First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
49833
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Human Rights
Droits de la personne
Chair:
The Honourable MOBINA S. B. JAFFER
Présidente :
L’honorable MOBINA S. B. JAFFER
Friday, November 23, 2012
Le vendredi 23 novembre 2012
Issue No. 22
Fascicule no 22
Seventh meeting on:
Septième réunion concernant :
Issues pertaining to the human rights
of First Nations band members
who reside off-reserve, with an emphasis
on the current federal policy framework
Des questions concernant les droits de la personne
des membres des Premières nations qui vivent
à l’extérieur des réserves, une attention particulière
étant portée au cadre stratégique fédéral actuel
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
STANDING SENATE COMMITTEE
ON HUMAN RIGHTS
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES DROITS DE LA PERSONNE
The Honourable Mobina S. B. Jaffer, Chair
Présidente : L’honorable Mobina S. B. Jaffer
The Honourable Patrick Brazeau, Deputy Chair
Vice-président : L’honorable Patrick Brazeau
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Andreychuk
Ataullahjan
* Cowan
(or Tardif)
Dyck
Harb
Hubley
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Ngo
White
Andreychuk
Ataullahjan
* Cowan
(ou Tardif)
Dyck
Harb
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Hubley
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Ngo
White
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
23-11-2012
Droits de la personne
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAL
VANCOUVER, Friday, November 23, 2012
(29)
VANCOUVER, le vendredi 23 novembre 2012
(29)
[English]
22:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day, at 9:03 a.m. in the Vancouver Aboriginal Friendship Centre
Society, the chair, the Honourable Mobina S. B. Jaffer, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 9 h 3, à la Vancouver Aboriginal Friendship
Centre Society, sous la présidence de l’honorable Mobina
S. B. Jaffer (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Brazeau, Harb, Hubley and Jaffer (4).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Brazeau, Harb, Hubley et Jaffer (4).
In attendance: Julian Walker and Martha Butler, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Également présents : Julian Walker et Martha Butler,
analystes, Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, March 15, 2012, the committee continued its
examination pertaining to the human rights of First Nations
band members who reside off-reserve, with an emphasis on the
current federal policy framework. (For complete text of the order
of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 17.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le jeudi 15 mars 2012, le comité poursuit son étude des
questions concernant les droits de la personne des membres des
Premières nations qui vivent à l’extérieur des réserves, une
attention particulière étant portée au cadre stratégique fédéral
actuel. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 17 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Union of British Columbia Indian Chiefs:
Union of British Columbia Indian Chiefs :
Chief Bob Chamberlin, Vice-President.
Urban Aboriginal Peoples Advisory Committee for City of Vancouver:
Lillian Howard, Co-Chair;
Steven Eastman, Co-Chair.
Aboriginal Mother Centre Society:
Chef Bob Chamberlin, vice-président.
Urban Aboriginal Peoples Advisory Committee, Ville de Vancouver :
Lillian Howard, coprésidente;
Steven Eastman, coprésident.
Aboriginal Mother Centre Society :
Marjorie White, Board President;
Marjorie White, présidente du conseil;
Diane Sugars, Executive Director.
Diane Sugars, directrice exécutive.
Urban Native Youth Association:
Lynda Gray, Executive Director.
Aboriginal Homelessness Steering Committee for Metro Vancouver:
Patrick Stewart, Chair.
Lu’ma Native Housing Society:
Ken Clement, President.
Surrounded by Cedar Child and Family Centre:
Urban Native Youth Association :
Lynda Gray, directrice exécutive.
Aboriginal Homelessness Steering Committee for Metro Vancouver :
Patrick Stewart, président.
Lu’ma Native Housing Society :
Ken Clement, président.
Surrounded by Cedar Child and Family Centre :
Alex Nelson, Elder;
Alex Nelson, aîné;
Barb Cowan, Executive Director.
Barb Cowan, directrice exécutive.
Native Courtworker and Counselling Association of BC:
Hugh Braker, President.
Vancouver Native Housing Society:
David Eddy, Chief Executive Officer.
Native Courtworker and Counselling Association of BC :
Hugh Braker, président.
Vancouver Native Housing Society :
David Eddy, directeur.
22:4
Human Rights
23-11-2012
Consultations communautaires — Tribune ouverte :
Community Consultations — Walk-Ons:
Scott Clark, à titre personnel;
Scott Clark, as an individual;
Verna Benson, as an individual;
Verna Benson, à titre personnel;
Kelly White, as an individual.
Kelly White, à titre personnel.
The deputy chair made an opening statement
Le vice-président fait une déclaration préliminaire.
The chair and deputy chair presided jointly over the meeting.
La présidente et le vice-président président conjointement
la réunion.
Chief Chamberlin, Ms. Howard and Mr. Eastman each made
a statement and together answered questions.
Le chef Chamberlin, Mme Howard et M. Eastman font
chacun un exposé, puis répondent ensemble aux questions.
At 10:13 a.m., the committee suspended.
À 10 h 13, la séance est suspendue.
At 10:21 a.m., the committee resumed.
À 10 h 21, la séance reprend.
Ms. White, Ms. Sugars, Ms Gray, Mr. Stewart and Mr. Clement
each made a statement and, together, answered questions.
Mme White, Mme Sugars, Mme Gray, M. Stewart et
M. Clement font chacun un exposé, puis répondent ensemble
aux questions.
L’honorable sénateur Harb propose :
The Honourable Senator Harb moved:
That Ken Clement’s presentation be filed as an exhibit.
Que le mémoire de Ken Clement soit déposé comme pièce.
Exhibit 1120-04-02-1-41/H1-SS7-7,6 ‘‘3’’.
Pièce 1120-04-02-1-41/H1-SS7-7,6 « 3 ».
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
At 11:05 a.m., the committee suspended.
À 11 h 5, la séance est suspendue.
At 11:13 a.m., the committee resumed.
À 11 h 13, la séance reprend.
Mr. Nelson, Ms. Cowan, Mr. Braker and Mr. Eddy each
made a statement and, together, answered questions.
M. Nelson, Mme Cowan, M. Braker et M. Eddy font chacun
un exposé, puis répondent ensemble aux questions.
L’honorable sénateur Harb propose :
The Honourable Senator Harb moved:
That the document on the urban Aboriginal facts be filed
as an exhibit:
Que le document présentant des faits sur les Autochtones
en milieu urbain soit déposé comme pièce :
Pièce 1120-04-02-1-41/H1-SS7-7,6 « 4 ».
Exhibit 1120-04-02-1-41/H1-SS7-7,6 ‘‘4’’.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Mr. Clark, Ms. Benson and Ms. White each made a presentation.
M. Clark, Mme Benson et Mme White font chacun un exposé.
The Honourable Senator Harb moved:
L’honorable sénateur Harb propose :
That the document entitled From restless communities to
resilient places: Building a stronger future for all Canadians
be filed as an exhibit:
Que le document intitulé Pour en finir avec l’incertitude et
favoriser la résilience des collectivités : Bâtir un meilleur
avenir pour tous les Canadiens soit déposé comme pièce.
Pièce 1120-04-02-1-41/H1-SS7-7,6 « 5 ».
Exhibit 1120-04-02-1-41/H1-SS7-7,6 ‘‘5’’.
At 12:26 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
À 12 h 26, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Daniel Charbonneau
Clerk of the Committee
23-11-2012
Droits de la personne
22:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
VANCOUVER, Friday, November 23, 2012
VANCOUVER, le vendredi 23 novembre 2012
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 9:03 a.m. to study issues pertaining to the human rights of
First Nations band members who reside off reserve, with an
emphasis on the current federal policy framework.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 9 h 3, pour étudier les questions concernant
les droits de la personne des membres des Premières nations qui
vivent à l’extérieur des réserves, une attention particulière étant
portée au cadre stratégique fédéral actuel.
Senator Mobina S. B. Jaffer (Chair) in the chair.
Le sénateur Mobina S. B. Jaffer (présidente) occupe le fauteuil.
The Chair: I would like to welcome you this morning. On
behalf of the committee, we are very pleased to have you here. I
will have Senator Brazeau give you a bit of an idea of what this
study is about and what we are trying to achieve. Before I do that,
my name is Mobina Jaffer. I am the chair of the committee.
La présidente : J’aimerais vous souhaiter la bienvenue ce matin.
Au nom du comité, j’aimerais vous dire que nous sommes très
heureux que vous soyez ici. Je vais demander au sénateur Brazeau
de vous donner un aperçu du sujet de l’étude et de ce que nous
essayons d’accomplir. Avant de le faire, je me présente : je
m’appelle Mobina Jaffer. Je préside le comité.
Senator Brazeau: Patrick Brazeau, deputy chair of the
committee from Quebec.
Le sénateur Brazeau : Je m’appelle Patrick Brazeau, je viens du
Québec et je suis vice-président du comité.
Senator Hubley: Elizabeth Hubley from Prince Edward Island.
Le sénateur Hubley : Je m’appelle Elizabeth Hubley et je viens
de l’Île-du-Prince-Édouard.
The Chair: Senator Mac Harb from Ontario.
La présidente : Je vous présente le sénateur Mac Harb, de
l’Ontario.
Senator Brazeau: Thank you, Madam Chair.
Le sénateur Brazeau : Merci, madame la présidente.
Thank you for being here with us this morning. Just to give you
a little bit of background information and context about our
study, essentially we all know who created the labels of on and off
reserve. Having said that, today we still live in the reality whereby
oftentimes off-reserve Aboriginal people are triply discriminated
against by the federal government, provincial governments, and
in some cases even their own First Nations leaders as well in terms
of the exercise of their human rights and in terms of access to
programs and services.
Merci d’être parmi nous ce matin. Simplement pour vous donner
un peu d’information de base et d’éléments de contexte au sujet de
notre étude, je voudrais dire que, en gros, nous savons tous qui a
créé les étiquettes qu’on accole aux gens qui vivent dans les réserves
et en dehors des réserves. Cela dit, il arrive souvent encore
aujourd’hui que les Autochtones qui vivent hors réserve fassent
l’objet d’une discrimination triple de la part du gouvernement
fédéral, des gouvernements provinciaux, et, dans certains cas, même
de leurs propres chefs autochtones, lorsqu’il s’agit pour eux
d’exercer leurs droits et d’accéder aux programmes et services.
We were mandated to look into this issue to ensure, whether or
not they choose to live on or off reserve, that they have access to
the same rights, programs and benefits. Hopefully we can put an
end to the different labels when moving forward. We are certainly
here to open a dialogue and to have a discussion with individuals.
On nous a confié le mandat d’examiner la question pour nous
assurer que les gens aient accès aux mêmes droits, programmes et
avantages, qu’ils choisissent ou non de vivre dans une réserve.
Nous espérons pouvoir nous débarrasser des étiquettes à l’avenir.
Nous sommes certainement ici pour entamer un dialogue et pour
discuter avec les gens.
The great thing about this process is that it is very inclusive.
We are here to listen. It is time that we have a grassroots
approach, and this is what we are trying.
Ce qui est bien de ce processus, c’est qu’il est très ouvert. Nous
sommes ici pour écouter les gens. Il est temps pour nous d’adopter
une démarche partant de la base, et c’est ce que nous tâchons
de faire.
We hope to get very strong recommendations from witnesses as
we move forward because in turn we will be making
recommendations to the Government of Canada and perhaps
even to the provincial governments as well. We have heard time
and again that without the buy-in of both levels of government it
is very difficult sometimes to move forward.
Nous espérons obtenir des recommandations très solides de la
part des témoins, parce que nous allons à notre retour faire des
recommandations au gouvernement du Canada et peut-être même
aux gouvernements provinciaux. Nous vous entendons
constamment dire que, sans l’aval des deux ordres de
gouvernement, il est parfois très difficile de faire avancer les choses.
22:6
Human Rights
23-11-2012
I wanted to give you a bit of context as to why we are doing
this, and certainly as a committee we are doing this for the right
reason, and that is to benefit all our First Nations citizens whether
they live on or off reserve. Thank you.
Je voulais mettre un peu les choses en contexte en vous
expliquant pourquoi nous faisons ce travail, et il est certain que
notre comité le fait pour les bonnes raisons, c’est-à-dire pour que
cela profite à tous nos citoyens des Premières nations, qu’ils vivent
dans une réserve ou hors réserve. Merci.
Our first witness today will be Mr. Bob Chamberlin,
Vice-President of the Union of British Columbia Indian Chiefs.
Notre premier témoin aujourd’hui sera M. Bob Chamberlin,
vice-président de l’Union of British Columbia Indian Chiefs.
Good morning to you, sir. You have the floor.
Chief Bob Chamberlin, Vice-President, Union of British
Columbia Indian Chiefs: Good morning.
[The witness spoke in his native language.]
Bonjour, monsieur. Vous avez la parole.
Chef Bob Chamberlin, vice-président, Union of British Columbia
Indian Chiefs : Bonjour.
[Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
I am the elected chief of the Kwicksutaineuk-ah-kwaw-ah-mish
First Nation. I have asked that you hear the words that I am
speaking today, the words that I speak from my heart on behalf of
our people. Of course I have acknowledged the Tsleil-Waututh,
the Musqueam, and the Squamish First Nation whose unceded
territory we find ourselves in today.
Je suis le chef élu de la Première nation Kwicksutaineuk-ahkwaw-ah-mish. J’ai demandé à ce que vous entendiez ce que je dis
aujourd’hui, ce que je dis du fond du cœur au nom de notre
peuple. Évidemment, j’ai mentionné les Premières nations TsleilWaututh, Musqueam et Squamish, sur le territoire non cédé
desquelles nous nous trouvons aujourd’hui.
As is our custom, I would like to open with a prayer song as a
way to set the table in a good way for the work we are about to do
and to acknowledge the rich history, culture and tradition our
peoples have and continue to exercise today as an example of the
everlasting and ongoing title rights that we enjoy as First Nations
people.
Comme c’est notre coutume, j’aimerais commencer par chanter
une prière pour bien préparer le travail que nous sommes sur le
point de commencer et en reconnaissance de l’histoire, de la
culture et des traditions riches qui sont celles de nos peuples et
qu’ils continuent d’exercer aujourd’hui à titre d’exemple des
droits ancestraux dont nous jouissons en tant que membres des
Premières nations.
[Singing of prayer song.]
[Le témoin chante une prière.]
The words of that song speak of reaching to the spirit world for
assistance and some guidance so our lives will have greater
purpose and more meaning and we see a greater future for our
children. Of course it is the basis of all the work that many of us
do on behalf of First Nations people on and off reserve.
Cette chanson parle du fait de demander de l’aide et des
conseils au monde spirituel pour que notre vie ait plus de sens et
soit plus utile et pour que nous puissions envisager un avenir
meilleur pour nos enfants. Évidemment, cela est à la base de tout
le travail que bon nombre d’entre nous font au nom des membres
des Premières nations qui vivent dans les réserves et hors réserve.
Today I speak on behalf of the Union of B.C. Indian Chiefs as
their vice-president. As background information, the Union of
B.C. Indian Chiefs was founded in 1969. It represents in excess of
100 First Nations here in British Columbia. The UBCIC’s
mandate is to work toward the implementation, exercise, and
recognition of our inherent title rights and treaty rights and to
protect our lands and waters through the exercise and
implementation of our own laws and our own jurisdiction.
Je prends aujourd’hui la parole au nom de l’Union of B.C.
Indian Chiefs, à titre de vice-président de l’organisation. Pour vous
donner quelques éléments de contexte, je vous dirais que l’Union
of B.C. Indian Chiefs a été fondée en 1969. Elle représente plus de
100 Premières nations de la Colombie-Britannique. Le mandat de
l’UBCIC concerne la mise en œuvre, l’exercice et la reconnaissance
de nos droits ancestraux inhérents et droits issus de traités, ainsi que
la protection de nos terres et des eaux qui nous appartiennent par
l’intermédiaire de l’application et de la mise en œuvre de nos propres
lois et de nos propres compétences.
The UBCIC works collectively among indigenous nations in
British Columbia and acts as an advocacy body to provide a
cohesive voice regionally, nationally and internationally in
support of indigenous nations and communities. The UBCIC
seeks to provide open, respectful communications with the
membership and the people of the land and the citizens of the
province.
L’UBCIC fonctionne collectivement au sein des nations
autochtones de la Colombie-Britannique et joue le rôle
d’organisme de défense des droits afin que les nations et
communautés autochtones puissent se faire entendre ensemble à
l’échelle régionale, nationale et internationale. L’UBCIC vise à
permettre une communication ouverte et respectueuse entre les
membres de l’organisme, les gens du pays et les citoyens de la
province.
23-11-2012
Droits de la personne
22:7
The UBCIC is collectively directed by indigenous nations and
communities to support and strengthen indigenous governments
in the exercise of our inherent rights and responsibilities,
including in the areas of political, social, economic, cultural and
spiritual sovereignty and development.
L’UBCIC est dirigée collectivement par les nations et les
communautés autochtones afin qu’elle puisse soutenir et renforcer
les gouvernements autochtones dans l’exercice de nos droits et de
nos responsabilités inhérents, y compris dans les sphères de la
souveraineté et du développement politique, social, économique,
culturel et spirituel.
The UBCIC has a mandate with respect to off-reserve First
Nation members. First Nation members who reside off reserve are
citizens to First Nations. Although a First Nation citizen may
reside off reserve this citizen is still entitled to the same
fundamental human rights that apply to all First Nation citizens.
L’UBCIC a un mandat visant les membres des Premières
nations qui vivent hors réserve. Les membres des Premières
nations qui vivent hors réserve sont des citoyens des Premières
nations. Même si un citoyen des Premières nations vit hors
réserve, il a les mêmes droits fondamentaux que les autres citoyens
des Premières nations.
UBCIC resolution 2012-18 endorsed UBCIC’s position paper
on indigenous citizenship. Many of the recommendations within
this paper relate to the exercise or the experience of First Nation
citizen members that have been systematically discriminated
against with respect to federal legislation, for example the Indian
Act of 1876, the 1951 amendments and subsequent legislation
Bill C-31, Bill C-3 and other related policies.
Par la résolution 2012-18, l’UBCIC a adopté sa déclaration de
principes sur la citoyenneté autochtone. Bon nombre des
recommandations figurant dans cette déclaration ont trait à
l’exercice... ou à l’expérience de citoyens membres des Premières
nations qui ont fait l’objet d’une discrimination systématique dans
le cadre de l’application des lois fédérales, par exemple la Loi sur les
Indiens de 1876, les modifications de 1951 et le projet de loi C-31
qui y a fait suite, le projet de loi C-3 et d’autres politiques connexes.
Further, by UBCIC resolution 2011-13, the Union of B.C.
Indian Chiefs participated and led regional dialogue sessions on
First Nation citizenship, band registration and membership that
addressed a number of issues with respect to off-reserve First
Nation citizens, focusing on the history of Canada’s legislation
and policies that sought to destroy indigenous citizenship laws
which eroded First Nation governance and nationhood.
En outre, par l’adoption de la résolution 2011-13, l’Union of
B.C. Indian Chiefs a participé à des séances régionales de dialogue
et mené des séances sur la citoyenneté des Premières nations et
l’inscription des bandes et l’appartenance à celles-ci, qui ont porté
sur plusieurs enjeux concernant les citoyens des Premières nations
vivant hors réserve et étaient axées sur l’histoire des lois et
politiques canadiennes qui visaient à détruire les lois autochtones
de citoyenneté, ce qui a érodé la gouvernance et la souveraineté
des Premières nations.
The ability to define citizenship, effectively self-govern and
provide adequate health, housing and education programs and
service for our citizen members is a fundamental human right
essential to the survival of our First Nations.
La capacité de définir la citoyenneté, de s’autogouverner de
façon efficace et d’offrir des programmes et services adéquats en
matière de santé, de logement et de planification à nos citoyens
membres est un droit fondamental essentiel à la survie de nos
Premières nations.
It is continued discrimination and colonization of Canadian
legislation and related policies that effectively hinder the ability of
First Nations to address the needs of all their citizens whether
they are on reserve or off reserve.
Ce sont les lois canadiennes et les politiques connexes
discriminatoires et colonisatrices qui viennent en fait nuire à la
capacité des Premières nations de répondre aux besoins de tous
leurs citoyens vivant dans une réserve ou hors réserve.
It is held among many First Nations, and the position of the
Union of B.C. Indian Chiefs, that membership is a birthright.
People who are born into a family inherit a line of ancestors,
belonging, culture and community regardless of where they may live
and are entitled to the same rights as the citizens who reside
on reserve.
Les Premières nations considèrent que l’appartenance à la nation
est un droit qui vient de la naissance, et c’est la position de l’Union
of B.C. Indian Chiefs. En naissant au sein d’une famille, les gens
héritent d’une lignée d’ancêtres, d’une appartenance, d’une culture
et d’une communauté, peu importe où ils vivent; ils ont les mêmes
droits que les citoyens qui résident dans une réserve.
When we consider membership I know for our people, the
Kwicksutaineuk-ah-kwaw-ah-mish people, it is about who our
families are. It is about the culture that is there waiting for us
since the beginning of time.
Lorsque nous envisageons l’appartenance, je sais que, dans le
cas de notre peuple, le peuple Kwicksutaineuk-ah-kwaw-ah-mish,
c’est la famille qui fait foi de tout. C’est la culture qui nous attend
depuis le début des temps.
22:8
Human Rights
23-11-2012
The problem we face today is the government’s imposition of
its own wills and desires, a unilateral imposition of legislation
which causes dire effects on our communities that allow for many
of our members to remove themselves from living on reserve.
Le problème auquel nous faisons face aujourd’hui vient du fait
que le gouvernement impose ses volontés et ses désirs, qu’il
impose unilatéralement des lois ayant des effets néfastes sur nos
collectivités, ce qui permet à beaucoup de nos membres de cesser
de vivre dans une réserve.
The Canadian government’s endorsement of the UN
Declaration on the Rights of Indigenous Peoples is a very
reasonable starting point to address the historical wrongs the
government continues to perpetuate to this very day.
L’adoption par le gouvernement canadien de la Déclaration de
l’ONU sur les droits des peuples autochtones est un très bon point
de départ pour corriger les erreurs du passé que le gouvernement a
continué de répéter jusqu’à aujourd’hui.
As we consider the UN Declaration on the Rights of
Indigenous Peoples I will read a few articles for the record in
case you are not aware of the declaration.
Comme nous nous penchons sur la Déclaration sur les droits
des peuples autochtones, je vais en lire quelques articles pour le
compte rendu, au cas où vous ne la connaîtriez pas bien.
The Chair: Just so you know, you do not need to read that. We
are very much aware of that declaration. I say that to you
respectfully because we really want to ask you questions.
La présidente : Sachez simplement que vous n’avez pas besoin
de le faire. Nous connaissons très bien cette déclaration. Je vous
dis cela avec tout le respect que je vous dois, parce que nous
voulons vraiment vous poser des questions.
Mr. Chamberlin: Fair enough. I think a few key points need to be
read to set the table for the discussion here today. There are only
four articles. It will take about 30 seconds.
M. Chamberlin : Très bien. Je suis d’avis qu’il y a quelques
points qu’il faut lire pour préparer les discussions d’aujourd’hui.
Il n’y a que quatre articles. Cela va ne prendre que 30 secondes
environ.
Every indigenous individual has the right to a nationality.
Tout autochtone a droit à une nationalité.
Article 8 states:
Voici l’article 8 :
1. Indigenous peoples and individuals have the right not to
be subjected to forced assimilation or destruction of their
culture. States shall provide effective mechanisms for
prevention of, and redress for:
. . . Any form of forced assimilation or integration.
Article 9 states:
Indigenous peoples and individuals have the right to
belong to an indigenous community or nation, in
accordance with the traditions and customs of the
community or nation concerned. No discrimination of any
kind may arise from the exercise of such a right.
Article 33 states:
Les autochtones, peuples et individus, ont le droit de ne pas
subir d’assimilation forcée ou de destruction de leur culture.
Les États mettent en place des mécanismes de prévention et
de réparation efficaces visant :
[...] Toute forme d’assimilation ou d’intégration forcée.
L’article 9 dit :
Les autochtones, peuples et individus, ont le droit
d’appartenir à une communauté ou à une nation
autochtone, conformément aux traditions et coutumes de
la communauté ou de la nation considérée. Aucune
discrimination quelle qu’elle soit ne saurait résulter de
l’exercice de ce droit.
L’article 33 dit :
1. Indigenous peoples have the right to determine their own
identity or membership in accordance with their customs
and traditions. . .
1. Les peuples autochtones ont le droit de décider de leur
propre identité ou appartenance conformément à leurs
coutumes et traditions [...]
2. Indigenous peoples have the right to determine the
structures and to select the membership of their institutions
in accordance with their own procedures.
2. Les peuples autochtones ont le droit de déterminer les
structures de leurs institutions et d’en choisir les membres
selon leurs propres procédures.
Although Canada is a signatory to the UN Declaration on the
Rights of Indigenous Peoples, Canada has never fully
implemented even just the principles articulated in the UN
Declaration on the Rights of Indigenous Peoples and has simply
called it an aspirational document with no force or effect, I think
much to the shame of Canadians internationally.
Même si le Canada est signataire de la Déclaration de l’ONU
sur les droits des peuples autochtones, il n’a jamais vraiment
pleinement mis en œuvre même les principes définis dans cette
déclaration et dit simplement que c’est un document inspirant,
mais sans force ni effet, ce qui nuit beaucoup à la réputation des
Canadiens à l’étranger, je crois.
23-11-2012
Droits de la personne
22:9
I also want to reference the United Nations Convention on the
Elimination of all Forms of Racial Discrimination. In
section 2.1(c) the CERD requires states including Canada to
take effective measures to review governmental, national or local
policies and to amend, rescind or nullify any laws or regulations
which have the effect of creating or perpetuating racial
discrimination wherever it exists.
Je veux aussi citer la Convention des Nations Unies sur
l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
L’alinéa 2.1c) de la convention oblige les États, y compris le
Canada, à prendre des mesures efficaces pour revoir les politiques
gouvernementales nationales et locales et pour modifier, abroger ou
annuler toute loi et toute disposition réglementaire ayant pour effet
de créer la discrimination raciale ou de la perpétuer là où elle existe.
The CERD’s general recommendation 23 recognizes that the
fundamental human rights of indigenous people are tied to
Aboriginal title. The committee is conscious of the fact that in
many regions of the world indigenous peoples have been and are
still being discriminated against and deprived of their human
rights and fundamental freedoms, and in particular they have lost
their land. They have lost their resources to colonists, commercial
companies and state enterprises. Consequently the preservation of
their culture and their historic identity has been and still is
jeopardized today.
La recommandation générale 23 de la convention reconnaît le
fait que les droits fondamentaux des peuples autochtones sont liés
aux droits ancestraux. Le comité est conscient du fait que, dans
beaucoup de régions du monde, les Autochtones ont fait et font
toujours l’objet de discrimination et sont privés de leurs droits et
de leur libertés fondamentales, et surtout qu’ils ont perdu leurs
terres. Ils ont perdu leurs ressources aux mains des colonisateurs,
d’entreprises commerciales et d’entreprises d’ État. Par
conséquent, la préservation de leur culture et de leur identité a
été menacée et l’est encore aujourd’hui.
It is unfortunate that Canada has not implemented these two
important international documents. Further, Canada continues to
rely on antiquated and discriminatory policies that do not reflect
the state of current case law that requires meaningful consultation
and accommodation. This is from the highest court of this
country, the Supreme Court of Canada. It is something I
experience on a fairly regular basis and hear from many First
Nations, that Canada is falling very much short. I find it to be a
very offensive practice of the government to not fulfill the
obligations of its own highest court in the land.
Il est malheureux que le Canada n’ait pas mis en œuvre ces deux
importants documents internationaux. En outre, le Canada
continue d’appliquer des politiques vétustes et discriminatoires qui
ne tiennent pas compte de l’état actuel de la jurisprudence, laquelle
exige des consultations et des accommodements dignes de ce nom.
C’est le plus haut tribunal du pays qui le dit, la Cour suprême du
Canada. C’est quelque chose que je constate assez régulièrement et
que j’entends dire par bon nombre de Premières nations, que le
Canada manque vraiment à ses obligations. Je trouve que le
gouvernement manque beaucoup de respect en négligeant de
s’acquitter de ses obligations d’après le plus haut tribunal du pays.
Within this democracy we have the constitution and the
Supreme Court of Canada. These are the promises that this
government, this country makes to its people, yet when it is
disregarded as it systematically is by the Canadian government it
is a shame. It is also very unacceptable to be subjecting First
Nations to this very narrow interpretation of the structures which
give you guidance as members of the Canadian government.
Dans notre démocratie, il y a la Constitution et la Cour
suprême du Canada. Il s’agit de promesses que le gouvernement,
que le pays fait à ses habitants, et pourtant, lorsqu’elles sont
écartées comme elles le sont systématiquement par le
gouvernement du Canada, c’est une honte. Il est aussi très
inacceptable de soumettre les Premières nations à cette
interprétation très étroite des structures qui orientent votre
travail de membres du gouvernement canadien.
You want to talk about reserves and you want to talk about
individuals that live off reserve. I say to you that we do not view
our peoples as such. We view our peoples as a collective.
Whatever services we are able to provide with the minuscule
dollars we receive from the federal government on reserve it is a
divisive policy where we are not able to provide for the
membership that lives off reserve.
Vous voulez parler des réserves et des gens qui vivent hors
réserve. Ce que je veux vous dire, c’est que nous ne voyons pas
notre peuple ainsi. Nous voyons notre peuple comme un groupe.
Quels que soient les services que nous sommes en mesure d’offrir
avec le peu d’argent que nous recevons du gouvernement fédéral
dans les réserves, c’est une politique qui est source de division
lorsque nous ne pouvons pas offrir ces services aux membres des
Premières nations qui vivent hors réserve.
The Government of Canada and the provincial government
could have allowed for adequate and fair sharing of the resources
in the title area of our peoples. As you know British Columbia is
well covered with the unceded territory of First Nations. A treaty
process is now under way to engage and try to find a way to
integrate the joint or shared territory that Canada decides to
impose upon our people.
Le gouvernement du Canada et le gouvernement provincial
auraient pu permettre le partage adéquat et juste des ressources
dans la région ancestrale où vivait notre peuple. Comme vous le
savez, la Colombie-Britannique englobe beaucoup de territoires
non cédés aux Premières nations. Un processus de traité est
actuellement en cours dans le but qu’on puisse discuter et trouver
une façon d’intégrer le territoire conjoint ou partagé que le
Canada décide d’imposer à notre peuple.
22:10
Human Rights
23-11-2012
If the governments of the day would find a way to allow us
access and authority over our territories and to enjoy the benefits
that flow from the resource extraction, we would be able to
provide in a meaningful way for our citizens as we define it, as we
see and as our culture demands of who is a part of us and who is
not part of us.
Si les gouvernements en place nous permettaient d’accéder à
nos territoires et d’y exercer nos pouvoirs, ainsi que de profiter
des avantages découlant de l’extraction des ressources, nous
pourrions vraiment subvenir aux besoins de nos citoyens, comme
nous les définissons, comme nous les voyons et comme notre
culture l’exige de qui fait partie notre groupe et de qui n’en fait
pas partie.
We would then be able to provide without any restrictions
from the government all manner of services, but as such today
with the Canadian government’s want to assimilate First Nations,
which is really no different from what happened at the beginning
of this country’s existence where there was a want to absorb every
First Nation into the body politic of Canada, when I examine
Bill C-3 and Bill C-31 I do not see any difference. The wording
has a slightly different tact. The approach may be a little different.
It may be not as direct or offensive, but it is still very racial, it is
very discriminatory, and it is something which does not serve
Canada’s reputation in the international world whatsoever.
Nous pourrions à ce moment-là offrir toutes sortes de services
sans les restrictions imposées par le gouvernement, mais, pour
l’instant, vu le désir du gouvernement canadien d’assimiler les
Premières nations, ce qui n’est pas vraiment différent de ce qui
s’est passé au début de l’histoire du pays lorsqu’on voulait faire
entrer toutes les Premières nations dans le corps politique du
Canada, lorsque j’examine le projet de loi C-3 et le projet de
loi C-31, je ne vois pas beaucoup de différences. Le libellé des
notes d’acte est légèrement différent. La façon de faire peut-être
un peu différente. Elle n’est peut-être pas aussi directe ni
agressive, mais elle est tout de même raciale et très
discriminatoire, et ce n’est pas quelque chose qui aide à la
réputation du Canada dans le monde, loin de là.
To know that Canada continues to embark on a journey to
eradicate First Nation peoples from any standing of authority
within our own territory, even though your own courts decide and
have described that the existence of Aboriginal rights and title is
very much alive today, I find it incredible that in an entity called a
democracy that the government can operate as it does,
disregarding the Supreme Court of Canada and disregarding
the constitution of this country and enact racism legislation which
continues to work toward the eradication of First Nations people.
For me I find that quite offensive.
Sachant que le Canada continue de poursuivre l’objectif
d’exclure les peuples des Premières nations de toute position
d’autorité sur leur propre territoire, même si vos propres
tribunaux ont tranché que les droits et les titres ancestraux
demeurent tout à fait en vigueur aujourd’hui et ont décrit la
situation, je trouve incroyable que, au sein de l’entité qu’on
appelle démocratie, le gouvernement fonctionne comme il le fait,
en faisant fi de la Cour suprême du Canada et de la constitution
du pays et en adoptant des lois racistes qui continuent de
contribuer à l’éradication des peuples des Premières nations. Je
trouve cela très choquant.
To have an examination of off reserve as we have here today
this to me perpetuates the separating of our people. This again
perpetuates and acknowledges the very fact that the Canadian
government’s legislative approach and policy approach to our
people are not working. If the Canadian government wants to do
something meaningful rather than having a travelling show such
as this to hear ourselves speak, I think the resources could be
better put to mechanisms which would allow First Nations access
to our territories and resources. Then we could enjoy the same
measure of wealth as Canadians do on the backs of our territories
and at the expense of our resources.
Examiner la situation des gens qui vivent hors réserve comme
nous le faisons ici aujourd’hui perpétue selon moi la séparation de
notre peuple. Cela vient encore perpétuer et souligner le fait même
que la façon dont le gouvernement canadien aborde notre peuple,
sur le plan des lois et des politiques, ne fonctionne pas. Si le
gouvernement canadien souhaite faire quelque chose d’utile
plutôt que d’organiser une tournée comme celle-ci pour nous
écouter parler, je pense que les ressources pourraient être mieux
utilisées si elles étaient consacrées à des mécanismes qui
permettraient aux Premières nations d’accéder à leurs territoires
et à leurs ressources. À ce moment-là, nous pourrions profiter de
la même richesse que les Canadiens, qui la tiennent de
l’exploitation de nos territoires et de nos ressources.
To know that the Canadian government has made an apology
in relationship to the Indian residential school to me is a very
clear step. It is also an admission of wrongdoing. I think it is
incumbent on the Canadian government to take further actions,
to take every step possible to ensure that the repercussions of the
residential school experience are addressed.
Savoir que le gouvernement canadien a présenté des excuses
par rapport aux pensionnats indiens est pour moi une mesure très
claire. C’est aussi un aveu de culpabilité. Je pense qu’il appartient
au gouvernement canadien de prendre d’autres mesures, de
prendre toutes les mesures possibles pour s’assurer que les
répercussions des pensionnats indiens sont atténuées.
When I think about a reserve I think about the community which
I represent in Gwayasdums on Gilford Island. When I stepped in as
a leader eight years ago, the table I sat down at had 26 homes
condemned level 1, undrinkable water for ten years and no plan to
Lorsque je pense à une réserve, je pense à la collectivité que je
représente à Gwayasdums, sur l’Île Gilford. Lorsque j’ai commencé
à jouer le rôle de chef il y a huit ans, le comité auquel je siégeais
s’occupait de 26 maisons condamnées au niveau 1, l’eau était
23-11-2012
Droits de la personne
22:11
address this from the federal government. The solution for
undrinkable water was a ‘‘do not consume’’ order. It was not a
boil order. It was a ‘‘do not consume’’ order. The solution that the
Canadian government put in front of our community was barging
in five-gallon containers of fresh water, still subjecting our people to
bathe in salt water and to wash our clothes in salt water and so on.
impropre à la consommation depuis dix ans, et le gouvernement
fédéral n’avait aucun plan pour régler ces problèmes. La solution,
dans le cas de l’eau, c’était un avis selon lequel il ne fallait pas la
consommer. Ce n’était pas un avis indiquant de la faire bouillir.
Non, on disait aux gens de ne pas la consommer. La solution
proposée par le gouvernement canadien à notre collectivité, c’était
de transporter par barges des contenants d’eau potable de cinq
gallons, tout en continuant de nous laver à l’eau salée, de laver nos
vêtements à l’eau salée, et ainsi de suite.
After a lot of work on behalf of our council we have set about
the rebuilding of our community. I can tell you right now there is
one child in our community, and the reason there is only one child
in our community is that at the time of the examination by the
media of the situation the doctor had ordered all the children to
be removed from the reservation because of the risks to health.
Après beaucoup de travail fait au nom de notre conseil, nous
avons commencé à rebâtir notre collectivité. Je peux vous dire dès
maintenant qu’il y a qu’un enfant dans notre collectivité, et la
raison, c’est que, au moment de l’examen de la situation par les
médias, le médecin avait ordonné que tous les enfants quittent la
réserve en raison des risques pour la santé.
