8
Human Rights
[Translation]
31-3-2014
[Français]
In 2006, Canada proposed the use of a country profile form for
the Child Abduction Convention to establish a ‘‘one-stop shop’’
of information on the relevant law and processes of each country.
A Justice official then chaired the international working group
that developed the form, which has been in use globally
since 2011.
En 2006, le Canada a proposé l’utilisation d’un formulaire sur
le profil des États pour la Convention sur l’enlèvement
international d’enfants en vue d’établir un guichet unique
permettant d’obtenir les renseignements sur les lois pertinentes
et les procédures de chaque pays. Un fonctionnaire du ministère
de la Justice a alors présidé le groupe de travail international qui a
mis au point le formulaire utilisé à l’échelle mondiale depuis 2011.
The Child Abduction Convention aims to protect children
from the harmful effects of wrongful removals or wrongful
retentions, more commonly referred to as parental abductions. It
applies to children up to the age of 16 and, as of today —
March 31, 2014 — it has 91 state parties.
La Convention sur l’enlèvement international d’enfants vise à
protéger l’enfant contre les effets nuisibles d’un déplacement ou
d’un non-retour illicite, plus communément appelé l’enlèvement
d’enfant par un parent. La convention s’applique aux enfants de
moins de 16 ans. À ce jour, soit le 31 mars 2014, il y a 91 États
parties à la convention.
[English]
[Traduction]
The convention provides for a civil application procedure
designed to bring about the prompt return of a child who has
been wrongfully removed or retained to their country of habitual
residence. Such an application is decided by the court of the state
to which the child has been removed or in which the child is being
retained. When the conditions set out in the convention are met,
subject to limited exceptions, the court must order the child’s
return to the country of habitual residence where any issues
regarding custody or access, including the possible relocation of
the parent and child to the other country, can be decided after a
full consideration of the child’s best interests.
La convention prévoit la procédure civile liée à la présentation
d’une demande destinée à assurer le retour immédiat de l’enfant
qui a été déplacé ou retenu illicitement à son pays de résidence
habituelle. Le tribunal de l’État où l’enfant a été déplacé ou dans
lequel il est retenu se prononce sur la demande. Lorsque les
conditions énoncées dans la convention sont respectées, sous
réserve d’un nombre limité d’exceptions, le tribunal doit ordonner
le retour de l’enfant dans son État de résidence habituelle où toute
question concernant la garde ou les droits de visite, y compris la
réinstallation possible du parent et de l’enfant dans l’autre pays,
peut être décidée après un examen approfondi de l’intérêt
supérieur de l’enfant.
The convention also allows for applications to facilitate the
cross-border exercise of rights of access.
La convention permet également la présentation de demandes
visant à faciliter l’exercice transfrontalier des droits de visite.
[Translation]
The convention establishes a network of cooperation among
state parties through designated central authorities who support
parents involved in this civil process. In Canada, provincial and
territorial legislation gives effect to the convention. The provincial
and territorial attorneys general and ministers of justice are the
designated central authorities with case management
responsibilities for both outgoing and incoming cases, in other
words, children taken from or brought into a province or
territory.
[English]
The Minister of Justice is the designated federal central
authority for the convention. While the federal central authority
does not have specific case management responsibilities, it does
play a pivotal role in three areas: first, receiving applications or
requests from foreign central authorities where the exact
whereabouts of the child in Canada are not known; second,
providing general information and assistance to the public and to
other central authorities about the operation of the convention in
[Français]
La convention établit un réseau de coopération entre les États
parties par l’entremise des autorités centrales désignées qui
appuient les parents engagés dans cette procédure civile. Au
Canada, des lois provinciales et territoriales donnent effet à la
convention. Les procureurs généraux et les ministères de la Justice
provinciaux et territoriaux sont les autorités centrales désignées et
sont dotés de responsabilités de gestion de cas, à la fois pour les
demandes concernant les enfants déplacés d’une province ou d’un
territoire et les demandes concernant les enfants qui y sont
amenés.
[Traduction]
En ce qui concerne la convention, le ministre de la Justice est
l’autorité centrale fédérale. Même si l’autorité centrale fédérale
n’a pas de responsabilité précise en ce qui a trait à la gestion des
cas, elle joue néanmoins un rôle essentiel dans trois domaines :
elle reçoit les demandes des autorités centrales étrangères dans les
cas où l’endroit exact où se trouve un enfant au Canada n’est pas
connu; elle fournit des renseignements généraux et de l’aide au
public et aux autres autorités centrales concernant le
31-3-2014
Droits de la personne
5:9
Canada; and, third, coordinating national discussions on
operational matters of Canadian interest relating to the
convention.
fonctionnement de la convention au Canada; elle coordonne les
discussions nationales sur les questions de fonctionnement de la
convention qui intéressent le Canada.
The overview of the convention, which I understand was
provided to the committee, contains more detailed information on
the responsibilities of Canadian central authorities.
L’aperçu de la Convention sur l’enlèvement d’enfants remis
aux membres du comité contient des renseignements plus détaillés
sur les responsabilités des autorités centrales au Canada.
Honourable senators, some 30 years after its coming into force,
the Child Abduction Convention remains an effective instrument
for children and their families. This does not mean that outcomes
always meet expectations. Sadly, in some cases they do not.
Although it remains an effective tool, the operation of the
convention does pose some challenges.
Mesdames et messieurs les sénateurs, quelque 30 ans après son
entrée en vigueur, la Convention sur l’enlèvement d’enfants
demeure un instrument efficace pour les enfants et leurs familles.
Cela ne signifie pas que les résultats sont toujours à la hauteur des
attentes. Malheureusement, dans certains cas, ils ne le sont pas.
Même si la convention demeure un outil efficace, son
fonctionnement soulève des défis.
[Translation]
[Français]
For Justice Canada, a pivotal issue is continuing to develop
constructive ways of enhancing consistency in the interpretation
and the operation of the convention, including through the
promotion of good practices, as the primary means of improving
compliance at the global level.
Pour le ministère de la Justice du Canada, il est crucial de
continuer à trouver des façons constructives d’améliorer la
cohérence de l’interprétation et du fonctionnement de la
convention, notamment en favorisant les bonnes pratiques en
guise de principal moyen d’améliorer le respect de la convention
au niveau international.
Justice officials take every opportunity to contribute to such
efforts at all levels: domestically, bilaterally, regionally and
globally. We would be happy to provide specific examples to you.
Les fonctionnaires du ministère de la Justice saisissent toutes
les occasions qui se présentent pour contribuer à ces efforts à tous
les niveaux : national, bilatéral, régional et mondial. Nous serons
heureux de vous fournir des exemples précis.
[English]
[Traduction]
Another important reality is that in the majority of cases today,
the taking parent is the child’s primary caregiver. This was not the
situation at the time the convention was adopted or in the years
following its coming into force. While the convention applies in
such cases as well, and rightly so, we must acknowledge the
practical and legal challenges these cases pose for deciding courts
and, more importantly, for children and their parents.
Une autre importante réalité d’ordre pratique est que, dans la
majorité des cas de nos jours, le parent qui enlève l’enfant est le
principal dispensateur de soins à l’enfant. Ce n’était pas le cas au
moment où la convention a été adoptée ou dans les années qui ont
suivi son entrée en vigueur. Bien que la Convention s’applique
aussi à juste titre à de tels cas, il faut reconnaître les défis d’ordre
pratique et juridique que soulèvent ces affaires pour les tribunaux
qui doivent se prononcer sur celles-ci et, plus important encore,
pour les enfants et leurs parents.
These situations and others highlight the increasing need to
examine how the Convention on the Protection of Children could
assist Canadian families, not only by reinforcing the operation of
the child abduction convention but also by providing an
additional tool to address broader cross-border issues regarding
parental responsibility, custody, access and child protection.
Justice officials continue to explore this option with their
provincial and territorial counterparts.
De telles situations et d’autres mettent en lumière le besoin
accru d’examiner la façon dont la Convention sur la protection
des enfants pourrait aider les familles canadiennes, non seulement
en renforçant le fonctionnement de la Convention sur
l’enlèvement d’enfants, mais également en offrant un outil
supplémentaire pour traiter les questions transfrontalières
concernant la responsabilité parentale, la garde, le droit de
visite et la protection de l’enfant. Les représentants du ministère
de la Justice continuent d’explorer cette option avec leurs
homologues provinciaux et territoriaux.
[Translation]
Honourable senators, that concludes my opening remarks. I
will leave the floor to my colleague from the Department of
Foreign Affairs. We will be happy to answer your questions and
to provide additional information for the purposes of the
committee’s study.
[Français]
Mesdames et messieurs les sénateurs, ceci termine ma
présentation. Je cède la parole à mon collègue du ministère des
Affaires étrangères. Nous serons heureux de répondre à vos
questions et de fournir des renseignements supplémentaires aux
fins de l’étude du comité.
5:10
Human Rights
[English]
31-3-2014
[Traduction]
William Crosbie, Assistant Deputy Minister, Consular, Security
and Legal Branch, Chief Security Officer and Legal Adviser,
Foreign Affairs, Trade and Development Canada: Good afternoon,
Madam Deputy Chair and honourable members of committee.
I’m the assistant deputy minister responsible for Canada’s
consular services. I have with me Béatrice Maillé, Director
General for Consular Policy and the lead for the Vulnerable
Children’s Consular Unit; and Leslie Scanlon, Director General
for Consular Operations.
William Crosbie, sous-ministre adjoint, Secteur des services
consulaires, juridiques et de la sécurité, agent principal de la sécurité
et conseiller juridique, Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada : Bonjour, madame la vice-présidente,
honorables membres du comité. Je suis le sous-ministre adjoint
responsable des services consulaires du Canada. Je suis
accompagné de Béatrice Maillé, directrice générale, Politique
consulaire et chef de l’Unité consulaire pour les enfants
vulnérables, et de Leslie Scanlon, directrice générale, Opérations
consulaires.
Honourable senators, I thank the committee for the
opportunity to brief you on how Canada is a leader in issues
involving children and how our government’s efforts prevent the
incidence of international child abduction and contribute to the
resolution of cases involving Canadian children.
Honorables sénateurs, je tiens à remercier le comité de cette
occasion de vous renseigner sur la façon dont le Canada fait figure
de chef de file dans les questions relatives aux enfants, ainsi que
sur la façon dont notre gouvernement s’efforce de prévenir les
enlèvements internationaux d’enfants et contribue au règlement
des dossiers touchant des enfants canadiens.
[Translation]
In addition to the millions of Canadians that live here at home,
there are also approximately 2.8 million Canadians living abroad,
many of which also have families. Sadly, those family
relationships sometimes break down. Canada’s consular officials
assist Canadians abroad at some of the most difficult times of
their lives, including left-behind parents in situations of disputes
involving children.
[English]
[Français]
Le Canada compte des millions de citoyens qui y vivent, mais
aussi environ 2,8 millions de citoyens qui résident à l’étranger, et
bon nombre d’entre eux ont des familles. Malheureusement, il
arrive que les relations s’écroulent dans ces familles. Les
responsables consulaires du Canada aident les Canadiens à
l’étranger pendant des périodes difficiles de leur vie, comme
lorsque des parents sont délaissés en raison de différends
impliquant des enfants.
[Traduction]
I will speak to the new Vulnerable Children’s Consular Unit
within our Consular Affairs Branch, provide an overview of
statistical trends of consular services and wrongful removal cases,
how we handle these kinds of cases from a consular experience,
how we are promoting the 1980 Hague Convention and
strengthening cooperation with non-signatory states to the 1980
Hague Convention through the Malta Process.
Je discuterai aujourd’hui de l’Unité consulaire pour les enfants
vulnérables, qui relève de la Direction générale des affaires
consulaires; je donnerai un aperçu des tendances statistiques des
services consulaires dans les dossiers de déplacements illicites;
j’exposerai la façon dont nous gérons ces types de dossiers du
point de vue des services consulaires; j’indiquerai la façon dont
nous faisons la promotion de la Convention de La Haye de 1980;
et je parlerai du renforcement de la coopération avec les États non
signataires de la Convention de La Haye de 1980 grâce au
processus de Malte.
In November 2013, the Minister of State for Foreign Affairs,
the Honourable Lynne Yelich, announced the establishment of
the Vulnerable Children’s Consular Unit located within the
Consular Affairs Branch. This unit consolidates specialized policy
and case management resources to better respond to requests for
consular assistance in situations involving cross-border family
disputes, as such cases are complex and difficult to resolve.
En novembre 2013, l’honorable Lynne Yelich, ministre d’État
chargée des Affaires étrangères, a annoncé la création de l’Unité
consulaire pour les enfants vulnérables, qui relève de la Direction
générale des affaires consulaires. Cette unité centralise les
ressources spécialisées en politiques et en gestion des cas afin de
mieux répondre aux demandes d’aide consulaire dans les
situations impliquant des différends familiaux transfrontaliers,
car ces dossiers sont à la fois complexes et difficiles à résoudre.
The government has for the first time increased the number of
specialized case officers that assist left-behind parents, and it has
also enhanced our policy capacity by implementing dedicated
analysts who deal solely with issues relating to children abroad.
The unit is working with other government departments as well as
Pour la première fois, le gouvernement a augmenté le nombre
d’agents spécialisés qui viennent en aide aux parents délaissés, et il
a amélioré notre capacité en matière de politiques en affectant des
analystes exclusivement aux questions portant sur des enfants à
l’étranger. L’unité travaille avec d’autres ministères
31-3-2014
Droits de la personne
5:11
provincial and territorial counterparts on joint efforts and issues
involving abducted children.
gouvernementaux et des homologues provinciaux et territoriaux
pour régler conjointement des questions concernant des
enlèvements d’enfants.
With this unit, we have also been able to increase our outreach
to Canadian organizations and individuals capable of providing
expert advice and assistance to victims in a range of cases. The
new unit also enhances the capacity of DFATD to liaise and
cooperate more consistently with like-minded international
partners, including the United States, Germany, Mexico, the
United Kingdom and Australia, to move forward on common
child protection initiatives relating to consular assistance.
Through the creation of this unit, Canada is taking a leading
role in finding new ways to prevent and assist with international
child abduction, as well as emerging issues such as forced
marriage.
Grâce à cette unité, nous sommes parvenus à sensibiliser
davantage des organisations et des particuliers canadiens qui sont
en mesure de fournir de l’aide et des conseils à titre d’experts aux
victimes dans divers dossiers. Cette nouvelle unité permet aussi
d’améliorer la capacité du MAECD à assurer la liaison et la
coopération de façon plus soutenue avec d’autres partenaires
internationaux ayant des vues similaires, dont les États-Unis,
l’Allemagne, le Mexique, le Royaume-Uni et l’Australie, pour
faire avancer les initiatives communes de protection des enfants en
lien avec l’aide consulaire. Par la création de cette unité, le
Canada fait office de leader pour trouver de nouveaux moyens de
prévenir les enlèvements internationaux d’enfants et apporter de
l’aide dans ces situations, ainsi que dans le cadre d’autres
problèmes émergents, comme les mariages forcés.
What do the statistics tell us and what are the trends?
Generally speaking, we are seeing an increasing number of
requests for assistance, with an increase of nearly 40 per cent in
wrongful removals from Canada and custody disputes between
2009 and 2013. These increases are similar to what our likeminded countries are also experiencing.
Que nous disent les statistiques, et quelles sont les tendances?
De façon générale, nous observons une augmentation du nombre
de demandes d’aide, de même qu’une augmentation de près de
40 p. 100, de 2009 à 2013, du nombre de déplacements illicites à
partir du Canada et de différends concernant la garde. Les pays
ayant des vues similaires aux nôtres ont aussi constaté des
augmentations semblables.
Most of the cases where assistance has been requested involve
countries like the U.S., Mexico and the EU, where the 1980
Hague Convention is in force. Non-Hague countries with
significant numbers of Canadian wrongful removal and
retention requests include Lebanon; India; Morocco, which has
recently indicated it will implement the convention; Algeria;
Pakistan and China.
La plupart des cas où l’on a demandé de l’aide concerne des
pays tels que les États-Unis et le Mexique, ou encore l’Union
européenne, où la Convention de La Haye de 1980 est appliquée.
Les pays non signataires de la Convention où l’on recense un
nombre important de demandes canadiennes relatives à des
déplacements et des non-retours illicites incluent le Liban, l’Inde,
le Maroc, l’Algérie, le Pakistan et la Chine.
The 1980 Hague Convention will come into force with Japan
on April 1, and this is as a result of the efforts of Canada and a
number of other countries working together to persuade Japanese
authorities that the Hague Convention is consistent with Japanese
cultural practices and consistent with our legal regime.
Au Japon, la Convention de La Haye de 1980 entrera en
vigueur demain, le 1er avril, en partie grâce aux efforts du Canada
et de plusieurs autres pays qui ont collaboré pour convaincre les
autorités japonaises que la Convention de La Haye est conforme
aux pratiques culturelles du Japon ainsi qu’à notre régime
juridique.
[Translation]
[Français]
The statistics I have just provided are indicative of the number
of requests for consular assistance that have been received by the
department. I should note that they do not represent a complete
picture of all the incidences of wrongful removals and retention,
since many are managed domestically and abroad by police and
other authorities, or directly through provincial/territorial central
authorities.
Les statistiques que je viens de fournir donnent une indication
du nombre de demandes d’aide consulaire que le ministère a
reçues. Je dois préciser qu’elles ne représentent pas la totalité des
cas de déplacements et de non-retours illicites puisque bon
nombre sont gérés ici et à l’étranger par les services de police et
d’autres autorités, ou encore directement par les autorités
centrales provinciales et territoriales.
The provinces play a prominent role when it comes to
abductions. The federal government assists the provincial
authorities and parents by handling issues related to unlawful
international abductions.
Les provinces jouent un rôle primordial en ce qui concerne les
enlèvements. Le gouvernement fédéral aide les autorités
provinciales et les parents à gérer les questions liées aux
enlèvements illicites internationaux.
5:12
Human Rights
[English]
31-3-2014
[Traduction]
My Department of Justice colleagues have spoken about the
details of the 1980 Hague Convention as a legal instrument and
how the central authority’s system works. However, I will explain
the consular services we offer to parents, services that are usually
called into play when things don’t work out.
Mes collègues du ministère de la Justice ont parlé des détails de
la Convention de La Haye de 1980 en tant qu’instrument
juridique et ils ont expliqué comment fonctionne le système des
autorités centrales. De mon côté, je vais expliquer quels services
consulaires nous offrons aux parents.
Effectively, our department gets involved in three areas: during
the prevention phase, when a case involves a non-Hague country,
and where there is a need for special assistance in Hague
countries.
En fait, notre ministère participe de trois façons : à l’étape de la
prévention; dans les cas impliquant un pays non signataire de la
Convention; et, dans les cas impliquant un pays signataire,
lorsqu’une aide spéciale est requise.
The paramount consideration of consular officials and the
other authorities involved is the best interests of the child.
Fundamentally, international wrongful removals and retentions
of children are private legal disputes. International conventions
and government services are able to provide the framework for
handling such disputes, but it must be pursued by the parents
through the available domestic legal systems of the countries
concerned. The Government of Canada is involved in these cases
because of their international nature, either through the provision
of consular assistance and/or under the 1980 Hague Convention.
La priorité des agents consulaires et des autres autorités
concernées est de protéger au mieux les intérêts des enfants. Les
déplacements internationaux et les non-retours illicites d’enfants
sont fondamentalement des différends juridiques de nature privée.
Les conventions internationales et les services gouvernementaux
sont en mesure de fournir le cadre nécessaire pour régler ce type
de différends, mais ce sont les parents qui doivent faire les
démarches en s’appuyant sur les systèmes juridiques disponibles
dans les pays touchés. Le gouvernement du Canada participe à ces
dossiers en raison de leur portée internationale, que ce soit en
fournissant de l’aide consulaire ou aux termes de la Convention
de La Haye de 1980.
Consular officers can be called upon to provide assistance to
parents seeking to prevent the wrongful removal of a child from
Canada, especially to those countries with which Canada does not
have a 1980 Hague Convention partnership.
Les agents consulaires peuvent être appelés à fournir de l’aide
aux parents cherchant à prévenir le déplacement illicite d’un
enfant à partir du Canada, notamment lorsque le pays de
destination n’est pas un partenaire de la Convention de La Haye
de 1980.
In the absence of formal exit controls at Canada’s borders and
the fact that these are private legal disputes, consular officers
generally provide a list of possible avenues for the parents so that
they can make informed decisions with family law practitioners,
such as adding the name of the child to Passport Canada’s
‘‘system lookout.’’
En l’absence de contrôles de sortie officiels aux frontières
canadiennes et compte tenu de la nature privée de ces différends
juridiques, les agents consulaires fournissent généralement une
liste des options offertes aux parents, de façon à leur permettre de
prendre des décisions éclairées, comme en faisant appel à des
professionnels du droit de la famille ou en faisant ajouter le nom
de l’enfant à la liste des signalements de Passeport Canada.
The government has also created a guide for left-behind
parents that helps them understand the processes and issues
involved in searching for and seeking the return of their child
from another country. It provides suggestions on how to reduce
the risk of an international abduction.
Le gouvernement a aussi produit le Guide à l’intention des
parents délaissés, qui aide ces derniers à comprendre les processus
et les enjeux liés à la recherche de leurs enfants dans d’autres pays
et à leur retour. Il propose en outre des suggestions pour réduire le
risque d’enlèvement international.
[Translation]
Parents can also receive assistance over the phone and by email
from case management officers. In the case of a wrongful removal
involving a Hague state, parents are encouraged to consider, in
consultation with their lawyer, whether the 1980 Hague
Convention might be useful. Parents are also encouraged to
work with lawyers, both in Canada and abroad, the local police
and other supporting NGOs.
[Français]
Les parents peuvent aussi recevoir de l’aide par téléphone ou
par courriel de la part des agents de gestion des cas. Dans les cas
de déplacements illicites touchant un pays signataire de la
Convention de La Haye, on encourage les parents à déterminer,
en consultation avec leur avocat, si la Convention de La Haye de
1980 peut leur être utile. On invite aussi les parents à travailler
avec des avocats, au Canada comme à l’étranger, ainsi qu’avec les
services de police locaux et d’autres organismes non
gouvernementaux qui peuvent les aider.
31-3-2014
Droits de la personne
[English]
5:13
[Traduction]
The publication and other information available on
travel.gc.ca and at the department raise this issue as part of our
regular outreach activities to Canadians on the range of consular
issues.
Cette publication et d’autres renseignements sont offerts sur le
site voyage.gc.ca, et le ministère en parle dans le cadre de ses
activités de sensibilisation courantes auprès des Canadiens pour
les renseigner sur diverses questions liées aux affaires consulaires.
Our government is highly engaged in the promotion of the
1980 Hague Convention abroad, through international advocacy
and bilateral engagements. Our partner departments, Canadian
representatives to the international Hague network of judges and
other partners regularly offer their insights and experience and
capacity-building opportunities to new signatories, as well as to
those states with implementation limitations of the convention.
We raise issues around wrongful removals bilaterally and
multilaterally, whenever there are opportunities as part of our
ongoing advocacy work.
Notre gouvernement est fortement engagé dans la promotion à
l’étranger de la Convention de La Haye de 1980, au moyen
d’activités internationales de sensibilisation et d’engagements
bilatéraux. Nos ministères partenaires, les représentants canadiens
du Réseau international de juges de La Haye et nos autres
partenaires offrent régulièrement leur point de vue aux nouveaux
signataires et aux États où la mise en œuvre de la convention est
limitée, et ils partagent leur expérience avec eux et leur fournissent
des occasions pour renforcer leurs capacités. Par nos activités de
sensibilisation continues, nous soulevons des questions liées aux
déplacements illicites dans les tribunes bilatérales et multilatérales
chaque fois que l’occasion se présente.
Madam Chair and honourable senators, the 1980 Hague
Convention is viewed as one of the most successful international
family law treaties to be completed under the auspices of the
Hague Conference on Private International Law. That being said,
difficulties arise in situations when such removals or retention
involves a non-signatory state to the convention.
