Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Human Rights
Droits de la personne
Chair:
The Honourable MOBINA S. B. JAFFER
Présidente :
L’ honorable MOBINA S. B. JAFFER
_____________
Monday, March 3, 2014
Le lundi 3 mars 2014
Issue No. 3
Fascicule no 3
Second meeting on:
Monitor issues relating to human rights and, inter alia,
to review the machinery of government dealing
with Canada’s international and
national human rights obligations
Deuxième réunion concernant :
Surveiller l’évolution de diverses questions ayant trait
aux droits de la personne et à examiner, entre autres
choses, les mécanismes du gouvernement pour que le
Canada respecte ses obligations nationales et
internationales en matière de droits de la personne
Second meeting on:
Study of the issue of cyberbullying in Canada with regard
to Canada’s international human rights obligations under
Article 19 of the United Nations Convention on the
Rights of the Child
Deuxième réunion concernant :
L’étude sur la question de la cyberintimidation au Canada
en ce qui concerne les obligations internationales du
Canada en matière de droits de la personne aux termes
de l’article 19 de la Convention des Nations Unies
relative aux droits de l’enfant
First meeting on:
Study the international mechanisms toward improving
cooperation in the settlement of cross-border family
disputes, including Canada’s actions to encourage
universal adherence to and compliance with the Hague
Abductions Convention, and to strengthen cooperation
with non-Hague State Parties with the purpose of
upholding children’s best interests
Première réunion concernant :
L’étude sur les mécanismes internationaux visant à
accroître la coopération pour régler les disputes familiales
transfrontalières, notamment les efforts du Canada pour
favoriser l’adhésion et la conformité universelles à la
convention de La Haye sur l’enlèvement et renforcer la
coopération avec les États non signataires,
afin de défendre les intérêts des enfants
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51240
STANDING SENATE COMMITTEE ON
HUMAN RIGHTS
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
DROITS DE LA PERSONNE
The Honourable Mobina S. B. Jaffer, Chair
Présidente : L’honorable Mobina S. B. Jaffer
The Honourable Salma Ataullahjan, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Salma Ataullahjan
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Andreychuk
Ataullahjan
* Carignan, P.C.
(or Martin)
* Cowan
(or Fraser)
Eggleton, P.C.
Hubley
Meredith
Ngo
Seidman
Unger
Andreychuk
Ataullahjan
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
* Cowan
(ou Fraser)
Eggleton, C.P.
Hubley
Meredith
Ngo
Seidman
Unger
* Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Ataullahjan replaced the Honourable
Senator Martin (February 4, 2014).
L’honorable sénatrice Ataullahjan a remplacé l’honorable
sénatrice Martin (le 4 février 2014).
The Honourable Senator Ngo replaced the Honourable
Senator LeBreton, P.C. (February 4, 2014).
L’honorable sénateur Ngo a remplacé l’honorable sénatrice
LeBreton, C.P. (le 4 février 2014).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
3-3-2014
Droits de la personne
3:3
ORDRE DE RENVOI
ORDER OF REFERENCE
Extract from the Journals of the Senate, of Thursday,
February 27, 2014:
Extrait des Journaux du Sénat du jeudi 27 février 2014 :
Resuming debate on the motion of the Honourable
Senator Jaffer, seconded by the Honourable Senator
Ringuette:
Reprise du débat sur la motion de l’honorable sénatrice
Jaffer, appuyée par l’honorable sénatrice Ringuette,
That the Standing Senate Committee on Human Rights
be authorized to study international mechanisms toward
improving cooperation in the settlement of cross-border
family disputes, including Canada’s actions to encourage
universal adherence to and compliance with the Hague
Abductions Convention, and to strengthen cooperation with
non-Hague State Parties with the purpose of upholding
children’s best interests; and
Que le Comité sénatorial permanent des droits de la
personne soit autorisé à étudier les mécanismes
internationaux visant à accroître la coopération pour
régler les disputes familiales transfrontalières, notamment
les efforts du Canada pour favoriser l’adhésion et la
conformité universelles à la convention de La Haye sur
l’enlèvement et renforcer la coopération avec les États non
signataires, afin de défendre les intérêts des enfants;
That the committee submit its final report to the Senate
no later than December 31, 2014.
Que le comité soumette son rapport final au Sénat au plus
tard le 31 décembre 2014.
After debate,
Après débat,
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat,
Gary W. O’Brien
Clerk of the Senate
3:4
Human Rights
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAL
OTTAWA, Monday, March 3, 2014
(5)
OTTAWA, le lundi 3 mars 2014
(5)
[English]
3-3-2014
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met
this day at 5 p.m. in room 160-S, Centre Block, the chair,
the Honourable Mobina S. B. Jaffer, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne
se réunit aujourd’hui, à 17 heures, dans la salle 160-S de l’édifice
du Centre, sous la présidence de l’honorable Mobina S. B. Jaffer
(présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Andreychuk, Ataullahjan, Eggleton, P.C., Hubley, Jaffer,
Meredith, Ngo, Seidman and Unger (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Andreychuk, Ataullahjan, Eggleton, C.P., Hubley, Jaffer,
Meredith, Ngo, Seidman et Unger (9).
In attendance: Julia Nicol and Shauna Troniak, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présentes : Julia Nicol et Shauna Troniak, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Tuesday, November 19, 2013, the committee continued its study
to monitor issues relating to human rights and, inter alia, to
review the machinery of government dealing with Canada’s
international and national human rights obligations. (For the
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 19 novembre 2013, le comité poursuit son étude visant
à surveiller l’évolution de diverses questions ayant trait aux droits
de la personne et à examiner, entre autres choses, les mécanismes
du gouvernement pour que le Canada respecte ses obligations
nationales et internationales en matière de droits de la personne.
(Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 2 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Public Safety Canada:
Sécurité publique Canada :
Bobby Matheson, Director General, Crime Prevention
Directorate.
Justice Canada:
Bobby Matheson, directeur général, Direction générale de la
prévention du crime.
Justice Canada :
Donald Piragoff, Senior Assistant Deputy Minister,
Policy Sector;
Donald Piragoff, sous-ministre adjoint principal, Secteur des
politiques;
Elizabeth Hendy, Senior Director, Policy Implementation
Directorate;
Elizabeth Hendy, directrice principale, Direction de la mise en
oeuvre des politiques;
Hana Hruska, Director, Programs & Corporate Affairs, Youth
Justice and Strategic Initiatives Section.
Hana Hruska, directrice, Programmes et affaires corporatives,
Section de la Justice applicable aux jeunes et des initiatives
stratégiques.
As individuals (by video conference):
À titre personnel (par vidéoconférence) :
Nicholas Bala, Professor, Faculty of Law, Queen’s University;
Nicholas Bala, professeur, faculté de droit, Université Queen’s;
Siu Ming Kwok, Associate Professor, King‘s University
College at Western University.
Siu Ming Kwok, professeur agrégé, Collège universitaire
King’s, Université Western.
Canadian Council of Criminal Defence Lawyers:
Conseil canadien des avocats de la défense :
Lisa Pomerant;
Lisa Pomerant;
Emma Rhodes.
Emma Rhodes.
John Howard Society of Canada:
Société John Howard du Canada :
Catherine Latimer, Executive Director.
Catherine Latimer, directrice générale.
The chair made an opening statement.
La présidente prend la parole.
Messrs. Matheson and Piragoff each made a statement and,
together with Ms. Hendy and Ms. Hruska, answered questions.
MM. Matheson et Piragoff font chacun une déclaration puis,
avec Mmes Hendy et Hruska, répondent aux questions.
3-3-2014
Droits de la personne
At 6:11 p.m., the committee suspended.
À 18 h 11, la séance est suspendue.
At 6:17 p.m., the committee resumed.
À 18 h 17, la séance reprend.
Ms. Pomerant, Ms. Rhodes, Messrs. Bala and Kwok each
made a statement and answered questions.
3:5
Mmes Pomerant et Rhodes et MM. Bala et Kwok font chacun
une déclaration, puis répondent aux questions.
At 7:11 p.m., the committee suspended.
À 19 h 11, la séance est suspendue.
At 7:19 p.m., the committee resumed.
À 19 h 19, la séance reprend.
Ms. Latimer made a statement and answered questions.
Mme Latimer fait une déclaration puis répond aux questions.
At 8:04 p.m., pursuant to the order of reference adopted by the
Senate on Tuesday, November 19, 2013, the committee continued
its study of the issue of cyberbullying in Canada with regard to
Canada’s international human rights obligations under Article 19
of the United Nations Convention on the Rights of the Child.
(For the complete text of the order of reference, see proceedings of
the committee, Issue No. 1.)
À 20 h 4, conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mardi 19 novembre 2013, le comité poursuit son étude sur la
question de la cyberintimidation au Canada en ce qui concerne les
obligations internationales du Canada en matière de droits de la
personne aux termes de l’article 19 de la Convention des Nations
Unies relative aux droits de l’enfant. (Le texte intégral de l’ordre
de renvoi figure au fascicule no 1 des délibérations du comité.)
It was agreed that the following special study budget
application for its study of cyberbullying in Canada with regard
to Canada’s international human rights obligations under
Article 19 of the United Nations Convention on the Rights of
the Child, for the fiscal year ending March 31, 2015, be approved,
for submission to the Standing Committee on Internal Economy,
Budgets and Administration:
Il est convenu que le budget de l’exercice se terminant
le 31 mars 2015 relatif à l’étude spéciale sur la question de la
cyberintimidation au Canada en ce qui concerne les obligations
internationales du Canada en matière de droits de la personne aux
termes de l’article 19 de la Convention des Nations Unies relative
aux droits de l’enfant soit approuvé et soumis au Comité
permanent de la régie interne, des budgets et de l’administration :
GENERAL EXPENSES
TOTAL
$
$
7,200
7,200
DÉPENSES GÉNÉRALES
TOTAL
At 8:05 p.m., the committee suspended.
7 200 $
7 200 $
À 20 h 5, la séance est suspendue.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, February 27, 2014, the committee began its study of
the international mechanisms toward improving cooperation in
the settlement of cross-border family disputes, including Canada’s
actions to encourage universal adherence to and compliance with
the Hague Abductions Convention, and to strengthen
cooperation with non-Hague State Parties with the purpose of
upholding children’s best interests.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
27 février 2014, le comité entreprend son étude sur les mécanismes
internationaux visant à accroître la coopération pour régler les
disputes familiales transfrontalières, notamment les efforts du
Canada pour favoriser l’adhésion et la conformité universelles à
la convention de La Haye sur l’enlèvement et renforcer la
coopération avec les États non signataires, afin de défendre les
intérêts des enfants.
At 8:06 p.m., pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee
resumed in camera to consider a draft agenda.
À 20 h 6, conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement,
la séance se poursuit à huis clos afin d’examiner l’ébauche de
programme.
It was agreed that senators’ staff be allowed to stay in the
room.
Il est convenu que le personnel des sénateurs puisse demeurer
dans la salle.
At 8:07 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 20 h 7, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Adam Thompson
Clerk of the Committee
3:6
Human Rights
3-3-2014
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, March 3, 2014
OTTAWA, le lundi 3 mars 2014
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 5 p.m. to monitor issues relating to human rights and, inter
alia, to review the machinery of government dealing with
Canada’s international and national human rights obligations
(topic: visible minority youth and the criminal justice system); to
study the issue of cyberbullying in Canada with regard to
Canada’s international human rights obligations under Article 19
of the United Nations Convention on the Rights of the Child; and
for the consideration of a draft budget.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 17 heures, pour surveiller l’évolution de
diverses questions ayant trait aux droits de la personne et
examiner, entre autres choses, les mécanismes du gouvernement
pour que le Canada respecte ses obligations nationales et
internationales en matière de droits de la personne (sujet : les
jeunes issus des minorités visibles et le système de justice pénale);
étudier la question de la cyberintimidation au Canada en ce qui
concerne les obligations internationales du Canada en matière de
droits de la personne aux termes de l’article 19 de la Convention
des Nations Unies relative aux droits de l’enfant; et étudier
l’ébauche d’un budget.
Senator Mobina S. B. Jaffer (Chair) in the chair.
[English]
The Chair: Honourable senators, welcome to the fifth meeting
of the Second Session of the Forty-first Parliament of the Senate
Standing Committee on Human Rights.
[Translation]
La sénatrice Mobina S. B. Jaffer (présidente) occupe le fauteuil.
[Traduction]
La présidente : Chers sénateurs, bienvenue à la
cinquième séance de la deuxième session de la 41e législature du
Comité sénatorial permanent des droits de la personne.
[Français]
The Senate has tasked the committee with studying issues
related to human rights in Canada and internationally.
Le Sénat a confié au comité la tâche d’examiner les questions
liées aux droits de la personne au Canada et à l’échelle
internationale.
My name is Mobina Jaffer. I am a senator from
British Columbia and chair of the Standing Senate Committee
on Human Rights. I am pleased to welcome you here today,
but before we begin, I would like to introduce the members of our
committee.
Je m’appelle Mobina Jaffer, sénatrice de la ColombieBritannique et présidente du Comité sénatorial permanent des
droits de la personne. Je suis heureuse de vous accueillir ici
aujourd’hui, mais avant, permettez-moi de vous présenter les
membres de notre comité.
[English]
[Traduction]
We will start with the deputy chair of the committee and I ask
her to introduce herself.
Nous allons commencer par la vice-présidente du comité.
Je vais lui demander de se présenter.
Senator Ataullahjan: I am Senator Salma Ataullahjan and I
represent Toronto, Ontario.
La sénatrice Ataullahjan : Je suis la sénatrice Salma
Ataullahjan et je représente Toronto, en Ontario.
Senator Meredith: Senator Don Meredith, Ontario.
Le sénateur Meredith : Sénateur Don Meredith, de l’Ontario.
Senator Ngo: Senator Thanh Hai Ngo, Ontario.
Le sénateur Ngo : Sénateur Thanh Hai Ngo, de l’Ontario.
Senator Unger: Senator Betty Unger from Edmonton, Alberta.
Senator Eggleton: Art Eggleton from Toronto.
La sénatrice Unger : Sénatrice Betty Unger, représentant
Edmonton, en Alberta.
Le sénateur Eggleton : Art Eggleton, de Toronto.
The Chair: Most of this committee consists of members
from Ontario.
La présidente : La plupart des membres du comité représentent
l’Ontario.
At a meeting on December 2, 2013, our committee agreed to
receive a briefing to examine measures being taken to prevent
visible minority youth from being involved in the criminal justice
system and from reoffending with the hope of changing the
current overrepresentation of certain groups in the criminal
justice system.
Lors de la réunion du 2 décembre 2013, le comité a accepté
d’assister à une séance d’information sur les mesures prises pour
empêcher les jeunes issus des minorités visibles d’entrer dans le
système de justice pénale et de commettre d’autres crimes dans
l’espoir de diminuer la surreprésentation actuelle de certains
groupes dans le système de justice pénale.
3-3-2014
Droits de la personne
3:7
To begin our hearings today, I would like to welcome our first
panel of witnesses. We have with us, from Public Safety Canada,
Mr. Bobby Matheson, Director General, Crime Prevention
Directorate. From Justice Canada, please welcome Donald
Piragoff, Senior Assistant Deputy Minister, Policy Sector;
Elizabeth Hendy, Senior Director, Policy Implementation
Directorate; and Hana Hruska, Director, Programs &
Corporate Affairs, Youth Justice and Strategic Initiatives Section.
Pour amorcer notre audience d’aujourd’hui, je souhaite la
bienvenue à notre premier groupe de témoins. Il s’agit de
M. Bobby Matheson, directeur général à la Direction générale
de la prévention du crime à Sécurité publique Canada. Du
ministère de la Justice, nous accueillons également M. Donald
Piragoff, sous-ministre adjoint principal, Secteur des politiques,
Mme Elizabeth Hendy, directrice principale, Direction de la mise
en œuvre des politiques, de même que Mme Hana Hruska,
directrice, Programmes et affaires corporatives, Section de la
justice applicable aux jeunes et des initiatives stratégiques.
I understand that Mr. Matheson will start with remarks and
then we will hear from Mr. Piragoff. Is that correct?
Je crois savoir que M. Matheson commencera par faire une
déclaration préliminaire, puis que M. Piragoff prendra ensuite la
parole. Est-ce exact?
Bobby Matheson, Director General, Crime Prevention
Directorate, Public Safety Canada: Yes, that’s correct.
Bobby Matheson, directeur général, Direction générale de la
prévention du crime, Sécurité publique Canada : Oui, c’est exact.
Good afternoon, honourable senators. I thank you for the
opportunity to address you today. I understand that you are
interested in learning about federal programs and funding to
prevent visible minority youth from becoming involved in the
criminal justice system. I will be glad to speak to the work of the
Department of Public Safety, particularly in the area of crime
prevention within the National Crime Prevention Centre.
Bonjour, honorables sénateurs. Je vous remercie de m’avoir
donné l’occasion de vous parler ici aujourd’hui. Je crois
comprendre que vous souhaitez en apprendre plus au sujet des
programmes et des fonds fédéraux visant à empêcher les jeunes
des minorités visibles d’avoir des démêlés avec le système de
justice pénale. Je serai heureux de vous entretenir du travail
effectué par le ministère de la Sécurité publique, surtout dans le
domaine de la prévention du crime, grâce au travail effectué par le
Centre national de prévention du crime.
First, I would like to give a brief statistical overview of some of
the data currently available to us on visible minority youth and
crime. ‘‘Self-reported delinquency’’ asks samples of youth whether
they have committed offences in the past year. These surveys have
been conducted for many years in various countries. Canada last
participated in the international survey in 2006. The 2006 survey,
which targeted school age adolescent young youth in Toronto,
found that the prevalence of delinquent behaviour reported by
foreign-born youth was lower than it was for Canadian-born
peers: 15 per cent and 23 per cent respectively. While the
category used in this study was youth from immigration, it is
fair to say there is some overlap with youth from visible
minorities.
Pour commencer, j’aimerais vous transmettre certaines
données dont nous disposons au sujet des jeunes des minorités
visibles et de la criminalité. Pour obtenir des données sur la
délinquance autodéclarée, on demande à des échantillons de
jeunes s’ils ont commis des infractions au cours de la dernière
année. Ces sondages sont réalisés depuis de nombreuses années
dans divers pays; le Canada a d’ailleurs participé au sondage
international en 2006. Le sondage de 2006, qui ciblait les jeunes
adolescents d’âge scolaire à Toronto, a permis de constater que le
taux de comportements délinquants déclarés était plus bas chez les
jeunes nés à l’étranger que chez leurs pairs nés au Canada, soit
15 p. 100 et 23 p. 100 respectivement. Même si le sondage était
fondé sur un échantillon de jeunes immigrants, il est juste de dire
que cette catégorie chevauchait de près celle des jeunes des
minorités visibles.
A second data set is ‘‘police-reported crime statistics’’ report
offences that are brought to the attention of police. While many
police services may capture information on race for investigative
purposes, this information is not part of nationally available
statistics. As such, we don’t have systemic data on police-reported
crime among visible minorities at the national level.
Il y a aussi ce qu’on appelle les statistiques sur les crimes
déclarés par la police, qui font état des infractions qui sont portées
à l’attention de la police. Bien que de nombreux services de police
recueillent des renseignements sur la race et l’ethnie à des fins
d’enquête, ces renseignements ne font pas partie des statistiques
disponibles à l’échelle nationale. Par conséquent, nous ne
disposons pas de données générales sur les crimes déclarés par
la police chez les minorités visibles à l’échelle nationale.
[Translation]
The third type of data comes from victimization surveys
conducted every five years. The 2009 survey only contained
limited analysis on visible minorities, but observed nevertheless
[Français]
Le troisième type de données provient des enquêtes sur la
victimisation qui ont lieu tous les cinq ans. L’enquête de 2009
contenait uniquement une analyse limitée des minorités visibles,
3:8
Human Rights
3-3-2014
that rates of violent victimization were lower for people who
identified as a visible minority (76 per 1,000 people) than for
non-visible minorities (124 per 1,000 people).
mais observait néanmoins que les taux de victimisation avec
violence étaient plus faibles pour les personnes qui s’identifiaient
comme faisant partie d’une minorité visible, 76 par tranche de
1000 personnes, que pour les minorités non visibles,
124 par tranche de 1000 personnes.
According to the 2004 findings, visible minorities experienced
comparable rates of victimization for violent crimes to non-visible
minorities, for both sexes. The report also found that being both a
visible minority and Canadian-born reduced the odds of being the
victim of a violent crime by 40 per cent.
Selon l’enquête de 2004, les minorités visibles connaissaient des
taux de victimisation comparables aux minorités non visibles en
ce qui concerne les crimes violents, et ce, pour les deux sexes.
Le rapport constatait également que le fait d’être à la fois issu
d’une minorité visible et né au Canada réduisait d’environ
40 p. 100 la probabilité d’être victime d’un crime violent.
The three data sources I’ve discussed provide but an initial
glimpse into the experiences of visible minority youth in Canada
in relation to the criminal justice system.
Les trois sources de données dont j’ai discuté ne donnent qu’un
aperçu des expériences vécues par les jeunes de minorités visibles
au Canada en rapport avec le système de justice pénale.
[English]
[Traduction]
From this data it may appear that visible minority youth are
not at particularly high risk of offending as compared to their
non-minority counterparts. However, we must be cautious in the
generalizations we make given there remain significant gaps in
our knowledge of the relationship between being a youth from a
visible minority and crime.
Ces données peuvent sembler indiquer que les jeunes des
minorités visibles ne courent pas un risque particulièrement élevé
de délinquance, comparativement à leurs homologues non issus
de minorités. Cependant, nous devons faire preuve de prudence
au moment de généraliser, car il reste des lacunes importantes
dans notre connaissance de la relation entre les jeunes issus des
minorités visibles et la criminalité.
In terms of public safety, the department is responsible for
providing advice and implementing responses that address a vast
array of issues from national security to cybersecurity, emergency
management and responses to crime. In this latter respect, our
branch is responsible for the continuum of initiatives that include
proactive preventative measures to divert at-risk youth from
involvement with crime, through effective policing, border
strategies, as well as evidence-based corrections and community
integration programs.
Pour ce qui est de la sécurité publique, le ministère est chargé
de prodiguer des conseils et de mettre en œuvre des initiatives qui
traitent d’une vaste gamme d’enjeux, notamment la sécurité
nationale, la cybersécurité, la gestion des urgences et les
interventions en matière de criminalité. À ce dernier égard,
notre direction générale est responsable du continuum
d’initiatives qui incluent des mesures de prévention proactives
pour éloigner les jeunes à risque de la criminalité, des stratégies
policières et frontalières efficaces ainsi que des programmes
correctionnels et de réinsertion sociale fondés sur des données
probantes.
I am pleased now to speak about Public Safety’s National
Crime Prevention Strategy, managed through the National Crime
Prevention Centre, and the types of community-based projects
that we fund, including those with youth from visible minorities.
J’ai maintenant le plaisir de vous parler de la Stratégie
nationale pour la prévention du crime de Sécurité publique
Canada, qui est gérée par le Centre national de prévention du
crime, et des types de projets communautaires que nous
finançons, notamment auprès des jeunes des minorités visibles.
Through this strategy, Public Safety aims to develop and
disseminate knowledge of effective crime prevention interventions
in order to help decision makers at all levels of government and
in communities make informed decisions about the most
appropriate preventative measures. This is achieved through
providing time-limited funding to organizations to implement
evidence-based crime prevention projects with at-risk populations
and conducting robust evaluation studies of selected projects.
Dans le cadre de cette stratégie, Sécurité publique cherche à
acquérir et à diffuser des connaissances sur les interventions
efficaces en prévention du crime afin d’aider les décisionnaires de
tous les ordres de gouvernement et des collectivités à prendre des
décisions éclairées quant aux mesures de prévention les plus
appropriées. Pour ce faire, nous offrons un financement ponctuel
à des organismes aux fins de la mise en œuvre de projets de
prévention du crime fondés sur des données probantes auprès des
populations à risque, et nous menons des études d’évaluation
rigoureuses de projets choisis.
Individuals are considered at risk for offending when they
present a number of risk factors. At the individual level we look at
prior delinquency, aggression and early substance abuse, for
example. Peer-related factors considered are a high commitment
Les gens sont considérés comme courant un risque de
délinquance lorsqu’ils présentent certains facteurs de risque.
Parmi les facteurs individuels, on compte par exemple la
délinquance antérieure, l’agressivité et l’abus de substances. Les
3-3-2014
Droits de la personne
3:9
to and/or interaction with delinquent peers. Within-the-school
factors are poor school performance, expulsion or suspension. At
a family level, the factors are a history of family violence, and
there are community-related factors such as high levels of crime
and feelings of insecurity.
facteurs liés aux pairs comprennent notamment le fait de
fréquenter des pairs délinquants ou d’être lié de près à ces
derniers. Parmi les facteurs liés à l’école, mentionnons une
performance scolaire médiocre et la suspension ou l’expulsion
de l’école. Il y a aussi les facteurs familiaux, qui comprennent la
violence intrafamiliale, de même que les facteurs au niveau de la
collectivité, comme un taux de criminalité et d’insécurité élevé
dans le quartier.
These NCPC-supported projects work with participants to
reduce the impact of these risk factors, and many of these projects
have proven successful in reducing youth crime and involvement
in the justice system, including a number of which work with
youth from visible minorities.
Les projets de prévention soutenus par le Centre national de
prévention du crime ont pour objectif de réduire l’impact de ces
facteurs de risque parmi les participants. De nombreux projets ont
démontré leur efficacité à réduire la criminalité parmi les jeunes et
leur implication dans le système de justice pénale; un certain
nombre de ces projets s’adressent à des jeunes issus des minorités
visibles.
NCPC is currently funding 17 projects that work with visible
minority youth. These projects, over their lifetime, represent an
investment of approximately $36 million and are expected to
reach more than 3,000 children and youth from visible minorities.
À l’heure actuelle, le Centre national de prévention du crime
finance 17 projets s’adressant aux jeunes des minorités visibles.
Pendant toute leur durée, ces projets représentent des
investissements de plus 36 millions de dollars. On s’attend à ce
que plus de 3 000 enfants et des jeunes des minorités visibles y
participent.
A few examples:
[Translation]
Voici des exemples :
[Français]
The Wraparound Surrey project in Surrey, British Columbia.
Le projet Wraparound Surrey, mis en œuvre à Surrey,
en Colombie-Britannique.
This project is based on the Wraparound Milwaukee model,
which is a unique system of care for children with serious
emotional, behavioural and mental health needs and their
families. The model focuses on strength-based, individualized
care through the delivery of a comprehensive array of services to
delinquent youth and their families.
Ce projet se fonde sur le modèle Wraparound Milwaukee, un
système unique de soins pour les enfants ayant d’importants
besoins affectifs, comportementaux et liés à la santé mentale, ainsi
que pour leurs familles. Le modèle met l’accent sur les
interventions individualisées et axées sur les forces, par la
prestation d’un éventail exhaustif de services aux jeunes
délinquants et à leurs familles.
The city of Surrey is home to a diverse ethnic population, so
the Wraparound model was adapted to ensure that it was
culturally appropriate and that ethnic affiliation was taken into
account when assessing risk and protective factors, as well as
developing plans of care.
Comme la ville de Surrey compte une population ethnique
diversifiée, le modèle Wraparound a été adapté de sorte qu’il soit
approprié sur le plan culturel et que l’appartenance ethnique soit
prise en considération dans l’évaluation des facteurs de risque et
de protection, de même que dans l’établissement de plans
d’intervention.
This project has facilitated an effective school-RCMP
partnership response to youth who are at risk of joining gangs
or who are gang-involved
Ce projet a favorisé la mise en place d’un partenariat efficace
entre l’école et la GRC en ce qui concerne les jeunes qui sont
membres de gangs ou qui sont susceptibles de le devenir.
Evaluation results show a significant decline — 67 per cent —
in police contacts among participants relative to the comparison
group.
L’évaluation a démontré une diminution significative —
67 p. 100 — des contacts des jeunes participants avec la police,
comparativement au groupe témoin.
The partners affirmed that the Surrey Wraparound gave them
more resources and tools for addressing youth gangs and youth
violence in their neighbourhood.
Les partenaires ont affirmé que le projet Wraparound Surrey
leur avait fourni plus d’outils et de ressources pour faire face aux
problèmes de gangs de jeunes et de violence chez les jeunes dans
leur quartier.
3:10
Human Rights
3-3-2014
The Stepping Out project was developed and launched by the
Edmonton-based Centre for Newcomers in April 2010. The
project aimed to prevent immigrant adolescents and young
adults aged 17 to 27 from joining gangs and to help those who
are already involved with gangs to discontinue their gang
association and criminal involvement.
À Edmonton, le Centre for Newcomers a élaboré et lancé le
projet Stepping Out en avril 2010. Ce projet vise à empêcher les
adolescents et les jeunes adultes immigrants de 17 à 27 ans
d’adhérer à des gangs, et d’aider ceux qui sont déjà membres de
gangs à les quitter et à cesser leurs activités criminelles.
Further to a very successful symposium attended by
160 representatives of 63 organizations, the centre developed a
community action plan to support gang-involved and at-risk
immigrant youth.
Un symposium organisé par le centre, qui a connu un franc
succès et auquel ont participé 160 représentants provenant de
63 organismes, a débouché sur l’adoption d’un plan d’action
communautaire pour soutenir les jeunes immigrants membres de
gangs et à risque de le devenir.
[English]
[Traduction]
In Toronto, Project Intervention Toronto for youth at risk of
gang involvement is implementing an integrated, targeted and
evidence-based community program that reduces and prevents the
proliferation of gangs in vulnerable Toronto neighbourhoods.
The approach includes: an outreach and referral process that is
linked to other community resources likely to have contact with
gang-involved and at-risk youth; an intake process that will be
used to develop an in-depth needs assessment for youth;
individual case management plans; intensive group-based
training opportunities; practical supports for families of
participating youth; and broader community education,
engagement and evaluation activities to increase awareness
about gangs and gangs prevention.
À Toronto, le projet Intervention Toronto, qui s’adresse aux
jeunes à risque d’adhérer à des gangs, met en œuvre un
programme communautaire intégré, ciblé et fondé sur des
données probantes, qui réduit et prévient la prolifération des
gangs dans les quartiers vulnérables de Toronto. L’approche
inclut un processus d’approche et de référence qui est lié à d’autres
ressources communautaires susceptibles d’avoir des contacts avec
les jeunes membres de gangs ou à risque de le devenir; un
processus de recrutement qui sera utilisé pour une évaluation
approfondie des besoins des jeunes dirigés vers le programme; des
plans individuels de gestion des cas; des possibilités de formation
intensive en groupe; des soutiens pratiques pour les familles des
jeunes participants; et des activités générales d’information,
d’engagement et d’évaluation dans la collectivité afin d’accroître
la sensibilisation aux gangs et à la prévention des activités de
gangs.
This project has achieved numerous positive results, including
a statistically significant decline in criminal victimization, a
greater short-term decline in non-violent offending than
members of the comparison group, and a slight decline in selfreported arrests between the pre- and post-test periods. There was
a large, statistically significant decline in arrests between the pretest and six-month follow-up period.
Ce projet a atteint plusieurs résultats positifs, notamment une
diminution statistiquement significative de la victimisation; une
diminution à court terme de la délinquance non violente plus
importante chez les participants que chez les jeunes du groupe
témoin, ainsi qu’une légère diminution des arrestations
autodéclarées entre le prétest et le post-test. Le nombre
d’arrestations a aussi connu une importante diminution
statistiquement significative entre le prétest et le suivi de six mois.
Finally, in Montreal, we have provided funding for a
Strengthening Family Program project in a Black anglophone
community. The project includes child training sessions where
participants learn about anger and stress management, emotional
management, conflict resolution, peer resistance, as well as build
knowledge of the effects of drugs and alcohol. This model also
includes parental training sessions, which focus on learning to
clarify expectations of children’s behaviour, using consistent
and appropriate discipline techniques and using effective
communication. Finally, in combined family sessions, the
families learn about conflict resolution and practise
communication skills.
Enfin, à Montréal, nous avons financé un projet faisant appel
au modèle Strengthening Family Program auprès d’une
collectivité anglophone noire. Ce projet comprend des séances
de formation pour les enfants, où les participants apprennent à
maîtriser leur colère et leur stress, à gérer leurs émotions, à
résoudre des conflits, à résister à la pression des pairs et à
reconnaître les effets des drogues et de l’alcool. Le modèle inclut
aussi des séances de formation pour les parents, qui clarifient les
attentes que devraient avoir les parents envers le comportement
de leurs enfants et apprennent aux parents des techniques
disciplinaires uniformes et appropriées, de même que des
techniques de communication efficaces. Enfin, dans le cadre des
séances familiales combinées, les familles apprennent à
résoudre des conflits et mettent en pratique des habiletés de
communication.
3-3-2014
Droits de la personne
3:11
This project has demonstrated positive results as well,
including statistically significant improvements in all measures
of family functioning and parenting, family organization and
communication, parental self-control, involvement and positive
parenting.
Ce projet a démontré des résultats positifs, notamment des
améliorations statistiquement significatives pour toutes les
mesures du fonctionnement familial et du rôle parental, de
l’organisation et de la communication au sein de la famille, de la
maîtrise de soi des parents, de la participation des parents et du
rôle parental positif.
I hope this has provided you with an appreciation of some of
the types of projects supported by Public Safety Canada to
prevent youth, including youth from visible minorities, from
coming into contact with the criminal justice system in the first
place. The results achieved so far are impressive and provide
practical information that local communities, governments and
decision makers at all levels can use to implement appropriate
prevention measures in their respective jurisdictions.