This is Canada. This is Canada 2005 to have children removed
for their safety from houses on reserve and to have water that is
undrinkable. I would ask how many of you would decide to move
to a community where you were putting your health at risk, where
you had zero opportunities for employment and where you were
not able to have safe drinking water, something we understand or
we know and see around the world and think of the pity and the
shame of it that some countries do not have drinking water.
I know that Canada carries that very same shame.
Je parle du Canada. Je parle du Canada en 2005 où les enfants
étaient retirés de la sécurité de leur foyer dans une réserve et où
l’eau était impropre à la consommation. Je vous demanderais
combien vous seriez à souhaiter vous installer dans une
collectivité où il y a des risques pour votre santé, où il n’y a
absolument aucune perspective d’emploi et où vous ne pouvez pas
accéder à de l’eau potable, ce qui est le cas, comme nous le savons
ou que nous pouvons le constater, un peu partout dans le monde
et qui suscite de la pitié lorsque nous pensons à la situation
honteuse des pays qui n’ont pas d’eau potable. Je sais que le
Canada devrait lui aussi avoir honte.
When I talk to our people and our band membership that want
to move home there is a very heartfelt attachment to our lands, to
our peoples and to our history. It is from this territory that our
culture, which is as vibrant as can be, begins and continues to
operate. I find it troubling that the Canadian government can
perpetuate itself in the way it does, present itself to the
international community and offer commentary on the human
rights infringements of other countries when the very fact is that
Canada continues to operate in ways which disregard the basic
human rights of First Nations people in Canada. I say this due to
looking at the Bill C-3, looking at Bill C-31 and other efforts that
we are seeing.
Lorsque je discute avec des gens de notre peuple et des membres
de notre bande qui veulent s’installer chez eux, je constate qu’ils
sont très sincèrement attachés à leurs terres, à leur peuple et à notre
histoire. C’est à partir de ce territoire que notre culture, qui est aussi
dynamique qu’elle peut l’être, a commencé et continue d’évoluer. Je
trouve troublant que le gouvernement canadien puisse continuer
d’agir de la même façon, de se présenter à la communauté
internationale de la même façon et de continuer à faire des
commentaires sur les violations des droits de la personne dans
d’autres pays alors que le fait est qu’il continue de ne pas respecter
les droits fondamentaux des peuples des Premières nations au
Canada. Je dis cela parce que j’ai examiné le projet de loi C-3, le
projet de loi C-31 et d’autres mesures dont nous sommes témoins.
This government of the day is shameful. When we look at the
actions that it is taking it is clearly targeting First Nations people
to eradicate us. I say this given the fact that the reshaping of the
Fisheries Act prior to the Cohen Commission report coming out
is shameful.
Le gouvernement actuel devrait avoir honte. Lorsque nous
examinons les mesures qu’il prend, nous constatons qu’il vise
clairement à éradiquer les peuples des Premières nations. Je dis
cela, car la refonte de la Loi sur les pêches avant la publication du
rapport de la Commission Cohen est une mesure honteuse.
This government knew darned well this report was coming. It
had invested millions of dollars in the exercise to understand what
has happened here and knowing that the report was coming to
completely restructure and gut the Fisheries Act which guides the
government’s responsibilities to ensure the food sources our
people rely upon are there. Yet now we have a government which
has created ways and paths to avoid that responsibility.
Le gouvernement savait très bien que le rapport allait être
publié. Il avait investi des millions de dollars dans l’exercice afin
de pouvoir comprendre ce qui s’est passé ici, et, sachant que le
rapport allait être publié, il a complètement restructuré et vidé de
son contenu la Loi sur les pêches qui oriente les responsabilités du
gouvernement pour ce qui est de s’assurer que les sources de
nourriture dont notre peuple a besoin continuent d’exister.
Pourtant, nous sommes devant un gouvernement qui a trouvé le
moyen d’éviter cette responsabilité.
22:12
Human Rights
23-11-2012
When a community lives in poverty, and I do not use that word
lightly, it relies upon its traditional resources even more so than it
did. It is not that we enjoy eating fish now and then or having clams
because it is a tasteful experience. It is who we are as people. To
know that the governments are now turning their back on the
management of the habitat which supports the fish and supports the
clams in a community that lives in poverty is offensive.
Lorsqu’une collectivité vit dans la pauvreté, et je n’utilise pas
cette expression à la légère, elle doit compter sur ses ressources
traditionnelles encore plus qu’avant. Ce n’est pas que nous
aimons manger du poisson à l’occasion ou des palourdes parce
que c’est bon. C’est que cela fait partie de notre identité. Savoir
que les gouvernements tournent maintenant le dos à la gestion de
l’habitat du poisson et de la palourde dans une collectivité qui vit
dans la pauvreté est choquant.
It is yet another example of how this government has lost track,
how it is seeking to perpetuate the benefit and the profits for
international companies rather than looking after the very people
that have shared this territory since the beginning of Canada.
C’est pourtant un autre exemple de la façon dont le
gouvernement s’est perdu, dont il cherche à assurer les bénéfices
et les profits d’entreprises internationales plutôt que de s’occuper
du peuple même qui partage le territoire depuis la naissance
du Canada.
You look like you would like to say something, Senator Brazeau.
J’ai l’impression que vous vous voulez dire quelque chose,
sénateur Brazeau.
Senator Brazeau: Yes, sir. In the essence of time, because we do
have other witnesses and we do have senators who have questions,
I think everybody would appreciate it if you could wrap it up as
quickly as possible.
Le sénateur Brazeau : Oui, monsieur. Du point de vue du
temps, parce qu’il y a d’autres témoins et qu’il y a des sénateurs
qui ont des questions à poser, je pense que tout le monde vous en
serait reconnaissant si vous pouviez conclure le plus rapidement
possible.
Mr. Chamberlin: I would just like to talk for a moment about
the human rights of First Nation members who reside off reserve.
It is true that urban First Nation populations have been steadily
climbing over the past decade. This is of course due to the
continued legislation and policies that do not adequately address
long-standing fundamental issues that would allow First Nations
to properly and effectively provide programs and services to their
citizens.
M. Chamberlin : J’aimerais simplement prendre un instant
pour parler des droits des membres des Premières nations qui
vivent hors réserve. C’est vrai que les populations urbaines
d’Autochtones augmentent régulièrement depuis une dizaine
d’années. C’est bien entendu attribuable à l’adoption continue
de lois et de politiques qui n’abordent pas adéquatement les
problèmes fondamentaux qui empêchent depuis longtemps les
Premières nations d’offrir des programmes et des services
adéquats et efficaces à leurs citoyens.
Inadequate federal funding for housing, for health programs
and education often push our citizens to urban areas in order for
these citizens to provide for their families. The continued
dispossession from our way of life, our lands, our resources and
our territories allows for the ongoing effects of poverty that
contribute to the increase in the urban First Nation population.
Le financement fédéral inadéquat en matière de logement, de
programmes de santé et d’éducation pousse souvent nos citoyens
vers les régions urbaines où ils arrivent à subvenir aux besoins de
leur famille. La dépossession continuelle de notre mode de vie, de
nos terres, de nos ressources et de nos territoires entraîne une
pauvreté contribuant à l’augmentation de la population
autochtone en milieu urbain.
First Nations cannot exercise their title rights and treaty rights
and do not have access to their lands and resources. This
dispossession strips the ability of our nations to ensure that the
rights of First Nation citizens are met. This dispossession is
caused by the racist and discriminatory legislation and related
policies implemented by the federal government.
Les Premières nations ne peuvent faire valoir leurs droits
ancestraux et issus de traités et n’ont pas accès à leurs terres ni à
leurs ressources. Cette dépossession empêche nos nations de
s’assurer que les droits des citoyens des Premières nations sont
respectés. Cette dépossession est causée par les lois et les
politiques connexes racistes et discriminatoires que met en
œuvre le gouvernement fédéral.
Canada’s continued denial of Aboriginal title rights and treaty
rights prevents First Nations from accessing the resources
required to meet the needs of their citizens. There is a broad
gap between the standard of living of First Nations people and
the general Canadian population, and I would add much to the
shame of Canada internationally.
Le refus constant du gouvernement du Canada de reconnaître
les droits ancestraux et issus de traités empêche les Premières
nations d’accéder aux ressources nécessaires pour répondre aux
besoins de leurs citoyens. Il y a un vaste écart entre le niveau de
vie des Premières nations et celui de la population canadienne en
général, et j’ajouterais que cela nuit beaucoup à la réputation du
Canada dans le monde.
23-11-2012
Droits de la personne
22:13
Again, many First Nation communities are living in poverty
without access to basic human needs including lack of adequate
housing as I have outlined within our community with many
families living in over-crowded and unsafe conditions, insufficient
land base to meet the needs of citizens, and inadequate education
and health funding. This obviously results in First Nations
moving to urban areas to receive the resources they require.
Je le répète, beaucoup de collectivités des Premières nations
vivent dans la pauvreté et n’ont pas accès à ce qu’il faut pour
répondre aux besoins de base des êtres humains, entre autres
parce qu’il y a un manque de logements adéquats, comme je l’ai
souligné, dans notre collectivité où de nombreuses familles vivent
en trop grand nombre dans des conditions insalubres, un manque
de terres pour répondre aux besoins des citoyens, ainsi qu’un
financement inadéquat en éducation et en santé. Ce sont
évidemment des choses qui poussent les Autochtones à
s’installer en région urbaine où ils peuvent obtenir les ressources
dont ils ont besoin.
In closing I want to talk for a moment about the reserve
allocation for First Nations that live in coastal British Columbia.
Our First Nation is one of these, where we were given very tiny
tracks of land, barely postage-stamp pieces of land in our territory.
The reason Canada had a level of comfort in providing such a small
land base was acknowledging the fact that we were fishermen, that
our importance was deriving sustenance from the sea.
Pour conclure, j’aimerais prendre un instant pour parler de
l’allocation des réserves aux Premières nations qui vivent sur la
côte de la Colombie-Britannique. Notre Première nation en fait
partie, et on nous a donné de très étroites bandes de terre, des
terres à peine de la taille d’un timbre-poste sur notre territoire. Ce
qui fait que le Canada était à l’aise de nous offrir de si petites
terres, c’est que nous sommes des pêcheurs, que l’important, pour
nous, c’était de pouvoir vivre des produits de la mer.
This is a fact that we understand, so when we turn to the
Canadian government and watch what it is doing and watch what
Emperor Harper is attempting or working with the DFO and the
reshaping, it is completely offensive to disregard the habitat
preservation, to allow for industry to continue unabated, to
remove the HADD permitting, to remove the CEAA screenings
and so forth. This is not good. In our language it is [The witness
spoke in his native language.] It is not right, and to watch the
government continue to perpetuate this is offensive.
C’est un fait que nous comprenons, alors lorsque nous jetons
un coup d’œil sur ce que fait le gouvernement canadien et ce que
tente de faire l’empereur Harper ou le travail de restructuration
qu’il fait auprès du MPO, il est tout à fait choquant pour nous de
constater qu’on ne se soucie plus de préserver l’habitat, qu’on
permet à l’industrie de poursuivre ses activités à fond de train,
qu’on supprime le processus de délivrance de permis relativement
à la DDP de l’habitat, qu’on abolit les contrôles dans le cadre de
la LCEE, et ainsi de suite. Ce n’est pas bon. Dans notre langue,
on dit que c’est [Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
Ce n’est pas bien, et voir le gouvernement continuer d’agir de la
sorte est choquant.
[The witness spoke in his native language.]
Senator Brazeau: The next presenters are from the Urban
Aboriginal Peoples Advisory Committee. We have Ms. Lillian
Howard, the co-chair, and to her left is Steven Eastman, also
a co-chair.
Ms. Howard, you have the floor.
Lillian Howard, Co-Chair, Urban Aboriginal Peoples Advisory
Committee:
[The witness spoke in her native language.]
My English name is Lillian Howard. I am a resident of
Vancouver and have been for many years. I went home for
leadership and returned to Vancouver. The Urban Aboriginal
Peoples Advisory Committee was established recently in May.
There were 12 appointments made to this committee by city
council. There are 12 members on the council. The mandate of the
advisory committee is to develop a consultation process with our
Aboriginal community across Vancouver. I thank Vice-President
Chamberlin for addressing some of the issues or reasons as to why
people move to the cities. I will leave some of the issues to the
questions that may be asked. One of the things the committee is
[Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
Le sénateur Brazeau : Les prochains intervenants représentent
l’Urban Aboriginal Peoples Advisory Committee. Nous
accueillons Mme Lillian Howard, coprésidente, et, à sa gauche,
M. Steven Eastman, également coprésident.
Madame Howard, vous avez la parole.
Lillian Howard, coprésidente, Urban Aboriginal Peoples
Advisory Committee :
[Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
En anglais, je m’appelle Lillian Howard. Je vis dans la région
de Vancouver depuis de nombreuses années. Je suis retournée
chez moi pour obtenir des conseils, puis je suis rentrée à
Vancouver. L’Urban Aboriginal Peoples Advisory Committee a
été créé récemment, en mai. Il y a eu douze nominations à ce
comité qui ont été faites par le conseil de ville. Le conseil compte
douze membres. Le mandat du comité consultatif est de mettre au
point un processus de consultation auprès de la communauté
autochtone de Vancouver. Je remercie le vice-président
Chamberlin d’avoir abordé certaines des questions ou des
raisons pour lesquelles les gens s’installent dans les villes. Je vais
22:14
Human Rights
23-11-2012
doing first hand is establishing forums across the city to hear from
the Aboriginal community. I am going to ask Steven to speak to
that later.
réserver certains des enjeux pour la période de questions. L’une
des choses que le comité est en train de faire d’abord, c’est
d’établir des tribunes un peu partout dans la ville pour permettre
à la communauté autochtone de se faire entendre. Je vais
demander à Steven d’en parler tout à l’heure.
We really appreciate the fact that the city council has
appointed this committee. We note that there are other
committees, but this particular committee is in a position to
make recommendations to city council on some of the major
concerns and issues that need to be addressed with council for the
Aboriginal people living in the city.
Nous sommes vraiment contents que le conseil de ville ait créé
ce comité. Il y a d’autres comités, mais celui-ci a la possibilité de
faire des recommandations au conseil de ville concernant
certaines des grandes préoccupations et certains des enjeux
importants qui doivent être abordés avec le conseil au nom des
Autochtones qui vivent dans la ville.
There are some good things to report. However they are really
outweighed by the bad situation of Aboriginal people living in the
city. Many people move away from home for educational reasons,
for family reasons and for employment, a large degree for
education and family.
Il y a de bonnes choses à signaler. Toutefois, elles ne suffisent
vraiment pas à contrebalancer la situation mauvaise des
Autochtones qui vivent dans la ville. Beaucoup de gens quittent
leur foyer pour faire des études, pour des motifs de nature familiale
ou en vue d’occuper un emploi, mais dans une large mesure c’est
pour faire des études et pour des raisons liées à la famille.
The situation for most cases at home is the same reality as in
the city. They are moving from one place to another but the
reality is the same: lack of education, lack of employment, social
conditions that are not very good and poor health. So the issues
are very similar whether they are living on or off reserve.
Dans la plupart des cas, la situation à la maison est la même
qu’en ville. Les gens quittent un endroit pour s’installer dans un
autre, mais la réalité est la même : il y a un manque d’éducation,
un manque d’emplois, des conditions sociales qui ne sont pas très
bonnes et des problèmes de santé. Les problèmes sont donc très
similaires, que les gens vivent dans une réserve ou hors réserve.
Aboriginal people living in the city remain very close to home,
very closely connected to family. There are a lot of transients.
People go home regularly either for culture, family or social
purposes. It is really important for many Aboriginal people living
in the city to remain tied to their families, to remain tied to their
clans, their houses and the resources.
Les Autochtones qui vivent en ville demeurent très attachés à
leur lieu de naissance, à leur famille. Il y a beaucoup de gens qui
sont là temporairement. Les gens rentrent régulièrement chez eux
pour des raisons de nature culturelle, familiale ou sociale. Il est
important pour beaucoup d’Autochtones qui vivent en ville de
continuer d’entretenir des liens avec leur famille, avec leur clan,
leur foyer et les ressources.
Over the last few years efforts have been made for resource
allocation from different families on the coast to bring in fish to
the people in the city. This is really essential because of the poor
diet of Aboriginal people in the city.
Au cours des dernières années, des efforts ont été déployés afin
que diverses familles de la côte allouent des ressources pour qu’on
puisse livrer du poisson aux gens en ville. C’est vraiment essentiel, vu
le mauvais régime alimentaire des Autochtones qui vivent en ville.
We have a very diverse group of Aboriginal people living in
Vancouver right from the eastern coast to Vancouver Island and
the Charlottes. The situation is very diverse, very rich and very
dynamic. We may be living in poor situations but we continue to
live the best we can as are other people in the city.
Les Autochtones qui vivent à Vancouver forment un groupe
très diversifié de gens qui viennent de la côte Est jusqu’à l’île de
Vancouver et aux îles de la reine Charlotte. La situation est très
diversifiée, très riche et très dynamique. Nous vivons peut-être
dans la pauvreté, mais nous continuons quand même de faire de
notre mieux, comme les autres habitants de la ville.
One of the main issues in Vancouver is homelessness, a lack of
housing. We have successes in education with university students
who are doing their BAs, MAs and Ph.Ds in the city. We have a
lot of service organizations to assist Aboriginal people in the city.
However the services are still not enough for the people in the
community.
L’un des principaux problèmes, à Vancouver, c’est l’itinérance,
le manque de logements. Nous connaissons du succès dans le
domaine de l’éducation, grâce à nos étudiants de niveau
universitaire qui font un baccalauréat, une maîtrise ou un
doctorat en ville. Il y a beaucoup d’organismes de services qui
viennent en aide aux Autochtones en ville. Toutefois, les services
demeurent insuffisants pour les gens de la communauté.
It is absolutely crucial for organizations or service agencies to
be run by Aboriginal people. Only we know as Aboriginal people
what our issues are. We have totally different approaches and
totally different styles in working with people. A lot of times our
little programs are stuck underneath the non-native organizations
Il est absolument essentiel que les organismes de services soient
dirigés par des Autochtones. Nous sommes les seuls à connaître
les problèmes auxquels nous faisons face. Nous avons des
démarches totalement différentes et des styles de collaboration
avec les gens qui sont aussi totalement différents. Souvent, nos
23-11-2012
Droits de la personne
22:15
with a pittance of dollars going to these organizations to provide
services to Aboriginal people, not doing services and in fact doing
an injustice to our people.
petits programmes sont confiés aux organismes non autochtones,
qui reçoivent quelques dollars pour offrir des services aux
Autochtones, et on ne rend pas service à notre peuple de cette
façon; en fait, on créé une injustice.
One of the saddest situations is that of missing women and
murdered women particularly in the Downtown Eastside. The
situation of the Downtown Eastside is really sad. I am ashamed
that Canada allows this kind of situation to happen in one of its
communities in the country. It would do you a world of good if
you took a walk Downtown Eastside in the alleys. It really would.
L’un des problèmes les plus tristes, c’est celui des femmes
disparues et tuées, surtout dans le quartier Downtown Eastside.
La situation est vraiment triste dans ce secteur. J’ai honte de voir
que le gouvernement du Canada permet qu’une situation de ce
genre se produise dans une collectivité du pays. Vous vous en
sortiriez vraiment grandis si vous alliez faire un tour dans les
ruelles du Downtown Eastside de Vancouver. Vraiment.
These are human beings. They are brothers and sisters, and the
majority of the people down there are Aboriginal. There was a
drop-in centre society for the sex workers, fifty-seven per cent
Aboriginal women. We do not have any adequate centres in the
city of Vancouver for women especially. Aboriginal women are
the most marginalized human beings in this city, in this country.
It might be only 2 per cent, but for heaven’s sake we are human
beings. The reality of the situation is really sad.
Ces gens sont des êtres humains. Ce sont des frères et des
sœurs. Et la majorité des gens qu’on voit là-bas sont des
Autochtones. Il y avait une société qui s’occupait d’un centre de
jour pour les travailleurs du sexe, et 57 p. 100 étaient des femmes
autochtones. Nous n’avons aucun centre adéquat à Vancouver,
pour les femmes surtout. Les femmes autochtones sont les êtres
humains les plus marginalisés dans cette ville, dans ce pays. Elles
ne comptent peut-être que pour 2 p. 100 de la population, mais,
pour l’amour de Dieu, ce sont des êtres humains. La situation est
vraiment malheureuse.
Another sad situation is that we do not have enough centres for
youth. I live in Vancouver East in the Commercial Drive area.
There is a real need for a centre for youth. There is a high crime
rate, and one of the reasons that there is a need for these centres
for youth across the city is that it is a prevention program so that
they do not end up in the Downtown Eastside. Many of the young
Aboriginal women end up in the Downtown Eastside if things are
not bad in other parts of the city. We need a lot of prevention
programs. My recommendation here is for you to strongly
support any kind of recommendations made by Aboriginal
people, whether it is for Aboriginal people living away from
home or people living in the communities. We just do not have
adequate funding to provide services to our people.
Une autre situation malheureuse, c’est qu’il n’y a pas
suffisamment de centres pour les jeunes. Je vis à Vancouver-Est,
dans le secteur de Commercial Drive. Il manque vraiment un centre
pour les jeunes là-bas. Le taux de criminalité est élevé, et l’une des
raisons pour lesquelles il faudrait des centres pour jeunes un peu
partout dans la ville, c’est que ce serait un programme de prévention
pour qu’ils ne finissent pas dans le Downtown Eastside. Beaucoup
de jeunes femmes autochtones aboutissent dans ce secteur si les
choses ne vont pas trop mal dans les autres secteurs de la ville. Nous
avons besoin de beaucoup de programmes de prévention. La
recommandation que je vous fais, c’est d’appuyer fortement toute
recommandation faite par les Autochtones, que ce soit les
Autochtones qui vivent loin de chez eux ou ceux qui vivent dans
la collectivité. Nous n’avons tout simplement pas suffisamment
d’argent pour offrir des services à nos gens.
We are in the process of holding forums and I am going to ask
Steven to address it. I feel a lot of heaviness when I talk about the
different issues of Aboriginal people. One good thing that is
happening in Vancouver on the plus side is that we have a diverse
Aboriginal community. Fortunately our people in the city remain
tied to home and keep the traditions and culture alive. We have
National Aboriginal Day. We have the powwow here at the West
Coast Family Night on Tuesday nights, the Mother’s Day
Powwow and the Downtown Eastside Elder’s Powwow. Those
are the things that keep our spirits alive and we really totally
appreciate that.
Nous sommes en train de tenir des forums, et je vais demander à
Steven d’en parler. Je ressens une grande tristesse lorsque je parle
des divers problèmes auxquels font face les Autochtones. Une chose
positive, à Vancouver, c’est que la communauté autochtone est
diversifiée. Heureusement, les gens qui s’installent en ville gardent
des liens avec leur lieu de naissance et font vivre les traditions et la
culture. Il y a la Journée nationale des Autochtones. Il y a le
pow-wow qui est organisé ici les mardis soir, dans le cadre de la
soirée familiale de la côte Ouest, le pow-wow de la fête des Mères et
le pow-wow des Aînés du Downtown Eastside. Ce sont les choses
qui nous permettent de garder le moral, et nous en sommes
vraiment très reconnaissants.
The assimilation policies have been horrendous since the time
of colonial arrival, horrendous. We are going to keep on saying
this until there is an understanding. Right now how many
standing committees have there been on hearing about the issues
of Aboriginal people? It is the same as it was 50 years ago. There
Les politiques d’assimilation en vigueur depuis l’époque
coloniale sont vraiment horribles. Nous allons le répéter jusqu’à
ce que les gens comprennent. Jusqu’à maintenant, combien y a-t-il
de comités permanents qui ont été chargés d’écouter les
témoignages concernant les problèmes auxquels font face les
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Human Rights
23-11-2012
is no follow-up to recommendations. We have totally different
world views, the indigenous world view and the western world
view, that have to be accommodated.
Autochtones? La situation est la même qu’il y a 50 ans. Il n’y a
aucun suivi des recommandations. Nous avons des façons de voir
le monde tout à fait différentes, la façon autochtone de l’envisager
et la façon occidentale, et il faut tenir compte des deux.
I am going to ask Steven, my co-chair and colleague, to speak on
the forums that we will be establishing over the next few months.
Je vais demander à Steven, qui est mon coprésident et collègue,
de parler des forums que nous allons créer au cours des mois
qui viennent.
Steven Eastman, Co-Chair, Urban Aboriginal Peoples Advisory
Committee: Thank you for having me here today. Part of our
mandate from Vancouver City Council was to represent the urban
Aboriginal population and be able to make recommendations to
council that would strengthen the ties between urban Aboriginal
peoples and the city of Vancouver. Sitting as a committee we had
our own opinions and could go to council on what we felt were
the immediate needs of Aboriginal people within Vancouver. We
felt it was important to make sure that we reach out to the
community at large to make sure that we represent the urban
Aboriginal and that the urban Aboriginal actually has a voice.
Steven Eastman, coprésident, Urban Aboriginal Peoples
Advisory Committee : Merci de m’avoir invité à venir témoigner
aujourd’hui. Le mandat que nous a confié le conseil de ville de
Vancouver consistait entre autres à représenter la population
autochtone urbaine et de lui présenter des recommandations dans
le but de renforcer les liens entre les Autochtones qui vivent en
milieu urbain et les représentants de la Ville de Vancouver. Les
membres du comité avaient leurs propres opinions et pouvaient
parler au conseil de ce qu’ils croyaient être les besoins immédiats
des Autochtones de Vancouver. Nous trouvions important de
joindre la communauté en général pour nous assurer de bien
représenter les Autochtones vivant en milieu urbain et pour que
ces gens puissent se faire entendre.
During this process we have met with many different councils,
organizations and service providers. Unfortunately one of the
large gaps we see right now is that the voice out there is a lot of
the times chief and council of B.C. First Nations and service
providers of different organizations that are already in effect. We
respect what they have to say but very rarely is there consultation
that takes into account what the everyday citizen needs, wants
and is a basic human right as set out. During this process we want
to make sure that we visit all the communities within Vancouver
and have open, honest and frank discussions with the general
population to see where these gaps are, what is working and what
can be better.
Dans le cadre de ce processus, nous avons rencontré les
représentants de nombreux conseils, organismes et fournisseurs de
services différents. Malheureusement, un des problèmes importants
que nous observons à l’heure actuelle, c’est que les gens qui se font
entendre sont souvent le chef et le conseil des Premières nations de
la Colombie-Britannique et les fournisseurs de services de divers
organismes déjà en activité. Nous respectons ce qu’ils ont à dire,
mais il n’y a que très rarement des consultations tenant compte de
ce dont les citoyens ont besoin et qu’ils veulent dans la vie de tous
les jours, ce qui est un droit humain fondamental établi. Dans le
cadre de ce processus, nous voulons nous assurer de visiter toutes les
communautés de Vancouver et de tenir des discussions ouvertes,
honnêtes et franches avec la population en général afin de cerner les
lacunes, de déterminer ce qui fonctionne et de voir ce qui pourrait
être amélioré.
Right now that is one of the areas where we struggle as an
urban Aboriginal population. We have been displaced. A lot of us
do not have connections with our home communities. My family
is from back East but I have been born and raised in Vancouver. I
had to grow up in this community and this is where I call home. I
do not have access to services that would otherwise be provided to
me on my home reserve. In fact I was not even able to go to
university because I lived off reserve and there was not enough
funding for my home band. They had to make the decision to cut
someone and I was cut because I live over here and not back East.
À l’heure actuelle, c’est l’un des domaines où nous avons de la
difficulté en tant que population autochtone urbaine. Nous avons
été déplacés. Beaucoup d’entre nous n’ont plus de lien avec leur
collectivité d’origine. Ma famille vient de l’Est, mais je suis né et
j’ai grandi à Vancouver. J’ai dû grandir dans cette collectivité, et,
pour moi, c’est ma ville. Je n’ai pas accès aux services qui me
seraient offerts si je vivais dans ma réserve. En fait, je n’ai même
pas pu aller à l’université parce que je vivais en dehors de ma
réserve et que ma bande ne pouvait pas me donner suffisamment
d’argent. Les responsables de la bande ont dû exclure quelqu’un,
et ça a été moi, parce que je vis ici et non dans l’Est.
There is still a long ways to go. We have to make sure that
these inherent rights are for all indigenous peoples living on or off
reserve. I welcome this discussion, to be able to talk openly about
how we can ensure that those individuals living off reserve that
have been displaced and do not have access to their services can
access them here within the city. Right now there is a very high
road effect with these services. It should be the right of every
individual that the services are provided to them in their home
Il y a encore beaucoup de chemin à faire. Nous devons nous
assurer que les droits inhérents en question visent tous les
Autochtones, qu’ils vivent dans une réserve, ou hors réserve. Je
suis heureux de participer à cette discussion, de pouvoir parler
ouvertement de la façon dont nous pouvons nous assurer que les
personnes qui vivent hors réserve, qui ont été déplacées et qui n’ont
pas accès à leurs services puissent y accéder en ville. À l’heure
actuelle, il y a un effet de distance très important qui touche ces
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Droits de la personne
22:17
community wherever they live within an urban setting so that they
can access them and build their sense of community and their
sense of welcoming wherever they live. Thank you.
services. Tous devraient avoir droit aux services qui leur sont
fournis dans leur collectivité d’origine, peu importe où ils vivent en
milieu urbain de façon à ce qu’ils puissent y accéder et renforcer leur
sentiment d’appartenance à la communauté ainsi que le sentiment
d’être les bienvenus, peu importe où ils vivent. Merci.
The Chair: Thank you for your presentations. We do realize
that there is not enough time to share everything that you have to
say. I see that you have written comments. If you present them to
us we will make them part of the record as well. We did not mean
to cut you off. It is just that we are anxious to ask you questions.
La présidente : Merci de votre exposé. Nous comprenons qu’il
n’y a pas suffisamment de temps pour dire tout ce que vous avez à
dire. Je vois que vous avez des observations écrites. Si vous nous
les fournissez, nous allons les verser au compte rendu aussi. Nous
ne voulions pas vous interrompre. C’est simplement que nous
avons hâte de pouvoir poser des questions.
I will start with you, Chief Chamberlin. We have heard that
some bands determine their own membership while other bands
rely on AANDC to maintain their band list. From your
perspective what are some of the advantages and disadvantages,
if any? In your opinion is one approach more likely to protect the
interests of First Nations people off reserve?
Je vais commencer par vous, chef Chamberlin. Nous avons
entendu dire que certaines bandes déterminent elles-mêmes qui est
membre de la bande, tandis que d’autres laissent à AADNC le
soin de s’occuper de leur liste de membres. À votre avis, quels sont
les avantages et les inconvénients, le cas échéant? Croyez-vous que
l’une des deux façons de faire permette probablement mieux de
protéger les intérêts des Autochtones vivant hors réserve?
Mr. Chamberlin: As a First Nation we continue to exercise our
own inherent jurisdictional authority over who we decide are our
members. I do not mean that in relationship to the list that
Canada decides to separate our citizens from Canada. I say within
our culture that we have ways and means to acknowledge the
family ties we have. It is a very inclusive process for us to
endeavour.
M. Chamberlin : À titre de Première nation, nous continuons
d’exercer notre pouvoir inhérent de décider qui sont nos membres.
Je ne parle pas de la liste que le gouvernement du Canada utilise
pour séparer nos citoyens du reste des Canadiens. Ce que je dis,
c’est que, dans notre culture, nous avons des façons de
reconnaître les liens familiaux. C’est un processus très ouvert
que nous suivons.
Thinking on the political end of things with a First Nation or a
band council making those decisions on who is a member, it still
falls at the feet of inadequate funding that the federal government
provides to a First Nation to provide services with. We can put as
many people on that list as we want, but the funding is not going
to meet that need.
En ce qui concerne le fait qu’une Première nation ou un conseil
de bande décide qui a qualité de membre et qui ne l’a pas, sur le
plan politique, il revient au gouvernement fédéral de verser à une
Première nation un financement adéquat qui lui permet de fournir
des services. Nous pouvons inscrire autant de noms que nous le
voulons sur cette liste, mais le financement ne nous permettra pas
de combler ce besoin.
The government will forever come back to its paternalist
approach and definition of indigenous people by who is a status
Indian and who is not a status Indian. I think the point is whether
you are on reserve or off reserve it is inadequate resourcing,
period, even when we have a look at what First Nations are
forced to endure to live in poverty. It is not a word we use lightly.
Poverty is a reality for First Nations in Canada, in our own
country. Poverty is not just a series of bad choices and
circumstances. It is a shame that in Canada it is actually the
result of a systematic approach to the removal of First Nations
people in Canada.
Le gouvernement reviendra toujours à sa démarche et à sa
conception paternalistes au moyen desquelles il détermine qui a
qualité d’Indien inscrit ou non inscrit. À mes yeux, qu’il s’agisse
des Autochtones vivant à l’intérieur ou à l’extérieur d’une réserve,
le seul et unique problème tient aux ressources insuffisantes, et ce,
même lorsqu’on examine ce que les Premières nations sont
contraintes d’endurer pour vivre dans la pauvreté. Je n’emploie
pas ce mot à la légère : la pauvreté est une réalité pour les
Premières nations au Canada dans notre propre pays. La pauvreté
n’est pas uniquement attribuable à une série de mauvaises
décisions ou à une conjoncture défavorable. Il est navrant que,
au Canada, la pauvreté soit, en réalité, le résultat d’une démarche
systématique visant à faire disparaître les peuples des Premières
nations du Canada.
The Chair: My second question is to either of you,
Ms. Howard or Mr. Eastman. It has to do with how the
Aboriginal Friendship Centre facilitates off reserve band
La présidente : Je demanderais à Mme Howard ou à
M. Eastman de répondre à ma deuxième question, qui concerne
les mesures que prend le centre d’amitié autochtone pour faciliter
22:18
Human Rights
members to access band elections by holding polling stations in
the centre. Could you please discuss how your band or other B.C.
bands are implementing the Supreme Court decision in Corbiere?
All three of you may want to answer that.
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la participation des membres de la bande vivant hors réserve aux
élections au sein de la bande, à savoir l’installation de bureaux de
vote dans ses locaux. Pourriez-vous nous indiquer ce que votre
bande ou d’autres bandes de la Colombie-Britannique font pour
donner suite à l’arrêt Corbiere de la Cour suprême?
Peut-être que vous voudrez tous les trois répondre à cette
question.
Mr. Chamberlin: It is rather fascinating that you want to take a
look at a Supreme Court of Canada ruling that causes us to be
examined and yet the Canadian government removes itself from
being examined in relationship to other Supreme Court of
Canada rulings.
M. Chamberlin : Il est assez fascinant que vous vous intéressiez
à un arrêt de la Cour suprême du Canada qui a pour effet que
nous devons faire l’objet d’un examen, alors que le gouvernement
du Canada se soustrait lui-même à l’examen auquel il est assujetti
par suite d’autres arrêts de la Cour suprême.
In terms of the elections and the accountability the federal
government is always hoisting into the public eye that we as First
Nations people are doing something nefarious with the resources
we have. It is simply not true.
Pour ce qui est des élections et de la reddition de comptes, le
gouvernement fédéral répète sans cesse à la population que les
Premières nations utilisent leurs ressources de façon abjecte. C’est
tout simplement faux.
For myself I find it amazing when I hear various wages across
the country and read in the newspaper recently about your
housing allotment.
Pour ma part, je trouve incroyables divers salaires touchés au
pays et ce que j’ai lu récemment dans le journal concernant votre
allocation au titre du logement.
The Chair: We will not go there, please.
La présidente : Tenons-nous en à notre sujet, s’il vous plaît.
Mr. Chamberlin: The fact is that the benefits and the —
M. Chamberlin : La réalité, c’est que les avantages et les...
Senator Brazeau: We are talking about off-reserve human
rights for First Nations people.
Le sénateur Brazeau : Notre réunion porte sur les droits de la
personne des membres des Premières nations qui vivent à
l’extérieur des réserves.
Mr. Chamberlin: Yes, we are. We are also talking about the
lack of resources to provide the services for these very same
people. If Canada would make more efficient use of the resources
it has and allocate them in a meaningful way to First Nation
people instead of finding ways to provide comfort for people that
are living an elite lifestyle, we could actually meet the needs of
First Nations that live on reserve and off reserve.
M. Chamberlin : Oui, mais il est également question de
l’absence de ressources permettant de fournir des services à ces
personnes que vous venez de mentionner. Si le gouvernement du
Canada utilisait ses ressources de façon plus efficiente, et s’il
allouait une quantité satisfaisante de ressources aux Premières
nations plutôt que de trouver des moyens d’offrir du confort à des
membres de l’élite qui mènent la grande vie, nous pourrions
répondre aux besoins des membres des Premières nations qui
vivent à l’intérieur et à l’extérieur des réserves.
Ms. Howard: I can only speak from the B.C. perspective as we
have Aboriginal people from across the country as Steven has
pointed out. I am an active member participant from my own
community. It is my choice to be an active member whether I live
on reserve or off reserve. With my own particular community I do
vote on mentor issues. We are under a very different system. I
note with this friendship centre that some of the First Nations
have elections, but I want to agree with Mr. Chamberlin that the
size of the band membership does not really help people away
from the reserve.
Mme Howard : Étant donné que, comme Steven l’a mentionné,
des Autochtones proviennent de toutes les régions du pays, je
tiens à souligner que ce que je dirai ne concerne que la ColombieBritannique. Je suis un membre actif de ma propre communauté.