Madame la présidente, honorables sénateurs, la Convention de
La Haye de 1980 est considérée comme l’un des meilleurs traités
internationaux sur le droit de la famille à avoir été conclus dans le
cadre de la Conférence de La Haye de droit international privé.
Cela dit, les cas de déplacement et de non-retour illicites touchant
des États non signataires de la Convention apportent leur lot de
difficultés.
Canada has taken a lead role in building cooperation and
dialogue through its active involvement in the Malta Process and
assuming the role of co-chair of the working party on mediation.
The Malta Process is a Hague Conference initiative, and it is the
only international engagement between governmental and judicial
officials representing both signatory and non-signatory states to
the 1980 Hague Convention.
Le Canada joue un rôle de premier plan pour ce qui est
d’accroître la coopération et le dialogue grâce à son importante
participation au processus de Malte et en assumant le rôle de
coprésident du Groupe de travail sur la médiation. Le processus
de Malte est une initiative découlant de la Conférence de
La Haye, et il s’agit du seul engagement international auquel
prennent part des responsables gouvernementaux et judiciaires
représentant à la fois des États signataires et non signataires de la
Convention de La Haye de 1980.
The Malta Process has resulted in three key meetings over the
past decade or so. The Malta Process has also agreed on certain
declarations with specific actions that require development to
further improve interstate cooperation on international child
abductions and family disputes. These declarations include the
following actions: domestic review of the 1980 and 1996 Hague
Conventions by non-signatory states to make them familiar with
the provisions in those conventions; mutual recognition of judicial
decisions and orders and encouraging direct judicial
communication in specific cases — when judges can talk to one
another from different jurisdictions and different cultures, we find
they can often agree; development of central contact points within
governments and development of international family mediation
services; and facilitating visa, travel and access issues for the leftbehind parents.
Le processus de Malte a débouché sur trois réunions clés
depuis une dizaine d’années. Les participants sont convenus
d’adopter certaines déclarations décrivant des actions précises qui
doivent être poussées plus loin pour améliorer la coopération
entre les États relativement aux enlèvements d’enfants et aux
différends familiaux. Ces déclarations comprennent les actions
suivantes : examens internes des Conventions de La Haye de 1980
et de 1986 par les États non signataires, afin de leur permettre de
se familiariser avec leurs dispositions; reconnaissance mutuelle des
ordonnances et des décisions judiciaires, et encouragement à
maintenir des communications judiciaires directes dans des cas
précis — lorsque les juges de juridictions différentes et de cultures
différentes peuvent se parler, on constate qu’ils peuvent souvent
trouver un accord; mise en place de points de contact dans les
gouvernements et élaboration de services internationaux de
médiation familiale; et processus facilité pour l’obtention d’un
visa et le règlement des problèmes de déplacement et d’accès pour
les parents délaissés.
5:14
Human Rights
31-3-2014
On Canada’s initiative, in April 2009 the Council on General
Affairs and Policy of the Hague Conference on Private
International Law authorized the establishment of a working
party to promote the development of mediation structures to help
resolve cross-border family disputes concerning custody of or
contact with children where the 1980 Hague Convention does not
apply. This is co-chaired by Canada and Pakistan. The working
party is comprised of 14 members. Its signatory state members
include the U.S., U.K., Australia, Morocco, South Africa,
Germany and France. Non-signatory states include Egypt,
Jordan, Senegal, Malaysia and India.
En avril 2009, à l’initiative du Canada, le Conseil sur les
affaires générales et la politique, de la Conférence de La Haye sur
le droit international privé, a autorisé l’établissement d’un groupe
de travail chargé de promouvoir la création de structures de
médiation destinées à contribuer à la résolution à l’étranger des
différends familiaux concernant les droits de garde et de visite des
enfants, lorsque la Convention de La Haye de 1980 ne s’applique
pas. Le groupe de travail est coprésidé par le Canada et le
Pakistan et compte 14 membres. Les États signataires membres
sont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, le Maroc,
l’Afrique du Sud, l’Allemagne et la France. Les États non
signataires sont l’Égypte, la Jordanie, le Sénégal, la Malaisie et
l’Inde.
In closing, senators, ladies and gentlemen, addressing the issue
of cross-border family disputes is a priority of consular services.
This spans the continuum of awareness-raising while families are
still intact, to suggesting steps to parents fearful of abduction, to
assisting within our consular mandate after children have been
wrongfully removed.
En conclusion, honorables sénateurs, mesdames et messieurs,
la question des différends familiaux transfrontaliers est l’une des
priorités des services consulaires. Cette question va du continuum
de sensibilisation des familles encore intactes à la prestation
d’aide, dans les limites du mandat des services consulaires, après
un déplacement illicite d’enfants, en passant par les suggestions de
marche à suivre pour les parents inquiets.
With the government’s introduction of the new Vulnerable
Children’s Consular Unit, I hope the number of successful
resolutions of these cases will increase. Thank you for your
interest.
J’espère que la création de l’Unité consulaire pour les enfants
vulnérables par le gouvernement permettra de régler un plus
grand nombre de ces dossiers. Merci de votre attention.
The Deputy Chair: Thank you for your presentation.
La vice-présidente : Je vous remercie de votre exposé.
Senator Seidman: If I might just ask you some general
questions about numbers. For example, on average how many
children are abducted and taken out of Canada by their parents
every year and how many of those cases have been reported to the
police or other authorities?
La sénatrice Seidman : J’aimerais vous poser quelques
questions d’ordre général sur les statistiques. Par exemple,
combien y a-t-il en moyenne d’enfants enlevés et emmenés en
dehors du Canada par un parent chaque année, et combien de ces
cas sont signalés à la police ou à d’autres autorités?
Mr. Crosbie: I will ask my colleague Ms. Maillé to respond to
the specific question on the number of cases.
M. Crosbie : Je demande à ma collègue, Mme Maillé, de vous
répondre.
Senator Seidman: Thank you. These are children who are
abducted and taken out of Canada.
La sénatrice Seidman : Merci. Ce sont les enfants enlevés et
emmenés à l’étranger.
Béatrice Maillé, Director General, Consular Policy Bureau,
Foreign Affairs, Trade and Development Canada: In terms of our
statistics, as we indicated, we don’t have a complete picture, but
from a consular perspective, the cases that have been brought to
our attention would have increased significantly, as Mr. Crosbie
has said, between 2009 and 2013, from 50 reported to us in 2009
to 69 in 2013.
Béatrice Maillé, directrice générale, Direction générale,
Politiques consulaires, Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada : En ce qui concerne nos statistiques,
comme nous l’avons dit, nous n’avons pas d’image complète de la
situation, mais, d’un point de vue consulaire, le nombre de cas
portés à notre attention a augmenté sensiblement, comme l’a dit
M. Crosbie, entre 2009 et 2013, puisqu’il est passé de 50 à 69.
These are child abduction cases out of Canada. There could be
other cases where we would have, for example, families that are
dealing with custody disputes, and those would also be reported
to us as, for example, 104 in 2009 to 187 in 2013. Depending on
the particular situation of the family or the individual, we would
have classified those in a different way.
Je parle ici des cas d’enfants emmenés en dehors du Canada. Il
pourrait y avoir d’autres cas concernant, par exemple, des familles
engagées dans un différend sur la garde. Ces cas sont aussi
signalés et, par exemple, leur nombre est passé de 104 en 2009 à
187 en 2013. Donc, selon la situation particulière de la famille ou
de l’individu, le cas peut être classé de manière différente.
Senator Seidman: What about children who are kidnapped and
brought to Canada? Do you have numbers on that?
La sénatrice Seidman : Qu’en est-il des enfants enlevés et
amenés au Canada? Avez-vous des chiffres à ce sujet?
31-3-2014
Droits de la personne
5:15
Ms. Maillé: Our statistics from the consular affairs side are for
cases that we manage from a consular perspective, but I will invite
my colleagues from Justice Canada to comment.
Mme Maillé : Les statistiques qui proviennent des affaires
consulaires sont tirées de cas que nous gérons congormément à
une perspective consulaire, mais peut-être mes collègues du
ministère de la Justice voudront-ils faire un commentaire à ce
sujet.
Sandra Zed Finless, Senior Counsel, Foreign Affairs, Trade and
Development Canada, Legal Services, Justice Canada: Thank you
for the question. My colleague spoke about the number of
consular cases. Those are cases coming through the consular
services.
Sandra Zed Finless, avocate, Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada, Services juridiques, Justice Canada :
Merci de cette question. Ma collègue vous a parlé du nombre
de cas consulaires, c’est-à-dire des cas qui sont signalés aux
services consulaires.
With respect to the Hague Convention cases regarding the
Convention on the Civil Aspects of International Child
Abduction, the Government of Canada doesn’t maintain
comprehensive national statistics on the number of case
applications into or out of Canada. However, in preparation for
special commission international meetings, Justice Canada
officials do compile the statistics gathered by our provincial and
territorial central authorities on the application of the convention
in their respective jurisdiction. This information is then sent to the
Permanent Bureau of the Hague Conference to support studies
they do.
En ce qui concerne les cas de la Convention de La Haye
relativement à la Convention sur les aspects civils de l’enlèvement
international d’enfants, le gouvernement du Canada ne tient pas
de statistiques nationales exhaustives sur le nombre de cas à
l’entrée ou à la sortie du Canada. Toutefois, en préparation des
réunions de la commission internationale spéciale, des agents de
Justice Canada rassemblent les statistiques recueillies par nos
autorités centrales provinciales et territoriales sur l’application de
la Convention dans leurs territoires respectifs. Cette information
est ensuite envoyée au Bureau permanent de la Conférence de
La Haye en vue de ses propres études.
The most recent international study on child abduction
convention applications is for the year 2008, and it was actually
compiled for a study that was for the special commission in 2011.
The committee may find it of interest to turn its attention to that
study, a copy of which we can undertake to provide to you. In
that study, there is a national report on Canada, which shows you
an analysis of Canadian statistics on Hague Convention cases for
the year 2008 and how they compare to global trends.
L’étude internationale la plus récente sur les demandes au titre
de la Convention sur l’enlèvement d’enfants remonte à 2008; elle
avait été préparée pour une étude de 2011 de la commission
spéciale. Le comité aurait peut-être intérêt à se pencher sur cette
étude, dont nous pouvons vous envoyer un exemplaire. Vous y
trouverez un rapport national sur le Canada présentant une
analyse des statistiques canadiennes sur les cas de la Convention
de La Haye pour l’année 2008, ainsi qu’une comparaison avec les
tendances mondiales.
Now what that study indicates — which, again, is the last
international comprehensive study that was done on Hague
Convention cases — is that there was an overall decrease in the
number of cases that Canadian central authorities were dealing
with as compared to what they were dealing with in 2003.
Ce que montre cette étude qui, je le répète, est la dernière étude
internationale exhaustive consacrée aux cas de la Convention de
La Haye, c’est qu’il y a eu une baisse globale du nombre de cas
dont les autorités centrales canadiennes ont été saisies par rapport
à 2003.
The other thing that is interesting in that study is that Canada’s
performance in terms of its ability to return children quickly from
Canada was faster than other countries, and also, Canada’s
overall rate of returning children on incoming applications that
were sent to Canadian central authorities was higher than the
global average.
L’autre constatation intéressante est que le Canada parvient
plus rapidement que les autres pays à obtenir le retour d’enfants
enlevés, et que le taux global d’enfants revenus sur les demandes
entrantes qui ont été envoyées aux autorités centrales canadiennes
était supérieur à la moyenne mondiale.
In 2008, I think there were a total of 113 applications that were
actually dealt with by Canadian central authorities that would
include outgoing Hague Convention return applications and
incoming Hague Convention return applications.
En 2008, je pense qu’il y a eu 113 demandes adressées aux
autorités centrales canadiennes, lesquelles comprenaient des
demandes de sortie et d’entrée au titre de la Convention de La
Haye.
To give the committee a very general sense of the numbers of
child abduction convention cases being dealt with by Canadian
central authorities, the provincial and territorial central
authorities have shared very general information about the
number of cases in the years that followed that global study.
This information shows that child abduction convention cases do
fluctuate from year to year, but the general trend is showing slight
annual increases.
Afin de donner au comité une idée très générale du nombre de
cas d’enlèvement d’enfants dont sont saisies les autorités centrales
canadiennes, les autorités centrales provinciales et territoriales ont
communiqué des informations très générales sur le nombre de cas
dans les années ayant suivi cette étude mondiale. Cette
information montre que les cas d’enlèvement d’enfants relevant
de la convention fluctuent d’une année à l’autre, mais que la
tendance générale correspond à de légères hausses annuelles.
5:16
Human Rights
31-3-2014
Senator Seidman: You said that the performance by Canada in
this report is shown to be faster and the rate of return is higher.
Could you give us some numbers on that, please? I would
appreciate it.
La sénatrice Seidman : Vous dites que le Canada parvient à
obtenir le retour plus rapidement, et que le taux de retour est plus
élevé. Pouvez-vous nous donner des chiffres à ce sujet, s’il vous
plaît?
Ms. Zed Finless: I would have to undertake to table the actual
study with the committee, which does set out the very specifics of
the numbers.
Mme Zed Finless : Je devrais m’engager à déposer l’étude
devant le comité, car on y trouve les détails très précis des chiffres.
I can give you some specific numbers now. I want to clarify
that this study was actually done for Hague Convention
applications for the year 2008. The overall rate of return in the
return applications was 59 per cent as compared with the global
overall return rate of 46 per cent. The time that it took a court to
actually conclude their proceedings in a return application was
also better than the global average.
Je peux vous donner quelques chiffres précis maintenant. Je
tiens à préciser que cette étude a été consacrée aux demandes
relatives à la Convention de La Haye pour l’année 2008. Le taux
global de retour, dans les demandes de retour, était de 59 p. 100,
contre un taux global de retour de 46 p. 100 au niveau mondial.
En outre, le temps qu’il a fallu aux tribunaux pour conclure la
procédure dans une demande de retour a également été meilleur
que la moyenne mondiale.
In the year 2008, 59 per cent of the applications received by
Canada ended with a return compared with the global rate of
46 per cent.
En 2008, 59 p. 100 des demandes reçues par le Canada ont
abouti à un retour, contre 46 p100 au niveau mondial.
Senator Seidman: If you could forward that study to our
committee clerk, that would be appreciated. And I appreciate that
testimony; it put some perspective on what we’re dealing in terms
of prevalence of cases. Thank you.
La sénatrice Seidman : Je vous serais reconnaissante de bien
vouloir envoyer l’étude au greffier du comité, et j’apprécie ce
témoignage qui nous donne un certain contexte sur la question de
la prévalence des cas. Merci.
If I might just ask a question about the Vulnerable Children’s
Consular Unit, Mr. Crosbie, you mentioned outreach. Prevention
and outreach as a component of that is pretty critical. This is
clearly a special unit with huge value. Could you explain what you
mean by outreach and how that would incorporate prevention? I
would appreciate that.
Je m’adresse maintenant à M. Crosbie, au sujet de l’Unité
consulaire pour les enfants vulnérables. Vous avez parlé de
sensibilisation de la population, et il est clair que prévention et
sensibilisation sont importantes. L’unité dont vous avez parlé est
manifestement une unité spéciale de très grande valeur. Pourriezvous expliquer ce que vous entendez par sensibilisation de la
population, et comment cela peut inclure la prévention?
Mr. Crosbie: Obviously, we get a lot of calls from parents who
are just worried that their child may be abducted, so we try to
counsel them, give them advice as to how they could prevent that
from happening, which is the best solution to the problem.
M. Crosbie : Nous recevons évidemment beaucoup d’appels de
parents qui craignent que leur enfant puisse être enlevé, et nous
essayons alors de les conseiller, de leur indiquer quoi faire pour
empêcher que cela arrive, ce qui est la meilleure solution au
problème.
One of the things that we have done is outreach in terms of
talking to communities in major Canadian cities. Then, as I
mentioned, we have a publication and we have a website, so we’re
trying to raise the profile of the services we have to offer so they
can take action themselves.
L’une des choses que nous avons faites en matière de
sensibilisation a été d’aller parler à diverses collectivités des
grandes villes canadiennes. En outre, comme je l’ai dit, nous
avons un bulletin, ainsi qu’un site web, par lesquels nous essayons
de rehausser le profil des services que nous offrons afin que les
gens puissent prendre des mesures eux-mêmes.
Ms. Maillé: We’re very happy to have the new capacity with
the Vulnerable Children’s Consular Unit. It allows us to have case
management officers who focus their activity per region, so they
are capable of counselling parents from a regional perspective but
also to have a separate unit on policy. By having the separate unit
on policy, we can try to address or tackle some of the root causes
of the issue and the challenges domestically and also
internationally.
Mme Maillé : Nous sommes très heureux d’avoir cette nouvelle
capacité offerte par l’Unité consulaire pour les enfants
vulnérables. Elle nous permet d’avoir des agents de gestion des
cas qui concentrent leurs activités sur une région donnée, ce qui
leur permet de conseiller les parents d’un point de vue régional,
mais aussi d’avoir une unité séparée sur les politiques. En ayant
l’unité séparée sur les politiques, nous pouvons essayer de nous
attaquer à certaines des causes profondes du problème et aux défis
posés nationalement et internationalement.
As Mr. Crosbie has said, with respect to domestically, it allows
us to be prepared and give to our case managers in Ottawa but
also abroad in our missions, to our consular officers, the tools on
Comme l’a dit M. Crosbie, en ce qui concerne l’aspect
national, l’unité nous permet d’être préparés et de donner à nos
gestionnaires de cas d’Ottawa mais aussi à l’étranger, dans nos
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Droits de la personne
5:17
how to better counsel parents in the prevention of a potential
situation. We also develop policy, check lists, tools and
communication documents.
missions, à nos agents consulaires, les outils concernant la
meilleure manière de conseiller les parents sur la prévention
d’une situation potentielle. Nous élaborons aussi des politiques,
des listes de contrôle, des outils d’information et des documents
de communication.
But it also allows us to interact with communities here in
Canada to raise awareness on the type of challenges we see from a
consular perspective. It also allows us to work internationally in
partnership with our colleagues from Justice Canada, not only in
countries that have already signed the convention to raise
capacity in some cases, but also in countries that have yet to do
so through the working party on the Malta Process, to also
demystify what are the potential options, and certainly the
working party on mediation, allowing alternatives and potential
options, but also more broadly in the Malta Process to explain
what the convention is and some of the tools.
Cela nous permet aussi d’agir avec les collectivités ici même, au
Canada, pour les sensibiliser à la nature des défis que nous
percevons d’un point de vue consulaire. Cela nous permet aussi
d’agir internationalement en collaboration avec nos collègues de
Justice Canada, pas seulement dans les pays qui ont déjà signé la
convention, pour rehausser leurs capacités dans certains cas, mais
aussi dans les pays qui ont encore à le faire, par le truchement du
groupe de travail du processus de Malte, pour aussi démystifier
les options potentielles, et certainement le groupe de travail sur la
médiation, en permettant des alternatives et des options
potentielles, mais aussi plus généralement dans le processus de
Malte pour expliquer ce que sont la Convention et certains des
outils.
Maybe our colleagues from Justice would want to comment on
the work that we do in partnership.
Nos collègues de la Justice voudront peut-être ajouter quelques
mots sur le travail que nous faisons en partenariat.
Ms. Zed Finless: In terms of prevention, the Department of
Justice is also involved with prevention. In fact, there is federal
funding through something called the Supporting Families
Initiative and that supports family justice services that are
delivered directly by the provinces and territories to help those
families address some of the legal issues that arise as a result of
separation or divorce.
Mme Zed Finless : En matière de prévention, le ministère de la
Justice en fait aussi. De fait, il y a un budget fédéral dans le cadre
de ce qu’on appelle l’Initiative de soutien des familles, qui permet
de financer des services de justice familiale dispensés directement
par les provinces et territoires pour aider ces familles à faire face à
leurs problèmes juridiques résultant d’une séparation ou d’un
divorce.
Some of these services are things like parent education
programs and mediation. These do help minimize the conflict in
families so that they can continue to work well despite the
breakup. This would reduce, hopefully, the likelihood of an
abduction.
Certains de ces services sont des choses telles que des
programmes d’éducation des parents et des services de
médiation. Ils aident à minimiser les conflits familiaux, de façon
à permettre aux gens de continuer à agir ensemble malgré leur
séparation. Idéalement, cela devrait réduire le risque
d’enlèvement.
Justice Canada has also produced a number of tools that help
separating and divorcing parents agree on child-related issues.
For example, there is a publication called Making Plans, which
reminds parents who want to move away with their children that
they will need to get the other parent to agree, or they will need to
ask a judge for permission before moving. It explains that if one
parent was to take or keep a child without the other parent’s
permission or a court order that would allow that, they might be
committing a criminal act. There is a section in that guide that
advises parents on what to do if a child is abducted or if they are
concerned that their child may be abducted.
Justice Canada a aussi produit un certain nombre d’outils qui
aident les parents se séparant ou divorçant à s’entendre sur ce qui
concerne les enfants. Par exemple, il y a une publication intitulée
Faire des plans, qui rappelle aux parents qui voudraient partir à
l’étranger avec leurs enfants qu’ils ont besoin d’obtenir le
consentement de l’autre parent ou de demander l’autorisation à
un juge. On y explique que, si l’un des parents devait prendre ou
conserver un enfant sans la permission de l’autre parent ou
l’autorisation d’une ordonnance judiciaire, cela pourrait être
considéré comme un acte criminel. Il y a aussi dans ce guide une
section indiquant aux parents quoi faire si un enfant est enlevé ou
s’ils craignent que leur enfant puisse être enlevé.
Senator Eggleton: Thank you very much for your presentations
and for your good work on all of this.
Le sénateur Eggleton : Merci beaucoup de vos exposés et de
votre excellent travail dans ce domaine.
The Department of Justice gave us a document on the overview
of the 1996 Convention on Jurisdiction, Applicable Law,
Recognition, Enforcement and Co-operation in Respect of
Parental Responsibility and Measures for the Protection of
Children. Wow, that’s a long one. But what I understand this
does is establish common rules for states parties on issues
Le ministère de la Justice nous a fourni un document qui est un
aperçu de la Convention concernant la compétence, la loi
applicable, la reconnaissance, l’exécution et la coopération en
matière de responsabilité parentale et de mesures de protection
des enfants, de 1996. Diable, que ce titre est long! Quoi qu’il en
soit, je crois comprendre que ce document fixe des règles
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Human Rights
31-3-2014
concerning the care and protection of children. It’s
complementary and reinforces the Hague Abduction
Convention, but you also say Canada has not ratified the
convention and the analysis of its benefits is ongoing.
communes pour les États parties sur des questions touchant la
garde et la protection des enfants. C’est une convention
complémentaire qui renforce la Convention sur l’enlèvement des
enfants, mais vous avez dit que le Canada ne l’a pas ratifiée, et
que l’analyse de ses avantages est en cours.
Why is that? That was 18 years ago. What’s taking so long here
to analyze all of this, and what’s the problem? What’s the holdup?
Comment cela se fait-il? Ce texte a été adopté il y a 18 ans.
Comment se fait-il qu’il faille si longtemps pour l’analyser? Quel
est le problème?
Marie Riendeau, Counsel, International Private Law Section,
Justice Canada: This is a very important question you are raising,
because the convention — we call it the child protection
convention or the convention on the protection of children,
which is much easier to remember than this very long title.
Marie Riendeau, avocate, Section du droit privé international,
Justice Canada : Vous posez une question très importante, car la
Convention... Nous l’appelons la Convention sur la protection
des enfants, titre qui est beaucoup plus facile à mémoriser que le
titre officiel.
The matters that are covered by this convention are primarily
of provincial responsibility. There are aspects of custody and
access that would fall under federal responsibility in the context of
a divorce, and so in working on the analysis of possible
implementation in Canada, at the federal level we need to work
very closely with our provincial counterparts.