J’espère que ce tour d’horizon vous a donné une idée du type de
projets soutenus par Sécurité publique Canada pour empêcher les
jeunes, y compris les jeunes issus des minorités visibles, d’avoir
des démêlés avec le système de justice pénale en premier lieu. Les
résultats observés jusqu’à présent sont impressionnants et
fournissent aux collectivités locales et aux décisionnaires de tous
les niveaux des renseignements pratiques dont ils peuvent se servir
pour appliquer des mesures préventives appropriées dans leur
champ de compétences respectif.
I would be pleased to answer any questions.
Je répondrai maintenant à vos questions avec plaisir.
The Chair: Thank you very much, Mr. Matheson. There will be
questions at the end.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur Matheson. Nous
poserons des questions à la fin.
May I please ask you to clear up something you’ve said? With
regard to police-reported crime statistics and the reported
offences that are brought to the attention of the police, in the
investigation there may be information on race and ethnicity for
investigative purposes, but statistics are not available nationally.
Why is that?
Pourrais-je vous demander de préciser une chose que vous avez
dite? En ce qui concerne les statistiques sur les crimes déclarés par
la police et les infractions qui sont portées à son attention, dans le
cadre de l’enquête, il se peut qu’on recueille des renseignements
relatifs à la race et à l’ethnie à des fins d’enquête, mais ces
statistiques ne sont pas disponibles à l’échelle nationale.
Pourquoi?
Mr. Matheson: At the moment there’s no reporting
mechanism, and in some cases it remains a privacy issue, as far
as I understand.
M. Matheson : À l’heure actuelle, il n’existe pas de mécanisme
permettant de divulguer ces renseignements, et dans certains cas,
il s’agit d’une question de protection des renseignements
personnels, si j’ai bien compris.
The Chair: Is any other data collected for other groups or any
other issues collected nationally?
La présidente : Est-ce que d’autres données sont recueillies
pour d’autres groupes ou sur d’autres enjeux à l’échelle nationale?
Mr. Matheson: Not that I’m aware of.
Senator Eggleton: Mr. Matheson, just to pick up on that, it’s
not available from the police records, but you have it for adults. Is
that true?
Mr. Matheson: Yes, but not by subgroups.
M. Matheson : Pas à ma connaissance.
Le sénateur Eggleton : Monsieur Matheson, pour poursuivre
dans la même veine, ces renseignements ne figurent pas dans les
dossiers des services de police, mais vous disposez de ces
renseignements pour les adultes. Est-ce exact?
M. Matheson : Oui, mais pas par sous-groupe.
Senator Eggleton: Not even for adults? I read in the briefing
note from our analysts that we do know that, in fact, there is a
disproportionate number of people from the Black population:
Black inmates make up 9.5 per cent of the prison population,
although Blacks only represent 2.9 per cent of the general
population. Is there not a statistic involving Black youth, or
any other colour?
Le sénateur Eggleton : Pas même pour les adultes? J’ai lu dans
la note d’information de nos analystes que nous savons qu’en fait,
les Noirs sont surreprésentés dans la population carcérale. Ainsi,
les délinquants de race noire forment 9,5 p. 100 de cette
population, alors que les Noirs ne représentent que 2,9 p. 100
de la population canadienne. N’existe-t-il pas de statistiques sur
les jeunes Noirs ou les jeunes faisant partie d’un autre groupe
ethnique?
Mr. Matheson: In terms of police interventions, we don’t have
that at the national level.
M. Matheson : Pour ce qui est des interventions policières,
nous n’avons pas de telles statistiques à l’échelle nationale.
Senator Eggleton: What about in the penal system? This is in
the penal system, this statistic I just read to you.
Le sénateur Eggleton : Qu’en est-il du système pénal? La
statistique que je viens juste de vous lire est liée au système pénal.
3:12
Human Rights
Senator Meredith: The OCI report is the one that we’re basing
this on, and that’s corrections. My colleague’s question is: How is
that data collected?
Mr. Matheson: Within the corrections system.
Senator Eggleton: So we do have it from the corrections system,
just not from the police?
Mr. Matheson: Correct.
The Chair: We also have it for Aboriginal people. We have
some corrections statistics for Aboriginal people federally.
3-3-2014
Le sénateur Meredith : Nous nous fondons ici sur le rapport du
Bureau de l’enquêteur correctionnel. Il est donc question du
système correctionnel. La question de mon collègue est la
suivante : comment recueille-t-on les données?
M. Matheson : Elles sont recueillies au sein du système
correctionnel.
Le sénateur Eggleton : Donc, nous obtenons des données du
système correctionnel, et non pas seulement des services policiers?
M. Matheson : C’est exact.
La présidente : Nous avons aussi des données sur les
Autochtones. Nous disposons de certaines statistiques liées aux
services correctionnels pour les Autochtones, à l’échelle fédérale.
Mr. Matheson: In terms of interactions with police?
M. Matheson : Vous parlez des interactions avec la police?
The Chair: Yes.
La présidente : Oui.
Mr. Matheson: I’m afraid I would have to go back and check.
M. Matheson : Je crois bien que je vais devoir faire des
vérifications et vous revenir là-dessus.
The Chair: Could you please let us know? Thank you very
much.
La présidente : Pourriez-vous s’il vous plaît nous tenir au
courant? Merci.
Donald Piragoff, Senior Assistant Deputy Minister, Policy
Sector, Justice Canada: Good afternoon. Thank you for the
opportunity to be here with you today.
Donald Piragoff, sous-ministre adjoint principal, Secteur des
politiques, Justice Canada : Bon après-midi. Je vous remercie de
me donner l’occasion d’être ici avec vous aujourd’hui.
[Translation]
As the chair said, joining me today are Elizabeth Hendy and
Hana Hruska.
[English]
[Français]
Comme madame la présidente l’a déjà dit, je suis accompagné
aujourd’hui de Elizabeth Hendy et de Hana Hruska.
[Traduction]
We look forward to our discussion on funding support for
diversion and rehabilitation programs for visible minority youth.
We will particularly focus on how the Department of Justice’s
Youth Justices Services Funding Program and the Youth Justice
Fund are addressing the needs of this demographic. To a large
extent, funding programs of the Department of Justice are
focused on young persons who are already in conflict with the law
as opposed to crime prevention.
Nous nous réjouissons à la perspective de discuter du soutien
financier accordé aux programmes de déjudiciarisation et de
réadaptation s’adressant aux jeunes issus des minorités visibles.
Nous nous concentrerons tout particulièrement sur la façon dont
le Programme de financement des services de justice pour les
jeunes et le Fonds du système de justice pour les jeunes du
ministère de la Justice répondent aux besoins de ce groupe
démographique. Dans une large mesure, les programmes de
financement du ministère de la Justice sont axés sur les jeunes qui
ont déjà des démêlés avec la justice, plutôt que sur la prévention
de la criminalité.
Let me first provide an overview of the youth criminal justice
system. The federal, provincial and territorial governments share
joint responsibility for youth justice. The federal government is
responsible for criminal law, including the Criminal Code and the
Youth Criminal Justice Act, or YCJA, while, on the other hand,
the provinces and territories are responsible for the
administration of those two acts. The Youth Criminal Justice
Act, which governs Canada’s youth justice system, applies to
youth at least 12 years of age but under 18 years old who are
alleged to have committed criminal offences.
J’aimerais commencer par vous donner un aperçu du système
de justice pénale pour les jeunes. Il s’agit d’une responsabilité
conjointe des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.
Le gouvernement fédéral est responsable du droit pénal, y
compris le Code criminel et la Loi sur le système de justice
pénale pour les adolescents, tandis que les provinces et les
territoires sont responsables de l’application de ces deux lois. La
Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, qui régit
le système de justice pénale pour les jeunes au Canada, s’applique
aux jeunes qui ont au moins 12 ans, mais pas plus de 18 ans, et qui
sont accusés d’avoir commis une infraction criminelle.
3-3-2014
Droits de la personne
3:13
The act came into force in 2003. It introduced reforms to,
amongst other things, reduce the use of the courts and
incarceration in less serious cases, support the effective
reintegration of young persons released from custody, and
better take into account the interests of victims. It was amended
recently in 2012 to strengthen the ways in which the youth justice
system deals with repeat and violent offenders. The recent
changes were intended to respect the rights of the accused
without allowing these rights to take precedence over other
interests such as community safety.
La loi est entrée en vigueur en 2003. Elle a apporté des
réformes qui visaient entre autres à réduire le recours aux
tribunaux et à l’incarcération dans les cas les moins graves, à
appuyer la réinsertion sociale efficace des jeunes après leur remise
en liberté et à mieux tenir compte des intérêts des victimes. Elle a
été modifiée récemment, en 2012, afin de renforcer la façon dont
le système de justice pénale pour les jeunes traite les jeunes
contrevenants récidivistes et violents. Les changements apportés
récemment avaient pour objectif de respecter les droits des
accusés, tout en veillant à ce que ces droits ne passent pas avant
d’autres intérêts, comme la sécurité des collectivités.
The Youth Criminal Justice Act aims to reduce the overuse of
the formal court system and of custody for all youth by ensuring
that alternatives to charges and to custodial sentences are used
whenever appropriate. Under the act, a youth sentence must be
the least restrictive and most likely to rehabilitate and to promote
a sense of responsibility and an acknowledgment of the harm to
the victim in the community. The act specifically states that all
available sanctions other than custody that are reasonable in the
circumstances should be considered for all young persons.
La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents vise
à réduire la surutilisation des tribunaux et l’incarcération de tous
les jeunes en veillant à employer des mesures de rechange autres
que les accusations et les peines d’emprisonnement lorsque cela
est approprié. La loi prévoit que les peines imposées aux jeunes
doivent être moins restrictives, offrir les meilleures chances de
réadaptation et susciter le sens et la prise de conscience de ses
responsabilités, notamment la reconnaissance des dommages
causés à la victime dans la collectivité. La loi indique
précisément que toutes les mesures de rechange raisonnables,
autres que le placement sous garde, doivent être envisagées pour
tous les jeunes.
In addition, the declaration of principles in the Youth Criminal
Justice Act states that measures taken against young persons
should respect a variety of factors, including gender, ethnic,
cultural and linguistic differences.
En outre, la déclaration de principes figurant dans la Loi sur le
système de justice pénale pour les adolescents indique que les
mesures prises à l’égard des adolescents doivent viser à prendre en
compte divers facteurs, comme les différences ethniques,
culturelles, linguistiques et entre les sexes.
[Translation]
The provinces and territories are responsible for the
administration of the Youth Criminal Justice Act, including the
provision of youth justice programs and services.
[English]
[Français]
Les provinces et les territoires sont responsables de
l’administration de la Loi sur le système de justice pénale pour
les adolescents, y compris de la prestation de programmes et de
services de justice pour les jeunes.
[Traduction]
Let me speak specifically first about the Youth Justice Services
Funding Program. Through the Youth Justice Services Funding
Program and the Intensive Rehabilitative Custody and
Supervision Program — those are two separate programs — the
federal government provides financial support to the provinces
and territories for the delivery of programs and services that
target youth in conflict with the law.
Tout d’abord, j’aimerais parler plus précisément du
Programme de financement des services de justice pour les
jeunes. Grâce à ce programme et au Programme de placement et
de surveillance dans le cadre d’un programme intensif de
réadaptation — il s’agit de deux programmes distincts —, le
gouvernement fédéral offre un soutien financier aux provinces et
aux territoires pour l’exécution de programmes et la prestation de
services destinés aux jeunes qui ont des démêlés avec la justice.
The Youth Justice Services Program has existed since 1984
under various names. Federal support assists each province and
territory in providing a wide range of youth justice services and
programs. The funding agreements provide $141.7 million
annually for youth justice services that directly support the
policy objectives of the Youth Criminal Justice Act. Services,
programs and activities include diversion or extrajudicial
measures and sanctions, rehabilitative and reintegration
services, judicial interim release programs, intensive support and
Le Programme de financement des services de justice pour les
jeunes existe depuis 1984; au fil des ans, il a porté divers noms. Le
soutien accordé par le gouvernement fédéral aide chaque province
et territoire à offrir une vaste gamme de services et de
programmes de justice pour les jeunes. Les accords de
financement permettent d’allouer 141,7 millions de dollars par
année aux services de justice pour les jeunes qui appuient
directement les objectifs stratégiques de la Loi sur le système de
justice pénale pour les adolescents. Les services, les programmes
3:14
Human Rights
3-3-2014
supervision programs and other community-based sanctions. The
funding is particularly instrumental in supporting programs
designed to deal safely with the high-risk group of offenders.
et les activités comprennent des programmes de déjudiciarisation
et de mesures et de sanctions extrajudiciaires, des services de
réadaptation et de réinsertion, des programmes de mise en liberté
provisoire, des programmes de soutien intensif et de supervision
ainsi que d’autres sanctions communautaires. Le financement est
surtout essentiel pour appuyer les programmes visant à traiter en
toute sécurité avec les groupes de contrevenants à haut risque.
In youth custody centres administered by the provinces,
custodial staff work very hard to match youth justice services
with the individual needs of the youth. Staff are educated to create
an unbiased, accepting environment to meet the needs of young
people in order to enhance their experience within the youth
justice system. Custodial staff ensure that services accommodate
special needs and circumstances.
Dans les centres de détention pour les jeunes administrés par
les provinces, le personnel de garde travaille d’arrache-pied pour
trouver des services de justice pour les jeunes qui correspondent
aux besoins particuliers de chacun. Le personnel reçoit la
formation nécessaire pour être en mesure de créer un
environnement où règnent l’impartialité et la tolérance et d’ainsi
répondre aux besoins des jeunes, ce qui permet d’améliorer leur
expérience au sein du système de justice. Le personnel de garde
veille à ce que les services correspondent aux situations et aux
besoins particuliers.
As I mentioned, the Youth Justice Services Funding Program
provides all provinces and territories with an annual financial
contribution totalling $141.7 million to assist in the delivery of
various programs and services that target young persons in
conflict with the law. These programs and services aim to protect
the public by, first, encouraging proportionate and timely
accountability for unlawful behaviour; second, encouraging
effective rehabilitation and reintegration of young persons into
the community; and third, reserving the formal court process and
custody for the most serious offenders.
Comme je l’ai mentionné, le Programme de financement des
services de justice pour les jeunes verse à l’ensemble des provinces
et des territoires une contribution financière annuelle totalisant
141,7 millions de dollars afin de les aider à offrir divers
programmes et services destinés aux jeunes qui ont des démêlés
avec la justice. Ces programmes et services ont pour objectif de
protéger la population, premièrement, en encourageant
l’adoption de mesures de responsabilisation proportionnées et
opportunes pour les comportements illégaux; deuxièmement, en
soutenant la réadaptation et la réintégration efficaces des jeunes
dans leur collectivité; et troisièmement, en ciblant le processus
officiel du tribunal pour les infractions les plus graves.
I would like to say a few words about the Intensive
Rehabilitative Custody and Supervision Program. In addition to
the youth justice services funding agreements, provinces and
territories have supplementary agreements in place to assist the
jurisdictions in providing specialized assessment and treatment
services for serious, violent youth offenders with mental health
problems. These supplementary agreements fall under the
Intensive Rehabilitative Custody and Supervision Program.
There is approximately $11 million made available to provinces
and territories under this program.
J’aimerais parler brièvement du Programme de placement et de
surveillance dans le cadre d’un programme intensif de
réadaptation. Outre les accords de financement relatifs aux
services de justice pour les jeunes, les provinces et les territoires
ont mis en œuvre des accords supplémentaires en vue d’aider les
autorités à offrir des services de traitement et d’évaluation
spécialisés pour les jeunes qui ont des problèmes de santé
mentale et sont condamnés pour crime grave avec violence. Ces
accords supplémentaires font partie du Programme de placement
et de surveillance dans le cadre d’un programme intensif de
réadaptation. Une somme d’environ 11 millions de dollars est
mise à la disposition des provinces et des territoires dans le cadre
de ce programme.
Under this program, eligible costs associated with the
treatment of these serious, high-risk, high-need youth may
include, for example, reports and assessments, custodial
programming, and rehabilitative and reintegration services. The
funding goes as a priority to intensive therapeutic programs for
individual youth to reduce the likelihood of future offending.
Dans le cadre de ce programme, les coûts admissibles associés
au traitement des jeunes souffrant de problèmes graves, ayant de
grands besoins et représentant un risque élevé peuvent
comprendre, entre autres, des rapports et des évaluations, des
programmes offerts en milieu carcéral de même que des services
de réadaptation et de réinsertion. Le financement est alloué en
priorité aux programmes thérapeutiques intensifs particuliers
offerts aux jeunes afin de réduire les risques de récidive.
I would now like to talk about the Youth Justice Fund, the
third major fund. The Department of Justice administers the
Youth Justice Fund, a $4.5 million discretionary grants and
contributions program, that supports projects that encourage a
J’aimerais maintenant parler du Fonds du système de justice
pour les jeunes, le troisième programme de financement en
importance. Le ministère de la Justice administre le Fonds du
système de justice pour les jeunes, un programme de subventions
3-3-2014
Droits de la personne
3:15
more effective youth justice system, responds to emerging youth
justice issues, and enables greater citizen and community
participation in the youth justice system.
et de contributions discrétionnaires d’une valeur de 4,5 millions de
dollars, qui est destiné à appuyer des projets visant à offrir un
système de justice plus efficace pour les jeunes, à répondre à de
nouveaux enjeux en matière de justice pour les jeunes et à assurer
une plus grande participation des citoyens et des collectivités dans
le système de justice pour les jeunes.
The Youth Justice Fund has three components, or three
smaller separate funds. They include the main fund, the drug
treatment fund and the guns, gangs and drugs fund. The main
fund supports a broad range of projects with youth involved in
the justice system; the drug treatment component supports drug
treatment programming for youth involved in the justice system;
and the guns, gangs and drugs component responds to youth in
the justice system who are involved in or vulnerable to gun, gang
and drug activities. It promotes the provision of communitybased educational, cultural, sporting and vocational opportunities
to these youth to allow them to make smart choices and resist
gang involvement or exit gangs.
Le Fonds du système de justice pour les jeunes comporte trois
volets, ou trois fonds distincts de moindre valeur. Il s’agit du
Fonds principal, du volet Traitement de la toxicomanie et du
volet Armes à feu, gangs et drogues. Le Fonds principal finance
une vaste gamme de projets auprès des jeunes qui ont des démêlés
avec le système de justice, tandis que le volet Traitement de la
toxicomanie soutient des programmes de traitement de la
toxicomanie pour les jeunes ayant des démêlés avec le système
de justice. Quant au volet Armes à feu, gangs et drogues, il vise à
prendre des mesures à l’égard des jeunes impliqués dans des
activités liées aux armes à feu, aux gangs et aux drogues ou
susceptibles de l’être, et il fait aussi la promotion d’activités
communautaires éducatives, culturelles, sportives et
professionnelles pour permettre à ces jeunes de faire des choix
judicieux, de résister à la tentation de devenir membres d’un gang
ou de les inviter à en sortir.
Youth justice funds generally involve youth in the deep end of
the youth criminal justice system; that is, those in custody or on
probation and those who have high needs. This includes, in
particular, gang-involved youth. Projects last up to three years.
Le Fonds du système de justice pour les jeunes est
généralement destiné aux jeunes qui sont perdus dans les
méandres du système de justice pénale pour les jeunes, c’est-àdire ceux qui sont en détention ou en probation et ceux qui ont de
grands besoins. Il est plus particulièrement question ici des jeunes
qui sont membres d’un gang. Ces projets peuvent durer jusqu’à
trois ans.
The fund also supports smaller projects, such as community
assessments, workshops and planning sessions. For example,
four years ago, the fund sponsored community assessments
and workshops across the country to develop anti-youth gang
action plans. Many of these took place in communities with
high visible minority populations, such as Toronto’s 13 priority
neighbourhoods.
Le fonds appuie également des projets de moindre envergure,
comme des évaluations communautaires, des ateliers et des
séances de planification. Par exemple, il y a quatre ans, le fonds
a financé des évaluations et des ateliers communautaires à
l’échelle du pays en vue d’élaborer des plans d’action visant à
lutter contre les gangs. Bon nombre de ces activités se sont
déroulées dans des collectivités où les groupes minoritaires sont
bien présents, comme les 13 quartiers prioritaires de Toronto.
The Youth Justice Fund’s flexibility makes it a valuable
addition to our tool kit in addressing youth crime. The fund has
no pre-determined regional allocation and is therefore able to
effectively target priority regions and youth populations.
Compte tenu de la souplesse accrue qu’il offre, le Fonds du
système de justice pour les jeunes constitue un outil
supplémentaire utile pour s’attaquer à la criminalité chez les
jeunes. Aucun montant n’a été prédéterminé pour chaque région,
ce qui signifie que les fonds peuvent être utilisés pour cibler
efficacement les régions prioritaires et certains groupes de jeunes.
The fund has supported many pilot projects to assist visible
minority youth who have come into conflict with the law. For
example, here in Ottawa, it is supporting the Rideauwood
Addiction and Family Services initiative for an addiction
treatment project involving Somali-Canadian youth. Staff at
Rideauwood found that for cultural reasons their regular
programming was less effective for these youth. In response,
they developed programming using addictions workers from the
Le fonds a appuyé divers projets pilotes destinés à aider les
jeunes issus des minorités visibles qui ont des démêlés avec la
justice. Par exemple, ici, à Ottawa, le fonds appuie une initiative
de l’organisme Rideauwood Addiction and Family Services, qui
vise à traiter la toxicomanie chez les jeunes Canadiens d’origine
somalienne. Le personnel de l’organisme a déterminé que le
programme régulier était moins efficace pour ces jeunes, pour
des raisons culturelles. Il a donc élaboré un programme en
3:16
Human Rights
3-3-2014
Somali community to act as role models and provide culturally
sensitive interventions for Somali youth.
collaboration avec des intervenants en toxicomanie de la
communauté somalienne, qui agissent comme modèles et offrent
des interventions tenant compte des différences culturelles aux
jeunes Somaliens.
Another example is the 9 Heavens Healing Academy, which
relocated mostly African-Canadian youth involved in gangs from
the Jane-Finch area of Toronto to Georgian Bay for weekend
camps with a curriculum involving life skills and substance abuse
counselling and vocational learning.
Un autre exemple est la 9 Heavens Healing Academy, qui a
envoyé des jeunes, en majorité des Afro-Canadiens, du secteur
Jane-Finch de Toronto à la baie Géorgienne, afin qu’ils
participent à des camps de fin de semaine en vue d’améliorer
leurs aptitudes à la vie quotidienne, de recevoir des services de
counselling en matière de toxicomanie et de suivre une formation
professionnelle.
In Winnipeg, the fund is supporting the New Directions
program in implementing an educational and life skills program
for newcomer refugee youth involved in the youth justice system
and in gangs, or at risk of gang involvement. The program
assesses the life, education and work skill levels of the youth and
creates learning plans, mentors and supports the youth through
development of a résumé and provides assistance in finding jobs
or returning to school.
À Winnipeg, le fonds appuie le programme New Directions,
qui vise à mettre en œuvre un programme d’éducation et de
dynamique de la vie pour les jeunes réfugiés qui viennent d’arriver
au pays et qui ont des démêlés avec la justice, font partie de gangs
ou risquent d’en faire partie. Le programme permet d’évaluer les
niveaux de compétences des jeunes, notamment en ce qui
concerne les aptitudes de vie, l’éducation et le travail, d’élaborer
des programmes d’apprentissage et de mentorat et d’offrir des
mesures de soutien aux jeunes en les aidant à rédiger un
curriculum vitæ. Il les aide également à trouver un emploi ou à
reprendre leurs études.
[Translation]
[Français]
These are but a few examples. More information, including
project descriptions, summaries of project evaluation results, and
in some cases, project videos, is available on the Justice Canada
website.
Il ne s’agit là que de quelques exemples. Vous trouverez sur le
site web de Justice Canada des renseignements additionnels, y
compris les descriptions de projets, les résumés des résultats
d’évaluation des projets et, dans certain cas, des vidéos sur les
projets.
I hope that this provides you with a clear overview of some
Justice Canada initiatives to address the over-representation of
visible minority youth in the criminal justice system. We would be
pleased to take your questions.
J’espère que cela vous donne un bon aperçu de certaines des
initiatives du ministère de la Justice qui visent à régler la
surreprésentation des jeunes des minorités visibles ayant des
démêlés avec la justice pénale. Nous répondrons maintenant avec
plaisir à vos questions.
[English]
[Traduction]
Senator Hubley: Welcome and thank you for your
presentations.
La sénatrice Hubley : Je vous souhaite la bienvenue et vous
remercie de vos exposés.
I must say the number of programs that are there to support
young people when they do come into conflict with the justice
system is commendable. In the event that they are facing charges,
what support system is in place to give them the needed
information and education so that they can make the decisions
that are best for them as they progress through the justice system?
Are there such programs available and, if so, can you give us an
insight into them?
Je dois dire que le nombre de programmes offerts pour aider les
jeunes qui ont des démêlés avec la justice est digne d’éloges.
Pouvez-vous nous dire quel système de soutien a été mis en place
pour les jeunes qui font face à des accusations afin de leur donner
les renseignements nécessaires pour qu’ils puissent prendre les
décisions qui leur conviennent le mieux dans le cadre de leur
cheminement dans le système de justice? Est-ce qu’il existe des
programmes de ce type, et le cas échéant, pourriez-vous nous en
dire plus à ce sujet?
Mr. Piragoff: Because these involve criminal charges, even
though they are proceeded with under the Youth Criminal
Justice Act, youth are entitled to legal aid if they qualify or have
M. Piragoff : Puisqu’il est question ici d’accusations
criminelles, même si les jeunes sont assujettis à la Loi sur le
système de justice pénale pour les adolescents, ils ont droit à l’aide
3-3-2014
Droits de la personne
3:17
their own counsel. Primarily, advice would be provided by legal
counsel or through legal aid programs.
juridique s’ils y sont admissibles ou ils peuvent être représentés
par leur propre avocat. Les conseils seraient principalement
fournis par des avocats ou dans le cadre des programmes d’aide
juridique.
Senator Hubley: I was somewhat taken aback at thinking of a
12-year-old who might be involved in that system, and I believe 12
to 18 was the figure. If that young individual does not have
parental support there, would the advice from either legal aid or a
lawyer be sufficient for that young person to understand exactly
the system that he is being faced with and what the repercussions
might be?
La sénatrice Hubley : J’ai été quelque peu surprise d’apprendre
qu’un jeune de 12 ans pourrait se retrouver dans ce système, et je
crois que vous avez parlé des jeunes âgés de 12 à 18 ans. Si une
personne aussi jeune ne peut pas compter sur le soutien de ses
parents, est-ce que les conseils de personnes travaillant à l’aide
juridique ou d’un avocat seront suffisants pour l’aider à
comprendre exactement le fonctionnement du système dans
lequel elle risque de se retrouver et les répercussions?
Mr. Piragoff: There are obligations under the act for the
involvement of parent, the notification of parents, so it’s not quite
like the adult system where the accused is on their own. There are
obligations to involve the parents.
M. Piragoff : La loi prévoit qu’un parent doit participer au
processus et être avisé de la situation, donc, ce n’est pas tout à fait
comme le système pour les adultes, où l’accusé doit se débrouiller
par lui-même. Il est nécessaire de faire intervenir les parents.
Senator Hubley: Is that something that would be a priority,
that a young person would have that kind of support with them?
La sénatrice Hubley : Est-ce qu’il s’agit d’une priorité? Est-ce
qu’on veille à ce que les jeunes puissent compter sur un tel
soutien?
Mr. Piragoff: It is a requirement in the law.
M. Piragoff : C’est l’une des exigences de la loi.
Senator Hubley: Okay, thank you.
La sénatrice Hubley : D’accord, merci.
The Chair: Before you go to the next question, we have a
follow-up question.
La présidente : Avant de passer à une autre question, le
sénateur veut poser une question complémentaire.
Senator Meredith: With respect to those young people who are
not given adequate representation, we see a correlation between
those individuals who get legal aid or get counsel at the time of
being arrested. Being involved within the system, I found that
especially among visible minorities — as someone who has been
working in the area for 12 years — there has been an
overrepresentation of those individuals who are not getting
access to counsel right away. Basically there is no counsel, there is
no parental follow-up and they are more likely to be involved in
the system compared to those who receive counsel. Can you
elaborate the steps being taken to ensure young people are getting
proper counsel, because there is a correlation between those who
do not and the higher rates of incarceration?
Le sénateur Meredith : Pour ce qui est des jeunes qui ne sont
pas représentés adéquatement, nous constatons que le fait
d’obtenir de l’aide juridique ou de pouvoir compter sur les
services d’un avocat a une incidence directe pour une personne qui
se fait arrêter. Étant donné que j’ai fait partie du système, j’ai pu
constater, surtout chez les jeunes issus des minorités visibles — car
j’ai travaillé dans le domaine pendant 12 ans —, qu’un très grand
nombre d’entre eux n’ont pas accès aux services d’un avocat surle-champ. Essentiellement, ces jeunes n’ont pas accès aux services
juridiques et ne peuvent pas compter sur leurs parents pour
assurer un suivi, et donc, ils sont plus susceptibles de se retrouver
dans le système de justice que ceux qui bénéficient de services
juridiques. Pourriez-vous nous en dire plus sur les mesures qui
sont prises pour veiller à ce que ces jeunes gens puissent recevoir
des services juridiques adéquats, étant donné qu’il existe un
rapport direct entre l’absence de tels services et les taux
d’incarcération plus élevés?
Mr. Piragoff: As I mentioned, we share this area with the
provinces and territories. While we fund programs to provide
funding to the provinces, it is the provinces that administer the
funds, prosecute and investigate the offences, and administer legal
aid programs. That is beyond our ability to comment on.
M. Piragoff : Comme je l’ai mentionné, nous partageons cette
responsabilité avec les provinces et les territoires. Même si nous
finançons des programmes qui visent à allouer des fonds aux
provinces, ce sont elles qui administrent les fonds, intentent les
poursuites, font enquête sur les infractions et administrent les
programmes d’aide juridique. Nous ne sommes donc pas en
mesure de formuler des commentaires à ce sujet.
Senator Meredith: The government is funding the provinces, so
in terms of effectiveness of funding as to the results being achieved
with of the number of young people who are getting caught up in
the system, I’m asking if there is some sort of follow-up with
Le sénateur Meredith : Le gouvernement accorde du
financement aux provinces, donc, pour ce qui est de l’efficacité
du financement et des résultats qu’il permet d’atteindre en ce qui
concerne certains jeunes qui se retrouvent dans le système, je me
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Human Rights
3-3-2014
regard to the province reporting back to the federal government
to say this is how we’ve allocated our funds and where we see gaps
where we possibly need more funding.
demande si on effectue un certain suivi auprès de la province afin
qu’elle rende des comptes au gouvernement fédéral, l’informe de
la façon dont les fonds ont été alloués et lui signale les écarts de
financement qui pourraient être comblés.
Mr. Piragoff: With the Youth Justice Services Funding
Program I mentioned, we do negotiate goals and objectives with
the provinces. That is part of the condition of the funding. It is
not a pure transfer program where we just hand over the money.
There are some goals. Our lead Canadian negotiator, Elizabeth
Hendy, is sitting to my left. I will let her answer the question as to
how we set goals and objectives with the provinces and how we
follow up with them.
M. Piragoff : Dans le cadre du Programme de financement des
services de justice pour les jeunes, dont j’ai parlé plus tôt, nous
négocions des buts et des objectifs avec les provinces. C’est l’une
des conditions associées à l’octroi de fonds. Il ne s’agit pas d’un
véritable programme de transfert, dans le cadre duquel nous
transférons simplement l’argent. Certains buts doivent être
atteints. La principale négociatrice du gouvernement du
Canada, Elizabeth Hendy, est assise à ma gauche. Je vais la
laisser répondre à votre question et vous expliquer comment nous
établissons des buts et des objectifs en collaboration avec les
provinces et les moyens que nous prenons pour en assurer le suivi.
Elizabeth Hendy, Senior Director, Policy Implementation
Directorate, Justice Canada: First of all, to get back to your
first point, under the act there are specific requirements to ensure
youth are provided appropriate counsel because of their young
age. That is taken into consideration and is part of the preamble
of the act. Unlike the adult system, it is to make sure no youth
goes unrepresented.
Elizabeth Hendy, directrice principale, Direction de la mise en
œuvre des politiques, Justice Canada : J’aimerais tout d’abord
revenir sur le premier aspect que vous avez mentionné. La loi
prévoit notamment qu’il faut veiller à ce que les jeunes bénéficient
de services juridiques adéquats, étant donné leur jeune âge. Cet
aspect est pris en compte et il en est question dans le préambule de
la loi. S’il en est ainsi, c’est que nous voulons avoir la certitude
que tous les jeunes seront représentés, ce qui est très différent du
système pour les adultes.
As my ADM mentioned, we do have specific requirements we
ask that the provinces adhere to. The agreement is tailored and
flexible enough so that depending on the youth population within
a particular province, they can tailor the requirements to meet the
needs of that offender population. In Ontario, for example, if
there is a greater visible minority population than in other
jurisdictions, they would tailor the programs appropriately. They
have to report back to us at the end of each year and explain how
they use the federal funding.