J’ai décidé d’être membre actif, peu importe que je vive à
l’intérieur ou à l’extérieur de la réserve. Au sein de ma
communauté, je vote sur les questions liées au mentorat. Ma
collectivité est assujettie à un système très différent de celui des
autres. Je constate, comme l’ont fait les représentants du centre
d’amitié, que certaines Premières nations tiennent des élections,
mais je tiens à souligner que je suis d’accord avec M. Chamberlin
pour dire que le nombre de membres d’une bande n’aide pas
vraiment les gens qui vivent à l’extérieur des réserves.
I note this is a federal hearing and that jurisdiction of the
federal government is for people on reserve, so I can see these
recommendations on urban Aboriginal people not going
anywhere. You are hearing the issues. What are you going to
Je souligne qu’il s’agit d’une séance d’un comité relevant du
gouvernement fédéral, et que le gouvernement fédéral a
compétence en ce qui a trait aux Autochtones vivant dans les
réserves. Ainsi, je peux constater que les recommandations
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Droits de la personne
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do with it? What can you do? Can you provide people living away
from home in the cities with funding? You will say, ‘‘No. I am
sorry. You are not living on reserve.’’
concernant les Autochtones qui vivent dans les villes n’ont aucun
effet. Vous entendez parler des problèmes. Qu’allez-vous faire?
Que pouvez-vous faire? Pouvez-vous fournir du financement au
Autochtones vivant en milieu urbain? Si on vous demande de le
faire, vous répondrez : « Non, nous sommes désolés, ces gens
vivent à l’extérieur des réserves. »
Similar to Steven, I wanted to go for my Ph.D last year. I could
not because I could not get access to funding. I have to pay for it
on my own. These cutbacks are affecting Aboriginal people
especially on reserve because we do not get services from our
community, our First Nations. We understand it because there is
not enough funding. That is the reality.
Comme Steven, l’an dernier, je voulais mener des études
doctorales, mais je n’ai pas été en mesure de le faire puisque je
n’ai pas eu accès à une aide financière. Si je veux mener de telles
études, je dois les payer moi-même. Les compressions ont une
incidence sur les Autochtones, surtout ceux qui vivent dans une
réserve, vu qu’ils n’obtiennent pas de services de leur communauté,
de leur Première nation. Nous comprenons cela, car cela est
attribuable à un financement insuffisant. C’est la réalité.
Mr. Eastman: I can only speak for my own personal experience
and experience of my family when it comes to voting in elections
on reserve. We have recently started to take an interest in politics
that happen on reserve, but for many years there were just too
many issues within the home and within our home communities
to be able to take the time to explore issues that arise back East
when we are separated by four provinces and have little contact
with members that live on reserve. It is hard to be able to make an
informed decision on those matters, but it is definitely an area
where my family is trying to get more involved so we can make
sure that those of us that do live off reserve are being served just
as well as those living on, and I think it is a growing topic.
M. Eastman : En ce qui a trait au vote dans le cadre d’élections
dans les réserves, je ne peux vous parler que de ce que ma famille
et moi-même avons vécu. Nous avons récemment commencé à
nous intéresser aux questions politiques qui touchent les réserves,
mais pendant de nombreuses années, nous avions tout simplement
trop de problèmes à régler au sein de nos propres maisons et de
notre propre communauté pour que nous puissions prendre le
temps d’examiner ce qui se passait dans des réserves de l’Est du
pays, dont nous sommes séparés par quatre provinces et avec
lesquelles nous communiquons très peu. Il est difficile d’être en
mesure de prendre une décision éclairée sur des questions d’ordre
politique, mais il s’agit assurément d’un domaine dans lequel les
membres de ma famille et moi-même tentons de nous investir
davantage, de manière à ce que nous puissions nous assurer que
les Autochtones vivant hors réserve obtiennent des services
équivalents à ceux vivant dans les réserves, et d’un domaine
dont l’importance croît sans cesse, à mon avis.
Senator Harb: Thank you, Mr. Chamberlin, Ms. Howard and
Mr. Eastman. I very much enjoyed your presentations and your
comments.
Le sénateur Harb : Merci, monsieur Chamberlin, madame
Howard et monsieur Eastman. Vos exposés et vos observations
m’ont beaucoup plu.
A number of studies were done in relation to the off-reserve
population in Aboriginal communities. It strikes me that it is a
matter of first generation migrants who move from reserve to off
reserve. Statistics Canada has shown that when those children move
to the mainstream communities they suffer in terms of their
achievement, health, living conditions, socio-economics and so on.
Un certain nombre d’études ont été menées à propos des
Autochtones vivant hors réserve. Ce qui me frappe, c’est que ce
sont les migrants de première génération qui quittent les réserves
pour aller vivre en milieu urbain. D’après Statistique Canada,
l’établissement de ces enfants au sein de la société ordinaire a des
répercussions sur leurs réalisations, leur santé, leurs conditions de
vie, leur situation socioéconomique, et ainsi de suite.
What is really interesting is that the second generation of
Aboriginals that are given the same conditions as are given to
non-Aboriginals seem to have performed exceptionally well, just
as good as everyone else, which leads me to the point
Mr. Chamberlin has brought up. The fact is the problem really
starts on the reserve. That is where the damage is done in a sense.
Ce qui est réellement intéressant, c’est que les Autochtones de
deuxième génération qui bénéficient de conditions semblables à
celles offertes aux non-Autochtones semblent avoir un rendement
exceptionnel — eh bien, à tout le moins aussi bon que celui des
autres —, ce qui m’amène à l’observation formulée par
M. Chamberlin. Le fait est que le problème prend véritablement
naissance dans les réserves. Dans une certaine mesure, c’est là que
le mal est fait.
While you are in the process to move to the mainstream the
program that is supposed to be in place to give the proper
integration and the proper support in education, health care and
so on is not sufficient enough. That is why we find a lot of people
Vous êtes en train de déplacer vers la société ordinaire le
programme qui devait assurer l’intégration adéquate des
Autochtones et leur fournir du soutien en matière, entre autres,
d’éducation et de soins de santé, mais cela n’est pas suffisant. C’est
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Human Rights
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falling between the cracks. The jurisdiction issues between the
provincial and federal government come into play and
organizations such as yours and others are overwhelmed. They
do not seem to be able to deal with them.
la raison pour laquelle beaucoup de gens tombent entre les mailles
du filet. Les conflits de compétence entre les gouvernements
provinciaux et fédéral entrent en ligne de compte, et des
organisations comme la vôtre et d’autres sont dépassées. Elles ne
semblent pas être en mesure de composer avec cela.
I know what we all know, that there is a problem with the
system. I know you have been a bit cynical about what we are
trying to do, but we are really trying our best. Obviously we
generally want to bring about recommendations to the Senate and
to the government to improve the quality of life of people who live
off reserve and ultimately all Aboriginal people. What specifically
do you recommend for us in terms of recommendations to the
government that we can put in our report moving forward?
Comme tout le monde, je sais que le système pose un problème.
Je sais que vous avez fait preuve d’un peu de cynisme à l’égard de
ce que nous tentons de faire, mais nous faisons vraiment de notre
mieux. De toute évidence, de façon générale, nous voulons inciter
les gens à formuler des recommandations à l’intention du Sénat et
du gouvernement afin d’améliorer la qualité de vie des gens qui
vivent hors réserve et, en fin de compte, de tous les Autochtones.
Avez-vous des recommandations précises à formuler en ce qui
concerne les recommandations à l’intention du gouvernement que
nous pourrions inclure dans notre rapport?
Mr. Chamberlin: First off I would completely disagree with
you that the damage was done initially on reserve. That to me is a
very offensive statement to begin with. I think if we are going to
be allocating blame we need to acknowledge what it is that
Canada is doing and not doing for First Nations people.
M. Chamberlin : Tout d’abord, je tiens à mentionner que je ne
suis pas du tout d’accord avec votre observation selon laquelle, à
l’origine, c’est dans les réserves que le mal est fait. À mes yeux, il
s’agit d’une affirmation très insultante. S’il s’agit de jeter la pierre
à quelqu’un, je crois que nous devons prendre acte de ce que le
Canada fait et de ce qu’il ne fait pas pour les Premières nations.
The urban setting is not a panacea. It is not a place where First
Nations are endeavouring and always wanted to be. We would
rather live in our territories, in our villages, with a very strong
sense of community and identity. It is this that Canada has sought
to target, to eradicate.
La ville n’est pas la panacée. Il ne s’agit pas d’un endroit où les
membres des Premières nations s’efforcent de s’installer et ont
toujours voulu vivre. Ils préféreraient vivre dans leur territoire,
dans leur village, où il existe un très fort sentiment d’appartenance
à la communauté et un puissant sentiment d’identité. C’est à cela
que le Canada s’est attaqué, c’est cela qu’il a tenté d’éradiquer.
When you removed all the children from reserves for the
residential school it was a very clear approach to dislocate family
and separate generations from one another, weakening them as a
unit and as a people. This is what Canada has apologized for: that
very act. When I think about it now and when I think about the
lack of resources that are given to First Nations people, it is
impossible to meet the needs. What happens then is our people
are moving off reserve to be examined yet again.
Lorsque le gouvernement du Canada a sorti tous les enfants
des réserves pour les placer dans des pensionnats, il cherchait très
clairement à démembrer les familles, à séparer les générations les
unes des autres et à affaiblir les Autochtones en tant que groupe et
en tant qu’individus. C’est précisément le geste pour lequel le
gouvernement du Canada a présenté ses excuses aux
Autochtones. Si je réfléchis à cela, et si je songe aux ressources
insuffisantes qui sont offertes aux Premières nations, je ne peux
que conclure qu’il est impossible de répondre à leurs besoins. Par
conséquent, nos gens quittent les réserves, et, même dans les villes,
ils sont surveillés.
If I were to say one recommendation that I would hope you
would put forward if you had the magic wand to actually make it
happen, it is for First Nations to enjoy and have benefit from the
resources found within our territories. It is as simple as that.
Vous nous avez demandé de vous indiquer quelles
recommandations nous aimerions voir figurer dans votre
rapport; si vous aviez une baguette magique et que vous ne
pouviez concrétiser qu’une seule recommandation, j’aimerais que
ce soit la suivante : que les Premières nations profitent et
bénéficient des ressources qui se trouvent sur leur territoire.
C’est aussi simple que cela.
The Canadian government has sought many ways to make sure
that we do not have fair and equitable access to our own lands, our
very own lands that your courts have shown we have not ceded title
to. How can it not be seen as an oppressive manoeuvre or a racist
approach from Canada to continue to perpetuate a system which
keeps us from enjoying the resources from our own territories where
we could look after our very own people in our ways?
Le gouvernement du Canada a tenté d’une kyrielle de façons de
s’assurer que nous n’ayons pas un accès juste et équitable à nos
propres terres, ces terres dont nous n’avons pas cédé le titre
foncier, comme vos tribunaux l’ont montré. Comment ne pas
considérer comme une manœuvre oppressive ou une démarche
raciste le fait pour le Canada de perpétuer un système qui nous
empêche de profiter des ressources de nos propres territoires, où
nous pourrions nous occuper de nos gens à notre façon?
23-11-2012
Droits de la personne
22:21
Senator Harb: I am surprised you would disagree with the fact
that there are problems on reserve when statistics have shown that
45 per cent of housing on reserve is substandard, when in fact the
health of people who live on reserve is far worse than those who
live off reserve, when the educational level and access to
education on the reserve are far less better than that off reserve,
and when the opportunities for employment on reserve are far
worse than that off reserve. Chief Chamberlin, frankly I do not
comprehend how you would not see that as being a massive,
major problem in the beginning of what we see for people who
transition from on reserve to off reserve.
Le sénateur Harb : Je suis surpris que vous ne reconnaissiez pas
l’existence de problèmes dans les réserves, vu que des statistiques
montrent qu’une proportion de 45 p. 100 des logements dans les
réserves ne répondent pas aux normes, que la santé des personnes
vivant dans les réserves est bien plus mauvaise que celle des gens
vivant à l’extérieur, que le degré de scolarité et l’accès à l’éducation
dans les réserves sont bien inférieurs à ceux que l’on trouve à
l’extérieur des réserves, et que les occasions d’emploi dans les
réserves sont beaucoup moins nombreuses qu’à l’extérieur des
réserves. Monsieur Chamberlin, en toute franchise, je ne comprends
pas que vous ne considériez pas cela comme un énorme problème,
un problème majeur qui est à l’origine de la migration vers les villes
des personnes qui vivent dans les réserves.
Why are we running away from the fact? Why do we not state
the fact as it is, that the policy in place now even on reserve is an
absolute failure? It is failing the Aboriginal First Nations to no
return, to the point where the United Nations has issued a report
damning Canada. When you take the living condition of people
who are living on reserve, in health care, education, housing and
social development, the human development index put Canada at
the rate of 63.
Pourquoi faire l’autruche? Pourquoi refuser de voir la réalité en
face, à savoir que la politique en place, même dans les réserves, est
un échec total? Cela mène les Premières nations au point de nonretour, à telle enseigne que les Nations Unies ont publié un
rapport qui condamne le Canada. L’indice du développement
humain du Canada est de 63 en ce qui a trait aux conditions de vie
des personnes qui vivent dans les réserves sur le plan des soins de
santé, de l’éducation, du logement et du développement social.
I asked somebody a few days ago if we were only to put the
Native community in the human development index where would
Canada rank, and I was told in the hundreds. That would put
Canada at par with least developed countries in Africa and you,
Chief Chamberlain, are telling me now that that is not true. I
think there is something wrong.
Il y a quelques jours, j’ai demandé à quelqu’un de m’indiquer à
quel rang dans le monde se classerait le Canada, selon l’indice du
développement humain, si l’on ne tenait compte que des
communautés autochtones et cette personne m’a répondu que le
pays ne figurerait pas parmi les 100 premiers. En d’autres termes,
le Canada se trouverait sur un pied d’égalité avec des pays
africains moins industrialisés que le nôtre, et vous, monsieur
Chamberlin, me dites que ce que je dis est faux. Je crois qu’il y a
quelque chose qui cloche.
Mr. Chamberlin: I think you are missing my point or you are
misinterpreting it. Maybe I will speak a little slower.
M. Chamberlin : À mon avis, vous n’avez pas compris ce que
j’ai dit, ou vous l’avez mal interprété. Je crois que je devrais peutêtre parler plus lentement.
I agree with some of the very fundamental points that you have
just made. You have talked about inadequate housing. You have
talked about inadequate educational access. You have spoken
about employment deficiencies on reserve where there are no
opportunities. You have talked about poor health standards that
come from reserves which are much less than what they might
enjoy in an off-reserve setting. That is what I heard you say.
Je suis d’accord avec quelques-unes des observations
fondamentales que vous venez de faire. Vous avez évoqué les
logements inadéquats. Vous avez mentionné l’accès insuffisant à
l’éducation. Vous avez fait allusion à l’absence de perspectives
d’emploi dans les réserves de même qu’à leurs piètres normes
sanitaires, lesquelles sont bien inférieures à celles dont on peut
profiter à l’extérieur des réserves. C’est ce que je retiens de
vos propos.
It is Canada’s responsibility. There is a fiduciary obligation
that the Canadian government has to First Nations people to
provide adequate housing, to provide adequate education, to
provide adequate health services, and it is failing. That is the
problem. You cannot provide services when the government does
not provide the resources in order to do the very thing that you
are criticizing us for not accomplishing.
Tout cela relève de la responsabilité du Canada. Le
gouvernement du Canada a une obligation fiduciaire à l’égard
des Premières nations, à savoir celle de leur offrir des logements,
de l’éducation et des services de santé adéquats, et il n’assume pas
cette obligation. C’est là que le bât blesse. Nous ne pouvons pas
offrir des services si le gouvernement ne nous fournit pas les
ressources qui nous permettraient de faire précisément ce que
vous nous reprochez de ne pas faire.
Senator Harb: I am not criticizing you, but what I am saying is
that the major problem, it seems from all of the statistics we have
looked at, is that the living conditions on the reserve are so bad
that people on reserve are moving off reserve and coming into
Le sénateur Harb : Je ne vous reproche rien. Ce que je dis, c’est
que, d’après toutes les statistiques que nous avons examinées, le
principal problème tient au fait que les conditions de vie dans les
réserves sont si mauvaises que cela mène les gens à quitter les
22:22
Human Rights
23-11-2012
urban centres. In another words, the problem does not just
surface once they are off reserve. No. The problem comes with the
migrant from on reserve to off reserve and the transitional period
between the time these people are integrated into the mainstream
and are able to take care of themselves and their families.
réserves et à s’installer dans les centres urbains. En d’autres termes,
le problème n’apparaît pas tout simplement une fois que les gens se
retrouvent à l’extérieur de leur réserve. Non. Les personnes qui
quittent leur réserve sont déjà aux prises avec le problème, qui se
manifeste durant la période de transition au cours de laquelle elles
tentent de s’intégrer à la société ordinaire et de s’occuper d’ellesmêmes et de leur famille.
During that period of time is where the shortcoming is.
According to statistics the second generation of Aboriginal youth
and children, given the same opportunities as non-Aboriginal,
seem to do exceptionally well in every single field, pretty well.
C’est cette période qui présente une faille. D’après les
statistiques, les enfants et les adolescents autochtones de la
deuxième génération semblent s’en tirer exceptionnellement bien
ou à tout le moins très bien dans chaque domaine lorsqu’ils
peuvent profiter des mêmes possibilités que celles offertes aux
non-Autochtones.
Mr. Chamberlin: You have almost got it. You are close. You
have one more dot to connect and that is Canada’s responsibility
to First Nations people.
M. Chamberlin : Vous avez presque compris. Vous êtes près du
but. Il ne vous manque qu’un élément pour avoir le tableau
complet, et cet élément est la responsabilité du Canada à l’égard
des Premières nations.
Senator Harb: That is precisely what I am asking you.
Le sénateur Harb : C’est précisément ce que je vous demande
de m’expliquer.
Mr. Chamberlin: Your speaking about the fact that the second
generation is better integrated into an urban setting is offensive.
Why is it that Canada does not provide those very same resources
on reserve as they are available off reserve? To me when I hear you
speak about the fact that we do better on the second generation off
reserve, that we participate just as well in everything else that
Canadian’s enjoy, we should not be subjected to being removed
from our territories and our resources to have those same benefits
and those same opportunities.
M. Chamberlin : Vos propos selon lesquels les Autochtones de la
deuxième génération sont beaucoup mieux intégrés au sein d’un
milieu urbain sont choquants. Pourquoi le gouvernement du
Canada n’offre-t-il pas aux Autochtones vivant dans les réserves
des ressources semblables à celles offertes aux Autochtones hors
réserve? Vous dites que les Autochtones de la deuxième génération
vivant hors réserve s’en tirent mieux et qu’ils profitent de toutes les
occasions offertes aux Canadiens, mais j’estime que nous ne
devrions pas être contraints de quitter nos territoires et nos
ressources pour profiter de ces avantages et de ces occasions.
It is Canada’s failure. It is Canada’s failure to meet the needs of
First Nations on reserve that brings and drives the situation that
we find off reserve. That is what your focus needs to be. The very
fact that the government cannot come up with the resources to
meet the needs of our people, it needs to then turn its attention to
creating a scenario or a situation where we as First Nations
people can look after ourselves with our territories, with our
resources for our people without your involvement.
Le Canada a échoué. Il n’a pas réussi à répondre aux besoins
des membres des Premières nations vivant dans les réserves, et
c’est cet échec qui suscite et alimente la situation qui règne à
l’extérieur des réserves. C’est là-dessus que vous devez vous
pencher, c’est-à-dire sur le fait que le gouvernement ne parvient
pas à fournir aux Autochtones les ressources dont ils ont besoin
pour combler leurs besoins. Une fois qu’il sera parvenu à le faire,
il devra s’employer à créer les conditions permettant aux
Premières nations de s’occuper d’elles-mêmes au moyen de leurs
terres et de leurs ressources au profit de leurs membres, et ce, sans
qu’il n’ait à intervenir.
Canada that has tried many different ways to meet the needs of
First Nations people from a very Eurocentric and paternalistic
approach to our people, and you have missed the boat. You are
not meeting the needs of First Nations. What I think you need to
focus on is the fact that the government is failing First Nations
people in Canada, not to turn and look at us as under-resourced
organizations and criticize us for not meeting the needs of people.
Le gouvernement du Canada a tenté d’une multitude de façons
de combler les besoins des Premières nations, mais toujours en
adoptant une attitude très eurocentrique et très paternaliste à
l’égard d’elles. Par conséquent, il a raté la cible. Il n’a pas répondu
aux besoins des Premières nations. À mes yeux, vous devez mettre
l’accent sur le fait que le gouvernement a manqué à ses obligations
envers les Premières nations, et non pas les considérer comme des
organisations démunies et leur reprocher de ne pas répondre aux
besoins de leurs membres.
Senator Harb: I have a supplementary question on precisely
what I am asking you. We both agree on the living conditions of
Aboriginal First Nations on reserve.
Le sénateur Harb : J’ai une autre question à vous poser, et elle
porte précisément sur le sujet dont nous parlons. Nous sommes
d’accord en ce qui concerne les conditions de vie des Autochtones
vivant dans les réserves.
23-11-2012
Droits de la personne
22:23
I am asking you a question. You are not helping me and I need
you to help me. Knowing all of the ills that we are all in agreement
exist on reserve, the populations that move into urban settings have
specific needs. What do you think we should be recommending to
the government to do in order to improve the quality of life and the
human rights of people who are already in the urban setting?
Everything else we agree on. I am asking you specifically what you
recommend.
Je vous ai posé une question. Vous ne m’aidez pas, et j’ai
besoin de votre aide. Nous sommes tous d’accord en ce qui
concerne les maux qui affligent les Autochtones qui vivent dans
les réserves, mais les personnes qui migrent dans les centres
urbains ont des besoins spécifiques. À votre avis, que devrionsnous recommander au gouvernement qu’il fasse pour améliorer la
qualité de vie des personnes qui vivent déjà en milieu urbain et
protéger leurs droits de la personne? Nous sommes d’accord sur
tout le reste. Je vous demande de m’indiquer précisément ce que
vous recommandez.
Mr. Chamberlin: Specifically I would say that Canada must
move away from the funding model it has now that sets First
Nations up to fail. Canada needs to ensure that if there is a real
want and a desire to make sure that all our nations, all our members
have those resources or to find those services which you are
describing, I would say to make it so that First Nations have
adequate and full resources and not limit the expenditure of those to
on reserve. It needs to be adequately resourced. It cannot just be
another small program that we can hopefully apply to. It needs to
be something where there is adequate resourcing for our entire
membership, not just a funding formula driven by who lives on
reserve because then you knee-cap us from being able to provide the
services notwithstanding the location of where our people reside.
M. Chamberlin : Je vous dirai précisément que le Canada doit
tourner le dos à son modèle de financement actuel, qui voue les
Premières nations à l’échec. S’il y a un réel désir de faire en sorte que
toutes nos nations et tous nos membres disposent des ressources et
des services dont vous parlez, le Canada doit s’assurer de prendre les
moyens requis pour que les Premières nations possèdent des
ressources adéquates et complètes, et ne pas restreindre ses dépenses
aux seules personnes qui vivent dans les réserves. Il doit s’agir d’un
modèle qui offre des ressources appropriées, et non pas simplement
d’un autre petit programme auquel nous pourrions, si nous avons
de la chance, présenter une demande. Il doit s’agir d’un modèle qui
fournit des ressources adéquates à tous nos membres, et non pas
simplement d’une initiative de financement reposant sur l’endroit où
vivent les gens — c’est-à-dire à l’intérieur ou à l’extérieur des
réserves —, car cela nous empêche de fournir des services à nos gens
sans tenir compte du lieu où ils vivent.
Mr. Eastman: On the question that you ask it comes down to
an issue of assimilation. The second generation is born here and I
can speak as a second generation person living off reserve. We are
being born into a society of colonized peoples in the urban setting.
A lot of times we are better able to cope with issues within the
urban setting.
M. Eastman : En ce qui concerne la question que vous avez
posée, je vous dirai que tout se résume à une question
d’assimilation. La seconde génération est née ici, et je peux en
parler puisque je suis moi-même un Autochtone de la deuxième
génération vivant hors réserve. Nous voyons le jour dans une société
de personnes colonisées en milieu urbain. Bien souvent, nous
sommes mieux à même de faire face aux problèmes au sein d’un
milieu urbain.
There is a lack of cultural place-based services to be able to
make that transition easy for those that need to make the
transition. There are many that should be able to take care of
those services where they live on reserve.
Le nombre de services adaptés à la culture s’adressant aux
personnes qui doivent faire la transition entre une réserve et un
milieu urbain n’est pas suffisant. Bon nombre de personnes
devraient être en mesure de fournir ces services là où elles vivent
dans les réserves.
I do not disagree with anything that Mr. Chamberlin said, but
if we are talking specifically about the first generation that has to
make that transition, it is a lack of cultural place-based services to
ensure the services they need to connect with their culture and to
stay connected with themselves. That is what it comes down to.
They turn to other means and that is what is lacking.
Je ne suis en désaccord avec rien de ce que M. Chamberlin a
dit, mais il n’y a pas suffisamment de services adaptés à la culture
qui sont offerts aux Autochtones de première génération qui
doivent faire cette transition et qui ont besoin de ces services pour
demeurer en contact avec leur culture et avec eux-mêmes. C’est à
cela que tout se résume. Il n’y a pas suffisamment de services, et
les gens se tournent vers d’autres solutions.
Senator Harb: So just the cultural component is the missing link?
Le sénateur Harb : Le chaînon manquant est donc le volet
culturel?
Mr. Eastman: Not just but that is a big portion of it. There are
many things that are missing when it comes to making that
transition. I would recommend a place-based strategy of services
M. Eastman : Cela représente une part importante du chaînon
manquant, mais il n’y a pas juste cela. En ce qui concerne cette
transition, il y a bien des choses qui manquent. Je recommanderais
22:24
Human Rights
23-11-2012
to make sure that the services are available for the individuals
where they are, that the funding, however the model looks, is
there for the individuals living off reserve.
l’élaboration d’une stratégie axée sur les services adaptés au milieu
visant à faire en sorte que les personnes aient accès à des services là
où elles se trouvent et à ce que les personnes vivant hors réserve
puissent accéder à du financement, peu importe le modèle de
financement adopté.
I do not have the answer on what the model should look like,
but we need to ensure that we look at the allocation of funds, how
it is being done, if there is a need for increase or a need for
reallocation, and that the services needed by urban Aboriginal
people living off reserve are available to them and they are able to
access those services where they live.
À quoi devrait ressembler ce modèle? Je ne saurais le dire, mais
nous devons nous assurer de surveiller la manière dont les fonds
sont affectés et de repérer les besoins en ce qui concerne un
accroissement du financement ou une réaffectation des fonds. En
outre, nous devons veiller à ce que les Autochtones vivant en
milieu urbain aient accès aux services dont ils ont besoin, et ce,
peu importe l’endroit où ils vivent.
The big issue right now is that they cannot always access them
where they live. We are forced into, for lack of a better word,
urban ghettos to access these services because that is where they
are and that is where we can afford to live a lot of times. Our
people are trying hard to overcome that and working very hard to
succeed but we do lack services where people live.
À l’heure actuelle, le grand problème tient à ce que ces gens ne
peuvent pas toujours accéder à ces services à l’endroit où ils
vivent. À cette fin, ils sont contraints de se rendre dans des ghettos
urbains, si j’ose dire, vu que c’est dans de tels endroits qu’ils sont
offerts et que c’est là où, bien souvent, les Autochtones ont les
moyens de vivre. Nos gens s’évertuent à surmonter cela, ils ne
ménagent aucun effort pour réussir, mais ils n’ont pas accès à des
services là où ils vivent.
Senator Brazeau: I have a quick comment and perhaps a small
question specifically directed at you, Mr. Chamberlin.
Le sénateur Brazeau : J’ai une courte observation à formuler, et
peut-être aussi une brève question à poser. Cette question
s’adresse directement à vous, monsieur Chamberlin.
Obviously part of this process is to have an open, honest and
frank dialogue. I have been at these, as have you, and they spur a
lot of anger. They spur a lot of hard positions with respect to the
government. Nobody disagrees with the things you have said in
terms of past policies and so forth.
De toute évidence, l’instauration d’un dialogue ouvert, honnête
et franc fait partie du processus, auquel j’ai participé, et vous
aussi, et qui suscite beaucoup de colère et des prises de position
intransigeantes à l’égard du gouvernement. Personne n’est en
désaccord avec ce que vous avez dit à propos des politiques du
passé et des choses du genre.
I do not know how many times you have used the word
‘‘shameful’’ in terms of referring to Canada. The great thing about it
is that you are entitled to your opinion, as am I and everybody else
around this room. But I do have to take exception to one thing that
you said as a First Nations person. You said from the onset that
this is a travelling road show or something to that effect.
Vous avez employé je ne sais combien de fois le mot « honteux »
pour qualifier le Canada. Ce qui est merveilleux, c’est que vous avez
le droit, comme moi-même et comme tout le monde ici présent,
d’avoir votre propre opinion. Cela dit, je suis outré, en tant que
membre d’une Première nation, par l’une des choses que vous avez
dites — vous avez déclaré d’emblée que le présent processus
constituait un cirque itinérant ou quelque chose du genre.
I take issue with that. With all due respect in terms of your
presentation 95 per cent of it or maybe even more was spent more
on highlighting what the government is doing wrong rather than
providing recommendations and advice with respect to urban and
off reserve First Nations people. I find that unfortunate because
the exercise is really about trying to make a difference.
Je m’élève contre une telle déclaration. Sauf votre respect, vous
avez consacré 95 p. 100 — voire davantage — du temps qui vous
était alloué pour présenter votre exposé à faire ressortir ce que le
gouvernement ne fait pas bien plutôt qu’à formuler des
recommandations et des conseils en ce qui concerne les
membres des Premières nations vivant dans les villes et à
l’extérieur des réserves. Je trouve cela dommage, car le but de
l’exercice consiste réellement à tenter de changer les choses.
I see it as part of the problem. It is nice for people to vent and
highlight all the problems. We all know them. We all know what
the problems are. I will not ask you to comment now because we
do have to close this session but I would certainly invite you to
provide perhaps written recommendations that we will read
À mes yeux, cela fait partie du problème. Il est bien que les gens
puissent évacuer leur colère et mettre en évidence tous les
problèmes. Ces problèmes, nous les connaissons tous — nous
savons tous en quoi ils consistent. Je ne vous demanderai pas de
commenter mes propos à ce moment-ci, car nous devons clore la
23-11-2012
Droits de la personne
22:25
because we are dealing with people’s lives at the end of the day.
This is not about publics. This is about dealing with people’s lives.
This is the exercise that we are doing.
présente séance, mais je vous incite assurément à nous transmettre
des recommandations écrites, et nous les lirons, car au bout du
compte, ce dont il est question, c’est de vies humaines. Nous
parlons non pas de populations, mais de vies humaines. C’est sur
cela que porte le présent exercice.
I have to say this because I find it unfortunate that rather than
providing recommendations to be able to move forward from this
day on together slowly in partnership we are still hearing the same
issues that we always hear. I take great pride in the fact that we
are travelling and hearing from witnesses such as yourself and
others. It is time that we have this open and frank dialogue
because it is a reality. There is on and off reserve and how do we
eliminate those labels for the betterment of other peoples.
Si je dois dire cela, c’est parce que je trouve qu’il est dommage
que l’on nous répète encore les mêmes propos que nous entendons
sans cesse plutôt que de nous fournir des recommandations de
manière à ce que nous puissions aller de l’avant petit à petit, main
dans la main. Je suis extrêmement fier du fait que le comité se
déplace pour entendre des témoins comme vous-même. Il est
temps que nous ayons un dialogue ouvert et franc, car ce dont
nous parlons est une réalité. Il y a les Autochtones vivant dans les
réserves et les Autochtones vivant hors réserve, et nous devons
nous interroger sur les mesures que nous devons prendre pour
éliminer ces étiquettes afin d’améliorer la vie des gens.
I leave that with you because I think it is important to be said.
This is not a political exercise. This is a human rights exercise for
our peoples.
Je vous laisserai réfléchir à cela, mais j’estime qu’il était
important de le dire. Il s’agit non pas d’un exercice politique, mais
d’un exercice dans le cadre duquel nous nous penchons sur les
droits de la personne de nos Premières nations.
Mr. Chamberlin: I would like to say to everybody, ‘‘Don’t
mistake passion for anger’’. It is as simple as that. I would also
like to say we will talk time and again of the scenarios, the policies
and the situations which cause us to be here today. If Canada
truly wants to meet the needs of the off-reserve First Nations and
if this effort is to inform and make recommendations, it is only by
truly understanding where Canada missed the mark so that we do
not try and shoot at the same target again but understand the
shortcomings of the approach. Only by understanding mistakes
can we chart a better day tomorrow.
M. Chamberlin : J’ai une chose toute simple à dire à toutes les
personnes ici présentes : « Ne confondez pas passion et colère ».
J’aimerais également dire que nous continuerons de parler des
événements, des politiques et des situations qui sont à l’origine de
notre présence ici aujourd’hui. Si le Canada veut véritablement
combler les besoins des membres des Premières nations qui vivent
à l’extérieur des réserves, et si le présent exercice vise à informer et
à formuler des recommandations, on doit comprendre réellement
où le Canada a raté la cible de manière à ce que l’on puisse
rajuster le tir et saisir les lacunes de la stratégie. Ce n’est que par
une compréhension de nos erreurs que nous pourrons bâtir un
avenir plus radieux.
I would say again, as First Nations we do not view ourselves as
off reserve or on reserve. It is the imposition of regulation and
policy from the government which forces us into this scenario. If
we were able to enjoy the resources and the profits that are made
in our territories by other people, we would then be in a position
to meet the needs of our citizens and we would not be having a
discussion like we are today.
J’aimerais dire une fois de plus que les membres des Premières
nations ne se considèrent pas comme des personnes vivant à
l’intérieur ou à l’extérieur d’une réserve. Il s’agit là d’étiquettes qui
découlent de la réglementation et des politiques imposées par le
gouvernement. Si nous étions en mesure de recevoir notre part des
ressources et des profits que d’autres soutirent de nos territoires,
nous pourrions répondre aux besoins de nos membres et nous ne
serions pas en train de tenir une discussion comme celle
d’aujourd’hui.
I think the one key and fundamental piece that Canada is
missing is the sharing of the territorial resources. You have
systematically encroached upon our title and our authorities and
subjected us to a pittance of resources from the government and
then wonder why we are not doing very well. I think that is one
thing that needs to occur.
À mon avis, c’est au chapitre du partage des ressources
territoriales que se trouve la lacune fondamentale du Canada. Le
gouvernement a systématiquement empiété sur nos droits et nos
pouvoirs, nous a soumis aux sommes dérisoires qu’il nous verse,
puis se demande ensuite pourquoi nous nous en tirons si mal. Je
crois qu’il s’agit d’une chose sur laquelle nous devons nous pencher.
Quite clearly the Canadian government needs to work with the
provincial government to ensure that we have fair and equitable
access to the profits and resources in our territories. That would
be a very good, strong beginning. Then if our First Nation had
full access and authority in our territories to enjoy I would
Le gouvernement du Canada doit manifestement collaborer
avec le gouvernement provincial pour s’assurer que nous ayons un
accès juste et équitable aux profits et aux ressources découlant de
nos territoires. Il s’agirait là d’un excellent début. Une fois que les
Premières nations auront un accès complet à cela et qu’elles
22:26
Human Rights
23-11-2012
welcome in a heartbeat a very serious and focused examination of
how we govern ourselves and how we expend that money. That is
what needs to happen.
exerceront un pouvoir total sur leur territoire, j’accepterai sans
hésiter que l’on procède à un examen très sérieux et bien
circonscrit de la façon dont elles se gouvernent et dépensent
leur argent. C’est ce qui doit se produire.
I do not think there is a leader in Canada on First Nations
reserve that would avoid that kind of examination if we were
given the opportunity to actually meet the needs of our people
and a means to arrive there. I think that is where Canada is
missing the mark. We do not need more programs. We do not
need more services. We need to be treated fairly and honestly as
we have treated everyone else that has come to our country.
Je ne pense pas qu’il se trouve au Canada un seul dirigeant
d’une réserve des Premières nations qui tenterait de se soustraire à
un examen de ce genre si les Premières nations se voyaient offrir la
possibilité de répondre véritablement aux besoins de leur
population et un moyen de le faire. À mes yeux, c’est à ce
chapitre que le Canada rate la cible. Nous n’avons pas besoin
d’autres programmes. Nous n’avons pas besoin d’autres services.
Ce dont nous avons besoin, c’est d’être traités de manière
équitable et honnête, comme nous avons traité toutes les
personnes qui sont arrivées dans notre pays.
Senator Brazeau: That is exactly what this committee is about.
It is about solutions and strong recommendations. To that end,
you just offered a very viable solution. I would certainly invite
you not to just say it but to put in writing how that would unfold
and what it would look like. I leave it at that.
Le sénateur Brazeau : Il s’agit précisément là de la vocation du
comité : trouver des solutions et formuler de solides
recommandations. À cette fin, vous venez tout juste de proposer
une solution très viable. À coup sûr, je vous inviterais à aller plus
loin, et à mettre cela par écrit et à indiquer comment cela pourrait se
concrétiser et à quoi cela ressemblerait. Je vais conclure là-dessus.