Les questions couvertes par cette convention relèvent
essentiellement de la compétence des provinces. Il y a des
questions de garde et d’accès qui relève des autorités fédérales
en cas de divorce. Donc, pour analyser la mise en œuvre possible
de ce texte au Canada, nous sommes obligés, au palier fédéral, de
collaborer très étroitement avec nos homologues provinciaux.
This work is being done, but at the provincial level there are
competing priorities, and there needs to be time for a number of
different initiatives in developing international and domestic work
in the area of family law. There is a lot going on in the provinces,
and while we are working closely with our partners and are
making progress, it is taking time to analyze given the very broad
range of matters that are covered by the convention.
Ce travail est en cours mais, au niveau provincial, il y a
certaines priorités plus importantes, et on a besoin de temps pour
un certain nombre d’initiatives différentes touchant le
développement du travail international et intérieur dans le
domaine du droit de la famille. Il se fait beaucoup de choses
dans les provinces et, même si nous collaborons étroitement avec
nos partenaires et faisons des progrès, l’analyse prend du temps à
cause du très vaste éventail de questions couvertes par la
Convention.
Senator Eggleton: Yes, but 18 years. Come on. That’s not a
very good answer.
Le sénateur Eggleton : Peut-être bien, mais ça fait 18 ans!
Franchement, ce n’est pas une très bonne réponse.
Are there any parts that the provinces are objecting to? Are
there any difficult issues that are hard to resolve, or is it just that
they are not allocating the time?
Y a-t-il des dispositions auxquelles s’opposent les provinces? Y
a-t-il des problèmes qui sont difficiles à résoudre, ou est-ce
simplement qu’elles n’y consacrent pas le temps voulu?
Ms. Riendeau: Well, again, there are no specific areas of the
convention that pose particular problems, per se. It’s not one
aspect or another.
Mme Riendeau : Il n’y a pas d’aspect particulier de la
Convention qui pose des problèmes particuliers en soi. Ce n’est
pas un aspect ou un autre.
The reality is, when we do work with the provinces — and we
are working with the provinces on this — they are involved in a
lot of other areas of reform, and this is one area, and there is no
specific problem with this convention.
La réalité est que, quand nous travaillons avec les provinces —
et nous travaillons avec les provinces à ce sujet —, elles s’occupent
de beaucoup d’autres domaines de réforme, et celui-ci en fait
partie, et il n’y a pas de problème particulier avec cette
convention.
Senator Eggleton: All right. But 18 years, that’s just not
acceptable. I think we need to push that, Madam Chair.
Le sénateur Eggleton : D’accord, mais 18 ans, c’est tout
simplement inacceptable. Je pense que nous devrions intervenir,
madame la présidente.
Mr. Crosbie, in your submission, you talked about non-Hague
countries with significant numbers of Canadian wrongful removal
and retention requests, including Lebanon, India, Morocco,
Algeria, Pakistan and China. Some of those are part of the
Malta Process.
Dans votre exposé, monsieur Crosbie, vous avez parlé des pays
non signataires qui ont un nombre important de départs
canadiens illicites et de demandes de retour, notamment le
Liban, l’Inde, le Maroc, l’Algérie, le Pakistan et la Chine. Certains
de ces pays font partie du processus de Malte.
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Droits de la personne
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If those are countries with significant numbers of Canadians,
what are we doing there to overcome the non-Hague status that
they have? I got the impression from what you said later on that,
by and large, we leave it up to the left-behind parents, I think
they’re called. Are we not providing just as much service,
leadership and helping them to get their children back as if it
was a Hague country? What is the difference?
Si ces pays sont ceux qui ont un nombre important de
Canadiens, que faisons-nous pour résoudre leur statut de nonsignataires de La Haye? J’ai eu l’impression, d’après ce que vous
avez dit ensuite à ce sujet, que nous laissons plus ou moins les
parents délaissés, comme vous les appelez, se débrouiller tout
seuls. Autrement dit, nous ne leur fournissons pas les mêmes
services, le même leadership et la même assistance pour leur
permettre de récupérer leurs enfants que s’il s’agissait d’un pays de
La Haye? Quelle est la différence?
Mr. Crosbie: If a country is a member of the Hague, there is a
process that has been agreed by the two governments involved
that facilitates resolution of these cases when parents apply
through the central authorities. So it’s a process that is well
recognized by judicial and government systems, and governments
are playing that supportive role by providing a framework in an
area of private international law.
M. Crosbie : Si un pays est membre de La Haye, il y a un
processus dont ont convenu les deux gouvernements concernés
pour faciliter la résolution de ces cas lorsque les parents
s’adressent aux autorités centrales. C’est un processus qui est
très bien reconnu par les autorités judiciaires et
gouvernementales, et les gouvernements jouent ce rôle de
soutien en fournissant un cadre d’action dans un domaine de
droit privé international.
When it comes to countries that are not members of the Hague,
there is no existing international convention agreed to between
governments to help parents resolve those differences. There is no
process through which judges can talk to one another to help
resolve those differences, and there are no central authorities or a
central contact point that a parent can appeal to.
Quand il s’agit de pays qui ne sont pas membres de La Haye, il
n’y a pas de convention internationale acceptée par les
gouvernements pour aider les parents à résoudre ces différences.
Il n’y a pas de processus permettant aux juges des deux pays de se
parler pour tenter de résoudre ces différences, et il n’y a pas
d’autorité centrale, de point de contact central auquel un parent
pourrait s’adresser.
The major problem with countries who are non-signatories, if
you look at those countries, in some cases they have very different
social, cultural, judicial and political systems from our own.
Japan is a good case in point.
Le principal problème des pays non signataires, si vous en
examinez la liste, est qu’ils ont dans certains cas des régimes
sociaux, culturels, judiciaires et politiques très différents des
nôtres. Exemple, le Japon.
For a long time, the Japanese maintained that the obligations
of the convention were inconsistent with their approach towards
these family law and child custody matters. After a lot of work by
justice colleagues, by ourselves and working closely with a group
of other countries, we persuaded the Japanese that, in fact, the
convention does not impose any Western cultural values in terms
of the resolution of child custody matters. So as of tomorrow, the
convention will come fully into force in Japan.
Pendant longtemps, les Japonais ont maintenu que les
obligations au titre de la Convention ne concordaient pas avec
leur attitude à l’égard de ces questions de droit familial et de garde
d’enfants. Après beaucoup de travail de nos collègues de la
Justice, ainsi que de nous-mêmes en collaboration étroite avec
d’autres pays, nous avons réussi à convaincre les Japonais que la
Convention ne leur impose strictement aucune valeur culturelle
occidentale pour ce qui est de la résolution des questions de garde
d’enfants. Donc, dès demain, la Convention entrera pleinement en
vigueur au Japon.
With respect to countries with legal systems influenced by
Sharia, Muslim countries for the most part, there is a great lack of
understanding of how the convention can be consistent with their
approach towards child custody. But the more work we’ve done
with many of these countries demonstrates that the one principle
that all legal systems share with respect to child custody is
working for the best interests of the child. The Organization of
Islamic Cooperation, the convention on children, all of these
instruments enshrine the best interests of the child as the key
principle that needs to be enforced.
En ce qui concerne les pays dont le régime judiciaire est
influencé par la charia, des pays musulmans dans l’ensemble, il y a
une profonde incompréhension de la manière dont la Convention
peut être conforme à leur attitude en matière de garde d’enfants.
Cela dit, tout le travail que nous avons fait avec beaucoup de ces
pays démontre que le principe fondamental que partagent tous les
régimes juridiques en matière de garde d’enfants est d’agir dans le
meilleur intérêt de l’enfant. L’organisation de coopération
islamique, la convention sur les enfants, tous les instruments
entérinent que le principe fondamental devant absolument être
respecté est d’agir dans le meilleur intérêt de l’enfant.
What we’re trying to do with these countries that are not
members of the Hague is to help them understand how the
convention can actually work consistent with their legal systems,
norms, cultures and practices. But I would have to say that in
Ce que nous essayons de faire avec ces pays qui ne sont pas
membres de La Haye, c’est de les aider à comprendre comment la
convention peut en réalité agir conformément à leurs propres
régimes juridiques, à leurs normes, cultures et pratiques. Je dois
5:20
Human Rights
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many of these countries they are poor and they don’t have a welldeveloped family law system for domestic disputes, so it is going
to take time to persuade them to join the convention. Working
with our Justice colleagues and with other governments, we’re
trying to help them understand how they could join the
convention in ways that will complement their own systems and
help to build up their own family law institutions.
dire cependant que, dans beaucoup de ces pays, la population est
pauvre et qu’il n’y a pas de régime de droit familial bien développé
pour résoudre les différends familiaux, ce qui signifie qu’il faudra
du temps pour les convaincre d’adhérer à la convention. Avec nos
collègues de la Justice et d’autres gouvernements, nous essayons
de les aider à comprendre comment ils pourraient adhérer à la
convention d’une manière qui serait un complément à leur propre
système et les aiderait à développer leurs propres institutions de
droit familial.
Senator Eggleton: I assume that’s what the Malta Process is all
about.
Le sénateur Eggleton : Je suppose que c’est précisément de cela
qu’il s’agit avec le processus de Malte.
Mr. Crosbie: Yes.
M. Crosbie : Oui.
Senator Eggleton: I got the impression that the Malta Process
was at least putting some informal processes in place to dialogue,
judges to judges, for example, to try to find some resolution of
these issues if they don’t join the Hague Convention, or maybe as
an alternative system, bearing in mind that a lot of them are
Islamic countries that are in fact taking into consideration a
different kind of system that involves Sharia.
Le sénateur Eggleton : J’avais l’impression que le processus de
Malte permettait au moins de mettre en place un certain processus
informel de dialogue entre juges, par exemple, pour permettre de
chercher des solutions à certains de ces problèmes dans les pays
qui n’ont pas adhéré à la Convention de La Haye, ou peut-être
comme système de remplacement, étant bien entendu que
beaucoup de ces pays sont des pays islamiques appliquant
différents types de systèmes basés sur la charia.
Mr. Crosbie: The Malta Process resulted in three large
gatherings sponsored by the Maltese government — in 2004,
2006 and 2009. I attended, along with some Canadian judges and
Justice officials. Over the years, the sense was that while these
were important gatherings to build understanding, there were no
practical means coming out of those large gatherings that would
help parents deal with specific cases.
M. Crosbie : Le processus de Malte a débouché sur trois
grandes réunions parrainées par le gouvernement maltais, en
2004, 2006 et 2009. J’y ai assisté, avec certains juges canadiens et
des représentants de Justice Canada. Au cours des années, le
sentiment s’est établi qu’il s’agissait de réunions importantes pour
améliorer la compréhension, mais aucune solution concrète ne
pouvait sortir de ces vastes réunions pour aider les parents à faire
face à des situations particulières.
Mr. Justice Jacques Chamberland, who was with the Quebec
Court of Appeal, was the one who proposed to set up a system
that wouldn’t be exactly the Hague system, because these
countries don’t appear to be willing to sign on to the
convention, but would give parents the practical tools to resolve
cases; where parents were willing to enter into mediation, make
sure that a mediation service is available, one that the
governments and the two countries concerned would agree
meets our standards; and second, let’s set up a central contact
point within those governments so there is a place where parents
can register and seek support. It mirrors to some extent the Hague
Conventions, but very simply a central contact point and a
mediation service.
M. le juge Jacques Chamberland, qui faisait partie de la Cour
d’appel du Québec, est celui qui avait proposé de mettre en place
un système qui ne serait pas exactement le système de La Haye,
parce que ces pays ne semblent pas prêts à signer la convention,
mais qui donnerait aux parents des outils concrets pour résoudre
ces affaires; où les parents accepteraient une médiation, et l’on
veillerait à ce qu’un service de médiation soit disponible, les
gouvernements des deux pays concernés s’entendant sur un
système répondant à nos normes; et on mettrait sur pied à
l’intérieur de ces gouvernements un point de contact central
auquel les parents pourraient s’adresser pour obtenir de l’aide. Ce
serait une sorte de version réduite des Conventions de La Haye,
avec très simplement un point de contact central et un service de
médiation.
Our goal has been to persuade these governments to set up
those mediation services and a central contact point. We would
like them to join the Hague Conventions, and we see this as a step
in that direction. That’s the purpose of the working party — to
develop practical solutions that will help.
Notre but est de convaincre ces gouvernements de mettre sur
pied de tels services de médiation avec un point de contact central.
Nous aimerions qu’ils adhèrent aux conventions de La Haye, et
nous pensons que cela pourrait être un pas dans cette voie. C’est
l’objectif du groupe de travail : concevoir des solutions concrètes
qui sont utiles.
Senator Eggleton: That’s an advantage you have. You’re cochairing that working party, so you have an opportunity to try to
influence.
Le sénateur Eggleton : C’est un avantage que vous avez. Vous
coprésidez le groupe de travail, ce qui vous donne la possibilité
d’exercer une influence.
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Droits de la personne
5:21
Mr. Crosbie: I co-chaired with the Chief Justice of Pakistan,
Justice Jillani. He himself has been involved in a number of these
cross-border child abduction cases.
M. Crosbie : Je l’ai coprésidé avec le juge en chef du Pakistan,
le juge Jillani. Lui-même a eu à régler un certain nombre de ces
dossiers d’enlèvement transfrontalier d’enfants.
I think it’s important to bring judges, but also we have to have
the officials from the governments involved so that they can work
in support of building those institutions.
Je pense qu’il est important d’inclure les juges, mais il faut aussi
avoir la participation de représentants des gouvernements
concernés afin qu’ils puissent collaborer pour bâtir ces
institutions.
Senator Eggleton: I hope you meet with some success soon. I
hope it doesn’t take 18 years.
Le sénateur Eggleton : J’espère que vous aurez bientôt du
succès et que ça ne prendra pas 18 ans.
Mr. Crosbie: I hope so as well.
M. Crosbie : Je l’espère aussi.
Senator Eggleton: Eighteen countries are part of the Hague
Abduction Convention, but Canada doesn’t accept them. Why is
that? What is being done to resolve that, if anything? What do
you do with those countries in terms of these issues? They are
members of the Hague Convention. I didn’t realize you could
have countries join a Hague convention and some other countries
could say they don’t accept that. Can we have an understanding
of that one?
Le sénateur Eggleton : Dix-huit pays font partie de la
Convention de La Haye sur les enlèvements mais le Canada ne
les accepte pas. Pourquoi? Que fait-on pour résoudre ce
problème? Que faites-vous avec ces pays en ce qui concerne ces
questions? Ils sont membres de la Convention de La Haye. Je ne
savais pas que certains pays pouvaient se joindre à la Convention
de La Haye et que d’autres pays puissent dire qu’ils ne les
acceptent pas. Pouvez-vous m’expliquer ça?
Ms. Riendeau: Maybe I can provide you a bit of context to
understand why there is a difference between states that are party
and the convention that applies to all the states, and some states
where we need to accept.
Mme Riendeau : Je peux peut-être vous donner un peu de
contexte pour vous expliquer pourquoi il y a une différence entre
les États qui sont parties à la convention qui s’applique à tous, et
les États qui ont besoin d’être acceptés.
The convention has specific provisions that say that states that
were members of the Hague Conference at the time the
convention was adopted — that is, in 1980 — can sign and
ratify the convention, and this convention will apply
automatically between all states party to the convention.
Il y a dans la convention des dispositions précises indiquant
que les États qui étaient membres de la Conférence de La Haye au
moment où la convention a été adoptée, c’est-à-dire en 1980,
peuvent signer et ratifier la convention, et que celle-ci s’appliquera
automatiquement entre tous les États parties.
The convention provides for a second group of states, those
that were not members in 1980, and allows these states to
nevertheless join the convention by way of accession, but
specifically provides that the accession will only have effect
between what we call the acceding state — this non-member state
becoming a party to the convention is called the acceding state —
and those states that will specifically declare acceptance of their
accession.
La convention envisage un deuxième groupe d’États, ceux qui
n’étaient pas membres en 1980, et leur permet d’adhérer
néanmoins à la convention selon la méthode de l’accession,
mais en précisant clairement que l’accession n’aura d’effet
qu’entre ce que nous appelons l’État accédant — cet État non
membre qui devient partie à la convention est appelé un État
accédant — et ceux des États qui déclarent explicitement accepter
leur accession.
Those rules were put in place at the time. More recent Hague
Conventions do not have that type of approach, but in 1980 that’s
the agreement between the states, and that is to allow states to
make sure that states that were not participating in the
negotiation of the instrument, that they have in fact completed
the obligations under the convention when they joined the
convention.
Ces règles étaient en vigueur à l’époque. Les conventions plus
récentes de La Haye n’ont pas ce type d’approche, mais, en 1980,
c’était une entente qui existait entre les États, et elle était destinée
à permettre aux États de s’assurer que les États qui ne
participaient pas à la négociation de l’instrument auraient en
fait respecté les obligations au titre de la convention lorsqu’ils y
adhéreraient.
That’s the background, if you wish, of the difference between
the two categories of states.
Voilà l’historique, si vous voulez, de la différence entre les deux
catégories d’États.
Back to your question about the 18 acceding states Canada has
still not accepted, and a bit more context. Decisions on accessions
are made by the Department of Foreign Affairs. It’s a treaty law
issue and it’s their responsibility. However, because the Minister
of Justice is responsible for the Hague Abduction Convention, the
Pour revenir à votre question sur les 18 États accédants que le
Canada n’a pas encore acceptés, je dois aussi vous donner un peu
de contexte. Les décisions sur les accessions sont prises par le
ministère des Affaires étrangères. Comme c’est une question de
droit des traités, c’est lui qui a compétence. Toutefois, comme le
5:22
Human Rights
31-3-2014
minister, through department officials, makes recommendations
to the Department of Foreign Affairs on possible acceptance.
ministre de la Justice a compétence à l’égard de la Convention de
La Haye sur les enlèvements, c’est lui qui, par le truchement de ses
fonctionnaires, adresse des recommandations au ministère des
Affaires étrangères au sujet d’une éventuelle acceptation.
How, then, is the process undertaken when there is a new state
acceding to the convention? As I explained, accepting a new
accession or a new state is an important decision because it gives
effect to the convention between Canada and this new state. Fact
gathering is undertaken by Justice officials before
recommendations can be made, and the fact-finding is there to
make sure that the basic requirements set out in the convention
have been met, that is, for those states that require implementing
legislation to give effect to the convention in their state, making
sure that they have passed such legislation and that the legislation
is in fact brought into effect, brought into force.
Quel est donc le processus lorsqu’un nouvel État accède à la
Convention? Comme je l’ai expliqué, accepter une nouvelle
accession ou un nouvel État est une décision importante, car
cela donne effet à la convention entre le Canada et ce nouvel État.
Les représentants de la Justice recueillent des renseignements
avant de formuler une recommandation, dans le but de s’assurer
que les exigences fondamentales énoncées dans la convention sont
satisfaites, c’est-à-dire, dans le cas des États où une loi de mise en
œuvre doit être adoptée pour que la convention entre en vigueur,
qu’une telle loi a effectivement été adoptée et que cette loi est
entrée en vigueur.
The second requirement that we look to is whether this new
state has a functioning central authority, a clearly designated
central authority with contact people who could actually deal
with the incoming and outgoing applications.
Le deuxième critère que nous examinons est que ce nouvel État
ait une autorité centrale qui fonctionne, une autorité centrale
clairement désignée avec des personnes-contacts capables de
s’occuper concrètement des demandes à l’entrée et à la sortie.
The other thing we turn to and consider is analyzing either the
implementing legislation or administrative processes put in place
in this new state, whether or not they appear to be consistent with
the obligations under the convention. If we have a red flag, we will
look into this a lot further.
L’autre chose que nous faisons consiste à vérifier si la
législation de mise en œuvre ou les processus administratifs mis
en place dans ce nouvel État semblent conformes aux obligations
énoncées dans la convention. Si nous avons un doute, nous
poussons les recherches.
From a justice perspective, when these basic conditions are
met, our general approach is to favour acceptance. We review and
collect the information through information provided on the
Hague Conference website about the state and how it is
implementing the convention. We also turn to our provincial
and foreign central authorities for possible input. We also contact
the state officials in the acceding state to seek clarification where
we need more information. Where information is not readily
available, we sometimes go through the foreign affairs ministry
for assistance through diplomatic channels.
Du point de vue de la Justice, notre politique générale est de
recommander l’acceptation lorsque ces conditions fondamentales
sont satisfaites. Nous examinons et recueillons des informations
en nous basant sur les informations fournies sur le site web de la
Conférence de La Haye au sujet du nouvel État et de la manière
dont il applique la convention. Nous nous tournons également
vers nos autorités centrales provinciales et les autorités centrales
étrangères pour connaître leur avis. Nous contactons aussi les
représentants de l’État accédant pour obtenir des éclaircissements
s’il y a lieu. Si l’information n’est pas facilement disponible, nous
passons parfois par le ministère des Affaires étrangères pour
essayer de l’obtenir par la voie diplomatique.
Depending on the situation, it can take several months and
even several years before a decision is made. The most difficult
situations are when we don’t have the information. There are
processes at the Hague Conference where states can provide
information on their implementation of the convention, and some
of these states do not provide that information. Also, in some
instances we have difficulty getting a response to our inquiries.
Selon le cas, il peut falloir plusieurs mois ou plusieurs années
pour qu’une décision soit prise. Les cas les plus difficiles sont ceux
pour lesquels nous n’avons pas d’information. Il y a des processus
à la Conférence de La Haye qui permettent aux États de fournir
des renseignements sur la mise en œuvre de la Convention, mais
certains d’entre eux ne les fournissent pas. En outre, il arrive
parfois que nous ayons du mal à obtenir une réponse à nos
questions.
So far, Canada has accepted 40 of these acceding states. There
remain 18 states at different levels in the process, but we are
actively pursuing this collection of information. We take as an
approach not to retain an accession, to leave the issue open and
continue to collect and interact with the new state, making sure
that we will get to a point where we know that a well-functioning
central authority has been put into place and the proper
legislation is in place.
Jusqu’à présent, le Canada a accepté 40 de ces États accédants.
Il en reste 18 à des niveaux variables du processus, mais nous
poursuivons activement la collecte de renseignements. Notre
politique est de ne pas prendre de décision sur une accession, de
laisser la question ouverte et de continuer à recueillir des
renseignements et à discuter avec le nouvel État, en nous
assurant que nous arriverons au point où nous saurons qu’une
autorité centrale en bon état de marche a été mise en place et que
la législation voulue est entrée en vigueur.
31-3-2014
Droits de la personne
5:23
Senator Eggleton: I appreciate that description. Some of these
countries have been on here for a decade or more, but, again, I
look at the names of some of the countries and can understand
that to some extent. Perhaps some of them are problematic in
terms of making sure you get that kind of assurance.
Le sénateur Eggleton : J’apprécie cette description. Certains de
ces pays sont en attente depuis 10 ans ou plus et, quand j’examine
la liste, je peux le comprendre dans certains cas. Certains sont
peut-être plus problématiques que d’autres pour ce qui est des
assurances que vous souhaitez.
The second part of my question was: Meanwhile, what do you
do if children are abducted into those countries? How do we get
them back? We talked a few minutes ago about the Malta Process
and how it deals with the Islamic countries, but what about these
countries? They’re not all in that category, and, in fact, they are in
the convention anyway.
La deuxième partie de ma question était la suivante : en
attendant, que faites-vous si les enfants sont enlevés dans ces
pays? Comment pouvons-nous les faire revenir? Nous avons parlé
il y a quelques minutes du processus de Malte et de la manière
dont il traite les pays islamiques, mais qu’en est-il de ces pays? Ils
ne tombent pas tous dans cette catégorie et, en fait, ils sont quand
même dans la Convention.
Ms. Riendeau: I will then turn to my Foreign Affairs
colleagues. As these countries are party to the convention but
the convention does not apply between Canada and those
particular states, the mechanisms under the convention would
not apply.
Mme Riendeau : Je vais donner la parole à mes collègues des
Affaires étrangères. Comme ces pays sont parties à la convention,
mais que la convention ne s’applique pas entre eux et le Canada,
le mécanisme prévu par la convention ne s’applique pas.