Comme mon sous-ministre adjoint l’a mentionné, nous avons
des exigences particulières et nous demandons aux provinces de
les respecter. L’accord est taillé sur mesure et offre une assez
grande marge de manœuvre : ainsi, les exigences peuvent être
adaptées en fonction des caractéristiques propres aux jeunes de la
province de manière à répondre aux besoins des jeunes
contrevenants. Par exemple, si les minorités visibles sont plus
présentes en Ontario que dans une autre province, les
programmes pourront être adaptés en fonction de ces groupes.
Les provinces doivent faire rapport à la fin de chaque année et
expliquer comment elles ont utilisé les fonds alloués par le
gouvernement fédéral.
Senator Hubley: I’ll just clarify that, thank you. There is not a
youth program, if a young person was charged, where they would
be nurtured into knowing what to expect from the system he is
facing from a legal standpoint or what options are available to
them. I still go back to thinking of the very young youth that are
involved here and how they would be very easily swept along by a
system that they are not really comfortable with or know a lot
about. I wonder if there is a program that might be there to
intervene at that point in time for these youth.
La sénatrice Hubley : Merci. J’aimerais tout simplement faire
une précision à ce sujet. Il ne semble pas y avoir de programme
destiné aux jeunes qui font face à des accusations et ayant pour
objectif de leur offrir de l’aide, de leur indiquer à quoi ils doivent
s’attendre du point de vue juridique dans le cadre de ce système et
de leur fournir des renseignements sur les options qui s’offrent à
eux. Je pense encore aux plus jeunes qui se retrouvent dans le
système et je me dis qu’ils pourraient très facilement se laisser
entraîner dans ce système qu’ils ne connaissent pas bien ou avec
lequel ils ne sont pas à l’aise. Je me demande s’il existe un
programme qui pourrait leur venir en aide à ce moment-là.
Ms. Hendy: From a correctional perspective where the Youth
Justice Services Funding Program would kick in on the
correctional side, there is programming specific to the age of
the youth. A 12-year-old would not be placed in the same area
within a facility as a 17-year-old or 18-year-old. The age of the
Mme Hendy : Du point de vue correctionnel, le Programme de
financement des services de justice pour les jeunes offrirait de
l’aide. Il existe des programmes ciblés selon l’âge des jeunes. Ainsi,
un jeune de 12 ans ne se retrouverait pas dans le même secteur
d’un établissement qu’un jeune de 17 ans ou de 18 ans. L’âge du
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Droits de la personne
3:19
youth and the needs, in terms of intellectual capability of that
youth to understand his or her reasons for where they are, are
definitely taken into consideration.
jeune et ses besoins — notamment la capacité intellectuelle du
jeune de comprendre les raisons pour lesquelles il se retrouve à cet
endroit — sont bel et bien pris en compte.
Senator Hubley: You’ve pointed out several of the programs to
us. Mr. Matheson, I think in your presentation you talked about
the Wraparound Surrey Project, Stepping Out and so on. Are
these ongoing projects? Do we have the confidence to know that
there will be programs like this for our young people? Do they
have a time frame, and is it a case of funding running out at some
point in time and, if so, what do we do after that?
La sénatrice Hubley : Vous nous avez parlé de plusieurs
programmes. Monsieur Matheson, je crois que dans le cadre de
votre exposé, vous nous avez entre autres parlé des projets
Wraparound Surrey et Stepping Out. S’agit-il de projets continus?
Pouvons-nous être certains que des programmes de ce type seront
offerts aux jeunes? Est-ce qu’il est prévu que ces projets prennent
fin, notamment parce qu’on cessera un jour de leur allouer des
fonds, et le cas échéant, qu’allons-nous faire lorsqu’ils prendront
fin?
Mr. Matheson: The funding we provide is for up to five years.
It’s understood by the project proponents at the time. The main
objective of our funding is actually to look at how these models
work, and I mentioned the robust evaluation. We take the
knowledge we garner from these projects and make it available to
provincial and municipal governments and community
associations so they do know what evidence-based types of
interventions actually work with these individuals.
M. Matheson : Nous offrons un financement pour une période
maximale de cinq ans. Les promoteurs de projet en sont informés
dès le départ. Lorsque nous allouons des fonds à ces projets, notre
principal objectif est de voir comment ces modèles fonctionnent.
J’ai mentionné que nous menons des études d’évaluation
rigoureuses. Nous partageons les connaissances recueillies dans
le cadre de ces projets avec les gouvernements provinciaux, les
administrations municipales et les associations communautaires
afin qu’ils sachent quels types d’interventions fonctionnent auprès
de ces personnes.
In terms of the sustainability of programming, federal,
provincial and territorial ministers responsible for justice and
public safety have actually made crime prevention a priority. In
November, they approved an action plan, part of which is looking
at how these evidence-based practices can be more broadly put in
place. Sustainability is one of the topics we will be looking at over
the next number of years.
Quant à la viabilité des programmes, les ministres fédéraux,
provinciaux et territoriaux responsables de la sécurité publique et
de la justice ont fait de la prévention du crime une priorité. En
novembre, ils ont approuvé un plan d’action dont l’un des volets
porte sur la façon de mettre plus globalement en œuvre les
pratiques fondées sur des données probantes. La viabilité est l’un
des éléments que nous étudierons au cours des prochaines années.
Senator Meredith: Thank you again for your presentations.
This is a very important topic we are studying here with respect to
the overrepresentation of visible minorities in our correction
system. It goes to the root causes of some of these issues.
Le sénateur Meredith : Je vous remercie de vos présentations.
Nous étudions aujourd’hui un sujet fort important, lié à la
surreprésentation des minorités visibles dans le système carcéral.
C’est un sujet qui touche aux causes premières de certains des
problèmes énoncés.
We talk about crime prevention and funding — $36 million
you mention, Mr. Matheson — and I’m always concerned about
the effectiveness of these programs because we see the numbers
keep rising. The OCI report indicated there is a 40 per cent
increase, and they start out from youth.
Nous parlons du financement de la prévention du crime —
vous avez parlé de 36 millions de dollars, monsieur Matheson. Je
me préoccupe toujours de l’efficacité de ces programmes, car les
chiffres ne cessent d’augmenter. Le rapport du Bureau de
l’enquêteur correctionnel indique qu’il y a une augmentation de
40 p. 100, et que celle-ci touche d’abord les jeunes.
How can we be more effective in preventing our youth from
going into the criminal justice system and then, further, being
incarcerated and becoming mature criminals?
Comment pouvons-nous empêcher plus efficacement les jeunes
d’avoir des démêlés avec le système de justice pénale, d’être
incarcérés et de devenir des criminels à l’âge adulte?
We see the results of having young people over the last 12 years
— and the escalation of gun violence in 2002-03 and 2005, the
‘‘year of the gun,’’ with people being gunned down in
metropolitan Toronto. We consistently see these young people
being charged with heinous crimes and individuals being removed
from society.
Nous voyons les résultats des 12 dernières années, car pendant
la montée de la violence armée en 2002-2003 et l’année des armes
à feu, en 2005, au cours de laquelle des gens ont été abattus dans
la communauté urbaine de Toronto, des jeunes ont régulièrement
été accusés de crimes odieux et mis à l’écart de la société.
My concern has always been: What are we doing to educate
those individuals while they are incarcerated, to make them better
citizens when they leave the system so we don’t see them become
Je me suis toujours soucié des mesures prises pour éduquer ces
jeunes pendant leur incarcération, pour qu’ils deviennent de
meilleurs citoyens à leur libération et non des récidivistes? Auriez-
3:20
Human Rights
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repeat offenders? Could both of you please elaborate with respect
to not only the youth side of it, but even more so on the crime
prevention side?
vous tous les deux l’obligeance de nous donner plus de détails non
seulement en ce qui concerne les jeunes, mais aussi en ce qui
concerne la prévention de la criminalité?
Mr. Matheson: In terms of crime prevention, the risk factors
and protective factors are things we look at, and I talked a bit
about them in my presentation. But as individuals go into these
projects, we evaluate what their situation is in terms of attitudes,
knowledge, contact with police — all prior to actually going
through the interventions — and then we follow them through the
interventions and see at the end of project what the results are.
M. Matheson : Pour ce qui est de la prévention du crime, nous
analysons les facteurs de risque et les facteurs de protection. J’en
ai brièvement parlé pendant ma présentation. Lorsqu’une
personne participe à l’un des projets, nous évaluons son
attitude, ses connaissances et les contacts qu’elle a eus avec la
police avant de commencer l’intervention. Puis, nous suivons son
cheminement tout au long de l’intervention afin de voir quels sont
les résultats à la fin du projet.
We are able to determine what works in different communities
for different groups. There are a number of models we test, but we
actually do them in different communities in the North, large
municipalities and smaller communities. In each case, we look at
what the results are within that environment.
Nous arrivons à déterminer ce qui fonctionne pour différents
groupes dans différentes communautés. Nous évaluons un certain
nombre de modèles que nous appliquons dans différentes
collectivités du Nord, dans de grandes municipalités et dans de
petites localités. Chaque fois, nous analysons les résultats obtenus
dans le cadre du milieu en question.
We started this in 2008. It takes a long time to actually get that
type of information. It’s quite intensive in terms of tracking data
at an individual level. But it has been a real success in terms of the
community associations that access the funding; they understand
the value of having this evidence and are now starting use that to
build community support for ongoing work for where the models
work.
Nous avons commencé en 2008. Il faut beaucoup de temps
pour recueillir ce genre d’information. Suivre l’évolution de
données à l’échelle individuelle demande des efforts soutenus.
Mais cette démarche connaît un franc succès auprès des
associations communautaires qui reçoivent du financement; elles
comprennent l’importance de ces données et commencent à s’en
servir pour obtenir le soutien de la communauté afin de continuer
le travail là où les modèles fonctionnent.
Mr. Piragoff: With respect to the question of recidivism and
the type of projects or programs we have, I will ask Ms. Hruska
to describe the projects we have to deal with youth and recidivism.
M. Piragoff : En ce qui concerne les programmes et les projets
dont nous disposons pour lutter contre le récidivisme, j’inviterais
madame Hruska à parler de nos projets d’intervention auprès des
jeunes pour prévenir la récidive.
Hana Hruska, Director, Programs & Corporate Affairs, Youth
Justice and Strategic Initiatives Section, Justice Canada: As
Mr. Piragoff mentioned, the Youth Justice Fund deals with
projects for youths already in the criminal justice system. So this
is a slightly different and smaller population than Mr. Matheson’s
programs.
Hana Hruska, directrice, Programmes et affaires corporatives,
Section de la Justice applicable aux jeunes et des initiatives
stratégiques, Justice du Canada : Comme l’a indiqué monsieur
Piragoff, le Fonds du système de justice pour les jeunes finance
des projets qui s’adressent à des jeunes ayant déjà eu des démêlés
avec le système de justice pénale. Il s’agit donc d’une population
légèrement différente et plus restreinte que celle visée par les
programmes de M. Matheson.
Our projects also have evaluations. We track the youth as they
go through the project, not only in terms of how much contact
they have with the criminal justice system but also other factors
that we see are very related, such as: Are the youth going to
school? Do they have an attachment to the workforce? What are
the relationships with their family? Are they building relationships
with pro-social peers?
Nos projets prévoient aussi des évaluations. Nous suivons le
cheminement du jeune dans le cadre du projet, en tenant compte
non seulement du nombre de fois où il a eu affaire au système de
justice pénale, mais aussi d’autres facteurs qui sont très
étroitement reliés. Par exemple, le jeune va-t-il à l’école? Fait-il
partie de la population active? Quelles relations entretient-il avec
sa famille? Fréquente-t-il des pairs ayant des attitudes prosociales?
In general, we get evaluations for those projects and see
that, generally, the youth are impacted by the programs. We also
make a strong effort to share the findings from these programs
with other stakeholders, such as provinces and territories, and
community groups, because many of our projects are run by
community groups. For example, we have webcasts to share
information learned from these projects so that these types of
interventions can be replicated in other parts of the country.
Normalement, ces projets font l’objet d’une évaluation, et règle
générale, celle-ci montre que les programmes ont un effet sur les
jeunes. Nous déployons également beaucoup d’énergie pour
communiquer les conclusions de ces programmes à d’autres
intervenants, comme les provinces, les territoires et les groupes
communautaires, car ces derniers gèrent un grand nombre de
projets. Par exemple, nous avons des webémissions pour partager
l’information recueillie dans le cadre des projets et faire en sorte
qu’on puisse reproduire ce genre d’interventions ailleurs au pays.
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Droits de la personne
3:21
Senator Meredith: Are they being effective in terms of your
statistics? They give you reports. Have they shown a decrease in
terms of certain communities that are being impacted by these
young people who are getting into drugs, gangs and so forth? Are
positive changes being made?
Le sénateur Meredith : Vos statistiques montrent-elles si c’est
efficace? On vous remet des rapports. Montrent-ils une
diminution du nombre de jeunes qui, dans certaines
communautés, joignent un gang, consomment de la drogue ou
autre chose du genre? Obtient-on des changements positifs?
Ms. Hruska: There are positive changes being made in the
course of the youth’s involvement with projects. Tracking the
youth once they exit the criminal justice system is more difficult.
Mme Hruska : Il y a des changements positifs pendant la
période où le jeune participe au projet. Il est plus difficile de suivre
son cheminement lorsqu’il sort du système de justice pénale.
Senator Meredith: Why, then, is there not a mechanism in place
to say that this individual has been in contact with some sort of
support system? Why is there not a recommendation that we track
that individual to ensure they do not further offend and be caught
up further in the system?
Le sénateur Meredith : Dans ce cas, pourquoi n’y a-t-il pas un
mécanisme en place indiquant que la personne a été en contact
avec une forme de système de soutien? Pourquoi ne recommandet-on pas que nous suivions le cheminement de ces gens afin de
nous assurer qu’ils ne récidivent pas et n’ont pas d’autres démêlés
avec le système?
Mr. Piragoff: The Youth Justice Act holds youths accountable.
It is not a welfare act; it’s basically a mechanism to hold them
accountable for any crimes that they may have committed. Like
the adult system, once you do your time, you do your time; once
the youth has essentially finished his or her sentence, even though
that sentence might be in the community, it’s over. It then
becomes another job of other agencies, such as social welfare. The
criminal justice system loses control of the individual once the
probationary period ends or once their formal probation or
conditional release ends.
M. Piragoff : La Loi sur le système de justice pour les jeunes
tient les jeunes responsables. Ce n’est pas une loi sur le bien-être
social. En fait, c’est un mécanisme pour les tenir responsables de
tous les crimes qu’ils ont pu commettre. Comme dans le système
pour adultes, il faut purger sa peine. Lorsque c’est fait, que le
jeune a purgé toute sa peine, même si c’est au sein de la
collectivité, c’est fini. Ce sont alors d’autres organismes qui
prennent la relève, par exemple, le bien-être social. Le système de
justice pénal n’exerce plus de contrôle sur la personne une fois la
période de probation ou de libération conditionnelle terminée.
Senator Meredith: So there is no formal tracking of them
whatsoever?
Le sénateur Meredith : Ainsi, il n’y a aucune forme de suivi
officiel?
Mr. Piragoff: Not once they are totally out of the system.
M. Piragoff : Pas à partir du moment où ils quittent
entièrement le système.
Senator Eggleton: First, let me try to see what we have here in
terms of data collected. I mentioned earlier a number for Black
inmates: 9.5 per cent of the prison population, but they represent
only 2.9 per cent of the general population. So there are some
statistics.
Le sénateur Eggleton : Voyons tout d’abord quelles sont les
données recueillies. J’ai indiqué plutôt que les détenus noirs
comptent pour 9,5 p. 100 de la population carcérale, mais qu’ils
ne représentent que 2,9 p. 100 de population générale. Il y a donc
quelques statistiques.
But then I note that it is not disaggregated based on race in
Canada, and it is difficult to analyze the overrepresentation of
visible minorities in the criminal justice system. We seem to have
some data, but we don’t have data. I think Mr. Matheson pointed
out that it is not available from the police, but there is data that
seems to be available from the correctional system.
Toutefois, je constate que ces données ne sont pas réparties
selon les races au Canada, et qu’il est difficile d’analyser la
surreprésentation des minorités visibles dans le système de justice
pénale. Nous semblons avoir des données, mais en fait, nous n’en
avons pas. Je crois que M. Matheson a mentionné qu’on ne peut
pas obtenir les données de la police. Pourtant il semble possible
d’en obtenir du système correctionnel.
Can I get it straight? How reliable is the information we have?
What additional information would be helpful to get a better
handle on exactly what the visible minority population is in terms
of running into the criminal justice system?
J’aimerais savoir à quoi m’en tenir? Quelle est la fiabilité des
données dont nous disposons? Quels renseignements
supplémentaires permettraient de savoir plus exactement quelle
part de la population issue de minorités visibles a des démêlés avec
la justice?
The Chair: If I may add a supplementary, I am confused about
whether there is any data to clarify the stats regarding youth. Do
we know if there is overrepresentation of Black youth in the
prison system? We don’t have the data. We don’t even have the
data for visible minorities. What data do we have?
La présidente : Si je puis me permettre une question
supplémentaire. Je n’arrive pas à voir s’il y a des données
permettant de préciser les statistiques sur les jeunes. Savons-nous
s’il y a surreprésentation des jeunes noirs dans le système carcéral?
Nous n’avons pas ces données. Nous n’avons même pas celles
pour les minorités visibles. Quelles données avons-nous?
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Human Rights
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Mr. Matheson: From a crime prevention perspective, I
wouldn’t have that with me. I would have to go back to see
what is available. My understanding is that at the national level
we don’t have much information.
M. Matheson : Je n’ai pas en main les données concernant la
prévention du crime. Il faudrait que je vérifie ce qui est disponible.
Si j’ai bien compris, à l’échelle nationale, nous n’avons pas
beaucoup de renseignements.
Ms. Hendy: We would have to go back and check with
Statistics Canada as to what they actually collect from the
provinces. It is my understanding from what the provinces send
me in their reports that they would not aggregate it to that level of
detail.
Mme Hendy : Il faudrait vérifier auprès des employés de
Statistique Canada pour savoir quelles données ils obtiennent
des provinces. D’après le contenu des rapports que m’envoient les
provinces, celles-ci ne font pas une répartition aussi détaillée des
données.
Senator Eggleton: Well, I’ll have to think about that further.
Le sénateur Eggleton : Il faudra réfléchir plus avant à tout cela.
Let me ask Mr. Matheson about the 17 projects that worked
with visible minority youth. Obviously, someone is figuring out
who a visible minority is for purposes of these programs in the
amount of $36.8 million. Senator Meredith has asked about the
effectiveness of these programs. I would like to know how close
they come to meeting the need. Are there a lot more applicants for
these particular funds than there is money available? If so, how
many more? Is this a drop in the bucket or is it really meeting
most of the problem or is it somewhere in between?
Permettez-moi de poser des questions à M. Matheson au sujet
des 17 projets qui ont bien fonctionné avec des jeunes issus de
minorités visibles. À l’évidence, il y a quelqu’un qui détermine qui
fait partie d’une minorité visible dans le cadre de ces programmes
subventionnés à hauteur de 36,8 millions de dollars. Le sénateur
Meredith a posé des questions sur l’efficacité des programmes.
J’aimerais savoir dans quelle mesure ils suffisent à répondre aux
besoins. La demande pour ce genre de financement est-elle
beaucoup plus grande que les fonds disponibles? Si oui, de
combien? Le financement représente-t-il une goutte d’eau dans
l’océan, permet-il vraiment de remédier en grande partie au
problème ou se situe-t-il quelque part entre les deux?
Mr. Matheson: We have $40.9 million in funding available for
projects each year. The projects are based on cross-Canada
proposals that come from municipal governments, police
associations and non-profits. In those cases, project proponents
identified visible minorities as the target group within their
community. In some cases, for example in Halifax, they saw
problems in a Black community. That’s how we arrived at
projects with visible minorities.
M. Matheson : Chaque année, nous disposons de 40,9 millions
de dollars pour financer des projets. Les projets sont fondés sur
des propositions provenant de municipalités, d’associations de
policiers et d’organismes sans but lucratif de partout au Canada.
Lorsque c’est le cas, les initiateurs du projet indiquent que les
minorités visibles sont le groupe cible au sein de leur collectivité.
Dans certains cas — à Halifax, par exemple —, on a constaté qu’il
y avait des problèmes dans une collectivité noire. Voilà comment
nous en sommes venus à avoir des projets destinés aux minorités
visibles.
We have calls for proposals periodically as funds become
available. They are not always available each year, given that
projects can last up to five years. There are always more
proposals, but we have quite a rigorous process of reviewing
them. As well, the requirements for managing these projects are
quite rigorous because we require so much of an evaluation
perspective to determine what actually works for these youth.
Nous faisons régulièrement des appels de propositions, au fur
et à mesure que les fonds deviennent disponibles. Mais ce n’est pas
toujours le cas puisqu’un projet peut durer jusqu’à cinq ans. Il y a
toujours de nouvelles propositions qui s’ajoutent, mais nous
disposons d’un processus d’examen fort rigoureux. En outre, les
exigences relatives à la gestion de ces projets sont très strictes, car
nous accordons une grande importance à l’évaluation afin de
déterminer quelles mesures fonctionnent bien pour les jeunes.
I would say that we’re doing well with the funding we have. It
is a significant amount of money that we are putting forward. Our
ultimate objective is to take the knowledge from those projects
and work with the provinces and communities knowing what
types of interventions work, what the benefits are from a cost to
the criminal justice system, in particular at the provincial level,
and that these types of interventions get implemented and funded
by other levels of jurisdiction.
Je dirais que nous nous en tirons bien avec le financement dont
nous disposons. Nous investissons un important montant
d’argent. Notre objectif ultime est d’utiliser l’information tirée
de ces projets pour travailler avec les collectivités et les provinces
en sachant quel genre d’intervention porte fruit et quels avantages
cela présente sur le plan des coûts pour le système de justice
pénale, surtout à l’échelle provinciale, en plus de veiller à ce que
les autres paliers d’administration financent et mettent en place ce
genre d’initiative.
3-3-2014
Droits de la personne
3:23
Senator Eggleton: I’m still trying to get an answer. You have
noted 17 projects here. How many did you turn down? How many
other projects were proposed? You said that it involves a rigorous
process, but are there many that you don’t have money for.
Le sénateur Eggleton : Je tente toujours d’obtenir une réponse.
Vous mentionnez ici 17 projets. Combien en avez-vous refusé?
Combien y a-t-il eu de propositions de projet? Vous dites que le
processus de sélection est rigoureux, mais il y a un grand nombre
de projets que vous ne pouvez pas financer.
Mr. Matheson: There are some, but I don’t have the number on
the tip of my tongue.
M. Matheson : Il y en a certains, mais je ne me souviens pas
exactement du chiffre.
Senator Eggleton: I’ll ask you something else. You evaluate all
these programs and you have given some good examples of ones
in different communities across the country. I assume you then
determine whether they are effective. What about the ones that
are effective? What about sharing them with other jurisdictions? If
a Wraparound project works in Surrey, maybe it’ll work in some
other community. If you find a project that works well in one
community, will you encourage and pay for it in another
community, or do you only do it once?
Le sénateur Eggleton : J’ai une autre question. Vous évaluez les
programmes; vous avez donné de bons exemples de ceux-ci dans
différentes collectivités du pays. Je suppose que vous déterminez
ensuite leur efficacité. Qu’arrive-t-il lorsqu’ils sont efficaces? En
faites-vous part à d’autres administrations? Si un projet
Wraparound fonctionne à Surrey, il fonctionnera peut-être dans
d’autres collectivités. Si un projet donne de bons résultats dans
une localité, inciterez-vous une autre localité à l’essayer en
finançant le projet, ou bien le faites-vous une seule fois?
Mr. Matheson: We do some replication in a different type of
environment or community where we think we can learn more
from the intervention. Where we have results, and we’re just
starting to get them in the last year or two, we disseminate the
knowledge to communities via the Web. We also have networks
of associations across the country to get that information out.
Through our regional offices, we also have experts in crime
prevention that can help communities set up these projects.
M. Matheson : Nous reproduisons parfois un modèle dans un
autre milieu ou une autre collectivité où nous croyons que
l’intervention pourra nous en apprendre davantage. Lorsque nous
obtenons des résultats — et nous commençons tout juste à en
obtenir, depuis un an ou deux —, nous communiquons
l’information aux collectivités grâce au Web. Nous avons aussi
des réseaux d’associations au pays nous permettant de diffuser les
données. Nos bureaux régionaux comptent également des
spécialistes en prévention du crime qui peuvent aider les
collectivités à mettre en œuvre des projets.
The Chair: I’m really concerned about the tack you have taken
in funding programs. You have talked only about programs for
youth. You talked about the youth justice funding that appears to
focus on projects that work with youth to prevent them from
making choices that increase their risk of coming into conflict
with the law. Everyone sitting here knows there is a systemic
problem. You don’t have to be a Black youth to know that you
will be stopped more than any other youth in Canada. Everybody
knows there is a systemic problem. I’m really concerned. What are
you doing to deal with the justice system and the correctional
system in terms of the issue of visible minorities and the systemic
discrimination?
La présidente : Je suis fort préoccupée par la stratégie que vous
avez adoptée en matière de financement des programmes. Vous
vous en êtes tenus aux programmes pour les jeunes. Vous avez
parlé du Fonds du système de justice pour les jeunes qui semble
privilégier les projets destinés aux jeunes visant à les détourner des
choix qui augmenteront leur risque d’avoir des démêlés avec la
justice. Tout le monde ici sait qu’il y a un problème systémique.
Point besoin d’être un jeune noir pour savoir que ceux-ci se font
arrêter plus souvent que n’importe quel autre jeune au Canada.
Tout le monde sait qu’il y a un problème systémique. Cela
m’inquiète vraiment. Que faites-vous pour contrer le problème de
discrimination systémique des minorités visibles dans le système
de justice pénale et le système correctionnel?
Mr. Matheson: Some of these interventions, such as the
Wraparound projects, bring in other services that try to help
these youth attend school so they have a greater probability of
finding employment.
M. Matheson : Certaines interventions, comme celle du projet
Wraparound, font appel à d’autres services qui tentent d’aider les
jeunes à aller à l’école, afin qu’ils aient une meilleure chance de
trouver un emploi.
The Chair: I’m not talking about youth. What about our
systems that are systemically discriminatory? What about the
police that will stop a Black youth in Toronto because he is in a
fancy car? How are you dealing with systemic issues in the system?
Both witnesses, from Corrections and Public Safety, have focused
only on what happens to youth. What about focusing on the
issues of systemic discrimination? You haven’t spoken about that
at all.
La présidente : Je ne parle pas des jeunes. Qu’en est-il des
systèmes qui sont systématiquement discriminatoires au Canada?
Qu’en est-il du policier qui arrête un jeune noir à Toronto
simplement parce qu’il conduit une voiture luxueuse? Que faitesvous pour régler les problèmes qui minent le système? Les témoins
du Service correctionnel et de la Sécurité publique n’ont parlé que
de ce qui arrive aux jeunes. Pourquoi ne pas se concentrer sur les
problèmes de discrimination systémique? Vous n’avez pas du tout
abordé ce point.
3:24
Human Rights
3-3-2014
Mr. Piragoff: Senator, we have funded seven projects that have
dealt with police discretion. The Youth Justice Act provides for
diversion of youth at the front end so they do not go into the
system. Basically, they are diverted into programs as opposed to
going into the youth justice system, which then leaves them with a
criminal charge and eventually going before a youth justice court.
M. Piragoff : Madame la sénatrice, nous avons financé sept
projets portant sur le pouvoir discrétionnaire des policiers. La Loi
sur le système de justice pour les jeunes prévoit soustraire les
jeunes au système dès le départ. Au fond, on les fait participer à
des programmes plutôt que de les envoyer dans le système de
justice pénale pour les adolescents, où ils doivent composer avec
une accusation au pénal et comparaître éventuellement devant un
tribunal pour adolescents.
We’ve had some programs in the past to educate police with
respect to the provisions in the YJA concerning diversion and
when it is appropriate to divert youth. In such a situation, police
officers would exercise discretion to not send certain youth into
the criminal justice system or to decide that for various factors
they will proceed with a charge.
Il y a déjà eu des programmes renseignant les policiers sur les
dispositions de la Loi sur le système de justice pour les jeunes qui
permettent de soustraire les jeunes au processus judiciaire et sur
les circonstances où il est approprié de le faire. En pareil cas, les
policiers exercent leur pouvoir discrétionnaire pour ne pas
envoyer certains jeunes dans le système de justice pénale ou
pour porter une accusation en raison de différents facteurs.
That’s part of some programs dealt with under the Youth
Justice Fund. To a large part, given the mandate of the program
that justice administers, the youth are already in the criminal
justice system. As I said at the beginning, we’re dealing with the
youth who are already in the system. We’re not dealing with crime
prevention.
Certains programmes financés par le Fonds du système de
justice pour les jeunes touchent à ces aspects. Le plus souvent,
étant donné le mandat du programme administré par le ministère
de la Justice, les jeunes ont déjà eu des démêlés avec le système de
justice pénale. Comme je l’ai dit au début, nous nous occupons
des jeunes qui sont déjà dans le système. Nous ne nous occupons
pas de la prévention du crime.
The Chair: Sorry. Maybe I’m not making myself clear.
Mr. Piragoff, justice deals with lots of issues. You deal with
training judges on issues. You deal with the issues of training
prosecutors on issues facing Canadians. There is no doubt that
there is systemic discrimination in the system against visible
minority youth. What are you doing to train on that issue?
La présidente : Je suis désolée. Je ne m’exprime peut-être pas
clairement. Monsieur Piragoff, la justice s’occupe de nombreuses
questions. Vous sensibilisez des juges et des procureurs à des
questions auxquelles sont confrontés les Canadiens. Il ne fait
aucun doute que le système discrimine les jeunes issus de
minorités visibles. Que faites-vous pour sensibiliser les gens à ce
problème
Mr. Piragoff: As I said earlier, senator, the administration of
justice, including the administration of police services, is a
provincial responsibility, except for the RCMP, so that is a
policing responsibility. It is a responsibility of the Attorney
General of each province in terms of providing policy directions.
M. Piragoff : Comme je l’ai dit plus tôt, madame la sénatrice,
l’administration de la justice — notamment celle des services de
police — est de compétence provinciale, exception faite de la
GRC. Par conséquent, il incombe au procureur général de chaque
province de donner des orientations stratégiques aux services
policiers.
The Chair: Answer me. Are you dealing with it? We have
almost run out of time.
La présidente : Répondez-moi. Faites-vous quelque chose à cet
égard? Nous n’avons presque plus de temps.
Mr. Piragoff: Senator, I did mention we had some programs
that dealt with training police officers how to administer the
provisions of the act that provided for diversion.
M. Piragoff : Madame la sénatrice, j’ai mentionné que nous
avions des programmes qui apprennent aux policiers à utiliser les
dispositions de la loi pour soustraire les jeunes au système pénal.
The Chair: I wasn’t talking about diversion.
We’ve run out of time. May I please ask that you provide that?
Can you please provide it in writing? What I want is what
programs you are doing to deal with systemic discrimination
within the system, what is happening, how you are training
RCMP when they first come in contact with a visible minority
youth? How are you dealing with issues of systemic
discrimination? Can you please provide that to the clerk in
writing?
La présidente : Je ne parlais pas de cela.
Le temps est écoulé. Pourriez-vous nous fournir cette
information par écrit s’il vous plaît? Je veux savoir quels sont
les programmes que vous offrez pour lutter contre la
discrimination systémique au sein du système. Que fait-on,
quelle formation donne-t-on aux agents de la GRC lorsqu’ils
entrent en contact avec un jeune issu d’une minorité visible pour
la première fois? Que faites-vous pour lutter contre les problèmes
de discrimination systémique? Auriez-vous l’obligeance de
remettre cette information au greffier par écrit?
3-3-2014
Droits de la personne
3:25
We have four people who have questions. I respectfully ask
that you put your questions. If the answers are long, we will ask
them to provide them in writing. If they’re short, we will deal with
them now. We will start with Senator Seidman.
Il y a quatre personnes qui ont des questions. Je vous demande
de simplement poser vos questions. Si les réponses sont longues,
nous demanderons aux témoins d’y répondre par écrit. Si elles
sont courtes, nous vous écouterons immédiatement. Nous allons
commencer avec la sénatrice Seidman.
Senator Seidman: If I might try to understand the jurisdictional
issues in both the Public Safety programs you have spoken to and
the Justice piece, clearly we’re involved with federal, provincial
and municipal governments. How much work do you do with the
provinces? Do you work with cities? How do you disseminate to
them? How do you divide up the work? If you could give me some
idea of how the jurisdictional issues play out here, I would
appreciate it.
La sénatrice Seidman : J’essaie de comprendre les questions
liées aux compétences dans les programmes offerts par les
ministères de la Sécurité publique et de la Justice dont vous
avez parlé. À l’évidence, nous avons affaire à des administrations
fédérale, provinciales et municipales. Dans quelle mesure
travaillez-vous avec les provinces? Travaillez-vous avec des
villes? Comment distribuez-vous les fonds entre elles? Comment
répartissez-vous le travail? Je vous serais reconnaissante de me
donner une idée de l’incidence qu’ont les questions de
compétences à cet égard.
The Chair: I will get all the questions. If you can answer them
together, please do.
La présidente : Je vais donner à chacun l’occasion de poser ses
questions. Si vous pouvez grouper vos réponses, je vous invite à le
faire.
Senator Seidman: I had one more piece to that question. Is
there a role for the private sector? Do you do work to encourage
the private sector to get involved in some way or another? That
would be as a partner along with the federal, provincial and
municipal jurisdictions. Thank you.