The Chair: Thank you very much.
La présidente : Merci beaucoup.
I would ask our next panel to come forward because we are on
a very tight schedule today.
J’aimerais demander au prochain groupe de témoins de
s’avancer, car nous avons un horaire très serré aujourd’hui.
I would like to welcome Senator Marjorie White, Diane
Sugars, Lynda Gray, Patrick Stewart and Ken Clement.
J’aimerais souhaiter la bienvenue à la sénatrice Marjorie
White, à Diane Sugars, à Lynda Gray, à Patrick Stewart et à
Ken Clement.
We only have an hour and today I would respectfully ask you
to stick to the hour. It makes us very uncomfortable to ask you to
wind up or get to the questions, so we would ask you to speak for
five minutes so that we have time to ask questions.
Nous n’avons qu’une heure devant nous, et je vous
demanderais respectueusement de vous en tenir au temps qui
vous est imparti de manière à ce que nous puissions mener à bien
nos travaux au cours de cette heure. Le fait de vous demander de
conclure votre propos ou de poser votre question me rend très mal
à l’aise, et je vous demanderais donc de prendre un maximum de
cinq minutes pour présenter votre exposé. De cette façon, nous
aurons le temps de vous poser des questions.
Please do not see this as the only time we can talk. I am from
British Columbia so we can certainly continue our conversation,
and you can also make further written submissions.
Je vous prie de ne pas vous inquiéter, car il ne s’agit pas de la
dernière fois où nous aurons l’occasion de discuter ensemble. Je
suis de la Colombie-Britannique, et nous pourrons donc
assurément poursuivre la discussion, et vous pouvez également
nous soumettre des observations écrites.
I welcome all of you today. Senator Marjorie White is going
to start.
Je vous souhaite à tous la bienvenue ici aujourd’hui. La
sénatrice Marjorie White va commencer.
Marjorie White, Board President, Aboriginal Mother Centre
Society: Good morning. First of all I want to thank you for
coming to Vancouver and holding these hearings in the beautiful
territory of the Coast Salish people, the territory that we enjoy
working in. We are thankful for our surrounding nations for
allowing us to work in their territory. I am presenting on behalf of
the Aboriginal Mother Centre.
Marjorie White, présidente du conseil, Aboriginal Mother Centre
Society : Bonjour. Je tiens tout d’abord à vous remercier d’être
venus à Vancouver pour tenir une réunion sur le beau territoire
des Salish du littoral, territoire où nous aimons travailler. Nous
sommes reconnaissants aux nations avoisinantes de nous
permettre de travailler sur leur territoire. Je suis ici pour
présenter un exposé au nom de l’Aboriginal Mother Centre.
A disproportionate number of Aboriginal women particularly
in the Downtown Eastside of Vancouver live in poverty, face
homelessness, fear violence, face addiction and face degradation.
Un nombre disproportionné de femmes autochtones vivent
dans la pauvreté, sont confrontées à l’itinérance, craignent la
violence, sont aux prises avec des problèmes de dépendance et
23-11-2012
Droits de la personne
22:27
As mothers these women face greater chances to experience loss
and profound pain as their babies are born into a high-risk
environment. Opportunities for these women to recover, to
acquire economic security and to provide self-sufficient family
lives for their children are either limited, culturally inappropriate
or have regulations, policies and standards difficult and timeconsuming to meet.
s’exposent à la dégradation, surtout dans le quartier Est du
centre-ville de Vancouver. En tant que mères, ces femmes sont
plus susceptibles que d’autres de vivre des expériences de perte et
de douleur profondes, vu que leurs enfants naissent au sein d’un
milieu à risque élevé. Les mesures qui sont prises pour permettre à
ces femmes de se rétablir, d’acquérir une sécurité économique et
de subvenir elles-mêmes aux besoins de leurs enfants sont soit
limitées, soit inadaptées à la culture, ou assorties de règlements, de
politiques et de normes difficiles à respecter ou dont le respect
exige beaucoup de temps.
In 2002 the Aboriginal Mother Centre was created to address
these issues. The centre offered essential programs to moms and
their children for five years and in 2008 closed its doors to
undergo major renovations. AMC went into partnership with
Lu’ma Native Housing Society for the construction of the
building. Other partners stepped forward to assist with the
financial requirements: BC Housing, Builders without Borders,
CJ Foundation, and Streetohome.
En 2002, l’Aboriginal Mother Centre — l’AMC — a été créé
pour régler ces problèmes. Pendant cinq ans, il a offert des
programmes essentiels aux mères et à leurs enfants et, en 2008, il a
fermé ses portes de manière à ce que l’on puisse procéder à des
rénovations majeures. Il a établi un partenariat avec la Lu’ma
Native Housing Society pour la construction de l’édifice. D’autres
partenaires financiers se sont joints à l’initiative, à savoir BC
Housing, Builders without Borders, CJ Foundation et Streetohome.
The centre reopened in December of 2011 offering a 16-bed
transformational housing for Aboriginal women at risk of losing
their babies or at risk of being homeless, a 25-space daycare
centre, commercial kitchen, large dining area, programming office
space, commercial leasing space and a social enterprise called
Mama’s Wall Street Studio. The centre only reopened a year ago,
and we continue to address the barriers that face the young moms
and their children.
L’AMC a rouvert ses portes en décembre 2011. Il constitue à
présent un centre de 16 places qui offre un logement
transformationnel aux femmes autochtones à risque de perdre
leur enfant ou de sombrer dans l’itinérance, de même qu’une
garderie pouvant accueillir 25 enfants et comprenant une cuisine
commerciale, une vaste salle à manger, des locaux à bureaux
destinés au personnel d’exécution des programmes, des locaux
commerciaux à louer et une entreprise sociale, à savoir le Mama’s
Wall Street Studio. L’AMC n’a repris ses activités qu’il y a un an
et il continue de s’attaquer aux obstacles auxquels font face les
jeunes mères et leurs enfants.
It is a known fact that many social agencies are unable to
provide all services within their building. The AMC is offering an
under-one-roof concept to avoid referring moms from agency to
agency. For example, during the 18 months the women are in the
transformational housing they participate in various programs
such as cultural connection, life skills, parenting skills, addictions
and self-care.
Il est bien connu qu’une multitude d’organismes sociaux sont
incapables d’offrir tous leurs services au sein de leurs installations.
L’AMC offre tous ses services sous un même toit pour éviter que
les mères soient expédiées d’un organisme à l’autre. Par exemple,
au cours des 18 mois qu’elles passent dans leur logement
transformationnel, les femmes participent à divers programmes
portant, entre autres, sur les liens culturels, les aptitudes à la vie
quotidienne, les compétences parentales, la toxicomanie et
l’autogestion de la santé.
Partnerships are also developed with BC Women’s Hospital
that refers mom and baby right from the hospital. Vancouver
Coastal Health provides a nurse practitioner who comes to the
centre on a weekly basis from the Vancouver Aboriginal Child
and Family Services.
L’AMC crée aussi des partenariats avec l’Hôpital pour femmes
de la Colombie-Britannique, lequel lui adresse directement des
mères et des enfants. Chaque semaine, l’autorité sanitaire
Vancouver Coastal Health fournit au centre les services d’une
infirmière praticienne de la Société des services à l’enfance et à la
famille autochtones de Vancouver.
The transformational housing is staffed 24/7 providing women
and their children an opportunity to transform their lives by
providing safe and secure housing for up to 18 months. While the
centre is able to provide the service for a certain length of time,
the board of directors and staff have grave concerns about the
women being able to find affordable housing when their program
is finished.
Le personnel du logement transformationnel fournit des
services 24 heures sur 24, sept jours sur sept aux femmes et à
leurs enfants, lesquels peuvent profiter pendant un maximum de
18 mois d’un logement sûr et sécuritaire leur donnant l’occasion
de transformer leur vie. L’AMC est en mesure d’offrir des services
aux femmes pendant une certaine période, mais son conseil
d’administration et son personnel sont gravement préoccupés par
la capacité de ces femmes de trouver un logement abordable une
fois cette période terminée.
22:28
Human Rights
23-11-2012
The moms who are in our housing continually say that if it was
not for the AMC transformational housing they would be
homeless and their child would be apprehended. Affordable
housing is as a great issue for these young women as it is for any
Aboriginal woman or family. It is fair to say if one has a
comfortable warm home that many barriers are lifted.
Les mères qui reçoivent nos services nous disent constamment
que, sans le logement transformationnel offert par l’AMC, elles
n’auraient pas de toit sur la tête, et la garde de leurs enfants leur
serait retirée. Pour ces jeunes femmes, comme pour toute femme
ou famille autochtone, un logement abordable est un énorme
problème. Il est juste de dire qu’une multitude d’obstacles
disparaissent lorsqu’une personne dispose d’un chez-soi
chaleureux et confortable.
The biggest fear faced by these young moms is losing their
babies. We have had women in house who come to us with a new
baby but have older children in foster care. The only reason the
new baby is able to stay with the mom is because she is being
accommodated at the Aboriginal Mother Centre.
Ce que craignent par-dessus tout ces jeunes femmes, c’est de se
voir retirer la garde de leur enfant. Certaines femmes se présentent
au centre avec un nouveau-né, mais ont des enfants plus âgés qui
ont été placés dans un foyer d’accueil. L’unique raison pour
laquelle ces femmes peuvent être avec leur nouveau-né, c’est
qu’elles sont logées à l’AMC.
The apprehension of Aboriginal babies and children has to
come to a stop. The disproportionate number of Aboriginal
children in foster care is staggering. There are far more children in
foster care than those who went to Indian residential schools.
There is no difference between the two situations as both have
separated families, experienced loss of identity and loss of culture.
Il faut que l’on cesse de retirer aux femmes autochtones la garde
de leurs bébés et de leurs enfants. Le nombre d’enfants autochtones
qui se retrouvent en foyer d’accueil est disproportionné et
stupéfiant. Il y a beaucoup plus d’enfants dans les foyers d’accueil
que d’enfants qui ont été placés, à l’époque, dans les pensionnats
indiens. Il s’agit là de deux situations semblables, dans la mesure où
elles se traduisent par le démembrement de familles, la perte
d’identité et la perte de culture.
The AMC offers a 25-seat daycare that is open to all children
from all different backgrounds to learn and be involved with the
enriched Aboriginal curriculum. The daycare staff put energy into
providing a happy, healthy environment for the children.
L’AMC dispose d’une garderie pouvant accueillir 25 enfants de
divers horizons et auxquels il donne l’occasion d’apprendre des
choses et de participer à un programme bonifié d’activités
éducatives s’adressant aux Autochtones. Le personnel de la
garderie s’efforce d’offrir aux enfants un milieu sain et joyeux.
The outreach program provides assistance to the Aboriginal
community. This service delivers resources to people who are
homeless or at risk of being homeless to access permanent
housing. It provides support for housing search, financial
assistance with damage deposits, rent or utilities. It also
provides for some start-up housing items.
L’AMC exécute un programme dans le cadre duquel il offre du
soutien sur le terrain aux membres de la communauté autochtone.
Ces services visent à offrir des ressources aux personnes
itinérantes ou risquant de le devenir de manière à ce qu’elles
puissent accéder à un logement permanent. Ce programme fournit
à ces personnes de l’aide en matière de recherche de logement et
du soutien financier pour les aider à verser un dépôt en cas de
dommages, à payer leur loyer ou à acquitter leur facture de
services publics. Il offre également des articles de base aux
personnes qui accèdent à un logement.
The program successfully placed three moms with their babies
from the transformational housing into permanent housing. Their
future goal includes expanding their connections in order to
increase resources and to increase cultural connections to
promote a sense of belonging and identity.
Grâce à ce programme, trois mères et leurs petits sont passés
du logement transformationnel à un logement permanent. Les
responsables de ce programme entendent, notamment, dans
l’avenir, élargir la portée de leur réseau afin d’accroître les
ressources et les liens culturels, pour favoriser un sentiment
d’appartenance et d’identité.
Mama’s Wall Street Studio is a social enterprise that is
operated at AMC. They have filled the contracts for making
conference bags. They make blankets, scarves, iPad bags,
et cetera, all for sale at the studio. A number of Aboriginal
women were trained to operate new machines that have been
acquired since the opening. We hope this social enterprise will
provide us an opportunity to become self-sufficient at some time.
Le Mama’s Wall Street Studio est une entreprise sociale
exploitée par l’AMC. Elle a conclu un marché en vue de fabriquer
des pochettes de conférence. Elle fabrique des serviettes, des
foulards, des étuis pour iPad, et cetera. Tous ces articles sont en
vente au studio. Un certain nombre de femmes autochtones ont
reçu une formation afin de faire fonctionner de nouvelles
machines acquises depuis l’ouverture. Nous espérons que cette
entreprise sociale nous donnera l’occasion, à un moment donné,
de subvenir nous-mêmes à nos besoins.
23-11-2012
Droits de la personne
22:29
The commercial kitchen provides for meals for women
upstairs, for the daycare, as well as the staff. It also catered a
number of functions and has fed a few hundred people. With a
few more resources added to the community it is our hope that we
will see our women empowered to take on the challenges of
moving forward and making some very positive changes.
La cuisine commerciale permet d’offrir des repas aux femmes qui
logent à l’étage, aux enfants de la garderie de même qu’à l’ensemble
du personnel. Elle a également offert des services de traiteur, et
préparé des repas pour quelques centaines de personnes. Nous
souhaitons que, moyennant quelques ressources communautaires
supplémentaires, les femmes auxquelles nous offrons des services
pourront prendre leur vie en main, iront de l’avant, relèveront les
défis qui se posent et apporteront quelques changements très
positifs à la vie.
Most of the moms with us are single and face many challenges.
Some are still battling with their addictions but getting them
under control with the support of staff. There is still a need for
training programs so that they can find employment to become
self-sufficient.
La plupart des mères que le centre accueille sont célibataires et
sont aux prises avec une multitude de problèmes. Certaines
d’entre elles sont toujours confrontées à leur toxicomanie, mais
parviennent à la maîtriser avec le soutien du personnel. Des
programmes de formation demeurent nécessaires pour que ces
femmes puissent trouver un emploi et devenir autonomes.
We are fortunate to have as one of the tenants in the building a
satellite of the Native Education College which it is hoped that
moms will eventually access. As we do our work with Aboriginal
mothers our goal is to see a switch in their lifestyle and to decrease
the number of children being taken into foster care. We want to
see Aboriginal women free of domestic violence.
Nous avons la chance d’accueillir à titre de locataire de notre
immeuble un service du Native Education College, auquel les mères
auront un jour accès, du moins nous l’espérons. Dans le cadre de
notre intervention auprès des mères autochtones, notre objectif est
de les amener à changer leur mode de vie, et d’abaisser le nombre
d’enfants placés en foyer d’accueil. Nous voulons que les femmes
autochtones cessent d’être victimes de violence conjugale.
I was visiting with another Aboriginal organization last week
and a 15-year-old told us her story about being abused by her
boyfriend. That is far too young for youth to be inflicted with
abuse. Parents need to take responsibility for the safety of their
young ones. Most of our moms are second or third generation
living in an urban area so the likelihood of them returning to their
home reserves is not an option.
La semaine dernière, j’ai rendu visite aux membres d’une autre
organisation autochtone, et une jeune fille nous a raconté que son
petit ami avait commis des actes de violence à son endroit. Cette
fille était âgée de 15 ans. C’est beaucoup trop jeune pour être
victime de violence. Les parents doivent assurer la sécurité de
leurs jeunes — il s’agit de leur responsabilité. La plupart des mères
font partie de familles qui vivent en milieu urbain depuis deux ou
trois générations, de sorte qu’il est peu probable qu’elles
retournent vivre dans leur réserve d’origine.
In the last 18 months the centre has been visited by a number of
tourists and interested individuals, out of which has come
donations to assist with the operation of the centre. Our most
prestigious guest was Her Excellency Sharon Johnston who
visited our centre twice and on the second visit she spent a night
with the women upstairs. For them that was a real treat to have a
woman in that caliber to come and spend time with them.
Au cours des 18 derniers mois, l’AMC a reçu la visite d’un
certain nombre de touristes et de personnes intéressées, et certains
d’entre eux ont versé des dons pour contribuer aux activités du
centre. Notre invitée la plus prestigieuse a été Son Excellence
Sharon Johnston, qui est venue deux fois au centre, et qui a
même, la deuxième fois, dormi au centre avec les autres femmes.
Qu’une femme de cette trempe vienne leur rendre visite et passe du
temps avec elle, a véritablement fait plaisir à nos pensionnaires.
We also had a visit from Senator Nick in our early stages.
À nos débuts, nous avons également reçu la visite du
sénateur Nick.
We have had First Nations chiefs through the building and the
female chiefs in particular said that the centre should be replicated
on reserves. That is how impressed they have been with the
services and with the building itself.
Des chefs des Premières nations sont également venus visiter
nos locaux, et ils ont dit — plus particulièrement lorsqu’il
s’agissait de femmes — que les réserves devraient disposer
d’installations calquées sur le centre. C’est dire à quel point ces
personnes ont été impressionnées par les services que nous offrons
et par l’immeuble proprement dit.
While our services are focused much on women in house in our
first year of operation, as our funding becomes more secure, more
programs will be developed and offered to the community at large.
Durant notre première année d’activités, nos services sont axés
sur les femmes que nous accueillons dans nos installations, mais à
mesure que nous obtiendrons davantage de financement, nous
élaborerons d’autres programmes à l’intention de l’ensemble de la
communauté.
22:30
Human Rights
23-11-2012
I just want to ask Diane to add some more to my presentation
because she has some statistics.
Diane a quelques renseignements — des statistiques — à
ajouter, et j’aimerais lui demander de le faire.
Diane Sugars, Executive Director, Aboriginal Mother Centre
Society: As Marjorie has said, we run a centre. It is 30,000 square
feet. In that centre we have 16 apartments. In those apartments
we house Aboriginal women who are homeless or at risk of being
homeless. They are also at risk of losing custody of their children
and/or have lost custody of their children. Our focus is on the
women to help them retain or regain custody of the children, to
help them learn skills and to become more self-sufficient so that
they can live within the urban community on their own.
Diane Sugars, directrice exécutive, Aboriginal Mother Centre
Society : Comme Marjorie l’a dit, nous dirigeons un centre de
30 000 pieds carrés et comptant 16 appartements dans lesquels
nous hébergeons des femmes autochtones itinérantes ou risquant
de le devenir. Ces femmes risquent également de perdre la garde
de leur enfant, ou l’ont déjà perdue. Notre objectif est d’aider les
femmes à conserver ou à obtenir de nouveau la garde de leurs
enfants, de les aider à acquérir des compétences et à devenir plus
autonomes de manière à ce qu’elles puissent vivre par leurs
propres moyens en milieu urbain.
We have several programs within the centre. We feed homeless
on top of that. We do everything through an Aboriginal lens and we
look at ourselves as a village within the city. It is a model that we
hope can be replicated in other locations. We have been told by
chiefs that this is something that should be put on reserve. We have
been told by moms that this is something that should be put on
reserve so they do not have to leave the reserve to come to the city
to access services so that they can keep custody of their children.
Le centre offre plusieurs programmes. En outre, nous offrons
des repas aux personnes itinérantes. Toutes nos activités sont
élaborées par des Autochtones à l’intention d’Autochtones, et
nous nous considérons comme un village au sein de la ville. Nous
espérons que notre centre fera des petits et que d’autres centres
conçus à son image ouvriront leurs portes. Des chefs nous ont dit
que ce genre de centre devrait être mis en place dans les réserves.
Des mères nous ont dit que des centres de ce genre devraient
ouvrir leurs portes dans les réserves de manière à ce qu’elles
n’aient pas à quitter leur réserve pour accéder à de tels services en
milieu urbain afin de conserver la garde de leurs enfants.
I have two stories. One is very short. Sofia is a drug addict and
has made some bad choices in her life. She became pregnant and
gave birth to a daughter in August of this year. Women’s Hospital
contacted our centre requesting a place for Sofia to live with her
baby. The plan was that Sofia had a place to live and was not
homeless. She had supervision because our centre is supervised 24-7
with staff that we hire. Because it was supervised she could retain
custody of her daughter.
J’ai deux histoires à vous raconter. La première est très brève.
Il s’agit de l’histoire de Sofia, une toxicomane qui a fait quelques
mauvais choix dans sa vie. Elle est devenue enceinte et a donné
naissance à une fille en août dernier. L’Hôpital pour femmes a
communiqué avec notre centre pour nous demander si nous
pouvions accueillir Sofia et son bébé. Il s’agissait d’offrir un toit à
Sofia de manière à ce qu’elle ne se retrouve pas dans la rue. Elle a
pu conserver la garde de sa fille puisque notre centre lui offrait
une supervision 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
She lives in an apartment in our centre and she now has her
baby with her. We were able to provide accommodation. I have to
report that she and her daughter are thriving and doing very well.
She is an amazing mom. She is on methadone treatment through
the City of Vancouver and her baby is very well loved. Because of
our centre with the 24-7 support as I mentioned, she is able to
retain custody and not have her child removed at birth as I was
just told by a mom who gave birth two weeks today. Unknown to
mom, who is also an addict, the child was removed from her arms
at the moment of birth. She is not allowed to see or be in custody
of that child until several meetings are held with social services.
This is despite the fact that we have a place for her to live at our
centre which is supervised by professional staff.
Sofia habite aujourd’hui à l’AMC avec son bébé. Nous avons été
en mesure de lui fournir un logement. Je dois mentionner que Sofia
et sa fille sont en bonne santé et s’en tirent très bien. Sofia est une
mère fantastique. Elle suit un traitement à la méthadone de la Ville
de Vancouver, et sa fille est très bien aimée. Comme je l’ai
mentionné, vu que notre centre offre du soutien 24 heures sur 24,
sept jours sur sept, Sofia a pu conserver la garde de sa fille et éviter
de se la voir retirer à la naissance, comme cela est arrivé à une mère
qui a accouché il y a deux semaines et à qui j’ai parlé aujourd’hui. À
son insu, cette femme, qui est également toxicomane, s’est vu retirer
son enfant au moment de sa naissance. Avant d’être autorisée à voir
son enfant ou à se voir reconnaître sa garde, elle devra participer à
plusieurs réunions de représentants des services sociaux, et ce, en
dépit du fait que le centre est en mesure de lui offrir un logement et
une supervision assurée par des professionnels.
The second story is of Janna: She has also made some bad
choices in her life, more specifically with her boyfriend. He beats
her. She has two children aged three years and four months.
When she was in hospital giving birth to her second child the
infant was removed from her arms at birth and put into foster
L’autre histoire est celle de Janna : Elle aussi a fait de mauvais
choix dans la vie, plus particulièrement en ce qui concerne son
petit ami. Il la bat. Elle a deux enfants âgés de trois ans et de
quatre mois. Lorsqu’elle a donné naissance à son deuxième enfant
à l’hôpital, on le lui a retiré à la naissance pour le placer en famille
23-11-2012
Droits de la personne
22:31
care. The reason was because of family violence but Janna does
not beat her children. Janna has been living at our centre now for
four months.
d’accueil. La raison était la violence familiale, mais Janna ne bat
pas ses enfants. Janna demeure à notre centre depuis maintenant
quatre mois.
She is not allowed to have her children stay with her despite the
fact that we supervise 24-7. She is only allowed to have supervised
visits with her kids. She is a loving, capable woman. There is no
reason in anyone’s mind at all why she should not have her
children stay with her or at least have overnight visits while she is
living at our centre.
Elle n’a pas le droit d’amener ses enfants vivre avec elle même
si elle est assujettie à une supervision constante. Elle peut
seulement voir ses enfants dans le cadre de visites surveillées.
C’est une femme aimante et en pleine possession de ses moyens.
Personne ne saurait expliquer pourquoi elle n’a pas le droit
d’amener ses enfants pour qu’ils restent avec elle ou, à tout le
moins, qu’ils passent la nuit avec elle à notre centre.
We would like to extend an invitation to all of you to come and
visit to see what is being done and how it is being done right.
Nous aimerions inviter tout le monde à venir nous rendre visite
pour voir ce qui s’accomplit et ce que nous faisons de bien.
Thank you.
Merci.
Ms. White: I want to say in closing that we would like to make
a recommendation that the government spend less money on
researches and inquiries and bring more focus on the needs of
Aboriginal women and children such as providing safe homes.
Mme White : Pour conclure, j’aimerais recommander que le
gouvernement dépense moins pour des recherches et des enquêtes
et centre davantage ses efforts sur les besoins des femmes et des
enfants autochtones et leur procure des foyers sécuritaires,
par exemple.
Second stage housing is supported for Aboriginal women so
that a safe place is provided for them once they leave programs
such as ours and when they leave treatment centres and halfway
houses. Our focus is on the safety of our women and children.
Nous finançons des maisons de seconde étape pour les femmes
autochtones de sorte qu’elles aient accès à un endroit sûr
lorsqu’elles quittent des programmes comme le nôtre ou des
centres de traitement et des maisons de transition. Notre priorité
est la sécurité de nos femmes et de nos enfants.
Thank you.
Merci.
Lynda Gray, Executive Director, Urban Native Youth Association:
I want to acknowledge that I am on the unceded territory of the
Coast Salish people. I am from the Tsimshian Nation which is up
the coast so I am a visitor here. They allow me to do my work, to
live, to play and to raise my children here. They have always been
welcoming, much like our people have been from time immemorial.
Lynda Gray, directrice exécutive, Urban Native Youth
Association : J’aimerais préciser que je suis sur le territoire non
cédé des Salish du littoral. Je suis membre de la nation Tsimshian,
qui est au nord de la côte, alors je suis en visite ici. Les Salish me
permettent de faire mon travail, de vivre, de jouer et d’élever mes
enfants ici. Ils ont toujours été accueillants, à l’instar de mon peuple
depuis des temps immémoriaux.
I really want to acknowledge the words that Chief Chamberlin
said because until the Government of Canada and the rest of
Canadians acknowledge what the history of this country has been
we cannot move forward in any meaningful way. What he was
trying to say is kind of what my message is today. It is not as
simple as asking if we know of and have access to our human
rights. It is more important to highlight the processes that lead us
into the urban setting which in turn ultimately leaves us more
vulnerable to having our human rights violated and/or ignored.
Je tiens vraiment à remercier le chef Chamberlin de son
allocution, parce que, tant et aussi longtemps que le
gouvernement du Canada et le reste des Canadiens ne
reconnaîtront pas l’histoire du pays, nous ne pouvons pas évoluer
véritablement. Ce qu’il essayait de dire revient un peu à mon
message aujourd’hui. Il ne s’agit pas simplement de se demander si
nous connaissons les droits de la personne et pouvons nous en
prévaloir. Il importe davantage de mettre en lumière le processus
qui nous mène dans un contexte urbain où, au bout du compte,
nous sommes plus vulnérables à une violation ou à un déni des
droits de la personne.
First, where have externally imposed government-sanctioned
policies, laws and action led? For us to say that everybody knows
this is just not true. People understand what has happened in this
country on a very surface level. They do not understand how they
have impacted our community and how they continue to impact
our community generation after generation. Until we kind of
understand that we are going to have to just keep hearing it.
Premièrement, où nous ont menés les politiques, les lois et les
mesures extérieures imposées par le gouvernement? Dire que tout
le monde sait cela est tout simplement faux. Les gens ont une
compréhension très superficielle de ce qui s’est produit au pays. Ils
ne comprennent pas à quel point notre communauté a été touchée
et continuera de l’être, d’une génération à l’autre. Tant et aussi
longtemps que nous ne comprendrons pas cela, nous allons devoir
continuer à l’entendre.
22:32
Human Rights
23-11-2012
These things have lead to the social and economic conditions
that leave us the most vulnerable population to having our human
rights violated by non-First Nations people, systems and
governments both on and off reserve, as well as by our own
people because of the negative behaviour they have adopted.
Ces choses ont entraîné les conditions socioéconomiques qui
rendent notre population particulièrement vulnérable à des
atteintes à nos droits de la personne par des systèmes et des
gouvernements, des gens n’appartenant pas aux Premières
nations, dans la réserve et à l’extérieur, ainsi que par notre
propre peuple à cause du comportement négatif qu’il a adopté.
We were forcefully taught negative behaviour and coping
mechanisms in residential schools that continue to be passed on
generationally. We were forcefully displaced from and denied
access to our healthy behaviours, coping mechanisms and cultural
traditions that were suppressed for so long that many have been
forgotten and not yet reclaimed. Most First Nations people have
a lack of trust that governments respect our human rights, much
less are willing to help protect them.
Dans les pensionnats, on nous a inculqué de force des
comportements négatifs et des mécanismes d’adaptation qui
continuent à être transmis d’une génération à l’autre. On nous a
déplacés de force et on nous a refusé l’accès à nos comportements,
mécanismes d’adaptation et traditions culturelles sains, qui ont
été réprimés pendant si longtemps qu’ils ont souvent été oubliés et
qu’on n’a pas encore repris en main. La plupart des gens
appartenant aux Premières nations doutent grandement que les
gouvernements vont respecter les droits de la personne dans leur
cas, et encore plus qu’ils ont la volonté de les protéger.
On an individual level most First Nations people have a lack of
knowledge of what our human rights are at all. I looked on your
web page the other day to see what you considered to be human
rights. What I found, and maybe it is buried deeper, is that you
are concerned with human rights generally. So to try to speak to
something specific is a bit difficult.
Sur le plan individuel, la plupart des gens appartenant aux
Premières nations ne connaissent pas bien les droits de la
personne proprement dits. L’autre jour, j’ai jeté un coup d’œil à
votre page Internet pour voir ce que vous considériez comme des
droits de la personne. J’ai découvert — et il faut peut-être
chercher plus loin — que vous vous préoccupez des droits de la
personne en général. Alors, il est un peu difficile d’essayer de
parler de quelque chose de précis.
Second, human rights are not protected on reserve which often
forces us to relocate to urban settings, which in turn leads to more
human rights violations of the most vulnerable First Nations
people. Now 60 per cent of us have been displaced into urban
settings of which 60 per cent of us are youth under the age of 25.
Ensuite, les droits de la personne ne sont pas protégés dans la
réserve, ce qui nous force souvent à nous réinstaller dans un
milieu urbain, qui entraîne ensuite davantage d’atteintes aux
droits de la personne des membres des Premières nations les plus
vulnérables. Nous sommes 60 p. 100 à avoir été réinstallés en
milieu urbain, et, de ce nombre, 60 p. 100 sont des jeunes âgés de
moins de 25 ans.
Women continue to face high rates of unaddressed violence
which leads to women and children being forced to leave their
homes, their community and their culture. It is not just as simple as
relocating to another city like mainstream society thinks of it. We
leave so much behind beyond just a house. LGBTQT/Two-spirit
people continue to face high rates of unaddressed violence and are
forced to leave their homes, community and culture.
Les femmes continuent d’être exposées à des taux élevés de
violence en toute impunité, ce qui les oblige, elles et leurs enfants,
à quitter leur maison, leur collectivité et leur culture. Il ne suffit
pas simplement de déménager dans une autre ville, comme le croit
la société générale. Nous laissons tant de choses derrière nous, pas
seulement une maison. Les LGBTAB et les personnes
bispirituelles continuent d’être exposés à des taux élevés de
violence en toute impunité et sont eux aussi obligés de quitter leur
maison, leur collectivité et leur culture.
One of the most significant ways that you can see how our
human rights are violated within the city is to look at the Missing
Women’s Inquiry. Pivot and B.C. Civil Liberties Association and
West Coast LEAF’s report came out the other day called ‘‘The
Blueprint for an Inquiry’’. In that report they said that in the most
disappointing fashion the province and the commission repeated the
very mistakes that allowed Pickton to operate with impunity for so
many years. The voices of marginalized women and their supporters
were ignored. In the most basic fundamental way we do not have a
voice. We are still an invisible population within this country. Until
those things change our voices will not be heard.
L’une des meilleures façons de voir comment les droits de la
personne sont violés chez nous dans la ville consiste à regarder la
commission d’enquête sur les femmes disparues. Le rapport de
Pivot, de l’Association des libertés civiles de la ColombieBritannique et de West Coast LEAF intitulé The Blueprint for
an Inquiry a été publié l’autre jour. Selon le rapport, il est
particulièrement décevant de voir comment la police et la
commission ont reproduit les mêmes erreurs qui ont permis à
Pickton d’agir en toute impunité pendant de nombreuses années.
On a fait fi des voix des femmes marginalisées et de leurs porteparole. Même pour les choses les plus fondamentales, nous
n’avons pas de voix. Notre population est toujours invisible au
pays. Tant et aussi longtemps que ces choses ne changeront pas,
nos voix ne seront pas entendues.
23-11-2012
Droits de la personne
22:33
Third, the federal government often uses human rights as a tool
to try to force other concessions by First Nations people. They
have to stop purposely misinforming the general public by
making statements that First Nations people are blocking our
own people’s protection of their human rights. Examples of this
are the Indian Act when they tried to impose the First Nations
Governance Act without meaningful consultation and ignore
what our people say and the Matrimonial Real Property Act.
Par ailleurs, le gouvernement fédéral instrumentalise souvent
les droits de la personne pour essayer d’obtenir d’autres
concessions des Premières nations. Il doit cesser de tromper
intentionnellement le grand public en déclarant que des Premières
nations entravent la protection des droits de la personne chez
notre propre peuple. On peut trouver des exemples de cela en
pensant à la Loi sur les Indiens, lorsqu’on a essayé d’imposer la
Loi sur la gouvernance des Premières nations sans tenir de
véritable consultation et en faisant fi de ce que disait notre peuple
et la Loi sur les biens immobiliers matrimoniaux.
I believe these issues must be highlighted for the record as the
Government of Canada continues to bring shame upon itself and
its citizens by ignoring all that I have mentioned above and the
United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples
by referring to it as an aspirational document only and by
misinforming the public about its compliance with the
constitution, human rights, and other legal protections.
Je crois qu’il faut mettre en lumière ces problèmes aux fins du
compte rendu, car le gouvernement continue de se couvrir de
honte, tout comme ses citoyens, en faisant fi de tout ce que j’ai
mentionné et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits
des peuples autochtones. Il se sert de ce document d’aspirations
seulement à des fins consultatives et ment au public au sujet de sa
conformité avec la Constitution, les droits de la personne et
d’autres mécanismes de protection juridiques.
Literally hundreds of people who are lawyers and
constitutional scholars have said that what the government is
saying is not true, that if there continues to be misinformation
purposefully put out that makes us look like we are causing the
problem, problems cannot be meaningfully addressed by not
adopting UNDRIP until three or four years after everybody
else did.
Des centaines d’avocats et de spécialistes du droit
constitutionnel ont affirmé que le discours du gouvernement est
faux, et que, si on continue à diffuser volontairement des
renseignements trompeurs qui donnent à penser que nous
sommes à la source du problème, on ne pourra jamais régler
véritablement les problèmes parce qu’on attend trois ou quatre
ans de plus que tout le monde avant d’adopter la Déclration des
Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
The Government of Canada really needs to live up to its
promise and its apology to residential school survivors in 2008
when it said in a real way they are going to walk with us, that they
are going to try to reverse some of the damage that was done to
our families and that they have acknowledged has gone on
intergenerationally. Until such a time as the Government of
Canada lives up to its fiduciary duty to First Nations people, both
treaty and non-treaty, both on reserve and off reserve, we will
continue to suffer the violations of our human rights as a direct
result of the actions and inactions of the Government of Canada
and in many cases the Canadian provinces and territories.
Le gouvernement du Canada doit honorer sa promesse et ses
excuses aux survivants des pensionnats indiens faites en 2008,
lorsqu’il a déclaré qu’il allait véritablement nous accompagner,
qu’il allait essayer de réparer certains dommages faits à nos
familles et qu’il a reconnu la nature intergénérationnelle du
problème. Tant et aussi longtemps que le gouvernement ne
s’acquittera pas de son obligation de fiduciaire envers les
Premières nations – signataires d’un traité ou non, vivant dans
une réserve ou non — nous continuerons à subir des atteintes aux
droits de la personne directement imputables aux actes et à
l’inaction du gouvernement du Canada et, dans bien des cas, à
ceux des gouvernements provinciaux et territoriaux.
I understand that earlier somebody said there were not that
many programs in Vancouver. In fact there are 24 Aboriginal
organizations in Vancouver, First Nations ones and other ones.
There are lots of programs that are not funded well. They are short
term and we especially have problems with federal funding that is
stopgap. It does not allow for us to do meaningful ongoing work.
Je crois comprendre que, plus tôt, quelqu’un a dit qu’il n’y
avait pas beaucoup de programmes à Vancouver. En fait, il y a
dans cette ville 24 organisations autochtones appartenant aux
Premières nations ou non. Beaucoup de programmes sont mal
financés. Ils sont à court terme, et nous éprouvons surtout des
problèmes à l’égard du financement fédéral qui n’est que
provisoire. Il ne nous permet pas de faire un travail gratifiant
de façon continue.