Senator Eggleton: I understand that, but what does apply?
What do you do to get the kids back?
Le sénateur Eggleton : Je comprends, mais qu’est-ce qui
s’applique, alors? Que faites-vous pour faire revenir les enfants?
Ms. Riendeau: The parents would then either undertake to
attempt to have the child returned through the courts without the
application —
Mme Riendeau : Les parents s’efforceraient d’obtenir le retour
de l’enfant en s’adressant aux tribunaux...
Senator Eggleton: The courts in that country?
Ms. Riendeau: Of those countries. Or they turn to our
colleagues.
Senator Eggleton: What assistance would we give them?
Le sénateur Eggleton : Les tribunaux de quel pays?
Mme Riendeau : De ces pays. Ou ils s’adresseraient à nos
collègues.
Le sénateur Eggleton : Quelle assistance leur donnerions-nous?
Leslie Scanlon, Director General, Consular Operations Bureau,
Foreign Affairs, Trade and Development Canada: Unfortunately,
as you point out, there is no multilateral mechanism that can
assist in those cases, and it is very much the domain of a private
legal matter. That doesn’t mean that the Government of Canada
is not interested in the well-being of the child. So we would speak
with the parent who was left behind to make sure they’re doing
what they can in terms of private law, and we would try to assist
them with legal advice for the country where the child is living.
We will be very concerned about the well-being of the child. There
is a Canadian parent, and we will be looking to the local
authorities in the country where the child is living to make sure
that there are no well-being concerns.
Leslie Scanlon, directrice générale, Direction générale,
Opérations consulaires, Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada : Malheureusement, comme vous l’avez
dit, il n’y a pas de mécanisme multilatéral pouvant aider dans ce
genre de situation et c’est donc essentiellement le domaine du
droit privé. Cela ne veut pas dire que le gouvernement du Canada
ne s’intéresse pas au bien-être de l’enfant. Autrement dit, nous
irons parler au parent qui a été laissé ici pour nous assurer qu’il
fait ce qu’il peut en termes de droit privé, et nous essaierons de
l’aider en le conseillant sur les lois du pays où se trouve l’enfant.
Nous attachons beaucoup d’importance au bien-être de l’enfant.
Il y a un parent canadien et nous interviendrons auprès des
autorités locales du pays où se trouve l’enfant pour nous assurer
qu’il n’y a aucune préoccupation à avoir au sujet de son bien-être.
We will continue to advise the parent on the publication that I
think we referred to before, Enlèvement international d’enfants,
what you do if your child is abducted to a foreign country. We
will provide language to consular officials in the country where
the child is residing in an attempt to have the abducting parent
meet with consular officials from the Canadian government in the
office located in the country where the child is living to point out
to the other parent that there could be criminal consequences to
that parent not returning the child to the country where the child
has legal ability to live.
Nous continuerons de conseiller le parent sur la publication
que nous avons mentionnée un peu plus tôt, Enlèvement
international d’enfants, qui précise ce qu’on doit faire si son
enfant est enlevé vers un pays étranger. Nous prendrons contact
avec les agents consulaires du pays où se trouve l’enfant pour
essayer d’obtenir que le parent qui l’a enlevé rencontre les agents
consulaires du gouvernement canadien dans les locaux du pays où
se trouve l’enfant, pour l’informer qu’il pourrait y avoir des
conséquences pénales s’il ne rend pas l’enfant au pays où celui-ci a
la possibilité légale de vivre.
5:24
Human Rights
31-3-2014
Should the taking parent decide to voluntarily engage and
maybe return the child, Foreign Affairs will be very quick to
facilitate travel, emergency documents —
Si le parent décide volontairement de rendre l’enfant, Affaires
étrangères agira très rapidement pour faciliter le voyage, la
délivrance de documents d’urgence...
Senator Eggleton: That’s the kind of stuff I needed to know.
You don’t say to them, ‘‘Sorry, we can’t help you because they’re
not a member of the convention.’’ You do help them in the way
you just described.
Le sénateur Eggleton : C’est le genre de choses que je voulais
savoir. Vous ne leur dites pas : « Désolé, nous ne pouvons pas
vous aider parce que vous n’êtes pas membres de la convention. »
Vous essayez de les aider comme vous venez de l’indiquer.
Ms. Scanlon: You can imagine, in Consular, we’re dealing with
families who are going through the worst moments of their lives.
These are huge for our officers, and we do engage with all
families.
Mme Scanlon : Comme vous pouvez l’imaginer, aux
Opérations consulaires, nous nous occupons de familles qui
traversent les pires moments de leur vie. C’est une responsabilité
énorme pour nos agents et nous essayons d’aider toutes les
familles.
Senator Andreychuk: We are all struggling with the same issues.
I can remember the days when we didn’t have much consular
service or a Hague Convention, so that tells my age. I think these
are the steps in the right direction because families in crisis are the
ones we’re talking about. If the families are responding to each
other — it’s a marriage breakdown or what have you — and they
still focus on the child’s needs, I don’t think you get involved. I
don’t think we would be studying it here.
La sénatrice Andreychuk : Nous avons tous les mêmes
préoccupations. Je me souviens de l’époque où nous n’avions
pas beaucoup de services consulaires ni de Convention de La
Haye, ce qui vous donne une idée de mon âge. Je pense que ces
mesures vont dans le bon sens, car nous parlons ici de familles en
crise. Si les familles n’étaient pas en crise — à cause de la rupture
d’un mariage ou d’autre chose —, si elles s’occupaient encore des
besoins de l’enfant, vous n’auriez pas intervenir. Et nous ne
serions pas ici aujourd’hui.
But it is those cases where there is animosity of some sort
between the two parties, and they whisk child away. It’s one of the
means now because we travel a lot. We intermarry a lot from
other cultures, and that’s where the situation erupts, I think. I’m
pleased to hear that there’s a new consular focus on assisting and
that we’re at least identifying the Hague Convention. Fifteen
years ago, if I said ‘‘Hague Convention,’’ I don’t think lawyers
would know about it. They’re getting to know it because of our
international engagement.
Mais il y a des cas où l’animosité entre les deux parties est trop
forte et où l’un des parents enlève l’enfant. C’est possible
aujourd’hui parce que nous voyageons beaucoup. Il y a aussi
beaucoup de barrières interculturelles, et c’est de là que vient le
problème, je pense. Je suis heureuse d’apprendre que nos services
consulaires sont concentrés sur la prestation d’une aide aux
familles, et il y a au moins la Convention de La Haye. Il y a
15 ans, si j’avais parlé de Convention de La Haye, je pense
qu’aucun avocat n’aurait su de quoi il s’agissait. Aujourd’hui, ils
le savent grâce à notre engagement international.
What I’m interested in is: How do we reach enough families in
Canada so that they understand before marriage, even if I may
say, before the birth of the child, that this is the new concept? If
you both stay in Canada, we have a lot of laws. They know the
laws. They know court system. They have confidence in the court
system. But that’s not the reality of today. What else should we be
doing at the front end, or is this a provincial responsibility you’re
going to tell me?
Voici maintenant ce qui m’intéresse : comment pouvons-nous
atteindre suffisamment de familles au Canada pour qu’elles
comprennent avant le mariage, et même, si je peux me permettre,
avant la naissance de l’enfant, que ce nouveau concept existe? Si
les deux restent au Canada, nous avons beaucoup de lois, ils
connaissent les lois, ils connaissent notre système judiciaire, et ils
font confiance au système judiciaire. Mais ce n’est pas la réalité
d’aujourd’hui. Que devrions-nous faire d’autre en première ligne,
ou allez-vous me dire qu’il s’agit là d’une responsabilité
provinciale?
Mr. Crosbie: This is really a shared responsibility. Our Justice
colleagues have their own avenues, their own contacts, their own
ways in which they can influence what’s happening within the
provinces. Provincial authorities have the social welfare agencies,
the family support units. In the absence of exit controls, the
reality is that, from a federal government perspective, there’s not
much we can do until the problem appears.
M. Crosbie : Il s’agit d’une responsabilité partagée. Nos
collègues de la Justice ont leurs propres méthodes, leurs propres
contacts et leur propre manière d’exercer une influence sur ce qui
se passe dans les provinces. Les autorités provinciales ont les
agences de bien-être social, les services d’aide à la famille. En
l’absence de contrôle à la sortie, la réalité est qu’il n’y a pas grandchose que le gouvernement fédéral puisse faire tant qu’un
problème n’est pas apparu.
31-3-2014
Droits de la personne
We are trying to raise awareness of our travel.gc.ca site. Often,
these are people who are travelling because families split up, and
whether or not they’re split up, they’re still going on vacationing
and moving around. To that extent, we get a lot of questions from
parents who are concerned about the potential for an abduction.
Raising awareness is a job for all of us, I think.
5:25
Nous essayons d’informer les gens par le truchement de notre
site voyage.gc.ca. Souvent, il s’agit de gens qui voyagent parce que
la famille est brisée et, qu’ils soient séparés ou non, ils vont
toujours partir en vacances et voyager. Dans ce contexte, nous
recevons beaucoup de questions de parents qui sont préoccupés
par le risque d’enlèvement.
Informer les familles est notre responsabilité à tous, je pense.
Senator Andreychuk: If you’re taking a child out of our
jurisdiction — Canada — what can the parent who doesn’t have
custody of the child do, and what do they know about the other
parent moving with the child? They’ve got parenting rights, and
they have the child for the next two weeks on vacation. That
parent takes the child overseas or down to the United States. We
know there are letters that go, but they’re not really binding
letters. Is there anything? You say we don’t have exit controls.
La sénatrice Andreychuk : Si vous enlevez un enfant de notre
juridiction — le Canada —, que peut faire le parent qui n’a pas
l’enfant avec lui, et que peut-il savoir de l’autre parent parti avec
l’enfant? Les parents ont des droits, ils peuvent avoir l’enfant
pendant deux semaines de vacances. Le parent emmène l’enfant à
l’étranger ou aux États-Unis. Nous savons qu’il y a des lettres qui
sont produites, mais elles ne sont pas vraiment exécutoires. Y a-til quelque chose? Vous dites que nous n’avons pas de contrôle à la
sortie.
Ms. Maillé: Thank you for raising the question. One of the
areas that Minister Yelich asked us to focus on with the new
Vulnerable Children Consular Unit is to try to coordinate better
on the prevention side. We are very pleased that, recently, we were
able to launch an interdepartmental working group that is really
looking at the different tools we currently have in our toolbox in
terms of prevention and the ones that we will eventually be able to
recommend to our minister and others in partnership so that we
can improve our toolbox.
Mme Maillé : Merci de la question. L’une des choses
auxquelles la ministre Yelich nous a demandé de prêter une
attention spéciale avec la nouvelle Unité consulaire pour les
enfants vulnérables est d’essayer de mieux coordonner la
prévention. Nous nous réjouissons d’avoir pu lancer récemment
un groupe de travail interministériel qui se penche réellement sur
les différents outils que nous avons actuellement dans notre boîte
à outils en termes de prévention et sur ce que nous finirons pas
recommander à notre ministre et à d’autres en partenariat afin de
pouvoir améliorer notre boîte à outils.
We certainly have already done some work through
publication, for example, Travelling with Children, available on
our website, that gives some indication to parents of things they
should consider when they’re travelling with children, including
the letter of consent that you’ve referred to. I understand, having
children and having travelled with them, that it’s not a solution to
all concerns, but it does, we hope, raise the opportunity to have a
discussion within the family on what is about to happen. ‘‘We are
going to travel with the children, or I’m going to travel alone with
the children.’’ So it fosters a discussion and a dialogue that may
help to eventually prevent cases.
Nous avons déjà agi au moyen de notre brochure Voyager avec
des enfants, disponible sur notre site web, qui indique aux parents
certaines des choses à prendre en considération s’ils veulent
voyager avec des enfants, notamment la lettre de consentement
dont vous avez parlé. Comme j’ai des enfants et que je voyage
avec eux, je sais bien que ça ne résout pas tous les problèmes, mais
nous espérons que cela donne à la famille l’occasion de discuter de
tout ce qu’il faut faire. « Nous allons voyager avec les enfants, ou
je vais voyager seul ou seule avec les enfants ». Cela suscite une
discussion et un dialogue qui peuvent aider à prévenir certains
cas.
There are also situations where there is a true abduction, per se,
when one parent leaves the country with a child, hiding, so we
don’t know where they are. But there are also situations where
there is approval or consent that the parent travel with a child,
but then they won’t want to return to Canada. Then we may have
some information where the child is, if the other parent has not
moved, but we may in some cases lose track of them as well for
the left-behind parent.
Il y a aussi des situations d’enlèvement pur et simple, quand un
parent quitte le pays avec l’enfant et ne veut pas qu’on sache où il
se trouve. Mais il y a aussi des situations où il y a approbation ou
consentement que le parent voyage avec l’enfant, mais où il ne
veut plus ensuite revenir au Canada. Dans ce cas, nous possédons
peut-être certaines informations sur le lieu où se trouve l’enfant, si
l’autre parent n’a pas déménagé, mais nous pouvons aussi dans
certains cas perdre sa trace ainsi que celle du parent délaissé.
They’re all very difficult cases and we can talk about more of
the details of the operations, but certainly we try, either through
discussion with parents prior to the travel or once they come and
consult with us about potential fears, to give them some tools on
things they could look into.
Ces cas sont tous très difficiles et nous pouvons parler plus des
détails des opérations, mais nous essayons certainement, que ce
soit par une discussion avec les parents avant le voyage ou une
fois qu’ils viennent nous consulter au sujet d’une crainte
potentielle, de leur donner certains outils sur les choses dont ils
devraient se préoccuper.
5:26
Human Rights
31-3-2014
For example, Passport Canada maintains a lookout list that
allows some parents to indicate to Passport Canada not to issue a
passport unless you come and consult with them, or there is a
potential custody order. We certainly recommend that parents
bring that to their attention. We also encourage them to keep
another embassy informed if, for example, the other parent is a
dual national, so there is a potential for them to inform the
embassy of that country so they don’t issue a document without
having the proper documentation, for example.
Par exemple, Passeports Canada tient une liste de signalement
qui permet à certains parents de lui indiquer qu’il ne doit pas
délivrer de passeport à un enfant sans les avoir consultés
auparavant, ou parce qu’il y a une ordonnance potentielle de
garde. Nous recommandons certainement que les parents portent
ça à son attention. Nous les encourageons aussi à tenir une autre
ambassade informée si, par exemple, l’autre parent a une double
nationalité, ce qui fait qu’il peut informer l’ambassade de ce pays
afin qu’elle ne délivre pas de documents sans avoir la
documentation requise, par exemple.
Certainly they are all different recommendations or advice, but
we hope that through the interdepartmental working group we
will be in a position later on this year to make some more specific
additional recommendations in that context.
Ce sont là des recommandations ou des conseils différents,
mais nous espérons être en mesure, plus tard cette année, par le
truchement du groupe de travail interministériel, de formuler
quelques recommandations supplémentaires plus précises dans ce
contexte.
Ms. Zed Finless: Just to flesh this out a little bit more, I think
it’s important to keep in mind that these are essentially private
matters. These are private disputes or private relationships
between people. Therefore, through whatever established
mechanisms we can, for example, through the Canadian Bar
Association, we do take every opportunity to be able to educate
the parents through the bar associations because they generally
will have contact with lawyers at some point in their dispute. The
Department of Justice, for example, maintains an active liaison
with the Canadian Bar Association and does regular training of
the bar association.
Mme Zed Finless : Simplement pour étoffer un peu cela, je
pense qu’il est important de rappeler qu’il s’agit là essentiellement
de questions d’ordre privé. Ce sont des différends privés ou des
relations privées entre les gens. Par conséquent, par le truchement
des mécanismes établis, nous pouvons par exemple, par le
truchement de l’Association du Barreau canadien, profiter de
toutes les occasions possibles pour éduquer les parents par
l’intermédiaire des associations du Barreau, car ils auront
généralement des contacts avec un avocat à un moment ou un
autre pendant leur différend. Le ministère de la Justice, par
exemple, assure une liaison active avec l’Association du Barreau
canadien et dispense régulièrement de la formation à l’association
du barreau.
We are also identifying opportunities when it’s appropriate,
such as when the National Judicial Institute comes to us to
provide training initiatives to the judges. They are the ones who
are defining the relationships between these parents to allow when
they can travel and when they can take a child out of a country
and under what conditions. The judges are then more cognizant
of the things they may be able to do as part of custody orders or
arrangements that they are going to pronounce upon from the
bench for those parents.
Nous identifions aussi des opportunités, lorsque c’est possible,
comme lorsque l’Institut national de la magistrature nous
demande de lancer des initiatives de formation à l’intention des
juges. Ce sont eux qui définissent les relations entre les parents et
déterminent quand ils peuvent voyager et quand ils peuvent
emmener un enfant en dehors du pays, et à quelles conditions. Les
juges sont alors plus sensibles aux choses qu’ils ont la possibilité
de faire dans le cadre des ordonnances de garde ou des
arrangements qu’ils vont établir pour les parents dans leur
jugement.
Senator Andreychuk: Dual nationals seem to be one of the
difficulties. Some countries take their duties to their citizens as
seriously as we do and that often puts that child in jeopardy by
leaning towards keeping the child in whatever culture they’re in
now as opposed to Canadian. Is it correct what I have read? Is
there stress between the countries of dual nationals? I think of
that case from England. Our researchers were kind enough to give
us the case. The judge in England said the child may be habitually
in Spain but her heart is in England. That was an interesting
judgment on behalf of the court not really recognizing the Spanish
order, really. It amounted to that.
La sénatrice Andreychuk : La double nationalité semble être
l’une des difficultés. Certains pays prennent leur devoir envers
leurs citoyens aussi sérieusement que nous, ce qui place souvent
l’enfant en péril en privilégiant le maintien de l’enfant dans la
culture locale dans laquelle il se trouve par opposition à la
canadienne. Est-ce que c’est exact ce que j’ai lu? Y a-t-il du stress
entre les pays des personnes à double nationalité? Je songe à ce cas
de l’Angleterre que nos recherchistes ont eu la gentillesse de me
communiquer. Le juge d’Angleterre avait déclaré que, même si
l’enfant habite peut-être habituellement en Espagne, son cœur se
trouve en Angleterre. C’était un jugement intéressant d’un
tribunal qui ne reconnaissait pas l’ordonnance espagnole, en
réalité. C’était ça, en fin de compte.
Mr. Crosbie: Judges and courts make their decision based on
the facts of the case. With the Hague Convention, of course, it
does recognize the first concern is the best interests of the child.
M. Crosbie : Les juges des tribunaux prennent leurs décisions
en fonction des faits pertinents. En ce qui concerne la Convention
de La Haye, bien sûr, elle entérine le fait que le critère primordial
31-3-2014
Droits de la personne
5:27
That can be applied or interpreted in different ways by a court. I
think you’re right about that in different cultural systems. For
example, for Muslim countries, one of the arguments you
sometimes get is the child can’t be raised as a Muslim in a
country like Canada. That’s out of ignorance. They don’t
understand our society. They don’t understand that you can be
raised as a faithful Muslim or someone of any religious faith and
be a Canadian. Part of breaking down that cultural
misunderstanding is something we’re trying to do through the
working party, to understand that you can live in different ways
in Canada and be totally respectful of religion. That really only
comes about by helping judges and government officials to
understand.
est l’intérêt de l’enfant. Cela peut être appliqué ou interprété de
manière différente par un tribunal. Je pense que vous avez raison
à ce sujet dans les systèmes culturels différents. Par exemple, dans
les pays musulmans, l’un des arguments qu’on présente parfois est
que l’enfant ne peut pas être éduqué comme musulman dans un
pays comme le Canada. C’est de l’ignorance, parce qu’on ne
comprend pas notre société. On ne comprend pas qu’on peut être
élevé comme un musulman fidèle ou comme membre de n’importe
quelle religion en étant Canadien. Cette incompréhension
culturelle est l’une des choses que nous essayons de corriger au
moyen du groupe de travail, pour faire comprendre qu’on peut
vivre de manières différentes au Canada en respectant totalement
la religion. Cela n’est possible qu’en aidant les juges et les
représentants gouvernementaux à comprendre.
Ms. Riendeau: We alluded to that in the opening statement. I
will not comment on that particular case, but that decision was in
the context of the Hague Abduction Convention.
Mme Riendeau : Nous avons fait allusion à cela dans la
déclaration liminaire. Je ne ferai aucun commentaire sur ce cas
particulier, mais cette décision avait été prise dans le contexte de
la Convention de La Haye sur les enlèvements.
From a justice perspective, one of the main challenges in
respect to the convention is to reach a more consistent
interpretation and application of the convention globally. We
have to take every opportunity to work toward that goal and we
certainly do so by sharing best practices in the bilateral and
multilateral work we do on the convention. Developing tools to
help with a more consistent interpretation and application is
certainly one key element in our view to make the convention
more effective globally. We need to have that contact with other
states through the meetings of special commissions on working
groups and developing guides to good practice.
Du point de vue de la Justice, l’un des principaux défis
concernant la convention est d’en assurer une interprétation et
une application plus uniformes au niveau mondial. Nous devons
profiter de toutes les occasions possibles pour atteindre cet
objectif, ce que nous faisons en partageant les pratiques
exemplaires dans le travail bilatéral et multilatéral que nous
faisons sur la convention. Élaborer des outils pour aider à établir
une interprétation et une application plus uniformes est
certainement l’un des éléments clés à nos yeux pour rendre la
convention plus efficace mondialement. Il nous faut assurer ce
contact avec les autres États par le truchement des réunions des
commissions spéciales et des groupes de travail, et par
l’élaboration de guides de bonnes pratiques.
Currently there is a very important working group that has
been established by the Hague Conference that is developing a
guide to good practice on one of the pivotal provisions of the
convention. I don’t want to be too technical, but it is in regard to
the ‘‘grave risk of harm’’ exception, which is an article in the
convention that allows a court to say, ‘‘I will not order the return
of the child because if I do so it will pose a grave risk of harm for
the child.’’ That is a pivotal provision because it allows a court
not to return a child. Canada promoted the establishment of a
working group to develop this guide. We have a Canadian judge
participating and a Canadian Justice official participating. Those
are the types of initiatives I think that we need to focus on to
reach that greater consistent and coherent application of the
convention.
Il y a actuellement un groupe de travail très important qui a été
mis sur pied par la Conférence de La Haye dans le but d’élaborer
un guide de bonnes pratiques sur l’une des dispositions centrales
de la convention. Je ne veux pas être trop technique, mais il s’agit
de l’exception relative au « risque grave » de danger, en vertu de
laquelle, selon l’article pertinent de la convention, un tribunal
peut dire : « Je n’ordonne pas le retour de l’enfant, car cela
pourrait l’exposer à un risque grave de danger. » C’est une
disposition cruciale, car elle permet au tribunal de ne pas
ordonner le retour de l’enfant. Le Canada a recommandé la
création d’un groupe de travail pour formuler ce guide. Nous
avons un juge canadien qui y participe, ainsi qu’un représentant
de Justice Canada. Voilà le genre d’initiatives sur lesquelles nous
devons nous concentrer, je pense, pour assurer une application
plus uniforme et plus cohérente de la convention.
Senator Hubley: I would like to ask you a question on police
involvement. I’m thinking that they may be the first responders to
an abduction in that parents who may find themselves in this
situation may turn to the police first to see what can be done.
La sénatrice Hubley : J’aimerais poser une question sur le rôle
de la police. Je suppose que c’est le premier organisme à intervenir
en cas d’enlèvement, puisque le parent qui se trouve confronté à
une telle situation va probablement s’adresser d’abord à la police
pour voir ce qu’elle peut faire.
Approximately 16 years ago, when the House of Commons
Subcommittee on Human Rights and International Development
published its report on international child abductions, most police
Il y a environ 16 ans, lorsque le Sous-comité de la Chambre des
communes sur les droits de la personne et le développement
international a publié son rapport sur les enlèvements
5:28
Human Rights
31-3-2014
forces at that time did not have comprehensive operational
policies on missing children. Entry of a parental abduction case in
the Canadian Police Information Centre and reporting to the
missing children’s registry by police was voluntary that the time.