La sénatrice Seidman : Ma question comportait un dernier
élément. Le secteur privé a-t-il un rôle à jouer? Dans le cadre de
vos activités, incitez-vous le secteur privé à participer d’une
manière ou d’une autre? J’entends sous forme de partenariat avec
les administrations fédérale, provinciales ou municipales. Je vous
remercie.
Senator Ataullahjan: According to the Waterloo Region Crime
Prevention Council, the most prevalent risk factors for youth
gang involvement include limited attachment to community and
poor parental supervision, which I think is a very important
factor. Parents need to have some responsibility for everything
that is happening and they need to be aware of what kind of
activities their children are engaging in. Also, there are problems
at school, alcohol and drug abuse, and poor educational or
employment opportunities or potential. Can you tell us about the
drugs component of the Youth Justice Fund and the importance
of this component?
La sénatrice Ataullahjan : Selon le conseil de prévention du
crime de la région de Waterloo, les facteurs de risque qui incitent
le plus souvent un jeune à se joindre à un gang sont un faible
sentiment d’appartenance à la collectivité et une supervision
parentale inadéquate. Ce dernier facteur est, à mon avis, fort
important. Les parents doivent assumer une part de responsabilité
dans la vie de leur enfant et ils doivent savoir dans quel genre
d’activités celui-ci est engagé. Il y a aussi des problèmes à l’école,
la consommation de drogue et d’alcool, ainsi que des possibilités
limitées en matière d’éducation et d’emplois. Pouvez-vous nous
parler du volet sur les drogues du Fonds du système de justice
pour les jeunes et de l’importance de celui-ci?
Senator Unger: I’m interested in the Stepping Out project. You
say that it was after a very successful symposium, well attended,
the project developed a community action plan to support gang
involvement in at-risk immigrant youth. I was just also wondering
about definitive results from that. You say it was successful. I
know of the centre for newcomers, but I would be interested in
that.
La sénatrice Unger : Je m’intéresse au projet Stepping Out.
Vous dites qu’à la suite d’un symposium très réussi et très
populaire, ce projet a mis au point un plan d’action
communautaire pour aider les jeunes immigrants jugés à risque
de se joindre à un gang. J’étais simplement curieuse de savoir ce
qui a finalement résulté de ce projet. Vous dites que celui-ci a été
un succès. Je connais le centre pour les nouveaux arrivants, mais
je m’intéresse à cette initiative.
With regard to the funds that are distributed, when they get to
the provincial level and are disseminated, are the police most
likely to get the bulk of the funds or is there an equal distribution?
When a youth commits, the police are called, so I’m just
wondering if they get more than the others.
En ce qui concerne la répartition des fonds, lorsque les
provinces s’en chargent, la police obtient-elle généralement la
majeure partie des fonds ou ceux-ci sont-ils répartis également?
Lorsqu’un jeune fait quelque chose, on appelle la police. Je me
demande donc si celle-ci obtient une plus grosse part du
financement que les autres.
3:26
Human Rights
3-3-2014
Senator Ngo: Could you provide us the concrete program or
project funded under the youth services funding program and
who is accountable for that project?
Le sénateur Ngo : Pourriez-vous nous indiquer quels projets ou
programmes concrets reçoivent des fonds du Programme de
financement des services de justice pour les jeunes et qui en est
responsable?
You say you funded programs. You funded other projects as
well. Could you let us know the amount? Altogether, according to
the Justice Department, $140 million, and where did it go? To
whom did it go, who is responsible for it? Is that okay?
Vous dites avoir financé des programmes. Vous avez aussi
financé d’autres projets. Pourriez-vous nous dire à quelle hauteur?
Dans l’ensemble, selon le ministère de la Justice, il s’agit de
140 millions de dollars. Où cet argent a-t-il été investi? À qui avezvous affecté les fonds, qui en a la responsabilité? Est-ce correct?
Mr. Piragoff: Yes.
M. Piragoff : Oui.
Senator Meredith: My question is to Mr. Piragoff. You talk
about $11 million in funding for mental health. We know that a
lot of our young people are facing mental health challenges.
Is $11 million enough funding for across the country? Can you
provide us some more details as to how those funds are allocated
and do we need to see a ramp-up?
Le sénateur Meredith : Ma question s’adresse à M. Piragoff.
Vous parlez d’un financement de 11 millions de dollars pour la
santé mentale. Nous savons que bien des jeunes sont aux prises
avec des problèmes de santé mentale. Un montant de 11 millions
de dollars, est-ce suffisant pour tout le pays? Pouvez-vous nous
donner plus d’informations sur la façon dont ces fonds sont
alloués et s’il faut bonifier le montant?
Mr. Matheson, with respect to intervention and prevention, we
spend more on the back end incarcerating. Why are we not
spending more up front? In terms of some positive initiatives that
can be shared across Canada when we look at Surrey, B.C., or
Edmonton, or North Preston, Nova Scotia, or Toronto, there are
initiatives that the department has taken on. We need to share
these best practices. A report of some sort to this committee
would help as we put our report together. I would appreciate that.
Monsieur Matheson, nous dépensons davantage en aval, sur
l’incarcération, que sur l’intervention et la prévention. Pourquoi
ne dépensons-nous pas plus en amont? Le ministère a mis en
œuvre des initiatives qui ont porté fruit et qui pourraient être
appliquées dans l’ensemble du Canada, on n’a qu’à penser à
Surrey, en Colombie-Britannique, à Edmonton, à Preston-Nord,
en Nouvelle-Écosse, ou à Toronto. Nous devons diffuser les
pratiques exemplaires. Il serait utile que vous remettiez un rapport
au comité avant que celui-ci ne rédige son propre rapport. Je vous
en saurais gré.
The Chair: Thank you, Senator Meredith.
La présidente : Je vous remercie, sénateur Meredith.
As you can see, there are many questions.
Comme vous le voyez, il y a de nombreuses questions.
Senator Meredith: Can we have an extension of that?
Le sénateur Meredith : Pouvons-nous prolonger la séance?
The Chair: No, we can’t. There are many questions. Whatever
you can answer in the next few minutes, please do, and the rest,
you can provide us in writing.
La présidente : Non, nous ne le pouvons pas. Il y a de
nombreuses questions. Répondez à celles que vous pouvez au
cours des prochaines minutes. Pour le reste, vous pourrez nous
répondre par écrit.
Also, you have said that you have no jurisdiction over the
police forces because they’re provincial. I understand that youth
funding is also provincial, yet you do fund that. Please answer
that in your written answer.
Enfin, vous avez dit n’avoir aucun pouvoir sur les services de
police parce qu’il s’agit d’une compétence provinciale. À ce que je
sache, la jeunesse est aussi de compétence provinciale, pourtant
vous financez des initiatives destinées à ce groupe. Je vous prierais
de répondre à cette question dans votre réponse écrite.
Who wishes to proceed?
Qui veut commencer?
Ms. Hendy: I will answer questions 1, 4 and 5.
Mme Hendy : Je répondrai aux questions 1, 4 et 5.
The Youth Justice Services Funding Program is a transfer
payment between the federal Department of Justice and the
provinces and territories responsible for correctional services for
youth. It is a direct federal-provincial transfer, which has federal
policy objectives that the provinces have to adhere to. I can
provide by separate cover the amount of money provided to each
jurisdiction.
Le Programme de financement des services de justice pour les
jeunes est un programme de paiements de transfert entre le
ministère fédéral de la Justice et les provinces et territoires
responsables des services correctionnels pour les jeunes. Il s’agit
d’un programme de paiement de transfert fédéral-provincial
direct, comportant des objectifs stratégiques fédéraux auxquels
les provinces doivent adhérer. Je peux fournir sous pli séparé le
montant remis à chaque province et territoire.
3-3-2014
Droits de la personne
3:27
In terms of the $141 million and how it is split between
provinces and territories, the money is given directly to the
provincial ministries. In terms of the involvement of the private
sector, if they wish to bring in service delivery agencies that are
not provincial, they can do so through subcontracts. That would
be up to the province within each administration of justice to
determine how to use that funding.
Pour ce qui est de la répartition des 141 millions de dollars
entre les provinces et les territoires, l’argent va directement
aux ministères provinciaux. Si les territoires et les provinces
souhaitent faire appel à des organismes de prestation de service du
secteur privé, non provinciaux, ils peuvent le faire en accordant
des contrats de sous-traitance. Il revient alors aux responsables de
l’administration de la justice de chaque province d’établir
comment utiliser ce financement.
In terms of who is responsible, I could get you that chart so
you can see exactly how the money is distributed.
Quant à la question de savoir qui est responsable, je pourrais
vous remettre un graphique pour que vous voyiez exactement
comment l’argent est affecté.
In terms of the IRCS Program, just to clarify, it is dealing with
young offenders with mental health issues who have committed
serious violent crimes. It is not for youth at large with mental
health issues. It is for youth within the youth criminal justice
system with mental health issues. This is tailored funding per
youth in the system. If there is an individual, for example, in
Alberta under an IRCS sentence, that youth would be eligible for
up to $100,000 a year working on a dedicated treatment plan to
ensure that we work through the province with that youth to
reduce the level of violence when that youth is returned to the
community; there is a hope that the level of violence will be
decreased and there will be reduced recidivism. It is a tailored
program working with the needs of that individual youth.
Je tiens simplement à préciser que le Programme de placement
et de surveillance dans le cadre d’un programme intensif de
réadaptation s’adresse aux jeunes contrevenants qui ont des
problèmes de santé mentale et qui ont commis des crimes violents
graves. Il ne s’adresse pas à l’ensemble des jeunes ayant des
problèmes de santé mentale. Ce programme est destiné aux jeunes
qui sont au sein du système de justice pénale pour les adolescents
et qui ont des problèmes de santé mentale. Il s’agit d’un
financement adapté à chaque jeune au sein du système. Par
exemple, si un jeune en Alberta a reçu une peine de placement et
de surveillance dans le cadre d’un programme intensif de
réadaptation, il aura droit à un montant pouvant atteindre
100 000 $ par année pour suivre un plan de traitement adapté.
Ainsi, par l’entremise de la province, nous travaillons avec le
jeune en question pour qu’à son retour dans la collectivité, son
comportement soit moins violent. On espère que le niveau de
violence diminuera et qu’il y aura moins de risque de récidive.
C’est un programme sur mesure, qui répond aux besoins
individuels de chaque jeune.
Again, I can get you detailed information if you wish on that
program.
Je peux obtenir des informations plus détaillées au sujet de ce
programme, si vous le désirez.
Ms. Hruska: I can respond to the question relating to the drug
treatment component of the Youth Justice Fund. That is money
allocated specifically to projects that provide drug treatment to
youth who have substance abuse issues who are already in the
criminal justice system, so that may be youth in custody or youth
on probation. It is often drug treatment provided by community
drug treatment providers. That is essentially what those monies
are for.
Mme Hruska : Je répondrai à la question concernant le volet
sur le traitement de la toxicomanie du Fonds du système de justice
pour les jeunes. Cet argent est affecté spécifiquement à des projets
offrant des traitements pour toxicomanie aux jeunes qui ont des
problèmes d’abus d’alcool ou de drogues et qui ont déjà eu des
démêlés avec la justice. Il s’agit donc de jeunes qui sont en
détention ou en probation. Les traitements sont souvent offerts
par des services de désintoxication communautaires. Voilà, pour
l’essentiel, à quoi servent ces fonds.
I would also like to add a little bit to the question relating to
mental health. Youth Justice Fund projects generally have a
mental health component because mental health issues are very
prevalent in the youth criminal justice system. These are projects
that deal with youth who may not have committed the level of
crime that you need to commit to be under an IRCS sentence.
However, they also provide mental health assistance.
J’aimerais aussi en dire un peu plus sur la question de la santé
mentale. Les projets du Fonds du système de justice pour les
jeunes comportent généralement un volet sur la santé mentale, car
ce genre de problèmes est très courant dans le système de justice
pénale pour les adolescents. Ces projets visent des jeunes qui n’ont
pas nécessairement commis des crimes aussi graves que ceux qu’il
faut avoir commis pour recevoir une peine de placement et de
surveillance dans le cadre d’un programme intensif de
réadaptation. Toutefois, ils offrent de l’aide en matière de santé
mentale.
3:28
Human Rights
3-3-2014
Mr. Matheson: In the area of crime preparation, we’re
connected with provinces and territories. As I mentioned,
ministers have this as a priority. Crime prevention work is
reviewed by a committee of federal-provincial deputy ministers
and ADMs, and there is a working group that is following along
the action plan.
M. Matheson : Pour ce qui est de la prévention du crime, nous
travaillons de concert avec les provinces et les territoires. Comme
je l’ai indiqué, les ministres en ont fait une priorité. Un comité de
sous-ministres et de sous-ministres adjoints fédéraux et
provinciaux examine le travail en matière de prévention du
crime, et un groupe de travail assure le suivi du plan d’action.
We network with the Federation of Canadian Municipalities.
There’s actually a project through them at the moment. At the
national and regional levels, we bring in non-profits that are
interested in some of these models. We ask that a lot of the
associations and projects that we fund, which get good results, get
the word out about what works.
Nous entretenons des relations avec la Fédération canadienne
des municipalités. Cette dernière pilote d’ailleurs un projet à
l’heure actuelle. À l’échelle nationale et régionale, nous faisons
appel à des organismes sans but lucratif qui sont intéressés par
certains de ces modèles. Nous demandons aux associations et aux
projets que nous finançons de parler de ce qui fonctionne
lorsqu’ils obtiennent de bons résultats.
We’re now starting to look at how we get the private sector
more involved, and I think key to getting them involved is having
this evidence that shows when you put your money into a
community, you will actually get some good results.
Nous cherchons maintenant des moyens d’obtenir une plus
grande participation du secteur privé. Je crois que la clé pour
obtenir sa participation sera d’avoir des données montrant que les
investissements dans la collectivité portent fruit.
Getting back to your question, if we do that more effectively
and actually show the cost benefits for crime prevention, we’re
hoping that this really becomes a much easier business case at
provincial and municipal levels for crime prevention to be
stabilized and even expanded in those communities.
Pour revenir à votre question, nous espérons que le fait de
montrer plus efficacement les avantages financiers de la
prévention du crime simplifiera grandement l’analyse de
rentabilisation aux niveaux provincial et municipal, ce qui
permettra de normaliser les mesures de prévention du crime et
de les étendre aux collectivités concernées.
In terms of the Stepping Out program, I will get more detail on
that. The funding is not allocated on a provincial basis, and the
majority of the proposals would not come from police
associations. Most of them come from non-profits or from the
municipal government. A lot of times they do partner with police,
but we have seen a shift where those community associations have
taken more of a leadership role. It has been effective working in
partnership with police.
J’obtiendrai des renseignements plus détaillés sur le
programme Stepping Out. Le financement n’est pas alloué par
province, et la majorité des propositions ne proviennent pas des
associations de policiers. La plupart sont faites par des
organismes sans but lucratif ou par des municipalités. Bien
souvent, ils travaillent en partenariat avec la police, mais nous
avons observé que les associations communautaires commencent
de plus en plus à prendre un rôle de leadership. Le travail en
partenariat avec la police s’est avéré efficace.
The Chair: Thank you. You can see the interest we have in
what you had to present, and we appreciate you making
yourselves available on fairly short notice. We are very
appreciative of that. This is not the first time you have all
appeared here, whether it is here or in other Senate committees.
We appreciate your presence, and we look forward to working
with you in the future.
La présidente : Je vous remercie. Vous pouvez constater que
nous sommes intéressés par ce que vous aviez à nous présenter.
Nous vous remercions de vous être rendus disponibles malgré un
court préavis. Nous vous en sommes fort reconnaissants. Ce n’est
pas la première fois que vous comparaissez devant un comité, que
ce soit celui-ci, ou un autre comité sénatorial. Nous apprécions
votre présence, et nous nous réjouissons à l’idée de travailler avec
vous dans l’avenir.
We will now carry on with our next presenter. Ms. Pomerant,
the floor is yours.
Nous allons poursuivre avec la prochaine présentatrice.
Madame Pomerant, vous avez la parole.
Lisa Pomerant, Canadian Council of Criminal Defence Lawyers:
Thank you. We are delighted to be here today on behalf of the
Canadian Council of Criminal Defence Lawyers. The
organization was founded in 1992 to offer a national
perspective on criminal justice issues, with a view to ensuring
the preservation of constitutional principles that protect us all and
seeing that criminal law develops in a practical and principled
manner.
Lisa Pomerant, Conseil canadien des avocats de la défense : Je
vous remercie. Nous sommes ravies d’être ici aujourd’hui pour
représenter le Conseil canadien des avocats de la défense.
L’organisme a été créé en 1992 afin d’offrir une perspective
nationale sur les questions de justice criminelle en vue d’assurer la
préservation des principes constitutionnels qui nous protègent
tous, et de s’assurer que le droit criminel se développe de façon
pratique et en se fondant sur des principes.
3-3-2014
Droits de la personne
3:29
Our council represents the views of defence lawyers from coast
to coast. The Canadian Council of Criminal Defence Lawyers is
very grateful for having the opportunity to address the Senate
today and to possibly assist with respect to any deliberations or
issues.
Le Conseil canadien des avocats de la défense représente le
point de vue des avocats de la défense au Canada. Le conseil est
fort reconnaissant d’avoir la possibilité de s’adresser au Sénat
aujourd’hui et de possiblement contribuer aux délibérations ou à
l’étude des questions.
My name is Lisa Pomerant. I’m a criminal defence lawyer. I’ve
practised law for 25 years. Throughout the course of my practice,
I have always maintained a large youth focus, whether I was
practising law in B.C., Alberta or Ontario, and most of the youth
that I have dealt with over the years and continue to deal with are
marginalized, the visible minorities.
Je m’appelle Lisa Pomerant. Je suis avocate de la défense. Je
pratique le droit depuis 25 ans. Tout au long de ma carrière, ma
pratique a toujours été principalement axée sur les jeunes, que ce
soit en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Ontario. La
majorité des jeunes que j’ai représentés au fil des ans, et que je
continue de représenter aujourd’hui sont marginalisés, car ils sont
issus de minorités visibles.
To my left is my esteemed colleague, Ms. Emma Rhodes. She’s
a criminal lawyer who has much expertise in youth matters. She’s
an adjunct professor at the University of Toronto, teaching a
course about the Youth Criminal Justice Act. She’s an instructor
at Osgoode Hall Law School, teaching trial advocacy. She is the
Criminal Lawyers’ Association representative at one of Toronto’s
busiest youth courts, and she volunteers weekly for high-risk
youth.
À ma gauche se trouve mon estimée collègue, Mme Emma
Rhodes. Elle est une criminaliste spécialisée dans les questions
touchant les jeunes. Elle est professeure auxiliaire à l’Université de
Toronto, où elle donne le cours sur la Loi sur le système de justice
pénale pour les adolescents. Elle est aussi chargée de cours à
l’Osgoode Hall Law School, où elle enseigne la plaidoirie. Elle est
la représentante de la Criminal Lawyers’ Association à l’un des
tribunaux les plus occupés de Toronto. Elle fait du bénévolat
chaque semaine auprès des jeunes à haut risque.
Perhaps the only significance of our presence today is to tell
you what goes on in the trenches, what it’s like for these youth,
what they’re facing and what the current measures are achieving.
We are here to tell you what is going on at the ground level, how
these initiatives are practically playing out and to indicate that if
these systemic issues are not addressed, these youth will continue
to have trouble or enter into the criminal justice system.
Il est possible que le seul intérêt de notre présence ici,
aujourd’hui, soit de vous dire ce qui se passe dans les tranchées,
ce que vivent ces jeunes, ce à quoi ils sont confrontés et ce
qu’apportent les mesures actuelles. Nous sommes ici pour vous
parler de ce qui se passe sur le terrain, de l’application concrète
des initiatives, et pour faire valoir que les jeunes continueront
d’avoir des problèmes et des démêlés avec la justice tant que les
problèmes systémiques ne seront pas réglés.
Emma Rhodes, Canadian Council of Criminal Defence Lawyers:
Thank you for having me. It is an honour to be here.
Emma Rhodes, Conseil canadien des avocats de la défense : Je
vous remercie de me recevoir aujourd’hui. C’est un honneur d’être
ici.
I can tell you what I know and what I see. I can tell you that
visible minorities are overrepresented in the criminal justice
system. Put another way, the justice system disproportionately
impacts people who are visible minorities. They live in racialized
neighbourhoods. They live in poverty. They lack access to
education. They deal with being unemployable. They are
struggling with mental health issues such as depression. They
are more likely to come into contact with the police.
Je peux vous parler de ce que je sais et de ce que j’observe. Je
peux vous dire que les minorités visibles sont surreprésentées dans
le système de justice pénale. Autrement dit, le système de justice
pénale a un impact disproportionné sur les personnes issues de
minorités visibles. Ces gens vivent dans des quartiers racialisés. Ils
vivent dans la pauvreté. Ils n’ont pas accès à l’éducation. Ils ne
sont pas jugés employables. Ils sont aux prises avec des problèmes
de santé mentale, comme la dépression. Ils sont plus susceptibles
d’avoir affaire à la police.
‘‘Carding’’ is a practice where Toronto’s police forces stop,
question and document people they encounter on the streets, and
statistics about carding in Toronto tell us that people who are
Black or Brown are more likely to be carded than whites. Rates of
carding are highest in racialized communities, and these youth
report that they are often searched during these stops and that
they feel criminalized by this process.
À Toronto, les policiers pratiquent une forme de ratissage, où
ils arrêtent des gens croisés dans la rue pour questionner et
prendre des notes à leur sujet. Les statistiques découlant de cette
pratique à Toronto nous apprennent que les Noirs et les
personnes qui ont un teint basané sont plus susceptibles d’être
ciblés lors d’un ratissage que les Blancs. C’est dans les quartiers
racialisés que le taux de ratissage est le plus élevé. Les jeunes
rapportent qu’ils sont souvent fouillés lors de ces opérations, et
qu’ils ont l’impression d’être traités comme des criminels pendant
ce processus.
3:30
Human Rights
3-3-2014
My typical client is a young Black man who is not doing well in
school. He is in a single parent family where his mom is working
several jobs trying to make ends meet. Because she’s working
several jobs, she’s not at home. He has difficulty attending classes,
and he can’t pay attention once he’s there. He gets involved in a
schoolyard fight and is arrested for assault. He is put on a curfew
pursuant to bail, but, because the fight happened at school, he is
kicked out of his school as his bail says he is not allowed to have
contact with the person that he got in a fight with. So he has to
start attending another school mid-term.
Mon client typique est un jeune homme noir, qui ne réussit pas
bien à l’école. Il vient d’un foyer monoparental. Sa mère occupe
plusieurs emplois pour tenter de joindre les deux bouts. Comme
elle occupe plusieurs emplois, elle n’est pas à la maison. Le jeune
homme a de la difficulté à se rendre en classe, et une fois sur place,
il n’arrive pas à se concentrer. Il se bat dans la cour d’école, et se
fait arrêter pour voies de fait. Après sa mise en liberté sous
caution, on lui impose un couvre-feu. Toutefois, comme il s’est
battu à l’école, il est expulsé de celle-ci, car la libération sous
caution ne lui permet pas d’avoir de contact avec la personne avec
laquelle il s’est battu. Il doit donc commencer à fréquenter une
nouvelle école au milieu de l’année scolaire.
He is unable to attend that school because he can’t afford the
bus tickets to get there, and a new school is not within walking
distance. His mom works nights and is unable to monitor him, so
like most teenagers he ignores his curfew, goes outside and is
stopped by police because he is a young Black kid walking around
alone at night in a racialized neighbourhood.
Il ne peut se rendre à l’école, car il n’a pas les moyens d’acheter
les billets d’autobus pour s’y rendre, et la nouvelle école n’est pas
à distance de marche. Sa mère travaille le soir et ne peut pas le
surveiller. Par conséquent, comme la plupart des adolescents, il
fait fi du couvre-feu, sort et se fait arrêter par la police parce qu’il
est un jeune noir qui marche seul le soir dans un quartier racialisé.
The police will run his name through the computer, and he is
charged with failing to comply with his bail for breaching his
curfew. He is arrested and taken into custody, and at 15 years old
he is strip-searched because he’ll be held overnight for a bail
hearing.
La police vérifie son nom dans l’ordinateur. Il est accusé
d’avoir enfreint les conditions de sa mise en liberté sous caution,
car il n’a pas respecté son couvre-feu. Il est mis en état
d’arrestation et, à l’âge de 15 ans, il se fait fouiller à nu parce
qu’il sera détenu toute la nuit pour enquête sur le cautionnement.
He is released, and he again breaches his curfew, is again taken
into custody and is strip-searched again. This time he is found
with marijuana. Because his mother is working, she is unable to
monitor him, and he stays in custody. The peer group that he
comes into contact with him while he’s in custody is not a prosocial peer group.
Il est libéré, mais enfreint de nouveau son couvre-feu. Il est de
nouveau mis en état d’arrestation et fait de nouveau l’objet d’une
fouille à nu. Cette fois, il est en possession de marijuana. Étant
donné que sa mère travaille, elle ne peut pas le surveiller. Il
demeure donc incarcéré. Le groupe de pair avec lequel il entre en
contact pendant son incarcération n’est pas du type prosocial.
Because he was unable to get to school because he couldn’t
afford his bus tickets, he misses a year. Because a vulnerable
person’s police record check will show that he has assault charges,
he is unable to get a job. I, hopefully, can get him into a mental
health court, and I will get an assessment for him that his mother
would not otherwise be able to pay for. It may be determined that
he has ADHD, which explains his lack of impulse control, and he
is diagnosed with depression, which helps to explain his anger and
his self-medication with marijuana. However, he’s now a year
behind in school. He is still living in poverty. He now distrusts the
police, and he’s been criminalized for a schoolyard fight that, in
our day, would not have attracted police intervention.
Comme il ne peut aller à l’école parce qu’il n’a pas les moyens
de prendre l’autobus, il rate une année. Il ne pourra pas obtenir
d’emplois, car une vérification du casier judiciaire pour travailler
auprès de personnes vulnérables montrera qu’il a été accusé de
voies de fait. Avec un peu de chance, je réussirai à le faire
comparaître devant un tribunal de santé mentale, où j’obtiendrai
pour lui une évaluation que sa mère n’aurait pas les moyens de
payer. Il se peut qu’on diagnostique un trouble d’hyperactivité
avec déficit de l’attention, ce qui explique pourquoi il n’arrive
pas à contrôler ses impulsions, ainsi qu’une dépression, ce qui
explique sa colère et sa consommation de marijuana.
Malheureusement, il a maintenant pris une année de retard à
l’école. Il vit toujours dans la pauvreté. Il ne fait désormais plus
confiance à la police, et il est considéré comme un criminel pour
avoir pris part à une bataille dans la cour d’école qui, dans notre
temps, n’aurait pas fait l’objet d’une intervention policière.
Court is the simple part for these kids. Dealing with housing,
addictions, mental health issues and lack of access to education is
the tough part. I can tell you that most of my clients, once I get
these supports for them, do not come back, and they are no
longer my clients.
Pour ces enfants, le tribunal, c’est la partie facile. Ce sont les
problèmes de logement, de toxicomanie, de santé mentale et
d’accès à l’éducation qui sont difficiles. Je peux vous dire que dans
la majorité des cas, une fois que j’obtiens de l’aide pour mes
clients, ils cessent d’être mes clients, car ils ne récidivent pas.
3-3-2014
Droits de la personne
3:31
Ms. Pomerant: The two key indicators — and I’m sure
Professor Bala will back me up here in terms of future
incarceration — are lack of education and prior incarceration,
and the scenario that was just laid out is the typical client that
comes in. It is not the serious violent offender.
Mme Pomerant : Les deux principaux facteurs de risque
d’emprisonnement futur — et je suis convaincue que le
professeur Bala sera d’accord avec moi — sont le manque
d’éducation et une incarcération antérieure. Le scénario qui vient
d’être présenté correspond à la situation de notre client typique. Il
ne s’agit pas d’un délinquant ayant commis une infraction grave.
As Ms. Rhodes pointed out, there’s no schooling. Education is
lost to this young man. Interestingly enough, what we call ‘‘the
substantive charge,’’ the original assault charge, will go in the
garbage, so to speak. He’ll be diverted. He’ll do extra-judicial
sanctions. It is probably something that could have been resolved
by way of circling in the school system, but he’s lost the year.
Comme l’a indiqué madame Rhodes, le jeune homme ne va
plus à l’école. Pour lui, les études ont perdu leur attrait. Fait
intéressant, l’« accusation grave », l’accusation de voies de fait
initiale, sera reléguée aux oubliettes, pour ainsi dire. Il y aura un
processus de déjudiciarisation, et on lui imposera une sanction
extrajudiciaire. La situation aurait probablement pu être résolue
en suivant les méandres du système scolaire, mais il a perdu une
année.
In addition, the statistics tell us that, nationally, 30 per cent of
the charges for youth are what we refer to as ‘‘administrative
charges,’’ and that’s true provincially as well for Ontario. They
have around 27, 30 per cent. Once there’s an original charge, and
they’re brought into the criminal justice system, the charges of
failing to comply, failing to appear because the kids can’t afford
bus fare to even get to court, just multiply. You have kids in the
criminal justice system. Quite possibly a youth is in the justice
system for throwing a snowball or assault in a schoolyard, in
custody because of these ‘‘fail to complies.’’
De plus, les statistiques nous apprennent qu’à l’échelon
national, 30 p. 100 des accusations portées contre les jeunes
sont des « accusations de nature administrative », c’est aussi le
cas en Ontario, où elles comptent pour environ 27 ou 30 p. 100. À
partir du moment où un jeune se retrouve dans le système de
justice pénale en raison d’une accusation initiale, on assiste à une
multiplication des accusations pour défaut de se conformer et
défaut de comparution, parce que le jeune n’a pas les moyens de
prendre l’autobus pour se présenter devant le tribunal. C’est ainsi
que des enfants se retrouvent dans le système de justice pénale. Ils
s’y retrouvent fort probablement pour avoir lancé une balle de
neige ou s’être battus à l’école; ils sont placés en détention pour
« défaut de se conformer ».
The other important factor is that approximately 40 per cent
of youth in the criminal justice system are crossover kids. By that
we mean that they’re also in the child welfare system, and they
have probably been in the child welfare system before they come
into the criminal justice system. They’re probably in the child
welfare system because they’ve been apprehended. They’re at risk.
They have no food. They have no housing. They’ve been
wandering the streets, and, lo and behold, they wind up in the
criminal justice system. If the systemic issues can be addressed —
the housing, the jobs, the education, the counselling — I think
that would go a long way to preventing the youth from coming
into contact with the criminal justice system.
L’autre facteur important, c’est qu’environ 40 p. 100 des
jeunes ayant des démêlés avec la justice sont des enfants en
transit. Nous entendons par là que ce sont aussi des enfants qui
ont été pris en charge par des organismes de protection de la
jeunesse. Ils ont probablement été pris en charge avant d’avoir
des démêlés avec le système de justice pénale. S’ils ont été pris
en charge, c’est sans doute parce qu’ils ont été appréhendés. Ils
sont à risque. Ils n’ont pas à manger. Ils n’ont pas de logement.
Ils errent dans les rues et, ô surprise, ils se retrouvent dans le
système de justice pénale. Si l’on pouvait régler les problèmes
systémiques — le logement, l’emploi, l’éducation et le soutien
psychologique —, je pense que cela contribuerait fortement à
éviter que les jeunes aient des démêlés avec le système de justice
pénale.
While we applaud the measures that are being taken to date,
we need more. We need more resources to help these youth.
Nous applaudissons les mesures qui ont été prises jusqu’ici,
mais il faut en faire plus. Il faut davantage de ressources pour
aider ces jeunes.
Changes in the law in terms of bail provisions, where there’s a
presumption against putting kids in custody, are very good.
However, I know there was a previous question from one of the
senators about representation. The legal aid plans are in trouble.
From a youth’s perspective, whether it’s a federal problem or a
provincial problem, they need representation. Notwithstanding
that there is a provision in the Youth Criminal Justice Act that
counsel needs to be appointed, there aren’t necessarily orders. As
Modifier les dispositions de la mise en liberté sous caution dans
la loi afin qu’il y ait une présomption contre la détention des
enfants est une excellente chose. Toutefois, l’un des sénateurs a
posé une question concernant la représentation. Les programmes
d’aide juridique sont en difficulté. Que le problème se situe au
fédéral ou au provincial, les jeunes ont besoin d’être représentés.
Même si une disposition de la Loi sur le système de justice pénale
pour les adolescents prévoit qu’il faut nommer un avocat, il n’y a
3:32
Human Rights
3-3-2014
legal aid plans are coming into financial trouble, it is going to be
visible minorities who suffer from that, and those are really the
youth who need the representation the most.
pas nécessairement d’ordonnance. Les programmes d’aide
juridique commencent à éprouver des difficultés financières, et
ce sont les jeunes issus de minorités visibles qui en feront les frais
alors qu’ils ont plus que personne besoin de représentation.
The Chair: Thank you very much. We will now go to video
conferencing. I will start with Professor Nicholas Bala, Faculty of
Law, Queen’s University.
La présidente : Merci beaucoup. Nous allons maintenant
passer à la vidéoconférence. Commençons par le professeur
Nicholas Bala, de la faculté de droit de l’Université Queen’s.
Thank you for making yourself available, and we look forward
to hearing from you, Professor Bala.