One of the recommendations is that there be ongoing funding
from the federal government, that there not be funding the CCAY
funding. The Cultural Connections for Aboriginal Youth funding
was stopped immediately. That stuff cannot happen. Now we are
going to start again. We just got funding and then we probably
will not start again in April on time, so we have these gaps in
services that leave our kids vulnerable, and everybody knows
what happens when those things happen. If governments want to
On recommande entre autres au gouvernement fédéral d’offrir
un financement continu, contrairement au financement octroyé à
CCJA, Connexions culturelles pour la jeunesse autochtone, qui a
été interrompu immédiatement. Ce genre de choses ne peut pas
arriver. Maintenant, nous allons recommencer. Nous venons
d’obtenir du financement, puis nous ne recommencerons
probablement pas à temps en avril, alors il y a ces ruptures de
service qui placent nos enfants dans une situation vulnérable, et tout
22:34
Human Rights
23-11-2012
make a meaningful effort they can try to ensure that we have
equitable funding with non-First Nations organizations. I know
as a native youth organization we do not have equitable funding
with non-native youth organizations. The funders acknowledge
that, but they do not do anything about it. It is both a provincial
and a federal thing.
le monde sait ce qui arrive dans un tel cas. Si un gouvernement veut
faire un effort significatif, il peut essayer de garantir que nous
profitions d’un financement égal à celui d’organisations
n’appartenant pas aux Premières nations. Je sais que mon
organisation de jeunes Autochtones n’a pas un financement
équivalent à celui des organisations pour jeunes non-Autochtones.
Le gouvernement le reconnaît, mais ne fait rien pour régler le
problème. Il en est ainsi à l’échelon provincial et à l’échelon fédéral.
Senator Brazeau: Excuse me. Would you be able to wrap up,
please? We have about 16 minutes left and we still have two
presenters, and I am sure there are will be questions.
Le sénateur Brazeau : Pardon. Pourriez-vous conclure, s’il vous
plaît? Il nous reste environ 16 minutes, et nous devons encore
entendre deux témoins, et je suis certain qu’il y aura des questions.
Ms. Gray: My recommendations would be that we have an
equitable share of resources from our territories. Especially in
B.C. where it is unceded territory, that could be up to
100 per cent of the resources coming out of our territories.
Without that we cannot make meaningful efforts. As everybody
knows it takes money but it also takes effort and it takes the will
for things to happen.
Mme Gray : Je recommanderais qu’une part équitable des
ressources de nos territoires nous soit attribuée. Particulièrement
en Colombie-Britannique, où le territoire n’est pas cédé, cela
pourrait représenter la totalité des ressources puisées à même nos
territoires. Sans cela, nous ne pouvons pas déployer d’efforts
significatifs. Comme tout le monde le sait, il faut de l’argent, mais
il faut aussi déployer des efforts et avoir la volonté de changer
les choses.
We need equitable funding with non-First Nations people. We
need equitable funding with on reserve but without taking money
away from what they already have. We do not want to take a
piece of the pie that is already there. That pie is already way, way,
way too small. The government is not living up to that. If it were
living up to the amount of money and resources that should be
coming from the treaties, the lands and everything else that was
taken, we would be able to meaningfully change things.
Nous devons profiter d’un financement équivalent à celui
octroyé aux personnes n’appartenant pas aux Premières nations.
Nous devons profiter d’un égal à celui fourni aux Autochtones
vivant dans les réserves, mais sans que l’argent leur soit retiré.
Nous ne voulons pas prendre une pointe de la tarte qui est déjà là.
Cette tarte est déjà beaucoup, beaucoup, beaucoup trop petite. Le
gouvernement ne respecte pas ses obligations. S’il respectait le
montant d’argent et les ressources prévus dans les traités, vu les
territoires et toutes les autres choses qu’on nous a retirés, nous
pourrions véritablement changer les choses.
People such as the Metro Vancouver Aboriginal Executive
Council, who are the leaders in the community here, are the ones
to talk to for recommendations in that we have meaningful
participation on things such as the tripartite health agreement
that everybody is saying is such a great thing in this province. I do
not know that it is because as urban people we are not invited to
the table yet, even though it has been an ongoing process.
Les gens comme les représentants du Metro Vancouver
Aboriginal Executive Council, qui sont des chefs de file dans la
collectivité ici, sont les personnes à consulter pour obtenir des
recommandations concernant une participation significative de
notre part dans des dossiers comme l’accord tripartite en matière de
santé que tous les habitants de la province qualifient de fantastique.
J’ignore s’il en est ainsi parce que, à titre d’Autochtones vivant en
milieu urbain, on ne nous a toujours pas invités à participer aux
négociations, même si le processus est continu.
I think some of you know, including Senator Jaffer, about the
Native Youth Centre that we have been trying to build across the
street. It would be great if the federal government came on board
because our youth are our future. I really believe that. A lot of
people say it, not everybody lives up to it. This is our opportunity to
do it. We have the land across the street. We have full community
support for it. We have the experience. Youth themselves have told
us that this is what they want. That is what I think.
Je crois que certains d’entre vous, dont le sénateur Jaffer,
savent que nous essayons de construire un centre pour les jeunes
Autochtones de l’autre côté de la rue. Il serait fantastique que le
gouvernement fédéral se mette de la partie, car nos jeunes
représentent notre avenir. Je le crois vraiment. Beaucoup de gens
le disent, mais ce n’est pas tout le monde qui passe aux actes.
Nous avons maintenant la possibilité de le faire. Nous possédons
le terrain de l’autre côté de la rue. Nous avons le plein soutien de
la collectivité à ce chapitre. Nous possédons l’expérience
nécessaire. Les jeunes eux-mêmes nous ont dit que c’est ce qu’ils
souhaitent. Voilà ce que je pense.
It is incumbent upon all governments to educate the public
about the truth that has happened, our shared history in this
country, especially within our schools right from kindergarten
until your Ph.D. When you have things like social work,
Il incombe à tous les gouvernements de sensibiliser la
population aux événements qui sont réellement survenus, à
notre histoire partagée au pays, surtout dans nos écoles, de la
maternelle jusqu’au doctorat. Lorsqu’on a des secteurs comme le
23-11-2012
Droits de la personne
22:35
education and health where people are going to work with our
people, it is not if they will but when they will. If they do not
understand how to deal with us, things will not change.
travail social, l’éducation et la santé où les gens vont travailler
avec notre peuple, la question est non pas de savoir s’ils vont le
faire, mais quand. S’ils ne comprennent pas comment composer
avec nous, les choses ne changeront pas.
Do not ask us to fit into mainstream systems. I understand that
this Senate hearing wants us to write down a whole bunch of
recommendations and for them to be in a certain way, but I am
really trying to decolonize my mind of this. I am not trying to fit
into certain systems. I want to go back to the way of my
ancestors. My ancestors are an oral people. We know what we
want. We know how to take care of each other. I really think that
as much time and effort that went into all of the things such as
residential schools and all other policies, the time have to go back
into helping our communities recover from the onslaught of
things that were externally imposed that have changed our
communities and caused the kind of problems the senator was
talking about on reserve and off reserve.
Ne nous demandez pas de nous intégrer aux réseaux généraux. Je
crois comprendre que le comité sénatorial veut que nous couchions
sur papier toute une foule de recommandations, selon une certaine
formule, mais j’essaie vraiment de libérer mon esprit de cela. Je
n’essaie pas de me conformer à certains systèmes. Je veux retrouver
la façon de faire de mes ancêtres. Tout reposait alors sur la tradition
orale. Nous savons ce que nous voulons. Nous savons comment
nous occuper l’un de l’autre. Je crois vraiment que tout le temps et
les efforts qui ont été consacrés à des choses comme les pensionnats
indiens et toutes les autres politiques doivent être réinvestis pour
aider nos collectivités à se remettre de toutes les mesures accablantes
imposées par une entité externe qui ont changé nos collectivités et
causé dans les réserves et hors réserve le genre de problèmes que le
sénateur a mentionnés.
Thank you.
Patrick Stewart, Chair, Aboriginal Homelessness Steering
Committee for Metro Vancouver:
[The witness spoke in his native language.]
Merci.
Patrick Stewart, président, Aboriginal Homelessness Steering
Committee for Metro Vancouver :
[Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
My English name is Patrick Stewart. I want to acknowledge the
unceded territory of the Squamish, Musqueam and Tsleil-Waututh
Nations on whose land we are meeting.
Mon nom anglais est Patrick Stewart. Je veux reconnaître le
territoire non cédé des nations Squamish, Musqueam et TsleilWaututh, sur lequel nous nous rencontrons.
On behalf of the member organizations of the Aboriginal
Homelessness Steering Committee for Metro Vancouver we ask
you to remind the Canadian government of its legal obligations to
honour human rights of indigenous peoples in this country now
known as Canada.
Au nom des organisations membres de l’Aboriginal
Homelessness Steering Committee for Metro Vancouver, nous
vous demandons de rappeler au gouvernement canadien ses
obligations juridiques concernant le respect des droits de la
personne des peuples autochtones, dans ce pays qui s’appelle
maintenant le Canada.
We know that the Canadian government finally supported the
UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples in 2010,
three years after voting against the declaration. They reversed
their original decision and voted to support it, though with a
caveat. The government stated that the declaration ‘‘does not
reflect customary international law or change Canadian laws.’’ By
their own words the government showed that the rights of
indigenous peoples do not have a place in Canada. The reality is
we still have a federal government in opposition to Aboriginal
people in this land.
Nous savons que le gouvernement canadien a fini par appuyer
la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones en 2010, trois ans après avoir voté contre. Il est
revenu sur sa décision originale et a voté en faveur de la
déclaration, mais a ajouté une réserve. Le gouvernement a affirmé
que la déclaration « ne constitue pas une expression du droit
international coutumier et ne modifie pas les lois canadiennes ».
Par ses propres paroles, le gouvernement a montré que les droits
des peuples autochtones n’ont pas leur place au Canada. En
réalité, nous avons toujours un gouvernement fédéral opposé aux
Autochtones ici.
Section 91.24 of the Constitution Act provides that the federal
government has the legislative jurisdiction over ‘‘Indians and
lands reserved for Indians.’’ The key words here is ‘‘and.’’ It does
not say only Indians on lands reserved for Indians. It says
‘‘Indians.’’ It says ‘‘legislative jurisdiction over Indians.’’ This
means wherever we as Indians live, on or off reserve. There are
60 per cent of First Nations people living off reserve yet they do
not get 60 per cent of the funding from INAC.
Selon l’article 91.24 de la Loi constitutionnelle, le gouvernement
fédéral a l’autorité législative à l’égard des « Indiens et des terres
réservées pour les Indiens ». Le mot clé ici est « et ». Il ne s’agit pas
seulement des Indiens sur les terres réservées aux Indiens. Il s’agit
des « Indiens ». Il s’agit de l’autorité législative à l’égard des
Indiens. Il n’y a aucune distinction fondée sur l’endroit où nous, en
tant qu’Indiens, vivons. Soixante pour cent des membres des
Premières nations vivent hors réserve; pourtant, ils n’obtiennent pas
60 p. 100 du financement d’AINC.
22:36
Human Rights
23-11-2012
Canada needs a national legislative and policy framework
against which government programs can be evaluated to assess
what extent the government supports the human right to
adequate housing for all. Housing is not a right in this land.
The reality is Aboriginal peoples in this land do not have equity
with non-Aboriginal people and are imprisoned in a system that
does not respect human rights on or off reserve.
Le Canada a besoin d’un cadre législatif et stratégique national
qui permettra d’évaluer les programmes gouvernementaux pour
déterminer dans quelle mesure le gouvernement garantit le droit
au logement adéquat pour tous. Le logement n’est pas un droit
dans notre pays. En réalité, les peuples autochtones au pays ne
jouissent pas d’un traitement équitable par rapport aux nonAutochtones et sont prisonniers d’un système qui ne respecte pas
les droits de la personne, dans la réserve ou à l’extérieur.
The Canadian government has devolved its fiduciary
responsibility for housing to provincial governments. This is
evidence that housing is not a right in this country because this
country no longer controls housing. This is unacceptable. Canada
Mortgage and Housing Corporation is but a shell of its former
self when it was designing and building housing. It has been
almost 20 years since the federal bureaucracy ended a permanent
social housing program and with that housing for off-reserve
Aboriginal people. An Aboriginal non-profit can no longer go to
CMHC to build housing units. They have turned themselves for
all intents and purposes into a market-driven mortgage company.
I say shame on Canada.
Le gouvernement canadien a délégué aux gouvernements
provinciaux sa responsabilité de fiduciaire en matière de
logement. Cela prouve que le logement n’est pas un droit au
pays, car le pays ne contrôle plus le logement. C’est inacceptable.
La Société canadienne d’hypothèques et de logement n’est plus
que l’ombre de ce qu’elle était à l’époque où elle concevait et
construisait des logements. Il y a presque 20 ans que
l’administration fédérale a mis fin à un programme de logement
social permanent et donc au logement des Autochtones hors
réserve. Une organisation autochtone sans but lucratif ne peut
plus recourir à la SCHL pour construire des unités d’habitation.
Elle s’est transformée en pratique en société d’hypothèques fondée
sur la logique marchande. Honte au Canada.
Canada also lacks a national legislative and policy framework to
end homelessness. There needs to be federal legislation that takes
measures to end homelessness. It needs to be coordinated with the
provinces, territories, regional governments, municipalities and
indigenous governments across the land. Canada is supposed to be
a rich country, but it is not a healthy place to live, judging by the
conditions in which Aboriginal peoples find themselves living. The
Government of Canada is supposed to be concerned for all people
living within its borders, not devising laws and regulations that
divide and conquer and pit one against another, but that is the
history of democracy in this country. Again I say shame on Canada.
The UN Special Rapporteur on Housing was right to chastise the
federal government on the living conditions of Aboriginal peoples.
Le Canada souffre aussi de l’absence d’un cadre législatif et
stratégique national pour mettre fin à l’itinérance. Il faut des lois
fédérales qui imposent des mesures pour mettre fin à l’itinérance.
Elles doivent être coordonnées avec les gouvernements provinciaux,
territoriaux et régionaux et les administrations municipales et les
gouvernements autochtones à l’échelle du territoire. Le Canada est
censé être un pays riche, mais il n’offre pas un milieu de vie sain,
compte tenu des conditions dans lesquelles se trouvent les peuples
autochtones. Le gouvernement du Canada est censé se soucier de
tous les habitants à l’intérieur de ses frontières plutôt que de
concevoir des lois et des règlements qui divisent pour mieux
conquérir et placent les gens en situation de concurrence, mais c’est
l’histoire de la démocratie au pays. Encore une fois, honte au
Canada. Le rapporteur spécial de l’ONU sur le logement avait
raison de condamner le gouvernement fédéral pour les conditions de
vie des peuples autochtones.
There is an unacceptable proportion of Aboriginal homeless
people in Metro Vancouver. At less than 4 per cent of the
metropolitan population Aboriginal peoples make up at least
27 per cent of the homeless population. I say ‘‘at least’’ because it
is acknowledged that homeless counts are undercounts. The
Aboriginal community is way over-represented among the
homeless though is not given funding parity when dealing with
homelessness. We are reduced to begging for crumbs because of
the federal policy of competition among non-profit service
providers. I attached a letter that we have recently sent to
Minister Finley looking for more dollars. We constantly fight for
survival to serve our people.
Il y a une proportion inacceptable d’itinérants autochtones dans
la région métropolitaine de Vancouver. Composant moins de
4 p. 100 de la population métropolitaine, les peuples autochtones
représentent au moins 27 p. 100 de la population itinérante. Je dis
« au moins », car on sait que tout recensement des itinérants sousreprésente la réalité. La communauté autochtone est extrêmement
surreprésentée chez les itinérants, mais elle ne jouit pas de la parité
en matière de financement dans le domaine de l’itinérance. Nous
sommes réduits à quêter des miettes à cause de la politique fédérale
qui instaure une concurrence entre les fournisseurs de services sans
but lucratif. J’ai joint une lettre que nous avons récemment envoyée
à la ministre Finley pour obtenir plus d’argent. Nous luttons
constamment pour rester en vie et servir notre peuple.
In Vancouver we have only a temporary adult shelter to serve
the Aboriginal homeless. It is at capacity every night and turns
people away. The shelter is run by the Friendship Centre here.
Their vision is to build a permanent facility that would have
À Vancouver, nous avons seulement un refuge temporaire pour
adultes à l’intention des itinérants autochtones. Il est à pleine
capacité chaque soir et refuse des gens. L’abri est dirigé par le centre
d’amitié ici. Son projet est de construire des installations
23-11-2012
Droits de la personne
22:37
support services and a continuum of housing from shelter spaces
for men, women and families to transition units, to permanent
social housing units. There are no designated Aboriginal capital
dollars to build this facility and it has to compete with nonAboriginal service providers for dollars. It was recently deemed
too risky a project and did not receive funding in the recent
capital call. It is federal policies that create barriers that result in
proposals such as this being turned down.
permanentes qui offriraient des services de soutien et un continuum
de logement, depuis un refuge pour hommes, femmes et familles
jusqu’à des unités de logement social permanent en passant par des
unités de transition. Il n’y a pas de capitaux réservés aux
Autochtones pour construire ces installations, et le projet doit
soutenir la concurrence des fournisseurs de services non
autochtones pour le financement. Il a été jugé trop risqué et n’a
pas été financé dans le cadre de l’appel récent. Ce sont des politiques
fédérales qui créent des obstacles et entraînent le rejet de
propositions comme celle-ci.
Consider homelessness as a symptom of greater ills in this
country. Though there are more examples, consider just two for a
moment before I close. For example, Aboriginal people are overrepresented among children in care at 56 per cent in this province
and youth in custody at 22 per cent, though only making up
5 per cent of the youth population. Once released from care or
custody there are few resources to assist them and they can end up
on the streets. We should be giving them all the supports needed
to stay off the street. The traditional way of indigenous peoples
was to take care of their own but that has been dismantled and we
are left with a discriminatory system that controls our lives.
Il faut comprendre que l’itinérance est symptomatique d’un
mal plus profond au pays. Les exemples sont nombreux, mais
j’aimerais vous en présenter seulement deux avant de conclure.
Par exemple, les Autochtones sont surreprésentés parmi les
enfants en foyer d’accueil et parmi les jeunes détenus,
représentant 56 p. 100 et 22 p. 100 d’entre eux respectivement
dans la province, bien qu’ils ne composent que 5 p. 100 de la
population des jeunes. Une fois qu’ils sortent du foyer d’accueil
ou du centre de détention, peu de ressources sont à leur
disposition, et ils risquent de finir dans la rue. Nous devrions
leur offrir toutes les mesures de soutien nécessaires pour qu’ils ne
finissent pas dans la rue. Traditionnellement, les peuples
autochtones s’occupaient des leurs, mais cette structure a été
abolie, et nous nous retrouvons dans un système discriminatoire
qui contrôle notre vie.
Where are our human rights here? Why is there money to be
made off of Aboriginal children? Every time a child is taken into
custody or put in care or even put in learning assistance in the
schools money is exchanged. We continue to fight for our rights in
this province and this country.
Où sont les droits de la personne qui nous concernent ici?
Pourquoi y a-t-il de l’argent à faire avec les enfants autochtones?
Chaque fois qu’un enfant entre dans un centre de détention ou est
placé en foyer d’accueil ou même dans un cours d’aide à
l’apprentissage à l’école, de l’argent change de main. Nous
continuons à lutter pour nos droits dans la province et au pays.
Finally therefore I conclude that Canada fails Aboriginal
peoples off reserve in this land known as Canada.
Enfin, par conséquent, je conclus que le Canada ne s’acquitte
pas de son devoir de fiduciaire à l’égard des Autochtones hors
réserve sur ce territoire qu’on appelle le Canada.
T’ooyaksiy nisim. Thank you.
T’ooyaksiy nisim. Merci.
Ken Clement, President, Lu’ma Native Housing Society: Thank
you. I want to acknowledge the Squamish, Musqueam and TsleilWaututh Nations whose traditional lands we are on today. My
name is Ken Clement. I am President of Lu’ma Native Housing
Society, the Executive Director of the Canadian Aboriginal AIDS
Network, and the first elected Aboriginal person to the city as a
school trustee for Vancouver.
Ken Clement, président, Lu’ma Native Housing Society : Merci.
Je tiens à remercier les nations Squamisch, Musqueam et TsleilWaututh, car nous sommes sur leur territoire traditionnel
aujourd’hui. Je m’appelle Ken Clement. Je suis le président de
la Lu’ma Native Housing Society, directeur général du Réseau
canadien autochtone du sida et premier Autochtone élu comme
administrateur au conseil scolaire de la Ville de Vancouver.
Lu’ma Housing has been in the housing business for 30 years in
Vancouver providing unique housing opportunities for people
living off reserve. We have evolved into a broad-based community
resource not only providing affordable housing but for the last
decade also acting as the community entity responsible for the
delivery of homelessness programs in the Greater Vancouver area.
Lu’ma Housing est active à Vancouver dans le domaine du
logement depuis 30 ans et offre des logements uniques aux gens
vivant hors réserve. Nous sommes devenus une ressource
communautaire élargie qui, en plus d’offrir des logements
abordables, depuis les dix dernières années, assume également le
rôle de l’entité communautaire responsable de la prestation de
programmes de lutte contre l’itinérance dans la grande région
de Vancouver.
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Human Rights
23-11-2012
I am here today to present to you our growing concern over
human rights issues, systemic barriers and inequities which First
Nations peoples living off reserve and other Aboriginal peoples
face throughout British Columbia and Canada in relation to
housing.
Je suis ici aujourd’hui pour vous faire part de notre
préoccupation grandissante face aux enjeux liés aux droits de la
personne, aux obstacles systémiques et inégalités au chapitre du
logement avec lesquelles sont aux prises les peuples des Premières
nations hors réserve et d’autres Autochtones à l’échelle de la
Colombie-Britannique et du Canada.
I want to emphasize the importance of subsection 91(24) of the
Constitution Act, as I believe Senator Brazeau and others
canvassed at the Standing Senate Committee on Human Rights
in Ottawa in October 2012. I want to point out that without
affordable, decent and stable housing no First Nation family,
individual, or household can fully participate in Canadian society.
Before one has decent, reliable and affordable housing they
cannot think about searching for or retaining employment and
they are at risk in terms of losing their health and safety. Without
the appropriate housing and relevant support services needed to
capitalize on the opportunities that housing provides, Aboriginal
people are likely to join the ranks of homeless or, worse, end up in
coffins, care or corrections.
J’insiste sur l’importance de l’article 91.24 de la Loi
constitutionnelle, comme l’ont fait, je crois, le sénateur Brazeau
et d’autres dans le cadre d’une séance du Comité sénatorial
permanent des droits de la personne tenue à Ottawa en
octobre 2012. J’aimerais faire valoir que, sans un logement
abordable, décent et stable, pas une seule famille, pas une seule
personne ou pas un seul ménage appartenant aux Premières
nations ne peut participer pleinement à la société canadienne. Une
personne qui n’a pas de logement décent, fiable et abordable ne
peut pas songer à chercher ou à conserver un emploi et s’expose à
un risque sur le plan de la santé et de la sécurité. Sans services
adéquats en matière de logement et à défaut d’un soutien
permettant de tirer profit des bienfaits du logement, les
Autochtones risquent l’itinérance ou, pire encore, de finir dans
un cercueil, un établissement de soins ou un pénitencier.
With such outcomes possible the federal government cannot
afford a passive hands-off role as is currently the case throughout
B.C. and Canada. With a place to live other life improvements
follow. Employment and retraining are possible. Better outcomes
for children are noticed and health costs are reduced. Clearly the
right to adequate housing is one of life’s necessities.
Compte tenu de ces résultats possibles, le gouvernement fédéral
ne peut pas se permettre de jouer un rôle passif et de laisser
évoluer les choses par elles-mêmes, comme il le fait actuellement
en Colombie-Britannique et au Canada. Lorsqu’on a un endroit
où vivre, d’autres améliorations suivent dans la vie. On peut
décrocher un emploi et suivre une nouvelle formation. On observe
de meilleurs résultats chez les enfants, et les coûts en matière de
santé sont réduits. De toute évidence, le droit à un logement
adéquat est essentiel à la vie.
We need to redress the inequities of opportunities and place
urban First Nations individuals and families and other Aboriginal
people living off reserve on par with our First Nations brothers
and sisters living on reserve by matching the number of housing
units that they now enjoy and reducing the overall incidence of
housing need to a level no higher than that among the nonAboriginal population.
Il faut corriger les inégalités en matière de chances et mettre les
membres et les familles des Premières nations et autres
Autochtones vivant hors réserve sur un pied d’égalité avec nos
frères et sœurs appartenant aux Premières nations qui vivent dans
une réserve en construisant des unités de logement au nombre
équivalent et en ramenant les besoins globaux en matière de
logement à un degré équivalent ou moindre à celui que l’on
retrouve dans la population non autochtone.
In evidence provided by Debra Darke of CMHC she discussed
the federal investments in housing for the following groups of
people: all Canadians, First Nations people living on reserve and
First Nations people living off reserve. I will just go to the First
Nations people living off reserve.
Dans son témoignage, Debra Darke, de la SCHL, a traité de
l’investissement fédéral dans le logement pour les groupes
suivants : tous les Canadiens, les membres des Premières
nations vivant dans une réserve et les membres des Premières
nations vivant hors réserve. Je vais seulement parler des derniers.
It is important to note that there is no relationship between the
federal ’’government and the First Nations people living off
reserve when it comes to housing in urban centres. The provinces
hold the responsibility to work with First Nations off reserve, set
funding criteria and establish programs. Nationally there is
approximately $140 million available for existing social housing in
urban and rural communities, which is slightly less than half the
funding allocated to First Nations living on reserve.
Il importe de noter qu’il n’y a aucun lien entre le gouvernement
fédéral et les membres des Premières nations vivant hors réserve
au chapitre du logement dans les centres urbains. Les provinces
ont la responsabilité de collaborer avec les Premières nations hors
réserve, d’établir les critères de financement et de mettre sur pied
les programmes. À l’échelon national, environ 140 millions de
dollars sont disponibles pour les programmes existants de
logement social dans les collectivités urbaines et rurales, ce qui
équivaut à un peu moins de la moitié du financement destiné aux
Premières nations dans les réserves.
23-11-2012
Droits de la personne
22:39
It is imperative to understand that this $140 million the federal
government is boasting about is set to expire within the next five
to ten years as 35-year operating agreements are coming to an
end. It is important to note that the First Nations people living off
reserve are also sharing this $140 million with other urban
Aboriginal people, Metis, non-status and Inuit, which we suspect
results in less than 50 per cent of the $140 million actually making
it into the coffers of First Nations people living off reserve. This is
somewhat problematic and results in significant inequities for
First Nations people living off reserve as our counterparts living
on reserve are not suffering the same type of fiscal limitations.
Il faut absolument comprendre que les 140 millions de dollars
que le gouvernement fédéral se targue de fournir arrivent à
échéance dans les cinq à 10 prochaines années, en même temps
que des accords de fonctionnement de 35 ans. Il importe de noter
que les membres des Premières nations vivant hors réserve
partagent aussi les 140 millions de dollars avec d’autres
Autochtones, Métis, Indiens non inscrits et Inuits en milieu
urbain, ce qui fait probablement en sorte, selon nous, que moins
de la moitié des 140 millions de dollars arrivent réellement dans
les coffres des membres des Premières nations vivant hors réserve.
C’est quelque peu problématique et cela entraîne d’importantes
inégalités au détriment des membres des Premières nations vivant
hors réserve par rapport à nos homologues vivant dans une
réserve, qui ne souffrent pas de telles contraintes budgétaires.
Third, as noted above there are significant inequities that exist
in the way in which First Nations people living off reserve are
treated financially and in terms of housing needs only because
they are situated off reserve regardless of whether First Nations
choose to live off reserve or are forced to live off reserve because
of social conditions, health needs, employment, education or
poverty.
Troisièmement, comme on l’a noté ci-dessus, il y a
d’importantes inégalités par rapport au traitement financier
réservé aux membres des Premières nations vivant hors réserve
et à leurs besoins en matière de logement, seulement du fait qu’ils
sont situés hors réserve. On ne tient aucun compte du fait que le
membre des Premières nations ait choisi de vivre hors réserve ou
soit obligé de vivre hors réserve à cause des conditions sociales, de
ses besoins en santé, de son emploi, de sa scolarité ou pour des
raisons de pauvreté.
One of the most offensive inequities is the government’s refusal
to acknowledge First Nations people living off reserve by
declining to have relationships with them in a similar manner as
they do with First Nations living on reserve. Ms. Darke
confirmed this in her evidence where she stated:
L’une des inégalités les plus choquantes tient au refus du
gouvernement de reconnaître les membres des Premières nations
vivant hors réserve en refusant d’entretenir avec eux des relations
analogues à celles qu’il entretient avec les Premières nations
vivant dans une réserve. Mme Darke l’a confirmé dans son
témoignage lorsqu’elle a déclaré ce qui suit :
CMHC closely works with First Nations and with
Aboriginal Affairs and Northern Development Canada to
deliver and administer federal housing programs.
La SCHL travaille en étroite collaboration avec les
Premières nations et Affaires autochtones et Développement
du Nord Canada afin de mettre en application et
d’administrer les programmes de logement fédéraux.
And when speaking of First Nations people off reserve she
stated:
Et, en parlant des membres des Premières nations hors réserve,
elle a déclaré ce qui suit :
Off-reserve. . . we have no agreements with provinces
and territories. . .
Hors réserve... nous n’avons pas d’entente avec les
provinces et les territoires...
If internationally the human right to adequate housing is
defined as the right of every woman, man, youth and child to gain
and sustain a safe and secure home and community in which to
live in peace and dignity, Canada is failing to meet its
international and domestic obligations by denying First Nations
people living off reserve the right to adequate housing in the same
manner as they are for First Nations living on reserve and for
failing to place First Nations living off reserve on par with the
overall incidence of housing needs to a level no higher than
among the non-Aboriginal population. With respect, I say this
based on the following dialogue that I now present.
Si, internationalement, le droit au logement adéquat est défini
comme étant le droit de toute femme, tout homme, jeune et enfant
d’obtenir et de conserver un logement sûr dans une communauté
où il puisse vivre en paix et dans la dignité, le Canada ne s’acquitte
pas de ses obligations internationales et nationales en refusant aux
membres des Premières nations vivant hors réserve le droit à un
logement adéquat dans la même mesure que les Premières nations
vivant dans une réserve et en négligeant de placer les Premières
nations vivant hors réserve sur le même pied d’égalité que les nonAutochtones au chapitre des besoins globaux en matière de
logement. Je fonde cela respectueusement sur le dialogue que je
m’apprête à présenter.
In 1979 there was an urban Aboriginal program —
En 1979, il y avait un programme autochtone urbain...
22:40
Human Rights
23-11-2012
Senator Brazeau: Excuse me, Mr. Clement. We just have a few
minutes left, so in the essence of time perhaps you could wrap up.
I certainly have one very quick question. We do have your fairly
well written 13-page brief and it will be part of the record so
perhaps you could conclude, please.
Le sénateur Brazeau : Pardon, monsieur Clement. Il nous reste
seulement quelques minutes, alors, par souci de temps, peut-être
pourriez-vous conclure. J’ai certainement une question très
rapide. Nous avons bel et bien votre mémoire de 13 pages assez
bien écrit, et il fera partie du dossier, alors peut-être pourriez-vous
terminer, s’il vous plaît.
Mr. Clement: In conclusion or my wrap-up I would like to
offer a number of recommendations:
M. Clement : Pour conclure ou terminer, j’aimerais présenter
un certain nombre de recommandations.
The creation and implementation of a national Aboriginal
housing and homelessness policy complete with funding targets
and sufficient resources, both capital funding and operating
funding, to ensure that Aboriginal Canadians have a right to an
adequate standard of living and to end the human rights
violations that we experience in Canada, the provision of
funding for the capacity building of the urban Aboriginal
people so that we can address our housing needs, and an
immediate commitment of 40,000 housing units nationwide to
address the backlog of Aboriginal housing.
La création et la mise en œuvre d’une politique autochtone en
matière de logement et d’itinérance assortie de cibles de
financement et de ressources suffisantes, tant sur le plan des
immobilisations que du fonctionnement, pour s’assurer que les
Canadiens autochtones ont accès à un niveau de vie convenable et
mettre fin aux atteintes aux droits de la personne qui ont lieu au
Canada; la prestation d’un financement pour le renforcement des
capacités des Autochtones en milieu urbain, pour que nous
puissions nous attaquer à nos besoins en matière de logement et
un engagement immédiat concernant 40 000 unités de logement à
l’échelle du pays compte tenu de l’arriéré en matière de logement
autochtone.
I will conclude there since I have been rushed.
Je vais conclure ici, puisqu’on insiste.
Senator Brazeau: Thank you. I apologize for that. Obviously
we are under time constraints as well. Like I said, I do have
your brief.
Le sénateur Brazeau : Merci. Je suis désolé. De toute évidence,
nous sommes aussi assujettis à des contraintes de temps. Comme
j’ai dit, j’ai bel et bien votre mémoire.
I have a very quick question for you. Obviously you are aware
that the federal government does transfer funding to the provincial
governments for the benefit of all their citizens in terms of housing,
in terms of education, health and other issues as well.
J’ai une question très rapide pour vous. Bien entendu, vous savez
que le gouvernement fédéral transfère effectivement des fonds aux
gouvernements provinciaux au profit de tous les citoyens à des fins
de logement, d’instruction et de santé, entre autres.
Do you think perhaps it would be a good recommendation that
in the future for any funding transferred by the federal
government to the provincial government, for instance in
housing, there are criteria built into those transfer agreements
so that the provincial governments actually spend the money
specifically on Aboriginal housing?
Croyez-vous qu’il serait peut-être utile de recommander que, à
l’avenir, tout transfert de fonds du gouvernement fédéral à
l’intention d’un gouvernement provincial — pour le logement, par
exemple — soit assorti de critères intégrés dans les ententes de
transfert obligeant le gouvernement provincial à dépenser l’argent
dans le secteur particulier du logement pour les Autochtones?
Mr. Clement: Well, that is pretty obvious. Yes.
M. Clement : Eh bien, c’est assez évident. Oui.
Ms. Gray: Can I just add to that? I would say yes, as long as it
does not take away from other obligations that the government
has in relation to us in housing and resources.
Mme Gray : Puis-je seulement ajouter quelque chose? Je dirais
que, oui, à condition que cela n’enlève rien aux autres obligations
du gouvernement à notre égard en ce qui concerne le logement et
les ressources.
The Chair: As someone from your city and knowing all the
work that all of you do, I want to let you know we are not able to
ask questions because we have run out of time, but I want you to
know that this committee will certainly take what you have said
very seriously. Please do not see this as the only time that we can
have this discussion. We will have a continuing discussion.
La présidente : Je viens de votre ville et je suis consciente de
tout le travail que vous faites; c’est pourquoi je tiens à vous aviser
que nous ne sommes pas en mesure de vous poser des questions
faute de temps, mais je tiens à ce que vous sachiez que le comité
prendra très au sérieux ce que vous venez de dire. De grâce, ne
voyez pas cette occasion comme la seule fois où nous pouvons
tenir cette discussion. Nous tiendrons une discussion continuelle.
As for the youth centre, I have never seen as much persistence
as existed from young people to build that centre. Never give up
on that dream. It will definitely come. It will happen because of
your absolute determination. Thank you very much for your
presentations.
Quant au centre pour les jeunes, je n’ai jamais vu une
persistance comme celle des jeunes qui veulent construire ce
centre. N’abandonnez jamais ce rêve. Il se réalisera sans aucun
doute. Il se réalisera grâce à votre détermination sans faille. Merci
beaucoup de vos exposés.
23-11-2012
Droits de la personne
22:41
Before we call our next panel, Senator Harb, you will move
that we annex the complete transcript to the presentation as if it
has been read.
Avant d’inviter notre prochain groupe, sénateur Harb, vous
proposerez que nous joignions la transcription intégrale à l’exposé
comme s’il avait été lu.
Senator Harb: Yes. I move that all of the presentation be made
an appendix to the minutes of the committee hearing.
Le sénateur Harb : Oui. Je propose que tout l’exposé soit
annexé au compte rendu de l’audience du comité.
The Chair: As you can see we are really tight on time. Before we
get started, I wanted Marjorie’s permission to say something. For
the record, Marjorie is the one who swore me in as a Canadian
citizen, so this is a very special occasion for me. When you come to
Vancouver you always know people. This is a very special day.
La présidente : Comme vous pouvez voir, nous avons très peu
de temps. Avant de commencer, j’aimerais avoir la permission de
Marjorie pour dire quelque chose. Aux fins du compte rendu,
c’est Marjorie qui m’a assermentée en tant que citoyenne
canadienne, alors il s’agit d’une occasion très spéciale pour moi.
Lorsque vous venez à Vancouver, vous connaissez toujours des
gens. Il s’agit d’une journée très spéciale.
We will go on to the next panel.
Nous allons passer au prochain groupe de témoins.
Barb Cowan, Executive Director, Surrounded by Cedar Child
and Family Centre: Thank you. I would like to defer to my elder
Alex Nelson at this time for a few moments.
Barb Cowan, directrice exécutive, Surrounded by Cedar Child
and Family Centre : Merci. J’aimerai donner la parole à mon
Aîné, Alex Nelson, pour quelques minutes.
Alex Nelson, Elder, Surrounded by Cedar Child and Family Centre:
Alex Nelson, aîné, Surrounded by Cedar Child and Family Centre :
[The witness spoke in his native language.]
[Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
Good morning. My name is Alex. I am from the Musgamagw
First Nations, and I have acknowledged the Coast Salish for
allowing us to be on their sacred territories.