In addition, witnesses before the committee said that it could take
weeks for the police to act if they did at all.
internationaux d’enfants, la plupart des services de police
n’avaient pas de politiques opérationnelles exhaustives sur les
enfants disparus. Signaler un enlèvement parental au Centre
d’information de la police canadienne et enregistrer l’information
dans le registre des enfants disparus était alors volontaire. En
outre, des témoins avaient déclaré au comité qu’il fallait parfois
des semaines à la police pour qu’elle agisse, et encore!
Do you feel that this situation has been improved, that there
has been more education and training of our police forces to
know when there is an abduction case, how they are going to
handle it and how then they move it forward so that it comes into
your domain?
Pensez-vous que cette situation s’est améliorée et qu’il y a eu
plus d’éducation et de formation de nos services de police pour
qu’ils sachent identifier un cas d’enlèvement, qu’ils sachent
comment y réagir et qu’ils sachent quoi faire pour le faire entrer
dans votre domaine?
Ms. Zed Finless: Yes, I think that the situation has improved.
The Department of Public Safety is actually best placed to answer
the questions about police training.
Mme Zed Finless : Oui, je pense que la situation s’est
améliorée. C’est le ministère de la Sécurité publique qui est le
mieux placé pour répondre aux questions sur la formation de la
police.
I am able to tell you some specific examples of Justice Canada’s
efforts to contribute to police training concerning the
investigation of missing children in the context of parental
abduction. Since the house standing committee report, there have
been certain initiatives involving improving police training
initiatives that Justice Canada at least has been involved with.
One such initiative involves the fact that in October 1998 the
federal-provincial-territorial ministers responsible for justice
adopted a new parental child abduction charging guidelines.
These guidelines were intended to improve the handling of
parental child abduction cases. They replaced earlier guidelines
and are advisory in nature, but they provide Crown attorneys and
law enforcement agencies with the guidance as to the
circumstances where parental child abduction charges might be
appropriate.
Je peux cependant vous donner quelques exemples précis des
efforts déployés par Justice Canada pour contribuer à la
formation de la police au sujet des enquêtes concernant les
enfants disparus dans le contexte d’un enlèvement parental.
Depuis le rapport du comité permanent de la Chambre, il y a eu
certaines initiatives concernant l’amélioration des initiatives de
formation de la police auxquelles Justice Canada, au moins, a
participé. Ainsi, en octobre 1998, les ministres fédéralprovinciaux-territoriaux responsables de la justice ont adopté de
nouvelles lignes directrices sur les accusations dans les affaires
d’enlèvement parental d’enfants. Ces lignes directrices étaient
destinées à améliorer le traitement des cas d’enlèvement parental
d’enfants. Elles remplaçaient celles qui existaient alors et, même si
elles ne sont que consultatives, elles fournissent aux procureurs de
la Couronne et aux organismes d’application des lois des
indications sur les circonstances dans lesquelles il pourrait être
justifié de porter une accusation d’enlèvement parental d’enfants.
In addition, funding has been provided by Justice Canada to
produce training videos for police agencies in the context of
parental child abduction. Also, a workshop was convened on
parental child abduction that looked at the issue of the
intersection of family law with the criminal justice system. In
this workshop, an official from the National Missing Children
Services participated as well as provincial justice officials and
central authorities. They were able to discuss the overlap between
the criminal aspects of abduction and the civil aspects of
abduction. More recently, Justice Canada has also assisted in
some police training involved in interpreting some of the Criminal
Code provisions using the charging guidelines.
En outre, Justice Canada a reçu des fonds pour produire des
vidéos de formation à l’intention des services de police au sujet de
l’enlèvement parental d’enfants. De plus, un atelier a été organisé
sur l’enlèvement parental d’enfants, durant lequel on s’est penché
sur la question de l’intersection du droit familial avec le droit
pénal. Durant cet atelier, un représentant des Services nationaux
pour enfants disparus a participé, ainsi que des représentants des
ministères provinciaux de la Justice et des autorités centrales. Ils
ont eu l’occasion de discuter du chevauchement entre les aspects
criminels de l’enlèvement et les aspects civils de l’enlèvement. Plus
récemment, Justice Canada a également contribué à certaines
activités de formation de la police touchant l’interprétation de
certaines dispositions du Code criminel en utilisant les lignes
directrices d’accusation.
Of course, there is a Canadian police knowledge college
workshop has recently developed a parental child abduction
study, and we’ve also contributed to their materials. The activities
of police have certainly been sensitized by some of our initiatives
that we have been able to advance since that time.
Évidemment, il y a aussi un atelier du collège de la police
canadienne qui a récemment produit une étude sur l’enlèvement
parental d’enfants, étude à laquelle nous avons contribué par de la
documentation. Les activités de la police se sont certainement
améliorées grâce à certaines de nos initiatives.
31-3-2014
Droits de la personne
5:29
Senator Unger: Your information has been very enlightening
for me. In listening to your presentations I’m almost
overwhelmed. There are so many organizations and people.
You start with local police and go to lawyers, judges, provincial
agencies, the RCMP, embassies, the Department of Justice,
Interpol and DFATD. How does a parent keep track during this
extremely long process? On average, how long does it take to
recover a child?
La sénatrice Unger : Vos témoignages m’ont beaucoup appris.
C’est presque trop d’information tant il y a d’organisations et de
personnes. Ça commence avec la police locale et il y a ensuite les
avocats, les juges, les agences provinciales, la GRC, les
ambassades, le ministère de la Justice, Interpol et le MAECD.
Comment un parent peut-il s’y retrouver dans ce dédale
extrêmement long? En moyenne, combien de temps faut-il pour
retrouver un enfant?
Mr. Crosbie: We have to distinguish between the cases that
involve Hague Convention signatory countries and governments
because there is a process for parents, which Sandra can explain.
For the consular cases, i.e. where it’s not a Hague Convention
case, then as was explained we have case management officers.
There is one person they deal with, and we do all the shuttling
around and talking to our mission on the ground and others. We
work through the case management officer.
M. Crosbie : Il faut distinguer les cas concernant les pays et
gouvernements signataires de la Convention de La Haye, parce
qu’il y a un processus pour les parents, que Sandra peut expliquer.
Pour les cas consulaires, c’est-à-dire qui ne sont pas des cas de la
Convention de La Haye, nous avons des agents de gestion des cas,
comme on l’a expliqué. Il y a une personne qui s’occupe du
dossier et qui prend tous les contacts voulus, par exemple avec
notre mission locale.
Ms. Scanlon: The case management officer keeps alive the
relationship with the family or the left-behind parent. They send
information in writing that follows up on the conversation they
have verbally. They make suggestions for the left-behind parent,
which they then forward in writing. There is a very active
relationship between Foreign Affairs and the left-behind parent;
and that’s how we manage all those different parts.
Mme Scanlon : L’agent de gestion du cas maintient la relation
avec la famille ou avec le parent délaissé. Il envoie de
l’information par écrit pour faire suite à la conversation qu’il a
pu avoir oralement. Il fait des suggestions au parent délaissé, qu’il
communique ensuite par écrit. Il y a une relation très active entre
Affaires étrangères et le parent délaissé, et c’est comme ça que
nous gérons toutes ces parties différentes.
Ms. Zed Finless: I would recognize that many players are
involved. That just emphasizes the intense collaboration required
in this area. We’re very proud that we’ve been able to collaborate
closely with the various stakeholders who are able to help parents.
Mme Zed Finless : Je conviens qu’il y a beaucoup d’acteurs
dans le processus. Cela ne fait que renforcer la collaboration
intense qui est nécessaire en la matière. Nous sommes très fiers
d’avoir pu collaborer étroitement avec les diverses parties
concernées qui sont capables d’aider les parents.
The child abduction convention remedy speaks throughout
about the need to undertake things quickly and expeditiously. In
fact, a provision in the convention states that the judicial and the
administrative authorities, when they have cases before them
resulting from a Hague Convention application, they’re supposed
to act expeditiously in those proceedings. One of the provisions
suggests six weeks as a time frame, after which the request can be
made for a statement of the reasons for the delay.
La Convention sur l’enlèvement d’enfants fait ressortir la
nécessité d’agir rapidement et sans tarder. En fait, il y a dans la
Convention une disposition indiquant que les autorités judiciaires
et administratives, quand elles sont saisies d’un cas résultant d’une
demande formulée au titre de la Convention de La Haye, sont
censées agir rapidement. On parle dans l’une des dispositions d’un
échéancier de six semaines, après quoi une demande peut être
présentée pour obtenir les raisons du retard.
There are practical realities and various issues that can cause
delays. In Hague Convention cases, it could be the fact that the
other state does not respond quickly enough or doesn’t utilize the
same mechanism that Canada might use to locate the children. It
could be something as basic as the fact that they haven’t put their
up-to-date contact information at the international website where
all the central authorities’ coordinates are supposed to be listed.
Il y a des réalités concrètes et diverses questions qui peuvent
entraîner des retards. Dans les cas de la Convention de La Haye,
ça pourrait être le fait que l’autre État ne répond pas assez
rapidement ou n’utilise pas le même mécanisme que pourrait
utiliser le Canada pour retrouver l’enfant. Ça pourrait être
quelque chose d’aussi simple que le fait de ne pas avoir mis à jour
les informations de contact sur le site web international où les
coordonnées de toutes les autorités centrales sont censées être
enregistrées.
We work very hard to ensure that the speed with which the
Hague Convention is supposed to operate in fact does operate.
We know that if a delay in the treatment of these cases will cause
further problems for the child and for returning the child should a
judge in the other country decide that that is the applicable
remedy in the instance. We work collaboratively to ensure that
the criminal aspects of abduction are well coordinated with the
Nous déployons beaucoup d’efforts pour nous assurer que la
Convention de La Haye opère à la vitesse à laquelle elle est censée
opérer. Nous savons que tout retard dans le traitement de ces
dossiers causera d’autres problèmes à l’enfant et au retour de
l’enfant si le juge d’un autre pays décide que tel est le remède
applicable en l’espèce. Nous œuvrons en collaboration pour nous
assurer que les aspects criminels de l’enlèvement sont bien
5:30
Human Rights
31-3-2014
civil law aspects of abduction and that individual cases are looked
at based on their individual circumstances as to the appropriate
responses the parent may wish to pursue in a given set of facts.
coordonnés avec les aspects de droit civil de l’enlèvement et que
les cas individuels sont traités en fonction de leurs circonstances
individuelles pour ce qui est des réactions appropriées que le
parent pourrait vouloir poursuivre dans un contexte factuel
donné.
Senator Unger: I have a follow-up question. I heard a couple of
times that these are private matters. If I have a child that has gone
missing, the issue will probably end up with my lawyer sooner
rather than later. Do you coordinate back with the lawyer who
then communicates to me, or how does that return of information
proceed?
La sénatrice Unger : Une question supplémentaire. J’ai entendu
dire plusieurs fois qu’il s’agit de questions d’ordre privé. Si j’ai un
enfant qui disparaît, le problème va probablement se retrouver
devant mon avocat assez rapidement. Allez-vous coordonner avec
l’avocat qui va alors communiquer avec moi, ou comment se fait
le retour d’information?
Ms. Scanlon: We generally deal with the client, not with the
lawyer. The client is our primary person, but we’re giving a lot of
guidance to the client concerning what we can do. The client has
to manage this, as you know, as a private legal matter with the
support of colleagues elsewhere depending on the issue, whether
it’s Hague or non-Hague and what and where the abduction was.
Mme Scanlon : En règle générale, nous traitons avec le client,
pas avec l’avocat. C’est le client qui est la personne primordiale,
mais nous lui donnons beaucoup d’indications sur ce que nous
pouvons faire. Le client doit gérer ce dossier, comme vous le
savez, comme question de droit privé, avec l’appui de collègues
ailleurs, selon la situation, que ce soit La Haye ou non, et selon le
contexte de l’enlèvement.
Senator Ngo: I heard a lot of information and I have a simple
question. What can a parent do if a child is in a country that does
not recognize custody rights for whatever reason — religion,
customs, traditions, et cetera?
Le sénateur Ngo : Je viens de recevoir beaucoup d’informations
et j’ai une question simple à poser : que peut faire un parent si
l’enfant se trouve dans un pays qui ne reconnaît pas le droit de
garde, pour quelque raison que ce soit — religion, habitudes,
traditions, et cetera.?
Ms. Scanlon: The sad truth is that there is not much a parent
can do if they go to a country where there is no recognition of the
Hague, and the other parent may be a dual national. Once the
child is in that other country, it’s difficult for the Government of
Canada to do very much about it.
Mme Scanlon : La triste vérité est qu’il n’y a pas grand-chose
qu’un parent puisse faire si l’enfant a été emmené dans un pays
qui ne reconnaît pas La Haye, et que l’autre parent a une double
nationalité. Une fois que l’enfant se trouve dans cet autre pays, il
n’y a pas grand-chose que puisse faire le gouvernement du
Canada.
We would approach the other parent, with the support of the
parent left behind, to have a conversation to say to them that they
may have an interest in having a relationship with Canada; they
may want to come back. So we would be very persuasive to the
extent we can be about the possible criminal consequences to
keeping that child away from Canada.
Nous prendrons contact avec l’autre parent, avec l’appui du
parent délaissé, afin d’avoir une conversation pour lui dire qu’il
aurait peut-être intérêt à maintenir une relation avec le Canada
parce qu’il pourrait vouloir y revenir plus tard. Nous allons
essayer d’être très convaincants au sujet des conséquences
éventuellement pénales du maintien de l’enfant en dehors du
Canada.
We would recommend to the left-behind parent that they speak
with local authorities and with the embassy of the country where
the child is now living. They can share custody documents and all
those things, but that’s a private domain.
Nous recommanderons au parent délaissé de parler aux
autorités locales et à l’ambassade du pays où se trouve l’enfant.
Il pourra partager les documents de garde et toutes ces choses-là,
mais c’est une question d’ordre privé.
From the Government of Canada, it’s fair to say our focus in
that case would be the well-being of the child. We would attempt
to make sure we got visits with the child. We have never dealt with
a state that didn’t have concerns focused on the well-being of the
child, so even if that’s the minimal thing we can accomplish, we
would be forceful in ensuring that if there are issues, they are
brought to the attention of the local authorities.
En ce qui concerne le gouvernement du Canada, je peux dire
que notre priorité sera toujours le bien-être de l’enfant. Nous
essaierons de nous assurer de pouvoir rendre visite à l’enfant.
Nous n’avons jamais eu à traiter avec un État qui n’avait pas à
cœur le bien-être de l’enfant et, même si c’est tout ce que nous
pouvons accomplir, nous interviendrons avec force pour nous
assurer que, s’il y a des problèmes, ils sont portés à l’attention des
autorités locales.
31-3-2014
Droits de la personne
5:31
Senator Andreychuk: You say you have not found a country
where the best interests of the child aren’t their particular focus. If
that’s correct, and I have no evidence otherwise, then the problem
is that we define ‘‘best interests of the child’’ differently in all these
countries.
La sénatrice Andreychuk : Vous dites que vous n’avez encore
jamais vu de pays n’ayant pas à cœur le meilleur intérêt de
l’enfant. Si c’est vrai, et je n’ai rien qui prouve le contraire, cela
veut dire que nous définissons l’intérêt de l’enfant différemment
de tous ces pays.
Ms. Scanlon: I’m talking about the well-being of the child such
as whether there is any abuse. I’m not talking about whether we
agree the child would be better raised in a foreign country or in
Canada. I’m speaking specifically about well-being, health,
education, medical access, and whether they are being fed
properly. Those are the issues we could have some impact on,
even if there is no other legal thing we can do.
Mme Scanlon : Quand je parle du bien-être de l’enfant, je veux
dire éviter qu’il souffre d’abus. Il ne s’agit pas de savoir si nous
estimons qu’il serait mieux élevé dans un pays étranger qu’au
Canada. Je parle spécifiquement de son bien-être, c’est-à-dire de
sa santé, de son éducation, de son accès à des soins médicaux et du
fait qu’il est bien nourri. Ce sont les questions sur lesquelles nous
pouvons avoir un certain effet, même s’il n’y a rien d’autre que
nous puissions faire d’un point de vue juridique.
Senator Ngo: If there are other religious grounds, what do you
do? Just now you mentioned, on the religious ground, if the child
is abducted to go to the other country, what can the parent do on
that ground?
Le sénateur Ngo : S’il y a d’autres facteurs religieux, que faitesvous? Comme vous venez de le dire, si l’enfant est enlevé dans un
autre pays pour une raison religieuse, que peut faire le parent à ce
sujet?
Mr. Crosbie: Again, we’re talking about countries that are not
members of the Hague, and in that case, it’s partly working with
the parents and working with the parent who has taken the
children. It is also, as appropriate, making sure that judicial
authorities in that country understand and that the parent is able
to make the arguments that a child can be raised as a Muslim in
Canada. It is to overcome that misunderstanding. Whatever your
religious background, it can be recognized in the way the child is
brought up in Canada.
M. Crosbie : Encore une fois, il s’agirait de pays qui ne sont
pas membres de La Haye et, dans ce cas, il faudrait travailler avec
les parents et travailler avec le parent qui a enlevé l’enfant. Il
s’agirait aussi, si possible, de s’assurer que les autorités judiciaires
de ce pays comprennent et que le parent puisse présenter
l’argument que l’enfant pourrait être élevé dans la foi
musulmane au Canada. Il s’agirait de surmonter cette
incompréhension. Quel que soit le contexte religieux, il peut être
respecté dans la manière dont l’enfant est élevé au Canada.
The Deputy Chair: I will let Justice have the final word.
La vice-présidente : Je vais laisser le dernier mot à la Justice.
Ms. Riendeau: Regarding the question you were raising about
what a parent can do if the child is in the other country, if we set
aside the abduction convention, because the mechanism is
explained in the documents that you have received — if that
convention applies and is in force between the two countries, the
mechanism would be to seek the prompt return of the child. If it is
not in force, if the parent has a Canadian court order giving him
rights or custody rights, they could try to get that order
recognized by the court in the other country, or they could go
to the court in that other country to attempt to get a custody
order, allowing the parent to return to Canada. The difficulty
there is that there are no assurances the Canadian order would be
recognized in the other state.
Mme Riendeau : En ce qui concerne la question que vous avez
posée sur ce qu’un parent peut faire si l’enfant se trouve dans
l’autre pays, si l’on met de côté la Convention sur les enlèvements,
parce que le mécanisme est expliqué dans les documents que vous
avez reçus — si cette convention s’applique et est en vigueur entre
les deux pays, le mécanisme serait d’essayer d’obtenir le retour
rapide de l’enfant. Si elle n’est pas en vigueur, si le parent a obtenu
une ordonnance d’un tribunal canadien lui donnant des droits ou
la garde, il pourrait essayer de faire reconnaître cette ordonnance
par le tribunal de l’autre pays, ou il pourrait aller s’adresser au
tribunal de l’autre pays pour tenter d’obtenir une ordonnance de
garde, permettant au parent de retourner au Canada. La difficulté
à ce sujet est qu’il n’y a pas d’assurance que l’ordonnance
canadienne sera reconnue par l’autre État.
Coming back to the Convention on the Protection of Children,
that also covers issues of custody and access. If both countries
were party to this convention, a Canadian order, if it were made
at the time the child was habitually resident in Canada, it would
make the recognition of this Canadian order in the other state all
that much more — that would greatly facilitate that process.
Pour revenir à la Convention sur la protection des enfants, elle
couvre aussi des questions de garde et d’accès. Si les deux pays
étaient parties à cette Convention, une ordonnance canadienne, si
elle était rendue au moment où l’enfant était habituellement
résident du Canada, rendrait la reconnaissance de cette
ordonnance canadienne dans l’autre État d’autant plus facile —
ça faciliterait considérablement ce processus.
So in the absence of the international framework that a
convention can provide, we must recognize that it is quite difficult
for a parent to have a Canadian order recognized or to obtain
custody in a foreign country.
Donc, en l’absence du cadre international qu’une convention
peut fournir, il faut admettre qu’il est très difficile pour un parent
de faire reconnaître une ordonnance canadienne ou d’obtenir la
garde dans un pays étranger.
5:32
Human Rights
31-3-2014
The Deputy Chair: Thank you for your presentation. As you
can see, there is a lot of interest, and if we had more time, we
would have many more questions for you.
La vice-présidente : Je vous remercie de vos témoignages.
Comme vous avez pu le constater, cette question suscite beaucoup
d’intérêt au sein de ce comité et, si nous avions plus de temps,
nous aurions beaucoup plus de questions à vous poser.
I would like to welcome our next panel of witnesses: Amanda
Pick, Executive Director of the Missing Children Society of
Canada; Dick Chamney, Board President of International Social
Service - Canada; Sylvie Lapointe, Director of Services for
International Social Service - Canada; and Ernie Allen, President
and CEO of the International Centre for Missing and Exploited
Children.
Je souhaite maintenant la bienvenue au deuxième groupe de
témoins : Amanda Pick, directrice exécutive de Missing Children
Society of Canada; Dick Chamney, président de Service Social
International-Canada; Sylvie Lapointe, directrice des services de
Service Social International-Canada; et Ernie Allen, président et
chef de la direction du International Centre for Missing and
Exploited Children.
We will begin with Ms. Pick from the Missing Children Society
of Canada. I understand that you have some opening remarks to
present to us, and then you will be able to answer the committee’s
questions.
Nous allons commencer avec Mme Pick, de Missing Children
Society of Canada. Je crois comprendre que vous avez une
déclaration liminaire, après quoi vous pourrez répondre aux
questions des membres du comité.
We’re under a time constraint; we have to leave the room by
7:50 as there is another committee meeting to follow. Therefore,
senators, I will ask you to be brief and I ask the witnesses to have
brief answers. Thank you.
Je dois vous dire que nous sommes un peu pressés par le temps,
car nous devons quitter cette salle à 19 h 50 pour laisser la place à
un autre comité. Par conséquent, j’invite les sénateurs à être brefs
dans leurs questions, et les témoins, dans leurs réponses. Merci.
Amanda Pick, Executive Director, Missing Children Society of
Canada: I would like to thank you for allowing me the
opportunity to come and be a part of this conversation and
dialogue today.
Amanda Pick, directrice exécutive, Missing Children Society of
Canada : Permettez-moi d’abord de vous remercier de m’avoir
invitée à participer à cette conversation et à ce dialogue.
My organization, the Missing Children Society of Canada, has
been serving children and families nationwide for 28 years now.
How we do that is unique. We provide active support
investigation. Historically, that was our primary program. Our
team has always been former law enforcement officers, and they
bring many years of skills and expertise when it comes to missing
and abducted children’s cases. They work in partnership with the
law enforcement team nationwide, which holds that case file, and
they are able to give focused effort.
Mon organisation, la Missing Children Society of Canada, est
au service des enfants et des familles de la nation depuis 28 ans. Ce
que nous faisons est tout à fait particulier : nous fournissons un
service de soutien actif des enquêtes. Historiquement, cela a été
notre première fonction. Notre équipe a toujours été composée
d’anciens agents d’organismes d’exécution des lois qui possèdent
de nombreuses années de compétence et d’expertise dans les
affaires d’enfants disparus ou enlevés. Ils travaillent en
partenariat avec l’équipe d’exécution des lois à l’échelle
nationale, laquelle est responsable du dossier, et sont en mesure
de fournir un effort focalisé.
Certainly, from the onset of a case, there is the opportunity for
a family to receive a focused effort. Unfortunately, as time
progresses, that same opportunity sometimes isn’t there, so we are
able to help to provide that focused attention.
Évidemment, dès qu’un cas apparaît, la famille a la possibilité
de bénéficier d’un effort focalisé. Malheureusement, avec le
temps, cette possibilité n’est plus nécessairement là, et c’est alors
que nous pouvons continuer à fournir cette attention focalisée.