Je vous remercie d’être des nôtres. Nous sommes impatients de
vous écouter, professeur Bala.
Nicholas Bala, Professor, Faculty of Law, Queen’s University,
as an individual: Thank you. It is a pleasure to be here with you.
Nicholas Bala, professeur, faculté de droit, Université Queen’s, à
titre personnel : Je vous remercie. C’est un plaisir d’être parmi
vous.
By way of introduction, I have been doing research and writing
about youth justice and, more generally, family justice and child
welfare issues for about 30 years. I have been involved here in
Kingston as a volunteer with young offenders, and I serve on
some provincial committees that try to coordinate services.
En guise d’introduction, je fais de la recherche et j’écris sur des
questions concernant la justice et les jeunes, et plus généralement,
le droit de la famille et la protection de l’enfance depuis environ
30 ans. J’ai travaillé à titre de bénévole auprès de jeunes
contrevenants, ici, à Kingston, et j’ai siégé à des comités
provinciaux cherchant à assurer la coordination des services.
I think it is commendable that the Commissioner of
Corrections has done the study that he has done. It’s
disturbing, but I think it also is very helpful in shedding light
on various issues for adult offenders.
Je crois qu’il est louable que le commissaire du Service
correctionnel ait effectué l’étude qu’il a faite. Celle-ci est
troublante, mais, à mon avis, également fort utile pour faire la
lumière sur différentes questions touchant les délinquants adultes.
The Youth Criminal Justice Act and the youth justice system of
course raise different but overlapping issues. One important point
is that the Youth Criminal Justice Act, which has been in force
since 2003, has significantly reduced the use of courts and custody
for the majority of young offenders, without increasing rates of
crime. So when we push down the use of courts and custody and
make more use of community resources, we’re not increasing
youth crime. On the contrary, we’ve actually seen a slight
decrease.
La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et le
système de justice pénale pour les adolescents soulèvent des
questions distinctes, mais qui se recoupent. Soulignons que la Loi
sur le système de justice pénale pour adolescents, qui est vigueur
depuis 2003, a grandement réduit le recours aux tribunaux et à la
détention pour la majorité des jeunes contrevenants, sans qu’il y
ait accroissement du taux de criminalité. Par conséquent, en ayant
moins recours aux tribunaux et à la détention et davantage aux
ressources communautaires on n’accroît pas la criminalité chez les
jeunes. Au contraire, on a observé une légère diminution.
Having said that, it is clear that we have a disproportionate
representation of visible minority youth and Aboriginal youth in
both youth courts and youth custody facilities. As your
questioning has noted already, we do not have national or
provincial data on visible minority representation in the youth
justice system. However, we have had a number of studies,
particularly in Ontario and Alberta, that clearly demonstrate that
there is overrepresentation.
Cela dit, devant les tribunaux et dans les centres de détention
jeunesse, il y a clairement une représentation disproportionnée de
jeunes issus de minorités visibles et des Premières Nations.
Comme vos questions l’ont déjà montré, il n’y a pas de données
nationales ou provinciales sur la représentation des minorités
visibles dans le système de justice pénale pour les adolescents.
Toutefois, il existe un certain nombre d’études, surtout en Ontario
et en Alberta, qui montrent clairement qu’il y a surreprésentation.
Some of this is attributable to social conditions, and it was
referred to whether it’s poverty, single parenthood or living in a
high-crime neighbourhood. Many of these things correlate with
visible minority and Aboriginal status. It’s clear that even taking
all those social factors into account, there is disproportionate
involvement in the youth justice system. As has been noted, we
have research from Kingston, Toronto and elsewhere that police
are much more likely to stop a visible minority youth than a nonvisible minority youth. If they’re in court, they are more likely to
be detained and receive a custodial sentence, even when taking
into account both the sentence and the prior record.
La situation est en partie attribuable à des conditions sociales
mentionnées plus tôt, soit la pauvreté, la monoparentalité ou le
fait d’habiter un quartier où le taux de criminalité est élevé. Un
grand nombre de ces facteurs correspondent à la situation des
minorités visibles et des Premières Nations. Pourtant, même en
tenant compte de tous ces facteurs sociaux, la présence de ces
groupes dans le système de justice pénale pour les adolescents est
clairement disproportionnée. Comme on l’a dit, des recherches
faites à Kingston, à Toronto et ailleurs montrent que les jeunes
issus de minorités visibles sont bien plus susceptibles d’être arrêtés
par la police que les jeunes qui ne le sont pas. S’ils comparaissent
3-3-2014
Droits de la personne
3:33
devant un tribunal, ils sont plus susceptibles d’être détenus et de
recevoir une peine d’emprisonnement, même en tenant compte des
peines et des infractions antérieures.
We have had important work done in Canada, most notably
Ontario, in the report by Justice Roy McMurtry and Alvin
Curling on the roots of youth violence, who go back and look at
the social context of youth, offending and how we can address it
both in terms of prevention for youth under 12 and appropriate
intervention for youth who are 12 and older.
Il y a eu d’importantes études au Canada, surtout en Ontario,
dans le rapport du juge Roy McMurtry et de M. Alvin Curling
sur les causes de la violence chez les jeunes, qui se penche sur le
contexte social dans lequel s’inscrit la délinquance juvénile et sur
les moyens d’y remédier en ayant recours à la prévention pour les
moins de 12 ans et à des interventions appropriées pour les jeunes
de 12 ans et plus.
Your questioning was appropriately pointed in that we don’t
have the kind of data and research we need to understand the
nature of the problems or appropriate responses. One thing we
clearly need is better data and long-term follow-up research. It
was pointed out that for many of the programs that are being
funded, there is evaluation but it is short term. We don’t follow up
on the long-term consequences of intervention or long-term value
of intervention in most cases. We do have some studies, more in
the United States than in Canada, which demonstrate some
programs have long-term payoffs, but until we can prove that to
funders, we will not have the kind of services we need.
Vos questions ont souligné fort à propos que nous n’avons pas
le genre de données et de recherches nécessaires pour comprendre
la nature du problème ou trouver des réponses adéquates. Nous
avons clairement besoin de meilleures données et d’un suivi à long
terme. On a signalé que la plupart des programmes financés font
l’objet d’une évaluation, mais celle-ci est à court terme. La plupart
du temps, il n’y a pas de suivi à long terme sur les conséquences ou
la valeur d’une intervention. Il existe bien quelques études —
davantage aux États-Unis qu’au Canada — montrant que
certains programmes rapportent à long terme, mais tant que
nous ne pourrons pas le démontrer aux bailleurs de fonds, nous
n’aurons pas le genre de service dont nous avons besoin.
Certainly, you have identified services for training. Although
they’re primarily issues of provincial responsibility, there are
significant federal responsibilities in terms of training for police,
particularly the RCMP, prosecutors, particularly federal drug
prosecutors, and judges on issues of visible minority status,
Aboriginal status and fetal alcohol syndrome. We have the
beginnings of education in this area, but we certainly need more.
Certes, vous avez parlé de services de formation. Bien qu’il
s’agisse d’abord de questions de compétences provinciales, le
fédéral a un important rôle à jouer dans la formation de la police,
surtout la GRC, des procureurs, plus particulièrement les
procureurs fédéraux responsables des poursuites en matière de
drogue, et des juges quant aux questions liées à l’appartenance à
une minorité visible ou à une population autochtone et au
syndrome d’alcoolisation fœtale. Il y a un début de sensibilisation
à cet égard, mais il faut en faire plus.
We also need more in terms of specific targeted programs.
Some of them will be based on ethnicity and race; some of them
will be community-oriented but focused more on groups that are
at higher risk.
Nous avons également
programmes bien ciblés.
l’ethnicité ou la race et
communautaire, mais axée
In terms of legislation, it is important to remember that unlike
the federal criminal law where we have seen significant changes
that have resulted in increases in custody, fortunately to this
point, we have not seen those kinds of changes in the Youth
Criminal Justice Act. Some of the 2012 amendments caused
concerns, but others are balanced off. I certainly would not like to
see legislative change that results in the increase in use of custody.
To the contrary, I think we have to be careful with what we are
doing with our Youth Criminal Justice Act. To this point, we’ve
had some success. I think we need to build on that success,
particularly with appropriate interventions and more support for
community-based responses.
Sur le plan législatif, il faut se rappeler que contrairement au
droit criminel, auquel on a apporté d’importantes modifications
qui ont entraîné une hausse du taux d’incarcération, la Loi sur le
système de justice pénale pour les adolescents a, heureusement,
échappé jusqu’ici à ce genre de modification. Certaines
modifications apportées en 2012 ont soulevé des préoccupations,
mais d’autres se sont équilibrées. Pour ma part, je ne voudrais pas
voir de modifications législatives entraînant un plus grand recours
à la détention. Bien au contraire. À mon avis, nous ne devons pas
prendre à la légère la Loi sur le système de justice pénale pour les
adolescents. Jusqu’ici, nous avons obtenu un certain succès. Je crois
qu’il faut nous en inspirer, en misant sur des interventions
appropriées et sur un plus grand soutien des interventions
communautaires.
Thank you, and I look forward to your questions.
The Chair: Thank you very much Professor Bala.
besoin d’un plus grand nombre de
Certains seront plutôt fondés sur
d’autres adopteront une approche
sur des groupes à plus haut risque.
Je vous remercie, et je suis impatient de répondre à vos
questions.
La présidente : Je vous remercie, professeur Bala.
3:34
Human Rights
3-3-2014
Now we go to Siu Ming Kwok, Associate Professor, King’s
University College at Western University. Thank you for agreeing
also on very short notice to join us.
C’est maintenant au tour de M. Siu Ming Kwok, professeur
agrégé du Collège universitaire King’s de l’Université Western. Je
vous remercie également d’avoir accepté de vous joindre à nous à
très court préavis.
Siu Ming Kwok, Associate Professor, King’s University College
at Western University, as an individual: Thank you for having me.
Siu Ming Kwok, professeur agrégé, Collège universitaire King’s,
Université Western, à titre personnel : Je vous remercie de
m’accueillir.
I want to talk about my research area about youth. I will talk
about two areas — the reasons for their criminal behaviour and
interventions.
Je souhaite parler de mes recherches concernant les jeunes. Je
vais parler de deux aspects : les causes de leur comportement
criminel et les interventions.
For the causes, I highlight four factors. The first is about
opportunities. If youth do not think they have a future in this
country because of their skin colour, they are not related to the
society. I will give examples from research.
Pour ce qui est des causes, j’insiste sur quatre facteurs.
Premièrement, les perspectives d’avenir. Si un jeune croit qu’il
n’a pas d’avenir au Canada en raison de la couleur de sa peau, il
n’a pas de sentiment d’appartenance à la société. J’ai des exemples
tirés de mes recherches.
For example, Black and Asian youth are more likely to be
thought of as people affiliated with gangs, so when they are in
contact with law, both of them are classified as gang members,
even though most of them are not.
Par exemple, on considère généralement que les jeunes noirs et
les jeunes asiatiques sont plus susceptibles de faire partie d’un
gang. Par conséquent, s’ils ont des démêlés avec la justice, on tend
à les classer comme étant membres de gang, même si bien souvent,
ce n’est pas le cas.
The second example is about first and second generation
immigrant youth, even though some of them are second
generation. From a research perspective, many of them are so
alienated from the society in the sense that even though they are
born in Canada and speak English without accents, they still
encounter a systemic discrimination in their school as well as in
their workplaces.
Le deuxième exemple concerne les jeunes immigrants de
première et deuxième génération. Même si certains d’entre eux
sont de deuxième génération, les recherches montrent que bon
nombre d’entre eux n’ont pas l’impression d’avoir une place dans
la société, car ils font face à une discrimination systémique à
l’école et au travail, même s’ils sont nés au Canada et parlent
anglais sans accent.
The second part of acculturation is stress. Many of them,
actually, when they have criminal behaviours because of their lack
of a solid cultural identity, they are in two worlds. They do not
belong to Canadian society and do not have the solid self-identity
in their ethnic cultures.
La deuxième partie de l’acculturation a un lien avec le stress. À
vrai dire, dans la majorité des cas, les jeunes qui adoptent des
comportements criminels parce qu’ils n’ont pas de repères
culturels solides vivent entre deux mondes. Ils n’appartiennent
pas à la société canadienne, mais ils n’ont pas non plus de
construction identitaire solide dans leur culture d’origine.
The third point is about their access to criminal opportunity
related to undesirable peers in their surrounding area, maybe their
friends, and they learned their criminal mindset and skill in the
trade of the criminal world.
Le troisième facteur concerne la possibilité de se livrer à des
activités criminelles en raison de la présence de pairs indésirables
dans le voisinage, qui sont peut-être des amis. Les jeunes
acquièrent des savoir-faire et des intentions criminelles à force
de côtoyer un milieu criminel.
The last one is about the lack of adequate support systems for
them, both formal and informal. The informal system like the
family and their friends, and the formal system like housing, and
in the community, they don’t have the kind of services to support
them.
Le dernier facteur a trait à l’absence de systèmes de soutien
adéquats pour les jeunes, à la fois officiels et non officiels. Le
système non officiel, c’est la famille et les amis, et le système
officiel, ce sont des choses comme le logement et la collectivité. Ils
n’ont pas accès à ce genre de services de soutien.
On the interventions, I would like to say that research provides
promising practices as guiding principles for youth, and there are
four points.
Pour ce qui est des interventions, je tiens à dire que la recherche
offre des pratiques prometteuses comme principes directeurs pour
les jeunes. On distingue notamment quatre points.
The first one is about discrimination. The literature says that
we need to address the systemic discrimination against youth. All
institutions and organizations are recommended to conduct a
Le premier porte sur la discrimination. La littérature montre
que l’on doit lutter contre la discrimination systémique dont les
jeunes sont victimes. Toutes les institutions et les organisations
3-3-2014
Droits de la personne
3:35
diversity audit to see if there are correct accommodations for this
segment of the population.
devraient mener une vérification en matière de diversité afin de
déterminer si elles ne devraient pas prendre des mesures
d’adaptation à l’endroit de ce segment de la population.
The second point is that we have to be cautious when we say
visible minority youth; interventions should be more specific to a
certain segment of visible minority youth. For example, we
cannot put them all in one box. Asian youth are not the same as
Black youth. For some youth, like those from the Asian culture,
there are studies that say they have a tendency to internalize a
problem. Some other youth from other cultures have the opposite
response. They externalize their problem more, so there is no one
solution for all ethnic youth.
Je dois cependant signaler que l’expression « jeunes issus des
minorités visibles » est à utiliser avec prudence et que les
interventions devraient plutôt cibler un segment bien précis de
ceux qu’on désigne ainsi, car on ne peut pas tous les mettre dans le
même panier. Les jeunes asiatiques n’ont pas les mêmes besoins
que les jeunes noirs. Pour certains, notamment ceux d’origine
asiatique, les études montrent qu’ils ont tendance à internaliser
leurs problèmes, alors que dans certaines autres cultures, c’est
exactement le contraire : les jeunes vont avoir plus tendance à
externaliser. On ne peut donc pas proposer de solution universelle
pour toutes les minorités ethniques.
The other interesting finding from research is related to the
ethnic background of professional helpers. Ethnic background is
not a determining factor. In other words, if you care about visible
minority youth, their families will come to seek help. It goes back
to the agency and staff members, and whether they actually have
that kind of diversity and culturally appropriate training to be
able to provide services to youths and their families.
L’autre chose intéressante qui ressort des études est l’origine
ethnique des aidants professionnels. En fait, l’origine ethnique
n’est pas un facteur déterminant. Autrement dit, si vous vous
souciez des jeunes issus des minorités visibles, leurs proches vont
venir vers vous. On remonte jusqu’aux employés des agences et à
la question de savoir s’ils ont la formation requise — en ce qui
concerne la diversité autant que la culture — pour fournir ces
services aux jeunes et à leur famille.
The other point I want to emphasize is the family factor. We
see that youth have a strong connection with family, regardless of
the level of their criminal involvement, so that all intervention
strategies should include the family and significant others.
Je tiens d’ailleurs à insister sur le facteur familial. On constate
que, quel que soit leur degré d’implication dans le milieu
interlope, les jeunes sont très attachés à leur famille. Il est donc
important que toutes les stratégies d’intervention tiennent compte
de la famille et des proches.
The last point I want to emphasize is the support system. We
need to increase and strengthen their support system, both with
formal and informal systems, especially with the family, their
friends and the school systems. Most of them lack that kind of
appropriate support system. Without these support systems, it’s
more likely for them to be involved reoffending because they
don’t have a skill or job opportunity at all.
C’est ce qui m’amène à mon dernier point : le système de
soutien, qui doit être élargi et amélioré, autant du point de vue
formel qu’informel. Je pense notamment à la famille, aux amis et
au réseau scolaire. La plupart n’ont pas de système de soutien
digne de ce nom. Or, sans ça, ils sont plus susceptibles de
récidiver, parce que, faute d’avoir les compétences requises, ils
vont se retrouver au chômage.
The Chair: Thank you very much, professor. Thanks to all four
of you for your presentations. We will now go to questioning.
La présidente : Merci beaucoup. Merci à vous quatre, en fait,
pour vos déclarations liminaires. Nous allons maintenant passer
aux questions.
Senator Ataullahjan: Thank you for being here.
La sénatrice Ataullahjan : Merci de vous être déplacés.
We touched on social conditions and visible minorities. When
we talk about social conditions, are we talking about levels of
income, education and family life? What role does each of these
factors play in youths engaging in criminal activities? Also the
studies and research show there is a link between substance abuse
and criminal behaviour. Do you see that link? What is being done
provincially with regard to the rehabilitation of young people?
What is the role of the provinces, if any?
Nous avons parlé des conditions sociales et des minorités
visibles. Quand on parle de conditions sociales, parle-t-on du
niveau de revenu, du niveau de scolarité et de la vie familiale?
Quel rôle chacun de ces facteurs joue-t-il par rapport aux jeunes
qui s’adonnent à des activités criminelles? Les études et les
recherches montrent en outre qu’il y a un lien entre toxicomanie et
comportements criminels. Qu’en pensez-vous? Que font les
provinces pour la réinsertion sociale des jeunes? Quel rôle
jouent-elles, si tant est qu’elles en aient un à jouer?
Mr. Bala: Well, I am prepared to jump in and start; I’m sure
others will want to respond as well since it was a general question.
M. Bala : Je veux bien commencer, et les autres pourront
ajouter leur grain de sel, puisqu’il s’agit d’une question somme
toute générale.
3:36
Human Rights
3-3-2014
To go to the third point, by and large, responsibility for youth
justice, not only for the administration but also for service
provision and prevention, is a provincial responsibility like health
and education. In this regard it’s different from the adult sphere
where the adult correctional system is a federal responsibility. It’s
a provincial responsibility for youth.
Pour répondre directement au troisième élément, grosso modo,
le système de justice pour les jeunes relève des provinces; l’aspect
« administration de la justice », évidemment, mais aussi les
aspects « prestation des services » et « prévention ». Un peu
comme la santé et l’éducation. C’est donc différent du système
correctionnel pour adultes, qui relève du fédéral. Pour les jeunes,
la responsabilité revient aux provinces.
Having said that, I think the federal government has a very
important role in providing leadership, education and sharing of
knowledge. I’m concerned that we’ve seen some funding cuts in
the crime prevention area that are concerning. If anything, we
need more federal funding for demonstration projects and
research in this area.
Cela étant dit, je crois que le gouvernement fédéral a un
rôle très important à jouer en ce qui concerne le leadership, la
sensibilisation et la mise en commun des connaissances. Je
m’étonne d’ailleurs qu’on ait réduit les fonds destinés à la
prévention de la criminalité. Il aurait au contraire fallu les
augmenter, pour financer davantage de projets témoins et de
recherches.
As to the questions you asked about the relationship between
social conditions, drug and alcohol abuse and crime, there is no
doubt that all of these factors are correlated and sometimes there
is a causal link. A lot depends on whether you are thinking about
this on a societal level, or a systemic level, or an individual level. If
you look at any individual youth and ask why the person is
offending or reoffending, or reoffending and not responding to
various kinds of interventions, it will be a complex interaction of
factors. Some kids have drug and alcohol problems that are not
offending, but we know those who are offending are more likely
to have drug and alcohol problems. The fact that they have those
substance abuse issues that are not appropriately addressed will
contribute to offending and/or reoffending. Similarly with issues
like single parenting, residing in high crime neighbourhoods,
having learning disabilities, fetal alcohol and neurological issues
— those are all related to offending behaviour.
En ce qui concerne les relations entre les conditions sociales, la
consommation de drogue et d’alcool et la criminalité, il ne fait
aucun doute que tous ces facteurs sont interreliés et qu’il y a
parfois même un lien de cause à effet. Tout dépend si on envisage
le problème du point de vue sociétal, systémique ou individuel. Si
on prend un jeune et qu’on tente de savoir pourquoi il a commis
un ou plusieurs crimes, pourquoi il a récidivé et pourquoi il
semble résister aux interventions, vous allez vous retrouver avec
un paquet de facteurs complexes tous intimement liés. Certains
jeunes ont un problème de drogue ou d’alcool sans pour autant
sombrer dans la criminalité, mais on sait que ceux qui le font sont
plus susceptibles d’avoir un problème de toxicomanie. Et quand
elle n’est pas traitée adéquatement, la toxicomanie contribue à
faire augmenter les risques de criminalité ou de récidive. C’est la
même chose pour les jeunes qui ont été élevés dans un foyer
monoparental ou dans un quartier mal famé et pour les jeunes qui
ont des difficultés d’apprentissage, un syndrome d’alcoolisme
fœtal ou des problèmes neurologiques : tous ces facteurs influent
sur les comportements criminels.
More generally, and I think Professor Kwok made this point,
for individual youth there needs to be assessment of his or her
problems — context, family, school, community issues — in order
to respond to them in appropriate ways. Different youth have
different needs and problems and require different responses.
Plus généralement, et je crois que M. Kwok en a parlé, chaque
jeune doit faire l’objet d’une évaluation individuelle de ses
problèmes — contexte, famille, école, entourage — afin de
déterminer la meilleure façon d’intervenir. Chaque jeune a ses
besoins et ses problèmes, et chacun a besoin d’une stratégie
d’intervention différente.
I think that the comments Professor Kwok made about the
importance of involving families and parents — especially single
parents — schools and issues about education and reintegration
to the community are incredibly important. We need those
integrated, sophisticated responses to youth crime.
Je crois que ce que disait M. Kwok concernant la famille, les
proches — et particulièrement les parents seuls —, l’école,
l’éducation et la réinsertion sociale, est extrêmement important.
Nous avons besoin d’interventions intégrées et complexes pour
lutter contre la criminalité chez les jeunes.
It’s not only a question of responding to youth crime, it’s also a
question of the economic effects. If we can intervene with young
people and get them employed and get them to become
productive, tax-paying citizens, we’ll be a lot further ahead than
if we find that they’re involved continuously in the criminal justice
system and then socially dependent.
Il ne s’agit pas seulement de lutter contre la criminalité chez les
jeunes, il faut aussi songer aux effets économiques. Si nous
pouvons intervenir auprès des jeunes, les aider à trouver du travail
et à devenir des citoyens productifs qui vont payer leurs impôts, la
société s’en portera beaucoup mieux que s’ils se retrouvent
continuellement devant les tribunaux et vivent à ses crochets.
Mr. Kwok: I also want to jump in to say something. Yes there
is a correlation between substance abuse and crime, but we have
to be more careful because substance abuse is a symptom from
M. Kwok : J’aimerais ajouter quelque chose. Oui, il y a une
corrélation entre toxicomanie et criminalité, mais il faut quand
même être prudent, parce que, selon nous, ce n’est qu’un
3-3-2014
Droits de la personne
3:37
our perspective. We refer more to the underlying problem; that is,
the problems faced by the family. When we address the problem
of substance abuse, we can approach it not as a criminal problem
but from a health perspective.
symptôme. Nous nous intéressons davantage aux problèmes sousjacents, à savoir les problèmes familiaux. Il est tout à fait possible
d’aborder les problèmes de toxicomanie non pas dans une
perspective de criminalité, mais de santé.
That underlying problem may indicate a family problem, or a
housing problem, or an employment problem. We have to be
careful in this case.
Il peut très bien s’agir après tout d’un symptôme révélateur
d’un problème sous-jacent, comme un problème familial, de
logement ou d’emploi. Il faut donc être prudent.
Going back to how you address the whole problem, it is very
complex. It should be an integrated approach. We cannot single
out a certain symptom such as substance abuse. We have to
handle it in a more comprehensive manner, on a multilevel
intervention approach with the family, the community and how to
engage young people back to the community.
Pour ce qui est des solutions, eh bien, disons que c’est très
complexe. Il faut adopter une approche intégrée. On ne peut pas
cibler un seul symptôme, comme la toxicomanie. Il faut y aller de
manière plus globale, intervenir à plusieurs niveaux auprès de la
famille et l’entourage afin de pousser le jeune à réintégrer la
société.
Senator Meredith: Thank you all again for your presentations.
Le sénateur Meredith : Merci encore à vous tous pour vos
déclarations liminaires.
Ms. Rhodes, I want to thank you for your commitment to
youth. Youth have been my passion for the last 12 years as I’ve
become involved in the Toronto area in stopping youth violence
and speaking out about youth violence in our city. Again, I’m
taking this to the next level as a Canadian senator and looking at
the problem right across our country, in Surrey, B.C; North
Preston, Nova Scotia; and right here in both Ottawa and
Montreal. It is important to recognize the challenges that our
young people are facing.
Madame Rhodes, je tiens à vous remercier de ce que vous faites
pour les jeunes. J’ai embrassé la cause des jeunes il y a déjà une
douzaine d’années, et je suis très actif dans la région de Toronto
concernant la lutte contre la violence chez les jeunes et la
sensibilisation à ce phénomène. Maintenant, en tant que sénateur,
j’aimerais amener la discussion à un autre niveau et envisager le
problème d’un point de vue pancanadien, que ce soit à Surrey, en
Colombie-Britannique, à North Preston, en Nouvelle-Écosse, ici à
Ottawa ou encore à Montréal. C’est important que nous
comprenions les problèmes que nos jeunes doivent surmonter.
First, I want to thank all four of you for recognizing the
systemic issues that exist within the system. The panel before did
not acknowledge that and that’s troubling because I believe if
there is a problem, we need to address it before we can find those
solutions to it and we know there is a systemic issue.
Premièrement, je tiens à vous remercier tous les quatre d’avoir
reconnu qu’il y a actuellement des problèmes systémiques. Les
témoins qui vous ont précédés voyaient les choses différemment,
et c’est quelque peu troublant, parce que, selon moi, s’il y a un
problème, il faut en prendre conscience avant de pouvoir le régler
et actuellement, il y a bel et bien des problèmes systémiques.
In your dealings with young people and trying to advocate on
their behalf, what have you put forward in terms of policy papers,
changes and recommendations?
Avez-vous produit des énoncés de politique, des propositions
de changements ou des recommandations concernant les jeunes et
la défense de leurs droits?
Ms. Pomerant, you’ve been doing this for 25 years, and I’m
sure you’re tired of talking and telling people this needs to be
changed. I’m curious about your opinion as well on this.
Madame Pomerant, vous faites ce métier depuis 25 ans, et je
suis sûr que vous devez être fatiguée de parler pour dire aux gens
qu’il faut que ça change. J’aimerais aussi avoir votre point de vue.
Ms. Rhodes, could you start out and talk about what you’ve
done to say here is an issue around housing, health, education,
economics in terms of employment for these individuals who lack
these opportunities? Based on the OCI report, we have a higher
percentage of visible minorities and Blacks within the criminal
justice system. I’m curious about your position on the fact that
there is a systemic problem.
Madame Rhodes, pourriez-vous commencer par nous dire ce
que vous avez fait pour conscientiser la population aux problèmes
que connaissent ces personnes, faute de ressources, qu’il s’agisse
du logement, de la santé, de l’éducation, de l’économie ou de
l’emploi? Selon le rapport de l’enquêteur correctionnel, la
proportion de minorités visibles et de Noirs dans le système de
justice pénale est plus élevée ici qu’ailleurs. Je serais curieux que
vous me disiez si, à votre avis, il y a un problème systémique.
Ms. Rhodes: There is a systemic problem. Part of what is
frustrating as a lawyer is I’m dealing with it essentially on a clientby-client basis. I deal with one client and then I deal with the next
client. However, I can tell you about the initiatives that I have
seen work very well and about some of what I’ve been involved in.
Mme Rhodes : Oh oui, il y a un problème systémique. Ce qu’il
y a de frustrant dans le métier d’avocate, c’est que je dois
essentiellement y aller un client à la fois. Je rencontre un client, et
quand il est parti, j’en rencontre un autre. Je peux quand même
vous parler des initiatives qui marchent bien et du rôle que j’y ai
moi-même joué.
3:38
Human Rights
3-3-2014
There is a specialized youth court in Toronto at 311 Jarvis,
where they have set up specialized courts. There’s a court
specifically for dealing with young people with mental health
and drug addiction issues; another court set up dealing
specifically with Aboriginal youth. These are specialized courts
where different workers within the community can come together
to try to address the issues surrounding these youth. Once they are
involved in the criminal system, to have a court that is set up to
specifically address their needs has been very effective because
through the court process we can get them involved in a mental
health program and a drug addiction program, because those
issues often go hand in hand. There are a lot of young people who
are self-medicating. Having the drug treatment and the mental
health courts together so that all the issues can be addressed has
been very effective. In most cases, once the court is able — and
hopefully I can help to get the youth involved with appropriate
supports in the community — to either withdraw the charges or
divert them, the supports are already in place and that youth has
the support that is needed.
Parmi les tribunaux spécialisés qui se trouvent au 311, rue
Jarvis, à Toronto, il y en a un qui se spécialise dans les jeunes
ayant des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie; il y en a
aussi un qui se spécialise dans les jeunes Autochtones. Dans tous
les cas, des travailleurs sociaux peuvent se réunir pour discuter des
problèmes auxquels ces jeunes sont confrontés. Et l’instauration
de tribunaux spécialisés qui vont s’occuper uniquement d’eux s’est
révélée très efficace, parce qu’il est alors possible de les inscrire à
des programmes de santé mentale ou de lutte contre les
dépendances, deux problèmes qui vont souvent de pair. Bien
des jeunes déterminent eux-mêmes quels médicaments ils doivent
prendre. Or, en combinant les traitements aux tribunaux
spécialisés, on peut obtenir de bien meilleurs résultats. Dans la
plupart des cas, à partir du moment où le tribunal est capable —
et c’est là que j’entre en scène — de faire tomber les accusations
ou de les modifier, les soutiens sont déjà là, et le jeune a le soutien
dont il a besoin.
Once you are in the criminal system you are dealing with
guilty/not guilty and not dealing with criminal problems. We need
to look at getting specialized courts and addressing the young
person’s needs.
Une fois qu’on met le pied dans le système de justice pénale, on
n’est rien d’autre qu’un verdict : coupable ou non, et tout s’efface,
y compris les problèmes criminels. Il faudrait davantage de
tribunaux spécialisés pour mieux répondre aux besoins des jeunes.
Ms. Pomerant: I think we change things one youth at a time.
We change things by supporting many of the organizations that
you fund, for example, the Second Chance Foundation in
Toronto, which goes in and deals with high-risk youth. We’ve
attended many of their graduations. It’s inspiring what can be
done when you put the proper supports in place.
Mme Pomerant : Je crois que nous pouvons changer les choses
un jeune à la fois. Nous pouvons par exemple appuyer les
organismes que vous financez, comme la fondation Second
Chance, à Toronto, qui intervient directement auprès des jeunes
à risque. Nous avons assisté à la remise des diplômes de bon
nombre d’entre eux. C’est inspirant de voir tout ce qu’on peut
faire, quand le soutien est là.
We don’t have a lot of time to write papers, but we keep
coming out and advocating for more resources for those youth
because no jobs, no support, no counselling, no structure does not
equal crime prevention; it equals decimated souls, hopelessness
and gang affiliation.
Nous n’avons pas vraiment le temps de rédiger des articles,
mais nous continuons de nous faire entendre et de réclamer plus
de ressources pour ces jeunes, parce que ce n’est pas en les privant
d’un emploi, de soutien, de conseils et de structures qu’on va les
empêcher de commettre des crimes. Au contraire, nous allons les
mener droit à la déchéance et au désespoir et les pousser droit
dans les bras des gangs.
That’s what we keep doing. We need more resources for these
youth.
C’est ce que nous faisons au quotidien. Et nous avons besoin
de plus de ressources pour aider ces jeunes.
Ms. Rhodes: Ms. Pomerant touched on this briefly: Every
Wednesday evening I volunteer in a church basement at Regent
Park with an organization called Pathways to Education which
does receive federal funding. I thank you for that. It’s an excellent
program and it tutors young people in the racialized community.
Mme Rhodes : Mme Pomerant en a parlé brièvement : tous les
mercredis, je fais du bénévolat dans le sous-sol de l’église de
Regent Park avec un organisme appelé Passeport pour ma
réussite, qui reçoit du financement du gouvernement fédéral. Je
vous en remercie, soit dit en passant. Il s’agit d’un excellent
programme qui cible plus particulièrement les jeunes des
communautés racialisées.
I can tell you that when I’m not helping them with their math
homework, I’m spending a lot of time helping them with their
résumés. Even last week I was helping a young person write his
application for a scholarship. That’s what these young people
need — the hope and opportunity to know there is a way out.