Bonjour. Je m’appelle Alex. Je suis membre de la Première
nation Musgamagw, et j’ai remercié les Salish du littoral de nous
avoir permis d’être sur leur territoire sacré.
I just wanted to offer a perspective, as it were. I am 66 years old
and for 57 years I have been living as they say off reserve, but I
have the honour of returning home as much as I can to maintain
my roots and remind myself to get grounded and work from
there. In my journey I did graduate from the University of
Victoria so academically I suppose I can qualify myself to say I
can offer you a perspective here.
Je voulais simplement vous présenter un point de vue, en
réalité. Je suis âgé de 66 ans et, depuis 57 ans, je vis comme on dit
hors réserve, mais j’ai le privilège de revenir à la maison le plus
souvent possible pour entretenir mes racines et me rappeler de me
centrer et de travailler à partir de là. Durant mon cheminement,
j’ai obtenu un diplôme de l’Université de Victoria, alors, sur le
plan des études, j’imagine qu’on pourrait dire que je suis qualifié
pour présenter un point de vue ici.
How I try to understand life is I have the best of both worlds
and I have come to see the systems as a square. I have come to
understand the systems of the indigenous Aboriginal people as a
circle. I have gotten a sense that the square is trying to swallow up
the circle and it just does not fit. Then it reverses itself where the
square is invited to come and fit into the circle. That does not fit.
The challenge here is how to get the square and the circle together
in a way that there is an area where there is commonness. I leave
that with you as far as a line of thinking.
J’essaie d’envisager la vie comme me disant qu’elle m’offre le
meilleur des deux mondes, et je vois maintenant les systèmes
comme un carré. Je vois maintenant les systèmes des Autochtones
comme un cercle. J’ai l’impression que le carré essaie d’avaler le
cercle, et cela ne fonctionne tout simplement pas. Ensuite, la
situation s’inverse, et c’est le carré qui est invité à venir s’insérer
dans le cercle. Cela ne fonctionne pas. Le défi, ici, consiste à
amalgamer le carré et le cercle de façon à donner lieu à une zone
commune. Je vous laisse méditer sur ce raisonnement.
I am going to also make a bold statement here. I am not a
lawyer but I have consulted with lawyers. I am not a historian but
what I do know is that Canada is the only country in the universe
that has two separate laws, a law for mainstream and a law for the
Indian people. Therein lies a really strong confusion as to a
treatment of a people.
Je vais aussi présenter une déclaration audacieuse. Je ne suis pas
avocat, mais j’ai consulté des avocats. Je ne suis pas historien, mais,
ce que je sais, c’est que le Canada est le seul pays dans l’univers qui a
deux systèmes de droit différents; un pour la population générale et
un pour les Indiens. Et c’est sur ce plan que réside une profonde
confusion à l’égard du traitement réservé à un peuple.
I also wondered. There was one time when the federal
government divided up into ministries to help it administrate the
country. There was one time that Indian Affairs was classified the
same ministry as Immigration. Think about that, Immigration. It
tells me that Canada is searching for some relationship with a
people but has come to a point where it is so deep now how do you
disentangle all what has happened and what is happening?
Je m’interrogeais aussi sur autre chose. À une certaine époque, le
gouvernement fédéral était divisé en ministères pour mieux gérer le
pays. À une certaine époque, Affaires indiennes appartenait au
même ministère qu’Immigration. Pensez-y : Immigration. Cela
m’apprend que le Canada cherche à établir une relation avec un
peuple, mais qu’il est arrivé à un stade si avancé qu’on ne sait plus
comment démêler tout ce qui est arrivé et ce qui arrive.
22:42
Human Rights
23-11-2012
I just leave those thoughts with you. I have been in Victoria for
the past 40 years and I am really honoured to be a resident elder
for Surrounded by Cedar. I will now hand this over to my
respected young person.
Je vous laisse méditer sur ces idées. Je suis à Victoria depuis 40
ans, et je suis vraiment honoré d’être un Aîné pour Surrounded by
Cedar. Je vais maintenant redonner la parole à ma cadette
respectée.
Ms. Cowan: I am from the Haudenosaunee people in southern
Ontario. In keeping with traditional protocols I wish to express
the gratitude for the Musqueam, Squamish and Tsleil-Waututh
people who have ties to this territory and acknowledge the
unceded territory of all Coast Salish people for providing me with
a place to work and to raise my family. I would like to thank the
Senate committee for the invitation to come and speak on this
very important matter before them and to have an opportunity to
voice an opinion and to be consulted. I also hope that Surrounded
by Cedar Child and Family Services is not the only delegated
Aboriginal agency that has received an invitation to participate
and appear before the Senate committee in this process.
Mme Cowan : Je suis issue du peuple Haudenosaunee dans le
sud de l’Ontario. Conformément aux protocoles traditionnels, je
souhaite exprimer ma gratitude à l’endroit des peuples
Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh, qui ont une relation
avec le territoire et reconnaître le territoire non cédé de tous les
Salish du littoral, qui est l’endroit où je travaille et élève ma
famille. J’aimerais remercier le comité sénatorial de l’invitation à
venir témoigner sur cette question très importante et de m’avoir
donné l’occasion de faire entendre mon opinion et d’être
consultée. J’espère aussi que Surrounded by Cedar Child and
Family Services n’est pas le seul organisme autochtone délégué
qui a reçu une invitation à participer aux présents travaux du
comité sénatorial.
As you know Aboriginal people in Canada are an everincreasing Aboriginal urban population. In B.C. 60 per cent of
the Aboriginal population reside in the urban setting. We move to
the urban areas to seek out greater employment opportunities,
access health care, find more suitable housing, better educational
opportunities for our children and for ourselves. Yet we are still
one of, if not the most, marginalized populations in Canada.
Comme vous le savez, les Autochtones représentent une
population urbaine en pleine croissance au Canada. En
Colombie-Britannique, 60 p. 100 des Autochtones demeurent en
milieu urbain. Nous déménageons dans des régions urbaines pour
décrocher un meilleur emploi, accéder à des soins de santé et
trouver un logement plus convenable et de meilleures possibilités
pour nos enfants et nous-mêmes sur le plan des études. Pourtant,
nous faisons toujours partie de l’une des populations canadiennes
les plus marginalisées, voire la plus marginalisée.
Historical factors have placed Aboriginal people at a
disadvantage from the outset of any policy. Residential school
has left its scars on generations of individuals, families and
communities. Coupled with the system of colonization,
generations have grown up with without opportunities to fully
develop parenting skills. Poverty, unemployment and inadequate
housing have all contributed to Aboriginal family and community
breakdown. In small rural communities these struggles are further
exacerbated by isolation and economies of scale.
Des facteurs historiques ont placé les Autochtones dans une
situation désavantageuse dès le début de n’importe quelle
politique. Les pensionnats indiens ont laissé des cicatrices chez
des générations de personnes, de familles et de collectivités. À cela
s’ajoute le système de colonisation, qui a fait en sorte que
plusieurs générations ont grandi sans avoir la possibilité de bien
perfectionner leurs aptitudes parentales. La pauvreté, le chômage
et le logement inadéquat ont contribué à l’éclatement de la famille
et de la communauté autochtones. Dans de petites localités
rurales, ces difficultés sont exacerbées d’autant par l’isolement et
les économies d’échelle.
As the former lieutenant governor of British Columbia Steven
Point has recently stated, Aboriginal people are the poorest
people in Canada. Regardless of residency in British Columbia,
Aboriginal children comprise 54 per cent of all children currently
placed in permanent foster care. Yet Aboriginal organizations
that provide direct services to the Aboriginal community, whether
on or off reserve, receive considerably less than 50 per cent of the
budget for these direct services. We are also all very aware of this
information. We have all kinds of data to support it.
Comme l’a dit récemment l’ancien lieutenant-gouverneur de la
Colombie-Britannique Steven Point, les Autochtones sont les
citoyens les plus pauvres du Canada. Les enfants autochtones
comptent pour 54 p. 100 du total des enfants placés de manière
permanente dans un foyer, peu importe leur lieu de résidence en
Colombie-Britannique. Pourtant, les organisations autochtones
qui offrent des services directs aux collectivités autochtones, dans
les réserves ou à l’extérieur de celles-ci, reçoivent beaucoup moins
que 50 p. 100 du budget affecté à ces services directs. Nous
sommes tous parfaitement au courant de cela. Nous avons en
main toutes sortes de données qui le confirment.
Aboriginal people want and need to be directly involved in
developing policies that affect them and in delivery of services in
communities. Our views of what is the best interest of a child is
Les Autochtones veulent et doivent participer directement à
l’élaboration des politiques qui les concernent et à la prestation
des services offerts dans leur collectivité. Notre opinion au sujet
23-11-2012
Droits de la personne
22:43
often in conflict with non-Aboriginal views which call for
removing children rather than providing culturally relevant
family protective services at the very start of a concern.
de l’intérêt supérieur d’un enfant est souvent en contradiction
avec l’opinion des non-Autochtones, qui demandent que l’on
retire l’enfant de son milieu plutôt que de lui offrir des services de
protection familiale adaptés à sa culture dès qu’une préoccupation
est soulevée.
Until we collectively examine our values and beliefs, the
outcomes we establish to reflect our shared values and beliefs, we
will continue to struggle with any deterrent as to what is just, fair
and equitable financial commitment for services to Aboriginal
people regardless of where they reside.
Tant que nous n’aurons pas ensemble procédé à un examen de
nos valeurs et de nos croyances ainsi que des résultats que nous
suivons pour nous assurer qu’ils reflètent nos valeurs et nos
croyances communes, nous aurons de la difficulté à réagir à tout
élément dissuasif au moment de déterminer ce qui peut constituer
un engagement financier juste et équitable à l’égard des services
aux Autochtones, peu importe leur lieu de résidence.
There has always been a fundamental difference in how
Aboriginal people view the world and how non-Aboriginal people
do. The values and beliefs we hold may be similar or shared, but it is
in how these values and beliefs are communicated, demonstrated
and carried out as well as the result of those interactions where we
differ.
Il y a toujours eu une différence fondamentale dans la vision du
monde des Autochtones et celle des non-Autochtones. Nos valeurs
et nos croyances sont peut-être comparables ou partagées, mais c’est
dans la façon dont ces valeurs et ces croyances sont transmises,
manifestées et mises en application, de même que dans le résultat de
ces interactions, que nous sommes différents.
Over generations Aboriginal people have been pushed or
forced into learning a non-indigenous value system, but as we
have often witnessed in the child welfare system, Aboriginal
children who have been taken away from family and culture will
find their way back. We all find our way back. The values, beliefs
and culture draw us back to knowing that our children are at the
centre. Our cultural values and beliefs are living and breathing
every time we share and we pass on our creation stories, our
hunting and fishing stories, our legends and traditional teachings
to our children.
Au fil des générations, les Autochtones ont été obligés ou forcés
d’adhérer à un système de valeurs non autochtones, mais, comme
nous l’avons souvent observé, les enfants Autochtones confiés à des
organismes de protection de la jeunesse après avoir été arrachés à
leur famille et à leur culture vont finir par revenir à leur origines.
Nous revenons tous à nos origines. Nos valeurs, nos croyances et
notre culture nous amènent à nous rappeler que nos enfants sont au
centre de tout. Nos valeurs culturelles et nos croyances vivent et
respirent chaque fois que nous transmettons à nos enfants des
histoires concernant notre création, des histoires de chasse et de
pêche, des légendes et nos enseignements traditionnels.
In the provincial and federal system a child-first value is
emphasized. In this way a child is viewed as their own individual
entity. They are not necessarily recognized as being a part of a
whole community and having impact on the whole. The
community remembers this loss.
Dans le système provincial et fédéral, on met l’accent sur le fait
que l’enfant passe avant tout. De cette façon, on considère
l’enfant comme une entité individuelle. On ne reconnaît pas
nécessairement qu’il fait partie d’une collectivité et qu’il a une
incidence sur cette collectivité. La collectivité ressent cette perte.
Each system has merit and value and neither is wrong or right.
Yet we as Aboriginal people are being asked again to consider a
non-Aboriginal world view where it pertains to services whether
we are living on or off tribal lands. Regardless of where we reside
we are still Aboriginal people with shared values and beliefs, an
inherent right to the way we learn, the way we parent, the way we
educate our children and the land that we live on.
Les deux systèmes ont des qualités et de la valeur, et aucun
n’est bon ni mauvais. Pourtant, on nous demande encore, à nous,
Autochtones, d’appliquer une vision non autochtone du monde
aux services, qu’ils soient offerts dans une réserve ou à l’extérieur
des réserves. Peu importe notre lieu de résidence, nous sommes
toujours des Autochtones, nous partageons les mêmes valeurs et
croyances et nous possédons des droits inhérents touchant la
façon dont nous apprenons, la façon dont nous élevons nos
enfants et les éduquons et le territoire sur lequel nous vivons.
We see ourselves as something greater. We know intrinsically
that we belong to a larger community with a role and a purpose in
that community. By soliciting Aboriginal views we must speak of
our values and beliefs because until Aboriginal and nonAboriginal people can agree to come from a place of shared
values and beliefs that have a shared meaning we cannot begin to
discuss policies or finances. Our two cultures are continually
coming together to gain a better understanding of who we are
separately and together. For us to move forward together the
Nous nous voyons comme appartenant à quelque chose de plus
grand. Nous savons, dans notre for intérieur, que nous appartenons
à une collectivité plus étendue et que nous avons un rôle et une
fonction dans cette collectivité. Si vous voulez connaître le point de
vue des Autochtones, nous devons parler de nos valeurs et
croyances, car, tant que les Autochtones et les non-Autochtones
ne se seront pas entendus sur un système commun de valeurs et de
croyances comprises de la même manière, nous ne pourrons pas
discuter de questions touchant les politiques ou les finances. Nos
22:44
Human Rights
child welfare system must understand and accept an indigenous
world view to be of any benefit to Aboriginal people. We are here
to stay together. The question remains: How do we do this?
Thank you very much.
23-11-2012
deux cultures se rencontrent continuellement pour que nous
puissions apprendre à mieux nous comprendre les uns les autres,
ensemble et séparément. Si nous voulons progresser ensemble, les
organismes de protection de la jeunesse doivent comprendre la
vision autochtone du monde s’ils veulent venir en aide aux
Autochtones. Nous sommes condamnés à rester ensemble. Mais
la question demeure : comment allons-nous procéder?
Merci beaucoup.
Hugh Braker, President, Native Courtworker and Counselling
Association of BC: Thank you very much for the opportunity to
make this presentation here this morning. I have tabled a paper with
the clerk on behalf of the courtworkers. You will be relieved to hear
I am not going to read that. It is a 16-page document. What I would
like to do is to highlight some of the points we would like to make
this morning rather than read the paper to you.
Hugh Braker, président, Native Courtworker and Counselling
Association of BC : Merci beaucoup de nous avoir donné l’occasion
de vous présenter un exposé ce matin. J’ai remis un mémoire au
greffier, de la part des conseillers parajudiciaires. Soyez rassurés, je
ne vais pas en faire la lecture. C’est un document de 16 pages. Ce
que j’aimerais faire, plutôt que de lire le mémoire, ce matin, c’est
d’attirer votre attention sur certains des aspects que nous voulons
mettre de l’avant.
The Native Courtworker and Counselling Association of
British Columbia is celebrating its fortieth year of providing
services to Aboriginal people in B.C. this year. The Native
Courtworkers found the fruits of the current organization starting
in the late 1960s or the very early 1970s when Aboriginal leaders
in British Columbia were appalled by the number of Aboriginal
people finding themselves in front of the courts.
La Native Courtworker and Counselling Association of
British-Columbia, qui fournit des services aux Autochtones de
la province, célèbre cette année son 40 e anniversaire. Les
conseillers parajudiciaires autochtones ont vu l’utilité de
l’organisation vers la fin des années 1960 ou au tout début des
années 1970, époque où les dirigeants autochtones de la
Colombie-Britannique se sont sentis indignées par le nombre
d’Autochtones qui se retrouvaient devant les tribunaux.
There is a myth that the Native courtworkers are designed to
reduce the number of Aboriginals being incarcerated. That is not
the purpose of the Native courtworkers. We are there to provide
counselling services, paralegal services and referral services for
Aboriginal people. We are there to make sure that they know and
understand their responsibilities and rights before the law.
Il existe un mythe selon lequel les conseillers parajudiciaires
autochtones ont le pouvoir de réduire le nombre d’incarcérations
d’Autochtones. Ce n’est pas l’objectif des conseillers parajudiciaires.
Notre fonction consiste à fournir des services de counselling, des
services parajuridiques et des services d’aiguillage aux Autochtones.
Notre rôle est de nous assurer que les Autochtones sachent et
comprennent quels sont leurs responsabilités et leurs droits selon
la loi.
As an organization we provide services throughout British
Columbia. We have courtworkers in over 30 of the provincial
courts in this province and in most of the supreme courts of this
province. We have other staff as well. We have alcohol and drug
counselling staff because of our holistic approach to dealing with
clients. We have youth and family advocates in a couple of areas
in the province as well.
Notre organisation fournit des services partout en ColombieBritannique. Nos conseillers parajudiciaires sont présents dans plus
de 30 tribunaux provinciaux et participent à la plupart des
audiences de la Cour suprême de la province. Nous avons aussi
d’autres types d’employés. Nous avons des conseillers en
toxicomanie, puisque nous avons adopté une approche holistique
à l’égard des services aux clients. Nous avons également des
employés qui s’occupent de la défense des droits des jeunes et de la
famille, dans deux ou trois régions de la Colombie-Britannique.
Since the focus of these hearings is on urban Aboriginals I
want to reflect in the few minutes I have on particular issues faced
by the Native courtworkers and to let you know about the
challenges we face particularly in the urban areas. You have
already heard this morning that 60 per cent of the Aboriginal
people in B.C. live in an urban setting. I wanted to focus for one
minute on youth. Forty-six per cent of urban Aboriginals are
under the age of 25 in British Columbia. Of that 46 per cent,
74 per cent are under the age of 14. We are therefore dealing with
Puisque votre étude porte sur les Autochtones vivant en milieu
urbain, j’aimerais utiliser les quelques minutes dont je dispose
pour aborder certains des enjeux particuliers auxquels font face
les conseillers parajudiciaires autochtones et vous renseigner sur
les problèmes particuliers auxquels nous faisons face en milieu
urbain. Vous avez déjà entendu dire, ce matin, que 60 p. 100 des
Autochtones de la Colombie-Britannique vivent dans la province.
J’aimerais prendre une minute pour parler des jeunes. En
Colombie-Britannique, 46 p. 100 des Autochtones vivant en
23-11-2012
Droits de la personne
22:45
a much younger group of people than we would for other groups
of Canadian citizens. Only 29 per cent of the non-Aboriginal
population is under the age of 25.
milieu urbain sont âgés de moins de 25 ans. De cette tranche de
46 p. 100, 74 p. 100 sont âgés de moins de 14 ans. Nous avons
donc affaire à un groupe de gens beaucoup moins âgé que tout
autre groupe de citoyens canadiens. Seulement 29 p. 100 des
non-Autochtones ont moins de 25 ans.
We have a very young population firstly, and what do we see
when we look at that population? We see that 51 per cent of
Aboriginals in British Columbia generally drop out of school in
junior high school. The figure is much higher for the urban
population. It is actually only 46 per cent of those entering grade 8
that go on to complete grade 12.
Notre population est donc très jeune, mais que voyons-nous
dans cette population? Nous voyons que 51 p. 100 des
Autochtones de la Colombie-Britannique décrochent avant de
terminer leurs études secondaires. Ce chiffre est beaucoup plus
élevé pour ceux qui vivent en milieu urbain. De fait, seulement
46 p. 100 des jeunes qui commencent la huitième année vont
terminer leur douzième année.
If we look at the child removal statistic it is even worse than my
friend Barb Cowan just mentioned a minute ago. Fifty-six per cent
of children in care are Aboriginal but of those 56 per cent,
89 per cent live in urban settings. We are dealing with firstly a
very young population in the urban setting but secondly a
population which has a very high dropout rate from school and
an astonishing and alarming rate of being removed from their
family home by child protection agencies.
Regardons maintenant les statistiques qui concernent le nombre
d’enfants retirés de leur milieu : elles sont encore pires que ce que
mon amie Barb Cowan a dit il y a une minute seulement. Au total,
56 p.100 des enfants confiés à une famille d’accueil sont
autochtones, et, de ces 56 p. 100, 89 p. 100 vivent en milieu
urbain. Nous avons donc affaire, premièrement, à une population
très jeune qui vit en milieu urbain, mais aussi, deuxièmement, à une
population qui affiche un taux de décrochage scolaire très élevé de
même qu’un taux ahurissant et alarmant de retraits de la famille par
un organisme de protection de l’enfance.
In the prison population we find the statistics for urban youth
equally alarming. The average daily rate for in-custody in British
Columbia for Aboriginal youth is eight times higher than the rate
for non-Aboriginals. On any given day in British Columbia the
numbers of Aboriginal youth incarcerated is eight times higher
than that of non-Aboriginals. The Aboriginal youth in-custody
population is the only population which continues to rise in the
youth custody statistics in this province. The Aboriginal women
in prison in British Columbia are the only group whose statistics
continue to rise in this province. Twenty per cent of the prison
population in British Columbia is Aboriginal.
Les statistiques des populations carcérales qui concernent les
jeunes vivant en milieu urbain sont tout aussi alarmantes. En
Colombie-Britannique, le nombre quotidien moyen de jeunes
Autochtones en détention est huit fois plus élevé que le nombre de
non-Autochtones. Chaque jour, en Colombie-Britannique, il y a
huit fois plus de jeunes Autochtones incarcérés que de nonAutochtones. Dans notre province, sur l’ensemble des jeunes
placés sous garde, le groupe des jeunes Autochtones est le seul
groupe dont le nombre continue de croître, et le groupe des
femmes autochtones emprisonnées est le seul dont le nombre
continue de croître. En Colombie-Britannique, 20 p. 100 des
détenus sont des Autochtones.
These statistics confront the Native Courtworker and
Counselling Association of British Columbia with particular
challenges. We have a challenge to try to meet the needs of
Aboriginal youth in this province and to try to meet the needs of
Aboriginal youth who are themselves facing challenges,
extraordinary challenges outside the criminal justice system. We
have a challenge to meet when it comes to providing services to
Aboriginal families who find themselves in conflict with the law
resulting in the removal of their children.
Ces statistiques représentent des défis particuliers pour la
Native Courtworker and Counselling Association of BritishColumbia. C’est pour nous un défi de répondre aux besoins des
jeunes Autochtones de la province, c’est-à-dire aux besoins de
jeunes Autochtones qui font eux-mêmes face à des défis, à des
défis extraordinaires, à l’extérieur du système de justice pénale.
C’est pour nous un défi de fournir des services aux familles
autochtones qui ont elles-mêmes des démêlés avec la justice parce
qu’on leur a retiré leurs enfants.
I want to take one brief minute to illustrate what we consider
to be one of the great mysteries to us in the way government
operates. The Native Courtworker and Counselling Association
of British Columbia provides services pursuant to a contract
between the federal government and the province. In British
Columbia that contract only allows us to provide services in
criminal court, but what happens when a child is removed? We
want to provide services in family court too because the families
J’aimerais prendre une petite minute pour vous donner un
exemple de ce qui constitue à nos yeux l’un des grands mystères du
fonctionnement du gouvernement. La Native Courtworker and
Counselling Association of British-Columbia fournit des services
dans le cadre d’un contrat conclu par le gouvernement fédéral et la
province. En Colombie-Britannique, ce contrat nous permet
uniquement de fournir des services dans les tribunaux pénaux,
mais que se passe-t-il lorsqu’un enfant est retiré de son milieu? Nous
22:46
Human Rights
23-11-2012
are entitled to legal representation and to understand their rights
and their responsibilities in front of the court, but we are not
permitted to do so. We have to do so surreptitiously.
voulons fournir des services dans les tribunaux de la famille
également, car les familles ont droit à une représentation juridique
et doivent comprendre quels sont leurs droits et leurs responsabilités
lorsqu’elles se retrouvent devant le tribunal; pourtant, on nous ne le
permet pas. Nous devons agir subrepticement.
We do not understand the contract that exists between the feds
and the province. In other jurisdictions in Canada, the Northwest
Territories, Saskatchewan and Alberta, for example, they are
permitted to enter into family court. In British Columbia they are
not. We do not understand that distinction. It makes no sense to
us. It presents us with a challenge that need not be there. It results
in some of our work being skewered in terms of the statistics.
Nous ne comprenons pas le marché conclu par le gouvernement
fédéral et la province. Ailleurs au Canada — dans les Territoires du
Nord-Ouest, en Saskatchewan et en Alberta, par exemple —, les
conseillers parajudiciaires ont le droit d’assister aux audiences du
tribunal de la famille. En Colombie-Britannique, ils n’ont pas le
droit. Nous ne comprenons pas cette distinction. Elle n’a aucun
sens, pour nous. Elle représente pour nous un défi qui n’a pas sa
raison d’être. Elle fait en sorte que, dans les statistiques, notre
travail n’est pas reconnu à sa juste valeur.
The point I am trying to make is not only are we faced with the
challenge that the statistics I have just gone over with you present,
but we are also faced with a challenge, I suggest to you, by
government bureaucracy which does not understand how things
actually work in the courtroom. We would like to provide a
holistic service, a service that meets the needs of the family in
family court, that meets the needs of the family in youth court and
that meets the needs of the family in adult criminal court. We
would like to take a holistic approach to solving any of the issues
faced by the families and at the current time the contract between
the province and the feds does not allow us to do that.
Ce que j’essaie de faire comprendre, c’est que nous faisons face à
un défi qui concerne non seulement les statistiques que je viens de
vous présenter, mais également à un défi qui, laissez-moi vous le
dire, est lié à la bureaucratie du gouvernement, qui ne tient pas
compte de la façon dont les choses se passent concrètement dans
une salle d’audience. Nous aimerions fournir un service holistique,
un service qui répond aux besoins de la famille qui se présente
devant le tribunal de la famille, le tribunal de la jeunesse ou le
tribunal pour adultes. Nous aimerions adopter une approche
holistique pour régler tous les problèmes auxquels les familles font
face, et, à l’heure actuelle, le contrat que la province et le
gouvernement fédéral ont conclu ne nous permet pas de le faire.
The Native Courtworker and Counselling Association has
been lauded by virtually every organization in the justice system
in this province that I am aware of. Lawyers, judges, prosecutors,
sheriffs and everyone else working in the system have come to the
defence of the Native courtworkers whenever there has been a
challenge to our funding or a challenge to our operations. We are
quite frankly very proud of that. We have tried to provide to the
Aboriginal people a quality service and one that is going to serve
them very well.
La Native Courtworker and Counselling Association a reçu les
félicitations de pratiquement tous les organismes du système de
justice de la province que je connais. Les avocats, les juges, les
procureurs de la Couronne, les shérifs et tous les intervenants du
système ont pris la défense des conseillers parajudiciaires
autochtones chaque fois que notre financement ou nos activités
étaient menacés. Nous sommes, franchement, très fiers de cela.
Nous essayons de fournir aux Autochtones un service de qualité
qui leur sera très utile.
Before I close, I want to briefly talk about the issue of funding
for Aboriginal programs. It is a myth to say that the on-reserve
organizations do not provide any services to urban Aboriginals.
They do. As Native courtworkers we find that it works much
better when we are able to work in that type of an atmosphere. I
am going to use the example that I am most familiar with, the
Nuu-chah-nulth Tribal Council. They have an organization, the
Nuu-chah-nulth Economic Development Corporation, which
provides funding for business development for members on and
off reserve regardless of where they live. They provide nursing,
counselling and child protection services to members on and off
reserve equally, no matter where they live.
Avant de terminer, j’aimerais aborder brièvement la question du
financement des programmes autochtones. C’est un mythe de dire
que les organisations dans les réserves ne fournissent aucun service
aux Autochtones vivant en milieu urbain. Elles en fournissent. En
tant que conseillers parajudiciaires autochtones, nous avons
constaté que cela se passe toujours mieux quand nous pouvons
travailler dans ce type d’ambiance. Je vais utiliser un exemple que je
connais très bien, celui du Conseil tribal de Nuu-chah-nulth. Il y a
une organisation, la Nuu-chah-nulth Economic Development
Corporation, qui finance le développement des entreprises des
membres, qu’ils vivent ou non dans une réserve. Elle fournit
également des services infirmiers, des services de counselling et des
services de protection de l’enfance aux membres, peu importe, ici
aussi, qu’ils vivent ou non dans une réserve.
I just spoke to the Native courtworker in Port Alberni the
other day. We find that where you have this integrated service by
an organization it works much better for the rest of us in the other
areas of providing service like the Native courtworkers. We are
able to work with the organizations much more closely and
J’ai discuté, il y a quelques jours seulement, avec le conseiller
parajudiciaire autochtone de Port Alberni. Nous avons constaté
que, lorsqu’une organisation offre un service intégré de ce type, cela
fonctionne beaucoup mieux dans les autres secteurs de service, par
exemple pour les conseillers parajudiciaires autochtones. Nous
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Droits de la personne
22:47
provide much better service to them. We applaud those
organizations that do reach out and set up services for members
on and off reserve. We think it works very well and it helps the
Native courtworkers in providing our services as well too.
arrivons à travailler en bien plus étroite collaboration avec ces
organisations et à leur fournir un bien meilleur service. Nous
félicitons ces organisations, qui font de la sensibilisation et mettent
en œuvre divers services pour les membres qui vivent dans les
réserves ou à l’extérieur de celles-ci. Nous pensons que cela
fonctionne très bien et que cela aide également les conseillers
judiciaires autochtones à fournir leurs services.
You probably have the gist of my comments already. I have
concentrated most on Aboriginal youth. If I had to sum up I
would ask this committee to take a special look at the unique
position faced by Aboriginal youth in the urban setting in this
country. The statistics provide Canada with a great challenge. It is
one that Canada certainly must meet in the future. If it does not, I
suggest it is going to inherit the same mess that it inherited after
the residential school debacle in the early part of the last century.
It is a challenge that Canada has to face. I am confident it is a
challenge that Canada can meet.
Vous avez probablement déjà compris l’essentiel de mes
commentaires. Je me suis attaché en particulier aux jeunes
Autochtones. Si je devais résumer cela en un mot, je demanderais
à votre comité de réfléchir à la situation particulière des jeunes
Autochtones du Canada qui vivent en milieu urbain. Les
statistiques représentent pour le Canada un défi énorme. Il est
certain que le Canada devra un jour régler ce problème. S’il ne le fait
pas, je crois qu’il héritera d’une situation aussi catastrophique que
celle qu’on a vue le siècle dernier dans le sillage du fiasco des
pensionnats. C’est un problème que le Canada doit régler. Je suis
convaincu qu’il est capable de le régler.
Thank you very much for listening to me this morning.
Merci beaucoup de m’avoir écouté ce matin.
Senator Brazeau: Thank you for your very well articulated
presentation.
Le sénateur Brazeau : Merci beaucoup de cet exposé très bien
structuré.
Our next witness, last but not least, is Mr. David Eddy who is
with the Vancouver Native Housing Society. Sir, please go ahead.
Notre prochain témoin — le dernier, mais non le moindre —
est M. David Eddy, qui représente la Vancouver Native Housing
Society. Allez-y, s’il vous plaît, monsieur.
David Eddy, Chief Executive Officer, Vancouver Native
Housing Society: I am the CEO of Vancouver Native Housing
Society. Before I go on with my presentation I want to make it
clear that I am not Aboriginal and I do not pretend to speak for
the Aboriginal people. I am a housing guy and I am going to
speak on housing, before I do that I want to ask the permission of
my colleagues who are here and particularly of Elder Marjorie
White if they are okay with my doing that.
David Eddy, directeur, Vancouver Native Housing Society : Je
suis le président-directeur général de la Vancouver Native
Housing Society. Avant de commencer mon exposé, j’aimerais
qu’il soit clair que je ne suis pas autochtone et que je ne prétends
pas parler au nom des Autochtones. Je m’intéresse au logement et
je vais parler du logement. Mais avant de commencer, je vais
demander à mes collègues ici présents, et en particulier à l’Aînée
Marjorie White, s’ils me donnent la permission de faire cela.
Thanks to Marjorie and to all my friends and colleagues in
Metro Vancouver Aboriginal Executive Council.
Merci, Marjorie, et merci aussi à mes amis et collègues du
Metro Vancouver Aboriginal Executive Council.
The Vancouver Native Housing Society was incorporated in
May of 1984. We are a large housing society. We have 17 buildings
with our 18th under construction. We house about 1,500 people.
We have 10 family buildings, one elders building, and six singles
buildings with a seventh singles building under construction. For
the last five years we have concentrated our housing mostly in the
Downtown Eastside. That is partly because it is the only housing
game in town with the provincial government. They focused on
housing the homeless. Family housing has been taken care of not by
new supply but with rent supplements. When I say ‘‘taken care of’’ it
has been minimally been taken care of.
La Vancouver Native Housing Society a été constituée en
personne morale en mai 1984. Nous sommes un organisme
important qui évolue dans le domaine du logement. Nous
possédons 17 immeubles, et un 18e est en construction. Nous
logeons environ 1 500 personnes. Nous possédons dix immeubles
accueillant des familles, un immeuble qui accueille des personnes
âgées et six immeubles — bientôt sept — destinés aux personnes
seules. Au cours des cinq dernières années, nos services de logement
ont été concentrés surtout dans le Downtown Eastside. C’est en
partie parce que c’est le seul secteur de la ville où le gouvernement
provincial soutient des projets relatifs au logement. Ce dernier s’est
attaché à loger les itinérants. Il s’est aussi occupé du logement
familial, non pas en construisant de nouveaux logements, mais en
versant un supplément au loyer. Et quand je dis « il s’est occupé »,
je veux dire qu’il s’en est occupé un minimum.
We have worked in what is known as Canada’s poorest postal
code, which is the Downtown Eastside of Vancouver. In
particular we have recognized, and certainly my board which is
Nous avons travaillé dans le secteur — défini selon le code
postal — reconnu comme étant le plus pauvre du Canada, à
savoir le Downtown Eastside de Vancouver. Nous avons constaté
22:48
Human Rights
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entirely Aboriginal has recognized it, the devastating effects of
things like the residential school system, particularly the
residential school system, and how that trickle-down effect and
multi-generational effect has further marginalized people.
en particulier, et il est certain que mon conseil d’administration
entièrement autochtone l’a constaté, à quel point des choses
comme le système des pensionnats — particulièrement le système
des pensionnats — a eu des effets dévastateurs, comment l’effet de
domino a, au fil des générations, marginalisé encore davantage
les gens.
We have come to recognize that while Aboriginal people have
had their children taken away, have had their culture taken away,
have had their regalia taken away, have had their language taken
away and to a great extent their dignity, what could not be taken
away is that innate creativity and ability to put forward ideas and
representations of themselves through art. Through that we have
developed a new theme of community building through the
transformative power of art. Our latest project in recognizing that
is a spectacular building in Downtown Vancouver, the only
longhouse in Vancouver with a 40-foot pole on the top and
stainless steel house panels.
Nous en sommes venus à reconnaître que, même si on a
arraché aux Autochtones leurs enfants, même si on les a privés de
leur culture, de leur costume traditionnel, de leur langue et, dans
une grande mesure, de leur dignité, on n’a pas réussi à leur enlever
cette créativité innée et cette capacité de formuler des idées et de
représentation d’eux-mêmes par le truchement de l’art. C’est à la
lumière de ce constat que nous avons adopté le nouveau thème du
renforcement de la collectivité grâce au pouvoir transformateur de
l’art. Notre dernier projet visant à mettre cela en relief est un
édifice spectaculaire, situé dans le centre-ville de Vancouver; c’est
la seule maison longue de Vancouver. Elle a un toit de panneaux
d’acier inoxydable où trône un totem de 40 pieds.
I know you have busy schedules and maybe are moving on to
another city, but I urge all of you to come and visit. We see it as a
beacon to Aboriginal people in the Downtown Eastside and a
reaffirmation of the rebirth that we think is coming through that
transformative power of art.
Je sais que vos journées sont occupées et que vous allez peutêtre vous rendre dans une autre ville, mais j’insiste pour que vous
veniez la visiter. Nous considérons qu’elle est une source
d’inspiration pour les Autochtones vivant dans le Downtown
Eastside et une manière d’affirmer de nouveau la renaissance que
permettra, nous le croyons, le pouvoir transformateur de l’art.
I am past president of Canadian Housing Renewal Association
and a former executive board member of B.C. Non-Profit
Housing Association. I am also on the Mayvec Committee in
Vancouver. We recognize that since 1993 when the federal
government effectively got out of the provision of new housing
programs we have been on a downhill slide. From the mid-1970s
to the mid-1990s Canada was recognized as a leader in the
Western world for providing safe and affordable housing for
people. With the creation of the urban Aboriginal housing
program through CMHC it also provided a lot of benefit and a
lot of units to people in need. Those days are over, at least
presently. We think it is to the great shame of the federal
government that is the case.
J’ai déjà été président de l’Association canadienne d’habitation et
de rénovation urbaine, et j’ai aussi siégé au conseil d’administration
de la B.C. Non-Profit Housing Association. Je fais également partie
du comité Mayvec de Vancouver. Nous reconnaissons que,
depuis 1993, lorsque le gouvernement fédéral a essentiellement
cessé de mettre en œuvre des programmes de construction de
nouveaux logements, nous sommes sur une pente descendante.