We also have a family peer and support program, where we
connect families with resources that are able to help them through
this journey, specifically in the areas that they reside. We have
created in the last couple of years and are just launching
nationwide our search program, which is a model unseen to our
country that literally takes technology and connects individual
Canadians, corporate Canada, media and law enforcement in a
rapid response network that we believe will help to work to
prevent cases of child abduction in our country.
Nous avons aussi un programme de soutien et de parrainage
familial, dans le cadre duquel nous mettons les familles en contact
avec des ressources capables de les aider durant leur
cheminement, dans les régions précises où elles habitent. Nous
avons créé ces dernières années et lançons tout juste à l’échelle
nationale notre programme de recherche, qui est un modèle inédit
dans notre pays et prend littéralement la technologie et met en
contact les Canadiens individuels, des grandes entreprises, les
médias et les services de police dans un réseau de réponse rapide
qui aidera selon nous à agir pour prévenir des cas d’enlèvement
d’enfants dans notre pays.
In our experience, certainly listening to the first part of the
presentations today, our families are very much challenged with
some of the things that you highlighted. Certainly, from the onset
D’après notre expérience, et après avoir écouté la première
partie des témoignages d’aujourd’hui, nos familles font face à
beaucoup de défis avec certaines des choses que vous avez mises
31-3-2014
Droits de la personne
5:33
of an abduction case, as you can imagine, the family is trying to
figure out where to turn. Their first connection is with law
enforcement. Many times, those teams of law enforcement
nationwide look at knowing what to do immediately. With the
idea of parental abduction, instead of it being a domestic conflict
case, they identify it as a criminal case and make steps and take
actions towards that immediately; but that is not always the
experience of families, so there can be a time lapse from when that
step happens.
en relief. Dès le début d’une affaire d’enlèvement, comme vous
pouvez l’imaginer, la famille essaye de déterminer à qui elle peut
s’adresser. Son premier point de contact sera un service
d’exécution des lois. Bien souvent, les équipes d’exécution des
lois de tout le pays essayent de savoir quoi faire immédiatement.
Avec l’idée d’un enlèvement parental, au lieu qu’il s’agisse d’un
cas de conflit familial, elles considèrent qu’il s’agit d’une affaire
criminelle et prennent des mesures pour réagir immédiatement,
mais ce n’est pas toujours l’expérience qu’ont les familles et il peut
donc y avoir un certain délai à cet égard.
Once that family and law enforcement team understand that it
is now an international parental abduction, navigating all of the
resources and services that were spoken of today is an
overwhelming challenge for many families, but not all families.
Our experience, in partnership with Justice and Foreign Affairs
and law enforcement nationwide, is that there is a collective
response. However, that response still seems overwhelming to the
families, as well as the journey through navigating how to access
the resources, and then once the child has been located, how the
Hague Convention will be upheld. Then if it is upheld, the
execution of that order and then being able to actually have that
child returned home with the family also provides many
challenges for the family, including cost, travel and being able
to have the right resources in place internationally to bring their
child home.
Une fois que la famille et l’équipe d’exécution des lois
comprennent qu’il s’agit maintenant d’une affaire d’enlèvement
parental international, naviguer dans toutes les ressources et tous
les services dont on a parlé aujourd’hui peut être un défi écrasant
pour beaucoup de familles, mais pas pour toutes. Notre
expérience, en partenariat avec Justice, Affaires étrangères et la
police à l’échelle nationale, est qu’il y a une réponse collective.
Toutefois, cette réponse semble toujours écrasante pour les
familles, ainsi que l’identification de toutes les démarches à faire
pour avoir accès aux ressources. Ensuite, une fois que l’enfant a
été localisé, la question est de savoir comment faire respecter la
Convention de La Haye. Puis, si elle est respectée, il faut assurer
l’exécution de l’ordonnance et s’assurer que l’enfant est
effectivement renvoyé à la maison avec la famille, ce qui peut
poser d’autres problèmes à la famille, notamment de coût, de
voyage et d’obtention de toutes les bonnes ressources
internationalement pour ramener l’enfant à la maison.
So I would suggest that from our perspective, there is a team
on the ground working with families right from when that child is
abducted, looking to find the child before the Hague Convention
can even come into play, so locating that child somewhere in the
world. Once the child is located, we need to provide the families
with more of a seamless process. It’s encouraging hearing how we
are taking steps towards that, but again, very challenging for the
families that are going through the process.
Donc, de notre point de vue, il y a une équipe sur le terrain qui
travaille avec les familles dès le moment où l’enfant est enlevé,
pour essayer de retrouver l’enfant avant même que la Convention
de La Haye puisse entrer en jeu. Une fois qu’on a localisé l’enfant,
nous devons fournir aux familles un processus harmonieux. Je
suis encouragée d’avoir entendu dire que nous prenons des
mesures à ce sujet, mais, je le répète, tout ce processus représente
un très gros défi pour les familles concernées.
We work directly with the law-enforcement teams to ensure
that the families are being adequately supported, and that also
seems to be a challenge. Certainly, our experience has been that
not all law-enforcement teams have these cases come up on a
regular basis, so it is encouraging to hear there is training in place
for law enforcement nationwide that if they do have this case
come up they will know immediately how to deal with it. Our
biggest focus is to provide that seamless experience for the
families so they can navigate through this incredibly difficult
journey.
Nous agissons directement avec les équipes de police pour nous
assurer que les familles reçoivent un soutien adéquat, mais cela
aussi semble être un défi. Notre expérience nous a montré que
toutes les équipes de police n’ont pas nécessairement à traiter ce
genre de dossiers de manière régulière, et il est donc encourageant
d’apprendre qu’il y a des programmes de formation pour les
membres de ces équipes d’exécution des lois, à l’échelle nationale,
ce qui leur permettra de savoir quoi faire immédiatement dès
qu’elles sont saisies d’une affaire de cette nature. Notre principal
souci est d’assurer l’expérience la plus harmonieuse possible aux
familles afin qu’elles puissent s’en sortir dans ce dédale
incroyablement difficile.
Dick Chamney, Board President, International Social Service —
Canada: I would like to echo thanks for the opportunity to speak
to this committee about the work of ISS Canada, and I
appreciated being able to sit in on the first round of
discussions. The clerk asked me if I had opening remarks to
Dick Chamney, président du conseil, Service Social International
— Canada : Je remercie le comité de nous donner l’occasion de
parler du travail d’ISS Canada, et je suis heureux d’avoir pu
assister à la première partie de la séance. Le greffier m’a demandé
si j’avais une déclaration liminaire. Je lui ai dit que j’avais
5:34
Human Rights
31-3-2014
submit. I said actually I just took notes, and I will talk about what
resonated with us rather than trying to make a more formal
presentation.
simplement quelques notes manuscrites et que je parlerai surtout
de ce qui fait écho chez nous, au lieu d’essayer de faire un exposé
plus formel.
I will start talking about myself. My name is Dick Chamney
and I have been President of International Social Service —
Canada since 2007. I’m in my last year on the board. I’m also
serving on the international governing board of ISS. Our parent
organization is based in Geneva. I am wrapping up my final term
there as well after four years. This organization has exposed me to
a lot of things I didn’t know about until 2001 or 2002.
Quelques mots sur moi-même, d’abord. Je m’appelle Dick
Chamney et je suis président du conseil de Service Social
International — Canada depuis 2007. J’en suis à ma dernière
année au conseil. Je fais aussi partie du conseil de gouvernance
international d’ISS. Notre organisation mère se trouve à Genève.
J’arrive également à la dernière année de mon mandat de quatre
ans à ce niveau international. Cette organisation m’a appris
beaucoup de choses que je ne savais pas avant 2001 ou 2002.
Sylvie Lapointe is our director of services. Our home office is in
Ottawa. She is a 13-year veteran of International Social Service.
She has a master’s degree with honours in both French and
English, and she’s probably one of the top international social
workers on the planet. She gets shy when I say that.
Sylvie Lapointe est notre directrice des services. Nous avons
notre siège social à Ottawa. Elle travaille depuis 13 ans chez nous.
Elle a une maîtrise en français et en anglais, et c’est probablement
l’une des toutes premières travailleuses sociales internationales de
la planète. Elle rougit quand je dis ça.
She has been very involved with our international body in
terms of training new correspondents that we bring into the
network and in the standards of social work that we try to
uphold. She is involved with the professional advisory committee,
which is the chiefs of staff of all the organizations in the world
who give advice and information to the governing board on issues
as to how they make decisions administratively; so she is a pretty
busy person, and we have worked fairly well together for the last
while, as long as I do what I’m told.
Elle a été très active avec notre organisation internationale
pour former les nouveaux correspondants que nous intégrons au
réseau et pour diffuser les normes de travail social que nous
tentons d’appliquer. Elle travaille avec le comité consultatif
professionnel, qui se compose des chefs de cabinet de toutes les
organisations au monde qui donnent des conseils et des
informations au conseil d’administration sur les questions
relevant de sa compétence. C’est donc une personne très
occupée, et je dois dire que nous travaillons très bien ensemble
depuis pas mal de temps, à condition que je fasse ce qu’elle me dit
de faire.
I’m pleased to be working with Sylvie and that both of us are
here. She may have answers that I don’t have. She is the expert in
the field.
Je suis heureux de travailler avec Sylvie et que nous soyons tous
les deux ici. Elle aura peut-être des réponses que je n’ai pas. C’est
elle l’experte dans ce domaine.
Some of the things that struck me even before we got here were
issues that were raised in the invitation to come and the
committee’s approval to address this issue of international child
abduction and some of the things that we might want to do about
this growing issue.
Certaines des choses qui m’ont frappé avant de venir ici sont
des choses qui avaient été mentionnées dans l’invitation à
comparaître et l’approbation du comité de traiter de ces
questions d’enlèvements internationaux d’enfants et de certaines
des choses que nous pourrions vouloir faire face à ce problème
croissant.
Phrases that struck me were ‘‘international mechanisms of
cooperation.’’ I liked that. Cross-border family dispute resolution;
it’s kind of the nature of our business. We do inter-country
casework and have been doing it since 1924. Post-World War I,
ISS was formed in response to the diaspora of people, particularly
from Europe, who were forced out of their homelands because of
war, and oftentimes not just separated from their country but
from each other. That was the initiating factor for International
Social Service, and we’re celebrating our ninetieth year and ISS
Canada is celebrating its thirty-fifth. We were incorporated here
in 1979, so we’re in celebration mode.
J’ai été frappé par l’expression « mécanismes internationaux de
coopération ». Cela me plaît. La résolution des différends
familiaux transfrontaliers, cela fait partie de notre travail. Nous
nous occupons de dossiers internationaux depuis 1924. Après la
Première Guerre mondiale, ISS a été créée en réponse à la
diaspora des gens, notamment d’Europe, qui ont été chassés de
leur patrie par la guerre et qui ont souvent été séparés non
seulement de leur pays mais aussi de membres de leur famille.
C’est le facteur qui a entraîné la création d’International Social
Service, et nous célébrons aujourd’hui notre 90e année d’existence.
Pour ISS Canada, c’est la 35e. Notre organisation a été constituée
en société en 1979 et nous sommes en mode de célébration.
The issue of the Hague was particularly interesting.
International Social Service, our parent organization, has an
actual cooperation agreement with the Hague Conference in the
enforcement and promotion of its various conventions dealing
La question de La Haye est particulièrement intéressante.
International Social Service, notre organisation mère, a passé une
entente de coopération avec la Conférence de La Haye pour
l’application et la promotion de ses diverses conventions
31-3-2014
Droits de la personne
5:35
with children. That agreement was signed in 2012. We have a
working relationship with the Hague, and maybe through that we
would have some things to contribute to this initiative all by itself.
concernant les enfants. L’entente a été signée en 2012. Nous avons
une relation de travail avec La Haye, et nous aurons peut-être de
ce fait certaines choses à contribuer à cette initiative-ci.
The best interests of children are primary. The driving engines
of ISS, our international organization, are the Hague
Conventions and the Convention on the Rights of the Child
and other human rights conventions that have come into place
over the last half century. Those are the meaningful end reference
points to us in our work around the world; so this is important
from that point of view as well.
L’intérêt des enfants est primordial. Les moteurs de l’action
d’ISS, notre organisation internationale, sont les Conventions de
La Haye et la Convention sur les droits de l’enfant ainsi que les
autres conventions des droits de la personne qui ont été adoptées
au cours du dernier demi-siècle. Ce sont des documents
importants et des points de référence pour notre travail à
l’échelle mondiale. Ceci est donc important de ce point de vue
aussi.
The issue of whether child welfare is the jurisdiction of the feds
or the provinces, and in fact in Canada child welfare and family
service is the jurisdiction of the provinces, although they are
supported through funding and other areas by the federal
government.
On se demande parfois si le bien-être des enfants relève de la
compétence du gouvernement fédéral ou des provinces, mais en
fait, au Canada, le bien-être de l’enfance et les services familiaux
sont des responsabilités provinciales, bien qu’elles reçoivent
l’appui financier et autre du gouvernement fédéral.
ISS Canada works primarily with provincial authorities,
ministries and their agencies throughout the provinces that deal
with child welfare issues. Over 90 per cent of our casework is
child welfare. We deal with every province and territory in the
country. We take referrals from them.
ISS Canada œuvre essentiellement avec les autorités
provinciales, avec les ministères et les agences des provinces qui
s’occupent du bien-être de l’enfance. Plus de 90 p. 100 de nos
dossiers relèvent de ce domaine. Nous travaillons avec chaque
province et territoire du pays. Nous nous occupons de dossiers
qui nous sont renvoyés par ces instances.
The biggest ones we deal with are Ontario, Alberta, British
Columbia and Quebec, and there we have service agreements with
those ministries and service providers for handling cases whenever
an international element comes up in a social worker’s case on a
desk in Canada. It can be something as simple as requiring record
checks in another country or it can be something as critical as
child abuse or child neglect or even abandonment of a child here
or somewhere else.
Les plus gros sont ceux de l’Ontario, de l’Alberta, de la
Colombie-Britannique et du Québec, et nous avons des ententes
de service avec ces ministères et fournisseurs de services pour nous
occuper des cas où intervient un élément international dans le
dossier dont est saisi ISS au Canada. Ça peut être quelque chose
d’aussi simple que vérifier un dossier dans un autre pays, ou
d’aussi crucial qu’intervenir dans un cas d’abus, de négligence ou
même d’abandon d’un enfant, ici ou ailleurs.
This year we will do over 400 cases in Canada, and most of
those referrals come from agencies or other sources in Canada.
Attorneys general talk to us once in a while, but a few of them
come from other countries around the world that are part of our
network, and we can also link them into the appropriate places in
Canada.
Cette année, nous nous occupons de plus de 400 cas au Canada
qui nous ont pour la plupart été transférés par des agences ou
d’autres sources canadiennes. Les procureurs généraux nous
parlent de temps à autre, mais il y en a aussi certains qui viennent
d’autres pays et qui font partie de notre réseau, ce qui nous
permet de les mettre en contact avec les instances voulues au
Canada.
We’re active in about 150 countries. We have correspondence
or affiliate bureaus or branches in about 130 countries now. Many
of them are countries that are not Hague signatories, and so we
have some working tools on the ground in countries that don’t
come under that convention.
Nous sommes actifs dans environ 150 pays. Nous avons des
bureaux correspondants ou des filiales ou succursales dans
environ 130 pays. Dans bien des cas, ce sont des pays qui n’ont
pas signé les conventions de La Haye, et nous avons certains
outils de travail sur le terrain dans des pays qui ne sont pas parties
à la Convention.
One of the most common responses we get when we talk to
official people around the Hague is, ‘‘Well, that other country is
not a Hague signatory so there is not much we can do.’’ The fact is
we are a Hague signatory, and there are all kinds of things laid
out for us to do under the convention, whether the other country
is a signatory or not.
L’une des réponses les plus fréquentes que nous recevons
quand nous parlons de La Haye à des agents officiels est : « Tel
ou tel pays n’est pas signataire de La Haye et il n’y a donc pas
grand-chose que nous puissions faire ». Le fait est que nous
sommes l’un des signataires de La Haye et qu’il y a toutes sortes
de choses que nous pouvons et devons faire au titre de la
Convention, que l’autre pays en soit signataire ou non.
5:36
Human Rights
31-3-2014
Something referred to this morning was that the parental
abductions are the most common, and that is true with us as well.
Only it isn’t always a matter of one parent scooping up a child
and going somewhere else in the world. Some parents are getting
sophisticated in their plan for how to move child and family out
of the country and then changing the rules of family law when
they get to the other place.
Quelqu’un disait ce matin que les enlèvements parentaux sont
ses problèmes les plus fréquents, et c’est vrai pour nous aussi.
Cependant, il ne s’est pas toujours agi d’un parent prenant un
enfant pour l’emmener ailleurs dans le monde. Certains parents
sont très habiles pour organiser le départ d’un enfant et de la
famille en dehors du pays et pour changer ensuite les règles du
droit familial lorsqu’ils arrivent dans l’autre pays.
The Hague Convention talks about not just child abduction
and wrongful removal, it also talks about wrongful retention of a
child in another country. We probably see that as much or more
than other kinds of issues. Once the child is in another country,
they are vulnerable to the law of the land and the culture and
whoever is in charge culture-wise. We are making some progress
in those areas.
La Convention de La Haye ne porte pas que sur les
enlèvements d’enfants, mais aussi sur le déplacement ou le nonretour illicite d’un enfant. Nous avons probablement autant de
cas de cette nature que dans les autres catégories. Une fois que
l’enfant est dans un autre pays, il est vulnérable aux lois et à la
culture de ce pays, et à quiconque en est responsable du point de
vue culturel. Nous faisons certains progrès dans ces domaines.
One of the things that amazes me is that in Pakistan, India —
and we’ve even done work in Syria — we have correspondents
who know the culture, they know the law, and they know how to
work in it with respect to that culture. They are very nonjudgmental in their work. They do fine casework and reports for
us. A correspondent in Pakistan just did a report for us which has
turned a case around in favour of the parent trying to regain
custody. It’s still a long haul to get to the end of that.
L’une des choses qui me frappent est que nous avons au
Pakistan et en Inde — et nous avons même travaillé en Syrie —
des correspondants qui connaissent la culture, qui connaissent les
lois, et qui savent comment travailler dans le cadre de cette
culture. Ils font leur travail sans porter de jugement. Ils font de
l’excellent travail en collaborant avec nous. Un correspondant du
Pakistan vient juste de nous envoyer un rapport concernant la
résolution d’un dossier en faveur d’un parent qui essayait de
recouvrer la garde d’un enfant. Il faut toujours beaucoup de
temps pour atteindre ce résultat.
I noticed a comment this morning from the deputy that one of
the things we are trying to do is to help them, non-signatory
countries, understand the benefits to them of the Hague
Conventions. We lean more towards needing to understand
more about them and their culture and how things work there,
when that’s where the action is, and we are very fortunate to have
accredited caseworkers in many of those countries.
J’ai noté ce matin que le sous-ministre a déclaré qu’une des
choses que nous essayons de faire est de les aider, les pays non
signataires, à comprendre les avantages qu’ils peuvent tirer des
Conventions de La Haye. Nous penchons plus vers la nécessité de
mieux les comprendre, eux et leur culture, et la manière dont les
choses fonctionnent chez eux, quand c’est là qu’il faut agir, et
nous sommes très chanceux d’avoir des gestionnaires de cas
accrédités dans beaucoup de ces pays.
I heard over and over again the need for a sound collaborative
approach, particularly with regard to provincial and federal
jurisdictions. I think there’s another need for a collaborative
approach between government and non-government resources in
the world. We are affiliated with a number of NGOs that are
doing compatible work, and we’re doing a lot more partnering
than we used to. Some of our correspondents are now the
International Red Crescent and Red Cross units in various
countries, and that’s working out quite well.
J’entends sans cesse parler de la nécessité d’une bonne
collaboration, notamment avec les autorités provinciales et
fédérales. Je pense qu’il y a aussi un autre besoin de
collaboration, mais entre les ressources gouvernementales et non
gouvernementales dans le monde. Nous sommes affiliés à un
certain nombre d’ONG qui font du travail compatible, et nous
travaillons beaucoup plus en partenariat que dans le passé.
Certains de nos correspondants sont aujourd’hui la Croix-Rouge
internationale et les services de la Croix-Rouge dans différents
pays, et ça marche très bien.
In terms of police involvement — Amanda raised this — police
refer to us. Some police jurisdictions seem to be quite well-versed
and understand their role in pressing charges in cases of
abduction; others don’t understand at all. From one jurisdiction
to another, even municipal and municipal, there are huge gaps in
understanding what role police can play.
Pour ce qui est de l’intervention policière — Amanda en a
parlé —, la police nous communique des cas. Certains services de
police semblent très bien informés et bien comprendre le rôle
consistant à porter des accusations dans des affaires d’enlèvement.
D’autres n’y comprennent rien. D’une entité à une autre, même au
palier municipal, il y a de très grosses différences dans la manière
dont on comprend le rôle que peut jouer la police.
I’m going to stop there. I certainly have other things to
comment on and some questions of my own that my wife sent
with me, if you don’t mind.
Je vais en rester là. J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
et des questions aussi à poser, que mon épouse m’a envoyées, si ça
ne vous dérange pas.
Sylvie, do you want to add anything?
Sylvie, voulez-vous ajouter quelque chose?
31-3-2014
Droits de la personne
Sylvie Lapointe, Director of Services, International Social
Service — Canada: No, that’s fine.
The Deputy Chair: I would like to turn to Mr. Allen.
5:37
Sylvie Lapointe, directrice des services, Service Social
International — Canada : Non, ça va.
La vice-présidente : Je donne donc la parole à M. Allen.
Ernie Allen, President and CEO, International Centre for
Missing and Exploited Children: Madam Chair, thank you very
much for the opportunity to be with you. I’m sorry I cannot be
there in person.
Ernie Allen, président et chef de la direction, International
Centre for Missing and Exploited Children : Merci beaucoup,
madame la présidente, de nous donner la possibilité de témoigner.
Je regrette de ne pas pouvoir être parmi vous.
I know that a mandate of your committee is to look at the
work of the Hague Convention and also issues relating to nonHague states. Our organization, the International Centre for
Missing and Exploited Children, funded a global statistical survey
in 2011 in the operation of the Hague Convention, which was
conducted by our board member, Professor Nigel Lowe of the
Cardiff Law School in the United Kingdom. The results were
troubling. I think it should trouble your committee and it should
trouble people globally.
Je sais qu’un des mandats de votre comité est d’examiner le
travail de la Convention de La Haye et les questions concernant
les États non signataires. Notre organisation, le International
Centre for Missing and Exploited Children, a financé une enquête
statistique mondiale en 2011 sur le fonctionnement de la
Convention de La Haye, enquête qui a été pilotée par un
membre de notre conseil d’administration, le professeur Nigel
Lowe, de la Cardiff Law School, au Royaume-Uni. Les résultats
sont troublants, et je pense qu’ils devraient troubler votre comité
et le monde entier.
First, there was a significant increase in Hague applications.
The numbers are going up, up 44 per cent.
Premièrement, il y a eu une augmentation du nombre de
demandes au titre de la convention. Une augmentation de
44 p. 100.
Second, there were fewer returns of children. The overall return
rate was 46 per cent, down from 51 per cent five years earlier,
and the Hague process is taking longer. As you heard in the
earlier panel, the standard is 42 days or six weeks, yet the average
time it took a court to order the return of a child was four times
that, 166 days in 2008, compared to 125 days five years earlier and
107 days ten years before that.
Deuxièmement, il y a eu moins de retours d’enfants. Le taux
global de retour était de 46 p. 100, contre 51 p. 100 cinq ans plus
tôt, et le processus de La Haye prend plus de temps. Comme vous
l’ont dit les témoins précédents, la norme est aujourd’hui de
42 jours ou six semaines, alors que le délai moyen qu’il faut à un
tribunal pour ordonner le retour d’un enfant est quatre fois plus
élevé, soit 166 jours en 2008, contre 125 jours cinq ans plus tôt et
107 jours dix ans avant.