Quand je n’aide pas ces jeunes à faire leurs devoirs de
mathématiques, je passe beaucoup de temps à les aider à rédiger
leur curriculum vitae. Encore la semaine dernière, j’en aidais un à
faire une demande de bourse d’études. C’est de ça que les jeunes
ont besoin : d’espoir et d’un moyen de s’en sortir.
It’s been one of the more rewarding programs I’ve been
involved in.
C’est l’un des programmes les plus gratifiants auxquels j’ai pris
part.
3-3-2014
Droits de la personne
Senator Seidman: Thank you very much.
3:39
La sénatrice Seidman : Merci beaucoup.
Professor Bala, we heard from the Director General of the
Crime Prevention Directorate of Public Safety Canada in earlier
testimony about the importance of evidence-based research. You
yourself made the point that we need evidence-based research in
order to demonstrate that programs designed in this field actually
work.
Monsieur Bala, plus tôt aujourd’hui, le directeur général de la
Prévention du crime, à Sécurité publique Canada, nous a parlé de
l’importance des recherches fondées sur les faits éprouvés. Vousmême, vous avez dit que, pour montrer que les programmes en la
matière fonctionnent bien, il faut que les recherches soient fondées
sur des faits éprouvés.
If I use the health field as a paradigm, because that’s the field I
personally know best, I know there’s an investment made in
longer term studies to evaluate programs of particular
interventions, and they’re all in partnership: public, private
sectors, and academia of course plays a huge role. Given the
importance of evidence-based research, could you tell me how this
paradigm might apply to the youth justice field?
Si je prends l’exemple du domaine de la santé — parce que c’est
celui que je connais le mieux —, je sais que des investissements ont
été faits dans les études à long terme visant à évaluer les
programmes d’intervention spécialisés, et tout se fait en
partenariat : secteur public, secteur privé, milieu universitaire;
tout le monde a un immense rôle à jouer. Vu l’importance des
recherches fondées sur des faits éprouvés, pourriez-vous nous dire
comment nous pourrions transposer ces programmes dans le
domaine de la justice pour les jeunes?
Mr. Bala: I think that the health model, the control group
study, which we can’t completely replicate in the youth justice
system, but we can try things in one neighbourhood with one
project and add a comparison community. I think it’s absolutely
essential and needs to be done on a long-term basis.
M. Bala : Je crois que le modèle de la santé, l’étude au moyen
de groupes témoins, serait impossible à transposer tel quel dans le
système de justice pour les jeunes, mais nous pouvons
certainement faire des projets pilotes dans un quartier et ajouter
un groupe témoin. Je crois que c’est absolument essentiel et qu’il
faut penser à long terme.
We have started to do some of that work. For example, there’s
the Better Beginnings project, operated in a number of places in
Ontario, which is following up young people for over a decade
with early intervention and finding the successes of early
intervention.
Nous avons déjà commencé. Par exemple, le projet Partir d’un
bon pas, qui est actif dans plusieurs régions de l’Ontario, suit
divers jeunes pendant 10 ans et préconise l’intervention précoce.
Et ça marche.
Having said that, we need to do a lot more. I think the federal
government has a role here and, with all respect, I think — from
the earlier presentations — it’s not enough to follow young people
through the course of the program. We have to follow up after
they’ve been through that program to see the long-term
consequences of that program. Some programs unfortunately
seem to work only for a short period of time and don’t have that
long-term follow-up.
Cela étant dit, il faut aller beaucoup plus loin. Je crois que le
gouvernement fédéral a un rôle à jouer et — avec tout le respect
que je dois aux témoins qui nous ont précédés — je crois que ce
n’est pas assez de suivre les jeunes pendant la durée de tel ou tel
programme. Il faut que le suivi se poursuive après, afin d’évaluer
les effets à long terme. Malheureusement, certains programmes ne
semblent donner des résultats que sur une brève période, et il n’y a
aucun suivi à long terme.
The other thing we have to recognize — and this was pointed
out —, is we need to have replication. Sometimes programs seem
to work, and it’s not necessarily because of what they’re doing but
because they’ve managed to attract or be established by someone
who was charismatic or has good skills with young people. But it’s
not what they are doing; it’s who they are. We have to try to
replicate those programs before we can put them in in other
places.
L’autre chose dont il faut prendre conscience — et le sujet a
déjà été abordé —, c’est le potentiel d’émulation. Certains
programmes fonctionnent bien, mais ce n’est pas nécessairement
à cause du programme lui-même, mais plutôt de la manière dont il
est géré ou parce que les responsables ont réussi à attirer un porteparole charismatique ou doué avec les jeunes. Ce n’est pas le
programme lui-même qui est une réussite, ce sont ceux qui le
représentent. Il faut chercher à reproduire ces programmes avant
de les transplanter ailleurs.
I think there’s a great deal more to do in terms of the research,
the follow-up and the dissemination of results. The federal
government has a really important role to play there. It’s certainly
starting to play that, but it needs to do a lot more.
Je crois qu’il y a beaucoup à faire sur le plan de la recherche, du
suivi et de la diffusion des résultats. Le gouvernement fédéral a un
rôle très important à jouer. Il a fait les premiers pas, mais il a
encore beaucoup de pain sur la planche.
Senator Hubley: I’ll ask Emma Rhodes this. You’ve
chronologically given us the order of when things tend to
happen, and the result is we’re looking at charges. You did
La sénatrice Hubley : J’aimerais poser la question suivante à
Emma Rhodes. Vous nous avez brossé un portrait chronologique
de la situation, et nous en sommes à l’étape des accusations. Vous
3:40
Human Rights
3-3-2014
mention failing to comply, then being held overnight, stripsearched, et cetera, and eventually staying in custody. What is
custody? Where is that? Is that a youth centre?
avez parlé de refus d’obtempérer, d’incarcération pour la nuit, de
fouille à nu, et cetera, puis de détention. De quoi parle-t-on, au
juste? Et où? Dans un centre jeunesse?
In the youth court system are you experiencing the backlogs
that maybe the other justice system is experiencing from time to
time?
Le système de justice pour les jeunes connaît-il les mêmes
arrérages que le système pour adultes connaît quelques fois?
I would like to add that you’re doing marvellous work in your
areas. Do you feel that is being replicated across the country?
J’aimerais ajouter que vous faites un boulot du tonnerre. Y a-til d’autres gens comme vous, ailleurs au pays?
Ms. Rhodes: Dealing first with custody, there are two types of
custodial facilities for young people. The first is open custody,
which is essentially a group home facility. There are no cells;
they’re living in a home within the community. Then there’s
secure custody, which is the youth version of a jail.
Mme Rhodes : En ce qui concerne la détention, il y a deux
types d’établissements pour les jeunes. Il y a d’abord les centres de
garde en milieu ouvert, qui ressemble à un gros foyer familial. Il
n’y a pas de cellules, et les jeunes prennent part à la vie de
quartier. Puis il y a les centres de garde en milieu fermé, qui sont
l’équivalent d’une prison, mais pour les jeunes.
In the Toronto area, I can tell you that for young men, that is
at the Roy McMurtry Youth Centre, which is in Brampton. This
poses a problem because if their families live in Toronto, how can
they come and visit them? If they don’t have access to a car and
they’re put in custody, they often lose that tie to their parent.
What they are left with is the anti-social peer group they’re
meeting in custody. It can have a very detrimental effect.
Dans la région torontoise, le centre de jeunes Roy McMurtry,
de Brampton, accueille par exemple les jeunes de sexe masculin.
C’est un problème, parce que, si leurs proches habitent à Toronto,
comment font-ils pour venir leur rendre visite? S’ils n’ont pas
accès à une voiture et qu’ils se retrouvent en détention, ils sont
coupés de leurs parents. Il ne leur reste plus que le groupe
d’antisociaux qui sont en détention avec eux. Disons que l’effet
peut être assez néfaste.
With the backlog, one of the purposes of the YCJA is that the
impact or the finding, or whatever the sentence may be for a
young person, is supposed to happen pretty close to the offence
because it’s supposed to reflect how the youth brain works. A year
is forever for them. There is a need to have consequences to an
action happen pretty close to the offence date. Things happen
quickly, but it’s still six to eight to nine months. For the teenage
brain, that still is far away.
En ce qui concerne les arrérages, la Loi sur le système de justice
pénale pour les adolescents prévoit justement que, pour les jeunes,
la sentence — ou je ne sais trop comment on dit dans leur cas à
eux — doit être prononcée très peu de temps après l’infraction,
parce que c’est ainsi que fonctionne le cerveau des jeunes. Pour un
jeune, un an, c’est une éternité. Il faut que les conséquences se
manifestent peu de temps après l’infraction. Les choses bougent
donc plus rapidement, mais on parle quand même d’un délai de
six, huit, voire neuf mois. Et dans l’esprit d’un jeune, c’est encore
très long.
I would like to see a shorter time period. When we say six,
seven or eight months, it doesn’t seem like a long time, but for the
youth brain to try to connect their action to the consequence, it
creates problems. In eighth months they’ve moved on, and we
know that with teenagers in our own lives, eight months is
forever.
J’aimerais que ce soit plus court. Pour nous, six, sept ou huit
mois, ce n’est pas très long, mais pour que le cerveau du jeune
fasse la connexion entre le geste posé et la conséquence, ça peut
s’avérer problématique. Après huit mois, il est passé à autre chose,
et nous savons bien, à voir aller nos propres ados, que pour eux,
huit mois et l’éternité, c’est la même chose.
In terms of across the country, I can only tell you that I
practise in Toronto, so that’s my experience.
Pour ce qui est du reste du pays, comme je pratique seulement à
Toronto, mon expérience se limite à ma région.
Senator Hubley: Are our youth held in remand from time to
time? Are they ever remanded?
La sénatrice Hubley : Avez-vous parfois affaire à des cas de
détention provisoire? Arrive-t-il que les jeunes soient mis en
détention provisoire?
Ms. Rhodes: Yes.
Mme Rhodes : Oui.
Senator Hubley: Are they then held in any sort of a different
condition?
La sénatrice Hubley : Sont-ils détenus dans les mêmes
conditions que les adultes?
Ms. Rhodes: That is up to how they’re classified by
Correctional Service Canada, so it would go back to open or
secure custody.
Mme Rhodes : Tout dépend de la catégorie dans laquelle les
classe le Service correctionnel du Canada, qui choisit entre la
détention en milieu ouvert ou fermé.
3-3-2014
Droits de la personne
3:41
Senator Eggleton: I want to focus on what the federal
government is doing and should be doing. On the last panel we
heard from Justice Canada about their Youth Justice Fund and
Youth Justice Services Funding Program. Public Safety Canada
told us about the National Crime Prevention Strategy.
Le sénateur Eggleton : J’aimerais parler de ce que fait le
gouvernement fédéral — et de ce qu’il devrait faire. Parmi les
témoins précédents, les représentants de Justice Canada nous ont
parlé du Fonds du système de justice pour les jeunes et du
Programme de financement des services de justice pour les jeunes,
alors que celui de Sécurité publique Canada nous a parlé de la
Stratégie nationale pour la prévention du crime.
I would like some commentary on how effective these
programs are. Are they meeting valuable needs? Is the funding
adequate for them? If not, is it something where we need to
double or triple the funding? I would like to get some idea of how
far off the mark this funding is for these programs.
J’aimerais savoir si ces programmes sont efficaces, et dans
quelle mesure? Répondent-ils à des besoins réels? Sont-ils financés
adéquatement? Dans la négative, s’agit-il d’un cas où il faudrait
en doubler, voire en tripler le financement? J’aimerais avoir une
idée du manque à gagner qu’accusent ces programmes.
Also, in terms of what the programs don’t cover, two or three
areas that you think need to be priorities for the federal
government in its programming project, whether it’s prevention
or dealing with youth in the system.
Aussi, en ce qui concerne les domaines non couverts par ces
programmes, j’aimerais que vous me signaliez deux ou trois
éléments qui, selon vous, devraient figurer parmi les priorités du
gouvernement fédéral en matière de programmes, qu’il s’agisse de
prévention ou de la place des jeunes dans le système.
Particularly moving to visible minorities, these programs are
for at-risk youth, whether visible minorities or not, but since the
subject we are dealing with is trying to deal with an
overrepresentation of visible minorities, what further needs to
be done in terms of meeting their needs? That’s a big question,
perhaps, but we are at the federal level and I would like to know
what more we need to do.
Et plus particulièrement en ce qui concerne les minorités
visibles... je sais que ces programmes sont destinés aux jeunes en
général, qu’ils fassent partie des minorités visibles ou pas, mais
comme la réunion d’aujourd’hui porte sur la surreprésentation
des minorités visibles, j’aimerais que vous nous disiez ce que nous
devrions faire de plus pour répondre aux besoins de ces derniers.
Je sais que c’est une grosse question, mais j’aimerais savoir ce que
le gouvernement fédéral, puisque c’est lui que nous représentons,
peut faire de plus.
Mr. Bala: I think there are a number of issues raised in these
questions, and certainly one of them that relates back is the
question of the federal role. The federal role is primarily, I think,
for carefully funding demonstration projects that can be
replicated across the country. That means finding the projects,
funding them and evaluating them in a long-term way. I’m
concerned that we’re not spending nearly enough on crime
prevention. I think that, in the long term, it’s a social investment.
M. Bala : Votre question porte sur plusieurs aspects, et l’un
d’eux nous ramène justement au rôle que le fédéral doit jouer.
Selon moi, le fédéral doit essentiellement s’occuper de financer
adéquatement les projets témoins pouvant être reproduits ailleurs
au pays. Il doit les trouver, les financer, puis les évaluer à long
terme. Je m’inquiète, parce qu’on est loin de consacrer assez
d’argent à la prévention. Pourtant, il s’agit à mon avis d’un
investissement à long terme pour la société.
One study in Ontario, the Better Beginnings, Better Futures
Project, and some studies from the United States clearly
demonstrate that early investment in both children at risk and
adolescents has a long-term economic payoff provided they’re the
right kind of programs. Some programming is not very effective,
so we need the follow-up component and then dissemination of
information.
Selon une étude ontarienne, menée dans le cadre du projet
Partir d’un bon pas pour un avenir meilleur, et plusieurs autres
provenant des États-Unis, les sociétés qui investissent très tôt
dans des programmes efficaces pour enfants et adolescents à
risque en sortent financièrement gagnantes à long terme. Pour ce
qui est des programmes moins efficaces, c’est à ce moment-là que
le suivi et la diffusion de l’information deviennent importants.
Another issue was touched upon that is very important: the
large number of child welfare youth who are in group homes
administered by the provinces that may then become involved in
the justice system. Ms. Rhodes was in some ways referring to
issues about children and youth in group homes being overly
charged and then represented in the youth justice system. That’s
another area, certainly, where we need to pay significant
attention; and to this point we have not done enough.
J’aimerais revenir sur un autre sujet, parce qu’il est très
important. Je veux parler du nombre de jeunes pris en charge par
l’État et vivant dans un foyer d’accueil administré par les
provinces qui risquent de se retrouver un jour devant les
tribunaux. Mme Rhodes y a fait indirectement allusion
lorsqu’elle parlait des enfants et des jeunes qui vivent dans un
foyer d’accueil et qui sont surreprésentés dans le système de justice
pour les jeunes, notamment à cause du grand nombre
d’accusations dont ils font l’objet. Il s’agit certainement d’un
aspect qui mérite toute notre attention, car pour le moment, nous
sommes loin d’en faire assez.
3:42
Human Rights
3-3-2014
There was mention of Toronto’s drug court, mental health
court and Aboriginal court. Those are all very important.
Another area where we need to do some work is on the socalled ‘‘crossover youth.’’
Quelqu’un a parlé du tribunal pour toxicomanes de Toronto,
de celui pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale
et de celui pour les Autochtones. Ils sont tous très importants. Il
ne faudrait pas non plus oublier les jeunes qui appartiennent à
plusieurs catégories.
A great deal more can be done. I would respectfully suggest the
federal government may have had more of a leadership role in the
past than it has right now in some of these areas.
Nous pouvons en faire beaucoup plus. Avec tout le respect que
je vous dois, je recommanderais au gouvernement fédéral
d’accroître le leadership dont il a fait preuve jusqu’ici dans
certains de ces domaines.
Ms. Pomerant: The funding is not adequate as a lot isn’t
covered. Many of the programs are not, shall we say, culturally
sensitive. Until we deal with the systemic issues, the problems will
continue to persist.
Mme Pomerant : Le financement est insuffisant, puisque bien
des secteurs ne reçoivent rien. Bon nombre de programmes ne
sont pas — comment dire — adaptés à la réalité culturelle. Tant
que nous n’aurons pas réglé les problèmes systémiques, rien ne
changera.
When I practised in Alberta, and the numbers are significantly
down now in terms of incarceration rates, I believe that
90 per cent of the 250 youth were Aboriginals. Now, there are
80 youth in the Edmonton Young Offender Centre and
97 per cent of them, as of this morning’s statistics, are
Aboriginal. There weren’t any culturally sensitive programs and
there wasn’t anything for them to come out to. I understand that
that’s still the case. When I spoke to my former youth worker this
morning, he said that he couldn’t talk long because he had to get
some fresh water to the reserve and he was dealing with two 11year-old mothers.
À l’époque où je pratiquais en Alberta — et je dois dire que les
taux d’incarcération ont beaucoup diminué —, quelque chose
comme 90 p. 100 des 250 détenus étaient des Autochtones. Le
centre pour jeunes délinquants d’Edmonton compte actuellement
80 jeunes, et 97 p. 100 d’entre eux, en date de ce matin, sont
Autochtones. Aucun programme adapté à leur réalité culturelle
ne leur était offert, et rien ne les attendait à leur sortie. J’ai cru
comprendre que rien n’a changé depuis. J’ai parlé à mon ancien
travailleur social, ce matin, et il me disait qu’il ne pouvait pas me
parler longtemps parce qu’il devait aller porter de l’eau douce à la
réserve et qu’il devait rencontrer deux fillettes qui sont tombées
enceintes à 11 ans.
There could be a lot more funding and funding in terms of
preventive measures, education, counselling, putting community
supports in place for single mothers, and putting advocates in
place for single-parent families, many of whom are first
generation, don’t speak the language and can’t advocate at the
schools to get their children back in school. Once we have lost
them in the educational system, it is my personal view that they
are lost to us. We need more funding in those areas. Who is
responsible for that in terms of federal-provincial and how it is
divvied up? I heard some of the answers from the last panel, but it
doesn’t assist the youth. They need those things.
Il pourrait y avoir beaucoup plus d’argent pour la prévention,
l’éducation, la consultation, les soutiens communautaires destinés
aux mères seules et aux chefs de famille monoparentale, qui bien
souvent sont des immigrants de première génération qui ne
parlent ni anglais ni français et qui ne peuvent pas faire pression
sur l’école du quartier pour qu’elle accepte leurs enfants. À mon
humble avis, à partir du moment où un enfant quitte le réseau
scolaire, on peut considérer qu’il est perdu. Il faut plus d’argent
dans ce secteur-là. Qui, du fédéral ou des provinces, est
responsable de quoi et comment les responsabilités sont-elles
partagées? Les témoins qui nous ont précédés avaient quelques
réponses, mais rien pour aider les jeunes. Or, ils en ont bien
besoin.
Mr. Kwok: I want to chime in on two things. In terms of the
federal government’s role, there are two things they can do. The
first one is leadership for funding. They don’t know much about
visible minority youth and criminal behaviour. We need more
good research to understand about this population and what
programs are more effective for this segment of the population.
Most of them are from welfare systems. How can we do more
preventive work before they go to the criminal justice system? We
need more of that in this area in order to determine a tailor-made
program for them.
M. Kwok : J’aimerais dire deux choses. En ce qui concerne le
rôle du gouvernement fédéral, il y a deux choses qu’il peut faire.
Premièrement : montrer l’exemple côté financement. On ne sait
presque rien des comportements criminels des jeunes issus des
minorités visibles. Il faut des recherches poussées si on veut
comprendre ces jeunes et déterminer les programmes qui les
serviraient le mieux. Il s’agit pour la plupart de programmes
d’aide sociale. Mais ne pourrait-on pas mettre davantage l’accent
sur la prévention, avant qu’ils ne se retrouvent devant les
tribunaux? Nous devons en faire plus et créer un programme
sur mesure pour eux.
A second area is implementation. We need to emphasize that
when we handle criminal behaviour, which happens in a local
community, each community has its unique problems. There’s no
Vient ensuite la question de la mise en œuvre. Il faut insister sur
le fait que, lorsqu’un jeune commet un acte criminel dans son
quartier, chaque cas est unique. Il n’y a pas de solution
3-3-2014
Droits de la personne
cookie-cutter approach. You have to handle it community by
community. In that sense, the federal role should have good
cooperation and collaboration with provincial governments as
well as municipal governments about how to handle crime and the
problem of local gangs in communities. The communities have
strengths and limitations. One community is not the same as
another.
The Chair: Thank you very much.
Senator Meredith: Going back to your studies on alienation
and visible minority youth, Black youth and the different cultures
that we have in Canada, can you elaborate for me on that in terms
of what work we need to do so our young people feel validated
that they’re part of Canadian society? How can we take away the
sense of hopelessness from these youth through these programs
mentioned by the first panel, the intervention, and so forth? How
do we get to the point where we feel that our young people are
contributors rather than detractors from society?
Mr. Kwok: The first thing is more long term.
3:43
universelle. Il faut y aller au cas par cas. Le gouvernement fédéral
devrait donc miser sur la collaboration et la concertation avec les
gouvernements provinciaux et les administrations municipales
pour lutter contre la criminalité et les gangs locaux. Chaque
localité a ses forces et ses faiblesses, et chacune est différente de la
précédente.
La présidente : Merci beaucoup.
Le sénateur Meredith : Si on revient aux études sur l’aliénation
et les jeunes issus des minorités visibles, comme les jeunes Noirs,
et les différentes cultures qui façonnent le paysage canadien,
pourriez-vous me dire ce qu’il faudrait que nous fassions pour que
nos jeunes sentent qu’ils font partie intégrante de la société
canadienne? Parmi les programmes dont parlaient les premiers
témoins, y en aurait-il un, ou une stratégie d’intervention ou que
sais-je, qui nous permettrait de redonner espoir aux jeunes?
Comment faire en sorte que nos jeunes contribuent à la société au
lieu de s’en détacher?
M. Kwok : Premièrement, il faut penser à long terme.
The Chair: Mr. Kwok, may I ask that you wait? We will have
Senator Ataullahjan’s question as well and then you can answer
both.
La présidente : Puis-je vous demander de patienter un petit
instant, monsieur Kwok? La sénatrice Ataullahjan va poser sa
question, et vous pourrez alors répondre aux deux.
Senator Ataullahjan: Do you think that prevention is the only
approach to take towards crime? Does the government also have
to be tough on crime?
La sénatrice Ataullahjan : Croyez-vous que la prévention est la
seule façon de lutter contre la criminalité? Le gouvernement ne
doit-il pas sanctionner durement les comportements criminels?
Mr. Kwok: There are two questions. The first one addresses the
alienation. For the long term, we have to address systemic
discrimination against youth. We need to have some kind of hope
and opportunity. When I say ‘‘hope and opportunity,’’ youth
need role models in school and in employment. They have to look
up to something they can identify with. The best way to do that is
to provide them with role models. Like I said before, we’re going
to recommend for all organizations, school systems, and others
that they undergo diversity auditing. They are going to
accommodate the needs of these populations.
M. Kwok : Il y a deux questions. La première porte sur
l’aliénation. À long terme, il faut lutter contre la discrimination
systémique dont les jeunes sont victimes. Il faut leur redonner
espoir et élargir leurs horizons. Je veux dire par là que les jeunes
ont besoin de modèles, à l’école comme sur le marché du travail.
Ils doivent pouvoir s’identifier à quelqu’un. Et il n’y a rien comme
un modèle pour les inspirer. Comme je le disais plus tôt, nous
allons recommander que tous les organismes, établissements
scolaires et autres se soumettent à une vérification sur le plan de la
diversité et qu’ils prennent ensuite des mesures pour répondre aux
besoins de ces populations-là.
Of course, we could accommodate them in terms of their
learning. For example, some cultures place more emphasis on
education. Even though their children are involved in crime, they
try their best with all their resources to get them back to normal
school. That means getting them back to mainstream society. We
have to provide that kind of accommodation for them to get back
to society.
À commencer par leurs besoins pédagogiques, il va sans dire.
Par exemple, dans certaines cultures, l’éducation occupe une place
prédominante. Même si les enfants qui en sont issus sombrent
dans la criminalité, leurs parents vont tout faire, vraiment tout,
pour les ramener à l’école dite « normale ». Car pour eux, cela
équivaut à réintégrer la société. Nous devons donc leur donner les
moyens d’y parvenir.
Going back to the second question about the process, we need
more money for prevention. According to research, when we
study the criminal pathway, it is more effective to target people
before they commit a crime instead of when they are involved in
the criminal system, when it is less effective. We need to put more
money, research and programs toward how to prevent them from
coming into contact with the criminal system. Once involved in
Pour ce qui est de la deuxième question, sur le processus, c’est
clair qu’il faut consacrer plus d’argent à la prévention. Selon de
nombreuses recherches sur les comportements criminels, il est plus
efficace d’intervenir auprès d’une personne avant qu’elle ne
commette un crime qu’une fois qu’elle a mis le pied dans le
système de justice pénale. Il faut financer davantage de recherches
et de programmes afin d’empêcher ces gens de ne jamais entrer en
3:44
Human Rights
3-3-2014
the system, we have to go to other research literature and other
programs to help them, which is more expensive and more
difficult to help them get out of the system.
contact avec le milieu interlope. Car une fois qu’ils y sont, c’est
très difficile de les en faire sortir, et les programmes et études
nécessaires pour leur venir en aide sont plus onéreux.
Mr. Bala: I think that on the question of prevention,
particularly for children — in Ontario we have the Better
Beginnings program — we have seen that investing, starting
early in pre-schools and in programming for school-aged children
has a long-term social payoff in terms of greater engagement in
the education system, lower teen pregnancy, and lower offending;
so true prevention is very important.
M. Bala : Pour ce qui est de la prévention, notamment auprès
des enfants — je reviens toujours au programme ontarien Partir
d’un bon pas —, nous avons constaté qu’il est socialement
avantageux d’investir dès le niveau préscolaire et le primaire, car
les enfants s’intègrent mieux au réseau scolaire, les jeunes filles
sont moins susceptibles de tomber enceintes et les jeunes en
général risquent moins de commettre un crime. Alors, oui, la
prévention est vraiment importante.
Secondly, what we have been talking about largely today is
intervention. Once a young person committed offences, how do
we respond? I think part of that is accountability. There is a role
for the police and a role for the courts, but the question was raised
about getting tough with youth crime.
Vous savez, il a beaucoup été question d’intervention
aujourd’hui. À partir du moment où un jeune commet un
crime, que fait-on? Je crois que c’est une question de
responsabilités et de conséquences. Les policiers ont un rôle à
jouer, comme les tribunaux, mais la sénatrice demandait si on ne
devait pas sanctionner durement les jeunes criminels.
We have had a major national undertaking, almost an
experiment, in which we have seen significant decreases in the
number of young people in courts, significant decreases in the
number of young people in custody, more community-based
intervention, and it had actually led or been coincident with a
reduction in youth crime.
Nous avons lancé une vaste initiative nationale — j’ai presque
envie de parler d’une « expérience » — qui a eu pour résultat de
faire baisser considérablement le nombre de jeunes qui se sont
retrouvés devant les tribunaux ou en détention et de faire
augmenter les interventions communautaires. Cette initiative a
coïncidé avec une réduction du taux de criminalité chez les jeunes,
pour ne pas dire qu’elle en a été la cause directe.
An approach of sending more young people into custody is not
effective. We can see that both on a national and an international
level. These kinds of interventions actually deal with young
people’s problems. It was pointed out that one of the limitations
of custody is young people are removed from their homes,
schools, communities and sent somewhere else.
On n’arrivera à rien en mettant plus de jeunes en détention. Les
faits l’ont démontré, ici comme ailleurs dans le monde. Les
interventions dont je parle ciblent directement les problèmes que
vivent les jeunes. Quelqu’un disait tout à l’heure que, parmi les
côtés négatifs de la détention, il y a le fait que les jeunes sont
coupés de leur foyer, de leur école et de leur entourage pour être
envoyés on ne sait où.
It may be that while they’re in custody, they are well-behaved,
but the issue is this: Can we reintegrate them in the community so
they will be effective, productive citizens? Once we move them
from the community, reintegrating them is much more difficult.
Et même s’ils se comportent bien durant leur détention, une
question demeure : comment faire pour qu’ils réintègrent
vraiment la société et deviennent des citoyens efficaces et
productifs? Car une fois qu’on les coupe de la société, c’est
nettement plus difficile de les y réintégrer.
When it was asked what kinds of programs we have that are
effective, the most effective ones generally speaking are
community and family oriented. Some of them will involve
aspects of culture and recreation.
Vous nous avez demandé de parler des programmes efficaces.
Eh bien, les programmes les plus efficaces sont ceux qui ciblent la
famille et l’entourage. Et c’est encore mieux s’ils comportent des
volets « culture » et « loisirs ».
That doesn’t mean there’s not a role for accountability. In
appropriate cases there can be community service; there can and
should be restitution to victims; there can and should be
probation. But changing young people is the critical thing.
Locking up a young person is relatively easy to do. It is expensive,
but it is often not the most effective response.
Je ne dis pas qu’il ne doit pas y avoir de conséquences. Dans
certains cas, le service communautaire peut s’avérer indiqué; il
peut aussi y avoir dédommagement des victimes, et il devrait
certainement y avoir une probation. Mais ce qui est important,
c’est de chercher à changer le comportement de ces jeunes. En se
contentant de les enfermer, on tombe dans une certaine facilité. Et
en plus de ne pas être la solution la plus efficace, c’est coûteux.
The Chair: I want to thank all of you for your presentations
today. You have given us a lot to think about.
La présidente : Je tiens à vous remercier tous et toutes pour la
discussion que nous avons eue aujourd’hui. Vous nous avez
donné de quoi alimenter notre réflexion.
Professor Bala, your last sentence is going to be what we will be
thinking of. It will certainly be important in our reflections.
Monsieur Bala, nous allons méditer longuement sur votre
dernière phrase. Chose certaine, elle saura guider nos réflexions.
3-3-2014
Droits de la personne
3:45
I thank you for making yourselves available on such short
notice.
Merci encore d’avoir pu vous libérer à aussi court préavis.
Our next witness is Catherine Latimer from the John Howard
Society of Canada. Catherine is often present at our committee
and other committees in the Senate. We very much welcome you.
Nous accueillons maintenant Catherine Latimer, de la Société
John Howard du Canada. Catherine est une habituée de notre
comité, et de bien d’autres comités du Sénat. Soyez la bienvenue.
Catherine Latimer, Executive Director, John Howard Society of
Canada: It is a great pleasure to be here.
Catherine Latimer, directrice générale, Société John Howard du
Canada : C’est un grand plaisir pour moi d’être ici.
The John Howard Society of Canada is a community-based
charity whose mission is to support effective, just and humane
responses to the causes and consequences of crime. The society
has more than 60 front-line offices across the country, many with
programs and services to support the safe reintegration of
offenders into our communities and to prevent crime. We
provide services to individuals in need, regardless of their race,
religion, age, sexual orientation, criminal record, et cetera.
La Société John Howard du Canada est un organisme sans but
lucratif dont la mission consiste à appuyer des interventions
efficaces, justes et humaines pour s’attaquer aux causes et
aux conséquences de la criminalité. La société est composée de
60 bureaux de première ligne un peu partout au pays qui offrent
des programmes et des services en appui à une réintégration des
délinquants en toute sécurité dans nos collectivités et à la
prévention de la criminalité. Nous offrons nos services à tous
ceux qui en ont besoin, peu importe leur race, leur religion, leur
âge, leur orientation sexuelle, leurs antécédents criminels ou
autres.
The services we provide depend on the needs of our clients in
the communities served. In some cases, such as the Northwest
Territories, our clients are mostly First Nations individuals; and
in urban centres, our clients reflect many different races. We
provide services for youth to prevent crime and for those who
have been in conflict with the law.
Les services que nous offrons varient selon les besoins des
clients. Dans certains cas, comme aux Territoires du Nord-Ouest,
nos clients sont surtout issus des Premières Nations; dans les
centres urbains, ils proviennent de toutes sortes de milieux
ethniques. Nous offrons des services de prévention aux jeunes et à
ceux qui ont eu des démêlés avec la justice.
Thank you for the kind invitation to speak to you about the
youth justice system and visible minorities. There is no question
that certain groups are overrepresented in the youth justice system
— First Nations; Blacks; males; former wards of the state; the
poor; those with mental health challenges, cognitive impairments
and brain injuries; victims of violence, et cetera. I understand this
committee is interested in the challenge of the overrepresentation
in the youth justice system of visible minority youth.
Je vous remercie de m’avoir aussi gentiment invitée à venir
vous parler du système de justice pour les jeunes et des minorités
visibles. Certains groupes sont surreprésentés au sein du système
de justice pour les jeunes, personne ne dira le contraire. Je pense
entre autres aux Premières Nations, aux Noirs, aux hommes, aux
anciens pupilles de l’État, aux pauvres, aux personnes ayant des
problèmes de santé mentale ou des déficits cognitifs, à celles qui
ont subi un traumatisme crânien, aux victimes de violence et j’en
passe. Le comité s’intéresse aujourd’hui à la surreprésentation des
jeunes issus des minorités visibles au sein du système de justice
pour les jeunes.