De 1975 à 1995 environ, le Canada était reconnu dans le monde
occidental comme un chef de file au chapitre de la fourniture de
logements sûrs et abordables. La mise en œuvre du programme de
logements pour les Autochtones vivant en milieu urbain par la
SCHL a également porté fruit et permis à de nombreuses personnes
dans le besoin d’avoir accès à une unité. Cette époque est révolue,
du moins pour le moment. Nous pensons que c’est la faute du
gouvernement fédéral et qu’il devrait avoir honte.
There are projects now coming to what we call the end of the
operating agreement, so there will be no more subsidy provided to
those projects. Currently about $2 billion is spent federally to
provide subsidy for housing but gradually that is being eroded by
the fact that those operating agreements are expiring and no new
money is forecast for those units.
Certains projets arrivent maintenant à ce que nous appelons la
fin de l’entente opérationnelle, et ils ne recevront donc plus de
subventions. À l’heure actuelle, le gouvernement fédéral verse
quelque deux milliards de dollars de subventions pour le
logement, mais ces subventions disparaissent peu à peu, car les
ententes opérationnelles arrivent à échéance, et aucun nouveau
financement n’est prévu pour ces unités.
In contrast, the provincial government has agreed to continue
to supporting those projects at their 50 per cent level and is
asking the federal government to do the same but so far that has
fallen on deaf ears.
Par contre, le gouvernement provincial a accepté de continuer
à soutenir ces projets à hauteur de 50 p. 100, comme il se doit, et il
demande au gouvernement fédéral de faire la même chose;
jusqu’ici, ce dernier fait la sourde oreille.
I want to talk a bit about the banner to my right. It is one that
we created for the Olympics. We were part of the Downtown
Eastside Connect which spoke about housing. Here are some of
J’aimerais parler un peu de la bannière que vous voyez à ma
droite. Elle a été conçue pour les Jeux olympiques. Nous avons
participé à l’initiative Downtown Eastside Connect, centre
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Droits de la personne
22:49
the facts. Vancouver has the dubious distinction of being one of
the third most expensive cities in the world in which to live, the
third least affordable. We have a graphic of the housing
continuum that we created to try to illustrate what the situation
is. You will see it has a bit of a nautical theme.
d’information au sujet du logement. Je vais vous présenter
quelques faits. Vancouver a malheureusement l’honneur d’arriver
au troisième rang des villes du monde où le coût de la vie est le
plus élevé. Nous avons élaboré un graphique du continuum du
logement pour essayer d’illustrer la situation. Vous y verrez en
quelque sorte un thème nautique.
In the beginning we have homelessness and we support the end
of homelessness through three SRO hotels. We have subsidized
housing of which we have 12 buildings and then we have
affordable home ownership, which is where we would like to go
but we have not been able to create any projects yet. That is next
on our list. We have this housing continuum, for example, where
we move people from the SRO hotels, which are for the most part
marginalized and need the most support, until they are stabilized.
We then have the ability to move them through to less supported
housing and open the door for others who are more marginalized
to go in their place.
Il y a, pour commencer, l’itinérance. Nous tentons de mettre fin
à l’itinérance grâce à des hôtels composés de chambres pour
personnes seules. Nous avons ensuite le logement subventionné;
nous avons douze immeubles. Nous avons ensuite l’accession à la
propriété abordable; c’est un projet que nous aimerions
poursuivre, mais nous avons été incapables jusqu’ici d’en mettre
un en œuvre. C’est notre prochain objectif. Nous avons donc ce
continuum du logement qui consiste, par exemple, à appuyer les
personnes qui quittent les hôtels pour personnes seules, qui sont
pour la plupart marginalisées et qui ont le plus besoin de soutien,
jusqu’à ce qu’elles soient stabilisées. Nous pouvons ensuite les
installer dans des logements où il y a moins de soutien et faire
ainsi de la place pour d’autres personnes marginalisées.
We talk about Metro Vancouver having a shortage
of 30,000 rental units increasing by 3,500 a year. We also have
some urban Aboriginal facts, many of which have been stated
prior by my colleagues. Aboriginal people make up 2 per cent of
the Metro Vancouver population but over 30 per cent of the
homeless. Aboriginal children have twice the poverty rate at
40 per cent of non-Aboriginal children. The completion rate for
Aboriginal students in high school is 31 per cent. The norm is
82 per cent. Aboriginal youth are nine times more likely to end up
in jail and tragically six times more likely to commit suicide.
Nous avons expliqué qu’il manque dans le Grand Vancouver
30 000 unités de logement locatif et que ce nombre augmente de
3 500 par année. Je peux aussi vous exposer certains faits
concernant les Autochtones vivant en milieu urbain, mais mes
collègues en ont déjà exposé un bon nombre. Les Autochtones
comptent pour 2 p. 100 de la population du Grand Vancouver,
mais pour 30 p. 100 de la population des sans-abri. Les enfants
autochtones affichent un taux de pauvreté de 40 p. 100, soit un
taux correspondant au double de celui pour les enfants non
autochtones. Si 31 p. 100 des Autochtones terminent leurs études
secondaires, la norme est de 82 p. 100. Les jeunes Autochtones
sont neuf fois plus susceptibles d’être emprisonnés et, statistique
tragique, six fois plus susceptibles de se suicider.
Almost one-third of Aboriginals living off reserve are in core
housing need compared to 15.8 per cent of non-Aboriginal
households. Aboriginal people living off reserve are three times
more likely to live in unacceptable dwellings than non-Aboriginal
people. Research indicates that the next wave of homelessness will
be Aboriginal elders.
Près du tiers des Autochtones vivant à l’extérieur des réserves ont
des besoins impérieux en matière de logement, comparativement à
15,8 p. 100 des ménages non autochtones. Les Autochtones vivant
à l’extérieur des réserves sont trois fois plus susceptibles que les nonAutochtones de vivre dans des lieux où les conditions sont
inacceptables. Les recherches indiquent que la prochaine vague
d’itinérants sera composée d’Autochtones âgés.
I will end my presentation there because a lot of what I said or
had to say about housing Ken Clement and some of the others
dealt with. I want to give people on this panel and also in the
audience more time to respond to questions.
Je vais terminer ici mon exposé, car une bonne partie des
thèmes que je voulais aborder ou que j’ai abordés au sujet du
logement ont déjà été abordés par Ken Clement et quelques
autres. J’aimerais laisser aux témoins et aux membres du public ici
présents le temps de répondre à des questions.
Thank you very much for asking me to attend.
The Chair: I have a few questions but before asking them, I
have worked with you and the Native courtworkers program.
I heard what you say. I thought we had made some steps forward
but we have not. We have a lot of work to do and it was good to
be reminded.
Merci beaucoup de m’avoir invité.
La présidente : J’ai quelques questions à poser, mais d’abord...
J’ai travaillé avec vous et avec le programme des conseillers
parajudiciaires autochtones. J’ai entendu ce que vous avez dit. Je
pensais que nous avions fait quelques progrès, mais ce n’est pas le
cas. Nous avons beaucoup de travail à faire, et il est bien qu’on
nous le rappelle.
22:50
Human Rights
23-11-2012
Ms. Cowan, you mentioned the best interest of the child is the
test Canadian courts use in matters relating to children. What
would the best interests of the child look like if the child’s
Aboriginal culture were fully considered? I do not want to put you
on the spot. You may want to reflect on it and send us something
in writing.
Madame Cowan, vous avez dit que l’intérêt supérieur de l’enfant
est le critère qu’utilisent les tribunaux canadiens dans les affaires
liées à des enfants. De quelle manière se présenterait l’intérêt
supérieur de l’enfant si on tenait compte pleinement de la culture
autochtone de cet enfant? C’est une question difficile, je sais. Vous
pouvez prendre le temps d’y réfléchir et nous répondre par écrit.
Ms. Cowan: I think that would probably be best, to take it back
and reflect on it because that is a pretty extensive question to ask.
Mme Cowan : Je crois qu’il serait probablement préférable de
prendre le temps d’y réfléchir, car c’est une question à laquelle on
ne peut pas répondre en quelques mots.
The Chair: It is. If you feel comfortable that you could put
something in writing, that would be helpful.
La présidente : En effet. Si vous vous sentez à l’aise de répondre
par écrit, cela nous serait utile.
Ms. Cowan: Sure.
Mme Cowan : Bien sûr.
The Chair: Mr. Braker, you asked that the committee take a
special look at the Aboriginal youth in the urban setting. Does
this mean in your view focusing on education, prevention and
diversion? How could the government best serve off-reserve First
Nations youth to reduce the number that you and your
organization see in the court system?
La présidente : Monsieur Braker, vous avez demandé au comité
de porter une attention particulière aux jeunes Autochtones
vivant en milieu urbain. Vouliez-vous dire qu’il faut s’attacher à
l’éducation, à la prévention et à la déjudiciarisation? Quels
seraient les meilleurs services que le gouvernement pourrait offrir
aux jeunes Autochtones vivant à l’extérieur des réserves s’il
voulait réduire leur nombre dans le système judiciaire, trop élevé
selon vous et votre organisation?
Mr. Braker: That is going to take a multi-pronged approach. I
suggest it would be frustrating and misdirected to only focus on
one part of the problem. My friend, speaking for the housing issue
a minute ago, referred to the high suicide rate, the high
incarceration rate and the high dropout rate. All of these have
to be attacked if you are going to try to do something that is going
to work. My focus would be on Aboriginal families. I would
provide many more services to Aboriginal families in the urban
setting than exists now.
M. Braker : Il faudrait pour cela adopter une approche à
plusieurs volets. Je crois qu’il serait frustrant et vain de ne
s’attacher qu’à un aspect du problème. Mon ami, qui parlait il y a
une minute de la question du logement, a évoqué le taux de
suicide élevé, le taux d’incarcération élevé et le taux de décrochage
scolaire élevé. Si vous voulez faire quelque chose et espérer que
cela fonctionne, vous devez attaquer sur tous les fronts. Je
mettrais l’accent sur les familles autochtones. Je fournirais aux
familles autochtones vivant en milieu urbain beaucoup plus de
services qu’il n’en existe à l’heure actuelle.
The Chair: You are so much involved in the court system and
have been involved for so many years. Do you see Gladue being
applied and are you being asked to make any reports on Gladue?
La présidente : Vous êtes vraiment présents dans le système de
justice et cela, depuis de très nombreuses années. Considérez-vous
qu’on utilise l’arrêt Gladue? Vous demande-t-on de présenter des
rapports Gladue?
Mr. Braker: Native courtworkers do not provide reports on
Gladue. As you may be aware in British Columbia there are two
what have been euphemistically called Aboriginal courts. Judge
Marion Buller of the Provincial Court of British Columbia started
one in New Westminster several years ago and another has recently
started in North Vancouver. There are calls for others in Prince
George and Kamloops and we may see other courts develop.
M. Braker : Les conseillers parajudiciaires autochtones n’ont
pas à présenter des rapports Gladue. Comme vous le savez
sûrement, il existe en Colombie-Britannique deux entités que l’on
a appelées par euphémisme des tribunaux autochtones. La juge
Marion Buller de la Cour provinciale de la Colombie-Britannique
en a mis un sur pied à New Westminster il y a plusieurs années, et
une autre vient de voir le jour à North Vancouver. On demande
d’en créer d’autres à Prince George et à Kamloops, et nous
pourrions bientôt voir ce souhait se réaliser.
These are sentencing courts. They are not trial courts. They are
courts where the person is either decided or been found guilty.
The court then takes the directive of Parliament and of the
Supreme Court of Canada to look at the unique circumstances of
Aboriginal people. There has been a bit of a myth generated in the
media in part and among the population in British Columbia that
somehow Aboriginal people are getting off easy, that they are not
going to prison whereas somebody else would go to prison if they
were not Aboriginal. That of course is not true.
Ces tribunaux sont chargés de déterminer la peine. Il ne s’agit pas
de tribunaux de première instance. Il s’agit de tribunaux où une
personne est soit acquittée, soit déclarée coupable. Le tribunal doit
ensuite suivre les instructions du Parlement ou de la Cour suprême
du Canada et envisager la situation particulière des Autochtones. Il
existe un mythe, créé par les médias ou par la population de la
Colombie-Britannique, selon lequel les Autochtones s’en tirent
facilement et ne sont pas emprisonnés alors qu’ils le seraient s’ils
n’étaient pas Autochtones. Cela est évidemment faux.
23-11-2012
Droits de la personne
22:51
In any jurisdiction in this province when someone is sentenced,
whether Aboriginal or not, the court takes into account all of the
circumstances of their background. Where Aboriginal people are
a bit different is the court will take into account the collective
experiences of the people as well, not just the individual. So the
residential school becomes a part of the court’s consideration.
Efforts to suppress language and removal of children also become
factors for the court.
Dans tous les cas, en Colombie-Britannique, lorsqu’une personne
reçoit une peine, qu’elle soit autochtone ou non, le tribunal tient
compte de l’ensemble de sa situation et de ses antécédents. Ce qui
est légèrement différent, dans le cas des Autochtones, c’est que le
tribunal tiendra compte de l’expérience collective du peuple, non
pas seulement l’expérience de la personne. Le tribunal tient donc
compte, par exemple, de l’expérience des pensionnats. Pour le
tribunal, les efforts visant à leur faire abandonner leur langue et le
retrait de leurs enfants sont également des facteurs.
Yes, the pattern of application in British Columbia in the
courtworkers’ experience is very different. In Ontario and in
Manitoba you find widespread use, almost universal, of the
principles of Gladue in sentencing. In British Columbia, not so. It
is very much a checkerboard approach. It varies from one court to
the other very much.
Oui, selon l’expérience des conseillers parajudiciaires, le mode
d’application est très différent en Colombie-Britannique. Les
principes de l’arrêt Gladue sont presque toujours appliqués dans
la détermination de la peine, en Ontario et au Manitoba. Ce n’est
pas ainsi que cela se passe en Colombie-Britannique. L’approche
est plus morcelée. Elle varie beaucoup d’un tribunal à un autre.
The Chair: Mr. Eddy, I have a question of you but before I as
it, do you have a smaller version of that chart?
La présidente : Monsieur Eddy, j’ai une question à vous poser,
mais j’aimerais d’abord savoir si vous n’auriez pas une version
plus petite de ce graphique?
Mr. Eddy: I have an electronic version I can send to you.
M. Eddy : J’en ai une version électronique, je peux vous l’envoyer.
The Chair: Please send that to Mr. Charbonneau so we can
attach it as part of our transcript. Thank you very much.
La présidente : Veuillez l’envoyer à M. Charbonneau pour que
nous puissions la joindre à notre transcription. Merci beaucoup.
My question to you is that all of us who live in Vancouver
know the extreme shortage of housing, especially affordable
housing. From time to time the city makes an effort to provide
some housing. It has built some housing around this area. Is there
a percentage set aside for Aboriginal people?
Ma question est la suivante : tous ceux qui comme nous vivent
à Vancouver savent à quel point il manque de logements, en
particulier de logements abordables. La Ville essaie de temps à
autre de fournir quelques logements. Elle a construit quelques
logements autour d’ici. Y a-t-il un pourcentage de ces logements
qui sont réservés aux Autochtones?
Mr. Eddy: The city provides the land typically, not the housing
and the financing for that comes from the City of Vancouver. The
city usually gives you a 60-year lease.
M. Eddy : En général, la Ville fournit le terrain, pas le
logement; c’est la Ville de Vancouver qui finance cela. La Ville
accorde habituellement un bail de 60 ans.
They have been engaging with Metro Vancouver Aboriginal
Executive Committee on a number of urban Aboriginal issues.
There is yet not a specific number that I can recall. Maybe Ken
Clement can correct me on that, but I think they recognize the need
and as much as they can want to support the need to do something
about it. Where it falls down is with the federal government.
La Ville travaille de concert avec le Metro Vancouver
Aboriginal Executive Committee sur un certain nombre
d’enjeux concernant les Autochtones en milieu urbain. Je ne
saurais pour le moment vous donner un chiffre exact. Peut-être
que Ken Clement corrigera ce que je dis, mais je crois que la Ville
a reconnu que le besoin existe et veut dans la mesure du possible
fournir de l’aide pour que quelque chose soit fait. La pierre
d’achoppement, c’est le gouvernement fédéral.
Mr. Braker hit the nail on the head when he talked about not
enough family housing. Our last family housing CMHC project was
completed in 1994. Our last two projects, one we just completed in
June of this year and the other will be completed in 2014, are
funded for the most part provincially. There is tremendous need for
the federal government to get back into the provision of housing
programs and the creation of new housing stock in particular for
families.
M. Braker a touché un point crucial lorsqu’il a dit qu’il
n’existait pas suffisamment de logements pour les familles. Le
dernier projet de logements pour les familles de la SCHL a pris fin
en 1994. Nos deux plus récents projets — dont un qui vient de se
terminer, en juin, et l’autre le sera en 2014 — ont été financés en
plus grande partie par la province. Il est plus que temps que le
gouvernement fédéral recommence à mettre en œuvre des
programmes de logement et qu’il crée de nouveaux parcs de
logements, pour les familles, en particulier.
We do not just build housing. We build communities. The
provision of rent supplements is a tool in the toolbox, but it does
not create that community. It puts people into market housing
Nous ne faisons pas que construire des logements. Nous
bâtissons des collectivités. Le versement de suppléments au
logement est un des outils de la trousse d’outils, mais cela ne
22:52
Human Rights
23-11-2012
which is maybe not as forgiving, not as empathetic or not as
understanding of the plight of poor marginalized people,
particularly Aboriginal people.
permet pas de bâtir une collectivité. Cela fait en sorte que les gens se
retrouvent sur un marché du logement qui n’est peut-être pas aussi
tolérant, aussi empathique ou aussi compréhensif à l’égard du sort
des gens pauvres et marginalisés, en particulier les Autochtones.
Senator Brazeau: I have a question for Mr. Braker. Obviously
when we talk about the non-Aboriginal population they have a
right if they so choose to access the justice system. When talking
about First Nations people, first, do you believe that they have
the same access to the justice system as other Canadians and,
second, in your experience and your work have you seen perhaps
First Nations people go the easy route in the criminal system and
just plead guilty because they do not have that same access and
just give up?
Le sénateur Brazeau : J’ai une question à poser à M. Braker. De
toute évidence, quand nous parlons des non-Autochtones, nous
savons qu’ils ont le droit, s’ils le veulent, de faire appel au système
de justice. Quand nous parlons des Premières nations, pour
commencer, croyez-vous qu’elles ont le même accès au système de
justice que les autres Canadiens et, en second lieu, selon votre
expérience et votre travail, auriez-vous vu que des Autochtones
prennent la voie de la facilité, dans le système criminel, et décident
de plaider coupable tout simplement parce que l’accès n’est pas le
même et qu’ils baissent tout simplement les bras?
Mr. Braker: The answer to that is going to in part depend on
what is meant by access so I am going to give you my definition,
which is the ability to utilize the system.
M. Braker : La réponse à cette question est liée d’une part à ce
qu’on entend par « accès », et c’est pourquoi je vais vous donner
ma définition, qui est la capacité de recourir au système.
There are several reasons why my answer is no, Aboriginal
people do not have the same access to the system. One is rooted in
their misunderstanding and misapprehension of the system. It
goes without saying probably for me to tell you that for almost all
the Aboriginal cultures in British Columbia that I am well aware
of there is no concept of guilt. The concept of guilt comes from
European values, not Aboriginal, and so you do not find the
world guilty in most of the Aboriginal languages that I am aware
of in British Columbia.
Ma réponse est non. Les Autochtones n’ont pas le même accès
au système, et il y a plusieurs raisons à cela. L’une est liée au fait
qu’ils ne comprennent pas le système et qu’ils se méprennent à son
égard. Il va sans dire que je n’ai probablement pas besoin de vous
expliquer que, dans presque toutes les cultures autochtones de la
Colombie-Britannique que je connais, la notion de culpabilité
n’existe pas. La notion de culpabilité fait partie des valeurs
européennes, pas des valeurs autochtones, et dans la plupart des
langues autochtones de la Colombie-Britannique que je connais,
le mot « coupable » n’existe pas.
These fundamental misunderstandings between Aboriginal
people and the non-Aboriginal justice system inhibits their
access to it by simply not having an understanding of something.
Cette méprise fondamentale des Autochtones au sujet du système
de justice non autochtone constitue un obstacle à l’accès de ces
derniers, puisqu’il y a quelque chose qu’ils ne comprennent pas.
In addition, Aboriginal people find the justice system in British
Columbia to be foreign. When you appear in a court in almost
every one of the small towns and large cities in British Columbia,
Aboriginal people appearing before the court will first go to the
Native courtworker. They do not go to the lawyers. They do not go
to Legal Aid. They do not call the bridging number that Legal Aid
has, the 1-800 number. Aboriginal people shy away from those.
They immediately seek out the Native courtworker. Why? I suggest
to you it is because they are Aboriginal. They identify with them far
more closely than they do with the other players in the system.
En outre, les Autochtones considèrent que le système de justice
de la Colombie-Britannique est étranger. Un Autochtone qui doit
comparaître devant un tribunal, peu importe qu’il s’agisse d’une
petite ville ou d’une grande agglomération de la ColombieBritannique, va d’abord communiquer avec le conseiller
parajudiciaire autochtone. Il ne va pas s’adresser aux avocats. Il
ne va pas s’adresser à l’aide juridique. Il ne va pas téléphoner au
service de liaison de l’aide juridique, le numéro sans frais. Les
Autochtones se tiennent loin de tout cela. Ils vont immédiatement
chercher le conseiller parajudiciaire autochtone. Pourquoi? Je
vous dirais que c’est parce qu’il est autochtone. Ils s’identifient
beaucoup plus à lui qu’à tout autre intervenant du système.
Aboriginal people see the justice system as foreign. For those
living on reserve, of course, the justice system is very far away.
For some Aboriginal people particularly in remote areas of the
coast of British Columbia and the North going to court requires
several days of travel, so they will not be able to access the justice
system at all.
Les Autochtones considèrent le système judiciaire comme un
mécanisme étranger. Les Autochtones qui vivent dans une réserve
estiment bien sûr que le système de justice est très éloigné. Pour
certains Autochtones, en particulier ceux qui vivent dans des
régions isolées de la côte ou du nord de la Colombie-Britannique,
il faut plusieurs jours pour se rendre devant un tribunal, alors on
peut dire qu’ils n’ont pas du tout accès au système de justice.
Before I finish your question, I wanted to remind the
committee of something in answer to Senator Jaffer’s question
earlier about the Pendaker report. I hope you do not mind if I use
a second to do that. Professor Pendaker did some very interesting
Avant de mettre un point final à ma réponse, j’aimerais rappeler
aux membres du comité la réponse qui a été donnée au sénateur
Jaffer, un peu plus tôt, au sujet du rapport Pendaker. J’espère que
vous ne m’en voudrez pas de prendre quelques secondes pour vous
23-11-2012
Droits de la personne
22:53
studies in British Columbia. This is in answer to your question
about what the government can do and in part in answer to
Senator Brazeau’s question about the relationship to the justice
system. He looked at the populations in British Columbia, the
Aboriginal populations, and he found and was able to show in his
report that where the community has a strong language retention
program, a strong cultural program and a strong traditional
Aboriginal family values program the suicide rate among youth,
the incarceration rate among youth and the school dropout rate
among youth is dramatically lower. I suggest to you there is an
answer in there somewhere.
parler de cela. M. Pendaker a mené des études très intéressantes en
Colombie-Britannique. Je dis cela en réponse à votre question sur ce
que le gouvernement pouvait faire et aussi en partie pour répondre à
la question du sénateur Brazeau au sujet des relations avec le
système de justice. M. Pendaker a étudié les populations de la
Colombie-Britannique, les populations autochtones, et il a constaté,
comme il a pu le montrer dans son rapport, que dans les collectivités
où il existait des programmes solides visant la conservation de la
langue, la culture et le maintien des valeurs familiales autochtones
traditionnelles, le taux de suicide chez les jeunes, le taux
d’incarcération chez les jeunes et le taux de décrochage scolaire
chez les jeunes étaient beaucoup moins élevés. Je crois que cela peut
répondre à vos questions.
Senator Harb: Thank you very much for your presentation. It
is very complementary to the panel before us in particular when
we are dealing with housing, the justice system and how youth are
faced with the dilemma of trying to make a good future for
themselves but not being able to have the necessary support that
goes along with it.
Le sénateur Harb : Merci beaucoup de votre exposé. Il offre un
complément utile à la séance précédente, en particulier sur les
questions du logement, du système de justice et des difficultés des
jeunes, qui essaient de s’assurer un avenir meilleur, mais n’ont pas
le soutien nécessaire.
I guess my question to you is dealing with a specific
recommendation you will give us in order to deal with some of the
issues that you are struggling with as it relates to the justice system.
J’imagine que ma question vise à savoir quelles sont vos
recommandations pour régler les problèmes auxquels vous faites
face en ce qui concerne le système judiciaire.
Mr. Braker: I did not hear a name to the question but I am
going to take the bull by the horns if that is okay.
M. Braker : Je n’ai pas entendu de nom dans la question, mais
je vais prendre le taureau par les cornes, si cela vous va.
Senator Harb: Sure.
Le sénateur Harb : Bien sûr.
Mr. Braker: As I had mentioned earlier from viewpoint of the
Native Courtworker and Counselling Association the
concentration must be on youth and families if we are to
achieve anything by looking at a long-term goal of reducing the
figures because there is not going to be an improvement today,
there is not going to be one tomorrow and I rather doubt there is
going to be one next year. We have to take a long-term view.
Otherwise all we are going to be doing is providing band-aids.
Short-term programs, short-term attempts, apply band-aids. They
apply something that I suggest to you is destined to fail.
M. Braker : Comme je l’ai mentionné plus tôt, aux yeux de la
Native Courtworker and Counselling Association, il faut mettre
l’accent sur les jeunes et les familles si nous voulons à long terme
réduire les taux actuels, car les améliorations ne seront ni pour
aujourd’hui ni pour demain, et je doute qu’il y en ait l’année
prochaine. Il nous faut une vision à long terme. Sinon, tout ce que
nous allons faire, c’est fournir des solutions qui n’ont un effet qu’à
court terme. Les programmes à court terme et les tentatives à
court terme n’apportent que des solutions temporaires. Ils
procurent quelque chose qui, à mon avis, est voué à l’échec.
You must take a long-term view if you want to try to address
the problem. It is going to require, first, programs for youth in the
areas that we have already highlighted: keeping them in school
and getting them a good education. Second, with language and
culture retention it has been shown by studies that there is a direct
correlation between strong language, strong cultures and strong
traditional Aboriginal family values programs and improved rates
for suicide, incarceration and staying in school. If we can foster
those in the long term I think that will have a far more profound
effect on Aboriginal people than anything else. Third is a program
for Aboriginal families. They are going to complement each other
and I would strongly urge the government to take a look at those.
Vous devez avoir une vision à long terme si vous voulez tenter de
régler le problème. Il faudra, tout d’abord, des programmes axés sur
les jeunes dans les domaines que nous avons déjà mis en lumière : il
faut s’assurer qu’ils restent aux études et qu’ils reçoivent une bonne
éducation. Ensuite, des études montrent qu’il y a une corrélation
directe entre des programmes solides axés sur la langue, la culture et
les valeurs familiales autochtones traditionnelles et la réduction des
taux de suicide, d’incarcération et de décrochage scolaire. Si nous
pouvons contribuer à ces programmes à long terme, j’estime qu’il y
aura des répercussions beaucoup plus importantes sur les
Autochtones que n’importe quoi d’autre. Enfin, il faut un
programme axé sur les familles autochtones. Tous ces
programmes se complèteront, et je demande instamment au
gouvernement de songer à les créer.
Senator Harb: I am not making a comparison here at all, but it
strikes me odd, for example, that when a family migrating to
Canada from another nation arrives here there is what we call in
the family class process a sponsor who would be the family
Le sénateur Harb : Je ne suis pas du tout en train de faire une
comparaison, mais, ce que je trouve étrange, c’est que, par
exemple, lorsqu’une famille d’un autre pays immigre au Canada,
il y a ce qu’on appelle, dans le cadre du processus lié au
22:54
Human Rights
23-11-2012
member in Canada. For a period of up to about 10 years it is the
sponsor’s responsibility to ensure the well-being of this migrant
who is coming from another nation, not from within Canada.
regroupement familial, un membre de la famille au Canada qui
agit à titre de répondant. Pour une période allant jusqu’à environ
dix ans, il incombe au répondant d’assurer le bien-être de
l’immigrant en question qui arrive d’un autre pays.
It strikes me what is really missing is that when we have
migration within Canada and people who are coming, for
example, from a community on reserve and moving to off
reserve the federal government that is supposed to be the sponsor
is not there. It is missing in action. Based on the statistics that you
have given us many of these individuals have specific needs in
terms of health, in terms of education, in terms of their ability to
fit in socioeconomically, in terms of their ability to work and so
on. That sponsor is missing
La lacune qui saute aux yeux, selon moi, c’est que, lorsqu’il y a
migration à l’intérieur du pays et que des gens passent, par
exemple, d’une réserve à une localité en dehors des réserves, le
gouvernement fédéral — qui est censé être le répondant — est
absent. Il ne fait rien. À la lumière des statistiques que vous nous
avez présentées, un grand nombre de ces personnes ont des
besoins particuliers en matière de santé et d’éducation, ils ont
besoin d’aide pour s’adapter sur le plan socioéconomique, du
marché du travail, et cetera. Le répondant est absent.
Is it your opinion that perhaps what needs to be in place is a
specific strategy at the national level to deal with these specific
needs? It is almost like one would say distinct society but this is
not a distinct society. This is a First Nation society. These are the
people who were here first and we have failed them on the reserve.
It seems to me, at least from all of the different presentations that
we have heard so far, we also are failing them off reserve.
Êtes-vous d’avis qu’il faudrait peut-être mettre en place une
stratégie pancanadienne pour répondre à ces besoins particuliers?
Nous pourrions presque dire qu’il s’agit d’une société distincte,
mais ce n’est pas le cas. Il s’agit des Premières nations. Ce sont les
gens qui se trouvaient ici en premier, et nous les avons
abandonnés dans des réserves. J’ai l’impression — du moins à
la lumière de tous les différents témoignages que nous avons
entendus jusqu’à maintenant —, que nous les avons également
abandonnés à l’extérieur des réserves.
Mr. Eddy: I am guessing that is over to me. Again I agree with
Mr. Braker about long-term strategies. For years we have been
promoting the idea of a national housing strategy. There was a
bill that did not pass the Senate. It looked like it was heading on
an upward trajectory and was going to be passed but then died on
the order paper because of the election. I know it has been
revamped and hopefully we can get support of that bill with an
Aboriginal-specific housing component in it.
M. Eddy : J’imagine que la question m’est adressée. Encore
une fois, je suis d’accord avec M. Braker sur l’adoption de
stratégies à long terme. Depuis des années, nous faisons la
promotion d’une stratégie nationale en matière de logement. Il y a
un projet de loi qui n’a pas été adopté par le Sénat. Le projet de
loi semblait être dans la bonne voie, mais il est mort au Feuilleton
en raison des élections. Je sais qu’il a été remanié, et nous espérons
obtenir du soutien pour y intégrer un volet axé sur des logements
destinés aux Autochtones.
I would urge the panel members here to support that because it
ties in. Housing is the cornerstone of what is needed for people to
have better outcomes, for children to have better outcomes in
school, for people to have less intervention with the criminal
justice system and for those who need support for mental health
or drug and alcohol issues. Living in a community is going to aid
in a much greater way than living in a market housing setting
where those supports are not in place.
J’implore les témoins ici présents de la soutenir, car ce volet est
lié aux autres. Le logement est la pierre angulaire qui permet aux
gens d’obtenir de meilleurs résultats, aux enfants de mieux réussir
à l’école, aux gens d’avoir moins de démêlés avec le système de
justice pénale et à ceux qui en ont besoin d’obtenir le soutien
nécessaire à l’égard de problèmes liés à la santé mentale ou à la
drogue et à l’alcool. La vie en communauté procure une aide
beaucoup plus grande comparativement à la vie dans un logement
du marché, où aucun soutien n’est offert.
If I had one recommendation it would be to urge you to
support that national housing strategy with an Aboriginal-specific
component to it.
Si j’avais une recommandation à formuler, je vous implorerais
d’appuyer l’adoption d’une stratégie nationale en matière de
logement assortie d’un volet propre aux Autochtones.
Senator Harb: So that also should go for a national mental
health strategy and a national education strategy
Le sénateur Harb : Alors, cela devrait également supposer une
stratégie nationale en matière de santé mentale et une stratégie
nationale en matière d’éducation.
Mr. Eddy: Absolutely. It is all tied in.
Senator Harb: What I hear you saying in essence is that what is
required is a specific strategy for First Nation off reserve in
Canada which is missing. That particular strategy would need to
have different legs to it in housing because this is fundamentally
M. Eddy : Tout à fait. Tout est lié.
Le sénateur Harb : Ce que vous dites, essentiellement, c’est qu’il
est nécessaire d’adopter une stratégie propre aux membres des
Premières nations qui vivent à l’extérieur des réserves, car il n’y en a
pas. Il faudrait que cette stratégie particulière ait différentes
23-11-2012
Droits de la personne
important. Health care of course is important. Mental health is
also important. Education is also important, and so on. Is that
what I hear you saying?
Mr. Eddy: That is what you heard, and thanks for articulating
that.
22:55
composantes au chapitre du logement, car c’est fondamentalement
important. Les soins de santé sont évidemment un volet important.
La santé mentale est également un volet important. L’éducation en
est un autre, et cetera. C’est bien ce que vous dites?
M. Eddy : Oui, et je vous remercie de l’avoir précisé.
Mr. Nelson: Thank you, Madam Chair and committee
members. My passion comes from the world of sport,
recreation and physical activity. As soon as I heard some of
these issues that have been cited very eloquently here, I then went
to the world of prevention for sport, recreation and physical
activity to be expressed. I guess in the past 20 years I have come to
understand the international, national, provincial and local sport
world, the North American Indigenous Games being the big one.
M. Nelson : Madame la présidente, mesdames et messieurs,
merci. Ma passion est inspirée du monde du sport, des loisirs et de
l’activité physique. Dès que j’ai entendu parler des problèmes qui
ont été soulevés très éloquemment aujourd’hui, j’ai songé aux
effets préventifs du sport, des loisirs et de l’activité physique. Je
crois que, au cours des 20 dernières années, j’en suis venu à
comprendre le monde du sport international, national, provincial
et local, et les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord comptent
parmi les grands événements.
I find that in many forums that subject area is not called to the
table. So my question to the committee here: Is there an opportunity
for the sport world to come to the table to express its perspectives? It
directly links up with all we have been talking about.
Je constate que, dans le cadre de nombreux forums, ce sujet
n’est jamais évoqué. Alors, ma question est la suivante : un
représentant du monde du sport aurait-il l’occasion de témoigner
devant vous et d’exprimer son point de vue? C’est un domaine qui
a une incidence directe sur tout ce qui a été abordé.
I do not know what the trail has been coming across Canada as
far as who has come to the table and I do not know what the
opportunities are regarding continued voices coming to the table,
but I certainly would like to encourage the commission to
consider the voice of the sport, recreation and physical activity
world. Thank you.
J’ignore d’où viennent les gens qui témoignent ni qui ils sont, et
j’ignore quelles sont les occasions offertes aux gens qui veulent
témoigner, mais j’aimerais certainement vous encourager à
envisager la possibilité d’accueillir un représentant du monde du
sport, des loisirs et de l’activité physique. Merci.
Senator Brazeau: Thank you very much for that. Obviously we
have just begun this study. There are ample opportunities for
many organizations, individuals and/or whoever wants to appear
before this committee. As I have said time and again, we do have
time constraints but anybody, whether they appear before us or
not, has the opportunity to submit a written brief with
recommendations on how we should move forward and in turn
make our own recommendations. Thank you for that.
Le sénateur Brazeau : Merci beaucoup. Évidemment, nous
venons d’entamer l’étude. Il y a énormément d’occasions offertes
à un grand nombre d’organismes et de personnes et à toute
personne qui voudrait témoigner devant nous. Comme je l’ai déjà
dit, nous avons des contraintes de temps, mais n’importe qui — que
la personne témoigne devant nous ou non — a la possibilité de
présenter, par écrit, un mémoire et des recommandations
concernant la façon dont nous devrions procéder et sur les
recommandations que nous devrions formuler à notre tour. Merci.
At this point I will turn it over to Senator Harb to introduce a
motion for the inclusion of the documents.
Je vais maintenant donner la parole au sénateur Harb pour
qu’il présente une motion concernant l’intégration des documents.
Senator Harb: I would like to propose a motion that the urban
Aboriginal facts as are included in this wonderful display be
incorporated as part of the proceeding, as well as that all the
different presentations that were given in writing to the clerk of the
committee be included and incorporated as part of the proceeding.
Le sénateur Harb : J’aimerais proposer une motion qui vise à
intégrer dans la transcription les faits concernant les Autochtones
vivant en milieu urbain qui figurent dans ce merveilleux
document, ainsi que tous les différents exposés présentés par
écrit au greffier.
Senator Brazeau: Are we agreed?
Le sénateur Brazeau : Sommes-nous d’accord?
Hon. Senators: Agreed.
Les sénateurs : Oui.