Let me say that Canada fares very well in the analysis. Senator
Unger asked in the previous panel about the time it takes to
handle these cases. Canada’s average time for getting a case to
court was 54 days. That’s not as good as the 14 days in the United
Kingdom or 35 days in Australia, but it’s better than the 72 days
in Germany and the 207 days it takes in the United States.
Permettez-moi de dire que le Canada s’en sort très bien dans
l’analyse. La sénatrice Unger avait demandé au panel précédent
combien de temps prenait le traitement de ces dossiers. Au
Canada, le délai moyen pour amener un cas devant un tribunal
était de 54 jours. Ce n’est pas aussi bien que les 14 jours du
Royaume-Uni ou les 35 jours de l’Australie, mais c’est mieux que
les 72 jours de l’Allemagne et les 207 jours des États-Unis.
Once a case is received, Canadian courts take 69 days to act,
and that’s contrasted with 48 days in the U.K., but 89 days in
Germany and 106 days in the U.S. You’ve heard from many
people that the key element in the Hague process is speed. The
purpose of the convention is to achieve the speedy summary
return of abducted children to their countries of habitual
residence, where the courts in those countries make the
determination as to proper custody. The longer it takes, the
lower the likelihood of successful resolution. In fact, there’s even
an incentive to create delays, making it more likely that a court
will find that the child has adapted, is settled and it’s not in his or
her best interests to be returned to their country of habitual
residence.
Une fois qu’un cas est reçu, les tribunaux canadiens prennent
69 jours pour agir, ce qu’il faut comparer à 48 jours au RoyaumeUni, 89 jours en Allemagne et 106 jours aux États-Unis.
Beaucoup de gens ont dit que la rapidité est l’élément clé du
processus de La Haye. Le but de la convention est d’assurer le
retour rapide des enfants enlevés dans leur pays de résidence
habituelle, où les tribunaux pourront prendre des décisions sur
leur garde. Plus le dossier traîne, moins on a de chances de le
résoudre avec succès. De fait, on est même incité à provoquer des
retards, car on aura alors plus de chances qu’un tribunal estime
que l’enfant s’est adapté, qu‘il est bien installé dans son nouveau
pays et qu’il n’est pas dans son intérêt de le renvoyer dans son
pays de résidence habituelle.
5:38
Human Rights
31-3-2014
In addition, there is probably no greater challenge in the Hague
process than simply providing access to the other parent. Access
applications are taking an average of 338 days, as opposed to
188 days for return. That is simply not acceptable.
En outre, il n’y a probablement aucun défi plus difficile à
relever dans le processus de La Haye que simplement donner
l’accès à l’autre parent. Les demandes d’accès prennent en
moyenne 338 jours, contre 188 pour les demandes de retour. Ce
n’est tout simplement pas acceptable.
There’s a new challenge we’re facing around the world in the
Hague Convention, and that is the growing tendency of courts in
return cases to effectively retry the issue of custody, in direct
contravention of the underlying purpose of the Hague
Convention. This was an issue in some recent cases before the
European Court of Human Rights, and in one case the court held
that the basic norms of human rights require (a) that courts must
consider the best interests of both the child and the child’s family;
and (b) that a child should not be returned to its habitual
residence, even if that is required by the Hague Convention, if it is
not in its best interest to do so.
Il y a un nouveau défi auquel nous sommes confrontés dans le
monde au sujet de la Convention de La Haye, et c’est la tendance
croissante des tribunaux, dans les affaires de retour, à rejuger la
question de la garde, ce qui est une transgression directe du but
fondamental de la Convention de La Haye. Cette question a été
soulevée dans certaines affaires récentes portées devant la Cour
européenne des droits de l’homme et, dans l’une d’entre elles, la
cour a jugé que les normes fondamentales des droits humains
exigent (a) que les tribunaux tiennent compte des meilleurs
intérêts à la fois de l’enfant et de sa famille, et (b) qu’un enfant ne
doit pas être renvoyé à sa résidence habituelle, même si c’est ce qui
est prévu par la Convention de La Haye, si ce n’est pas dans son
meilleur intérêt.
Obviously, this strikes at the very heart of the Hague
Convention, and global policy-makers should be alert and aware.
Évidemment, il s’agit là d’un dur coup porté au cœur même de
la Convention de La Haye, et il importe que les pouvoirs publics
en prennent conscience, à l’échelle internationale.
My comments on non-Hague countries are similar to what
you’ve heard earlier. Many have deeply held traditions that result
in a more rigid concept of what’s in the best interests of the child.
That makes me skeptical about the likelihood of significant
increases in the number of ratifying countries, particularly in the
Islamic world. We are very encouraged by Morocco’s ratification
in 2010, and Turkey’s earlier ratification. We hope others will
follow. In the past year, three new countries have become
signatories to the Hague — South Korea, Kazakhstan and
Japan — bringing the total number to 91, still less than half of the
nations on the planet.
Mes remarques sur les pays non signataires de La Haye sont
semblables à celles que vous avez déjà entendues. Beaucoup de ces
pays ont des traditions profondément ancrées qui débouchent sur
une conception plus rigide du meilleur intérêt de l’enfant. Cela me
rend sceptique quant à la probabilité qu’un nombre important de
pays ratifieront la Convention à l’avenir, notamment dans le
monde islamique. Nous sommes très encouragés que le Maroc
l’ait ratifiée en 2010, et la Turquie, un peu plus tôt. Nous espérons
que d’autres suivront. Durant l’année écoulée, trois nouveaux
pays sont devenus signataires de La Haye — la Corée du Sud, le
Kazakhstan et le Japon —, ce qui porte le total à 91, soit encore
moins de la moitié des nations de la planète.
In the Islamic world, the primary challenge is simply that
courts do not approach child custody or family law issues from
the same perspective as do western courts. There are different
approaches on equality between men and women, and there are
differences regarding non-discrimination. Thus, while bilateral
agreements are far from panaceas, I believe they have value,
particularly with regard to ensuring access for left-behind parents;
and at a minimum, they establish a framework for
communication between two countries and a process for
expediting legal reviews.
Dans le monde islamique, le plus grand défi vient simplement
du fait que les tribunaux n’envisagent pas les questions de garde
d’enfants ou de droit familial de la même manière que les
tribunaux occidentaux. Il y a des approches différentes de l’égalité
entre les hommes et les femmes, et des différences sur la nondiscrimination. De ce fait, bien que les ententes bilatérales soient
loin d’être des panacées, je crois qu’elles ont de la valeur,
notamment en ce qui concerne l’assurance d’un accès pour le
parent délaissé. En outre, elles assurent au minimum qu’il y a des
communications entre les deux pays, et un processus d’examen
accéléré des questions de droit.
Here again, Canada has been a leader in its use of bilateral
consular agreements, and the premise is that it’s in the interests of
the child to have regular contact with both parents to ensure the
right of access for the left-behind parent and to create advisory
commissions to promote amicable solutions.
Ici encore, le Canada a été un chef de file dans son utilisation
des ententes consulaires bilatérales, la prémisse étant qu’il est dans
l’intérêt de l’enfant d’avoir des contacts réguliers avec les deux
parents, pour assurer le droit d’accès du parent délaissé et pour
créer des commissions consultatives afin de promouvoir des
règlements à l’amiable.
What is it that your committee and the Canadian Parliament
should do? There are five key points.
Que devraient faire votre comité et le Parlement canadien?
Cinq choses.
31-3-2014
Droits de la personne
5:39
One, I believe we need to reaffirm the Hague Convention and
continue to work toward uniform, consistent, global application
and reciprocity, and that means continuing to work to achieve
greater numbers of new signatories.
Premièrement, je crois qu’il faut réaffirmer la Convention de
La Haye et continuer d’œuvrer pour son application uniforme,
cohérente et globale, ainsi que pour la réciprocité, c’est-à-dire
continuer à travailler pour accroître le nombre de signataires.
Two, we need to do everything we can to increase the speed
with which Hague cases are addressed and resolved.
Deuxièmement, nous devons faire tout notre possible pour
accélérer la vitesse à laquelle les dossiers de La Haye sont traités et
résolus.
Three, we need to address the lack of enforceability of some
return and access orders. Even when we get orders from courts in
certain countries, the child still doesn’t come home.
Troisièmement, nous devons nous attaquer au fait qu’on ne
parvient pas à mettre à exécution certaines ordonnances de retour
et d’accès. Dans certains pays, même quand on obtient une
ordonnance judiciaire, l’enfant ne retourne pas à la maison.
Four, we need to address the lack of uniformity in the
interpretation of the exceptions provided under Article 13 of the
convention.
Quatrièmement, nous devons nous attaquer au manque
d’uniformité dans l’interprétation des exceptions prévues par
l’article 13 de la Convention.
Five, regarding non-Hague countries, I believe we need to do
more to create common ground, to dialog, to build on the Hague
Conference’s Malta Process, which brings together judges from
the western world and Islamic judges to try to explore ways that
we can better communicate with each other and find solutions to
these cases.
Cinquièmement, en ce qui concerne les pays non signataires, je
pense que nous devrions faire plus pour trouver un terrain
d’entente, pour dialoguer et pour bâtir sur le processus de Malte
de la Conférence de La Haye, qui réunit des juges du monde
occidental et des juges islamiques, afin d’examiner comment nous
pourrions mieux communiquer les uns avec les autres et résoudre
ces affaires.
I think Canada has been a world leader in the Hague process,
and I think Canada can help influence many other countries to
take this important step.
Je crois que le Canada a été un chef de file mondial dans le
processus de La Haye et qu’il peut exercer une influence sur
beaucoup d’autres pays pour les amener à franchir cette étape
importante.
Senator Eggleton: Thank you very much for being here and for
all of the things you do on this issue. I think Mr. Allen answered
the question I was going to ask about what the government
should be doing, what Canada should be doing.
Le sénateur Eggleton : Merci beaucoup de votre présence et de
tout ce que vous faites sur ces questions. Je pense que M. Allen a
répondu à la question que j’allais poser sur ce que le
gouvernement devrait faire.
What things are we doing right, and what things can we be
doing better? You’ve given us a list of five, Mr. Allen, but I would
like to ask the others who are here in the room with us for their
thoughts on what the government is doing right and what the
government could be doing better. If you see also that there’s a
problem vis-à-vis federal-provincial issues, I want to hear about
that, too.
Quelles sont les choses que nous faisons bien, et quelles sont
celles que nous pourrions faire mieux? Vous nous avez donné une
liste de cinq choses, monsieur Allen, mais j’aimerais demander
aux témoins présents dans la salle ce qu’ils pensent que le
gouvernement fait bien et ce qu’il pourrait faire mieux. En outre,
si vous croyez qu’il y a un problème de coordination fédéraleprovinciale, j’aimerais le savoir.
Mr. Chamney: I’ll take a shot at that. On what they’re doing
right, I was particularly pleased to see Ministers MacKay and
Yelich announce the establishment of the vulnerable children’s
unit in consular affairs. That sparked some new interest, and, in
fact, we’ve had some opening round discussions with that unit in
terms of how we can work together. Mr. Allen was very clear on
this issue of speed. We have a case in Pakistan right now where we
have a window of opportunity that’s going to happen. It’s going
to open and close, and if we can’t respond within it, we’re going to
be back where we started from.
M. Chamney : Je vais essayer de vous répondre. Au sujet de ce
que nous faisons bien, j’ai été particulièrement heureux d’entendre
les ministres MacKay et Yelich annoncé la création de l’Unité
consulaire pour les enfants vulnérables. Cela a suscité un regain
d’intérêt, et nous avons d’ailleurs eu certaines discussions
préliminaires avec cette unité sur la manière dont nous
pourrions collaborer. M. Allen a été très clair sur la question du
traitement rapide des dossiers. Nous avons actuellement un cas au
Pakistan où une fenêtre d’opportunité va bientôt s’ouvrir. Elle ne
restera pas ouverte longtemps et, si nous ne pouvons pas réagir
sur-le-champ, nous devrons retourner au point de départ.
It’s critical. The involvement of NGOs and a more parallel and
horizontal relationship between NGOs and government is really
something that should be pursued from both sides. ISS Canada
would be particularly interested in participating in that kind of
discussion and planning.
C’est crucial. La participation des ONG, et une relation plus
parallèle et horizontale entre les ONG et le gouvernement, sont
des choses que les deux parties devraient viser. ISS Canada serait
particulièrement intéressée à participer à ce genre de discussions et
de planification.
5:40
Human Rights
31-3-2014
As to the provincial-federal, sometimes we’ve been supported
by the Government of Canada because of the international work
we do, and when we’re outside of Canada, we’re talking about
Canadians, not Albertans or Quebecers. But it has been bandied
back and forth between the federal government and provinces
many times that, ‘‘No, no, that’s their jurisdiction; they should be
handling this. They do child welfare; we don’t.’’ That puts people
who are trying to work with that issue in a bad place. Who should
I be talking to, and why can we not just sit down together and
figure out what we can do?
Pour ce qui est de la coordination provinciale-fédérale, nous
avons parfois reçu l’appui du gouvernement du Canada à cause
du travail international que nous faisons et, quand nous sommes
en dehors du Canada, nous agissons comme Canadiens, pas
comme Albertains ou Québécois. Cela dit, c’est une question qui a
souvent été évoquée entre le gouvernement fédéral et les
provinces, en disant : « Non, cela relève de leur compétence et
c’est eux qui devraient s’en occuper. C’est eux qui s’occupent du
bien-être de l’enfance, pas nous. » Cela cause des problèmes pour
les gens qui essayent d’agir. À qui devrais-je parler, et pourquoi ne
pouvons-nous pas tout simplement nous asseoir ensemble pour
voir ce que nous pourrions faire?
So there are jurisdictional issues that come up that I think are
not necessary. When we boil it down to the best interests of
children, we can eliminate a lot of that kind of discussion about
whose job it is.
Il y a donc des questions de compétence constitutionnelle qui
surgissent inutilement, à mon avis. Si l’on se concentre avant tout
sur le meilleur intérêt de l’enfant, on devrait pouvoir laisser de
côté ce genre de chicane.
My wife did give me a question coming here. She said, ‘‘How
can a court in another country, in an Islamic country, make a
decision about the future of a three year-old Canadian child
without us saying something about it?’’ Through our embassies
and consulates and high commissions, at least, we need to be
present in saying, ‘‘We have an interest here,’’ when these are
before courts in other countries. We don’t do that consistently.
We used to. I think that needs to be reintroduced. I hope that’s
helpful.
Mon épouse m’a donné une question qui me semble
importante : « Comment le tribunal d’un autre pays, d’un pays
islamique, peut-il rendre une décision sur l’avenir d’un enfant
canadien de trois ans sans que nous ayons notre mot à dire? » Par
le truchement de nos ambassades, de nos consulats et de nos
commissariats, au minimum, nous devrions être présents pour
défendre l’intérêt de l’enfant lorsque son avenir se joue devant le
tribunal d’un autre pays. Or, nous ne le faisons pas constamment.
Nous le faisions autrefois, et j’espère que nous pourrons
recommencer. J’espère que c’est utile.
Ms. Pick: Nicely put. I would echo the importance of bringing
all of the key stakeholders to the table so that a family
understands how they are able to navigate the system. I will
provide an example of a family that we worked with. The father
was Canadian. The child was Canadian. The mother was
Romanian. The child was abducted and taken to Romania. The
actual Hague order was quite straightforward. The Hague
Convention was upheld and there was an order of execution to
bring that child home. The process and the time for all of that, for
that family, once the order of execution was upheld and the child
was returned to Canada, was very lengthy. We know that from
our work with the father and connecting him with continued
resources in Romania.
Mme Pick : Bien dit. Je souligne moi aussi l’importance
d’amener toutes les parties prenantes à la table afin que la
famille comprenne comment naviguer dans le système. Je vais
vous donner l’exemple d’une famille avec laquelle j’ai travaillé. Le
père était canadien, l’enfant était canadienne, la mère était
roumaine. L’enfant a été enlevée en Roumanie. L’ordonnance de
La Haye était très claire. La Convention de La Haye a été
invoquée et il y a eu une ordonnance de retour de l’enfant à la
maison. Le processus de mise en œuvre de l’ordonnance, pour que
l’enfant soit renvoyée au Canada, a été très long. Nous le savons
grâce à nos contacts avec le père et aux informations qu’il a reçues
de sources en Roumanie.
We’re fortunate; my team has been working on these cases,
some of them for 15, 20 years, and has established a global
network of connections that can assist in this process.
Nous avons de la chance. Mon équipe s’occupe de ce genre de
cas depuis 15 ou 20 ans, ce qui nous a permis de créer un réseau
mondial de contacts qui peuvent nous aider.
Just to give an idea of even the financial challenge, it was a
$300,000 financial challenge to this family in order to actually
bring that child home. Once the child was brought home, there
was still quite an experience for that family. As an example, that
child, when she was returned, needed medical attention, but she
didn’t have proper medical coverage and identification and there
were all kinds of challenges in the entire experience for the family.
Pour vous donner une idée des aspects financiers de cette
problématique, cette famille a dû dépenser 300 000 $ pour obtenir
finalement le retour de l’enfant. Une fois que celle-ci est revenue à
la maison, il y a eu encore d’autres problèmes à régler. Par
exemple, l’enfant avait besoin de soins médicaux, mais n’avait pas
d’assurance-santé ni d’identification, ce qui a causé toutes sortes
de problèmes à la famille.
31-3-2014
Droits de la personne
5:41
For us, that idea that the father, in this case, is supported
through that whole process is something that is not tied directly to
what you’re looking at but is the experience of Canadian families
and one that we would suggest is important to be looked at as
well.
Pour nous, cette idée que le père, dans ce cas particulier, est
soutenu durant tout ce processus est une chose qui n’est pas
directement reliée à votre mandat, mais c’est quand même une
expérience courante pour les familles canadiennes qui se trouvent
dans cette situation, et c’est une chose qu’il serait également
important pour vous d’étudier.
Senator Eggleton: You’re saying that even those countries that
have signed the Hague Convention are dragging their feet when it
comes to implementing it. The Hague Convention comes under
the jurisdiction of the Hague Conference, which has a permanent
secretariat. Are they doing anything, to your knowledge, to try to
make sure their countries come into line and implement the
Hague Convention in a timely fashion? Do any of you want to
take that?
Le sénateur Eggleton : Vous dites que même les pays qui ont
signé la Convention de La Haye sont lents à agir lorsqu’il s’agit de
l’appliquer. La Convention de La Haye relève de la compétence
de la Conférence de La Haye, qui dispose d’un secrétariat
permanent. À votre avis, est-ce que celui-ci fait quoi que ce soit
pour essayer de mettre ces pays dans le bon chemin et d’appliquer
la Convention de La Haye dans des délais raisonnables? Qui veut
répondre?
Mr. Chamney: That’s certainly a goal. I’ll maybe defer to
Mr. Allen.
M. Chamney : C’est certainement l’objectif. Je laisse M. Allen
vous donner des précisions.
Mr. Allen: One of the things that the Hague Conference did
was to develop good practice guides for all of the member states,
basically laying out what they’re supposed to do, how they’re
supposed to do it. The problem is that the Hague Conference does
not have leverage to compel one country to act more rapidly or
more effectively. It’s still a voluntary process.
M. Allen : L’une des choses résultant de la Conférence de La
Haye a été l’élaboration de guides pratiques pour tous les
membres, leur indiquant ce qu’ils sont censés faire et comment ils
sont censés le faire. Le problème est que la Conférence de La
Haye n’a pas le pouvoir d’obliger un pays à agir plus rapidement
ou plus efficacement. C’est toujours volontaire.
I thought Mr. Chamney’s wife raised a really good question,
and it’s a key point I think you ought to think about. Countries
need to be willing to exercise diplomatic and other leverage on
countries that are being recalcitrant in these cases. I’m really
enthusiastic that this hearing is being held before the Standing
Senate Committee on Human Rights because it’s not a narrow,
legalistic problem. These are human rights issues. I think that, if
countries are aggressive and if we develop better data and almost
a scorecard on how countries are doing, there is international
pressure that can be brought to make countries perform better
under this convention.
Je pense que l’épouse de M. Chamney a vraiment posé une très
bonne question à laquelle nous devrions réfléchir très
sérieusement. Les pays doivent être prêts à exercer leur pouvoir,
diplomatique ou autre, à l’égard de ceux qui sont récalcitrants
dans ces affaires. Je suis enthousiaste de voir que cette audience se
tient devant le Comité sénatorial permanent des droits de la
personne, car il ne s’agit pas d’un problème strictement juridique.
Il s’agit de questions de dynamisme et, si nous obtenons de
meilleures données et une sorte de feuille de pointage sur les
différents pays, on pourra exercer des pressions internationales
pour en amener certains à mieux faire à l’égard de cette
Convention.
Mr. Chamney: Maybe the answer to your question lies in part
in the cooperation agreement our international body just signed
with the Hague Conference. The first sentence says: ‘‘For several
decades, the Hague Conference on Private International Law and
the International Social Service’’ — our organization — ‘‘have
developed a close working relationship in the field of international
family and child protection. . . .’’ Then, it goes on to ask what
that means. We have a cooperation agreement. What does that
compel us or bind us both to try to do? I think it addresses some
of your moving this agenda forward.
M. Chamney : La réponse à votre question réside peut-être
dans un accord de coopération que notre organisme international
vient juste de signer avec la Conférence de La Haye. En voici la
première phrase : « Depuis plusieurs décennies, la Conférence de
La Haye de droit international privé et International Social
Service » — notre organisation — « ont forgé une relation de
travail étroite dans le domaine de la protection internationale de
la famille et de l’enfance... » Ensuite, on précise ce que ça signifie.
Nous avons une entente de coopération. Qu’est-ce qu’elle oblige
les deux parties à faire? Je pense que cela peut vous aider à faire
avancer votre projet.
Senator Eggleton: This is a cooperation agreement between
who?
Le sénateur Eggleton : C’est une entente de coopération entre
qui et qui?
Mr. Chamney: Between ISS, our parent organization, and the
Hague Conference. I will leave a copy of this with the clerk.
M. Chamney : Entre ISS, notre organisation mère, et la
Conférence de La Haye. J’en laisserai un exemplaire de l’entente
au greffier.
5:42
Human Rights
31-3-2014
Senator Eggleton: Let me ask all of you about one other thing
here. I raised this earlier when the officials were here. It talks
essentially about measures for the protection and care of children
while they’re in this situation in another country. It sounds
complementary to the Hague Convention, which I think it was
intended to be. Canada has not ratified it yet, which I find
amazing because it’s been 18 years. There appears to be some
bureaucratic hang-up between the federal government and the
provincial governments to get this together. I find that amazing.
What do you think about this agreement? How important do you
think this agreement is? Is it something we should be pressing
them to get done or should we let it drag on for more years?
Le sénateur Eggleton : Permettez-moi d’aborder autre chose.
J’en ai parlé tout à l’heure aux représentants des ministères qui
étaient ici. Il s’agit essentiellement de mesures de protection des
enfants lorsqu’ils se trouvent dans cette situation dans un autre
pays. Cela semble complémentaire à la Convention de La Haye,
ce qui me semble avoir été l’objectif. Le Canada n’a pas encore
ratifié, ce que je trouve incroyable au bout de 18 ans. Il semble y
avoir une sorte d’obstacle entre le gouvernement fédéral et les
gouvernements provinciaux à ce sujet. Ça me semble aberrant.
Que pensez-vous de cette entente? Quelle est son importance? Estce une chose sur laquelle nous devrions exercer des pressions ou
devrions-nous laisser traîner encore pendant plusieurs années?
Mr. Chamney: I think it should be pressed. I thought that was
one of the best questions of the early session: How does this not
get ratified after 18 years? Implementation always seems to be the
kicker.
M. Chamney : Je pense que vous devriez faire des pressions.
J’ai pensé que c’était l’une des meilleures questions posées lors de
la session précédente : comment se fait-il que ça n’a pas encore été
ratifié au bout de 18 ans. Ça semble toujours être un problème.