I had imagined that previous witnesses would have provided
you with a lot of data, but having listened to some of the previous
witnesses, I think that’s probably not the case. I was simply going
to refer you to some statistics that were contained in The Star
article that came out on March 1, 2013: ‘‘Unequal justice:
Aboriginal and black inmates disproportionately fill Ontario
jails.’’ That article indicates that Aboriginal boys 12 to 17 are five
times more represented in the Ontario youth facilities; that there
are four times more Black males age 12 to 17 in youth Ontario
facilities; and there are 10 times more Aboriginal girls in Ontario
youth facilities. Young Black females, interestingly enough, were
not overrepresented in Ontario youth facilities.
J’aurais cru que les témoins précédents vous auraient fourni
tout un paquet de données, mais pour en avoir écouté quelquesuns, j’ai cru comprendre que ce n’était pas le cas. J’aimerais
simplement attirer votre attention sur un article paru dans le Star
du 1er mars 2013 : « Unequal justice : Aboriginal and black
inmates disproportionately fill Ontario jails ». On y apprend qu’il
y a cinq fois plus de garçons autochtones de 12 à 17 ans dans les
centres ontariens pour jeunes; qu’il y a quatre fois plus de garçons
noirs de 12 à 17 ans dans les centres ontariens pour jeunes; et qu’il
y a 10 fois plus de filles autochtones dans les centres ontariens
pour jeunes. Les filles noires, étonnamment, n’y sont pas
surreprésentées.
I think it is important to get a handle on the statistics so that
you know what you are looking at. That may be a bit of a start for
the Ontario issues, but I think you will find quite a different story
in some of the other provinces.
Je crois qu’il est important de bien comprendre les statistiques
si on veut savoir de quoi on parle. Je viens de vous donner une
idée de ce qui se passe en Ontario, mais je crois que la situation est
complètement différente dans certaines autres provinces.
3:46
Human Rights
3-3-2014
All of us wish there were an easy answer to this, but history,
poverty and marginalization have left a legacy of hardship and
challenges for many of these youth. The higher numbers in youth
custody is a symptom of much broader social and economic
problems, and it would be a mistake to think that the answers lie
in changes to the youth justice system alone.
Nous souhaitons tous mettre le doigt sur une solution magique,
mais hélas, les antécédents, la pauvreté et la marginalisation
marquent bon nombre de ces jeunes pour la vie. Les taux élevés
d’incarcération chez les jeunes sont symptomatiques de plus
vastes problèmes sociaux et économiques, et nous ferions erreur
en assumant que, pour tout régler, il suffit de réformer le système
de justice pour les jeunes.
If we are able to make a difference in the lives of individual
youths, we need to examine three clear categories of change, or
phenomena. One is social and economic policy.
Si nous voulons changer la vie de ces jeunes, nous devons
envisager trois types bien précis de changements, ou phénomènes.
À commencer par les politiques sociales et économiques.
Inequality needs to be addressed. If groups get mired in
poverty and see no way of getting out and contributing
constructively to society, negative social outcomes, including
violence and crime, follow. Whatever may have led certain
groups, communities or families within Canada to be trapped in
poverty, pathways need to be built so they can have hope that this
can and will be overcome.
Les inégalités doivent être aplanies. Si un groupe donné
s’embourbe dans la pauvreté sans jamais avoir l’espoir d’en sortir
et de contribuer un jour concrètement à la société, c’est alors
que les comportements sociaux négatifs, dont la violence et la
criminalité, font surface. Quoi qu’il ait pu arriver pour que
certains groupes, communautés ou familles du Canada aient pu se
retrouver prisonniers de la pauvreté, nous devons paver la voie
afin de leur donner l’espoir qu’ils peuvent — et qu’ils vont — s’en
sortir.
What you find — and I think some of the information that you
have received — is that it’s pretty clear that the children of newly
arrived Canadians are actually under-represented in the youth
justice system, and it is only when there’s been an opportunity for
people to get stuck at low levels and not see an opportunity to
advance that you start to see this generational trap where people
get caught in crime.
Comme vous l’ont appris certains renseignements que vous
avez déjà reçus, on sait aujourd’hui que les enfants des nouveaux
arrivants sont en fait sous-représentés dans le système de justice
pour les jeunes, et c’est seulement quand les jeunes voient qu’ils
sont condamnés à rester en bas de l’échelle toute leur vie et ne
voient aucune issue que le piège des générations les pousse vers la
criminalité.
The second big area is crime prevention. There can be no doubt
that there are communities in Canada where our youth are at risk.
I must confess that before being the Executive Director of the
John Howard Society of Canada, I was Director General of
Youth Justice Policy for the federal Department of Justice, so
perhaps I know a bit more about this area than I really should.
C’est ce qui m’amène au deuxième grand volet : la prévention
de la criminalité. Tout le monde sait qu’au Canada, les jeunes
issus de certaines communautés sont à risque. Je dois préciser
qu’avant d’occuper les fonctions de directrice générale de la
Société John Howard du Canada, j’étais directrice générale du
Groupe de la politique en matière de justice applicable aux jeunes,
au ministère de la Justice, alors c’est probablement pour ça que
j’en sais plus que ce à quoi on pourrait tout d’abord s’attendre.
One of the areas that we were concerned about when we were
bringing in the Youth Justice Act — which was intended really to
address the needs of young people in their communities rather
than through the justice system — was the capacity of some
Aboriginal communities to discharge that. We were worried that
we would have a negative consequence of actually the proportions
of Aboriginal youth going up if we didn’t provide some support
for Aboriginal communities and support their ability to deal with
youth in their communities.
Lorsque la Loi sur le système de justice pour les jeunes est
entrée en vigueur — et je précise qu’à l’origine, cette loi devait
miser sur le milieu, et non sur le système de justice, pour régler les
problèmes des jeunes —, nous nous demandions sérieusement si
certaines communautés autochtones pourraient y arriver. Nous
craignions de faire augmenter la proportion de jeunes délinquants
Autochtones si nous ne fournissions pas une certaine forme de
soutien aux communautés autochtones afin de les aider à aider
elles-mêmes leurs jeunes.
What we did was to try to figure out the numbers. We did a
one-day snapshot of Aboriginal youth in custody. We went to all
the provinces and asked them to do a head count of the number of
youth who were First Nations, who were in their communities on
a particular day. What communities did they come from? Where
were they when they committed the offence that led to custody?
What community were they proposing to return to after their
custodial sentence?
Nous avons fait des prévisions. Nous avons calculé le nombre
de jeunes autochtones qui étaient alors en détention. Nous avons
communiqué avec toutes les provinces et leur avons demandé de
compter le nombre de jeunes des Premières Nations qui étaient
dans leur communauté un jour donné. D’où venaient-ils? Où
étaient-ils le jour où ils ont commis l’infraction à cause de laquelle
ils étaient en détention? Où envisageaient-ils de retourner à la fin
de leur peine?
3-3-2014
Droits de la personne
3:47
We got very interesting data about the proportion of First
Nations people in the youth justice system, and essentially the
gateway of young people coming into the youth justice system in
bigger numbers. While it might not have been a surprise to some,
it was through western urban centres, and the real gateway for
youth coming into custody at that time was Winnipeg.
Nous avons obtenu des données intéressantes sur la proportion
de jeunes des Premières Nations au sein du système de justice pour
les jeunes et sur les endroits où les jeunes étaient les plus
susceptibles de sombrer dans la criminalité. Ce ne sera sans doute
pas une surprise pour certains, mais nous avons appris que c’était
dans les grands centres de l’Ouest, et plus particulièrement à
Winnipeg, que les jeunes étaient le plus susceptibles de se
retrouver en détention.
So we introduced a cities project in Winnipeg where we worked
with an Aboriginal elder who had a background in corrections
and a police officer who did a lot of work in the front end. They
worked with all of their contacts in their communities. The actual
number of First Nations people coming into the youth justice
corrections system reduced significantly by building the capacity
and putting the capacity in where you knew the problems lay. I
just provide that as a positive example.
Nous avons donc lancé un projet à Winnipeg dans le cadre
duquel un aîné qui avait travaillé en milieu carcéral et un agent de
police ont fait un excellent travail. Ils ont fait jouer tous leurs
contacts dans le milieu. Au bout du compte, le nombre de jeunes
des Premières Nations qui se sont retrouvés devant les tribunaux a
diminué considérablement, tout ça parce que nous avons renforcé
leurs capacités et misé sur les sources connues des problèmes. Je
voulais vous en parler, parce qu’il s’agit d’un exemple positif.
What is very interesting also is to actually talk to some of these
kids or young people who are in communities that are at high risk.
If you haven’t done so, you may be surprised. One of the things
that struck me was that the first thing that they ask for is that they
need a place to be safe. These kids feel in danger in some of those
communities. We assume that the danger is coming from them,
but they perceive themselves at being at risk of violence. It is
important to try to address those kinds of things.
J’ai trouvé particulièrement intéressant de pouvoir discuter
avec certains de ces enfants et jeunes qui viennent d’une
communauté à risque. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à faire
de même. Vous pourriez être surpris. J’ai entre autres été saisie de
voir que, la première chose qu’ils demandaient, c’est qu’on les
mette en sécurité. Ces jeunes se sentent en danger dans leur
communauté. Et si nous assumons aussitôt que le danger vient de
la communauté en tant que telle, les jeunes nous disent au
contraire qu’ils se perçoivent eux-mêmes comme étant à risque de
devenir violents. On ne peut pas rester les bras croisés quand on
entend des choses comme ça.
It is key to try to figure out what your problem is, what
community you are in, and what are the unique problems facing
the individuals in those communities. How do you put the
support structures in place that will stand the best chance of
meeting those kids’ needs, giving them hope that they can survive
and overcome the challenges that they’re facing and the negative
influences that they’re feeling from their particular community?
Il est essentiel de déterminer les problèmes de chaque jeune, la
communauté dont il est issu ainsi que les problèmes qui lui sont
propres. Comment mettre en place les structures de soutien qui
sont le plus susceptibles de répondre aux besoins de ces jeunes, de
leur donner espoir et les convaincre qu’ils peuvent survivre, qu’ils
peuvent surmonter les obstacles qui se dressent sur leur chemin et
qu’ils peuvent se débarrasser des influences négatives qu’ils
subissent dans leur communauté?
Crime prevention is key, but it has to be more than just
spending money on programs. This is a February 26, 2014,
article entitled, ‘‘After Decades of Spending, Minority Youth Still
Overrepresented in System,’’ where the United States had
reviewed their crime prevention programs. It gives a good idea
of where those resources should be spent in order to actually have
good outcomes. That is also key.
La prévention est capitale, mais elle ne doit pas se résumer au
seul financement des programmes. Voici un article paru
le 26 février 2014. Il s’intitule « After Decades of Spending,
Minority Youth Still Overrepresented in System », et on y
apprend que les États-Unis ont passé leurs programmes de
prévention en revue. Cet article nous donne une bonne idée des
ressources nécessaires pour produire des résultats intéressants. Ça
aussi, c’est capital.
We need to learn from what works. We need to test out
different stuff and we need to learn from what works.
Il faut s’inspirer de ce qui fonctionne. Il faut essayer des choses,
et il faut s’inspirer de ce qui fonctionne.
The third category that we need to look at is opportunities and
challenges within the youth justice system itself.
La troisième catégorie correspond aux points forts et aux
faiblesses du système de justice pour les jeunes en tant que tel.
One of the significant problems — and I think people have
raised it — is that we need to be wary about negative stereotyping
by those in the justice system. More people come out of poverty
not committing offences than do. It is easy to make stereotypes,
particularly if they’re race-based, and it can lead to what the last
Il faut particulièrement se méfier des stéréotypes négatifs qui
peuvent circuler dans le système. Je crois d’ailleurs que le sujet a
déjà été abordé par d’autres avant moi. Parmi les gens qui vivent
dans la pauvreté, il y en a beaucoup plus qui ne commettent aucun
crime qu’il y en a qui en commettent un. C’est facile de tomber
3:48
Human Rights
3-3-2014
set of witnesses was talking about, the likelihood that youth from
these marginalized communities will be stopped more by police
and will be hounded more.
dans les stéréotypes, surtout raciaux, car il peut alors arriver ce
que décrivaient les témoins précédents, c’est-à-dire que les
personnes qui sont issues de ces communautés seront davantage
ciblées et traquées par les services policiers.
We also need to ensure that the risk/need tools and other
diagnostic program devices are impartial.
Nous devons aussi nous assurer que les outils d’évaluation des
besoins et des risques et autres programmes diagnostics sont
impartiaux.
You will often find that they will have something in there that
assesses potential risk — which can really be telling in terms of
how the justice system deals with them — that is not weighted
properly for certain cultures or certain cultural risks. So you
really need to look at those risk-need assessment tools.
Il arrive souvent que les mécanismes destinés à évaluer les
risques — et c’est tout à fait révélateur de la place qui leur est
accordée dans le système de justice pour les jeunes — ne soient pas
adaptés à la réalité culturelle de certains jeunes ou aux risques
culturels s’y rapportant. Il faut donc faire bien attention à ces
outils d’évaluation des risques et des besoins.
I’ll give you an example. This is not necessarily related to them,
but I deal with a lot of adult inmates. They were doing a risk-need
assessment, and an example of a standard question is: How much
time do you spend with your family? Of course, if you’re
incarcerated, the amount of time you’re spending with your
family is reduced. You end up with very low scores on these riskneed assessments because a youth may be away of their family in
a boarding school or whatever. That needs to be addressed.
Je vous donne un exemple. Je sais qu’il n’est pas vraiment
question des détenus adultes aujourd’hui, mais c’est surtout à eux
que j’ai affaire. Voici un exemple typique de question qui est posée
dans le but d’évaluer les risques et les besoins d’un détenu donné :
Combien de temps passez-vous avec votre famille? Il va sans dire
que les personnes incarcérées passent beaucoup moins de temps
avec leur famille. Elles obtiennent donc un score très peu élevé.
C’est la même chose pour les jeunes qui ne restent plus chez leurs
parents parce qu’ils sont en pension ou quelque chose du genre.
Ça aussi, il faut en tenir compte.
It is important to treat all young people as individuals and base
tailored alternatives and community-based sentences or
rehabilitation plans on that particular individual. For many
visible minority youths, culturally relevant options will resonate
well with them, whether this is drumming, sweat lodges, learning
rap music or whatever it happens to be. Others will want more
main line rehabilitation and reintegration tools like housing, job
opportunities and education. Some will want both.
Il est important de traiter tous les jeunes comme des personnes
à part entière et de trouver des peines ou des plans de réinsertion
adaptés à leurs besoins et à leur milieu. Pour bien des jeunes issus
des minorités visibles, les options à connotation culturelle ont
particulièrement la cote. Je pense entre autres à des leçons de
batterie ou de musique rap, aux huttes de sudation et autres
solutions du genre. Certains autres vont plutôt favoriser les outils
classiques de réinsertion et de réadaptation, comme le logement,
l’emploi et l’éducation. D’autres encore vont préférer un mélange
des deux.
It’s very important to look at the individual, to listen to the
individual’s needs and try and figure out how best to line that up
so that they’re available for the young person who has been
involved in the justice system.
Il est très important d’évaluer les besoins de chaque jeune qui a
maille à partir avec le système de justice, de l’écouter et de
chercher à trouver une solution qui lui convienne.
Trauma-based practices are something that we haven’t looked
at but are growing and might be particularly relevant for some
who live in high-risk neighbourhoods. A lot of young people who
have been exposed to a lot of violence — and some of those young
people coming from high-risk neighbourhoods will have seen their
friends shot and killed, and some of them will have been exposed
to violence within their families — there is a lot of trauma that
goes with that. There has been a considerable amount of success
by tailoring responses that address some of the trauma that young
people may have experienced in their communities.
Nous n’avons pas encore parlé des thérapies traumatologiques,
mais elles sont de plus en plus populaires. Elles peuvent d’ailleurs
s’avérer intéressantes pour les jeunes qui vivent dans un milieu à
risque particulièrement élevé. Bon nombre d’entre eux ont été
exposés à beaucoup de violence — certains ont vu leurs amis se
faire tirer dessus et mourir — et les traumatismes sont fréquents.
Les interventions qui ciblent les traumatismes subis par les jeunes
sont incroyablement efficaces.
I think that’s an opportunity that we should be looking at in
the future.
Je crois que c’est une possibilité que nous devrions envisager
dans l’avenir.
In conclusion, we as a society face the challenge of the
overrepresentation of certain groups in our justice system. Today
we are looking at the overrepresentation of visible minority
En conclusion, notre société doit composer avec la
surreprésentation de certains groupes au sein du système de
justice. Aujourd’hui, nous nous intéressons surtout à la
3-3-2014
Droits de la personne
3:49
youth, but to be effective and fair in our response, we need to
tackle underlying social and economic problems that affect them
and their communities and that are correlated with higher crime
rates. The youth criminal justice system should be used with
restraint, and there should be no discrimination in the youth
justice system.
surreprésentation des jeunes issus des minorités visibles, mais
pour agir de manière juste et efficace, nous devons nous attaquer
aussi aux problèmes sociaux et économiques sous-jacents
qu’éprouvent ces jeunes et les communautés dont ils font partie,
car le lien avec le taux de criminalité est direct. Le système de
justice pour les jeunes devrait être utilisé avec parcimonie, et il
devrait être totalement exempt de discrimination.
The Youth Criminal Justice Act allows for culturally relevant
practices at the front end, at alternatives, at custody and at
reintegration. These should be encouraged for youths who want
them. There are lots of untapped opportunities we could be
looking at.
La Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents
parle de pratiques culturelles pertinentes, de solutions de
rechange, de détention et de réinsertion. Ces solutions devraient
être envisagées pour les jeunes qui s’y intéressent. L’éventail des
possibilités inexplorées est très impressionnant.
Thank you.
Senator Eggleton: Thank you for that presentation. That’s
excellent.
Merci.
Le sénateur Eggleton : Merci beaucoup, c’était excellent.
I quite agree with you that we need to look at the underlying
social and economic issues here: poverty, inequality, housing, job
opportunities, education, et cetera. But I would like to focus for a
moment on the programs that are operating; these are some of the
questions I asked the last panel. The Department of Justice in the
first panel talked about the Youth Justice Fund and the Youth
Justice Services Funding Program. Public Safety Canada talked
about the National Crime Prevention Strategy.
Je crois moi aussi que nous devons nous attaquer aux causes
sociales et économiques sous-jacentes, comme la pauvreté, les
inégalités, le logement, l’emploi, l’éducation, et cetera. J’aimerais
cependant commencer par parler des programmes actuellement en
vigueur; j’ai posé les mêmes questions aux témoins précédents.
Parmi le premier groupe de témoins, les représentants du
ministère de la Justice ont parlé du Fonds du système de justice
pour les jeunes et du Programme de financement des services de
justice pour les jeunes. Le représentant de Sécurité publique
Canada, lui, a plutôt parlé de la Stratégie nationale pour la
prévention du crime.
Are there aspects of these programs that stand out for you as
being quite worthwhile and successful? What do you think they
should be covering that they are not? Talk about the adequacy of
funding for the programs that the federal government through
these two departments could be funding; that’s quite aside from
the underlying social and economic issues.
Y a-t-il des aspects de ces programmes qui vous semblent
particulièrement utiles, ou efficaces? Y a-t-il des aspects qui ne
sont actuellement pas couverts, mais qui, selon vous, devraient
l’être? Dites-nous si le financement des programmes que le
gouvernement fédéral offre par l’entremise de ces deux ministères
est adéquat. Et c’est sans oublier les problèmes sociaux et
économiques sous-jacents.
Also, what do we do about the data problem? How do you
think we can get a handle on that?
Finalement, que pensez-vous du problème de données?
Comment devrions-nous nous y prendre, selon vous, pour le
régler?
These programs primarily operate for at-risk youth, yes, but we
are focusing at this point on visible minorities. Still, I think in
either case, we need to get a handle on the data about youth to
better justify their program needs.
Ces programmes sont principalement offerts aux jeunes à
risque, d’accord, mais nous nous concentrons sur les minorités
visibles. Quoi qu’il en soit, je pense qu’il faut mieux comprendre
les données sur les jeunes pour mieux justifier leurs besoins en
matière de programmes.
Ms. Latimer: I’ll start with the data. It would be quite
reasonable to ask the Department of Justice to collect the data
you need to see. I can tell you from having done the one-day
snapshot that there will be some costs to them in terms of paying
for the time for the provincial data collectors to actually collect
the data. But it was basically processed within the Department of
Justice once the data had arrived. There are many fewer young
people in custody now, so I think you could get answers to that
fairly quickly.
Mme Latimer : Je commencerai par les données. Il ne serait pas
déraisonnable de demander au ministère de la Justice de recueillir
les données dont vous avez besoin. D’expérience, je peux vous dire
qu’il y a des coûts associés aux profils instantanés d’une journée,
liés au temps que passent les responsables provinciaux à recueillir
les données. Mais dès qu’elles sont recueillies, c’est le ministère de
la Justice qui traite les données. Le nombre de jeunes sous garde a
beaucoup diminué, je pense donc que vous pourriez obtenir des
réponses assez rapidement.
3:50
Human Rights
3-3-2014
A number of programs are working well. The challenge is to
ensure there is some sort of evaluation of those particular
programs. The Youth Justice Fund was supposed to be looking at
innovative programs. Some of them should have worked and
some should not have. A lot were funded and a lot turned out to
work surprisingly well.
Un certain nombre de programmes fonctionnent bien. Le défi
consiste à faire en sorte qu’ils soient évalués. Le Fonds du système
de justice pour les jeunes était censé s’intéresser aux programmes
novateurs. Certains d’entre eux auraient dû fonctionner et
d’autres pas. Beaucoup d’entre eux ont été financés et ont fini
par dépasser nos attentes.
For example, one I thought would not be useful — by that I
mean in terms of demonstrating where we ought not to go in the
future — was in connection with providing drama skills for young
people who were at risk of being involved in gangs. That actually
turned out to be successful. I’m not entirely sure why, except that
it might give them an opportunity to step outside the socialized
role and think about how they could act in a different way.
Il y en a un qui, selon moi, n’allait pas s’avérer utile, sauf pour
ce qui est de nous aider à comprendre quoi éviter à l’avenir; le
programme consistait à apprendre l’art dramatique aux jeunes
susceptibles de se joindre à un gang. Le programme s’est avéré un
succès. Je ne sais pas exactement pourquoi; peut-être leur a-t-il
donné l’occasion de s’éloigner du rôle qu’ils ont acquis dans la
société et de trouver d’autres façons d’agir.
It’s important to try to assess these programs and share the
results about what is and is not working.
Il est important d’essayer d’évaluer ces programmes et de
communiquer les données sur ce qui fonctionne et ce qui ne
fonctionne pas.
As a community-based organization, we try and share
information among John Howard Societies across the country
about the type of programs that are working well so they can be
duplicated or so patterns of success can be followed up on in
certain areas of the community. But where John Howard has had
some success is in supporting some of the higher-risk young
people in terms of providing them with housing and support, and
supporting their reintegration back into the communities. There
are a lot of successful things that can be done.
En tant qu’organisme communautaire, nous tentons de mettre
en commun, avec toutes les Sociétés John Howard au Canada, les
renseignements sur les programmes qui fonctionnent afin qu’ils
puissent être repris ailleurs ou que l’on se penche de plus près sur
les formules qui marchent dans divers domaines. Nous avons
notamment eu du succès avec les programmes visant les jeunes à
risque élevé; nous offrons de les loger et de les appuyer en vue de
leur réinsertion sociale dans la collectivité. Il y a beaucoup de
choses que nous pouvons faire.
If you ask young people — which I always think is important
when developing programs for them — a kid in custody would
say, ‘‘If there was one adult who cared about me en route, who I
felt I could go to and seek guidance from, it would have made a
big difference in my life.’’ So I’m keen on mentoring and peer
support programs. Young people who have walked the same path
as young people who are struggling now and made it successfully
out the other side have something to share with struggling youths
that resonates with them; it gives them hope.
Il suffit de parler aux ados en détention — ce qui, soit dit en
passant, est important lorsqu’on met au point des programmes
pour les aider — pour apprendre que si seulement il y avait eu un
adulte dans leur vie capable de leur donner des conseils, ça aurait
fait toute la différence. C’est pourquoi je m’intéresse tout
particulièrement aux programmes de mentorat et de soutien par
les pairs. Les jeunes personnes qui sont passées par des moments
difficiles mais qui s’en sont sorties ont beaucoup à apprendre aux
jeunes en difficulté; elles savent ce qu’ils éprouvent, et peuvent
leur donner espoir.
The John Howard Society would say that to help with the
correction of young people or anybody who is in conflict with the
law, you need a standard set of supports; you need education,
housing, something that addresses the psychological problems the
person may be facing, and you need to address any kind of
addiction or substance abuse issues. Basically, you need a gamut
of supports around a particular person in order to help them back
into society. That’s equally true with young people.
Selon la Société John Howard, pour remettre sur le droit
chemin les jeunes qui ont des démêlés avec la justice, il faut
intervenir dans les domaines suivants : l’éducation, le logement,
les problèmes de santé mentale et la toxicomanie. Essentiellement,
toute personne a besoin d’aide à ces niveaux-là afin de pouvoir
réintégrer la société. C’est la même chose pour les jeunes.
Senator Eggleton: What about the crime prevention program;
does it need more money?
Le sénateur Eggleton : Et le programme de prévention du
crime, a-t-il besoin de plus d’argent?
Ms. Latimer: It would benefit from an enormous infusion of
resources.
Mme Latimer : Il bénéficierait beaucoup d’une grande infusion
de ressources.
There is a very good adviser — I think to the Washington State
government — who actually does a cost-benefit analysis of
programs, including crime prevention programs as well as
intervention programs, who says that for X amount of
taxpayers’ dollars, Y is the cost saving in the long run. It’s
Il y a un excellent conseiller — qui travaille, sauf erreur, pour le
gouvernement de l’État du Washington — qui effectue une
analyse coûts-bénéfices des programmes, dont les programmes de
prévention du crime et les programmes d’intervention, qui lui
permet d’affirmer les économies potentielles à réaliser sur le long
3-3-2014
Droits de la personne
pretty clear that for the investments they are making in crime
prevention programs, they’re saving a lot in terms of future
policing, corrections and justice costs.
Senator Eggleton: Do we have a Canadian study on that?
Ms. Latimer: No, but it would be worthwhile to emulate that.
3:51
terme pour chaque dollar des contribuables investi. Il est
indéniable que les investissements effectués dans les programmes
de prévention du crime entraînent une réduction des coûts des
services de police, des services correctionnels et de
l’administration de la justice à l’avenir.
Le sénateur Eggleton : Avons-nous une étude équivalente pour
le Canada?
Mme Latimer : Non, mais il serait intéressant d’en faire une.
The closest I have seen is in connection with homelessness; you
see it in a connection between crime and homelessness. They
looked at providing social housing and the savings provided in
terms of emergency room calls and the calls on the justice system.
There are huge savings by providing housing.
La seule initiative que j’ai vue qui s’en rapproche s’intéresse à
l’itinérance. Il y a un lien entre la criminalité et l’itinérance. On a
tenté d’établir un lien entre la création de logements sociaux et les
économies réalisées grâce à la réduction du nombre de visites aux
salles d’urgence et les économies au sein du système de justice. Le
logement nous permet de réaliser des économies considérables.
These broader costing models are things that should certainly
be pursued.
Il faudrait vraiment s’intéresser à ces grands modèles
d’établissement des coûts.
Senator Meredith: Thank you so much for your presentation,
and thank you for being on both sides of the spectrum here. You
speak to us from a well-informed position.
Le sénateur Meredith : Merci beaucoup pour votre témoignage,
qui nous montre bien les deux côtés de la médaille. Vous semblez
très bien informée.
You mention trauma-based practices. In Greater Toronto,
where I hail from, several incidents have taken place that I
attended to, and visible-minority communities tend to not gain
that same sense of support when it comes to homicides that take
place in these townhouse complexes, churches, malls. There does
not seem to be that sense of reaction in terms of those
communities. Can you elaborate for me on what needs to be
done to help these young people when they are in this traumatic
situation?
Vous avez parlé de pratiques fondées sur les traumatismes.
Dans ma région du Grand Toronto, j’ai été témoin de plusieurs
incidents, et il semble que les communautés de minorités visibles
ne reçoivent pas autant d’aide pour les homicides commis dans les
quartiers de maisons en rangée, les églises, les centres d’achat.
Il semble qu’on n’intervienne pas dans ces quartiers. Pourriezvous nous parler de ce qu’il faudrait faire pour aider les jeunes qui
éprouvent de telles situations traumatisantes?
Ms. Latimer: I think you mentioned — was it the ‘‘Year of the
Gun’’ or the ‘‘Summer of the Gun’’?
Mme Latimer : Vous avez mentionné — c’était « l’Année des
fusils » ou « l’Été des fusils »?
Senator Meredith: In 2005, yes.
Le sénateur Meredith : En 2005, oui.
Ms. Latimer: At that time, there were three levels of
government participating in a response to those tragedies. I felt
that that had shown great promise in terms of helping to mobilize
support for those particular communities and empowering some
of the leaders in those communities to speak out and address
some of those concerns. Now, it takes an infusion of resources to
be able to do that as well.
Mme Latimer : À l’époque, les trois ordres de gouvernement
intervenaient en réponse à de telles tragédies. C’était très
prometteur; on pouvait mobiliser le soutien nécessaire pour
aider ces communautés et habiliter les dirigeants communautaires
à exprimer leurs préoccupations. Maintenant, il nous faut une
infusion de ressources pour y parvenir.
In terms of trauma-based practices, I was thinking about a
young person that I met from the Jane-Finch area. I think his
name is Devon Jones. I don’t know if you know him, but he
works with the school board in some of communities where there
are a lot of gang problems. He was talking about how
traumatized the students were when gun violence affected one
of their students.
Pour ce qui est des pratiques fondées sur les traumatismes, je
pense à un jeune du quartier de Jane et Finch que j’ai rencontré.
Je pense qu’il s’appelait Devon Jones. J’ignore si vous le
connaissez; il travaille pour le conseil scolaire d’une des
communautés qui éprouve de gros problèmes de gangs. Il
parlait du fait que les actes de violence commis avec une arme à
feu à l’endroit d’un des élèves traumatisent tous les élèves.
I don’t see how there could not be trauma associated with that.
The last thing you want is for them to get inured to violence. You
want them to have a safe place for dealing with that particular
trauma and for putting measures in place that continue to make
them feel safe and help them overcome that.
Je ne vois pas comment ce pourrait être autrement. La dernière
chose que l’on veut, c’est que ces jeunes soient blessés. Idéalement,
ils pourraient composer avec ce traumatisme dans un milieu sûr,
et l’on pourrait prendre des mesures pour qu’ils continuent de se
sentir en sécurité et qu’ils guérissent.
3:52
Human Rights
3-3-2014
If people feel the only way to feel safe is to have gangs at their
backs, it promotes the wrong response. We need to think about
what motivates young people to join gangs. I think it is that
feeling of being personally at risk. There is a lot to be said for
trying to address some of those underlying problems, and I think
they are fairly unique. It’s not that other communities don’t have
that, but you wouldn’t necessarily have that in some other
Canadian communities.
Si les jeunes trouvent que la seule façon de se sentir en sécurité
est d’avoir recours à un gang, c’est la mauvaise réponse. Il faut
songer à ce qui motive les jeunes à se joindre à un gang. Je pense
que c’est en grande partie le désir de mitiger le risque personnel
qu’ils ressentent. On pourrait beaucoup accomplir en s’attaquant
à ces problèmes sous-jacents qui, selon moi, sont particuliers aux
jeunes dans de telles circonstances. Je ne dis pas que d’autres
communautés n’ont pas de problèmes, mais je ne pense pas que
ces mêmes circonstances se retrouvent ailleurs au Canada.
Senator Meredith: Talk to me again about the work you do
with Correctional Service Canada in terms of individuals coming
out of the system. What do you do with them while they’re in the
system? I’m curious as to what programs are in place.
Le sénateur Meredith : Parlez-moi encore du travail que vous
effectuez pour le Service correctionnel du Canada avec les
délinquants qui approchent la fin de leur peine. Que faites-vous
avec eux lorsqu’ils sont toujours à l’intérieur? Je suis curieux d’en
connaître davantage sur les programmes offerts.
You talk about the lack of resources and the fact there is a cost
benefit to intervention as opposed to incarceration. We know it’s
probably five times higher. My stats might be off, but we know it
costs more to keep someone incarcerated than outside of the
system.
Vous avez parlé du manque de ressources et du fait que
l’intervention est plus rentable que l’incarcération. Nous savons
qu’elle est environ cinq fois plus rentable. Mes chiffres ne sont
peut-être pas très précis, mais nous savons qu’il est plus coûteux
d’incarcérer quelqu’un que de le soumettre à des interventions à
l’extérieur.
Ms. Latimer: Absolutely.
Mme Latimer : Tout à fait.
Senator Meredith: Talk to me about the programs that help the
individual. I believe in truly rehabilitating individuals with life
skills and education while they are there. Those individuals who
have gone through, we’ve heard from previous panels of them
missing education. What has been done internally to really touch
the lives of those individuals?
Le sénateur Meredith : Parlez-moi des programmes qui aident
les gens. À mon avis, il faut apprendre aux gens les aptitudes à la
vie quotidienne et les éduquer lorsqu’ils sont à l’intérieur si on
souhaite vraiment les réadapter. Ces personnes qui ont des
démêlés avec la justice, les témoins qui ont comparu avant vous
nous ont dit qu’elles ont une éducation insuffisante. Que fait-on à
l’intérieur pour toucher la vie de ces gens?