Senator Brazeau: We are agreed.
Le sénateur Brazeau : Nous sommes d’accord.
On behalf of the committee I would like to thank Ms. Cowan,
Mr. Nelson, Mr. Eddy, and Mr. Braker for their presentations.
Obviously there is a lot of food for thought, a lot of information
for us to digest and ponder over the next couple of weeks and
months. As I have stated to every witness who has appeared
before here, and I will say it again, this is just the beginning of a
Au nom du comité, j’aimerais remercier Mme Cowan,
M. Nelson, M. Eddy et M. Braker d’avoir témoigné. De toute
évidence, il y a grandement matière à réflexion, beaucoup de
renseignements à digérer et à examiner au cours des semaines et
des mois à venir. Comme je l’ai mentionné à tous les témoins qui
sont ici aujourd’hui — et je vais le répéter —, ce n’est que le début
22:56
Human Rights
23-11-2012
dialogue. If there is anything you believe you may have omitted
from your presentations you can always do that in written form
for the benefit of this exercise. Thank you very much to all of you.
du dialogue. Si vous croyez avoir oublié un élément dans votre
exposé, vous pouvez toujours nous en faire part par écrit. Merci
beaucoup à vous tous.
At this particular point in time there are three individuals who
have filled out an application to make very brief presentations to
the committee, so I would invite Mr. Scott Clark, Ms. Verna
Benson and Ms. Kelly White to please join us at the table.
À ce moment-ci, trois personnes ont demandé à s’adresser très
brièvement au comité, alors, j’aimerais inviter M. Scott Clark,
Mme Verna Benson et Mme Kelly White à se joindre à nous.
To let all of you know, because this process is a bit different
than having the official witnesses that we have had today, the
presentations should be as brief as possible. As I mentioned again,
it could always be done in written form. There will not be any
questions from senators at this point, but on a one-off basis that
can certainly take place.
Sachez que, étant donné que le processus diffère un peu de celui
des témoins officiels que nous avons entendus aujourd’hui, les
exposés devraient être le plus brefs possible. Comme je l’ai déjà
mentionné, ils pourraient toujours être présentés par écrit. Il n’est
pas censé y avoir de question de mes collègues, mais nous
pourrions faire une exception.
The first on the list is Mr. Scott Clark. Sir, you have the floor.
M. Scott Clark est le premier sur la liste. Monsieur, la parole
est à vous.
Scott Clark, as an individual: Thank you very much for the
opportunity to present here. I am Executive Director of
Aboriginal Life in Vancouver Enhancement, ALIVE. I am also
Coast Salish. We did make a formal submission to get in but
somehow in Ottawa cyberspace we did not get on the panel.
Hopefully we will get an opportunity to do a full report.
Scott Clark, à titre personnel : Merci beaucoup de me donner
l’occasion d’être ici aujourd’hui. Je suis le directeur administratif
d’Aboriginal Life in Vancouver Enhancement, ALIVE. Je suis
aussi un Salish de la côte. Nous avons effectivement présenté une
demande officielle pour témoigner, mais il semble s’être passé
quelque chose dans le cyberespace d’Ottawa, et nous n’avons pas
pu comparaître. Nous espérons avoir l’occasion de fournir un
rapport complet.
On behalf of Aboriginal Life in Vancouver Enhancement,
I hope our organization will be out of business in about four
years. We are providing an innovative new way of looking at
urban Aboriginal realities and looking for really grounded
solutions that reflect Aboriginal people’s aspirations,
particularly our young people and our single mothers, those
that are struggling day to day particularly in the inner city.
Au nom d’Aboriginal Life in Vancouver Enhancement, j’espère
que notre organisme mettra fin à ses activités dans environ quatre
ans. Nous offrons une nouvelle façon innovatrice d’examiner les
réalités autochtones en milieu urbain et de trouver des solutions
vraiment concrètes qui reflètent les aspirations des Autochtones,
en particulier celles des jeunes et des mères seules, qui éprouvent
des difficultés au quotidien dans la grande ville.
You have heard a lot of stats about our being 2 per cent of
Vancouver’s population. I also sit on the Downtown Eastside
Local Area Planning Process and we are 10 per cent of that
population, but the closer you get to what’s called the ‘‘Pain and
Wastings’’ area we are up to 35 per cent of that population.
Forty per cent of the survival street sex workers are indigenous
women. Forty per cent of them have children in care that are
being funded and paid for by the delegated agencies.
Forty per cent of the youth homeless population is Aboriginal.
Over 50 per cent of the missing and murdered women are
Aboriginal in the Downtown Eastside. Seventy per cent of our
kids are pushed out of the school system. Clearly something is not
working, and it is the system. Whether it is a functional system or
a dysfunctional system, it is a system.
Vous avez entendu beaucoup de statistiques selon lesquelles nous
représentons 2 p. 100 de la population de Vancouver. Je fais
également partie du groupe chargé du processus de planification
locale du Downtown Eastside, et nous comptons pour 10 p. 100 de
cette population, mais, au fur et à mesure que vous vous rapprochez
du secteur surnommé « Pain and Wastings », nous représentons
jusqu’à 35 p. 100 de cette population. Au total, 40 p. 100 des
personnes qui s’adonnent à la prostitution pour survivre dans la rue
sont des femmes autochtones. Parmi elles, 40 p. 100 ont des enfants
dont la garde est financée et assurée par des organismes délégués.
En outre, 40 p. 100 des jeunes itinérants sont autochtones. Plus de
la moitié des femmes disparues et tuées dans le Downtown Eastside
sont autochtones. Soixante-dix pour cent de nos enfants sont
expulsés du système scolaire. Il y a clairement quelque chose qui ne
fonctionne pas, et c’est le système. Que ce soit un système
fonctionnel ou dysfonctionnel, c’est un système.
There are 178 non-profit agencies in the Downtown Eastside.
There are over 50 Aboriginal service agencies in this area. They do
not work cooperatively together in the ground. There is no
integrated coordinated systems approach on how we can work
better, not just on the service area but also on the economic area,
not just on the individual but the family and the community as a
whole. It is this kind of a systems approach that we are actively
Il y a 178 organismes sans but lucratif dans le Downtown
Eastside. On y trouve plus de 50 organismes qui offrent des
services aux Autochtones. Ils ne travaillent pas ensemble sur le
terrain. Il n’existe aucun système coordonné et intégré visant à
mieux travailler, au chapitre non seulement des services, mais
également de l’économie, de s’intéresser non seulement à la
personne, mais aussi à la famille et à la collectivité dans son
23-11-2012
Droits de la personne
22:57
working on with well over 80 partners from various sectors of the
community with absolutely fantastic outcomes and often without
any government money where we are simply bringing these
groups together.
ensemble. C’est le genre de système sur lequel nous travaillons
activement, en collaboration avec plus de 80 partenaires de divers
secteurs de la collectivité, et nous obtenons des résultats
absolument merveilleux, et ce, bien souvent, sans aucun
financement gouvernemental, juste en nous réunissant.
Today it was reported in the Vancouver Province newspaper
that we had a suicide pact just up the street here, something we all
knew about for quite some time. The system has failed our people.
People are arguing they cannot address this because of liability
issues, confidentiality issues and so forth. Clearly there is a
systems failure, and we are actively advocating for that system to
be changed.
Le journal Province de Vancouver faisait état aujourd’hui d’un
pacte de suicide à quelques coins de rue d’ici, et c’est quelque
chose dont nous étions tous au courant depuis longtemps déjà. Le
système nous a abandonnés. Les gens disent qu’ils ne peuvent
régler ce problème pour des raisons de responsabilité, de
confidentialité, et cetera. Il y a clairement un échec du système,
et nous travaillons activement à modifier ce système.
We do endorse research because there is some excellent
research coming out of the Urban Aboriginal Peoples Study,
the one they did in Vancouver. The aspirations of the urban
Aboriginal population like many other populations are safe
homes, jobs, careers, education and so forth.
Nous appuyons tout à fait la recherche, car il y a d’excellentes
recherches qui ont été menées, dont l’Étude sur les Autochtones
vivant en milieu urbain, celle qui a été menée à Vancouver. Tout
comme beaucoup d’autres populations, les Autochtones vivant en
milieu urbain aspirent à un logement salubre, à un emploi, à une
carrière, à l’éducation, et cetera.
We embrace research. We are actively working with many
academic institutions to support the actual work we are doing
where we are coming out with not just what people are saying but
with outcomes. We are not here to promote ourselves as any type
of agency because. Like I said, if we do our job well we will be out
of business in four years. The parks board, the school board and
the city will start embracing indigenous people throughout all
24 neighbourhoods. The current silo segregated model that is in
play and has been in play for 50-plus years in Vancouver is clearly
out of date with the new reality of urban Aboriginal peoples
throughout Vancouver, and I would argue Metro Vancouver
and Canada.
Nous appuyons la recherche. À l’heure actuelle, nous
travaillons activement avec un grand nombre d’établissements
universitaires pour appuyer les efforts réels que nous déployons,
et nous obtenons non seulement des témoignages, mais aussi des
résultats. Je ne suis pas ici aujourd’hui pour promouvoir mon
organisme comme n’importe quel autre organisme. Comme je l’ai
dit, si nous faisons un bon travail, nous mettrons fin à nos
activités dans quatre ans. Le conseil des parcs, le conseil scolaire
et la Ville commenceront à offrir du soutien aux Autochtones
dans tous les 24 quartiers. Le modèle cloisonné actuel — qui a
cours depuis plus de 50 ans à Vancouver — est clairement
dépassé, compte tenu de la nouvelle réalité des Autochtones dans
toute la ville de Vancouver, et, à mon avis, dans la région du
Grand Vancouver et dans le Canada au complet.
I have here a document that I encourage you to read. It is
called From Restless Communities to Resilient Places: Building a
Stronger Future for all Canadians. It was submitted to Prime
Minister Harper in 2006. It talks about place-based strategies and
the need for revision of taxation policies, all the way through to
working with vulnerable populations be it the urban Aboriginal
population or the immigrant population.
J’ai en main un document que je vous encourage à lire. Il est
intitulé From Restless Communities to Resilient Places : Building a
Stronger Future for all Canadians. Il a été présenté au premier
ministre Harper en 2006. Le document porte sur les stratégies
adaptées au milieu et une foule de choses, du besoin de réviser les
politiques fiscales jusqu’au travail auprès des populations
vulnérables, qu’il s’agisse des Autochtones vivant en milieu
urbain ou des immigrants.
In addition, in the kit I provided you with is some actual
background information that will give you more details on what
we are talking about. For urban Aboriginal place-based strategies
you can look to our friends to the south. President Obama has
adopted place-based strategies and is now funding 20 promising
neighbourhoods to look at how they can revise social, economic
and ecological strategies to build empowerment among people
and communities as a whole.
De plus, des renseignements sur le contexte figurent dans les
documents que je vous ai fournis; vous y trouverez des détails sur
les sujets que nous abordons. En ce qui concerne les stratégies
adaptées au milieu qui visent les Autochtones vivant en milieu
urbain, vous pouvez prendre l’exemple de nos amis du Sud. Le
président Obama a adopté des stratégies adaptées au milieu et
finance actuellement des projets mis en place dans 20 quartiers
prometteurs en vue de déterminer comment revoir les stratégies
sociales, économiques et écologiques de façon à aider les gens et
les collectivités dans leur ensemble à se prendre en main.
I want to thank you for giving me this very short opportunity
to provide that information. I don’t know where to give them but
here are our documents. Thank you.
J’aimerais vous remercier de m’avoir donné l’occasion de vous
fournir très brièvement ces renseignements. Je ne sais pas à qui les
donner, mais voici nos documents. Merci.
22:58
Human Rights
23-11-2012
Verna Benson, as an individual: My name is Verna. I am from
the Gitxsan Nation in Hazelton, B.C. I received word from my
parents that there was trouble in our community. I find living on
reserve is that our brothers and sisters living off reserve are
impacted by the reserve system. One of the things that I am going
to bring out right now is the fact that we have homelessness in our
reserve due to housing shortages. Some of us have to move off
reserve in order to make it, to pay my taxes so society tells me.
Verna Benson, à titre personnel : Je m’appelle Verna, je suis de
la nation Gitxsan de Hazelton, en Colombie-Britannique. J’ai
appris de mes parents que notre collectivité éprouvait des
difficultés. Je constate que mes frères et sœurs qui vivent à
l’extérieur de la réserve sont touchés par le système des réserves.
Un des sujets que je vais aborder, c’est l’itinérance dans notre
réserve, qui est causée par une pénurie de logements. Certains
d’entre nous doivent quitter la réserve pour réussir et payer des
impôts, d’après ce que me dit la société.
While I am living in this off-reserve situation my son is
impacted as well with a high rent for a low-income earner. I will
never allow him to be on income assistance so he has to take
whatever job he can get. He is busy struggling off reserve as a
youth to maintain his home which is expensive for a slum
landlord building.
Du fait que je vis à l’extérieur de la réserve, mon fils est
également touché par cette situation, car il doit payer un loyer élevé,
alors qu’il gagne un faible revenu. Je ne lui permettrai jamais de
recevoir de l’aide sociale, alors il doit accepter n’importe quel
emploi. En tant que jeune, il a du mal, à l’extérieur de la réserve, à
conserver son logement, un taudis qui lui coûte les yeux de la tête.
I am also trying very hard to maintain myself and not be
homeless. My brothers are on reserve too and are homeless. One
of them is losing his house due to band takeover. He has all his
belongings and his family. He raised his children there. That is a
takeover from the band office. That is kind of an impact, an
indirect impact.
Je fais également énormément d’efforts pour assurer ma
subsistance et pour ne pas me retrouver dans la rue. Mes frères
vivent également dans la réserve et ils sont dans la rue. Un d’entre
eux a perdu sa maison parce que la bande l’a saisie. Tous ses biens
s’y trouvaient, et sa famille vivait là. Il y a élevé ses enfants. C’est
le bureau du conseil de bande qui l’a saisie. C’est un genre d’effet,
un effet indirect.
What I am doing now is trying to write a letter to the
honourable John Duncan in the Parliament Buildings. I highly
recommend looking at having a very strong Aboriginal advocate
that would advocate for both on and off reserve.
Ce que je tente de faire actuellement, c’est d’écrire une lettre à
l’honorable John Duncan, au Parlement. Je recommande
fortement qu’on songe à nommer un porte-parole autochtone
très dynamique qui saura représenter tant les personnes vivant
dans les réserves que celles vivant à l’extérieur de celles-ci.
I know there is high racism in the city. My son faces that at
work. I also work in a frontline area too. I face racism on a daily
basis. It is pretty hard to be working in that type of environment.
Je sais qu’il y a énormément de racisme dans la ville. Mon fils le
subit au travail. Je travaille également avec le public. Je fais face
quotidiennement au racisme. C’est très difficile de travailler dans
ce genre d’environnement.
I ask that cultural sensitivity be foremost for all of the
Canadian citizens that are arriving here from other parts of the
world that are not practising humanity to First Nations people.
They still look at us as a low-class citizen when they arrive here
because that is how it has been taught to them by western culture.
That still exists today. It is very sad to say but that is part of the
reason I am here to talk. I am one of those people who always
stands up against racism. I do not want to stand alone anymore. I
am asking for help.
Je demande principalement de la sensibilité culturelle de la part
de tous les citoyens canadiens qui viennent d’autres parties du
monde et qui ne traitent pas les gens des Premières nations comme
des humains. Ils nous considèrent toujours comme des citoyens de
second ordre lorsqu’ils arrivent au Canada, car c’est ce qu’ils ont
appris de la culture occidentale. C’est toujours le cas aujourd’hui.
C’est très malheureux, mais c’est en partie la raison pour laquelle
je suis ici aujourd’hui. Je compte parmi ceux qui ont toujours lutté
contre le racisme. Je ne veux plus être la seule à le faire. Je vous
demande de m’aider.
My brothers and sisters live off reserve but my parents live on
reserve. Another things I need to bring up is that our people are
also helping to evict people off reserve. It impacts us where I
cannot go back to my own community because I am no longer
welcome there through no fault of my own. It is because my
grandmother is from the Gitxsan reserve. The government took
over that reserve and called it Crown land. It removed all the First
Nations people that lived there before. I am a descendant from
that. I asked that the reservation be opened again so our people
Mes frères et sœurs vivent à l’extérieur de la réserve, mais mes
parents vivent dans la réserve. Un autre point que je dois soulever,
c’est que nos gens participent également à l’expulsion de gens de la
réserve. Nous sommes touchés par cela, car je ne peux plus
retourner dans ma propre collectivité et je n’y suis plus la bienvenue,
et je n’ai rien fait pour mériter cela. C’est parce que ma grand-mère
vient de la réserve des Gitxsan. Le gouvernement s’est approprié
cette réserve et la considère comme une terre de la Couronne. Il a
expulsé tous les Autochtones qui y vivaient. Je suis une descendante
23-11-2012
Droits de la personne
22:59
could move back to rightfully where they belong instead of being
told by other reserves that they are not welcome because they are
not from there.
de ces gens. J’ai demandé que la réserve accueille de nouveau nos
gens pour qu’ils puissent retourner légitimement à l’endroit d’où ils
viennent au lieu de se faire dire par d’autres réserves qu’ils ne sont
pas les bienvenus parce qu’ils ne sont pas des leurs.
When my brothers moved off reserve they also transferred their
status card. My mother is Gitanyow reserve. My sister is
Gitanyow. My brother is Gitanyow. I asked to be removed to
the Kispiox band office reserve status card and my other brother
has Gitanyow status card as well too but he is not welcome in that
community. It is hard to tell you that, but that is real and that is
what happens. Some of our people are going through it, but I can
only speak for myself. I cannot talk for anybody else about what
is going on.
Lorsque mes frères ont quitté la réserve, ils ont également
transféré leur carte de statut. Ma mère vient de la réserve
Gitanyow. Ma sœur est Gitanyow. Mon frère est Gitanyow. J’ai
demandé le retrait du nom de la bande Kispiox de ma carte de
statut, et mon autre frère a une carte de statut de la réserve
Gitanyow, mais il n’est pas le bienvenu dans cette collectivité. Il
est difficile pour moi de vous parler de tout ça, mais c’est la réalité
et c’est ce qui se produit actuellement. Certains de nos gens vivent
actuellement cette situation, mais je ne peux parler que de mon
expérience. Je ne peux pas parler au nom de n’importe qui de ce
qui se passe actuellement.
I wanted to bring that to your table to see what I could do, but
as I said before I highly want to have a strong Aboriginal
advocate that can speak on my behalf and not be afraid of hurting
anybody else or making waves in the community.
Je voulais vous faire part de cela pour voir ce que je pourrais
faire, mais, comme je l’ai mentionné, je souhaite fortement avoir
un porte-parole autochtone qui saura parler haut et fort en mon
nom et qui n’aura pas peur de jouer des coudes ou de faire des
vagues dans la collectivité.
Thank you.
Merci.
Senator Brazeau: Thank you very much for that presentation
and for the courage to come out and speak publicly. It is not
always easy. I am certainly aware that there are many people in
your situation that should have the courage to step up because
these things need to be said and this is part of the exercise. If we
are going to move forward together we need to speak about these
issues honestly because it does not help anybody’s purpose if we
just sweep these issues under the rug.
Le sénateur Brazeau : Merci beaucoup d’avoir présenté cet
exposé et d’avoir eu le courage de venir parler publiquement. Ce
n’est pas toujours facile. Je suis certainement conscient du fait
qu’il y a un grand nombre de personnes qui sont dans la même
situation que vous et qui devraient avoir le courage de prendre la
parole parce que ces choses doivent être dénoncées et que cela fait
partie de l’exercice. Si nous voulons aller de l’avant ensemble, il
faut aborder ces problèmes de façon honnête, car cela n’aide
personne si nous nous contentons de les balayer sous le tapis.
Thank you very much. Last is Ms. Kelly White. Please go ahead.
Merci beaucoup. Le dernier témoin est Mme Kelly White.
Allez-y, je vous prie.
Kelly White, as an individual:
Kelly White, à titre personnel :
[The witness spoke in her native language.]
[Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
In spirit of our ancestors of the Coast Salish people, we are
thankful and grateful to welcome the Senate to our unceded
territories. We are thankful for our Salish people from Montana,
Washington and British Columbia who were summoned before
Columbus and deserve the highest of the honours for healing our
nations of united resistance to apathy.
À la mémoire de nos ancêtres des Salish de la côte, nous
sommes reconnaissants de pouvoir accueillir le Sénat sur nos
territoires non cédés. Nous remercions les Salish du Montana, de
Washington et de la Colombie-Britannique qui ont été convoqués
par Colomb et qui méritent les plus grands honneurs pour avoir
guéri et uni nos nations dans la résistance contre l’apartheid.
I thank the Senate and its staff for doing the best of their
ability to cross the country to hear the concerns of our human
rights violations. I am grateful that the committee is able to email
the statements throughout the national tour so we could air them
on our public affairs First Nations broadcast so the word could
get out farther than the Senate’s in-house meetings.
Je remercie le Sénat et son personnel d’avoir pris la peine de
venir jusqu’ici pour entendre nos préoccupations liées aux
violations des droits de la personne. Je vous suis reconnaissante
d’avoir été en mesure de nous transmettre, par courriel, les
déclarations faites tout au long de la tournée nationale pour que
nous puissions les diffuser durant l’émission des Premières nations
sur les affaires publiques et veiller à ce que le message soit
transmis au-delà des séances du comité sénatorial.
Also I am grateful to Aboriginal friendship centre veteran Susan
Tatoosh who was able to provide copies of documentation. I have
provided for the committee a map and documentation from the
Je suis également reconnaissante à la chevronnée Susan
Tatoosh, du centre d’amitié autochtone, qui a été en mesure de
fournir des copies des documents. Je vous ai fourni une carte et
22:60
Human Rights
23-11-2012
place of my parents and grandparents at Musqueam where we are
in a battle for protection from desecration of over 750 of our bodies
for development of a high-rise by the airport.
des documents concernant l’endroit où mes parents et mes
grands-parents vivent — c’est-à-dire à Musqueam —, où nous
luttons contre la profanation d’un lieu de sépulture où se trouvent
les restes de plus de 750 de nos ancêtres aux fins de la construction
d’un immeuble de grande hauteur près de l’aéroport.
It is a known fact that I would like to recommend this
document for protection of Musqueam. The federal government
is well aware, and it is well documented, of the desecration of our
Indian graves and of our people throughout the provinces where
the majority of the nations are located throughout the country.
Vous savez que j’aimerais recommander le dépôt de ce
document qui porte sur la protection des Musqueams. Le
gouvernement fédéral est bien au courant — et c’est bien
documenté — de la profanation des sépultures autochtones et
de notre situation dans toutes les provinces du pays, où la
majorité des nations se trouvent.
My submission would be to make peace with our people in
regard to the life and death that we cannot even afford. I also
mention a document that I brought for the B.C. Aboriginal
Veterans. My uncle built our house. Five generations we were
raised in it. Two of them served in World War I and World War
II. My uncle, the last of the McLeans, burnt in his house. There
was no hydro because the veterans’ sustenance was not enough
for them to pay their hydro bills and their lights even though he
housed five generations of our family. It has not changed today.
Ma recommandation serait de faire la paix avec nos gens dans
la vie et la mort, car c’est une guerre qui coûte cher. J’ai également
parlé d’un document des B.C. Aboriginal Veterans que j’ai
apporté. Mon oncle a construit notre maison. Cinq générations y
ont été élevées. Deux d’entre elles ont combattu durant la
Première Guerre mondiale et à la Seconde Guerre mondiale. Mon
oncle, le dernier des McLeans, a péri dans un incendie qui a
ravagé sa maison. Il n’y avait pas d’électricité, car son allocation
d’ancien combattant n’était pas suffisante pour payer les factures
d’électricité, même si les cinq générations de notre famille ont
vécu dans cette maison. Les choses n’ont pas changé aujourd’hui.
I am a volunteer with the Coast Salish Veterans and we have
worked for eight years now for the urban Aboriginal veterans to
support the National Aboriginal Veterans Day. It has not
changed for our veterans. Our co-founder of Vancouver’s
Aboriginal Veterans Day passed. This past Wednesday before
Aboriginal Veterans Day was his funeral. The country would not
even give a flag or a cookie or a cup of coffee toward that funeral
for our veteran, and he served World Wars I and II.
Je travaille bénévolement auprès des anciens combattants
Salish de la côte, et nous travaillons depuis 8 ans avec des anciens
combattants autochtones vivant en milieu urbain dans le cadre de
la Journée des anciens combattants autochtones. Les choses n’ont
pas changé pour nos anciens combattants. Le cofondateur de la
Journée des anciens combattants autochtones à Vancouver est
décédé. Ses obsèques ont eu lieu le mercredi précédant la Journée
des anciens combattants autochtones. Le pays n’a même pas
offert ne serait-ce qu’un drapeau, un biscuit ou une tasse de café
en vue des obsèques de cet ancien combattant, qui a servi durant
la Première et la Seconde Guerres mondiales.
The violations of the rights to life of our veterans are well
documented by the country. My recommendation would be that
the country awakens to the unjust attitude toward the right to life
of our veterans who fought and still fight for the freedom of our
country.
La violation du droit à la vie de nos anciens combattants par le
Canada est bien documentée. Ma recommandation est la suivante :
le Canada devrait prendre conscience de l’attitude injuste adoptée à
l’égard du droit à la vie de nos anciens combattants qui ont lutté —
et qui luttent toujours — pour la liberté du Canada.
I also present a document as a co-founding member of the
Missing Murdered Women’s Campaign from 1988. As a
representative of the country’s National Teachers’ Union I
travelled the world. I am also an active NGO for the
International Indian Treaty Council at the United Nations. We
co-founded in 1988 the Missing Murdered Women’s March and
went public in 1990 when we scraped the body parts of our cousin
off at the front of the police station.
En tant que cofondatrice de la campagne sur les femmes
disparues et tuées que nous menons depuis 1988, je vous fournis
également un document à ce sujet. À titre de représentante du
syndicat national des enseignants, j’ai parcouru le monde. Je suis
également une membre active d’une ONG, le Conseil
international des traités indiens, qui siège aux Nations Unies.
Nous avons créé en 1988 la marche commémorative pour les
femmes disparues et tuées et nous nous sommes fait connaître par
le public en 1990, lorsque nous avons dû ramasser les morceaux
démembrés de notre cousine devant le poste de police.
We are currently working on a memorial for the 33 women
murdered in the Vancouver area, and I present a document for the
support and repatriation of the bodies. We had to battle with the
Nous travaillons actuellement sur la commémoration
de 33 femmes tuées à Vancouver, et je vous fournis un document
concernant l’obtention de soutien et le rapatriement des corps. Il a
23-11-2012
Droits de la personne
22:61
government from 1997 to 2002 for the families to have the right to
their beloved ones, and eight of the families didn’t even receive
body parts from those 33 murders.
fallu nous battre avec le gouvernement, de 1997 à 2002, pour qu’il
permette aux familles de rapatrier les restes de leurs êtres chers, et
huit familles n’ont même pas reçu les parties du corps provenant de
ces 33 meurtres.
My recommendation is for the Senate to be supportive of the
families’ memorial. In the Greater Vancouver area we are working
on a 33-foot memorial pole to represent all of the women that were
murdered there. The pole raising will be next year.
Je recommanderais au Sénat d’appuyer la commémoration
organisée par ces familles. Dans la région du Grand Vancouver,
nous travaillons actuellement sur un totem commémoratif
de 33 pieds qui représente toutes les femmes qui ont été tuées
dans cette région. Le totem sera érigé l’année prochaine.
You have heard of many of the reasons such as the murders
and the missing people that make us apprehensive of the welfare
system and homelessness. My recommendation would be to invite
the Missing Murdered Women’s Task Force to and all our
documentation to the Senate. We would like to be open with the
Senate and work with the Senate starting in B.C.
Vous avez entendu de nombreuses raisons — dont les meurtres
et les disparitions — qui expliquent pourquoi nous appréhendons
le système d’aide sociale et l’itinérance. Je vous recommanderais
d’inviter le groupe de travail sur les femmes disparues et tuées à
témoigner et de transmettre tous nos documents au Sénat. Nous
aimerions établir une relation ouverte avec le Sénat et travailler en
collaboration avec lui à partir de la Colombie-Britannique.
We started a Sister Watch program with the Vancouver Police
who have harsh relations with our people. I will forward that
document also. It is not in my documentation here, but I will
forward that Sister Watch document on our partnership with the
murdered women’s families and the Vancouver Police.
Nous avons créé le programme Sister Watch avec la police de
Vancouver, qui entretient des relations tendues avec les
Autochtones. Je vous ferai également parvenir un document à
ce sujet. Je ne l’ai pas en main, mais je vous transmettrai le
document de Sister Watch qui porte sur notre partenariat avec les
familles des femmes tuées et la police de Vancouver.
My final document is for the war veterans. We are working for
betterment on our own, out of our cupboards and our kitchens.
We are asking for respect of the veterans in the country, that they
be supported for their sustenance needs as well as their funerals
and their lifestyles. We are asking for support for the families of
the veterans who suffered great needs when they return home
crippled and handicapped, not able to work, never mind not even
being able to pay for the medical needs.
Mon dernier document porte sur les anciens combattants.
Nous travaillons actuellement pour améliorer leur sort, par nos
propres moyens. Nous demandons que les anciens combattants
du Canada soient respectés, qu’on les aide à assurer leur
subsistance et qu’on leur offre du soutien à l’égard de leurs
obsèques et de leur mode de vie. Nous demandons qu’un soutien
soit offert aux familles des anciens combattants qui font face à des
besoins énormes lorsque les militaires reviennent infirmes et
handicapés, incapables de travailler, et encore moins de payer
leurs frais médicaux.
In closing, I am appreciative of the Spirit of the Creator’s will
that made this tour possible. I invite all to rise in silence for
a 30-second closing of my presentation. I thank the Senate for
accepting recommendations of people across the country and
facing this gigantic slaughter of our people, the premeditated
murder of our people through human rights violations on a daily
basis by the ink and the blood of our peoples through the
Canadian government.
En conclusion, je suis reconnaissante à l’Esprit du Créateur
d’avoir rendu possible cette tournée du comité. Je vous invite à
vous lever et à observer 30 secondes de silence à la fin de mon
exposé. Je vous remercie d’accepter les recommandations de gens
de partout au pays en ce qui concerne le grand carnage et le
meurtre prémédité auxquels font face les Autochtones en raison
de la violation quotidienne des droits de la personne — dans
l’encre et dans le sang — par le gouvernement canadien.
I invite people to stand in silence for the strength of our
ancestry for seven generations that bring us to this partnership
through the Senate attending the country in honourable manner
to hear the plights of our people in person and to remember for
our seven generations after us that we make this place a better
place for the future of our generations.
Je vous invite à observer un moment de silence à la mémoire de
la force de nos ancêtres sur sept générations et qui nous amène à
ce partenariat, puisque votre honorable présence vous permet de
prendre connaissance, en personne, des difficultés éprouvées par
les Autochtones, et cette force nous rappelle que, pour les sept
générations à venir, nous créons un meilleur avenir.
I invite now all to stand for the strength of our ancestry that
from here on in the Senate be able to come further more often to
meet the people’s needs by listening. In that respect I stand for my
veteran uncles and the ones that are murdered in our community
as well as cross-country.
Je vous invite maintenant à observer un moment de silence à la
mémoire de la force de nos ancêtres pour qu’elle permette au
Sénat d’être en mesure de venir plus souvent écouter les gens et
répondre à leurs besoins. Par ailleurs, je tiens à observer un
moment de silence à la mémoire de mes oncles qui étaient des
anciens combattants ainsi que des victimes de meurtre dans notre
collectivité et partout au pays.
22:62
Human Rights
[The witness spoke in her native language.]
23-11-2012
[Le témoin s’exprime dans sa langue maternelle.]
In the beginning we told this country when they arrived here that
we loved them but now it is up to you. You have taken the bull by
the horns, the apartheid bull in our country by the horns. I thank
you, senators and all your staff, for the highest of honour the
Creator has blessed you with to do this task. With that I would like
permission for the Senate to invite your party to rise in
remembrance of all of our people murdered including the veterans.
Au début, lorsque nous sommes arrivés au Canada, nous lui
avons dit que nous l’aimions, mais cela dépend maintenant de
vous. Vous avez pris le taureau par les cornes, et, dans notre cas,
le taureau, c’est l’apartheid. Je vous remercie, vous et tous les
membres de votre personnel, d’avoir accepté l’insigne honneur
que le Créateur vous a conféré en vous investissant de cette tâche.
Sur ce, j’aimerais avoir l’autorisation de vous inviter à vous lever
et à observer un moment de silence à la mémoire de toutes les
victimes de meurtre et des anciens combattants.
Senator Brazeau: Just as a protocol thing, as long as everybody
is agreed then we can proceed. Then let us proceed.
Le sénateur Brazeau : Par souci de respect du protocole, tant
que cela convient à tout le monde, nous pouvons le faire. Alors,
allons-y.
Ms. White:
Mme White :
[The witness sang in her native language.]
[Le témoin chante dans sa langue maternelle.]
On behalf of our relations we come in peace. Together we work
in peace. It is our goal. Thank you for your time.
Senator Brazeau: Thank you very much for that.
Au nom de nos relations, nous faisons la paix. Ensemble, nous
travaillons pour la paix. C’est notre objectif. Merci pour votre temps.
Le sénateur Brazeau : Merci beaucoup.
Senator Harb: Allow me to thank you very much for your
excellent presentation. Certainly we had a very productive day.
Each representative individually and collectively has been able to
give us a lot of thought. It is our commitment to incorporate as
much as possible your input and suggestions. Again, thank you
very much. May God bless you.
Le sénateur Harb : Permettez-moi de vous remercier
chaleureusement de votre excellent exposé. Nous avons
certainement eu une journée très productive. Tous les
représentants — individuellement et collectivement — ont été en
mesure de nous fournir beaucoup de renseignements. Nous nous
engageons à intégrer le plus de renseignements et de propositions que
possible. Encore une fois, merci beaucoup. Que Dieu vous bénisse.
I would like to ask that the report entitled From Restless
Communities to Resilient Places: Building a Stronger Future for All
Canadians, dated June 2006 be incorporated as part of the
proceeding.
J’aimerais demander que le rapport intitulé From Restless
Communities to Resilient Places : Building a Stronger Future for
All Canadians, daté de juin 2006, soit intégré dans la transcription.
Senator Brazeau: That will conclude our session today. I would
like to thank all the organizers for allowing us to be here today
and yesterday at the Friendship Centre for some meaningful
discussions.
Le sénateur Brazeau : Cela mettra fin à notre séance
d’aujourd’hui. J’aimerais remercier tous les organisateurs qui
nous ont permis d’être ici aujourd’hui — et hier, au centre
d’amitié — pour tenir des discussions fructueuses.
Like I said and will keep saying throughout this process, it is
the start of a dialogue. We are certainly appreciative of all the
information that we received. I will conclude and adjourn
this meeting.
Comme je l’ai dit — et je vais continuer de le répéter —, c’est le
début du dialogue. Nous vous sommes certes reconnaissants pour
tous les renseignements fournis. Un dernier mot, et la séance
sera levée.
Just to let you know, we do have a little token of appreciation
for the centre itself as well as for the president of the centre which
we will give after the adjournment of the meeting.
À titre d’information, nous avons un petit cadeau à offrir au
centre et au président du centre en guise de remerciement, et nous
allons le faire après la levée de la séance.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
Union of British Columbia Indian Chiefs:
Chief Bob Chamberlin, Vice-President.
Urban Aboriginal Peoples Advisory Committee:
TÉMOINS
Union of British Columbia Indian Chiefs :
Chef Bob Chamberlin, vice-président.
Urban Aboriginal Peoples Advisory Committee :
Lillian Howard, Co-Chair;
Lillian Howard, coprésidente;
Steven Eastman, Co-Chair.
Steven Eastman, coprésident.
Aboriginal Mother Centre Society:
Aboriginal Mother Centre Society :
Marjorie White, Board President;
Marjorie White, présidente du conseil;
Diane Sugars, Executive Director.
Diane Sugars, directrice exécutive.
Urban Native Youth Association:
Lynda Gray, Executive Director.
Aboriginal Homelessness Steering Committee for Metro Vancouver:
Patrick Stewart, Chair.
Lu’ma Native Housing Society:
Ken Clement, President.
Surrounded by Cedar Child and Family Centre:
Urban Native Youth Association :
Lynda Gray, directrice exécutive.
Aboriginal Homelessness Steering Committee for Metro Vancouver :
Patrick Stewart, président.
Lu’ma Native Housing Society :
Ken Clement, président.
Surrounded by Cedar Child and Family Centre :
Alex Nelson, Elder;
Alex Nelson, aîné;
Barb Cowan, Executive Director.
Barb Cowan, directrice exécutive.
Native Courtworker and Counselling Association of BC:
Hugh Braker, President.
Vancouver Native Housing Society:
David Eddy, Chief Executive Officer.
Community Consultations — Walk-Ons:
Native Courtworker and Counselling Association of BC :
Hugh Braker, président.
Vancouver Native Housing Society :
David Eddy, directeur.
Consultations communautaires — Tribune ouverte :
Scott Clark, as an individual;
Scott Clark, à titre personnel;
Verna Benson, as an individual;
Verna Benson, à titre personnel;
Kelly White, as an individual.
Kelly White, à titre personnel.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

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