Mr. Allen: I agree with you completely, senator. It is not only
compatible and a valuable add-on to the Hague Child Abduction
Convention, but also will enable some countries to be responsive
in these cases that are not responsive under the Hague Child
Abduction Convention. Only a small number of countries are
signatories so we need to launch an aggressive global effort to
increase the number of countries that are signatories to the child
protection convention.
M. Allen : Je suis totalement d’accord avec vous, sénateur. Ce
n’est pas seulement un ajout compatible et précieux à la
Convention de La Haye sur l’enlèvement d’enfants, c’est aussi
un texte qui permettra à certains pays d’intervenir dans ces
affaires alors qu’ils ne le font pas au titre de la Convention de La
Haye sur l’enlèvement d’enfants. Il n’y a qu’un petit nombre de
pays qui ont signé la convention et nous devons donc lancer un
effort mondial vigoureux pour accroître le nombre de pays
signataires de la Convention sur la protection des enfants.
Senator Eggleton: Ms. Pick, I think you’ll make it unanimous.
Le sénateur Eggleton : Madame Pick, je pense que vous
pourriez rendre cela unanime.
Ms. Pick: Absolutely.
Mme Pick : Absolument.
Senator Andreychuk: Mr. Allen, I want to follow up with you
on the issue of the European courts, which to me is the most
troublesome. I think we understand the distance we have to go on
cultural issues, developing systems and questioning judiciaries in
much of the world as they are progressing and changing.
However, Europe should be the staunchest group of countries
supporting the Hague Convention. They are in creative
interpretation, which has been bothering me because the cases
that seem to fall out of the norm come from there. As you pointed
out, it questions the essence of having a Hague convention — a
retrial? So what do we do about that?
La sénatrice Andreychuk : Monsieur Allen, je voudrais revenir
avec vous sur la question des cours européennes, question qui me
semble la plus troublante. Je pense que nous comprenons l’écart
qu’il peut y avoir sur les questions culturelles, l’élaboration de
systèmes et l’incitation des régimes judiciaires d’une bonne partie
du monde à progresser et à changer. Toutefois, l’Europe devrait
être le groupe de pays appuyant le plus résolument la Convention
de La Haye. Or, ils en font une interprétation créative, ce qui
m’embête parce que les cas qui semblent tomber en dehors de la
norme viennent de ces pays. Comme vous l’avez dit, cela remet en
question l’essence même d’une Convention de La Haye. Je parle
de rejuger la même affaire. Que pouvons-nous y faire?
Mr. Allen: We try to advocate and reinforce the importance of
the Hague Convention. There was a more recent case out of the
European court of Human Rights, X and Others v. Latvia that
backed off a little bit and allowed the child to be returned to the
country of habitual residence, which was Australia. It is still a
troubling line and complicating issues are part of it.
M. Allen : Nous devrions essayer de promouvoir et de
renforcer l’importance de la Convention de La Haye. Il y a une
affaire plus récente qui a été jugée par la Cour européenne des
droits de l’homme, X et autres c. Lettonie, et la cour a autorisé
l’enfant à retourner dans son pays de résidence habituelle,
l’Australie. C’est quand même une situation difficile, avec des
questions qui la compliquent.
Part is the growing focus on the issue of domestic violence. No
one is a stronger advocate for treating allegations of domestic
violence than I am. However, for some it has become a strategy,
and we need to look at these cases in the appropriate way. The
Il s’agit en partie de la place croissante qu’occupe la question
de la violence familiale. Personne n’est plus favorable que moi au
traitement judiciaire des allégations de violence familiale, mais,
dans certains cas, c’est devenu une stratégie, et nous devons nous
31-3-2014
Droits de la personne
5:43
whole purpose of the Hague Convention is conflicts of law. You
can’t just retry a case over and over from country to country.
pencher sur ces cas de manière appropriée. L’objet fondamental
de la Convention de La Haye est de régler des conflits de droit. On
ne peut tout simplement pas continuellement rejuger la même
affaire de pays à pays.
Senator Andreychuk: Are you saying that this is a judicial issue
or a political issue?
La sénatrice Andreychuk : Voulez-vous dire que c’est une
question d’ordre judiciaire ou d’ordre politique?
Mr. Allen: I think it’s both. Primarily today it’s a judicial issue.
One thing we’ve attempted to do with European leaders in the
aftermath of the first European Court of Human Rights decision,
which was a Swiss case, is to reach out to the key policy makers
and say: This is a time, from the policy level, for your countries to
reaffirm your commitment to the Hague Abduction Convention.
Obviously, no one wants to intrude into or interfere with judicial
discretion with the appropriate processes of judges, but an
overarching policy needs to be reaffirmed.
M. Allen : Je pense que c’est les deux. Aujourd’hui, c’est
d’abord une question judiciaire. L’une des choses que nous avons
essayé de faire avec les leaders européens dans le sillage du
premier arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme, qui
concernait une affaire suisse, a été de nous adresser aux
principaux décideurs publics pour leur dire : Le moment est
venu pour vos pays, du point de vue des politiques publiques, de
réaffirmer votre engagement envers la Convention de La Haye sur
les enlèvements. Évidemment, personne ne veut s’ingérer dans un
pouvoir judiciaire exercé selon des processus appropriés, mais il y
a ici une politique de fond qui a besoin d’être réitérée.
Senator Andreychuk: In terms of the non-Hague states, is the
fundamental issue culture or is it the lack of an independent
judiciary?
La sénatrice Andreychuk : En ce qui concerne les États non
signataires de La Haye, est-ce que le problème fondamental est la
culture ou l’absence de magistrature indépendante?
Mr. Allen: I would argue it’s both. Obviously, in the Islamic
world people tend to assume when we’re talking about these kinds
of international parental abduction occasions that it’s
overwhelmingly culture and religion. However, there have been
long-standing problems with Japan, for example. We are gratified
that Prime Minister Abe and the Japanese Parliament just ratified
the convention. In the United States, there has never been a child
returned to the United States by order of the Japanese court or
government, although some children have been returned through
negotiation and mediation. Even Hague signatory countries
routinely do not do what their obligations are under the Hague
Convention. This is a complex issue and with the trend to
increased numbers, declining returns and increased time lines, it
will be a more serious policy issue for the Canadian Parliament
and policy-makers around the world.
M. Allen : Je dirais que c’est les deux. Évidemment, dans le
monde islamique, les gens ont tendance à supposer, quand nous
parlons de ce genre d’enlèvement parental international, que c’est
essentiellement une question de culture et de religion. Toutefois, il
y a eu des problèmes depuis très longtemps avec le Japon, par
exemple, et nous sommes heureux que le premier ministre Abe et
le parlement japonais viennent juste de ratifier la convention. Aux
États-Unis, aucun enfant n’a jamais été renvoyé dans le pays sur
ordre d’un tribunal ou du gouvernement japonais, bien que
certains enfants l’aient été par la négociation et la médiation.
Même les pays signataires de La Haye ne s’acquittent pas tous
d’office de leurs obligations au titre de la Convention de La Haye.
Il s’agit là d’une question complexe et, avec l’augmentation des
cas, la diminution des retours et l’allongement des délais, ce sera
une question de plus en plus sérieuse pour le Parlement canadien
et pour les pouvoirs publics dans le monde.
Senator Andreychuk: I worked at the previous Human Rights
Commission and now follow the Human Rights Council. When
we do the country reviews, should it be a recommendation that
they look at this issue of child abductions and that it be one of the
milestones? I follow the council when they do the country reviews.
They often have certain issues that they trigger. Should this be one
of them on a consistent basis?
La sénatrice Andreychuk : J’ai travaillé à l’ancienne
Commission des droits de l’homme et je suis maintenant le
travail du Conseil des droits de l’homme. Quand nous faisons des
examens de pays, devrions-nous recommander qu’ils examinent
cette question des enlèvements d’enfants et que ce soit l’un des
critères? Je suis le conseil quand il fait des examens de pays. Il y a
souvent certains problèmes qui déclenchent ses commentaires.
Celui-ci devrait-il en faire régulièrement partie?
Mr. Allen: Yes, it should be. One of the severe problems we
have in this area is that there really is no ongoing monitoring
evaluation of how countries are doing. That’s why we funded this
one-time research at The Hague; but that’s a snapshot. That
pattern doesn’t enable us to identify over a period of time which
countries are doing what.
M. Allen : Oui. L’un des graves problèmes que nous avons
dans ce domaine est qu’il n’y a pas vraiment d’évaluation ou de
surveillance continue de ce que font les pays. Voilà pourquoi nous
avons financé cette recherche à La Haye, mais ce n’était qu’un
cliché ponctuel. Elle ne nous a pas permis d’examiner l’évolution
de la situation dans les différents pays sur une période assez
longue.
5:44
Human Rights
31-3-2014
Senator Andreychuk: Ms. Pick, on the issue of missing children,
in the cases that you deal with does the parent who had the child
and custody come to you? Is that how you get them?
La sénatrice Andreychuk : Madame Pick, sur la question des
enfants disparus, dans les cas dont vous êtes saisie, est-ce que c’est
le parent qui avait l’enfant et la garde qui prend contact avec
vous? Est-ce comme ça que vous entrez en jeu?
Ms. Pick: Yes. The cases we work on have been registered with
law enforcement and then they will sometimes refer us directly to
the family, or we’ll work directly with law enforcement on behalf
of helping them to navigate for the family.
Mme Pick : Oui. Les cas dont nous sommes saisis ont été
enregistrés auprès des organismes d’exécution des lois, et ces
derniers peuvent parfois nous orienter directement vers la famille
concernée, ou alors nous allons travailler directement avec eux
afin d’aider la famille à naviguer dans le système.
Senator Andreychuk: Are these cases that already have a
custody order in Canada or are they cases where the family is
breaking up and the child is taken away?
La sénatrice Andreychuk : S’agit-il de cas qui ont déjà fait
l’objet d’une ordonnance de garde au Canada ou de cas de
familles en rupture dont l’enfant a été enlevé?
Ms. Pick: The cases we work on are reflective of both. There is
an order in place for custody of the child, and the child is
abducted by the non-custodial parent or they’re in the midst of
that decision happening and one of the parents will make the
decision to take the child prior to that agreement being in place.
Mme Pick : Nous nous occupons des deux genres de cas. Il
peut y avoir une ordonnance de garde de l’enfant, lequel est enlevé
par l’autre parent, ou alors les parents attendent une décision
judiciaire et l’un d’entre eux décide d’enlever l’enfant avant que la
décision soit rendue.
Senator Unger: Mr. Allen, one of your recommendations is to
improve judicial training. How might you go about that?
La sénatrice Unger : Monsieur Allen, l’une de vos
recommandations concerne l’amélioration de la formation des
magistrats. Comment cela pourrait-il se faire?
Mr. Allen: Well, it is time-consuming. One of the challenges
that we have in the United States is that there are as many as
10,000 state judges who conceivably could handle a Hague case,
whether they have any knowledge about or history of the
convention. You contrast that with the United Kingdom where
17 judges hear such cases. The judges who hear those cases are
knowledgeable specialists. The process moves quickly and there’s
greater efficiency. Countries like ours have federal systems. You
can’t designate only a handful of judges to hear the cases.
M. Allen : Ça prendrait du temps. L’un des problèmes que
nous avons aux États-Unis est qu’il y a à peu près 10 000 juges des
États qui pourraient éventuellement être saisis d’une affaire de La
Haye sans nécessairement connaître les détails ou l’historique de
la convention. Vous pouvez comparer cela au Royaume-Uni, où
seulement 17 juges peuvent être appelés à connaître de ces
affaires. Autrement dit, ce sont des spécialistes qui connaissent
bien la question. Le processus avance rapidement et est très
efficient. Des pays comme le nôtre ont des systèmes fédéraux et on
ne peut pas désigner simplement une poignée de juges pour traiter
de ces dossiers-là.
But there needs to be a commitment to continuing judicial
training. One of the other areas where Canada and the U.K. have
been leaders is in the concept of liaison judges, so that if a judge
receives a case and doesn’t know what to do with it or doesn’t
have history, he can reach out for help and learn about how to
handle these cases. You have judges in Canada who are world
leaders, such as Judge Chamberland in Quebec. Judge Diamond
participated in meetings we have done here.
Il faut cependant prendre l’engagement d’améliorer la
formation des magistrats. L’un des autres domaines dans
lesquels le Royaume-Uni et le Canada ont innové est celui du
concept de juge de liaison. Si un juge est saisi d’une affaire et ne
sait pas quoi en faire ou n’en connaît pas l’historique, il peut
s’adresser à un juge de liaison pour savoir ce qu’il devrait faire.
Vous avez au Canada des juges qui sont des chefs de file
mondiaux, comme le juge Chamberland, au Québec. Le juge
Diamond a aussi participé à des réunions que nous avons tenues
ici.
Canada is a leader, but judicial training is enormously
important around the world, because there are a lot of judges
who are saying, ‘‘I’m a judge. I’m going to do what a judge does. I
don’t care what the convention says. I’m going to listen to the
facts and do what’s right.’’ I understand that, but this convention
will work if there is greater uniformity and greater consistency
and the judges really know what they’re dealing with.
Le Canada est un chef de file, mais la formation des magistrats
revêt une importance énorme dans le monde entier, car il y a
beaucoup de juges qui disent : « Je suis juge, je ferai ce que fait un
juge, et je me moque de ce que dit la convention. Je vais prendre
connaissance des faits et faire ce qu’il se doit. » Je comprends cela
mais cette convention fonctionnera mieux s’il y a plus
d’uniformité et de cohérence, et si les juges savent bien de quoi
il s’agit.
31-3-2014
Droits de la personne
5:45
Senator Hubley: Mr. Allen, I noted that you have ‘‘what more
can be done.’’ Under that heading, you have about ten
recommendations, which is very good, although you highlighted
about five of those.
La sénatrice Hubley : Monsieur Allen, j’ai noté que vous avez
un chapitre intitulé « Que peut-on faire de plus? » Vous avez sous
ce chapitre une dizaine de recommandations, ce qui est très bien,
mais n’en avez énoncé que cinq.
The very last one is ‘‘we need to provide greater support for
victims’ families.’’ I guess I have a concern. I would like to explore
what my concern might be for the children involved in an
abduction. What sort of support are they given and what sort of
recognition is there of the trauma that they might have
experienced through all this? How is that recognized? Is there a
follow-up system in place for children who have been abducted? Is
there a program to integrate them successfully back into a school
program if they happen to be of that age? Are those needs
identified as a responsibility of the parents, or are there other
agencies that can step in and perhaps help out in that situation?
La toute dernière est celle-ci : « Nous devons donner plus de
soutien aux familles des victimes. » Je ne saisis pas très bien cela et
j’aimerais voir avec vous comment on peut l’interpréter dans le
cas des enfants enlevés. De quel genre de soutien s’agit-il, et
comment peut-on tenir compte du traumatisme qu’ils peuvent
avoir subi durant toute cette situation? Comment est-ce pris en
considération? Y a-t-il un système de suivi pour les enfants qui ont
été enlevés? Y a-t-il un programme pour assurer leur intégration
dans un programme scolaire s’ils sont en âge d’aller à l’école? Estce que ces besoins sont considérés comme une responsabilité des
parents, ou y a-t-il d’autres agences qui peuvent intervenir et peutêtre aider dans cette situation?
My last question would be: At any time, has a court ever
assigned a lawyer to represent the interests of a child who has
been abducted, to your knowledge?
Voici ma dernière question : a-t-on déjà vu un tribunal
désigner un avocat pour représenter les intérêts d’un enfant qui
a été enlevé, à votre connaissance?
Mr. Allen: Let me answer briefly. I think ISS is a great resource
for these kinds of questions.
M. Allen : Je vais vous répondre brièvement. Je pense que l’ISS
est une superbe ressource pour ce genre de questions.
Victims’ services are woefully lacking in most of the world.
Ms. Pick made the point earlier about what these cases cost leftbehind parents. These tend to be legal battles, and they often tend
to be won by those who have the deepest pockets, the greatest
number of resources and can be the most persistent. I hear all the
time in parental abduction cases: ‘‘The child is with a parent. How
bad can it be?’’ It can be pretty bad. These kids suffer significant
harm — often not physical harm, but psychological harm.
Les services d’aide aux victimes sont désespérément insuffisants
dans la plupart des pays. Mme Pick a indiqué tout à l’heure ce
que peuvent coûter ces affaires au parent délaissé. Il y a dans la
plupart des cas des batailles juridiques qui ont souvent tendance à
être gagnées par celui des parents qui a les poches les plus
profondes et le plus grand nombre de ressources, ou qui est le plus
persistant. J’entends sans arrêt dire dans les affaires d’enlèvement
parental : « L’enfant est avec un parent. Ce n’est pas si mal pour
lui. » Or, la situation peut être très mauvaise pour lui. Ces enfants
subissent un préjudice important — souvent, ce n’est pas un
préjudice physique mais un préjudice psychologique.
The points you make about ensuring there are services to help
with the reintegration and the return — in many of these cases,
the children are taken when they are very young, and they are
terrified to come home to the other parent, having been gone two,
four or more years.
Ce que vous dites au sujet des services d’aide à la réintégration
et au retour... Dans bien des cas, les enfants sont enlevés quand ils
sont très jeunes et ils sont terrifiés de devoir retourner vivre avec
l’autre parent après une absence de deux ans, de quatre ans ou
plus.
So victims need legal, social and psychological services, and in
most of the world, that just isn’t happening. It’s an enormous
challenge we have to be aware of.
Donc, les victimes ont besoin de services d’ordre juridique,
social et psychologique qui, dans la plupart des pays, n’existent
pas. C’est donc un problème énorme dont nous devons être
conscients.
Senator Hubley: In your experience, has a court ever assigned a
lawyer to look after the interests of a child during this process, or
is it all done through your victims’ services?
La sénatrice Hubley : Considérant votre expérience, avez-vous
déjà vu un tribunal désigner un avocat pour défendre les intérêts
de l’enfant durant ce processus, ou est-ce que cela se fait
uniquement par le truchement de vos services d’aide aux victimes?
Mr. Allen: For most of the world, my answer is ‘‘probably no,’’
but there are examples of what are called court-appointed special
advocates or guardian ad litem in which the conflict —
M. Allen : Pour la plupart des pays, ma réponse est
« probablement que non », mais il y a des exemples de ce qu’on
appelle des avocats spéciaux désignés par le tribunal, ou des
tuteurs à l’instance, dont le rôle...
5:46
Human Rights
31-3-2014
One of the challenges here is that child custody in most of the
world is an adversarial process. There is almost an incentive for
one parent or the other to make allegations against the other one,
whether true or not, in order to prevail in this battle.
L’un des problèmes est que la garde de l’enfant, dans la plupart
des pays, est décidée dans un processus où les parents sont
adversaires. L’un ou l’autre des parents est donc quasiment incité
à faire des allégations au sujet de l’autre, qu’elles soient vraies ou
fausses, pour essayer de gagner la bataille.
The child is often ignored and missed in the process. So the
idea of a court-appointed special advocate or a guardian ad litem
to represent the child and the interests of a child is a fundamental
protection of that child’s human rights, and I think it’s a great
idea that ought to be promoted more aggressively worldwide.
Souvent, dans ce processus, on ne tient pas compte de l’enfant
ou on le laisse de côté. Donc, l’idée de désigner un avocat spécial
ou un tuteur à l’instance pour représenter l’enfant et défendre ses
intérêts constitue en fait une protection fondamentale de ses
droits humains, et je pense que c’est une excellente idée qu’on
devrait promouvoir beaucoup plus vigoureusement dans le monde
entier.
Mr. Chamney: I would like to speak to that question as well.
We’ve had cases where follow-up of a social evaluation of a
situation — child and parent — was the case, so a range of those
things. Those follow-ups to see how the family and child are doing
and whether they are being rehabilitated, as well as being
repatriated, are the efforts of our own organizations, not
directed by a greater client like government.
M. Chamney : J’aimerais moi aussi répondre à cette question.
Nous avons eu des cas où le suivi d’une évaluation sociale d’une
situation — enfant et parent — était le fond de l’affaire. Faire le
suivi pour voir comment vont la famille et l’enfant, pour voir si
l’enfant a été rendu à son domicile habituel et s’il s’est bien
réintégré, fait partie des efforts de nos organisations, et ce n’est
pas imposé par un gros client comme un gouvernement.
The case that comes to mind is of two Chinese infants who
were placed with grandparents back in China after the father shot
the mother here. They were left with no other family, so kinship
placements are something we’re doing more of.
L’affaire à laquelle je songe est celle de deux nouveau-nés
chinois qui ont été rendus aux grands-parents en Chine parce que
le père avait tiré sur la mère avec un revolver. Ces enfants
n’avaient pas d’autre famille, et nous faisons donc plus de ce genre
de placements auprès de la parenté.
With respect to the follow-up work, Canada can’t go into
China and do work, but ISS Hong Kong, our sister organization,
can and they do. They do some really incredible work. So they not
only did the home assessment of whether the grandparents
provided a good home for these kids, but they established there
was already a relationship there and that they would do follow-up
work after the placement to see how the kids were doing. It was
one of the joy stories in terms of the final results.
En ce qui concerne le travail de suivi, le Canada ne peut pas
aller en Chine pour le faire, mais ISS Hong Kong, notre
organisation sœur, peut s’en charger et elle le fait. Elle fait
parfois du travail vraiment incroyable. Dans l’affaire dont je
parle, elle n’est pas seulement allée évaluer la situation des grandsparents pour voir s’ils pouvaient offrir un bon foyer à ces enfants,
elle a aussi pu établir qu’il y avait déjà une relation et elle a pu
faire un suivi après le placement pour voir comment allaient les
enfants. C’est l’un des cas qui nous remplissent de joie, car le
résultat a été très positif.
We had that happen in Jamaica and other places where there
will be trauma, and what will be done about it should be built into
the whole plan. It happens to be the case that this agency does
that kind of thing and others don’t.
Nous avons eu la même chose en Jamaïque et dans d’autres
pays où il y a eu un traumatisme familial, ce dont on doit tenir
compte dans le plan d’intervention. Il se trouve que, dans le cas
présent, cette agence peut faire ce travail alors que d’autres ne le
font pas.
The Deputy Chair: Seeing no more questions, that brings us to
the end of the meeting. I thank you witnesses for your answers
and I thank honourable senators for your time.
La vice-présidente : Comme il n’y a plus de questions, cela met
fin à la réunion. Je remercie les témoins de leur contribution ainsi
que les sénateurs de leur participation.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
Justice Canada:
TÉMOINS
Justice Canada :
Laurie Wright, Assistant Deputy Minister, Public Law Sector;
Laurie Wright, sous-ministre adjointe, Secteur du droit public;
Marie Riendeau, Counsel, International Private Law Section;
Marie Riendeau, avocate, Section du droit privé international;
Sandra Zed Finless, Senior Counsel, Foreign Affairs, Trade and
Development Canada, Legal Services.
Sandra Zed Finless, avocate, Affaires étrangères, Commerce et
Développement Canada, Services juridiques.
Foreign Affairs, Trade and Development Canada:
Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada :
William Crosbie, Assistant Deputy Minister, Consular, Security
and Legal Branch, Chief Security Officer and Legal Adviser;
William Crosbie, sous-ministre adjoint, Secteur des services
consulaires, juridiques et de la sécurité, agent principal de la
sécurité et conseiller juridique;
Béatrice Maillé, Director General, Consular Policy Bureau;
Béatrice Maillé, directrice générale, Direction générale, Politique
consulaire;
Leslie Scanlon, Director General, Consular Operations Bureau.
Leslie Scanlon, directrice générale, Direction générale, Opérations
consulaires.
Missing Children Society of Canada:
Missing Children Society of Canada :
Amanda Pick, Executive Director.
Amanda Pick, directrice exécutive.
International Social Service — Canada:
Service Social International — Canada :
Dick Chamney, Board President;
Dick Chamney, président;
Sylvie Lapointe, Director of Services.
Sylvie Lapointe, directrice des services.
International Centre for Missing and Exploited Children:
Ernie Allen, President and CEO (by video conference).
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
International Centre for Missing and Exploited Children :
Ernie Allen, président et chef de la direction (par vidéoconférence).
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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