Ms. Latimer: Again, I would say not enough is being done
internally. That’s probably not the answer you want to hear.
Mme Latimer : Là aussi, j’estime qu’on n’en fait pas assez.
Ce n’est probablement pas ce que vous voulez entendre.
What has happened is the number of offenders — youth
corrections is going down, adult corrections is going up. It’s not
necessarily based on increasing numbers who’ve committed
crimes but basically longer sentences. The whole tough-on-crime
stuff means that there are fewer resources inside the federal
penitentiaries to provide the services, support and reintegration.
They call it fulfilling their corrections plan, which is supposed to
give them the social skills, the psychological and physical wellbeing to actually go out and make a contribution in their
communities.
En termes du nombre de délinquants, le nombre de jeunes
diminue et le nombre d’adultes augmente. Cela ne signifie pas
nécessairement que le nombre d’infractions a augmenté, mais
plutôt que les peines purgées sont plus longues. Lorsqu’on
prétend sévir à l’égard de la criminalité, on finit par réduire les
ressources dont disposent les établissements carcéraux fédéraux
pour offrir des services favorisant la réinsertion sociale.
Idéalement, on veut que les détenus respectent leur plan
correctionnel et puissent ainsi apprendre les compétences
sociales et atteindre un niveau de bien-être psychologique et
physique nécessaire afin de pouvoir contribuer à la société.
They should be going out on parole in a graduated response
where they are supported and supervised as they are making the
difficult transition back into their communities, often back into
the same communities where they had problems before.
Ils devraient être graduellement mis en liberté tout en
bénéficiant d’un soutien et d’une surveillance à mesure qu’ils
font la transition difficile de la prison à la collectivité, souvent la
même collectivité où leurs problèmes ont commencé.
Young people, I think, need a different skill set. I do think
education is probably more important for them, because a lot of
times their education has been disrupted and they are still at a
point where they can catch up.
À mon avis, les jeunes bénéficient d’une intervention différente.
L’éducation est un facteur plus important pour eux, car souvent,
leurs études ont été perturbées et ils sont toujours à un âge où ils
peuvent rattraper leur retard.
For me, dealing with some of the underlying issues, high
numbers of young people end up in the custody system who have
cognitive impairments, ADHD, FASD, brain injuries and mental
Je constate que beaucoup des jeunes qui se retrouvent dans le
système carcéral pour jeunes ont des problèmes sous-jacents,
comme une déficience cognitive, un trouble d’hyperactivité avec
3-3-2014
Droits de la personne
3:53
health problems. There are a lot of issues that need to be
addressed so that you can find a good strategy for a particular
individual. You really need to look at the individual’s issues and
what their challenges are.
déficit de l’attention, un trouble du spectre de l’alcoolisation
fœtale ou encore des traumatismes crâniens ou des problèmes de
santé mentale. Il y a beaucoup de questions à poser dans
l’élaboration d’une bonne stratégie en réponse aux problèmes
d’une personne en particulier. Il faut prendre la peine de cerner ses
problèmes.
For young people, strength-based approaches tend to work
better. You can give them a whole list of things they ought not to
do and a whole list of things that they ought to do, but you need
to work with the things they are actually good at doing and build
on their strengths. They need to feel a sense of self-worth and a
sense that they can overcome their immediate problems and
contribute in the future.
Pour les jeunes, les approches axées sur les forces ont tendance
à mieux fonctionner. On a beau leur donner toute une liste de
choses à faire et à ne pas faire, il faut vraiment se concentrer sur
leurs forces et les développer. Il faut développer leur estime de soi
afin de leur permettre de surmonter leurs problèmes et contribuer
à leur avenir.
Senator Ataullahjan: What types of crimes do you find that
young men and women are most involved with, and what are the
rates of being charged as opposed to being dealt with by other
formal means? What role do parents play? How important is the
parental role?
La sénatrice Ataullahjan : Quels sont les crimes que
commettent le plus souvent les jeunes hommes et les jeunes
femmes, et quel est le taux d’accusations portées comparativement
au recours à d’autres interventions officielles? Quel rôle jouent les
parents? Quelle est l’importance du rôle des parents?
Ms. Latimer: You raise some very good questions. I could
probably dig up the statistics for you on how many. There has
been some excellent front-end policing statistical work done on
the youth justice system by Peter Carrington of the University of
Waterloo, and he may be able to give you that police discretion
and how they are using that at the front end.
Mme Latimer : Vous soulevez de très bonnes questions. Je
pourrais sûrement vous trouver les chiffres que vous demandez.
Peter Carrington, de l’Université de Waterloo, a fait de l’excellent
travail statistique dans les services policiers de première ligne et le
système de justice pour adolescents; il pourrait certainement vous
parler du pouvoir discrétionnaire qu’exercent les agents de police
de première ligne.
In terms of the types of crimes young people are being charged
with, I think the panel before you was absolutely correct in
highlighting the number of administration-of-justice breaches.
One of the most likely responses to ending up in custody is an
administration-of-justice breach. These high-end, serious violent
offences will get you a custody sentence, as will administration-ofjustice breaches, so not being able to comply with conditions that
are being imposed on bail and on probation.
Pour ce qui est des crimes que commettent les jeunes, je pense
que les témoins qui ont comparu plus tôt avaient tout à fait raison
de souligner le nombre d’infractions liées à l’administration de la
justice. Les jeunes qui se retrouvent sous garde ont de fortes
chances de commettre de telles infractions. La perpétration d’une
infraction grave avec violence donne lieu à un placement sous
garde, tout comme la perpétration d’une infraction liée à
l’administration de la justice, ou encore le manquement aux
conditions de la mise en liberté sous caution ou de la probation.
There are stories, and you would have to verify this, but some
of the conditions are actually setting some young people up to
fail. For example, some of the First Nations families, they will
release the kid on the condition that they can’t be in a house
where there is alcohol, but their parents will be alcoholics. So the
only place they have to live is essentially a violation of one of their
condition, and they will be breached and find themselves back in.
We need to look at that very seriously. Generally, young people
are in there for administration-of-justice breaches and property
crimes. The heart and soul of youth justice crime is property
crime.
Il va falloir que vous corroboriez indépendamment, mais
certains font valoir que ces conditions sont conçues de manière à
condamner certains jeunes à l’échec. Par exemple, il est arrivé
qu’on mette un jeune des Premières Nations en liberté à condition
qu’il ne vive pas dans une maison ou l’on consomme de l’alcool,
sachant fort bien que ses parents sont des alcooliques. Ainsi, le
fait de vivre au seul endroit où il peut vivre constitue un
manquement aux conditions de la mise en liberté, l’amenant à être
placé à nouveau sous garde. Il faut se pencher de près sur ce
problème. En général, les jeunes sous garde ont commis des
infractions liées à l’administration de la justice ou bien des
infractions contre les biens.
Senator Ataullahjan: The role of parental supervision: We talk
about the role of society, provincial responsibility and federal
responsibility, but what about family responsibility?
La sénatrice Ataullahjan : Le rôle de la surveillance parentale :
Nous parlons du rôle de la société et des gouvernements fédéral et
provinciaux, mais quelle est la responsabilité de la famille?
Ms. Latimer: Family is a huge protective factor for young
people who are in conflict with the law. For example,
impoverished single mothers work very hard. They often will
carry two to three jobs, which means they are not always available
Mme Latimer : La famille constitue un élément de protection
important pour les jeunes qui ont des démêlés avec la justice. Par
exemple, les mères pauvres qui élèvent leurs enfants seules
travaillent très fort. Elles ont souvent deux ou trois emplois, ce
3:54
Human Rights
3-3-2014
to provide support for their children when they come home from
school. You can get problems like that, because people are
stretched in order to just make ends meet and so are not available
to their young people.
qui veut dire qu’elles ne peuvent pas toujours être là pour leurs
enfants lorsqu’ils rentrent de l’école. On se retrouve dans de telles
situations problématiques lorsque les gens se démènent pour
joindre les deux bouts et finissent par ne pas être là pour leurs
enfants.
In other cases, one of the systemic issues you will find in some
dysfunctional communities is generational substance abuse, so the
families are not able to really provide the guidance and support to
the young people in the same way.
Dans certaines communautés dysfonctionnelles, le problème
systémique est lié à la toxicomanie dans les familles, qui les
empêche d’offrir l’aide et le soutien nécessaire aux enfants.
An organization that may not be discharging its parental role
in quite the same way are wards of the state. A large number of
young people who find themselves foster kids or taken away from
their families and put into the child welfare system are not getting
the kind of family and parental support that you would find.
Generally, you would find an overrepresentation of kids who are
in conflict with the law, who have not the kind of familial
supports that we would like, for a variety of reasons.
Les services d’aide à l’enfance ne s’acquittent pas de leur rôle
parental exactement de la même manière. Bon nombre de jeunes
personnes qui se retrouvent dans des familles d’accueil ou sous la
garde des organismes de protection de la jeunesse après avoir été
enlevées de leur famille reçoivent un appui parental ou familial
insuffisant. En général, ces jeunes sont surreprésentés dans le
système de justice car ils n’ont pas, pour diverses raisons, bénéficié
d’un soutien familial idéal.
The Chair: It’s good that you were working on both sides, with
justice and now the job you are doing.
La présidente : Vous avez l’avantage d’avoir travaillé pour le
système de justice avant d’occuper le poste que vous occupez
actuellement.
I was very disappointed with the Justice and the correctional
Public Safety presentation because they just bragged about what
programs they are doing, but it’s a very complex problem. They
are looking after youth after they have got into trouble; there are
prevention issues; but for me what was very disappointing was
that they didn’t talk about the systemic discrimination that exists.
We all know, and I can’t think of the abbreviation that’s always
used, but a young Black youth is stopped while driving just
because he’s driving a fancy car. Prominent people’s children have
been stopped like that. It can be on any street in the country; it
doesn’t have to be in certain streets. I would like you to address
that.
J’ai été plutôt déçue par les témoins du ministère de la Justice et
de Sécurité publique Canada, car ils se sont contentés de se vanter
des programmes qu’ils offraient, sans parler de la grande
complexité du problème. Ils s’occupent des jeunes après qu’ils
aient eu des démêlés avec la justice, mais il y a également la
question de la prévention; j’ai été très déçue qu’ils n’aient pas
parlé de la discrimination systémique qui perdure. Je ne me
souviens pas de l’abréviation qui revient souvent, mais nous
savons tous qu’un jeune noir peut être arrêté tout simplement
parce qu’il conduit une voiture de luxe. C’est arrivé aux enfants de
personnes bien connues. Ça peut arriver n’importe où au pays,
pas seulement dans certains quartiers. J’aimerais que vous nous
parliez de ça.
There definitely is a bias in our system. There is systemic
discrimination. Earlier on, the two lawyers spoke about how a
young person can be arrested and the substantial charge or the
charge that they were originally charged with may not even
proceed, but they have gone through the system and may lose a
year in school. Can you address the issue of systemic
discrimination?
Il y a clairement un parti pris au sein du système. C’est un
problème de discrimination systémique. Les deux avocats qui ont
témoigné plus tôt ont parlé de certains cas où, même quand les
chefs d’accusation graves sont retirés, le jeune contre qui ces chefs
avaient été portés finit par prendre un an de retard à l’école.
Pouvez-vous nous parler du problème de la discrimination
systémique?
Ms. Latimer: Certainly. The UN documents with respect to
children’s rights say that there should be no discrimination in the
youth justice system. Nobody wants to see any kind of negative
stereotyping or prejudgment or systemic discrimination in a
justice system. That’s why the model of justice is wearing a
blindfold. They are supposed to be impartial, objective and based
on the facts.
Mme Latimer : Certainement. Les documents des Nations
Unies sur les droits des enfants affirment qu’il ne devrait y
avoir aucune discrimination au sein du système de justice pour
adolescents. Personne ne souhaite que des stéréotypes ou des
préjugés négatifs soient propagés ou que la discrimination
systémique perdure au sein du système de justice. C’est
pourquoi la statue de la justice a les yeux bandés. Il est censé
être impartial et objectif et s’intéresser seulement aux faits.
It is challenging and it’s hard to know how to eradicate this.
You would need to know whether or not there is profiling going
on, which is another very sensitive issue. The challenge is that a
lot of the young people who are being hounded are coming from
neighbourhoods where there is a considerable amount of crime.
Il n’est pas évident de trouver une solution au problème. Il
faudrait savoir si on a recours ou non au profilage, une autre
question assez délicate. La difficulté, c’est que beaucoup de jeunes
qui sont traqués viennent de quartiers où la criminalité est
monnaie courante. Quand la police déploie des efforts
3-3-2014
Droits de la personne
3:55
That provides a bit of an opportunity for the police to think that
this is an area where they are doing their jobs and being fairly
aggressive. But they need to have reasonable grounds, and the
colour of one’s skin or their ethnic background is not enough to
trigger a reasonable ground to stop someone.
particulièrement musclés dans ces quartiers, elle pense qu’elle fait
son travail. Mais il demeure qu’elle doit avoir des motifs
raisonnables d’agir, et la couleur de la peau n’est pas un motif
suffisant pour arrêter quelqu’un.
I find it extremely challenging. Other things are more subtle in
terms of having a negative effect on those who lack resources and
are impoverished, and I think the defence counsel here raised it.
That has to do with the number of young people who do not meet
bail or find themselves in remand because their families cannot
find a surety or cannot find the resources. This causes real
problems. They are more likely to plead guilty; they are more
likely to be found guilty.
C’est extrêmement complexe. D’autres facteurs plus subtils ont
un effet négatif sur les gens pauvres aux ressources limitées;
l’avocate de la défense en a parlé. Je parle du nombre de jeunes
personnes qui sont incapables de verser un cautionnement et qui
restent en détention préventive parce que leur famille n’a pas les
moyens de les sortir de là. C’est un grave problème. Ces jeunes
sont plus susceptibles de plaider coupable et ont plus de chances
d’être reconnus coupables.
While we’ve had a lot of success in terms of reducing the
numbers of young people in sentence custody, a lot of us who
have studied the numbers are not happy with the reductions in
remand. That continues to be a problem. I bet you anything that
if you looked at who is being held in remand you will see a lot of
First Nations kids and a lot of Black kids being detained on
remand.
Bien que nous ayons réussi à réduire le nombre de jeunes
purgeant une peine de prison, beaucoup de gens dans le milieu qui
se sont penchés sur les chiffres trouvent la réduction du nombre
de jeunes en détention préventive insuffisante. Le problème
persiste. Je suis prête à parier n’importe quoi que les jeunes en
détention préventive sont en grande partie des noirs ou des jeunes
issus des Premières Nations.
The Chair: Before we work on a study, we get briefing notes on
what the lay of the land is. Over the weekend when I was reading
this it was bothering me, and I will read it to you very quickly:
La présidente : Avant d’entamer une étude, nous recevons des
notes d’information nous donnant un aperçu de la situation. Il y a
un document que j’ai lu cette fin de semaine qui m’a dérangée;
j’aimerais vous en citer quelques passages rapidement :
Blacks are more likely to be taken for processing to
the station, to be held overnight, to be held in pre-trial
custody —
Les noirs sont plus susceptibles d’être amenés au poste,
d’être gardés en garde à vue pour la nuit, d’être maintenus
en détention avant le procès [...]
— and conditions.
... et les conditions.
Racial bias in the justice system has been recognized in a
number of cases.
De nombreux cas ont permis de relever un préjugé racial au
sein du système de justice.
It discusses the disproportionate, overrepresentation of Blacks in
pretrial detention.
Il est question de la surreprésentation disproportionnée de noirs
en détention avant le procès.
. . . it seems to be rooted — to a large extent — in the type
of information upon which the Crown and the Justice of the
Peace rely when reviewing the case in bail court. Above and
beyond legally relevant factors, these scholars found that the
more negative the police moral assessment of an accused
person, the more likely that this individual would be held in
custody.
[...] [elle] semblerait plutôt reposer — dans une grande
mesure — sur le type d’information sur lequel la Couronne
et le juge de paix se fondent quand ils examinent le cas au
cours de la séance de libération sous caution. Outre les
facteurs légalement pertinents, ces auteurs ont conclu que
plus l’évaluation morale d’un accusé par la police est
négative, plus il est probable que ce dernier soit gardé en
détention.
It’s not me speaking; it’s the study.
Ce n’est pas moi qui parle. Je cite l’étude.
Given that the police tend to provide more negative
character assessments of Black accused than accused from
other racial/ethnic groups, this factor would appear to
explain (at least in part) the higher proportion of Blacks
. . . being detained.
Étant donné que la police tend à fournir plus d’évaluations
négatives de la personnalité pour les personnes de race
noire que les personnes d’autres groupes raciaux/ethniques,
ce facteur semblerait expliquer (au moins en partie) la
proportion plus élevée de détenus de race noire [...].
There are many, many studies of this nature. My concern is
that if we don’t name it, we can’t deal with it. Earlier, the first two
witnesses, who represent our justice system and public safety
system, couldn’t even talk about it; so if you don’t name it, how
are we going to deal with it?
Il y a d’innombrables études de ce genre. Mon souci, c’est que
si on ne nomme pas le problème, on ne pourra pas s’y attaquer.
Les deux premiers témoins qui représentaient notre système de
justice et de sécurité publique ne pouvaient même pas en parler; si
on ne le nomme pas, comment peut-on s’y attaquer?
3:56
Human Rights
3-3-2014
Ms. Latimer: There is no question that the factors that go into
informing discretion by decision-makers in the system — they
should be held accountable for what they are looking at and why
they have made decisions in the way that they have made them.
Collecting information about why they have made decisions,
which you can sort of target by the nature of the results, I think
would go some distance to helping correct some of it. But it’s very
difficult to get at this; it’s challenging.
Mme Latimer : Il ne fait aucun doute que les facteurs qui
contribuent aux décisions que prennent les responsables dans le
système — ils devraient être tenus responsables de ce qu’ils ont
constaté et des décisions qu’ils prennent. Pour régler le problème,
il faudrait commencer par recueillir de l’information sur les
raisons pour lesquelles ils prennent les décisions qu’ils prennent,
que l’on peut en quelque sorte cibler en fonction de la nature des
résultats. Mais la situation est très complexe, et il n’est pas évident
d’y remédier.
Senator Meredith: Thank you, Ms. Latimer. I thoroughly
enjoyed your perspective on this issue.
Le sénateur Meredith : Merci, madame Latimer. J’apprécie
beaucoup votre perspective en la matière.
We heard from Professor Kwok with respect to alienation and
hopelessness. You mentioned young people being set up to fail,
which further stigmatizes them.
Le professeur Kwok nous a parlé de l’aliénation et du
désespoir. Pour votre part, vous avez dit que le système est
conçu de manière à condamner les jeunes à l’échec, ce qui
contribue à leur stigmatisation.
If your organization were to put forth the top three
recommendations with respect to the chair’s question regarding
the systemic barriers that exist for visible minority, especially
youth, what would they be?
Quelles sont, aux yeux de votre organisation, les trois
principales recommandations que vous formuleriez pour
répondre au problème dont a parlé la présidente, nommément
les obstacles systémiques auxquels les minorités visibles, surtout
les jeunes, sont confrontées?
Sorry to put you on the spot. If you can answer it, answer it,
but if you can’t, put it in writing to us. We’ve done so many
reports and talked about this issue, and it continues.
Je suis désolé de vous mettre ainsi sur la sellette. Si vous êtes en
mesure de répondre à la question, allez-y, ou sinon vous pourriez
nous soumettre votre réponse par écrit. Nous avons rédigé tant de
rapports, mais il semble que le problème persiste.
OCI has come out with a report saying that Black inmates are
one and a half times more likely to be held in isolation, knowing
they are not going to offend again, knowing that they have fewer
needs and so forth. These statistics are alarming. We need to
begin to change.
Le BEC a publié un rapport affirmant que les détenus de race
noire ont une fois et demie plus de chances d’être gardés en
isolement, sachant qu’ils ne vont pas commettre de nouvelle
infraction, que leurs besoins sont moindres, et cetera. Ces chiffres
sont alarmants. Il faut commencer à changer les choses.
Has your organization put forth any sort of recommendation,
seeing that you have such a well-balanced view on all of this from
both sides? You have been on the inside, and you are now on the
outside helping those who are trying to get back to some sense of
normalcy. I don’t believe in just talking about something. I believe
in acting on it and actually putting things in place that can be
implemented or can be brought to the departments making these
decisions.
Votre organisation a-t-elle formulé des recommandations,
étant donné la perspective très équilibrée que vous avez grâce
au fait que vous avez vu les choses des deux côtés? Vous avez
travaillé au sein du système, et vous travaillez maintenant à
l’extérieur du système pour aider les gens à retrouver un sentiment
de normalité. Pour moi, les paroles ne suffisent pas. J’estime qu’il
faut agir et faire bouger les choses, ou encore amener les
ministères à prendre les bonnes décisions.
It’s a deep issue; however, I think we need to start somewhere.
Do you have a list of your top three, five or seven
recommendations? I don’t want to extend the list, but I
certainly would welcome them.
La question est complexe; j’estime néanmoins qu’il faut
commencer quelque part. Avez-vous trois, cinq ou sept
recommandations essentielles à nous communiquer? Sans
vouloir trop vous demander, j’en prendrais autant que vous en
avez.
Ms. Latimer: I am of the strong view that if you can keep kids
out of the justice system, you should. The justice system has a very
negative association for young people. It affects their self-esteem
and all kinds of things.
Mme Latimer : Je suis persuadée qu’il faut le plus possible
garder les enfants à l’écart du système de justice. Celui-ci entraîne
de très mauvaises associations chez les jeunes. Entre autres choses,
il nuit à leur estime de soi.
My first recommendation would be effective, tailored,
program-sustained crime prevention that is really targeting atrisk communities or at-risk youth. People don’t like to talk about
youth being at risk, but if you work in those communities, you
know the ones.
Ma première recommandation serait d’adopter des
programmes de prévention du crime efficaces et taillés sur
mesure ciblant les communautés à risque ou les jeunes à risque.
Les gens n’aiment pas parler d’enfants à risque, mais ceux qui
travaillent dans ces communautés savent qu’ils existent.
3-3-2014
Droits de la personne
3:57
Senator Meredith: They are in crisis. There is a percentage in
crisis.
Le sénateur Meredith : Ils sont en situation de crise. Un
pourcentage des jeunes est en situation de crise.
Ms. Latimer: Yes. These kids are crying out and they need
help. If you can get them mentors, support that will help them
understand their strengths and help them find a way to act on
their strengths, see that they can get a job, whatever their goal is,
you can help them advance toward their goal. I would say that’s
key, and that has to do with individual kids. You have to count
your wins one kid at a time, but you’ve got to start somewhere
and you’ve got to try and deliver. I would start in those
communities. I would start in certain communities. I would also
really go after the kids who are wards of the state.
Mme Latimer : Effectivement. Ces enfants demandent
désespérément de l’aide; ils en ont besoin. On peut les aider à se
rapprocher de leurs objectifs en les mettant en contact avec des
mentors et en les aidant à comprendre leurs forces et à trouver des
moyens de les mettre en valeur afin qu’ils puissent trouver un
emploi. C’est selon moi l’essentiel : aider chaque enfant
individuellement. Il faut compter ses victoires un enfant à la
fois; il faut bien commencer quelque part avant d’obtenir des
résultats. Je commencerais dans certaines communautés données.
Je m’intéresserais également aux pupilles de l’État.
The important thing is the one who becomes the chronic
problem for the justice system in the long run is not your tough
kid; it’s your lonely kid. Surely we can do better as a society in
going after those kids who are lonely, marginalized and alienated.
You will find many of them going through the child welfare
system, and I would put in all kinds of supports for them.
Prevention is the key.
Il est important de reconnaître que les enfants qui deviennent
des problèmes récurrents pour le système de justice ne sont pas les
durs, mais bien ceux qui se sentent seuls, marginalisés et aliénés.
Ils sont nombreux dans le système de protection de l’enfance;
j’estime qu’il faut mettre toutes sortes de mesures de soutien à leur
disposition. La prévention est essentielle.
The second thing I think you need to do is work with the front
end of the justice system by working on some of those
preconceived ideas, by getting them to exercise discretion, by
demonstrating program alternatives and by referring kids away
from the justice system and towards a program that builds on
their strengths. That will actually do a lot more in the long run
than charging them and bringing them into the justice system.
La deuxième chose que vous devriez faire est de travailler avec
les travailleurs de première ligne du système de justice afin de
changer certaines notions préconçues en les laissant exercer leur
pouvoir discrétionnaire, en leur montrant d’autres types de
programmes et en éloignant les enfants du système de justice,
leur proposant plutôt des programmes qui leur permettront de
développer leurs forces. Ce sera beaucoup plus utile à long terme
que de les faire passer par le système de justice.
After the ‘‘Year of the Gun’’ in Toronto, we had people from
the affected communities, such as police officers, the kids
themselves and so on. My program manager put it all together
and worked very hard at integrating them all. Police sat on one
side and the kids sat on the other side. My goodness, the common
ground was just about zero.
Après « l’Année des fusils » à Toronto, nous nous sommes
réunis avec les gens des communautés affectées, comme les agents
de police et même les jeunes eux-mêmes. C’est mon gestionnaire
de programme qui a organisé le tout; il a déployé de grands efforts
pour les intégrer tous. Les agents de police étaient assis d’un côté,
et les jeunes de l’autre. Mon Dieu, le terrain d’entente était
pratiquement inexistant.
After a full day of discussions, people began to see things a
little bit differently. The police did not understand those youth,
and the youth did not understand where the police were coming
from. The hostility and lack of trust was so thick you could cut it
with a knife. There needs to be a lot of work at the front end with
police. Their job is to try and make people in those communities
feel safe, including the kids. Not all of them are going to end up in
gangs. Many of them are just scared, and I think the police need
to work on that as well. So I think community involvement with
the police and working at the front end is critical.
Après une journée de discussions, les gens ont commencé à voir
les choses d’un œil nouveau. Les agents de police ne comprenaient
pas les jeunes, et les jeunes ne comprenaient pas les agents de
police. L’hostilité et la méfiance étaient à couper au couteau. Il
faut s’efforcer de travailler beaucoup plus avec les agents de police
de première ligne. Leur travail, c’est de faire en sorte que les gens
dans ces communautés, y compris les jeunes, se sentent en
sécurité. Ils ne vont pas tous se retrouver dans un gang. La
plupart d’entre eux ont peur, et je pense que la police doit faire des
efforts pour le comprendre. Je pense donc qu’il est essentiel de
faire intervenir la communauté et de travailler avec les agents de
police sur le terrain.
I think the justice system has lots of untapped possibilities for
having more culturally relevant approaches for those who do get
into the youth justice system. Boy, I would really like to keep
them out of custody, if you can.
Je pense qu’il y a vraiment moyen d’adopter des approches
davantage adaptées sur le plan culturel pour aider les jeunes qui
ont des démêlés avec la justice. J’aimerais vraiment qu’on trouve
des moyens de faire en sorte qu’ils ne se retrouvent pas sous garde,
dans la mesure du possible.
3:58
Human Rights
3-3-2014
Senator Seidman: Actually, this leads quite nicely into my
question in the sense that you talked a lot about prevention, and
now you have talked a bit about the police and the youth and how
they behaved in this day-long session they had together. The
Ontario Association of Chiefs of Police has, in fact, launched a
2014 Crime Prevention Campaign. They are featuring an
informational crime prevention booklet that’s going to be used
by police services across Ontario to promote local crime
prevention initiatives. My question to you is: How do you see
the role of police in youth crime prevention?
La sénatrice Seidman : Ma question se rapporte justement à ce
que vous avez dit à propos de la prévention et de la façon dont les
jeunes et les agents de police se sont comportés durant la séance
d’une journée à laquelle ils ont assisté. Il se trouve que
l’Association des chefs de police de l’Ontario a lancé sa
campagne de prévention du crime de 2014. Elle a publié un
livret d’information sur la prévention du crime dont se serviront
les services de police dans l’ensemble de l’Ontario pour
promouvoir les initiatives locales de prévention du crime.
Ma question pour vous est la suivante : À votre avis, quel est le
rôle de la police dans la prévention du crime?
Ms. Latimer: It is interesting you mention that. When we first
started at youth justice, we started giving out an award to police
officers for the activities that reflected the spirit of the Youth
Criminal Justice Act. We had many police officers do great stuff,
like really good stuff. Police don’t mind having a game of ball
hockey with kids. They like it, in particular the police officers who
are on the beat and working in these communities.
Mme Latimer : C’est une question intéressante que vous posez.
Lorsque nous avons commencé à travailler dans le secteur de la
justice pour les jeunes, nous donnions des prix aux agents de
police dont les activités reflétaient l’esprit de la Loi sur le système
de justice pénale pour les adolescents. Beaucoup d’agents de
police font vraiment de l’excellent travail. Ils ne sont pas du tout
opposés à l’idée de jouer une partie de hockey-balle avec les jeunes
du quartier. Ils aiment ça, surtout les agents de police qui font des
patrouilles à pied dans ces communautés.
To the extent that it can be encouraged, certainly the Mounties
have that as a key objective of theirs, and it is great to hear that
the chiefs of police are encouraging crime prevention activities as
well.
C’est un des objectifs clés de la GRC également, et c’est
quelque chose à encourager; je suis heureuse que les chefs de
police encouragent eux aussi les activités de prévention du crime.
There are huge differences among communities in terms of how
people view the police. In my neighbourhood, we were always
told if you get lost, you had better go find a police officer. We
were instructed that these guys were to serve and protect and
they’re going to help you if you’re in trouble. In other
communities, you don’t have that sense, and the hostility and
antagonism is too great.
Il y a d’énormes différences dans les façons dont les
communautés voient la police. Dans mon quartier, on nous
disait toujours que si on se perdait, il fallait trouver un agent de
police. On nous apprenait que ces hommes étaient là pour nous
servir et nous protéger et qu’ils seraient toujours disposés à nous
aider si on avait des problèmes. Ailleurs, ce n’est pas la même
chose; il y a beaucoup d’hostilité et d’antagonisme.
I think it is very encouraging. The chiefs of police have been
pretty good in terms of encouraging their youth officers in
particular to work with young people.
Je trouve cela très encourageant. Les chefs de police ont le
mérite d’encourager les jeunes agents de police à travailler avec les
jeunes.
The Chair: Thank you very much for your presentations. This
concludes our witnesses for today.
La présidente : Merci beaucoup pour votre témoignage. Voilà
qui met fin aux témoignages pour aujourd’hui.
We still have some matters to deal with in camera, but we have
to deal with the budget in public. There is a budget in front of
you. We are still getting many requests for the cyberbullying
report, and we are asking for your permission for courier charges
of $200 and printing of $7,000. As you know, we only print as and
when the request is made, not before that, and we are getting so
many requests that we thought we would ask for this amount.
Obviously we will not use it if we are not required to. Are there
any questions on this budget?
Il nous reste encore des questions à régler à huis clos, mais la
question du budget doit être traitée ouvertement. Vous avez le
budget devant vous. On reçoit toujours beaucoup de demandes
pour notre rapport sur la cyberintimidation; on demande donc la
permission d’encourir des frais de messagerie de 200 $ et des frais
d’impression de 7 000 $. Comme vous le savez, nous passons
seulement à l’impression lorsqu’on reçoit une demande, pas
avant; en l’occurrence, le nombre de demandes est si élevé que le
montant que nous demandons l’est également. Bien évidemment,
nous ne dépenserons pas d’argent inutilement. Y a-t-il des
questions au sujet du budget?
Senator Eggleton: So moved.
Le sénateur Eggleton : Je propose la motion.
3-3-2014
Droits de la personne
Hon. Senators: Agreed.
Des voix : D’accord.
The Chair: Thank you. Now we will go in camera.
La présidente : Merci. Procédons maintenant à huis clos.
(The committee continued in camera.)
(La séance se poursuit à huis clos.)
3:59
WITNESSES
Public Safety Canada:
Bobby Matheson, Director General, Crime Prevention Directorate.
Justice Canada:
TÉMOINS
Sécurité publique Canada :
Bobby Matheson, directeur général, Direction générale de la
prévention du crime.
Justice Canada :
Donald Piragoff, Senior Assistant Deputy Minister, Policy Sector;
Donald Piragoff, sous-ministre adjoint principal, Secteur des
politiques;
Elizabeth Hendy, Senior Director, Policy Implementation
Directorate;
Elizabeth Hendy, directrice principale, Direction de la mise en
oeuvre des politiques;
Hana Hruska, Director, Programs & Corporate Affairs, Youth
Justice and Strategic Initiatives Section.
Hana Hruska, directrice, Programmes et affaires corporatives,
Section de la Justice applicable aux jeunes et des initiatives
stratégiques.
As individuals (by video conference):
À titre personnel (par vidéoconférence) :
Nicholas Bala, Professor, Faculty of Law, Queen’s University;
Nicholas Bala, professeur, faculté de droit, Université Queen’s;
Siu Ming Kwok, Associate Professor, King‘s University College at
Western University.
Siu Ming Kwok, professeur agrégé, Collège universitaire King’s,
Université Western.
Canadian Council of Criminal Defence Lawyers:
Conseil canadien des avocats de la défense :
Lisa Pomerant;
Lisa Pomerant;
Emma Rhodes.
Emma Rhodes.
John Howard Society of Canada:
Catherine Latimer, Executive Director.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Société John Howard du Canada :
Catherine Latimer, directrice générale.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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